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UNIVERSITÉ MOULAY ISMAIL

FACULTÉ DES SCIENCES ET TECHNIQUES,


ERRACHIDIA
DÉPARTEMENT DE MATHÉMATIQUES

LICENCE EN MATHÉMATIQUES

Projet de fin d’étude

Quelques théorèmes du point fixe

Réalisé par :

YOUSSEF BRAHIMI

Le jury:
Pr. [Link] Pr. [Link] Pr. [Link] AMMI

Encadré par : Pr. M.R. SIDI AMMI

Année universitaire : 2024 - 2025

Juillet 2025
Sommaire

Introduction 3
Chapter 1: Théorème du point fixe de Picarde-Banakh 5
1.1 Théorème du point fixe de Picarde-Banakh : . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.1 Définition : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.2 Thèoréme : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Affaiblissement de l’hypothèse de contraction : . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.1 Théorème 1 : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.2 Théorème 2 : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Chapter 2: Théorème du point fixe de Brouwer 9
2.1 Rappel : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.1 Recouvrement ouvert , sous-recouvrement fini . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.2 Espace compact, partie compacte, partie relativement compacte . . . . 9
2.1.3 Ensemble convexe : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2 Théorème du point fixe de Brouwer : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2.1 Un lemme fondamental : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2.2 Démonstration du théorème : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.3 Quelques applications : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.3.1 Deux remarques importantes : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.3.2 Une première application : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.3.3 Un théorème préservé par homéomorphisme : . . . . . . . . . . . . . . 15
2.3.4 Une application au théorème de Perron Frobénius : . . . . . . . . . . . 16
2.4 L’algorithme PageRank pour Google : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
Chapter 3: Théorème du point fixe de Schauder 19
3.1 Un premier théorème de Schauder : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.1.1 Theorème 1 : (du point fixe de Schauder) . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.2 Quelques rappels topologiques : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.2.1 Définition 1 : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.3 Un deuxième théorème de Schauder : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.3.1 Théorème 2 : (du point fixe de Schauder) . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Conclusion 26
Biographique 27

2
Introduction

Un point fixe d’une application f allant d’un espace E dans lui-même est défini comme étant un
élément x ∈ E vérifiant f (x) = x. La recherche de points fixes de certaines applications permet
de résoudre de nombreux problèmes, en particulier dans la théorie des équations différentielles.
Dans ce document, nous étudierons trois théorèmes de point fixe, qui donnent des conditions
suffisantes d’existence d’un point fixe pour une application, en fonction de conditions portant
sur la fonction elle-même ainsi que sur l’espace sur lequel elle est définie. Nous illustrerons
également leur importance, en étudiant certains résultats célèbres dont les preuves reposent
dessus.
Le premier théorème que nous étudierons est le théorème du point fixe de Picard-Banach.
Énoncé par le mathématicien polonais Stefan Banach en 1920, dans le cadre de ses travaux sur
la résolution d’équations intégrales, c’est un théorème très fort qui, sous certaines conditions,
ne donne pas seulement l’existence de point fixe, mais aussi l’unicité et même une méthode
itérative pour le déterminer. Ce théorème est notamment à l’origine de la méthode de New-
ton, de résolution numérique d’équations, ainsi que de théorèmes fondamentaux d’analyse tels
que les théorèmes de Cauchy-Lipschitz et d’inversion [Link] verrons ensuite le théorème
de Brouwer. Prouvé en 1912 par le mathématicien Jan Brouwer, ce théorème ne garantit que
l’existence de point fixe sous certaines conditions, et n’est pas constructif, contrairement au
théorème de Picard Banach. Cependant, son cadre d’application est nettement plus vaste, et
a même été utilisé en théorie des jeux par John Nash. Anecdote amusante, Brouwer aurait eu
l’idée de ce théorème en observant sa tasse de café alors qu’il mélangeait son sucre, observant
qu’au moins un point de la surface étai toujours fixe.
Enfin, nous étudierons le théorème de Schauder, une généralisation du théorème de Brouwer
conjecturée en 1930 par le polonais Juliusz Schauder, qui en démontra un cas [Link]
démonstration du cas générale fût proposée par Robert Cauty en 2001.
Contrairement au théorème de Brouwer, qui nécessite l’hypothèse de dimension finie de
l’espace, le théorème de Schauder est applicable en dimension infinie, et a donc des retombées
importantes en analyse fonctionnelle, avec par exemple pour conséquence le théorème de Cauchy-
Peano.

3
Plan du rapport : Ce rapport est structuré comme suit :
Le premier chapitre est consacré au théorème de Picard-Banach, ses hypothèses, sa démon-
stration et ses applications.
Le deuxième chapitre traite du théorème de Brouwer, en présentant sa portée topologique
et quelques exemples concrets.
Le troisième chapitre présente le théorème de Schauder, ainsi que ses généralisations et ses
utilisations en analyse fonctionnelle.
Enfin, une conclusion résume les résultats obtenus et propose quelques perspectives.

4
CHAPTER 1. THÉORÈME DU POINT FIXE DE PICARDE-BANAKH

Chapter 1

Théorème du point fixe de Picarde-Banakh

1.1 Théorème du point fixe de Picarde-Banakh :


1.1.1 Définition :
Soient (X, d) un espace métrique et f : X → X une application . On dit que f est contractante
s’il existe une constante 0 < k < 1 telle que :

∀x, y ∈ X : d( f (x), f (y)) ≤ kd(x, y).

On pourra alors dire que f est k-contractante.

Proposition :

si f est une application contractante , alors f est continue .

1.1.2 Thèoréme :
(Thèoréme du point fixe de Picard - Banach) Soit (E, d) un e.m complet et f : E → E une
application contractante . Alors il existe un unique a ∈ E tel que f (a) = a . De plus , pour tout
x0 ∈ E la suite des itérés de x0 par f , définie par xn+1 = f (xn ) , ( ∀ n ∈ N ) est converge vers a
de façon géométrique .
kn
∀n ∈ N : d(xn , a ) ≤ 1−k .d(x1 , x0 ) .

