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Cours de Fiscalité
Professeur: Milfort Faulince, Comptable
Etudiant: Maitrise en Comptabilité, Contrôle d’audit (MCCA)
Objectif du cours: Ce cours a pour objectif principal, aider les
étudiants à maitriser les champs impôts et à différencier la
politique fiscal et la politique budgétaire d’un gouvernement.
• aider les étudiants à assimiler de manière plus claire
impôts et taxe
• permettre aux étudiants de connaitre la responsabilité
d’une entreprise privée ou publique ou d’une personne
physique ou morale envers la DGI (L’Etat) et la
responsabilité de l’Etat envers une personne morale ou
physique.
Bibliographie
• Yves Marcel FLORESTAL (L’essentiel de la fiscalité
Haïtienne)
• Paillant Joseph (2008), le code Fiscal haïtien
• Manuel de la fiscalité haïtienne (Emmanuel Choute)
• Guide contribuable haïtienne MEF/DGI (Février 203)
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• Séminaire atelier sur la planification décentralisation (La
fiscalité locale en Haïti) Beaudin Ronald.
Cours de Fiscalité
Professeur: Milfort Faulince, Comptable
Etudiant: Maitrise en Comptabilité, Contrôle d’audit (MCCA)
Objectif du cours: Ce cours a pour objectif principal, aider les
étudiants à maitriser les champs impôts et à différencier la
politique fiscal et la politique budgétaire d’un gouvernement.
• aider les étudiants à assimiler de manière plus claire
impôts et taxe
• permettre aux étudiants de connaitre la responsabilité
d’une entreprise privée ou publique ou d’une personne
physique ou morale envers la DGI (L’Etat) et la
responsabilité de l’Etat envers une personne morale ou
physique.
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Bibliographie
• Yves Marcel FLORESTAL (L’essentiel de la fiscalité
Haïtienne)
• Paillant Joseph (2008), le code Fiscal haïtien
• Manuel de la fiscalité haïtienne (Emmanuel Choute)
• Guide contribuable haïtienne MEF/DGI (Février 203)
• Séminaire atelier sur la planification décentralisation (La
fiscalité locale en Haïti) Beaudin Ronald.
Syllabus
Chapitre I
I. Définition et importance de la fiscalité
a) Pour les étudiants
b) Pour les citoyens
c) Pour les finances publiques
d) Pour les entreprises
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I-1 Les caractéristiques de l’impôt et les classifications de
l’impôt.
I-2 Principaux acteurs du système fiscal haïtien.
II. L’impôt, contrepartie des services rendus par l’Etat.
a) L’impôt expression de la solidarité nationale
III. L’impôt, une participation aux charges publiques en
fonction des facultés contributives.
a) L’impôt, l’expression de la souveraineté.
IV) Notion de prélèvement
a) L’impôts est obligatoire
b) L’impôt ne comporte pas de contrepartie et n’est
pas affecté
c) L’impôt est général
d) L’impôt est définitif
e) La nature legislative de l’impôt
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Chapitre II
La TCA
I- La notion de la TCA
a) Définition de la TCA
b) Les règles principales qui s’imposent aux
redevables pour collecter la TCA
c) Le taux applicable à l’opération
d) Le faitb générateur et l’exigibilité de la TCA.
II- La notion de la TCA avancée ou déductible
a) Le mécanisme du droit à la déduction de la TCA
1) Les conditions de forme
2) Les conditions de fond
III- La notion de TCA collectée
a) Définition
IV- La notion de la TCA à payer et la notion de crédit de la
TCA.
a) La notion de TCA à payer
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b) La notion de crédit de la TCA
IV-1 La TMS (Taxe sur la Masse Salariale)
a) Définition
Application
Chapitre III
I- L’imposition du revenu
II- Les impôts s sur le revenu dans le système fiscal
III- impôt sur le revenu des personnes physiques (IR) et
Impôts sur le revenu des personnes morales (IS)
IV- L’imposition de la dépense
a) L’imposition généralisée sur la dépense (de la TCA)
b) Les droits d’accises
c) L’imposition du capital
d) Les impôts taxant la transmission du capital
1- Transmission à titre gratuit
2- Transmission à titre onéreux
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V- Les impôts réels et les impôts personnels
a) Définition de l’impôt réel et l’impôt personnel
Application
Chapitre IV
Définition et condition d’obtention de la patente
a) Définition de la patente 1- Elle
est nomative et personnelle
2- Elle est limitative et territorial
3- Elle est obligatoire et préalable
Application V
I- La CFPB
a) le cadre légal et définition
b) Détermination de la base imposable
c) Les Modalités administratives
d) Obligations des redevables
e) Droit de vérification de la DGI et droit de recours du
contribuable
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f) Pénalité et amande
g) Exonérés du paiement de la CFPB
Applications
Évaluation
L’évaluation se fera de la manière suivante :
Examen-intra 30 points
Examen-final 50 points
Participations (Devoirs, questions/réponses 20 points
Définition de la fiscalité
C’est une branche du droit public, elle est constituée de
l’ensemble des règles juridiques concernant les impôts et taxes.
Elle organise la participation des sujets du droit, aussi bien des
personnes physiques que morales, à la vie financière de l’Etat.
La fiscalité constitue aussi pour l’Etat un outil important de
politique économique et sociale.
La fiscalité occupe une place importante dans la vie politique,
économique et sociale d’un pays. Aussi, devrions-nous étudier
son importance:
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a) Pour les étudiants
b) Pour les finances publiques
c) Pour la vie des citoyens
d) Pour les entreprises
a) Importance de la fiscalité pour les étudiants. La fiscalité
est une compétence majeure pour les professions
comptables, juridiques et financières pour les trois
raisons suivantes :
1) C’est une compétence indispensable à l’exercice des
métiers comptables, juridiques et financiers.
2) C’est un créneau (place disponible sur le marché
économique). Porteur, Le marché de la fiscalité est
appelé à prendre un essor important au fur et à mesure
que l’Etat haïtien se modernise.
3) C’est une compétence de plus en plus prisée (estimée)
dans le marché du travail.
P a g e | 10
b) Importance de la fiscalité pour les finances publiques Les
finances publiques jouent un rôle important dans l’ordre
économique et social d’un pays. Elles permettent à l’Etat
de fonctionner, notamment en faisant face aux dépenses
de fonctionnement et d’investissement nécessitées par la
mise en œuvre et le financement des services publics
fondamentaux tels que : la sécurité des citoyens, la
représentations des intérêts haïtiens à l’étranger, la
formation, la santé. De même qu’elles permettent de
contribuer au financement des infrastructures si
nécessaires au développement économique et social :
routes, écoles, lycées, universités, hôpitaux, etc….
