Parti HS01 0157
Parti HS01 0157
›› Julie Bothorel
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 26/06/2024 sur www.cairn.info (IP: 41.85.163.248)
Dans la Rome républicaine et impériale, le tirage au sort (sors ou sortitio) est une
procédure technique couramment employée par les magistrats de Rome pour
distribuer des tâches particulières parmi les sénateurs ou les magistrats, répar-
tir des lots de terre ou organiser le déroulement du vote. L’étude des sources
littéraires, mais également épigraphiques, iconographiques et archéologiques,
permet de mieux connaître les instruments qui étaient utilisés pour tirer au sort
les lots publics (sitella, hydria, urna uersatilis, sortes et pilae), ainsi que la manière
dont on les manipulait. Entre les années 100 et 70 av. J.-C., le passage d’un tirage
au sort public manuel effectué à l’aide d’une sitella et de sortes à un tirage au sort
mécanique effectué à l’aide d’une urna (uersatilis) et de pilae illustre les muta-
tions du régime et de l’aristocratie du ier siècle.
158 participations
L
e tirage au sort, appelé sors ou sortitio, est une procédure fréquente dans la
Rome républicaine et impériale. Si l’on tire souvent au sort dans un contexte
familial et privé (jeux de hasard ou pratiques magiques) et dans les sanc-
tuaires oraculaires, le tirage au sort est aussi utilisé par les magistrats romains,
dans un contexte civique, officiel et devant un public, pour répartir des fonctions
ou des biens, ou encore établir un ordre de vote.
Cet article présente les différents usages civiques du tirage au sort et décrit les
« récipients » et « lots »1 qui sont utilisés pour tirer au sort dans la Rome répu-
blicaine et impériale. Il cherche à montrer que le passage, dans les années 100 à
70 av. J.-C., d’un tirage au sort public manuel effectué à l’aide d’une sitella et de
sortes à un tirage au sort mécanique effectué à l’aide d’une urna (uersatilis) et de
pilae illustre les mutations du régime et de l’aristocratie du ier s. av. J.-C.
[1] Les termes « récipient » et « lot » ont été préférés aux termes « urne », « sort » ou « jeton »,
etc., plus ambigus car renvoyant à un objet et/ou à une forme précis(e).
Le tirage au sort civique dans la Rome républicaine et impériale : matériels et techniques 159
À l’époque impériale (27 av. J.-C. – 476 ap. J.-C.), le recours au tirage au sort,
loin de diminuer, s’accroît : la plupart des usages républicains du sort perdurent
et des fonctions nouvelles, liées à l’Empire et au service du Prince, sont tirées
au sort, bien qu’en parallèle la pratique de la nomination directe par le Prince
s’accentue. Le tirage au sort est ainsi utilisé pour répartir de nouvelles tâches
parmi les chevaliers et sénateurs au service de l’Empire et permet par exemple
de choisir deux préteurs chargés de la gestion du trésor public (aerarium) ou
de sélectionner des sénateurs pour former des commissions. La sortitio permet
également de désigner les desservants (sodales) du culte d’Auguste divinisé ainsi
que les prêtres (quindecemvirs) qui distribuent le matériel purificatoire lors de
la célébration des Jeux Séculaires (festivités célébrant l’ouverture de chaque
160 participations
Le récipient
La documentation montre que les magistrats utilisent, de la fin du iiie s. av. J.-C.
au ier s. av. J.-C., une sitella pour tirer au sort des lots civiques. La sitella (diminu-
tif de situla) est un type de récipient ressemblant à un grand vase ou à un seau,
généralement muni d’une anse, dont la contenance est variable (Hilgers, 1969).
Le terme sitella est seulement utilisé dans le contexte de tirages au sort.
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 26/06/2024 sur www.cairn.info (IP: 41.85.163.248)
La sitella (que nous traduirons par « seau ») est le récipient à l’aide duquel on tire
au sort les provinces, les unités de vote, les jurés et certainement tous les lots
civiques à l’époque républicaine. Tite-Live (Histoire romaine, 41, 18, 9) rappelle
ainsi que la sortitio consulaire effectuée de manière irrégulière par les consuls
en 176 av. J.-C. a été réalisée à l’aide d’une sitella. Le même terme se retrouve
dans des descriptions de tirages au sort judiciaires et comitiaux. Pour décrire un
tirage au sort qui s’est déroulé en 212 av. J.-C. lors de comices législatifs, Tite-
Live (Histoire romaine, 25, 3, 16) précise que c’est à l’aide d’une sitella que l’on tire
au sort la tribu dans laquelle votent les Latins. Cicéron (La Nature des Dieux, 1,
38, 106), faisant référence au conflit qui opposa en 133 av. J.-C. deux tribuns de la
plèbe (Tiberius Gracchus et Marcus Octavius) à propos du vote d’une loi agraire,
utilise l’expression deferentem sitellam, qui signifie littéralement « amener le
seau ». Le fait d’apporter le seau marque l’ouverture du scrutin, qui débute juste
après le tirage au sort de la première tribu appelée au vote (la tribu principium).
