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DS 3

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Lycée Pierre de Fermat 2023/2024

MPSI 3 Devoir surveillé

Devoir surveillé n◦ 3
Sujet donné le mercredi 18 octobre 2023, 3h.
L’usage de la calculatrice n’est pas autorisé.
La notation tiendra particulièrement compte de la qualité de la rédaction, la précision des raisonnements et l’énoncé des
formules utilisées. Les réponses aux questions seront numérotées et séparées par un trait horizontal. Les résultats
essentiels devront être encadrés ou soulignés.

BON TRAVAIL
————————————————————–

Problème 1 - Théorème de Cantor-Bernstein ≈ 13 points sur 50


On considère deux ensembles notés E et F .
.1. Pour cette unique question (1), on considère que E et F sont de cardinaux finis.
(a) Montrer que s’il existe φ : E ,→ F injective, alors il existe ψ : F ↠ E surjective.
(b) Montrer que s’il existe ψ : E ↠ F surjective, alors il existe φ : F ,→ E injective.
(c) Montrer que s’il existe φ1 : E ,→ F et φ2 : F ,→ E injectives, alors il existe une bijection de E sur F
(théorème de Cantor-Bernstein cas fini).
.2. Pour la suite E et F ne sont pas nécessairement de cardinaux finis.
(a) On suppose qu’il existe φ : E ,→ F injective.
Montrer qu’il existe une fonction φ : E → φ(E) bijective, puis construire une surjection de F sur E.
(b) On suppose qu’il existe ψ : E ↠ F surjective.
Montrer que pour tout x ∈ F , ψ −1 ({x}) ̸= ∅. En déduire la construction d’une injection de F sur E.
.3. On cherche à montrer le théorème de Cantor-Bernstein :
« Si il existe φ1 : E ,→ F et φ2 : F ,→ E injectives, alors il existe une bijection de E sur F . »
On considère ψ : E → E injective. On note A = ψ(E) et B0 = E \ A.
[
(a) On définie, par récurrence, pour tout k ∈ N∗ , Bk = ψ(Bk−1 ). Enfin, on définie B = Bi .
i∈N
Décrire avec quantificateur le fait que x ∈ B et le fait que x ∈
/ B.

ψ(x) si x ∈ B
(b) On définit θ : E → A, x 7→ .
x si x ∈
/B
Montrer que θ est bien définie.
(c) Montrer que θ est injective
(d) Montrer que θ est surjective.
(e) (*) Conclure

Problème 2 - Exponentielle sous forme de somme ≈ 17 points sur 50


n
X xk x2 xn
On note, pour tout n ∈ N∗ , Tn : x 7→ =1+x+ + ··· + et également fn : x 7→ e−x × Tn (x).
k! 2 n!
k=0

.1. Etude de la fonction Tn .


(a) Pourquoi Tn est dérivable ? Exprimer simplement Tn′ en fonction des (Tk )k∈N .
(b) Montrer que pour tout x ∈ R+ , Tn (x) ⩾ 1.
(c) (*) Montrer, par récurrence, que
— si n = 2m est pair alors T2m est strictement positif sur R.
— si n = 2m + 1 est impair, alors T2m+1 admet une unique racine notée αm
(d) (**) Montrer que (αm )m∈N est une suite décroissante.
(e) Représenter sur le graphe 1 donné avec l’énoncé les représentations de y = T0 (x), y = T1 (x), y = T2 (x) et y = T3 (x).
Représenter également α0 et α1 .
(En fait T0 (x) = 1 n’est pas vraiment défini).
.2. Convergence de (Tn (x))n . Etude de fn .
(a) Pourquoi la fonction fn est-elle dérivable sur R ?
xn
(b) Montrer que pour tout x ∈ R, fn′ (x) = − e−x .
n!
(c) Considérons deux réels x1 et x2 tels que : x1 < 0 < x2 < n.
Montrer, en étudiant les variations de fn′ sur [x1 , 0] et sur [0, x2 ] que
|x1 |n −x1 xn
pour tout u ∈ [x1 , 0], |fn′ (u)| ⩽ e et pour tout u ∈ [0, x2 ], |fn′ (u)| ⩽ 2 e−x2
n! n!

1
(d) On admet l’inégalité des accroissements finis, pour tout a < b ∈ R :
« pour φ continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[, et k ∈ R+ tel que ∀ u ∈]a, b[, |φ′ (u)| ⩽ k alors |φ(b) − φ(a)| ⩽ k × |b − a| »
En déduire, pour x ∈ R fixé et tout entier n > ⌊x⌋ + 1 :
n
X xk |x|n+1
ex − = |1 − fn (x)| × ex ⩽
k! n!
k=0

|x|n+1
(e) On insiste : x est fixé. On note vn = .
n!
vn+1 1
Evaluer , en déduire qu’il existe N tel que pour tout n ⩾ N , vn ⩽ n−N vN .
vn 2
Quelle est la limite de (vn ) pour n → +∞ ?
n
! +∞ k
X xn X x
(f) En déduire la valeur de la limite de , limite que l’on notera .
n! k!
k=0 n∈N k=0

