Individualisation de La Rémunération .
Individualisation de La Rémunération .
de la rémunération et satisfaction au
travail
Laïla BENRAISS-NOAILLES
Mai 2011
1
à
Iwan et Ilian
2
3
Table des matières
INTRODUCTION________________________________________ 13
PREMIERE PARTIE
CADRE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE______________ 19
CHAPITRE PREMIER
LA SATISFACTION AU TRAVAIL_________________________ 20
§.I. La satisfaction au travail : un concept à délimiter____________ 20
I. Satisfaction au travail et climat organisationnel_______________ 21
II. Satisfaction au travail et moral_________________________ 27
III. Satisfaction au travail et motivation_______________________ 28
§. II. Fondements théoriques de la satisfaction au travail__________ 32
I. Théories des besoins mobiles et valeurs_____________________ 35
I. 1. Théories des besoins_____________________________ 35
1. Théorie des besoins de Maslow________________ 36
2. Théorie ERG d’Alderfer______________________ 42
I. 2. Théories des besoins, valeurs et mobiles et description
des emplois____________________________________________ 46
1. Théorie bi-factorielle de Herzberg_______________ 46
2. Théorie de la motivation intrinsèque ____________ 51
II. Notion de valence et théories des attentes ___________________ 56
III. Théories de la fixation des objectifs ______________________ 60
4
§. III. Définition de la satisfaction au travail _________________ 62
En bref________________________________________________ 67
CHAPITRE II
CLASSIFICATION DES ELEMENTS DE LA REMUNERATION 68
§. I. Exemples de classification ___________________________ 68
§. II. Classification des éléments de la rémunération retenue_____ 75
§. III. Pertinence de la classification retenue _________________ 79
En bref ________________________________________________ 80
CHAPITRE III
LA SATISFACTION A L’EGARD DE LA REMUNERATION___ 81
§. I. Déterminants de la satisfaction à l’égard de la rémunération_ 83
I. Le modèle de Lawler (1971) ______________________________ 83
II. Le modèle de Dyer et Thériault (1976) _____________________ 87
III. Le modèle de Heneman et Schwab (1985) _________________ 94
IV. Le modèle de Miceli et Lane (1991) _____________________ 96
V. Le modèle de Roussel (1994) ____________________________ 97
§. II. Proposition d’une définition de la satisfaction à l’égard de la
rémunération _________________________________________ 103
I. Satisfaction à l’égard de la rémunération et sentiment d’équité :
deux concepts équivalents ? _______________________________ 103
II. Test d’équivalence des deux construits____________________ 106
II. 1. Procédure____________________________________ 107
II. 2. Méthode et résultats____________________________ 107
III. Définition de la satisfaction à l’égard de la rémunération______ 113
5
§. III. Proposition d’une nouvelle dimensionnalité de la satisfaction 114
à l’égard de la rémunération ________________________________
§.IV. Synthèse des travaux sur la satisfaction à l’égard de la
rémunération_________________________________________ 116
En bref ________________________________________________ 118
CHAPITRE IV
L’EQUITE SALARIALE _________________________________ 119
§. I. Définition et principes de la théorie de l’équité ____________ 121
§. II. L’équité dans la théorie économique _____________________ 129
I. Opposition sciences économiques / sciences de gestion _________ 129
II. Le marché : identificateur de l’équité ______________________ 130
III. L’équité dans le modèle d’Akerlof et Yellen_________________ 131
§. III. Processus de comparaison __________________________ 134
I. Objet de la comparaison ________________________________ 136
II. Points de comparaison__________________________________ 138
§. IV. Définition et dimensions de l’équité salariale ____________ 148
§. V. Synthèse des principales études et recherches sur l’équité___ 152
En bref ________________________________________________ 156
CHAPITRE V
MODELE ET HYPOTHESES DE RECHERCHE ______________ 157
§.I. Hypothèses descriptives _____________________________ 158
I. La satisfaction au travail_______________________________ 158
II. La satisfaction à l'égard de la rémunération________________ 159
III. L'équité salariale ____________________________________ 160
§. II. Hypothèses explicatives ______________________________ 162
6
DEUXIEME PARTIE
ETUDE EMPIRIQUE____________________________________ 165
CHAPITRE VI
CONSTRUCTION DES ECHELLES DE MESURE ____________ 168
§. I. Echelle de mesure de la satisfaction au travail ____________ 176
I. Définition opérationnelle de la satisfaction au travail__________ 176
II. Instruments de mesure de la satisfaction au travail____________ 181
III. Echelle de mesure de la satisfaction au travail retenue________ 185
§. Il. Echelle de mesure de la satisfaction à l'égard de la
rémunération ___________________________________________ 188
I. Pay satisfaction Questionnaire (PSQ) _____________________ 188
II. Le questionnaire de Roussel (1994) _______________________ 190
III. Echelle retenue pour la mesure de la satisfaction à l'égard de la
rémunération____________________________________________ 194
§. III. Le sentiment d'équité salariale_________________________ 198
I. Mode de recueil______________________________________ 201
II. Présentation du terrain_________________________________ 205
III. Analyse des entretiens__________________________________ 206
IV. Résultats et discussion__________________________________ 210
V. Elaboration du questionnaire_____________________________ 214
En bref________________________________________________ 218
CHAPITRE VII
ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE___ 219
§. I. Méthodologie de l'étude exploratoire ___________________ 220
I. Echantillon de l'étude exploratoire________________________ 220
7
II. Méthodologie de l'étude exploratoire______________________ 221
II. 1. Analyse factorielle exploratoire____________________ 222
II. 2. La fidélité des mesures__________________________ 226
§. II. Etude exploratoire de l'échelle de mesure de la satisfaction au
travail________________________________________________ 229
I. Dimensionnalité de l'échelle______________________________ 229
II. Cohérence interne____________________________________ 236
§. III. Etude exploratoire de l'échelle de mesure de la satisfaction à
l'égard de la rémunération _________________________________ 240
I. Analyse factorielle____________________________________ 240
II. Cohérence interne____________________________________ 246
§. IV. Etude exploratoire de l'échelle de mesure du sentiment
d'équité salariale _________________________________________ 248
I. Dimensionnalité de l'échelle _____________________________ 248
II. Validité interne_______________________________________ 256
En bref ________________________________________________ 257
