SAHEL RESILIENCE LEARNING PROJECT
CAPITALISATION DE BONNE
PRATIQUE DE RÉSILIENCE
APPROCHE INTÉGRÉE
MULTISECTORIELLE DE
RENFORCEMENT DE LA
RÉSILIENCE
Sur la base des expériences, résultats et leçons
apprises, partagés en mars 2016 par le projet Victoire
sur la malnutrition (ViM)
Projet ViM mis en oeuvre au Burkina Faso par ACDI-VOCA
VIM / ACDI-VOCA
CONTEXTE
La région Centre-Nord du Burkina Faso est chroniquement vulnérable à l’insécurité alimentaire et à
la malnutrition sévère par rapport au reste du pays. Par conséquent, certains indicateurs relatifs aux
pratiques de soins et à la malnutrition infantile s’avèrent alarmants. Par ailleurs, la région est pénali-
sée par le fait que la plupart des aides humanitaires soient dirigées vers le nord et l’est du pays. De
plus, le soutien pour les marchés est souvent dirigé vers l’ouest, plus productif.
Le projet ViM « Promotion de la chaine de valeur niébé : mécanisme de facilitation de l’accès aux
semences améliorées par les producteurs vulnérables », mis en œuvre par l’ONG ACDI/VOCA
depuis août 2011, a ainsi été initié pour faire face à plusieurs problèmes de résilience touchant aussi
bien des aspects de disponibilité (des vivres agricoles comme du bétail), d’accessibilité (aux crédits,
aux soins, à la terre, mais aussi aux connaissances) que de pratiques nutritionnelles, sanitaires et
d’hygiène qui affectent la santé des ménages et des communautés déjà vulnérables face à la pau-
vreté et aux chocs climatiques récurrentes.
Dans la province du Sanmatenga au Burkina Faso, les communes de Kaya, Pissila, Barsalogho et
Namissiguima, regroupant 199 villages ont ainsi été ciblées sur la base de leur potentialité à at-
teindre des résultats durables et aussi en raison de leur haute vulnérabilité à l’insécurité alimentaire
chronique due à une faible production agricole, de faibles ressources naturelles, un nombre élevé de
ménages dont les chefs sont des femmes, des pratiques alimentaires médiocres , des taux élevés
de malnutrition et un manque de programmes d’aide. Le choix de ces communes a été également
soutenu par la recommandation d’avoir une zone contiguë afin d’avoir la plus grande rentabilité dans
la distribution des rations alimentaires.
Le Projet ViM a ciblé l’ensemble de la population dans les quatre communes d’intervention pour
participer au programme de Prévention de la Malnutrition chez les enfants de moins de 2 ans (Pre-
venting Malnutriton in Children under 2 Approach -PM2A). Ces bénéficiaires sont les ménages avec
des femmes enceintes ou allaitantes ou des enfants de moins de 2 ans. ACDI/VOCA a estimé que,
sur la base du pourcentage des femmes en âge de procréer et du nombre total de la population des
ménages, le programme pouvait atteindre approximativement 60% du nombre total des ménages
dans les quatre localités à travers l’approche PM2A. Le projet a évalué que, compte tenu du grand
nombre des groupements de producteurs et du fait que plus de la moitié des ménages dans la zone
ciblée participerait au programme PM2A, il y aurait une adhésion significative des ménages PM2A
aux groupements de producteurs existants. Sur cette base, la population cible a donc été estimée à
16.833 producteurs/productrices, membres de 600 groupements.
VIM / ACDI-VOCA
ACDI/VOCA considère qu’il est important d’utiliser des organisations de base là où elles existent
déjà pour la formation et le renforcement des capacités, telles que les groupements et associations
des producteurs, étant donné que les membres se connaissent mutuellement et ont suivi ensemble
des formations antérieures. Même si ces organisations sont faibles, elles reposent sur une structure
existante relativement homogène à travers laquelle il est possible de travailler et d’établir des rela-
[Link] USAID KNOWLEDGE PRODUCTS ON RESILIENCE LEARNING IN THE SAHEL | 2
tions horizontales et verticales dans les systèmes de marché. Elles offrent en plus un moyen permet-
tant d’amener d’autres ménages de leurs communautés, qui ne sont pas nécessairement membres
actuels, dans une structure de formation et de participation au marché.