Problème 3 - ab = ba ≈ 20 points sur 50


ln x
Dans tout le problème, on considère f : x 7→ .
x
.1. Etude de f .
(a) Quel est l’ensemble de définition et de dérivation de f ?
(b) Etudier les variations de f , ainsi que les limites en 0+ et +∞.
(c) Tracer y = f (x) sur le graphe donné dans l’énoncé. (On fera apparaitre toutes les informations graphiques trouvées dans la
question précédentes).
(d) Soit λ ∈ R.
Donner le nombre de solution de l’équation x = eλx notée (Eλ ), en fonction de la valeurs de λ, préciser également dans quel
intervalle se trouvent ces solutions / se trouve cette solution.
.2. Equation ab = ba .
(a) Montrer l’équivalence, pour tout a, b ∈ R∗+ : ab = ba ⇐⇒ f (a) = f (b)
(b) En déduire deux intervalles, les plus grands possible, I et J disjoints tel qu’on puisse affirmer ∀ a ∈ I, ∃ !b ∈ J tel que
ab = ba .
(c) Démontrer qu’il existe une unique solution entière (i.e. (a, b) ∈ Z2 ) tel que ab = ba et a < b.
(d) Comparer 10 00010 001 et 10 00110 000 .
.3. Fonctions réciproques.
1
(a) Montrer que f1 :]1, e] →]0, ], x 7→ f (x) est une application bijective.
e
On note f1−1 , la fonction réciproque.
1
(b) Montrer que f2 : [e, +∞[→]0, ], x 7→ f (x) est une application bijective.
e
On note f2−1 , la fonction réciproque.
1
(c) Montrer que f1−1 et f2−1 sont des fonctions dérivables sur ]0, [.
′ e
Exprimer pour tout x ∈]1, e[, f1−1 (x), à l’aide de f1−1 (x).
′
Exprimer pour tout x ∈]e, +∞[, f2−1 (x), à l’aide de f2−1 (x).
(d) Sur le même graphique que précédemment, représenter les fonctions f1−1 et f2−1
(On fera apparaitre toutes les informations graphiques connues).
.4. a → b ?
(a) Montrer que l’équivalence :
ab = ba et a ̸= b ⇐⇒ b = f2−1 ◦ f1 (a) ou b = f1−1 ◦ f2 (a).
 −1
 f2 ◦ f1 (x) si x ∈]1, e[
(b) On note θ :]1, +∞[→]1, +∞[, x 7→ e si x = e
 f −1 ◦ f (x) si x ∈]e, +∞[
1 2
Montrer que θ est une involution (i.e. θ ◦ θ = id]1,+∞[ )
(c) Montrer que θ est continue sur ]1, +∞[.
(d) (*) θ est-elle dérivable sur ]1, +∞[ ?
(e) Représenter la courbe d’équation y = θ(x) sur le même graphe.

2
NOM :

Prénom :

Représentation graphique associée au problème 2

Représentation graphique associée au problème 3

3
Correction
Problème 1 - Théorème de Cantor-Bernstein
On considère deux ensembles notés E et F .
.1. Pour cette unique question (1), on considère que E et F sont de cardinaux finis.
(a) Montrer que s’il existe φ : E ,→ F injective, alors il existe ψ : F ↠ E surjective.

Puisque les ensembles sont de cardinaux finis, on a vu que l’existence d’une fonction injective permet d’affirmer que
card(E) ⩽ card(F ).
Dans le cas surjectif, la réciproque est vraie si card(F ) ⩾ card(E), alors /0,5

il existe une surjection de F sur E.

(b) Montrer que s’il existe ψ : E ↠ F surjective, alors il existe φ : F ,→ E injective.

Puisque les ensembles sont de cardinaux finis, on a vu que l’existence d’une fonction surjective permet d’affirmer que
card(E) ⩾ card(F ).
Dans le cas injectif, la réciproque est vraie si card(F ) ⩽ card(E), alors /0,5

il existe une injection de F sur E.

(c) Montrer que s’il existe φ1 : E ,→ F et φ2 : F ,→ E injectives, alors il existe une bijection de E sur F .

Toujours grâce aux cardinaux, puisque φ1 est injective : card(E) ⩽ card(F ).


et puisque φ2 est injective : card(F ) ⩽ card(E).
Donc card(E) = card(F ). Ceci est une condition suffisante (et aussi nécessaire) pour pouvoir affirmer : /0,5

il existe une bijection de E sur F .

.2. Pour la suite E et F ne sont pas nécessairement de cardinaux finis.


(a) On suppose qu’il existe φ : E ,→ F injective.
Montrer qu’il existe une fonction φ : E → φ(E) bijective, puis construire une surjection de F sur E.

Soit x, x′ ∈ E tel que φ(x) = φ(x′ ), donc φ(x) = φ(x′ ).


Et comme φ est injective : on a x = x′ . Et donc φ hérite de la propriété d’injectivité.
Par ailleurs, φ(E) = φ(E), qui est l’ensemble d’arrivée de φ. Donc φ est surjective. /0,5

Donc φ est une bijection de E sur φ(E).

Notons ψ la fonction réciproque de φ, définie sur φ(E).


Soit a ∈ E et G = CF (φ(E)), le complémentaire
 de φ(E) dans F .
ψ(x) si x ∈ f (E)
Considérons ensuite θ : F → E, x 7→ .
a si x ∈ G
Alors θ est bien définie car tout élément de F = f (E) ⊎ G.
et pour tout x ∈ E, θ( φ(x) ) = ψ(φ(x)) = x, donc x ∈ E admet (au moins) un antécédent φ(x) par θ. /1
|{z}
∈φ(E)

Donc θ est bien définie, c’est une surjection de F sur E.