CHAPITRE VIII
VALIDATION ET CONFIRMATION DES ECHELLES DE
MESURE ______________________________________________ 258
§. I. Equations structurelles, définition et conditions d'utilisation__ 259
I. De l'analyse exploratoire à l'analyse confirmatoire__________ 259
I. 1. Méthodologie de l'analyse confirmatoire____________ 260
I. [Link] caractéristiques distinctives des modèles d'équations
structurelles____________________________________ 261
I. 3. Les principales approches________________________ 262
I. 4. Conditions d’utilisation__________________________ 263
8
II. Les mesures de qualité d'ajustement______________________ 264
II. 1. Les mesures basées sur la fonction d'ajustement______ 265
II.1.1. Le Khi 2 (c²)____________________________ 265
II.1.2. Les autres mesures absolues de qualité
d'ajustement _____________________________________ 266
II. 2. Les indices relatifs de comparaison________________ 268
II. 3. Les mesures issues de la théorie de l'information_____ 270
§. Il. Validation des échelles de mesure ______________________ 272
I. Echelle de mesure de la satisfaction au travail ______________ 273
I. 1. Première dimension : intérêt au travail______________ 273
I. 2. Deuxième dimension : relations supérieurs/collègues___ 274
I. 3. Troisième dimension : environnement global du travail_ 274
I. 4. Modèle global de la satisfaction au travail___________ 275
II. Echelle de mesure de la satisfaction à l'égard de la
rémunération____________________________________________ 279
II. I. Première dimension : satisfaction à l'égard de la
rémunération fixe __________________________________ 279
II 2. Deuxième dimension : satisfaction à l'égard de la
rémunération variable_______________________________ 280
II. 3. Troisième dimension : satisfaction à l'égard du niveau
des avantages divers_________________________________ 281
II 4. Quatrième dimension : satisfaction à l'égard du mode
de gestion de la rémunération ________________________ 282
II. 5. Modèle global de la satisfaction à l'égard de la
rémunération ________________________________________ 283
III. Echelle de mesure de l'équité salariale __________________ 287
III.1. Première dimension : quantité de travail, qualifications
9
et performances___________________________________ 287
III. 2. Deuxième dimension : référent physique___________ 288
III. 3. Troisième dimension : ancienneté________________ 289
III. 4. Quatrième dimension : Niveau hiérarchique________ 290
III.5. Modèle global de l'équité salariale________________ 291
En bref ______________________________________________ 297
CHAPITRE IX
ANALYSE DES RELATIONS ENTRE LES VARIABLES ______ 298
§. I. Collecte des données _________________________________ 299
I. Procédure de collecte des données________________________ 299
I. 1. Enquêtes par Internet : avantages et inconvénients ____ 299
I. 2. Méthodes d'enquête par Internet __________________ 302
I. 2. 1. Enquête par simple e-mail_________________ 302
I. 2. 2. Enquête par e-mail avec adresse URL________ 303
I. 2. 3. Enquête par e-mail avec fichier attaché ______ 304
II. Structure du questionnaire _____________________________ 305
II. 1. E-mail de présentation ______________________________ 305
II. 2. La forme du questionnaire ______________________ 305
II. 3. Taux de réponse ______________________________ 306
II. 4. Transfert des données sur le logiciel SPSS ____________ 309
§.II. Analyse de l'échantillon _____________________________ 310
I. Les caractéristiques des cadres en France __________________ 310
I. 1. Effectif ______________________________________ 310
I. 2. Age ________________________________________ 311
I. 3. Niveau de formation ___________________________ 312
I.4. Secteur d'activité ______________________________ 313
10
I.5. Equipement des cadres en micro-informatique et accès à
Internet ______________________________________________ 315
II. Les caractéristiques de l'échantillon______________________ 318
II.1. Âge ________________________________________ 318
II.2. Niveau de formation ____________________________ 319
II.3. Ancienneté ____________________________________ 320
II.4. Secteur d'activité _______________________________ 321
II.5. Autres caractéristiques __________________________ 322
§. III. Test d'hypothèses _________________________________ 324
I. Qualité globale d'ajustement du modèle ___________________ 324
II. Résultats et discussion ________________________________ 328
II. I. Hypothèses descriptives ______________________________ 328
II.2. Hypothèses explicatives ______________________________ 333
En bref ______________________________________________ 341
CONCLUSION__________________________________________ 342
I. Contributions de la recherche ___________________________ 343
II. Limites de la recherche ________________________________ 346
III. Voies de recherche ___________________________________ 347
11
12
13
INTRODUCTION
8
C. J. Mottaz (1985), The relative importance of intrinsic rewards as determinants of work
satisfaction, Sociological Quarterly, 26 (3). pp. 365 – 385.
9
R. Flanagan ; G. Strauss et L. Ulman (1974), Worker discontent and work place behavior,
Industrial Relations, 3. pp. 101 – 123.
14
plus globalement sur une vision pessimiste ou optimiste à l’égard de sa
propre vie »10.
Dés lors, toute une série d’études surtout en psychologie du travail, s’est
attachée à analyser cette notion sous un angle de variable indépendante.
Certaines recherches s’attachent uniquement à la satisfaction globale,
tandis que d’autres s’attachent à détecter des dimensions particulières. Les
premières s’intéressent à un état affectif général et les secondes, plus
empiriques, tentent de faire apparaitre les contributions de diverses sources
de satisfaction pour un individu donné ou une fonction donnée. Les
différentes sources de satisfaction étudiées sont variables : le salaire ou les
avantages sociaux, les collègues ou les hiérarchiques, l’organisation ou la
nature du travail effectué, les opportunités de promotion, etc.
10
R. Francès (1986), la satisfaction au travail, panorama de la question, Revue de Psychologie
Appliquée, 4ème trimestre, vol. 4. page 493.
11
B. Gustavsen (1980), From satisfaction to collective action: trends in the development of
research and reform in working life, Economic and Industrial Democracy, 1, pp. 147-170.
15
Selon Spector (1997)12, l’approche de la satisfaction par les dimensions
donne une idée plus précise qu’une approche globale, un employé pouvant
avoir des sentiments distincts sur les différents aspects de son travail.
Par ailleurs, certaines recherches reprises par Loke (1976), utilisent
l’analyse factorielle pour déterminer la structure de la satisfaction. Elles
aboutissent à quatre facteurs : les récompenses, les autres personnes, la
nature du travail et le contexte organisationnel.
