Harec Chapitre 4: Les Récepteurs: Cours de Radioamateur en Vue de L'obtention de La Licence Complète +
Harec Chapitre 4: Les Récepteurs: Cours de Radioamateur en Vue de L'obtention de La Licence Complète +
Certes, l'émetteur et le récepteur sont 2 éléments fondamentaux dans une station radioamateur. Pour des
raisons de simplification et d'économie, ces deux appareils sont souvent regroupés en un seul que l'on appelle
un transceiver. La plupart des radioamateurs utilisent des transceivers, mais pour les besoins de ce cours nous
aborderons séparément les émetteurs et les récepteurs.
Nous essayerons de développer les exemples concrets sur ce qui nous intéresse directement : les transceivers
décamétrique avec les modulations CW et SSB et les transceivers VHF (ou UHF) en modulation de fréquence
(NBFM).
Dans un dessin un peu plus moderne, on aurait le circuit ci-contre : L'accord sur L CV C
la fréquence à recevoir se fait grâce à la self L et au condensateur CV. La
détection se fait par la diode D et C supprime la HF.
Il ne reçoit que les stations proches, et il y a beaucoup de distorsion lorsque le signal est élevé. Il sera toutefois
utilisé pendant quelques dizaines d'années, pour la réception des signaux AM (A3E).
1
A l'époque on faisait la distinction entre "basse fréquence" pour désigner tout le spectre audio et "haute fréquence" pour désigner tout le
reste !
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 1/55
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4.1.2. Récepteurs superhétérodynes
Dans un récepteur direct, chaque étage HF doit être accordé, ce qui constitue déjà un handicap au niveau de la
manipulation. Il en résulte aussi que la caractéristique globale du récepteur est fonction de l'endroit où on se
trouve (début, milieu ou fin de bande). Le problème devient encore plus marqué lorsqu'on veut utiliser plusieurs
bandes de fréquence (les OL, les OM et peut être les OC).
De plus la bande passante (donc la sélectivité) est varie d'un bout à l'autre de la bande à recevoir.
Il est alors venu l'idée de construire une chaîne d'amplification à fréquence unique et à convertir le signal
d'entrée vers cette fréquence unique. C'est ainsi qu'est apparût le récepteur superhétérodyne.
Deux nouvelles fonctions apparaissent dans le schéma bloc : le changement de fréquence qui aura pour but
de transformer le signal reçu à une fréquence fr en une autre fréquence appelée fréquence intermédiaire2 3 et
notée FI, et, l'amplification à fréquence intermédiaire.
Le changement de fréquence lui-même nécessite deux fonctions distinctes : le mélangeur et l'oscillateur local.
Le schéma bloc d'un récepteur pour radioamateur (bande 40 m) ressemble donc à la figure ci-dessous
7,060 MHz
9 MHz
filtre
préampli filtre mélangeur + détection ampli BF
ampli FI
16,060 MHz
oscillateur
local
L'amplificateur à fréquence intermédiaire va fournir la plus grosse partie du gain de la chaîne de réception, c'est
lui aussi qui va limiter le spectre de fréquence de sorte que le détecteur ne voie que le signal à recevoir.
2
On a aussi utilisé le terme "moyenne fréquence", puisqu'elle se situait entre la haute fréquence et la basse fréquence, mais le terme
fréquence intermédiaire est plus correct, car parfois la fréquence intermédiaire peut être supérieure à la fréquence du signal à recevoir.
3
En anglais Intermediate Frequency ou IF .
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 2/55
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La valeur de cette fréquence intermédiaire dépend de plusieurs critères, et les valeurs fréquemment rencontrées
sont les suivantes :
les récepteurs de radiodiffusion AM ont souvent une fréquence intermédiaire de 455 kHz,
pour la FM, la FI est de 10,7 MHz,
pour la TV, la FI est à 38,9 MHz pour l'image et 33,4 MHz pour le son
pour les radioamateurs les FI des récepteurs décamétriques sont aux environ de 8 ou 9 MHz,
pour la bande 144 à 146 MHz, la FI est généralement de 10,7 MHz
pour la bande 430 à 440 MHz, la FI est généralement de 21,6 MHz
La chaîne d'amplification à FI, est suivie d'un détecteur, puis d'un amplificateur audio qui donne au signal le
niveau et la puissance nécessaire pour attaquer le haut parleur.
Devant cette chaîne à fréquence intermédiaire on devra procéder au changement de fréquence. Ceci s'effectue
à l'aide d'un mélangeur qui reçoit d'une part
le signal d'antenne filtré et éventuellement amplifié, et d'autre part,
le signal de l'oscillateur local.
Nous aurons l'occasion de revenir sur chacun de ces éléments plus tard, contentons-nous d'abord de les
identifier dans le schéma bloc ci-dessus.
Si on veut réaliser un récepteur avec un grand gain, il apparaît rapidement un problème d'accrochage. Dans ce
cas on préfère réaliser deux changements de fréquence consécutifs, on parle alors de récepteurs à double
changement de fréquence. On aura donc 2 changements de fréquences en cascade.
0,1 à 30 MHz
40 MHz 9 MHz
oscillateur
local oscillateur
variable local fixe
40,... 49 MHz
à 70 MHz
La 1ere FI est à 40 MHz, donc si nous voulons couvrir 0,1 à 30 MHz, l'oscillateur local devra être accordé entre
40,1 et 70 MHz. La 2eme FI étant à 9MHz, le deuxième oscillateur local sera fixe et sur 49 MHz.
Notons que nous parlons ici de démodulation, qui est un terme plus générique applicable à plusieurs mode de
modulation (AM, CW, SSB, FM, …) alors que détection ne s'applique qu'à l' AM.
144-146 MHz
10,7 MHz 455 kHz
oscillateur
local oscillateur
local fixe
133,3 à 10,245 MHz
135,3 MHz
La 1ere FI est à 10,7 MHz, donc si nous voulons couvrir 144 à 146 MHz, l'oscillateur local devra être accordé
entre 133,3 MHz et 135,3 MHz.
La 2eme FI étant à 455 kHz, le deuxième oscillateur local sera fixe et sur 10,7 – 0,455 soit 10,245 MHz.
fOL = fr - FI ou fOL = fr + FI
infradyne si fOL = fr – FI
supradyne si fOL = fr + FI
Soit fr la fréquence à recevoir et fFI la valeur de la fréquence intermédiaire, donc l'oscillateur local devra osciller
sur une fréquence
fOL = fFI + fr
Dans ces conditions si un signal non désiré à une fréquence f'r = fr + 2 fFI , il donnera par battement :
le signal f'r est appelé "fréquence image" et produira aussi un signal dans la partie fréquence intermédiaire du
récepteur. La fréquence image est donc un signal perturbateur, c'est probablement l'inconvénient majeur du
récepteur superhétérodyne et il conviendra de l'éliminer avant qu'il n'atteigne le mélangeur.
Soit par exemple à recevoir un signal sur 3,5 MHz. Une première hypothèse est de prendre une FI assez basse,
disons 500 kHz 4, la fréquence de l'oscillateur local sera alors de 3 MHz et la fréquence image sera de 2, 5MHz.
représentons nos fréquences sur un axe de 0 à 30 MHz :
F. I.
fréq. à recevoir
fréq. image
0 10 20 30 MHz
4
Nous pourrions être tenté de prendre 500 kHz à l'image des FI à 455 kHz que l'on rencontre dans les récepteurs OL, OM.
