Les Moteurs Pas-À-Pas
Les Moteurs Pas-À-Pas
VASSART
Electronique industrielle – Bachelier en électromécanique – Bloc 3
1. Introduction.
1.1. Définitions.
Un moteur pas-à-pas est une machine tournante dont le rotor effectue un déplacement
élémentaire appelé « pas » quand une commutation de courant est effectuée dans un ou
plusieurs enroulements statoriques.
360°
Np = (1)
α
1.2. Symbole.
Fig 1
1.3. Avantages.
• De plus, les moteurs pas-à-pas sont bien adaptés à une commande à partir d’un
signal numérique.
• Enfin, ils constituent une solution simple et bon marché pour des commandes de
position.
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1.4. Inconvénients.
1.5. Utilisation.
• En robotique
2. Réalisations.
2.1. Moteur à aimants permanents.
2.1.1. Principe.
En l’absence de courant statorique, le rotor se trouve dans une position d’équilibre telle
que ses pôles sont en face de 2 plots du stator. Pour déplacer le rotor, il faut donc
exercer un couple appelé « couple de détente », ce qui peut être un avantage (maintien
de la position) ou un inconvénient (opposition à la mise en mouvement).
2.1.2. Séquences.
Considérons d’abord un moteur simplifié dont le stator possède 4 pôles saillants portant
chacun une bobine (Fig 2). Les 4 bobines ont un point commun relié à la masse.
Supposons que le rotor porte un repère aligné sur son pôle sud et que l’on mesure la
position angulaire θ de ce repère sur un cercle trigonométrique (Fig 3).
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Fig 3
Fig 2
I1 I2 I3 I4 Θ (°)
I 0 0 0 0
0 I 0 0 90
0 0 I 0 180
0 0 0 I 270
Il existe donc 4 positions d’équilibre alignées sur les axes des bobines. Le pas est égal à
90°.
Cette façon de travailler n’est pas intéressante car seul un quart du cuivre est exploité si
bien que le couple moteur n’est pas très grand.
Fig 4
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I1 I2 Θ (°)
I 0 0
0 I 90
-I 0 180
0 -I 270
Une rotation continue est obtenue si on applique les courants périodiques suivants :
Fig 5
On peut aussi alimenter les 2 bobines simultanément. Les positions d’équilibre sont alors
alignées sur les bissectrices des angles formés par les axes des bobines.
I1 I2 Θ (°)
I I 45
-I I 135
-I -I 225
I -I 315
En supposant que le circuit magnétique est linéaire, on peut dire que le champ
magnétique produit par le stator est √2 fois plus grand, donc le couple moteur aussi.
Le chronogramme des courants qui provoquent une rotation continue est à faire comme
exercice.
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Dans le moteur simplifié choisi comme exemple, si on exploite les 2 types de positions
d’équilibre, on obtient 8 pas par tour. Il suffit pour cela d’alimenter successivement une
phase, puis 2, puis 1, etc…
I1 I2 Θ (°)
I 0 0
I I 45
0 I 90
-I I 135
-I 0 180
-I -I 225
0 -I 270
I -I 315
Pour garantir une induction constante, on alimente le moteur avec 2 niveaux de courant :
√2I quand une seule phase est alimentée et I quand 2 phases sont alimentées.
Par exemple, avec 0.4I et I, on atteint 16 pas par tour, mais le pas angulaire n’est pas
constant. En effet, les positions sont 0°, 21.8°, 45°, etc… De plus, l’induction résultante
n’est pas constante : B, 1.08 B, 1.41 B, etc…
Fig 6 [1]
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Une variante simple avec 3 niveaux de courant I/3, 2I/3 et I fournit aussi 16 pas par
tour. Ici, l’induction résultante vaut soit B, soit 1.05 B ou 0.94 B. Le couple moteur est
moins irrégulier, mais pas les angles : 0°, 18.4°, 45°, etc…
Cette solution est implantée dans le circuit intégré UDN2916. Les 3 niveaux de courant
sont obtenus grâce à un ingénieux pont diviseur.
Fig 7 [1]
kπ
I1 = I cos (2)
2N
kπ
I 2 = I sin (3)
2N
180° 90°
Le pas est donc α= = (4)
2N N
Le circuit de commande étant plus compliqué, il coûte plus cher. Des circuits intégrés
dédicacés sont disponibles (par exemple : A4988 du fabricant Allegro).
La Fig 8 [4] montre l’évolution des courants en mode « quart de pas ». On vérifie
facilement que le rotor tourne de 22.5° à chaque pas.
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Fig 8 [4]
2.1.4. Technologie.
Le stator est à pôles saillants. Il est feuilleté afin de diminuer les pertes par courants de
Foucault (en effet, il est soumis à un flux variable).
