Cours Cath 1718
Cours Cath 1718
Catherine Gille
Définition 1.1 Un groupe est un ensemble G non vide muni d’une loi de composition interne associative,
possédant un élément neutre, et tel que tout élément de G admet un inverse (= un symétrique). Si la loi
est commutative, on dit que le groupe est commutatif (ou abélien).
Exemples :
1. Z, Q, R, C munis de +.
2. Q∗ , R∗ , C∗ munis de ×.
3. (Z/nZ, +).
4. (Mn (K), +), (GLn (K), ×).
5. (S(E), ◦) groupe des bijections d’un ensemble E. Groupe symétrique (Sn , ◦).
Proposition 1.2 Soit (G, ·) un groupe et H une partie de G. Alors les propriétés suivantes sont
équivalentes :
Exemples :
1. ]0, +∞[ est un sous-groupe de (R∗ , ×).
2. Un = {z ∈ C|z n = 1} est un sous-groupe de (C∗ , ×), et même de (S 1 , ×).
1
3. Les sous-groupes de (Z, +) sont les mZ, m ∈ N.
4. Les sous-groupes de (R, +) sont soit de la forme αZ (α ∈ R), soit denses dans R (cf exercice ci-dessous).
5. Centre d’un groupe : Z(G) = {a ∈ G|∀x ∈ G, ax = xa}
Exercice 1.4 (Sous-groupes de R) 1. Soit G un sous groupe de (R, +), non réduit à {0}.
(a) Montrer que si inf(G∩]0, +∞[) > 0, alors G est de la forme αZ, avec α > 0. (G est alors
discret)
(b) Montrer que si inf(G∩]0, +∞[) = 0 alors G est dense dans R.
2. Soit δ ∈]0, +∞[. Montrer que G = {a + bδ, (a, b) ∈ Z2 } est un sous-groupe additif de R.
Montrer que G est discret si et seulement si δ ∈ Q.
Exercice 1.5 Montrer que le centre de GLn (K) est l’ensemble des matrices scalaires non nulles.
Soit (G, ·) un groupe et soit A une partie non vide de G. on appelle sous-groupe engendré par A
l’intersection de tous les sous-groupes de G qui contiennent A. C’est aussi le plus petit sous-groupe de
G qui contient A. On le note gr(A) ou < A >.
Proposition 1.6 Soit (G, ·) un groupe, A une partie non vide de G. Alors gr(A) est l’ensemble des
produits d’éléments de A et de leurs inverses.
Exemples :
1. nZ = gr({n}) dans (Z, +).
2iπ
2. Un = gr({e n }) dans (C∗ , ×).
3. GLn (K) est engendré par les matrices d’opérations élémentaires.
Définition 1.7 Soit (G, ∗) et (G0 , ∗0 ) deux groupes. On dit qu’une application f : G → G0 est un
morphisme de groupes si : ∀x, y ∈ G, f (x ∗ y) = f (x) ∗0 f (y).
Si f est un morphisme bijectif, on dit que c’est un isomorphisme, et on dit alors que G et G0 sont
isomorphes.
En utilisant que la composée de deux morphismes est encore un morphisme et que l’inverse d’un iso-
morphisme est un (iso-)morphisme, on définit le groupe des automorphismes du groupe G, que l’on note
(Aut(G), ◦).
Proposition 1.8 L’image (respectivement l’image réciproque) d’un sous-groupe par un morphisme est
un sous-groupe.
2
Proposition 1.9 Soit f : G → G0 un morphisme de groupes. Alors f est injective si et seulement si
Kerf = {1G }.
Définition 1.10 Soit G un groupe, H un sous-groupe de G. On dit que H est distingué dans G si :
∀x ∈ G, ∀h ∈ H, xhx−1 ∈ H.
On vient de voir que le noyau d’un morphisme de groupes est distingué. Plus généralement on a :
Proposition 1.11 L’image réciproque par un morphisme de groupes d’un sous-groupe distingué est un
sous-groupe distingué.