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 5/55
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Maintenant choisissons une FI assez élevée disons 9 MHz, dans ce cas, la fréquence de l'oscillateur local sera
alors de 12,5 MHz et la fréquence image sera de 21,5 MHz. Cet une très bonne solution car la fréquence image
est très écartée des autres raies et elle sera facile de l'éliminer.
F. I.
fréq. à recevoir
fréq. image
0 10 20 30 MHz
Pour un récepteur décamétrique, il conviendrait de faire la même étude particulière pour chacune des bandes, et
ceci conduirait aux fréquences intermédiaires standardisées. Si on considère un récepteur construit pour
recevoir des segments de 0,5 MHz (3 à 3,5 MHz , 7 à 7,5 MHz , 14 à 14,5 MHz, etc …) on arrive alors au
schéma classique5 suivant :
VFO
5 - 5,5
MHz
5
C'est le schéma des FT101, FT901, TS520, TS820, … très populaires depuis 1970 jusque vers 1990.
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 6/55
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Le signal de l'oscillateur local est également issu d'un mélange, celui
de la fréquence variable d'un VFO, qui permettra de choisir la fréquence et
la fréquence d'un oscillateur fixe à quartz qui dépendra de la bande choisie
L'étage de présélection fournira ici la réjection image requise. Cependant plus la fréquence d'entrée sera élevée,
plus il sera difficile d'obtenir une réjection satisfaisante et d'autre part, il sera plus difficile de réaliser un
oscillateur local sur une fréquence proche de la fréquence à recevoir, à cause du phénomène d'entraînement
("pulling").
Si la fréquence intermédiaire est importante, il deviendra plus difficile d'obtenir une bonne sélectivité, c'est une
raison supplémentaire pour recourir au double changement de fréquence : la première fréquence intermédiaire
peut être supérieure à la fréquence maximale à recevoir et la fréquence image sera alors simplement rejetée à
l'aide d'un filtre passe-bas. Le signal à fréquence intermédiaire sera alors amplifié, et filtré au moyen d'un filtre à
quartz dont la bande passante est "moyenne" (disons 10 kHz) et ce signal subira un deuxième changement de
fréquence vers une fréquence intermédiaire (par exemple 9 MHz) où on pourra effectuer la sélection de la bande
passante requise. Soit le schéma que nous avons déjà vu et qui est repris pour tous les récepteurs actuels dit
avec "general coverage" 6.
0,1 à 30 MHz
40 MHz 9 MHz
oscillateur
local oscillateur
variable local fixe
40,... 49 MHz
à 70 MHz
Dans ce qui a été présenté ci-dessus, l'élimination de la fréquence image est obtenu en filtrant cette fréquence
image au niveau de l'entrée, mais un autre concept est également possible. Imaginons un récepteur que l'on
veuille recevoir entre 500 kHz (fmin) et 1500 kHz (fmax) . Pour que la fréquence image ne nous gêne pas, il faut
qu'elle soit plus haute que fmax , donc fmax : f'r = fmin + 2 FI > fmax soit encore
Exemples:
6
On désigne par "general coverage" un récepteur allant , de façon continue, de 100 kHz à 30 MHz.
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4.1.4. Récepteur à conversion directe
7
Les télégraphistes préfèrent une "note" plus basse se situant entre 400 et 800 Hz, mais pour simplifier quelque peu les calculs nous dirons
que cette note est à 1000 Hz.
8
Notez que cela fonctionne aussi avec 8,999 MHz !
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4.2.2. Récepteur BLU (SSB) pour la téléphonie avec porteuse supprimée (J3E)
Il faudrait donc 2 filtres FI. Sachant qu'un 8,997 MHz 9,000 MHz
filtre à quartz est relativement onéreux, on a
recherché une autre solution.
Oscill. battement
8,9985 MHz
USB
Oscill. battement
9,0015 MHz
LSB
On mesure donc en permanence le niveau de sortie, et on fabrique une tension continue qui va agir sur les
étages d’entrée, c’est la boucle de contrôle automatique du gain ou CAG9 .
La tension de CAG constitue par ailleurs une « image » de la force des signaux. C’est la tension de CAG qui va
également servir d’indication du niveau reçu donc de S-mètre.
oscillateur CAG
local S-mètre
tension de CAG
On retrouve dans un récepteur FM, les mêmes fonctions (donc les mêmes blocs) que dans un récepteur AM ou
SSB, le démodulateur va être particulier à la FM.
Mais dans le cas de la FM, la largeur de bande des circuits à FI est plus importante. En fait cette largeur de
bande dépend de l’excursion,
par le passé on utilisait des excursions pouvant atteindre 10 kHz et de ce fait la largeur de filtre était
fixée à 25-30 kHz
actuellement avec des excursions de 5 kHz, on utilise plutôt des filtres à 12 kHz.
Dans le cas de la FM on parle souvent de discriminateur pour cette fonction. Mais les discriminateurs sont
sensibles à l’amplitude, il faudra donc leur fournir un signal d’amplitude rigoureusement constante d’où le rôle du
limiteur.
9
En anglais Automatic Gain Control ou AGC.
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 12/55
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144-146 MHz
ampli FI
ampli filtre discri-
mélangeur limiteur ampli BF
RF FI minateur
10,7 MHz
oscillateur
local
133,3 à
135,3 MHz
Il reste à préciser qu’il y a essentiellement deux éléments caractérisent les récepteurs selon le type de
modulation qu’ils doivent recevoir :
la largeur du filtre dans l’étage à FI,
le type de démodulateur
Qu’arrive-t-il si on n'utilise pas le bon récepteur ? Il est évident que si le type de récepteur correspond avec le
type de modulation, on peut indiquer "OK", mais voici le tableau complet :
Dans un récepteur, un amplificateur HF a pour but d'amplifier, c.-à-d. d'augmenter les petits signaux qui sont
présents à l'antenne. Qu’entend-on par petits signaux ? Lorsque l'aiguille d'un récepteur indique S9 10, c.-à-d. un
signal important, alors, le signal a alors une amplitude de 50 µV environ. On peut donc dire qu'un petit signal a
une amplitude de l'ordre de 0,5 µV ou peut-être moins.
Lorsque le signal aura une amplitude suffisante, on va procéder au changement de fréquence pour obtenir une
fréquence intermédiaire où la fréquence sera la même quel que soit la fréquence RF sélectionnée. A partir de
cet instant on parlera d'amplificateur à FI (voir paragraphe 4.3.4).
Amplificateur FI ou RF
Les capacités parasites des transistors sont de l'ordre de
4k7
quelques dixièmes de pF à quelques pF. Or 10 pF à 10 +
sortie
kHz représente une impédance de 15,9 k on peut donc
bien imaginer que ces capacités parasites (et inévitable) entrée
5µ
entrée
sortie
C3 10n
R4 100
Fréquence) dont la fréquence est supérieure à 100 kHz. Amplificateur BF
Dans ce cas on préfère utiliser des circuits LC accordés
ou des circuits couplés.
+V
C2 10n
C1 10n
+V
10
Voir plus loin.
