La déformation tecnonique
I. Introduction
A l’origine, les couches sédimentaire sont formées et superposées horizontalement.
Toutefois, certains paysages géologiques montrent des couches sédimentaires ayant perdu leur
aspect horizontal, ce sont des couches déformées et on parle de déformation tectonique, pour
designer l’aspect de ces couches sédimentaires
Et finalement on peut destinguer deux
types de formation : cassante et souple ou
pli
Il y’a plusieurs facteurs qui interviennent
lors de ces déformations et qui vont définir
ses types
la contrainte : une force appliquée à une
certaine unité de volume. Tout solide
possède une force qui lui est propre pour
résister à la contrainte. Lorsque la contrainte dépasse la résistance du matériel, l'objet est déformé
et il s'ensuit un changement dans la forme et/ou le volume.
La déformation peut être permanente ou non. Le bris d'un vase qu'on échappe par terre est
permanent, alors que la déformation d'une balle de tennis due à l'impact sur la raquette est
éphémère.
On reconnaît trois principaux types de déformations qui affectent la croûte terrestre: élastique,
plastique et cassante Le schéma qui suit montre la relation générale entre contrainte et
déformation.
la déformation élastique : Quand la contrainte est relachée, le matériau reprend sa forme et son
volume initial, L'énergie emmagasinée par le matériau durant la déformation est dissipée lorsque
la contrainte est relachée
la relation contrainte-déformation est linéaire dans le cas de la déformation élastique.
À un point donné durant la déformation élastique, la relation contrainte-déformation devient non
linéaire; il en résulte
une déformation plastique: le matériau atteint sa limite d'élasticité. Si la contrainte dépasse
cette limite, le matériau est déformé de façon permanente (l'écrasement d'une balle de pâte à
modeler par exemple)
une déformation cassante (le verre qui se brise). Avec l’augmentation de la contrainte, le
matériau atteint un second seuil, son point de rupture, et il casse .Dans le cas de la déformation
plastique, toute l'énergie est utilisée pour déformer le matériau
. Lorsqu'un matériau est soumis à des taux de contraintes très rapides, la déformation plastique
est minime ou même inexistante.
Trois paramètres importants doivent être considérés lorsqu'on applique les concepts de
contrainte-déformation aux matériaux de la croûte terrestre: la température, la pression et le
temps. Température et pression augmentent avec la profondeur dans la croûte terrestre et
modifient le comportement des matériaux. D'une manière très générale, on aura la relation
suivante:
La ligne rouge délimite deux champs: le champ de la déformation cassante (qu'on dit aussi fragile)
et celui de la déformation plastique (qu'on dit aussi ductile). La ligne fléchée bleue symbolise une
augmentation progressive des conditions de température et de pression à mesure que l'on
s'enfonce dans la croûte terrestre.
Le temps est aussi un facteur très important lorsqu'on discute de déformation. Si on étire
brusquement (temps court) un cylindre de pâte à modeler, il casse; si on y va plutôt lentement
(temps long), il se déforme de façon plastique. En ce qui concerne la déformation des roches, le
facteur temps, qui se mesure ici en millions d'années, se doit d'être considéré.
Un autre paramètre à ne pas négliger est la composition de la roche. Certaines roches sont
cassantes de nature (comme les calcaires, les grès, les granites), d'autres plutôt plastiques
(comme les roches argileuses).
II. PLIS : Les déformations ductiles.
Les plis traduisent, d’une part, un rétrécissement (un pliement), donc une tectonique de
compression, et, d’autre part, une continuité de la déformation : il n’y a pas de cassure, car les
roches sont dans ce cas ductiles (souples). Les failles peuvent traduire indifféremment une
tectonique compressive ou une tectonique extensive. Mais elles affectent des roches peu ductiles,
qui cassent sous la contrainte. On parle pour les failles de tectonique cassante, pour les plis de
tectonique ductile.
