VIVRE SA JEUNESSE EN SYNODALITE DANS UNE EGLISE JUBILAIRE
Aujourd’hui dans l’Eglise, la synodalité est devenue un mot à la mode! Lorsque le Pape nous dit
que la nature de l’Eglise est d’être synodale, cela n’est pas une fantaisie de sa part mais en effet,
une dynamique qui se réfère à une pratique ancienne dans l’Eglise primitive dont nous avons les
traces non seulement dans les actes des Apôtres, mais dans la manière dont Jésus vit son
ministère en lui associant en permanence les Apôtres et les foules qui le suivaient. Pendant son
ministère, Jésus n’a jamais marché seul. De prime abord, il était souvent avec les Apôtres qui ont
partagé sa vie, écouter son enseignement, assister aux guérisons et aux miracles qu’il
accomplissait. Ensuite, il les a envoyés en mission et enfin ils sont devenus témoins de sa mort et
de sa résurrection. C’est cet élan de générosité de cœur qui a donné un caractère synodal au
ministère de Jésus.
La synodalité prend de l’ampleur, avec le pape François, et se déploie comme une vision
dynamique pour l’Eglise, une Eglise centrée sur la miséricorde appelée à une continuelle
conversion. La synodalité demande donc certaines attitudes humaines et spirituelles que nous
allons prendre le temps d’explorer après avoir tenté de définir davantage ce qu’est la synodalité.
Marcher ensemble !
Qu’est-ce que la synodalité ? Quelle vision d’Eglise traduit-elle ? À quelles pratiques convoque-
t-elle ? Le plus souvent, pour faire au plus simple, on présente la synodalité selon l’étymologie
du mot ‘synode’ (du grec sun-odos, ‘route ensemble’) comme une marche ensemble. Faire
synode c’est donc marcher ensemble et marcher dans la même direction à l’écoute de l’Esprit.
C’est ce que Dieu attend de nous comme Eglise du troisième millénaire, une Eglise qui doit
prendre conscience qu’elle est un peuple en marche et que ce chemin doit être parcouru
ensemble.
Entrer donc en synodalité c’est accepter de se mettre en route, de vivre en pèlerin dans une
Eglise, elle-même en pèlerinage sur cette terre. La synodalité devient donc une expérience
d’incarnation qui nous met à l’écoute du réel, à l’écoute des cris et des besoins du monde. Elle
est une façon d’être et de travailler ensemble, jeunes et personnes âgées dans l’écoute et dans le
discernement, pour parvenir à des choix pastoraux répondant à la réalité.
Ainsi, la synodalité nous demande de voir l’Eglise dans une vision dynamique et systématique,
inclusive et non compétitive, qui prenne en compte la diversité des talents et mette l’accent sur
les relations et la communauté, l’écoute et le dialogue, la participation et la coresponsabilité, la
réciprocité entre tous les membres. Elle est donc un mode de vie qui favorise et développe la
participation et la collaboration de tous. Pour entrer dans ce style de vie, nous avons besoin de
cultiver et de déployer certaines attitudes à savoir : l’écoute, le dialogue, l’empathie, le partage ;
la liberté intérieure et la liberté de parole, l’humilité, la recherche de la vérité et surtout la foi et
la confiance en Dieu. Aux vues de tout ce que la synodalité nous propose, comment peut-on
vivre sa jeunesse dans cet esprit de collaboration ? Comment encourager les jeunes en vue de
l’œuvre du Seigneur, et prendre la relève pastorale ? Quelle place pour la culture émergeante des
nouvelles générations dans les cultes et la vie de l’Eglise ? Poser ces questions, c’est aussi
toucher aux tensions entre nouveauté et tradition, et à l’identité de l’Eglise. La réponse à ces
interrogations nous conduira à la place des jeunes dans l’Eglise.
C’est un sujet très important, mais difficile à appréhender, source de beaucoup de frustrations et
de culpabilités. La jeunesse est un élément important et déterminant pour le royaume de Dieu.
Mais dans nos Eglises, on a souvent l’impression que les responsables ne savent pas quoi faire
avec leurs jeunes. En plus, ils ne comprennent pas ce que leurs jeunes, eux, veulent vraiment. Ils
leur semblent être complètement déjantés ou trop fougueux. Comment faire pour les garder ?
Comment leur parler ? Quelle place leur laisser ? Voilà autant de questions auxquelles il faut
pourtant essayer de répondre.
La gestion des jeunes dans l’Eglise n’est pas une mince affaire, et cette même problématique se
retrouve dans l’enseignement scolaire et dans la famille aussi. Souvent, on a l’impression de
simplifier cette pastorale, mais force est de constater que le sujet semble plus complexe. Je
n’aurai pas la prétention de vous livrer une recette qui fonctionne, mais plutôt partager ce que
j’ai observé et vous proposer des réflexions qui pourront vous aider.
