SPIROCHETES
La famille des Spirochaetaceae comprend cinq genres, très répandus dans la nature et trouvés
dans les eaux douces, dont seuls les 3 premiers sont pathogènes pour l'homme :
o Treponema (agent de la syphilis et de tréponématoses non vénériennes)
o Borrelia (responsable de fièvres récurrentes transmissibles par des
arthropodes)
o Leptospira (agent des leptospiroses)
o Spirocheta
o Cristispira
Structure
Les spirochètes sont constitués d’une cellule hélicoïdale souple entourée d’une enveloppe
assez fragile. L’enveloppe est faite de 2 feuillets, et elle est l’homologue de la membrane
externe des bactéries à Gram négatif. Elle recouvre une couche plus rigide de peptidoglycane,
qui est elle même accolée par sa face interne à la membrane cytoplasmique. Entre l’enveloppe
externe et le feuillet de peptidoglycane, se trouve l’organe locomoteur interne, dont la
structure s'apparente à celle des flagelles bacté[Link] leur nombre varie selon les espèces de
2 à 100 par corps bactérien. Leur situation endocellulaire permet aux spirochètes de rester
mobiles dans un milieu à forte viscosité qui immobilise les autres bactéries flagellées.
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TREPONEMA PALLIDUM
I-Généralités :
Treponema pallidum (tréponème pale) : découverte en 1905 par SCHAUDINN et
HOFFMANN responsable de la Syphilis : maladie vénérienne (MST) dont l’origine est
toujours controversée. Pour certains, elle serait apparue en Europe après la découverte de
l’Amérique par Christophe Colomb. Pour d’autres elle serait ramenée d’Afrique.
Syphilis : du nom du berger Syphilus atteint par ce mal et héros du poème publié en 1530 par
un Italien (GIROLOMA FRACASTORA)
En 1906 : mise au point de technique du diagnostic sérologique de la syphilis. Réaction de
fixation du complément par [Link] (BW)
II- Classification
Les agents des tréponématoses humaines constituent trois espèces du genre Treponema.
Treponema pallidum est l’agent de la syphilis.
Treponema pertenue est l’agent du pian, infection cutanéo-muqueuse à transmission
directe, non vénérienne, fréquemment observée dans la zone intertropicale.
Treponema carateum est responsable du caraté ou mal del pinta, affection localisée
en Amérique du sud, strictement cutanée, à transmission directe, également non
vénérienne.
II-Habitat :
Les tréponèmes pathogènes sont des parasites exclusifs de l’homme .Ils sont abondants à la
surface des ulcérations ou érosions des muqueuses génitales, anales et buccales, lésions très
contagieuses observées aux stades initiaux de la syphilis.
III -Vitalité :
Les tréponèmes pathogène résistent faiblement hors de l’organisme humain et de l’animal
d’expérience .Treponema pallidum est tué par les savons, les antiseptiques usuels, les
mercures, le bismuth et les arsenicaux
IV-Caractères bactériologiques
1- Morphologie :
[Link] est une bactérie mobile, de forme hélicoïdale mesurant 8 à 15 micromètres de long
sur 0,3 de large.
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Sa structure est celle des spirochètes. Les spires sont au nombre de 6 à 12. Elle comprend une
enveloppe externe en 3 feuillets recouvrant une couche de peptidoglycane, qui donne sa forme
à la bactérie et qui est intimement liée à la membrane cytoplasmique sous-jacente. Entre la
membrane externe et le peptidoglycane se trouvent 3 flagelles enroulés autour du corps
bactérien qui constituent l’organe moteur.
La mobilité du tréponème est caractéristique :
Mouvement en pas de vis : rotation sur l’axe du corps bactérien.
Mouvement pendulaire : va et vient d’arrière en avant
Mouvement ondulaire : flexion sinusoïdale de tous le corps.
2-Caractères culturaux :
[Link] n’a pas encore pu être cultivé in vitro. Bien que l’homme soit considéré comme le
seul hôte de [Link] , quelles souches d’origines humaines sont régulièrement entretenues
dans le testicule de lapin (souches NICHOLS)
3 -Structure antigénique :
Il existe environ 40 antigènes mais les plus importants sont : Quatre groupes de d'antigènes :
le cardiolipide ou haptène lipidique de Wasserman : C'est un phosphatidyl-glycérol
commun à tous les tréponèmes
un antigène protéique spécifique de groupe : Il est commun à tous les tréponèmes et
porté par les fibrilles.
un antigène polyosidique d'enveloppe : Il est spécifique de Treponema pallidum et
suscite la formation d'anticorps décelables par immunofluorescence.
des antigènes du corps tréponémiques : Leur nature est mal connue. Ils suscitent la
formation d'anticorps très spécifiques de Treponema pallidum décelés par le test de
Nelson.
