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Retranscriptions Entretiens

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Retranscriptions des entretiens

Cette annexe comprend la retranscription en texte de 29 entretiens.

La mention des silences est indiquée par la ponctuation. « , » signifie un silence


court (moins d’une seconde) et « … » un silence plus long. Lorsque les interlocuteurs
se coupent la parole, cela est indiqué par un « - ».

Les prénoms des apprenants interviewés sont fictifs. Les prénoms mentionnés lors
des entretiens sont remplacés par une lettre de l’alphabet (exemple : « C. ») ou
« XXX », « YYY » ou « ZZZ » lorsqu’il s’agit d’un nom de famille.

Une partie enregistrée qui n’est pas audible ou comprise lors de la retranscription
est retranscrite comme suit : [???].

Table des matières


1. Sophie ....................................................................................................................................... 2
2. Daphné .................................................................................................................................. 17
3. Rose ........................................................................................................................................ 31
4. Zoé ........................................................................................................................................... 51
5. Noëmie .................................................................................................................................. 72
6. Caroline ................................................................................................................................. 85
7. Victor ...................................................................................................................................... 93
8. Mégane ............................................................................................................................... 113
9. Elise ..................................................................................................................................... 129
10. Samuel............................................................................................................................ 143
11. Gaëlle .............................................................................................................................. 158
12. Yves ................................................................................................................................. 169
13. Jessica ............................................................................................................................. 194
14. Barbara .......................................................................................................................... 210
15. Patrick ............................................................................................................................ 227
16. Laurent .......................................................................................................................... 241
17. Abby ................................................................................................................................ 255
18. Florie............................................................................................................................... 262
19. Heather .......................................................................................................................... 277
20. Inès .................................................................................................................................. 289
21. Thomas .......................................................................................................................... 303
22. Karène ............................................................................................................................ 312
23. Ophélie ........................................................................................................................... 323
24. Wendi ............................................................................................................................. 337
25. Emilie.............................................................................................................................. 344
26. Lara.................................................................................................................................. 353
27. Clémence ....................................................................................................................... 358
28. Nicolas ............................................................................................................................ 368
29. Louise ............................................................................................................................. 381

1
1. Sophie

Interviewer : Quelques rappels… Vous êtes en licence lettres modernes


deuxième année, c’est ça ?

Sophie : Oui, ça je suis en formation continue pour la licence lettres modernes, et


en formation à distance pour la licence Espagnol L1. Parce que… voilà…

Interviewer : D’accord, donc il y avait une partie à distance ?

Sophie : Donc y’avait une partie qui était à distance pour la L1 Espagnol, et on
m’avait conseillé comme j’étais en double cursus on m’avait conseillé de prendre la
formation à distance parce que c’était plus gérable, je pouvais pas cumuler deux emplois
du temps en même temps en formation continue, donc du coup j’ai pris la formation à
distance pour l’Espagnol. Et en Licence Lettres modernes, j’étais en formation continue
donc…

Interviewer : D’accord, ok. Très bien. Alors… Avant vous avez fait une
PREPA ?

Sophie : Voilà

Interviewer : Kâgne et Hypokâgne ?

Sophie : j’ai fait juste Hypokâgne, j’ai pas voulu suivre en Kâgne parce que voilà
j’étais à Montaigne et euh… c’était vraiment trop difficile, moralement, physiquement,
j’étais vraiment morte à la fin donc du coup j’ai préféré aller à la fac pour plutôt voilà me
retrouver dans ce que j’aimais parce qu’en Hypokâgne du coup on a un peu tout et y’a
certaines choses que j’aimais moins, c’est pour ça que j’ai choisi à la fois Espagnol et
Lettres Modernes parce que j’aimais les deux, et le problème c’est que donc j’avais
l’équivalence pour la lettres modernes mais on peut avoir l’équivalence pour avoir pour
un double cursus pour avoir les deux donc du coup j’étais en L1 Espagnol et en L2
Lettres Modernes.

Interviewer : D’accord, et du coup là le projet avec ça c’était ?

Sophie : Moi j’aimerais juste être dans le monde de l’édition et donc vu que
l’Espagnol on aborde la littérature hispanique ça m’intéressait de ce point de vue là et je
sais que c’était important de bien de bien connaître une langue, c’est pour ça que j’avais
choisi l’Espagnol pour aussi apprendre un peu plus parce que c’est vrai qu’en Lettres
Modernes on n’a pas forcément beaucoup de langues donc euh... du coup voilà quoi.

Interviewer : Et le choix de la distance plutôt que la présence pour


l’Espagnol, c’était prescrit par…

Sophie : alors en fait quand je suis… cumuler deux emplois du temps à 25h voilà…
C’était pas possible, donc du coup en fait comme j’étais avec une amie qui avait choisi le
2
double cursus aussi en fait c’était notre prof de Français d’Hypokâgne qui nous avait
conseillé d’être en double cursus parce que voilà… il était passé par la fac il nous a dit
c’est mieux d’être en double cursus, donc bon on avait un peu suivi, sans trop savoir où
on allait, et on est arrivé à la fac ils nous ont dit ce sera impossible que vous ayez deux
formations continues vous serez en régime assidu pour une licence et vous serez
forcément en régime dispensé pour une autre licence donc on nous avait dit la formation
à distance même si c’est… ça… ça a un coût au début, ce sera quand même beaucoup plus
pratique pour vous, pour suivre parce que vous pourrez pas faire… on a suivi les conseils
et on a fait la formation à distance, on s’est dit ça sera plus pratique pour nous et… voilà
quoi, on allait à la fois moi j’allais aux cours magistraux mais j’allais qu’aux cours
magistraux du coup j’avais pas de cours de TD étant donné que j’étais en régime
dispensé.

Interviewer : « on » c’est vous et votre copine…

Sophie : Oui c’est ça, c’est M. qui était aussi en… qu’avait suivi en même temps que
moi en fait l’Espagnol en L1 et elle était en L2 histoire.

Interviewer : D’accord, très bien. Ok. D’un point de vue de votre contexte de
vie, sans rentrer dans des détails privés, est-ce un contexte favorable pour
étudier ?

Sophie : Et ben moi je… bon là je suis toute seule là sur Bordeaux comme la plupart
des étudiants quoi je suis toute seule, ma famille est à deux heures d’ici donc c’est quand
même plus y retourner enfin en train quoi, en train ça fait deux heures, moi j’avais la
prépa m’avait coupé de la famille parce qu’on a souvent des devoirs le samedi matin
enfin c’était pas possible donc euh ça ça m’avait vraiment manqué et euh et le fait d’être
à la fac m’a permis justement d’être plus souvent avec mes parents enfin souvent plus
avec ma mère surtout, donc euh oui ça par contre oui… mais le contexte était plutôt
favorable parce que voilà j’ai une mère qui est très présente ben qui m’aide et qui me
soutient dans mes études donc là-dessus…

Interviewer : D’accord. Justement dans le questionnaire vous aviez indiqué


que les proches, j’imagine vos parents, sont « indispensables à votre
motivation »…

Sophie : ben c’est vrai que surtout, surtout ma mère ben elle m’a aidé… quand je
suis arrivée en prépa ça a été compliqué parce que je suis arrivée en prépa mes parents
divorçaient donc ça a été un peu compliqué sur le moment y’a eu quelques difficultés
c’est vrai de toute façon c’est surtout ma mère qui a été présente pour moi dans mes
études mais bon là je vois les deux je vois toujours mon père aussi ma mère donc ils ont
toujours été présents, je suis fille unique, ils ont toujours été présents d’un point de vue
de mes études donc ils m’ont toujours soutenue pour ça donc euh… c’est indispensable.

Interviewer : D’accord, et c’est un soutien de quelle nature ?

3
Sophie : euh plus… moral, parce que mes parents ont pas eu forcément la
possibilité de faire des études donc du coup euh j’ai très vite été amenée à faire mon
cursus toute seule oui c’est moi qui me débrouillais euh ma mère m’a aidée tant qu’elle
pouvait et puis après j’ai continué par moi-même mais c’est surtout moral quoi c’est
surtout le fait d’avoir un soutien, de savoir qu’ils sont fiers, voilà ça permet de se motiver
aussi.

Interviewer : D’accord, il y a une motivation aussi qu’ils soient fiers que vous
réussissiez…

Sophie : voilà, oui, oui c’est aussi cette motivation là oui c’est aussi la fierté, qu’ils
soient fiers de moi quoi en fait.

Interviewer : D’accord. D’autres personnes ont participé à votre formation,


d’autres proches ?

Sophie : Ben j’ai surtout connu finalement en prépa ça m’a permis de créer des
liens euh justement de cette nature là, de se motiver avec des amis, notamment l’amie
avec qui j’étais qui était aussi en double cursus, M., a contribué aussi à elle pareil on se le
dit c’est vrai que ça a contribué à nous motiver. On va se téléphoner de temps en temps
quand elle a un petit moment où finalement elle n’a pas envie de travailler ou autre elle
va m’appeler et comme ça on essaye de se motiver… les amis… pas tous, voilà j’ai des
amis d’enfance ou autre donc on n’a pas forcément les mêmes études donc on parle pas
forcément comme ça mais c’est vrai que, avec cette amie là en question ça permet de
motiver quand même quand on a un petit moment où on a un petit vide, un passage à
vide ou autre, ça m’aide quoi… en tout cas elle, elle m’aide bien.

Interviewer : D’accord, oui en plus elle suit la même formation.

Sophie : voilà c’est ça elle suit à peu près la même formation donc on essayait de se
voir parce que bon c’est vrai que la fac est grande donc on ne se voyait pas
nécessairement tout le temps on essayait au moins de se donner des petits rendez-vous
surtout pour aller manger euh… ensemble ou autre, du coup ça nous permettait de
parler de choses et d’autres mais aussi de nos études et de nous motiver, quoi, voilà.

Interviewer : D’accord. Et à votre avis, si vous n’aviez pas eu votre amie, vos
parents, ou les deux, ça serait passé comment ?

Sophie : c’est difficile à dire parce que… c’est… ce serait un autre contexte… moi je
suis quand même battante de nature, je pense que je me serais battue, même si j’avais
pas eu un soutien mais c’est quelque chose qui m’aurait manqué parce que j’ai quand
même besoin d’avoir un soutien derrière, savoir que je suis pas toute seule quoi, des fois
la solitude pèse quand on est étudiant, savoir que… y’a le téléphone mais le téléphone ça
fait pas tout euh… je pense que ça aurait été plus difficile surtout moralement. Dans mes
études euh je suis-je suis assez studieuse donc quand j’ai un problème d’ordre familial
ou d’ordre personnel je me plonge vraiment dans mes études à fond et c’est vrai que je

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suis pas du coup du genre à laisser tomber à dire non je vais rester à broyer du noir ou
autre, je suis vraiment, je me plonge à fond dans mes études pour justement oublier les
problèmes autour, mais c’aurait été, d’un point de vue moral ça aurait été plus difficile,
j’aurais été plus seule du coup c’est pas facile de pouvoir parler au moins des problèmes
ça permet de mieux gérer la situation.

Interviewer : D’accord. Dans le questionnaire, je demandais comment c’était


au jour le jour, vous aviez dit que vous travailliez tous les jours…

Sophie : Oui. [sourire] oui j’essayais de travailler tous les jours, j’essayais de
travailler un peu tous les jours parce que euh je… j’avais donc cette double licence qui
finalement… c’est pour ça que j’ai pris qu’un semestre parce que ça me mettait autant de
pression que quand j’étais en prépa donc j’ai préféré arrêter parce que j’estimais que si
j’étais en option formation à distance fallait aussi que j’y mette du mien quand même
pour au moins apprendre un peu tous les jours les cours, donc je faisais un peu tous les
jours des fiches, parce que c’était quand même un gros tas de feuilles donc à apprendre…
pas facile à gérer d’un coup donc je faisais tous les jours des fiches ça me permettait un
peu de gérer déjà de lire un peu d’Espagnol au moins une heure par jour et le reste du
temps j’essayais de combler avec les Lettres Modernes. C’était surtout les Lettres
Modernes finalement que je travaillais le plus par rapport à la formation à distance.

Interviewer : D’accord. Et tout au long de la formation vous étiez plutôt à


l’aise, anxieuse…

Sophie : et ben ça dépend finalement c’est vrai que… dans les matières que j’aimais
bien je me sentais plutôt à l’aise, en art ou en littérature j’intégrais bien, je comprenais
bien mais c’est vrai que de temps en temps j’étais un peu anxieuse parce que je me disais
que je le pratiquais pas à l’oral, c’est là tout le problème, je le pratiquais pas à l’oral et du
coup je stressais pour le moment de l’examen enfin du moins du premier semestre,
parce qu’il y avait autant d’examens finalement oraux qu’écrits et je stressais beaucoup
pour le fait de justement passer à l’oral alors que je l’avais pas pratiqué pendant
finalement plusieurs mois, je me suis… je stressais beaucoup par rapport à ça, je me
disais « tu travailles peut-être pas assez », du coup c’est… c’est vrai que je culpabilisais
un peu de privilégier ma licence Lettres Modernes et pas assez l’Espagnol donc euh…
c’est vrai que y’a eu des hauts et des bas c’est vrai que… et puis j’avais plus de… d’attrait
pour la littérature espagnole et puis pour les arts du coup je les travaillais peut-être un
peu plus que la civilisation, donc euh… c’est vrai que c’était… j’avais des moments de
stress quand même, je me disais « je sais pas si je vais y arriver » après je me disais bon
je verrai bien de toute façon au premier semestre je me suis dit je verrai bien j’ai fait ce
que je pouvais donc euh… on verra bien au bout quoi.

Interviewer : Quel impact avait ce stress ?

Sophie : euh ben… moi le stress, je le garde beaucoup en moi, donc finalement je
stresse beaucoup c’est-à-dire je vais peu dormir, mais parce que je vais travailler jusqu’à

5
minuit et du coup faut se lever à 6 heures donc je travaille tard, [rires] euh jusqu’à très
tard le soir enfin dès que j’arrivais ça dépendait des horaires, dès que j’arrivais je
commençais à travailler puis je travaillais jusqu’à très tard le soir et du coup enfin c’est
vrai que je suis très fatiguée c’est surtout d’un point de vue physique le stress qu’il se
répercute parce qu’après finalement on a du mal à suivre et faut quand même qu’on aille
en cours enfin c’est surtout physiquement quoi.

Interviewer : c’est un stress qui vous arrivez à gérer ?

Sophie : j’arrive à le gérer oui. J’arrive à le gérer je… je le, bon moi, je suis très
stressée déjà de nature [rires] c’est vrai que je le gérais au jour le jour et puis la prépa
m’avait permis aussi d’apprendre à gérer le stress c’est surtout ça, donc euh… si
j’arrivais à le gérer et puis les gens qui me connaissent me voyaient pas forcément
stressée quoi. Je le montre pas, à part à ma mère évidemment, les mamans quoi [rires]
y’a toujours un [ ??? ] mais c’est vrai que non j’arrivais à cacher du moins à garder en
moi quoi.

Interviewer : D’accord, et du coup ça vous le gérez seule ?

Sophie : J’en parle un peu… mmmh j’ai pas forcément envie de, d’inquiéter mon
entourage, donc euh, du coup je suis un peu stressée, j’en parle si j’en parlais un peu avec
justement M., [ ??? ], qui justement aussi était stressée [rires] du coup on parle un peu de
moments de stress, et ça nous permet aussi, ça nous permettait aussi d’en parler de
relativiser un peu, se dire c’est bon, on relâche, on travaille donc voilà c’est le principal
au moins on met toutes les chances de notre côté, on… c’est vrai que ça nous permettait
de relativiser… donc finalement j’en parle moins, j’en parlais moins avec mes parents de
ce stress là, qu’avec finalement M., justement, c’est vrai que les amis permettaient
justement de parler plus de… du stress des études, parce que c’est quelque chose qu’ils
connaissent donc évidemment… on peut plus les partager.

Interviewer : Et vous êtes dans la même situation…

Sophie : voilà, on était dans la même situation donc du coup ça nous permettait de
mieux comprendre quoi, d’en parler.

Interviewer : D’accord, très bien. Alors… Dans le questionnaire j’avais une


question demandant si vous aviez déjà pensé à abandonner, vous ce n’était pas le
cas… ?

Sophie : oui moi j’avais pas enfin je voulais absolument pas abandonner pour… en
fait finalement j’ai abandonné pas parce que c’était une formation à distance, mais c’est
surtout le fait de le pratiquer qui me manquer, de pratiquer l’Espagnol, de pouvoir avoir
de la pratique, parce qu’on avait tout le théorique on apprenait tout par cœur mais
finalement quand on est dans une formation à distance on apprend tout le théorique et
c’était la pratique qui manquait les TD me manquaient, le fait de pouvoir avoir déjà au
moins, une présence physique aussi, ça je trouvais que c’était quand même important, et

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ça, ça m’a manqué donc c’est vrai que pour le premier semestre je me suis dit j’ai, j’ai
tout travaillé donc autant que j’aille à… jusqu’au bout quoi, je voulais vraiment passer
mes partiels et c’est après mes partiels d’Espagnol que j’ai réfléchi et je me suis dit que
bon finalement j’ai pesé le pour et le contre je préférais continuer vraiment en Lettres
Modernes je me consacre aux Lettres Modernes et après l’Espagnol… je me suis dit si je
veux le travailler par moi-même je peux le travailler par moi-même, donc euh bon c’est
vrai que j’étais aussi un peu déçu par la formation à distance donc du coup euh… parce
que y’avait des cours magistraux moi je participais aux cours magistraux bon y’en a qui
sont en formation à distance qui sont pas obligés, moi j’y étais j’étais sur la fac donc voilà
j’essayais d’organiser mes emplois du temps pour euh au moins euh assister aux cours
magistraux au moins avoir une présence physique et c’est plus facile je trouve
d’apprendre les cours quand on y est que de lire par ordinateur, et du coup donc j’avais
les cours magistraux que j’avais écrit moi, mais après j’avais la même chose moi en
formation à distance donc euh bon ça permettait de de d’enrichir mes cours quand
j’avais manqué quelque… quelque chose ou autre, mais après c’est vrai que bon, c’était
les cours de TD qui me manquaient et y’a pas assez de cours de TD dans la formation à
distance donc euh bon du coup c’est ce qui me manquait c’est pour ça aussi ça m’a un
peu… un peu déçue de ce point de vue là c’est pour ça aussi je crois que j’ai un peu arrêté
au second semestre quoi.

Interviewer : vous avez arrêté la formation à distance ?

Sophie : voilà, j’avais arrêté pour, pour l’Espagnol j’avais fait vraiment que le
premier semestre donc après pour la pour le deuxième semestre vu qu’on paye pour
toute l’année on m’avait envoyé le cours j’avais commencé et puis j’ai vu très vite… que
ça me plaisait euh… enfin la littérature, les arts, il n’y avait pas de souci, mais le reste…
enfin moins quoi, donc du coup… j’ai préféré arrêter.

Interviewer : très bien. Je voudrais revenir sur quelque chose que vous avez
dit que vous préfériez voir les enseignants sur place, en présentiel, est-ce que vous
pourriez expliquer pourquoi ?

Sophie : Et ben je trouve que euh… déjà dans la façon de faire son cours dans la
façon de dire ses cours on a enfin… Je trouve qu’on les intègre plus facilement quand eux
ils les disent, nous on écrit déjà on le comprend on l’intègre, on l’écrit donc déjà c’est
plus facile que de voir sur ordinateur déjà j’ai beaucoup de mal à lire sur un ordinateur
ou autre donc euh déjà, et est-ce que… on va comprendre hein c’est pas le problème,
voilà on lit mais… il manque une présence je pense, il me manque euh… le fait d’avoir
quelqu’un en face on se dit que s’il y a quelque chose qu’on comprend pas déjà on peut
directement le demander à la personne, mais via la formation à distance on va envoyer
un mail, on sait pas quand est-ce qu’on aura une réponse, enfin… c’est pas évident je
trouve en plus moi j’avais la possibilité d’être sur le campus mais je me dis que pour
ceux qui ont pas la possibilité qui avaient que la formation à distance y’a quand même
un côté un peu virtuel quoi, il manque un peu de physique et euh c’est ce qui… je vois là

7
en Lettres Modernes j’avais pas de souci et j’aimais vraiment le contact quand même
avec certaines personnes parce qu’on va avoir, même si c’était que des cours magistraux
mais y’a certains profs que je préférais à d’autres, pas par rapport au contenu mais parce
que euh ils vivaient plus leur cours donc du coup on était plus attentifs, je pense que
c’est ça qui me manquait pour les TD, le partage aussi avec les autres élèves parce que
finalement quand y’en a qui posent des questions ou autre et ben ça enrichit son propre
cours donc euh, c’est ça qui me manquait aussi en fait dans la formation à distance.

Interviewer : et pour ce qui est du fait de « moins pouvoir poser une question
à distance », est-ce que vous avez essayé d’envoyer un mail une fois pour poser
une question ?

Sophie : euh j’ai pas envoyé de mail pour euh parce qu’en gros je comprenais au
moins bon à peu près comment ça se passait, j’avais envoyé mais c’était d’ordre
administratif je crois que j’avais envoyé un mail pour euh… simplement d’ordre
administratif mais elle m’avait répondu hein elle m’avait répondu mais je me souviens
plus de quel ordre c’était parce que c’était au début, donc c’était un peu flou au début
parce que finalement on nous donne un peu… des pistes [rires] pour la formation à
distance c’est vrai qu’en plus j’avais choisi par ordinateur et pas par courrier je préférais
par par ordinateur, mais… bon après c’était juste des questions parce que les cours
arrivaient trop tard, ou que c’était un peu… finalement de cet ordre là mais après les
cours étaient quand même assez, assez clairs hein mais… si après je recevais des mails
parce qu’on pouvait faire des exercices qui n’étaient pas obligatoires, euh… mis à part
pour les boursiers qui étaient obligés de les faire parce que sinon ils n’avaient plus leurs
bourses, moi j’étais pas boursière donc j’étais pas obligée, je les ai fait, donc là on
recevait les mails et on recevait euh… en fait on recevait nos devoirs qu’ils avaient
imprimés qu’ils renvoyaient en fait chez nous, avec la note et tout ça, ça j’ai trouvé ça
bien par contre, parce que ça nous permet de nous évaluer parce que finalement on ne
sait pas tellement ce qu’on vaut, on n’a jamais d’exercices on n’a rien et on arrive aux
partiels on en a jamais fait du coup c’est pour ça que j’ai préféré faire ces exercices là, et
euh… et du coup ben c’est vrai que le fait qu’ils renvoient, bon c’est vrai que c’était juste
une semaine avant les partiels donc c’est vrai que c’était un peu… niveau temps, pour
savoir ce qu’on vaut c’était un peu… un peu short je trouvais mais euh… du coup j’ai
trouvé ça bien quand même de pouvoir, voilà y’avait quand même des professeurs qui
s’étaient attardés sur nos devoirs, qui avaient noté, qui avait mises des appréciations, en
plus ça nous permettait de… ça j’ai trouvé ça bien, mais d’un point de vue mail
finalement y’avait surtout ça voilà envoyer les devoirs et quelques problèmes
administratifs mais c’était vraiment tout quoi.

Interviewer : Ca manque que les enseignants… Vous auriez trouvé mieux que
les enseignants sollicitent par mail par exemple pour savoir si ça va, ce genre de
choses ?

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Sophie : oui. Ca fait un peu moins… J’avais plus de lien lorsque j’étais en présence à
la fac lorsque j’allais aux cours magistraux mais ça fait un peu moins virtuel justement le
fait qu’ils essayent de savoir comment ça se passe quoi, y’avait un forum quand même de
formation à distance où y’a justement une… une dame, je ne sais plus qui sait, qui
justement gérait la formation à distance d’Espagnol, qui mettait quand même tout ce qui
se passait d’un point de vue culture au niveau de l’Espagnol sur Bordeaux, qui mettait
qui posait des questions comment ça se passait mais c’était pas une prof, c’était
quelqu’un qui s’occupait comme ça mais c’était pas une prof et c’est vrai que du coup
ben les profs c’était un peu… voilà ils nous envoyaient leurs cours et puis c’était tout
quoi en fait. Donc euh… c’est vrai que ça manquait un peu de savoir… de savoir que
y’avait quand même quelqu’un qui s’occupait un peu de nous quoi.

Interviewer : Oui d’accord. C’est-à-dire, ça donne un côté « auto-formation »


un peu ?

Sophie : Ouais voilà, c’est un peu ça, c’est, ça fait un peu « on vous donne les cours »
et puis voilà quoi, c’est vrai que ceux qui veulent pas faire les devoirs, ben ils arrivent
aux partiels et voilà quoi, j’en ai plein j’étais y’avait des oraux où on arrivait à une heure
aux partiels et on était plusieurs à attendre y’en a plein qui arrivaient qui n’avait pas
révisé leurs cours, qui avaient leurs cours de formation à distance, ça faisait un gros tas
[rires] et qui regardaient et qui… c’est vrai que y’a des gens on se retrouve avec… de
mon âge et puis y’avait des gens beaucoup plus âgés qui reprenaient leurs études ou
autre, et c’est vrai que c’est pas forcément évident quoi, les gens me posaient des
questions à moi, des gens plus âgés et j’ai même rencontré une dame qui avait 40 ans et
qui justement me posait des questions par rapport à la formation à distance ou comment
ça se passait, parce que vu que j’étais plus (+) dans le monde étudiant finalement elle
essayait de… c’est vrai que les gens qui reprennent leurs études… c’est pas facile quoi. Là
pour le coup c’est pas facile moi j’étais quand même baignée dedans donc euh c’est plus
facile pour nous mais pour les gens, je trouvais que c’était pas évident… ouais.

Interviewer : Ok, et alors justement est-ce qu’il y avait une dynamique de


groupe avec les autres étudiants ?

Sophie : Et ben du coup ben c’est vrai que la formation à distance euh… on voit
jamais les gens, moi je les voyais de temps en temps juste en cours magistraux mais c’est
vrai que ceux qui viennent jamais on les voit jamais finalement les autres étudiants on se
voit qu’aux partiels et y’a quand même une… une bonne ambiance avant les oraux parce
que bon on est forcément tous stressés et on est forcément en train de réviser, on… mais
y’a eu une bonne ambiance parce que justement on partageait un peu nos expériences,
on se demandait si chacun allait continuer ou pas au second semestre, y’en avait pas mal
qui étaient en double cursus, d’autres qui reprenaient leurs études, d’autres qui
travaillent, d’autres… et c’est vrai que du coup ça nous a permis de savoir comment nous
chacun on le vivait finalement, et on le vivait tous différemment en fait, y’en avait qui le
vivaient très très bien de faire un double cursus d’autres qui avaient plus de difficulté de

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se remettre dans les études parce qu’ils étaient plus âgés et voilà c’est pas facile, y’avait
quand même un petit un petit soutien, justement y’a… un étudiant de droit qui faisait un
double cursus et qui a été surpris du fait qu’on se parlait tous parce qu’il a dit en droit on
se parle pas, il était un peu déçu de ça en droit c’est vrai que là je les connais pas donc
euh mais il disait… je suis content de voir qu’on peut se parler quoi… naturellement sans
se connaître donc euh… voilà, c’était quand même on avait quand même un petit soutien
du fait que et du coup sur le forum ça faisait quand même un peu moins virtuel on voyait
les noms on se disait ah oui c’était cette personne là on est plus amenés à poser des
questions parce qu’on pouvait nous aussi poser des questions sur ce forum et du coup
on est plus amenés à répondre aux questions quand on connait un peu la personne et
c’est vrai que ça apportait quelque chose encore une fois ça apportait quelque chose
d’avoir un physique, d’avoir vu la personne finalement d’avoir pu discuter un peu avec
elle.

Interviewer : Vous pensez qu’un trombinoscope aiderait ?

Sophie : Euh… Je sais pas si un trombinoscope aiderait moi c’était vraiment la


présence euh… la présence vraiment de la personne avec qui on peut discuter je pense
que c’était plus ça qui m’a aidé qui m’a fait plaisir finalement dans la formation à
distance de pouvoir partager une expérience commune, c’était plus ça, parce qu’après le
trombinoscope c’est vrai que on aurait vu les têtes mais finalement on n’aurait pas
partagé non plus, donc je suis pas sûre que ça m’aurait aidée.

Interviewer : D’accord. Est-ce que vous avez échangé avec des enseignants ?

Sophie : euh… si on avait posé juste deux-trois questions parce qu’ils nous
donnaient une bibliographie ce qui est un peu du coup ça tombait un peu comme ça à la
fin du cours, il nous donnait tout à la fin du cours [rires] bon d’accord, du coup c’était un
peu [sourire] en fait on était quand même allé voir les profs pour savoir ce qui était le
plus intéressant parce que bon on pouvait pas tout lire pas autant de bouquins dans
chacune des matières c’était infaisable et du coup à la fin des cours magistraux parce
qu’on avait la possibilité d’aller les voir de poser les questions comme ça, mais… c’est
vrai que y’en a qui sont moins… quand on peut pas aller à la fac y’a certains profs qui
sont moins disponibles par mail parce que bon ils en reçoivent 15000 par jour et qu’ils
n’ont pas forcément le temps de répondre à tous, mais c’est vrai que je pense qu’ils
devraient… répondre… bon après j’ai pas envoyé de mail personnellement donc après je
sais pas comment ça se passe, au professeur mais je pense qu’ils devraient privilégier les
formations à distance au moins enfin de répondre directement aux mails parce que ça
permet quand même… c’est vrai que quand on a une question en suspend c’est quand
même pratique, donc euh… c’est vrai que j’avais eu j’ai été amenée à discuter avec
certains professeurs pour ça, pour savoir comment ça se passait, quels livres aussi, parce
que c’est vrai que y’a certains livres aussi ils nous disent vous acheter tel livre là mais
bon on sait pas quelle est l’édition, y’a toujours une édition prescrite mais on sait pas
quelle est… bon c’est vrai que c’est un peu, ça c’est un peu difficile, du coup on est allé

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voir les profs en fin ils étaient quand même assez ouverts parce que quand on leur disait
on est en formation à distance ou autre, mais c’est vrai que bon… après je trouve il
manque quand même un contact euh… humain, je trouve il manque quand même…

Interviewer : Vous n’auriez pas été sur Bordeaux, ça aurait plus difficile ?

Sophie : oh ben oui c’aurait été plus compliqué, ça aurait été beaucoup plus
compliqué parce que c’est vrai qu’on envoie un mail on sait pas quand est-ce qu’on aura
la réponse, on attend, au bout du compte on peut pas avancer parce que… voilà, c’est ce
que je me disais parce que je mettais à la place des gens qui étaient là qui pouvaient pas
venir à la fac parce qu’ils travaillaient ou autre et c’est quand même plus difficile pour
eux.

Interviewer : Alors, pour faire un bilan un peu de cette formation, qu’est-ce


que vous avez appris, en dehors du contenu, sur la formation à distance, en
méthodologie pour travailler à distance…

Sophie : Ben en fait ce que j’ai… j’ai du mal le fait que ce soit tout par ordinateur
bon ça c’était un choix parce que je voulais pas recevoir par courrier je ne sais trop
quand même je ne sais trop comment donc j’avais choisi l’ordinateur ça m’a permis de
faire plus facilement des fiches parce qu’on a quand même tout un tas de feuilles… j’ai eu
du mal quand même à apprendre du fait que c’est pas moi qui ai écrit les cours, ça avait
beaucoup de plus à rentrer quand moi j’écris mes cours, ceux que j’avais écrits en cours
magistraux rentraient beaucoup plus facilement, que les cours magistraux auxquels je
pouvais pas assister et du coup j’avais que les cours de formation à distance et là c’était
plus difficile à rentrer, après ça m’a permis de travailler par moi-même du fait des
travaux qui n’étaient pas obligatoires mais que moi j’ai voulu faire pour savoir ce que je
valais ça ça m’a permis quand même de travailler pour moi-même parce que finalement
j’avais rien au bout à part une note mais qui comptait pas donc c’était vraiment à titre
juste indicatif, ça m’a permis moi de travailler par moi-même, ça fait quand même un
petit travail sur soi-même mais c’est vrai que je dois beaucoup finalement plus à la prepa
d’un point de vue méthode de travail qu’à la formation à distance parce que c’est vrai
que je me dis que quelqu’un qui a pas des bonnes méthodes de travail, qui se retrouve
qu’avec la formation à distance… il est peut-être plus en difficulté quoi, pour bien
apprendre, pour bien comprendre, je suis pas sûre que… je suis pas sûre qu’en art par
exemple tout le monde ait regardé les tableaux ou autre, on sait pas du coup on se
retrouve avec un tableau au partiel on comprend pas, je suis pas sûre que voilà, c’est
pas… j’ai trouvé que y’avait pas mal de gens en partiel au premier semestre qui étaient
un peu perdus quoi. J’avais une femme qui avait 25 ans qui attendait un enfant et elle
était franchement perdue, elle était vraiment, dans ses cours… elle m’a dit « mais t’as
appris tout ça ? » mais oui y’avait tout ça à apprendre [sourire], je pense que si on sait
pas s’organiser et… si on n’a pas ses propres méthodes de travail je pense que c’est pas
possible, faut être un minimum organisée je pense. Organisée et autonome.

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Interviewer : Concernant l’Espagnol à distance, que vous avez arrêté donc, si
c’était à refaire est-ce que vous referiez différemment ?

Sophie : Euh je pense que j’aurais fait différemment parce que j’ai un ami qui était
en… hypokâgne enfin en BL moi j’étais en AL qu’avait fait qu’une année de prepa, et qui
était venu aussi à la fac qui a fait licence 1 communication et licence 2 lettres modernes
donc on était en lettres modernes ensemble et il se trouve que y’avait pas de formation à
distance en communication donc il se trouve qu’il n’avait pas le choix de suivre les cours,
comme il pouvait et il s’avérait que y’avait beaucoup de cours en communication qu’il
avait eu un prepa première année et du coup voilà il y avait certains cours qu’il pouvait
zapper et qu’en socio il était à haut niveau et du coup ça lui a permis quand même
d’avoir un… un contact humain, d’être en TD, d’aller en cours magistraux, il faisait un
peu son emploi du temps à la carte parce que ce qu’il connaissait, ce qu’il l’intéressait, et
de venir pareil en lettres modernes bon après nous on lui passait nos cours quand il était
pas là ou autre, c’est de l’organisation c’est beaucoup d’organisation parce qu’il a dû
quand même rattraper beaucoup de fois les cours ou autre c’est un peu compliqué donc
c’est vrai que faut vraiment vouloir et savoir ce qu’on veut lui il a continué hein toute
l’année parce qu’il aimait les deux il aimait à la fois communication et Lettres Modernes,
et je pense que j’aurais peut-être fait plus comme lui, je pense que j’aurais… bon j’aurais
été régime assidu régime dispensé dans l’une des deux matières mais ça permettait au
moins déjà on peut présenter au professeur oui voilà je suis-je suis un double cursus
donc voilà je serai pas toujours en cours déjà les profs sont beaucoup plus, ils
comprennent beaucoup plus donc euh du coup ça permet aussi d’avoir un contact
humain, de comprendre d’être là, je pense que c’aurait été plus facile pour moi.

Interviewer : D’accord donc si j’ai bien compris la distance pour votre futur
vous n’en ferez plus ?

Sophie : Ben ouais du coup c’est vrai que la distance j’ai pas trouvé ça… ça
permettait de… du moins moi ça me permettait de mieux m’organiser de voir que là
j’avais un cours mais pas là, faire mes emplois du temps chaque semaine à la carte donc
du coup c’était vraiment une solution, j’ai trouvé ça vachement bien mais finalement les
cours et le contact humain m’a manqué et les cours de TD m’ont manqué et du coup c’est
ça qui ne m’a pas motivée à continuer au semestre 2 j’avais pas… pas l’envie.

Interviewer : D’accord. D’après vous, comment arriver à être efficace pour


travailler à distance ? Pour la réussite…

Sophie : Déjà je pense qu’il faut travailler tous les jours, un peu, au moins… même
si on travaille même si on a plusieurs… je pense qu’il faut travailler au moins une heure
par jour parce que sinon on n’intègre pas les cours parce qu’on les a tous en même
temps on a des pages et des pages et si on commence pas à travailler de suite quand on a
les cours on est perdu parce que y’en a un sur le forum justement qui disait « j’ai pris
mes cours trop tard et je vais aux partiels mais j’y vais comme ça parce que j’ai pas
appris » donc je pense qu’il faut travailler chaque jour, il faut reprendre les cours et les

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retravailler à sa manière en faisant des fiches ou en faisant autre chose enfin du moins se
les approprier quoi, pas les laisser virtuellement comme ça sur un ordinateur les lire…
y’a des gens qui lisent et qui intègrent, moi c’est pas mon cas donc je pense qu’il faut
s’approprier les cours et travailler un peu chaque jour je pense que comme ça on peut y
arriver mais quand c’est de l’Espagnol ou enfin une autre langue, je pense qu’il faut au
moins avoir une pratique orale à côté quoi, essayer d’avoir des cours oraux avec
quelqu’un d’autre, voilà essayer quoi, parce que je trouve que quand c’est une langue
c’est un peu… dommage de pas avoir de l’oral.

Interviewer : Il n’y avait pas de vidéo, de podcast ?

Sophie : Non… Si y’avait quelques vidéos mais finalement c’était des podcast où ils
parlaient en espagnol comme dans des cours magistraux mais nous on parlait pas quoi
c’est vrai que si on voulait parler on parlait tout seul devant son ordinateur… c’était un
peu bizarre quoi [rires] donc du coup non je pense qu’il faut avoir… ou même sans
prendre des cours mais avoir quelqu’un d’autre qu’on connaît de la formation à distance
qu’on connait qui est Espagnol ou Anglais enfin bref, d’avoir un contact quoi… je pense
que c’est plus facile.

Interviewer : Et dans vos études, avec votre copine, vous avez travaillé
ensemble parfois ?

Sophie : De temps en temps oui, de temps en temps… on travaillait un peu


ensemble mais c’était surtout à l’écrit parce que ça nous venait pas de parler comme ça
en Espagnol toutes les deux… enfin… c’est vrai que quand on est avec un Espagnol c’est
plus facile mais quand c’est pas notre langue maternelle on a un peu du mal mais ouais
ça nous arrivait un peu de travailler de se poser des questions sur justement certains
devoirs qu’on avait, de pas comprendre certains passages des cours ou autre, mais du
coup ça nous a permis en fait, le fait d’être à deux, de vivre la même expérience ça nous a
permis au moins de poser des questions, d’échanger… et je pense que c’est aussi dans la
formation à distance on est plus isolé… on est pas… c’est vrai que le principe du forum
par contre était quand même intéressant parce que y’a quand même beaucoup de
questions qui circulent et la personne essayait de répondre à chaque fois, les gens aussi
de la formation à distance et ça permet quand même de créer un lien… de partager une
expérience quoi…

Interviewer : Et est-ce que vous pensez qu’il y a des compétences, voire une
personnalité particulière ?

Sophie : Mmmh moi je pense qu’il faut être un minimum consciencieux dans son
travail, un minimum autonome, euh… conscicieux, autonome… organisé… et vraiment
avoir envie de poursuivre, de travailler, parce que sinon on n’y arrive pas…

Interviewer : Pour finir, quelle serait la formation idéale pour vous ? Vous
pouvez rêver !

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Sophie : [rires] ! Euh… Je pense que ça serait chouette d’avoir… vu que y’a
maintenant Skype, etc, qui est mis en place ça serait chouette d’avoir au moins des
vidéoconférences un peu de temps avec des profs pour pouvoir… que tous les étudiants
en formation à distance puissent poser chacun leur question qu’il y ait une espèce de
vidéoconférence… bon après ce serait peut-être difficile, je sais que les professeurs n’ont
pas forcément le temps ou autre, que c’est pas facile pour les emplois du temps, ce serait
quand même un contact déjà plus… ce serait de l’oral, donc ce serait plus facile de poser
des questions à l’oral, ça ferait pratiquer l’oral, ça permettrait d’avoir un contact humain
donc de poser des questions… Je trouve que ça serait vachement intéressant… et les
cours ce serait bien qu’ils soient un peu moins… ça fait vraiment du… ils retranscrivent
en fait les cours qu’ils font en cours magistraux, donc c’est vrai qu’on les a parfaitement,
ils sont nickels, mais du coup ça fait un peu « voilà j’ai fait mon cours magistral, je
l’envoie et puis basta », du coup ça serait bien qu’il y ait je sais pas quelques annotations
pour comprendre, voilà, quelques… je sais que j’ai une mémoire visuelle donc quelques
schémas, voilà. Des petites choses comme ça qui permettent à la formation à distance de
la rendre un peu moins virtuelle et de bien comprendre quand même certains
problèmes ou autre, donc c’est vrai que ça serait bien et le fait du forum je trouve ça bien
aussi parce que ça permet aux étudiants d’échanger… et voilà je pense que ça serait déjà
pas mal de permettre aux formations à distance d’avoir l’impression qu’ils aient des
cours à eux-mêmes… voilà qu’ils aient un peu une distinction… d’avoir de l’oral comme
ça avec des vidéos conférences qui permettent de pratiquer un peu et puis… et puis voilà
ça serait quand même déjà pas mal…

Interviewer : Parce qu’en fait, est-ce que vous le sentiment qu’il manque la
dimension d’individualité dans la formation à distance ?

Sophie : Oui, totalement, parce que je trouve que la fac déjà qu’on leur dit bon moi
c’était en fonction du double cursus déjà quand on fait un double cursus ils m’ont très
vite fait comprendre que c’était mon problème et que si j’avais des partiels qui se
recoupaient c’était mon problème, donc ça fait [rires] dès le début… [rires] Donc c’est
vrai que là-dessus et puis quand on leur dit qu’on est en formation à distance, les profs
quand on leur dit « oui je suis en formation à distance », bon, ils s’en fichent quoi après
on est des étudiants comme les autres mais y’a quand même une difficulté en plus, le fait
qu’ils soient pas là la plupart bon moi j’étais en double cursus mais la plupart c’était
qu’ils travaillent, qu’ils avaient un enfant ou autre, ça fait quand même une difficulté en
plus par rapport à un étudiant lambda qui vient en cours… il a que ça à faire, en gros,
enfin quand on a un travail à côté ou qu’on a un enfant ou autre c’est quand même plus
difficile… je pense qu’il devrait y avoir un peu… qu’il y ait oui une dimension
d’individualité pour la personne, qu’on soit pas non plus aux petits soins parce que voilà
c’est pas… mais juste une petite distinction

Interviewer : D’accord. Autre question, au CNAM par exemple, ils filment des
cours. Le prof en présentiel est filmé, et c’est mis sur la plateforme. Ca vous
trouveriez mieux ?

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Sophie : Alors ils faisaient ça pour euh… comment ça s’appelait… Pour les PPE, et
euh ils ont mis ça en place pour les PPE justement pour les gens qui pouvaient pas
assister aux cours et vu qu’aux partiels on avait des questions, sur ces cours là et ils les
avaient mis quand même, ils le font de plus en plus ça ils les avaient filmés et ils
mettaient et je trouvais ça quand même plus intéressant parce que la personne peut
gérer déjà son cours comme elle veut, si elle veut faire qu’un quart d’heure par jour elle
fait qu’un quart d’heure par jour et ça permet aussi d’avoir de l’oral, de prendre ses
propres cours soi-même parce que du coup on peut les retranscrire par soi-même
donc… ouais, je trouve ça plus intéressant… je trouve ça plus… c’est moins virtuel quand
même parce que c’est vrai que des tonnes de pages en cours, on se dit on va jamais y
arriver déjà comment je vais faire des fiches sur tout ça, ça va pas être possible, ça va
être difficile, ça va prendre du temps, alors que quand c’est à l’oral ça vient tout seul de
prendre des notes, ça devient beaucoup de plus clair dans sa tête et je trouve que ce
serait beaucoup plus facile qu’en distance, du moins moi ça m’aurait beaucoup plus
aidée.

Interviewer : Pour finir, voulez-vous aborder quelque chose que nous


n’avons pas abordé ?

Sophie : Euh non, c’est vrai qu’on a quand même abordé toute les difficultés
rencontrées, M. aussi, ma copine a arrêté aussi au cours du semestre 1 et trouvait les
mêmes difficultés, c’est vrai que c’était des TD et la pratique de l’oral qui nous
manquaient le plus, y’avait justement cette distance quoi. Je pense que y’aurait quand
même pas mal de choses à refaire pour la formation à distance parce que c’est vrai que…
c’est bien comme principe hein parce que c’est vrai que les gens qui sont… voilà, qui ont
pas la possibilité de venir à l’Université c’est plus pratique, mais c’est trop virtuel quoi…
voilà.

Questions posées par la suite par e-mail (précisions demandées)

Interviewer : Vous parlez à plusieurs reprises du "contact physique", que vous


trouvez en présentiel mais pas à distance. En quoi ce "contact physique" vous aurait-il aidé
en formation à distance ?

Le contact physique m'aurait aidé car il est souvent plus facile (et surtout plus
rapide) d'avoir une réponse à une question ou de discuter lorsque la personne est en
face de nous. A distance, avoir une réponse est un long parcours du combattant...
De plus, les professeurs ont souvent des gestes ou bien une élocution particulière
qui aide à l'assimilation du cours. A distance, le cours n'est qu'une suite de phrases, sans
vie.

Interviewer : Durant votre entretien, vous dites à un moment : "ça manquait un


peu de savoir qu'il y avait quand même quelqu’un qui s’occupait un peu de nous.".
En quoi cela vous aurait aidé ?

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Une des grandes difficultés en FAD, c'est la solitude. Il est souvent plus rassurant et
plus motivant de savoir qu'en cas de problème, il y a quelqu'un pour nous soutenir.
Avoir un tuteur (en formation continue) pour les étudiants en FAD serait peut-être une
solution... Cela permettrait d'être accompagné et soutenu.

Interviewer : Qu'est-ce qui vous aurait permis de ne pas abandonner la formation


d'Espagnol en FAD ?

J'ai abandonné la formation d'Espagnol en FAD car le double cursus me demandait


trop de travail... Mais il est vrai que la FAD mériterait quelques réajustements.

- Me sentir soutenue et accompagnée dans cette formation m'aurait très


certainement permis de ne pas abandonner. Je trouve que les étudiants en FAD sont mis
dans le même panier que les autres étudiants (qui, eux, sont en formation continue). Or,
il nous faut pas oublier que la FAD est une formation particulière, où l'étudiant est face à
lui-même et très souvent sans aide. Il devrait y avoir un accompagnement plus
personnalisé pour les étudiants en FAD.

- Pratiquer davantage l'oral (surtout en Licence LCE Espagnol !) m'aurait


également permis de réenvisager mon abandon. En FAD, on ne pratique jamais l'oral mis
à part aux examens (ce qui est illogique !). Quelques cours en visioconférence ou
quelques enregistrements oraux (qui seraient ensuite évalués par un professeur)
seraient les bienvenus !

- Si les cours-papiers étaient un peu plus vivants, ce serait également une très
bonne chose. Apprendre par cœur une trentaine de pages informatisées, c'est de la folie !
Il me semble qu'accompagner les cours-papiers de quelques croquis ou de quelques
schémas (lorsque c'est possible) aiderait à la compréhension.

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2. Daphné

Interviewer : D’abord, avant toute chose, j’aurais souhaité savoir quelles


études vous avez suivies avant de faire votre formation, vous êtes bac +5 ?

Daphné : Ouais, euh j’ai fait l’équivalent d’une licence de lettres, que j’ai faite à
l’étranger, au Canada, ensuite, à l’époque ça s’appelait une maîtrise, donc une maîtrise de
Français Langues Etrangères, ensuite, qui n’existe plus, un DESS qui était plus Français
Langues Etrangères Relations Interculturelles, et après j’ai aussi fait un autre, y’a trois
ans, juste le M2, juste le Master 2 parce que j’avais déjà l’équivalent DESS donc je suis
rentrée directement en Master 2, en didactique des langues.

Interviewer : D’accord, donc là cette année vous faites… LCE c’est Langues
Civilisations…

Daphné : Etrangères. Cette année c’est première année d’Anglais, je reviens au


début [sourire].

Interviewer : D’accord, et quel est votre projet en suivant ces études ?

Daphné : Ben en fait moi c’est hyper vague c’est pour ça, je sais même pas si ça va
être cohérent avec ce que j’ai dit y’a 3 mois1, la première raison c’est vraiment pour moi,
c’est pour… on va dire une culture personnelle, voilà, après je me dis si ça peut me servir
éventuellement à me réorienter un jour, ou un plus à mon travail, pourquoi pas, c’est
vrai que j’ai quelques pistes, j’avais pensé à la traduction, après c’est vrai qu’avec mon
Master je pense aussi des fois m’inscrire en thèse… J’ai pas mal de projets [sourire]…
Donc voilà j’ai pas un projet précis mais je le fais en premier lieu pour m’apporter des
choses, voilà… pour me perfectionner en Anglais, parce qu’en fait l’Anglais je le parle
assez couramment parce que j’ai vécu à l’étranger, mais ça n’a rien à voir, je voulais
vraiment quelque chose qui intègre la littérature, la grammaire, l’étude de langue, etc,
donc là je suis content, j’ai exactement ce qu’il me faut [sourire].

Interviewer : D’accord, donc c’est un peu essentiellement, la curiosité


personnelle, l’apprentissage personnel, c’est pas pour le diplôme…

Daphné : Non après c’est vrai que… le diplôme est quand même important parce
qu’après il peut me servir puis comme je disais la traduction ça me fait envie aussi… je
me dis pourquoi, enfin moi je suis pas du style à dire que je vais rester dans l’éducation
nationale toute ma vie du tout donc je me dis si après je me dirige vers d’autres chose
après c’est vrai que la traduction juste avec l’Anglais c’est pas… c’est bien d’avoir une
troisième langue donc voilà là en fait cette année je me renseigne un peu, j’y pensais
pendant l’année, je me suis renseignée un peu plus, je me suis rendue compte que le
Français l’Anglais en traduction même si je vais jusqu’à la licence après je peux faire un
Master, c’est pas forcément euh… ça sera pas forcément très simple, donc je ne sais pas

1 Elle fait ici référence au questionnaire quantitatif (rempli environ 1,5 mois plutôt)

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encore, je me laisse un peu… j’ai vu un autre Master qui m’intéressait en linguistique…
donc peut-être que je me dirigerai un peu par là, surtout que je peux l’intégrer un peu
quand je veux parce que j’ai déjà un diplôme qui me permet de le faire… ce qui
m’intéresse c’est d’apprendre des choses nouvelles dans des disciplines qui
m’intéressent.

Interviewer : D’accord… et donc le fait suivi la formation à distance plutôt


qu’en présence, c’est dû à votre travail ?

Daphné : Ah oui, ça c’est… questions financières, je ne peux pas m’arrêter de


travailler, c’est pour ça après moi ça me dérangerait pas de le faire en présentiel mais le
fait de la faire à distance ne me dérange pas du tout parce que j’en ai déjà fait à distance,
le M2 que j’ai fait y’a 3 ans c’était à distance, quand j’ai fait ma maîtrise de Français
Langues Etrangères y’a… plus de 10 ans c’était aussi à distance, avec le CNED, le
concours là j’ai fait aussi enfin je l’ai préparé seule je me suis inscrite au CNED après je
l’ai préparé seule je l’ai passé 3 années de suite donc je pense que je sais travailler de
façon assez autonome donc… là pour moi ça me dérangeais pas au contraire... Ca me
permet de le faire tout en travaillant en même temps…

Interviewer : Vous êtes habituée à la distance…

Daphné : Oui et puis j’aime bien en fait… J’aime bien travailler à mon rythme,
travailler quand j’ai envie… et j’ai pas pour l’instant, j’ai pas de problème de motivation…
Parce que j’entends souvent quand y’a pas un prof, un cours à telle heure, c’est difficile,
et pour l’instant ça va… j’arrive à peu près me motiver.

Interviewer : Et justement, le fait qu’il n’y a pas de profs que vous voyez « en
vrai », est-ce que par contre vous en avez sollicité, à distance ?

Daphné : Mmmh… non… Là cette année, non ça ne m’est pas arrivé. En même
temps je trouve que là c’était bien… les cours sont, très tardifs, mais ils sont quand
même bien faits, on voit que, enfin j’ai pas l’impression que les profs aient uniquement
plaqués ce qu’ils font en cours et mis sur le bureau virtuel, parce qu’il y a toujours un
petit truc enfin ça s’adresse quand même à nous les non assidus et donc y’a quand même
des indications, pensez à réviser ça, l’examen portera là-dessus donc non j’avais pas
tellement de questions c’était bien expliqué.

Interviewer : Et vous travaillez exclusivement toute seule ou, parfois, vous


vous faites aider par un ami, un proche… ?

Daphné : Euh sur un cours je me fais des fois aider par mon mari parce que…
géographie je connais rien [rires] en plus c’est le cours qui est un peu à part en plus c’est
pas en Anglais c’est en Français mais c’est une discipline adjacente là je sais plus
comment ça s’appelle… c’est juste un cours, c’est le seul où on a le choix, c’est le seul
qu’on peut prendre dans le département de géographie soit de lettres, moi j’ai choisi
géographie et moi je suis un peu nulle [sourire] donc oui des fois je demande un peu

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d’aide ou sinon je me sers d’Internet par contre, pour trouver certaines réponses qui
sont pas toujours dans les cours mais dans les cours on nous oriente toujours vers
quelque chose donc si vraiment… ça me paraît difficile d’être vraiment coincé avec une
grosse question qui reste sans réponse… moi ça m’est pas arrivée en tout cas cette
année…

Interviewer : Vous aviez indiqué dans le questionnaire avoir été en difficulté


et ne pas avoir su à qui demander de l’aide, je rebondis un peu sur ce que vous
venez de dire

Daphné : Pour les examens peut-être ?

Interviewer : Mmmh, ce n’est pas précisé…

Daphné : Ah… Je pense que ça doit être pas rapport aux examens parce que là je me
suis posé beaucoup de questions, mais c’est pas directement le département d’Anglais,
c’est plus sur le fonctionnement général de l’Université, moi la première année, j’en avais
jamais fait en France puisque moi la première année je l’avais fait à l’étranger, et c’est au
niveau des notes, compensation je savais pas du tout comment ça marchait et ça c’est
vrai que je trouvais pas l’info… et d’ailleurs je l’ai pas trouvée mais bon j’ai des bonnes
notes j’arrives à compenser, mais en fait je ne sais toujours pas comment ça marche
[sourire] bon après y’a des groupes y’a le bureau virtuel où y’a quand même une petite
sorte de forum, mais c’est très peu actif y’a très peu de personnes qui laissent des
messages et c’est vrai que j’ai pas posé ma questions dessus non plus j’aurais pu le faire,
après y’a un groupe Facebook de la première année d’Anglais où y’a certains étudiants
qui disent un peu des trucs mais après je sais pas jusqu’à quel point ils savent mais je
pense qu’ils sont à peu près au courant quand même à priori y’en a qui disent que le
premier semestre compense le deuxième mais voilà c’est des choses, des questions que
je me suis posées… oui… au moment des examens, des résultats je me suis dit
« comment ça marche ? »… et puis… là-dessus et puis sur quoi d’autre… c’est toutes les
modalités comme ça que moi je connaissais pas vraiment…

Interviewer : D’accord, donc des questions purement administratives ?

Daphné : Oui.

Interviewer : Une question par rapport à votre environnement,


l’environnement dans quel vous vivez, que ce soit au travail ou chez vous, est
favorable à la formation à la formation à distance ?

Daphné : Au niveau des personnes ?

Interviewer : Oui ou même de la manière dont ça se passe, vous êtes


tranquille, sereine, vous n’êtes pas dérangée ?

Daphné : Non, ça va, j’ai des enfants qui sont un peu grands, donc… qui eux ne sont
pas favorables aux études [rires] quand je faisais mon Master ils m’ont dit « ah non non

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tu recommences pas, le mémoire c’était tout l’été » et c’est pour ça d’ailleurs que je me
suis dit « je vais m’inscrire en première année d’Anglais », y’aura pas un mémoire tout
l’été à faire [sourire]. Parce que y’a 3 ans j’avais passé une partie des vacances l’été à
passer mon mémoire, enfin à le rédiger et faire des recherches et… ça ils sont pas trop
motivés parce que j’étais tout le temps enfermée [sourire], dans ma chambre, mon
bureau… je leur ai dit… quand je leur ai dit « bon ben je me réinscrite cette année », « ah
non » et j’ai dit mais c’est pas pareil là c’est des cours des examens et puis c’est fini, bon
en même temps là ça me prend beaucoup de temps quand même, mais… puis bon ils ont
grandi aussi… voilà non ça me gêne pas plus que ça…

Interviewer : D’accord et à une époque pour vous est-ce que vous vous êtes
dit « si ça gêne mes enfants, je vais arrêter » ou…

Daphné : Je me suis pas dit que j’allais arrêter mais c’est vrai que je… ça a quand
même eu une influence, en fait j’ai voulu m’inscrire l’année dernière enfin l’année
d’avant à la première année d’Anglais et puis j’étais hors délai, mais quand… parce que je
m’y suis prise trop tard au mois d’octobre il fallait faire l’inscription administrative en
juillet, et… oui bien sûr, ça a eu une influence, parce que… quand, en fait ça
correspondait au moment où on arrivait à Bordeaux, donc depuis deux ans et puis voilà
je me suis dit je vais regarder ce qui est proposé à la fac à Bordeaux, si y’a des trucs qui
m’intéressent et euh… oui le fait que les enfants me disent ça je me suis aussi dit… que
s’ils le disaient pour eux aussi ça avait été difficile et que j’allais pas me relancer dans un
mémoire tout de suite… donc euh… et quand je leur ai dit que ça n’allait pas être pareil,
j’y crois aussi et je fais en sorte que ça soit pas pareil… c'est-à-dire que… j’essaye de
travailler à d’autres moments, de pas m’enfermer 4 jours d’affilée dans le bureau des
trucs comme ça donc ça a aussi une influence sur le choix de la formation ça c’est sûr…
parce que comme je disais des projets j’en ai mille… donc y’a aussi d’autres choses qui
m’intéressent… donc j’aurais pu choisir aussi de faire autre chose…

Interviewer : D’accord et je reviens sur vos enfants, on parlait de motivation


tout à l’heure, est-ce qu’ils ont un impact là-dessus pour vous ?

Daphné : Oui parce que… y’a plusieurs choses… D’un côté il y a une partie qui me
fait dire ça change rien, dans une certaine mesure, parce que je me dis… que moi je peux
vivre ce que j’ai à vivre et puis j’ai pas l’impression que ça nuise à leur éducation ni
rien… donc… ça cette partie là c’est ce que j’ai à faire ils n’ont pas à avoir une influence
là-dessus, après je tiens compte aussi de ce qu’ils me disent au niveau de la présence et
ça c’est très important, et ça m’a motivé aussi cette année, parce qu’en fait on a vécu un
an à l’étrange, y’a 5-6 ans et donc mes enfants sont revenus, ils avaient été scolarisés ils
avaient été ils sont toujours bilingue donc là depuis qu’on est à arrivés à Bordeaux ma
fille a intégré une section internationale… et… Anglais enfin Américain et ça aussi c’est
une motivation parce que je me dis que je vais pouvoir l’aider tout ce qui est littérature
on va pouvoir faire ensemble en fait elle va le faire beaucoup plus tôt elle est en 6ème
cette année elle va le faire beaucoup plus tôt mais je vois ils commencent à lire des

20
classiques etc, et… moi aussi je le fais et ça, je me dis on s’y met un peu ensemble ça, me
permets aussi de l’aider un peu, sur des choses que sinon j’aurais pas trop… connu parce
qu’entre l’Anglais parlé et tout ce qui est écrit y’a quand même une grosse différence
même si on maîtrise à peu près l’oral y’a quand même toute la partie écrit qui est
importante… donc ça oui c’est une motivation de me dire ben ma fille est en section
internationale et je fais des études d’Anglais donc euh… ça se complétait… donc y’a un
peu de tout, je suis désolé c’est pas très clair…

Interviewer : Si, si, justement, et vous allez travailler avec vos enfants peut-
être un petit peu et avec votre mari pour la géographie donc ?

Daphné : Oui… bon lui il m’aide parce que je lui demande mais lui il me demande
toujours « pfff pourquoi tu fais ça » [rires] après il m’empêchera jamais de le faire parce
que… parce que il s’en fiche entre guillemets c’est pas qui va me demander de pas le faire
mais il me dit que je suis folle quoi… en gros c’est ça je lui dis ben toi tu fais du foot moi
je fais des études d’Anglais, c’est un peu ça c’est un peu un loisir on me demande souvent
surtout cette année pourquoi je suis revenue en arrière pourquoi je me suis inscrite à ça
et souvent je réponds parce que… parce que ça me fait plaisr… y’en a qui font de la danse
moi je fais de l’Anglais [sourire]… c’est tout… Donc voilà après mon mari il est pas contre
par contre mais lui, lui il comprend pas forcément que… que j’ai envie de faire ça…

Interviewer : C’est pas le plus gros soutien mais il ne vous empêche pas de…

Daphné : C’est ça, c’est exactement ça et puis quand je lui pose des questions il
répond, avec plaisir

Interviewer : Est-ce que sa position vous incite à continuer, à ralentir, ou ça


ne change rien ?

Daphné : Non parce que justement il… il est vraiment pas du style à me demander
de pas le… et puis si ça me fait plaisir et que ça… que ça coûte pas des milles et des cents
voilà, par contre quand je parle de faire une thèse, d’arrêter de travailler, même moi je le
sais bien, je peux pas quoi… [sourire] et donc non lui, si ça me fait plaisir… il est pas
contre… c’est pas forcément un gros soutien c’est pas lui qui va me dire « alors t’en es où
dans tes examens », ça lui passe complètement au-dessus hein sauf si je lui en parle…

Interviewer : Et ça ne vous manque pas ?

Daphné : Non j’ai pas besoin de lui [rires] pour ça j’ai pas besoin de lui [rires].

Interviewer : D’accord… et alors justement comment les choses se seraient


déroulées si vous n’aviez pas le soutien de vos proches, soutien finalement on voit
que ça ne vous empêche pas mais si votre mari disait « ben non tu ne fais pas la
formation », vous la feriez quand même ?

Daphné : Je serais tentée [sourire], mais… ben… comment dire… je serais tentée
mais je serais raisonnable aussi c’est-à-dire que si je voyais vraiment que… si je trouvais

21
que y’a une bonne raison pour qu’il me demande de ne pas le faire, je le ferais pas…
mais… oui ça a une influence, bien sûr, je ne vais pas mettre mon couple en péril pour
une formation, ça c’est certain… donc ça aurait une influence si vraiment il était contre je
ne sais pas pour quelle raison mais si vraiment il était contre… je choisirais une autre
formation [rires]. Non mais oui ça aurait pu arriver…

Interviewer : D’accord… et par rapport à la formation en elle-même, la


manière dont vous l’avez vécue, est-ce que vous pouvez expliquer comment vous
avez travaillé ? Tous les jours, le week-end, est-ce que vous avez sollicité souvent
votre mari… quelle était votre manière de travailler ?

Daphné : Un bon… quand j’ai reçu les cours, tardivement je le redis [sourire] euh…
un bon moment à regarder mais vraiment de façon superficielle le travail que ça allait
demander, les livres qu’il allait falloir lire pour un peu anticiper, parce que je sais qu’en
travaillant en même temps moi je… en plus je me connais ça allait pas du tout être
quelque chose de régulier tous les jours ou trois fois par semaine j’étais sûre que ça allait
pas être ça, donc euh les devoirs à rendre dans le semestre, pour planifier un peu
comment je voulais travailler, donc pour les cours par exemple j’ai vu qu’il y avait des
livres à lire et je m’y suis prise à l’avance je me suis procuré les livres, lu tout ça…
regardé les dates des devoirs parce qu’en général pour chaque cours on a un devoir de
mi-semestre… et puis donc un examen et euh… voilà après je me suis mis des échéances
comme ça, au début le soir le livre sur ma table de chevet, vraiment le livre de chevet,
fait les examens, les devoirs de mi-semestre en général sans avoir regardé les cours
parce que j’avais pas eu le temps… évaluer par rapport à ça mes manques les cours qu’il
fallait vraiment que je travaille très très fort parce que j’étais vraiment très très nulle, et
après à partir de ce moment là des devoirs de mi-semestre j’ai travaillé plus les week-
end, en vu de l’examen final… et donc vraiment les matières où y’a plein de choses à
retenir je les ai travaillées un peu plus progressivement sur la deuxième partie du
semestre, et puis certaines matières y’a quand même des matières où j’avais un peu de
facilité tout ce qui est laboratoire oral etc je les ai peu travaillées et… voilà… deuxième
semestre c’était à peu près j’ai fait la même chose j’ai regardé vraiment le travail que ça
me demandait sur le semestre, pareil au début j’ai lu un peu… parce que y’avait des gros
bouquins à lire en civilisation donc je les ai lus un peu le soir pour euh… pour
m’imprégner pour me mettre dans le bain j’ai fait les devoirs de mi-semestre et puis
après j’avais beaucoup moins de temps là, à l’école2 on avait pas mal de projets et puis…
mon mari et mes enfants sont partis en vacances pendant une semaine juste avant les
examens… et là je me suis dit plus de stress, c’est bon ils seront pas là je réviserai à fond
pendant cette semaine là… [sourire] oui là j’ai été enfermée pendant 5 jours, mes enfants
étaient pas là ça les a pas dérangé… et… donc je suis un peu comme ça je travaille pas
mal à la dernière minute, c’est aussi pour ça que la formation à distance j’aime bien
parce que j’ai pas… je suis pas obligée d’y aller… tout le temps [sourire] et… oui là pour
cette année j’ai travaillé comme ça et bon ça a plutôt fonctionné… Mais quand même en

2 C’est-à-dire à son travail

22
ayant toujours au début du semestre une idée de ce qui allait m’attendre durant le
semestre parce que par contre je serais pas du style c’est beaucoup trop angoissant pour
moi de… trois semaines avant les examens d’ouvrir pour la première fois les documents
ça c’est hors de question, ça me mets vraiment le stress tout le temps, mais si je sais à
quoi m’attendre si je sais y’aura tel livre à avoir fini tel cours à avoir lu… j’essaye en fait
d’évaluer au début du trimestre du semestre la quantité de travail que j’aurai et voir à
quel moment je vais pouvoir le faire…

Interviewer : Justement vous avez parlé du stress, de l’éviter en commençant


suffisamment tôt, pendant la formation à distance vous vous sentiez plutôt à l’aise,
stressée ou c’était un coup l’un un coup l’autre ?

Daphné : Pas trop stressée parce qu’en même temps j’ai vraiment pas de pression
et puis j’essaye de pas me la mettre en me disant bon… y’a une année à valider au bout
du compte… mais en même temps quel est l’enjeu, pour moi y’en a pas donc je suis
vraiment partie comme ça en me disant je regarde comme ça cette année de quoi ça a
l’air et si ça me plait pas ben j’en fais pas une deuxième, je suis même pas obligée d’aller
au bout même si j’aime pas ne pas aller au bout de ce que j’ai commencé mais euh dans
l’absolu y’a aucune obligation, donc j’y allait vraiment cool mais c’est sûr que la semaine
avant les examens au moment de réviser… je voulais réussir mes examens donc bon bien
sûr là le stress monte un petit peu quoi [sourire]… et puis là comme j’ai réussi la
première année je me suis dit faut que je réussisse la deuxième donc p’tet l’année
prochaine y’aura un petit peu plus de pression… c’est vrai que là, surtout le premier
semestre j’y suis vraiment allée pour voir… donc c’était sans pression…

Interviewer : D’accord. Et est-ce que ça vous est arrivée d’avoir des moments
de doute durant la formation, de vous dire « j’arrête » ?

Daphné : J’arrête, non… en plus c’est ce que je disais, c’est pas trop ma philosophie,
je disais même… faut que j’aille au bout même si je me plante, je voulais pas arrêter au
milieu j’aurais pas arrêté au milieu je pense, mais… c’était quoi le début de la question ?
Il me semble qu’il y a un truc que je voulais dire…

Interviewer : le sentiment de ne pas se sentir capable de réussir…

Daphné : Oui, ça ça m’est arrivé, pendant, plusieurs fois… il y a certains cours


comme le cours de géographie que je trouve difficile… faire une dissert’ en géographie
sur des sujets, géographiques [rires] je trouve ça difficile et en fait y’a eu ça et puis…
c’est quel autre cours… y’a un cours au premier trimestre où j’ai eu en-dessous de la
moyenne… et ça m’a mis beaucoup de doutes pour le deuxième… parce qu’en fait les
cours se retrouvent généralement, la géographie semestre 1 géographie semestre 2,
mais là le cours je crois que c’était littérature britanique, le pendant au deuxième tri- au
deuxième semestre c’était civilisation britannique et je me suis dit euh… pfouh ça va être
dur, je me suis plantée au premier trimestre et je… donc oui y’a des doutes, c’est sûr,
forcément…

23
Interviewer : Là vous réagissez comment, quand vous avez ce genre de
doutes ?

Daphné : Je me redis « tant pis, si je rate c’est pas grave »… j’essaye d’enlever un
peu la pression qui peut euh…

Interviewer : Enlever la pression vous remotive à travailler, plus ?

Daphné : Oui… Oui oui…

Interviewer : Vous en avez parlé avec d’autres étudiants, ou vos proches de


ces doutes, cette crainte de ne pas réussir ?

Daphné : Oui… Oui oui, enfin ça ce sont des sujets qui enfin avec mon mari
d’ailleurs j’en parle… mais de façon totalement informelle pendant le repas je dis « oh
lala y’a encore ce cours, ça va être dur je vais pas y arriver »… et avec d’autres étudiants
par contre je trouve que ça c’est un truc qui me manque y’a pas du tout… alors après j’ai
pas non plus fait la démarche… et y’a pas non plus de mise en contact entre nous et je
pense que ça pourrait être très très bien… mais… ça se fait… c’est pas trop fait de façon à
faciliter ça on va dire… alors que ça pourrait être bien quand je faisais mon Master d’il y
a 3 ans mais c’est vrai que c’était la formation qui voulait ça, y’avait un cours où on
devait travailler tous ensemble en fait et on devait c’était des micro-projets et on devait
faire une recherche sur un sujet et faire un devoir commun mais en… en… en
communiquant enfin nous j’étais dans un groupe on a essentiellement communiqué par
e-mail chacun a écrit une partie après on a essayé de lier les parties et c’était, c’était très
bien pour créer des contacts et y’avait aussi un autre cours c’était une autre UE où c’était
un forum en fait, on mettait chacun nos idées les profs ils allaient voir le forum et ils
nous notaient sur ce forum, les idées qu’on avait apportées, les arguments, etc et ça ça
nous a appris à vachement nous connaître et quand on a eu un regroupement en fin de
semestre c’est c’était rigolo parce qu’on disait « ah c’est toi c’est toi qui répond tout le
temps c’est toi qui a ce genre de références » et puis ça a vraiment créé des liens
virtuels… et puis après effectivement sur un forum plus de questions pratico-pratiques
on communiquait très souvent on se demandait de l’aide et comment on fait ci comment
on fait ça c’était pas du tout le même esprit que là sur cette formation où y’a pas ça du
tout mais peut-être que c’est la formation qui s’y prête moins… enfin ça c’est votre
travail [sourire]

Interviewer : [sourire] et là ça vous a manqué ce contact avec les étudiants ou


pas ?

Daphné : Je dirais pas que ça m’ait manqué mais je pense que ça serait un plus et
que ça serait positif je serais contente si ça se fait l’année prochaine si y’avait quelque
chose qui permette… mais on a les adresses on a moyen de contacter on a la liste des
étudiants… mais je sais pas c’est pas vraiment pareil… et on a eu un regroupement mais
c’était j’ai encore la date en tête, c’était le 24 mars donc l’année s’est terminée début mai
les derniers examens, et y’a une prof qui nous a dit « mais vous n’êtes pas en contact ?
24
Mais mettez-vous en contact, c’est beaucoup mieux » effectivement mais bon on était à
un mois de la fin de l’année et j’ai pas fait les démarches non plus, à vrai dire… Après je
pense que si quelqu’un a vraiment envie ben il peut faire les démarches, trouver et ça
pourrait se faire, mais c’est dans le sens où je dis ça m’a pas vraiment manqué non plus…
Mais je pense que c’est que c’est mieux quand c’est là, quand il y a ça…

Interviewer : C’est mieux pour ?

Daphné : ben pour la motivation, pour éviter un peu justement les coups de blues
en se disant « oh je vais jamais y arriver » et éventuellement pour travailler ensemble
mais ça après… ça dépend si ça peut se faire géographiquement, si ça peut se faire à
distance, il faut trouver quelqu’un avec qui on arrive à bien travailler aussi… c’est pas
toujours évident… donc je pense que ça serait mieux mais bon ça s’est fait quand même
sans… c’est pas indispensable quand même…

Interviewer : Est-ce qu’il vous a manqué quelque chose, à part le contact avec
les étudiants dont on vient de parler, mais quelque chose dans la formation ?

Daphné : Ben euh… Non… enfin comme ça j’ai pas trop d’idées… après la formation
elle est ce qu’elle est au niveau du contenu aussi… donc euh là je peux pas trop me
prononcer… mais après y’a forcément des choses que je préfère dans la formation que
d’autres et que j’aurais voulu plus approfondir que certains domaines… géographiques
dont je me fiche [rires]…

Interviewer : On aura compris que la géo c’est pas… [sourire]

Daphné : C’est pas mon truc [rires]… donc euh voilà mais sinon dans la formation
en tant que telle, qu’est-ce qui aurait pu me manquer, un éventuel contact avec les autres
étudiants, euh… mais non j’ai pas de réponse comme ça qui me vienne…

Interviewer : D’accord… Pour vous ça s’est bien passé…

Daphné : oh oui globalement pour moi ça s’est bien passé très bien passé, je suis
hyper satisfaite de mon année…

Interviewer : Est-ce que les enseignants, même si vous ne les avez pas
contactés, vous semblaient présents, est-ce qu’il y avait des « signes » montrant
qu’ils étaient là ? qu’ils étaient actifs, qu’ils s’intéressaient…

Daphné : Un peu [sourire]… disons que… bon déjà y’a plusieurs cours donc y’a
plein d’enseignants, mais… y’a certains enseignants où quand on lit les fascicules qu’ils
nous mettent sur le bureau virtuel on voit vraiment qu’ils… la plupart hein quand même
qu’ils se sont intéressés au fait que y’a tout un groupe de non assidus dans la formation
et qu’il faut les guider un petit peu plus que les assidus donc là je trouve qu’ils ont
vraiment fait leur part de, leur part de boulot j’ai rien à leur reprocher là-dessus… sur le
bureau virtuel y’en a régulièrement qui postent des messages en disant euh… ben les
étudiants ils ont des trucs des difficultés là-dessus et ça on va pas le faire au programme

25
enfin on l’a pas fait en présentiel donc vous pouvez l’enlever du programme des
examens je trouve que c’est bien, y’a quand même un petite communication… après c’est
vrai que par rapport aux cours qui sont arrivés super tard c’est vrai que quand on nous
dit « ben oui mais c’est parce que… le prof il était en congé sabbatique et du coup y’avait
personne pour mettre le cours », moi je me dis mais c’est c’est prévu un congé
sabbatique mais quand on a tout le mois de mars pour passer l’examen au mois d’avril,
ça j’ai trouvé que c’était quand même pas super bien organisé… parce que… bon j’ai beau
être toujours dernière minute quand même je me dis mars pour avril il faut… par
rapport aux étudiants qui ont leur cours depuis le mois de janvier et toutes les semaines
je trouve qu’on est quand même un peu pénalisés… par rapport à ça… et là je me dis
ben… ouais le prof il était pas présent il était en congé sabbatique et puis ben je
comprends pas pourquoi ils ont nommé quelqu’un pour s’occuper de ça, je pense que
personne voulait le faire, je pense que ça demande du travail de mettre le cours en ligne
etc mais c’est pénalisant hein pour nous… donc c’est p’tet plus des problèmes
d’organisation que de présence parce qu’après la prof qui a pris la relève là-dessus ben
elle était d’ailleurs au regroupement et elle nous a expliqué pourquoi on n’avait pas eu le
cours et elle elle avait bien expliqué « l’examen en ligne ça sera ça, ça et ça »… donc je
pense que les profs en tant que tels ils font ce qu’ils ont à fait faire pour nous mais
comme c’est pas toujours bien organisé je sais pas qui c’est qui chapote ça mais en tout
cas cette année y’a eu des couacs quoi j’ai l’impression… pour ça pour le truc du PPE le
projet professionnel de l’étudiants, c’était la catastrophe et… voilà

Interviewer : c’était la catastrophe c’est-à-dire ?

Daphné : par rapport au en fait mais ça en fait c’était la catastrophe pour tout le
monde en fait parce que c’était là euh première année je crois que ça se met en place,
pour tous les étudiants et puis donc là… après je crois que jusqu’au mois de… c’était
seulement au premier trimestre pour nous là premier semestre donc on a eu le cours
super tard mais si j’ai bien compris même les élèves assidus ils ont pas eu le cours
pendant je ne sais combien de temps et l’enseignante qui était en charge elle nous a
expliqué qu’en fait tous les… tous les partenaires ils ont… enfin ça s’est super mal
organisé, au mois de novembre ils savaient toujours pas quel type d’examen ils allaient
proposer, quoi on n’avait toujours pas de cours mais ça ça a été la catastrophe je crois
pour tous les étudiants, assidus ou non assidus… c’est aussi compliqué… et puis ils ont
dit que c’était le tout début et que ça irait mieux au fil des années… donc on espère
mieux pour l’année prochaine [sourire]…

Interviewer : Pour ce qui est justement de ce PPE ou du couac par rapport au


prof qui était en congé sabbatique, comment on réagit face à ça ?

Daphné : euh… je me dis ils vont forcément en tenir compte au moment de


l’examen… on peut pas nous pénaliser pour un cours de PPE pour lequel même les
enseignants savaient pas au mois de novembre ce qu’ils allaient nous demander… et
effectivement après on nous a envoyé c’est un peu comme pour le prof qui était en congé

26
sabbatique après on nous a envoyé clairement une explication de pourquoi ça avait
tardé on nous a à l’examen ça sera bête et méchant parce qu’on n’a pas le choix et on a
300 élèves on est obligé de le faire, 300 étudiants je suis désolée déformation
professionnelle [sourire] mais 300 étudiants à évaluer elle nous a dit ce sera un QCM
vous avez un cours je suis désolée il faut l’ingurgiter il faudra le connaître par cœur et…
voilà mais je l’ai appris par cœur et j’ai fait le QCM mais… après je sais que sur Facebook
il y a des étudiants qui ont dit « je veux pas que ce soit validé » etc… parce que justement
c’était du par cœur… je crois que ça a été un problème même pour les profs… la mise en
place de cette UE… ça a été compliqué… en tout cas dans le département d’Anglais…

Interviewer : D’accord… Avant de passer à la fin, le bilan, je voudrais revenir


sur les petits moments de doutes, qu’est-ce qui vous a aidé à vous remotiver, à
rebondir, dans ces moments là ?

Daphné : ben souvent c’est… c’est le fait de m’y remettre, après de faire de
minimiser… l’importance en fait, de me dire… « c’est pas grave, tu voulais faire cette
formation, tu prends tout ce que tu as à prendre » c’est-à-dire apprendre des choses et
puis… je me dis si me plante, et ben tant pis… et ben après ça me remotive je me
replonge dans les cours et je trouve ça intéressant, je me dis faut y aller quoi… après on
verra… mais je pense quand même que par rapport à des personnes qui… qui vraiment
visent le diplôme pour un projet professionnel précis c’est pas du tout le même esprit,
parce que moi je me dis sans arrêt « si t’y arrives pas, c’est pas grave »… si j’y arrive pas
y’a pas de conséquences, énormes, bon sur le moral évidemment mais y’a pas vraiment
de grosses conséquences dans ma vie, j’ai un travail je suis contente de l’avoir… j’essaye
de minimiser un peu le… euh… l’importance de, de ça…

Interviewer : Ok, c’est marrant parce qu’en minimisant on pourrait se dire


« bon ben je vais pas le faire, c’est pas grave » [sourire]

Daphné : oui mais j’ai quand même une, je pense une grosse motivation à le faire
donc… j’essaye de revenir à la base et de me rappeler pourquoi je voulais la faire la
formation et je me dis ben si je me plante à l’examen ben voilà je me dis il faut pas se
mettre la pression pour ça donc quand je suis découragée je me dis c’est nul d’être
découragé pour un truc que je voulais faire… voilà, je me fais un peu de psychologie
[sourire]

Interviewer : D’accord, ok. Pour finir, j’ai quelques petites questions… Est-ce
que vous avez appris des choses dans cette formation, en dehors du contenu bien
sûr, d’un point de vue méthodologique, bon vous aviez déjà travaillé à distance,
vous avez de l’expérience là-dedans…

Daphné : oui j’ai pas travaillé différemment d’avant…

Interviewer : mais est-ce que ça vous a appris quelque chose d’un point de
vue de la manière de gérer la distance, en plus de ce que vous saviez déjà ?

27
Daphné : ben ça m’a confirmé en tout cas l’expérience que j’avais parce que ça,
c’est… similaire donc… euh… ça m’a confirmé aussi qu’on peut trouver plein de trucs
seul, qu’on peut trouver des réponses qu’on… et que le fait de les chercher seul des fois
ça aide, c’est peut-être aussi pour ça que j’ai pas sollicité tout le temps quand j’avais une
question les enseignants j’aime bien trouver mes réponses toute seule aussi… et… voilà
quand, si j’ai des questions par exemple sur le cours de littérature ben je vais chercher,
sur Internet, à la bibliothèque… parce que je pense que cette démarche, le fait de
chercher seul ça apprend des choses donc c’est aussi ce que j’aime là-dedans… donc euh
oui donc c’est vrai que des choses nouvelles je dirais que non mais ça m’a confirmé…
les… l’expérience que j’avais eu avant de la formation à distance…

Interviewer : D’accord, donc cette formation a répondu à vos attentes ?

Daphné : Oui

Interviewer : Et si c’était à refaire, est-ce que vous changeriez quelque


chose ? Auriez-vous fait différemment certaines choses ?

Daphné : Dans ma façon de travailler ?

Interviewer : Globalement, par rapport cette formation à distance…

Daphné : Hmmm… ben je me dis toujours hein de toute façon chaque fois que
j’arrive je me dis il faudrait que j’y passe plus de temps mais c’est même là dans mon
travail quand je prépare une séquence je me dis « si j’avais passé plus de temps j’aurais
fait un truc vachement » mais… voilà… après on a une vie à côté… mais là c’est pareil je
me dis ça serait mieux de travailler régulièrement… et j’apprendrais plus de choses…
mais… mais je sais aussi que ça je pourrais pas forcément le changer en plus c’est ma
façon de travailler et… et je crois pas que je pourrais y arriver autrement… déjà parce
que y’a pas forcément le temps y’a une vie de famille y’a une vie professionnelle à côté…
mais aussi parce que je pense que j’arrive pas à travailler comme ça… mais je sais dans
l’absolu que ça serait mieux… mais je sais je me le dis à chaque fois j’arrive à la fin du
semestre je me dis « ah ça aurait été mieux si j’avais travailler plus régulièrement », je
suis pas sûre d’y arriver un jour…

Interviewer : D’accord très bien. Et des petites questions d’ouverture, pour


recueillir votre avis, pour travailler à distance pour vous, quelles qualités,
compétences il faut…

Daphné : Il faut être organisé, à mon avis… il faut être motivé… et faut savoir
travailler seul… et savoir accepter… justement de pas toujours avoir les réponses à
toutes les questions parce que de toute façon c’est pas indispensable… toujours… et
euh… il faut un peu accepter cette frustration et arriver à avancer quand même… c’est un
peu… parce que c’est vrai quand on est… à distance3 on a tout tout de suite quand on en

3 Il s’agit ici d’une erreur, elle parlait en réalité de « présentiel ».

28
a besoin on a une question on lève le doigt et on a la réponse… et en formation à distance
c’est pas comme ça… et moi je pense qu’il faut arriver à accepter que c’est pas grave et
on continue… et après la réponse elle va arriver parce qu’en fait elle était à un autre
endroit dans le cours et ce qui compte c’est qu’à la fin du cours on ait compris tout ce
qu’il y avait à comprendre et qu’on ait toutes les réponses… c’est dans ce sens là je pense
qu’il faut être assez autonome et arriver à… à accepter cette petite frustration là…

Interviewer : Et l’autonomie pour vous c’est quoi ?

Daphné : l’autonomie ça veut dire être capable de se mettre au boulot quand on a


dit qu’on allait s’y mettre… c'est-à-dire que si on a dit que ce week-end on va faire tel
devoir parce qu’il est à rendre pour la semaine suivante, il faut pas être du style à… à se
dire bah j’avais autre chose à faire, il faisait beau je suis allée à la plage… ou… et moi je
suis assez carrée c'est-à-dire si je dis un truc je le fais si j’ai décidé que tel week-end je
vais faire tel devoir en général je le fais et je m’y tiens… c’est pour ça que je suis assez
consciente du fait que je fais tout à la dernière minute mais parce que je sais aussi que si
je me suis dit je vais le faire, je vais le faire... Et je pense que c’est ça, l’autonomie c’est
d’arriver à planifier son travail, de s’y tenir pour arriver là où on voulait arriver… pour
moi c’est ça… sans avoir besoin non plus d’être poussé parce qu’en formation à distance,
si y’a peut-être certains qui ont la chance d’être poussés, moi je me pousse un peut toute
seule [sourire] mais c’est pas contraignant… je veux dire je le fais parce que j’en ai envie
mais voilà on n’a pas quelqu’un derrière nous… qui nous dit cette semaine je travaille ça,
cette semaine je travaille ça, cette semaine je travaille ça… faut arriver à le faire tout
seul… mais bon je comprends moi les gens qui n’y arrivent pas, du coup je discute
souvent parce que je l’ai fait plusieurs fois et plein de gens me disent mais moi j’y
arriverai pas, peut-être, c’est une question de caractère aussi de pouvoir le faire ou pas…
je pense…

Interviewer : D’accord… pour finir, souhaitez-vous ajouter quelque chose qui


n’a pas été abordé, que vous auriez voulu dire ?

Daphné : Bah non, mais après moi j’ai une question [sourire]… j’aimerais bien
savoir… plus précisément… sur quoi porte votre thèse ?

Questions posées par la suite par e-mail (précisions demandées)

1. Dans l'entretien, vous dites à un moment "je n’ai pas l’impression que les profs
aient uniquement plaqués ce qu’ils font en cours et mis sur le bureau virtuel, parce qu’il y
a toujours un petit truc, ça s’adresse quand même à nous les non assidus"
> A quoi le voyez-vous (avez-vous des exemples) ?

En fait, ca se voyait surtout quand les cours mis sur le Bureau Virtuel comportaient un
ou plusieurs paragraphes destines aux non assidus, ou on nous donnait des conseils sur

29
comment travailler efficacement en autonomie, ou on faisait parfois allusion a la facon dont
travaillaient les assidus en cours pour nous aiguiller sur ce qu'il fallait faire.

> Pourriez-vous préciser quel est votre ressenti à ce sujet (qu'induisent ces "petits trucs"
pour vous) ?

Il était appréciable de voir que les cours s'adressaient vraiment a nous et tenaient
compte de notre situation particulière.
2. A propos du contact avez les autres étudiants, vous dites : "Je dirais pas que ça m’a
manqué mais je pense que ça serait un plus et que ça serait positif"
> En quoi ?

Le contact avec d'autres étudiants aurait permis, même a petite dose (regroupement
une fois dans l'année par exemple), d'échanger sur nos réussites, difficultés ou
interrogations.

3. Vous dites qu'être en contact avec étudiants à distance, c'est mieux pour : "la
motivation pour éviter un peu justement les coups de blues en se disant « oh je vais jamais
y arriver » "
> De quelle manière les autres étudiants soutiennent sur ce point ?
Peut-être cette question trouvera-t-elle réponse dans la précédente...

C'est le fait de voir que d'autres ont aussi des interrogations ou difficultés qui nous
aide a les surmonter. Lorsqu'on se sent seul dans sa difficulté, c'est plus difficile et ca donne
envie d'abandonner. Alors que quand on sait que d'autres les partagent, c'est plus motivant
pour essayer de chercher des solutions ou des réponses; on se sent plus fort.

4. A nouveau sur le fait du non contact avec les autres étudiants, vous dites "on a les
adresses, on a moyen de contacter, on a la liste des étudiants… mais je ne sais pas c’est
pas vraiment pareil [que les autres formations à distance que vous aviez faites
précédemment]"
> pas pareil (que les autres FAD), c'est-à-dire ?

Cette année de L1 ne comportant aucune UE avec des travaux a réaliser en groupe, on


n'a jamais ete obliges d'entrer en contact avec les autres. A partir de la, plusieurs facteurs
expliquent a mon avis que ce contact n'ait pas eu lieu, comme le manque de temps, la
timidité (même virtuelle), etc.

5. Pourquoi ne pas avoir posé de questions sur le forum ?

Je n'avais pas beaucoup de questions a poser de toutes façons, et le forum du bureau


virtuel n'étant pas très "fréquente", il n'incitait pas a y poser des questions.

30
3. Rose

Interviewer : Avant cette formation… Donc là c’est Master 1 Religions et


Sociétés à distance, vous faites un double cursus en ?

Rose : Sciences de l’Education, à l’étranger… C’est un Master Européen je fais ma


formation entre le Portugal et l’Espagne… Entre Porto et Grenade…

Interviewer : Donc vous ne vivez pas en France ?

Rose : Non… Donc je suis vraiment à distance [rires]

Interviewer : Oui effectivement, et donc l’autre Master c’est Sciences de


l’éducation…

Rose : Oui, Master Professionnel…

Interviewer : D’accord… Et avant ça qu’avez-vous fait comme formation ?

Rose : Philosophie… Sciences de la philosophie… très difficile et très intense, même


à Bordeaux 3 pour de vrai…

Interviewer : Très bien… Alors d’abord, qu’est-ce qui vous a amené à suivre
le Master Religions et Sociétés ?

Rose : Alors euh… J’étais en manqué d’études humanités après la philosophie, je


pouvais pas arrêter, arrêter une thématique comme ça, je savais que faire un Master de
Philosophie comme ça à distance, c’était pas possible parce que même présentiel c’est
très difficile puisque j’ai essayé [sourire] donc je savais je connaissais l’existence du
Master de Religions… et… voilà j’en avais entendu parler par des amis qui étaient rentrés
dans celui-là il était à distance donc ça me permettait de pouvoir continuer à étudier, les
humanités, et à distance et ce qui était pas très gênant puisque j’avais le temps de l’autre
côté avec l’autre Master… je savais que j’allais avoir le temps d’étudier de lire et tout ça…
voilà…

Interviewer : D’accord, et à la base vous auriez préféré faire un Master


Philosophie ?

Rose : oui… mais ça je sais, j’ai arrêté la philosophie à la base parce que c’était trop
dur, y’a un moment c’est plus possible donc je voulais continuer à étudier quelque chose
dans le cadre des humanités comme ils appellent ça maintenant mais qui soit pas la
philosophie la sociologie c’était… hors de question donc voilà je me suis dit je voulais
étudier ça, ah et aussi le fait d’avoir vécu en Espagne et au Portugal au contact de gens
latins m’a fait prendre, poser beaucoup de questions sur la religion je me suis dit que
effectivement j’y connaissais rien et je trouvais ça intéressant de pouvoir l’étudier, pour
de vrai un peu plus… intensément…

31
Interviewer : D’accord, donc c’est plus par curiosité que pour le diplôme ?

Rose : Ah oui non c’est pas du tout pour le dipl- après si je peux travailler avec ce
diplôme je le ferai car c’est vraiment quelque chose qui m’intéresse, mais c’est plus pour
me, oui, culture général on va dire [sourire]

Interviewer : D’accord, et donc votre projet global, que ce soit avec le Master
Sciences de l’Education ou celui-ci, c’est de faire quoi ?

Rose : Quelque chose qui viendra… Si j’ai des propositions aussi euh en en parce
que là je rentre en France sur la formation si je vois que j’ai des contacts qui peuvent me
permettre de travailler, ou dans le monde associatif ou professionnel, maintenant je suis
pas [sourire] pas voilà euh oui si je peux aider si je peux travailler je sais pas j’y ai pas
pensé encore… mais je sais que s’il s’offre quelque chose je le ferai avec euh avec plaisir
mais pour l’instant je suis plus sur l’autre professionnellement que celui de Religions j’ai
pas encore fini le Master donc… j’y penserai… cette année…

Interviewer : Très bien… Alors, à la question pourquoi l’avoir suivi à distance


plutôt qu’en présence, vous y avez répondu…

Rose : Oui, ben oui je suis à l’étranger [sourire]

Interviewer : [sourire] oui alors, sans indiscrétion, dans quel environnement


vous viviez ?

Rose : Appartement, collocation… Avec plein de monde dedans [rires]

Interviewer : Et du coup, diriez-vous que c’était un environnement favorable


à la formation à distance ?

Rose : Mmmh alors pour euh… oui, oui parce que j’ai toujours vécu avec des
étudiants, et à la fois ils m’ont appris des choses sur leur culture religieuse et à la fois ça
me permet d’étudier assise avec eux, lire les cours, donc oui non ça m’a pas dérangé je
trouve que c’est bien, vivre avec plein de gens… en fait pour étudier c’est beaucoup plus
positif que ce qu’on croit… selon moi…

Interviewer : d’accord, et toute seule vous auriez été…

Rose : Toute seule j’aurais été à la bibliothèque [rires] voilà, ça remplace la


bibliothèque, pour moi…

Interviewer : D’accord donc vous cherchez plutôt à ce qu’il y ait d’autres


personnes dans votre cadre de travail c’est ça ?

Rose : Oui, ça aide à la concentration… si je si je vois qu’il y a des personnes qui


sont concentrées autour de moi ça va m’aider… toute seule… c’est plus difficile c’est plus
difficile j’y arrive hein je suis formée quand même j’ai fait la philo- la licence de philo
donc je sais faire, mais oui c’est plus difficile… collocation c’est très bien…

32
Interviewer : D’accord… Alors justement, est-ce qu’en dehors de
l’environnement ces personnes de la collocation ou même vos parents, vos amis,
qu’importe qui, ont participé à la formation, de près ou de loin ?

Rose : Mmmh famille amis on va dire Français non [sourire] parce que c’est études
sur les religions et j’ai aucun contact avec des personnes qui sont religieuses ni de près
ni de loin par contre euh oui les personnes de là-bas… à l’extérieur de l’appartement
hein ?

Interviewer : à l’extérieur à l’intérieur

Rose : Oui, oui oui bien sûr ça m’a beaucoup aidée que ça soit oui la famille de mes
amis aussi par exemple, j’ai pu participer à des événements festifs religieux, oui oui ça
m’a beaucoup aidée…

Interviewer : Ca vous a aidé, en quoi ?

Rose : à comprendre… à comprendre le phénomène religieux parce que quand c’est


quelque chose qu’on connait absolument pas… on a déjà beaucoup d’à priori surtout en
étant Français [rires] et voilà oui juste de comprendre comment s’est vécu et puis du
coup… à partir du moment où j’ai commencé cette formation j’ai pas arrêté de poser des
questions autour de moi, dans un contexte euh… formel ou informel… surtout informel
en fin de compte je disais pas aux gens « ah je fais un Master est-ce que tu peux… », non
je demandais juste… j’écoutais les conversations… oui ça m’a aidée… essentiel même,
pour ce type de formation où c’est vraiment, rattaché au réel [rires] essentiel…

Interviewer : D’accord, et « essentiel » même en termes de motivation ou pas


? Parce qu’à un moment dans votre questionnaire j’ai lu que vous aviez déjà pensé
à abandonner...

Rose : Ah oui… mais alors pas pour le sujet, pas pour les gens, pas pour la
thématique, non… juste pour l’organisation et pour l’attitude des professeurs et des
gestionnaires envers les étudiants… J’ai pris beaucoup de recul aussi par rapport au
professorat français le fait d’être partie à l’étranger, j’ai beaucoup plus de mal à accepter
des réponses froides, ou des « t’as rien compris », « tu sais pas lire »… [rires] euh ouais…
à cause du manque de respect sans aucune hésitation…

Interviewer : Vous avez échangé des mails avec enseignants ?

Rose : Ah oui… je veux pas dire avec qui [rires]… oui oui oui j’ai échangé des mails
avec enseignants et euh personnel administratif… en essayant d’y mettre la forme
parfois quand j’ai pas eu les réponses j’ai monté le ton [sourire] donc ça montait aussi,
y’a pas eu d’insultes hein y’a pas eu problèmes mais je, oui j’ai eu des réponses très
froides que je trouvais absolument pas nécessaires qui permettaient pas de résoudre un
problème qui était pourtant très simple et, oui oui… c’est à cause de ça j’ai voulu
abandonner… enfin que j’aurais pu abandonner… après je suis un peu têtue alors

33
[rires]… comme j’aimais bien ça m’aurait embêtée d’abandonner… mais oui, euh… je sais
pas le fait de pas recevoir les cours tout simplement… à trois semaines des examens… et
t’envoies un message et on te répond « mais si hein », oui ben non [rires] c’est vrai les
cours sont arrivés trois semaines avant les examens… en période de Noël… C’est pas…
C’est pas très réglo…

Interviewer : D’accord… Bon déjà j’imagine que ça peut être compliqué pour
réviser trois semaines avant…

Rose : Oui, c’est compliqué [sourire]

Interviewer : et ça se traduit comment ? C’est du stress, du « je vais pas y


arriver »… ?

Rose : Ben c’est… mince… j’avais acheté des billets d’avion je partirai pas en
vacances [rires] oui oui bon après c’est pas grave, j’ai dû faire le choix en fait, c’était ou je
partais en vacances et je perdais mes examens ou je passais mes examens… j’ai passé les
examens… mais euh… oui c’est sûr c’est du stress et puis c’est de l’énervement je me
réveille le matin je vois qu’on n’a toujours pas les cours, que j’ai reçu un mail… froid
[sourire]… voire insultant quand même… et ben oui non c’est pas très motivant… moi je
le fais je le fais de bon cœur ce Master… euh voilà… j’ai eu des réponses… « oui ben aux
Etats-Unis vous payez beaucoup plus la fac »… [rires] oui moi je veux les cours [rires]…

Interviewer : D’accord [sourire]4… je comprends, et avez-vous une anecdote


précise justement là-dessus, d’échange avec une personne ?

Rose : Oh ben là le truc des Etats-Unis… c’est… vous pouvez pas vous plaindre de la
qualité de la formation à distance étant donné que dans d’autres pays ils payent
beaucoup plus cher et que la qualité n’est pas meilleure… ou alors… c’est que j’en ai pas
mal [rires], je me souviens plus… mais celle-là je pense que celle-là c’était la mieux…
après euh… « c’est pas parce que » ah oui voilà, « c’est pas parce que vous faites une
formation à distance que vous n’êtes pas obligée de venir à la fac »… ou un truc comme
ça en gros c’est bien de faire une formation à distance mais faudrait peut-être vous
montrer un peu à la fac… alors là j’ai pas compris mais là j’ai pas répondu… c’est avec le
temps à force des emails j’ai expliqué ma situation que je faisais vraiment une formation
à distance… mais je sais qu’ici les professeurs ils veulent pas rentrer dans la vie privée
des étudiants, mais je crois qu’au niveau de la formation à distance ben c’est obligé… il
faut qu’ils prennent en compte un p- un minimum pour savoir déjà où sont les gens pour
de vrai, euh… qu’est-ce que j’ai eu… ah si, y’a eu plein de dénonciations de notre de cette
formation à distance je le sais parce que je suis dans le forum avec les étudiants j’ai mis,
j’ai mis au courant une personne qui est en charge du Master et qui m’a répondu « non
mais c’est normal que… tous les ans j’ai plein de dénonciations c’est juste les gens qui
font une formation pour avoir un statut administratif genre les étrangers alors… peu
importe »… je voulais juste dire que si y’avait des dénonciations c’est p’tet que y’avait

4 Au vu de la situation, [sourire] plutôt gêné.

34
vraiment des choses qui n’allaient pas et qui étaient très simples à régler… mais, voilà
c’est la réponse que j’ai eue…

Interviewer : c’est allé plus loin ça ?

Rose : Les dénonciations ? Oh ben oui ben ils vont la faire remonter… au rectorat,
mais c’est tous les ans comme ça… En gros… c’est pas important, c’est des gens qui
voulaient juste avoir un statut d’étudiant parce que c’est plus pratique, et qui dénoncent
pour pouvoir se faire rembourser l’année… voilà [sourire].

Interviewer : D’accord… Et pour en revenir sur le ressenti, quand on lit un e-


mail comme ça, qu’est-ce que ça fait ?

Rose : alors là y’a beaucoup d’insultes qui sortent [rire] dans toutes les langues
j’énerve tous mes colocataires et… je peste contre la formation universitaire… au niveau
personnel personnel… Oui c’est ça je suis en colère, je suis blasée… oui je me sens
insultée… humiliée je peux peut-être même parfois selon les mails oui humiliée enfin…
et oui je ressens de l’injustice, c’est injuste… on va pas maltraiter un étudiant parce qu’il
a envie d’étudier… mais après je… comme c’est pas ma formation principale, que je le
fais juste parce que j’en ai envie, j’ai pas cette pression de « faut que je réussisse mon
année » et toute ma carrière professionnelle est en jeu… ce qui me permet d’avoir ce
recul donc oui je suis en colère, je suis pas contente mais je vais pas déprimer pour
autant, voilà…

Interviewer : Et malgré tout vous avez continué la formation même si…

Rose : Oui, parce que quand même je veux l’avoir ce Master… parce que j’aime pas
rater les années, j’aime pas trop [sourire]… par orgueil… oui je crois que c’est plus par
orgueil… et parce que plus j’apprenais et plus ça m’intéressait donc c’est vraiment… ma
motivation je l’ai prise oui sur moi-même… pas… pas avec le cadre de la… formation à
distance… ça c’est une catastrophe [sourire]…

Interviewer : D’accord, donc justement par rapport au corps universitaire


vous vous retrouviez un peu seule et par rapport aux autres étudiants ?

Rose : Oh oui j’étais complètement seule oui [rires]

Interviewer : Vous discutiez avec les autres étudiants ?

Rose : Ben y’avait un forum mais en fait le forum servait surtout à… à crier alerte et
à l’aide, « on n’a pas les cours, quelqu’un a les cours » euh par exemple j’ai réussi à
obtenir un cours en avance en contactant le professeur directement, en lui disant
« écoutez on n’a pas reçu les cours » il m’a dit « ah bon mais je les ai envoyés il y a un
mois » je lui ai dit « on l’a pas » il me l’a envoyé et ensuite je l’ai envoyé à tous les élèves
qui le demandaient sur le forum… mais je pense que si j’ai fait cette démarche j’étudiais
aussi sciences de l’éducation et du coup j’ai conscience du… voilà sinon peut-être que
j’aurais pas pensé mais… ouais voilà…

35
Interviewer : Vous communiquiez avec d’autres étudiants en dehors de ces
messages sur le forum ?

Rose : Oui, avec un de mes amis qui était en philosophie qui avait fait ce Master de
religions qui m’a aidé qui a fait le tutorat de mon mémoire en fait qui m’a orienté sur le
début, qui m’a, en fait oui c’est lui qui m’a aidée sur tout… au début j’osais pas parce que
je voulais pas le déranger et parce qu’en plus moi je suis en France… En fait il avait donc
oui il m’a aidée il a relu mon mémoire il m’a dit que ça ça allait ça ça allait pas, des trucs
que je pouvais améliorer voilà, heureusement en fait, voilà il a fait le tutorat de mon
Master…

Interviewer : il a remplacé les profs pour vous ?

Rose : Oui, du fait de son expérience, les autres auraient pu m’aider mais ils ne
connaissaient pas ce contexte, les profs aussi… Ben… C’est pas du piston hein c’est pas
du tout « ah ouais lui il aime bien ça » mais « fais attention ce professeur fais très
attention à ça ou ça » donc je sais pas sur [???] des détails comme ça, voilà, sur quoi les
professeurs pouvaient être rigoureux…

Interviewer : lui, il vous a été indispensable ?

Rose : Euh non parce qu’il est arrivé quand même assez tard, il m’a juste donné
quelques pistes au début c’était juste voilà pour des livres comme j’avais pas de
bibliothèque en Français et j’avais pas le temps de tout lire en Espagnol enfin… je l’ai fait
hein j’ai dû le faire de toute façon… euh oui pour des livres, pour des documents un petit
peu et il m’a surtout aidé à la rédaction de mon mémoire… parce qu’un mémoire de ce
type là... sur un truc concret sociologique… je savais pas du tout par quel bout
commencer… et là, là oui j’lui ai dit « aide-moi » [sourire] je lui ai envoyé je lui ai dit sur
quel groupe5 je voulais travailler il m’a dit « ah ça a l’air intéressant » je lui ai envoyé ce
que j’avais écrit et voilà ouais… mais j’aurais continué même s’il n’avait pas été là… juste
ça m’a rassurée… effectivement… mais oui oui je l’aurais fait juste mon mémoire aurait
moins… moins bien présenté…

Interviewer : D’accord… Et les moments de doutes, où vous pensiez à


l’abandon, c’était plusieurs moments dans l’année ou ça n’a été qu’une fois ?

Rose : oui oui c’était plusieurs moments… surtout le premier semestre quand on
s’attend pas à ça [sourire] quand on s’attend parce qu’on lit le mail de présentation tous
les fascicules qu’on nous envoie au début, moi j’ai pas pu assister à la semaine d’in-…
comment on dit le… non c’est pas la semaine c’est la journée de présentation du Master…
puisque j’étais déjà à l’étranger j’avais déjà des cours j’ai pas pu être là, alors ça je me
suis faite engueuler toute l’année parce que je pouvais pas être là… je pouvais pas, je
pouvais pas… euh c’était quoi la question ?

5 Groupes d’une religion spécifique

36
Interviewer : ces moments de doutes…

Rose : Alors oui, premier semestre quand on s’attend à avoir quelque chose de très
structuré et… en règle parce qu’on se dit mince c’est quand même une formation à
distance c’est pas évident, et qu’on attend… qu’on attend… on reçoit un cours alors on s’y
met à fond… puis donc au mois de décembre on se rend compte en fait que c’est le seul
cours qu’on a bossé… et euh… ouais premier semestre… une fois qu’on a compris que
c’était le chaos, ça va [sourire]… et après voilà sur les mails… ah oui voilà autre anecdote,
je voulais passer mes examens au deuxième semestre, normal, au mois de mai et j’avais
pas les dates, j’avais pas les dates, j’écris je dis « excusez-moi mais là il faut que j’achète
le billet d’avion pour rentrer, quand est-ce que sont mes examens », « oui vous aurez les
dates une semaine avant », je fais « mais alors je fais comment, moi je suis en stage je
peux demander quelques jours mais je peux pas deux semaines, la période d’examen
étant de deux semaines, je peux pas demander deux semaines de congés en étant en
stage c’est pas possible », elle me dit « ben si c’est comme ça ce sera les rattrapages »,
ben ce sera les rattrapages, j’ai des examens demain [sourire]

Interviewer : ah oui d’accord, donc vous faites tout en rattrapage alors ?

Rose : euh là le deuxième semestre oui, ben oui j’ai deux épreuves en fait j’ai fait
mon mémoire et en fait ben les deux épreuves qui étaient sur table en fait… parce que
y’a eu un coup de gueule la directrice nous a dit « je veux plus faire d’épreuves à distance
vous faites tous du copier-coller » je me dis ohlala je suis bien embêtée, moi ça
m’arrange, donc à partir de ce moment-là je me suis dit bon faut que j’aille à Bordeaux,
n’ayant pas les dates je fais donc je ne vais pas à Bordeaux, en fin de compte je reçois
pendant les examens des mails en disant « vous avez 24 heures pour rendre ça demain »,
mais je pensais qu’on allait pas faire d’épreuve… voilà… alors là, là on met de côté, on
fait « c’est pas grave, on verra au mois de juin »…

Interviewer : D’accord… Vous avez vraiment envie de l’avoir ce Master


[sourire]

Rose : Ouais, mais parce que du coup, voilà [rires] j’ai envie de casser les pieds
aussi… je suis sur Bordeaux alors j’espère que je pourrais aider… pas casser les pieds
mais j’aimerais pouvoir aider…

Interviewer : aider ?

Rose : ben les futurs qui seront à distance faut aller parler avec ceux qui s’occupent
de la formation à distance ou… maintenant je connais leurs noms j’ai communiqué avec
eux… j’ai moins peur maintenant de dire quand y’a un truc qui va pas…

Interviewer : Avant vous aviez peur ?

Rose : Oh ben oui en France, oui oui, je disais rien aux professeurs, quand on avait
un cours sur Aristote et qu’on avait un examen sur Platon personne n’allait se plaindre…

37
surtout les professeurs de philo… on a, c’est qu’on avait un grand respect pour eux alors
quoi qu’ils fassent on pense que c’est bien… alors non voilà je me serais jamais permise
avant d’aller remettre en question ce que je fais un professeur ou un agent
administratif…

Interviewer : Et là, il y a des moments où vous hésitiez à dire certaines


choses ?

Rose : Ouais… « fuck »… [rires]… j’en ai dit hein j’ai dit… parce que je trouvais ça
légitime d’expliquer… je trouvais ça intéressant pour eux de savoir les failles de ce qui
n’allait pas… parce que je pense que c’est dans leur intérêt de faire une bonne formation
à distance… bon ben en fait ils ont pas aimé… ça… ça a été pris comme… un jugement
personnel… alors que c’était pas du tout… je remettais pas en question la personne, je
remettais en question les failles de gestion du… voilà… rien de plus mais ça a toujours
été très mal pris… en général… même en mettant un joli ton [sourire]… oui c’est assez,
très difficile, mais c’est peut-être aussi du fait que ce soit un contact par e-mail, la
personne selon le moment où elle lit son e-mail que ce soit avant ou après le café ou,
selon son humeur elle va l’interpréter de manière différente aussi… donc euh… et
moi aussi de l’autre côté je vais peut-être sur-interpréter certains mails… voilà…

Interviewer : Mmh-mmh, et c’était toujours par email ou par le forum pour


les autres étudiants ?

Rose : oui le forum avec les autres étudiants alors là [rires]… là y’a eu plein de
coups de gueule… et ce qui est dommage par exemple c’est que les professeurs n’étaient
pas, n’avaient pas accès à ce forum, je pense que… mais en même temps les professeurs
ils n’ont p’tet pas forcément envie de se mettre sur la formation à distance… mais au
moins un professeur en charge qui puisse avoir accès à ce forum des étudiants parce que
y’a énormément de choses qui se disent et… les agents qui pourraient modifier la
formation à distance n’ont pas accès à ce forum, je crois… ou en tout cas ne le regardent
pas… parce que là y’a toutes les demandes là y’a tous les problèmes là y’a tous les…
voilà…

Interviewer : D’accord. Et tout au long de cette formation, vous direz-vous


que vous étiez plutôt à l’aise, anxieuse, ça dépendait ?

Rose : Ouais on peut dire anxieuse quand même… Oh oui, oui on peut dire que
c’était de l’anxiété mais j’aime bien c’est peut-être ça aussi qui m’a donné le moteur de
savoir, pas savoir, pareil surtout le premier semestre, le deuxième… ouais si en fait
anxieuse, et là je suis anxieuse parce que demain je vais passer les examens pour la
première fois… et les rattrapages… c'est-à-dire si je me plante ben j’ai perdu l’année
alors que… alors que je me suis donné les moyens… et je sais que si je me rate là
demain… ben j’aurais fait tout ça pour rien…

Interviewer : D’accord, et y avait-il des exercices voire examens blancs ?


durant l’année ?
38
Rose : [rires]…

Interviewer : Aucun ?

Rose : Euh non, non… Mais non pour chaque matière on avait ce que le professeur
attendait alors par exemple sur certaines matières y’avait des professeurs qui donnaient
tout à l’avance donc ça c’était bien, genre j’en ai eu un au premier semestre il envoyait
son cours il envoyait une bibliographie exhaustive, et il envoyait trois sujets de travail à
préparer… on pouvait choisir c’était sur… moi j’ai pris un truc sur Pie IX j’y connaissais
rien, je me suis dit tiens c’est rigolo, et voilà donc là j’avais tout le semestre pour
préparer un travail sur ça… voilà et je l’envoie j’ai ma note et c’est fini…

Interviewer : Pas de commentaires ?

Rose : Mmmh… Euh si si lui il m’a… j’ai reçu carrément mon devoir imprimé à la
maison avec des annotations… je, je trouvais ça très bien bon je l’ai reçu à Bordeaux
donc je l’ai lu trois mois après mais bon [rires]… ça par contre oui très bien… et sinon les
autres… je pense qu’ils m’ont tous plus ou moins corrigée sinon… mon mémoire par
contre non j’ai eu ma note et ça s’est arrêté là… mais oui les autres devoirs genre des
trucs surlignés en jaune avec « fais attention aux fautes d’orthographe », parce qu’à
l’ordinateur c’est une catastrophe j’avais plus de correcteurs [sourire] de correcteurs en
plus donc je l’ai fait juste à l’œil ça a été une catastrophe et euh oui… par contre oui le
mémoire j’aurais bien voulu, mais je pense que demain en allant passer les examens je
vais reprendre mon mémoire je pense qu’à ce moment-là j’aurai des commentaires…
donc oui les commentaires on les a, mais pas d’exercice… non c’est à toi de t’organiser…
lire plein d’articles, ça fait vraiment culture générale faut lire sur le journal les infos en
fait c’est plus ou moins ça, enfin moi je l’ai fait comme ça, je voulais travailler sur la
religion mais par rapport à ce qui se passe aujourd’hui… pas ce qui s’était passé il y a
deux milles ans…

Interviewer : d’accord, et du coup là ces commentaires, ça aide à comprendre


ce qui va, ce qui ne va pas ? Ou étaient-ils insuffisants…

Rose : Euh ben étant donné que je me souviens juste du truc de fautes
d’orthographe… c’est que ça devait pas être très… non… euh… si sur l’autre devoir… il
m’avait mis j’avais mis une citation mais j’ai fait l’erreur de pas la traduire donc en fait il
a cru que je voulais dire autre chose, c’était dans un article qui parlait de… l’opinion de
l’église sur l’avortement enfin bon intérêt spécifique mais c’est pas de ça que je voulais
parler c’était d’un autre truc enfin bref j’ai, j’ai vu qu’en fait on s’était pas compris à ce
moment-là, mais par contre pour le mémoire oui là j’aimerais bien avoir les
commentaires, parce que c’est la première fois que je fais ça et voilà j’aimerais bien
savoir ce que… même au niveau méthodologique… j’ai jamais fait ça ça a été très difficile
mon mémoire ça a été il fallait que je choisisse un groupe religieux que j’y aille que
j’essaye de m’intégrer en étant étrangère en plus enfin de m’intégrer en disant « je suis
là pour travailler » mais enfin enfin bon pour eux j’étais une nouvelle, d’y aller de me

39
faire accepter de pouvoir revenir un petit peu de poser des questions sans paraître
suspicieuse ou sans être orientée ou rien c’est assez difficile et puis en plus dans une
autre langue [rires] mais bon c’était un bon exercice… c’était bien… ça c’est la meilleure
partie mais ça ça n’a rien à voir avec le truc à distance puisqu’ils le font aussi ici c’est
l’étude d’un groupe religieux, que ce soit à distance ou pas à distance c’est la meilleure
partie du Master…

Interviewer : D’accord… Et est-ce qu’il y a eu des moments où vous sentiez


que vous n’étiez pas capable de faire tel ou tel exercice ?

Rose : Ah oui… oui, ah oui oui oui… le mémoire donc c’était sur un groupe
religieux… il a fallu que je fasse du contact du contact de quelqu’un qui puisse m’amener
là-bas, ça ça m’a mis pris du temps ça m’a pris… trois mois pour réussir à atteindre un
groupe religieux et enfin bref ça c’était compliqué là ouais là je me suis dit que j’allais
jamais y arriver… j’ai réussi et je me suis dit « ah chouette ! » et après il y avait un autre
exercice dans le mémoire c’était assister à six cérémonies religieuses différentes… non là
c’était catastrophique, autant je peux rentrer dans une église parce que… bah c’est
devenu tellement touristique, même en Espagne que tu peux rentrer dans une
cérémonie c’est pas c’est pas… ça implique rien, autant par exemple essayer de… voilà de
m’intégrer voir une cérémonie juive, je savais pas du tout je l’ai pas fait d’ailleurs, j’ai
essayé mais ils m’ont dit non et je savais pas du tout quelle posture adopter pour, j’avais
l’impression de rentrer dans l’intimité des gens et alors là moi j’avais aucun outil pour
savoir comment faire… bon ben j’ai appris sur la tas hein… quand il faut… mais là j’aurais
bien aimé avoir un peu plus de… pouvoir en parler avec d’autres élèves par exemple… là
oui… on m’aurait aidé j’aurais eu beaucoup moins peur et y’a peut-être des trucs sur
lesquels je me suis ratée et si j’avais pu avoir des professeurs ou d’autres élèves de mon
Master ça m’aurait bien aidée, sur ça, sur le fait de pouvoir aller vers un groupe et dire
« bonjour est-ce que je peux… »

Interviewer : D’y aller à plusieurs ?

Rose : Non non non y aller toute seule mais pouvoir faire ou un feedback ou le truc
d’avant pouvoir en parler savoir « comment vous avez fait, comment ça s’est passé »
euh… oui voilà c’est ça parce que les groupes religieux sont toujours un peu sceptiques
« qu’est-ce que tu viens faire, avec ton petit papier ton petit crayon »… ouais ça c’était
pas…

Interviewer : et qu’est-ce qui t’a empêché de le faire ? Contacter d’autres


étudiants…

Rose : Ben… je les connais pas, et sur le forum c’est pas suffisant et c’est ça c’est
quelque chose qui nécessite la parole quoi… par mail… ça on fait pas ça… sinon ça
prendrait des lustres… et puis non là je crois que y’a vraiment besoin du physique parce
qu’on est quand même dans la communication [sourire] enfin les emails c’est bien mais

40
quand tu vois la personne tu comprends un peu mieux pourquoi elle a vécu son truc et…
ouais…

Interviewer : et entre l’e-mail et le face-à-face, il y a le téléphone


éventuellement ?

Rose : ah mais ça j’aime pas le téléphone… et puis de toute façon pour moi c’était
pas possible quoi qu’il en soit je pouvais pas appeler de, ça allait me coûter les yeux de la
tête mais oui non le téléphone pour moi…

Interviewer : Et Skype, la visioconférence ?

Rose : ça ça bugge tout le temps [sourire]… j’ai problème de son sur mon
ordinateur [sourire]… euh mais j’aime pas trop non plus… j’aime pas ce qui est entre le
mail et le face-à-face… pour le coup… tant qu’à faire je préfère attendre et voir la
personne en face… un peu plus tard… mais je savais que ça faisait partie de la formation
à distance, je savais avant de commencer tu sais que… tu vas être plus tout seul… et puis
qui, qui est-ce que je pourrais contacter par Skype, qui prendra le temps… les
professeurs ils prendront pas le temps de s’occuper et les élèves… quand ils ne te
connaissent pas… c’est, un petit peu délicat… ouais non c’est pas possible…

Interviewer : vous pensez qu’en essayant les gens n’auraient pas voulu ?

Rose : si, si j’aurais pu forcer un peu… si peut-être que y’en aurait certains mais si
tu veux t’as la liste des étudiants ça fait un peu « au pif » [rires]… j’aurais pu si j’avais
vraiment été très très, très embêtée euh ouais j’aurais peut-être fait mais… il aurait
vraiment fallu un groupe parce que j’avais quand même des gros problèmes et j’ai pas eu
besoin de… non… non je ouais je voulais pas embêter les gens…

Interviewer : Et, je crois avoir déjà posé la question, il n’y a aucun autre
étudiant avec qui vous avez parlé en privé ?

Rose : Non, juste sur les forums… mmmh oui, juste sur le forum et puis les fois où
j’ai envoyé des cours aux autres étudiants mais c’était pas un vrai un contact en fait
c’était « ah moi aussi je veux bien que tu m’envoies le cours, moi aussi je veux bien le
cours, moi aussi je… », des fois ils disent merci… des fois que dalle [rires]… mais bon
c’est pas grave je peux comprendre t’es dans l’attente de ton cours tu l’attrapes tu le lis
et t’oublies… normal… je leur en veux pas… non donc aucun contact…

Interviewer : Et alors, bon j’insiste un peu sur la baisse de motivation, qu’est-


ce qui au contraire a maintenu la motivation ? Dans votre cas personnel…

Rose : Mmmh… Déjà ma formation initiale… Le fait d’avoir fait philo et c’était
vraiment très intense, t’as plus de vie t’as plus de cerveau et tu sais plus comment
arrêter ton cerveau surtout ça c’est très compliqué, ah c’est une catastrophe je suis
contente d’être sortie de ça [sourire], mais ma formation initiale… comment dire sans
paraître un peu péteuse… C’est pas très compliqué quoi le Master Sociologie & Religion

41
quand t’as déjà fait philosophie juste avant… t’as la technique de savoir lire des tonnes
de bouquins très rapidement et de tout emmagasiner pour analyser et ça ça m’a permis
de garder la motivation parce que du coup il y avait ce côté de facile… si ça avait été un
peu plus compliqué je crois que j’aurais abandonné… pas en quantité de travail hein je
dis vraiment en truc de compliqué t’as le cerveau qui… là ça fait pas des nœuds le
cerveau, c’est intéressant y’a des, par contre y’a beaucoup de documentation… mais
ouais, ma motivation ça a été mon cursus d’avant…

Interviewer : Mmmh-mmh, t’as eu aucun moment où tu as bloqué comme ça


face à un cours ou ?

Rose : oh ben non… Non parce que c’est comme lire un article de journal… t’as des
données t’as souvent une présentation historique après t’as des… ouais c’est ça non c’est
pas c’est… ça n’a rien de compliqué… c’est des faits… c’est des faits et après ben tu vois
comment les gens, les différentes façons d’analyser ce même fait euh voilà… c’est pas…
pour moi c’était, comme c’était facile j’ai gardé ma motivation…

Interviewer : D’accord… Et alors, vous disiez à un moment qu’on était plus


seul quand on était à distance, est-ce que cette solitude est pesante, est-ce que
vous l’avez beaucoup ressentie ?

Rose : Je pense que… Oui, je l’ai ressentie dans les moments de crise là quand les
seuls retours que j’avais c’était des retours négatifs et… et désagréables, là ouais j’aurais
pu, voulu échanger avec d’autres élèves savoir si j’étais vraiment la seule parce qu’au
bout d’un moment tu te poses la question tu fais « attends » c’est p’tet moi qui ai un
problème alors là tu relis tous les documents… je suis à la fac depuis un moment je le
connais le site le bureau virtuel, je le connais tous ces trucs… je suis pas novice donc ça
va et donc tu relis tu relis, ben non j’ai pas de problème… c’est c’est… mais j’aurais voulu
voilà j’aurais peut-être moins perdu de temps si j’avais parlé avec d’autres élèves et
qu’ils m’auraient dit « ah oui non mais là c’est pas possible moi aussi », y’avait le forum
qui aidait, quand moi j’ai commencé à péter un plomb le premier semestre j’ai vu que les
autres aussi, j’ai fait « ah » et ça ouais ça ça m’a aidée… donc euh ouais la solitude quand
y’a eu des, des altercations et que j’étais toute seule dans la problématique, là… j’aurais
voulu ouais pas être la seule à… à batailler pour avoir… une formation ben… normale
quoi [sourire] une formation… formation… là c’est… ça pèse un peu…

Interviewer : ça pèse et ça se traduit comment du coup ?

Rose : ben c’est ce que je, je pense que là du coup je reviendrais sur ce que j’ai dit
au début, ça pèse, ça énerve, ben du coup au début t’as envie de tout laisser tomber
parce que t’as pas… alors ok moi j’ai ma motivation de part, de mon cursus, c’est un truc
qui m’intéresse je le fais juste pour moi, ça c’est ma motivation… euh mais… comment ça
se traduit ben la motivation qui baisse… c’est ça, tu dis c’est pas la peine de continuer si
c’est pour te faire traiter de cette manière là… ouais la solitude elle fait ça aussi
[sourire]… le fait de pas pouvoir échanger sur tous ces thèmes là…

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Interviewer : D’accord, alors… du coup j’ai la partie où votre motivation
baisse… la partie où ça va… mais entre les deux… qu’est-ce qui fait qu’elle
remonte ?

Rose : euh… euh les sujets qui m’intéressent… parce que là où… j’sais pas, entre
temps je reçois des cours ou par moments je dis « bon bah c’est pas grave j’ai pas les
cours », mais je vais regarder les vidéos sur Youtube qui parlent de ça, ou je regarde, je
commence toujours par Wikipédia avant d’attaquer les trucs un peu plus durs, ça me
met un cadre je trouve ça très pratique, moi là je commence à faire des trucs comme ça,
du coup je m’intéresse vraiment au sujet sur lequel je suis en train de travailler, du coup
j’oublie tous les problèmes de la fac je fais « ben c’est pas grave, allez vous faire voir » et
je fais le truc là pour le coup, vraiment toute seule mais dans la solitude positive, j’ai mon
thème ça me plait, je travaille et c’est souvent à ce moment là que je reçois un horrible
mail en plus qui me resape le moral alors je me remets dans le travail… c’est par le
thème même en fait… plus tu travailles plus t’es intéressé et… t’y as mis du temps, tu
commences à comprendre… voilà… donc c’est par le cours même en fait, la substance du
cours, le sujet du cours… quoique ce soit d’ailleurs puisque j’ai vraiment étudié des
choses très bizarres cette année… Pie IX… Ouais voilà… Ben en fait ça n’y était pas
pendant que y’avait Napoléon alors du coup ben en fait je suis rentrée dans Pie IX et j’ai
découvert toute l’histoire de l’Europe de cette époque là et alors là je me suis amusée je
pensais pas que ça m’intéresserait en plus… et en fait ça m’intéressait c’était très
intéressant…

Interviewer : D’accord, vous êtes une passionnée…

Rose : Voilà c’est que j’ai du mal à me forcer à étudier de toute façon… donc si ça
me plaît pas… surtout ça… voilà du coup j’aurais arrêté… j’avais vraiment pas de bonne
structure qui aide à la motivation…

Interviewer : D’accord, très bien… On en a un peu parlé, est-ce que vous


saviez à qui vous adresser en cas de question ?

Rose : Alors… Au début pas trop… euh mais après m’être faite renvoyer balader
plusieurs fois j’ai compris à qui il fallait que je parle [rires] et quand et pour quel
problème, maintenant je suis au point… je sais qui quoi quand comment et comment
parler [rires]… mais au début non… effectivement c’était écrit sur les documents qu’on a
reçus mais des fois c’était pas très clair… pour recevoir les cours par exemple je savais
pas s’il fallait que je m’adresse à l’agent administratif qui s’occupe de nous, à la directrice
du Master qui semble s’occuper de tout ou au professeur lui-même donc… voilà au bout
d’un moment ben j’ai compris en passant par le prof directement… ça allait beaucoup
plus vite, parce qu’eux ils sont totalement hors du truc de la formation à distance ils ne
connaissent pas nos problèmes donc… Un ils répondent gentiment et deux ils t’envoient
le cours… ils répondent… Eux pour le coup ouais… ils demandent d’où tu sors c’est rigolo
[rires]…

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Interviewer : D’accord, donc vous avez su repérer des personnes à
contacter ?

Rose : oui et puis souvent sur les mails ils disent « mais non mais c’est pas moi qui
m’occupe de ça » ou… j’ai compris, par rapport aux mails aussi qu’on recevait… sur le
Bureau Virtuel, selon les thématiques j’avais pisté qu’il y avait quand même quelques
noms qui revenaient assez souvent et j’ai fait comme ça… « toi tu m’avais envoyé ça
l’autre jour donc j’imagine que toi tu dois savoir comment gérer ce problème »… [rires]

Interviewer : D’accord… D’accord… Aucun travail en groupe c’est ça ?

Rose : Oui…

Interviewer : Alors, malgré leurs mauvaises réponses, est-ce que les


enseignants étaient quand même présents à distance ? Réactifs…

Rose : Tiens je l’aurais pas… j’ai pas pris contact avec beaucoup d’enseignants
parce que… enfin y’a surtout un enseignant en fait avec qui j’ai été en contact toute
l’année les autres c’était pour demander des cours, pour envoyer les devoirs, ils
m’avaient répondu, sans problèmes…

Interviewer : Et l’enseignant avec lequel vous avez été en contact était ? Sa


fonction ?

Rose : Le plus grand chef…

Interviewer : D’accord, c’est avec lui que les échanges étaient un peu
houleux ?

Rose : Oui… Mais tous les autres enseignants qui ne savent rien de cette formation
à distance du coup sont beaucoup plus à-même de répondre mais c’est ça de toute façon
s’ils t’envoient le cours… je pense que j’ai dû poser une question à un professeur, que
j’étais pas sûre s’il voulait qu’on fasse les trois sujets ou un sujet, voilà des petits détails
ça oui ils répondent… et s’ils répondent pas je demande aux instances supérieures qui de
toute façon me renvoient au prof [rires]… mais oui, oui, je sais pas s’ils auraient tous
répondu… j’ai eu très peu de profs en fait parce que y’a surtout un professeur qui fait
tous les cours, après… je dois avoir deux profs différents, trois… les autres c’est, c’est
réduit… et eux ils m’ont répondu… j’ai pas eu d’altercation… quand ça parle de gestion
normalement ça va [rires], quand c’est juste pour le cours…

Interviewer : D’accord, ok… Pour aller vers le bilan, est-ce que vous diriez
que vous avez appris des choses, en dehors du contenu des cours, d’un point de
vue méthodologie à distance par exemple ?

Rose : Ah ben oui, même si j’avais mon passé philosophique, oui… j’ai compris que
ben à distance, il faut prendre sur soi… il faut s’y mettre… je sais pas qu’est-ce que j’ai
appris, j’ai appris à gérer le temps… enfin gérer le temps dans les moyens des… qu’on

44
nous a donnés, gérer le temps et se motiver à… à commencer à travailler sur le sujet…
genre voilà Pie IX, encore celui-là… euh faut s’y mettre, ouais faut se donner toujours le
premier coup de fouet mais ça je l’ai appris alors que quand tu as cours ben tu sais pour
la semaine d’après ce que t’as à faire ou… là t’as un semestre donc faut visualiser trois
mois et bon alors là je fais ça, là je fais ça, ouais la gestion du temps… la gestion du temps
et le petit coup de pouce, auto-coup de fouet sur le début… et que savoir que
effectivement au début ça fait toujours peur parce qu’on connait pas ça fait peur mais
qu’il faut passer ça, ça ouais ça je l’ai appris cette année, ça et… bon ben après tout ce qui
est gestion mais ça après c’est une déformation professionnelle de l’autre Master mais
voir comment ils font la gestion ici la gestion de Bordeaux à Bordeaux 3 en tout cas a
changé je la connaissais pas trop avant mais voir comment ça fonctionne… je vois un
petit peu… euh voilà… et puis oui le relation… parce qu’aussi le fait d’avoir à aller parler
à des gens, étudier des groupes6 avec des gens qui sont pas dans les livres… ça aide… oui
j’ai appris le rapport humain… de manière un peu plus int- et avoir moins peur… je
pense aussi que ça m’a servi… ah c’est p’tet ça, avoir moins peur de demander « ben
voilà moi je fais ça est-ce que t’es d’accord que je travaille avec toi »…

Interviewer : Pour les groupes c’est ça ?

Rose : Oui... ça c’est le plus dur et c’est sur ça que j’ai le plus appris je pense… et
rédiger des mails [rires]…

Interviewer : [sourire] oui mais c’est une compétence..

Rose : Oui, je pense que oui, et savoir jouer sur le ton… oui oui… la rédaction des
mails pour avoir une réponse la plus rapide et la plus concise possible… faire des mails
courts, surligner les choses importantes parce que de toute façon ils vont les lire
« comme ça » très souvent, donc euh voilà j’ai appris le concis net précis pour avoir une
réponse concise nette et précise…

Interviewer : Est-ce que vous diriez, même si vous y avez répondu de


diverses manières déjà, que cette formation a répondu à vos attentes ?

Rose : [sourire]… Ben en fait oui [rires]… Ca dépend de quelle… je pense que j’avais
pas d’attente concernant ce qu’était la formation à distance donc du coup je peux pas
dire si ça a répondu ou pas mais en y réfléchissant non je suis très déçue… oui non ça a
pas répondu aux attentes par rapport au… à la gestion de, on donne pas les cours aux
élèves trois semaines avant les examens… ça j’attendais rien, mais je m’attendais pas à
ça [rires]… et après sur tout le reste… oui parce que moi la thématique je la trouvais
intéressante… et j’ai découvert beaucoup de choses d’un domaine que, que je maîtrisais
absolument pas donc voilà… ça par contre ça a même dépassé mes attentes… et puis tout
ce qu’on vient de dire juste avant là, les choses que j’ai appris hors formation, je
m’attendais non plus à ça, c’était chouette… je suis contente…

6 Elle fait ici référence à son travail pour le mémoire de Master, auprès de groupes religieux.

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Interviewer : D’accord… Et si c’était à refaire est-ce vous referiez
différemment ?

Rose : Différemment, euh je pense que je commencerais à gueuler, pardon à


ronchonner bien plus tôt et j’aurais pas laissé courir les choses depuis longtemps… mais
bon ça on peut pas le savoir à l’avance… on peut pas à attaquer quelqu’un alors qu’il ne
s’est encore rien passé [sourire] mais ouais si c’était à recommencer… ouais je dirais les
choses un peu plus tôt… je les aurais dites un peu plus tôt… et… non par contre je
l’aurais faite7 parce que ça m’a vraiment équilibré avec l’autre formation que je faisais…
j’avais vraiment besoin de ça… et j’avais vraiment le temps de le faire… même si j’avais
l’autre… donc ça m’a rempli mon emploi du temps c’est parfait [sourire]… génial
[sourire]…

Interviewer : D’accord, alors pour aller un peu plus loin, qu’est-ce qui pour
vous il faut pour travailler à distance, pour être efficace ? Quelles sont les
compétences, qualités… pour l’apprenant

Rose : Alors… déjà je pense qu’il faut avoir pas mal d’expérience au niveau de
l’Université… Je ne conseille pas la formation à distance pour des gens en licence 1… 2…
voire 3… ouais parce que la 3 en plus elle est vraiment charnière donc la 3 à distance ça
va être une catastrophe surtout quand c’est comme ça… donc oui je crois qu’il faut avoir
l’expérience derrière, du moins universitaire hein…

Interviewer : Pour ?

