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Notes de Sylviculture

Sylviculture sur wikipedia

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Notes de sylviculture

La sylviculture est l'activité et l'ensemble des méthodes et pratiques par lesquelles


le « sylviculteur » agit sur le développement, la gestion et la mise en valeur d'une forêt ou
d'un boisement pour en obtenir un bénéfice économique et/ou certains services profitables à la
société (dans une approche de forêt dite multifonctionnelle).
La sylviculture est dite « durable » (gestion durable de la forêt), quand le
sylviculteur s'assure que le capital forestier est acquis et optimisé, et qu'il peut être maintenu
pour les générations futures, pour en retirer durablement des bienfaits ou des produits comme
le bois, sans en dégrader le capital. Ceci nécessite la prise en compte appropriée des facteurs
écologiques et abiotiques, à savoir les qualités naturelles du site (stations
forestières, écopotentialité…).
Le concept actuel de « gestion durable des forêts »1 insiste non seulement
[ ]

sur la nécessité de ne pas surexploiter le milieu afin qu'il ne perde pas son potentiel,
mais aussi sur l'importance de préserver, voire restaurer le cas échéant sa capacité
de résilience écologique, face par exemple aux changements climatiques, aux
risques de maladies des arbres, d'incendies, tempêtes, etc. Ces modes de gestion
apportent une attention plus soutenue à l'environnement et à la biodiversité.
La sylviculture a évolué, passant de quelques types de coupes et
traitements de régénération à une panoplie de traitements souvent plus mécanisés
ayant des objectifs de composition et de structure des peuplements forestiers visant
à répondre aux objectifs de l’aménagement forestier 2. En France, 26% de la récolte
[ ]

en forêt publique est constituée de bois dépérissant.

Histoire de la sylviculture

La sylviculture a des racines probables dans la Préhistoire et la Chine, qui


l'a développée tout en déboisant rapidement une grande partie du territoire dès
8 000 ans avant nos jours. La sylviculture était une science suffisamment reconnue
pour qu'en 221 av. J.-C., lorsque l'empereur Qin Shi Huang ordonna de brûler tous
les ouvrages indésirables, il fit trois exceptions pour les seuls livres traitant
de médecine, d'agriculture et de sylviculture.
En Europe, la sylviculture (comme art et science) a également ses pères
fondateurs : le premier Duhamel du Monceau (1700-1782)5 publie un ouvrage sur[ ]

l'exploitation des bois, déjà très complet. Mais la sylviculture moderne naît
en Prusse, grâce aux travaux de Georg Ludwig Hartig (1764-1837) et Heinrich
Cotta (1763-1844). Ces deux scientifiques formeront des écoles de sylviculture en
Prusse, attirant de nombreux étudiants étrangers (Russes, Suisses, Autrichiens,
Espagnols). Parmi ces étudiants se trouvent des Français qui deviendront les futurs
maîtres de l'École royale forestière de Nancy. Cotta fut le premier à employer le
terme « sylviculture », notamment dans son ouvrage le plus célèbre Instruction à la
sylviculture (1817). La sylviculture française s'enrichit ensuite des apports successifs
de Bernard Lorentz (1774-1865) et d'Adolphe Parade (1802-1864)6. [ ]

Sur tous les continents, des secrets et des savoirs ouverts se


transmettaient sur les manières de planter, sélectionner, ou tailler les arbres. Les
écoles de sylviculture ont diffusé les pratiques et le savoir-faire, avec plus ou moins
de bonheur et d'efficacité, qu'on peut classer entre deux tendances opposées :
 imitation de la forêt naturelle (tendance Prosilva) ou de ses lisières, avec des
pratiques extensives valorisant la sylvigenèse naturelle et la régénération, avec
une sélection lente, et parfois quelques plantations alimentaires
(ex: citronniers ou cacaoyers plantés en forêt, plantation de deux sagous par
sagou coupé)7 ;[ ]

 systèmes artificiels et intensifs, appuyés sur des plantations en monoculture, des


techniques d'inspiration agricole (labour, sous-
solage, amendements, engrais, pesticides, élagages), des pépinières et une
sélection importante (gènes, graines, plants, baliveaux, arbres en croissance,
porte-graines), de plus en plus appuyée sur des modélisations et logiciels de
gestion8.
[ ]

