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Benin Stratégie Plan Actions Zone Humides Final

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REPUBLIQUE DU BENIN Membre de l’

1
-*-*-*-*-*-*-

NT-ONG
NATURE TROPICALE
MUSÉE DES SCIENCES NATURELLES
Association à but non lucratif régie par la loi du 1er Juillet 1901

REHABILITATION ET GESTION INTEGREE DES RESSOURCES DES ZONES


HUMIDES DANS LES VALLEES DE L’OUEME ET DU MONO AU BENIN

Plan d’action stratégique pour la gestion rationnelle et


communautaire des ressources biologiques et des écosystèmes des
sites et des couloirs de migration du lamantin d’Afrique de l’Ouest
dans les zones humides du Sud- Bénin

Financement

Octobre 2006

Siège Social : Lot 4477 "R" YAGBE 06 BP 1015 AKPAKPA PK 3 COTONOU (REPUBLIQUE DU BENIN)
Tél.: (229) 21 33 87 32 / (229) 21 33 37 73 / (229) 95 40 94 14 Fax (229) 21 33 87 32, Email : ntongmu@[Link] // josea_bj@[Link]
[Link]/ntong-benin, N° Compte: NT-ONG - 019 11 427 254 Bank of Africa Benin (BOA) Cotonou
CONTRIBUTEURS ET REMERCIEMENTS
Equipe de réalisation
Joséa Dossou-Bodjrènou, Faï Chabi-Yaouré, Jean Zannou

Consultant principal
Jacques-Marie Boko

Comité de lecture
Patrice Sagbo, Appolinaire Oussou-Lio

Appui à la validation
Claudia Amègankpoé, Fortuné E. Dagba, Sévérin N. Chéhouenou, Basile N. Kpoton, Jean M. Alokpowanou,
Graham Marguerite, Arsène F. M. d’Alméida, Roger M. Fagla, Achille O. Adélawa, Rachelle Coua – zotti,
Toussaint Lougbégnon, Jérémie Sotondé, Chrystelle Atinkpahoun, Symphorien Misségbétché, Cyprien Edah,
François M. Oké, Benoît Aza-gnandji, Serge A. Ayivoh., Tatiana R. Adissoda., Tatiana Baimey- Dagan, Régis
Atingamè, Raïmatou A. Adégbindin, Prosper Gandonou, Appolinaire Oussou lio, Elidja Zossou, Bruno
Missikpodé, Abel K. Fatondji, Josué Kpétéré, Iro Hachimou, Epiphane Gbéboutin, Odette Sovoessi, Emilienne
Ahoton, Joseph –marie Kokouvi, Aristide Adjovi, Mathias F. Dansi, Edmond S. Ouinsou, Patrice Sagbo, Paul
Dénakpo, Dieu-donné Konnon, Erick Azando, Simplice D. Codjo, Léonce G. Kpodozounto, Florent S. Houessou,
Andréa Saïzonou

Remerciements
Nous tenons à remercier très sincèrement le Comité Néerlandais de l’IUCN pour son engagement financier à
soutenir la conservation des ressources biologiques dans la sous région et particulièrement au Bénin. Sans cet
appui ce travail ne pourrait connaître un heureux aboutissement. Nous témoignons notre reconnaissance à
messieurs Henri Roggeri, Jan Kamstra, Chris Bonnar, Marc Hoogeslag, madame Rietje Grit et tous le staff de
NC-IUCN pour leurs constantes assistances. Que nos partenaires du Sous-groupe «Cultural Biodiversity» de
‘’African Biodiversity Network’’ (ABN) et en particulier Monsieur Million Belay, Directeur de Melca Mahiber,
Coordonnateur du Sous-groupe ‘’Cultural Biodiversity’’ reçoivent nos marques de gratitude.
Nous témoignons également notre profonde gratitude à GAIA Foundation (Angleterre) pour son appui financier à
l’expérimentation du concept Graine Future et l’Opération ‘’Top Trees’’ au Bénin.
Nous restons particulièrement reconnaissant à tous les participants au programme pour leur engagement à
promouvoir la biodiversité culturelle au Bénin et dans la sous région. Sans oublier le Ministère de l’Environnement
et de la Protection de la Nature (MEPN), le Programme de Conservation des Ressources Naturelles (ProCGRN),
le Bureau local de la Coopération Allemande (GTZ) au Bénin et la Direction du Parc National de la Pendjari pour
leur soutien.

ii
ACRONYMES
ASECNA : Agence de Sécurité de la Navigation Aérienne d’Afrique et de Madagascar
ABE : Agence Béninoise pour l’Environnement
AVPN : Association Vivre le Paysan Nouveau
CCGP: Comités Communaux de Gestion Participative
CDB : Convention sur la Diversité Biologique
CERGET : Centre de Recherche et de Gestion du Terroir
CEROE : Centre de Recherche Ornithologique et de l’Environnement
CeRPA : Centres Régionaux de Promotion Agricole
CIPCRE : Cercle International Pour la Promotion de la Création
CITES : Convention sur le Commerce International des Espèces Sauvages de faune et de flore Menacées d’extinction
CMS : Convention sur la Conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage
GAWA : Green Actors for West Africa (Réseau des Acteurs Verts de l’Afrique de l’Ouest)
GEM-CG : Grand Ecosystème Marin du Courant de Guinée
GRABE-BENIN : Groupe de Recherche et d’Action pour le Bien-être au Bénin
INSAE : Institut de la Statistique et l’Analyse Economique
IUCN / UICN : Union Mondial pour la Nature
MEHU : Ministère de l’Environnement de l’habitat et de l’Urbanisme
MEPN : Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature
ONG : Organisation Non Gouvernementale
ONUDI : Organisation des Nations Unie pour le Développement Industriel
PADRO : Programme d’Appui au Développement Rural de l’Ouémé
PADPPA : Programme d’Appui au Développement Participatif de la Pêche Artisanale au Bénin
PAGEFCOM : Programme d’appui à la gestion des forêts communautaires
PDFM : Projet de développement de la Filière Manioc
PDRT : Programme de développement des plantes à racines et tubercules
PGE : Projet de Gestion Environnemental
PNGE : Programme National de Gestion de l’Environnement
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement
PSSA-Bénin : Programme de Soutien à la Sécurité Alimentaire
RAMSAR : Convention relative aux zones humides d’importance internationale particulièrement comme habitat
des oiseaux d’eau
RGPH2 : Recensement Général de la Population et de l’Habitat 2
RGPH3 : Recensement Général de la Population et de l’Habitat 3
N-S : Direction Nord- Sud
NW-SE : Direction Nord Ouest- Sud Est

iii
TABLE DES MATIERES
CONTRIBUTEURS ET REMERCIEMENTS ii
ACRONYMES iii
TABLE DES MATIERES iv
LISTE DES TABLEAUX viii
LISTE DES FIGURES viii
AVANT-PROPOS 1
RESUME 2
INTRODUCTION 3
I - CONTEXTE ET JUSTIFICATION 4
II – METHODOLOGIE 6
2.1- Démarche méthodologique 6
III - GENERALITES 9
3.1 - Aperçu général sur la République du Bénin 9
3.1.1 - Situation géographique 9
3.1.2 - Dynamique de la population 9
3.1.3 - Géologie, géomorphologie et hydrologie 9
3.2 - Zones humides du Bénin 10
3.2.1 - Typologie 11
[Link] - Zones humides marines/côtières 11
[Link] - Zones humides continentales 11
[Link] - Zones humides artificielles 12
IV - PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE 14
4.1- Localisation du milieu d’étude 14
4.2 - Caractéristiques biophysiques 14
4.2.1 - Vallée de l’Ouémé 14
4.2.2 - Le bassin du Mono, de la Sazué et du Couffo 18
4.2.3 - Climat 22
[Link] - Pluviométrie 22
[Link] - Température et humidité relative 22
[Link] - Insolation 24
[Link] – Vents dominants 25
4.2.4 - Sols 26
4.2.5 - Végétation 26
4.2.6 - Faune 27
4.3 - Caractéristiques socio-économiques 28
4.3.1- Démographie et groupes ethniques 28
4.3.2 – Droits modernes et coutumiers d’accès aux ressources naturelles 29
4.3.3 – Principales activités économiques des populations 29
[Link] - Agriculture 30
[Link] - Pêche 30
[Link] - Elevage 31
[Link] - Ramassage de mollusques 31
V - ANALYSE DIAGNOSTIQUE : ATOUTS ET CONTRAINTES 32
5.1 - Ressources naturelles 32
5.2 - Principales menaces pesant sur les zones humides 33
5.3 - Problèmes majeurs spécifiques 34
5.3.1 - Agriculture 34
5.3.2 - Domaine de la foresterie 37
5.3.3 – Aspects liés au genre 37
5.4 - politiques, stratégies ou plans d’action portant sur la zone 38

iv
5.5 - Structures gouvernementales actives dans la zone 38
5. 6 - Programmes et projets d’intérêt 30
5.7- Lamantin d’Afrique, une espèce phare de la zone 40
5.7.1- Présence de l’espèce 40
5.7.2 - Description du lamantin d’Afrique 41
5.7.3 - Statut de conservation du lamantin 42
5.7.4 - Sites et couloirs de migration du lamantin 43
5.8 - Acquis de la « graine future » et l’opération « Arbres-vie »ou « Top trees » 46
5.8.1- Graine future 46
5.8.2 - Opération « Arbres-vie »ou « Top trees » 48
5.8.3 - Comités de sauvegarde de la biodiversité 49
VI - ORIENTATIONS STRATEGIQUES 50
6.1 - Objectifs de la stratégie 50
6.2 - Objectif global 50
6.3 - Objectifs spécifiques 50
VII - GRANDES ACTIONS STRATEGIQUES 52
7.1 – Recentrage des missions de l’administration publique décentralisée 52
7.2 – Mise en place des comités communaux de gestion participative 52
7.3 – Définition de nouveaux espaces de gestion 53
7.4 – Renforcement des capacités des ressources humaines des structures impliquées 53
7.5 – Dimension sous régionale de la gestion 53
VIII – ACTIONS OPERATIONNELLES DE MISE EN OEUVRE 54
8.1 – Domaine d’actions n°1 : Environnement habillant 54
8.2 – Domaine d’actions n°2 : Système d’information sur les ressources 55
8.3 – Domaine d’actions n°3 : Cadre institutionnels et procédures 55
8.4 – Domaine d’actions n°4 : Recherche -développement 55
8.5 – Domaine d’actions n°5 : Ressources humaines 56
8.6 – Domaine d’actions n°6 : Information, éducation, sensibilisation, plaidoyer 56
8.7 – Domaine d’actions n°7 : Mesures d’urgence 56
8.8 – Domaine d’actions n°8 : Gestion transfrontalière 57
IX - SYNTHESE DES COUT DE MISE EN OEUVRE 66
X – MODALITE DE MISE EN OEUVRE 67
10.1 – Modalités d’interventions pour la synergie 67
10.2 – Pérennisation et durabilité des acquis 67
10.3 – Partenaires dans la mise en oeuvre 68
10.4 – Suivi et évaluation 69
10.4.1 - Généralités 69
10.4.2 - Objectif 69
10.4.3 – Procédures du suivi et évaluation 69
10.4.4 - Audit 69
10.4.5 – Evaluation finale 69
CONCLUSION 70
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 72
ANNEXES 75

v
Tableau 1 : Répartition mensuelle du débit moyen et des apports annuels de l’Ouémé inférieur à la
station de Bonou (entre 1948 et 1984)

Tableau 2 : Répartition mensuelle du débit moyen et des apports annuels du Mono à la station d’Athiémé
(entre 1944 et 1984)

Tableau 3: Répartition mensuelle du débit moyen et des apports annuels du Couffo à la station de Lanta
(entre 1951 et 1984).

Tableau 4 : Les températures moyennes annuelles de 1995 à 2004

Tableau n°5 : Gîtes du lamantin d’Afrique dans les Complexes Est et Ouest

Tableau n°6 : Cadre logique

Tableau n° 7 : Plan d’Actions

Tableau n°8 : Synthèse des coûts de mise en œuvre du plan d’action

Tableau n°9 : Partenaires dans la mise en œuvre

LISTE DES FIGURES


Figure n°1 : Etape d’élaboration du Plan d’Actions Stratégique

Figure n°2 : Carte administrative de la République du Bénin

Figure n°3 : Zone d’étude (zones humides du Sud-Bénin)

Figure n°4 : Régime hydrologique et sites d’intérêts dans les zones humides du Sud-Bénin et Sud-Togo

Figure 5 : Evolution des hauteurs de pluie annuelles à Adjohoun de 1991 à 2000

Figure 6 : Variation des températures au cours de l’année 2004

Figure 7 : Evolution Température & humidité relative au cours de l’année

Figure 8: Evolution de l’insolation au cours de l’année (1995, 2000, 2004)

Figure n° 9 : Gîtes et couloirs de migration du lamantin d’Afrique dans les zones humides du Sud-Bénin

vi
AVANT-PROPOS

A l’heure de la décentralisation au Bénin, doublée de la mondialisation et de la globalisation, l’urbanisation et


l’exploitation des ressources endogènes font partie des priorités affichées par tous les Plans de Développement
des Communes pour la plupart. L’avènement de la société de consommation pousse les populations à se
détacher de leurs cultures avec toute sa mine de valeurs morales universelles ce qui compromet
dangereusement les écosystèmes fragiles et les ressources biologiques qui s’y trouvent. Les conditions de vie se
dégradent de jour en jour, les ressources se raréfient et la pauvreté s’installe. L’éducation environnementale
reste toujours informelle malgré la reconnaissance par les autorités de son importance et de sa nécessité.

Le Plan d’Action Stratégique pour la gestion rationnelle et communautaire des ressources biologiques et des
écosystèmes des sites et des couloirs de migration du lamantin d’Afrique dans les zones humides du Sud- Bénin
est un cadre de référence d’analyse et d’actions prioritaires pour l’utilisation durable de la biodiversité des
écosystèmes fragiles que sont les zones humides du Sud-Bénin.

Elaboré sur une base concertée et de façon participative, ce Plan d’Action Stratégique est une contribution à la
mise en œuvre de différentes Conventions internationales relatives à l’environnement auxquels a souscrit le
Bénin. Il s’agit entre autre de la Convention de RAMSAR, la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), la
Convention sur la Conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS), la Convention
sur le Commerce Internationale des Espèces Sauvages de faune et de flore menacées d’extinction (CITES) et le
Mémorandum d’Accord sur la Conservation des tortues marines de la côte Atlantique de l’Afrique.

Ce Plan est financé par le Comité Néerlandais de l’IUCN et réalisé par Nature Tropicale ONG, membre de
l’UICN dans le cadre de son programme de réhabilitation et de gestion intégrée des ressources des zones
humides dans les Vallées de l’Ouémé et du Mono au Bénin. Il est validé par les acteurs actifs sur la conservation
et l’utilisation durable de la diversité biologique des zones humides assisté des représentants des Communes et
Municipalités riveraines des sites et couloirs de migration du lamantin d’Afrique dans les zones humides du Sud-
Bénin. Il a reçu l’appui technique des représentants de l’administration publique du Bénin et de différents experts
locaux et internationaux.

Le Plan d’Action Stratégique est ouvert à tous les acteurs actuels et potentiels qui interviennent déjà ou qui
souhaitent s’intéresser à la conservation et la gestion durable des ressources biologiques et des écosystèmes
des sites et des couloirs de migration du lamantin d’Afrique de l’Ouest dans les zones humides du Sud- Bénin.
Il est souhaitable que les intervenants du secteur, de l’Administration publique du Bénin et de la sous région, les
Communes et Municipalités, les ONG, la communauté internationale, les divers donateurs, apportent leurs
appuis à la mise en œuvre de ce Plan.
RESUME

La gestion rationnelle des ressources naturelles aussi bien physiques que biologiques est sans nul doute
l’un des principaux enjeux de l’avenir qui interpelle tous les Béninois du Nord au Sud, de l’est à l’Ouest.

Les résultats auxquels sont parvenus les diverses interventions en matière de conservation et
d’utilisation rationnelle des ressources sont loin de combler les attentes. Beaucoup reste à faire et le présent
document de stratégie et de plan d’action vient donner un nouveau souffle à la question de gestion des zones
humides du Sud-Bénin en l’occurrence et celles transfrontalières.
L’objectif global fixé par ce plan d’action est de promouvoir la conscience d’une gestion adaptative
locale des ressources naturelles dans le respect du principe de développement durable et des pratiques
endogènes propres à la culture locale. La stratégie, pour atteindre l’objectif fixé s’articule en cinq points
importants.
Cinq grandes actions stratégiques assorties de huit domaines d’actions opérationnelles appuient la stratégie
dans sa mise en œuvre.
Deux phases seront observées pour plus d’efficacité des actions et la durabilité des résultats :
- la première phase d’une durée de trois (3) ans devra coûter deux milliards cent- six millions de Francs
(2 106 000 000 F) CFA ;
- la seconde phase d’une durée de cinq (5) ans devra conserver et améliorer les acquis de la première
phase pour s’étendre à d’autres écosystèmes. Son élaboration sera motivée par les résultats de cette
phase précédente.

-2-
INTRODUCTION
La dégradation du milieu naturel prend, depuis la grande sécheresse des années 1980, une ampleur
inquiétante qui persiste encore de nos jours et dont une des conséquences évidentes est la régression de la
diversité biologique. Le Bénin en général et sa partie méridionale en particulier n’échappe pas à ce phénomène
de dégradation.
Les zones humides, écosystèmes dotés d’importantes ressources, sont concentrées au Sud-Bénin. Le
Sud du Bénin abrite plus de 50% de la population béninoise (avec des densités rarement inférieures à 150
habitants au km²) sur 10% de la superficie du territoire national (da Matha Sant’Anna, 2001). Cette situation
justifie que les écosystèmes environnants subissent une pression anthropique qui ne garantit pas la durabilité
des ressources qui les composent.
Dans le cadre de la préservation de ses ressources biologiques, la République du Bénin a adhéré à
plusieurs Conventions internationales dont celles qui sont spécifiques à la présente étude, la CDB, la CMS et la
Convention de RAMSAR. A cet effet, deux sites (1017 & 1018) ont été déjà inscrits sur la liste des zones
humides d’importance internationale ou Liste Ramsar. Il s’agit du complexe Est et du complexe Ouest se situant
tous deux dans la partie méridionale du Bénin. La Vallée de l’Ouémé et celle du Mono sont respectivement une
composante importante du Complexe Est et le complexe Ouest. Par ailleurs, plusieurs études signalent la
pression anthropique sur les ressources biologiques naturelles en général et beaucoup de témoignages
signalent une chasse accrue et des massacres importants sur les dernières populations du lamantin d’Afrique de
l’Ouest.
Pour avoir ratifié la Convention de Ramsar, le Bénin a des obligations à satisfaire. Il a le devoir de
garantir le maintien des caractéristiques écologiques de chaque site inscrit. En outre, il a en charge la promotion
de l’utilisation des zones humides à travers des plans d’aménagement nationaux et la création de réserves
naturelles dans les sites inscrits ou non inscrits.

