Psycatrie: Et Criminalite
Psycatrie: Et Criminalite
Perez
psycatrie
et criminalite
Université Aix Marseille
Faculté de droit et de sciences politiques
Semestre 4 licence de droit
Professeur Giravalli Pascale, Florence Llinares
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PARTIE UNE
COUR DE MADAME GIRAVALLI PASCALE
La psychiatrie est le champ des maladies mentales. La psychologie est l’étude du fonctionnement psychique.
Nicolas Demorand, Intérieure nuit : raconte son errance psychiatrique avant diagnostic, il est AJD inséré →
un « fou » pas forcément marginalisé. Gérard Garouste, L’intranquille : récit de sa maladie. Delphine de
Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit : ambivalence face à la folie de sa mère (amour/détestation).
Histoire de la psychiatrie
La folie existe depuis toujours. La question de l’irresponsabilité pénale part du principe que la folie est une
charge pour le sujet. La psychiatrie est le regard médical sur la folie et est une discipline récente, apparue
autour de 1800. Le rapport à la folie a évolué dans le temps.
Au Moyen Âge explicat° religieuse → possess°, diable → bûchers (ex. Jeanne d’Arc). Puis Grand renfermement
familles gardaient leurs fous + errants chassés. Au 17e s créat° hôpitaux généraux (Salpêtrière, Hôtel-Dieu) →
enfermement des déviants (pauvres, femmes, dissidents…) gardés par des ordres religieux. Observation médicale
sur cette population (Espinel) → naissance aliénation mentale → idée de création asiles psychiatriques.
Loi 1838 : loi de sécurité publique = création d’un asile par département. Deux types de placement :
volontaire (par la famille) ou d’office (par le préfet si trouble à l’OP). Objectif : sortir les fous des hôpitaux généraux.
CC, QPC, 2012 : supprime la notoriété publique pour le placement à l’asile (tlmd dit qu’il était fou). On finit
par constater qu’il existe plusieurs formes de maladies mentales, et que même le plus fou pouvait avoir des
moments de lucidité → idée traitement possible à la folie → hôpitaux psychiatriques.
Pdnt la 2GM 1M° malades mentaux déportés + bcp morts de faim. 2 façons de gérer la guerre dans les
asiles dépendance total vs insertion sociale possible. Les asiles avec portes ouvertes = bcp - de morts. Après-
guerre volonté d’éviter le drame → soins au + proche du domicile des prsn, idée asiles lieux temporaires =
création du secteur psychiatrique (années 1960, renforcé 1980) où le principe est que quel que soit le lieu de vie
(même SDF), une équipe de référence + soins de proximité. Missions : soins, prévention, suivi.
Pas passé comme prévu : fermé des lits dans HP (45 000), sans développer dispositifs ambulatoires. Dans les
années 90 HP en grande difficulté pour accueillir toutes les personnes qui en avaient besoin. La situation
actuelle est problématique pour les personnes les plus malades et les plus précaires.
Loi 1838 précisée par loi 4 mars 2002 relative qualité du système de santé et droits des malades = protection
de la santé, à l’information, consentement éclairé aux soins, accès au dossier médical, non-discrimination. Loi
5 juil. 2011 précise condit° d'admission en soins psychiatriques sans consentement + renforce garanties.
Le soin libre = règle (L.1938) ; soins sans consentement = exception. Le médecin doit tjr prouver qu’il a cherché
le consentement. Le soin libre = soin contractuel avec le patient. Deux cas de soins sans consentement :
v SDRE (soins demande du préfet) : trouble OP + trouble mental compromettant sûreté → arrêté préfectoral.
v Soins à la demande d’un tiers : proche (≥ 2 ans de lien, selon JP). Soins d’urgence où 1 certificat médical si
tiers est présent ou péril imminent en l’absence de tiers.
La psychiatrie a une place particulière dans le contrôle social (SDRE) mais il faut garder à l’esprit que la
psychiatrie est hétérogène, existe pas une vérité unique, qui sommes-nous pour dire à l’autre "tu es
fou". Heureusement, il existe des contrôles → l’évaluation clinique doit s’appuyer sur connaissances sans
cesse réévaluées + contrôles des mesures de privation de liberté = proportionnée → loi 2011 : contrôle JLD
12e j placement sans cstmnt (comparut° contradictoire avec avocat si possible) + évaluat° régulière par psychiatres.
Si mesure prolongée contrôle tous les 6 mois. Voie de recours possible. Loi 2011 : programmes soins aménagé
qnd état s’améliore.
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Titre UN
RESPONSABILITE PENALE ET EVALUATION DU DISCERNEMENT
Mission technique confiée par un magistrat. Expert = auxiliaire de justice inscrit à la CA (prête serment).
Magistrat non lié par ses conclusions au pénal → donne qu’un avis car décision finale revient au juge. En civil
conclusions de l’expert s’imposent. RP ≠ RC = peut être IP mais tenu de réparer.
