Fiche Re Vision
Fiche Re Vision
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conscience
morale est
acquise.
Sigmund Notre conscience morale se forge par Vs Rousseau :
Freud, Une l’incorporation d’interdits sociaux (c’est le nous avons des
difficulté de surmoi). sentiments
la moraux innés.
psychanalyse
Hannah La « banalité du mal » : en renonçant à Expérience de
Arendt, penser, c’est-à-dire à exercer sa Milgram sur la
Eichmann à conscience morale, Eichmann a renoncé à soumission à
Jérusalem son humanité. l’autorité.
Henry David Avant d’être des citoyens, nous sommes
Thoreau, La des sujets dotés de conscience morale, ce
Désobéissanc qui peut légitimer la désobéissance civile.
e civile
L’INCONSCIENT
À ne pas confondre avec l’inconscience : inconscient = partie du psychisme qui échappe à la
conscience ; inconscience = état de privation totale ou partielle de conscience. Pensez aussi aux
différents types d’inconscient (cognitif, psychanalytique, social).
Quels sont les différents types d’inconscient ?
G. W.Leibniz, Il existe de « petites perceptions »
Nouveaux inconscientes à partir desquelles émerge
Essais sur la conscience => inconscient cognitif
l’entendeme (même si Leibniz n’emploie pas ce mot).
nt humain
Simone de « On ne naît pas femme, on le devient » :
Beauvoir, Le on incorpore inconsciemment des
Deuxième représentations sociales qui définissent
sexe notre identité => inconscient social
(même si Beauvoir n’emploie pas ce mot).
Sigmund « Le moi n’est pas maître dans sa propre Vs Descartes : Cas Élisabeth
Freud, Une maison » : notre psychisme est en grande l’ensemble de
difficulté de partie inconscient, et le moi est le produit notre psychisme
la du conflit de forces psychiques est accessible à
psychanalyse inconscientes. La découverte de la conscience,
l’inconscient par la psychanalyse est la par
troisième humiliation infligée à l’orgueil l’introspection.
humain, après les découvertes de
Copernic et de Darwin. => inconscient
psychanalytique.
Peut-on connaître l’inconscient ?
Karl Popper, La psychanalyse est une pseudo-science Vs Freud : la
Conjectures car ses théories ne sont pas falsifiables. psychanalyse est
et une
réfutations connaissance
scientifique de
l’inconscient.
René En cherchant à comprendre son attirance Vs Freud : cas
Descartes, pour les femmes qui louchent, Descartes Élisabeth = nos
Lettre à en déduit qu’elle vient d’une connexion désirs
Chanut (texte qui s’est faite dans son corps entre inconscients sont
2
DS) l’inclination qu’il eut enfant pour une fille inaccessibles à
qui louchait et la passion de l’amour. Il l’introspection,
existe donc des causes inconscientes de mais ils
nos inclinations, mais dont nous pouvons nécessitent la
prendre conscience et ainsi nous libérer. médiation d’un
psychanalyste.
LA LIBERTÉ
Attention à bien distinguer les différents sens possibles de la notion de liberté : libre arbitre,
liberté de droit, liberté de fait (pour la liberté de droit et la liberté de fait, je vous renvoie aux
chapitres de philosophie politique). Revoyez aussi les distinctions indépendance/autonomie, et
obligation/contrainte/nécessité.
Peut-on prouver l’existence du libre arbitre ?
René Le sentiment qu’il nous serait toujours Vs Freud et Le Portefeuille :
Descartes, possible de choisir une chose ou son Spinoza : nos chacun de nos
Méditations contraire prouve l’existence du libre choix sont en choix est-il
métaphysiqu arbitre. Cependant, le bon usage du libre réalité libre…,
es arbitre n’est pas la liberté d’indifférence, déterminés, et le
mais le fait d’agir en vue du bien. sentiment du
libre arbitre est
illusoire.
Immanuel En faisant deux expériences de pensée, Vs Freud et Le Portefeuille :
Kant, Kant établit par contraposée la réalité du Spinoza : même … est-il
Critique de la libre arbitre. Le sentiment que nous nos valeurs l’expression de
raison pourrions renoncer à notre vie au nom de morales ne sont nos valeurs
pratique valeurs morales posées de manière que le fruit de morales, …
autonome permet en effet de reconnaître déterminismes.
l’existence du libre arbitre.
Jean-Paul « Jamais nous n’avons été aussi libres que Vs Freud et
Sartre, La sous l’Occupation allemande » : personne Spinoza
République n’est déterminé par son caractère à être
du silence lâche ou courageux, mais ce sont nos
actions lâches qui nous font lâche, ou nos
actions courageuses qui nous font
courageux. Prétendre autre chose, c’est
être de mauvaise foi.
Le libre arbitre n’est-il qu’une illusion ?
Baruch Le libre arbitre est une illusion, liée à la Vs Descartes, Le Portefeuille :
Spinoza, connaissance des fins que nous Kant et Sartre : … ou bien est-il
Lettre à poursuivons et à l’ignorance des causes le libre arbitre déterminé ?
Schuller qui les déterminent. est une réalité.
Baruch Malgré le déterminisme, il existe une place
Spinoza, pour la liberté : celle-ci consiste à agir
Traité selon la nécessité qui nous est propre, ce
théologico- pour quoi l’usage de notre raison est
politique (bac nécessaire.
blanc 3)
Pierre Simon Par l’expérience de pensée dite du Vs Descartes, Minority Report :
de Laplace, « démon de Laplace », ce dernier postule Sartre, Kant : que devient le
Essai un déterminisme intégral, qui permettrait l’homme libre arbitre dans
philosophiqu de prédire l’avenir (y compris les actions échappe aux un monde où
e sur les humaines) en connaissant toutes les lois déterminismes l’avenir est
probabilités qui régissent la nature. Il est peu probable naturels par son prédit par des
qu’une telle prédiction de l’avenir soit un libre arbitre. precogs (=
3
jour possible en fait, mais en droit elle intelligences
n’est pas impossible, si tous les artificielles ayant
événements sont soumis à des lois. une vision
omnisciente des
événements et
des relations de
causalité) ?
Alain, Il faut distinguer l’attitude superstitieuse L’étrange
Éléments de et stérile qu’est le fatalisme du histoire de
philosophie déterminisme, qui laisse une place à la Benjamin
liberté, dans la mesure où nous pouvons Button :
chercher à comprendre et à agir sur les l’enchaînement
causes qui nous déterminent. déterminé des
Le fatalisme est illustré par les mythes causes et des
grecs, comme le mythe d’Oedipe (on effets n’est pas
n’échappe pas à son destin). synonyme de
fatalité, car il
suffirait qu’une
cause soit
modifiée pour
que l’accident de
Daisy ne se
produise pas.
Simone de « On ne naît pas femme, on le devient » :
Beauvoir, Le nous sommes partiellement déterminés
Deuxième par des attentes sociales. Il est cependant
sexe possible de s’en libérer par une prise de
conscience de ces déterminismes.
Sigmund Le moi croit être libre de ses décisions, Vs Descartes, En thérapie : par
Freud, Une alors qu’elles sont en grande partie Kant et Sartre : la parole, il est
difficulté de déterminées par des conflits psychiques le libre arbitre possible
la inconscients. Il est cependant possible de est une réalité. d’accéder aux
psychanalyse se rendre plus libre par la psychanalyse. Sartre : conflits
prétendre que pulsionnels qui
nos actions sont déterminent nos
déterminées, désirs, et ainsi
c’est être de de se rendre plus
mauvaise foi. libre.
Épictète, Stoïcisme : il faut savoir distinguer ce qui
Manuel dépend de nous et ce qui n’en dépend pas
(les lois naturelles, le destin…). Mais face
à ce qui ne dépend pas de nous, il nous
reste la liberté de contrôler nos
représentations.
Iris Murdoch, Entre une liberté totale et un
La déterminisme intégral, il est possible de
souveraineté choisir un juste milieu : l’exercice de notre
du bien libre arbitre est une « tâche minuscule et
continue ».
LE DEVOIR
Pour un sujet qui porte sur le devoir, pensez bien aux différents sens de cette notion : moral,
religieux, juridique… Demandez-vous qui impose le devoir, et à qui il s’applique. Demandez-vous
aussi ce qui motive ce devoir : est-il désintéressé ?
