Tel 00005813
Tel 00005813
THÈSE
présentée pour l’obtention du
par
Hicham Jamouli
Composition du jury
Rapporteurs :
C. COMMAULT Professeur à l’Institut National Polytechnique de Grenoble
G. GISSINGER Professeur à l’Université de Mulhouse
Examinateurs :
M. OULADSINE Professeur à l’Université Aix Marseille III
F. KRATZ Professeur à l’Université d’Orléans
D. SAUTER Professeur à l’Université Henri Poincaré, Nancy 1
J.Y. KELLER Maître de Conférences HDR à l’Université Henri Poincaré, Nancy 1
Remerciements
Je tiens à remercier les membres du jury qui m’ont fait l’honneur de participer à l’examen
de ce travail:
Monsieur M. OULADSINE, Professeur à l’Université d’Aix Marseille III, pour ses re-
marques enrichissantes sur le document.
C’est avec une attention particulière que je remercie Mr Fredouille, pour son aide, sa
sympathie et pour les soirées passées ensemble, et la famille JOIN (Le grand et Madame
Flo) pour les moments inoubliables passés ensemble dans le sud. Je remercie également Eri-
cus pour sa sympathie et sa gentillesse, sans lui je pouvais pas rester tard le soir au labo.
Bien sûr je n’oublie pas la famille Djermoune (MAGADI) pour leur aide et leur soutien. Je
remercie également, Mr Manuel pour sa sympathie et pour ses plats mexicains.
Je souhaite également remercier tous les copains du babe : Fatih, Said, Michael, Samir,
Vincent, LIIIDOO, Stéphane et tous les autres membres du laboratoire : Marion, Hassan,
Didier, Christophe, Jean-Christophe, Patrick, Thierry, Jean Marie, Hugues, Olivier, Sabine,
Marcus, Davidouille, Yan.
TABLE DES MATIÈRES 7
Remerciements 5
Introduction générale 13
Conclusion 99
TABLE DES MATIÈRES 9
Introduction générale
Suite à la progression rapide des nouvelles technologies, les systèmes industriels sont de
plus en plus complexes et l’opération de diagnostic est devenue indispensable pour assurer
la sûreté de fonctionnement et la disponibilité de ces systèmes. Bénéficiant des outils déjà
existants en automatique, la recherche dans le domaine du diagnostic a connu une évolution
très importante qui lui a permis de développer plusieurs méthodes donnant une solution aux
problèmes de la détection et de l’isolation multi-défauts. Dans certains systèmes complexes,
comme dans l’aéronautique ou les centrales nucléaires, la phase de détection et de localisation
d’un ou de plusieurs défauts est nécessaire mais n’est pas suffisante pour garantir la sûreté
de fonctionnement car il est indispensable de modifier la loi de commande en temps réel afin
de maintenir la stabilité du système et de garantir ainsi un fonctionnement acceptable en
mode dégradé. Ainsi, il est nécessaire d’associer au diagnostic une loi de commande tolérante
aux défauts.
Les méthodes de diagnostic que nous proposons reposent sur la connaissance d’un modèle
capable de décrire précisément le fonctionnement du système à surveiller. Si un modèle
décrivant le fonctionnement normal du système est disponible, l’opération de diagnostic des
défauts comporte une phase d’extraction d’indicateur de défauts et une phase de prise de
décision par des techniques statistiques d’évaluation des résidus. La génération d’indicateurs
de défauts (ou résidus) permet d’évaluer un écart par rapport aux conditions normales de
fonctionnement à partir des mesures effectuées sur le système et ainsi d’identifier la cause
de tout changement anormal.
Pour notre étude, on se placera le plus souvent possible dans le cadre général des systèmes
linéaires affectés par des perturbations stochastiques et déterministes. Le diagnostic basé ob-
servateur sera résolu par la conception d’un filtre isolateur de défauts permettant la détection,
l’isolation et l’estimation optimale de l’amplitude des défauts sous des conditions d’existence
moins restrictives que celles rencontrées lors de la conception des observateurs à entrées
inconnues. Son intégration dans une loi de commande sera ensuite réalisée à partir d’un
rebouclage interne prenant en compte l’estimation de l’amplitude des défauts produite par
le filtre afin de corriger la loi de commande nominale du système. L’évaluation pratique de
cette méthode sera réalisée à partir de son application sur un système d’enrouleur de bandes.
Ce mémoire comporte 4 chapitres. Le premier chapitre présentera quelques généralités sur
le diagnostic des systèmes linéaires stochastiques. Nous réaliserons ensuite une synthèse des
14 Introduction générale
différentes méthodes de diagnostic reposant sur la théorie des filtres détecteurs de défauts. Le
deuxième chapitre sera dédié à la synthèse d’un filtre isolateur de défauts permettant l’obten-
tion d’une estimation optimale de l’amplitude des défauts. Par la suite, le domaine d’applica-
tion de ce filtre sera étendu au cas des systèmes affectés par des perturbations déterministes.
Une application particulière portera sur le traitement des défauts de type pertes d’effica-
cité d’actionneurs. Dans le troisième chapitre, nous présenterons un état de l’art pour la
conception de lois de commande tolérantes aux défauts. Nous réaliserons l’intégration du
filtre isolateur de défauts dans une loi de commande basée observateur afin d’obtenir une loi
de commande tolérante aux défauts de types actionneurs et/ou capteurs. Enfin, le dernier
chapitre présentera les résultats pratiques des méthodes proposées obtenus sur un système
benchmark faisant parti du projet européen IFATIS.
15
Chapitre 1
1.1 Introduction
Le diagnostic des systèmes dynamiques stochastiques est généralement effectué en deux
étapes:
∗ Génération de résidus : cette première phase consiste à générer un signal résiduel
reflètant la distance entre le modèle du système et son comportement observé au cours
du temps.
∗ Les défauts externes: ils causeront un changement non maı̂trisable sur l’état du système.
∗ Les défauts internes: ils correspondront à une dégradation des composants du système
par un changement sur les paramètres internes du système.
∗ Les perturbations additives externes: ce seront des perturbations de type entrées incon-
nues à effet additif sur l’entrée et/ou la sortie du système sans aucune connaissance a
priori sur leur modèle d’évolution. Nous supposerons qu’il n’existe pas de perturbations
de type interne (incertitudes paramétriques).
L’objectif de ce chapitre est de décrire les méthodes existantes dans la littérature permettant
la synthèse d’un générateur de résidus insensibles à l’état du système x ∈ Rn , sensibles aux
défauts d ∈ Rq et le moins sensibles possible aux bruits wk et vk . En d’autres termes,
les résidus générés devront être de moyenne nulle sans défaut, à minimum de variance et
si possible non corrélés. La présence d’un ou de plusieurs défauts devra se refléter sur le
1.2 Espace de parité stochastique 17
résidu généré afin de permettre leur détection et leur isolation par un traitement statistique
approprié. Le diagnostic multi-défauts n’est pas toujours bien appréhendé : prenons l’exemple
de trois défauts hypothétiques f1 , f2 , f3 et d’un résidu à trois composantes r1 , r2 , r3 ayant
pour matrice d’influence
f1 f2 f3
r1 1 1 0
(1.3)
r2 1 0 1
r3 1 1 0
f1 f2 f3
r1 1 0 0
(1.4)
r2 0 1 0
r3 0 0 1
Avec cette structure diagonale, les résidus générés reflètent alors directement l’amplitude
de chaque défaut permettant de simplifier considérablement leur traitement statistique. Les
nouvelles techniques de génération de résidus présentées dans ce mémoire satisferont cette
contrainte diagonale par l’inversion du système où les résidus générés produiront aussi les
estimations optimales de l’amplitude des défauts.
Ce chapitre présente trois approches disponibles dans la littérature pour le diagnostic
multi-défauts des systèmes dynamiques stochastiques. La première est celle proposée par
Gustafsson (2002) basée sur l’espace de parité ([Chow et Willsky, 1984],[Gertler, 1991]). La
deuxième est basée sur le filtre de Kalman associé au test du GLR (Generalized Likelihood
Ratio) [Willsky, 1976]. La troisième approche présentée, qui sera celle approfondie dans
ce mémoire, concernera la conception des filtres détecteurs de défauts robustes ([Park et
Rizzoni, 1994], [Keller, 1999]).
yk−S C 0 0 0 ... 0 uk−S
yk−S+1 CA CB 0 0 ... 0 uk−S+1
yk−S+2 = CA2 xk−S + CAB CB 0 ... 0 uk−S+2 (1.5)
+
.. .. .. .. ... ... .. ..
. . . . . .
yk CAS CAS−1 B CAS−2 B . . . CB 0 uk
0 0 0 ... 0 dk−S
CF 0 0 ... 0
dk−S+1
CAF CF 0 ... 0
dk−S+2 + (1.6)
.. .. . . . . . . .. ..
. . . .
S−1 S−2
CA F CA F . . . CF 0 dk
0 0 0 ... 0 wk−S vk−S
C 0
0 . . . 0 wk−S+1 vk−S+1
CA C 0 ... 0 wk−S+2 + vk−S+2 (1.7)
.. .. . . . . . . .. .. ..
. . . . .
S−1 S−2
CA CA ... C 0 wk vk
Yk = Oxk−S + Hu Uk + Hd ∆k + Hw Υk + Γk (1.8)
rk = ϑT (Yk − Hu Uk ) (1.9)
T
= ϑ (Oxk−S + Hd ∆k + Hw Υk + Γk ) (1.10)
La matrice ϑ, appelée matrice génératrice des résidus, est choisie dans le but de rendre
le résidu indépendant de l’état. ϑ doit donc satisfaire la condition ϑT O = 0 et le résidu
s’exprime alors sous la forme
rk = ϑT (Hd ∆k + Hw Υk + Γk ). (1.11)
Pour le traitement multi-défauts, cette condition est nécessaire mais n’est pas suffisante
pour obtenir des résidus à structure diagonale.
où L = Hw (IS ⊗W )HwT +IS ⊗V, tel que chaque défaut est associé au vecteur µi de covariance
ϑT Lϑ. Gustafsson (2002) génère un résidu à variance minimale avec
et l’on obtient
Un traitement par l’analyse en composante principale de ces résidus est alors nécessaire afin
d’extraire l’information relative à la présence d’un ou de plusieurs défauts.
1.2.3 Conclusion
Le technique de l’espace de parité permet difficilement la génération de résidus à structure
diagonale. Dans le cas pratique d’une fenêtre glissante avec le temps, les propriétés stochas-
tiques des résidus générés dépendent de la taille de la fenêtre considérée S, un paramètre
très difficile à déterminer d’un point de vue théorique.
où Pk est la matrice de covariance de l’erreur d’estimation d’état, Kk le gain du filtre et où
γk = yk − C x̂k (1.22)
rk = ϑT (Yk − Hu Uk ) (1.23)
et
rk = Yk − Ŷk (1.25)
= Yk − Ox̂k−S − Hu Uk (1.26)
= (I − OR)(Yk − Hu Uk ) (1.27)
= (I − OR)(Hw Υk + Γk + mHd ∆ik ) (1.28)
∈ N ((I − OR)(mHd ∆ik )),(I − OR)L(I − OR)T ) (1.29)
On montre que
où ϑKF est une base formée par les lignes de ΣKF = I − O(OT S −1 O)−1 OT S −1 . On a ainsi
montré qu’il existe une certaine équivalence entre l’innovation du filtre de Kalman et le
résidu généré par l’espace de parité. Ceci n’est pourtant valable que sur une fenêtre de
dimension grandissante avec le temps. Dans le cas pratique d’une fenêtre de dimension finie
glissante avec le temps, les propriétés statistiques du résidu généré par l’espace de parité
ne correspondront pas aux propriétés statistiques optimales de la séquence d’innovation du
filtre de Kalman.