L’allure que prennent la dégradation des écosystème et le braconnage de la population du lamantin est
loin de satisfaire au principe d’utilisation durable. C’est dans le but de contribuer à la gestion rationnelle de ces
ressources que le présent document de stratégie est élaboré afin de repenser et de développer de nouvelles
actions visant à combler les attentes de la convention sur les zones humides d’importance internationale.

Le présent document comporte dix (10) chapitres que sont :


1- Contexte et justification
2- Méthodologie
3- Généralités sur le Bénin
4- Présentation du milieu d’étude
5- Analyse diagnostique : Atouts et contraintes
6- Orientations stratégiques
7- Grandes actions stratégiques
8- Actions opérationnelles de mise en œuvre
9- Synthèse des coûts de mise en œuvre
10- Modalités de mise en œuvre
-3-
I - CONTEXTE ET JUSTIFICATION
Les Complexes Est et Ouest des zones humides du Sud-Bénin qui regroupent les Vallées de l’Ouémé et
du Mono, déclarés sites Ramsar au Bénin foisonnant jadis de ressources biologiques sont aujourd’hui très
menacés.
Ces zones jouent un rôle socio-économique très important en fournissant la majeure partie de la
production halieutique nationale et beaucoup d’autres ressources alimentaires au Bénin. Ces sites ne bénéficiant
d’aucune aire protégée en dehors de quelques forêts et plans d’eau sacrés qui sont sous la responsabilités de
certaines communautés religieuses des cultes traditionnels.

Certaines espèces indicatrices telles que le lamantin d’Afrique de l’Ouest, le singe à ventre rouge,
l’hippopotame, les tortues marines et certaines plantes médicinales... se raréfient et tendent à disparaître. Cette
situation est entre autres, la conséquence directe de la forte pression sur les écosystèmes et l’exploitation
abusive des ressources. Aussi, l’état de pauvreté des populations, l’insuffisance d’éducation des communautés,
l’insuffisance d’application de la législation en vigueur couplée au manque de suivis techniques et scientifiques
justifient-ils les risques de perte des éléments indispensables de la biodiversité.

La protection de la diversité biologique et la gestion efficiente des ressources naturelles sont connues
comme des bases fondamentales pour le développement durable. Malheureusement, comme dans la plupart
des pays en développement, le Bénin est confronté à une grande pression sur les ressources naturelles
entraînant une dégradation du milieu naturel. Cette situation est d'autant plus aggravée dans le Sud du pays où
se situent les deux sites RAMSAR actuellement enregistrés. Le Sud- Bénin abrite plus de 50% de la population
totale sur 7,7% du territoire national. Ces zones humides localisées au Sud- Bénin représentent les plus
importantes du pays du point de vue de la superficie, 2000 km² et jouent un rôle socio-économique très important
en fournissant les 75% de la production halieutique nationale.

Le diagnostic de la gestion des zones humides du Sud- Bénin a révélé de graves menaces qui pèsent
cruellement sur ces écosystèmes fragiles. Les conséquences à court, moyen et long terme risquent d’être
incommensurables. Depuis des lustres, l’accès aux ressources par les communautés locales dans certaines
zones est lié aux divinités auxquelles s’assimilent les esprits des ancêtres qui confèrent le droit d’utilisation aux
collectivités familiales issues de leurs descendants. Les zones humides du Sud- Bénin ne bénéficient à présent
d’aucune aire protégée sauf les rares forêts et plans d’eau sacrés à l’actif des dignitaires de la tradition.

Inquiétée par les principales menaces qui pèsent sur les écosystèmes humides du Sud- Bénin et surtout
sur certaines espèces d’importance internationale comme le lamantin d’Afrique, les tortues marines et beaucoup
d’autres espèces Nature Tropicale, une ONG Béninoise a entrepris des actions pour leur sauvegarde. Grâce aux

-4-
appuis de plusieurs Institutions locales comme étrangères tels que le Comité Néerlandais de l’IUCN, le
Programme d’Aménagement des Zones Humides (PAZH), le Centre Béninois pour le Développement Durable
(CBDD), l’Agence Béninoise pour l’Environnement (ABE), la Coopération Allemande (GTZ), des actions de
sensibilisation, de plaidoyer et d’élaboration des stratégies sectorielles de conservation ont été engagées.

Dans le cadre du Small Grant Programme (SGP) Biodiversité, le Centre Béninois pour le Développement
Durable (CBDD) et le Comité Néerlandais de l’IUCN ont aussi apporté leurs contributions aux actions de
nombreuses structures béninoises dont des ONGs pour la conservation de la nature au Bénin. Il s’agit entre
autre de l’ONG Bénin Nature pour l’éducation environnementale, ONG ECOECOLO pour la conservation de la
mangrove, ONG CERGET pour la conservation du singe à ventre rouge, CEROE et AGRED pour la
conservation des oiseaux et forêt marécageuse, ONG AVPN pour la conservation des hippopotames dans le
Mono, l’ONG Action plus pour la conservation des forêts…Malgré toutes ces actions engagées depuis plusieurs
années, les impacts sont peu perceptibles pour diverses raisons. Des efforts importants restent encore à fournir
sur le terrain. Si par endroit les messages sont passés, ailleurs l’appropriation des projets par les communautés
laisse à désirer, alors beaucoup reste encore à faire surtout dans le contexte où l’éducation environnementale
n’est toujours pas formelle au Bénin et le taux d’analphabétisme reste élevé.

Appuyée par le Comité Néerlandais de l’IUCN en fin 2004, Nature Tropicale ONG a fait une brève étude
qui a conduit à visiter certains projets de terrain, à approfondir les réflexions et à consulter d’autres personnes
ressources et organisations afin d’élaborer un nouveau projet de réhabilitation et de gestion intégrée des
ressources des zones humides dans les Vallées de l’Ouémé et du Mono avec l’accent sur la conservation du
lamantin d’Afrique. La réalisation d’un diagnostic spécifique et participatif a débouché sur l’élaboration du présent
Plan d’Action stratégique.

-5-
II – METHODOLOGIE
2.1- Démarche méthodologique
L’élaboration du plan d’action stratégique pour la gestion rationnelle et communautaire des ressources
biologiques et des écosystèmes des sites et des couloirs de migration du lamantin d’Afrique dans les zones
humides du Sud- Bénin s’est déroulée en huit étapes. Les plus importantes sont :
• la consultation des différents partenaires et acteurs
• la campagne d’information et de sensibilisation
• le diagnostic participatif
• l’identification des problèmes et l’analyse des alternatives
• la validation du document

Une phase de la revue documentaire a consisté à faire l’inventaire, la consultation et l’étude des
documents existants sur les zones humides du Sud-Bénin. Les Plans de Développement de toutes les
Communes et Municipalités (PDC) concernées dans la zone d’étude ont été exploités.
Un atelier d’information et de formation sur les approches, suivi des rencontres d’échanges avec les
communautés locales sur le terrain ont été déterminant dans le processus. Pour cela, des animateurs et
animatrices ont été recrutés et formés sur la technique de planification locale et de collecte de données en milieu
rural.
Les ateliers de terrain pour le diagnostic participatif ont regroupé les différentes couches socio
professionnelles de certains villages des Communes riveraines des sites d’intérêt. .

La méthodologie
adoptée est la technique PACA
(Participatory Analysis for
Community Action). C’est une
technique de diagnostic
participatif permettant aux
communautés de cartographier
les réalités socio –
économiques,
environnementales culturelles et
cultuelles de leurs milieux. Les
communautés font une analyse
Séance de sensibilisation et d’enquête sociale avec les femmes dans les zones humides
de la situation et proposent des
alternatives tout en se basant sur les ressources locales en vue d’une utilisation rationnelle et durable.

-6-
Dans chaque village enquêté, avec l’appui des autorités locales, des séances de sensibilisation,
d’éducation et de collectes d’informations ont été organisées. Dans tous les cas, deux (2) groupes distincts ont
été constitués. Le groupe des femmes est animé par une femme et celui des hommes est animé par un homme.
Ceci, permet de réduire l’influence du sexe sur les réponses aux questions. Un questionnaire unique a été utilisé
à cet effet de même que des posters, photos et dépliants.

Des entretiens avec des personnes ressources des communes (chefs d’arrondissement, leaders
politiques, notables, etc.) ont permis de compléter les informations.

A toutes ces actions il a été associé la mise en œuvre d’un nouveau concept d’éducation
environnementale par expérience dénommé la «Graine Future» et l’opération «Arbres-vie» ou «Top trees».

Un atelier bilan diagnostic avec l’ensemble des représentants des Communes concernées et les
différents acteurs a été organisé pour une durée de deux jours. Cet atelier qui a également regroupé les ONG
actives dans la zone et les représentants de l’Administration publique a permis d’une part de consolider les
données recueillies pendant les ateliers préliminaires, et d’autre part d’apprécier les forces, faiblesses,
opportunités et menaces dans les différents secteurs du développement local.

Séance de sensibilisation et d’enquête sociale avec un groupe de chasseurs dans les zones humides

-7-
Etape 1
Etape 8
Consultation des Partenaires
Elaboration du plan
Communes et administrations

Etape 2 Formation de jeunes Etape 7


Campagne d’information leaders Mini- Validation de
et sensibilisation dans les l’avant Projet
zones humides

Etape 3
Diagnostic Participatif Etape 6
Enquête au niveau villages Formulation de l’avant
dans 14 Communes des zones Projet
humides

Etape 4
Identification et Analyse des Etape 5
Problèmes et alternatives Elaboration des concepts
Prioritaires

Figure n°1 : Etape d’élaboration du Plan d’Actions Stratégiques

-8-
III - GENERALITES

3.1 - Aperçu général sur la République du Bénin


3.1.1 - Situation géographique
Située dans la zone intertropicale de l’Afrique de l’Ouest (figure n°3), la République du Bénin est
comprise entre les parallèles 6°30 et 12°30 Nord et les Méridiens 1° et 3°40 Est. Elle est limitée au Nord par la
République du Niger et au Nord-Ouest par le Burkina Faso, au Sud par l’Océan Atlantique, à l’Ouest par le Togo
et à l’Est par la République Fédérale du Nigeria.

3.1.2 - Dynamique de la population


La République du Bénin comptait 4.915.555 habitants en 1992 selon le deuxième recensement général
de la population et de l’habitation (RGPH2). Le troisième recensement (RGPH3) du février 2002 donne
6.769.914 habitants ; soit une augmentation de 1 854 359 habitants en dix ans avec un taux annuel
d’accroissement intercensitaire de 3,25%. Il faut noter que la population du sexe féminin est de 3 485 795 et
celle du sexe masculin est de 3 284 119 ; soit 94,2 hommes pour 100 femmes (INSAE, 2003).

3.1.3 - Géologie, géomorphologie et hydrologie


Le Bénin appartient à l’ensemble aplani ouest-africain constitué de roches primaires supportant des
stratifications sédimentaires relativement récentes. On distingue trois ensembles ou zones :
9 la zone montagneuse, située dans le nord-ouest du pays, est la plus accidentée en raison de la
présence de la chaîne de l’Atacora, qui se prolonge au Togo et au Ghana ; cette région montagneuse
constitue le château d’eau du Bénin d’où s’écoulent les cours d’eau comme l’Ouémé, la Pendjari et le
Mékrou ;
9 le deuxième ensemble est formé de la zone côtière qui s’étend sur 125 km d’Est en Ouest entre le
Nigéria et le Togo le long du littoral et sur environ 60 km de l’Océan Atlantique à l’intérieur du pays.
D’une superficie de 8 700 km² (7,7% du territoire national), la zone côtière contient environ 3460 km² de
zones humides aux potentialités écologique et économiques d’importance au niveau national et
international. Cet ensemble abrite les plus importants lacs et lagunes du Bénin ;
9 les régions du plateau : c’est le troisième ensemble, qui se situe entre la plaine côtière et la transversale
Aplahoué-Kétou ; c’est une région de plateaux argilo-sableux dont l’altitude maximum dépasse rarement
200m. A ceux-ci viennent s’ajouter les plateaux gréseux de Kandi dans le Nord.
Le reste du pays est une pénéplaine cristalline qui s’élève progressivement jusqu’à la hauteur du 10ème parallèle,
pour atteindre 491m au Nord de Bembéréké.
Ce modèle géomorphologique définit deux grands bassins versants : celui du fleuve Niger puis celui de

-9-
l’Océan Atlantique.
Le réseau hydrographique comprend 3048 km de cours d’eau et plus de 333 km² de plans d’eau (lacs et
lagunes) localisés au Sud du pays. Les principaux cours et plans d’eau se présentent comme suit :
• Cours d’eau
- le fleuve Ouémé (510 km) ;
- le fleuve Okpara (200 km) ;
- le fleuve Couffo (190 km) ;
- le fleuve Zou (150 km) ;
- le fleuve Niger (120 km) ;
- le fleuve Mono (100 km) ;
- la rivière Mékrou (410 km) ;
- la rivière Pendjari (380 km) ;
- la rivière Alibori (338 km) ;
- la rivière Sota (250 km).
• Plans d’eau
- le lac Nokoué (150 km²) ;
- le lac Ahémé (78 km²) ;
- la lagune de Ouidah (40 km²) ;
- la lagune de Porto-Novo (35 km²) ;
- le lac Toho (15 km²) ;
- la lagune de Grand-Popo (15 km²)
Le relief et le réseau hydrographique qui en découlent expliquent l’émergence d’écosystèmes spéciaux qui
rompent heureusement la monotonie du faciès végétal du Bénin. Cette hétérogénéité est un atout considérable
qui doit faire l’objet d’une attention particulière parce qu’elle entretient la diversité biologique (MEHU & PNUD ;
2002).

3.2 - Zones humides du Bénin


Le Bénin est doté de zones humides constituées de zones immergées en eaux courantes (rivières et
fleuves), de zones humides immergées en eaux stagnantes (mares, étangs et lacs), de zones humides
engorgées après submersion (zone d’extension des eaux à la périphérie des lacs et des mares), de zones
humides engorgées par remontée des nappes aquifères. A ces plans et cours d’eau sont associés des habitats
multiformes tels que les galeries forestières, les vasières, les prairies basses inondables, les forêts
marécageuses, les mangroves, les savanes marécageuses et les végétations flottantes. Compte tenu de leurs
étendues et de leurs comportements hydrologiques, on rencontre également des plaines d’inondation, des bas-
fonds, un delta (Ouémé-Sô) et une mer côtière dans l’Atlantique (ALE & al. 2003).

- 10 -
3.2.1 - Typologie
Le classement des zones humides du Bénin selon la typologie de RAMSAR présente des écosystèmes
humides très variés.

[Link] - Zones humides marines/côtières


Selon ALE & al. 2003, on distingue la mer côtière (côte atlantique) dont la profondeur de 6 mètres à
marée basse s’étend à 300 mètres du trait de côte, des fleuves, lacs, lagunes et estuaires aux eaux saumâtres,
puis des mangroves, forêts et prairies marécageuses se développant sur des sols halomorphes.
Dans les complexes Est et Ouest du Bénin méridional, on note les zone humides marines/côtières ci-après :
- Mer côtière Est et Ouest
- Basse vallée de l’Ouémé composée du lac Nokoué, de l’Ouémé-Sô, du chenal de Cotonou, du canal
Totchè, de la lagune de Porto-Novo, des mangroves et des plaines d’inondation.
- Plaine inondable du Mono composée du lac Ahémé, du chenal Aho, de la lagune côtière, de la basse
vallée du Mono, de la mangrove naturelle et des vasières de Gbéhoué Ouatchi.

Depuis l’an 2000, le Bénin a fait inscrire deux Complexes des zones humides du Sud- Bénin comme sites
Ramsar. Ces deux sites portent les références 1017 et 1018.

Le Complexe Est composé de la Basse Vallée de l’Ouémé, la lagune de Porto-Novo, le Lac Nokoué, avec une
superficie de 91 600 Ha est situé entre 6°21’48’’N – 6°57’N et 2°20’E – 2°45’E.

Le Complexe Ouest composé de la Basse Vallée du Mono et Couffo, la lagune Côtière, le Chenal Aho, le Lac
Ahémé, avec une superficie de 47 500 Ha est situé entre 6°16’48’’N – 6°57’N et 1°40’E – 2°20’E)

[Link] - Zones humides continentales


Il s’agit des zones en amont des principaux fleuves (l’Ouémé, le Mono, le Couffo), des affluents et
défluents, des rivières, lacs et marécages d’eau douce. A ces cours et plans d’eau sont associés des
écosystèmes tels que des forêts galeries, des prairies marécageuses, des forêts humides semi décidues et
d’autres plaines inondables.
Dans le site Ramsar 1017 ou complexe Ouest on distingue les zones humides continentales suivantes :
- Vallée du Mono et les chapelets de petits lacs: la vallée du Mono, la rivière Sazoué, la Savédo et le
Dévédo (défluents du Mono), les lacs du Mono (Toho, Togbadji, Doukon, Dofé, Datchi, Wozo,…) ;
- Bassin du Couffo : la vallée du Couffo, la forêt marécageuse de Couffonou.

Le complexe Est ou site Ramsar 1018 comporte les zones humides continentales suivantes :
- 11 -
- les lagunes anciennes dont le Toho, le Todougba, le Dati, le Ahouangan, le Bakanmè et le Djonou ;
- la vallée de l’Ouémé : le complexe fluvial Ouémé-Sô, la plaine inondable, les lacs Hlan, Tossahoué,
Névi et les forêts humides ;
- les marécages d’Adjarra-Avrakou.

En dehors des bassins précités dont les organismes fluviaux coulent vers le Sud (bassins du Mono, du
Couffo, de l’Ouémé), il y a le bassin de la Pendjari avec un réseau composé de la Koumougou et de la Kéran
puis le bassin du Niger dont les organismes fluviaux (la Mékrou, le Kompa Gourou, l’Alibori et la Sota) coulent
vers le Nord. A ces rivières et cours d’eau permanents et intermittents sont plus ou moins associées des mares
dont les plus importantes se rencontrent dans le Parc National de la Pendjari. Il s’agit des mares Bali, Yangouali,
Bori, Fogou, Sacrée, Agbossou, Lagué, Tiabiéga, Diwouni, Arly, Fogou 2.

