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Cours de Drogue

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Introduction

En dépit des efforts consentis dans la lutte contre la drogue au Burkina


Faso, ce fléau constitue encore une préoccupation. La drogue reste un
problème majeur de sécurité publique et de santé publique qui touche
directement ou indirectement l’ensemble de la population burkinabè.

En tant que maillon de la chaîne judiciaire, l’initiative des autorités de la


Garde de Sécurité Pénitentiaire d’introduire un module de formation sur
les Drogues et les Stupéfiants dans le programme des Assistants de la
Garde de Sécurité Pénitentiaire est à saluer. Elle s’inscrit dans le cadre
de la lutte contre la drogue qui ne devrait pas rester une préoccupation
des spécialistes seulement.

L’objectif poursuivi par le « dealer » étant de faire le maximum de


bénéfice, la drogue est susceptible de circuler dans tous les milieux ;
surtout dans ceux difficilement accessible où les bénéfices seraient
colossaux. Pour permettre aux Assistants de la Garde de Sécurité
Pénitentiaire de lutter contre la drogue, plus particulièrement contre son
introduction dans les centres de détention et dans les maisons d’arrêt et
de correction, le cours de Drogues et Stupéfiants comprendra quatre
chapitres qui traiteront respectivement :

- du vocabulaire technique lié à la drogue ;


- des drogues licites ;
- des drogues illicites ;
- des techniques de dissimulation et des moyens de détection des
drogues en milieu carcéral.
CHAPITRE 1 : Définitions de quelques termes techniques

La bonne compréhension du cours de Drogues et Stupéfiants passe


nécessairement par l’assimilation d’un vocabulaire spécifique. Pour ce
faire, ce chapitre est consacré à la définition de quelques termes
techniques.

1.1 Drogue
Il existe plusieurs définitions de la drogue selon les corps de métier.
Celle qui nous intéresse ici fait l’objet d’un consensus au niveau de la
communauté internationale : c’est la définition de l’Organisation
Mondiale de la Santé (OMS). Selon l’OMS, la drogue est une
substance d’origine naturelle ou synthétique qui, lorsqu’elle est
absorbée par un être vivant, modifie une ou plusieurs de ses
fonctions.
1.2 Stupéfiants
On appelle stupéfiant s, une drogue qui produit un engourdissement
des centres nerveux par inhibition ou effets narcotiques. (Substance
provoquant le sommeil).
Ce terme est utilisé spécialement pour désigner les substances
psychoactives d’origine naturelle ayant les premières fait l’objet de
conventions internationales en raison de l’abus auquel elles donnaient
lieu.

1.3 Psychotropes (produits /substances)


Ce terme est généralement employé pour désigner plus
particulièrement les produits d’origine synthétique. (Médicaments ou
produits interdits)

1.4 Dépendance

C’est le fait pour un individu de ne plus pouvoir se passer d’un


produit. Il existe deux types de dépendance : la dépendance
physique, la dépendance psychique.
 La dépendance physique : cette forme de dépendance est
provoqué notamment par les opiacés et les barbituriques et
engendre l’apparition de signes cliniques qui constituent l’état
de manque lorsque l’on cesse d’absorber le produit.
 La dépendance psychique : c’est le besoin psychologique de
réitérer la prise du produit. Sa suppression entraine un
sentiment de malaise ou d’angoisse. Un même individu peut
être dépendant de plusieurs drogues. Cet état s’accompagne
ou non de tolérance.

