MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA
RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE D’ABOMEY CALAVI
ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY CALAVI
DEPARTEMENT DE GENIE MECANIQUE ET ENERGETIQUE
Filière : Génie Mécanique et Énergétique
Niveau : 3è année
Unité d’Enseignement : Résistance des matériaux
Résolution des systèmes hyperstatiques par la
méthode de Clapeyron et la méthode de
superposition
Rédigé par : Supervisé par :
-AGBOWAI Ascagne Dr. AMADJI Armel
-AGOSSOU Sévérin
-AKOGNON Ariel
-GNANVI Damien
-GUEGUEHOUN Hippolyte
-KOUSSIHOUEDE Ghislain
-SALAMI Farihan
-YERIMA Abdoul
Année académique : 2024-2025
Sommaire
Introduction ………………………………………………………………….3
I. Méthode des trois moments de Clapeyron ……..……………..................... 4
1. Calcul des rotations dues aux moments fléchissant …..………………. 5
2. Calcul des rotations dues aux charges extérieures ……………………13
3. Expression du moment Fléchissant, de l’effort tranchant
et des réactions d’appuies .…………………………………...................14
4. Les étapes de la méthode des trois moments .………………………...14
Exercice ...………………………………………………………………….15
Solution ………………………………………………………………….…16
II. Méthode des déformations (superposition) ………………………………..19
1. Principe de la méthode de superposition ………………………….19
2. Application de la méthode aux systèmes hyperstatiques ………20
3. Application ……………………………………………………………….20
III. Comparaison des deux méthodes
Méthode de superposition
Avantages ……………………………………………………..……………………..23
Inconvénients …………………………………………………………………….....23
Méthode des trois moments de Clapeyron
Avantages ………………………….....................................................................24
Inconvénients …………………………………………………………………..……24
Conclusion ………………………………………………………………………………..26
Bibliographie
2
INTRODUCTION :
La résolution des systèmes hyperstatiques est essentielle en
mécanique des structures pour garantir leur stabilité et leur résistance.
Deux méthodes couramment utilisées sont la comparaison des
déformations (superposition) et les moments de Clapeyron. La première
repose sur la décomposition en systèmes isostatiques et l’imposition de
la compatibilité des déformations. La seconde est spécifique aux poutres
continues et utilise les équations de continuité des moments pour
déterminer les efforts internes. Ces approches permettent d’analyser
efficacement les structures hyperstatiques en fonction des conditions de
charge et de liaison.
3
I. APPLICATION DE LA METHODE DES FORCES POUR
LES POUTRES CONTINUES A APPUIS MULTIPLES
(METHODE DES TROIS MOMENTS)
On appelle poutres continues les poutres reposant sur plus de deux
appuis. Le nombre de liaisons surabondantes dans une poutre continue
est égal au nombre d’appuis intermédiaires. Le degré d’hyperstaticité (D)
dans ce cas est égal au nombre d’appuis intermédiaires. Si l’appui
extrême est réalisé sous forme d’encastrement, le degré d’hyperstaticité
s’accroit d’une unité.
La méthode des trois moments est une méthode bien adaptée pour la
résolution des poutres continues, établie à partir de la méthode des
forces. Elle consiste à découper une poutre continue en travées
indépendantes, et faire introduire des moments sur appuis (Mi) comme
des inconnus hyperstatiques.
La rotation de chaque appui intermédiaire de la poutre continue est
nulle, c’est la condition de compatibilité des déformations.
- On commence par la numérotation des appuis de zéro (0) à (n) ;
- Une travée (i) est délimitée par les deux appuis (i-1) et (i),
On aura donc :
- (n+1) appuis (0, 1,……..n)
- (n) travées : (1, 2,……n)
- La portée de la travée (i) est (Li)
- La Rigidité de la travée (i) est (EI)i
Remarque :
4
Les inconnus déterminés par cette méthode sont les réactions et les
moments au niveau des appuis. On considère deux travées
consécutives (i) et (i+1) d’une poutre hyperstatique, d’inerties
respectives (EI)i et (EI)i+1, de longueurs respectives (Li) et (Li+1) et
soumises respectivement à des charges (q2 ) et (P2 ) (voir figure
précédente).