Démonstration : Supposons que x et y soient deux points fixes distincts pour f on aurait alors
d( f (x), f (y)) = d(x, y) < d(x, y) et k<1 ce qui est impossible.
Soit maintenant la suite récurrente (xn ) construite à partir de x0 comme il est dit dans l’énoncé.
Il résulte de la définition de cette suite que d(xn+1 ,xn ) ≤ k.d(xn ,xn−1 ). On voit donc tout de suite
par récurrence que : d(xn+1 ,xn ) ≤ kn .d(x1 ,x0 ) .
Par application de l’inégalité du triangle généralisée on voit que ∀ n ∈ N et ∀ p ∈ N ∗ :

5
Chapitre 1 : Théorème du point fixe de Picarde-Banach

d(xn ,xn+p ) ≤ d(xn ,xn+1 ) + d(xn+1 ,xn+2 ) + ... + d(xn+p−1 ,xn+p )

et Donc :
p
d(xn , xn+p ) ≤ (kn + kn+1 + ... + kn+p ).d(x0 , x1 ) = kn . 1−k
1−k .d(x0 , x1 )

D’ou :

kn
d(xn , xn+p ) ≤ 1−k .d(x0 , x1 ) .

Cette inégalité prouve que la suite (xn ) est une suite de Cauchy , donc convergente puisque
E est supposé complet.
Si x est la limite de la suite (xn ), la relation de récurrence , jointe à la continuité de f entraîne
que f (x) = x , donc que x est le point fixe de f .

6
Chapitre 1 : Théorème du point fixe de Picarde-Banach

1.2 Affaiblissement de l’hypothèse de contraction :


1.2.1 Théorème 1 :
Soient (X, d) un espace métrique compact , non vide et f : X → X une application vérifiant :

∀ x 6= y ∈ X , d( f (x), f (y)) < d(x, y)

Alors :

1. f admet un unique point fixe a .

2. pour tout x0 ∈ X , la suite des itérées de x0 par f , définie par xn = f n (x0 ) pour tout n ∈ N
converge vers a .

Démonstration :
Les applications f et (x, y) → d(x, y) sont continues respectivement sur X et X*X , donc
par composition, l’application g(x) = d(x, f (x)) est continue sur X . L’espace X étant compact
, elle atteint dessus un minimum noté m ≥ 0 alors :

g( f (m)) = d( f (m), f ( f (m))) < d(m, f (m)) = g(m)

donc par définition de m , nécessairement f (m) = m . Donc f admet un point fixe . Si m0 ∈ X


est aussi un point fixe de f , donc ona :
d( f (m), f (m0 )) = d(m, m0 ) < d(m, m0 ), donc m = m0 , ce qui montre l’unicité du point fixe de
f.

1.2.2 Théorème 2 :
On note Bn la boule unité fermée de Rn pour une norme k.k Soit f : Bn → Bn une application
1-Lipschitz, alors f a un point fixe .

Démonstration : Notons pour tout n > 0 : fn = (1 - 1n ).f Alors :

∀x, y ∈ Bn k fn (x) − fn (y) k = (1- 1n ).k f (x) − f (y) k .

donc les fn sont contractantes . Pour tout n > 0 , fn envoie Bn sur Bn donc par théorème du
point fixe de Picard-Banach , elle admet un unique point fixe xn ∈ Bn . Mais alors par compacité
on peut extraire une sous-suite (xnk )k de (xn )n qui converge vers x ∈ Bn De plus :

∀ y ∈ Bn : k f n(y) − f (y) k = 1n .k f (y) k

7
Chapitre 1 : Théorème du point fixe de Picarde-Banach

donc comme f est bornée sur Bn car continue , ( fn )n converge uniformément vers f . Par
conséquent :

fnk (xnk ) = xnk –→ f (x) Si : n –→ +∞

d’où : f (x) = x .

Remarque :

On observe ici un élément intéressant des théorèmes de point fixe. Ceux-ci associent des hy-
pothèses sur un espace et sur une fonction pour donner l’existence d’un point fixe. Le théorème
de Picard Banach demande des hypothèses fortes sur la fonction mais l’espace est assez général.
Lorsque l’on cherche à affaiblir les hypothèses sur la fonction, celles sur l’espace deviennent
plus contraignantes. Dans le prochain chapitre, nous allons donner un théorème de point fixe
qui nécessite un espace très précis mais qui s’applique à des fonctions seulement continues.

8
CHAPTER 2. THÉORÈME DU POINT FIXE DE BROUWER

Chapter 2

Théorème du point fixe de Brouwer

Ce chapitre et pour Le théorème du point fixe de Brouwer , Ce théorème affirme que toute
transformation continue d’un espace compact et convexe dans lui-même laisse invariant au
moins un point. Cela reflète une propriété profonde des espaces topologiques compacts et con-
vexes, où la continuité de l’application garantit une forme de stabilité structurelle, assurant ainsi
l’existence d’un point fixe. Si l’on imagine un morceau de pâte à modeler compact et convexe,
toute déformation continue de cette pâte à modeler laisse nécessairement au moins un point
immobile, qui n’est pas déplacé par la transformation.

2.1 Rappel :
2.1.1 Recouvrement ouvert , sous-recouvrement fini
Définition :
Un recouvrement ouvert d’un espace topologique X est une famille (Ui )i∈I d’ouverts de X
telle que ∪i∈IUi = X . Un sous-recouvrement fini de (Ui )i∈I est une sous-famille finie (Ui )i∈J (
J fini ⊂ I ) qui est encore un recouvrement (ouvert) de X .

2.1.2 Espace compact, partie compacte, partie relativement compacte


1 - Définition :

1. Un espace topologique X est dit compact s’il est séparé et si pour tout recouvrement
ouvert de X, il existe un sous-recouvrement fini .

2. Une partie A de X est dite compacte si l’espace topologique A (muni de la topologie


induite) compacte t.

3. Une partie de X est dite relativement compacte si elle est incluse dans une partie compacte
de X .

9
Chapitre 2 : Théorème du point fixe de Brouwer

2 - Proposition :

1. Toute partie compacte d’un espace séparé est fermée .

2. Toute partie fermée d’un espace compact est compacte .

3. Dans un espace séparé :


3 - 1 - toute union finie de parties compactes est compacte .
3 - 2 - toute intersection d’une famille non vide de parties compactes est compacte .

