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Formation

2025-08-20

Formation : Méthodes et techniques de calcul des primes


d’assurance

Titre 1 : Les bases de l’actuariat

1.1 Qu’est-ce que l’actuariat ?

L’actuariat est la discipline qui applique les méthodes statistiques, mathématiques et financières à l’évaluation
et à la gestion des risques, principalement dans les domaines de l’assurance, de la prévoyance, des retraites
et de la finance.
Définition (Institut des Actuaires) :

L’actuariat est l’ensemble des techniques mathématiques permettant d’évaluer les engagements
financiers liés à l’incertitude, notamment dans le domaine de l’assurance.

Domaines d’application :

• Assurance vie
• Assurance non-vie (auto, habitation, santé, etc.)
• Réassurance
• Retraite et prévoyance
• Gestion des risques financiers

1.2 Le rôle de l’actuaire dans une compagnie d’assurance

L’actuaire intervient à toutes les étapes de la chaîne de valeur d’un produit d’assurance :

Étape Rôle de l’actuaire


Conception du produit Étude des besoins, modélisation des risques, estimation des coûts.
Tarification Calcul des primes en fonction des probabilités de sinistre et des
coûts attendus.
Suivi technique Analyse de la rentabilité, suivi des ratios sinistres/primes,
ajustement tarifaire.
Provisionnement Évaluation des engagements futurs (sinistres à payer, prestations
futures).

1
Étape Rôle de l’actuaire
Conformité & Solvabilité Respect des exigences réglementaires (Solvabilité II, IFRS 17, etc.).

1.3 Concepts fondamentaux

a) Le risque Un risque est un événement incertain, dont la survenance entraîne un coût ou une perte
financière.
Exemples :

• Un accident de voiture.
• Un décès prématuré.
• Une hospitalisation.

b) L’aléa et la loi de probabilité L’actuariat repose sur l’étude de phénomènes aléatoires. Chaque risque
est modélisé à l’aide d’une variable aléatoire dont le comportement est décrit par une loi de probabilité.
Exemple : Soit X = montant du sinistre en euros. On étudie la probabilité que X prenne certaines valeurs
ou dépasse un seuil.

c) L’espérance mathématique L’espérance est la moyenne pondérée des valeurs possibles d’une vari-
able aléatoire par leurs probabilités.
Formellement :

X
E[X] = xi · P(X = xi ) (cas discret)
i

Dans un cadre continu :

Z +∞
E[X] = x · fX (x) dx
−∞

L’espérance est le cœur du calcul de la prime pure, que nous verrons plus tard.

d) La mutualisation des risques Principe fondamental de l’assurance : on regroupe de nombreux


assurés exposés à des risques similaires pour partager collectivement le coût des sinistres.
Grâce à la loi des grands nombres, plus le portefeuille est grand, plus les résultats sont stables et
prévisibles.

Idée clé : L’assurance transforme une perte incertaine et potentiellement lourde en une cotisation
certaine et supportable.

2
1.4 Les grands principes de l’actuariat

Principe Description
Mutualisation Répartir le risque entre plusieurs individus.
Équilibre technique Les primes doivent couvrir les sinistres attendus + frais + marges.
Prudence Les modèles intègrent des marges de sécurité.
Équité Les primes doivent être proportionnelles au risque.
Transparence & traçabilité Les hypothèses doivent être documentées et justifiables.

Titre 2 : Modélisation des risques


2.1 Qu’est-ce qu’un risque en actuariat ?

Un risque est un événement aléatoire dont la survenance peut engendrer un coût financier pour l’assuré
et, par extension, pour l’assureur.
En actuariat, un risque se caractérise par :

• Sa fréquence : nombre de fois où il survient dans une période donnée.


• Sa gravité (ou sévérité) : coût associé lorsque l’événement survient.

Exemple : En assurance automobile, la fréquence est le nombre moyen d’accidents par assuré,
et la gravité est le coût moyen d’un accident.