L’auteur de la Rhétorique à Herennius (1, 12, 21), à propos du vote d’une loi de
Lucius Appuleius Saturninus en 103 ou 100 av. J.-C., souligne que Saturninus
« fit amener le seau » (sitellam detulit) pour tirer au sort l’ordre de vote des tri-
bus et la tribu dans laquelle devaient être affectés les nouveaux citoyens. Pour
que le vote ne puisse avoir lieu, des sénateurs cassèrent les passerelles de vote
Le tirage au sort civique dans la Rome républicaine et impériale : matériels et techniques 161
Un autre récipient à eau, l’hydria (ὑδρία, « cruche à eau »), désigne chez Plutarque
et Cicéron un instrument employé pour effectuer les tirages au sort civiques
romains. Plutarque (Tiberius Gracchus, 11, 1) évoque l’utilisation d’une ὑδρία pour
tirer au sort la tribu principium lors des comices législatifs de 133 av. J.-C. Cette
mention est étonnante : la sortitio comitiale est le type de tirage au sort civique
sur lequel nous possédons le plus de sources et, dans les récits de sortitiones
comitiales que nous avons conservés, il n’est nulle part question d’une hydria.
Il est donc probable que l’auteur grec utilise le terme ὑδρία simplement pour
traduire le terme latin sitella. Selon Cicéron, le préteur Verrès aurait utilisé une
hydria pour tirer au sort le prêtre de Jupiter à Syracuse. Après avoir sans succès
tenté de nommer Théomnaste, présenté comme son ami intime, extra sortem
162 participations
(« sans recourir au tirage au sort »), Verrès accepte de faire amener une cruche
à eau pour tirer au sort le prêtre de Jupiter, comme le prescrit une ancienne loi
religieuse d’origine grecque ; cependant, les trois lots que le gouverneur intro-
duit dans la cruche sont inscrits du nom de Théomnaste (Contre Verrès, 2, 2, 51,
127). Malgré les témoignages de Plutarque et de Cicéron, je ne pense pas que
les Romains utilisaient des cruches à eau (hydriae) pour tirer au sort les lots
officiels. L’utilisation d’une hydria n’est clairement attestée que dans les cités de
tradition grecque, comme Syracuse, pour des usages domestiques et religieux
et, dans le de Plutarque, le terme ὑδρία sert surtout à traduire en grec, par ana-
logie, le terme romain sitella. Réciproquement, Plaute, dans le second acte de sa
pièce Casina, traduit le terme grec ὑδρία (hydria) employé par Diphile par sitella
ou situla.
L’urna versatilis
À partir du ier s. av. J.-C., les lots civiques semblent avoir été tirés à l’aide d’une
urna (« urne » ou « vase ») et l’on ne trouve plus mention dans les sources de
l’utilisation d’une sitella. Le terme urna est polysémique et peut être traduit de
diverses manières : une unité de mesure, un récipient à eau ou à vin, une urne
pour déposer les votes, un instrument de tirage au sort ou encore une urne funé-
raire (Hilgers, 1969). Il désigne en général un récipient, de taille et de contenance
variables, et ne correspond aujourd’hui pas à une catégorie identifiée clairement
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 26/06/2024 sur www.cairn.info (IP: 41.85.163.248)
funéraires à rendre à la mémoire de Germanicus (20 ap. J.-C.), telle qu’elle est
connue par la Tabula Hebana, est le premier document à préciser sans ambi-
guïté le fonctionnement de l’urna en lui associant le terme de versatilis (AE, 1949,
215f). L’expression urna versatilis peut être traduite par « urne qui tourne » ou
« machine à tirer au sort » (Nicolet, 1991). Le premier édit d’Auguste de Cyrène,
dont le texte ne nous est connu que par une inscription en grec, témoigne égale-
ment du recours, au début du Principat, à un klèrôtèrion (qui désigne en grec une
machine à tirer au sort et traduit certainement le terme urna qui devait figurer
dans l’édit latin) pour sélectionner les jurés grecs et romains (De Visscher, 1940).
Plusieurs sources littéraires permettent de comprendre comme fonctionne
l’urna (versatilis). Lucain (Pharsale 5, 392-394), à propos des élections consu-
laires de 48 av. J.-C., rapporte que César agite (versat) le nom des tribus dans
une urne vide. L’utilisation du verbe versare pour décrire l’urna se retrouve chez
Horace (Odes, 2, 3, 25-27 ; 3, 1, 14-16) et Sénèque (Troyennes, v. 974 ; Controverses,
1, 2, 7). L’urna est aussi associée à des verbes de mouvement dans les écrits de
Virgile (movere) (Énéide, 6, 432), de Cassiodore (vertiginem) (Orationes, frg. fol.