L’Etat finance ses activités soit par des ressources
ordinaires (recettes fiscales et douanières), soit par les
emprunts, soit par des dons.
c) Importance de la fiscalité pour les citoyens
Les citoyens sont à la fois les sujets qui supportent l’impôt
et les bénéficiaires, en retour, des services financés par
l’impôt. Toute gratuité du service public est financée par
l’impôt. Ainsi, si les étudiants de l’université d’Etat d’Haïti
ne se soucient du financement de leurs études, c’est par
P a g e | 11
ce que les dépenses de l’université sont prises en charge
par l’Etat, autrement dit par l’impôt.
Mais d’où vient de l’impôt ? Bien entendu, il provient, en
dernière analyse, des citoyens sous la forme de
prélèvement de toutes sortes.
d) L’importance de la fiscalité pour les entreprises Si la
règle fiscale est imposée par l’Etat, dans son intérêt, pour
régler ses rapports financiers avec les particuliers, il n’en
demeure pas moins vrai que lorsque la règle est
appliquée aux entreprises, la lourdeur de la charge
financière en découlant, les incite à intégrer la variable
fiscale dans toute décision de gestion.
L’entreprise est à la fois un contribuable au titre des
impôts qu’elle supporte et redevable au titre des impôts
qu’elle fait supporter à ses clients ou qu’elle retient à la
source sur les sommes dues à certains fournisseurs ou à
ses salariés.
P a g e | 12
I-1 Les caractéristiques de l’impôt et les classifications de
l’impôt.
1- Définition de l’impôt
L’impôt est un prélèvement pécuniaire, obligatoire,
définitif et sans contrepartie opéré par la puissance
publique (l’Etat, les collectivités territoriales, certains
P a g e | 13
organismes publics) en vue de permettre à cette dernière
de faire face à ces obligations (services publics, sécurité
nationale, éducation, santé etc…)
2- Caractéristiques de l’impôt
Les principales caractéristiques de l’impôt sont :
a) L’impôt est un prélèvement pécuniaire, c’est-à-dire, que
le contribuable doit en principe payer l’impôt en espèce
(argent)
3- L’impôt est prélèvement obligatoire
Cela signifie qu’aucune personne ou entité (entreprise,
institution, organisation, etc..) ne peut se soustraire
(refuser) au paiement de l’impôt, dès lors que telle
personne ou entité a été désignée par la loi comme étant
contribuable.
4) L’impôt est un prélèvement définitif
En d’autres termes, contrairement à l’emprunt, l’impôt
n’est pas remboursable. En effet, chez nous, même en
P a g e | 14
cas de surfacturation, du bordereau fiscal, le
contribuable ne reçoit pas un remboursement
immédiat en espèces (argent), sinon une créance sur
l’administration fiscale, c’est-à-dire un crédit d’impôt.
De là, le contribuable bénéficiera d’une réduction de
l’impôt à payer au titre de la nouvelle période (mois ou
l’exercice fiscal) pour un montant équivalent à son
crédit d’impôt.
5) L’impôt est un prélèvement sans contrepartie
Cela veut dire, à l’inverse d’une opération d’achat, après
avoir payé l’impôt, le contribuable ne reçoit en retours
aucun bien ou service.
I-1 Classification de l’impôt
Plusieurs façons ou critères sont retenues lorsqu’il s’agit de
classer ou de différencier les impôts.
Néanmoins, on retiendra :
P a g e | 15
Critère d’ordre administratif, les impôts directs et les
impôts indirects.
a) Les impôts directs
Les impôts directs sont payés par le contribuable
directement, par exemple l’impôt des sociétés et le droit
de patente.
b) Les impôts indirects
Les impôts indirects sont payés indirectement ou par un
intermédiaire (employeur, commerçant, etc…) pour le
compte du contribuable. Par exemple, la TCA, la retenue
sur salaires et la retenue sur boni.
Critères de l’autorité (bénéficiaire) Les
impôts d’Etat et les impôts locaux : a)
Les impôts d’Etat
Les impôts d’Etat ou impôts nationaux sont destinés à
alimenter les caisses du trésor public. Par exemple, la
TCA et impôt des sociétés.
P a g e | 16
b) Les impôts locaux
Les impôts locaux ou impôts communaux ou encore
impôts territoriaux sont prélevés au bénéfice des
collectivités territoriales. Par exemple, le droit de
patente, la contribution foncière des propriétés bâties
(CFPB) et la contribution au fonds de développement et
de gestion des collectivités territoriales (CFDGCT).
Critères de la nature de l’assiette (base d’imposition)
Les impôts réels et impôts personnels
a) Les impôts réels
Les impôts réels frappent les biens du contribuable sans
tenir compte de sa situation personnelle. Par exemple, la
CFPB, les droits d’accise.
P a g e | 17
b) Les impôts personnels
Les impôts personnels sont ceux qui tiennent compte de la
capacité contributive du contribuable. Par exemple impôt
sur le revenu.
Critère de nature de l’évaluation de l’assiette.
Les impôts spécifiques et ad valorem
a) Les impôts spécifiques s’établissent en multipliant un
poids, un volume ou une surface de la matière imposable
par un certain montant. Par exemple le droit d’accise sur
l’alcool et le droit d’accise sur le tabac.
b) Les impôts ad valorem
La liquidation (calcul) de l’impôt ad valorem se fait en
multipliant un tarif à la base d’imposition. Par exemple, le
droit fermage.
Institut Universitaire de la Référence (INUREP)
P a g e | 18
Faculté des Sciences Administratives et
Commerciales
Cours de fiscalité
Professeur: Milfort Faulince, Comptable
Etudiant: Maîtrise en Comptabilité, Contrôle d’audit (MCCA)
Fiscalité #2
I-2 Distinction entre taxes redevances, droits et impôts
Il existe d’autres prélèvements fiscaux qui présentent certaines
dissimilitudes à l’impôt, ce sont :
- les taxes, qui constituent au sens strict le montant payé,
autres celui de la facture, lors de l’acquisition de certains
biens ou services. Par exemple, la TCA
-Les redevances, qui s’apparentent au prix payé par les
bénéficiaires de certains services publics. Ainsi, le montant
versé par le contribuable et le service qu’il reçoit en
contrepartie doivent être proportionnels. Par exemple, la
redevance pour l’utilisation de l’auto- route dans certains pays.
- Les droits, qui représentent le montant que doit verser, toute
P a g e | 19
personne ou entité (Organisation) pour l’exercice de certaines
activités (professionnelles ou commerciales). Par exemple, le
droit de patente.
En résumé, même si du point de vue juridique, le traitement
des taxes, des redevances et des droits présentent des
différences significatives, l’impôt et la taxe sont souvent même
utilisés comme des synonymes. Toutefois, dans la pratique, on
s’accorde à admettre que la différence fondamentale c’est que
l’impôt est sans contrepartie, alors qu’il y a lieu de parler de
rétribution (réception de biens ou de services contre
paiement), dans le cas des autres prélèvements fiscaux. Enfin, il
est important de mentionner que, pour ce qui est des taxes, la
contrepartie n’est pas proportionnelle, alors que pour les
redevances, les services dont bénéficie le contribuable sont
nécessairement proportionnels.
