3.
Propriétés des briques
3.1 Dimensions 3.1.4 Limites des dimensions moyennes
de fabrication
Les dimensions sont toujours mentionnées dans l’ordre La mesure idéale pour la production de briques permet
suivant et ce, à l’échelon international: une certaine tolérance. Les limites sont déterminées par le
Longueur x Largeur x Hauteur (en mm) matériau et le processus de production. Le fabricant doit
choisir une catégorie de tolérance valable pour ses briques.
3.1.1 Dimensions normalisées
Les dimensions normalisées sont les dimensions de l’espace
attribué à une brique, ce compris les joints et les écarts
dimensionnels incluant les joints et les tolérances.
Les dimensions normalisées des briques reposent sur un
système modulaire sur base de 10 cm. Cela signifie que
chaque dimension de la brique majorée de deux demi-
épaisseurs de joints doit être égale à 100 mm ou à un multiple
de cette valeur. Les demi-modules sont également possibles
(150 mm, par exemple). On utilise les appellations dimension
modulaire ou dimension technique de coordination.
3.1.2 Dimensions nominales
Il s’agit des dimensions généralement utilisées dans le
commerce pour désigner un format de brique.
Exemple: 290x140x140
3.1.3 Dimensions de fabrication
La détermination des dimensions nominales relatives au Tolérance sur la dimension moyenne
système modulaire était jadis fondée sur un joint vertical de L’écart dimensionnel des dimensions moyennes ne
10 mm. La pratique a toutefois démontré que cette épaisseur peut dépasser l’une des catégories suivantes, définies
suscitait des difficultés et qu’un joint de 12 mm était plus préalablement:
facile à réaliser. La mesure idéale pour la production a dès T1: ± 0,40 √dimension de fabrication mm ou 3 mm selon la
lors été adaptée à cette épaisseur de joint usuelle et présente valeur la plus élevée
une valeur légèrement inférieure à la dimension nominale. T1+: ± 0,40 √dimension de fabrication mm ou 3 mm pour la
Exemple: 288x138x138. longueur et la largeur, selon celle qui est la plus élevée, et
Les dimensions de fabrication sont indiquées sur le marquage ± 0,05 √dimension de fabrication mm ou 1 mm pour la
CE par le fabricant. hauteur, selon la valeur la plus élevée
Dimensions Dimensions Dimensions de T2: ± 0,25 √dimension de fabrication mm ou 2 mm selon la
normalisées [mm] nominales [mm] fabrication [mm] valeur la plus élevée
50 (1/2 module) 40 38 T2+: ± 0,25 √dimension de fabrication mm ou 3 mm pour la
60 (3/5 module) 50 48 longueur et la largeur, selon celle qui est la plus élevée, et
67 (2/3 module) 57 55
75 (3/4 module) 65 63
± 0,05 √dimension de fabrication mm ou 1 mm pour la
100 (1 module) 90 88 hauteur, selon la valeur la plus élevée
150 (1,5 module) 140 138
200 (2 modules) 190 188 Tm: un écart en mm déclaré par le fabricant (plus large ou
300 (3 modules) 290 288 plus précis que les autres catégories)
Briques et Maçonnerie: Caractéristiques Techniques 9
Dispersion des mesures Les tolérances souvent utilisés en Belgique:
La dispersion maximale des mesures (c’est-à-dire la différence
entre la plus grande et la plus petite valeur mesurée des Catégorie
Catégorie
briques prises individuellement) doit appartenir à l’une des Type de brique dimension
dispersion
catégories, définies préalablement: moyenne
R1: 0,6 √dimension de fabrication mm HV et VB T1 R1
R1+: 0,6 √dimension de fabrication mm, pour la longueur et VB et SP T2 R2
la largeur et 1,0 mm pour la hauteur
HV, VB etSP Tm Rm
R2: 0,3 √dimension de fabrication mm Avec: HV: Brique “faite à la main”
R2+: 0,3 √dimension de fabrication mm, pour la longueur et VB: Brique pressée
la largeur et 1,0 mm pour la hauteur SP: Brique étirée
ou
Rm: une dispersion de mesures en mm déclarée par le 3.1.5 Planéité des faces
fabricant (plus large ou plus précis que les autres catégories) La courbure des faces est déterminée selon la norme NBN EN
772-20. La courbure est mesurée en posant une règle droite
Des limites plus précises pour les écarts dimensionnels et diagonalement sur la brique. On mesure la distance maximale
les dispersions dimensionnelles peuvent être utiles pour entre la brique et la règle. Le résultat est la moyenne de
l’exécution d’une maçonnerie à joints minces, comme par plusieurs mesures.
exemple la maçonnerie collée.