DESCRIPTIF DU PAQUET INTÉGRÉ MULTISECTORIEL DE
RÉSILIENCE
Ce paquet intégré, destiné aux ménages, vise à renforcer les communautés à travers la produc-
tion agricole, l’accès aux aliments, et l’adoption d’habitudes nutritionnelles positives. Ceux-ci sont
favorisées par la distribution de rations alimentaires, mais également par l’accompagnement dans la
production et la disponibilité d’aliments complémentaires au niveau local. Pour finir, des appuis sont
apportés pour doter les communautés de capacités en matière de transformation et de conservation
des aliments produits.
Un ensemble spécifique de critères de sélection a été conçu pour aider à focaliser les efforts du
personnel et les interventions du projet sur un ensemble limité de filières étudiées pour leur valeur
commerciale, leurs débouchés et leur exploitation possible, notamment par les femmes.
Elle est constituée des éléments suivants :
• Le sorgho : il offre l’avantage d’être largement produit. Cette culture céréalière de base est
« résilient » au manque de fertilité du sol car il peut être produit en terrain aride en saison
pluvieuse. Il est d’ailleurs produit par presque tous les ménages qui l’utilisent pour les be-
soins calorifiques de base de la famille ;
• Le niébé : cette légumineuse largement produite pendant la saison de pluie (catégorie de
plante de fixation d’azote) constitue une excellente culture de rotation avec le sorgho. Elle
revêt plusieurs propriétés : c’est une source de protéine végétale dans les régimes alimen-
taires des ménages ainsi qu’une culture de rente. Par ailleurs, ses feuilles sont largement
utilisées pour nourrir les ruminants domestiques ;
• L’oignon : ce produit maraîcher traditionnellement cultivé en saison sèche par irrigation est
relativement facile à conserver au champ pendant plusieurs mois ; des marchés domes-
tiques existent pour des oignons verts (spécialement pour les fêtes de fin d’année), et des
marchés régionaux forts pour les oignons séchés ;
• La tomate : ce produit maraîcher irrigué est bien connu. Il est également un produit
d’importation sous forme de variétés de semences améliorées pour augmenter sa capacité
de production et sa résistance aux maladies. Il est également recouru à d’autres intrants
généralement disponibles. Le marché domestique est important mais le marché internation-
al a également une longue histoire d’exportation vers le Ghana. Actuellement, la possibilité
de nouveaux marchés pour la transformation des tomates au Burkina Faso et au Ghana est
également explorée.
• Moutons et chèvres : ces petits ruminants habituellement robustes dans la province du
Sanmatenga sont historiquement élevés par les femmes et les enfants dans un système
de pâturage où ils sont attachés. Plus récemment, on observe leur incorporation dans les
systèmes d’embouche (engraissage) à la maison.
[Link] USAID KNOWLEDGE PRODUCTS ON RESILIENCE LEARNING IN THE SAHEL | 3
• Volaille : la production extensive de poulets au niveau des ménages par les femmes est
courante. L’intensification de la production dans les petits poulaillers avec des aliments peut
entraîner une amélioration de la productivité de manière significative et dans l’amélioration
de l’approvisionnement des ménages en protéines (œufs et viande).
PRINCIPES DIRECTEURS POUR L’INTÉGRATION
Dans une logique d’intégration et de création de liens entre les secteurs, les principes respectés sont
les suivants :
• Au moins 50% des bénéficiaires PM2A (santé/nutrition) sont aussi bénéficiaires des activi-
tés du volet d’agriculture et de moyens d’existence ;
• Les bénéficiaires du volet santé/nutrition (femmes enceintes, allaitantes) sont formées sur
les techniques de production des farines enrichies à base de produits locaux et sur les
techniques de transformation et de conservation des aliments, par le secteur agriculture et
moyens d’existence ;
• Les mamans leaders du secteur santé/nutrition sont formées en techniques de fabrication
de foyers améliorés, par le secteur agriculture et moyens d’existence ;
• Les mamans leaders du secteur santé/nutrition sont dotées de plants de moringa oleifera,
par le secteur agriculture et moyens d’existence, pour renforcer la lutte contre la malnutri-
tion.