Exemples de morphisme :
0. Soit G un groupe et H un sous-groupe de G. Alors l’inclusion de H dans G est un morphisme de
groupes injectif.
1. exp : (R, +) → (]0, +∞[, ×) est un isomorphisme d’inverse ln.
2. det : (GLn (R), ×) → (R∗ , ×) est un morphisme de groupes surjectif.
SLn (R) = Ker det est un sous-groupe distingué de GLn (R). L’ensemble des matrices n × n inversibles à
déterminant positif est un sous-groupe distingué de GLn (R) (c’est det−1 (]0, +∞[)).
3. Signature des permutations : ε : (Sn , ◦) → ({−1, +1}, ×) est un morphisme de groupes.
Exercice 1.12 On note Q∗+ = Q∩]0, +∞[. Montrer que les groupes (Q, +) et (Q∗+ , ×) ne sont pas
√
isomorphes (indication: utiliser le fait que 2 ∈
/ Q).
Exercice 1.13 (Automorphismes intérieurs) Soit G un groupe. Pour tout a ∈ G, on définit une
application ψa : G → G en posant ψa (x) = axa−1 pour tout x ∈ G.
1. Montrer que pour tout a ∈ G, ψa est un automorphisme de G. Tout automorphisme de cette forme
est appelé automorphisme intérieur.
2. Montrer que l’application Ψ : G → Aut(G) qui à tout élément a de G associe ψa est un morphisme
de groupes.
3. Montrer que l’ensemble Int(G) des automorphismes intérieurs forme un sous-groupe distingué de
Aut(G).
4. Montrer que le centre Z(G) de G est un sous-groupe distingué de G.
3
2 Ordre d’un élément, ordre des sous-groupes, groupe quotient
Définition 2.1 Soit (G, ·) un groupe et soit x un élément de G. L’ordre de x est le plus petit entier
n ∈ N∗ , s’il existe, tel que xn = 1. Sinon, on dit que x est d’ordre infini.
Proposition 2.2 Soit (G, ·) un groupe et soit x un élément de G. Alors pour tout m ∈ N∗ on a :
xm = 1 si et seulement si l’ordre de x divise m.
Définition 2.3 Un groupe est monogène s’il est engendré par un seul élément. Si de plus il est d’ordre
fini, on dit que le groupe est cyclique.
Remarques :
1. Un groupe cyclique est commutatif.
2. Les générateurs d’un groupe cyclique d’ordre n sont exactement ses éléments d’ordre n.
Générateurs de Z/nZ
Corollaire 2.6 Soit (G, ·) un groupe cyclique d’ordre n et g un générateur de G. Alors les générateurs
de G sont les g k avec k ∧ n = 1.
4
Exercice 2.7 Soit (G, ·) un groupe cyclique d’ordre n et g un générateur de G. Alors pour tout k ∈ N,
n
l’ordre de g k est k∧n .
Exercice 2.8 (Groupes d’ordre 4) Montrer que tout groupe d’ordre 4 est isomorphe à Z/4Z ou à
Z/2Z × Z/2Z.
xRg y ⇔ x−1 y ∈ H
De manière similaire, on peut définir sur G une relation d’équivalence Rd et les classes à droite associées
Hx (pour tout x ∈ G). Il y en a autant que de classes à gauche mais elles ne définissent pas nécessairement
la même partition de G.
Exemple : Dans le groupe symétrique S3 , déterminer les classes à gauche et à droite pour le sous-groupe
H =< (1, 2) > (engendré par la transposition (1, 2)).
Le cas où les deux partitions sont les mêmes correspond au cas où H est distingué dans G :
5
Si H est un sous-groupe distingué de G, les classes à gauche et à droite coı̈ncident et on peut donc définir
G/H = (G/H)g = (G/H)d . D’après le théorème on peut munir G/H de la loi induite par la loi de G
(définie par xH · yH = xyH pour tout x, y ∈ G). (G/H, ·) est le groupe quotient de G par H.