La justice voudrait statuer sur le discernement pendant la GAV, mais pas possible → recommandations
psychiatriques claires GAV = pas le temps ni les éléments suffisants. Expertise nécessite l’accès complet au
dossier, pas seulement des observations ponctuelles. Importance de rapports détaillés sur ce qui est constaté
au moment des faits = utiles pour psychiatres. L’expertise psychologique → analyse du fonctionnement
psychique + lien avec le passage à l’acte. Suite à la GAV deux cas de figure :
En attendant issue GAV → dépend des garanties de représentation → discrimination = prsn précaire/malade
risque d’incarcération car aucune garantie contrairement à prsn insérée socialement → prison = reflet pauvreté.
Expérimentat° Mme Taubira (Marseille) : repérer en GAV prsn précaires + troubles psychiatriques (petits délits)
et proposer hébergement, prise en charge médicale, avocat, accompagnement jusqu’à comparut° immédiate.
Le temps de l’instruction
Expertise psychiatrique = pas obligatoire en matière crim mais quasi-systématique, obligatoire pour suivis
socio-judiciaires en matière sexuelle. Expertise individuelle, possibilité de plsr expertises, expertise en collège
d’experts, avis de sapiteurs (neurologue).
Dans phase pré-sentencielle plsr qst posées lors de l’expertise : Trouble psychiatrique présent ? État mental au
moment des faits → abolit°/altérat° discernement ? Dangerosité : psychiatrique, criminologique (comportements
agressifs), pénitentiaire (évas°, prise d’otage). Accessibilité à une sanct° pénale ? Curabilité/réadaptabilité →
accessible aux soins ? Relevé d’un suivi socio-judiciaire ? Reconnaissance des faits reprochés ?
Relevé du secret médical que pour les questions posées par le juge → formulées de manière très large.
Responsabilité médicale : non cessible, non transmissible → le professionnel reste responsable de ses actes
et prescriptions même si juge le demande.
Quant à l’accès au dossier médical, le patient peut lui-même demander son dossier et le transmettre à l’expert
ou donner son accord pour la transmission d’un compte rendu. Si saisie judiciaire magistrat rend ordonnance,
OPJ + membre du Conseil de l’Ordre viennent saisir le dossier, l’Ordre vérifie qu’il ne concerne que le patient.
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place de l’expertise dans le procès pénale
▶ Fondement juridique et définition. Loi 25 fév. 2008 : crée la déclaration d’irresponsabilité pénale pour
cause de trouble mental, auparavant simple non-lieu → grande insatisfaction des victimes. Audience devant
la chambre de l’instruction = publique, contradictoire, comparution de toutes les parties (prsn, témoin, experts…).
Débats sur la matérialité des faits et l’imputabilité (discernement au moment des faits). Décision rendue en délibéré.
Déclarat° d’IP ≠ hospitalisat° automatique mais possibilité de SDRE si dangerosité psychiatrique. Levée d’un
SDRE = conclus° convergentes de 2 expertises indépendantes requises, mais préfet pas lié par conclus° (affaire
Dupuis). Certains préfèrent la condamnation pénale à l’hospitalisation sous contrainte car durée + prévisible.
Loi janv. 2022 (affaire Halimi) : art. 122-1 al. 1 CP non applicable si consommation volontaire de
substances en vue de commettre une infraction = très difficile de prouver cette intention, preuve diabolique →
tant mieux car c’est une addiction → décret avril 2022 : en cas de consommation de substances illicites ou
arrêt volontaire de traitement, les conséquences psychiatriques doivent être analysées avec précaution.
Titre DEUX
LA PRISE EN CHARGE SANITAIRE DES PERSONNES DETENUES
Un passage à l’acte résume pas qql → nécessité de comprendre le fonctionnement psychique (affaire Mazan :
bon père de famille → agress° sexuelles). Qst de l’altérité : possibilité d’être « un autre soi-même », considérer
l’autre comme un « autre moi-même », accepter sa différence, dépasser la stigmatisation.
Avant la Révolution = supplices publics (bûcher, pendaison, oubliettes). Révolution française et Lumières = idée
de rédemption → la peine devient un amendement possible. Réforme pénitentiaire 1945 : peine privative de
liberté doit viser amendement et reclassement social + créat° service médico-psychologique et social en prison.
1980 – 1990 : épidémie sida dans prisons → loi 1994 : médecine sous tutelle ministère de la Santé → garantit :
SP hospitalier en charge des soins, prévention et dépistage + indépendance médicale envers l’administrat°
pénitentiaire = partenaire + obligat° d’affiliat° détenus à la SÉCU, maintien 2 ans après libérat° (réinsertion).
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v Maison centrale : longues peines (> 10 ans), forte dangerosité.
v Centre de détention : peines > 2 ans.
v Quartier de semi-liberté : aménagements de peine.
v Quartier pour mineurs.
L’importance de l’incarcération
Étymologie incarcération « prise de corps » = séparation brutale avec sa vie d’avant, perte liberté d’aller et
venir, autonomie, initiative → symbolique forte = atteinte au corps et à l’identité.
La prison est une attaque des sens → enfermement, bruit permanent, odeurs, restriction champ visuel, perte
d’intimité (surveillance constante : administrat°, caméras, écoutes téléphoniques, lecture courrier) → problèmes de vue,
de peau, d’audition, de constipation, délire de psychose … Temps judiciaire imposé = rythme, temps d’ennui,
d’attente. Tout sentiment nous traverse (honte, culpabilité) + corps malmené (mauvaise alimentation…).