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 14/55
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4.3.1.2. Ampli HF à transistor FET
Les deux figures suivantes montrent des amplificateurs FI avec des transistors FET, le premier est en grille
commune, le second en source commune.
C1 10n Q1 MPF102
Q1 MPF102
D
S D G
R1 100 S
G
R1 100
C1 10n
R2 100
R2 100
C2 10n
C2 10n
+V
+V
R1 560
C1 10n
R2 100
C2 10n
+V
100 k 100 k
100 k
a b
1n 1n
Ci-contre un schéma type pour 1296 MHz. Les lignes ont une
dimension de 10 x 29 mm et une épaisseur de 1 mm. Les points
d'attaque sont à 12,5 mm à partir du côté froid. C1 8k2
3p
Dans ce montage on peut régler la polarisation du transistor au
moyen d'un potentiomètre. Le but est d'obtenir le facteur de bruit
1n
le plus faible.
Mais il est encore plus facile d'utiliser des strip-lines c.-à-d. des 10k 2k2
lignes réalisées sur un circuit imprimé ordinaire ou sur un circuit 470
imprimé téflon. Le circuit imprimé ordinaire convient jusqu'aux
environ d'un GHz, au-delà le circuit imprimé téflon s'impose. +12V
Pour éviter les pertes dans les câbles coaxiaux et surtout pour éviter de détériorer le rapport signal/bruit on fait
parfois appel à des préamplificateurs d'antennes. Il s'agit de préamplificateurs à très faible bruit montés dans un
boîtier et placé près de l'antenne. L'alimentation en courant continu se fait par le câble et un système de relais
permet de by-passer le préampli lorsqu'on est en émission.
Ci-dessous un ampli pour la bande 145 MHz, dont le gain est de 17 dB et un NF de 0,6 dB.
D1- D2
Q1 BF981 2x BA379
6p
L1
D 1n
5 dB
L2
G S
1µ 1k5 1µ
1n 1n
6p
D6 1N4007
82 47
78L06
L'entrée et la sortie de l'ampli sont accordées (L1 et 6 pF et L2 et 6 pF). L'atténuateur de 5 dB a pour but
d'assurer une bonne adaptation de sortie et d'éviter les oscillations. La diode D6 protège des inversions de
tension. La diode D5 protège contre la pointe de tension négative à l'enclenchement (inductance des bobines
des relais) et D1 et D2 protègent également la tension positive d'apparaître au déclenchement (suppression de
13,5 V sur le câble coaxial).
Il est important aussi de rassembler les points de masses le plus près possible les uns des autres et si possible
de ne faire qu'un seul point de masse.
Avec
les 3 types d'oscillateurs : Colpitts, Hartley et couplage magnétique (encore appelé Armstrong ou
Messner)
et les 3 montages EC , BC et CC
on obtient 9 types montages d'oscillateurs :
Rk
Rk
Rk
Ck
Ck
Ck
Hartley
+V +V +V
Rk
Rk
Rk
Ck
Ck
Ck
Colpitts
+V +V +V
Rk
Rk
Rk
Ck
Ck
Ck
couplage magnétique
Ck
L1 C2
R2
C1 C3 RE
11
Moyen mnémotechnique :
un couplage sur la self : une self s'exprime en Henry, c'est donc le montage Hartley
un couplage par diviseur capacitif , avec un C comme dans Colpitts.
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 20/55
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4.3.2.5. Un schéma pratique
+9 à 15 V
Voici un schéma pratique d'un oscillateur 78L08
pour les bandes amateur. Il s'agit d'un
oscillateur Clapp suivi d'un étage tampon. 10n 100 10n
22k
Le condensateur variable est de 365 pF.
100
2N2222 10k
Afin de limiter la plage de réglage de 10n
fréquence on utilise un condensateur série
Cs (qui déterminera essentiellement la 10n
fréquence basse) et un condensateur Ca 2N2222
22k
parallèle Cp (qui déterminera L 100 100p 1n
essentiellement la fréquence haute). Cs
10k
Cp
Cb 1k 470
CV
La self L est réalisée sur un mandrin de 6 365p 60p
mm et elle est possède un noyau ajustable.
L Cs Cp Ca Cb
(spires) (pF) (pF) (pF) (pF)
160 m 50 330 270 1500 1000
80 m 36 100 100 1000 680
40 m 24 22 100 680 470
30 m 16 39 180 470 330
20 m 12 33 100 330 220
15 m
10 m
f f f
OL OL OL
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4.3.3.1. Théorie
L'élément le plus important d'un récepteur superhétérodyne est certainement le mélangeur qui produit le
changement de fréquence. Sans mélangeur pas de fréquence intermédiaire et donc pas de superhétérodyne.
Comme nous venons de le voir dans les schémas blocs des récepteurs superhétérodynes, l'un des procédés les
plus couramment appliqués aux signaux HF est le changement de fréquence, il consiste à appliquer à un
montage changeur de fréquence d'une part le signal original et d'autre part le signal de l'oscillateur local afin
d'obtenir un signal à fréquence intermédiaire.
Dans le mélangeur (changeur de fréquence ou hétérodyne) on faire subir à l'amplitude B une modulation
en lui imprimant les variations A sin t au rythme de la fréquence F, c'est à dire que l'amplitude du signal HF
sera proportionnelle à l'amplitude du signal BF.
La raie à la fréquence égale à la différence des fréquences est la raie souhaitée, il suffira donc d'éliminer
les autres par un filtrage approprié. La raie à la fréquence égale à somme des fréquences est appelée la
fréquence image.
La figure de gauche représente un mélangeur par addition. Les deux signaux sont directement mis ensemble et
attaque un élément non linéaire. C'est grâce à cette non linéarité qui peut s'exprimer sous
i = a u + b u² + cu³ + …
que des produits en sin² , sin ³ , … vont apparaître, ce qui finalement va conduire à des différences et des
sommes de fréquences.
La figure de droite représente un mélangeur par multiplication. On applique les 2 signaux sur la G1 et la G2 d'un
MOSFET à double grille. La caractéristique (la pente) va dépendre de UG2 et tout comme ci-dessus dans le
signal de sortie apparaîtront des composantes de différences et des sommes de fréquences.
I I
D D
-V
G2
-V -V G1
G
RF in
10n
RFC
10n
Mais les constructeurs peuvent aussi présenter sous forme RFC
d'un petit module les quatre diodes et les deux
transformateurs. Ces DBM sont caractérisés essentiellement
par la gamme de fréquence et par le niveau maximal de
l'oscillateur local. Ces DBM sont extrêmement utilisés dans tous les montages VHF/UHF et SHF.
On distingue
des DBM normaux avec une puissance d'oscillateur local de + 7 dBm,
des DBM à haut niveau, qui requièrent une puissance d'oscillateur local de + 17 à + 23 dBm, ils
permettent de diminuer les produits d'intermodulations dus aux forts signaux d'entrée.
RF
L1 R3 L2 FI
Mais ces transistors, ainsi que ceux C3
servant à l'amplification FI peuvent
aussi être intégrés dans des circuits
intégrés tels que le TBA673, ou le R
C2
très populaire SO42P.
C1
C4 C4
C5
OL
A l'entrée de la chaîne nous avons A1 = ns / nr . Ce signal est ensuite amplifié, mais du fait du bruit de l'étage
d'entrée on a A2 = ns / (nr + nrz ) . le rapport de A1 / A2 est appelé facteur de bruit F.