On notera x̄ plutôt que xH la classe de x. La projection canonique π : G → G/H définie par π(x) = x̄
est un morphisme de groupes et son noyau est H. Ainsi on a la :
Exemples :
1. (Z/nZ, +) est le groupe quotient de Z par le sous-groupe nZ.
2. ]0, +∞[ est un sous-groupe (distingué) de (R∗ , ×) et on a R∗ /]0, +∞[= {1, −1}, 1 =]0, +∞[ et
−1 =] − ∞, 0[.
Proposition 2.16 Soit f : G → G0 un morphisme de groupes. Alors f induit par passage au quotient
un isomorphisme de groupes entre G/ ker f et Imf . En particulier on a |G| = |Imf | × | ker f |.
Exemples :
1. L’application f : (R, +) → (C∗ , ×) définie par f (t) = e2iπt est un morphisme de groupes, qui induit
un isomorphisme R/Z ' S 1 .
2. L’application N : (C∗ , ×) → (R∗ , ×) définie par N (z) = |z| est un morphisme de groupes. On a
ker N = S 1 , ImN =]0, +∞[ et C∗ / ker N = C∗ /S 1 ']0, +∞[.
3. Le morphisme det : GLn (R) → R∗ induit un isomorphisme GLn (R)/SLn (R) ' R∗ .
4. Pour tout groupe G, on a un isomorphisme Int(G) ' G/Z(G) (cf exercice 1.13).
Exercice 2.17 1. Soit G un groupe où pour tout x, x2 = e. Montrer que G est abélien.
2. Pour cette question et la suivante, on suppose que G est de plus un groupe fini non trivial. Montrer
qu’alors G est d’ordre pair.
3. En déduire que l’ordre de G est une puissance de 2 (indication: on raisonnera par récurrence sur
l’ordre de G en considérant un quotient bien choisi).
Exercice 2.18 (Groupes d’ordre 6) Le but de cet exercice est de montrer que les seuls groupes d’ordre
6 sont, à isomorphisme près, Z/6Z et S3 . Soit G un tel groupe.
6
3 Le groupe symétrique
Soit n ∈ N∗ . Sn est par définition l’ensemble des bijections de l’ensemble {1, . . . , n}. C’est un groupe
pour la composition des applications, d’ordre n!, et non commutatif dès que n ≥ 3. les éléments de Sn
s’appellent des permutations.
1 2 ··· n
Notation σ = .
σ(1) σ(2) · · · σ(n)
Lemme 3.2 Soit σ ∈ Sn . Les orbites pour σ forment une partition de {1, . . . , n}.
Démonstration : les orbites sont les classes d’équivalence pour la relation d’équivalence R sur {1, . . . , n}
définie par : xRy ⇔ ∃k ∈ Z, y = σ k (x).
Définition 3.3 Une permutation est un cycle si elle possède exactement une orbite non réduite à un
élément. Cette orbite s’appelle le support du cycle. Son cardinal est la longueur du cycle.
Un cycle de longueur 2 s’appelle une transposition.
Théorème 3.5 Toute permutation (6= id) se décompose en produit de cycles à supports disjoints et cette
décomposition est unique à l’ordre des facteurs près.
Exercice 3.6 Quel est le plus petit n tel que Sn contienne un élément d’ordre 14?
3.2 Conjugaison
7
Ceci permet de montrer le théorème qui va suivre en ayant auparavant établi la notation suivante :
pour σ ∈ Sn \ {id}, on note l(σ) = (l1 , · · · , lk ), l1 ≥ . . . ≥ lk > 1 les longueurs des cycles dans sa
décomposition en cycles à supports disjoints. On pose l(id) = 1.