VIM /ACDI-VOCA
[Link] USAID KNOWLEDGE PRODUCTS ON RESILIENCE LEARNING IN THE SAHEL | 4
APPROCHE DE RÉSILIENCE MIS EN ŒUVRE PAR VIM
Un certain nombre de techniques et d’approches sont mis en place au niveau des ménages ciblés :
Volet agricole et moyens de subsistances:
Pour le volet agricole, il est intéressant de voir comment la thématique des intrants interpelle de
nombreux acteurs. La mise en relation des producteurs avec les fournisseurs d’intrants agricoles doit
permettre aux producteurs d’aller vers les fournisseurs pour acquérir des intrants et des semences
de qualité. Quant aux achats groupés d’intrants agricoles à travers les groupements, ils permettent
de réduire au maximum les charges des producteurs comparativement à un approvisionnement
individuel. Les approches utilisées réaliser ces objectifs de renforcement de moyens de subsistance
incluent :
• L’utilisation de l’approche « Foires aux intrants agricoles », à travers un système de cou-
pons, pour faciliter aux producteurs l’accès aux semences améliorées;
• Le système champs écoles de producteurs (CEP), parcelles de démonstration (PD) et
visites commentées (VC), constitue un ensemble d’approches pour le renforcement et la
maîtrise des bonnes pratiques agricoles par les producteurs ;
• La mise en relation des producteurs avec les fournisseurs d’intrants (semences améliorées) ;
• La promotion des achats groupés d’intrants à travers des groupements bien organisés. Les
producteurs se mettent ensemble et font des commandes groupées, pour minimiser les
charges ;
• La mise en relation des producteurs aux structures de microfinances, pour le financement
de la production, à travers des crédits directs ou à travers le système de warrantage ;
• La commercialisation des produits agricoles, à travers les unions de groupements. Ces
dernières, plus organisées et fortes, constituent les portes d’entrée, pour accompagner la
commercialisation des produits à des prix compétitifs ;
• La collaboration multi-acteurs met en relation tous les acteurs de la chaine de valeur (IN-
RAN, producteurs, etc.) ;
• Le cofinancement intervient aussi pour faciliter la mise en place d’autres actions comme les
groupes d’épargne et de crédits ;
• La création de programme de petites subventions (PPS) des microentreprises rurales ;
Pour le volet santé/nutrition :
• L’utilisation des care groups (CG) pour la sensibilisation des communautés sur les pratiques
sanitaires et nutritionnelles ;
• L’utilisation des Comités WASH pour la mise en œuvre de l’approche ATPC (sensibilisa-
tions, construction des latrines familiales et publiques, etc.).
[Link] USAID KNOWLEDGE PRODUCTS ON RESILIENCE LEARNING IN THE SAHEL | 5
COLLABORATION, COORDINATION ET PARTENARIAT
Compte tenu du caractère intégré de ce projet, sa structure est complexe et riche en partenariat que
l’on peut décliner à trois niveaux : consortium, gouvernement, partenaire RISE et d’autres acteurs et
prestataires de services locaux tels que les universités et les coopératives [Link] ensemble
spécifique de critères de sélection a été conçu pour aider à focaliser les efforts du personnel et les
interventions du projet sur un ensemble limité de filières étudiées pour leur valeur commerciale, leurs
débouchés et leur exploitation possible, notamment par les femmes.
• Niveau consortium :
L’approche intégrée de l’équipe aborde le problème de la malnutrition infantile chronique à travers
les activités du PM2A, pendant que les interventions génératrices de revenus vont développer des
opportunités de subsistance durables. ACDI/VOCA, le principal exécutant a en charge la mise en
œuvre des activités de subsistance ainsi que la monétisation et la gestion globale du projet ; Save the
Children assume la responsabilité première des activités liées à la santé, à la nutrition et à l’hygiène
communautaire ; SNV apporte un soutien en renforcement des capacités des partenaires locaux
d’exécution pour les objectifs de subsistance.