Rose : Euh pour pas perdre pied, parce que quand tu sais pas comment ça marche à
la fac... .si t’as pas trop compris parce que des fois tu peux faire ton cursus de licence et
pas forcément t’intéresser à comment marcher la fac, moi je… mais ouais vaut mieux
avoir ça derrière, pour pas se dire « ah mais tout le monde m’abandonne, j’arrête », non
se dire « non de toute façon c’est la fac », c’est vrai que bon… ça… qu’est-ce qu’il faut
d’autre… oui c’est ça la motivation à l’intérieur, faut pas attendre que ça… faut pas
chercher à l’extérieur sa motivation… dans une formation à distance… parce que ben ça
va être dans l’extérieur mais dans l’extérieur réel, c’est pas la fac qui va motiver c’est pas
la structure, surtout comme elle est faite là, ouais donc pas s’attendre à ce que les gens
nous motivent à dire « ah ça c’est bien » ou « t’as lu des bouquins » non faut avoir son
autonomie… faut être très autonome, ah ça c’est bien comme compétence, autonomie…
euh… patience… et en général sans parler de celle là en [???]… et oui de l’organisation…
mais c’est pour ça faut aussi avoir de l’expérience dans le monde universitaire parce que
oui en formation comme ça t’apprend à t’organiser à petite échelle, donc à distance je le
vois en plus large… donc ouais, organisation, c’est ça faut pas le faire au début, faut pas
faire la formation à distance au début… ou alors faut être très très sûr de soi… et oui
alors être motivé avant tout…

Interviewer : Autonomie pour vous, c’est quoi ?

7 La formation en Master Religion & Sociétés

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Rose : Ah oui euh…

Interviewer : Non, sans faire de théorie, comment se traduit l’autonomie en


formation à distance, pour vous ?

Rose : Ben c’est ça ce que je disais tout à l’heure, se donner des coups de feu au
début même si ça fait peur, se lancer dans les cours… pas reculer… oui c’est ça
s’organiser, pas compter sur les autres pour puiser sa force ou sa motivation, voilà gérer
son truc tout seul, et voilà pour moi c’est ça l’autonomie… dans ce cas là ça serait ça
l’autonomie…

Interviewer : D’accord, et qu’est-ce qui favorise l’autonomie d’après vous ?

Rose : Ben l’expérience… dans le contexte à distance…

Interviewer : Est-ce que vous pensez qu’il y a des acteurs qui peuvent
favoriser l’autonomie, des types de formation… ?

Rose : Mmmh je pense que… faut avoir du temps… je pense que c’est un bon
facteur, moi j’avais le temps, je travaillais pas à côté j’étudiais à côté… ce qui fait que
c’était à peu près le même genre d’activité, ce qui fait que c’est un peu différent mais très
clair dans ma tête, mais je pense qu’en ayant une vie professionnelle, c'est-à-dire très
peu de temps, et deux activités très différentes ça, ça… faut du temps… pour faire la
formation à distance… sans avoir la poss-… ah oui, c’est pas seulement avoir du temps,
mais c’est pouvoir gérer le temps comme tu le veux… et quand tu travailles ben tu peux
pas parce que t’as des horaires… alors que y’a des jours t’as plus envie de travailler
certaines matières et des jours d’autres… si tu peux organiser ton propre emploi du
temps c’est parfait… ça c’est un plus, ça ça aide, ça n’a rien à voir…

Interviewer : D’accord… Et ça c’est l’aspect professionnel, et du côté vie


personnelle ?

Rose : Ah avec enfants ça doit être difficile, mais je sais que Maman elle a fait ça
aussi elle a fait des formations à distance avec enfants… ça ouais… je pense qu’en ayant
une vie de famille, c’est pareil, parce qu’une vie de famille ça prend du temps aussi,
enfants oui ça doit être… mais si, si les personnes ont des enfants ça veut dire aussi
qu’elles sont un plus vieilles, donc elles ont gagné en force d’autonomie, et
d’organisation… T’as des enfants, tu sais que les enfants ça marche de telle heure à telle
heure, donc tu sais… mais p’tet que les adultes qui ont une quarantaine d’années qui font
une formation à distance ils ont pas de problème ni avec le travail ni avec les enfants…
quand on est jeune, faut du temps et avoir un emploi du temps flexible… bon du coup je
pense pas que ça soit gênant ça dépend du partenaires [rires]… et moi je vous dis j’étais
en collocation avec plusieurs personnes et… ça n’a pas été gênant non plus… après faut
pouvoir s’isoler quand y’a besoin de s’isoler… c’est bon j’ai tout dit là [sourire]…

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Interviewer : Bien… Dernière question, si vous deviez rêver un peu… quelle
serait la formation idéale ?

Rose : Oh alors là [sourire], formation à distance idéale… ça serait déjà avoir un


tuteur pour de vrai, mais pas un tuteur genre pour son mémoire, un tuteur de formation
à distance… qui pourrait d’ailleurs être un étudiant… je pense que ça serait mieux, dire
au début « est-ce qu’il y a des volontaires pour faire ça », au pire on pourrait peut-être
leur donner un petit crédit, on aime bien faire [rires]… deux crédits allez hop, « tu seras
tuteur de quelqu’un », pour de vrai pas pour de faux… euh… oui, quelqu’un qui soit plus
présent, des cours à temps… du personnel administratif qui soit vraiment sensibilisé à la
formation à distance et pas juste qui soit formé en gestion… savoir ce que c’est… prendre
en compte ce que c’est vraiment un étudiant à distance… oui je pense qu’il faut
sensibiliser les profs qui par exemple donnent des cours cette année, oh mais vite fait
hein ça peut être des étudiants des tuteurs qui disent par exemple au professeur « on a
des élèves à distance, qu’est-ce qu’on peut leur donner, qu’est-ce qu’on peut… » si y’a des
choses à leur envoyer, un suivi un peu plus, là comme ça… et qu’on nous donne, comme
légalement il est prévu, les modalités d’évaluation en temps et en heure… les modalités
d’évaluation, parce que c’est illégal [rires], bon je taquine un peu… rien qu’avec ça, c’est
des petites choses en plus, mais juste ça… je pense que ça serait… et ouais le tutorat
entre étudiants je pense que ça peut très très bien marcher, parce qu’en plus y’a pas ce
rapport hiérarchique, qui fait que parfois on peut avoir cet échange d’e-mails un peu…
froid, entre étudiants y’aurait pas ça…

Interviewer : D’accord… Ultime question, souhaitez-vous ajouter quelque


chose qui n’aurait pas été abordé ?

Rose : Euh… peut-être euh non ça je sais même pas si on peut le remettre en cause,
le fait que ce soit payant… c’est vrai que quand tu fais une formation à distance on te
demande, alors moi je suis boursière j’ai payé moins, je crois que j’ai payé 150 euro,
simplement pour que quelqu’un me mette les cours en retard sur le Bureau Virtuel… bon
c’est un détail enfin un détail qui a sa légitimité… tu payes… pour les autres étudiants tu
payes l’inscription c'est-à-dire ils payent une grosse somme pour avoir la formation à
distance, et quand on a ce type de formation à distance c’est pas, c’est pas très sympa…
voilà… si on fait payer on fait payer pour de vrai et pour quelque chose qui en vaut le
prix, c’est quand même normal… Et pas changer les modalités d’examen au dernier
moment aussi [rires]… encore sur les examens… Voilà, c’est bon…

Questions posées par la suite par e-mail (précisions demandées)

1. Vous dites que le fait d'être avec d'autres personnes en collocation pour
travailler "aide à la concentration", en quoi les autres vous aident-ils à être
concentrée ?

Le fait d´avoir des gens à la maison me permet d´etre entouré de personne qui elles
aussi doiven étudier, en fin de compte cela devient presque un travail d´équipe, on se

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motive les uns les autres, on se soutient dans le moments de stress etc. On s´organise des
pauses, on prend le temps de travailler, quelque soit l´heure du jour ou de la nuit.

2. A un moment, vous dites que "les professeurs n’ont peut-être pas forcément
envie de se mettre sur la formation à distance", à quoi le voyez-vous ?

Par exemple je sais que certain proffesseurs sont contre la formation à distance et
de ce fait ne mettent pas de cours en ligne, et ne prépare pas d´examens modulés pour
les étudiants concernés.

> Quel effet, quel impact cela a sur vous ?


Concretement en connaissance de cause je n´ai tout simplement pas passer les
modules réalisés par ces proffesseurs, car je savais d´avance que mon travail serait
toujours déjà déprécié par le seul fait que je n´assiste pas aux cours, autrement que mon
travail et mes efforts ne seraient pas reconnus à leur juste valeur. Bref, un sentiment
d´injustice en somme.

3. Vous dites également ne pas aimer le téléphone ou la visioconférence, et


préférer le face-à-face ou l'email pour la distance. Qu'est-ce que le face-à-face vous
apporte que le téléphone ou la visioconférence n'apportera pas ?

C´est tout simplement tout ce qui passe par le non verbal, l´attitude des gens , la
sensation qu´il donne est importante, et ce n´est en mon sens pas seulement visuel, la
présence physique rend la communication plus complète dirons nous. Par exemple j´ai
rencontré la directrice du Master, en chair et en os, et j´ai compris qui elle était plus
rapidement que en un an de mailing, ce qui a changé mes sentiments vis à vis de ces
attitutes "ecrites" du reste de l´année, elle est extrement plus sympathique et joviale en
vrai.

Et le skype en particulier à quelques chose de frustrant, ce n´est pas sur, ça coupe ,


l´image saute, le son, c´est énervant d´essayer d´avoir une conversation importante avec
cet outil. Si un jour on invente un outil plus performant , peut etre que j´envisagerai de
l´utiliser, pour l´instant mieux vaut s´en tenir aux conversations familiale et amicales, car
dans ce cas peut importe si il y a quelques mal entendus..

4. Vers la fin, lorsque je vous demande ce que vous avez appris sur la méthode de
travail à distance, en plus de la gestion du temps vous dites : "se motiver à
commencer à travailler sur le sujet… genre voilà Pie IX, encore celui-là… faut s’y
mettre, ouais faut se donner toujours le premier coup de fouet". D'où vient ce
premier élan ? Quelle est son origine ? Qu'est-ce qui vous amène à vous y mettre,
en somme ?

Ce premier élan, c´est de l´orgueil, le thème fait peur, on ne sait rien de rien, alors
cela devient un défi, le but etre capable de comprendre et d´analyser toutes les données
que l´on peut trouver. Ce premier élan cést celui qui fit tomber la fainéantise premiere
que nous avons touts face à une lourde tache. Enfin c´est l´idée aussi que toute chose est
bonne à savoir, il n´y a pas de sottes connaissances ! Donc l´orgueil, la compétition ( non

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pas avec les autres étudiants mais avec le sujet meme à étudier ! ) et l´envie de
découvrir.

50
4. Zoé

Interviewer : Bien, pour rappel, vous êtes en licence 2 Histoire / Géo, vous
avez déjà fait une FAD l’année dernière, ça fait deux ans que vous êtes en FAD ?

Zoé : oui, plus même, parce que je passe beaucoup de temps [rires]…

Interviewer : Ah oui ?

Zoé : Oui parce que je travaille à temps plein, deux enfants, donc je prends mon
temps… et comme c’est pas forcément dans un but de reconversion, je suis
fonctionnaire, donc… c’est pour mon plaisir…

Interviewer : Avant cette formation, qu’aviez-vous fait, vous aviez un


baccalauréat j’ai vu…

Zoé : Oui, Bac, Bac D et après j’ai fait, j’ai eu ma première année de fac de droit et
j’ai calé en deuxième année, je me suis réorientée en deuxième année…

Interviewer : D’accord… Et donc réorientée, récemment ?

Zoé : Ah non y’a longtemps… j’ai 41 ans, ça fait presque 20 ans… [rires]…

Interviewer : Et donc là, quand avez-vous commencé à suivre votre formation


à distance ?

Zoé : Non, j’ai fait une année d’essai y’a 4 ans pour savoir si j’y arrivais, si j’arrivais
à cumuler mon travail, les enfants, plus faire… et puis en fait j’y ai pris du plaisir, à
apprendre, à… et en fait j’ai décidé de me lancer vraiment… et là je passe en 3ème
année… Sachant que je mets quand même entre un an et demi et deux ans pour avoir
une année…

Interviewer : D’accord, vous passez certains modules, et l’année suivante les


autres ?

Zoé : Voilà, je peux pas travailler tous les modules c’est impossible ne serait-ce que
déjà au niveau de la biblio, j’ai pas le temps matériel… donc c’est impossible… donc je
fais par étape… Par rapport à d’autres c’est vrai qui sont un peu plus acculés et qui
veulent avoir leur licence rapidement, parce qu’ils ont plus de boulot, que j’ai rencontré,
c’est vrai que mois je suis plutôt… je suis pas en dilettante mais voilà je suis pas…
stressée par le temps…

Interviewer : Et alors justement, qu’est-ce qui vous a amené à suivre cette


formation ? Quel est votre but ?

Zoé : A la base, parce que je voulais faire fac d’histoire en sortant du BAC, et que je
l’ai pas faite parce que je voulais absolument pas être prof, et que je voyais que ce

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débouché là à l’époque, et que j’ai fait fac de droit pour faire autre chose… et que ça me
démangeait de le faire vraiment par plaisir, par goût en fait, c’est que ça à la base, et en
fait je me suis pris au jeu, à mon propre piège en fait… parce que je pensais m’inscrire
comme « oh j’irai un petit peu allez » et en fait je me suis pris vraiment au, à vraiment
bosser, à vraiment bouquiner les trucs…

Interviewer : D’accord, et donc maintenant vous avez un autre but ?

Zoé : oui, je veux vraiment avoir ma troisième année et voire même après faire un
Master… Ah oui là maintenant je suis partie là [rires]… je sais pas pour combien
d’années parce qu’au rythme où je vais… mais non là maintenant je suis lancée…

Interviewer : D’accord… Et vous la suivez à distance parce que vous travaillez


à temps plein ?

Zoé : Ah oui je travaille à temps plein donc là c’est pas possible, j’habite en plus à
50 km de mon travail, donc en plus j’ai une heure le matin, une heure le soir, plus les
enfants… plus tout ce qui va avec c’est pas possible autrement…

Interviewer : D’accord… et alors justement vous parlez des enfants, cet


environnement de travail avec la famille, les enfants, c’est plutôt favorable à la
formation à distance ?

Zoé : Ah oui moi je me le cale chez moi, j’ai des moments où moi je suis calme toute
seule, c’est souvent le soir, je travaille souvent le soir quand ils sont couchés ou le week-
end que leur père est là, c’est vraiment… une ou deux fois j’ai essayé de venir à la BU…
après le travail ou quand je savais qu’ils étaient gardés, mais j’ai moins de concentration,
j’y arrive mieux chez moi… c’est une habitude… j’ai pris l’habitude, je me trimballe avec
mes cours, les bouquins, les machins, comme je prends le train, ben dans le train je
travaille aussi le matin, quand je rentre… c’est par moments, c’est saccadé… c’est
vraiment pas par rapport à moi ce que j’ai connu quand j’étais étudiant quand j’avais 18,
19 ans, c’est pas du tout la même approche, la même façon de travailler…

Interviewer : c'est-à-dire ?

Zoé : Ben le bachotage à rester 4 heures à son bureau, à rester, à bosser ses trucs, à
faire… ça moi je peux pas, matériellement c’est rare où je peux rester plus de 3 heures à
bosser, quand j’ai des devoirs je le fais, j’essaye de vraiment mais alors faut vraiment que
je l’anticipe autrement c’est maxi 2 heures c’est pas du tout la même chose… enfin au
niveau de la… du… du partage du temps, je peux pas, je peux pas y consacrer 4 heures
d’affilées, c’est vraiment morcelé en fait… je vais au principal, enfin j’essaye…

Interviewer : D’accord… Est-ce que vous diriez dans cet environnement que
vos proches, vos enfants, votre mari, ont participé à votre formation ?

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Zoé : Alors moi il8 m’a encouragée à la faire en fait… ça me démangeait depuis
quelques années mais je trouvais que c’était du superflu… comme j’ai un travail, sûr…
voilà, c’est lui qui me dit « mais si, si », il m’a poussée à m’inscrire en fait… donc oui de ce
côté-là je suis vraiment soutenue et les petits le savent « ouais tu vas à la fac, tu fais tes
trucs de fac »… donc bon non c’est pas, ça rentre bien dedans… par moments c’est un
peu chaud quand c’est les exams… Maman elle est un peu énervée quand ce sont les
examens [rires]… mais bon après ça se fait, voilà comme ça…

Interviewer : encouragements de la part des enfants aussi ?

Zoé : Oui, oui oui… tout le monde est inclus là-dedans… après j’ai mon bureau, mes
livres, mes cours et tout, ils savent… pas de problèmes [sourire]

Interviewer : Et justement c’est un vrai soutien, en quoi ?

Zoé : Parce que quand j’ai pas envie c’est mon conjoint qui me dit « non mais là faut
que tu bosses » [sourire]… quand j’ai tendance à relâcher, c’est lui qui relance un petit
peu la machine… mes sœurs aussi… elles sont toutes les deux profs, machin et
compagnie donc elles me poussent aussi, elles me disent « si t’as un souci… », si j’ai un
coup de mou j’appelle et je suis relancée… Y’a un soutien, c’est bien… Non parce
qu’autrement c’est pas évident à distance… au niveau de la fac j’avais remarqué… y’a une
présence par mail mais c’est pas… ce que je regrettais justement c’est qu’il n’y ait pas de
communication entre personnes de la FAD et qu’ils commencent juste à se mettre en
place, parce que là aux derniers oraux on s’est rencontrés et on est tous à peu près du
même âge, à part une jeune qui a à peine 30 ans, non on s’est retrouvé on avait tous 40
ans passés et c’est vrai qu’on avait tous des motivations différentes, et ils commencent à
y avoir une émulation avec ce groupe là… mais ce que je disais ce que je regrettais c’est
que justement il y a des outils qui sont mis en place mais qui sont pas vraiment utilisés
par les étudiants à distance… comme le Bureau Virtuel et on a tous les adresses des
étudiants qui sont inscrits, y’a pas, y’avait pas de communication jusqu’à là quasiment…
y’avait pas d’émulation de groupe qui peut y avoir en présentiel et qu’on fait, on fait des
rencontres, on peut travailler à 2 ou 3, que à distance c’est pas aussi facile… c’est
beaucoup plus dur… et là ça commence, ça se met en place tout doucement, mais c’est
vrai qu’il faut du temps en fait, faut… faut tomber peut-être sur les bonnes personnes, je
sais pas… et comme là on s’est retrouvés quasiment sur tous les oraux et les derniers
écrits on s’était retrouvés ensemble, du coup on s’est échangé les mails même les mails
perso et du coup ça communique mieux, et du coup y’a une émulation qui se fait
également en dehors du cercle familial des proches… que moi à la base y’avait que ce
cercle là qui me soutenait entre guillemets quand j’avais besoin de boost quoi…

Interviewer : Mmh et l’année dernière il n’y avait pas eu cette rencontre ?

Zoé : Non pas trop… Non parce qu’en fait au niveau de la FAD il y a eu les
rencontres ce qui est bien avec les profs là deux fois dans l’année, Monsieur X. avait fait

8 Son mari

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des rencontres deux fois au premier et deuxième semestre cette année, et l’année
d’avant c’était Monsieur Y., mais y’a pas beaucoup de personnes qui se déplacent… c’est
vrai que c’est dommage parce que c’est le seul moment où on peut se rencontrer en
étudiant FAD et justement d’échanger nos contacts de savoir un peu où on en est, c’est
vrai que y’a pas beaucoup, à chaque fois on est quoi, 4 ou 5, après je sais pas combien y’a
d’inscrits non plus, donc… je sais pas quel est le pourcentage mais c’est vrai que ça fait
pas beaucoup…

Interviewer : D’accord, oui oui… Et alors lorsque vous avez commencé à


échanger, vous l’avez fait à quel sujet ?

Zoé : Sur les révisions, comment on avait abordé… les matières qui posaient
problème… l’histoire ancienne, on avait quasiment pas de cours donc évidemment c’est
pas évident de savoir de quelle manière le prendre, les sujets principaux, comment on
avait travaillé, bon après voilà comment on travaille tous, comment on arrivait à bosser,
comment caler nos trucs, bon du coup ça aide de savoir aussi comment eux travaillent,
est-ce qu’ils ont une méthode de travail qui va plus vite parce que nous on essaye de
synthétiser au maximum, on peut pas se permettre de livre 50 bio, enfin j’exagère mais
quand on voit les biblio en début d’année on sait très bien qu’on pourra pas assumer…
même un étudiant normal je sais pas s’il a le temps, enfin nous c’est encore plus
restreint… donc on essaye, des fois on contacte les profs, on demande « qu’est-ce qu’il
faut absolument lire », bon des fois on n’a pas une réponse claire et nette, on en reçoit 10
de plus donc bon… donc du coup entre nous on se dit bon ben voilà « tu prends ce
manuel, celui-là il est clair, j’ai bossé avec celui-là je l’ai trouvé bien » et c’est vrai qu’en
croisant comme ça les infos ça aide aussi à limiter nos sources… après on va au principal
et après on dispache, effectivement les étudiants en présentiel font sûrement aussi
comme ça… mais bon ils ont l’aide des cours, ils vont aux cours, ils ont les TD, ils ont plus
de support on va dire…

Interviewer : justement ça me fait penser à quelque chose que vous aviez


évoqué, dans le questionnaire vous aviez mis à un moment par rapport à la
corrélation entre résultats et travail effectué, « j’ai conscience que malgré le
travail fourni ça ne sera jamais la même chose que les étudiants en présentiel »…

Zoé : Oui, oui, il manque du… il manque du pratique, je sais pas comment le dire
autrement de la pratique parce que même les devoirs cette année on a eu je crois 3
devoirs à rendre en tout sur les deux semestres, donc c’est ridicule… par rapport à la
somme d’informations qu’on a à apprendre par rapport à la somme de choses qu’on a à
rendre, par rapport aux étudiants en présence… ne serait-ce que les TD déjà c’est
énorme… et du coup on n’a pas la pratique, il nous manque la rédaction… parce qu’on
emmagasine, on apprend on fait, mais la rédaction quand on est devant un devoir aux
examens la rédaction elle vient pas toute seule… faut s’entraîner, s’entraîner à faire des
plans, à être synthétique… tout ça ça s’apprend pas dans les manuels, ça s’apprend en
pratique, en pratiquant… donc si on n’a pas de pratique, c’est pas en bossant les cours…

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ouais enfin ça vient pas tout seul donc évidemment c’est la dichotomie entre le
présentiel et la FAD… c’est vraiment pas du tout la même chose… même en bossant je
pense vraiment… on peut pas… y’en a des étudiants en FAD qui ont eu des notes
extraordinaires, d’autres qui ont eu des notes catastrophiques sur certaines matières ils
n’ont pas compris pourquoi, et d’autres qui ont eu des notes ils se sont dit « comment j’ai
fait pour avoir cette note là », vraiment on est surpris quand on a une note qui dépasse
les 13 ou les 14… surtout les matières principales, les matières annexes bon on arrive à
s’en sortir c’est moins difficile… mais les deux grosses matières où il faut fournir
vraiment beaucoup de travail, où y’a beaucoup de choses à apprendre c’est plus
difficile…

Interviewer : Mmh, et… par rapport au fait qu’il y ait peu de devoirs, avez-
vous essayé de contacter les ens-

Zoé : on a demandé mais c’est pas… moi j’en ai fait de moi-même des plans, au
niveau de l’histoire ancienne, j’avais demandé à ce qu’on ait des devoirs et elle a dit
qu’on pouvait lui envoyer des plans, elle nous avait fourni un livret avec des textes sur la
période, à lire, et puis avec quelques explications et moi j’ai envoyé deux devoirs… mais
c’est vrai qu’il faut vraiment ch- aller chercher l’info… aller chercher… enfin sur les deux
devoirs j’en ai qu’un qui est revenu corrigé, le deuxième je l’ai pas eu… donc bon après…
certes les réponses sur le nombre de choses qu’on envoie le pourcentage est important,
mais on n’en envoie pas beaucoup donc c’est… au prorata c’est pas… enfin comment
dire, quantitativement c’est pas énorme…

Interviewer : Et là corrections sont parlantes ?

Zoé : Oui, quand c’est corrigé ça va, c’est bien, mais le souci c’est ça, c’est que… bon
après on demande pas d’être inondés de devoirs parce que c’est sûr ça nous prend du
temps, beaucoup, mais faut quand même un minimum, là en histoire ancienne on n’avait
ni le cours ni de devoirs, on avait juste un manuel et « débrouillez-vous » avec, c’est un
peu léger quoi…

Interviewer : Et quand il y a un devoir comme ça qui n’est pas rendu ou qu’il


n’y a pas de retour, de la part du prof…

Zoé : [rires] ben ça reste comme ça… on peut pas… par contre tous les devoirs qui
étaient donnés par les profs on les a tous reçus en correction, y’a aucun souci, mais c’est
vrai que y’en a de moins en moins, en première année il y en avait sur chaque matière,
j’en avais des devoirs, quasiment, en deuxième année quasiment pas, alors en troisième
je pense ça va être zéro… [rires] si ça va dans ce sens là je sais pas… je sais pas pourquoi,
après c’est sûr ça demande un peu d’investissement de la part des profs, on est pas des
étudiants comme les autres en guillemets mais bon on est des étudiants quand même, en
plus on paye quand même les inscriptions, on paye les cours, on est… donc après on
passe les examens, donc on n’est pas des étudiants fantôme, donc après on attend aussi

55
qu’il y ait un retour… c’est sûr ça demande du travail, mais nous on en fourni, donc y’a
pas de raison…

Interviewer : C'est-à-dire que vous diriez que vous êtes moins considérés à
distance qu’en présentiel ?

Zoé : c’est l’impression que ça donne… enfin moi je le perçois comme ça… après…
après on avait posé la question à Monsieur X. l’année der- ben là en début d’année, si
notre formation était aussi valable que… bon oui sur le papier oui, après pas forcément
si certains veulent faire d’autres choses… parce que y’en a un qui voulait faire un
doctorat et il a dit « non là un doctorat ce sera difficile »… ben oui parce que s’il met deux
ans pour avoir sa première année, deux ans pour avoir sa deuxième… après c’est certain
qu’au bout d’un moment ça coince, après c’est compréhensible, mais… il disait pour faire
un Master y’a aucun problème, pour faire un Master vous êtes habitués à travailler tout
seul, vous êtes autonomes y’a aucun problème de ce côté-là… c’est sûr qu’on peut pas
être plus autonome, mais c’est sûr qu’il y a des choses qui se ferment… après je sais pas
encore je suis pas, on verra quand on y sera…

Interviewer : Et autonome vous le traduisez comment ? Pour vous c’est quoi ?

Zoé : Ah ben on travaille tout seul, on se coltine les manuels tout seul, les TD on
essaye de se choper 2-3 étudiants de TD ou avoir des textes qu’ils bossent en TD, là on
en avait eu cette année ils nous avaient envoyé des sujets de TD, après c’est pas
évident… faut… je sais pas, quand on va en TD, moi je me rappelle quand j’allais en TD je
savais que j’avais intérêt à avoir bossé mon truc, c’était la, c’était le butoir la date butoir,
alors que là on travaille pas comment dire on a le programme sur l’année mais sur le
semestre par exemple, voilà, la Grèce Archaïque d’accord le bouquin on l’a mais faut
quand même qu’on fractionne le livre sur les 3 mois et qu’on fasse les recherches sur les
biographies, sur les guerres machin les guerres bidules, enfin après les points précis faut
que nous on aille les chercher, parce qu’on les a pas, ils viennent pas tout seul, on nous
les donne pas, si on n’a pas de devoirs, si on nous donne pas un minimum d’informations
par rapport au manuel ou au cours en général, l’histoire médiévale on avait tout le cours
par exemple on avait aucun problème on avait tout le cours, sauf qu’on avait aucun
devoir moi j’ai rendu deux sujets avec juste les intro et puis les plans détaillés parce
qu’elle voulait pas de devoir complet, mais bon après on sait pas si y’a telle période plus
précise à travailler, si tel sujet est plus important que tel autre, si tel [???] est plus
important que tel autre, après c’est à nous à savoir… à chercher dans d’autres manuels, à
chercher dans d’autres sujets, éventuellement à voir avec d’autres étudiants mais bon
après on n’a que ça quoi… on est tout seul…

Interviewer : Mmh, et est-ce qu’il vous est arrivée de poser une question à un
prof par mail ? Ou à un autre étudiant, ou à un proche même par rapport au
cours…

56
Zoé : moi ça m’est arrivé, j’ai eu des réponses par contre, des profs, mais sur… on
n’ose… par exemple en histoire ancienne j’ai même pas essayé de lui envoyer parce que
lui il voulait carrément pas nous faire de cours on n’a rien eu donc ça servait à rien
d’envoyer des mails a priori il était pas réceptif… donc après on est partis avec un a
priori nous aussi, on était plusieurs mais bon…

Interviewer : il ne voulait pas faire cours ?

Zoé : Non on n’a pas eu de cours, pas eu de support papier…

Interviewer : donc ça a été comment ?

Zoé : un manuel, il nous a dit « vous avez ce manuel vous bossez ce manuel »…
donc c’est encore plus… on va dire… c’est quand même un petit « olé olé », c’est pas
prendre en considération les étudiants un minimum… perso après… ça a été ressenti
comme ça par quasiment tous ceux que j’ai vu mais bon [sourire] on peut pas faire
moins… si c’était ça la FAD à la limite on paye pas les inscription on prend le programme
et on prend les bouquins et on bosse, après si on n’a plus besoin de cours… à ce niveau
là, bon… c’est la première fois que ça arrivait, c’était un peu particulier… mais c’était
assumé hein par le prof, je suis allée le voir en amphi c’était assumé… sans problème…
donc après y’a pas de réponse on peut rien faire, nous de notre côté on peut pas rentrer
en guerre, ça sert à rien… à niveau là, voilà… mais autrement, oui non c’est tout un…
même un étudiant en étant en autonomie il a pas ses parents derrière pour le pousser à
bosser mais bon il est quand même encadré, il a quand même un minimum
d’encadrement à la fac par rapport à… c’est pas le lycée, c’est sûr…

Interviewer : quand vous parlez d’encadrement, que voulez-vous dire ?

Zoé : pour moi c’est les cours9, après j’ai toujours bossé toute seule mais les cours,
les TD, être présent c’est…

Interviewer : et en quoi ça aide d’être présent vous pensez ?

Zoé : … moi si j’entends un cours je le retiens déjà à moitié, c’est rien à voir, que la
lecture perso ou… non c’est quand même… et puis on le sent, quand on l’entend on sent
là où le prof insiste, ce qu’il détaille ou détaille pas, il passe en 3 secondes sur un truc on
sait que bon ok, mais le reste il appuie ou il faut une digression, on sait que, voilà, quand
même pas pareil que… que bosser tout seul un polycop… parce que le polycop il traite
tout de la même façon y’a pas de… c’est pas appuyé sur un… y’a pas de parenthèses
« travaillez plus ça », non y’a juste bio de machin, bio de bidule, ok mais ça on aurait
deviné, voilà après, c’est quand même plus léger… les cours qu’on a par contre sont
nickels c’est vrai qu’il manque des appuis sur certaines choses… après c’est difficile aussi
de faire à distance… ou alors il faudrait que quand ils font leurs cours en amphi ce soit

9 En présentiel

57
un truc en direct avec les étudiants FAD et dire bon ben voilà on a fait ça, c’est un peu
compliqué… je reconnais c’est un peu compliqué, ça fait beaucoup d’interactivité…

Interviewer : Et pour revenir aux enseignants qui ne répondent pas aux


emails, quel effet ça a lorsqu’on n’a pas de réponse à un e-mail ?

Zoé : C’est un peu énervant… [rires]… disons qu’on est pas, on a l’impression de pas
être pris au sérieux quoi, ou on est un peu négligé… on sait pas comment les autres
étudiants sont traités non plus… donc après… ça aussi… je sais pas, c’est un peu
rageant…

Interviewer : ça peut être démotivant même ?

Zoé : Euh… ouais ça peut démotiver, après on en discutait déjà, on en a discuté


entre nous, honnêtement on n’est pas… heureusement qu’on se motive pas sur ça…
notre motivation on la prend ailleurs que là… on la prend pas à la fac, notre motivation
on la prend ailleurs qu’ici… aucun de nous enfin ceux avec qui ont été, 5 6 aucun de nous
ne la prend ici…

Interviewer : vous la prenez où ?

Zoé : chez nous, en nous, après on a tous des, alors là c’est vrai qu’on a tous des
motivations différentes… et c’est vraiment… c’est vraiment des choix personnels, des
trajets vraiment… enfin c’est que des gens super motivés et voilà c’est leur motivation
propre…

Interviewer : Et pour vous c’était ? Votre motivation

Zoé : Moi à la base c’est me faire plaisir… donc en fait, je crois que c’est la meilleure
[rires]… parce qu’on n’a pas, on n’est pas… je pense que c’est la meilleure, parce que
j’aurais un but, un truc, j’aurais craqué depuis longtemps, j’aurais arrêté, que là non… ça
me… ça me motive, et puis ça me fait du bien, ça m’équilibre moi dans ma vie
personnelle, dans mon travail, ma vie, les enfants, ça m’équilibre… et je suis plus
équilibrée depuis que je fais ça, donc en fait… non ça me… je rate, c’est pas grave je
recommencerai…

Interviewer : d’accord, je rebondis sur la notion d’équilibre, c’est intéressant,


ça vous équilibre c'est-à-dire ?

Zoé : ben en fait je… parce qu’en fait je fais un travail que j’ai pris pas en dépit mais
presque, pour travailler… donc c’est un travail pour travailler, pas un travail plaisir, moi
mon plaisir c’est ça, pas je vais au boulot je vais au boulot je fais mes heures et c’est fini
quoi, donc c’est vraiment, j’ai fait ça justement pour pas… je le prends pas comme une
contrainte, parce que je le fais mais je sacrifie rien à côté, je sacrifie pas ma vie de couple,
je sacrifie pas mes enfants, je sacrifie pas mes loisirs, c’est inclus dans ma vie, ma vie de
travail, ma vie tout court… donc c’est pas un sacrifice… donc du moment que je le vis pas
comme un sacrifice c’est du plaisir quoi, enfin après… ça empêche pas que je stresse

58
pour les exams, je suis de mauvaise humeur machin quand j’arrive pas ou que j’ai pas le
temps, mais voilà, si je dois passer du temps avec mes enfants, je passe du temps avec
mes enfants, la fac ça vient après, si j’ai quelque chose de prévu le week-end, je le fais, je
fais mes cours après, enfin c’est vraiment… ça passe quand même en… c’est pas la
priorité, c’est dans les choses très importantes mais c’est pas le… là je devais, il me
manque trois matières pour finir ma deuxième année, je voulais aller aux oraux enfin
aux rattrapages pour en passer deux, il s’est trouvé que j’ai pas pu parce que voilà plein
de choses sont arrivées qui ont fait que je pouvais pas travailler, je me suis dis bah tant
pis je le fais pas, voilà c’est pas… je… c’est pour ça que je pense que je le vis mieux parce
qu’autrement je pense que c’est pas possible quoi, parce que y’en a qui font ça qui ont un
impératif quoi, un impératif, voilà qui ont plus de boulot dans un an ou qui veulent
vraiment se donner une chance de faire autre chose, une chance de changer de voie,
voilà donc qui sont plus pris que moi, dans leurs examens… Eux pas les avoir c’est
vraiment une catastrophe quoi, que moi bon je le vis pas forcément très bien mais c’est
pas non plus dramatique… dans ce sens, c’est toujours du plaisir… c’est comme un
hobbie en fait c’est comme si c’était un hobbie, c’est un peu snob de dire ça, mais, c’est je
le prends comme, comme ça [sourire]… Pour l’instant je le prends comme ça et en fait je
pense que c’est pas mal quoi… bon après… le jour où ça devient plus, plus difficile, je
verrai l’année prochaine je ne sais pas peut-être que la troisième année je vais la trouver
un peu plus difficile, c’est sûr, mais bon après… voilà…

Interviewer : plus difficile par manque de temps, pour le contenu ?

Zoé : Pour le contenu, peut-être… bon on verra… parce que, bon mine de rien on
arrive à avoir nos années mais c’est vrai qu’on n’a pas… on assimile… y’a des choses
qu’on assimile moins, mine de rien… malgré le temps qu’on y passe, enfin c’est
l’impression que j’ai… enfin je sais pas…

Interviewer : qu’on assimile moins ?

Zoé : que les étudiants en présentiel, je pense…

Interviewer : du fait de ne pas entendre le prof parler ?

Zoé : de pas l’entendre en cours, de pas avoir les TD, le suivi de… y’a des choses
qu’on rate, y’a des choses qu’on… oui après la technique des commentaires, la technique
de, oui c’est sûr… c’est une technique mais… dans les faits on en fait moins, on en rend
moins, il manque des choses, je pense qu’il manque des choses… donc un moment donné
ça va se retrouver, je pense… enfin bon, on verra bien…

Interviewer : D’accord… Et alors vous parliez des autres étudiants tout à


l’heure, vous avez commencé à échanger avec eux juste avant les examens c’est
ça ?

Zoé : juste là oui, en première année un petit peu avec certains étudiants de
première année et puis après ça s’est un peu fondu la masse, on va dire, l’année dernière

59
pas trop parce que j’étais en première et deuxième année j’étais à cheval et cette année
un peu plus, un peu par le bureau virtuel, un peu sur le bureau virtuel pendant l’année,
et vraiment là aux examens comme on s’est vu de visu ça a été plus facile… parce que
tous les, toutes les matières annexes on était que les FAD à passer certaines matières à
l’oral, les autres les avaient en présentiel enfin soit ils passaient l’examen à l’écrit soit il
le passait c’était compté leur note était comptée en contrôle continu, du coup les oraux
on était que les étudiants FAD du coup c’est vrai que c’était, c’était pas mal parce que du
coup ça nous a permis de nous voir sur deux semaines… justement se rendre compte
que c’était quand même mieux d’échanger vraiment que de rester chacun de son côté
dans son coin…

Interviewer : D’accord… Et que vous apportent ces échanges ?

Zoé : ah ben c’est pas mal, sur… là les derniers échanges c’était sur les manuels,
savoir ce qu’ils ont lu, ce qu’ils conseillaient… et puis y’a… en fait ça rajoute de la
motivation en dehors du cercle familial, ça fait un deuxième point de motivation donc
c’est pas mal quoi… parce que y’en a qui peuvent en avoir besoin, y’en a qui ont vraiment
raté leurs écrits principaux donc qui comptaient vraiment dessus c’est pas facile…
d’autres qui avaient besoin de se faire remonter un petit peu le moral donc c’est pas
mal… je pense que ça peut aussi, enfin c’est jamais trop d’avoir le… la motivation vient
de plusieurs endroits, c’est pas mal, après on peut s’autosuffire mais c’est vrai que… ça
fait toujours du bien d’avoir quelqu’un derrière qui dit « allez on pense à toi demain », ça
fait toujours plaisir… c’est pas mal, sur les cours aussi c’est pas mal d’échanger, là y’a une
étudiante qui avait pris un magazine, qui avait trouvé un article qui correspondait au
travail de l’année prochaine, elle l’a cette année elle l’a envoyé à tout le monde, c’est
vraiment un échange pratique, c’est bien quoi… c’est pas mal… en espérant que ça va
continuer [rires]…

Interviewer : D’accord… et une dernière question pour finir sur les


personnes qui vous entourent, pour revenir à vos proches, vos enfants, votre mari,
s’ils n’avaient pas été là pendant votre formation, qu’est-ce que ça aurait changé
dans votre formation ?

Zoé : je sais pas si j’aurais commencé en fait… parce que… j’aurais peut-être
carrément pas commencé, parce qu’en fait c’est le fait qu’il y ait tous ça qui… donc
après… En fait c’est l’environnement qui faisait que, et à ce moment là, c’aurait été il y a
dix ans, je l’aurais peu-, d’ailleurs je l’ai pas fait, donc oui c’était à ce moment là, ça s’est
trouvé qu’il fallait que je trouve un autre équilibre à ma vie et donc je rentrais dedans…
et que je l’appuie pour le faire… aussi, parce que bon ça se f- quand on est en famille ça
se fait pas non plus tout seul… parce que mine de rien ça prend du temps, de l’énergie,
donc il faut quand même être soutenue parce que sinon c’est pas possible… donc c’était
là c’était le bon moment…

Interviewer : oui en plus ils sont encourageants apparemment…

60
Zoé : Oui, oh oui ça va…

Interviewer : Vous comparez les notes avec les enfants [sourire] ?

Zoé : non ils n’ont pas encore de notes [sourire]

Interviewer : est-ce que durant la formation, il vous est arrivé d’avoir des
moments de doutes ?

Zoé : oui, à l’approche des examens parce qu’on est dans le flou total… on sait pas si
on a assez bossé, si ce qu’on sait on le sait vraiment, en fait les réunions d’information
sont quand même, les réunions sont au début de chaque semestre et en dehors de ça on
ne voit aucun prof, enfin moi je vois, je travaille à Pessac mais vu mes horaires je peux
pas rencontrer les profs, je peux pas venir aux cours, j’ai essayé de faire mais je peux pas
venir aux cours ou alors faut que je prenne une journée de congés, pour assister à un
cours, après c’est difficile, ouais y’a des examens 2-3 fois j’ai failli ne pas venir, j’aurais
pas eu mon mari à côté j’y serai pas allée… lui il m’a dit « non non t’as bossé hop t’y vas »
donc j’y vais… mais vraiment c’est du… pratique… [sourire]… y’a des fois on a le gros
doute à ce moment là…

Interviewer : et comment vous le levez ce gros doute ? y’a votre mari et-

Zoé : Ben je me dis que c’est idiot d’avoir fait tout ça pour pas y aller quoi… donc…
donc j’y vais [rires]…

Interviewer : pour vous rassurer, vous êtes rassurée plutôt après ?

Zoé : oui, ben oui parce qu’à chaque fois que j’y suis allée j’ai quand même tout eu,
donc je suis quand même contente, ça motive aussi mine de rien… y’a ça aussi… j’ai pas
non plus de gros gros échecs, j’ai eu des notes moyennes mais après j’ai eu de très
bonnes notes qui m’ont rattrapée donc à chaque fois il s’est trouvé que j’ai eu, enfin les
matières que je passais je les avais… après c’est des heureuses surprises, je me dis « ça
va j’ai pas bossé pour rien, c’est pas si négatif que ça » [sourire]… donc non c’est pas…
mais c’est vrai qu’il fois avoir quelqu’un parfois derrière qui booste quoi… parce que
même si c’est pour le plaisir, passer des examens c’est jamais agréable, tout ce qu’il y a
autour, c’est une remise en question quand même à chaque fois… même si c’est que pour
du plaisir c’est quand même une remise en question de pourquoi on le fait parce que
voilà moi en l’occurrence pour l’instant c’est, enfin pour l’instant je me suis mis un
objectif plus loin que la licence mais c’est quand même beaucoup de travail beaucoup
d’investissement donc il faut quand même garder le moral, garder le, et y’a des moments
où on l’a un petit moins, donc c’est pas facile… mais bon après on est content quand
même, la récompense d’après on se dit bon c’est pas mal… donc ça va…

Interviewer : donc justement ces baisses de moral, comment les gérez-vous ?

Zoé : ben… c’est assez… c’est assez éphémère, c’est pas… c’est vraiment au moment
des examens, les dernières lignes droites où… où vraiment faut faire du bachotage au

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dernier moment sur vraiment des choses pointes ou précises, parce que bon c’est de
l’histoire mais le dernier moment vraiment, les deux dernières semaines, et puis là c’est
vrai c’est pas évident de gérer tout, on pose des jours pour aller aux examens, faut quand
même gérer… y’a quand même encore le travail des fois je me suis vue venir aux
examens le matin et aller au boulot l’après-midi après faut… tout ça c’est pas… la
différence avec les autres étudiants c’est ça aussi, le matin j’avais le boulot et l’après-
midi exam, enfin pour, pour essayer de prendre le moins de jours parce que c’est pareil
nos jours de congés on peut pas les prendre, on les prend pour les examens, mais bon
après faut qu’on en ait aussi pour les enfants, faut garder… voilà, on n’a pas non plus, on
n’a pas 3 mois de congés, faut calculer ça aussi, donc c’est beaucoup de… stress… en
amont… mais bon après ça se gère, mais il faut prendre sur soi et apprendre à respirer,
parce que sur le coup au début c’est un petit peu… hard quoi, mais bon après c’est une
gymnastique, travail, maison, fac… faut réussir à… c’est le plus dur c’est la première
année en fait… la première année de trouver le rythme et l’équilibre justement entre
tout, savoir quand bosser, prendre le temps, enfin voila c’est pas… les examens, pas trop
s’énerver, parce que c’est pareil quand on est au taquet tout le temps comme ça et qu’on
est étudiant tout seul dans son appart, son studio, on peut péter un câble on tape sur le
mur et y’a pas de souci, mais quand on a un mari, des gamins, et au boulot on peut pas se
permettre de taper sur tout le monde… [rires]… les conditions sont pas les mêmes donc
c’est vrai que… et le plus dur aussi la première année c’est de revenir à la fac, moi y’en a
qui n’y étaient jamais allés donc bon ils ont trouvé ça super rigolo, moi y étant déjà allé
je me suis dit « y’a plein de petits jeunes, ça fait bizarre », revenir dans l’ambiance
vraiment des exams, avec tout le stress que ça engendre, y’a de la pression quand même
mine de rien, c’est vrai que c’est particulier et puis finalement on s’habitue… après,
j’aime bien, j’aime bien moi venir aux examens [sourire]… bon après c’est personnel
mais bon… voilà… C’est une expérience, c’est une belle expérience je trouve…

Interviewer : D’accord… et cette anxiété dont vous parlez, vous la gérez vous-
même ?

Zoé : Ouais voilà, je suis habituée, au début c’est sûr c’est très… enfin on n’est plus
habitué à être dans une situation comme ça anxiogène quand on a un boulot comme ça
on est dans le train train quotidien, on n’a plus ce stress là, on n’a plus cette… cette
pression et moi je l’ai pas au boulot… voilà c’est ça qui est nouveau et puis en fait on y
prend goût, ça fait une petite montée d’adrénaline qui est pas mal en fait… ça fait du
bien… ça remotive après, c’est bizarre hein mais ça sert de tremplin pour après, pour
re… vous voyez parce que là j’ai passé mes examens, bon je suis pas allée au rattrapage il
me manque 3 mat- 3 UE mais je suis déjà dans mes cours… je lis, pas en dilettante mais
je lis… au moins c’est tranquille… ça aide… et puis on sait que nous c’est sur la longueur
donc qu’il ne faut pas qu’on relâche… donc c’est moins carré mais on bosse quand même
les cours… on commence, on a regardé les programmes, en espérant qu’ils changent pas
mais bon…

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Interviewer : Et alors, voilà, vous dites qu’il ne faut pas relâcher, vous
travaillez un peu tous les jours ?

Zoé : oui j’essaye de travailler un peu tous les soirs… mais bon, je travaille le plus
souvent dans le train, donc en train je lis, j’ai toujours soit un cours, soit un bouquin…
voilà après… c’est… c’est plutôt sur un laps de temps court, mais concentré c’est
vraiment… c’est pas sur des heures et des heures, c’est pas possible ça… mais c’est vrai
que c’est… après c’est le plaisir d’apprendre, c’est… chacun fait comme il v-, y’en a qui
passent des temps fous… qui peuvent… parce qu’elles ont des travails qui sont
différents, voilà moi je suis pas chez moi avant 18h30 – 19h, donc évidemment… c’est
vraiment le soir à partir de 21h – 21h30 sur une ou deux heures maxi, c’est rare que ça
dépasse après minuit, parce que le matin c’est pareil faut se lever, machin, sur la
longueur on peut pas se permettre… sur les examens ou sur un-, on se dit c’est bon je
peux bosser plus mais sur la longueur on tiendrait pas autrement… moi je tiendrais
pas… ceux qui dorment pas beaucoup, peut-être [sourire]… y’a que là que c’est possible
mais bon…

Interviewer : Très bien… Est-ce que vous diriez que vous vous êtes sentie
seule, quelquefois, dans cette formation ?

Zoé : Oui seule mais on a toujours quelqu’un… y’a toujours… seule mais pas… seule
mais pas abandonnée, je dirais ça… c’est vrai que moi chaque fois que j’ai eu un souci
administratif ou quoi je contactais Mme A. qui est là et y’a jamais eu aucun souci elle m’a
toujours répondu… Monsieur X. pareil, avant c’était Monsieur Y. aussi il répond tout le
temps, le seul petit bémol c’est au niveau de certains profs qui répondent pas ou qui
donnent pas de cours, voilà c’est tout… après c’est vrai que du moment qu’ils s’inscrivent
dans un système de formation à distance faut quand même jouer le jeu un minimum,
autrement on fait pas… après… c’est plutôt… c’est le seul bémol après… seule oui mais
on le sait quand on s’inscrit en formation à distance on sait qu’on sera seul à travailler
tout seul, on n’est pas non plus… on n’a pas trop de, d’idées différentes sur ce point là…
et après c’est vrai que y’a un soutien, à la BU on y va y’a aucun souci, après faut aussi
avoir la démarche quand on s’inscrit à ce genre de formation on sait que la démarche
elle va obligatoirement venir de nous, que ce soit le travail l’administratif la BU tout,
c’est nous qui devons aller chercher les infos… quand on sent qu’on n’en a pas assez…
mais ça on le sait en s’inscrivant… enfin moi je le savais en m’inscrivant… donc à la
base…

Interviewer : D’accord… Est-ce que parfois, on parlait de doutes, mais est-ce


qu’il vous est arrivée aussi de dire « je ne suis pas capable de faire » telle ou telle
chose ?

Zoé : Oui, ça oui… c’est… c’est mitigé, soit on n’est pas capable, soit on n’a pas le
temps… parce qu’en plus en s’inscrivant à une formation comme ça qui est sanctionnée
pas un diplôme quelque part on a aussi… comment dire… une… comme une… pas
forcément une revanche parce que moi je l’ai pas pris comme ça, y’en a qui, on peut le

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sentir comme une… comme une… le fait qu’il y ait un diplôme, ça, ça… ça sanctionne
quelque chose, ça sanctionne le travail, ça sanctionne les examens… donc forcément si
on avait voulu s’inscrire, moi j’aurais voulu le faire comme ça pour le plaisir pour le fun,
je me serais pas inscrite à la FAD, je me serais inscrite en auditeur libre ou je ne sais
quoi, donc on cherche quand même forcément une… récompense on va dire… je sais pas
si c’est le bon mot mais… voilà, c’est… et du coup le fait de dire » on va pas y arriver »,
oui parce qu’on se remet en question parce que le fait de s’inscrire dans ce genre de
formation on se remet quand même personnellement en question, enfin le fait de, à
notre âge on va dire, quand même de vouloir passer ce genre d’examen, c’est pas anodin,
je veux dire y’a plein de choses après chacun a son vécu, mais voilà après… donc ça… oui
je pense que… la première année était l’année de test en fait… donc je… je me serais
vraiment pas plu dans le système et pas plu dans l’apprentissage, et j’aurais vraiment
sentie que j’aurais vraiment pas été capable, je pense que j’aurais pas insisté, j’aurais pas
persisté, alors que là, c’est pas dire qu’on n’est pas capable, dire « je vais pas y
arriver parce que j’ai pas le temps », c’est surtout ça, c’est la notion de temps qui est tout
le temps, qui est omniprésente, c’est pas la question de dire « on va pas y arriver », le
niveau, bon… c’est pas forcément dans cette optique là que la question se pose, c’est
peut-être plutôt au niveau du temps… qu’autre chose… capacités bon après… je pense
que c’est la première année qui est décisive… parce qu’on voit si on suit le wagon ou si
on ne suit pas… donc bon… parce que mine de rien mon bac moi je l’avais eu y’a 20 ans,
donc… ça fait un peu beaucoup donc… se remettre à apprendre, se remettre, faut quand
même bon, c’est une remise en question personnelle à ce niveau là, après la capacité…
bon en même temps c’est les devoirs c’est la sanction des examens qui juge si… on est
capable ou pas en fait…

Interviewer : Oui, oui d’accord… Vous avez parlé de récompense à un


moment, c’est un peu pour ça aussi, voir si c’était…

Zoé : Oui, oui c’est ça en fait… donc moi par exemple là la deuxième année, j’ai eu
mon premier semestre du premier coup, alors que j’étais persuadée que je ne l’aurais
pas parce que je m’étais plantée sur une grosse matière, et du coup le fait de l’avoir
c’était vraiment… la suprême récompense [sourire], enfin vraiment c’était pas… c’était,
je sais pas comment le… ça s’est pas posé en termes de capacités ou pas, c’était vraiment
le fait d’avoir… « j’ai rien à repasser c’est génial », parce qu’en fait on repart toujours
dans l’optique de repasser donc on n’est pas dans le, on n’est pas forcément dans l’échec,
c’est la différence de, enfin moi je le vois comme la différence d’avant où quand j’avais
pas mes exams, c’était vraiment « je suis nulle je suis pas capable, c’est nul, c’est
l’échec », que là non, enfin c’est, voilà, on repasse… c’est pas le même… je sais pas…
personnellement j’ai pas du tout la même, 40 et 20 ans on n’a pas forcément la même
façon de voir les choses… la vie est différente… j’ai rien à prouver, à me prouver à moi
peut-être, mais à prouver aux autres, j’ai rien à prouver aux autres… c’est différent…

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Interviewer : Ok d’accord… Est-ce que, en dehors du contenu, vous avez
appris quelque chose dans cette formation, ou l’année dernière, sur la façon de
gérer la formation à distance par exemple ?

Zoé : Ca m’a appris des choses sur moi en fait, sur ma capacité à pouvoir… à scinder
ma vie personnelle, à faire des choses vraiment que pour moi, par rapport à ma vie…
c’est pas facile… et on ne se sent pas forcément capable de faire ça, quand on le fait pas
quand on hésite… j’ai plein d’amis par exemple qui me disent « mais comment tu fais, je
pourrais pas, j’y arriverais pas, c’est pas possible », je leur dis « mais si vas-y fais-le, c’est
possible »… c’est plutôt cet aspect là qui est, oui, qui m’a appris à me... à faire des choses
pour moi qui prennent quand même beaucoup de temps… et à… j’ai découvert des
notions d’organisation, que je pensais pas possible en fait… Parce que quand même l’air
de rien, faut quand même être super organisée, un minimum… même beaucoup… Donc
c’est vrai que ça aide de… c’est sûr que si on est bordélique, on peut pas travailler tout
seul, on y arrive pas, c’est pas possible… faut quand même être assez carré, être… après
c’est la motivation sûrement aussi qui doit jouer… mais oui ça apprend, ça apprend, je
pense qu’on doit l’être quand on s’inscrit à ce genre de formation, je pense qu’on le voit
vite, voir si on peut dégager du temps pour ce genre de travail parce que c’est pas
anodin… oui ça apprend en dehors du contenu à être quelqu’un d’autre… quand je suis à
la fac à la BU je suis quelqu’un d’autre… je suis pas la même personne avant la fac… je
suis pas schizophrène mais… c’est p’tet un début on sait jamais [sourire], mais voilà ça
apprend à… c’est… sachant que je me suis inscrite pour le contenu, et je suis très
contente du contenu… parce que je pense que le contenu est quand même important en
FAD on s’inscrit pas au hasard donc… c’est important quand même…

Interviewer : D’accord… et si c’était à refaire, vous auriez changé quelque


chose ?

Zoé : non… j’aurais peut-être commencé plus tôt… j’aurais repris plus tôt parce que
j’ai tergiversé pendant plusieurs années… j’aurais peut-être commencé plus tôt… mais
bon après, voilà la vie fait que les choses se font quand elles doivent se faire… donc voilà,
après… on verra… dans 4 – 5 où j’en serai…

Interviewer : Master, doctorat… [sourire]

Zoé : Non peut-être pas [sourire]… Master déjà je serais contente, au moins je
pourrais faire quelque chose vraiment qui me plait… donc… voilà après le but c’est ça, on
aime tous, les uns et les autres on a tous nos préférences, le fait de choisir l’histoire bon
après le truc qu’il y a eu c’est que l’histoire ils ont changé les intitulés de cours se
retrouvaient en histoire/géographie, mais bon on était pas tous attirés par la géographie
mais on était obligés parce qu’en FAD y’a que celle-là… mais qu’on est tous, on a pris ça
vraiment pour l’histoire, pour certaines périodes, certains sujets… et on sait quasiment
tous sur les 5-6 qu’on était on sait déjà tous ce qu’on fera si on arrive au Master, on sait
ce qu’on veut faire, quelle période ou quel événement… quelle… quelle branche
prendre… c’est vrai que c’est étonnant par rapport à, moi ce que je me souviens d’avant,

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les étudiants en 2ème année, c’était pas joué d’avance… que là on sait tous… je pense que
ça aide aussi, ça motive, ça aide à la motivation du fait… aussi… sachant qu’après en
Master on n’a pas le choix ça sera pas en FAD donc après ce sera à nous à gérer comme
on pourra mais… on verra…

Interviewer : D’accord, je reviens sur une chose, il me semble que vous y


aviez répondu, si vous avez votre licence puis votre Master, vous allez changer de
travail, faire autre chose ?

Zoé : Je ne sais pas… Je ne sais pas en fait…

Interviewer : Parce que de fait je me posais une question, vous c’est pour le
plaisir d’apprendre, dans un domaine précis, alors justement pourquoi
l’université plutôt que des manuels ?

Zoé : parce que je lis déjà beaucoup, de moi-même, je suis déjà… lire pour moi
c’était pas suffisant, lire c’est pas apprendre… et apprendre toute seule sans support
aucun, c’est pas... c’est pas forcément, on apprend dans le vide… apprendre des poésies
d’accord mais bon là de l’histoire… enfin après… lire et apprendre c’est quand même pas
pareil, parce que moi les périodes qui m’intéressent j’en ai lu pas mal, oui je lis, je
m’intéresse, d’accord, mais c’est pas… voilà y’avait besoin de la sanction universitaire,
c’est peut-être ça aussi… c’est psycho machin, mais après… peut-être que y’avait le
besoin de ça, après peut-être mais… moi j’ai un boulot stable, je sais que si dans 20 ans je
veux toujours être là, je serai toujours là, donc… le truc c’est que si je change de boulot
grâce à ce que je fais en ce moment, ce sera pas pour prendre un boulot… un boulot
alimentaire… ça sera vraiment, faudra vraiment que ce soit dans ce truc précis, donc
c’est un peu utopique, autrement je serais contente d’avoir mon Master [rires]… c’est
tout… ça sera ma fierté personnelle…

Interviewer : fierté d’avoir le diplôme ?

Zoé : Oui, oui voilà un petit peu, quand même, faut pas non plus être bégueule, non
c’est vrai, faut pas… faut être lucide aussi quand même, donc après non ce sera vraiment
ça, donc c’est vrai c’est pas facile, c’est la raison pour laquelle je me mets pas de, y’a pas
de barrière, y’a pas de terminus, voilà je fais ça pour l’instant… ça me fait du bien, je
prends beaucoup de plaisir à apprendre, à faire ce que je fais, pour l’instant je limite à ça,
après ça fait trop de pression… de se dire qu’il faut absolument faire ça pour après
refaire ça… le concours pour faire ça… non ça fait trop à l’avance… apprendre après ça
fait trop de… moi ça me mettrait trop de pression… pour l’instant c’est plus pour moi
donc ça passe mieux… ça passe beaucoup mieux…

Interviewer : D’accord… Selon vous, pour travailler à distance, pour faire une
formation à distance, quelles qualités il faut avoir, quelles compétences il faut
avoir…

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Zoé : Faut être obstiné je pense… obstiné et curieux… c’est tout, je pense que c’est
tout, ça suffit… parce que si on s’inscrit c’est qu’on a un minimum de volonté… mais
ouais non faut quand même être curieux et obstiné, faut quand même s’accrocher, quand
même, parce que c’est pas… ouais c’est quand même dur mine de rien, ça vient pas tout
seul… je pense que c’est… y’a pas besoin d’autre chose… Après ça dépend pourquoi,
parce que y’a des étudiants qui s’inscrivent y’avait une jeune qui s’est inscrite en FAD
mais elle avait un double-cursus… donc c’est pareil mais même avec un double cursus si
elle est pas obstinée et curieuse elle y arrivera pas… se taper deux cursus en parallèle…
même en étant étudiant à plein temps, faut quand même en vouloir… elle a les capacités,
certes, mais il faut quand même des capacités de travail importantes… capacités de
travail pas mal aussi [sourire]… faut en abattre un petit peu mais après la curiosité aide,
tout ce qui est lecture, toutes les recherches… si on n’est pas curieux on fait pas les
recherches, on fait pas… moi des recherches qui étaient pas vitales sur des matières
optionnelles, je suis quand même venue voir… enfin après c’est un travail personnel,
mais voilà après c’est le tempérament de chacun, faut quand même avoir un minimum
de curiosité, autrement c’est pas possible… aller chercher la petite bête ou approfondir
un truc… faut quand même… obstiné, curieux, volontaire, c’est un peu pareil…

Interviewer : D’accord… Et si vous deviez imaginer la formation à distance


idéale, ça serait quoi ?

Zoé : Idéale… ça serait… plus de… je sais pas comment… ça serait quasiment un lien
en temps réel avec les cours en amphi, vous voyez un truc vraiment… parce qu’en fait ce
qu’on avait dit, nous on s’en fiche d’avoir le cours entier de médiéval le 3 octobre ou le
10 octobre, on a des pavés entiers de 200 pages, plus de la biblio, c’est pas ça qu’on
demande, on demande à avoir le début du cours quand le cours commence en amphi et
d’avoir… voilà c’est le suivi, en fait en cours d’amphi, l’idéal ça serait ça en fait, limite
comme une audio, une vidéo conférence, pas forcément l’avoir mais l’avoir sur papier,
dire voilà telle semaine on a fait ça, pof on reçoit le cours avec les digressions… mais bon
après le boulot derrière… voilà… des profs hein j’entends [rires]… mais voilà ça serait
vraiment le temps réel par rapport au cours donné en amphi… et pas, là, « voilà on est le
10 octobre, on vous envoie tous les cours en masse vous avez ça de polycops et
démerdez-vous » bon après voilà c’est ça… bon… on le sait… mais c’est vrai que voilà
dans l’idéal ça serait ça… et voilà et la communication entre étudiants un peu plus… un
peu plus existante… on va dire… c’est surtout ça, savoir où le prof en est, où en sont les
étudiants, ce qu’ils ont bossé, sachant que nous à la semaine on peut bosser autant
qu’eux… vous voyez, y’a quand même un décalage au niveau du travail fourni… par
nous… je dis nous les étudiants FAD… on a quand même un décalage… à la semaine, on
va pas fournir autant de boulot qu’en présentiel… mais d’avoir voilà un temps réel… ou
alors au moins ou sur une période donnée dire « voilà faut bosser ça, ça, et ça »… ça
serait l’idéal, et pouvoir rencontrer de temps en temps les profs, sans supplier, sans
avoir à supplier…

Interviewer : Les rencontrer dans quel but ?

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Zoé : Ben les rencontrer, c’est pas des rencontres forcément toutes les semaines,
mais au moins une fois par mois pour faire le point sur ce que nous on a vu, si on a des
problèmes sur tel ou tel point, si on a… parce que par mail c’est sûr, j’ai eu des soucis sur
deux-trois… après des soucis en histoire, y’a pas grand-chose qui peut poser souci, avec
tout ce qui existe au niveau manuel, au niveau bouquins, au niveau explications, que soit
Internet la BU ou n’importe quoi, on a toujours la réponse enfin… on la trouve toujours,
après la solution de facilité effectivement c’est d’envoyer un mail au prof et dire « je
comprends pas ça, expliquez-moi »… sachant qu’en plus les cours sont super clairs…
enfin moi au niveau du cours papier j’ai jamais eu de problèmes de compréhension…
faut être réaliste, j’en n’ai jamais eu… après y’a des problèmes que ce soit les guerres de
religion les, y’a des sujets où ça s’entrecroise où on perd le fil, on a toujours moyen de
trouver que ce soit dans les bouquins, enfin ça se trouve facilement, donc ça serait plus
pour faire le point sur où on en est, vous voyez faire une sanction… y’aurait une sanction
mais une… une fois deux fois par semestre c’est suffisant… voilà on voit le prof de
médiéval on dit voilà nous on a vu ça, est-ce que vous pensez que ça va, est-ce qu’il faut
bosser ça plus, ou est-ce que vous avez bossé ça est-ce que vous avez eu ce problème là,
est-ce que vous avez traité ces consignes, est-ce que, voilà… juste ça, c’est pas les voir…
autrement on serait en présentiel, c’est pas le but…

Interviewer : ok, et la vidéoconférence ?

Zoé : c’était dans l’esprit… J’ai dit ça mais dans l’esprit, c’était d’avoir, ne serait-ce
que par le bureau virtuel, de nous dire telle semaine on a bossé ça ça et ça quoi… que ça
soit… enfin on demande pas un roman, non avec des tirets, tac tac tac c’est bon… mais
d’avoir un appui plus… en plus du cours… plus… palpable… plus… mais bon, après les
cours ils suffisent en eux-mêmes puisqu’on arrive en L3, après c’est dans la perfection ça
n’existe pas la perfection mais… dans le… voilà, pour aller vers la perfection, autrement
les cours en eux-mêmes suffisent autrement on arriverait pas en L3… On y arrive on n’a
pas des notes trop pourries… voilà… c’est pas non plus une catastrophe après je sais pas
le nombre de gens qui s’inscrivent et qui arrivent à passer, on sait pas trop ça, donc c’est
vrai que… après on s’intéresse pas trop non plus à ce genre de choses mais… c’est vrai
que… on sait pas si on était nombreux en première année et à passer en deuxième et à
passer en troisième… donc ça… on sait pas trop, bon… là qu’on connait quelques uns on
va peut-être savoir à peu près… c’est vrai que c’est pas facile non plus… c’est vrai que
dans l’absolu les cours qu’on reçoit sont suffisants pour avoir les examens… enfin c’est
mon avis, autrement je les aurais pas eus… et j’ai bossé moi vraiment qu’avec les cours
et les bouquins qu’ils conseillent, après si on veut vraiment affiner la chose, de voir les
profs une ou deux fois dans le semestre c’est pas non plus demander trop… de les
rencontrer, après faut qu’il y ait une démarche des étudiants aussi, parce que les
rencontres ils font des rencontres qu’avant ils faisaient pas, et on est 5 à se déplacer… à
un moment faut que le jeu soit… soit réciproque, que… si les profs donnent de leur
temps faut que les élèves aussi enfin que les étudiants se donnent la peine de se déplacer
pour rencontrer les profs… parce qu’autrement on comprend bien qu’à un moment
donné ça passe pas… c’est ça aussi qui est un petit peu dommage… c’est ce qu’on avait

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dit la dernière fois puisqu’on était 5… donc c’est vrai que c’est un peu léger… c’est le seul
regret, c’est aussi que les étudiants se déplacent pas, quand y’a des choses qui sont
faites… ça sert à rien de râler si quand y’a des choses qui sont faites ils ne
viennent pas… après faut être aussi honnête… après c’est vrai que les rencontres sont
intéressantes… bon j’habite qu’à 50 km c’est pas super loin non plus et je suis venue, et
c’est vrai que c’est intéressant de rencontrer les profs, c’est un truc bête mais on sait que
Mme machin c’est untel, voilà on sait que c’est elle… Monsieur bidule c’est lui et… c’est
tout bête, c’est tout bête, de mettre un visage sur un prof ça… c’est tout et puis après voir
la perosnnalité, pourquoi il e-, ça aide à comprendre le cours, pourquoi il est comme ça…
la perception du prof… nous la prof d’histoire médiévale nous a carrément fait un cours
le jour de la rencontre, donc c’est intéressant enfin c’est vraiment… on était pas
nombreux, du coup on était pas déçus d’être venus… donc… enfin bon après… voilà…

Interviewer : D’accord… Mmmh… oui le fait de les voir, de savoir que


Monsieur untel c’est lui, voir son visage, ça aide à communiquer avec lui ?

Zoé : Oui, ben oui, puisque quand le prof en amphi nous dit « de toute façon les
formations à distance je veux pas en entendre parler, c’est pas mon problème », donc
forcément on sait que lui on va même pas essayer de lui envoyer un mail… mais bon
après, texto moi j’y étais dans l’amphi, ça aide aussi… donc quand les profs nous disent
de visu « vous avez n’importe quel souci, vous m’écrivez, il n’y aucun problème », enfin
bon, moi j’avais pris une option ça s’appelle écrire l’histoire, j’avais des soucis de
compréhension sur de l’ancien Français, et je savais que la prof je pouvais lui envoyer
tous les mails que je voulais et c’est vrai que j’ai eu des réponses et voilà, c’était
quasiment instantanée, bon après on est pas toujours derrière nos ordi., mais voilà ça
aide, oui on voit le tempérament entre guillemets on sait à qui on a à faire… Oui ça aide,
énormément, en l’occurrence la prof qui nous a fait le cours c’est à elle que j’ai envoyé
les deux devoirs parce qu’elle avait dit qu’on pouvait lui envoyer qu’elle ferait pas de
devoir mais qu’elle enverrait… ça aide c’est sûr parce qu’après par la FAD on ne
communique qu’avec le responsable de la FAD et les profs on peut avoir leur, certains
dans les cours disent qu’on peut leur envoyer des mails, mais les autres non… donc c’est
vrai qu’on n’ose pas non plus, après c’est délicat… on ose pas, peut-être qu’on devrait
oser plus, mais n’ose pas, quand ils disent pas expressément de les contacter de les
contacter… donc on passe plutôt par le référent ou par l’administration… bon après
peut-être que c’est un tort j’en sais rien mais moi après je fais ça comme ça, parce que je
dit on mais c’est surtout moi… mais après les autres on a communiqué entre nous et à
peu près apparemment c’est à peu près pareil… on a tous communiqué avec les mêmes
profs, les mêmes… donc bon… donc on a peu près tous je pense la même perception, du
moins dans cette matière là… mais bon ça aide, visuellement oui ça aide aussi pour
l’enseignement, de savoir qui fait l’enseignement, quand on peut pas aller aux cours en
amphi, c’est vrai que c’est pas mal…

Interviewer : D’accord… Bien, j’ai une ultime question : souhaitez-vous


ajouter quelque chose qui n’a pas été abordé ?

69
Zoé : non… non… qu’ils ouvrent plus de FAD pour les Masters… [rires]

Questions posées par la suite par e-mail (précisions demandées)

1. Vous dites "En histoire ancienne on n’avait ni cours ni devoirs, on avait juste un
manuel et débrouillez-vous avec, c'est un peu léger". Plus loin, vous dites "ce n’est pas
prendre en considération les étudiants "
> Quel impact cela a eu sur votre formation, sur votre vécu dans la formation ?
> Comment avez-vous alors réagi pour réussir ?
Au début un peu déroutée puis comme j'étais obligée quand même de travailler cette
matière, obligatoire à l'obtention de mon année, j'ai travailler absolument seule avec le
manuel conseillé par l'enseignant. Cependant aborder cette nouvelle matière ne fut pas
simple

2. Vous parlez de fluctuations du moral durant la formation : "il faut quand même garder
le moral, garder le, et y’a des moments où on l’a un petit moins", en particulier "au
moment des examens, les dernières lignes droites où vraiment il faut faire du bachotage
au dernier moment"
> D'où vient cette baisse de moral ?
La baisse de moral vient souvent de la lourdeur de l'emploi du temps que je m'impose tout
de même pour ne pas lâcher prise dans le programme et lorsque les examens arrivent j'ai
toujours peur de ne pas avoir assez travaillé, comme tous les étudiants en fait!! lorsque l'on
va au travail tous les jours il y a des fois où on voudrait rester chez soi pour travailler les
cours!

3. Par rapport à la phrase suivante : "les examens, pas trop s’énerver, parce que c’est
pareil quand on est au taquet tout le temps comme ça et qu’on est étudiant tout seul dans
son appart, son studio, on peut péter un câble on tape sur le mur et y’a pas de souci, mais
quand on a un mari, des gamins, et au boulot on peut pas se permettre de taper sur tout le
monde…", diriez-vous que votre formation a affecté, en positif ou négatif :
> votre travail ?
> votre cercle familial ?
La formation à distance n'a en aucun cas affecté mon travail ou ma vie familiale. Pour
l'instant le bilan est très positif : je fais une formation qui me plait et lors des moments
difficiles de stress c'est justement mon conjoint et mes enfants qui me font relativiser et
passer le cap.

4. A propos du contact avec les autres enseignants, vous dites : "certains dans les cours
disent qu’on peut leur envoyer des mails, mais les autres non… donc c’est vrai qu’on n’ose
pas non plus"
> En auriez-vous eu besoin ? Si oui, qu'est-ce qui fait que vous n'osiez pas, outre l'absence
d'une mention "n'hésitez pas à me contacter", et sans compter le cas de l'enseignant qui a
explicitement dit qu'il ne souhaitait pas être "dérangé" par les enseignants de FAD ?

70
> Qu'est-ce que cela vous aurait apporté que vous puissiez contacter ces enseignants ?
Il est vrai que je n'ose jamais contacter un enseignant s'il n'a pas explicitement donné son
contact et son aval mais c'est peut être un tort de ma part car d'autres étudiants l'on fait
sans problème.
Lorsque le besoin s'est fait sentir je suis passé par le responsable FAD ou
l'administration.
le contact direct avec l'enseignant est tout de même parfois inévitable concernant les
précisions sur les cours.

5. Concernant le groupe de 4-5 personnes avec qui vous évoluez au cours de la formation :
> Sur quoi échangez-vous avec ces autres personnes ?
> Comment définiriez-vous ce groupe ?
> Considérez-vous ce groupe comme "à part" par rapport aux autres étudiants ?
> En quoi ce groupe est-il important ou non pour vous ?
Nous n'avons fait connaissance que lors des oraux du premier semestre et les vrais échanges
ont commencé en fin de second semestre, c'est donc tout récent.
Il s'agit d'un groupe hétéroclite de part nos origines professionnelles et nos
motivations, très sympa.
Dire que nous sommes à part n'est pas exact, on s'est reconnus dans nos difficultés
d'apprentissage et de planning!!
Ce groupe est un petit plus pour la motivation et pour échanger nos expériences , je
pense que pour la troisième année cela peut être un plus si on reste en rapport.

71
5. Noëmie

Interviewer : Alors, d’abord je vais vous demander, avant cette formation,


quelles études aviez-vous suivies ?

Noémie : En fait là je suis en L3 d’Anglais, avant ça j’étais en L2 mais il y a… 4 ans


donc j’ai arrêté en fait pour travailler, et je reprends cette année, donc en L3… j’ai fait
que de l’Anglais et un bac L avant…

Interviewer : D’accord… Vous aviez travaillé dans quoi ?

Noémie : Dans la vente, j’étais vendeuse…

Interviewer : D’accord… Et là, dans quel but avez-vous repris, quel est votre
projet ?

Noémie : Là juste pour finir… parce que j’en avais un peu marre de travailler dans
la vente [sourire], juste pour finir la licence et en fait je repars derrière l’année
prochaine sur un BTS, donc je repars à bac + 0… BTS qui n’a rien à voir avec l’Anglais, un
BTS banque en alternance… voilà… donc cette année c’était vraiment pour finir, pour
m’occuper un peu aussi puis pour… c’est toujours bien d’avoir une licence sur le CV…

Interviewer : D’accord, très bien… donc là en fait votre but c’est juste d’avoir
le diplôme…

Noémie : oui… pas pour continuer derrière en tout cas pas pour l’Anglais…

Interviewer : Ok… Et pourquoi avoir suivi une formation à distance plutôt


qu’en présence ?

Noémie : Pour avoir du temps [sourire] et pour vraiment organiser mon temps
comme je le voulais… et puis je me voyais pas retourner à l’école de suite en fait après 4
ans à avoir travaillé, je voulais pas retourner sur les bancs de l’école de suite… donc cette
année je pouvais m’organiser comme je voulais, voilà surtout pour ça, l’organisation du
temps… et aussi parce que y’a moins de devoirs [sourire] en formation à distance
[sourire]… moins de contraintes…

Interviewer : D’accord… sans indiscrétion, vous vivez seule ou non ?

Noémie : Non, en couple…

Interviewer : Et est-ce que l’environnement dans lequel vous vivez vous


semble favorable à la formation à distance ?

Noémie : Oui en fait, oui parce que c’est vrai que la journée je suis toute seule parce
que mon copain n’est pas avec moi il travaille, du coup c’est vrai que j’ai toute la semaine
pour organiser mon temps comme je veux, et organiser mon temps de cours mes heures
de cours vraiment comme je veux, j’ai tout chez moi à disposition l’ordinateur tout ça,

72
donc j’ai vraiment des conditions… vraiment optimales pour travailler comme il faut… je
trouve en tout cas que ça a plutôt bien marché pour moi cette année…

Interviewer : D’accord, plutôt bien marché c'est-à-dire ?

Noémie : Ben que j’ai pu vraiment, que j’avais pas trop de contraintes ni horaires,
ni de dates à respecter, donc je m’organisais vraiment comme je voulais, ça ça me plait
bien ça…

Interviewer : D’accord… Est-ce que vos proches, votre compagnon, parents,


ont participé d’une quelconque manière à votre formation ?

Noémie : Oui forcément… forcément puisque déjà tout le monde était étonné que je
reprenne la licence donc tout le monde me disait « ah c’est super c’est génial tu vas le
faire, finis c’est bien courage », donc oui forcément ça aide ça, l’entourage pousse quand
même à réussir et à avancer… je sais que mon entourage, je suis très très proche de ma
famille, et de mes amis, et tout le monde a participé de près ou de loin que ce soit pour
m’aider à réviser, quand j’ai mes amis qui passaient leurs examens on révisait
ensemble… si y’avait du monde chez moi, j’allais chez mes parents pour être tranquille…
donc oui l’entourage ça a quand même été très important pour réussir cette année…

Interviewer : Important c'est-à-dire, de quelle manière ça a été important


pour vous ?

Noémie : Ben moralement c’est du soutien, ça donne ça encourage beaucoup aussi,


moi on m’appelait souvent aussi pour me demander aussi si j’avais besoin de quelque
chose si j’avais besoin d’aide ou même est-ce que j’avais le temps d’aller faire les courses
sinon quelqu’un qui se proposait d’aller me faire les courses, donc bon [sourire] c’est
important dans le sens où c’est beaucoup de soutien…

Interviewer : Pour vous, c’était un soutien très important ?

Noémie : Très porteur… ça m’a vraiment portée, ça m’a… oui ça m’a vraiment
portée quand j’avais plus envie ou que j’avais la flemme, j’avais toujours quelqu’un qui
arrivait à me rebooster derrière donc oui très important… très important le soutien
familial et de l’entourage proche, c’est quand même très important je trouve…

Interviewer : D’accord… Sans ce soutien là, vous pensez que ça aurait très
différent ?

Noémie : Je pense que j’aurais abandonné… j’ai déjà, j’avais déjà essayé sans en
parler, je m’étais inscrite en formation à distance l’année dernière, sans en parler… bon
après les conditions étaient différentes parce que je travaillais à plein temps, déjà j’avais
pas le temps de m’organiser comme j’avais envie, et puis je l’avais dit à personne pour
pas avoir de pression, parce que je me disais que ça allait me mettre que ça allait me
mettre une pression supplémentaire, et en fait ça a pas été le cas, ça a pas été de la
pression ça a été vraiment du soutien… donc oui, c’est très important, finalement, je

73
crois que j’aurais abandonné l’année dernière j’ai abandonné, j’ai même pas passé les
examens au premier semestre… je m’étais inscrite pour rien…

Interviewer : Vous aviez abandonné pourquoi ?

Noémie : Faute de temps et du coup, faute d’envie vraiment, pas de motivation…


rentrer du travail, pff j’avais pas envie de lire un bouquin, j’avais envie de lire un
bouquin mais pour me détendre pas pour me stimuler le cerveau, surtout faute de temps
et derrière faute de motivation…

Interviewer : Là cette année ce qui vous a motivé à continuer ?

Noémie : C’est vraiment pour… par fierté aussi, de me dire je vais pas me réinscrire
deux fois… enfin c’est bon cette année il faut finir quoi… donc vraiment pas fierté et
puis… oui et puis pour finir, vraiment pour finir, la licence d’Anglais, le diplôme je l’ai, on
en parle plus…

Interviewer : D’accord… Vous avez parlé d’amis avec lesquels vous avez
révisé, vous avez des amis qui sont dans la même formation ?

Noémie : Non pas du tout dans la même formation, je ne connais personne dans la
formation de langue… j’ai révisé avec une amie qui… qui préparait le… le diplôme pour
être moniteur éducateur donc vraiment rien à voir, mais le fait qu’on soit toutes les deux
la tête dans les bouquins, je sais pas, ça aide, de voir quelqu’un qui à côté fait la même
chose, ça stimule un peu aussi… j’ai pas du tout révisé avec des gens de la même
formation que moi, pas du tout… là d’ailleurs je les rencontre la plupart pendant les
examens là, en ce moment…

Interviewer : D’accord il n’y a pas eu de contact avant ?

Noémie : Par Internet seulement, uniquement par Internet pour des


renseignements sur des cours, ou par rapport à des profs, non j’ai pas fait de groupes de
révision, je ne sais pas s’il y en a eu d’ailleurs… et… j’en ai pas fait partie en tout cas…

Interviewer : D’accord… Justement, on parle des enseignants, vous disiez tout


à l’heure Mme X. répondait aux emails10, et vous disiez que c’était la seule qui
répondait aux emails -

Noémie : - quasiment oui -

Interviewer : - et vous avez contacté d’autres personnes ?

Noémie : Oui bah oui en fait parce que selon les cours du coup j’essayais de
contacter le prof qui avait fait le cours, donc y’a des profs qui ne répondent pas du tout…
D’autres qui répondent en disant qu’ils ne savent pas et qu’il faut contacter une autre

10 Cette information a été recueillie post enregistrement, lors d’une très rapide discussion avant
l’entretien

74
personne ou une autre administration ou, donc… finalement oui, alors que Mme X.
essayait toujours de chercher la réponse, la bonne réponse quoi… que ce soit un
renseignement, sur un cours ou sur des horaires d’examens… je lui ai pas mal posé de
question… et c’est la seule prof qui participait au forum aussi, du Bureau Virtuel… les
autres profs je pense qu’ils ne savent même pas qu’il y a un forum, c’est vraiment la
seule qui… hormis, hormis les étudiants eux-mêmes, c’est la seule prof qui faisait partie
du forum et qui donnait des aides, sur le forum, parce que par rapport à ses cours à elle,
elle lançait même des thèmes par rapport à ses cours donc on pouvait participer, on
pouvait même lui poser des questions, sur… toute autre chose qui n’avait pas rapport
avec son cours, sur l’organisation même de la formation à distance, elle répondait, elle
allait chercher les réponses au secrétariat concerné… heureusement qu’elle était là des
fois… [sourire]… parce que y’avait pas grand monde autre qui pouvait nous renseigner…
parce qu’après le secrétariat quand on l’appelle ils savent jamais, ou alors c’est jamais
les bonnes heures… enfin heureusement qu’il y avait Mme X. en formation à distance…

Interviewer : D’accord, et c’était des questions sur le contenu, sur


l’organisation ?

Noémie : Oui, oui…

Interviewer : Et quand vous posiez une question à un prof et qu’il n’y avait
pas de réponse justement, comment réagissiez-vous ?

Noémie : du coup j’essayais de contacter le plus de personnes possible, alors je


posais ça m’arrivait plusieurs fois du coup de poster une question sur le bureau virtuel
sur le forum, pour savoir si quelqu’un avait déjà posé la question, avait déjà eu une
réponse, c’était un peu « avis aux étudiants, est-ce que quelqu’un sait ce qui se passe »,
sinon j’essayais d’appeler au secrétariat, à l’UFR ou au bureau de la formation à distance,
mais c’était très difficile de joindre quelqu’un, donc c’était… on lançait un peu des appels,
des SOS un peu partout… donc oui quand j’avais pas de réponse j’essayais quand même
de… contacter quelqu’un par mail, un autre prof ou par téléphone à la fac…

Interviewer : Donc vous finissiez par avoir une réponse ?

Noémie : Oui, enfin sauf… sauf là dernièrement pour un… j’ai été convoquée hier
non avant-hier à deux examens à la même heure… donc deux oraux à la même heure
avec deux profs différents, donc j’ai essayé de contacter deux profs différents pour
essayer d’avoir une heure approximative de passage, pour pouvoir m’organiser pour
l’autre oral, et c’était il y a deux semaines, deux semaines et demi et j’ai jamais eu de
réponse… donc je suis arrivée mardi matin en me disant « on verra bien sur place »,
donc par chance cette prof est arrivée en retard, donc j’ai pu passer, j’ai pu m’organiser
avec l’autre prof pour l’autre oral… mais pas eu de réponse quoi…

Interviewer : c’est stressant [sourire]…

75
Noémie : un peu et puis je me suis dit c’est la fac, c’est Bordeaux 3, c’est comme
ça… L’UFR d’Anglais en tout cas du moins c’est comme ça, mais il faut faire avec… mais
après j’étais un peu rassurée qui m’avait dit « ben moi aussi je suis convoquée pour les
deux oraux en même temps on verra ensemble sur place »… le fait d’avoir quelqu’un
avec soi c’est déjà moins stressant [sourire]

Interviewer : oui et par contre le fait de pas avoir de réponse, qu’est-ce que
vous vous dites quand vous n’avez pas de réponse ?

Noémie : Ma réaction… Ben « ça fait chier »… [sourire]… Ma réaction c’est toujours


« voilà, ça c’est Bordeaux 3, ça c’est la fac d’Anglais, y’a rien qui n’est organisé, on peut
joindre personne »… enfin c’est énervant quoi, c’est vraiment énervant de pas avoir de
réponse, de pas avoir quelqu’un à qui s’adresser et être sûre d’avoir une réponse… ouais,
hyper énervée, franchement hyper énervée par plein de choses qui se passent ici quoi…
je sais pas après pour les autres UFR, mais en tout cas pour la fac d’Anglais c’est…
abominable, franchement… on nous change d’amphi à la dernière minute alors qu’on est
sensé… on s’est tous installés pour commencer l’examen… oui parce que y’a pas de
lumière dans l’amphi… non mais… sinon c’est pas grave, ça fait une demi-heure qu’on est
dedans, les profs pouvaient pas nous déplacer avant… voilà donc… plein de petits trucs
comme ça qui font que franchement c’est hyper énervant…

Interviewer : Je comprends, et vous parliez du forum aussi ou vous échangez


avec les autres étudiants, c’est des échanges de quelle nature ?

Noémie : un peu sur tout, autant c’est pour proposer du covoiturage, que ça peut
être aussi, oui pour parler de contenu de cours, pour se faire passer des tuyaux aussi par
rapport à tel prof, qui est peut-être plus intransigeant que d’autres… c’est vraiment on
parle de tout, de tout ce qui peut concerner l’étudiant, sauf que nous on est à distance…
le forum c’est vraiment ça a été hyper important aussi dans cette année pour m’aider à
plein de choses…

Interviewer : ça a un caractère un peu rassurant ?

Noémie : Aussi oui, parce qu’on voit qu’on est pas tous seul à galérer des fois, et on
se pose tous les mêmes questions aussi, ça c’est rassurant… c’est que, quand on est à
distance on n’a du coup pas forcément de référent, on se met des coups de stress tout
seul, je sais pas des questions d’organiser, de contenu de cours ou alors des fois, un jour
on avait un problème sur le BV, donc on arrive pas à se connecter, on accède plus à nos
cours « ah qu’est-ce qui s’est passé, machin », et en fait on voit que tout le monde vit la
même chose à distance… donc le forum c’est vrai que c’est une très très bonne chose… et
puis y’a beaucoup de profils différents aussi donc c’est vrai que c’est intéressant d’aller
sur le forum, de voir ce qui s’y passe…

Interviewer : D’accord… Est-ce que vous aviez des moments de doutes, j’ai vu
dans le questionnaire à une question qui était « avez-vous déjà pensé à
abandonner » vous aviez mis oui…
76
Noémie : Oui… Au deuxième semestre… pourquoi… justement par fainéantise en
fait… parce que je sais plus il faisait beau il devait faire beau quelque chose comme ça
et… et puis ben tout un coup plus envie quoi… et puis des fois… en plus au deuxième
semestre les cours étaient beaucoup moins intéressants qu’aux premiers du coup pas
envie de s’y mettre quoi… ouais j’ai pensé à abandonner encore cette année… plusieurs
fois [rires]… là par exemple je me suis pas présentée aux examens de mai, de la première
session du deuxième semestre, parce que… j’avais pas envie en fait d’y aller, d’encore
avoir des contraintes de trucs des examens, le cadre des examens, j’avais pas envie
d’entrer dans ce cadre là, j’avais plus envie, et comme je savais déjà que j’étais prise dans
ce que je voulais faire l’année prochaine, du coup je… j’avais même plus envie d’y aller…
et puis finalement j’ai bien fait, je me suis rattrapée un petit peu et le rattrapage se passe
bien… et finalement je suis très contente de le faire…

Interviewer : et dans ces moments là qu’est-ce qui vous a donné envie de


repartir ?

Noémie : c’est pas quelque chose qui m’a donné envie, c’est que les gens autour de
moi me disaient « il reste pas grand-chose, t’as déjà ton premier semestre, ça serait
dommage d’arrêter maintenant »… effectivement le premier semestre j’avais beaucoup
travaillé donc… ce qui est quand même la moitié de l’année, donc tout le monde me
disait « ce serait dommage d’avoir autant travaillé au premier semestre pour rien faire
au deuxième »… sachant que la moitié du travail est fait, et que les bouquins
effectivement je les avais déjà lus, donc il me restait pas grand-chose à faire pour valider
le deuxième semestre, pour en tout cas pouvoir passer les examens dans de bonnes
conditions… et j’avais pas du tout, et en fait c’est vraiment les gens autour de moi qui
m’ont poussée à le faire… qui m’ont remotivée à me mettre dedans… je pense que toute
seule j’y serai pas allée tout simplement, parce que la première session j’y suis pas allée
je l’ai dit à personne en plus, j’ai dit à personne que je m’étais pas présentée, j’ai dit à
tout le monde que je m’étais présentée en fait, donc voilà… vraiment je voulais plus, je
voulais être tranquille… et puis finalement, finalement le fait que tout le monde me dise
« c’est dommage, c’est dommage, ça serait bien pour toi », du coup ça motive…

Interviewer : Tout le monde, c’est qui ?

Noémie : La famille, mon copain beaucoup aussi, mes amis proches vraiment, ceux
avec qui j’avais travaillé pendant l’année et, quand je dis ma famille c’est mes parents,
beaucoup…

Interviewer : d’accord… donc s’ils n’avaient pas été là…

Noémie : j’aurais abandonné… oui oui j’y serais même pas allée, je me serais même
pas posé la question, j’y serais pas allée [sourire]…

Interviewer : ça vient du BTS que vous allez faire après peut-être

Noémie : Oui, oui aussi

77
Interviewer : Vous aviez indiqué, « comme la formation est non
professionnalisante, vous prenez votre temps »

Noémie : voilà exactement, oui parce que du coup en plus je savais ce que j’allais
faire l’année prochaine, une formation vraiment professionnelle, du coup la fac d’Anglais
bon c’était vraiment, je voyais plus trop l’intérêt d’y aller, je voyais ça comme une perte
de temps de me présenter aux examens parce que finalement plus tard… ça m’amènera
pas à grand-chose… ouais si y’avait pas eu la famille… les parents, les copains… ça serait,
je serais pas là, j’aurais arrêté…

Interviewer : D’accord… et le diplôme, malgré tout, vous pensez qu’il pourra


vous servir par la suite ?

Noémie : Euh… franchement je pense pas… je sais que j’ai été contactée par
certaines entreprises parce que j’avais fait de l’Anglais, parce que j’étais partie en
Angleterre… après à côté de ça, ça me donne pas plus d’avantages en fait… je pense que
c’est quand même bien de l’avoir mais je suis pas sûre que ça pèsera beaucoup dans la
balance, en tout cas si je reste à Bordeaux je pense pas, la banque à Bordeaux en tout cas
je pense pas…

Interviewer : D’accord… Dans votre formation, vous diriez que vous vous
sentez plutôt à l’aise, stressée ? Un peu l’un un peu l’autre selon les moments ?

Noémie : Plutôt à l’aise, dans la formation c'est-à-dire…

Interviewer : Vous pendant cette formation tout au long de l’année

Noémie : A l’aise oui, à l’aise… pas de stress du tout quoi… vraiment pas de stress…
comme j’ai pas d’enjeu derrière, Master ou de continu- ouais de… ben ouais je voulais
pas continuer derrière dans l’Anglais du coup pas du tout de stress…

Interviewer : Et si vous n’aviez pas votre licence ?

Noémie : c’est pas grave… tant pis… [rires]… j’aurais tout donné là… tant pis dans
le sens où j’aurais tout donné et que là c’est bon quoi, c’est pas grave si c’est pas… bon je
serais un peu déçue forcément parce que j’ai quand même travaillé pour le coup, là je
suis pas passée en mai mais depuis… depuis j’ai beaucoup travaillé, donc si je l’ai pas ça
me saoulerait quand même d’y avoir passé du temps… forcément, c’est toujours
décevant mais c’est pas grave, tant pis si je l’ai pas cette année tant pis… j’y reviendrai
sûrement…

Interviewer : D’accord… vous prenez plaisir à étudier ?

Noémie : Oui, oui quand même beaucoup… sinon je, je pense que je l’ai vraiment
fait pour ça aussi, pour finir la licence parce que voilà c’est toujours bien d’avoir une
licence, mais aussi parce que ça me plait, et que là je me destine aussi à aller dans une
branche, qui est vraiment professionnelle et qui sera vraiment pour trouver du boulot

78
derrière, l’Anglais ça a toujours été ma passion donc c’est aussi, voilà, pour… pour ma
propre culture générale et parce que ça me plait, c’est quand même des thèmes qui me
plaisent, on aborde quand même des thèmes qui me plaisent… Oui ça me plait, je le fais
aussi avec plaisir

Interviewer : D’accord… Avec l’Anglais vous pensez que vous ne trouveriez


pas de boulot ?

Noémie : Dans l’Anglais… Non… Non il faut un domaine d’expertise en fait, je pense
qu’il faut vraiment un domaine d’expertise que l’Anglais ne suffit plus…

Interviewer : D’accord… Est-ce qu’il y a des moments où vous vous êtes sentie
seule ?

Noémie : Euh oui, quand même oui… oui parce que du coup voilà je révise jamais
avec quelqu’un qui fait la même chose que moi, donc quand il y a des choses que je
comprenais pas, soit je postais un truc sur le forum mais bon… c’est toujours, c’est pas
évident, sur des questions précises… et puis de pas avoir quelqu’un en face, c’est moins
facile y’a des choses sont moins faciles… j’ai des exemples précis dans la tête, y’a des
cours où franchement à la maison tout seul, avec le cours le bouquin le cours c’est hyper
difficile… donc oui des fois on se sent seul oui [sourire]… Après… je suis allée à certains
cours à la fac en amphi, parce que voilà ce sont des cours qui étaient très durs à faire
seule chez soi… besoin d’avoir quand même… sur certains thèmes besoin d’avoir
quelqu’un en face pour nous expliquer… même si c’est en amphi devant 200 personnes
enfin on est jamais 200 en amphi, même si c’est, voilà en groupe, c’est toujours, y’a des
trucs je trouve qui sont quasi impossibles à faire chez soi tout seul, donc des fois on se
sent seul…

Interviewer : D’accord… Et vous c’est une solitude qui est pesante, ou vous
trouvez le moyen d’être moins seule ?

Noémie : Ben après c’est pas pensant non plus parce que… parce que le forum il est
bien fait quand même… y’a toujours quelqu’un sur le forum qui aide… en tout cas en
parlant des cours eux-mêmes, y’a toujours quelqu’un, on trouve toujours quelqu’un qui
peut aider ou qui va essayer de chercher pour vous, donc… non c’est pas pesant, ça
arrive de se sentir seul, mais c’est pas pesant moi j’ai pas trouvé ça pesant en tout cas…

Interviewer : D’accord ok… et donc vous êtes allée à des cours en présentiel,
vous préférez le présentiel pour certaines choses ?

Noémie : Oui pour certains cours oui… Par exemple la linguistique, c’est de la
grammaire approfondie, c’est hyper difficile tout seul… les termes sont très, sont
barbares donc déjà faut les comprendre, et juste avec le cours de la prof, sachant que la
prof ne reprend pas les années précédentes, c’est très très difficile de se mettre dedans,
donc c’est vrai que certains cours en amphi ont été… m’ont vraiment aidée à

79
comprendre… le cours écrit… donc… ouais sur certains thèmes c’est quand même bien
d’avoir le cours en présentiel…

Interviewer : D’accord… Et à distance est-ce que vous diriez qu’il y a des


choses qui vous ont manqué cette année ?

Noémie : Non pas tellement… c’était assez complet, la plupart des profs donnaient
des bibliographies ou postaient pas mal de choses sur le bureau virtuel, des TD, des
comptes-rendus de TD ou des documents, non c’était assez complet comme formation je
trouve quand même… hormis c’est vrai le fait d’avoir des référents, des profs référents,
c’était assez complet, on avait tout ce qu’il fallait pour étudier à distance…

Interviewer : D’accord… La référente pour vous c’était Mme X. ?

Noémie : Oui… C’est elle…

Interviewer : Et à terme vous ne posiez plus vos questions qu’à elle ?

Noémie : Oui pour le coup oui, à la fin de l’année on envoie un mail direct à Mme X,
parce que de toute façon quand on postait une question sur le forum de la formation à
distance, si c’était pas un élève qui trouvait la réponse c’était Mme X. qui la donnait…
donc à la fin de l’année c’est clair que… oui on lui envoyait des mails direct, enfin moi en
tout cas je lui envoyais des mails direct…

Interviewer : Ok… Est-ce que vous diriez que vous avez appris des choses
dans cette formation, en dehors du contenu, sur la formation à distance par
exemple, la manière de travailler à distance ?

Noémie : Oui, quand même, parce que faut être vachement, faut quand même
s’organiser, faut arriver à être organisée, arriver à planifier tous les cours, ben avec
l’échéance des examens donc oui ça m’a quand même appris à m’organiser, organiser
mon temps… et à savoir aussi combien de temps il me fallait pour apprendre tel ou tel
sujet, et telle ou telle charge de cours… donc c’est vraiment… voilà, hormis tout ce que
j’ai appris dans le contenu des cours, ça m’a quand même appris à m’organiser, à gérer
mon temps à m’organiser et… ouais surtout ça, planifier mon temps…

Interviewer : D’accord… Et justement, quelles qualités il faut, qualités,


compétences, pour travailler à distance ?

Noémie : Euh… Je sais pas si je parlerais de, si je pouvais parler de qualités ou de


personnalité mais surtout il faut, enfin moi dans mon cas il fallait que j’évite les
tentations en fait, sinon je pouvais pas… m’organiser, alors les tentations c’est par
exemple sortir… j’ai du temps, ben s’il y a quelqu’un qui m’appelle pour aller prendre un
café, savoir dire non… [sourire] parce que j’avais prévu de faire tel cours sur l’océan
pacifique, il faut que je fasse tel cours sur l’océan pacifique… je parlerais pas de… je
pense que tout le monde peut le faire vraiment, mais ouais faut s’auto-discipliner et
ouais faut quand même avoir de la discipline… pas être tout le temps tenté à aller, à

80
sortir… ça c’est pas évident quand on a le temps, c’est pas évident de se dire « bon ben
aujourd’hui je travaille toute la journée et on verra demain »…

Interviewer : Je comprends, et si c’était à refaire cette année de formation,


vous l’auriez faite autrement, vous auriez changé certaines choses ?

Noémie : oui, oui je serais allée aux examens de la première session, du deuxième
semestre… sinon j’aurais rien changé, je pense que ça s’est bien passé, après… oui
effectivement je me serais organisée autrement pour aller aux examens de la première
session… parce qu’en fait du coup l’année est très longue en fait… là de finir en juillet
c’est… c’est assez rageant en fait, je me dis que j’aurais dû le faire avant, le seul truc que
je regrette c’est sur la formation de cette année… je pense que j’aurais pas changé autre
chose, je changerais pas autre chose… juste éviter de finir en juillet…

Interviewer : D’accord… vous êtes libre de penser à tout ce que vous voulez,
quelle serait pour vous la formation idéale pour vous ?

Noémie : Ouhlala… formation à distance idéale… d’avoir des profs investis dans ce
qu’ils font… enfin d’avoir des profs qui nous considèrent étudiants autant que quand ils
sont en classe avec des étudiants devant eux en fait… après tout le reste j’ai trouvé ça
bien, enfin les cours tout ça, très bien, l’organisation du temps très bien, mais alors la
formation idéale… oui, alors, les profs qui nous considèrent comme des étudiants à part
entière, normaux, et également… de recevoir les cours un petit peu plus tôt dans le
semestre… parce que ça pareil c’est un peu rageant d’avoir le cours au mois d’avril alors
que les examens sont fin avril, début mai… y’a certains cours qui sont arrivés début
avril… donc ça c’est quand même assez rageant… et pareil, les profs qui corrigent à la
dernière minute, une semaine avant les vacances enfin pseudo vacances avant l’examen,
donc la correction on la voit deux semaines et demi avant l’examen, donc si on a des
choses qui sont complètement erronées, on n’a pas le temps de tout revoir le cours…
donc ouais ça par contre c’est vrai que j’ai pas du tout parlé de ça mais c’est hyper, le fait
d’avoir la plupart des cours très tard dans le semestre, donc ça laisse finalement peu de
temps pour s’organiser sur certains cours… et puis la considération des profs…

Interviewer : D’accord… et alors justement vous avez parlé des corrections,


comment étaient-elles ?

Noémie : Alors… quand on rendait les devoirs, parce que les devoirs en formation à
distance sont pas obligatoires donc quand on rendait les devoirs les profs faisaient des
corrections au cas par cas avec plus ou moins une appréciation de ce qu’on a fait, et
sinon la plupart poste une correction type sur le BV11… donc… c’est un peu un
supplément de cours…

Interviewer : ça manque de pas avoir des commentaires personnalisés ?

11 Bureau Virtuel, Environnement Numérique de Travail choisi à Bordeaux 3.

81
Noémie : Oui, la plupart des profs, même quand on leur rend un devoir, ils
corrigent les fautes sans dire « vous auriez pu développer sur ça » ou « là moi je
parlerais plutôt de ça que de ça », donc la correction est pas très personnalisée pour
certains profs… c’est comme si on rendait un examen de fin d’année… donc quelque
chose d’un peu plus personnalisé ça serait bien… pour certains profs en tout cas… y’en a
qui le font très bien hein… mais y’en a d’autres voilà, qui font une généralité de
correction…

Interviewer : du coup ça c’est pareil, parce que vous parliez de considération


tout à l’heure, vous-

Noémie : oui ça se rejoint, ça se rejoint beaucoup… après je sais pas en TD


comment ça se passe, s’ils font des devoirs si le prof… fait une correction un peu plus
approfondie mais… en tout cas en formation à distance la plupart des profs ne corrigent
que les fautes quoi, sans donner des pistes plus personnalisées sur le sujet…

Interviewer : D’accord… Et par rapport à la considération, vous pouvez


détailler ?

Noémie : oui, simplement que les profs ils… on a une formation à distance, ils nous
balancent un bloc de cours, et… une bibliographie et puis… voilà, derrière si on a des
questions précises sur le contenu du cours, le prof soit va pas nous répondre, soit va
nous dire « allez voir tel TD ou tel bouquin », voilà… enfin c’est… si j’avais pas besoin de
réponse, j’aurais pas posé de question… je serais allée voir de moi-même la
bibliographie, je serais allée voir de moi-même… donc ouais vraiment la plupart des
profs se fichent un peu de la formation à distance et des étudiants en formation à
distance… je sais pas ils doivent avoir beaucoup de boulot déjà avec les TD…

Interviewer : « ils s’en fichent un peu », vous le voyez à quoi ?

Noémie : Ben pas de réponse déjà, je trouve ça bizarre, ça franchement [sourire] je


trouve ça quand même abusé, et puis… voilà souvent des réponses très vagues, très
générales, « allez voir tel bouquin », ok quoi… et puis y’en a, y’a des profs faut leur
envoyer 3 mails avant d’avoir une réponse… donc ça pareil c’est un peu chiant… surtout
quand on reçoit les accusés, qu’on n’a pas de réponse, qu’on renvoie un mail toujours
pas de réponse, donc on reçoit quand même l’accusé de lecture, enfin bon… enfin là…
quand je parle de considération c’est vraiment ça, si on n’est pas en face d’eux ils nous
voient pas, si on les harcèle pas pour certains pas de réponse… et c’est pas que des
questions, voilà c’est des questions autant sur le contenu du cours, donc c’est un cours
que seul ce prof là, presque seul ce prof là pourrait nous répondre, si on n’a pas de
réponse c’est un peu embêtant quoi… donc voilà c’est…

Interviewer : ce manque de considération a quel effet ?

Noémie : Bah c’est chiant, c’est énervant, c’est vraiment énervant, c’est vraiment de
se dire que… limite, moi y’a des fois où j’ai pensé « ça y est j’ai payé mon inscription, j’ai

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eu mon bloc de cours et puis le reste on s’en fout », j’ai mon examen j’ai pas mon exam,
j’ai ma licence j’ai pas ma licence c’est pareil quoi… donc… ouais voilà…

Interviewer : vous auriez attendu…

Noémie : J’attendais quand même plus de répondant, un peu plus de référents, je


pensais que… parce qu’après on dit à la fac que les étudiants ils s’en foutent, que les
profs sont anonymes autant que les étudiants, donc chacun fait sa vie, et en fait, moi je
m’attendais à ce que quand on pose des questions du coup, les profs soient contents
qu’on pose des questions, qu’on s’intéresse à la formation qu’ils donnent quoi… donc
ouais je m’attendais à plus de réponse que ça… plus d’intérêt12…

Interviewer : D’accord… et alors vous avez parlé tout à l’heure aussi de la


différence présentiel / distance, que les profs aussi faisaient des différences,
quelles sont pour vous toutes les différences ? Surtout entre profs et étudiants

Noémie : Déjà les profs connaissent un peu plus les étudiants enfin certains
étudiants, je pense que ça… aide… dans la façon dont le prof aborde le cours… et je pense
que, enfin moi je l’ai vue avec certains profs quand je venais en TD ou quand je venais en
amphi, ben ou cette année ou avant, quand j’étais en première ou deuxième année, les
profs sont pas les mêmes selon les groupes… donc… voilà si le prof aime bien tel groupe,
son cours va être plus intéressant… vraiment hein, et puis bon à la limite c’est normal
chacun fait comme il veut un peu… mais ouais je trouve que le fait d’être en présentiel…
le cours est complètement différent, la façon dont on aborde le cours est différente et la
façon dont on apprend le cours est différente…

Interviewer : c'est-à-dire, aborder, apprendre ?

Noémie : Ben aborder déjà, si la prof quand on si elle vous connait elle est plus
sympa je trouve, donc je sais pas moins de stress ou de lassitude à aborder un cours qui
peut être des fois pas forcément intéressant ou excitant, et puis la façon dont on apprend
le cours ben ouais c’est lié à la façon dont le prof va enseigner, donc… je trouve qu’en
présentiel le cours est, et puis c’est plus inter actif aussi qu’un cours tapé à l’ordi à la
maison… c’est voilà… moins fun [sourire]… et on apprend un peu moins facilement aussi
du coup….

Interviewer : et interactif, c’est le fait de pouvoir poser des questions


directement ?

Noémie : oui, par exemple… pouvoir poser des questions, le prof va vous répondre
de suite, voilà à distance y’a pas forcément de réponse et puis on pose pas forcément de
questions non plus, mais quand on en pose y’a pas forcément de réponse non plus, et
puis voilà lire un chapitre… enfin un chapitre, lire un cours entier tout seul, et entendre
quelqu’un le dire, je pense que c’est enfin la marque n’est pas du tout la même dans le

12 De la part des enseignants

83
cerveau… ça reste pas… ça s’inscrit pas pareil, pas de la même manière en tout cas, donc
je pense qu’on apprend mieux en présentiel…

Interviewer : D’accord… Très bien… Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Noémie : Non je crois qu’on a tout dit…

84
6. Caroline

Interviewer : Là vous êtes en L1 Langues et Civilisations en Espagnol c’est ça ?

Caroline : oui

Interviewer : vous avez fait d’autres études avant ?

Caroline : en fait là en même temps je suis en BTS, j’ai fait ma première année de
BTS et en deuxième année j’ai choisi de faire en même temps Espagnol en formation à
distance, et là j’ai les deux, j’ai eu mon BTS en juin

Interviewer : félicitations [sourire]

Caroline : merci [sourire]

Interviewer : donc, c’est pour ça que vous avez fait à distance ?

Caroline : oui voilà je pouvais pas suivre les deux cours, j’avais toute la semaine… le
BTS…

Interviewer : ok très bien… qu’est-ce qui vous a amenée à suivre cette


formation en Espagnol ?

Caroline : en fait… je suis d’origine espagnole déjà, c’était juste pour avoir un
diplôme qui certifiait en plus, au début j’avais peur de suivre les deux formations en
même temps et finalement ça a bien marché au premier semestre, ça m’a confortée à
continuer, donc j’ai encore envie de continuer… je vais essayer…

Interviewer : ok… alors justement, j’ai vu dans votre réponse au


questionnaire, vous dites que ça vous a confortée dans votre envie de réussir, et
j’ai vu qu’au départ vous pensiez que le plaisir pris dans la formation était plutôt
plus faible, ça s’est amélioré au fil du temps

Caroline : oui oui, et puis on a pas mal de cours c’est assez bien fait je trouve les
cours qu’on a sur le bureau virtuel sont bien faits je trouve… parce que c’est pas facile je
trouve quand on suit pas les cours13 et en fait j’ai pas été perturbée quand y’a eu les
examens, j’avais peur de pas, que ça soit pas pareil que je sache pas certains trucs et en
fait ça allait…

Interviewer : d’accord… votre projet en plus du BTS c’est quoi ?

Caroline : [sourire] ça change tout le temps… en fait… j’ai fait un BTS tourisme,
j’aimerais bien aussi pourquoi pas professeur d’Espagnol, j’ai pas un projet bien défini,
ça change un petit peu j’ai peur si je me fixe un objectif trop précis que je trouve pas de
travail ou quoi… je verrai selon les opportunités…

13 (en présentiel)

85
Interviewer : vous parlez Espagnol couramment ?

Caroline : oui

Interviewer : il reste toute la partie civilisation

Caroline : oui, mais j’ai du mal surtout en linguistique, des fois j’ai les cours je
comprends rien…

Interviewer : et du coup pour cette matière vous vous faites aider ?

Caroline : non pas, enfin je fais ça toute seule… mon père est Espagnol, il le parle
mais après il saurait pas vraiment m’expliquer, il a pas fait d’études c’est sa première
langue c’est comme le Français… autant en Français qu’en Espagnol je pense que la
grammaire…

Interviewer : oui d’accord… vous vivez chez vos parents c’est bien ça ?

Caroline : oui

Interviewer : et l’environnement dans lequel vous vivez vous semble


favorable à la formation à distance ?

Caroline : oui, en plus moi j’ai mon ordinateur portable c’est plus facile, parce que
des fois batailler avec mes sœurs sur l’ordinateur [sourire], c’était un peu chiant, un peu
embêtant du coup mes parents m’ont acheté un ordinateur pour mes sœurs et pour moi
c’est plus facile… mon père peut m’imprimer tous les cours aussi…

Interviewer : d’accord… Alors justement, quand vous avez une difficulté, est-
ce que vous posez une question aux enseignants ou à vos proches ou…

Caroline : pas enseignants je les vois pas, mais oui j’en parle avec mon entourage
avec ma mère aussi…

Interviewer : d’accord et le fait que vous voyez pas les enseignants ça vous
bloque dans le fait de leur poser une question ?

Caroline : peut-être oui, c’est vrai que si j’avais l’occasion de les voir j’aurais plus
de, peut-être je poserais plus de questions après ça me bloque pas dans mon
apprentissage, j’ai Internet aussi donc si j’ai des questions… si y’avait des réunions
quelque chose, peut-être, mais j’ai pas eu le souci…

Interviewer : d’accord… et vous avez sollicité un peu les autres étudiants ?

Caroline : oui, j’avais à partir du premier semestre j’avais sympathisé avec une qui
suivait les cours, et du coup on s’est vu, j’ai envoyé quelques cours elle aussi, on discutait
bon elle elle a pas eu son année enfin son semestre, du coup après à la fin on se parlait
plus trop, enfin elle prenait quelques nouvelles sinon oui… et aussi avec des personnes

86
de la formation à distance j’ai pas perdu contact après… on se voyait, on parlait de pas
mal de…

Interviewer : d’accord… et c’était, avec l’amie là notamment, vous vous aidiez


un peu ou c’était plus du contact

Caroline : non c’était plus du contact, non rien de très précis, on parlait un peu de la
formation, des cours, comment ça se passait, du coup je lui demandais aussi pour la
linguistique, si c’était, si c’était normal que je comprenais pas, elle aussi elle a eu du mal
du coup elle m’a dit qu’elle avait du mal…

Interviewer : d’accord, et le fait de parler comme ça, de savoir qu’elle aussi


elle avait du mal, est-ce que ça avait un impact, le fait de se dire qu’il y avait
quelqu’un d’autre

Caroline : non j’ai essayé de comprendre un peu plus, apparemment j’ai pas réussi
parce que j’ai pas eu une très bonne note [sourire], j’ai eu 5 au premier semestre…
heureusement c’est avec un oral aussi, on peut faire mieux…

Interviewer : d’accord, et est-ce que ces notes au premier semestre vous ont
un peu découragée ?

Caroline : non, parce que j’avais eu du mal, je savais que j’allais pas avoir une
bonne note, j’ai pas réussi vraiment, j’ai répondu à deux questions qui me semblaient
bien, et le reste, pas du tout je savais pas comment le dire, je comptais pas sur cette
matière…

Interviewer : d’accord… est-ce que vous a eu des moments de


découragement, par exemple en plus du BTS vous vous êtes dit

Caroline : oui, surtout au deuxième semestre, parce que j’avais mon BTS qui me
prenait beaucoup de temps j’avais beaucoup de travail, pour rendre les dossiers tout ça
j’ai un peu laissé de côté pendant quelques temps, j’avais du mal à faire les deux, le
deuxième j’avais plus de temps pour moi… heureusement pour les partiels en avril ça
allait un petit peu mieux j’avais passé mon BTS blanc donc c’était plus cool…

Interviewer : vous avez mis un peu entre parenthèse la formation d’Espagnol

Caroline : oui, jusqu’au BTS blanc oui et puis après j’ai fait l’inverse et puis j’ai
repris…

Interviewer : d’accord… et est-ce que dans ces moments de doutes, est-ce


qu’il y a des gens qui vous soutiennent moralement, vous encouragent ?

Caroline : oui, oui oui, là mes copines de BTS me disaient « t’as du mérite comment
tu fais moi j’y arrive pas déjà avec le BTS »… mes parents aussi qui me disaient

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« concentres-toi sur le BTS c’est pas grave tu l’auras au rattrapage »… oui oui je suis
quand même bien entourée… mes copines, mes parents…

Interviewer : d’accord… et du coup le fait d’être bien entourée ça a quel…

Caroline : c’est rassurant, du coup ça met moins de pression en fait, on est moins
stressé…

Interviewer : vous pensez que toute seule vous auriez eu plus de difficultés

Caroline : sans personne ?

Interviewer : oui

Caroline : oui je pense… je sais pas, mais oui je pense… c’est sûr que quand on a
quelqu’un c’est plus réconfortant…

Interviewer : d’accord… et le, par rapport à ces moments de doutes, c’est le


fait d’avoir deux choses en même temps14 et pas tellement par rapport au contenu

Caroline : non, c’est plus les deux…

Interviewer : ah oui je voulais vous demander, sur le questionnaire je


demandais sur le fait que vous vous sentiez capable de réussir, « avant » vous
disiez que c’était je crois à 1 sur 4 et maintenant c’est bien plus élevé, qu’est-ce qui
fait que ça a augmenté ?

Caroline : oui, c’est le fait que j’ai vu que j’avais les deux, que le travail que je faisais
ça se voyait dans les résultats, du coup, c’est plus les résultats du premier semestre qui
ont bien changé mon point de vue, au début j’y croyais pas trop je me suis dit « bon je
vais le faire on verra », le premier semestre ça m’a bien confortée et encore plus avec le
deuxième… je suis plus confiante pour la suite…

Interviewer : d’accord… d’ailleurs une question me vient, le BTS c’est en deux


ans, la licence en trois, il va y avoir un passage avec une seule filière ?

Caroline : oui alors justement je suis allée tout à l’heure voir je voulais savoir si je
pouvais passer directement en L3 et donc non on peut pas, donc ça fait un an de…

Interviewer : oui ok… tout au long de votre formation, vous étiez plutôt à
l’aise, anxieuse…

Caroline : tout le temps ?

Interviewer : oui de manière générale, est-ce qu’il y avait des pics, est-ce que
c’était juste avant les examens

14 Son BTS et sa première année de licence

88
Caroline : oui c’était juste avant les examens… deux jours avant je me dis « mince
j’ai pas assez travaillé j’ai passé assez fait ça »…

Interviewer : et ça comment vous le gérez ?

Caroline : j’en parle à ma mère je dis tout à ma mère [sourire]… elle me dit « mais
non arrête tu dis toujours ça mais ça va aller » c’est avec elle, j’en parle j’en parle j’en
parle à la fin elle me dit « tu vois c’était pas si terrible »… je vois que finalement je m’en
sors et puis…

Interviewer : oui, et parler à votre mère ça vous aide à

Caroline : oui disons que quand j’ai un problème j’en parle à ma mère elle arrive
toujours à me recadrer me dire « maintenant t’y vas »…

Interviewer : d’accord ok… est-ce que vous diriez que vous vous êtes sentie
seule dans la formation à distance ?

Caroline : euh… oui je dirais oui… entourée mais seule parce que c’est moi qui la
fait…

Interviewer : c’est pas négatif

Caroline : non non c’est pas… subie…

Interviewer : d’accord… est-ce qui vous a manqué quelque chose dans cette
formation, que ce soit de l’aide d’un enseignant d’un étudiant d’un proche ou par
rapport au contenu…

Caroline : mmh… au niveau des devoirs j’avais peur sur les examens sur les
contenus des examens, je, pour les oraux tout ça je savais pas du tout comment
présenter en fait, juste savoir comment se passait l’examen… juste ça, après… oui juste
savoir comment on doit présenter quoi, y’avait qu’en art qu’on avait ça… du coup je
demandais aux étudiants ce qu’ils avaient fait…

Interviewer : ce qu’ils avaient fait ?

Caroline : celle avec qui j’avais gardé contact au moment de passer les examens…

Interviewer : d’accord… et pourquoi ne pas demander à l’administration ou


aux profs

Caroline : oui c’est vrai, j’ai pas le réflexe…

Interviewer : parce que dans les documents je sais que certains profs le font
d’autres pas est-ce qu’ils mettent leur email

89
Caroline : euh oui souvent oui, je crois que y’avait un guide pas un guide de
l’étudiant mais sur la distance avec tous les mails si on voulait contacter quelqu’un…
c’est surtout en linguistique elle donnait son mail [sourire]

Interviewer : je comprends… et du coup vous n’avez jamais envoyé de mail à


un enseignant

Caroline : non

Interviewer : d’accord… et à l’administration non plus ?

Caroline : non

Interviewer : et par rapport aux devoirs vous aviez des retours commentés ?

Caroline : oui, c’était bien, en général, y’a juste au premier semestre j’en ai reçu un
juste avant les partiels, juste une semaine avant ça m’a un peu perturbé parce que
j’aurais préféré le recevoir une fois que j’avais fait le devoir quelques jours après quoi…

Interviewer : d’accord… et les commentaires c’était un commentaire général


ou adapté à votre copie ?

Caroline : euh y’avait adapté à la copie et après y’avait un commentaire général des
corrigés type, ils mettaient vous avez fait souvent telles heures tout ça…

Interviewer : d’accord, et est-ce que vous avez participé au forum sur le


bureau virtuel ?

Caroline : non…

Interviewer : vous aviez qu’il y avait un forum ?

Caroline : oui mais je sais pas comment on s’en sert…

Interviewer : est-ce que vous avez appris quelque chose dans cette
formation, sur la manière de travailler à distance notamment ?

Caroline : oui, faut être bien organisé surtout, bien, bien gérer plusieurs choses en
même temps bien cadrer tel jour on fait ça ou telle semaine, surtout dans l’organisation,
le temps, gérer le temps, j’arrivais pas trop mais, un peu de mal même pour rendre les
devoirs des fois, les premiers non mais après y’avait plein de trucs… les deux derniers
c’était quand j’avais des choses à faire aussi sur mon BTS tout plein de trucs et je m’y
mettais toujours au dernier moment…

Interviewer : et qu’est-ce qui aurait pu vous aider à vous y mettre plus tôt par
exemple ?

Caroline : me le mettre dans la tête, me dire il faut 4 jours avant la date de remise,
bon je le faisais mais… y’avait beaucoup de choses…

90
Interviewer : c’était de l’ordre de la motivation ou il y avait trop de choses

Caroline : trop de choses, c’est pas de l’ordre de la motivation, y’avait trop de


choses…

Interviewer : d’accord… d’accord, si c’était à refaire cette année de L1 est-ce


que vous changeriez certaines choses ?

Caroline : à part… oui je changerais pour les devoirs… fait à l’avance, sinon après…
dans l’ensemble ça va j’ai pas du tout été déçue de la formation… enfin comme ça a été
du bénéfice pour moi on va dire je changerais pas… juste me poser pour bien faire les
devoirs, pour bien les rendre, plus les développer… parfois j’avais pas trop le temps de
lire les livres surtout que c’était en Espagnol c’est plus difficile pour comprendre…

Interviewer : et qu’est-ce qui permet de maintenir votre motivation d’après


vous ?

Caroline : ben la réussite… je pense que si j’avais pas réussi, j’aurais continué peut-
être, mais au bout d’un moment je me serais dit « je suis pas faite pour ça »… mais là
comme je vois que ça marche… je continue…

Interviewer : d’accord… à votre avis pour travailler à distance, quelles


qualités, compétences voire même personnalité il faut ?

Caroline : je pense qu’il faut être plutôt calme parce que bon faut bien étudier les
cours, ça prend du temps faut être assez calme assez posé… après bien organisé aussi,
être assez autonome je pense que y’a certaines personnes qui pourraient pas faire une
formation à distance ils ont besoin toujours d’avoir quelqu’un pour leur dire il faut faire
ça ça ça, il faut être assez autonome pour bien gérer son travail son temps…

Interviewer : l’autonomie pour vous c’est quoi ?

Caroline : savoir quand il faut se mettre à travailler et qu’est-ce qu’il faut cibler ses
points forts et ses faiblesses par exemple, bien se gérer soi-même et gérer son travail,
sans avoir quelqu’un qui dit tout le temps de s’y mettre…

Interviewer : d’accord… pour vous si vous deviez imaginer la formation à


distance idéale ?

Caroline : idéale… peut-être avoir un contact avec les étudiants plus, les étudiants
volontaires par exemple, je sais pas passer une heure ici à l’université, pour discuter de
la formation parce que c’est vrai que si on le fait pas soi-même y’a pas d’opportunité…
on n’ose pas trop, mais si y’a quelque chose d’organisé on va être obligé de parler de dire
toutes nos questions, et puis aussi avec un prof, quelque chose de vraiment bien
organisé… avec ceux qui veulent…

Interviewer : en présentiel ici sur l’université ?

91
Caroline : oui voilà… parce que c’est vrai aussi quand j’ai passé mes partiels, je
savais pas bien le numéro des salles des bâtiments, ça aussi… j’ai trouvé quelqu’un que
j’ai déjà vu qui savait mieux un peu et du coup on a cherché ensemble et elle a appelé
quelqu’un qu’elle connaissait mais sinon je sais pas comment on aurait fait…

Interviewer : d’accord… et le contact avec les autres étudiants serait dans


quel but ? pour parler de quoi ?

Caroline : de la formation, des cours… comment se passent les cours… les


méthodes de travail aussi y’a des professeurs qui peuvent donner certaines méthodes de
travail… ils nous disent par exemple de faire des fiches, peut-être que certains profs ont
des méthodes en plus… des petits trucs comme ça, à savoir qu’on sait pas si on est pas
présent en cours… sur le contenu après ça va…

Interviewer : oui… vous pensez qu’il y a de grosses différences entre les gens
présents en cours et ceux à distance ?

Caroline : oui, souvent quand on assiste au cours on est plus impliqué, on voit, on a
un professeur qui nous explique, on prend plus de temps on mémoire mieux peut-être
aussi que quand on est tout seul où faut faire plus de travail… plus s’y pencher… en
présence ça aide plus en général…

Interviewer : d’accord… et alors par rapport au contact avec les autres


étudiants tout à l’heure vous avez dit on n’ose pas forcément

Caroline : oui si c’est juste un mail c’est vrai que, enfin bon j’ai jamais fait avec un
professeur donc je pense que je le ferais pas sauf si vraiment j’ai un problème mais
sinon… enfin j’os… si on n’a personne en face j’aurai plus de mal à aller, à dire, à poser
toutes les questions ou à parler de ce que je ressens… si j’ai quelqu’un c’est plus facile,
enfin je trouve ça plus facile…

Interviewer : vous pensez que vous auriez plus communiqué avec les autres
étudiants et enseignants si vous aviez été présente

Caroline : oui, oui je pense

Interviewer : et est-ce que y’a des moments du coup où vous vouliez envoyer
un mail ou contacter quelqu’un et vous n’avez pas pu pas osé ?

Caroline : non ça m’a jamais… non…

92
7. Victor

Interviewer : Avant toute chose, je voulais vous demander, avant cette


formation vous avez enseigné c’est ça ?

Victor : oui mais c’était pas mon travail principal… j’étais… pour simplifier, cadre
dans une entreprise, et puis consultant… et puis à l’occasion de ça j’ai donné des cours,
parce qu’au Québec l’accès à l’enseignement est plus facile qu’ici… On peut devenir
professeur sans doctorat…

Interviewer : D’accord… et qu’est-ce qui vous a amené à suivre cette


formation à distance ?

Victor : l’intérêt… principalement l’intérêt, et puis comme j’ai relancé une carrière
professionnelle je voudrais relancer une nouvelle activité… j’ai du temps… donc j’ai
commencé en licence troisième année… j’aurais peut-être pu rentrer en maîtrise
directement mais j’ai préféré quand même faire une année de base… là je fais la
maîtrise…

Interviewer : et après vous voulez faire maîtrise et doctorat ?

Victor : je vais rentrer probablement en maîtrise deuxième année… puis après ça je


ferai un doctorat…

Interviewer : oui en effet c’est par intérêt donc…

Victor : Oui mais en fin de compte ça m’intéresse mais je veux quand même placer
mon intérêt dans un contexte organisé, avec des exigences académiques et
professionnelles, pas faire ça pour… sérieusement disons…

Interviewer : D’accord… et alors pourquoi l’avoir fait à distance plutôt qu’en


présence ?

Victor : Ouais, alors simplement à cause de… l’impossibilité… résidant à Biarritz de


suivre des cours en présentiel à Bordeaux, c’est la seule raison… si j’avais été à Bordeaux
je l’aurais fait en présentiel ?

Interviewer : D’accord… vous auriez préféré le présentiel ?

Victor : Non… pas forcément… euh… en fait j’aurais pu faire… pour donner un autre
élément Bordeaux c’était le plus proche de Biarritz pour pouvoir le faire… parce qu’il y
avait Toulouse aussi… mais pour la question, est-ce que j’aurais fait en présentiel… ce
qui se passe a priori le principe de la formation à distance quand le système est bien
organisé là je préfère le système de formation à distance plutôt que la distance, parce
que dans le fond, euh, je suis capable de travailler de façon autonome, c’est une question
importante pour la FAD je suis absolument capable de travailler de façon autonome, j’ai
absolument pas besoin d’être encadré de quelque façon que ce soit donc au total je suis

93
probablement plus efficace pour la distance, que en présentiel… à mon avis je pense… je
connais les inconvénients de la distance, mais… l’apprentissage à distance est plus
difficile plus exigent que l’apprentissage en présentiel… particulièrement dans les cours
de sciences humaines je dirais…

Interviewer : pourquoi ?

Victor : parce que… les sujets qu’on traite sont relativement larges et
l’encadrement qu’on nous donne… à distance, est aussi large que les sujets qu’on traite,
c’est-à-dire qu’on a peu de balises… donc pour un cours par exemple en histoire
moderne sur les guerres de religion, euh… on a un contenu de cours, parfois on l’a pas
mais ça c’est des problèmes on pourra en reparler mais quand on a le contenu de cours,
même quand on a le contenu du cours écrit par le professeur euh… on sait bien qu’en
présentiel y’a des informations qui sont données, y’a des éclairages qui sont présentés,
y’a des informations, du contenu de connaissances qui sont donnés de façon plus
efficaces et des balises qui sont données de façon plus précises… la présence, le
professeur qui verbalise qui sert de médiateur entre un cours ou un livre et l’étudiant,
cette fonction de médiation elle est… elle est importante, elle n’est pas neutre du tout…
c’est assez intéressant de comprendre ce phénomène là… quand on lit… je sais pas moi
par exemple, la mise en place de la justice royale au temps de Saint-Louis, on peut lire
beaucoup de livres, on peut lire des livres très sérieux là-dessus très approfondis, on va
passer beaucoup de temps, et un professeur en l’espace de 15 minutes va vous donner
l’essentiel de ce qu’il faut savoir… alors que nous quand on est en livre, ça, c’est pas
simple de trouver l’essentiel de ce qu’il faut comprendre c’est pas forcément toujours
évident… donc y’a un effet de médiation du professeur qui est quand même important
pour la transmission de la connaissance et puis d’autre part les balises du cours lui-
même, parce que quand on a un cours général où est-ce qu’on l’arrête, quelles sont les
limites, on les connait mal hein… on les connait mal, on sait pas où il faut aller travailler
pour comprendre, il faut même poser nos propres balises, le prof lui-même j’imagine en
présentiel donne un certain nombre de on est plus à l’aise disons, on sait bien que si le
prof n’en a pas parlé, c’est qu’on n’a pas besoin d’étudier, on n’a pas ça nous quand on
est en FAD… bon… donc y’a un intérêt évident au présentiel… maintenant dans mon cas
est-ce que j’aurais préféré le présentiel par rapport à la distance, peut-être pas non plus,
parce que la distance donne quand même plus de libertés dans l’organisation du temps
de travail, on peut travailler quand on veut on n’est pas contraint finalement, moi j’ai
quelques activités en dehors mais pas énormément par contre les gens qui travaillent
n’ont pas la possibilité de, de pouvoir aller au présentiel quand ils veulent… c’est un peu
la comparaison entre les deux…

Interviewer : D’accord… une petite digression, sur le questionnaire vous


aviez indiqué que vous travaillez ?

Victor : oui c’est ça, je travaille à temps partiel… y’a des contrats on m’appelle et
puis je les fais…

94
Interviewer : D’accord… et alors, vous parliez de cette fonction de
médiation… vous considérez qu’à distance il n’y a pas du tout cette fonction de
médiation ?

Victor : Non, elle y est pas du tout… là vous pourriez me dire, on peut toujours
s’adresser au professeur, c’est vrai… mais… la médiation elle est quand même, elle doit
être fréquente, par nature… c’est pas… la médiation elle est permanente dans
l’apprentissage, c’est à chaque fois qu’on lit une page, qu’on s’intéresse à un sujet on a,
alors on peut non plus se dire je vais appeler professeur chaque fois que j’ai un
problème, ça marche pas en réalité, en réalité, ça m’étonnerait beaucoup que les
étudiants en FAD communiquent beaucoup avec les professeurs… euh en tout cas moi je
l’ai jamais fait, j’ai jamais eu besoin de le faire et même plus que ça j’ai pas voulu le faire,
parce que je me disais dans quel cadre je peux faire ça, selon quelles principes je peux
intervenir avec le prof, sur quelles bases…

Interviewer : c’est-à-dire ?

Victor : bah c'est-à-dire que je vais lui parler… quand j’ai une information qui me
manque… mais là ça risque d’être fréquent un peu trop là, j’arrive pas à balises les
contextes dans lesquels je serais amené à lui parler… moi j’ai besoin d’avoir ces balises là
pour fonctionner, parce que je vais pas dire « ah ben tiens j’ai un problème j’appelle le
prof, ah tiens j’ai un problème j’appelle le prof », je peux pas faire ça… il me faut un
principe directeur pour appeler le professeur et ce principe là je l’ai pas, d’ailleurs au
passage, la FAD n’en fournit pas non plus… « si vous avez un problème appelez votre
prof », ouais mais bon… une fois que t’as dit ça là t’as pas dit grand-chose en fait…

Interviewer : vous par exemple, pour ces informations manquantes comment


vous les avez comblées ?

Victor : ah ben on va en fonction on va dans le noir… par exemple y’a un cours


mettons un cours écrit… donc le cours écrit… on le lit… on l’apprend, quand y’a un
élément un concept un mot qu’on connait pas, on va le chercher ailleurs, quand y’a un
bloc de connaissances au complet qu’on n’a pas pour pouvoir bien comprendre on va
aller chercher ailleurs là c’est déjà plus exigent c’est un bloc au complet… euh… pis on…
pis à un moment donné on est obligé de s’arrêter parce qu’on se dit là attention je suis
peut-être un peu trop loin du cours, je sais pas, je sais pas trop s’il faut que j’aille là ou
pas, au total j’ai peut-être appris probablement bien plus de choses que ce qui était
strictement nécessaire pour passer les examens… euh… d’autres peut-être vont faire
l’inverse c’est-à-dire en apprendre beaucoup moins ça dépend peut-être de chacun…
mais donc on est un peu dans le… on fonctionne dans le noir, on sait pas trop… parce que
les cours qu’on nous fournit quand ils sont écrits sont des synthèses, directement
inspirées de manuels universitaires… euh… et… ces synthèses là peuvent ouvrir sur de
vastes champs annexes dont on sait pas si finalement on doit les investiguer ou pas…

Interviewer : D’accord…

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Victor : ça c’est pas le genre de balises que je peux avoir avec un professeur… le
professeur par nature d’ailleurs on le sent bien dans les contenus de cours, le professeur
a tendance à… à en mettre plus que moins… c’est-à-dire que les bibliographies sont
vraiment très larges c’est rare les professeurs qui se contentent de deux livres, trois
livres, les bibliographies sont larges c’est sans doute plus facile pour eux de les faire
comme ça et de toute façon ça doit être « plus j’en sais mieux c’est », mais c’est pas
forcément une bonne chose pour l’apprentissage, moi je suis pas du tout certain de ça…
moi que plus on lui en donne mieux ça va être pour son apprentissage, c’est pas évident,
c’est pas évident du tout… parce qu’il y a quand même dans l’acquisition du savoir des
hiérarchies… y’a des choses qu’il faut savoir avant d’autres y’a des choses plus
importantes que d’autres… et puis si on envoie tout le stock en bloc, ça rend le travail
plus compliqué…

Interviewer : Alors justement, pourquoi ne pas avoir contacté l’enseignant


pour demander, vraiment une question précise par exemple là sur le cadre, est-ce
que je dois aller apprendre jusqu’à là, est-ce que je reste là ?