Ces valeurs sont calculées pour les dimensions les plus
fréquemment utilisées:
T1+ et T2+ R1+ et R2+
Dimension de T1 T2 (applicable R1 R2 (applicable
fabrication [mm] [mm] uniquement [mm] [mm] uniquement
pour la hauteur pour la hauteur)
38 ± 3,0 ± 2,0 ± 1,0 3,7 1,8 1,0
48 ± 3,0 ± 2,0 ± 1,0 4,2 2,1 1,0
55 ± 3,0 ± 2,0 ± 1,0 4,4 2,2 1,0
63 ± 3,2 ± 2,0 ± 1,0 4,8 2,4 1,0
88 ± 3,8 ± 2,3 ± 1,0 5,6 2,8 1,0
138 ± 4,7 ± 2,9 ± 1,0 7,0 3,5 1,0
188 ± 5,5 ± 3,4 ± 1,0 8,2 4,1 1,0
238 ± 6,2 ± 3,9 ± 1,0 9,3 4,6 1,0
288 ± 6,8 ± 4,2 ± 1,0 10,2 5,1 1,0
10 Briques et Maçonnerie: Caractéristiques Techniques
3.1.6 Parallélisme des faces Dilatation Retrait au
Dilatation
Le parallélisme des faces d’une brique est défini dans la hygromé- durcisse-
Matériaux thermique
norme NBN EN 772-16. La brique est posée sur une surface trique εr ment
α [mm/m.K]
plane. On mesure alors la hauteur de la brique aux quatre [mm/m] [mm/m]
angles. L’écart de parallélisme entre les surfaces horizontales
Brique 0,005 ≤ 0,1 Aucun
supérieure et inférieure est défini comme étant la différence
Béton 0,010 ≤ 0,4 0,2 à 0,7
entre la plus petite valeur et la plus grande valeur de mesure
Brique
de la hauteur. silico- calcaire 0,012 ≤ 0,4 0,2 à 0,7
Béton
3.1.7 Rectitude des angles cellulaire 0,012 0,4 ≤ εr ≤0,6 0,5 à 1,1
Une caractéristique géométrique qui peut avoir de
l’importance pour les maçonneries requérant une exécution Les chiffres relatifs à la dilatation thermique et au retrait
très minitieuse est la rectitude des angles de la brique par au durcissement sont extraits de la brochure ‘Scheuren in
rapport à ses faces. woningen’, publiée par la ‘Stichting Bouwresearch’ (Pays-Bas).
Les PTV prévoient la possibilité de tester les briques selon Les chiffres relatifs au gonflement hygrométrique proviennent
la norme belge NBN B 24-207. Cette norme fournit une des normes belges NBN B 21-001, B 21-002, B 21-003 et PTV
méthode pour mesurer l’écart des angles. 23-003.
La maçonnerie de briques est le type de construction le plus
3.2 Stabilité de forme stable. Ces propriétés expliquent la durabilité et la tradition
séculaire des maçonneries de briques.
La stabilité de forme d’un matériau (de construction) est son
aptitude à conserver ses dimensions dans un environnement 3.3 Absorption d’eau
externe variable. La stabilité de forme est déterminée par trois
paramètres:
a) La dilatation thermique α
Déformation générée par les fluctuations thermiques. Pour
un même écart thermique, la déformation sera d’autant
plus importante que le coefficient α sera élevé. Il est donc
préférable d’opter pour un matériau présentant un α très
faible.
b) Le retrait et gonflement hygrométrique εr
Déformation générée par la rétention d’eau. Egalement
appelée ‘retrait et fluage’. Il est conseillé d’utiliser un
matériau de construction insensible ou peu sujet à ce
phénomène.
c) Le retrait au durcissement
Déformation subie par un matériau durant une longue L’absorption d’eau d’une brique peut être un facteur
période après la fabrication. Ce facteur ne s’applique pas important pour les briques qui sont maçonnées, non pas
aux briques car leur fabrication ne requiert aucun liant. verticalement, mais horizontalement ou de biais (ex: plinthes)
et qui sont donc plus exposées à la pluie. Cette valeur donne
Les valeurs pour certains matériaux sont données ci-après: une indication quant à la sensibilité à la formation de mousse.