Iv [Callu, 2005, p. 215]) ou dans l’Histoire Auguste (agitari) (Vie de Probus, 8, 6) :
ces verbes suggèrent un mouvement de l’urna sur elle-même pour mélanger
les lots. Tertullien (Les Spectacles, 16, 21) compare le mouvement des lots dans
l’urna à des yeux qui roulent dans leurs orbites. Un auteur plus tardif, Constantin
Porphyrogénète (Livre des Cérémonies, I, 78), lorsqu’il décrit le tirage au sort des
positions de chacun des attelages au départ des courses, évoque de manière
beaucoup plus précise le fonctionnement de l’urna : « aussitôt il prend les boules
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 26/06/2024 sur www.cairn.info (IP: 41.85.163.248)
Les lots
La sors
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 26/06/2024 sur www.cairn.info (IP: 41.85.163.248)
a b
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 26/06/2024 sur www.cairn.info (IP: 41.85.163.248)
plus facilement les informations sur les lots, à la manière des tablettes de vote.
Les sortes utilisées dans les sortitiones civiques étaient de forme et de poids
égaux, ou étaient du moins uniformisées. Dans la pièce Casina, Olympion et
Chalinus sont inquiets de la matière dans laquelle les sortes ont été réalisées :
des lots réalisés dans certaines essences de bois pourraient émerger plus vite
de l’eau et donc fausser le tirage. Le terme aequus (égal, semblable) et ses déri-
vés sont d’ailleurs utilisés trois fois pour décrire la sortitio (v. 387, 375-9), ce qui
montre que l’on prêtait une grande attention à l’uniformisation des lots (maté-
riau, taille, poids).
La pila
Le terme pila est employé dans la Tabula Hebana pour désigner les lots officiels
servant à tirer au sort les centuries destinatrices. Il est aussi utilisé dans la loi
judiciaire de Pompée de 52 av. J.-C. pour désigner les lots servant à sélectionner
les jurés depuis des listes officielles ou albums (CIL I2, 208 ; Asconius, Pro Milone
[Clark, 1947, p. 39]). On trouve mention de lots sphériques (sphairai, l. 25) dans
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 26/06/2024 sur www.cairn.info (IP: 41.85.163.248)
Les pilae sont, à l’instar des sortes, uniformisées avant tout tirage au sort. Le
premier édit de Cyrène rappelle qu’ « après que les boules (sphairai) auront
170 participations
ILLUSTRATION DE SITELLA
ILLUSTRATION DE SORS :
Une dernière question reste en suspens. Si le texte grec des édits de Cyrène
évoque une machine à tirer au sort de type urna versatilis fonctionnant avec des
pilae, et non un klèrôtèrion semblable à ceux qui ont été retrouvés à Athènes,
nous ne savons pas quel type de machine à tirer au sort fut, dans la pratique, uti-
lisé par les citoyens de Cyrène : une urna versatilis romaine ou un klèrôtèrion de
type athénien ? La traduction d’urna (terme qui devait figurer dans l’édit latin) par
172 participations
klèrôtèrion (dans l’inscription de Cyrène) peut suggérer que les Grecs de Cyrène
utilisaient encore des klèrôtèria athéniens – la traduction se réduit alors à une
simple correspondance notionnelle – ou alors que l’urna versatilis s’était diffusée
dans le monde hellénistique, jusqu’à remplacer les traditionnels klèrôtèria – la
traduction suggère cette fois une correspondance matérielle. Seule une mission
archéologique permettra peut-être de savoir quel type de machine était utilisé
pour tirer au sort à Cyrène.
Conclusion
L’introduction, à partir des années 100 à 70 av. J.-C., d’une urna versatilis (machine
à tirer au sort) associée des pilae (lots sphériques) pour tirer au sort les lots
civiques, en remplacement de la sitella et des sortes rectangulaires, s’explique
par l’évolution de la cité. Le nombre des tirages au sort civiques effectués par les
magistrats ne cesse en effet d’augmenter, du fait de l’accroissement démogra-
phique et territorial de la cité, ainsi que de ses transformations institutionnelles
(augmentation du nombre de magistratures, de prêtrises, de tribunaux perma-
nents). Le changement de matériel de tirage au sort n’est pas anecdotique, mais
est certainement lié à une volonté d’accélérer les prises de décision, de réduire
la durée des cérémonies officielles et de rendre le tirage au sort plus aléatoire.
L’évolution du matériel est également liée à la volonté de limiter la corruption
(ambitus) et de réguler la compétition aristocratique.