- Mi-1 : désigne le moment sur l’appui (i-1)
- Mi : désigne le moment sur l’appui (i)
- Mi+1 : désigne le moment sur l’appui (i+1)Tapez une équation ici .
Remarque :
Le système équivalent est représenté par une suite de poutres simples
appuyées et sollicitées par les charges extérieures et par les
moments fléchissant inconnus appliqués à leurs extrémités. Les
bouts de deux poutres adjacentes, tenant à un même appui (i) peuvent
tourner d’un certain angle φigauche et φidroite .Etant donné que chaque
couple de telles sections dans la poutre continue hyperstatique de
départ constitue, en réalité, et en vertu de la condition de continuité, leur
angle de rotation réciproque doit être nul. De là, on obtient pour chaque
appui intermédiaire :
Φi=φigauche + φidroite =0
Selon leur nature, on a deux types de rotations :
- Rotation due aux moments fléchissant (φ ig+φ id)
- Rotation due aux charges extérieures (θ ig +θid)
Avec : φigauche =θig+φ ig et φidroite =θid+φ id
Φi=φigauche + φidroite =(φ ig+φ id)+ (θig +θid) =0
1. CALCUL DES ROTATIONS DUES AUX MOMENTS FLECHISSANT
(φ ig+φ id)
Les rotations dues aux moments fléchissant peuvent être calculées par
les méthodes étudiées en chapitre précédent. Parmi ces méthodes, on
peut citer la méthode de Maxwell-Mohr, la méthode de Castigliano ou
celle de Véréchaguine. Dans ce calcul, on va se servir de cette dernière.
5
A)- LA POUTRE [(i-1) . (i)] B)- LA POUTRE
[(i) . (i+1)]
A)- LA POUTRE [(i-1) . (i)]
En appliquant le principe de la superposition
LA POUTRE [(i-1) . (i)]1 LA POUTRE [(i-1)
. (i)]2
LA POUTRE [(i-1) . (i)]1
La travée se trouve dans un état d’équilibre : ∑ [ M % ( i ) ]=0
−M i−1
La réaction : Ri-1=
Li
M(x)=−¿ Ri-1.x +Mi-1
6
−M i−1
M(x)=( ¿ . x+ Mi-1
Li
M(0)= Mi-1 ; M(Li)=0
On trace le diagramme des moments M(x)
LA POUTRE [(i-1) . (i)] 2
La travée se trouve dans un état d’équilibre : ∑ [ M % ( i−1 ) ]=0
Mi
La réaction : Ri =Ri-1=
Li
M(x)= Ri-1.x
M(x)= ( ML i ). x
i
M(0)=0 ; M(Li)=Mi
On trace le diagramme des moments M(x)
7
B) LA POUTRE [(i) – (i+1)]
En appliquant le principe de la superposition
LA POUTRE [(i) – (i+)]1 LA POUTRE [(i) – (i+)]2
LA POUTRE [(i) – (i+)]1
La travée se trouve dans un état d’équilibre : ∑ [ M % ( i+1 ) ]=0
−M i
La réaction :Ri=
Li+1
M(x)= −¿Ri.x + Mi
−M i
M(x)=( ¿ . x + Mi
Li+1
M(0) = Mi , M(Li+1) = 0
On trace le diagramme des moments M(x)
8
LA POUTRE [(i) – (i+)]2
La travée se trouve dans un état d’équilibre : ∑ [ M % ( i ) ]=0
M i +1
La réaction :Ri =Ri+1= L +1
i
M(x)=Ri.x
( M i+1
M(x)= L + 1 .x
i
)
M(0)=0 ;M(Li+1)=Mi+1
On trace le diagramme des moments fléchissant de la poutre M(x)
9
Du moment qu’on veut calculer la déformation angulaire (φ ig+φ id) au
niveau du nœud (i) on applique à ce nœud un moment unitaire et on
applique par la suite la méthode de Véréchaguine. On multiplie les deux
diagrammes M(x) de la travée [(i-1) . (i)], ensuite ceux de la travée [(i) .