(b) On suppose qu’il existe ψ : E ↠ F surjective.


Montrer que pour tout x ∈ F , ψ −1 ({x}) ̸= ∅. En déduire la construction d’une injection de F sur E.

Puisque ψ est surjective, toute élément de F admet au moins un antécédent, donc /0,5

∀ x ∈ F, ψ −1 ({x}) ̸= ∅

Notons, pour tout x ∈ F , θ(x) un élément de l’ensemble ψ −1 ({x}). C’est un élément de E.


Puis considérons θ : F → E, x 7→ θ(x).
La fonction est parfaitement définie. Et par ailleurs, si x ̸= x′ , sont deux éléments de F .
Alors on ne peut avoir a ∈ E tel que ψ(a) = x et ψ(a) = x′ , donc ψ −1 ({x}) ∩ ψ −1 ({x′ }) = ∅.
Et donc θ(x) ̸= θ(x′ ) (puisqu’ils sont dans des sous-ensembles disjoints de E).
Par conséquent, la fonction θ est injective. /1

Donc θ est bien définie, c’est une injection de F sur E.

1
.3. On cherche à montrer le théorème de Cantor-Bernstein :
« Si il existe φ1 : E ,→ F et φ2 : F ,→ E injectives, alors il existe une bijection de E sur F . »
On considère A une partie quelconque de E et ψ : E → A injective. On note A′ = ψ(E) et B0 = E \ A.
[
(a) On définie, par récurrence, pour tout k ∈ N∗ , Bk = ψ(Bk−1 ). Enfin, on définie B = Bi .
i∈N
Décrire avec quantificateur le fait que x ∈ B et le fait que x ∈
/ B.

[
x ∈ B ⇐⇒ x ∈ Bi ⇐⇒ ∃ i ∈ N tel que x ∈ Bi
i∈N
/1
[
x∈
/ B ⇐⇒ x ∈
/ Bi ⇐⇒ ∀ i ∈ N, x ∈
/ Bi
i∈N


ψ(x) si x ∈ B
(b) On définit θ : E → A, x 7→ .
x si x ∈
/B
Montrer que θ est bien définie.

Si x ∈ B, alors θ(x) = ψ(x). Or ψ(E) = A′ ⊂ A et x ∈ E, donc on a bien θ(x) = ψ(x) ∈ A.


Si x ∈
/ B, alors ∀ i ∈ N, x ∈
/ Bi . En particulier, x ∈
/ B0 = E \ A, donc θ(x) = x ∈ A.
Dans tous les cas θ(x) ∈ A, pour le reste, il n’y a pas de soucis de définition : /1

θ est bien définie.

(c) Montrer que θ est injective

Si θ(x1 ) = θ(x2 ).
Ou bien, x1 et x2 sont tous les deux dans B, alors on a ψ(x1 ) = θ(x1 ) = θ(x2 ) = ψ(x2 ).
Mais ψ est injective donc x1 = x2 .
Ou bien x1 et x2 ne sont ni l’un ni l’autre dans B et donc x1 = θ(x1 ) = θ(x2 ) = x2 .
Ou bien, sans perte de généralité, on peut supposer x1 ∈ B et x2 ∈ / B.
Donc il existe i ∈ N tel que x1 ∈ Bi .
Donc x2 = θ(x2 ) = θ(x1 ) = ψ(x1 ), donc x2 ∈ ψ(Bi ) = Bi+1 ⊂ B. Impossible.
Ainsi, ce troisième cas n’est pas possible
et les deux autres conduisent à x1 = x2 . /1,5
θ est donc injective.

(d) Montrer que θ est surjective.

Soit y ∈ A.
Ou bien y ∈/ B et donc θ(y) = y. y admet un antécédent par θ (lui-même).
Ou bien y ∈ B, et donc il existe i tel que y ∈ Bi .
Si i ⩾ 1, Bi = ψ(Bi−1 ) et donc ∃ x ∈ Bi−1 ⊂ B tel que y = ψ(x) = θ(x).
Si i = 0, alors y ∈ E \ A. Mais y ∈ A. Ceci est donc impossible.
Donc y admet un antécédent par θ. /1,5
θ est surjective.

(e) Conclure

On reprend les hypothèses avec φ1 : E ,→ F et φ2 : F ,→ E.


Notons A = φ2 (F ) ⊂ E et ψ : E → A, x 7→ φ2 ◦ φ1 .
Par composition de deux applications injectives, ψ est injective (cours).
On peut donc alors construire une bijection (θ), de E sur A (⊂ E, quelconque non nécessairement égale à ψ(E)).
L’application φ2 : F → A, x → φ2 (x) est injective (par restriction de l’application injective φ2 )
et est surjective par définition de A = φ2 (E). Elle est donc bijective.
On peut donc définir : E → F , x 7→ (φ2 )−1 ◦ θ−1 (x). Elle est bijective de E sur F . /2,5

On a démontré le théorème de Cantor-Bernstein : il existe une bijection de E sur F .