La prison concentre précarité et maladie → hépatites, VIH, tuberculose, addictions (fortement présentes).
Prévalence des troubles psychiatriques + élevée que dans la population générale : maladies psychiatriques
préexistantes ; maladies révélées par le stress de l’incarcération ; troubles réactionnels (sommeil, anxiété,
dépression). Étude Falissard & Rouillon (2006) : 6,2 % des détenus schizophrènes vs 1 % population générale.
Soins psychiatrique
NV 1 – prison NV 2 – hôpital Nv 3 – Hospitalisat° à temps complet
Assurés par une équipe Dans un SMPR. Prsn v HP de rattachement : accueille prsn dont les troubles
psychiatrique. détenues doivent être compromettent sûreté ou celle d’autrui.
Concerne prisons consentantes.
disposant d’un SMPR Fonctionne comme v UHSA (Unités Hospitalières Spécialement Aménagées) :
(ex : Baumettes). hôpital de jour. Créées par loi Perben II (2002), suite au rapport sénatorial de
1999 dénonçant le désastre psychiatrique en prison.
Fonctionnelles depuis 2010, encadrées par circulaire
de 2011. Objectifs : respecter droits du patient et du détenu.
Accueillent hommes/femmes, mineurs (avec accord
parental), en soins libres ou sans consentement.
Filles mineures : souvent placées quartier mineur situé au sein d’un quartier femmes.
Femmes adultes : quartier femmes ou prison exclusivement féminine.
Suicide : 1ère cause de mortalité en détention, surtout dans trois 1er mois suivant l’incarcération.
Addictions : services spécialisés interviennent pour prévenir, accompagner et prendre en charge les personnes
concernées. Dans certains cas suspension peine pour accès aux soins. Troubles psychiatriques peuvent justifier
basculement vers régime de liberté conditionnelle pour permettre meilleure prise en charge.
Titre TROIS
LES TROUBLES DE L’HUMEUR
Une émotion est une réaction immédiate à un événement (joie, tristesse, peur). Les sentiments sont des états
affectifs durables qui lient un sujet à un autre (amour, jalousie). L’humeur est une tonalité affective de base qui
donne à tous nos états d’âme une tonalité agréable ou désagréable, oscillant entre plaisir et douleur. Existe
des pathologies de l’humeur vers le bas (état dépressif) ou le haut (état maniaque).
Évolution et traitement : Un épisode dépressif ponctuel peut être lié à un événement précis et disparaître avec
le temps ou traitement adapté (souvent antidépresseurs). En revanche, une dépression récurrente ou sans facteur
déclencheur peut relever d’un trouble de l’humeur nécessitant un traitement de fond (régulateur de l’humeur) pour
prévenir les rechutes. En général, un état dépressif se traite sur une durée d’au – 6 mois.
Élément clé = l’intentionnalité : subir un accident naturel ≠ subir agression volontaire → perte de confiance,
terreur et sentiment de vulnérabilité extrême. Même témoins ou proches peuvent développer un stress post-
traumatique. Certains événements apparemment mineurs, comme un cambriolage, peuvent réactiver un
traumatisme + ancien, parfois inconscient.
Dans certains passages avec forte charge émotionnelle = dissociation → abolition du discernement ?
Cas particulier – état mixtes : associent à la fois symptômes dépressifs (ralentissement, tristesse) et maniaques
(excitation, agitation). Peut aussi alterner rapidement au cours d’une même journée. Difficiles à diagnostiquer,
car mélangent signes opposés. Instabilité émotionnelle très intense, compliquant vécu du patient et entourage.
Titre QUATRE
LES PSYCHOSES
Le terme de psychose vient d’une ancienne distinction freudienne entre psychoses et névroses, mais cette
opposition est AJD abandonnée en psychiatrie moderne. Pourtant, le mot continue d’être utilisé dans le langage
courant pour désigner des troubles graves du rapport à la réalité. La psychose regroupe en effet l’ensemble
des pathologies où le sujet perd le sens de la réalité et n’a pas conscience du caractère pathologique de ses
pensées, de ses perceptions ou de son comportement. Cela entraîne une désadaptation sociale majeure. Les
classifications actuelles distinguent principalement trois grands types de psychoses.
Anciennement appelé bouffée délirante aiguë, cet épisode se manifeste brutalement, en 24 à 48 heures, sans
signes annonciateurs. Pathologie aiguë, de courte durée (qql semaines, tjr - de 6 mois) ≠ psychoses chroniques. Le
symptôme central est le délire, qui peut prendre des formes variées : religieux, mystiques, liés à la guerre,
extraterrestres… Le patient adhère totalement à son délire → répercussions émotionnelles, comportementales
et parfois somatiques → justifiant hospitalisation. Survient souvent chez des jeunes sans antécédents.
Évolut° variable : 30 % des cas = guérison, 30 % = évolution vers trouble bipolaire, 30 % = progression vers
schizophrénie → épisode peut rester isolé, mais peut aussi constituer le premier signe d’une maladie chronique.