Les étages amplificateurs à FI s'apparentent aussi aux ampli RF, mais ils sont accordés sur une fréquence bien
spécifique, la fréquence intermédiaire ou FI.
Les niveaux que l'on rencontre ici sont sensiblement supérieurs à ceux des amplificateurs RF. L'entrée d'un
amplificateur FI peut être de l'ordre de quelques µV, sa sortie de l'ordre d'une centaine de mV.
Un amplificateur à FI contribue ainsi en premier lieu à la sélectivité, c'est pourquoi on y trouve souvent un filtre.
Ce filtre peut être un filtre LC, un filtre céramique, un filtre à ondes de surfaces ou un filtre à quartz.
Mais le facteur d'amplification d'un amplificateur à FI dans un récepteur dépend aussi du niveau d'entrée. Un
amplificateur FI est donc aussi un amplificateur dont on pourra faire varier le gain, ce gain est commandé par un
circuit particulier appelé contrôle automatique de gain ou CAG (ou AGC pour Automatic Gain Control). Plus
l'amplificateur FI comprend d'étages, plus grand sera la plage où on pourra ajuster le gain commandé par la
tension de CAG. Au fait l'AGC est une tension détectée dans l'étage audio, et cette tension est proportionnelle à
la force des signaux reçus.
d'amplificateur FI. 1
3
4
6
self de choc
5
2
7
R2 1k2 C3 10n
C2 10n
R3 470
C5 10n
R1 2k2
L'amplification à FI va déterminer la sélectivité, donc en quelque sorte la bande passante (HF) du récepteur.
Dans cette fonction on fait appel à des filtres. La largeur du filtre FI est fonction du mode à recevoir. On peut
distinguer
les filtres discrets utilisant des circuits couplés, essentiellement utilisés pour la radiodiffusion en AM et
en FM
les filtres céramiques, utilisés dans les récepteurs pour la radiodiffusion en AM et en FM, mais aussi
dans le domaine radioamateurs en VHF-UHF et tout particulièrement ceux en FM
les filtres à quartz, utilisés essentiellement dans les récepteurs (transceiver) décamétrique
les filtres mécaniques
les filtres DSP
tension de sortie
Sachant que, pratiquement, le facteur Q se 0,707
(- 3dB)
situe entre 20 et 300, un tel circuit, pour 9 MHz,
aurait une bande passante entre 450 et 30 kHz,
or dans un récepteur décamétrique (par
exemple) on souhaite une bande passante de 3
kHz en SSB et 500 Hz en CW. De plus la
raideur des flancs n'est pas très grande, mais si 0
BP1
on a plusieurs étages, chacun avec un circuit fréquence
couplés. 1
f f2
Le fait d'avoir deux circuits sur des fréquences 1
tension de sortie
0
BP2 fréquence
12
Au fait on aurait déjà pu parler de ceci au § 4.3.1. Amplificateur et préamplificateur HF
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En plaçant, comme indiqué ci-avant, les deux bobines proches l'une de l'autre, on réalise un couplage
magnétique. Toutefois, il existe d'autres formes de couplage :
Ck
M
C1 C2
L1 L2
C1 L1 L2 C2 C1 L1 L2 C2
Ck
a b c
Dans le cas du couplage magnétique (fig. a), les deux selfs des circuits oscillants sont proches l'une de l'autre et
pour définir ce couplage, on définit un facteur kQ0.
-4 -3 -2 -1 0 +1 +2 +3 +4 f 0/ 2Q
Le couplage peut être aussi être capacitif à la base.(fig. b) ou capacitif en tête (fig. c).
Les filtres LC ou les circuits couplés doivent être réglés, on parle aussi d'alignement. Il existe bien sûr des
appareils de mesures sophistiqués (wobbulateur) qui permettent de voir la courbe pendant le réglage, mais ce
réglage constitue pour l'industrie une perte de temps, et le déréglage constitue aussi une source de non fiabilité.
C'est pourquoi on préfère les filtres qui ne nécessitent pas de réglages et qui sont stables.
Parmi ces filtres figurent les filtres céramiques, les filtres à quartz, et les filtres à ondes
de surfaces. Tous utilisent la même propriété : l’effet piézoélectrique. Ils se présentent
tous sous forme d’un bloc sans réglage. Ils nécessitent tous une petite adaptation
d’impédance proposée par le constructeur dans ses notes d'application.
Au chapitre 2, nous avons vu le quartz en tant que composant et ces quartz seront utilisés dans pour réaliser
des filtres, et on distingue alors
les filtres monolithique où le filtre est réalisé sur un seul bloc de quartz, et,
les filtres à composants discrets qui comportent plusieurs quartz avec éventuellement des selfs, des
transfos et des condensateurs de couplage.
L'un et l'autre se présentent sous forme de boîtier métallique avec (au moins) 3 bornes (entrée, sortie et masse).
Les filtres sont caractérisés par leur bande passante à – 6 dB , mais aussi par leur bande passante à -60 dB qui
indiquera comment les signaux non désiré sont rejetés. Le rapport de ces deux bandes passantes est appelé
facteur de forme ou shape factor, Un filtre parfait aurait donc un facteur de forme de 1 mais la plupart du temps
ce facteur de forme se trouve aux environs de 1,5 à 3.
Exemple: La BP à – 6 dB est de 2100 Hz, la BP à -60 dB est de 3100 Hz. Dans ce cas le facteur de forme est
3100/2100 = 1,47
10
-100
-4 -3 -2 -1 f0 +1 +2 +3 +4 kHz
"phasing"
BFO
Y2
C1 C4
C2 C3
Les filtres céramiques sont fort semblables aux filtres à quartz, toutefois les caractéristiques des filtres
céramiques sont moins bonnes. On n'emploie donc les filtres céramiques que pour la NBFM ou pour la FM
(radiodiffusion).
Les filtres à onde de surface (encore appelé ou Surface Accoustic Wave filters ou SAW) utilisent du niobate de
lithium (Li NbO3 ) , ils fonctionnent ….?????
Une des caractéristiques de ce type de filtre est son grand facteur de qualité (Q). Il consiste en un
transducteur d'entrée, un résonateur et un transducteur de sortie. Le résonateur est une pièce de métal qui a la
forme d'une barre ou d'un disque. Les filtres mécaniques requièrent un condensateur d'accord extérieur. Il faut
donc suivre scrupuleusement le schéma proposé par le constructeur.
Les filtres mécaniques ont une très bonne stabilité, la fréquence centrale peut être comprise entre 60 et 600
kHz, les bandes passantes vont de 0,05% à 5 % de la fréquence centrale, et le nombre de pôle peut varier de 2
à 12 pôles.
Les filtres DSP ont des flancs beaucoup plus raides que les filtres à quartz, mais la réjection des signaux
indésirables soit être faite le plus tôt possible dans la chaîne de réception. L'idéal est donc une combinaison d'un
filtre FI et ensuite un filtre DSP.
13
La firme Collins est spécialisée dans ce genre de filtre.
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 31/55
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Le problème de la plupart des démodulateurs FM est qu'ils sont également sensibles à la modulation
d'amplitude. Pour cette raison, il faut éliminer toute trace de variation d'amplitude avant d'attaquer le
démodulateur FM. En fait un limiteur n'est rien d'autre qu'un amplificateur qui travaille au seuil de la saturation,
suivit d'un circuit accordé qui va redonner la forme sinusoïdale au signal.