A) Classification de l’impôt
Plusieurs façons ou critères sont retenus lorsqu’il s’agit de
classer ou de différencier les impôts.
Néanmoins, on retiendra :
- Critère d’ordre administratif
Les impôts directs et les impôts indirects (classification la plus
populaire)
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Les impôts directs : sont payés par le contribuable lui-même.
Par exemple, l’impôt des sociétés et le droit de patente.
Les impôts indirects : sont payés par un intermédiaire
(employeurs, commerçants etc…) pour le compte du
contribuable. Par exemple, la TCA, la retenue sur salaire et
retenue sur boni.
- Critère de l’autorité (bénéficiaire)
Les impôts d’Etat et les impôts locaux
Les impôts d’Etat : les impôts d’Etat ou impôts nationaux sont
destinés à alimenter les caisses du trésor public. Par exemple,
la TCA et l’impôt des sociétés.
Les impôts locaux : les impôts locaux, ou impôts communaux
ou encore impôts territoriaux sont prélevés au bénéfice des
collectivités territoriales. Par exemple, le droit de patente, la
contribution foncière des propriétés bâties (CFPB) et la
contribution au fonds de développement et de gestion des
collectivités territoriales (CFDGCT).
- Critère de la nature de l’assiette (base d’imposition)
Les impôts réels et les impôts personnels
P a g e | 21
Les impôts réels : les impôts réels frappent les biens du
contribuable sans tenir compte de sa situation
personnelle. Par exemple, la CFPB et les droits d’accises.
Les impôts personnels : Les impôts personnels sont ceux
qui tiennent compte de la capacité contributive du
contribuable. Par exemple, l’impôt sur le revenu. - Critère
de la nature de l’évolution de l’assiette
Les impôts spécifiques et les impôts ad valorem
Les impôts spécifiques : les impôts spécifiques
s’établissent en multipliant un poids, un volume ou une
surface de la matière imposable par un certain montant.
Par exemple, le droit d’accise sur l’alcool et le droit
d’accise sur le tabac.
Les impots ad valorem
La liquidation (le calcul) de l’impôt ad valorem se fait en
appliquant un tarif à la base d’imposition. Par exemple, le droit
de fermage.
- Critère du fait générateur
Les impôts sur le revenu, les impôts sur les dépenses et les
impôts sur le capital.
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- Les impôts sur le revenu
L’impôt sur le revenu frappe, l’ensemble des revenus
gagnés au cours d’une année d’imposition par les
personnes physiques ou morales. Par exemple, L’IRI et L’IS.
- Les impôts sur les dépenses
L’impôt sur les dépenses ou l’impôt sur la consommation
est prélevé lors de l’acquisition de certains biens ou
services. Par exemple, la TCA.
- Les impôts sur le capital
La détention de biens (immeuble, terrain, etc.) constitue le
principal événement donnant naissance à l’impôt sur le
capital. Par exemple, la CFPB.
- Critère du mode d’établissement (de calcul)
Les impôts de repartions et les impôts de quotité
- Les impôts de répartition
Dans le calcul des impôts de répartition, on privilégie
d’abord la détermination du montant total que doit
procurer l’impôt et non le taux d’imposition qui n’est pas
pris en compte qu’après la répartition. Cette façon de
procéder ne s’applique presque plus.
P a g e | 23
- Les impôts de quotité
Les impôts de quotité consistent à calculer l’impôt à partir
d’un taux établi d’avance. C’est la méthode la plus utilisée.
Par exemple, l’impôt des sociétés (IS) et la taxe sur le
chiffre d’affaire (la TCA).
- Critère du taux d’imposition
Les impôts proportionnels, les impôts progressifs et les
impôts dégressifs.
- Les impôts proportionnels
Dans ce cas, le montant de l’impôt varie en fonction du
montant de la base imposable, tandis que le taux
d’imposition demeure fixe. Par exemple, la taxe sur la
masse salariale (TMS)
- Les impôts progressifs
Les impôts progressifs sont ceux dont le taux d’imposition
augmente en fonction de la progression de la tranche
imposable de l’assiette. Par exemple, l’impôt sur le revenu
(IR).
P a g e | 24
- Les impôts dégressifs
Ce sont ceux dont le taux diminue au fur et à mesure que
la tranche imposable de l’assiette augmente. Cette
méthode ne s’applique plus.
Remarque : Il est important de préciser que les différents
critères de classification ne sont point mutuellement
exclusifs. Ainsi, un impôt peut être en même temps
indirect, proportionnel et national. Par exemple, comme
c’est le cas pour la TCA.
- Principales fonctions de l’impôt Les principales fonctions
de l’impôt sont :
1) La répartition des charges publiques
2) L’interventionnisme
3) La redistribution de la richesse nationale
- La répartition des charges publiques : L’impôt constitue la
principale ressource (ressource de recettes) dont dispose
l’Etat, les collectivités territoriales, etc. Pour faire face à
ses obligations, c’est-à-dire, les dépenses publiques
P a g e | 25
(sécurité nationale, administration publique, santé,
éducation, etc.)
- L’interventionnisme : La puissance publique se sert de
l’impôt comme outil d’incitation, de dissuasion et de
protection pour orienter le comportement ou les actions
de ses citoyens (natalité, investissement dont utilisation de
l’alcool, de la drogue et protection de la production
nationale en imposant d’importants droits de Duane sur
l’importation des produits étrangers).
- La redistribution de la richesse nationale : La puissance
publique (l’Etat, dans certains cas, utilise l’impôt pour
réduire des injustices sociales en intervenant en faveur les
plus vulnérables, à savoir, les handicapés, les vieillards, les
personnes âgées et les victimes des catastrophes
naturelles, etc.
- Les principaux impôts haïtiens
Deux principaux acteurs jouent un rôle clé dans l’organisation
du système fiscal haïtien. A savoir, le ministère de l’économie
P a g e | 26
et des finances (MEF) et la cour supérieure des comptes et du
contentieux administratif (CSCCA).
-Ministère de l’économie et des finances
Le ministère de l’économie et des finances (MEF) a une double
mission. Une mission non fiscale et une mission fiscale. La
mission fiscale, notre sujet de préoccupation, en vue de
l’accomplir, le MEF a mis sur pied deux principaux organes
(deux services déconcentrés). Il s’agit de la Direction Générale
des Impôts (DGI), anciennement Administration Générale des
Contributions (AGC) et l’Administration Générale des Douanes
(AGD). Les principales missions de ces deux entités consistent à
collecter des recettes fiscales au bénéfice de l’État et des
collectivités territoriales. Par ailleurs, le MEF a créé également
un service interne, à savoir, la Direction d’Inspection Fiscale
(DIF) chargée de contrôler en permanence les principaux
organes de perception des prélèvements fiscaux (DGI et AGD).
Cette mission de contrôle est plutôt dévolue (renforcer) à la
cour supérieure des comptes et du contentieux administratif.