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 26/06/2024 sur www.cairn.info (IP: 41.85.163.248)
Bibliographie
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 26/06/2024 sur www.cairn.info (IP: 41.85.163.248)
Cicéron, 2002 [1949], Discours, tome XVII, Pour C. Rabirius Postumus, Pour T. Annius
Milon, texte établi et traduit par Boulanger A., Paris, Les Belles Lettres,
CUF.
Cicéron, 2002 [1952], Discours, tome XVIII, Pour Marcellus, Pour Ligarius, Pour le
roi Déjotarus, texte établi et traduit par Cousin J., Paris, Les Belles Lettres,
CUF.
Cicéron, 2002, La Nature des dieux, texte traduit par Auvray-Assayas Cl., Paris,
Les Belles lettres, La Roue à livres.
Cicéron, 1968 [1933], M. Tulli Ciceronis scripta quae manserunt omnia ; Fasc. 45,
De natura deorum, texte établi par Wolfram Ax., Leipzig, B.G. Teubner,
Bibliotheca Scriptorum Graecorum et Romanorum Teubneriana.
Constantin VII Porphyrogénète, 1967 [1940], Le Livre des Cérémonies, tome II,
livre I : chapitres 47-92, texte établi et traduit par Vogt A., Paris, Les Belles
Lettres, collection byzantine.
Histoire Auguste, 2001, tome V, 2e partie, Vie de Probus, Firmus, Saturnin, Proculus
et Bonose, Carus, Numérien, texte établi et traduit par Paschoud Fr., Paris, Les
Belles Lettres, CUF.
Horace, 2017 [1929], Odes et Épodes, texte établi et traduit par Villeneuve Fr.,
Paris, Les Belles Lettres, CUF.
Horace, 2018 [1932], Satires, texte établi et traduit par Villeneuve Fr., Paris, Les
Belles Lettres, CUF.
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 26/06/2024 sur www.cairn.info (IP: 41.85.163.248)
Lucain, 2013 [1929], La Guerre civile, La Pharsale, texte établi et traduit par
Sidoine Apollinaire, 2002 [1961], Poèmes, texte établi et traduit par Loyen A.,
Paris, Les Belles Lettres, CUF.
Suétone, 2018 [1931], Vie des douze Césars, tome II, Tibère, Caligula, Claude, Néron,
texte établi et traduit par Ailloud H., Paris, Les Belles Lettres, CUF.
Symmaque, 2009, Discours, Rapports, texte établi et traduit par Callu J. P., Paris,
Les Belles Lettres, CUF.
Tacite, 2002 [1992], Histoires, tome III, livres IV et V, texte établi et traduit par Le
Bonniec H. Paris, Les Belles Lettres, CUF.
Tertullien, 1986, Les Spectacles = De spectaculis, texte établi et traduit par Turcan
M., Paris, Les éditions du Cerf, Sources chrétiennes.
Tite-Live, 2005, Histoire romaine, tome XIV, Livre XXIV, texte établi et traduit par
Jal P., Paris, Les Belles Lettres, CUF.
Tite-Live, 2002 [1992], Histoire romaine, tome XV, Livre XXV, texte établi et traduit
par Nicolet-Croizat F., Paris, Les Belles Lettres, CUF.
Tite-Live, 2002 [1971], Histoire romaine, tome XXXI, Livres XLI-XLII, texte établi et
traduit par Jal P., Paris, Les Belles Lettres, CUF.
Tite-Live, 2003 [1991], Histoire romaine, tome XXXIII, Livre XLV, texte établi et tra-
duit par Jal P., Paris, Les Belles Lettres, CUF.
Virgile, 2018 [1978], Énéide, tome II, Livres V-VIII, texte établi et traduit par Perret
J., Paris, Les Belles Lettres, CUF.
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 26/06/2024 sur www.cairn.info (IP: 41.85.163.248)
Sources secondaires
Champeaux J., 1982, Fortuna. Recherche sur le culte de la fortune à Rome et dans
le monde romain des origines à la mort de Cicéron, I et II, Rome-Paris, École
française de Rome.
Champeaux J., 1990a, « Sors oraculi : les oracles en Italie sous la République et
l’Empire », MEFRA, 102, p. 271-302, Rome.
Champeaux J., 1990b, « ’Sorts’ et divination inspirée : pour une préhistoire des
Oracles Italiques », MEFRA, 102, p. 801-828, Rome.
Cordano F., 2000, « Strumenti di sorteggio e schedatura dei cittadini nella Sicilia
greca », Sorteggio pubblico e cleromanzia dall’Antichita all’Eta moderna, Atti del-
la Tavola Rotonda, éd. F. Cordano et C. Grottanelli, p. 83-93, Milan, Università
degli studi di Milano.
176 participations
Mots clés
Tirage au sort, république romaine, Principat, sortitio,
sitella, hydria, urna versatilis, sors, pila