IV.
PRINCIPES COMPTABLES FONDAMENTAUX
A. COÛT HISTORIQUE
Le coût historique est la valeur d’un élément à son entrée dans le patrimoine de
l’entreprise. On distingue ainsi :
Le coût d’acquisition qui est le prix auquel l’entreprise a acheté un bien ou un actif
autrement dit son prix de vente
La valeur vénale qui correspond au prix d’un bien ou d’un actif que l’entreprise a
reçu gratuitement ou en échange d’un autre bien ou actif
Le coût de production qui se rapporte au prix que vaut un bien ou un actif que
l’entreprise a elle-même produit
Ce principe s’appuie sur l’expression monétaire, le nominalisme monétaire et
l’évaluation au coût historique. Il consiste à comptabiliser les opérations sur la base de la
valeur nominale de la monnaie sans tenir compte des éventuelles variations de son pouvoir
d’achat. Son choix se justifie par le fait que la valeur d’origine constitue une information
véritable reposant sur une évidence.
Le cout historique a l’avantage d’être simple et fiable. Mais il a aussi des
inconvénients tels que la perte de signification en cas d’inflation à deux chiffres, la perte de
signification en cas de variations importantes de prix relatifs, la sous-évaluation des
immobilisations et stocks dans les bilans, la surestimation des charges financières ou
l’alourdissement des impôts sur les bénéfices dans le compte des résultats…
B. COMPARABILITE
Les états financiers sont établis et présentés de façon à permettre leur comparaison
dans le temps, exercice par exercice, et leur comparaison avec les états financiers annuels des
autres entreprises dressées dans les mêmes conditions de régularité, de fidélité et de
comparabilité.
La comparabilité temporelle des états financiers de synthèse d’une entreprise ou
d’un groupe d’entreprises est indispensable à une bonne interprétation de l’information
comptable et à des prises de décision pertinentes. Elle est utile aussi bien pour le chef
d’entreprise que pour les partenaires de l’entreprise. Parce que les utilisateurs souhaitent
comparer le résultat, la situation financière, la performance et la variation de la situation
financière au cours du temps, il est important que les états financiers donnent l’information
Page 1 sur 5
correspondante des exercices précédents. Les états financiers doivent donc fournir une
comparaison des chiffres de l’exercice avec ceux de l’exercice ou des exercices précédents.
La comptabilité dans l’espace quant à elle renvoie au fait que les utilisateurs des
états financiers de synthèse doivent pouvoir effectuer dans l’espace, des comparaisons entre
les informations fournies par différentes entreprises de la zone OHADA. Prendre des
décisions, consiste fondamentalement à faire des choix entre diverses possibilités, Les
informations au sujet d’une entreprise sont plus utiles si elles peuvent être comparées avec
des informations semblables au sujet d’autres entreprises.
C. PERTINENCE
La qualité de pertinence de l’information financière s’apprécie par le rapport entre
l’information et l’usage qui en est fait. L’information est pertinente lorsqu’elle est de nature à
favoriser une prise de décision adéquate par les utilisateurs des états financiers en les aidant à
évaluer les événements passés, présents ou futurs ou en leur permettant de confirmer ou
corriger les évaluations antérieures.
A cet effet, la terminologie du droit comptable OHADA précise que les normes
comptables « assurent la pertinence de l’information pour les divers destinataires des états
financiers ».
La pertinence de l’information comptable englobe donc deux qualités sous-jacentes :
la valeur prédictive et la valeur rétrospective. Elle implique également que l’information
soit établie et divulguée en temps utile.
La valeur prédictive : Les utilisateurs de l’information comptable fondent bien
souvent leurs prévisions sur les informations publiées. L’information sera alors
d’autant plus pertinente qu’elle permet aux utilisateurs d’établir des prévisions fiables
étayant par la suite les décisions prises. L’information comptable a une valeur
prédictive lorsqu’elle aide les utilisateurs à faire des prédictions ou des confirmations
portant sur les résultats et les événements économiques futurs qui sont susceptibles
d’affecter les affaires de l’entreprise
La valeur rétrospective : L’information historique doit permettre de confirmer ou de
mesurer les écarts avec les prévisions antérieures. L’information financière est
rétrospective dans la mesure où elle peut être utilisée pour comprendre ou corriger des
résultats, événements et prédictions antérieures des utilisateurs des états financiers.
Page 2 sur 5
D. FIABILITE
Pour être utile aux utilisateurs des états financiers, l’information comptable doit être
fiable. Une information est fiable si elle correspond (au moins approximativement) à la réalité
économique sous-jacente qu’elle propose de représenter. Le SYSCOHAHDA prévoit trois
critères de fiabilité, notamment la vérifiabilité, la neutralité et la fidélité.