• Niveau gouvernement :
Il se formalise notamment à travers la contractualisation de protocoles et conventions avec le gouver-
nement que ce soit des ministères (MEF/MSP) ou des représentations régionales (conseil régional,
directions régionales de l’agriculture, des ressources animales, de l’environnement ; de la promotion
de la femme et du genre) pour des appuis techniques à des activités spécifiques. Les représentants
de l’Etat à un niveau déconcentré sont naturellement systématiquement informés : gouverneur, haut-
commissaire, préfets et maires sont ainsi associés à des rencontres de concertation. Ils sont égale-
ment consultés dans le choix des organisations non gouvernementales (ONG) avec lesquelles des
protocoles sur base de programmation annuelle sont signés.
• Niveau partenaires RISE :
Le partenariat est favorisé par les rencontres d’échanges sur les stratégies. A titre d’exemple, dans
les villages ou REGIS-ER est présent en même temps que ViM, REGIS-ER va appliquer la stratégie
« Mother to Mother » à ses cibles, tandis que ViM mettra en oeuvre l’approche des « Care Groups ».
Des échanges d’information et de documentation constituent également une dynamique entretenue
régulièrement entre les partenaires RISE. ViM a ainsi partagé les résultats des études sur les différ-
entes chaines de valeur avec REGIS-AG.
D’autres initiatives évènementielles rythment également la coordination entre les partenaires comme
l’organisation conjointe d’une foire de commercialisation de petits ruminants avec mise en contact des
éleveurs avec les acheteurs (initialement prévue pour les 18, 19 et 20 septembre 2015 au Burkina
Faso, elle a été reportée immédiatement compte tenu de la situation sécuritaire), ou l’animation d’un
forum d’échanges autour de la stratégie ATPC de ViM de concert avec SAREL.
• Autres partenariat multi-acteurs :
Les acteurs sont très nombreux à intervenir dans la production et la création de chaîne de val-
eur et jouent chacun un rôle précis. En effet, ATAD, AZND et APIL sont impliqués dans la mise en
œuvre des foires aux intrants agricoles ; INERA intervient pour le choix des nouvelles variétés de
semences ;
[Link] USAID KNOWLEDGE PRODUCTS ON RESILIENCE LEARNING IN THE SAHEL | 6
AGRODIA est chargé de l’approvisionnement en intrants (semences) ; DGPV/DRARHASA sont man-
datés pour le contrôle de la qualité des intrants ; DPARHASA se charge de l’animation technique (im-
portance des semences améliorées, utilisation) pendant les foires et CEP/PD; les unions s’impliquent
pour la commercialisation des produits agricoles.
MÉTHODES DE SUIVI ÉVALUATION
Les méthodes de suivi évaluation adhèrent aux outils classiques mis en place dans le cadre des
projets : baseline, évaluation à mi-parcours, enquête annuelle et évaluation finale.
QUELQUES RÉSULTATS CLEFS ET ÉVIDENCES DE RÉUSSITE
Avec la nouvelle approche d’intervention intégrée, VIM/ACDI-VOCA est parvenue à de nombreux
résultats au niveau des ménages que l’on peut décliner par volet :
A. VOLET ADAPTATION ET DIVERSIFICATION DES MOYENS DE SUBSISTANCE
1) SECTEUR AGRICULTURE ET MARAICHAGE :
• Utilisation de semences améliorées par 86% des producteurs cibles. Ce résultat vient de
la distribution des semences améliorées et intrants aux ménages vulnérables par le pro-
jet. Suite à la formation des producteurs et à l’appui du projet en intrants, la production de
semences améliorées est passée à 28 tonnes en 2015.
• Utilisation d’au moins quatre bonnes pratiques de production durable par 70.2% de pro-
ducteurs cibles. Ainsi, 1.162 ha ont été aménagement, notamment en zai et demi-lunes.
3.090 tonnes de fumure organique (FO) ont été produites et utilisées par les producteurs
pour accroitre le rendement agricole.
