3 Modelisation TheorieBoost
3 Modelisation TheorieBoost
en mode courant
Résumé :
Ce document présente la théorie à maîtriser pour pouvoir réaliser un convertisseur Boost. Le fil
conducteur est l'utilisation d'un contrôleur intégré, le NCV8871, qui fonctionne en mode courant.
Le document part de zéro. Il démarre avec l'analyse fondamentale du Boost en régime permanent. Il
aborde ensuite la modélisation du convertisseur qui est non linéaire. L'hypothèse retenue dans le
document est celle d'un rapport cyclique moyen qui évolue peu. Le modèle petit signal est utilisé.
Enfin la régulation en mode courant est présentée avec le calcul d'un correcteur pour le circuit
NCV8871.
Ce document dont la compréhension est indispensable ne permet pas une mise en œuvre pure et
simple du convertisseur. Il existe plusieurs niveaux de difficultés à prendre en compte. Pour arriver
à une solution technique convenable, il faudra :
– analyser les pertes dans le système,
– travailler sur le routage du circuit qui est absolument fondamental si l'on veut un bon
fonctionnement,
– étudier les circuits snubber.
« Amortissement_Ordre_2.pdf » :
Il traite des circuits RLC parasite typiques rencontrés dans les cellules de commutation. Il permet de
comprendre comment amortir tel ou tel circuit.
« Snubber.pdf » :
explique le rôle de ces circuits « amortisseur ». Ils aident à la commutation mais surtout améliorent
le rayonnement CEM. Comment les dimensionner. Il s'appuie sur le document cité ci-dessus, mais
contextualisé à la cellule de commutation.
« Dimensionnement_Boost_200W.pdf » :
Dans ce document, on présente le dimensionnement complet du Boost avec le NCV8871 avec
toutes les approches, de la plus basique, à la plus compliquée (éléments parasites, snubber). Les
résultats et pistes d'amélioration sont présentées.
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Table des matières
1.Le boost, théorie en régime permanent, mode continu.....................................................................3
1.1.Etude en régime permanent, conduction continue.....................................................................3
1.2.Exemple de dimensionnement...................................................................................................5
1.3.Dimensionnement des composants............................................................................................5
1.4.Résultat de simulation en régime permanent, conduction continue..........................................6
1.5.Les subtilités de dimensionnement............................................................................................8
2.Modélisation du boost en mode continu...........................................................................................9
2.1.Concept de valeur moyenne glissante........................................................................................9
2.2.Modèle du boost en conduction continue, commande en tension...........................................10
2.3.Analyse de résultats de simulation (conduction continue)......................................................11
2.4.Prise en compte de l'ESR dans le modèle dynamique ............................................................13
2.5.Conclusion sur la correction....................................................................................................13
3.Régulation en mode courant ...........................................................................................................14
3.1.Introduction .............................................................................................................................14
3.2.Modélisation du boost lors de la commande en courant..........................................................15
3.2.1.A - Moyennage des interrupteurs autour du point de repos.............................................16
3.2.2.B – linéarisation du circuit...............................................................................................17
3.2.3.C – linéarisation dynamique du circuit............................................................................18
3.2.4.D – Détermination des fonctions de transfert du circuit..................................................18
3.3.Schéma-bloc du système..........................................................................................................22
3.3.1.Expression de G(p), le système à commander (boost en mode courant).........................23
3.4.Dimensionnement du Boost du point de vue automatique .....................................................24
3.4.1.Stratégie de correction.....................................................................................................24
3.4.2.Détermination du correcteur PI par la compensation du pôle dominant..........................25
3.4.3.Robustesse aux charges différentes du nominal..............................................................25
T.Rocacher
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1. Le boost, théorie en régime permanent, mode continu
Le convertisseur statique DC-DC Boost, survolteur est constitué de 4 éléments de puissances qui
sont : une inductance de forte valeur en courant, un condensateur capable de tenir une tension
suffisante mais aussi de tenir un courant efficace très important comme nous allons le voir, une
interrupteur commandé et une diode.