1.5 Tolérance
C’est un phénomène qui conduit à augmenter les doses d’un produit
pour obtenir le même effet.

1.6 Overdose (surdose)


C‘est l’absorption de drogue que l’organisme ne peut tolérer. Ici
intervient plus la qualité de la drogue que la quantité. La mort peut
survenir très rapidement. L’overdose se manifeste par des troubles de
la respiration, des troubles du rythme cardiaque, voire un coma.
1.7 La toxicomanie
C’est un état d’intoxication engendré par la consommation répétée
d’une ou de plusieurs drogues.
1.8 Sevrage
C’est le fait de cesser l’absorption du produit. Une période de huit à
quinze jours est nécessaire aux toxicomanes pour obtenir la
suppression du besoin physique du produit utilisé.
CHAPITRE 2 : Les drogues licites

Au regard de la loi, il existe deux grandes catégories de drogue : les


drogues licites et les drogues illicites. Les drogues illicites sont celles qui
sont interdites. Les drogues licites sont celles qui ne sont pas interdites.
Toutefois, les manifestations de l’abus de certaines drogues licites sont
punies (ivresse publique) et l’usage d’autres drogues licites est encadré
(interdiction de fumer dans les lieux publics).

2.1 L’alcool

2.1.1 Définition

Dans le langage courant, on désigne aujourd’hui le principe actif de la


bière, du vin et des spiritueux, c’est-à-dire l’éthanol, par le mot générique
« alcool ».

L’éthanol est un produit naturel qui provient de la fermentation de divers


sucres (fruits, légumes ou grains) sous l’action de certaines espèces de
levures. L’éthanol peut aussi être fabriqué synthétiquement.

On parle de boissons alcooliques lorsque l’alcool est généré


naturellement et de boissons alcoolisées lorsque l’alcool est additionné.

A température ambiante, l’alcool se présente sous forme liquide. C’est


une substance volatile à l’odeur caractéristique.

2.1.2 Les effets et les dangers de l’alcool

Les effets de l’alcool sur le système nerveux sont nombreux et


complexes. On constate toutefois que les effets psychotropes de l’alcool
sont caractérisés par plusieurs phénomènes : l’appétence (désir de
consommation), la réitération et l’amplification de la consommation, en
un premier temps. La tolérance (adaptation de l’organisme) et la
dépendance peuvent ensuite se développer, en cas de consommation
excessive et chronique d’alcool, ce qui constitue une forme de
toxicomanie : l’alcoolisme.
2.1.3 Les effets immédiats de la consommation d’alcool

Parmi les effets à court terme de la consommation d’alcool, on dénote un


ralentissement de l’activité cérébrale altérant les inhibitions, le jugement
et la maitrise de soi ; la déformation de la vision, de l’ouïe et de la
coordination ; la modification des perceptions et des émotions ; la
diminution du jugement, mais aussi la mauvaise haleine et l’impuissance
passagère chez l’homme.

A forte dose, l’alcool provoque un état d’ivresse et peut entrainer des


troubles digestifs, des nausées, des vomissements…

En plus de ces risques pour la santé, la consommation excessive


d’alcool présente des risques sociaux : la diminution de la vigilance,
souvent responsable d’accidents de la circulation, de certains accidents
de travail, la vulnérabilité, la perte du contrôle de soi qui peuvent
conduire à la contraction de maladies sexuellement transmissibles, à des
comportements de violence, à des passages à l’acte, à des agressions
sexuelles, voire à des suicides ou homicides.

2.1.4 Les effets et dangers de la consommation d’alcool à moyen et


à long terme

La consommation excessive d’alcool est responsable de très


nombreuses pathologies. Il s’agit entre autres des cancers ( de la
bouche, de la gorge, de l’œsophage, ) des maladies du foie (cirrhose) et
du pancréas, des troubles cardio-vasculaires, des maladies du système
nerveux et des troubles psychiques (anxiété, dépression, troubles du
comportement).Elle peut occasionner également des dommages au
cerveau.

Parmi les effets à long terme de la consommation d’alcool, on constate


aussi la perte d’appétit, des carences vitaminiques, (B en particulier), des
maux d’estomac, des problèmes de reins, l’impuissance sexuelle, des
dommages au foie, des pertes de mémoire, la diminution de la qualité du
sommeil et de la vigilance ou encore de problèmes de peau.
Remarque

La consommation d’alcool chez la femme enceinte est une cause


fréquente de malformations congénitales, de perturbations du
développement, et de troubles du comportement.