P a g e | 27
Les principales missions du MEF peuvent se résumer de la
manière suivante :
a) Coordonner l’élaboration du budget général de la
république.
b) Assurer la perception des impôts et taxes.
c) Participer à l’élaboration des projets de loi à caractère
surtout fiscal.
d) Assurer la gestion de la trésorerie (de la république).
Afin de s’acquitter de façon pleine et entière de sa mission
fiscale, le MEF, comme cela a été mentionné précédemment, a
créé deux principaux organismes de collection des recettes
fiscales. En d’autres termes, la DGI et l’AGD.
La mission de la Direction Générale des Impôts
La DGI constitue un service déconcentré du MEF. Sa principale
mission est de collecter les recettes internes au profit de l’État
et des collectivités territoriales. Cet organisme public a aussi
une mission non fiscale. Les missions de la DGI sont énumérées
de façon sommaire ci-dessous :
a) Mettre en application les lois fiscales
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b) Collecter les recettes fiscales (Impôts, taxes et droits
internes)
c) Administrer les biens saisis par l’État
d) Administrer les biens litigieux des particuliers
e) Représenter l’État en justice
f) Enregistrer les actes ou documents désignés par la loi
g) Remplir les fonctions séquestres et syndic de faillite
L’Administration Générale des Douanes (AGD)
L’ADG, est au même titre que la DGI, un service déconcentré
de l’économie et des finances. Toutefois, elle a pour mission de
collecter à l’inverse, de la DGI dont la mission fiscale est de
collecter des recettes internes, les droits de douane ou les
droits d’entrée.
La Direction d’Inspection Fiscale (DIF)
La Direction d’Inspection Fiscale est un service interne du
ministère de l’économie et des finances, sa principale mission
est de contrôler, voire de s’assurer du bon fonctionnement de
la DGI et de l’AGD.
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Sujet A
En réfèrent à la politique fiscale et budgétaire, expliquez quel
est le rôle de la fiscalité à l’intérieur de la république d’Haïti ?
Sujet B
Expliquez quelle est la mission et le rôle des entités comme
MEF, ADG, DGI et DIF à l’intérieur du système fiscal haïtien.
La cour supérieure des comptes et du contentieux
administratif (CSCCA)
La cour supérieure des comptes et du contentieux administratif
constitue l’autre acteur important de l’organisation du système
fiscal haïtien. Cette entité a une double mission ou
compétence, c’est-à-dire, une mission de contrôle externe (ou
contrôle administratif) et une mission de contrôle
juridictionnel.
P a g e | 30
-
Mission de contrôle externe de la CSCCA
La mission de control externe de la CSCCA consiste
essentiellement à :
a) Contrôler les dépenses et les recettes de l’État
b) S’assurer du bon fonctionnement des organismes et des
entreprises publiques
c) Vérifier la régularité des recettes et des dépenses affichées
dans le budget et la comptabilité nationale
d) S’assurer du respect des mesures budgétaires.
- Mission de contrôle juridictionnel de la CSCCA
La CSCCA constitue le principal organisme habilité à trancher,
vider, et même résoudre les contentieux fiscaux (différents ou
désaccords opposant l’administration fiscale aux contribuables)
dont le dénouement (la résolution) à l’amiable se révèlerait
impossible.
En résumé, cette mission consiste, pour la CSCCA, à jouer le
rôle d’arbitre dans les litiges opposant le fisc aux contribuables.
P a g e | 31
-
- Principaux éléments de techniques fiscales
Le calcul de l’impôt repose sur deux critères fondamentaux, ce
sont :
a) Les mécanismes d’imposition
b) Le champ d’application de l’impôt
Les mécanismes d’imposition
Les mécanismes d’imposition sont repartis en trois grandes
catégories. Il s’agit :
1) De l’assiette
2) De la liquidation
3) Et du recouvrement
- L’assiette
L’assiette consiste en un ensemble de processus devant aboutir
à l’établissement de la base imposable. En effet, l’opération
d’assiette consiste en l’identification et en l’évaluation de la
matière imposable. L’évaluation de la matière imposable
permet d’établir la base imposable, c’est-à-dire, le montant à
partir duquel l’impôt sera calculé. Par exemple, pour le calcul
P a g e | 32
-
de l’impôt des sociétés, l’assiette est le bénéfice imposable
(bénéfice net), pour le calcul de la TCA, l’assiette est le chiffre
d’affaires.
De surcroit, il est important de mentionner qu’il existe trois
méthodes possibles d’évaluation de l’assiette, à savoir :
1) La déclaration contrôlée
2) La taxation d’office
3) La méthode indiciaire
4) Et la méthode forfaitaire
La déclaration contrôlée
C’est la méthode d’évaluation de la matière imposable la plus
populaire du système fiscal haïtien. En effet, la déclaration
contrôlée consiste à calculer la charge d’impôt d’un
contribuable à partir des informations pertinentes tirées de sa
déclaration.
- La taxation d’office
P a g e | 33
-
Le fisc recourt à cette méthode d’évaluation de la matière
imposable, c’est-à-dire de l’établissement de la base imposable,
faute de collaboration du contribuable (absence de déclaration,
opposition au contrôle fiscal, absence de réponse à des
demandes d’éclaircissement etc…). - La méthode indiciaire
Selon cette méthode, l’évaluation de la matière imposable se
fait à partir de certains signes extérieurs, c’est-à-dire,
notamment les éléments de train de vie du contribuable
(résidence, nombre de véhicules etc…).
- Méthode forfaitaire
Une méthode d’évaluation simplifiée que le fisc privilégie
lorsqu’une évaluation exacte se relève difficile, trop
compliquée et même inutile.
La liquidation
La liquidation consiste à calculer le montant exact de l’impôt
par application d’un taux ou d’un barème à la base imposable :
P a g e | 34
-
1) La liquidation peut être effectuée par le contribuable
luimême. C’est le cas par exemple pour la taxe sur le
chiffre d’affaires (TCA).
2) La liquidation peut être faite par l’administration fiscale.
Ceci est vrai notamment pour l’impôt sur le revenu, la
CFPB et le droit de patente.
- Le recouvrement
Cette phase consiste en une série de procéder destiner à faire
entrer le montant de l’impôt dans la caisse de ‘Etat. Il existe
plusieurs modes de recouvrement dont :
a) Le versement spontané
b) L’avis d’imposition
c) Le prélèvement ou la retenue à la source
d) L’acompte provisionnel
- Le versement spontané
P a g e | 35
-
Le versement spontané, dans ce cas, le contribuable s’adresse
lui-même à l’administration et acquitte l’impôt en soumettant
sa déclaration au fisc. Par exemple, la TCA.
L’avis d’imposition
L’avis d’imposition, cela signifie que le contribuable acquitte
l’impôt après réception d’un avertissement (sommation) par
l’administration fiscale. Exemple, L’IR
- Le prélèvement ou la retenue à la source
Le prélèvement ou la retenue à la source, dans ce cas,
l’administration fiscale ou un intermédiaire (commerçant ou
employeur) effectue le prélèvement sur l’élément imposé au
profit du fisc. Par exemple, la retenue sur salaire et la retenue
sur boni.