1. Les éléments d’un pli
La charnière:
Partie du pli contenant la courbure maximale, à l'intersection du pli avec le plan axial.
L’axe du pli
C’est une ligne imaginaire qui passe par la médiane de toutes les couches plissées.
Le plan axial:
L'ensemble des axes de toutes les surfaces des plis définissent une surface ou un plan axial.
Le flanc:
Surface inclinée entre deux charnières, de part et d'autre du plan axial.
La crête et le creux:
Le point topographiquement le plus élevé est appelé la crête du pli contrairement au creux
2. Les types de plis
A-Pli droit
Des forces compressives de même intensité donnent un pli droit qui se caractérise par deux flancs
symétriques par rapport à son plan axiale verticale.
Selon les formes du pli droit ,on distingue:
Un pli droit anticlinal :
Il est droit car les deux flancs sont symétriques par rapport à un plan axial [Link] anticlinal car
il est constitué d’un ensemble de couches dont la courbure est dirigée vers le haut. En plus la
couche centrale du plissement est la plus ancienne.
Titre : Schéma d’un pli droit anticlinal.
Un pli droit synclinal :
Il est droit car les deux flancs sont symétriques par rapport à un plan axial vertical. Et synclinal car
c’est un ensemble de couches dont la courbure est dirigée vers le bas. En plus la couche centrale
du plissement est la plus récente.
Titre : Schéma d’un pli droit synclinal.
B-Un pli couché
Se caractérise par deux flancs symétriques par un plan axiale horizontale.
Titre : Schéma d’un pli couché.
C-Autres types de plis
Entre un pli droit et un pli couché , il existe une variété de plis dont on cite:
Pli déjeté: Pli dissymétrique à plan axial incliné, dont les flancs ont un pendage opposé
mais de valeur inégale.
Pli déversé: Pli dont le plan axial incliné et les pendages des flancs sont tous dans le
même sens.
Pli coffré: Pli à sommet (ou fond) plat et à flancs verticaux.
Pli renversé: Pli disposé en sens inverse des plis normaux.
Pli isopaque: Pli dans lequel l'épaisseur des couches affectées reste constante.
Pli étiré: Pli dans lequel l'épaisseur des couches d'un des flancs est amincie par
allongement.
III. Failles : les déformations cassantes
rupture des roches et déplacement relatif des deux compartiments formés. Mais ce peut être aussi
un joint tectonique qui est une rupture la roche, sans déplacement.
On observe souvent, au niveau du plan de la fracture, un miroir de faille, formé par un phénomène
de polissage lors du mouvement des compartiments. Ce miroir de faille peut montrer uniquement
des stries (qui indiquent ainsi le sens de déplacement) mais aussi des recristallisations de calcite
ou de quartz (qui par leur aspect fibreux renseignent sur la direction du mouvement) ou des
structures de dissolution, les stylolithes (surtout pour les roches calcaires).
Le plan de faille peut être vertical (et entraîner des déplacements horizontaux ou décrochements)
ou oblique. Selon que le compartiment qui monte recouvre ou s'éloigne de l'autre compartiment,
on parle de faille inverse ou de faille normale.
Une faille est caractérisée par un pendage (sa pente) et un rejet (le décalage entre les deux
compartiments) et une direction (en particulier pour les décrochements). Pour connaître le
mouvement d'une faille, il suffit de se placer (par la pensée) à cheval sur la faille, un pied dans
chaque compartiment. Selon que votre pied gauche va vers l'avant ou vers l'arrière, le sens du
mouvement sera dextre ou senestre.
Le relief de part et d'autre d'une faille peut indiquer son sens (en général le compartiment qui
monte sera, logiquement, plus haut) mais cela n'est pas toujours vrai (la nature des roches, plus
ou moins dure, y est pour beaucoup).
Une faille peut également être conforme ou contraire, selon que sa direction respecte ou non le
sens des couches.
Les décrochements peuvent être conjugués (les failles délimitent alors un bloc qui se déplace en
sens contraire de ses voisins). Ce type de décrochement est souvent accompagné de fente de
tension et de stylolithes.
