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Place Du Kinesitherapeute

Kiné psychologue clinicienne et chez vous

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PLACE DU

KINESITHERAPEUTE
INTRODUCTION
• La kinésithérapie en psychiatrie soulève souvent des interrogations
quant à sa place dans une spécialité médicale que la société tend
encore à enkyster dans une aura d'irrationalité
• Elle participe à une grande dynamique thérapeutique, a travers son
approche corporelle des symptômes, elle se veut très sensible à la
dimension relationnelle du soin
• La maladie mentale met en évidence à chaque instant, par
l'expression parfois exacerbée de ses symptômes, cette fantastique
unité psychosomatique qu'est l'être humain
• Quel que soit le contexte de travail d'un kinésithérapeute, ce dernier
a bien à faire à cette entité
INTRODUCTION
• Les kinésithérapeutes sont des professionnels particulièrement
exposés à des situations éprouvantes sur le plan émotionnel ; parce
qu’ils travaillent avec le corps, porteur de la souffrance, et que leurs
séances sont des occasions pour les patients d’exprimer leur vécu
intime de cette atteinte
• Le kinésithérapeute est un professionnel de la rééducation
motrice qui intervient auprès de patients souffrant de divers troubles.
HISTORIQUE
Charcot et Janet qui, à la fin du siècle dernier et au début de ce siècle,
ont été les premiers à entrevoir l'intérêt des rééducations
psychocorpotelles, et à les pratiquer
Remarquant que, dans de nombreuses névropathies surtout de type
hystérique, les mouvements des malades pouvaient être anormaux
(maladresse, lenteur, etc.), ils ont eu l'idée qu'une rééducation du
mouvement et du geste, surtout en employant l'imitation, pouvait être
à même d'agir sur le trouble mental qui avait engendré ces troubles
moteurs
HISTORIQUE
• Certains psychanalystes, comme W. Reich, à partir des théories de
Freud, ont nettement mis en avant les manifestations
psychocorporelles de l'homme
• En regard de ces techniques psychocorporelles est apparu, vers 1950
un nouveau courant de pensée introduisant la notion de jonction
relationnelle, donc de communication interpersonnelle, par
l'intermédiaire du mouvement (rééducation, jeu, travail, faisant
intervenir kiné, ergo...), mais aussi la parole, il devenait alors possible
de redonner aux malades le sens des relations significatives avec les
objets, les personnes, les événements
HISTORIQUE
• Ainsi, la kinésithérapie en psychiatrie, si elle est sollicitée comme ailleurs
pour tenter de restaurer les défaillances ou les lésions du système
locomoteur, en tenant compte de la pathologie mentale du malade (donc
du mode d'approche du malade), s'intègre, par son action sur et avec le
corps, dans des plans de soins dont les buts peuvent être divers en fonction
du niveau de l'atteinte psychosomatique, à savoir:
- permettre à certains malades de découvrir ou redécouvrir le corps et ses
limites: ce peut être le cas chez les psychotiques;
- proposer un changement de regard des malades sur leur corps : le cas dans
certains syndromes hystériques ou de démence sénile notamment;
- participer à la réindividuation de certains malades ;
HISTORIQUE
- favoriser les échanges relationnels aussi bien corporels que verbaux,
notamment à l'occasion de prises en charge de groupe;
- participer aux grandes entreprises de resocialisation des malades qui
se sont « décrochés » momentanément ou depuis longtemps de la vie
de la cité
Ces quelques exemples, significatifs de ce qui peut être demandé au
kinésithérapeute en psychiatrie, mettent en avant l'immense intérêt
que ce dernier peut avoir à investir dans de telles thérapeutiques
PLACE DU KINESITHERAPEUTE
• Il réalise des actes de kinésithérapie sur prescription médicale et en
application de la nomenclature
• Il s’assure que l’activité physique effectuée est bien supportée par le
patient après les séances et en réajuste le niveau si nécessaire, en se
référant à l’évaluation initiale
• Il renseigne le dossier de soins partagés (feuille de liaison
interprofessionnelle) en précisant les points
PLACE DU KINESITHERAPEUTE
• Le kinésithérapeute a un rôle d’éducation au travers :