Victor : Par euh… conviction… conviction que ça ne donnerait à peu près rien de
contacter… pas parce que je pense que les professeurs sont pas à l’écoute des étudiants,
quand j’avais fait mes études en France y’a bien longtemps… c’est peut-être l’opinion
que j’aurais eu mais aujourd’hui j’ai l’impression que ça a un peu changé, j’ai trouvé que
les professeurs à l’Université… en fait moi je venais du Québec j’étais dans un système
universitaire complètement différent, où les professeurs sont très proches des étudiants,
vraiment vraiment très proches, et je craignais ici que ça ne soit pas le cas mais j’ai été
agréablement surpris de voir que, on pouvait parler, bon c’est peut-être pas rendu au
point où ça pourrait l’être comme en Amérique du Nord là, mais les profs sont assez
accessibles en général je pense qu’on peut discuter avec eux, mais… je peux pas
envisager en étudiant à distance d’être sans arrêt sur le dos d’un professeur pour
interférer avec lui en permanence ça n’est pas faisable, parce que j’estime quand même
que le professeur on peut pas le déranger à tout bout de champ… donc c’est ça le
principe, sur quelles balises j’interviens auprès des professeurs, c’est ça que je vois pas
très bien… normalement si j’ai une question que je pose il va falloir trouver la réponse
dans le cours ou dans le document annexe… non je vois pas, une question annexe par
exemple qui se poserait c’est que… j’ai posé la question « pourquoi les cours qui sont
donnés en amphithéâtre ne sont pas filmés et enregistrés et transmis aux FAD » ça serait
quand même assez simple, parce que là ça remplirait ce problème de médiation
directement… on aurait la médiation du professeur qui guiderait plus facilement dans
l’apprentissage… mais la raison pour laquelle ça ne se fait pas, c’est que de la même
façon d’ailleurs que la raison pour laquelle les professeurs sont réticents à soumettre
des cours écrits, c’est qu’ils craignent que s’ils le font y’aura plus personne en
amphithéâtre… mais… moi je réponds deux choses, quel est le but de l’enseignement
c’est pas d’être dans un amphi, le but c’est que les gens apprennent et réussissent
l’examen, et puis deuxièmement là où ça se fait, ça n’a jamais posé de problème… par
exemple moi quand j’enseignais, je donnais à chaque cours… un résumé synthétique du

96
contenu du cours, je distribuais ça, soit au début du cours soit à la fin du cours, et les
étudiants étaient toujours là de toute façon, personne ne partait parce qu’ils pouvaient
faire des photocopies, enfin je sais pas d’où sort cette idée là, peut-être qu’en France
c’est ça qui se passe ailleurs, ailleurs qu’en fac si ça se fait, mais j’y crois pas moi… parce
que celui qui ne veut pas venir en amphi il vient pas de toute façon et celui qui veut y
aller, parce qu’il y a des bonnes raisons il y va, et celui qui n’y va pas parce qu’il estime
que ce n’est pas nécessaire pour lui, ben c’est un message qui est posé à l’enseignement,
puis après ça bah il peut très bien avoir des bonnes notes pour autant, il faut s’affronter
aux réalités quoi, normalement un professeur doit être capable de se dire » si je suis
intéressant, si je suis pertinent les gens vont venir me voir, s’ils viennent pas me voir
c’est qu’il y a un problème », mais ça vraiment on pratique pas, du moins à Bordeaux on
pratique pas l’envoi d’enregistrements, de vidéo ou audio des cours qui sont donnés en
amphithéâtre… ce qui fait que la médiation entre le professeur et puis, le contenu du
cours et l’étudiant, en FAD elle est forcément limitée à cause de ça… y’aurait les moyens
techniques de la pratiquer cette médiation, et si on se contente de dire « appelez le
professeur si vous avez besoin », mon opinion c’est que ça doit pas marcher beaucoup,
en tout cas dans mon cas j’ai pas fait ça, parce que j’ai besoin de savoir dans quel cadre je
peux faire ça… je vais pas les appeler toutes les cinq minutes en tout cas ça me semble
pas fonctionnel du tout ça…

Interviewer : Et pourtant malgré tout ils vont semblent accessibles les profs ?

Victor : Oui, oui, mais c’est pas contradictoire, c’est pas parce que quelqu’un est
accessible que j’ai besoin d’y accéder en permanence… et ça suffit pas, il faut qu’il y ait
une règle du jeu…

Interviewer : d’accord, il manque une balise qui dise par exemple vous
pouvez contacter les enseignants tel jour à telle heure ou …

Victor : par exemple oui, organiser, oui ça c’est une possibilité, soit organiser au
niveau du contenu, soit organiser au niveau de la logistique, soit organiser par la
technologie, en transmettant, mais organiser ça, à mon avis on peut pas se permettre de
dire, « appelez les professeurs si vous avez besoin »…

Interviewer : et alors par contre, est-ce que vous avez essayé de


communiquer sur le forum ?

Victor : Ah oui alors ça, oui bien sûr… euh… le forum, en fait… le forum on peut
lancer un message… une plateforme sociale comme celle-là fonctionne si les gens
l’utilisent… d’accord, si je suis le seul à l’utiliser à lancer un message, et que j’ai pas de
réponse, je vais plus utiliser… moi j’ai suivi le forum quand j’ai commencé à m’inscrire,
j’allais voir tous les jours ce qui se passait sur le forum, à un moment donné je lance une
question j’ai pas de réponse, et je me rends compte qu’il se passe rien sur le forum…
donc ce que je fais, j’utilise pas parce que je me dis c’est pas un outil utilisable… donc la
question de ces outils là c’est « pourquoi ne sont-ils pas utilisés ? », moi la seule réponse

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que je peux apporter c’est « je ne l’ai pas utilisé parce qu’il n’est pas utilisé »… je sais pas
pourquoi il est pas utilisé, euh… j’ai pas d’idée mais je pense que… ce qui fonctionnait
mieux c’était… mais là on tombe dans une autre question qui est le fonctionnement
administratif de la FAD… en histoire… qui peut peut-être expliquer des choses… c’est un
autre volet de la question, je suis pas certain que ça soit dans votre questionnaire, ça
peut amener relativement loin on peut en parler après si vous voulez, mais ce que je
veux dire c’est que là vous vous questionnez sur l’étudiant par rapport à la FAD, dans
l’hypothèse qui est que la FAD fonctionne comme elle devrait fonctionner selon certains
principes…

Interviewer : pas forcément…

Victor : bon alors prenons un exemple… si j’envoie un message à une secrétaire de


la FAD et que je me fais renvoyer dans les plates-bandes… je me fais même engueuler…
ça c’est pas hypothèse que vous pouvez poser dans la réflexion méthodologique qui est
la vôtre ?

Interviewer : Si [sourire]…

Victor : ah… je vous le dis parce que, je suis à l’aise de le dire parce que les autres
aussi ont eu la même expérience que moi, donc c’est pas relatif à moi-même… quand
vous réfléchissez à la FAD… y’a une structure de la FAD actuellement, sur le papier…
censée fonctionner comme ça… exemple… y’a un secrétariat, y’a un professeur qui est
disponible si l’élève si l’étudiant veut parler, y’a un forum qui fonctionne de façon
efficace, donc y’a une série d’hypothèses de fonctionnement de bases quand vous prenez
le modèle FAD… et puis vous travaillez sur ce modèle là pour savoir s’il peut être
amélioré.. vous évaluez la FAD tel que le service est rendu et pas tel que le service est
conçu… l’expérience de l’étudiant est par rapport au service rendu… je posais la
question de pourquoi le forum est pas utilisé, ah ben peut-être que ça nous renvoie à un
écart entre service conçu et service rendu

Interviewer : c’est ça, c’est le cas, est-ce…

Victor : je peux faire un petit aparté là-dessus pour régler cette question ?

Interviewer : Oui oui bien sûr, pas de souci

Victor : j’ai, j’ai observé le fonctionnement de la FAD depuis que je suis arrivé là,
dans son fonctionnement interne… la conclusion à laquelle je suis arrivée, c’est que la
FAD est un service voulu par les autorités universitaires, mais qui n’est pas acceptée par
le corps professoral… c’est la conclusion à laquelle je suis arrivé… donc cet écart entre
les deux, dans un environnement de management qui est fragile et faible, bah il se
traduit directement par un impact sur le taux de maintien et d’échec dans la FAD… c’est
cet écart là qui est problématique, pour la FAD de Bordeaux, en Histoire… En fait… c’est
un problème de management, parce que si les professeurs ne l’acceptent pas la FAD,
c’est que les règles du jeu dans lesquelles on veut faire fonctionner la FAD ne leur

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conviennent pas… d’où nécessité de parler avec les professeurs et de trouver des
solutions qui les accommodent… ça sert à rien de mettre en place un service si
l’ensemble des ressources qui doivent être affectées à sa livraison ne sont pas en ligne,
ne sont pas organisées, ne sont pas dotées pour que le service soit rendu… donc c’est un
problème de management… parce que je lance pas un service auprès des étudiants si je
suis pas certain que je vais le rendre de façon correctement, j’ai pas le droit de le rendre
s’il est pas correctement rendu… pour qu’il soit correctement rendu il faut que toutes les
ressources technologiques éducationnelles administratives et physiques convergent
pour que le service fonctionne, après ça on sait bien qu’il y a toujours quelques petits
écarts mais au moins on a ça à la base, mais moi j’ai conclu qu’on l’avait pas cet espèce
de… de… de mise en ordre des ressources… ce qui crée des problèmes aberrants
complètement, enfin qui normalement devraient aboutir à l’arrêt du service tel qu’il est
rendu aujourd’hui, parce que c’est totalement inacceptable pour l’image de l’université
ce qui se passe…

Interviewer : c’est-à-dire ?

Victor : On va prendre un nombre limité d’exemples… bon celui que j’ai déjà
mentionné, c’est-à-dire une instance administrative qui répond de façon tout à fait
inacceptable aux demandes de l’étudiant… deuxième point, une administration qui fait
des erreurs d’administration, des erreurs, quel genre d’erreurs, inscrire un étudiant à un
cours alors qu’en fait il ne peut pas l’être, je vais pas rentrer dans le détail mais y’a eu
des perturbations au niveau des inscriptions sur les cours, moi dans mon cas par
exemple j’ai étudié j’ai appris un cours qu’il était inutile que j’étudie, alors là on va me
dire « mais c’est pas plus mal », effectivement mais quand même disons, et puis un mois
avant les examens j’ai dû apprendre un cours sur lequel j’étais pas, y’a un eu un méli-
mélo là-dessus, bon, deuxième exemple de chose inacceptable, des cours qui sont
donnés en FAD pour lesquels on ne reçoit pas de cours écrits… pour lesquels on reçoit
même pas de table des matières, tout ce qu’on reçoit c’est le titre du cours, ok autre
exemple… un cours, le professeur dit qu’il ne donnera pas le cours en FAD mais
l’inscription veut le donner, donc le professeur dit « écoutez reprenez en écrit deux
cours que j’ai déjà donnés, le cours A et le cours B »… puis l’administration de la FAD
envoie uniquement le cours A… et l’examen porte sur le cours B… voilà ça c’est des petits
exemples… il y en a d’autres… les cours écrits sont transmis un mois avant la fin de la
session… bon, y’a eu un changement de programme… d’accord, d’accord… on verra si
l’année prochaine, ça va sans doute se passer mieux l’année prochaine parce que les
cours sont déjà faits…

Interviewer : et la réponse inacceptable de l’administration, sans rentrer


dans le détail, les personnes impliquées, quel était le fait ?

Victor : Oh y’en avait plusieurs pas seulement de moi j’ai échangé aussi avec
d’autres… euh… c’est ce qu’on appelle vulgairement envoyer chier les étudiants… pour
résumer…

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Interviewer : Vous ça vous est arrivé ?

Victor : Oh oui… oui par exemple, j’en ai un concret là… y’a une petite session qui
est prévue pour les FAD, étudiants en FAD qui veulent rencontrer les profs… parler avec
le responsable de la FAD… très peu de personnes y vont, 7 ou 8… le professeur qui est là
nous donne des tuyaux, quand je parlais de médiation, il nous dit « bon écoutez, le cours
d’Anglais vous avez rien, y’a rien qui vous a été donné, mais allez sur tel site, et puis vous
verrez un peu ce que le professeur fait »… donc ça ça a été donné en information
publique, moi je rentrais ici je transmets l’information à tout le monde, puisque y’a plein
de gens qui étaient pas là je dis je vais leur donner, je fais un rapport de ce qui a été dit…
j’ai pas été le seul à le faire… j’envoie un petit rapport très succinct… et là je me fais
tomber sur la tête parce qu’on me dit que j’étais en train de saboter le système de la FAD
parce que je transmets des informations qui étaient pas transmises officiellement… ah
c’est vrai, c’était pas officiel, mais cette information a quand même été dite devant les
étudiants… bon et puis si on veut que l’information officielle soit transmise et bien qu’on
la transmette… moi je palie à un défaut là… et je me suis fait sévèrement réprimander,
j’ai expliqué tout ça mais ça a pas, personne n’a écrit au-dessus… et c’est un exemple
mais y’en a d’autres… y’a des questions qui sont pas répondues ou de façon mises de
côté rapidement… d’ailleurs au passage, problème de management, une attitude comme
ça devrait pas être tolérée dans une université et donc y’a un problème de management
qui fait qu’on n’ose pas dire à la personne « il faudrait que tu te comportes
différemment »… parce que cette personne là d’ailleurs au passage, à chaque fois je
communiquais avec elle je lui disais « je comprends vous êtes débordée, etc. », donc je
croyais qu’elle était débordée et c’est vrai qu’elle a probablement une charge de travail
assez lourde donc je remets pas en question cette personne là, j’ai pas de raison, elle
peut très bien avoir une charge de travail trop forte qui l’empêche de répondre
correctement c’est possible ça arrive… mais le résultat est le même… donc ça c’était le
thème des écarts entre services conçus et services livrés, donc pour revenir au forum,
toute la communication administrative basique les étudiants à mon avis n’y croient pas,
elle est pas crédible… donc… on cherche l’information chez les autres étudiants, on se
transmets l’information entre nous, par nos mails personnels d’ailleurs parce que quand
on intervient dans le mail de l’université on risque de se faire taper sur les doigts en
transmettant une information qui n’est pas officielle…

Interviewer : l’information que vous aviez envoyée, vous l’aviez envoyée


uniquement aux étudiants ?

Victor : Aux étudiants en FAD oui…

Interviewer : Comment ils ont su alors que ?

Victor : ah ben dans la liste d’étudiants FAD y’a la personne de l’administration…


donc quand on l’envoie là ça… si j’avais su je l’aurais envoyée uniquement aux
étudiants…

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Interviewer : D’accord… donc vous pensez qu’il faut faire attention à ce qu’on
envoie ?

Victor : Ah mais attendez c’est pas, là oui, mais pour des raisons institutionnelles,
c’est-à-dire qu’à partir du moment où on voit l’étudiant, je dis que « pour avoir des
informations sur le cours d’Anglais allez sur tel site », euh… sur les mediums officiels de
l’université, est-ce que ça veut dire que je transmets un message officiel normalement
non mais enfin ça peut… être interprété comme ça je sais pas, enfin je me suis fait dire
que je, que je rompais la sacro-sainte égalité entre les étudiants, alors qu’en fait c’est
l’inverse, parce qu’on était 6 ou 7 à être présents et que moi j’ai transmis l’information à
tout le monde, et je me suis fait dire que je rompais l’égalité entre les étudiants, enfin ça
tenait pas du tout comme logique… d’ailleurs au passage je fais une parenthèse là-dessus
j’ai trouvé une chose très étrange, c’est que y’a un espèce de baisser-les-bras
administratif face à la FAD… parce qu’on a eu beaucoup d’informations qui étaient
transmises à certains étudiants et pas à d’autres… justement… moi j’ai eu des
informations que les autres étudiants n’avaient pas… c’est pas normal c’est pas correct
ça… je veux dire à partir du moment où on transmet une information on doit la
transmettre à tout le monde, mais à un moment donné je me suis laissé prendre aussi
puisque je me suis dit qu’à chaque information que je reçois je me fais taper sur les
doigts, je transmets plus rien… donc ça permet même le fonctionnement interne des
réseaux entre étudiants… moi c’est ça que j’ai fait, je me suis dit puisque je dois pas
transmettre maintenant si j’ai l’information privilégiée bah je la garde pour moi… c’est
ça que j’ai fait…

Interviewer : d’accord… alors justement, dans ces écarts entre le prescrit et


la réalité, quels effet ça a sur vous ? est-ce que c’est démotivant p…

Victor : Ah totalement, ah totalement, ça c’est incroyable… parce que moi j’ai une
très forte volonté de travailler, je dis pas que mon cas est semblable aux autres mais moi
j’ai une très forte volonté pour travailler, donc j’ai aucun problème là-dessus c’est-à-dire
la matière m’intéresse, le contenu m’intéresse, pas de problème… mais ça c’est
extrêmement démotivant parce qu’on l’impression qu’on est rejeté par le système… et je
pense, je pose comme hypothèse, qu’un étudiant qui s’inscrit à la FAD c’est aussi pour
lui, ça a été le cas pour moi, un moyen d’intégration dans une communauté… parce que
si je voulais apprendre l’histoire du Moyen-Âge je pouvais l’apprendre avec des livres
sans aller à l’Université… bon, si je veux un diplôme je dois aller à l’Université mais ce
que je veux dire c’est qu’il y a une part des étudiants qui s’inscrivent en FAD qui doit
probablement s’inscrire en FAD pour appartenir à une communauté, et quand le
système dysfonctionne à ce point là, c’est le rejet de la communauté qui est perçu, et ça
c’est très démotivant et je l’ai vu ici avec d’autres étudiants… tous les étudiants à qui j’ai
parlé en FAD et on en a parlé parce qu’on a des oraux nous on est présent en oral… donc
j’ai parlé à une quinzaine d’étudiants de FAD qui étaient présents à des examens, ben
c’est tous le même sentiment, le sentiment de… de rejet, de déranger dans le système, et
ça c’est très démotivant, à mon avis c’est une des causes d’abandon… moi-même j’ai failli

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abandonner à un moment donné, et pourtant j’en ai de la volonté, mais ça m’a traversé
l’esprit, j’ai jamais donné suite à ça, parce que je peux pas m’arrêter à des détails comme
ceux-là mais c’est vraiment très démotivant… ouais…

Interviewer : ça vous a traversé l’esprit d’abandonner vous dites ?

Victor : Ca m’a traversé l’esprit… très rapidement mais… que moi j’y ai pensé, je
suis certain que y’en a beaucoup pour qui c’est une cause réelle de… disons de… ça
introduit un peu trop de cynisme dans le système et de je-m’en-foutisme dans le
système, se dire dans le fond moi je… moi je m’inscrits à la FAD… en principe parce que
je crois à l’Université et puis je crois au diplôme… Puis quand je vois le système
professoral fonctionner ou le système administratif fonctionner de cette façon là, je me
dis « pourquoi ils font ça seulement pour encaisser les chèques qu’ils font ça »… c’est
désagréable et, je reviens à mon point, pas parce que les professeurs ont une attitude
incorrecte… pas à cause de ça… à cause du management de l’offre de service… j’ai parlé à
deux professeurs qui avaient pas donné de cours en FAD, parce que y’avait un cours par
exemple d’histoire antique où au bout de la mi-session toujours rien sur le cours donc je
communique avec le prof « qu’est-ce qui se passe » et il me dit « moi là je peux pas
donner le cours, j’ai dit déjà que je le donnerai pas, parce que ma charge de travail est
trop forte, je suis pas payé pour le faire, je viens de rentrer à l’Université, on m’avait pas
prévenu que dans ma charge de travail y’avait ça je ne le fais pas »… et là quand
j’entends ce prof parler… deuxième exemple, on arrive aux oraux, y’a deux profs qui
arrivent pour l’histoire moderne et puis ils disent « bon moi j’ai telle partie du cours et
moi j’ai telle autre partie du cours » et là on découvre aux oraux que y’avait la moitié du
cours qu’on n’avait pas eu… on discute avec le professeur, il est gêné, il dit « bah allez
avec tel prof on va s’arranger y’a pas de problème, on va vous interroger sur la partie du
cours que vous avez appris, c’est pas de votre faute », mais il est gêné… j’en ai conclu une
chose c’est que des professeurs sont placés dans des situations vis-à-vis de la FAD qui
pour eux, dans un système de valeurs et de fonctionnement ils doivent considérer ça
comme intolérable, il doit y avoir un réel problème pour que les profs soient obligés
d’être amenés à s’expliquer comme ça face aux étudiants, en disant « mais écoutez moi
j’ai prévu » parce que dans le fond c’est pas correct pour un prof non plus de dire « moi
je leur ai dit que je donnerais pas pour telle et telle raison » de confier ça à une étudiante
qu’il connait pas ça démontre vraiment qu’il est mal à l’aise… autrement qu’est-ce qui
ferait, il prendrait corps avec l’administration il dirait « on a eu quelques petits
problèmes ça va se régler », non non il hésite pas à dire « moi je leur ai dit que je pouvais
pas le donner parce que je suis pas payé pour le faire »… probablement que ce
professeur là doit être gêné de la situation pour donner ces raisons là comme ça de façon
ouverte à une étudiante… il doit y avoir un réel problème de manque de convergence
entre les intérêts de la FAD et les professeurs manque de dialogue… et des gros
problèmes… je sais pas quelle est la nature du débat, à mon avis vaut mieux qu’ils
arrêtent parce que ça donne vraiment une mauvaise image de l’institution…

102
Interviewer : D’accord… vous avez parlé de communauté aussi, c’est
intéressant, vous voulez dire que je vous ressentez que vous appartenez à une
communauté d’étudiants ?

Victor : Oui en fait c’est ça qui est curieux, c’est le même principe que les réseaux
sociaux c’est le même modèle… c’est, l’appartenance à une communauté, par le biais des
nouvelles technologies, c’est exactement la même chose… La FAD qui est apparue avant
les réseaux sociaux devaient s’inscrire dans la même logique, c’est le même modèle…
donc on est loin, mais en même temps on est intégré à une communauté… il faut pas
penser que la FAD se, ne répond pas aux mêmes logiques… moi je pense que dans
l’esprit de certains il y a une idée qu’un étudiant qui est en FAD c’est un étudiant isolé,
loin, qui ne recherche pas forcément l’appartenance à un groupe ou à une communauté,
et qui travaille tout seul dans son coin… mais pourquoi ça serait ça alors que c’est pas le
cas dans les réseaux sociaux… c’est peut-être le cas pour certains mais pas pour tous…
bon un étudiant qui est inscrit à Science Po Bordeaux et qui en même temps suit des
cours en histoire, ou un étudiant qui est inscrit en classe PREPA à Bordeaux on voit bien
où se place le cours d’histoire dans son panorama, il est déjà inscrit et puis il a un
complément, mais celui qui n’est pas inscrit déjà à un autre programme, il a cette
volonté cette nécessité de participer à une communauté et puis de toute manière on n’a
pas le choix quand on est seul face à son, à son programme, je parle pas seul face au
contenu, parce que face au contenu on est toujours seul, mais face à l’administration, à
l’offre de services FAD la seule solution qu’on a c’est de s’adresser aux autres étudiants,
surtout quand administrativement ça marche pas, la seule solution c’est de parler avec
les autres…

Interviewer : C'est-à-dire que vous, vous vous êtes adressés aux autres
étudiants pour palier à l’administration ou vous vous seriez adressé à eux quand
même vous pensez ?

Victor : euh… je pense que y’a des questions qu’on pose à l’administration et des
questions qu’on pose aux autres étudiants… normalement, on fait le tri, on sait quand
une question doit être répondue par l’administration et une autre par les autres
étudiants… mais quand l’administration est défaillante, on consulte les autres
étudiants… ce qui est étonnant aussi la réaction des étudiants qui m’a frappée là c’est
que… y’en a pas un qui considère que la situation est normale… c’est important parce
que moi je posais la question avec l’expérience que j’ai peut-être que je vois des choses
que je tolère pas certaines choses que les autres acceptent, un étudiant qui a 23 ans 24
ans peut-être que… il peut accepter certains dysfonctionnements, moi ayant eu des
fonctions dans des entreprises ayant fait de la gestion, je me dis c’est intolérable, mais
c’est pas le cas, c’est pas le cas là, les autres étudiants y’en avait certains qui étaient
encore plus agressifs que moi là… et qui trouvaient ça totalement inadmissible, mais
leurs réactions c’était… comme n’importe qui face à une situation comme celle-là
certains se battaient, j’en ai vu une ou deux étudiantes qui gueulaient, qui protestaient et
d’autres qui laissaient aller qui passaient à travers, mais ces gens-là, il faut pas oublier

103
qu’ils font quand même des constats qu’ils agissent en conséquence hein… ces gens-là ils
ont vite abandonné, ils font partie de ceux qui abandonnent pour cette raison là…

Interviewer : donc vous avez échangé avec d’autres étudiants, à quels sujets ?

Victor : Bah dysfonctionnement de la FAD…

Interviewer : Pas sur le contenu ?

Victor : Moins sur le contenu…

Interviewer : Et au niveau du fonctionnement de la FAD, les messages


échangés, c’était quel type ?

Victor : Ben concernant les dysfonctionnements dont j’ai parlé là, « quand est-ce
que le cours arrive », « est-ce que je vais trouver telle information » ou bien « pour
accéder à l’information sur le site tu vas à tel ou tel endroit »… parce que y’avait des
petits problèmes d’interface avec les logiciels de la FAD… bon… « j’ai eu telle
information »… dans certains cas aussi certains nous avertissaient « tel cours est
arrivé »… ce genre de choses-là…

Interviewer : y’a vraiment un groupe d’étudiants…

Victor : ben c’est un groupe d’à peu près… on était pas nombreux, ce qui se passe
c’est que j’ai constaté, je sais pas combien y’avait d’étudiants inscrits en FAD en Histoire,
mais donc pour la licence 3 ce que je sais par ailleurs c’est que le nombre d’étudiants
actifs, avec lesquels j’ai parlé, puis que j’ai vu en oral, dans les salles d’examens aussi,
avec qui j’ai échangé et qui avaient une certaine motivation, à mon avis ils étaient autour
de… pas plus que 10… je sais pas combien y’avait d’inscrits…

Interviewer : D’accord… d’accord… je voudrais juste revenir sur… vous


travaillez d’ici de chez vous ?

Victor : Oui…

Interviewer : est-ce que pour vous c’est un climat favorable pour travailler à
distance ?

Victor : Ben oui… qu’est-ce que je pourrais avoir d’autre de toute façon…

Interviewer : et est-ce que vos proches, par exemple votre épouse, ont
participé à votre formation, que ce soit pour le contenu, soit pour du soutien,
soit…

Victor : Non… j’ai vu dans le questionnaire ces questions là, pour quelles raisons
vous les posez ?

104
Interviewer : Je vous expliquerez plus en détail après si vous voulez, mais en
gros c’est pour essayer de voir si certains étudiants en FAD sollicitent leurs
proches ou sont soutenus par eux et si ça les aide…

Victor : Ah oui je comprends… ça permet de comprendre comment l’étudiant


fonctionne…

Interviewer : certains par exemple disent que sans leurs proches ils ne
pourraient pas continuer leur formation…

Victor : Ah oui, c’est ça la question, oui oui le soutien moral, ça c’est important oui,
parce que le problème dans lequel on se trouve, on a une activité… en fait ce qu’il faut
voir, dans une famille, y’a l’adulte travaille, même le jeune qui travaille, ça socialement
c’est clair c’est admis… d’accord, y’a un travail, il quitte la maison le matin, il rentre le
soir, il passe sa journée au bureau mettons… ça c’est un mode de fonctionnement admis
et clair… socialement, dans la psychologie des gens… par contre quelqu’un qui travaille à
la maison, là on revient un peu sur les, sur ces questions de travail à la maison,
télétravail, la personne qui travaille à la maison, c’est curieux parce qu’elle interfère avec
le reste de la famille, physiquement elle est dans le même espace, mais on peut pas y
appliquer la norme selon laquelle ces personnes là seraient à l’extérieur, donc,
finalement cette personne là on exige d’elle d’une part qu’elle fonctionne comme si elle
était sur un travail normal, donc on est obligé de répondre aux sollicitations, faut aller
faire les courses, bon faut bouger, faut aller à tel endroit, alors que si j’étais sur le lieu de
travail personne poserait la question hein, on va pas me déranger pour amener
quelqu’un à tel endroit, là on est obligé de concilier les deux, donc c’est évident que si la
famille soutient pas le projet… le contexte du télétravail peut devenir difficile… parce
que les exigences sont parfois contradictoires… ça c’est vrai… moi j’ai pas ce problème là
ici dans la famille tout le monde accepte que je travaille, et puis j’ai une grande liberté
pour m’organiser comme je veux, la bibliothèque j’y vais… j’ai pas de contraintes, mais
certains peuvent en avoir…

Interviewer : oui d’accord, c’est un soutien qui est acquis…

Victor : Oui… disons l’ambiance générale, après on pourrait parler du soutien de


contenu mais c’est pas mon cas… mais sur le soutien moral oui ça pourrait être une
raison pour que ça puisse pas marcher car ça demande quand même pas mal de travail…
en tout cas je trouvais moi que je travaillais beaucoup… j’ai eu mention bien, peut-être
que j’aurais pu passer en travaillant moins, je sais pas… je connais pas les styles de
notation à l’université, c’est difficile d’avoir une mention bien, c’est rare ?

S’en suit une courte discussion hors-sujet sur ce point

Interviewer : oui d’ailleurs j’ai lu dans votre questionnaire que vous disiez
que vous étiez un peu déçu de vos notes ?

105
Victor : Oui, ça je me suis permis de mettre ça, parce que c’est exigent, je pensais
que pour le travail que j’avais fait… mais j’ai compris que c’était le système de notation…
ici par exemple un 10 c’est passable, on passe au 10… en Amérique du Nord 10 c’est pas
bon… mais ici ça permet de le passage… d’ailleurs c’est amusant parce qu’à un moment
donné on a eu encore un problème de dysfonctionnement, on a eu un PPE projet
personnel Personnalisé et puis bon on pouvait pas s’inscrire là-dedans
administrativement, donc ils ont demandé un petit texte pour savoir ce qu’on avait fait
dans la vie, l’expérience professionnelle… [sourire] le prof disait « bon ben si c’est
correct la note va être entre 10 et 12 »… pour lui 10 c’est correct…

Interviewer : mais ça peut faire baisser si la moyenne est supérieure ?

Victor : Oui moi ça m’a fait baisser… donc là j’ai compris que le système de notation
était quand même différent de celui que je connaissais ailleurs… mais ce que je voulais
dire c’est qu’il y a beaucoup de travail donc si on n’a pas le support des proches là…

Interviewer : d’accord… ah oui et aussi j’avais une autre question dans le


questionnaire je demandais vous savez le plaisir initial, attendu, et le plaisir
effectivement ressenti, et vous disiez que ça augmentait, c’est par rapport au
contenu ?

Victor : Oui oui c’est ça

Interviewer : et pareil une augmentation sur le fait que vous vous sentiez
capable de réussir la formation ?

Victor : oui j’avais pas d’idée et puis j’avais jamais fait l’université en France…

Interviewer : et ce qui a fait que ça s’est amélioré c’est vos notes, de voir les
cours ?

Victor : oui les notes au premier semestre, parce qu’au début on n’a pas d’autre
support que les notes, ça c’est un petit problème aussi hein c’est que je comprends pas
pourquoi dans la FAD on n’a pas plus de contrôle continu… parce que… je suis certain
que les… enfin bon, ça c’est un débat… je trouve qu’il devrait y avoir plus de contrôle
continu, parce qu’un étudiant qui fait la FAD il fait pas ça pour s’amuser maintenant on a
des logiciels pour contrôler les tricheries, pfff, je vois pas le problème de faire un travail
à la maison… ça prend du temps d’ailleurs moi j’ai fait tous les travails proposés mais ça
prend beaucoup de temps, bien plus que les trois heures en examen et on sait que le prof
est plus exigent parce que… moi je trouve qu’ils devraient noter plus les devoirs faits à la
maison… je pensais qu’on en aurait plus…

Interviewer : les devoirs à la maison étaient commentés ?

Victor : ah oui alors là, ils corrigent très tard ils corrigent quand la session est finie
c’est encore un autre problème, mais on reçoit des commentaires sur le devoir, ça je

106
trouve que la correction a l’air assez sérieuse, plus que je pouvais le penser… de ce qu’on
m’en a dit aussi… c’est fait sérieusement…

Interviewer : et alors globalement par rapport à cette situation de retards et


de dysfonctionnements, est-ce que vous diriez que tout au long de la formation
vous étiez plutôt à l’aise ou anxieux ? ou ça dépendait des moments ?

Victor : Ben… moi… quand j’avais le titre du cours… j’en étais rendu à être content
quand j’avais le titre du cours et la table des matières… ouf là je vais pouvoir
fonctionner, là je vais pouvoir marcher… alors quand j’ai reçu le cours écrit là c’était le
bonheur… donc l’anxiété elle apparaît quand on n’a rien… mais dès qu’on commence à
avoir au moins le, j’en étais rendu à me contenter effectivement du titre et de la table des
matières, alors j’ai expliqué au professeur qui était chargé de la FAD, « écoutez c’est
quand même pas compliqué au début de l’année d’envoyer une table des matières de
cours », ça c’est faisable c’est pas trop demander, quitte à ce que le texte arrive plus tard
mais au moins qu’on ait la table des matières c’est pas un gros effort… non y’a un
problème vraiment de… le système ne veut pas donner la FAD, le système
d’enseignement et administratif refuse de donner des cours à distance… vraiment ils
sont mal à l’aise avec… les règles du jeu sont pas claires, ils ne sont pas à l’aise avec ça, ils
trouvent pas que ça vaille la peine… donc y’a peut-être qu’ils estiment que ça sert à rien
de former des gens qui sont pas en présentiel, peut-être qu’ils estiment que leurs statuts
n’est pas valorisé par ça, peut-être qu’ils estiment qu’ils sont mal payés, peut-être qu’ils
estiment que ça donne trop de travail, y’a tout ça mais c’est un gros problème, je pense
que tout ce que je viens de dire est vrai, y’a de multiples raisons pour un professeur de
pas embarquer, et aucune d’embarquer… y’a quelque chose qui marche pas là…

Interviewer : Oui, oui… d’accord… et alors justement, on en a déjà parlé mais,


qu’est-ce qui a permis de maintenir votre envie de réussir malgré tout ça ?

Victor : C’est le défi posé à moi-même… je pouvais pas accepter de pas arriver avec
quelque chose de moins qu’une mention bien dans une licence là… sauf que je me suis
aperçu après coup que la licence est plus difficile que la maîtrise… j’avais pas assez de
culture en histoire pour faire une formation efficace donc je pense que c’est une bonne
chose de faire la licence… j’aurais très bien pu rentrer en maîtrise, mais c’est plus facile
pour moi… j’ai appris pas mal de choses…

Interviewer : Et alors justement, par rapport à ce que vous avez appris, au-
delà du contenu, qu’est-ce que vous avez appris ? la manière de travailler à
distance par exemple…

Victor : Oh pas grand-chose parce que moi j’ai quand même… j’avais pas mal
d’expérience quand même malgré moi, enfin j’exagère peut-être un peu, qu’est-ce que
j’ai appris… non, non parce que j’ai toujours fait ça, sur la méthode de travail rien, je suis
pas la bonne personne à questionner pour ça… j’ai toujours fait des études, des
recherches, des trucs comme ça…

107
Interviewer : D’accord… alors, on approche de la fin, mmmh, si c’était à
refaire cette formation à distance, est-ce qu’il y a des choses que vous changeriez
que vous feriez différemment ?

Victor : Moi… que je ferais différemment… euh… bah disons oui enfin, je
m’énerverais moins, je serais moins angoissé, oui parce que maintenant je sais comment
ça fonctionne, mais c’est trop tard, c’est tout… mais au début je comprenais pas, un mois
passe, pas de nouvelles de ce cours là, pas de nouvelles de celui-ci, y’a eu des moments
de stress, et stress aussi évidemment sur ce qu’il faut apprendre donc à la fin c’est un
quitte ou double, aucune idée de ce qu’il faut apprendre, le niveau d’exigence, et on se
retrouve dans une salle et le résultat il apparait après… j’avais fait des devoirs, pour
avoir une certaine idée donc ça ça m’a un peu aidé, mais si ça avait été des devoirs
vraiment notés pour le contrôle continu là ça m’aurait rassuré beaucoup plus vite…

Interviewer : L’angoisse elle vient du flou ?

Victor : Ah ouais, ouais en fait moi le seul problème que j’ai eu était de type
administratif… c’est le produit lui-même FAD qui était dysfonctionnel et sur lequel
j’avais pas de prise…

Interviewer : et dès les premiers flous, ou qu’il y avait des choses que vous
saviez pas ou que les cours arrivaient en retard

Victor : j’envoyais des mails à l’administration, pas de réponse, je relançais ou alors


on me disait « ça viendrait », mais ouais mais quand, parce que l’autre affaire là-dedans…
quand on planifie son travail, si un cours n’arrive pas au début de l’année ben on peut
s’organiser en se disant « s’il arrive dans deux mois, je vais me donner deux mois pour
faire le cours que j’ai », organiser le travail permet de compenser certain
dysfonctionnement, à condition d’avoir une information minimale, mais si je sais pas, si
j’ai aucune idée de la date, je peux rien planifier, est-ce qu’il va arriver 5 jours avant
l’examen ou 5 jours avant la fin de la session est-ce qu’il va arriver dans 3 semaines, je
peux pas m’organiser si j’ai pas une base d’information… donc c’est important quand on
parle d’organisation du travail… déjà j’imagine qu’il y a des gens qui ont du mal à
s’organiser mais quand on sait s’organiser ce qu’il nous faut c’est un minimum
d’informations de base, alors quand est-ce qu’a lieu l’examen, quand est-ce que se
termine la session, ça on le sait, mais quand est-ce que le cours arrive… autre exemple,
on reçoit un cours, mais est-ce que c’est 10% du cours ou 50% du cours… c’est 4
chapitres est-ce que y’en a 4 autres qui s’en viennent on sait pas… c’est quand même pas
compliquer de baliser tout ça au départ… donc au départ, quand est-ce que le cours
arrive quelle est la table des matières de chaque cours, et puis on vous envoie 3
chapitres à telle date, 3 autres chapitres à telle date… mais on revient sur le même
problème, si j’organise la FAD comment je vais pouvoir exiger ça d’un professeur qui
veut rien savoir… le prof va me répondre quoi, « ça viendra quand ça viendra quand
j’aurai le temps »… et je pense que c’est ce qui s’est passé… y’avait pas moyen de
s’organiser de planifier parce que les professeurs ne voulaient pas s’engager, sur rien…

108
Bon alors, ça tout ça, on a parlé dysfonctionnement, j’exagère pas quand je dis moi c’est
ça qui m’a principalement créé des problèmes, quand je vois mes collègues j’en ai parlé
aussi, eux ils ont un autre problème que moi j’avais pas c’est qu’ils manquent de temps…
la plupart de ceux que j’ai rencontré n’avaient pas le temps que j’avais… donc c’est
évident que même si le système est parfaitement organisé, un étudiant qui peut pas bien
travailler il va pas avoir de bons résultats, pis il va peut-être quitter, ça c’est un
phénomène qui est indépendant de la FAD… mais ces problèmes de dysfonctionnement
qui sont principalement ceux que j’ai vécus et que les autres ont vécu aussi, euh c’est sûr
que ça soit expliquer une partie des abandons quoi… surtout quand on n’a pas de temps,
c’est encore pire, moi j’ai le temps je peux m’organiser… donc si un cours arrive pas, si je
sais qu’il va venir à un moment donné je sais que je peux m’organiser, il va arriver à un
moment donné, mais celui qui a pas de temps, là… c’est la gestion qui va être la plus
difficile…

Interviewer : Alors justement ça tombe très bien, ça fait le lien avec la


question suivante, selon vous, comment être efficace pour travailler à distance,
quelles sont les qualités qu’il faut ?

Victor : Bon… euh… indépendamment de la FAD de façon générale il faut avoir la


volonté d’arriver, ça c’est fatal, on peut pas y échapper… si on a pas l’envie d’y arriver
ben le moindre obstacle va faire capoter l’affaire, mais admettons qu’on ait cette volonté
là, ce qu’il faut avoir comme qualités c’est… une capacité de s’organiser, d’organiser son
travail… je pense qu’il y a pas mal de temps à passer dans la planification du travail…
comment j’appréhende un cours, comment je vais le travailler, quel genre de
documentation je vais utiliser, euh… je dirais que ça c’est un problème propre à
l’université en général, en fait c’est curieux mais… moi j’ai fait des formations aux
grandes écoles j’ai jamais fait l’université ici en France, mais quand j’étais dans les
classes préparatoires, l’image qu’on avait la fac, c’est encore celle d’aujourd’hui, c’est
qu’on fout rien à la fac… pis là aujourd’hui j’ai fait l’université, et mon opinion a
radicalement changée… je pense que la faculté c’est plus dur que les classes
préparatoires, c’est plus difficile, parce que c’est moins encadré, dans les classes
préparatoires on est absolument encadré et c’est plus exigent, pour la personne c’est
plus difficile… et les examens sont pas plus faciles, c’est exigent aussi, les notations sont
sévères bon peut-être moins sévères qu’en classes préparatoires mais elles sont
sévères… je trouve qu’elles sont assez sévères, et… l’exigence est là, les professeurs sont
très compétents, moi j’ai rencontré à peu près que des gens qu’on peut qualifier
d’érudits dans leur domaine hein, ça m’a étonné en tout cas en histoire j’étais étonné par
la qualité des professeurs, ils sont compétents, ils sont exigeants, la différence c’est
l’organisation et ça c’est une difficulté propre à l’université et qui rajoute encore plus, et
qui explique à mon avis le taux d’échec faut pas se leurrer… donc, quand vous posiez la
question qu’est-ce qu’il faut avoir comme qualités, je dis qu’il faut pas avoir des qualités
différentes de quelqu’un qui est à l’université15 en fait… parce que… on est pas plus

15 (en présentiel)

109
encadré en FAD qu’on l’est à l’université en réalité, d’ailleurs j’imagine les étudiants qui
sont en faculté, en licence, pis qui vont pas tellement dans les cours amphithéâtres, bon
ils vont peut-être dans les travaux dirigés d’accord, mais ce que ça leur apporte c’est
cette médiation dont je parlais, c’est tout, mais pour le travail ils font le même travail
que celui qui est en FAD… donc moi je trouve c’est plus facile d’être en présentiel pour
les raisons que j’ai évoquées, les balises du cours sont plus rapidement fixées et puis la
transmission d’informations dans certains cas est beaucoup plus rapide, donc c’est plus
facile d’être en présentiel qu’en FAD, mais c’est plus facile uniquement pour ça pour la
médiation, parce que le reste de l’effort, l’autonomie le sens de l’organisation faut avoir
le même, c’est pas différent… si j’étais étudiant en présentiel, j’irai peut-être à la fac pour
les TD mais c’est tout le reste du temps je serais peut-être dans le même système,
faudrait que je travaille chez moi… il faut pas… c’est drôle j’ai l’impression des fois
quand je lis un peu ce qui se dit sur les FAD que… la FAD le concept de la FAD que l’on a
aujourd’hui est encore celui qui a été son lancement et qu’on n’a pas vu que, en d’autres
termes les nouvelles technologies rejoignent la FAD aujourd’hui, c’est-à-dire que la FAD
c’est plus quelque chose d’ancien c’est de plein pied avec la modernisation de
l’enseignement… on a accès aux ressources électroniques, avant c’était seulement la
FAD, maintenant tout le monde donc l’enseignement… ce que je veux dire là c’est que
l’enseignement présentiel rejoint la FAD sur bien des aspects aujourd’hui, il exige de la
part des étudiants une autonomie, une capacité d’accéder à des ressources en ligne, de
plus en plus… c’est pour ça que si j’étais prof je concevrais mon enseignement présentiel
comme l’enseignement FAD… paradoxal… je le concevrais de la même façon… c’est-à-
dire que je mettrais à disposition des étudiants par des ressources électroniques le
contenu des cours, vidéo audio, je leur donnerais des travaux en contrôle continu à faire
à la maison et j’accompagnerais ça avec des TD qui assurent une proximité
d’encadrement un peu plus forte… quitte à avoir quelques cours d’amphithéâtre là
généraux pour cadrer un peu le cours… mais je vois pas pourquoi, ce qui est pas
compréhensible aujourd’hui c’est dans l’esprit des professeurs ce que j’ai pu discuter
avec certains, la FAD et l’enseignement présentiel c’est radicalement deux objets
différents, pour eux c’est deux objets différents, alors qu’en fait on devrait tendre sur des
approches semblables au niveau pédagogique, mais pour eux non… peut-être à cause de
la façon dont ils sont rémunérés…

Interviewer : D’accord, d’accord… ma dernière question c’est est-ce que vous


voulez ajouter quelque chose qui n’a pas été abordé ?

Victor : Non… en fait la raison pour laquelle j’ai dit que j’étais prêt à discuter c’est
que c’est dommage je trouve dommage, parce qu’on s’attache à cette FAD moi je me suis
attaché à ce département d’Histoire même si j’étais loin… même si je les voyais jamais,
mais je trouvais bien sympathiques tous ces gens là… je trouvais ça dommage que…
qu’ils projettent une image aussi négative et que bon au total… ils facilitent pas l’accès au
savoir pour une partie d’étudiants qui euh, qui sont un peu particuliers disons, mais
peut-être pas tant que ça non plus…

110
Interviewer : particuliers ?

Victor : dans l’esprit de, j’ai l’impression que pour le système la FAD c’est des
étudiants spéciaux un peu particuliers c’est pour ça que je reviens à l’idée que dans le
fond c’est pas comme ça qu’il faut raisonner, ils sont pas particuliers, moi je suis pas un
étudiant particulier, je m’inscris dans une tendance lourde de retour aux études, un
étudiant qui fait Sciences Po et qui fait Histoire c’est pas un étudiant particulier, un
étudiant qui est un peu trop loin pour aller à l’Université c’est pas un étudiant
particulier, c’est tous des étudiants normaux, et justement c’est le système de présentiel
qui devrait intégrer toute la dynamique d’enseignement de la FAD… donc… c’est
dommage, je pense en tout cas mon hypothèse c’est qu’on considère que les étudiants en
FAD sont des étudiants un peu spéciaux… finalement on n’a pas besoin d’eux,
maintenant on s’inscrit dans un contexte de licence aussi faut pas oublier… c’est que là le
problème de la licence ce que j’ai compris c’est qu’il y a une incapacité du système à
produire un encadrement satisfaisant qui diminuerait le taux d’échec… moi je vois ces
étudiants là, en tout cas c’est pas compliqué quand j’ai parlé à des étudiants jeunes 23 24
ans j’ai été déprimé, j’ai vraiment été déprimés quand j’ai échangé avec eux… toute la
génération de ces étudiants là… ce sont des gens qui sont, qui veulent, ils veulent
apprendre, et ils baissent les bras face à un système qui les broie et dans lequel ils voient
pas de, moi j’en ai pas vu un qui était un branleur un je-m’en-foutiste non c’est tous des
gens qui voulaient apprendre, qui se mettaient eux-mêmes d’ailleurs des charges
lourdes sur le dos, ils n’étaient pas obligés tous de venir apprendre certains étaient dans
une autre formation pour compléter… ils voulaient apprendre mais en plus de ça ils
avaient un avenir économique bouché ça c’était incroyable, ils imaginaient pas qu’ils
pouvaient trouver un travail dans le domaine dans lequel ils avaient étudié, ça m’a un
peu déprimé hein vraiment sur la génération, sur cette génération ça… et à côté de ça, on
a un système universitaire qui est formé d’érudits, de gens très compétents, très
exigeants, et qui, ne lâche pas sur le niveau d’exigence académique… moi ce que j’ai
compris à ce stade là c’est que le système était déséquilibré complètement, c’est que le
corps enseignant qui était formé dans une sorte d’élitisme et très exigeant sur la qualité
de l’enseignement ne lâche pas un pouce sur la qualité de ce qu’ils veulent enseigner, et
de l’autre le système administratif au sens large à l’université qui répond pas, qui peut
pas répondre à ce niveau d’exigence… le résultat net c’est du déchet, du déchet… bon on
peut pas reprocher aux professeurs de maintenir leur niveau d’exigence, à la limite
certains pourraient dire il faudrait reprocher au système de pas être capable de les
amener au niveau d’exigence des profs… c’est ça qu’on devrait être amené à dire
logiquement… tant mieux qu’on est un corps enseignant de cette qualité là, ça on pourra
pas, il faut pas relâcher là-dessus, mais comment ça se fait que le système permette pas
de… mais l’un est lié aussi à l’autre… parce que c’est pas parce que le système
d’enseignement est de haute qualité que sa pratique d’enseignement est parfaite… ça y’a
une différence entre les deux… moi j’accepte bien un professeur érudit qui connait son
sujet sur le bout des doigts j’ai aucun problème avec ça, mais ce professeur là avec toutes
ses compétences, comment doit-il enseigner, ça c’est une autre question… y’a une partie

111
du problème du déchet qui se trouve à ce niveau là, dans cette façon d’enseigner… enfin
c’est un autre sujet ça…

112
8. Mégane

Interviewer : D’abord, pour commencer, je vais vous demander quelles


études vous aviez suivies avant cette formation ?

Mégane : J’ai fait un an de fac de lettres modernes, à 18 ans… et après 3 ans


d’études, à l’institut, régional du travail social à Talence… Voilà donc pour être
éducatrice spécialisée…

Interviewer : D’accord… et donc tout ça c’était en présentiel ?

Mégane : Oui, j’ai jamais fait de distance…

Interviewer : Très bien, et qu’est-ce qui vous a amenée à suivre cette


formation en Histoire ?

Mégane : [rires] un coup de folie, non je, honnêtement un coup de folie je sais pas…
je… ça fait un petit moment que dans mon travail je… j’avais envie d’apprendre autre
chose, mais j’étais pas du tout partie sur l’Histoire en fait j’étais plutôt partie sur des
formations orientées vers mon travail mais rien qui me tiltait et puis étant enceinte et
sachant que je serai en arrêt maternité tout d’un coup je me suis dit « tiens j’aimais
l’histoire au lycée, plutôt que de passer une année à rien faire, je vais m’inscrire, et je
vais voir si ça me plait quoi »… du coup je me suis lancée un peu comme ça à l’arrache fin
août je me suis inscrite fin août et du coup en fait j’ai passé une année à m’amuser, voilà
à m’éclater à apprendre et tout et du coup, maintenant… j’ai envie de poursuivre et j’ai
des projets, voilà… c’était vraiment une année test pour m’inscrire plutôt par la notion
de plaisir qui rentrait en compte et l’envie de faire quelque chose quoi, apprendre…

Interviewer : D’accord… Et vos projets du coup ?

Mégane : Ben du coup j’aimerais bien aller jusqu’au Capes [rires] Si c’est possible
ce qui est très compliqué à distance en fait, maintenant avec le Master Enseignement,
voire impossible à faire voilà… impossible parce que les congés individuels de formation
de sont financés que sur un an, et que le Master Enseignement dure sur deux ans… et
qu’on ne peut pas le faire à distance… donc très très compliqué de pouvoir poursuivre
les projets, je ne sais pas encore comment je vais faire, je ne sais pas, est-ce que… est-ce
que je vais faire qu’une année après je le ferai au [???], je ne sais pas encore ce qu’il en
est… cette année va être l’année test puisque je reprends mon travail à temps plein16, j’ai
deux enfants… et donc je vais voir si je reprends le travail à temps plein et en ayant des
enfants à m’occuper si j’arrive à suivre la deuxième année de licence… on verra…

Interviewer : D’accord… vous faites quel travail ?

16 Elle était en effet en congé maternité

113
Mégane : Donc je suis éducatrice spécialisée en fait, à domicile… donc je vais à
domicile chez des gens et voilà, à temps plein donc… ça prend quand même… ben toute
ma semaine [sourire]

Interviewer : Oui je vois, et donc c’est pour ça que vous avez fait à distance ?

Mégane : Là je l’ai fait à distance parce que j’étais en, en arrêt maladie par rapport à
ma maternité et que donc j’ai accouché début février donc en plein milieu de l’année…
voilà donc c’était inenvisageable pour moi de pouvoir aller me rendre tous les jours en
cours… voilà et puis de toute façon… j’apprécie plutôt de travailler à distance à mon
rythme… et c’est aussi pour ça d’ailleurs que j’ai choisi Bordeaux c'est-à-dire que c’était à
distance et en même temps j’étais pas loin je pouvais aller aux examens je pouvais,
voilà…

Interviewer : D’accord… et vous travaillez de chez vous ?

Mégane : Oui

Interviewer : Donc l’environnement dans lequel vous êtes, notamment avec


vos enfants, c’est pour vous un environnement favorable à la distance ?

Mégane : C’est un environnement… [rires] Non favorable je dirais pas ça c'est-à-


dire qu’il faut… enfin là pour le coup j’ai deux environnements totalement différents
quoi, enceinte c’était la fatigue qui prenait le dessus, la non concentration qui est
impressionnante en fait, l’incapacité à apprendre qui était très importante donc très
difficile à gérer en fait donc on est dans autre chose on se projette dans autre donc faut
rester assez concentrée… et depuis la naissance c’est avoir une capacité de travail
hachée même hachurée je dirais parce qu’en gros la journée c’est, ça peut être je vais
travailler un quart d’heure vingt minutes je m’arrête je m’occupe de lui17 je reprends
vingt minutes je reprends une demi-heure, donc voilà c’est avoir ces capacités donc c’est
pas forcément simple mais en même temps voilà une fois qu’on ait sur ce rythme là c’est
prendre le moindre petit moment pour travailler… et puis après les soirées aussi donc là
pour l’instant j’ai pas pu le faire les soirées parce que la fatigue au cours de cette année
ayant été très importante mais l’an prochain j’aurai que ça pour, ça va être que le travail
en soirée quoi…

Interviewer : Très bien, et est-ce que vos proches, vos enfants sont peut-être
encore un peu petits [sourire] ont participé à votre formation, c'est-à-dire en
soutien pour…

Mégane : Oui ben mon mari, pour le coup, mon mari… le reste de ma famille je
n’avais pas informée parce que je ne souhaitais pas voilà jusqu’à ce que je réussisse mes
examens je ne souhaitais pas, tout le monde allait me dire « ah c’est lubie toi et tes

17 Elle parle ici de son bébé de 5 mois, qu’elle tient dans les bras lors de l’entretien

114
lubies » donc j’ai préféré ne rien dire, par contre mon mari m’a soutenue il m’a dit je te
connais l’année dernière une année à la maison tu vas, tu vas t’ennuyer donc vas-y fais-le
et du coup il a pu garder les enfants le week-end avant les examens, il a pu prendre des
jours de congés à lui en avril pour le garder18 pour que je puisse faire les examens donc
voilà il y a un soutien quoi et il sait que ça risque d’être sur la durée et il est prêt à
accepter, à accepter ça…

Interviewer : D’accord… et s’il n’avait pas été là pour vous soutenir ou s’il ne
vous avait pas soutenue ?

Mégane : Bah techniquement j’aurais pas pu… techniquement j’aurais eu personne


pour me garder un bébé de 2 mois, j’aurais pas pu me rendre aux examens et malgré
tout le temps de révision le dernier jour parce que j’ai pu y consacrer que quelques jours
mais voilà il a pu me permettre de… d’avoir deux-trois journée complètes pour réviser
avant les examens qui m’ont permis quand même de… parce que voilà ça a été très dur
l’organisation cette année de la formation à distance, les cours ont été très très durs à
obtenir donc il a fallu peu de temps pour travail, donc heureusement qu’il a pu un peu
me soulager sur les derniers temps pour que je puisse… voilà… travailler…

Interviewer : D’accord, et vous aviez indiqué dans le questionnaire qu’à un


moment vous aviez pensé abandonner ?

Mégane : Ouais ben en fait c’était quand en fait, y’a eu deux moments parce que y’a
eu au premier semestre je m’en rappelle parce que j’avais noté la date c’était le 3
décembre donc un mois avant les examens et il nous manquait la moitié des cours… la
moitié voilà… la moitié sachant qu’en plus les cours d’histoire ancienne sont inexistants,
voilà puisque les profs refusent de les donner enfin refusent ou pas j’ai des infos
contradictoires mais n’empêche que voilà, que la deuxième partie du cours d’histoire
contemporaine ce n’était pas un cours, c’était uniquement des mots clés et voilà
débrouillez-vous avec ça… et que là j’ai dit c’est quand même vraiment abusé parce
qu’on est en formation à distance donc on est sensé avoir moins de temps à accorder aux
études… et on a plus de travail à faire plus de travail parce qu’en fin de compte le cours il
était pas fait alors quand on est à la fac est qu’on prend un cours déjà on rentre chez soi
déjà on a écrit on a une certaine connaissance du cours donc déjà on retient certaines
choses, il faut le retravailler c’est sûr mais là il fallait tout faire il fallait trouver des
bouquins donc déjà trouver des bouquins quand on est à distance c’est absolument
impossible donc là j’ai pensé abandonner et puis ben après la naissance quoi j’ai
accouché le premier février je me suis dit « j’ai des examens dans deux mois et demi »…
comment je vais faire quoi et puis en fin de compte au bout de quinze jours j’ai raccroché
petit à petit et puis j’ai pu raccrocher quand même quoi…

Interviewer : D’accord, et qu’est-ce qui vous a fait raccrocher les deux fois ?

18 Leur enfant de 5 mois.

115
Mégane : Ben c’est l’envie d’y arriver je me suis dit mince j’ai bossé depuis 4 mois
ou 5 mois ou 6 mois, la première fois c’est j’ai bossé depuis 3 mois comme une dingue et
je veux au moins, c’est l’envie de savoir ce que je valais, quel était mon niveau ça faisait
10 ans que j’avais pas fait d’études 10 ans que j’avais pas fait de dissertation voilà voir
un peu quel était mon niveau…

Interviewer : D’accord… Quand vous disiez que vous étiez fatiguée, quand
vous étiez enceinte, qu’est-ce qui vous a permis de tenir, de continuer ?

Mégane : Ben c’est vraiment l’envie d’être évaluée ça c’était quelque chose de très
important pour moi, savoir ce que je valais, même non préparée en fait parce que y’a des
choses que j’avais pas du tout préparé c’était de dire bon ben ok on va voir ce que je
vaux et surtout comment je suis capable de m’adapter en fait… parce qu’à 18 ans on
s’adapte pas pareil qu’à 30, moi j’ai pu le voir pendant les examens où j’ai vu beaucoup
de jeunes au bout d’une heure à l’examen sortir, en particulier au deuxième semestre et
moi je me suis retrouvée au deuxième semestre en histoire contemporaine à apprendre
10 chapitres sur 11, c’est tombé sur le 11ème je savais absolument pas j’avais même pas
eu le temps de lire, bon ben voilà je suis restée j’ai fait mon plan et j’ai pris ma
méthodologie et j’ai réussi à m’en sortir… et donc du coup c’était cette capacité là aussi
qui me semblait intéressant de voir… et puis vraiment parce que les cours me
plaisaient... voilà, ce que j’étudie ça me plait ça me fait du bien d’apprendre en tout cas…
donc j’avais pas envie d’arriver, et puis moi l’échec… je me suis dit « tu t’es lancée dans
une année tu vas jusqu’au bout même si tu vas aux examens en sachant rien tu y vas » ce
qui m’est arrivée d’ailleurs… en histoire ancienne au premier semestre, manque de
chance j’avais pas eu le temps de préparer les cours parce qu’on les avait pas… je suis
tombée sur un oral en histoire ancienne, le prof au bout de 5 minutes je lui ai dit « bon
ben voilà écoutez je ne sais rien ou pratiquement rien », il me dit « en effet vous ne savez
pas grand-chose » mais je lui ai dit voilà « je voulais quand même me présenter pour voir
un petit peu… » voilà pour voir ce qu’ils attendaient voilà pour voir quel était le niveau
attendu…

Interviewer : D’accord… Vous avez dit à plusieurs reprises vouloir savoir ce


que vous valiez… Pourquoi ?

Mégane : Sûrement parce que dans mon boulot, enfin je stagne, c'est-à-dire quand
au bout d’un moment, enfin ça fait 8 ans je travaille… et j’ai toujours aimé quoi voilà
avoir des objectifs avancés que du coup dans le travail au quotidien j’ai pas encore fait
de formation dans mon boulot parce que j’arrive pas à me lancer, y’avait rien qui… et
puis là du coup c’était l’occasion aussi de voir si mes… j’ai toujours aimé l’école, j’ai
toujours adoré l’école, de voir si en tout cas mes… mes capacités d’avant, puisque bon
j’étais pas quand même une mauvaise élève, étaient toujours là quoi… voilà… et puis… et
puis c’est vrai que ça fait du bien au cerveau de le remettre en marche [sourire], même si
au boulot, on réfléchit dans son boulot, mais… voilà c’est pas… c’est pas tous les jours, on
est pas dans les mêmes types de réflexion…

116
Interviewer : D’accord… Vous parliez d’échec aussi, pas avoir envie
d’échouer, là vous avez réussi cette année ?

Mégane : Oui… [rires] je sais pas comment mais j’ai réussi [rires] je sais vraiment
pas comment, je pense que j’ai réussi vraiment grâce au fait que j’ai 30 ans et pas 18
ans…

Interviewer : Ah oui ?

Mégane : C'est-à-dire que forcément j’avais des lacunes très importantes, le temps
il était très peu enfin j’avais beaucoup de temps sauf le deuxième semestre, avec
beaucoup d’examens que j’avais très peu que j’avais peu le temps de travailler, voire je
suis tombée sur des sujets que j’avais pas du tout bossé, mais en fait ma capacité de
réflexion, ma… le fait que j’avais étudié un peu la méthodologie tout ça, je pense que c’est
grâce à ça que je l’ai eu, que j’ai réussi cette année quoi…

Interviewer : Une volonté supplémentaire vous voulez dire ? Entre 18 et 30


ans ?

Mégane : Oui, oui oui…

// L’entretien est interrompu pour raisons météorologiques.

// Sur le trajet, quelques mots échangés :

• Mégane : « à part ça, je vous assure qu’il faut être courageux pour faire la formation
à distance à Bordeaux 3 »
• Mégane : « en fait je ne comprends pas comment ça peut… enfin on a l’impression
que ce n’est absolument pas soutenu »
• Mégane : « Sans le soutien de mon mari, je n’y serai jamais arrivée »

// Reprise de l’entretien dans un endroit où la météo n’est plus perturbante.

Interviewer : Je remets l’enregistreur, du coup vous m’avez dit plein de


choses intéressantes pendant le trajet…

Mégane : [sourire] je peux le redire c’est pas grave.

Interviewer : On va repartir sur l’administration qui n’était pas très à


l’écoute ou…

Mégane : Ils ne sont pas au courants surtout…

Interviewer : Pas trop au courant ?

117
Mégane : Non, ben là vous voyez j’ai appelé la… pour l’an prochain… le bon
exemple où j’ai failli, où je me suis dit « mais c’est pas possible » c’était la VAE… puisque
y’a l’UE projet professionnel de l’étudiant… soit… mais bon aller interviewer des gens et
savoir comment est le monde du travail c’est peut-être pas ce qui m’intéresse le plus
quoi… donc l’an dernier, le 14 mars on reçoit un courrier de la formation à distance en
disant bon ben voilà pour faire valider cette UE par la VAE, remplissez le dossier… donc
je contacte quand même le service concerné en demandant comment ça marche, on me
dit « ah ben non c’est trop tard on prend plus de dossier »… Je dis « mais on vient de
nous les trucs »… « ah mais trop tard, on vous les a envoyés trop tard »… Donc
impossible de faire la validation… et donc la personne de la VAE m’a dit « y’a une autre
session en novembre », alors je lui ai dit « est-ce que vous pensez que c’est possible que
je la valide la deuxième année », elle me dit « je pense »… là j’ai appelé, j’ai passé 5 coups
de fil… Une fois à l’UFR Humanité, une fois au service formation continue, formation,
UFR… ils se renvoyaient la balle l’un l’autre en fait et donc j’ai réussi à obtenir au bout de
5 coups de fil qu’en effet peut-être je pourrai passer la VAE la deuxième année mais au
bout de mars-avril… mais je dis « comment je fais pour les examens du coup je m’y
présente pas au moins de janvier », elle me dit « voilà vous vous y présentez pas »… je
dis « oui mais du coup j’aurais pas droit à la compensation », elle me dit « oui mais
comme ce sera validé », et je dis « mais si jamais y’a un problème » et voilà, on en est
dans ces choses là, et la femme de la formation continue m’a dit « je suis vraiment
désolée pour vous » elle me dit « même nous on n’a pas d’information, c’est n’importe
quoi »… Et là l’an dernier au niveau administratif… en fait l’an dernier19 le seul point
positif c’était le professeur référent, je sais plus comment il s’appelle… qui était vraiment
super, qui a comblé toutes les failles, qui disait « quand est-ce qu’arrive votre cours » qui
disait le cours arrive dans 3 semaines, le cours arrive dans machin… je pense que c’est
lui qui s’en prenait plein la tête, mais en même temps c’est normal les étudiants en
voyant le temps passer se disaient « c’est pas possible quoi »…

Interviewer : c’était un enseignant référent qui était disponible où ?

Mégane : Sur le Bureau Virtuel on pouvait le contacter par e-mail et qui était
référent de toute la formation en histoire en fait… et qui lui en tout cas faisait le lien avec
les profs et qui du coup nous transmettait… enfin moi je lui ai écrit plusieurs fois en
disant « on en est où », en disant « tel cours on a pas ça, tel cours on a pas ça », alors il me
répondait « celui-là arrive dans deux semaines, celui-là vous l’aurez pas »… et à chaque
fois que j’ai pu lui poser soit des questions techniques sur les cours, soit sur le contenu il
a toujours répondu rapidement, vraiment hyper rapidement, après l’administratif
toujours plus difficile à avoir quoi… et puis… puis voilà ils renvoient vite vers autre
chose, ils savent pas.. ils savent pas forcément..

Interviewer : Et donc en fait cette personne compensait un peu les failles


administratives ?

19 Elle parle ici en réalité du semestre dernier.

118
Mégane : oui, je pense qu’il compensait, mais dans ma tête je me suis dit « j’espère
qu’il est payé un peu plus parce que »… il va tenir longtemps à ce rythme là… c'est-à-dire
que s’il gère… alors ils nous ont mis en avant que l’an dernier avec la refonte des
programmes, en effet l’an dernier20 c’était le grand bazar… que ça fonctionnait pas
encore très bien, c’est vrai qu’au deuxième semestre ça fonctionnait un petit peu mieux,
on a eu les cours plus en avance, bon toujours les mêmes choses, c'est-à-dire pas de
cours en anthropologie, pas de cours en histoire ancienne… voilà… en Anglais bon ben
forcément y’a peu la mise en place y’a pas eu la plateforme donc je sais pas si elle y sera
l’an prochain, voilà, mais… ça a été un petit mieux quand même…

Interviewer : Et alors justement quand vous recevez un cours comme ça, qui
n’est pas compliqué, comment vous réagissez ?

Mégane : Euh là je suis entre la dépression et la colère [rires]… Non non d’abord la
colère parce que je me dis « mince j’ai payé une formation complète » et… voilà, et puis
en même temps moi ce qui m’insupporte c’est les réponses, en gros c’est « débrouillez-
vous » mais j’ai envie de leur dire « mais attendez y’a des étudiants qui font ça toute la
journée »21, nous on peut pas faire ça toute la journée et d’ailleurs y’a un prof qui me l’a
dit, je lui ai dit à la fin « non mais vous vous rendez compte », vous nous demandez de
lire deux livres dix jours avant et de réviser de faire les cours je dis « mais c’est
impossible quoi » enfin… je dis… il me dit « oui je sais très bien mais on peut pas faire
autrement », donc euh ben là du coup le soutien sur le Bureau Virtuel, on est 3 hein sur
la première année 3-4, à se soutenir par exemple au premier semestre avec les cours
d’histoire ancienne, j’avais fait du copier coller sur Internet de… j’avais trouvé
pratiquement les cours, très succinctement, je les avais copier coller et donc j’avais
proposer de fournir à tous mes collègues ce premier pour pas qu’ils aient à bosser, en
contre partie y’a un autre qui avait bossé sur le chapitre d’histoire contemporaine qui
nous avait refilé ses cours, on a réussi un petit peu comme ça… à éviter quoi mais en fait
c’est très très dur parce qu’à partir du moment où on n’a pas le cours ça veut dire livres,
ça veut dire bibliographie, donc soit on est très riche, on commande les livres on en a
pour 300 € chez soi, soit il faut aller à la fac, alors il faut bien, prévoir son coup parce
qu’il faut regarder sur Internet, moi c’est qu’une heure de route mais j’ai des collègues
qui peuvent pas quoi, et tu te pointes à la fac « ah ben non le livre vient d’être
emprunté » ou « ah ben il est dans les données mais on le trouve pas », donc on vient, on
vient pour rien [sourire], voilà… et du coup on se retrouve à devoir en tout cas faire,
faire ce que les profs font, c'est-à-dire faire un plan de cours, faire un cours… faire un
cours entier, essayer de sélectionner les informations importantes et à partir de là, à
partir du moment où l’on doit faire ça sur une matière ou sur deux matières ben les
autres passent à la trappe, c’est obligé…

Interviewer : Mmh mmh… et là du coup sur le bureau virtuel vous avez


échangé avec 3-4 étudiants c’est ça ?

20 Au semestre dernier
21 Elle compare ici aux étudiants en présentiel

119
Mégane : ouais enfin c’est moi qui ai lancé parce que moi je suis un peu comme ça,
voilà j’ai commencé à me présenter sur le Bureau Virtuel, à demander qui était là et y’a 3
ou 4 qui ont commencé à répondre et du coup régulièrement on se posait des questions
« mais quelle est la bibliographie », sur le contenu des cours, plutôt sur les problèmes
qu’il y avait on disait « moi j’ai déjà contacté trois fois ce prof est-ce que quelqu’un peut
pas le contacter » ou… voilà on essayait un peu… que chacun ait des informations, mais
voilà on les ramenait sur le Bureau Virtuel, du coup c’était plutôt, heureusement en fait
qu’il y avait ça, y’avait un lieu où lâcher notre frustration…

Interviewer : D’accord… Tout au long de la formation, vous diriez que vous


étiez plutôt anxieuse, à l’aise, ou ça dépendait des moments ?

Mégane : Ouais ça dépendait des moments, c'est-à-dire qu’il y avait des moments
où… où ça y est quand j’étais dans le cours en train de le bosser, où j’étais enthousiaste et
tout ça et des moments où quand je voyais la masse de travail à abattre… ou alors quand
je voyais le temps qui passait et que je voyais qu’il me manquait plein de cours là pour le
coup j’étais vraiment… je me disais « mais c’est pas possible j’y arriverai pas », mon mari
le pauvre [sourire] le nombre de fois où il m’a entendue dire « j’ai pas bossé », il me dit
« mais de toute façon tu feras ce que tu peux, tu fais au rythme où tu peux, si tu peux pas
c’est pas grave » et, en fin de compte j’ai toujours plutôt réussi mais… mais oui oui j’ai
oscillé entre ces périodes là, d’enthousiasme et de dire bon… je vais y arriver… je suis
pas plus bête qu’une autre, même si je bosse moins… il y a l’esprit logique qui est plus
développé et puis y’a d’autres moments je me suis dit « mais c’est pas possible comment
ils veulent qu’en un mois on assimile la moitié des cours du semestre »… voilà, donc…

Interviewer : Et si vous aviez échoué ? Parce que là vous avez réussi c’est ça ?

Mégane : Oui

Interviewer : Et si vous aviez échoué ?

Mégane : Euh… ben si j’avais échoué au premier semestre, à la première session


j’aurais fait la deuxième session ça c’est sûr mais si j’avais échoué à la deuxième session
c’est sûr je reprenais pas une année, c’était convenu avec mon… enfin on en aurait parlé,
on en aurait longuement parlé et c’était pas sûr que je recommence la première année…
On aurait mis ça aussi sur le compte de l’organisation pourrie et du coup on aurait « on
va pas repartir pour une année »… donc c’était pas… c’était pas sûr que je puisse
poursuivre en fait, c’était un peu sous condition de résultats, je pensais vraiment, j’étais
persuadée de passer en deuxième session… j’étais tellement persuadée…

Interviewer : Ah oui ?

Mégane : Ben c'est-à-dire qu’avec un bébé de deux mois… deuxième semestre je


sais même pas comment j’ai pu travailler enfin heureusement il était tranquille comme
bébé, et en fin de compte je suis passée, bon pas, enfin j’ai eu 11 et quelques au semestre,
pas énormément mais je suis passé quoi, donc…

120
Interviewer : D’accord… On en a déjà parlé je crois mais qu’est-ce qui pousse
motivation, alors que vous avez une vie de famille assez remplie j’imagine… ?

Mégane : Ben c’est sûrement, il y a sûrement ce désir ancien d’être prof qui m’est
revenue… parce que bon voilà quand j’étais au lycée c’était ce que je souhaitais faire en
fait, mais je suis allée en lettres modernes et ça m’a ennuyé à mourir, donc je pense que
j’étais pas… j’avais envie d’action, de concret et voilà l’école d’éducateur m’a convenue
tout à fait… et… et puis je suis quand même… j’aime bien les challenges quand même, si
je prends la décision de le faire je vais aller jusqu’au bout, j’aime pas lâcher en cours de
route, ça m’insupporte de… si j’y vais, même si c’est dans la souffrance, même si c’est
dans la difficulté, je veux aller jusqu’au bout et dire « ok j’ai été jusqu’au bout, j’ai
réussi » ou « j’ai été jusqu’au bout j’ai échoué », mais au moins j’ai été jusqu’au bout
quoi…

Interviewer : D’accord… Vous avez parlé à plusieurs reprises de différences


que vous perceviez entre étudiants en présentiel et à distance ?

Mégane : Oui il y a une question de maturité qui est quand même je trouve… moi
c’est vraiment ce qui m’a choquée en fait, je me suis dit « ah ouais t’as pris un sacré coup
de vieux quand même », quand les étudiants ont commencé à me dire « vous » [rires]…
non mais c’est vrai quand on quitte la fac, qu’on continue sa vie et qu’on retourne à la
fac… et puis bon, il y a des choses qu’on ferait plus, je vois là ce sont les conférences qui
ont été annulées pour l’UE PPE, ils ont signés et ils sont partis quoi, je me suis dit oui à
18 ans je l’aurais fait aussi c’est clair, maintenant ça me viendrait même pas à l’idée de
me dire… bon voilà j’ai un cours, j’y vais, donc on sent ces différences de maturité quand
même, et je l’ai vu pendant les examens, voilà j’ai observé pendant les examens les
étudiants… voilà sortir très très vite des examens, et j’imaginais rendre des copies
blanches et dans ma tête je me disais « mais mais, c’est impossible de rendre une copie
blanche », peut-être si sur une dissertation mais là c’était sur des commentaires… je me
disais mais c’est pas possible, rien qu’en prenant la méthodologie classique… voilà
surligner les mots, les expliquer… on arrive à faire quand même quelque chose… et c’est
là que je me disais ouais on sent quand même la maturité et on se rend compte de la
maturité dans l’organisation du travail aussi… je pense qu’on passe moins de temps sur
certaines choses… capacités d’analyse moins importantes… quoique moi je suis un peu
trop scolaire [rires]… je suis encore un peu trop scolaire mais oui on sent la différence…

Interviewer : Oui, mais une différence par exemple de traitement de la part


des enseignants ou des administratifs entre les étudiants en présentiel ou à
distance ?

Mégane : Oui, oui, en positif et en négatif… en fait moi je l’ai vu qu’à la période des
examens, pour le coup, puisque y’a que là qu’on peut le voir… euh… mais je pense qu’au
niveau des examens de l’écrit, ils ne savent pas si on est à distance ou pas… après je crois
qu’au niveau de l’oral ça se joue bon déjà au premier semestre j’étais enceinte comme ça
donc je pense qu’il y a des gens qui ont eu pitié euh mais après j’ai eu une personne en

121
anthropologie qui m’a dit « bon c’est votre première année de licence mais ça se voit
que… que c’est pas votre première année de fac parce que la maturité est autre, la
réflexion est autre »… Du coup on sent que… Ils savent vite quand on est à distance ou
quelque chose comme ça, ils le ressentent, après on a l’impression que y’a le sens
inverse, qu’il y a des profs qui doivent se dire que, je sais pas, à distance on n’est pas des
vrais étudiants, on est là que pour les faire chier, voilà je sais pas… là le prof d’histoire
ancienne j’avais cette sensation là, je me suis dit c’est pas possible, j’avais envie de dire
« on est des étudiants comme les autres, on a payé notre inscription, on aimerait bien
avoir les cours comme les autres, on fait pas ça en dilettante, si on s’inscrit c’est pour
avoir les cours »… voilà… Bon après les profs ont été plus avenants avec nous, mais en
fait on a peu de contacts nous avec les profs, comme y’avait ce professeur référent, mais
j’ai perdu son nom, histoire moderne, en fait on a peu de contacts avec d’autres profs
quand même, et puis moi j’ai pas pu aller aux réunions d’information la première fois
que je venais d’accoucher et… non la première fois j’étais bloquée chez moi, et en arrêt
maladie, et la deuxième fois j’ai pas pu aller aux réunions d’information, donc j’ai pas eu
ce contact direct, avec aucun prof… de l’année… l’an prochain je l’aurais je crois, j’irais…

Interviewer : D’accord, ça vous a manqué ça ? ces réunions ?

Mégane : Oui, apparemment c’était pas mal… je trouve… après… comme moi on
m’a répondu à mes mails, le contact il y était quand même, je trouvais ça bien…

Interviewer : Vous avez envoyé des emails ?

Mégane : oui, oui toujours à ce même professeur et il répondait toujours très


rapidement… après j’avais écrit un mail au professeur de Géographie sur un point de
cours, et il m’avait répondu aussi donc… voilà… sur ce côté-là, y’a quand même eu
des22… à partir du moment où les profs donnent leurs cours je pense que du coup ils
savent très bien que, je pense qu’ils ont envie aussi que les élèves puisse comprendre
leurs cours, enfin j’imagine… mais y’a quand même des aberrations, en géographie au
deuxième semestre… nous on avait un cours sur les climats, et un gros cours sur la
déforestation… et puis ben y’avait des jeunes en présentiel derrière moi, elle distribuait
les copies, et je dis « c’est la prof ça », « oui oui », « elle a l’air assez spéciale » il me dit
« oui oui » [sourire]… du coup je lui dit « vous avez étudié quoi vous »… et en fait on
n’avait pas étudié les mêmes cours, on avait étudié les climats tous, eux n’avaient pas
étudié la déforestation, ils avaient étudié autre chose, je dis « mais… mais enfin
pourquoi »… quand est-ce qu’on va étudier la déforestation, pas du tout ou quoi, je sais
pas… donc y’a des choses comme ça un peu étranges… on a l’impression que les profs
sont un peu en autonomie en formation à distance, ils font un peu le cours qu’ils veulent,
ils présentent le cours qu’ils veulent et limite je veux dire si on suit pas le programme
c’est pareil [sourire], c’est un peu étrange des fois…

22 Dit sur un ton positif

122
Interviewer : D’accord… Et avec les autres étudiants, que ce soit sur le forum
ou ailleurs, il y a une vraie dynamique qui s’est créée ?

Mégane : Ben on est très peu on est trois, vraiment trois, enfin quatre y’en a une
qui faisait la première année de licence en même temps que la seconde et qu’au
deuxième semestre du coup avec eu ses examens donc on l’a plus trop vue sur le forum,
mais ouais on est trois ou quatre quoi… à vraiment s’entraider… après on est une dizaine
où on voit les gens débarquer sur le forum en disant « il nous manque tel cours, est-ce
que vous pouvez nous le passer », voilà, mais sinon on est trois ou quatre à vraiment
s’entraider et tout, et du coup on s’est vu, enfin, au premier semestre on s’est vu oui,
pendant les examens parce qu’on était dans les mêmes groupes, au second semestre
non… Du coup c’est quand même un petit échange, mais je pense que ça mériterait peut-
être un… remarquez il y a des réunions d’information pour se rencontrer, aussi… mais
c’est vrai qu’on s’est pas plus rencontrés que ça, mais c’est vrai qu’on s’est dit que l’an
prochain on se rencontrerait tous là, les 3 ou 4 qui avions sympathisé… c’est bien,
heureusement qu’il y a ça, parce que sinon, sinon ça serait compliqué je pense, je me
serais sentie vraiment seule là pour le coup… pouvoir échanger sur les cours avec
quelqu’un d’autre… qui le vit…

Interviewer : D’accord, d’accord… il n’y aurait pas eu les réunions


d’information ça aurait été plus dur ?

Mégane : Ben moi j’y ai pas été aux réunions d’information, mais y’aurait pas eu de
contacts possibles avec les autres étudiants je pense que ça aurait été compliqué… parce
qu’on se sent vraiment seul… et puis là on peut dire « alors t’as rendu le devoir, oui, moi
non, qu’est-ce que t’as fait, vous en êtes où, moi j’ai pas du tout bossé ça, et toi, moi j’en
suis là », rien que ça c’est bête hein, ça change rien à notre travail mais de savoir où en
sont les autres qu’est-ce qu’ils ont fait, qu’est-ce qu’ils ont bossé, qu’est-ce qu’ils ont lu
comme livre, voilà, y’a ça aussi, les bibliographies [rires]… alors c’est chouette quand t’as
rien d’autre à faire mais quand t’as déjà un cours à préparer, des cours qui te manquent,
une vie de famille, ou une vie professionnelle, comme mes collègues et qu’il faut que tu
lises 15 livres, tu dis bon ben ok la liste tant pis quoi [rires], j’ai essayé au départ mais en
fait j’ai vite…

Interviewer : D’accord… En dehors des contenus de cours, qu’est-ce que vous


avez appris dans cette formation ? Méthodologie de travail à distance par
exemple…

Mégane : Non pas vra-, pff enfin je trouve que c’était… les méthodologies en tout
cas, moi ma méthodologie je l’ai construite comme ça, je vais pas dire à l’arrache mais
forcément l’organisation était tellement à l’arrache que forcément on peut construire
une méthodologie, donc moi je m’étais dit « bon ok ça tel [???], je vais suivre les cours
là » et en fait pas du tout quoi, et donc ma méthodologie elle a été vite, enfin vite, j’ai pris
le parti de bosser cours par cours et dès que je les recevais voilà ça commençait je

123
bossais tout le cours une première fois, mais après au niveau de ce que l’université m’a
transmis comme méthodologie c’est très succinct…

Interviewer : mais vous ce que vous avez appris, de vous même ?

Mégane : Ben moi j’avais acheté un bouquin sur la méthodologie commentaires


dissertions historiques, c’est ça qui m’a permis de voir un peu plus clair, mais en fait
c’est ce qu’on disait avec nos collègues de formation, c’est là où on est en point faible,
c’est notre point faible quoi, c’est le manque d’entraînement, le manque d’entraînement
au niveau méthodologique quoi… après je me dis qu’on doit pas être aussi à l’ouest, j’ai
été consulter mes copies au premier semestre et y’a pas un prof qui m’a dit « mauvais
problématique » ou voilà… ou quelque chose comme ça donc je me dis je dois pas être
totalement à l’ouest non plus… mais je trouve que c’est notre point faible, et là au
deuxième semestre je trouve que y’a une prof qui, et moi j’ai pas pu le faire car c’était
absolument impensable, mais qui a fait une chose intéressante, c’était un devoir en deux
parties la première partie fallait qu’on lui rende le plan et l’introduction, et la deuxième
partie fallait faire le devoir, je trouvais ça plutôt pas mal pour nous faire travailler
finalement cette espèce de méthodologie qui est plutôt difficile à acquérir, et après au
niveau de méthodologie de cours, honnêtement… moi je recevais les cours je faisais des
résumés des cours, enfin des résumés, oui, enfin, avec les pavés qu’ils nous transmettent,
comme si j’écrivais le cours en fait… parce que forcément quand un prof dit un cours en
amphi on, quoi je sais pas combien de pourcentage, on récupère… là c’est un peu pareil
quoi j’ai fait ça, j’avais mon cours, un premier surlignage, première compréhension et
après moi j’éprouve le besoin de réécrire mon cours pour le faire un peu à ma façon…
donc voilà c’était un petit peu ma méthodologie, alors qui prend beaucoup de temps,
mais en fin de compte me permet d’apprendre… d’apprendre assez rapidement quand
même…

Interviewer : D’accord… Et si c’était à refaire cette formation, est-ce que vous


changeriez quelque chose dans votre manière de travailler ?

Mégane : Oui, j’anticiperai plus… quand je vois à quel point c’est dur là de tout
gérer, j’anticiperai, là par exemple cette année j’anticipe, là depuis que la formation est
finie j’ai pris 15 jours de repos, et là je… tous les jours je retravaille mes biographiques
en histoire moderne, que je mets dans un classeur, j’ai regroupé toutes mes définitions
que j’ai mises dans un cahier, j’ai relu vite fait tous mes cours, et j’ai noté sur un cahier ce
que j’avais pas compris et qu’il fallait approfondir, par exemple en histoire moderne, j’ai
marqué « organisation administrative et financière du royaume » à revoir, tous les noms
tout ça machin… J’ai déjà commandé un livre d’histoire d’ancienne, puisqu’il y a le
programme qui est affiché, pour le lire puisque je sais qu’on n’aura pas de cours… donc
voilà, pour le coup cette année je fais de l’anticipation, plus plus, et… et je pense que c’est
ça qui va me permettre de m’en sortir, l’an prochain j’aurai plus à chercher les
informations à droite à gauche, je les aurais regroupées… je pense que c’est ça, vraiment,
c’est presque anticiper sur les cours un petit peu qu’il faut faire, mais peut-être que cette

124
année ça se passera mieux… je sais pas on verra, je pense… j’espère… j’espère parce que
je pense que sinon dans la durée ça va être difficilement tenable, là cette année je serai
incapable s’ils nous fournissent la moitié des cours au bout d’un mois je pourrai pas23, je
travaillais pas mais cette année… mais bon après j’ai des collègues qui l’ont fait, ils ont
fait plein d’impasses mais ils se sont débrouillés… mais bon, c’est dommage je trouve ça
dommage parce que c’est une formation hyper intéressante et ça mériterait que
l’université l’appuie un peu plus et l’organise… vraiment l’organise, c'est-à-dire à un
moment ou à un autre quand on propose une formation, qu’elle soit complète… et que
les modalités soient aussi pour les formations à distance… parce que là on a l’impression
qu’ils se disent « ah oui, y’a les formations à distance qui doivent être évaluées en
anthropologie », « ah mais oui mais ils ont pas de TD, donc ils ont pas de cours, sur quoi
on les évalue ? », « Ah ben on va prendre trois thèmes différents », c’est ce qu’ils ont fait
là au deuxième semestre et y’en a 5 qui vont lire ce livre sur l’histoire Grecque, 5 qui
vont lire ce livre sur le Moyen-Âge, c’est ce qui s’est passé en fait, donc avec mes
collègues on a chacun reçu des livres différents, donc y’en a un qui était évalué sur
l’adolescence dans le monde Grec, moi j’ai été évaluée sur l’enfant au Moyen-Âge et une
autre collègue sur je sais plus quoi… et en fait c’est parce qu’ils, je pense qu’ils y pensent
un mois avant en se disant « mais qu’est-ce qu’on va leur faire dire à l’oral »… donc je
pense que tant que ça ça ne sera pas pensé, et là y’aura une double organisation quoi…
du coup on n’est pas évalué, on n’a pas une égale évaluation des autres, à l’oral pas de
ma même façon quoi… pas du tout… après je pense qu’ils font preuve de beaucoup plus
de souplesse, c’est un avantage pour nous à l’oral… je crois que… pour le coup je crois
que les profs ils ont vu comment on galérait… pour le coup là en Anglais c’est pareil, je
me dis mais c’est pas possible, mon mari il est bilingue il s’est fichu de moi il m’a dit
« mais comment tu vas faire » je lui dis « je sais pas je vais faire » bon en 20 minutes les
trois pauvres phrases que j’ai préparées… mais c’est et les 25 fautes que je lui ai faites en
parlant, je me suis dit voilà… mais en même temps il faut aussi, je pense qu’ils ont
conscience qu’on n’a pas eu assez avec la plateforme, les étudiants ils ont eu des cours
alors que nous on a rien eu alors forcément en bossant autonomes… on n’a pas de
renvoie si ce qu’on fait est bien…

Interviewer : Votre mari vous a aidé aussi pour l’Anglais du coup ?

Mégane : [rires] non, non il est bilingue mais il est nul en grammaire, pour le
coup… voilà, j’ai pas trop demandé… mais bon il savait que ça allait être assez dur l’oral
pour moi on en a un peu rigolé mais voilà, en même temps, je pouvais pas faire
autrement sans aucun... y’avait 3 pauvres cours, j’ai fait avec ce que j’avais…

Interviewer : D’après vous, pour être efficace à distance qu’est-ce qu’il faut
comme compétences, qualités, voire même personnalité…

Mégane : ah il faut enfin l’autonomie ça c’est clair, c’est plus que clair… je pense
qu’il faut aussi une capacité de, d’organisation générale, comment expliquer… et moi

23 Rappelons qu’elle reprendra le travail l’année en question.

125
c’est ce que j’ai dit au professeur je lui ai reproché je lui ai dit c’est pas normal, c'est-à-
dire que quand on nous envoie les cours on sait jamais s’ils sont complets ou non… moi
j’ai toujours appelé en disant « est-ce que le cours est complet », parce qu’il manque, je
trouve que c’est ce qu’il faudrait vraiment, dire « on étudie tel chapitre, voici le plan du
cours », comme ça… il faut absolument avoir une vision à long terme… il y a des
étudiants qui ne l’ont pas, ce sont les profs qui gèrent cette vision en disant « bon ben on
a telle période à étudier, on fait tel cours tel jour, tel cours tel jour », du coup c’est
scandé, leur travail est scandé, là on n’a pas un travail scandé, donc il faut absolument
qu’on se dise « ok on a ça comme programme au semestre, il faut qu’en deux semaines
j’ai fait ça, en trois semaines j’ai fait ça… », voilà c’est quelque chose de l’organisation
générale et qui était impossible l’an dernier parce qu’on avait même pas les plans de
cours… donc on recevait, par exemple en géographie il disait « vous avez reçu la majeure
partie du cours », bon ok, 2 chapitres, et en fait un mois avant on reçoit 4 chapitres de
plus, j’avais pas du tout prévu, pour moi j’avais bossé ma géographie c’était fini quoi,
enfin voilà c’est vraiment une organisation… générale à avoir… après je crois qu’il y a…
une capacité à faire des impasses, non mais je dis ça comme ça, mais en gros c’est une
capacité à se dire aussi « bon ben voilà, j’ai lu, j’y vais avec ce que j’ai »… il faut… si on
commence à se dire je veux faire le même niveau que les présentiels je crois que… on
s’angoisse et on arrête tout tout de suite quoi, parce que c’est impossible, c’est
physiquement impossible… et je sais pas si c’est pas ça qui bloquer à un moment ou à un
autre, en première année ça va mais après je sais pas, je sais pas si après c’est… moi ce
qui m’aidera à poursuivre c’est l’organisation quoi… si c’est super organisé et que les
cours arrivent dans les délais que… les devoirs nous sont rendus à temps, que… voilà…
j’y arriverai, maintenant je sais pas… comment ça va être cette année, cette année on a
dit que c’était l’année test en fait24, vraiment…

Interviewer : oui d’accord… Test plutôt concluant pour vous…

Mégane : Oui, mais l’an prochain [s’adressant à son enfant : ça va être un plus dur…
parce qu’il va falloir bosser le soir en débauchant]… là ça va être un peu plus dur, surtout
quand je débauche à 20h30 ou 21h… mais bon on va faire avec, on va essayer, on va
essayer…

Interviewer : Bien, pour terminer, souhaitez-vous ajouter quelque chose qui


n’a pas été abordé ?

Mégane : Non

Questions posées par la suite par e-mail (précisions demandées)

1. Vous parlez du forum comme lieu pour "lâcher votre frustration", notamment par
rapport aux problèmes administratifs / contenu des cours.

24 Avec son mari

126
> Qu'est-ce qui vous a amené à parler de ces frustrations sur le forum ?
> Qu'est-ce que cela vous a apporté ?

2. Vous indiquez n'avoir pas pu assister aux réunions à l'Université (regroupements) :


"j’ai pas pu aller aux réunions d’information la première fois que je venais
d’accoucher et… non la première fois j’étais bloquée chez moi, et en arrêt maladie,
et la deuxième fois j’ai pas pu aller aux réunions d’information, donc j’ai pas eu ce
contact direct, avec aucun prof" (c'est une retranscription fidèle, donc sans négation,
etc)

> Qu'auraient pu vous apporter ces réunions ?


> Le contact physique vous semble-t-il plus productif que le contact à distance ? En quoi ?

3. A propos du contact avec les autres étudiants, vous dites : "c’est bien, heureusement
qu’il y a ça [l'échange avec les autres], parce que sinon, sinon ça serait compliqué
je pense, je me serais sentie vraiment seule là pour le coup… pouvoir échanger sur
les cours avec quelqu’un d’autre… qui le vit…"

> En quoi le fait d'échanger avec les autres vous aide dans votre formation ?
> En quoi le fait que l'autre vive la même chose est importante ?

--- Réponses :

Pour le fait d'aller aux réunions, je pense qu'elles m'auraient apporté la possibilité
d'avoir plus d'information. Il est en effet parfois difficile d'envoyer un mail à un
professeur dès que l'on a une question ( ce qui peut être souvent pour moi). De plus ces
réunions me semblent rassurantes et rassurantes. Mes camarades qui y ont été en sont
ressortis plutôt apaisés quant à leurs angoisses sur le déroulement de la formation.

En ce sens le contact physique transmet plus d'humanité et donc est plus efficace
pour rassurer les gens. Or au vu du déroulement chaotique de la formation je pense
qu'ne réunion expliquant le pourquoi des difficultés, comment ils allaient faire pour que
l'on ne soit pas trop lésés par exemple aurait été bien plus aidant qu'un simple email.

Je pense aussi qu'un système de visio conférence ou de conférence téléphonique


serait un plus.

Pour ce qui est de l'échange avec les autres personnes dans ma formation cela
m'aide comme je vous l'ai dit pour regrouper nos informations, nos cours, nos questions.
A partir de là, à plusieurs on arrive mieux à "tisser une toile" regroupant toutes les infos
dont on a besoin. Le fait d'être en contact avec ce groupe me permet de passer moins de

127
temps et d'énergie sur certains sujets et ainsi me concentrer sur mes cours : j'ai pu cette
année obtenir une partie des cours d'histoire contemporaine grâce à un échange de
cours, cela m'a permis un temps de préparation moindre par exemple.

Le fait que l'autre vive la même chose et qu'on puisse échanger sur nos ressentis me fait
sortir automatiquement d'un isolement qui existe malgré l'existence de ma famille. Mon
mari m'écoute avec beaucoup de patience mais il ne comprend pas toujours mes
inquiétudes, mes joies, l'importance que certains sujets ont. De plus il se perd vite quand
j'évoque avec lui l'organisation de l'université, des examens, des cours.. D'où cette
importance d'être avec d'autres qui vivent la même chose car je pense que dans toute
formation, à distance ou non, que la communication avec ses pairs aide à la réussite, aide
à la confiance et permet la mutualisation des données.

Autre question posée, suite à cette réponse : « en quoi la visioconférence ou


conférence téléphonique serait un plus ? »

128
9. Elise

Interviewer : avant tout je voulais vous demander, vous avez un bac +5 c’est
ça ?

Elise : oui, c’est un DEA de philosophie… couplé avec un DESS de ressources


humaines…

Interviewer : d’accord et vous travaillez à temps plein ?

Elise : là je travaille à temps plein en tant que professeur de Lettres… [sourire]

Interviewer : d’accord, vous êtes professeur de Lettres et en Lettres


classiques ?

Elise : oui, je vais vous expliquer, au départ j’ai un DEA de philosophie, je ne voulais
pas enseigner, j’avais un peu enseigné en étant étudiante avec des adultes et je ne
souhaitais pas me retrouver une classe de terminale et je me sentais pas prête, j’avais
envie de voir autre chose, donc j’ai couplé ça avec un DESS de ressources humaines, j’ai
travaillé pendant 8 ans en ressources humaines, j’ai fait plusieurs postes et puis sont
arrivés les enfants et une vie un peu différente, et là j’ai commencé à me dire que j’avais
envie d’autre chose envie de travailler sur un autre mode, et puis peut-être retourner
sur de l’enseignement parce qu’intellectuellement je tournais en rond donc y’avait une
certaine lassitude et de l’ennui… j’ai commencé à travailler en région parisienne et là
nous étions en région Rhône-Alpes, et le type de poste qui intellectuellement aurait pu
m’intéresser et auquel je pouvais m’attendre il fallait que nous re-déménagions en
région parisienne, avec de jeunes enfants, honnêtement, ce n’était pas un projet de vie
que nous envisagions, je dis nous parce que c’est mon époux et moi, pour les enfants, lui
a changé de région, moi je me suis retrouvée en région aquitaine, avec une culture
d’entreprise totalement différente ce qui fait que je n’ai pas retrouvé de poste équivalent
à celui que j’occupais, je m’occupais de la formation continue, ici y’a beaucoup de PME
voire de TPE et le type de poste en fait n’était pas du tout en adéquation y’avait quelques
postes sur Bordeaux mais… bien occupés et j’ai repris plusieurs entretiens comme ça, on
est surtout sur de l’embauche sur réseau, il fallait intégrer le réseau et ça je n’y arrivais
pas, et j’avais vraiment envie de faire autre chose… et là j’ai trouvé par l’ANPE une offre
pour enseigner les Lettres, là c’est l’éducation nationale, « vous y allez », première
expérience un peu délicate, la deuxième s’est bien mieux passée je lui ai dit « vous savez
moi j’ai fait de la philosophie pas des Lettres », est-ce que ça pose problème ou non, il
m’a dit « non y’a pas de souci », on se retrouve au collègue sur les mêmes compétences
ou connaissances, avec la culture générale je m’en sors en collège je m’en sors mais en
lycée ce serait beaucoup plus complexe, donc j’ai envie d’avoir des bases beaucoup plus
solides, les Lettres Classiques c’est aussi parce qu’il y a un manque de professeur de
Latin, donc en terme d’opportunité de carrière c’est beaucoup plus facile à gérer, et puis
je voudrais quand même réussir à passer le CAPES en interne, et là y’a une validation des
acquis, de l’expérience et je pense que pour renforcer mon dossier c’est bien de montrer

129
que je renforce mes connaissances en Lettres… voilà comment j’en arrive à m’inscrire en
première année de Lettres Classiques… en redémarrant à la base…

Interviewer : d’accord, donc là vous voulez faire la Licence, les 3 années

Elise : les 3 années, éventuellement le Master 1 et puis voilà voir après mais au
moins la Licence…

Interviewer : d’accord, très bien… oui effectivement je retrouve sur le


questionnaire auquel vous aviez répondu, sur votre motivation principale vous
aviez indiqué un diplôme à but professionnel, mais aussi le plaisir

Elise : le plaisir, voilà le plaisir intellectuel, même si en collège je retrouve le plaisir


on est pas sur le même niveau, moi ce qui me plaît beaucoup c’est à l’université on est
vraiment sur du conceptuel, de l’intellectuel pur, en collègue on se retrouve face à ce
qu’est un collégien en 2012, j’aime bien travailler sur ces 2 aspects là d’un côté je suis
contente de ce que je fais à l’université, de l’autre côté y’a cet aspect pédagogique des
jeunes, j’aime beaucoup…

Interviewer : d’accord très bien, et donc vous l’avez fait à distance plutôt
qu’en présence parce que vous travaillez à temps plein

Elise : oui, oui et puis avec les enfants c’est difficile de se permettre des aller-retour
comme ça et puis avec le temps je ne pouvais pas faire autrement qu’à distance mais
j’aimerais bien de temps en temps être en présentiel…

Interviewer : ça vous manque ?

Elise : ça me manque, la relation avec l’enseignant me manque, et puis quand on a


des questions on est seul avec ses questions, même s’il y a le forum mais moi je sais pas
encore bien m’en servir… parce que moi quand j’ai fait mes études, j’étais en présentiel
et tous les outils informatiques c’était le début donc effectivement on faisait des
recherches sur Internet, mais on n’avait pas ces échanges de forums donc les TD
servaient à ça

Interviewer : oui d’accord… donc le forum par exemple vous n’utilisez pas ?

Elise : alors, je commence à comprendre à quoi ça sert et comment l’utiliser, mais il


m’a fallu, il a fallu que j’arrive aux examens du premier semestre pour comprendre à
quoi servait le forum, comme on était peu nombreux en Lettres Classiques il n’y avait
quasiment jamais de questions… et là je suis arrivée avec toute une série de questions, et
Mme D. m’a dit « mais pourquoi vous ne les avez pas posées sur le forum », j’ai dit mais…
c’est un peu une découverte, je connaissais les forums sur Internet du style « j’ai un chat
qui a des puces quoi faire », je caricature, mais je connais les forums pour ça absolument
pas pour un échange étudiants ou d’idées ou les questions, le forum j’ai compris que les
questions que je me posais quand elles étaient ouvertes il fallait demander sur le forum,

130
l’e-mail c’est vraiment pour des questions du style « je ne peux pas participer à l’examen,
je vous préviens »…

Interviewer : l’enseignante a précisé que le forum servait à

Elise : absolument pas, nonon c’est vraiment ce que j’en ai déduit parce que mes
questions c’était « on a une épreuve mais on n’a pas le cours », et elle m’a dit « mais
pourquoi vous n’avez pas posé de questions sur le forum auparavant », donc après j’ai
compris ce que c’était que le forum…

Interviewer : d’accord… et vous avez contacté des enseignants pour leur


poser des questions ?

Elise : oui, oui oui… alors c’était des questions très précises, « il me manque tel
document où est-ce que je le trouve » et à chaque fois c’était des réponses rapides…
plutôt très contente de la relation comme ça…

Interviewer : d’accord… et si la réponse avait été plus longue ?

Elise : si j’avais dû attendre longtemps… je crois que j’aurais poursuivi ma


recherche par ailleurs, quitte à relancer un peu plus tard, je suis de la génération avant
Internet donc j’ai toujours du mal à relancer par e-mail, enfin voilà… j’aurais attendu je
pense, un petit moment…

Interviewer : d’accord, d’accord d’accord… et vous disiez tout à l’heure qu’à


distance il y avait justement ce problème qu’on pouvait pas poser une question
directement par rapport au présentiel où on lève la main, et du coup pour ces
questions vous avez pu les poser par e-mail ou…

Elise : alors… j’ai posé des questions mais qui pour moi étaient plus d’ordre
pratique, y’avait un cours y’avait un renvoi aux figures on n’avait pas les figures, c’était
plus des questions comme ça, maintenant les questions de fond… j’ai présenté qu’une
partie des matières, les matières que j’ai travaillé j’ai trouvé les réponses ailleurs… sans
poser de question… après y’a quelques matières très techniques, que j’envisage de faire
l’année prochaine, là je pense que je vais poser des questions enfin je vais poser des
questions dont je n’aurai pas les réponses en dehors de celles que m’apportera
l’enseignant25… la linguistique par exemple ou sur la langue grecque, je ne sais pas où
trouver la réponse…

Interviewer : oui d’accord, d’accord… effectivement sur les enseignants j’ai


vu que vous aviez précisé sur le questionnaire qu’ils étaient très actifs et à
l’écoute… à l’écoute c’est-à-dire ?

25 C’est-à-dire qu’elle ne fera confiance qu’en ce que l’enseignant lui dira, et non pas à toute autre
réponse trouvée ailleurs.

131
Elise : c’est-à-dire que j’ai trouvé, ça c’est quand je les ai rencontrés aux examens,
en général on a pu échanger hors de l’examen, et ils sont soucieux de savoir comment ça
se passe pour les étudiants à distance… quels sont les types de problèmes qu’on peut
rencontrer, qu’est-ce qui nous motive pour être là, donc je les ai trouvés plutôt, très
ouverts et très curieux… j’ai eu l’impression d’avoir une relation différente de l’étudiant
en présentiel… y’a peut-être la différence d’âge qui fait qu’on n’aborde pas l’enseignant
de la même façon, ça c’est… oui je les ai trouvés vraiment soucieux de l’étudiant, je n’en
gardais pas forcément ce souvenir là avec l’université, j’avais plutôt l’impression quand
j’étais étudiante de prendre les cours puis partir, de pas avoir une relation
interpersonnelle comme là je l’ai eu avec les enseignants… et puis tout de suite repérer
« vous n’êtes pas en cours vous », c’est peut-être l’âge aussi qui fait qu’on est repérable
plus facilement, je ne sais pas… je les ai vraiment trouvés à l’écoute des étudiants…

Interviewer : d’accord, et ça, ça a quel impact pour vous ?

Elise : très motivant, très très motivant, parce qu’on sort… l’inconvénient de la
formation à distance c’est qu’on a un peu l’impression d’être… d’être un peu un numéro
voilà d’être seul et d’avoir cette perte d’identité alors que quand on se retrouve face à
l’enseignant, qui vous dit « mais si vous auriez dû la présenter cette épreuve, mais si
vous allez y arriver », ça motive énormément en se disant « bon on est loin mais en
même temps ils gardent un œil sur nous » ce dont on n’a pas forcément l’impression
quand on est face à son ordinateur et qu’on travaille, à ce sujet-là je suis obligée
d’imprimer mes cours je lis pas les cours sur l’écran c’est très difficile… l’écran crée une
distance, en FAD ça renforce la distance par rapport au papier, c’est purement
psychologique mais tous ces aspects-là font qu’on on fait moins du cours le sien, on n’a
pas le tableau on n’a pas l’écriture du professeur donc y’a un besoin recréer cette
relation que moi j’appelle charnelle, qui est tout simplement une relation physique où on
écrit sur son cours, on le prend en note, moi je prends des notes sur mon cours j’écris
dessus j’ai besoin de passer par cette étape là pour apprendre…

Interviewer : oui je comprends oui… et concernant les autres étudiants, j’ai


cru comprendre en relisant votre réponse au questionnaire que vous auriez aimé
plus de contact avec eux ? vous les avez rencontrés c’est ça ?

Elise : oui, alors je les ai rencontrés aux examens, donc on a pu échanger un peu
alors ils étaient dans des profils un peu différent du mien beaucoup plus jeunes, pour
certains en… à chaque fois ce sont des cas très particuliers donc finalement en FAD, j’ai
trouvé peu de points communs, mais ils étaient beaucoup plus jeunes donc l’abord s’est
fait un peu plus… c’est fait un peu diff… on était quatre en fait ils se sont retrouvés
facilement tous les 3 parce qu’ils étaient du même âge et même type de profil et puis je
les ai abordés parce que je les ai vus plusieurs fois26 et c’est vrai qu’on a pu échanger sur
nos difficultés sur nos facilités sur, mais eux étaient dans la génération purement
Internet et utilisaient assez peu le forum, travaillant très dans le, à propos j’ai retrouvé

26 Lors de sessions d’examens

132
un comportement que je connaissais moi étudiante c’est très individualiste, pas du tout
dans le travail de groupe, parce qu’on aurait pu se dire « tiens on se voit ce matin une
fois par semaine une fois tous les 15 jours on s’envoie toutes nos questions pour savoir
où on en est, ou en Grec échanger, ce qui a posé problème, les, les échanges aussi
d’exercice » et ça s’est pas du tout fait j’ai pas du tout senti cette envie ils étaient plus
dans la relation… on se connaît donc on s’envoie des e-mails, mais on n’est pas dans le
travail de groupe, ça ça m’a un peu manqué ce travail là parce que je trouve que c’est
motivant vous vous fixez tous les deux jours ou tous les dix jours on s’envoie toutes les
questions, ça vous oblige à avancer, alors… déjà étudiante je trouvais que j’avais besoin
des examens pour avancer, mais là avec toutes les occupations que j’ai à côté si je me fixe
pas une date ou, voilà j’ai tendance à, une tendance naturelle à la procrastination et là en
plus avec la distance se dire « oh ben de toute façon j’ai d’autres priorités » enfin voilà…
on hiérarchise les priorités, donc je pense que ça m’aurait motivé et j’aurais passé peut-
être plus d’UE qu’en étant toute seule… c’est un peu ce que j’ai trouvé dommage…

Interviewer : vous auriez aimé plus de contact

Elise : oui… ou former des groupes de travail juste pour se dire parfois « ça va
bien on a bien avancé » ou au contraire « là je bloque là je comprends pas, est-ce que tu
as des réponses » et ainsi de suite

Interviewer : vous avez essayé quand vous les avez rencontré de

Elise : non c’était trop tard… on était sur le second semestre et moi je passais
qu’une partie des épreuves et eux les passaient en entier, donc ils avaient en fait travaillé
tous les cours contrairement à moi qui avait fait un choix de matières, donc on était pas,
peut-être qu’en début d’année j’aurais pu, j’aurais travaillé peut-être différemment…

Interviewer : vous auriez fait comment ?

Elise : Mmmh… je pense que je me serais moins laissé gagner par le temps, parce
qu’en fait y’a des choses que j’avais pas comprises pour une matière et on avait le cours
pour l’année, j’ai pensé qu’on avait le cours pour le semestre, et au bout de 6 7 leçons je
me disais mais c’est pas possible les examens étaient en janvier on était début décembre
je me suis dit je vais jamais faire les 7 leçons, et effectivement je ne pouvais pas les faire
en termes de temps et temps d’apprentissage du coup j’ai laissé la matière en disant
« mais non en fait je vais être prête pour l’examen » et en fait en discutant avec les
étudiants ils m’ont dit « mais non on avait juste les 7 premiers cours à voir », donc là dès
le début de l’année je pense qu’on aurait posé peut-être aussi des questions qu’on s’est
posées entre nous, le fait de travailler sur le forum je pense qu’on aurait posé des
questions plus tôt aussi… en se disant se sont pas uniquement mes interrogations se
sont les interrogations de tout le monde… donc voilà je souhaite me réinscrire et je me
dis dès le début je vais me lancer dans le forum puisque de toute façon ça me pose pas de
problème bah je travaillerais toute seule si j’ai des réponses ça permet de créer un
groupe de travail aussi…

133
Interviewer : d’accord, d’accord… et alors vous les avez trouvés par contre un
peu individualistes dans leur manière de faire ?

Elise : oui, oui, de travailler, ça vient peut-être aussi de… quand j’étais en
philosophie, on est forcément, le mode de pensée est forcément individuel… puisqu’on…
on a peu de travaux de groupe on ne rend que des travaux individuels donc c’est quelque
chose que ne connaissent pas forcément les étudiants en Lettres puisque chacun
travaille de son côté pour arriver à, enfin on est face à sa copie donc ne rend jamais des
travaux de groupe en Lettres, donc ce mode de travail est inconnu pour la plupart des
étudiants, alors que je vois quand je parle avec mes collègues qui sont tous certifiés au
niveau du CAPES on travaillait en groupe, ne serait-ce que « j’ai lu tel livre je t’en fais le
résumé » et en fait on gagne de la culture et du temps, alors c’est vrai que c’est du vernis
culturel, mais ça rend des services, de travailler un thème à fond de le présenter aux
autres, soi-même on connaît le thème et les autres connaissent le résumé, mais ça je
pense que pour des premières années c’est difficile à envisager, y’a aussi le fait que
comme j’ai fait des études auparavant je sais à quoi on aboutit en Master on est plus sur
le même type de travail donc tout ça comme ce sont des étudiants en première année,
pour la plupart, ils n’avaient pas fait d’études ou très peu donc même s’ils étaient en
reprise d’études c’était différent, donc ils ne voyaient pas forcément le travail à terme, et
je me voyais pas arriver en disant « mais si, vous comprenez pour plus tard » je pense
que c’est aussi à chacun d’avancer petit à petit… peut-être que l’année prochaine, j’aurais
des gens plus âgés qui ont déjà fait des études je sais pas du tout…

Interviewer : d’accord… je voulais vous demander, vous avez des enfants une
famille, l’environnement dans lequel vous vivez est-ce qu’il vous semble favorable
à la formation à distance ?

Elise : oui et non… favorable oui parce que… mon époux me soutient entre
guillemets, il ne râle jamais quand je travaille soir, il conçoit en plus avec le fait d’être
enseignant je travaille forcément le soir donc un peu plus ou un peu moins on va dire
qu’on est, ce n’est pas vraiment un problème, les dimanches quand j’ai besoin de
travailler y’a pas de souci, les enfants c’est différent, les enfants sont consommateurs de
temps, je ne peux pas leur dire quand on rentre en plus ils sont jeunes, à 17h30 vous
êtes gentils mais Maman va travailler jusqu’à 8 heures et demie, déjà parce qu’il y a tout
simplement leurs devoirs à faire, les préparer, toute la vie quotidienne le repas le bain
ainsi de suite, c’est… c’est pas très beau de la part d’une mère [sourire] mais oui c’est
forcément un frein au, pas à l’apprentissage, mais les enfants consomment le temps que
l’on pourrait passer sur l’apprentissage donc on apprend différemment, on est obligé de
mettre en place des stratégies d’apprentissage un peu différentes… et puis de s’organiser
pendant les vacances, partir une semaine chez papi et mamie moi ça me laisse une
semaine pour travailler donc on, forcément c’est plus compliqué cet aspect-là, c’est
surtout le temps, après eux sont très contents quand j’ai eu une bonne note « ah toi aussi
t’as eu une bonne note à ton évaluation » voilà, donc c’est assez amusant, ils
comprennent absolument pas mais je leur dis que j’ai des évaluations…

134
Interviewer : d’accord… et du coup en terme de soutien justement de la part
de votre mari ou des enfants…

Elise : c’est un soutien psychologique, absolument pas intellectuel, on est là-dessus


nous… voilà donc comme les gosses quand j’ai eu mes résultats j’appelle mon mari pour
dire « j’ai eu telle note », ces petites choses, mais l’image qui est renvoyée qui est
positive ça vous aide aussi à continuer je veux dire il comprend la démarche, et ça y
fait… si j’étais dans un environnement où personne ne comprenait la démarche, ça
poserait énormément de problèmes, alors que là bon il comprend tout à fait que les
veilles d’examen je sois d’humeur exécrable, que je sois super tendue et voilà, on
retrouve ses réflexes d’étudiant, je pensais qu’en vieillissant je me disais oh de toute
façon c’est quand même pour la connaissance l’apprentissage que je suis là et en fait non
je suis comme les étudiants la veille d’un examen je suis super tendue et j’ai qu’une envie
c’est avoir une bonne note comme les étudiants, moi je me suis retrouvée à travailler
comme quand j’étais étudiante, café coca et sucrerie [sourire]

Interviewer : [sourire]

Elise : c’est lamentable mais on reste comme ça…

Interviewer : d’accord… et justement vous dites, s’ils ne vous avaient pas


soutenue ç’aurait été

Elise : beaucoup plus difficile, si j’étais avec quelqu’un qui comprend pas la
démarche, et l’intérêt et aussi tout simplement, je pense mon conjoint sait que j’aie
besoin intellectuellement de progresser et d’apprendre, donc ça, je pense que dans un
autre environnement j’aurais abandonné ou je ne me serais même pas lancée dans ce
type de formation si j’étais avec quelqu’un qui me disait « mais à ton âge » ou « toute
façon tu en as pas besoin », ça change beaucoup la donne, là c’est même lui qui me dit
« mais pourquoi tu ne t’arrêtes pas un an pour préparer le CAPES », je dis « non c’est un
petit peu risqué »…

Interviewer : d’accord il vous encourage

Elise : oui oui oui…

Interviewer : oui justement je rebondis sur quelque chose qui était dans le
questionnaire, je rebondis par rapport aux proches, vous aviez dit qu’ils étaient
indispensables à votre formation

Elise : oui, oui oui… alors y’a l’aspect psychologique le soutien et puis aussi cet
aspect le fait que ce soit très consommateur de temps donc il faut que la famille accepte
que le dimanche après-midi par exemple vous alliez faire autre chose que ben aller faire
un tour en vélo donc moi je m’arrange pour que les enfants aient du temps avec moi,
mais aussi pour les confier à mon conjoint… ils partent en vélo et je suis tranquille…

135
Interviewer : et dans l’environnement professionnel y’a des collègues qui
vous…

Elise : alors… oui, oui aussi, je vois j’avais mis au courant l’école puisque pour les
autorisations d’absence et le principal en plus j’avais de la chance le principal c’est un
ancien prof de Lettres et on a parlé à la fois contenu du cours et aussi il me disait
« surtout allez-y continuez ne lâchez pas c’est un moyen de progresser » voilà et puis les
collègues qui me font « ah c’est bien, qu’est-ce que tu vas apprendre c’est bien », les
collègues de Lettres intéressés par le contenu du cours, puis en disant « courage passe
les examens »…

Interviewer : et ça ça participe à votre

Elise : motivation oui aussi, tout simplement se dire, euh ça renforce aussi l’envie
de réussir, se dire maintenant que j’en ai parlé faut quand même qu’à la clé j’assure un
peu, c’est de l’orgueil mais ça participe aussi à cette motivation là… disons je m’absente,
alors c’est vrai que les absences je les ai rattrapées mais j’ai jamais eu aucun souci, j’ai
besoin de demi-journées ça a jamais été refusé faut quand même qu’en échange j’assure
un minimum quoi…

Interviewer : d’accord… et si vous échouiez justement ?

Elise : oh je l’aurais mal vécu, super mal vécu je pense… ça aurait… ça aurait mis
vraiment un frein à la formation, alors c’est vrai que les premiers devoirs j’ai beaucoup
souffert parce que entre guillemets hein réécrire pendant 4 heures, écrire à la main, se
concentrer aussi pendant 4 heures moi j’avais perdu l’habitude, au bout d’1 heure j’ai
commencé à regarder dans tous les sens en me disant c’est pas possible, et puis même
refaire une dissertation c’est quelque chose que j’avais un peu oublié donc les premiers
devoirs étaient durs… y’avait beaucoup j’en voyais sur les forums qui disaient « moi une
dissertation j’en ai pas fait depuis longtemps, commentaire composé n’en
parlons pas donc quelles sont les méthodes » et là y’a un professeur qui a répondu en
nous renvoyant vers des ouvrages où y’a des exemples concrets, voilà comment bâtir
une problématique, etc, et j’ai trouvé que ses conseils nous ont permis d’avancer… non
j’aurais très mal vécu si j’avais pas réussi…

Interviewer : je comprends, et si par rapport à ça, si les enseignants au-delà


du délai de réponse, si carrément il n’y avait pas eu de réponse ?

Elise : mmh… je sais pas comment je l’aurais vécu, je pense que je me serais dit la
fac n’a pas changé on est toujours dans ce système très individualiste où chacun se
débrouille où l’enseignant vient fait son cours et repart, j’ai beaucoup apprécié mes
études antérieures mais j’en ai quand même gardé ce souvenir là où… j’ai jamais été sûr
par exemple que les enseignants connaissaient notre nom alors qu’arrivée en Maîtrise
on était peu nombreux… peut-être parce que la relation n’est pas la même, mais quand
même quand vous êtes 10 en cours et que l’enseignant vous connaît, pas comme en

136
amphi… alors que là27 j’ai vraiment eu l’impression qu’ils connaissaient leurs élèves, on
était plus dans la même ou peut-être que je le perçois différemment aussi ou mais si
j’avais eu aucune réponse je pense que j’aurais râler aussi, l’avantage c’est que quand on
vieillit on peut se permettre de râler plus facilement ou alors au moins de dire « d’accord
je suis votre étudiant mais je suis adulte peut-être qu’on peut se parler d’adulte à adulte
et pas seulement dans une relation enseignant-étudiant »… privilège de l’âge…

Interviewer : d’accord… et du coup vous pensez avoir une relation différente

Elise : oui je pense… alors ne serait-ce que dans la façon d’aborder l’enseignant, j’ai
passé des épreuves avec des enseignants plus jeunes que moi ça me pose aucun
problème, mais je me suis sentie moins, vous connaissez la PNL

Interviewer : oui

Elise : je me sentie moins dans une relation parent-enfant, plus dans une relation
adulte à adulte, c’est-à-dire que moi je suis l’étudiant j’apprends et c’est lui qui transmet
le savoir mais on est plus sur, voilà il est tout-puissant et je dis ce que sais je me trompe
j’hésite mais il est là pour apporter un savoir, pas dans une relation de tout-puissant, ce
que j’avais vu en cours quand j’étais étudiante… où là l’enseignant est tout-puissant qui
en plus en joue, là j’ai trouvé qu’on était dans une relation adulte à adulte qui était très
agréable et très bénéfique pour moi…

Interviewer : bénéfique ?

Elise : oui dans le sens où ça… ça renforçait cette motivation en me disant j’ai
appris mon cours mais peut-être que je sais d’autres choses aussi que ça va enrichir
cette problématique de cours… c’était à chaque fois des vrais échanges même si j’arrivais
en tant qu’étudiante on a pu échanger sur le cours j’ai posé des questions ouvertes sur le
cours en disant « y’a des choses que j’ai pas compris », alors qu’étudiante j’aurais jamais
dit ça un jour d’oral, bon on était sur le off de l’oral…

Interviewer : d’accord, très bien… j’ai vu dans le questionnaire que vous vous
sentiez moyennement capable de mener la formation à terme

Elise : oui

Interviewer : et que finalement ça montait avec le temps

Elise : oui, ouais, c’est le passage des examens et les résultats aux examens, je me
suis dit c’est bon voilà, les notes pour le coup on était vraiment motivante en me disant
c’est bon j’y suis je peux continuer je pense que j’aurais eu de plus mauvaises notes
j’aurais plié bagage, je continue pas c’est pas la peine

Interviewer : vous ça rassure

27 En FAD.

137
Elise : ça rassure beaucoup sur ce qu’on est capable de faire parce que, voilà la
vraie dernière dissertation c’était en 2000 je crois, 10 ans sans écrire, vous vous dites
pfiouh ça va être dur quand même… on perd en terme de rapidité, de style, moi j’avais
pris un style très administratif voilà tout ça il faut le retrouver mais je n’ai pas tout
perdu et ça revient petit à petit aussi… un peu comme un marathonien on reprend du
souffle…

Interviewer : oui… et si je vous demande si durant votre formation vous avez


eu des moments de doutes

Elise : oh oui, oui de lassitude aussi, se dire « pfiouh après tout », c’est pas dû au
cours, c’est se dire « après tout pourquoi je fais ça franchement, il est 11 heures du soir
j’ai passé ma journée avec des collégiens que j’aime bien mais ce sont des collégiens
donc ils sont épuisants, j’ai dû dire jette ton chewin-gum 15 fois tiens-toi comme il faut,
je caricature mais on en est pas loin, prends ta feuille et les enfants après ah lala lala28,
mon conjoint à qui je dis salut je vais travailler », y’a des soirs vraiment c’est juste là c’est
se dire mais « pourquoi je fais ça, de toute façon c’est l’éducation nationale je serai
titularisée je sais pas quand » de gros moments de doute et se dire « de toute façon je
suis pas capable »… et surtout une période de creux entre deux périodes d’examen y’a
un moment où la motivation tombe complètement… « ouais de toute façon l’examen est
dans 1 mois et demi, j’ai le temps », et heureusement les examens à chaque fois ont été
au moment de vacances scolaires ça m’a permis de pouvoir travailler aussi à ce moment
là, et puis se dire « mais je fais le choix entre mes collégiens ou mes études » à un
moment c’était un peu difficile, se dire « mon cours pour les collégiens il est
moyennement ficelé parce qu’à côté » enfin l’impression de tout faire à moitié, de pas
bosser son cours de la fac jusqu’au bout et puis de ne pas bosser non plus sa préparation
de cours jusqu’au bout, donc c’est pas très agréable d’être dans cette situation de travail
à moitié fait… se dire « je vais jamais jusqu’au bout ni de l’un ni de l’autre »…

Interviewer : oui, oui d’accord… et alors justement vous dites qu’il y a des
périodes de doutes un peu difficile, ça revient quand même après puisque

Elise : oui au moment où, c’est comme les chevaux, avec l’examen en se disant « de
toute façon il faut que j’y arrive là je me suis engagée sur ce cours-là il faut absolument
que je le passe », les dernières épreuves j’avais fait le choix d’étaler donc de passer en
deuxième session et là faut pas se rater et la dernière c’était une épreuve où
franchement jusqu’au bout je me suis demandée si j’allais aller la présenter, mais comme
j’avais posé des journées d’absence, je me suis dit ce serait malhonnête d’avoir posé des
journées d’absence et de ne pas aller la présenter mais c’était à la dernière minute j’avais
pas envie, c’est un jour en examen où là je me suis dit « bon là il faut vraiment que je m’y
mette » les derniers ont été très difficiles à passer… et se dire « cet été faut que je
travaille pour prendre de l’avance »… il faut anticiper avant pour les lectures d’œuvres
par exemple…

28 (imite les enfants très enthousiastes à l’idée de jouer avec leur mère)

138
Interviewer : oui je comprends… par rapport à ces baisses et remontées de
motivation, ce qui se passe lors de la remontée c’est à la fois le sentiment
d’obligation

Elise : oui et puis se dire « allez de toute façon faut que je le fasse, vraiment », et
c’est là que les proches vont jouer mon mari qui va me dire « mais de toute façon il te
reste plus qu’une alors vas-y », mais c’est vrai que y’a des moments où on n’a pas envie…
moi cette dernière épreuve c’est la première fois où je me suis retrouvée à me dire « non
mais j’ai pas envie d’y aller pourquoi j’y vais »… je me suis dit « bon ça fera toujours ça
de moins pour l’année prochaine »… mais ce moment là est un moment critique, et là
pour le coup on se sent vraiment tout seul, face à ses examens, bon… j’ai que les enfants
qui le sentent et jouent sur la corde sensible « mais pourquoi t’es obligée d’aller passer
l’évaluation on va être obligés d’aller à la garderie » [sourire]

Interviewer : [rires]

Elise : voilà donc ils jouent un peu là-dessus, mais non je vais me faire piéger
[sourire]

Interviewer : d’accord… malins… et tout au long de votre formation vous


étiez plutôt à l’aise, anxieuse, anxieuse juste avant les exams…

Elise : quand je suis dans la formation, vraiment dans le contenu, même si


intellectuellement c’est parfois difficile, je suis plutôt à l’aise… par contre, je reste quand
même assez anxieuse, sur la problématique du temps en me disant j’aurais jamais assez
de temps, et quand j’arrive aux examens j’ai toujours la liste de tout ce qu’il aurait fallu
que je fasse… bien entendu à la fin, y’a deux choses qui sont rayées… mais cette liste
aussi c’est un moyen à la fois de me rassurer et de me faire avancer… me dire « voilà j’ai
ça et ça », le fait de rayer c’est le travail accompli et puis le fait de savoir qu’il y a encore
des choses à accomplir ça permet de s’y tenir… mais je n’ai jamais l’impression d’aller
jusqu’au bout des cours… c’est du travail universitaire mais je me dis « faut aller voir ça,
mais y’a aussi ça » enfin je pense [sourire] vous le savez bien mieux que moi, c’est ce qui
est à la fois séduisant parce que c’est un réseau à la fois vraiment l’image de la toile
d’araignée et d’un autre côté c’est inquiétant parce qu’on se dit mais « jamais je verrais
tout ça » donc ça vous oblige à vous reconcentrer et ce qui permet aussi de toujours
rester humble face au savoir, se dire « oui maintenant je sais ça mais y’a aussi tout ça
encore à apprendre »… ça fait partie, quand on apprend on est toujours entre ces deux
choses là je trouve, l’inquiétude de ne pas y arriver, l’anxiété de se dire « il faut que
j’avance », et de l’autre côté se dire que cet apprentissage il sera permanent quoi… je me
suis aperçue en reprenant les études et en enseignants que j’avais besoin de cet
apprentissage permanent, que je ne peux pas, ce qui m’ennuie dans mon travail c’est que
j’en ai fait le tour… quand j’étais responsable formation… toutes les années les mêmes
choses, alors que là y’a toujours des découvertes à faire… mais ce n’est jamais serein…

139
Interviewer : d’accord… pour terminer sur ce volet là, je vais peut-être vous
faire répéter excusez-moi, qu’est-ce qui a maintenu finalement votre envie de
réussir tout au long de cette année ?

Elise : je suis restée très scolaire [sourire]… y’a les résultats aux examens, ça c’est
une super motivation, le fait d’avoir des bonnes notes, d’une part ça permet de savoir où
on en est, d’un autre côté je l’ai vécu à chaque fois comme une récompense, et oui j’en ai
bavé par moments mais la note on sait quel prix elle a, je sais au final le travail investi
derrière, et puis aussi le contenu du cours, alors une fois que je me suis plongée dans
mon cours j’ai l’impression vous savez, je sais si ça vous fait pareil mais d’un seul coup
y’a plein de lumières qui clignotent dans le cerveau, et on se dit ouhlà c’est cette espèce
d’explosion qui se passe dans votre cerveau et ça franchement je ne le trouve que dans le
travail intellectuel, se dire ça y est c’est parti, alors l’avantage par rapport à un étudiant
qui a 18 ans c’est qu’on peut, voilà y’a 20 ans qui se sont écoulés, même si y’a des
périodes où intellectuellement voilà j’ai stagné, j’ai continué à lire, et le fait de
rapprocher telle ou telle chose, se dire « ben oui y’a un lien avec ça, je peux faire ça et
ça », voilà je trouve ça c’est très motivant, y’a l’aspect très scolaire avec la note et l’aspect
où intellectuellement c’est gratifiant et d’un seul coup votre cerveau c’est une guirlande
électrique qui clignote dans tous les sens… c’est vraiment l’image qui me vient du travail
intellectuel, et puis celle du réseau, on part et c’est la toile d’araignée, alors cet aspect là
on va le retrouver avec Internet mais je trouve qu’il se passe un peu la même chose dans
le cerveau, on ouvre une page on va aller en voir une autre, la difficulté après ça va être
de se reconcentrer sur le contenu même du cours, mais ouais c’est vraiment la
motivation…

Interviewer : d’accord, très bien… bon… et pour faire un bilan de votre


formation à distance, qu’est-ce que vous avez appris, en dehors du contenu, je sais
pas par exemple sur la méthode de travailler à distance, sur la manière de…

Elise : alors j’ai appris qu’il y avait deux types de cours dans la formation à
distance, y’a ceux que moi je travaille sur une courte période, parce que c’est…
contrairement aux étudiants en présentiel on l’intégralité du cours, donc on peut
l’enchaîner faire les lectures qui vont avec sur une courte période donc ça c’est plutôt ce
que j’ai travaillé cette année, et puis ceux qui demandent d’être travaillés régulièrement,
voire quotidienne, comme le Latin et le Grec, parce qu’en terme d’apprentissage je suis
plus lente qu’avant, j’ai plus de mal à apprendre par cœur, les déclinaisons avant en deux
jours c’était fait, ça demande en terme de méthodologie de bâtir ses propres stratégies,
je suis pas sûre que mes propres stratégies soient applicables aux autres étudiants, voilà
y’a deux types de cours, ceux sur une courte période où je vais être à fond dedans
pendant une semaine je vais faire que ça, et puis en amont faire les lectures et vraiment
je vais apprendre le cours, faire ma fiche de cours, voir les différents aspects du cours, et
puis cet apprentissage régulier quotidien, voilà c’est ce que j’ai appris en termes de strat
moi j’appelle de la stratégie… après j’ai redécouvert des réflexes que j’avais étudiante,
pour ce qui est des dissertations, comment la bâtir, comment faire sa problématique…

140
Interviewer : d’accord… et si c’était à refaire cette année de formation, vous
changeriez certaines choses ?

Elise : oui, oui oui… je pense que j’essayerais de la validé en une année complète au
lieu d’avoir à redoubler, parce que maintenant j’aurais envie aussi de voir ce qui se passe
en deuxième année, c’est arriver à mettre en place le travail quotidien, donc c’est mieux
organiser, je pense que j’aurais pu m’organiser autrement, le collège et les cours, les
deux priorités pour moi ont la même importance, c’est se dire je vais consacrer une
demie heure au travail universitaire tous les jours parce qu’en Latin ou Grec une demi-
heure ça permet d’apprendre… et puis aussi le travail en bibliothèque, arriver à venir ici
une demi-journée tous les 15 jours, parce qu’une fois que vous êtes à la bibliothèque
vous êtes obligé de travailler y’a pas… la lessive, les courses tout ce quotidien là et parce
que y’a des documents aussi qui m’ont manqués… et puis on est dans une ambiance
studieuse ça prête au travail, j’y suis je vais pas repartir au bout d’une demi-heure…

Interviewer : d’accord… Et selon vous pour être efficace en travaillant à


distance, ça rejoint ce que vous venez de dire, qu’est-ce qu’il faut comme
compétences, qualités ? enfin qualités…

Elise : chez moi c’est plutôt un défaut, j’ai tendance à procrastiner et ça pour la
formation à distance je pense qu’il faut absolument se donner des délais, je parlais au
départ avec le forum c’est se dire à telle date j’ai vu ça… et c’est difficile de s’y tenir sans
examen, aussi en formation à distance y’a les devoirs qui sont envoyés avec les dates de
devoir, alors parfois les enseignants sont gentils ils acceptent qu’on rendent les devoirs
après et s’ils n’acceptaient pas je pense qu’une fois qu’on est en retard de 4 jours après
on rend plus le devoir de toute façon et se dire si le devoir est pour le 22 mars il est pour
le 22 il est pas pour le 23, c’est se fixer vraiment des délais et puis… anticiper.. anticiper
le programme aussi, j’ai la chance l’été de ne pas travailler, donc c’est… faire… peut-être
faire une première lecture du cours très superficielle, voir de quoi il est question, voir les
œuvres qui vont être à lire, travailler la bibliographie aussi et puis parfois il y a des
petits conseils au niveau du cours, on vous dit « lire le cours sans avoir lu l’œuvre ça sert
à rien », donc voilà ça, après peut-être aussi plus contacter les enseignants en disant
« j’ai tel temps, dans la bibliographie y’a une vingtaine d’ouvrages, je ne vais pouvoir en
lire que deux, selon vous » c’est moche mais « quels sont les deux essentiels », après moi
je me sers des notes aussi en bas de page voir celui qui revient le plus mais on est obligé,
pour les étudiants à distance la plupart je sais pas s’ils sont en activité professionnelle,
mais pour ceux qui sont en activité professionnelle on est obligé de faire des choix et il
faut absolument avoir des stratégies d’apprentissage et de travail… on est doit être plus
stratège que quand on est en présentiel…

Interviewer : D’accord… Et dernière question, vous êtes libre de penser à


tout ce que vous voulez, vous allumez toutes les lumières que vous voulez dans
votre cerveau [sourire]

Elise : [sourire]

141
Interviewer : quelle serait pour vous la formation à distance idéale ?

Elise : Alors c’est en contradiction avec la formation à distance mais ça serait des
regroupements ou des journées de travail… moi j’aurais bien aimé avoir de temps en
temps une journée de travail sur un thème… ou… je pense aux aspects pratiques, c’est se
dire tel enseignant est disponible la demi-journée ou 2 heures il ne viendra que si vous
lui avez posé vos questions auparavant, vous voyez pour qu’on n’arrive pas en étant
« ben j’ai pas pu préparer j’ai pas vu le cours » et pour qu’il y est cet aspect d’efficacité,
après certains enseignants ont dit « venez quand vous avez du temps, y’a tel cours y’a
telle question » et on aborde à ce moment là… ça je ne le savais pas mais voilà des vraies
journées de travail universitaire ça ça manque… ou des journées où on est sur du conseil
ou de la méthode pour avancer… et l’accès à une bibliothèque en ligne, ça je ne sais pas
si ça se fait, savoir quel ouvrage est disponible, est-ce qu’on peut faire un prêt
réservation et arriver ce jour là, ça c’est toujours mon inquiétude, arriver à la BU et, ben
voilà, venir pour tel ouvrage où il a été emprunté… ça… ou avoir aussi, connaître le fond
documentaire, savoir si le vrai y est ou pas, est-ce que ça existe, est-ce que ça n’existe
pas, j’ai aussi des soucis d’utilisation avec les bibliothèques virtuelles, Gallica je trouve
jamais mon document, ça ce sont peut-être des petits conseils de méthode qu’on
pourrait avoir en FAD, quelles sont les bibliothèques ou les sites de ressources, parce
qu’on passe un temps infini à les chercher, alors en Lettres Classiques j’en ai trouvé mais
j’ai passé 2 3 heures à trouver le site les ouvrages les traductions est-ce que la traduction
date de 1950 et est obsolète, savoir quels sont les sites qui sont vraiment, sur lesquels
on peut se baser…

142
10. Samuel

Interviewer : D’abord, je voudrais revenir sur une chose, avant cette


formation, vous avez fait d’autres études c’est bien ça ?