2.1.3 Ensemble convexe :


1 - Définition :
Une partie C de Rn est dite convexe si, pour tout couple (x, y) d’éléments de C, le segment
[x, y] est entièrement contenu dans C. Autrement dit,C est convexe lorsque pour tous x, y ∈ C et
tout k ∈ [0, 1] , k.x + (1 − k)y ∈ C .
Plus généralement, on peut définir de la même façon une partie convexe d’un espace vecto-
riel ou même d’un espace affine. On obtient alors des exemples classiques de parties convexes

• tout sous-espace vectoriel d’un espace vectoriel est convexe; tout sous-espace affine d’un
espace affine est convexe.

• toute boule (ouverte ou fermée) d’un espace vectoriel normé est convexe .

• les parties convexes de R sont les intervalles.

2 - Proposition :
L’intersection d’une famille quelconque de convexes est convexe.
Théorème 1 : ( la théorie du degré )
Le degré topologique d’une application f : X → Y entre deux espaces topologiques com-
pacts et convexes est un nombre entier qui mesure combien de fois l’image d’une sphère Sn (de
dimension n) sous f enveloppe Y . Formellement, si f n’envoie pas l’origine vers l’origine .
Théorème 2 : ( la théorie de la rétraction )
En topologie, une rétraction est une application continue r : X → X d’un espace topologique
X sur lui-même, telle que r(x) = x pour tout x ∈ A , où A ⊆ X .

10
Chapitre 2 : Théorème du point fixe de Brouwer

2.2 Théorème du point fixe de Brouwer :


2.2.1 Un lemme fondamental :
Lemme 1 : (Lemme de non rétraction)
Soit B la boule unité fermée de Rn , munie de sa structure euclidienne. Alors, il n’existe pas
de fonction f : B → ∂ B de classe C1 telle que f∂ B = Id.
Remarque 1. Ce lemme est également vraie avec l’hypothèse f continue uniquement.
Démonstration :
On raisonne par l’absurde :
on suppose donnée f ∈ C1 (B, ∂ B) telle que f : B → ∂ B . Par régularité de f , et par
compacité de B en dimension finie, on a :

supx∈B |||d( f (x)|||Rn = M < ∞ .

Par inégalité des accroissements finis et par connexité de B, l’application f est M-lipschitzienne
sur B.
Pour t ∈ [0, 1] , on définit gt : x ∈ B → (1 − t)x + t f (x) ∈ B .

étape 1 : injectivité de gt : soient t ∈ [0, 1[ et (x, y) ∈ B2 . Alors :

gt (x) = gt (y) ⇒ ||x - y|| = 1−t || f (x)


t
- f (y)|| ≤ 1−t ||x
Mt
- y||

Ainsi :

||x - y||(1- 1−t


Mt
)≤0
Mt
Or , (1- 1−t )  0 , ssi t < k = 1
1+M < 1 . Ainsi pour tout x ∈ [0, k[ gt est injective .

étape 2 : inversibilité de gt : pour tout t ∈ [0, k[ et pour tout x ∈ B d gt (x) = (1 −t)Id +td f (x)
, Donc dgt (x) = (1 − t)(Id+ 1−t t
d f (x)).
Puisque ||| 1−t d f (x)||| Rn < 1 , alors pour tout x∈B dgt (x) est inversible Ainsi, par théorème
t

d’inversion locale, pour tout t∈[0, k[, gt est un C1 difféomorphisme local. Étant injectif, ils’agit
d’un difféomorphisme global de B sur gt (B) .

étape 3 : surjectivité de gt : pour tout x∈B et pour tout t∈ [0, k[ ||gt (x)|| < 1 . Donc gt (B) ⊆ B
. Montrons l’égalité. On raisonne par connexité gt (B) est un ouvert . Montrons qu’il est fermé
dans B : soit (yn )∈gt (B) tel que yn → y∈B pour tout n∈N , il existe xn ∈B tel que yn =gt (xn ) . Par
compacité (xn ) admet une sous-suite convergente vers x∈B Par continuité de gt et par unicité

11
Chapitre 2 : Théorème du point fixe de Brouwer

de la limite yn → y = gt (x) . Si x∈∂ B alors f (x) = x donc y=gt (x)=x∈∂ B . Impossible , Ceci
montre que gt (B)=B .


étape 4 : conclusion : on définit pour t ∈ [0, 1] P(t)= det(dgt (x)dx C’est une polynôme
comme intégrale d’une polynôme. On applique le changement de variable y=gt (x) pour t ∈

[0, k[. Alors P(t)= dy = Vol(B) ) (en effet, det(Dg0 (x)) = 1 et l’application est continue et ne
s’annule pas). P est donc constant sur [0, k[, donc sur [0, 1]. Enfin pour tout x∈B , || f (x)||2 =1
donc f (x)6=x et pour tout ∈ B et pour tout h∈Rn (d f (x)(h)| f (x)) = 0 Ainsi, f (x) ∈ Im(df (x))⊥
, donc Im(df (x))⊥ 6= 0, et l’application d f (x) n’est pas surjective. Par suite, pour tout x ∈ B,
∫ ∫
det(d f (x)) = 0. Enfin, Vol(B) = P(1) = B det(dg1 (x))dx = B det(d f (x))dx = 0. Impossible .

2.2.2 Démonstration du théorème :


Théorème 1 : (du point fixe de Brouwer)
Soient B la boule unité fermée de Rn et f ∈ C0 (B, B). Alors f admet un point fixe .

Démonstration :

• étape 1 : régularisation : On peut supposer f de classe C1 , en effet: supposons donnée


˜ f ∼ : B → B continue telle que pour tout x ∈ B , f ∼ (x)6=x . Posons ε = in fx∈B || f ∼ (x) -
x||  0 , par compacité . il existe P ∈ R[X1 , ∙ ∙ ∙ , Xn ] telle que || f ∼ - P||∞,B < ε2 . Alors :

∀ x ∈ B , ||P(x)|| ≤ 1+ ε2 .

Par suite, on introduit f = P


1+ ε2
Alors f (B)⊆B , f ∈ C∞ . Enfin ,

∀x∈ B , || f (x) - f ∼ (x)|| ≤ (1 − 1+1 ε )||P(x)||+||P(x)- f ∼ (x)||<1+ ε2 -1+ ε2 =ε


2

Ainsi :

∀x ∈ B , || f (x) − x || ≥ || f ∼ (x) - x || - || f (x)- f ∼ (x)||  ε - ε = 0 .