Le principe consiste à charger l'inductance en énergie pendant un temps (interrupteur fermé), puis
de transmettre cette énergie au condensateur de sortie et à la charge via la diode. Durant la phase ou
l'inductance emmagasine de l'énergie, son courant va avoir augmenter d'une valeur I. Inversement,
lors de la décharge dans le condensateur, le courant va diminuer dans les mêmes proportions. Si ce
courant est encore non nul en fin de transfert d'énergie, on parlera de conduction continue. Si le
courant s'annule avant la fin du transfert, on est en conduction discontinue. Dans le document, on
étudie uniquement la conduction continue.
VL
IL ID
IC
IR
I
VOut
Le circuit d'entrée :
Hypothèse :
Vout ondule très peu. Elle est
considérée continue, on la
remplace par une source de tension
continue.
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Chronogrammes d'entrée
Rapport cyclique plus petit
S1 S1
VL VL
Vin Vin
S2 S2
Vgs Vgs
Courant moyen non prévisible à ce stade de La surface S1 diminuant, S2 aussi, donc Vout diminue
l'analyse ( charge à priori inconnue)
Fig 1.3a : formes d'onde idéale, moyen Fig 1.3b :formes d'onde idéale, moyen
Chronogrammes de sortie
Forme en trapèze due à l'ondulation
de courant dans l'inductance La valeur moyenne du courant
ID
IL0
dans le condensateur est nulle
ID0
(régime permanent).
Vgs Hypothèse :
Vout ondule très peu.
IR (continu) = ID0
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1.2. Exemple de dimensionnement
Entrée :
Courant moyen de la batterie (au rendement près) : 10,5A.
Vin = 24V
Sortie :
On vise en sortie 41V
Courant moyen 250/42 = 6A
Ondulation maximale :
0,5A , f = 100kHz, = 0,42
t on α .T α .V i n α .V i n 0,42.24
I (t on )=V i n . , I Max =V i n . = => L= = =200µH
L L L.f I Max . f 0,5.100 k
ID0
La détermination de l'ondulation se fait
de 0 à T, c'est le plus simple.
1 1
v c= .∫ i c (t). dt=v cMax − I D0 .t A pleine puissance (P = 250W), Ich0 = ID0 = 6A.
C C
Si on veut limiter la variation à 1V, la capacité vaudra (rapport cyclique de 0,42) :
I D0 . α .T I .α 6.0,42
C= = D0 = =25µF .
ΔV c ΔV c . F 100k . 1
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1.4. Résultat de simulation en régime permanent, conduction continue
= 0,42 fixe
F =100 kHz
Fig 1.7
Signaux d'entrée :
Les formes sont conformes à la figure 1.3. L'ondulation de courant mesurée est de 484 mA (500mA
visé). La différence se situe au niveau de la tension aux bornes de l'inductance (courbe rouge) au
niveau de la tension négative. Cela traduit le fait que la tension de sortie n'est pas tout à fait
constante. Cette non constance est soulignée justement lors du dimensionnement du condensateur.
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Signaux de sortie :
Là encore les figure 1.5a et b sont respectées, la valeur de 6A est conforme. Le seul écart avec les
figures théoriques est la forme du courant négatif de iC. Il n'est pas constant. Là encore, l'ondulation
résiduelle de tension sur le condensateur est responsable de cela.
Cet écart se retrouve sur la figure 1.9 au niveau de IR (loi d'Ohm). C'est cette ondulation que l'on
retrouve aussi sur la tension d'inductance ( figure 1.8) avec une impression d'amplification du
phénomène. En effet, la tension (en valeur absolue) aux bornes de l'inductance vaut Vout-Vin lors
de l'état off. L'ondulation relative augmente donc puisque la moyenne est descendue de 24V (Vin).
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1.5. Les subtilités de dimensionnement
L'inductance étant obtenue, on est capable de tracer le courant de diode. Le courant dans le
condensateur s'obtient en écrivant que le courant de diode se sépare en un courant à valeur
moyenne nulle (celui du condensateur) et un courant étant égal à la valeur moyenne du courant.
Ayant la forme simplifiée du courant (elle supposait Vs = cste), on peut déterminer C en s'imposant
une ondulation de tension. Cette dernière sera prise à 5% maximum typiquement de manière à
confirmer l'hypothèse de départ.
Une fois le condensateur déterminé, on retrouve la réalité des courbes, très proche des courbes
théoriques.