Théorème 3.7 Soit σ, σ 0 ∈ Sn . Alors σ et σ 0 sont conjugués dans Sn ssi l(σ) = l(σ 0 ).
Applications :
1) Parties génératrices de Sn
2) Centre de Sn
3.3 Signature
Définition 3.10 Soit σ ∈ Sn . On appelle signature de σ le nombre ε(σ) = (−1)n−k où k est le nombre
d’orbites suivant σ. Si ε(σ) = 1, on dit que σ est paire, si ε(σ) = −1, on dit que σ est impaire.
Proposition 3.11 (Signature d’un cycle) Soit c ∈ Sn un cycle de longueur l. Alors ε(c) = (−1)l−1 .
En particulier, toute transposition est impaire.
Le groupe alterné An est le noyau de ε, c’est-à-dire l’ensemble des permutations paires de Sn . C’est un
sous-groupe distingué de Sn d’ordre n!/2.
Exemple : déterminer A4 .
Exercice 3.13 Dans le groupe S7 des permutations de {1, . . . , 7}, considérons les éléments
1 2 3 4 5 6 7 1 2 3 4 5 6 7
σ= et τ =
5 6 1 7 3 4 2 3 6 5 4 1 7 2
8
4 Groupe des isométries affines
Soit E un espace vectoriel sur R de dimension finie n et E un espace affine sur E. On s’intéresse à
(GA(E), ◦), le groupe des bijections affines de E, appelé groupe affine de E.
→
−
Rappels : Pour toute application affine f : E → E, on note f ∈ L(E) son application linéaire associée.
1. Une application affine est déterminée par son application linéaire associée et par l’image d’un point.
→
− −
2. Si f et g sont affines, alors f ◦ g est affine d’application linéaire associée f ◦ →
g.
−1
3. Soit f : E → E affine. Si f est bijective, alors f est affine.
→
−
4. Soit f : E → E affine. Alors f est bijective ssi f l’est.
5. L’application
Φ : (GA(E), ◦) −→ (GL(E), ◦)
→
−
f 7−→ f
est un morphisme de groupes surjectif.
Vocabulaire : une application affine bijective est souvent appelée transformation affine.
→
−
1. T (E) = ker φ = {f ∈ GA(E), f = idE } = {tv , v ∈ E} est le sous-groupe des translations de E (on
note tv la translation de vecteur v). C’est un sous-groupe distingué (car noyau d’un morphisme
de groupes). Ainsi le conjugué d’une translation par une bijection affine est une translation. Plus
précisément : soit g ∈ GA(E), soit v ∈ E, alors g ◦ tv ◦ g −1 = t−
→
g (v) .
2. HT (E) = φ−1 ({λidE , λ ∈ R∗ }) est le sous-groupe des homothéties-translations.
→
−
(Rappel : Soit f ∈ GA(E) tel que f = λidE avec λ ∈ R \ {0, 1}. Alors f est une homothétie de
rapport λ.)
C’est un sous-groupe distingué (car {λidE , λ ∈ R∗ } est distingué dans GL(E)).
Soit g ∈ GA(E), soit h ∈ HT (E). On suppose que h = hom(C, λ) (homothétie de centre C et de
rapport λ). Alors on a : g ◦ h ◦ g −1 = hom(g(C), λ).
3. φ−1 ({idE , −idE }) est le sous groupe distingué des translations et symétries centrales.
→
−
4. GA+ (E) = {f ∈ GA(E), det( f ) > 0} est le sous-groupe des bijections affines positives. Il est
distingué d’indice 2 dans GA(E).
5. Soit X une partie de E. GX = {f ∈ GA(E), f (X) = X} est le groupe des transformations affines
qui conservent X.
Cas particulier : X = {P } où P est un point de E. G{P } est le groupe des bijections affines qui
laissent fixes P et il est isomorphe à GL(E).