2.2 Typologie des risques en assurance

• Risque de mortalité : décès prématuré (assurance vie).


• Risque de longévité : vivre plus longtemps que prévu (retraite, rentes viagères).
• Risque de morbidité : maladie, incapacité, hospitalisation.
• Risque de dommages : incendie, accident, catastrophe naturelle.
• Risque financier : taux d’intérêt, inflation, fluctuation des marchés.

2.3 Variable aléatoire et loi de probabilité

Pour modéliser un risque, on introduit une variable aléatoire X représentant le coût du sinistre. Le
comportement de X est décrit par une loi de probabilité, qui donne la probabilité que X prenne telle ou
telle valeur.

Exemples de lois utilisées en actuariat :

• Poisson : modélisation du nombre de sinistres (fréquence).


• Binomiale : probabilité de survenance de sinistres indépendants.
• Exponentielle : durée de vie ou temps entre deux sinistres.
• Normale : approximation de la distribution de la charge totale.
• Log-normale, Pareto : modélisation des coûts de sinistres (sévérité), notamment les sinistres ex-
trêmes.

3
2.4 Modèles fréquence – gravité

Un modèle classique en assurance décompose le risque en deux composantes :

Coût total des sinistres = Nombre de sinistres × Coût moyen par sinistre

• La fréquence est modélisée par une loi de comptage (ex. Poisson).


• La sévérité est modélisée par une loi continue (ex. exponentielle, log-normale).
• Le coût total est obtenu en combinant ces deux composantes.

2.5 Gestion des risques extrêmes

Un enjeu majeur en assurance est la queue de distribution (événements rares mais très coûteux).

• Exemple : catastrophes naturelles, pandémies, accidents industriels.


• Modélisation par des lois à queue lourde (Pareto, loi de Weibull).
• Techniques complémentaires : simulation de Monte-Carlo, Value at Risk (VaR), Tail Value at Risk
(TVaR).

2.6 Outils de modélisation modernes

En plus des méthodes classiques, les actuaires utilisent :

• Régression (GLM – Generalized Linear Models) : pour relier la prime au profil du client (âge,
sexe, lieu, usage du véhicule. . . ).
• Machine Learning (arbres de décision, forêts aléatoires, réseaux de neurones) : pour affiner la
segmentation tarifaire.
• Scénarios stochastiques : pour tester la robustesse des résultats face à des hypothèses variées.

Titre 3 : Calcul de la prime pure

3.1 Définition de la prime pure

La prime pure (ou prime de risque) est le coût théorique attendu des sinistres. C’est la contrepartie
du risque assuré, sans frais, sans marge de sécurité, sans taxe.
Formellement :

Prime pure = E[S]

où :

• S = charge de sinistres pour un assuré (ou un contrat),


• E[S] = espérance mathématique de cette charge.

4
3.2 Décomposition en fréquence et gravité

Si :

• N = nombre de sinistres (variable aléatoire de fréquence),


• Y = coût d’un sinistre (sévérité),
PN
• alors S = i=1 Yi .

On obtient :

E[S] = E[N ] × E[Y ]

La prime pure = fréquence attendue × coût moyen attendu.

3.3 Exemple numérique (assurance auto)

Supposons :

• Probabilité d’accident annuel par conducteur = 5 % (p = 0, 05).


• Coût moyen d’un accident = 8 000 €.

Alors :

Prime pure = p × coût moyen = 0, 05 × 8 000 = 400 £

Chaque assuré doit donc verser 400 € pour couvrir, en moyenne, le coût des sinistres.

3.4 De la prime pure à la prime totale

La prime pure n’est qu’une composante de la prime payée par l’assuré.


On ajoute :

1. Chargements pour frais (gestion, distribution, commissions).


2. Marge de sécurité (variabilité, prudence).
3. Marge de profit (rentabilité de l’assureur).
4. Taxes et contributions réglementaires.