• Application d’au moins une technique améliorée de stockage de produits agricoles par 70%
de producteurs. Ce résultat découle des formations données aux différents groupements,
notamment à travers les champs écoles et les parcelles de démonstrations ;
• Equipement de 100% des 600 groupements en matériel collectif d’aménagement
d’ouvrages de protection des sols. Cet accompagnement a concerné l’ensemble des
groupements cibles de la zone du projet ;
• Promotion des cultures maraichères y compris des espèces à haute valeur nutritive ;
• 18 ha de périmètres irrigués mis en valeur avec la maitrise d’ouvrage d’eau ;
• Diversification et promotion de cultures porteuses : 60 ha de bas-fonds aménagés pour la
riziculture. En effet, le riz ne faisant pas partie des six chaines de valeur du projet, il a été
introduit pour contribuer à améliorer la résistance des producteurs et ménages face aux
chocs et stress ;
[Link] USAID KNOWLEDGE PRODUCTS ON RESILIENCE LEARNING IN THE SAHEL | 7
Globalement ce tableau montre que le rendement productif par spéculation (sorgho et niébé) est
nettement au-dessus des rendements au niveau provincial. Ces résultats se justifient par les appuis
techniques et en intrants aux producteurs ainsi que l’adoption et l’application de bonnes pratiques
agricole résilientes aux divers stresses climatiques et environnementales récurrentes dans la zone
d’intervention.
2) ÉLEVAGE :
• Accroissement et utilisation des intrants zootechniques : 65% d’éleveurs de petits ruminants
concernés. Ce résultat rentre dans le cadre de la promotion de l’élevage grâce à une utilisa-
tion accrue de ces intrants ; 15.000 petits ruminants et 3.658 volailles ont été vaccinés au
cours de la campagne 2015 et au moins 90% des bénéficiaires déparasitent et vaccinent
systématiquement leurs animaux, ce qui n’était pas le cas avant l’intervention du projet.
• Mise à disposition de 3.157 petits ruminants à 1.820 personnes vulnérables (hommes et
femmes) en 2014. Cet appui a contribué a doublé le nombre de leur bétail en 2015. Ce
résultat est beaucoup plus visible chez les producteurs vulnérables et particulièrement les
femmes qui pratiquent l’élevage des petits ruminants ;
• Réplication d’au moins quatre bonnes pratiques de production animale par 27% des pro-
ducteurs accompagnés. Ce résultat est le fruit des formations des producteurs organisées
par le projet sur les techniques améliorées de production animale. Ainsi, 1.500 tonnes
de fourrage naturel ont pu être fauchées et conservées en 2015 pouvant nourrir environ
15.000 têtes de petits ruminants en 120 jours.
• Formation et équipement de 89 vaccinateurs villageois. Les services de proximité ren-
dus aux éleveurs par ces vaccinateurs ont contribué non seulement à la prise en charge
sanitaire des animaux offerts par le projet mais aussi la réduction significative du taux de
mortalité de la volaille dans la zone d’intervention, soit plus de 60%.
[Link] USAID KNOWLEDGE PRODUCTS ON RESILIENCE LEARNING IN THE SAHEL | 8
3) WARRANTAGE ET ACCÈS AU CRÉDIT :
• Pratique du warrantage par 77 producteurs dont 52 femmes (68%) en 2015. Cette activité a
renforcé les capacités de communautés à rebondir des chocs et stress. Au premier trimes-
tre 2016, le projet a accompagné 226 producteurs dont 159 femmes de 226 groupements
pour le warrantage avec à peu près 76.100 tonnes de produits pour un crédit de 8.716.500
FCFA (soit environ 38.568 FCFA par producteur). Ce crédit est utilisé par les producteurs
pour entreprendre des activités génératrices de revenus et conserver leur stock jusqu’à la
période propice à la vente (flambée des prix des produits agricoles).
• 4.551.000F FCFA de crédit a été octroyé aux producteurs à partir du warrantage avec un
taux d’intérêt de 7% HTVA. Le niveau de remboursement par les producteurs s’est élevé à
hauteur de 4.869.570 F CFA avec un gain de 987 930 FCFA uniquement sur le niébé
• 19 microentreprises rurales ont été financées à hauteur de 18.787.000 FCFA, dont
5.975.500 FCFA comme contribution des promoteurs. La vente des produits warrantés a
contribué à l’amélioration des revenus de ménages. En effet, pour le niébé, un bénéfice
d’environ 900.000 FCFA a été réalisé suite à la vente du stock, et cela est valable pour les
autres produits stockés (mil, arachide, tomates, oignon et autres).
• Appui aux producteurs pour la commercialisation des produits agricoles en 2015, soi-
ent 4.852 producteurs de niébé, 1.336 producteurs d’oignon, 30 producteurs de tomate.