2
Problème 2 - Exponentielle sous forme de somme
On fixe n ∈ N∗ (sauf en questions 1.(c)).
n
X xk x2 xn
On note Tn : x 7→ =1+x+ + ··· + . On considère également fn : x 7→ e−x × Tn (x).
k! 2 n!
k=0

.1. Etude de la fonction Tn .


(a) Pourquoi Tn est dérivable ? Exprimer simplement Tn′ en fonction des (Tk )k∈N .

Tn est une fonction polynomiale, donc dérivable sur R.


On a alors, par dérivation d’une combinaison linéaire : /1

n n n−1
X xk−1 X xk−1 X xh
∀ x ∈ R, Tn′ (x) = 0 + k× = = = Tn−1 (x)
k! (k − 1)! h!
k=1 k=1 h=0

(b) Montrer que pour tout x ∈ R+ , Tn (x) ⩾ 1.

n
X xk
Pour tout x ∈ R+ , xn ⩾ 0, donc par addition de nombre positif : ⩾ 0.
k!
k=1
Enfin, en ajoutant 1 : /0,5
Pour tout x ∈ R+ , Tn (x) ⩾ 1.

(c) Montrer, par récurrence, que


— si n = 2m est pair alors T2m est positif sur R.
— si n = 2m + 1 est impair, alors T2m+1 admet une unique racine notée αm

La question n’est pas triviale. Soit on fait une récurrence à deux termes, soit on fait un distinction de cas.
Pour la correction, nous proposons cette seconde méthode.
Notons, pour tout n ∈ N∗ , Pn : « Si n = 2m alors T2m est positif sur R, si n = 2m + 1 alors T2m+1 est négatif sur ] − ∞, αm ]
puis positif sur [αm , +∞[. ».
— T0 = 1. C’est un polynôme strictement positif. Donc P0 est vraie.
— Nous allons démontrer P1 , mais ce n’est pas nécessaire.
T1 : x 7→ 1 + x, c’est un polynôme qui admet une unique racine α0 = −1.
— Soit n ∈ N. Supposons que Pn est vraie.
• Supposons que n est pair, il peut s’écrire n = 2m avec m ∈ N.
Comme Pn est vraie et n pair, alors Tn est positif sur R.

Puis comme Tn+1 = Tn d’après la question 1.(a), alors Tn+1 est strictement
! croissant sur R.
n
xn+1 X (n + 1)!
Par ailleurs, Tn+1 (0) = 1 et Tn+1 (x) = 1+ .
(n + 1)! n!xn+1−k
k=0 !
n
(n + 1)! X (n + 1)!
alors −→ 0 et par addition finie : 1+ −→ 1 et donc Tn+1 (x)) −→ −∞.
n!xn+1−k x→−∞ n!xn+1−k x→−∞ x→−∞
k=0
Par le théorème des valeurs intermédiaires : il existe αm ∈ R− tel que Tn+1 (αm ) = T2m+1 (αm ) = 0.
• Supposons que n est impair, il peut s’écrire n = 2m + 1 avec m ∈ N.
Comme Pn est vraie et n = 2m + 1 impair, alors Tn est négatif sur ] − ∞, αm ] puis positif sur [αm , +∞[.

Or Tn+1 = Tn . Donc Tn+1 est décroissante sur ] − ∞, αm ] et croissante sur [αm , +∞[.
xn+1
Notons par ailleurs que pour tout x ∈ R, Tn+1 (x) = Tn (x) + .
(n + 1)!
2m+2
(αm )
Or αm racine de Tn , donc Tn+1 (αm ) = > 0.
(2m + 2)!
Par conséquent, le point minimal de Tn+1 est positif, et donc Tn+1 est positif sur R.
Ainsi, dans tous les cas (n pair ou impair), on a l’hérédité : Pn =⇒ Pn+1 .
La récurrence est démontrée : /2,5

• si n = 2m est pair alors T2m est positif sur R.


• si n = 2m + 1 est impair, alors T2m+1 admet une unique racine notée αm

(d) Montrer que (αm )m∈N est une suite décroissante.

x2m+2 x2m+3
Pour tout x ∈ R et tout m ∈ N, T2m+3 (x) = T2m+1 (x) + + .
(2m + 2)! (2m + 3)!
On rappelle que αm est la racine de T2m+1 et αm+1 est celle de T2m+3 .
On rappelle également que pour tout x ⩾ αm T2m+1 (x) ⩾ 0 et tout x ⩽ αm , T2m+1 (x) ⩽ 0.

3
On a donc l’équivalence : x ⩽ αm ⇐⇒ x ⩽ αm .
On a alors
(αm )2m+2 (αm )2m+3 (αm )2m+2
T2m+3 (αm ) = T2m+1 (αm ) + + =0+ ((2m + 3) + αm )
(2m + 2)! (2m + 3)! (2m + 3)!
Or
2m+1 m   m
X (−(2m + 3))k X (−2m − 3)2h (−2m − 3)2h+1 X (2m + 3)2h
T2m+1 (−(2m + 3)) = = + = (2h + 1 − 2m − 3)
k! (2h)! (2h + 1)! (2h + 1)! | {z }
k=0 h=0 h=0 | {z } <0
⩾0

Donc T2m+1 (−(2m + 3)) < 0,


donc d’après la remarque préliminaire : −(2m + 3) < αm et donc αm + 2m + 3 > 0.
Par conséquent T2m+3 (αm ) > 0.
Et d’après la remarque (mais pour T2m+3 ) cela signifie que αm > αm+1 . /2

La suite (αm ) est donc décroissante.