La schizophrénie
Maladie fréquente (0,6 à 1 % population), apparaissant souvent entre 15 et 25 ans. Souvent mal comprise dans
les médias, étant à tort associée à un dédoublement de la personnalité. L’OMS la classe parmi les 10 maladies
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les plus invalidantes au monde. Elle réduit l’espérance de vie d’environ 20 % en raison de l’isolement social,
la stigmatisation, manque de soins et vécu de persécution. Causes multifactorielles = prédispositions
génétiques, dysfonctionnements des neurotransmetteurs (notamment la dopamine), facteurs environnementaux
(stress), consommation de cannabis. On distingue deux grands types de symptômes :
v ⊕ : ajouts à l’expérience mentale normale (idées délirantes, hallucinations, désorganisation de la pensée).
v ⊖ : pertes de fonctions psychiques normales (repli sur soi, perte d’initiative, appauvrissement cognitif).
Le délire : Souvent complexe et diffus, touchant à la persécution, mégalomanie, religion ou fantastique. Il peut
être en réseau (infiltrant tous les aspects de la vie) ou en secteur (circonscrit). Les mécanismes délirants peuvent être
interprétatifs, intuitifs ou imaginatifs. L’adhésion au délire peut être totale ou partielle, et l’humeur est souvent
congruente avec le contenu délirant. Certains patients ne présentent pas de délire.
Formes cliniques :
v Hébéphrénique : symptômes ⊖ prédominants, délire peu présent.
v Héboïdophrène : personnalité antisociale, impulsivité.
v Paranoïde : forme la + fréquente, symptômes ⊕ et délire au premier plan.
v Trouble schizo-affectif : symptômes schizophréniques associés à un trouble de l’humeur.
L’évolution peut être épisodique, avec des poussées, ou continue avec exacerbations périodiques.
Prise en charge :
v Psychothérapeutique : favorise conscience maladie, repérer les troubles et travailler sur la souffrance.
v Réhabilitation psychosociale : accompagne réinsertion sociale et pro, reconnaît le handicap.
v Médicamenteuse : neuroleptiques agissant sur dopamine, pouvant atténuer/faire disparaître symptômes.
L’efficacité se juge après 3 semaines à 1 mois. Effets secondaires fréquents : prise de poids, tremblements,
troubles sexuels. Rupture de traitement = courante car patients souvent pas conscience maladie.
Pathologies rares : 0,2 % et sex-ratio neutre. Apparaissent généralement entre 40 et 50 ans. Plusieurs facteurs
de risque = antécédents de troubles de la personnalité, isolement social, troubles sensoriels (perte vue/ouïe). ≠ à
la schizophrénie, délire monothématique → + plausible aux yeux des tiers. Le fonctionnement général de la
personne reste conservé : ni bizarrerie comportementale, ni désorganisation de la pensée. Formes principales :
v Délire paranoïaque (71%) : centré sur la persécution, préjudice ou complot. Structuré, cohérent, avec
adhésion totale. Pas de symptômes négatifs = permet à la personne de conserver intégration sociale.
Généralement limité à un domaine spécifique mais peut parfois s’étendre (en réseau).
v Délire érotomaniaque (1%) : touche surtout femmes de + de 35 ans, conviction d’être aimée par une
personne inaccessible. L’évolution passe par l’espoir, le dépit et parfois la rancune, avec risque de passages
à l’acte hétéro-agressifs. Adhésion totale au délire et une participation affective très intense.
v Délire de jalousie (8%) : touche surtout hommes de + de 35 ans. Conviction d’infidélité du partenaire,
avec surveillance, filature et enquêtes. Souvent associé à l’alcool et risque réel d’acte hétéro-agressif.
v Autres formes : hypocondriaque (2%), mégalomaniaque (1%), et formes mixtes ou non spécifiées.
Ces patients peuvent présenter des épisodes dépressifs, consommation de substances ou passages à l’acte
médico-légaux. Ont souvent une personnalité pré-morbide paranoïaque. Traitement repose sur neuroleptiques,
mais efficacité limitée.
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Psychose et phénomène criminel
Les personnes atteintes de troubles mentaux présentent un risque + élevé de comportements violents que la
population générale (étude de 2010 : risque x1 à 9 chez hommes et x2 à 9 chez femmes). Cependant, cette
augmentation est principalement due à l’abus de substances. Prsn psychotiques / Prsn consommant substances
= risque de violence similaire. Seuls 3 à 5 % des actes violents sont commis par des personnes souffrant de
troubles mentaux → relativise certains stéréotypes médiatiques et sociaux.
Titre CINQ
LES SOINS PÉNALEMENTS ORDONNÉES (SPO)
L’articulation entre justice et soin est délicate. Si le soin peut être imposé, son contenu reste du ressort exclusif
du thérapeute et du patient, dans le respect du secret médical. Il n’existe pas de soins pénalement ordonnés en
prison = déjà une privation de liberté. Depuis années 1950, ces dispositifs ont évolué, d’abord destinés à lutter
contre les addictions, ils sont devenus un outil majeur de prévention de la récidive.
