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Divergence (Analyse Vectorielle) - Wikipédia

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Divergence (analyse vectorielle)

opérateur différentiel, qui, appliqué à un champ vectoriel, mesure le défaut de conservation du volume de l'espace
sous l'action du flot de ce champ

En géométrie, la divergence d'un champ de vecteurs est un opérateur différentiel mesurant le


défaut de conservation du volume sous l'action du flot de ce champ.

Les lignes bleues représentant les


gradients de couleur, du plus clair au plus
foncé. L'opérateur divergence permet de
calculer, localement, la variation de ce
gradient de couleur

Illustration de la divergence d'un champ


vectoriel, ici champ de vitesse converge à
gauche et diverge à droite.

Pour les articles homonymes, voir Divergence.

L'opérateur divergence est un outil d'analyse vectorielle qui mesure, pour faire simple, si un
champ vectoriel « rentre » ou « sort » d'une zone de l'espace, comme ce que l’on peut observer
sur un diagramme de lignes de champ. Il donne donc une information très liée aux sources qui
créent le champ. Les équations de continuité permettent de comprendre intuitivement cette
notion : la divergence mesure en effet localement les variations de densité de flux. On retrouve
cette grandeur, macroscopiquement cette fois, dans les valeurs de diffusion de particule ou de
chaleur par exemple. Ainsi, en un point, si la divergence est nulle, alors la densité ne varie pas ; si
elle est positive en ce point, alors il y a diffusion.

En mécanique des fluides, si un fluide rentre dans un tube compressible avec davantage de force
qu'il n'en sort à l'autre extrémité, le tube aura tendance à voir sa pression interne augmenter, et
donc aussi son volume. La divergence ne caractérise cependant pas le comportement du tube,
mais bien les caractéristiques du flux de matière, susceptibles d'influer sur le volume traversé.

Plus précisément, soit la trajectoire du champ X issue de x.

Ces trajectoires s'organisent en une famille de transformations (le flot de X), et pour
tout domaine D on a

Un champ à divergence nulle est un champ qui conserve le volume, tel le champ des vecteurs
vitesse d'un écoulement incompressible.

Ainsi, div X est une fonction à valeurs réelles qui mesure la variation première du volume le long
des trajectoires dudit champ.

En raison de son utilisation dans les calculs de flux de champ de vecteurs, la divergence
intervient en physique pour exprimer des lois de conservation ainsi que pour la formulation
locale des lois physiques faisant intervenir un champ suivant une loi en carré inverse de la
distance. La divergence est notamment utilisée dans les équations de la mécanique des fluides
ou les équations de Maxwell.

Des définitions plus précises sont données dans le corps de l'article.

Divergence d'un champ de vecteurs

L'opérateur divergence est un opérateur différentiel linéaire de degré 1, défini sur les champs de
vecteurs et à valeurs dans les fonctions.

Définition en dimension 3

En dimension 3 et en coordonnées cartésiennes, la divergence d'un champ de vecteurs

a pour expression1

Formellement, l'opérateur divergence appliqué à un champ vectoriel peut s'interpréter comme

produit scalaire du vecteur nabla par le vecteur .


Cette définition a le désavantage d'être dépendante du choix d'une base orthonormée.

Interprétation heuristique concernant la variation du volume

Le flot du champ A est approximativement (pour t petit) donné par

Le volume de l'image par d'un « petit » pavé de centre (x,y,z) est multiplié par le déterminant
de la matrice jacobienne de . Mais la dérivée par rapport à t de ce déterminant, pour t=0 est
précisément

Justification rigoureuse de l'interprétation

Elle utilise les formes différentielles. Dans le volume d'un domaine s'obtient en intégrant sur
ce domaine la forme différentielle . Soit le flot du champ A.

La variation infinitésimale du volume est alors

C'est par définition la dérivée de Lie : de .

On vérifie que

(voir plus bas la démonstration en dimension n de cette identité).

En particulier, le flot de conserve le volume (c’est-à-dire pour tout


domaine de ) si et seulement si la divergence est partout nulle. Le volume augmente si la
divergence est positive, diminue si elle est négative.

Ce calcul montre aussi que la divergence ne dépend pas de la structure euclidienne de l'espace,
mais seulement de l'élément de volume.
Exemples

La divergence du champ (champ radial) est constante (égale à 3) (le flot

de ce champ est formé d'homothéties, qui multiplient les volumes par une constante).