Le rotor est soit un circuit feuilleté sur lequel on colle des aimants, soit un aimant
cylindrique.
• Utiliser des aimants multipolaires au rotor, mais il est difficile de garantir une
aimantation constante.
La limite pour les moteurs « standards » est de 48 pas par tour, mais on trouve des
versions spéciales.
Le rotor est une couronne aimantée avec des pôles alternés. Le stator ne comprend
que 2 phases qui sont des simples solénoïdes munis de griffes pour générer des pôles
alternés.
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b) Dans les moteurs ESCAP (Fig 10 [1]), le rotor est un disque et l’aimantation est
radiale (et non plus axiale). Des aimants en terres rares sont nécessaires.
Le disque rotorique est inséré entre les 2 demi-stators. On atteint 200 pas par tour et
le moment d’inertie est très faible.
2.1.5. Connexions.
Fig 11 [2]
Fig 12 [2]
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Les moteurs à 8 fils peuvent être alimentés de façon unipolaire ou bipolaire. Dans ce
dernier mode, 2 variantes existent (enroulements en série ou en parallèle).
Fig 13 [2]
• un prix avantageux,
• à alimentation unipolaire dans lesquels les enroulements sont des bobines ayant
une borne à la masse,
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2.2.1. Principe.
• Le stator possède des plots sur lesquels sont enroulées des bobines. Il comporte
au moins 3 phases.
2 dents du rotor se placent dans l’axe des bobines alimentées, ceci afin de minimiser la
réluctance du trajet des lignes de champ magnétique.
A chaque commutation de courant, les dents les plus proches des plots alimentés se
placent entre eux. Notons que le sens de circulation du courant n’a pas d’importance.
αS est l’angle entre les axes de 2 bobines statoriques voisines et αR l’angle entre 2 dents
du rotor.
ZS ZR
N= (6)
ZS − ZR
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En effet :
N = nZ R (7)
c) Chaque phase du stator doit posséder le même nombre de plots. Par conséquent, ZS
est un multiple de n :
Z S = kn (8)
On en déduit que
Z R = k ( n − 1) si Z S > Z R (9)
Z R = k ( n + 1) si Z S < Z R (10)
n k ZS ZR N
3 2 6 4 12
3 3 9 6 18
3 4 12 8 24
4 2 8 6 24
4 3 12 9 36
Pour augmenter le nombre de pas par tour, on augmente ZR. La limite est N=200.
Les faibles performances mécaniques font que ce type de moteur est rarement utilisé,
mais ses points forts sont exploités dans les moteurs hybrides.
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2.3.1. Principe.
Ce type de moteur possède les avantages des 2 types précédents : un bon couple
moteur et un grand nombre de pas par tour.
Le stator comprend toujours des bobines installées sur des pôles saillants.
Le rotor est formé de 2 roues dentées décalées entre elles d’un demi-pas de denture.
Elles sont placées aux extrémités d’un aimant permanent cylindrique. Il y a donc une
roue « nord » et une roue « sud ».
Fig 16 [3]
Fig 17 [3]
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N = 2 nZ R (11)
2.4. Comparaison.
Couple moteur + - +
Prix $$ $ $$$
3. Caractéristiques.
3.1. Caractéristiques statiques.
Couple de maintien : couple minimum à exercer sur l’arbre pour provoquer une rotation,
le moteur étant à l’arrêt mais alimenté.
Couple de détente : couple minimum à exercer sur l’arbre pour provoquer une rotation,
le moteur étant à l’arrêt et non alimenté.
Quand le moteur avance d’un pas, l’arbre a tendance à osciller autour de sa nouvelle
position d’équilibre à une fréquence naturelle appelée « fréquence de résonance » (Fig 18
[1]).
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Fig 18 [1]
Les oscillations sont gênantes car elles augmentent le temps de réponse du moteur. Il
existe plusieurs moyens pour les amortir :
• Action mécanique :
• Action électrique :
- Augmenter les pertes fer (ne pas utiliser un matériau feuilleté pour le rotor, placer
une spire en court-circuit).
Quand le délai entre 2 commutations consécutives est plus grand que le temps de
réponse du moteur, le rotor s’arrête entre 2 positions successives (Fig 19 [1]).
Il n’y a pas de risque de perte de pas. On peut admettre que le mouvement est une
juxtaposition de réponses indicielles.
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Fig 19 [1]
Fig 20 [1]
Fig 21 [2]
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Dans la zone de démarrage, le moteur peut démarrer, tourner puis s’arrêter sans perdre
de pas.
Dans la zone d’entrainement, le moteur peut tourner de façon continue, mais ne peut pas
démarrer ou s’arrêter sans risque de perte de pas.
Fig 22 [1]
Fig 23 [1]
Il est donc nécessaire de travailler à fréquence variable quand on veut faire tourner le
moteur à grande vitesse.