Formule générale :

Prime commerciale = Prime pure + Chargements

5
3.5 Illustration complète

En assurance habitation :

• Fréquence attendue = 0,1 sinistre par an.


• Coût moyen = 5 000 €.
• Prime pure = 0, 1 × 5 000 = 500 £.
• Chargements (frais + marge + taxes) = 150 €.

Prime totale facturée au client = 650 €.

3.6 Limites de la prime pure

• Aléa statistique : la réalité peut différer de l’espérance (sinistres extrêmes, faible nombre d’assurés).
• Évolution du risque : changement des comportements, innovations technologiques, inflation médi-
cale. . .
• Hypothèses de modélisation : choix de la loi de probabilité, validité des données historiques.

Titre 4 : Tarification en assurance non-vie

4.1 Nature des contrats IARD

Une police d’assurance IARD est un contrat par lequel l’assureur s’engage, contre le paiement d’une
prime, à indemniser l’assuré en cas de survenance d’un sinistre lié à :

1. La responsabilité : indemnisation des tiers en cas de faute (ex. : responsabilité civile automobile).
2. Les biens matériels : couverture contre le vol, incendie, dommages aux biens.
3. Les personnes : couverture de la santé, de l’invalidité, des dépenses liées aux accidents.

Ces assurances visent à protéger contre des événements imprévisibles pouvant avoir de lourdes conséquences
financières.

4.2 Principe de compensation et loi des grands nombres

L’assureur ne peut pas prévoir quel assuré aura un sinistre, mais il peut prévoir le coût global en mutualisant
de nombreux contrats.

• Chaque assuré paie une cotisation certaine et modérée.


• L’ensemble des primes sert à couvrir les sinistres d’une minorité.

Mathématiquement :

• Si Si est la sinistralité d’un assuré,

6
• et si le portefeuille comprend n assurés indépendants,
• alors la moyenne des Si converge vers l’espérance µ quand n est grand (loi des grands nombres).

Plus le portefeuille est vaste et homogène, plus la prévision est fiable.

4.3 La prime pure

La prime pure est le coût théorique attendu des sinistres :

Prime pure = E[S] = µ

Elle correspond à la perte moyenne transférée par l’assuré à l’assureur.


Dans la réalité, à cette prime pure s’ajoutent :

• des frais de gestion,


• une marge de sécurité,
• une marge de profit,
• des taxes.

4.4 La segmentation : pourquoi et comment ?

Si tous les assurés payaient la même prime uniforme, cela créerait des déséquilibres :

• Les « bons risques » (faible probabilité de sinistre) paieraient trop.


• Les « mauvais risques » (probabilité élevée) paieraient trop peu.

Conséquences :
- Les bons risques quittent l’assureur,
- Les mauvais risques affluent,
- L’équilibre technique est compromis (anti-sélection).

Solution : la segmentation. L’assureur regroupe les contrats en classes homogènes et adapte la prime à
chaque catégorie.
Exemples de critères :

• L’assuré : âge, profession, antécédents de sinistres.


• Le bien assuré : valeur du véhicule, ancienneté, type d’habitation.
• L’environnement : zone urbaine ou rurale, exposition au climat.

7
4.5 Exemple illustratif

Supposons un voyage d’assurance :

• Groupe A : sinistre de 250 € avec probabilité 0,1 → E[SA ] = 25 £.


• Groupe B : sinistre de 250 € avec probabilité 0,2 → E[SB ] = 50 £.

Si l’assureur applique une prime uniforme = 37,5 €,

• les assurés du groupe A paient plus que leur risque réel,


• ceux du groupe B paient moins que leur risque réel.

Résultat : les bons risques (groupe A) partent vers un assureur concurrent plus juste, laissant à l’assureur
initial un portefeuille déséquilibré.