La divergence du champ est nulle (son flot est formé de rotations).

En mécanique des fluides, on dit qu'un fluide est en écoulement incompressible si la divergence
du champ des vitesses vaut zéro.

Interprétation concernant le flux

La divergence peut être définie à partir du flux d'un champ de vecteur. Si est un domaine
relativement compact de , dont le bord est une surface lisse , le flux de à travers est
égal à l'intégrale sur de la divergence. Explicitement

Dans la dernière intégrale, est le vecteur unitaire normal sortant de , et est l'élément d'aire
de la surface . Cette égalité est valable en toute dimension, et s'étend aux domaines à bord des
variétés riemanniennes orientées2. Elle est connue sous le nom de théorème de Green-
Ostrogradski (en dimension 3) ou théorème de flux-divergence, qui est l'une des nombreuses
variantes du théorème de Stokes

Démonstration

On écrit , où le vecteur est tangent à la surface. On a


alors

Mais d'une part, d'après la formule de Cartan

D'autre part l'élément d'aire de S est donné par . Le résultat s'en


déduit par le théorème de Stokes.

Cette preuve s'étend telle que à la dimension n.


Divergence en dimension n

Cette définition et ses propriétés s'étendent aux champs de vecteurs sur . Si

est un tel champ de vecteurs, on pose

Pour , on a encore , d'où son lien avec le principe de

(non)conservation du volume n-dimensionnel.

Démonstration

En utilisant le fait que la dérivée de Lie est une dérivation, on voit que

Par ailleurs

Ainsi, dans chacun des n termes de l'expression ci-dessus de , on peut

remplacer par

Exemple. Pour le champ linéaire donné par

la divergence est la trace de la matrice .

Propriétés

Divergence d’un champ rotationnel :

Cette formule est particulière à la dimension 3. Elle signifie

qu'un champ rotationnel est à divergence nulle. Inversement, si un champ de


vecteurs sur un ouvert étoilé de est à divergence nulle, il existe un champ

tel que
(on dit alors que est un potentiel vecteur). Cette propriété, une fois

convenablement interprétée en termes de formes différentielles, est une


application directe du lemme de Poincaré.

Attention. Le champ newtonien est à divergence nulle, mais il n'existe pas de

champ de vecteurs tel que . En effet, si tel était le cas, son flux à

travers toute surface fermée serait nul, alors que son flux à travers les sphères
centrées à l'origine vaut . En fait, ce champ n'est défini que sur l'espace privé de
l'origine, qui n'est pas un ouvert étoilé : le lemme de Poincaré ne s'applique pas.

Interprétation comme transposé du gradient :

Cette formule, qui est une conséquence directe de la formule de Leibniz, permet de
voir l'opérateur divergence comme le transposé (au signe près) de l'opérateur
gradient. En effet, d'après le théorème de Stokes, l'intégrale sur de la
divergence d'un champ de vecteurs nul en dehors d'une partie bornée est nulle. Par

conséquent, si est une fonction lisse et un champ de vecteurs, tous deux nuls

en dehors d'une partie bornée (cette condition assurant que les intégrales ont un
sens),

Cette propriété s'interprète de la façon suivante. Soient et

respectivement les espaces vectoriels des fonctions lisses et des champs de


vecteurs sur à support compact. On les munit des produits scalaires

et

Alors , ce qui prouve cette assertion.

Cette interprétation de la divergence présente l'avantage de se généraliser aussi


bien aux variétés riemanniennes qu'aux tenseurs.

Divergence d’un produit vectoriel :


Une application typique de cette formule est le théorème de Poynting en
électromagnétisme.

Relations avec d’autres opérateurs :

Ces relations, très utilisées en analyse vectorielle, se comprennent mieux dans le


cadre des formes différentielles.

Utilisation en physique

Lois de conservation

Illustration représentant un volume


intérieur à la surface fermée dont la
normale extérieure en tout point est .

D'une manière générale, la divergence est reliée en physique à l'expression locale de la propriété
de conservation d'une grandeur. En considérant une surface fermée quelconque , la variation

d'une grandeur conservative dans le volume fermé par cette surface est, par définition d'une
grandeur conservative, due aux échanges avec l'extérieur (il n'existe pas de sources de création
ou d'annihilation d'une grandeur conservative). Le bilan de cette grandeur entre deux instants
s'écrit donc uniquement comme la somme du flux de cette grandeur à travers la surface fermée

et de la variation temporelle de la grandeur à l'intérieur de la surface . Si la grandeur est

conservative, ce bilan est nul.