1.3 Filtre de Kalman et test du GLR 21
avec i ∈ [1,..,N ]. Les bruits d’état et de mesure sont gaussiens de moyennes nulles et non
corrélés. fi (k,r) est le vecteur de distribution des défauts, ν(k,r) l’amplitude du défaut sup-
posée ici constante est telle que ν(k,r) = ν{k ≥ r}, r étant l’instant d’apparition inconnu
du défaut. Dans cette section, nous décrivons une forme modifiée du test du GLR standard
prenant en compte le retard structurel du système (nous approfondirons cette notion au
chapitre III). Définissons les indices de détectabilité des sauts [Liu (1997), Keller (1999)] par
signifiant que la première information relative au défaut Hi sera présente sur les mesures
yr+ρi . L’effet additif du saut Hi sur l’erreur de prédiction ek+1 = xk+1 − x̂k+1 et sur la
séquence d’innovation γk = yk − C x̂k peut être exprimé comme suit
L’hypothèse Hi est alors confrontée à l’hypothèse sans défaut H0 sur la moyenne de l’inno-
vation
Avec E{(γk−t − E(γk−t ))(γk − E(γk ))T = 0} ∀t < k, le rapport de vraisemblance est donné
par
à k
!
X
exp − 12 kγt − ̺i (t,r)νk2H −1
t
P (γri +ρi /hi ) . . . P (γk /hi ) t=r+ρi
λi (k,r,ν) = = Ã ! (1.42)
P (γri +ρi /h0 ) . . . P (γk /h0 ) Xk
exp − 21 kγt k2H −1
t
t=r+ρi
où ε représente le seuil de décision. L’utilisation pratique du test du GLR impose de faire
varier l’instant d’apparition hypothétique du défaut sur une fenêtre glissante de taille S
définie par W = [k − S ≤ r̃ ≤ k]. Si max{Ti (k,r̃ − ρi } > ε alors un saut est détecté à
l’instant k et isolé par (j,ˆr̃) = argmax{Ti (k,r̃ − ρi )} avec r̂ = ˆr̃ − ρi l’estimation de l’instant
d’apparition du saut. Les quantités
ν̂(k + 1,r̂) = aj (k,r̂)−1 bj (k,r̂) (1.48)
P ν (k + 1,r̂) = aj (k,r̂)−1 (1.49)
représentent l’estimation optimale de l’amplitude du défaut au sens du maximum de vrai-
semblance. Le choix du seuil de détection est couplé avec le choix de la dimension de la
fenêtre glissante et leur calcul optimal reste encore actuellement un problème ouvert. Le
traitement multi-défauts de types séquentiels consiste alors à compenser l’effet de ce défaut
par la réactualisation de l’estimation d’état du filtre de Kalman afin d’accroı̂tre son adapta-
tivité face à la nouvelle situation du système. La nouvelle initialisation du filtre est donnée
par
x̂nouveau
k+1 = x̂ancien
k+1 + ζj (k + 1,r̂)ν̂(k + 1,r̂) (1.50)
nouveau ancien
Pk+1 = Pk+1 + ζj (k + 1,r̂)P ν (k + 1,r̂)ζj (k + 1,r̂)T (1.51)
1.4 Filtres de détection 23
Cette technique d’adaptation pose un problème majeur relatif à l’adéquation du filtre par
rapport à la nouvelle situation du système. En présence d’un ou de plusieurs défauts, le
filtre de Kalman toujours conçu sous l’hypothèse sans défaut ne permet pas leur réjection
statistique au cours du temps sans changement du modèle de conception du filtre.
1.3.3 Conclusion
Dans cette partie, le diagnostic multi-défauts des systèmes stochastiques a été abordé
par le biais du filtre de Kalman et du test du GLR. Sur le test du GLR, nous avons pris
en compte les indices de détectabilité des biais qui seront utilisés à la section suivante dès
la conception du filtre. Dans le contexte multi-défauts, cette technique est très difficile à
implémenter car elle nécessite l’adaptation du filtre de Kalman après chaque détection et
localisation d’un défaut. La troisième partie de ce chapitre va s’orienter vers une autre
catégorie de techniques de générations de résidus appelées filtres de détection, une structure
spéciale du filtre de Kalman permettant la génération de résidus directionnels afin d’éviter
la phase de reconfiguration du filtre de Kalman après chaque détection et localisation d’un
défaut et donc de simplifier la phase de décision.
Le filtre détecteur de défauts est une classe particulière d’observateurs d’ordre plein
permettant la génération d’un résidu directionnel et la détection et l’isolation de plusieurs
défauts dans le cas où ceux-ci apparaissent séquentiellement ou simultanément.
Par une approche intuitive, Beard (1971) a été le premier à introduire la théorie des filtres
détecteurs. Par la suite, Massoumnia a formalisé la solution du problème à l’aide d’une
synthèse géométrique. La synthèse du filtre a ensuite été réalisée par White et Speyer (1987)
via une approche spectrale et par Park et Rizzoni (1994) par un placement de valeurs et de
vecteurs propres de la matrice de transition du filtre. Le point commun entre ces approches
est la construction des espaces de détection associés à chaque défaut. La dimension de l’es-
pace de détection est une propriété structurelle importante du système. Dans Beard (1971),
l’espace de détection est engendré par un générateur de détection. Ce problème a été résolu
par Kim et Park (1999) en se basant sur une analyse structurelle des zéros invariants du
système. Pour permettre la synthèse des filtres détecteurs au cas des systèmes stochastiques,
une interprétation particulière du filtre détecteur a été proposée par Park et Rizzoni (1994.a)
et utilisée par Park et Rizzoni (1994.b) pour son optimisation dans le contexte stochastique.
24 Chapitre 1 : Diagnostic des systèmes linéaires stochastiques
(" # ) " #
ωk h i W 0
E ωjT υjT = δk,j (1.53)
υk 0 V
avec Ξ = (I − (CF )(CF )+ ) où les gains K+ et K̄ représentent les degrés de liberté qui
restent disponibles pour l’optimisation du filtre. La deuxième étape consiste à minimiser la
trace de la matrice de covariance des erreurs d’estimation P satisfaisant l’équation
où
Le problème principal lié à cette approche est la recherche itérative de la solution de ces
deux équations couplées ainsi que la détermination des conditions d’existence d’une solution
stabilisante non définie explicitement par Park et Rizzoni (1994.b).
Le filtre détecteur que nous allons décrire maintenant permet de définir explicitement
l’existence d’une solution stabilisante garantissant la génération de résidus directionnels
stable permettant de s’affranchir de l’erreur d’estimation initiale.
(" # ) " #
ωk h i W 0
E ωjT υjT = δk,j (1.63)
υk 0 I
On considère le filtre suivant
x̂k+1 = Ax̂k + Buk + K(yk − C x̂k )
(1.64)
dˆk = L(yk − C x̂k )
Par rapport à Park et Rizzoni (1994), on note la présence d’un gain de sortie L de di-
mension (q,m). L’objectif est le calcul des gains L et K tels que la fonction de transfert entre
les défauts dk et dˆk satisfasse l’équation suivante
LΨ = I (1.71)
rang(Ψ) = q (1.72)
K = ωΠ + K̄k Σ (1.73)
L=Π (1.74)
avec Σ = β(I − ΨΠ), Π = Ψ+ et ω = AD où β est une matrice arbitraire choisie telle que
rang(Σ) = m − q et où K̄k ∈ ℜn,m−q représente le gain libre décrivant les degrés de liberté
restant disponibles pour l’optimisation du filtre. Le gain libre est calculé afin de minimiser
la trace de la matrice de covariance P̄k définie par
Le terme ēk = (ek − E(ek )) représente l’erreur d’estimation d’état sans défaut décrite par
P̄k+1 = (A − (ωΠ + K̄k Σ)C)P̄k (A − (ωΠ + K̄k Σ)C)T + W + (ωΠ + K̄k Σ)(ωΠ + K̄k Σ)T
(1.78)
ou si et seulement si
" #
zI − A D
rang = n + q, |z| ≥ 1. (1.82)
C 0
et
h i
rang jw 1/2 = n, w ∈ [0,2π] (1.83)
−e I + A D W
avec
et
où γk ∈ ℜm−q est le résidu découplé des défauts représentant l’innovation du filtre et qkr ∈
ℜq le résidu sensible aux défauts produisant une estimation de leurs amplitudes à temps
minimale lié à leurs indices de détectabilité.
En raison de la paramétrisation L = Π simpliste du gain de sortie, ce filtre ne génère pas
une estimation de l’amplitude des défauts à minimum de variance. Un des objectifs de nos
travaux sera de remédier à ce problème. Le schéma d’implémentation de ce filtre est donné
par la figure 1.1.
Pour illustrer cette approche considérons le système discret suivant:
λ1 1 0 0 1 0
0 λ 1 1 h i 0 0 1 0 0 0
2
A= , F = f1 f2 = , C = 0 1 0 0 (1.90)
0 0 λ3 1 0 0
0 0 1 0
0 0 0 λ4 0 1
1.5 Conclusion 29
w d v
u y
+
Système +
q
Π
+ x̂+ x̂ ŷ + r
+ retard C −
+
γ
Σ
+ K
+
La condition d’existence des observateurs à entrées inconnues n’est pas satisfaite car
1 0
rangCF = 0 0 = 1 < 2 (1.91)
0 0
1.5 Conclusion
Ce chapitre a présenté deux approches différentes pour la synthèse d’un filtre de détection
dans le cas des systèmes dynamiques stochastiques. Basés sur les travaux de Keller (1999),
les objectifs du chapitre suivant seront
30 Chapitre 1 : Diagnostic des systèmes linéaires stochastiques
∗ de concevoir un filtre détecteur sous une condition d’existence moins restrictive que
rang(Ψ) = q en se basant sur une analyse des zéros infinis du transfert C[Iz − A]−1 F ,
Chapitre 2
Nous proposons dans ce chapitre une nouvelle approche de synthèse d’un filtre de détection
basée sur l’inversion du système. La condition d’existence du filtre, moins restrictive que celles
rencontrées dans le chapitre précédent, correspondra à la condition d’existence d’une inverse
à gauche stable. Le calcul de l’inverse à gauche du système sera effectué par l’intermédiaire
de la matrice d’intéraction du système décrivant la structure des zéros infinis du système.
La structure des zéros à l’infini ne sera plus contrainte de respecter une structure diagonale
et l’estimation temps minimal des amplitudes de défauts sera à minimum de variance par
l’introduction d’un degré de liberté supplémentaire sur le gain de sortie du filtre. L’analyse
structurelle du filtre permettra de montrer que le filtre détecteur génère une estimation op-
timale réduite de l’état du système de dimension maximale. Une version simplifiée de ce
filtre sera obtenue pour le diagnostic multi-défauts des systèmes dynamiques stochastiques
affectés par des entrées inconnues.