Titre 5 : Tarification en Assurance Vie

Nous quittons maintenant le monde de l’IARD, où l’on se demande ‘SI’ le risque va se produire, pour entrer
dans l’univers de l’assurance vie. Ici, la question n’est plus ‘si’, mais ‘quand’. Le décès est une certitude ;
son échéance est la seule variable aléatoire. Cette distinction fondamentale change absolument toute notre
approche de la tarification.
En assurance vie, nous ne nous basons pas sur la fréquence et la sévérité comme en auto, mais sur deux
piliers radicalement différents :

• La probabilité de survie et de décès à chaque âge.


• La valeur du temps sur l’argent.

5.1 Le Pilier Actuariel : La Table de Mortalité

Le premier outil le plus fondamental est la table de mortalité. Ce n’est rien de plus qu’un modèle statistique
qui décrit la loi de la mortalité d’une population donnée.

Construction et Contenu : Une table est construite à partir de données d’état civil et de portefeuilles
d’assurés. Elle suit une génération fictive, souvent de 100 000 ou 1 000 000 d’individus (la racine de la table),
et retrace le nombre de survivants et de décès année après année.
Elle nous fournit les indicateurs clés :

• lx : Le nombre de survivants à l’âge exact x.


• dx : Le nombre de personnes décédées entre l’âge x et x+1. (dx = lx - lx+1)
• qx : La probabilité de décès pour une personne d’âge x avant son (x+1)ème anniversaire. C’est la
variable clé. (qx = dx / lx)
• px : La probabilité de survie pour une personne d’âge x jusqu’à son (x+1)ème anniversaire. (px = 1
- qx)

8
Activité d’analyse (Interaction) :
[Projeter un extrait simple d’une table de mortalité, par exemple TH00-02 pour Homme].
À 45 ans, la table nous donne un qx de 0.00184. Qu’est-ce que cela signifie ?”
Sur 100 000 hommes de 45 ans, on s’attend statistiquement à ce que 184 décèdent avant d’atteindre 46 ans.
La probabilité de verser un capital décès dans 5 ans pour une personne qui a 45 ans aujourd’hui ? Ce n’est
pas q(45). C’est la probabilité qu’elle survive 4 ans (p45 * p46 * p47 * p48) PUIS qu’elle décède la 5ème
année (q49). C’est ce qu’on appelle la probabilité différée de décès.

5.2 Le Pilier Financier : L’Actualisation

Le deuxième pilier est purement financier. En assurance vie, les flux financiers sont longs. Une prime est
payée aujourd’hui pour un capital versé dans 30 ans. 100 000 € en 2054 n’ont pas la même valeur que 100
000 € aujourd’hui.

Le Principe de l’Actualisation : L’actualisation est l’opération qui consiste à déterminer la valeur


actuelle d’une somme d’argent que l’on recevra dans le futur. C’est l’inverse de la capitalisation.
La formule est :
Valeur Future
Valeur Actuelle =
(1 + i)n

i = le taux d’actualisation (le taux technique en assurance)


n = le nombre d’années

Le Taux Technique : Le taux technique n’est pas un taux de marché. C’est un taux prudent et garanti
par l’assureur sur la durée du contrat. Il représente le rendement financier minimal que l’assureur s’engage
à générer avec les primes versées. Plus le taux technique est élevé, plus la prime sera faible, car les produits
financiers futurs escomptés sont plus importants.

5.3 Application : Calcul de la Prime Pure Unique

Prenons le cas le plus simple : une assurance temporaire décès sur 1 an.
Cas Pratique :

• Assuré : Un homme de 45 ans.


• Capital garanti : 100 000 €.
• Durée : 1 an.

• Données :
• Probabilité de décès q(45) = 0.00184 (depuis notre table).
• Taux technique = 2% par an.

Le Calcul en 3 étapes :
Engagement de l’assureur : “Je m’engage à verser 100 000 € à la fin de l’année 1, SI l’assuré décède durant
cette année.”