Ainsi, f n’admet pas de point fixe .

• étape 2 : cœur de la preuve : On suppose que f ∈ C1 (B, B) telle que ∀x ∈ B , f (x) 6= x .


Pour x ∈ B , on définit G(x) comme étant l’intersection de la sphère unité et de la droite
passant par x et f (x) . On sait que :
- || G(x) ||2 = 1 .
- il existe λ (x) > 0 tel que G(x) − f (x) = λ (x)(x − f (x)) .
Alors :

12
Chapitre 2 : Théorème du point fixe de Brouwer

||λ (x)||2 ||x- f (x)||2 +2λ (x)<x − f (x) , f (x)> + || f (x)||2 - 1 = 0 .

C’est un polynôme de degré 2 en λ (x) (car f (x) 6= x), noté Px . De plus , Px (0) = || f (x)||2
- 1 ≤ 0 et Px (1) = ||x||2 - 1 , et Px → +∞ sachant que λ (x) → ∞ , donc Px admet deux
racines distinctes réelles. On note λx la racine supérieure à 1, et x → λx est donc donné
par les formules classiques, donc est C1 . Ainsi , G(x) = f (x) + Λ(x)(x − f (x)) est donc
C1 . De plus G : B → ∂ B ⊆ B et G(x) = x sur ∂ B puisque dans ce cas, λx = 1 car P x (1)
= 0 . G est donc une rétraction. Impossible.

13
Chapitre 2 : Théorème du point fixe de Brouwer

2.3 Quelques applications :


2.3.1 Deux remarques importantes :
• Remarque 1 : Le théorème est faux si on travaille avec une fonction continue sur la boule
ouverte unité. En effet, f : x ∈] − 1, 1[7→ 12 (x + 1)2 − 1 ∈] − 1, 1[ est de classe C∞ , envoie
bien la boule unité sur elle-même. Enfin, elle n’admet pas de point fixe.

• Remarque 2 : Le théorème est faux en dimension infinie (dans la preuve les arguments
de compacité tombent en défaut. Considérons l’espace de Hilbert H = ℓ2 (Z) avec (en )n∈Z
sa base hilbertienne usuelle, et l’opérateur

T : H → H, (xn )n∈Z 7→ (1 − kxk)e0 +U(x)

où U désigne l’opérateur de shift à droite. L’opérateur T est clairement bien défini et


continu, grâce à la continuité de la norme et du shift (isométrie). De plus, pour tout
x = (xn )n∈Z ∈ BH (0, 1), nous avons kT (x)k ≤ |1 − kxk| + kxk = 1. Pourtant, T n’admet
pas de point fixe, car pour tout x = (xn )n∈Z ∈ BH (0, 1), T (x) = x implique

x = 1 − kxk + x ,
0 −1
xn = xn−1 sin 6= 0.

Ainsi,

x = x sin ≥ 0,
n 0
xn = x−1 sinon.

Puisque x ∈ H, x0 = x−1 = 0, donc x = 0, ce qui est impossible car x0 = 1 − kxk + x−1 .

2.3.2 Une première application :


1. Proposition : Soit v ∈ C0 (B, Rn ) telle que pour tout x ∈ ∂ B, hv(x), xi < 0. Alors, v
s’annule .

2. Démonstration :
On suppose que v ne s’annule pas sur B. On considère F : B → B,

v(x)
x 7→ .
kv(x)k

14
Chapitre 2 : Théorème du point fixe de Brouwer

C’est une application continue qui envoie B sur B. Elle admet donc un point fixe par le
v(x0 )
théorème de Brouwer : il existe x0 ∈ B tel que F(x0 ) = x0 , c’est-à-dire x0 = kv(x . Donc,
0 )k
x0 ∈ ∂ B. Ainsi, hv(x0 ), x0 i = kv(x0 )k < 0. Impossible. Donc, v s’annule.

2.3.3 Un théorème préservé par homéomorphisme :


Theorème : Soit X un espace homéomorphe à B, où B désigne la boule unité fermée de Rn
pour un entier n quelconque. Alors toute application continue de X dans lui-même admet un
point fixe.

Démonstration : Soient f : X → X une application continue et ϕ : X → B un homéomor-


phisme. Alors, ϕ ◦ f ◦ ϕ −1 : B → B est une application continue. Par le théorème de Brouwer
démontré précédemment, elle admet un point fixe x0 ∈ B, c’est-à-dire ϕ ◦ f ◦ ϕ −1 (x0 ) = x0 .
Ainsi, f (ϕ −1 (x0 )) = ϕ −1 (x0 ), et f admet bien un point fixe.

Définition 1 : (Jauge de Minkowski)


Soient (E, k · kE ) un espace vectoriel normé, C ⊆ E un convexe contenant 0 en son intérieur.
L’application ρC : x ∈ E 7→ inf{t > 0 | xt ∈ C} est appelée jauge de Minkowski de C.

Proposition 1 : Soient (E, k · kE ) un espace vectoriel normé, C ⊆ E un convexe contenant


0 dans son intérieur. Alors,

• ∀x ∈ E, ∀λ > 0, ρC (λ x) = λ ρC (x).

• ∀x, y ∈ E, ρC (x + y) ≤ ρC (x) + ρC (y).

• ∃M > 0 tel que pour tout x ∈ E, ρC (x) ≤ MkxkE .

Démonstration : Remarquons que ρC est bien définie puisqu’il existe r > 0 tel que BE (0, r) ⊆
C. Ainsi, pour t > kxkr E , xt ∈ BE (0, r), donc xt ∈ C, et l’ensemble est non vide.
Pour le premier point, remarquons que : ∀x ∈ E, ∀λ > 0,
{ x } { x }
ρC (λ x) = inf t > 0 | λ ∈ C = λ inf s > 0 | ∈ C = λ ρC (x).
t s
y
De plus, soient x, y ∈ E et ε > 0. On pose x̄ = ρ (x)+
x
ε et ȳ = ρC (y)+ε . Par ce qui a été fait
C
avant, ρC (x̄) < 1, donc il existe 0 < t < 1 tel que xt ∈ C. Puisque 0 ∈ C, par convexité de C,
x̄ ∈ C. De la même manière, ȳ ∈ C. Ainsi,

x+y x y
= + = x̄ + ȳ ∈ C.
ρC (x) + ρC (y) + 2ε ρC (x) + ε ρC (y) + ε

15
Chapitre 2 : Théorème du point fixe de Brouwer

Donc, ρC (x + y) ≤ ρC (x) + ρC (y) + 2ε . On conclut en faisant tendre ε vers 0.