8/27
2. Modélisation du boost en mode continu
- iHF(t) est la partie fluctuante HF qui est égale à i(t) auquel on a enlevé la moyenne sur T, donc
nécessairement à valeur moyenne nulle.
Graphiquement :
i(t) <i>T(0) . T
<i>T(t)
<i>T(3T/4)
<i>T(T/2)
<i>T(T/4)
<i>T(0)
i(t) <i>T(T/4) . T
t
T/2
T/4 3T/4
t
i(t) <i>T(T/2) . T
1 T
<i >T (0)= ∫ i( τ ). d τ
T 0
t
i(t) <i>T(3T/4) . T
t
t t
Fig 2.2 décomposition d'une grandeur découpée en une composante à valeur moyenne glissante et une
composante HF
Les développements qui vont suivre ne feront intervenir que les grandeurs à valeur moyenne
glissante.
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2.2. Modèle du boost en conduction continue, commande en tension
Une méthode d'obtention du modèle aux valeurs moyennes de l'étage boost en continue est donné
dans [1]. La méthode consiste à travailler sur une représentation d'état puis en l'obtention du modèle
dynamique en p à partir du modèle. En résumé :
• choix de la variable d'état : le courant dans la bobine ainsi que la tension aux bornes du
condensateur car ce sont des variables continues (représentative des énergies stockées),
• choix de la commande u(t) : 1 traduit l'interrupteur fermé. 0, l'interrupteur est ouvert,
• écriture des représentations d'état pour u(t) = 1 et pour u(t) =0,
• obtention du modèle d'état moyen : fusion des modèles précédents,
• détermination du point de repos : x(t) = X0 , autour du point de repos 0,
• linéarisation de la représentation d'états autour du point de repos X0 : dans le cas du boost,
on montre [1] que la matrice A dépend de la commande u(t). Ils faut donc linéariser
l'équation pour rendre u(t) et x(t) indépendant dans la représentation. Ceci n'est valable bien
entendu que pour de petites variations de u(t) et x(t),
• Détermination des fonctions de transfert.
Tout ce travail de modélisation conduit à la fonction de transfert suivante pour ce qui est de la
tension de sortie :
L
1− .p
vs
̃ ( p) Vi n R
= . (éq. 2.1)
̃ p) (1−α)2
α( L 2
1+ . p+ L .C.p
R
avec :
• vs
̃ (t) : variation petit signal de la tension moyennée glissante de vs(t) autour de sa
moyenne vs0,
• ̃ ) : variation du rapport cyclique autour de sa valeur moyenne 0,
α(t
L
• L inductance effective, qui dépend de , L= ,
(1−α)2
• C condensateur de sortie,
• R résistance de charge.
Remarques :
• le boost est en régime continu,
• la résistant ESR du condensateur n'est pas pris en compte (Equivalent Serie Resistor).
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Le système du second ordre (dénominateur) possède les caractéristiques suivantes :
L
1−
.p
vs
̃ ( p) Vi n R
=
̃ p ) (1−α)2
α(
.
2.m . p p 2
1+ ω + 2
n
ωn
avec ωn =
1
√ L.C
et m=
1
.
2.R C
L
√
2.3. Analyse de résultats de simulation (conduction continue)
Les résultats d'analyse suivants sont obtenus sur Ltspice à partir du schéma de la figure 1.7. Le
rapport cyclique évolue de manière carrée, entre = 0,4 et = 0,6. On observe donc ci-dessous la
commande et les deux variables d'état.
Fig 2.3 Evolution du rapport cyclique, de la tension de sortie et du courant dans l'inductance.
Observations :
La tension de sortie évolue au départ en sens inverse de la consigne au départ
L'explication physique du phénomène provient du changement brutal de rapport cyclique et du fait
que les circuits L et C sont séparés.
En effet, imaginons un régime permanent établi : le temps de mise en conduction, T, correspond à
la charge de l'inductance. Pendant ce même temps, le condensateur se décharge dans la résistance
(iC négatif et à peu près constant, voir fig 1.5b et 1.9). Pendant le temps de blocage, c'est l'inverse,
11/27
l'inductance se décharge et le condensateur reprend de la charge. Tout ceci se fait dans un équilibre
tel que le courant moyen dans le condensateur et la tension moyenne de l'inductance sont nuls.