Quelle que soit la quantité, la consommation d’alcool de la mère agit sur


le système nerveux du fœtus dès les premières semaines de la
grossesse.

2.1.5 La dépendance

Selon Pierre Fouquet, père de l’alcoologie, « (…) est alcoolique, celui ou


celle qui a perdu la liberté de s’abstenir de l’alcool ». Ce comportement
implique que la possibilité de maîtriser sa consommation est perdue.
Lorsque la dépendance s’est installée, un retour en arrière est
impossible : le buveur ne peut retrouver cette maîtrise, ni une
consommation sociologiquement « normale ».

L’alcoolisme est en fait une toxicomanie à l’alcool. C’est l’organisation de


la vie du « malade » autour de sa consommation d’alcool qui caractérise
ce processus. On parle aussi d’ « alcoolo-dépendance » ou
« d’alcoolomanie ».

2.2 Le tabac

2.2.1 Définition

Le mot tabac désigne à la fois la plante cultivée pour ses feuilles et les
produits manufacturés issus de leur transformation. Le tabac est une
plante originaire de l’Amérique du Sud, haute et à larges feuilles
contenant un alcaloïde toxique : la nicotine. C’est la substance principale
qui agit sur le cerveau.

De nos jours, le tabac contenu dans les cigarettes renferme de


nombreux produits chimiques, dont le principal est l’oxyde de carbone.

2.2.2 Les effets et les dangers du tabac


Le tabac possède des milliers de composants dont la nicotine et les
goudrons. Les effets psychoactifs du tabac proviennent de son principal
alcaloïde (principe actif d’un végétal), la nicotine mais aussi les multiples
produits chimiques, libérés notamment dans la fumée par la combustion
du tabac. Ces substances sont responsables de divers effets, sur un
grand nombre d’organes.

Les deux principales pathologies liées au tabac sont les maladies cardio-
vasculaires et les cancers, en particulier le cancer du poumon. Par
ailleurs, le tabac peut induire une dépendance psychique ou physique.

2.2.3 Les effets du tabac sur l’organisme

La nicotine se volatilise en suspension avec des particules de goudrons,


dès que la cigarette est allumée. Absorbée rapidement au niveau des
poumons, la nicotine passe dans le sang et est transportée vers les
différents organes, en particulier vers le cerveau. Elle produit son effet
en quelques secondes : accélération de la fréquence cardiaque,
augmentation de la pression artérielle, diminution de l’appétit et une
légère euphorie.

A long terme, la consommation du tabac peut favoriser les cancers.

2.2.4 La dépendance

La dépendance tabagique est un phénomène complexe. Elle se


décompose en trois formes de dépendance : la dépendance à un produit
chimique, la dépendance à des gestes et la dépendance à un
environnement ou dépendance psycho-sociale.

Le tabagisme est essentiellement une accoutumance à la nicotine. La


nicotine est susceptible de procurer au fumeur un certain plaisir, des
sensations agréables qui vont ensuite être recherchés de façon
impérative d’une part pour eux-mêmes, d’autre part pour éviter
l’apparition d’un état « de manque ».

On parle aussi de dépendance aux gestes, car fumer est avant tout une
activité gestuelle : démarche pour l’achat du tabac, nécessité de se
munir chaque jour de cigarettes et des différents accessoires, geste de
prendre un paquet et d’allumer le combustible, d’enlever les cendres, de
porter et de retirer la cigarette de la bouche, d’inhaler la fumée, et de la
rejeter… et plusieurs fois dans la journée , dans des contextes différents.
Cette activité gestuelle liée au tabac, très proche des tics, échappe en
grande partie à la conscience.

La dépendance aux gestes n’est pas anodine ; certains spécialistes


considèrent que le tabagisme est le plus souvent une « gestomanie »
qu’une « toxicomanie ».

La dépendance à un environnement est celle du fumeur vis-à-vis des


éléments de la vie sociale. La cigarette est liée à une certaine forme de
convivialité, en famille, entre amis, au travail, etc.

