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Cohorte 1 Certification en Changements Climatiques et Appui au Développement Durable (CCADD) en contexte africain

Module 1 : Introduction aux Changements


Climatiques, gouvernance et Accord de Paris
Cohorte 1 Certification en Changements Climatiques et Appui au Développement Durable (CCADD) en contexte africain

Biographie

Nom: SAVADOGO

Prénom: Mahamoudou

Nationalité: Burkinabè

Contact : (00226) 71220917

Email : [email protected]

Burkinabè de nationalité, Mahamoudou SAVADOGO est Inspecteur de l’environnement de profession.


Il est aujourd’hui expert en adaptation aux changements climatiques et de la formulation des projets
climatiques.

Mahamoudou a commencé sa carrière professionnelle en 2015 en tant qu’inspecteur de l’environnement


au Ministère de l’Environnement, de l’Economie Verte et du Changement Climatiques (MEEVCC) du
Burkina Faso. Pendant 5 ans (de 2015 à 2020) il a travaillé au sein du Secrétariat Permanent du Conseil
National pour le Développement Durable qui est la structure nationale, en charge de l’élaboration et de
la mise en œuvre du plan national d’Adaptation, de la Contribution Déterminée au niveau National du
(CDN) et des documents statutaires à soumettre au secrétariat de la Convention Cadre des Nations Unies
sur les Changements Climatiques (CCNUCC). A ce titre Il a pris activement part à la révision de la CDN
du Burkina Faso en 2021.

Mahamoudou est membre du comité technique de rédaction du texte portant mise en place du système
de Mesurage de Rapportage et de Vérification (MRV) du Burkina Faso. Il est également membre de
comité des experts chargé de l’élaboration du document du cadre de transparence climatique du Burkina
Faso. Depuis 2021, Mahamoudou travaille pour le compte du projet Benkadi Burkina Faso en tant expert
environnement et changements climatiques. Il est aussi l’expert national genre et changement climatique
de l’Initiative de renforcement des capacités du Burkina Faso en matière de transparence climatique
(CBIT).
Cohorte 1 Certification en Changements Climatiques et Appui au Développement Durable (CCADD) en contexte africain

. Module 1 : Introduction aux Changements Climatiques, gouvernance et


Accord de Paris
Objectifs pédagogiques

L’objectif pédagogique poursuivi globalement à travers ce module est de contribuer à renforcer les
capacités des apprenants et apprenantes sur les changements climatiques.

Avec ce module les participants et participantes sont capables de :

- expliquer les concepts clés liés aux changements climatiques,

- identifier les causes et les conséquences des changements climatiques;

- décrire le mécanisme de gouvernance des changements climatique au niveau international ;

- expliquer l’Accord de Paris et ses exigences

Ce cours se déroulera en six séquences :

Séquence 1 : Cadre conceptuel ;


Séquence 2 : Les causes des changements climatiques ;
Séquence 3 : Les manifestations et les conséquences des changements climatiques ;
Séquence 4 : Les solutions pour faire face aux changements climatiques ;
Séquence 5 : Mécanisme de gouvernance des changements climatiques ;
Séquence 6 : Focus sur l’Accord de Paris.

Note introductive
Les changements climatiques (CC) sont perçus comme l’un des plus grands défis de la planète et
constituent des menaces sérieuses pour l’environnement physique et humain, de même que pour les
économies.
Les effets des changements climatiques sont ressentis aujourd’hui sur les populations et les écosystèmes
et vont s’intensifier les années à venir si les émissions mondiales de gaz à effet de serre ne sont pas
réduites de façon significative. Dans la même veine, les évènements climatiques extrêmes tels que les
vagues de chaleur, les sécheresses, les inondations, les cyclones et les feux de brousse ont lieu
annuellement et accroissent la vulnérabilité des populations et des écosystèmes.
Parmi les zones les plus affectées par les CC, figure l’Afrique de l’ouest où les secteurs clés de
développement, notamment l’environnement, l’agriculture, les ressources en eau, sont considérés
comme vulnérables aux changements climatiques (SP-CNDD, 2020). A titre illustratif, les coûts de
l’adaptation aux changements climatiques pour l’Afrique sont estimés pour s’échelonner à environ
Cohorte 1 Certification en Changements Climatiques et Appui au Développement Durable (CCADD) en contexte africain