Remarque : si tous les éléments de G ont un point fixe en commun (ce qui arrive dès que X est fini:
considérer l’isobarycentre des éléments de X), alors le problème, affine au départ, devient vectoriel
(il revient au même d’étudier les éléments de G et leurs applications linéaires associées).
Exercice 4.1 (Groupe du triangle) Soit E un plan affine et A1 , A2 , A3 trois points non alignés de
E. On considère le triangle T = {A1 , A2 , A3 }. Alors GT est isomorphe au groupe symétrique S3 .
9
1. Montrer que pour tout f ∈ GX , f (Ω) = Ω.
Φ : GX −→ GL(E)
2. En déduire que l’homomorphisme →
− est injectif. Ainsi GX est isomorphe
f 7−→ f
à Φ(GX ).
3. Montrer que pour tout f ∈ GA(E), on a l’équivalence :
→
− −→ −→
f ∈ GX si et seulement si f(Ω)
= Ω et la matrice de f dans
la base (ΩA, ΩB) appartient à
e 0 S 0 e
e, f ∈ {+1, −1} e, f ∈ {+1, −1} .
0 f f 0
4. Décrire géométriquement tous les éléments de GX .
Soit E un espace vectoriel euclidien, c’est-à-dire un espace vectoriel sur R de dimension finie muni d’un
produit scalaire. On note < ·, · > le produit scalaire et k · k la norme associée.
Proposition 4.3 Pour tout f ∈ GL(E), les propositions suivantes sont équivalentes :
1. ∀v ∈ E, kf (v)k = kvk
Si l’une des propriétés 1. à 5. est vérifiée, on dit que l’endomorphisme f est orthogonal (ou que f est
une isométrie vectorielle).
On note O(E) l’ensemble des isométries vectorielles de E. La propriété 1 . (par exemple) montre que les
isométries vectorielles forment un sous-groupe de GL(E).
Pour tout f ∈ O(E), on a det f = ±1. Si det f = +1 (respectivement −1) on dit que f est directe
(respectivement indirecte). L’ensemble des isométries vectorielles directes de E est noté SO(E). C’est
un sous-groupe distingué de O(E).
Soit E un espace affine euclidien, et E l’espace vectoriel (euclidien) associé. Rappelons que la norme sur
E définit une distance sur E.
Définition 4.4 Une isométrie affine de E est une application affine de E dans E qui conserve les distances.
→
−
Remarque : Soit f ∈ GA(E). Alors f est une isométrie affine si et seulement si f est une isométrie
vectorielle. En particulier toute isométrie affine est bijective.
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On note :
- Isom(E) l’ensemble des isométrie affines de E. C’est un sous-groupe de GA(E) (image réciproque de
O(E) par Φ : GA(E) → GL(E)).
→
−
- Isom+ (E) = {f ∈ Isom(E), det( f ) = 1} le sous-groupe (distingué) des déplacements de E.
→
−
- Isom− (E) = {f ∈ Isom(E), det( f ) = −1} l’ensemble des anti-déplacements de E.
Comme dans le cas plus général des transformations affines, on peut étudier les sous-groupe d’isométries
laissant stables une partie de E.
1. L’identité (E)
2. Les rotations (1 point)
3. Les translations (∅)
et les antidéplacements :
1. L’identité (E)
2. Les rotations (1 droite)
3. Les vissages (∅)
4. Les translations (∅)
et les antidéplacements :
Exemples :
Exercice 4.5 (Groupe diédral) Soit E un plan affine euclidien orienté muni d’un repère orthonormé
direct (O, u, v). Soit ρ la rotation de centre O d’angle 2π/n, et soit σ la symétrie orthogonale par rapport
à l’axe (O, u). On pose P0 = O + u et pour tout i ∈ {1, . . . , n − 1}, Pi = ρi (P0 ). On appelle Dn le groupe
des isométries qui envoient le polygone régulier P0 P1 . . . Pn−1 sur lui-même.