Lors de périodes d'intenses déformations, de grandes portions de terrains peuvent en recouvrir
d'autres par chevauchement ou même former des nappes de charriages. Il s'agit d'un mouvement
de faille inverse, ou normale, qui se transforme en faille horizontale. Le terrain qui recouvre l'autre
est appelé allochtone, celui qui est recouvert est appelé autochtone. S'il est possible de retrouver
l'origine de ce chevauchement on parle de contact enraciné mais il s'agit de contact non enraciné.
Les nappes de charriage, après érosion, peuvent présenter à certains endroits les terrains
autochtones, on appelle cela une fenêtre. Certaines régions de la nappe ont pu également être
isolé du reste et forment des klippes, sortes d'îlots d'allochtone sur une mer d'autochtone.
Stucture de faille
Types de failles
Suivant le type de mouvement relatif, on définit trois types de failles : faille normale, faille
inverse, décrochement.
1) Faille normale
Représentation schématique d'une faille normale
Une faille normale accompagne une extension ; le compartiment au-dessus de la faille ("toit")
descend par rapport au compartiment situé en dessous de la faille ("mur"). La géométrie obtenue
entre des failles normales de pendage convergent opposé est appelée graben. L'inverse (failles
normale de pendage divergent opposé) correspond à un horst.
2) Faille inverse
Représentation schématique d'une faille inverse
Une faille inverse, ou chevauchement accompagne une compression ; le compartiment au-dessus
de la faille ("toit") monte par rapport au compartiment situé en dessous de la faille ("mur").
3) Décrochement
Représentation schématique d'une faille décrochante, ici un décrochement sénestre.
Un décrochement accompagne un mouvement de coulissage essentiellement horizontal; les
décrochements purs (faille verticale et déplacement horizontal) ne s'accompagnent d'aucun
mouvement vertical. Les décrochements peuvent être dextreou sénestre, suivant que le
compartiment opposé à l'observateur se déplace vers la droite ou la gauche (respectivement).
IV. Association déformation cassante/ductile :
Les plis et les failles sont des déformations qui se produisent lorsque les roches sont soumises à
des contraintes : des forces compressives ou, au contraire, des forces extensives.
Les plis traduisent, d’une part, un rétrécissement (un pliement), donc une tectonique de
compression, et, d’autre part, une continuité de la déformation : il n’y a pas de cassure, car les
roches sont dans ce cas ductiles (souples). Les failles peuvent traduire indifféremment une
tectonique compressive ou une tectonique extensive. Mais elles affectent des roches peu ductiles,
qui cassent sous la contrainte. On parle pour les failles de tectonique cassante, pour les plis de
tectonique ductile.
Il existe des cas où plis et failles peuvent s’associer au niveau d’une même structure.
1. Plis-Faille :
On parle de pli-faille lorsque le flanc inverse d’un pli déversé est affecté par une faille
inverse.
Le mouvement de Effet cartographique:
Formation d’un pli déversé déversement Après
sous l’effet de
déplacements évolue en rupture dans le flanc érosion, sur le terrain, il
horizontaux importants aminci. Ce qui conduit à la semble manquer toute une
succession de couches
création d’une faille inverse d’un
dans le flanc coté de la faille
Figure Association pli-faille
2. Ecaillage :
Lorsque la structure pli-faille se répète, on obtient un pli complètement dilacéré dans un système
de failles inverses.
3. Crochon de faille :
Les crochons sont les parties recourbées des couches de part et d'autre d'une faille. Ces
dernières sont normalement rectilignes, et se courbent prés de la faille (elles sont donc
déformées), à cause du frottement lors du mouvement le long de la faille. Les crochons permettent
donc de déterminer le sens du mouvement de la faille, on distingue les crochons des failles
verticales ; les crochons de failles normales et les crochons de failles inverses.