" #
−ejw I + A F H
rang = n + m, ∀w ∈ [0,2π] (2.3)
C N G
où ẑk+1 est la prédiction de x̂k+1 basée sur les mesures disponibles jusqu’à l’instant k, K le
gain du filtre et L le gain de projection du résidu
Premier cas : avec rang(N ) = q, les mesures qui sont affectées directement par les
défauts apportent une information suffisante pour la reconstruction sans retard du vecteur
défaut. La reconstruction des défauts peut alors être obtenue par le calcul de G(z) tel que
le résidu de sortie réduit soit donné par
sous la contrainte G(z)Hd (z) = I où G(z) représente alors l’inverse à gauche de Hd (z). Les
degrés de liberté restant disponibles sur K et L après la paramétrisation de G(z)Hd (z) = I
seront calculés dans le but de minimiser kG(z)Hw (z)k2 où kF (z)k2 est la norme au sens H2
Rπ
définie par kF (z)k22 = 1/2π −π tr[F (ejθ )F ∗ (e−jθ )] avec F ∗ (ejθ ) = F T (e−jθ ) . Dans ce cas, la
2.1 Filtre de détection sans entrée inconnue 33
Deuxième cas : si rang(N ) < q, nous généralisons les résultats précédents. Le résidu
ˆ
rk sera filtré par un filtre à réponse impulsionnelle finie ξ(z) ˆ
tel que r̂(z) = ξ(z)r(z) soit
exprimé par
ˆ
r̂(z) = z −α d(z) + ξ(z)G(z)H w (z)w(z) (2.7)
ˆ
sous la contrainte ξ(z)G(z)H d (z) = Iz
−α ˆ
où ξ(z)G(z) représente l’inverse à gauche à temps
minimal de Hd (z). Les degrés de liberté restant disponibles sur K et L seront calculés dans le
° °
ˆ
but de minimiser °ξ(z)G(z)H °
w (z) 2 . Dans ce cas, la prédiction ẑk+1 ne sera pas la prédiction
optimale de l’état entier xk+1 . Une analyse structurelle permettra de montrer que ẑk+1 sera
la prédiction optimale d’une partie réduite de l’état xk+1 de dimension maximum.
avec Σ = β(I − N N + ) où β est une matrice arbitraire choisie telle que rang(Σ) = m − q.
Sous les conditions énoncées précédemment, il existe un gain K̄ tel que le filtre sous sa forme
d’état suivante
à " # " # !
N + C + L̄C̄ I
Γ(K̄) = Ā − K̄ C̄, 0, , (2.10)
C̄ 0
avec Ā = A − F N + C et C̄ = ΣC soit stable. L’état du système Γ(K̄) n’est pas affecté par
dk et l’état ẑk du filtre représente donc la prédiction non biaisée de l’état entier xk .
34 Chapitre 2 : Filtre de détection basé sur l’inversion du système
En additionnant les quantités nulles K̄Σ(yk − Cx∗k ) et L̄Σ(yk − Cx∗k ) dans (2.16) et (2.17),
on obtient
à " # " # !
N + C + L̄C̄ I
où Γ(K̄) = Ā − K̄ C̄,0, , est la représentation de (2.24), (2.25)
C̄ 0
et (2.26). L’erreur de prédiction ek n’est pas affectée par le défaut dk et l’état du filtre ẑk+1
correspond à la prédiction de l’état entier xk+1 .
" # I 0 " #" #
−Iz + A F " # −Iz + A F I 0
On a rang = rang N+ =
C N 0 C N −N + C I
Σ
−Iz + Ā F " #
N+
rang 0 I car est inversible pour un β choisit tel que rang(Σ) = m − q.
Σ
C̄ 0
Les
modes inobservables
de la paire (Ā,C̄) sont les zéros invariants de Γ = (A,F,C,N )
−Iz + Ā F " #
−Iz + Ā
( 0 I n’est pas de rang pleine colonne ssi rang < n). Sous la
C̄
C̄ 0
" #
−Iz + Ā
condition (2.2), on a rang = n, ∀z ∈ C, |z| ≥ 1, la paire (Ā,C̄) est donc
C̄
détectable et il existe K̄ tel que Ā − K̄ C̄ soit stable.
Théorème 2 : Sous (2.8), la norme H2 de G(z)Hw (z) est minimum par rapport aux pa-
ramètres libres K̄ et L̄ ssi
P = ĀP ĀT + H̄ H̄ T − (ĀP C̄ T + H̄ ḠT )−1 (C̄P C̄ T + ḠḠT )−1 (ĀP C̄ T + H̄ ḠT ) (2.29)
° °2
est l’unique solution stabilisante (Ā − K̄ C̄ stable) sous (2.2) et (2.3). On a °G(z)Hw (z)°2 =
tr(J) avec
J = N + [CP C T + GGT − (CP C̄ + GḠT )(C̄P C̄ T + ḠḠT )−1 (C̄P C T + ḠGT )](N + )T (2.30)
avec ḠḠT = ΣGGT ΣT > 0 (car G et Σ sont de rang pleine ligne). En remplaçant (2.35)
dans (2.34) on obtient (2.29).
Pour montrer que P est une solution stabilisante, (2.34) peut s’écrire sous la forme d’une
équation de Ricatti standard
où (CP C T + GGT ) est la matrice de covariance du résidu yk − C ẑk . De (2.37), la trace de J
est minimum par rapport à K̄ et L̄ ssi
avec rang(N̂α ) = q. La matrice unitaire d’interaction ξ(z) ainsi que F̂α et N̂α peuvent être
calculées par l’algorithme de Silverman (1969) rappelé en annexe B.
Preuve Supposant que l’algorithme d’inversion de Silverman soit appliqué pour cal-
culer l’inverse à droite du système transposé ΓT = (AT ,C T ,F T ,N T ) où HdT (z) = F T (Iz −
AT )−1 C T +N T . La matrice d’interaction ξ T (z) unitaire (ξ T (z)[ξ T (z)]∗ = I) telle que ĤdT (z) =
ξ T (z)HdT (z) = [F̂αT (Iz − AT )−1 C T + N̂αT ] est alors obtenue. En transposant ces résultats, on
obtient la matrice d’interaction unitaire ξ(z) = ξ0 (z)ξ1 (z) . . . ξα−1 (z) satisfaisant (2.39). Pour
montrer que (2.2) est la condition d’existence de ξ(z), définissons le rang-normal de la matrice
du système par
" # " #
−Iz + A F −Iz + A F
rang − normal = rang , ∀z ∈/ σ(z) (2.40)
C N C N
conduisant à rang −normal(Hd (z)) = q sous (2.2) décrivant la condition pour que le système
soit à minimum de phase. Dans Wolowich et Falb (1976) rang − normal(Hd (z)) = q est la
condition d’existence d’une matrice d’interaction.
Lemme
" 2 Sous la#condition"(2.2), l’entier α#est fini et
−Iz + A F̂α −Iz + A F
rang = rang .
C N̂α C N
" # I 0 z −1 F̄i
I 0
Preuve Soit Mi (z −1 ) = 0 Iq i 0 la matrice unimodulaire telle que
0 Si
0 0 Iq−qi
Γi+1 (z) = Γi (z)Mi (z ) où Γi (z) représente le système à la ieme étape de l’algorithme
−1
de Silverman
" de l’annexe# B. A l’étape finale " α, cette équation
# "récursive initialisée
# par
−Iz + A F −Iz + A F̂α −Iz + A F
Γ0 (z) = donne Γα (z) = = Q(z −1 )
C N C N̂α C N
" #
I ×
où Q(z −1 ) = F0 (z −1 )F1 (z −1 )..Fα−1 (z −1 ) = avec Sα = S0 S1 ..Sα−1 conduisant à la
0 Sα
38 Chapitre 2 : Filtre de détection basé sur l’inversion du système
relation de rang
" # " #
−Iz + A F̂α −Iz + A F
rang = rang ∀z, |z| < ∞. (2.42)
C N̂α C N
" #
I 0
Dans le cas limite où |z| → ∞, on a Q(z −1 ) → , F̂α → F Sα , N̂α → N Sα et donc
0 Sα
" # " # " #
−Iz + A F̂α −Iz + A F Sα −Iz + A F
lim rang = lim rang = lim rang
|z|→∞ C N̂α |z|→∞ C N Sα |z|→∞ C N
(2.43)
" # " #
−Iz + A F̂α −Iz + A F
car Sα est inversible. On conclut que rang = rang ∀z.
C N̂α C N
ˆ = z −α ξ(z) où α est le
Définissons le filtre à réponse impulsionnelle finie (FIR) par ξ(z)
degré de ξ(z). Le théorème 3 va généraliser le théorème 2 au cas des systèmes dynamiques
ˆ
à retard par le filtrage de la sortie du filtre par ξ(z).
ˆ
Théorème 3 Les inverses à gauche temps minimal ξ(z)G(z) de Hd (z) satisfaisant l’équation
ˆ
ξ(z)G(z)H d (z) = Iz
−α
(2.44)
et Σ̂ = β̂(I − N̂α N̂α+ ) où β̂ est une matrice arbitraire telle que rang(Σ̂) = m − q. Sous (2.2)
il existe K̂ tel que le filtre décrit par
à " # " # !
N̂α+ C + L̂Ĉ N̂α+ N
Γ(K̂) = Â − K̂ Ĉ, F̂ , , (2.46)
Ĉ 0
avec  = A − F̂α N̂α+ C, Ĉ = ΣC et F̂ = F − F̂α N̂α+ N soit stable. L’état du système Γ(K̂)
est affecté par les défauts dk et l’état ẑk du filtre (2.4) n’est pas la prédiction non biaisée de
l’état entier xk .
ˆ
Théorème 4 Soit Ĥ = H − F̂α N̂α+ G et Ĝ = Σ̂G. La fonction de transfert ξ(z)G(z)H w (z)
est minimisée au sens H2 par rapport aux paramètres libres K̂ et L̂ ssi
où P solution de
P = ÂP ÂT + Ĥ Ĥ T − (ÂP Ĉ T + Ĥ ĜT )(ĈP Ĉ T + ĜĜT )−1 (ÂP Ĉ T + Ĥ ĜT )T (2.53)
est garantie d’être une solution stabilisante sous les conditions de rang (2.2) et (2.3). On a
° °2
ˆ
°ξ(z)G(z)H °
w (z) 2 = tr(J) avec
J = N̂α+ [CP C T + GGT − (CP Ĉ T + GĜT )(ĈP Ĉ T + ĜĜT )−1 (ĈP C T + ĜGT )](N̂α+ )T
(2.54)
40 Chapitre 2 : Filtre de détection basé sur l’inversion du système
° °2
ˆ
°ξ(z)G(z)H °
d (z) 2
Le rapport signal sur bruit λ = ° °2 est maximisé par rapport à K̂ et L̂ car
ˆ
°ξ(z)G(z)H °
w (z) 2
1
λ= .
tr(J)
Démonstration 4 On a
Z π
° °2 1 © ª
ˆ
°ξ(z)G(z)H °
w (z) 2 =
ˆ jθ )G(ejθ )Hw (ejθ )] [ξ(e
tr [ξ(e ˆ jθ )G(ejθ )Hw (ejθ )]∗ (2.55)
2π −π
Z π
1 © jθ ∗ jθ ª ° °
= ˆ )ξˆ (e )[G(ejθ )Hw (ejθ )] [G(ejθ )Hw (ejθ )]∗ = °G(z)Hw (z)°2
tr ξ(e (2.56)
2π −π 2
° °2
ˆ
La minimisation de °ξ(z)G(z)H °
w (z) 2 par rapport K̂ et L̂ est donc équivalente à la mini-
° °2
misation de °G(z)Hw (z)°2 par rapport à K̄ et L̄ étudiée au théorème 2. La substitution
de K = F̂α N̂α + K̂ Σ̂ et L = N̂α + L̂Σ̂ dans (2.31) et (2.32) donne (2.51), (2.52) et (2.53)
° °2 ° °2 ° −α °2
ˆ
avec °ξ(z)G(z)H ° 1 °ˆ
w (z) 2 = tr(J). On a λ = tr(J) car ξ(z)G(z)Hw (z) 2 =
° °Iz ° = 1.