(e) Représenter sur le graphe 1 donné avec l’énoncé les représentations de y = T0 (x), y = T1 (x), y = T2 (x) et y = T3 (x).
Représenter également α0 et α1 .
(En fait T0 (x) = 1 n’est pas vraiment défini).

/1,5

.2. Convergence de (Tn (x))n . Etude de fn .


(a) Pourquoi la fonction fn est-elle dérivable sur R ?

fn est le produit de la fonction x 7→ exp(−x), une fonction exponentielle dérivable sur R et de la fonction polynomiale Tn ,
dérivable sur R également.
Le produit de deux fonctions dérivables est dérivable. /0,5

Donc fn est dérivable sur R.

xn −x
(b) Montrer que pour tout x ∈ R, fn′ (x) = − e .
n!

On a alors (dérivation d’un produit) :

∀ x ∈ R, fn′ (x) = −e−x Tn (x) + e−x Tn′ (x) = e−x (−Tn (x) + Tn−1 (x))

Et donc d’après la question 1.(a) : /1

xn −x
pour tout x ∈ R, fn′ (x) = − e .
n!

4
(c) Considérons deux réels x1 et x2 tels que : x1 < 0 < x2 < n.
|x1 |n −x1
Montrer, en étudiant les variations de fn′ sur [x1 , 0] et sur [0, x2 ] que pour tout u ∈ [x1 , 0], |fn′ (u)| ⩽ e et pour tout
n!
xn
u ∈ [0, x2 ], |fn′ (u)| ⩽ 2 −x2
e
n!

La fonction fn′ est dérivable sur R donc sur [x1 , 0] et sur [0, x2 ].
 
nxn−1 −x xn −x xn xn−1 xn−1
∀ x ∈ R, fn′′ (x) =− e + e = e−x − e−x
= |{z} (x − n)
n! n! n! (n − 1)! n! | {z }
⩾0 ⩽0

La fonction fn′′
ne peut s’annuler en changeant de signe qu’en x = n et x = 0 (si n pair).
• Etudions d’abord le cas de l’intervalle [x1 , 0].
Alors fn′′ (x) est négatif sur [x1 , 0] (si n − 1 est pair donc n impair) et est négatif sur [x1 , 0] (si n pair).
Ainsi, fn′ est décroissante sur [x1 , 0] si n impair et croissante sur [x1 , 0] si n pair.
xn
Puis comme fn′ (0) = 0 et fn′ (x1 ) = − 1 e−x1 ,
n!
xn xn
on a pour tout x ∈ [x1 , 0] : − 1 ex1 ⩾ fn′ (x) ⩾ 0 si n impair et − 1 ex1 ⩽ fn′ (x) ⩽ 0 si n pair.
n! n!
Dans tous les cas : /1,5
|x1 |n −x1
∀ x ∈ [x1 , 0], fn′ (x) ⩽ e
n!
• Etudions le cas de l’intervalle [0, x2 ] (on rappelle que n > x2 ).
Dans tous les cas fn′′ (x) ⩽ 0 sur [0, x2 ], donc fn′ est décroissante sur [0, x2 ].
xn
Donc pour tout x ∈ [0, x2 ], 0 = fn′ (0) ⩾ fn′ (x) ⩾ fn′ (x2 ) = − 2 e−x2 . /1
n!

|x2 |n −x2
∀ x ∈ [0, x2 ], fn′ (x) ⩽ e
n!

(d) On admet l’inégalité des accroissements finis, pour tout a < b ∈ R :


« pour φ continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[, et k ∈ R+ tel que ∀ u ∈]a, b[, |φ′ (u)| ⩽ k alors |φ(b) − φ(a)| ⩽ k × |b − a| »
En déduire, pour x ∈ R fixé et tout entier n > ⌊x⌋ + 1 :
n
X xk |x|n+1
ex − = |1 − fn (x)| × ex ⩽
k! n!
k=0

Notons d’abord : !
n n
x
X xk x −x
X xk
e − =e 1−e = ex (1 − fn (x)) = ex (fn (0) − fn (x))
k! k!
k=0 k=0

Appliquons ensuite l’inégalité des accroissements finis, dans le cas x < 0, avec a ← x et b ← 0, φ ← fn :
e−x n
D’après la question précédente, ∀ u ∈ [x, 0], |fn′ (u)| ⩽ |x| , donc
n!
e−x n e−x n+1
|fn (x) − fn (0)| ⩽ |x| × |0 − x| = |x|
n! n!
Appliquons enfin l’inégalité des accroissements finis, dans le cas x > 0, avec a ← 0 et b ← x, φ ← fn :
e−x n
D’après la question précédente, ∀ u ∈ [0, x], |fn′ (u)| ⩽ |x| , donc
n!
e−x n e−x n+1
|fn (x) − fn (0)| ⩽ |x| × |x − 0| = |x|
n! n!
Donc /1,5
n −x n+1 n+1
X xk e |x| |x|
ex − = |fn (0) − fn (x)| × ex ⩽ ex =
k! n! n!
k=0

|x|n+1
(e) On insiste : x est fixé. On note vn = .
n!
vn+1 1
Evaluer , en déduire qu’il existe N tel que pour tout n ⩾ N , vn ⩽ n−N vN .
vn 2
Quelle est la limite de (vn ) pour n → +∞ ?