(i+1)] par les diagrammes unitaires (m) des deux travées ensemble [(i-
1) (i)] (+) [(i) (i+1)]
A. La poutre [(i-1) . (i)]
La travée se trouve dans un état d’équilibre :∑ [ M % ( i−1 ) ]=0
1
La réaction : Ri-1= L , m=1
i
m(x)= Ri-1.x
( )
1
m(x)= L . x
i
m(0)=0 , m(Li)=1
On trace le diagramme des moments fléchissant de la charge unitaire
m(x) :
10
B)- LA POUTRE [(i) . (i+1)]
La travée se trouve dans un état d’équilibre :∑ [ M % ( i+1 ) ]=0
1
La réaction : R’i¿ L +1 ; (m=1)
i
m(x)=−¿R’i.x+1
( )
1
m(x)=− L +1 . x+1
i
m(0)=1 ;m(Li+1)=0
On trace le diagramme des moments fléchissant de la charge unitaire
m(x) :
Le calcul de( φ ig=φ ig1+φ ig2) et de (φ id=φ id1+φ id2) se fait par la méthode de
Véréchaguine
Avec : (EI)i=(EI)i+1=(EI)=cte
11
(M i−1). Li
φ ig1¿
6 EI
M i . Li
φ ig2=
3 EI
φ ig=φ ig1+φ ig2=
( M i−1 ) . Li M i . Li
+
6 EI 3 EI
M i . Li+1
φ id1=
3 EI
M i +1. Li +1
φ id2=
6 EI
12
M i . Li+1 M i +1. Li +1
φ id=φ id1+φ id2= +
3 EI 6 EI
φ ig+φ id=
( M i−1 ) . Li M i . Li M i . Li +1 M i +1. Li+1
+ + +
6 EI 3 EI 3 EI 6 EI
La condition d’équilibre du nœud (i) est :
Φi=φigauche + φidroite=¿ig+φ id)+ (θig +θid) =0
( M i−1 ) . Li M i . Li M i . Li +1 M i +1. Li+1
Φi= + + + +¿(θ ig +θ id) =0
6 EI 3 EI 3 EI 6 EI
M i−1+ 2( Li+ L i+1)+ M i+1 . L i+1+6 EI (θ ig+θ id)=0
Cette équation s’appelle l’équation générale de la méthode des trois
moments ou la méthode de Clapeyron. La résolution de cette équation
permet le calcul des moments au niveau des appuis intermédiaire des
poutres et des poutres continues
2. Calcul des rotations dues aux charges extérieures(θig +θid)
Sur le tableau suivant , on trouve les valeurs des rotations (θ ig +θid) au
niveau des appuis pour différents charges extérieures. On peut mettre :
EI(θig +θid)=Ai
Ainsi on a :
Mi-1+2(Li+Li+1)+Mi+1.Li+1+6 Ai =0
Cas de poutre sur deux appuis simple de rigidité EI=cte
13
3. Expressions du Moment fléchissant, Effort tranchant et
Réactions d’appuis :
Pour une travée (i) située entre les appuis (i-1) et (i), on peut écrire les
relations suivantes :
Moment fléchissant :
−x x
Mi(x)=mi(x)+Mi-1(1 L ¿+ M i . L
i i
Où
mi(x) : expression du moment fléchissant dû aux chargements extérieurs
de la travée (i-1) supposée indépendante.
14
Mi : moment sur appui (i)
Effort tranchant :
M i −M i−1
Ti(x)=ti(x)+ Li
Où,
ti(x) : expression de l’effort tranchant dû aux chargements extérieurs de
la travée (i) supposée indépendante.