2.3 La caféine

2.3.1Définition

La caféine est un composant naturellement présent dans le café. On


trouve également de la caféine dans certaines boissons comme le thé,
les boissons gazeuses au goût de kola et dans les produits utilisant du
chocolat ainsi que dans certains produits pharmaceutiques stimulants.

2.3.2 Les effets et les dangers de la caféine

L’effet de la caféine dépend d’un certain nombre de facteurs : l’âge, les


habitudes en matière de boissons et de tabac, la condition physique et la
rapidité avec laquelle le corps élimine la caféine. La caféine a
légèrement un effet stimulant sur le système nerveux central, qui se
manifeste par : une diminution de la somnolence, une sensation de
fatigue moindre et une meilleure concentration.

2.3.2.1Les effets de la consommation de caféine à court terme

Les effets de la caféine sur l’organisme sont nombreux : elle stimule le


système nerveux central, mais aussi, le système respiratoire, cardiaque,
sanguin et musculaire. Voici quelques effets immédiats de la
consommation de la caféine :

- augmentation du taux de sucre dans le sang (ce qui donne l’illusion


d’une plus grande force) ;

- augmentation du taux de gras dans le sang ;


- augmentation de la tension artérielle ;

- irrégularités des battements cardiaques ;

- anxiété et dépression ;

- tremblements, irritabilité et nervosité ; insomnies et dérèglement du


sommeil ;

- etc.

[Link] Les effets d’une consommation à long terme

La consommation de la caféine peut induire certaines perturbations


comme les maladies cardio-vasculaires, les maux gastro-intestinaux et la
fatigue chronique.

- Les maladies cardio-vasculaires

La plupart des médecins recommandent de réduire ou de cesser la


consommation de la caféine en cas de palpitations cardiaques ou de
battements irréguliers, du fait que la caféine risque d’initier à une
arythmie cardiaque. De plus, un certain nombre d’études montrent que la
consommation de caféine est associée à des taux élevés de cholestérol
et de triglycérides dans le sang.

-Les maux gastro-intestinaux

Le café et le thé réduisent considérablement l’absorption du fer


respectivement de 40 et de 60 pour cent calcium. Le café réduit
également la pression du sphincter œsophagique inférieur, contribuant
quelquefois à des brûlures d’estomac.

-La fatigue chronique

En réduisant la perception de la fatigue et en déréglant le sommeil, la


caféine peut empêcher à long terme un repos somatique efficace et
provoquer l’installation d’une fatigue. Cette fatigue peut elle-même
engendrer des désordres psychiques tels que la neurasthénie, les
migraines, l’état dépressif et diverses perturbations psychosomatiques.
[Link] La dépendance

La consommation régulière de café peut engendrer une forme


d’accoutumance. L’usager ressent alors le besoin de consommer des
quantités de caféine plus importantes. La dépendance, qui se manifeste
par un état de manque, peut se développer après une à deux semaines
seulement d’assimilation de 600mg (ou plus) de caféine par jour. On
parle de dépendance physique à la caféine lorsqu’il ya consommation de
cinq à six tasses de café par jour. La dépendance psychologique se
manifeste par le besoin irrépressible d’un individu de consommer une
boisson contenant de la caféine.

En cas d’interruption brutale de la consommation, la personne


dépendante peut ressentir un « syndrome de sevrage » provoquant des
troubles divers, tels l’irritabilité, la somnolence, la fatigue, des tensions
musculaires, de la nervosité, des migraines… Afin d’éviter des troubles
de désintoxication éventuels, il est conseillé de passer progressivement
à un café décaféiné.

Pour obtenir un café décaféiné, il faut extraire la caféine. L’extraction de


la caféine s’effectue au niveau des grains de café crus, donc avant le
processus de torréfaction. Ce traitement n’affecte pas le goût du café,
les substances du goût et de l’arôme du café ne se développant que lors
de la torréfaction.