- des exercices proposés en fonction de l’évaluation initiale, en apprenant au
patient à tenir compte des signes de limitation à l’effort (en se référant à la
feuille synthèse de réadaptation en centre spécialisé)
- de l’incitation à poursuivre régulièrement une activité physique en dehors
de la présence d’un thérapeute
- De la gestion des gestes de la vie courante en attirant l’attention du patient
sur ce qu’il peut faire et ce qu’il doit éviter de faire
- Il prévient la perte progressive d’autonomie dans la vie quotidienne
- Il informe éventuellement l’entourage sur les capacités physiques du
patient et l’encourage à soutenir le patient
PLACE DU KINESITHERAPEUTE
• Dans un certain nombre de traitements de la maladie mentale, le
corps médical est amené à solliciter le kiné pour que tel ou tel malade
puisse bénéficier d'une approche corporelle de ses symptômes
• Beaucoup de malades en effet utilisent volontiers leur corps en tant
que moyen d'expression ou de communication privilégié (hystérie,
présentations déficitaires dans les démences séniles), voire comme
moyen d'expression unique
• Dans certains états psychotiques, il s'agira même d'aller dans le sens
de la découverte du corps
PLACE DU KINESITHERAPEUTE
• Les techniques d'approche corporelle ont un rôle important à jouer à
condition qu'elles s'inscrivent bien dans une dynamique
thérapeutique élaborée avec les unités de soins concernées
• Dans ce cas, les demandes sont donc inclues dans un plan de soins
impliquant en général l'ensemble de l'équipe médicale responsable
du malade
• La prise en charge par le kinésithérapeute ne pourra être isolée d'une
stratégie globale, il devra y avoir échanges entre kinésithérapeute et
équipe médicale propres à faciliter la recherche de la meilleure
adéquation thérapeutique, en définissant bien les rôles
PLACE DU KINESITHERAPEUTE
• Cette élaboration commune permettra entre autres de répondre à ce
type de questions : - la médiation corporelle est-elle bien la bonne
pour ce malade? - pour ce malade, faut-il une prise en charge
individuelle ou en groupe? - en dehors de contraintes matérielles ou
imposées par un handicap somatique, faut-il prendre ce malade dans
l'unité de soin ou en service de kinésithérapie? - faut-il la présence
rassurante d'un soignant du service pendant les premières séances?
etc
PLACE DU KINESITHERAPEUTE
• Lorsque nous nous occupons du corps des malades, ce corps où
transitent tant de messages, la relation est au plus proche, les
phénomènes transférentiels (ce qui se joue entre soigné et soignant)
peuvent autoriser une somme d'échanges dont certains sont typiques
de la médiation corporelle (le corps mis en scène propose un langage)
TECHNIQUES
• Toute technique impliquant le corps et ses mouvements prend un
relief particulier à partir du moment où ce corps et ses limites sont
mal perçus, où ce corps est mal « habité », ce corps souvent moyen
unique ou privilégié de communication
• Un certain nombre de malades mentaux de tous âges doit pouvoir
profiter des possibilités d'élaboration à partir du corps et des
situations le mettant en scène
TECHNIQUES
➢ Les massages: outre leurs qualités physio dynamiques bien connues,
les massages sont l'exemple même de la relation privilégiée et intime
qui se tisse entre patient et kinésithérapeute, à l'occasion du contact
cutané mettant les deux parties en présence en inter perception
directe
A partir de là nous pouvons avancer quelques idées quant à leur utilité
face aux troubles de la perception du corps, du schéma corporel, voire
de l'image du corps :
- la remarque la plus évidente est que le massage est le plus souvent
ressenti comme quelque chose d'agréable,
TECHNIQUES
➢ Les massages: aussi bien à travers la détente qu'il entraîne que par
le réveil de sensations somesthésiques qui sont de l'ordre de
l'érotisme cutané et musculaire
Ceci a de l'intérêt chez les malades utilisant leur corps comme lieu
principal de symptômes, et ce le plus souvent sur le mode déficitaire,
comme vecteur essentiel de communication et de présentation: corps
tourmenté, tordu, souffrant, plaintif, plus bon à rien, qu'on surcharge
ou accuse de tous les maux
TECHNIQUES
