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Introduction Générale TH

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[1]

INTRODUCTION GÉNÉRALE
1. Contexte de l’étude

Dans les économies en développement, les petites et moyennes entreprises (PME) constituent
l’un des principaux leviers de croissance et d’emploi. En République Démocratique du Congo
(RDC), et particulièrement dans la ville de Lubumbashi, capitale économique de la province du
Haut-Katanga, les femmes entrepreneures participent activement à l’économie locale en
développant des activités dans le commerce, la transformation alimentaire, les services et
l’artisanat. Cependant, leur contribution demeure limitée par une série de contraintes
structurelles, parmi lesquelles l’accès au financement occupe une place centrale.
L’accès au crédit est largement reconnu dans la littérature comme un déterminant clé de la
performance et de la croissance des entreprises (Stiglitz & Weiss, 1981). Pour les entreprises
dirigées par des femmes, il s’agit non seulement d’un facteur économique mais également d’un
enjeu de justice sociale et d’inclusion financière. Comprendre comment l’accès aux crédits
influence la performance financière des entreprises féminines à Lubumbashi est donc pertinent à
la fois pour la recherche académique, les institutions financières et les décideurs publics.
2. Phénomène observé et état de fait
Malgré la multiplication des banques commerciales, des institutions de microfinance et des
programmes de soutien aux entrepreneurs, les femmes cheffes d’entreprise à Lubumbashi restent
confrontées à des difficultés d’accès aux crédits formels. Le phénomène observé est que nombre
d’entre elles fonctionnent avec des capitaux propres limités, dépendent des tontines ou des
crédits informels, et peinent ainsi à élargir leur production, améliorer leur rentabilité ou saisir de
nouvelles opportunités.
3. Problématique

La problématique est une formulation de la question centrale de recherche. Il s’agit des questions
pertinentes que se pose le chercheur sur le phénomène observé. (Pascal SEM MBIMBI 2017).

Dès lors, la question fondamentale de cette recherche est la suivante : “Dans quelle mesure
l’accès aux crédits influence-t-il la performance financière des entreprises dirigées par des
femmes à Lubumbashi ?”
[2]

4. Hypothèses de recherche

L’hypothèse est une proposition, une présomption ou un sentiment qui exige à être vérifie.
(MBAYO MUSEWA LAKI Mauris 2009)

L’hypothèse est considérée comme un argument explicite aux questions que l’on se pose au
cours d’un travail scientifique, elle permet au chercheur de tracer une ligne à suivre ou encore un
point de vu donné pour connaitre d’avantage ce dont on est assoiffé de découvrir, l’hypothèse
peut être affirmée ou confirmée après une recherche.

En effet, comme hypothèse sert à faire comprendre le raisonnement difficile, en proposant


provisoirement certaines de ses dimensions, ainsi donc voici comment se présente la réponse à
notre questionnement :

Hypothèse générale :

 Un meilleur accès au crédit bancaire améliore significativement la performance des


entreprises dirigées par des femmes à Lubumbashi.

Hypothèses spécifiques :

 H1 : Les entrepreneurs féminins à Lubumbashi ont un accès plus restreint aux crédits que
leurs homologues masculins en raison de garanties insuffisantes et de biais
discriminatoires.
 H2 : La performance financière des entreprises féminines est corrélée positivement à leur
capacité d’obtention de crédit.
 H3 : Les mécanismes de microfinance et les coopératives locales améliorent l’inclusion
financière des entrepreneures.
5. Méthode et techniques de recherche

La Méthodologie de recherche c’est l’ensemble des méthodes et techniques qui oriente


l’élaboration d’une recherche et de guide la démarche scientifique. (ANGER 1992),

1. Approche de l’étude : Cette étude adopte une approche mixte (qualitative et quantitative) et
repose sur une étude de cas unique portant sur une entreprise féminine de Lubumbashi choisie
[3]

pour sa représentativité et son expérience en matière d’accès au crédit bancaire. La recherche


est descriptive pour dresser le profil et le contexte de l’entreprise, et explicative pour analyser
la relation entre financement et performance. Les données sont recueillies par entretiens semi-
directifs, observation directe et analyse documentaire (états financiers, contrats de prêts,
rapports internes), puis traitées par analyse de contenu pour les données qualitatives et par
méthodes statistiques pour les données quantitatives. L’étude couvre la période 2020-2024 et
tient compte des limites liées à la confidentialité de certaines informations et à la spécificité
du cas analysé.

2. Instrument de collecte

a) Questionnaire structure (quantitatif)

b) Entretiens semi-directifs (qualitatif)

c) Revue documentaire

6. Objectifs et intérêt de l’Étude

6.1. Objectifs de l’Étude


a) Objectif général : Examiner l’influence de l’accès au crédit sur la performance des
entreprises féminines à Lubumbashi.
b) Objectifs spécifiques : ils découlent de l’objectif général et ont les suivants :
1. Identifier les obstacles à l’obtention de crédits.
2. Mesurer la performance financière (chiffre d’affaires, rentabilité) des entreprises
étudiées.
3. Proposer des pistes pour faciliter l’inclusion financière.
6.2. Intérêt de l’étude :

L’intérêt du sujet permet non-seulement de maitriser les concepts clé mais aussi de comprendre
et expliquer le phénomène sans étude. (OMOYI TSHODA Plamedie, travail de fin cycle
(Octobre 2021)

L’intérêt de ce sujet porte essentiellement sur base de trois bonne raison, notamment :
[4]

 Scientifique : combler un vide dans la littérature locale sur l’interaction entre accès au
crédit et performance financière des entreprises féminines en contexte congolais.
 Pratique : fournir aux institutions financières, aux ONG et aux décideurs publics des
recommandations opérationnelles pour concevoir des produits financiers adaptés et
inclusifs.
 Social : promouvoir l’autonomisation économique des femmes et leur participation
accrue à la croissance locale.
7. Délimitation spatiale et temporelle de l’étude

Tout travail scientifique doit avoir un objet prescrit dans le temps et dans l’espace, de ce fait est
impérieux que tout travail scientifique sait spatialement et temporellement délimité afin de
permettre au chercheur de mieux cadre son sujet. (MUNTU MUNAY)

a) Délimitation spatiale :

Notre étude dans sa délimitation spatiale se limitera à l’entreprise Rainbow Katanga SARL dans
la province du Haut-Katanga, précisément dans la ville de Lubumbashi.

b) Délimitation temporelle :

Quant à la délimitation temporelle, notre recherche s’étend sur une période allant de 2020 à
2024, afin d'analyser des données récentes et pertinentes concernant les performances et les accès
au crédit durant ces années.