Le devoir moral est-il l’expression du libre arbitre ?
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René On pourrait penser que la connaissance du Vs Sartre :
Descartes, vrai et du bien, en orientant nos choix, aucune valeur
Méditations restreint le libre arbitre. Mais c’est tout le morale ne
métaphysiqu contraire : la connaissance du vrai et du saurait orienter
es bien, que nous donnent Dieu et la raison, par avance la
permet de faire bon usage de notre libre liberté. C’est la
arbitre. liberté qui pose
ses propres
valeurs morales
(c’est une
morale athée,
contrairement à
celle de
Descartes).
Immanuel Le sentiment du devoir moral permet Vs Freud : et si
Kant, d’établir la réalité du libre arbitre, car il nos valeurs
Critique de la montre que nous pouvons renoncer à nos morales
raison penchants naturels les plus forts au nom n’étaient que
pratique du devoir moral, c’est-à-dire d’obligations l’intériorisation
que nous nous imposons nous-mêmes inconsciente
(c’est l’autonomie). d’interdits
sociaux, et donc
nous
déterminaient à
agir ?
Friedrich Relativisme moral : la morale n’est qu’une Vs Kant : l’action
Nietzsche, expression de l’instinct de conservation : purement
Humain, trop on appelle bonne l’action qui nous cause morale est
humain du plaisir, immorale celle qui nous cause désintéressée, et
(texte bac du déplaisir. elle est donc la
blanc 2) marque de notre
autonomie.
Sigmund Le surmoi est l’intériorisation des interdits Vs Kant : la
Freud, Une familiaux et sociaux. morale est
difficulté de l’expression de
la notre autonomie.
psychanalyse
Est-il toujours moral de faire son devoir ?
Hannah La « banalité du mal » : en renonçant à Expérience de
Arendt, penser, c’est-à-dire à exercer sa Milgram
Eichmann à conscience morale, Eichmann a renoncé à
Jérusalem son humanité. Il prétend avoir « fait son
devoir » de fonctionnaire.
Expérience Faire ce que nous pensons être notre Vs Thoreau :
de Milgram devoir pourrait parfois nous conduire à avant d’être des
nous soumettre aveuglément à des ordres citoyens, nous
injustes. sommes des
sujets dotés
d’une
conscience
morale, et faire
notre devoir
moral peut donc
impliquer de
désobéir.
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Peut-on savoir ce qui est bien et ce qui est mal ?
Jean-Jacques Morale de la sensibilité : être moral, c’est Vs Kant,
Rousseau, savoir écouter les sentiments que la Bentham et Mill :
Émile ou de nature a mis en nous, notamment la pitié la morale est
l’éducation qui nous rend sensibles au malheur l’expression de
(texte bac d’autrui. la raison et non
blanc 1) de la sensibilité.
Immanuel Morale déontologique : l’action morale est Vs Bentham et Lancer de nain :
Kant, celle qui est faite par devoir et non pas Mill : pour conflit entre
Critique de la conformément au devoir, c’est-à-dire mesurer la morale
raison qu’elle doit être l’expression de notre moralité d’une déontologique
pratique autonomie, et être désintéressée. Est action, il faut (principe de la
bonne une action dont la maxime est peser ses dignité) et
bonne, c’est-à-dire dont je puisse vouloir conséquences. morale
qu’elle devienne une loi universelle. conséquentialist
e.
Jeremy Utilitarisme (type de morale Vs Kant : une Tri des patients
Bentham/Joh conséquentialiste) : une action est bonne action est bonne par la
n Stuart Mill, si elle maximise le plaisir du plus grand si son principe médecine : faut-
L’utilitarisme nombre. est bon. il refuser de
trier, au nom du
principe selon
lequel toutes les
vies se valent,
ou bien mettre
en balance les
conséquences
afin de donner
priorité à
certains
patients ?
Ruwen Ogien Éthique minimale (type de morale Vs Kant : on ne Lancer de nain
conséquentialiste) : le seul critère qui doit saurait réduire la
entrer en compte pour déterminer la morale à la
moralité d’une action est de savoir si elle considération
est cause du tort à autrui. des
conséquences. Il
existe certains
principes
auxquels on ne
peut pas
déroger.
Jusqu’où s’étendent nos devoirs ?
Hans Jonas, Il faut adapter l’impératif catégorique Vs Kant : si nous
Le Principe kantien aux possibilités que la technique avons des
responsabilit moderne confère à l’homme. Désormais, devoirs envers la
é nos devoirs moraux s’étendent à la nature nature, ce ne
et aux générations à venir. peuvent être que
des devoirs
indirects.
Immanuel Si nous avons le devoir de ne pas exercer Vs Peter Singer :
Kant, de cruauté envers les animaux, c’est nous avons des
Métaphysiqu uniquement au nom de l’humanité, envers devoirs directs
e des mœurs laquelle nous risquerions de développer envers les
des comportements cruels. animaux.
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Peter Singer, Nous avons des devoirs directs envers les Vs Kant : nous Helena de Marco
La libération animaux, êtres sensibles envers lesquels n’avons de Evarristi : le
animale nous éprouvons de l’empathie (type de devoirs moraux geste artistique
morale de la sensibilité inspirée de et juridiques peut-il justifier la
Rousseau). qu’envers maltraitance
l’humanité. animale ?
LE BONHEUR
Si vous avez un sujet sur le bonheur, soyez précis sur le sens de ce terme, en le distinguant par
exemple du plaisir ou de la joie. Le bonheur est un état durable de satisfaction.
Le bonheur est-il le souverain bien ?
Aristote, Eudémonisme : le bonheur est le Vs Kant : le
Éthique à souverain bien, puisqu’il est la fin de tous souverain bien
Nicomaque les actes de l’homme et qu’il se suffit à lui- consiste en la
même. vertu morale.
Épicure, Eudémonisme : le bonheur est le Vs Kant : le
Lettre à souverain bien, et c’est un idéal souverain bien
Ménécée accessible. Hédonisme : une vie heureuse consiste en la
est une vie de plaisir, car c’est le critère vertu morale.
du bien que la nature a mis en nous. Il faut Vs stoïcisme : ce
cependant savoir régler ses désirs en n’est pas le
distinguant les désirs naturels des désirs plaisir qui nous
non naturels. En se défaisant des opinions permet
néfastes (crainte des dieux et de la mort) d’atteindre
et en réglant ses désirs, tout homme peut l’ataraxie, mais
espérer atteindre l’ataraxie. c’est la vertu
morale.
Le bonheur est-il un idéal inaccessible ?
Épictète, Stoïcisme : pour accéder à la sagesse, Vs épicurisme :
Manuel c’est-à-dire à la tranquillité de l’âme, il le critère du
faut savoir discerner ce qui dépend de bonheur est le
nous et ce qui n’en dépend pas, et agir sur plaisir.
nos représentations. Nous nous libérons
ainsi des aléas de la fortune.
John Stuart « Il vaut mieux être un homme insatisfait Vs épicurisme :
Mill, qu’un porc satisfait ; il vaut mieux être le plaisir est
L’utilitarisme Socrate insatisfait qu’un imbécile toujours un bien,
satisfait » : le bonheur ne consiste pas et tous les
dans n’importe quel plaisir, mais dans des plaisirs
plaisirs variés et actifs. participent
également à
notre bonheur
dès lors qu’ils
sont naturels.
Arthur Le bonheur est un idéal inaccessible à Vs Le désir humain
Schopenhaue l’homme, puisque « la vie oscille, comme eudémonisme : est semblable au
r, Le Monde un pendule, de droite à gauche, de la le bonheur est tonneau des
comme souffrance à l’ennui. » un idéal Danaïdes.
volonté et accessible.
comme
représentatio
n
Immanuel Le bonheur est un idéal de l’imagination, Vs
Kant, car c’est un concept empirique (= eudémonisme : il
7
Fondements dépendant de l’expérience), et seul un est possible de
de la être capable de comparer toutes les définir le
métaphysiqu expériences serait capable de déterminer bonheur.
e des mœurs en quoi il consiste.