4.3.6.1. Détection AM
Pour restituer la symétrie du signal on doit alors ajouter le condensateur C2 et la résistance R2 et la constante
de temps C2 R2 doit donc être élevée par rapport à la période du signal AF.
Les détecteurs de produits sont utilisés pour démodulé des signaux AM et SSB, ils utilisent les produits de
mélangent entre le signal utile et un oscillateur local. Un détecteur de produit est en fait un mélangeur, mais à sa
sortie on trouve le signal BF au lieu d'une FI.
Un détecteur de produit peut décoder un signal AM surmodulé, et le rapport signal/bruit est meilleur que celui
produit par un détecteur d'enveloppe.
CA3028A
L'inconvénient majeur est le manque de linéarité, et comme la modulation FM se veut être une modulation de
qualité, le discriminateur de flanc a été modifié et a donné lieu au discriminateur à deux circuits accordés.
forme de "S".
U2
La bande passante utile est sensiblement
inférieure à la distance entre les deux
f
sommets, c-à-d à la différence entre les deux inf
De plus, il est difficile d'obtenir des circuits LC légèrement décalés avec des courbes "vraiment"
complémentaires.
14
En anglais "slope detector".
15
Encore appelé discriminateur Travis
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U U U
1 1 Us/2 1
Us/2
Us/2
Up Up Up
N M N M N M
Us/2 U2 Us/2 U2
Us/2 U2
B
B B
f < f0 f=f f > f0
0
Up C4
U2
C2 R2
UBF
16
Encore appelé discriminateur Foster-Seeley
17
En anglais "ratio detector".
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 35/55
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4.3.6.4. Les démodulateurs à coïncidence
+U
R
C
BF
4.3.6.5. Discriminateur à PLL T2
diviseur
(programmable)
BF
18
En anglais "quadrature demodulator".
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 36/55
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4.3.7. Oscillateur de battement (BFO)
En télégraphie, on doit provoquer le battement entre le signal reçu (même si celui-ci à été convertit en une autre
fréquence) et un oscillateur local de sorte à produire une fréquence ("une note") audible.
Par ailleurs, pour recevoir de la BLU (J3E), il faut restituer la porteuse de façon à pouvoir on doit restituer l
Dans la plupart des récepteurs actuels, la fréquence de l'oscillateur est traitée par un microprocesseur et, en
tenant compte de la valeur de la FI , de tous les oscillateurs et du mode de réception, il est possible de calculer
et d'afficher la valeur de la fréquence de réception.
Ceci n'était pas le cas des récepteurs travaillant avec un VFO et des oscillateurs à quartz pour obtenir toutes les
bandes radio amateur. Un oscillateur à quartz, spécialement conçu pour générer beaucoup d'harmoniques,
permettait alors de calibrer le récepteur. Ce générateur est temporairement mis à l'entrée du récepteur et
comme il fournit un signal de 3,5 MHz avec ses multiples, il est possible de se calibrer sur 3,5 MHz, 7 MHz, 14
MHz, 21 MHz et 28 MHz.
4.3.9. Amplificateur BF
Etant donné la faible puissance nécessaire à une réception normale via haut-parleur ou casque, plusieurs
circuits intégrés peuvent convenir.
Le circuit de CAG fait en sorte que la tension à l'entrée du détecteur soit plus ou moins constante. On détecte
donc le niveau de sortie, on produit une tension continue qui va contrôler le gain des premiers étages et le gain
de l'amplificateur FI principal.
Les transistors MOSFET à doubles grilles sont particulièrement bien adaptés à ce genre de "contrôle".
La constante de temps avec lequel ce circuit réagi dépend du type de réception. En AM et en SSB on utilisera
une grande constante de temps (c-à-d en position SLOW) , tandis qu'en CW on utilisera une constante de temps
plus faible (c-à-d la position FAST).
Les récepteurs sont généralement munis d'une indication du niveau reçu. Cette indication est établie en points
"S" allant de 1 à 9.
L'échelle des points S a été définie dans les années 1940 et confirmé lors d'une réunion IARU :
pour les récepteurs décamétriques S9 correspond à une f.é.m. de 100 µV, donc en cas d'adaptation, on
Une variation de un point S correspond à 6 dB. Au-delà de S9, on utilise des pas de 10 dB
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S919 S9 +20 S
Décamétrique 0,2 0,4 1,6 3 6,125 12,5 25 50 500 µV
0,80
VHF/UHF 0,6125 0,125 2,5 5 50 µV
0,02 0,04 0,08 0,16 0,3
Mais en pratique l'indication du S-mètre n'est pas aussi précise. On peut bien sûr "calibrer" l'indication pour la
valeur S9. Le S-mètre doit donc être considéré comme une indication relative du niveau de réception.
Le silencieux ou squelch est essentiellement utilisé sur les récepteurs FM. En effet, en absence de signal, le
gain est maximal et la tension à la sortie du discriminateur est un bruit d'amplitude relativement élevé qui est
relativement désagréable. C'est pourquoi en absence de réception, le silencieux va bloquer la BF.
Le réglage du silencieux est généralement accessible à l'opérateur, il doit être très légèrement au dessus du
point critique.
19
Seules les correspondances pour S9 en décamétrique et en VHF doivent être retenues, le reste se retrouve facilement.
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 38/55
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4.4.2. La sélectivité
La sélectivité d'un récepteur est la faculté de pouvoir séparer le signal souhaité des autres signaux. La
sélectivité est essentiellement déterminée par le filtres FI et elle est souvent donnée par les points à – 6 dB et à
– 60 dB.
en SSB avec un filtre 2,4 kHz, la bande passante à -6 dB est de 2,2 kHz, la BP à -60 dB est de 4,2 kHz
en CW avec un filtre 500 Hz, la bande passante à -6 dB est de 500 Hz, la BP à -60 dB est de 1,8 kHz
en FM avec un filtre 12 kHz, la bande passante à -6 dB est de 12 kHz, la BP à -40 dB est de 28 kHz
4.4.3. La sensibilité
La sensibilité d'un récepteur est la faculté de pouvoir recevoir des signaux très faibles. La sensibilité dépend
essentiellement des étages d'entrées du récepteur.
la sensibilité d'un récepteur décamétrique (1,8 à 30 MHz) est de l'ordre de 0,25 µV pour un rapport S/B
de 10 dB et pour les modes SSB et CW
la sensibilité d'un récepteur VHF/UHF pour la NBFM est de l'ordre de 0,16 µV pour un rapport S/B de 12
dB20
4.4.4. La désensibilisation
L'un des problèmes les plus difficiles à résoudre avec les stations relais est la désensibilisation du récepteur.
La désensibilisation est due à la présence d'un émetteur proche. Le signal de cet émetteur atteint alors le
récepteur avec un niveau tellement important que le récepteur devient moins sensible et ne reçoit plus les
signaux qu'il devrait théoriquement pouvoir recevoir.
Il est donc important de construire un récepteur avec une très grande plage dynamique.