8. Structure du Travail

Pour mieux structurer notre démarche, ce travail est organisé autour de quatre chapitres hormis
l’introduction général et la conclusion générale :

 Chapitre 1. Cadre théorique et revue de littérature


 Chapitre 2. Présentation du champ empirique
 Chapitre 3. Présentation des données, discussions des résultats et piste de solution
Chaque chapitre sera articulé autour des objectifs spécifiques poursuivis et contribuera à
l’atteinte de l’objectif général de la recherche.
[5]

CHAPITRE I. CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE

Introduction

Ce chapitre se propose donc de présenter le cadre conceptuel et théorique qui fonde cette
étude, en précisant les définitions clés, les principales théories explicatives ainsi que les
approches de la performance financière. Il intégrera également une revue critique de la littérature
empirique, tant internationale que régionale et locale, afin d’identifier les convergences et
divergences des travaux antérieurs, mais aussi de mettre en lumière le vide scientifique que cette
recherche se propose de combler.

1.1. Cadre conceptuel

1.2.1 Définition de l’accès au crédit bancaire

L’accès au crédit bancaire renvoie à la capacité d’un agent économique, en particulier


une entreprise, à obtenir des financements auprès d’une institution bancaire pour soutenir ses
besoins d’investissement et de fonctionnement. Selon Mishkin (2019), le crédit bancaire est un
contrat à travers lequel une banque met des fonds à disposition d’un emprunteur moyennant une
obligation de remboursement assortie d’intérêts.

Pour Beck et Demirgüç-Kunt (2006), l’accès au crédit représente un facteur clé de croissance des
entreprises, notamment dans les pays en développement où les sources alternatives de
financement sont limitées. Toutefois, les conditions d’octroi reposent sur des critères tels que la
solvabilité, les garanties, la rentabilité du projet et l’historique de crédit (Berger & Udell, 2008).

Dans le contexte africain, l’accès au crédit reste entravé par plusieurs contraintes : insuffisance
de garanties, asymétries d’information, taux d’intérêt élevés et faiblesse du système bancaire
(Ayyagari, Beck & Demirgüç-Kunt, 2011). En République Démocratique du Congo (RDC), la
situation est encore plus marquée par un faible taux de bancarisation, la fragilité des
infrastructures financières et la méfiance entre banques et PME (Banque Centrale du Congo,
2020).
[6]

Ainsi, l’accès au crédit bancaire peut être défini comme la possibilité effective pour une
entreprise d’obtenir un financement bancaire suffisant, stable et adapté à ses besoins, dans des
conditions compatibles avec sa capacité de remboursement.

1.2.2 Définition de la performance financière

La performance financière se définit comme la capacité d’une entreprise à générer des


résultats économiques et financiers positifs qui garantissent sa rentabilité et sa pérennité. Selon
Brigham et Ehrhardt (2017), elle reflète la mesure dans laquelle les objectifs financiers d’une
entreprise sont atteints, à travers des indicateurs tels que la rentabilité, la solvabilité et la
liquidité.

Pour Kaplan et Norton (1992), la performance ne se réduit pas uniquement aux résultats
comptables mais doit être appréhendée à travers une vision intégrée incluant la satisfaction des
parties prenantes, l’innovation et la croissance. Toutefois, dans le champ strictement financier,
des ratios tels que le Return on Assets (ROA), le Return on Equity (ROE) et le ratio de liquidité
générale demeurent des indicateurs de référence (Gitman & Zutter, 2015).

En Afrique subsaharienne, où l’environnement économique est instable, la performance


financière est souvent évaluée en termes de capacité de survie, de croissance des ventes et de
stabilité des flux de trésorerie (Okpara, 2011). Dans le cas de la RDC, la performance des
entreprises est fortement conditionnée par leur accès aux financements bancaires et leur
résilience face aux chocs macroéconomiques (Muteba, 2019).

Ainsi, la performance financière peut être comprise comme la traduction quantitative et


qualitative de la rentabilité, de la solvabilité et de la capacité d’une entreprise à assurer sa
croissance et sa pérennité dans le temps.

1.2.3 Relation entre l’accès au crédit bancaire et la performance financière

L’accès au crédit bancaire et la performance financière sont liés par une relation de
causalité largement discutée dans la littérature. Selon Stiglitz et Weiss (1981), les asymétries
d’information et les risques de sélection adverse amènent les banques à rationner le crédit, ce qui
limite la capacité des entreprises à financer leur croissance et à améliorer leur performance.
[7]

De leur côté, Beck et Levine (2004) soulignent que le développement du crédit bancaire favorise
l’investissement, stimule la productivité et accroît la rentabilité des entreprises. Toutefois,
d’autres études (Honohan, 2008 ; Demirgüç-Kunt et Maksimovic, 2002) montrent que le crédit
peut également peser sur la performance financière lorsque les coûts d’emprunt sont excessifs ou
lorsque les entreprises sont mal préparées à gérer l’endettement.

Dans le contexte congolais, Banque Mondiale (2019) et Banque Centrale du Congo (2020)
notent que la rareté et le coût élevé du crédit limitent considérablement la performance des PME,
en particulier celles dirigées par des femmes, qui subissent des discriminations supplémentaires
en matière de garanties.

Ainsi, le crédit bancaire apparaît comme une arme à double tranchant : il peut améliorer
significativement la performance financière en apportant les ressources nécessaires à
l’investissement, mais il peut également fragiliser l’entreprise en cas de mauvaise gestion ou de
conditions d’octroi défavorables.

1.3 Cadre théorique

La compréhension de la relation entre l’accès au crédit bancaire et la performance


financière des entreprises repose sur plusieurs courants théoriques en finance et en économie.
Ces théories permettent d’expliquer non seulement les comportements des banques dans l’octroi
de crédits, mais également les choix de financement des entreprises et leurs impacts sur la
performance.

1.3.1 Théorie de la hiérarchie des financements (Pecking Order Theory)

Formulée par Myers et Majluf (1984), la théorie de la hiérarchie des financements stipule
que les entreprises préfèrent financer leurs projets en suivant un ordre hiérarchique :

1. Les ressources internes (autofinancement),

2. Le recours à l’endettement (dont le crédit bancaire),

3. L’émission de nouvelles actions.


[8]

Cette hiérarchie est motivée par les asymétries d’information entre dirigeants et investisseurs.
Dans le cadre des PME, qui disposent rarement de ressources internes suffisantes, l’accès au
crédit bancaire devient un levier stratégique indispensable. Toutefois, si les conditions de crédit
sont trop contraignantes, cela peut freiner leur performance.

1.3.2 Théorie de l’agence

Développée par Jensen et Meckling (1976), cette théorie met en lumière le problème de
divergence d’intérêts entre les parties prenantes : actionnaires, dirigeants, prêteurs. Dans le
contexte bancaire, les établissements de crédit (prêteurs) cherchent à minimiser le risque de non-
remboursement, tandis que les entreprises (emprunteurs) souhaitent maximiser leurs
investissements.

Le contrat de crédit implique donc des coûts d’agence : garanties, taux d’intérêt élevés, suivi des
emprunteurs. Ces contraintes influencent la rentabilité des entreprises et conditionnent leur
performance financière.