La syphilis entraîne une immunité à médiation cellulaire et humorale qui ne protège d'une
nouvelle contamination que lorsque l'infection est évolutive. Un sujet traité efficacement peut
donc à nouveau contracter une syphilis. La présence d'anticorps résiduels ne protège pas
contre une réinfection.
Il n'existe pas de vaccin contre la syphilis.
V-pouvoir pathogène
Treponema pallidum est l'agent de la syphilis, maladie de répartition mondiale connue depuis
l'antiquité. C'est une affection strictement humaine à transmission essentiellement vénérienne
(MST) qui évolue en plusieurs phases après une période d’incubation qui est en moyenne de 3
semaines
1-Syphilis primaire : la manifestation clinique est le chancre : ulcération indolore à base
indurée accompagnée d'une adénopathie satellite indolore et non suppurative, habituellement
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inguinale. Cette période de Syphilis primaire dure 3 à 6 semaines, le chancre guérissant
spontanément avec au sans cicatrice.
2-Syphilis secondaire : se développe 1 à 3 mois après l’apparition du chancre, caractérisé par
des lésions cutanées et muqueuses (roséole, syphilides, plaques muqueuses….)
Ces lésions sont dues à une dissémination des tréponèmes par voie sanguine et lymphatique.
(1 à 2 ans). Ces manifestations se retrouvent chez 1/3 des patients non traités précocement.
3-Syphilis latente : lorsque les signes de la période secondaire ont disparu, la syphilis est
totalement asymptomatique. Cet état dure indéfiniment chez la majorité des sujets. Ce
pendant certains malades vont présenter 2 à 20 ans après le contage des complications graves
et tardives de syphilis viscérale. C’est la phase de :
4-Syphilis tertiaire : se définit par les manifestations cliniques en rapport avec une réaction
granulomateuse organisée autour de quelques tréponèmes. Elles sont principalement cutanéo-
muqueuses, neuro-méningées, cardio-vasculaires, osseuses et viscérales.
Des manifestations de syphilis tertiaire sont observées chez 10% des patients non traités.
5-Syphilis congénitale :
Plus la syphilis est récente chez la mère, plus le risque de transmission est grand. La
transmission au fœtus est plus importante après le 4éme mois de gestation.
Les conséquences de la transmission mère-enfant sont graves. On estime à 40% la mortalité in
utero, 20% la mortalité périnatale et 20% les séquelles graves chez l’enfant.
VI- Epidémiologie :
La syphilis est une MST à déclaration obligatoire
La transmission est presque exclusivement sexuelle se fait par contact direct vénérien :
chancres génitaux, anaux (99%des cas de syphilis primaire) ou accessoirement buccaux.
VII-Diagnostic biologique
A-Diagnostic direct : Mise en évidence de l’agent responsable
[Link] peut être mis en évidence dans les lésions au cours des phases primaire et
secondaire de la maladie. Le prélèvement doit ramener une sérosité exempte de sang qui
permettra un examen microscopique direct à l’état frais ou après fixation et coloration.
Devant une suspicion de syphilis congénitale, la recherche se fait à partir du sang du cordon
ombilical, du placenta, des sécrétions nasales ou buccales et de la peau.
Etat frais : Observé au microscope à fond noir, les tréponèmes apparaissent comme des
spirales ondulées et mobiles (en tire-bouchon).
Coloration : les meilleurs résultats sont obtenus par l’imprégnation argentique de Fontana-
Tribondeau et la méthode de Gram n’est pas utilisable.
Immunofluorescence : les frottis sont recouverts d’une dilution d’anticorps antisyphilitique
marqué par un fluorochrome et après lavages observés en microscopie à éclairage ultra-violet.
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Amplification génique : la PCR permet de faire la détection du génome de [Link]. Son
intérêt est incontestable dans l’aide au diagnostic des syphilis congénitales, neurologiques et
les réinfections.
B-Séro-diagnostic de la syphilis ("sérologie")
La recherche des anticorps antisyphilitique est, depuis la fin du XIXème siècle, la méthode la
plus utilisée pour le diagnostic biologique de la maladie. De nombreuses techniques et
variantes techniques ont été préconisées.