Dans le cas d'un relais, l'émetteur qui cause la désensibilisation n'est rien d'autre que l'émetteur du relais lui-
même. La règle fondamentale pour éviter la désensibilisation est l'isolation. Parmi les mesures à prendre, il faut
blinder correctement l'émetteur et le récepteur
séparer physiquement l'émetteur du récepteur
blinder correctement l'émetteur et le récepteur
On doit aussi faire les connexions avec du câble blindé de bonne qualité et si nécessaire utiliser du câble à
double tresse ou du câble semi-rigide.
Pour diminuer le niveau du signal perturbateur, on peut aussi séparer les antennes d'émission et de réception.
Mais souvent on désire utiliser le même antenne. On utilise à ce moment la des cavités montés dans un
ensemble appelé duplexeur. Le duplexeur agit comme un filtre passe bande sur la fréquence à recevoir et
atténue la fréquence de l'émetteur. La réjection peut facilement être de l'ordre de 80 dB.
Si la désensibilisation provient d'un émetteur puissant mais qui se trouve assez loin hors de la bande
radioamateur, alors il est possible d'utiliser des filtres passe -haut et passe bas classiques, ou éventuellement
20
Remarquons que l'on exige d'un réception FM un meilleur rapport S/B que pour une réception CW ou SSB.
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 39/55
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des filtres hélicoïdaux.
4.4.5. La stabilité
La stabilité d'un récepteur est la faculté de pouvoir rester accordé sur la fréquence désirée.
Dans un récepteur superhétérodyne, la stabilité est essentiellement liée à la stabilité des oscillateurs locaux
et du VFO. La stabilité est exprimée en partie par million (ppm). Si un récepteur est accordé sur 14 MHz, une
stabilité de 10 ppm signifie une stabilité de 140 Hz. La stabilité dépend des coefficients de température des
quartzs ou, des selfs et des capacités dans la cas d'un oscillateur LC. Il est donc nécessaire de spécifier la
plage de températures.
Pour un récepteur décamétrique, la stabilité est de l'ordre de 10 ppm. Toutefois, si on équipe le récepteur d'un
oscillateur de référence à haute stabilité, on peut obtenir une stabilité de 0,5 ppm.
Pour caractériser la fréquence image, on donne parfois la réjection de la fréquence image qui représente le
rapport entre le niveau de la fréquence utile à celui de la fréquence image en un point donné du récepteur (par
exemple en FI, juste avant le démodulateur).
Dans tout conducteur, les électrons sont animés d'un mouvement désordonné. Dés lors il apparaît aux bornes
d'une résistance une différence de potentiel de valeur aléatoire. Comme cette d.d.p. est indépendante de la
fréquence, on dit que ce bruit est "blanc" par analogie avec la lumière blanche dont l'énergie est aussi
indépendante de la fréquence. La puissance de bruit est donnée par la formule de Nyquist (appelée formule de
Johnson d'après d'autres sources)
Remarques:
le bruit n'est pas seulement généré par les résistances (composant discret) mais aussi par les
résistances de connexions, les résistances de surface des circuits résonnants, par les tubes
électroniques, par les semi-conducteurs
la bande passante d'un système n'a pas de limite très nette, c'est pourquoi on définit la bande passante
équivalente où le bruit serait identique. Dans la pratique toutefois la bande équivalente est proche de la
bande passante à -3 dB
à 0°K (donc à –273°C) plus aucune résistance ne générerait du bruit ! C'est pourquoi des préamplis à
très faible bruit utilisé pour des applications spéciales (recherche spatiale, etc …) travaillent à
température TRÈS basse (quelques 10°K)
Si on calcule cette puissance de bruit dans une bande passante de 1 Hz, on trouve
P = 1,38 10-23 x 290 = 4,002 10-21 W / Hz soit -203,98 dBW/Hz soit -173,97 dBm/Hz soit -174 dBm/Hz
Pour une bande passante déterminée, il suffit alors d'ajouter 10 log(B) où B est la bande passante en Hz, ainsi
Ceci explique pourquoi on peut plus facilement trouver des petits signaux en CW que dans les autres modes de
modulation. Ceci explique pourquoi on a intérêt à utiliser un filtre étroit en CW plutôt que de conserver le filtre
SSB.
21
Le bruit dans les récepteurs et les phénomènes d'intermodulation sont les deux problèmes fondamentaux des récepteurs. C'est la raison
pour laquelle nous avons séparé ces 2 chapitres par rapport au programme HAREC.
22
On considère généralement que la température ambiante est de 17°C, ce qui permet d'arrondir et d'obtenir T 0 = 290°C
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 41/55
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Le facteur de bruit d'un amplificateur, noté F, est une mesure de la détérioration du rapport (S/B) optimum à
l'entrée par suite des bruits engendrés dans le circuit amplificateur donc
Lorsqu'on raccorde un récepteur à une antenne extérieure, elle capte du bruit. Ce bruit trouve son origine dans
à l'atmosphère
au bruit occasionné par l'homme : allumage des autos, appareils électrodomestiques, etc ...
On peut trouver une courbe donnant la valeur moyenne typique de ce bruit dans différentes circonstances.
en dB au dessus de kTo
60
50
40
été (de 20 à 24h)
hiver (de 8 à 12 h)
30
20
à la campagne en ville
dans l'espace
10
atmosphère
On constate que :
au dessus de 100 MHz, le bruit est essentiellement limité par le bruit du récepteur
qu'en dessous de 30 MHz le bruit atmosphérique est relativement prépondérant.
On remarque aussi, qu'il vaut mieux avoir une station à la campagne qu'en pleine ville
Exemple: En supposant que l'on utilise la SSB, déterminer le bruit maximum en 145 MHz ?
en ville : k T0 + 34,31 dB + 35 dB = - 174 + 34,31 + 35 = -104,69 dBm
à la campagne : k T0 + 34,31 dB + 20 dB = - 174 + 34,31 + 20 = -119,69 dBm
On gagne donc 15 dB en allant vivre à la campagne !
Exemple : En supposant que l'on utilise la SSB, déterminer le bruit maximum sur 20 m en CW ?
en été : k T0 + 23,98 dB + 35 dB = - 174 + 23,98 + 35 = -115 dBm
en hiver : k T0 + 23,98 dB + 32 dB = - 174 + 23,98 + 32 = -118 dBm
Le seuil de sensibilité d'un récepteur est la plus faible tension d'entrée nécessaire pour obtenir un rapport de la
puissance nécessaire à l'entrée (Pe), à la puissance de bruit (Pb) égal à 1.
Ub
mais un tel récepteur idéal n'existe pas, il possède un facteur de bruit F, donc il faudra une tension supérieure
Ub seuil =
Le facteur de bruit (exprimé en dB) se retrouve ici directement dans la sensibilité exprimée en dBµV ou en dBm
… il fallait s'y attendre !
significatif.
FM m = 10
Mais l'utilisateur veut un certain "confort" d'écoute, il
souhaite donc un certain rapport S/B à la fin de la
chaîne et par conséquent il est plus intéressant de FM m = 5
donner la tension d'entrée pour obtenir un rapport 100
S/B donné.