35 milliards de dollar américain d’ici 2050 et 200 millions de dollar américain d’ici 2070, et cela pourrait
coûter 7 % du PIB du continent d’ici 2100 pour un monde à 4°C.
Or les divers modèles d’évolution du climat utilisés par le Groupe Intergouvernemental sur l’évolution du
Climat (GIEC), basés sur différents scénarios d’émission de gaz à effet de serre (GES), prévoient une
amplification de du réchauffement climatique : si les émissions augmentent au même rythme que les
années passées, on estime que la température moyenne mondiale augmentera entre 2,6 et 4,8°C au
cours du XXIe siècle.
Afin de faire face aux changements climatiques et prévenir ses effets indésirables et pervers la
communauté internationale a adopté la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements
Climatiques (CCNUCC) en 1992 et l’accord de Paris en 2015. L’objectif global de la CCNUCC est de
réduire les concentrations des gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute
perturbation du système climatique. L’accord de Paris quant à lui a pour objectif de maintenir l’élévation
de la température moyenne en dessous 2°C par rapport au niveau préindustriel.
Pour permettre à l’Afrique de contribuer à ces objectifs, il est important, qu’un accent soit mis sur le
renforcement des capacités des différentes parties prenantes. Cela est en cohérence avec la CCNUCC
qui prévoit en son article 6 que lorsqu’elles s’acquittent de leurs engagements les Parties s’emploient à
encourager et à faciliter au niveau national et, le cas échéant, sous régional et régional, l’élaboration et
l’application de programmes d’éducation et de sensibilisation du public sur les changements climatiques
et leurs effets. C’est tout l’intérêt de ce module qui s’inscrit dans le cadre du Programme de Certification
en Changements Climatiques et Appui au Développement Durable (CCADD) en contexte africain
Initié par AGRICULTURAL EXEPERTISE CENTER (AEC) avec l’appui de ses partenaires.
Outre, les objectifs pédagogiques, et le focus qui est fait sur l’Accord de Paris, ce module traite des causes
et des conséquences des changements climatiques, les solutions pour y faire ainsi que le lien entre les
changements climatiques et les Objectifs de Développement Durable (ODD).
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Séquence 1 : Cadre conceptuelle

Pour comprendre le phénomène climatique et ses implications il est important de se familiariser avec les
notions et les concepts ci-après :

✓ Climat : décrit l’état moyen de l’atmosphère en un lieu donné et pour une période plus ou moins longue
qui va du mois à des dizaines d’années. Le climat est déterminé par les conditions moyennes de
température, de vent, de précipitations, de pression.

✓ Gaz à effet de serre : composants gazeux de l’atmosphère, tant naturels qu’anthropiques qui
absorbent et réémettent le rayonnement infrarouge entrainant ainsi un réchauffement de l’atmosphère
terrestre.

✓ Effet de serre : phénomène naturel par lequel l’atmosphère terrestre à travers certains de ces
constituants, « piège » à la surface de la terre le rayonnement de chaleur émis par celle-ci.

✓ Atmosphère terrestre : couche gazeuse qui enveloppe la terre. Elle est composée d’un mélange de
vapeur d’eau (dont la teneur varie dans le temps et l’espace) et d’air sec ou atmosphère sèche (Azote,
oxygène, hydrogène etc.). En plus des composants gazeux, l’atmosphère contient également dans des
proportions diverses des particules liquides et solides d’origine naturelle (cendres volcaniques) ou
produites par des activités humaines comme les rejets industriels.

✓ Emissions de Gaz à effet de serre : libération de gaz à effet de serre ou de précurseurs de tels gaz
dans l’atmosphère au-dessus d’une zone et au cours d’une période donnée.

✓ Réservoir de carbone : un ou plusieurs constituants du système climatique qui retiennent un gaz à


effet de serre ou un précurseur de gaz à effet de serre.

✓ Puits de carbone : tout processus, toute activité ou tout mécanisme, naturel ou artificiel, qui élimine
de l’atmosphère un gaz à effet de serre, un aérosol ou un précurseur de gaz à effet de serre. (Lexique
des Changements Climatiques.