12
P. E. Spector, (1997), Job Satisfaction,Thousand Oaks, CA: Sage
16
recherche sur le thème de la satisfaction. Ce domaine n’est-il pas arrivé à
saturation ? Quel pourrait être l’apport d’une nouvelle recherche sur la
satisfaction au travail et la satisfaction à l’égard de la rémunération alors
qu’elles ont fait l’objet d’études comparables ?
Nous avons été interpellés par le rôle de l’équité comme déterminant de la
satisfaction au travail. L’effet direct que cette variable peut exercer sur la
satisfaction au travail n’a pas été, jusque là, clairement traité. Seul son effet
sur la satisfaction à l’égard de la rémunération a été pris en compte
(Lawler, 1971 et 1973 ; Heneman et Schwab, 1985 ; Miceli et Lane, 1991 ;
Roussel, 1994). De plus, le concept d’équité n’a toujours pas fait l’objet de
mesure indépendamment de la satisfaction à l’égard de la rémunération et
inversement. Certains auteurs considèrent même ces deux variables comme
étant équivalentes (Miceli et Lane, 1991).
La satisfaction à l’égard de la rémunération et l’équité salariale sont, en
effet, difficiles à dissocier, si bien qu’une relation de cause à effet entre ces
deux variables semble évidente. Ces deux thèmes sont souvent traités de
manière indissociable, ce qui ne facilite guère leur compréhension.
Pourtant, et notre recherche le prouve, la distinction de ces deux notions
sera d’une grande utilité notamment lors de l’élaboration d’une politique de
rémunération.
19
PREMIERE PARTIE
CADRE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Dans cette première partie, nous allons définir le cadre conceptuel de notre
recherche et les différentes théories se rapportant à nos variables.
20
CHAPITRE PREMIER
LA SATISFACTION AU TRAVAIL
13
P. Roussel (1994), Mesure de l’efficacité des rémunérations sur la motivation et la
satisfaction au travail, Thèse de Doctorat en Sciences de Gestion, Université de Toulouse I.
page 24.
21
I. Satisfaction au travail et climat organisationnel
14
J. M. Fourgous et B. Iturralde (1991), Mesurer et améliorer le climat social dans l’entreprise,
Editions d’organisation.
15
R. Likert (1967), le profil des caractéristiques organisationnelles. Le questionnaire contient
51 questions et fait apparaître 8 dimensions : (1) les méthodes de commandement, (2) les
caractéristiques des forces motivationnelles, (3) les caractéristiques des processus de
communication, (4) les caractéristiques des processus d’influence, (5) les caractéristiques des
processus de prise de décision, (6) les caractéristiques des processus de planification, (7) les
caractéristiques des processus de contrôle et (8) les objectifs de rendement et de
perfectionnement.
16
G. Litwin et R. Stringer (1968), le climat de l’organisation, questionnaire mesurant la
perception des employés en fonction de 6 dimensions : (1) la structure de l’organisation ; (2) la
responsabilité individuelle ; (3) la rémunération et son équité ; (4) le risque et la prise de
décision ; (5) le support ou niveau d’entraide que les employés s’apportent ; (6) la tolérance au
conflit.
22
Pritchard et Karasick, 197317 ; Moos et Insel, 197418 ; Bowers et Taylor,
197019). Plusieurs dimensions semblent se recouper d’un modèle à l’autre,
constituant ainsi les principales caractéristiques du climat.
Il s’agit :
Ø du niveau d’autonomie individuelle ;
Ø du degré de structure et des contraintes imposées aux membres
d’une organisation par leur poste ;
Ø du type de récompense ou de rémunération que l’entreprise
fournit à ses employés ;
Ø de la considération et du support qu’un employé reçoit de ses
supérieurs.
17
Le questionnaire de Pritchard et Karasick (1973), est composé de 11 items : (1) l’autonomie ;
(2) les conflits/coopération ; (3) les relations sociales ; (4) le poids de la structure ; (5) la
rémunération ; (6) le rendement ; (7) la motivation ; (8) le statut ; (9) la flexibilité et
l’innovation ; (10) la centralisation des décisions ; (11) le support, ou comment l’entreprise
s’intéresse aux employés.
18
The Work Environnement Scale de Moos et Insel (1974), qui comprend 90 questions et
mesure le climat en fonction de 10 dimensions : (1) l’implication ; (2) la cohésion ; (3) le
support ; (4) l’autonomie ; (5) la tâche ; (6) la pression ; (7) la clarté ; (8) le contrôle ; (9)
l’innovation ; (10) le confort.
19
Survey of Organization de Bowers et Taylor (1970), qui mesure les caractéristiques globales
d’une organisation en fonction de 3 grandes variables, (1) le leadership, (2) le climat
organisationnel et (3) la satisfaction. Le climat organisationnel est mesuré par 5 dimensions : (1)
l’ouverture aux changements technologiques ; (2) l’attention portée par la direction aux
ressources humaines ; (3) la communication ; (4) la motivation ; (5) la prise de décision.
23
Dans cette approche, la satisfaction au travail fait référence de façon
explicite à l’entreprise en tant que structure et à la perception qu’en ont les
travailleurs. Dans ce cadre d’analyse, le niveau de satisfaction sera
déterminé par l’évaluation que les individus font du climat organisationnel
en fonction de leurs attentes et de leurs besoins (Locke, 1976).
Figure 1. 1.
Relations entre « la réalité », « le climat » et « la satisfaction au travail »
Structure
Politiques et
procédures
Relations
interpersonnelles
et intergroupes
Tâche et milieu
physique
Comparaison de ce Résultat de cette
Perception et que l’on «voit» avec comparaison :
description de cette ce que l’on attend, conformité ou
réalité veut ou espère divergence
Réalité objective
de
l’environnement
Source : Fourgous et Iturralde (1991).
20
page 46.