- L’acompte provisionnel
L’acompte provisionnel, ceci consiste à une avance qui sera
soustraite du montant total de l’impôt qui aura à payer le
contribuable lorsque cela devient exigible.
P a g e | 36
-
II- Le champ d’application de l’impôt
Le champ d’application de l’impôt précise les paramètres qu’il
convient de cerner lors de l’étude d’un impôt. Ce sont :
a) La matière imposable
b) La base imposable
c) La personne imposable
d) Le fait générateur et l’exigibilité
La matière imposable
La matière imposable désigne l’élément économique qui fait
l’objet d’imposition. Par exemple, la matière imposable de la
TMS ce sont les salaires.
- La base imposable ou l’assiette ou encore la base
d’imposition, représente le montant à partir duquel le
montant de l’impôt est calculé. Par exemple, l’assiette de
la TCA est le chiffre d’affaires.
- La personne imposable
P a g e | 37
-
La personne imposable ou le contribuable, désigne toute
personne ou entité qui supporte directement l’impôt. Par
exemple, la personne imposable dans le cas de l’IS, ce sont les
sociétés anonymes.
- Le fait générateur et l’exigibilité
Le fait générateur, précise l’événement, l’acte ou l’opération
qui permet à l’impôt d’exister. Par exemple, le fait générateur
de la TMS est le versement des salaires et le fait générateur du
droit de patente est l’exercice d’activités commerciales ou
professionnelles.
L’exigibilité
L’exigibilité indique le montant à partir duquel l’impôt est dû. En
d’autres termes, l’exigibilité précise la période dans laquelle
l’impôt est dû sans pénalités ou amandes. Par exemple, le droit de
patente est exigible chaque année entre le 1er octobre et le 15 décembre.
P a g e | 38
III- Les obligations du contribuable
Quel que soit l’entreprise, ses obligations fiscales sont de deux
ordres.
1) Les obligations liées à sa création
2) Les obligations liées à son fonctionnement
Entreprise individuelle
Les obligations liées à sa création
Dans ce cas, les principales obligations liées à la création de
l’entreprise peuvent se résumer ainsi :
1) Numéro d’immatriculation fiscale du propriétaire
2) Numéro d’identification fiscale de l’entreprise
3) Carte d’identité professionnelle
4) Déclaration d’existence dans les trente (30) jours suivant
son installation.
5) Droit de fonctionnement
P a g e | 39
Les obligations liées à son fonctionnement
Les obligations liées au fonctionnement d’une entreprise
individuelle sont regroupées en trois (3) sous-catégories.
Ce sont :
1) Les obligations mensuelles
2) Les obligations annuelles
3) Les obligations administratives
Les obligations mensuelles
Les principales obligations mensuelles sont :
a) Déclaration et paiement éventuels de la TCA
b) Déclaration et paiement de la TMS
c) Déclaration et paiement des retenus à la source (Salaires,
ONA, OFATMA, CFDGCT, etc…)
d) Déclaration et paiement de tous les autres impôts
auxquels l’entreprise est soumise au redevable (Retenue
sur commissions, retenue sur plus-value, etc…)
Les obligations annuelles
P a g e | 40
Voici, ci-dessous les principales obligations annuelles d’une
entreprise individuelle :
a) Paiement du droit de fonctionnement
b) Acquittement éventuelle au début de l’exercice de
l’acompte provisionnel
c) Déclaration et paiement de la patente
d) Soumission éventuelle à la DGI de la déclaration du chiffre
d’affaires si celui-ci est inférieur à 1 250 000 gourdes
e) Paiement de la carte d’identité professionnelle
f) Déclaration et paiement de la retenue à la source relative
au boni légal.
g) Dépôt des états financiers dans les 90 jours suivant la date
de clôture de l’exercice de l’entreprise ou 120 jours si les
états financiers doivent faire l’objet d’une vérification
externe, dans la mesure où le chiffre d’affaires de
l’entreprise ou le total de l’actif est supérieur ou égal à 1
250 000 gourdes.
h) Paiement, entre le 1er et 31 Octobre de l’impôt forfaitaire
si le chiffre d’affaires de l’entreprise est inférieur à 1 250
000 Gourdes.
P a g e | 41
i) Soumission à la DGI de la valeur locative de l’immeuble
entre le 1er Juillet et le 30 Septembre, si l’entreprise est
propriétaire de l’immeuble où elle exerce ses activités.
j) Soumission de la déclaration définitive du propriétaire de
l’entreprise avant le 1er Février pour les revenus gagnés au
cours de l’exercice précédent.
Les obligations administratives
Vous trouverez, ci-après, un sommaire des obligations
administratives d’une société en nom collectif :
a) Soumission à la DGI de la liste des employés
b) Tenue d’un journal de recettes et de dépenses et
conservation durant au moins cinq (5) années les pièces
justificatives. Cette mesure concerne seulement les
entreprises (contribuables) ne relevant pas du régime du
bénéfice réel de l’impôt sur le revenu.
c) Tenue d’une comptabilité régulière et sincère et
conservation pendant au moins cinq (5) années des
P a g e | 42
documents justificatifs. Cette mesure s’applique à toute
entreprise relevant du régime du bénéfice réel.
d) Soumission à la DGI des noms de tous les bénéficiaires du
revenu de l’entreprise (Loyers, commissions, honoraires
professionnels, etc…)
e) Répondre aux demandes d’éclaircissement et de
justifications du fisc.
f) Accepter le droit du contrôle du fisc.
g) Numéro d’identification fiscale du gérant responsable.
h) Numéro d’immatriculation fiscale de l’entreprise
Société de capitaux ou Société Anonyme
Les obligations liées à sa création
Voici, ci-dessous, les principales obligations liées à la création
de la société :
a) Numéro d’identification fiscale du gérant responsable.
b) Numéro d’immatriculation fiscale de la société.
P a g e | 43
c) Droit de fonctionnement.
d) Droit de non-fonctionnement en cas de cessation
temporaire d’activités.
e) Droit de timbre proportionnel sur capital social.
f) Taxes sur actions.
g) Droit de transmission d’action.
h) Déclaration d’existence à la DGI.