✓ Source d’émission des gaz à effet de serre : tout processus ou activité qui libère dans l’atmosphère
un gaz à effet de serre, un aérosol ou un précurseur de gaz à effet de serre.

✓ Changements climatiques : selon la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements
Climatiques (CCNUCC) on entend par CC des changements de climat qui sont attribués directement ou
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indirectement à une activité humaine qui affectent la composition de l’atmosphère mondiale et qui
viennent s’ajouter à la variabilité naturelle du climat au cours de périodes comparables.

✓ Variabilités climatiques : expriment les variations de l’état moyen des variables climatiques : ex. une
année il pleut beaucoup, l’année suivante est sèche ; une année, le démarrage de la saison des pluies
est précoce puis tardive une autre.

✓ Vulnérabilité : mesure dans laquelle un système peut être dégradé ou endommagé par l'évolution du
climat (GIEC). Elle dépend non seulement de la sensibilité, mais aussi des capacités l’adaptation du
système à de nouvelles conditions climatiques.

✓ Adaptation : entendue comme l’ensemble des mesures ou des politiques mises en place en vue de
la réduction de la vulnérabilité aux changements climatiques et saisir les avantages qui pourraient en
résulter.

✓ Atténuation : ensemble des mesures ou des politiques prises pour réduire les émissions des gaz à
effet de serre dans l’atmosphère en partant des sources d’émissions ou en séquestrant le carbone déjà
présent dans l’atmosphère à travers des puits de séquestration de carbone.

✓ Résilience : capacité d’un système social ou écologique d’absorber des perturbations tout en
conservant sa structure de base et ses modes de fonctionnement, capacité à s’organiser et à s’adapter
au stress et aux changements.
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Séquences 2 : Les causes des changements climatiques

Les causes des changements climatiques sont multiples et multiformes. On distingue les causes
naturelles et les causes anthropiques (liés aux activités humaines).

Parmi les causes naturelles, on peut citer les éruptions volcaniques, les courants océaniques, les
changements orbitaux de la Terre, les variations solaires.

Toutefois, les scientifiques s’accordent à dire que les activités humaines sont à l’origine des changements
climatiques et induits par les émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, les combustibles fossiles, à savoir
le charbon, le pétrole et le gaz, sont de loin les plus grands contributeurs aux changements climatiques
mondiaux. Ils sont responsables de plus de 75 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et de
près de 90 % de toutes les émissions de dioxyde de carbone.

Au titre des activités incriminées, on peut citer entre autres :

❖ Production d’énergie

La production d’électricité et de chaleur par la combustion de combustibles fossiles est à l’origine d’une
grande partie des émissions mondiales. La majeure partie de l’électricité est encore produite par la
combustion de charbon, de pétrole ou de gaz, ce qui génère du dioxyde de carbone et de l’oxyde nitreux,
puissants gaz à effet de serre qui enveloppent la Terre et retiennent la chaleur du soleil.

❖ Fabrication de produits

Le secteur manufacturier et l’industrie génèrent des émissions, principalement dues à la combustion de


combustibles fossiles pour produire l’énergie nécessaire à la fabrication de produits tels que le ciment, le
fer, l’acier, les composants électroniques, les matières plastiques, les vêtements et d’autres biens.
L’exploitation minière et d’autres processus industriels libèrent également des gaz, tout comme l’industrie
de la construction. Les machines utilisées dans les processus de fabrication fonctionnent généralement
au charbon, au pétrole ou au gaz et certains matériaux, comme les plastiques, sont fabriqués à partir de
produits chimiques issus de combustibles fossiles. L’industrie manufacturière est l’une des principales
sources d’émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

❖ La déforestation

L’abattage de forêts pour faire place à des exploitations agricoles ou à des pâturages, ou pour d’autres
raisons, entraîne des émissions. En effet, les arbres, une fois coupés, libèrent le carbone qu’ils ont stocké.
Chaque année, environ 12 millions d’hectares de forêt sont détruits. Étant donné que les forêts absorbent
le dioxyde de carbone, leur destruction limite également la capacité de la nature à empêcher les émissions
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dans l’atmosphère. La déforestation, associée à l’agriculture et à d’autres changements d’affectation des


sols, est à l’origine d’environ un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