Mi : moment sur appui (i)
Réaction d’appuis :
M i −1−Mi M i+1−Mi
Ri=rig +rid+ Li
+
Li+1
Où,
rid : la réaction à droite de l’appui (i) de la travée isostatique (i)
rig : la réaction à gauche de l’appui (i) de la travée isostatique (i+1)
4) Les étapes de la méthode des trois moments
L’utilisation de la méthode des trois moments nous conduit à suivre les
étapes suivantes :
1. Déterminer le degré d’hyperstaticité de la poutre (n) ;
2. Découper la poutre à (n) travées indépendantes (i) chacune de
portée (Li) et de rigidité ELi;
NB : si l’un des appuis de rive est un encastrement, on le remplace par
une travée fictive de rigidité flexionnelle infinie EI= ∞
3. Pour chaque poutre isostatique de travée (i), déterminer :
- les réactions des appuis : r di−1 et rig
- les expressions efforts internes : l’effort tranchant t(x) et moment
fléchissant mi(x)
-les rotations des appuis : θdi−1 et θig
4. Ecrire les (n) équations de 3 moments pour chaque deux travées
consécutives (i) et (i+1):
15
Mi-1 Li + 2(Li + Li+1) Mi + Li+1Mi+1 + 6 Ai = 0
5. Résoudre ces équations pour déterminer les moments (Mi ) sur
appuis.
6. calculer les réactions, et les efforts internes par les formules
suivantes :
- Les réactions des appuis :
M i −1−Mi M i+1−Mi
Ri=rig +rid+ Li
+
Li+1
(1)
- L’effort tranchant :
M i −M i−1
Ti(x)=ti(x)+ Li
(2)
- Le moment fléchissant :
−x x
Mi(x)=mi(x)+Mi-1(1 L ¿+ M i . L (3)
i i
Exercice : Soit une structure représentée sur la figure suivante,
simplement appuyée
en (A) et encastrée en (B), l’inertie (EI) est constante et soumise à une
charge
uniformément repartie (q).
1- Calculer le degré d’hyperstaticité de la structure.
2- Etablir l’équation des trois moments et calculer les moments au
niveau des appuis.
3- Déterminer les expressions de T(x), M(x) et les réactions d’appuis.
16
Solution :
1- D = 4-3 = 1
2- L’équation générale des trois moments a la forme suivante :
Mi-1 Li + 2(Li + Li+1) Mi + Li+1Mi +1 + 6 Ai = 0
On supprime l’encastrement et on le remplace par une travée fictive.
i=1 :
→M0L1+2(L1+L2)M1+L2M2+6A1=0
Or M0=M2=0 (appuis d’extrémités), L1=L ;L2=0
Donc,
→2LM1+6 A1=0
On a :
( )
3 3
qL qL
A1=2. =
24 12
Ainsi :
3
qL
→2LM1+6. =0
12
D’où :
2
−qL
M1= ; M0=M1=0
4
3. Poutre (0)-(1)
a-) Réactions aux appuis
Utilisons l’équation N°(1)
M i −1−Mi M i+1−Mi
Ri=rig +rid + Li
+
Li+1
Pour i=0 ; on a :
17
M −1−M 0 M 1−M 0
R0= r0g +r0d+ L0
+
L1
qL
r0g = 2
r0d =0
M-1=0
2
−qL
M1=
4
M0=0
L1=L
qL qL
→ R0= −
2 4
qL
R0= 4
Pour i=1 ; on a :
M 0−M 1 M 2 −M 1
R1= r1g+ r1d + L1
+ L
1
r1g=0
qL
r1d = 2
M0=M2=0
2
−qL
M1=
4
L1=L
qL qL
→ R1= +
2 4
3 qL
R1= 4
b-) Efforts tranchant T(x)
On utilise l’équation N°(2)
M i −M i−1
Ti(x)=ti(x)+ Li
(2)
18
Pour i=1 on a :
M1 – M 0
T1(x)=t1(x)+ L1
qL M1– M 0
→ T1(x)= −q . x+
2 L
qL qL
→ T1(x)= −q . x−
2 4
qL
→ T1(x)= −q . x
4
c-)Expression du moment fléchissant M1(x)
On utilise l’équation N°(3)
−x x
Mi(x)=mi(x)+Mi-1(1 L ¿+ M i . L (3)
i i
Pour i=1 on a :
−x x
M1(x)=m1(x)+M0(1 L ¿+M1. L
2
qL q 2 qL x ¿
→ M1(x)= x− . x − (
2 2 4 L
qL q 2
→ M1(x)= x− . x
4 2
II. Résolution de système hyperstatique en flexion
(Méthode par superposition)
Pluisieurs méthodes permettent la résolution des systèmes
hyperstatiques sollicités en flexion. On peut citer la méthode par
19
superposition, la méthode des trois moments, la méthode des forces, la
méthode par intégration, et la méthode des déplacements.