Par conséquent, 56% des producteurs de niébé ont vendu leurs produits avec un chiffre
d’affaire moyen de 20.602 FCFA/producteur grâce à l’accès aux crédits warrantés. Par ail-
leurs, 46% producteurs d’oignon ont vendu leur production avec un chiffre d’affaire moyen
de 125.029 FCFA/producteur ; et 36% des producteurs de tomate ont vendu avec un chiffre
d’affaire moyen de 402.894 FCFA/ producteur.
• Pour le volet élevage, 3.242 éleveurs de petits ruminants et 548 éleveurs de volailles ont
bénéficié de cet appui au cours de la même année. De ce fait, 100% producteurs de petits
ruminants ont vendu avec un chiffre d’affaire moyen de 45.909 FCFA/éleveur et 129 pro-
ducteurs de volaille ont vendu avec un chiffre d’affaire moyen de 9.734 FCFA/éleveur
• Création et fonctionnement de 77 caisses villageoises dans 39 villages en 2015. Cet ac-
compagnement du projet a permis aux femmes de ces villages d’avoir accès aux crédits
et au financement de leurs activités. Ainsi, 1.475 femmes des caisses villageoises ont
bénéficié de prêt d’un montant cumulé de 86.175.000 FCFA pour des activités telles que
l’embouche ovine et le petit commerce ;
• Les bénéficiaires ont pu épargné : 9.380.000 FCFA, et 54% de producteurs affirment utiliser
correctement les services financiers et les caisses populaires
VIM /ACDI-VOCA
[Link] USAID KNOWLEDGE PRODUCTS ON RESILIENCE LEARNING IN THE SAHEL | 9
B. VOLET SANTÉ-NUTRITION
• Mise en œuvre de l’approche « Maman Leader » dans la zone du projet avec la formation
de 2.405 mères. Ces Mamans Leaders ont à leur tour formé au total 33.749 femmes sur les
bonnes pratiques nutritionnelles en vue de promouvoir la santé maternelle et infantile. Par
conséquent, nous observons une hausse de 14% pour l’allaitement maternel exclusif et une
prise de conscience des parents. 15% des enfants de 6 à 23 mois reçoivent une alimenta-
tion adéquate (consistance et qualité).
• Création et formation de 50 comités WASH qui ont conduit des sessions d’éducation sur les
bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement au profit de 1.968 ménages ;
• Mise en œuvre de l’assainissement total piloté par la communauté (ATPC) où 37,5% des
bénéficiaires ont accès à une latrine améliorée contre une moyenne de moins de 10% dans
la zone du projet, grâce à la construction de 20 latrines publiques pour utilisation commu-
nautaire. Par la suite, 389 latrines familiales construites par les communautés elles-mêmes.
En effet, l’appui du projet a porté non pas sur la subvention des matériaux de construction
mais sur l’assistance technique aux producteurs pour le respect des normes techniques en
la matière.
Par conséquent, les efforts et les évidences de réussites du projet ViM à travers un paquet multisec-
toriel qui a facilité à la fois (i) l’amélioration de la production agricole, (ii) l’adoption des bonnes pra-
tiques de production « résilientes » aux effets du changement climatique, (iii) l’élevage, (iv) le stock-
age et le warrantage et (v) l’accès au crédit et (vi) le changement de comportement pour l’adoption de
bonnes pratiques de nutritionnelles, d’hygiène et de santé ont significativement contribué au ren-
forcement des capacités de résilience des ménages et des communautés ciblés. De plus, le niveau
de sensibilisation, de renforcement des capacités et d’appropriation est encourageant et rassure
l’existence d’un fondement propice pour la durabilité des appuis du projet, son expansion
DÉFIS ET BARRIÈRES
Un certain nombre de barrières ont été relevées. Certaines concernent spécifiquement les pro-
ducteurs, que ce soit sur le plan socio-culturel où leur profil socio-économique révèle un degré
d’analphabétisme pénalisant pour relever leurs compétences, ou un niveau si faible de revenu qu’ils
sont parfois plus engagés dans la survie que dans l’investissement ou le développement d’une ac-
tivité.
Sur le plan institutionnel, le faible niveau de gouvernance des groupements et des unions conduit
également à des problèmes internes qui freinent la progression des bénéficiaires. Du fait de ces
handicaps, ils se retrouvent parfois dans l’incapacité de satisfaire une demande alors que la demande
est clairement formulée par des acheteurs déclarés.