Objectifs sylvicoles
Traditionnellement, la sylviculture visait à fournir une récolte prévisible de
produits de commodités (le bois) 18. Dans le contexte actuel de la foresterie, la
[ ]

sylviculture vise également à attribuer d'autres valeurs non marchandes au milieu


forestier telles que la stabilité des sols pour limiter les risques d'érosion, le maintien
des populations indigènes d'organismes vivants et l'amélioration de leurs habitats, la
production de la nourriture pour la faune, l'amélioration des qualités visuelles du
paysage, la création des espaces récréatifs, etc. Cependant, certains facteurs
peuvent affecter le potentiel sylvicole d'un peuplement et l'intensité d'aménagement.
Rôle de la sylviculture
La sylviculture ne peut se résumer à la seule culture des forêts, compte
tenu de la complexité et de la longévité du domaine biologique – les arbres – sur
lequel elle intervient. Véritable synthèse de nombreuses sciences dans lesquelles
l'écologie tient une place importante, la discipline, qui repose également sur des
bases économiques, peut se définir comme l'art d'appliquer des techniques fondées
sur des bases scientifiques (biologiques) afin de contrôler le développement naturel
des forêts et de guider leur évolution dans la direction voulue.
La sylviculture s'appuie sur l'observation et la connaissance des
processus naturels pour les reproduire dans la gestion des forêts. L'intervention
raisonnée de l'homme doit viser à corriger par petites touches successives l'évolution
naturelle des peuplements qui serait contraire aux objectifs de la gestion. En phase
avec l'évolution des besoins de la société, la sylviculture doit aussi être plurielle,
c'est-à-dire adapter ses techniques, ses moyens et ses coûts en fonction des
objectifs que le propriétaire fixe, dans un contexte donné, face à deux contraintes
déterminantes : l'économie, qui pèse et pèsera de plus en plus lourdement sur la
sylviculture ; l'écologie et les exigences sociales, qui doivent être nécessairement
prises en compte.

La caractérisation des milieux par la typologie des stations forestières est


l'un des préalables à une gestion forestière raisonnée. Elle permet d'éviter
l'introduction d'essences inadaptées au contexte édaphique (sol + climat).
L'anticipation du risque de sécheresse, d'inondation ou d'incendie
majeur à moyen ou long terme est également un facteur de réussite, de même
qu'une diversité génétique élevée et adaptée au contexte et une protection
systématique de l'humus forestier et des racines très vulnérables au tassement 19, et [ ]

pourrait le devenir plus encore dans un contexte global de modifications climatiques.


Comme on l'a montré en agrosylviculture, si la concurrence herbacée freine dans un
premier temps la croissance du jeune arbre, elle a l'avantage de le forcer à
précocement enfoncer ses racines plus profondément ; l'arbre résiste alors mieux
aux rongeurs (tels que campagnols en Europe) et aux aléas climatiques, faillant
l'infiltration et la rétention d'eau, et trouvant plus facilement l'eau en saison sèche. Le
gainage par les herbacées favorise aussi un tronc droit sans élagage précoce et
donc avec moins de risque d'infection fongiques ou bactériennes à partir des plaies
d'élagage.
L'évapotranspiration herbacée est maximale au début du printemps quand
l'eau ne manque pas encore. Elle diminue ensuite (par apparition des « chaumes »
et par manque de lumière sous le couvert arboré). Si un drainage est nécessaire
pour limiter l'engorgement peu propice au débardage, l'eau peut parfois être
conservée à proximité. Pour que l'eau manque moins en été, il peut être utile de
restaurer les capacités de stockage de l'eau et d'infiltration (le BRF peut y contribuer,
de même éventuellement qu'une récupération et infiltration des eaux de drainage de
la forêt. Plutôt que d'aménager des barrages ou bassins, le retour des castors et de
leurs réservoirs s'est montré efficace en Amérique du Nord et plus récemment en
France20). Dans l'hémisphère nord, la réintroduction du castor peut permettre grâce à
[ ]

ses barrages de retenir l'eau et fortement limiter le risque d'incendie 21,22. Ceci est
[ ] [ ]