1.3.3 Théorie des contraintes de crédit (Stiglitz & Weiss, 1981)

Cette théorie, centrale dans la littérature, montre que les banques ne prêtent pas
uniquement en fonction de la demande et des taux d’intérêt, mais rationnent volontairement le
crédit en raison du risque de sélection adverse et d’aléa moral.

Sélection adverse : les emprunteurs les plus risqués sont souvent ceux qui demandent le plus de
crédit.

Aléa moral : une fois le crédit obtenu, l’entreprise peut adopter un comportement risqué, difficile
à contrôler par la banque.

Ainsi, même des entreprises performantes peuvent être rationnées en crédit, ce qui limite leur
développement et leur performance financière.

1.3.4 Théorie de la performance organisationnelle et financière

La performance ne se réduit pas aux résultats financiers immédiats. Selon Kaplan et


Norton (1992) avec le Balanced Scorecard, la performance intègre également la perspective
[9]

client, les processus internes, l’apprentissage et l’innovation. Cependant, sur le plan strictement
financier, les théories classiques (Brigham & Ehrhardt, 2017) soulignent l’importance de la
rentabilité et de la liquidité comme critères de survie et de croissance.

Cette perspective enrichit la compréhension du lien crédit-performance : un financement


bancaire adéquat peut améliorer la rentabilité et la solvabilité, mais aussi renforcer la capacité
d’innovation et de compétitivité de l’entreprise.

1.3.5 Synthèse des approches théoriques

La Pecking Order Theory met en évidence la place centrale du crédit bancaire dans la
hiérarchie de finan cement.

La Théorie de l’agence explique les contraintes et les coûts liés à la relation banque–entreprise.

La Théorie de Stiglitz & Weiss justifie le rationnement du crédit, même pour des entreprises
performantes.

La Théorie de la performance organisationnelle élargit la compréhension des effets du crédit au-


delà de la simple rentabilité.

Ces différentes théories se complètent pour expliquer la dynamique entre l’accès au crédit
bancaire et la performance financière des entreprises, en soulignant à la fois les opportunités et
les risques associés.

1.4 Revue de la littérature empirique

La littérature empirique sur la relation entre l’accès au crédit bancaire et la performance


financière des entreprises est abondante mais présente des résultats parfois contrastés selon les
contextes étudiés. Les recherches se déclinent généralement en trois niveaux : les études
internationales, les études africaines et les travaux portant spécifiquement sur la République
Démocratique du Congo.

1.4.1 Travaux internationaux


[10]

De nombreuses études internationales confirment que l’accès au crédit bancaire constitue


un levier essentiel pour améliorer la performance financière des entreprises. Beck, Demirgüç-
Kunt et Levine (2006) ont montré, dans une étude portant sur 54 pays, que les PME ayant un
meilleur accès aux financements bancaires enregistrent une croissance plus rapide et contribuent
davantage à l’emploi et au PIB.

De même, Berger et Udell (2008) soulignent que les crédits bancaires permettent non seulement
de renforcer la liquidité des entreprises mais aussi de soutenir l’innovation et la compétitivité.
Ayyagari, Demirgüç-Kunt et Maksimovic (2010) trouvent que l’accès au crédit bancaire a un
effet significatif sur l’expansion des ventes et la productivité des PME, particulièrement dans les
économies émergentes.

Toutefois, certaines recherches nuancent cet impact. Honohan (2008) observe que dans certains
pays en développement, les conditions de crédit (taux d’intérêt élevés, garanties excessives)
peuvent limiter les bénéfices du financement sur la performance. De même, Demirgüç-Kunt et
Maksimovic (2002) constatent que le recours au crédit bancaire peut accroître la vulnérabilité
des entreprises en cas de mauvaise gestion financière ou de chocs macroéconomiques.

1.4.2 Travaux en Afrique

En Afrique, les études empiriques convergent vers le constat que les entreprises, en
particulier les PME, font face à un accès limité au financement bancaire. Selon Beck et Cull
(2014), près de 50 % des PME africaines identifient l’accès au crédit comme le principal obstacle
à leur croissance.

Au Nigéria, Okpara (2011) met en évidence que les difficultés d’accès au crédit réduisent la
capacité des PME à investir dans de nouvelles technologies, limitant ainsi leur compétitivité et
leur rentabilité. Au Kenya, Karlan et Zinman (2010) montrent que les crédits bancaires et de
microfinance ont permis d’améliorer la productivité et les revenus des petites entreprises, mais
seulement lorsque l’accompagnement en gestion financière est assuré.

Au Ghana, Abor et Biekpe (2006) démontrent que les PME ayant accès au crédit bancaire
affichent une meilleure performance en termes de chiffre d’affaires et de rentabilité, mais
soulignent que les coûts élevés de financement constituent un frein majeur.
[11]

Ces études africaines révèlent donc une double réalité : le crédit bancaire améliore la
performance des entreprises lorsqu’il est accessible et bien géré, mais il demeure rare, coûteux et
conditionné par des exigences strictes de garanties.

1.4.3 Travaux en RDC

En République Démocratique du Congo, la littérature est moins abondante, mais


quelques travaux soulignent les contraintes structurelles qui limitent le lien entre crédit bancaire
et performance des entreprises.

Selon la Banque Centrale du Congo (2020), le taux de bancarisation reste inférieur à 10 %, ce


qui réduit considérablement la capacité des entreprises, notamment des PME, à accéder aux
crédits bancaires. Une étude de la Banque Mondiale (2019) indique que les banques congolaises
privilégient les grandes entreprises extractives, au détriment des PME qui représentent pourtant
plus de 80 % du tissu économique.

Des recherches académiques locales, comme celles de Muteba (2019) et Mwanza (2021),
montrent que les PME congolaises rencontrent de fortes contraintes liées aux garanties exigées,
aux taux d’intérêt très élevés (souvent supérieurs à 18 %), ainsi qu’à une méfiance mutuelle entre
banques et entrepreneurs. Ces obstacles réduisent la capacité des entreprises à investir, à innover
et à générer des performances financières durables.

Dans le contexte de Lubumbashi et du Haut-Katanga, où l’économie repose en grande partie sur


l’activité minière et les petites entreprises de services, l’accès limité au crédit bancaire reste un
frein majeur à la performance et à la croissance des entreprises locales (Katumbi, 2020).

1.4.4 Analyse critique de la littérature

L’ensemble des travaux met en évidence une convergence générale : l’accès au crédit
bancaire est un facteur déterminant de la performance financière des entreprises. Toutefois, des
divergences apparaissent concernant l’ampleur de cet effet, qui dépend fortement :

 du coût du crédit,
[12]

 des conditions d’octroi,


 du contexte institutionnel et macroéconomique.

En RDC, la littérature reste encore limitée et souvent descriptive, avec peu d’analyses
quantitatives approfondies. Cela justifie la pertinence d’une recherche ciblée sur le lien entre
accès au crédit bancaire et performance financière des entreprises dans un contexte particulier
comme Lubumbashi.