Ces producteurs sont par ailleurs en proie à des obstacles extérieurs. C’est le cas sur le plan de
l’accès au crédit avec le manque d’institutions de microfinance adaptées à leurs contraintes, mais
également avec les prestataires qui leur fournissent les intrants et abusent de leur situation de
monopole. Le fait que d’autres intervenants dans la même zone d’intervention proposent des ap-
proches différentes sur une même problématique peut induire une certaine confusion car le manque
d’harmonisation ne facilite pas l’intégration de règles à respecter.
[Link] USAID KNOWLEDGE PRODUCTS ON RESILIENCE LEARNING IN THE SAHEL | 10
LEÇONS APPRISES
Pour les leçons tirées de cette approche, elles se présentent comme suit :
• L’implication multi-acteurs dans l’approche « foires aux intrants agricoles » permet
d’atteindre de meilleurs résultats et de distribuer facilement les intrants aux producteurs ;
• La production et l’utilisation de la fumure organique contribuent à améliorer l’efficacité des
intrants ;
• L’intégration de zaï, demi-lune, et cordons pierreux dans le système de production contribue
à l’amélioration du rendement productif ;
• Le stockage et la conservation améliorés et prolongés du niébé et l’oignon permettent aux
producteurs de vendre au meilleur prix au moment de la commercialisation ;
• L’appui à la commercialisation groupée des produits agricoles, en particulier le niébé, à
travers les unions permet de vendre au meilleur prix ;
• La production d’aliment volaille à base de produits locaux facilite la pratique de l’élevage de
la volaille, particulièrement chez les femmes.
EXPANSION OU MISE À L’ÉCHELLE DE CETTE APPROCHE
AVEC D’AUTRES INTERVENANTS DE LA RÉSILIENCE
Pour passer à l’échelle, le projet a besoin de consolider ses acquis en capitalisant sur ses bonnes
pratiques déjà éprouvées, tout en s’alliant aux autres partenaires spécialisés pour affiner ses straté-
gies. Cette démarche passe par la promotion des semences améliorées, l’achat groupé d’intrants à
travers des groupements organisés, la commercialisation des produits agricoles à travers les foires.
Par ailleurs, sur le plan agricole, l’introduction des techniques de conservation des eaux et des sols
est une thématique à diffuser tout comme l’aménagement des bas-fonds et périmètres irrigués.
Pour permettre à ces pratiques de susciter l’adhésion et de se faire connaître, l’adoption de la dé-
marche comparative via les champs écoles et les parcelles de démonstration, voire les visites com-
mentées, constituent d’excellentes opportunités de communication à moindre frais.
Toujours dans la logique de l’intégration, il est nécessaire de promouvoir, en parallèle, des activités
non agricoles qui pourraient être favorisées par la facilitation d’accès au crédit, la mise en place de
système de warrantage ou le co-financement d’activités communautaires. Parallèlement, pour illustrer
sa vision holistique du développement, des initiatives ATPC restent importantes à promouvoir.
[Link] USAID KNOWLEDGE PRODUCTS ON RESILIENCE LEARNING IN THE SAHEL | 11
CONCLUSION
Ce projet est particulièrement ambitieux et riche d’expériences. Il couvre non seulement des do-
maines très diversifiés mais également des cibles vulnérables plurielles allant des enfants en bas âge
aux femmes enceintes ou allaitantes et autres petits producteurs. Il révèle donc également beau-
coup de leçons à tirer et de défis à relever. Il a démontré une grande capacité à collaborer avec des
acteurs divers et a favorisé le partenariat entre eux, selon une logique de convergence d’interventions
même si les résultats nombreux peuvent paraître moins éloquents comparativement à d’autres pro-
jets qui ciblent un seul domaine ou une seule pratique. Il est aussi un modèle en termes de ciblage
intégrant la dimension genre. Il interpelle la communauté RISE sur la nécessite de renforcer la col-
laboration sur les expertises respectivement développées et le challenge que représente l’approche
intégrée. Il invite également à réfléchir sur les bénéfices de l’approche intégrée comparativement à
d’autres plus spécialisées.