Il existe aussi des bas fonds dispersés un peu partout sur le territoire avec des fonds plats ou concaves d’un
axe d’écoulement temporaire qui est inondé pendant une période de l’année et dans lesquels on rencontre des
sols hydromorphes qui drainent un bassin versant de moins de 75 km² de superficie (ALE & al. 2003).

[Link] - Zones humides artificielles


On remarque surtout au Sud-Bénin les étangs aquacoles et les trous à poissons, les terres agricoles
saisonnièrement inondées (plaines d’inondation aménagées des complexes fluviaux Ouémé-Sô, Mono-Couffo-
Sazué), les barrages et retenues d’eau pour le stockage d’eau à des fin d’usage domestique et agricole, zone de
mangrove transformée à des fins d’exploitation de sel de cuisine, des sablières et gravières. Des canaux et
rigoles de drainage d’eaux pluviales, domestiques et industrielles sont construits dans les principales villes.

- 12 -
Figure n°2 : Carte administrative de la République du Bénin

- 13 -
IV - PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE

4.1 - Localisation du milieu d’étude


Les zones couvertes par l’étude sont entièrement situées dans le complexe Est et Ouest des zones humides du
Sud- Bénin. Il s’agit d’une partie de la zone côtière qui comprend la partie Sud du bassin sédimentaire côtier et le
domaine margino – littoral du Bénin. La zone côtière est comprise entre les parallèles 6°10 et 6°40 de Latitude
Nord et les Méridiens 1°40’ et 2°45’ de Longitude Est. Le milieu d’étude couvre six (6) départements du Sud-
Bénin et 20 Communes et Municipalités sur les trente (30) que compte la zone (figure n°2). Il s’agit de :

OUÉMÉ (Porto-Novo, Sèmè-Kpodji, Aguégués, Dangbo, Adjohoun, Bonou, Adjarra, Avrankou


ATLANTIQUE (Abomey-Calavi, Ouidah, Sô-Ava)
LITTORAL (Cotonou)
MONO (Lokossa, Grand-Popo, Athiémé)
COUFFO (Aplahoué, Djakotomey, Dogbo)
ZOU (Ouinhi, Zagnanado)

4.2 - Caractéristiques biophysiques


4.2.1 - Vallée de l’Ouémé
On fait allusion à la partie inférieure du fleuve Ouémé. L’Ouémé inférieur démarre après la confluence avec
le Zou. Il entaille profondément les formations du Continental Terminal, la pente devient extrêmement faible (5m
pour 85 km) et sa vallée se présente alors comme une large zone inondable où le système hydrographique est
fort complexe ; une rivière, la Sô, en rive droite a un cours parallèle à l’Ouémé avec lequel elle est reliée par
différent bras tantôt défluents, tantôt affluents ; la Zounga, l’Agbabbé, l’Ouovi et la Zouvi. C’est cet ensemble qui
forme le Delta de l’Ouémé. La Sô et l’Ouémé se jettent dans le lac Nokoué respectivement aux environs de
Ganvié et à l’Ouest de Porto-Novo. Le lac Nokoué communique ensuite avec l’Océan atlantique par le chenal de
Cotonou d’une part et par les lagunes de Porto-Novo et celles de Gbadagri (Nigéria) d’autre part.
Localisée dans la région sud-est du Bénin, la vallée de l’Ouémé est caractérisée par une plaine d’inondation
en forme d’un triangle allongé mesurant 90 km du nord au sud. La plaine inondable est limitée au sud par le lac
Nokoué et la lagune de Porto-Novo ; au nord, à l’est et à l’ouest, ses limites sont imprécises car elles varient
énormément avec l’importance des crues. Sa superficie peut donc varier de 1000 à 9000 km² selon le moment
où les observations ont été faites (Lalèyè, 1995). Toutefois on admet qu’elle est limitée à l’Est par le plateau de
Pobè – Porto-Novo et à l’Ouest par les marais de la Sô. Elle est partagée entre quatre Communes que sont
Adjohoun, Aguégués, Bonou et Dangbo et, est couramment divisée en trois zones à savoir :
- le haut delta : c’est la limite nord du delta ; il s’étend au-delà de Bonou ;
- le moyen delta : c’est une longue plaine de 50 km qui va de Bonou à Azowlissè dans la Commune
d’Adjohoun. Elle a une largeur relativement uniforme d’environ 10 km. Le lit du fleuve y est sablonneux,

- 14 -
les berges assez hautes et l’eau peu profonde en saison sèche ;
- le bas delta : il va de l’aval d’Azowlissè où la vallée s’élargit jusqu’à 20 km à la façade sud où le fleuve
se jette dans le complexe lagunaire formé du lac Nokoué et la lagune de Porto-Novo. Parallèlement,
coule la Sô qui se jette aussi dans le lac Nokoué.

La zone connaît chaque année une période de crue. Les débordements de l’Ouémé à Adjohoun
commencent en Juillet et parfois en Août. Le débit maximal moyen s’observe en Septembre (551 m3 / s à
Adjohoun, 580 m3 / s à Hêtin-Sota) (MEHU et ONUDI, 1998).

- 15 -
Figure n°3 : Zone d’étude (zones humides du Sud-Bénin)

- 16 -
Le régime hydrologique de l’Ouémé inférieur
A Bonou, le régime hydrologique est surtout conditionné par les pluies sur le bassin supérieur de
l’Ouémé, les apports du Zou étant bien faibles en général. De ce fait, le maximum apparaît rarement au cours de
la première saison des pluies. Des études ont montré que l’étiage apparaît une année sur deux entre 21 mars et
le 3 mai et le maximum intervient entre le 16 septembre et le 08 octobre.
Des observations effectuées à Bonou de 1948 à 1984 par le service de l’hydrologie ont permis d’établir la
répartition mensuelle du débit moyen et des apports annuels.

Tableau 1 : Répartition mensuelle du débit moyen et des apports annuels de l’Ouémé


inférieur à la station de Bonou (entre 1948 et 1984)

Mois Jan. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept Oct Nov Déc.
Débit m 7,19 3,58 3,44 4,33 8,83 51,50 169 398 612 593 189 25,3
moyen
s 6,75 2,74 2,54 3,17 11,1 66,1 185 327 353 327 168 24,6
(m3/s)
% des m 0,65 0,29 0,26 0,42 0,66 3,24 7,07 16,20 31,60 29,40 8,69 1,21
apports
s 1,23 0,32 0,27 0,70 0,83 5,20 6,28 7,00 10,6 8,81 6,93 0,93
annuels
m : moyenne ; s : écart type
Source : Agbossou, 2001

Le Lac Nokoué
Long de 20 km (Est – Ouest), et large de 11 km (Nord – Sud), le lac Nokoué a une superficie d’étiage
d’environ 160 km² et représente le plus large plan d’eau lagunaire béninois. Il communique au Nord avec les
deltas de la Sô et de l’Ouémé par l’intermédiaire de grandes prairies inondables à Paspalum vaginatum. Le lac
communique avec la lagune de Porto – Novo à l’Est par le canal de Totché et temporairement avec la mer au
sud, par le chenal de Cotonou. L’hydrodynamique du lac Nokoué est principalement contrôlée par le régime
saisonnier des apports continentaux de la Sô et de l’Ouémé.

Les eaux du lac Nokoué sont particulièrement homogènes quant à la température qui demeure élevée
sur toute la tranche d’eau au cours de l’année. Les températures oscillent entre 24°C et 33°C. Les variations
journalières sont par conséquent, beaucoup plus importantes que les variations saisonnières. On distingue une
amplitude moyenne de 5°C (de 25,6°C à 30,6°C) au cours de la matinée et une amplitude de 2°C (de 30°C à
32°C) au cours de l’après midi.

- 17 -
La salinité des eaux du lac Nokoué varie entre 0 et 19,5%. Cette salinité apparaît fortement dépendante de
l’ouverture ou de la fermeture sur la mer du chenal de Cotonou. Si cette salinité présente de grandes variations
spatiales et saisonnières, aucune stratification verticale notoire n’est observée sur le plan d’eau soumis toute
l’année à une brise de mer importante. En somme, il ressort des nombreuses études que le mode d’ouverture du
système sur la mer par le chenal de Cotonou reste le seul facteur déterminant quant au fonctionnement
hydrologique de la lagune et la qualité de ces eaux, ce qui n’est pas sans conséquences sur la mise en valeur du
système.

Le pH des eaux a des valeurs allant de 6,88 à 8,06. Les résultats des études menées par le bureau
d’étude canadien Roche en 2000 indiquent que les eaux du lac Nokoué sont fortement polluées par les matières
fécales et les déchets organiques.

Le lac Nokoué communique avec la mer de deux façons :


- à travers le chenal Totché (5 km de long et 150m de large et ouvert en permanence) qui rejoint la lagune
de Porto – Novo vers l’Est ;
- à travers le chenal de Cotonou (4,5 km de long et 250 m de large) qui rejoint directement la mer au Sud
du système et qui représente la principale voie d’échange avec la mer.

Les résultats des études menées par Texier (1984) soulignent l’importance considérable des volumes
échangés entre la mer et le lac Nokoué. Le volume de sortie des eaux en période de crue représente à chaque
marée à près du tiers du volume total du lac à la même période.

4.2.2 - Le bassin du Mono, de la Sazué et du Couffo


Le Mono suit une direction NNW-SSE. Les apports sont négligeables puisque son bassin passe de
20500 km² à la frontière Togo-Bénin à 21500 km² à son embouchure.
Le long des 35 premiers kilomètres, le mono a une pente relativement forte (1,5 à 3m/km), de nombreux rapides
jalonnent son cours (rapides de Bélia, Adjarala, …). Il entaille ensuite les formations du Continental Terminal et
coule dans une large vallée alluviale (10 km environ). La pente du lit va devenir alors faible (0,06 à 0,4m/km) et
le va décrire de larges méandres à travers des zones inondables avant de rejoindre le système lagunaire des
«Bouches du Roy».
Dans la vallée alluviale, il existe un réseau hydrographique dégradé et complexe, avec la présence de
mares et de lacs à sa périphérie (lacs de Togbadji et Toho). Seule, la Sazue (63 km) est bien marquée. Elle est
formée par le réunion de deux affluents : la Dévédo (22 km) et la Savédo (40 km).
Le Couffo prend sa source en territoire togolais à 240m d’altitude à proximité de la frontière. D’une
direction NW-SE, il prend progressivement une direction N-S et se jette dans le lac Ahémé. Ce dernier
communique avec l’Océan atlantique par l’exutoire qu’est le complexe «Bouche du Roy».
- 18 -
La basse Vallée du Mono est caractérisée par un réseau de chenaux longitudinaux et latéraux bien
limités par des bourrelets de berges. Les lits ont une profondeur de 5 à 7m. On observe également dans la
vallée, une multitude de terrasses fluviatiles et fluvio-marines (témoins probable du remblaiement après le
maximum transgressif nouakchottien), ainsi que des dépressions lacustres dont le lac Ahémé à l’embouchure du
Couffo.
Les sédiments sont dans l’ensemble fins ; les sables et graviers sont observés dans les chenaux, les
limons et vases dans les dépressions et plaines d’inondation.

Le régime hydrologique du fleuve Mono


Des suivis hydrologiques faits sur le Mono à Athiémé (bassin de 21 475 km²) de 1944 à 1984 ont montré
que le maximum de la crue survient la plupart du temps au cours de la seconde saison des pluies et son
apparition est comprise une fois sur deux entre le 7 septembre et le 20 octobre. Cependant, pour les années où
l’écoulement est très faible ou pour celles qui ont connu une petite saison sèche très marquée et très étendue, le
maximum de la crue peut survenir au cours de la première saison des pluies.

Tableau 2 : Répartition mensuelle du débit moyen et des apports annuels du Mono à la


station d’Athiémé (entre 1944 et 1984)

Mois Jan. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept Oct Nov Déc.
Débit m 2,56 1,67 2,31 3,59 7,99 55,50 163,60 284 405 249 61,3 12,5
moyen
s 1,73 1,60 3,41 3,89 9,39 69,00 148 207 244 152 51,1 11,9
(m3/s)
% des m 0,55 0,30 0,34 0,53 1,11 6,76 12,40 17,90 28,90 24,40 5,31 1,10
apports
s 0,79 0,36 0,46 0,53 1,69 8,10 5,29 6,99 12,10 9,70 4,50 0,77
annuels
m : moyenne ; s : écart type
Source : Agbossou, 2001

Le régime hydrologique du fleuve Couffo


De 1951 à 1984 des observations hydrologiques faites sur le Couffo à Lanta ont révélé que le maximum
de l’écoulement survient dans 50% des cas au cours de la première saison des pluies. Ce maximum apparaît
donc entre le 26 mai et le 27 juin (une fois sur deux). Au cas où il survient au cours de la seconde saison des
pluies, il apparaît une fois sur deux entre le 18 août et le 28 septembre.

- 19 -
Tableau 3: Répartition mensuelle du débit moyen et des apports annuels du Couffo à la
station de Lanta (entre 1951 et 1984).
Mois Jan. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept Oct Nov Déc.
0,00 0,00
Débit M 0,146 1,22 2,21 7,78 11,5 9,11 11,90 14,20 1,25 0,021
04 43
moyen
0,00 0,01
(m3/s) S 0,255 2,65 4,74 8,41 16,30 13,5 15,20 14,90 1,61 0,046
15 2
% des M 0,01 0,04 0,38 2,87 5,21 23,50 16,50 10,30 15,50 22,90 2,22 0,04
apports
S 0,03 0,15 0,87 6,00 7,31 29,00 13,10 8,10 10,70 19,70 2,23 0,08
annuels

m : moyenne ; s : écart type


Source : Agbossou, 2001

Pour une année sur deux l’écoulement s’arrête entre le 20 novembre et le 29 décembre pour reprendre
entre le 15 avril et le 8 juin. Mais à la latitude de Lanta le Couffo tarit chaque année.

Le lac Ahémé
Le lac Ahémé se caractérise par un balancement entre les eaux douces du Couffo au Nord, les eaux
saumâtres de la lagune côtière qui pénètre dans le système à l’étiage par le chenal Aho et enfin les eaux de crue
du fleuve Mono qui peuvent remonter également le chenal Aho lors des maxima de crue en Août ou en
Septembre. A cette période de l’année, apparaissent traditionnellement d’importantes inondations sur tout le
système lagunaire du complexe Ouest.

Dans le cycle annuel typique du lac Ahémé, trois principales phases peuvent être distinguées :
- une première phase correspondant au tout début de la saison des pluies au Sud-Bénin (de février à mai)
et se traduit par une augmentation rapide de la salinité des eaux et par une lente augmentation du
niveau du lac dû à l’entrée d’eau marine dans le lac ;
- une deuxième phase, de juin à octobre, correspond au maximum de la saison humide dans le sud et se
traduit par une remonte du niveau du lac dû à l’apport des eaux de pluies ;
- une troisième phase, de novembre à janvier, correspond au début de la saison sèche et se traduit par
une baisse du niveau des eaux.
Le lac Ahémé est de type oligo-mictique et ces eaux présentent une température élevée comprise entre
26 et 32°C.
Les valeurs du pH des eaux mesurées entre 1979 et 1982 sont comprises entre les valeurs extrêmes PH= 6,9 et
- 20 -
PH= 8,4. Les valeurs les plus faibles se rencontrent en saison humide et les plus élevées en fin d’étiage.
Comme dans tous les systèmes similaires, la transparence des eaux est très variable et reste
étroitement liée au régime de crue et à court terme, au régime de turbulence dû au vent.
En ce qui concerne la salinité, le lac Ahémé présente un faciès mixo-halin caractérisé par un gradient nord-sud
longitudinal permanent en toute saison, ce qui peut être la conséquence de sa morphologie très étirée et de son
régime hydrologique particulièrement régulier et marqué par une continentalisation très forte.

Les maxima de salinité remontent du sud vers le nord du lac entre avril et juin et le nord du lac se trouve
plus salé au moment des plus hautes eaux ; les minima de salinité quant à eux se situent en novembre à la fin
de la saison humide. Ce paradoxe s’expliquerait par l’importance des crues du Mono dans le système lagunaire
en aval et la faiblesse des apports du Couffo pendant la même période.

Figure n°4 : Régime hydrologique et sites d’intérêts dans les zones humides du Sud-Bénin et
Sud-Togo

- 21 -
4.2.3 - Climat
Le climat de la zone d’étude est de type subéquatorial malgré sa position en latitude : l’orientation de la
côte par rapport aux vents humides et l’existence de courants marins froids le long du littoral font qu’il pleut
moins dans cette région qu’en zone équatoriale typique. Ce climat subéquatorial est marqué par quatre saisons :
deux pluvieuses et deux sèches qui s’alternent annuellement comme suit :
- une grande saison des pluies de mi-mars à mi-juillet ;
- une petite saison sèche de mi-juillet à mi-septembre ;
- une petite saison des pluies de mi-septembre à mi-novembre ;
- une grande saison sèche de mi-novembre à mi-mars.

[Link] - Pluviométrie
La pluviométrie varie de 800 mm à 1500 mm par an. Les données (ASECNA) pluviométriques récentes
suivantes montrent les hauteurs annuelles de pluies dans la Commune d’Adjohoun (1991 à 2000).

1600
1400
1200
1000
Hauteurs de pluie
800
annuelles
600
400
200
0
An 91

An 92

An 93

An 94

An 95

An 96

An 97

An 98

An 99
00
19

19

19

19

19

19

19

19

19

20
An

Figure 5 : Evolution des hauteurs de pluie annuelles à Adjohoun de 1991 à 2000

La figure n°5 montre la fourchette dans laquelle se situe la pluviométrie de partie Est de la zone d’étude.
Les hauteurs de pluies annuelles sont comprises généralement entre 800 et 1500 mm mais peuvent parfois
descendre à 700 mm ou monter jusqu’à 1880 mm.