▶ L’obligation de soins (art. 132-45 CP). Peut être décidée pour toute infraction avant jugement ou après
condamnation (alternative à l’incarcération ou aménagement de peine), sans expertise médicale préalable, et
contrôlée par des certificats de suivi. Mise en œuvre des soins repose sur le professionnel de santé . Elle peut
durer jusqu’à 5 ans pour un délit et 10 ans pour un crime. Non-respect = réincarcération possible.
▶ L’injonction thérapeutique (rare). Dispositif spécifique pour les addictions qui peut être une alternative
aux poursuites, à la détention provisoire ou une peine complémentaire.
▶ Le suivi socio-judiciaire avec injonction de soins (loi 17 juin 1998). Permet de soumettre tout condamné
pour une infraction sexuelle à un certain nombre d'obligations et de mesures de contrôle. Progressivement
élargie à d’autres crimes (homicides, séquestrations, violences graves, destructions dangereuses…), ainsi qu’aux
violences conjugales ou menaces envers conjoint.
Prononcée qu’après la condamnat° et implique une expertise psychiatrique obligatoire. Peut durer jusqu’à 30
ans, voire être illimité pour certains crimes. Il débute après l’incarcération, et son non-respect peut entraîner
nvl peine de prison (3 ans pour délit, 7 pour crime).
Il impose obligations générales (prévenir en cas déplacement, signaler changement d’emploi…) et spécifiques
(interdict° fréquenter certains lieux ou prsn, interdict° d’exercer certaines activités) → consentement du condamné requis
mais refus général peut conduire à une incarcération.
Interface formelle entre santé et justice, assurée par le médecin coordonnateur, psychiatre formé, sert
d’interface entre JAP et médecin. Il valide le médecin traitant choisi, conseille si besoin et veille au bon
déroulement de l’injonction de soins. Toutefois, le contenu thérapeutique reste confidentiel et à la discrétion
du médecin traitant, qui peut choisir ce qu’il communique ou non à la justice.
Certains traitements médicaux, comme les inhibiteurs de la libido, peuvent être proposés, mais pas imposés,
car agissent que sur la fonction érectile, sans effet sur les fantasmes, et présentent de lourds effets secondaires.
Leur usage reste donc limité et toujours accompagné d’un suivi psychothérapeutique.
Remarque : CRIAVS (Centres Ressources pour Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles) créés par
circulaire 2006 accompagne professionnels impliqués dans prise en charge de ces auteurs, apporte soutien,
expertise, prévention et formation. Anime le réseau = favorise coopération entre intervenants. Propose espace
expert = réflexions partagées autour des difficultés cliniques/éthiques rencontrées et un travail de
documentation centralisant ressources utiles.
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PARTIE DEUX
LES CONDUITES ADDICTIVES
Titre UN
INTRODUCTION AUX ADDICTIONS
Préface
Conduites addictives = enjeu majeur de santé publique, avec csqc juridiques importantes. Le coût global annuel
des addictions en France = 249 milliards d’euros. Incluant les soins médicaux directs, la perte de productivité
et les coûts judiciaires, policiers et pénitentiaires. Selon l'OMS = 3M° de décès par an attribuables à l'alcool,
8M° au tabac et une personne meurt toutes les 5s d'une conséquence de l’addiction → importance d'une
approche globale combinant prévention, soins et accompagnement social. Plusieurs formes d’usage :
v Non-usage : abs totale de consommation d’une substance, la prsn ne consomme pas, aucun risque.
v Mésusage : consommation qui entraîne des risques ou dommages physiques, psychiques, sociaux, ou
favorise la dépendance. La majorité des substances psychoactives (or alcool et médicaments médical) toute
consommation est assimilée à un mésusage.
Différentes conduites
ConduiteS à risque
Consommat° excessive en quantité/fréquence élevées, au-delà limites sûres. Csqnc ⊖ sur plan physiques (foie,
…), psychiques (anxiété, dépress°), sociales/éco (isolement, échec scolaire/pro). Comportements dangereux associés
(conduite sous substances, impulsivité, violence, automutilat°). Pblmtq : risque de dépendance, dommages physiques
et psychiques, même sans addict°. Ex : Alcool - boire trop souvent ou binge drinking (grande qtt/temps court) ; cannabis –
consommat° quasi-quotidienne entraînant troubles cognitifs ;médoc - pris sans prescript° ou excès…
C’est l’incapacité à contrôler l’usage d’une substance (alcool, drogues, médicaments) ou un comportement (jeux,
Internet, achats, sexualité, sport), malgré des conséquences négatives sur la santé, le travail, la famille ou la vie
sociale. En pratique, on peut séparer 3 grands ensembles de symptômes participant aux troubles addictifs :
v Sociaux et médicaux : isolement, stigmatisation, problèmes pro ou financiers, troubles physiques liés à la
substance ou au comportement, csqnc somatiques qui se surajoutent au processus addictif lui-même.
v Pharmacologiques : processus tolérance (besoin + pour effet =) et sevrage (symptômes désagréables à l’arrêt).
Repose sur un ensemble d’interventions dépassant le cadre médical seul. Équipes de prévention + réseau de
soins + structures spécialisées pluridisciplinaire et intégrative :
v CSAPA : soins, accompagnement, prévent° pour toute addict° (substance ou comportement), incluant proches.
v CAARUD : pour personnes en difficulté avec consommation de substances, sans démarche de soins.
v CJC : consultations jeunes consommateurs (mineurs ou jeunes adultes).