Pour en savoir plus sur la pratique d’approche intégrée multisectorielle, merci de contacter Jean Theodore Lompo,
Directeur Agriculture/Livelihoods, Email : tlompo@[Link].
Pour accéder aux autres produits de connaissances sur la résilience au Sahel, contactez le projet USAID/
SAREL au sahelresilience@[Link].
[Link] USAID KNOWLEDGE PRODUCTS ON RESILIENCE LEARNING IN THE SAHEL | 12
Pourquoi la pratique répond aux critères indicatifs
de « Bonne Pratique » de résilience
L’acquisition de nouvelles connaissances
Ce projet, par son approche multisectorielle, a contribué à développer les connaissances dans ses
différents domaines d’intervention, que ce soit sur le plan agricole et animalier, santé ou WASH.
Les agriculteurs, les mamans comme les enfants, selon les objectifs, ont été bénéficiaires directs ou
indirects à travers notamment l’approche « Maman Leader » ou les comités WASH.
L’acquisition de nouvelles compétences
De nombreuses formations ont été dispensées dans les différents domaines du paquet inté-
gré d’interventions ; cela a permis de renforcer les capacités des communautés. Il a été relevé la
réplication d’au moins quatre bonnes pratiques de production animale par 27% des producteurs
accompagnés. A titre d’exemple, on peut citer la formation de 89 vaccinateurs villageois qui ont
permis de développer des services de proximité dans la zone du projet ; la formation de 2.405
mères à travers l’approche des Mamans Leaders qui ont à leur tour formé au total 33.749 femmes
sur les bonnes pratiques nutritionnelles en vue de promouvoir la santé maternelle et infantile.
Le renforcement de la vie associative et sortie d’isolement
Le projet a favorisé de manière générale le regroupement des communautés qui avait l’avantage
d’être déjà bien implanté dans la zone et encouragé l’émergence de leadership que ce soit avec
la création des comités WASH qui ont conduit des sessions d’éducation sur les bonnes pratiques
d’hygiène et d’assainissement au profit de 1.968 ménages, ou l’approche des mamans leaders.
L’application de techniques, outils simples, abordables, rentables et « résilients » aux
changements climatiques
Le projet a favorisé l’utilisation de semences améliorées par 86% des producteurs cibles. Il a égale-
ment permis à 70% d’entre eux de recourir à une technique améliorée de stockage, notamment à
travers les champs écoles et parcelles de démonstration, et a permis la diversification et la promo-
tion des cultures porteuses. L’adoption de la riziculture est également intéressant car le riz, ne
faisant pas partie des six chaines de valeur du projet, il a été introduit pour contribuer à améliorer
la résistance des producteurs et ménages face aux chocs et stress.
L’augmentation de la production agricole, notamment à haute valeur nutritive
Le projet a promu les cultures maraichères y compris les espèces à haute valeur nutritive : 18 ha de
périmètres irrigués ont été ainsi mis en valeur avec la maitrise d’ouvrage d’eau.
Les données enregistrées pour le sorgho et le niébé démontrent un rendement productif spécu-
latif nettement au-dessus des rendements au niveau provincial grâce aux appuis techniques et
intrants fournis aux producteurs.
Augmentation du cheptel
Le bétail a doublé en 2015. Ce résultat est beaucoup plus visible chez les producteurs vulnérables
et particulièrement les femmes qui pratiquent l’élevage des petits ruminants.
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Facilitation d’accès au crédit
Un effort particulier a été accordé à ce volet sous des formes multiples, que ce soit à travers la
pratique du warrantage qui est utilisé par les producteurs pour entreprendre des AGR et conserver
leur stock jusqu’à la période propice à la vente (flambée des prix des produits agricoles) ; la créa-
tion et le fonctionnement de 77 caisses villageoises dans 39 villages en 2015 ; le financement de
19 microentreprises rurales financées à hauteur de 18.787.000 FCFA dont 5.975.500 FCFA comme
contribution des promoteurs.
Accès à infrastructures WASH
389 latrines familiales ont été construites par les communautés elles-mêmes conformément à
l’approche assainissement total piloté par la communauté (ATPC). L’appui du Projet a ainsi porté
non pas sur la subvention des matériaux de construction mais sur l’assistance technique aux pro-
ducteurs pour le respect des normes techniques en la matière.
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