toutefois impérativement à éviter dans l'hémisphère sud où la plupart des arbres


de ripisylves ne recèpent pas naturellement quand ils sont coupés par les castors
(qui sont alors responsables de dégâts importants, par exemple là où ils ont été
introduits au sud du Chili).
L'abroutissement par certains herbivores (cerf, chevreuil, lapins), ne pose
théoriquement pas de problème pour les peuplements, sauf en cas de déséquilibre
sylvocynégétique au premier stade en cas de plantations.
Objectifs économiques
Pour des raisons économiques, la sylviculture cherche à ajuster son offre
de bois à la demande, ce qui est particulièrement difficile étant donné la lenteur
relative de croissance des arbres et parce que la demande peut varier dans le
temps. Par exemple, Colbert plantait pour la marine, mais quand les chênes sont
arrivés à maturité, les navires étaient construits en acier. Plus tard, après la guerre,
on a encouragé la culture des résineux pour la construction, mais ce marché n'a pas
répondu aux espoirs des forestiers.
Un choc pétrolier peut faire grimper le prix du bois, qui peut chuter 10 ans
après. La croissance des importations de bois tropicaux a fait perdre leur rentabilité à
certains bois locaux.
Une tempête, des incendies et les modifications climatiques sont des
aléas mal anticipés affectant la production. Tous ces facteurs font qu'il est difficile
d'assurer un volume constant à un certain prix année après année, autrement dit un
revenu fixe. Pour tenter de contrer ces périodes de difficultés économiques, l'idéal
est de trouver d'autres sources de profits que la matière ligneuse dans le
peuplement, tel que les activités récréatives, les droits de chasses et la récolte de
produits non-ligneux.
Objectifs écologiques
À long terme, la sylviculture a besoin d'une certaine diversité génétique.
La forêt naturelle ou peu anthropisée joue un rôle de conservation génétique
d’espèces animales et végétales et, si son étendue est suffisante, des processus
d’évolution. Par contre, dans l'hémisphère nord et dans plusieurs zones tropicales,
les forêts ont depuis 2 000 ans beaucoup régressé et elles sont de plus en plus
fragmentées. Pour celles faisant l'objet d'une sylviculture, souvent très artificialisées,
elles perdent parfois des éléments biologiques remarquables que des gestions
passées avaient su conserver. Des opérations sylvicoles (conversions de
peuplements très artificiels en peuplements plus naturels) peuvent être nécessaires
pour assurer la pérennité de ces éléments.
Sur un plan social ou socioculturel, certaines formes de sylvicultures
permettent de façonner, restaurer ou maintenir certains paysages, créant des
conditions d’accueil et d’ambiance appréciées du public. Certains sylviculteurs
cherchent ainsi à limiter l'impact visuel des coupes à blanc, par exemple en
diminuant leur taille ou en conservant une bande boisée. Ces bandes serviront à
cacher le site de coupe, mais aussi de corridor biologique et de lisière protectrice
pour les parcelles plantées ou en régénération.
De plus, une forêt protégera généralement mieux contre des départs
d’avalanches, éboulements ou glissements de terrain si elle présente (en
permanence) une composition, une structure et des classes d'âge adaptées, état
qu'une gestion active peut contribuer à entretenir.

Une étude du CEMAGREF[23] a conclu qu'en Europe la richesse des


espèces animales et végétales a tendance à être moindre dans les forêts exploitées
que dans celles non exploitées, mais que les résultats diffèrent selon les espèces.
Les espèces pionnières de plantes à fleurs et de fougères peuvent être favorisées
par des coupes qui leur procurent de l'espace et du soleil. Par contre, la richesse
spécifique des mousses, des lichens, des coléoptères saproxyliques et dans une
moindre mesure des champignons est moins forte dans les forêts exploitées. Environ
7 000 espèces d'insectes, champignons, mousses, pics ou chauve-souris dépendent
du bois mort directement ou indirectement. Or, le bois mort est habituellement un des
principaux « chaînons manquants » en forêt exploitée (plus ou moins selon l'intensité
de la gestion sylvicole, mais il en manque toujours. L'étude montre également qu'une
partie de la biodiversité forestière se reconstitue avec le temps. Le problème est que
la recolonisation peut être difficile, voire impossible à échelle humaine de temps,
sans une politique de gestion restauratoire à long terme et sans la création d'un
réseau de « forêts anciennes » incluant « des réserves intégrales à l'échelle
européenne ». Une sylviculture dite « proche de la nature » inclut généralement ces
objectifs, mais souvent sans vision globale de type réseau écologique et sans
réserve naturelles. Par ailleurs, les mesures de gestion dite « conservatoire »
(rétention d'arbres sénescents, augmentation des volumes de bois mort…) sont trop
peu souvent évaluées de manière scientifique. Idéalement, un bon plan sylvicole
permettrait de maintenir un habitat de qualité (en conservant des débris ligneux ou
des chicots par exemple) pour toutes les espèces de l'écosystème, tout en
permettant une récolte de bois.

Régimes et traitements sylvicoles

Les forestiers ont développé des techniques pour adapter les forêts à
leurs attentes et « conduire » les arbres jusqu'au stade que le sylviculteur considère
être leur stade de maturité ou un âge suffisant pour leur « exploitabilité ». En France,
au niveau de l'« unité de gestion », on parle de :

 Régime sylvicole ; pour décrire les modes de renouvellement des


peuplements forestiers ;
 Traitement sylvicole ; pour décrire d'une part la nature des opérations
sylvicoles qui vont structurer le peuplement, et d'autre part son organisation.

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