9
Valorisation de l’engagement (Coût actuariel) : “Le coût probable de cet engagement est le montant multiplié
par la probabilité qu’il survienne.”
Coût probable = 100 000 € × q(45) = 100 000 € × 0.00184 = 184 €.
Actualisation de l’engagement : “Ce coût de 184 € est un coût de fin d’année. Je dois calculer sa valeur
aujourd’hui, au moment où je perçois la prime.”
Valeur Actuelle = 184 € / (1 + 0.02)ˆ1 = 180,39 €.
Donc :
180,39 € est la Prime Pure Unique. C’est le montant mathématiquement juste que l’assuré doit verser
aujourd’hui pour couvrir le risque de son décès sur un an, en tenant compte de la mortalité et du rendement
financier.
Pour un contrat sur 20 ans, le principe est le même, mais le calcul est plus complexe : il faut calculer le coût
actuariel actualisé pour chaque année du contrat, puis les sommer.
De la Prime Pure à la Prime Commerciale :
Enfin, comme en IARD, à cette prime pure, l’assureur ajoute des chargements :
Chargements d’acquisition (rémunération des intermédiaires).
Chargements de gestion (frais administratifs).
Marge de sécurité et de bénéfice.

Titre 6 : Règlementation

6.1 Cadre Réglementaire de la CIMA 2019

La CIMA, créée en 1992, régule les assurances dans 14 pays africains (Bénin, Burkina Faso, Cameroun,
Centrafrique, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Guinée équatoriale, Mali, Niger, Sénégal, Tchad, Togo).
Le Code des Assurances CIMA est un cadre unique pour harmoniser les pratiques, promouvoir la solvabilité et
protéger les assurés. Il est structuré en huit livres, couvrant les contrats, les entreprises et la microassurance.

Structure du Code CIMA 2019 Le code est divisé en huit livres, avec des annexes sur les barèmes et
tables de capitalisation :

Livre Contenu Principal


Livre I : Le Contrat Règles générales pour les contrats d’assurances dommages, vie et
capitalisation (conclusion, obligations, prescription).
Livre II : Assurances Obligatoires Assurances véhicules et importations (procédures, indemnisation).
Livre III : Les Entreprises Gouvernance, contrôle, régimes financiers des assureurs (agréments,
tarifs, sanctions).
Livre IV : Règles Comptables Provisions, solvabilité, reporting financier.
Livre V : Intermédiaires Agents et courtiers (garanties financières, responsabilités).
Livre VI : Organismes Particuliers Fonds de garantie automobile .
Livre VII : Microassurance Contrats, entreprises et régimes pour la microassurance (limites de
primes).
Livre VIII : Réassurance Opérations de réassurance (solvabilité, tarification).

• Modifications clés en 2019 : Augmentation du capital minimum (5 milliards CFA pour les SA,
3 milliards pour les mutuelles ; Règ. 0007/2016 modifiant Articles 329-3 et 330-2). Introduction de
règles sur la consolidation et les intermédiaires.

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Rôle de la Commission Régionale de Contrôle des Assurances (CRCA)

• Pouvoirs : Agréments, visas tarifaires, sanctions (avertissements, amendes, retrait d’agrément).


• Surveillance : Contrôle des tarifs, provisions et solvabilité (Article 16).

6. 2 Impact sur la Solvabilité et les Primes

La règlementation CIMA 2019 met l’accent sur la solvabilité pour assurer la stabilité des assureurs, avec des
implications directes sur le calcul des primes et les réserves.