Lorsque le rapport cyclique augmente (dans notre cas +20%), l'inductance se charge davantage (le
courant moyen de l'inductance augmente). Par contre le temps de décharge du condensateur a
augmenté de 20% lui aussi. La tension de sortie ne peut que baisser.
Lors de la phase de blocage, un courant plus important va traverser le condensateur, mais pas
suffisamment dans l'immédiat pour contre-balancer la perte de tension.
Globalement la tension de sortie va continuer à diminuer tant que la valeur moyenne du courant
dans le condensateur n'est pas remontée à 0.
La figure suivante, qui est un zoom au niveau de la transition de qui passe de 40% à 60%, montre
le détail des évolutions des grandeurs qui sont impactées.
(1)
(2)
Fig 2.4 Zoom : évolution du rapport cyclique, de la tension de sortie, du courant dans l'inductance et du courant
dans le condensateur
12/27
Présence d'ondulations caractéristiques d'un second ordre
La figure 2.3 montre une réponse typique du second ordre au niveau des fronts, mais asymétrique
selon que le front est montant et descendant. La pulsation est également différente. Cela s'explique
simplement par les équations données en §2.2 qui montrent que l'amortissement et la pulsation
L
propre sont fonction du rapport cyclique (à cause de L qui vaut )
(1−α)2
L= 200µH; C = 25µF; R = 6,6 .
Ainsi, au front montant, le transitoire devrait aller vers plus d'amortissement car il va en
augmentant. Inversement, lors du front descendant, l'amortissement va en diminuant, donc vers plus
d'oscillations de la tension de sortie.
Il est donc possible de faire une régulation sur ce modèle, mais elle va être assez compliquée. Une
solution qui simplifie la fonction de transfert, est de travailler en mode courant, ce que nous allons
voir dans la partie 3.
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3. Régulation en mode courant
3.1. Introduction
La régulation en mode courant consiste à mesurer le courant du transistor de commande et à le
comparer à une consigne de référence. Le rapport cyclique n'est donc plus commandé directement.
Dans les faits, le courant a une forme de trapèze (cf fig. 1.3a). Il est converti en tension via une
résistance de mesure. Cette tension de retour est alors appliquée à l'entrée + d'un comparateur au
même titre que le serait la rampe d'une PWM. L'entrée - reçoit la tension de consigne (image du
courant que l'on souhaite).
Tant que le retour de courant est en dessous de la tension de référence de courant, le comparateur
reste à 0. Dès que la tension image du courant atteint la valeur de référence, le comparateur bascule
au niveau haut. Ce signal de sortie du comparateur est acheminé vers l'entre Reset d'une bascule RS.
Cette dernière reçoit un ordre de mise à 1 périodique via un signal impulsionnel périodique appliqué
à l'entrée Set. Le basculement du comparateur va donc mettre à 0 la sortie Q de la bascule.
La sortie Q est connectée au MOS via un driver de MOS.
NB : La bascule RS est indispensable car sans elle, un cycle d'oscillation se produirait (mise on et
off du MOS à fréquence élevée)
Osc Vsense
Court dépassement
Set VI ref
T Q
Reset
T
ID
Vcomp t
Vref I - Vcomp
RSense
(Reset)
+
Osc T t
V Isense
(Set)
0V
t
Fig 3.2 chronogrammes du
circuit
Dans le paragraphe 2.2, nous avons fait référence à [1] dans lequel on trouve la démonstration de la
Ṽ s ( p)
fonction de transfert . Cette relation est difficile à déterminer car, contrairement au buck,
̃ p)
α(
le boost possède une topologie dans laquelle les interrupteurs sont « noyés » dans les éléments de
stockage. Il n'est donc pas possible de séparer la source et les interrupteurs du reste du circuit.
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Pour autant, cette relation ne nous est pas directement utile ici puisque le rapport cyclique n'est
pas directement commandé. Afin de modéliser le boost en commande courant, nous allons :
– considérer que la boucle de courant est suffisamment rapide pour affirmer que V isense = VrefI,
c'est à dire que V refI = Rsense .IL. Cela revient à dire que l'ondulation de courant de IL est
faible devant la moyenne du courant mais aussi qu'un changement de consigne VrefI
provoque immédiatement une variation du courant IL. Autrement dit, tout se passe comme si
on contrôlait directement IL.