24
Gaziel (1987)21 quant à lui, distingue trois grands courants qui s’intéressent
au climat organisationnel :
q Le premier le définit comme un ensemble de caractéristiques
objectives décrivant chaque organisation. Il s’agit d’une approche à
la fois objective et descriptive. Ces caractéristiques sont présentées
comme des « coefficients se rapportant aux différents objectifs »
(Gaziel, 1987)22.
q Pour le second courant, qui se base sur les travaux de Pritchard
et al. (1973)23, c’est « un ensemble d’attributs spécifiques à chaque
organisation, attributs qui influencent les membres de l’entreprise
dans leur mode d’adaptation à l’environnement ». Le comportement
et la politique des dirigeants en sont alors les principales
composantes. Le climat organisationnel se compose ainsi de facteurs
organisationnels (spécification des rôles) ou psychologiques
(considération attribuée à autrui).
q Enfin, le dernier courant théorique, dont le principal
représentant fut Schneider (1979)24, estime que le climat
organisationnel est constitué de l’ensemble des perceptions
individuelles de l’environnement professionnel. Les variables
résultent de l’interaction entre les caractéristiques personnelles de
21
H. Gaziel (1987), Le climat psychosocial de l’école et la satisfaction que les enseignants du
second degré tirent de leur travail, Le travail Humain, vol. 50 (1), pp. 35-45.
22
Op. cit. , page 36.
23
R. D. Pritchard et B. W. Karasick (1973), The effects of organizational climate on managerial
job performance and job satisfaction, Organizational Behavior and Human Performance, 9, pp.
126 - 146.
24
H. L. Schneider (1979), Is Job Enrichment a Success or a Failure? Human Resource
Management, New York; winter, Vol. 18, Issue 4.
25
l’employé et les facteurs organisationnels qui lui servent de « modèle
informatif ». Elles sont donc d’ordre psychosocial.
Parmi les chercheurs qui ont démontré une dissemblance entre les deux
concepts, s’inscrit Johannesson (1973)25. Pour cet auteur, d’un point de vue
méthodologique, tous les items de mesure du climat organisationnel ont été
empruntés à la satisfaction au travail. De cette confusion issue de la
mesure, naît une parfaite correspondance entre les deux notions. Les
conclusions de cet auteur s’arrêtent aux méthodes appliquées pour mesurer
les deux concepts. Il ne s’est intéressé à leur conceptualisation théorique
que par voie de conséquence, ce qui donne à ses conclusions une portée
limitée.
25
R. Johannesson (1973), Some Problems in the Measurement of Organizational Climate,
Organizational Behavior and Human Performance, 10, pp. 118-144.
26
D’autres auteurs ont établi un lien entre les deux notions. Ce lien stipule
que la satisfaction au travail est une variable dépendante. En effet, pour
James et al. (1992)26, le climat organisationnel agit directement sur la
satisfaction. Cette dernière varie en fonction de la perception du climat
organisationnel. Toutefois, pour Kopel (1995)27, « la partition n’est pas si
nette car les descriptions de l’environnement de travail sont aussi
directement affectées par la satisfaction ou l’insatisfaction qu’on leur
porte ».
26
L. James et al. Validity Generalization in the Context of Situational Models, Journal of
Applied Psychology, 77 (1), pp. 3 – 14.
27
S. Kopel (1995), Contribution à la connaissance des déterminants de la satisfaction au
travail dans l’administration : l’exemple d’une direction départementale du ministère de
l’équipement, Thèse de Doctorat, Université de Toulouse I, page 10.
28
P. Hershgerger et al. (1994), Genetic and environmental influences on perception or
organizational climate, Journal of Applied Psychology, 79 (1), pp. 24 – 33.
29
R. Payne et al. (1976), Organizational structure and climate, In Dunnette : Handbook of
Individual and Organizational psychology, Rand Mc Nally, Chicago, pp. 1159 – 1162.
27
q La satisfaction représente une réponse d’ordre
affectif/émotionnel, tandis que le climat est une description faite par
l’individu de la situation dans l’organisation.
30
J. P. Neveu (1996), Démission du cadre d’entreprise – Etude sur l’intention de départ
volontaire, Ed. Economica, page 56.
28
III. Satisfaction au travail et motivation
31
S. Michel (1989), Peut-on gérer les motivations, PUF, page 132.
32
Y. Enrègle (1992), la motivation, Encyclopédie du management, T2, page 97
33
V. Vroom (1964), Work and motivation, Wiley, New York.
34
R. Francès et al. (1988), Motivation et satisfaction au travail, ed. EAP collection psychologie
et pédagogie du travail, page 16.
35
P. Jardillier (1986), Le développement humain dans l’entreprise, PUF, page 139.
36
N. Aubert et al. (1997), Management, aspects humains et organisationnels, PUF, page 190.
29
Pour Levy-Leboyer et al. (1987)37, un salarié pourrait être motivé sans pour
autant être satisfait, mais la relation inverse n’est pas validée dans la
mesure où un salarié ne pourrait être satisfait s’il n’était pas motivé par tel
ou tel aspect de son emploi.
Figure 1. 2.
Lien entre la motivation et la satisfaction au travail
Motivation Satisfaction
Quand les résultats obtenus dans le travail sont inférieurs aux attentes, un
sentiment d’insatisfaction naîtra chez l’individu. Dans le cas où ce dernier
chercherait encore à atteindre ces mêmes objectifs, la motivation subsistera.
Si, par contre, les attentes sont trop fortes et les résultats escomptés sont
nettement inférieurs, il peut y avoir une insatisfaction doublée d’une
démotivation (Bensedik, 198939). Donc, chez les individus insatisfaits, un
37
C. Levy-Leboyer et al. (1987), Traité de psychologie du travail, PUF, page 349.
38
A. Maslow (1954), Motivation and personality, Harper, NY.
39
A. Bensedik (1989), Influence des gratifiants dans la prédiction de la performance et de la
satisfaction à partir des expectations actuelles : le cas du complexe de véhicules industriels
d’Alger, Thèse de Doctorat, Université Paris X, page 361.
30
lien direct existerait entre la satisfaction et la motivation. C’est la
dynamique de la situation qui crée le lien entre motivation et satisfaction
des besoins, (Morin, 1985)40.
40
E. Morin (1985), Le management et le pouvoir, Editions d’Organisation, page 72.
41
E. A. Locke (1990), The motivation sequence, the motivation hub and the motivation care,
Organizational Behavior and Human Decision Process; 50, page 289.
31
Figure 1.3.