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1. Montrer que les isométries directes de Dn forment un sous-groupe cyclique engendré par ρ. Quel
est l’ordre de ce sous-groupe ?
2. Montrer que tout élément de Dn est de la forme ρi ou ρi ◦ σ pour un i ∈ {0, . . . n − 1}. Quel est
l’ordre de Dn ?
3. Caractériser géométriquement les éléments de Dn (distinguer suivant la parité de n).
Exercice 4.6 (Groupe du cube) Dans l’espace R3 , on considère le cube C dont les sommets ont des
coordonnées égales à ±1. On appelle A1 , B1 , C1 et D1 les quatre sommets d’une face du cube et A2 ,
B2 , C2 et D2 les sommets opposés (symétriques par rapport a 0). On appelle H le groupe des isométries
vectorielles de R3 qui envoient le cube C sur lui-même
2. Montrer que tout élément de H permute les paires de sommets opposés. En déduire un homomor-
phisme Φ de H dans S4 .
3. Déterminer le noyau de Φ.
4. Soit H + le sous-ensemble des déplacements de H. Montrer que H + est un sous-groupe de H. Quelle
est l’image par Φ des retournements d’axe passant par les milieux des côtés opposés du cube? En
déduire que la restriction de Φ à H + est surjective, puis montrer que c’est un isomorphisme.
5. Quel est l’ordre de H + ? Décrire tous ses éléments.
+ λ(f, 0) = f
6. On considère l’application λ : H × Z/2Z → H définie par Montrer que λ est
λ(f, 1) = −id ◦ f
un isomorphisme de groupes. En déduire que H est isomorphe à S4 × Z/2Z.
Proposition 4.7 Soit E un espace affine euclidien (E l’espace vectoriel associé). Soit G un sous-groupe
fini de Isom(E). Alors il existe un point Ω ∈ E qui est fixe pour tout élément de G.
D’après cette proposition, l’étude des sous-groupes finis de Isom(E) se ramène à l’étude des sous-groupes
finis de O(E).
Théorème 4.8 Soit E un espace vectoriel euclidien de dimension 2. Soit G un sous-groupe fini de O(E).
Alors soit G est un groupe cyclique soit G est isomorphe à un groupe diédral.
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5 Groupe opérant sur un ensemble
Définition 5.1 Soit (G, ·) un groupe et E un ensemble. On dit que G opère (ou agit) sur E s’il existe
une application
G × E −→ E
(g, x) 7−→ g · x
telle que :
Si on a une action de G sur E, alors pour tout g ∈ G, l’application mg : E → E définie par mg (x) = g · x
est bijective : ainsi mg appartient à SE le groupe des bijections de E. En outre, l’application qui à g ∈ G
associe mg est un morphisme de groupes de G dans SE .
Ainsi, se donner une action de G sur E, c’est se donner un morphisme de groupes de (G, ·) dans (SE , ◦).
De plus, si ce morphisme est injectif, on dit que l’action est fidèle (ce qui signifie que seul l’élément neutre
du groupe agit trivialement).
Exemples :
1. (Extrait du livre de [Link] “Algèbre et géométrie”, Bréal, p44) On se demande combien on peut
fabriquer de colliers différents avec 4 perles vertes, 3 blanches et 2 jaunes. On peut représenter un
collier par une coloration des sommets d’un polygone régulier à 9 côtés en utilisant 4 fois la couleur
verte, 3 fois la blanche et 2 fois la jaune et on appelle X l’ensemble de ces colorations. Le groupe
diédral D9 agit sur X, et deux colorations représentent le même collier si et seulement si elles sont
dans la même orbite pour cette action. Le nombre de colliers est donc le nombre d’orbites, cardinal
que l’on calculera un peu plus loin grâce à la formule de Burnside.
2. Le groupe symétrique Sn agit naturellement sur l’ensemble {1, . . . , n} et cette action est transitive
et fidèle. Maintenant si on fixe σ ∈ Sn on peut restreindre cette action au sous-groupe < σ >.