2
Pour montrer que la solution P de (2.53) est une solution stabilisante (poles de  − K̂ Ĉ
à l’intérieur du cercle unité), on peut écrire (2.53) sous la forme d’une équation de Riccati
standard
b
e Ab be b
eT + Q b
e Ĉ T (ĈP Ĉ T + ĜĜT )ĈPA
eT
P = AP − AP (2.57)
b be
e = Â − Ĥ ĜT (ĜĜT )−1 Ĉ et Q
où A " = Ĥ#Ĥ T − Ĥ Ĝ"T (ĜĜ)−1 ĜĤ T . De
# l’équation (2.57) et l’aide
−Iz + A F̂α −Iz + A F
de la condition rang = rang démontrée au lemme 2, on
C N̂α C N
be Ĉ) est équivalente à (2.2). De la même façon, on
montre que la détectabilité de la paire (A,
b
eQ b 1/2
e
montre que la non existence de modes non commandables de la paire (A, ) sur le cercle
unité est équivalente à (2.3).
Due aux effets additifs de l’erreur d’estimation initiale e0 = x0 − ẑ0 et du défaut dk , on a
α
X X α
∗ + k
E(rk ) = Wj dk−j + (N̂α C + L̂Ĉ)(Â − K̂ Ĉ) e0 pour k ≥ α où Wj∗ z −i = ξ ∗ (z). Sous la
j=0 j=0
X α
condition (2.2) et (2.3), Â − K̂ Ĉ est stable et la relation E(rk ) = Wj∗ dk−j sera atteinte à
j=0
la convergence du filtre. A la convergence, on aura E(r̂k ) = dk−α où la ieme composante de r̂k
est sensible à l’occurence de la ieme composante de dk et complètement découplée des autres.
L’entier α représente le temps de retard structurel pour l’isolation multi-défauts qu’on ne
doit pas confondre avec le temps de retard de détection du ieme défaut. Cette remarque
ˆ pour concevoir correctement un test statistique
justifie a posteriori l’utilisation du filtre ξ(z)
sur chaque composante de r̂k , la principale nouveauté de notre approche par rapport aux
filtres détecteurs de défauts disponibles dans la littérature.
2.1 Filtre de détection sans entrée inconnue 41
Dans cette section, nous étudions les propriétés structurelles du filtre détecteur. On mon-
trera que le reconstructeur de défauts coı̈ncide avec l’observateur d’état réduit à entrée in-
connue de Kobayashi et Nakamizo (1982), le seul observateur à entrées inconnues conçu par
l’inversion du système existant dans la littérature.
Γ(F̂α N̂α ) = (A − F̂α N̂α+ C,F − F̂α N̂α+ N,C,N ) = (Â,F̂ ,C,N ) (2.58)
h i
j n−1
Soit µ = rank(Θ) avec Θ = Im F̂ . . . Â F̂ . . . Â F̂ . Les n − µ lignes de Q
satisfaisant l’équation QΘ = 0 décrivent le sous-espace prédictable maximum et les µ lignes
de X définies par XQT = 0 engendrent le sous-espace
" # de détection Ω de dimension µ. Soit
Q
la matrice de transformation suivante T = telle que
X
" # " #
max
A 0 0
T ÂT −1 = , T F̂ = (2.63)
× Amin F min
h i
ĈT −1 = C max
0 (2.64)
Dans une base polynomiale minimale décrite par les q lignes de ξ ∗ (z), il existe deux matrices
unimodulaires φ(z) et ω(z) telles que
h i
φ(z)ξ ∗ (z)ω(z) = diag z −ρ1 . . . z −ρi . . . z −ρq (2.67)
avec ρ1 ≤ ρ2 ≤ . . . ≤ ρq où ρi sont les degrés des lignes de ξ ∗ (z) (Kailath, 1980) et où (2.67)
est la forme de Smith-MacMillan de (2.66). La plus petite réalisation d’état de Fdmin (z)
q
X
est égale à µ = ρi , la dimension de Ω. Pour une réalisation minimale, les degrés des
j=1
lignes de ξ ∗ (z) (les degrés des colonnes de ξ(z))) sont les indices d’observabilité et α =
max{ρi } est " l’indice# d’observabilité. Il existe alors toujours une transformation d’état de
Q
type T̄ = −1
où S est calculé telle que la réalisation de Fdmin (z) soit donnée par
S X
(Āmin , F̄ min , C̄ min , N min ) avec Āmin = S −1 Amin S, F̄ min = S −1 F min et C̄ min = C min S
représentant une forme observable (O’reilly, 1983). F̄dmin (z) = Fdmin (z) et (2.67) implique
que Āmin soit une matrice nilpotente d’indice α = maxρi , c’est-à-dire telle que (Āmin )α = 0.
Sous (Āmin )α = 0, on conclut que Amin possède µ valeurs propres nulles.
2.1 Filtre de détection sans entrée inconnue 43
Théorème 6 Les valeurs propres fixes du sous-espace prédictable sont les zéros invariants
du système Γ = (A,F,C,N ). Les µ modes à zéro de l’espace de détection sont les images
miroirs des zéros infinis de Γ = (A,F,C,N ). Le reconstructeur de défauts possède donc toutes
les propriétés structurelles d’un filtre linéaire optimal (Kwakernaak, 1976).
Démonstration 6 Pour des systèmes MIMO, le nombre des zéros infinis du système cor-
q
X
respond à l’ordre µ = ρi de ξ(z) (Wolovich et Falb, 1976). Les modes inobservables de la
j=1
" # " #
A max
0 h i Q
paire (Â,Ĉ) (ou de la paire ( min
, C max 0 ) sous T = ) sont les zéros
× A X
invariants de Γ incluant les µ modes nuls et inobservables de Amin (image miroir des zéros
infinis de Γ) situés dans l’espace de détection Ω et les modes stables inobservables de Amax
(les zéros invariants stables du système dans le cas d’un système à minimum de phase) sont
situés dans le sous-espace prédictable rejoignant ainsi les travaux de Kobayashi et Nakamizo
(1982).
max
Théorème 7 La portion dynamique du reconstructeur de défauts décrite par ẑk+1 = Qx̂k+1
max T max
et P = QP Q est une prédiction optimale de zk+1 = Qxk+1 . Le filtre d’ordre n − µ décrit
par
ẑk+1 = Amax ẑkmax + K max γk (2.68)
γk = Σ̂yk − C max ẑkmax (2.69)
où
K max = (Amax P max C maxT + H max ĜT )(C max P max C maxT + ĜĜT )−1
P = Amax P max (Amax )T + H max (H max )T − (Amax P max C maxT + H max ĜT ) (2.70)
(C max P max C maxT + ĜĜT )(Amax P max C maxT + H max ĜT )T
représente une extension stochastique de l’observateur réduit de Kobayashi et Nakamizo
(1982).
conduisant aux relations (2.71). K max minimise tr(P max ) indépendamment de P12 et P22 . Le
filtre optimal d’ordre n − µ est donc dérivé de T ẑk+1 = T ÂT −1 ẑk + T (F̂α N̂α+ + K̂ Σ̂)(yk −
CT −1 ẑk ) avec QF̂α = 0. Par rapport à l’observateur d’ordre réduit de Kobayashi et Nakamizo
(1982) où tous les états sont estimés avec α = 0 ou α = 1, le filtre réduit (2.68) et (2.69)
donne la prédiction optimale de l’état entier ssi α = 0. Avec α = 0 l’espace de détection Ω
n’existe pas (µ = 0) et le filtre (2.68) et (2.69) correspond alors au reconstructeur parfait de
la section précédante.
Remarque2 Dans le cas continu, Chen et al. (2003) ont proposé une structure du filtre
détecteur de défauts optimal lorsque γ → 0. Dans ce cas, les µ modes fixés du filtre, cor-
respondant aux images miroirs des µ zéros infinis, tendent vers zéro. Autour de cette limite,
le filtre continu est alors toujours mal conditionné pour son implémentation numérique car
contenant alors deux echelles de temps. Conçue directement dans le cas discret, l’imple-
mentation du reconstructeur de défauts évite les problèmes numériques que l’on rencontre
lorsque l’on discrètise des systèmes à modes extrémement rapides.
Cet exemple décrit les différentes étapes de la synthèse du reconstructeur de défauts dans
le contexte de la remarque 1. On considère le système discret Γ = (A,F,C) décrit par
λ1 0 0 0 1 1
1 0 0 0 " #
1 λ2 0 0 h i 0 1 d1k
A= , C = 0 0 1 0 , F = f1 f2 = et dk =
0 1 λ3 0 0 0 d2k
0 0 0 1
0 0 1 λ4 0 0
(2.72)
2.1 Filtre de détection sans entrée inconnue 45
" # 2
" √ # " #
dˆ1k X 0 − 23 0.5 0
= Wj rk−j avec W0 = √ et W1 = .
dˆ2k j=0
0 2
3
0.5 0
Après l’optimisation du filtre via le calcul de K̂ et L̂ qui ne dépend pas du choix de η car la
paire (Amax ,C max ) = (λ4 ,η) est observable ∀η 6= 0 assurant la condition rank Σ̂ = 1 (λ4 n’est
pas un "zéro invariant fini), ˆ
# " la sortie
# "de ξ(z) #donnera une estimation à variance minimale du
d1k r̂k1 d1k−2
défaut tel que E( ) = est atteinte après la convergence du filtre.
d2k r̂k2 d2k−2
" #
X
Cet exemple donne la matrice de transformation d’état suivante T = avec X =
Q
1 0 0 0 h i
0 1 0 0 et Q = 0 0 0 1 tel que XQT = 0. Alors, la paire (Amin ,F min ) =
0 0 1 0
0 0 0 0 0
−0.5λ2 λ2 −λ22 , 0 1 est de dimension µ = 3. Cela permet de montrer la
−0.5 1 −λ2 0 0
relation µ = ρ1 + ρ2 où ρ1 = 1 et ρ2 = 2 sont respectivement " les degrés
# de la première
1 0 0
et de la deuxième colonne de ξ(z). Avec C min = N̂2+ C = √ , on peut écrire
0 0 32
le système
Γmin =(Amin ,F min ,C min ) d’une manière équivalente en introduisant la matrice
1 0 0
S = 0.5 1 λ2 telle que
0 0 1
0 0 0 1 1 " #
1 0 0
Γmin = (S −1 Amin S,S −1 F min ,C min S) = 0 0 0 , 0 1 , √ où la
0 0 32
0 1 0 0 0
Ã" # " #!