Blaise Pascal, Le divertissement ne saurait nous procurer
Pensées qu’un soulagement éphémère : c’est
pourquoi il est vain de le prendre trop au
sérieux et de penser que nous pourrons
trouver notre bonheur dans ce qui n’est en
réalité qu’une échappatoire. Il est donc
illusoire de chercher le bonheur dans la
richesse, la gloire, et même dans
l’accomplissement par le travail, par la
politique ou par l’amour.
Le bonheur peut-il constituer un idéal politique ?
Simone de Le bonheur ne saurait constituer un idéal Vs utilitarisme :
Beauvoir, Le politique, car c’est une notion trop le bonheur
Deuxième subjective et non quantifiable. En outre, la individuel et
sexe définition du bonheur comme état stable collectif est
profite aux dominants. quantifiable et
peut donc
constituer un
idéal politique.
John Stuart Utilitarisme : le bonheur est accessible à Vs Beauvoir : le
Mill, l’homme, dès lors qu’on définit la vie bonheur ne
L’utilitarisme heureuse comme une vie faite d’un grand saurait
nombre de plaisirs variés et d’un petit constituer un
nombre de douleurs passagères. Une telle idéal politique.
vie devrait être à la portée de presque
tous les hommes dans une société plus
juste.
L’ÉTAT
Revoyez précisément la définition de cette notion, et n’oubliez pas de lui mettre une majuscule.
Servez-vous de vos cours d’EMC, d’histoire (éventuellement de SES et d’HGGSP) pour donner
des exemples concrets.
Qu’est-ce que l’État, et quelle est sa fonction ?
Max Weber, L’État se définit par le fait de revendiquer Une révolution
Le savant et avec succès sur son territoire le monopole est le moment
le politique de la violence légitime. Il s’agit où la légitimité
uniquement d’un constat sociologique, et de l’État est
non pas d’une légitimation de toute remise en cause
violence exercée par l’État. (voir l’épisode
des Idées larges
« à quoi tient
une
révolution ? »).
Thomas Le contrat social instaure un État pour Vs Rousseau : le
Hobbes, sortir de l’état de nature, qui est un état rôle du contrat
Léviathan de guerre perpétuelle. Le Léviathan vise à social est de
assurer la paix et la sécurité. garantir la
8
liberté.
Jean-Jacques Le contrat social vise à garantir la liberté Vs Hobbes : le
Rousseau, Du de chacun : les lois doivent donc être rôle du contrat
contrat social l’expression de l’intérêt général. La social est de
République (= démocratie chez Rousseau) garantir la
est le plus légitime des régimes. sécurité.
Baruch Obéir ne signifie pas nécessairement se
Spinoza, soumettre, dès lors que les lois de l’État
Traité souverain servent la nécessité bien
théologico- comprise de la communauté.
politique (bac
blanc 3)
L’État peut-il être injuste ?
Karl Marx et Par ses institutions et ses lois, l’État Vs Hobbes,
Friedrich exprime et consolide les intérêts de la Rousseau et
Engels, classe dominante. Il serait donc en Spinoza : il
L’origine de principe possible et plus légitime de se existe des
la famille, de passer d’État. formes d’État
la propriété légitimes.
privée et de
l’État
Henry David Face à un État injuste, il est du devoir du Désobéissance
Thoreau, La citoyen de désobéir : c’est ce que Thoreau civile (Marthin
désobéissanc appelle la désobéissance civile. Luther King,
e civile Gandhi…).
On peut
cependant se
demander :
qu’est-ce qui de
la violence ou de
la non violence
est le plus
efficace, mais
aussi le plus
légitime ?
LA JUSTICE
Gardez en tête les différents sens de cette notion : la justice n’est pas seulement juridique, mais
on peut aussi en parler dans le domaine social, moral, religieux ou politique. Revoyez les
distinctions légal/légitime et égal/équitable.
La justice pourrait-elle se passer de responsabilité pénale ?
John Locke, L’identité personnelle est essentielle à M le Maudit (le
Essai sur l’établissement d’une responsabilité problème de la
l’entendeme juridique (pensez à tous les problèmes de responsabilité
nt humain responsabilité pénale rencontrés par la n’étant pas lié ici
justice : altération ou abolition du à la mémoire,
discernement). mais à la
maladie
mentale).
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comportement juste si nous n’avions pas la faculté de se
peur de la sanction pénale ? (attention, déterminer soi-
Glaucon défend l’idée adverse de celle de même à agir de
Socrate, qui soutient que la justice est une manière juste,
vertu morale reposant sur l’autonomie). indépendammen
t de la peur de la
sanction.
La justice n’est-elle qu’une forme de vengeance ?
Friedrich La justice n’est que l’expression de Vs Aristote : la M le Maudit :
Nietzsche, l’instinct de conservation : l’État appelle justice judiciaire qu’est-ce qui est
Humain, trop juste l’action qui lui est utile, injuste celle n’est pas le plus juste, de
humain qui lui est néfaste. La sanction pénale l’expression d’un la parodie de
(texte bac n’est ainsi qu’une manière d’écarter ce qui simple instinct, tribunal de la
blanc 2) nous est nuisible, de même que l’on mais elle pègre ou du
écrase la mouche qui nous dérange. cherche à se tribunal étatique
rapprocher d’un devant lequel M
idéal de justice. est déféré ?
René Girard, La justice ne se distingue pas de la Vs Aristote : la Le Parrain : la loi
La violence vengeance par son principe, mais par sa justice judiciaire du talion est-elle
et le sacré nécessité sociale, puisqu’elle seule peut cherche à la meilleure
rompre le cycle infini de violence de la réaliser un idéal, forme de
vengeance. C’est pourquoi une société a et ne saurait être justice ?
besoin de distinguer la justice de la réduite à la
vengeance, et d’attribuer le droit de vengeance. vs Je verrai
rendre la justice à une institution unique et toujours vos
impartiale. visages : justice
restaurative (le
rôle de la justice
n’est pas
seulement de
sanctionner,
mais aussi de
réparer. Pensez
ainsi aux
différentes
fonctions
possibles de la
justice, comme
d’établir la
vérité. Pour ceux
qui l’ont vu,
pensez à 12
hommes en
colère.)
Aristote, Il existe différentes espèces de justice : le Le procès de
Éthique à juste absolu, la justice légale reposant sur Bobigny :
Nicomaque l’égalité, et l’équitable. L’équitable est un égalité/équité,
correctif de la justice légale visant à légal/légitime.
l’adapter aux situations particulières : il
est ce qui donne lieu à la jurisprudence.
Dans un État, la justice est donc à la fois
l’affaire du législateur et celle du juge.
Que serait une société plus juste ?
Henry David Le citoyen ne doit pas obéir aveuglément Voir « le devoir »
Thoreau, La aux lois de son pays, mais doit toujours
désobéissanc exercer sa conscience morale pour évaluer
10
e civile leur légitimité. Il peut ainsi être plus juste
de désobéir à certaines lois.
John Stuart Dans une société juste, le bonheur devrait Vs Beauvoir : le Dépénalisation
Mill, être accessible au plus grand nombre. bonheur ne de
L’utilitarisme saurait l’homosexualité.
constituer un
idéal politique.
Bertrand Une société plus juste nécessite une
Russell, diminution méthodique du temps de
Éloge de travail et une revalorisation de l’oisiveté.
l’oisiveté
LA RELIGION
Si vous avez un sujet sur la religion, gardez en tête que la religion n’est pas la même chose que
la foi, qui n’en est qu’une des dimensions. La religion est un phénomène plus large, qui englobe
des pratiques, une communauté, un rapport au sacré… Revoyez aussi la double étymologie
religare/relegere.
Émile D’un point de vue sociologique, il y a
Durkheim, quatre éléments permettant de définir la
Les formes religion : croyances, pratiques,
élémentaires communauté, rapport au sacré.
de la vie
religieuse
La croyance religieuse n’est-elle qu’une illusion ?
Épicure, La religion véritable est à distinguer de la
Lettre à superstition. Elle nous permet de prendre
Ménécée les dieux pour modèle de béatitude.
Alain, Le fatalisme, ou croyance en l’existence
Éléments de d’un destin, pourrait n’être qu’une forme
philosophie de superstition.
Karl Marx, La religion est « l’opium du peuple » : elle Vs Pascal : la religion répond à un
Critique de la est un outil au service des dominants, besoin spirituel qui n’est pas
philosophie puisqu’elle empêche les hommes de se qu’une simple illusion.
du droit de révolter contre les injustices de ce monde.