1.5 Définitions des concepts clés

La clarification des concepts centraux est essentielle pour assurer une meilleure
compréhension et une utilisation cohérente des notions dans le cadre de ce travail de recherche.
Les concepts clés retenus sont : accès, crédit bancaire, banque, performance et performance
financière.

1.5.1 Accès

Le terme « accès » renvoie à la possibilité ou à la capacité d’un agent économique


d’obtenir un service ou une ressource donnée. Dans le domaine financier, l’accès au crédit
désigne la faculté pour un individu ou une entreprise de contracter un prêt auprès d’une
institution bancaire ou financière. Selon la Banque mondiale (2008), l’accès au financement se
définit comme « la disponibilité de services financiers abordables et adaptés aux besoins des
particuliers et des entreprises ». En d’autres termes, il implique non seulement la disponibilité
des fonds mais aussi la capacité des acteurs économiques à en bénéficier effectivement.

1.5.2 Crédit bancaire

Le crédit bancaire peut être défini comme une opération par laquelle une banque met à la
disposition d’un agent économique une somme d’argent, moyennant un engagement de
remboursement à une échéance convenue, assorti du paiement d’intérêts. Pour Mishkin et Eakins
(2018), le crédit bancaire constitue « un mécanisme de transfert intertemporel de ressources
permettant de financer la consommation ou l’investissement des agents en contrepartie d’un
engagement contractuel ». Ainsi, le crédit est un outil majeur de financement des activités
économiques et de soutien à la croissance.
[13]

1.5.3 Banque

La banque est une institution financière qui collecte les dépôts du public et octroie des
crédits. Selon la Bâle Committee on Banking Supervision (2011), une banque est « toute
institution qui reçoit des dépôts ou des fonds remboursables du public et accorde des crédits pour
son propre compte ». Dans le contexte des économies émergentes, comme la RDC, les banques
jouent un rôle crucial dans l’intermédiation financière et le financement du secteur privé, en
particulier des petites et moyennes entreprises (PME).

1.5.4 Performance

Le concept de performance renvoie à la capacité d’un agent économique à atteindre les


objectifs fixés en termes d’efficacité et d’efficience. Pour Lebas (1995), la performance est «
l’accomplissement d’un objectif, associé à l’efficacité (atteinte des buts fixés) et à l’efficience
(utilisation optimale des ressources) ». Elle est multidimensionnelle et peut être mesurée à
travers des indicateurs financiers, organisationnels ou sociaux.

1.5.5 Performance financière

La performance financière correspond spécifiquement à la capacité d’une entreprise à


générer des résultats financiers positifs et durables. Elle s’évalue au moyen d’indicateurs tels que
la rentabilité, la liquidité, la solvabilité ou encore la croissance du chiffre d’affaires. Selon
Richard et al. (2009), la performance financière « reflète l’atteinte des objectifs économiques de
l’entreprise et constitue une dimension essentielle de sa performance globale ». Dans le cadre des
PME, elle est fortement conditionnée par l’accès aux financements, notamment bancaires.

1.5.6 Entreprise / PME

L’entreprise peut être définie comme une unité de production de biens et services visant à
réaliser un profit. Plus particulièrement, la Petite et Moyenne Entreprise (PME), selon la
définition de l’OCDE (2005), est une entité économique dont la taille est limitée en termes
d’effectifs, de chiffre d’affaires ou de bilan. En Afrique subsaharienne, les PME constituent
l’essentiel du tissu économique mais se heurtent à des difficultés d’accès au crédit bancaire, ce
qui affecte leur performance financière (Beck et Demirgüç-Kunt, 2006).
[14]

Conclusion du Chapitre I

En somme, ce premier chapitre a permis de clarifier les notions fondamentales relatives à


l’accès au crédit bancaire et à la performance financière, tout en mobilisant les principaux cadres
théoriques et les travaux empiriques disponibles. Il ressort que si le crédit bancaire constitue un
levier majeur de croissance et de rentabilité, son effet demeure conditionné par les contraintes
institutionnelles, les coûts de financement et la capacité de gestion des entreprises. La revue de la
littérature a par ailleurs mis en évidence le manque d’études approfondies dans le contexte
congolais, particulièrement à Lubumbashi, ce qui justifie la pertinence de la présente recherche.
[15]

Chapitre II: Présentation du terrain Empirique de l'étude


II.1. Description de l'entreprise Rainbow Katanga SARL
Rainbow Katanga SARL est une entreprise basée à Lubumbashi, en République Démocratique
du Congo, spécialisée dans la fabrication de détergents. Elle fait partie du groupe Mining
Engineering Services (M.E.S), un acteur majeur dans le secteur minier en RDC. L'entreprise se
distingue par son engagement envers l'autonomisation des femmes, constituant 75% de son
personnel de femmes, y compris celles issues de milieux défavorisés et vivant avec un handicap.
1. Historique de l'entreprise
Rainbow Katanga SARL a été inaugurée par le Ministre de l’Industrie en juin 2023, dans le
cadre de la DRC Mining +Week. L'entreprise est une filiale du groupe Mining Engineering
Services (MES), fondé en 2010 à Lubumbashi. MES est un entrepreneur EPCM (Engineering,
Procurement, Construction, and Management) majeur en RDC, fournissant des solutions
complètes d'ingénierie, d'approvisionnement, de construction, de mise en service, de
transmission et distribution d'énergie, de services de main-d'œuvre, de maintenance et de
location d'équipements. Le groupe MES est également un fabricant clé de tuyaux en PEHD, de
plaques cathodiques et anodiques, de lingots de plomb et de câbles électriques, et exploite des
usines de recyclage pour les déchets de cuivre et de plomb, les batteries usagées et l'huile,
contribuant ainsi à des pratiques durables dans le secteur minier.

2. Vision
La vision de Rainbow Katanga SARL, en tant que membre du groupe MES, est d'être une
marque congolaise significative et fiable, offrant des produits, services et solutions innovantes en
ingénierie. L'entreprise aspire à dépasser les attentes de ses clients en fournissant des produits de
qualité standard internationale, fabriqués localement ou importés, grâce à une équipe qualifiée et
engagée, œuvrant pour un environnement sûr et respectueux du climat.
[16]

3. Missions
La mission principale de Rainbow Katanga SARL est la fabrication de détergents, avec
l'intention d'élargir sa gamme de produits pour répondre aux besoins de la femme congolaise et
africaine. L'entreprise s'engage également à lutter contre le chômage en créant des emplois et en
construisant un écosystème économique et social autour du secteur minier. Un aspect central de
sa mission est l'autonomisation des femmes, en intégrant des femmes vulnérables, issues de
milieux défavorisés et vivant avec un handicap, dans son personnel.