N1 0 1 0 0
paire (S −1 Amin S,C min S) = , √ a une forme observable avec
0 N2 0 0 32
" #
0 0
N1 = [0] et N2 = deux matrices nilpotentes d’ indices de nilpoticité ρ1 = 1 et
1 0
2
0 0 0
ρ2 = 2. Avec α = max{ρ1 ,ρ2 } = 2, on a −0.5λ2 λ2 −λ22 = 0 illustrant la propriété
−0.5 1 −λ2
deadbeat de l’espace de détection Ω.
précédent ne peut être effectuée que sur le terme α correspondant alors au degré de la ma-
trice polynomiale ξ(z) représentant le temps de retard pour que tous les défauts (supposés
apparaı̂tre au même instant) aient une première répercussion différente sur les mesures (le
temps de retard pour l’isolation est plus important que pour la détection d’un défaut par-
ticulier sauf dans le cas d’une matrice diagonale satisfaisant ρi = ρj , ∀(i,j)). Dans le cas
stochastique, l’application du test de GLR nécessite la supposition d’un seul instant d’ap-
parition pour l’ensemble de tous les défauts hypothétiques (afin de rechercher l’hypothèse
la plus vraisemblable parmi l’ensemble de toutes les hypothèses). L’application d’un test de
détection globale nécessite donc de retarder globalement l’ensemble des défauts d’un retard
ˆ
α (c’est le rôle du post filtre ξ(z)), même s’il existe un ou plusieurs défauts qui ont une
répercussion plus rapide que α. La section du chapitre 1 portant sur la prise en compte du
retard sur le test du GLR dans le cas d’une matrice d’intéraction diagonale permet effective-
ment de ne pas retarder systématiquement la détection de tous les défauts de α = max(ρi )
grâce à l’utilisation d’un changement de variable sur l’instant hypothétique d’apparition de
chaque défaut. Il semble qu’avec le recul, cette technique ne soit pas la bonne car les me-
sures prises en compte pour la recherche de l’hypothèse la plus vraisemblable ne sont pas les
mêmes (fenêtres glissantes de dimensions différentes pour chaque défaut si ρi 6= ρj , ∀(i,j)).
2.1.5 Conclusion
Nous avons présenté une approche complètement différente de celles qui existent dans la
littérature pour la conception d’un filtre de détection robuste dans le contexte H2 . Basés sur
la paramétrisation de toutes les inverses à gauche du système, les degrés de liberté restant
disponibles sont alors utilisés pour minimiser la norme H2 du transfert entre les défauts et
leurs estimations produites par la sortie du filtre. La remise en forme du signal de sortie du
filtre est effectuée à l’aide d’un filtre à réponse impulsionnelle finie construit par rapport à la
structure des zéros infinis du système. L’étude de la structure géométrique du filtre détecteur
a permis de montrer qu’il génère une estimation d’état réduite de dimension maximum.
Cette partie réduite maximale de l’état que l’on peut prédire d’une manière optimale ainsi
que l’estimation temps minimal des défauts produits par le filtre seront d’une importance
capitale pour la conception des lois de commande tolérantes aux défauts étudiées au chapitre
3.
à développer une méthode de diagnostic robuste dans le cas stochastique où le résidu généré
est découplé des entrées inconnues mais où le problème de l’estimation des défauts n’est pas
étudié. Récemment, Chen et Speyer (2002) ont proposé un filtre détecteur robuste permet-
tant un découplage parfait des résidus par rapport aux entrées inconnues mais ne permettant
que le traitement mono-défaut. Sur la base des travaux de Keller (1999), Parlangeli et Valcher
(2002) ont proposé un filtre permettant l’estimation des défauts en présence de perturba-
tions stochastiques et déterministes. Cependant, comme dans Keller (1999), l’estimation des
défauts produite par leur filtre, découplée des entrées inconnues, n’est pas à minimum de
variance. Cette section va résoudre ce problème par la prise en compte d’un degré de liberté
supplémentaire sur le gain de sortie du filtre. Cette partie sera organisée comme suit: Le pre-
mier paragraphe formalise le problème et le deuxième propose la solution avant de conclure
sur un exemple numérique illustratif.
Ã" # ! " #
wk h i W 0
E wjT vjT = δkj (2.76)
vk 0 I
où W ≥ 0 et V ≥ 0. L’état initial x0 est une variable aléatoire telle que E{x0 } = x̄0 et
E{(x0 − x̄0 )(x0 − x̄0 )T } = P̄0 est décorélé avec wk et vk . h i
−1
On suppose que la fonction de transfert du système Hdn = C (Iz − A) F M possède
une matrice d’intéraction ξdn (z) diagonale.
où x̂k est l’état du filtre, dˆk la sortie du filtre et où L ∈ ℜq,m et K ∈ ℜn,m sont les deux gains
du filtre.
L’erreur d’estimation ek = xk − x̂k et la sortie du filtre dˆk sont données
Définitions Les indices de détectabilité ([Liu et Si, 1997], .[Keller, 1999]) caractérisant le
retard ρi des défauts et le retard µi des entrées inconnues sont définis par
Les matrices de détectabilité associées aux défauts et aux perturbations sont respectivement
données par
h i
Ψf = CDf avec Df = Aρ1 −1 f1 . . . Aρi −1 fi . . . Aρq −1 fq
h i (2.83)
Ψm = CDm avec Dm = A µ −1 µ −1 µ −1
1
m1 . . . A i
mi . . . A s
ms
Après avoir donné toutes les solutions de (2.86) et (2.87), la synthèse des degrés de liberté
restant disponibles consistera à minimiser la trace de la matrice de covariance Pkd de l’erreur
d’estimation des défauts donnée par
¡
Pkd = E (dˆk − E(dˆk ))(dˆk − E(dˆk ))T ) (2.88)
h iT
où E(dˆk ) = d1k−ρ1 . . . dik−ρi . . . dqk−ρq est satisfaite à la convergence du filtre sous
les conditions (2.86) et (2.87).
50 Chapitre 2 : Filtre de détection basé sur l’inversion du système
K = ωΠ + K̄k Σ (2.89)
L = ̟Π + K̄k Σ (2.90)
h i h i
+
avec Σ = β(I − ΨΠ), Π = (Π) , ω = AD, Ψ = CD, D = Df Dm , ̟ = I 0 où
β une matrice arbitraire choisie telle que rang(Σ) = m − (q + s) et où K̄k ∈ ℜn,m−(q+s) et
L̄k ∈ ℜq,m−(q+s) sont les paramètres libres éventuellement temps variant.
Démonstration 8 On a
où
X
z −k−1 LC(A − KC)k fi = z −1 LCfi + z −2 LC(A − KC)fi + . . . (2.94)
k≥0
X
= LCAρi −1 fi z −ρi + LC(A − KC)k+1 Aρi −1 fi z −k−1−ρi (2.95)
k≥0
LΨf = I (2.100)
2.2 Filtre de détection à entrées inconnues 51
on obtient
LΨm = 0 (2.103)
Les équations (2.97), (2.101), (2.100) et (2.103) peuvent être écrites sous la forme matricielle
suivante
(A − KC)D = 0 (2.104)
LΨ = ̟ (2.105)
Avec (2.84), l’assignation spectrale (2.104) et la contrainte algébrique (2.105) peuvent être
paramètrées par
K = ωΠ + K̄k Σ (2.106)
L = ̟Π + L̄k Σ (2.107)
Il reste donc à calculer les paramètres libres K̄k et L̄k tels que la trace de la matrice de
covariance Pkd de l’erreur d’estimation des défauts soit minimale.
et
h i
rang −ejw I + A Df Dm W 1/2 = n, ∀w ∈ [0,2π] (2.109)
le filtre isolateur de défauts à entrées inconnues est décrit par les équations suivantes
avec
Soit edk = dˆk − E(dˆk ). En substituant (2.106) et (2.107) dans (2.118) et (2.119), on obtient
Les matrices de covariance de l’erreur de prédiction d’état P̄k = E(ēk ēTk ) et Pkd = E(edk edT
k )
satisfont
Les traces de P̄k+1 et Pkd sont minimisées par rapport K̄k et L̄k ssi
2.2.4 Conclusion
Nous avons présenté un filtre détecteur de défauts pour les systèmes linéaires stochas-
tiques affectés par des entrées inconnues. La sortie du filtre est une estimation temps mi-
nimal des défauts à minimum de variance découplée des perturbations sous des conditions
d’existence, de converge et de stabilité explicitement obtenues. Dans le cas où la condition
d’existence d’une matrice d’interaction diagonale n’est pas satisfaite, il est tout à fait pos-
sible d’étendre les résultats par une analyse plus fine de la structure des zéros infinis de la
matrice de transfert du système.
2.3.1 Introduction
Les défauts d’actionneurs sont souvent la cause majeure de la détérioration des perfor-
mances d’un système de contrôle/commande. Dans le but de maintenir les performances
2.3 Application à la perte d’efficacité d’actionneurs 55
où xk ∈ ℜn est le vecteur d’état, yk ∈ ℜm le vecteur de mesures et où uk ∈ ℜp sont les entrées
h iT
du système. nk = n1k . . . nik . . . npk ∈ ℜp est le vecteur des p facteurs d’efficacité
h i
i
satisfaisant −1 ≤ nk ≤ 0, i = 1,...,p., et B = b1 . . . bi . . . bp . Les bruits gaussiens
wk et vk de moyennes nulles sont non correlés avec
Ã" # ! " #
wk h i W 0
E wjT vjT = δkj (2.136)
vk 0 V
où W ≥ 0 et V ≥ 0. Les équations du modèle d’état précédent peuvent être réécrites comme
suit
h i h iT
où F(k,u) = b1 u1k . . . bi uik . . . bp upk et nk = n1k . . . nik . . . npk .
L’application temps variant du filtre de détection (sans entrées inconnues ici) est alors pos-
sible si F(k,u) conserve son rang égal à q tout au long du traitement, c’est-à-dire ssi la
commande uk ∈ ℜp appliquée au système n’est pas nulle, une condition non restrictive en
pratique sous la condition de ne pas perdre totalement le contrôle d’un actionneur.
1 0 0 0 0.2 0 0 0 " #
0 1 0 0 0 0.9 0 0 0.7 0
x
C= , W = , Wn = et V = I. (2.140)
0 0 1 0 0 0 0.5 0 0 1
1 1 1 0 0 0 0 0.1
h iT
b1 = 0.0447 0.3407 −0.5278 −0.0268 , n1 = −0.9, ρ1 = 1 (2.141)
h iT
b2 = 0.0167 −0.7249 0.4214 0.0215 , n2 = −0.5, ρ2 = 1 (2.142)
2.3.4 Conclusion
Nous avons présenté une application particulière de nos résultats dédiée à l’estimation
de la perte d’efficacité de la commande où l’amélioration de l’adaptativité est un résultat
très important dans le contexte de la commande tolérante aux défauts afin de générer une
commande reconfiguratrice très réactive à l’occurrence d’un problème de ce type.
58 Chapitre 2 : Filtre de détection basé sur l’inversion du système
2.4 Conclusion
Le chapitre 2 a présenté une nouvelle approche permettant le traitement multi-défauts
dans les systèmes dynamiques stochastiques discrets. Cette approche est basée sur le calcul
optimal de l’inverse à gauche du système permettant de remonter à la source du problème
en fonction des mesures disponibles à l’autre bout du système. En ce sens, cette nouvelle
approche est tout à fait naturelle mais sort du cadre de résolution du diagnostic multi-
défauts généralement résolu trop simplement par une approche basée observateur d’état.
On ne cherche pas ici à observer l’état du système qui résume seulement les conséquences
de la présence d’un ou de plusieurs défauts mais on a reconstruit ici directement la cause,
c’est-à-dire leurs amplitudes hypothétiques.