Les obligations liées à son fonctionnement
Les obligations liées au fonctionnement d’une société de
capitaux sont groupées en trois (3) sous-catégories. Ce sont :
1- Les obligations mensuelles
2- Les obligations annuelles
3- Les obligations administratives
Les obligations mensuelles sont:
a) Déclaration et paiement de la TCA
P a g e | 44
b) Déclaration et paiement de la TMS
c) Déclaration et paiement des retenues à la source (Salaires,
ONA, OFATMA, CFDGCT, etc…)
d) Déclaration et paiement tous les autres impôts auxquels
l’entreprise est soumise au redevable (Retenue sur
commissions, retenue sur plus-value, etc.…)
Les obligations annuelles
Voici, ci-dessous, les principales obligations annuelles d’une
société de capitaux :
a) Paiement du droit de fonctionnement
b) Acquittement éventuel au début de l’exercice de
l’acompte provisionnel.
c) Déclaration et paiement de la patente.
d) Déclaration et paiement de la retenue à la source relative
au boni légal.
e) Déclaration et paiement des droits sur transmission
d’action.
f) Paiement de la taxe sur actions
g) Dépôt des états financiers dans les 90 jours suivant la date
clôture de l’exercice de l’entreprise ou 120 jours si les
états financiers doivent faire l’objet d’une vérification
P a g e | 45
externe, dans la mesure où le chiffre d’affaires de
l’entreprise ou le total de l’actif est supérieur ou égal à 1
250 000 Gourdes.
h) Paiement de l’impôt des sociétés
i) Constitution d’une réserve légale de 1/10 de son bénéfice
net jusqu’à ce qu’elle atteint la moitié du capital social
(émis).
j) Paiement entre les 1er et 31 Octobre de l’impôt forfaitaire
si le chiffre d’affaires de l’entreprise est inférieur à 1 250
000 Gourdes.
k) Soumission à la DGI de la valeur locative de l’immeuble
entre 1er Juillet et 30 Septembre si l’entreprise est le
propriétaire de l’immeuble où elle exerce ses activités.
Les obligations administratives
Vous trouverez, ci-dessous un sommet des obligations
administratives d’une société des capitaux :
a) Soumission à la DGI de la liste des employés.
b) Tenue d’une comptabilité régulière et sincère et
conservation pendant au moins cinq (5) années, des
P a g e | 46
documents justificatifs. Cette mesure s’applique à toute
entreprise relevant du régime du bénéfice réel.
c) Soumission à la DGI des noms de tous les bénéficiaires de
revenu de l’entreprise (loyers, commissions, honoraires
professionnels, etc…)
d) Répondre aux demandes d’éclaircissement et de
justification du fisc.
e) Accepter le droit de contrôle du fisc.
Terminologie Fiscale Abattement
:
Montant légal soustraire de la base imposable
Acompte provisionnel :
Avances d’impôt versées par le contribuable en début de
l’exercice qui seront par la suite déduite du montant total de sa
dette fiscale.
Amnistie Fiscale :
Mesure consistant, pour le fisc, à abandonner certains de ses
droits (Reprise, visite, etc…) en vue d’encourager le
contribuable à se mettre volontairement en règle avec le fisc
sans risque de pénalités et amandes.
P a g e | 47
Annualité de l’impôt :
En vertu de ce principe, l’impôt doit être collecté pour une
année.
Assiette :
L’assiette, c’est la base imposable.
Avis d’imposition :
Document préparé par le fisc à l’intention du contribuable sur
lequel est mentionné des informations pertinentes relatives à
l’imposition.
Bénéfices industriels et commerciaux :
Bénéfices réalisés par les entreprises dans le cadre de l’exercice
des activités normales.
Bouclier Fiscal :
Mécanisme d’imposition prévoyant un plafonnement (un
pourcentage maximal) des impôts sur le revenu que ne doit pas
dépasser l’impôt à payer par un contribuable.
Capacité contributive :
Faculté du contribuable de payer ses impôts.
P a g e | 48
Casier Fiscal :
Document regroupant des informations très pertinentes sur la
situation fiscale des redevables.
Charges déductibles :
La somme déduite de l’ensemble des revenus du contribuable.
Charte du contribuable :
Document regroupant l’ensemble des droits et garanties du
contribuable. Elle représente une contrepartie des pouvoirs de
contrôle du fisc.
Contentieux Fiscal :
Différend opposant le fisc au contribuable sur l’application
d’une mesure (Loi) fiscal.
Contribuable :
Personne ou entité frappée par une imposition. Ou personne
ou entité supportant directement une imposition.
Contrôle Fiscal :
Opérations destinées à assurer le fisc de la régularité et de la
sincérité des déclarations produites par le contribuable.
P a g e | 49
Crédit d’impôt :
La dette du fisc à l’égard du contribuable. Cette situation se
produit surtout lorsque les impôts payés en amont (à la source)
excèdent le montant total global du contribuable.
Déclaration contrôlée :
Document sur lequel le contribuable fait parvenir au fisc toutes
informations pertinentes relatives au calcul de sa dette fiscale.
Demande d’éclaircissement :
Pouvoir du fisc d’exiger le contribuable de lui fournir des
explications sur certaines informations contenues dans sa
déclaration.
Domicile fiscale :
Lieu d’imposition d’un contribuable établi par les textes légaux.
Evasion Fiscale :
Procéder de loyal auquel recourt des contribuables
malhonnêtes dans le but de se soustraire au paiement de
l’impôt ou de réduire considérablement sa dette fiscale.
Exonération
P a g e | 50
Mesures exceptionnelles dont bénéficient certaines personnes
ou entités de ne pas payer l’impôt.
Exigibilité
Moment à partir duquel le fisc peut contraindre le contribuable
à acquitter l’impôt.
Fait générateur
Action permettant à l’impôt d’exister.
Fiscalité
Elle désigne une série de prélèvement (impôts, droits,
contributions, taxes, etc…) ainsi que leur mécanisme
d’imposition.
Foyer fiscal
L’ensemble d’individus qui renferme une déclaration définitive.
Fraude Fiscale
Procédé déloyal destiné à réduire une base d’imposition.
Immunité fiscale
L’expression désigne les régimes fiscaux de faveur accordés aux
états étrangers, aux organisations internationales, aux
P a g e | 51
personnes des missions diplomatiques ou consulaires et aux
organisations gouvernementales. (Dictionnaire de droit fiscal et
douanier, Ellipses)
Impôt Forfaitaire
Régime d’imposition s’appliquant notamment à des
contribuables (entreprise ou commerçant) réalisant un chiffre
d’affaires annuel inférieur à 1 250 000 Gourdes.
Liquidation
Calcul de l’impôt.
Paradis fiscal
Pays à fiscalité privilégiée où l’imposition est très faible, voire
inexistant. (Dictionnaire de droit fiscal et douanier, Ellipses)
Pénalités
Sanctions pécuniaires et qu’écope tout contribuable ayant
soumis sa déclaration ou payé l’impôt en retard.
Prélèvement à la source
Montant prélevé sur les revenus des contribuables par un
intermédiaire au profit du fisc.
Prélèvement libératoire
P a g e | 52
Mécanisme d’imposition du revenu selon lequel après
l’imposition du revenu, celui-ci ne s’affichera jamais dans la
déclaration du contribuable.
Prélèvement obligatoire
Il s’agit des impôts et cotisations sociales (ONA, OFATMA, CAS,
CFDGCT, etc…) reçus par certains organismes publics.
Recouvrement
Encaissement de l’impôt.
Redevable
Personne ou entité tenue de payer l’impôt
Revenu Brut global
Somme des revenus réalisés par un contribuable dans une
année d’imposition.
Revenu net global
Montant découlant de la différence entre le revenu brut global
et les charges personnelles (charges déductibles) d’un
contribuable.