[Link] - Température et humidité relative


La zone d’étude est caractérisée par une température moyenne annuelle de 27,8°C et l’amplitude
thermique tout au long de l’année, de l’ordre de 5°C. La moyenne des moyennes annuelles des minima sur les
dix (10) dernières années est de 24,93°C et celle des maxima pour la même période est de 30,66°C. L’humidité
relative y est élevée et comprise entre 70 et 90 %. L’insolation moyenne annuelle y est de 2290 heures.
La station de mesure de température la plus proche de la zone d’étude est celle de l’Aéroport de

- 22 -
Cotonou. L’évolution des températures moyennes mensuelles des minima et des maxima en 2004 se présente
comme suit :

Tableau 4 : Les températures moyennes annuelles de 1995 à 2004

Année Température : Température : Ecart


Moyenne annuelle Moyenne annuelle thermique
des Maxima des Minima
1995 30,8 24,9 5,9
1996 30,5 25,1 5,4
1997 30,3 24,5 5,8
1998 31,1 25,2 5,9
1999 30,5 24,9 5,6
2000 30,8 25,0 5,8
2001 31,1 25,1 6
2002 30,9 25,0 5,9
2003 30,7 24,9 5,8
2004 30,4 24,7 5,7

35

30

25 température
moyenne mensuelle
20 des minima
15 température
moyenne mensuelle
10 des maxima
5
0
e
r

t
ai

e
s
ie

ille

br
ar

br
M
nv

m
Ju

em
M
Ja

ve
pt

no
Se

Figure 6 : Variation des températures au cours de l’année 2004

Cette figure traduit l’évolution des températures sur une année. La courbe des températures moyennes
mensuelles des maxima et celle des minima ont la même allure et rendent compte des périodes les plus
chaudes et les plus froides de l’année. Ainsi le mois de Mars est le plus chaud avec une moyenne de 32,9 °C et
le mois de Juillet est le moins chaud avec une moyenne de 23,5°C pendant l’année 2004.

- 23 -
T° moy des mini T° moy des maxi UX UN

35 100
30 90

Humidité relative
Températures 80
25 70
20 60
50
15 40
10 30
20
5 10
0 0

e
r

e
ai
s
ie

ille

br
br
ar

M
nv

m
Ju

em
M
Ja

ve
pt

No
Se
Mois

Figure 7 : Evolution Température & humidité relative au cours de l’année

Ces courbes traduisent l’évolution de la température et de l’humidité relative au cours de l’année 2004.
On note que quand la température augmente l’humidité relative diminue et vis versa.

[Link] - Insolation
L’insolation varie d’un mois à l’autre et dépend aussi des saisons. La période la plus ensoleillée de
l’année s’étend de Novembre à Avril. Cette période couvre surtout la grande saison sèche. L’insolation
mensuelle moyenne est généralement comprise entre 180 et 200 heures.

300
250
Insolation

An 1995
200
150 An 2000
100
50 An 2004
0
e
r

t
ai

No bre
s
ie

Se uille

br
ar

M
nv

m
M

em
Ja

ve
pt

Mois

Figure 8: Evolution de l’insolation au cours de l’année (1995, 2000, 2004)

- 24 -
[Link] - Vents dominants
Au cours d’une année le fréquent vent dominant est celui du Sud-Ouest avec une vitesse généralement comprise entre 3 et 5 m/s. Toute fois le vent dominant Ouest-
Sud-Ouest est fréquent dans la période allant de Juillet à Septembre.

Tableau 5 : Vents dominants au de l’année (période de 1995 à 2004)

Année Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
D V D V D V D V D V D V D V D V D V D V D V D V
1995 SSW 3 SW 4 SW 5 SW 4 SW 3 SW 4 WSW 5 WSW 5 WSW 5 SW 4 SW 3 SW 4
1996 SW 4 SW 5 SW 5 SW 4 SW 4 SW 4 SW 5 SW 5 SW 5 SW 4 SW 4 SW 4
1997 SW 4 SSW 4 SW 4 SW 4 SW 4 SW 4 WSW 4 WSW 4 SW 4 SW 3 SW 3 SW 3
1998 SW 3 SW 4 SW 4 WSW 5 WSW 4 WSW 4 WSW 5 WSW 5 SW 5 SW 4 SW 4 SW 3
1999 SW 4 SW 5 SW 5 SW 4 SW 4 SW 3 WSW 4 WSW 5 WSW 5 SW 4 SW 4 SW 3
2000 WSW 4 SW 3 SW 5 SW 5 SW 4 SW 4 WSW 5 WSW 5 WSW 5 SW 4 SW 4 WSW 4
2001 WSW 4 SW 4 SW 5 SW 4 SW 4 SW 4 WSW 5 WSW 5 WSW 5 SW 4 SW 4 SW 3
2002 SW 2 SW 4 SW 5 SW 4 SW 4 WSW 4 WSW 5 WSW 5 WSW 5 SW 4 SW 4 WSW 3
2003 SW 4 SW 5 SW 4 SW 4 SW 4 WSW 4 WSW 4 WSW 5 WSW 4 SW 3 SW 3 SW 3
2004 SW 3 SW 4 SW 4 SW 4 SW 4 WSW 4 WSW 4 WSW 4 SW 3 SW 3 SW 3 SW 3

D= Direction V= Vitesse
Source : ASECNA

25
4.2.4 - Sols
Les Vallées de l’Ouémé et du Mono se trouvent dans le grand ensemble géomorphologique des plaines
alluviales constituées de formations détritiques récentes. Ces plaines sont constituées de sols hydromorphes
minéraux à gley, de sols hydromorphes humifères à gley (riches en matières organiques) et des sols
halomorphes à tendance hydromorphe.
Par ailleurs, généralement au sud du Bénin les conditions climatiques sont relativement favorables au
développement des sols ferralitiques ; on les rencontre sur de grandes étendues sur les formations du Crétacé et
du Continental Terminal où ils constituent les «terres de barre».

4.2.5 - Végétation
Elle est dominée par de grandes prairies inondables à Paspalum vaginatum (Poaceae), de formations
graminéennes de Sacciolepis africana, Oryza barthii, Echinochloa otusiflora toutes de la famille des Poaceae.

Dans la basse Vallée de l’Ouémé et celle du Mono, la végétation climacique est la forêt marécageuse
dense, une formation strictement édaphique dont la dégradation a donné des savanes arborées à Mitragyna
inermis ou des savanes herbeuses à Andropagon gayanus et à Echinochloa pyramidalis. Certains domaines des
forêts occasionnellement inondées ont été transformés en palmeraies. D’autres espèces végétales utilisées dans
la fabrication d’engin de pêche telles que Ptérocarpus santalinoides, Dialium guineensis, Pavetta owariensis se
retrouvent également dans le milieu.

On note néanmoins quelques îlots forestiers qui sont pour la plupart sacrés dont les principaux sont les
forêts de Bonou, d’Affamè, de Dogla, de Bamè et de Baha (Guédégbé, 1996), sans oublier le Kodjizoun pour ce
qui concerne la Vallée de l’Ouémé et quelques îlots de forêts sacrées comme celles de Kpassè-Zoumè et
d'Avlékété dans le complexe Ouest. En dehors de ces reliques de forêts naturelles, il existe de grandes
plantations de palmier à huile, d'arbres fruitiers (notamment les manguiers), de bois de feu. La cocoteraie reste le
type de végétation du cordon littoral. Les principales espèces de bois de feu sont l'acacia et l'eucalyptus. La flore
est d'une manière générale dégradée, presque entièrement défrichée.

Les formations naturelles sont la savane herbeuse, les prairies et les formations marécageuses à Raphia
gigentea, quelques mangroves à Rhizophora racemosa et Avicenia africana.
Les sources d’alimentation en eau des zones humides du Sud- Bénin sont les fleuves Ouémé qui prend sa
source dans l’Atacora et le fleuve Mono. Pendant la saison de crue entre Août et Octobre, les plaines
d’inondation de ces zones humides bénéficient d’importantes ressources en eau qui apportent des matières
nutritives au sol et beaucoup de poissons. Les zones humides du Sud- Bénin regorgent de plusieurs habitats et
des refuges pour la vie sauvage (animale et végétale). Les reliques de forêts sont des refuges pour plusieurs
espèces rares et servent de lieux de conservation de la biodiversité.
Les habitats naturels sont composés par :
- les mangroves localisées en bordure du lac Ahémé, le long des rivières de l’Ouest (Mono et Sazué) et
au niveau des lagunes côtières (Djègbadji, Togbin et Djondji).
- Les savanes marécageuses à Mitragyna inermis et Andropogon gayanus occupent les basses vallées
du Mono, Couffo et Ouémé
- La végétation flottante des plans d’eau est dominée par Eichornia crassipes, Pistia stratoites, Lemna
paucicostata
- La végétation herbacée des milieux saumâtres et des lagunes en communication temporaire avec
l’océan, composée des prairies à Paspalum vaginatum, prairies à Typha australis, à Echinochloa
pyramidalis, du groupement à Cyclosorus striatus, du fourré à Dissotis segregeta.
- Au niveau des lagunes anciennes et dans la basse vallée de l’Ouémé, on retrouve des prairies à Thalia
welvechii, très exploités par les populations

Les formations artificielles sont constituées de cocoteraies des plantations de filao, de Niaouli (Melaleuca
leucadendron), de Acacia auriculiformis, d’anarcardiers (Anarcardium occidentale) et de teck (Tectona grandis).

4.2.6 - Faune
La faune de la Vallée de l’Ouémé et de celle du Mono est diversifiée. Les insectes sont fortement
représentés. On rencontre entre autres les Orthoptères, les Lépidoptères, les Coléoptères, les Odonates.
Les zones humides du Sud-Bénin regorgent d’une grande variété de poissons (le fleuve Ouémé et ses
plaines d’inondation, le lac Nokoué et la basse vallée du Mono. L’ichtyofaune est diversifiée. Les familles des
espèces de poissons dominants sont, selon Welcomme cité par Agbéssi (2000), les Cichilidae, les Anabantidae,
les Claroteidae, les Schilbeidae, les Mochokidae, les Clariidae, les Osteoglossidae, les Mormyruidae et les
Bagridae. On note également les espèces de la famille des Polypteridae, etc. (Lalèyè 1995, Sakiti, 1997).

Malgré les effets négatifs des activités anthropiques sur leurs habitats, la faune mammalienne et
reptilienne est diversifiée mais les effectifs des populations sont assez critiques. Plusieurs espèces menacées
d’extinction sont rencontrées. Comme mammifères, on note le sitatunga (Tragelaphus spekei), le guib harnaché
(Tragelaphus scriptus), le potamochère (Potamochoerus porcus), la loutre (Lutra macullicolis), la mangouste
brune (Crossarchus obscurus), le daman d’arbre (Dendrohyrax arboreus), le lamantin d’Afrique (Trichechus
senegalensis), un potentiel attrait touristique est présent aussi bien dans les vallées de l’Ouémé que dans le
Mono sans oublier l’hippopotame du Mono ; le porc-épic (Hystrix cristata), l’oryctérope (Orycteropus after), le
singe à ventre roux (Cercopithecus erythrogaster erythrogaster), espèces endémique au Bénin existe dans la
Vallée de l’Ouémé et le singe mona (Cercopithecus mona),
Des reptiles, aussi bien terrestres que marines y sont présents et particulièrement menacés. On peut
noter le varan du Nil (Varanus niloticus), le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus), le python de Seba (Python
sebae), le python royal (Python regius), et les tortues (Kinixys homeana et Kinixys belliana) selon Guédégbé,
1996; Bonou et Gnonlonfin, 1999..En mer côtière et sur le littoral, il est enregistré la présence de quatre (4)
espèces de tortues marines. Il s'agit par ordre d’importance de: la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea), la
tortue luth (Dermochelys coriacea) dont les pontes sont confirmées, la tortue verte (Chelonia mydas) et la tortue
imbriquée (Eretmochelys imbricata) souvent pêchées, Dossou-Bodjrenou et al. (1999), Fretey (2001).

Les oiseaux d’eau sur le lac Nokoué et sur le littoral sont impressionnants. Selon les résultats des
récents travaux en ornithologie (Adjakpa, 2001) dans toutes les zones humides du Sud-Bénin, 236 espèces
d’oiseaux ont été identifiées. Le bas-delta de la Vallée de l’Ouémé est l’un des écosystèmes les plus riches en
oiseaux. On note, entre autres les espèces des familles des Ardeidae, Accipitridae, Falconidae, Jacanidae,
Charadriidae, Columbidae, Meropidae, Alcedinidae et celle de la famille des Rallidae et des Anatidae.
Ces différentes espèces de faune sont à des degrés divers très menacées d’extinction au Bénin car la culture de
la conservation n’est pas commune au Bénin et doublé de l’insuffisance d’éducation environnementale. «Au
Bénin, tout se consomme».

4.3 - Caractéristiques socio-économiques


4.3.1 – Démographie et groupes ethniques
La zone méridionale du Bénin qui ne représente que 10% du territoire national abrite 53% de la
population totale estimée à 6 millions d’habitants. Selon l’INSAE (1994), la densité moyenne est de 43
habitants/km². Dans les départements de l’Atlantique et du littoral situés dans les zones humides du Sud –
Bénin, on observe la plus forte densité qui est évalué à 322 habitants/km².
L’expérience de vie est d’environ 55 ans d’âge et le niveau de vie de la population est très bas au Bénin
en général. Dans les zones humides
du Sud – Bénin, le taux
d’analphabétisme est élevé (70%) ; les
succès scolaires sont encore limités.
Les ethnies dominantes sont
les Fon, Goun, Wémè, Toffin, Kotafon,
Houéda, Nago, Holli, Ouatchi, Saxwé
et les Xwla. La population rurale fait
plus de 78% de la population totale.
Avec un poids démographique non
Vie des écoliers dans les zones humides
négligeable, l’incidence de la pauvreté
atteint 23,6% et la contribution à la pauvreté nationale est de 13%. (PNUD, 1997 ; MAEP, 2000 ; INSAE, 2003 ;
Zinsou, 2006).

4.3.2 - Droits modernes et coutumiers d’accès aux ressources naturelles


Selon la réglementation béninoise, les plans d’eau et les terres avoisinantes ayant moins d’un mètre
d’altitude sont du domaine public. En réalité ces mesures souffrent d’insuffisance d’application. Tous les espaces
disponibles sont exploités impunément par les communautés locales.

Contrairement à beaucoup d’autres pays côtiers, la côte béninoise n'est pas encore surexploitée, mais
elle est en voie de l’être. Le risque est très grand. Les populations, certains opérateurs touristiques acquièrent
des terres dans des zones humides, et y construisent des bâtiments comme des hôtels ou des restaurants.
Officiellement, des textes de lois réglementent l’accès à la terre qui appartient théoriquement à l'administration.
Mais il n’y a aucun contrôle. Pour éviter au Bénin une mise en valeur effrénée des zones humides préjudiciable à
l’écosystème et aux ressources, il est important de réglementer le développement.

Selon le droit coutumier l’accès aux ressources par les communautés locales dans certaines localités des
zones humides est lié aux divinités auxquelles s’assimilent les esprits des ancêtres qui confèrent le droit
d’utilisation aux collectivités familiales issues de leurs descendants. Par exemple, la pêche est autorisée 8 jours
sur 9 dans certaines zones ou un jour de repos par semaine dans d’autres zones. Des interdits existent pour la
consommation de certaines ressources, mais ils sont peu respectés par les non- adeptes de ces traditions et ces
coutumes.
Les pratiques traditionnelles fixent certaines règles plus ou moins respectées rigoureusement par les
populations. Il s’agit surtout des interdits temporaires, partiels ou définitifs relatifs à l’occupation, à l’utilisation et à
la mise en culture pour la pratique de la pêche dans telle ou telle portion de terre ou plan d’eau.

Des textes de lois protègent théoriquement certaines ressources, d’autres ne bénéficient pas en réalité
d’aucune législation assez claire malgré l’adhésion du Bénin aux principales conventions internationales.

4.3.3 - Principales activités économiques des populations


Les zones humides côtières comme celles de la Vallée de l’Ouémé et du Mono disposent d’énormes
potentialités socio- économiques. Les principales activités socio-économiques sont l’agriculture et la pêche. La
cueillette est la forme la plus fréquente. Les femmes font la transformation des produits agricoles et pratiquent le
petit commerce. Les ressources biologiques constituant la base de toutes les activités sont utilisées de façon non
durable. Aujourd’hui, la baisse du niveau de vie, la malnutrition, la délinquance juvénile et l’exode rural sont les
vécus quotidiens des pêcheurs artisanaux et riverains. Les femmes représentent une frange importante des
utilisateurs des ces ressources au Sud du Bénin. Elles sont dans des situations précaires ; ce qui compromet
l’avenir du milieu et des
populations.
Le commerce illicite des
produits pétroliers occupe une
frange non négligeable de la
population avec ses
conséquences d’incendies et de
pollution des écosystèmes. La
présente étude prend
spécialement en compte les
populations dont les activités
portent tout au moins sur une
Transport illicite des produits pétroliers dans les zones humides
partie du complexe Est et du
complexe Ouest.

[Link] - Agriculture
L’agriculture est prédominante et se pratique pendant la décrue et concerne principalement le maïs, le
riz, la tomate, le piment et le manioc, le niébé et plusieurs légumes- feuilles. En effet, pendant la crue, les
terrains à cultiver sont déblayés afin d’y favoriser l’accès et la décomposition de la matière organique fertilisant
ainsi le sol ; sachant bien que la fertilisation naturelle se fait périodiquement par dépôt de sédiments.
Au début de la décrue, les surfaces les plus hautes émergent les premières et servent à faire les
activités agricoles. Le reste connaîtra aussi ces activités jusqu’à ce que tout l’espace cultivable soit exploité.
Certaines cultures notamment le maïs, le riz sont ravagées par certains oiseaux et surtout par les
Tisserins, les Râles et les poules d’eau, les canards au grand mécontentement des paysans.
Les femmes font l’agriculture mais elles s’occupent également de la transformation et de la
commercialisation des produits agricoles.

[Link] - Pêche
Dans les Vallées de l’Ouémé et du Mono, la pêche est une activité d’une grande importance pour les
populations. Elle procure d’importants revenus aux pratiquants. Elle se pratique dans le fleuve et la plaine
inondable. Plusieurs formes de pisciculture traditionnelles s’y développent.
Les principales méthodes utilisées se présentent comme suit :
- les trous à poissons classiques «Hwedo» ;
- l’«Acadja» dans une moindre mesure le long du fleuve ;
- les trous «Axlo» qui communiquent avec le fleuve ;
- la pêche sportive avec la pose de plusieurs engins comme palangres, hameçon à tige et nasses dans la
plaine inondable.
Les trous à poissons classiques «Hwedo», les trous «Axlo» jouent un rôle important de retenu d’eau
dans la plaine quand les eaux de crue se retirent. En effet, pendant l’étiage, ces trous servent de réserve d’eau
abritant les poissons d’une part et de point d’attraction pour les oiseaux d’eau notamment le Râle noir d’autre
part.

[Link] - Elevage
Il s’agit de petits élevages, l’élevage des porcins, des bovins, des petits ruminants et de la volaille.
L’élevage intéresse la présente étude pour la raison que la plaine inondable sert de pâturage aux bovins aussi
bien pendant la crue que pendant la décrue. Au début de la crue, les troupeaux de bœufs descendent dans l’eau
de petite profondeur sur la plaine où ils vont paître librement.
Pendant la décrue correspondant à la période des activités agricoles de grands espaces sont réservés à
leur pâturage. Ces espaces vont recevoir chacun la presque totalité des troupeaux de bœufs des
agglomérations environnantes. Ce phénomène est surtout observé dans la Vallée de l’Ouémé.