❖ Utilisation de moyens de transport

Les voitures, les camions, les navires et les avions sont pour la plupart alimentés par des combustibles
fossiles. De ce fait, les transports constituent une source importante d’émissions de gaz à effet de serre
et notamment de dioxyde de carbone. La majeure partie est imputable aux véhicules routiers, en raison
de la combustion de produits dérivés du pétrole, comme l’essence, dans des moteurs à combustion
interne. Toutefois, les émissions des navires et des avions continuent de croître. Les transports sont à
l’origine de près d’un quart des émissions mondiales de dioxyde de carbone liées à l’énergie et les
tendances laissent présager une augmentation importante de la consommation d’énergie dans ce secteur
au cours des années à venir.

❖ Production de denrées alimentaires

La production de denrées alimentaires entraîne des émissions de dioxyde de carbone, de méthane et


d’autres gaz à effet de serre de diverses manières, notamment à travers la déforestation et le défrichage
des terres pour l’agriculture et le pâturage, la digestion des bovins et des ovins, la production et l’utilisation
d’engrais et d’effluents d’élevage pour les cultures, et l’utilisation d’énergie pour faire fonctionner les
équipements agricoles ou les bateaux de pêche, généralement au moyen de combustibles fossiles. En
raison de tous ces éléments, la production de denrées alimentaires constitue un facteur important du
changement climatique. En outre, les activités de conditionnement et de distribution des denrées sont
également à l’origine d’émissions de gaz à effet de serre.

❖ Alimentation des bâtiments en énergie

À l’échelle mondiale, les bâtiments résidentiels et commerciaux consomment plus de la moitié de


l’électricité. Étant donné que le charbon, le pétrole et le gaz naturel continuent d’y être utilisés pour le
chauffage et la climatisation, ces bâtiments émettent des quantités importantes de gaz à effet de serre.
Ces dernières années, l’accroissement de la demande en énergie pour le chauffage et la climatisation,
associé à une augmentation du taux d’équipement en climatiseurs, ainsi que la hausse de la
consommation d’électricité pour l’éclairage, les appareils et les dispositifs connectés, ont entraîné une
augmentation des émissions de dioxyde de carbone liées à l’énergie dans les bâtiments.

❖ Surconsommation

Le logement dans lequel on vit, l’énergie que l’on consomme, le mode de déplacement que l’on utilise,
ce que l’on mange et la quantité de déchets que l’on met au rebut sont autant d’éléments qui contribuent
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aux émissions de gaz à effet de serre. Il en va de même des biens que l’on consomme, tels que les
vêtements, les appareils électroniques et les matières plastiques. Une grande partie des émissions
mondiales de gaz à effet de serre est liée aux particuliers. Nos modes de vie ont une incidence profonde
sur notre planète. Les personnes les plus riches portent la plus grande responsabilité : ensemble, celles
qui constituent le 1 % le plus aisé de la population mondiale sont à l’origine de plus d’émissions de gaz à
effet de serre que les 50 % de personnes les plus défavorisées (Source : www.un.org)
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Séquence 3 : Les manifestations et les conséquences des changements


climatiques
Les changements climatiques se manifestent de différentes façons et les conséquences sont énormes :

❖ Elévations des Températures

L’augmentation des concentrations en gaz à effet de serre se traduit par une hausse de la température à
la surface du globe. La dernière décennie, de 2011 à 2020, a été la plus chaude jamais enregistrée.
Depuis les années 1980, chaque décennie a été plus chaude que la précédente. Sur presque toutes les
surfaces émergées, la fréquence des jours de chaleur et des canicules augmente. La hausse des
températures entraîne une augmentation des maladies liées à la chaleur. Les incendies de forêt se
déclenchent plus facilement et se propagent plus rapidement dans des conditions plus chaudes.