2.4 Les médicaments psychoactifs

On appelle médicaments psychoactifs, l’ensemble des médicaments


traitant les insomnies, l’anxiété, la dépression ou les troubles
psychiques. Ces médicaments agissent sur le cerveau et permettent
d’atténuer ou de faire disparaitre une souffrance psychique. Ce sont des
substances autorisées par la loi, mais leur fabrication, leur autorisation
de mise sur le marché et leur prescription sont strictement contrôlées.

Les principaux groupes de médicaments psycho-actifs


Les principaux groupes de médicaments psycho-actifs sont :

-les somnifères ou hypnotiques ;

-les tranquillisants ou anxiolytiques ;

-les neuroleptiques ou antipsychotiques ;

-les antidépresseurs.

2.4.1 Les somnifères ou hypnotiques

Ce sont des médicaments utilisés pour provoquer un sommeil le plus


proche possible du sommeil physiologique. Ce groupe inclut les
barbituriques et les benzodiazépines. Les barbituriques employés pour le
traitement de l’insomnie, l’anxiété, du stress et de l’épilepsie, sont de
puissants calmants classifiés comme sédatifs hypnotiques. Les
benzodiazépines ou tranquilisants mineurs sont utilisés pour le
traitement de l’anxiété, de l’insomnie et de l’épilepsie.

2.4.2 Les tranquillisants ou anxiolytiques

Ce sont des médicaments dont l’action principale s’exerce sur le


système nerveux et destinés à apaiser l’anxiété pathologique. On
retrouve aussi dans ce groupe la famille des benzodiazépines.

2.4.3 Les neuroleptiques ou antipsychotiques

Ce sont des médicaments qui agissent sur le psychisme et son


particulièrement utilisés dans le traitement des psychoses. Les
neuroleptiques sont classés en trois catégories :

Les sédatifs qui diminuent l’agitation et l’agressivité du malade ;

Les anti-délirants qui suppriment ou diminuent les idées délirantes et les


hallucinations ;

Les désinhibiteurs qui combattent une certaine passivité du malade.

2.4.4 Les antidépresseurs


Ce sont des médicaments qui combattent les états dépressifs. Ils
comprennent notamment les antidépresseurs tricycliques, les inhibiteurs
de la mono -amine-oxydase, les sels de lithium et l’amitryptiline.

2.5 Les solvants ou les inhalants

A la recherche de sensations d’euphories et d’ébriété, certains jeunes


inhalent les effluves volatils de divers solvants ou produits gazeux. Les
produits utilisés sont variés : kérosène, essence, cosmétiques, liquide
correcteurs, détachants, décapants, cires, gaz de briquet, etc.

Les solvants sont rarement considérés comme des drogues : ils ne sont
jamais fabriqués à cette fin, mais à des fins commerciales. L’utilisation
détournée des solvants pour se droguer, comporte des dangers pour la
santé.

2.5.1 Définition

Les solvants ou les inhalants sont des substances chimiques volatiles ou


gazeuses qui, lorsqu’elles sont respirées, induisent des manifestations
d’ivresse. La plupart de ces produits sont aisément disponibles dans le
commerce : colles et adhésif à séchage rapide, carburants, solvants purs
(diluants de peinture ou dissolvants pour vernis à ongles), gaz
propulseurs des aérosols (laques, désodorisants, insecticides) et gaz
d’ignition (butane et propane), etc.

2.5.2 Les effets et les dangers des solvants

Les solvants ou les inhalants ont un effet très rapide sur l’organisme, les
substances pénétrant directement dans les vaisseaux sanguins par les
poumons et atteignant rapidement le cerveau et le foie. Le rythme
cardiaque ralentit. Ce ralentissement peut provoquer une perte de
connaissance voire la mort de l’usager.

[Link] Les effets et les dangers des solvants ou des inhalants à


court terme

A dose peu importante, les usagers ressentent généralement une


désinhibition, un sentiment d’euphorie, d’ivresse, une sensation de
légèreté ou au contraire d’engourdissement, et une impression de
témérité, de toute- [Link] effets sont d’une intensité variable
selon les individus et les doses inhalées.
En quantité plus importante, un état de désorientation spatiale et un
délire hallucinatoire peuvent apparaitre.