[Link] - Ramassage de mollusques


C’est une activité qui se mène essentiellement pendant la crue et surtout sur la plaine inondable. Elle
occupe surtout les femmes, les jeunes filles et les petits garçons. Le ramassage peut se faire à pied ; mais il se
fait souvent et surtout avec une barque à rame. Le matin, au soleil levant, les ramasseurs quittent leur logis avec
leur ration alimentaire pour se rendre sur la plaine où ils vont passer la journée. Une fois à la besogne, ils
circulent dans toutes les directions à la recherche de ces mollusques aquatiques. Cette activité observée surtout
dans la vallée de l’Ouémé génère de revenus aux pratiquants qui ne tardent pas à vendre le produit de leur
ramassage sur les marchés riverains (cas du marché de Hozin).
V - ANALYSE DIAGNOSTIQUE : ATOUTS ET CONTRAINTES

5.1 - Ressources naturelles


Globalement, le réseau hydrographique des écosystèmes humides du Sud-Bénin fournit annuellement
environ 33 000 tonnes de poissons, crevettes et crabes, dont 3 000 tonnes pour la pêche fluviale et 30 000
tonnes pour la pêche lagunaire, tandis que la pêche maritime ne fournit que 7 000 tonnes de production (Alé et
al. 2003). On peut en déduire aisément que les eaux continentales ont une valeur de production
exceptionnellement élevée. Une telle production est due aux conditions écologiques favorables.
Les zones humides du Sud-Bénin possèdent de grandes potentialités par leur production halieutique
élevée. Ces potentialités se mesurent également à travers l’importance socio-économique de la pêche mise en
évidence par la valeur nutritionnelle du poisson produit des zones humides.
Les plaines d’inondation servent aux cultures de décrue et à la production maraîchère.
Dans la Vallée et le bas delta de l’Ouémé, les apports de matière organique charriée par les crues constituent un
atout considérable pour la production agricole. Ce qui a valu le nom de «grenier» à cette Vallée. Dans la majorité
des cas, les paysans se contentent de cette fumure naturelle renouvelée de façon cyclique.
Le phénomène existe dans une moindre mesure au niveau de la basse Vallée du Mono et du Couffo.

La présence de l’eau en permanence tout au long de l’année caractérise les zones humides du Sud-
Bénin contrairement aux zones humides des pays sahéliens.
Les cultures maraîchères et les cultures de décrue constituent les productions de contre saison par
rapport au cycle de l’agriculture pluviale du Sud-Bénin. Exploitée convenablement, cette possibilité
complémentaire devrait permettre d’obtenir diverses productions tout au long de l’année.
Les zones entièrement ou partiellement humides du Sud-Bénin détiennent une part importante dans le
cheptel des six départements du Sud (Direction de l’élevage, 1994 ; in Baglo & al., 1997) : bovin (70%), ovin
(50%), caprin (44%), porcin (52%). De tels résultats sont dus à :
- l’existence d’importantes prairies inondables propices à l’élevage du bovin (Vallée et delta de l’Ouémé,
lagunes anciennes, complexe Aho- Lac- Ahémé- Vallée du Couffo) ;
- la permanence de la fraîcheur (humidité) et de l’eau favorable à l’élevage porcin (tous les écosystèmes,
mais importance moindre dans les écosystèmes «lagunes anciennes» et «complexe Aho- Lac- Ahémé-
Vallée du Couffo» ;

- l’existence de fourrages divers : verdure (sur une longue période de l’année), résidus de récolte, sous
produits d’activités de transformation sont utilisés pour l’alimentation du petit bétail, sans véritable frais
supplémentaires, ce qui permet d’obtenir des animaux à des pris très concurrentiels;

- l’existence d’un savoir-faire communautaire en matière d’élevage du petit bétail (volaille, porcs, petits
ruminants).
Les zones humides du Sud-Bénin regorgent d’importantes potentialités touristiques. Les attractions
touristiques diversifiées y sont rencontrées. Il s’agit entre autres :

- des forêts sacrées de la Vallée de l’Ouémé ;

- de la faune en particulier, la faune aviaire très diversifiée, plus de 170 espèces ont été identifiées en
particulier dans les complexes vallée, delta de l’Ouémé, lagunes côtières et les marécages au Sud du
lac Ahémé ;

- des plans d’eau (lac Nokoué, lagune côtière, lac Ahémé) pour la navigation de plaisance ;

- des jolis paysages de la route des pêches : mer et lagunes séparées par une plage plantée de
cocoteraies ; lagunes avec leurs forêts de mangroves, leurs oiseaux, leurs activités de pêche, etc ;

- des villages lacustres dans toute la vallée de l’Ouémé et de leurs activités très attrayantes (technique de
pêche, transport par pirogue, marché flottant, etc) ;

- de l’histoire et de la culture : culte vodoun, les souvenirs de la traite des esclaves, les cérémonies
royales, musiques et danses traditionnelles, etc.

Ces potentialités sont très peu exploitées ou mal exploitées actuellement. En particulier les magnifiques
attractions touristiques des lagunes côtières, des Vallées de l’Ouémé, Mono et Couffo avec leur aspect naturel
ne sont pas mises en valeur. Des circuits touristiques sur la lagune de Porto-Novo et le fleuve Ouémé vers les
Aguégués sont encore vierges.

Des sources thermales découvertes dans les zones humides: celle de Possotomè et de Bopa dans les
écosystèmes de l’ouest sont en exploitation tandis que celle de Hêtin dans la Commune de Dangbo ne bénéficie
encore d’aucune valorisation.

Le transport par voie fluviale est une des activités qui se développement sur les plans d’eau du Sud-
Bénin. Malheureusement aucune politique bien définie n’est appliquée dans ce domaine. Des lignes de transport
sont néanmoins développées par les populations des zones humides. Il s’agit des lignes de la lagune de Porto-
Novo vers le Nigeria, des lignes de la Vallée de l’Ouémé vers Cotonou, des transferts sur le lac Nokoué et la
lagune de Cotonou.
5.2 - Les principales menaces pesant sur les zones humides
Le manque de visibilité dans la politique et le non respect des règlementations relatives à la gestion
rationnelle des zones humides au Bénin accentuent les graves menaces qui pèsent cruellement sur ces
écosystèmes très fragiles. Les contraintes sont de plusieurs ordres : environnemental, socio-économique,
institutionnel et juridique en plus de la surexploitation des ressources naturelles. Les conséquences à court,
moyen et long terme risquent d’être très importantes.

Sur le plan environnemental, il est noté entre autre, l’érosion des berges et des sols ; le comblement des
plans d’eau ; l’appauvrissement des ressources biologiques consommables, la baisse de la productivité
halieutique et du rendement des pêches ; l’érosion côtière, la dégradation du couvert végétal et des habitats de
la faune aviaire et la faune terrestre; l’insuffisance des terres et l’inexistence d’aires protégées ; l’inondation ; les
pluies tardives, les chaleurs excessives ; l’élévation du niveau de mer ; la pollution des eaux et de l’air,
l’encombrement des plans d’eau par les jacinthes d’eau, la prolifération des infrastructures (routes, barrages,
constructions touristiques…etc), voire la disparition des zones humides.

Sur le plan socio-économiques, institutionnelles et juridiques, les transactions foncières au profit des
riches et aux dépens des pauvres ; les conflits entre les différents utilisateurs des ressources naturelles ;
l’enclavement, le manque de crédit, le faible niveau de concertation entre les institutions intervenant dans les
zones humides ; la méconnaissance des textes juridiques et réglementaires ou l’inadéquation des textes avec
les réalités sociaux culturelles constituent les problèmes que rencontrent les populations locales.

En ce qui concerne la surexploitation des ressources naturelles, il est noté avec acuité la surexploitation
des ressources halieutiques du lac Ahémé ; la surexploitation forestière et la dégradation des formations
végétales, les massacres systématique des tortues marines sur les plages et en mer côtière, les massacres des
hippopotames de la basse Vallée du fleuve Mono, le lamantin d’Afrique des fleuves Mono et Ouémé, les singes à
ventre roux (Cercopithecus erythrogaster erythrogaster) espèces endémique des forêts de Bonou; la
multiplication et l’utilisation d’engins dévastateurs.
5.3 - Problèmes majeurs spécifiques

5.3.1 - Agriculture
Les principales contraintes de l’agriculture durable dans les zones humides du Sud-Bénin sont pour
l’ensemble des domaines :
• l’insécurité foncière ;
• la précarité et les conditions de vie difficiles en milieu rural ;
• la pénurie de main d’œuvre agricole ;
• les difficultés d’appropriation des résultats de la recherche agricole par les professionnels au niveau
communautaire ;
• la non-appropriation des projets par les présumés bénéficiaires qui se caractérise par la participation
non effective des communautés locales dans l’élaboration et la mise en œuvre des projets ;
• les aléas climatiques doublés de manques d’initiatives d’amélioration des techniques agricoles ;
• l’insuffisance des crédits à taux préférentiels et le non-respect des engagements financiers par les
communautés locales.

* Domaine des productions végétales et la sécurité alimentaire


• le déficit chronique de céréales surtout pendant la période des crues ;
• la forte perte après récolte ;
• la faible productivité des
moyens de production
traditionnels ;
• la faible mécanisation
agricole ;
• la non maîtrise de l’eau ;
• la baisse de la fertilité des
sols ;
• la non maîtrise et l’insuffisance
de connaissances sur les
technologies de valorisation Précarité de l’habitat et des conditions de vie dans les zones humides

des produits agricoles.


* Domaine de l’élevage
• la pratique de l’élevage traditionnel des animaux en divagation ;
• l’absence de gestion rationnelle des cheptels;
• la persistance de pathologies animales (peste porcine, pseudo peste aviaire, parasitoses internes et
externes) surtout pendant les saisons de pluie et les périodes de crues;
• la peste porcine et l’inondation qui ont décimé des élevages de porcs voire l’extinction des porcs locaux;
• la faible contribution des institutions de recherche agricole et de vulgarisation au développement de
l’élevage;
• l’insuffisance d’équipement et autres infrastructures d’appuis conseil aux éleveurs

* Domaine de la pêche et aquaculture


Dans les deux (2) cas, on note :
• l’inadéquation des textes législatifs et réglementaires en vigueur ;
• l’insuffisance de relations fonctionnelle entre la Direction des Pêches et le CeRPA ;
• le manque de moyens adéquat de transformation et de conservation des produits de pêche ;
• les difficultés d’approvisionnement en matériels des pêches ;
• la faible fiabilité du système de collecte des données ;
• l’inexistence de système de crédits adapté aux activités de pêche et de pisciculture

** Pour les pêches continentales


• la dégradation de l’environnement fluvio-lagunaire (sédimentation, comblement)
• les menaces de pollutions diverses des écosystèmes aquatiques et surtout celles dues au commerce
illicites des hydrocarbures ;
• une forte pression démographique et la surexploitation des ressources halieutiques ;
• les conflits entre groupes socio – professionnels et aussi avec les utilisateurs des plans d’eau pour le
transport suite aux accidents avec les engins de pêche ;
• l’utilisation presque généralisée et clandestine d’engins et méthodes de pêche non- conformes à la
réglementation
• l’abandon ou la négligence des rituelles protectrices des sites sacrés ou plans d’eau.

** Pour la pêche maritime et artisanale


• L’érosion côtière qui entrave l’occupation durable des sites de pêche ;
• l’étroitesse du plateau continental ;
• la barre qui réduit considérablement le nombre de marrées ;
• la pollution des eaux maritimes par les déchets ménagers des villes côtières de même que des
hydrocarbures ;
• la pollution par les filets abandonnés en mer qui pêchent de façon permanente des ressources marines
et qui ne profitent à personne ;
• le non respect des zones de pêches réglementaires par les chalutiers ;
• les conflits entre les pêcheurs artisanaux et les chalutiers ;
• la non diversification des engins de pêche ;
• l’abandon, le non respect ou la négligence des rituelles protectrices de la mer et de ces ressources.

** Pour l’aquaculture
• L’inexistence d’une politique claire et soutenue de promotion de l’aquaculture ;
• l’absence d’une tradition piscicole au sein des communautés de pêcheurs ;
• la non disponibilité des intrants (alevins, provendes) ;
• la non maîtrise des espèces à élever et l’insuffisance de travaux de recherches sur l’élevage d’espèces
autochtones ;
• l’encadrement technique limité et l’insuffisance de supports techniques ;
• l’insuffisance de volonté, de motivation et d’engagement des pêcheurs à s’investir dans l’aquaculture ;
• la mauvaise qualité de l’eau des étangs et la diminution du niveau d’eau dans les étangs pendant la
saison sèche ;
• le coût élevé des investissements.

5.2.2 - Domaine de la foresterie

• L’absence d’aires protégées par l’état en dehors des reliques de forêts communautaires ou sacrées ;
• L’insuffisance de connaissance d’évaluation des rares ressources forestières encore
disponibles (ligneuses et fauniques);
• la non application de la réglementation forestière dans les zones humides ;
• la forte pression exercée sur les ressources naturelles disponibles pour le bois énergie et pour la
promotion de la technique de pêche ‘’Acadja’’ ;
• l’introduction abusive des plantes exotiques (acacia, eucalyptus) même à l’intérieur des forêts sacrées ;
• le développement de la médecine africaine qui utilise abondamment les ressources forestières (feuilles,
racines, écorces, ossements et parties de la faune)
• la non maîtrise du braconnage due au manque de contrôle de l’administration forestière ;
• l’insuffisance de coordination, de concertation, de capitalisation et de consolidation des acquis entre les
différents acteurs du secteur (administration publique, Communes, ONG, privés et communautés
locales) ;
• le manque de promotion des reliques de forêts existantes qui sont menacées par les stratégies de
lotissements et les plans de développement des Communes (urbanisation) ;
• l’insuffisance d’adhésion des populations aux politiques de reboisement et de foresterie urbaine ou
rurale ;
• la faible implication des populations et du secteur privé dans la préservation des ressources ;
• la limitation des capacités du secteur privé et l’insuffisance d’initiatives de ce dernier pour la production
de ressources forestières en bois d’œuvre et bois –énergie ;
• l’insécurité foncière ;
• l’abandon ou la négligence des rituelles protectrices des forêts sacrées.

5.2.3 – Aspects liés au genre


Les femmes représentent plus de 52% de la population béninoise. Elles sont les premières en contact
avec les ressources biologiques. Elles jouent un rôle très important dans les activités socio-économiques des
zones humides malgré leur pouvoir d’achat très limité. Les revenus des femmes sont générés par la petite
agriculture, la transformation des produits agricoles et le petit commerce. Les micro-crédits sont très rares dans
ces zones et même si ils existent, les femmes ne sont pas pour la plupart éligibles à cause de l’influence des
hommes.
Les revenus générés par leurs petites activités sont pour la plupart utilisés dans le foyer, pour leurs
besoins personnels et rarement pour la scolarisation de leurs enfants et pour régler les problèmes de santé. Les
femmes sont sous- représentées dans les instances de décision.

5.4 - Politiques, stratégies ou plans d'action portant sur la zone


Le Programme d’Aménagement des Zones Humides (PAZH) du Bénin a élaboré une stratégie intégrée
de gestion concertée des zones humides du Sud- Bénin. Cette stratégie fait suite à l’adhésion du Bénin à la
Convention de RAMSAR. La mise en œuvre de cette stratégie participative est placée sous la responsabilité de
l’Agence Béninoise pour l’Environnement (ABE).

La Stratégie Nationale et Plan d’Actions pour la conservation de la diversité biologique au Bénin qui fait
suite à l’adhésion du Bénin à la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) met un accent particulier sur les
zones humides.

Des stratégies sectorielles élaborées avec la collaboration de nombreuses structures qui travaillent dans
les zones en vue de la prise en compte des préoccupations essentielles pour la sauvegarde de la biodiversité et
pour un développement durable existent mais elles ne sont pas bien vulgarisées et manque de visibilité. Les
PDC (Plans de Développement Communaux) des différentes Communes ayant l’autorité administrative sur les
sites et couloirs de migration du lamantin d’Afrique dans les zones humides du Sud- Bénin mettent l’accent sur
des actions prioritaires dans les milieux en vue du développement de leurs localités et pour la réduction de la
pauvreté.

5.5 - Structures gouvernementales actives dans la zone


Plusieurs structures gouvernementales sont actives dans la zone d’étude. Il s’agit entre autres, du
Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche à travers les Centres Régionaux de Promotion Agricole
(CeRPA), la Direction de Pêches, le Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature (MEPN),
l’Agence Béninoise pour l’Environnement (ABE)… Ces structures apportent des appuis divers au plan de gestion
durable des ressources dans ces zones.

5.6 - Programmes et projets d’intérêt


** Programme de Soutien à la Sécurité Alimentaire (PSSA-Bénin)
** Programme d’Appui au Développement Participatif de la Pêche Artisanale (PADPPA) au Bénin
** Projet de développement de la Filière Manioc (PDFM)
** Programme de développement des plantes à racines et tubercules (PDRT)
** Programme d’Appui au Développement Rural de l’Ouémé (PADRO)
** Programme d’Urgence de lutte contre l’Erosion Côtière à l’Epi de Siafato
** Projet de Gestion Environnemental (PGE)
** Programme National de Gestion de l’Environnement (PNGE)
** Programme de lutte contre la dégradation des zones côtières et la réduction des ressources vivantes dans le
Grand Ecosystème Marin (GEM) du Courant de Guinée pour des actions régionales
** Projet pilote de protection et de valorisation des patrimoines naturels et culturels du littoral
** Projet de développement des Aguégués
Gestion communautaire de la biodiversité des écosystèmes marins et côtiers du Bénin
** Création d’une zone d’aménagement touristique sur la route des pêches
** Aménagement des abords de la lagune de Cotonou
** Conservation du singe à ventre roux (ONG – CERGET)
** Conservation de la mangrove (ONG – ECOECOLO)
** Conservation de l’hippopotame dans le Mono (ONG – AVPN)
** Conservation de la mangrove et production des huîtres à Ouidah (ONG – ACTION PLUS)
** Conservation des espèces menacées et écosystèmes aquatiques et forestiers en danger (tortues marines,
lamantin d’Afrique, baleines, forêts communautaire ou sacrées …) du Bénin (ONG – Nature Tropicale)
** Conservation des oiseaux d’eau et oiseaux des forêts (ONG – CEROE)
** Education environnementale au profit des jeunes (ONG – Nature Tropicale, GRABE-BENIN, CIPCRE et
BENIN- NATURE)
Il ressort de ce qui précède qu’aucun programme gouvernemental spécifique n’est en cours d’exécution
dans les zones humides dans le domaine de la foresterie. Le programme d’appui à la gestion des forêts
communautaires (PAGEFCOM) doit normalement centré ses actions prioritaires dans cette zone qui manque
cruellement d’aires protégées en dehors de forêts sacrées qui aujourd’hui sont menacées pour la plupart.