Samuel : Oui, oui, alors j’ai fait, donc j’étais comme je vous disais juste avant en fac
d’Espagnol, au tout tout début juste après le bac, voilà j’avais fait un bac L à Dax,
littéraire latin donc j’aimais bien les langues, donc j’étais parti en Espagnol, ça a pas
donné, pendant deux ans, j’ai pas fait grand-chose et puis après je suis parti à l’ITEC
formation à Bordeaux, faire un BTS tourisme… que j’ai eu et après j’ai fait une troisième
année de spécialisation tourisme, accueil réception, voilà et après je suis parti en
Espagne, et voilà, et donc j’ai travaillé dans le tourisme, dans l’hôtellerie, dans le service
client téléphone, etc… et là je suis revenu en France et je me suis dit tiens, faire en
parallèle à là je travaille à Seignosse dans un hôtel sur la côte, en parallèle faire une
licence d’Espagnol par correspondance… voilà… et me voilà devant vous [sourire]

Interviewer : [sourire] et qu’est-ce qui vous a amené à faire de l’Espagnol ?

Samuel : Ben en fait dès, moi j’ai commencé en 4ème, première langue Anglais 6ème
5ème et dès la 4ème quoi, comme quoi les profs sont importants, j’ai eu Mme. G. à [école],
qui est depuis décédée, paix à son âme, et qui était une super prof d’Espagnol, parce que
j’ai gardé plein de contacts avec des potes de l’époque et… et eux ils ont pas du tout aimé
la prof, et en fait sur le moment ils ont pas aimé la langue, et en fait, moi je me suis dit
« tiens, ça, ça me plait » et en fait, vu qu’on est à côté de la frontière, j’allais souvent en
Espagne, et voilà donc je me suis l’Espagnol, après je suis parti à Barcelone 4 ans, Séville
aussi, un peu des deux, donc voilà super pays, j’aime beaucoup la langue, je m’intéresse
aussi à l’Amérique Latine, tout ça, voilà, et je me suis dit tiens Bordeaux fait peut-être un
cursus en Espagnol à correspondance, parce que y’a pas beaucoup, y’a Anglais, Espagnol,
Histoire vous me disiez… Donc voilà, et je me suis dit tiens, avoir concrètement un
diplôme, et éventuellement par la suite peut-être faire le FLE, voilà pour donner, repartir
en Espagne, je sais pas trop, c’est un projet en parallèle du boulot, voilà, j’aime, en fait
c’est pas du travail quoi, je discutais avec des amis y’a pas longtemps, dont l’ami africain
dont je vous parlais tout à l’heure, faut la motivation, moi j’ai pas besoin de motivation,
j’aime ça quoi, là ce matin je me suis levé, tiens je pense à des mots, j’ouvre mon dico
d’Espagnol, vous voyez, je bouffe la langue littéralement, j’aime ça, ça me pose pas de,
c’est pas une corvée, je me dis pas « oh j’ai du travail à faire », voilà, chacun, c’est une
passion…

Interviewer : D’accord… Et le fait d’être parti plusieurs années là-bas, vous


parlez Espagnol presque couramment ?

Samuel : Ouais, à un moment ouais mais je le perds, la langue c’est comme pour
tout, si on pratique pas, donc j’ai beaucoup perdu, donc voilà on s’y remet avec la radio la
télé les chaînes hispaniques, Internet, voilà, on peut lire El Pays tout les jours ou
d’autres, ouais, mais ça se perd vite, comme tout… donc voilà…

143
Interviewer : D’accord… Et avec cette licence après, vous, c’est uniquement
par curiosité ou vous voulez le diplôme pour faire quelque chose après ?

Samuel : Oui moi j’aimerais bien avoir le diplôme, la licence et éventuellement


continuer, le top du top ça serait traducteur, ça vraiment ça me plairait, mais je crois que
c’est bien au-delà, Master… c’est, je suis pas arrivé, j’ai quoi 33 ans, je vais pas passer ma
vie à faire des études non plus, et en parallèle j’ai fait y’a quoi, y’a 2 ans, par le biais du
CNFDI, je sais pas si vous connaissez, qui est du, qui sont des cours par correspondance,
qui ont pour certains diplômes, alors moi j’ai fait du journalisme, parce que c’est une
passion aussi, ça m’a pris 2 ans, pareil en parallèle avec le travail, et en fait ce diplôme
n’a aucune valeur… c’est assez fascinant, donc j’ai payé pour les 2 ans un peu moins de
1000 euros, donc voilà, et en fait je recevais les cours pareil, j’avais des devoirs, j’ai 15
tomes sur le monde du journalisme, et en fait ça n’a aucune valeur… donc je postule, j’ai
postulé auprès de différents journaux, ou des petits trucs locaux, des gazettes des trucs
comme ça, et en fait pour l’instant rien, donc voilà ça n’a aucune valeur… le centre
national de… d’études à distance… CNFDI… ils sont basés à Paris, mais le diplôme en tant
que tel, ça équivaut pas à un diplôme de l’école de Bordeaux ou de Lille du journalisme…
enfin bon, je trouvais ça intéressant, ça c’était pour le plaisir par exemple, il se trouve
que je pense que je travaillerai jamais là-dedans, mais voilà, et pour l’Espagnol j’aimerais
bien au moins Licence et le Master FLE par la suite, quitte à repartir en Espagne et
donner des cours, à l’institut Français à Barcelone, ou je ne sais où, à Bilbao… voilà…

Interviewer : D’accord… et vous avez fait à distance parce que vous travaillez
à temps plein ?

Samuel : je suis à mi-temps là, je suis à mi-temps sur la cote, un petit mi-temps, je
fais que les week-end, de nuit, je suis un peu décalé, de nuit et ça m’arrange comme ça ça
me permet de bosser mes cours à côté, vous voyez de prendre de l’avance, parce que
c’est pas on est en vacances, y’a rien à faire… surtout la langue il faut la travailler tous les
jours, oui là ça m’arrange parce que ça fait un moment que je bossais pas, j’ai postulé pas
mal, y’a pas de boulot enfin surtout dans le tourisme, ça collait pas, y’a toujours un truc
qui collait pas, notamment au niveau des dates, ça c’était problématique, parce que
j’avais eu des touches, et on me disait tiens vous commencez dans une semaine, et il y
avait les exams à Bordeaux, c’était ça le, c’était fin avril début mai, ça collait pas, j’ai pas
été pris, et cetera, donc là j’ai trouvé du boulot y’a 2 mois de ça, donc ça me va… c’est
vrai, c’est ce que je disais aux employeurs, j’arrive et je dis « tiens au fait, je suis pas
dispo de telle date à telle date parce que j’ai des examens à Bordeaux», donc vu qu’on est
30 derrière, on est 30 à attendre enfin l’état du marché du travail à l’heure actuelle…

Interviewer : D’accord… mais ça n’entache pas votre motivation…

Samuel : Non, du tout du tout, s’il faut ça me servira absolument à rien,


concrètement au niveau professionnel… s’il faut ça débouchera jamais, je continuerai à
travailler dans l’hôtellerie et tout ça, mais bon j’aurais fait ça quoi, à la limite je le fais
aussi pour moi, concrètement… et puis c’est très marrant aux premiers exams, les oraux,

144
y’a beaucoup de jeunes, la majorité qui sort du bac, voilà donc une jeune fille vient me
voir et me dit « c’est vous qui faites passer l’oral », elle pensait que j’étais prof [sourire]
je lui dis « ah non moi je passe l’oral, comme vous »… et donc voilà c’était assez marrant
et y’avait une dame de, de bien 45 ans, qui vit elle à Stockholm et elle, Mme X., on a
sympathisé d’ailleurs, elle m’a envoyé un mail par le bureau virtuel, elle a déménagé, elle
revenait sur la France, elle était un peu perdue elle aussi et tout le monde la prenait pour
une professeur, c’était assez marrant, donc voilà…

Interviewer : Perdue, elle aussi vous dites, c'est-à-dire vous, vous étiez un
peu perdu ?

Samuel : Euh, ouais aussi, parce que, au niveau du, d’ailleurs on parlait de ça avec
Mme X., on disait vous arrivez, vous avez l’oral, le lundi à 10 heures, et en fait démerdez-
vous… y’a pas quelqu’un qui pourrait chapoter ça par rapport au lieu, y’a des gens qui
connaissent pas le campus, enfin moi je le connais vaguement, mais c’est salle A1, ça
serait pas mal pour les gens le truc à distance qu’il y ait un relais quoi, les gens, « tiens
c’est là », sinon vous êtes dans l’amphi, là y’avait quoi y’avait, on fait une épreuve de
traduction, y’a 50 places et y’a 18 personnes… et à la fin moi je m’étais bien appliqué, je
discute avec le correcteur, je lui dis « y’a personne », il me fait « non, non », truc
classique quoi, les gens sont là, ils sont pas là, vous êtes là tant mieux, vous êtes pas là on
s’en fout quoi, ça fait un peu… c’est pas… je sais pas…

Interviewer : ils s’en fichent vous pensez ?

Samuel : Non peut-être pas, j’irai pas jusque là, mais c’est un peu… je trouve ça, il
pourrait y avoir un suivi, un coup de téléphone, ou par mail, après ils disent sur le
bureau virtuel vous contactez les professeurs, mais… cela dit moi je l’ai jamais fait, c’est
par papier, je fais tout par papier, mais c’est vrai qu’il y a des réponses, tout ça, mais…
c’est pas… c’est un peu, y’a ça et puis après « débrouillez-vous »…

Interviewer : Alors c'est-à-dire, y’a pas de suivi en fait c’est ça ?

Samuel : Y’a pas le suivi qu’il faudrait je pense, par exemple deux coups de
téléphone dans l’année… avant les exams, en décembre avant les exams de janvier,
« vous en êtes où, ça, ça rame, vous comptez venir, vous comptez pas venir » et puis
après en février mars quoi « ça va vous êtes motivé, vous continuez, vous décrochez »,
vous voyez, je sais pas ça prend 10 minutes, 20 minutes, un coup de téléphone…
d’ailleurs quand vous m’avez appelé, je me suis dit « tiens, c’est sympa, enfin quelqu’un
qui appelle de la faculté » [sourire]… alors après, peut-être que ça servira, ce que vous
faites par rapport au, à améliorer, ça pourrait être bien…

Interviewer : D’accord, oui c’est un peu le but aussi [sourire], et vous alors
cette absence de suivi, ça vous a pesé ?

Samuel : Non, non non parce que moi j’ai mon, comment dire, j’ai mon propre
schéma, je me dis, y’a des devoirs, je fais quoi, 15 devoirs à peu près dans l’année, alors

145
après j’ai eu des mauvaises notes, y’a les corrigés avec… après, non je pense que le mot
clé c’est la motivation… parce qu’on aime le truc, on se pose pas de question… après je
m’attendais pas à ce qu’il y ait vraiment un suivi… mais qu’il y ait un suivi… enfin passé
un certain âge on n’a pas besoin, on n’est pas des scolaires non plus, mais bon, après
c’est, pour les gens de 18 ans qui sont tout jeune, ouais sans doute, mais… non voilà, et
puis après quand on aime le truc, c’est ça le mot clé, moi j’ai pas besoin que quelqu’un
me dise « tiens faut bosser la grammaire », « vous bossez la révolution cubaine », on
achète des livres et puis on les lit quoi…

Interviewer : votre motivation vous la trouvez dans le plaisir…

Samuel : Oui, oui oui… et puis au niveau, voilà le fait que j’aie vécu en Espagne,
peut-être ça joue, c’est clair, j’y étais principalement pour ça, pour changer de, voir du
pays, comme on dit et puis apprendre la langue, mais genre c’est pareil, mon frère il est
père au foyer il est féru d’histoire, ça fait des années qu’on lui dit « fais un truc en
histoire », et puis il le fait pas parce que, voilà, mais je suis sûr que ça lui plairait pareil, à
partir du moment où on aime le truc, c’est pas une corvée… alors que y’a, pour des gens,
y’a plein de gens qui me disent « oh t’as repris, putain tu dois en chier, ça doit être dur,
t’es, après tant d’années », et puis non, non non, c’est… ça dépend des gens je pense… y’a
des gens peut-être qui sont faits pour ça… surtout avec Internet tout ça, maintenant je
peux lire toute la presse hispanique, l’Amérique Latine, c’est ça qui est bien… ça c’est le
plus, le gros plus… donc voilà…

Interviewer : D’accord… et à l’inverse, est-ce qu’il y a des choses qui peuvent


venir entacher cette motivation ?

Samuel : Non, moi je vous dis j’ai l’objectif, dans 3 ans il me faut la licence, je veux
éviter de repiquer, pour éviter quoi, après qu’il y ait du suivi ou pas, c’est… et puis c’est
vraiment, le peu de contact téléphonique c’était madame Y. qui était beaucoup plus
administratif tout ça, y’a pas de, et puis elle me dit vous n’avez qu’à contacter le
professeur par mail quoi… après ça c’est bien ça, par rapport à Internet tout ça, je
l’utilise pas parce que… je trouve ça un peu impersonnel, on répond on pose une
question, Internet c’est bien mais y’a pas le contact téléphonique tout ça… comme quand
je vous disais au téléphone, est-ce qu’on peut faire la chose par téléphone et vous me
disiez c’est peut-être mieux de visu, ça c’est pas mal… et j’ai un ami en parallèle qui
faisait la même chose en Anglais, 32 ans il est déscolarisé depuis des années, il était
projectionniste dans le cinéma il s’est dit tiens, je vais, j’adore l’Anglais je vais refaire une
licence, et il a complètement décroché… en janvier il y est allé mais bon comme ça en
touriste, et là en mai il n’y ai même pas allé il gueulait il pestait contre ça, « y’a aucun
suivi, le chèque ils le prennent mais rien du tout », donc…

Interviewer : Alors justement, vous avez tous les deux une absence de suivi,
lui qu’est-ce qui a fait qu’il n’a pas tenu par rapport à vous ?

146
Samuel : moi je pense, pas la motiv quoi, pas la motivation, et puis je vous dis ça fait
quasiment 15 ans en fait il a pas le BAC, donc là il avait fait une remise à niveau pour
avoir l’équivalent BAC il a fait ça à Bordeaux justement, et puis il s’est dit je vais
enchaîner je vais faire une licence, voilà il vit dans les Landes et il s’est par
correspondance, Anglais, il jouait dans des groupes de musiques, il est très musique
anglophone, pourtant il aime la langue et comme il disait, enfin me replonger dans la
littérature britannique… ça lui parle pas quoi, donc lui il a décroché…

Interviewer : D’accord… Dernière question sur le suivi, cette absence de suivi


n’entache pas votre motivation, est-ce que par contre ça a un effet ?

Samuel : Ouais on se dit… c’est limite quoi… vous voyez, ils pourraient un peu
faire… d’ailleurs moi je le dis à mon entourage, ça fait un peu l’image, on paye… vous
voyez ce que je veux dire… après je m’attendais pas à autre chose cela dit, après ce qui
est bien c’est les devoirs, on a tel devoir à rendre à telle date, on a 15 jours, après on a le
corrigé, les annotations, ça ça motive par contre… par exemple on a madame G., j’ai fait
un oral d’ailleurs avec elle de description de tableau en janvier, et en fait elle fait
civilisation et arts, j’ai fait deux devoirs elle m’a collé 16 et 18 avec une appréciation
ditirambique, quel plaisir de vous lire en Espagnol, et ça ça motive quoi… et ça c’est
bien…

Interviewer : Oui votre motivation ça peut être le plaisir, mais aussi le fait d’y
arriver, d’avoir de bons résultats…

Samuel : Aussi, aussi oui, je me dis autant valoriser les acquis que j’ai eu au niveau
linguistique et autre… et d’être reconnu, vous voyez, y’a ça aussi, d’être reconnu au
niveau universitaire, parce que je me dis quand même c’est un repère… si on a de
bonnes appréciations, à l’Université de Bordeaux… c’est un repère… En Espagne j’avais
passé le DELAY qui est l’équivalent du TEFLE et TOIC Anglais, voilà et en fait je l’ai passé,
y’a 3 niveaux, j’ai eu les 3 niveaux au fur et à mesure, mais en France, ça n’a quasiment,
que pour les entreprises ça a de la valeur… d’ailleurs j’avais demandé à l’Université à
passer en deuxième année, directement, vu mon parcours vu mon âge, ils m’ont répondu
non vous faites comme tout le monde, vous commencez par la première année quoi, et
en fait c’est vrai par rapport à toute la civilisation y’a plein de choses que je ne
connaissais pas… mais au niveau linguistique, je pense que j’aurais pu passer, niveau
traduction des trucs comme ça… mais bon… allez prouver ça à l’université quoi… le mec
il reçoit ça… c’est qui ce mec… c’est vrai que c’est… donc voilà…

Interviewer : Vous avez parlé aussi des devoirs, vous aviez des corrections en
retour…

Samuel : oui, ouais…

Interviewer : Vous disiez que certaines étaient encourageantes, et les autres


elles étaient bien ?

147
Samuel : Oui, oui globalement j’avais, y’en a deux où je me suis planté, c’était la
pure linguistique, la poésie aussi, mon dieu je priais que pour que ce soit pas ça la poésie
et c’est pas tombé sur ça l’exam heureusement parce que des commentaires de poèmes
pfiouh, tendu quoi. Tendu, tendu. Et ça c’est le problème je crois pour un truc comme ça
faut être présent, vous voyez faire un TD ou être dans un amphi parce que c’est pas
évident quoi…

Interviewer : Qu’est-ce que ça apporterait d’être présent ?

Samuel : d’avoir un contact avec le prof, poser des questions en temps réel, dire
oui, d’ailleurs c’est étonnant qu’ils fassent pas de cours filmés quoi, vous voyez,
interactifs ou avec Internet par visioconférence ou… je sais pas y’aurait quelqu’un au
Japon on lui pose des questions, malgré le décalage horaire ça ça pourrait être…

Interviewer : les questions en direct ça vous aiderait ?

Samuel : Ouais je pense ouais… qu’il y ait une réponse instantanée… et là on


revient au côté scolaire, vous voyez… où y’a le professeur… on dit j’ai pas compris et hop
il vous explique… tandis que là c’est un peu décalé, par papier tout ça et après c’est clair
et net avec le corrigé, là y’a des appréciations des annotations dans la copie tout ça, pis
j’aime bien le faire en papier à l’ancienne école, vous voyez c’est mieux quoi par rapport
à l’écriture sur ordi… au lieu de taper… c’est mieux quoi…

Interviewer : D’accord… et… le fait de poser une question en direct, est-ce


que vous avez quand même essayé à distance de leur poser des questions quand
vous ne compreniez pas quelque chose ? soit par mail soit sur le forum…

Samuel : en fait j’avais mal compris, parce que sur le bureau virtuel ils disaient la
maniabilité étaient pas évidente apparemment, y’a des gens qui arriveraient pas, bon
moi je pense, y’a un devoir par exemple je me suis aperçu le samedi qu’il était à rendre
pour le lundi, c’était une traduction, bon j’ai vite fait le truc, je me suis planté d’adresse
c’était un autre professeur qui corrigeait, je me suis planté d’adresse il m’a jamais
répondu donc en fait, je me suis dit bon à partir de là… vous voyez, je voilà… Et alors j’ai
vite fait la version papier que je lui ai envoyée, et en fait il me l’a fait corrigée mais sans
note, par rapport à la date qui était passée… voilà… Monsieur C qui était traducteur…
donc en fait je me suis dit bon je suis pas féru d’ordinateur, je me suis dit je vais tout
faire en papier je vais bien voir par rapport aux dates, ça c’est bien aussi parce qu’on l’a
un mois à l’avance, donc on permet de, tiens, je vais bosser ça pendant trois jours…

Interviewer : donc après c’est par courrier ?

Samuel : Tout est par courrier, ouais, donc j’envoie, on envoie le devoir et d’ici 15
jours 3 semaines on a le retour avec la correction les appréciations, voilà… mais sinon
tous les cours, moi je reçois tous les cours en papier, et ça, d’ailleurs les gens
s’étonnaient, là madame A elle m’a dit attention y’a un bureau virtuel et papier, je lui ai
dit oui je préfère avoir les deux, elle me dit mais vous pouvez du bureau virtuel vous

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imprimer tout, je dis non mais je préfère avoir à l’ancienne école, à l’ancienne méthode,
j’ai mon, voilà y’a 80 pages, on lit… c’est, je sais pas… peut-être parce que je lis des livres,
je lis beaucoup, y’a ça aussi… je suis assez sidéré des gens qui lisent que sur vous voyez
les tablettes, tout ça quoi…

Interviewer : l’ordinateur vous trouvez cela impersonnel ? de parler par


ordinateur…

Samuel : Ouais je trouve… les mails c’est, je discutais d’ailleurs avec le même ami
dont je parlais qui vit en Afrique, il me disait qu’il envoie beaucoup de courriels avec les
amis et je lui ai dit moi quand je, y’a 2-3 3-4 personnes notamment des amis aux USA je
leur ai écrit en papier, voilà la semaine dernière j’ai reçu une lettre, un ami de New-York,
y’a la lettre, y’a 4 pages, il a pris le temps de l’écrire en Anglais, moi de mon côté je fais
un effort je prends mon dico, vous voyez ce que je veux dire, c’est pas un mail…

Interviewer : [sourire] c’est un art qui se perd !

Samuel : mais ça se perd vous verrez un jour on écrira plus, sans déconner ! La
graphologie, regardez votre écriture, elle est particulière, et voilà…

Interviewer : J’ai écrit dans le train [rires]

Samuel : [rires] d’accord… mais un jour on écrira plus, vous verrez, et puis ça se
perd, l’orthographe, tout ça…

S’en suit une discussion hors sujet sur l’orthographe et la « perte » de l’écriture…

C’est pour ça j’aime bien écrire, et puis le prof aussi avec son écriture, des fois on
n’arrive pas à lire, c’est, je sais pas, c’est mieux qu’un mail, c’est plus humain, c’est plus
humain ouais… c’est moins robotique, c’est moins… bien qu’Internet soit formidable
hein, mais ouais c’est plus humain je trouve…

Interviewer : plus humain, et donc qu’est-ce que ça change, qu’est-ce que ça


vous apporte par rapport à un mail ?

Samuel : ben… le contact humain quoi, enfin je veux dire on voit pas la personne,
mais elle a écrit, il ou elle a écrit, d’ailleurs je pense que… je me suis dit Madame J. ou
d’autres quand ils reçoivent le truc papier, peut-être qu’ils se… là elle me disait « c’est un
plaisir de vous lire » parce que c’était un truc sur Edouardo Galeano qui est un écrivain
Uruguayen donc qui dénonce toutes les atrocités en Amérique Latine et donc voilà moi
j’avais bossé de mon côté je suis abonné au Monde je lis les articles tous les jours, dès
qu’il y a un article sur l’Amérique latine je le mets de côté, et je dis ça va me resservir… et
donc là ça m’a resservi pour ce devoir, et donc voilà, je pense qu’elle s’est dit tiens, le fait
de le lire, vous voyez, lire papier, visuellement, c’est c’est mieux qu’un devoir qui arrive
par mail alors peut-être qu’il imprime mais c’est toujours pas l’écriture de la personne
quoi… donc y’a ce truc humain, vous voyez, à travers l’orthographe la graphologie on
voit la personne je pense aussi… tiens il écrit les « L » comme ça enfin j’en sais rien, alors

149
que là sur Internet tout le monde a la même écriture c’est… voilà… donc ça, et je pense ça
rejoint le côté de vive-voix, si y’a un suivi tiens, Monsieur B. vous avez compris ça, c’est
bien et si vous êtes motivé vous viendrez en janvier aux exams, vous travaillez à côté,
vous voyez, ce qu’il n’y a pas… je pense ça servirait à tous les gens par correspondance,
je vous dis, moi je fais avec, c’est pas grave, mais c’est dommage, c’est dommage parce
que c’est quand même un sacré montant quoi, je veux dire, l’année dernière c’était un
peu de moins de 500 €, là on monte à 641 €… ce serait pas mal qu’il y ait… vous voyez,
mais quitte à ce qu’ils fassent des journées… c’est mon pote là F. qui voulait y aller lui il
fait par correspondance en Anglais il voulait y aller ils font des journées de
rassemblement il me semble, il me disait « je vais y aller mais je vais gueuler ils vont
m’entendre » [sourire] et puis finalement il n’y est même pas allé non plus enfin voilà…

Interviewer : [sourire] d’accord. Et vous travaillez de chez vous c’est bien ça ?

Samuel : Oui je travaille de chez moi, ouais.

Interviewer : et sans indiscrétion, vous êtes trois chez vous c’est ça ?

Samuel : Ouais ouais, en fait, là je vis avec mes parents, parce que j’ai pas le,
financièrement je peux pas, quand je suis revenu d’Espagne en plus je travaillais dans
l’hôtellerie donc j’étais dans les Pyrénées, voilà parce que je vais dans la maison familiale
parce qu’on a une maison là-bas et là je suis de Saint-Paul donc chez mes parents…
financièrement je peux pas avoir quelque chose, j’ai cherché des colloc’ mais ça collait
pas parce qu’il faut avoir un certain… calme, enfin vous voyez une certaine [???] pour,
enfin si c’était des colloc’ sur la côte avec jeunes bons si c’est pour qu’ils s’arrachent la
tête tous les jours… je veux dire je le fais aussi de temps en temps, mais bon… voilà pour
travailler…

Interviewer : Et justement c’est un environnement qui vous convient pour


travailler à distance ?

Samuel : Ouais ça me va, ouais, ça me va… en fait y’a des créneaux quoi… y’a le
boulot donc je bosse à l’hôtel et puis après on peut se dire, j’ai une ou deux journées de
repos, je vais pas passer mon week-end à bosser mes cours, donc après on peut être à la
bourre un peu, mais j’arrive malgré tout…

Interviewer : Et votre entourage, que ce soit vos parents, les amis dont vous
avez parlé, est-ce qu’ils jouent un rôle dans votre formation, pas forcément par
rapport au contenu ?

Samuel : Ouais les amis la plupart du temps sont étonnés quoi… enfin euh jusqu’à
une qui va me dire « mais tu perds ton temps », donc voilà elle, voilà, il se trouve que je
l’ai un peu remise à sa place elle est réceptionniste dans un hôtel je lui ai dit « écoute si
toi t’es contente en tant que réceptionniste tu fais ça jusqu’à ta retraite c’est ton
problème hein, mais moi j’aimerais bien voilà par la suite avoir ma licence et si ça peut
me permettre de changer professionnellement enfin tu penses ce que tu veux » mais

150
sinon ouais la plupart qui me demandent pour les résultats « ah t’as eu combien, ah
ouais bien, c’est bien, c’est pas évident », voilà sinon mes parents qui suivent voilà par
rapport aux notes tout ça, ça fait très… très adolescent, « t’as eu combien », voilà et mon
frère aussi qui s’intéresse, je lui ai filé des cours d’ailleurs mais bon c’est en Espagnol
donc c’est pas c’est pas évident, mais voilà, il s’est intéressé par rapport à des trucs… et
ma belle-sœur dans un même temps, qui a 50 ans, 49 ans, euh a fait ça à Pau, elle a fait ça
à Pau dans une école de commerce pour avoir un diplôme, il se trouve que ça a pas, ça
s’est mal goupillé elle a pas suivi elle a pas continué parce qu’elle a déménagé, entre
temps, mais voilà, comme quoi elle me disait « mais t’as raison y’a pas d’âge », et une
mamie tiens l’année dernière, une mamie enfin 60 ans passés, une jeune mamie, qui était
là qui s’inscrivait à la fac quoi, comme quoi… ptet’ pour son plaisir quoi, mais comme
disait un ami il vaut mieux faire ça, « vaut mieux faire ça qu’être au PMU et voter Front
National » [rires]

Interviewer : [rires] Et est-ce qu’il y a un rôle de soutien de la part de vos


proches ?

Samuel : euh… ouais, ouais, qui me disent… ils me disent… enfin c’est… « tu vas
l’avoir amplement » quoi enfin ils me disent ça, par rapport au fait… on m’a toujours dit
moi toute ma scolarité en fait j’étais en, on m’a toujours dit « petit branleur » et jamais,
j’ai jamais forcé, j’ai repiqué mon bac, voilà, après j’étais en fac, j’aurais pu, je pense avoir
mon truc largement, parce que j’étais peut-être trop jeune et tout ça et donc euh voilà,
enfin qui me disent que c’est une évidence quoi par rapport aux exams, tout ça, en
janvier les premiers exams, j’étais un peu tendu, j’arrive à la fac, merde qu’est-ce que ça
va être et puis j’ai toujours ce truc la traduction « merde je me suis planté à tel mot », je
vérifie, la traduction j’ai eu 17 et demi quoi alors que je me disais la traduction je vais
avoir 10 quoi… vous voyez, toujours ce… donc, donc voilà après c’est la personnalité…

Interviewer : et c’est important pour vous du coup la présence de vos


proches ?

Samuel : Euh ouais, ouais d’une certaine façon mais bon je vous dis après la
motivation elle est personnelle quoi, ils me diraient « tu perds ton temps » je
continuerais quand même… vous voyez c’est pas… non c’est pas… ouais…

Interviewer : ils sont bienvenus mais pas indispensables ?

Samuel : Exactement… on fait avec…

Interviewer : D’accord.

Samuel : Je vous dis, moi le mot clé c’est ce que je disais à l’ami qui vit en Afrique le
mot clé… il me dit « tu vois j’ai pas le temps et puis bon j’ai 34 ballais29 tout ça », je lui dis
« mais si tu veux, franchement » c’est ça le mot clé, on peut bouger des montagnes…

29 Ans.

151
franchement… je pense que si vous avez envie d’apprendre le Chinois, vraiment, vous
allez apprendre le Chinois… vous allez, je sais pas comment, mais… je pense qu’on peut…
après si on aime le truc quoi le mot clé c’est ça… comme la dame en Histoire si c’est sa
passion, y’a des gens qui bouffent des livres d’Histoire ben voilà… le mec il veut cuisiner,
il cuisine quoi… c’est pareil pour tout je pense… vous ce que vous faites, vous aimez
non ?

Interviewer : [sourire] Ah ! Heureusement !

Samuel : Heureusement, mais il y a des gens qui doivent pas aimer… le mot clé c’est
ça, on a envie… comme pour tout… voilà…

Interviewer : D’accord… Alors, on a parlé des profs, de vos proches… Est-ce


que vous avez eu des contacts avec les autres étudiants ?

Samuel : Du tout, que sur le campus lors des exams… Il y a le bureau virtuel où on
peut participer à des forums tout ça, mais je me suis pas du tout… penché sur la
question… du tout, je me suis inscrit à un moment… enfin je lis le truc y’a beaucoup de
gens qui se plaignent, par rapport, mais je pense que c’est des gens qui sont en
présentiel, qui se plaignent par rapport à l’absence de prof, etc, etc, un mec qui était en
géographie, qui disait « mais est-ce que quelqu’un sait », je crois qu’il disait « putain de
fac » qu’est-ce qui se passe… mais j’ai pas participé, je pense que ça pourrait être utile,
vous voyez pour… problème de grammaire, un truc…

Interviewer : des aides ponctuelles ?

Samuel : oui par exemple, mais je pense que, y’a des difficultés, y’avait eu un mail
d’un mec qui disait par rapport à ça des difficultés avec le bureau virtuel, il disait ça
plantait, je sais pas…

Interviewer : D’accord. Je reprends le questionnaire auquel vous aviez


répondu, à un moment vous savez je demandais « est-ce que vous est arrivé de ne
pas savoir à qui demander de l’aide », vous disiez « oui », et du coup vous vous
étiez débrouillé seul…

Samuel : oui, oui oui…

Interviewer : Ca vous est arrivé à plusieurs reprises ?

Samuel : Oui, pour des points… des trucs précis, de langue, ouais par rapport à des
articles à lire des choses comme ça parce que la version papier là encore, ils vous avez
beaucoup de liens Internet, vous cherchez plein de trucs, articles à lire à commenter tout
ça mais y’a pas de… ouais, après y’a tout le listing des profs mais bêtement je ne l’utilise
pas… je l’ai pas utilisé… je suis très ancienne école… et après je me plains qu’il y ait pas
de contact alors qu’on pourrait avoir par mail mais là encore y’a pas… c’est ça le… mais
je pense qu’ils ont autre chose à faire que d’appeler les gens, ils sont par
correspondance…

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Interviewer : et par mail vous avez peur qu’ils ne vous répondent pas par
exemple ?

Samuel : Non, que ça soit pas clair, que ce soit pas… par la voix y’a pas… on a
communiqué par mail30 et puis après par téléphone, vaut mieux, vous voyez, tiens, en
plus je sais pas ça parle une voix c’est le cas de le dire, par rapport à la voix je vous
imaginais pas comme ça [sourire]

Interviewer : [sourire] d’accord… je suis un petit peu enroué [sourire]

Samuel : [sourire] voilà, non mais c’est mieux pour la langue quoi, c’est le comble,
en plus…

Interviewer : y’a pas du tout d’audio ?

Samuel : y’a de l’audio, y’a des, il me semble qu’il y avait le PPE là, y’avait pas de
version papier y’avait des cours, il se trouve que j’ai un ordinateur complètement pourri,
ça lit pas la vidéo, et j’arrive à l’épreuve fallait voir quatre vidéos quoi, donc j’arrive dans
l’amphi, y’avait des jeunes autour, je les entends dire « et toi t’as vu la vidéo » « non j’ai
pas eu le temps je vais me planter », c’est un QCM, donc voilà fallait voir la vidéo, et
fallait un ordinateur peut-être plus puissant que le mien… donc j’avais pas vu la vidéo…
un QCM… c’est le bazar…

Interviewer : d’accord… je reviens sur cette histoire d’email, du coup c’est


plus problématique quand vous avez un problème de, de pas vouloir utiliser
l’email que de ne pas avoir de réponse ?

Samuel : si j’étais moins têtu, c’est clair que j’utiliserais… ouais, et puis je me dis…
c’est pas « tiens il va pas répondre », il va répondre, mais j’sais pas je suis pas dans cette
veine là… je préfère… à la limite me déplacer une fois ou deux à Bordeaux, voir le prof en
question, et arriver comme vous avez des questions et avoir quelqu’un en face…

Interviewer : y’a pas de regroupements là ?

Samuel : Mmh je crois qu’ils le font mais c’est pour des questions globales…
administratives… ça serait pas mal, je sais pas, une fois tous les deux mois, un prof qui
reçoit, les gens qui le veulent qui sont à distance, on arrive une après-midi entière ça
serait pas mal…

Interviewer : vous savez que vous pouvez consulter vos copies par contre ?

Samuel : oui, y’a quelqu’un une jeune fille qui m’a parlé de ça oui pendant les
exams, qu’il y avait tel jour qu’on pouvait venir, etc, mais bon vu… vu que j’ai tout validé,
ça va [sourire] ça aurait été le cas contraire j’y aurais été mais là ça va [sourire]…

S’en suit une courte discussion hors sujet…

30 Il parle de nous deux.

153
Samuel : A propos tiens quand j’ai reçu votre e-mail j’ai vu « questionnaire », je me
suis dit tiens enfin, au moins j’ai vu un questionnaire de satisfaction entre guillemets,
c’est un peu… au moins y’a une, c’est une forme de suivi, qu’est-ce que vous améliorerez,
c’est bien, c’est bien…

S’en suit une discussion hors sujet…

Interviewer : Bref, excusez-moi, mais je reviens sur mon questionnaire


[sourire]… euh… oui j’avais une question, dans le questionnaire je demandais si
votre motivation avait évoluée, grandie, baissée, vous aviez dit que vous aviez des
hauts et des bas ?

Samuel : Ouais des fois on se dit… la masse d’infos… vous voyez quand on reçoit les
cours et notamment là les premiers exams en janvier on est… début décembre
seulement y’a encore un mois… quand on arrive on est le 20 décembre putain y’a plus
que 15 jours alors vite vite vite, et après c’est aléatoire par rapport à l’oral ou à l’écrit, ça
tombe sur ça merde j’ai rien vu… et puis là il se trouve je suis arrivé avec les fiches,
histoire de… je crois qu’il faut sortir du truc scolaire vous voyez ce que je veux dire par
rapport au petit ou à la petite qui note grand A grand B vous voyez il faut survoler, et
puis pas se contenter du truc… y’a la méthodologie, faut aller prendre des trucs à droite
à gauche, moi j’ouvre Le Monde y’a des trucs sur… Chavez au Vénézuéla, voilà on fonce
quoi, ou des journaux Espagnols… En fait c’est un gigantesque puzzle, c’est ce que je me
dis quoi… j’apprends l’Espagnol et la culture l’Amérique Latine et en fait c’est un puzzle,
on va piocher des trucs partout là je vais en San Sebastian manger et hop y’a la recette le
truc je discute avec le cuistot, y’a des mots, tiens ça ça vient de là hop hop hop et en fait
tout se met en place…

Interviewer : C’est une passion pour la culture de…

Samuel : ouais voilà, ouais ouais…

Interviewer : Et alors donc vous avez des hauts et des bas…

Samuel : je suis plutôt en haut mais ça a dû arriver deux trois fois cette année je me
disais je me plantais je me plantais, et puis voilà et en fait non quoi…

Interviewer : c’est dû au fait de vous dire que vous alliez vous planter ?

Samuel : oui oui

Interviewer : parce que vous n’avez pas trop eu le temps ?

Samuel : Y’a ça aussi, trop d’infos… je vais pas avoir le temps à six jours…

154
Interviewer : et alors, qu’est-ce qui fait qu’ici31 ça remonte ?

Samuel : euh… ben en fait je me remets… par exemple je buttais sur un truc
linguistique, je comprenais rien pour les vocalises comment ils prononcent en Argentine
je me suis dit hop je zappe pendant un jour je fais rien et après je me remets à faire des
traductions vous voyez tiens je vais lire un truc de civilisation hop, sortir un peu du truc,
ou lire un livre pas Espagnol du tout, sortir un cheval et courir, ou aller au cinéma et voir
un film… n’importe quoi quoi… et puis après revenir dessus reprendre à zéro enfin moi
je suis comme ça… parce que des fois ça gave, littéralement… changer d’air…

S’en suit une discussion hors sujet où il me demande comment je fonctionne dans une
même situation…

Interviewer : Est-ce que… tout au long de la formation vous étiez plutôt à


l’aise, anxieux ?

Samuel : Anxieux au moment des exams ouais… en janvier j’étais chez un ami à
Bordeaux qui m’avait hébergé c’est clair je me disais, putain… et il me disait
« tranquille » et voilà, mais sinon… au tout début y’a le temps, on reçoit les premiers
cours début octobre, et puis après le temps passe, après faut faire un planning, tel jour
faire ça, tel jour faire ça, parce que y’a quand même… y’a pas trop de suivi par rapport
aux institutions mais soi-même il faut faire son propre suivi quoi, c’est ça le truc… après
on arrive à l’arrache, ça rime à rien quoi… et puis le plaisir d’apprendre quoi toujours le
même truc…

Interviewer : et cette anxiété avant les exams vous la gérez comment ? votre
ami à Bordeaux vous aidait ?

Samuel : Oui… oui et puis on fait avec, on arrive le jour-même et voilà on fait du
mieux possible, jusqu’à ce que ça passe, étonnamment bon y’a un truc où je me suis
planté la linguistique d’ailleurs ça m’étonnait j’ai eu 8 pour les deux exams, je me disais,
je pense qu’il fallait repasser le truc en fait pas du tout c’est la moyenne de tout
maintenant… parce que y’a des années après mon BAC je me rappelle y’a des épreuves
fallait repasser, et là maintenant c’est la moyenne des… on peut avoir 3 dans un truc et
jamais le valider on s’en fout…

S’en suit une discussion hors sujet où il me demande le fonctionnement des UE et des
compensations des notes, de la deuxième session…

Samuel : d’accord, vous voyez ça par exemple c’est pas du tout clair… vous voyez
par correspondance on devrait avoir un truc par rapport à concrètement les examens ça
se passe comme ça il faut tant, il faut, voilà… moi j’ai appris ça je vous dis en discutant
sur le campus en mai, en avril, aux exams… et puis vous savez y’a deux trois quatre
version, donc voilà, untel a dit ça, l’autre a dit que…

31 Je le montre avec un signe de la même une courbe qui descend et remonte, représentant sa
« motivation ».

155
Interviewer : d’accord. Est-ce que vous avez appris des choses en dehors du
contenu bien sûr, sur la méthodologie pour travailler à distance ?

Samuel : Ouais mais que je connaissais un peu je vous dis par rapport à ce diplôme
là de journalisme, où j’avais pris, j’étais un peu dans le bain, non sinon le coup des
devoirs à faire, je l’avais aussi en journalisme, c’est concret quoi y’avait un devoir, mais
après, ouais non mais la méthodologie, c’est, en fait bosser tous les jours, c’est ça la
chose… tous les jours lire un truc… des fois j’ouvre mon dico je lis la lettre L… y’a des
gens qui diraient mais qu’est-ce qu’il fait…

Interviewer : vous êtes curieux…

Samuel : voilà y’a le mot curiosité aussi, voilà… mais la méthodologie, tous les
jours, lire la presse, regarder la télé, les infos j’ai une chaîne d’Amérique Latine, c’est
bien pour la langue… après je pense que chacun fait à sa sauce... les curiosités, la
motivation, y’a pas d’autre mot… comme pour tout…

Interviewer : Et si c’était à refaire cette année est-ce que vous auriez changé
quelque chose dans votre manière de faire ?

Samuel : Euh… Ouais peut-être je m’y serais mis un peu plus tôt… j’ai reçus les
premiers cours début octobre, on se dit octobre novembre décembre y’a trois mois,
tranquille, et puis trois mois ça va, donc novembre pas top, décembre à l’arrache et puis
on s’aperçoit qu’il y a 200 pages et… vite vite, faire sur les peintres Espagnol… donc voilà
peut-être commencer dès le début, se dire on va faire une fiche, hop hop hop, étaler quoi,
étaler les trucs parce que sinon on arrive en janvier voilà quoi, mieux assimiler peut-
être, les trucs sur lesquels on butte… La vie de Velasquez elle m’intéresse mais bon p’tet
pas non plus top, après ça dépend des peintres aussi, au niveau culture et autre et la
grammaire aussi, enfin le truc c’est de faire des traductions quoi, il faut bouffer la
langue… le mec il me dit, y’avait les fêtes de Tyrosse là le week-end dernier et un
collègue enfin un ami d’un ami qui vit en Amérique centrale et le mec voilà il me parlait
de la langue, et il me disait bon ça fait 10 ans qu’il y ait et il me disait « je suis totalement
bilingue », je dis « sans déconner, tu es totalement bilingue parce que d’après moi il faut
une vie pour être bilingue et encore », vous voyez, p’tet avoir un parent Espagnol, je lui
ai dit « tiens tu vas me traduire ça, comment on dit », et le mec, je sais pas avec des mots,
je sais pas j’étais, des phrases simples en Français, à Barcelone j’ai côtoyé des gens qui
étaient Franco-Espagnol et même ils étaient là « merde comment on dit ça, cette
expression, ce truc », voilà par rapport à des trucs hyper précis… il faut bouffer la
langue… faut faire sa propre méthodologie et puis chacun à son rythme quoi… certains
une heure ils décrochent c’est clair que… voilà… mais après y’a le truc du temps, c’est
pas évident… ajuster…

Interviewer : D’accord… Pour terminer, pour être efficace à distance, pour


travailler, qu’est-ce qu’il faut selon vous comme compétences, qualités ?

156
Samuel : Euh… Je pense qu’il faut rien lâcher… faut vraiment une surmotivation…
même si y’a un suivi et tout faut vraiment, faut vouloir le truc… il faut avoir d’une
certaine façon, enfin moi j’aime la langue depuis longtemps donc j’ai emmagasiné des
dico, j’ai entassé, des livres sur l’Espagne, voilà… en bas de chez moi y’a plein de
bouquins, ça permet de, ouais parce que ça aussi financièrement, je veux bien
qu’Internet soit gratuit mais y’a pas tout sur Internet… Je me souviens d’un livre comme
ça, à l’époque 500 francs… Bescherelle aussi 15-20 euros même sur Amazon ou
PriceMinister… ou alors vous me direz faut aller à la bibliothèque, mais à la bibliothèque
de Dax on trouve pas grand-chose, ou alors faut aller jusqu’à Bordeaux… grosse ville
d’accord, mais là… y’a d’ailleurs une très bonne libraire à Bordeaux, rue Saint-James,
Hispanique, j’y suis allé une fois, le monsieur est super sympa, il croyait que j’étais
enseignant [sourire]… Il me fait vous êtes à Bordeaux, l’Université, il fait « enseignant ? »,
je fais « non, non », simple étudiant [sourire]… « il me dit y’a pas de simple étudiant »,
très sympa…

Interviewer : D’accord, d’accord…

Samuel : Sinon ouais qu’est-ce qu’on pourrait améliorer… bon après on n’est plus
dans la distance mais se rendre sur place quoi, faire une journée ou deux, où y’aurait
spécial pour les gens qui sont pas sur place on aurait de 8 heures du mat’ à 18 heures,
avec 2 ou 3 profs, voilà ça permettrait d’avoir plein de questions, on préparerait nos
questions… mais bon faut se déplacer c’est encore un certain budget, etc., etc., sinon
ouais par Internet, et le contact téléphonique, j’en démords pas, deux coups de fil dans
l’année « vous avez bien reçu les cours, vous avez des questions par rapport à ça », à la
limite envoyer un mail mais ça on peut le faire déjà par le Bureau Virtuel… ouais je crois
que le truc téléphonique ça serait sympa ouais, quelqu’un qui chapote, mais je pense
qu’ils ont tellement peu d’argent avec les restrictions budgétaires ou autre, mais
quelqu’un qui chapoterait… ce serait, un suivi… sinon les devoirs je vous dis c’est bien,
devoirs papiers c’est nickel, ça c’est bien… p’tet plus de devoirs, mais bon déjà y’en a eu
15 dans l’année, après faut le temps… non sinon ouais je pense par Internet, par webcam
ou autre…

157
11. Gaëlle

Interviewer : Avant toute chose, j’aimerais préciser un élément par rapport à


quelque chose spécifique au CNAM, quel est le module de formation que vous
suivez et sa durée ?

Gaëlle : alors y’a… le module c’est un module RH… c’était pour l’instant une licence
ressources humaines option relations sociales et organisation d’entreprise… la durée…
on est libre de notre rythme, y’a tant d’unités de valeurs, y’en a un certain nombre et
elles sont toutes à valider, là y’a pas de moyenne… y’a des gens qui vont en prendre 2 ou
3 par an… ça c’est un choix, après y’a pas d’ordre non plus, on peut les prendre, moi
j’avais commencé par les unités de dernière année parce que c’est celles qui me
plaisaient le plus, je partais du principe que qui peut le plus peut le moins, je suis partie
des plus élevées pour aller vers les plus simples, voilà et ça c’est pareil c’est quelque
chose qui est possible au CNAM… de la même manière qui est parfaitement possible de
commencer les unités d’enseignement du master 1 même si on n’a pas tout validé… c’est
ce qui m’a amenée cette année à commencer les UE du M1…

Interviewer : d’accord… très bien, là ça fait combien de temps que vous


suivez ces modules ?

Gaëlle : je crois que ça fait 4 ans…

Interviewer : ça fait 4 ans que vous faites de la formation à distance ?

Gaëlle : absolument, alors c’est pas qu’à distance, l’avantage du CNAM c’est qu’on
mix et en plus on choisit, en fonction, la matière peut être enseignée en présentiel, je
prends un exemple, sur un premier semestre et à distance sur un second semestre… le
mode d’enseignement n’est pas toujours le même sur la période de l’année…

Interviewer : d’accord, très bien… donc vous allez aussi parfois sur les lieux ?

Gaëlle : oui, en fait je mix beaucoup… je mix le présentiel, le tutorat et tout à


distance… et à ce moment là tout à distance c’est ce qu’on appelle de l’e-learning, parce
que c’est un enseignement national…

Interviewer : et ce que vous appelez le tutorat

Gaëlle : c’est un mix en fait, un mix présentiel et en ligne… en fait on a des cours en
ligne et des ateliers… on a 3 types de, 3 possibilités…

Interviewer : d’accord, ok… alors, dans un premier temps, je vais vous


demander ce qui vous a amenée à suivre cette formation ?

Gaëlle : très simple, j’ai fait un bilan de compétences, et à l’issue du bilan de


compétences en fait ça a confirmé ce que je pensais, c’est-à-dire que si je voulais
m’épanouir dans ma vie professionnelle, c’était les ressources humaines… comme j’avais

158
fait 15 ans de droit social plus 2 ans à l’international plus ensuite j’avais fait de la gestion
de projet pendant 7 ans, donc à un moment donné il est devenu logique que j’envisage
de faire autre chose parce qu’en gestion de projets dans l’entreprise où j’étais j’avais
aucune possibilité d’évolution dans la mesure où en fait la gestion de projets n’est
accessible que pour les gens qui ont un cursus scientifique, c’était pas mon cas… gérer
des projets dits pharmaceutiques, ça suppose d’avoir une formation dans le domaine…
moi mon souhait c’était vraiment de repartir en ressources humaines donc…

Interviewer : d’accord… donc dans un but professionnel…

Gaëlle : oui, oui après intra ou inter en dehors de l’entreprise j’en sais rien, je me
laisse déjà le temps de terminer et après on verra…

Interviewer : d’accord… et alors, pour la partie à distance de votre formation,


pourquoi avoir fait de la distance plutôt que de la présence ?

Gaëlle : parce que parfois j’ai pas le choix… tout simplement… pas le choix dans les
unités d’enseignement, sur certaines UE on a la possibilité de choisir, mais encore ça
dépend du moment où on va prendre cette UE… mais voilà, après moi j’essaye de mixer,
de façon à ne pas avoir que du présentiel sur un semestre et ne pas avoir que de la
distance, parce que j’aime bien la relation aussi avec l’autre, et cette relation avec l’autre
je ne l’ai pas quand je suis en formation à distance…

Interviewer : d’accord, cette relation justement avec l’autre à distance, y’a


pas moyen de l’avoir par d’autres moyens ?

Gaëlle : non parce que dans ces cas-là c’est uniquement à distance ça veut dire
qu’on va être sur de l’e-learning national et là on est réparti quasiment sur la France
entière, donc non, on n’a pas de relation… avec les autres auditeurs…

Interviewer : et avec les enseignants ?

Gaëlle : Non là, alors là pour le coup on a un rapport qui est très distancié surtout
quand on est à distance on a un rapport qui est uniquement auditeurs-enseignants, ça
s’arrête là, en fait on n’a pas le temps… eux n’ont pas le temps parce qu’ils font ça en plus
de leur activité et nous on n’a pas le temps parce qu’en général pour la majorité on a
autre chose à côté, souvent on travaille… c’est vraiment la formation tout au long de la
vie, et pour des gens qui sont en activité professionnelle ou en recherche d’emploi mais
en tout cas qui sont sortis d’un cursus universitaire classique…

Interviewer : ils n’ont pas le temps, ils l’expriment eux-mêmes clairement ?

Gaëlle : non mais nous on n’a pas le temps non plus c’est-à-dire qu’il faudrait qu’on
les sollicite et on peut je pense on peut les solliciter mais c’est que nous on n’a pas le
temps, tout va vite, la somme de travail demandée est importante, sachant quand on n’a
pas qu’une seule unité d’enseignement à ce moment-là ça suppose d’arriver à répartir
son temps équitablement, et… et puis surtout être toujours dans les temps pour pas

159
accumuler trop de retard, non on n’a pas le temps, et puis, la vie est faite de rencontres
mais elle est aussi faite de séparation donc on peut pas garder un contact avec tous les
gens qu’on rencontre, donc y’a un tri sélectif, une sélection qui se fait, et voilà, après ce
qu’on sait simplement, nous on aura identifié enfin moi j’ai identifié effectivement des
profs avec lesquels j’ai peut-être eu peu de contacts mais que j’ai trouvé très pertinents,
extrêmement intéressant, et j’hésiterai pas à aller voir sur Internet comment les
contacter si besoin est… mais dans le cadre des cours on n’a pas le temps… en tout cas
moi à distance ça ne m’est pas arrivé, ça m’est arrivé plus sur du présentiel… où là
effectivement on a la possibilité d’avoir un échange en dehors du cours, mais sinon non…

Interviewer : oui, et là les contacts pertinents c’était sur de la distance ?

Gaëlle : j’ai eu un prof vraiment que j’ai trouvé, j’ai trouvé que ses cours étaient
extrêmement bien faits, le support informatique était vraiment, c’est la première fois
que je voyais un cours de cette qualité avec un support informatique de cette qualité, qui
permettait d’évaluer à chaque fin de cours le niveau de l’apprentissage, et vraiment c’est
la première fois aussi, une fois que l’UE a été terminée que les examens ont été passés,
etc. je me suis permise de lui envoyer un mail pour lui dire ce que j’avais pensé vraiment
de son cours, parce que vraiment je trouvais que là c’était, y’avait jamais de vide, c’était
incroyable, toute question avait une réponse, et une réponse qui était pertinente et
claire et bien posée… là l’enseignant était de grande qualité, c’est l’avantage du CNAM…
L’avantage du CNAM et ça j’apprécie c’est qu’on a face à nous des gens qui sont déjà en
activité, qui sont en prise réelle avec le terrain, c’est le problème souvent des
universitaires, qui ne savent pas ce que c’est que l’entreprise, qui ne connaissent pas
l’organisation d’une entreprise, et moi ça m’est arrivé, j’ai eu un prof on s’est clairement
accrochés, parce que c’est un prof de socio et je lui ai dit, ça n’est pas possible que vous
puissiez penser ça, mais on n’est plus, on n’est pas chez les bisounours, c’est pas
possible… après je reviens sur la qualité de son enseignement, mais je trouvais qu’il
fallait se mettre un peu en adéquation avec le terrain et que là clairement, c’était… ce qui
disait était clairement déconnecté d’une réalité économique… je lui ai dit… les autres
profs savent ce qu’est la vie dans l’entreprise et ça c’est bien, y’a réellement un
échange…

Interviewer : et si tous les profs étaient comme celui dont vous avez parlé, ça
serait bloquant ?

Gaëlle : ah ben oui parce que pour moi on occulte la moitié des choses… et c’est
pour ça que pour moi j’ai du mal à écouter un discours d’un enseignant d’un
universitaire pur et dur, j’ai vraiment du mal… et la preuve en est, souvent on est
confronté à des gens qu’on va considérer comme des technocrates, mais c’est quoi une
entreprise, aujourd’hui c’est quoi la réalité de la vie, c’est pas l’université je suis désolée
de le dire, c’est pas l’universitaire, qu’est-ce qui fait consommer c’est l’industrie, alors
déjà qu’elle est en train de s’appauvrir alors si… mais voilà, en plus la France est
constituée au deux tiers de [???] des gens qui sont confrontés tous les jours aux

160
difficultés de la vie… aux difficultés économiques aux difficultés de l’emploi aux
difficultés financières, environnementales, voilà… je comprends qu’en université on ne
sait pas ce que c’est que ça… moi j’ai des parents qui sont enseignants donc je peux le
dire et je peux en tout cas dire aujourd’hui voilà ce que c’est quand on vit avec des
parents enseignants, ok c’est bien mais la vie c’est autre chose… en tout cas le monde
extérieur c’est autre chose… heureusement que le CNAM a cette chance d’avoir des
enseignants de cette grande qualité…

Interviewer : oui… alors pour revenir à la question, s’ils avaient tous été
comme ça…

Gaëlle : non je me serais adaptée c’est tout… je me serais adaptée, j’aurais pas
rebroussé chemin je me serais adaptée… je sais pas si j’aurais été déçue parce que je
n’attendais rien, évidemment aujourd’hui j’ai quelque chose donc je suis ravie de l’avoir,
et pour le coup évidemment, là j’apprécie la différence, je peux la mesurer, mais je crois
que ça serait pas possible parce que ça ne répond pas aux attentes et au public… les
auditeurs du CNAM sont plus âgés ils sont déjà en entreprise et ils ont besoin de
concret… et en plus l’énorme avantage du CNAM et des formations pour les adultes, on
est plus dans la pédagogie, on est dans ce qu’on appelle l’andragogie… et ça change
tout… dès qu’on va entendre quelque chose, on va le mettre en application, on va le
rapporter à du réel, du concret, du vécu… si on déconnecte ça n’a pas de sens pour nous
enfin pour moi en tout cas…

Interviewer : d’accord… donc le fait qu’ils soient dans un monde, que vous
vous compreniez en fait

Gaëlle : ça fait écho et ça permet d’aller beaucoup plus vite… nécessairement ça


permet d’avoir une compréhension qui est beaucoup plus rapide, immédiatement ça fait
écho à du vécu… à ce moment là ça prend tout son sens, ça prend corps…

Interviewer : et au-delà de la compréhension, c’est motivant, c’est…

Gaëlle : oui nécessairement parce qu’on se rend compte à ce moment là qu’on n’est
pas les seuls, d’abord c’est une problématique qu’on sera amené à rencontrer, on est
vraiment dans du concret, et puis elle est motivante parce qu’elle est dans la réalité… et
on sait qu’à un moment donné on devra faire face à ce type de problème c’est une
question qui nous sera posée… nécessairement…

Interviewer : d’accord… ça répond à vos attentes

Gaëlle : oui

Interviewer : et alors, quand vous êtes à distance, vous travaillez de chez


vous ?

Gaëlle : Je mixe en fait, souvent durant l’année scolaire je m’isole dans une salle de
réunion, et je bloque entre une heure et une heure et demie je déjeune et en même

161
temps je travaille, en fait j’optimise mon temps parce que j’ai des temps de trajet qui
sont déjà relativement important, et parce que je sais que le soir j’ai besoin de faire un
break alors si la journée a été difficile c’est difficile pour moi de m’y remettre le soir et il
faut vraiment que j’aille chercher une motivation qui est parfois très très très enfouie, je
travaille du bureau, mais si je travaille de chez moi ça va être plus le week-end, le soir
j’ai plus de mal… ça j’aime bien, ça me fait, c’est une sorte de sas de décompression moi
le midi, donc je passe à quelque chose de diamétralement différent de ce que je fais, et
vraiment j’ai beaucoup de plaisir à le faire, c’est, la formation à distance je la fais comme
ça… après sauf si on a des cours en ligne… des cours diffusés, auquel cas ils peuvent être
diffusés à horaires fixes, mais comme c’est fait pour les gens qui travaillent en général ils
sont diffusés le soir, donc ça va être 18h30 19h30 parfois jusqu’à 21h… ça dépend de la
durée du cours… bon c’est pas tous les jours… ça aussi c’est une notion que j’intègre,
pour pas avoir du présentiel en même temps qu’un cours diffusé, sachant que tous les
cours diffusés sont enregistrés et sont revisionnables plus tard, ça permet d’adapter les
cours à notre rythme, si on veut les revoir le week-end on peut… après évidemment on
ne bénéficie pas du chat…

Interviewer : ok, donc globalement vous êtes dans un environnement à


chaque fois que ce soit au travail ou chez vous qui est favorable à l’apprentissage à
distance ?

Gaëlle : oui, oui oui… et puis j’aime bien en fait ça me permet de moduler, ça me
permet de m’adapter et d’adapter mon emploi du temps en fonction… j’aime bien
consacrer un temps important, donc soit ça va être, c’est pour ça que pour moi le soir le
morceler c’est compliqué mais si c’est une heure et demie ça va, mais après une demie
heure le soir ça sert à rien, à ce moment là je vais consacrer un week-end entier… et puis
je consacre aussi du temps à la dernière minute…

Interviewer : d’accord… et est-ce que vos proches participent à votre


formation, pas forcément sur le contenu, mais par exemple en vous encourageant,
est-ce que ça a une importance pour votre formation ? que ce soit vos enfants, des
amis, d’autres personnes…

Gaëlle : Alors, mes enfants non, ils ont été source d’inspiration pour moi, pour un
mémoire, mais après non ils sont pas une source de motivation… après y’en a un
effectivement qui me soutient beaucoup, c’est mon ami… parce qu’il sait ce que c’est,
parce qu’il est passé par là, parce que lui pour le coup ça a été un universitaire pendant
très longtemps, mais bon il a jamais enseigné, il a quitté la fac il avait 30 ans, et il a fait le
choix aujourd’hui de retourner à une formation mais bon ça répond à une obligation
légale, mais oui effectivement, on échange beaucoup parce que sa formation peut être en
lien avec la mienne, il a aussi lui à normal sup travaillé sur les ressources humaines, avec
un cursus d’histoire au départ quand même…

Interviewer : je comprends, donc lui, il participe à

162
Gaëlle : oui j’aime bien, parce que c’est vraiment, il est source d’échanges, on
échange beaucoup beaucoup, il a un regard qui est très pertinent, j’essaye de le dire avec
le plus de détachement possible hein [sourire]

Interviewer : non pas de souci

Gaëlle : non mais mes sentiments pourraient polluer mon point de vue, mais très
objectivement c’est quelqu’un de très instruit et oui il est source d’échanges… parce qu’il
a un regard très pertinent, comme c’est un puits de science c’est très facile d’aller
chercher l’information [rires]

Interviewer : [rires]

Gaëlle : et en fait quand j’ai besoin d’avoir un résumé, effectivement en quelques


lignes il m’a tout expliqué, donc… après ça n’empêche pas d’aller chercher le reste de
l’information, parce que lui il a forcément un regard qui va être un peu biaisé, moi je vais
aller chercher le pendant de son regard mais oui je m’appuie beaucoup sur lui…

Interviewer : c’est votre tuteur finalement

Gaëlle : c’est mon souffre-douleur plutôt que mon tuteur [sourire], oh ben oui
parce que y’a des moments de l’année où je suis particulièrement désagréable, oui oui
bien sûr, quand je sens que je suis très en retard dans les révisions ou que j’ai un
mémoire à rendre ou même dans les CLES qui précèdent la remise du mémoire et j’ai
juste écrit une page du mémoire et qu’en fait il me reste encore 40 pages à écrire je me
dis mais comment je vais y arriver, et là je sais que je suis particulièrement désagréable
mais bon voilà, et puis il a l’habitude et il prend ça avec beaucoup beaucoup de recul,
donc voilà…

Interviewer : c’est un soutien indispensable ?

Gaëlle : ben… si je l’avais pas je ferais sans, je m’adapterai il est là et je suis bien
heureuse de l’avoir… après… je pense que c’est un échange en fait et pas simplement, je
reçois l’information, y’a réellement un partage, moi au travers des lectures que j’ai pu
faire, ça me permet d’enrichir parfois et d’apporter de l’eau à son moulin… donc surtout
tout ce qui… lui il avait vu tout ce qui était ressources humaines, moi je vais apporter de
l’eau à son moulin c’est sur les outils RH… où là effectivement il connait pas, là on est
dans le cœur du métier, on est pas juste sur une gestion des sentiments et des
comportements, donc les outils RH… et ça il sait pas faire, donc je lui apporte un petit
peu de savoir… c’est réellement un échange, c’est très enrichissant… je pense que je lui
apporte plus qu’il m’apporte mais bon… après comme lui il suit une formation c’est vrai
que j’aurais tendance à le booster un peu, à lui dire « bon allez », à mettre en place une
sorte de compte à rebours… mais c’est intéressant, c’est important d’avoir ça, moi ça
m’aide bien, s’il était pas là je ferais autrement, et puis ça me fait plaisir de partager avec
lui vraiment, parce que ça fait partie d’une complicité intellectuelle qu’on peut avoir… et
qui enrichie la relation… voilà…

163
Interviewer : d’accord… c’est intéressant, quand vous dites « ça m’aide bien »,
au-delà du partage de contenu ça vous aide bien à quel niveau ?

Gaëlle : ça m’aide à me motiver aussi, c’est-à-dire je sais qu’il va avoir son regard, et
donc j’ai envie quelque part qu’il soit fier de ce que j’ai fait, c’est là aussi où ça va m’aider
à me dépasser à me surpasser aussi… et c’est vrai qu’il a un niveau d’exigence, il m’a
beaucoup aidé dans la rédaction, en qualité d’historien il écrit extrêmement bien, en
parallèle il avait une société d’édition, il aime lire, il a un souci du détail, il a un niveau
d’exigence envers lui-même, que je trouve très honorable, et j’essaye quand je vais lui
soumettre une relecture d’appliquer un peu les mêmes règles… je lui arrive pas à la
cheville mais je fais des phrases courtes j’essaye d’être précise concise… délayer, à l’oral
peut-être, à l’écrit ça ne m’apporte rien, en revanche à l’oral je me lâche [sourire]

Interviewer : très bien… est-ce que vous avez eu des moments dans votre
formation de doute, d’hésitation à abandonner ?

Gaëlle : Non, non jamais… je savais où je voulais aller et actuellement… après il y a


une chose que je ne gère pas c’est le temps, mais des doutes, non jamais…

Interviewer : et ce qui maintient justement cette persévérance dans le travail


c’est quoi ?

Gaëlle : plus j’avance dans cette formation et plus je m’épanoui, donc je n’ai aucune
raison d’avoir des doutes, et plus ce que je fais me plaît, et je n’ai qu’une hâte c’est de
poursuivre, parce que je sais que plus j’avancerai plus j’affinerai, plus j’irai sur quelque
chose sur quelque chose de spécialisé… et je redoute le moment où ça va se terminer,
j’espère que ça ne se terminera pas, mais en fait c’est un choix qu’on peut faire on peut
faire le choix de continuer ou d’arrêter, je pense que si un jour la formation devait
s’interrompre, si je devais arriver en fin de cursus je pense que je prendrai une voie qui
me permettra de continuer, auquel cas je partirai en recherche…

Interviewer : d’accord… besoin de toujours se renouveler ?

Gaëlle : en fait je dis ça parce qu’aujourd’hui je ne suis pas pleinement épanouie


dans mon travail et que finalement la richesse intellectuelle je ne la trouve pas dans mon
travail, je la trouve en revanche dans cette formation… peut-être que si j’étais épanouie
dans mon travail je ne verrais plus l’intérêt pour moi de poursuivre, parce que la
richesse l’épanouissement à partir du moment où je l’ai trouvée j’ai pas besoin d’aller la
chercher ailleurs… et aussi je trouve que c’est extrêmement intéressant de poursuivre la
formation ça permet d’être en lien avec un monde universitaire… même si tout à l’heure
je disais, je le trouve un peu, mais je trouve que c’est bien d’avoir le regard des jeunes,
parce qu’ils ont eux-mêmes un autre regard sur la vie… voilà…

Interviewer : d’accord, très bien… vous m’avez dit tout à l’heure, vous m’avez
dit que vous étiez parfois un peu stressée, anxieuse, etc., tout au long de la
formation en général vous êtes plutôt à l’aise et avant les exams

164
Gaëlle : oui oui oui, parce que je suis toujours en retard, je me dis toujours « oh j’ai
le temps » et en fait j’ai jamais le temps, ça c’est une question de gestion de son temps et
moi là-dessus… je pense que c’est pas un problème de gestion du temps mais comme j’ai
envie d’aller assez vite, je prends beaucoup d’UE en même temps… là où certains en
travaillant à temps complet prennent 3 UE, 2 ou 3, sur l’année, moi j’en prends 7… alors
évidemment la somme de travail n’est pas la même, et forcément les journées n’ont que
24 heures, parfois je suis un peu à la bourre… en même temps je pense que les années,
l’expérience m’a permis d’aller à l’essentiel… ça me permet d’avoir la chance de prendre
plusieurs UE en même temps… moi en général par an j’en prends 7… c’est pour ça
parfois je suis un peu à la bourre… si j’ai 2 mémoires en même temps je sais pas
comment gérer mon temps parce qu’évidemment j’ai une activité professionnelle pour
peu que je sois en déplacement à l’étranger, là quand je suis en déplacement à l’étranger,
je rentre je suis crevée, il faut que j’oublie un peu cette fatigue et que je m’y mette, c’est
difficile de réfléchir et de poser les mots quand on est fatigué, c’est quasiment deux
activités quand même… donc… voilà, c’est un peu stressant, parce que toujours peur de
ne pas y arriver…

Interviewer : peur de pas pouvoir y arriver c’est

Gaëlle : j’ai peur de pas valider l’UE, ça suppose de la repasser ensuite ça, et j’ai pas
envie, j’ai eu mon résultat aujourd’hui mon UE est confirmée c’est bien parce que je suis
en vacances et donc là j’ai 3 mois de vacances, parce que pour moi quand les cours sont
finis je suis en vacances, parce que le rythme même si j’ai un rythme professionnel
soutenu quand j’ai enlevé les cours j’ai l’impression d’avoir la vie devant moi, d’avoir des
soirées où je peux faire, me consacrer à mes activités favorites, donc j’ai l’impression que
c’est merveilleux, je peux partir le week-end, je peux passer 5 6 heures à photographier,
voilà, je prends ma voiture je pars je photographie les environs, je peux jamais le faire
dans l’année… donc évidemment quand les cours sont finis je souffle et après je suis en
vacances…

Interviewer : je comprends… et les moments comme ça d’anxiété vous les


gérez comment ? vous toute seule ou

Gaëlle : oui, oui là je me replie parce que je sais que je vais être désagréable alors je
me replie [sourire]… les autres ont rien demandé ils l’ont pas mérité à ce moment là oui
je m’isole… je travaille la nuit à ce moment là, je rentre du bureau je souffle un peu je
vais remettre à travailler vers 9 heures 10 heures et jusqu’à 2 ou 3 heures du matin, je
peux le faire plusieurs jours dessus, mais il faut vraiment que ce soit les jours qui
précèdent la remise d’un devoir ou bien l’examen… je peux pas le faire trop longtemps
quand même…

Interviewer : oui les seuls moments de stress c’est uniquement avant de


rendre quelque chose

Gaëlle : c’est presque classique d’un étudiant lambda…

165
Interviewer : est-ce qu’il vous a manqué quelque chose dans cette
formation ?

Gaëlle : ah c’est une bonne question, est-ce qu’il m’a manqué quelque chose… euh…
oui alors il manque quelque chose, et alors là j’y réfléchis pour tenter d’y remédier, mais
c’est pas la formation en tant que telle, c’est plus organisationnel, j’aimerais une mais
l’idée est lancée on va laisser à chacun le temps d’y réfléchir une c’est fonder une
association et la deuxième c’est d’essayer de mettre en place des partenariats CNAM
entreprise parce que ça n’existe pas alors je sais que les universités ont beaucoup de mal
mais effectivement je me dis que créer des partenariats CNAM entreprises ça serait
intéressant… ça ça manque…

Interviewer : et l’association ?

Gaëlle : et l’association parce que je pense c’est toujours intéressant, les anciens
élèves de, c’est intéressant pour partager un peu, créer une association, il en existe une à
Paris et ensuite elle ne concerne que les auditeurs qui ont terminé leur Master 2 RH
étant précisé que le Master 2 RH n’est pas enseigné à Bordeaux, donc en fait voilà… et
puis Paris c’est Paris et Bordeaux c’est Bordeaux, on est capable de faire autre chose…

Interviewer : et ça serait des échanges

Gaëlle : oui l’objectif serait dans un premier temps de se réunir partager le


parcours de chacun, faire un point un peu sur qu’est-ce qu’a apporté cette formation est-
ce que la formation terminé les gens ont trouvé quelque chose dans quelles conditions
est-ce que ça a été difficile ou pas est-ce qu’ils appliquent vraiment ce qu’ils ont est-ce
que la formation leur a été utile, ensuite est-ce qu’il y a pour ces gens qui travaillent en
entreprise est-ce qu’il y a possibilité d’organiser des petits modules d’information, sur
des points bien précis… ça pourrait être intéressant qu’on partage… on y réfléchit… voilà
ça m’a manqué ça…

Interviewer : d’accord… ça fait le pont avec une question suivante, je voulais


vous demander, vous avez échangé avec d’autres auditeurs je crois ?

Gaëlle : oui

Interviewer : c’était dans quelles circonstances, à propos de quoi ?

Gaëlle : oh ça c’est vraiment un feeling… au feeling, y’en avec lesquels j’ai échangé,
quand on est en présentiel on échange, après y’a des gens avec lesquels on a plus ou
moins d’affinités et avec lesquels on va se lier, il va exister une relation et on
l’entretiendra, mais… en 4 ans, les gens avec lesquels j’ai vraiment gardé contact y’en 5 6
maximum… parce qu’on est tous très pris… en général, pour celles qui travaillent pas
elles ont des enfants, la famille c’est pas très compatible avec les études d’être en plus
des études disponibles pour avoir des relations extra-scolaires…

166
Interviewer : et alors du coup ce sont des gens rencontrés en présentiel et
avec lesquels vous continuez à échanger ?

Gaëlle : oui, oui oui… et après, et avec lesquels on aura, après ça dépend, mais soit
une relation professionnelle un peu plus studieuse et d’autres beaucoup plus studieuse
basique plus personnelle on va dire…

Interviewer : oui… et pour ce qui est du côté studieux vous avez travaillé
ensemble ?

Gaëlle : non c’est-à-dire on va échanger plus d’un point de vue ça va être plus un
partage professionnel, plus partager sur le professionnel, moins rentrer dans l’intimité
dans la vie de chacun, mais voilà c’est toujours intéressant c’est toujours enrichissant…
mais on a tous beaucoup d’obligations, le temps on l’a pas toujours… sur le lot, 5 ou 6
c’est pas beaucoup sur le nombre de personnes qu’on a rencontrées… après c’est
vraiment du feeling, des gens d’horizons très divers et variés… des femmes des hommes
y’a pas de… et là je me dis c’est ça qui est intéressant, quand on retourne comme ça sur
les bancs de l’école, y’a plus d’âge… alors moi je pense et en même temps je pense que
ceux qui sont plus jeunes ont pas forcément le regard, parfois ils nous voient plus
comme une sorte de voix de la sagesse, ou bien ils s’appuient un peu sur notre
expérience c’est amusant, c’est amusant selon les cours on peut être un peu le doyen ou
la doyenne ça c’est sympa…

Interviewer : d’accord… et cette formation, si c’était à refaire ces 4 ans, vous


le referiez ça je sais [sourire] mais est-ce que vous changeriez quelque chose ?

Gaëlle : mmh… je ne changerais pas j’apporterais, je rajouterais peut-être des


forums, des forums ou des… des moments en tout cas d’échange avec les enseignants…
peut-être la possibilité de les rencontrer à l’occasion, à la fin de l’année, j’en sais rien,
d’avoir un échange en tout cas qui soit peut-être encore plus riche que celui qu’on peut
avoir… bon c’est pas dit que les gens soient très disponibles mais… sinon je vois pas très
bien, je suis pas très bonne en innovation…

Interviewer : d’accord… et est-ce que vous vous auriez changé quelque chose
dans votre façon de faire ?

Gaëlle : ah non non rien, je sais pas faire autrement [rires]

Interviewer : d’accord, et par rapport aux forums sur Pleyade32 y’en a non ?

Gaëlle : oui mais c’est un échange virtuel… moi j’aime bien l’échange physique,
rencontrer les gens, je trouve que c’est intéressant, de voir comment les gens se
comportent…

Interviewer : et si ça avait été tout à distance ?

32 Plateforme de formation du CNAM.

167
Gaëlle : ouh j’aurais trouvé ça dur quand même, j’ai besoin du rapport humain,
j’aurais trouvé ça difficile… je pense qu’on a tous besoin du rapport humain…

Interviewer : vous pensez qu’à distance le rapport humain y’en a pas ou il


n’est pas le même ?

Gaëlle : il est pas le même, il est complètement… j’allais parler un peu vite, j’allais
dire… il peut être exempt de tout sentiment, mais j’ai souvenir dans une UE, avec un
autre auditeur on a eu, on avait un échange, un travail commun à faire, c’était compliqué,
un travail commun à faire sans jamais se rencontrer… tout, en fait on créait un site et on
alimentait ce site, on devait échanger à partir de là mais sans jamais se rencontrer… et
effectivement, on a, en fait on était censé être 6 à travailler au final on était plus que 2, et
finalement, chacun apportant un peu de l’eau à son moulin on avait, j’ai posé une idée et
l’autre personne en a posé une, moi j’étais pas d’accord donc j’ai exprimé en fait mon
désaccord, et finalement l’autre a surenchéri donc j’ai réexprimé mon dés accord en
expliquant que voilà de manière très factuelle ça n’était pas possible et l’autre est
intervenu enfin bref, et je crois que ça a failli virtuellement finir en pugilat, au point
quand même que le prof a dû intervenir et j’avais décidé que je ne cèderais pas, parce
que j’étais certaine qu’à ce moment là j’étais parfaitement dans le vrai, et que je ne
voulais pas laisser quelque chose de faux se dire… et là j’étais sûre de moi, donc… mais
ça a été la seule fois, sinon je crois que c’est compliqué quand même la relation virtuelle
uniquement, et puis moi c’est pas ma génération j’ai besoin d’un monde contacts…
donc… la virtualité, c’est bien, mais c’est, pour moi on peut pas se limiter uniquement à
ça, ça fait partie d’un tout… on a longtemps pensé que les livres virtuels allaient
remplacer les livres, et pour l’instant c’est faux, c’est la preuve que les gens ont besoin de
toucher, on a besoin de toucher… on a besoin d’écrit sur le livre, on a un rapport affectif
avec le papier qu’on n’a pas avec une tablette, et quand on a des gens en face de nous on
peut pas s’exprimer de la même manière que si on fait tout en ligne… alors bon après y’a
la vidéoconférence, mais uniquement en virtuel uniquement en ligne et uniquement en
chat, au bout d’un moment, c’est, je pense qu’on va uniquement à l’essentiel, enfin moi
non, ça me conviendrait pas, si j’avais pas eu le choix je l’aurais fait, mais en plus c’est
une formation qui se prêterait pas du tout à l’e-learning

Interviewer : ressources humaines

Gaëlle : oui c’est délicat

Interviewer : mais à distance y’a de l’humain [sourire]

Gaëlle : oui finalement oui puisque chacun s’exprime, dans l’écriture en tout cas,
chacun s’exprime différemment sur le dispositif, sur le virtuel, les modes de
communication ne sont pas les mêmes…

168
12. Yves

Interviewer : Avant toute chose, j’aimerais préciser un élément par rapport à


quelque chose spécifique au CNAM, quel est le module de formation que vous
suivez et sa durée ?

Yves : moi je fais une licence d’économie… moi j’attaque en première année, le
CNAM propose pour certaines formations que la L3, moi je suis en L1 directement, donc
c’est 3 ans, après on peut le faire au rythme qu’on veut, on peut capitaliser… on prend les
modules qu’on veut, qui sont en adéquation avec la formation, un module validé il est
acquis, donc pour avoir les 120 crédits on peut le faire en 6 ans si on veut… ils nous
incitent quand même à pas être trop ambitieux dans la quantité de crédits, moi j’ai
essayé de me caler au rythme universitaire, donc de prendre tous les crédits qu’il y a en
L1 à la fac donc toutes les matières, ça m’a fait 7 crédits, et encore il m’en manque un,
euh non 7 unités d’enseignement pardon… Donc là j’en ai… sachant que y’a des choses
qu’on peut pas passer, c’est les VAE… 20 crédits par l’expérience, j’aurai un dossier à
rendre… et là j’ai passé 7 unités qui sont l’équivalent d’une mention d’économie, et moi
je voudrais faire une mention finance… finance ou gestion d’entreprise…

Interviewer : D’accord, et vous voulez le faire en 3 ans ?

Yves : Voilà, 3 ans, 3 ans et demi maximum c’est vrai que quand on travail c’est plus
délicat quoi, mais moi j’ai un boulot où j’ai pas mal de temps libre parce que je m’occupe
d’une école, j’ai des vacances scolaires… je travaille pas le matin je travaille que les
après-midi même si je travaille quand même assez tard, donc j’arrive à m’organiser quoi
et puis je cadre autonome, je peux gérer mon planning comme je veux, je suis pas payé à
l’heure je suis payé à la tâche, enfin voilà j’ai des objectifs faut que je les remplisse, je
pense que c’est plus facile pour moi que pour certaines personnes qui sont à 35 heures
vraiment… oui cette année j’ai pris, on prend au semestre au CNAM, c'est-à-dire qu’on
prend pas tous les modules pour l’année, donc au premier semestre je voulais prendre 4
et 4 pour faire les 8 unités de la L1, et ils me l’ont déconseillé donc j’en n’ai pris que 3…
d’octobre à janvier j’en ai pris que 3 ça s’est bien passé donc quand je me réinscrit en
février j’en ai pris 4… ça s’est bien passé aussi donc l’année prochain je partirai sur 4 et 4
pour faire vraiment… comme mon objectif il est de faire un Master après, j’ai déjà 33
ans… si… je suis plus pressé c’est déjà tard mais 5 ans c’est déjà long à 33 ans… donc si je
dois le faire en 7 ou 8 ans, c’est possible et c’est bien, c’est ça qui est génial au CNAM ils
proposent ça, mais après y’a une réalité par rapport à l’âge aux objectifs, tout ça quoi…

Interviewer : Vous voulez faire un Master après donc ?

Yves : Ouais j’aimerais bien faire un Master en finance… c’est un peu dans le cadre
d’une reconversion ou c’est aussi, parce que j’ai un poste qui me plait qui est bien, je dois
gérer une boite, c’est pas ma boite mais je dois gérer… donc la gestion c’est super
intéressant, l’économie c’est des outils qui sont indispensables, après moi par… par

169
peut-être objectif de reconversion, ou d’activité parallèle, ou même déjà par culture
générale, par curiosité ça m’intéresse beaucoup…

Interviewer : Très bien… je voudrais juste revenir sur 2 petites choses, ils
vous ont déconseillé de faire 4 modules, parce qu’ils avaient peur que vous n’ayez
pas le temps ?

Yves : C’est ça, je pense qu’ils sont confrontés à pas mal d’échec… alors moi ce que
j’ai été confronté… ce que j’ai vu c’est que, j’étais avec des cours, y’a beaucoup de cours
en… par exemple à la fin de l’examen on signe la fiche de présence, quand on rend son
exam, y’a pas mal de gens qui sont pas venus… et y’a des cours, y’a des cours par
correspondance, y’a des cours qui étaient en présentiel où on était 20, et on était 5 ou 6 à
l’exam… donc je pense que y’a des gens qui font la formation qui viennent carrément
pas, qui ont p’tet peur de l’échec je sais pas mais y’a des abandons, eux ils m’ont conseillé
de faire 3 parce qu’ils se basent sur quelqu’un qui travaille à temps plein, qui n’a pas
forcément le temps et tout ça et c’est vrai que… 4… je pense que c’est… moi j’ai
conscience d’avoir du temps, 4 unités c’est quand même beaucoup… c’est quand même
beaucoup parce que… ça repose beaucoup sur… en plus du travail personnel qu’il y a
dans toutes les formations, y’a quand même beaucoup de travail de, d’aller chercher
l’outil de formation soi-même, je trouve que le principe du CNAM est super, ces unités
qu’on peut prendre, passer la licence si on veut en 4 ans, 5 ans, je pense que c’est comme
la fac actuellement une unité quand on l’a on l’a à vie, mais voilà, maintenant, dans la
proposition l’offre elle est super, dans la mise en place, c’est hyper perfectible en fait… et
y’a des profs qui se cassent pas les pieds… y’a des profs qui photocopient des bouquins…
je sais pas si c’est pareil à la fac, mais faut aller chercher plus loin les informations quoi,
si on veut réussir à peu près, plus que juste, si on veut réussir plus que bien, il faut faire
preuve de beaucoup de curiosité et s’impliquer vraiment… voilà…

Interviewer : D’accord, justement ça me fait penser sur le questionnaire


auquel vous aviez répondu, vous aviez indiqué « vouloir plus d’accompagnement
de la part des enseignants », et aussi « qu’il n’y avait aucun retour sur les travaux
effectués, gros point noir de la formation »

Yves : Oui ça c’est un gros point noir… parce que par exemple y’a des, des unités
où… super on nous donne du travail… alors déjà y’a peu de cours, c'est-à-dire une unité,
licence d’économie je prends la licence économie, il était, y’a plusieurs options au CNAM,
c'est-à-dire qu’on prendre soit en présentiel on vient, soit en mixte, un peu le principe de
TD et y’a les cours sur Internet, le cours quand le prof fait le cours c’est filmé, et c’est
accessible 2 jours après jusqu’à la fin de la formation quand on veut, et après y’a que sur
Internet si… moi par exemple j’ai pris des unités qui n’étaient pas proposées à Bordeaux
donc c’était à Pau, c’était même à La Réunion, peut importe l’endroit en fait et c’est ça qui
est bien au CNAM c’est que l’examen sera organisé au CNAM à Bordeaux mais le cours
peut se faire ailleurs… mais par exemple, y’a peu de cours, la moyenne c’est 4-5 cours,
d’une heure et demie deux heures, filmées sur Internet, qu’on peut consulter quand on

170
veut et par exemple en économie le prof il mettait après chaque cours, un sujet, voilà un
travail, là c’était rédactionnel par exemple… aucun retour…

Interviewer : même pas de notes, rien ?

Yves : Aucune appréciation, bon la notation, en plus y’avait un pseudo contrôle


continu, c'est-à-dire que les examens sont pas forcément anonymes, ce qui en soit n’est
pas mal dans ce type de formation parce qu’ils notent aussi l’implication des individus et
tout ça, mais… y’a aucun retour, il y a quelques points il peut rajouter jusqu’à 2 points
sur la notation générale par rapport à… c’est pas un vrai contrôle continu avec un
barème fixe mais bon lui il s’est fait son barème, et du coup, de devoir en devoir y’a
aucun retour, aucune façon de s’améliorer vraiment, c’est quand même assez négatif…
c’est pas… ça sert à rien en gros… autant s’acheter un bouquin de sujets types par
exemples, les faire et puis voilà… pareil d’ailleurs même module, au demeurant le prof
était très sympa d’ailleurs derrière sa caméra, l’interaction est difficile parce que le
cours il est enregistré, il fait son cours tout seul et il me met sur Internet, bon, donc seul
moyen de communiquer, c’est quand c’est à Bordeaux d’aller aux TD, ou quand que sur
Internet, de participer à des chats… ou d’utiliser les forums, moi ça m’est arrivé de
mettre des questions sur les forums, pareil en mathématiques y’avait une épreuve de
statistiques là qui était à la réunion parce que pas proposé à Bordeaux, donc forcément
je pouvais pas aller au regroupement de toute façon y’en avait pas apparemment, des
chats c’était des heures où je travaillais je pouvais pas y aller… alors on pouvait
consulter l’historique des chats, mais j’ai bien vu en allant voir l’historique que souvent
le prof il dit bonsoir et souvent au bout d’une demie heure y’a personne il dit bonsoir…
donc ça veut dire que y’a pas que moi dans ce cas là qui n’y suis pas allé, donc les chats,
zéro utilité, et le forum par exemple ce prof là il a mis plein d’exos de maths, alors j’ai fait
un DEUG de maths c’est vrai que le maths c’est super il faut s’entraîner mais à un
moment donné faut avoir la correction aussi pour savoir si on… et zéro correction… j’ai
posté un message sur le forum « est-ce qu’il y a moyen d’avoir les corrections », pas de
réponse, deuxième, deux-trois semaines après un autre message, pas de réponse… il a
fallu que je lui envoie un message privé à lui directement, 15 jours avant l’examen pour
qu’il me réponde, il m’a dit « non non si vous avez des questions sur les… les exos je vais
répondre, mais je donnerai pas de corrigé type »… bon… euh… c’est… c’est un choix…
l’information il aurait pu la donner bien avant par exemple… c’est un peu ça qui est
délicat quoi… le premier semestre ça s’est bien passé, le deuxième semestre c’était un
peu plus dur, pareil j’avais un truc de marketing qui était en Champagne-Ardenne l’unité
et… là c’est carrément le sujet, y’a des trucs qui sont tombés à l’exam qui étaient pas
dans le cours… alors vraiment, j’arrive à l’examen je me dis que j’ai loupé un truc ou que
j’ai pas assez bossé que voilà, mais je me dis c’est, y’a des termes utilisés, par exemple un
QCM qui porte sur un truc qu’on a jamais vu avec des réponses des choix qu’on a jamais
vus, donc… c’est problématique à un moment donné, c’est quand même assez
problématique, je rentre chez moi, je note tous les termes, je rentre chez moi je reprends
tout le cours, je, ça n’y était vraiment pas quoi, donc j’envoie un mail au prof en disant
« voilà je sors de l’exam y’a des termes »… le reste j’ai à peu près réussi, c’est même pas

171
la question, je, voilà, pénalisé par des trucs… et alors il m’a fait une réponse en disant
« de toute façon, je vais noter aussi l’implication »… bon, c’est moyen quoi, c’est moyen…
et du coup par rapport à ça y’a aussi une question qui se pose c’est, voilà, le diplôme je
sais que si j’arrive au bout, la licence elle aurait l’équivalent d’une licence à la fac, mais
maintenant je me pose aussi une question qualitative… sur est-ce que la formation, est-
ce que je vais sortir avec des compétences, pas des compétences mais des connaissances
qui sont à la hauteur… donc… moi je suis un peu passionné… quand on est sorti du
système on est dans une démarche assez- moi je suis passionné par l’économie et tout ça
donc je me documente beaucoup, mais dans l’absolu on paye la formation nous-mêmes,
ou alors c’est l’employeur qui paye et c’est très cher, et… bon… j’ai aussi un petit peu le
ressenti des fois que… ils peuvent aussi faire en sorte qu’il y ait peu d’échecs, je connais
pas les statistiques mais enfin bon… moi cet exam de marketing j’ai eu 13, j’ai eu les
résultats j’ai eu 13, je me dis quand même y’a eu beaucoup de questions où… y’a un QCM
qui était sur 4 ou 5, mais après y’avait tout un truc rédactionnel avec des questions qui
portaient pas sur des choses qu’on avait vu en cours, style il photocopie le sujet type
quoi, d’ailleurs c’est ce qui s’est passé au premier semestre, j’avais comptabilité, je me
suis acheté un livre de comptabilité, en fait j’ai vu de suite que ses cours, bon je devais
pas être le seul mais j’ai vu de suite que ses cours c’était des photocopies de bouquin,
donc je me suis dit je vais prendre le bouquin, ça m’évitera d’imprimer des milliers de
polycop- quoi, et puis j’aurai sûrement des exercices, donc j’ai trouvé le bouquin voilà et
les examens c’était des exos du bouquin… alors c’est quand même, moyen un peu quoi…
et alors… je sais pas l’expliquer quoi…

Interviewer : Alors justement, vous parliez de ressenti à un moment… donc


ils sur-notent vous pensez pour éviter l’échec, c’est ça ?

Yves : Oui je pense qu’il y a de ça, oui…

Interviewer : Et justement quel ressenti vous personnellement, ça a le fait


que le prof photocopie le livre pour en faire un cours, vous vous sentez…

Yves : Ah c’est un peu du, du je-m’en-foutisme quoi… c’est un peu ça, je pense que
c’est pas nécessairement leur faute, peut-être qu’il y a des conditions de travail qui
permettent pas de s’impliquer là-dedans, peut-être qu’il n’y a pas, alors moi c’est ma
conviction mais je sais pas après comment ça se passe, y’a peut-être pas assez de
contrôle33 aussi… ils sont livrés à eux-mêmes les profs donc… ça dépend
fondamentalement de leur investissement là-dedans quoi… voilà… après… moi j’ai pas
l’impression d’avoir… je pense à cette unité de marketing où j’ai eu 13, je me suis dit en
sortant, vraiment après toute la réflexion que j’ai eue, je me suis dit « si je l’ai, j’ai 10… et
encore j’ai 10 parce qu’ils m’aura avantagé et parce que je lui mets un peu la pression… »
enfin l’objectif c’était pas de lui mettre la pression mais de mettre le doigt sur un truc qui
est anormal… y’a un exam avec des questions qui sont pas dans le cours, à un moment
donné c’est, ça peut arriver pour le bac parce que le prof a pas fait son programme

33 Contrôle du personnel enseignant

172
entier, enfin un examen national je veux bien, mais là c’est le gars qui fait l’examen de
son cours…. Y’a une incohérence totale quoi… alors moi mon ressenti il est double, parce
que comme je suis très investi dans ma formation, que, voilà j’achète les supports de
cours, je les bosse beaucoup, l’avoir par exemple, je pense à cette unité où j’ai eu 13 en
étant un peu passé à côté, y’avait des questions heureusement que je les avais lues dans
le bouquin que je m’étais acheté à côté, parce que du coup… y’avait des trucs que j’avais
déjà vus, mais je l’avais pas bossé parce que bon je me dis « ça c’était pas dans le cours »,
c’est même pas suggéré dans le cours c’est pas dans le cours du tout, donc bon je lis
parce que ça m’intéresse, mais je l’apprends pas je le bosse pas avec assiduité, donc
quand y’a des questions sur ça, j’ai pu ressortir un truc ça me… mais bon, donc moi
j’aurais estimé anormal de pas l’avoir, par rapport à ma quantité de travail et par
rapport au fait que l’examen soit pas en accord avec la formation… mais maintenant la
vraie question c’est, c’est la valeur de la formation… moi je vais continuer avec le CNAM
parce que ça a plein d’autres avantages, et voilà d’ici la licence que je parte vers un
Master que je vais peut-être pas faire au CNAM, euh… ça va peut-être favoriser aussi
l’échec, ou, ou rendre la chose plus difficile… voilà… Mais alors par contre c’est difficile
de faire un d’avoir un jugement global sur ça, parce que c’est vachement tributaire du
prof… je pense qu’il y a des gens qui sont plus investis, je sais pas moi je connais pas les
gens personnellement, mais y’en a qui sont plus impliqués que d’autres… même
uniquement dans leur suivi… dans leur suivi, par exemple en comptabilité, le prof dont
j’avais trouvé le livre qui photocopiais le livre tout ça, bon en même temps c’est une
discipline où c’est hyper méthodologique donc c’était pas tellement grave, mais bon,
après il avait beaucoup de répondant dès qu’on posait une question sur un forum il était
là il était présent, voilà, on attend pas 3 semaines pour avoir une réponse, y’a pas… ce
qui était moyen quand même c’est d’avoir un examen avec un… avec un bouquin, les
exercices moi je les avais déjà fait… quelque part c’est hyper déstabilisant parce qu’on se
dit « au lieu de les réfléchir je vais faire appel à ma mémoire », c’est un peu… voilà c’est
pas forcément bénéfique quoi, ça, et même dans le principe c’est assez moyen… moi
j’attendais un examen, je pense que le problème posé enfin la problématique soit
exclusive à l’examen, ça me semble légitime… sinon c’est quoi son boulot au prof, on le
paye pourquoi, je m’achète le livre et je présente en candidat libre quoi, c’est pareil je
suis en train de me dire ça presque je m’autoforme quoi, je prends les supports de
cours…

Interviewer : D’accord… Et donc vous avez échangé avec plusieurs profs ?

Yves : Ah ouais, chaque discipline c’était un prof, donc 7 disciplines, 7 profs…

Interviewer : Et vous avez échangé avec eux par e-mail, par…

Yves : Presque tous, oui, puisqu’alors euh quand c’est à Bordeaux… parce que c’est
ça la grande force du CNAM c’est quand même ça, moi au début cette licence je voulais la
prendre en formation continue par correspondance, ici à Bordeaux 4 ils proposaient des
formations continues qu’en présentiel, moi je travaille, je donne des cours dans mon

173
boulot, des cours de musique surtout le soir, donc tous les moments où il faudrait y
aller… donc c’était pas possible, j’avais trouvé une formation à Paris, par
correspondance, fallait se déplacer pour les examens, la grande force du CNAM c’est que
si on veut passer une unité qui est pas fait par le CNAM de Bordeaux, par exemple là j’ai
pris statistiques c’était pas proposé à Bordeaux, c’était proposé au CNAM La Réunion,
donc je suis par Internet, j’ai des codes d’accès pour aller voir les cours, et les examens
c’est organisé au CNAM quand même, le sujet arrive à Bordeaux, ça c’est un avantage…
matériel et financier qui est super quoi… Après le principe aussi des unités capitalisables
c’est super, enfin je pense que c’est comme ça à la fac, mais quand on prend une année à
la fac on prend l’année quoi, là on peut… moi j’ai déjà passé des modules qui sont,
finalement j’essaye de suivre le rythme de 8 modules par an, mais… comme c’était pas
proposé, faut faire ça à la carte j’ai déjà pris des modules qui étaient en deuxième
année… donc pour… dans l’offre, c’est super, l’offre elle est vachement malléable, elle
correspond tout à fait à un public d’adultes qui travaillent à côté, c’est dans la forme
quoi, dans le fond c’est pas au point…

Interviewer : Et donc pour en revenir aux échanges avec les enseignants, par
mail, y’en a avec qui vous avez échangé, il y aussi eu des moments où vous n’avez
pas eu de réponse si j’ai bien compris ?

Yves : c’était long, c’était très long… alors les réponses, les réponses par mail,
puisque y’a un système de courrier interne, c’était relativement rapide… maintenant sur
les forums, vraiment ça dépendait des professeurs quoi, y’avait pas de réponse, ou des
réponses très tardives, peut-être qu’ils, peut-être que certains professeurs considéraient
que le forum était entre les étudiants et qu’ils n’avaient pas à intervenir…

Interviewer : et par mail, c’était directement aux enseignants par ce


système ?

Yves : oui, en fait le CNAM y’a une plateforme, réservée aux auditeurs du CNAM, on
a nos identifiants, c’est par centre en fait, quand on est au CNAM de Bordeaux on a accès
à la plateforme de Bordeaux et quand on est à Champagne-Ardenne, j’avais deux autres
plateformes aussi, et sur chaque plateforme on a une adresse email qui nous permettait
de contacter l’enseignant, et là ils répondaient quand même… faut aller les chercher
quoi…

Interviewer : Eux n’envoient jamais de mails d’eux-mêmes ?

Yves : Si justement y’a des profs qui le font, pour dire « le chat de ce soir va être
déplacé, je suis pas là », c’est pas la peine ou « des cours sont en ligne », mais… le point à
améliorer c’est quand même ça… c’est le suivi par rapport à ça… l’avantage aussi c’est
qu’il y a beaucoup de profs qui sont professionnels… par exemple en comptabilité on a
eu à un moment donné un expert comptable qui était vraiment dans le métier, parce
qu’il y a aussi pas mal de gens qui suivent les formations qui sont dans le métier déjà, qui
viennent chercher le diplôme alors qu’ils travaillent déjà là-dedans, alors c’est pas mal

174
d’avoir à faire à des professionnels, et donc du coup je pense que des fois ils sont très
occupés ou que c’est une activité annexe pour eux, d’enseigner au CNAM…

Interviewer : Et alors globalement, par rapport à tout ce que vous avez dit,
l’absence de retour sur le travaux, le fait que le chat il n’y ait personne et qu’ils ne
cherchent pas à comprendre si les gens ne sont pas là parce que les gens ne
peuvent pas venir-

Yves : -c’est vrai ils cherchent pas à comprendre, y’a personne, y’a personne,
voilà…

Interviewer : donc tout ça, le fait aussi que certains cours soient photocopiés
sur un bouquin-

Yves : -y’a pas que du négatif, je soulève les points qui sont… voilà…

Interviewer : oui, et c’est intéressant euh… y’a pas que du négatif, je retiens
[sourire]

Yves : Non y’a pas que du négatif, y’a pas que du négatif… ils disent beaucoup au
CNAM que les diplômes ou les certificats des gens qui sortent du CNAM sur le marché de
l’emploi c’est bien vu parce que ça donne des gens autonomes… mais je comprends
pourquoi [rires]… je veux dire c’est pas tout à fait faux quoi, alors est-ce qu’ils font ça
dans cette optique là, je pense pas moi, je pense que c’est du laisser-aller quoi…

Interviewer : alors voilà, justement ce laisser-aller, globalement tout ça, vous


de votre ressenti et de l’impact que ça peut avoir sur votre-

Yves : -sur la motivation ? Non elle dépend pas de ça… et dans le cas de tous parce
que… Au CNAM quand on prend une unité, je sais pas si c’est pareil à l’université, mais
y’a des unités qui sont communes à plusieurs formations en fait, donc moi dans ma
licence d’économie, j’avais des… les deux plus grosses unités c’était de la comptabilité,
j’avais des gens qui faisaient des formations en comptabilité, j’ai même des gens qui
étaient comptables, donc il peut y avoir dans certaines unités un niveau assez élevé dans
l’unité, et puis ça fait rencontrer des personnes, quand c’est en présentiel, ça fait
rencontrer des personnes d’horizons différents et qui, qui ont déjà peut-être les
compétences et qui suivent, qui viennent valider en fait… mais attendez, je m’égare de la
question… alors voilà pour la motivation, je pense que les gens qui sont motivés c’est
vraiment un facteur secondaire en fait… si on nous offre pas les connaissances, si elles
sortent pas, si on n’a pas le polycopié direct avec tout enfin le cours super, ben on va
chercher ailleurs parce que l’objectif c’est d’avoir l’unité, d’avoir le diplôme… déjà, enfin
d’ailleurs c’est quelque chose qui m’a assez cho- enfin pas choqué, qui m’a interpellé, les
gens qui viennent pas aux exams ou, parce que… y’a déjà une démarche quand on est
dans le milieu du travail, qu’on n’a plus l’habitude de tout ça, et déjà de s’y remettre on
investit un petit d’argent là-dedans, que ce soit l’argent les bouquins et tout ça, le cours il
est enfin moi mon raisonnement c’est le cours il est pas bien, on te donne pas tous les

175
outils, ben tu vas te démerder pour avoir tous les outils… parce que l’échec c’est pas
envisageable... enfin tu, la question elle se pose même plus en fait, on est là pour avoir le
truc, et il faut qu’on ait le truc… c’est pas… je veux dire y’a tellement de paramètres
extérieurs qui rentrent en jeu, sans, je veux dire c’est pas péjoratif mais quand on est
étudiant qu’on a 20 ans, on se dit « si j’échoue c’est pas grave » ou peut-être « je suis
dans une année j’ai pris ce truc là peut-être que je vais changer l’année prochaine », là
c’est quand même réfléchi, c’est quand même dans un objectif, donc il pourrait y avoir, le
facteur qui pourrait aller sur ma motivation c’est le contenu, les thèmes abordés, même
s’ils le sont pas forcément bien par l’enseignement, m’intéressent pas… voilà en fait je
me suis trompé dans le choix mais bon ça aussi y’a une recherche en amont de dire « je
fais cette formation ou pas », et donc… moi j’avais et j’ai encore des questions qui se
posent sur l’aspect très mathématique de l’économie, voilà, parce que c’est autre chose
quand on a laissé ça de côté depuis longtemps je me dis y’aura peut-être une vraie
difficulté, un truc que je pourrai pas faire, voilà, mais sur la motivation, c’est pas
démotivant non, ça m’a plutôt agacé, mais ça m’a pas démotivé… je pense même que
cette unité, du coup effectivement je me posais la question cette unité de marketing j’ai,
les cours au demeurant quand, c’était intéressant, après le décalage entre questions34 et,
c’était un peu aberrant quand même, euh et… je me suis posé la question même avant
d’avoir les résultats, je me suis dis « même si j’ai 10 », alors, peut-être qu’on s’évalue mal
quand on sort de l’examen, y’a aussi d’autres choses que j’avais peut-être bien faite,
« même si j’ai 10, par rapport à l’examen, peut-être que je le mérite pas ce module là »,
par contre par rapport à mon travail, à l’implication, si y’avait eu des questions qui
portaient vraiment sur le cours, sans prétention aucune, j’aurais eu plus de chances de
réussir donc je me suis dis si je l’ai pas, j’aurais senti comme une grosse injustice, et
maintenant le fait de l’avoir et avec en plus 13 qui est quand même plus que 10, je me dis
« où est la réalité de tout ça », où est la réalité, maintenant bon, c’est pas le module
prioritaire dans ma formation, voilà, mais… je me pose… les questions elles se posent,
voilà, qu’est-ce qui est du niveau, qu’est-ce qui est la réalité, c’est l’examen ou ça a été la
formation, puisque y’a un vrai décalage, enfin c’est quand même troublant ce truc là…
surtout que… c’est le prof qui fait le cours, c’est le prof qui fait l’exam, comment il peut
faire ça, enfin je veux dire y’a un moment où c’est… parce que vraiment j’exagère pas
y’avait des questions avec des termes employés qui n’étaient pas dans le cours, et des
termes techniques quoi, donc quand on nous pose un QCM avec une question avec un
terme technique qu’on n’a pas vu dans le cours, avec des choix c’est que des termes
techniques qu’on a jamais vu dans le cours, enfin… c’est troublant quoi, des questions
après y’avait toute une analyse de, un sujet à analyser avec des questions précises, avec
des points qui avaient pas été vus dans le cours c’est certain, donc… c’est troublant… on
se dit « où est le vrai niveau de tout ça », le niveau c’est l’examen ou le niveau c’est le
cours, où est l’erreur, c’est le cours qui a été mauvais ou c’est l’examen qui a été
mauvais… et… bon, c’est pas une unité prioritaire, mais quand même… voilà… ça pose, ça
peut poser certaines questions… et alors après y’a pas de retour sur le forum, il y a

34 Les questions posées lors du QCM ne concernaient pas toujours des sujets abordés dans le cours
(voir précédemment).

176
quand même une forme d’individualisme dans les… justement quand je vous ai demandé
tout à l’heure, que vous m’avez dit qu’il y avait pas mal de gens du CNAM qui avaient
répondu à votre enquête, moi je suis assez étonné parce que dans les formations… y’a
une vidéo, alors un cours qui était en présentiel aussi, c'est-à-dire qu’on pouvait aller au
TD, tout ça, donc des gens que je voyais pendant les TD, enfin ils appellent ça des
regroupements, y’a un cours qui a été posté sur Internet, je sais pas si c’est moi ou quoi,
les cours on peut pas télécharger, c’est du streaming, avec tous inconvénients que ça si
on n’a pas un haut débit ou quoi, et donc moi j’avais un cours qui sautait un peu, je
pouvais pas prendre des notes, tout ça, j’ai dit « est-ce que quelqu’un pour le cours de
telle date a fait une prise de note et pourrait me la communiquer, j’ai des problèmes,
j’arrive pas à le voir », j’ai jamais eu aucun retour, avec des gens que j’avais déjà vu
pourtant aux regroupements, sans forcément sympathiser on se voit une demie-heure, 4
fois, enfin on se voit 2 heures 4 fois dans la session donc on sympathise pas, mais… on
sait que les autres existent, mais j’ai pas senti une grande solidarité quoi… ou quand j’ai
demandé pour les exercices de mathématiques à La Réunion s’il y avait des corrections,
personne m’a dit… « non mais bon on peut voir ensemble si on a trouvé les mêmes
résultats », c’est des choses que j’ai proposé, voilà, non y’a pas une grande… ça c’est pas
un problème, parce que… mais en tout cas ça fait partie des réalités, y’a pas une grande
solidarité, en tout cas moi j’ai pas constaté ça pour l’instant…

Interviewer : D’accord, vous n’avez pas pu échanger avec les autres auditeurs
donc ?

Yves : Non… En tout cas quand j’ai demandé de l’aide pour certains points comme
je viens de vous le dire, j’ai pas eu de retour et y’a peu de personnes qui demandent de
l’aide… Mais peut-être que c’est inhérent aux formations parce que j’ai vu qu’on a accès à
tous les forums, y’a des forums notamment de formation sur les ressources humaines et
tout ça, où les gens ça a l’air de, ils ont l’air de communiquer un peu plus, donc c’est peut-
être, quand ils ont des formations où toutes les unités sont en commun, c'est-à-dire moi
dans les unités j’étais avec des gens différents de part ma formation, alors peut-être que
ça aussi, peut-être qu’il y a de ça aussi, mais bon…

Interviewer : Et justement par rapport à ça, vous parliez de motivation tout à


l’heure, j’ai vu sur le questionnaire que vous aviez indiqué avoir eu des hauts et
des bas dans votre motivation, vous aviez mis des hauts parce que vous vous
sentiez capable de réussir, parce que vous aviez confiance en vous par rapport à
cette formation, mais des bas parce que justement manque d’accompagnement de
la part des enseignants, mais aussi des étudiants, des autres auditeurs…

Yves : C’est ça, finalement, euh… à postériori, vu que l’année elle est finie là, c’est
pas tellement, c’est pas de la démotivation, parce que comme je vous ai dit on a des
objectifs finaux, on a bien réfléchi et tout ça, euh… mais c’est un peu… un isolement
plus… c’est plus on se retrouve un peu tout seul, forcément y’a des petits pics on se dit
« bon, pfff », moi je me suis jamais dit par exemple, parce que la démotivation c’est ça, je

177
me suis jamais dit « je vais arrêter »… c’est trop dur, j’arrête, je me suis dit « c’est un peu
chiant, on pose des questions, on n’a personne », y’a des cours… certains… assez moyens
quand même, bon, j’avais pas d’attente spécialement, enfin moi j’ai l’objectif… voilà, j’ai
l’objectif en ligne de mire, le diplôme et pour m’ouvrir sur certaines portes, entrer en
Master un truc comme ça, enfin voilà dans ces idées là, je me dis, bon, faut passer par là
quoi… voilà, mais plus que de la démotivation, je me suis senti un peu tout seul… bon
après je suis toujours tout seul à bosser quoi, on… j’ai eu la, le module ressources
humaines était pas mal pour ça, ils nous faisaient travailler ensemble, y’a eu 4
regroupement, échanger des idées tout ça, je pense que pédagogiquement ça n’avait pas
un grand intérêt par rapport à la formation, mais humainement c’était bien aussi, voilà…
Y’a un paradoxe aussi dans ce module là, on avait une professionnelle, qui apparemment
fait plus (+) de formation maintenant, très intéressante, elle faisait les cours filmés avec
des auditeurs, donc y’avait un petit peu d’interactions, donc quand on pouvait pas y aller
on participait pas directement mais y’avait un petit peu d’interaction, mais ses cours
étaient absolument pas structurés… mais alors pas du tout, et alors moi j’ai ressenti ça
tout au long de la formation et le jour de l’exam quand on arrive et qu’on rencontre des
gens, on est là une demi-heure avant on discute un petit peu, tout le monde l’avait
ressenti par exemple… et… et donc les regroupements quand on se voyait, c’était pareil
elle reparlait de ce qu’elle avait dit en cours, et finalement y’avait un thème et on se
mettait autour d’une table par petit groupe et on parlait de ce thème, on essayait de faire
des petits schémas, un petit compte-rendu de ça, l’intérêt, voilà l’intérêt
pédagogiquement c’était peut-être… même au niveau de la formation c’était un petit peu
limité maintenant ça rompait avec l’isolement…

Interviewer : et l’isolement, c’est pesant, gênant ?

Yves : Moi je fais partie des gens qui, qui, pour l’instant, j’ai bien conscience que ça
peut s’atténuer dans le temps parce que la formation est relativement longue, j’ai une
forte motivation… donc… mais je pense que y’a des gens que ça peut arrêter… ça peut
arrêter parce que j’ai beaucoup d’avantages, c'est-à-dire que j’ai une forte motivation, j’ai
une formation initiale où… j’ai fait un DEUG de maths à l’époque, c’est pas énorme mais
je suis-je connais un petit peu tout ça, j’ai un travail où je suis autonome dans mon
travail, je suis un peu tout seul aussi, et j’ai du temps… donc tout le truc où on se dit
« ouhlala je suis isolé, il va falloir qu’on se débrouille un petit peu tout seul, on va
chercher les infos et tout », moi j’ai eu l’avantage d’avoir le temps pour le faire… mais je
me mets à la place de quelqu’un qui où c’est vraiment calculé au millimètre le temps qu’il
a à calculer à la formation et tout ça, ça peut lui dire « bon ben j’arrête quoi »… si en plus
les cours ne sont pas nécessairement à la hauteur, pas forcément encore une fois dans le
fond, mais dans la forme ou l’interaction tout ça…

Interviewer : C'est-à-dire que sans votre curiosité et envie de réussir, c’aurait


été beaucoup plus dur…

178
Yves : Ah oui, oui oui… si j’avais eu ça en me disant, comme beaucoup de gens au
CNAM, pour améliorer ma situation salariale ma situation professionnelle j’ai besoin
d’un diplôme, je vais essayer de me le faire payer par l’employeur, ce qui rajoute quand
même une p-, moi je fais ça tout seul, il sait que je fais ça mais il paye pas, selon le
relationnel qu’on a avec son employeur tout ça on peut sentir une certaine pression par
rapport à ça, voilà… et… je pense que ça peut favoriser le fait de… voilà si on le fait… moi
y’a deux choses, y’a, je suis int-, je veux le contenu de la formation je veux apprendre des
choses et puis j’ai envie d’aller plus loin après, donc je suis motivé par ça, mais je pense
que généralement les gens ils veulent le diplôme pour avoir l’avancée professionnelle
dans la carrière qui va avec, ils ont pas, peut-être qu’ils… ils s’en foutent un peu d’aller
faire une certaine formation ça va pas les intéresser plus que ça et c’est pas du tout
négatif, chacun est différent, le fait que c’est plus… et moi encore tout se passe bien j’ai
réussi mon année, voilà, je suis pas certain de, deux ans comme ça encore, peut-être que
ça va finir par… même si je suis motivé curieux tout ça, ça va peut-être finir par affaiblir
tout ça parce que voilà, pour l’instant je me suis pas confronté à des choses qui m’ont
semblées insurmontables mais peut-être que si, là c’était statistiques par exemple c’était
le début j’ai fait un DEUG de maths ça va, si je, mais je sais que ça va aller plus loin, si j’ai
des vrais problèmes que je peux pas résoudre tout seul, y’a un moment… je veux dire
c’est pour ça qu’on, qu’on prend des cours aussi qu’on s’inscrit à une formation quand on
a un problème on a quelqu’un qui doit nous aider à le résoudre, donc… là je me dis, bon…
je suis allé chercher des bouquins, mais si à un moment donné y’a un vrai raisonnement
que je comprends pas et tout ça, s’il faut un mois pour qu’on me réponde sur le forum,
par message et que la formation elle continue à avancer et que j’empile les
incompréhensions, ça va pas fonctionner… [sourire]

Interviewer : C’est frustrant de ne pas avoir de réponses ?

Yves : Ouais, c’est frustrant… C’est frustrant alors pour l’instant je fais partie des
gens qui qui qui… je prends ça comme un état de fait en fait…

Interviewer : Alors, vous travaillez de chez vous ou d’une bibliothèque c’est


ça ?

Yves : De chez moi… je suis allé à la bibliothèque à la fin, parce que j’y avais pas
spécialement passé, c’est pas mal… quand on est sorti du circuit on n’a pas forcément les
bons réflexes donc… moi je me suis acheté des bouquins et je me suis dit finalement… la
bibliothèque c’est hyper bien en fait… [rires]… mais vous savez on est sorti du truc
quoi… donc je suis allé à la BU parce que je voulais des livres de maths, à la fin de la
formation, j’avais laissé les maths un peu de côté parce qu’ils arrivaient 3 semaines 1
mois après la fin des exams donc j’ai fait que ça pendant un mois je les avais pas trop
travaillés avant, je me suis dit voilà j’ai besoin de, de livres d’exos corrigés, c’est assez
spécifique j’ai pas trouvé ça partout, bon ben avant d’en acheter je vais aller voir à la
bibliothèque ce qu’il y a, je suis allé à la bibliothèque je me suis dit finalement, c’est très
bien… je les prends je les pose, et même venir travailler là de temps en temps, y’a une

179
ambiance, croiser des gens qui bossent c’est pas mal, je veux dire tout seul chez soi à son
bureau, voilà… donc… je l’ai pas beaucoup fait parce que j’avais cette méconnaissance de
ça en fait, et je pense que l’année prochaine j’irai plus (+) à la bibliothèque… voilà… en
tout cas, en tout cas même si j’y vais pas travailler, j’utiliserai plus (+) l’outil, des
manuels, parce que déjà le coût est vachement moindre, et… on se sent un peu plus… y’a
quand même… la difficulté de ça c’est aussi le décalage, on se retrouve étudiant… moi 30
ans, je faisais partie des plus jeunes quoi, donc je pense que, encore plus tard… je donne
des cours de musique, je suis toujours avec jeunes, donc… bon ça va, mais je pense que
quand on est dans un milieu professionnel euh c’est dur, c’est quand même dur de se
retrouver, ah on se remet à… y’a un côté, on revient 15 ans en arrière… donc on se dit,
oui 10 ans en arrière, donc on se dit, bon, enfin y’a tout un raisonnement où on se dit
« pourquoi je le fais maintenant, qu’est-ce qui s’est passé, j’ai pas été capable de le faire
y’a 10 ans », enfin vous voyez y’a tout un raisonnement, un travail sur soi à faire, et du
coup, on se dit bon on est étudiant, mais on l’est pas vraiment, et d’aller à la
bibliothèque, dans une moindre mesure, ça nous conforte dans cette position où on se
dit « bon ben on est étudiant, on va aller jusqu’au bout, on va à la bibliothèque », on
croise des gens qui nous regardent parce qu’on fait 10 ans de plus qu’eux, « qu’est-ce
qu’il fait là », ou encore pas trop parce que y’a des thésards et voilà qui ont la 30aine
mais bon, peu importe, mais voilà ça c’est des facteurs qui peuvent, qui peuvent peser un
peu quoi… Voilà, la bibliothèque ça aide pas mal à plein de niveaux…

Interviewer : D’accord… Et est-ce que vos proches, compagne ou amis ou


autre, ont participé à votre formation, pas forcément dans le contenu…

Yves : Dans le support… quand j’ai commencé la formation je voulais pas le dire, à
personne, sauf à ma compagne, je voulais pas le dire à mon employeur et tout ça, et
finalement, je me suis dit « ça va pas être tenable, tu vas te rajouter une pression »… et
alors je l’ai dit à tout le monde, et les retours sont plutôt assez positifs, et tout le monde
est très compréhensif, au boulot on peut aménager le temps s’il faut, voilà, bon après
moi j’ai… je travaille dans une petite, c’est assimilable à une TPE, au-dessus de moi y’a le
dirigeant et moi je suis le directeur donc je suis autonome, dans tous les cas c’est moi qui
me gère… mais bon y’a quand même, un jour je peux pas être là je dis « y’a un exam je
peux pas être là », « pas de problème », tandis que les gens qui le disent pas, bon ben je
peux pas être là, qu’est-ce qu’il faut faire, faut faire un arrêt maladie, voilà… mais y’a des
gens, moi ça m’a vachement surpris, y’a des gens qui la formation qui ont refu- qui l’ont
pas dit… secret par rapport à leurs employeurs, et c’est pas bien en fait parce que c’est
un support et pour lui c’est une valeur ajoutée, on fait une formation, « on va t’aider
parce que bon là on peut pas le prendre en charge mais la 3e année, la 4e année tu vas
faire un CIFRE », par exemple… et matériellement à la maison faut le dire à la personne,
moi j’ai pas d’enfants, mais faut le dire à la personne avec laquelle on vit, parce que, en
tout cas faut que, il faut le dire, et faut même l’impliquer dedans, parce que voilà, même
des trucs tout bête hein, les tâches ménagères, « là on a mangé mais je peux pas faire la
vaisselle ou je peux pas », enfin des trucs, ça parait tout bête hein mais si pendant 6 mois
on est pas là et qu’on est enfermé dans son bureau… faut communiquer sur les objectifs

180
quoi, dire « voilà j’ai fait ça pour ça, ça m’intéresse », moi je parle beaucoup de la
formation, j’essaye de bien la réussir, et pour moi parce que j’ai envie d’avoir des bonnes
notes, je trouve que c’est bien, ça valorise le travail, et puis pour dire aux gens, à mes
employeurs et même à ma compagne, « tu vois je le fais, et j’essaye de le faire à fond »,
mais le support il est important sur les petites choses en fait… parce que quand on dit ça,
les gens ils vont dire « ouais c’est super », même si par derrière ils vont dire « de toute
façon, à 30 ans, tu vas pas réussir, c’est trop tard, tu l’as pas fait avant », mais bon… mais
en tout cas, en l’impliquant au quotidien en disant « là j’ai cours », en disant « j’ai fait ce
cours là », lui raconter un petit peu comment ça s’est passé, sans rentrer dans la
technique de la matière, mais… pour lui montrer que… dans une vie de famille, les gens
ils se sentent vite à part de ce qu’on fait donc faut les impliquer, et nous on peut vite se
sentir aussi, on parle d’isolement si en plus on est isolé tout seul dans son truc, c’est
compliqué quoi, si la formation est difficile parce qu’on est isolé avec des formateurs et
tout ça et si en plus à la maison, quand on se met à bosser, ça emmerde la personne avec
laquelle on vit parce qu’elle a pas saisi le truc… je pense ça devient très lourd, et je pense
y’a peut-être des gens qui ont arrêté pour ça parce qu’il faut gérer aussi pour ça, moi j’ai
la chance d’avoir quelqu’un de compréhensif et même qui me motive quoi, qui m’aide,
quand elle me voit un peu flâner elle me dit « faut pas que tu bosses, t’as pas du boulot »
[rires], « comment ça se fait les exams c’est bien là pourquoi tu bosses », enfin voilà qui
me remotive par exemple… Je pense que, si j’étais célibataire, ça manquerait pas ces
encouragements… par contre, quand on est pas tout seul, et… si y’avait même aucune
réaction, sans je parle pas d’avoir des réactions négatives, mais même si c’était neutre ça
pourrait être perçu comme négatif… c’est bien d’avoir quelqu’un, d’être avec des gens
qui sont… qui nous aident, qui font un peu la formation aussi finalement… « voilà là tu
peux pas être là, je vais prendre mon après-midi, on va s’organiser comme ça », que ça
les dérange pas, qui anticipent, voilà, faut communiquer quoi, on peut faire ça et… voilà…
mais je pense que ça peut manquer, si les personnes ou le conjoint il comprend pas, il
accepte pas ou on lui faire subir la formation… c’est compliqué…

Interviewer : C’aurait été comment pour vous si ç’avait été, dans l’autre
sens ?

Yves : Après je pense que ça rentre dans une conception de la vie de couple et de la
vie de famille qui est personnelle à chacun, moi je pense que quand on a un projet et que
la personne ne nous soutient pas, c’est pas la bonne personne… voilà [rires]… ça n’aurait
pas été un motif de rupture, mais ç’aurait pu me poser des questions, moi je veux
évoluer dans la vie, je veux faire des trucs et puis on me soutient pas… faut aller creuser
un petit peu le pourquoi comment mais après on peut se poser des questions sur…
voilà… donc… mais ça aurait été plus dur à vivre… même si tout ça, malgré tout ça, de
temps en temps j’ai ressenti un petit peu… parce que j’ai un boulot à responsabilité,
même si, je gère mon temps de travail comme je veux, je travaille beaucoup aussi, et puis
je suis quelqu’un qui accorde beaucoup d’importance à ça, la carrière, la vie
professionnelle, et donc j’ai eu des reproches des fois, pas par rapport à la formation,
mais bon c’est un tout, tout prend du temps quoi, « t’es quand même pas souvent là, tu

181
m’accordes pas beaucoup de temps »35, ce qui était assez vrai donc faut aussi l’entendre
faut pas se fermer à tout ça, mais… du coup, si ça avait été plus, ça aurait été difficile à
vivre, là c’était des reproches fondés, donc, c’est difficile de gérer un boulot, quel qu’il
soit, peut-être un peu plus quand on a des responsabilités, en plus une formation où on
se met soi-même la pression, et qui nous prend du temps et puis une vie de famille,
c’est… c’est un peu difficile à gérer, donc moi je conçois que ma compagne elle m’ait
fait… c’est pas des reproches, des remarques, « peut-être que tu pourrais t’organiser
ailleurs, parce que moi je commence à sentir que du coup je me sens un peu toute
seule », et… donc suivant comment s’est fait c’est positif aussi, ça permet de mieux
s’organiser, faut pas le faire au détriment… voilà moi je fais partie des gens motivés, faut
pas non plus tomber dans l’aveuglement du truc et faire que ça, faire que bosser… et puis
oublier le reste… donc le soutien ça amène aussi un peu de rester un peu en contact avec
certaines choses qu’on pourrait perdre… Mais si je l’avais pas, encore une fois, si j’étais
célibataire, ça m’aurait pas manqué, par contre si j’avais eu aucun soutien ça m’aurait
manqué36, ça aurait pu affecter à la longue la motivation… ou l’implication, peut-être pas
la motivation mais l’implication… se dire « est-ce qu’on le fait, est-ce qu’on le fait pas »…

Interviewer : Les petites remarques « je me sens un peu seul » c’était de la


part de vos collègues aussi ?

Yves : Non, non non parce que j’ai un boulot à responsabilités, et des fois j’ai des
reproches à faire aux gens, dans le boulot, et donc… c’est pas possible, faut essayer d’être
le moins reprochable possible, faut être crédible quand on dit à quelqu’un « t’as été en
retard », faut pas être en retard quoi… donc quand on est patron c’est un rôle pas
forcément facile, mais si en plus on donne le bâton pour se faire battre, voilà, faut
essayer, encore une fois c’est pas forcément possible, faut essayer d’être juste, et puis
c’est pas crédible, je pourrais pas me permettre de critiquer des gens, même si c’est mon
rôle, alors que moi je le fais pas, donc dans le boulot ça a été… c’est plus même dans
l’investissement de temps en fait… j’ai dû bosser, voilà toute la semaine, samedi soir, je
mets un exemple bon « ça serait peut-être bien qu’on sorte, j’aurais env- », bon et puis
moi je suis lessivé, donc gérer le temps, c’est plus ce genre de choses et je pense que c’est
plus compliqué quand on a des enfants… « moi je me tape tout, les enfants et tout, et puis
toi rien du tout » [sourire]… je pense qu’il peut y avoir de ça… ce qui est une réalité, donc
faut aussi l’entendre… mais de la part des collègues, non…

Interviewer : D’accord… Je voudrais revenir sur ce que vous aviez dit sur le
fait que vous hésitiez à le dire à vos collègues, pourquoi ?

Yves : C’est la peur de l’échec… Parce que si on le dit, pour moi, y’a obligation de
réussir… ou en tout cas obligation d’assumer un échec à un moment donné qui sera pas
facile à assumer ou même… ça j’ai relativisé, parce que les gens disent, enfin les gens
quand je dis les gens c’est les collègues, l’employeur et tout ça, « si t’y arrives pas »…

35 Il parle ici de sa compagne.


36 Dans le cas où, en couple, il n’aurait eu aucun soutien, ça lui aurait manqué.

182
enfin « c’est bien de faire la démarche déjà, c’est bien d’essayer »… mais je voulais pas le
dire parce que je voulais pas échouer et avoir à assumer un échec… et après je me suis
dit finalement il a fallu faire la balance et pas assumer un échec que j’aurais de toute
façon à assumer personnellement si j’échoue, et… le fait de le dire, et d’avoir quand
même des facteurs de réussite en plus, parce que… ne pas le dire c’est quand même… se
couper de certains encouragements, de certaines facilités d’emploi du temps, d’une
compréhension des personnes qui nous entourent, d’un soutien, enfin le soutien il peut
être assez minime quand on dit « t’as eu tel partiel, comment ça s’est passé » c’est un
soutien déjà ça… quand on nous demande, quelqu’un qui s’intéresse, c’est un soutien
déjà ça, voilà on n’est pas… c’est positif… donc moi j’ai pris, voilà je me suis dit je vais le
dire, j’ai assumé pleinement, parce que… je me suis dit c’est difficile de réussir quelque
chose qu’on n’assume pas pleinement de toute façon… donc je l’ai dit à tout le monde
voilà…

Interviewer : Quand vous dites « c’est un soutien, c’est bien que les gens
s’intéressent », en quoi est-ce positif ?

Yves : Ben ça rompt l’isolement… tout simplement… et puis on se dit, faut pas se
leurrer, y’a un côté un peu égo, peut-être que je le vivrais pas comme ça si j’avais eu 4 à
chaque examen, mais comme y’a des bonnes notes y’a un côté assez content de dire
« ben voilà j’ai fait ma première année », je relativise toujours, je sais qu’une formation
c’est long, avoir une première année de licence ça n’a rien d’exceptionnel, mais en tout
cas, quand on me dit « t’as réussi », « ben ouais j’ai eu 16 là, j’ai eu 16 », bon, j’ai réussi à
valider mon truc… c’est assez flatteur finalement… y’a aussi… même si moi ça
m’intéresse beaucoup, des fois on se met devant les bouquins, on bosse et tout et on n’a
pas envie quoi, on irait bien faire autre chose… donc y’a aussi bon déjà j’ai pas fait tout ça
pour rien, en plus j’ai atteint mes objectifs, et quand on me demande je peux dire « ouais
j’ai réussi », y’a un côté d’auto-satisfaction, je sais pas si c’est positif ou négatif, mais
voilà, y’a ce côté-là, que les gens s’intéressent en plus, c’est bien, mais… moi j’étais assez
satisfait des collègues, qui me sont subordonnés, même si c’est moindre, mais qui
viennent me voir « alors, comment ça s’est passé », parce que c’est une petite entreprise
donc voilà tout le monde est proche, donc je dis ben c’est sympa, tout simplement… c’est
bien, donc ça… d’abord y’a pas d’échec à annoncer, ensuite, même sans ça eux ils
s’intéressent, ben ça veut dire qu’ils cautionnent un peu les objectifs, directement, en
plus il s’occupe d’une école de musique il suit une formation en économie, pourquoi…
alors je leur explique, c’est lié, quand on gère une boîte même si c’est une école de
musique, la formation en économie je la fais pour ça, faut savoir gérer les finances et tout
ça, c’est pas aux antipodes… même si j’ai aussi d’autres objectifs personnels derrière,
mais vu que dans la formation on est assez isolés, je me souviens pas à la fac d’avoir
ressenti cet isolement, on est tout seul à bosser mais on voit plus de gens, déjà, parce
qu’on va en cours on va dans les amphi, on a plus (+) de TD, on voit plus de gens, et on
partage les difficultés…

183
Interviewer : D’accord… Et alors vous dites que l’intérêt c’est de rompre
l’isolement, et en quoi rompre l’isolement c’est positif ?

Yves : Parce que, c’est sûrement erroné, mais on se sent pas tout seul dans la
formation… c’est erroné parce qu’on est forcément tout seul à bosser tout seul à l’exam,
mais on se dit « quelque part, je bosse aussi, pour peut-être annoncer des bonnes
nouvelles »… c’est tout bête hein, je sais pas si vous voyez le raisonnement, mais on se
dit « bon ben je suis peut-être tout seul quand je bosse, mais dehors y’a des gens que ça
intéresse », peut-être dans une moindre mesure, je veux dire c’est pas la même quand
c’est ma compagne qui me demande si j’ai réussi, mes parents ou si c’est mon collègue
que je vois une fois par semaine, voilà c’est pas pareil, mais à moindre niveau on se dit
« bon ben si je réussi, y’a des gens, je suis tout seul dans la formation, mais par contre
dehors, avec ce qu’elle va m’amener la formation je suis pas tout seul », donc c’est dans
ce sens là que ça rompt l’isolement…

Interviewer : D’accord… Et si vous échouiez ? Alors cette année vous l’avez


eu, mais l’année prochaine ?