Hegel
Sigmund Les idées religieuses sont des illusions qui Vs Ibn Rushd : il est possible de
Freud, visent à répondre à nos désirs inconscients réconcilier raison et religion.
L’avenir (d’immortalité, de protection…).
d’une illusion Vs Pascal : loin de nous conforter
dans l’illusion, la religion est la
seule réponse qui vaille face à la
misère humaine.
La foi s’oppose-t-elle à la raison ?
Immanuel Un certain rapport à la religion, qui
Kant, Qu’est- consiste à abandonner son entendement
ce que les sous la direction d’un autre, peut être
Lumières ? appelé état de tutelle.
Ibn Rushd, Il ne saurait y avoir de contradiction entre Vs Pascal : les vérités révélées sont
Discours les vérités révélées dans le texte religieux d’un autre ordre que les vérités de
décisif et les vérités de la raison. Si contradiction raison.
apparente il y a, il faut interpréter le texte
religieux.
Blaise Pascal, Argument du pari (il est plus rationnel de Vs Ibn Rushd : la raison et la foi
11
Pensées parier sur l’existence de Dieu) mais la doivent aboutir à une seule et
religion véritable se fonde sur le cœur et même vérité.
non sur la raison.
LA RAISON
Gardez en tête les deux sens de cette notion : la raison au sens théorique (distinguer le vrai du
faux / adjectif : rationnel), qui a un lien avec les notions de science et de vérité / la raison au
sens pratique (distinguer le bien du mal / adjectif : raisonnable), qui a un lien avec les notions de
liberté, de devoir, de bonheur et de religion. Sur l’usage théorique de la raison, je vous renvoie
aux chapitres sur la science et sur la vérité.
La raison nous permet-elle de savoir ce qu’il faut faire ?
Épicure, L’usage de la raison est essentiel au
Lettre à bonheur, car c’est elle qui nous permet de
Ménécée distinguer les désirs naturels des désirs
non naturels.
René La raison, c’est-à-dire notre capacité à Vs Sartre (voir « la liberté »)
Descartes, distinguer le vrai du faux et le bien du mal,
Méditations loin de limiter notre libre arbitre, nous
métaphysiqu permet d’en faire bon usage.
es
Immanuel Il est possible de déterminer par la raison Vs Rousseau : c’est le sentiment
Kant, en quoi consiste le bien, en se demandant qui est à l’origine de notre
Critique de la si la maxime de notre action pourrait moralité.
raison devenir une loi universelle. Vs conséquentialisme : la raison
pratique doit nous permettre d’évaluer les
conséquences de nos actions.
John Stuart En nous permettant de déterminer les Vs déontologisme : la raison doit
Mill, conséquences de nos actions, l’usage de nous permettre d’évaluer les
L’utilitarisme la raison est nécessaire à la moralité. principes de nos actions.
Peut-on faire mauvais usage de notre raison ?
René « Le bon sens est la chose du monde la
Descartes, mieux partagée » : la raison est commune
Discours de à tous les hommes, sans que certains
la méthode aient une faculté à raisonner (= distinguer
(texte DS) le vrai du faux et le bien du mal) plus
importante que d’autres. Cependant, il
existe une méthode pour faire bon usage
de sa raison, ce qui explique que nous ne
sachions pas tous discerner le vrai et le
bien.
Immanuel L’état de tutelle est le fait d’abandonner
Kant, Qu’est- l’usage de son entendement en s’en
ce que les remettant au jugement d’autrui, que ce
Lumières ? soit dans les domaines de la religion, de la
politique ou encore de la morale.
Les croyances religieuses entrent-elles en conflit avec le savoir rationnel ?
Ibn Rushd, Rationalisme : la raison et la croyance Vs Pascal : la raison possède des
Discours religieuse peuvent s’accorder, à la limites, et les vérités de cœur sont
décisif condition d’interpréter le texte sacré d’un tout autre ordre que les
lorsqu’il y a une contradiction apparente vérités de raison.
entre les deux.
Blaise Pascal, Fidéisme : « Le cœur a ses raisons que la Vs Ibn Rushd : la raison et la
Pensées raison ne connaît point » : le cœur a révélation sont deux moyens
12
l’intuition évidente et immédiate des d’aboutir à une seule et même
premiers principes, dans le domaine de la vérité.
science et dans celui de la religion. La
raison quant à elle tire (par des
raisonnements) les conclusions qu’on peut
déduire de ces principes. Mais, de même
que le cœur ne peut pas demander à la
raison de tout démontrer, de même la
raison ne peut pas demander au cœur
d’avoir une intuition évidente et
immédiate de tout ce qu’elle démontre.
LA VÉRITÉ
Revoyez la distinction vérité/réalité, la différence entre le relativisme et le scepticisme, et en
quel sens on peut parler de vérité objective ou de vérité subjective (par exemple dans le
domaine de l’art ou de la justice). Il faut aussi savoir définir le savoir et la croyance.
Peut-on accéder à la vérité ?
Platon, La Allégorie de la caverne : on ne saurait Vs scepticisme : Truman Show :
République accéder à la vérité sans un double effort, la vérité, si elle le passage de
d’abord de conversion au sein du monde existe, est l’ignorance à la
sensible, puis d’ascension vers inaccessible à vérité a une
l’intelligible. « Nul n’entre ici s’il n’est l’homme. dimension
géomètre » : en nous donnant le goût de existentielle et
l’intelligible, les mathématiques sont un libératrice.
préambule nécessaire au savoir véritable.
Platon, Tout le paradoxe du savoir est que, pour Vs relativisme :
Apologie de passer du stade de la croyance à celui du tout prétendu
Socrate savoir, il faut d’abord savoir que je ne sais savoir n’est
rien, et donc distinguer ce que je sais de qu’une croyance
ce que je crois. déguisée.
13
Descartes, libre, car elle me permet de faire bon a pas de savoir
Méditations usage de mon libre arbitre. qui puisse guider
métaphysiqu la liberté, elle-
es même pose ses
propres valeurs.
Épicure, En nous libérant de nos illusions, la vérité Vs Aristote : la
Lettre à est source de libération et de bonheur : la recherche de la
Ménécée recherche de la vérité n’est donc pas vérité est
désintéressée, elle a une utilité pratique désintéressée.
directe.
Aristote, La philosophie a pour source Vs épicurisme :
Métaphysiqu l’étonnement. Le savoir philosophique n’a la vérité n’a de
e (texte DS) donc aucune fin utilitaire, il est recherché valeur qu’en tant
par seul désir de savoir. La vérité a une qu’elle nous est
valeur en soi. utile, c’est-à-dire
qu’elle nous
permet de nous
approcher du
bonheur.
Y a-t-il une ou plusieurs vérités ?
Ibn Rushd, Puisqu’il existe une seule vérité, il ne Vs Pascal : les
Discours saurait y avoir de contradiction entre les vérités de raison
décisif vérités de raison et les vérités révélées. sont d’un autre
ordre que les
vérités de cœur.
Blaise Pascal, Il existe les vérités de cœur et les vérités Vs Ibn Rushd : il
Pensées de raison : les vérités de cœur sont existe un seul
l’intuition évidente et immédiate de ordre de vérité.
certains principes (existence de Dieu, trois
dimensions dans l’espace), alors que les
vérités de raison sont le fruit de
démonstrations logiques. Les vérités de
cœur sont inaccessibles à la raison, et
inversement.
Faut-il toujours dire la vérité ?
Immanuel Il ne peut jamais être moral de mentir, car Vs Benjamin
Kant, D’un l’universalisation de la maxime selon Constant : il est
prétendu laquelle il est permis de mentir en plus moral de
droit de certaines circonstances conduit à une mentir en
mentir par contradiction logique (en effet, une telle certaines
humanité universalisation conduirait à l’abolition de circonstances.
la confiance, qui est la condition de
possibilité du mensonge).
LA SCIENCE
Revoyez les différents types de science (sciences formelles, sciences de la nature et sciences
humaines et sociales). Sachez différencier la démonstration de la méthode expérimentale.
Servez-vous de vos cours de science pour donner des exemples concrets.
Qu’est-ce que la méthode expérimentale ?