59
Chapitre 3
3.1 Introduction
La commande tolérante aux défauts a pour but de s’accommoder automatiquement de
l’effet des défauts tout en étant capable de maintenir la stabilité et au mieux les perfor-
mances nominales du système. La conséquence est d’éviter l’arrêt immédiat du système et
de permettre son fonctionnement en mode dégradé. Le problème majeur rencontré pour la
conception de telles lois de commandes est que la plupart des techniques de diagnostic sont
développées comme un outil de surveillance et non pas comme une partie intégrante de la
commande. Le problème général qui se pose est donc de savoir comment intégrer les tech-
niques de diagnostic existantes au profit de la commande tolérante aux défauts. Au chapitre
2, nous avons développé un filtre détecteur et réalisé son étude géométrique. Cette étude a
permis de montrer que le filtre de détection génère un espace de détection deadbeat. L’ob-
jectif de ce chapitre est de montrer comment utiliser notre filtre de détection afin de générer
une loi de commande à réactivité maximum permettant d’annuler très rapidement les effets
néfastes liés à l’apparition d’un ou de plusieurs défauts sur le système. Avant de donner
notre solution, un état de l’art de la commande tolérante aux défauts est réalisé.
∗ Accommodations passives. Elles sont basées sur l’idée simple que les défauts représen-
tent des perturbations que la loi de commande doit prendre en compte dès sa concep-
tion initiale engendrant une structure de contrôle fixe à paramètres fixes. Elles utilisent
les techniques de commande robuste par rapport aux incertitudes structurées que sont
60 Chapitre 3 : Commande tolérante aux défauts
3) Un mécanisme de reconfiguration.
Le problème critique dans cette approche est la limitation du temps disponible pour
le recalcul de la loi de commande à chaque instant de détection d’un défaut. Dans le
cas stochastique, ce type d’approche engendre aussi un autre problème très peu étudié
dans le contexte déterministe. Lors d’une fausse alarme ou d’une non détection, que
se passe-t-il sur la robustesse et les performances du système?. Cette thèse ne rentre
pas dans le cadre de ce type de commande très difficile à aborder dans le contexte
stochastique où la prise de décisions est toujours affectée d’un risque d’erreur.
Avant de présenter notre technique de commande tolérante aux défauts de type adap-
tative sans test de détection, nous rappelons quelques méthodes de reconfiguration basées
sur la pseudo-inverse, la commande adaptative pour des défauts de type interne, la com-
mande multi-modèles et la commande prédictive. Nous insisterons plus particulièrement sur
la stratégie de commande adaptative de type LQG proposée par Wu et al. (2000) obtenue
dans le cadre du traitement de défauts de type perte d’efficacité d’actionneurs.
3.2 État de l’art de la commande tolérante aux défauts 61
ẋ = Ax + Bu (3.1)
y = Cx (3.2)
u = −Kx (3.3)
L’apparition d’un défaut conduit à une modification du modèle décrit maintenant par
ẋf = Af xf + Bf uf (3.4)
yf = Cf xf (3.5)
uf = −Kf xf (3.6)
A − BK = Af − Bf Kf (3.7)
où Bf+ est la matrice pseudo-inverse de Bf . L’avantage de cette méthode est la simplicité
du calcul mais la solution n’est pas toujours satisfaisante car elle ne garanti pas la
stabilité en mode défaillant. La méthode de la pseudo-inverse modifiée (MPIM) a été
proposée par Gao et Antsaklis (1991) pour garantir cette stabilité. Un compromis doit
alors être trouvé entre la stabilité et les performances du système reconfiguré.
∗ Commande adaptative: Cette approche est naturelle pour résoudre le problème d’ac-
commodation aux défauts de type interne. En effet, lorsqu’un défaut interne apparaı̂t
sur le système, il entraı̂ne alors une modification de ses paramètres. L’identification
en ligne de ces paramètres permet alors la modification des paramètres du correcteur
à structure fixe. Ces méthodes ont souvent été testées en simulation dans le domaine
de l’aéronautique ([Dittmar, 1988], [Huang et Stengel, 1990], [Rausch, 1995]). Morse
et Ossman (1990) ont étudié un régulateur multivariable adaptatif défini par Sobel
et al. (1982) ajustant directement les gains du régulateur en temps réel. Cependant,
les auteurs soulignent la difficulté à déterminer les matrices de pondération nécessaires
au compromis stabilité/performance. Les différentes situations étudiées ne font souvent
intervenir que des défauts peu sévères et la présence de bruit n’est pas prise en compte.
ui = Ki X̂i (3.9)
où X̂i est l’estimation de l’état du système fournie par le ieme filtre. Une unité de
calcul des probabilités de Bayes permet de calculer les probabilités P (Hi /ri ) associées
à chaque modèle possible par
P (Hi )P (ri/Hi )
P (Hi /ri ) = Pn (3.10)
i=1 [P (Hi )P (ri /Hi )]
où P (ri /Hi ) désigne la probabilité conditionnelle de l’innovation ri issue du ieme filtre
et où P (Hi ) est la probabilité a priori du modèle Hi . La loi de commande globale
appliquée au système est alors déterminée par:
m
X
U = ui P (Hi /ri ) (3.11)
i=1
Cette méthode requiert le calcul a priori des gains des régulateurs correspondant à
chaque situation du système. Une méthode fondée sur le principe d’interaction a été
développée pour des défauts de type capteur et actionneur ([Ragot et al., 1998], [Zhang
et Jiang, 1999], [Yang et al., 2000]). Cette technique est basée sur une estimation d’état
reconfigurée permettant d’éviter la modification du gain de la commande par retour
d’état pour n’importe quelle situation du système.
leurs effets sur le système) doit être parfaitement connu, les défauts considérés doivent
être de faible amplitude de telle sorte que les objectifs à atteindre par le système
puissent rester inchangés après l’apparition des défauts [Maciejowski, 2000].
où les défauts nk sont modélisés par une équation de type biais aléatoire. Les bruits
wkx ,wkn et vk sont supposés de moyennes nulles non corrélés tels que
wkx h i Qx
0 0
E wkn wj wjn vj = 0 Qn 0 δkj (3.15)
vk 0 0 R
avec Qx > 0, Qn > 0 et R > 0. Les conditions initiales x0 et n0 sont supposées non
corrélées avec wkx , wkn et vk .
Introduisant des facteurs d’oubli sur le filtre de Kalman à deux étages développé par
Keller et Darouach (1997), Wu et al. (2000) ont permis l’adaptation du filtre par
rapport à des changements sur la valeur du biais nk en modifiant l’estimateur du biais.
On rappelle le filtre obtenu :
Estimateur du biais
où
avec
q
X
n i
Pk/k = αk/k eik (eik )T (3.24)
i=1
(
i
1 αk/k > αmax
λik = i αmax −αmin i
(3.25)
αk/k [αmin + αmax
αk/k ]−1 , i
αk/k ≤ αmax
Equations de couplage
Wk = AVk/k + Fk (3.33)
n n
Vk+1/k = Wk Pk/k (Pk+1/k )−1 (3.34)
Hk+1/k = CVk+1/k (3.35)
x
Vk+1/k+1 = Vk+1/k − K̃k+1 Hk+1/k (3.36)
Par le principe de séparation, la loi de commande obtenue par Wu et al. (2000) est
donnée par
3.3 Commande tolérante à réactivité maximum 65
sous la contrainte
La section suivante proposera d’éviter l’utilisation d’un test statistique par l’utilisa-
tion d’un filtre de Kalman augmenté à adaptativité maximum. Le retour d’état sera
calculé sur le même modèle que le filtre sur la base d’un rejet asymptotique des modes
non contrôlables. Cette loi de commande permettra le rejet des perturbations sans
connaissance a priori sur leurs modèles d’évolution et seront donc considérées comme
des entrées inconnues.
νk+1 = νk + wk (3.46)
66 Chapitre 3 : Commande tolérante aux défauts
où wk représente le bruit gaussien fictif de covariance fixant l’adaptativité du filtre de Kal-
man. Notre loi de commande tolérante aux défauts sera de la même façon conçue sur le
modèle du système à état augmenté mais l’estimation de ces deux quantités sera obtenue
par l’application du filtre de détection à état augmenté conçu sous le modèle d’évolution
suivant
f
X
νk+1 = νk + ∆νj δk,kj (3.47)
j=1
où kj est l’instant du changement impulsionnel sur le biais, ∆νj l’amplitude du j eme saut
impulsionnel, δk,kj l’opérateur de Kronecker.
νk
∆ν f
∆ν 2
∆ν1
k
k1 k2 kf
f
X
En présence des défauts impulsionnels dk = ∆νj δk,kj l’estimation de l’état augmenté
j=1
Ẑk donnée par le filtre détecteur retrouvera son caractère non biaisé E(Ẑr+α+1 ) = Xr+α+1
après un temps minimal donné par α + 1. Ẑk sera donc une estimation d’état reconfigurée
en temps minimal ou à adaptativité maximale. C’est cette propriété qui est utilisée ici pour
le développement d’une loi de commande tolérante à des perturbations constantes par mor-
ceaux. Le gain du retour d’état de la loi de commande sera calculé sur la base d’une technique
de rejet des modes non contrôlables νk . Pour simplifier la présentation, on ne considère que
des défauts de type actionneur ou système. Soit le système suivant
f
X
rangF = q, rangG = m, q ≤ m où dk = ∆νj δk,kj représente un signal fictif de type
j=1
impulsionnel. Sans perte de généralité, on suppose ici que p = m, c’est à dire que le nombre
de commande est" égal
# au nombre de sortie à réguler.
xk
Avec Xk = , le système (3.48; 3.49; 3.50) s’écrit
νk
" #
−Iz + Ā F̄
rang = n + 2q, ∀z ∈ C, | z |≥ 1 (3.53)
C̄ 0
et (3.54)
" #
−ejw I + Ā F̄ H̄
rang = n + q + m, ∀w ∈ [0,2π] (3.55)
C̄ 0 G
b̄ Ẑ + B̄u + F
Ẑk+1 = A b̄ +
b̄ N b̄
k k α α yk + K γ̄k (3.56)
b̄ − C
γ̄ = Σy b̄ Ẑ (3.57)
k k k
T T T T
b̄ = (AP
K b̄ C ˆG
b̄ + H̄ b̄ )(CP
b̄ C
b̄ + G
b̄ G
b̄ )−1 (3.58)
" #
P x Pkxν
où P̄ = est solution de
P νx P ν
b̄ T + F
b̄ P̄ A
P̄ = A b̄ T − (A
b̄ F b̄ T + F
b̄ P̄ C b̄ T )(C
b̄ G b̄ T + G
b̄ P̄ C b̄ T )−1 (A
b̄ G b̄ T + F
b̄ P̄ C b̄ T )T (3.59)
b̄ G
avec
b̄ = Ā − F b̄ +
b̄ N b̄ b̄ b̄ b̄ b̄ + b̄ b̄
A α α C̄, C = ΣC̄, H = H̄ − F α N α G et G = ΣG.
Rappelons que l’espace de détection est deadbeat. Donc, suite à l’apparition de l’impul-
f
X
sion dk = ∆νj δk,kj à l’instant r modélisant un saut d’amplitude ∆νk sur νk , l’erreur
j=1
d’estimation du filtre atteignable par ∆νk va décroı̂tre à zéro en un temp minimal. C’est
cette propriété qui est utilisée ici pour la conception d’une loi de commande à réactivité
maximum par rapport aux changements abrupts induits par l’entrée impulsionnelle fictive
68 Chapitre 3 : Commande tolérante aux défauts
f
X
dk = ∆νj δk,kj . Notons que la structure particulière du système à état augmenté engendre
j=1
un espace de détection incluant forcément l’état νk . L’estimation de νk sera donc garantie
d’être à adaptativité maximum.