Pour le dernier point, pour tout x ∈ E \ {0},
x
r ∈ C,
kxkE

kxkE
donc ρC (x) ≤ r . L’égalité est vraie en 0. Ceci conclut.

Corollaire 1 : Soient (E, k · kE ) un espace vectoriel normé, C ⊆ E un convexe contenant 0


dans son intérieur. Alors, la jauge de Minkowski est continue sur E.

Corollaire 2 : Toute fonction continue d’un convexe compact non vide de Rn dans lui-même
admet un point fixe.
Démonstration : Soit C un tel convexe compact non vide. On conclut immédiatement
avec le théorème 2 et le théorème 3. Il suffit de remarquer que l’on peut lever l’hypothèse C
d’intérieur non vide en supposant simplement C non vide : considérons F le sous-espace affine
engendré par C, qui est de dimension finie n, muni de la topologie induite. Alors l’intérieur de
C est non vide dans F.

2.3.4 Une application au théorème de Perron Frobénius :


Théorème 1 : Soit A ∈ Mn (R+ ) telle que ρ (A) 6= 0. Alors, il existe v ∈ (R+ )n tel que Ax = λ x,
avec ρ (A) = λ .

Démonstration : Soit C = {y ∈ Rn | y ≥ 0, kyk1 = 1, ρ (A)y ≤ Ay}. Montrons que C est


convexe, compact et non vide.
Non vide : Soit v ∈ Rn tel que Av = λ v, où ρ (A) = |λ |, et kvk1 = 1. On note |v| = (|vi |)1≤i≤n .
Montrons que |v| ∈ C. On a immédiatement l’hypothèse de positivité et l’égalité sur la norme.
De plus,
ρ (A)y = |λ | · |v1 | · · · |vn | = |λ v| = |Av| ≤ A|v|,

par positivité de A. Ceci conclut.


Convexe : Soient y, y0 ∈ C et t ∈ [0, 1]. Alors, ty + (1 − t)y0 ≥ 0. De plus,
n
kty + (1 − t)y0 k1 = ∑ |y jt + (1 − t)y0 j | = tkyk1 + (1 − t)ky0k1.
j=1

L’inégalité est immédiatement vérifiée.


Compact : On a clairement C fermé. De plus, C ⊆ [0, 1]n , donc il est borné. On conclut par un
argument de dimension finie.

16
Chapitre 2 : Théorème du point fixe de Brouwer

On définit
Ax
f : C → Rn , x 7→ .
kAxk1
L’application f est bien définie : en effet, pour x ∈ C, si kAxk1 = 0, alors x ∈ ker(A). Donc
0 ≤ x ≤ 0 (puisque ρ (A) 6= 0), donc x = 0 et kxk1 = 1, ce qui est impossible.
Montrons que f (C) ⊆ C : en effet, soit x ∈ C. Alors, on a immédiatement f (x) = kAxk Ax
1
≥0
puisque A ≥ 0 et x ≥ 0. De plus, k kAxk
Ax
1
k1 = 1, par définition. Enfin,

Ax A A
ρ (A) f (x) = ρ (A) = (ρ (A)x) ≤ x ≤ A f (x).
kAxk1 kAxk1 2

Enfin, f est clairement continue. Le théorème de Brouwer s’applique et il existe x ∈ C tel


que f (x) = x, c’est-à-dire Ax = kAxk1 x, donc x est un vecteur propre associé à la valeur propre
kAxk1 . De plus, on a l’inégalité :

ρ (A)x ≤ Ax = kAxk1 x.

Puisque kxk1 = 1 et x ≥ 0, il existe un i0 ∈ {1, . . . , n} tel que xi0 > 0. Alors, on obtient
ρ (A) ≤ kAxk1 .
Puisque kAxk1 est une valeur propre, on conclut que kAxk1 = ρ (A). D’où le résultat.

2.4 L’algorithme PageRank pour Google :


Le problème qui consiste à chercher une information sur Internet semble presque impossible
à première vue : une immense bibliothèque avec des milliards de pages, pas de classification
naturelle, n’importe qui peut ajouter n’importe quoi... Auparavant, dans les années 90, les
premiers moteurs de recherche fonctionnaient avec des algorithmes d’analyse de texte. Tout
était décidé par le contenu des pages, ce qui peut sembler naturel. Mais en réalité, la taille du web
est telle que ce n’est plus envisageable. Le moteur de Google est a priori encore aujourd’hui basé
sur l’algorithme PageRank (du nom de son inventeur Larry Page en 1996). Le fonctionnement
de Google est le suivant :
1. Un parcours des pages à accès public est effectué pour indexer les pages par un système
de mots-clés (un peu comme les premiers moteurs de recherche).

2. Une note d’importance, appelée PageRank, est attribuée à chaque page (qui est indépen-
dante du contenu de la page).
L’algorithme PageRank qui nous intéresse ici réalise la deuxième partie de l’algorithme. Nous
allons voir qu’il est permis par le théorème de Perron-Frobenius stochastique qui est démon-
tré grâce au théorème de point fixe de Brouwer. La version donnée ici est évidemment bien
simplifiée.