1. Principe de la méthode de superposition :
L’effet produit par pluisieurs actions mécaniques est égal à la
somme des effets produits paf ces actions mécaniques prises
séparément. On entend par effet des actions mécaniques l’état de
contrainte généré par ces actions ainsi que les déformations associées.
L’application du principe de superposition énoncé précédemment permet
d’écrire : si une poutre est soumise à pluisieurs sollicitations simples,
l’état de contrainte et de déformations est la somme des états de
contraintes et de déformations dus à chacune de ces sollicitations
simples prises séparément. Le principe s’applique de la meme manière
à toutes les grandeurs étudiées : actions exercées par les appuis, efforts
tranchants, moments fléchissant, contraintes et déformations. On part du
principe que l’addition de 2 états d’équilibres est elle aussi un état
d’équilibre. Inversement, un problème complexe (avec de nombreuses
charges différentes) peut etre décomposé en la somme de pluisieurs
problèmes simples, tout en état d’équilibre.
Prenons l’exemple de la poutre de la figure suivantes, sur deux
appuis soumis à une charge concentrée en son milieu et a une charge
répartie q sur toute sa longueur. L’étude de cette poutre se ramène à
l’addition, ou à la superposition de deux poutres à une charge.
Figure II-1 : Méthode de superposition
2. Application de la méthode aux systèmes hyperstatiques
L’utilisation du théorème de superposition, permet de ramener un
problème hyperstatique a la somme (addition algébrique ou vectorielle)
de deux ou pluisieurs isostatiques, dont la résolution est classique et
20
connue. Par exemple, la poutre de la figure suivante comportant un
encastrement et un appui double, peut etre décomposée en deux
systèmes isostatiques simples.
Figure II-2 : Application du principe de superposition a un système
hyperstatique
En plus des équations d’équilibre, les relations liées aux déformations
(ici la déformée puisqu’on est en flexion) des poutres secondaires et de
la poutre initiale permettent d’achever la résolution du problème. Pour le
système ci-dessus par exemple, la déformation en A pour la poutre
initiale est nulle. On a donc :
Y A=Y A 1+Y A 2=0
Y A 1 et Y A 2 étant les déformées des poutres secondaires et Y A la
déformation de la poutre initiale.
3. Application : Poutre sur trois appuis avec charge répartie q
Cet exemple classique est applicable a des dispositifs variés (cuve,
structures, etc.). Prenons le cas d’une étagère sur trois appuis. Q
schématise le poids des livres et objets divers.
Figure II-3 :
Poutre
hyperstatique
Etude statique
A+B+C=qL et
A=B
21
On a deux équations à trois inconnues : le système est dit hyperstatique
d’ordre 1
Système isostatique associé
Afin de pouvoir appliquer le théorème de superposition, remplaçons
l’appui C par la charge ⃗ C qu’il exerce, en remarquant que ⃗ C doit avoir
une intensité suffisante pour entrainer une flèche nulle en C. Notons que
l’on pourrait procéder de façon analogue avec les appuis A et B mais C
présente l’avantage de donner un problème symétrique plus simple à
résoudre.