David Hume, Empirisme : les sciences formelles Vs Kant : les Dinde de
Enquête sur établissent leurs vérités avec un degré de sciences Russell : on ne
l’entendeme certitude supérieur à celui des sciences empiriques peut fonder
nt humain empiriques, qui reposent sur l’induction et reposent elles aucun savoir sur
n’aboutissent donc qu’à des croyances, aussi sur la l’induction.
certes solides, mais pas à des savoirs méthode
14
objectifs. hypothético-
déductive.
Immanuel La révolution scientifique propre à la Vs Hume : les Expérience de
Kant, modernité consiste à avoir fait des sciences pensée et plan
Critique de la sciences empiriques des sciences empiriques sont incliné de
raison pure expérimentales, c’est-à-dire hypothético- inductives. Galilée : les
déductives. Cependant, les sciences ne sciences
nous permettent pas de connaître la expérimentales
réalité en soi, mais les phénomènes tels ne reposent pas
qu’ils sont mis en forme par les catégories uniquement sur
a priori de l’entendement. Il faut dès lors l’observation,
délimiter le savoir pour faire place à la mais d’abord sur
croyance : les limites de la connaissance la conception
scientifique sont celles de l’expérience d’hypothèses
sensible et de l’entendement humain. par la raison.
Claude La méthode expérimentale des sciences Vs Hume Découverte des
Bernard, empiriques modernes repose sur la causes de la
Introduction formulation d’hypothèses à partir de fièvre puerpérale
à l’étude de l’observation, et sur la conception d’un par Ignace
la médecine protocole expérimental permettant de les Semmelweis.
expérimental vérifier.
e
Galilée « La nature est un livre écrit en langage Conception du
mathématique » (il est donc possible d’en plan incliné :
découvrir les lois universelles en formulant mettre en
des équations mathématiques). équations la
gravité.
La connaissance scientifique est-elle désintéressée ?
René La connaissance des lois naturelles n’est Vs Aristote : en Progrès de la
Descartes, pas purement désintéressée, mais elle s’étonnant du médecine.
Discours de nous permet de nous rendre « comme monde qui
la méthode maîtres et possesseurs de la nature », l’entoure et en
c’est-à-dire qu’elle vient nourrir le progrès recherchant ses
technique et le progrès social. lois, l’homme
désire la vérité
de manière
désintéressée.
Hannah En se plaçant au « point d’Archimède », Vs Descartes : la Bombe atomique
Arendt, c’est-à-dire en s’extrayant de la nature science et la issue de la
Condition de pour chercher à l’expliquer de manière technique fission
l’homme objective, la science moderne a perdu la modernes sont nucléaire : en
moderne mesure de notre humanité. Cela fait sa au service des ayant compris
grandeur, mais cela nous confère aussi un intérêts humains des phénomènes
pouvoir potentiellement démesuré. Il est (notez qui ne se
donc nécessaire d’encadrer les progrès cependant que produisent pas
techniques issus de la science moderne Descartes invite sur Terre mais
par une réflexion éthique et politique. l’homme dans le soleil,
moderne à nous sommes
l’humilité, car il devenus
demeure capables de les
« comme maître produire sur
et possesseur de Terre… et donc
la nature »). de la détruire.
15
La vérité scientifique est-elle absolue ?
Blaise Pascal, Toute science, même mathématique, se Axiomes de la
Pensées fonde sur des principes qu’il faut géométrie
admettre, sans être capable de les euclidienne.
démontrer.
Karl Popper, Une théorie est scientifique si elle est L’astrologie et la
Conjectures falsifiable, c’est-à-dire si elle se donne les psychanalyse
et moyens d’être réfutée par seraient alors
réfutations l’expérimentation. Les sciences des pseudo-
progressent ainsi par correction, sciences (leurs
amélioration, et parfois réfutation des théories sont
modèles antérieurs. trop vagues pour
être falsifiables).
Albert La nature est semblable à une montre Les théories
Einstein et nous chercherions à comprendre le scientifiques de
Leopold mouvement des aiguilles, sans pouvoir en la physique
Infeld, observer le mécanisme. La vérité objective newtonienne et
L’évolution est ainsi une limité idéale pour les de la physique
des idées en sciences, qui ont une conception humble quantique (donc
physique de la notion de vérité. plusieurs
modèles
d’explication du
« mécanisme »)
coexistent
aujourd’hui.
Gaston La science ne vient jamais s’imprimer sur Pour établir les
Bachelard, La un esprit vierge. Connaître, c’est lois de la chute
formation de surmonter nos préjugés, ce que Bachelard des corps,
l’esprit appelle les « obstacles épistémologiques » Galilée doit
scientifique (superstitions, croyances, etc) : « Accéder surmonter
(texte DS) à la science, c’est, spirituellement, plusieurs
rajeunir ». préjugés
(expérience
commune,
physique
d’Aristote).
La science pourra-t-elle un jour tout expliquer ?
Pierre Simon Il sera peut-être possible un jour à la Vs Descartes,
de Laplace, science de prédire l’avenir, en connaissant Kant, Sartre (voir
Essai toutes les lois qui régissent la nature. En « la liberté ») :
philosophiqu fait, on peut douter que cela se produise, en l’homme, le
e sur les mais en droit, cela est possible. libre arbitre
probabilités échappe à la
science.
John Stuart Les phénomènes psychologiques,
Mill (texte historiques et sociaux doivent pouvoir être
DS) expliqués par des lois au même titre que
les phénomènes naturels, mais la
connaissance de ces lois ne nous
permettra jamais de prédire l’avenir dans
ces domaines car les données à traiter
seraient trop nombreuses et complexes.
Expérience L’expérimentation en sciences humaines
16
de Milgram et sociales pose des problèmes de
méthode (objectivité de l’observateur,
multiplicité des facteurs à prendre en
compte…), mais aussi des problèmes
éthiques.
Immanuel Il faut délimiter le savoir pour faire place à
Kant, la croyance : ce qu’on ne peut connaître
Critique de la par l’expérience ne peut faire l’objet d’une
raison pure connaissance scientifique. C’est le
domaine de la métaphysique ou de la foi.
En outre, nous comprenons le monde à
travers les catégories a priori de
l’entendement. On ne connaît donc jamais
la réalité en soi, mais la réalité pour
l’homme.
LA NATURE
Revoyez bien les différents sens de la notion de nature, et demandez-vous lesquels sont
pertinents pour votre sujet de dissertation ou votre texte. Demandez-vous notamment si la
nature a dans votre sujet un sens descriptif ou normatif. Revoyez les distinctions
naturel/artificiel, naturel/culturel.
L’homme est-il un être naturel comme les autres ?
Baruch « L’homme n’est pas un empire dans un Vs Descartes,
Spinoza, empire » : nous sommes tout autant Sartre et Kant
L’éthique soumis au déterminisme que les autres (voir « la
êtres naturels. liberté »)
Blaise Pascal, « L’homme n’est qu’un roseau, le plus Vs Spinoza (voir
Pensées faible de la nature, mais c’est un roseau « la liberté »).
(texte DS) pensant » : la dignité de l’homme, et ce
par quoi il s’élève au-dessus de l’univers
malgré sa faiblesse naturelle, est la
conscience de soi.
Platon, Mythe de Prométhée : au sein de la
Protagoras nature, l’homme est l’être le plus
vulnérable, car il est « nu, sans
chaussures, ni couverture, ni arme ». Il
faut donc pour l’homme devenir un être
contre-nature, par la technique.
Claude Levi- L’attitude ethnocentrique consiste à Pocahontas : ce
Strauss, Race rejeter dans la nature les cultures qui dessin animé
et histoire diffèrent de la nôtre. C’est le sens des adopte un regard
termes « sauvage » et « barbare », ou du ethnocentrique
mythe du « bon sauvage ». L’homme est sur les peuples
un être de culture et non plus de nature. autochtones.
Faut-il suivre la nature, en faire un modèle ?
Épicure, Il faut suivre en tout la nature, qui nous Vs Mill : il est
Lettre à donne le critère de ce qui est bon pour irrationnel et
Ménécée nous. immoral de
prendre la
nature pour
modèle.
Diogène le Contre les valeurs artificielles et arbitraires
17
Cynique des conventions sociales, il faut revenir à
un comportement conforme à la simplicité
de la nature.
