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Sujet : « L’impôt est-il uniquement un outil de financement des

dépenses publiques ? »

Introduction

Depuis l’Antiquité, l’impôt est perçu comme une contribution prélevée par
l’État sur les ressources des citoyens afin d’assurer son fonctionnement. En
effet, les sociétés modernes ne peuvent envisager leur organisation sans un
système fiscal apte à soutenir les charges publiques. À ce titre, il est
communément admis que l’impôt constitue un levier fondamental de
financement des dépenses publiques. Toutefois, réduire l’impôt à cette seule
finalité reviendrait à méconnaître son rôle complexe et pluriel dans la sphère
juridique, économique et sociale.
L’impôt, entendu comme une prestation pécuniaire requise par voie
d’autorité, sans contrepartie en vue de la couverture des charges publiques
ou à des fins d’intervention économique. Les dépenses publiques, quant à
elles, désignent l’ensemble des charges supportées par l’État et les
collectivités pour remplir leurs missions d’intérêt général.
Il importe dès lors de s’interroger sur la portée réelle de l’impôt : est-il
uniquement un outil de financement des dépenses publiques
? Autrement dit, l’impôt ne remplit-il qu’une fonction budgétaire ou
participe-t-il également à d’autres objectifs poursuivis par l’État ?
Ce questionnement revêt un intérêt théorique, car il amène à réfléchir sur
les fonctions évolutives de l’impôt dans l’État moderne, mais aussi
un intérêt pratique, en ce qu’il éclaire les choix de politiques fiscales
susceptibles d’influencer l’économie, la justice sociale et l’ordre public.
Nous verrons dans un premier temps que l’impôt est un outil traditionnel et
fondamental de financement des dépenses publiques (I), avant de montrer
qu’il s’agit également d’un instrument aux fonctions économiques, sociales
et politiques (II).

Développement

I. L’impôt : un instrument central de financement des dépenses


publiques
A. Le fondement budgétaire de l’impôt dans les finances publiques

Dans sa conception la plus classique, l’impôt est destiné à pourvoir l’État en


ressources pour couvrir les charges publiques. Il répond ainsi au principe
constitutionnel de nécessité de l’impôt, selon lequel « nul ne peut être
contraint à la contribution publique s’il n’y a été autorisé par la loi ». Ce
principe, ancré dans l’histoire des régimes parlementaires, affirme que
l’impôt est indissociable du budget de l’État et de sa souveraineté financière.
Les recettes fiscales – impôt sur le revenu, TVA, impôts indirects ou sur les
sociétés – forment la majeure partie des ressources du budget de l’État. Sans
elles, les politiques publiques (éducation, santé, infrastructures, sécurité,
etc.) seraient intenables. Ainsi, l’impôt garantit la pérennité de l’action
publique et permet à l’État de remplir ses fonctions régaliennes et d’intérêt
général.
B. La contribution de l’impôt à l’équilibre financier de l’État

Outre le financement des services publics, l’impôt est également un outil de


régulation budgétaire. Dans une logique de soutenabilité des finances
publiques, il permet de limiter le recours à l’endettement, surtout dans des
contextes de déficit structurel. La maîtrise du niveau de pression fiscale
devient alors un enjeu central dans les arbitrages budgétaires.
Par ailleurs, l’impôt contribue à la répartition des charges publiques entre les
citoyens, selon leurs capacités contributives. Ce principe, hérité de la
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, justifie la
progressivité de certains impôts et alimente la légitimité de la ponction
fiscale dans une logique de justice.
Cependant, cette fonction budgétaire, bien que fondamentale, n’épuise pas
le sens ni les effets de l’impôt dans la société moderne.

II. L’impôt : un instrument aux fonctions économiques, sociales et


politiques
A. L’impôt comme outil d’orientation économique et de régulation des
comportements

L’impôt moderne est aussi utilisé pour influencer l’économie nationale. À


travers une politique fiscale adaptée, l’État peut encourager
l’investissement, stimuler la consommation ou favoriser certaines branches
d’activités. Par exemple, les exonérations fiscales en faveur des zones
industrielles ou les réductions d’impôt pour les PME visent à soutenir la
croissance et à favoriser la compétitivité.
D’autre part, l’impôt peut être incitatif ou dissuasif. Des taxes spécifiques,
telles que les taxes environnementales ou les droits d’accise, ont pour but de
modifier les comportements jugés nuisibles (pollution, consommation
d’alcool, tabac, etc.). Il s’agit ici d’un impôt à finalité extrabudgétaire,
orienté vers la protection de l’intérêt général et le respect de certaines valeurs
sociétales.
B. L’impôt comme levier de justice sociale et d’expression politique

L’impôt contribue également à la redistribution des richesses. En taxant les


revenus les plus élevés et en finançant des politiques de solidarité, il devient
un vecteur de cohésion sociale. L’impôt sur le revenu, par sa progressivité,
permet de corriger les inégalités économiques et de renforcer la justice
distributive. Il soutient indirectement les prestations sociales et les
mécanismes de protection des plus vulnérables.
Enfin, l’impôt est un instrument de souveraineté et un marqueur du pacte
démocratique. Il cristallise la relation entre l’État et le citoyen-contribuable.
Son élaboration par le Parlement consacre la participation citoyenne à la
gestion des affaires publiques. En ce sens, l’impôt est aussi politique : il
reflète les choix collectifs d’une société, les priorités d’un gouvernement et
les valeurs qu’il souhaite promouvoir.

Conclusion

Loin de se réduire à une simple source de financement des dépenses


publiques, l’impôt joue un rôle pluriel au sein de l’État. Il est certes un pilier
budgétaire essentiel, garantissant le fonctionnement régulier des services
publics. Mais il est aussi un outil d’intervention économique, un vecteur de
justice sociale et un symbole de citoyenneté active.
L’évolution des missions de l’État moderne appelle une conception
renouvelée de l’impôt, plus lisible, plus équitable et plus efficace. La
perspective d’une réforme fiscale globale, intégrant les défis
environnementaux, numériques et sociaux, s’impose aujourd’hui pour
renforcer la légitimité de l’impôt et la confiance des citoyens dans l’action
publique.

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