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v Équipes de liaison et de soins en addictologie (ELSA).
v Structures d’hospitalisation : consultation, ELSA, lits de sevrage, hôpitaux de jour.
v Structures post-hospitalisat° : réduit csqnc physiques, cognitives, psychol, sociales + favorise réinsert°.
Titre deux
LES DIFFÉRENTS TYPES D’ADDICTIONS
Addiction au Tabac
L’âge moyen de consommation de la 1ère cigarette reste stable autour de 14 ans. En 2020, 26 % des adultes de
18 à 75 ans fumaient quotidiennement. Dans le monde, le tabac cause un décès sur dix, soit + de 5M°/an. En
France 1ère cause de décès évitable avec environ 75 000 morts par an. Le risque dépend surtout de la durée
d’exposition (doubler dose risque de cancer x2, doubler durée x16 à 23). Près de la moitié des fumeurs réguliers
présentent une dépendance → prévention essentielle.
▶ Complications psychiatriques. Le tabagisme est très fréquent chez les patients atteints de troubles
psychiatriques (82 % des schizophrène fument). Avant un sevrage, il faut rechercher si antécédents
dépressifs/anxiété car compliquent l’arrêt. Les symptômes du sevrage (irritabilité, humeur dépressive, anxiété,
troubles du sommeil, difficultés de concentration, craving, augmentation de l’appétit et prise de poids) durent quelques
semaines, puis l’ancien fumeur retrouve une meilleure humeur, - de stress et meilleure qualité de vie.
▶ Physiopathologie du tabagisme. Cigarette contient 7 000 composés, dont 69 cancérogènes. Nicotine crée
la dépendance sans être cancérogène. Les goudrons provoquent mutations cellulaires menant au cancer, le
monoxyde de carbone favorise maladies cardiovasculaires, et radicaux libres détruisent alvéoles pulmonaires.
v Prise en charge non pharmacologique : base du sevrage, repose sur la psychothérapie de soutien,
l’entretien motivationnel, les thérapies cognitivo-comportementales, l’accompagnement téléphonique…
v Traitements pharmacologiques : Prescrits selon plusieurs étapes. En 1ère intention, les substituts
nicotiniques (patchs ou formes orales) apportent de la nicotine sans les substances toxiques. Effets
secondaires modérés (palpitations, nausées, sécheresse buccale). En 2ème intention, la varénicline diminue le
plaisir de fumer et symptômes de sevrage (traitement 12 semaines). En 3ème intention, le bupropion, un
inhibiteur de la recapture de la noradrénaline et dopamine (9 semaines max).
▶ Cigarettes électroniques. Diffuse de la nicotine ou non, sous forme de vapeur. Aucun effet toxique majeur
prouvé, mais son usage reste réservé aux fumeurs dans un objectif de sevrage. Peut être un outil
complémentaire, à condition d’utiliser des produits réglementés et de réduire progressivement sur plsr mois.
En revanche, fortement déconseillée chez les non-fumeurs et les jeunes.
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Alcool
En France, environ 20 % de la population consomme de l’alcool quotidiennement. Malgré une baisse des
quantités sur les 30 dernières années, la consommation débute plus tôt. Le mésusage concerne près de 9 % de
la population, + souvent des hommes, et s’associe souvent à d’autres addictions. Le dépistage doit être
systématique, notamment via les questionnaires DETA ou AUDIT-C ou des marqueurs biologiques sanguins.
▶ Complications somatique. Cancers (foie, sein), digestives (cirrhose, reflux, troubles intestinaux), nerveuses
(traumatismes, hémorragies cérébrales), cardiovasculaires (hypertension, insuffisance cardiaque), rhumatologiques,
traumatiques (fractures), hématologiques et métaboliques (anémies, hypoglycémie, dénutrition), dermatologiques
(psoriasis), obstétricales (malformations et retard mental), génitales (dysfonctions sexuelles), infectieuses (IST), et
aiguës (ivresse simple ou pathologique, coma éthylique).
▶ Soins médicaux. La prise en charge dépend de la situation clinique. Phase aiguë = examen clinique complet
(hydratat°, recherche hypoglycémie et troubles neurologiques, repos, surveillance). Ivresse pathologique = hospitalisat°
(dépistage métabolique, sédation, prévention du sevrage, suivi rapproché). Coma éthylique = réanimation + surveillance
continue. Délirium tremens = urgence vitale, prise en charge immédiate et surveillance étroite.
Sur le LT, la stratégie repose sur la réduction des risques = diminuer consommat°/ses conséquences, sans
exiger l’abstinence. Sevrage en ambulatoire/hôpital, avec vitamine B1, anxiolyse et soutien psycho-
thérapeutique. Dans certains contextes (incarcérat°, GAV), l’arrêt brutal impose vigilance accrue.
La prise en charge doit être pluridisciplinaire, associant médecins, psychologues, travailleurs sociaux et
structures d’entraide (Alcooliques Anonymes). Chez les patients abstinents, un traitement tel que l’acamprosate
peut prévenir les rechutes. Une attention particulière doit être portée lors de l’arrêt des benzodiazépines pour
éviter tout phénomène de sevrage médicamenteux associé.