J’ai pu rencontrer, observer et écouter beaucoup de jeunes, et plusieurs de mes exemples seront
tirés de ces rencontres. Les jeunes, et j’en suis convaincus, sont une clé et un levier pour le
développement du royaume de Dieu, que ce soit pour/dans l’évangélisation ou pour/dans
l’Eglise. David Wilkerson a dit « Les jeunes sont une partie de l’Eglise d’aujourd’hui, mais dans
la totalité des leaders de demain ». Miser sur les jeunes, chercher l’excellence dans le travail
parmi la jeunesse, c’est invertir sur l’Eglise de demain. Le travail parmi les jeunes est un
ingrédient indispensable de la vie de l’Eglise, et celle-ci ne serait pas complète sans ce travail
parmi la jeunesse.
Je vous parlerai d’abord de la place des jeunes dans l’Ecriture, puis de ce que des jeunes
recherchent dans une Eglise, et pour terminer, je citerai quatre raisons majeures pour lesquelles
les jeunes abandonnent la foi et quittent nos Eglises.
Pour une approche biblique de la jeunesse, je vous propose quelques textes que vous trouverez
compilés dans le Dictionnaire de Théologie pratique.
Les jeunes dans l’Ecriture
Dans la Bible, les jeunes sont présentés de façon positive et leurs qualités physiques,
mentales et morales sont mises en avant. « La force et la gloire des jeunes gens »
(proverbes 20 :19).
Les jeunes sont considérés dans la Bible comme les égaux de leurs aînés : « Ne reprends
pas le vieillard avec dureté, mais encourage le comme un père. Encourage les jeunes gens
comme des frères, les femmes âgées comme des mères, celles qui sont jeunes comme des
sœurs, en toute pureté »(Timothée 5 :1-2).
Les jeunes sont profonds spirituellement : « Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous
êtes forts, que la parole de Dieu demeure en vous et que vous avez vaincu le
mauvais »(Jean 2 :14).
La bible ne dénigre pas les jeunes, au contraire elle met en avant les capacités des jeunes
à faire, mais aussi à leur besoin d’avoir des personnes qui les aident à être, à devenir ceux
que Dieu a prévu qu’ils soient lorsqu’il les a créés.
Ce que recherchent des jeunes dans une Eglise
Un texte qui nous aide à comprendre est Actes 18 :24-26. C’est l’épisode qui rapporte
qu’Apollos savait certaines choses sur Dieu, qu’il les enseignait avec conviction et fougue,
mais que son enseignement était incomplet. Priscille et Aquilas le prirent avec eux et lui
exposèrent plus exactement la voie de Dieu. D’après moi, les jeunes ont besoin de pairs et de
repères dans l’Eglise.
Ce qui exaspère beaucoup de jeunes, c’est le manque de contenu de ce qu’on leur propose et
des enseignements. Un jeune sait certaines choses sur Dieu et veut progresser. Il a une
capacité d’apprentissage énorme : jusqu’à présent, la vie d’un jeune c’est l’apprentissage. Les
jeunes ont besoin d’apprendre et cela vaut pour leur vie spirituelle. Malgré leur apparence
désinvolte, leur attitude nonchalante et leur manque de sérieux apparent, les jeunes sont des
êtres sérieux spirituellement.
Les jeunes pensent à ne pas être compris dans leurs problématiques et se plaignent que leurs
véritables problèmes ne soient pas pris en compte par l’Eglise. Nous ne devons pas ignorer la
pression que les jeunes rencontrent à l’école, à la fac. Ils ont des amis qui boivent de l’alcool,
qui fument de la drogue, qui sont transvertis, homosexuels, qui passent d’un partenaire à un
autre, des gothiques, des athées… Mais nos jeunes ont besoin de repères qui leur permettent
de se positionner face à ces choix de vie.
Par exemple, qui fait l’éducation relationnelle ou sexuelle de nos jeunes ? L’Eglise doit
apporter des réponses permettant à nos jeunes de se positionner. (L’histoire de la batterie,
power point, soirée pizza et l’arrivés des jeunes : mais au final, ce qui doit faire venir les
jeunes c’est ce qui est vécu avec Dieu dans l’Eglise. C’est l’authenticité de l’expérience.)
Il est un danger, celui de considérer les jeunes comme des « pas tout-à-fait adultes », des
adultes moins intelligents ou moins compétents. C’est une erreur parce que nos jeunes sont
dans une saison de la vie différente, avec d’autres qualités mises en avant. La jeunesse est
très sensible au témoignage personnel et au vécu des personnes. On se plaint souvent que les
jeunes ne fréquentent pas les réunions de prières, mais c’est parce qu’ils ont besoin de sens,
et de savoir pourquoi ils font les choses. Ils veulent être participants, pas spectateurs.
L’Eglise doit être le lieu où Dieu s’expérimente, voilà la meilleure stratégie pour garder des
jeunes.
QUESTIONNAIRE
Ayant beaucoup parlé de la synodalité comme la participation de tous, moi, en tant que jeune
du secteur de Guimsack, comment dois-je prendre part à cette marche d’ensemble pour le
bon fonctionnement de cette pastorale ?
Tout en connaissant notre milieu de vie et ses exigences, quelles sont les activités qui
peuvent rassembler les jeunes de notre secteur ?
Qu’est-ce qui constitue un frein pour cette pastorale et quelles solutions proposez-vous ?