Fig 24
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4.1. Introduction.
La commande d’un moteur pas-à-pas est assurée par un circuit électronique car il faut
effectuer les commutations de courants nécessaires pour une avance de plusieurs pas ou
pour une rotation à vitesse constante.
Fig 25
Les commutateurs de puissance sont des transistors qui alimentent les phases du
moteur. Ils sont commandés par les impulsions venant du séquenceur.
Le couple moteur étant proportionnel au courant dans les phases, il faudrait idéalement
que ce courant passe instantanément de 0 à sa valeur maximale.
Cependant, le schéma équivalent d’une phase comprend une résistance, une inductance
et une fem induite.
Donc, si on applique une tension constante aux bornes d’une phase, le courant ne
s’établit pas instantanément et sa valeur finale n’est pas certaine.
En conclusion, l’alimentation en tension n’est pas la meilleure, mais c’est la plus simple.
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4.2.1. Principe.
Hypothèses :
- Négligeons la fem induite.
- Supposons que la diode et le transistor sont parfaits.
Fig 26
−t
E°
I (t ) = 1 − e
τ (12)
R
Tau est la constante de temps du circuit R+L.
A cause du temps de montée et de descente, l’allure du courant n’est pas celle que l’on
espère car il s’établit et disparaît comme ceci:
Fig 27
Sur la Fig 27, le courant a le temps d’atteindre sa valeur nominale, mais il se peut qu’il
ne l’atteigne pas avant le blocage du transistor lorsque Tc est plus petit. Dans ce cas, le
couple moteur est inférieur au couple nominal.
En conclusion, cette façon d’alimenter n’est acceptable que pour une commande en
positionnement ou une rotation à faible vitesse.
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Fig 28
- Il y a des pertes Joule dans R1, mais elles sont limitées vu qu’elles n’existent que lors
des coupures de courant.
- Quand le transistor est bloqué, UCE est plus grand qu’en l’absence de R1.
Fig 29
- Quand le transistor est bloqué, UCE est plus grand qu’en l’absence de D2.
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Dans les 2 montages étudiés ci-dessus, l’énergie magnétique stockée dans la bobine est
convertie en énergie thermique dans la résistance ou la diode ajoutée.
Il est possible de récupérer cette énergie en prévoyant 2 transistors par phase afin
d’aiguiller le courant de la phase que l’on coupe vers celle que l’on alimente.
Fig 30
Rem : quand on arrête le moteur, il n’y a plus de transfert d’énergie entre les différentes
phases et l’énergie est renvoyée à l’alimentation. On place un condensateur de
capacité suffisante pour stocker les charges évacuées en limitant l’élévation de
tension.
Fig 31
On constate que
- la fém doit être augmentée si on veut conserver le même courant maximum qu’en
l’absence de R1.
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La bobine est d’abord alimentée sous une tension plus élevée pendant la croissance du
courant. Ensuite, l’alimentation se fait sous une tension qui permet la circulation du
courant nominal.
Fig 32
Vu que E°1 est plus grande que E°, D2 est bloquée. Le courant dans la bobine
augmente et « vise » la valeur finale E1°/R, supérieure à E°/R.
• Quand le courant nominal est atteint, on bloque T2. Le courant, qui a légèrement
dépassé la valeur nominale, redescend vers celle-ci. Il traverse D1 et T1.
Fig 33
L’ordre de blocage de T2 doit être donné « au bon moment », ce qui implique la mesure
du courant.
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Une seule source de tension est nécessaire, mais sa fém est plus grande que nécessaire
(c’est-à-dire que l’alimentation pourrait fournir un courant plus grand que le courant
nominal).
Un hacheur veille à ce que le courant dans la phase alimentée reste voisin du courant
nominal (il oscille entre un minimum Im et un maximum IM).
Les commutations au sein du hacheur se font à une fréquence suffisamment élevée pour
admettre que
- l’ondulation de courant est assez petite pour considérer que le moteur fonctionne
comme si le courant était parfaitement continu.
Fig 34
Tant que I n’a pas atteint IM, on sature aussi T2. Le courant augmente en
« visant » l’asymptote E°/R. Il grandit donc rapidement.
Quand I=IM, on bloque T2. Le courant, qui circule à travers D1, diminue.
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La Fig 35 [1] montre l’évolution des signaux. La période de hachage est t1+t2.
Fig 35 [1]
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Fig 36
Exercice : repérer tous les trajets empruntés par le courant au cours de l’alimentation de
la phase (dans les 2 sens de rotation).
On trouve des circuits intégrés spécialisés contenant tous les composants nécessaires au
pilotage de moteurs à 2 phases (voir annexe).
5. Bibliographie
[1] « Moteurs électriques pour la robotique » - P.MAYE - Dunod
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2. A4988.
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