Figure II-4 : Théorème de superposition
⃗
C devient une donnée du problème et les équations de la statique
s’écrivent
1 1
A=B= 2 q - 2 C
Théorème de superposition
Appliquons le théorème pour déterminer la flèche Yc en C
Figure II-5 : Théorème de superposition
Y c=Y 1 c+Y 2 c
3 4
CL −5 qL
Y 1 c= et Y 2 c=
48 EI 384 EI
22
étant obtenues par les méthodes vues aux chapitres
Y 1 c et Y 2 c
précédents concernant les systèmes isostatiques.
( )
3 4 3
CL 5 qL L 5 qL
Y c= − = c− =0
48 EI 384 EI 48 EI 8
5 qL
C=
8
Sachant que A+B+C=qL avec A=B
Résultats et diagrammes
Une fois A, B et C connues, la suite de l’étude se ramène à celle des
chapitres précédents
M fAC=
qx
2
x− (
3L
8 )
Le moment fléchissant maximal apparait en C :
2
qL
M fAC= =125 N .m
2
On remarque que ce moment fléchissant maximal est quatre fois
plus petit que celui d’une poutre sur deux appuis A et B. Avec un appui
supplémentaire en C, on multiplie par quatre la capacité de charge de la
poutre. Dans les deux cas, la zone fragile reste la section C. La figure
suivante illustre le diagramme des efforts tranchants et moments
fléchissant. Ce diagramme est obtenu par addition des différents efforts
internes.
Figure II-6 :
Diagrammes
des
moments
23
III. Comparaison des deux methodes
Méthode de la superposition
Avantages
1. Flexibilité :
Cette méthode peut s’appliquer à une large variété de structures
hyperstatiques, qu’il s’agisse de poutres, de cadres ou même de
structures complexes incluant des connexions rigides ou des appuis
multiples.
Elle s’adapte à des structures de géométries et configurations variées,
sans être limitée par le type de liaison ou la disposition des charges.
2. Approche universelle :
Basée sur les principes fondamentaux de la mécanique des structures,
notamment la compatibilité des déformations et la superposition des
effets. Cela signifie qu’elle peut être utilisée pour tout système répondant
à ces principes, ce qui en fait une méthode polyvalente.
3. Adaptée aux charges variées :
Elle convient parfaitement pour analyser des structures soumises à des
charges complexes ou irrégulières, telles que des charges ponctuelles,
des charges réparties non uniformes ou encore des moments appliqués.
4. Répartition des efforts :
Permet de prendre en compte les effets des charges séparément et de
les combiner par superposition, ce qui facilite la compréhension des
contributions individuelles de chaque charge.
Inconvénients
1. Complexité croissante :
Lorsque le degré d’hyperstaticité augmente (nombre élevé de
redondances statiques), le nombre d’équations de compatibilité à
résoudre devient plus important, rendant les calculs fastidieux.
2. Calculs longs :
24
Cette méthode nécessite souvent un grand nombre de calculs détaillés,
notamment pour établir les équations de compatibilité et résoudre les
inconnues, ce qui peut être chronophage sans l’aide d’outils
informatiques.
3. Dépendance aux hypothèses de déformation :
Les hypothèses simplificatrices (par exemple, rigidité constante,
absence de déformations plastiques) doivent être respectées pour
garantir la validité des résultats, ce qui peut limiter son application à
certains cas spécifiques.
Méthode des trois moments de Clapeyron
Avantages
1. Efficacité pour les poutres continues :
Cette méthode est idéale pour les poutres continues (plusieurs travées
avec des appuis intermédiaires). Elle est couramment utilisée dans des
cas comme les ponts, les planchers ou les poutres de grande portée.
2. Simplification des calculs :
o L’équation des trois moments est une formule directe qui
permet de calculer rapidement les moments fléchissants aux
appuis en fonction des charges appliquées et des longueurs
des travées. Cela réduit considérablement le nombre de
calculs intermédiaires.