❖ Tempêtes plus violentes

Les tempêtes destructrices sont devenues plus intenses et plus fréquentes dans de nombreuses régions.
Du fait de la hausse des températures, une plus grande quantité d’humidité s’évapore, ce qui aggrave les
précipitations extrêmes et les inondations et provoque des tempêtes plus dévastatrices. Le réchauffement
des océans a également une incidence sur la fréquence et l’ampleur des tempêtes tropicales. Les eaux
chaudes de surface alimentent les cyclones, les ouragans et les typhons. Bien souvent, ces phénomènes
détruisent des habitations et des communautés, entraînant des pertes humaines et économiques
considérables.

❖ Augmentation des sécheresses

Le changement climatique influe sur la disponibilité de l’eau, qui devient plus rare dans un plus grand
nombre de régions. Le réchauffement climatique aggrave les pénuries d’eau dans des régions déjà en
proie à des problèmes d’approvisionnement en eau ; il entraîne des risques accrus de sécheresse
agricole néfaste pour les cultures et de sécheresse écologique rendant les écosystèmes plus vulnérables.
Les sécheresses peuvent également provoquer des tempêtes de sable et de poussière destructrices,
susceptibles de déplacer des milliards de tonnes de sable à travers les continents. Les déserts s’étendent,
réduisant les surfaces propices aux cultures vivrières. De nombreuses personnes sont aujourd’hui
confrontées à la menace d’un manque d’eau récurrent.

❖ Réchauffement et montée des océans

Les océans absorbent la majeure partie de la chaleur liée au réchauffement de la planète. Le rythme du
réchauffement océanique a fortement augmenté au cours de ces deux dernières décennies, quelle que
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soit la profondeur considérée. Au fur et à mesure du réchauffement des océans, leur volume augmente,
car l’eau se dilate lorsqu’elle gagne en température. La fonte des calottes glaciaires entraîne également
une élévation du niveau des mers, mettant en péril les communautés côtières et insulaires. En outre, les
océans absorbent quantité de dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère. Or, l’augmentation du
dioxyde de carbone favorise l’acidification des océans, ce qui met en danger la faune et la flore marine et
les récifs coralliens.

❖ Disparition d’espèces

Le changement climatique présente des risques pour la survie des espèces terrestres et océaniques. Ces
risques augmentent avec la hausse des températures. Sous l’effet amplificateur du changement
climatique, le monde voit disparaître des espèces à un rythme mille fois plus élevé qu’à tout autre moment
de l’histoire de l’humanité. Un million d’espèces risquent de s’éteindre au cours des prochaines
décennies. Les incendies de forêt, les phénomènes météorologiques extrêmes, les espèces nuisibles
envahissantes et les maladies font partie des nombreuses menaces liées au changement climatique. Si
certaines espèces étaient capables de se déplacer et de survivre, d’autres ne le pourraient pas.

❖ Pénuries de denrées alimentaires

Les modifications du climat et l’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes figurent au


nombre des causes de l’aggravation de la faim et de la malnutrition dans le monde. Il existe un risque de
destruction ou de perte de productivité des ressources halieutiques, des cultures et des animaux
d’élevage. En raison de l’acidification des océans, les ressources marines qui permettent de nourrir des
milliards de personnes sont menacées. Les modifications de la couverture de neige et de glace dans de
nombreuses régions de l’Arctique perturbent l’approvisionnement en denrées alimentaires provenant de
l’élevage, de la chasse et de la pêche. Le stress thermique peut entraîner une réduction des ressources
en eau et des prairies destinées au pâturage, et de ce fait, une baisse du rendement des cultures et des
répercussions sur le bétail.

❖ Accroissement des risques sanitaires

Le changement climatique constitue la plus grande menace pour la santé de l’humanité. Les effets du
changement climatique nuisent déjà à la santé : pollution atmosphérique, maladies, phénomènes
météorologiques extrêmes, déplacements forcés, pressions sur la santé mentale, aggravation de la faim
et de la malnutrition dans des endroits où les populations ne parviennent pas à produire ou à trouver de
la nourriture en suffisance. Chaque année, les facteurs environnementaux coûtent la vie à environ 13
millions de personnes. Les variations climatiques favorisent le développement des maladies et, en raison
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des phénomènes météorologiques extrêmes, le nombre de décès augmente et les systèmes de soins de
santé ont du mal à suivre.