17
Chapitre 2 : Théorème du point fixe de Brouwer

Il s’agit d’un classement par ”affinité de liens” dans lequel un lien agit comme un vote. Une
page contenant un lien vers une autre donne un ”vote” pour cette page ce qui augmente son
PageRank. Et plus une page est importante, plus son vote a de poids. Le calcul du PageRank
est réalisé environ une fois par mois.
Pour donner une idée du calcul, supposons que la page A est pointée par les pages T 1, . . . , T n.
La fonction donnant le PageRank d’une page sera notée PR. On pourrait imaginer une formule
du type :
n
PR(T j)
PR(A) = ∑
j=1 nj

Mais pour éviter la création de pages et de liens pour augmenter artificiellement le PageRank
de certaines pages, la contribution de chaque page est pondérée par le nombre total de liens
qu’elle contient. On suppose pour simplifier qu’il ne peut y avoir qu’un seul lien sortant par
page. Donc si on note n j le nombre total de pages pointées par T j et tA, j le nombre qui vaut 1
s’il y a un lien sortant de T j vers A et 0 sinon pour j ∈ {1, . . . , n}, on a :
n
tA, j
PR(A) = ∑ PR(T j)
j=1 n j

On considère maintenant les N pages constituant Internet T 1, . . . , T N. On note encore n j le


nombre total de pages pointées par T j et ti, j le nombre qui vaut 1 s’il y a un lien de T j vers Ti
et 0 sinon. Par ce qui précède :

N ti, j
∀i ∈ {1, . . . , N}, PR(Ti) = ∑ n j PR(T j) (∗)
j=1

ti, j
On appelle alors matrice de liens la matrice A = (ai j )1≤i, j≤N définie par ai j = nj pour (i, j) ∈
{1, . . . , N}2 . En particulier,

∀(x, y) ∈ ||1, N||2 , ai j ≥ 0 .


N n
∀j ∈ ||1, N|| , ∑ ai j = 1
nj ∑ ti j = 1 .
i=1 i=1

1
On considère X = (xi ) le vecteur tel que xi = PR(Ti) et Y = kXk1
X. La formule (∗) montre que
:
AY = Y, Y ≥ 0, kY k1 = 1

L’existence de ce vecteur est alors donnée par le théorème de Perron-Frobenius stochastique.

18
CHAPTER 3. THÉORÈME DU POINT FIXE DE SCHAUDER

Chapter 3

Théorème du point fixe de Schauder

3.1 Un premier théorème de Schauder :


3.1.1 Theorème 1 : (du point fixe de Schauder)
Soient (E, k · kE ) un espace vectoriel normé et C ⊂ E un convexe compact non vide. Alors toute
application continue f : C → C possède un point fixe.
Démonstration : Soit f : C → C une application continue. Par le théorème de Heine, C
étant compact, f est uniformément continue sur C. Soit ε > 0, on considère δ > 0 un module
d’uniforme continuité de f . L’ensemble C étant compact, du recouvrement,

C⊂ BE (x, δ ),
x∈C

on peut en extraire un recouvrement fini :


n
C⊂ BE (xi , δ ),
i=1

où n ∈ N∗ , et x1 , . . . , xn ∈ C. Notons F := Vect( f (x1 ), . . . , f (xn )), un sous-espace vectoriel de E


de dimension finie. L’ensemble C∗ := C ∩ F est alors un convexe compact de dimension finie.
On considère une partition de l’unité associée à ce recouvrement, c’est-à-dire des fonctions
χ1 , . . . , χn telles que pour tout i ∈ {1, . . . , n}, χi ∈ C0 (C, R), Supp(χi ) ⊂ BE (xi , δ ), 0 ≤ χi ≤ 1,
et ∑ni=1 χi = 1 sur C. On définit l’application :
n
g : x ∈ C 7→ ∑ χi (x) f (xi ).

i=1

Par convexité de C, g(C∗ ) ⊆ C∗ . Par le théorème du point fixe de Brouwer appliqué à g

19
Chapitre 3 :Théorème du point fixe de Schauder

continue, on a l’existence de xε ∈ C∗ tel que g(xε ) = xε . Ainsi,


n
f (xε ) − xε = f (xε ) − g(xε ) = ∑ χi (xε )( f (xε ) − f (xi )).
i=1

Puisque Supp(χi ) ⊂ BE (xi , δ ), soit χi (xε ) = 0, ou alors kxi − xε kE < δ , donc, par uniforme
continuité, k f (xi ) − f (xε )kE < ε . Ainsi,

k f (xε ) − xε kE ≤ ε .

On définit ainsi une suite (x1/n )n>0 d’éléments de C∗ , un compact, dont on peut extraire une
sous-suite (x1/ϕ (n) )n>0 convergeant vers x ∈ C∗ . La fonction f étant continue, le passage à
la limite dans l’inégalité précédente montre que f (x) = x, donc f admet un point fixe sur C.

20
Chapitre 3 :Théorème du point fixe de Schauder

3.2 Quelques rappels topologiques :


3.2.1 Définition 1 :
Soit (X, d) un espace métrique. Il est dit précompact si : pour tout ε > 0, on peut recouvrir X
par un nombre fini de boules de rayon ε . On dit qu’une partie A de X est précompacte si c’est
le cas pour l’espace métrique (A, d) (muni de la distance induite).

Proposition 1 :

Soit (X, d) un espace métrique et A une partie de X. Alors, A est précompact si et seulement si
A est précompact .
Démonstration : Le sens réciproque est évident puisque A ⊆ A. Réciproquement, si on suppose
que A est précompact, alors, pour tout ε > 0, il existe n ∈ N et x1 , . . . , xn ∈ E tels que


n ∪
n
A⊆ B◦ (xi , ε /2) ⊆ B(xi , ε /2).
i=1 i=1

Puisque l’espace de droite est fermé (comme une union finie de boules fermées), on obtient par
passage à l’adhérence :

n ∪
n
A⊆ B(xi , ε /2) ⊆ B◦ (xi , ε ).
i=1 i=1

Ainsi, A est précompact. Ceci conclut.

Proposition 2 :

Soit (X, d) un espace métrique. Alors X est compact si et seulement si X est complet et pré-
compact.
Démonstration : Un espace métrique compact est bien évidemment complet. Il est également
précompact, par propriété de Borel-Lebesgue.
Réciproquement, supposons X complet et précompact. On considère (xn ) une suite dans X.
Montrons qu’elle admet une sous-suite convergente. Il suffit de montrer qu’elle est de Cauchy,
puisque X est supposé complet.
Par hypothèse, pour tout n ∈ N∗ , il existe une famille finie Hn de boules de rayon 1n qui
recouvre X. On construit par récurrence une application strictement croissante ϕn : N → N telles
que, pour tout n ∈ N∗ , il existe une boule Bn ∈ Hn qui contient la sous-suite (xϕ0 ◦···◦ϕn (k) )k∈N .