Soit n ∈ N,
vn+1 |x|n+2 n! |x|
= = −→ 0
vn (n + 1)! |x|n+1 n + 1 n→+∞

5
vn+1 1
Donc il existe un entier N tel que pour tout n ⩾ N , ⩽ .
vn 2
Comme pour tout n ∈ N, vn est positif, on a par telescopage, pour tout n > N ,
n−1
vn Y vk+1 n−1
Y 1 1 1
= ⩽ = n−1−N +1 = n−N
vN vk 2 2 2
k=N k=N

Ainsi, puisque vN ⩾ 0, /2
1
vn ⩽ vN et par comparaison : (vn ) → 0
2n−N

n
! +∞ k
X xn X x
(f) En déduire la valeur de la limite de , limite que l’on notera .
n! k!
k=0 n∈N k=0

|x|n+1
Par encadrement, puisque converge vers 0,
n!
n
!
X xn
converge vers ex
n!
k=0 n∈N

Ce résultat est vrai pour tout x ∈ R (la convergence est assurée à partir du rang n ⩾ ⌊x⌋). /1

6
Problème 3 - ab = ba
ln x
Dans tout le problème, on considère f : x 7→ .
x
.1. Etude de f .
(a) Quel est l’ensemble de définition et de dérivation de f ?

Df = {x ∈ R | x > 0, x ̸= 0} = R∗+
f est la division de deux fonctions dérivables sur leur ensemble de définition, le dénominateur ne s’annulant pas sur R∗+ . /0,5

Donc f est dérivable sur R∗+ .

(b) Etudier les variations de f , ainsi que les limites en 0+ et +∞.

1
× x − 1 × ln x 1 − ln x
On a alors, pour tout x > 0, f ′ (x) = x
= .
x2 x2
On a alors les équivalences (pour x > 0) :
f ′ (x) ⩾ 0 ⇐⇒ 1 − ln x ⩾ 0 ⇐⇒ 1 ⩾ ln x ⇐⇒ x ⩽ e1 = e par croissance de exp.
ln(e) 1
Ensuite : f (e) = = .
e e
Enfin, il n’y a pas de forme indéterminée (pour x → 0) : lim f (x) = −∞.
x→0+
alors que pour x → +∞, il y a a priori une forme indéterminée, mais elle est levé dans le cours : lim f (x) = 0.
x→+∞
Tout ceci se résume dans le tableau de variation suivant : /1,5
x 0 e +∞
f ′ (x) || + 0 −
1
f −∞ ↗ e ↘ 0

(c) Tracer y = f (x) sur le graphe donné dans l’énoncé. (On fera apparaitre toutes les informations graphiques trouvées dans la
question précédentes).

Voir le graphe à la fin /1

(d) Soit λ ∈ R.
Donner le nombre de solution de l’équation x = eλx notée (Eλ ), en fonction de la valeurs de λ, préciser également dans quel
intervalle se trouvent ces solutions / se trouve cette solution.

Soit λ ∈ R.
Pour tout x ∈ R, eλx > 0, donc si x est solution de (Eλ ), nécessairement x > 0.
Considérons donc x ∈ R∗+ , on a les équivalences (en composant par ln injective sur R∗+ ) :
x = eλx ⇐⇒ ln x = λx ⇐⇒ f (x) = λ
1
Or les questions précédentes permettent de connaitre l’image par f de R∗+ : f (R∗+ ) =] − ∞, ].
e
1
• Par ailleurs, la fonction f est continue et strictement croissante de ]0, e] sur ] − ∞, ],
e
1
elle établit donc une bijection de ]0, e] sur ] − ∞, ],
e
1
donc ∀ λ ∈] − ∞, ], ∃ !x ∈]0, e] tel que f (x) = λ donc tel que x = eλx .
e
Par ailleurs, notons que f (1) = 0.
1
• Par ailleurs, la fonction f est continue et strictement décroissante de [e, +∞[ sur ]0, ],
e
1
elle établit donc une bijection de [e, +∞[ sur ]0, ],
e
1
donc ∀ λ ∈]0, ], ∃ !x ∈ [e, +∞[ tel que f (x) = λ donc tel que x = eλx .
e
On peut faire un bilan : /1,5

∀ λ ∈] − ∞, 0], l’équation (Eλ ) admet une unique solution, elle se trouve dans ]0, 1].
1
∀ λ ∈] − 0, [, l’équation (Eλ ) admet deux solutions, l’une est dans ]1, e[, l’autre dans ]e, +∞[.
e
1
Pour λ = , l’équation (Eλ ) admet une unique solution : x = e.
e
1
∀ λ ∈] , +∞[, l’équation (Eλ ) n’admet aucune solution.
e

7
.2. Equation ab = ba .
(a) Montrer l’équivalence, pour tout a, b ∈ R∗+ : ab = ba ⇐⇒ f (a) = f (b)

Soient a, b > 0. On a les équivalences (en composant par ln injective) :


ln a ln b
ab = ba ⇐⇒ b ln a = a ln b ⇐⇒ = ⇐⇒ f (a) = f (b)
a b
/0,5
Pour tout a, b ∈ R∗+ : ab = ba ⇐⇒ f (a) = f (b).