Yves : Ben… Alors déjà… Je suppose que ça existe à l’Université, le rattrapage, au


CNAM y’a pas de rattrapage, y’a deux sessions…

Interviewer : Oui, ici aussi… [explications du système d’UE à valider]

Yves : Nous au CNAM, chaque UE c’est une matière… et il faut avoir la moyenne à
chaque pour valider… donc je me dis que… bon… c’est critiquable ce système, mais ça
permet quand même de, on a deux chances quoi, en tout cas on peut bosser plus…
pourquoi pas, et puis l’échec j’ai relativisé aussi, parce que ça l’échec c’était aussi un
facteur de décision en amont de l’annoncer ou pas à des gens, c’était même un facteur
« je le fais ou je le fais pas »… parce que, le fait de le faire, forcément y’a un risque
d’échec… et puis je me suis dit « là tu le fais, ta vie elle en dépend pas »… ma carrière
professionnelle n’en dépend pas, l’échec il peut être que perçu, c’est sûrement faux mais,
que perçu et pas réel, parce que si t’as besoin d’une unité pour avoir le diplôme et que
t’échoues, qu’est-ce qui va t’empêcher de le passer jusqu’à l’avoir… Après je pense que ça
met du plomb dans le moral, et se dire « j’ai loupé un truc », ou… voilà, mais… je me dis
l’échec il est que temporaire, soit on choisi d’arrêter, soit si je le veux, même si je mets 5
ans je vais finir par l’avoir, c’est pas possible de faire un module 10 ans et de pas l’avoir…
donc… voilà, pour la licence, après si je fais un Master c’est différent, l’échec pour
répondre à votre question, c’est plus si la formation ça se passe hyper mal et que je suis
obligé d’arrêter ou que je l’ai pas du tout et que je peux pas continuer… moi je me
positionne pas, c’est des cas de figure, je sais que… ça peut changer, mais c’est l’avantage
de faire une formation quand on est plus adulte, c’est qu’on sait peut-être que…
pourquoi on l’a fait, et puis y’a un chemin de vie aussi, avant, qui fait qu’on a eu des
échecs… moi mon DEUG de maths je l’ai pas eu, j’ai eu des échecs, j’ai eu des abandons…
j’avais essayé de faire médecine, plus jeune, je l’ai pas eu, voilà, et donc on sait aussi
comment vient l’échec, un peu, y’a une part de responsabilité qu’on a dedans, donc à

184
mon avis l’échec il peut venir, quelles que soient les capacités intellectuelles, je suis pas
en train de dire que j’ai des capacités énormes ou quoi, c’est pas ça, mais je pense que
l’échec il vient d’une mauvaise organisation ou d’une mauvaise communication avec
l’entourage qui va nous supporter, qui va… donc… c’est à nous réunir tous les facteurs
pour pas être confrontés à l’échec, donc faut pas… moi j’ai pris le parti de dire l’échec s’il
vient, pour moi un vrai échec ça serait un semestre, louper toutes les, perdre le semestre
entier… mais je me dis sinon une unité, bon t’échoues… jusqu’à ce que tu réussisses en
fait, c’est temporaire voilà…

Interviewer : D’accord… Et par rapport aux autres, si vous échouez ?

Yves : Là, ça c’est plus difficile… plus difficile parce que je suis dans… là ça c’est un
peu de la psychologie, finalement, je suis dans un boulot où je suis dessus, les autres… et
quand on échoue, on est plus au-dessus… vous voyez ce que je veux dire, « le patron c’est
bien il fait une formation par contre il arrive pas à l’avoir »… alors quand on est entouré
de gens qui sont intelligents et moi c’est le cas, ils ont conscience qu’on peut échouer,
mais… je pense que même nous dans notre confiance dans notre boulot, ça peut amener,
ça peut amener des états d’âme quoi… et puis au-delà de ça, je pense que dans le fait de
faire une formation, même si y’a des objectifs concrets, y’a aussi une part quelque part,
de se prouver des choses à soi, de se dire voilà « t’es encore capable, tu peux le faire » ou
« t’as pas su le faire avant mais peut-être que maintenant t’as fait le chemin de vie pour
faire une formation comme ça », voilà… mais l’échec il est plus difficile à accepter dans le
regard des autres, c’est surtout ça…

Interviewer : D’accord… Est-ce que dans la formation vous vous sentiez


plutôt à l’aise, anxieux…

Yves : Alors je me sentais à l’aise, et anxieux… quand même… je me sentais à l’aise


et, ce qui m’a rendu anxieux, c’est parce que… c’est anx-, c’est stressant des examens, ça
fait longtemps qu’on l’a pas fait en plus on n’est pas dedans, c’est stressant,
l’organisation, bien m’organiser je me suis pas bien organisé je pense que je peux
m’améliorer là-dessus, ça rajoute du stress, et la qualité de la formation a ajouté de
l’anxiété, parce qu’on savait pas trop à quoi s’attendre, il me semble quand même que…
dans les formations initiales, que ce soit à la fac où le bac, il y a des sujets blancs ou TD
qui… avec des sujets types et tout ça, nous on n’a pas eu trop ça… Par exemple, y’a un
module d’économie, avec un prof assez compétent au demeurant, il nous a fait tout un
lapsus tout un pardon un texte au début du semestre sur comment répondre à une
question de façon rédactionnelle, c’est difficile quand on n’a pas fait la méthodologie
depuis longtemps, il nous donne quelques sujets types avec cette méthodologie là, avec
aucun retours donc… c’est inutile… si y’a pas de retours… j’ai pas été tout seul on était
quand même plusieurs à le solliciter pour avoir des retours, et au lieu de faire un retour
à chacun, ce qu’il a dit en amont qu’il n’a pas pu faire, qu’il n’a pas fait en tout cas, il a
redonné une méthodologie de sujet type, qu’il nous avait déjà donné avant donc ça sert à
rien, et… à l’exam c’est pas un sujet comme ça qui est tombé… c’est hallucinant, y’a eu

185
des questions de cours, pour peut-être sauver la mise quelque part, peut-être que les
profs se sont dit, ils ont des stats de réussite, j’en sais rien, mais y’avait deux questions
de cours, les gens qui avaient bien appris les cours répondaient, c’était presque la
moyenne assurée, après y’avait deux questions type rédactionnelles à traiter en un
paragraphe… excusez-moi l’expression ça fout un peu les boules quoi, quand on trav- et
ça, ça comme ça c’est un exemple typique, mais le côté on sait pas où on va par rapport à
l’exam, ça ajoutait de l’anxiété…

Interviewer : oui, c’est surtout dû à l’institution…

Yves : Oui, après un examen, c’est stressant, toujours, surtout quand on n’a pas fait
depuis longtemps, et puis on sait pas la notation, dans le milieu professionnel on a
tendance à dire les, ça a tendance à être binaire comme raisonnement, c’est bien ou c’est
pas bien, et c’est vrai quand on a fait un boulot, on l’a bien fait ou on l’a mal fait, y’a
certains facteurs qu’on a bien fait, en tout cas on a des objectifs on les réussit ou on les
réussit pas, et on a du mal à se mettre dans la tête que pour, enfin moi j’ai eu du mal à me
dire que pour avoir un module, pour avoir une unité, fallait avoir entre 10 et 20… et
qu’entre 20 et 10 y’avait une marge quoi, on se dit dans quelle mesure les choses sont
bien, les choses sont pas bien, j’avais un petit peu une notion d’excellence, pas déplacée,
ça vient je pense d’une culture d’entreprise, les choses sont bien ou les choses sont pas
bien, tu réponds mal à une question ça veut dire que tu sais pas ton cours, c’est plus fin
que ça quoi, donc ça ça m’a rajouté du stress, le fait de dire il faut tout bien faire tout le
temps, j’ai rien sauté, alors que j’aurais pu me dire, bon ben je peux délaisser certains
aspects du cours au profit d’autres… y’a des gens qui font ça, ou très peu enfin en maths
par exemple je me dis y’avait plein de trucs, mais peut-être qu’ils ont ce raisonnement,
que je sais pas le faire que je sais faire tout le reste, je vais peut-être perdre deux trois
points, mais… faut savoir tout faire, j’étais pas comme ça plus jeune, ça vient de la
culture d’entreprise où t’as un objectif, faut que tu saches le faire de toute façon… et du
coup c’est bien, ça force à bosser, ça c’est assez bien…

Interviewer : D’accord… Il y a des moments où vous ne vous êtes pas senti


capable de faire quelque chose ?

Yves : Ouais… Oui, oui, euh… pas capable de m’organiser, au tout début, je me suis
dit je vais pas être capable d’emmagasiner tant de connaissances, surtout dans les trucs
très techniques comme la comptabilité, c’était nouveau pour moi, nouveau vocabulaire,
nouveau… et beaucoup c’est pas dur, mais y’a beaucoup de méthodologie à connaître,
beaucoup de codes à connaître… beaucoup de trucs, voilà un vocabulaire, et je me dis
c’est beaucoup quand même, est-ce que je vais arriver à mémoriser tout ça, et en fait je
me suis aperçu qu’on perd pas, par rapport à y’a 10 ans, on perd pas de mémoire, faut
juste se remettre les trucs en marche quoi, ce qui est dur c’est les difficultés à rester
concentré longtemps, c’est difficile, je sais pas si ça l’est à 20 ans aussi, j’ai pas ce
souvenir là, mais c’est difficile je me suis dit voilà les examens qui durent 3 heures… je
crois que j’ai jamais passé 3 heures sans faire de pause chez moi, un examen qui dure 3

186
heures faut rester concentré, voilà ça c’est la difficulté… après… la difficulté réside dans
l’organisation aussi, moi j’ai plein d’emplois du temps, plein de facilités à m’organiser,
j’ai pas optimisé ça aussi… on peut encore mieux s’organiser, vraiment se donner des
laps de temps qu’on respecte, l’organisation je pense que c’est une grande part de
réussite… et… comme j’ai pas su m’organiser, là j’ai eu une grosse phase de, je sais pas si
ça vous intéresse, j’ai eu une grosse phase de stress parce que j’avais pris 4 unités au
deuxième semestre, le deuxième semestre dans l’année professionnelle c’est là où j’ai le
plus de travail aussi, et en fait quand j’ai vu dès le début du semestre, quand j’ai vu que le
dernier examen était 3 semaines après les autres, j’ai pas bossé la matière… et pendant 3
semaines par contre, j’étais en vacances à ce moment là, pendant 3 semaines je me suis
mis la tête dedans, et les 5 premiers jours j’ai cru que ça serait pas possible [rires], et
puis après, comme c’était la sensation que j’avais eue en début d’année, je me suis dit
« bon ne panique pas, voilà vas-y tranquillement, vois un peu les choses », mais je pense
que c’est de la méthodologie, voilà de l’organisation parce que ça ça m’a réussi cette
année, déjà peut-être qu’un examen tombera pas un mois après les autres tout le temps,
et puis peut-être que même si c’est le cas ça me réussira pas donc faut que j’arrive à
m’organiser mieux… donc je me suis mis un stress tout seul là, voilà le fait d’être stressé
et anxieux y’a aussi pas mal de la formation qui rassure pas, quand même… des supports
pédagogiques qui rassurent pas…

Interviewer : D’accord… Est-ce que vous avez appris des choses dans cette
formation, en dehors du contenu bien sûr, concernant la méthodologie de travail à
distance par exemple ?

Yves : Non, ben non pour le coup pas trop… Euh si j’ai appris qu’il fallait être, par
rapport à comment on suit une formation, pas être prétentieux pas être trop prétentieux
[sourire], moi j’ai tendance à être un peu comme ça, j’ai tendance à faire confiance à mes
capacités intellectuelles, ce qui est une force parce qu’on garde la motivation et tout ça,
mais ce qui est un peu présomptueux voilà… ça m’a quand même, ça m’a un peu ramené
sur le truc, ça va pas suffire quoi, le lire deux fois le cours ça va pas suffire va falloir qu’à
un moment donné, plus que le comprendre il faut le connaître vraiment… et ça m’a
appris à, ça m’a redonné le moteur de pas prendre de retard, y’a un cours, le cours quand
il arrive je me suis dit « je peux le regarder la semaine prochaine », ben surtout pas en
fait, faut le regarder maintenant et commencer à bosser les trucs maintenant, pas
prendre de retard, les mécanismes typiques d’étudiant quoi, se dire voilà on va avoir un
rush à la fin, des exams, à part pour cette matière où je l’ai fait, sinon je l’ai pas fait, j’ai
dès le début toujours hyper travaillé, j’ai appris aussi l’importance du… du planning,
c'est-à-dire je me suis fait des échéances, l’examen il tombe là, y’a tant de chapitres,
parce qu’on le sait dès le début, y’a tant de chapitres dans le cours, bon ben je vais
bosser comme ça comme ça, je vais me faire des séances d’exercices types, mais du coup
en gros pour être un peu excessif, si on m’avait dit « tu t’achètes ce bouquin, tu bosses
ces 5 chapitres, t’as l’exam là », c’était pareil… c’était pareil…

Interviewer : c’est de l’autoformation ?

187
Yves : C’est de l’autoformation… à part sur deux modules, on faisait des exercices,
le gars il était là il les corrigeait au tableau, il nous expliquait où on avait fait une erreur,
de raisonnement, mais ça ça peut l’autoformation… c’est quand même, ça peut être très
efficace dans des choses à connaître, où il faut apprendre les choses par cœur, mais dans
des raisonnements c’est difficile quand même, quand il faut raisonner, quand on a fait
une erreur, on peut lire la correction, suffit que le bouquin de correction nous indique le
résultat à trouver c’est ça, si on nous explique pas comment il faut faire… c’est compliqué
quoi, et ça je refais une petite parenthèse, je vous dis en début d’année on a les chapitres,
ça n’a pas toujours été suivi… on a les chapitres et tout d’un coup y’a un chapitre qui
squeeze, ou alors le cours de ressources humaines était pas structuré, on nous dit les
chapitres y’a pas de frontières entre les chapitres, peut-être que les gens sont trop
carrés, enfin moi je suis trop carré, mais il me semble que pour étudier c’est bien d’avoir,
tel chapitre c’est tel sujet, avec un grand un, petit un, j’exagère un peu, ça n’a pas été
structuré quoi…

Interviewer : Oui, et là pareil le fait que ça ait été comme ça, vous avez
contacté le prof ? Vous avez réagi, ou vous avez fait selon ce qui arrivait ?

Yves : J’ai fait selon ce qui arrivait un peu quoi… Alors finalement, j’ai relativisé le
gars qui photocopiait les cours, parce que je me disais « au moins c’est structuré »
[rires], voilà il photocopie son truc mais au moins c’est structuré quoi… style en
statistiques, il nous donne 7 chapitre, et puis finalement il les fait pas, y’en a un il le fait
pas, alors je dis, j’envoie un message, je dis « faut le faire, faut pas l’apprendre, qu’est-ce
qui se passe », en marketing, quand même le point noir, mis à part le prof dans les
échanges de mails qui a été très sympa et tout ça, le gros point noir c’est qu’il nous fait
un planning de 12 chapitres, et puis il nous dit « finalement les 5 derniers on va pas les
faire »… mais ça c’est marketing niveau un, si je fais marketing niveau deux dans un
autre centre et tout ça, qu’est-ce qui va se passer, va falloir que je travaille deux fois plus
parce qu’on les a pas faits… alors je sais pas, vu comment ça a été présenté les choses, je
suppose qu’il a eu des problèmes de santé, c’est explicable, bon c’est pas tout à fait ce
que je pense mais en allant loin c’est pas tout à fait notre problème, nous on paye un
truc, ils le remplacent ou voilà, c’est malheureux s’il a des problèmes de santé, mais le
CNAM le remplace, voilà et nous finalement c’est, je me pose la question de la valeur,
voilà… alors pour le CNAM c’est pas un problème, puisque ça reste dans le CNAM, mais
pour après… voilà, même d’ailleurs, même vu comment ça se passe, quand je vais avoir
cette discipline là niveau 2, j’aurai pas le même prof, peut-être pas dans le même centre,
et y’aura sûrement aucune tolérance vis-à-vis de quelconque lacune qui existerait par
rapport à ça, donc… c’est un peu dommage…

Interviewer : D’accord… Et c’est formation, si c’était à refaire, est-ce que vous


changeriez quelque chose ? Dans votre manière de travailler, dans votre…

Yves : Ah j’essayerai de m’organiser, je me suis quand mêm- ça m’a appris pas mal
de choses sur l’organisation, j’essayerai de m’organiser un peu mieux… je… je ferai

188
pareil… je m’organiserai un peu mieux aussi dans le choix des mod- dans les prévisions
parce que le problème avec le CNAM c’est que, comme je vous ai expliqué au début, moi
j’essaye de suivre, le programme d’une licence quelconque, puisqu’on peut prendre les
unités quand on veut, eux ils nous disent voilà, licence 1, on a le listing au CNAM licence
1, c’est tous ces modules là… Le problème c’est qu’il y a des modules à Bordeaux qui sont
pas proposés, ou qui sont proposés mais qu’au deuxième semestre, donc faut se faire un
mix tout seul de toute cette formation, donc d’ailleurs c’est ce que je fais maintenant
pour la deuxième année, comme c’est pareil en fait quand on va au CNAM niveau
administratif, les nanas elles vont sur le site Internet autant que nous, autant qu’on le
fasse qu’on arrive, c’est ce que j’ai fait le deuxième semestre, j’ai dit « je prends ça, ça là »
parce que sinon il aurait fallu que j’arrive le deuxième semestre que je cherche avec
elles, pour aboutir au même résultat… donc… enfin c’est pas une critique parce qu’il y a
beaucoup de formations, donc ça m’a appris à mieux m’organiser, ça c’est sûr…

Interviewer : D’accord… Et alors justement, ça rejoint ce que vous venez de


dire, pour être efficace en travaillant à distance, pour vous qu’est-ce qu’il faut
comme compétences, qualités…

Yves : Il faut être tenace… faut être tenace, mais après je sais pas peut-être qu’il y a
des formations à distance qui sont qualitativement parlant un peu… pas meilleures, c’est
juste suivi en fait…

Interviewer : alors on va aborder la question différemment, ça rejoint ma


dernière question qui serait quelles seraient pour vous la formation à distance
idéale ? Qu’est-ce qu’il faudrait idéalement pour que ça marche bien ?

Yves : Déjà celle-là, avec pas d’annulations avec un programme de cours qui est à
peu près suivi, et… et un suivi un retour des devoirs… ça déjà ça, ça réduit de moitié les
points noirs de la formation… finalement y’a un prof, celui de marketing où y’a eu
quelques problèmes de mon point de vue, les autres bon ils photocopient les cours et
tout, pourquoi pas, je veux dire peut-être que y’a d’autres profs qui photocopient pas
mais qui les rejettent comme ça, en même temps le support il existe, c’est légitime de,
pourquoi pas… mais qu’il y ait des retours sur les travaux, ça c’est quand même… ça me
semble hallucinant, comment on peut dire, moi j’enseigne, c’est la musique c’est autre
chose, mais si j’ai un gamin qui me fait un morceau de guitare et que je lui dis « c’est pas
bien, reviens la semaine prochaine en faisant mieux »… en gros c’est un peu ça qui se
passe, on dit pas « c’est pas bien », on dit « faites… voilà d’accord bon ben tu l’as fait,
super… bon maintenant on verra ce que ça vaut le jour de l’examen » bon ça servait à
quoi de le faire… voilà donc ça, un meilleur suivi en fait… meilleur suivi, et… comment on
peut l’améliorer, le concept est très bien, c'est-à-dire les cours filmés, on peut pas y
assister on les voit… s’ils étaient téléchargeables, je sais que c’est compliqué, s’ils étaient
téléchargeables, parce que y’a un, enfin c’est pas compliqué techniquement, mais peut-
être qu’ils ont peur de la fraude, qu’on télécharge… mais en streaming c’est le bordel,
c'est-à-dire un jour on n’a pas Internet on peut pas re-regarder le cours, on peut pas…

189
Interviewer : oui et si on veut s’arrêter au milieu…

Yves : Alors moi ça m’est arrivé, le cours, on fait pause, parce qu’on va aux toilettes
ou n’importe quoi, on refait play, ben faut recommencer du début parce que ça n’a pas
marché, finalement on perd un temps assez fou… alors… bon, ça c’est un… les chats… je
pense que les chats les torts sont des deux côtés, les gens sont pas forcément assidus aux
chats… mais… un plus grand suivi du forum mais le suivi du forum il existerait moins
y’en aurait moins besoin s’il y avait un suivi plus des exercices, et tout ça, voilà donc… et
le site, le site après est pas spécialement, les sites Plei@d37… ils ont un peu 10 ans de
retard, c’est pas très agréable, il faut faire 3 clics alors qu’en 1 clic on pourrait arriver au
même résultat, ils pourraient homogénéiser les plateformes, c'est-à-dire que sur un seul
Plei@d on ait toutes nos formations, bon ça c’est un détail, c’est pas non plus trop
fastidieux d’aller se déconnecter d’une plateforme, se connecter avec d’autres
identifiants, bon… c’est pas la mort, c’est quand même vachement plus difficile de re, de
se retaper le cours entier en streaming quand on est à 10 minutes de la fin et qu’on a eu
un saut de notre accès Internet qui nous a coupé l’accès, voilà, si on pouvait le
télécharger, enfin moi je sais pas y’a plein de plateformes qui l’utilisent, iTunes
Université qui se met en place, y’a plein de cours, de marketing notamment que je suis
allé voir gratuitement, faits par d’autres universités… donc il faudrait qu’ils utilisent un
truc comme ça, c’est génial… après je pense que y’a une notion business quand même,
parce que le CNAM c’est que du services payant, donc y’a une notion à faire, et ils veulent
pas, ils ont peur qu’on retrouve leurs cours sur Youtube, par exemple… après pour que
ça intéresse quelqu’un il faudrait qu’ils soient mieux leurs cours déjà [sourire], voilà…
mais sinon le service dans la proposition c’est parfait, pour quelqu’un qui veut suivre
une formation à distance, tous les examens où qu’on les prenne en France, ils vont être
organisés, l’examen de statistiques il a été organisé que pour moi, j’étais tout seul à le
prendre à La Réunion à ce moment là, y’a des gens sûrement qui avaient besoin de faire
cette UE qui ont attendu l’année prochaine moi j’ai pas voulu attendre donc, bon… c’est
luxueux ça… c’est un super luxe, du coup je sais pas si vous savez une UE qui est pas
organisée par le CNAM de Bordeaux est plus chère… mais pas de beaucoup… Une UE en
moyenne quand on se la paye par nos propres moyens c’est 60 euros… c’est pas cher… et
là, je crois que c’est, ça varie quand c’est pas organisé par Bordeaux, c’est entre 80 et 120
euros… donc presque le double, ça reste accessible et ils nous organisent l’examen sur
place… ça c’est quand même bien, le fait d’avoir accès aux vidéos tout le temps, le
principe est bien en fait… c’est la mise en œuvre qui est vachement améliorable…

Interviewer : Et justement quand vous dites plus de suivi, c’est quel genre de
suivi ?

Yves : Plus de suivi c’est très simple, si le gars il nous demande faire un, excusez-
moi le vocabulaire [sourire], si le prof il nous demande de faire un devoir, nous on peut
légitimement nous demander de nous donner un retour sur ça… c’est que ça, et puis,

37 Environnement numérique de travail utilisé par le CNAM.

190
même, on est en droit d’attendre d’une formation… qu’on soit, surtout une formation
enfin le CNAM c’est quand même une formation supérieure pour gens qui bossent, hein
c’est ça, donc c’est la fac pour adultes finalement, donc faut qu’il y ait un suivi, faut que, si
on nous, si on se sert pas des erreurs qu’on peut commettre au fur et à mesure de la
formation dans nos raisonnements pour nous faire progresser, c’est de l’autoformation
totale… et là c’est un peu moi le ressenti que j’ai, c’est de l’autoformation, j’ai un peu
l’impression de m’inscrire pour avoir quelques vidéos, une ou deux références de
bouquin, et puis aller passer le diplôme, aller passer l’exam… c’est un peu ça,

Interviewer : D’accord… Pour terminer, souhaitez-vous ajouter quelque


chose qui n’a pas été abordé ?

Yves : Non, peut-être pour conclure quand même parce que je soulève plein de
points de vue négatifs, si c’était à refaire avec le CNAM, je referais avec le CNAM… parce
que, je me dis la licence 2 peut-être que je pourrais la faire à l’Université de Paris, par
correspondance tout ça, faut quand même y aller, c’est plus cher, et puis faut après se
payer l’hébergement, donc l’avantage du CNAM, et c’est quand même très avantageux
c’est quand même tous les avantages qu’il a, et après rien ne me dit qu’une formation à
distance dans une autre université sera meilleure… voilà… j’en sais rien, donc pour
l’instant ça me suffit, je me dis après à moi d’aller chercher un peu plus loin si j’estime
que la formation n’est pas allée au bout du truc… maintenant, c’est reconnu par l’Etat, ça
doit quand même avoir une certaine légitimité…

Questions posées par la suite par e-mail (précisions demandées)

1. Vous dites "on se dit pourquoi je le fais maintenant, qu’est-ce qui s’est passé, j’ai
pas été capable de le faire y’a 10 ans », enfin vous voyez il y a tout un raisonnement, un
travail sur soi à faire, et du coup, on se dit bon on est étudiant, mais on l’est pas vraiment,
et d’aller à la bibliothèque, dans une moindre mesure, ça nous conforte dans cette position
où on se dit « bon ben on est étudiant, on va aller jusqu’au bout, on va à la bibliothèque »,
on croise des gens qui nous regardent parce qu’on fait 10 ans de plus qu’eux, « qu’est-ce
qu’il fait là », ou encore pas trop parce que y’a des thésards qui ont la 30aine mais bon,
peu importe, mais voilà ça c’est des facteurs qui peuvent, qui peuvent peser un peu quoi…"
> En quoi est-ce pesant ?

> De quelle manière la bibliothèque est un lieu "confortant votre position" ?

Le sentiment d'isolement que procure la formation à distance, peut être renforcée


par la différence d'âge avec les étudiants "standards " en "filière standard".
Par définition en suivant la formation nous sommes étudiant, pas de la même
façon que nous l'avons été pour certains plus jeunes. Le travail sur soi consiste à
accepter cet état de fait et à ne pas être handicapé par un échec ou des mauvais choix
(d'orientation par exemple) passés.

La bibliothèque aide à se sentir un étudiant normal, mais rompt aussi avec


l'isolement et on y croise des individus de tout âge, c'est réconfortant.

191
2. Vous parlez à plusieurs reprises de cette différence d'âge entre les étudiants
"habituels" et vous.
> Comment vivez-vous cette différence d'âge ?

La difference d'age ? je la vis mal, ou du moins je l'ai mal vécu durant une période,
elle m'a peut être même freinée dans la mise en route de mon projet, une pensée
comme : "il est trop tard, tu devais faire cela avant". Il existe comme un comparaison,
une confrontation avec les échecs passés quand je croise un jeune qui est à mon niveau
voire et c'est souvent le cas au dessus. En sentiment de lenteur.
Pour dépasser ce sentiment, j'ai du me dire qu'il n'était jamais trop tard, et que
l'immobilisme est pire que la confrontation suggérée à ses erreurs ou ses mauvais choix
passés.

3. Suite à la remarque de votre compagne : « t’es quand même pas souvent là, tu
m’accordes pas beaucoup de temps »
> En quoi cela a affecté votre formation ?
> Avez-vous changé votre manière de travailler ?

Cela a amélioré et améliore encore mon organisation, mais ça n'a pas réduit mon
temps de travail ou l'investissement consacrée à la formation.

4. A propos de l'isolement, vous dites "je ne me souviens pas à la fac d’avoir ressenti cet
isolement, on est tout seul à bosser mais on voit plus de gens, déjà, parce qu’on va en
cours on va dans les amphi, on a plus (+) de TD, on voit plus de gens, et on partage les
difficultés…"
> Est-ce que ce partage des difficultés avec vos pairs vous manque ?
> En quoi cela vous aiderait-il dans la formation ?

Le partage me manque réellement pour une seule chose : juger mes difficultés,
voire si j'ai les mêmes que les autres, en gros m'évaluer.

Je ne suis pas d'un tempérament à chercher un travail en équipe mais le fait d'avoir
l'opportunité de le faire peut aider.

5. Vous parlez également de "supports pédagogiques qui ne rassurent pas" : "le fait d’être
stressé et anxieux y’a aussi pas mal de la formation qui rassure pas, quand même… des
supports pédagogiques qui rassurent pas…"
> Pouvez-vous expliquer ?
> En quoi ne rassurent-ils pas ?

Comme je vous l'ai dit, il est arrivé pour certains modules que le planning annoncé
ne soit pas respecté, les devoirs ne sont jamais corrigés, aucun retour , donc aucune
évaluation. On ne sait pas trop ou on va et on ne sait pas si on y va correctement c'est ça
qui ajoute du stress. L'impression d'etre un peu en candidat libre, quand le support de

192
cours est la photocopie d'un bouquin, que le cours n'en est qu'une lecture et quand les
devoirs ne sont ni notéss ni meme commenté , on est peu stresser quand au sujet
d'examens et surtout qu'en a sa capacité à s'améliorer vue qu'aucun instrument ne nous
est donné pour cela.

193
13. Jessica

Interviewer : alors… oui déjà, je n’avais pas quelque chose dans le


questionnaire, au CNAM quels sont les modules que vous suivez et quelle est leur
durée ?

Jessica : d’accord alors celui de cette année ?

Interviewer : oui, vous aviez commencé avant ?

Jessica : oh oui moi je suis au CNAM de vieille date, de 2002… depuis 2002 je suis
au CNAM avec une interruption de 18 mois en année sabbatique… entre deux formations
parce que… alors là l’UE c’est psychologie et organisation et c’est une 50 heures je
crois… sur un semestre qui va de mars à juin, parce que c’est coupé en deux au CNAM…

Interviewer : donc là c’est 50 heures c’est ce que vous faites par an ?

Jessica : non les premières années quand je me suis inscrite en Master responsable
de projet de formation j’en faisais 4 sur l’année, 2 au premier semestre 2 au deuxième
donc j’arrivais tellement sur les rotules [sourire] qu’après j’ai alterné j’ai fait 2 et 1, pour
psychologie du travail, sinon je meurs avant l’âge quoi [sourire]

Interviewer : [sourire] d’accord…

Jessica : ça demande un tel investissement en travail de temps personnel… c’était


trop surtout que j’ai le boulot plus les BTS puisque j’interviens en tant que vacataire
formatrice à l’institut XXX38… c’est 5 6 heures par mois en moyenne… et après toutes les
corrections des devoirs, les entretiens individuels, les dossiers de pratiques
professionnelles en plus… donc je finissais trop crevée…

Interviewer : oui d’accord, donc là vous faites ça en ce moment et ça fait 10


ans environ

Jessica : oui

Interviewer : ça a toujours été à distance ?

Jessica : non là la 4ème unité par FOD tout le reste je l’ai fait en présentiel…

Interviewer : d’accord… et alors là quel est votre objectif, qu’est-ce qui vous a
amenée à suivre cette formation ?

Jessica : alors ça c’est pour un complément de réflexion sur mon métier, parce que
moi je suis assistance sociale j’ai travaillé 18 ans auprès des détenus et depuis 2005 ça
fait 6 ans 7 ans je suis auprès des personnels… donc je rencontre les risques
psychosociaux et à partir de là j’avais besoin de réfléchir à mon positionnement

38 Nom volontairement masqué.

194
d’assistante sociale… comment j’accompagne les agents dans ce cas là… moi c’est
uniquement un apport intellectuel et de réflexion sur ma pratique professionnelle, je
veux absolument pas devenir psychologue du travail… au contraire je saurais même ce
que j’ai pas à faire dans mon métier [sourire]… donc c’est uniquement pour réfléchir moi
j’ai toujours fait des études pour réfléchir et pas pour changer d’orientation
professionnelle, parce que moi j’adore mon boulot et il est hors de question que j’en
change… même quand j’ai fait l’autre diplôme de responsable de projet de formation, je
partais aussi pour réfléchir sur mon positionnement de formatrice à l’XXX39 mais c’était
aussi réfléchir à la postule professionnelle mais pas pour changer de métier… c’est pour
ça que j’ai un parcours un peu à côté…

Interviewer : d’accord, très bien… alors… j’ai une question qui est pourquoi
vous le suivez en distance plutôt qu’en présence, parce que vous travaillez je
suppose

Jessica : parce que je travaille oui, après, la première fois c’est parce que j’avais pas
le choix, mon premier choix c’était du présentiel, honnêtement, surtout que c’était la
filière formation des adultes et je voyais mal comment apprendre à être formatrice
devant son écran, quand on est censé être en relation interpersonnelle avec un groupe
ou des élèves, donc je me voyais pas faire ça à distance, par contre j’ai été bien obligé
parce que quand y’a pas le choix donc là j’ai découvert moi par contre la formation à
distance et alors moi je deviens une adepte… ça me plait beaucoup… j’y suis arrivée
contrainte et forcée, alors que maintenant j’y adhère d’ailleurs à la limite les prochaines
UV surtout que j’ai des problèmes de santé les prochaines UV d’enseignement c’est
possible que je les aborde sur le choix FOD avant présentiel… aussi parce que dans la
filière psycho du travail à Bordeaux je les trouve… très froids, pas très sympas, alors
qu’en formation des adultes que ce soit côté enseignant ou côté élèves y’avait beaucoup
plus d’entraide et beaucoup plus d’effets de groupe, peut-être parce que c’est la
formation qui veut ça… d’être… en psycho du travail je trouve les gens beaucoup plus
individualistes alors du coup… je vais peut-être revenir à de la FOD plus facilement…

Interviewer : je comprends… alors justement y’a une dynamique comme ça


entre les auditeurs, les enseignants ?

Jessica : alors ça peut se faire… si ça s’est fait en, j’ai pu le faire sur une des deux UE
de FOD en formation des adultes parce que j’avais connu des filles dans le cadre du
présentiel… et c’est avec ces filles là qu’on avait monté un groupe de travail pour
s’entraider les unes les autres alors qu’on était avec Rennes Caen Poitiers Versaille
puisque j’en ai fait 4 FOD… donc c’était une manière de s’encourager les unes les
autres… Quand j’ai fait l’UV PST003 en psycho du travail, sur le forum des élèves j’ai
proposé aux gens de Bordeaux, parce que là ça dépendait de Rennes, aux gens de
Bordeaux de faire du travail sur place, y’a qu’une seule personne qui a répondu alors que
je sais que y’avait des Bordelais, ça ça a pas attiré… les foules…

39 Idem.

195
Interviewer : et alors du coup, bon parce que ça fait une différence y’en a une
où il y a d’avantage de monde pour travailler ensemble, là y’a qu’une seule
personne qui réagit, ça a quel impact sur vous ? sur votre formation, sur la
manière dont ça se déroule, sur votre ressenti ?

Jessica : Alors… dans un premier temps j’étais plutôt déçue et en même temps ça
corroborait ce que je pensais des premières UE que j’ai eu en présentiel en psycho du
travail et je trouve l’ambiance plus froide et plus individualiste… alors après est-ce que
c’est peut-être une question d’âge aussi… moi j’ai 52 ans, c’est… c’est plus compliqué
pour les jeunes jeunes de se mêler aux plus vieux quoi [rires]… bon après ça change rien
en termes d’investissements dans l’UE, moi je dois faire des études donc, ça m’arrête pas,
ce qui m’a arrêté là c’est mes problèmes de santé qui fait que je n’ai pas passé l’examen
de juin, que je me réinscrirai à l’unité d’enseignement une autre année… j’ai trouvé
dommage parce que le travail collaboratif est un support que je trouve important, on est
plutôt seul en formation à distance…

Interviewer : oui, et un support de quel nature ?

Jessica : dans le groupe… en formation des adultes… c’était une UE où on devait


fournir un travail personnel à partir de son expérience professionnelle qui était sur
l’orientation et l’accompagnement d’un public adulte… donc on était un groupe de 5 et
chacune dans son métier faisait de l’accompagnement… moi c’était les détenus, une
autre c’était une les aides-soignantes qu’elle recevait dans le cadre de son travail dans le
cadre de l’économie sociale et familiale, une autre c’était les demandeurs d’emploi…
donc dans la mesure où c’était un travail personnel chacune faisait son travail, sauf
qu’on se les passait pour que les autres lisent, réagissent, interagissent, voilà et le fait
d’avoir à produire quelque chose pour la copine toutes les tant de semaines ben ça aidait
aussi à la dynamique d’investissement dans le groupe…

Interviewer : d’accord… sans ça vous pensez que ça aurait été plus difficile de
s’y mettre ?

Jessica : je… je pense que… pour moi non, j’aurais été quand même… parce que faut
être déterminée quoi… ça commence par là… déterminée… à vouloir terminer
[sourire]… sinon on peut se lasser très vite c’est vrai que c’est sur plusieurs années en
plus… moi ça va parce que c’est un apport, pour les gens pour qui y’a un enjeu personnel
professionnel, d’emploi, c’est peut-être plus compliqué pour eux…

Interviewer : oui… alors justement je voudrais revenir sur une chose que
y’avait dans votre questionnaire, que je trouvais assez intéressant, vous disiez
« compte tenu de la charge de travail personnel que demandent les cours en
formation à distance, il s’agit d’avoir de la rigueur, de lutter contre le
découragement et d’entretenir la motivation, il faut aussi compter sur la patience
et le soutien de ses proches »… qu’est-ce qui maintien cette motivation ?

196
Jessica : oui… alors dans la démotivation y’a parfois le contenu du cours… parfois…
le contenu du cours essentiellement, il y a des cours parfois assez légers encore qu’à
distance c’est moins vrai… je trouve dans l’ensemble le contenu des cours… plutôt
denses… après… garder la motivation, c’est-à-dire que justement, parce que moi j’en ai
pas besoin, honnêtement j’ai pas besoin de ça ni pour travailler ni pour continuer à
exercer, ben voilà ma motivation elle est uniquement liée sur le fait que j’en ai envie
quoi… donc il faut, c’est plus de maintenir le désir que de… j’ai pas l’enjeu de… d’être au
chômage dans trois mois et qu’il me faut le diplôme avant trois mois quoi, donc du coup
ça me demande de, parfois par moments, plus d’efforts à me dire, suivant là aussi le
contenu des cours, que moi je fonctionne à j’aime ou j’aime pas c’est-à-dire qu’il y a des
cours où je vais m’éclater à fond et là où ça m’intéresse moins, je vais plus ramer pour
apprendre quoi, donc là c’est plus sur ce genre d’UE où j’aurais tendance à… et en même
temps je me dis c’est dommage parce que je suis engagée et autant continuer…

Interviewer : d’accord… donc vous avez toujours continué vous avez jamais
laissé tomber…

Jessica : non j’ai toujours, voilà, bon j’ai eu la chance d’avoir toutes les UE du
premier cours, sauf une qui était statistiques, et là par contre j’en avais fait un enjeu, je
me suis dit si j’ai pas cette UE… j’arrête, je vais pas m’enquiquiner parce que moi je suis
là sur le principe du plaisir, donc si je commence à m’emmerder et dans les cours et dans
le fait d’y aller, moi j’arrête de suite hein le cours, moi si je reste pas sur le principe du
plaisir je m’en vais [sourire]… donc là heureusement l’UE je l’ai pas eue en juin je l’ai eue
en septembre, donc là c’est la seule UE que j’ai eue à repasser bon le reste pour l’instant
je les ai tous avec de bonnes moyennes, donc voilà… côté motivation… c’est parce que je
le décide quoi c’est parce que je décide de pas arrêter… après au niveau des proches,
c’est vrai que ça demande aux proches de s’adapter quand je travaille, que moi je fasse
attention de pas travailler quand ils sont là, enfin bon j’ai la chance d’être sans enfant, ça
c’est, pour le coup c’est un atout, j’admire les mères de famille hein, parce que je sais pas
comment elles font… faire ça entre dix heures du soir et deux heures du matin, voilà…
donc moi j’ai la chance d’être célibataire, je suis en CNC comme disent les sociologues,
couple non cohabitant, donc mon homme je ne le vois qu’en week-end, donc après je
m’organise dans ma semaine toute seule… c’est plus facile aussi… bon après quand j’ai
des périodes d’exam, je pose des congés, et là je dis à tout le monde « pendant 8 jours
vous me voyez pas », donc je suis du style à travailler à peu près régulièrement et sans
trop forcer et à la dernière ligne droite tant que ce sont des UE, où c’est du par cœur on
va dire, et je suis encore dans les UE de licence c’est du par cœur quand même donc là 8
jours avant je fais que ça… et je vais à l’examen avec ça… 48 heures j’ai bien sûr tout
oublié, parce que fonctionner sur la mémoire immédiate c’est jamais [sourire], donc moi
j’aime pas ce genre d’UE les examens sur table j’ai horreur de ça, moi ce qui me plaît c’est
les mémoires, c’est les recherches, quand on me demande un pavé de 80 pages ça ça me
va très bien… me demander 3 heures 2 heures sur 3 questions de cours, moi je… j’aime
moins… mais bon, je me dis là aussi ce qui me motive c’est de penser qu’une fois que je
me débarrasse de ces UE ce que j’appelle à faible contenu parce que franchement, vaut

197
mieux aller lire des livres… bon je sais plus les mémoires arriveront après mais moi ce
qui m’intéresse c’est de travailler toute seule la problématique… les risques
psychosociaux liés au boulot donc je ne reste dans les études que par rapport à ce que je
vais pouvoir bosser dans mon boulot quoi…

Interviewer : et vous là du coup pour les UE un peu moins emballantes on va


dire, vous faites uniquement parce que vous en aurez besoin pour faire la suite

Jessica : ah c’est nécessaire sinon je ne m’y intéresserais pas… oui oui… ça fait
partie des UE obligatoires de la licence, donc il me tarde un peu d’être en Master parce
que c’est là que ça devient un peu plus intéressant… alors après j’ai jamais négocié style
VAE VAP et tout ça parce que moi j’ai envie d’aller… chercher les éléments donc je veux
pas d’équivalence parce que… c’est pas l’équivalence qui m’intéresse c’est d’avoir accès
aux contenus des cours… donc je le fais… indépendamment de ça…

Interviewer : d’accord… d’accord… alors justement pour revenir aux proches,


votre ami ou d’autres personnes participent à votre formation, je veux dire pas
forcément pour le contenu

Jessica : alors déjà sur la logistique informatique, comme j’y connais que dalle
donc… les webconférences, les chat les forums les machins, moi mon ami me montre
comment… voilà, j’attends qu’il soit là pour faire ça… bon après ça va une fois que j’ai
que je m’y suis mise c’est bon, donc j’ai ce soutien là très important [rires] soutien
technique [rires]… soutien ben… affectif aussi, parce qu’on se décourage sur certains
cours, surtout ceux qui m’intéressent pas, j’ai plus de mal à apprendre [sourire]…
forcément le fait que le conjoint approuve, voilà… pour les stats par exemple j’ai travaillé
avec lui une partie de l’été quoi… voilà il m’obligeait à faire les exos, et tout ça… voilà
quand y’a des UE qui me résistent je me fais aider c’est clair… je le vis pas comme une
blessure narcissique [rires]…

Interviewer : [sourire] et donc le fait qu’il approuve, c’est-à-dire ?

Jessica : ben qu’il soit d’accord avec ma démarche, même s’il trouve que j’y passe
beaucoup de temps, il peut parfois me faire la remarque et me dire, ça plus l’activité
perso aquagym et tutti quanti que ça fait peut-être un peu beaucoup… alors je dis oui
effectivement je reconnais… mais bon moi je suis pas du style à rester devant la télé tous
les soirs quoi… donc voilà… je préfère ouvrir un bouquin et bosser mes cours… après
comme autre entourage… ma sœur est en psycho technique donc elle me passe des
bouquins quand ça rejoint le contenu des cours… et après sur… l’image de soi, je pense le
fait de réussir les diplômes dans mon parcours après le bac moi je suis venue ici à la fac
ça a été une très mauvaise rencontre l’université, c’est pour ça à mon avis que je suis au
CNAM et toujours pas en FOD à l’université, peut-être que ça viendra… je suis encore en
stress post-traumatique moi avec la fac [rires]… donc j’en ai traversé trois entre 20 et 27
ans avant de faire mes études d’assistante sociale où là j’ai trouvé une solitude d’une
violence, et encore je pense que ça a pas dû s’arranger, parce que là c’est les années 80,

198
où moi ça m’a pas convenu d’avoir à travailler toute seule… être abandonnée quoi, je
sortais trop, trop jeune dans ma tête à mon avis du lycée pour m’adapter à la fac… donc
ça reste… un très mauvais souvenir… donc j’ai passé j’ai traversé trois facultés qui
étaient Lettres Anglais et… Droits, Anglais, Lettres Modernes dans ce sens là avant de
passer le concours d’entrée d’assistance sociale en n’ayant aucun diplôme… donc le fait
d’avoir des diplômes en formation continue c’est un moyen de rendre à mes parents la
patience [sourire] qu’ils ont eue… donc le fait de… ça aussi ça participe à la motivation
c’est-à-dire que l’obtention du Master en formation des adultes… c’était une manière
aussi de rendre à mes parents [rires] tout le stress qu’ils ont à l’époque… et psycho du
travail je pense que… c’est moins un enjeu perso, c’est plus enjeu professionnel, parce
que dans le niveau du ministère de la justice jusqu’à présent on était pas trop aux
risques psycho-sociaux, or avec la RJPP la réforme des politiques publiques on trouve
maintenant des manières de faire de manager qu’on trouve aussi dans le public et moi je
trouve que les agents vont très très mal… donc moi j’ai eu besoin de cette formation
pour accompagner des agents, parfois même les n+1 parce que les cadres vont pas
mieux, coincés entre le ministère et leurs [???] on est aussi là pour eux, donc maintenant
c’est plus un enjeu professionnel d’avoir ce diplôme, parce que nous on n’a pas de
psychologue du travail au niveau des services judiciaires… au niveau de la protection
judiciaire de la jeunesse alors qu’il y a des psycho avec qui je travaille avec
l’administration pénitentiaire… et je trouve que fonctionner en binôme c’est très
intéressant… tant qu’on n’a pas de psycho à côté… moi je trouve que je manque de billes
pour assoir mon positionnement professionnel… et le fait d’avoir des UE à distance ça
permet, ben la liberté de… de travail quoi… ça peut être un lundi cinq heures, un mardi
rien, un mercredi de nouveau trois heures, et cette liberté là dans les apprentissages moi
elle me convient fort bien… surtout que le présentiel c’est 18h30 ici, pour le CNAM et
quand que je suis au fin fond des Landes pour arriver à 18h30 en cours ça me pose des
problèmes [sourire]… donc c’est aussi pour ça que ça me va bien le FOD…

Interviewer : d’accord… ok… et vous disiez également, pour en revenir aux


proches, après on passe aux autres auditeurs, mais, quand on se décourage vous
disiez par rapport à des UE un peu difficiles, quand on se décourage, c’est-à-dire
que votre ami votre soeur ou d’autres personnes vous réencouragent ?

Jessica : oui parce que j’en parle, je m’isole pas, je dis que j’en ai marre, donc le fait
d’en parler ça remotive, et même ils disent « il faut pas laisser tomber maintenant c’est
dommage » ou alors « t’as qu’à laisser tomber t’as pas besoin de ça », [sourire] ça revient
au même effectivement ça me refait dire que j’ai pas besoin de ça mais que, si je continue
c’est uniquement par volonté… donc ça revient à me remotiver toute seule, parce que je
suis là [sourire] parce ce que je le veux bien [sourire]…

Interviewer : Et s’ils n’étaient pas, vous toute seule ?

Jessica : mmmh… ben ça serait peut-être plus dur mais je crois que je continuerai,
parce que j’y trouve mon compte quand même dans le, à part les cours un peu ledge, j’y

199
trouve mon compte quand même en termes de réflexion… j’ai changé ma manière d’être
formatrice à l’IRTS après ma formation c’est clair… j’ai introduit des outils nouveaux, j’ai
introduits une posture différente donc voilà, j’ai évolué… c’est vraiment construire une
identité professionnelle de formateur ça n’a rien à voir avec assistante sociale de
terrain… donc… là ça m’a aidé donc là je me dis c’est la même chose, les premières UE,
bon les UE de distance de psycho, c’est plus rappeler des connaissances que j’ai eues à
travers mes études d’AS, donc je suis plus dans la réactualisation au niveau
connaissances, mais ça reste utile parce que c’est toujours réveiller les neurones hein, et
que moi dans mon boulot j’ai besoin de penser ce que je fais, je sais, faire pour faire ça
m’intéresse pas, donc là je retrouve une dynamique de réflexion personnelle, d’analyse
de la pratique, d’analyse de la posture, de la construction d’une identité professionnelle,
comment aborder des éléments que j’ai vu dans tel ou tel cours… voilà c’est ce passage
théorisation pratique qui m’intéresse… qui est encouragé par notre métier, qui en plus
est dans la pluridisciplinarité moi j’adore ça…

Interviewer : D’accord… Alors, et à côté de ça vous avez donc rencontré des


auditeurs locaux, c’est ça hein ? Travaillé avec eux, et ça pareil, d’un point de vue…
la motivation l’envie d’aller l’engagement…

Jessica : Oui c’est primordial ça… nous… sur l’UV de Caen on tournait sur nos
domiciles, on était cinq donc on faisait une rencontre par domicile… au début on faisait
que, vraiment on y allait pour travailler, après on a rajouté les petits gâteaux, après on a
rajouté le saucisson [sourire]

Interviewer : [sourire]

Jessica : donc on en a fait quelque chose d’extrêmement convivial en plus et


vraiment des heures où on bossait c’est-à-dire que c’était vraiment des temps de
travail… quand justement la motivation baisse parce qu’on est trop fatigué on n’a pas
envie de sortir on se dit bon les quatre autres ils attendent bon, voilà on peut pas,
moralement… même sur le plan éthique, on se sent lié à la vie du groupe, donc ben on se
booste quoi… faut y aller quoi même si on n’a pas envie… y’a eu des fois où je suis
arrivée en disant que j’avais rien bossé depuis trois semaines donc j’arrive avec le
même… écrit que la dernière fois, j’ai rien fait et puis des fois ça peut être une autre, bon,
et là aussi ça remotive le fait de… de réenclencher la dynamique, ça ça a été très
important oui… parce que je suis surtout moi du style à bosser au dernier moment donc
le fait qu’il y ait des rencontres régulières… au fond ça m’aide à… mieux organiser, et pas
faire au dernier moment comme je fais de huit heures à deux heures du matin pendant
huit jours c’est pas bon non plus, c’est pas bon enfin si j’arrive à avoir des seize et dix-
sept quand même donc pour l’instant ça me joue pas trop de tours… mais le fait d’avoir
quand même le support du groupe c’est un renfort dans les apprentissages et les travaux
à rendre… surtout qu’il y a un regard quoi les autres copines vont dire « mais je
comprends pas ce que t’as écrit là », bon ben si elle comprend pas puisqu’on reste dans
notre jargon et toujours dans notre truc professionnel, parfois c’est difficile, parce que

200
l’autre connaît rien il va justement poser, ça aide c’est mieux aussi… donc on avait tout
ce travail là d’explicitation, de demande d’explicitation sur les travaux qui fait que de
s’entendre parler à haute-voix c’est quand même plus aidant que d’être tout seul sur sa
feuille blanche… moi je crois beaucoup à ça… le fait d’avoir… à verbaliser, théoriser,
expliciter, s’entendre dire les trucs à haute voix on se rend compte là où ça pêche là où
ça pêche pas… ce feedback là du groupe d’auditeurs pour moi il est vraiment mental
aussi… et quand il y est pas c’est un peu dommage, on sait pas si on a bien compris ou
pas on sait pas si c’est juste ou pas, ça reste de l’intuitif, on n’a pas le retour du groupe…
et ça je trouve qu’en FAD on devrait, le CNAM devrait inciter beaucoup plus à regrouper
les locaux40… que les locaux s’organisent… pas forcément avec quelqu’un du CNAM…
encore que… ou qu’il y ait des regroupements parce que y’a des UE qui étaient à Poitiers
il avait mis trois regroupements, un au début un au milieu un à la fin, c’est pas mal ça…
aussi… bon après faut se déplacer, faut avoir l’argent… faut être un peu riche pour cette
formation là, entre l’inscription et… bon là moi j’étais allée à Versailles mais parce que je
voulais y aller et je suis allée au regroupement du CNAM et deux jours en touriste mais
tout le monde peut pas se le permettre… donc le groupe oui est un support aidant…

Interviewer : Mmh, d’accord… et les enseignants ?

Jessica : Les enseignants… alors les enseignants en FOD… Trois sur quatre on va
dire je les ai trouvés très très impliqués, très présents… celle de cette année elle est
presque, c’est presque un mail tous les deux jours de ci de là d’encouragement, elle aussi
elle explose son temps… elle doit être payée 5 centimes si elle divise par le nombre de
minutes qu’elle passe avec les auditeurs… donc on voit que c’est des gens très investis,
trois sur quatre donc, euh… voilà qui font des supports clairs, précis, moi c’est aussi ce
que j’aime bien en FAD c’est que les cours on les a sous la main alors qu’en présentiel y’a
une prise de notes et comme moi je sais pas travailler sur ma prise de notes je retape
tout, j’y passe des heures mais j’apprends en même temps, parce que le temps que je
frappe j’apprends des choses… donc en FOD ça m’évite de taper les cours donc y’a un
gain de temps là aussi et comme y’a une bibliographie qui est donnée, même trop s’il
fallait tout acheter c’est pas possible, mais voilà ils donnent les deux trois bouquins de
base moi je complète avec les bouquins de base, même en FOD… ça me rassure… je me
fais des fiches par thème… parce que le cours uniquement je suis pas sûr qu’il suffise
pour aller à l’exam… ça c’est bon pour le présentiel…

Interviewer : en FOD il est moins développé ?

Jessica : en FOD… cette année je pense que c’est possible rien qu’avec les cours
parce que les enseignants de Rennes c’était… beaucoup de pages, on a au moins 15 pages
par cours, c’est dense… en orientation et accompagnement de publics adultes c’était plus
léger mais comme c’était un mini mémoire de 25 pages à rendre elle nous demandait un
travail personnel donc c’était différent, à Poitiers c’était ce qu’il appelait projet
personnel donc là c’était pas à apprendre et méthodo de gestion de projets c’était faire

40 Comprendre « les auditeurs locaux »

201
une enquête auprès d’un certain public et… bâtir les séquences pédagogiques et la
formation, donc c’était pas de l’apprentissage par cœur… cette année, la psychologie
c’est du par cœur… et moi je trouve les cours bien fait, les enseignants sont disponibles
on peut envoyer des mails, on peut chater, forum, enfin tous les outils sont proposés à
chaque fois…

Interviewer : et ça le fait qu’ils soient disponibles vous dites, c’est-à-dire si


vous avez une question vous allez avoir une réponse ?

Jessica : Oui

Interviewer : ça a quel effet ?

Jessica : C’est sécurisant je dirais, c’est sécurisant, on en n’a pas forcément besoin
toutes les semaines, mais peut-être que quand y’a une question un peu moins comprise
que d’autre, le réflexe c’est de les contacter, ce sont des gens qui se mettent vraiment en
disponibilité je trouve…

Interviewer : vous avez échangé de temps en temps des mails ?

Jessica : Là non parce que je me suis arrêtée en cours de route à cause ma hernie là,
je me suis retrouvée coincée…

Explicite son problème médical

Donc j’ai arrêté l’UE en cours de route, mais sinon j’aurais pu tout à fait, les autres
l’ont fait, elle a envoyé des réponses à tout le monde, quand un auditeur demandait elle
envoie la réponse à tout le monde, elle est très investie et sans souci, c’est sécurisant de
savoir ça… elle avait même donné son portable et son téléphone si on voulait la joindre
pour un échange si c’était plus facile… donc vraiment côté disponibilité plus plus [+]…
les autres aussi, moi jusqu’à présent sur les quatre UE j’ai eu de la chance…

Interviewer : oui vous dites trois sur quatre ?

Jessica : oui parce que le quatrième est quelqu’un qui se la jouait un peu…
comment dire… c’est le genre d’enseignant que je trouve un peu à la limite de dangereux
parce qu’il peut être très intrusif dans la vie personnelle des auditeurs… notamment
parce que c’est sur projet personnel, donc c’était s’investir sur sa motivation, ça
demandait un travail d’analyse de soi et je trouvais qu’il allait beaucoup trop loin et dans
le questionnement et… et voilà, ça le regardait pas… notamment dans les projets
personnels quand je vois une des auditrices en train de dire qu’elle voulait un enfant et
qu’elle arrivait pas à le faire depuis des années… voilà il ouvrait des champs
d’expression qu’il aurait pas dû ouvrir déjà et d’une, et surtout il savait pas le reprendre
aussi, donc après vous vous retrouvez l’auditrice en larmes dans le bureau, et dans la
voiture en rentrant sur Bordeaux… donc j’ai pas aimé du tout cette façon de faire sur
cette UE… ça c’était sur le regroupement, après au niveau des chats il restait sur plus… et

202
encore, un peu malsain, je vais le dire carrément comme ça, vis-à-vis des auditeurs ou
auditrices…

Interviewer : ah oui plutôt avec les femmes ?

Jessica : et oui… style vieux beau sur le retour qui a besoin de prouver encore des
choses…

Interviewer : et sans indiscrétion, jusqu’à, une anecdote comme ça, quelque


chose qu’il a pu dire ?

Jessica : Non c’est vraiment… ouais la manière d’être, de regarder, bon on l’a vu que
trois fois, heureusement d’ailleurs, je suis pas sûre que j’aurais été plus patiente… là
c’était moins… après le contenu de ses cours était d’un fouillis merdique bon ça vous
pouvez pas l’écrire comme ça dans votre thèse [sourire] c’était très décousu, ça partait
dans tous les sens on recevait un document par ci un document par là… bon ça m’a pas
convenu… moi j’aime bien les cours en FOD quand ils sont structurés, quand il y a un
plan, un début une fin...

Interviewer : mmh, et du coup vous avez pu réussir quand même cette UE ?

Jessica : oui, il m’a mis 18… j’ai répondu à la commande… en refusant d’entrer dans
le perso… je l’ai écrit tel quel… en plus moi c’était, là aussi c’était facile pour moi de faire
ça puisque mon but c’était pas d’aller faire de la formation ou de changer de brûlot… je
pouvais plus facilement détourner sa commande…

Interviewer : Ah oui d’accord…

Jessica : ça peut être un risque en FOD ça, enfin aussi en présentiel, la proximité la
trop grande disponibilité je pense que y’a des auditeurs qui peuvent aussi happer là je
pense que celle de Rennes, elle met pas assez de cadre, parce qu’elle est tellement open
du coup que c’est mail tous les trois jours, que c’est…

Interviewer : c’est trop ?

Jessica : je sais pas… après je me pose la question de la trop grande disponibilité


aussi, qu’est-ce que ça veut dire… y’a toujours des revers…

Interviewer : d’accord… et pour en revenir sur ce plan perso, c’est bien ça fait
le pont, sans rentrer dans les détails par rapport à votre souci de santé vous avez
dû prévenir les enseignants ?

Jessica : oui, oui oui

Interviewer : ils sont été compréhensifs ?

Jessica : Ah tout à fait, j’ai commencé par le CNAM Bordeaux, puisque je m’étais
inscrite à l’examen, comme j’ai commencé par le CNAM Bordeaux, je vais pas aller à

203
l’examen et est-ce que je peux revenir à l’UE une autre année, et non j’ai eu de bons…
alors au niveau du service administratif de Bordeaux, j’ai jamais de problèmes, je sais
que madame B. qui est la chef de service de l’accueil a un tempérament très space aussi,
et qu’avec les auditeurs ça passe ou ça passe pas selon les uns ou les autres… elle peut
parfois mettre des gens en difficulté je pense… moi j’ai jamais eu de problème avec elle,
elle a toujours été disponible elle a toujours pris le temps elle m’a jamais envoyée
bouler, alors qu’elle l’a fait avec d’autres enfin d’autres l’ont ressenti en tout cas comme
ça, après au niveau des secrétaires, je les trouve plutôt, vraiment disponibles aussi, on
peut poser des questions, on peut téléphoner, on envoie des mails on a la réponse dans
les 48 heures enfin vraiment aucun souci… Après Bordeaux a dû prévenir Caen je
suppose, et la prof de Caen m’a envoyé un mail de prompt rétablissement et voilà, et puis
à la prochaine quoi, à une autre fois…

Interviewer : donc c’est vrai que par rapport à tout globalement

Jessica : moi je fais partie des satisfaites…

Interviewer : et puis vous disiez au début on est seul en formation à distance

Jessica : mais avec des personnes ressources possibles, voilà on sait qu’il y a des
personnes ressources possibles, que ce soit côté administratif ou côté enseignant, ou
côté tuteur…

Interviewer : donc c’est seul dans la manière dont on mène la formation mais
pas abandonné

Jessica : non, ça je… non… justement, il faut faire la différence entre la solitude et
l’isolement, on est pas isolé si on veut on peut être en lien… par contre c’est un travail de
solitaire… moi je fais partie des gens qui aiment la solitude, peut-être justement parce
que je vois trop de monde dans mon boulot ça doit être pour ça, une fois que je suis
rentrée à la maison [rires] vive le silence, et surtout personne pas trop près, donc moi ça
me convient la FOD aussi, ça me dérange pas de travailler cinq heures d’affilées sans voir
personne ou huit jours sans sortir de chez moi, du moment que j’ai pris des bouquins j’ai
pas besoin de sortir tous les jours, donc c’est vrai que ça peut correspondre à certains
tempéraments aussi la FOD, euh les gens qui aiment bien sortir voir du monde, ou qui
tournent en rond chez eux, qui aiment pas rester à la maison moi je fais partie des gens
casaniers donc ça me va très bien la maison… donc la FOD pour ça me correspond bien…
mais effectivement y’a une part de solitude à assumer, mais d’isolement on peut être en
lien, on peut le créer aussi ce lien, c’est à nous à faire l’effort de sortir de la maison pour
travailler avec d’autres ou téléphoner aux gens, les forums de chaque UE à distance, y’a
des forums qui fonctionnent où on s’envoie des trucs même si y’a trois fois rien ça fait du
bien quand même, « ici il fait beau et chez toi à Strasbourg » voilà c’est, ça aussi ça fait
partie d’une forme de convivialité, de support du travail… je trouve…

Interviewer : et ce lien là il est important à quel niveau ?

204
Jessica : Mmmh… pour moi ça fait aussi une récréation les forums un peu, où je le
prends comme une récréation, après les gens qui sont isolés pour le coup, c’est peut-être
une remotivation…

Interviewer : vous une récréation c’est-à-dire vous travaillez vous allez sur le
forum cinq minutes pour

Jessica : oui pour envoyer un truc, donner la référence d’un bouquin si un truc me
traverse autant en faire profiter tout le monde… donc j’ai donné une référence des
choses comme ça…

Interviewer : d’accord… et est-ce que vous avez eu par contre des baisses de
motivation ?

Jessica : alors sur les stats oui, ça c’est terrible [sourire] très mauvaise expérience,
c’est très compliqué, ça a été très dur parce que ça m’a rappelé mes cours de latin où
j’avais le même blocage… c’est de l’ordre du blocage, de l’incapacité à… je suis allée à
tous les cours enfin j’ai dû en louper un ou deux parce qu’en déplacement professionnel
j’étais en présentiel à chaque fois, je ne comprenais rien, mais rien, rien… ça c’est de
l’isolement [sourire], y’a tout le monde qui suit, tout le monde qui dit oui machin et vous
vous êtes là… du Chinois quoi… même l’hébreux, j’ai fait deux ans d’hébreux, j’ai trouvé
plus facile que les stats…

Interviewer : et…

Jessica : là j’en ai pleuré, j’en ai pleuré à la maison, oui, là ça a été très dur, ça
remettait pas en question l’estime de moi je me suis pas dit « je suis nulle » parce que
j’avais besoin de ça et que c’est des stats, ça m’aurait plus embêté sur les vraies UE de
psycho que sur les stats [sourire], oui là j’ai pleuré un certain nombre de fois et c’est
mon ami qui m’a refait les cours qui a passé un temps fou à essayer de m’expliquer… j’ai
pas mieux compris mais j’ai appliqué, c’est-à-dire j’ai essayé de comprendre ce que je
devais appliquer… après je suis incapable de dire pourquoi il faut l’appliquer comme ça
et pourquoi ça donne ce chiffre, ce résultat, c’est-à-dire je suis restée hermétique, j’en
sais pas plus qu’avant d’avoir commencé, sauf que j’ai appris à appliquer sans
comprendre… c’est terrible, et là je m’étais dit que si j’avais pas l’UE j’arrêtais tout… je
pouvais pas aller en Master après elle fait partie des UE obligatoires… ou alors j’aurais
pu aller aux UV de Master sans passer les exams… j’en suis pas là quoi, parce que, aller
passer les examens ça motive, je sais pas si je ferais de la FOD sans exam, alors peut-être
à 70 ans à l’Université du Temps Libre…

Interviewer : c’est un challenge ?

Jessica : Oui, le côté challenge, et puis de validation parce qu’au boulot quand je dis
que je suis en psycho du travail pour m’aider à améliorer ma pratique professionnelle,
c’est quelque chose on le sait au niveau de l’équipe, au niveau de chef de service, y’a un
enjeu par rapport à l’autre, de pas vouloir échouer… et d’être reconnue, d’avoir une

205
compétence, reconnue au moins autour, pas par le ministère qui s’en fout comme de l’an
40, l’administration centrale voilà, je lui demande même pas de participer au paiement
je paie tout moi et je demande rien, parce qu’ils en ont rien à faire, donc c’est
uniquement un enjeu local…

Interviewer : et si vous échouiez ?

Jessica : Euh… pour l’instant… ça n’est pas arrivé… il faut apprendre quoi, si c’est
du par cœur c’est comme ça, y compris si j’aime pas… après dès que c’est dans les
travaux perso ça j’adore donc j’y mets le temps l’investissement… donc j’ai pas de
problème d’écriture… au niveau écriture moi ça va… j’adore les études, j’ai toujours fait
de la formation continue… pour garder les neurones actifs…

Interviewer : D’accord… tout au long de votre formation vous diriez que vous
étiez plutôt à l’aise, anxieuse, ça dépendait ?

Jessica : Plutôt à l’aise… parce que je maîtrisais ce qu’on nous faisait découvrir,
assez vite, sans difficulté majeure… j’ai un rapport au savoir qui est suffisamment libre
peut-être… j’ai pas un rapport au savoir compliqué, quand ce sont des contenus pratico-
pratique, faut pas me demander des cours de philosophie, ce qui est de la sphère
réflexion sur la relation à l’autre, la gestion des émotions, de l’ordre du relationnel, voilà
c’est des choses que je maîtrise… donc du coup les apprentissages se font plus
facilement… l’avantage de la FOD c’est qu’on choisit la filière dans laquelle on a envie
d’aller, donc je vais pas aller m’emmerder en physique chimie donc je choisis des filières
avec lesquelles je suis à l’aise pour apprendre… ça pose le problème de l’orientation
parce que y’a un problème d’orientation quand on est jeune mais adulte aussi, pour moi
c’est un grand désert l’orientation, je pense que si on accompagnait les jeunes à savoir
que c’est effectivement pas la physique ou, ils perdraient un peu moins de temps au
début…

Interviewer : D’accord… juste pour revenir, vous disiez au début, plutôt que
maintenir la motivation c’est maintenir le désir vous disiez… maintenir le désir,
c’est-à-dire en fait, il se maintien de lui-même ou quelque chose fait qu’il est
maintenu ?

Jessica : alors ce qui fait qu’il est maintenu, c’est ce qu’on reçoit… à travers le
contenu des cours, du feedback de l’investissement qu’on y met et la réception… c’est
parce que je considère recevoir beaucoup des études que le désir se maintient… si je
commence à m’ennuyer, voilà je resterai pas… alors y’a des UE où je me suis ennuyée en
présentiel, mais l’avantage de ce découpage par UE c’est que voilà on sait que ça va
passer, moi j’aime bien ce découpage… c’est pas comme le BAC… là on sait qu’on va
piocher et que y’en a toujours une plus intéressante que les autres, qui va compenser là
où on s’ennuie un moment donné… l’an dernier, y’a deux ans pardon, une UE sur la
communication, je me suis dis je vais pas apprendre grand-chose, et c’était en plus une
orientation PNL, pour ma part je n’adhère pas du tout, l’enseignant très spécial aussi

206
avec une violence intérieure, donc je ne lui ai pas dit que je préférais Lacan parce que je
pense qu’on se serait pas entendu, donc là aussi j’ai joué le jeu, j’ai fait ce qu’il y avait à
faire, j’ai pas remis en question son cours, j’ai fait des réflexions quand même parce que
trop c’est trop, donc ce style d’UE vous attendez que ça passe, donc j’aurais eu la même
chose en FOD c’est pareil, j’apprenais sa PNL et c’est tout, j’ai aussitôt revendu les
bouquins [sourire]…

Interviewer : Ok… D’accord… il y a des exercices à faire ?

Jessica : Oui

Interviewer : que l’enseignant vous renvoie

Jessica : Oui

Interviewer : Noté corrigé

Jessica : oui… là ça fait partie aussi d’étaler le travail sur plusieurs semaines, c’est
l’avantage de la FOD aussi par rapport à ma manière de travailler du dernier moment, là
ça m’oblige à, y’a beaucoup de derniers moments mais c’est étalé, le fait de travailler à la
maison ça me plaît… parce que j’ai pas un rapport à l’écrit compliqué, ça ça aide…

Interviewer : et les commentaires reçus vous conviennent ?

Jessica : oui, c’est clair, c’est précis, j’ai jamais eu à ne pas comprendre ou faire
préciser…

Interviewer : D’accord, très bien… alors… pour toutes ces années de


formation, qu’est-ce que vous avez appris sur la formation à distance, en dehors
des contenus, sur les méthodes de travail à distance, la manière de travailler…

Jessica : alors moi j’ai découvert tout ce qui est webconférence chat forum parce
que j’en avais jamais fait, je fais pas partie des réseaux sociaux, je n’étale pas ma vie sur
tweet [sourire], ça pour moi c’est une découverte, la webconférence aussi ça l’intérêt
l’enseignant parle y’avait des cours de vidéo, ça je trouve un intérêt, sauf que la vidéo ne
permet pas l’échange avec l’enseignant, ça c’est pas on peut qu’entendre quoi, mais bon
pourquoi pas, les forums à titre d’encouragement entre auditeurs c’était bien, le chat je
continue à ne pas y avoir beaucoup d’intérêt, peut-être parce qu’on n’était pas nombreux
sur la dernière, les gens posent des questions et l’enseignant répond en deux ou trois
phrases sauf que le temps qu’il réponde un autre répond à ce qui est au-dessus, ça ça a le
don de m’énerver assez, je trouve que la hachure de ce genre d’échanges, m’agace…

Interviewer : il y a un manque de modération de l’enseignant ou c’est

Jessica : c’est que tout le monde réagit en même temps, elle va répondre à l’une
après entre temps elle va répondre à l’autre sauf qu’entre temps l’une a re-écrit quelque
chose, donc après faut le relire à la maison tout seul pour remettre dans l’ordre quoi,

207
donc ce côté, le chat pour l’instant je n’y vois toujours pas d’intérêt surtout que celui de
Poitiers ça a viré au divan alors…

Interviewer : au divan ? [sourire]

Jessica : au divan [sourire] parce que les gens se lâchaient un peu [sourire] et qu’il
était pas du tout contenant par rapport à ça [sourire] et moi j’avais l’impression de me
mettre en situation de voyeur et ça m’a pas du tout plu parce que moi je rentrais pas là-
dedans, et en même temps je quittais pas le chat non plus et ça m’a mis très très mal à
l’aise… donc le chat pour moi c’est une mauvaise expérience dans l’ensemble, les autres
outils ça allait…

Interviewer : D’accord très bien… et si c’était à refaire cette année de


formation, est-ce que vous changeriez certaines choses, de votre côté dans votre
organisation, etc. ?

Jessica : euh… Maintenant que j’ai vu tout le pavé que nécessite ce cours-là, là je
pense que je ferais mes fiches de lectures et ouvertures de bouquins bien avant,
l’avantage c’est que je l’aurais à l’avance par rapport aux autres, et encore elle les donne
dès le départ assez vite, parce qu’elle elle a tout donné d’emblée dans les 15 jours assez
vite alors que celle de Caen elle donnait au fur et à mesure tous les 15 jours, et c’était pas
mal ça parce que quand on reçoit le pavé de 120 pages d’un coup ça peut être dur pour
les auditeurs de se dire qu’il faudra voir tout ça, le fait que ça soit tous les 15 jours je
trouvais mieux comme découpage… et en même temps ce qui avaient envie de s’avancer
3 cours d’un coup ils peuvent le faire, ça donnait plus de liberté en même temps… moi
c’est l’ouverture des bouquins que je ferais avant mais ça c’est mon problème pour
toutes les UE même en présentiel c’est d’être constante dans… c’est pas ma façon de
travailler et c’est pas maintenant que je vais changer donc je fais avec…

Interviewer : d’accord… et d’ailleurs ça me fait venir une question, vous êtes


en formation à distance depuis 4 ans c’est ça ?

Jessica : 10 ans de CNAM et 4e UE à distance

Interviewer : ah oui, et voilà est-ce qu’il y a eu une différence dans la manière


de travailler entre la première et maintenant ?

Jessica : je crois pas… non non…

Interviewer : d’accord… Alors, avant de terminer, selon pour travailler à


distance, quelles compétences, voire qualités voire même personnalité il faut pour
être efficace à distance ?

Jessica : Mmh… l’organisation du travail en premier… la patience aussi parce que…


justement pour pas se décourager quoi, il faut s’inscrire dans le temps, il faut insister
dans la temporalité, le présentiel donne le temps par l’extérieur parce que tous les jeudis
à 18 heures on est là… il faut travailler son rapport au temps… y’a quoi trois quatre ans,

208
ça peut décourager ça aussi les gens… réfléchir le rapport au temps… savoir demander
de l’aide aussi… on peut très vite être arrêté par un concept et laisser tomber et comme
y’a personne du CNAM pour dire « ouh ouh où est-ce que vous êtes revenez » donc il faut
se booster soi-même et avec son entourage, donc il faut aussi, s’astreindre avoir de la
rigueur vis-à-vis de soi-même, faut pas attendre de l’extérieur le cadre et la motivation,
c’est vraiment interne…

Interviewer : Ok, d’accord… Et si vous deviez imaginer la formation à


distance idéale ?

Jessica : ben les regroupements de locaux je pense que, même si c’est que trois fois
sur six mois, mais qu’il y ait des regroupements, déjà qu’il y ait des enseignants et puis
entre auditeurs je pense qu’il faut plus de lien entre les auditeurs… ça ça aide… je verrais
bien une bourse des livres en début d’année, parce que s’acheter des livres c’est un peu
cher parce que quand on a fini l’UE pour peu qu’on n’est pas accroché on se retrouve
avec trois bouquins on sait plus quoi en faire, voilà, si en septembre on nous disait que
telle journée les auditeurs vendaient leurs livres ça me plairait bien, on pourrait même
faire des échanges… peut-être que ceux qui ont passé l’UE l’année précédente donnent
leurs coordonnées… qu’il puisse y avoir de lien, peut-être du parrainage parce que ça se
fait pas trop… parrainage de quelqu’un qui a déjà l’UE… un duo pour qu’il y ait du lien, ça
pourrait aider je pense… et des groupes de locaux qui travaillent ensemble, voilà…

Interviewer : D’accord, très bien…

209
14. Barbara

Interviewer : Dans le questionnaire que j’avais fait passer, j’avais oublié de


vous demander quelque chose par rapport au CNAM, quel est le module ou quels
sont les modules de formation que vous suivez ?

Barbara : A distance uniquement ?

Interviewer : tous

Barbara : Je prépare un diplôme de responsable RH, il y a plusieurs modules


dedans, et j’ai validé les prérequis également, et j’ai aussi passé cette année tout ce qui
est management, un certain nombre de modules de management

Interviewer : d’accord, très bien… et à distance vous faites ?

Barbara : à distance j’ai fait tout ce qui est organisation, j’en ai fait deux, j’ai fait
formation des adultes également, et après on a des formations mixtes…

Interviewer : d’accord, d’accord… mixte c’est bien en…

Barbara : présentiel et à distance, oui…

Interviewer : vous alliez donc le soir aux cours…

Barbara : euh quand on est en mixte c’est surtout le week-end, on a des


rassemblements, soit une fois par mois, soit, et toutes les semaines on a des cours à
distance… ça permet sinon de valider des exercices et de poser des questions aux profs
évidemment, c’est plutôt pas mal…

Interviewer : d’accord, très bien… alors… d’abord je voulais vous demander,


avant cette formation vous avez fait d’autres études ? Bac +3 ou +4 c’est ça ?

Barbara : Oui, oui j’ai validé une licence de sociologie à l’Université Victor Segalen…

Interviewer : d’accord, et là qu’est-ce qui vous a amené à suivre cette


formation ?

Barbara : l’obligation de financer mes études et donc de travailler et donc le CNAM


s’est imposé pour euh d’abord pour les cours du soir, c’était plus évident évidemment
d’avoir les cours le soir, et ensuite voilà quand la formule formation à distance est arrivé
c’est génial parce qu’on peut vraiment s’organiser, pour travailler à condition d’y allier la
discipline qu’il faut évidemment… [rires]

Interviewer : oui la discipline, j’ai vu dans le questionnaire effectivement

Barbara : j’ai alterné plusieurs statuts, j’étais salariée et demandeur d’emploi au


CNAM donc c’est vrai que quand on est salarié la discipline c’est tout simplement de
gérer une journée de boulot et de continuer une formation, et puis quand on est en
210
recherche d’emploi c’est de gérer ben un temps d’étude et de recherche avec
évidemment la recherche avec le côté anxiogène que ça peut avoir d’être en recherche
d’emploi et de quand même penser à l’avenir en termes de formation… ça a été, j’ai eu
les deux statuts donc j’ai eu autant les avantages que les inconvénients des deux…

Interviewer : là vous travaillez à temps partiel c’est ça ?

Barbara : là en fait je suis sur un projet de, d’entreprenariat on va monter une


association avec deux amis, donc voilà cette année c’est les études et ce projet là, avec un
début, on est à la dernière phase on cherche des financements, avec un début prévu pour
mi-septembre mi-octobre, voilà…

Interviewer : d’accord… d’accord, donc cette formation c’est aussi pour vous
aider là-dessus ?

Barbara : Tout à fait, oui… puisque dans mon projet professionnel j’allie les
compétences de conseiller en insertion et de responsable RH…

Interviewer : d’accord, et les modules à distance c’est vous qui avez choisi de
les suivre à distance plutôt qu’en présence ?

Barbara : oui oui, oui, parce que dans le présentiel… on est d’une part plus à l’aise à
distance parce que généralement à distance on a des cours beaucoup mieux organisés,
beaucoup plus clairs qu’en présentiel, on a une espèce d’échange avec le prof, la prise de
note peut être plus ou moins bonne, etc., donc on a vraiment à distance des cours bien
faits, en tout cas moi je suis tombée sur des cours très bien et ensuite on a toujours les
regroupements si on veut poser des questions ou corriger des exos… ça permet
vraiment d’organiser son temps, alors qu’en présentiel vous êtes obligés d’être là vous
êtes pas toujours frais, etc. et puis à distance on allume son ordi il peut être deux heures
du matin il peut être neuf heures du soir, ça peut être le week-end, etc. on n’a pas
vraiment d’obligation comme en présentiel où on n’est pas forcément frais et dispo en
présentiel [sourire]… et toutes les formations qu’on a à distance on a sinon des exercices
ou des… en LPG10241 on avait un petit travail à faire une petite réflexion à mener, ce qui
fait qu’on a le temps on peut valider son niveau… alors qu’en présentiel, pas forcément…
mais tous les cours à distance qu’on a on a une espèce d’évaluation d’exo et ça permet de
se rassurer d’être dans les clous… finalement c’est beaucoup plus confortable en termes
de temps et de gestions du temps mais aussi beaucoup plus efficace en tout cas moi les
cours à distance je les gère de manière plus efficaces que ceux en présentiel…

Interviewer : d’accord, d’accord… et vous travaillez de chez vous c’est ça ?

Barbara : Oui, voilà…

Interviewer : et l’environnement dans lequel vous êtes il est favorable à la


formation à distance ?

41 Intitulé d’un des modules

211
Barbara : Oui, mon bureau, il est tout à fait, il n’y a pas d’obligation d’ordre familial
c’est pas mal parce que j’ai des amis qui ont évidemment, d’autres auditeurs du CNAM
avec la famille c’est beaucoup moins évident… à la maison j’ai mon bureau et j’ai
l’habitude de travailler en solitaire donc c’est… propice…

Interviewer : et alors justement, la famille ou autre puisque vous en parlez,


est-ce que vos proches participent à votre formation… sans que ce soit forcément
une aide par rapport au contenu…

Barbara : oui, alors j’ai des… j’ai activité mon réseau… amical, sur des cours comme
gestion de paye où on n’est pas forcément à l’aise… c’est-à-dire que les cours on a du
présentiel, les cours sont mis à disposition sur Playade, mais comme c’est un cours où
y’a beaucoup beaucoup de monde et où je suis larguée, j’ai activé mon réseau pour avoir
des conseils, une biblio, des exos qui avaient déjà été traités… j’hésite pas à faire appel à
quand j’ai une difficulté… mais en termes de compétences…

Interviewer : et plus aux proches qu’aux enseignants par exemple ?

Barbara : Mmm… non, non je vais d’abord vers l’enseignant… hormis en gestion de
paye mais en organisation par exemple le prof était très accessible, il nous a donné euh,
non seulement on avait le forum pour les questions mais aussi son mail perso… donc on
avait une certaine réactivité voilà en 8-10 jours il nous répondait, donc quand
l’enseignant est aussi disponible, pas de souci, par contre quand l’enseignant est
beaucoup moins disponible j’avais par exemple eu un prof qui avait un emploi du temps
très très chargé et qui était pas très dispo, là oui les proches…

Interviewer : c’est plus du coup quand vous n’allez pas avoir de réponse…

Barbara : Voilà c’est ça

Interviewer : D’accord, d’accord… et le fait que l’enseignant ne soit pas


disponible pour celui que ne l’était pas, c’est, vous le vivez comment ? qu’il ne
réponde pas ?

Barbara : Euh, j’ai été prévenue à chaque fois c’est-à-dire que par exemple dans le
cours management de projet le prof nous a dit directement parce que c’était un salarié
de chez [grosse entreprise] avec tout ce que ça implique, il gérait la partie des contrats,
déjà il avait une activité professionnelle très prenante, il nous a dit en gros, il nous avait
prévenu qu’il serait pas disponible pour les questions, il nous a donné une bibliographie
très charpentée et voilà, donc on est prévenu, je le prends pas mal parce que je le
comprends… et sur les autres cours les profs sont dispo et sinon ils sont dispo via les
forums… avec même pour le cours LPG102 où là c’est un mixte, les chat… donc quand on
a ces solutions là ça va… après pour… je me dis aussi que le FOD doit être arrangeant
autant pour le prof que pour l’étudiant quand il répond pas ou qu’ils sont pas dispo, je
me dis que s’il a choisi le FOD c’est peut-être aussi parce qu’il a pas le temps de gérer du
présentiel, donc je le prends pas forcément très mal…

212
Interviewer : d’accord, vous pensez qu’à distance le fait de pas être
forcément disponible c’est pas grave ?

Barbara : alors, c’est plus embêtant pour les questions relatives non pas aux cours
mais pour les modalités d’examens ou de… voilà quand on veut savoir quand on doit
rendre tel exo quel est le temps imparti en exam etc, quelquefois c’est pas forcément très
clair, là c’est évidemment plus embêtant parce qu’on a l’urgence de, de d’être là et de
rendre les exos à temps, pour les questions de cours proprement dit j’ai pas eu
forcément beaucoup de difficultés donc… voilà…

Interviewer : d’accord, d’accord, et les 8-10 jours, le prof qui répond en 8-10
jours c’est suffisamment rapide ?

Barbara : Oui, oui parce que lui on avait un cours par semaine, et donc on avait le
temps de travailler le cours dans la semaine, l’exo quand on en avait à faire, et quand on
avait une question on avait l’exo la semaine d’après, donc ça correspondait voilà il s’était
arrangé pour que ça corresponde à ses modalités de travail aussi, voilà donc c’était
acceptable…

Interviewer : d’accord, très bien… Oui alors effectivement j’avais lu que vous
faisiez appel aux enseignants, par contre, que vous vous sentiez un peu isolée, que
vous auriez souhaité plus de soutien de la part des enseignants ?

Barbara : Oui, oui, mais plus dans la partie animation… parce que c’est vrai que par
exemple quand on est sur un mixte ou un FOD, le rapport à l’enseignant d’accord mais
quelquefois on a des doutes qui sont inhérents autant à la formation qu’au fait d’être
face à son ordi tout seul et quelquefois on aimerait bien avoir je sais pas moi, j’ai eu des
questions de mise en page, d’un exo, donc voilà c’est plus en termes d’animation de, que
des questions relatives aux cours je trouve que les profs devraient s’en inquiéter un peu
plus… et savoir qu’il y ait par promo une vraie émulation entre auditeurs ce qu’il y a de
moins en moins parce qu’au sein du CNAM on est là pour des raisons différentes, et c’est
là forcément… le temps d’un présentiel quelquefois, c’est déjà pas évident parce qu’on
arrive tard le soir et on doit partir rapidement après 42 , voilà je pense que le FOD le chat
c’est pas mal ça serait bien si quand on a de la distance il y ait plus de chat par exemple,
parce que le prof est là mais aussi les autres, donc c’est pas mal parce qu’on peut non
seulement se répondre entre soi mais avec le prof aussi… c’est très intéressant j’ai
découvert ça cette année avec le FPG102 et la formule chat est plus intéressante que la
formule questions sur le forum relatives au cours finalement, on est tous ensemble voilà
sur une heure, quelquefois c’était, le chat était organisé par exemple entre 21 heures et
22 heures, donc tout le monde est dispo et où on peut faire un véritable échange, voilà…
avec le prof et les autres auditeurs, c’est plus intéressant…

Interviewer : et les échanges sur le chat justement ça vous aide en quoi ?

42 En réfère à la rencontre avec ses pairs.

213
Barbara : alors avoir des petits conseils des auditeurs qui sont quelquefois en poste
sur des questions très pragmatiques donc, plus que le prof qui va vous donner quelque
chose d’un peu… et puis c’est de l’interactivité aussi avec le prof, ça permet de faire du
cours et du pragmatique, voilà… et aussi quelquefois dans le chat de l’organisation de
covoiturage pour ceux qui étaient éloignés, voilà c’était vraiment l’interactivité et
beaucoup plus convivial qu’un forum, c’est ce qui m’a plu avec le chat, et puis ça reste
euh, le prof quelquefois était juste là pour arbitrer parce que finalement on se répondait
entre nous, on se posait des questions y’avait plusieurs réponses qui arrivaient dans le
même temps à la même question, le prof était juste là pour dire, quand on séchait aussi
« ah ben voilà la solution c’est celle là », mais généralement il était beaucoup plus en
retrait et c’était plus intéressant d’avoir cet espèce d’échange entre auditeurs quoi…
c’est vraiment ce qui m’a plu dans le chat… c’est une heure une heure et demie une fois
toutes les trois semaines c’était gérable on pouvait s’organiser… j’ai trouvé que c’était un
bon deal…

Interviewer : d’accord… et du coup ça rompt un peu ce sentiment


d’isolement ?

Barbara : Oui le temps du chat oui, après… non parce que… par exemple moi je
préparais un diplôme complet, y’a des gens qui des non seulement des raisons d’être au
CNAM différents mais qui sont pas forcément sur le diplôme complet, qui ont, voilà, donc
je pense que non l’isolement est inhérent au statut d’auditeur du CNAM… c’est comme
ça… il faut accepter et s’y faire… on n’aura pas une ambiance campus on n’aura pas une
ambiance d’étudiants c’est fini quoi… c’est fini et puis tant mieux aussi parce que c’est
d’autres questions, forcément au CNAM quand vous avez des personne qui ont 40 ans,
des personnes qui ont 25 ans comme des personnes qui en ont 45, on se pose pas les
mêmes questions individuelles comme en terme de profession, comme… c’est inhérent
au statut d’auditeur je pense… le CNAM devrait faire un petit effort juste un petit effort
en matière d’animation de groupe, mais par eux quoi… mais comme on est pas
forcément tous là pour valider tout un diplôme43 c’est pas forcément facile de le faire
autrement…

Interviewer : et animation de groupe, ça pourrait être des travaux de groupe


par exemple ?

Barbara : par exemple, mais pas le mémoire [sourire]… non mais je retrouve on est
dans cette situation cette année en master de RH on doit faire un mémoire à 2 ou à 3 et
c’est pas possible… ça fait, j’ai freiné aux quatre fers j’ai dit bon je le fais parce qu’il le
faut, mais voilà, des travaux de groupe mais pas un mémoire… [rires] un mémoire c’est
forcément individuel pour moi ça peut pas être du groupe

Interviewer : pourquoi, il y a des différents ?

43 Tous les auditeurs n’ont pas les mêmes modules ; ils ne se retrouvent que sur certains modules.

214
Barbara : y’a des avis différents, y’a une gestion du stress, une gestion du temps,
une gestion d’un réseau qui est différent, alors le CNAM il dit que c’est pour être sûr
qu’on soit dans les temps et qu’on s’aide entre personnes qui ont pas forcément un
réseau… en situation professionnelle avec un terrain, etc. ce que je veux bien entendre
mais pour moi ça n’est très clairement pas à l’auditeur de gérer ça et si des auteurs se
retrouvent sans terrain c’est au CNAM à le gérer… parce que… cette année j’ai commencé
le mémoire avec une personne, elle a craqué en plein début d’année j’ai failli me
retrouver finalement, alors qu’on devait le présenter à deux, j’ai failli me retrouver dans
une situation où j’aurais pas pu présenter le mémoire… mon… la chance a été que dans
un groupe de trois y’a une personne qui a décroché parce qu’elles s’entendaient pas
entre elles, et du coup la personne qui a décroché du groupe de trois je travaille avec elle
pour terminer mon mémoire… voilà pour moi, sur un an on peut pas, et puis un mémoire
c’est beaucoup trop de stress pour être à deux dessus… beaucoup trop… parce qu’on a
face à son réseau ou face à son terrain, il est plus évident à une personne de gérer ça
toute seule, que d’être deux personnes sur le même terrain, voilà pour moi ça n’est pas à
l’auditeur d’avoir ce stress là… on le fait parce qu’il faut mais [rires], mais voilà, ouais
des travaux de groupe ou des, des petits, on l’a fait en management, un travail en exposé
écrit et un travail en exposé oral… et ça c’était génial, ça durait un mois, on s’est calé
deux trois rendez-vous ensemble et ça a été et en plus avec la présentation orale ça
permet d’avoir un échange avec plusieurs et que les autres vous voient enfin voilà, ouais
ça ouais, mais qu’en management…

Interviewer : et, pour revenir une dernière fois sur l’isolement ça a quel
impact ce sentiment d’isolement sur

Barbara : on décroche… pendant deux ans… pendant deux ans voilà, j’ai été, on
décroche, on se sent un peu embarqué y’a l’alimentaire, la recherche d’emploi ou le
boulot qui prend trop de place, et forcément on décroche… c’est le risque premier de cet
isolement… de mettre… moi je connais des personnes qui sont quelquefois depuis 8 ans
sur le même diplôme, elles se disent qu’elles peuvent gérer c’est pour ça que je parle de
discipline, elles se disent qu’elles peuvent gérer qu’elles ont le temps sauf que forcément
quand elles ont une vie quand on a le boulot etc. c’est beaucoup plus présent dans votre
vie donc vous décrochez de ce qui n’est que virtuel la formation à distance ça reste
virtuel et voilà vous vous dites que et vous décrochez voilà c’est ça… moi quelquefois
voilà y’a deux ans où j’ai clairement complètement décrochée parce que… ça vous
demande beaucoup plus de motivation qu’en présentiel… voilà…

Interviewer : Et là cette année comment vous avez fait pour ne pas


décrocher ?

Barbara : ben les choses se sont faites toutes seules… la seule solution pour pas
décrocher c’est que le projet de formation rejoigne totalement le projet professionnel…
les gens qui y vont seulement par curiosité intellectuelle ou en y’en a beaucoup qui sont
là pour valider quelque chose mais pas forcément avec un horizon professionnel très

215
très clair et défini, la seule solution pour moi c’est d’avoir une vraie, pour moi ça l’a été,
les personnes qui sont là pour un vrai projet pro, soit parce que leur formation est
financée par leur boîte et soit voilà, les autres ça se balade, ça décroche… il faut que le
projet de formation rejoigne le projet professionnel entièrement…

Interviewer : et parce que pour vous, globalement…

L’interviewer griffonne un schéma qui montre la motivation qui baisse puis


remonte, et pointe le doigt sur le passage d’une chute à une remontée

Interviewer : pour vous ici c’est quoi qui fait que ça remonte ? ce
redéclencheur ?

Barbara : L’horizon professionnel… en RH j’ai commencé parce que je savais que la


RH en elle-même m’intéressait, mais sans forcément avoir un projet en terme de métier
ou de carrière précis… la RH je savais que c’était pour moi mais après je savais pas dans
quelle branche, quel secteur, etc. et le déclic ça a été quand via les formations et via des
rencontres j’ai vu une vraie possibilité de métier et de projet parce que l’association
qu’on est en train de monter on va être sur des vraies compétences RH… pourtant la
pression la gestion du temps est moins évidente, j’ai moins de temps mais je suis arrivée
au bout depuis deux ans de tout et dans les temps alors que j’ai moins de temps [sourire]
c’est paradoxal mais ce qui fait la différence c’est que j’ai un vrai projet, et que… la
validation me permettra d’avoir de décrocher le diplôme et d’être tout de suite
opérationnelle au niveau du boulot… c’est ce qui a fait le déclic… le projet… si on projette
pas ce que sera sa vie en terme de métier de vécu professionnel, on va se balader quoi…
d’ailleurs mon projet d’assoc se fait autour de cette question, comment faire en sorte
qu’à un certain moment les gens se posent les bonnes questions sur les métiers…

Interviewer : D’accord… d’accord… et je reviens sur la question des proches…


certains amis qui vous ont aidé sur une matière, gestion de paye si j’ai bien retenu
[sourire]

Barbara : [sourire] c’est ça c’est une horreur [sourire] bref

Interviewer : et… est-ce qu’ils vous ont aidée également comme soutien ?

Barbara : Euh… non… non par contre je peux… apporter un témoignage sur les
effets sur certains autres auditeurs du CNAM que j’ai accompagnés rencontrés et même
remotivés à certains moments… c’est l’inverse en général… les proches comprennent
pas pourquoi vous… moi j’ai eu beaucoup de, on est dans une matière RH très féminisée,
euh… on parlait du temps qu’il faut aussi trouver pour la formation, quand vous êtes
déjà sur le volet professionnel familial et matrimonial, c’est un temps que vous devez
arrêter en plus [sourire] et que vous devez demander à vos proches de vous laisser
tranquille pendant ce temps là et… ils comprennent pas… c’est l’inverse donc…
beaucoup disent que ça va pas être évident, d’expliquer au mari, de rencarder les enfants
pour se bloquer du temps pour travailler… ils vous soutiennent peut-être sur un plan

216
purement moral on va dire mais dans la gestion du temps ils vont pas forcément
comprendre qu’un samedi vous avez des cours en présentiel, qu’un vendredi soir vous
avez besoin de voir votre binôme parce qu’il faut travailler avec votre binôme, qu’en
plus vous avez besoin de voir votre patron hors temps de travail parce que vous voulez…
voilà c’est plutôt l’inverse dans une gestion quotidienne du temps… parce que… ça
demande de pouvoir dire « non stop pendant deux heures je suis pas dispo »… et ça…
[rires] je les ai compris, on l’entend beaucoup, même nos profs, pour rigoler une prof de
management nous a dit « vous savez que y’a la moitié des auditeurs du CNAM qui vont
avoir un diplôme divorce avant d’aboutir » [rires] parce que le conjoint il vous soutient
certainement moralement derrière peut-être mais il va pas forcément comprendre « non
pas ce week-end on part pas parce que je dois bosser et que c’est important pour moi »,
il faut convaincre le conjoint il faut convaincre le patron voilà, l’isolement il est aussi là
et on peut aussi décrocher par rapport à ça… et les proches… d’après mes observations
sont plus… ils accompagnent pas forcément, c’est pas forcément une aide, sauf s’ils sont
dans la même dynamique… c’est celle de la formation continue les gens comprennent
pas forcément, t’as déjà un boulot t’as 30 piges ou t’as 40 piges mais qu’est-ce que t’as
besoin de faire ça, c’est ça, véritablement c’est ce qu’on entend [sourire] ils comprennent
pas vraiment ils comprennent pas…

Interviewer : vous ça vous est arrivé ?

Barbara : Oui, oui… ah j’ai été… en plus je travaille dans le domaine de la formation
et de l’orientation métier donc… c’est… la formation continue c’est pas rentré dans les
mœurs quoi… du tout du tout… donc… les gens ne comprennent pas… et les gens qui
sont au CNAM continuent une formation sauf quand, vous validez directement par une
promotion ou quelque chose comme ça, ce qui est rarement le cas des gens du CNAM, les
patrons généralement ils savent pas que vous êtes en formation… sauf quand il y’a une
validation une promotion derrière les gens ils comprennent pas que vous vous prenez la
tête à valider quelque chose sur lequel finalement vous n’avez pas… d’avenir, concret…

Interviewer : et y’a des gens autour de vous qui vous ont dit « je ne
comprends pas que tu fasses cette formation » ?

Barbara : Oh oui, oui oui… très clairement oui… parce que… c’est du temps, c’est,
pour eux on est quand même toujours dans une logique y’a un temps pour se former, y’a
un temps pour bosser, y’a un temps pour… voilà cette idée de la formation continue n’est
pas intégrée…

Interviewer : et c’est… c’est blessant, frustrant, ça entame le moral ou ?

Barbara : pas moi parce que je travaille dans ce domaine là, donc je suis toujours
dans la promotion de la formation continue, euh… donc au contraire, non c’est plus pour
les aider à comprendre d’une part l’horizon, et puis d’autre part je retourne le prisme
c'est-à-dire « oui t’es certes dans un poste », y’a beaucoup de personnes qui sont dans un
poste qui ne les satisfont pas forcément, et je leur dis « pourquoi ne pas, pourquoi ne pas

217
même si t’as 30 piges et deux gamins, même si t’as 40 piges et… pourquoi tu… » ils vous
disent « ouais mais bon, j’ai pas fait ou j’ai très souvent commencé une formation à la fac
que j’ai pas continuée, que j’ai pas » je leur dis « ouais c’est jamais terminé le moment de
la formation »…

Interviewer : oui du coup vous avez soutenu d’autres auditeurs ?

Barbara : Oui, ouais mais voilà j’ai plus entendu les proches c’est plus un frein
[sourire], y’en a qui les déjeuners de famille avec la politique et la religion ça fait partie
des choses à ne pas aborder [rires] sinon on a deux camps et deux clans même… ça ne
peut être un leitmotiv ou un soutien véritable dans la gestion quotidienne que si dans un
cercle très fermé, avec le conjoint, et s’il a une dynamique similaire… voilà… pour ce que
j’en ai vu et entendu c’est ça… au niveau Master parce qu’au niveau Master avec le
mémoire c’est beaucoup plus de temps…

Interviewer : d’accord, et alors vous justement, vous êtes en couple c’est ça ?


sans indiscrétion…

Barbara : Non non pas de problème

Interviewer : et s’il ne vous soutenait pas ?

Barbara : la question s’est pas posée, parce que quand ça a commencé j’étais déjà
au CNAM, je travaille dans… après je suis une solitaire il y a aussi voilà comme dans tout
le côté un peu individuel et le tempérament, je crois que ce qui aurait changé s’il ne me
soutenait pas, on aurait pas partagé le même appartement… voilà tout simplement…
parce que j’ai eu le choix et que j’ai commencé la formation une fois que c’était déjà
entamé…

Interviewer : oui d’accord…

Barbara : quelqu’un qui ne comprends pas que vous avez besoin de vous enfermer
etc. non mais c’est vraiment, moi je l’ai vu par exemple avec la personne qui préparait le
mémoire avec moi, elle a vraiment eu à un certain moment elle a décroché à cause de ça
parce que son mari donc un enfant et un mari et au bout d’un moment, qui ne la
soutenait plus… et elle a pété un plomb quoi elle a lâché la formation à cause de ça parce
que c’était trop… on peut pas se battre quotidiennement avec quelqu’un… soit on laisse
tomber je la comprends la formation c’est peut-être important mais évidemment une
relation matrimoniale c’est tout aussi sinon plus important, voilà quand la personne ne
comprend pas faut s’arrêter soit le temps de la convaincre soit peut-être se dire que « je
laisse tomber la formation »… mais pour elle ouais elle a totalement pété un plomb et je
l’ai compris quoi, je lui ai dit très clairement en plus elle a un certain moment elle a eu
des problèmes de santé de son fils c’était trop quoi… donc on peut comprendre à ce
moment là… de la même manière, sans pousser jusqu’à l’abandon, y’a des filles qui ont
dit aux autres, « voilà on a un petit souci » parce qu’il faut un temps aussi pour une
relation de couple, c’est normal… alors c’est ce que peut-être pas une question que se

218
pose les étudiants mais les auditeurs du CNAM ont la question à se poser
systématiquement… et la boutade du prof vous savez que 50% d’auditeurs du CNAM
divorcent [sourire] quand ils restent accroché à la formation c’est une réalité… c’est
vraiment une réalité..

Interviewer : d’accord… et pour revenir au fait que vous souteniez les autres
auditeurs, est-ce que pour vous ça créait une dynamique de groupe ?

Barbara : non… alors… je sais pas pourquoi ça prend pas… [rires]… y’a la question
du… du fait qu’on n’a pas le statut, certains sont salariés, certains sont demandeurs
d’emploi, donc on n’a tout simplement pas de vie… non quand en plus y’a la famille, on
se voit sur le temps de la formation, sur le temps finalement qui nous est imposé parce
qu’on a besoin d’être là pour valider la formation pour nos ambitions très très
personnelles, mais ça ne peut être que très court comme dans le cadre d’un travail de
groupe etc. après des affinités vont se faire ou pas c’est comme partout… la vie
d’étudiant c’est terminé [rires]…

Interviewer : [sourire]… et aussi, vous parliez d’autre chose tout à l’heure,


vous disiez que certains auditeurs ne parlent pas du fait qu’ils font la formation, à
tout le monde, est-ce que vous par exemple à votre travail vous en avez parlé ou
c’est un sujet tabou aussi ?

Barbara : J’en ai tout de suite parlé… mais ça dérange…ben oui parce qu’un
auditeur, et on en a parlé au sein de, parce qu’on est en RH donc on en a beaucoup parlé
au sein de nos UE respectives, quelqu’un qui a cette dynamique de formation continue
c’est quelqu’un qui a de l’ambition c’est quelqu’un qui peut partir, donc… voilà vous êtes
forcément, pas forcément enclin à en parler au patron, parce qu’il peut se dire « elle va
me demander une augmentation une promotion et en ces temps difficiles » donc on n’en
parle pas et… on a fait un petit sondage au sein de toutes les UE, 90 pourcent des
étudiants qui étaient là étaient là sans l’accord sans même que leur boîte le sache… ils
étaient là à titre individuel…

Interviewer : et vous du coup, vous en avez parlé ?

Barbara : oui

Interviewer : ça colle une pression supplémentaire ?

Barbara : non parce qu’on en parle pas justement pour être libre, déjà pour être
libre de continuer, de valider et de mûrir un projet pro, on est tout à fait conscient que si
on valide un niveau par exemple Master on va pas rester dans la boîte… on va partir…
donc il faut le temps de se faire le deuil de la boîte, se dire qu’on va être en recherche
d’emploi ce qui n’est jamais évident euh… donc on se réserve le fait d’être libre de
prendre son temps… prendre le temps de faire le deuil de tout ça… et… c’est pas du tout
de la pression supplémentaire c’est tout à fait l’inverse… parce que finalement on est
aussi pas soumis par nous-même à une obligation de résultat… alors que quand la boîte

219
elle finance quand la boîte elle est au courant ils peuvent dire « alors, où tu en es »… non
là au contraire c’est se réserver c’est une pression en moins… c’est plus cool quand on
gère en solitaire…

Interviewer : d’accord… et du coup si vous échouiez, ça n’arrivera pas


[sourire] mais si vous échouiez

Barbara : c’est arrivé puisque je vous l’ai dit j’ai décroché certaines années
[sourire]

Interviewer : oui, ah oui, oui oui

Barbara : c’est-à-dire que je n’ai, je suis passé qu’à côté que d’un exam du CNAM,
c’est parce que voilà j’étais pas dans les temps mais tous les exams auxquels je me suis
présentée finalement je les ai validés, alors je sais pas, ça serait intéressant sûrement
que le CNAM face un test à ce niveau là des étudiants qui se présentent combien
échouent sur ceux qui se présentent, parce que ceux qui viennent pas c’est ceux qui
décrochent… et donc les échecs c’est qu’on a décroché et qu’on se représente l’année
d’après… après le… la pression elle n’est sur nous que si on se dit, enfin voilà on
culpabilise si on a décroché, on a nos raisons, mais… voilà c’est tout, après quand on a un
projet on s’organise en amont et on essaie de s’y préparer, c’est très rare que quelqu’un
passe deux ans au CNAM et valide tout et s’en aille quoi…

Interviewer : alors justement ce décrochage, j’ai vu sur le questionnaire


qu’au départ vous aviez un désir faible de faire cette formation et qu’à la fin il était
beaucoup plus fort, du coup c’est vraiment lié à ça ? Le passage professionnel à la…

Barbara : voilà, c’est ça, c’est ça exactement ça, la RH je savais que, la RH, voilà,
mais quoi dans la RH… et quand j’ai su là et quand j’ai été rassurée aussi du fait que
d’une part je m’étais pas gourée et que d’autre part y’avait un véritable projet pro
derrière, là c’est bien parti ouais… c’est plus fort maintenant qu’au début…

Interviewer : d’accord… mmmh… tout au long de la formation, vous étiez


plutôt anxieuse, à l’aise, ça dépendait des moments ?

Barbara : Mmh anxieuse, très très souvent [rires]… non c’est de l’anxiété oui, oui, il
faut la gérer, parce que quand on l’est pas par rapport à la formation on l’est forcément à
propos du temps… donc… on est toujours inquiet d’être dans les clous, même quand on
s’est organisé une journée de boulot peut durer plus longtemps que prévu, une semaine
peut être plus fatigante que prévue et tout de suite il faut sans arrêt avoir son agenda
sous la main et quelquefois repousser des sessions de travail et c’est anxiogène, parce
que ça demande une discipline et de la gérer cette discipline [rires] c’est coton, ouais…

Interviewer : et justement comment vous gérez cette anxiété ?

Barbara : je suis accolée à mon agenda d’une part… et se créer quand même des
moments de décrochage, parce que c’est vrai que y’a quelque chose de particulier j’ai

220
finalement compris les gens qui disaient non à la formation, c’est parce qu’ils
refuseraient de se mettre un peu une pression supplémentaire… on a la pression du
boulot et des deadlines du boulot, on a la pression des deadlines inhérentes à la
formation, avec malheureusement le fait de gérer le week-end et des temps qu’on a
forcément théoriquement pour soi mais qui restent du boulot aussi… ma manière de
gérer cette anxiété ça a été aussi de me dire « non ce week-end t’ouvres pas un
bouquin », « cette semaine non tu laisses tomber tu laisses passer l’exo c’est pas grave,
tu te rattraperas sur l’exo d’après » ça a été ça, finalement de se dire après on doit se
motiver on doit être à bloc, on n’a pas de soutien donc ça peut être le prof ou pas, mais
les profs peuvent être un soutien justement pour se ménager des temps, hors boulot
hors formation et puis voilà ça a été ça… finalement je reviens sur le soutien des proches,
pour s’amuser oui là oui ils sont là [rires]… c’est vrai qu’il y a aussi ce soutien là c’est de
se dire qu’on a qu’on peut appeler un ami pour se changer les idées, oui, ça oui…

Interviewer : oui d’accord c’est plus le fait qu’ils soient disponibles en cas de
besoin

Barbara : voilà c’est ça… se dire « oh j’ai pas le moral, cette semaine au niveau du
boulot ça a été catastrophique, je m’en sens pas l’énergie » alors d’avoir quelqu’un
quelquefois pour dire « mais attends, c’est le week-end c’est bon, détends-toi, t’as des
exams dans combien de temps dans deux mois donc c’est pas demain et quand bien
même on se prend une soirée et comme ça tu t’y remets demain etc. », ouais… c’est ça
que… surtout je vois avec les autres filles c’est pareil elles sont très à cheval sur les
temps et… sans formation, sans boulot, sans gamin, sans mari, voilà… toutes on est à peu
près pareilles dans la même manière de gérer cette anxiété là…

Interviewer : d’accord… très bien, alors je voulais vous demander, est-ce que
vous avez appris des choses dans cette formation, en dehors du contenu bien sûr,
mais par exemple sur la façon de travailler, à distance, d’un point de vue méthode
de travail, stratégie…

Barbara : oui, surtout à distance… le fait d’être à distance demande une


méthodologie beaucoup plus, une discipline beaucoup plus rigide qu’en présentiel…
donc le CNAM cette année a mis par exemple en ligne, quelques billes sur l’organisation
du travail, certains outils comme Power Point, comment faire une présentation, un Excel,
il faut avoir beaucoup plus de méthode quand on est à distance qu’en présentiel… et ça
m’a appris beaucoup plus de choses en terme de méthodologie à distance qu’en
présentiel… ouais… parce que gestion du temps, gestion du travail, techniques
d’apprentissage, c’est pas les mêmes, et tout ce qui est utilisation d’outils et même des
outils de présentation, qui m’ont servi au boulot même…

Interviewer : mmh, mmh… les techniques d’apprentissage, c’est-à-dire quand


vous êtes en présentiel vous retenez différemment

221
Barbara : oui, y’a pas… en présentiel vous aurez toujours des petites anecdotes et
puis voilà vous avez la mémoire n’est pas qu’écrite elle peut être kinésique elle peut être,
tiens une anecdote etc. alors que quand vous êtes devant un cours c’est froid, très
impersonnel, donc vous avez d’autres… moi j’ai en termes de techniques d’apprentissage
quand je révisais mes cours je notais jamais assise… je révise mes cours soit en
marchant, soit je le fais par des sessions de lecture par exemple dans les transports, dans
des temps qui sont pas forcément des temps que j’avais bloqués pour bosser… il me faut
il faut que ça bouge autour pour que ça reste, que ça bouge, voilà… moi je peux pas…
c’est pas possible… ça m’a appris certaines choses de ce type… et ça vous pouvez
l’apprendre que quand vous êtes en FAD… parce que… passer 3 heures, certains y
arrivent, à apprendre vraiment moi c’est pas mon style d’apprentissage… le CNAM
Aquitaine a mis en ligne cette année tout un truc tout un module sur les techniques
d’apprentissage, les outils, etc. et ça m’a beaucoup servi…

Interviewer : d’accord… si c’était à refaire cette année de formation ou ces


années de formation, est-ce que vous changeriez quelque chose ?

Barbara : oh oui, oui y’a des choses que j’ai mis du temps à comprendre… c’est
que… procrastination faut arrêter [rires] faut arrêter [rires] remettre au lendemain ou à
plus tard et se dire qu’on a le temps, non non c’est pas… et pareil comme je vous disais,
ça vous aide dans tout après, y compris au boulot et dans une organisation beaucoup
plus générique de la vie, euh… puis j’aurais pris directement plus de choses en FOD
parce que moi ça m’a… ça vous laisse beaucoup plus de temps on se dit qu’on va devoir
trouver le temps du cours, de l’impression de l’apprentissage etc. finalement en FOD
vous dégagez beaucoup plus de temps, vous êtes plus libre en FOD qu’en présentiel,
donc je prendrais plus44 de cours en FOD… après je pense que c’est tout… oui la gestion
des périodes de décrochage… fatiguée de manière très inutile, alors que parfois il faut
juste décrocher 2 3 jours et s’y remettre… voilà mais après je suis pas sûr qu’on puisse
comprendre ça en deux ans, et pareil dans le fait d’être auditeur au CNAM le temps
finalement ne joue pas contre vous… parce que… y’a la maturité aussi… quand on en
arrive là on pourrait mettre Paris en bouteille [sourire]… voilà…

Interviewer : D’accord… et… vous parliez de liberté justement, plus libre à


distance, qu’est-ce que ça vous apporte cette liberté ?

Barbara : de… de m’organiser, de… d’organisation, et puis… alors je vais être un


peu critique à l’égard de mes collègues auditeurs du CNAM… quelquefois sur 3 heures de
présentiel vous avez 1 heure de cours et 2 heures d’anecdotes, parce que les moments
[rires] où, quand vous êtes en FOD vous avez la possibilité de pouvoir travailler et de
faire que ça, alors que quand on est en présentiel vous avez 2 heures et demi où il va y
avoir des questions où certains vont parler de leur expérience perso parce qu’il fait pas
la différence, entre ce que c’est un cours et ce que c’est qu’une expérience perso, « oui
peut-être que t’as cette expérience là mais peut-être que c’est dans ta voie, dans ton

44 Plus : « + »

222
machin » voilà, le CNAM aussi sert beaucoup de sas de dé décompression des repris du
boulot, tout ce que j’ai pas pu dire au boulot je le dis face à ce prof du CNAM pour avoir
aussi ce que je comprends pour avoir un regard extérieur mais comme c’est pas votre
cas qui est traité, bah vous vous dites moi je perds du temps, voilà, donc c’est beaucoup
moins de perte de temps, une certaine liberté aussi dans la manière d’appréhender le
cours, dans la manière de se faire une idée sa propre idée de l’utiliser à sa sauce au
boulot… pour moi dans la formation continue c’est forcément quelque chose de très
personnel, et, on peut pas le communiquer, c’est votre projet, donc quand l’autre prend
de la place quelquefois vous vous effacez et, parce que vous le comprenez mais c’est
quand même une perte de temps et quelquefois… quelquefois ça peut vous induire en
erreur même… une liberté aussi, bah mon ordi je peux le brancher à deux heures du
matin… mes bouquins moi j’ai une super bibliothèque que je me suis faite au fil du
temps, je peux bosser autant à la maison que dans un parc qu’au restau voilà moi j’aime
bien un peu, je suis une apprenante nomade… c’est ça aussi, ne pas être forcément dans
une salle de cours… on peut discuter… je sais pas, j’aime bien… le temps vraiment pour
vous, voilà une apprenante nomade, une belle formule je vais la ressortir [sourire]… et
ça colle pour moi plus au statut d’auditeur du CNAM…

Interviewer : d’accord, d’accord oui… on a peu parlé de la façon dont le CNAM


faisait ses formations en ligne, bon je sais à peu près

Barbara : le CNAM Aquitaine c’est bien fait, c’est bien fait, parce que… alors j’ai pris
aussi des cours en FOD sur Rhône-Alpes c’est bien fait aussi, après j’ai malheureusement
euh par exemple cette année je me suis retrouvée dans une situation où j’ai préparé l’UE
non pas avec le cours qui m’était donné en FOD en Aquitaine, mais avec mes anciens
cours de Rhône-Alpes parce que le prof avait beaucoup plus travaillé ses cours… les
contenus du cours étaient beaucoup mieux travaillés… en FOD ça dépend aussi du prof
qui fait les cours, mais heureusement vraiment que j’ai suivi, même si c’était une année
où j’ai décroché j’avais quand même fait toutes mes impressions, j’avais toujours mon
cours et j’ai préparé l’exam cette année en Aquitaine mais avec mes anciens cours de
Rhône-Alpes…

Interviewer : d’accord, et justement par rapport à ça je voulais vous


demandez, une question un peu d’ouverture, quelle serait pour vous la formation
à distance idéale ?

Barbara : le mixte… avec de la distance pour vous permettre de bien digérer le


cours, etc. de préparer vos questions en amont, euh et voilà un vrai ça permet un peu de
faire une vraie session de travail et de faire un échange après avec le prof et les autres
voilà pour moi le mixte c’est vraiment l’idéal parce que vous n’êtes pas non plus pendant
6 mois devant votre ordi et avec juste un examen qui vous confirme à la fin, c’est aussi ça
comme je vous disais pendant les moments de chat il pouvait y avoir de très bonnes
interventions des autres auditeurs… et avec un prof qui serait quelquefois plus
animateur que professeur… pour moi l’idéal ça serait voilà d’avoir un mixte avec des

223
cours hebdo ou bi-hebdo sur l’ordi, et au moins un rassemblement par mois, sachant
qu’on fonctionne par semestre donc au moins 4 à 5 avec une vraie préparation de
l’examen… en mixte… en plus ça permet quand même, le présentiel quand même rompt
l’isolement et voilà y’a aussi ça dans le présentiel ça rompt l’isolement vous rencontrez
les autres, même si vous avez communiqué par forums ben on met un visage sur un
prénom etc. voilà c’est… voilà… et puis peut-être faire à la fin après examens et tout un
petit apéro pour se passer la main dans le dos avec un verre à la main ça serait sympa
[rires]… c’est encore autre chose mais non mais ça serait aussi sympa parce que voilà on
a validé son exam on reçoit ses résultats sur Internet et puis c’est tout chacun reprend
son bonhomme de chemin ça serait aussi je pense aussi aux personnes qui sont sinon en
recherche d’emploi ou, au CNAM vous savez on vous parle de réseau quand vous
cherchez des stages, sauf qu’un réseau ça s’invente pas… un réseau c’est des rencontres,
un réseau ça se travaille et voilà vous faites votre réseau professionnel perso et s’il est
insatisfaisant parce que vous comptez changer, il faut quand même que le CNAM se pose
la question de faire quand même ces rencontres avec les auditeurs, hors formation
quoi… bien sûr que ça demande des sous mais bon un jus d’orange un coca ça suffit
quoi… une fois par an, deux fois par an ça serait bien, pour permettre parce que ça sert
aussi la formation des instants de convivialité, des moments d’activation de réseau…
pourquoi pas des cartes de visite pourquoi pas des… bien pensé ça serait bien… parce
que je travaille avec les TPE en ce moment [rires] mais c’est vrai que j’ai rencontré ce
problème au CNAM où on vous demandait on vous parle de stage et on vous dit « ben
c’est votre réseau les stages », ben ouais mais ça tombe pas du ciel le réseau à un certain
moment faut faire en sorte que les gens se rencontrent aussi pour le business quoi… ou
pour leur projets de formation… donc un mixte learning, et un petit rassemblement à la
fin de l’année, avec un petit discours pourquoi pas qu’on voit un peu la tête du directeur
du CNAM, pourquoi pas l’équipe administrative qu’ils se disent pas qu’on est là que pour
les embêter pour avoir des informations sur les modalités d’exam etc. parce que voilà…

Interviewer : vous pensez qu’ils se disent…

Barbara : qu’on les embête oui [rires] parce que moi je sais que je les embête
régulièrement… si si parce que on est, surtout quand on est en FOD, on est dans une
interactivité et de réactivité qu’ils ne peuvent pas forcément fournir, on le comprend
mais on comprend aussi notre situation de 15 jours sans ma réponse c’est que pendant
15 jours je me pose la question du, par exemple cette année on a des exo ou des choses à
rendre, bah sur quelle adresse mail le rendre c’était pas précisé sur le site, etc.
quelquefois eux-mêmes il faut qu’ils aillent chercher l’info, c’est, le FOD pour eux doit
pas être évident à gérer, euh… mais comme ça l’est pas quelquefois pour l’auditeur
donc… double emploi de l’apéro c’est aussi un moment où on peut se dire « on se détend,
non on est pas là pour vous embêter on est juste là pour… » l’équipe du CNAM, des
auditeurs…

Interviewer : dans leurs messages ils le mettent pas que

224
Barbara : non, non non, mais moi je le sais je suis dedans depuis un moment [rires]
et je vois chaque, à chaque session avant chaque semestre, dans les moments des
inscriptions on aimerait bien que voilà parce que le CNAM est présenté comme une
formation à la carte, ça peut être très mal traduit selon les auditeurs, à la carte ça veut
pas forcément dire je fais ma tambouille, et qu’on est à ma disposition en termes de
comme je le disais d’interactivité et de réactivité… on peut avoir des auditeurs très
pressants mais… voilà l’administratif c’est comme ça… ils ont choisi leur boulot c’est
comme ça, je suis désolée [rires]… ce sera un petit clin d’œil à l’équipe du CNAM qui est,
qui est, non mais ils sont adorables, mais j’avoue que des fois on est nous anxieux à
l’autre bout, donc… il m’est arrivée cette année d’envoyer des mails « désolée d’avoir été
un petit peu pressante avec 3 mails par semaine, mais comprenez bien que », ah oui tout
à fait, moi ça m’est arrivée de m’excuser auprès de quelqu’un d’avoir été trop pressante
quoi… voilà… on est anxieux…

Interviewer : je comprends [sourire]… est-ce que vous voulez ajouter


quelque chose qui n’aurait pas été abordé ?

Barbara : non ça y est, ah oui peut-être qu’il y ait plus de communication entre les
enseignants et cette équipe administrative… quelquefois on pose des questions à
l’enseignant qui nous dit « je vais poser la question mais vous essayez de votre
côté parce que j’aurai pas forcément, » c’est le premier qui a la réponse qui la fournit à
tout le monde donc ça c’est pas forcément bien il faudrait qu’il y ait une vraie
communication entre l’équipe pédagogique et l’équipe administrative… je ne sais pas
hein en quels termes ça doit être posés mais il faut qu’ils se la posent… on a rencontré
ces hésitations sur quasiment toutes les unités d’enseignement et les seules où on n’a
pas rencontré ces choses là c’était avec le fameux prof qui était très très pris par ailleurs
et qui avait été aussi exigeant avec l’équipe dès le départ qu’avec nous [sourire] donc
voilà qu’il y ait plus de communication entre l’équipe administrative et l’équipe
pédagogique… l’équipe administrative pour ce qui est des contenus de cours alors
j’imagine que l’équipe administrative n’a pas de droit de regard sur les contenus j’en sais
rien mais qu’il y ait plus de transversalité… voilà et c’est… primordial quand on est en
FOD… parce que du coup on n’a jamais ou quasiment jamais le prof comme en présentiel
et sur certaines questions on envoie aux deux et on a de réponse ni de l’un ni de l’autres,
moi j’ai eu des auditeurs qui étaient dans cette situation là et alors on se retrouve à aller
sur le forum et on se répond entre auditeurs quoi… donc voilà qu’ils s’occupent vraiment
de ça parce que… très régulièrement on se répond entre auditeurs sur le forum… parce
que ça fait trois semaines qu’on essaye d’avoir le prof, voilà… faut que ça s’arrange… ça
dessert une équipe que je sais bosseuse etc. mais je crois qu’il suffit pas de se dire on a
fait les emplois du temps, le prof il est en charge de, et à la fin des inscriptions c’est réglé,
non y’a toujours des petites questions des petites choses… je ne sais pas si au niveau du
CNAM y’a un modérateur qui regarde les forums peut-être qu’il faudrait qu’ils regardent
les forums de temps en temps pour relayer les questions, etc. que les questions se
baladent pas sur les forums pendant trois semaines quoi… c’est dommage…

225
Interviewer : oui, du coup c’est inquiétant ?

Barbara : oui c’est inquiétant parce qu’on se dit ça fait pas sérieux, on se dit ils
communiquent pas entre eux et c’est inquiétant pour nous de pas avoir de réponse, et
qu’il n’y ait pas, le prof qui vous dit on sait très bien que le prof a sa vie pro etc. on verra
bien qui de nous deux a la réponse en premier, oui, mais faudrait qu’elle soit mieux
ficelée l’affaire… et quelquefois on a des réponses contradictoires… ça c’est encore autre
chose donc du coup on reformule la question on la repose mais, voilà… y’a un gros effort
à faire de ce côté-là… sinon le site CNAM aquitaine est très bien fait mais il faudrait qu’il
y ait plus de communication entre l’équipe pédagogique et administrative.. voilà…

226
15. Patrick

Interviewer : Avant toute chose, j’aimerais préciser un élément par rapport à


quelque chose spécifique au CNAM, quel est le module de formation que vous
suivez et sa durée ?

Patrick : là j’ai commencé y’a 3 ans c’est la fin de la 3e année et je fais deux choses
en parallèle je fais un diplôme d’accompagnement social et professionnel qui est un bac
+2, alors là le nom… je sais plus, et ensuite je fais aussi une licence en psychologie du
travail… bon j’avais du mal à résister au Master alors on verra après ce Master si ça se
passe bien ou si y’a des possibilités en temps surtout, voilà les deux cursus que je fais en
même temps…

Interviewer : donc là c’est votre 3e année, 3e année à distance ?

Patrick : oui à distance, toujours sur le même principe, la plupart des cours du
CNAM sont en présentiel et y’a quelques modules par-ci par-là qui sont soit en atelier,
soit en semaine entière, soit en cours du soir complet, ou à distance complet… y’a
plusieurs formules…

Interviewer : D’accord… alors je voulais vous demander, avant cette


formation vous aviez un Bac+5

Patrick : oui oui ingénieur en électronique médicale

Interviewer : d’accord, et là qu’est-ce qui vous a amené à suivre cette


formation au CNAM ?

Patrick : un changement de vie complet… enfin j’ai fait plusieurs changements de


vie dans ma carrière et donc je suis dans une phase où j’ai à nouveau changé d’optique,
je fais plusieurs métiers complètement différents et là j’ai envie de m’intéresser à une
machine que je connais pas, c’est l’être humain… donc… que faire là-dedans, je suis parti
d’abord sur chargé d’accompagnement social et professionnel mais c’est un petit peu
ennuyeux, et c’est que on fait du social pour que les gens soient calmes c’est pour calmer
la population c’est tout, rien de plus, donc ça ça m’a un petit peu découragé, donc je me
suis lancé en parallèle sur la psychologie du travail qui me parait plus intéressante pour
aller au fond de l’être humain…

Interviewer : d’accord… et alors après vous voulez travailler là-dedans ?

Patrick : Peut-être, peut-être, mais toute chose sert toujours un jour ou l’autre,
donc plus on a d’expérience plus on a de formation mieux c’est…

Interviewer : oui à un moment d’ailleurs, dans le questionnaire, vous disiez,


« la curiosité », euh, enfin comme quoi on avait toujours besoin d’évoluer

227
Patrick : ah oui en permanence si on veut suivre et encore plus maintenant si on
veut être d’actualité dans ce monde il faut toujours être en avance, donc faut être curieux
de tout ce qu’il y a, dès qu’on s’arrête on prend du retard… si on veut être capable de
s’adapter il faut toujours être en mouvement… donc le savoir la connaissance…

Interviewer : Oui… Alors… pourquoi avoir suivi une formation à distance


plutôt qu’en présence ?

Patrick : Parce que je travaille, donc… on a tous besoin de gagner notre vie à partir
d’un moment, donc la seule solution c’est la formation à distance, bon y’a plusieurs
choses j’ai fait des CIF, mais pour faire la formation que je fais ça me paraît le plus
adapté… et avec moi je suis sûr que y’a d’autres personnes dans le même cas d’un
certain âge qui travaillent, bien que y’a quand même des chômeurs, des jeunes, c’est
pratique c’est le soir, la journée est finie, on peut assister au cours, travailler… avec un
impératif, tout ce qui est à distance demande de la rigueur…

Interviewer : oui, vous cette rigueur comment vous arrivez à garder un bon
rythme ?

Patrick : si j’ai un cours qui arrive il faut que j’assimile… si j’assimile pas je suis en
retard, donc faut que j’assimile… c’est la seule solution, on va pas se dire je verrai ça la
semaine prochaine non dès qu’il arrive on travaille dessus…

Interviewer : d’accord et justement qu’est-ce qui fait que vous êtes rigoureux
que vous avez envie de vous y mettre dès que vous avez le

Patrick : ouais, alors là on touche à notre sujet qu’on n’apprend pas dans les livres,
c’est la personnalité de chacun quoi… chacun a sa façon d’être, chacun à un patrimoine
culturel, on va pas refaire du Bourdieu quand même [sourire] et donc chacun a un
capital qu’il utilise ou pas, moi j’ai un capital où les notions de devoirs travail discipline
sont extrêmement ancrées, parce que toute ma famille était comme ça donc ça me paraît
naturel, on travaille parce que le travail fait partie de la vie, on s’amuse à la limite
lorsqu’on a plus rien à faire, donc la distraction vient après tout le reste, ce qui fait que
pour moi c’est pas un gros effort, c’est pas un effort, c’est naturel… et beaucoup de ceux
que je rencontre et qui s’en sortent bien sont tous des gens qui travaillent tous des gros
bosseurs… on a ça dans le corps faut qu’on travaille en permanence… on est pas dans du
scolaire, si on va à l’université, quelqu’un a l’esprit universitaire va se planter, parce qu’il
va prendre du retard, faire des sorties avec les potes, le lendemain il est fatigué il a pas
envie de bosser donc il y arrivera pas, par exemple moi je fais beaucoup de sport aussi,
course à pied marathon et à j’ai arrêté le marathon pour pouvoir faire ça ne pas être
fatigué assimiler les cours…

Interviewer : d’accord… et vous travaillez de chez vous c’est ça ?

Patrick : oui, oui oui…

228
Interviewer : vous vivez seul c’est ça ?

Patrick : oui, oui oui

Interviewer : donc c’est un environnement pour vous qui est

Patrick : impeccable

Interviewer : favorable au

Patrick : très favorable… celui qui a une famille c’est quand même plus difficile, moi
je me libère quand je veux pour faire mon sport pour faire mes cours pour travailler
dessus…

Interviewer : d’accord, et est-ce qu’il y a des personnes de votre entourage


qui vous ont accompagné dans cette formation, aidé

Patrick : non non je suis totalement je suis un auto-didacte pur et dur donc je me
forme toujours par moi-même…

Interviewer : et même au niveau de la méthodologie ou un soutien

Patrick : non, non non… y’a juste eu un ou deux modules où on a pu travailler avec
quelqu’un… donc si je trouve une personne qui accepte de travailler avec moi on va
travailler ensemble, mais le module était conçu comme ça de toute façon ce qui
permettait de partager des choses bon j’en profite parce que c’est une manière d’avoir
une bonne note quand même, de bien bosser… mais je m’en passerais sans problème…
c’est pas une difficulté…

Interviewer : d’accord… et alors justement vous avez échangé avec d’autres


auditeurs du coup, à l’occasion de ces travaux de groupe ?

Patrick : oui ça m’arrivait oui

Interviewer : et aussi sur le forum il me semble ?

Patrick : oui oui de toute façon y’a un forum sur lequel on peut communiquer,
demander des choses des renseignements, mais y’a beaucoup de déchet sur les forums
je trouve, beaucoup de déchet, des gens qui tapent à côté, qui se lancent dans des délires
complets et puis on avance pas beaucoup quoi…

Interviewer : quel genre de délires ?

Patrick : du hors sujet quoi… donc ça sert à rien, comme s’ils étaient tout seul avec
le prof ils vont se mettre à parler d’un truc, moi ça m’intéresse pas quoi on n’est pas là
pour ça… donc j’aime pas trop les forums je préfère vraiment les cours en présentiel
quand même, déjà l’échange est commun tout le monde participe, si quelqu’un dit
quelque chose tout le monde entend la question, dans les visioconférences c’est pareil on
n’entend pas les questions, on a la réponse du prof mais on n’a pas les questions, donc
229
on a du mal à suivre, donc je préfère aller soit au CNAM soit à la fac pour suivre les
cours…

Interviewer : d’accord… alors du coup… avec les autres auditeurs c’est plutôt
en présentiel que vous avez échangé ou lors de travaux de groupe organisés par
les modules

Patrick : oui

Interviewer : les échanges sont de quelle nature, uniquement pour le travail


ou

Patrick : oui pour le travail oui…

Interviewer : et est-ce qu’ils ont une importance d’un point de vue du


soutien, de l’encouragement ?

Patrick : Mmmh… à mon niveau… parfois il a quand même des choses


intéressantes, des réflexions qui peuvent apporter quelque chose… le principal soutien
que je ressens moi c’est que parfois j’ai des interrogations et les autres ont des
interrogations aussi… ça permet de se resituer un petit peu et de se dire je suis pas le
seul, des fois avec mes trucs… et puis lorsqu’on a un doute et qu’on est en groupe on
pose la question parfois quelqu’un répond, la réponse ça permet de se rassurer aussi…
mais je dirais que 90% de mon travail est totalement personnel, 90 à 95% de ce que je
retiens et ce que je vais mettre en forme… dans ma tête…

Interviewer : d’accord… et malgré tout vous dites aussi que les enseignants
sont indispensables à la réussite

Patrick : oui je trouve que les cours en présentiel sont vachement plus
intéressants… au CNAM quand même ils ont des profs je dirais qui dans l’ensemble sont
d’une grande qualité… donc… ils apportent beaucoup, ils sont ouverts à la critique à
l’interrogation chose que peut-être il n’y a pas dans une fac, où ils balancent leur cours,
ici on peut les interrompre n’importe quand, et des fois ils interrogent sur des trucs, ils
nous regardent « tiens on n’a pas la réponse, on va la chercher ensemble », le dialogue
est ouvert… c’est vrai que la moyenne d’âge est peut-être de 40 ans hein entre quelques
jeunes qui ont entre 20 et 25 ans, des personnes qui ont pris un mauvais cursus et qui se
relancent sur autre chose, et d’autres comme moi j’ai 40 ans donc le dialogue est
différent quoi, personne se jette de boule de papier ou mettent des punaises sur la chaise
du prof ça existe pas ça tout le monde vient avec l’envie d’apprendre quelque chose…
donc y’a un apport du prof mais il est également à notre écoute… je pense que les profs
aiment bien, on a l’impression qu’ils ont plaisir à venir faire leur cours et nous on a
plaisir à les accueillir aussi, ça se passe, leur présence est intéressante, c’est positif…

Interviewer : positif en quoi ?

230
Patrick : c’est positif pour la confiance qu’il y a, si on est pas d’accord sur un truc on
peut le dire et ça peut remettre des choses en cause… apporter des compléments, donc
y’a ce dialogue permanent c’est intéressant…

Interviewer : et le fait d’avoir confiance, d’être à l’aise pour dire les choses
qu’est-ce que vous apporte

Patrick : ben l’envie de revenir au cours suivant quoi… on s’emmerde pas, y’a pas
de chahut, on est à l’heure tout le monde est à l’heure ça change tout quoi… on est pas là
simplement pour apprendre quelque chose, on apprend quelque chose et on se fait
plaisir en même temps y’a toute une ambiance qui est positive…

Interviewer : et cette ambiance, studieuse et positive vous la retrouvez à


distance ?

Patrick : Non… non c’est chacun pour soi là, même si y’a un forum c’est chacun
pour soi…

Interviewer : c’est une forme d’isolement ?

Patrick : oui

Interviewer : c’est pesant ?