❖ Augmentation du niveau de la mer

En raison du réchauffement climatique, les glaciers fondent, ce qui entraîne une augmentation du niveau
de la mer. D'ici 2100, on s'attend à ce que le niveau de la mer augmente encore de 1 à 4 pieds.

Cette élévation du niveau de la mer menace la vie des habitants des villes côtières du monde entier. En
fait, il y a beaucoup de prévisions qui circulent sur les villes qui iront sous l'eau en raison de l'augmentation
du niveau de la mer

❖ Pauvreté et déplacements de populations

Le changement climatique accroît les facteurs qui précipitent des populations dans la pauvreté et les y
maintiennent. Les inondations peuvent emporter les bidonvilles en milieu urbain, détruisant sur leur
passage habitations et moyens de subsistance. La chaleur peut rendre difficile le travail en plein air. Le
manque d’eau peut nuire aux cultures. Au cours de la dernière décennie (2010-2019), en raison de
phénomènes météorologiques, environ 23,1 millions de personnes ont été déplacées en moyenne
chaque année et bien davantage encore se sont retrouvées exposées à un risque de pauvreté. La plupart
des réfugiés proviennent de pays qui sont les plus vulnérables et les moins prêts à s’adapter aux effets
du changement climatique.
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Séquence 4 : Les solutions pour faire face aux changements climatiques

Pour faire face aux changements climatiques, il y’a deux options : C’est l’adaptation et l’atténuation.

L’adaptation s’attaque aux conséquences tandis que l’atténuation s’attaque aux sources, c’est-à-dire aux
causes. Ils convient donc d’adopter des bonnes pratiques d’adaptation et d’atténuation. Parmi ces bonnes
pratiques, on peut citer entre autres :

- L’intégration des changements climatiques dans les politiques publiques


- Arrêter la déforestation tout en renforçant les puits de carbones
- Utiliser les énergies renouvelables (solaires par exemple).
- Développer le transport en commun et le covoiturage
- Réduire la production des déchets solides et des eaux usées
- Valoriser les déchets solides et les eaux usées
- Surveiller/Réduire la consommation des produits protéinés
- Récupérer les terres dégradées
- Produire et utiliser l’information climatique
- Utiliser des variétés climato sensibles
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Séquence 5 : Mécanisme de gouvernance des changements climatiques

Four faire face aux changements climatiques, la communauté internationale a adopté en la convention
cadre des nations unies sur les changements climatiques en 1992, le protocole de Kyotto en 2007 et
l’Accord de Paris en 2015. La CCNUCC qui est la convention mère prévoit plusieurs organes pour assurer
la gouvernance et pour faciliter la collaboration et le partenariat entre les différentes parties. Parmi ceux-
ci, on peut retenir :

❖ La conférence des Parties (COP)

Créée par l’article 7 de la convention, elle est l’organe suprême chargé de faire régulièrement le point de
l’application de la Convention et de tous autres instruments juridiques connexes qu’elle pourrait adopter
et prend, dans les limites de son mandat, les décisions nécessaires pour favoriser l’application effective
de la Convention. A cet effet :

- elle examine périodiquement les obligations des Parties et les arrangements institutionnels
découlant de la Convention;
- elle encourage et facilite l’échange d’informations sur les mesures adoptées par les Parties pour
faire face aux changements climatiques et à leurs effets;
- elle Evalue, sur la base de toutes les informations qui lui sont communiquées conformément aux
dispositions de la Convention, l’application de la Convention par les Parties, les effets d’ensemble
des mesures prises en application de la Convention, notamment les effets environnementaux,
Économiques et sociaux et leurs incidences cumulées, et les progrès réalisés vers l’objectif de la
Convention;
- elle crée les organes subsidiaires jugés nécessaires à l’application de la Convention
- elle examine et adopte des rapports périodiques sur l’application de la Convention et en assure
la publication ;
- Etc.