Briques et Maçonnerie: Caractéristiques Techniques 11
L’essai pour déterminer l’absorption d’eau est donné par 3.5 Résistance à la compression
l’annexe C de la norme EN 771-1. Elle est déterminée en
divisant le poids de la brique après immersion dans l’eau par
le poids initial de la brique sèche.
3.4 Succion d’eau initiale
La succion d’eau initiale est la quantité d’eau qu’une brique
sèche prend quand sa face de pose est placée pendant une
Le terme ‘résistance à la rupture’ ou ‘résistance à la
compression’ désigne la pression requise par millimètre carré
pour briser le matériau.
Ce facteur est mesuré sur la surface réelle (brute)
(= L x B) indépendamment du pourcentage de perforations et
s’exprime en Newton par millimètre carré: N/mm².
Actuellement, une période de transition existe entre les
normalisations belge et européenne.
minute dans un plateau contenant de l’eau. L’absorption d’eau La résistance à la compression selon la norme belge NBN B
correspond alors au nombre de grammes d’eau absorbés 24-301:
par la brique, divisé par le nombre de décimètres carrés de la
surface de brique immergée durant le test (kg/m²min). Cette Résistance individuelle à la compression
valeur est également appelée «nombre de Haller» (Exemple: (fb selon NBN B 24-301)
une absorption d’eau de 50 grammes/dm² ou un ‘Nombre de Selon la NBN B 24-201 «Essais de matériaux de maçonnerie
Haller’ de 50.). Le fabricant doit donner une limite supérieure. – Compression», la brique est soumise, après nivellement
La connaissance de cette valeur est importante pour le choix au mortier normalisé, à une pression régulièrement
du mortier. En collaboration avec les fabricants de mortier, la croissante entre deux plaques jusqu’à sa rupture. La
classification suivante a été élaborée: force avec laquelle la rupture se produit est la résistance
individuelle à la compression de la brique.
– Brique très absorbante > 4,0 kg/m²/min
– Brique moyennement absorbante 1,5 – 4,0 kg/m²/min Résistance moyenne à la compression (fm)
– Brique peu absorbante 0,5 – 1,5 kg/m²/min Cette valeur est la moyenne arithmétique des résistances
– Brique non absorbante 0,5 kg/m²/min individuelles mesurées dans un échantillon de plusieurs
briques.
Cette classification permet aux fabricants de mortiers de
conseiller un mortier adapté à la brique choisie.
12 Briques et Maçonnerie: Caractéristiques Techniques
Cette moyenne arithmétique ne tient pas compte de la La résistance à la compression selon la norme européenne
dispersion des valeurs individuelles. EN 771-1
De petits écarts individuels par rapport à la moyenne
attestent d’une qualité régulière (donc excellente) des Résistance moyenne à la compression
briques, qualité qui est garante d’une maçonnerie homogène. Selon la NBN EN 772-1 «Méthodes d’essai des éléments de
De grandes différences individuelles par rapport à cette maçonnerie - Partie 1: Détermination de la résistance à la
même moyenne trahissent une qualité irrégulière (donc compression», la brique est soumise, après nivellement au
inférieure) de la brique, ce qui donnera une maçonnerie mortier normalisé, à une pression régulièrement croissante
susceptible de présenter des zones plus faibles. Pour éviter entre deux plaques jusqu’à rupture. La pression à laquelle
cette ambiguïté, on utilise en Belgique la notion suivante: cette rupture se produit est la résistance individuelle à la
compression.