Ces symptômes surgissent au bout de quelques minutes seulement, et


peuvent durer jusqu’à plusieurs heures. Si les doses sont trop fortes,
elles peuvent conduire à des troubles du comportement. La mort peut
survenir au moment de l’inhalation par étouffement.

[Link] Les effets et les dangers des solvants ou des inhalants à


long terme

Les effets, à long terme, d’une consommation répétée et régulière de


solvants sont une pâleur de la peau, de la fatigue, un manque de
concentration, des tremblements, une soif importante, une perte de
poids, de la dépression ou de la paranoïa. (Maladie psychiatrique qui se
caractérise par une surestimation de soi, une méfiance disproportionnée,
des interprétations subjectives, engendrant des délires et de
l’agressivité.)

L’utilisation prolongée entraine une détérioration physique et psychique


progressive, allant de la confusion mentale à la paranoïa et aux
dommages cérébraux. Certains hydrocarbures peuvent nuire à la
formation de globules rouges dans la moelle osseuse alors que d’autres
produits peuvent entraver le fonctionnement du foie et des reins.

Chapitre 3 : les drogues illicites


En rappel, les drogues illicites sont celles qui sont interdites. Une bonne
connaissance des principales drogues illicites nécessite de les classer
pour mieux les répertorier et mieux les connaitre.

Dans ce cours, nous retiendrons la classification adoptée par


l’Organisation mondiale de la Santé (O.M.S.).Cette classification est
basée sur les effets de ces produits.

3.1 La classification des drogues en fonction de leurs effets

Les drogues agissent principalement et de manière différente sur le


système nerveux central de l’individu. Selon leurs effets, les drogues
sont classées en trois grandes catégories :

-les perturbateurs du système nerveux central ;

-les stimulants du système nerveux central ;

-les dépresseurs du système nerveux central.

3.1.1 Les perturbateurs du snc

Les perturbateurs encore appelés psychodysleptiques sont des


substances qui perturbent l’activité du snc et provoquent des altérations
de la perception visuelle, temporelle et spatiale des utilisateurs. Sont
classés dans cette catégorie :

-le cannabis ;

-le LSD ;

-certains produits synthétiques comme la phencyclidine, la mescaline, et


la psilocybine.

Dans le cadre de ce cours, nous étudierons uniquement le cannabis et


ses dérivés.

3.1.1.1Le cannabis et ses dérivés

Le cannabis est le produit stupéfiant le plus consommé et le plus connu


dans le monde. Il est désigné par plusieurs appellations : kif, ganja,
bang, marijuana, chanvre indien, etc. Il possède plusieurs principes actifs
dont le principal est le delta 9 ou tetrahydrocanabinol (THC). Le
cannabis se présente sous trois formes différentes :
- l’herbe de cannabis ;

- la résine de cannabis ;

- l’huile de cannabis.

[Link].1 L’herbe de cannabis

L’herbe de cannabis est constituée de feuilles, de sommités florifères et


fructifères récoltées, séchées et hachées. L’herbe de cannabis a
l’apparence du tabac ou du thé plus ou moins grossièrement hachée.

[Link].2 La résine de cannabis

Elle provient des secrétions résineuses de la plante récupérées par


grattage ou battage, agglomérées et mélangées à des substances
liantes (cire, colles, etc.) et compressées sous forme de pains ou de
plaquettes. Elle dégage une odeur caractéristique très forte. La couleur
de la résine varie selon son origine ou celle des substances liantes
utilisées : verdâtre (Maroc), brune (Liban), noir (Népal, Pakistan ou
Afghanistan).

[Link].3 L’huile de cannabis

Egalement appelée essence de cannabis, l’huile de cannabis est


obtenue par distillation du cannabis broyé et haché. Elle se présente
sous de substance visqueuse noire et épaisse.