– élaborer le modèle par la méthode du « moyennage des interrupteurs» (Averaged Switch
Modeling), [2 chapt 7 ].
La méthode repose bien évidemment sur le fait que la fréquence de découpage est très élevées
devant les des fréquences propres des éléments passifs (concept de moyennage vue au §2.1
applicable).
Il s'agit de remplacer chaque interrupteur par une source de tension (courant) de valeur moyenne
connue. Le temps disparaît ainsi dans les équations, et tout l'aspect HF disparaît également.
Pour ce faire, la modélisation se fait autour du point de repos. C'est ici absolument indispensable
car le modèle dynamique est très dépendant du point de repos de l'ensemble du convertisseur.
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3.2.1. A - Moyennage des interrupteurs autour du point de repos
v1(t) i2(t)
i1(t) i2(t)
v2 i1
v1(t) v2(t)
.T T t .T T t
Fig 3.4a Interrupteurs en forme de quadripôle Fig 3.4b courbes instantannées de courant tension
On obtient un quadripôle dont on va évaluer courant et tension en entrée et en sortie pour obtenir un
système de sources de tension (courant) contrôlées aux valeurs moyennes. Pour cela, à l'échelle
d'une période, on suppose que les grandeurs de stockage (i1 et v2) sont constantes.
On remarque tout de suite que i1(t) est imposé par l'inductance agissant comme une source de
courant constante. De manière symétrique la tension v2(t) est imposé par le condensateur qui agit
comme une source de tension continue. Les chronogrammes instantanés de la figure 3.4b éclairent
sur les deux inconnues, v1(t) et i2(t).
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Le modèle obtenu est alors le suivant :
L iL
+ i2 = (1-).iL
vs
R
Vin v1=(1-).vs C
Fig 3.4 Modélisation non linéaire des interrupteurs par des sources de courant / tension moyennées
Le gros intérêt de ce circuit est qu'il nous débarrasse des phénomènes liés à l'échantillonnage. Les
tensions et courants représentés sont moyennées à l'échelle de la période d'échantillonnage.
Par contre, il n'est pas directement utilisable. En effet, si nous cherchons à établir le modèle
dynamique donnant la tension vs en fonction de la commande et Vin, on ne parviendra pas à
écrire vs sous la forme v s=λ 1⋅α+λ 2⋅v i n . En effet, on voit que la première source fait apparaître
un produit v s⋅α qui empêche la linéarité. Nous sommes donc contraints de linéariser le schéma
de manière à obtenir cette séparation des variables.
Si on ajoute également une variation possible sur l'entrée du boost : v i n=v in0 + ṽi n
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Le circuit linéarisé devient donc :
~
vs0.
L
iL ~
(1-0).vs
~
v
in
vs=vs0 + ~
vs
(1-0).vs0 R
Vin0 (1-0).IL0 C
~ ~
(1-0).iL IL0.
Fig 3.5 Modélisation linéarisée des interrupteurs par des sources de courant
NB : ce schéma n'est valable que pour les petites variations autour d'un point de repose déterminé
(vin0, a0). Le produit ṽs⋅α̃ n'existe plus dans ces conditions, on a obtenu la linéarité.
Afin de déterminer les équations du systèmes dans le domaine de Laplace, il faut éliminer les
composante continue pour ne s'intéresser qu'aux variations (schéma équivalent dynamique).
Le schéma s'obtient très simplement à partir de la figure 3.5 :
~
vs0.
L
iL ~
(1-0).vs
~
vin
~v
s
R
~ C
(1- ).i IL0
~
.