Les programmes et projets mis en œuvre par les Organisations Non Gouvernementales (ONG) avec la
collaboration des populations et les autorités locales portent des fruits non négligeables dans le domaine de
l’élévation de la conscience environnementale des communautés. Mais les acquis restent peu durables par le
manque d’appuis à long terme et le niveau de précarité dans le milieu. Les ONG citées en référence sont toutes
actives dans les échanges d’expériences au sein du réseau des Acteurs Verts de l’Afrique de l’Ouest (GAWA) et
Forum Biodiversité du Bénin. Le Forum Biodiversité du Bénin est un collectif très actif d’Organisations Non
Gouvernementales (ONGs), de scientifiques et de personnes ressources qui œuvrent non seulement pour la
connaissance et la conservation de la biodiversité au Bénin, mais aussi et surtout pour la promotion, la protection
des espèces menacées, la valorisation des connaissances traditionnelles et la gestion rationnelle et durable des
ressources génétiques.

5.2 - Lamantin d’Afrique, une espèce phare de la zone d’étude


5.2.1 - Présence de l’espèce
Le lamantin est un mammifère aquatique appartenant à
l’ordre des Sireniens et à la famille des Trichechidae. Le
lamantin d’Afrique (Trichechus senegalensis), est connu depuis
le nord du Sénégal jusqu’au sud de l’Angola (Bouveignes,
1952). Avec un corps pratiquement glabre, à l’exception de
quelques poils sur le museau chez l’adulte, le lamantin est
purement aquatique et peut peser entre 250 à 500 kg voire 650
kg avec 4 mètres de long.

La présence de l’espèce Trichechus senegalensis est


confirmée dans les zones humides du Sud Bénin (Vallée de l’Ouémé et la Basse Vallée du Mono). Cette
présence est attestée par la détention au Musée Nature Tropicale d’une peau entière de lamantin capturé en
1998. Des observations ont été faites par l’équipe de Nature Tropicale assistée des volontaires du Corps de la
Paix des USA en 2001, en 2004, 2005 et 2006 dans la Vallée de l’Ouémé et aussi par les travaux de Afomassè
et al. , 2000.
Le lamantin d’Afrique est connu sous le nom de «Gningbin-gningbin», «Togni» ou «Tolo» en Wémè,
«Tognoun» en Goun, Tori ou Toffin et «Tognin» ou «Egnon» en Mina, Pedah ou Popo, «Gnihouin-Gninhouin»
(Mahi).

Cette espèce, contrairement à celle de Floride, des Indes ou de l’Amazonie, n’a bénéficié que très peu
d’attention en matière de recherches scientifiques ou de conservation. Jusqu’ici aucun travail de suivi n’est
encore entrepris au Bénin afin de préciser réellement son statut. Alors comme partout ailleurs, le lamantin
d’Afrique est particulièrement menacé et sa population se trouve en constante régression dans toute son aire de
répartition. Il semble vraisemblable que la population des lamantins est en régression constante dans toute son
aire de répartition. Cette situation est certainement due à la perte de l’habitat et le braconnage.

5.2.2 - Description du lamantin d’Afrique


Avec un corps fusiforme pratiquement glabre, à l’exception de quelques poils sur le museau chez
l’adulte, le lamantin d’Afrique a une tête sans oreilles extérieures ni organes de défenses. Sa queue est un large
gouvernail horizontal. Le lamantin africain est purement aquatique.

Nom : Trichechus senegalensis


- Règne : Animal
- Embranchement : Vertébrés
- Classe : Mammifères
- Ordre : Sireniens
- Famille : Trichechidae
- Genre : Trichechus
Lamantin tué en 1998 à Grand-Popo
- Espèce : T. senegalensis
Couleur : grise avec une peau épaisse et nue hormis les vibrisses du bord des lèvres.
Taille : peut peser entre 250 à 500 kg voire 650 kg avec 4 mètres de long.
Comportement: animal placide et inoffensif qui se laisse approcher par l’homme quand il se sent en sécurité.
Ce qui offre une possibilité pour l’Ecotourisme.
Vision: limitée en eau profonde, le lamantin distingue les couleurs.
Audition: peut bien entendre les échos malgré l’absence d’oreilles externes.
Communication : émet des sons inaudibles à l’homme. En groupe, iIs émettent de cris aigus lors des jeux et
lorsqu’ils sont angoissés
Respiration : monte à la surface de l’eau environ toutes les 20 mn pour respirer de l’air ambiant et retourne sous
l’eau les narines fortement fermées.
Habitat : vit dans les fleuves et rivières africaines, plus rarement dans les lagunes et les milieux saumâtres.
Alimentation : le lamantin est exclusivement herbivore, non ruminant. Il broute les herbes et plantes flottantes et
immergées telles que les plantules de palétuviers (Rhizophora), des jacinthes d'eau (Eichhornia crassipes), du
boulghour (Echinochloa pyramidalis) ou des graminées (Paspalum vaginatum) (Wikipédia 2006). Il n’est donc
pas en compétition alimentaire avec les hommes.
Reproduction : mature environs à 5-7 ans d’âge, la gestation dure environ 13 mois avec un bébé lamantin tous
les 2-3 ans. L’expérience de vie peut atteindre 60 ans.

Population : fortement menacée d’extinction dans tous les écosystèmes où il est présent au Bénin.

Problèmes et menaces : le braconnage (le principal prédateur est l’homme) ; la disparition ou la perte de
l’habitat ; la perturbation des habitats utilisés par les pêcheurs et le transport fluvial ; la pollution, l’ingestion de
crevettes par voies respiratoires ...

5.2.3 - Statut de conservation du lamantin


Le lamantin est repertorié comme «vulnérable» dans la Liste Rouge des animaux menacés de l’Union
Mondial de la Nature (UICN) et apparaît sur l’annexe II de la CITES (Convention sur le commerce international
des espèces menacées de la flore et de la faune). Une tentative récente de transférer le lamantin à l’annexe I n’a
pas aboutie à cause du manque d’informations sur son commerce (UICN, 1996).
Le lamantin d’Afrique a été classé ‘’Espèce intégralement protégée’’ dans toute son aire de répartition.
Les lamantins sont inscrits en Annexe I de la Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices
appartenant à la faune sauvage (CMS), Convention internationale à laquelle le Bénin a adhéré. La mise en
œuvre effective de ces conventions pour un développement durable reste limitée et parfois complexe en raison
de l’insuffisance fréquente de volonté politique adéquate de certains gouvernements, mais aussi en raison de la
quasi-inexistence d’une éducation environnementale sur la diversité biologique en direction des populations qui
vivent de ces ressources.

Intégralement protégé au Bénin par les règlementations modernes classiques en vigueur, le lamantin
d’Afrique bénéficie des réglementations traditionnelles qui font de lui un animal culturellement protégé.

En effet, le lamantin d’Afrique est considéré comme l’équivalent de l’homme à cause de son éthologie
(allaitement maternel, maternité, morphologie féminine) ; il mérite respect et considération de la part des
populations qui s’opposent ainsi la consommation de sa viande la considérant comme un totem.

Si cette culture semble avoir l’expression d’une conservation du lamantin dans le complexe ouest, il est
considéré comme animal gibier par une bonne partie de la population riveraine du complexe Est; les habitants de
certains villages sont réputés dans la chasse de cet animal aquatique et d’autres villages situés dans le couloir
de migration de l’animal sont réputés zone d’abattage.
Une tradition orale, des interprétations différentes, le mystère entretenu autour des relations qui lie
l’homme et le lamantin, rend cette culture difficile à restituer et à transmettre. Il reste l’impression d’une culture
en voie de disparition.

5.2.4 - Sites et couloirs de migration du lamantin


Au Bénin, le lamantin est signalé surtout en eau douce. Mais il est à noter qu’un lamantin a été tué en
1998 en mer côtière par les pêcheurs et sa peau est conservée au Musée des Sciences Naturelles à Cotonou.
Ce dernier aurait atteint la mer certainement par l’embouchure «Bouche du Roy». La présence d’un barrage de
granite au terminus du chenal de Cotonou rend pratiquement impossible les déplacements de cette espèce du
lac Nokoué vers le milieu marin. Cependant, aucune étude de dénombrement et de description de l’habitat de
lamantin dans les zones humides du Sud- Bénin n’a été réalisée (ABE 2002), sauf celle de Chikou et al. (2002),
et les travaux en cours de réalisation par Nature Tropicale ONG.

Dans les zones humides du Sud – Bénin, le lamantin de l’Afrique de l’Ouest est présent aussi bien dans
la Vallée de Ouémé que dans la Vallée du Mono. Les effectifs des populations se résument à quelques dizaines
d’individus seulement (ABE 2002, Chikou et al. 2002). Ces informations aujourd’hui disponibles restent encore à
confirmer.

Les sites de concentration ou gîtes du lamantin d’Afrique dans les deux (2) Vallées pendant la décrue
sont variés. Le tableau n°5 et la figure n°9 indiquent les lits du lamantin dans les communes du Sud – Bénin. Le
lamantin d’Afrique fréquente également pendant la crue (fin Août à Novembre) d’autres zones telles le lac
Nokoué et les lagunes environnantes puisque qu’un individu mort a déjà été retrouvé dans le chenal de Cotonou
(Chikou et al. 2002).
Tableau n°5 : Gîtes du lamantin d’Afrique dans les Complexes Est et Ouest

Communes Arrondissement/ Non du site


village

Aguégues Houédomè aguégué Goukon, Azogbogomè (Navêli)

Dangbo Késsounou Késsounou

Adjohoun Gangban Tokpli, Danko

Bonou Atchonssa Ouébossou


Damè Wongon Damè Wongon

Ouinhi Sagon Adamè

Zagnanado Dovi Zonmon

Porto-Novo Djassin Djassin Zounmè

Toffo Kpomè Kpomè

Grand-Popo Agoué, Nikouécondji


Grand-Popo Centre Hêvè

Ahiémé Dédékpoé Ahoho


Figure n° 9 : Gîtes et couloirs de migration du lamantin d’Afrique dans les zones
humides du Sud-Bénin
5.3 - Acquis de la «Graine Future» et l’opération «Arbres-vie » ou «Top trees»
Les végétaux, les animaux et les microorganismes contribuent au maintien de la vie sur la terre. Il est
connu de tous que l’homme est un maillon de cette chaine biologique qui peut se maintenir en harmonie sans
son intervention. Mais le contraire est impossible car la survie de l’homme dépend de ces ressources
biologiques.
De nos jours, le progrès de la science et de la technologie, l’explosion démographique puis
l’inconscience de certains hommes ont entrainé la destruction d’une frange importante de la diversité biologique.
Mais comment protéger le peu qui reste pour notre survi sur terre ?

Pendant plusieurs années les solutions politiques et juridiques à elles seules n’ont pas pu résoudre les
problèmes liés à la gestion durable de ces ressources. Ainsi une nouvelle approche associant les réalités socio-
culturelles à la protection et la sauvegarde de la biodiversité et de l’environnement a été développée dans
plusieurs parties du monde et aussi par le Réseau Africain pour la Biodiversité (African Biodiversity Network -
ABN) auquel participent plusieurs ONGs béninoises qui ont ont adhéré à cette approche.

Les différents projets et expériences de ce réseau ont permis aux membres béninois du Groupe
«Cultural Biodiversity» d’avoir une meilleure compréhension de la relation entre biodiversité et la culture,
d’élaborer une vision globale de la biodiversité culturelle, de travailler avec les jeunes leaders, les chefs
traditionnels et religieux, les élus locaux et les ONGs spécialisées dans la protection de la biodiversité et de
l’environnement.
En effet, se basant sur les expériences de «Umbewu» en Afrique du Sud et «Segni» en Ethiopie, la
partie béninoise a initiée la «Graine Future» et l’opération «Arbres-Vie» ou «Top Trees».

La mise en œuvre de ce concept dans le cadre de cette action se justifie par la nécessité impérieuse de
combler un grand vide crée par la non prise en compte de l’éducation environnementale dans le cursus scolaire
au Bénin. Aussi, la non transmission de savoirs endogènes au générations montantes fragilise et compromet
gravement le survie de certaines pratiques profitables pour la conservation et l’utilisation rationnelle et durable
des ressources biologiques au Bénin et dans la sous région.

5.3.1 - Graine Future


La ‘‘Graine Future’’ est un programme d’éducation environnementale par l’expérience. Ce concept consiste à
former des jeunes leaders pour la conservation de la nature en leur donnant une éducation basée sur les
connaissances endogènes des communautés locales dans la conservation et l’utilisation rationnelle des
ressources biologiques dans les zones humides du Sud- Bénin et aux alentours des aires protégées (forêts,
plans d’eau et sites sacrés).
L’opération ‘‘Graine Future’’ qui est à sa première édition au Bénin a permis de former environ une
centaine de jeunes leaders écologistes et d’éveiller la conscience environnementale des milliers d’autres sur les
liens entre la culture, les pratiques endogènes et la conservation de la diversité biologiques dans les zones
humides au Bénin.

La ‘‘Graine Future’’ est unique en son genre en matière d’éducation environnementale pour plusieurs
raisons. Elle permet de :
• faciliter les échanges d’expériences entre les jeunes leaders et les adultes dignitaires de la conservation
des ressources biologiques dans les aires protégées, forêts et plans d’eau sacrés ;
• favoriser les collaborations entre jeunes leaders de différents clubs environnementaux ;
• réussir le reboisement de nos villes et de nos campagnes par les jeunes ;
• donner une opportunité aux adultes de partager leurs expériences et confidences dans l’approche de
conservation des ressources biologiques.

La ‘‘Graine Future’’ se veut un programme qui inspire les générations actuelle et future pour rendre
fonctionnels les liens profonds entre la nature et les croyances culturelles.

Figure n° 10 : Sites d’intérêts et forêts sacrées dans les zones humides du Sud-Bénin
5.3.2 - Opération «Arbres – Vie» ou «Top Trees»
C’est un vaste programme de sensibilisation et d’éducation au niveau locale en vue de la revalorisation
des fonctions de l’arbre. Ce programme permet d’encourager et d’inciter chaque citoyen et surtout les jeunes à
planter, entretenir et à suivre des arbres (essences indigènes) dans leur environnement immédiat en vue d’une
prise de conscience collective sur l’importance des arbres et de lutter contre les effets nocifs des émissions de
dioxyde de carbone.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, la journée du 1er Juin est consacrée et célébrée au Bénin comme
«Journée de l’Arbre» (décret n°85-291 du 02/07/1985). Au cours de cette journée des milliers de plants divers
sont mis en terre par les autorités politiques, administratives et les communautés locales. Et après, les essences
sont laissées à elles-mêmes, sans aucun entretien. Les résultats sont alors très mitigés et à la limite très
décevant pour manque de suivi adéquat dans un pays côtier comme le Bénin qui est naturellement bien arrosé.

La nécessité impérieuse de planter et de suivre des arbres aussi bien en milieux urbains, périurbains
que ruraux n’est plus aujourd’hui à démonter ; vu leur importance dans la vie sur terre (Oussou Lio, 2006). En
effet les végétaux en général et les arbres en particulier :
• constituent le moyen le plus populaire de lutter contre la pollution atmosphérique ;
• aident à atténuer les effets du réchauffement du globe en "filtrant" les émissions de dioxyde de carbone ;
• purifient l'air que nous respirons en agissant comme les "poumons de la terre" ;
• apportent ombre et fraîcheur dans les quartiers résidentiels ;
• embellissent les centres urbains, les terrains vacants et les sites récréatifs;
• protègent les fermes et les bassins hydrographiques contre les dommages causés par le vent et
l'érosion du sol;
• créent des habitats pour la faune;
• entretiennent la faune (directement certains consommateurs primaires) ;
• fournissent de la matière organique ;
• permettent la fabrication des objets nécessitant du bois et procurent de revenus aux exploitants (bois
d’œuvre et de chauffe…)

Les résultats de ces opérations qui n’étaient qu’à leur phase d’expérimentation sont nombreux et
encourageants. Ces opérations ont besoin d’être appropriées par les autorités au niveau des Communes en vue
de la promotion de la conscience environnementale dans leurs milieux. Elles méritent d’être rééditées plusieurs
fois sur plusieurs années pour plus d’encrage et pour une promotion d’éco citoyenneté.
5.3.3 – Comités de sauvegarde de la biodiversité
Suite aux campagnes d’éducation, de diagnostic participatif et d’élévation de la conscience des
communautés locales, des autorités politiques et administratives et du grand public sur la conservation de la
nature, l’environnement et la biodiversité, des comités de sauvegarde de la biodiversité ont été installés dans
certains villages des zones humides du Sud- Bénin.

Les membres désignés de ces comités sont des Ecogardes. Il s’agit des bénévoles qui se sont
proposés pour soutenir les actions sur le terrain en vu de contribuer à la gestion rationnelle des ressources dans
leurs milieux.

Les actions futures devraient mettre l’accent sur la formalisation de ces entités décentralisées qui
pourraient être des bases solides pour la conservation des ressources par les communautés locales elles –
même.
VI - ORIENTATIONS STRATEGIQUES

6.1 – Objectifs de la stratégie


Les objectifs de cette stratégie et plan d’action découlent de l’orientation majeure formulée, dans le
document de Stratégie et Plan d’actions pour la conservation de la diversité biologique, et du plan de gestion
durable des zones humides du Sud – Bénin sous forme de vision :
«D’ici à l’an 2025 les collectivités territoriales décentralisées et l’Etat ont une conscience précise des
enjeux de la diversité biologique et la gèrent durablement pour soutenir le développement socio-
économique du Bénin.»

6.2 - Objectif global


Il ressort de cette vision un objectif aussi bien principal que global :
Promouvoir la conscience d’une gestion adaptative locale des ressources naturelles dans le respect des
pratiques endogènes locales et des principes de développement durable.