Patrick : ça dépend des caractères, moi je m’en sors bon ben c’est une façon
différente d’apprendre, les données arrivent, je les synthétise, je les mets dans ma tête
j’essaye de rentrer dans le sujet quoi, et pis après je passe l’examen et c’est bon ou c’est
pas bon mais ça se limite à ça quoi…

Interviewer : justement, vous disiez que c’est plus intéressant en présentiel

Patrick : ah oui oui oui

Interviewer : parce qu’il y a les échanges

Patrick : oui oui

Interviewer : à distance les échanges

Patrick : pfff du blabla les choses sont pas très intéressantes

Interviewer : et ça vous est arrivé de poser une question à un prof par mail

Patrick : oui, par mail oui ça m’est arrivé, c’est toujours dans des choses à distance,
je pense surtout à un module qui était compliqué qui est connu comme étant un des plus
durs, et donc j’ai eu souvent besoin de demander des choses aux profs… bon sur certains
ils ont incapables de me l’apporter donc il a fallu que j’aille sur Internet voir pour avoir
mes explications pour trouver quelque chose, mais c’est le seul cas où oui ça arrive, moi
je reste pas sur une question, quand j’ai un blanc quelque part je reste pas avec ça, tout

231
le monde me dit « tu vas avoir honte », non je sais pas je sais, quand il faut faut que
j’éclaircisse le problème, faut trouver la solution…

Interviewer : d’accord oui, ils répondent rapidement ?

Patrick : en général oui

Interviewer : donc le fait qu’ils soient accessibles

Patrick : oui

Interviewer : à distance ça vous

Patrick : ah beh il faut au moins ça oui, faut au moins ça, la réponse on l’a ou on l’a
pas, on comprend on comprend pas mais faut qu’on puisse envoyer un message
d’alerte « ça j’ai pas compris est-ce que vous pouvez m’envoyer une réponse », certains
envoient une réponse qui sont claires d’autres… j’ai fait un module que j’ai terminé là,
avec une histoire je trouve ça s’est pas bien passé je trouve, j’ai envoyé des demandes j’ai
eu des réponses à l’emporte-pièce genre politique… ça répond sans donner une réponse,
donc là c’est ennuyeux, on sait pas comme se situer, mais c’est rare, en général ils sont
quand même studieux et essayent de répondre correctement…

Interviewer : et du coup là pour cette réponse politique ça a été

Patrick : ça a été galère j’ai été hyper déçu… ça a baissé ma moyenne générale… je
l’avais mauvaise… y’a e un premier examen au premier semestre je savais pas que c’était
le genre des QCM quoi donc a priori il enlève des points pour la réponse qui est pas
correcte, et moi ben j’essaye de donner des réponses d’apporter quelque chose, que ce
soit vraiment bien ou pas trop bien, je me suis ramené quand même un 10 10 sur 20,
donc là j’avais bossé dur sur l’examen du deuxième et ils disent qu’ils m’ont mis 10 sur
20 moi je me dis ils ont pas dû le corriger ils ont mis la note du premier semestre y’a dû
avoir un problème avec la prof… mais je les piégerai je verrai bien [sourire]

Interviewer : [sourire]

Patrick : résultat j’ai eu deux 10 ça a baissé ma moyenne… à un moment je visais


une mention très bien et là j’ai baissé, galère, c’est le seul cours où c’était comme ça, mais
ça peut arriver…

Interviewer : du coup ça… c’est…

Patrick : c’est frustrant, on verra sur le reste…

Interviewer : d’accord, très bien… Et alors si les enseignants n’étaient pas


présents à distance, s’ils ne répondaient pas, quel impact vous pensez que ça
aurait sur vous votre formation ?

232
Patrick : sur la mienne, peut-être aucun, le fait qu’ils répondent ça me facilite parce
que s’ils me répondent pas, comme le module ils ont pas pu me répondre j’ai fouillé sur
Internet, je trouve ce qu’il y a, je baisse pas les bras, pour d’autres qui ont pas cette
facilité combattive se dire je n’abandonne jamais, ça peut certainement poser des
problèmes, en désarçonner quelques-uns qui ont déjà du mal chaque semaine on a 30
pages de cours qui arrivent qu’on a jamais vu ouch… donc faut y aller quoi faut pas se
tourner les pouces, et si les gens restent à pas savoir chaque semaine ils vont
certainement avoir de gros problèmes et se décourager, je pense que beaucoup se
découragent à cause de ça, ils reçoivent pas le bon soutien, ils ont pas le niaque et ils
lâchent…

Interviewer : et vous ça vous est jamais arrivé de vouloir abandonner ?

Patrick : non jamais, jamais, c’est une question qu’on peut pas poser, on me pose
pas ce genre de question [sourire]

Interviewer : [sourire] et d’avoir des moments de doute

Patrick : on me pose pas ce genre de question [rires]

Interviewer : [rires]

Patrick : j’ai des moments où je prends des claques parce que je suis parti sur le
mauvais chemin, donc j’en prends un autre pour arriver où je veux arriver, et comme
tous les chemins mènent à Rome, si un problème existe c’est qu’une solution existe, l’un
ne va pas s’en l’autre, le Yin le Yang, le feu l’eau tout l’environnement fonctionne sur le
même principe, donc si y’a un problème quelconque y’a une solution, donc si on n’a pas
trouvé d’une manière on tente d’une autre manière… sur le coup forcément ça, pffff,
« merde alors » et puis dort pas pendant une nuit « je me suis planté qu’est-ce que j’ai
mal fait », parce qu’on n’a pas nos copies après donc on sait pas pourquoi on s’est planté,
je suis allé voir une copie, y’avait aucune annotation, détaillée, donc on est incapable de
savoir ce qui est bien pas bien, pourquoi, on a simplement la note en haut, terminé… de
même qu’on n’a pas d’examen blanc avant, on passe toutes les épreuves on arrive à
l’examen pouf c’est la sanction nette, définitive

Interviewer : y’a pas d’exercices ?

Patrick : non pas d’exercices au CNAM… alors quand on tombe sur un universitaire
qui vient nous enseigner et qui est pur universitaire forcément y’a un risque, le hors-
sujet des choses comme ça, ça c’est un risque…

Interviewer : d’accord, d’accord… alors du coup après ces quelques moments,


qui sont passés rapidement, qu’est-ce qui vous fait rebondir ?

Patrick : le nouveau cours qui va arriver, le nouveau challenge, d’ailleurs je me fais


combien d’UE cette année, est-ce que j’en prends une de plus une de moins donc je

233
recompose ma nouvelle année et puis ça repart, tout simplement, et je m’arrange pour
que ma journée soit pleine…

Interviewer : d’accord… et… le challenge justement c’est important pour vous


qu’il y ait du challenge ?

Patrick : ah je suis en perpétuel combat, sur tout, par exemple j’ai fait de la course à
pied je cours pas pour courir je cours pour être sur le podium, et comme ça me suffit
même pas je cours pour être le premier… dans ma catégorie ça suffit pas faut être le
premier… et dans les équipes c’est pareil j’essaye d’avoir une mention, très bien, j’ai
baissé à 13,30 là donc je suis un peu loin de la très bien mais je vais essayer de remonter
ça quoi pour avoir une mention très bien…

Interviewer : qu’est-ce qui vous pousse à avoir une mention très bien ?

Patrick : le challenge, toujours plus, pas s’endormir, pas se contenter de ce qu’il y a

Interviewer : toujours s’améliorer

Patrick : toujours s’améliorer toujours progresser toujours rechercher, toujours


être en mouvement, toujours faire plus… ce qui en a énervé beaucoup « pourquoi tu te
contentes pas de ce que tu as », non non pourquoi je me contenterais de ce que j’ai, c’est
un choix il me faut toujours plus… j’essaye d’améliorer ça, au boulot je suis comme ça, je
pourrais me contenter de faire mon boulot tranquille, c’est vrai que j’ai tendance à en
agacer quelques-uns alors ceux qui ont l’esprit ouvert ça leur plait, parce que je ramène
plein solution plein d’innovations, ceux qui ont l’esprit fermé ils m’aiment pas quoi, donc
dans les cours c’est pareil… y’en a plein qui sont comme ça, toujours cette envie, qu’on
ait 20 ans 30 ans 50 c’est pareil, jusqu’à la fin [sourire]

Interviewer : Je comprends… et est-ce que vous en avez parlé à votre travail


du fait que vous faisiez cette formation ?

Patrick : oui, oui oui parce que, par ma boîte, je leur demande tous les ans une
petite participation pour m’aider, donc on a un droit individuel au DIF, y’a aussi, on peut
avoir des congés pour passer les examens, on peut avoir des congés on a des heures
qu’on peut cumuler 120 heures dans le cadre du DIF pour faire certaines choses, j’ai fait
un module c’était une semaine entière j’ai posé toute la semaine en droit DIF, tout est
payé donc ça passe par l’entreprise quoi…

Interviewer : d’accord, ok, et du coup le fait d’avoir parlé au travail, que les
autres soient au courant que vous passez ça, est-ce que ça vous met un peu de
pression ou pas du tout ?

Patrick : Non, non, oh ils savent que je suis un peu spécial quand même [sourire] ils
se demandent… ils se demandent d’où je viens… parce que j’ai des cadres dans la boîte
parfois ils viennent me voir pour un renseignement, sur Power Point sur Excel un truc
comme ça, alors qu’ils sont quand même cadre donc ils devraient savoir, ils savent qu’ils

234
peuvent qu’ils peuvent compter sur moi de même que sur des projets où je ramène
certaines choses, ils regardent ça complètement ébahi « comment t’as fait ça », « ben
tranquille en faisant quelques trucs », non ça se passe bien ils sont contents, autour de
moi j’ai des supérieurs qui sont très ouverts… qui me considèrent presque comme leur
égal… alors que moi je suis à leurs ordres… non ça se passe très très bien, donc j’ai cette
chance là que ça se passe très bien, ça se passerait moins bien je devrais m’imposer
certainement… mais là je suis syndiqué actif quand il le faut, donc ceux qui
s’opposeraient à mes droits élémentaires [sourire] ils devraient certainement revoir
leur copie quoi…

Interviewer : je pose la question parce que certaines personnes ont une


pression supplémentaire en se disant « si j’échoue », vis-à-vis des collègues

Patrick : non, non mais moi je vais pas échouer… [rires]

Interviewer : [rires]

Patrick : donc non c’est une question que je me suis pas posée, non… quand
j’entreprends en général je n’échoue jamais… je peux être bloqué sur un truc que j’ai pas
compris, me planter ça arrive, là faut que je repasse mon UE de droit, je me suis planté à
l’examen j’ai pas été assez vigilent et le droit c’est pas ma tasse de thé c’est même, ma
hantise, donc je vais le repasser mais je l’aurai quoi, ça m’oblige à repasser au mois
d’août mais c’est tout… stress 0, 0 sur 10 en stress…

Interviewer : je comprends, ok… je reviens sur quelque chose que vous avez
dit, sur le fait qu’en présentiel entre autres, le fait qu’il y ait d’autres qui posent
des questions que vous vous posez aussi vous avez dit « le fait que je sois pas le
seul ça me rassure »

Patrick : oui, oui, d’abord on se sent humain… en psycho ça me rassure parce que
dans le groupe y’en a la moitié qui ont déjà une ou deux licences en poche, certains ont
des licence ou master en psycho, donc si déjà des gens comme ça se posent des
questions, moi je m’en pose, bon ben c’est normal quoi, c’est normal, ça veut dire que j’ai
pas à renier ce que je suis je peux y aller quoi, parce que je suis complètement
autodidacte, ça permet de se rassurer quoi, enfin j’étais rassuré avant mais là ça permet
de confirmer quoi… que je suis capable d’aller jusqu’au bout et que c’est une question de
travail, que je suis comme les autres quoi…

Interviewer : d’accord, d’accord… et sur l’absence de retour sur les travaux


ou l’absence d’exercice, ça nuit à votre formation ?

Patrick : Non mais ça m’embête dans le sens où je peux pas tester la réaction et le
rendu que j’ai par rapport à l’attente du prof… donc c’est un petit peu comme si on fait
un hors-sujet par rapport à ce que le prof attend quoi… hors si j’ai un moyen avant de lui
envoyer ma façon de raisonner penser, parce que moi je viens du terrain si on peut dire,
je me suis forgé par moi-même donc j’ai une approche qui est absolument pas

235
universitaire, forcément c’est complètement différent, donc je peux ne pas plaire à un
prof, un pur universitaire… si je lui envoie un truc et qu’il me met un 8 sur 10 je me dis
ok faut plus que je pense comme ça, et ça me permet d’avoir au moins un 14 [sourire]

Interviewer : d’accord, c’est plus pour voir les attentes du prof que vérifier
vos capacités ?

Patrick : oui, oui… ça c’est un truc qui manque… donc c’est toujours… l’examen
arrive on le passe, c’est bon pas bon, donc j’ai eu quelques-uns qui ont été limites, 10 11
12 c’était limite, parce que je suis sûr que j’ai la connaissance mais j’ai pas amené ce qu’il
fallait par rapport à ce que le prof espérait… mais j’ai pas pu le calibrer avant… donc ça a
été… je vois ce que ça donne, bon j’ai 12 j’ai 13 c’est pas trop mauvais, mais même ce que
j’ai dans ma copie je sais pas où j’ai pêché ou j’ai bien raisonné… ne pas avoir d’exercices
d’examens partiels ou ce genre de chose c’est un petit peu embêtant quand même…

Interviewer : je comprends, d’accord… je vais vous demander, est-ce que


vous avez appris des choses sur cette formation en dehors des contenus, sur des
méthodes de travail à distance

Patrick : comment répondre à ça… bon y’a des choses des supports qui nous sont
envoyés, j’ai Internet je clique dessus, je télécharge je travaille dessus je les imprime… si
j’étais dans une classe on me donnerait des polycopiés on me dirait faut acheter tel
bouquin tel truc, non je vois pas… par exemple si je pars en voyage, je peux prendre la
voiture je peux prendre la moto je peux prendre le train mais dans le fond je suis certain
de partir en voyage quoi… je m’adapte au moyen de transport disponible… j’ai pas de
souci particulier… je m’adapte à ce que j’ai en face de moi…

Interviewer : ok, ok… et si cette formation était à refaire, est-ce que vous
auriez fait certaines choses différemment ?

Patrick : … le problème c’est que j’ai trouvé que le moyen que j’ai actuellement
pour faire des formations… donc dire « je ferais ça autrement »… non… je peux pas
répondre là-dessus, je peux pas laisser mon travail parce qu’il faut bien que je paye mon
loyer et tout le reste, mes activités sportives, j’essaye de les maintenir tant bien que mal,
non pour les cours, c’est pas mal hein, on est bien, les services apportés sont corrects, les
bâtiments sont corrects c’est pas luxueux mais c’est bien, les techniciens branchent les
vidéoprojecteurs ce dont on a besoin, c’est chauffé l’hiver, matériellement tout est là,
humainement on a d’excellents intervenants je trouve quand même à part un ou deux
qui sont où je suis mal tombé, on a quand même des gens de grande qualité… me passer
de ça non…

Interviewer : d’accord, c’était plus si c’était à refaire est-ce que vous


travailleriez différemment

Patrick : non, non, quand j’ai quelque chose à faire, je donne ce que je peux donner,
et ça passe ou ça casse… donc voilà, j’ai loupé le truc de droit, celui d’avant j’avais déjà

236
loupé aussi le premier coup, donc c’est pas passé, je rebosse et ça passera… c’est pareil
quand je fais une course à pied je donne 100%... donc je donne tout… ce qui se passe
c’est que je prends beaucoup d’UE, cette année j’ai eu du mal à travailler autant, cette
année j’ai pris 9 modules… normalement, 6 maxi… ça faisait un peu beaucoup… j’étais un
petit peu fatigué, je sais que de ce côté-là faut pas trop charger, faut pas être trop,
vouloir aller trop vite, donc j’ai été un petit peu saturé, 8 modules 7 modules c’est un
petit peu le maximum, ça dépend des modules, mais là j’ai tendance à être toujours un
peu trop gourmant, de même que je pense dans ma façon de répondre à certains sujets,
là faut que je travaille là-dessus, j’ai tendance à vouloir trop en amener, toujours plus
plus plus, et donc je charge trop mes réponses, et j’embrouille certainement… le vrai
sujet dans un magma qui fatigue un peu le prof peut-être ouais, même si tout est vrai,
donc de ce côté-là c’est une correction qu’il faut que je fasse… calmer mes ardeurs,
limiter un petit peu l’appétit…

Interviewer : d’accord… alors je reviens sur quelque chose dont vous avez
parlé à plusieurs reprises, vouloir toujours avoir une mention très bien, je
comprends le besoin de s’améliorer, mais pourquoi une mention ?

Patrick : pourquoi faire simple ? pourquoi se contenter de ce qu’on a ? je suis


comme ça c’est ma culture, partout dans tout ce que je fais, pourquoi pas améliorer,
pourquoi pas gagner du temps sur quelque chose pour avoir du temps pour faire autre
chose…

S’en suit une discussion hors-sujet

Patrick : pourquoi pas faire plus, pour voir ce qu’il y a, c’est pour ça que j’ai un
parcours certainement atypique… j’ai commencé comme agriculteur, ensuite j’ai
travaillé dans le bâtiment où j’ai fait un peu de tous les métiers, ensuite j’ai repris mes
études et je suis parti dans la production pétrolière, après ça j’ai quitté le pétrole je suis
allé dans l’imprimerie, après ça j’ai quitté l’imprimerie, je suis allé dans la surveillance
électronique des choses comme ça, après j’ai repris 15 ans dans le médical, là je suis
simple gardien d’immeuble, j’ai un poste extrêmement bas par rapport à mes capacités
théoriques, et peut-être que dans deux ans trois ans, je vais faire quelque chose de
complètement différent, partir comme psychologue dans une boîte ou ouvrir un cabinet,
je sais pas on peut tout imaginer… en plus la retraite approche donc encore plus de
temps libre, je pourrai faire encore plus de choses… donc toujours cet esprit d’aller de
l’avant et découvrir de nouvelles choses… je fatigue assez vite de ce que j’entreprends…

Interviewer : d’accord, d’accord… juste une dernière question, pour vous,


qu’est-ce qu’il faut pour être efficace à distance, compétences, qualités

Patrick : alors premièrement un environnement qui soit favorable, ce qui veut dire,
si je suis un homme faut pas qu’il y ait une femme qui sans arrêt vient dire « va me faire
les courses fais-moi ci fais-moi ça » c’est pas possible, très difficile pour une femme aussi
avec des enfants très petits faut s’en occuper, donc faut avoir, faut pouvoir dégager

237
facilement à n’importe quel moment 1 à 2 heures par jour, faut pouvoir le faire, se dire si
j’ai besoin je peux les dégager, si on peut pas faire ça, si c’est l’incertitude en permanence
c’est extrêmement risqué… première chose, deuxième chose faut être équipé, c’est un
minimum, Internet avec haut-débit un truc qui marche bien, avoir tout ce qu’il faut si
jamais on a un pépin, pouvoir s’en sortir, ne pas manquer les cours, quelque chose
comme ça, moi j’ai un deuxième PC si le premier tombe en panne… ensuite il faut avoir,
tout dépend du cursus, si on veut faire une maîtrise un doctorat c’est pas la même chose
que si on veut faire un simple CAP ou un simple BAC un truc comme ça, donc il faut avoir
forcément des aptitudes cognitives suffisantes pour l’objectif qu’on s’est fixé… hors de
côté-là y’a pas de test, ça serait peut-être bien que le CNAM fasse un test pour dire voilà
je vous permets ça ou pas… en grande partie c’est quand même l’argent du contribuable
qui paye ça… y’a quand même des sommes qui sont en jeu… tout ça, ça suffit pas… il faut
aussi savoir cette niaque… se dire, « je me lance dans quelque chose, ça va durer 3 ans 4
ans 5 ans, ça va me prendre toutes mes soirées pendant 3 ans 4 ans 5 ans », certains se
disent la première année « c’est bonnard, tranquille, ouais une heure par-ci par-là »,
passent les examens ça passe plus ou moins bien mais ça passe… mais la fatigue
s’accumule, si on peut pas récupérer c’est foutu, donc faut des gens qui aient la niaque
qui aient envie d’aller jusqu’au bout, qui soient hyper motivés, ça la motivation ça peut
se tester, il pourrait y avoir soit des tests genre psychotechniques des choses comme ça,
certains tests permettent de savoir si la personne est motivée ou pas, y’a des modules
qui font le FPG001 où on propose son projet pour dire voilà quelles sont nos intentions
quelles sont nos capacités, voilà, à mon avis ce module devrait être un peu plus
regardé… la motivation c’est essentiel, la niaque, puis peut-être un entretien avec les
personnes avant de commencer un cursus, pour sentir avec un professionnel est-ce
qu’ils sont réalistes ou pas… y’a des gens qui sont la tête dans les nuages, travailler le
soir quand on travaillé la journée c’est pas évident… donc un entretien, informel, pour
essayer de cibler la personne pour voir si elle a les moyens, sur tous ces points-là… ça
me semblerait essentiel avant de commencer… et si toutes les réponses sont positives,
bon y’a pas de raison, c’est un enseignement comme un autre, qui correspond à des
besoins spécifiques pour un certain type de population, qui moi me va très bien… donc
pas de raison que ça marche pas après, mais pour moi ces quatre ou cinq points sont
essentiels pour y arriver… Ensuite quelqu’un qui a un entourage et tout, si c’est pour
travailler avec je suis pas sûr que ce soit bon parce que ce qui est important c’est son
travail… si on a toujours quelqu’un qui est là pour aider c’est plus son travail… donc
toujours le reste de se confronter à une impasse si l’autre n’est plus là pour aider… par
contre si on a quelqu’un à côté pour encourager pour dire « je te laisse tranquille
pendant 2 heures faut que tu bosses, je vais faire la bouffe », que ce soit l’homme ou la
femme hein, quelqu’un qui encadre comme ça, des enfants qui sont assez grands qui
comprennent que leur père ou leur mère va travailler on lui fout la paix, qu’ils
l’encouragent « ah super ta note et tout » ça ce serait très bien oui… quelqu’un tout seul
comme moi je fais ce que je veux mais j’ai un caractère extrêmement fort, donc y’a pas
de problème… voilà les choses essentielles à mon avis…

238
Interviewer : D’accord… Et la dernière question, qu’est-ce que serait pour
vous la formation idéale, sans poser de limites, la formation idéale à distance ?

Patrick : Alors idéale… c’est utiliser les moyens techniques pour créer un petit
peu… ce que la notion de groupe… parce que la notion de groupe est importante… on
sait qu’on a un groupe, on y rentre on en fait partie, tout le monde a besoin de
s’incorporer dans quelque chose… tout le monde a besoin de se sociabiliser… donc
utiliser les moyens techniques avec une caméra, chacun avoir un écran où on puisse
avoir un intervenant, quand quelqu’un parle que l’intervenant puisse zapper sur la
personne en train de parler, recréer un peu cette ambiance de groupe où à tour de rôle
on peut intervenir où la prof intervient, on peut le faire techniquement, donc à distance
ça me paraîtrait vachement important plutôt que ces putains de chats où on va taper un
truc, je suis en train de taper on regarde si on fait pas de faute d’orthographe pour pas
être ridicule et puis on regarde on voit que quelqu’un a déjà tapé quelque chose qu’il a
envoyé et que la prof est en train de répondre à ça… et ça a changé de sujet, c’est parti
sur un autre sujet, « qu’est-ce que je fais j’envoie ça » mais ça oblige la prof à revenir sur
ce sujet les autres sont déjà partis sur autre chose c’est infernal… faut trouver une
solution à ça ça tient pas debout… c’est pas très communicatif, ça m’a servi à rien ça, rien
du tout… être présent pour être présent, j’écoute je lis ce qui se dit mais c’est tout… on
pourrait très bien skyper ou un système comme ça, la prof untel est en train de parler
paf elle appuie sur le bouton, et à ce moment tout le monde voit sur son écran et la prof
et l’autre personne qui va poser la question… on se met les visages en tête…

Interviewer : oui d’accord… ça apporterait quoi tout ça à votre avis pour les
auditeurs ?

Patrick : on voit les personnes, on sent de suite qu’il y a un groupen on participe à


quelque chose, on est pas tout seul dans son coin derrière son ordinateur, sans que
personne vous connaisse que vous les ayez jamais vu ou quoi que ce soit… là on n’est
qu’un numéro… là on devient un groupe, c’est ce qui se passe, on voit la personne qui va
sourire, elle nous voit sourire, comme dans un groupe où quelqu’un pose une question,
y’en a qui vont bouger d’autres qui vont rigoler, dire « ouais ouais moi j’ai posé la même
chose », cette intervention avec un prof qui gère tout ça pour que ça se passe bien, et
apporter son concours et ses réponses… mettre ça en place et arrêter ce chat
complètement inutile…

Interviewer : d’accord, d’accord… est-ce que vous voulez ajouter quelque


chose ?

Patrick : Euh… ce qui manque… c’est pouvoir se positionner par rapport aux profs,
donc avoir en milieu d’année un examen ou un truc comme ça, qui nous permette d’y
répondre et voir quel est l’avis des profs… savoir si on est sur les bons rails par rapport à
son cours ou autre… un test d’entrée pour savoir qui vient ou ne vient pas… y’en a plein
qui sont inscrits mais ne viennent pas…changer ce chat… à part ça, non je suis
globalement satisfait… maintenir la même qualité au niveau des profs aussi, ça c’était

239
très bien… infrastructure aussi c’est pas génial génial mais y’a de place… service
technique aussi les gars qui sont là pour Internet tout ce qui faut, si on va au CNAM là-
bas aussi ils ont des ordinateurs pour travailler… juste quelques petites choses à
améliorer… mais globalement ouais je suis content quoi…

240
16. Laurent

Interviewer : Pour commencer, est-ce que tu avais déjà suivi d’autres


formations à distance ?

Laurent : oui, ben comme je t’ai dit, j’ai suivi l’astronomie à l’observatoire de Paris,
ils ont des formations à distance qui sont pas mal et qui dépendent aussi du niveau de
chacun on va dire, notamment moi j’ai pris celle qui correspond au niveau BAC, parce
que j’ai pas une formation scientifique à la base, donc ils demandaient… c’est un peu une
vulgarisation mais pas du métier d’astronome mais des pratiques de l’astronomie, donc
cette année je continue, en année plutôt niveau licence… c’est un peu plus dur… donc
j’avais fait ça, et je sais que ma femme aussi elle fait une formation, en Polonais à
distance avec l’université de Nancy, et elle a fait aussi… donc à distance… bon y’avait des
choses bien des choses moins bien mais globalement ça s’est bien passé et j’ai aussi fait
une formation au CNED mais alors ça c’est quand j’étais au lycée en Chinois, sur deux
ans… voilà… c’est tout en formation à distance…

Interviewer : D’accord… D’accord très bien, et là cette année c’est une


formation en ethnologie c’est ça ?

Laurent : Oui ethnologie, formation niveau licence, licence 3… ça a changé je suis


un peu perdu, je crois qu’on dit licence hein c’est ça ?

Interviewer : oui c’est ça, c’est plus le DEUG

Laurent : voilà, enfin voilà en tout cas c’est une troisième année en licence…

Interviewer : d’accord… Et là qu’est-ce qui t’avais amené à suivre cette


formation d’ethnologie ?

Laurent : Ben l’ethnologie c’est une matière qui m’intéresse depuis longtemps,
c’est… c’est les sciences humaines… c’est un domaine qui m’intéresse et oui l’ethnologie
en particulier parce que c’est c’est vraiment d’un point de vue peuple, enfin c’est comme
ça que je le vois en tout cas, d’aller à la rencontre des autres, et d’aller s’interroger sur la
différence mais pas au point de vue macro comme la sociologie, où tu travailles sur des
problématiques de société, c’est vraiment d’aller voir ce qui fait la particularité des
peuples dans un groupe assez restreint, sans apporter ses a priori ses préjugés, sa façon
de penser, de voir un peu, de dégager ses différences, j’avais vu deux trois trucs sur des
ethnologues… ça m’intéressait de rentrer plus en détail… pendant mes vacances j’avais
rencontré aussi une ethnologue avec qui j’avais un peu discuté et j’avais lu deux trois
bouquins sur l’ethnologie, je voulais avoir plus de bases théoriques sur le domaine,
purement par intérêt personnel, c’est pas du tout… en général quand je fais une
formation c’est pas trop pour des débouchés professionnels… donc je m’étais dit ça
m’intéresse je vais m’inscrire…

241
Interviewer : d’accord… et tu l’as fait à distance parce que tu travaillais à
temps plein ?

Laurent : oui je travaillais, oui… alors du coup pour moi c’était, comme j’avais déjà
fait la formation à la fin de l’année, je m’étais dit bon c’est quand même une formule pas
mal, on a, enfin en principe, en astronomie on tu as un tuteur c’était bien, un tuteur
privilégié qui va s’occuper de quatre ou cinq étudiants, et du coup, tu suis un peu le
déroulé des cours à ton rythme… t’as un échange et t’es obligé de rendre des exercices
donc c’est pas mal aussi, tu rends des exercices, on te corrige, si tu as des choses à refaire
on te dit de les refaire, donc oui c’est pas mal… voilà… mais c’est un diplôme
universitaire l’astronomie, donc c’est pas sanctionné avec les mêmes contraintes de
diplôme tu vois… c’est beaucoup plus souple, si tu voulais avoir le diplôme, t’as des
examens à la fin de l’année sur table, mais bon c’est pas aussi contraignant avec le
nombre de modules nécessaires… ça demande… comment ça s’appelle maintenant, les
UE tu dois valider un ensemble d’UE… donc là la licence on rentre dans un truc plus
lourd, c’était pas exactement pareil, t’as beaucoup d’interlocuteurs… disons que le
premier critère qui m’a fait quitter la formation c’est vraiment le contenu moi… moi
c’était le premier argument d’apprendre des choses, et y’a quand même pas mal de cours
dans lesquels, déjà y’avait des problèmes de clarté, vraiment des cours où tu te
demandes si les profs avaient les idées claires sur ce qu’ils écrivaient et plus grave, enfin
ce qui me semblait être, des cas de préjugés, enfin je me souviens par exemple d’un
cours y’avait le concept de l’homme noir par exemple, comme tu dirais l’homme blanc,
qui était écrit par un prof qui était lui-même noir, je sais pas de quelle origine, et je
trouvais ça bizarre de parler de l’homme noir, c’est comme si tu disais tous les Africains
pensent pareil, enfin je sais pas… donc il parlait de l’Homme Noir avec un grand H
majuscule, un peu pour rivaliser avec, je sais pas… comme je te disais au départ
l’ethnologie c’est tu pars en principe d’un peuple, d’une ethnie, et tu vas pas essayer de
calquer, évidemment il va toujours y avoir le biais de toi ce que tu as appris ta façon de
penser tout ça, donc c’est vraiment difficile, mais l’idée c’est de partir de ses différences
et c’est l’interrogation qui nourrit et pas le contraire c’est pas y’a un Homme Noir qui
pense comme ça, ce cours là ça m’avait semblé vraiment une aberration totale le
concept… et ça m’avait beaucoup dérangé, un autre cours aussi sur la diplomatie je crois,
enfin c’est pas que sur les cours en Afrique là… je sais pas, les idées, mal agencées, c’est
bizarre, pour des cours de niveau universitaire, pas avoir la clarté d’esprit surtout un
peu intellectuelle, et quand on sait que certains cours étaient truffés de fautes
d’orthographe, alors ils étaient peut-être faits par des… des jeunes professeurs, qui sont
juste en mission de quelques mois… des étudiants qui sont pas encore profs mais qui
sont sur des cours d’université, je pense qu’il y en avait une partie des cours qui étaient
faits par des jeunes professeurs, mais en ethnologie c’est quand même les sciences
humaines, l’orthographe, la syntaxe sont importants, et je sais pas, c’est bizarre, c’est un
peu en langage SMS parfois… non mais bon, l’orthographe des fautes d’accord, tu te
vexes tu te demandes si ça a été relu parce que bon… voilà, ça c’était… moi je suis parti à
cause des idées surtout mais l’autre facteur aussi c’était le rythme, parce que je

242
retrouvais un rythme PREPA, et… en fait tu finis par pas lire les livres, moi je sais qu’en
PREPA t’as tellement pas de temps, que tu es obligé de survoler les livres, de te faire une
idée avec les résumés et au final, tu lis pas les livres, tu vas parcourir les grands auteurs,
mais sans vraiment les lire… tu vas lire le reste sur Wikipédia ou Universalis [sourire]…
moi j’étais parti plus pour un travail de fond pour avoir des bases, et en fait le rythme va
pas du tout, ça demande un travail colossal en l’espace d’un semestre… tu te retrouves à
faire plein de commentaires en même pas 4 mois parce que je crois qu’on avait des cours
fin octobre, enfin moi j’ai eu les cours très tard, pour rendre les épreuves en décembre,
enfin c’est une aberration totale… quand t’as aussi des gros dossiers à rendre à la fin de
l’année, t’as genre six mois pour pondre une étude terrain [sourire], c’était incroyable…
donc pour une formation à distance qui s’adresse en principe à des gens qui sont pas sur
place, où l’échange est plus difficile avec les professeurs, parce que tu peux pas lever la
main pour poser une question, c’était pas forcément évident… et je dirais, un des critères
inférieur mais quand même important c’est que t’as aucun échange quasiment avec les
profs…

Interviewer : d’accord, oui justement j’allais te demander si t’avais parlé de


ces soucis-là avec les enseignants ?

Laurent : ben si tu veux moi j’ai demandé la validation d’un sujet, mémoire ou je
sais plus comment ils appelaient ça t’avais des dossiers à constituer, donc t’avais des
problématiques avec méthodologies, j’ai dû relancer le prof quatre fois avant d’avoir la
réponse, j’ai reçu une réponse peut-être deux semaines avant la validation pour me dire
que, je lui ai dit que j’étais très déçu de pas avoir de réponse de sa part je me disais faut
aller s’adresser à un autre professeur il m’a dit « mais mettez votre formation dans
l’intitulé » c’était assez clair y’avait une raison moi j’avais mis le code de la formation, et
l’intitulé et l’objet de l’e-mail je sais pas, ils lisent pas leurs e-mail les profs dont ils te
disent de mettre urgent dans l’e-mail mais quand tu relances trois fois pour avoir une
réponse, j’ai créé en fait un Google Groups avec les étudiants de formation pour qu’on
puisse échanger entre nous, alors ça tu te rends compte du coup comme j’ai décroché
après j’ai arrêté de suivre, j’ai juste lu les flux de mails échangés mais j’ai vu que les profs
répondaient pas beaucoup disaient qu’ils n’avaient aucune réponse des profs… donc
c’est quand même une formation à distance, en astronomie j’ai quand même des
échanges avec un tuteur, bon c’est un tuteur en particulier pour quelques étudiants donc
t’avais quand même des réponses, là t’as quasiment de réponses c’est un peu comme si
t’es jeté en pleine mer, tu lances une bouteille à la mer [sourire], tu vois pour lire tes
bouquins pour faire des disserts, pour j’attendais un peu plus de suivi… je suis autonome
mais ça demande quand même un peu, qu’on t’explique certaines choses, si c’est juste
lire un tas de bouquins puis à la fin t’as ton admission, moi c’est pas très intéressant,
j’aurais aimé des cours plus, tu fais une recherche documentaire, casser un peu ces
espèces de schémas universitaires qui sont vraiment très casses-pieds où il faut
absolument que la dissertation soit sur des trucs que t’as pas lu, je pensais que
l’université avait changé depuis le temps où j’y étais, et en fait pas beaucoup [sourire]…

243
Interviewer : oui… et alors justement, est-ce que ça… de quelle manière ça a
impacté ton travail dans cette formation le fait que les enseignants ne répondent
pas ?

Laurent : ben en fait c’est tout ça, tu te demandes déjà si tes problématiques sont
bonnes parce que tu sais, tu vois bien dans ta thèse, le choix d’une problématique est
déterminant, tu peux pas commencer à faire des recherches déjà au départ si tu sais pas
si ton sujet est validé, tu découvres… là je mettais un sujet, je regardais si j’avais de la
documentation mais je me rendais pas compte du volume que ça pouvait représenter, et
j’aurais aimé savoir déjà si c’était un sujet faisable, si mes sources étaient exploitables,
parce que c’est pas évident l’ethnologie, tu vas pas sur le terrain, enfin quand t’es
étudiant t’y vas pas, surtout quand t’es étudiant à distance… et donc… évidemment tu
peux faire de l’ethnologie plus proche, mais si tu veux t’intéresser à d’autres choses t’as
besoin d’accéder à des documents que d’autres ont fait donc… donc voilà, les retours
étaient pas toujours là non ils étaient jamais là… et certains profs aussi j’ai l’impression
faisaient la formation à distance pour juste dire, tu sais ils ont des obligations d’heures,
j’avais contacté une prof qui devait être au X je crois, elle m’a dit qu’elle a pas le temps
alors qu’elle fait partie de la formation à distance, donc du coup tu as un autre prof qui te
répond pas, après tu laisses tomber, tu essaies de travailler et puis finalement après
10000 relances c’est un peu trop tard si ton sujet va pas il te reste 2 semaines pour le
faire, tu dis « qu’est-ce qui va pas » il te répond pas [sourire]

Interviewer : d’accord… et ça tu le vis comment, est-ce que c’est plutôt de


l’ordre de « tant pis j’essaye de continuer quand même » même si tu as arrêté
finalement, est-ce que c’est un manque de reconnaissance, est-ce que c’est une
solitude…

Laurent : euh… moi je pense que c’est un gros problème, quand tu vois les
échanges l’aide tu vas la chercher auprès des étudiants, déjà y’a pas d’outil vraiment fait
pour les échanges entre étudiants, c’est un peu la base aussi et les étudiants allaient
chercher la réponse auprès d’autres étudiants alors que ils auraient dû avoir en tout cas
certaines réponses avec les profs, le contact aussi pédagogique était pas à la hauteur, la
responsable de la formation à distance, qui a un rôle vraiment de relance auprès des
profs enfin c’est elle le relais, ça laisse pas non plus, parfois tu te demandes s’ils
réfléchissent vraiment aux formations, on avait un site web pour présenter, je sais plus
quoi, votre travail de terrain, je me souviens parce que c’était autour du deuxième
semestre du coup j’ai pas lu en entier c’est un sujet qui a cassé les pieds à je sais pas
combien, parce que si tu fais un cahier des charges c’est 20 ou 30 pages donc c’est un
truc assez énorme pour des gens qui ont jamais fait des projets web, donc avec cahier
des charges et cahiers des spécifications fonctionnelles donc des trucs qui parlent à
personne, sauf à ceux qui ont déjà travaillé dans le milieu, tu dis à quoi ça sert, personne
veut répondre personne ne sait ce qu’il faut faire, donc tu vas demander aux autres
étudiants comment ils ont fait… après l’autre problème que j’ai vu aussi sur le forum
mais qui me concernait pas c’était la justification de certaines notes, bon après, des

244
étudiants qui étaient très étonnés de leurs notes, au vu du travail fourni, ça montre aussi
la démotivation je pense… ça l’était pour pas mal d’entre eux… on est pas, je sais moi je
suis pas sur les notes mais c’est juste que quand tu investis beaucoup tu t’attends quand
même à bah y’avait des notes vraiment catastrophiques a priori… un peu à la Française,
où de toute manière même si c’est magnifique, c’est merveilleux, tu te demandes
comment les profs vont noter…

Interviewer : t’as eu des notes toi ?

Laurent : ah non j’ai pas eu de notes j’ai même plus envoyé de devoirs, j’ai dû
m’arrêter vers novembre, début décembre, en fait quand j’ai vu que, j’avais pas de
retour, le contenu de la formation me convenait pas, du coup je me suis dit je vais arrêter
de passer autant de temps à lire des bouquins, je vais plutôt prendre des bouquins que
j’ai envie de lire et puis je vais les lire, donc voilà, donc j’ai pas eu de notes…

Interviewer : d’accord… et pour ce qui est des autres étudiants puisque tu en


parles, quelle était la dynamique de groupe, enfin s’il y en avait une ?

Laurent : ben y’en eu plus sur le deuxième semestre, suite à la création ben comme
y’avait pas d’échanges, tu sais la formation mine de rien elle est super courte, octobre
novembre décembre t’as déjà trois mois bon le temps que chacun t’as pas trop le temps
de voir donc du coup à partir de janvier c’était y’a eu je sais plus quand j’ai créé la liste45
j’ai dû la créer vers décembre janvier, et comme on a aussi des dossiers à rendre au
deuxième semestre c’est là aussi où ça s’est un peu affolé, et… c’est… ça a servi les
échanges entre étudiants, ça a servi quand même de savoir ce qui allait pas, pourquoi on
n’avait pas de réponse, en fait certains sont même allés ils étaient pas très loin de la fac
donc ils y sont allés poser des questions… ce qui est un peu aberrant c’est que c’est une
formation à distance donc t’es pas censé être sur place quoi…

Interviewer : et en fait toi tu as vu les réponses au second semestre, tu as


arrêté vers novembre mais tu as quand même suivi ce qui se passait c’est ça ?

Laurent : vers novembre décembre, et oui j’ai créé la liste donc j’étais toujours
dans l’échange d’e-mail, j’ai créé la liste de diffusion ça simplifie vachement les échanges
en fait je sais pas si tu connais le fonctionnement

Interviewer : oui oui

Laurent : donc tu crées cette liste ça fait des échanges donc ils sont forcément
satisfaits moi ça m’intéressait de voir un peu ce que pensaient les autres, y’a eu un
moment où quelqu’un a suggéré, je sais plus si c’est moi ou quelqu’un d’autre, d’écrire
un peu pour manifester notre mécontentement sur l’aspect notamment des non
réponses, moi j’ai parlé du contenu aussi, je crois que quelqu’un a parlé qu’on n’avait pas
de réponse et moi j’ai dit que ça me dérangeait beaucoup le contenu aussi, et voilà, après

45 Il a créé une liste de diffusion pour faciliter les échanges d’e-mails entre étudiants.

245
y’a eu des retours de personnes qui disaient que c’était à chacun de s’adapter, mais bon
tout le monde était pas du même avis tu vois, je pense que y’en a aussi qui sont restés
dans leur coin à pas échanger, qui étaient pas sur la liste de diffusion, c’était aussi le
choix de chacun…

Interviewer : et les échanges justement, est-ce que ça a aidé à se remotiver ou

Laurent : je pense que ça a aidé certains ouais… notamment pour comprendre


pourquoi ça n’allait pas, ça en a aidé certains, puisque certains ont passé aussi des
rattrapages donc c’était des conseils par rapport à la méthodologie, par rapport à ce
sujet justement du site web là, y’en a qui ont envoyé des liens, vers des documents type
par exemple, c’était pas mal comme idée, d’autres ont voulu essayer de voir pour les
notes aussi y’a eu des notes catastrophiques pour essayer de comprendre ce qui n’allait
pas, donc c’était pas mal, la formation en astronomie j’avais deux outils qui étaient pas
mal, j’avais un forum, où tu postais ce que tu voulais des questions des remarques des
articles, les gens pouvaient répondre et l’outil chat en direct, tu te connectes et tu chat
avec les autres étudiants, ça c’était en astronomie, le chat marche pas trop bien parce
qu’ils font convenir d’un rendez-vous ça marchait pas trop bien, faut être sur place pour
voir si ça marche et par contre le système de forum ça marchait plutôt bien, donc en
formation à distance il faut qu’il y ait des échanges, en premier je pense avec les profs et
en deuxième avec les autres étudiants, c’est important…

Interviewer : c’est important c’est-à-dire ?

Laurent : c’est important pour comprendre aussi on est seul tu sais en formation
donc, donc c’est important de savoir comment les autres appréhendent les cours,
comment ils s’y prennent, la méthodologie, avoir des conseils, et en astronomie je sais
qu’il y en a qui conseillaient des bouquins aussi pour s’aider… par rapport à comprendre
ses notes, non c’est important, parfois aussi donner des bols d’air, « regardez ça c’est en
rapport, allez voir l’expo machin », ça peut être n’importe quoi mais c’est bien de se
sentir un peu pas seul et certains n’y participent pas ça les intéresse pas parce qu’ils sont
très solitaires, mais un certain nombre je sais pas quelle proportion, ils sont intéressés
par cet échange… donc c’est important je pense, pour moi en tout cas c’est important…

Interviewer : et… une dernière question sur les enseignants ou les


administratifs, est-ce qu’il y en a au moins un qui est venu prendre des nouvelles,
savoir si ça allait

Laurent : non, y’a pas de… y’en a pas un qui nous a souhaité aussi bienvenue… c’est
un peu la base, « bonjour bienvenue à la formation, n’hésitez pas », ou je sais pas, tu
t’inscris t’es connecté tu reçois tes identifiants, alors ça oui les admin ils font leur travail,
tu te connectes bon la formation… t’as accès aux outils, à la messagerie, aux nouvelles de
l’université, mais bon c’est un peu comme les métadonnées quoi ouais c’est ça t’as les
outils, sur le moment les cours sont mis en ligne, bon ben ça y est, on savait même pas je
crois que les cours étaient mis en ligne, donc j’ai dû relancer peut-être trois fois pour

246
savoir à quel moment les cours étaient mis en ligne, donc un jour pourquoi les cours
sont mis en ligne, et puis voilà tu commences ta formation… [sourire]… bon c’est froid
quoi… franchement l’impression, je crois que je l’ai dit dans un des e-mails échangés
avec les étudiants, c’est que je me suis dit « mais est-ce que la formation à distance elle
est pas là aussi pour les caisses de l’université », parce que bon tu payes un droit
d’étudiant comme n’importe qui, t’as pas accès à tous les, t’as pas accès à la bibliothèque,
t’as pas accès aux salles informatiques, mais bon tu payes tes droits comme tout le
monde et au final, bon, c’est juste je rentre dans une machine, franchement c’est
bizarre… en tout cas dans celle-là, je sais que ma femme dans sa formation c’était un peu
mieux elle avait un peu plus d’échanges… elle a eu plus d’échanges avec la responsable
pédagogique, qui relançait parfois les profs, par contre, par toujours des réponses des
profs… c’est bizarre dans une formation à distance où justement la base c’est quand
même de faire un accompagnement, et je sais pas c’était pas trop le cas là tu te connectes
et puis, dans ces cas-là autant faire un truc automatisé c’était quasiment le cas quoi…

Interviewer : d’accord… en astronomie t’es à distance aussi c’est ça ?

Laurent : en astronomie c’est de la distance, ils ont un principe qui est pas mal, le
cours est public, si toi tu vas sur le site de l’observatoire de Paris tu peux avoir accès au
site public, la seule différence quand tu deviens étudiant, en fait t’as accès à ce lien
privilégié avec un tuteur, et qui dit lien privilégié dit aussi, parce que les exercices sont
en ligne en version publique, donc toi rien ne t’empêche de faire des exercices, par
contre, pour la correction t’as besoin d’un tuteur, c’est vraiment la base pour moi eux ils
ont compris la base de ce que c’était la formation à distance, c’est-à-dire avoir
quelqu’un… donc tu peux très bien faire la formation pour toi-même par intérêt et tout
ça mais si tu veux échanger, rencontrer les étudiants, et aussi y’a une journée où tu vas
rencontrer les autres étudiants, on te présente la formation on te présente ton tuteur…
et ensuite, voilà, tu retournes chez toi, c’est parfois un peu dur t’es un peu seul mais bon
t’as le forum pour les indications, tu envoies des exercices, si ça va pas tu envoies au
tuteur il te répond, c’est quand même assez bien, parfois ils partent à l’autre bout du
monde, ils te préviennent, ils te répondent parfois 15 jours après mais t’as toujours une
réponse, et t’as justement la correction le suivi un petit peu, donc c’est vraiment la
grosse différence… t’es pas livré à toi-même avec 15 livres à lire dans telle discipline et
puis 10 dans l’autre et tu jettes ta dissert’ à la fin, c’est un peu ça…

Interviewer : d’accord… et est-ce que ce tuteur privilégié

Laurent : on dit tuteur privilégié mais c’est ton tuteur en fait voilà

Interviewer : ah oui d’accord

Laurent : en fait à la rentrée ton tuteur a 3 4 5 étudiants et voilà c’est la personne


que tu contactes, qui reçoit tes réponses aux exercices et que tu contactes si tu as des
questions donc c’est vraiment, ça peut être un prof de l’observatoire, mais ça peut être
un doctorant, c’est quelqu’un qui fait des études d’astronomie à un niveau au moins

247
doctorant et, et voilà qui va t’aider dans ta démarche, c’est bien tu vois on a 5 6 je pense
pas plus, c’est un bon nombre, ça permet de faire leurs travaux de recherche et ça fait
partie de leur devoir entre guillemets d’enseignement parce qu’ils ont des heures aussi à
faire…

Interviewer : d’accord… et le fait de le voir en vrai, parce que tu l’as vu c’est


ça

Laurent : alors moi je l’ai pas vu malheureusement il était en séminaire, je m’étais


déplacé, l’année dernière je l’ai vu, le midi t’as une pause déjeuner donc j’ai même
déjeuné avec lui, c’était super ils avaient une sorte de self-service buffet froid, non
seulement t’as la formation mais en plus tu vas manger à l’observatoire donc c’est super
sympa, et j’avais mangé avec lui, donc on avait discuté un peu c’était sympa, par contre
cette année je l’ai pas vu, alors bon, je connaissais la formation j’étais venu pour le voir,
donc je l’ai jamais vu mais on a échangé dès le début il m’a dit « voilà moi je suis
doctorant, je travaille sur telle discipline, bienvenue à la formation, n’hésitez pas à me
contacter », parfois il me répond pas de suite il me dit « voilà j’étais parti » mais bon il
est toujours là si j’ai besoin de lui, donc c’est plutôt sympa…

Interviewer : oui d’accord, et si y’avait eu un tel tuteur en ethnologie est-ce


que tu penses que tu aurais arrêté parce que le contenu des cours n’allait pas ou
tu penses que tu aurais quand même continué s’il y avait eu quelqu’un comme ça ?

Laurent : Ben je pense que je lui aurais posé des questions peut-être qu’il m’aurait
rassuré je ne sais pas… j’aurais demandé comment ça se fait et que faire je sais pas il
m’aurait peut-être dit « c’est normal » « c’est pas normal » « continue » « on s’en fout » je
sais pas n’importe quoi… [rires]… peut-être que ça aurait été bien d’échanger, c’est vrai
que là t’as propre jugement, peut-être je me plante complètement, je suis peut-être
borné si on me dit j’ai tout faux bon ok, qu’on explique juste quoi… s’est pas mal quand
même aussi quelqu’un qui s’y connaisse dans la discipline comme je te dis toi tu connais
d’autres disciplines je les connais pas forcément elles ont peut-être leurs contraintes,
avec des problématiques différentes avec des méthodologies différentes, peut-être que
j’avais pas compris des trucs, c’est bien d’avoir quelqu’un, ça peut être un étudiant aussi,
bon t’es en licence, peut-être quelqu’un qui est en Master 2, quelqu’un qui est plus en
avance, quelqu’un qui est passé par là, c’est pas forcement de ponte, t’as pas besoin de
me ponte pour t’expliquer ça…

Interviewer : d’accord… l’environnement dans lequel tu travaillais, tu


travaillais de chez toi, c’était un environnement qui était favorable à la formation
à distance, tu étais bien ?

Laurent : oui ben c’est assez simple, c’est juste d’avoir un ordinateur en fait, tu
peux imprimer tes cours, quand je partais en vacances ou en week-end, bon j’imprime
des cours et puis-je les emmène ça s’y prête bien, ça s’y prête parce que c’est beaucoup
de la lecture… mais oui généralement ça s’y prête bien, après ce qui est plus difficile c’est

248
de trouver des bouquins, si tu travailles sur des ethnies particulière c’est pas forcément
facile d’accès, c’est ça qui est aussi à prendre en compte dans une formation à distance,
c’est qu’il faut qu’on puisse accéder à des études assez facilement, sinon, c’est…
important ouais, peut-être que l’ethnologie c’est un peu plus difficile par rapport aux
sources… mais pour les grands auteurs c’est pas forcément un problème…

Interviewer : d’accord… je voulais aussi te demander, que ce soit tes amis ou


tes proches, est-ce qu’ils ont participé d’une quelconque manière à ta formation à
distance, par du soutien, par…

Laurent : non [sourire]… euh ben si j’ai ma femme ceci dit, si si, on discute
justement ensemble, si si ça c’était pas mal, parce que parfois, de dire « bon ben faut que
je m’isole pour travailler un peu », du coup elle va s’occuper de trucs à faire pour me
laisser tranquille, ce genre de choses… et puis inversement, quand elle a fait sa
formation aussi, bon je vais faire les courses [sourire]… donc on s’organise, oui on
s’organise, c’est vrai qu’il faut un petit peu de temps, je sais que ça a pas été trop le cas
pour ma formation, j’ai commencé mes épreuves mais je les ai pas écrites, par contre elle
elle m’a demandé de relire des trucs, elle avait une dissert’ d’histoire à faire par exemple,
je lui ai dis « tiens pourquoi t’as fait cette partie, pourquoi t’as pas abordé cette
question », ça l’a aidée tu vois, bon en astronomie je peux pas trop lui poser des
questions parce que, malheureusement, c’est pas trop son truc, mais sinon, ouais tu vois
des relectures ça c’est bien, parce que du coup au lieu de donner une dissert’ d’emblée
comme ça à ton prof t’as quelqu’un qui la re-lit qui va te faire des critiques… moi je sais
que si on avait fait des dissert’ je l’aurais fait relire, parce que je sais on marche comme
ça, on fait la même chose quand on fait des candidatures pour des postes, on fait relire
les lettres de motivation, elle me dit « c’est bizarre ton truc, t’as mis quoi et tout », et
c’est vachement utile en fait, c’est super utile, donc ça oui, en dehors de l’organisation
disons de la maison de la vie quotidienne, c’est bien aussi de pouvoir s’isoler, parce que
t’as des contraintes, t’as des téléphones qui sonnent, des machins, l’autre aspect par
rapport à la formation elle-même qui a un regard extérieur, c’est bien ça…

Interviewer : c’est bien à quel niveau ?

Laurent : c’est bien pour soi, d’être critiqué dans le bon sens du terme, de voir des
trucs qu’on voit pas, corriger même des fautes, interroger sur la méthodologie, puis
savoir un peu plus, et puis du coup tu dis « mince pourquoi j’ai dit ça », tu corriges un
petit peu, non ça apporte beaucoup, d’ailleurs je te le conseille pour ta thèse, fais relire
par deux trois personnes… tu verras, et c’est pas évident, parce que y’a cette timide par
rapport à son travail, mais c’est utile…

Interviewer : oui complètement… d’accord… et justement, si y’avait pas eu


ces échanges-là, est-ce que tu penses que ça aurait été pénalisant pour toi ?

Laurent : non, disons que c’est mieux… je l’aurais fait de toute manière, mais je
fonctionne comme ça j’aime bien un regard extérieur c’est un plus…

249
Interviewer : d’accord, et aucune autre personne en dehors de ta femme ne
t’a soutenu, je sais pas par exemple tes collègues de travail s’ils sont au courant

Laurent : non, non pas trop non pas du tout même, oui je les tiens au courant juste
comme ça parce qu’on en a parlé et puis j’avais demandé des jours, j’avais anticipé en
mai pour passer un examen, mais c’est plus de l’ordre organisation professionnelle…

Interviewer : d’accord… tout au long de la formation, comment tu te sentais,


plutôt à l’aise, plutôt anxieux ?

Laurent : ben j’avais pas le rythme, puisque je te dis c’était un rythme de PREPA
donc j’avais pas le rythme qui me convenait, fallait aller à fond et en gros si tu voulais
être dans les clous il fallait passer ton week-end et tes soirées à étudier et faire des notes
de synthèse, au bout d’un moment 2 mois 2 mois et demi ça m’a un peu pompé, je me
suis dit ça sert à rien… à la base je la faisais pour le plaisir pour apprendre des choses et
puis finalement je me retrouvais dans des situations PREPA où tu bosses pour bosser,
mais sans vraiment comprendre pourquoi tu fais ça et ça m’intéressait pas… moi j’ai
voulu après voir des choses qui m’intéressaient donc après je suis allé moi lire des
choses plus tranquillement, tu prends le temps de lire et de comprendre d’autres choses
qui sont citées dans le texte ce que t’as pas le temps de faire en temps normal… c’est le
principe aussi ils avaient choisi un fonctionnement par dissertation, 10 ou 12
dissertations par semestre, plus des énormes dossiers à rendre je sais plus combien y’en
avait, truc de fou, c’est pas un plaisir, c’est dommage de transformer une discipline pour
finalement juste pour dire que t’as une licence d’ethno, bon ça… alors si le plaisir, tu
l’auras un peu après quand tu commences à faire des mémoires et tout ça mais je trouve
que c’est un petit peu dommage d’avoir cette approche-là, donc c’était plus ce sentiment
là et une déception par rapport au contenu comme je te disais, mais vraiment une grosse
déception…

Interviewer : d’accord… d’accord… et pour revenir à cet arrêt, avant l’arrêt


final en novembre est-ce que tu as eu plusieurs fois envie d’arrêter la formation ?

Laurent : non parce que je me suis dit il faut que je m’accroche, au début je lisais les
cours je me suis posé des questions, au début je mettais des notes dans les, j’avais
imprimé les cours je me suis dit ça me semble bizarre faut que je pose des questions au
prof, j’avais pris des notes et puis après j’ai eu des cours un peu aberrants comme je te
disais mais je me suis dit bon je vais quand même continuer, octobre novembre début
décembre j’ai arrêté en décembre quand, non et puis à force t’as pas de réponse, tu
bachotes comme un malade, c’était pas très intéressant, je me suis dit ça sert à rien je
fais pas une formation pour le plaisir, donc après j’ai dit stop, c’est pas évident de
prendre la décision de dire tu t’arrêtes, tu dis c’est un peu dommage tu t’es un peu
investi entre la préparation moi j’avais lu un petit peu avant, j’avais lu des choses plus
par intérêt, donc tu te dis, je suis content d’avoir les cours qui arrivent, mine de rien c’est
pas seulement les mois de la formation, c’est un peu avant aussi, donc sur les 5 6 mois
pendant lesquels j’ai pensé à cette formation je me suis inscrit j’ai lu, bon j’avais le temps

250
de voir, mais bon après prendre la décision d’arrêter c’est jamais facile parce que tu te
dis c’est dommage j’arrête j’abandonne, est-ce qu’avec un peu plus d’efforts j’y arriverais
pas, moi j’avais trop de choses qui me plaisaient pas…

Interviewer : d’accord… et cet arrêt, tu le vis comme un échec ?

Laurent : ben moi j’aime pas ne pas terminer ce que j’ai commencé donc… j’ai un
sentiment mitigé je me dis je suis content d’avoir arrêté parce que je pense que j’ai des
raisons qui me semblent importantes, par contre je suis un peu déçu de l’avoir arrêté
parce que ça m’intéressait à la base, donc c’est un peu mitigé, mais globalement je
continue à penser que c’était ridicule donc pourquoi continuer comme ça…

Questionnaire :

Elément Donner une importance Verbatims éventuels


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 7 J’ai souvent fait des
formations où j’étais pas à
la hauteur et je les ai faites
pour ça…
Se sentir autonome 9 A distance t’es obligé
Prendre plaisir à étudier 10
Se sentir en confiance avec 10 J’aurais pas forcément dit
au moins un enseignant ou ça comme ça…
tuteur (ex : savoir qu’il c’est vrai que c’est une
répondra à un message histoire de confiance mais
envoyé) c’est aussi une question de
respect…
Ca me semble très
important, mais pas
forcément un prof…
je pense que c’est super
important…
Se sentir en confiance avec 8 Ça me semble important
les autres étudiants mais je mettrais ça un peu
en-dessous [de la
précédente]
Se sentir appartenir à un 5 Le corporatisme ou le
groupe (avec les autres [rires]…
étudiants), qu’il y ait un difficile de se faire une
esprit de groupe identité dans une formation
où tu rencontres pas les
autres, en présentiel, même
marquer le début d’une
formation…
c’est important mais d’un
251
autre côté j’ai pas
l’impression qu’on est
vraiment un groupe, en
plus par exemple les gens
viennent de réseau
différents, il y a un étudiant
qui a le même tuteur que
moi en Astronomie, il est
médecin, il avait fait le
voyage de Bruxelles pour
venir à Paris, t’avais
vraiment plein de profils
différents, le fait de les voir
c’était marrant, après de là
à sentir qu’il y ait un esprit
de groupe, je ne sais pas
trop, c’est plus le goût le
connaître un peu plus, je
mettrais pas un tee-shirt
ethnologie [sourire]
Se sentir entouré par les 10 Sentir que quand tu
autres étudiants ou les t’inscris à un endroit tu sais
enseignants (ne pas se qu’il y a des gens qui vont
sentir seul, isolé) être là ça c’est super
important… le fait que toi
après en dehors tu puisses
pas trop parler autour de
toi parce que les gens s’en
foutent, bon, t’es content de
partager quand même
Se sentir entouré par ses 6 Ça me semble pas hyper
proches important, c’est toujours
mieux mais pas essentiel, tu
sais que dans l’endroit où tu
t’es inscrit tu auras des
échanges, donc c’est pas
forcément que tu attentes,
ou alors tu fais des
formations spécifiques plus
par intérêt de retrouver
quelqu’un autour de toi que
ça intéresse, justement tu
t’inscris à distance pour
accéder à des gens qui
s’intéressent aussi à la
même chose que toi…

252
Sentiment de quiétude 3 Je le fais par plaisir moi
(absence d’anxiété) j’avais pas la pression de
réussir pour un circuit
professionnel ou avoir une
bourse, j’ai arrêté parce que
ça me faisait pas plaisir
Se sentir respecté, reconnu 10 Le respect c’est répondre à
par les enseignants des demandes d’aide, ça
c’est la base, la base d’un
enseignant c’est justement
d’enseigner, sinon t’es pas
prof, si c’est juste pour être
chercheur, j’ai l’impression
que pour certains c’est un
peu la corvée, le respect oui
c’est aussi respecter les
autres étudiants qui ont pas
forcément les mêmes idées
Se sentir estimé par les 3 Non ça je m’en fous
enseignants (être apprécié) [sourire] c’est un peu
comme au boulot, tu finis
par ne plus caresser les
gens dans le sens du poil
Qu’il y ait des Non réponse
regroupements (une ou
deux journées à
l’université)

Interviewer : est-ce que cette formation et cet arrêt de la formation t’as


appris quelque chose sur toi-même ?

Laurent : sur moi-même je pense pas, par contre sur des choses que j’ai lues oui…

Interviewer : et sur la manière de travailler à distance par exemple ?

Laurent : non parce que j’en avais déjà fait en fait…

Interviewer : oui c’est vrai…

Laurent : non après ça demande une certaine discipline c’est à chacun de la trouver
aussi, en astro j’y reviens toujours mais bon je la trouve bien cette formation, quand tu
assistes à la journée en présentiel, c’est marrant c’est un peu des matheux en astronomie
ils t’expliquent voilà y’a tant de pages, si vous avez un rythme de 5 pages par semaine
vous allez y arriver mais bon c’est qu’une moyenne, sachant que la formation aussi on
peut la faire le plus tôt possible évidemment et jusqu’à deux ans, donc c’est à chacun
d’adapter aussi le rythme à son niveau, mais bon ils sont marrants ils te disent aussi le
concept rythme, tout ça, ah ce qui manque peut-être dans les formations à distance et
même en astronomie c’est peut-être des petits jalons tu sais, tu sais que t’as tant de
253
pages à lire mais de jalons un peu pour être sûr de pas avoir un rythme trop lent, mais
bon après c’est aussi à chacun on est adulte donc à chacun, peut-être certains vont pas
bosser pendant 3 mois pour des raisons personnelles et professionnelles et puis vont
mettre le turbo après, bon… mais cette petite idée du rythme c’est pas mal, ils ont une
approche plus mathématique mais bon c’était amusant de voir ça dans la formation… si
ils te disent pardon si t’as fait 25 exercices je crois tu vas passer une sorte d’examen
blanc avec ton tuteur et la responsable de la formation, pour voir si déjà ça correspond
c’est assimilé, je trouvais l’idée super, je l’ai pas encore passé, là y’en a un à la fin de
l’année et un aussi au milieu de l’année pour voir si tout va bien, pas mal hein tu vois,
donc je serai obligé d’aller à l’observatoire de passer ce petit examen blanc et c’est bien…

Interviewer : c’est bien oui…

Laurent : mais bon l’approche est différente, c’est pas n étudiants, on était
beaucoup en ethnologie, alors que là un tuteur a un nombre restreint d’étudiants alors
qu’à la formation d’ethno c’est un professeur pour tous les étudiants [sourire]… donc
c’est une approche, si tu fais un schéma c’est rigolo, t’as un peu l’outil étoilé d’un côté et
puis une centralisation de l’autre côté, c’est peut-être pour ça va pas aussi…

Interviewer : d’accord… et du coup si cette formation était à refaire, est-ce


que tu agirais différemment sur certains éléments

Laurent : je la referais pas telle quelle, si c’est ça que tu veux non je la referais pas,
ça voudrais dire qu’un an avant je dois lire tous les cours et qu’un an avant je dois me
faire les dissert’, l’idée ça serait quasiment ça…

Interviewer : d’accord… mais malgré tout tu pourrais te réinscrire à une


formation à distance si elle est différemment gérée

Laurent : oui, ben en ethnologie pourquoi pas peut-être ailleurs sur une forme
différente, je suis pas réfractaire, au CNED c’était complètement différent, mais
justement c’est un prof qui te suit au CNED donc c’est pas mal…

254
17. Abby

Interviewer : Pour commencer, est-ce que vous aviez déjà suivi d’autres
formations à distance ?

Abby : oui, avant j’ai passé mon DAEU par le CNED…

Interviewer : d’accord, très bien… et là vous êtes en 1ère année d’histoire géo
c’est ça ?

Abby : oui c’est ça, oui

Interviewer : et qu’est-ce qui vous avait amené à suivre cette formation ?

Abby : je sais pas, j’ai été malade et je sais pas, une envie comme ça ouais parce
qu’avant autrefois l’histoire ne me passionnait pas plus que ça, l’expérience de la vie je
pense…

Interviewer : d’accord, et donc vous avez choisi de la faire à distance plutôt


qu’en présence ?

Abby : oui, alors c’est rapport à mes problèmes de santé, parce que sinon j’aurais
pu aller à La Rochelle et suivre les cours comme les autres étudiants parce que je suis
retraitée et comme avec mes problèmes de santé je ne peux pas tenir longtemps assise,
et les voyages aussi me fatiguent, pour moi c’est vraiment super à distance…

Interviewer : oui je comprends d’accord… et lorsque vous vous êtes inscrite


vous vous sentiez capable d’aller au terme de la formation ?

Abby : euh… oui, oui oui…

Interviewer : d’accord, et globalement ça s’est passé comment cette année ?

Abby : euh… ben écoutez moi en plus je suis redoublante et je trouve c’est un peu
cafouillis hein, c’est un petit peu, déjà on est seul mais alors vraiment, je sais pas, est-ce
que c’est ça que vous voulez savoir ou alors les cours comment ils étaient

Interviewer : oui, alors déjà j’avais une question, déjà, j’ai discuté avec des
personnes qui ont arrêté la formation, d’autres qui sont allés au bout, est-ce que
vous êtes allée au terme de la formation ou non ?

Abby : oui, j’ai été au terme mais alors la deuxième partie pas de façon assidue, ça
ne je ne vous le cache pas, parce que franchement alors déjà moi j’étais perturbée par
mes problèmes de santé et en plus de ça manque de motivation, ah oui c’est sûr…

Interviewer : d’accord… alors justement… euh, vous avez passé tous les
examens ?

255
Abby : non je n’ai pas passé les examens, rien du tout, ça début janvier je ne
pouvais pas me déplacer, et après j’ai dit « bon c’est foutu », et je ne pensais pas qu’on
pouvait tout repasser en juin et là je m’en suis aperçue j’ai dit « bon c’est pas grave »…
moi je suis pas comme un autre étudiant, j’ai pas, bon j’ai le temps quoi…

Interviewer : d’accord ok… vous travaillez de chez vous je suppose ?

Abby : oui

Interviewer : est-ce que c’est un environnement qui vous convient qui soit
plutôt calme enfin qui conviennent à votre façon de travailler

Abby : ah oui, oui tout à fait, oui oui

Interviewer : d’accord, et est-ce que des personnes autour de vous, que ce


soit des personnes de la famille des amis ou autre, ont participé à votre formation,
soit pour vous ai

Abby : non pas du tout, pas du tout

Interviewer : ni même comme soutien ou

Abby : non [sourire] non non je suis seule…

Interviewer : d’accord, et est-ce que ça vous a manqué le fait de ne pas avoir


de soutien extérieur à la formation ?

Abby : ah ben oui je pense que oui c’est quand même important, oui oui…

Interviewer : vous pensez que ça vous aurait aidé à

Abby : écoutez moi je pense, mais bon, si y’avait des regroupements ou je sais pas,
des profs qu’on pouvait voir facilement ça serait bien, voilà…

Interviewer : d’accord… alors justement vous avez eu des contacts avec des
enseignants ?

Abby : non, non je n’en ai pas eu du tout, et alors là j’ai même eu du mal pour les
joindre, je sais pas… je sais pas ce qui s’est passé dans les adresses que j’avais, je
retrouve même plus leurs adresses et tout… j’ai pas pu du tout rentrer en contact, si
peut-être avec un mais vraiment très peu…

Interviewer : d’accord… et là pareil ça vous a manqué cette absence de


contact ?

Abby : ah ben oui, oui oui bien sûr, mais je suis pas sûre que par mail ça me motive
beaucoup…

256
Interviewer : vous auriez eu besoin de les voir lors d’un regroupement
comme ça sur place

Abby : oui, oh oui je pense oui

Interviewer : et en quoi ça vous aurait aidé justement ?

Abby : ben je sais pas le fait de voir vous voyez comme les regroupements mais
vraiment des regroupements où on bosse on présente le programme et tout, ça serait
bien je pense que pour moi c’est plus motivant, parce que bon le fait de pas assister aux
cours magistraux c’est déjà dommage, donc voilà quoi, alors ce qui serait bien ce serait
des visioconférences mais bon je pense que je rêve un peu quoi [sourire]

Interviewer : mmh-mmh… et visioconférence pour vous, c’est le besoin de


voir quelqu’un ?

Abby : et bien oui parce que nous si on va travailler, là ce qu’ils nous envoient les
cours c’est des soutiens, des supports, après faut travailler un peu plus avec les livres les
bouquins, mais moi je trouve que ouais de voir en plus, sinon on va pas voir quelque
chose là pour moi je mémorise mieux…

Interviewer : d’accord… et est-ce que malgré cette absence d’échange à part


une fois vous disiez

Abby : mmh

Interviewer : est-ce qu’ils vous semblaient accessibles les enseignants, ou


vraiment vous ne les avez pas contacté parce qu’ils semblaient inaccessibles

Abby : non si je les ai pas contacté c’est parce que j’ai eu des soucis avec leurs
adresses mais sinon non non, je pense que y’a aucun problème pour les avoir, je pense

Interviewer : et si vous les avez pas contactés pardon c’est pour quelle
raison ?

Abby : alors, ben… le site avait changé, est-ce que c’est moi qui ai perdu les
adresses ou pas je ne sais pas, et voilà et j’ai pas pu les contacter à cause de ça, des
adresses que j’avais perdues et bon j’ai peut-être pas non plus trop cherché et voilà c’est
de ce côté-là, ça ne vient que de moi…

Interviewer : d’accord, c’est-à-dire vous n’aviez plus très envie ?

Abby : ben peut-être aussi, c’était la période où je manquais de motivation, ça se


rajoute et ouais

Interviewer : d’accord et qu’est-ce qui a causé ce manque de motivation ?

Abby : euh ben déjà y’avait des cours qui étaient envoyés qui n’étaient pas les bons,
y’avait, bon le temps que ça se remette en place ça demande un certain temps, voilà pis
257
bon on nous a envoyé les cours ils sont postés comme ça on doit se débrouiller ça c’est
sûr, mais bon, moi en plus j’étais fatiguée donc voilà si y’a pas quelqu’un en plus c’est
vrai qu’on est pas à l’école mais bon un petit soutien ça aurait pas été de trop, et en plus
les devoirs aussi peut-être pas assez de devoirs et puis alors l’attente des corrigés très
longues…

Interviewer : d’accord, le rythme est très inégal c’est ça ?

Abby : ouais, et moi mon ressenti personnel j’ai l’impression qu’on est un peu
largués, un peu délaissés, mais bon est-ce que c’est normal ou est-ce que c’est pas
normal, c’est mon ressenti à moi, c’est pas…

Interviewer : délaissés c’est-à-dire ?

Abby : et bien délaissés c’est-à-dire que voilà on nous donne les cours et puis
débrouillez-vous, et bon même si c’est pas les bons… on nous laisse un peu…

Interviewer : quand c’était pas les bons cours qu’est-ce qui s’est passé, ils s’en
sont rendus compte d’eux-mêmes ou ce sont les étudiants qui l’ont signalé ?

Abby : euh ben je ne sais plus, je crois que c’est les étudiants ouais, il me semble, je
ne me souviens plus… ça avait été signalé je me souviens plus…

Interviewer : d’accord… et alors justement à propos des autres étudiants, est-


ce que vous avez échangé avec les autres étudiants ?

Abby : alors j’ai essayé en début d’année, par le forum, mais je n’ai pas eu de
réponse, et ben c’est pareil j’ai été aussi démotivée parce que je me suis dit « mais c’est
pas possible on me répond pas » [rires], alors est-ce que c’est moi par rapport à mon âge,
les autres sont plus jeunes, donc voilà est-ce que, ça peut être ça quoi…

Interviewer : d’accord… vous, vous avez perdu les adresses des enseignants
c’est ça ?

Abby : euh oui… oui…

Interviewer : et alors vous n’avez pas du tout essayé de contacter quelqu’un,


responsable pédagogique, ou la coordinatrice de la formation à distance ?

Abby : non, non non non et puis je vous dis quand on est un petit peu découragé on
se laisse aller on va pas au bout des choses vous voyez… ça c’est sûr… mais bon si j’avais
voulu, je pense que je les aurais obtenus, c’est certain…

Interviewer : d’accord… et vous auriez voulu peut-être qu’un enseignant ou


quelqu’un prenne des nouvelles ?

Abby : oui, prenne des nouvelles bon c’est à nous de demander mais bon, parce
que, c’est pareil comme je vous dis, est-ce que par mail ça aurait été suffisant vous voyez,

258
moi je me demande, parce que c’est vrai qu’il y a deux regroupements dans l’année et
c’est un petit peu juste quoi…

Interviewer : d’accord… est-ce qu’à plusieurs reprises vous avez hésité à


arrêter la formation, vraiment stopper, dire tant pis je fais autre chose

Abby : oh ça m’a traversé l’esprit mais de façon non vraiment, non parce que, ça me
plait en plus c’est vraiment un truc qui me plaît, bon j’étais fatigué donc c’est vrai que j’ai
pas trop continué à travailler le reste de l’année, mais je me dis c’est pas grave je m’y
remettrai, c’est pas grave, ça fait envie, ça fait plaisir donc voilà…

Interviewer : d’accord… vous m’aviez dit que vous ne vous étiez pas
présentée aux examens parce que vous n’avez pas pu

Abby : non

Interviewer : et après que la deuxième session était exclusive

Abby : voilà là j’ai vu qu’on pouvait tout repasser en fin d’année, et puis c’est pareil
moi je suis en invalidité donc c’est pareil c’est pas évident, financièrement, parce que
ben il faut anticiper tout ça, le côté financier, vous voyez pour moi c’est beaucoup les
frais financiers, pour le déplacement vous voyez il faut que j’anticipe pour ça, donc j’ai eu
ce problème là aussi…

Interviewer : d’accord… et qu’est-ce qui aurait pu faire que ça serait passé


différemment ? au niveau du contact par exemple

Abby : au niveau du contact, au moins un contact, au moins, un contact que ce soit,


et puis avec les étudiants parce que moi j’allais lire régulièrement leurs messages sur le
forum mais c’est tout ça s’arrêtait là, je pouvais pas, mais par contre [???]

Interviewer : d’accord… y’avait le premier message auquel on ne vous avait


pas répondu, est-ce que vous avez réessayé ou répondu à des messages

Abby : non non parce que je lisais, je répondais pas, je lisais, c’est tout

Interviewer : c’est que vous vouliez plus répondre

Abby : non c’est pas que je voulais pas répondre mais bon… ils échangeaient des
messages entre eux, donc je lisais les questions et les réponses, et c’est tout, je regardais
un peu ce qui se disait, mais je ne participais pas, je n’essayais même pas de participer…

Interviewer : d’accord, d’accord ok… tout au long de la formation vous disiez


que vous étiez anxieuse ou plutôt à l’aise ?

Abby : à l’aise je crois, enfin je pense, oui…

Interviewer : d’accord… vous allez continuer l’année prochaine c’est ça vous


allez refaire votre année ?
259
Abby : oui, oui oui là j’espère pouvoir me déplacer, oui oui

Interviewer : et alors justement, qu’allez-vous changer sur cette deuxième


pour que ça marche différemment ?

Abby : déjà en début d’année je vais aller surveiller un peu qu’il y ait pas de
problème au niveau inspection et tout ça, parce que l’année dernière c’est pareil j’avais
pris du retard, parce que nous par la FAD en Histoire on a qu’une seule possibilité,
l’histoire l’année dernière je m’étais inscrite sur d’autres options et je ne recevais pas les
cours, parce que je crois qu’il faut quand même bosser tout de suite et puis voilà, non
mais bon… je pense que, y’a des choses, auxquelles on sait à quoi s’attendre, il faut palier
à ça, quand je dis à quoi s’attendre dans le sens qu’on est seul quoi [sourire]… donc il
faut essayer de voir ce côté-là de s’armer de ce côté-là…

Interviewer : s’armer c’est-à-dire ?

Abby : soit entrer en contact, entrer en contact plus facilement, avec les profs plus
facilement, aller, voilà… demander plus facilement, ouais…

Interviewer : demander plus facilement c’est-à-dire ?

Abby : s’inquiéter d’avantage…

Interviewer : d’accord… et le fait que les cours envoyés n’étaient pas les bons,
je reviens dessus, comment avez-vous réagi à ce moment-là ?

Abby : tout de suite je me suis dit « bon ça fait peut-être partie du programme »
puis voilà c’est tout, mais c’est vrai qu’on avait un devoir à envoyer ben le devoir il a pas
pu être envoyé, voilà… un devoir sur un autre sujet… bon c’est… voilà, c’est pas grave
mais enfin disons c’est dommage… ça peut arriver…

Interviewer : d’accord…

Questionnaire :

Elément Donner une importance Verbatims éventuels


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 8
Se sentir autonome 9
Prendre plaisir à étudier 9
Se sentir en confiance avec 7 C’est un peu difficile pour
au moins un enseignant ou nous, se sentir en confiance
tuteur (ex : savoir qu’il
répondra à un message
envoyé)

260
Se sentir en confiance avec 9 C’est important, on peut
les autres étudiants échanger, c’est important
Se sentir appartenir à un 7 A distance je pense que
groupe (avec les autres c’est un peu moins
étudiants), qu’il y ait un [important]
esprit de groupe
Se sentir entouré par les 9 Ça c’est important, oh oui
autres étudiants ou les
enseignants (ne pas se
sentir seul, isolé)
Se sentir entouré par ses
proches
Sentiment de quiétude 9
(absence d’anxiété)
Se sentir respecté, reconnu 8
par les enseignants
Se sentir estimé par les 8
enseignants (être apprécié)
Qu’il y ait des
regroupements (une ou
deux journées à
l’université)

Interviewer : je voudrais revenir sur une dernière chose, c’est ce sentiment


de solitude dont vous parlez, ça se traduit comment pour vous ?

Abby : c’est-à-dire que… c’est pas trop… disons que quelquefois on aurait besoin de
méthode, on en a des méthodes on sait comment faire et tout mais y’a des moments on
se sent un peu largué, on aurait besoin de quelqu’un pour nous aider, moi je sais… voilà
c’est important… et donc c’est vrai, c’est pas le nombre de regroupements qui peut nous
aider… c’est pour ça que ça serait bien d’avoir un contact un peu plus souvent avec les
profs au cours de l’année, je trouve… moi c’est pas avoir quelqu’un régulièrement mais
au moins un peu plus, pour se sentir plus soutenue et moins seule…

Interviewer : d’accord et justement le contact serait de quelle nature,


vraiment pour les cours, de la méthodologie

Abby : de la méthode et des cours, moi je verrais bien les deux hein

Interviewer : d’accord… est-ce que cette formation ça vous a appris quelque


chose sur vous-même ? Votre manière de travailler, d’être ?

Abby : oui, oui, disons que oui… je m’intéresse encore davantage à l’histoire, je
cherche un peu plus… c’est que bénéfique… et puis dans les méthodes de travail aussi,
qui sont pas excellentes mais bon voilà…

261
18. Florie

Interviewer : Pour commencer, est-ce que vous aviez déjà suivi d’autres
formations à distance ?

Florie : Non c’est la première

Interviewer : donc vous en faites deux c’est ça, vous faites du droit aussi ?

Florie : j’ai arrêté la PREPA après le bac, je suis montée sur Bordeaux j’ai fait une
hypokhâgne à Camille Julian et en faite vu qu’on est obligé d’être inscrit à la fac en
parallèle pour valider cette année de PREPA moi vu que j’étais linguiste enfin en PREPA
y’a pas de spécialité je me suis inscrite en LLCE Espagnol pour la Kâgne…

Elle explicite alors l’ensemble de son parcours de manière détaillée

Vu que je n’ai pas eu les concours de PREPA, je me suis inscrite à la fac j’ai fait une
licence de droit vu que je ne savais pas trop ce que je voulais faire, dont que je suis sur
Bayonne et j’ai une formation normale pour ce qui est du droit, en 3ème année, et comme
il fallait l’équivalence avec la PREPA, je m’étais déjà inscrite en Espagnol sans savoir si
j’allais continuer, voilà donc le droit ça a bien marché, et je fais les deux licences pour
faire du droit Franco-Espagnol, et donc là je suis en 3ème année d’Espagnol… Je sais pas
depuis combien de temps c’est mis en place la FAD mais l’année dernière c’était
vraiment dur je me suis même présentée à un oral en ayant qu’un tiers des cours en
littérature espagnole, parce que j’avais pas reçu les deux autres tiers et je savais même
pas qu’ils existaient, donc là c’était un peu compliqué, puis comme je suis pas du tout
montée à Bordeaux de l’année, j’avais pas de contact avec d’autres étudiants et avec les
professeurs c’est encore plus compliqué, parce que c’est pas direct on les a jamais vus
donc, c’est difficile quoi… l’année dernière j’ai validé mon année bien avec mention, mais
le gros problème pour moi c’est que vu que les partiels sont en même temps, et pour le
droit et pour la LCE, c’est des calendriers nationaux, ben je suis obligée de tout passer
aux repêches…

Interviewer : d’accord, oui effectivement on avait vu ça par mail… D’accord…


donc là vous êtes en troisième année d’Espagnol…

Florie : oui, la première année je l’ai validée avec la PREPA, ils m’ont donné mon
année avec une mention avec l’équivalence de ma PREPA, l’année dernière j’ai validé
l’intégralité de ma deuxième année, et cette année vu que j’étais en deuxième année de
droit, j’ai décidé de scinder l’année en deux, et j’ai passé la moitié des UE j’ai passé le
premier semestre, pour me laisser les matières du deuxième semestre pour l’année
prochaine, parce que sinon ça me faisait passer 13 matières au mois de juin, sachant que
j’avais déjà fini fin mai les partiels de droit, c’est un peu musclé et j’avais pas besoin
d’avoir absolument ma licence cette année d’Espagnol, sachant que j’avais pas fini le
droit…

262
Interviewer : d’accord ok… et pour vous c’est inscrit dans un projet
professionnel c’est ça, pour faire du droit Espagnol c’est ça ?

Florie : voilà c’est ça, ensuite j’aimerais faire du droit Franco-Espagnol avec des
Masters sur Paris…

Interviewer : d’accord… et là donc vous avez fait l’Espagnol à distance parce


que

Florie : à distance parce que je suis à Bayonne… je revenais faire le droit à


Bayonne, j’avais pas d’autre moyen…

Interviewer : d’accord… vous travaillez de chez vous la formation à distance ?

Florie : oui essentiellement chez moi et à la médiathèque de Biarritz, elle a la


particularité d’avoir tout un secteur Amérique Latine où j’ai pu me fournir un peu par
exemple l’année dernière sur le cinéma, et les manuels je peux les avoir que là, et parce
que sinon c’est un peu compliqué vu que j’ai pas de bibliothèque dans les parages, donc
là j’ai l’Amérique Latine et ensuite je m’arrange avec un prof de lycée pour avoir des
manuels sur la civilisation…

Interviewer : d’accord ok, et donc cet environnement de travail que ce soit


chez vous ou à la bibliothèque, c’est un environnement qui est favorable pour
travailler ?

Florie : pour moi oui assez, je fonctionne comme ça, je travaille pas beaucoup en
groupe, donc finalement ça me convient parce que c’est mon mode de travail…

Interviewer : d’accord… et alors justement, à propos des enseignants ou des


autres étudiants aussi, est-ce que vous avez échangé avec certains durant cette
formation ?

Florie : la première année, j’ai eu vraiment très peu de contacts, j’ai fonctionné un
peu avec le forum qu’on a sur le bureau virtuel mais je correspondais essentiellement
avec XXX, je ne sais pas exactement quel rôle elle tient, je crois que c’est une chargée de
TD qui s’occupe des formations à distance en Espagnol, j’avais plein de question et je
savais pas exactement comme ça fonctionnait, parce que, quand on est loin, j’avais pas
vraiment réfléchi à ce que j’allais faire, je savais pas vraiment si toutes mes UE pouvaient
être validées, si elles se compensaient, si elles se compensaient ou pas, mes devoirs je
savais pas s’ils étaient facultatifs, donc j’avais pas mal de questions et je sais qu’elle a
servi de lien avec l’administration pour répondre à mes inquiétudes, donc la première
année c’&tait essentiellement avec cette dame, mais vu que j’ai passé ensuite toutes mes
épreuves en juin, je me suis retrouvée avec plein de personnes qui faisaient comme moi
formation à distance un peu partout, et vu que pendant deux semaines on se retrouvait
tous aux mêmes épreuves on a commencé à parler, et on s’est rendu compte qu’on avait
tous un peu les mêmes problèmes au niveau des livres, et j’ai gardé contact avec une

263
étudiante qui est elle en formation à distance à Poitiers je crois, elle s’appelle C, on s’est
échangé des mails tout au long de l’année, parce que j’avais eu notamment des
problèmes en littérature, où j’avais pas tous mes cours, donc quand on se présente
devant un professeur qu’on n’a pas vu de l’année pour lui dire que l’oral on peut pas le
passer sur l’intégralité du programme parce qu’on n’a pas reçu tous les cours, ça a été
quand même très compliqué, donc du coup tout au long de l’année on s’est envoyé des
mails, surtout et avant tout pour savoir si j’avais tous les cours, les exemples des
professeurs parce qu’elle elle arrivait à communiquer avec les enseignants, elle était
plus ancrée sur cette formation, elle a été à Bordeaux plusieurs fois, au moins voir les
professeurs ou aller à quelques cours en amphithéâtre, et du coup voilà, elle était
capable de me dire « cette partie du programme c’est pas la peine de la travailler, parce
qu’en cours elle a dit que », moi j’allais jamais en cours, on est en FAD les profs ils
passent à la trappe plein d’informations, donc voilà et là cette année encore on s’est
retrouvé, j’ai eu de nouveaux contacts, et donc on arrive à se tenir un peu au courant de
l’avancée un peu de nos parcours, mais du coup on reste vraiment qu’entre étudiants de
formation à distance… mais voilà cette année, correspondre avec une étudiante, alors
que l’année dernière c’était que la chargée de TD…

Interviewer : d’accord… alors en fait vous diriez que votre amie C. a


compensé un peu ce que vous n’avez pas eu avec les enseignants cette année ?

Florie : oui parce qu’en fait elle servait vraiment de lien avec l’université en tant
que telle, parce que sinon on reçoit des cours, en général on reçoit des cours tout d’un
bloc, on reçoit des mails mais on n’arrive pas à sentir l’exigence qu’il va y avoir, enfin la
première année c’était une de mes plus grosses difficultés, c’était d’arriver à mesurer
l’exigence du travail demandé, parce quand on a, on sait bien qu’en cours on va avoir des
professeurs qui vont nous dire « bon ce cours c’est vraiment le B-A-BA » mais finalement
en FAD quand on a un cours de 50 pages quand on a un cours de 120 pages on n’arrive
pas à voir quel va être l’exigence du professeur par rapport à son cours de base, s’il faut
vraiment apporter des connaissances personnelles, s’il attend surtout de la restitution
de cours… et donc par rapport à ça elle m’a permis un peu d’arriver à m’aiguiller… entre
le forums où il y a des réponses mais finalement pas toujours, C. elle elle allait de temps
en temps cours donc… c’était vraiment très intéressant cette année d’avoir ce lien,
véritable quoi.

Interviewer : d’accord… pour vous, ça a permis de maintenir une certaine


motivation peut-être ?

Florie : ben… la motivation je l’avais déjà et je l’ai pour finir cette licence, je dirais
que ça a mis un peu d’humain dans mes cours, et que ça m’a permis de les voir
autrement et pas uniquement comme, presque, voilà quand toute l’année on revoit tous
les cours et on va présenter les examens terminaux pendant deux semaines dans une
salle qu’on connaît pas, enfin moi la première fois que je suis arrivée à Bordeaux 3
l’année dernière j’étais perdue entre tous les A B C les bâtiments, je savais jamais où

264
aller… même si les exigences de fac j’imagine qu’elles sont toutes les mêmes, entre
Bayonne et Bordeaux déjà c’est un monde… je savais même pas qu’on pouvait être
différentes licences dans la même salle, du coup voilà ça m’a permis de rajouter un peu
de concret d’humain et d’avoir un lien véritable, une autre étudiante qui était dans la
même situation que moi, qui avait la même motivation parce qu’elle veut faire de la
traduction après, mais voilà, quelque chose de plus concret mais pas uniquement des
messages sur des forums ou des cours qui arrivent un peu en pagaille, parce que par
contre, j’ai trouvé qu’il y avait une vraie différence rien qu’au niveau fonctionne de la
FAD entre y’a 2 ans et maintenant y’a 2 ans tous les cours sont arrivés, je savais jamais
dans quel ordre ils allaient arriver, si y’allait avoir plusieurs envois, cette année j’ai
trouvé qu’il y avait vraiment des livrets étudiants, que les enseignants faisaient un effort
pour nous, par exemple pour nous dire comment présenter nos copies, l’année dernière
j’ai envoyé mes copies je pense que c’était une feuille blanche j’avais même pas de
marge, parce que je savais pas… et cette année, en début d’année, des mails nombreux et
vraiment très explicatifs, qui permettaient d’avancer pas à pas dans la formation à
distance, et j’avoue que cette année j’ai découvert le fonctionnement du bureau virtuel
par exemple, vraiment, et comment on pouvait envoyer des mail pour les devoirs, à quel
moment on pouvait les envoyer, si on pouvait les envoyer vraiment très en avance ou
pas, par rapport à cette présentation aussi, je pense que mes 5 premiers devoirs de
l’année dernière je les ai envoyés, ils étaient pas conformes, je les ai jamais reçus et
personne ne m’avait rien dit en disant que ça passerait pas… entre toute la paperasse je
pense qu’ils bataillent pas ils mettent de côté ils disent « c’est une blague », moi je savais
même pas qu’il fallait que je mette une marge, mon numéro d’étudiant, la date d’envoi
des choses comme ça, des choses basiques mais si on les dit pas… et cette année j’ai
trouvé que c’était beaucoup plus complet que y’avait vraiment un effort de faire là-
dessus…

Interviewer : d’accord… pour vous, même s’il n’y avait pas eu cet échange
avec votre collègue ou si ça n’avait pas été mieux cette année, ça aurait pas entamé
votre désir d’aller au bout de cette formation ?

Florie : ah non, non… non parce que bon, cette formation je la fais avant tout pour
moi et ce que je veux faire après, pas, enfin le lien avec l’université, je l’ai déjà à Bayonne,
finalement c’est plus comme si j’avais des options en plus sur mon droit, je le prends
vraiment comme quelque chose à part entière, et je sais que je veux aller au bout, je
pense que c’est pour ça aussi que j’ai divisé en deux pour me permettre d’être assez
sereine dans ce que je fais, et d’aller au bout, je vais pas m’arrêter je suis en troisième
année, mais par contre je ferai pas de Master… je ferai pas un double Master, et je ferai
pas un Master LLCE…

Interviewer : d’accord… et avec les autres étudiants en dehors de C., est-ce


qu’il y avait une dynamique de groupe ?

265
Florie : oui assez parce que, je sais pas comment expliquer, on est presque qu’un
groupe d’étudiants qui viennent en examens terminaux, presque, tout va beaucoup plus
vite, dès la première épreuve on s’est parlé, cette année on s’est retrouvés ça faisait un
an qu’on s’était pas vus, à part C. j’avais parlé avec aucun autre, on s’est retrouvé on s’est
parlé de suite, un contact facile on s’est attendu à la fin des épreuves pour savoir
comment ça c’était passé on a été capable de se prêter des cours pour l’épreuve d’après,
de se donner une recherche personnelle… c’était plus condensé et presque, on est tous
dans le même bateau, on passe tous à la fin aux repêches on joue ça à la dernière minute
donc c’était vraiment une bonne ambiance, en plus c’est étonnant on a des profils qui
sont très très différents, on s’est retrouvés donc, y’avait une personne qui était en
reconversion et qui travaillait, une dame qui est à la retraite et qui fait ça pour le plaisir,
d’autres filles qui avait Hypokhâgne et Khâgne qui faisaient cette licence pour faire un
Master dans l’édition, on avait des profils vraiment très différents, et vu qu’on se
retrouvait tous en formation à distance à passer nos examens terminaux, il fallait que ça
existe et qu’on s’aide du mieux qu’on pouvait, alors que je sais très bien que je vais pas
leur reparler jusqu’à l’année prochaine… juste envoyer des mails pour se dire « ça s’est
bien passé », voilà y’avait une vraie entraide, pour deux semaines de juin, parce qu’on
est tous stressés, qu’on a bien bossé pendant l’année, et qu’on arrive au bout…

Interviewer : d’accord… et donc c’est important pour vous cette entraide ? ce


soutien, même si c’est qu’au moment des examens ?

Florie : je sais pas si c’est important, parce qu’en fait quand j’ai commencé,
j’attendais pas, de soutien, je pensais pas que y’allait avoir quelque chose vraiment
d’humain à la fin et un échange parce quand on passe toute l’année à travailler derrière
son ordinateur et tout seul chez soi, des matières que personne autour de soi comprend,
moi à la base je suis en droit donc, personne autour de moi ne peut m’aider ou peut
comprendre que je vais en avoir marre d’étudier ça, ceci ou cela, j’attendais pas, je dirais
pas que c’est un moteur, après je suis agréablement surprise, la première année j’ai été
agréablement surprise et cette année je pensais pas retrouver tout le monde et ça m’a
aussi, rassurée et presque réconfortée en disant « on est tous dans la même situation, on
va au bout, on a besoin de se serrer les coudes », mais voilà c’est pas déterminant,
comme je peux vous dire que les mails de C. cette année ou l’année dernière c’est pas
déterminant et c’est pas un moteur pour moi, ma motivation c’est avant tout moi et ce
que je veux faire après, mais c’est encourageant et ça renforce l’envie d’aller au bout…

Interviewer : d’accord… concernant les enseignants, on en a un peu parlé,


est-ce qu’ils vous semblaient présents, accessibles ?

Florie : euh… accessibles… je vais vous répondre très franchement, accessibles pas
du tout, présents encore moins… parce que moi quand je me suis présentée à mon oral
de littérature, que j’ai dit que j’avais pas reçu les cours la première réaction c’est « est-ce
que vous l’avez signalé », j’ai dit « je suis incapable de le signaler, y’avait pas écrit
premier envoi j’allais pas imaginer qu’il y allait en avoir deux autres, je viens de

266
découvrir que j’ai pas la fin du cours » donc j’ai passé l’oral un peu comme ça sur le
pouce, cette année j’ai encore eu une prof d’arts qui a été capable de me dire « ah vous
êtes en formation à distance la formation des fainéants », j’ai dit ok d’accord, et après en
général je dis pas que je suis en double licence parce que ma licence première c’est ma
licence de droit donc j’ai pas envie que mes professeurs pensent que je ne néglige ma
licence d’Espagnol, mais alors cette année quand j’ai passé un oral et que j’ai dit que
j’étais en double licence en droit, j’ai eu droit à des remarques, du style « quel rapport
avec l’art », c’était un épreuve d’art, entre le droit et l’art, à part ma curiosité et ma
culture personnelle non y’en a aucun… du coup, pas du tout accessibles, pas
compréhensibles, c’est un peu dommage, moi j’ai trouvé dommage parce que je me dis,
si on est en formation à distance c’est qu’on a d’autant plus envie, que moi je trouve que
c’est plus difficile de faire en formation à distance, parce qu’on doit se débrouiller tout
seul tout au long de l’année, parce qu’on n’a pas de résultat de suite, on n’a pas de
contact avec les professeurs si on a des doutes, on fait avec nos doutes, pareil je me suis
présentée à l’oral elle m’a demandé si j’avais fait un devoir, j’ai pas fait le devoir en mars,
elle m’a dit que ça se sentirait dans la notation, sauf que moi j’ai pas forcément le temps,
a priori j’ai pas à entendre ça, j’ai pas trouvé très délicat de m’entendre dire que la
formation à distance c’était pour les fainéants, que j’avais aucun intérêt à faire du droit
vu que ça avait de rapport avec sa matière et que ça se ressentirait dans la notation que
j’avais pas été assidue… j’ai trouvé un peu décevant d’avoir des profs si peu
compréhensifs, de nous faire des remarques alors qu’on les voit pas en cours on les voit
sur 20 minutes d’oral, mais bon ça m’a pas empêchée d’avoir mes deux épreuves d’art à
12 et tant pis si je fais une formation de fainéants et que j’ai pas envoyé de devoirs… elle
m’a demandé aussi si j’avais été à une exposition qui était à Bordeaux je lui ai répété que
non j’avais pas pu aller vu que je n’habitais pas sur Bordeaux, j’ai encore eu une
réflexion, que j’allais être pénalisée parce que tous les autres étudiants avaient été voir
cette exposition… quand on est en formation à distance on l’assume entièrement… je fais
aussi comme je peux… à distance… de la part des profs ouais j’ai trouvé un peu décevant,
presque démoralisant… parce que finalement les étudiants on travaille pas pour eux,
mais les profs ils nous mettent la note à la fin, si on a besoin d’un mot presque
réconfortant et de trouver derrière une motivation, ça va plus être sur les appréciations
des professeurs et s’ils ont envie de vous pousser vers l’avant ou de vous bloquer, donc
ouais là un peu dérangeant, mais bon c’est comme ça…

Interviewer : ah oui d’accord… les profs du coup vous les avez jamais vus y’a
pas eu de regroupements ?

Florie : y’en a eu un je crois que y’avait qu’on avait reçu une invitation me disant
que je pouvais rencontrer les profs et les locaux, ça c’était cette année mais j’ai pas pu
monter parce que mes cours avaient déjà commencés sur Bayonne, mais les seuls
professeurs que j’ai rencontré c’était dans le cadre des oraux… le professeur de
littérature, le professeur d’art, le professeur de civilisation… sur deux ans, donc sur deux
ans je pense que j’ai rencontré voilà 6 professeurs…

267
Interviewer : d’accord… et vous auriez préféré les voir tous avoir la
possibilité de les voir, vous pensez que ça aurait profitable de les voir en vrai je
veux dire ?

Florie : je pense que ça aurait profitable oui par rapport à un véritable contact avec
les professeurs, ne serait-ce que par mail, en tant qu’étudiant en formation à distance on
a quand même mal à aller vers un professeur pour poser des questions s’il n’a pas fait le
premier pas vers nous… je sais qu’on est quand même nombreux on est nombreux en
licence je connais pas les chiffres en formation à distance mais si on reçoit pas le mail
d’un prof on va avoir du mal à aller vers lui sans le connaître sans l’avoir jamais vu, on
peut pas se faire une idée de quelqu’un savoir s’il va répondre à vos questions s’il est
attentif aussi à vos demandes uniquement par son cours… comme je disais, j’ai eu ce
genre de réflexion une fois en littérature me demandant uniquement si j’avais fait des
réclamations parce que j’avais pas reçu mon cours ou cette année les questions que j’ai
eu pour mon oral de droit, moi-même je serais pas allée voir ce professeur par mail pour
lui demander s’il avait pas des œuvres à m’envoyer ou des manuels à m’envoyer, des
choses comme ça j’ai du mal à aller vers les professeurs qui peuvent avoir ce type de
réflexion… je pense que ce qui pourrait être bien, c’est que, au moins un ou deux
professeurs accepte d’être presque tuteur, parce que le fait d’avoir XXX elle est pas
professeur donc finalement, elle n’a qu’un lien direct avec l’administration donc elle a su
répondre à toutes mes questions ce qui était déjà énorme mais pas à mes questions sur
des manuels des choses comme ça précises, je pense qu’on aurait eu un prof de
littérature qui soit Espagnol ou Amérique Latine et un prof presque de civilisation ou
même un prof de traduction ça aurait été les matières avec gros coefficients et qui
viennent vers nous plus facilement je pense qu’une communication aurait pu s’installer,
sinon…

Interviewer : et donc il n’y a aucun enseignant qui est venu vers vous avec un
mail « n’hésitez pas à me contacter » ou quelque chose comme ça ?

Florie : non, non non je vous dis les mails qu’on a reçu cette année c’était des mails
de satisfaction de la FAD des QCM je sais pas si c’était vous

Interviewer : j’ai fait passer des questionnaires effectivement

Florie : voilà donc on a eu des questionnaires, ensuite on a eu quelques mails pour


des changements de salle alors qu’on est pas en cours, mais aucun prof qu’on aurait pu
avoir comme Maître de Conférences en amphithéâtre ou comme Chargé de TD n’est
venu vers nous pour dire « bon moi je suis disponible pour répondre à vos questions sur
cette matière là, et je suis en contact direct avec les profs donc vous pouvez venir », non
là, rien… l’administratif c’est important mais ça fait pas tout non plus, surtout quand on
joue sur des vraies matières quoi…

268
Interviewer : bien sûr… et alors justement est-ce qu’en cas de difficulté vous
aviez quand même la possibilité de contacter quelqu’un, parce qu’au début de
l’entretien vous m’avez dit « on n’a pas leur contact » aux enseignants il me semble

Florie : euh… je… alors je crois qu’on a, il y a certains professeurs qui ont leurs
coordonnées en haut des cours en début de cours, donc je crois qu’on a les contacts de
certains enseignants, mais je vous avoue que j’ai jamais osé non plus, peut-être c’est
idiot de ma part mais j’ai jamais pour la moindre question, j’ai pas osé envoyer un mail à
quelqu’un que j’avais vu et qui s’était jamais adressé à moi pour demander des détails…

Interviewer : d’accord… et alors pourquoi ne pas oser justement ? Vous avez


peur de ne pas avoir de réponse ?

Florie : Peur de pas avoir de réponse, oui peur aussi de… je suis un peu aussi
presque mal à l’aise par rapport à cette formation à distance, le fait d’être en double
licence, et je suis consciente que cette licence d’Espagnol passe en deuxième pour moi et
qu’elle me sert uniquement d’appui et d’enrichissement personnel, je suis un peu voilà
mal à l’aise du fait de pas aller en cours, j’aurais je pense un professeur en face de moi un
chargé de TD que je vois toutes les semaines, je pourrais aller vers lui, je sais pas
comment vous expliquer, c’est comme voir quelqu’un pour la première fois et de suite
lui sauter à la gorge pour dire « ça ça ça j’ai pas compris »… étant donné qu’ils sont pas
accessibles et qu’ils viennent pas vers nous, j’ai toujours du mal et à deux trois reprises
y’a eu des cours où j’ai mal compris, je suis retournée dans mes manuels et je me suis dit
je vais me débrouiller autrement, parce qu’en formation à distance on est pas très
nombreux, parce que quand on a des remarques comme on a eu on se dit je vais pas les
embêter, peut-être que je vais prendre un énorme vent j’aurai pas de réponse, du style
« vous avez choisi la formation à distance débrouillez-vous comme ça », mais c’est peut-
être idiot de ma part, j’ai jamais osé envoyer des mails directement à mes professeurs
étant donné que je les avais jamais rencontrés et ils s’étaient pas non plus présentés à
nous en fait, je suis en 3ème année et j’ai jamais eu un prof qui s’est présenté très
clairement, tous mes profs lors des oraux je les ai découverts…

Interviewer : d’accord… d’accord… et tout au long de la formation, vous diriez


que vous étiez anxieuse ou stressée ? par rapport à l’Espagnol la formation à
distance

Florie : euh… la première année, j’étais assez anxieuse parce que je savais pas du
tout vers quoi je voulais m’orienter et notamment surtout par rapport à l’exigence, je me
suis présentée l’année dernière à toutes mes épreuves, je savais pas ce qu’il allait falloir
que je remplisse, si ça allait être une question de cours, si ça allait être de l’analyse, je
savais pas ce qu’on allait me demander, sur ce semestre on a un devoir à rendre et
encore, on a qu’un devoir à rendre, on n’a pas eu de correction véritable, donc j’étais
plus stressée par rapport à ça, bon il s’est avéré que ma deuxième année s’est très bien
passée, mais j’étais très surprise par mes notes parce que je savais vraiment pas dans
quoi je me lançais, cette année, je me suis pas trop sentie en danger parce que déjà

269
j’avais eu ma deuxième année assez facilement, en passant toutes les épreuves en juin, et
en sachant que de toute façon voilà ma licence je l’aurai l’année prochaine… vu que j’ai
passé un semestre en entier la compensation elle joue pas, donc je savais que tout ce que
j’avais pas cette année, je pourrai le retenter l’année prochaine, que c’était pas un
problème, donc là j’étais moins stressée, pour les oraux c’est toujours un peu délicat, on
connait pas les profs, ils nous connaissent pas ils connaissent pas notre niveau et voilà
c’est 20 minutes, sur 20 minutes savoir si on a rendu un devoir avant

Interviewer : [sourire]

Florie : et voilà j’ai beaucoup plus stressée l’année dernière justement parce que je
savais pas trop dans quoi je me lançais, ni qu’elle allait être la nature de mes épreuves, ni
le niveau d’exigence…

Interviewer : d’accord… d’accord et on n’a pas parlé de votre entourage, est-


ce que que ce soit des gens de votre famille, des amis, est-ce qu’ils participent
d’une certaine manière à votre formation, pas forcément sur les contenus, bien
que ça puisse être le cas aussi, mais même pour un soutien quand il y a un coup
dur ou comme ça

Florie : euh… bon alors pour les contenus je dirais que… non… enfin autour de moi,
je vis chez mes parents, dans ma famille avec mes sœurs, on parle tous Espagnol mais vu
que ni mes sœurs ni mes parents n’étudient ni la civilisation ni la littérature ni tout ça
j’avoue que pour les contenus je me suis toujours débrouillée toute seule avec mes cours
et mes manuels, au niveau du soutien je dirais que c’est surtout familial parce qu’autour
de moi les gens comprennent pas trop ce que je fais je passe plutôt pour une barjo avec
mes deux licences, en faire une à Bordeaux alors que Bordeaux j’y mets les pieds deux
fois par an pour les examens, voilà y’a surtout de la compréhension par rapport à cette
formation à distance, mais c’est vrai que bon je pense que c’est important que je sois
dans un environnement sain et que mon entourage familial m’aide beaucoup,
notamment à la fin du mois de juin parce que ben parce que c’est long que l’année elle
est pas finie que tout le monde est en vacances et que moi j’ai encore une matière à
passer, donc c’est vrai que pour ça mes parents ont compris et m’ont toujours soutenue
dans cette formation, même si des fois je pensais que j’allais jamais y arriver que j’allais
jamais arriver au bout, ils sont attentifs mes parents sont enseignants ils m’ont toujours
dit « écoute tu fais ce que tu peux tu verras bien avance sans rien regretter » voilà c’est
comme ça je pense aussi que l’année dernière j’ai été jusqu’au bout même si c’était très
long et que j’ai passé douze matières et une trentaine d’épreuves dans l’année, là c’est
vrai que c’était vraiment très long, je sortais d’une Hypokhâgne donc j’avais encore un
peu le rythme, mais le rythme Hypokhâgne à la maison sans préparer tous les repas,
sans être seule le soir, j’avoue que ça m’a changée et que je suis persuadée que c’est ce
qui m’a permis de faire deux licences et de réussir bien, de continuer et de finir mes
deux licences… l’environnement familial m’a beaucoup aidée, après, le reste, ils
comprennent pas donc ils peuvent pas se mettre à ma place… mais c’est compréhensible

270
je veux dire quand j’ai des gens autour de moi qui vont aux repêches pour du droit alors
que moi le droit il faut que ça passe vite pour que je continue après, je comprends que je
passe pour une barjo, ils ont pas envie de me plaindre quoi, moi quand j’en ai marre et
que je dis que ça me gonfle, quand je suis avec mes copines de droit et que je suis obligée
de m’intéresser à l’Espagnol, personne n’a envie de me plaindre autour de moi, parce
que je suis toujours dans mes cahiers et je les embête quoi...

Interviewer : je comprends… et le soutien familial il est de quel ordre ?

Florie : comment ça ?

Interviewer : c’est un soutien moral c’est ça ?

Florie : c’est moral, mais c’est aussi sur tout ce qui va autour, j’habite chez mes
parents donc je suis pas obligée de faire le repas, quand je vais pas très bien je suis pas
toute seule donc ça va mieux, et puis ils comprennent ce que je fais ce que j’ai envie de
faire où j’ai envie d’aller, donc essentiellement moral, après, ils viennent pas regarder les
films de [??? réalisateur Latino Américain] avec moi ou des trucs comme ça [sourire]…
mais j’ai besoin d’être soutenue et de me dire que ce que je fais ça en vaut la peine, parce
que bon voilà quand on a 21 ans on a aussi envie de finir les cours le 7 mai, d’aller à la
plage en juin, plutôt que s’enfermer dans une médiathèque et, et de lire des bouquins
d’avoir le nez dans les bouquins…

Interviewer : d’accord… par rapport au cours vous prenez plaisir à lire les
cours ?

Florie : ah oui oui, sinon, sinon je continuerais pas… en fait je me dis souvent que,
quand je suis arrivée à la fin de ma terminale j’arrivais pas à trouver ma voie, et en fait le
fait de faire ces deux licences ça me permet de pas lâcher l’Espagnol, j’ai vécu en
Amérique Latine quand j’étais plus jeune, et c’est vrai que continuer à apprendre sur ces
civilisations et j’habite au Pays Basque donc l’Espagne, c’est à côté de chez moi, et ça me
permet d’avoir ce côté culturel, qui passe par l’Art, la Civilisation, la Littérature, ce côté
culture que j’ai pas en droit, c’est très, très droit quoi, j’arrivais pas à me projeter que
dans une licence d’Espagnol parce que j’avais pas envie de me fermer des portes, à me
dire je serai enseignante ou traductrice, parce que bon… mais oui oui je prends
énormément de plaisir à lire mes cours, à continuer à m’enrichir sur la civilisation, j’ai
toujours bien aimé faire de la traduction, donc ça me coûte pas en fait, ça me coûte plus
sur la durée… la durée et sur la quantité de travail aussi, parce que par exemple la
linguistique je pense que je pourrais m’en passer, ça me passionne pas forcément, mais
c’est une licence qui est complète, ça me fait plaisir de continuer à apprendre tout ça, je
prends énormément de plaisir à, aussi à aller à la médiathèque, à me forcer quelque part
de continuer à apprendre sur cette culture qui m’est chère… mais voilà, c’est vraiment
un cursus qui me convient parce qu’il est très complet…

Interviewer : d’accord… ah oui une chose que j’ai oublié de vous demander,
vous aviez accès à un calendrier des différentes étapes de cours, tout ça ?
271
Florie : on a un calendrier en fait toutes les semaines, en fait si on veut assister au
cours même en formation à distance on peut le faire… parce qu’on a sur la semaine tous
les cours en amphi, nous on est pas inscrit en TD, nous on est dans les dispensés, donc
tous les cours d’amphithéâtre ils apparaissent et si on veut y aller il y a la salle le
professeur référent, le nombre d’heures, etc. tout ça on l’a semaine après semaine… donc
si on veut on peut assister aux cours en amphithéâtre on n’est pas du tout exclus…

Interviewer : d’accord… est-ce qu’il y a eu des moments où malgré votre


motivation où ça vous a traversé l’esprit d’arrêter la formation ?

Florie : Oh oui [sourire]… déjà rien que quand je me suis inscrite, quand je me suis
inscrite en deuxième année, j’étais persuadée de pas l’avoir, franchement, je me suis
inscrite pour que ma première année soit validée en me disant j’aurais toujours cette
première année j’ai pas envie d’avoir perdu un an en Hypokhâgne j’aurais toujours cette
première année de fac validée et je pensais vraiment ne faire que du droit… parce que
mon premier semestre de droit s’est très très bien passé, donc je savais que mon année
de droit était pas en danger, parce que je pense qu’il fallait que j’ai 5,6 en droit pour que
ça se complète, et je me suis dit je tente le tout pour le tout et j’essaye d’avoir ma
deuxième année d’Espagnol… donc là j’ai pris tous mes cours du premier semestre tous
mes cours du deuxième semestre, j’ai travaillé comme une forcenée au deuxième
semestre, c’est décalé entre Bordeaux et Bayonne donc pendant ma période de révision
de droit je suis montée à Bordeaux pour passer quatre épreuves, je suis revenue j’ai
passé mes épreuves de droit et après je suis repartie en juin pour passer tout ce que
j’avais pas passé, mais voilà c’était très long l’année dernière, j’avoue qu’à plusieurs
reprises je me suis dit « mais qu’est-ce que je fais… pourquoi je me fais aussi mal c’est
intéressant mais je pourrais aussi bien lire les cours et m’en contenter », sauf que, voilà
la force du diplôme, aussi me dire que pour les Master je ferai peut-être la différence en
ayant deux licences, mais cette année encore, et puis quand les gens autour de moi me
disent « mais pourquoi tu fais ça… mais pourquoi tu te fais autant de mal… » à part ma
famille tout le monde me dit « quel besoin tu as d’aller te faire mal d’aller passer autant
d’épreuves, de rester autant d’heures à travailler », ben au bout d’un moment moi aussi
j’y crois [sourire] et je me dis « pourquoi je fais ça », mais bon au final… voilà j’ai besoin
d’objectifs pour avancer, et là je l’ai trouvé parce que je sais vers quel Master je veux
aspirer, et j’ai trouvé un peu ma voie en me disant que je veux faire du droit en restant
en relation avec l’Espagne l’Amérique Latine donc je sais que je veux aller au bout de ma
licence, après y’a plein de moments où j’aimerais arrêter, finir en mai, c’est quand même
beaucoup plus simple…

Interviewer : oui… ce qui fait que vous n’arrêtez pas c’est vraiment le désir
d’avoir cette licence, de vous cultiver, de…

Florie : oui, ce qui fait que j’arrête pas c’est vraiment ça, c’est vraiment de me dire
que je vais pas m’arrêter en cours de route, que maintenant il me reste plus que 7
épreuves et que l’année prochaine je vais tout faire pour les avoir, je vais tout faire pour

272
essayer d’avoir une mention, et que j’aurais pas passé deux ans sans mois de juin ou avec
un mois de juin très studieux pour arrêter en cours de route, et j’ai toujours ce désir
aussi de continuer à apprendre, et de pas lâcher l’Espagnol, en fait j’ai un peu de mal à
m’imaginer dans quelque chose qui soit pas en relation avec la culture Espagnol avec la
culture Amérique Latine, mais voilà comme je vous disais, faire qu’une licence
d’Espagnol ça m’aurait conduit à faire quelque chose de très restreint et j’étais pas prête
en sortant d’Hypokhâgne à me lancer dans quelque chose d’aussi restreint… et je veux
pas lâcher l’Espagnol mais en même temps j’ai choisi quelque chose de compliqué
[sourire]… je suis en troisième année je vais pas m’arrêter là, je vais tenir bon et je vais
m’accrocher…

Questionnaire :

Elément Donner une importance Verbatims éventuels


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 8
Se sentir autonome 2
Prendre plaisir à étudier 9
Se sentir en confiance avec 0
au moins un enseignant ou
tuteur (ex : savoir qu’il
répondra à un message
envoyé)
Se sentir en confiance avec 5
les autres étudiants
Se sentir appartenir à un 6
groupe (avec les autres
étudiants), qu’il y ait un
esprit de groupe
Se sentir entouré par les 7
autres étudiants ou les
enseignants (ne pas se
sentir seul, isolé)
Se sentir entouré par ses 8
proches
Sentiment de quiétude 3 Je ne suis jamais trop
(absence d’anxiété) sereine…
Quand je suis plus sereine
je me dis plus facilement
« je vais arrêter »… c’est
plus quand je me sens en
danger que je me dis là il
faut vraiment que je me
bouge pour l’avoir…

273
Se sentir respecté, reconnu 8 Si j’avais eu des retours je
par les enseignants pense que ça m’aurait
encouragée sur certaines
matières, je pense que
j’aurais eu des messages
sur de grosses matières je
me serais plus investie
encore… parce qu’on a
besoin d’être reconnu par
un prof qu’on apprécie par
exemple, le fait de dire
« j’aime cette matière,
j’aime l’étudier, j’aime faire
des recherches à côté, mais
je respecte aussi beaucoup
le professeur et j’ai envie
presque de lui renvoyer
une bonne image de son
cours », je pense que ça
peut être important aussi,
et à l’inverse, on a envie de
renvoyer une bonne image
à un professeur qu’on
apprécie, on a envie de lui
dire « voilà vous avez fait
du bon boulot, je me suis
vraiment éclatée » je donne
de ma personne et je fais du
mieux pour qu’il soit
satisfait, pas forcément de
moi parce que moi il me
connait pas, mais satisfait
de ce qu’ils ont transmis…
là vu que y’en a pas eu…
Se sentir estimé par les 2 Je les connais pas je les vois
enseignants (être apprécié) pas et en général j’ai pas
besoin de ça… c’est plus par
rapport à moi je vais me
dire, est-ce que je suis
contente de ce que j’ai fait,
est-ce que je trouve que je
l’ai mérité, je vais pouvoir
m’en vouloir ou être
contente de moi de mon
travail, par contre qu’un
professeur soit content de
moi… surtout les
professeurs que je vois
jamais…

274
Qu’il y ait des 7 Je pense que ça peut être
regroupements (une ou important, si Bordeaux était
deux journées à moins loin je pense que je
l’université) me déplacerai, j’essayerai
du moins de mettre des
visages un peu sur ma
licence, donc je pense que
c’est important qu’il y ait
des regroupements… le fait
d’en avoir parlé aussi avec
les autres ils ont apprécié,
ils apprécient aussi
d’arriver à une épreuve et
que quelqu’un me dise « la
prof qui va arriver si on a
elle elle est vraiment
géniale, elle met à l’aise »
ou justement au contraire,
je trouve que c’est
important aussi de savoir à
qui on va avoir à faire avant
d’arriver pour les oraux…

Interviewer : si c’était formation était à refaire, est-ce que vous changeriez


quelque chose ?

Florie : oui, tous les ans je me dis que je vais me mettre à travailler plus tôt…
[sourire] voilà… après peut-être que j’essayerai aussi de plus communiquer, parce que
c’est vrai que c’est important, en général je me réveille un peu tard, au deuxième
semestre parce que tout va très vite, c’est fou comme ça va vite, donc je me mettrais à
travailler plus tôt, et communiquer avec les autres étudiants parce qu’il y a un véritable
retour et avec les professeurs aussi j’ai rien à perdre, à part me prendre un vent j’ai rien
à perdre… y’a pas ma photo sur le mail [rires] ils vont pas m’attendre au coin d’une rue,
ça va…

Interviewer : d’accord… et lorsque vous aurez fini ça s’il y a quelque chose


qui vous intéresse même dans plusieurs années, est-ce que vous reprendriez une
formation à distance ?

Florie : oui je pense que c’est possible… je pense que c’est une belle invention aussi
que de pouvoir permettre à des gens qui ont pas la possibilité d’assister à des cours
d’être présents constamment, moi quand je parlais avec des gens qui étaient en train de
travailler ou qui sont en congé maternité et qui font une formation à distance, même les
retraités je trouve ça génial, je trouve ça vraiment génialissime que de me retrouver à
côté d’une femme qui a plus de 60 ans et qui me dit « je fais ça pour le plaisir »… je pense
que je prends suffisamment de plaisir à étudier mes cours, et à m’enrichir et à étudier ce

275
genre de sujet pour reprendre, oui je trouve que c’est vraiment quelque chose qui a été
bien pensé…

276
19. Heather

Interviewer : pour commencer, est-ce que vous aviez déjà suivi d’autres
formations à distance ?

Heather : oui, oui… à l’Université de Nice pour un DEUG de sciences économiques


gestion… j’avais abandonné parce que c’était pas mon truc…

Interviewer : là vous êtes en licence de socio c’est ça ?

Heather : oui, comment vous le savez ?

Interviewer : j’avais fait une enquête il y a quelques temps et vous aviez


répondu

Heather : ah oui d’accord, oui je m’en souviens

Discussion hors-sujet

Interviewer : voilà voilà… et là cette licence de socio, qu’est-ce qui vous avait
amenée à la suivre ?

Heather : ohlala… [sourire]… pourquoi la formation pourquoi la sociologie…


pourquoi la formation parce que, au niveau professionnel je pensais que, avec les 20 ans
qu’il me reste à travailler, 20 ans minimum je pensais que ça valait la peine encore
d’investir du temps dans une formation, et puis la sociologie en fait, c’était pas la
sociologie j’ai commencé par l’anthropologie mais on est obligé de faire un cursus
général les deux ans et puis finalement je pense que je vais continuer sur la socio parce
que ça me plaît beaucoup… l’anthropologie je sais pas, j’ai un petit laissé tomber… et au
départ, c’était par pur intérêt personnel, enfin ça dépend c’est toujours un mélange de
plusieurs choses, en fait c’est pas, c’est pas pour un souci professionnel que je l’ai fait,
maintenant je m’en souviens c’est par intérêt purement personnel, j’étais arrivée à un
moment où je me disais bon, mon fils venait d’avoir le bac donc on parlait de sa propre
orientation pour des études, et puis je lui disais « fais donc anthropologie c’est
vachement intéressant » et puis il me disait « mais non maman ça je veux pas le faire »
[sourire] et bon de fil en aiguille je me suis dit si lui veut pas le faire moi je vais le faire,
ça a commencé comme ça…

Interviewer : d’accord… d’accord et vous l’avez faite à distance parce que


vous pouvez pas vous déplacer sur les lieux de l’université ?

Heather : ben je vis en Allemagne, je vis au nord de l’Allemagne et je me voyais pas


faire une formation universitaire en Allemagne, parce que j’ai aussi un emploi à temps
plein ça n’aurait pas été possible et comme j’avais eu déjà l’expérience de formation à
distance j’ai repris, voilà…

277
Interviewer : très bien… est-ce que vous avez échangé avec les autres
personnes durant la formation

Heather : oui

Interviewer : par exemple les enseignants les autres étudiants

Heather : alors, les enseignants, vraiment, d’échanges je peux pas parler


d’échanges, parce que c’est trop, y’a trop peu de contact, ça passe surtout par les devoirs
qu’on rend les notes qu’on reçoit, les résultats d’examens, j’en avais rencontré quelques
uns parce que j’avais fait le regroupement au mois de, mois de janvier février je sais plus,
et là j’avais eu… l’opportunité de rencontrer quelques professeurs mais bon ça dure
quoi, 5 minutes c’est un peu, pour moi c’est pas un échange, et puis par contre avec
d’autres étudiants oui j’ai noué contact, et avec une petite jeune on est resté en contact
quand on a passé les examens de mai et puis depuis voilà…

Interviewer : d’accord, d’accord… et pour ce qui est des enseignants, est-ce


que ça vous manque justement le fait que le contact soit un peu distant ?

Heather : oui ça m’a manqué surtout… ça m’a manqué au printemps… entre le…
attendez… ça m’a manqué, quand… au moment des premiers devoirs… quand l’année a
commence, qu’il y a eu les premiers travaux à rendre, là j’ai un petit peu pataugé et
j’aurais souhaité avoir un contact plus facile avec les profs, je me souviens de grosses
difficultés que j’ai eu avec les statistiques que j’ai encore d’ailleurs mais depuis je me
suis dépatouillée toute seule et là j’aurais bien aimé avoir quand même, un professeur
qui m’épaule parce que, bon on m’avait conseillé le bureau des étudiants enfin Madame
XXX pour la nommer m’avait conseillé de contacter d’abord le tuteur… le tuteur d’abord
n’a pas répondu, ensuite il a répondu un truc super vague, ou du type « adressez-vous au
prof », le prof était pas disponible, donc j’ai galéré toute seule, ce qui fait qu’au premier
semestre mes statistiques je les ai pas travaillées, et j’ai eu beaucoup beaucoup de mal…
pour le reste bon c’était du travail personnel, mais bon j’ai regretté un petit peu que les
profs ne soient pas tout à fait dispo, ils sont absents… ils sont absents même parfois aux
regroupements… donc ça je trouve ça… plus problématique parce que bon les étudiants
viennent de France et de Navarre, et puis c’est la surprise, un professeur n’est pas là…
par exemple le professeur de statistiques… donc ça aurait pour moi une belle occasion
de le rencontrer, même si on échange quelques mots de, de retrouver une motivation,
l’impression d’un appui quoi, c’est tout…

Interviewer : et oui d’accord… alors justement vous parlez de retrouver une


motivation, vous l’aviez perdue à un moment ?

Heather : oui, avec la fatigue, les masses de travail à faire, alors attendez… moi j’ai
un petit carnet de bord…

Elle attrape et feuillette son carnet de bord, que le doctorant peut grossièrement
distinguer sur la vidéo Skype.

278
Heather : ça a dû être cet hiver quand y’a eu la masse de travail… et puis aussi
professionnellement beaucoup de travail aussi, donc là bon un coup de fatigue, pour me
motiver pfff… oui c’était quoi la question déjà ?

Interviewer : oui, justement, retrouver une motivation, euh, est-ce que vous
avez eu à plusieurs reprises envie d’arrêter la formation ?

Heather : ah… la motivation, non j’ai jamais, cette année, j’ai jamais pensé
abandonner… je réfléchis un petit peu parce que y’a des moments… disons que pour moi
c’était la question plutôt est-ce que je fais la formation par plaisir parce que bon pour
moi c’est un plaisir la sociologie, ou est-ce que je fais sérieusement avec le diplôme à la
clé… et… bon j’ai pas mal d’activités par ailleurs mais pour la sociologie je me suis dit
« non je peux pas faire les choses à moitié si je le fais faut que je le fasse
complètement »… c’est-à-dire avec les examens avec le travail avec les devoirs à rendre,
y’avait pas de… je m’étais pas donnée le choix…

Interviewer : d’accord… quoi qu’il arrivait vous alliez continuer de toute


manière jusqu’au bout ?

Heather : voilà voilà à moins d’une grosse fatigue, d’un gros pépin, comment dire…
enfin… une chose au travail un événement au travail qui m’empêche de travailler pour
mes études mais non vraiment j’ai jamais pensé abandonner…

Interviewer : d’accord… et pour revenir sur le contact avec les enseignants,


est-ce qu’ils vous semblaient accessibles, est-ce qu’il vous est arrivé d’envoyer un
mail et de pas avoir de réponse par exemple ?

Heather : oui, oui, ou… d’attendre très longtemps une réponse, ou même d’avoir
rendu un devoir et puis au bout d’un moment, justement dans une période où la fatigue
se faisait sentir où je savais pas trop comment dire, à l’intérieur de la matière je savais
pas trop comment m’orienter comment était mon niveau si je travaillais assez ou pas,
j’aurais aimé ou j’aurais besoin là d’une note, d’un, au moins d’un, plus qu’une note, un…
un… comment on appelle ça…

Interviewer : un commentaire

Heather : un commentaire sur mon travail donc pour savoir où j’en suis puisque,
je… je savais plus trop… donc ça ça m’a manqué, par contre, j’ai fait aussi d’autres
expériences avec d’autres professeurs qui répondaient très vite, même le week-end, ce
qui m’a beaucoup étonnée, et… qui étaient disponibles, patients, et… mais bon je l’ai vécu
comme plutôt exceptionnel…

Interviewer : d’accord… et alors je reviens sur cette histoire excusez-moi je


reviens encore [sourire]

Heather : oui oui allez-y

279
Interviewer : je reviens sur retrouver la motivation, qu’est-ce qui vous fait
retrouver cette motivation quand elle est un peu en berne ?

Heather : ah, alors c’est mon petit carnet de bord… et puis… alors j’ai plein de
choses là vous allez pas le voir, mais j’ai, si rien ne va plus, contre le manque de
concentration pour mémoriser, contre la fatigue pour la motivation pour organiser le
travail… donc j’ai mis des dates et à chaque fois je retrouve mes petits commentaires qui
sont là pour me redonner la pêche…

Interviewer : d’accord

Heather : alors on va regarder pour la motivation, j’ai la date du 15.06…

Elle feuillette son carnet de bord

C’était même l’année dernière puisque je suis redoublante… alors 15.06… non c’est
pas possible… 11.06… voilà… alors… ah oui, ah si quand même y’a des moments qui sont
durs… je me lève tôt le matin pour apprendre, et, donc là je disais « je lutte pour ne pas
abandonner »… et là je me demandais en fait s’il fallait pas que je fasse une pause au
moins de 24 heures, d’abandonner les études, pour 24 heures…

Interviewer : ah oui d’accord, se reposer reprendre de l’énergie

Heather : voilà… donc en fait se motiver ça veut dire aussi savoir organiser, bien
reconnaître quand j’ai besoin de me reposer, quand je sens la fatigue en général ça va de
pair la motivation diminue… donc… je fais attention aussi à mon rythme de travail…

Feuillette son carnet de bord

ensuite le 11.07… c’est marrant je vois pas pourquoi ça pourrait me motiver mais…
alors… j’ai des coups de colère aussi… c’est quand même assez compliqué y’a des
matières, des professeurs, des bouquins très compliqués et… là j’ai vraiment souffert…
j’ai… « petite perte de temps pour la relecture » [elle lit son carnet de bord], en fait me
motiver par un travail régulier… « contre la fatigue si rien ne va plus » j’ai mis voilà faire
une pause lâcher prise, pour la motivation le 16.06… non je vois pas d’autre, là c’était…
pour me motiver sinon j’ai mon petit carnet sur lequel je note les impressions et puis je
le feuillette, je reviens, je, c’est un petit peu… une façon de… de prendre un peu de
distance par rapport aux études et de réfléchir sur les étapes de travail, sur ma façon de
travailler…

Interviewer : d’accord… d’accord d’accord, je fais une petite aparté, c’est très
intéressant ce carnet de bord, je l’ai déjà vu utilisé dans un même principe dans
des, des, disons des instituts de formation, et juste par curiosité, est-ce que c’est
vous-même qui avez fait ça oui de vous-même ou est-ce que vous avez appris
quelque part ?

280
Heather : oui, non de moi-même, j’adore les cahiers, donc j’en ai plein à la maison
et j’en ai pour toutes sortes de choses, et j’en ai fait un pour les études, spécialement
pour les études, et je l’ai toujours à côté de moi, et alors c’est rigolo parce que c’est
devenu un objet fétiche, je l’ai toujours sur la table, même si de temps en temps j’écris
pas dedans, rien que le fait de l’avoir à-côté de moi ça me rassure, c’est mon nounours
quoi… [sourire]

Interviewer : ah oui d’accord, c’est intéressant…

Heather : oui oui

Interviewer : bien, et alors par rapport à cette motivation, les baisses vous
c’est plutôt dû à la fatigue ou est-ce qu’il y a d’autres facteurs ?

Heather : … euh… ah, oui… alors… ça aurait pu mais je me suis accrochée… j’ai eu
une fois un commentaire assez sec sur un travail que j’avais rendu, bon c’était au moins
de novembre… y’avait eu 3 4 travaux à rendre, et puis, y’en a un bon je m’étais dit, plutôt
que de ne rien rendre je préfère rendre, une ébauche de travail… et le prof m’a cassée,
complètement… j’ai dû lui répondre je lui ai dit que ça aurait pu me décourager mais que
non pas du tout, je vais continuer à m’accrocher, et que voilà quoi [sourire] j’avais été
assez… j’avais reçu… il m’avait dit, évidemment, mieux emballé que ça, mais il m’avait dit
« votre travail c’est de la merde » quoi… et… bon je lui avais répondu que j’avais été sans
illusion sur la qualité de mon travail, mais que son commentaire aurait pu me
décourager, et puis je me défendais un petit peu contre ça, je me disais « mince on est
des adultes on fait des efforts on a une vie professionnelle, certains ont une vie encore
familiale, on s’accroche on donne ce qu’on peut et puis voilà, voilà le, les commentaires
qu’on a » bon, mon travail n’était pas bon, oui, d’accord, mais c’était pas une raison pour
me casse comme ça quoi… donc je l’avais pris assez personnellement… et puis sinon…
pffff… ce qui est un peu démotivant, je le comprends aussi, par rapport aux profs, c’est, à
cette journée de regroupement j’avais la panique dans les yeux parce qu’il fallait faire un
travail pratique, sur une enquête, sur le comportement amoureux des jeunes de 18 à 24
ans, et alors bon moi j’ai jamais fait ça de ma vie, et alors je vois le prof et je lui dis
« monsieur comment il faut que je m’y prenne », alors bon il me dit « vous faites-ci, vous
faites ça » puis sur ce ton là un petit peu [ton très neutre, presque froid], « puis après
vous passez à autre chose et puis vous terminez comme-ci comme-ça voilà, au revoir
madame »… bon… et… [rires]… évidemment, c’était quand j’ai lu après le cahier, enfin le
petit dossier qu’on avait reçu, je me suis dit « oui quand même t’as été nouille »,
évidemment c’est clair maintenant pourquoi il a répondu comme il a répondu, c’était
tout noté déjà dans les… les documents donnés par l’université… bon mais d’un côté
c’était pour me rassurer moi, d’avoir l’impression que si c’était faisable, je m’en faisais
une montagne, bon c’est du travail mais c’était pas si, c’était la mer à boire quoi… et puis
qu’est-ce qu’il y a eu d’autre… par contre une rencontre tout à fait, qui m’a fait beaucoup
beaucoup de bien c’était avec un professeur, on a aussi, j’avais eu une note au mois de
novembre médiocre, en-dessous de la moyenne, je m’étais quand même accrochée parce

281
que y’a pas de raison et puis j’aime ça en plus la sociologie, donc pour… c’était quand…
non non… y’avait eu deux travaux je crois de rendus, un au moins de novembre qui avait
pas bien marché, et au moment de, en janvier il nous a rendu comment dire le devoir
pour le premier semestre, et… il m’avait dit.. j’avais eu une super bonne note, alors là ce
jour-là c’était comme si j’avais bu une caisse de champagne [sourire], et puis… il m’avait
dit « oui alors normalement je regarde pas les notes mais là quand même j’étais curieux
parce que votre nom me disait quelque chose » et puis il me dit « j’étais drôlement
content parce que j’ai vu que vous avez tenu compte de mes commentaires et vous avez
fait un bon travail » donc j’étais aux anges, et ça ça a été évidemment un facteur
motivant, ça a été un facteur motivant, c’était clair… et puis je trouvais aux
regroupements ça m’a fait beaucoup de bien dans la formation précédente je l’avais pas
fait, j’étais allée au regroupement, et le fait de voir les profs de connaître l’université, de
voir où c’est, de rencontrer d’autres gens, d’être dans le bain finalement, ça fait du bien
aussi, voilà… d’être en contact après avec les autres…

Interviewer : d’accord… et avec les autres étudiants aussi ?