Résistance caractéristique (fbk)
Il s’agit de la résistance à la compression atteinte ou dépassée La résistance moyenne à la compression est déterminée en
par au moins 95% des briques d’un lot.Ce calcul s’effectue respectant certaines règles:
généralement au moyen de méthodes statistiques basées sur La résistance moyenne à la compression est déterminée
une distribution normale de Gauss. d’une part comme la moyenne arithmétique des
résistances individuelles mesurées sur au moins 6 briques.
Le format de la brique a une influence importante sur le
résultat de l’essai. Ainsi il est clair qu’une brique mince et Par ailleurs, certaines règles complémentaires doivent être
haute cassera plus vite sous l’effet de la pression qu’une respectées. Celles-ci ont pour but de maîtriser la dispersion:
brique plate. La résistance caractéristique est corrigée pour en – Aucune brique de l’échantillon testé ne peut présenter
tenir compte. une résistance à la compression qui soit inférieure à 80%
de la valeur moyenne.
Résistance caractéristique corrigée (fbk)corr – Pour les briques de catégorie I (c’est-à-dire les briques
Cette valeur est obtenue en divisant la résistance pour lesquelles au contrôle interne lors du processus de
caractéristique par un facteur de forme variant selon les fabrication, vient s’ajouter un contrôle par un tiers), le
dimensions de la brique: lot de briques doit atteindre cette valeur moyenne de la
(fbk)corr = fbk / c résistance à la compression avec une certitude de 95%.
Facteur de forme belge pour maçonnerie portante Le format de la brique a ici aussi une influence importante sur
(NBN24-301): le résultat de l’essai de compression. La résistance moyenne
est normalisée pour en tenir compte :
Longueur x Largeur x
c
Hauteur
Résistance moyenne normalisée (fb selon NBN EN 771-1)
290 x 140 x 90 1,65 Celle-ci s’obtient en multipliant la résistance moyenne à la
290 x 190 x 90 1,73 compression par un facteur de forme δ:
290 x 140 x 140 1,23
fb = f x δ
290 x 190 x 140 1,27
290 x 140 x 190 1,04
290 x 190 x 190 1,08
290 x 140 x 240 0,94
290 x 190 x 240 0,97
Briques et Maçonnerie: Caractéristiques Techniques 13
Facteurs de forme européens pour maçonnerie portante 3.7 Résistance au gel
(EN772-1):
La résistance au gel est l’image de la propriété qu’a un
matériau à résister à une succession de cycles gel – dégel. On
Longueur x Largeur x
δ admet généralement que la gélivité est due à l’expansion de
Hauteur
l’eau dans les pores en cas de gel. Si les pores sont totalement
290 x 140 x 90 0,88 remplis d’eau et que cette dernière ne peut être évacuée à
290 x 190 x 90 0,79 temps durant le gel, la glace exerce une pression interne sur la
290 x 140 x 140 1,08
brique et la fait éclater. La résistance au gel est déterminée sur
290 x 190 x 140 0,98
290 x 140 x 190 1,24 base d’essais normalisés.
290 x 190 x 190 1,14
290 x 140 x 240 1,35 Il y a des normes belge (NBN B 27-009) et européenne (TS EN
290 x 190 x 240 1,25 772-22) et donc aussi des classifications belge et européenne.
3.6 Réaction au feu La norme belge distingue trois catégories de briques:
Résistance nulle: la brique ne convient pas pour les
La réaction au feu d’un matériau de construction est maçonneries extérieures apparentes.
l’ensemble des propriétés relatives à son influence sur la
naissance et le développement d’un incendie. Il ne faut pas
confondre cette propriété avec la résistance au feu de la
maçonnerie de briques.
Un matériau est non combustible lorsqu’il ne présente aucun
signe extérieur de dégagement calorifique durant un essai
normalisé au cours duquel il est exposé à un échauffement
spécifié. Un matériau de construction est ininflammable s’il ne
présente aucune propension à développer des gaz dont la
nature et la quantité risquent de déclencher un incendie en
phase gazeuse, c’est-à-dire de produire des flammes.
La brique appartient à la classe de résistance au feu A0 de la
classification belge.