Par exemple, en électromagnétisme, si est le vecteur densité volumique courant, la densité

volumique de charge électrique et le volume intérieur à la surface , la conservation de la

charge s'écrit de façon intégrale :


ou encore, pour une surface fixe :

avec est un vecteur unitaire normal en tout point à .

La formule de Green-Ostrogradsky permet de réécrire l'équation précédente à la manière de la


divergence :

Ce qui mène immédiatement à la relation locale de conservation :

Il est ainsi également possible d'exprimer localement, par exemple dans le cadre de la
mécanique des fluides, si est la masse volumique en un point et le champ des vecteurs

vitesse :

(équation de continuité).

D'autres lois de conservation font intervenir la divergence de tenseurs d'ordre 2, comme la


conservation de la quantité de mouvement en mécanique des fluides. En relativité générale, on
montre aussi la nullité de la divergence du tenseur énergie-impulsion.

Champs radiaux en carré inverse de la distance

Lorsqu'une loi d'interaction radiale, due à des sources ponctuelles, varie comme le carré inverse
de la distance il est possible d'établir que le flux du champ d'interaction à travers une surface
fermée est toujours proportionnel à la quantité de sources présentes à l'intérieur de la surface
fermée. Ce type de relation porte généralement en physique le nom de théorème de Gauss. Par
exemple, dans le cas du champ électrostatique , dû aux charges électriques présentes à

l'intérieur de la surface fermée on a la forme intégrale du théorème de Gauss suivante :


Grâce au théorème de flux-divergence il est possible d'exprimer une forme locale du théorème de
Gauss. L'équation précédente se réécrit :

si est le volume délimité par et la densité volumique de charge. On obtient alors

immédiatement :

qui est la forme locale du théorème de Gauss. Ce type de relation est également possible pour le
champ de gravitation :

où est la constante fondamentale de la gravitation, le champ de gravitation et la masse


volumique.

Flux du champ magnétique

En électromagnétisme il est possible de montrer, à partir de la loi de Biot et Savart, que la


divergence du champ magnétique est nullea :

Cette propriété intrinsèque du champ magnétique permet d'établir que le flux du champ
magnétique à travers une surface fermée est toujours nul ; on dit que le champ magnétique est à

flux conservatif. En effet, si on appelle la surface fermée considérée et le volume intérieur

à cette surface, on a :

Expression de la divergence en dimension 3 dans d'autres


systèmes de coordonnées

En coordonnées cylindriques
En coordonnées sphériques

En choisissant pour convention les notations physiques (conformément au standard ISO 31-11),
soit :

Notes et références

Notes

a. Dans le formalisme des équations de Maxwell, la nullité de la divergence du champ


magnétique n'est pas une conséquence mais un postulat (loi de Maxwell-Thomson).

Références

1. J.-P. Pérez et al., Électromagnétisme. Fondements et applications, 3e édition, Masson, Paris,


1997, pages 612-617.

2. GallotHulinLafontaine, p. 211

Voir aussi

Bibliographie

(en) Yvonne Choquet-Bruhat et Cécile DeWitt-Morette, Analysis, Manifolds & Physics - Part I:

Basics, North-Holland/Elsevier (2e édition révisée - 1982) (ISBN 0-444-86017-7)

Richard P. Feynman, Robert B. Leighton et Matthew Sands (en), Le Cours de physique de


Feynman [détail de l’édition], Électromagnétisme I, ch. 2 et 3, InterEditions (ISBN 2-72960028-0)

Jacques Lafontaine, Introduction aux variétés différentielles [détail des éditions]

François Rouvière, Petit guide de calcul différentiel à l'usage de la licence et de l'agrégation,


Cassini, 1999 (ISBN 2-84225-008-7)

(en) Sylvestre Gallot, Dominique Hulin et Jacques Lafontaine, Riemannian Geometry [détail des

éditions]

Articles connexes

Divergence d'un tenseur


Rotationnel, gradient, nabla, laplacien

Dérivée partielle, équation aux dérivées partielles

Opérateur différentiel

Théorème de Stokes

Équations de Maxwell, équations de Navier-Stokes

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