L’image que donnent les états financiers est vérifiable dans la mesure où des
observateurs compétents et indépendants conviendraient qu’elle concorde avec l’opération ou
le fait réel sous-jacent, avec un degré raisonnable de précision. La vérifiabilité donne une
image fidèle des phénomènes économiques qu’elle prétend représenter. Ainsi pour être
vérifiable l’information financière doit s’appuyer sur des pièces justificatives externes ou
internes ayant une forte force probante. Il faut en plus qu’il existe une piste d’audit ou un
chemin de révision.
L’information financière est neutre lorsqu’elle est exempte de tout parti pris
susceptible d’amener les utilisateurs à prendre des décisions qui seraient influencées par la
façon dont l’information est mesurée ou présentée. Elle l’est aussi lorsqu’elle n’aboutit pas à
des données tendancieuses et des résultats prédéterminés.
L’information financière est fiable lorsqu’elle tend à être sure, capable de traduire
fidèlement la réalité économique et financière. Cette fiabilité est liée aux dispositifs de fond
et de forme concernant la définition des règles d’évaluation, de présentation et l’application
de celle-ci avec régularité et sincérité.
V. CONTRAINTES DANS LA PREPARATION DES ETATS
FINANCIERS
A. MATERIALITE
La matérialité consiste à identifier les questions qui comptent le plus pour les
activités et les parties prenantes d’une entreprise et à déterminer leur importance. En se
concentrant sur les questions matérielles, les entreprises peuvent s’assurer qu’elles rendent
compte des questions les plus importantes et qu’elles communiquent ce qui est utile et
informatif.
En règle générale, il existe trois approches de la matérialité :
La matérialité financière
Page 3 sur 5
La double matérialité
La matérialité dynamique
La matérialité financière vise à identifier les informations susceptibles d’avoir un
impact sur les performances financières d’une entreprise. Elle est axée vers les investisseurs,
orientée vers les actionnaires et accorde une attention particulière aux facteurs externes
susceptibles d’influer sur les performances financières d’une entreprise.
La double matérialité est une combinaison de la matérialité financière et de la
matérialité basée sur l’impact. La matérialité étant celle qui détermine la matérialité en
évaluant si les activités d’une entreprise peuvent avoir un impact significatif sur l’économie,
l’environnement et les personnes
La matérialité dynamique quant à elle considère que des questions qui n’étaient
pas prises en compte auparavant puissent devenir matérielles avec le temps, et qu’il existe
certains éléments déclencheurs de ce processus.
B. PRUDENCE
La prudence est l’appréciation raisonnable des événements et opérations afin
d’éviter de transférer, sur des exercices ultérieurs, des risques nés dans l’exercice et
susceptibles d’entraîner des pertes futures. Cette règle est un véritable pour le rédacteur des
comptes.
Un auteur explique que ce principe se traduit, d’abord à l’actif, d’une part via ma
prise en compte de tout élément venant diminuer les valeurs d’actif sans qu’il n’y ait de
compenser ces moins-values avec les plus-values latentes, d’autre part via la non traduction
en comptabilité des faits hypothétiques susceptibles d’augmenter la valeur du patrimoine.
Ensuite, il se caractérise au passif, par la recherche de tout élément négatif qui, trouvant son
origine dans les faits antérieurs à la date de clôture des comptes, serait susceptible de
diminuer la valeur du patrimoine. Enfin, il se caractérise au compte des résultats, par la prise
en compte des produits, seulement s’ils sont réalisés, tandis que les charges donnent lieu à
enregistrement dès que leur réalisation s’avère probable ou même seulement éventuelle.
Ce principe crée une dissymétrie de traitement des charges et produits. Toute
perte probable est toujours enregistrée en charges alors que les gains personnels ne le sont
jamais. Or, « si les comptes doivent donner une image fidèle de la situation patrimoniale,
économique, et financière, l’omission (intentionnelle) de l’existence de bénéfices potentiels
Page 4 sur 5
paraît une trahison à la fidélité d’informations ». Il faut donc éviter les précautions
excessives qui mèneraient à « la délivrance d’une image infidèle, par pessimisme
outrancier ». Ainsi, à bien d’égard, la règle de prudence peut se révéler incompatible avec
l’objectif d’image fidèle.
C. NEUTRALITE
La neutralité s’impose au normalisateur comptable, tout comme elle s’impose aussi
au rédacteur des comptes. En effet, « le professionnel est tenu d’adopter une attitude de
neutralité par rapport aux comptes examinés afin de vérifier qu’ils proposent aux
destinataires, quels qu’ils soient, une vue réaliste de la situation de l’entreprise et de ses
performances économiques ». Les états financiers doivent être basés sur des informations
exemptes de parti pris susceptible d’amener les utilisateurs à prendre des décisions qui
seraient influencées par la façon dont l’information est mesurée ou présentée. Les états
financiers qui ne contiennent pas toutes les informations nécessaires pour donner une image
fidèle des opérations et des faits influant sur la marche de l’entité sont incomplets et risquent
par conséquent de ne pas être neutres. L’information financière ne doit pas être déformée
dans le but d’influer sur le comportement d’une façon précise.
Page 5 sur 5