[Link] Les effets du cannabis

La consommation de cannabis produit les effets suivants :

- A court terme :

Diminution de la mémoire et des capacités intellectuelles, accélération


du rythme cardiaque, confusion mentale, distorsion de la notion de
temps rendant difficile la distinction entre le présent, le passé et l’avenir.

- A long terme
L’installation d’une tolérance et d’une dépendance éventuelle,
l’indifférence, l’affaiblissement des défenses immunitaires de
l’organisme, risque de bronchite et de cancer des poumons. Chez
l’adolescent, le cannabis entraine la démotivation, la passivité et la
marginalisation.

Remarque : A forte dose, le cannabis peut déployer des effets


hallucinogènes.

3.1.2 Les stimulants du système nerveux central

Les stimulants ou psychoanaleptiques sont des substances qui


accélèrent l’activité du système nerveux central. Sont classées dans
cette catégorie :

- la feuille de cocaïer et la cocaïne ;

- le crack ;

Le khat ;

Les amphétamines.

[Link] La cocaïne et le crack

[Link].1 La cocaïne

La cocaïne est un alcaloïde extrait de la feuille de coca (Erythroxylum


coca et Erythroxylum novogranatense) qui en contient 0,5 à 2,5%.
L’extraction est réalisée en plusieurs étapes à partir de la feuille de coca
séchée : pâte base (pasta), puis cocaïne base et enfin chlorhydrate de
cocaïne (poudre de cocaïne).

La cocaïne est une poudre cristalline obtenue par dissolution (avec de


l’acide chlorhydrique et de l’eau) et élimination des impuretés de la pâte
de coca.

[Link].1 Les effets de la cocaïne

L’usage de la cocaïne engendre les effets suivants :

-A court terme
- un état d’agitation et d’instabilité ;

- des troubles du jugement et du comportement ;

- sur le plan physiologique, la cocaïne provoque la tachycardie,


l’hypertension, la mydriase et les sudations ; à forte dose, la cocaïne
engendre des convulsions qui peuvent provoquer la mort par arrêt
cardiaque ou respiratoire.

- A long terme

A long terme, l’inhalation de la cocaïne provoque :

-des perforations de la cloison nasale ;

-une rhinite chronique ;

-de l’eczéma autour des narines ;

- la dépendance psychique est forte et s’installe rapidement.

[Link].2 Le crack

Le crack se présente sous une forme solide de cocaïne obtenue à partir


du chlorhydrate de cocaïne, après adjonction de bicarbonate de soude
ou d’ammoniaque, qui sont chauffés puis refroidis avec de la glace. Son
nom lui vient du crépitement qu’il produit lorsqu’il est fumé (to crackle
en anglais). Le crack se présente sous forme de cristaux solides
(cailloux) de couleur blanchâtre, beige ou brunâtre.

[Link].2.1 Les effets du crack

Les effets du crack à court terme :

-une forte dépression ;

-une accélération du rythme cardiaque ;

-des tremblements ;

-des nausées.

Les effets du crack à long terme :


Les effets du crack à long terme sont :

-des troubles pulmonaires ;

-des maladies cardiaques ;

-la perte de poids ;

-des troubles psychologiques ;

-une tolérance, une dépendance physique et psychique.

3.1.3. Les dépresseurs du système nerveux central

Les produits dépresseurs ou psycholeptiques sont des substances qui


ralentissent l’activité du système nerveux central. Sont classées dans
cette catégorie :

-l’opium ;

-la morphine ;

-l’héroïne ;

-la méthaqualone.

[Link] L’héroïne

L’héroïne se présente différemment selon qu’il s’agit d’héroïne n°3 ou


d’héroïne n°4.

L’héroïne n° 3 est appelé « brown suggar ». C’est un produit de qualité


médiocre car coupé dès la phase de la fabrication. Elle se présente sous
forme de cailloux ou de granulés de couleur beige, grise, ou rose.

L’héroïne n°4 se présente sous forme de poudre plus ou moins fine et


légère de couleur blanche, beige ou brune.