21
Chapitre 3 :Théorème du point fixe de Schauder

1. Puisque H0 est fini, et que tous les xn sont dans une boule de H0 , il existe par le principe des
tiroirs une boule B0 ∈ H0 qui contient une infinité de xn , donc une sous-suite (xϕ0 (k) )k∈N .

2. Supposons ϕ0 , . . . , ϕn et B0 , . . . , Bn construites. Comme Hn+1 est fini, et que les xϕ0 ◦···◦ϕn (k)
sont dans une boule de Hn+1 , il existe une boule Bn+1 ∈ Hn+1 qui contient la sous-suite
(xϕ0 ◦···◦ϕn+1 (k) )k∈N .

Ainsi, la sous-suite obtenue par extraction diagonale (yn ) = (xϕ0 ◦···◦ϕn (n) )n∈N vérifie pour
tout n, yn ∈ Bn , donc d(yn , ym ) < 1n si m > n, donc la suite est de Cauchy.

Proposition 2 :

Soient (E, k · kE ) un espace de Banach et A une partie relativement compacte de E. Alors,


conv(A) est compacte dans (E, k · kE ).
Démonstration : Puisque A est relativement compacte, alors A est compacte donc précompacte,
donc A est précompacte, donc pour tout ε > 0, il existe n ∈ N∗ et x1 , . . . , xn ∈ A tels que :
[ ]

n
ε
A⊆ B(xi , ) .
i=1
2

Posons C = conv({x1 , . . . , xn }) ⊆ conv(A). C’est un convexe, borné, en dimension finie, donc


relativement compact. Par suite, il existe un nombre fini de points y1 , . . . , ym ∈ C tels que :
[ ]

m
ε
C⊆ B(y j , ) .
j=1
2

Soit z ∈ conv(A), alors il existe λ1 , . . . , λl ∈ [0, 1] et z1 , . . . , zl ∈ A avec z = ∑lj=1 λ j z j et ∑lj=1 λ j =


1.
Par la première propriété de recouvrement, pour tout j ∈ {1, . . . , l}, il existe k j ∈ {1, . . . , n}
tels que
z j = xk j + rk j

avec rk j < ε2 .
On obtient alors :
l l
z= ∑ λ j xk j + ∑ λ j rk j .
j=1 j=1

Par la seconde propriété, il existe i ∈ {1, . . . , m} tel que ∑lj=1 λ j xk j = yi + si où k j ∈ {1, . . . , n}


et ksi kE < ε2 . Ainsi,
l
z = yi + si + ∑ λ j rk j !,
j=1

22
Chapitre 3 :Théorème du point fixe de Schauder

et
l
ksi + ∑ λ j rk j kE < ε .
j=1
[∪ ]
Ainsi, conv(A) ⊆ m
j=1 B(yi , ε ) .
Ainsi, conv(A) est précompacte, donc conv(A) est précompacte. Étant une partie fermée
d’un espace de Banach, elle est complète. La caractérisation précédente conclut à la compacité
de conv(A).
Remarque : Si K est compact, alors conv(K) est compact en dimension finie. C’est un
corollaire du théorème de Carathéodory. Ce résultat est faux en dimension infinie.

3.3 Un deuxième théorème de Schauder :


3.3.1 Théorème 2 : (du point fixe de Schauder)
Soit (E, k · kE ) un espace de Banach, C un convexe fermé non vide de E, et T : C → C une appli-
cation continue telle que T (C) soit relativement compacte dans E. Alors, T admet un point fixe.

Démonstration : Soit C0 = conv(T (C)). Il s’agit d’un convexe compact non vide (par la
proposition précédente). Par convexité de C, et puisque C est fermé, C0 ⊆ C. On peut alors
appliquer le premier théorème du point fixe de Schauder à T |C0 , continue, puisque T (C0 ) ⊆
T (C) ⊆ C0 .

Application (théorème de Cauchy-Arzela-Peano): Soit I un intervalle ouvert de R, Ω un


ouvert de Rd , et f : I × Ω → Rd une application continue. Alors pour tout t0 ∈ I, x0 ∈ Ω, il
existe une solution (J, x) du problème de Cauchy :

x (t) = f (t, x(t))
0
x(t0 ) = x0

En effet, soit T0 > 0 tel que [t0 − T0 ,t0 + T0 ] ⊆ I (possible car I est ouvert). Soit r0 > 0 tel
que B(x0 , r0 ) ⊆ Ω. La fonction f est continue sur le compact C0 = [t0 − T0 ,t0 + T0 ] × B(x0 , r0 ),
donc elle est bornée par M. Soit T = min(T0 , r0 /M). Toute solution du problème de Cauchy sur
[t0 − T,t0 + T ] est à valeurs dans B(x0 , r0 ). En effet : soit x ∈ C1 ([t0 − T,t0 + T ]), une solution
du problème de Cauchy, et τ = sup{t ∈ [t0 ,t0 + T ] : ∀s ∈ [0,t], kx(s) − x0 k ≤ r0 }. Supposons

23
Chapitre 3 :Théorème du point fixe de Schauder

τ < T + t0 . Alors,
∫ τ
r0 = kx(τ ) − x0 k = f (s, x(s)) ds ≤ M(τ − t0 ) < MT ≤ r0 .
t0

L’application est bien définie, par théorème de continuité sous le signe intégral, et est bien à
valeurs dans la boule B(x0, r0) puisque MT ≤ r0. On applique le théorème du point fixe de
Schauder à C = E. C’est bien un convexe fermé et non vide de E. On a déjà vu que Φ(E) ⊆ E.
Montrons que Φ est continue. L’application f est continue sur C0 , compact donc uniformément
continue par Heine : ∀ε > 0, ∃δ > 0 tel que pour tout (t, x), (t0 , x0 ) ∈ C0 , ||(t, x) − (t0 , x0 )|| ≤
δ , || f (t, x) − f (t0 , x0 )|| ≤ ε T . Ainsi, pour tout x, y ∈ E, ||x − y||∞ ≤ δ , pour tout t ∈ [t0 − T,t0 +