4. valeurs
Les valeurs de Rainbow Katanga SARL sont profondément ancrées dans son engagement social
et son identité congolaise. L'entreprise valorise l'honnêteté, la sincérité et l'efficacité, en
particulier chez les femmes qu'elle recrute. Elle promeut la masculinité positive, avec le soutien
des hommes du groupe, pour l'autonomisation des femmes à tous les niveaux. La solidarité avec
les femmes célibataires, les filles-mères et celles vivant avec un handicap est également une
valeur fondamentale, visant à les aider à subvenir aux besoins de leur famille.

5. Objectif stratégique
a. stratégique
La stratégie de Rainbow Katanga SARL repose sur plusieurs piliers :
 la production locale de biens de consommation (détergents),
 l'expansion de sa gamme de produits pour couvrir un plus large éventail de besoins
féminins, et
 l'intégration sociale par l'emploi des femmes.
L'entreprise prévoit également de diversifier ses activités avec des projets de recyclage des
déchets plastiques et de fabrication de cartons d'emballage à Lubumbashi, ce qui s'inscrit dans
une démarche d'économie circulaire et de réduction de la dépendance aux importations. Elle
cherche à obtenir le soutien du gouvernement pour la suppression de la TVA et de la double
TVA afin d'améliorer la compétitivité de ses produits sur les marchés locaux et régionaux.

b. Objectifs
[17]

Les objectifs de Rainbow Katanga SARL incluent :


 devenir un acteur majeur dans la fabrication de détergents et autres produits de
consommation pour les femmes,
 créer des emplois significatifs, en particulier pour les femmes vulnérables,
 contribuer au développement économique local par la production et le recyclage, et
 renforcer la compétitivité des produits congolais sur le marché.
À long terme, l'entreprise vise à étendre son influence et ses produits à l'ensemble de l'Afrique.

6. Organisation structurelle de l'entreprise


Le structure organisationnelle de Rainbow Katanga SARL appartiens au groupe Mining
Engineering Services (MES) suggère une structure organisationnelle qui s'inscrit dans la lignée
de sa société mère. Le groupe MES, en tant qu'entrepreneur EPCM, opère avec diverses filiales
spécialisées, ce qui implique une structure matricielle ou divisionnelle où Rainbow Katanga
SARL fonctionnerait comme une division ou une entité autonome sous la supervision générale
de MES.
1. Direction générale

 Directeur général / PDG : assure la stratégie et la coordination globale avec le


groupe MES.

 Secrétariat exécutif : support administratif et gestion des relations avec les


autorités et partenaires.

2. Département de production

 Responsable des opérations industrielles : supervisant les unités de fabrication de


savons, détergents, gels.

 Responsable qualité et environnement : assure le respect des normes sanitaires et


environnementales, notamment en lien avec les défis de pollution évoqués .

3. Département Ressources humaines


[18]

 Chargé du recrutement majoritairement féminin, incluant l’insertion de femmes


vulnérables ou handicapées (femmes célibataires, filles-mères, etc.) .

 Formation,

 gestion des carrières, et

 promotion d’une culture d’autonomisation des femmes.

4. Département commercial & marketing

Promotion des produits de nettoyage sur le marché local et sous-régional.

Collaboration avec le Fonds pour la Promotion de l’Industrie (FPI) : demandes de franchise


fiscale, TVA etc…

5. Département R&D et projets développement

Développement de nouvelles gammes destinées aux besoins des femmes rurales ou urbaines.

Projets liés au recyclage de déchets plastiques et à la fabrication de cartons d’emballage


localement.

6. Département finances et administration

Gestion des investissements, budgets, et relations financières avec le groupe MES et partenaires
publics.

Suivi des prêts obtenus (notamment auprès du FPI) et respect des échéances de remboursement
et des obligations fiscales.

7. Département environnement & sécurité

Gestion des risques industriels, conformité aux normes environnementales.

Gestion des incidents (par ex. pollution de la rivière Kimbembe) mise en place après les
inspections officielles .
[19]

Mission principale : Assurer la transformation efficace des matières premières en produits finis
de qualité.

Sous-unités :

 Planification de la production : élabore les calendriers de production en fonction


des commandes.

 Approvisionnement & logistique : réception et gestion des matières premières.

 Atelier de fabrication : transformation, conditionnement, maintenance technique.

 Contrôle qualité : vérifie la conformité des produits finis.

7. Organisation fonctionnelle de l'entreprise


L'organisation fonctionnelle de Rainbow Katanga SARL est dictée par ses activités principales
de fabrication de détergents et ses objectifs d'expansion. Bien que les détails précis de chaque
département ne soient pas explicitement décrits dans les sources disponibles, on peut déduire
leurs rôles et responsabilités en se basant sur la nature de l'entreprise et les informations glanées.

1. Production
Le cœur de l'activité de Rainbow Katanga SARL réside dans la production de détergents. Ce
département est responsable de l'ensemble du processus de fabrication, depuis
l'approvisionnement en matières premières jusqu'à la transformation en produits finis. Cela inclut
la gestion des opérations de production, le contrôle qualité pour assurer la conformité des
détergents aux normes requises, et l'optimisation des processus pour maximiser l'efficacité et
réduire les coûts. L'entreprise ayant pour projet d'étendre sa gamme de produits et de recycler les
déchets plastiques pour fabriquer des cartons d'emballage, le département de production sera
également en charge de la recherche et développement pour ces nouvelles lignes de produits et
de l'intégration des processus de recyclage dans la chaîne de production.
2. Marketing et Finance
Le département Marketing et Finance est crucial pour la commercialisation des produits de
Rainbow Katanga SARL et la gestion de ses ressources financières. Le marketing est chargé de
[20]

l'identification des besoins des consommateurs, en particulier des femmes congolaises et


africaines, et de la promotion des détergents et futurs produits.
Cela implique l'élaboration de stratégies de prix, de distribution et de communication pour
atteindre les marchés cibles. L'objectif de rendre les produits congolais compétitifs sur les
marchés locaux et régionaux souligne l'importance d'une stratégie marketing efficace.
Du côté financier, ce département gère les flux de trésorerie, la comptabilité, les budgets et les
investissements. Il est également responsable de la recherche de financements et de la gestion
des relations avec les institutions financières. L'accès au crédit étant un enjeu majeur pour les
entreprises féminines, comme le souligne l'étude de l'UQAC, le département financier de
Rainbow Katanga SARL joue un rôle essentiel dans la sécurisation des ressources nécessaires à
la croissance et à l'expansion de l'entreprise.
3. Ressources humaines
Le département des Ressources Humaines (RH) est un pilier central de Rainbow Katanga SARL,
compte tenu de son engagement fort envers l'autonomisation des femmes et de la composition
majoritairement féminine de son personnel (75%). Ce département est responsable du
recrutement, de la formation, du développement et de la gestion du personnel. Il veille à créer un
environnement de travail inclusif et favorable, en particulier pour les femmes vulnérables, issues
de milieux défavorisés ou vivant avec un handicap.
Les RH sont également chargées de la mise en œuvre des politiques de l'entreprise en matière de
masculinité positive et de soutien aux femmes célibataires et filles-mères, comme mentionné
dans l'article de Zoom Eco.
8. Organisation Financière
L'organisation financière de Rainbow Katanga SARL est intrinsèquement liée à celle de sa
société mère, Mining Engineering Services (MES), et aux défis généraux d'accès au crédit
rencontrés par les entreprises féminines en RDC. Bien que des chiffres précis ne soient pas
disponibles publiquement, on peut analyser les aspects clés de son organisation financière.
1. Statut Juridique
Rainbow Katanga SARL est une Société à Responsabilité Limitée (SARL), ce qui implique que
la responsabilité de ses associés est limitée à leurs apports. Ce statut juridique est courant pour
les petites et moyennes entreprises et offre une certaine flexibilité en termes de gestion et de
[21]