L’héroïne dégage une odeur aigre et un goût amer.

[Link] Les effets de l’héroïne

La consommation de l’héroïne produits les effets suivants :


A court terme :

-rétrécissement de la pupille (myosis), nausées, dépression respiratoire


avec risque de coma, ralentissement du rythme cardiaque (bradycardie),
augmentation de la température du corps (hyperthermie).

A long terme :

-troubles intestinaux et urinaires, infections pulmonaires, risques


d’hépatites virales ou de sida dû au manque d’hygiène, dépendance
physique et psychique et une tolérance très fortes.

Chapitre 4 : les techniques de dissimulation et les moyens de


détection des drogues en milieu carcéral
4.1 Les techniques de dissimulation des drogues en milieu carcéral

Etymologiquement, le terme « dissimulation » provient du latin


dissimulare qui signifie :

- ne pas laisser apparaitre ses intentions réelles ;

- soustraire aux regards, cacher, camoufler.

Par technique de dissimulation des drogues, il faut entendre les


différentes manières frauduleuses pour cacher les drogues ou les
cachettes utilisées par les « dealer » ou les trafiquants pour tromper la
vigilance des agents de sécurité et passer avec leur drogue.

Faisant preuve d’ingéniosité et de créativité, ils utilisent des moyens et


des méthodes divers. Dans le cadre de ce cours, les cachettes que
pourraient utiliser les détenus ou leurs visiteurs sont essentiellement
l’homme et les objets.

4.1.1 L’homme

Sur l’homme, tous les orifices naturels peuvent servir de cachette de


même que tous les éléments de son accoutrement.

4.1.2 Les objets

Tous les objets sont susceptibles de servir de cachette: peluche, les


poupées, tabouret, les objets d’art, les broches à cheveux, les rebords
des paniers, les boites de conserves, les chaussures, les boules de
savon, etc.

4.2 Les moyens de détection des drogues en milieu carcéral

Le mot détecter a une double origine ; anglaise et latine et signifie


découvrir c’est-à-dire déceler l’existence de ce qui est caché.

Pour découvrir éventuellement la drogue soigneusement cachée en


milieu carcéral, cinq techniques peuvent être utilisées :

- l’information ;

- l’intuition ;

- le test d’identification ;
- les chiens de drogues ;

- et le scanner.

4.2.1 L’information

Elle est la première technique de détection des drogues. De ce fait,


l’assistant de la garde de sécurité pénitentiaire doit se constituer un
réseau d’informations afin que rien ne lui échappe dans son milieu de
travail.

4.2.2 L’intuition

L’Assistant de la Garde de Sécurité pénitentiaire doit, par le sens de


l’observation, la curiosité et le flair professionnel, détecter des situations
suspectes qui peuvent aboutir à des saisies de drogues.

4.2.3 L’utilisation des tests

Une mallette d’identification et une initiation à son utilisation sont


indispensables pour l’exploitation de ce mode de détection.

4.2.4 L’utilisation des chiens de drogues (chiens renifleurs)

Les chiens de drogue sont capables de détecter la drogue cachée et


contribuent à rendre plus efficace la lutte contre la drogue.

4.2.5 Le scanner

L’évolution technologique a permis aux ingénieurs de concevoir un


appareil capable de faire voir ce qui est caché sans défaire le contenant.
Par ce procédé scientifique, les armes et les objets ou produits prohibés
cachés sont identifiés sur l’homme.

Conclusion
Nantis de ces connaissances de base sur les drogues et les stupéfiants,
les Assistants de la Garde de Sécurité constituent une force
supplémentaire dans le domaine de la lutte contre les drogues.

Ceux-ci sont chargés, en collaboration avec le parquet et leur hiérarchie,


de constater les infractions à la loi pénale, d’en rassembler les preuves,
d’en rechercher les auteurs tant que ces infractions sont commises dans
les maisons d’arrêt ou les centres de détention où ils exercent.

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