1- Réaction à antigène cardiolipide
BW : réaction de fixation du complément (réaction de Bordet Wassemann ou BW), qui est
aujourd’hui abandonnée
V.D.R.L :(Venereal Diseases Research Laboratory), qui est la seule qui soit encore pratiquée
actuellement. Elle est rapide et facile à faire. Elle à une sensibilité satisfaisantes.
2-Réaction à antigène tréponèmique
Elles sont plus spécifiques et plus sensibles que les réactions à l’antigène cardiolipidique.
Plusieurs méthodes sont utilisées :
le T.P.H.A (treponema pallidum hemagglutination assay) est une réaction
d’hémagglutination passive utilisant comme antigène des hématies animales sur
lesquelles on a fixé un ultra-sonat de tréponèmes.
le F.T.A.-Abs test (fluorescent treponemal antibody absorbed) est un test
d’immunofluorescence indirecte qui a l’avantage de permettre la mise en évidence
d’anticorps de classe IgM.
la technique ELISA (enzyme linked immunosorbent assay) appliquée à la syphilis est
peu utilisée car coûteuse
le test d’immobilisation des tréponèmes ou test de Nelson est encore qualifié de test de
référence mais il est très rarement effectué car il nécessite des tréponèmes vivants.
-Cinétique des anticorps
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Syphilis non traitée Syphilis traitée précocement
3-évolutions des marqueurs sérologiques :
La réaction FTA se positive la première, suivie par le TPHA, elles sont contemporaines de
l'apparition du chancre.
Ensuite la réaction VDRL se positive en moyenne un mois après.
La positivité de la réaction de Nelson apparaît la dernière, au début de la deuxième période
(deux mois après le contage).
En absence de traitement, les anticorps diminuent lentement après six à vingt quatre mois, les
réactions restent habituellement positives à des taux bas.
Après traitement :
Le VDRL est la première réaction à se négative, d’ou l'intérêt de ce test dans la surveillance
du traitement.
Dans les cas des syphilis nerveuse les anticorps peuvent être recherchés dans le liquide
céphalo-rachidien.
Chez le nouveau-né : rechercher les IgM, leur présence signe l'atteinte de l'enfant.
Quatre situations peuvent se présenter :
1. VDRL : négatif, TPHA : négatif
Pas des syphilis sauf contamination très récente, intérêt de refaire le test 10 à 15 jours plus
tard.
2. VDRL positif, TPHA positif :
Syphilis probable, en cas de doute doser les IgM .
3. VDRL : négatif, TPHA positif :
Syphilis récente traitée aux syphilis ancienne traitée.
4. VDRL positif, TPHA : négatif :
Fausse réaction, il faut confirmer la négativité du TPHA.
Sensibilité aux antibiotiques
Les tréponèmes sont sensibles à la pénicilline G qui constitue le traitement de choix qu’on
remplacera, en cas d’allergie vraie aux ß lactamines, par une cycline ou un macrolide
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Prévention
Elle est basée sur le dépistage précoce (clinique et sérologique) de la maladie et sur le
traitement des malades afin de stériliser rapidement leurs lésions. Comme pour toute M.S.T, il
faut identifier, examiner et éventuellement traiter le(s) partenaire(s).
LEPTOSPIRA
I - Introduction
La leptospirose est une anthropozoonose associée à une bactérie qui, émise par les urines
d'animaux infectés, survit dans l'environnement (eaux douces). L’homme est un hôte
accidentel contaminé soit par voie directe (contact avec un animal infecté) soit, le plus
souvent, par voie indirecte (contact avec les eaux douces ou des sols souillés par des urines ou
tissus d’animaux infectés). Certaines professions sont plus particulièrement exposées (maladie
professionnelle).
Plus de 230 sérovars, regroupés en 23 sérogroupes, ont été impliqués en pathologie humaine,
et 7 espèces pathogènes sont associées à la maladie humaine et animale.
II- Habitat, Epidémiologie
La bactérie survit dans le milieu extérieur et en particulier dans l’eau douce stagnante.
Les animaux et en particulier les rongeurs sauvages constituent le réservoir et, porteurs
asymptomatiques, propagent le germe par leurs excréta. Les animaux domestiques peuvent
aussi être atteints.