0 L
Fig 3.6 Schéma équivalent petits signaux valable pour le point de fonctionnement Vin0, a0
A priori sur ce schéma, nous avons 2 entrées possibles et deux grandeurs qui en dépendent. Les
grandeurs d'entrée sont :
- ṽi n
- α̃
Les deux grandeurs contrôlées sont :
- ĩL
- ṽs
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Dans l'analyse qui suit, nous considérons que l'entrée ṽi n ne varie pas. On peut alors extraire
deux équations donnant ĩL et ṽs :
R
ṽs= ⋅[(1−α0 )⋅ĩL− I L0⋅α]
̃ (éq. 3.1) et
1+ RCp
1
ĩL= ⋅[V s0⋅α−(1−α
̃ 0 )⋅ṽ s ] (éq. 3.2)
Lp
Les valeurs de repos Vs0 et IL0 doivent être exprimée en fonction de Vin0 et a0 , afin de simplifier un
peu les expressions précédentes :
V i n0
(éq 1.1) donne V s0= ,
1−α0
par ailleurs, l'égalité des puissances (rendement supposé idéal), nous pouvons écrire (voir fig 1.1):
V s0⋅I R0 I V s0
V s0⋅I R0 =V in0⋅I L0 , soit I L0 = = R0 = , soit encore :
V in0 1−α0 R⋅(1−α0 )
V in0
I L0 = (éq 3.3)
R⋅(1−α0 )2
R V in0
ṽs= ⋅[(1−α0 )⋅ĩL− ⋅α]
̃ (éq. 3.4) et
1+ RCp R⋅(1−α 0 )2
1 V
ĩL= ⋅[ i n0 ⋅α−(1−α
̃ 0 )⋅ṽs ] (éq. 3.5)
L p 1−α0
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L'équation 3.5 donne
(1−α 0 )
α=
̃ ⋅( Lp⋅ĩL+(1−α 0 )⋅ṽs ) ,
V in0
en réinjectant dans (3.4) ,
R V in0 (1−α0 )
ṽs= ⋅[(1−α0 )⋅ĩL − ⋅ ⋅( Lp⋅ĩL+(1−α0 )⋅ṽs)] soit
1+ RCp R⋅(1−α0 ) 2
V in0
R 1
ṽs= ⋅[(1−α0 )⋅ĩL − ⋅( Lp⋅ĩL+(1−α0 )⋅ṽs)] soit
1+ RCp R⋅(1−α0 )
R Lp⋅ĩL ṽ
ṽs= ⋅[(1−α0 )⋅ĩL − − s]
1+ RCp R⋅(1−α0 ) R
En réarrangeant progressivement :
1 R(1−α0 ) Lp
ṽs (1+ )=ĩL⋅[ − ] soit
1+RCp 1+ RCp (1+ RCp)(1−α0 )
Lp
ṽs (2+ RCp)=ĩL⋅[ R(1−α0 )− ] soit encore ;
(1−α0 )
Lp
R(1−α0 )−
ṽs (1−α0 ) et finalement
=
ĩL 2+ RCp
Lp
(1− 2
)
ṽs R(1−α0 ) R(1−α0 )
= ⋅ (éq. 3.6)
ĩL 2 RC
1+ p
2
+ ̃ =R shunt⋅ĩL
v refI
V Isense
0V
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Nous obtenons donc la modélisation globale qui relie v refI
̃ à ṽs qui est une approximation :
L
(1− ⋅p)
ṽs R(1−α0 ) R
= ⋅ =G( p) (éq. 3,7)
v refI
̃ 2 R shunt RC
1+ p
2
avec
• vs
̃ (t) : variation petit signal de la tension moyennée glissante de vs(t) autour de sa
moyenne vs0,
• v refI
̃ : variation de la consigne de courant dans l'inductance,
L
• L : inductance effective, qui dépend de , L= ,
(1−α 0)2
• C : condensateur de sortie,
• R : résistance de charge,
• Rshunt : résistance du shunt de mesure,
• α0 : rapport cyclique moyen au point d'équilibre.
2 1 R R(1−α0 )
On notera f c= , f =
zrhp , Av0 = , la relation 3.7 devient alors :
2 π RC 2π L 2 R shunt
p
1−
ṽs 2 π f zrhp
=G ( p)= Av0⋅ (3.8)
v refI
̃ p
1+
2π f c
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3.3. Schéma-bloc du système
Vin vs
R
C
0V
Osc
G(p) 0V 0V
Set
T Q
Reset
T
ID
-
RSense
+
V Isense
0V
R1
Vref I
K
i = gm . DV -
OTA V
+ R2
+
VrefI = Z.gm.DV Z
VrefV
C(p) 0V
0V
0V
Fig 3.2 architecture simplifiée du boost montrant tous les organes (régulation, puissance)
+ VrefI(p) Vs(p)
DV(p)
VrefV(p) C(p) G(p)
-
KR
VRet(p)
R2
K R=
R 1+ R 2
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3.3.1. Expression de G(p), le système à commander (boost en mode courant)
On notera que le condensateur de sortie d'un Boost travaille dans de très sévères conditions puisqu'il
est attaqué par une courant pulsé de forte valeur. Il sera nécessairement polarisé électrochimique
ayant un fort courant RMS admissible. On veillera aussi à le choisir avec de faibles ESR et ESL.