La Conférence des Parties tient des sessions ordinaires une fois par an. La première session s’est tenue
en 1995 à Bonn en Allemagne et la 28ème session prévue se tenir cette année 2023 aura lieu aux Emirats
Arabes Unis

❖ Le secrétariat

Le secrétariat de la convention est chargé de :


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- Organiser les sessions de la Conférence des Parties et des organes subsidiaires de la


Conférence,
- Compiler et diffuser les rapports qu’il reçoit ;
- aider les Parties, et en particulier, parmi elles, les pays en développement, à compiler et diffuser
les informations requises par la Convention;
- établir des rapports sur ses activités et les soumettre à la Conférence des Parties;
- Exercer les autres fonctions de secrétariat qui lui sont dévolues par la Convention ou par l’un
quelconque de ses protocoles, et toutes autres fonctions que la Conférence des Parties peut lui
assigner.

❖ L’organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique et l’organe subsidiaire de


mise en œuvre

En plus des deux organes cités, le mécanisme de gouvernance prévoit deux autres organes que sont
l’organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique et l’organe subsidiaire de mise en œuvre.

L’organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique est chargé de fournir à la Conférence des
Parties et, le cas Échéant, à ses autres organes subsidiaires des renseignements et des avis sur les
aspects scientifiques et technologiques de la Convention. Cet organe multidisciplinaire est ouvert à la
participation de toutes les Parties, et est composé de représentants des gouvernements faisant autorité
dans leur domaine de compétence. Il rend régulièrement compte de tous les aspects de ses travaux à la
Conférence des Parties.

L’organe subsidiaire de mise en œuvre est chargé d’aider la Conférence des Parties à assurer
l’application et le suivi de la Convention. L’organe, agissant sous l’autorité de la Conférence des Parties,
a pour fonctions de :

- examiner les informations communiquées conformément à l’article 12, paragraphe 1, pour


Evaluer l’effet global conjugué des mesures prises par les Parties
- examiner les informations communiquées conformément à l’article 12, paragraphe 2, pour aider
la Conférence des Parties à effectuer les examens prévus à l’article 4, paragraphe 2;
- aider la Conférence des Parties, selon les besoins, à préparer et exécuter ses décisions.

En plus des organes cités plus haut, il existe des points focaux au niveau des Etats parties qui constituent
l’interface entre le pays et le secrétariat de la CCNUCC.
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Séquence 6 : Focus sur l’Accord de Paris

L’accord de Paris sur le climat, adopté le 12 décembre 2015 à l’issue des négociations de la COP21, est
entré en vigueur le 4 novembre 2016. En 2019, sur 197 parties, 183 l’ont ratifié.

Qualifié d’Accord international à caractère universel, il constitue une étape importante dans la lutte contre
le réchauffement climatique. Son objectif est de contenir (d’ici 2100) l'élévation de la température
moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et en
poursuivant l'action menée pour limiter l'élévation de la température à 1,5 °C par rapport aux niveaux
préindustriels, étant entendu que cela réduirait sensiblement les risques et les effets des changements
climatiques.

Par ailleurs l’accord poursuit l’objectif de la neutralité carbone (ou objectif de zéro émission nette), à savoir
l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et la compensation permise par les puits ou
réservoirs de carbone.

Tenant compte de responsabilité commune mais différenciée l’Accord appelle les pays développés à
soutenir les efforts des pays en développement. Il reconnaît notamment la situation particulière des pays
les moins avancés (PMA) et des petits États insulaires en développement.

Le principe de transparence qui institue à son article 13 impose régulièrement aux États parties des «
contributions déterminées au niveau national » (CDN), et de rendre compte de leurs émissions et des
efforts fournis pour atteindre les objectifs communs. Dans cette dynamique, un bilan collectif est
également prévu tous les cinq ans à compter de 2023.

Conscient de l’urgence climatique qui menace l’existence humaine, la communauté internationale a


adopté plusieurs instruments juridiques pour faire face au phénomène. Au nombre de ces instruments il
convient de rappeler la convention cadre des nations unies pour les changements climatiques et l’Accord
de Paris. Ainsi un mécanisme de gouvernance est prévu et des objectifs quantifiés projetés.

Le succès de la mise en œuvre de tous ces instruments et l’atteinte des objectifs suppose une mobilisation
plus accrue des ressources pour répondre aux défis multiples et multiformes. Loin d’être la préoccupation
des seuls acteurs étatiques, tous les acteurs/actrices doivent jouer leur partition à tous les niveaux.

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