FM m = 1
Dans la plupart de cas, on donne cependant le
rapport S/B mesuré au niveau de l'ampli AF. Pour la
SSB et pour l' AM, si S/B > 2 dB, alors on peut dire AM et SSB
que le rapport (S/B)AF est pratiquement égal au 10
rapport (S/B)RF. Pour les autres modes on peut se
rapporter à la courbe ci-contre pour obtenir le
rapport entre le (S/B)AF et le rapport (S/B)RF
1
SSB
AM
0,3
0,3 1 10 100 (S/B)
RF
Reprenons notre exemple :
Le facteur de bruit (exprimé en dB) se retrouve ici directement dans la sensibilité exprimée en dBµV ou en dBm
… il fallait s'y attendre !
Exemple:
t = 17°C , Z = 50 , modulation NBFM avec une déviation de 4 kHz, une f MOD = 1,75 kHz, la bande passante RF
est de 12 kHz, le F = 3 dB (2x) , Quelle est la sensibilité pour un rapport S/B de 12 dB (16 x) ?
M = 4 / 1,75 = 2,3
Remarques :
il faut savoir que le rapport S/B des amplis audio ne dépasse jamais 100 dB, et que les courbes ont été
tracées au-delà de cette valeur.
en FM, la courbe présente deux pentes
Une représentation intéressante consiste en une échelle verticale où le bruit de fond serait tout en bas (le
"noise floor" comme disent les anglais) et où le signal fort serait en haut. A partir des exemples ci-dessus nous
pouvons donc faire la représentation ci-dessous :
dBµV dBm
0
+100
Smètre
+60
-50
+40
+50
+20
S9 -93
-100
0
La température de bruit d'un amplificateur est la température à laquelle il faudrait porter une résistance (égale à
la résistance d'entrée) pour produire la même puissance de bruit.
pe + pi pi G k Ti B Ti
F= = 1+ = 1+ = 1+
pe pe G k Te B Te
Donc
Ti = (F - 1) T0
Application: La figure de bruit d'un préampli est de 0,8 dB. Calculez la température de bruit ?
Partons de f = 10 (NF/10) = 10 (0,8/10) = 100,08 = 1,202264 , et comme f = 1 + Ti / 290 , Ti = (f - 1) 290 = (1,202264 -1
) 290 = 58,6 ° K
Le rapport signal/bruit est un paramètre que l'on peut mesurer au niveau du haut-parleur c.-à-d. à la sortie du
récepteur. On peut mesurer la tension produite par le bruit, puis le signal utile et en déduire le S/B.
F2 F3 F4 Fn
Ft = F1 + + + + …. + avec G = Gain
G1 G 1 G2 G 1 G2 G3 n=1n-1 Gn
Ceci montre que l'influence du facteur de bruit du premier étage est primordiale.
Jusqu'à présent nous avons parlé d'étage d'amplification, mais il nous manque un élément de première
importance pour évaluer une installation, ce sont les lignes de transmissions (coaxial, bifilaires...).
Une ligne est en principe caractérisée du point de vue qui nous intéresse par la perte qu'elle introduit. Mais,
comme pour un étage d'amplification, il nous faut connaître son facteur de bruit. Nous admettrons que celui-ci
est égal à l'atténuation engendrée par le câble.
Par exemple, une ligne dont la perte est de 3 dB aura un facteur de bruit de 3 dB.
Ainsi une ligne ayant une perte de 3 dB, sera considérée comme un étage ayant un gain de -3 dB et un facteur
de bruit de 3 dB.
4.5.10.1. : Soit un récepteur qui comporte un ampli RF, un mélangeur actif (donc avec un composant actif), et
un amplificateur FI
Récepteur
F = 3 dB F = 10 dB F = 8 dB
G = 10 dB G = 6 dB G = 60 dB
Oscillateur
local
1. Ampli RF F1 = 3 dB (2 x) G1 = 10 dB (10x)
2. Mixer F2 = 10 dB (10 x) G2 = 6 dB (4 x)
3. Ampli FI F3 = 8 dB (6,3 x) G3 = 60 dB (x 106)
4. reste du récepteur F4 est négligeable
Le facteur de bruit total est donc (légèrement) supérieur au facteur de bruit du premier étage.
4.5.10.2. : On fait précéder ce récepteur par un câble avec une perte de 3 dB (35 m de câble RG213 à 145 MHz
par exemple) :
Récepteur
f = 145 MHz
F = 3 dB F = 10 dB
G = 10 dB G = 6 dB
ampli ampli
mélangeur
RF FI
35 m de RG213
F = 3 dB
G = -3 dB
Oscillateur
local
1. Câble F1 = 3 dB (2 x) G1 = - 3 dB ( 0,5 x)
2. Ampli RF F2 = 3 dB (2 x) G2 = 10 dB (10x)
3. mixer F3 = 10 dB (10 x) G3 = 6 dB (4 x)
4. ampli FI F4 = 8 dB (6,3 x) G4 = 60 dB ( 106 x)
5. reste du récepteur F5 est négligeable
4.5.10.3. : On a souvent entendu dire que pour éviter l'intermodulation (voir paragraphe consacré à ce sujet) il
valait ne pas utiliser d'amplificateur d'entrée et qu'il valait mieux utiliser un mélangeur en anneau ("balanced ring
mixer"). Refaisons le calcul :
Récepteur
F = 6 dB F = 8 dB
G = -7 dB G = 60 dB
mélangeur ampli
FI
Oscillateur
local
6,3 -1
Ft = 4 + = 4 + 26,5 = 30,5 soit 14,8 dB
0,2
Cette configuration est peut être excellente pour avoir peu d'intermodulation, mais la facteur de bruit est assez
décevant.
4.5.10.4. : On fait précéder la 1ere configuration par un préampli, puis un câble avec une perte de 3 dB (35 m de
câble RG213 à 145 MHz par exemple) :
Récepteur
f = 145 MHz
préampli
F = 3 dB F = 10 dB
G = 10 dB G = 6 dB
F = 0,8 dB
G = 20 dB
ampli mélangeur ampli
RF FI
35 m de RG213
F = 3 dB
G = -3 dB
Oscillateur
local
2-1 2 -1 10 - 1
Ft = 1,2 + + + + … = 1,2 + 0,01 + 0,2 + 0,18 + … = 1,59 soit 2,01 dB
100 0,5 x 10 0,5 x 4 x 10
1
0,1 1 GHz
Habituellement en 2 m, et plus particulièrement en SSB, les radioamateurs essaient d'avoir des récepteurs avec
le plus petit facteur de bruit possible. Pour un relais on pourrait avoir tendance à essayer de faire un relais qui
puisse faire du "DX". Mais comme les problèmes d'intermodulation sont plus important, il vaut mieux se
contenter d'un facteur de bruit "moyen" et de soigner l'intermodulation.
Ceux qui font du DX dans les bandes basses (40, 80 et 160 m) savent très bien ce que "intermodulation" veut
dire, mais toutefois, il est intéressant de s’arrêter ici quelques instant et de reprendre cette partie de la théorie
qui est souvent mal assimilée.
4.6.2. La théorie
La distorsion d’intermodulation ("intermodulation distortion" ou IMD) apparaît quand un élément non linéaire
(ampli, mélangeur, etc.) est attaqué simultanément par deux signaux. Or dans un récepteur le mélangeur est a
fortiori un élément non linéaire sinon il n'y aurait pas de mélange !
i = a u + b u² + c u³ + … x un
u = (A sin 1 t) + (B sin 2 t)
La première ligne représente la partie linéaire, la deuxième la partie quadratique, la troisième la partie cubique
etc.