(b) En déduire deux intervalles, les plus grands possible, I et J disjoints tel qu’on puisse affirmer ∀ a ∈ I, ∃ !b ∈ J tel que
ab = ba .

Pour que ab = ba , il faut et il suffit donc qu’il existe un même λ ∈ R image identique par f de a et de b.
Cela nécessite donc que (Eλ ) admette deux racines distinctes. Et cela est suffisant.
1
Or d’après l’étude 1.(d), cela nécessite donc que λ ∈]0, [ et dans ce cas a ∈]1, e[ et b ∈]e, +∞[.
e
On peut donc prendre I =]1, e[ et J =]e, +∞[ (ou l’interversion).
Il n’est pas possible de prendre des intervalles plus grand d’après 1.(d). /1

Avec I =]1, e[ et J =]e, +∞[, on peut affirmer : ∀ a ∈ I, ∃ !b ∈ J tel que ab = ba .

(c) Démontrer qu’il existe une unique solution entière (i.e. (a, b) ∈ Z2 ) tel que ab = ba et a < b.

Pour cette solution, on peut considérer a ∈ I, mais a est également entier. Donc a ∈]1, e[∩Z = {2}.
Donc nécessairement a = 2. Il y a au plus un seul couple d’entiers (a, b) qui répond à a question.
Il existe un unique nombre b, peut-être non entier, tel que b2 = 2b .
Essayons par un processus comparable à de la dichotomie d’encadrer b.
Par exemple 32 = 9, alors que 23 = 8. Il faut donc choisir un nombre plus grand que 3.
Par exemple 52 = 25, alors que 25 = 32. Il faut donc choisir un nombre plus petit que 5.
Enfin : 24 = 16 = 42 . /1,5

Il existe une unique solution d’entiers (a, b) tel que ab = ba et a < b : c’est a = 2 et b = 4.

(d) Comparer 10 00010 001 et 10 00110 000 .

Au hasard, écrivons des équivalences. Par croissance de ln sur R∗+ :

10 00010 001 < 10 00110 000 ⇐⇒ 10 001 ln(10 000) < 10 000 ln(10 001) ⇐⇒ f (10 000) < f (10 001)

Or la fonction f est décroissante sur ]e, +∞[.


Donc cette dernière inégalité est fausse. Par équivalence : /1

10 00110 000 < 10 00010 001

.3. Fonctions réciproques.


1
(a) Montrer que f1 :]1, e] →]0, ], x 7→ f (x) est une application bijective.
e
On note f1−1 , la fonction réciproque.

1
Comme en 1.(d) que f1 est bijective car elle est continue et strictement croissante de ]1, e] à valeurs dans ] lim f, f (e)] =]0, ]. /0,5
1 e

1
f1 :]1, e] → [0, ], x 7→ f (x) est une application bijective.
e

1
(b) Montrer que f2 : [e, +∞[→]0, ], x 7→ f (x) est une application bijective.
e
On note f2−1 , la fonction réciproque.

1
Comme en 1.(d) que f2 est bijective car elle est continue et strictement décroissante de [e, +∞[ dans ] lim f, f (e)] =]0, ]. /0,5
+∞ e

1
f2 : [e, +∞[→ [0, ], x 7→ f (x) est une application bijective.
e

8
1
(c) Montrer que f1−1 et f2−1 sont des fonctions dérivables sur ]0, [.

e
Exprimer pour tout x ∈]1, e[, f1−1 (x), à l’aide de f1−1 (x).

′
Exprimer pour tout x ∈]e, +∞[, f2−1 (x), à l’aide de f2−1 (x).

Pour connaitre l’ensemble de dérivation d’une fonction réciproque, il faut étudier les racines de la dérivée de la fonction
initiale.
1 − ln x 1
f1′ : x 7→ . Elle s’annule en x = e. Donc f1−1 n’est pas dérivable en y = f1 (e) = .
x2 e
1 1 1
i i n o i h
Elle est dérivable par ailleurs, donc sur 0, \ = 0, =]0, e−1 [.
e e e

′ 1 [f1−1 (x)]2
Et pour tout x ∈]0, e−1 [ : f1−1 (x) = = .
f1′ (f1−1 (x)) 1 − ln(f1−1 (x))

1 − ln x 1
De même, comme f2′ : x 7→ . Elle s’annule en x = e. Donc f2−1 n’est pas dérivable en y = f2 (e) = .
x2 e
1 1 1
h h n o i h
−1
Elle est dérivable par ailleurs, donc sur , +∞ \ = 0, =]0, e [. /2
e e e

′ 1 [f2−1 (x)]2
Et pour tout x ∈]0, e−1 [ : f2−1 (x) = = .
f2′ (f2−1 (x)) 1 − ln(f2−1 (x))

(d) Sur le même graphique que précédemment, représenter les fonctions f1−1 et f2−1
(On fera apparaitre toutes les informations graphiques connues).

Voir le graphe à la fin /2

.4. a → b ?
(a) Montrer que l’équivalence :
ab = ba et a ̸= b ⇐⇒ b = f2−1 ◦ f1 (a) ou b = f1−1 ◦ f2 (a).