➢ Les massages: la deuxième remarque a rapport à la problématique
attachement/séparation : les massages, en tant que relation intime et
rapprochée, peuvent représenter dans le cadre de certaines
psychoses cette situation sécurisante nécessaire comme point de
départ à une quelconque élaboration par rapport à une certaine
réalité, par analogie avec le contact rapproché mère/enfant
Le kinésithérapeute, surtout massant et quel que soit son sexe, a une
fonction maternante
TECHNIQUES
➢ Les massages: autre remarque : chez certains enfants, une structure
psychotique peut accompagner ou être accompagnée par une infirmité
d'origine le plus souvent cérébrale, si cette infirmité est telle qu'elle n'a pu
permettre à l'enfant de se toucher durant la période où la découverte du
corps est fondamentale, les massages pourront proposer un substitut
sensoriel et auront alors une valeur structurante sur le schéma corporel
Ils pourront aussi être structurant pour le psychisme surtout s'ils
s'accompagnent d'une aura de stimuli, et il est par exemple important que le
kiné parle à l'enfant durant le massage
La verbalisation est très souhaitable, même si le tableau déficitaire peut
porter à faire croire que la parole est inutile
TECHNIQUES
➢ Les thérapies par l'eau: la balnéothérapie a des effets comparables aux
massages : l'eau, à température agréable, apporte une détente
incontestable
Outre ses applications en regard d'affections somatiques (assouplissements,
facilitation des mouvements ...), le bain est un mode d'approche intéressant,
il est contenant, enveloppant, sécurisant la plupart du temps
Les mouvements dans l'eau permettent un certain contrôle des sensations
par rapport au milieu ambiant. La parole a également sa place
La thérapie dans l'eau peut être faite dans les salles de bain des unités. Pour
certains malades, il est préférable qu'un référent de l'unité soit présent
quand il y a de grandes angoisses relationnelles. Dans d'autres cas, comme
pour les massages, la relation duelle est préférable
TECHNIQUES
➢ Les groupes à médiation corporelle: il s'agit là de soins assez
typiques de l'approche somatopsychique de la maladie mentale,
spécialement lorsque le corps est un lieu important de symptômes
Lorsque nous parlons de groupe à médiation corporelle, nous
introduisons explicitement deux composantes:
- la nature du support de l'activité (le corps),
- le notion du groupe d'individus
TECHNIQUES
➢ Les groupes à médiation corporelle:
- la nature du support: dans ce type de prise en charge à support
gestuel, le kiné est sollicité par rapport à son habitude de travailler
sur le corps en lui demandant en fait de travailler avec le corps, d'où
l'utilisation du mot médiation
Même si elle contribue à entretenir voire développer les possibilités
physiques, elle permet aussi et surtout, à travers le mouvement, de
mettre en avant des problèmes relationnels, de pouvoir le cas échéant
proposer aux malades la possibilité de les exprimer, peut-être de
commencer à les surmonter, ne serait-ce déjà que durant le temps
privilégié de la prise en charge
TECHNIQUES
➢ Les groupes à médiation corporelle:
- la notion de groupe : rassembler plusieurs personnes pour faire des
choses ensemble, ce n'est anodin pour personne. En première
approche, nous pouvons dire que le groupe fait naître une certaine
angoisse (angoisse de la relation, de ce qui est nouveau etc.) par
rapport à laquelle le malade peut réagir de différentes façons : peut
aller du repli défensif discret à l'impossibilité de rester dans le groupe,
en passant par toute une gamme de manifestations objectives de cette
angoisse : visage tendu, agitation, mutisme, fuite, réactions viscérales.
L'implication des malades dans la dynamique de groupe est souvent
progressive, parfois laborieuse, et il convient de respecter cette période
d'adaptation, lui donner un sens
CONCLUSION
La kinésithérapie en psychiatrie est un travail passionnant et montre la
place du kiné. Le travail en psychiatrie apprend quelque chose de
fondamental: ne pas être qu'un technicien mais être un thérapeute, ce
qui implique la notion de relations interpersonnelles

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