Figure : crochant de faille
: Sens de mouvement
V. Relation entre déformations tectoniques et la tectonique des plaques
La tectonique est la partie de la géologie qui étudie la nature et les causes des déformations des
ensembles rocheux Au niveau des zones de contact des plaques rocheuses, les mouvements
relatifs de deux plaques, sont responsables des déformations de la croute terrestre. Telles que :
les failles normales traduisent les forces de distension au niveau des dorsales océaniques, alors
que les failles inverses et les plis traduisent les forces de compression au niveau des zones de
subduction et de collision.
Zone de subduction
1) Les frontières divergentes
Nous savons qu'il existe un flux de chaleur qui va du centre vers l'extérieur de la terre, un flux
causé par la désintégration radioactive de certains éléments chimiques dans le manteau et qui
engendre des cellules de convection dans le manteau plastique (asthénosphère). A cause de cette
convection, il y a concentration de chaleur en une zone où le matériel chauffé se dilate, ce qui
explique le soulèvement correspondant à la dorsale océanique. La concentration de chaleur
conduit à une fusion partielle du manteau qui produit du magma. La convection produit, dans la
partie rigide de l'enveloppe de la terre (lithosphère), des forces de tension qui font que deux
plaques divergent; elle est le moteur du tapis roulant, entraînant la lithosphère océanique de part
et d'autre de la dorsale. Entre ces deux plaques divergentes, la venue de magma crée de la
nouvelle croûte océanique.
1) Les frontières convergentes
Un premier type de collision résulte de la convergence entre deux plaques océaniques. Dans ce
genre de collision, une des deux plaques (la plus dense, généralement la plus vieille) s'enfonce
sous l'autre pour former une zone de subduction (littéralement: conduire en-dessous).
Un second type de collision est le résultat de la convergence entre une plaque océanique et une
plaque continentale. Dans ce type de collision, la plaque océanique plus dense s'enfonce sous la
plaque continentale.
Un troisième type de collision implique la convergence de deux plaques continentales. L'espace
océanique se refermant au fur et à mesure du rapprochement de deux plaques continentales, le
matériel sédimentaire du plancher océanique, plus abondant près des continents, et celui du
prisme d'accrétion se concentrent de plus en plus; le prisme croît.
Lorsque les deux plaques entrent en collision, le mécanisme se coïnce: le moteur du déplacement
(la convection dans le manteau supérieur et la gravité) n'est pas assez fort pour enfoncer une des
deux plaques dans l'asthénosphère à cause de la trop faible densité de la lithosphère continentale
par rapport à celle de l'asthénosphère. Tout le matériel sédimentaire est comprimé et se soulève
pour former une chaîne de montagnes où les roches sont plissées et faillées. Des lambeaux de la
croûte océanique peuvent même être coïncés dans des failles. C'est la soudure entre deux
plaques continentales pour n'en former qu'une seule.
Toute les grandes chaînes de montagnes plissées ont été formées par ce mécanisme. Un bon
exemple récent de cette situation, c'est la soudure de l'Inde au continent asiatique, il y a à peine
quelques millions d'années, avec la formation de l'Himalaya.
- Les frontières transformantes
Les frontières transformantes correspondent à de grandes fractures qui affectent toute l'épaisseur
de la lithosphère; on utilise plus souvent le terme de failles transformantes. Elles se trouvent le
plus souvent, mais pas exclusivement, dans la lithosphère océanique. Ces failles permettent
d'accomoder des différences dans les vitesses de déplacement ou même des mouvements
opposés entre les plaques, ou de faire le relais entre des limites divergentes et convergentes (ces
failles transforment le mouvement entre divergence et convergence, de là leur nom de failles
transformantes).
La fameuse faille de San Andreas en Californie est un bon exemple de cette situation: elle assure
le relais du mouvement entre la limite divergente de la dorsale du Pacifique-Est, la limite
convergente des plaques Juan de Fuca-Amérique du Nord et la limite divergente de la dorsale de
Juan de Fuca.