On exploite les résultats de la question 2.(b).


On a les équivalences :
ab = ba et a ̸= b ⇐⇒ f (a) = f (b) et (a ∈ I, b ∈ J ou a ∈ J, b ∈ I)
Dans le cas où a ∈ I et b ∈ J, avec f (a) = f (b), on a en exploitant les fonctions définies plus haut :
f (a) = f1 (a) et f (b) = f2 (b), donc f1 (a) = f2 (b), ou encore b = (f2−1 ◦ f1 )(a).
Dans le cas où a ∈ J et b ∈ I, avec f (a) = f (b), on a en exploitant les fonctions définies plus haut :
f (a) = f2 (a) et f (b) = f1 (b), donc f2 (a) = f1 (b), ou encore b = (f1−1 ◦ f2 )(a).
Finalement : /1

ab = ba et a ̸= b ⇐⇒ b = f2−1 ◦ f1 (a) (cas a ∈ I, b ∈ J) ou b = f1−1 ◦ f2 (a) (cas a ∈ J, b ∈ I)

 −1
 f2 ◦ f1 (x) si x ∈]1, e[
(b) On note θ :]1, +∞[→]1, +∞[, x 7→ e si x = e
 f −1 ◦ f (x) si x ∈]e, +∞[
1 2
Montrer que θ est une involution (i.e. θ ◦ θ = id]1,+∞[ )

• Si x ∈]1, e[, alors θ(x) = f2−1 (f1 (x)) ∈]e, +∞[ car f2 : [e, +∞[→]0, e−1 ], donc f2−1 :]0, e−1 ] → [e, +∞[.
et par ailleurs, f2−1 (f1 (x)) ̸= e, sinon, cela signifierait que f1 (x) = e−1 et donc x = e.
et donc par associativité de la loi ◦

θ(θ(x)) = f1−1 ◦ f2 ◦ f2−1 ◦ f1 (x) = [f1−1 (f2 ◦ f2−1 )f1 ](x) = f1−1 ◦ f1 (x) = x
 

• Si x = e, alors θ(θ(e)) = θ(e) = e.


• Si x ∈]e, +∞[, alors θ(x) = f1−1 (f2 (x)) ∈]1, e[ car f1 :]1, e] →]0, e−1 ], donc f2−1 :]0, e−1 ] →]1, e].
et par ailleurs, f1−1 (f2 (x)) ̸= e, sinon, cela signifierait que f2 (x) = e−1 et donc x = e.
et donc par associativité de la loi ◦

θ(θ(x)) = f1−1 ◦ f2 ◦ f2−1 ◦ f1 (x) = [f1−1 (f2 ◦ f2−1 )f1 ](x) = f1−1 ◦ f1 (x) = x
 

Ainsi /1
∀ x ∈]1, +∞[, θ(θ(x)) = x, donc θ ◦ θ = id]1,+∞[ , i.e. θ est une involution.

9
(c) Montrer que θ est continue sur ]1, +∞[.

Les applications f1 , f2 et aussi f1−1 et f2−1 sont continues sur leur ensemble de définition,
donc θ est bien continue sur ]1, e[ et sur ]e, +∞[.
Ensuite, par continuité de ces fonctions (ou composition des limites) :
lim θ(t) = lim f2−1 (f1 (t)) = lim f2−1 (u) = e
< < >
t−→e t−→e u−→ 1
e

lim θ(t) = lim f1−1 (f2 (t)) = lim f1−1 (u) = e


> > <
t−→e t−→e u−→ 1
e

Ainsi, θ est également continue en e avec pour valeur θ(e) = e. /1,5

Donc θ est continue sur ]1, +∞[.

(d) θ est-elle dérivable sur ]1, +∞[ ?

Avec le théorème du cours, comme nous l’avons pour le moment, nous ne pouvons écrire que :
Par composition de fonctions dérivables f2−1 ◦ f1 n’est pas dérivable en e,
1 1
car f2−1 n’est pas dérivable en et que f1 (e) = . /1,5
e e
Donc θ n’est a priori pas dérivable en e, donc non dérivable sur ]1, +∞[.
En revanche (ce n’est pas demandé), θ est dérivable par composition sur ]1, e[ et sur ]e, +∞[.
On trouve alors, par exemple pour x ∈]1, e[,
1 − ln x θ2 (x)
θ′ (x) = f1′ (x) × (f2−1 )′ (f1 (x)) =
x 2 1 − ln(θ(x))
θ2 (x) 1 − ln x
Mais alors, pour x → e− , θ(x) → e+ , donc → 1 mais → −1. Donc θ′ (x) −→ −1.
x2 1 − ln(θ(x)) x→e−
Et de même (en inversant 1 ↔ 2) : θ′ (x) −→ −1.
x→e+
On verra un théorème, qui n’est pas un théorème de prolongement de la dérivée, qu’ainsi θ est en réalité dérivable en e et
de dérivée égale à θ′ (e) = −1.

(e) Représenter la courbe d’équation y = θ(x) sur le même graphe.

On ne connait pas formellement θ. On notera néanmoins que /3


— θ(e) = e, avec une pente égale à −1,
— que θ est involutive donc égale à sa symétrique par rapport à l’axe y = x.
— que la courbe admet deux asymptote : y = 1 (pour x → +∞) et x = 1.

10

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