Exigences de Solvabilité

• Capital minimum (Articles 329-3, 330-2, Règ. 0007/2016) : 5 milliards CFA pour les sociétés
anonymes, 3 milliards pour les mutuelles ; fonds propres > 80%, reconstitution en 1 an.
• Marge de solvabilité (Articles 337-1 à 337-3) : Pour non-vie : 20% des primes nettes ou 25% des
sinistres moyens ; pour vie : 5% des provisions mathématiques, ratio minimum 85%.
• Provisions techniques (Articles 334-3 à 334-14) : Mathématiques, risques en cours, sinistres à payer
; basées sur tables de mortalité et taux d’intérêt.
• Ajustements consolidés (Article 337-5) : Inclusion des gains latents, intérêts minoritaires ; solvabilité
ajustée positive.
• Plans de redressement (Article 321-1) : 2 mois pour soumettre un plan si provisions/marges insuff-
isantes ; restauration en 3 mois.

Impact sur le Calcul des Primes

• Tarification réglementée : Tarifs librement fixés mais soumis à visa ministériel ; justifications
techniques pour clauses spéciales en vie (ex. décès accidentel).
• Primes en assurance vie : Séparation des primes pour couvertures complémentaires ; notes tech-
niques pour bases de calcul.
• Microassurance (Article 708) : Primes max. 3,500 CFA/mois (Circulaire 0001/2013) ; justifications
des garanties.
• Assurances obligatoires (Article 212) : Tarifs minimaux pour responsabilité civile automobile ;
augmentations soumises à visa.
• Ajustements (Article 15) : Primes ajustées pour aggravation de risque (excl. vie/santé).
• Circular 0002/2013 : Divulgation claire des taux nets en vie ; interdiction de indications trompeuses.
• Formules implicites : Primes calculées pour couvrir VAP, avec chargements pour solvabilité. Ex. :
Prime pure + chargement = prime commerciale.

Normes IFRS et Intégration

• Alignement avec IFRS 17 (comptabilité des contrats d’assurance) : Provisions évaluées actuariellement,
impactant les primes via réserves.
• Risques et actuaires : Assessments annuels pour microassurance indexée ; rôle des actuaires dans
provisions .

Exemple pratique : Pour un contrat vie dans certains pays, la marge de solvabilité (5% des provisions)
influence la prime pour maintenir un ratio > 85% .

11
6.3 Cas Africains : Règlementation au Cameroun et en Zone CIMA

La CIMA harmonise les pratiques, mais les pays membres (comme le Cameroun) appliquent des adaptations
locales.

Contexte en Zone CIMA

• Membres : 14 pays (Article du code, page 9 du document).


• Taux de pénétration : 1,15% au Cameroun en 2024 (26 compagnies : 16 non-vie, 10 vie ; page 8).
• Assurances obligatoires : Véhicules (RCA), importations (Livre II).
• Microassurance : Limites de primes pour inclusion financière (Livre VII).
• Réassurance : Cessions >50% à l’étranger interdites, sauf exceptions (Article 308).

Règlementation au Cameroun

• Application locale : Alignée sur CIMA, avec direction nationale des assurances (DNA) pour super-
vision.
• Impact sur primes : Tarifs libres mais visés ; sanctions pour non-conformité (fines, retrait).
• Cas spécifiques : Augmentation du capital minimum (5 milliards CFA) depuis 2016 ; provisions pour
sinistres déclarés tard (Circulaire 00230/2005).
• Défis : Faible pénétration (1,15%), nécessitant tarification accessible pour élargir le marché.

Intégration dans la Tarification

• Primes doivent refléter risques, provisions et solvabilité ; actuaires évaluent annuellement (Circular
0003/2015).
• Ex : En assurance vie, primes ajustées pour erreurs d’âge (Article 80), avec impact actuarial.

Conclusion et Synthèse La règlementation CIMA assure la stabilité des marchés d’assurances via un
cadre harmonisé, avec un focus sur solvabilité (marge minimum 85%), tarification justifiée (visas, assessments
actuariels) et protection des assurés. Cela impacte directement le calcul des primes en imposant des réserves
adéquates et des méthodes transparentes. Intégrer ces règles est essentiel pour une tarification éthique et
viable.

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