Heather : oui, oui oui… et puis c’est sympa après, chacun parle un petit peu de sa
vie, de ses études, comment il s’organise avec la vie professionnelle… quelle est sa
matière préférée, ce qu’il a bossé, enfin bon ce sont des échanges, bon y’en a qui ne vont
pas au-delà des rencontres sur le campus au moment des examens ou du regroupement,
mais y’en a qui vont au-delà, enfin et puis c’est le développement aussi d’une amitié
parfois donc c’est sympa quoi…

Interviewer : d’accord… donc ça pareil c’est encourageant pour continuer,

Heather : oui oui oui et puis bon si par exemple si, avec une, avec une jeune fille,
avec laquelle je suis en contact, enfin en contact régulier, bon des fois je sens qu’elle a
des petits coups de fatigue, alors je lui dis « allez vas-y » enfin pour elle et pour moi
« vas-y c’est jouable on va encore investir du temps on va finir ci et ça » elle me dit « oui
alors je travaille là-dessus et je vais terminer ça après je passerai à autre chose à telle
autre matière » comme ça on se donne la pêche l’une l’autre, voilà, ça permet aussi de
surmonter des petits moments de… de faiblesse…

Interviewer : d’accord… d’accord d’accord… et si vous n’aviez pas ce contact


avec les autres étudiants ou cette jeune fille, ça serait plus dur ou ça changerait
finalement pas grand-chose ou…

Heather : hmmm… ben disons que comme… comme c’est quelqu’un que j’estime et
que j’aime bien, ça manquerait, mais au niveau des etudes… je suis quelqu’un en fait de
très solitaire donc… je sais pas, je peux imaginer maintenant que ça serait plus dur…
mais je suis bien dans mes bouquins…

Interviewer : d’accord… alors justement vous parliez tout à l’heure du


commentaire un peu sec que vous avait fait un enseignant, vous aviez dit « peut-

282
être que ça aurait pu me faire basculer », qu’est-ce qui fait que vous avez continué
à vous accrocher ?

Heather : mmmh… euh… j’ai très mauvaise mémoire pour les mauvais moments,
donc je peux pas vous dire… euh… qu’est-ce qui fait que je m’accroche… c’est qu’en fait
j’ai un plaisir fou à lire la sociologie à travailler dessus, bon sauf quand ça devient un
travail à faire un travail à rendre des examens, là le plaisir, non j’ai pas de plaisir au
moment des examens… mais de lire un bouquin et des fois y’a des choses tellement fines
y’a des choses tellement drôles aussi, et puis ça donne toujours à réfléchir et puis au lieu
de se préoccuper toujours de son petit, son petit nombril on voit des problèmes de
société, on voit, je sais pas comment vous dire, ça fait, j’ai l’impression d’être en relation,
plus en relation avec, plus connectée au monde d’aujourd’hui, à la société d’aujourd’hui,
parce que j’ai l’impression que jour après jour, page après page, je comprends un petit
peu mieux ce qui se passe… donc ça c’est ma nourriture…

Interviewer : oui je comprends… et, est-ce que vous avez utilisé des outils de
communication sur la plateforme, le forum des choses comme ça

Heather : ah le forum, alors… euh… y’avait eu des échanges de mail… y’avait eu


mais bon ça me gonflait, parce que c’était à 2 3 jours de rendre des travaux, c’était du
style quelqu’un peut-il m’aider me donner la réponse de telle ou telle chose, bon c’est
bien gentil, oui qu’on s’entraide d’accord, mais ça me paraissait pas sérieux quoi… donc
ça m’a pas tellement intéressée, y’a eu un moment un forum, je pense que c’était l’année
dernière ça, bon je vous ai dit je redouble la deuxième année, je suis rentrée directement
en deuxième année et je redoublais, donc l’année dernière sur le forum… oui y’avait le
forum qui s’appelait Durkheim… et bien je m’y suis connectée mais j’ai pas été
convaincue, je sais pas… et puis bon, je sais pas, en général je suis pas trop Internet pas
trop réseau social pas trop ces machins-là donc non moi j’aime bien avoir un contact
personnel, c’est-à-dire j’aime bien connaître les personnes, j’aime bien savoir pouvoir
évaluer aussi quel est le sérieux derrière le travail, par exemple avec la jeune fille avec
laquelle je suis en contact je sais qu’elle s’accroche qu’elle bosse qu’elle, donc bon c’est…
pour moi c’est j’ai l’impression qu’on a la même façon d’envisager les études, le même
sérieux donc je suis plus prête aussi à communiquer… ou à investir dans cette relation,
mais sinon pour des choses comme ça qui n’ont pas de suite, non… non comment dire, la
plateforme m’avait pas emballée…

Interviewer : mmh-mmh… c’est ce que vous voulez dire quand vous disiez
que vous vouliez des contacts plus faciles avec les enseignants ?

Heather : alors… contact plus facile… avec les enseignants… là je dois dire que je
manque un petit peu d’imagination… parce qu’à part les journées de regroupements je
vois pas comment ça pourrait se passer, euh… vu déjà qu’ils ne répondent pas
forcément, rapidement aux emails, ou que certains ne répondent pas du tout, je me
demande si, avec un autre outil, les choses seraient différentes… je sais pas… et c’est vrai
qu’avec la distance et puis je présume les tonnes de travail qu’ils ont, bon ben c’est pas

283
facile en plus de ça de gérer les étudiants à distance… d’un autre côté, bon… si je reste à
ma place et si je reste de mon point de vue, et par rapport à l’expérience antérieure avec
la science économie gestion, peut-être que si j’avais eu plus de contact avec les
professeurs j’aurais compris peut-être plus vite que c’était pas mon truc, ou je me serais
accrochée je sais pas, oui ça aurait été certainement différent… euh… mais là je vois pas,
non…

Interviewer : quand vous dites que c’est pas votre truc, vous voulez parler de
la distance ?

Heather : non je parle d’Internet, des réseaux des trucs comme ça

Interviewer : oui vous préférez le contact où on se voit

Heather : oui, oui oui…

Interviewer : d’accord ok… et alors à part ça, vous travaillez de chez vous
généralement ?

Heather : oui

Interviewer : et c’est un environnement calme, enfin bien pour travailler ?

Heather : oui, bon et puis… et puis… oui parce que je vis seule, bon la seule chose
qui me dérange c’est quand c’est désordonné chez moi j’arrive plus à me concentrer,
c’est la seule chose, sinon mon fils est grand, il est pas toujours là, et puis même quand il
était là l’année dernière encore, bon ben je me lève le matin de bonne heure et puis je
travaille quand la maison est calme, enfin la maison je vis en immeuble, quand tout est
calme, la ville est calme, l’appartement est calme, donc c’est le moment où je travaille…

Interviewer : d’accord… et alors que ce soit votre fils ou d’autres personnes


est-ce qu’il y a des gens qui ont participé à votre formation de quelque manière
que ce soit, pas forcément sur les contenus mais en soutien, soutien moral,
affectif ?

Heather : ah ça… alors j’ai une très très bonne amie qui a toujours une oreille pour
moi… qui m’a dit au moment où je pataugeais un petit peu au début pour les premiers
travaux pratiques, qui me disait « ben si tu veux je te propose mon aide »… et puis
finalement bon je l’ai pas acceptée je me suis débrouillé toute seule enfin je l’ai acceptée,
mais je m’en suis pas servi, et puis par contre j’ai des copines… où les relations étaient
un peu plus tendues, parce qu’elles ne comprenaient pas que j’étais moins disponibles,
que non la fête non je boirais pas 5 verres de mousseux un soir parce que le lendemain
matin fallait que je travaille [sourire] que j’avais pas envie d’avoir mal à la tête des
choses comme ça, elles me disaient « mais comment tu vis là, allez faut aller danser faut
aller dehors, faut aller faire des trucs », je dis « mais attendez, oui d’accord mais ça46

46 Elle parle ici de ses études en sociologie.

284
j’aime bien le faire et je le fais parce que j’ai décidé de le faire et puis voilà quoi », non
c’était un peu dur, alors les copines c’est pas toujours motivant…

Interviewer : ah oui d’accord…

Heather : bon la famille mes parents comprennent pas toujours, du style « mais
pourquoi tu te fais chier » [rires], enfin bon ils ont un petit peu peur que je fatigue trop…
euh… donc oui bon… c’est un petit peu… enfin je suis une solitaire… voilà et… mais bon
je suis pas malheureuse…

Interviewer : d’accord… oui donc même si on vous propose 6 verres de


mousseux et que vous les refusez [sourire] ça entame pas du tout votre
détermination pour aller au terme de votre formation

Heather : [sourire] ben oui, des fois y’a des choix à faire…

Interviewer : et oui… d’accord… et, j’avais un peu la même question, est-ce


qu’avec des collègues c’est pareil vous en avez parlé au travail ?

Heather : j’en ai parlé à certains collègues, pas à tous… et j’en ai pas parlé à ma
hiérarchie…

Interviewer : d’accord… et là pareil, est-ce qu’il y a des encouragements ou ça


ne change pas grand-chose finalement ?

Heather : euh… des encouragements, si, si si… ou du moins… les gens sont
curieux… des fois ils posent des questions… ils disent alors bon et puis moi je dis moi la
semaine prochaine je serai pas là parce que je serai à l’examen et après ils me
demandent alors ça s’est passé comment, mmh… mais j’en… j’en parle si on me
demande… sinon je m’étale pas trop là-dessus… euh… oui je… je sais pas… ma vie
professionnelle c’est pour moi c’est ce qu’il faut faire, je m’étale pas beaucoup sur ma vie
privée…

Interviewer : d’accord… et globalement pour reprendre tout ça, les éventuels


soutiens ou au contraire les non soutiens, des proches et collègues de travail, s’ils
n’étaient pas là, s’ils ne vous soutenaient pas, pour vous ça changerait rien comme
vous dites vous êtes une solitaire vous continueriez quoi qu’il arrive ?

Heather : euh… oui je crois… je crois… oui…

Interviewer : d’accord… et globalement, tout au long de la formation vous


étiez plutôt à l’aise, plutôt anxieuse ?

Heather : oui alors… globalement… la formation en soi, en general, c’est plutôt


pour moi une grosse source de satisfaction, bon y’a des fois où c’est difficile, l’hiver
quand il fait noir quand il fait froid et je me lève très très tôt le matin, c’est un peu dur…
mais… quand j’ouvre mes bouquins et que je trouve une belle phrase, et que je trouve

285
que j’ai un livre et je me dis ça se lit comme un roman, comme un roman noir ou comme
une histoire, ben c’est quand même, c’est un enrichissement, et puis y’a des phrases qui
font rire ou des phrases qui donnent à réfléchir, bon c’est un plaisir solitaire, mais bon
c’est… voilà c’est comme ça…

Interviewer : d’accord…

Questionnaire :

Elément Donner une importance Verbatims éventuels


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 10 A mon avis c’est
indispensable
Se sentir autonome 8 Pour la formation à
distance c’est aussi très
important
Prendre plaisir à étudier 10
Se sentir en confiance avec 8
au moins un enseignant ou
tuteur (ex : savoir qu’il
répondra à un message
envoyé)
Se sentir en confiance avec 7 Sans c’est possible aussi,
les autres étudiants avec c’est sympa…
Se sentir appartenir à un 4 Non pour moi non c’est pas
groupe (avec les autres important
étudiants), qu’il y ait un
esprit de groupe
Se sentir entouré par les 6 C’est certainement
autres étudiants ou les important mais pas
enseignants (ne pas se indispensable, puisque mon
sentir seul, isolé) expérience c’est peu de
contact et je m’accroche
quand même… ce serait
souhaite que ça soit plus
mais…
Se sentir entouré par ses 8 Si c’est important…
proches théorique je sais que c’est
important… si dans la
famille c’est pas accepté, ça
peut pas marcher, ça serait
trop d’ennui…

286
Sentiment de quiétude 9 Ah oui et de façon générale
(absence d’anxiété) dans la vie aussi, depuis le
mois de janvier je fais un
quart d’heure de
méditation presque tous les
jours… et justement aussi
pour des raisons
professionnelles mais aussi
pour les études…
Se sentir respecté, reconnu 7 Théoriquement important,
par les enseignants pratiquement… mmh…
comment répondre à ça, ça
serait important oui bien
sûr…
Dans la pratique il a bien
fallu faire sans, enfin ça
dépend des profs… c’est
encourageant quand on voit
comme le cas que je vous
citais quand on voit qu’un
prof remarque un travail
supplémentaire qu’on a fait
pour avoir de meilleurs
résultats, c’est vrai que c’est
hyper motivant…
Se sentir estimé par les 5 C’est du luxe hein… non
enseignants (être apprécié) pour moi c’est pas
important… non… c’est
difficile à dire… c’est vrai
que… je voudrais rendre un
bon travail, fournir un
travail de qualité, et pour ça
gagner le respect de mes
profs mais bon c’est pas…
c’est pas un facteur de
motivation…
Qu’il y ait des Une chance énorme… c’est
regroupements (une ou très important, je l’ai
deux journées à compris, j’aurais dû y aller
l’université) déjà l’année dernière
j’aurais dû le comprendre
plus vite…

Interviewer : pour vous concrètement les regroupements ça vous a servi à quoi ?

Heather : de donner corps à cette formation sinon très virtuelle enfin très virtuelle
très à distance, c’est lui donner une proximité, lui donner une chair…

Interviewer : d’accord… et donner corps, qu’est-ce que ça vous apporte ?

287
Heather : euh… ben c’est… c’est… être là tout d’un coup euh… être catapultée de ce
que je connais d’habitude, du monde du travail, de la vie familiale, et tout d’un coup me
dire « ben oui je suis en université » et de voir que c’est en fait une chance énorme et un
grand plaisir et de voir que c’est réel, qu’il y a des gens qu’il y a des immeubles, qu’il y a
tout un équipement pour, pour cette formation, et que je suis pas toute seule sur mon
vélo la tête dans le guidon…

Interviewer : d’accord… si vous deviez revivre cette année de formation, est-


ce que vous changeriez certaines choses ?

Heather : euh… oui… oui mais ça je crois que c’est, oui, oui oui je changerais mes
méthodes de travail, je changerais ma gestion du temps, des choses comme ça… oui, oui
oui mais ça je pense que ça va rester tout au long de la formation…

Interviewer : d’accord… nous avons terminé, mais j’ai encore une dernière
question sur votre, sur votre carnet de bord, si ce n’est pas indiscret, en fait
dedans vous mettez tout ce que vous ressentez, ce que vous

Heather : ça peut être plein de choses… ça peut être l’organisation du travail, c’est-
à-dire qu’à un moment je fais le point de tout ce qu’il y a à faire… là c’est un tableau avec
plusieurs colonnes, avec toutes les matières que j’avais, et puis selon les dates, le
nombre d’heures que j’ai passé à travailler… donc ça c’est hyper important parce que
c’est mon suivi c’est ma régularité, et… enfin je vais vous dire des choses très
personnelles… mon animal préféré c’est l’escargot [sourire] parce qu’il avance
doucement, mais il avance tout le temps, donc… c’est ça c’est mon petit chemin
d’escargot, journée après journée, ça peut être la gestion du temps, ça peut être une
réflexion sur un thème particulier… ça peut être par exemple le constat que j’investis
beaucoup de temps dans une matière mais que rien n’est resté en tête, et c’est de
constater… la nécessité de travailler autrement… donc y’a plein de pistes, y’a plein de
choses là-dedans, bon y’a des états d’âme mais c’est pas forcément, que pour des états
d’âme, c’est aussi un instrument qui m’aide pour ma réflexion dans des pour les
différentes, pour les différentes matières…

Interviewer : d’accord… c’est une vraie mine d’or [sourire]

Heather : pour moi oui… et alors bien souvent je remarque y’a des trous parce que
je le fais pas tous les jours, et en fait les trous c’est toujours un moment critique où je
travaille moins, où je fléchis, et donc le feuilleter des fois ça m’aide à reprendre le
rythme, c’est… parce que c’est vrai que y’a plein de références dedans, et sinon j’ai
d’autres cahiers aussi, j’adore les cahiers, ça c’est pour mes matières pour mes travaux
pratiques, où j’ai tout dedans, mais là par contre y’a aucun état d’âme, ce sont des notes,
même si je pense en faisant la vaisselle à une certaine chose pour mon devoir je vais le
noter je vais le consigner dedans…

[suite hors sujet]

288
20. Inès

Interviewer : est-ce que vous êtes allée au terme de votre formation ?

Inès : oui, je suis allée aux examens mais pas à tous, mais oui j’ai fait ce que j’ai pu…
je me suis présentée à ce que j’avais travaillé…

Interviewer : la suite vous allez faire l’année prochaine ?

Inès : ben non je suis dans un cas très particulier, je pense que je vais pas me
réinscrire à Bordeaux, moi je travaille à l’étranger, là cette année ça a été très, bon voilà
j’ai pu m’organiser pour venir passer les examens mais là cette année c’est pas du tout
possible… je suis prof à l’étranger donc c’est vraiment les périodes d’examen pour nous,
ça va bien une année si je fais pas passer le BAC, mais moi c’est mes collègues qui le font
[sourire] ils se prennent tous des élèves en plus ils veulent bien mais pas tous les ans
quoi, ça va pas du tout être possible… mais je vais faire autre chose en fait, parce que
c’est un petit peu… mais j’ai passé les examens que je voulais passer, sur lesquels j’étais
prête… certaines UE que j’avais travaillé, les UE sur lesquelles j’étais prête…

Interviewer : D’accord… Alors, pour commencer, quand vous avez fait cette
formation c’était dans quel but ?

Inès : je suis professeur de Lettres Modernes, je suis certifiée et en fait dans l’idée
je voudrais me reconvertir c’est un petit peu l’idée en Lettres Classiques… donc c’était
bien pour moi d’avoir d’abord la licence pour me remettre à niveau, avant de passer un
CAPES interne ou une agrégation… c’est pas urgent c’est dans l’idée en fait…

Interviewer : d’accord, oui donc vous vouliez travailler certaines matières


mais pas forcément après avoir le diplôme ?

Inès : oui, enfin si ça aurait été mieux, le problème qu’il y a eu après mais qui relève
pas de la formation à distance, c’est qu’en fait moi j’étais un peu naïve peut-être, ils
m’ont vraiment donné aucune équivalence, aucune, bon c’est comme ça bon pour moi
c’est pas compliqué de repasser, mais c’est du travail c’est du temps, j’ai repassé l’ancien
Français j’ai repassé toutes les UE, ils m’ont donné rien, c’est-à-dire que moi voilà j’ai, j’ai
pas perdu du temps, mais j’ai passé du temps à faire des choses qui étaient loin derrière
moi en fait… parce qu’ils m’ont rien accordé…

Interviewer : d’accord, oui vous auriez voulu qu’il y ait certaines matières
enlevées parce que vous avez déjà le diplôme de

Inès : ouais, honnêtement, y’a pas de souci mais en littérature, tout ce qui est
grammaire, moi j’avais imaginé vaguement que je sois pas conduite à refaire tout ça, et
comme en fait ça m’a pris beaucoup de temps, j’ai eu un emploi du temps compliqué
cette année, je m’y suis mise un peu tard et du coup j’ai fait ce que j’ai pu… du coup j’ai
repassé la littérature l’ancien français le français moderne et tout ce qui est latin, et

289
c’était déjà du travail, je m’y suis mise qu’en janvier février enfin bref c’était un peu
compliqué…

Interviewer : d’accord… est-ce que vous aviez déjà fait une formation à
distance avant ?

Inès : non non moi j’étais en présence mais ça faisait très longtemps, j’ai une
licence de 96… en lettres modernes…

Interviewer : [???]

Inès : non non on m’a mis directement en L3 quand même…

Interviewer : donc c’était votre première fois à distance ?

Inès : euh ouais non je m’étais inscrite une année mais en fait j’avais rien fait du
tout, parce que… je suis rentrée en fait c’est au moment où j’ai enseigné en Guyane après
je suis revenue à Bordeaux, et à Bordeaux j’avais déjà ce projet là je me suis inscrite à
l’université mais j’avais un poste très compliqué donc c’était, j’avais trop de travail
c’était pas possible, j’ai rien fait, j’ai rien fait du tout…

Interviewer : d’accord… donc cette année, vous l’avez faite à distance parce
que vous travaillez et l’étranger ?

Inès : oui, oui

Interviewer : par rapport à cette année de formation, est-ce que vous vous
sentiez capable de réussir à distance ?... ou vous saviez pas trop

Inès : non je savais pas trop parce que je savais, je savais que ça serait compliqué,
parce que je savais que j’avais un emploi du temps flottant cette année, ce qui est pas
très agréable, au début de l’année j’ai eu énormément d’heures à faire donc c’était très
lourd… et après, j’en avais beaucoup moins mais ça changeait tout le temps… j’en avais
moins au début de l’année mais je savais que ça serait très compliqué… et en plus je
savais que pour moi en Lettres Classiques, ce qui était compliqué la vraie matière
compliquée c’était le Grec parce que j’en avais pas fait depuis longtemps et j’ai pas des
bases solides, et voilà ça c’est mon échec je m’y suis pas remise convenablement mais ça
c’est la faute de personne, c’est ma faute, j’ai vraiment galéré, j’ai cru que je m’en
sortirais pas, quand j’ai vu qu’il y avait autant de choses à faire je me suis dit que je me
concentrerai sur ce que je pouvais réussir, c’était certainement pas du tout en plus un
bon calcul parce que j’avais pas compris le fonctionnement des UE, on m’avait jamais
expliqué, c’est la faute de personne non plus mais en fait à l’intérieur de chaque unité
d’enseignement, en Lettres Classiques, y’a, en langue en littérature y’a le Latin et le Grec,
moi j’avais décidé bêtement de passer que le Latin, mais du coup ça annule toute l’UE,
donc même ce que j’ai ça n’a aucune importance puisque de toute façon ça saute… c’est
pas un acquis…

290
Interviewer : d’accord… oui effectivement les UE s’il y a une partie qu’on ne
fait pas il faut tout repasser

Inès : ben c’est pas un souci en fait mais moi je savais pas, après peut-être l’erreur
aussi dès le départ, dès l’inscription enfin… à distance en fait on va jamais à l’université,
et en fait moi si j’avais rencontré ne serait-ce que quelqu’un je pense qu’on me l’aurait
dit très vite… c’était un projet vraiment stupide de faire comme ça… sauf qu’en fait on
n’en a pas conscience parce qu’en fait c’est pas expliqué, y’a pas de plaquette explicative
sur les examens sur des choses comme ça, après tant pis pour moi c’est pas très grave…

Interviewer : du coup vous avez commencé un peu dans le flou ?

Inès : ben non je pensais pas que ça soit flou mais en fait je l’ai découvert là en
venant passer les examens… c’était pas flou du tout moi pour moi c’était bien mon idée
je me suis dit « voilà il va me manquer trois notes en Grec à la limite je les passerai
l’année suivante », en fait là ça annule presque toute la licence quoi… dans mon cas ça
n’a aucune importance, tant pis pour moi…

Interviewer : d’accord… est-ce que vous avez eu des contacts avec les
enseignants ?

Inès :oui

Interviewer : des contacts par mail j’imagine ?

Inès : ouais

Interviewer : d’accord, c’était… c’est vous qui les sollicitiez ?

Inès : oui… oui, mais là c’est très contrasté, y’a eu des réponses enfin des contacts
impeccables superbes parfaits très encourageants, nickels et à l’inverse, à l’inverse moi
c’est aussi mon souci j’ai pas eu de réponse sur un point sur lequel je suis pas du tout
contente, c’est qu’en fait… dans la licence de Lettres Classiques mais comme
apparemment dans la maquette de toutes les licences y’a une UE professionnelle en
fait… et bon naïvement au départ je pensais que mais bon j’étais très naïve je serais
éventuellement dispensée de ce genre de choses sachant que j’étais salariée et
enseignante depuis 15 ans… bon alors le fait est qu’on m’a répondu non, ce que je peux
concevoir, mais peu importe et on m’a dit « faut faire un mémoire professionnel de 30
pages »… ça c’était la réponse du responsable de la licence, il m’a dit « mais le
responsable s’appelle monsieur XXX faut voir avec lui »… alors pour moi un mémoire
professionnelle de 30 pages très franchement, je sais pas ce que c’est, un mémoire
professionnel faut juste qu’on m’explique un peu le contenu ce qu’il faut que je fasse…
moi c’est un monsieur auquel j’ai écrit 4 fois, j’ai écrit à sa secrétaire, qui m’a dit très
gentiment qu’elle était sûre qu’il avait lu mon mail, il m’a absolument jamais répondu
donc ça c’était entre octobre et janvier février, bon au bout d’un moment moi j’ai écrit un
mail par mois pendant 4 mois je m’arrête… et en plus je suis pas du tout contente parce

291
que cette UE là comme j’étais à la fac pour passer les examens je suis juste passée la
secrétaire qui avait très sympathique avec moi lui dire « je sais pas si vous vous rappelez
on avait communiqué voilà monsieur XXX m’a jamais répondu mais bon c’est pas votre
faute », et elle me dit « mais c’est incroyable ce que vous me dites je suis très surprise
parce que les UE comme ça des gens salariés on les dispense » je lui dis « mais moi c’est
bizarre moi on m’a dit non en début d’année », elle me dit « mais c’est pas possible je
suis en train de rentrer des dispenses, aujourd’hui même j’en rentre vous voyez »… alors
bon je me suis re-renseignée si en fait j’aurais dû être dispensée mais ce que je veux dire
c’est qu’en fait personne maîtrise les informations, ça n’a pas d’importance moi dans
mon cas particulier ça n’est vraiment pas important parce que moi c’est des études
même avec un retour en arrière mais c’est quand même une confusion et tout se résout
quand on y va, et pas tant que ça par mail, en tout cas moi c’est mon sentiment… les
mémoires professionnels je veux bien en faire mais moi ça évoque rien pour moi… est-
ce que c’est un CV amélioré grossi est-ce que c’est un point de mon travail que je
développe, est-ce que c’est, je sais pas franchement alors je veux bien faire n’importe
quoi mais bon, je ne sais pas, on m’a jamais répondu…

Interviewer : et alors du fait de ne pas avoir de réponse vous avez laissé


tomber cette partie là ?

Inès : oui oui j’ai laissé tomber, j’ai pas, mais bon je savais de toute façon que ma
licence serait pas complète dès le départ il était pas question que je la finisse cette
année, c’était pas possible, à partir du moment où je m’y suis mise très tard c’était pas
possible…

Interviewer : d’accord… ok… et avec les autres enseignants, vous avez eu


quelques réponses ?

Inès : oui, des gens très gentils ça s’est bien passé mais c’était pas sur des
problèmes administratifs, après on renvoie une copie on demande des choses ça s’est
très bien passé, très courtois, très encourageants, très chouette…

Interviewer : d’accord… quand vous dites très encourageants c’est-à-dire ?

Inès : très encourageants, qui disent que, qui encouragent, qui donnent des mots
positifs, qui donnent des guides intéressants…

Interviewer : d’accord… ok… et justement est-ce que ça vous aurait manqué


si au contraire vous n’aviez pas eu de

Inès : oui quand même, oui oui non ça a joué parce que ça, oui oui…

Interviewer : ça a joué ?

Inès : ça a joué positivement, parce que sinon c’est vrai que bon, après y’a plein de
choses compliquées, le bureau virtuel il est ce qu’il est, moi j’ai pas aimé certaines fois
les réponses de la secrétaire, le bureau virtuel moi je suis quand même prof on en manie,

292
je découvre pas ça à la fac de Bordeaux, à la fac de Bordeaux honnêtement c’est une
confusion c’est quand même la folie hein, sur le site de la fac moi je veux bien, on
m’envoie pas le lien j’ai cherché une heure on m’envoie pas le lien moi au bout d’une
heure j’arrête, je vais pas y passer plus de temps… je vais pas écrire d’un air agressif aux
gens pour leur dire que j’ai passé une heure à chercher un truc que j’ai pas trouvé,
mais… je suis pas plus sotte que les autres, et je pense quand même que c’est
compliqué…

Interviewer : et là vous avez essayé de contacter quelqu’un ?

Inès : non, non non, je me suis dépatouillée, j’y ai passé du temps, des fois j’y suis
arrivée, des fois honnêtement non tant pis j’ai arrêté…

Interviewer : c’était pour quel, le bureau virtuel ça sert à prendre les cours
les exercices c’est ça ?

Inès : ouais mais c’était pas que pour ça, c’était aussi pour des renseignements sur
cette UE professionnelle on m’a dit « y’a des informations sur le bureau virtuel », je sais
pas où elles sont si j’ai pas données bien précises je sais pas… et des choses comme ça
quoi, et sûrement, mais après on peut pas faire que des reproches, mais j’aurais apprécié
que ça soit marqué qu’à l’intérieur d’une UE il n’y a pas de compensation entre les deux
matières, que ça soit dit clairement très vite parce que j’aurais pas eu l’idée de faire
comme ça sinon et c’est vrai que moi je l’ai pas lu après c’est peut-être de ma faute, c’est
des choses en tout cas qui auraient été bon que je sache avant parce que je me serais pas
organisée comme ça…

Interviewer : d’accord… ok… et vous avez participé aux forums ?

Inès : non, de toute façon en Lettres Classiques 3ème année y’avait vraiment pas de
participants… j’ai vu que c’était à zéro…

Interviewer : ah oui avez les autres étudiants vous n’avez pas du tout

Inès : pas du tout

Interviewer : d’accord… et ça pareil, est-ce que ça vous a manqué ?

Inès : non… moi non, enfin je pense que non mais moi c’est particulier parce qu’en
fait à part le Latin et le Grec tout le reste j’avais déjà fait quelque part donc y’a rien de,
enfin j’étais pas perdue, je pense que j’aurais eu besoin vraiment, parce que y’a des cours
à distance qui le méritent vraiment, mais bon après, non j’étais pas perdue,
honnêtement, parce que c’était pas non plus enfin le contenu était pas non plus…

Interviewer : d’accord… et vous, la dynamique de groupe avec les autres


étudiants c’est pas quelque chose qui vous a manqué à distance ?

293
Inès : non, non… mais je pense que vraiment moi c’est particulier, je faisais une
formation que je maîtrisais déjà dans 80% des contenus en fait, donc bon… voilà je
savais à peu près à quoi m’attendre, sinon je pense que ça aurait été très bien, mais ça
m’a pas manqué… mais en licence de Lettres Classiques y’a très peu d’élèves, le forum
était pas dynamique donc je me suis pas lancée là-dedans…

Interviewer : d’accord ok… alors pour finir avec les enseignants, y’en a un qui
répondait pas, les autres qui répondaient, globalement est-ce qu’ils vous ont
semblé accessibles ?

Inès : oui, oui pour presque tous, sauf pour un et c’était pas le moindre quand
même… voilà moi c’est vraiment, les autres après c’était plus sur des points de détail…
voilà c’était pas mais bon sur ce point là, à mon avis il m’a pas répondu parce que c’était
un point administratif et quelque part il savait pas, et le problème c’est qu’il aurait dû me
rediriger, mais ils savent même pas vers qui diriger, et c’est comme ça que ça se perd un
petit peu… je veux dire en présence ça se passe comme ça en fait pour avoir une
information, on nous envoie de bureau en bureau et finalement au bout d’un moment on
finit par avoir une information, mais par mail finalement ça se passe pas si bien, on nous
redirige pas, je pense qu’il savait pas lui-même et voilà…

Interviewer : d’accord… et alors je vous ai déjà demandé je crois tout à


l’heure, il n’y a aucun enseignant ou tuteur qui a envoyé un message de lui-même ?

Inès : si y’en a un vers le début de l’année que j’ai lu très tardivement le


responsable de la licence, il m’a demandé au mois de novembre si ça se passait bien, où
j’en étais tout ça, c’était bien c’était sympa…

Interviewer : c’était sympa c’est-à-dire ?

Inès : ben c’était sympa de penser à moi, ils ont d’autres choses à penser, moi je
m’étais pas manifestée, c’était sympa, moi j’ai trouvé ça sympa de s’intéresser aux
étudiants qui se taisent, c’est quand même pas on peut quand même les oublier moi j’ai
trouvé ça sympa… et encourageant…

Interviewer : encourageant

Inès : mmh mmh47

Interviewer : d’accord… alors… j’allais vous demander est-ce que vous


prenez du plaisir à étudier

Inès : oui oui oui, ça a été y’avait pas de souci

Interviewer : à part le Grec [sourire]

47 approbation

294
Inès : ouais mais non enfin il faut que je passe un cap en Grec, mais ça c’est moi
c’est pas, c’est pas que je prends pas de plaisir, c’est que j’ai oublié mes bases y’a un cap
à passer mais après ça va bien, là je l’ai passé [sourire]

Interviewer : d’accord ok… vous travaillez de chez vous ?

Inès : oui tout le temps

Interviewer : et c’est un environnement qui est favorable calme pour


travailler

Inès : oui oui oui, mais ce qui me manque parce que je travaille à l’étranger c’est
des livres, une bibliothèque quand même… mais bon pour la licence ça va, c’est pas non
plus…

Interviewer : et oui d’accord, là vous faites comment ?

Inès : ben j’emprunte pas j’ai fait le minimum j’ai lu le minimum du programme j’ai
fonctionné avec mes souvenirs, donc voilà c’était pas, j’ai pas vraiment travaillé, j’ai pas
fait un vrai travail… bon après nous on est à l’étranger, on a un CDI48 qui est assez
complet y’a des choses, c’est pas du tout une bibliothèque universitaire c’est pas non
plus à zéro quand même… c’est entre les deux…

Interviewer : ok… et est-ce qu’il y a des gens de votre famille des amis etc. qui
vous ont encouragée dans votre formation ?

Inès : y’a une oui, y’a une prof une collègue en Lettres Classiques qui m’a beaucoup
aidée, qui a une super bibliothèque aussi, ouais ouais qui est très enthousiaste, ça s’est
bien passé, ma famille tout ça ils s’en fichent un peu… pour moi c’est surtout une remise
à niveau c’est pas non plus un projet, là la licence évidemment elle est pas finie mais j’en
ai pas vraiment besoin…

Interviewer : oui d’accord, c’est-à-dire le soutien familial ça vous manque pas


pour

Inès : pas du tout

Interviewer : et le soutien de votre amie c’est moral ?

Inès : la prof de lettres classiques ?

Interviewer : oui

Inès : Elle m’a aidée aussi au niveau contenu, sur des, quand j’avais des problèmes
elle m’a aidée, elle m’a donné son avis, elle m’a relue, elle m’a bien aidée…

48 Centre de Documentation et d’Information

295
Interviewer : et là pareil ça vous aurait manqué si vous n’aviez pas eu son
soutien ?

Inès : oh ben oui ça m’a bien aidée quand même, bien sûr, ça c’était les seules
disciplines où c’était bien pour moi d’avoir de l’aide sur le contenu quand même… oui
c’était bien, c’était très bien…

Interviewer : d’accord… et est-ce, tout au long de la formation vous étiez


plutôt anxieuse à l’aise ?

Inès : mmh… non j’étais plutôt anxieuse pour l’organisation, j’étais pas du tout à
l’aise parce que, parce que la formation elle-même est assez anxiogène, y’a plein de
choses qui restent sans réponse, quand on commence à s’y pencher vraiment, en fait
travailler les cours du bureau virtuel ça c’est pas très compliqué à la limite mais faut voir
le nombre d’UE dans lesquelles on n’a même pas d’exemple et de modèle d’examen, on
sait même pas ce qu’on va avoir, donc c’est anxiogène, et encore moi ce sont des études
que j’ai faites donc… bon je pense pas être complètement surprise, on sait même pas à
quoi va ressembler l’examen, on découvre au fil d’un mail d’un prof envoyé à tout le
monde ah tiens pour la littérature pour le semestre 1 c’est une dissertation pour le
semestre 2 un commentaire, pour nous c’est pas un détail c’est vraiment important, et
on le découvre comme ça au fil d’un mail mais j’étais contente de le savoir parce que
sinon c’est marqué nulle part, ce sont des informations de tout premier ordre qui sont
distillées, alors qu’elles devraient être mises en avant, et données dans des endroits
qu’on n’attend pas forcément, enfin c’est pas, ça relève pas du mail ça, pas du mail
comme ça, ça relève de la plaquette d’information très claire, à l’examen deux points tac
tac tac, voilà ça suffit, donc c’est de la perte de temps et des inquiétudes par rapport à
certaines choses comme ça, non je pense qu’en enseignement à distance je pense pas
qu’on puisse arriver tranquille aux examens, surtout moi j’ai passé que les examens de
rattrapage au mois de juin parce que bon étant à l’étranger je pouvais pas m’organiser
autrement, les examens de rattrapage je savais absolument pas à quoi ça allait
ressembler… alors le plus poussé c’est en langue, moi ça m’a amusée et puis les profs
étaient hyper sympas, j’ai un examen de littérature en plus ils étaient très sympas, mais
je m’étais bien dit qu’on n’avait pas de cours de littérature, les cours de littérature ils
portent sur un roman d’un Chilien, mais jamais moi ça n’est marqué qu’il est au
programme ce livre dans mon cours… moi je vis en Colombie c’est très facile pour moi
d’aller acheter un livre, y’a que des des bibliothèques espagnoles des librairies
espagnoles et puis ça m’intéresse y’a pas de souci, mais moi je l’ai jamais vu ce titre,
jamais dans aucun cours y’a marqué au programme de littérature deux points tel auteur
tel livre… bon donc il m’a interrogée sur un extrait, c’était amusant, alors c’est pas
catastrophique parce qu’évidemment, mais quand même c’est moyen… alors ça va parce
que le prof est super sympa et on discute, la technique la méthode ça va il fait comme si
tout allait bien il met une bonne note tout le monde est content, mais c’est quand même
dommage, moi ça m’aurait intéressée de le lire, comme tous les étudiants en fait…

296
Interviewer : et là effectivement vous ne pouviez pas deviner, vous ne
pouviez pas envoyer un mail puisque vous ne saviez pas

Inès : et j’avais aucune raison de le faire, y’avait des cours en Espagnol donc ça me
semblait tout à fait correct, en plus les cours sont très sympas, super sympa très bien,
parfaitement clairs, variés, très bonne méthode, très intéressants, très bien donc je me
suis pas fait de souci sur le reste… j’ai vu là aux convocations que y’avait un oral de
littérature un oral de langue mais bon… c’est sur place que j’ai découvert tout ça en fait…
voilà mais c’est pas… après les profs sont sympas… on masque… ils m’ont fait passer,
m’ont dit « c’est pas grave », mais bon c’est grave quand même… voilà [sourire]…

Interviewer : d’accord ok… est-ce qu’à plusieurs reprises dans la formation


est-ce que vous avez pensé arrêter quelquefois ?

Inès : arrêter… non pas vraiment, parce que je sais que c’est un projet qui prendra
du temps que je ferai après comme je pourrai, que je ferais autrement, non arrêter non…
non j’ai pas pensé arrêter…

Interviewer : d’accord…

Questionnaire :

Elément Donner une importance Verbatims éventuels


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 10 C’est très important
Se sentir autonome 10 C’est très très important
aussi
Prendre plaisir à étudier 8
Se sentir en confiance avec 8 C’est moins important mais
au moins un enseignant ou ça reste très important
tuteur (ex : savoir qu’il
répondra à un message
envoyé)
Se sentir en confiance avec 2 Pour moi ça n’a aucune
les autres étudiants importance
Se sentir appartenir à un 2 Pour cette formation là
groupe (avec les autres c’était pas important mais
étudiants), qu’il y ait un ça serait fort pour une
esprit de groupe formation pour laquelle je
serais remise en question
au niveau des
connaissances… vu les
circonstances…

297
Se sentir entouré par les 5 On sait qu’on est seul à la
autres étudiants ou les fac, on le sait, c’est un
enseignants (ne pas se postulat…
sentir seul, isolé) *aparté (cf. page suivante)
Se sentir entouré par ses 5 Moyen moi c’était pas sur
proches ça la motivation
Sentiment de quiétude 5 Très moyennement, moi j’ai
(absence d’anxiété) toujours été anxieuse
Se sentir respecté, reconnu 3 Non moi ça me dérange pas,
par les enseignants le respect la
reconnaissance, moi je suis
capable de passer outre,
tant pis
Se sentir estimé par les 2 Non j’ai pas besoin du tout,
enseignants (être apprécié) ça n’a aucune importance,
c’est pas important pour
moi
Qu’il y ait des 10 Les regroupements moi
regroupements (une ou j’aurais jamais pu y aller
deux journées à mais ça m’aurait été très
l’université) utile, c’est évident… après
je pense qu’à l’échelle de
l’université c’est compliqué
à organiser, dès qu’ils
poseront une date, ou alors
faudrait faire un Skype à
plusieurs, bon ça sera
jamais parfait, c’est
compliqué, moi on m’aurait
proposé le samedi 30
novembre ç’aurait été
parfait, mais pas un autre
jour, mais ça m’aurait été
très utile si j’avais été là ça
c’est sûr…
Ca aurait été indispensable
même… mais même quand
fin août dès le départ en fait
je regrette beaucoup, moi je
pensais venir m’inscrire et
on m’a dit non à distance il
suffit de tout renvoyer,
donc moi normalement
l’été je suis plutôt enfin à ce
moment là j’étais chez mes
parents en Dordogne
j’aurais pu revenir, et en
fait je suis pas revenue, et
j’aurais dû, j’aurais eu une

298
idée plus claire… je pense
que ça aurait bien que je
revienne en présence
quand même, parce que du
coup je n’ai pas mis les
pieds à la fac de l’année, je
suis arrivée là au 15 juin et
ça c’était pas terrible… mais
bon si j’avais été salariée ici
j’aurais pu, c’est juste parce
que je suis à l’étranger…
*aparté
Interviewer : la solitude dont vous parlez, elle ne vous pèse pas du tout ?

Inès : si ben la solitude ça m’a pesé, si ça m’a pesé, mais je sais que ça fonctionne
comme ça en université française, j’ai pas été surprise, mais si ça me pèse, mais je sais
que c’est comme ça… si on veut être entouré c’est pas la peine de reprendre les études
en université française…

Interviewer : ok… idéalement, qu’est-ce qui aurait pu pour vous réduire cette
solitude ?

Inès : ben en numéro 1 que ça soit beaucoup plus clair au niveau administratif, la
clarté administrative, moi c’est pas sur les contenus mais sur la clarté de la maquette,
qu’il y ait vraiment un référent et pas 18 qui me disent ça et l’autre le contraire, et qu’il y
ait un référent administratif sûr qui donne des informations sur lesquelles il s’engage et
qui ne changent pas… moi c’est ce qui m’aurait aidée… mais au niveau administratif y’a
aucun référent en fait… les secrétaires elles sont extrêmement gentilles et très efficaces
mais elles disent des choses qui se contredisent, elles réfèrent tout le temps à des gens
au-dessus qui soit ne répondent pas, soit ne s’engagent pas, donc voilà… je pense que
c’est un peu en tout cas à Bordeaux 3 c’est un peu le souci, c’est des enseignants
d’université qui eux-mêmes maîtrisent pas la globalité… c’est fait comme ça…

Interviewer : pour vous la solitude c’est au niveau du manque de clarté

Inès : ah oui moi j’ai trouvé ça pas clair du tout

Interviewer : c’est pas tellement le contact

Inès : non pas du tout, moi c’est le manque de clarté au niveau des informations…
mais y’a eu des choses, pour vous dire, nous on a eu les cours du semestre 5 puis après
les cours du semestre 6 au mois de février ça c’est normal, et quand même moi je m’y
suis mise très très tard, et quand même au mois de mai par exemple, j’avais déjà vu les
cours du semestre 6 et j’étais sur les cours du semestre 5 je m’étais dit quand même c’est
bizarre cette licence que je connaissais quand même puisque j’ai fait des études là-
dedans, c’est bizarre y’a pas d’ancien Français c’est bizarre ça aurait disparu etc. je me
dis quand même c’est bizarre… je reviens sur le bureau virtuel sur les cours du semestre

299
5 et, je dis bien le 19 avril en fait, le 19 avril pour le semestre 5 un cours avait été rajouté
en ancien Français effectivement, parce que moi je les avais jamais vus mais ils ont été
rajoutés le 19 avril pour le semestre 5 c’est quand même très moyen, où la professeure
donne quand même une seule page de PDF en donnant l’œuvre de littérature au
programme, soit, ça c’est normal, et après elle marque « morphologie syntaxe de l’ancien
Français vocabulaire » point, sauf que ça veut rien dire du tout, soit y’a un programme
de grammaire, par exemple les possessifs les démonstratifs les ci les là, soit ça veut dire
toute la morphologie toute la syntaxe, il n’y a aucun cours avec… alors moi il se trouve
que ça m’est complètement égal parce que je veux dire des cours d’ancien Français j’en
avais, sous la main, j’ai des souvenirs, moi je pouvais me débrouiller… mais quelqu’un
qui a jamais fait je sais pas comment il s’en sort, je ne sais pas, je sais pas du tout… voilà
j’ai trouvé ça aussi super moyen… super super moyen…

Interviewer : oui, personne n’a prévenu que les cours avaient été rajoutés ?

Inès : non, non non, ça non… mais en plus dans mon cas c’est même un obstacle, ça
n’a posé aucun problème, mais c’est quand même un fonctionnement moyen…

Interviewer : d’accord…

*fin de l’aparté

Interviewer : est-ce que cette formation vous a appris quelque chose sur
vous-même, sur le travail à distance

Inès : non, franchement non… je savais à peu près à quoi m’attendre, mais parce
que c’était cette formation là…

Interviewer : et sur vous-même ?

Inès : non pas dans ce cadre là, mais parce que pour moi c’est un peu un retour en
arrière, donc c’est pas… non… à la limite ou alors des petites choses positives, moi j’étais
très contente de repasser des examens… c’était sympa… rien de particulier sinon…

Interviewer : ah d’accord… est-ce que si cette formation était à refaire, vous


changeriez quelque chose ?

Inès : ben oui… tout de suite… je pense que j’aurais peut-être pas pu tout faire,
mais je n’aurais pas du tout mis de côté le Grec c’était stupide, ça pénalise quand même
deux UE où j’ai eu de très bons résultats en Latin que ça annule complètement parce que
je ne me suis pas présentée au Grec… bon c’est ma faute, tant pis pour moi mais c’est
quand même complètement stupide ce que j’ai fait… y’en a quand même pas beaucoup
d’UE je crois que y’en a 5 j’en ai quand même annulé 2 comme ça c’est énorme en fait…

Interviewer : oui… vous auriez aimé avoir le diplôme ?

300
Inès : non mais j’aurais pu quand même la littérature grecque c’était complètement
idiot que je la laisse de côté ça j’aurais pu quand même faire… c’était pas, c’est la partie
langue qui posait problème, la partie littérature c’était pas, c’était idiot il aurait fallu que
je travaille un peu plus mais j’aurais pu le faire ça, si j’avais eu bien ça en tête je me
serais quand même motivée… donc non je retravaillerais pas du tout de la même
manière… plus stratégiquement…

Interviewer : ok… et est-ce que reprendriez une formation à distance ?

Inès : ben moi je serai sûrement amenée à reprendre une, oui, oui oui bien sûr…

Interviewer : d’accord… pour rappel votre projet c’était de vous remettre à


jour pour passer d’autres diplômes c’est ça ?

Inès : oui ben disons que c’est pas très clair comme projet, soit, en fait tant que
j’enseigne à l’étranger dans le réseau des lycées à l’étranger, moi si je veux enseigner en
Lettres Classiques il en manque énormément une licence aurait suffit en fait… Un CAPES
de Lettres Modernes plus une licence de Lettres Classiques, ça veut dire quand même
que je peux prendre des collégiens en Latin donc ça suffirait, ici non si je rentre en
France je tombe sur le système de mutation en Lettres Modernes, mais en fait à
l’étranger ça aurait suffit mais là elle est pas validée49, donc y’avait cette idée là, ça aurait
été bien quand même que je la valide mais bon tant pis pour moi, et ensuite sinon mais
j’en ai pas vraiment besoin, c’était dans la perspective de passer un CAPES de Lettres
Classiques, voilà… mais ça pose d’autres problèmes, si je passe le CAPES Lettres
Classiques le stage est obligatoirement en France, donc faut que je rentre, c’est un choix
de vie à calculer, là j’ai pas envie de le faire tout de suite… voilà…

Interviewer : d’accord… bon, on a terminé, est-ce que vous voulez ajouter


quelque chose ?

Inès : ben moi je milite je travaille beaucoup [sourire] je les ai déjà un peu saoulé
avec ça le service d’enseignement à distance pour qu’il y ait des, des, des lieux de
passage d’examen à l’étranger… parce que moi j’ai déjà passé d’autres examens avec
l’université de Rouen par exemple, où on organise les centres de passage à l’étranger, et
là à Bordeaux 3 ils le font pas Bordeaux 3 ils le font à Bordeaux 1 mais pas avec
Bordeaux 3, donc je milite un peu parce que c’est pas très compliqué pour eux en réalité
puisqu’ils envoient aux ambassades, c’est les ambassades qui trouvent un moyen de
nous surveiller en respectant le décalage horaire qui s’impose, ils envoient les sujets au
dernier moment par mail, ils les impriment ils nous les donnent ça se passe comme ça
ailleurs, y’a d’autres universités qui le font mais pas Bordeaux 3… souvent ce sont des
universités un peu plus petites j’ai remarqué, Rouen le fait, Dijon le fait, des universités
de taille plus restreintes alors je sais pas si ça joue mais je regrette que Bordeaux 3 ne le
fasse pas… donc j’ai bien laissé l’idée que moi ça m’intéressait beaucoup… c’est un petit
peu paradoxal puisque moi finalement c’est une raison de plus qui fait que c’est plus

49 Elle parle de sa licence

301
facile pour moi de passer un CAPES c’est paradoxal si je m’inscris au CAPES de Lettres
Classiques ça oblige tout le monde à me trouver des surveillants y’a pas de problème,
qu’une licence… donc c’est un peu absurde…

Interviewer : oui je comprends…

Discussion hors-sujet

Inès : j’ai oublié de vous dire… moi j’habite à Bogota… on est bien d’accord, donc
quand j’écris une copie c’est bien sûr tapé et envoyé en pièce jointe, évidemment… et
ben figurez-vous que, vous savez comment on me les renvoie ? On me les imprime ils les
corrigent à la main et ils les renvoient par la poste… temps de retour deux mois et
demi… alors que je veux dire même moi à Bogota les copies de mes 6ème je les corrige en
ligne, une copie envoyée sous Word on les corrige en ligne on la renvoie, moi je
m’attendais pas à ça… mais je leur ai dit « comment vous pouvez avoir l’idée de renvoyer
par La Poste », ça marche pas, c’est outre-Atlantique ça va pas du tout et puis je veux dire
pour un professeur, ça lui coûte rien de corriger en ligne, il a l’écran, il corrige en ligne
en plus des versions de Latins ou des… enfin je veux dire c’est pas très annoté les copies
de littérature, y’a une appréciation générale et voilà il me la corrige il me la renvoie,
j’aurais jamais imaginé qu’on me l’imprime on la corrige à la main on la renvoie par la…
j’ai trouvé ça, je trouve quand même que là… c’est tout ce que je voulais ajouter…

302
21. Thomas

Interviewer : Pour commencer, est-ce que vous aviez déjà suivi d’autres
formations à distance ?

Thomas : non c’est la première fois que j’en faisais une…

Interviewer : d’accord… vous êtes en premier année de licence LLCER Anglais


c’est ça ?

Thomas : je l’ai abandonnée en cours de route, ouais…

Interviewer : ça vous plaisait pas ?

Thomas : non ça me plaisait pas… en fait j’en ai pas besoin pour mon travail je suis
déjà j’ai 34 ans donc y’a longtemps que je travaille et donc, donc j’en avais pas besoin et
c’était juste parce que j’aime l’Anglais et je voulais faire quelque chose mais c’était
beaucoup trop littéraire pour moi… c’était beaucoup trop littéraire donc quand j’ai vu un
petit peu le contenu ça m’a pas emballé plus que ça…

Interviewer : d’accord… vous avez abandonné quand ?

Thomas : j’ai abandonné au bout de deux mois je crois, j’ai fait deux mois au mois
de novembre ou décembre de l’année dernière…

Interviewer : d’accord… vous à la base ce qui vous avait amené à faire cette
formation c’était faire de l’Anglais pratiquer l’Anglais ?

Thomas : voilà exactement… j’ai un bon niveau d’anglais déjà mais je voulais me
perfectionner, surtout discuter apprendre du vocabulaire tout ça mais là c’était vraiment
trop des livres de Shakespeare tout ça enfin bref c’était pas du tout ce que je recherchais,
je m’attendais plutôt à avoir des extraits de journaux des choses comme ça vous voyez
un petit peu plus contemporains, pas… voilà c’est plutôt à cause de ça que j’ai pas
continué…

Interviewer : d’accord… alors justement par rapport à cet arrêt, vous avez
arrêté en voyant les cours, mais est-ce que sur la plaquette que vous aviez vue
avant est-ce que c’était clair que c’était des cours comme ça ?

Thomas : euh… je m’étais pas mal renseigné sur Internet, c’est vrai qu’ils disaient
que c’était assez littéraire mais je m’attendais quand même pas à ce que ce soit aussi
poussé que ça quoi… c’était pas spécialement clair non plus, non non… pas… enfin je
savais que ça allait être littéraire mais je m’attendais pas non plus à ce que ce soit tant
que ça… même la géographie là c’était… pfff… les cours de géographies c’était sur les
roches l’érosion le machin le truc en Anglais enfin vous voyez, c’est pas trop ce que je
recherchais, moi c’était plutôt me perfectionner dans la langue, donc c’est peut-être que
c’était pas une licence qu’il me fallait mais plutôt des cours du soir, vous voyez [sourire]

303
Interviewer : oui je comprends, d’accord…

Thomas : avoir une licence et pas savoir parler Anglais c’est pas terrible [sourire]
c’est quand même de le parler, je sais pas, ça a été un peu trop poussé niveau littérature
pour moi, niveau littéraire, grammaire, pas assez de langue et de vocabulaire…

Interviewer : d’accord ok… et alors, est-ce que vous avez eu le temps peut-
être d’échanger avec les enseignants ?

Thomas : pas vraiment, j’ai posé des questions quand même pas mal, en ligne sur la
page de l’université, j’ai eu des réponses ça c’est vrai, les professeurs me répondaient
y’avait pas de problème…

Interviewer : d’accord, quand vous dites en ligne c’est sur le forum ?

Thomas : oui sur le forum, le forum de l’université…

Interviewer : d’accord, c’était quels types de questions ?

Thomas : ben un petit peu des questions sur les cours… moi j’ai déjà un professeur
d’Anglais je fais des cours du soir déjà, mon prof est Américain ça fait quelques années
que je suis ça et en fait, j’apprends plus l’Anglais Américain que l’Anglais Britannique,
vous savez y’a des différences, enfin bref, et une de mes questions c’était de savoir si je
pouvais utiliser dans mes dans mes réponses dans mes écrits plutôt que l’Anglais
américain, y’a aussi de la phonétique la phonétique américaine et britannique n’ont rien
à voir, et vu que j’apprends l’Anglais américain je voulais savoir si je pouvais me servir
de l’Anglais américain et pas du britannique et on m’a dit « non il faut du Britannique »,
ça me plaisait pas trop non plus, la phonétique Américaine est plus simple que la
Britannique c’est vrai, mais vu que j’ai appris l’Anglais plus qu’Américain, ça a pas été
accepté… ça faisait partie de mes questions…

Interviewer : D’accord… et donc vous avez eu une réponse rapide

Thomas : oui oui oui pas de problème, pas de problème…

Interviewer : et vous avez échangé avec d’autres étudiants aussi ?

Thomas : un petit peu mais vu que j’ai été que deux mois, pas énormément, non
non… ils posaient un peu de questions sur les cours et tout ça, moi j’ai rendu quelques
devoirs, mais plutôt sur ce que j’aimais faire vous voyez parce qu’après je me suis rendu
compte que le reste tout ce qui était littérature tout ça, j’aimais moyennement, j’ai lu les
livres tous les livres qui étaient demandés mais c’était moyen… j’aimais pas trop ça…
j’aurais dû prendre une LEA ou quelque chose comme ça, ça aurait été plus ce que je
recherchais et puis la LEA ne se faisait pas par correspondance à Bordeaux donc j’ai pas
pu la faire…

304
Interviewer : d’accord… donc vous avez rendu des devoirs, vous avez eu un
retour sur ces travaux ?

Thomas : euh oui, j’en ai rendu que deux je crois, en grammaire et phonétique
peut-être…

Interviewer : c’était des retours commentés ?

Thomas : ah oui, oui oui oui ils rendent la feuille avec la correction et une
appréciation du professeur…

Interviewer : d’accord très bien… et vous, vous travaillez depuis chez vous ?

Thomas : oui voilà

Interviewer : et c’était un environnement qui convenait pour le travail

Thomas : oh y’a pas de problème oui oui… ma femme ma fille et elles sont
compréhensives, y’a pas de problème, y’a longtemps que je suis des cours d’Anglais
j’aime bien étudier y’a pas de problème…

Interviewer : et alors justement par rapport à l’arrêt de formation quand


vous avez arrêté est-ce que, c’est peut-être un peu indiscret, est-ce qu’elles vous
ont soutenu pour vous dire « continue »

Thomas : oh non non non c’était juste pour moi, c’est pas… je vous dis c’est pas…
dans le but de changer de métier, c’était juste pour moi pour apprendre l’Anglais c’était
pas quelque chose de très important vous voyez…

Interviewer : oui donc c’était très personnel, pour la formation en soi elles
n’ont pas participé

Thomas : non non

Interviewer : d’accord… et avec les autres étudiants, très peu d’échanges ?

Thomas : oui très peu…

Interviewer : et alors par rapport à cet arrêt de la formation, qu’est-ce qui


aurait pu vous faire continuer, à part les contenus, c’est vraiment que les contenus

Thomas : c’est surtout les contenus oui, ensuite ce qui m’a paru un peu déroutant
c’est qu’on m’a donné tous les cours d’un coup… j’ai tout reçu d’un coup… donc, je savais
pas trop trop par où commencer, j’ai eu toute l’année d’un coup sur le forum, ça fait un
peu bizarre, bon pis y’a pas trop d’explication pour aider l’étudiant, par où commencer,
vu que je fais à distance je sais très bien que j’aurais pas pu faire une année en un an,
c’est plutôt sur deux ans, parce que j’ai pas assez de temps avec mon travail pour faire
une année d’un seul, j’aurais préféré faire des unités séparées ou par crédit je sais pas
comment ça marche… vous voyez par exemple faire au premier semestre juste
305
littérature et phonétique, pas tout d’un coup, là j’ai tout reçu d’un coup, je savais pas par
où commencer, il fallait un petit peu tout faire pour les examens du second semestre,
c’est compliqué quoi…

Interviewer : c’est pas adapté à tout le monde ?

Thomas : voilà, c’est bien pour quelqu’un qui a le temps, mais justement si je le fais
à distance c’est parce que je travaille et que j’ai pas le temps de faire la carrière
complètement, là c’était trop, j’ai eu trop de travail d’un coup, on m’a donné toute
l’année d’un coup c’est impossible je peux pas suivre…

Interviewer : d’accord… et du coup là pareil vous n’avez pas essayé de voir


avec un enseignant ou une personne de l’administration s’il était possible de faire
autrement ?

Thomas : ben j’avais posé la question au départ mais bon apparemment c’est
comme ça… voilà ça m’a choqué un petit peu de devoir passer l’examen sur toutes les
matières, vous voyez c’est un peu, j’avais pas le temps de faire ça, en 4 mois là bosser sur
tout c’est pas possible pour quelqu’un comme moi qui travaille, en plus je suis policier je
suis dans une unité spéciale, je suis souvent appelé en dehors de mon travail, je peux
recevoir des coups de fil, pendant 3 semaines sur 4 je suis de garde, je reçois des coups
de fil assez souvent et je dois me déplacer quoi, avec des changements d’heure des fois le
jour la nuit, donc je voulais faire cette licence pour perfectionner mon Anglais, mais, je
voulais pas tout faire d’un coup comme ça, je voulais faire un tout petit peu plus
doucement, à mon rythme quoi, une licence je l’aurais peut-être faite en 6 ans, pour
perfectionner mon Anglais c’est tout… là j’ai trop d’un coup…

Interviewer : d’accord… vous à titre personnel, cet arrêt de la formation vous


le vivez comment, est-ce que vous le vivez comme un échec ou

Thomas : oh non non non pas du tout, non non, bon j’ai continué je continue mon
Anglais comme je vous ai dit c’était mon but, en cours du soir et tout ça, je suis parti en
vacances un petit peu en Angleterre, je continue à perfectionner, j’ai passé mon CAE c’est
le certificat Advanced de Cambridge donc c’est pas un échec pour moi d’avoir loupé ça,
au contraire, je continue mon Anglais aussi motivé qu’avant, y’a pas de problème, c’est
juste que c’était trop littéraire pour moi et pas assez adapté à ce que je voulais, c’est pas
la faute de l’université c’est la faute de personne, c’est moi c’était pas adapté à ce que
moi je recherchais personnellement c’est tout…

Interviewer : d’accord… juste pour revenir aux enseignants, vous m’avez dit
qu’ils vous avaient répondu, ils vous semblaient présents accessibles ?

Thomas : oui oui oui

Interviewer : et est-ce que quelqu’un est venu vers vous, sans que vous
demandiez, qui est vous a envoyé un mail un enseignant ou un administratif ?

306
Thomas : non jamais…

Interviewer : ça vous a pas spécialement gêné

Thomas : non non non

Interviewer : vous y avez déjà répondu mais est-ce que vous preniez du
plaisir à étudier en formation ?

Thomas : ben certaines matières oui, d’autres pas du tout… la phonétique par
exemple ça me plaisait pas mal mais encore une fois c’était Britannique donc c’était pas
ce que je recherchais, la littérature si c’était juste lire et comprendre c’était pas un
problème mais enfin les questions étaient… c’était pas très très adapté à ce que je
recherchais, c’était beaucoup trop littéraire pour moi, et pas assez axé sur la
compréhension, trop littéraire trop d’exposés de choses comme ça, peut-être que pour
une vraie carrière littéraire pour devenir écrivain ou pour être professeur c’est bien,
mais pour ce que je recherche moi pour vraiment être fluent en Anglais, non je trouve
pas que c’était trop adapté à ce que je recherchais…

Interviewer : d’accord… et tout au long de la formation, vous diriez que vous


étiez plutôt à l’aise ou plutôt anxieux ? du fait de l’arrivée massive de cours ça

Thomas : oui au début ça m’a pris un peu de panique oui, moi les bouquins je les
avais lus un peu à l’avance, à peu près quoi les thèmes et tout ça, j’ai même téléchargé
des podcasts sur Itunes, avec livres audio vous avez la lecture et quelqu’un qui lit pour
vous en même temps c’est vachement bien ça aide à la prononciation, ça aide, c’est
sympa donc je m’étais préparé un petit peu à l’avance mais par contre y’a des trucs qui
m’ont vraiment parus, enfin qui m’intéressaient pas du tout quoi…

Interviewer : d’accord… et du coup entre les premiers cours qui arrivent et le


moment où vous avez totalement arrêté la formation, pris la décision d’arrêter,
est-ce qu’il y a d’autres moments où vous avez hésité justement à arrêter et où
vous avez continué quand même ?

Thomas : euh… non… je pense que j’ai décidé d’arrêter j’ai arrêté d’un coup comme
ça, pendant les deux mois j’ai continué, j’ai… ouais, je vous dis ça me plaisait pas plus que
ça, déjà quand on arrête au bout de deux mois c’est qu’on n’aime pas, sinon j’aurais
continué…

Interviewer : d’accord… je comprends…

307
Questionnaire :

Elément Donner une importance Verbatims éventuels


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 8
Se sentir autonome 8 A distance c’est important il
faut de l’aide aussi des
professeurs…
Quelqu’un qui veut
continuer dans le long
terme, il faut de l’aide au
bout d’un moment c’est un
petit peu obligé, vous en
cours à l’université en
présentiel, vous avez un
professeur vous pouvez
j’imagine, j’imagine, lever la
main et poser une question
de temps en temps ou aller
le voir en fin de cours, à
distance c’est pas possible
de faire ça, c’est un petit
peu plus compliqué, mais je
pense que sur le long terme
il faut avoir des professeurs
qui nous aident, qui
répondent aux questions,
Skype aussi ça serait un bon
système de communiquer,
de créer des groupes de
travail sur Skype pour l’oral
aussi, des trucs comme ça
c’est pas mal…
Prendre plaisir à étudier 10 C’est super important, si on
n’aime pas ce qu’on fait on
continue pas
Se sentir en confiance avec 9
au moins un enseignant ou
tuteur (ex : savoir qu’il
répondra à un message
envoyé)

308
Se sentir en confiance avec 6 Bah à distance… c’est
les autres étudiants important certainement en
présentiel mais à distance,
je connais pas les autres
étudiants je les ai jamais
vus pour moi c’est qu’un
nom marqué sur le forum,
je les côtoie pas quoi, ouais
si on a des questions qu’ils
peuvent nous répondre
c’est bien, mais… enfin je
sais pas…

Se sentir appartenir à un 6 Pas à distance…


groupe (avec les autres Ce que j’aurais bien aimé je
étudiants), qu’il y ait un vous en ai parlé c’est par
esprit de groupe exemple sur Skype un petit
peu d’oral avec un
professeur au milieu, une
heure de temps en temps
de communication, ça
permet de voir les élèves
aussi, ça serait pas mal,
mais ensuite
communication vraiment
avec les autres élèves
quand on est à distance,
non moi ça me manque pas,
pas de problème… Si on a
des questions « ah est-ce
que quelqu’un sait a réussi
ce devoir enfin bref », ouais
c’est pas mal quand on a
des réponses d’autres
étudiants, m’enfin je veux
dire à distance c’est pas ce
qui est le plus important…
Se sentir entouré par les 9
autres étudiants ou les
enseignants (ne pas se
sentir seul, isolé)

309
Se sentir entouré par ses 9 Non enfin bon c’est
proches important, moi je suis en
couple, avec mon travail en
plus les horaires que je fais
tout ça si ma femme ne me
soutient pas ne m’aide pas,
c’est sûr que je vais droit
dans le mur… c’est-à-dire
passer du temps, le temps
libre à la maison si je le
passe à étudier et que j’ai
pas de soutien c’est sûr que
je vais droit à la
catastrophe, ou dans mon
couple ou dans les études,
l’un ou l’autre, c’est
important d’être aidé…
Etre aidé, moralement au
moins qu’elle comprenne
pourquoi je le fais, mes
envies et de me dire « oui
vas-y continue fais ce que
t’as envie »
Sentiment de quiétude 9 C’est important oui…
(absence d’anxiété)
Se sentir respecté, reconnu 9
par les enseignants
Se sentir estimé par les 6 Encore une fois à distance,
enseignants (être apprécié) c’est vachement difficile,
j’imagine qu’ils ont des
centaines d’étudiants à
distance, être apprécié ça
va pas être facile, mais
bon… j’imagine que je suis
un élève de plus et ils m’ont
jamais vu, je pense pas que
ça soit très important…
respecté oui, mais pas plus
que ça…
Qu’il y ait des Moi j’y suis pas allé à cause
regroupements (une ou de la distance mais je
deux journées à trouve que c
l’université) ’est important…
Je me suis déplacé pour les
inscriptions et les examens,
mais sinon j’habite un peu
loin50…

50 Il vit en Andorre.

310
Interviewer : Pour finir, j’ai deux trois petites questions, déjà est-ce que cette
formation vous a appris quelque chose sur la manière de travailler à distance, sur
vous-même, sur… même si ça a duré deux mois…

Thomas : c’est un petit peu court pour m’apprendre quelque chose…

Interviewer : d’accord… et si c’était à refaire est-ce que vous changeriez


quelque chose dans votre manière de faire ?

Thomas : Mmmh non pas dans ma manière de faire, je pense que je suis assez
motivé dans tout ce que j’entreprends, là c’est juste que j’aimais pas ce qui était proposé,
c’est tout, par rapport à moi-même non je pense que si ça avait été approprié, si ça avait
été vraiment quelque chose que j’aimais et qui me serve dans le futur, j’aurais continué
y’a pas de problème, je suis bosseur, je m’accroche y’a pas de problème…

Interviewer : d’accord… et dernière question, oui vous c’est pas la distance


qui vous dérange donc vous reprendriez une formation à distance si elle convenait
à ce que vous cherchez ?

Thomas : oui, oui oui certainement…

311
22. Karène

Interviewer : pour commencer, est-ce que tu as déjà suivi d’autres


formations à distance ?

Karène : non mais moi je suis en formation à distance parce que je suis à Science Po
en parallèle, là j’étais en 3ème année à Science Po et en même temps en 2ème année en
Histoire…

Interviewer : et qu’est-ce qui t’avait amenée à suivre cette formation


d’histoire ?

Karène : et beh j’aime beaucoup l’histoire c’est grâce à l’histoire que je suis rentrée
à Science Po, et donc voilà j’avais toujours voulu faire une formation en Histoire mais
j’osais pas trop, et du coup voilà je me disais que c’était une bonne idée de faire en FAD
en même temps que ma formation à Sciences Po en plus je pouvais avoir une
équivalence pour rentrer directement en L2… j’adore l’histoire… je m’étais dit pourquoi
pas…

Interviewer : d’accord… et tu as fait à distance uniquement parce que tu avais


Sciences Po en même temps

Karène : en même temps oui et je pouvais pas faire les deux en présence

Interviewer : du coup tu te sentais capable de gérer deux en parallèle ?

Karène : au final je l’ai pas géré [sourire] mais de base oui je m’étais dit que c’était
jouable, voilà, j’aurais bien aimé que Sciences Po soit plus arrangeant pour pouvoir
suivre les TD au moins d’histoire mais ils ont pas voulu donc… voilà j’ai fait sans j’ai
abandonné en milieu d’année et de toute façon je pouvais pas y aller vu que j’avais mes
partiels en même temps à Sciences Po donc j’étais forcément d’office aux rattrapages, et
j’y suis pas allée donc, au début j’étais en cours quand même je suivais j’étais en FAD
mais j’allais quand même à certains cours d’amphi, à deux cours d’amphi les autres je
pouvais pas, j’essayais vraiment de m’accrocher…

Interviewer : et justement qu’est-ce qui a fait que tu as choisi d’arrêter ?

Karène : le fait que je connaissais personne en histoire pour me donner les cours, je
pouvais pas assister à tous les cours avec mon emploi du temps, je pouvais assister qu’à
certains cours donc c’était la facilité d’avoir les cours et de pouvoir travailler, c’était pour
avoir les cours surtout…

Interviewer : d’accord… et du coup tu as arrêté la formation vers le premier


semestre

Karène : j’ai été au regroupement ils ont fait un regroupement alors je sais plus
quand c’était j’étais au premier regroupement et déjà je m’étais dit je réviserais comme

312
je savais que je serai aux rattrapages je m’étais dit je réviserai en avril après Sciences Po
etc. et au final je me suis vite rendue compte que ça allait pas être jouable de réviser une
année d’histoire en 3 semaines, enfin voilà, déjà en allant au premier regroupement
j’avais déjà dans l’idée que je validerai pas mon année, mais j’ai quand même été pour
voir ce que c’était…

Interviewer : d’accord… et alors qu’est-ce qui aurait pu t’éviter d’arrêter ?

Karène : je sais pas je trouve qu’on n’est pas trop suivi, je trouve que le bureau
informatique il est pas très moi j’ai rien compris je leur envoyais des mails tout le temps
au début parce que je trouve que c’est pas très fonctionnel, je comprenais pas tout, y’a
pas tous les cours, y’avait un cours histoire ancienne c’était pas en FAD, ça c’est
compliqué aussi quand y’a un cours qui n’est pas en FAD donc celui-là j’essayais d’y aller,
le prof voulait pas apparemment c’est au bon vouloir du prof d’être en FAD ou pas, donc
on avait une matière qui était pas proposée en FAD fallait se débrouiller, bon on nous
envoyait une liste de bouquins, mais c’est quand même pas pareil qu’un cours, donc
celui-là j’y allais souvent au début, je pense que c’était aussi ambitieux de vouloir faire
les deux en même temps, j’étais toute seule je connaissais personne donc pour travailler,
à Sciences Po on travaille beaucoup en groupe, etc. là bosser toute seule des cours voilà…

Interviewer : d’accord… t’aurais aimé travailler avec d’autres étudiants ?

Karène : ouais je pense que ça aide, et peut-être avoir plus de regroupements, avoir
plus de je sais même pas s’il y avait des réunions au début j’en ai pas eu donc du coup on
est un peu… il faut comprendre comment ça marche tout seul, comprendre comment ça
fonctionne, c’est pas inné on sait pas comment ça fonctionne la FAD, pour le projet
personnel étudiant le PPE là je comprenais rien du tout à qu’est-ce que c’était déjà, j’ai
toujours pas compris d’ailleurs ce que c’était [sourire], nous on pouvait le faire aussi
mais c’était pas sûr, même au premier regroupement ils étaient pas d’accord entre eux
pour savoir si on devait enfin c’était un peu micmac, j’étais un peu perdue, ça m’a vite
découragée, et puis comme je savais que c’était pas ma formation voilà moi je le faisais
en double cursus que j’ai pas licence ou pas c’était gênant parce que j’aurais bien voulu
passer le CAPES d’histoire enfin voilà, mais dans ma formation ça m’handicapait pas plus
que ça d’abandonner la L2 quoi…

Interviewer : d’accord… et est-ce que tu as essayé de contacter d’autres


étudiants ?

Karène : ouais au début on parlait comme je comprenais rien [sourire], j’envoyais


des messages sur le forum y’en a qui avaient déjà fait la L1 en FAD, donc ouais au début
ils m’ont pas mal aidée pour m’expliquer certains trucs, comment récupérer des
documents, moi je trouvais rien, vraiment je trouve que leur bureau virtuel est pas du
tout fonctionnel peut-être parce que j’étais habitué à celui de Sciences Po parce que
j’étais un peu perdue, du coup j’ai communiqué sur les forums ils sont peut-être deux à
répondre sur le nombre c’est pareil c’est pas du tout utilisé par les étudiants, donc oui au

313
début un peu et puis après j’ai vite… pareil sur le cours qu’on n’avait pas en FAD on a
essayé de communiquer sur les livres qu’ils avaient acheté pour bosser, et pareil y’en
avait une qui avait proposé de, parce qu’en géo elle nous demandait d’étudier des villes
de prendre genre 8 métropoles et de les étudier à fond, elle voulait se séparer le travail
et comme on était deux ou trois à répondre ben ça a pas pris, c’était pas très dynamique
comme…

Interviewer : d’accord… y’avait aussi un rythme comme ça cassé un peu enfin


c’était

Karène : au début j’allais souvent sur le BV, après là il doit y avoir 50 000 mails
parce que j’ai pas été depuis mais ouais je sais pas c’était un peu, ouais, c’est pas fait
pour moi la formation à distance [rire]…

Interviewer : d’accord ok, et du coup tu disais aussi que tu avais envoyé des
mails au service informatique ou enseignant

Karène : oui

Interviewer : c’était à qui

Karène : franchement je sais pas j’envoyais à tout le monde je me souviens plus


j’envoyais à tout le monde [sourire] je me souviens plus mais j’envoyais à plusieurs
personnes et au responsable du cours souvent donc au responsable des TD parce qu’on
devait aussi récupérer les livrets des TD pour nous aider etc. euh j’ai même demandé au
responsable des TD si je pouvais y aller juste pour y aller même si j’étais pas noté
comme présente mais ça s’est pas fait, qu’est-ce que ça peut le faire que je sois présente
voilà on nous met un peu pas des bâtons dans les roues mais on nous facilite pas la
tâche, parce que moi c’était à côté la fac j’aurais pu y assister, ça booste forcément si
j’avais pu, pareil envoyer les devoirs et tout, en Histoire contemporaine je savais pas
faire y’avait des commentaires de texte moi j’ai pas fait de commentaires de texte depuis
la première51 donc je sais pas du tout la méthodo on l’a pas du tout quand on est en FAD
savoir ce que c’est qu’un commentaire de texte en histoire contemporaine, savoir
comment ça se fait, qu’est-ce qu’il attend de nous, alors ça après il nous l’a expliqué au
regroupement mais on avait déjà dû rendre deux devoirs avant donc c’était beaucoup
trop tard et du coup moi je les ai pas fait les devoirs parce que je savais pas faire, un
texte du XVe siècle à commenter, je sais pas comment on fait j’ai pas de méthodo, du
coup c’était un peu compliqué, la dissert j’ai la méthodo mais les commentaires je sais
pas faire…

Interviewer : oui, et justement ici est-ce que tu as essayé de trouver des infos
soit en contactant les autres étudiants soit en contactant les profs

51 Au lycée.

314
Karène : non pas du tout, là-dessus non, peut-être aussi j’avais la flemme de faire
[sourire]… non mais vraiment quand j’ai lu le texte je comprenais pas déjà et puis après
le commentaire je savais pas comment ça faisait, oui ils mettaient fallait acheter un livre
mais j’en avais déjà acheté beaucoup, au bout d’un moment voilà, la FAD ça coûte cher
aussi, ça coûte plus cher, moi je paye Sciences Po, la fac la FAD j’avais pas envie de
mettre plus de sous là-dedans sachant qu’un livre de méthodo ça remplace pas la
méthodo donnée par…

Interviewer : d’accord… et les mails que tu as envoyés soit à la coordinatrice


de la FAD soit, tu as eu des réponses ?

Karène : oui même s’ils répondent pour dire « contactez quelqu’un d’autre » ils
répondent quand même, donc sur ça oui ils ont répondu assez souvent, et après sinon j’y
étais quand j’avais vraiment, pas par rapport au cours mais sur le fonctionnement de la
FAD j’y allais, voilà comment ça se passe pour ça comment ça se passe pour ça…

Interviewer : d’accord… et pour finir sur cette idée d’isolement à distance,


qu’est-ce que ça implique d’être comme ça comme tu dis toute seule ?

Karène : c’est-à-dire ?

Interviewer : est-ce que c’est décourageant, est-ce que ça change pas grand-
chose

Karène : c’est pas décourageant, c’est juste que c’est pas encourageant… ça m’a pas
encouragée mais du coup travailler en groupe voilà moi j’allais pas me lever à 8 heures
pour travailler alors que j’étais toute seule alors que mes partiels de Sciences Po on
savait qu’on se rejoignait tous à cette heure-là, c’est plus motivant de se dire bon ben
voilà on est nombreux si j’arrive pas on pourra m’aider et puis même ouais travailler en
groupe pouvoir passer une après-midi, je suis pas toute seule dans mon truc moi
j’abandonne vite quand je suis seule j’ai tendance à m’ennuyer alors que ouais quand on
est plusieurs y’a moins de pause on est ensemble, voilà c’est rien que le fait d’être en
groupe c’est pas mal… ouais c’était pas motivant, ça m’a pas encouragée donc la FAD
c’est passé à, voilà au revoir l’histoire [sourire]…

Interviewer : et quand tu disais y’a pas trop de suivi c’est ça le manque


d’organisation de méthodo

Karène : ouais je trouve que mais même y’a pas du tout au début en tout cas on est
un peu lâché dans le voilà, démerdez-vous voilà on vous a mis un site y’a pas tout la prof
de géo elle mettait les cours une fois toutes les trois semaines, c’était même pas les
mêmes qu’elle faisait en cours et qu’elle mettait sur la FAD c’était limite la moitié de ses
cours qu’elle faisait en cours sur la FAD, on est pas là et en plus on a moins de, je
comprenais pas trop parce que j’avais les Power-Point du cours parce que j’y allais et
j’avais les Power-Point de la FAD c’était pas les mêmes et voilà, c’est vraiment en mode,
au début je comprenais pas comment ça fonctionnait le bureau virtuel comment ça

315
fonctionnait la FAD, j’ai découvert qu’on avait des devoirs parce que j’avais des copains
en FAD en Espagnol ou en Arabe, qui m’ont dit « ah beh si y’a des devoirs faut que tu
regardes là-dedans faut rendre des trucs » vraiment j’ai trouvé, alors oui y’a un manuel
informatique sur comment marche le BV, c’est pas très explicite non plus, et puis même
rien que nous réunir au début en disant « voilà comment on fait un commentaire voilà
comment on fait une dissert’ », parce que y’avait des gens j’ai vu au regroupement qui
étaient salariés donc peut-être que ça fait 15 ans qu’ils ont pas fait d’études, qu’est-ce
qu’ils en savent comment on fait comment on travaille, nous donner plus d’outils pour
au moins être au même niveau que ceux qui sont en présentiel même si ce sera jamais le
cas, qu’on ait un peu les mêmes chances, là c’est un peu en mode « si vous avez la foi
vous allez y arriver, si vous l’avez pas tant pis » [sourire]…

Interviewer : d’accord [sourire]… et alors, est-ce qu’avant l’arrêt de ta


formation à distance, est-ce qu’il y a eu d’autres moments où tu as hésité à arrêter
et tu as quand même continué ?

Karène : non, parce que j’ai pas travaillé sur le, genre j’étais en FAD j’allais aux
cours où je pouvais j’allais en histoire ancienne et en géo, mais après j’ai pas imprimé les
cours par exemple, je me disais que de toute façon je serai au rattrapage donc je
travaillerai plus tard, de toute façon j’avais quand même du boulot à Sciences Po, je
privilégiais mon boulot où j’étais en présentiel, et la FAD j’ai acheté des livres que j’ai lu
pendant les vacances enfin voilà j’ai travaillé mais j’ai pas travaillé je sais pas comment
expliquer, je me suis pas mis à travailler et d’un coup « ah non je suis découragée », c’est
sur le long terme je me suis rendue compte que non, j’étais pas à fond et bam je me suis
découragée, je me disais « je vais y arriver je vais y arriver » et un beau jour je me suis
rendue compte que non j’y arriverais pas du coup, donc… j’ai arrêté complètement, mais
je veux dire j’étais pas, y’avait pas eu de travail énorme en amont, j’avais un peu bossé
mais c’était pas non plus… voilà j’avais commencé à bosser une matière peut-être…

Interviewer : d’accord… et alors par rapport à ça, qu’est-ce qui a fait qu’après
t’être dit « je vais y arriver » tu t’es dit « je vais plus y arriver »…

Karène : ben je sais pas, c’est le fait que je faisais rien justement, comme je foutais
rien c’était sûr que j’étais, ouais c’est le fait que j’avais rien appris, que l’histoire c’est
quand même une matière où il faut des connaissances on peut pas trop broder, alors
qu’en histoire c’est des connaissances pures, donc si on travaille moi je savais que je
travaillais pas trop et que voilà aux examens j’allais pas m’en sortir et voilà, après je suis
partie en voyage je savais que j’avais planifié un voyage d’un mois donc du 16 mai au 16
juin et je savais que les rattrapages c’était le 17 juin, donc je savais très bien que du 16
mai au 16 juin j’allais pas travailler, que moi mes partiels à Sciences Po se finissaient le
15 mai, donc la veille de mon départ enfin voilà tout s’est goupillé pour qu’au final ce soit
pas le bon moment, que ça passe pas…

316
Interviewer : d’accord… et alors tu parlais des regroupements où finalement
vous avez appris quelque chose pendant ça, est-ce que s’ils avaient été plus tôt tu
penses que ça aurait vraiment facilité

Karène : oui alors je sais pas si ça aurait changé grand-chose pour moi mais je
pense que c’est nécessaire qu’il y en ait au début de la FAD déjà, qu’il y ait une réunion
« voilà bonjour vous êtes en FAD et ça va se passer comme ça » parce que là on reçoit des
mails etc. mais ouais c’est pas du tout optimal comme fonctionnement, je pense qu’il
faudrait au moins une réunion de départ voilà, je sais pas je comprends pas même qu’ils
y aient pas pensé de faire une réunion de départ et après ouais faire un regroupement
comme ils ont fait, plus en novembre ou décembre je crois… au milieu de l’année quoi,
oui c’était plutôt utile mais je pense qu’il faut qu’il ait lieu avant… bien avant parce que
là…

Interviewer : c’est-à-dire en fait le but du regroupement s’il est en tout début


c’est justement de donner les

Karène : ouais les grandes lignes voilà c’est ça comment ça va se passer comment
faire et puis on n’a pas l’habitude de travailler surtout en L2 on sort du lycée enfin moi je
sortais pas du lycée vu que j’avais 3 ans de Sciences Po derrière mais quelqu’un d’autre
que moi on n’a pas l’habitude de travailler en non présentiel de travailler chez soi c’est
pas habituel, donc rien que comment faire et puis les méthodes de devoir dans chaque
travail, même en Anglais un truc bête mais les dissert’ d’Anglais elles se font peut-être
pas pareil en fac d’histoire qu’en fac d’Anglais justement ou que, qu’est-ce qu’ils
attendent de nous quoi, on sait pas, peut-être qu’en FAD L1 ils le font mais en L2 en tout
cas y’avait rien du tout… nous expliquer toutes les matières le PPE moi je t’ai dit je savais
pas du tout ce que c’était, comment c’était fait, aucune idée… c’était trop compliqué, je
pense que c’est ça qui m’a fait arrêter trop compliqué pour quelque chose qui
m’apportait pas grand-chose au final… tant pis et puis ça m’intéressait même pas de
bosser toute seule moi en Histoire j’aime écouter un prof qui parle, en histoire ancienne
c’était passionnant de l’écouter raconter, bosser toute seule sur un livre ça m’a vite
gonflée…

Interviewer : ah oui alors c’est ça y’a ce manque d’humain aussi ?

Karène : oui y’a cette dimension là, ce manque surtout en histoire où c’est vraiment
raconter l’histoire, je trouve l’histoire tient beaucoup au prof qu’on a, moi si j’ai adoré
l’histoire c’est grâce à un professeur en particulier et je pense que le jour où on a, plus
que les maths ou des matières où c’est moins affectif c’est peut-être pas affectif le mot,
mais ouais l’histoire ça tient beaucoup à celui qui la raconte quoi… comment c’est
amené, alors sur un livre c’est vraiment hyper schématique et peut-être moi ça m’allait
pas…

Interviewer : d’accord ok… et sinon tu travaillais de chez toi essentiellement


c’est ça ?

317
Karène : ouais

Interviewer : c’était un environnement calme pour travailler

Karène : oui, oui oui

Interviewer : et est-ce que tes proches que ce soit ta famille tes amis ou
d’autres personnes ont participé à ta formation pas forcément sur le contenu mais
en termes de soutien justement ?

Karène : quand j’ai voulu m’inscrire mes amis ils ont pas été très supporters, ils ont
plutôt dit que j’allais arrêter etc., ma famille aussi en fait, personne croyait trop vraiment
à ce truc-là, mes parents trouvaient que je gaspillais de l’argent pour rien enfin bref,
voilà c’était pas trop, j’étais pas trop épaulée là-dedans après moi ça me gênait pas du
tout, mes amis si j’avais des potes qui venaient avec moi en cours donc ça ça jouait
vachement parce que ça les intéressait, un pote qui venait avec moi en géo tous les
mercredis matin donc ça a joué de pas être toute seule, ça me faisait me lever déjà, mais
du coup ça a rien à voir avec la FAD vu que j’allais en présentiel, après… ils ont pas trop
eu de rôle à jouer vu que j’en parlais pas trop, ma mère m’a quand même acheté la
moitié des livres que j’allais acheter donc voilà, elle a été, et après, ouais j’en parlais pas
trop donc ils ont pas eu trop de rôle à jouer…

Interviewer : toi ça t’a pas manqué

Karène : non ça m’a pas manqué, ça m’a manqué quelqu’un qui le fasse avec moi,
mais pas le fait que mes amis croient pas, enfin au final ils ont eu raison quoi [sourire] et
peut-être je le savais même avant de commencer, ça m’a pas gênée…

Interviewer : d’accord, ok ok… bon, tout au long de la formation, tu dirais que


tu étais plutôt à l’aise, anxieuse ?

Karène : j’étais plutôt à l’aise, enfin… je sais pas… j’ai jamais stressé pour ça, c’est
pas que je m’en foutais c’était important, mais je me suis pas mis la pression comme je
me la mets pour réussir mes années à Sciences Po, je me suis dit, après j’étais déçue
quand même parce que j’aurais bien aimé que voilà ça aurait pu être intéressant, ce qui
me manque c’est que ça aurait pu être vraiment intéressant et je pense que ça m’aurait
vraiment intéressée, et j’ai fait Sciences Po parce que ça m’intéressait et que j’avais des
bonnes notes et que j’allais faire une fac d’histoire, et que je savais pas à quoi ça allait
déboucher et l’histoire c’est quand même mes premiers amours, c’est ça qui me manque
c’est que vraiment j’aurais bien aimé faire plus d’histoire que j’en fais à l’IEP, après le fait
d’avoir, je le vis pas comme un échec je le vis comme c’est dommage ça aurait pu être
bien mais ça l’était pas…

Interviewer : d’accord… par rapport aux enseignants, est-ce qu’ils te


semblaient accessibles ?

Karène : euh… par mail et tout ?

318
Interviewer : globalement est-ce que tu sentais que tu pouvais leur poser des
questions ils allaient répondre

Karène : ben je sais pas on n’a pas de contact avec eux, donc… c’est un peu dur…
ouais je suis pas faite pour ça moi j’ai besoin de contact humain et j’osais pas trop
envoyer, enfin c’est pas que j’osais pas envoyer des mails aux profs, mais qu’est-ce que
j’allais leur dire « bonjour je suis inscrite en FAD je sais pas comment faire » [sourire]
enfin c’était un peu je me sentais pas d’envoyer ça, moi je les sentais pas très accessibles,
après en présentiel j’ai été voir le prof d’histoire ancienne celui qui voulait pas être en
FAD là, pour lui demander comment faire, de l’aide, etc. lui il m’a dit qu’il pouvait me
passer le livret de TD mais au final ça servait à rien, après le jour du regroupement
y’avait un prof qui était vachement disponible, qui était vachement aidant, qui répondait
aux questions, ouais peut-être moi j’ai besoin de contact, c’est peut-être pas qu’ils étaient
pas accessibles mais moi ça m’allait pas comme moyen de communication par mail…

Interviewer : c’est-à-dire que par rapport au fait d’envoyer un mail pour dire
« comment on fait » globalement, c’est plus que tu sais pas comment demander
des choses précises ou

Karène : oui aussi et c’est que pour moi c’est des profs ils sont pas là pour gérer la
FAD, ils ont leur matière, le prof de je sais pas d’histoire contemporaine il est spécialiste
de sa matière c’est un universitaire, je trouvais ça un peu trivial comme question de
savoir comment ça marchait la FAD enfin pour moi c’était pas lui l’interlocuteur
privilégié pour ce genre de trucs et puis peut-être ça allait le saouler et puis je sais pas
comment me positionner mais ça le regardait pas enfin j’ai pensé que ça allait les gonfler
et qu’ils étaient pas là pour répondre à ce genre de question…

Interviewer : d’accord… et est-ce que par contre y’a quelqu’un en dehors du


regroupement qui est venu vers vous ou vers toi en particulier, pour savoir
comment ça allait, si ça se passait bien ?

Karène : non, pas que je me souvienne, après on avait des mails de la gestionnaire
de la FAD qui envoyait des infos mais pas pour savoir « voilà comment vous le vivez », il
manque ce côté rapport humain, on est des numéros enfin j’exagère mais on est des moi
j’avais l’impression qu’ils s’en foutaient de la FAD c’était genre « si vous arrivez à suivre
ben tant mieux si vous y arrivez pas ben tant pis », mais peut-être que c’est comme ça à
la fac aussi et qu’à Sciences Po on est vachement privilégiés dans le style où c’est une
petite école on n’est pas nombreux, et du coup je me suis pas trop sentie encadrée, après
c’est peut-être pas le but de la FAD non plus…

Interviewer : d’accord… et alors du coup est-ce que tu prenais plaisir à


étudier les cours ou pas du tout ?

Karène : ben… ce que j’avais sur l’ordinateur non pas du tout, je prenais plaisir à
aller en présentiel, mais non vraiment pas sur l’ordi, les cours étaient, en géo je trouve
que les polycop étaient mal faits y’avait des parties où y’avait rien d’écrit ou alors une
319
ligne enfin on dirait vraiment que ça les avait fait chier de faire les cours pour la FAD
enfin je sais pas moi la prof de géo j’ai eu cette impression là vraiment que ça l’avait
gonflée de faire le cours pour la FAD parce qu’ils sont obligés de taper un cours pour la
FAD et que ça l’avait fait chier qu’elle avait fait le minimum syndical et que voilà, du coup
c’était un peu dommage, après les autres j’avoue j’ai pas tout regardé, ouais non je
prenais plaisir à aller en présentiel, après les cours comme ça ça me gonfle…

Questionnaire :

Elément Donner une importance Verbatims éventuels


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 8
Se sentir autonome 4
Prendre plaisir à étudier 10
Se sentir en confiance avec 8
au moins un enseignant ou
tuteur (ex : savoir qu’il
répondra à un message
envoyé)
Se sentir en confiance avec 5 En FAD c’est compliqué on
les autres étudiants les connait pas… de toute
façon je les connais pas, j’ai
pas trop envie de les, j’ai
pas besoin de ça…
Se sentir appartenir à un 7
groupe (avec les autres
étudiants), qu’il y ait un
esprit de groupe
Se sentir entouré par les 7
autres étudiants ou les
enseignants (ne pas se
sentir seul, isolé)
Se sentir entouré par ses 5
proches
Sentiment de quiétude 6
(absence d’anxiété)
Se sentir respecté, reconnu 8 Que la FAD soit pas
par les enseignants dévalorisée ? Oui c’est
important ça…
Se sentir estimé par les 4
enseignants (être apprécié)
Qu’il y ait des 8
regroupements (une ou
deux journées à
l’université)

320
Interviewer : Est-ce que cette formation et cet arrêt ça t’a appris quelque chose sur
toi-même ?

Karène : c’est des choses que je savais déjà, pas forcément bah après je peux pas
travailler toute seule c’est pas possible, travailler un poly sans avoir eu un cours je le fais
à Sciences Po mais pour les cours que j’aime pas, si vraiment je veux m’investir dans un
cours il faut que j’y aille, rien qu’écouter le prof je trouve que c’est la moitié du travail, et
c’est ça qui donne l’intérêt aussi, moi j’ai toujours fonctionné comme ça, ça m’a appris
mais je le savais avant que je fonctionne vachement à l’affectif, si le prof, pas forcément
si je l’aime bien y’a des profs que j’aime pas mais si je le trouve passionnant et qu’ils
savent mener leur matière je vais m’intéresser plus à la matière que des profs qui
récitent, il faut cet engouement du prof pour sa matière qu’on n’a pas en FAD et qui du
coup fait que les matières sont tout de suite moins attrayantes…

Interviewer : tu penses que c’est dû au support, le fait que ça soit en texte par
exemple

Karène : ouais peut-être si ça se trouve des e-cours comme ils font à Sciences Po
Paris ça marcherait vachement mieux, enfin pour moi en tout cas

Interviewer : c’est vraiment le besoin de voir la personne

Karène : d’entendre, de pas avoir l’impression de bosser des bouquins, j’ai jamais
aimé ça j’aime pas ça… voilà…

Interviewer : d’accord… tu m’as dit que tu referais pas de distance c’est ça ?

Karène : ben je sais pas parce que du coup là j’aimerais bien passer des concours
qui sont pas préparés par Sciences Po donc je me serais bien inscrite au CNED le
problème c’est que je sais que du coup que je pense que ça marchera pas, donc pour
l’instant je sais pas, je suis un peu en stand-by, je suis pas fermée mais je sais que si je
m’inscris c’est juste pour ma bonne consciences et je suis pas sûre que ça fonctionnera
vraiment…

Interviewer : d’accord, ok… si cette formation était à refaire enfin en


imaginant que tu revives cette année là en sachant comment ça se passe, est-ce
que tu changerais des choses ?

Karène : si c’était exactement pareil… mmh… j’ai envie de dire oui, je travaillerais
plus dès le début, comme on dit chaque année ou à la fin de chaque partiel « le prochain
semestre je travaille vraiment les cours », mais je pense que si je devais refaire ça se
passerait exactement pareil parce que j’y arrive pas, vraiment l’histoire je trouve que
c’est important le côté prof comme en philo comme on littérature des matières où
vraiment l’explication compte vraiment et sur un texte sur un cours fait en 2-2 où il

321
fallait rendre un truc enfin moi c’est vraiment le sentiment que j’ai eu ben c’est pas
possible enfin moi ça m’intéressait pas…

322
23. Ophélie

Interviewer : Pour commencer, est-ce que vous aviez déjà suivi d’autres
formations à distance ? vous aviez fait la L1 et L2 déjà non ?

Ophélie : j’ai fait la L1 et la L2 à l’antenne d’Agen donc c’est la première année de


formation à distance pour moi… l’année qui vient de s’achever, c’était la première fois…

Interviewer : d’accord… qu’est-ce qui vous a amenée à suivre à distance, ils


ne faisaient pas la 3ème année à Agen ?

Ophélie : alors d’une part voilà, Agen ne fait pas la L3 en langues en tout cas ni en
Espagnol ni en Anglais et donc ce qui m’a amenée à m’inscrire à la FAD c’est d’une part
l’éloignement, depuis chez moi ça représente au minimum une heure et demie s’il n’y a
pas bouchons, donc ça faisait quotidiennement 3 heures de route, et ensuite, je ne
pouvais pas habiter sur place parce que j’ai des obligations familiales c’est-à-dire que j’ai
un mari et un fils [sourire] voilà, donc je pouvais pas

Interviewer : d’accord… plus globalement, le fait de faire une licence


d’Espagnol c’est pour vous pour votre plaisir personnel ou y’a un autre projet

Ophélie : oui, non du tout, moi je suis retraitée de l’enseignement, Maîtresse


d’Ecole, quand j’ai pris ma retraite c’est-à-dire en septembre 2010 je me suis inscrite à la
fac, antenne d’Agen pour vraiment pour le plaisir, l’objectif pour moi c’était améliorer
mes connaissances, continuer à évoluer en milieu intellectuel universitaire, rester au
contact de jeunes, voilà, l’objectif…

Interviewer : d’accord… et du coup entre Agen et la distance vous n’étiez pas


un peu isolée ?

Ophélie : alors à distance [sourire], ça a été presque traumatisant à distance

Interviewer : ah oui

Ophélie : oui, pour des tas de raisons, d’abord parce qu’effectivement y’a pas le
contact avec les professeurs, y’a deux choses y’a les professeurs y’a les étudiants, y’a pas
le contact avec les professeurs et donc y’a pas, les questions qu’on peut poser comme ça
sur le vif quand on comprend pas un truc quand une idée en appelle une autre etc. ce
qu’il faut que vous imaginiez c’est que l’antenne d’Agen c’est 15 étudiants c’est pas un
amphi, donc voilà quand on est cours, à l’antenne d’Agen si une question nous vient à la
pause, le prof réponse, ce qui fait que c’est vraiment complètement différent de la
distance, la deuxième chose c’est que, en tout cas moi pour la L3 Espagnol nous avons
envoyés des devoirs dont nous n’avons eu les corrections qu’en fin de semestre, donc
moi ce qui m’a beaucoup gêné c’est que tout au long du semestre on savait pas si on était
dans les clous ou si on n’y était pas, c’est une première chose, ensuite sur la correction
des devoirs j’ai tendance à penser que [sourire] quand les professeurs d’université

323
corrigent par écrit et qu’ils envoient par écrit, ils ne ménagent pas leurs étudiants… moi
les commentaires que j’ai eu sur mes devoirs, je pense qu’oralement, en rendant un
devoir ils n’auraient pas osés faire des commentaires comme ça… voilà, j’ai trouvé que
peut-être le fait de pas se trouver physiquement devant l’étudiant donnait peut-être une
attitude à certains profs qu’ils n’auraient pas eu s’ils avaient été en présence de
l’étudiant…

Interviewer : ah oui d’accord mais alors c’est-à-dire concrètement sans


forcément rentrer dans les détails, les commentaires étaient vraiment très durs ?

Ophélie : oh très durs, d’une part par exemple je pense le premier devoir dont j’ai
reçu la correction, début décembre à la fin du semestre, y’avait des phrases lapidaires du
type « phrases très longues », « analyse trop psychologique », moi j’ai 60 ans, je me suis
dit bon c’est pas la peine que je continue, c’était pas mon objectif aller à l’université mon
objectif c’était de continuer l’acquisition de connaissances, voilà c’était maintenir une
activité intellectuelle enthousiaste, là je me suis dit… c’était pas encourageant, on va le
dire comme ça [sourire] c’était pas encourageant, en plus au deuxième semestre on a eu
des notes à peu près catastrophiques par rapport à celles auxquelles on était habitué,
moi j’étais habituée à des notes relativement bonnes, au motif que le niveau étant très
élevé, le professeur avait harmonisé, en-dessous si vous voulez, j’étais habituée à des
notes 18 19 je me suis retrouvée avec des notes de 10 11… et donc, mon optique c’était
pas la rivalité entre étudiants, voilà… à chacun selon ses compétences, selon ses
possibilités…

Interviewer : je comprends… et du coup cette différence de notes qui c’est


vrai est assez importante

Ophélie : oh oui c’était consternant [sourire]

Interviewer : c’était consternant, vous ça vous a découragée justement ?

Ophélie : ah moi je me suis présentée ni aux examens de janvier, ni aux examens


de, j’en ai déduit j’ai écrit au professeur qui m’avait renvoyé ce devoir cette correction,
en disant que visiblement j’avais pas les compétences requises et que c’était pas la peine
que je continue puisque moi mon objectif n’était pas, je recherchais pas, quelque chose
de professionnel, je cherchais du plaisir, alors là du plaisir [sourire], dans l’acquisition
des connaissances voilà… j’ai renoncé à me présenter et aux examens de janvier et aux
examens d’avril… d’autant plus on a nous a donné le nom d’une coordinatrice, bon XXX,
avec qui nous avons eu une réunion en novembre, et cette coordinatrice avait dit « vous
recevrez vos devoirs dans les 15 jours ou 3 semaines » ce qui n’a pas du tout été le cas, et
ça c’est une premier chose, et l’autre chose elle dit « vous pouvez très bien poser des
questions à vos professeurs par mail et ils vous répondront », bon ça n’a pas été le cas
non plus, j’ai posé des questions dès septembre ou octobre, auxquelles je n’ai jamais eu
de réponse et l’explication que j’ai eue c’est que le professeur en question avait des
problèmes d’adresses mail, bon, je n’y ai pas cru je vous le dis tout net, c’est compliqué,

324
ce que je veux dire c’est que là ces questions elles étaient liées au fait qu’on reçoit tout
par écrit, donc en FAD, y compris en langues, et ça, ça me paraît en fin d’année on a reçu
des cours enregistrés, et ça on n’entendait jamais parler ni Espagnol ni Anglais c’est une
grosse lacune, une langue est d’abord axée sur la communication orale…

Interviewer : d’ailleurs, je fais une petite digression, vous faites plus de


civilisation que de langues non ?

Ophélie : ah ben oui, à l’antenne d’Agen non c’est beaucoup de versions beaucoup
de thèmes en Espagnol etc. l’antenne d’Agen c’est fabuleux vis-à-vis de l’Espagnol… et là
oui on fait beaucoup de civilisation et beaucoup de littérature aussi, mais version et
thèmes, très peu même les étudiants on fait 2 3 thèmes dans le semestre alors que nous
on en faisait… on en faisait 4 par semaine à Agen…

Interviewer : ah oui d’accord…

Ophélie : c’est très différent… l’autre chose qui de mon point de vue est lacunaire
dans la FAD c’est qu’il n’y pas de travaux dirigés, en tout cas pour nous, je ne parle que
pour la licence d’Espagnol, y’a pas de travaux dirigés y’a que les cours magistraux, or les
travaux dirigés en tout cas ceux que nous faisions à l’antenne d’Agen c’était pour moitié
dans la question des connaissances, dans la mesure où ça nous obligeait à faire des
recherches, et donc en faisant des recherches à acquérir des nouvelles connaissances,
etc., et là les travaux dirigés, il manque vraiment une grosse partie, me semble-t-il…

Interviewer : d’accord… vous disiez tout à l’heure que vous aviez envoyé un
mail pour dire que vous arrêtiez, c’est ça à un enseignant ?

Ophélie : oui c’est ça, à réception de son devoir, je l’ai remercié de la correction de
son devoir, je lui ai fait part de mon étonnement [sourire] et je lui ai dit que j’en
déduisais que je n’avais pas les compétences requises, et que par conséquent je ne
présenterai pas aux examens, bon voilà… et je m’en suis tenue à ça…

Interviewer : et est-ce qu’elle vous a répondu ?

Ophélie : oui elle m’a répondu, elle m’a répondu qu’une note de devoir écrit ne
préjugeait pas d’une note d’oral, moi j’ai perçu comme un prof qui était un peu confus
mais je me trompe peut-être, mais bon voilà, et elle a conclu en disant « je ne
m’appesenterai pas d’avantage, faute de temps », point… [sourire] ce que moi j’ai
interprété comme une fin de non recevoir et voilà je m’en suis tenue à ça…

Interviewer : oui d’accord, alors je reviens sur votre arrêt, ça me questionne


justement, vous quels sont exactement les raisons de l’arrêt final, est-ce que c’est
le manque d’échanges avec les enseignants, est-ce que c’est le contenu le manque
de langue, pouvoir faire des versions des choses comme ça, est-ce que c’est autre
chose, les notes…

325
Ophélie : alors moi majoritairement, c’est le manque de contacts, le manque
d’échanges, de communication, voilà, je pense que je ne suis pas faite pour
l’enseignement à distance, que j’ai besoin d’avoir des profs présents physiquement et
d’entendre des cours, et de voir des personnes qui expliquent, qui étayent leurs propos
d’anecdotes, etc., tout ce qui est le cours étayé d’anecdotes c’est ce qui aide à mémoriser
quoi, alors moi c’est surtout ça qui m’a découragée, toutes ces pages écrites écrites
écrites et qui pour moi hein, étaient difficilement compréhensibles, pour moi toute seule
devant mes feuilles, là, pfff, je crois que ça me, j’avais pas une totale compréhension de
tous ces cours…

Interviewer : d’accord… alors est-ce que vous pensez qu’il y a quelque chose
dans la FAD qui aurait pu faire que vous n’auriez pas arrêtée ?

Ophélie : ben… il me semble, la base, c’est pas grossier c’est gentil, il faut au départ
que les profs respectent leurs étudiants même si ce sont des étudiants qu’ils ne voient
pas, on sait que la distance quelquefois favorise les comportements, je vais pas dire
méprisant, c’est trop fort méprisant, mais distanciés par rapport aux étudiants, mais moi
j’ai eu assisté, je vais pas dire visioconférence mais quelque chose qui permette, qu’il y
ait une image, visuelle, de l’étudiant et de l’enseignant et qui permette des réactions
spontanées… de part et d’autre, même à distance… je sais pas si c’est ça qu’on appelle
visioconférence je vais pas utiliser des mots compliqués dont je ne connais pas bien le
sens mais…

Interviewer : une visioconférence c’est un peu ce que permet Skype


justement si on a le matériel c’est-à-dire de parler en direct avec un échange aussi
visuel, on voit l’autre via une caméra

Discussion sur l’utilisation de Skype, hors-sujet

Interviewer : alors juste pour revenir à cet arrêt, d’ailleurs vous le qualifiez
comment, c’est un arrêt une interruption, un abandon

Ophélie : je vais pas m’y remettre, mon fils rentre dans une école à Saint-Brieux,
autant ça a été facile jusqu’à maintenant ça s’y prêtait bien, maintenant il m’entraîne je
n’ai plus le temps, ça m’a coûté beaucoup de temps, que j’ai utilisé avec plaisir, avec
acharnement mais avec plaisir, il faut de l’acharnement pour mémoriser…

Interviewer : bien sûr oui oui… et est-ce que c’est un échec pour vous cette
année ?

Ophélie : oui, oui oui pour moi c’est, je suis très triste oui… j’avais brillement passé
mes deux premières années et là vraiment ça a fini en capilotade [rires]…

Interviewer : je comprends oui… d’accord… est-ce qu’il y a eu d’autres


moments avant l’arrêt, avant que vous envoyiez l’email en disant que vous
arrêtiez, est-ce qu’il y a eu d’autres moments où vous avez eu envie d’arrêter ?

326
Ophélie : Non pas du tout, non pas du tout, j’ai trouvé ce fonctionnement, au début
j’étais assez enthousiaste, j’avais de bons contacts avec le personnel administratif la
coordinatrice etc, non ça ne m’a pas posé problème, moi ce qui a commencé à me poser
problème ce sur quoi je me suis inquiété et contre quoi je me suis rebellée c’est
effectivement d’envoyer les devoirs dont on ne recevait pas la correction, là je me suis
dit là y’a quelqu’un qui ne joue pas le jeu, dans la mesure où l’étudiant a une date limite
une date butoir, qu’il envoie son devoir et 3 semaines 4 semaines 5 semaines après y’a
toujours pas la correction, y’a quelqu’un qui joue pas le jeu, et moi quand y’a une règle
du jeu j’aime bien que de part et d’autre tout le monde la suive… voilà…

Interviewer : et oui d’accord… et alors justement quand vous vous êtes


rendue compte que passés 3 semaines 1 mois y’avait toujours pas de travaux
corrigés qui arrivaient, comment est-ce que vous avez réagi ? Est-ce que vous avez
essayé de contacter quelqu’un ?

Ophélie : oui oui tout à fait j’ai contacté la personne qui est la coordinatrice de la
licence, pour l’Espagnol c’était XXX et la pauvre elle a un rôle ingrat, du coup elle était
chargée de contacter les profs en leur disant que les étudiants attendaient la correction
mais bon, elle est coordinatrice et elle est prof elle-même, elle a pas de position
supérieure par rapport à des collègues, s’ils ont pas envie ils font comme ils veulent
[sourire] voilà… après à propos d’un prof on nous a dit « y’a eu des problèmes
informatiques », bon c’est possible aussi, voilà…

Interviewer : d’accord… et je voulais aussi vous demander est-ce que vous


avez échangé aussi avec d’autres étudiants ?

Ophélie : cette année ?

Interviewer : oui

Ophélie : un peu, moi j’ai gardé des contacts avec ma promo52 avec lesquels j’étais
très liée on était qu’une douzaine, de jeunes étudiants, qui sortaient du bac et on était
deux moi je suis née en 55 et j’avais un collègue né en 52, et on avait le même statut,
super, donc j’ai gardé des contacts avec eux cette année, et il m’a envoyé pas les cours
puisqu’on les avait mais il m’a envoyé leurs TD leurs travaux dirigés, ce qui m’a, moi ça
me faisait plaisir parce que ça étoffait les cours et moi toute seule je pouvais pas faire
toutes les recherches, donc ça c’est avec les étudiants qui eux étaient présents sur le
campus à Pessac, et pour ce qui est du groupe de la FAD j’ai eu à faire c’est pareil avec
une personne qui est la FAD depuis elle c’était sa troisième année, parce qu’elle habite
loin, du côté de Pau je crois, avec laquelle j’ai un peu échangé et surtout demandé les
cours de la FAD de la première et de la deuxième année… mais très peu, très peu, en fait
on s’est rencontré à cette fameuse réunion de coordination du 24 novembre, on a
entretenu quelques mails 2 ou 3 et puis c’est tout quoi…

52 Elle fait ici référence à sa promotion de 2ème année de Licence à l’antenne d’Agen, en présentiel.

327
Interviewer : mmh mmh d’accord… et le forum vous n’avez pas du tout utilisé
le forum de la plateforme ?

Ophélie : un peu, un peu, mais pfff, voilà, mais pour signaler, c’était toujours négatif
j’avais un peu honte quoi, pour dire « bon on a toujours pas reçu les devoirs », « j’ai reçu
tel cours il me manque », je donne un exemple je reçois un cours de civilisation latino
américaine de civi au premier semestre, il me manquait quand même la bagatelle d’un
chapitre et demi sur trois quoi… voilà pour donner un exemple… et donc ça je l’ai passé
sur le forum « il me manque le chapitre 2 du cours gnagnagna » et donc là la
coordinatrice chargée de faire savoir…

Interviewer : elle, elle fait passer le message au prof ? et après il se passe plus
rien ?

Ophélie : et après si, là le prof il a communiqué son cours à la personne qui est
chargée de les mettre en ligne, là en l’occurrence l’administrative c’est YYY à Pessac et
l’autre personne qui met en ligne je crois que c’est ZZZ donc si ça se met en ligne après,
et le prof bon il a toujours un prétexte, « ah mais je les avais transmis ça a dû se perdre »,
enfin voilà quoi… pour le coup on le croit pas, c’est comme on veut c’est au choix… « ah
pourtant j’avais tout donné j’avais tout communiqué »… c’est amusant, moi je vais vous
dire une chose à la base je suis maîtresse d’école, le milieu universitaire je m’en faisais
une idée un peu magique je voyais ça comme des gens infaillibles, jamais ils auraient pu
avoir recours au mensonge, jamais, bon je me suis rendue compte qu’ils sont comme
tout le monde [sourire]

Interviewer : [sourire], oui…

Ophélie : bon mais ça m’a ramenée à la réalité aussi c’est bien… tout n’est pas
négatif, je suis en train de brosser un tableau qui est quand même négatif mais bon y’a
des contenus de cours qui m’ont passionnée hein…

Interviewer : ah oui…

Ophélie : ah oui oui…

Interviewer : et alors par rapport à ça, je vous fais peut-être répéter

Ophélie : y’a aucun problème,

Interviewer : quand vous avez décidé d’arrêter y’avait quand même ce plaisir
des cours, vous avez décidé d’arrêter aussi pour des histoires de notation… du
coup vous avez quand même continué à suivre les cours ou,

Ophélie : j’ai continué à suivre mes cours, ce que j’ai fait différemment c’est que j’ai
arrêté de me prendre des notes de me faire des fiches etc. puisque je savais que j’allais
pas me confronter à une évaluation donc non j’ai toujours mes cours, je les ai tous lus,

328
j’ai bien l’intention de les relire, je les ai tous lus avec beaucoup de plaisir et je vais
même m’en reservir les relire etc.

Interviewer : d’accord… c’est-à-dire vous avez abandonné le côté plus


diplôme etc. qui finalement n’est peut-être pas primordial pour vous

Ophélie : voilà j’en avais pas besoin moi… enfin je dis ça maintenant, si j’étais allée
au bout de la L3, bon il faut aller au bout de la L3 à Bordeaux, je peux pas changer
d’université à moitié, mais après la L3 j’aurais très bien envisager d’aller plus loin, mais
là n’ayant pas la L3 ça résout le problème… je peux plus m’inscrire en fac parce que je
peux pas continuer… c’est ça qui hypothèque un peu le futur, mais bon c’est pas grave,
c’était toujours par plaisir ça, voilà… c’est dommage…

Interviewer : oui d’accord… je comprends… et personne ni enseignant ni


administratif n’est venu vers vous, vous ou tous les étudiants peut-être, comme ça
en milieu d’année par exemple pour essayer de savoir comment ça va ?

Ophélie : pas du tout, alors ça pas du tout, alors la non [sourire], moi j’étais même
un peu étonné parce que même après les examens de janvier où j’étais défaillante53
partout, je me disais est-ce que quelqu’un va se poser des questions etc., non non pas du
tout [sourire]… ça c’est un peu surprenant aussi c’est pas grave pour moi non plus mais
c’est vrai que je trouve ça surprenant aussi, ce manque de suivi de l’étudiant… personne
ne se pose la question de savoir comment ça se fait que quelqu’un est largué ou a arrêté
ou voilà… oui oui…

Interviewer : oui d’accord, du coup c’est un double isolement quelque part

Ophélie : oui tout à fait

Interviewer : et donc il n’y a pas sauf avec XXX à la limite une relation de
confiance, confiance dans le sens on sait qu’on peut compter sur cette personne,
avec aucun enseignant avec,

Ophélie : si, j’ai eu des échanges de mail avec XXX, elle m’a dit « mais si présentez-
vous vous l’aurez etc. » je la connaissais parce qu’elle est venue pendant 2 ans à Agen je
la connaissais pour deux trois raisons aussi, et donc elle m’avait dit « présentez-vous de
toute façon l’examen vous l’aurez », mais au moment des examens comme je me suis un
peu démotivée j’avais pas potassé tous mes cours… donc je m’en sentais pas pour me
présenter, encore que je vais vous dire une chose mon collègue qui était avec moi donc
lui né en 52 lui il est chef d’entreprise, lui il a vu aucun cours il a lu aucun des bouquins,
simplement il a loué une chambre d’hôtel une semaine avant les exams, il a potassé, des
résumés de cours que lui ont passé des étudiants et il a eu les examens, donc l’objectif
était pas du tout le même pour lui et pour moi, pour lui l’objectif était acquérir des
connaissances, voilà la recherche etc. lui l’objectif était aller au bout de la L3 mais moi

53 C’est-à-dire qu’elle ne s’est pas présentée aux examens.

329
aller au bout de la L3 en bachotant la dernière semaine ça m’intéressait pas quoi c’était
pas l’objectif poursuivi quoi…

Interviewer : oui oui d’accord, c’est-à-dire vous auriez voulu avoir le diplôme
vous auriez continué, vous seriez venue aux examens tenter

Ophélie : oui je pense, je dis ça après coup parce que maintenant je connais les
sujets, littérature latino Américaine j’étais pas sûr de moi je comprenais rien sur ce
bouquin et bon on peut être tout le temps en train de demander au prof, elle est très
gentille mais on peut pas envoyer des mails tout le temps pour dire qu’on comprenait
pas, mais pour moi ce bouquin qui était au programme était incompréhensible et
d’ailleurs les étudiants non plus, tous les groupes d’Agen de l’année dernière ils m’ont
tous dit qu’ils n’avaient pas lu, carrément [rires]… ce qui est surprenant dans des études
universitaires aussi, on passe à côté de quelque chose quand même…

Interviewer : oui c’est-à-dire une distance dans la manière de présenter les


contenus aussi vous voulez dire ?

Ophélie : et beh oui, euh… je veux dire, on peut avoir son diplôme en n’ayant lu
aucun des ouvrages du cours, moi ça me surprend parce que l’intérêt de faire des études
universitaires c’est d’avoir potassé des choses, d’en avoir tiré des connaissances, et
l’apport des connaissances des profs, alors l’apport de connaissances des profs y’a le
cours magistral mais si l’étudiant a pas lu les ouvrages y’a quand même quelque chose
qui va pas, voilà c’est ça qui est étonnant pour moi… [sourire]

Interviewer : d’accord… et vous disiez à propos de la prof donc vous parliez,


vous disiez « on va pas lui écrire 3 fois par semaine quand même », c’est-à-dire
parce que vous pensez qu’elle ne répondrait pas ou que vous n’osez pas parce que
ça la dérangerait ?

Ophélie : oui je veux pas quand même abuser de leur temps, d’autant plus que je
vous le disais la première prof JJJ m’avait dit « je ne vous répondrai pas d’avantage faute
de temps », donc on peut pas abuser non plus du temps des profs, une chose demandée
deux choses demandées bon, surtout que si vous voulez, demander une explication
écrite et recevoir une explication écrite, c’est pas pareil qu’une explication orale quoi…
c’est pas un échange de conversation, c’est différent… donc… à l’oral on écoute son
interlocuteur, on pose une question, mais ça à l’écrit ça peut prendre des pages et des
pages, c’est pas possible quoi…

Interviewer : d’accord… s’il y avait eu des regroupements par exemple tous


les 2 mois ou quelque chose comme ça où vous pouviez parler aux professeurs,
vous pensez que ça aurait pu changer des choses ?

Ophélie : je sais pas du tout, parce que, d’ailleurs je pense pas, le regroupement
dont je vous parle en novembre, y’avait pas les profs, y’avait qu’XXX, que la
coordinatrice, les profs n’étaient pas là, on a pas vu les profs, donc à votre question je me

330
dis que les profs viendraient pas sûrement faute de temps ou autre, et ensuite sur
rendez-vous comme ça à un moment donné quand on n’est pas dans le cours, il faut
noter toutes les questions qu’on a posé mais alors là c’est compliqué quoi…

Interviewer : d’accord… oui je comprends, ce qui fait qu’en cas de difficulté


blocage finalement vous étiez seule

Ophélie : oui là je crois que oui…

Interviewer : et alors dernière question sur ce sujet-là, dans ce genre de cas


vous n’avez pas essayé de contacter d’autres étudiants ou aucun étudiant n’a
proposé de se rencontrer ou quelque chose comme ça ?

Ophélie : alors si vous parlez des étudiants inscrits à la FAD, non parce que, les uns
et les autres si nous étions à la FAD les uns travaillaient la semaine et ne travaillaient sur
le travail universitaire que le week-end, nous étions les uns et les autres très occupés et
éloignés non là du coup, le fait d’être à la FAD si on va à la FAD c’est qu’on peut pas y
aller, si on peut y aller c’est qu’on n’est pas très libre et qu’on est loin, donc du coup,
d’abord on se connaît pas et on est pas très libre les uns avec les autres donc on n’a pas
en tout cas moi ma perception c’est qu’on n’a pas d’échanges pour ces raisons… le
collègue dont je vous parle54 là il n’a pas travaillé du tout [sourire]…

Interviewer : d’accord… et en dehors des enseignants et des autres étudiants,


par rapport à vous, déjà vous travaillez de chez vous je suppose ?

Ophélie : oui, je travaille de chez moi et puis j’ai travaillé mon fils était interne dans
un lycée à Agen donc lorsque je l’emmenais au lycée à Agen j’allais aussi travailler à la
bibliothèque universitaire d’Agen… qui est très bien achalandée, très disponible, voilà
j’ai aussi travaillé à la BU d’Agen cette année également…

Interviewer : d’accord et donc vous étiez dans un environnement favorable


au travail

Ophélie : absolument… là en BU c’est extraordinaire parce qu’il n’y a rien d’autre


que le boulot donc là on avance… c’est effectivement du travail et puis y’a la
concentration et les ordis enfin y’a tout quoi…

Interviewer : d’accord… et est-ce qu’autour de vous, que ce soit votre fils


votre mari ou d’autres personnes, des amis, est-ce qu’ils ont participé d’une
quelconque manière à votre formation, pas forcément pour les contenus mais en
tant que soutien ?

Ophélie : je peux pas dire oui [rire]… je ne peux pas dire oui, la difficulté aussi
quand on est à la maison, moi je me suis retrouvée emportée par le tourbillon des tâches

54 Ce collègue est un étudiant en présentiel (déjà mentionné précédemment).

331
domestiques donc ça c’est pas facile non plus… quand on est à la BU c’est bien mais si on
est à domicile pour moi ça compliquait oui…

Interviewer : d’accord… quand vous dites

Ophélie : le fils non c’est compliqué parce qu’il était en terminale là aussi, c’est
donc… il savait qu’il fallait poser de questions pour des raisons de rivalités, rivalités de
notes, on en parlait très peu… très peu… voilà… [sourire]

Interviewer : ah oui d’accord… et cette absence de soutien est-ce que ça vous


a manqué quand même ?

Ophélie : non pas vraiment non je peux pas dire que ça m’ait manqué… et puis c’est
mon domaine ça… non ça m’a pas manqué parce que c’est vraiment un domaine qui
m’est propre, et au niveau de mon fils il avait ses propres choses à faire, bon il
demandait volontiers des petites choses en Espagnol partant du principe que de toute
façon je serai là si y’avait besoin [sourire]…

Interviewer : oui d’accord, mais même au-delà du contenu, je veux dire, du


soutien moral ou par exemple quand vous avez arrêté, est-ce que y’a eu un soutien

Ophélie : non, non non pas du tout [rire]…

Interviewer : et ça ça vous a pas spécialement manqué ?

Ophélie : et si un peu… enfin on s’accommode… il faut pas remettre en jeu, toute la


vie, voilà, mais si… par rapport à ce qu’ils pourraient faire si [sourire]…

Interviewer : d’accord… et même question et après j’ai fini avec les proches,
est-ce que vous pensez que s’il y avait eu un soutien un peu plus fort vous auriez
peut-être continué un peu plus longtemps ?

Ophélie : oui j’aurais pu, je le pense j’aurais pu, oui j’aurais pu, je pense
effectivement que s’il y avait eu quelque chose d’un peu plus tenu j’aurais peut-être
continué, en fait ça tenait à pas grand-chose, là oui effectivement… parce que même
après avoir pris ma décision je me disais bon je me présente version thème je sais que
j’aurai, littérature, au premier semestre j’aurais eu les examens parce que j’étais au
point, et au deuxième semestre, oui si j’avais eu un soutien je me serais beaucoup moins
démobilisée que je ne me suis démobilisée…

Interviewer : oui je comprends, et alors quel type de soutien ?

Ophélie : d’abord dégager du temps, parce qu’en fait moi les études universitaires
m’ont pris beaucoup de temps, et beaucoup de concentration, donc dégager du temps
pour travailler sur les cours, et dégager du temps pour être moins mangée par les tâches
domestiques, parce que voilà, quand on est à la maison, moi quand je suis à la maison je
m’occupe de la maison voilà donc d’abord ben y’a un repas le midi y’a un repas le soir,

332
du linge à laver une machine à mettre en marche, du linge à repasser, etc. bon là quand
on travaille par bribes d’une heure ça peut pas marcher, quand on est à la BU on reste 2
heures 3 heures 4 heures voilà, on sort prendre l’air et puis on revient, là on est efficace,
là si on travaille pas branche de trois quarts d’heure une heure c’est pas efficace en
troisième année c’est pas efficace…

Interviewer : d’accord… et du coup avec tout ça, que ce soit les soucis de
manque de contacts avec les enseignants, les notes, et puis un petit manque de
soutien, est-ce que tout au long de la formation vous diriez que vous étiez stressée
ou plutôt à l’aise ?

Ophélie : alors, je peux dire que j’étais stressée, au début parce que je me
demandais bien je connaissais pas du tout le milieu universitaire et comme ça faisait 40
ans que j’avais eu le bac je me demandais bien ce qui m’attendait et je dois avouer que
j’ai été agréablement surprise par le fait que je m’en sortais bien, et l’accueil que nous
ont fait les étudiants de 18 ans ils étaient formidables, par contre la grosse difficulté, ce
qui m’a le plus stressée c’est tous les acquis avec lesquels les jeunes arrivent, des acquis
pratiques, savoir rédiger un commentaire de texte ou littéraire, tout ça nous c’est pas
qu’on a oublié c’est qu’on l’a même jamais appris, et ça c’est très difficile, très difficile…

Interviewer : je comprends, est-ce que vous pensez que, particulièrement à


distance peut-être, c’est plutôt bénéfique qu’il y ait un mélange jeunes et un peu
moins jeunes on va dire, ou alors vous pensez que c’est pénalisant parce que pas
individualisé à différentes personnes

Ophélie : alors je vais vous reprendre globalement c’est-à-dire FAD plus les deux
autres années, pour nous, on est tous d’accord là-dessus, ça a été très très bénéfique, très
bénéfique… on s’est beaucoup aidés, et là on est aussi sur d’autres plans, on a discuté de
tout de rien… voilà…

Interviewer : d’accord…

Questionnaire :

Elément Donner une importance Verbatims éventuels


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 8 pour moi c’est important
oui
Se sentir autonome 8 très important de mon
point de vue

333
Prendre plaisir à étudier 9 Pour moi c’est primordial
oui, toute ma carrière j’ai
pensé que les élèves il
fallait qu’ils aient plaisir à
étudier
Pour moi il faut que ce soit
un vrai bonheur, c’est
tellement un bonheur pour
moi d’apprendre des trucs
Se sentir en confiance avec 8 Ça c’est important aussi,
au moins un enseignant ou pour moi c’est important
tuteur (ex : savoir qu’il j’ai besoin de quelqu’un à
répondra à un message qui me raccrocher de dire
envoyé) les trucs quoi
Se sentir en confiance avec 8
les autres étudiants
Se sentir appartenir à un 8
groupe (avec les autres
étudiants), qu’il y ait un
esprit de groupe
Ç

Se sentir entouré par les 8 a fait partie des choses


autres étudiants ou les importantes pour moi, ça
enseignants (ne pas se fait partie d’un cadre
sentir seul, isolé) général
Se sentir entouré par ses 8
proches
Sentiment de quiétude Je suis d’une nature très
(absence d’anxiété) inquiète c’est un peu
compliqué, je suis jamais
sereine moi, toujours
angoissé par quelque chose
peut-être que c’est
important, mais je crois que
tout comme le trac fait
avancer des comédiens le
stress et l’inquiétude bon ça
fait avancer aussi, c’est
compliqué ça
Se sentir respecté, reconnu 9 Pour moi c’est 50% de
par les enseignants l’apprentissage c’est sentir
que la personne qui vous
enseigne vous respecte,
déjà c’est 50% du truc pour
moi

334
Se sentir estimé par les 8 Moi je fonctionne aussi à
enseignants (être apprécié) l’affect
C’est très personnel, alors
que le respect de l’étudiant
c’est quelque chose de
global, mais c’est important
pour moi
Qu’il y ait des 5 Ce qu’on a dit en
regroupements (une ou regroupement il s’est passé
deux journées à à peu près le contraire,
l’université) donc… mais XXX n’y est
pour rien, mais quand les
gens ne jouent pas le jeu ils
jouent pas le jeu donc ça n’a
servi à rien, d’ailleurs je n’y
suis allée qu’une fois

Interviewer : est-ce que cette formation vous a appris quelque chose ça me


fait penser à quelque chose que vous disiez tout à l’heure, vous disiez « je suis
peut-être pas faite pour la FAD », c’est-à-dire ?

Ophélie : Je pense que moi j’ai besoin de contact humain, en plus je suis convaincue
du fait que, je reviens à cette prof Argentine qui était habitée par son cours, et tout
d’abord avec son accent argentin absolument fabuleux et son vécu quoi et qui
assortissait son cours d’anecdotes, et je suis certaine que c’est pour 50% dans la
mémorisation du cours, quand j’essaye de me rappeler d’un truc c’est associé à une
intonation de voix, un geste, une anecdote, je sais pas si vous connaissez GGG, prof de
cinéma, comme on était peu nombreux les profs envisagaient de ne plus nous faire venir
à Agen ils envisageaient la visioconférence je crois et moi je disais mais ça va pas le faire,
y’a ce qu’on appelle en linguistique toute la gestuelle et la gestuelle du corps entier, les
intonations de voix pour moi c’est très important tout ça et c’est pour ça que je dis je
dois pas être faite pour la FAD… parce que c’est trop, comment dire, ou déshumanisé ou
tous ces éléments qui interviennent dans la communications ils les ont pas quoi, toute
cette gestuelle là…

Interviewer : mmmh mmmh d’accord…

Ophélie : il manque de mon point de vue…

Interviewer : je comprends tout à fait, je comprends… et, dernière question,


si cette formation était à refaire est-ce que vous changeriez quelque chose ? dans
votre manière de faire ou vraiment vous ne,

Ophélie : je ne me réinscrirai pas à la FAD, non… si je pouvais être sur Bordeaux


j’irai éventuellement à la fac, mais j’ai trouvé très dur le passage de mon petit groupe

335
d’Agen à cet amphi à Pessac et à la fac, non ça serait inutile pour moi, je courrais à
l’échec, en tout cas à Pessac… y’a pas tellement d’enseignements en FAD en France non ?

Discussion hors-sujet

Ophélie : moi je ne suis bien qu’avec des jeunes… ces deux années à Agen m’ont
permis de suivre l’évolution de mon fils, imbriquer le personnel et familial et
l’universitaire étaient très imbriqués l’un dans l’autre… le contact avec les jeunes m’a
intéressée, beaucoup…

Discussion hors-sujet

Ophélie : je ne sais pas si l’enseignement peut se faire efficacement sans contact


physique…

336
24. Wendi

Interviewer : Pour commencer, est-ce que vous aviez déjà suivi d’autres
formations à distance ?

Wendi : non je m’étais inscrite pour la même année l’année dernière mais j’ai rien
fait du tout en fait…

Interviewer : d’accord… là vous êtes en ethnologie c’est ça ?

Wendi : c’est ça ?

Interviewer : et l’année dernière ou cette année qu’est-ce qui vous a amenée


à suivre cette formation ?

Wendi : ben j’avais déjà une licence, je voulais faire un break l’année d’avant, j’ai
fait le break complètement je m’étais quand même inscrite pour voir, et l’année d’après
enfin cette année je voulais encore faire un break, je me suis inscrite de nouveau mais
pour le faire correctement en fait… donc je… je voyage en fait et je travaille en parallèle,
donc l’enseignement à distance c’était un bon compromis pour travailler et voyager…

Interviewer : ok, d’accord… est-ce que vous avez échangé avec des personnes
de la formation par exemple des enseignants ?

Wendi : ben j’ai rencontré mon directeur de mémoire…

Interviewer : d’accord et sinon pas d’échanges par mail ou autres moyens ?

Wendi : non, j’avais essayé de le contacter deux fois par mail il a jamais répondu…
donc j’étais allée le voir directement à son bureau… avec qui j’avais discuté et qui
m’avait dit qu’il était pas trop à l’aise avec les outils informatiques…

Interviewer : d’accord ok… c’était pas clair j’imagine qu’il ne répondrait pas
parce qu’il n’était pas très à l’aise, enfin je veux dire est-ce qu’il y avait quelque
chose qui indiquait qu’on pouvait contacter les enseignants sans problème

Wendi : y’avait rien de précisé, mais ça paraissait normal quand quelqu’un fait un
travail… en même temps j’étais pas la seule étudiante qu’ils suivaient, puis j’avais autre
chose à faire, quand on est en enseignement normal à la fac c’est plus ou moins pareil
enfin je me rappelle y’avait certains profs qui sortaient des amphis sans qu’on puisse
poser la moindre question…

Interviewer : oui d’accord… et le fait qu’ils ne répondent pas aux e-mails, ce


prof vous l’avez vécu comment ?