structure du capital. En tant que filiale du groupe MES, son statut juridique est probablement
aligné sur les pratiques du groupe.
2. Structure du Capital
La structure du capital de Rainbow Katanga SARL est probablement majoritairement détenue
par le groupe Mining Engineering Services (MES). L'article de Zoom Eco mentionne que
Rainbow Katanga SARL est une "entreprise du groupe Mining Engineering Services (MES)", ce
qui suggère une participation significative, voire totale, de MES dans son capital. La nature de
l'entreprise, axée sur l'impact social et l'autonomisation des femmes, pourrait également attirer
des investissements sociaux ou des partenariats avec des organisations de développement, bien
que cela ne soit pas explicitement mentionné.
3. Chiffre d'affaires
Le chiffre d'affaires de Rainbow Katanga SARL n'est pas publiquement divulgué. Cependant, en
tant qu'entreprise de fabrication de détergents et avec des projets d'expansion dans le recyclage et
l'emballage, son chiffre d'affaires dépendra de sa capacité de production, de la demande du
marché local et régional, et de sa compétitivité. L'entreprise vise à rendre ses produits compétitifs
sur le marché local, sous régional et africain, ce qui indique une ambition de croissance
significative de son chiffre d'affaires.
4. Évaluation Financière
Une évaluation financière complète de Rainbow Katanga SARL nécessiterait l'accès à ses états
financiers (bilan, compte de résultat, tableau des flux de trésorerie). Cependant, certains
indicateurs peuvent être déduits de son modèle d'affaires et de son environnement. L'entreprise
bénéficie du soutien d'un groupe établi (MES), ce qui peut lui conférer une certaine stabilité
financière et un accès à des ressources.
Cependant, comme toutes les entreprises féminines en RDC, Rainbow Katanga SARL est
susceptible de faire face à des défis en matière d'accès au crédit, comme le souligne l'étude de
l'UQAC. La capacité de l'entreprise à générer des flux de trésorerie positifs, à gérer ses coûts de
production et à obtenir des financements externes sera cruciale pour sa performance financière à
long terme.
[22]

Son engagement social et ses projets de diversification (recyclage, emballage) pourraient


également attirer des financements dits "à impact" ou des subventions, améliorant ainsi sa
solidité financière.
9. Organigramme:

Direction Général

Séc. Executif

Département Dép. Comm Et Dép


Département
de Ressource Dép Finance d’Environnemen
De Production Marketing
Humaine t et Sécurité

Dép R et G
Atelier/ Étude du Vente et Projet
Formation
Recrutement Planification marché Publicité
Sociale qualité

Tréso/suivi
Comptabilité
FPI

Source: département de ressource humaine

II.2. Analyses Stratégique de l'environnement de l'entreprise


L'environnement dans lequel évolue Rainbow Katanga SARL est caractérisé par des dynamiques
économiques et sociales complexes, particulièrement en ce qui concerne l'entrepreneuriat
féminin et l'accès au crédit en République Démocratique du Congo, et plus spécifiquement à
Lubumbashi. Cette analyse stratégique se base sur les informations recueillies concernant
l'entreprise elle-même et le contexte économique
régional.
[23]

2.1. Contexte Interne : Analyse SWOT


L'analyse SWOT (Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats) permet d'identifier les forces
et les faiblesses internes de Rainbow Katanga SARL, ainsi que les opportunités et les menaces
externes qui peuvent affecter son efficacité. Pour réaliser cette analyse, il est nécessaire de
recueillir des informations spécifiques sur les ressources humaines, les processus internes, la
culture organisationnelle et les défis rencontrés par l'institution.

Tableau N°3 Matricr Swot

Analyse PESTEL
Politique Stabilité relative en RDC, mais risques d’instabilité locale ou
fiscale.
- Politique d’encouragement du gouvernement à la
transformation locale via des incitations fiscales et appui du
FPI.

Économique - Taux d’inflation élevé affectant les coûts de production.


- Potentiel de croissance du secteur industriel local grâce à la
demande croissante de produits transformés.

Socioculturel - Marché local en pleine évolution, attentes plus élevées des


clients sur la qualité.
- Fort taux de chômage : disponibilité de main-d'œuvre, mais
nécessité de formation.

Technologique - Accès limité à des technologies modernes, dépendance aux


importations d’équipements.
- Faible digitalisation des processus de gestion.

Environnemental - Obligation de se conformer aux normes environnementales


(pollution, gestion des déchets).
- Sensibilité croissante à la responsabilité sociale des
entreprises.

Légal - Cadre réglementaire parfois instable (douanes, fiscalité).


- L’obtention de licences, certifications et respect des normes
est parfois contraignant.
[24]

Source: Nous même lors de la recherche

2.2. Contexte externe (Analyse PESTEL)


L'analyse PESTEL (Politique, Économique, Socioculturel, Technologique, Environnemental,
Légal) permet d'évaluer les facteurs macro-environnementaux qui influencent la GLOBAL
LOGISTICS SPRL. Ces facteurs, bien que non directement contrôlables par l'institution, ont un
impact significatif sur son fonctionnement et ses performances.

Tableau N° 4 Matrice PESTEL


Forces Faiblesses
- Soutien du Fonds de Promotion de - Capacité de production limitée ou semi-
l’Industrie (FPI) pour le financement. artisanale.
- Positionnement dans une zone stratégique - Dépendance aux intrants importés.
du Katanga (Lubumbashi, Kolwezi, etc.). - Manque de personnel hautement qualifié
- Expérience locale et compréhension du dans certains services (finance, gestion
marché congolais. qualité).

Opportunités Menaces
- Demande croissante pour les produits - Concurrence croissante des produits
locaux transformés. importés (souvent moins chers).
- Possibilité de partenariats avec d'autres - Instabilité économique ou réglementaire
entreprises industrielles ou institutions en RDC.
publiques. - Fluctuation du taux de change affectant
- Programme de soutien public pour la les coûts des matières premières.
relance industrielle.

Source: Nous même lors de la recherche


2.3. Recommandations stratégiques
• Renforcer la compétitivité en modernisant les équipements (via le FPI ou d’autres subventions).