Nous proposons le calcul de la commande par retour d’état
" #
h i x̂
k
uk = −LẐk (ou uk = − Lx Lν ) (3.60)
ν̂k
Posons
uk = unk − G1 νk (3.63)
où unk = −L̄x̄k est la loi de contrôle stabilisante nominale supposée avoir été calculée par
une technique quelconque sur le système sans défaut
Sous la transformation (3.66), le système (3.61; 3.62) controlé par (3.63) est donné par
" # " #
A − I B −F I −A B
rang = rang (3.71)
C 0 0 C 0
et si I − A est inversible, on a
et
est donc une loi de contrôle stabilisante à rejet des modes νk non contrôlables. On a donc
" #" #" #
h i I T I −T x̄k
uk = − L̄ G1 (3.77)
0 I 0 I νk
" #
h i x
k
= − L̄ L̄T + G1 (3.78)
νk
" #
h i x̂k
uk = − Lx Lν avec Lx = L̄ et Lν = L̄T + G1 (3.79)
ν̂k
est une loi de contrôle stabilisante à rejet temp minimal de l’effet du signal impulsionnel dk =
∆νδk,r . Il est bien évident que les performances et la robustesse de notre loi de commande
dépendent de celles définies par unk = −L̄x̄ ˆ k sur le système nominal. Si l’on suppose que
ˆ k est une commande de type LQG (Moore, 1981), alors (3.79) sera une commande
unk = −L̄x̄
de type LTR (Tay, 1991). Comme dans le cadre de ce type de commande, le cas où p > m
n’est pas présenté ici mais est donné à traiter en guise de perspective.
70 Chapitre 3 : Commande tolérante aux défauts
3.3.1 Simulation
Notre loi de commande tolérante aux défauts est illustrée sur un processus d’enroule-
ment de bande. Il se compose d’un enrouleur et d’un dérouleur situés aux extrémités et d’un
rouleau tracteur central. Le rôle du rouleau tracteur est d’imposer la vitesse de défilement
de la bande. Les tensions de déroulement T1 et d’enroulement T3 sont maı̂trisées en agissant
sur les vitesses angulaires Ω1 et Ω3 ou sur les couples des bobines correspondantes. Trois
moteurs à courant continu associés à trois réducteurs de vitesse sont couplés aux bobines.
Une régulation des courants I1 et I3 est réalisée sur les moteurs de l’enrouleur et du dérouleur
respectivement tandis que la vitesse de rotation Ω2 est régulée sur le moteur du rouleau trac-
teur. Des variateurs de type Rectivar assurent ces régulations. Des dynamos tachymétriques
permettent de mesurer les vitesses angulaires de trois moteurs. Les tensions de déroulement
T1 et d’enroulement T3 sont obtenues à l’aide des jauges de contrainte.
Les consignes sur I1∗ , Ω∗2 et I3∗ sont calculées de deux manières différentes: Soit au niveau
d’un automate programmable, soit à partir d’une plate-forme temps-réel constituée d’une
carte dSPACE et d’un ordinateur de type PC.
M1 T
M2 T
U M3
U
Ω2
U
h iT h iT
U0 = −0.15 0.6 0.15 Y0 = 0.6 0.5 0.4 Te = 0.1s (3.80)
est décrit par la représentation d’état
xk+1 = Axk + Buk + Hwk (3.81)
yk = Cxk + Gwk (3.82)
3.3 Commande tolérante à réactivité maximum 71
avec
h iT h iT
x = T1 Ω2 T3 u= u1 u2 u3 (3.83)
0.4126 0 −0.0196 −1.7734 0.0696 0.0734
A = 0.0333 0.5207 −0.0413 B = 0.0928 0.4658 0.1051 (3.84)
−0.0101 0 0.2571 −0.0424 −0.093 2.0752
(a) T1 (b) Ω2
(c) T3
(a) T1 (b) Ω2
(c) T3
par une commande de type PI (Fig 3.3) non explicitée ici et par la commande tolérante aux
défauts à réactivité maximale (Fig 3.5) montrent clairement la différence quant à la réactivité
de notre loi de commande.
3.4 Commande tolérante additive 73
3.3.2 Conclusion
La commande à réactivité maximale présentée dans ce chapitre permet d’annuler les
effets des ruptures sur le modèle du biais en un temps théorique égal à α (dépendant donc
du retard structurel du système, sur l’exemple α = 2). En automatique, il existe toujours
un compromis à faire entre robustesse et performance. Si le critère de performance est défini
par la variance des sorties régulées par rapport à leurs consignes, alors on peut montrer que
cette loi de commande augmente beaucoup cette variance dans le cas de systèmes rapides
(à bandes passantes très larges). Ce n’est pas le cas sur les résultats obtenus sur le système
à enroulement de bande possèdant une bande passante relativement faible. Ceci peut être
un problème dans le cas d’une perte d’efficacité d’un actionneur sur un moteur d’avion par
exemple. On pourrait montrer que cette approche débouche sur une commande de type LTR
(Loop Transfer Recovery) obtenue par le calcul explicite de l’inverse à gauche du système à
état augmenté. Elle diffère donc de celles existantes dans la littérature lorsque la commande
de type LTR est obtenue via la commande LQG dans le cas limite où la puissance des bruits
sur l’équation du biais tend vers l’infini. Notre commande limitée dans sa formulation au cas
de défauts actionneurs peut aussi traiter simultanément des défauts capteurs pour n’importe
quel type d’évolution temporelle, de type rampe par exemple.
Le nombre de sorties à réguler est supposé inférieur ou égal aux nombres d’entrées de com-
mande. On suppose que rang(C) = n, donc la condition (3.72) devient rang[BF ] = rank[B].
Pour la régulation des sorties, la commande
" # nominale est supposée être de type PI définie
h i x
k
par uk = −Kxk = − K1 K2 avec zk+1 = zk + Te (ykr − yk ) et Te la période
zk
d’échantillonnage et ykr la référence. Les gains K1 et K2 sont calculés par la minimisation du
critère quadratique
N
X
J = 1/2 (XkT QXk + uTk Ruk ) (3.88)
k=0
" #
xk
où Xk = . La présence de l’action intégrale permet d’avoir ykr − yk = 0 en régime
zk
statique. Le filtre de détection conçu sur (3.88) est donné par
avec
Dans le cas où la matrice C est de rang plein en ligne, on peut reconstruire une estimation
de tout l’état du système (à partir des équations (3.92) et (3.94)) comme suit
" #−1 " #
ΣC ΣC x̂k
xrec
k = (3.98)
(ωΠ + L̄k Σ)C ˆ
dk + (ωΠ + L̄k Σ)x̂k )
" #
h i xrec
k
uk = − K1 K2 + uad
k (3.99)
zk
3.5 Conclusion 75
avec
+ ˆ
uad
k = −B F dk (3.100)
3.5 Conclusion
Nous avons présenté dans ce chapitre deux stratégies différentes pour la conception d’une
loi de commande tolérante aux défauts à réactivité maximum. La première débouche sur une
commande de type LTR par rejet des modes non contrôlables. La deuxième est basée sur
une commande additive permettant la reconfiguration de la commande nominale dans le cas
particulier où tous les états du système sont mesurés directement. La validation pratique
des résultats de cette deuxième approche sera l’objet du chapitre suivant. Il est clair que
l’estimation des défauts à variance minimale produite par le filtre de détection permet de
limiter l’augmentation de la variance des sorties régulées par rapport à leurs consignes.
Elle permet aussi de s’appuyer sur l’existence d’une structure de commande fonctionnant
correctement sous l’hypothèse que les défauts ne sont pas présents. C’est donc cette structure
de commande qui est plus intéressante pour l’intégration d’un test de détection afin de
reconfigurer la loi de commande nominale en présence de défauts significatifs et donc de
limiter l’augmentation de la variance due à la présence du terme additif uad k .
76 Chapitre 3 : Commande tolérante aux défauts
77
Chapitre 4
4.1.1 Schéma
4.1.2 Hypothèses
P ump 1 P ump 2
q1 q2
T ank 1 T ank 2
S
S
h1 h2
p1 p2
t1 t2
q13 q23
S
T ank 3
h3
t3
q3
Écrivons que la différence entre les débits entrant et sortant fait évoluer le niveau à
l’intérieur de chacun des réservoirs.
dH1 p
S = Q1 − Q13 avec Q13 = α1 H1 (4.1)
dt
dH2 p
S = Q2 − Q23 avec Q23 = α2 H2 (4.2)
dt
dH3 p
S = Q13 + Q23 − Q3 avec Q3 = α3 H3 (4.3)
dt
Nous obtenons trois équations différentielles non linéaires à cause des racines carrées sur
4.2 Modélisation: équations de bilan 79
les hauteurs H1 , H2 et H3 .
µ p ¶
1
Ḣ1 = Q1 − α1 H1 = f (Q1 ,H1 ) (4.4)
S
µ p ¶
1
Ḣ2 = Q2 − α2 H2 = f (Q2 ,H2 ) (4.5)
S
µ p p p ¶
1
Ḣ3 = α1 H1 + α2 H2 − α3 H3 = f (H1 ,H2 ,H3 ) (4.6)
S
dW11 = P1 dt (4.7)
dW12 = P2 dt (4.8)
dW13 = 0 (4.9)
• Les énergies dW2 qui élèvent la température des fluides qui entrent pendant le temps
dt des valeurs Tentree aux valeurs Tsortie ;
˙ 1 h i
T3 = − Q13 (T3 − T1 ) + Q23 (T3 − T2 ) = g(T1 ,T2 ,T3 ,H1 ,H2 ,H3 ) (4.21)
S H3
4.3 Linéarisation
Pour linéariser les équation ?? et ??, nous allons considérer des petites variations autour
du régime nominal.
H1 = H10 + h1 H2 = H20 + h2
Q1 = Q10 + q1 Q2 = Q20 + q2
P1 = P10 + p1 P2 = P20 + p2
T1 = T10 + θ1 T2 = T20 + θ2
−Q10 1
h˙1 = h1 + q1 (4.25)
2 S H10 S
−Q20 1
h˙2 = h1 + q2 (4.29)
2 S H20 S
· ¸
∂g 1
=
∂P1 0 S H10 µ c
· ¸
∂g Q10
= −
∂T1 0 S H10
· ¸
∂g T10 − T1i
= −
∂Q1 0 S H10
· ¸ µ ¶
∂g 1 P10 ¡ ¢
= − − T10 − T1i Q10
∂H1 0 S H120 µ c
Au point de fonctionnement, écrivons que la température T1 reste constante, soit
· ¸ µ ¶
dT1 1 P10 ¡ ¢
=0= − T10 − T1i Q10 (4.36)
dt 0 S H10 µ c
· ¸
∂g
⇒ = 0.
∂P1 0
De plus, il est nécessaire de connaı̂tre µ et c. Le régime permanent permet d’écrire
1 Q10 ¡ ¢
= T10 − T1i (4.37)
µc P10
Avec cette nouvelle donnée,
Q10 ¡ ¢ Q10 1 ¡ ¢
θ˙1 = T10 − T1i p1 − θ1 − T10 − T1i q1 (4.38)
S H10 P10 S H10 S H10
· ¸
∂g Q10 ¡ ¢
= − T30 − T20
∂H1 0 2 S H30 H10
· ¸
∂g Q20 ¡ ¢
= − T30 − T20
∂H2 0 2 S H30 H20
· ¸
∂g 1 h¡ ¢ ¡ ¢ i
= T30 − T10 Q10 + T30 − T20 Q20
∂H3 0 S H320
· ¸
∂g Q10
=
∂T1 0 S H30
· ¸
∂g Q20
=
∂T2 0 S H30
· ¸
∂g 1 ¡ ¢
= − Q10 + Q20
∂T3 0 S H30
· ¸
dT3 1 h¡ ¢ ¡ ¢ i
=0= T30 − T10 Q10 + T30 − T20 Q20 (4.46)
dt 0 S H30
· ¸
∂g
⇒ = 0.