3. Moins de calculs manuels :
o Comparée à la méthode de la superposition, elle exige
moins d’efforts manuels pour arriver aux résultats finaux,
surtout pour des configurations régulières (poutres continues
avec charges uniformes).
4. Application pratique :
o Elle s’adapte bien à des structures courantes dans
l’ingénierie civile et offre des résultats précis tant que les
hypothèses simplificatrices sont respectées.
Inconvénients
1. Limites d’application :
o Cette méthode est spécifiquement conçue pour les poutres
continues avec des appuis simples ou fixes. Elle n’est pas
25
adaptée aux structures hyperstatiques complexes ou aux
cadres.
2. Hypothèses restrictives :
o Suppose souvent que la rigidité de la poutre (EIEI) est
constante tout au long de la structure. Si cette hypothèse
n’est pas vérifiée, les résultats peuvent être inexacts.
3. Moins flexible :
o Contrairement à la méthode de la superposition, elle ne peut
pas être appliquée à des systèmes impliquant des
géométries ou des charges complexes, ce qui limite son
usage à des cas spécifiques.
Quand utiliser quoi ?
1. Méthode de la superposition :
o À privilégier lorsque la structure est complexe, avec
plusieurs types de liaisons (encastrements, rotules, appuis
simples, etc.) ou lorsqu’elle inclut des charges irrégulières ou
des déformations complexes.
o Par exemple, un cadre hyperstatique ou une poutre
encastrée soumise à des charges non uniformes nécessitera
l’utilisation de cette méthode.
2. Méthode des trois moments de Clapeyron :
o Idéale pour les poutres continues avec plusieurs appuis
intermédiaires et des charges uniformes ou régulières.
o À utiliser si l’objectif est d’obtenir rapidement les moments
fléchissants aux appuis sans passer par des calculs
détaillés.
o Par exemple, une poutre de plancher à trois travées soumise
à une charge répartie est un cas classique pour cette
méthode.
26
Conclusion
La résolution des systèmes hyperstatiques est essentielle en mécanique
des structures pour assurer la stabilité et la sécurité des ouvrages.
Parmi les méthodes utilisées, la méthode de Clapeyron et la méthode
de superposition se distinguent par leur efficacité et leur adaptabilité.
La méthode de Clapeyron, ou des trois moments, est particulièrement
adaptée aux poutres continues. Elle permet de relier les moments
fléchissant en trois points consécutifs d'une poutre, simplifiant ainsi le
calcul des réactions et des efforts internes. Cette approche réduit le
nombre d'inconnues redondantes et facilite la détermination de la
matrice de rigidité unique du système. La méthode de superposition
plutôt repose sur le principe de décomposer un système hyperstatique
en plusieurs systèmes isostatiques plus simples. Les solutions de ces
systèmes sont ensuite combinées pour obtenir la solution complète du
problème initial. Cette technique est particulièrement utile pour résoudre
des problèmes hyperstatiques en remplaçant le problème complexe par
la superposition de plusieurs problèmes isostatiques. Ces deux
méthodes offrent des outils puissants pour l'analyse et la conception des
structures hyperstatiques. Leur application appropriée garantit la fiabilité
et la durabilité des structures dans divers domaines de l'ingénierie.
27
BIBLIOGRAPHIE
-HADJ MILOUD, M. Résistance des Matériaux - II.
Université Hassiba Benbouali de Chlef, Faculté de
Technologie, Département de Génie-Mécanique, Année
universitaire 2018/2019.
-MERAZI, Mohamed. Résistance des Matériaux 3. École
nationale polytechnique d'Oran Maurice Audin,
Département de Génie Civil, Octobre 2023.
-MEKKI, Mohammed. Polycopié de : Calcul des structures
hyperstatiques - Cours et exercices corrigés. Université
des Sciences et de la Technologie d’Oran –Mohammed
BOUDIAF, Département de Génie Civil, Année
universitaire 2016/2017.
Université Numérique
28