Elle reste fidèle mais elle n’est plus transitive en général : les orbites sont les orbites de σ... On en
déduit que l’action est transitive si et seulement si σ est un n-cycle.
G×E −→ E
(g, H) 7−→ gHg −1
définit une action de G sur E. L’orbite d’un sous-groupe H est l’ensemble des sous-groupes con-
jugués de H. Remarquons que H est distingué si et seulement si son orbite est le singleton {H}.
13
4. Si E est un espace affine, l’application
GA(E) × E −→ E
(f, M ) 7−→ f (M )
O(E) × E −→ E
(f, u) 7−→ f (u)
définit une action fidèle du groupe orthogonal O(E) sur E. Les orbites sont les sphères de E centrées
en 0.
6. Soit E un plan affine euclidien. Alors Isom(E) agit sur l’ensemble des triangles de E. L’orbite
d’un triangle t est l’ensemble des triangles isométriques à t. Cette action n’est pas transitive. En
revanche, Isom(E) agit transitivement sur l’ensemble des droites de E ou sur l’ensemble des points
de E.
Dans l’exemple 6. ci-dessus, le stabilisateur d’un triangle équilatéral est le sous-groupe des isométries qui
préservent le triangle (globalement). C’est le groupe diédral D3 (isomorphe à S3 ). Ainsi cette action
n’est pas libre.
Proposition 5.4 On suppose que le groupe G agit sur l’ensemble E. Soit x ∈ E. Alors
ϕ : (G/Gx )g −→ Ox
gGx 7−→ g·x
définit une application bijective de l’ensemble des classes à gauches pour le stabilisateur de x dans l’orbite
de x.
Conséquence : pour x ∈ E, on a Card(Ox ) = [G : Gx ]. De plus, si E est fini, les orbites formant une
partition de E, on a la :
Proposition 5.5 (Formule des classes) Soit G × E → E une action de groupe où l’ensemble E est
fini soit A un ensemble de représentants des orbites. Alors
X X |G|
Card(E) = Card(Ox ) =
|Gx |
x∈A x∈A
14
Proposition 5.6 (Formule de Burnside) Soit G × E → E une action de groupe où l’ensemble E et
le groupe G sont finis. Pour tout g ∈ G, on note f ix(g) l’ensemble des points fixes de E sous l’action de
g. Alors le nombre d’orbites est donné par la formule :
1 X
Card(f ix(g))
|G|
g∈G
G × G −→ G
(g, x) 7−→ gx
définit une action libre et transitive. En particulier l’action est fidèle ce qui signifie que le morphisme
de groupes associé de G dans SG est injectif. En conséquence on a le :
2. Conjugaison : l’application
G × G −→ G
(g, x) 7−→ gxg −1
définit une action.
Soit x ∈ G. Le stabilisateur de x est le sous groupe de G des éléments qui commutent avec x: on
l’appelle le centralisateur de x et on le note Z(x). L’orbite de x est l’ensemble des conjugués de
x (c’est la classe de conjugaison de x). On remarque que pour tout x ∈ G, on a l’équivalence :
x ∈ Z(G) ⇔ Ox = {x}. Cela permet de préciser la formule des classes :
Proposition 5.8 (Formule des classes pour l’action de conjugaison) Soit G un groupe fini.
Soit A un ensemble de représentants des classes de conjugaisons non réduites à un élément. Alors
on a
X |G|
|G| = |Z(G)| +
|Z(x)|
x∈A
Applications :
(a) Soit G un groupe d’ordre pn (p premier, n ∈ N∗ ). Alors Z(G) est non trivial.
(b) Soit p un nombre premier. Alors tout groupe d’ordre p2 est abélien.
Indication : montrer qu’un groupe G est abélien revient à montrer que G = Z(G).
15
Contents
3 Le groupe symétrique 7
3.2 Conjugaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.3 Signature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
16