La séquence motivationnelle
Cœur Axe
motivationnel motivationnel
Valeurs et Objectifs et
Besoins Performance Récompenses Satisfaction
motifs intentions
Maslow : théorie McClelland : théorie Ajzen : théorie du Weiner : Adams : théorie Herzberg : théorie
de la hiérarchie du besoin comportement théorie de de l’équité ; duale
des besoins d’accomplissement planifié l’attribution Hackman et
Oldhman : théorie
Déci : théorie de Miner : théorie de la Locke et Latham : des caractéristiques
la motivation motivation du rôle théorie des du travail
intrinsèque objectifs
Vroom : théorie de Locke : théorie de la
l’attente satisfaction.
Efficacité personnelle Maslow : théorie des
et Attente besoins.
Bandura : théorie socio-
cognitive ;
Vroom : théorie de l’attente
32
§. II. Fondements théoriques de la satisfaction au travail
Comme nous l’avons précisé plus haut, les théories de la satisfaction sont
difficilement dissociables avec celles de la motivation au travail. En effet,
Campbell et al. (1970)42 ont proposé une classification des théories basée
sur la distinction entre contenu et processus de la motivation au travail.
Cette classification, largement reprise par la suite (Campbell, 197643 ;
Francès, 198644 ; Maillet, 198845 ; Rojot et al., 199546 ; etc.), a connu une
adaptation au concept de satisfaction au travail (Locke, 1976). Ce constat
est toujours d’actualité, « la satisfaction est approchée par des théories sur
la motivation", Kopel (1995).
42
J. P. Campbell et al. (1970), Managerial Behavior, Performance and Effectiveness, N. Y.
McGraw- Hill.
43
J. P. Campbell (1976), Contributions research can make in understanding organizational
effectiveness, Organization and Administrative Sciences, Spring/Summer, Vol. 7, Issues 1 et 2.
44
R. Francès (1986), La satisfaction au travail, panorama de la question, Revue de Psychologie
Appliquée, 4ème trimestre, vol. 4, pp. 491 – 508.
45
J. Maillet (1988), Psychologie et organisations. L’individu dans son milieu de travail, Ottawa,
Agences d’Arc.
46
J. Rojot et A. Bergman (1995), Comportement et Organisation, Paris, Vuibert Gestion (2ème
édition).
33
Une autre taxinomie fut proposée par Levy-Leboyer (1980)47, pour qui « on
ne peut pas parler réellement d’un ensemble de recherches concernant la
satisfaction et la motivation, mais plutôt de quatre sous-ensembles, à
développement relativement indépendant ». Il s’agit, des théories des
besoins, de la théorie bifactorielle de Herzberg, des modèles expectations–
valence de Lawler et enfin, des théories de la justice organisationnelle.
En 1990, Kanfer48 a proposé une taxinomie des théories reposant sur trois
paradigmes : celui des besoins, valeurs et mobiles, celui du choix cognitif
et enfin, celui de l’autorégulation et de la métacognition.
47
C. Levy-Leboyer (1980), Satisfaction et motivation : théories et recherches. Bulletin de
Psychologie, Tome XXXIII – N° 344.
48
R. Kanfer (1990), Motivation theory and industrial and organizational psychology, In
Dunnette, Handbook of industrial and organizational psychology, Chicago, vol. 1, pp. 75 – 170.
34
Figure 1. 4.
Théories de la satisfaction au travail
Herzberg
Hackman et
Attente Oldhman
Vroom
Locke
Maslow
Volition
35
intentions (autorégulation et métacognition). Ces courants seront
successivement présentés puis discutés.
36
1. Théorie des besoins de Maslow
Dans les années 1940, Maslow a développé la célèbre théorie des besoins
hiérarchiques qui, à l’origine, concernait le cadre global de la motivation
humaine (Maslow, 194349), avant de trouver des applications dans le cadre
spécifique de la motivation des employés et par la suite une extension à la
satisfaction au travail.
Comme nous l’avons précisé précédemment, cette théorie met en lumière
les liens qui peuvent exister entre motivation et satisfaction au travail : un
besoin satisfait n’est plus source de motivation. Autrement dit, la
motivation de tout individu est suscitée par la volonté de satisfaire des
besoins.
Maslow a constaté que tout individu éprouve de nombreux besoins, dont
l’intensité varie selon les circonstances. En fait, il suggère l’existence de
cinq besoins fondamentaux qui sont hiérarchisés.
v Besoins physiques :
Tout d’abord, les besoins physiologiques, liés à la survie de l’individu,
comme la faim et la soif.
49
A. H. Maslow (1943), The authoritarian character structure, Journal of Social Psychology, 18,
pp. 401-411.
37
de besoins tend à être négligé tant que les besoins physiologiques ne sont
pas satisfaits.
v Besoins sociaux
Les besoins d’appartenance et d’affection : efforts en vue d’être accepté,
apprécié et de faire partie d’un groupe.
Les besoins d’estime et de reconnaissance : efforts en vue d’atteindre la
considération et le respect, ainsi que la domination, la célébrité et le
prestige.
v Besoins personnels :
Besoins d’accomplissement de soi : désir de reconnaître, comprendre,
organiser et construire un système de valeurs.
50
M. Wahba et al. (1976), Maslow reconsidered : a review of research on the need hierarchy
theory, Organizational Behavior and Human Performance, 15, pp. 212-240.
38
l’accomplissement n’ont tout simplement pas le même sens d’une culture à
l’autre », Aubert et al. (1997).
Une autre critique émane du constat de Locke (1976)52, pour qui un besoin
n’est jamais définitivement satisfait. Il peut l’être momentanément et
répétitivement et ainsi reconstituer, à chaque fois, une source de
motivation. Pour ce même auteur, l’individu peut tout aussi satisfaire
plusieurs besoins à la fois et ne pas avoir à hiérarchiser ses besoins pour les
satisfaire à tour de rôle.
D’un autre côté, Thériault (1983)53 note une certaine confusion entre les
notions de besoin et de valeur. Un besoin est inné et fait référence aux
exigences objectives de survie et de bien-être d’un organisme. La notion de
valeur, quant à elle, est acquise, elle est constituée par tout ce que
51
W. Landy et al. (1987), Motivation theory reconsidered, Research in Organizational
Behavior, 9, page 30.
52
E. A. Locke (1976), The nature and the cause of job satisfaction, In Dunnette : Handbook of
Industrial and Organizational Psychology, p. 1300.
53
R. Thériault (1983), Gestion de la rémunération : politiques et pratiques efficaces et
équitables, Chicoutimi : Gaëtan Morin.