6.3 - Objectifs spécifiques


1- Restaurer et promouvoir les pratiques endogènes qui participent de la protection des ressources
biologiques dans les zones humides

2- Elever la conscience des communautés locales, des autorités politiques et administratives et du grand
public sur la conservation de la nature, l’environnement et la biodiversité dans les zones humides du
Sud- Bénin

3- Contribuer à la réduction de la pauvreté par la promotion d’activités d’intensification de la production


agricole et génératrices de bénéfices ou celles alternatives qui s’adaptent aux conditions des milieux
dans le respect de l’environnement et au profit des couches vulnérables

4- Sécuriser les principaux sites (lits) et couloirs de migration du lamantin d’Afrique au Bénin et dans la
sous région.

L’analyse des problèmes majeurs et des atouts permet de dégager les stratégies ci-après qui doivent
guider la mise en œuvre du futur cadre de gestion des ressources naturelles dans les zones humides du Sud –
Bénin et le contenu du plan d’action :
™ Privilégier la gestion intégrée par rapport à la gestion sectorielle
De nombreux problèmes mis en évidence trouvent leur origine dans les contradictions ou dans le
manque d’harmonisation et de coordination entre l’administration publique, les communautés riveraines à la base
et les autres acteurs tels que les ONG et le secteur privé.
La nouvelle forme de gestion des ressources naturelles, en privilégiant une approche intégrée, vise à favoriser
de manière significative l’intégration de la participation des communautés locales avec une attention particulière
à leurs activités traditionnelles telles que l’agriculture, la transformation des produits agricoles par les femmes, le
mini - élevage, la pêche et l’aquaculture etc.

™ Appuyer le processus de délégation des compétences des services techniques de


l’administration
La montée en puissance de nouveaux acteurs, les collectivités locales, les Organisations non
Gouvernementales ou autres acteurs privés doit être conduite de manière à éviter toute rupture dans les
diverses fonctions de gestion.

™ Renforcer les capacités opérationnelles des collectivités locales en matière de valorisation


des ressources naturelles dans une option de conservation et/ou de gestion rationnelle de
ces ressources

™ Réduire le gap entre la génération actuelle (jeunes) et celle des dignitaires de la tradition
(vieux) dans le domaine des connaissances endogènes de conservation des ressources
naturelles

™ Renforcer les actions de conservation de l’espèce aquatique phare des zones humides dont
la conservation fait intervenir aussi bien les techniques modernes que les connaissances
endogènes
Beaucoup de légendes et mythes caractérisent le lamantin d’Afrique. Des techniques modernes de
conservation et de valorisation s’appliquent au lamantin de Floride, une espèce voisine de celle d’Afrique de
l’Ouest qui est fortement menacées. Ces techniques peuvent aussi être adoptées au Bénin et dans la sous
région
VII - GRANDES ACTIONS STRATEGIQUES

7.1 - Recentrage des missions de l’administration publique décentralisée


Les missions de souveraineté de l’Etat s’entendent des missions d’intérêt général qu’aucune volonté
supérieure ne dicte à l’Etat et qu’aucune autre structure n’a ni la capacité ni la légitimité de remplir et qui doivent
être remplies pour engager la nation dans la voie du développement.
Aujourd’hui, le développement d’une action publique locale, les initiatives développées par des structures non
gouvernementales dans le domaine de l’environnement montrent que le rôle historique assumé par
l’administration publique doit être amélioré surtout à l’ère de la décentralisation.

7.2 - Mise en place des comités communaux de gestion participative (CCGP)


L’objectif affiché est d’établir la concertation de tous les acteurs comme une modalité concrète de
régulation publique et collective des actions de conservation, de valorisation des ressources et de
développement adaptatif des activités à revenus croissants et respectueux de l’environnement.
Une telle concertation permanente, structurée, productive et qui engage tous les acteurs doit pouvoir être
dynamique en matière de négociation, de créativité, de méthodologies de règlement des conflits, très proche de
la population et adaptative du point de vue composition.
Un arrêté communal pourrait être consacré à la mise en place du CCGP dont la composition peut varier d’une
commune à une autre et définie par l’arrêté.
Le CCGP est présidé par le Maire de la Commune qui peut déléguer son pouvoir au chef du service technique
concerné.

Le CCGP est donc une structure établie au niveau local pour une gestion concertée des ressources
naturelles ciblées impliquant l’administration locale, les communautés locales, la société civile dans ses
composantes diverses. Le CCGP est consulté sur les orientations de la politique communale (inspirée de la
politique nationale) en matière de gestion intégrée des ressources naturelles.
Les organisations non gouvernementales intervenant dans le domaine de l’environnement et de la
protection de la nature dans la Commune ont un rôle prépondérant à jouer entre les communautés locales et les
services techniques de l’administration décentralisée. En effet, les diverses méthodes participatives utilisées par
la plupart de ces organisations leur permettent d’assurer efficacement et de façon tacite certaines missions des
services techniques décentralisées auprès des populations.
7.3 - Définition de nouveaux espaces de gestion
Les nouveaux espaces de gestion sont des circonscriptions spécifiques et respectives des ressources
ciblées dotées d’outils et de moyen d’intervention.
Selon la ressource, la gestion peut être faite à l’échelle villageoise, de l’arrondissement, communale ou
intercommunale.
Le cas spécifique de la zone d’intervention de cette stratégie et plan d’actions et compte tenu du
caractère migratoire du lamantin d’Afrique dans les Vallées de l’Ouémé et du Mono nécessite une gestion
intercommunale. En dehors des comités villageois de sauvegarde de la biodiversité déjà installés dans les
villages riverains et prioritairement le long de couloir de migration du lamantin et des CCGP, la création de l’Eco-
Autorité de la Vallée de l’Ouémé et du Mono s’impose. C’est un organe à vocation qui regroupe les
Communes concernées par la conservation du lamantin d’Afrique et autres ressources associées. Ces
Communes peuvent être du même département ou non.

7.4 - Renforcement des capacités des ressources humaines des structures impliquées (ONG, Comités,
Clubs environnementaux,…)
Les activités menées par Nature Tropicale ONG et beaucoup d’autres acteurs sur le terrain méritent
d’être encouragées, renforcées et rééditées. Des organisations sœurs et les Institutions agissant pour les
mêmes causes ont besoin d’être soutenues dans leurs actions.
Le rayonnement des connaissances en matière de protection de la nature devient une des priorités pour
un pays qui aspire au développement socioéconomique et durable.

7.5 - Dimension sous régionale de la gestion


Le Bénin, à l’instar d’autres pays de la sous-région ouest africaine, abrite sur son territoire des zones
humides frontalières ou transfrontalières qui servent aussi bien d’habitat au lamantin d’Afrique et d’autres
espèces animales. C’est le cas du fleuve Mono, du fleuve Niger avec ses bras Mékrou, Alibori, Sota. On note
également la lagune de Porto-Novo qui continue sur Gbadagri au Nigeria. De cet aspect d’écosystème partagé
par différents pays, des actions de conservation sous-régionale devraient impliquer au Sud les pays comme le
Bénin, le Togo, le Nigeria d’une part et au Nord le Bénin, le Niger et le Nigeria d’autre part au Nord.
VIII - ACTIONS OPERATIONNELLES DE MISE EN OEUVRE
Dans la perspective de mettre en chantier toutes les innovations et les changements, il est prévu des
actions spécifiques qui constituent la trame de la reforme du cadre de gestion des ressources naturelles.
Toutefois, il est reconnu que l’appropriation d’un nouveau mode de gestion des ressources par les parties
prenantes est un processus de longue haleine. Donc la démarche se voudra progressive. Pour ce faire la mise
en œuvre de la stratégie est structurée en deux phases :

• une première phase d’une durée de trois (3) ans (2007-2009) dont le budget est connu ;
• une deuxième phase de consolidation de cinq (5) ans (2010-2014) dont le contenu exact et le budget ne
pourront être définis que vers le fin de la première phase sur la base des revues et de l’évaluation.

Les actions de la première phase sont structurées en domaines d’actions.


Au regard des objectifs, stratégies et orientations fixées en rapport avec les atouts en contraintes, huit
(8) domaines d’actions ont été retenus :
• Domaine d’actions n°1 : Environnement habillant
• Domaine d’actions n°2 : Système d’information sur les ressources
• Domaine d’actions n°3 : Cadre institutionnel et procédures
• Domaine d’actions n°4 : Recherche-développement
• Domaine d’actions n°5 : Ressources humaines
• Domaine d’actions n°6 : Information, éducation, sensibilisation, plaidoyer
• Domaine d’actions n°7 : Mesures d’urgence
• Domaine d’actions n°8 : Gestion transfrontalière

8.1 - Domaine d’actions n°1 : Environnement habillant


La mise en application des mesures et des outils de gestion exige que soit clairement défins les droits,
les devoirs, et les rôles de toutes les parties prenantes (Etat représenté par l’administration décentralisée,
collectivités locales, ONG, usagers) dans l’action d’ensemble visant à mieux connaître, mieux exploiter et mieux
préserver les écosystèmes dans les zones humides du Sud - Bénin.
Les ONGs doivent jouer essentiellement et de plus en plus un rôle de facilitation et les services
techniques le rôle de réglementation et de contrôle afin que les conditions propices soient réunies pour une mise
en œuvre concertée, consensuelle et efficiente des stratégies.

L’administration décentralisée devra en particulier mettre en place des conditions favorables au libre
exercice des droits et devoirs de chacun, selon des règles du jeu connues et acceptées par tous.
L’objectif essentiel des actions de ce premier domaine est donc de mettre en place sous l’impulsion de
l’Etat (l’administration décentralisée) mais en accord et en synergie avec toutes les parties prenantes, un
environnement réglementaire et financier propice à une bonne application des principes d’une gestion intégrée.

8.2 - Domaine d’actions n°2 : Système d’information sur les ressources


La connaissance et le suivi des ressources naturelles, de usages, des demandes et des risques liés à
l’exploitation sont des éléments de base indispensables pour assurer une bonne gestion de ces ressources.
Cette fonction de connaissance et de suivi se développe en plusieurs étapes qui sont la collecte des
données de base, leur traitement et la diffusion des informations obtenues sur la situation à des moments
donnés.
Il est apparu fondamental de prévoir une série d’actions pour développer le suivi et mieux exploiter le
données de base.
Des réseaux de suivi devront être mis en place en fonction des besoins d’information afin de maximiser
l’efficacité.

8.3 - Domaine d’actions n°3 : Cadre institutionnel et procédures


Il existe déjà à l’échelle locale des règlementations traditionnelles qui sont pour la plupart observées
dans la rigueur cultuelle et culturelle. La législation et les réglementations classiques et modernes ont fait leur
preuve mais aussi elles présentent leurs limites. Un cadre de synergie de toutes ces réglementations rendra plus
harmonieuse leur mise en application.
Les actions de ce domaine aboutiront à l’élaboration des Conventions locales de gestion adaptive
selon la ou les ressource(s) et selon les localités. Selon les spécificités de chaque collectivité et l’écosystème
associé, la convention locale devra s’adapter à l’échelle pour laquelle elle est voulue et conçue.
Le cadre institutionnel est tracé dans la convention locale et doit impliquer les services techniques
décentralisés, les ONGs oeuvrant dans le domaine concerné, les communautés à la base et autres acteurs jugés
importants.

8.4 - Domaine d’actions n°4 : Recherche-développement


Il faut enrichir les connaissances fondamentales sur les usages des ressources pour améliorer
l’exploitation des données collectées dans le cadre du domaine d’actions n°2.
Certaines connaissances scientifiques et techniques sont jugées actuellement insuffisantes voire inexistantes
pour pouvoir exploiter au mieux les données concernant les ressources ou pour prendre des décisions
pertinentes. Ce domaine d’actions correspond donc à un besoin de connaissances complémentaires pour
donner au cadre de gestion toute son efficacité.
Il s’agit, en collaboration avec les partenaires compétents concernés, de concentrer les efforts d’études
et de recherches sur des thèmes intéressant directement les gestionnaires des ressources. Les résultats
attendus permettront de faciliter d’abord les analyses et ensuite la prise de décision.
L’évaluation quantitative et qualitative des divers usages faits des ressources et de leurs impacts est à
titre d’exemple une des actions de ce domaine.
Ce domaine a l’avantage d’autoévaluation et/ou de remise en cause pour une meilleure orientation.

8.5 - Domaine d’actions n°5 : Ressources humaines


Il s’agira de pallier les insuffisances en matière de personnel qualifié dans la gestion des ressources
naturelles. Le renforcement des capacités des personnels des structures et organisations chargées de la mise
en œuvre des stratégies de gestion intégrée des ressources est un point capital dans cette rubrique.
La formation des responsables locaux au plus bas niveau doit constituer une priorité. De la même façon
la formation des formateurs est considérée à plus d’un titre.
Il faut remarquer la pertinence des outils de travail, des équipements et personnes ressources
nécessaires au bon déroulement des différentes formations en particulier et l’application des stratégies en
général.

8.6 - Domaine d’actions n°6 : Information, éducation, sensibilisation, plaidoyer


L’atteinte des objectifs fixés repose sur l’adhésion et la participation de tous les acteurs et la durabilité
des acquis repose sur son appropriation par ces mêmes acteurs. Les actions de ce domaine visent la plus large
information et participation de grand public, de la société civile et des décideurs politiques.
L’amélioration des techniques de communication, l’équipement pour l’éducation environnementale
constituent des actions indispensables.
Les autorités politico-administratives ignorent pour la plupart des réalités de terrains. Des actions
d’information et de plaidoyer permettront de les mettre au même niveau de compréhension et de leur faire vivre
les réalités de terrain.
Les opérations «Graine Future» et «Arbres - Vie» méritent des rééditions ; lesquelles devront couvrir une
grande partie du territoire national. L’amélioration de ces opérations en diminuant les restrictions sera favorable à
l’information, l’éducation et la sensibilisation. En effet, ces opérations contiennent en elles la technique de
formation par relaie et/ ou formation en radiation. Les médias de proximité doivent être intimement associés.
8.7 - Domaine d’actions n°7 : Mesures d’urgence
L’état des lieux a permis d’identifier un certain nombre de situations particulièrement préoccupantes et
spécifiques aux ressources et à l’environnement des zones humides.

Lors de la réalisation du diagnostic spécifique participatif et l’enquête sociale, un accent particulier a été
mis sur l’identification des ressources spécifiques de l'écosystème naturel du milieu, leur statut, les usages qu’en
font les populations et surtout les femmes, les problèmes qui y sont liés et les pratiques locales pour leur
utilisation durable.

De l’analyse des résultats il est urgent d’engager avec la collaboration des communautés locales des
activités pilotes génératrices de bénéfices et des activités alternatives qui s’adapteront aux conditions des
milieux. Ces actions pilotes permettront de fidéliser les communautés, d’obtenir leurs adhésions et de contribuer
à la création de richesse dans les milieux voire de réduire un temps soit peu la pauvreté. Mais un accent
particulier doit être mis sur la diminution des pesanteurs sociologiques dans les milieux, des facteurs qui
compromettent dangereusement les actions de développement. Il s’agira d’amener les communautés rurales à
comprendre que la pauvreté n’est ni villageoise ni une fatalité et des solutions endogènes basées sur la gestion
rationnelle des ressources du milieu existent.

Au profit des couches défavorisées telle que les femmes, les jeunes déscolarisés, un accent est mis la
formation, la promotion des productions et transformation des produits agricoles et plantes alimentaires en voie
de disparition; la promotion du mini –élevage et le petit commerce.

La valorisation des sources thermales d’eau (cas de Hêtin), la fourniture de l’eau potable aux
populations riveraines, les constructions d’infrastructures socio – communautaires, les équipements scolaires, de
santé et les infrastructures routières constituent déjà des préoccupations du gouvernement et des collectivités
décentralisées. Le plaidoyer en direction des autorités politico-administratives pour la concrétisation et la
réalisation de ces actions devra être une des priorités.

8.8 - Domaine d’actions n°8 : Gestion transfrontalière


Le cas spécifique de la conservation du lamantin d’Afrique dans les zones humides transfrontalières
retient l’attention des acteurs de la protection de cette espèce. Le constat est ceci : le lamantin est un sacré dans
le complexe ouest (Vallée du Mono, du Couffo, lagunes côtière) ; par contre, il est sévèrement massacré par les
populations du pays voisin qu’est le Togo. Pour ce faire, il est envisagé des actions de conservation à travers les
frontières. Ces actions vont prendre alors la dimension sous-régionale, d’autres pays frontaliers au Bénin comme
le Niger, le Nigeria étant aussi concernés.
Un braconnier au Togo avec des trophées de lamantin
f

Trophée de lamantin d’Afrique et engins de chasse dans les


zones humides de l’Ouémé
Tableau n°6 : Cadre logique
Objectifs stratégiques Actions opérationnelles Projets/programmes Indicateurs objectivement Moyens de vérification Hypothèses ou
Prioritaires/activités vérifiables (IOV) suppositions
Restaurer et promouvoir les Actions n°1 : Environnement Ateliers thématiques Rapports des différents Rapports élaborés et Chaque acteur connaît
d’échanges sur les ses droits et devoirs
pratiques endogènes qui habillant ateliers. disponibles
responsabilités des Manque d’adhésion des
participent de la protection différents acteurs de la Diminution des violations acteurs
gestion intégrée des
des ressources biologiques des interdits
ressources naturelles dans
dans les zones humides les zones humides

Action n°2 : Système Projet de création et de Existence de base de Rapports d’activités et Manque de
d’information sur les ressources gestion d’un système données (cartes sur les rapport financiers collaboration non accès
d’information sur les ressources : faune, flore, aux données
ressources des zones autres)
humides du Sud- Bénin Inventaire des ressources
naturelles
Action n°3 : Cadre institutionnel Projet de création de cadre Continuité et durabilité des Conventions locales Oppositions des entre
et procédures institutionnel pour une actions entreprises élaborées et signées par les les acteurs
gestion participative des différentes parties Manque d’adhésion des
ressources des zones différents acteurs
humides (élaboration des
conventions locales)
Sécuriser les principaux sites Actions n°4 : Recherche- - Inventaire des ressources - Textes de réglementations Rapports La non adhésion des
(lits) et couloirs de migration développement biologiques dans le couloir -Résultats de recherche dignitaires locaux et la
du lamantin d’Afrique au de migration du lamantin au non disponibilités des
Bénin et dans la sous région Sud-Bénin et leur ressources
classement par degré de
vulnérabilité en vue
d’actualisation des différents
textes de lois pour leur
protection.
-Approfondissement des
connaissances sur le
lamantin d’Afrique et son
habitat dans les zones
humides du Sud-Bénin
- Répertoire des
considérations éthono –
traditionnelles liées à la
conservation et l’utilisation
des ressources naturelles
des zones humides
Actions n°5 : Ressources Projet de renforcement de Disponibilité des spécialistes Présence effective des Manque d’adhésion des
humaines capacités des acteurs en gestion de des acteurs sur le terrain autorités communales
spécialisés des communes ressources et des Rapports d’activités et de l’administration
concernées dans le techniciens en Aquaculture Disponibilités de la publique
domaine de la gestion des dans toutes les Communes cartographie sur les
ressources et de la nature concernées ressources, forêts et sites
-Renforcement des sacrés.
capacités des communautés Les communautés locales
locales pour une gestion sont capables de faire le
rationnelle de leurs lobbying et de défendre
ressources (Eco-mapping) leurs ressources
Elever la conscience des Actions n°6 : Information, - Projet de promotion de Le public et les acteurs Disponibilité des rapports et La bonne collaboration
communautés locales, des éducation, sensibilisation, l’éducation impliqués supports des acteurs
autorités politiques et plaidoyer environnementale Banques des données
administratives et du grand Supports audiovisuels Meilleures pratiques
public sur la conservation de -Projet de promotion de la Rapports endogènes valorisées
la nature, l’environnement et transmission des
la biodiversité dans les connaissances endogènes
zones humides du Sud- dans le respect de la culture
Bénin traditionnelle béninoise