Jean-Jacques La nature a mis en nous les deux Vs Mill : la
Rousseau, sentiments de l’amour de soi et de la pitié, morale n’est pas
Émile ou de qui ont été pervertis par la société. naturelle, mais
l’éducation proprement
(texte bac humaine.
blanc 1)
Vs Kant : la
morale nécessite
de s’élever par
la raison au-delà
des penchants
naturels.
John Stuart Il est irrationnel et immoral de suivre la Vs Épicure : c’est Le dieu-cerf dans
Mill, La nature, dans la mesure où nous ne la nature qui a Princesse
nature cessons de faire l’éloge de la technique mis en nous les Mononoké : la
humaine. Nous ne devons ainsi pas critères du bien nature n’est pas
prendre la nature en un sens normatif et du mal, à douée de
positif. travers le plaisir morale, elle est
et la douleur. une force
aveugle de
Vs Rousseau : la création et de
nature a mis en destruction.
nous l’amour de
soi et la pitié.
18
souffrance. Ashitaka et
Yakul, ainsi que
la manière dont
la chamane
honore le
démon-sanglier,
illustrent la
continuité entre
l’homme et la
nature.
Hans Jonas, Les forces nouvelles que nous procure la Ashitaka dans
Le principe technique moderne rendent nécessaire Princesse
responsabilit l’établissement de devoirs envers la Mononoké.
é nature, au nom des générations à venir.
LA TECHNIQUE
Dans vos dissertations sur la technique, appuyez-vous sur la définition de la technique dans vos
arguments, sans multiplier les exemples d’objets techniques (en tout cas, les exemples ne
peuvent pas se substituer aux arguments).
La technique fait-elle de nous des êtres contre-nature ?
Platon, Mythe de Prométhée : la technique est une Vs Bergson : la
Protagoras nécessité, liée à la vulnérabilité de technique n’est
l’homme au sein de la nature. Symbole du pas contre-
feu : la technique est une puissance nature, mais elle
divine, ambivalente lorsqu’elle est aux réalise la nature
mains de l’homme, car elle peut servir son humaine.
hybris. C’est pourquoi elle doit être
encadrée par le sens de la justice.
Henri Avant d’être un homo sapiens, l’homme Vs Platon : la
Bergson, est un homo faber : c’est par un rapport technique est ce
L’évolution technique au monde qu’il développe son qui vient nous
créatrice intelligence théorique. La technique est extraire de la
donc inscrite dans la nature de l’homme. nature.
Faut-il avoir peur de la technique ?
René Le progrès technique est une application Vs Jarrige : la
Descartes, pratique du progrès scientifique. Il est technique
Discours de source de progrès social, notamment via moderne ne
la méthode les progrès de la médecine. conduit pas
nécessairement
au progrès
social.
John Stuart Tout éloge de la technique est une critique Le village des
Mill, La de la nature. forges de Dame
nature Eboshi dans
Princesse
Mononoké.
François Il faut critiquer l’idéologie Vs Descartes et
Jarrige, technosolutionniste (issue du dogme du Mill : le progrès
Technocritiqu progrès technique), et préférer la notion technique est
es de technocritique à celle de technophobie. source de
La technique n’est jamais neutre, mais elle progrès social.
induit des bouleversements écologiques,
politiques et sociaux, et ses évolutions
devraient donc être soumises à un débat
19
démocratique.
Hartmut Les techniques modernes ont modifié
Rosa, notre rapport au temps en nous faisant
Accélération vivre sur le mode de l’accélération, qui
peut être vue comme une forme
d’aliénation.
Hannah En se plaçant au « point d’Archimède », Vs Descartes Bienvenue à
Arendt, c’est-à-dire en s’extrayant de la nature Gattaca : les
Condition de pour chercher à l’expliquer de manière progrès
l’homme objective, la science moderne a perdu la techniques issus
moderne mesure de notre humanité. Cela fait sa des progrès
grandeur, mais cela nous confère aussi un scientifiques
pouvoir potentiellement démesuré. Il est réclament une
donc nécessaire d’encadrer les progrès réflexion
techniques issus de la science moderne éthique, surtout
par une réflexion éthique et politique. quand ils
touchent au
domaine de la
vie (bioéthique).
Hans Jonas, Le « Prométhée déchaîné » qu’est devenu Trouver un
Le principe l’homme moderne se voit conférer de nouvel équilibre
responsabilit nouveaux devoirs à la mesure de ses entre l’homme
é pouvoirs. Son nouvel impératif catégorique technicien et la
doit être de prendre en compte les nature, telle est
conditions de vie des générations à venir. la quête
d’Ashitaka dans
Princesse
Mononoké.
LE TRAVAIL
Distinguez bien le travail de la technique. Mais de même que pour la technique, ne vous
appuyez pas uniquement sur des exemples pour argumenter.
Le travail réalise-t-il la nature humaine ?
Karl Marx, Le En modifiant la nature extérieure, l’homme
Capital développe ses potentialités naturelles et
transforme sa propre nature. Le plus
mauvais architecte se distingue ainsi de la
meilleure abeille, parce que ce qu’il réalise
par son travail est l’expression de sa
pensée, alors que l’abeille se borne à
suivre son instinct.
Immanuel Le travail est une nécessité heureuse pour Vs Russell : la
Kant, l’homme, car il lui permet de développer valorisation
Réflexions des dispositions propices à notre moralité. morale et sociale
sur Il nous évite par ailleurs de tomber dans du travail est
l’éducation l’ennui et la paresse, et nous permet de source de grands
faire fructifier notre temps. maux.
Le travail est-il aliénant ou libérateur ?
Karl Marx, Dans le travail aliéné, le travail devient Les Temps
Manuscrits extérieur à l’ouvrier, qui ne se sent plus modernes
de 1844 libre que dans ses fonctions animales
(lesquelles ne servent qu’à recréer ses
forces de travail), et ne peut plus
développer ses potentialités humaines
20
dans son travail.
Simone de Le travail de la femme au foyer est
Beauvoir, Le semblable au mythe de Sisyphe : ce travail
Deuxième ne lui confère aucune autonomie car il la
sexe contraint à se replier sur la sphère
domestique.
Blaise Pascal, Toutes les occupations des hommes, le Vs Kant : le
Pensées travail compris, peuvent être vues comme travail est ce par
des divertissements, par lesquels l’homme quoi nous
se détourne de la conscience de la réalisons
mortalité de sa condition. pleinement notre
humanité et nos
facultés morales.
Bertrand Contre la valeur morale associée au Vs Kant
Russell, travail, il faut réhabiliter l’oisiveté.
Éloge de
l’oisiveté
L’ART
Revoyez les exemples artistiques donnés en cours pour illustrer votre devoir. Demandez-vous si
votre sujet concerne la création artistique, l’œuvre elle-même ou la réception de l’œuvre. Si cela
est pertinent pour votre sujet, vous pouvez rappeler que la définition de l’art a beaucoup changé
au cours de l’histoire de l’art, en vous appuyant sur quelques œuvres qui ont interrogé les
contours de cette définition. Attention également à ne pas réduire la dimension esthétique de
l’art à la notion de beauté.
L’art est-il une simple imitation de la réalité ? Pourquoi avons-nous besoin d’art ?
Pline Le concours de peinture entre Zeuxis et
l’Ancien, Parrhasius illustre ce qu’il y a de
Histoire proprement humain dans l’art : celui-ci,
naturelle bien qu’il ne réponde à aucun besoin vital
en apparence, répond en réalité à des
besoins spirituels. L’art n’est pas une
simple imitation de la réalité, mais ce qui
nous ouvre à une autre réalité.
Erwin La technique de la perspective inventée à
Panofsky, La la Renaissance n’est pas une imitation
perspective fidèle de la réalité, mais elle exprime une
comme forme vision du monde propre à cette époque.
symbolique
Aristote, Le rôle du poète tragique n’est pas Tragédie
Poétique d’imiter passivement le réel, mais de créer grecque.
une œuvre vraisemblable, à même de
susciter la catharsis (= purgation des
passions par la terreur et la pitié).
Le goût est-il relatif ? Faut-il un don pour être artiste ? Peut-on apprendre à
apprécier une œuvre d’art ?