39
l’individu considère comme favorable à son bien-être (Locke, 1976). Par
conséquent, le désir de réalisation de soi est-il un besoin ou une valeur ? A
ce concept de besoin, Locke (1976) préfère celui de valeur qui en diffère,
selon lui, dans le sens où les valeurs sont conscientes, acquises, subjectives
et individualisées, alors que les besoins sont plutôt innés et objectifs.
54
J. Rojot et al. (1995), Comportement et organisation, Paris, Vuibert Gestion 2ème Ed.
55
A. Maslow (1968), Toward a Psychological of Being, (2nd ed.), Princeton, NJ, Van Nostrand.
56
A. Maslow (1970), Motivation and Personality. NY : Harper et Row Publishers (1st ed. 1954).
40
D’autre part, il y a les besoins reliés à la croissance de l’organisme, qui
incitent l’individu à se réaliser pleinement.
57
A. Maslow (1972), A causal correlational test of the need hierarchy concept, Organizational
Behavior and Human Performance, vol. 7, N° 2, pp. 265 – 287.
58
M. G. Wolf (1970), Need gratification theory : a theoretical reformulation of job satisfaction /
dissatisfaction and job motivation, Journal of Applied Psychology, vol. 54, N° 1, pp. 87 – 94.
41
Figure 1. 5.
Modèle dynamique de la satisfaction au travail
Cas simple :
Besoins Incitations
Croissance de Intrinsèques
l’organisme (contenu) Satisfaction
Préservation de Extrinsèques Insatisfaction
l’organisme (contexte)
Cas intermédiaire :
Besoins Incitations
Croissance de Intrinsèques
l’organisme (contenu) Satisfaction
Préservation de Extrinsèques Insatisfaction
l’organisme (contexte)
Cas complexe :
Besoins Incitations
Croissance de Intrinsèques
l’organisme (contenu) Satisfaction
Insatisfaction
Préservation de Extrinsèques Niveau hiérarchique
l’organisme (contexte) perméable, i.e. aspect
conditionnel de la
gratification des besoins
de préservation
Dans le «cas complexe », l’individu se situe au point milieu (point noir sur
la figure 1.5) de la hiérarchie de ses besoins, au sens où ses besoins
premiers ne sont pas gratifiés de façon permanente par les incitations
extrinsèques. Tant que l’emploi fournit une dose suffisante d’incitations
extrinsèques, le travailleur retirera de la satisfaction ou de l’insatisfaction
au travail, sur la base de la présence ou de l’absence des incitations
intrinsèques. Dans le cas où ces dernières se trouvent interrompues,
l’individu éprouve de l’insatisfaction au travail.
59
C. Alderfer (1969), An empirical test of a new theory of human needs, Behavior and Human
Performance, 4, pp. 142 – 175.
43
Besoins de sociabilité : ce sont les besoins qu’exprime l'individu,
d’entretenir des relations avec les personnes qu'il côtoie. Dans l'entreprise,
ces besoins peuvent se traduire par la volonté de s'intégrer dans une équipe
de travail, de rendre ses échanges conviviaux etc. ; ce type de besoins
correspond chez Maslow aux besoins de type supérieur d'estime de soi.
44
Son hypothèse, ainsi que sa classification, partent des quatre points
suivants :
q Moins les deux premiers groupes de besoins seront satisfaits, plus
ils seront désirés ;
q Plus le dernier groupe sera satisfait, plus ses éléments seront
désirés ;
q Plus les besoins de sociabilité et ceux d’existence seront satisfaits,
plus les besoins supérieurs, respectivement de croissance et de
sociabilité, seront désirés ;
q Moins les besoins de sociabilité et de croissance seront satisfaits,
plus les besoins inférieurs, respectivement d’existence et de
sociabilité, seront désirés.
45
Figure 1.6.
Liens entre « désirs », « besoins » et « satisfaction » selon Alderfer.
+ de désir
et = + de satisfaction
+ de satisfaction
G
E + de désir
et
R - de désir
et
+ de satisfaction
R
R
+ de désir = et
G E : Existence
R : Sociabilité
- de satisfaction G : Croissance
Cette théorie n’a pas fait l’objet d’autant de critiques que celle de Maslow.
Néanmoins, comme pour la théorie de Maslow, la seule formule sans
conteste est celle qui démontre l’impossibilité d’aboutir au résultat requis
par la théorie. Concrètement, pour Pfeffer et al. (1990)60, parvenir à
démontrer l’existence d’autres combinaisons revient finalement à ne rien
60
J. Pfeffer et al. (1990), Unions and job satisfaction, Work and Occupation, 17, (3), pp. 259-
283.
46
prouver. Puisque, face à des besoins et à des caractéristiques identiques de
la tâche, les réactions des salariés divergent.
61
F. Herzberg et al. (1959), The motivation to work, Wiley, N Y.
47
Dites-moi ce qui s’est passé », Herzberg (1971)62. C’est ainsi que la
personne faisait référence à une satisfaction ou une insatisfaction dans son
travail. Herzberg a utilisé l’analyse de contenu pour dégager les thèmes les
plus fréquemment cités dans les « bons souvenirs » et les « mauvais
souvenirs » de la vie professionnelle racontée par le sujet.
62
F. Herzberg (1971), Le travail et la nature de l’homme, The Mentor Executive Library, NY
(1966), traduction : Entreprise Moderne d’Edition, paris ; page 112.
48
Figure 1.7.
Facteurs de motivation et facteurs d’hygiène
Satisfaction
- les accomplissements ;
Quand ces
- la reconnaissance des
Facteurs de facteurs sont
accomplissements;
motivation liés présents, les
- le travail proprement dit;
au « contenu » employés sont
- la responsabilité;
de la tâche satisfaits et
- la promotion ou l'avancement;
motivés
- la possibilité de développement.
Point neutre :
Rendement
Absence d’insatisfaction et de satisfaction
neutre
- le supérieur;
Quand ces
- la politique et l'administration de
facteurs sont
l'entreprise;
convenables,
Facteurs - les conditions de travail;
les employés
d’hygiène liés - les relations avec les collègues, les
cessent de se
au « contexte » subordonnés et les supérieurs;
plaindre, le
de la tâche - le prestige;
rendement
- la sécurité de l'emploi;
atteint le point
- la rémunération;
neutre
- les facteurs de vie personnelle.