- Projet de production et de
diffusions d’émissions
radios et de documentaires
télévisuels des ressources
naturelles des zones
humides.
- Salon pour la promotion
des ressources des zones
humides des connaissances
endogènes de conservation
Contribuer à la réduction de Actions n°7 : Mesures d’urgence Projet d’appui à Diminution des pesanteurs Augmentation des revenus Adhésion des
la pauvreté par la promotion l’autosuffisance alimentaire sociologique qui dans les foyers Relèvement communautés et
d’activités d’intensification de (diminution des pesanteurs maintiennent les du niveau de vie des application des
la production agricole et sociologiques pour sortir de communautés dans la populations formations reçues
génératrices de bénéfices ou la pauvreté) pauvreté
celles alternatives qui
s’adaptent aux conditions Projet de formation et Réduction de la pauvreté,
des milieux dans le respect d’appuis aux communautés Populations formées
de l’environnement et au locales et surtout les
profit des couches femmes dans la réalisation Diminution de l’exode rural
vulnérables des activités génératrices de
bénéfices (pisciculture, mini
élevage, maraîchage,
riziculture)

- Projet de promotion de
l’écotourisme dans les
zones humides du sud-
Bénin et de valorisation des
forêt s et sites sacrés
Actions n°8 : Gestion Projet de cogestion des Existence d’une instance de Instance mise en place avec Non collaboration des
transfrontalière ressources naturelles dans coordination de la gestion tous les acteurs populations riveraines
le bassin du Mono et dans des ressources naturelles Rapports élaborés
la lagune de Porto-Novo – dans les eaux frontalières du
Gbadagri) Sud- Bénin
Tableau n° 7 : Plan d’Actions
Actions opérationnelles Projets/programmes Indicateurs objectivement Période d’exécution Structures Partenaires potentiels Coût
Prioritaires/activités vérifiables (IOV) An1 An2 An3 impliques

Actions n°1 : Environnement Ateliers thématiques Rapports des différents X X X Mairies, Etat, IUCN, autres 58 000
habillant d’échanges sur les ateliers administration bailleurs de fonds 000
responsabilités des forestière,
différents acteurs de la Diminution des violations ONGs
gestion intégrée des des interdits.
ressources naturelles.
Action n°2 : Système Projet de création et de - Existence de carte de X X X CENATEL, L’Etat, IUCN d’autres 203 000
d’information sur les ressources gestion d’un système végétation ONGs autorités bailleurs de fond 000
d’information sur les - Inventaire des ressources locales
ressources des zones naturelles
humides du Sud- Bénin
Action n°3 : Cadre institutionnel Projet de création de cadre Continuité et durabilité des X X X Mairies, L’Etat, IUCN d’autres 250 000
et procédures institutionnel pour une actions entreprises administration bailleurs de fond 000
gestion participative des forestière,
ressources des zones ONGs
humides (élaboration des
conventions locales)
Actions n°4 : Recherche- - Inventaire des ressources - Résultats de recherche X X Université, Etat, BAB, Ambassades 100 000
développement biologiques dans le couloir - Textes de lois MAEP, MEPS, 000
de migration du Lamantin au MTA, MEPN,
Sud-Bénin et leur Elus locaux,
classement par degré de ONGs,
vulnérabilité en vue des
différents textes de lois pour
leur protection.
- Eco- étholologie du
lamantin.
- Capitalisation des études
déjà faites sur les
ressources des zones
humides
Actions n°5 : Ressources Projet de renforcement des Disponibilité des techniciens X X MAEP, MEPS, IUCN, BAD, AUTRES 75 000
humaines communes concernées en pêche dans toutes les MTA, MEPN, BANQUES 000
dans le domaine de la faune communes concernées Elus locaux,
et de la flore. ONGs
Actions n°6 : Information, Actions n°6 : Information, - Projet de réalisation des X X X MEPS, MTA, IUCN, BAD, AUTRES 400 000
éducation, sensibilisation, éducation, sensibilisation, émissions radios télévisés MEPN, Elus BANQUES 000
plaidoyer plaidoyer sur la gestion des locaux, ONGs
ressources naturelles des
zones humides.
- Projet de promotion de
l’écotourisme dans les
zones humides du sud bénin
- Projet de promotion de
l’éducation
environnementale
Semaines des
connaissances endogènes
de conservation
Actions n°7 : Mesures d’urgence Projet de formation des Diminution de l’exode rural, X X X MEPN MEPN 720 000
populations concernées (Direction de la MAEP 000
dans la réalisation des Réduction des pesanteurs Protection de la COMMUNES
activités génératrices de sociologiques Nature, IUCN
bénéfices (pisciculture, mini Direction des COOPERATIVE BELGE
élevage, maraîchage, Réduction de la pauvreté forêts et BOAD
riziculture). ressources AMBASSADES
naturelles)
Projet d’octroi de micro Direction des
crédit aux personnes pour la pêches,
mise en œuvre des Direction de
formations reçues. l’élevage,
ONGs
Actions n°8 : Gestion Projet de cogestion des Existence d’une structure de X X X ONGs MEPN 300 000
transfrontalière ressources naturelles dans gestion des ressources Administrations MAEP 000
le bassin du Mono (le Bénin naturelles dans le bassin du locales COMMUNES
et le Togo) mono Direction de la IUCN
Protection de la COOPERATIVE BELGE
Nature, BOAD
Direction des AMBASSADES
pêches
IX – SYNTHESE DES COUT DE MISE EN ŒUVRE
Le coût de la première phase d’une durée de trois ans (2007 à 2009) est évalué à DEUX MILLIARD CENT-SIX
MILLIONS DE FRANCS (2 106 000 000 F) CFA. Le tableau suivant donne le détail des coûts par domaine
d’actions.
Le financement sera assuré par les différents partenaires intervenant dans les zones humides du Sud-Bénin et
aussi par la mise en œuvre des Plans de Développement Communaux (PDC) de la zone intéressée.

Tableau n°8 : Synthèse des coûts de mise en œuvre du plan d’action

n° Domaines Budget (en F CFA)


1 Environnement habillant 58 000 000
2 Système d’information sur les ressources 203 000 000
3 Cadre institutionnel et procédures 250 000 000
4 Recherche-développement 100 000 000
5 Ressources humaines 75 000 000
6 Information, éducation, sensibilisation, plaidoyer 400 000 000
7 Mesures d’urgence 720 000 000
8 Gestion transfrontalière 300 000 000
Enveloppe budgétaire globale 2 106 000 000
X – MODALITES DE MISE EN ŒUVRE
10.1 – Modalités d’interventions pour la synergie
La mise oeuvre de la stratégie doit se faire de façon souple et dans une logique d’expérimentation et de
recherche-action. C’est une approche d’apprentissage qui va s’adapter et s’enrichit au fur et mesure que des
résultats sont atteints. Elle doit se faire sous forme de projets pilotes pouvant permettre la valorisation et la
promotion des activités génératrices de bénéfices dans les zones humides du Sud -Bénin, et accompagnée
d’activités de recherche-développement d’un programme de suivi des impacts et des activités de communication
des résultats aux populations et acteurs principaux.

10.2 – Pérénisation et durabilité des acquis


L’ administration décentralisée devra créer les conditions favorables à l’investissement des particuliers
aussi bien locaux qu’étrangers. Et pour une synergie cohérente des actions, toutes structures internes ou
externes désireuses de mener à bien une action dans ces zones humides devra solliciter un agrément des
autorités locales.
Il pourrait être envisagé au niveau de chaque Commune un Comité ad’hoc qui se chargerait d’apprécier
la pertinence des actions à engager conformément aux plans de developpement.
Ce Comité peut être composé entre autre, d’un élu local, d’un agent administratif de la Commune, d’un
dignitaire ou leader local, d’un représentant des ONGs active dans la Commune et d’un réprésentant des forces
de la sécurité publique (Gendamérie, Police).

Pour assurer le fonctionnement de la collectivité et exécuter le plan de développement communal, les


communes doivent mobiliser des ressources financières locales. Le volume à mobiliser est fonction des
ambitions de développement de la commune, des procédures de contrepartie concernant les investissements,
des subventions disponibles, et de la capacité et de la volonté des populations communales de participer par le
paiement des taxes et impôts ou de contributions occasionnelles. En plus, quelques communes peuvent avoir
accès à des ressources additionnelles par le biais des projets locaux des ONGs ou d’autres bailleurs des fonds,
de leurs ressortissants résidant en ville ou à l’extérieur du pays. Sur l’initiative des autorités et avec le
consentement des populations communales, des ressources additionnelles peuvent être décidées pour soutenir,
dans le respect de la loi, les plans de développement communal. Les lois réglementent la nature et le taux des
taxes et impôts (Nassirou Bako-Arifari, et al. 2004).

Dans les zones humides, la capacité de payer les taxes et impôts de la population, qui tire la plupart de
ses revenus de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, etc., repose sur les ressources naturelles. Celles-ci
peuvent aussi alimenter directement les fonds communaux par le biais, par exemple, des bénéfices tirés des
marchés ruraux de bois, de la taxe sur la production agricole , des taxes liées aux marchés locaux des produits
agricoles, des taxes sur les domaines ou l’affectation de concessions d’exploitation des ressources naturelles. Il
est aussi possible que la commune demande une contribution pour l’utilisation des points d’eaux, surtout quand
elle a investi dans leur aménagement et entretien. Le défi est de mobiliser équitablement les ressources au
niveau local sans affaiblir l’économie locale et la durabilité, en particulier quand il s’agit des ressources
naturelles.

10.3 – Partenaires dans la mise en œuvre


Tableau n°9 : Partenaires dans la mise en œuvre
Thèmes ou domaines Partenaires potentiels de mise en œuvre (actuels et futures)
d’actions
Cadre juridique et institutionnel Mairie, MEPN, MAEP, ONG, Comités de sauvegarde, CCGP
Communication et éducation ONGs, Mairie, MEPS, MEPN
environnementale
Aires protégées (forêts et sites Dignitaires religieux, CCGP, CENAGREF, MEPN, MAEP, ONGs
sacrés)
Ressources fauniques Institutions de recherche, Universités, MEPN, MAEP, ONGs
(aquatiques, terrestres)
Ressources marines et côtières Institutions de recherche, Universités, MEPN, MAEP, ONGs
Ressouces floristiques (ligneuses Institutions de recherche, Universités, MEPN, MAEP, ONGs
et non ligneuses)
Ressources énergétiques Institutions de recherche, Universités, MME, MEPN, MAEP, ONGs
Sources de financement MEPN, MEPS, MAEP, ONGs, IUCN, BAD, BOAD, FNE, PNUD, GTZ, FEM,
UE, Ambassades, Institutions Internationales
10.4 - Suivi et évaluation
10.4.1 - Généralités
La gestion rationnelle des ressources biologiques des zones humides impose une synergie des actions
entre les différents acteurs. Le suivi et l’évaluation des activités doivent être systématiques. Ceci permettra de
tirer les leçons et de faire les ajustements si nécessaires.

10.4.2 - Objectif
L’objectif est de mesurer les écarts par rapport aux prévisions, d’identifier rapidement les problèmes, les
analyses et de proposer des mesures correctives nécessaires.

10.4.3 – Procédures du suivi et évaluation


Le suivi et l’évaluation seront à la fois interne et externe. Ils constitueront un des moyens de gestion des
activités contenues dans ce plan. Chaque projet devra avoir son système ou procédure de contrôle, intégrant les
informations concernant la participation des communautés à la base, la réalisation physique des activités sur le
terrain, le personnel du projet, la gestion du budget, les données techniques et administratives. Les décisions et
recommandations devraient être exprimées clairement pour permettre leur mise en œuvre et leur évaluation.

10.4.4 - Audit
Chaque projet devra subir un audit chaque année. Les rapports financiers annuels de chaque projet
seront contrôlés par des cabinets d’audit indépendant. Il produira un rapport d’audit et certifiera les comptes
financiers.

10.4. 5 - Evaluation finale


En plus des rapports périodiques et de l’évaluation à mi-parcours, chaque projet produira un rapport
exhaustif sur ses réalisations afin de faciliter les échanges d’expériences entre tous les acteurs.
CONCLUSION
La première phase d’une durée de trois ans pour la mise en œuvre des grandes actions stratégiques à
travers des actions opérationnelles pour l’atteinte des objectifs fixés connaîtra une réussite dans l’appropriation
des différentes activités regroupés sous divers projets par les différents acteurs impliqués dans
l’opérationnalisation de la stratégie participative de conservation. Un plan d’action pour la gestion rationnelle et
communautaire des ressources biologiques et des écosystèmes des sites d’intervention du programme de
sauvegarde du lamantin d’Afrique dans les zones humides du Sud- Bénin se veut réellement participatif avec
l’implication des autorités politico- administratives concernées et les communautés locales à la base.
Il importe de rappeler que le comportement des populations vis-à-vis du lamantin d’Afrique (Trichechus
senegalensis) varie du complexe Est au complexe Ouest. Il est plus braconné par les populations dans le
complexe Est que dans le complexe Ouest.

Dans le cadre de ce programme de réhabilitation et de gestion des ressources dans les couloirs de
migration du lamantin d’Afrique dans les zones humides du Sud-Bénin les communautés riveraines des sites
d’intérêts y compris les couches vulnérables (femmes et jeunes) souhaitent vivement et de toute urgence sur des
actions afin de garantir la sécurité alimentaire et devant contribuer à la lutte pour la réduction de la pauvreté. Il
s’agit entre autres :
• d’être appuyées pour des activités génératrices de bénéfices en commençant par leur formation en
aquaculture, en élevage de petites espèces animales à cycle court, en pépinière, en riziculture, en
gestion des finances ;
• de bénéficier des crédits à des taux assez bas pour faire le commerce, l’agriculture, la pêche, l’élevage ;
• un suivi régulier des groupements dans la mise en œuvre des activités ;
• le développement du transport fluvial pour l’écoulement des produits agricoles ;
• le développement et la promotion dans les localités d’une filière spécialisée sur l’Eco tourisme dans les
zones humides orienté sur l’aspect pittoresque des milieux naturels, de la culture, de la tradition, des
sites et forêts sacrés, les pratiques endogènes de conservation, l’agriculture, les communautés locales
et la mise en place d’une unité d’éducation et d’observation du lamantin d’Afrique dans les zones
humides du Sud – Bénin.

La concrétisation des actions prévues dans ce Plan d’Actions Stratégique nécessite la contribution de
tous les acteurs actuels et potentiels qui s’intéressent à la conservation et la gestion durable des ressources
biologiques et des écosystèmes aquatiques en général et des sites et des couloirs de migration du lamantin
d’Afrique dans les zones humides du Sud- Bénin.

La franche collaboration entre les communautés locales, les ONG, les Communes et Municipalités,
l’Administration publique du Bénin et de la sous région, la communauté internationale, les divers donateurs, et
autres intervenants du secteur permettra certainement de contribuer à la sauvegarde des zones humides tout en
jugulant un temps soit peu les problèmes de précarités des populations riveraines et qui menacent gravement les
écosystèmes et les ressources biologiques
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
AHO N., AHLONSOU E., AGBAHUNGBA G., 2006. Options prioritaires d’adaptation aux changements climatiques et profils des projets
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ANNEXES
Annexe n°1 : Données démographiques
Tableau 10: Quelques caractéristiques des populations des localités ciblées d’après le RGPH3
EFFECTIF DE
DEPARTEMEN COMMUN ARRON- VILLAGES NOMBRE DE TAILLE DE
LA FEMMES HOMMES
TS ES DISSEMENT ENQUETES MENAGE MENAGE
POPULATION
Zangnanado
Zou Ouinhi adamè 484 2 039 1 035 1 004 4,2
Sagon
Dolivi 521 2 227 1 080 1 147 4,3
Ouémé Atchonsa Atchavita Dogbahè 290 1 355 645 710 4,7
Bonou Bonou Ouébossou 331 1 860 887 973 5,6
Dame wogon Dame wogon 161 890 418 472 5,5
Adjohoun Kodé Kodé akpo 233 1 228 612 616 5,3
Akpadanou Hlankpan
Togbota agué 264 1 319 633 686 5,0
Togbota
Togbota houdjra 309 1 470 724 746 4,8
Démé Fanvi 152 664 297 367 4,4
Adjohoun Lokossa 73 259 139 120 3,5
Gangban Gogbo 500 2 373 1 185 1 188 4,7
Lowé 47 236 123 113 5,0
Ahouandjananfon 169 772 389 383 4,6
Agonlin 326 1 352 680 672 4,1
Dannou 560 2 485 1 239 1 246 4,4
Kessounou
Kessounou 348 1 457 738 719 4,2
Dangbo kodonou
Hozin Hozin 401 1 685 789 896 4,2
Houedomey Akodji 40 253 113 140 6,3
Zoungamè Kindji 248 1 254 628 626 5,1
Aguégués
Gbodjè 106 429 216 213 4,0
Avagbodji
Bembè 1 319 1 267 626 641 4,0
Goho 270 1 190 598 592 4,4
Sèmè-
Aholouyémè Tori agonsa 480 1 941 966 975 4,0
Kpodji
kétonou 964 4 265 2 123 2 142 4,4
Agouè nikouécondji 90 440 217 223 4,9
Grand
Onkuihoué 391 1 416 780 636 3,6
popo Grand popo
Mono Hêvè 307 1 204 609 595 3,9
Ahoho 266 1 170 581 589 4,4
Athiémé Dédékpoé
Dédékpoé
Dogbo Dévé Dévé
Couffo
Djacotomé Kpoba Nakidahoé 126 729 334 395 5,8
6ème 299 1 171 594 577 3.9
Littoral Cotonou Vossa
Arrondis.

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