Système déclaratif
P a g e | 53
Système selon lequel l’impôt est établi à partir des informations
fournies par le contribuable dans sa déclaration.
Taxation d’office
Procédure à laquelle recourt le fisc lorsque le contribuable
refuse de collaborer. (Par exemple, non-soumission de la
déclaration, absence de réponse à une demande
d’éclaircissement.
A- Taxe sur la masse salariale (TMS) et les principes à valeur
constitutionnelle.
La TMS est créée par le décret du 14 aout 1988
(Moniteur # 95)
a) Principe de l’égalité :
Signification, les ressources
Le principe de l’égalité résulte de deux ressources:
l’article 218 & 219 de la constitution haïtienne de la
déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
L’article 218 : L’article 218 de la constitution dit
qu’aucun impôt au profit de l’Etat ne peut être établi
que par la loi. Aucune charge, aucune imposition soit
P a g e | 54
départemental, soit municipale, soit de section
communale, ne peut être établie qu’avec le
consentement de ces collectivités territoriales.
L’article 219 : Il ne peut être établi de privilège en
matière d’impôt. Aucune exception, aucune
augmentation, diminution ou suppression d’impôt ne
peut être établie que par la loi.
L’article 14 de la déclaration des droits de l’homme et
du citoyen stipule que « tous les citoyens ont le droit de
constater par eux-mêmes ou par leurs représentants la
nécessité de la contribution publique, de la consentir
librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la
quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée ». Le
principe clé est celui du consentement à l’impôt par les
citoyens ou par leurs représentants. Pour être légitime,
l’impôt doit avoir été consenti par les citoyens ou leurs
représentants. Ce principe de consentement de l’impôt
exprime dans la déclaration des droits de l’homme et du
citoyen est le fondement du principe de l’égalité de
l’impôt.
P a g e | 55
b) Historicité de la TMS
La taxe sur la masse salariale est un impôt sur les
salaires qui a remplacé l’ancien impôt connu sous le
nom de taxe d’apprentissage. Différente de la retenue à
la source sur les salaires, ce prélèvement présente les
caractéristiques suivantes :
1) Il est supporté directement par le contribuable qui
verse les salaires.
2) Il ne connait pas de seuil d’exemption.
3) Il fait partie des impôts et taxes dont le droit à
déduction est reconnu.
c) Définition de la TMS
La taxe sur la masse salariale (TMS) frappe l’ensemble
des rétributions (salaires, appointements, émoluments,
etc…) versés par les entreprises privées et publiques et
l’administration publique en général.
d) Personne imposable
Toutes les entreprises privées et publiques ainsi que
l’administration publique en général sont assujetties à la
TMS. Les professionnels non-salariés travaillant en
cabinet ou non et toutes autres personnes ou
P a g e | 56
organisations qui versent des salaires et qui ne sont pas
comprises dans la liste des personnes exonérées
prévues par la loi.
e) Exonération
Les personnes énumérées ci-dessous sont exonérées de
la taxe sur la masse salariale :
1) Les Ambassades et Consulats.
2) Des organisations internationales.
3) Les organismes non gouvernementaux liés à l’Etat par
un contrat dans lequel, il est expressément prévu
l’exonération des droits et taxes divers.
f) Base imposable
Le montant à retenir pour la liquidation de la TMS est la
masse salariale, c’est-à-dire le montant total des
salaires, appointements, émoluments, etc… versés par
l’employeur. Il est important de préciser que la TMS ne
doit être payé que par l’employeur.
g) Fait Générateur
P a g e | 57
Le fait générateur de la TMS est le versement des
rémunérations aux employés.
h) Exigibilité
La TMS d’un mois doit être versée au fisc entre le 1er et
le 10 du mois suivant.
i) Taux d’imposition
Le taux d’imposition de la TMS est de 2 %.
j) Pénalités
Tout paiement hors délai de la TMS entraine des
pénalités de 10 % par mois ou fraction de mois jusqu’à
concurrence du montant principal de la TMS.
Remarque : Les éléments ci-dessous doivent être exclus de la
masse salariale imposable :
1) Les avantages en nature.
2) Les cotisations d’assurance.
P a g e | 58
3) Les remboursements des frais.
4) Les honoraires.
5) Les jetons de présence.
6) Les prestations légales.
7) Les indemnités de réalisation de contrat de travail ou de
séparation ou de départ volontaire.
k) Obligation Administrative des Redevables Les entités
redevables à la TMS à l’obligation d’acheminer à la DGI
entre le 1er et le 10 de chaque mois la déclaration de la
TMS. Celle-ci impliquera surtout les salaires verses ainsi
que les informations pertinentes sur les bénéficiaires.
L) Obligation de la DGI
La DGI a pour obligation de :
1) Mettre des formulaires y relatives à la disposition des
contribuables afin de facilité le plein d’accomplissement
de leur devoir fiscal.
2) Reconnaitre le droit, pour les redevables de la TMS, de
considérer cet impôt comme une charge déductible.
P a g e | 59
Exemple de calcul de la TMS
Voici les salaires des employés de l’entreprise « LIPIDOUS & CO
» pour le mois d’Octobre 2020.
Noms Prénoms Salaires Mensuels
Milfort Faulince 70 000 Gourdes
Opont Marc Robert 45 000 Gourdes
Constant Harbigaëlle 35 000 Gourdes
Jules Samanta 21 000 Gourdes
Elijuste Idaphka 42 500 Gourdes
Talon Davidson 38 000 Gourdes
Délisca Flaurance 55 000 Gourdes
Masson Marie Suze 39 000 Gourdes
Casséus Ilène 25 000 Gourdes
Jusma Rejaïna 30 000 Gourdes
Formetus Achel Jessica 52 000 Gourdes
Jean Charles Rose-Carry A. 23 000 Gourdes
Travail à faire :
Préparer la TMS pour le mois de novembre 2020.
P a g e | 60
Commented [MF1]:
Exercice I
Vous trouverez, ci-dessous, des informations sommaires
relatives aux sommes versées par l’entreprise Lipidous & co à la
fin du mois de Janvier 2009.
Salaire du personnel 1 627 279 Gdes
Prestations légales 58 229 Gdes
ONA (Partie versée par l’employeur 135 136.74 Gdes
Honoraires des avocats de l’entreprise 58 125 Gdes
OFATMA 10 617 Gdes
Travail à faire
Établir le montant de la charge de TMS de Janvier 2009, sachant
que cette taxe a été acquittée le 11 Février 2009.
P a g e | 61
Exercice II
La société Bobo Yayane & Co a versé, entre autres les sommes
suivantes en Décembre 2008
Boni Légal 150 000 Gdes
Pensions 31 350
Honoraires avocats 15 127
Salaires 270 000
Gratifications au Personnel 11 170
Commissions versées 21 120
Travail à faire
Calculer le montant de la TMS que la société doit verser à la
DGI, sachant que la taxe a été acquittée le 06 Juin 2009.