Insatisfaction
Figure 1. 8.
Modèle d’attitude de Herzberg.
Insatisfaction Non-Insatisfaction
63
Op. cit., page 80.
50
psychologiques de développement. Il associe aux premiers les facteurs
d’hygiène et aux seconds, les facteurs de motivation. En effet, un bon
niveau de satisfaction au travail ne devrait s’obtenir que par
« manipulation » des facteurs de motivation, mais uniquement après avoir
atteint un degré acceptable parmi les variables d’hygiène.
Plusieurs reproches ont été faits à cette théorie. D’un côté, la théorie bi-
factorielle n’est pas vérifiée lorsqu’on utilise une autre méthode que celle
de Herzberg, (Levy-Leboyer, 1980). De nombreux auteurs expliquent ce
décalage par les rationalisations a priori que la mémoire fait subir aux
souvenirs professionnels : on s’attribue volontiers le mérite des évènements
agréables, des succès, des promotions ; on attribue tout aussi volontiers la
responsabilité des incidents désagréables à l’entreprise, aux cadres, aux
collègues. C’est ainsi que les facteurs de « contenu » semblent être partout
plus importants, pour déterminer la satisfaction et la motivation, que les
facteurs de contexte. La technique des incidents critiques, selon Levy-
Leboyer (1980), ne sait mettre en évidence qu’un seul facteur de
satisfaction accompagné de son contraire. Il n’est donc pas étonnant
d’aboutir à ce résultat.
64
C. Levy-Leboyer (1980) ; R. Payne (1970) ; Friedlander (1963) et (1965) ; Ewen (1964) ; P.
Wernimont (1966).
51
2. Théorie de la motivation intrinsèque
65
J. R. Hackman et G. R. Oldham (1975), Development of job diagnostic survey, Journal of
Applied Psychology, 60, (2), pp. 159 – 170.
66
Ces deux auteurs ont mis au point le questionnaire JDS (Job Diagnostic Survey) de 14
énoncés. Il permet d'évaluer, d'une part, la satisfaction par rapport au besoin de développement
dans l'emploi, d'autre part, la satisfaction vis-à-vis de quatre aspects de l'emploi (le salaire, la
sécurité de l'emploi, les relations avec les collègues et les supérieurs).
67
Echelle à 7 modalités de « complètement en désaccord » à « tout à fait d'accord ».
52
à l'étude des besoins d'ordre supérieur. Mais l'explication qu'elle tente de
donner à la notion de motivation explique mieux la satisfaction au travail
que la motivation au travail. Ce sont les besoins d'autodétermination, de
contrôle et de compétence que l'individu cherche à satisfaire pour être
motivé à effectuer son travail. En effet, au cours du processus d'évaluation
de son emploi, si l'individu estime que son comportement influence
directement ses performances (concept de contrôle), qu'il a une certaine
liberté pour choisir le comportement à adopter (concept
d'autodétermination) et qu'il a le sentiment que ses compétences sont mises
à contribution, il trouvera du plaisir à réaliser son travail par la satisfaction
des besoins de contrôle, d'autodétermination et de compétence. Le contrôle
est défini comme un rapport perçu par un individu entre son comportement
et les résultats qui s'en suivent. Le besoin d’autodétermination correspond
aux libertés de choix que possède l'individu dans l'exercice de son travail.
L'hypothèse développée par cette théorie repose sur le rôle négatif des
récompenses extrinsèques (rémunération) sur la motivation intrinsèque. Ce
phénomène tend à être contrôlé par l'entreprise récompensant les
performances. Par ailleurs, ce système d’incitation à la performance pousse
à la productivité, au détriment du temps consacré à la tâche et au plaisir que
l’individu pourrait en retirer.
53
travail », (Kanfer, 199068). Le modèle de Hackman et Oldham détermine
les caractéristiques du travail influençant la motivation intrinsèque. Ils ont
ainsi identifié cinq caractéristiques de l’emploi :
o la variété des compétences ;
o l’identité de la tâche ;
o le sens de la tâche ;
o l’autonomie ;
o et le feed-back.
68
Op. cit., page 93.
54
Figure 1.9
Modèle de Hackman et Oldham
Modérateurs
1. Connaissances et compétences ;
2. Force des besoins de développement ;
3. Satisfaction vis-à-vis du « contexte ».
55
Les théories de la motivation intrinsèque font moins l’objet de critiques que
les précédentes. Leur principale limite réside dans le fait qu’elles proposent
une vision restrictive de la motivation au travail. La théorie de l’évaluation
cognitive conditionne la motivation à la volonté individuelle de satisfaire
deux types de besoins, celui de l’autodétermination et celui du contrôle.
Seuls des besoins d’ordre supérieur pourraient susciter de la motivation. De
la même façon, la théorie des caractéristiques de l’emploi réduit
l’explication de la motivation à un processus multiplicatif entre la force du
besoin de développement ressenti par l’individu et le potentiel de
motivation que l’emploi recèle.
Les études empiriques portant sur cette théorie n’ont pas validé ces
hypothèses (Kanfer, 1990). Elles postulent que la motivation intrinsèque
peut, dans certains cas, ne pas être perturbée par des conséquences
extrinsèques. Lorsque celles-ci sont présentées comme un signe de
reconnaissance informant d’un travail bien fait, elles vont dans le sens de
l’amélioration de la motivation intrinsèque. Ce phénomène se produit à
condition que, d’une part, les récompenses fournissent à l’individu une
information sur ses propres compétences, et que, d’autre part, elles
favorisent sa perception de pouvoir les contrôler par le niveau de ses
performances. Lorsque ces deux conditions ne sont pas remplies, la
motivation intrinsèque diminue et la persistance de l’effort dans le travail
décroît. Ainsi, en fonction de l’évaluation cognitive de cette situation de
travail, l’individu pourra être ou non motivé intrinsèquement.
69
Op. cit., page 159.
57
2. Ils diffèrent également en ce qui concerne leurs opinions sur
l’efficacité de leurs efforts, c’est-à-dire sur les résultats qu’ils sont
capables d’obtenir ;
3. Ils diffèrent, en outre, en ce qui concerne leurs expectations sur
l’instrumentalité70 de leurs performances dans le travail (en termes
plus concrets, ils ont des opinions différentes sur les avantages et les
récompenses que peut leur apporter tel ou tel résultat professionnel).