Immanuel Le beau est « ce qui plaît universellement Vs Bourdieu : les Jardins à
Kant, sans concept ». goûts ne sont l’anglaise (beau
Critique de la ce qui plaît = sentiment subjectif, relation que l’expression = application de
faculté de qui s’établit entre l’objet et moi de la distinction règles
juger universellement = vs l’agréable, j’éprouve sociale objectives) vs
le sentiment du beau comme (relativisme jardins à la
potentiellement universalisable (c’est que esthétique). française (beau
21
le beau est désintéressé) = sentiment
sans concept = vs l’utile et le bien, on ne Vs Hume : il subjectif).
peut pas donner de critères objectifs de la existe un critère
beauté d’une œuvre. Lorsque je juge objectif du beau, Doryphore de
qu’une chose (par exemple une œuvre et le goût de Polyclète (il
d’art) est belle, je ne me prononce donc ni l’artiste comme existe des règles
sur son utilité, ni sur sa moralité, ni sur sa
celui du objectives du
valeur politique. spectateur beau).
peuvent s’affiner
Les Beaux-Arts sont ainsi les arts du génie, en dégageant Oiseau dans
talent original et exemplaire. ces critères l’espace (une
objectifs. œuvre d’art n’a
pas à répondre à
Vs Aristote : des règles
l’œuvre d’art a objectives de
une dimension beauté ni à des
morale. contraintes
figuratives).
David Hume, Il existe un critère objectif du goût, et l’on Vs Kant : le beau Ecce homo : il
La règle du peut donc développer notre goût artistique n’est pas un existe des
goût par la fréquentation des œuvres d’art et critère objectif, raisons
par la pratique de l’art. mais un objectives de
sentiment dire que la
subjectif. restauration de
cette œuvre est
ratée.
Pierre Relativisme esthétique (« à chacun ses Vs Kant : le Le goût des
Bourdieu, La goûts ») : nos goûts artistiques sont sentiment du autres : illustre
distinction déterminés par la classe sociale à laquelle beau est la théorie
nous appartenons. Mais plus encore que universalisable. bourdieusienne
nos goûts, ce sont nos dégoûts qui nous des goûts.
définissent, car ils nous servent à nous Vs Hume : le
distinguer des autres classes sociales. Le goût peut
goût est donc relatif, et c’est le goût de la s’acquérir et se
classe légitime qui est érigé en goût diversifier par la
légitime ou en « bon goût ». fréquentation
des œuvres d’art
et par la
pratique
artistique.
L’art est-il une voie d’accès à la vérité ?
Henri L’art a une fonction inverse à celle du Vs Pascal : l’art American
Bergson, Le langage : en révélant les mille nuances de peut être vu Beauty, scène du
rire la réalité extérieure et de nos états d’âme, comme une sac en
il nous dévoile ce que nous ne voyons plus illustration de sa plastique : la
dans la réalité et aiguise ainsi notre vision théorie du beauté n’est pas
du monde. divertissement, dans l’objet lui-
et donc comme même, mais
ce qui nous dans le regard
détourne de la que nous posons
vérité. sur lui. La beauté
peut ainsi
émerger de
l’objet le plus
banal, et l’art
nous apprend à
voir le monde.
22
Série des Meules
de Monet : l’art
nous fait voir ce
que nous ne
voyons plus dans
la réalité, trop
accaparés que
nous sommes
par nos besoins
pratiques.
Maurice (Nous n’avons pas lu son texte en classe, Rhythm 0 : en
Merleau- mais c’est lui qui défend une thèse que s’engageant et
Ponty, Signes nous avons déduite du texte de Saussure en nous
(pas vu en sur le langage). Dans l’œuvre d’art, le engageant
classe) signifiant est indissociable du signifié : en pleinement dans
créant, l’artiste cherche dans un même sa performance,
mouvement la forme de son œuvre et son Marina
sens. C’est pourquoi on ne peut pas Abramovic ne
distinguer le sens d’une œuvre de sa cherche pas à
forme. La fonction de l’art n’est pas de délivrer un
délivrer des « messages », mais de nous « message »,
inviter à plonger dans la forme sensible mais elle
pour explorer un sens riche et propice à s’adresse à notre
l’interprétation, qui interroge notre sensibilité pour
existence et nos valeurs. L’art s’adresse à provoquer une
notre sensibilité, qui articule de manière réflexion
indissociable la sensation, l’émotion et existentielle,
l’intellect. S’il y a une vérité en art, elle a morale et
donc un sens bien particulier, qui engage politique.
notre subjectivité : il faudrait d’ailleurs
parler de sens plus que de vérité. Pantomime du
ballet classique :
le sens reste pris
dans la forme
sensible du
geste.
Blaise Pascal, Le divertissement (dont l’art fait partie) a Vs Bergson : l’artPeintures de
Pensées une fonction existentielle, car il est une n’est pas qu’un vanités à la
manière pour l’homme de se détourner de divertissement, Renaissance
la conscience de sa misère. Néanmoins, il mais il enrichit (beaucoup
ne faut pas le prendre trop au sérieux, car notre rapport à représentent de
il n’est qu’une diversion illusoire. la réalité. Nous manière
avons besoin allégorique les
d’art pour arts) : tout ce
comprendre que produit
notre réalité l’homme n’est
extérieure et que vanité
intérieure. vouée à
disparaître. Cela
Vs Merleau- vaut en
Ponty : l’art est particulier pour
un moyen de l’art, qui vise en
donner sens à la apparence
vie, en l’immortalité,
s’adressant de puisque les
manière œuvres d’art
indissociable à survivent à
23
tout ce qui fait l’artiste et à leur
notre sensibilité, époque. Mais
donc en même l’art ne
engageant saurait nous
pleinement notre procurer
rapport au l’immortalité.
monde.
Vs Aristote : le
poète, en
agençant son
histoire de sorte
à ce qu’elle
apparaisse
vraisemblable,
cherche à
donner sens au
monde. Nous
avons besoin de
récits car ils
donnent du sens
à ce qui semble
parfois en
manquer.
LE LANGAGE
Gardez en tête les deux sens de la notion de langage, qui désigne à la fois une faculté de
communication et un ensemble de signes. Dans vos révisions, interrogez-vous sur les rapports
entre le langage et la pensée (qui renvoie à la notion de raison).
Quels sont les rapports de la pensée et du langage ?
Ibn Rushd, Si la vérité révélée se trouve en
Discours contradiction avec la raison, c’est qu’il faut
décisif interpréter le sens littéral du texte sacré.
Le langage n’est donc pas univoque mais
suscite la pensée.
Émile Le langage n’est pas une simple imitation George Orwell,
Benveniste, de la réalité, mais il est un pouvoir de 1984 : le projet
Problèmes de création qui re-produit, c’est-à-dire qui de la novlangue
linguistique recrée la réalité. Il n’y aurait sans doute est de rendre
générale pas de pensée sans langage, ou en tout impossible toute
cas le langage structure notre pensée. révolte en
C’est pourquoi le terme grec logos désigne appauvrissant la
à la fois la parole et la pensée, et c’est langue, donc la
pourquoi les religions monothéistes pensée.
racontent que Dieu a créé le monde en
parlant.
Comment le langage renvoie-t-il à la réalité ?
Ferdinand de Le signe linguistique est l’association
Saussure, arbitraire d’un signifiant et d’un signifié. Il
Cours de y a donc quelque chose de purement
linguistique conventionnel dans le langage, et non pas
générale un décalque de la réalité.
Henri Le langage est l’expression d’un besoin
Bergson, Le pratique. Il se borne à coller des
rire « étiquettes » sur les choses afin de
24
pouvoir les utiliser, et nous conduit donc à
voir la réalité extérieure, mais aussi nos
états d’âme, sous l’angle de la généralité.
LE TEMPS
Revoyez la distinction temps objectif/temps subjectif. Cette notion peut renvoyer de manière
étroite aux notions de liberté et de bonheur, par sa dimension existentielle, mais aussi aux
notions d’art et de technique, car le temps a une dimension collective (il est ce qui permet à
l’homme de construire un monde proprement humain, d’avoir une histoire).
Le temps n’est-il une réalité que pour l’esprit humain ?