T ], ||Φ(x)(t) − Φ(y)(t)|| = tt0 || f (s, x(s)) − f (s, y(s))|| ds ≤ ε , donc ||Φ(x) − Φ(y)||∞ ≤ ε .
Montrons que Φ(E) est compacte dans E. On utilise le théorème d’Ascoli : [t0 − T,t0 + T ]
est une partie compacte, B(x0 , r0 ) est complet, Φ(E) ⊆ E.
1. Φ(E) est équicontinue : soit ε > 0, soient t1 ,t2 ∈ [t0 −T,t0 +T ], tels que |t1 −t2 | ≤ δ := Mε .
Alors, pour tout x ∈ E,
∫ t
||Φ(x)(t) − Φ(x)(t0 )|| = || f (s, x(s))|| ds ≤ M|t − t0 | ≤ ε .
t0

2. Pour tout t ∈ [t0 − T,t0 + T ], Φ(E)(t) = {Φ(x)(t), x ∈ E} est bien relativement compact,
car bornée et de dimension finie, puisqu’à valeurs dans B(x0 , r0 ).
Le théorème du point fixe de Schauder conclut à l’existence d’un point fixe. Le théorème
fondamental de l’intégration donne donc la régularité C1 au point fixe, puis la formulation in-
tégrale est équivalente au problème de Cauchy.

Remarques :

1. On n’a pas unicité : y0 = 3|y|2/3 , y(0) = 0 admet sur R deux solutions : y ≡ 0 et y : t ∈


R 7→ t 3 .
2. On utilise fortement la compacité du cylindre C0 et des segments, c’est pourquoi la
preuve est profondément basée sur la dimension finie. Le théorème est d’ailleurs faux en di-
mension infinie : considérons l’espace de Banach (c0 (N), k · k∞ ) (il est bien complet car fermé
de (ℓ∞ (N), k · k∞ )); soit (un )n∈N ∈ c0 (N) qui converge vers u ∈ ℓ∞ (N), alors, ∀ε > 0, ∃n0 ∈ tel
que pour tout n ≥ n0 , kun −uk∞ ≤ ε /2. De plus, un0 = (unk 0 )k∈N tend vers 0, donc il existe k0 ∈ N
tel que pour tout k ≥ k0 , |unk 0 | ≤ ε /2. Alors, pour tout k ≥ k0 , |uk | ≤ ku − un0 k∞ + |unk 0 | ≤ ε . De
plus, on définit :
( )

1
f : (un )n≥0 ∈ c0 (N) 7→ ∑ |unk| + n + 1 ∈ c0 (N).
k=0 n≥0

24
Chapitre 3 :Théorème du point fixe de Schauder

Elle est bien définie et continue : soient ε > 0, (u, v) ∈ c0 (N)2 telles que ku − vk∞ ≤ δ :=
ε /2. Alors, pour tout n ∈ N,
| f (un ) − f (vn )| ≤ ε

par inégalité triangulaire. Sinon,

kun − vn k∞
| f (un ) − f (vn )| ≤ n ≤ ε.
∑∞ ∞
k=0 |uk | + ∑k=0 |vk |
n

{
u0 (t) = f (u(t))
Néanmoins, le problème de Cauchy n’admet pas de solution. Si (I, y) est
u(0) = 0
une solution, alors :
√ 1
∀t ∈ I, ∀n ∈ N, yn0 (t) = |yn (t)| + > 0.
n+1

Donc, pour tout t ∈ I ∩ R∗+ , yn (t) > yn (0) = 0. Ainsi,


√ √
∀n ∈ N, ∀t ∈ I ∩ R∗+ , yn (t) ≥ |yn (t)| = yn (t).

Cela signifie que pour chaque n ∈ N et pour tout t ∈ I ∩ R∗+ , on a yn (t) ≥ 0.


En d’autres termes,

∀n ∈ N, ∀t ∈ I ∩ R∗+ , yn (t) ≥ 4t 2 > 0.

Cela montre que pour chaque n ∈ N et pour tout t ∈ I ∩ R∗+ , la solution yn (t) est strictement
positive. Ainsi, yn (t) ∈
/ c0 (N). Impossible.

25
Conclusion

Dans ce rapport, nous avons exploré trois théorèmes fondamentaux de la théorie des points
fixes : le théorème de Picard-Banach, le théorème de Brouwer, et celui de Schauder. Bien que
chacun d’eux repose sur des hypothèses différentes et s’applique à des contextes variés — des
espaces métriques complets aux espaces vectoriels topologiques —, tous partagent un objectif
commun : garantir l’existence (et parfois l’unicité) d’un point fixe pour une certaine classe
d’applications.
Le théorème de Picard-Banach, grâce à sa simplicité et son caractère constructif, constitue
un outil puissant pour démontrer l’existence et l’unicité de solutions à des équations différen-
tielles, notamment par la méthode des contractions. En revanche, les théorèmes de Brouwer
et Schauder, bien qu’ils ne garantissent pas l’unicité du point fixe, ont une portée plus large et
s’appliquent à des espaces non nécessairement métriques, jouant ainsi un rôle central dans des
domaines tels que l’analyse fonctionnelle, la topologie, ou encore la théorie des jeux.
Ainsi, ces théorèmes illustrent la richesse et la profondeur de la théorie des points fixes,
qui constitue aujourd’hui un pilier des mathématiques modernes, aussi bien dans ses aspects
théoriques que dans ses nombreuses applications concrètes.
Ce travail nous a permis non seulement d’approfondir notre compréhension de ces résultats
majeurs, mais aussi de mesurer leur impact dans divers domaines des mathématiques et des
sciences appliquées.
Biographique

1. Florent Berthelin. Equations différentielles. Cassini, 2017.

2. Clémence Minazzo et Kelsey Rider. Mémoire de Master 1 de Mathématiques : Théorèmes


du Point Fixe et Applications aux Equations différentielles. 2007.

3. Ioannis Farmakis et Martin Moskowitz. Fixed point theorems and their applications.
World Scientific, 2013.

4. Stéphane Gonnord et Nicolas Tosel. Calcul différentiel. Ellipses, 1998.

5. François Rouvière. Petit guide de calcul différentiel à l’usage de la license et de l’agrégation.


Cassini, 2003.

6. Rozhen Texier-Picard. Notes de cours - Préparation à l’agrégation : Convexité et appli-


cations. Ens Rennes 2017

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