L’homme se contamine par contact avec les animaux mais surtout indirectement par l’eau
(baignades, pêche, inondations). C'est souvent une maladie des loisirs au bord de l'eau douce
III- La maladie
Plusieurs formes sont individualisées :
- Formes bénignes anictériques, pseudo grippales représentent 80 % des cas : syndrome
infectieux isolé, d’intensité variable (suffusions conjonctivales, myalgies surales) durant 3-7
jours, brève rémission (1-3 jours), puis phase d’état (4-30 jours) associant fièvre modérée,
asthénie marquée et pléiocytose du liquide céphalo-rachidien. A tout moment, ces formes
peuvent évoluer vers une forme sévère avec atteinte viscérale isolée (foie, reins) ou
défaillance polyviscérale.
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- Maladie de Weil ou forme ictéro-hémorragique, qui est biphasique: tableau septicémique
initial (fièvre élevée, céphalées, prostration, troubles de la conscience,...), défervescence vers
le 5ème jour, puis deuxième phase (apparition des anticorps vers le 10ème jour) avec
insuffisance rénale, hémorragies diffuses, atteinte hépatique (ictère flamboyant), rash cutané,
signes méningés et myocardiques. L'ictère disparaît entre le 15ème et le 25ème jour avec la
survenue d'une remontée thermique. Taux de mortalité: 15 - 40 % selon les moyens de
réanimation disponibles.
- Formes pulmonaires ou " pulmonary haemorrhagic fever ", avec un tableau d’hémoptysies
et de dyspnées sévères, dans un contexte de pneumopathie interstitielle diffuse similaire aux
formes pulmonaires des infections à Hantavirus.
- Formes cardiaques: myocardite hémorragique, troubles du rythme.
- Formes neurologiques: syndrome méningé fébrile, se compliquant d'encéphalite dans 25%
des cas
IV - Physiopathogénie
La première phase de l'infection est liée au passage transcutané ou transmuqueux dont le
processus reste inconnu. Les leptospires peuvent traverser la peau saine et leur mobilité
contribue à leur diffusion dans l'organisme hôte. Leur multiplication s’effectue dans le sang
et dans les organes cibles, avec un temps de génération de 8 heures environ.
La réponse immunitaire humorale est détectée dès le huitième jour chez l'homme. Ces
anticorps sont opsonisants et mettent en jeu la phagocytose par les macrophages et les
polynucléaires. Les leptospires peuvent aussi être lysés par le système anticorps/complément.
L’induction d’une apoptose des macrophages a été démontrée in vitro. Le foie semble jouer
un rôle fondamental dans la phase initiale de la maladie puisque, in vivo, les leptospires y
induisent une apoptose des hépatocytes à même de favoriser leur multiplication. La
colonisation des autres organes cibles (cœur, reins, méninges, etc) semble s’effectuer via un
second passage dans la circulation générale. Enfin, des capacités invasives des leptospires
pour les cellules eucaryotes, via l'endocytose médiée par récepteur, ont été montrées in vitro.
V-Diagnostic biologique
Prélèvements :
-Hémoculture durant les 10 premiers jours suivant l'apparition de la fièvre
- LCR durant la deuxième semaine de la maladie; urocultures à partir de la troisième semaine
(rentabilité faible).
- L'examen direct au microscope à fond noir est à proscrire à cause des faux positifs (débris
cellulaires, fibrine).
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- La culture s'effectue sur des milieux particuliers (tween-albumine EMJH, liquide ou
partiellement gélosé) à 30°C à l'obscurité durant 2 mois. L'agitation des cultures facilite la
croissance (métabolisme aérobie). Un examen hebdomadaire est effectué au microscope à
fond noir
Morphologie: bactéries finement spiralées, flexibles, mobiles et aux extrémités en crochets
visualisées au microscope à fond noir. Diamètre cellulaire: 0,1 mm ; longueur : 6 à 12 mm.
Les caractères morphologiques, la mobilité et la croissance en EMJH (seul spirochète
poussant sur ce milieu) affirment l'appartenance au genre Leptospira.
La première étape de détermination de l'espèce différencie les souches pathogènes des
saprophytes (Croissance à 13°C et en présence de 8-azaguanine). L’identification précise de
l’espèce, du sérogroupe et du sérovar a un intérêt épidémiologique fondamental. Il relève d’un
laboratoire de référence (CNR ou CCOMS) avec des méthodes sérologiques complexes et/ou
moléculaires
-Diagnostic sérologique
Celui-ci est réservé à quelques laboratoires avec la mise en oeuvre de plusieurs techniques (ci-
dessous). Celui-ci se positive vers les 8-10 ème jours après le début de la maladie. Les
anticorps décroissent sur 3 à 6 mois, peuvent persister à des taux résiduels plusieurs années.