• Investir dans la formation du personnel pour améliorer la qualité des produits et services.
[25]

• Mettre en place une veille stratégique sur l’évolution des politiques publiques et opportunités
de marché.
• Diversifier l’offre pour capter différents segments du marché local et régional.
• Améliorer la communication marketing afin de mieux valoriser le label « Made in Katanga ».
[26]

CHAPITRE III. PRESENTATION DES DONNEES, DISCUSSION DES


RESULTATS ET PISTES DES SOLUTIONS
3.1. Collecte et présentation des données de la recherche

La collecte des données a été réalisée auprès d’un échantillon de 20 personnes constituées de
femmes entrepreneures, de gestionnaires d’entreprises féminines, ainsi que de quelques
employés et partenaires financiers. Cet échantillon a été choisi sur la base de la méthode de
sélection raisonnée, en tenant compte des critères liés à l’objet de l’étude, à savoir :

 L’implication dans la gestion ou le financement d’une entreprise féminine ;

 L’expérience pratique dans la recherche ou l’utilisation du crédit bancaire ;

 La pertinence des réponses pour éclairer la problématique de la relation entre accès


au crédit et performance des entreprises féminines.

 La collecte a utilisé deux principaux instruments :

1. Un questionnaire structuré administré directement aux répondants, avec des questions fermées
et des échelles de Likert pour obtenir des données quantitatives mesurables.
[27]

2. Un entretien semi-directif mené auprès de certaines répondantes clés afin d’obtenir des
données qualitatives sur les perceptions, obstacles et stratégies.

Les réponses obtenues ont été saisies et traitées à l’aide du logiciel Excel, permettant la
construction de tableaux statistiques et la réalisation de graphiques pour faciliter l’interprétation.

1. Profil général des répondants

Tableau N°1 de répartition de répondant selon le genre

Indicateur Effectif Pourcentage

Femme 15 75%

Homme 5 25%

Total 20 100%

Source: nous-mêmes à partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: Les résultats montrent une nette prédominance féminine parmi les répondants,
avec 75 % de femmes contre 25 % d’hommes. Cette forte proportion féminine s’explique par le
fait que l’étude cible spécifiquement les entreprises féminines, ce qui influence naturellement la
composition de l’échantillon. Cela confirme également la présence active des femmes dans le
tissu entrepreneurial local.

Figure N°1 de proportion de répondant selon le genre


[28]

Source: nous-mêmes a partir des données primaire

Commentaire: : La figure illustre visuellement la domination numérique des femmes dans


l’échantillon, représentant les trois quarts du total. La faible proportion masculine souligne que
les résultats de l’étude reflètent principalement la réalité vécue par les entrepreneures.

Tableau N°2 de répartition de répondant selon l’Age

Indicateur Effectif Pourcentage

Moins de 25 ans 2 10%

25 – 35 ans 8 40%

36 – 45 ans 6 30%

46 ans et plus 4 20%

Tatol 20 100%

Source: nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: La tranche d’âge la plus représentée est celle de 25 à 35 ans (40 %), suivie par
les 36 à 45 ans (30 %). Les moins de 25 ans ne constituent que 10 % de l’échantillon, ce qui
reflète une faible implication des très jeunes dans l’entrepreneuriat étudié. Les 46 ans et plus
représentent 20 %, traduisant une présence notable d’entrepreneures expérimentées.
[29]

Figure N°2 Proportion de répondant selon l’Age

Source: nous-mêmes a partir des données primaire

Commentaire: La représentation graphique confirme la concentration des entrepreneures dans


la tranche des jeunes adultes actifs (25–45 ans), période généralement associée à la maturité
professionnelle et à la stabilité économique.

Tableau N°3 de répartition de répondant selon niveaux d’étude

Indicateur Effectif Pourcentage

Niveau d’étude Primaire 2 10%

Secondaire 6 30%

Supérieur et 12 65%
Universitaire

Total 20 100%

Source: Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: La majorité des répondants (65 %) possèdent un niveau supérieur ou


universitaire, suivi des titulaires d’un diplôme secondaire (30 %) et primaire (10 %). Cela montre
que l’échantillon est composé majoritairement de personnes ayant un bagage scolaire élevé, ce
qui peut influencer positivement la gestion de leurs activités.
[30]

Fugure N°3 de Proprtion de répondant selon le niveaux d’étude

Source: Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: : Le graphique illustre clairement que l’entrepreneuriat féminin enquêté est


fortement dominé par des femmes instruites, renforçant l’idée que l’éducation joue un rôle clé
dans la création et le développement d’entreprise.

Tableau N°4 de répartition de répondant selon Ancienneté

Indicateur Effectif Pourcenta


ge

Moins d’1 an 2 10%

1 – 3 ans 5 25%

4 – 6 ans 7 35%

7 ans et plus 6 30%

Total 20 100%

Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: Les entrepreneures ayant 4 à 6 ans d’expérience sont les plus nombreuses (35 %),
suivies de près par celles ayant 7 ans et plus (30 %). Les entreprises les plus récentes (moins de 1
[31]

an) ne représentent que 10 % des répondants, indiquant que la plupart sont relativement bien
établies.

Figure N° 4 de Proportion des répondant selon répondant selon Ancienneté

Source: Source : nous-même a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: Le graphique montre un équilibre entre les entrepreneures expérimentées et


celles en phase de consolidation, traduisant une stabilité relative du secteur étudié.

Tableau N°5 de répartition de répondant selon leurs secteurs d’activité

Indicateur Effectif Pourcentage

Commerce 8 40%

Services 6 30%

Agroalimentaire 4 20%

Autre 2 10%

Total 20 100%

Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain


[32]

Commentaire: Le commerce est le secteur dominant avec 40 %, suivi des services (30 %) et de
l’agroalimentaire (20 %). Les autres secteurs représentent 10 %. Cela traduit la prédominance
d’activités à rotation rapide et à forte demande locale.

FigureFugure N°5 de Proportion selon secteur d’activité

Source: nous-même a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: La figure confirme la place centrale du commerce dans l’échantillon, un secteur


souvent plus accessible aux petites et moyennes entrepreneures en raison de ses besoins
d’investissement relativement modérés.

2. Accès au crédit bancaire par les entreprises féminines interrogées

Tableau N°6 d’Obtention des Crédit

Indicateur Effectif répondant Pourcentage

Oui 12 60%

Non 8 40%

Total 20 60%

Source: Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain
[33]

Commentaire: La majorité des répondantes (60 %) ont déjà obtenu un crédit bancaire, contre
40 % qui n’y ont jamais eu accès. Ce résultat met en évidence que, bien que l’accès soit possible,
il reste limité à une partie des entrepreneures.

Figure N°6 de Proportion d’Obtention des Crédit

Source: Source : nous-même a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: La figure met en évidence un accès mitigé au financement bancaire, suggérant


que des obstacles persistent malgré l’existence d’offres de crédit.