Dans la classification européenne, la brique appartient
également à la classe de résistance au feu la plus élevée A1. La Résistance ordinaire: la brique peut être affectée à toutes les
disposition du 4 octobre 1996 de la Commission Européenne applications, sauf à celles qui requièrent une résistance au gel
définit la brique ayant une teneur en matériau organique élevée.
inférieure à 1% (pourcentage massique ou volumique selon
ce qui est le plus élevé), comme appartenant à la classe A1
sans qu’aucun test complémentaire ne soit requis.
L’ininflamabilité d’une brique implique qu’aucun dégagement
de gaz toxique ne puisse se produire en cas de feu. Ainsi
classée A0 selon la classification belge, la brique peut donc
être utilisée dans toute application.
14 Briques et Maçonnerie: Caractéristiques Techniques
Résistance élevée: la brique peut être affectée aux applications 3.8 Présence de sels dans la brique
suivantes:
– murs pleins non protégés et fortement exposés; 3.8.1 Sels solubles actifs
– parois extérieures de murs creux non ventilés;
– parois extérieures peintes;
– murs de soutènement;
– surfaces horizontales.
L’utilisation de briques de la catégorie «résistance élevée au
gel» doit s’effectuer conformément aux règles de l’art, qui
exigent notamment de drainer les surfaces horizontales et de
ne pas peindre la face extérieure avec une peinture étanche à
la vapeur.
Pour chaque catégorie, on peut encore tenir compte de
l’exposition du matériau aux conditions climatiques. On
retrouve ce principe dans la norme européenne EN 771-1,
où les briques sont réparties parmi trois classes d’exposition:
F0 – Conditions climatiques clémentes Sous influence de l’eau, des sels expansifs peuvent gonfler et
F1 – Conditions climatiques modérées endommager la brique. Cet effet est pratiquement inconnu
F2 – Conditions climatiques sévères en Belgique mais il n’en va pas de même dans le reste de
Au niveau européen, la résistance contre les conditions l’Europe. Ainsi une norme européenne d’essai y est dediée, la
climatiques F2 est déterminée par l’avant-projet de norme EN 772-5. Sur base de leur teneur en sels solubles actifs, les
EN TS-772-22. briques sont classées en 3 catégories:
Si les briques SB sont destinées à une application requérant
une certaine résistance au gel, cette condition devra être Teneur totale < à (en % de masse)
Catégorie
clairement et explicitement mentionnée dans le cahier
Na+ + K+ Mg2+
des charges et lors de la commande. Les briques SB sont
généralement destinées à être utilisées dans des parois S0 pas d’exigence pas d’exigence
comme mur intérieur, il n’est donc pas nécessaire qu’elles S1 0,17 0,08
soient résistantes au gel. Les briques SB sur lesquelles un S2 0,06 0,03
enduit étanche est appliqué ne doivent pas être résistantes
au gel non plus. En pratique, il est très difficile de réaliser La brique belge se trouve pratiquement toujours en
une enduit totalement étanche. Dans ce cas, il est dès lors catégorie S2.
vivement conseillé d’opter pour des briques SB résistantes
au gel.
On fabrique assez couramment des briques SB présentant
une résistance ordinaire au gel.
Briques et Maçonnerie: Caractéristiques Techniques 15
3.8.2 Efflorescences 3.9 Caractéristiques extérieures
Les efflorescences sont des cristallisations de sels qui peuvent
prendre la forme d’un voile blanc, de pellicule ou de croûte Les imperfections admises sur une livraison de briques de
résistante. L’eau se déplaçant par capillarité dans les pores parement ou de briques SB sont définies dans les PTV belges
de la maçonnerie, transporte des sels solubles. Ceux-ci se (PTV23-002 et PTV23-003). On distingue les dégâts (dus au
déposent à la surface de la maçonnerie où ils cristallisent transport par exemple) et les défauts de briques.