∂H3 0
¡ ¢ Q10 ¡ ¢ Q20
θ˙3 = − T30 − T10 h1 − T30 − T20 h2
2 H10 H30 2 H20 H30
Q10 Q20 1 ¡ ¢
+ θ1 + θ2 − Q10 + Q20 θ3 (4.47)
S H30 S H30 S H30
(
Ẋ = A X + B U
(4.48)
Y = C X +D U
En adoptant les hauteur h ainsi que les températures θ comme composantes du vecteur
d’état, les équations ??, ??, ??, ??, ?? et ?? conduisent à la représentation d’état suivante:
4.4 Obtention du modèle d’état discret du système 85
h iT h iT
X = h1 h2 h3 θ1 θ2 θ3 , U = q1 q2 p 1 p 2 , Y = X
Q10
− 0 0 0 0 0
2SH10
Q20
0 − 0 0 0 0
2SH20
Q10 Q20 Q10 + Q20
− 0 0 0
2SH10 2SH20 2SH30
A = Q10
0 0 0 − 0 0
SH10
Q20
0 0 0 0 − 0
SH20
(T30 − T10 )Q10 (T30 − T20 )Q20 Q10 Q20 Q10 + Q20
− − 0 −
2H10 H30 2H20 H30 SH30 SH30 2SH30
1
0 0 0
S
1
0 0 0
S
0 0 0 0
B = T10 − T1i (T10 − T1i )Q10
− 0 0
SH10 SH10 P10
T20 − T2i (T20 − T2i )Q20
0 − 0
SH20 SH20 P20
0 0 0 0
0.9780 0 0 0 0 0
0 0.9636 0 0 0 0
0.0209 0.0346 0.9048 0 0 0
A =
(4.49)
0 0 0 0.9565 0 0
0 0 0 0 0.9286 0
−0.2765 0.3659 0 0.0787 0.0969 0.8187
1.3186 0 0 0
0 1.3089 0 0
0.0142 0.0236 0 0
B = 1.0e + 003 ∗
, C = I6
(4.50)
−6.5207 0 0.0000003 0
0 −8.5677 0 0.000001
−0.4646 −0.1974 0.00000001 0.00000005
La présence de l’action intégrale dans la loi de commande permet d’annuler l’erreur sta-
tique sur T3 . Sur la figure (Fig 4.2), suite à l’apparition du défaut à l’instant 5000, on constate
que son effet est visible sur la sortie régulée T3 mais surtout sur T1 et T2 . Sur la (Fig 4.4),
cette effet est négligeable grace à notre commande tolérante additive.
90 Chapitre 4 : Commande tolérante additive: Application
- une perte d’efficacité sur l’entrée P1 de 90 pour cent apparaissant à l’instant 5000s:
La figure 4.7 montre la réactivité de notre loi de commande tolérante à ce défaut sévère.
Sur le procédé réel, la saturation des actionneurs peut diminuer la réactivité de cette loi de
commande et l’empêcher de retrouver ses performances nominales. Une solution consistera
alors à redéfinir les objectifs à atteindre en marche dégradée.
92 Chapitre 4 : Commande tolérante additive: Application
Fig. 4.9 – Estimation du défaut donnée par le filtre de détection (m3 /s)
4.5 Résultats de la commande tolérante additive 93
Ce type défaut est très courant en pratique car du au vieillissement naturel du matériel.
La présence d’une action intégrale ne suffit pas pour s’accommoder de ce type de défauts. La
figure 4.10 montre les performances de la commande tolérante additive et l’impuissance de
la commande PI à s’accommoder de ce type de défaut. Sur le procédé réel, la compensation
de défaut de ce type dépend des limites physiques du système.
94 Chapitre 4 : Commande tolérante additive: Application
Sur la figure 4.11, la mesure de H3 rejoint la consigne grace à la commande PI mais la sortie
réelle du système est différente de sa valeur de référence en raison du défaut.
Basée sur l’estimation du défaut H3 (figure 4.12), la commande tolérante additive des figures
(4.13) permet d’éviter ce problème et de retrouver la valeur de référence sur H3.
96 Chapitre 4 : Commande tolérante additive: Application
Ce défaut n’agit pas sur la commande car cette sortie H1 n’est pas régulée mais toutes
les propriétés de réactivité sont conservées.
La commande additive n’a pas été implémentée pour prendre en compte les informations
du bloc FDI. Il serait intéressant d’implémenter plusieurs tests de détection sur l’amplitude
des défauts donnée par le filtre de détection afin de reconfigurer la loi de commande nominale
en présence de défauts significatifs et donc de limiter l’augmentation de la variance due à
la présence du terme additif uad k . La structure de ce type de commande reconfiguratrice est
donnée par la figure suivante
98 Chapitre 4 : Commande tolérante additive: Application
FDI
Fault
consigne
Régulateur Système Reconfiguration
Pour atteindre cet objectif, il sera alors nécessaire d’étudier la variance de xrec
k − xk inter-
venant dans la loi de commande additive afin de déterminer l’augmentation de la variance
entre les sorties régulées et leurs consignes (et donc de définir un critère de performance non
étudié dans cette thèse).
4.5.1 Conclusion
Ces résultats permettent de montrer la réactivité de notre loi de commande suite à l’ap-
parition de défauts de types pertes d’efficacité d’actionneur, biais sur capteur et rampe sur
actionneur. Toutes les propriétés de la loi de commande nominale PI, en terme de robustesse
et de performance sont donc retrouvées en temps minimal. Ce temps minimal correspond
au temps structurel du système étudié au chapitre 2. Notre objectif d’intégration d’un outil
de diagnostic dans une loi de commande basée observateur est atteint. Un test de détection
appliqué sur l’estimation des défauts donnée par le filtre de détection permettrait de ren-
seigner la partie supervision du système de contrôle commande et éventuellement d’agir en
conséquence sur la loi de commande.
Conclusion 99
Conclusion
Le travail présenté dans ce mémoire a porté sur le diagnostic des systèmes linéaires
stochastiques avec pour objectif terminal la conception de lois de commande tolérantes aux
défauts. La première phase du travail a porté sur la conception d’un filtre de détection
robuste afin que son résidu directionnel soit insensible aux incertitudes déterministes et le
plus possible insensible aux incertitudes stochastiques. Ce travail a donné lieu à la conception
d’un filtre de détection basé sur l’inversion du système, une approche complétement différente
de celles existantes dans la littérature. Après la paramétrisation de toutes les inverses à
gauche du système obtenue par l’étude de la structure des zéros infinis du système, les degrés
de liberté restant disponibles ont été déterminés afin de permettre l’atténuation optimale des
perturbations stochastiques sur le résidu généré. Cette approche a permis de définir le filtrage
d’état optimal d’une partie réduite du vecteur d’état du système de dimension maximale.
En d’autres mots, la conséquence des défauts sur l’erreur d’estimation d’état du filtre a été
réduite à son maximum tout en conservant suffisamment d’information pour leur détection et
localisation dans l’espace de sortie. La structure deadbeat de l’espace de détection du filtre,
de dimension minimale, est à la base de la conception de deux lois de commande tolérantes
aux défauts à réactivité maximum. La première est basée sur le filtre de détection à état
augmenté et sur le principe de séparation bien connu dans le cadre LQG. La loi de commande
a été obtenue par un rejet des modes non contrôlables. Cette approche a débouché sur une
commande de type LTR obtenue ici par le calcul explicite de l’inverse à gauche du système.
Elle diffère donc de celles existantes dans la littérature lorsque la commande de type LTR
est obtenue via la commande LQG dans le cas limite où la puissance des bruits sur le filtre
de Kalman tend vers l’infini. Les résultats théoriques sont donc validés par l’existence de
ce lien. La dernière phase du travail a permis la validation pratique de la loi de commande
additive à réactivité maximale sur un système Benchmark dans le cadre du projet IFATIS.
Cette loi de commande a été comparée avec une commande de type PI standard. Les résultats
pratiques ont montré les propriétés de réactivité quant à l’annulation des effets néfastes liés à
l’apparition brutale d’un ou de plusieurs défauts sur le système par rapport à une commande
de type PI standard toujours plus lente à réagir. Les résultats du bloc FDI ne renseignent
pour l’instant que la partie supervision du système de contrôle/commande. Les perspectives
de nos travaux portent bien évidemment sur le passage en boucle fermée du bloc FDI afin
d’adapter en temps réel la structure de la loi de contrôle. Dans le contexte stochastique
100 Conclusion
où les résultats du bloc FDI peuvent être erronés (fausses alarmes, non détections..), cette
approche boucle fermée reste encore actuellement très difficile à élaborer d’un point de vue
théorique. Il serait intéressant d’améliorer l’étude structurelle du filtre de détection dans un
contexte multi-filtres (Conditions duales des ordres essentiels définis pour la commande).
101
Annexe A
Dans Park et Rizzoni (1994), le filtre de détection est obtenu à partir de l’assignation
spectrale suivante
avec wi , Cfi = Cυji et j = 1,2,...,n̄i ≥ ni où n̄i est le nombre de valeurs propres à assigner.
La solution est alors donnée par
ni
X
K = (Afi − αji λij vji )(Cfi )+ + Ki (I − (Cfi )(Cfi )+ ) (A.3)
j=1
L’equation (A.2) ne peut pas être une solution directe du gain K car le terme en somme est
inconnu. C’est la principale limitation de cette méthode. L’espace de détection et l’ordre de
detection sont définis comme suit
A − KC = (Ai − Ki Ci ) (A.4)
avec
Ci = (I − (Cfi )(Cfi )+ )C
Xni
(A.5)
Ai = A − (Afi − αji λij vji )(Cfi )+ C
j=1
102 Chapitre A : Paramétrisation du filtre de détection de Park et Rizzoni (1994)
La paire (Ai ,Ci ) n’est pas totalement observable. L’espace de détection est défini par les
vecteurs propres associés aux valeurs propres inobservables.
Ci
Ci Ai
D fi = N
..
(A.6)
.
Ci An−1i
Annexe B
" #
Iq 0 0
où F1T = F̄1T AT et N1T = M̄1T C T avec ξ0T (z) = S0T la matrice de passage
0 zIq−q0
" #
T
Ñ 0
de ΓT vers ΓT1 . Soit q1 = rang . Si q1 < q, alors il existe une matrice orthogonale
N1T
" # " #
T T
Ñ 0 Ñ 1
S1T (S1T S1 = I) telle que S1T = où Ñ1T est de rang pleine ligne q1 . Avec
N1T 0
" # " # " # " #
d˜0 ˜1
d F̃ T
F̃ T
k k+1 0 1
S1T = et S1T = , le système Γ̃T1 peut s’écrire
¯
d1 ¯
d2
F T
F̄ T
k+1 k+1 1 2
Avec
" #" # " # " # " #
Iq 1 0 d˜1k+1 d˜1k+1 F̃1T Ñ1T
= = x∗k + yk (B.8)
0 zIq−q1 d¯2k+1 d¯2k+2 F̄2T AT F̄2T C T
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