Cannabis
Le principe actif du cannabis est le Delta9-THC, présent sous forme d’herbe, résine, huile ou cannabinoïdes
de synthèse, souvent consommés par vaporisation. Son usage peut être médical, mais il constitue aussi un
problème de santé publique. En France, environ 10 % des 18-64 ans en consomment chaque année, et 2,3 %
quotidiennement, surtout chez les jeunes hommes. L’addiction touche 10 % des usagers, et jusqu’à 50 % chez
les consommateurs quotidiens. En prison ¼ consomment quotidiennement. Trois troubles liés au cannabis :
v Troubles liés à l’usage de cannabis : intoxication aiguë, chronique et syndrome de sevrage.
v Troubles psychiatriques induits par la substance : troubles psychotiques, troubles anxieux, …
v Comorbidités psychiatriques : qui peuvent être préexistantes ou aggravées par la consommation.
▶ Complications psychiatriques. Peut provoquer des attaques de panique (bad trips), états délirants aigus
réversibles, aggraver certaines pathologies (schizophrénie chez sujets vulnérables et troubles bipolaires et anxieux), et
augmenter risque suicidaire. Environ 20 % des consommateurs présentent un trouble anxieux.
Benzodiazépines
22 molécules commercialisées en France (diazépam, lorazépam ou alprazolam). Agissent comme agonistes des
récepteurs GABA-A. Utilisées pour leurs effets anxiolytiques, sédatifs, hypnotiques, myorelaxants et
anticonvulsivants. Normalement prescrites sur courtes durées, leur usage prolongé entraîne tolérance,
escalade des doses et risque de dépendance. Consommation fréquente = en 2015, 13,4 % de la population
française en avait pris au moins une fois dans l’année. L’usage est particulièrement élevé chez les personnes
âgées, parfois avec des molécules inadaptées à leur âge, et touche aussi les étudiants, dont près 1/3 déclarent
un sentiment de dépendance.
L’intoxication aiguë provoque sédation, troubles de vigilance, ataxie, dysarthrie, voir coma et dépression
respiratoire = urgence vitale. L’usage à risque survient en cas de dépassement de la durée ou des doses
recommandées, de prise hors indication ou sans suivi médical, ou encore dans le cadre d’une intoxication
volontaire à visée suicidaire. Les effets indésirables les + fréquents sont la somnolence, les troubles amnésiques
et un risque accru de chute.
La dépendance se manifeste par un craving intense ou par des symptômes de sevrage en cas d’arrêt. Environ
17 % des usagers développent une addiction. Le sevrage, qui doit être progressif et médicalement encadré,
entraîne tremblements, anxiété, insomnie, céphalées, parfois confusion, hallucinations, convulsions ou coma.
Ces symptômes peuvent durer plusieurs jours et sont aggravés par un arrêt brutal, des doses élevées, un terrain
anxieux ou dépressif, ou encore la consommation d’alcool ou d’autres substances.
Opiacés et opioïdes
Les opiacés sont des substances naturelles issues de l’opium (morphine, codéine), tandis que les opioïdes incluent
des dérivés semi-synthétiques (héroïne, buprénorphine) et synthétiques (fentanyl, méthadone, oxycodone). Ils
possèdent des propriétés analgésiques, anesthésiques, antidiarrhéiques, extrêmement puissant.
En France, environ 2 % des adultes ont expérimenté l’héroïne, mais l’usage annuel reste faible. En revanche,
l’usage problématique des opioïdes (morphine, oxycodone) est en augmentation, avec une hausse marquée des
décès liés (+ de 4/semaine en 2015). En 2022, près de 47 000 personnes ont été suivies en CSAPA pour une
consommation d’opioïdes. En milieu pénitentiaire, environ 11 800 détenus ont été pris en charge en 2022 pour
un traitement opioïde.
▶ Consommation d’héroïne par voie intraveineuse. Provoque "flash" euphorique, aisance intellectuelle mais
entraîne rapidement dépendance et complicat°. À LT = troubles du comportement, stigmates d’inject°, lésions
de grattage, infections virales (VIH, VHB, VHC), cutanées et pulmonaires. Chez la femme = complicat° gynéco-
obstétricales et des syndromes de sevrage néonatal sont fréquents. Sur le plan social, l’usage chronique favorise
marginalisation, désinsertion et délinquance. Le syndrome de sevrage survient en quelques heures après l’arrêt
et dure plsr jours : anxiété, douleurs, insomnie, troubles digestifs et végétatifs, tachycardie, hypertension...
▶ L’overdose. Se manifeste par une dépression respiratoire, œdème pulmonaire, somnolence évoluant vers
coma. En cas de suspicion = injection de naloxone recommandée + mesures de réanimation mises en place.
▶ PEC. Repose sur une alliance thérapeutique, accompagnement global et suivi psychothérapeutique,
somatique et social au long cours. Quand patient vise abstinence = sevrage encadré (avec antalgiques,
anxiolytiques adaptés et clonidine) ou traitement de substitution par agonistes opioïdes (médicaments sans effet
"shoot" destinés à prévenir les symptômes de sevrage, initiés dès les premiers signes de manque, prescrits sous strict contrôle
médical). Sevrage en ambulatoire ou en hospitalisation.