Pierre Simon Pour une intelligence qui connaîtrait toutes Minority Report
de Laplace, les lois régissant la nature, le passé, le (voir « la
Essai présent et l’avenir apparaîtraient peut-être liberté »).
philosophiqu comme une seule et même chose.
e sur les
probabilités
John Locke, La mémoire est nécessaire à J’ai perdu mon
Essai sur l’établissement de l’identité personnelle : corps (voir « la
l’entendeme je suis un sujet à travers le temps. conscience »)
nt humain
La conscience du temps rend-elle l’existence humaine tragique ?
Épicure, Il est possible d’avoir un rapport heureux Vs Pascal : tout
Lettre à au temps, sans craindre l’avenir ni notre malheur
Ménécée regretter le passé. Nous défaire du désir vient de ce que
vain de l’immortalité est nécessaire au nous ne savons
bonheur. pas nous tenir
au temps
présent.
Blaise Pascal, Tout notre malheur vient de ce que nous Vs épicurisme : Cléo de 5 à 7 :
Pensées ne savons pas nous tenir au temps grâce à la notre rapport
présent, mais que nous nous projetons philosophie, il subjectif au
sans cesse avec crainte et espoir vers est possible temps qui passe
l’avenir, ou que nous revenons avec d’avoir un est souvent
remords et mélancolie sur le passé. Nous rapport heureux coloré
cherchons donc à nous divertir de ces au temps qui d’angoisse ou de
pensées malheureuses. Mais si le passe. nostalgie.
divertissement a incontestablement une
fonction existentielle, il ne doit pas être Genre pictural
pris trop sérieux, car seule la foi peut de la vanité : le
répondre véritablement à la prise de temps humain
conscience de notre finitude. Elle seule est marqué par
nous promet l’éternité (éternité vs la finitude.
immortalité : l’éternité échappe au temps).
25
Peut-on perdre son temps ?
Hartmut L’accélération du rythme de vie propre à
Rosa, nos sociétés modernes peut être vue
Accélération comme une forme d’aliénation.
Bertrand Contrairement à l’idéologie productiviste Vs Kant : le
Russell, propre au travail, il faut faire l’éloge de travail est ce qui
Éloge de l’oisiveté, qui nous permet d’user nous permet de
l’oisiveté librement de notre temps. faire fructifier
notre temps.
Karl Marx, Le travail aliéné vole son temps au Les Temps
Manuscrits prolétaire. modernes
de 1844
Simone de Le travail domestique vole son temps à la
Beauvoir, Le femme au foyer.
Deuxième
sexe
26
DISTINCTIONS CONCEPTUELLES À CONNAÎTRE
Elles peuvent vous servir à la fois dans l’explication de texte et dans la dissertation.
Absolu/relatif : est absolu ce qui n’a pas besoin d’autre chose pour exister ou pour être pensé.
Est relatif ce qui dépend d’autre chose que de soi-même. Exemple : « la somme des angles
d’un triangle est de 180° » est une vérité absolue, alors que « cette œuvre est belle » est peut-
être une vérité relative à mes goûts, mon milieu social, ma culture…
Contingent/nécessaire : est contingent ce qui peut ne pas être, ou ce qui peut être
autrement qu’il n’est. Est nécessaire ce qui ne peut pas ne pas être, ou ce qui ne peut pas être
autrement qu’il n’est. Exemple : il est logiquement nécessaire que la porte soit ouverte ou
fermée. Si l’on croit à l’existence du libre arbitre, il est contingent que je fasse tel ou tel métier.
Mais selon certaines théories déterministes ou fatalistes, tout est nécessaire et la contingence
est une illusion.
Croire/savoir : en un sens large de la croyance (= tenir quelque chose pour vrai), le savoir est
un type de croyance. En un sens plus restreint, la croyance est le fait de tenir quelque chose
pour vrai sans critère de justification objectif, alors que le savoir est une croyance vraie
objectivement justifiée. Il existe plusieurs types et degrés de croyance (préjugé, opinion, foi…).
Exemple : si je suis habitué à voir le soleil se lever tous les matins, je crois qu’il se lèvera
demain. En revanche, si je connais les lois physiques auxquelles sont soumis les mouvements
des planètes, je sais qu’il se lèvera demain. Je sais que la Terre est ronde, mais je crois que
l’âme est mortelle ou immortelle.
En fait/en droit : l’expression « en fait » renvoie à un constat de ce qui est, de ce qui existe,
alors que l’expression « en droit » renvoie à ce qui devrait être. La première est descriptive, la
deuxième normative. Exemple : Karl Marx constate qu’en fait, l’État est au service des
dominants, ce qui ne signifie pas que cela soit légitime en droit.
Légal/légitime : le légal renvoie aux lois telles qu’elles existent, et le légitime à un idéal
(moral, politique, religieux) de justice.
Exemple : Antigone refuse de se conformer à la légalité car elle conteste la légitimité de la
décision de Créon.
Objectif/subjectif : est objectif ce qui se rapporte à l’objet, et ce sur quoi tous les êtres
rationnels peuvent s’accorder, alors qu’est subjectif ce qui se rapporte au sujet. Exemple : pour
Hume, il existe des critères objectifs (c’est-à-dire présents dans l’objet) de beauté, alors que
pour Kant le beau est un sentiment subjectif, qui ne s’applique pas à l’objet lui-même mais au
sentiment que l’objet suscite en moi. Pour Kant, quand je m’exclame « c’est beau ! », je ne
parle pas de l’objet mais de mon sentiment.
Obligation/contrainte : la contrainte désigne une force extérieure qui s’applique à moi, alors
que l’obligation est une règle (morale, politique, religieuse) que je m’applique à moi-même car
j’en reconnais la légitimité. Exemple : pour Rousseau, si la loi est l’expression de l’intérêt
général, alors je ne vis plus les lois sur le mode de la contrainte, mais plutôt comme des
obligations posées de manière autonome.
Cause/fin : la cause est ce qui produit un effet de manière nécessaire, et sans intention
préalable (les causes des phénomènes sont ainsi étudiées par les lois de la nature). La fin est ce
que vise consciemment une action, le but qu’un sujet se donne. Exemple : pour Spinoza, nous
connaissons les fins de nos désirs, mais nous ignorons la plupart des causes qui nous
déterminent à avoir ces désirs.
Public/privé : est public ce qui est du domaine de l’État, privé ce qui renvoie à l’intime et
échappe au domaine de l’État. La frontière entre les deux n’est cependant pas évidente à
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établir (les lois de l’État peuvent ainsi s’appliquer aussi à la vie privée et à la sphère
domestique). La laïcité invite à questionner ces frontières entre le public et le privé.
Vrai/certain : est vraie une proposition qui est en adéquation avec la réalité ou qui est
cohérente d’un point de vue logique (cela dépend du domaine : la vérité en mathématiques est
ainsi une vérité-cohérence plutôt qu’une vérité-correspondance). La certitude se réfère quant à
elle au sentiment absolu et évident que j’éprouve de connaître la vérité. Mais le critère de la
certitude ne signifie pas que ce que nous croyons être vrai l’est en effet. Exemple : la certitude
que j’existe (« je pense donc je suis ») suffit à établir la vérité de mon existence, mais la dinde
de Russell se trompe quand elle est certaine que son fermier viendra la nourrir tous les matins.
Pour établir la vérité d’un fait, on ne peut pas nécessairement se fier à la certitude.
Rappel sur l’usage du cours en philosophie : les références au cours (définitions des
notions, auteurs, distinctions conceptuelles…) sont toujours valorisées dans les
copies, mais elles ne doivent pas vous conduire au hors-sujet. Commencez toujours
par analyser votre sujet, que ce soit pour la dissertation ou pour l’explication de
texte. Le cours doit venir nourrir votre réflexion sur le sujet. Dans vos révisions,
entraînez-vous sur des sujets transversaux, c’est-à-dire qui mobilisent plusieurs
chapitres. Entraînez-vous aussi à analyser des notions que nous n’avons pas
explicitement traitées en cours, mais qui sont bien sûr toujours liées aux notions des
chapitres (par ex, dans le sujet « Discuter, est-ce renoncer à la violence ? », il faut
analyser tous les termes, en mobilisant vos connaissances sur le langage, la raison ou
la justice). Faites-vous confiance sur l’analyse des notions et sur l’argumentation :
vous êtes capable de réfléchir sur un sujet, même éloigné des questions traitées en
cours.
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