La cinétique des anticorps est indispensable (2 tests à 2 semaines d’intervalle) et son
interprétation intègre les données chronologiques et cliniques.
1 - ELISA:
Titre seuil : 1/400.
Anticorps sériques détectables à partir du 8ème jour suivant l'apparition de la fièvre.
2 - Test de micro agglutination (MAT, réaction d'agglutination lyse de Martin et Pettit).
Evaluation au microscope à fond noir du degré d'agglutination de cultures de leptospires par
le sérum du malade. Réaction de référence qui nécessite une batterie d'antigènes: souches
représentatives des principaux sérogroupes (20-23 antigènes). Technique complexe réservée à
un laboratoire de référence. Titre seuil: 1/100.
- Diagnostic moléculaire (PCR)
Il peut être positif dès le second jour de la maladie puis jusqu’au 12ème jour. La recherche
s'effectue à partir du sérum, LCR, urines, humeur aqueuse.
VI- Traitement
La pénicilline G est l’antibiotique de choix. Sont également actifs les tétracyclines, le
chloramphénicol et la streptomycine.
VII - Prophylaxie
Prophylaxie animale
Il existe des vaccins inactivés destinés aux bovins , porcs et chiens. Efficacité non démontrée
sur le portage urinaire et les troubles de la reproduction.
Prophylaxie humaine: protection collective et individuelle
- Mesures de luttes collectives : dératisation, contrôle des effluents des élevages industriels,
drainage des zones inondées. Efficacité certaine, mais mise en œuvre difficile.
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- Mesures individuelles : port de tenues de travail adaptées (bottes, gants) pour les
professionnels exposés.
- Antibioprophylaxie efficace (doxycycline 200 mg hebdomadaire) pour des expositions
importantes sur de courtes périodes (militaires)
- Vaccin humain inactivé proposé aux travailleurs très exposés (égoutiers, éboueurs);
induction d’anticorps agglutinants au pouvoir protecteur non quantifié
BORRELIA
Les Borrelia sont des bactéries spiralées de 8 à 30 µm de long sur 0,3 de large. Elles sont
responsables de fièvres récurrentes transmises à l’homme par des arthropodes vecteurs.
I-Classification
Les caractères morphologiques, antigéniques et bactériologiques ne suffisent pas pour
distinguer les différentes espèces du genre Borrelia aussi la classification est fondée sur
l’agent vecteur car il existe une relation étroite entre une espèce d’arthropode et la souche de
Borrelia qu’elle transmet.
transmise par les poux (Pediculus humanus) : B. recurrentis
transmise par les tiques (Ornithodorus) : B. hispanica, B. persica, B. duttoni
une place à part doit être faite à Borrelia burgdorferi, transmise par des tiques
(Ixodes) et agent de la maladie de Lyme
II-Bactériologie
Les Borrelia sont spiralées et comportent une quinzaine de spires. Elles sont mobiles et
colorables par la méthode de Giemsa. La culture sur milieux spéciaux est difficile, plus facile
sur oeuf embryonné.
III-Pouvoir pathogène
Les fièvres récurrentes sont caractérisées par des accès de fièvre qui durent plusieurs jours,
entrecoupés de périodes de rémission. Des complications peuvent survenir telles qu’hépato-
néphrite, syndrome hémorragique, méningite ou atteinte oculaire.
La maladie de Lyme sévit pendant la saison chaude. Elle est caractérisée par :
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o une atteinte cutanée typique : l’erythema chronicum migrans, lésion
papuleuse inflammatoire
o des manifestations articulaires
o des manifestations neurologiques ; méningite, encéphalite
o des manifestations cardiaques
VI-Diagnostic biologique
On peut voir des Borrelia dans le sang ou dans le LCR après coloration de Giemsa.
Le sérodiagnostic de fièvres récurrentes, par étude du pouvoir spirochéticide du sérum, est
difficile.
Le sérodiagnostic de la maladie de Lyme est possible par technique ELISA, par
immunofluorescence indirecte (IFI), par hémagglutination passive ou immunocapture.
V-Sensibilité aux antibiotiques
Tetracyclines ou chloramphénicol sont le traitement de choix des fièvres récurrentes.
L’évolution de la maladie de Lyme au stade aigue est favorablement influencée par un
traitement par la pénicilline V ou la tétracycline.
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