Wendi : hmm… pas particulièrement mal… je me… en décembre c’était je crois, il


avait répondu au premier e-mail pour dire qu’il était d’accord de me suivre et après je lui
avais envoyé le tout détaillé et j’attendais une aide par rapport à ça, et puis en fait il

337
l’avait jamais vu quand je suis allée le voir il m’a dit qu’il l’avait jamais vu, mais ça m’a
pas dérangé particulièrement parce que, je sais pas, ça m’a pas… je l’ai pas mal vécu…
enfin je regardais tout le temps s’il répondait et à un moment j’ai compris qu’il
répondrait jamais…

Interviewer : oui c’est là que vous êtes allée sur place

Wendi : voilà, j’étais dans l’attente, mais y’a mon frère qui était à la même fac mais
en enseignement régulier55 il m’avait dit il m’avait parlé de lui il m’avait dit qu’il était
malade donc qu’il était pas toujours disponible non plus…

Interviewer : ah d’accord ok très bien… et vous justement alors au niveau de


votre motivation ce qui fait que vous avez continué cette année malgré l’absence
de réponse c’est quoi, c’est un très fort désir de réussir, c’est…

Wendi : non c’était l’intérêt pour mon sujet de mémoire, j’avais très envie de faire
ça parce que justement c’était en lien avec le voyage que j’allais faire donc ça permettait
de pas décrocher complètement du système universitaire et de repartir en même temps
au début…

Interviewer : d’accord… donc c’est-à-dire vous êtes très motivée même si


vous n’avez pas de réponse vous continuez quand même de votre côté

Wendi : oui oui

Interviewer : d’accord… et est-ce que vous avez eu des contacts avec les
autres étudiants ?

Wendi : aucun…

Interviewer : vous en auriez voulu ?

Wendi : non pas particulièrement c’est maintenant que je me dis que ça pourrait
être utile en fait… à 3 semaines de la date de fin [sourire]… y’avait une

Interviewer : utile à quel niveau ?

Wendi : pour pouvoir échanger, pour savoir où ils en sont eux, faire un peu pour se
rassurer, comme on fait à chaque session d’examen mais pas à distance

Interviewer : d’accord… excusez-moi je vous ai coupé tout à l’heure, vous


disiez il y avait une

Wendi : une réunion qu’ils ont organisée début février, ils ont proposé c’est la
secrétaire de l’enseignement à distance qui a proposé ça par mail à tous les étudiants à
distance pour se rencontrer on avait le choix entre deux dates pour que tous les profs et
tous les étudiants se rencontrent y’avait quand même une initiative qui était prise à ce

55 Comprendre « présentiel »

338
niveau là, mais à choisir entre deux dates c’était pas suffisant enfin moi j’étais pas
disponible à cette période, je pense qu’il aurait fallu faire quelque chose comme une
rencontre tous les deux mois ou par mois, après… je pense pas qu’il y ait beaucoup de
gens qui peuvent…

Interviewer : et ces rencontres qu’est-ce que ça vous aurait apporté ?

Wendi : ben… rencontrer les profs, savoir un peu ce qu’ils attendent aux exams,
après la restitution des copies du premier semestre, quand le semestre était déjà fini on
avait les cours on avait un sujet à traiter mais y’avait pas de consigne, donc y’avait aucun
moyen de savoir ce qu’ils attendaient particulièrement…

Interviewer : d’accord… et vous n’aviez pas contacté d’autres enseignants


c’est ça ?

Wendi : non après j’ai plus contacté, non non, non j’ai contacté personne d’autre…

Interviewer : parce que du coup par exemple pour répondre à des questions
auxquelles le regroupement aurait pu répondre aussi, c’est-à-dire tout ce que vous
disiez savoir ce que les profs attendent par exemple, ça vous n’avez pas essayé de
le savoir en contactant les enseignants ou les autres étudiants ou l’administration,

Wendi : non

Interviewer : d’accord… et est-ce que les enseignants vous semblaient


accessibles ?

Wendi : euh…

Interviewer : c’est-à-dire est-ce que vous vous disiez ils vont répondre si
j’envoie un mail à part le cas de l’enseignant qui n’a pas répondu, est-ce qu’ils vous
semblaient de confiance, qu’ils allaient répondre si vous leur posiez une question

Wendi : franchement je sais pas du tout, peut-être par mail ils étaient plus
accessibles que pendant les heures de permanence à leur bureau, pour chercher un
directeur de mémoire à chaque fois je me présentais à l’heure de permanence
impossible de les voir, j’ai dû aller 3 ou 4 semaines de suite pour pouvoir lui parler, et en
fait je suis dans la même ville que la fac dans laquelle je suis inscrite donc je suis pas
entièrement à distance, mais c’était déjà difficile de les voir en personne, je sais pas
comment ça se passait par mail…

Interviewer : d’accord… et du coup est-ce que ces difficultés de contact ça a


eu un impact sur votre motivation dans votre formation, est-ce que ça peut être
décourageant, est-ce que…

Wendi : non pas particulièrement, non parce que… non… non [sourire]

339
Interviewer : d’accord ok… par rapport aux autres étudiants, j’y reviens, est-
ce que vous aviez l’impression qu’il y avait une dynamique de groupe entre
étudiants ou pas du tout ?

Wendi : euh je sais pas j’ai pas l’impression non…

Interviewer : d’accord d’accord… vous en fait ce qui vous a permis de


comprendre le fonctionnement de la FAD c’est le contact enfin c’est soit aller sur
place, soit peut-être vous parliez de votre frère qui est en formation en présentiel
dans la même ?

Wendi : c’est ça…

Interviewer : et alors justement j’allais vous demander, est-ce que vos


proches, que ce soit la famille les amis ont été un soutien pour cette formation ?

Wendi : oui [sourire]… beaucoup…

Interviewer : un soutien qui se traduit comment ?

Wendi : ben surtout en ce moment ils me rappellent en permanence que je dois


vraiment finir ça [sourire] et sans ça je sais pas si… ouais…

Interviewer : sans ça vous auriez peut-être abandonné ?

Wendi : ben oui parce que du coup y’a la peur de décevoir qui… avant c’était par
plaisir que je faisais ça maintenant c’est parce qu’il faut le faire et… il faut finir quoi…

Interviewer : d’accord… je comprends, vous vous aviez pensé abandonner à


plusieurs reprises ?

Wendi : non je, ça fait quelques temps là, je sais pas, deux semaines, le premier
semestre s’est bien passé, et le deuxième j’étais partie j’étais à l’étranger et je faisais en
même temps moi mes recherches pour le mémoire et j’avais repoussé en fait à
maintenant et j’ai tout à rattraper en retard, c’est ça dans l’enseignement à distance on
gère un peu son temps, donc si on a tendance à repousser les choses, forcément…

Interviewer : d’accord… et en termes de plaisir à étudier, vous disiez c’est


surtout le diplôme il faut finir, vous preniez moins de plaisir à étudier du coup ou
c’est plus le fait que vous ayez beaucoup de choses à gérer en même temps qui fait
ces difficultés ?

Wendi : c’est plutôt la gestion des choses, mais j’ai du coup j’ai moins de plaisir
aussi…

Interviewer : d’accord… et oui moins le temps de bien faire les choses peut-
être

Wendi : voilà…
340
Interviewer : et alors j’allais vous demander tout au long de la formation
vous étiez plutôt à l’aise ou plutôt anxieuse ?

Wendi : plutôt à l’aise jusqu’à maintenant

Interviewer : d’accord… vous m’aviez dit que vous aviez fait la même
formation l’année dernière mais que vous aviez arrêté c’est ça ?

Wendi : je m’étais inscrite, mais au bout d’un mois j’ai oublié que je m’étais inscrite,
j’étais partie en voyage, je m’étais dit je ferai ça pendant le voyage et du coup j’ai
complètement oublié quand j’étais partie, et après quand je suis revenue je me suis dit
bon je vais pas le faire, je m’étais inscrite j’avais le statut étudiant ça me donnait
quelques avantages j’étais pas vraiment motivée pour faire ça…

Interviewer : d’accord d’accord…

Interviewer : vous vous sentiez capable de réussir quand vous avez entrepris
cette année ?

Wendi : oui

Questionnaire :

Elément Donner une importance Verbatims éventuels


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 8
Se sentir autonome 8
Prendre plaisir à étudier 10 L’idéal ça serait 10 mais
[sourire]…
Se sentir en confiance avec 5
au moins un enseignant ou
tuteur (ex : savoir qu’il
répondra à un message
envoyé)
Se sentir en confiance avec 3 c’est beaucoup [sourire]…
les autres étudiants j’imagine pas, je les ai
jamais vus, y’en a qui
laissent tomber je pense,
qui le font pas…
[Qui laissent tomber] parce
qu’ils travaillent à côté, faut
tenir la distance, y’a un
rythme à prendre faut
vraiment être rigoureux, si
j’avais travaillé toute
l’année j’en serais sûrement

341
pas là…
[il y a une solitude à
distance]… y’a des
moments clés où c’est
important qu’il y ait des
contacts avec des gens qui
subissent la même chose
que toi quoi…
[ça me rassurait] qu’une
solidarité se crée, on se
motive les uns les autres…
les gens qui me motivent là,
je peux essayer de leur faire
relire mes trucs mais c’est
pas pareil que quelqu’un
qui est dans le même
domaine…
Se sentir appartenir à un 6 C’est important mais au
groupe (avec les autres final on se résout au fait
étudiants), qu’il y ait un qu’il y en n’a pas…
esprit de groupe
Se sentir entouré par les 5
autres étudiants ou les
enseignants (ne pas se
sentir seul, isolé)
Se sentir entouré par ses 8
proches
Sentiment de quiétude 8
(absence d’anxiété)
Se sentir respecté, reconnu 6 Ça serait important s’il y
par les enseignants avait un contact, mais
comme y’a pas de contact…
Quand je verrai mon
directeur de mémoire
pendant la soutenance, là je
pourrai répondre à cette
question [sourire]…
Se sentir estimé par les 6
enseignants (être apprécié)
Qu’il y ait des 7
regroupements (une ou
deux journées à
l’université)

Interviewer : est-ce que cette formation vous a appris quelque chose sur la
manière de travailler à distance, de s’organiser à distance ?

342
Wendi : mmh pas grand-chose non… en enseignement classique j’étais… c’était pas
très différent, par exemple j’allais jamais en cours le matin, je faisais toujours aussi tout
à la dernière minute… finalement ça marchait comme ça, ce qui est bien à la fac c’est que,
si on peut pas aller en cours on peut ne pas y aller on n’a pas cette obligation de
présence… donc je pourrais dire que ça m’a quand même appris quelque chose, en
enseignement à distance comme y’a pas de cadre c’est différent, j’ai quand même besoin
d’un cadre, en présentiel quand on est pas en cours on culpabilise et donc on rattrape, là
on sait qu’on n’a pas d’obligation de présence donc si on n’y va pas on culpabilise pas et
on repousse on repousse…

Interviewer : d’accord… on repousse on repousse et qu’est-ce qui fait qu’à un


moment on arrête de repousser et vous vous mettez à travailler ?

Wendi : les dates limites…

Interviewer : vous vous dites là si j’y vais pas c’est fini

Wendi : oui

Interviewer : d’accord… si cette formation était à refaire est-ce que vous


changeriez quelque chose ?

Wendi : oui [sourire]… je m’y prendrais plus tôt… c’est ce qu’on dit toujours…

Interviewer : d’accord… et est-ce que vous reprendriez une formation à


distance si un jour il y en a une qui vous intéressait ?

Wendi : je sais pas, peut-être mais dans un cadre universitaire… le genre de


formation qu’on peut faire qu’à distance, là c’était une option puisque c’était possible de
la faire sur place et y’a des formations qu’on peut faire qu’à distance comme par le
CNED, donc si y’a vraiment quelque chose que c’est pas possible de faire autrement et
que ça m’intéresse, peut-être que je reprendrais…

343
25. Emilie

Interviewer : pour commencer, est-ce que vous aviez déjà suivi d’autres
formations à distance ?

Emilie : non pas du tout…

Interviewer : là vous êtes en troisième année d’anglais, langues et


civilisation ?

Emilie : oui c’est ça oui

Interviewer : et du coup L1 L2 vous les aviez faites en présentiel ?

Emilie : oui en présentiel oui

Interviewer : et qu’est-ce qui vous a amenée à suivre cette formation ?

Emilie : ben en fait j’ai déménagé… j’habitais, je suis venue habiter dans une ville
où y’avait pas la L3 d’Anglais que je voulais et en fait je me suis inscrite à distance en me
disant que j’allais pouvoir continuer à suivre mes cours tout en étant dans une ville où
y’avait pas forcément la formation…

Interviewer : d’accord… est-ce que vous vous sentiez capable de travailler à


distance, de faire une formation à distance ?

Emilie : oui, oui oui y’avait pas de problème quand je me suis inscrite j’étais super
contente en me disant que ça allait le faire que y’allait pas avoir de problème…

Interviewer : d’accord… et globalement, ça s’est bien passé ?

Emilie : euh ça s’est bien passé, plus ou moins en fait, j’ai pas pu continuer parce
que j’ai trouvé un travail, et donc en fait j’ai complètement abandonné en plein milieu
parce que ça me convenait pas la formation en elle-même, pas le fait que ça soit à
distance mais la formation en elle-même donc j’ai arrêté en plein milieu, mais oui non
sinon j’étais plutôt motivée au début…

Interviewer : d’accord en fait c’est par rapport au contenu de la formation


que ça n’allait pas ?

Emilie : oui voilà c’est ça en fait, je me suis rendue compte que ça me convenait
plus, mais en fait la licence en elle-même, l’Anglais c’était pas ça que je voulais, c’était pas
le fait que ça soit à distance, ça a peut-être aidé vu que j’étais plus obligée d’aller en
cours, c’est plus facile d’abandonner c’est sûr, mais c’est pas, c’est pas la raison
principale en fait…

Interviewer : mmh mmh d’accord, vous auriez aimé faire plus de langue ?

Emilie : oui, oui oui


344
Interviewer : d’accord, est-ce que vous avez eu des contacts avec des
professeurs ?

Emilie : un peu par mail mais c’est tout…

Interviewer : d’accord… et par mail c’est vous qui les contactiez ?

Emilie : c’était moi qui les contactais pour avoir des informations sur les cours
pour les devoirs des choses comme ça,

Interviewer : ok, et vous avez eu des réponses

Emilie : euh j’ai eu une réponse mais la plupart du temps c’était surtout les
secrétaires qui m’aidaient plus qu’autre chose, et les forums d’entraide en fait entre
étudiants de la formation, sur la fin j’allais plus vers ça que vers les professeurs…

Interviewer : d’accord, ils répondaient pas ?

Emilie : ben euh pff si, ils répondaient, mais c’était pas forcément aussi précis que
je voulais, et je préfère aller voir sur les forums avec des gens qui sont dans la même
formation comme ça ça prend moins de temps aux professeurs, et puis je trouvais ça
plus sympa de demander aux étudiants qu’aux professeurs, mais sinon oui ils ont
répondu enfin pas toujours, mais ceux que j’ai demandé ils ont répondu pas forcément
très précisément, mais ils ont répondu…

Interviewer : d’accord, pas forcément très précisément ils faisaient une


réponse rapide ?

Emilie : oui voilà c’est ça réponse rapide donc je préférais aller voir, prendre
d’autres réponses ailleurs, mais ils répondaient mais c’était rapide et pas assez complet
on va dire…

Interviewer : ça répondait pas à ce que vous attendiez

Emilie : ouais ouais

Interviewer : et alors justement le fait qu’il y ait des réponses peu


satisfaisantes, vous vous avez compensé avec le forum c’est ça ?

Emilie : oui voilà c’est ça

Interviewer : d’accord, et en soi qu’est-ce que ça fait justement d’avoir une


réponse comme ça d’un prof un peu rapide un peu à la va-vite

Emilie : ben moi je me suis dit que c’était vraiment désavantageux pour moi en
formation à distance parce qu’on peut pas poser les questions directement aux
professeurs et je me suis dit que c’était vraiment à cause de la distance parce que si
j’avais été à la fin du cours en demandant « voilà j’ai besoin de telle information » il me
l’aurait donnée, alors qu’à distance on n’a pas la même approche, on n’a pas le même
345
contact avec les personnes donc c’est très difficile, donc sur le moment je me suis dit
c’est peut-être qu’ils ont pas de temps ils doivent s’occuper des étudiants en présentiel
et ils ont pas forcément d’autre temps pour les étudiants à distance…

Interviewer : d’accord… et en ce qui concerne les échanges avec les autres


étudiants, c’était exclusivement sur le forum ou y’a eu des échanges autrement

Emilie : alors ben moi c’était juste sur le forum, je sais qu’il y a eu des rendez-vous
avec des étudiants à distance mais j’ai pas pu m’y rendre, donc oui moi c’était juste sur le
forum…

Interviewer : d’accord… et les échanges c’était que sur le contenu des cours ?

Emilie : oui, oui oui

Interviewer : et en termes de soutien, de soutien moral je parle, de


motivation, est-ce que les enseignants ou les autres étudiants ont joué un rôle ?

Emilie : euh pas du tout

Interviewer : et est-ce que des proches que ce soit la famille les amis ont
participé à votre motivation ?

Emilie : oui, oui oui ça ça a été plus simple pour bosser des cours, le soutien quand
ils voient qu’on travaille, ils soutiennent, mais bon la plupart du temps c’est quand
même pas super bien vu de faire une formation à distance, pour moi c’était pas hyper
bien vu, c’était un peu « genre tu fais ça mais tu fais rien », vu qu’on va pas en cours en
présentiel…

Interviewer : ah oui d’accord, ça vous l’avez entendu de personnes hors de la


formation ?

Emilie : oui oui

Interviewer : d’accord, ok… et ça ça vous a pas empêché de continuer

Emilie : non ça m’a pas empêchée, mais c’est vrai que c’est un peu démotivant sur
le début mais bon…

Interviewer : et en dehors de ces remarques, est-ce qu’il y a eu un soutien


vraiment qui a participé à disons vous rassurer, vous motiver ou à simplifier les
choses, de la part de vos proches, de vos amis…

Emilie : pas plus que ça, j’ai pas trop besoin non plus d’être super soutenue, donc
non non je dirais y’a pas eu de soutien gros gros comme ça, plus ou moins quoi mais non
j’en vois pas là qui me marque en tout cas…

Interviewer : ok très bien… quand vous travailliez, sur les cours, c’était
depuis chez vous, d’une bibliothèque ?
346
Emilie : oui, soit chez moi soit oui la bibliothèque universitaire de là où j’habite…

Interviewer : et dans tous les cas c’était un environnement favorable à la


formation à distance ?

Emilie : oui j’étais au calme, oui oui…

Interviewer : ok très bien… est-ce qu’un enseignant ou administratif est venu


vers vous, ma question derrière c’est est-ce qu’il n’y a eu que du réactif vous
envoyez un mail on vous répond ou on vous répond pas d’ailleurs [sourire], ou
est-ce qu’il y a eu des mails directement de leur part ?

Emilie : alors y’avait des mails mais de mon souvenir c’était vraiment des mails
généraux, c’était pas à moi précisément, mais plus à toute la formation, par exemple tel
contenu doit être rendu à telle date, et c’était plus à tout le groupe qu’en individuel…

Interviewer : et est-ce que ça vous a manqué qu’il y ait pas plus de contacts
comme ça ?

Emilie : oui, je pense que ça m’aurait aidé que j’aurais continué s’il y avait eu des
profs qui seraient venus me dire « ben voilà où est-ce que ça en est, est-ce que ça avance
ou quoi » même si c’était pas un prof juste voir si on y arrive quoi, ouais je pense que ça
m’aurait aidé un petit peu…

Interviewer : oui vous pensez que ça aurait peut-être évité l’abandon l’arrêt

Emilie : oui je pense, ça aurait pu contribuer je pense

Interviewer : d’accord… est-ce qui vous est arrivé d’avoir une difficulté face
au contenu ou méthodologique et de ne pas savoir à qui poser la question ?

Emilie : non, non ça m’est pas arrivé ça…

Interviewer : d’accord… une question, vous m’avez déjà donné la réponse,


est-ce que vous preniez du plaisir à étudier ?

Emilie : euh ben pas trop non [rires]…

Interviewer : et oui, et par rapport à l’arrêt, vous le qualifiez comment


d’ailleurs un arrêt une interruption un abandon ?

Emilie : euh je dirais un abandon parce que c’est vraiment que j’avais plus envie et
j’ai décidé, j’ai pas été forcée, j’ai abandonné…

Interviewer : et vous le vivez comme un échec ?

Emilie : oh non pas du tout, parce que j’ai trouvé quelque chose qui me comblait
plus à côté donc non je le vois pas comme un échec…

347
Interviewer : d’accord très bien… et est-ce qu’avant l’arrêt quand vous avez
décidé d’arrêter par rapport au contenu entre autres, est-ce que vous aviez
d’autres moments où vous disiez je vais peut-être arrêter ?

Emilie : ben pas du tout, quand j’étais en présentiel ça m’avait même pas effleuré
l’esprit et en fait en formation à distance je me suis rendue compte que juste le contenu
ça m’allait pas, c’est vraiment en formation à distance que je m’en suis rendue compte…

Interviewer : d’accord, justement ce que je voulais dire c’est est-ce que dans
cette formation à distance avant le moment où vous avez tout arrêté, est-ce qu’il y
a eu d’autres moments avant où vous avez hésité ?

Emilie : oui, ben oui pas très longtemps après avoir commencé je me suis dit
« peut-être que ça va pas le faire », mais oui c’est venu assez rapidement de me dire que
je devais peut-être arrêter…

Interviewer : et dans les moments où vous y avez pensé mais que vous n’avez
pas arrêté, qu’est-ce qui a fait que vous avez continué ?

Emilie : euh ben le fait que j’avais rien d’autre à faire [sourire] j’avais commencé
fallait que je continue [sourire]

Interviewer : d’accord, très bien… et pour revenir à l’abandon, vous les


raisons c’est le contenu en premier et en second que vous aviez quelque chose à
faire un travail

Emilie : voilà oui

Interviewer : vous avez arrêté quand ?

Emilie : vers janvier, je suis même pas allée aux examens du premier semestre
parce que je voulais aller aux rattrapages pour les deux en fait, faire les deux semestres
en même temps donc je crois que j’ai arrêté après avoir commencé mon semestre six, ça
devait être janvier février que j’ai arrêté…

Interviewer : d’accord… et les mois précédents tout le premier semestre,


vous diriez que vous vous sentiez plutôt à l’aise ou anxieuse dans la formation ?

Emilie : oh moi à l’aise, à l’aise…

Interviewer : d’accord très bien… je reviens sur le contact avec les autres
étudiants, est-ce que vous diriez qu’il y avait une dynamique de groupe ?

Emilie : euh… sincèrement moi je l’ai pas ressentie, ou en tout cas j’ai ressentie une
dynamique de groupe mais pas que moi j’ai eu envie d’avoir ça en fait, parce que moi j’y
allais pour demander une information ou deux, et j’avais pas l’impression d’être intégrée
dans un groupe ou dans une promo comme ça en présentiel, c’est vraiment en
individuel…

348
Interviewer : et ça vous a manqué de pas se sentir intégrée ?

Emilie : oui, oui oui je pense que c’est ça qui m’a fait ne pas voir avant56 que ça
m’allait pas l’Anglais c’est que j’avais un groupe de personnes autour de moi, y’a une
promotion y’a une ambiance et je pense que ça aide à continuer enfin en tout cas pour
moi toute seule je me suis dit que y’avait pas trop d’intérêt, ça m’a vraiment manqué, le
fait d’avoir d’autres personnes, de pouvoir leur parler directement tout ça…

Interviewer : d’accord… si vous aviez eu d’autres personnes comme en


présentiel, qu’est-ce que ça aurait changé, qu’est-ce qui fait en gros que vous
n’auriez peut-être pas arrêté pour cette raison ?

Emilie : euh ben je pense que ça donne de la motivation de voir qu’il y a d’autres
personnes qui font la même chose qui traversent la même chose, et ouais je pense que
c’est ça le fait de partager la formation et même le fait d’échanger sur le contenu en
direct, ouais je pense que juste suivre les mêmes cours que les autres et voir qu’on n’est
pas tout seul, c’est ça qui m’a manqué…

Interviewer : à distance vous vous sentiez seule justement ?

Emilie : oui oui, voilà…

Questionnaire :

Elément Donner une importance Verbatims éventuels


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 8
Se sentir autonome 9
Prendre plaisir à étudier 7 Le contenu c’est pas
forcément très important,
moi dans l’idée que j’avais
c’était surtout de valider
une L3
Se sentir en confiance avec 8
au moins un enseignant ou
tuteur (ex : savoir qu’il
répondra à un message
envoyé)
Se sentir en confiance avec 8
les autres étudiants
Se sentir appartenir à un 9
groupe (avec les autres
étudiants), qu’il y ait un
esprit de groupe

56 Lors des deux premières années en présentiel.

349
Se sentir entouré par les 8
autres étudiants ou les
enseignants (ne pas se
sentir seul, isolé)
Se sentir entouré par ses 5
proches
Sentiment de quiétude 6
(absence d’anxiété)
Se sentir respecté, reconnu 8
par les enseignants
Se sentir estimé par les 5
enseignants (être apprécié)
Qu’il y ait des 6
regroupements (une ou
deux journées à
l’université)

Interviewer : est-ce que cette formation et cet abandon vous ont appris quelque
chose sur vous-même et sur la distance ?

Emilie : oui, je me suis rendue compte que si j’étais toute seule pour étudier ça me
convenait pas, et que si j’avais pas un professeur en face de moi et qu’il y a un échange
j’arrivais beaucoup moins à apprendre en fait, donc je préférais largement quand y’avait
des gens que c’était plus simple d’apprendre que quand on est tout seul…

Interviewer : vous avez besoin d’un contact physique

Emilie : c’est ça oui

Interviewer : et en gros, qu’est-ce que ça change concrètement ?

Emilie : ben je pense que… l’interaction c’est plus simple quand on est en direct,
enfin moi je le perçois comme ça et y’a plus de spontanéité en fait, si je pose une
question même pendant le cours c’est plus simple de couper de dire « ça je comprends
pas » et y’a pas un temps d’attente, où on a le temps de digérer le cours nous-même
avant d’avoir la réponse, c’est plus simple d’avoir la personne en face…

Interviewer : d’accord, j’ai deux questions qui découlent de ça, est-ce que ça
vous est arrivé de ne pas oser contacter les enseignants ?

Emilie : ah oui, oui ça m’est arrivé…

Interviewer : ne pas oser pour quelle raison ?

Emilie : sur le moment je me dis que je verrai plus tard, je prends la question je la
mets dans un coin de ma tête et je me dis que je verrai par exemple demain ou après-
demain, et après je me dis que c’est pas la peine, que c’est déjà passé que je suis plus
dans le truc et au final que je vais pas utiliser du temps d’un professeur pour une

350
question comme ça que j’aurais pu résoudre toute seule, que je pense qu’en direct je
l’aurais posée spontanément sans me poser de question…

Interviewer : d’accord, et qu’est-ce qui fait justement que vous avez remis à
plus tard le fait de poser la question ?

Emilie : euh… ben déjà quand je regardais mes cours j’avais pas forcément le
moyen de contacter les professeurs directement, par exemple si je rédige mes cours la
semaine j’ai pas forcément mon ordinateur, et déjà au début la peur de me dire le
professeur il me connait pas, donc de se présenter etc. et après de toute manière me dire
on va pas me répondre, et donc poser une question je me dis ça sert encore plus à rien…

Interviewer : d’accord… et si les enseignants avaient envoyé un mail ou au


moins un enseignant en disant « n’hésitez pas à me poser des questions, je suis là
pour ça, ça vous aurait peut-être aidée » ?

Emilie : ah oui, oui là j’y serai allée plus spontanément je pense, je me serais moins
posé la question d’envoyer un mail ou pas…

Interviewer : d’accord… et ma deuxième question vous disiez qu’il y a un


temps d’attente avant la réponse par rapport à un cours en présence où on lève la
main ou où on va voir le prof à la fin du cours

Emilie : oui

Interviewer : et ce temps d’attente, ça fractionne un peu votre formation ?

Emilie : oui, oui oui

Interviewer : et ça pareil ça joue un rôle sur le désir de continuer ?

Emilie : oui, oui parce que quand y’a quelque chose, enfin, on se dit que la
formation est pas complétée en fait, le cours qu’on a on n’a pas des indications qu’on
pourrait avoir en plus, enfin moi je l’ai senti comme si c’était pas complétement entier en
fait le cours…

Interviewer : d’accord… ok, alors si cette formation était à refaire, disons


avec un contenu meilleur, cette formation à distance je veux dire, est-ce que vous
agiriez différemment est-ce que vous feriez certaines choses différemment ?

Emilie : euh… sincèrement je pense que j’essayerais de contacter plus les


professeurs en général et je pense que j’aurais fait plus je me serais plus impliquée en
fait, que j’aurais essayé plus d’aller aux regroupements, etc. etc.

Interviewer : d’accord… et est-ce que vous reprendriez une formation à


distance ou pas du tout ?

351
Emilie : peut-être, mais pas en licence, si un jour j’ai envie de préparer un diplôme
universitaire ou quelque chose comme ça, je le ferai à distance ça me dérangerait pas,
qu’en licence master etc. je le prendrais pas à distance, pas pour les études principales
en tout cas

Interviewer : vous pensez qu’hors licence y’a peut-être plus de suivi


individuel ?

Emilie : oui oui je pense

352
26. Lara

Lara a répondu au questionnaire par écrit et non à l’oral. Elle est la seule dans ce cas.

Motivations

1. Avez-vous déjà suivi des formations à distance ?

Non, il s’agissait de la 1ère fois.

2. Qu’est-ce qui vous a amené à suivre cette formation ? Quel était votre projet ?
• Férue de littérature et aimant toujours apprendre, j’avais pour projet de suivre à
distance des études de lettres modernes, juste pour le plaisir. L’obtention d’un ou
de diplômes n’était pas le but recherché.

3. Pourquoi avoir suivi une formation à distance plutôt qu’en présence ? Vous
sentiez-vous capable de travailler à distance ?

Je ne peux plus suivre des cours de fac en présence, car je travaille. Je pensais
être capable de suivre des cours à distance, car durant mes années de fac, j’ai
toujours exercé un petit job, parallèlement à mes études. Par exemple, durant toute
mon année de licence d’ethnologie, je travaillais 20h par semaine. Mais désormais
mon travail nécessite de faire des heures supplémentaires et j’avais sous-estimé
l’implication que demandent les études de lettres modernes, lorsqu’on travaille en
parallèle.

Durant la formation

4. L’environnement dans lequel vous vivez vous semblait-il favorable au suivi d’une
formation à distance ? En quoi ?

Oui, car j’avais la possibilité de pouvoir faire le calme au moment où je devais


étudier.

5. Vos proches, vos amis, ont-ils participé à votre formation ?


a. Si oui, de quelle manière ? Que vous ont-ils apporté durant cette
formation ? Vous a-t-il manqué quelque chose de leur part ? Comment
votre formation se serait déroulée sans leur soutien ?
b. Si non, cela vous a-t-il manqué ? non, ça ne m’a pas manqué du tout.
Etudier est un acte personnel. Je n’avais nullement le projet d’étoffer mon
CV, donc je n’avais aucune pression, aucun challenge à relever.

6. Même question avec tout autre tiers (collègues si est en emploi, par ex.) ?

353
Même réponse que la précédente.

7. Tout au long de la formation, comment vous sentiez-vous : à l’aise,


anxieu(x)(se) ? Qui ou qu’est-ce qui a contribué à cela ?
• Non, pas du tout.

8. Saviez-vous à qui vous adresser en cas de question/difficulté ?


a. Si oui, cela était-il important pour vous ? Pourquoi ?
b. Si non, cela vous a-t-il manqué ?

Je le savais, mais n’en ai pas eu besoin.

9. Avez-vous échangé avec des personnes durant la formation : enseignants,


tuteurs, autres étudiants… ?
a. Si oui, dans quel but, à quelles occasions ? Cela était-il important pour
vous ? Pourquoi ?
b. Si non, cela vous a-t-il manqué ?

Au début de la formation, oui, avec d’autres étudiants sur le forum.

10. Les enseignants vous semblaient-ils présents ? Accessibles ? De confiance ?


Comment cela s’exprimait ? Est-ce que cela a affecté votre formation ? Pourquoi ?
• Je n’ai pas eu à les solliciter.

11. Un enseignant ou un administratif est-il venu vers vous sans que vous sollicitiez
(pour vous demander comment se déroule votre formation, vous donner des
conseils, vous encourager, donner un retour positif…) ?
a. Si oui, est-ce que cela vous a aidé / soutenu ?
b. Si non, est-ce que cela vous a manqué ? Pas du tout

12. Y avait-il une dynamique de groupe avec les autres étudiants ? Expliquez.
a. Si oui, en quoi cela participait à votre motivation ?
b. Si non, cela vous a-t-il manqué ?

Je ne fus pas suffisamment longtemps assidue au forum pour me rendre compte


d’une quelconque dynamique de groupe.

13. Diriez-vous que vous ressentiez de la solitude à distance ? Expliquez. En quoi cela
a-t-il affecté votre motivation ?
354
• Non, je n’ai ressenti aucune solitude. Je savais qu’en cas de souci, je pouvais
contacter un autre étudiant, ou un prof ou un administratif.

14. Preniez-vous du plaisir à être en formation, à étudier ?


• Oui, j’ai pris du plaisir à étudier. C’était d’ailleurs mon but. Mais dès que je me
suis rendue compte que je ne pouvais pas tenir les délais imposés pour rendre
certains travaux (à cause de mon rythme perso et pro), j’ai pris la décision de
stopper la formation, car le plaisir s’estompait. Etudier devenait alors seulement
un timing à respecter.

Interruption de la formation

15. Comment qualifiez-vous votre interruption de la formation : arrêt, interruption,


abandon ? Le vivez-vous comme un échec ?
• Je ne le vis pas du tout comme un échec, car je n’avais aucun défi à relever.

16. Qu’est-ce qui vous a amené à arrêter la formation ? A quel moment précis, et pour
quelles raisons ? Qu’est-ce qui aurait pu vous faire continuer ?

Cf. ma réponse à la question 14.

17. Aviez-vous eu envie à plusieurs reprises d’arrêter la formation avant de


définitivement arrêter ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui vous a permis de continuer
dans ces moments-là ?

Non, il n’y avait pas eu de moments précurseurs. J’ai pris la décision d’arrêter et je
l’ai fait.

D’après vous…

Selon vous, à quel degré chacune des dimensions suivantes est importante pour
« garder la motivation », continuer en formation à distance ?

Elément Donner une importance Explications éventuelles


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 7
Se sentir autonome 8
Prendre plaisir à étudier 8

355
Se sentir en confiance avec 5
au moins un enseignant
(ex : savoir qu’il répondra à
un message envoyé)
Se sentir en confiance avec 5
les autres étudiants
Se sentir appartenir à un 5
groupe (avec les autres
étudiants), qu’il y ait un
esprit de groupe
Se sentir entouré par les 5
autres étudiants ou les
enseignants (ne pas se
sentir seul, isolé)
Se sentir entouré par ses 6
proches
Se sentir respecté, reconnu 6
par les enseignants
Se sentir estimé par les 6
enseignants (être apprécié)
Qu’il y ait des 6
regroupements (une ou
deux journées à
l’université)

Bilan

18. Est-ce que cette formation et cet arrêt vous ont appris quelque chose sur vous-
même ?

Oui, que le temps des études était désormais révolu ; à moins de prendre un CIF….
Ce que je ferai peut-être à l’avenir.

19. Si c’était à refaire : agiriez-vous différemment, changeriez-vous quelque chose ?

Peut-être que je ne m’inscrirais pas à cette formation. Juste pour le côté


financier. Je ne sais pas…

20. Reprendrez-vous cette formation ou une autre à distance ? Et en présence ?

Dans le cadre d’un CIF, pourquoi pas un DU de sciences criminelles (car, cette fois-
ci, en lien avec mon travail ; contrairement aux lettres modernes)

Fin

21. Souhaitez-vous ajouter quelque chose qui n’aurait pas été abordé

Non

356
Précisions demandés par e-mail

Je me permets de rebondir sur quelques points :


- par rapport à vos proches (famille, amis) : ont-il été un soutien moral ?

non, ils ne l'ont pas été car je ne leur ai pas demandé de l'être.

- à quel sujet avez-vous échangé avec les autres étudiants en début de formation
sur le forum ? Est-ce que cela a participé à votre implication dans la formation ?
Pourquoi ?

il me semble que j'avais échangé avec des personnes qui se posaient des questions
sur les dates d'envoi des cours.

- à quel moment avez-vous arrêté (mois de l'année) ?

je ne m'en souviens plus. J'en suis navrée. Durant le 1er semestre, ça, c'est sûr.

357
27. Clémence

Interviewer : Pour commencer, est-ce que vous aviez déjà suivi d’autres
formations à distance ?

Clémence : alors ben moi je suis en formation à distance à Bordeaux depuis… j’ai
fait la licence Lettres Modernes j’ai fait la licence d’Espagnol et je suis en première année
de Master Religions, ça fait combien, 5 ans… donc c’est la première fois depuis 5 ans…

Interviewer : avant c’était en présentiel ?

Clémence : non avant je faisais rien moi je travaille en fait j’ai 47 ans, et voilà et j’ai
décidé comme ça parce que je pensais que j’en étais pas capable donc je continue je
continue…

Interviewer : d’accord… et là cette année de Master Religions Société vous la


faite pour le plaisir pour le diplôme ?

Clémence : les deux en fait, à la base c’est pour le plaisir mais on a envie du
diplôme aussi, après bon je travaille j’ai un métier et moi j’ai pas de projet particulier, je
pense que je pourrai faire des projets en fonction de l’obtention du diplôme ou, mais à la
base c’est pour le plaisir…

Interviewer : d’accord… et donc vous avez fait une formation à distance


plutôt qu’en présence parce que vous travaillez

Clémence : ben déjà oui je suis loin de Bordeaux, je travaille et j’ai des enfants…
voilà…

Interviewer : d’accord très bien… est-ce que pendant la formation vous avez
échangé avec des enseignants ?

Clémence : euh oui bon cette année pas trop, enfin si avec la responsable Madame
X mais c’est pas tellement échanger en fait, c’est elle qui fait passer les consignes, mais
sinon l’année dernière oui avec la tutrice de FAD Espagnol j’ai beaucoup échangé,
comme je râlais tout le temps ça se passait très mal je râlais tout le temps on a beaucoup
échangé [sourire]

Interviewer : [sourire] ah oui ok… oui c’était avec Madame Y je suppose ?

Clémence : oui tout à fait, un peu avec Monsieur Z aussi parce que c’était le
responsable de la FAD voilà là je me suis lâchée, et surtout avec Madame Y avec qui je
m’entendais très très bien, relativement bien d’ailleurs…

Interviewer : d’accord, et cette année vous avez très peu échangé c’est ça ?

Clémence : ouais mais ça se passait bien cette année y’avait pas besoin
d’échanger…

358
Interviewer : d’accord… du coup quand vous aviez besoin d’échanger comme
l’année dernière c’était à quel sujet ?

Clémence : et ben c’était, c’était pas du tout au sujet des cours, c’était à cause de
dysfonctionnements dû à l’absence des cours justement, donc c’était une grosse colère
genre pour la linguistique on a reçu le cours 15 jours avant les examens, on a eu que la
moitié des cours quoi, donc… voilà… des choses comme ça, très peu par rapport au cours
lui-même au contenu des cours…

Interviewer : c’est plus pour savoir comment débloquer une situation

Clémence : ben oui parce que je sais pas c’est difficile de passer les examens quand
on a pas de cours quoi [sourire]

Interviewer : et oui je comprends

Clémence : ça a marché très très mal l’Espagnol, ça a été une galère enfin moi j’ai
râlé vraiment toute l’année, on a un prof qui a dû même nous regonfler les notes parce
que du coup on était pénalisés, parce que pas de cours enfin voilà, voilà… c’était pas très
sympa…

Interviewer : et oui je comprends effectivement, et dans ce genre de situation


est-ce que vous aviez pensé abandonner, je pense à l’Espagnol plutôt parce qu’en
Master Religions si ça se passe bien y’a pas de raison j’imagine,

Clémence : ouais abandonner, ouais j’ai très souvent pensé abandonner, très
souvent, mais bon je suis d’une nature qui fait que je baisse pas les bras, j’ai préféré râler
tout le temps, j’ai eu gain de cause cela dit, mais penser abandonner oui, oui oui…

Interviewer : ok très bien… et qu’est-ce qui a fait du coup que vous avez
continué ?

Clémence : ben voilà ça c’est une question de nature je pense… je sais pas j’aime
pas l’échec, pas rester sur un échec, voilà, j’ai mis du temps à me décider à faire des
études donc je voulais pas baisser les bras pour des histoires, c’était pas un échec de ma
part donc j’estimais que c’était pas juste et qu’il fallait que ça se passe…

Interviewer : d’accord… et sinon est-ce que vous avez échangé avec d’autres
étudiants aussi ?

Clémence : pas beaucoup très peu… enfin avec très peu d’étudiants, j’échangeais
beaucoup mais avec un très petit nombre d’étudiants…

Interviewer : c’était des échanges plus sur les cours plus sur,

Clémence : sur tout, sur ces problèmes de dysfonctionnements parce que c’était
aussi avec des filles qui étaient en FAD comme moi, donc voilà on râlait beaucoup sur les

359
dysfonctionnements et sur les cours, ouais mais pas trop on se débrouillait bien, non sur
le contenu des cours on n’avait pas spécialement besoin…

Interviewer : d’accord… et est-ce que s’il n’y avait pas eu ces échanges avec
les étudiants est-ce que ça vous aurait manqué ?

Clémence : euh… ouais autant maintenant ça me manque pas, là j’en ai pas du tout
par exemple en Master, autant en Licence oui parce que, bon voilà moi mes études
étaient loin, on se sent moins seul quand même quand y’a quelqu’un, maintenant comme
je connais toutes les ficelles de la fac ça me manque pas du tout, mais au début ouais
j’étais très contente…

Interviewer : oui d’accord, vous dites on se sent moins seul, vous vous sentiez
seule du fait des dysfonctionnements de mal connaître le système universitaire ou
de

Clémence : de tout oui voilà, je me sentais seule déjà de part l’âge, on se sent déjà
un peu à part quoi, l’âge le mode de vie, c’est pas une vie d’étudiant classique, j’étais
seule par la distance, seule oui à cause des dysfonctionnements aussi puis seule parce
que quand on n’est plus dans le cursus scolaire ou universitaire, on est un peu largué
quoi… on croit qu’on l’est, on est complètement isolé en fait…

Interviewer : et du coup pour rompre cet isolement, est-ce que vous arrivez à
le rompre déjà cet isolement et si oui de quelle manière ?

Clémence : ben après on avance, moi j’ai une vie qui fait qu’elle est tellement
remplie que j’ai pas trop le temps après de poser des questions, mais bon moi
l’isolement, là quand j’étais en FAD ouais j’ai voilà par l’intermédiaire du bureau virtuel
j’ai connu des personnes quoi, et comme ça j’ai rompu comme ça l’isolement, en fait la
FAD c’est difficile moi je savais pas comment me positionner, je savais pas si j’étais enfin
douée entre guillemets si j’étais capable, je m’étais pas positionnée par rapport aux
autres j’ai passé des années d’étude en me disant que j’étais complètement nulle, je
pleurais tout le temps en me disant j’ai tout raté j’ai tout raté et en fait ça se passait
vachement bien, et y’a qu’en ayant des contacts qu’on se rend compte des notes des
gens, des problèmes des gens, et qu’on se dit qu’on est comme tout le monde, ou voilà
qu’on est bien placé, qu’on peut se positionner un peu…

Interviewer : d’accord, oui oui, et est-ce que des étudiants vous en avez aussi
rencontré pendant les examens ?

Clémence : oui, oui oui

Interviewer : est-ce que vous faites une différence dans la relation que vous
avez avec les étudiants ou les enseignants aussi, selon que vous les voyiez ou que
vous ne le voyiez pas ?

360
Clémence : moi non… y’avait une différence de relation entre FAD et non FAD, ça
ouais… mais après non de les voir ou pas, moi non…

Interviewer : d’accord… alors, est-ce que pour cette année de Master


Religions, est-ce que vous saviez à qui vous adresser en cas de difficulté ?

Clémence : euh… très bonne question, après ça dépend des difficultés… quelles
difficultés, des problèmes de compréhension de cours ou de fonctionnement ?

Interviewer : euh, les deux

Clémence : eh, ben les problèmes de compréhension des cours on peut déjà
s’adresser aux profs le problème y’en a qui répondent pas, donc, après on se débrouille
pas mal, je me rends compte je me débrouille vachement toute seule moi je suis, j’ai la
chance d’être très autonome, très indépendance, puis les fonctionnements, je n’ai pas
trop eu, quand j’ai eu des problèmes j’ai posé soit à Madame X, soit à Madame T qui
s’occupe de l’organisation, mais j’ai pas eu, j’ai pas vraiment fait appel, c’est vrai ça s’est
bien passé, c’est bien expliqué, les cours arrivent bien, j’ai même été très surprise parce
que je pensais pas que ça pouvait exister…

Interviewer : par rapport à l’année dernière

Clémence : à trois ans, c’était pas que l’année dernière, trois ans de licence

Interviewer : ah oui pardon oui

Clémence : moi je sais pas mais Madame Y elle rigolait, on s’est très bien entendu
au départ on s’est rentré dedans mais on s’est très bien comprises et puis après on s’est
marré, elle m’a dit que j’allais lui manquait comme je râlais tout le temps, mais bon à bon
escient il me semble puisque finalement tout le monde a bénéficié de mes demandes, et
voilà quoi… quand on tombe sur des personnes, Madame Y a compris mes demandes,
moi je voulais travailler quoi, c’est ce que j’avais dit à Monsieur Z aussi…

Interviewer : ok, ok… si vous n’aviez pas eu Madame Y vous pensez que ça
aurait très difficile ces 3 années ?

Clémence : en fait dans le fonctionnement, parce que moi je sais que la première
année y’avait même pas de tutrice des FAD, en fait, ça a été mis en place je sais pas si
c’est deuxième ou troisième année je sais plus… non Madame Y elle m’a vachement
aidée, dans le sens où elle m’a écouté après elle a pas pu faire grand-chose, parce que les
problèmes de fonctionnement ben ça dépendait pas d’elle, mais elle était là déjà de se
défouler sur quelqu’un ça fait beaucoup de bien, et elle transmettait des choses quoi, moi
j’étais ravie de l’avoir Madame Y, ravi, et au niveau personnel aussi parce que moi
comme je, voilà je savais pas comment me repérer par rapport aux cours au niveau et
tout ça, elle croyait assez en moi donc moi ça m’a donné vachement confiance, donc à ce
niveau là ça m’a beaucoup aidée, beaucoup…

361
Interviewer : d’accord… et cette année là, même si vous n’avez pas eu besoin
de les contacter, est-ce que les enseignants vous semblaient disponibles,
accessibles, de confiance ?

Clémence : euh ben moi j’en ai contacté qui ont répondu qui ont été sympa, et y’en
a une qui m’a jamais répondu donc… ça vous a pas bloquée… elle m’a jamais répondu,
heureusement par l’intermédiaire d’une étudiante j’ai pu avoir des réponses à ma
question, c’était quand même important c’était pour les examens, et là elle répondait
même pas et apparemment de ce que j’ai vu dans des forums, elle répondait à personne,
donc… le problème moi j’avais rencontré, que je vois moins cette année parce que j’ai
pas eu trop de contacts mais, l’année dernière et au cours de ma licence, c’est que y’a pas
mal de profs qui sont opposés à ce système de FAD… donc… moi je l’ai vu même à mon
oral d’Espagnol où j’ai été sacquée alors que je travaillais bien, je parle Espagnol
couramment, je connaissais mon truc par cœur je le maîtrisais bien et je l’ai fait
vachement mieux qu’une petite gamine avec qui j’étais copine en plus, que je parlais
mieux qu’elle, que j’avais tout fait vraiment mieux qu’elle, et comme elle elle faisait FAD
mais elle faisait aussi présentiel il lui a donné quand même 3 points de plus que moi, et
même elle elle est sortie complètement ahurie, elle m’a dit mais c’est pas possible qu’il
t’ait sacquée comme ça, t’as fait vachement mieux que moi j’ai entendu… donc on a été
sacqué on a été pas mal sacqué…

Interviewer : ils vous font sentir que la distance certains n’aiment pas trop ?

Clémence : le principe, je sais pas si c’est la distance, mais le principe peut-être que
ça les ennuie ils se disent peut-être qu’on étudie sans eux mais c’est faux c’est pas sans
eux y’a quand même les cours, mais je suis sûre qu’ils sont contre ce principe, y’en a qui
sont contre ce principe de la FAD donc y’en a même qui font pas passer de cours, ils sont
contre ce principe… y’a des gens vraiment opposés au système de la FAD, et d’ailleurs
pour avoir discuté avec des étudiants en présentiel y’a des profs qui les montaient
vraiment contre les étudiants de FAD quoi… donc y’avait une espèce de conflit entre
étudiants en présentiel et de FAD, ils disaient que pour nous c’était facile, qu’on n’avait
pas à apprendre tous les cours, enfin on a d’autres choses à faire quoi, je trouve pas que
c’est facile du tout la FAD… y’avait… ouais une espèce de conflit comme ça et les
étudiants étaient montés comme ça par les profs en fait, les enseignants, remontés
contre nous, donc c’était pas logique du tout…

Interviewer : je comprends oui… quand vous dites c’est pas facile la FAD vous
pensez à quoi ?

Clémence : ben quand vous recevez un cours c’est le cours du prof vous savez pas
exactement ce qui se passe en présentiel, donc y’a beaucoup de choses, tout le cours qu’il
vous donne vous savez pas exactement ce qui a été privilégié ou non, alors en gros moi
j’apprenais tous les cours donc ça m’a demandé énormément de travail… parce qu’on se
rend compte quand on passait les examens que ceux qui sont en présentiel le prof leur
disait « ah ben étudiez ça, ça laissez de côté, ne faites pas ce chapitre », nous tout ça on

362
n’a pas… donc on reçoit un cours des fois très important et on apprend tout, donc on
perd du temps, on favorise pas forcément ce qui va tomber aux examens…

Interviewer : d’accord… vous avez travaillé essentiellement de chez vous ?

Clémence : oui, complètement même…

Interviewer : c’était un environnement favorable au travail ?

Clémence : avec deux enfants petits [sourire] voilà, je vous laisse imaginer
[sourire]… mais on s’adapte…

Interviewer : d’accord… est-ce que justement vous parlez de vos enfants,


enfin peut-être pas vos enfants s’ils sont très petits, est-ce que vos proches ont
contribué à votre formation, par des encouragements ou par des aides
particulières ?

Clémence : ah oui, moi j’ai mon mari, qui a fait plein de choses à la maison, pour
que moi je puisse travailler, pour étudier du moins faire ce qui me plaisait, donc voilà,
donc, ouais j’ai été, même mes amis même au boulot même mon employeur, ah ouais, on
m’a libérée pour passer les examens, on m’a poussée à y aller, on m’a poussée, ouais
j’étais très bien entourée pour mes études, finalement tout le monde croyait en moi y’a
que moi qui croyait pas en moi…

Interviewer : et justement si vous n’aviez pas eu ces soutiens là ou s’ils


avaient été plus légers, ça aurait été plus difficile pour vous ?

Clémence : euh… bah le soutien moral mental non j’aurais pu faire toute seule, en
revanche après ce soutien matériel c’était important parce qu’à distance sans ça j’aurais
pas pu…

Interviewer : d’accord… par rapport aux cours cette année, vous preniez du
plaisir à lire les cours à étudier ?

Clémence : ah oui oui, c’est vachement bien, cette année c’était super bien…

Questionnaire :

Elément Donner une importance Verbatims éventuels


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 3 Moi j’ai jamais cru que
j’étais capable, j’ai réussi
vachement bien… pour moi
c’est pas très important…
Se sentir autonome 10

363
Prendre plaisir à étudier 10 Y’a le plaisir mais je crois
qu’il faut un mental, je crois
que c’est mental pour
étudier en FAD…
[Le mental] une force, moi
je trouve que c’est très
difficile, moi j’aurais rêvé
d’être en présentiel… je dis
pas que c’est plus facile,
mais on est guidé en
présentiel, on sait où on va,
ou c’est l’idée que je m’en
fais peut-être…
Se sentir en confiance avec 8 Il en faut un c’est quand
au moins un enseignant ou même important de savoir
tuteur (ex : savoir qu’il qu’il y a au moins une
répondra à un message personne…
envoyé)
Se sentir en confiance avec 5 C’est moins important je
les autres étudiants trouve…
Se sentir appartenir à un 3 Comme j’ai pas connu ça, je
groupe (avec les autres sais pas… disons j’aurais
étudiants), qu’il y ait un aimé mais y’a pas eu et ça
esprit de groupe m’a pas perturbée non plus,
mais à choisir j’aurais
aimé… ça m’aurait plu mais
ça m’a pas perturbée…
Se sentir entouré par les 8 Ca pourrait être sympa,
autres étudiants ou les enfin moi je trouve que
enseignants (ne pas se c’est indispensable mais
sentir seul, isolé) après on fait sans quand on
n’a pas ça… c’est important
même si j’ai fait sans…
Se sentir entouré par ses 9 Se sentir entourée par la
proches famille, l’entourage c’est
important…
Sentiment de quiétude 3 Alors là [rire] moi j’ai pas
(absence d’anxiété) été sereine du tout, jamais…
donc… voilà…
[Toujours inquiète de ne
pas réussir], tout le temps…
mais après l’inquiétude je
sais pas si elle venait d’une
nature anxieuse ou des
dysfonctionnements, c’est
vrai qu’on se demande
comment on va réussir
quand on a les cours 15
jours avant les examens…

364
Cette année j’ai pas été
spécialement anxieuse, je
pense pas que ça vienne de
moi l’anxiété, ça venait
d’une situation plutôt je
pense…
Se sentir respecté, reconnu 9 Ca c’est important parce
par les enseignants qu’ils sont pas tous
respectueux, oui c’est
quand même essentiel,
parce que bon l’humiliation
je me souviens d’un en
particulier qui mettait de
ces critiques, oh je pensais
même pas que ça pouvait
exister, c’était de
l’humiliation, en plus sur
des amis à moi j’ai eu de la
chance c’était toujours
correct mais oh oui c’est
dans l’humiliation… ça…
Etre respecté c’est
important, on peut être
juste et honnête en
respectant les gens, même
si c’est pas bon, c’est pas
normal de pas les
respecter… mais c’est vrai
que comme je vous disais
déjà, y’avait cette histoire
de FAD qui était pas très
bien vue par certains profs,
ils se lâchaient un peu quoi,
ça c’est du vécu…
Se sentir estimé par les 9 Ca c’est sympa, moi avec
enseignants (être apprécié) Madame Y, avec qui j’ai eu
beaucoup beaucoup de
contact, énormément, et ça
a été un plaisir, vraiment…
je lui ai même écrit cette
année un petit mot, elle m’a
répondu, pour moi ça a été
important, ce contact avec
elle ça a été très très
important…
Y’a eu elle y’en a eu
d’autres… Madame B
notamment pour les
examens, y’avait des

365
problèmes, elle avait insisté
comme j’avais de bonnes
notes pour que je présente
aux examens, trouver un
hôtel, des trucs incroyables
je m’attendais pas à ça
vraiment, j’avais des
problèmes de budget, elle
arrangeait tout elle voulait
absolument que je passe les
examens, donc quand vous
voyez un prof qui croit en
vous comme ça, bon, c’est
hyper stimulant, ça fait du
bien quoi…
Qu’il y ait des 9 Moi je trouve ça très bien
regroupements (une ou sauf que moi je peux jamais
deux journées à y aller [sourire]… ouais non
l’université) ça tombe pas sur mes jours
de repos et je peux pas
prendre des journées entre
ça et les enfants, je peux
jamais y aller en fait, mais
je trouve que c’est très
bien… l’idée est bien dans
tous les cas… et justement
je pense que si j’avais pu y
aller une fois, j’aurais su
mieux ce qu’on attend de
moi peut-être, je me serais
moins inquiétée, peut-être
aussi, je trouve que c’est
très important…

Interviewer : est-ce que cette formation vous a appris quelque chose au-delà
du contenu, sur vous, sur la manière de travailler à distance ?

Clémence : oh ben oui, déjà oui d’être capable de faire les choses toute seule, pas
faire que des choses imposées, savoir aussi gérer son temps, ouais… mais bon après moi
je suis quand même très autonome… après non moi c’est sur le contenu que j’ai appris
surtout…

Interviewer : d’accord… Si cette formation, cette année de Master était à


refaire, est-ce que vous changeriez quelque chose dans votre manière de travailler
de faire ?

Clémence : euh… alors là… j’ai pas trop réfléchi à la question… en fait elle était
vraiment bien cette année… non je crois que… elle me convient et c’est vrai que me je
366
suis sentie plus isolée que les autres années, là j’étais vraiment seule seule cette année,
c’est plus mon regret, c’est pas que j’avais besoin, mais partager, partager avec
quelqu’un j’aurais bien aimé, retrouver ça… pas par besoin mais par envie de partager…
après non c’est vrai que les cours voilà on a vu, cours compréhensibles, intéressants c’est
vrai hein, ce qui me fait peur c’est la deuxième année où tous les cours ne sont pas en
FAD je crois…

S’en suit une discussion hors-sujet

Clémence : cette année j’ai manqué de rien… il faut se battre pour la FAD… c’est ce
que m’a dit Madame Y elle croyait énormément à la FAD… elle croyait qu’il y aurait un
Master Espagnol ben malheureusement, on l’a pas eu, moi à la base j’aurais fait un
Master Espagnol, cela dit je regrette pas du tout je me sens mieux dans ce Master
Religions parce que je trouve que c’est moins scolaire, donc moi je m’éclate beaucoup
plus…

S’en suit une discussion hors-sujet

367
28. Nicolas

Interviewer : Pour savoir vous étiez dans quelle filière ?

Nicolas : j’étais en Lettres Modernes, 3ème année de licence…

Interviewer : d’accord, vous aviez fait les deux autres années à distance
aussi ?

Nicolas : non, non non c’était un peu plus compliqué, en fait j’ai déjà une licence
d’Arts Plastiques et je m’étais orienté vers un Master Professionnel dans un autre
département et ça avait pas bien marché et en quittant, le, cette formation là, je m’étais
dit plutôt travailler et si possible ne pas lâcher les études, c’est à ce moment-là que
j’avais décidé de faire cette 3ème année de licence…

Interviewer : et vous aviez à distance parce que

Nicolas : j’avais fait à distance parce que du coup j’étais domicilié chez mes parents
à Périgueux… c’est à 1h30 2h en voiture, donc pas moyen de faire des aller-retour pour
aller à la bibliothèque toutes les semaines c’est pas possible…

Interviewer : d’accord ok, j’avais vu aussi que vous travailliez, à temps plein

Nicolas : voilà c’est ça en tant que surveillant dans un lycée professionnel…

Interviewer : oui donc pareil vous pouviez pas non plus être présent

Nicolas : non ouais ça me faisait, j’avais des emplois du temps qui me laissaient
quand même un vendredi de libre, donc des fois ça me permettait de venir le vendredi
mais dans l’ensemble j’étais plutôt fatigué, j’étais bien bien crevé, le jeudi c’était
l’internat donc le vendredi je passais la matinée à dormir…

Interviewer : ok d’accord… est-ce que vous aviez déjà suivi des formations à
distance avant ?

Nicolas : non c’était la première…

Interviewer : et là qu’est-ce qui vous avait amené à suivre Lettres Modernes ?

Nicolas : la première fois que j’avais fait ma licence d’Arts Plastiques j’avais déjà
hésité à faire Lettres Modernes, j’avais fait Arts Plastiques j’avais de bonnes notes dans
les deux matières, j’avais suivi plutôt Arts Plastiques, à l’époque c’était ça qui
m’intéressait, là maintenant je sais pas, je me dis est-ce que c’est pas Lettres Modernes
que j’aurais dû faire au final, c’est ça… je pense, je reviens un petit peu sur mon
orientation post BAC en fait…

Interviewer : d’accord ok, là cette année vous vous êtes réinscrit en Lettres
Modernes ?

368
Nicolas : voilà je la redouble et cette fois-ci, en assidus, pour pouvoir l’avoir
beaucoup plus facilement…

Interviewer : assidus

Nicolas : assidus je suis les cours

Interviewer : oui voilà vous êtes présent sur les lieux

Nicolas : je suis présent et là je suis domicilié à nouveau à Bordeaux

Interviewer : d’accord ok… et alors par rapport à la distance si vous revenez


en arrière l’année dernière vous vous êtes inscrit, est-ce que vous vous sentiez
capable de réussir à distance ?

Nicolas : oui, oui oui tout à fait, et je pense que c’est pas passé très loin, j’ai juste, le
premier semestre j’avais un tout petit peu en-dessous de la moyenne j’étais entre 9,5 et
10, donc si j’avais été, si j’avais été aux sessions de rattrapage je pense que j’aurais pu
l’avoir, mais le problème c’est que j’avais, y’a un enseignement qui s’appelle PPE, je sais
pas si ça vous parle, les projets visant à la professionnalisation, ils demandaient
d’effectuer des stages, et surtout parmi les ateliers y’en avait qu’un seul qui était retenu
pour la formation à distance, donc c’était pas forcément celui qui m’intéressait, et je ne
pouvais vraiment pas accéder à ce qu’ils demandaient de faire, et du coup j’ai été noté
déficiant, euh

Interviewer : défaillant ?

Nicolas : défaillant voilà, du coup ça m’a empêché, comme si on est défaillant dans
une matière dans une UE, on est défaillant en général quoi, donc du coup ça m’a un petit
peu freiné, et puis le deuxième semestre j’ai vraiment pas eu le temps je lançais une
association à côté aussi, donc j’ai vraiment pas pu suivre la formation à distance, j’ai,
plus le temps et plus l’énergie…

Interviewer : d’accord… et est-ce que durant la formation vous avez échangé


avec des enseignants, avec d’autres

Nicolas : oui oui tout à fait, y’avait eu une réunion qui avait été faite, que les
professeurs avaient organisée, c’était peut-être en novembre, un vendredi, vendredi
après-midi, les… les professeurs qui dispensaient un enseignement et les membres de la
formation à distance s’étaient réunis pour pouvoir échanger un petit peu et casser cette
distance justement, le temps d’un instant, et c’était… c’était assez intéressant de voir
comment chacun vivait cette formation à distance et de voir aussi les professeurs
comment ils la vivaient à leur tour, je me souviens notamment d’un professeur qui
commence à parler d’un cours, et en fait, on avait jamais, on le connaissait pas ce cours
en fait, tout simplement il n’avait pas mis le cours sur le bureau virtuel et quand il a
commencé à en parler tout le monde s’est un peu inquiété, parce que c’était 2 3 semaines
avant la fin du semestre et des partiels et le cours n’était toujours pas disponible sur le

369
bureau virtuel, donc… ça montrait aussi le problème que pouvaient avoir les professeurs
eux-mêmes sur cette formation à distance… ouais… et du coup les problèmes se sont
répercutés sur nous notamment dans la gestion du stress parce qu’on nous dit pas
forcément tout et faut aller récupérer les informations…

Interviewer : d’accord… et là ce cours vous avez pu le récupérer après ?

Nicolas : oui, oui oui on a pu le récupérer mais le travailler c’était une autre
histoire, il a fallu le travailler rapidement quoi, le survoler, j’ai pas eu une bonne note
dessus en plus, wow, peut-être ma pire note [sourire]…

Interviewer : d’accord ok… et là c’est intéressant, vous dites « casser cette


distance le temps d’un instant », c’est-à-dire une fois le regroupement fini vous
retrouvez à nouveau…

Nicolas : alors… on se retrouve un petit peu écartés… oui et non, parce qu’au final
du coup ça m’a permis de rencontrer d’autres étudiants, notamment des étudiantes qui
avaient déjà créé un petit groupe sur Facebook, sur lequel elles communiquaient
beaucoup et elles partageaient entre elles à la fois des choses à savoir au niveau des
cours mais aussi, enfin c’était juste parfois des échanges humains quoi, donc ça
permettait de voir avec qui on travaillait un petit peu même si on travaillait pas
forcément ensemble, du coup ça permettait de cibler certains points qu’on comprenait
mal, de s’entraider, ainsi de suite, ça ça avait été très intéressant grâce à cette réunion de
formation à distance, cet échange que j’avais pu avoir avec ces personnes-là, et sinon
après effectivement les professeurs restaient disponibles quand on les contactait, des
fois quand on les contactait par mail ils prenaient tout à fait le temps de nous répondre,
on n’était pas abandonnés, mais le problème c’est ça il faut se manifester et parfois on
n’a pas le temps, parce qu’on n’est pas dans cette dynamique en fait, même si y’a un
groupe Facebook avec des d’autres étudiants, même si les professeurs nous répondent
on n’est pas ensemble dans un même endroit, et je trouve que c’est vraiment ça qui est
problématique, on manque d’une dynamique…

Interviewer : une dynamique ça serait quoi par exemple ?

Nicolas : ça serait… je sais pas franchement pour une formation à distance j’ai du
mal à imaginer une dynamique… c’est… je sais pas franchement…

Interviewer : est-ce que ça passerait par exemple par le fait qu’un enseignant
ou quelqu’un qui gère la formation vienne vers vous, vous demande de temps en
temps « est-ce que ça va »,

Nicolas : oui, oui ça pourrait être une bonne piste je pense, après bon on peut
s’interroger sur la faisabilité, parce que c’est quand même, j’imagine l’enseignant qui va
avoir tous les élèves en plus du taff qu’il va avoir à côté, wow, c’est super enseignant
quoi, mais… oui en tout cas pour les élèves ça serait vraiment positif je pense, ça serait
positif, surtout que nous sur le bureau virtuel c’était vraiment on nous lâche d’un

370
coup 30 pages de cours, faut les avaler quoi et faut être méthodique… parfois l’aide d’un
prof est bienvenue quoi, on regrette de pas avoir cet échange-là, cet échange qui est
vraiment j’ai envie de dire logique quand on est dans un cours, c’est question réponse,
un groupe qui réagit, là c’est différent, c’est beaucoup plus difficile…

Interviewer : ouais, ouais… et jamais personne n’est venu vers vous


justement sans que vous le sollicitiez ?

Nicolas : mmh… on a eu des personnes qui nous ont envoyé des mails mais c’était
des mails groupés, c’était pas directement vers moi, c’était, voilà on sollicite une réaction
de notre part mais c’est pas la nôtre propre, c’est la nôtre d’un groupe…

Interviewer : d’accord… et alors vous parliez des échanges sur Facebook,


avec les demoiselles, c’était humain vous disiez, c’est-à-dire que les échanges
sinon c’était moins humain pour vous ?

Nicolas : y’avait pas vraiment d’échanges, enfin les seuls échanges que j’avais eu
avec les acteurs de cette formation à distance c’était quelques mails envoyés avec des
professeurs, enfin c’était très formel mais pas, enfin même si c’était, je peux pas dire que
c’était pas humain, c’était formel et dans un cadre vraiment… oui… formel, et après oui
c’est ça les étudiantes, avec qui j’avais échangé, on apprenait petit à petit à se connaître
aussi enfin c’était surtout ça…

Interviewer : et alors ça justement qu’est-ce que ça vous a apporté ?

Nicolas : ben de la motivation en fait… peut-être cette dynamique là aussi dont je


parlais tout à l’heure peut-être qu’on peut la compléter par un échange plus vivant entre
les étudiants, au moins ça, même si c’est du virtuel enfin du virtuel je m’entends sur
Internet, ça reste… ça aide quand même à se motiver, à se dire y’a d’autres gens qui
partagent les mêmes problèmes que moi, et voilà… on se soutient mutuellement et ça
permet de, je sais pas, de se motiver, moi c’est vraiment ça la fin du premier semestre
j’étais assez motivé, et je suis allé aux partiels, bon… peut-être pas confiant, mais en tout
cas pas stressé…

Interviewer : d’accord… et alors du coup, confiant, pas stressé parce que


y’avait eu ces échanges ?

Nicolas : oui je pense, y’avait eu ces petits échanges, je me disais je sais que les
professeurs ce qu’ils vont corriger de ma part ça va pas être forcément les meilleurs
copies, mais je sais qu’il va y avoir d’autres gens qui vont avoir les mêmes problèmes
peut-être qu’ils vont être plus indulgents par rapport à ça, peut-être qu’il va y avoir un
traitement plus indulgent par rapport à des élèves aussi de formations différentes, voilà
ce genre de choses…

371
Interviewer : oui parce que vous parliez tout à l’heure aussi du
regroupement, vous disiez c’est intéressant aussi pour voir comment les
enseignants vivaient la formation à distance

Nicolas : exactement

Interviewer : pour eux c’était comment tel que vous l’avez perçu ?

Nicolas : pour eux c’est une organisation qui a l’air pas évidente, pas évidente parce
que pareil c’est faire cours avec, proposer des cours à des gens qui ne réagissent pas en
fait, des gens qui sont derrière des ordinateurs on ne sait pas trop où dans le
département la région, et… enfin moi autant que possible j’ai essayé de répondre et de
relancer dès qu’il y avait des questions, des demandes particulières, mais j’ai pas
l’impression que c’était le cas de tout le monde, et je pense aussi qu’ils se confrontent à
ce problème, ne pas savoir à qui ils s’adressent vraiment, et est-ce que ce qu’ils font c’est
vraiment utile ça apporte vraiment quelque chose à des gens qui n’ont pas de retour,
donc c’était… c’est pour ça que… cette réunion y’avait vraiment les enseignants, leur
point de vue, ils étaient contents d’ailleurs, on était on devait être une 15aine 20aine et
ils étaient contents qu’il y ait autant de monde, apparemment c’était une des premières
fois où il y avait autant de monde pour une réunion de formation à distance…

Interviewer : du coup le regroupement vous pensez que ça a dynamisé cette


relation ?

Nicolas : oui, oui moi c’est l’effet que ça m’avait fait…

Interviewer : c’est motivant là aussi ?

Nicolas : voilà, comment dire, on centralise on pose des questions, on éclaircit


quelques doutes, on met aussi des visages sur des têtes, c’est pas anodin… je sais pas, ça
complète la vision de la formation…

Interviewer : d’accord… et par rapport aux autres étudiants, à part le groupe


Facebook vous avez eu d’autres échanges ?

Nicolas : très rapidement lors des partiels, et effectivement durant ce


regroupement à la mi-semestre… voilà à part ça… non…

Interviewer : d’accord… alors vous avez arrêté la formation, à quel moment


vous l’avez arrêtée ?

Nicolas : alors euh… y’a pas vraiment un moment où j’ai dit j’arrête, c’est
clairement après les résultats du premier semestre… donc vers février, j’ai plus du tout…
ouvert le bureau virtuel… en février je pense que vraiment je pouvais dire j’ai arrêté la
formation ça fait trop longtemps que je m’y suis pas remis…

Interviewer : d’accord parce que justement c’est petit à petit

372
Nicolas : voilà c’est ça, au début y’avait quelques cours qui m’intéressaient, je me
disais ça serait dommage de pas les travailler de pas aller jusqu’au bout, mais je voyais
cette défaillance au premier semestre, et puis trop de choses, le travail qui était très
prenant avec des remplacements à faire, ce genre de choses, des semaines qui peuvent
vite monter à 45 heures… en lycée professionnel aussi on ingurgite pas mal de choses et
quand on rentre on a plutôt envie de s’aérer l’esprit et pas de s’enfermer dans les cours
et les bouquins… ça c’était un problème aussi…

Interviewer : d’accord… et plusieurs questions par rapport à cet arrêt, déjà


comment est-ce que vous le qualifiez, est-ce que c’est un arrêt, une interruption,
un abandon ?

Nicolas : euh… je l’ai plutôt vu comme un abandon… c’est comme quand on est
dans une montgolfière, y’a trop de poids faut lâcher du lest… faut freiner…

Interviewer : d’accord… est-ce que vous l’avez vécu comme un échec ?

Nicolas : non pas du tout comme un échec, puisqu’au contraire, si… alors
effectivement… dans cette FAD y’avait beaucoup de choix d’enseignements et la FAD
nous obligeait à, on avait plus les choix, on n’avait plus ces choix-là, c’était des
enseignements qui étaient très délimités, donc résultat je me suis retrouvé à faire du
latin alors que j’en ai pas fait depuis la cinquième… ce que je veux dire c’est que ça m’a
fait retravaillé des choses et tout ce que j’ai fait au premier semestre m’a conforté dans
l’idée que si j’avais pu avoir le choix de certains enseignements, j’aurais pu décrocher le
premier semestre et voilà, mais bon… à partir de là au second semestre, j’ai même plus
vu comme un échec en plus dans le sens où j’avais vraiment trop de choses à faire,
c’était, non c’était un abandon mais pas un échec… je me suis dit c’est pas grave je
retenterai l’année prochaine, j’ai le temps…

Interviewer : d’accord… et alors par contre qu’est-ce qui aurait pu vous faire
continuer ?

Nicolas : euh…

Interviewer : que ce soit des choses qui émanent de vous ou du dispositif

Nicolas : alors dans ce cas là, c’est pas, je pense que le dispositif rien n’aurait pu y
faire, il aurait fallu qu’à ce moment là j’ai des heures de travail beaucoup plus aménagées
ce genre de choses quoi, j’en suis arrivé à un point en février mars où c’était vraiment
pas le travail qui me posait problème, enfin pas le travail de la formation à distance, c’est
plus le contexte qui m’empêchait de m’y consacrer…

Interviewer : d’accord… donc même avec une dynamique plus…

Nicolas : non je crois que j’aurais pas réussi…

373
Interviewer : et est-ce qu’avant ce moment-là, avant le mois de février, ou
avant les partiels, est-ce qu’il y a eu d’autres moment où vous avez pensé
abandonner ?

Nicolas : oui y’a notamment eu un moment où juste avant la réunion, ça fait sens,
où on avait beaucoup de travaux à rendre… et y’avait une chose que je ne savais pas c’est
que ces travaux étaient facultatifs… alors… du coup je me suis chargé comme une mule à
essayer de tout faire, et en plus de ça il y a des choses qu’il aurait pas fallu que je fasse
parce que ça avait été mal expliqué notamment au niveau de l’Anglais où on avait un
cours très particulier en Lettres Modernes, et j’avais juste pris le cours du tronc commun
et j’avais fait des choses, j’avais perdu du temps inutilement, du coup y’a eu un moment
où je savais même plus par quoi commencer tellement j’avais de travail à faire, c’était
pas possible j’allais jamais m’en sortir et finalement une fois arrivé à la réunion j’avais
vite compris que tous les travaux étaient facultatifs et qu’en tout cas ils n’apporteraient
rien à mes notes, c’est d’ailleurs bien dommage, à mon avis si on en avait eu un tout petit
peu moins et qu’ils avaient participé aux résultats, aux notes, là franchement ça aurait
été intéressant et franchement je pense que ça aurait été plus motivant aussi à
travailler… parce qu’au final on avait des notes mais c’était plus des évaluations pour
dire « oui voilà ce que vous auriez eu vous auriez eu entre 15 et 20 », et au final on
enregistrait rien du tout sur un bulletin quoi… et bon quand on prend une banane c’est
pas trop grave mais une note, une note satisfaisante c’est dommage de la laisser au rang
de brouillon d’essai d’entraînement aux partiels… je pense qu’une des choses qui m’ont
fait arrêter au second semestre c’est de me dire on n’a plus que, en fait on n’a qu’un seul
moment où il faut être bon c’est au moment du partiel parce qu’on n’a absolument aucun
autre moyen d’enregistrer des résultats, résultat on nous note sur un moment dans
l’année, et pfff… je sais pas il me semble qu’une formation à distance sur un mode de
contrôle continu serait plus intéressant, je sais pas s’il serait plus faisable mais il
m’aurait plus motivé…

Interviewer : vous avez peut-être besoin de régulièrement avoir une


échéance

Nicolas : voilà, voilà exactement, exactement… tout à fait…

Interviewer : d’accord très bien… par rapport aux enseignants, je reviens sur
eux une dernière, vous disiez quand on les contacte ils répondent c’est-à-dire
qu’ils sont accessibles

Nicolas : ah oui ils sont très disponibles, je pense que là y’a aucun problème

Interviewer : d’accord ok… donc vous saviez à qui vous adresser en cas de
question

Nicolas : oui, avec quelques petites recherches on trouve vite à qui s’adresser… sur
Internet c’est assez clair enfin le système du bureau virtuel était bien fait…

374
Interviewer : D’accord… Tout au long de la formation vous étiez plutôt à
l’aise ou anxieux ?

Nicolas : c’est un peu difficile à dire… je pense que je me posais pas vraiment ces
questions-là dans le sens où ce que je faisais je le faisais avant tout pour moi et pas pour
réussir, et ce que je faisais je trouvais ça vraiment très intéressant, je pense que j’étais ni
à l’aise ni anxieux mais plutôt captivé en fait, et à la limite… après c’est dans ma nature je
pense que je vais quand même dire anxieux parce qu’à l’approche des masses de travail
à effectuer et notamment des partiels, là oui j’étais clairement anxieux, mais dans
l’ensemble, bon quand je me mettais à travailler derrière mon bureau y’avait, je me
posais absolument pas cette question là, je prenais juste du plaisir à essayer de
comprendre ce que je faisais, les cours c’était vraiment intéressant…

Interviewer : oui c’est une question que j’allais vous posez vous preniez du
plaisir à étudier ?

Nicolas : ah oui totalement oui…

Interviewer : et par rapport à l’anxiété qui pouvait y avoir quand il y avait


beaucoup de travail c’était gérable enfin c’était, ça vous a pas perturbé dans votre

Nicolas : non, alors je pense que j’ai pas trop eu de mal à la gérer de toute façon je
mettais des limites, au bout d’un certain moment, enfin s’il fallait se détendre, c’est bon
j’y arrivais… voilà, non pas de problème particulier pour le gérer, c’était présent mais je
le gérais…

Interviewer : d’accord, c’était pas du tout démotivant

Nicolas : ah non pas du tout, non non c’était même, anxiété limite excitant quoi
[sourire]

Interviewer : anxiété saine

Nicolas : voilà pas de dépression ni rien de ce côté-là

Interviewer : ok [sourire]… vous travailliez de chez vous ?

Nicolas : oui

Interviewer : d’accord c’était un environnement favorable

Nicolas : ah oui très favorable puisque je travaillais enfin comme j’étais domicilié
chez mes parents durant l’année dernière, bon… ils… ils me permettaient de me
consacrer vraiment à mes études, j’avais pas à m’occuper de beaucoup de choses
superflues, faire la cuisine, les tâches ménagères, ça c’est des choses j’y ai échappé quand
même pas mal et j’ai vraiment un environnement, franchement optimal, c’était vraiment
très pratique pour étudier…

375
Interviewer : d’accord, et alors justement j’allais vous demander vous parlez
de vos parents, vos proches que ce soit votre famille ou vos amis, ont participé à
votre formation, pas forcément pour les contenus de cours mais justement comme
ça pour de l’aide au niveau de l’organisation ou aussi des encouragements ?

Nicolas : pas spécialement, parce que je suis pas demandeur sur ce genre de
choses, si les gens me demandent comment ça se passe je leur réponds, je leur dis « ça se
passe bien » ou « ça se passe mal », enfin voilà c’est moi qui l’ai choisi donc je le fais en
solo quoi, j’en parle si vraiment y’a des problèmes mais non je considère que je l’ai
vraiment faite en solo, que ce soit mes proches mon entourage ma famille, je les ai pas
embêtés avec ça quoi…

Interviewer : d’accord et eux ne vous ont pas non plus

Nicolas : ah non eux, non, ah euh encouragé, si ils m’ont encouragé bien sûr, y’avait
même une déception quand je leur ai dit que j’abandonnais, mais ils comprenaient mes
choix…

Interviewer : et donc pareil, je reviens sur l’histoire de motivation, ça a pas


joué un rôle

Nicolas : non je pense pas, je pense pas de côté-là niveau travail je suis assez
solitaire, et j’ai pas besoin qu’on m’encourage, sur ce genre de choses moi y’a pas de
problèmes pour ça…

Interviewer : et sur les aides tâches ménagères etc. le fait d’avoir ça en moins
c’était très important ?

Nicolas : je pense ça me… ça me libérait du temps, parce qu’au final le temps je


courrais toujours après quoi, ouais… j’avais, je travaillais 34h30 par semaine, et c’est
vrai que bon quand on enlève tout ce qui est les temps de repas et de nuit, ça fait plus
beaucoup d’heures actives pour travailler quoi… ça part très vite, il me restait les week-
ends qui étaient très souvent pris, résultat… je courrais après le temps… donc oui ça m’a
bien aidé quand même, toutes ces, plein de petites choses à ne pas faire ben au final ça
fait plein de temps libre… pour se consacrer notamment à cette FAD…

Interviewer : et oui d’accord…

376
Questionnaire :

Elément Donner une importance Verbatims éventuels


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 10 Ça sert à rien de
s’embarquer dans un truc si
on se sent pas capable de le
réussir, je pense que c’est
vraiment important…
Se sentir autonome 10 Oui c’est très important
aussi… parce que…
comment dire… si on est
pas capable de se sentir
autonome sur une FAD c’est
même pas la peine…
Prendre plaisir à étudier 10
Se sentir en confiance avec 10 C’est super important je
au moins un enseignant ou trouve…
tuteur (ex : savoir qu’il
répondra à un message
envoyé)
Se sentir en confiance avec 10
les autres étudiants
Se sentir appartenir à un 8 Je trouve que c’est très
groupe (avec les autres important aussi, je pense
étudiants), qu’il y ait un que c’est un peu moins
esprit de groupe important je vais un peu
nuancer je vais pas mettre
10…
Se sentir entouré par les 10
autres étudiants ou les
enseignants (ne pas se
sentir seul, isolé)
Se sentir entouré par ses 0 Ca pour moi c’est pas du
proches tout important, je mets
même 0, y’a beaucoup de
chiffres je mets 0 ou 10
[sourire]
Sentiment de quiétude 8 C’est important de se sentir
(absence d’anxiété) bien…
Se sentir respecté, reconnu 10 Ah ouais, alors ça c’est vrai
par les enseignants on l’a pas abordé…*aparté
Se sentir estimé par les 0 Estimé peut-être pas, mais
enseignants (être apprécié) un minimum de respect oui,
estimé ça me semble pas
nécessaire, ça dépend de

377
chacun, estimé c’est fort, ça
admet peut-être une
formation difficile à
développer en formation à
distance…
Qu’il y ait des 10 Ca m’a aidé à un moment
regroupements (une ou donné, je pense qu’il en
deux journées à faudrait un peu plus
l’université) souvent… une formation à
distance c’est bien parce
que tout le monde peut pas
se réunir…
C’est important pour
clarifier des points
importants, des
explications, pour mettre
des noms sur des visages,
prendre contact avec des
gens tout simplement parce
que sur Internet c’est pas
facile, ça crée une
dynamique…
*aparté Interviewer : on peut l’aborder [sourire]

Nicolas : on peut l’aborder parce que justement on avait quelques enseignants qui
eux n’étaient pas présents au regroupement qu’on avait fait, et y’avait eu un… on se
sentait toujours quand on allait aux partiels, on sentait vraiment qu’il y avait les
étudiants en présence et ceux qui étaient à distance… et certains enseignants, je sais pas,
je me souviens pas vraiment de certains propos explicites mais d’une attitude, de
personnes, ouais on est là mais pourquoi en fait on est à distance, pour eux, des
enseignants voyaient pas vraiment d’intérêt pour cette formation à distance, et nous le
faisaient sentir… pour eux on était des étudiants moins… un petit peu comme des
étudiants mais en moins bien [sourire]…

Interviewer : vous n’avez pas d’exemple ?

Nicolas : non je me souviens plus trop, je me base aussi sur des… sur des souvenirs
d’autres élèves justement où on avait échangé et je me souviens oui d’une camarade qui
avait eue des mots très durs prononcés par un professeur, oui qui disait que de toute
façon on branlait rien en formation à distance et qu’en plus il fallait qu’on nous donne le
diplôme à la fin quoi… donc je pense que y’a p’tet pas forcément du faux dans ce qu’il dit
mais je me suis pas du tout senti concerné par ce qu’il disait…

Interviewer : je comprends et vous ça vous a pas forcément affecté ?

Nicolas : affecté, non, mais je pense qu’il faut reconnaitre la difficulté les
enseignants doivent reconnaître la difficulté que c’est pour ces personnes-là qui n’ont
pas le choix de faire une formation à distance, et oui je pense que y’a besoin de les
378
valoriser, c’est important, c’est déjà dur de travailler loin de la fac alors si en plus on est
considéré comme des branleurs, non… non je pense que c’est important de se sentir
valorisé…

*fin de l’aparté

Interviewer : est-ce que cette formation et cet abandon ça vous a appris


quelque chose sur vous-même ?

Nicolas : euh oui… je pense que ça m’a appris pas mal de choses, notamment en
terme de capacité d’autonomie de travail, et de gestion du temps et de l’énergie… j’ai un
peu multiplié les projets et j’ai compris effectivement que le temps, y’en a besoin, et
quand y’en a plus ça fait mal…

Interviewer : et oui d’accord… est-ce que si cette formation était à refaire


vous referiez différemment ? ou vraiment vous ne la referiez pas d’ailleurs, à
distance ?

Nicolas : j’ai du mal à répondre à ça, parce que justement non je pense pas que je la
referais, justement je redouble en la faisant en assidus parce que c’était trop dur… c’est
pas possible… moi je me voyais pas… c’est même pas que c’était trop dur en soi, c’est pas
la formation qui était trop dure en soi, c’est plus un contexte trop envahissant
notamment au niveau du travail de surveillant et puis de l’association que j’avais montée
aussi à côté, ça faisait trop, c’était… au niveau gestion du temps j’ai appris…

Interviewer : alors justement ça rejoint peut-être ma dernière question, est-


ce que vous reprendriez une formation à distance ? Ca dépend du contexte peut-
être ?

Nicolas : ouais, ouais ouais, je pense que du temps plus il passe et moins on en a…
parce que oui j’ai bien vu l’année dernière je travaillais, je travaillais juste, mes parents
s’occupaient de beaucoup de choses, peut-être que dans un temps à venir ça sera pas le
cas, et je me vois pas du tout à ce moment-là faire une formation à distance…

Interviewer : d’accord… ah oui j’avais une question encore excusez-moi, est-


ce que vous aviez participé aux forums ?

Nicolas : euh aux forums sur Internet ?

Interviewer : oui sur le bureau virtuel ?

Nicolas : il me semble que j’avais dû poster quelques messages mais il était


vraiment pas pratique, et très vieillot, il faisait vieillot comme forum ça me semblait pas
du tout pratique pour communiquer, là c’était vraiment une question technique, un
forum comme ça il était, je sais pas, pas accueillant et pas…

379
Interviewer : ça a même cassé votre envie de communiquer peut-être ?

Nicolas : peut-être bien, peut-être bien parce que je trouvais que la plateforme,
autant pour récupérer les cours tout ça c’était pratique, autant pour discuter c’était, je
sais pas, je savais pas qu’on pouvait faire encore des systèmes comme ça à l’époque de
Facebook et Twitter [sourire]… je comprends pas…

Interviewer : oui… donc vous la communication elle est venue plutôt quand
y’a eu

Nicolas : plutôt cet échange avec le groupe Facebook effectivement… elle s’est pas
faite avant, je sais pas j’arrivais pas, je me sentais pas à l’aise sur ce forum… on a
l’impression de faire un bon dans le temps en 98…

380
29. Louise

Interviewer : précédemment tu avais un Master en…

Louise : Sciences de Gestion

Interviewer : déjà, est-ce que tu avais suivi d’autres formations à distance


avant ?

Louise : Non pas du tout

Interviewer : qu’est-ce qui t’avais amenée à suivre cette formation ?

Louise : et bien… mon goût pour les nouvelles technologies… mon envie de faire
une formation dans la formation… parce que j’avais de formation dans la formation… et
puis… donc y’a ça… après le côté ben formation à distance tout simplement, parce que
pour moi c’est stratégique on va dire, et donc ça m’aurait permis d’avoir un diplôme
dans la formation de [ ??? ] et puis en plus le fait de faire à distance, ça avait plus de sens
pour moi… et en plus, on avait donc un diplôme universitaire un DU et un certificat Net
Trainers un certificat européen de formateurs en réseaux…

Interviewer : d’accord ok, donc c’était aussi par rapport à ton boulot ?

Louise : ah c’était dans mon projet professionnel en fait parce qu’à ce moment-là je
travaillais pas donc j’avais le temps de le faire…

Interviewer : d’accord… alors pourquoi à distance plutôt qu’en présence,


justement pour avoir ce côté distance

Louise : c’est ça c’est parce que… si après tu veux encadrer des formations à
distance, le fait d’avoir toi-même suivi des formations à distance, t’as plus de légitimité,
tu comprends plus aussi les difficultés qu’on peut avoir et puis en plus je trouvais ça
beaucoup plus pertinent de le faire à distance, de faire un diplôme à distance sur une
thématique à distance… ça paraît plus cohérent…

Interviewer : d’accord… et est-ce que tu te sentais capable de travailler à


distance ?

Louise : oh oui… oui, oui si si, justement moi à l’époque quand j’ai décidé de faire
ça, ça me permettait d’avoir un rythme puisque j’étais au chômage, donc après
m’organiser etc. par rapport au fait que j’étais en recherche, j’ai commencé une thèse, j’ai
connu justement… le fait de devoir travailler tout seul on va dire, et du coup on va dire
que j’avais développé des compétences, des qualités enfin une autodiscipline [sourire]
de l’organisation etc. qui me permettaient d’être plus à l’aise par rapport à mes
capacités, en formation à distance…

Interviewer : d’accord… tu travaillais depuis chez toi ?

381
Louise : oui… oui j’avais pas d’autre lieu, non je travaillais que depuis chez moi, de
mon canapé ou de mon bureau…

Interviewer : d’accord… et donc c’était un environnement favorable à,

Louise : alors mon bureau oui, mon canapé c’était devant la télé c’était quand
j’avais pas envie de travailler, et qu’il fallait travailler, et du coup pour me motiver tu
vois à travailler, ben je le faisais devant la télé un truc un peu à la c#n, qui prenne pas
une trop grande concentration et qui permette de pouvoir me concentrer sur mon
travail et puis de la détente et puis me remettre un peu sur le travail, donc souvent dans
ces moments-là je commençais à regarder l’activité, à comprendre un petit peu le truc
machin, je répondais, et vraiment sans me prendre la tête, parce qu’en général je parlais
très mal à ce moment-là j’avais du mal à construire mes phrases etc. donc je donnais des
réponses comme ça à la va-vite et puis je reprenais un ou deux jours après quand j’étais
plus en forme et que ça avait un peu mûri l’air de rien dans ma tête… et souvent c’était
plus facile après, j’avais imaginé tout autre chose j’avais compris la consigne totalement
différemment, et je compliquais en fait…

Interviewer : d’accord… est-ce que tes proches, ta famille ou tes amis, ont
participé à cette formation, soit par des aides ponctuelles soit par du soutien ?

Louise : pas du tout… moi j’étais seule chez moi et tant mieux [sourire]… parce que
si j’avais été

propos personnels non retranscrits

Interviewer : d’accord… par rapport à tes proches pour revenir dessus… est-
ce que tu leur en avais parlé que tu faisais une formation ?

Louise : oui, mais alors ça s’est fait, je leur ai dit ça assez rapidement, en fait j’ai vu
le message de Net Trainers machin c’était… c’était fin septembre, genre le 30 septembre
un truc comme ça, fin septembre… et donc j’ai vu l’annonce « recrutons formation
continue formateur en réseaux » du coup j’ai cherché de l’information là-dessus et puis
ouais j’ai pris ma décision en milieu de semaine, donc c’était pas prémédité
particulièrement j’ai saisi l’opportunité, et du coup je leur en ai parlé que j’allais faire
une formation et qu’elle m’intéressait bien… alors mon père a fait « ouais alors au niveau
des débouchés ça donne quoi », voilà, bref… donc voilà je les ai rassurés et voilà…

Interviewer : oui c’est plus toi qui les rassures que eux qui te rassurent

Louise : c’est ça, à peu près, de toute façon dès que ça parle d’études, ma mère me
soutient mon père bon je sens qu’il se sent pas forcément très à l’aise avec ça, mes
sœurs, bon, pas spécialement à l’aise non plus…

Interviewer : quand tu dis que ta mère te soutient, c’est-à-dire ?

382
Louise : ma mère elle me dit dans tous les cas de figure « c’est toi qui choisit mais
dans tous les cas on sera derrière toi », donc elle me soutient bien, par contre faut pas lui
demander un avis elle prend pas position forcément…

Interviewer : d’accord… le soutien de tes proches, globalement est-ce qu’ils


ont joué un rôle de soutien…

Louise : ouais ouais… ah si éventuellement, quand une apprenante me gonflait, I.,


ils ont été un soutien en ce sens que quand elle m’a gonflée, j’ai pu déverser ma verve à
ma mère surtout…

Interviewer : d’accord… et ça permet du coup…

Louise : de décompresser… « ah elle me gonfle celle-là machin », « mais c’est quoi


cette grosse folle »… voilà donc ouais…

Interviewer : I. c’était une autre apprenante c’est ça ?

Louise : oui la psychopathe là… [sourire]

Interviewer : d’accord ok… et dans ton travail tu en as parlé ?

Louise : oui, oui oui ben je l’ai dit déjà à l’entretien57, voilà, donc là la réponse a été
intéressé de la part de mon chef, « ah oui c’est bien c’est intéressant », au niveau des
perspectives en terme de formation à distance, par contre ma cheffe elle plutôt assez
réfractaire à la distance, elle considérait que pour le public qu’ils avaient c’était pas
envisageable quoi en gros… voilà mais après leur soutien à eux pas spécialement… des
fois ils posaient des questions « bon ta formation » voilà des collègues par-ci par-là, mais
ça s’arrêtait là c’était pas…

Interviewer : donc que ça soit tes proches ou tes collègues s’ils n’avaient pas
été là pour te soutenir, ça aurait pas changé

Louise : non ça aurait non

Interviewer : d’accord… est-ce que y’avait des tuteurs dans cette formation ?

Louise : non, pas de tuteur c’était les enseignants, y’avait deux enseignants

Interviewer : est-ce que tu as échangé avec les enseignants ?

Louise : tout à fait, y’avait justement beaucoup de contact par mail dans cette
formation, et vraiment j’ai senti une proximité très rapidement, on s’est tutoyé et puis
très rapidement c’est devenu humain c’est-à-dire que c’était pas juste pour le travail etc.,
c’est « bonjour ça va » et puis « oh super ta production, très bon travail » et puis les
commentaires dans les activités à faire parce qu’on avait des activités à faire qu’on
renvoyait, ils nous renvoyait après leurs activités en fichier Word avec leurs

57 Louise a été embauchée dans son nouvel emploi 2 mois après avoir démarré sa formation.

383
commentaires, donc des choses qu’ils mettaient au niveau information pour, pour
amener de l’eau au moulin on va dire, et puis aussi parfaitement complété, y’avait
vraiment [ ??? 16 : 01] et aussi bien d’un point de vue intellectuel qu’humain quoi…

Interviewer : d’accord… alors justement tu as dit « il y avait de la proximité »,


« c’était plus humain », etc., déjà c’est le tutoiement qui apporte ça c’est la manière
de parler ?

Louise : la manière plus que le tutoiement… non s’ils m’avaient vouvoyée en étant
très froids… y’aurait pas… vouvoyés de la même manière qu’ils faisaient ça aurait été
plus humain aussi… s’ils m’avaient tutoyée en étant très froid ça aurait été très froid
quoi… le tutoiement permet une certaine proximité, à condition qu’il y ait derrière une
proximité en fait… je pense que c’est pas… ça facilite peut-être un peu mais c’est pas le
seul critère…

Interviewer : et cette proximité, ce contact plus humain, qu’est-ce que ça


t’apporte ?

Louise : une motivation, une reconnaissance en tant qu’être humain, une


considération… on se sent écouté et on se sent voilà on sent qu’on peut si on a besoin si
on a des difficultés de choses comme ça on sent qu’on peut parler et qu’on peut être
entendu… que c’est pas juste, voilà… et qu’il y a vraiment… ils sont conscients justement
des difficultés de la formation à distance et telles que l’apprenant peut les ressentir à
distance… du coup vraiment ils sont très à l’écoute, très positifs, très encourageants, très
rassurants, très, ouais… et en même temps qu’ils souhaitent que tu sois autonome quoi,
enfin… [sourire] très compétents à ce niveau là…

Interviewer : d’accord… et quand tu dis ils sont à l’écoute ils sont rassurants,
ça se traduit comment ?

Louise : par… alors déjà y’avait un premier module qui était la présentation de la
plateforme et du déroulement de la formation à distance, et donc y’avait des activités où
ils posaient des questions du style « si un moment vous êtes en difficulté machin nanana
qu’est-ce que vous faites », et donc c’était par des mises en situation, et donc bon j’avais
mis si jamais j’ai le temps de discuter j’en parlerai au formateur blabla… c’était aussi est-
ce que vous appréhendez cette formation à distance, le côté à distance etc. donc moi
j’étais plutôt enthousiaste qu’effrayée du coup je l’avais dit, dans les commentaires
j’avais dit un truc du style « oui, effectivement il faut en parler tout de suite, ne surtout
pas s’isoler, blablabla » enfin bref, on sent dès le départ une écoute, une bienveillance…
pas de jugement, vraiment de la bienveillance…

Interviewer : tu dirais qu’ils étaient à la fois à l’écoute, bienveillants et aussi


accessibles en cas de question ?

Louise : ah oui, oui oui, accessibles c’est-à-dire qu’en général ils répondaient très
rapidement aux mails qu’on leur envoyait, quand on leur envoyait on avait déjà un mail

384
de retour ça pouvait être tout de suite, ou ça pouvait être au bout de 2 ou 3 jours grand
maximum, où ils disaient « j’ai bien reçu ton mail », « oh tu as été productive », voilà et
puis au fur-et-à-mesure c’est vrai qu’on est devenu plus… de plus en plus intime entre
guillemets enfin en restant tout à fait professionnels mais voilà, une relation s’était
créée, si je prends les premiers mails et les derniers mails, c’est vachement moins formel
et vachement plus humain en fait… « j’espère que t’as passé de bonnes vacances, oh ben
oui en parlant de ça j’ai mangé de la ratatouille » [sourire] voilà ça empiétait un petit peu
sur la vie de tous les jours…

Interviewer : d’accord ok… une relation s’était créée, est-ce que tu les avais
vus physiquement ou pas ?

Louise : non

Interviewer : donc du coup la distance n’empêche pas

Louise : non du tout… non je les avais jamais vus, jamais entendus, et justement
quand un moment le groupe [sourire] on s’envoyait des mails tous les jours en général et
y’a une période où y’a eu un grand pont, et après silence radio, plus personne s’est parlé
pendant 15 jours 3 semaines presque, et du coup ils ont appelé tout le monde… et là au
téléphone j’ai entendu un accent… voilà [sourire] et en fait ça fait très bizarre, et en fait
pendant la conversation ça me faisait rire intérieurement, et donc j’étais assez
déconcentrée par l’accent, et il est venu s’assurer que je n’abandonnerais pas, que tout
allait bien, savoir un petit peu ce qui s’était passé, voilà… ils ont fait ça à tout le monde
pour savoir un peu…

Interviewer : d’accord… ils viennent comme ça de temps en temps…

Louise : là c’était vraiment parce que y’avait 2 3 semaines où y’avait plus aucune
activité par mail, c’était pas normal du tout, parce que… entre temps j’avais eu des
vacances aussi, du coup… je pense que vers la fin de la formation on commence un peu à
fatiguer, et puis y’avait eu des heurts avec I. avant qui était un peu éprouvants [rires] et
puis du coup voilà, comme c’était un peu anormal ils avaient relancé par téléphone
plutôt que par mail…

Interviewer : est-ce que ça t’aurait manqué qu’ils ne t’appellent pas ?

Louise : … euh… je pense que ça m’a permis de me remettre plus rapidement dans
le travail… s’ils l’avaient pas fait j’aurais peut-être mis un peu plus de temps, mais je m’y
serais remise quand même, mais du coup c’est vrai que ça a été ça a été une petite
motivation voilà… s’y remettre et puis c’était sympathique, pas le fouet quoi [sourire]…

Interviewer : ok… et alors tu disais tout à l’heure que les enseignants sont
conscients des difficultés qu’il y a à distance, c’est-à-dire quelles sont pour toi les
difficultés à distance, dans ton cas personnel ? Est-ce qu’il y a eu des difficultés du
fait de la distance ?

385
Louise : non [rires]

Interviewer : [rires] au moins c’est clair

Louise : non pas eu de difficultés, une des difficultés on va dire c’est relationnel
avec une autre apprenante, pourtant je mettais les formes dans les mails, mais elle elle
mettait aucune forme dans ses mails, elle se permettait de dire beaucoup de choses, tu
faisais attention dans tes mails mais voilà je pense qu’elle avait un problème… voilà c’est
le seul problème que j’ai pu ressentir… après est-ce que j’ai eu des pertes de
motivation… non ou alors vraiment de très courtes durées, genre parce que j’étais
fatiguée, c’était vraiment, en général comme le sujet m’intéressait, ben je pouvais passer
la soirée dessus sans problème, c’était pas dérangeant du tout, après y’a 2 3 activités qui
m’ont bien fait chier [sourire]… et pour lesquelles j’ai vraiment galéré mais je me suis
pas dit je vais arrêter, jamais je me suis dit je vais arrêter, c’est juste je me suis dit celle-
là qu’est-ce qu’elle me gonfle, je me suis dit je vais renvoyer comme ça et puis ils me
renverront un mail en disant que c’est pas assez bien parce que c’est clair que c’est pas
bien, ils vont mettre des commentaires et ça va m’aider, y’a eu 2 fois, je crois que y’a eu 2
fois…

Interviewer : d’accord… tu ressentais pas d’isolement de solitude à distance ?

Louise : non… non parce que… parce que j’avais une vie bien remplie en fait… donc
j’avais mon job [ ??? ], mon autre job à la fac et puis j’allais sur Brest tous les samedis,
euh… ouais et puis j’avais des contacts aussi avec une autre apprenante surtout et avec
qui j’ai bien sympathisé, et avec qui on avait on va dire le même mode de travail, assez
coopératif et une envie d’échanger, etc.

Interviewer : mmh mmh d’accord… donc tu as échangé avec d’autres


apprenants

Louise : absolument

Interviewer : ça se passait comment ces échanges ?

Louise : par mail essentiellement… j’avais eu une autre apprenante par téléphone…
c’est elle qui m’avait appelée, parce qu’au tout début on avait discuté on avait échangé, et
puis une apprenante qui disait ohlala la distance elle pour le coup elle avait beaucoup de
difficultés avec le fait que ce soit que distance et qu’il n’y ait pas de contact physique, et
donc j’avais mis sur le forum si elle voulait m’appeler y’avait pas de souci… et en fait,
c’est une autre apprenante, parce que là à ce moment-là on était divisé en groupe, c’est
donc une autre apprenante d’un autre groupe qui en regardant sur le forum a vu que
j’avais mis mon numéro de téléphone et du coup elle m’avait appelée… on est resté
discuter bien une heure facile… et parce qu’elle avait beaucoup de difficultés notamment
à cause d’I. [sourire]… du coup on en a parlé etc. et puis elle était aussi davantage sur un
mode coopératif que… et donc elle avait beaucoup de mal dans le groupe dans lequel elle
était parce qu’ils étaient très pragmatiques, vraiment sur les échanges ils étaient un peu

386
avares, et puis le côté humain n’était pas très très présent, donc avec elle on a parlé, et
puis après elle a eu des problèmes financiers donc elle s’est arrangée avec les
formateurs pour repousser en fait son année… voilà… et puis du coup on s’est pas
recontactés, faudra que je la recontacte d’ailleurs pour prendre des nouvelles… et puis
sinon les autres apprenants c’était par mail essentiellement ou par forums parce que
c’était un outil de travail, et les mails pour poser des questions ou pour gérer une
activité etc. mais c’était essentiellement d’un point de vue travail, et après y’avait donc
Corinne avec qui j’ai échangé des mails privés où là c’était entre nous, on se demandait
comment ça allait, si la motivation était toujours là, etc. s’encourager et puis voilà…

Interviewer : d’accord… donc en dehors de Corinne, la nature des échanges


c’était surtout sur les contenus de cours…

Louise : voilà, des fois y’en avait qui essayaient de mettre un petit truc personnel
mais alors ça prenait vite des ampleurs… genre à un moment L. qui a fait un clin d’œil
parce que le Pape venait d’être élu, et puis il a dit « bienvenue au Pape » un truc comme
ça, y’avait rien de religieux, mais tout de suite I. « oh comment gnagnagna » enfin elle en
a fait tout un foin… donc finalement tout ce qu’on pouvait dire risquait d’être repris par
I.…

Interviewer : d’accord… Alors justement on va parler du cas I., [sourire]…


qu’est-ce qui s’est passé ?

Louise : au tout début on était dans deux groupes différents, j’étais pas avec elle
donc tout allait bien… et puis à partir du module 3, c’était important et on était une
petite promo, les formateurs ont décidé qu’on allait faire un grand groupe… et donc là la
confrontation avec I… alors sur une activité où c’était C. qui s’en occupait qui
coordonnait l’activité, donc comme à notre habitude on va déposer notre production là
c’était sur le forum, parce que donc on voulait utiliser le forum… donc on dépose nos
productions, moi, C., L. aussi… et là I. envoie un mail incendiaire en disant que nos
réponses ne convenaient pas du tout, que c’était en gros du n’importe quoi, qu’elle
n’avait jamais vu ça dans toute sa carrière, que ce soit en temps qu’enseignante en école
de commerce, que ce soit lors de ses études elle étale son CV comme quoi elle avait
jamais vu une telle réponse, parce que L., bon il en avait mis un peu des tonnes, mais C.
ça allait quoi, et en fait ils avaient défini les termes du sujet… tout simplement… je sais
plus ce que c’était tu parles d’un truc autant le définir un minimum… et du coup elle
nous demandait, elle disait que ça correspondait pas du tout, qu’il fallait répondre de
manière pragmatique en quelques lignes pas plus, blablabla enfin bref elle avait décidé,
et donc dans des termes, avec un vocabulaire très directif, très petit chef, donc voilà en
mettant aucune forme… donc moi je vois ça c’était genre le vendredi soir, je me dis « oh
### la ### donc je ne vais pas répondre tout de suite parce que sinon je vais lui rentrer
dans le lard ça va pas être constructif du tout », au passage elle était complètement à
côté de la plaque à mon sens, elle avait fait 3 pauvres lignes, pour une qualité comme ça
elle se permet de critiquer comme ça, et puis je me dis bon je vais attendre un peu

387
laisser reposer les choses, et puis là t’as C. qui donc coordonnait l’activité, que l’autre
apprenante que j’avais eu au téléphone elle me dit C2. c’est le petit chien de I., elle va
toujours dans le sens d’I. elle envoie un mail quasiment tout de suite en disant « je suis
tout à fait d’accord avec I., les productions attendues machin nanana donc il faut que ça
fasse 30 lignes maximum donc je rouvre un autre forum, vous apporterez votre
production dans ce nouveau forum », ok d’accord, donc là c’est dimanche soir, je vois
que ma copine C. a envoyé un mail, en réponse au mail d’I. et donc j’ai lu le mail et elle
avait trouvé pour dire les choses de manière douce, et correctes sans que ça vire au
pugilat ou autre, où elle disait que voilà elle avait été blessée par le mail, que ben c’était
pas très respectueux la manière dont ça avait été apporté parce qu’on avait quand même
produit quelque chose, et dire que c’est de la merde en gros c’est pas ce qu’il y a de plus
agréable à entendre, la manière dont c’est fait c’est pas terrible, et puis sous quelle
légitimité, bref elle avait bien tourné, moi j’ai renchéri par-dessus en disant que
j’appuyais tout à fait ce qu’elle disait et que je trouvais qu’elle l’avait très bien dit, en
mettant ma petite touche personnelle, c’est-à-dire que j’ai rajouté une phrase un peu
cinglante un peu rentre-dedans, mon manque de… appeler un chat un chat… et donc…
dans lequel je disais qu’un travail de groupe c’était en groupe et qu’une décision ça ne se
prenait pas à une ou deux personnes, mais à plusieurs, le côté très dirigiste ne me
plaisait pas en gros… à cela I. a renchéri en disant qu’elle était extrêmement blessée par
nos propos, qui étaient vraiment très blessant, je lis ça je me dis elle se fiche de la ###
du monde, est-ce qu’elle se lit seulement, et du coup là j’ai pas renchéri parce que c’était
du n’importe quoi, et du coup nos relations ont commencé comme ça avec I. et du coup
au moindre truc qui, voilà, toutes les conversations qu’on a eu ont été en fait, soit c’était
elle qui entendait des sous-entendus, qui n’existaient pas ou qui existaient ou soit c’était
moi qui avait l’impression qu’elle se fichait de ma ###, donc voilà des échanges assez
houleux, et puis tout était prétexte… et puis y’a eu des échanges houleux avec d’autres,
notamment avec L. je sais plus s’il avait répondu sur l’histoire du pape…

Interviewer : quand tu dis d’autres échanges houleux c’est I. vers L. enfin


c’est pas toi avec d’autres ?

Louise : ah non non non non c’est I. toujours I. sinon avec les autres j’ai pas eu de
souci du tout, y’a eu des soucis qu’avec I. parce qu’elle interprétait tout mal et du coup
fallait prendre des méga pincettes et même en prenant des méga pincettes elle le prenait
mal… et puis y’a eu une activité que j’ai dirigée, qui a été bien parce que du coup ça a été
une catastrophe de A à Z, mais du coup ça m’a donné beaucoup de matière pour notre
activité qui était métacognitive où il fallait raconter comment on allait coordonner une
activité, qu’est-ce qu’on pouvait en retirer etc. y’en avait plein qui n’avaient rien à
raconter parce que c’était bien passé, moi comme j’ai eu plein de tracas, d’aléas, j’ai eu
plein de choses à raconter c’était très intéressant, et donc… tout a commencé avec cette
activité où il fallait choisir entre 3 cas… le but c’était de… de réfléchir à notre manière de
résoudre un problème… donc c’était 3 problèmes, y’avait des problèmes c’était type
arbre généalogique, un autre de la logique pure, c’était des problèmes de logiques quoi,
donc y’en avait 3 donc dans l’ordre ça fait un deux trois, mais le problème c’est qu’ils

388
s’appelaient c’était peut-être fait exprès tu me diras celui qui était en tête il s’appelait
genre généalogie 3, celui du milieu machin 1 et celui d’en bas truc bidule 2… les numéros
correspondaient pas à leur… et moi je leur demande leur avis « est-ce que vous préférez
le 1 le 2 ou le 3 », sans utiliser les termes… et du coup en fait… tout le monde décide, très
bien on est dans les temps, et puis là C2. qui me renvoie un mail qui me dit « ça y est j’ai
apporté ma contribution », je vais voir et oui elle avait apporté sa contribution mais elle
avait pas choisi le bon cas… ok bon… y’a ceci machin est-ce que vous êtes tous d’accord
pour qu’on parte là-dessus, ok bon, on perd un peu de temps mais on continue là-
dessus… et puis alors après… c’était un syllogisme, et le syllogisme c’est l’homme est
mortel, Socrate est un homme, donc Socrate est mortel… et du coup là c’était sur des
gens qui travaillent dans une usine et qui touchent une prime… machin salarié de
l’atelier peinture touche une prime… a priori c’est simple… a priori… sauf qu’I…. n’était
pas d’accord avec nos réponses, parce que donc il fallait expliquer notre logique, mais en
fin de compte la réponse importait peu… c’était juste la logique qu’il fallait développer…
on a tous les mêmes réponses sauf I. qui dit « je ne suis pas d’accord parce qu’on sait pas
si Jean-Yves est un salarié ou pas »… or c’est tous les salariés de l’atelier peinture qui
touchent une prime, mais qui nous dit que Jean-Yves est salarié, il peut être indépendant
il peut être… ce qui n’est pas faux en soi, mais c’était pas à l’ordre de, voilà… moi je
réponds gentiment « oui effectivement c’est intéressant » et puis je pensais prendre les
deux en fait, couper la poire en deux… alors chaque fois elle m’a repris sur les termes
parce que je disais « ta proposition est intéressante », « c’est pas une proposition c’est la
réponse », elle voulait absolument avoir raison elle titillait là-dessus et puis un
formateur nous dit faudrait vraiment partir sur un truc, trancher, donc on vote encore ce
qui prend du temps, parce que tous n’étaient pas très réactifs on avait un apprenant qui
était en Afrique et un wi-fi qui laissait à désirer, une connexion très aléatoire, donc voilà
des fois pendant 4 5 jours on n’avait pas de nouvelle de sa part… donc des problèmes
d’accessibilité… et donc voilà on finit par voter pour la proposition, qui n’était pas la
proposition d’I. qui était ma proposition la seule l’unique [sourire] et donc on part là-
dessus et alors après… entre temps on a perdu des choses, on avait plein de problèmes à
traiter, on a eu un problème de wiki, on a tout perdu… voilà, heureusement que je m’y
connais un petit peu en informatique que je suis à l’aise avec l’outil, etc. où donc le wiki
y’avait… un onglet sauvegarde, mais y’avait plein de langage HTML… et puis avec plein
de tableau, des TR et compagnie, bon j’ai quand même fini par retrouver tout ce qu’il y
avait etc. donc j’ai réintroduit le truc… voilà et puis le forum aussi qui fonctionnait pas,
parce que du coup pour répondre au problème de wiki, je me dis bon ben problème de
wiki je propose un forum et là en fait le forum je sais plus pourquoi ça buggait… donc
j’en enchaîné tous les trucs donc on a perdu du temps encore, et puis finalement au bout
d’un moment ça s’était étalé avec tout ça, ça avait duré une éternité, tout le monde
commençait à fatiguer à s’essouffler, moi aussi franchement j’en pouvais plus, j’en avais
marre, je me dis qu’est-ce qui va arriver encore on va jamais y arriver [sourire]…
finalement, on avait fini par y arriver… comme ça commençait à s’éterniser un peu, perte
de motivation de tout le monde, et du coup sur la dernière partie je leur avais laissé
jusqu’à mercredi soir pour apporter leur proposition et personne à par C. n’avait

389
répondu… du coup je les avais relancés, et puis c’est vrai que L. une fois avait mis en
copie les formateurs, ils avaient trouvé que ça formalisait le truc, c’était pas mal… et puis
j’avais fait des relances en fait au groupe, qui n’avaient eu aucun impact… donc le
mercredi je vois que y’a toujours, je me suis dit je vais envoyer un mail par personne
pour essayer qu’ils se sentent vraiment investis et responsables… et du coup j’envoie un
mail à chacun en mettant en pièce jointe enfin en copie le formateur, et donc je
m’embête à faire « tiens salut C2. j’espère que ça va blablabla bon c’était pour savoir t’as
toujours pas apporté ta contribution donc si tu peux le faire pour ce soir ça serait
bien »… C2., L. et donc I…. et donc I. tout de suite me renvoie un mail « oui c’est quoi, ce
mail, envoyé avec copie du formateur, à moins que tu l’aies fait aux autres aussi, mais
pour qui, pour quoi, gnagnagna »… donc là je lui ai renvoyé un mail en lui disant qu’étant
donné, ah oui « parce que je pense que j’ai largement contribué à cette activité », moi
dans ma tête je pense « oui tu as contribué à la complexifier et à apporter de la ### »,
effectivement, bon je lui ai pas dit ça bien sûr, dans le mail de réponse je lui ai répondu
que c’est juste que j’avais trouvé ça pertinent le fait de mettre en copie le formateur, et
puis que comme elle avait pas répondu à mon mail précédent j’ai décidé d’envoyer un
mail à chacun de manière à ce qu’ils se sentent responsables de l’activité gnagnagna, de
manière à ce qu’ils se sentent responsables… c’était très éprouvant… alors ce qui est très
drôle c’est que dans l’activité métacognition où j’expliquais tous mes déboires avec I., y’a
un formateur qui m’a dit que lui aussi effectivement il en pouvait plus et je m’étais
beaucoup amusée parce que par rapport au fait de vouloir avoir raison absolument, elle
avait pris… elle avait envoyé un mail aux formateurs en leur demandant c’est quoi ça,
qu’elle avait raison, et le formateur a mis bien 3 jours avant de répondre, et puis… « si tu
veux, c’est un cas d’école, dans les corrigés c’est bien un salarié », mais bon que c’était
peut-être la première à avoir repéré cette erreur et qu’elle pourrait informer les auteurs
de ce livre, telle adresse, tel numéro de téléphone, tel mail, vas-y fais-toi plaisir… et le
formateur avait dit « moi j’en pouvais plus non plus, t’étais pas la seule à galérer avec
elle »…

Interviewer : D’accord… ok… juste pour finir avec I., comment ça s’est
dynamité, enfin je veux dire est-ce que ça a été géré par un formateur, est-ce que
y’a eu…

Louise : moi j’ai fini par laisser tomber, voilà, à faire un petit peu l’autruche, et puis
en fait le formateur m’a dit que lui aussi c’est ce qu’il avait fait, parce que très difficile de
gérer ce genre de personne et qu’il savait pas non plus comment faire réellement quoi…
elle avait envoyé en cours de formation un mail un autre mail en disant que là elle voyait
plus l’intérêt de la formation, que c’était son entreprise qui payait, gnagnagna… que
c’était pas assez concret, trop de réflexion, toute la formation était aussi basée sur des
mises en situation, sur des réflexions de formateur, et du coup elle elle voulait du chiffré,
etc. mais ça c’était le dernier module… donc le côté humain ça lui passait à des milliers
de kilomètres en fait…

390
Interviewer : d’accord… dernière question sur I., est-ce que tu aurais
souhaité qu’un formateur intervienne dans les difficultés ?

Louise : … ça m’aurait soulagée… ça m’aurait soulagée, après en même temps… je


comprends qu’ils aient galéré aussi… ils seraient intervenus autrement, c’est limite si
elle aurait pas lancé des poursuites judiciaires [sourire]

Interviewer : [sourire]

Louise : c’est le genre de personne si t’es pas de son avis tu es contre elle quoi…
très difficile à gérer… et puis… ouais, moi ça m’aurait soulagée, honnêtement, mais bon…
voilà… ça s’est passé malgré tout…

Interviewer : d’accord… alors sinon globalement avec les autres apprenants,


déjà une question, est-ce qu’il y a eu un regroupement en début de formation ?

Louise : un regroupement ? oui y’a eu le premier module sur les outils donc on s’est
tous présentés sur le forum, pour avoir des échanges entre nous… c’était ça que tu
parlais ? ou un regroupement physique ?

Interviewer : oui

Louise : ah non zéro, aucun physique

Interviewer : d’accord mais par contre voilà ça rejoint la question que j’avais
aussi, qui a commencé à créer les échanges, vous vous êtes présentés sur le forum
tous

Louise : oui c’est ça parce qu’on avait des activités qui nous permettaient de
dynamiser un petit peu quelque chose qui n’est pas naturel en soi, donc en fait l’idée
c’était de présenter quelqu’un d’autre, donc ils avaient fait une chaîne, toi tu t’occuperas
de la présentation d’untel, donc l’idée c’était d’envoyer 3 questions, et la personne nous
répondait et ensuite d’en faire une présentation, donc là ça permettait de repérer le tire-
au-flanc, j’ai dû faire la présentation de L. donc je lui ai posé trois questions, ah j’ai galéré
pour faire une présentation il me donnait pas grand-chose, j’avais trois lignes quoi…
trois questions, trois lignes… donc oui c’était un peu compliqué, du coup j’ai essayé
d’enjoliver un petit peu tout ça mais voilà… et c’est un des formateurs qui a fait ma
présentation… jolie présentation ça va j’ai pas été avare en information, donc… y’a eu un
chat aussi… l’idée c’était d’utiliser le chat on a tous choisi le chat, on choisissait une
heure et on a fait le chat, alors certains n’avaient pas pu se libérer donc ils ont refait une
autre session une autre fois, où là j’ai pas pu me libérer… voilà… on a appris un peu à
utiliser les smileys du chat etc.

Interviewer : d’accord… sur le chat c’était des échanges de quelle nature du


coup, pareil pour se connaître ou ?

391
Louise : Euh… c’était… c’était c’était… là c’était vraiment les échanges c’était
bonjour salut ça va, ah oui d’un point de vue travail c’était pour décider des règles, des
règles de fonctionnement du groupe… voilà…

Interviewer : d’accord ok… et s’il n’y avait pas eu l’activité de présentation


sur le forum est-ce que tu penses que ça aurait démarré ?

Louise : c’est compliqué, c’est très très compliqué, heureusement qu’il y a eu tout
ce module là, ce module là permettait à la fois de faire réfléchir au travail TICE, est-ce
que vous êtes ok, comment vous faites si jamais vous ressentez des difficultés dans la
formation, voilà, ce genre de question très pratiques, et puis… voilà apprendre à utiliser
les outils et être mis dans le bain du travail de groupe assez rapidement…

Interviewer : d’accord… est-ce que s’il n’y avait pas eu cette proximité avec
les enseignants, est-ce que ça t’aurait manqué ?

Louise : ouais… oui ça m’aurait beaucoup manqué, parce que déjà ça me manquait
qu’il y ait pas autant d’échanges avec les autres apprenants… j’étais content qu’il y ait C.,
heureusement qu’il y avait C. parce que sinon ça aurait plus dur, mais oui j’étais frustrée
par le manque d’échanges par les échanges très pragmatiques des autres apprenants
qui, voilà on sentait qu’ils avaient envie de passer le moins de temps possible pour un
résultat, voilà, vraiment dans un esprit d’efficience…

Interviewer : qu’est-ce que ça t’apporte toi cette proximité ?

Louise : alors… ah qu’est-ce que ça m’apporte… le côté humain tout simplement, le


côté de faire ensemble… voilà c’est vraiment des échanges et de la construction échanger
des points de vue et se nourrir du point de vue de l’autre, du coup d’avoir des échanges
qui vont te permettre de voir les choses d’une autre manière et d’aborder les choses
différemment… ça veut dire la même chose [sourire]… ouais vraiment un côté
constructif quoi…

Interviewer : d’accord… ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est ce qui


t’aurait manqué c’est la proximité dans l’échange ou la partie intellectuelle de
l’échange ?

Louise : les deux… parce qu’en fait l’un ne va pas s’en l’autre… à partir du moment
où tu crées de vrais échanges… ça a forcément une proximité… si tu as un échange avec
une personne où vous êtes sur un sujet enthousiaste et voilà avec passion, y’a forcément
une proximité qui se fait parce que tu donnes ben tu donnes les exemples de ta vie, tu
donnes les exemples intimes, donc forcément y’a une proximité qui se crée… que là
vraiment leur manière de fonctionner c’était vraiment « bon voilà chacun apporte sa
contribution et le coordinateur ben, il fait une synthèse on va dire de ce qui a été dit »…
donc honnêtement on se nourrissait pas des apports des autres… on ne nourrissait les
apports des autres non plus… moi à un moment j’ai demandé des précisions sur un truc
à I., enfin y’avait I. et C2., j’avais pas compris certaines choses c’était pas clair le truc, et…

392
donc j’avais mis un commentaire en disant « là est-ce que la personne qui a écrit dans
cette couleur là pourrait expliquer ce truc »… j’ai jamais eu de réponse… voilà… j’ai eu
une remontrance d’I. qui a considéré que c’était très mal venu de demander des
informations supplémentaires… que ça faisait très maîtresse d’école qui corrige etc.
donc elle a rien compris au travail de groupe… et donc du coup après j’ai arrêté quoi, ce
qui m’a beaucoup amusé après c’est que le formateur a posé la même question que moi,
parce que c’était pas clair… c’était revenu finalement dans la synthèse finale… donc
finalement j’étais un peu frustrée sur les travaux de groupes parce que c’était pas des
travaux de groupes y’avait pas de construction…

Interviewer : c’est-à-dire que c’était dans un but, eux ils faisaient dans un but
de rendre le travail parce qu’il faut rendre le travail parce qu’il y a un diplôme à la
clé etc.

Louise : c’est ça, pour avoir le diplôme point… c’était pas du tout pour nourrir une
réflexion c’était pas du tout, la motivation était principalement extrinsèque et pas du
tout intrinsèque quoi… c’était pas le sujet qui les intéressait, c’était vraiment le
diplôme… sauf C. qui était intéressée par le sujet… heureusement et c’est la seule avec
qui j’ai échangé et avec qui j’ai eu des échanges constructifs…

Interviewer : Et justement C. tu as dit plusieurs fois « heureusement que


j’avais C. » et alors sans ça ç’aurait été pénalisant à quel…

Louise : j’aurais pas arrêté pour autant, mais j’aurais vraiment été déçue...

Interviewer : ç’aurait été plus dur de continuer la formation ç’aurait été un


effort

Louise : ouais ben ouais parce que vraiment… les travaux de groupe ça me faisais
chier franchement parce qu’ils étaient pas dans un esprit d’échange… mais quand je
savais que j’étais pas toute seule à trouver ça chiant et à vouloir des échanges etc.
j’échangeais un petit peu avec C. et voilà ça remontait le moral à certains moments…
mais ouais heureusement qu’elle était là ça m’a permis d’avoir des échanges avec elle,
qui étaient constructifs… quelqu’un finalement qui était sur la même longueur d’ondes
que moi…

Interviewer : d’accord… c’était par mail que vous échangiez surtout ?

Louise : ah que par mail…

Interviewer : jamais par téléphone ?

Louise : non, jamais jamais

Interviewer : d’accord ok… et est-ce que par contre l’apprenante qui t’a
téléphoné à un moment pour être rassurée, est-ce que le téléphone a apporté
quelque chose d’autre ?

393
Louise : euh… ouais le fait de mettre la voix quand même, de mettre une voix c’est
vrai que ça apporte un plus on a l’impression que ça anime d’avantage la personne que
par mail… maintenant… enfin je pense que dans le mail le mail en dit long aussi la façon
d’écrire de tourner ses phrases, les mots que tu utilises, voilà… tu entends d’une certaine
manière la personne… après si j’ai C. au téléphone je serais sans doute surprise par sa
voix, parce que je m’étais pas imaginé une voix comme ça ou elle a sans doute un accent
parce que je crois qu’elle est de Lyon… ils ont un accent à Lyon ? enfin bref, c’est vrai que
le formateur qui m’avait appelée j’avais été surprise par son accent… voilà et je
m’attendais pas à sa voix aussi douce, voilà…

Interviewer : d’accord ok… tu prenais du plaisir à étudier en formation tu


m’as dit

Louise : oui

Interviewer : tout au long de la formation, tu dirais que tu étais plutôt à l’aise


ou anxieuse ?

Louise : j’étais à l’aise, et anxieuse avec I…. parce que tu te demandes comment ça
va être pris avec elle je limitais un maximum les contacts c’était sauf si c’était obligé,
mais sinon j’étais à l’aise dans la formation…

Interviewer : d’accord… tu parlais à un moment du rythme haché dans la


formation, avec l’étudiant qui habitait en Afrique ?

Louise : non parce que là si tu veux on s’était quand même mis d’accord sur la
manière de fonctionner, donc après on relançait les personnes, et puis si au bout d’un
moment il se manifestait pas ben tant pis… souvent il finissait par se manifester en
disant « oui bon j’ai pas le temps » ou alors « oui ben j’apporte ma contribution pour
telle date », voilà… dans l’ensemble ça allait…

Interviewer : d’accord…

Questionnaire :

Elément Donner une importance Verbatims éventuels


(0 = inutile pour
continuer la formation,
10 = indispensable pour
continuer la formation)
Se sentir capable de réussir 10
Se sentir autonome 9 C’est important aussi, moi
si on m’avait trop, là on
était quand même super
autonomes, dans le sens où
dans le module on pouvait
choisir de commencer par
l’activité 5, 3 etc. on

394
remplissait dès le départ un
planning avec des dates
butoirs mais c’était nous
qui le remplissions, ça
commence par telle activité
que je vais rendre à telle
date et ça participait à
notre autonomie, et je
pense que ça m’aurait fait
chier qu’on m’impose de
commencer par celle-ci ou
par celle-là parce que je le
faisais aussi au feeling, tiens
ce sujet là m’intéresse je
vais commencer par lui…
Prendre plaisir à étudier 10 C’est pas indispensable
mais c’est vraiment
important, si tu prends
plaisir à le faire ta
motivation elle est assurée,
donc moi j’avais beaucoup
plaisir à le faire, j’étais
motivée tout le long…
Se sentir en confiance avec 9 Ça je pense que c’est
au moins un enseignant ou important parce que si
tuteur (ex : savoir qu’il jamais tu te dis je vais
répondra à un message envoyer un mail et ils vont
envoyé) pas me répondre, ouais ça
empiète sur la motivation
aussi
Se sentir en confiance avec 10 Pour les travaux de groupe
les autres étudiants effectivement c’était
important qu’ils répondent
Se sentir appartenir à un 7
groupe (avec les autres
étudiants), qu’il y ait un
esprit de groupe
Se sentir entouré par les 10 Si les enseignants
autres étudiants ou les répondaient pas, si les
enseignants (ne pas se autres apprenants ne
sentir seul, isolé) répondaient pas, on serait
vite seul quoi
Se sentir entouré par ses 5 Ça a pas été spécialement
proches important pour moi… si
j’avais été en couple ou
quelque chose comme ça, ça
aurait été important que
l’autre comprenne et me
soutienne et me laisse le

395
temps de faire et me fasse
pas des crises parce que le
soir je travaille, mais là,
tout ce qui pouvait
m’importer c’était leur
soutien, mais bon voilà j’ai
pas eu besoin spécialement
de leur soutien, sauf sur I.
Sentiment de quiétude 6 Serein c’est mieux quand
(absence d’anxiété) t’es serein c’est plus facile
tu crées moins de blocage,
comme tu doutes moins t’as
moins de risques
d’abandonner… maintenant
anxieux ça peut te
permettre après de
travailler et de t’accrocher
mais après y’a l’anxiété qui
booste et puis l’anxiété qui
devient la maladie et crée
des blocages énormes…
Se sentir respecté, reconnu 8 Ca c’est important… c’est ce
par les enseignants que je t’ai dit, le fait d’être
considéré, en tant qu’être
humain, enfin voilà… ça
s’est motivant, c’est un truc
qui est motivant, ça te
donne envie de continuer,
c’est un plus… après si ça
n’avait pas été là, est-ce que
ça m’aurait fait arrêter… ça
aurait été plus compliqué
mais j’aurais pas arrêté
pour autant, j’aurais été
déçu, y’aurait eu des
incohérences en plus entre
ce qu’ils disent et ce qu’ils
feraient…

Se sentir estimé par les 7 Un peu l’effet Pygmalion


enseignants (être apprécié) derrière ?
Qu’il y ait des 0 [sourire] oui j’en ai pas eu
regroupements (une ou et ça a pas… franchement ça
deux journées à aurait pas… si y’avait eu
l’université) ç’aurait été sacrément
compliqué, s’il avait fallu
aller à Toulouse, ça a un
coût, il aurait fallu que je
pose des jours ça aurait été

396
compliqué, ça m’aurait fait
plus chier qu’autre chose…

Interviewer : est-ce que cette formation t’a appris quelque chose sur toi-même ?

Louise : oui… ça m’a appris beaucoup de choses sur la motivation justement… le


fait de se représenter les choses plutôt comme des défis que comme des contraintes,
changer sa perception des choses… et du coup je l’ai appliqué… et en fait c’est très
efficace, très très efficace… et donc ça ça a été le truc assez important… sur la motivation
sinon… sur comment là j’ai vraiment appris des choses, j’avais déjà conscience qu’il
fallait mettre les formes etc. mais j’ai vraiment appris à, enfin c’est pas sur moi-même
ça… appris à mettre les formes, à bien utiliser les smileys, à bien mettre dans l’humain
finalement dans les mails… l’auto-discipline non ça c’était bon… bon j’ai appris des
choses c’est plus de la théorie sur le métier de formateur et sur la formation à distance…
sur moi… mmh… mis à part la motivation où là vraiment ça a été un truc dont j’ai pris
vraiment conscience… non parce qu’après sur ma manière d’apprendre et de
fonctionner j’avais déjà conscience de ces choses-là, ça m’a pas appris d’autres choses…

Interviewer : d’accord… ok, est-ce que si cette formation était à refaire, est-ce
que tu agirais différemment sur certaines choses ?

Louise : non je pense pas… non je réfléchis par rapport à I… non… non
franchement…

Interviewer : ok... si tu avais une nouvelle formation qui t’intéressait qui était
à distance tu la reprendrais ?

Louise : oh oui

Interviewer : Si tu devais penser à la formation à distance idéale, en


t’accordant de rêver à tout ce que tu veux, tu peux tout imaginer, qu’est-ce que ça
serait ?

Louise : formation idéale… à distance… ça serait une formation où y’a de l’humain…


une formation où les travaux de groupe ne sont pas imposés… peut-être qu’il y ait un
test de personnalité à la base, qui permette de déterminer si les personnes sont plus
dans les échanges et la construction, que dans le côté individuel, de manière à ce qu’on
puisse regrouper les gens qui ont envie de travailler avec les autres, ensemble… et puis
finalement laisser les gens qui sont plus individualistes ou pragmatiques ensemble… de
manière à ce qu’il y ait moins de difficultés et que finalement l’expérience à distance soit
la plus confortable pour tout le monde… après ouais le côté faut que le formateur soit à
l’écoute soit humain, que le formateur soit accessible, et assez réactif sur quand on
envoie un travail, pas attendre 3 mois pour avoir un retour, et un retour qui soit pas
juste « ok, bien », là ça m’aurait fait chier… des retours assez riches… après le principe
par module me convenait bien et puis après la possibilité de choisir dans ces modules-là,
ça permet d’offrir un cadre rassurant, et de telle date à telle date tu travailles sur tel

397
module, après si tu rencontres des difficultés etc. tu peux prendre un peu de retard les
formateurs sont pas contre, c’est adaptable en fonction de tes contraintes, ça permet de
poser un cadre mais de te laisser de l’autonomie pour que tu puisses commencer par le
truc qui te plaise et puis voilà… je pense que c’est pas mal là déjà comme ça…

398

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