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Cocaïne & crack
La cocaïne est une substance psychoactive puissante extraite des feuilles du cocaïer. Elle existe sous forme de
poudre sniffée/injectée et sous forme de crack fumée ou injectée. En France, 2,7 % des 18-64 ans en ont
consommée au - une fois en 2023. Prix au gramme stable de 66€.
▶ Complications. Psychiatriques (dépression, tentatives de suicide, délires aigus, crises de panique), cardiovasculaires
(infarctus, arythmies), neurologiques (AVC, convulsions), cognitives (troubles mnésiques et attentionnels), pulmonaires
(hémorragies, atteintes graves), ORL (lésions nasales), infectieuses (VIH, hépatites, IST). Chez la femme enceinte =
accroît risques obstétricaux et néonataux. Association avec l’alcool → forme cocaéthylène = augmente risques.
▶ PEC. Repose sur un suivi médical, psychothérapeutique et social. Aucun antidote spécifique n’existe, et la
N-acétylcystéine à forte dose peut parfois réduire le craving. La réduction des risques implique de privilégier
la voie nasale, d’éviter le partage de matériel et les associations de substances.
Stimulants du système nerveux central. Consommées oralement, par voie nasale, inhalation ou injection. En
France, l’expérimentation MDMA touche 8,2 % des adultes, avec environ 750 000 consommateurs annuels.
▶PEC. Aucun médicament disposant autorisation de mise sur le marché → repose sur suivi pluridisciplinaire
= entretiens motivationnels, thérapies cognitivo-comportementales, traitement symptomatique des troubles
psychiatriques associés et hospitalisation si urgence (hyperthermie, troubles graves, impossibilité d’ambulatoire).
Se développent autour d’activités comme les jeux d’argent et le jeu vidéo, seuls troubles officiellement
reconnus. L’addiction à Internet reste controversée. Les mécanismes sont similaires aux addictions chimiques,
avec un rôle clé du système dopaminergique. L’origine est multifactorielle : génétique, facteurs individuels
(âge, sexe), comorbidités psychiatriques ou addictives, et facteurs environnementaux (événements stressants).
jeu pathologique
Concerne les jeux de hasard et d’argent (JHA), en ligne ou hors ligne, et touche environ 3 % de la populat°. Il
suit trois phases : gain (« big win »), pertes (« chasing ») et désespoir, associé à un risque suicidaire. Les
comorbidités psychiatriques sont fréquentes (troubles de l’humeur, anxiété, TDAH, addictions), avec retentissement
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relationnel (conflit), psychique (anxiété), professionnel (perte emploi), judiciaire (escroqueries), social (endettement)
et parfois physique. Les mineurs sont particulièrement à risque. La prévention repose sur l’information,
l’éducation et le repérage précoce par des professionnels.
Cette addiction expose à un fort risque de rechute sans prise en charge. La prise en charge est principalement
ambulatoire, intégrant une approche bio-psycho-sociale : psychothérapie, entretiens motivationnels/ thérapies
cognitivo-comportementales, traitement symptomatique, gestion des comorbidités et accompagnement social.
L’objectif est un retour à une pratique contrôlée, par arrêt ou réduction. Les groupes de parole, forums, soutien
entre pairs et manuels d’auto-aide sont utiles. Aucun médicament n’a d’AMM spécifique, et certains
(aripiprazole) peuvent aggraver le jeu compulsif. L’accompagnement social inclut protections bancaires,
interdictions de jeu et mesures légales pour prévenir le surendettement. L’entourage est essentiel, impliqué
dans le suivi et la gestion des conséquences relationnelles et financières.
Affecte surtout hommes (80 %). Prévalence = 1 à 3 %. Comorbidités fréquentes = troubles délirants, trouble
déficitaire de l’attent° avec ou sans hyperactivité (TDAH). PEC = implicat° de l’entourage, thérapie familiale.
L’addiction sexuelle
Affecte surtout hommes (80 %). Prévalence = 0,5 à 5 %. Comorbidité importante = chemsex (usage de substances
psychoactives lors de rapports sexuels) → double dépendance complique la PEC. Diagnostics différentiels =
paraphilies, hypersexualité iatrogène, hypersexualité neurologique (lésions frontales/temporales, épilepsie, maladies
neurodégénératives). PEC = antidépresseurs, dépistage IST, accompagnement médico-psychologique.
Affecte surtout femme (90%). Prévalence = 5 %. Comorbidités fréquentes = troubles bipolaires, boulimie.
Diagnostic différentiel = trouble obsessionnel-compulsif (TOC). PEC = mesures de protection juridique si
retentissement financier (sauvegarde de justice, curatelle, tutelle).
Affecte surtout femme (66%). Prévalence = 3 %. Comorbidités fréquentes = troubles des conduites alimentaires
(anorexie, boulimie, hyperphagie). Diagnostic différentiel = hyperactivité liée au TDAH. PEC = centrée sur les
TCA, approche psychologique et médicale spécialisée.
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