Enfin, une bonne pratique est d'utiliser plusieurs condensateurs en parallèle pour augmenter le
courant admissible tout en diminuant les éléments séries (origines d'ondulations résiduelles.
Le zéro positif ... :
1 R
Le zéro positif possède une fréquence de f =
zrhp qui croît avec la résistance de charge. Plus
2π L
la charge est légère, plus le zéro file vers la droite et devient moins gênant. C'est donc à forte charge
qu'il va nous contrarier.
La figure 3.4 ci-dessous rappelle le Bode du zéro positif seul (zéro situé à 1 Hz) :
23/27
ṽs
L'ensemble de la fonction de transfert =G ( p ) … :
v refI
̃
On peut donc esquisser un diagramme de Bode pour les charges lourdes (R faible) et légères (R
élevée).
20.log |G(p)|
f
f0
20.log k
fzrhpN
k.fzrhpN
f
-90°
-180°
Fig 3.5 tracé de Bode du système incluant le retour de tension (pont diviseur)
24/27
Afin de déterminer le PI, nous n'allons pas chercher à faire une compensation du pôle dominant. Ce
1
dernier correspond à une fréquence f c = comprise entre 0,3Hz (R=800) et 30Hz
π⋅R⋅C
(R=8), C = 1320µF dans tous les cas.
K R⋅(1−α0 )
La fréquence de transition globale (incluant KR), f'0, quant à elle, vaut f ' 0= =86 Hz
2π R shunt C
On se fixe un objectif de 500Hz pour la fréquence de transition FT. A cette fréquence là, quelle que
soit la charge, le pôle principal n'a plus d'effet. La fonction de transfert étudiée est donc :
ṽs ( p) K R⋅A v0 K ⋅A ⋅2 π f c 2π K R f 0 2π f ' 0
=K R⋅G ( p)= ≈ R v0 = =
v ̃Ret ( p) p p p p
1+
2π f c
80dB
60dB
20log (AV0 . KR)
40dB
20dB
Charge de plus en plus
forte (R diminue)
f0'=86Hz FT= 500Hz GCorr
0dB
0,1Hz 1Hz 10Hz 100Hz 1kHz 10kHz f
GCorr
-20dB
-40dB
ṽret ( p)
Graphiquement, on cherche à obtenir la courbe rouge, =C ( p)⋅K R⋅G( p)= FTBO ( p)
ϵ̃ ( p)
garantissant une marge de phase de 45°, une robustesse garantie quelque soit la charge. C'est par
ailleurs la formule qui aura le plus de gain à 100Hz pour rejeter des perturbations (utilisations
onduleur).
1
Le zéro du PI est donc choisi très simplement : τ= =318µs .
2π FT
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Pour trouver i, on peut approximer la fonction de transfert comme :
1+ τ p 2 π f ' 0 τ 2π f ' 0
FTBO= ≈τ donc pour f = FT,
τI p p I 2π f
Remarque, sur le graphique on pouvait le déduire. En effet, la courbe bleue montre le diagramme de
1+ τ p τ
Bode du correcteur, C ( p)= . On voit que pour p grand, le gain statique est de τ I .
τI p
318
Le gain Gcorr vaut environ 15dB (soit 5.6), soit τI = τ = =56µs
5,6 5,6
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Suite : étudier l'instabilité des pentes en mode courant.
Bibliographie
[1] Julien Flamant, Modélisation dynamique des structures de conversion DC/DC pour la
régulation
[2] Robert W.Erickson, Fundamentals of Power Electronics, Springer science+business Media.,
1997
[3] SW lee, Demystifying Type II and Type III compensators Usinf Op Amp and OTA for DC/DC
Converters, Texas Instrument SLVA662 July 2014
[4] SW lee, Practical Feedback Loop Analysis fo Current-Mode Boost Converter, Texas Instrument
SLVA636 March 2014
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