suite à l’évaporation de l’eau. Les sels les plus courants sont
les sulfates alcalins (sodium et potassium) et les sulfates
de magnésium. Les efflorescences de salpêtre se forment Une brique est considérée comme étant endommagée si:
uniquement au contact de fumier. – des dégâts sur ses angles, ses arêtes, ses nervures, sa
L’apparition de ces sels sur la maçonnerie est notamment due couche de surface (émaillage) ou des fissures visibles ou
à l’humidité ascensionnelle, mais peut aussi s’expliquer par encore un sablage poli par endroit, affectent les faces
une réaction entre briques et mortier dans des conditions visibles de la brique de façon gênante. Le diamètre
climatiques favorables (par exemple : la pluie). Le risque est minimal de l’éclat est de 10 mm pour des briques étirées
beaucoup plus grand pour les maçonneries fraîches car le ou pressées et de 15 mm pour des briques faites à la main.
système de pores du mortier frais est encore insuffisamment
développé pour éviter que l’eau ne passe dans les capillarités Pour les briques destinées à la maçonnerie décorative, au
de la brique. Il est donc essentiel de protéger les maçonneries moins 90 briques sur un échantillon de 100 briques auront
fraîches des intempéries. une panneresse et une boutisse non endommagées.
Les briques pour lesquelles un effet vieilli, par des écornures
Les sels déjà présents dans la brique peuvent être à l’origine notamment, a été l’effet spécialement recherché, ne sont pas
d’efflorescences. Pour déterminer la responsabilité de la considérées comme ayant des défauts.
brique dans le processus complet, un essai a été élaboré. Il
détermine la présence de ces sels dans la brique et si la brique On considère comme un défaut:
est sujette ou non aux efflorescences. Cet essai est décrit - la présence de nodules dont l’expansion peut entraîner un
dans la norme belge NBN B 24-207. Les briques sont classées écaillement de la surface de la brique.
comme étant sujettes ou non aux efflorescences. - des fissures d’une largeur > = 0,2 mm
Les efflorescences les plus fréquentes sont, bien que peu Le nombre de briques présentant un ou des défauts ne peut
esthétiques, inoffensives pour la maçonnerie. La pluie les pas dépasser 5% de la livraison.
élimine et les efflorescences s’atténuent au bout de quelques
mois. Les risques d’efflorescences sont extrêmement faibles si
toutes les «règles de l’art» sont respectées lors de l’exécution
de la maçonnerie (surtout la protection de la maçonnerie
fraîche).
16 Briques et Maçonnerie: Caractéristiques Techniques
15
3.10 Autres grandeurs
3.10.1 Chaleur massique c (J/kg.K)
Le chaleur massique est la quantité de chaleur nécessaire
pour augmenter de 1 Kelvin la température de 1 kg du
humidité d’équilibre (vol%)
matériau. 10
Egalement appelée ‘chaleur spécifique’.
La chaleur massique c des briques est comprise entre 0,84 et
0,92 kJ/kg.K.
Cette valeur influence l’inertie thermique: les murs en
briques se réchauffent lentement et ne rejettent la chaleur 5
que plus tard, lorsqu’il fait plus froid. Cette inertie atténue les
fluctuations thermiques au sein du bâtiment.
Ce phénomène est dû à la massivité des maçonneries en
briques. Pensez, par exemple, à une caravane aux parois
légères pourvues de panneaux isolants: en été, un vrai four le 100 95 80 65 40
jour et une glacière la nuit... Hygrométrie relative (%)
3.10.2 Perméabilité à la vapeur d’eau μ
La norme européenne NBN EN 1745 donnent les valeurs de Brique silico calcaire
Béton cellulaire
perméabilité à la vapeur d’eau μ. Ces valeurs se situent entre 5
Brique
et 10. Pour les briques dont le tesson à une masse volumique
supérieure à 1800 kg/m³ et qui sont mises en œuvre dans un
parement, cette valeur se situe entre 50 et 100.
3.10.4 Conductivité thermique λ (W/m.K)
3.10.3 Humidité d’équilibre (vol %) La conductivité thermique est la quantité de chaleur
L’humidité d’équilibre est le pourcentage d’eau maintenu en traversant 1 mètre d’épaisseur de matériau sous un régime
situation d’équilibre par le matériau sous une hygrométrie permanent, par unité de temps, par mètre carré et par
relative donnée. gradient de température entre les deux faces du matériau.