D'une façon générale, on peut dire que les produits de mélange sont de la forme (p 1 q 2). On appelle (p +
q), l'ordre du produit de mélange. C'est ainsi que l'on trouve des termes en
23
C'est, avec le bruit, le deuxième problème fondamental dans un récepteur.
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 52/55
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Au laboratoire de l'ARRL, par exemple, on fait les mesures avec deux signaux espacés de 20 kHz, on pourrait
par exemple utiliser 145,000 et 145,020 MHz, nous aurons
145 , 145,02 , 290 , 290,04 , 435 , 435,06 , etc … les fréquences fondamentales et les harmoniques,
290,020 et 0,020 … les produits de mélange du 2 ième ordre,
144,980 , 435.020 , 145,040 , 435,040 … les produits de mélange du 3 ième ordre,
289,98 , 580,02 , 580,04 , 0,04 , 290,06 , 589,06 … les produits de mélange du 4 ième ordre,
et ainsi de suite.
On constate que les produits d'ordre pair sont très éloignés des fréquences centrales qui nous intéressent
(145,000 et 145,020), tandis que ceux d'ordre impair sont distribués symétriquement autour des deux
fréquences. De plus parmi les produits d'intermodulation du 3 ième ordre, certains sont très près des fréquences
qui nous intéressent : 144,980 et 145,040 MHz.
Pratiquement donc :
FIGURE 2.
L'analyse spectrale montre que l'amplitude diminue rapidement avec l'ordre des produits et on ne considérera
que l'IMD du 3 ième ordre.
Si nous traçons PFI = f (Pentrée), le signal évolue selon une loi PFI = k' Pentrée où k' représente le facteur
d'amplification de l'étage d'entrée, du mélangeur et de l'ampli FI. Tandis que la puissance d'intermodulation
mesurée au même point évolue selon une loi PFI = k" (Pentrée)³ pour les produits du 3 ième ordre. L'écart entre ces
deux courbes s'appelle l' écart d'intermodulation.
La courbe supérieure s'infléchit à un moment donné à cause de la saturation, on définit ainsi le point de
compression à 1 dB comme étant le point où il existe une différence de 1 dB entre la droite prolongée
théoriquement et la réalité.
Si on prolonge les deux droites, on peut définir un point appelé le point d'interception (ou IP) Cette valeur n'est
pas mesurable directement, il faut la lire sur le diagramme par interpolation. Plus cet IP est élevé, meilleur est le
récepteur.
Le point d'interception peut-être donné en faisant référence à l'entrée (c-à-d à l'entrée du récepteur ou à l'entrée
d'un mélangeur), mais dans certains cas il est donné en faisant référence à la sortie (à la sortie de l'ampli FI, ou
à la sortie d'un mélangeur). Ces deux nombres ne sont évidemment pas égaux, la différence représente le gain
(soit le gain du récepteur entre l'entrée RF et la sortie FI, soit le gain du mélangeur). Il faut donc être prudent en
comparant les points d'interception. Dans le cas qui nous intéresse plus particulièrement, c'est le point
d'interception qui fait référence à l'entrée qui est le plus significatif…
Lorsque les signaux à l'entrée atteignent le niveau de ce point d'interception, les produits de mélange du 3 ième
ordre sont au même niveau que le signal utile il ne sera plus possible de démoduler (dans notre cas démoduler
en FM) le signal. Il faut donc convenir d'une marge en dessous du point d'interception où la démodulation est
encore possible. Dans le cas de la NBFM, cette marge est de l'ordre de 20 dB. Donc si le point d'interception est
à +30 dBm, il faut que le signal ne dépasse pas +10 dBm pour que le démodulateur puisse fonctionner
correctement.
Il en résulte un autre paramètre : la plage dynamique relative aux produits d'intermodulation du 3 ième ordre (en
anglais c'est plus simple : "two-tone, Third order IMD dynamic range"), qui est l'écart entre le seuil de bruit et le
niveau maximum utilisable (donc 20 dB en dessous du point d'interception).
Le montage est donné à la figure 2 Il faut utiliser un mélangeur hybride qui ne produise pas d' IMD et des
câbles avec un excellent blindage (fuites < 90 dB).
Que vaut le point d'interception en pratique ? Pour les transceivers commerciaux, l'ARRL a fait une série de
tests (voir les "Product Review" du QST) qui reprend la sensibilité et la plage dynamique en FM. Pour connaître
le point d'interception, l'ARRL utilise une méthode simplifiée : il suffit de multiplier la plage dynamique
d'interception par 1,5 et d'ajouter le SINAD à 12 dB exprimé en dBm.
Ces résultats ne sont pas très brillants. En effet, la firme allemande Braun fabrique un module mélangeur à
haut point d'interception qui atteint IP=+27 dBm ! Ce module est donc 40 dB meilleur que les transceivers
commerciaux ! Mais pour atteindre un tel résultat il faut un oscillateur local avec un très haut niveau. En général,
le niveau de l'oscillateur local est de + 17 dBm (voire + 23 dBm), ce qui est une puissance considérable pour un
mélangeur de réception, en effet cet oscillateur local fournit 200 mW c.-à-d. presque autant de puissance que le
driver de l'émetteur ! Le problème avec un oscillateur local si puissant, est qu'il "repasse" par le mélangeur et est
émis par l'antenne or nous devons veiller que les spurious soient inférieure à –57 dBm.
Comme point de comparaison, en HF, sur des transceivers "haut de gamme", on arrive à des valeurs d' IP de
+10 à + 16 dBm, et à des plages dynamiques de 85 à 100 dB .
Variante : La firme Siliconix fabrique des mélangeurs équilibrés avec des transistors FET, ce qui réduit
considérablement le niveau de l'oscillateur local.
Annexe
Commutateur RF:
T2
D1-D4 : 1N7511 RF out A
Il est parfois nécessaire de commuter entre 2 ou HP5082-2800 D1
sources RF. Le circuit ci-contre représente un tel
commutateur. Pour les transfos, on peut utiliser des
RF in T1
T4-1. La commutation nécessite une tension de -2
V pour rendre les diodes D1 et D2 conductrices D2
(sortie A active) ou une tension de +2 V pour rendre
les diodes D3 et D4 conductrices (sortie B active).
D3 T3
RF out B
On peut ainsi réaliser un commutateur jusqu'à 250
MHz, avec une perte d'insertion de l'ordre de 0,8 dB
et une isolation de l'ordre de 35 dB. 100
D4
commande
-2/+2V
CHAPITRE 4 Vilnius
4. RECEPTEURS 200424
4.1 Types
- Récepteur superhétérodyne simple et double
4.3 Rôle et fonctionnement des étages suivants (Aspect schéma synoptique uniquement)
- Amplificateur HF
- Oscillateur [fixe et variable]
- Mélangeur
- Amplificateur de fréquence intermédiaire
- Limiteur
- Détecteur
- Oscillateur de battement
- Calibrateur à quartz
- Amplificateur BF
- Contrôle automatique de gain
- S-mètre
- Silencieux [squelch]
24
Cette colonne indique la nouvelle matière ajoutée ou supprimée lors de la réunion CEPT de 2004.
Chapitre 4 : Les récepteurs – page 55/55
ã Pierre Cornelis, ON7PC