P a g e | 62
Notion de groupe de commune
Aux fins d’identification du droit fixe de la patente, les
communes sont reparties en trois groupes.
1er groupe : Port-au-Prince, Pétion-Ville, Carrefour et Delmas
2ème groupe : Aquin, Cap-Haitien, Cayes, Fort-Liberté, Gonaïves,
Hinche, Jacmel, Jérémie, Miragoȃne, Petit-Goȃve Port-de-Paix
et Saint-Marc.
3ème groupe : Les autres communes
Règles de communes
Le montant du droit fixe à retenir dans le calcul de la patente :
1er groupe : 100 % du droit fixe.
2ème groupe : 50 % du droit fixe.
3ème groupe : 25 % du droit fixe.
P a g e | 63
Remarque Importante
a) Tout artisan travaillant seul, dont le chiffre d’affaire est
inférieur ou égal à 50 000 gourdes bénéficieront d’une
réduction de 75 % du droit variable de la patente.
b) La patente est due pour chaque contribuable.
c) Pour la première année d’activité, le montant de la
patente se limite au droit fixe.
d) Lorsque l’entreprise possède plusieurs établissements, et
que les informations précises relatives au chiffre d’affaires
de chaque établissement ne sont pas disponibles, le chiffre
d’affaires imposable s’obtient en multipliant le chiffre
d’affaires total par le rapport masse salarial d’un
établissement sur la masse salariale totale de l’entreprise.
Comme le démontre la relation ci-dessous :
CA Imposable= chiffre d’affaires de l’entreprise x masse
salariale- établissement / masse salariale totale.
e) En cas de perte ou de destruction de certificat de patente,
le contribuable pourra bénéficier un duplicata de l’original
du certificat de patente moyennant le paiement d’un droit
spécial représentant 25 % du droit fixe de la patente.
f) Les individus et les entités redevables de la patente sont
tenus de remplir entre premier Octobre et 15 Décembre
P a g e | 64
de chaque année un formulaire de déclaration de patente
délivré gratuitement par la DGI. Passé ce délai, les
contribuables encourent le risque de taxation d’office.
g) Les contribuables ne relevant pas du régime du bénéfice
réel doivent tenir un journal de recette et conserver, d’une
manière ordonnée, les pièces justificatives de leurs
recettes et dépenses professionnelles. Ces pièces doivent
être conservées au moins 6 ans.
h) Les employés doivent tenir un journal de salaires pour
chaque établissement. Ce journal doit faire état
notamment des informations, ci-dessous relatives aux
employés.
1- Nom et prénom
2- Date d’embauche
3- Adresse principale et numéro de téléphone
4- Matricule fiscale
5- Fonction ou profession
6- Montant de rémunération (Salaires bruts périodiques
payés et avantage en nature).
P a g e | 65
Taxe sur actions
Loi du 11 aout 1903 sur les titres négociables
(Moniteur # 11 – 1974)
Décret du 28 Septembre 1990
(Moniteur # 86 B – 1990)
Décret du 19 mai 1995
(Moniteur # 50 – 1995)
a) Définition
La taxe sur actions est une taxe annuelle frappant le
capital-actions d’une société anonyme. A partir du
décret du 19 mai 1995, le montant sur la taxe sur
l’actions, en aucun cas ne peut pas dépasser 5 000
Gourdes.
NB : Cette taxe est exigible même en cas de cessation
temporaire d’activité et peut être acquittée par tranches
trimestrielles.
b) Personne imposable
La taxe sur actions doit être payée par toutes les sociétés
anonymes.
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c) Base imposable
La base d’imposition de la taxe sur actions est le montant du
capital-actions.
d) Le fait générateur
Le fait générateur de la taxe sur actions, est l’exercice d’activité
commerciale par les sociétés anonymes.
e) L’exigibilité
La taxe sur actions doit être payée chaque année entre le 1er et
le 20 Octobre.
f) Taux d’imposition
Le taux d’imposition à retenir pour la liquidation de la taxe sur
action est de 0,30/100 par chaque 100 Gourdes d’action.
P a g e | 67
g) Exonération
Sont exempts de la taxe sur action
1) Les sociétés anonymes titrent III,
2) Les sociétés financières de développement durant les cinq
premières années de fonctionnement.
Le non acquittement de la taxe sur actions entraine une
amande de 500 Gourdes à 5 000 Gourdes.
Obligations administratives des redevables
Les sociétés redevables à la taxe sur actions doivent soumettre
chaque année, entre le 1er et le 20 Octobre, à la DGI un relevé
des conversions et de l’état des titres (Actions et obligations)
pour fins de calcul de la taxe.
NB : Remarque sur le calcul de la patente
D’après la loi finance 2013-2014, le droit fixe de la patente est
de 5 000 Gourdes pour l’exercice d’ouverture, pour quelle que
soit l’entreprise.
P a g e | 68
Dans la deuxième année, on doit considérer l’activité
économique, c’est-à-dire le chiffre d’affaires et la masse
salariale pour trouver le droit variable.
DV= (CA – MC) x 4/1000
Exercice 1
Déterminer le montant de la patente de l’entreprise « Bobo
Yayane & Co » pour sa première année d’exploitation.
Exercice 2
La société « Lensie & Co » a commencé ses activités
d’exploitation en février 2014 à Delmas 75, avec une annexe
qui se trouve à Delmas 40 B.
Déterminer le montant de la patente des sociétés pour cette
même année d’exploitation.
Exercice 3
La société « EBO & Co » a commencé ses activités
d’exploitation en mars 2 000.
Trouver le montant de la patente à payer pour la même année.
P a g e | 69
Exercice 4
Vous trouverez, ci-dessous un sommet des opérations
effectuées par la société COCO-RICO S.A.
Ventes brutes 10 170 000 Gdes
TCA 372 000
Rabais sur ventes 17 163
Salaires 2 122 000
Rendus sur ventes 12 177
ONA 78 187
OFATMA 42 120
Capital-actions 2 000 000
Travail à faire
Déterminer le montant des obligations fiscales de COCO-RICO
S.A. au titre de l’exercice 2009-2010.
Exercice 5
Les renseignements sommaires relatifs à l’exercice 2015-2016
de la société FOFO S.A vous ont été transmis le 17 Décembre
2015 :
Ventes Brutes hors TCA 30 125 177 Gdes
Rabais sur achats 120 122
P a g e | 70
Retour sur vente 77 180
Commissions sur ventes 201 000
Salaires 5 120 007
Capital-actions 1 500 000
Autres frais de ventes 98 120
Honoraires des avocats 128 110
ONA 614 400. 84
Assurances internationales 332 000
Par ailleurs, les dirigeants de « FOFO S.A » ont possédé à
l’inauguration d’une succursale de l’entreprise à Grand-Goȃve
du capital
NB: 25 % du capital-actions a été émis le 30 Octobre 2015.
Travail à faire
Présenter le montant des charges fiscales de FOFO S.A au titre
de l’exercice 2015-2016.
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