Cette valeur joue un rôle important pour le comportement Selon la EN 771-1, la conductivité thermique λ d’une brique
thermique de la maçonnerie, car l’eau est un bon conducteur doit être déterminée en accord avec la norme EN 1745.
de chaleur. En Belgique, la valeur statistique «90/90» est certifiée; ce qui
signifie que la valeur λ communiquée par le fabricant est
La brique est le matériau de maçonnerie qui présente la plus validée avec une fiabilité de 90% pour 90% de la production.
faible humidité d’équilibre, grâce à la structure spécifique de La conductivité thermique donnée est par conséquent une
ses pores. En effet, cette structure permet aux maçonneries valeur supérieure conservative.
en briques de rester presque toujours sèches. Ainsi on peut
dire que la maçonnerie de briques conserve ses propriétés
isolantes pratiquement dans toutes les conditions.
Briques et Maçonnerie: Caractéristiques Techniques 17
X. Titel
Par ailleurs, on opère une distinction entre la conductivité briques sont mises en œuvre. Les normes NBN EN 1745 et
thermique d’une brique dans des conditions standards NBN B 62-002 exposent la détermination de la valeur de calcul
en laboratoire (valeurs standards de la température et au départ de la valeur de laboratoire.
de l’humidité) et la conductivité thermique d’une brique
dans des conditions réelles. Ceci détermine des valeurs de Valeur de calcul
laboratoire et des valeurs de calcul. • λUi est la valeur de calcul de la conductivité thermique
d’une brique qui reste sèche : un mur extérieur protégé de
Valeur de laboratoire la pluie et de l’humidité ou un mur intérieur. C’est la valeur
• λ10, dry est la conductivité thermique du tesson d’une qui doit être utilisée pour les briques perforées (blocs
brique dans des conditions de temps sec et pour une treillis) pour murs intérieurs ou pour feuilles intérieures
température de 10 degrés. Elle est déterminée par mesure du mur creux.
en laboratoire.
• λUe est la valeur de calcul de la conductivité thermique
Pour connaître la résistance thermique U d’un mur, valeur d’une brique mise en œuvre dans un mur extérieur qui
nécessaire au calcul du niveau K et du niveau E, il faut utiliser peut être rendu humide mais aussi de matériaux étanches
les valeurs de calcul. Ces valeurs de calcul prennent en à la vapeur par la mise en œuvre et qui peuvent contenir
compte le schéma de perforations des briques ainsi que de l’humidité. C’est la valeur qui doit être utilisée pour les
l’humidité et la température qui caractérisent l’endroit où les briques de parement.
18 Briques et Maçonnerie: Caractéristiques Techniques
3.10.5 Taux d’humidité ψ En pratique, on applique un facteur multiplicatif efψψ ou efuu (1)
L’adaptation de la valeur laboratoire λ10,dry au taux d’humidité aux valeurs λ du laboratoire.
et à la température du climat belge se fait par un facteur de Les valeurs normalisées de ces facteurs sont:
correction dépendant du taux d’humidité de notre climat.
(valeurs données dans la NBN 62-002).
Mur intérieur Façade
Matériau de construction fψ/fu
ψi [m³/m³] ou ui [kg/kg] ψe [m³/m³] ou ue [kg/kg]
Brique 0,007 0,075 10
Brique silico calcaire 0,012 0,090 10
Béton ordinaire 0,025 0,090 4
Béton allégé d’argile expansée 0,020 0,090 4
0,030 0,050 4
Béton allégé d’autre adjuvant
0,026 0,150 4
Bloc de béton cellulaire autoclavé (1)
3.10.6 Masse volumique ρ (kg/m³) On définit les tolérances suivantes pour la masse volumique :
La masse volumique ou la densité massique d’une brique est
le rapport entre son poids et son volume; elle est exprimée D1: 5 % d’écart sur la valeur déclarée par le fabricant
en kg/m³. Si les perforations sont considérées comme faisant D2: 10 % d’écart sur la valeur déclarée par le fabricant
partie du volume de la brique, on parle de masse volumique Dm: un écart défini par le fabricant
brute; sinon, on parle de masse volumique nette. Cette
propriété fait l’objet d’un test décrit par la norme
NBN EN 772-13.
Briques et Maçonnerie: Caractéristiques Techniques 19