Tableau N°7 de Montant approximatif du dernier crédit obtenu

Indicateur Effectif répondant Pourcentage

< 1 000 $ 2 10

1 000 – 5 000 $ 5 25

5 000 – 10 000 $ 3 15

Plus de 10 000 $ 2 10

Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain


[34]

Commentaire: Les crédits les plus fréquents se situent entre 1 000 et 5 000 $ (25 %), suivis des
prêts de 5 000 à 10 000 $ (15 %). Les montants inférieurs à 1 000 $ et supérieurs à 10 000 $ ne
concernent chacun que 10 % des répondants, traduisant une prédominance des financements
modestes.

Figure N°7 de Proportion de montant approximatif du dernier crédit obtenu

Source: Source : nous-même a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: Le graphique reflète la prudence des institutions bancaires, qui accordent


majoritairement des crédits de faible ou moyenne envergure aux entrepreneures.

Tableau N°8 de crédit obtenu pour répondre aux besoins

Indicateur Effectif répondant Pourcentage

Pas du tout 2 10%

Peu 4 20%

Moyennement 5 25%

Bien 6 30%

Très bien 3 15%


[35]

Total 20 100%

Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: 30 % des entrepreneures estiment que le crédit a bien répondu à leurs besoins, 25
% « moyennement » et 15 % « très bien ». Par contre, 30 % jugent que la satisfaction est faible
ou inexistante. Cela traduit une adéquation partielle entre le montant octroyé et les besoins réels.

Figure N°8 de Proportion de crédit obtenu

Source: Source : nous-même a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: Le graphique montre un niveau de satisfaction mitigé, suggérant que


l’insuffisance des montants ou la durée des crédits limite leur impact.

Tableau N°9 de Durée moyenne du crédit accordé

Indicateur Effectif répondant Pourcentage

Moins de 6 mois 2 10%

6 – 12 mois 5 25%

1 – 2 ans 3 15%
[36]

Plus de 2 ans 2 10%

Total 12 60%

Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: Les durées de 6 à 12 mois sont les plus courantes (25 %), suivies par les crédits
de 1 à 2 ans (15 %). Les durées courtes (moins de 6 mois) ou très longues (plus de 2 ans) sont
peu fréquentes (10 % chacune), ce qui peut limiter la capacité de remboursement étalé.

Figure N°9 de Proportion de Durée moyenne du crédit accordé

Source: Source : nous-même a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: : Le graphique met en évidence une préférence bancaire pour des prêts de durée
moyenne, probablement pour limiter le risque.

Tableau N°10 de Facilité du processus d’obtention du crédit

Indicateur Effectif répondant Pourcentage

Très facile 1 5%

Facile 3 15%

Difficile 9 45%
[37]

Très difficile 7 35%

Total 20 100%

Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire:Une large majorité (80 %) considère que le processus est difficile ou très difficile,
contre seulement 20 % qui le trouvent facile. Cela souligne que les procédures restent un frein
majeur à l’accès au financement.

Figure N°10 de Proportion de processus d’obtention du crédit

Source: nous-même a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: Le graphique illustre clairement que la lourdeur administrative est une contrainte
majeure pour les entrepreneures.

3. Obstacles rencontrés dans l’accès au crédit

Tableau N°11 de l’Obstacles à l’accès au crédit

Indicateur Effectif Pourcentage


[38]

répondant

Manque de garanties Élevé à très élevé 15 75%

Revenus jugés insuffisants Élevé à très 12 60%


élevé

Discrimination liée au genre Élevé à très 8 40%


élevé

Taux d’intérêt élevés Élevé à très élevé 14 70%

Procédures administratives complexes 13 65%


Élevé à très élevé

Procédures administratives complexes 13 65%


Élevé à très élevé

Autres (méfiance des banques, lenteur) 5 25%


Élevé à très élevé

Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: Le manque de garanties (75 %) et les taux d’intérêt élevés (70 %) sont les deux
principaux obstacles, suivis par les procédures administratives complexes (65 %) et les revenus
jugés insuffisants (60 %). La discrimination liée au genre touche encore 40 % des répondantes.

4. Performance des entreprises après financement

Tableau N°12 d’Évolution du chiffre d’affaires

Indicateur Effectif répondant Pourcentage

A baissé 1 5%
[39]

Resté stable 5 25%

Légèrement augmenté 8 40%

Fortement augmenté 6 30%

Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire:40 % des répondantes déclarent une légère augmentation et 30 % une forte


augmentation de leur chiffre d’affaires après financement. 25 % n’ont constaté aucun
changement, et 5 % ont subi une baisse.

Figure N°11 de Proportion de processus d’obtention du crédit

Source: nous-même a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: l’analyse du graphique montre que la majorité des entreprise interrogées ont
connue une évolution positive de leurs chiffre d’affaire après obtention du financement. En effet
40% une légère augmentation, tandis que 30% rapportent une forte augmentation. Par ailleurs,
25% indiquent que leurs chiffre d’affaires est resté stable, et seulement 5% affirment avoir
enregistré une baisse.

Tableau N°13 d’Embauche de personnel après financement

Indicateur Effectif répondant Pourcentage

Oui 9 45%
[40]

Non 11 55%

Total 20 100%

Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire:45 % des entrepreneures ont embauché du personnel suite au financement, contre


55 % qui n’ont pas pu le faire. L’impact sur l’emploi est donc positif mais reste limité.

Figure N°12 de Proportion d’Embauche de personnel après financement

Source: nous-même a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: le graphique en secteurs indique que 45% des entrepreneures féminines


interrogées ont procédé à l’embauche de personnel après avoir bénéficié d’un financement,
tandis que 55% n’ont pas pu recruter. Ces données montrent l’impact du financement sur la
création d’emploies est positif mais limité.

Tableau N°14 Rentabilité actuelle de l’entreprise

Indicateur Effectif répondant Pourcentage


[41]

Oui 10 50%

Non 4 20%

Moyennement 6 30%

Total 20 100%

Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: 50 % des entreprises se déclarent rentables, 30 % moyennement rentables et 20


% non rentables. Cela traduit un impact positif du financement, mais non garanti.

Figure N°13 Proportion de Rentabilité actuelle de l’entreprise

Source: nous-même a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: la figure met en évidence que 50% des entreprises féminines interrogées se
déclarent rentable
[42]

Tableau N°15 Recours aux financements alternatifs

Indicateur Effectif répondant Pourcentage

Tontines 10 50%

Épargne personnelle 12 60%

Microcrédits 6 30%

Prêt familial ou amical 8 40%

Autres (partenariats, investisseurs 2 10%


privés)

Aucune alternative utilisée 3 15%

Source : nous-mêmes a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire: Les sources les plus utilisées sont l’épargne personnelle (60 %) et les tontines
(50 %), suivies des prêts familiaux (40 %) et des microcrédits (30 %). 15 % des entrepreneures
ne recourent à aucune alternative.

Figure N°14 de Proportion de Recours aux financements alternatifs

Source: nous-même a partir des données issues de l’enquête sur terrain

Commentaire:
[43]

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