4. Leur comportement est déterminé par les opinions et les
préférences mentionnées en 1, 2 et 3.
efforts ;
• P ® R : attentes des sujets sur les « récompenses » qui leur
70
Elle se réfère à la perception qu’un certain niveau de performance entraînera le ou les
résultat(s) désiré(s). Elle peut se définir comme la relation perçue entre la grandeur du résultat
c’est-à-dire la performance accomplie et le résultat attendu, R. Francès, dans Traité de
Psychologie du Travail, C. Levy-Leboyer (1988), page 161.
58
• V : Valence, ou valeur des « récompenses » pour le sujet. Elles
peuvent être négatives ou positives. Lorsqu’il y a attrait pour un
résultat, la valence est positive. Lorsque le résultat est indésirable, la
valence est négative ; il peut s’agir du stress, de la fatigue, de la perte
de temps libre, de la mise à l’écart par les collègues, etc. La valence
est nulle quand la personne est indifférente face à une récompense.
Pour Rojot et al. (1995)71, ce sont des théories cognitives dans la mesure où
« elles partent du constat que nous avons un certain degré de contrôle sur
ce qui constitue un stimulus donné en fonction des alternatives que nous
prenons en considération et de l’évaluation que nous en faisons».
71
Op. cit., page 273.
59
Campbell et Pritchard (1987)72, sur la base des travaux de Porter et Lawler
(1968)73 puis de Nadler et Lawler (1977)74, ont ajouté à ce modèle certains
éléments de contingence : l’histoire de la valence devait s’intégrer dans le
modèle.
En effet, les expériences de travail passées modifient les perceptions des
attentes futures et des résultats obtenus, ainsi, la satisfaction qu’ils
procurent dépend de la vision du salarié du lien entre l’effort et la
récompense obtenue.
72
Motivation theory and industrial and organizational psychology in Dunnette : Industrial and
Organizational Psychology, Chicago, R. McNally, 1976, cite par R. Francès In Traité de
psychologie de travail, C. Levy-Leboyer, op. cit. (1987), p. 356.
73
L. W. Porter et E. E. Lawler (1968), Managerial Attitudes and Performance, Homewood,
Illinois: Irwin.
74
Ces travaux montrent que les perceptions des efforts, des performances et des résultats
obtenus sont évaluées par rapport à la période donnée et non par rapport à des circonstances
épisodiques. D. A. Nadler et E. E. Lawler (1977), Motivation a diagnostic approach. In
Hackman et al., Perspectives on Behavior in Organizations, New York, Mc Graw Hill, pp. 26 –
38.
75
Cf. nos développements sur cette théorie dans le chapitre VI relatif à l’équité.
76
H. A. Simon (1957), Administrative Behavior, N. Y. McMillan.
60
en fonction des connaissances qu’il possède et des évaluations qu’il en fait
au moment où il la prend.
Les premiers travaux sont réalisés par Locke (1968), qui a reconnu
l’individu comme ayant des buts qu’il essaie délibérément d’atteindre. Ces
buts sont déterminés par des processus cognitifs et influencent de ce fait le
comportement de l’individu.
77
Kanfer (1990), les nomme aussi théories de l’apprentissage social, cognitives sociales, du
contrôle et de l’autorégulation du comportement.
78
E. A. Locke , K. N. Shaw, L. M. Saari et G. P. Latham (1981), Goal setting and task
performance: 1969 - 1980, Psychological Bulletin, 90 (1), pp. 125 – 152.
61
objectifs et que (2) les supérieurs communiquent aux employés un feed-
back sur les progrès accomplis. Ceci permet aux employés d’ajuster le
niveau d’effort nécessaire pour accéder à leur but ; lorsque (3)
l’encadrement de l’entreprise soutient les objectifs mêmes et leur
programmes de fixation ; (4) les employés acceptent les objectifs qui leur
sont fixés ; et enfin, (5) lorsque des récompenses sont accordées à la
réalisation des objectifs.
62
§. III. Définition de la satisfaction au travail
79
M. G. Evans (1969), Conceptual and operational problems in the measurement of various
aspects of job satisfaction, Journal of Applied Psychology, vol. 53, N° 1, pp. 93 – 101.
80
J. P. Wanous et E. E. Lawler (1972), Measurement and meaning of job satisfaction, Journal
of Applied Psychology, vol. 56, N° 2, pp. 95 – 105.
81
M. Beer (1964), Organizational size and job satisfaction, Academy of Management Journal,
vol. 7, N°1, page 34.
82
J. M. Ivancevich et J. M. Donnelly (1968), Job satisfaction research: a managerial guide for
practitioners, Personal Journal, vol. 47, N°3, page 172.
83
P.C. Smith; L. M. Kendall et C. L. Hulin (1969), The measurement of satisfaction in work and
retirement, Chicago, Rand Mc Nally , page 6.
63
vis-à-vis des divers aspects de son emploi. Ce sentiment résulte de la
différence perçue entre ce qui est attendu et le retour réellement perçu.
La satisfaction au travail est, ainsi, une notion qui peut être approchée
comme un phénomène global, ou comme étant un tout, composé de
multiples facettes. Smith et al. (1969) mettent l’accent sur ces différentes
composantes.
84
C. Logeais (1987), La dérogation aux normes bureaucratiques, un mode de gestion adapté par
les professionnels œuvrant dans l’administration publique, Thèse de Doctorat, IAE, Université
d’Aix-Marseille III, page 117.
85
Op. cit., page 1300.
86
Op. cit., page 424.
87
M. Thévenet (2000), Le plaisir de travailler, Editions d’Organisation, page 41.
64
elle constitue une réponse émotionnelle, et d’autre part, c’est un concept
dynamique.
88
Op. cit., page 6.
89
E. Locke (1969), What is job satisfaction ? Organizational Behavior and Human
Performance. 4, pp. 309 – 336.
90
L’individu peut avoir des attentes par rapport à son travail et éprouver des souhaits ou des
désirs dont l’accomplissement peut entraîner de la satisfaction au travail. P. Roussel (1994), op.
cit.
91
J. Thurman (1977), La satisfaction : aperçu international, Revue Internationale du Travail,
116 (3), page 277.
65
En effet, l’individu est en constante adaptation, afin de maintenir le niveau
de satisfaction qui lui convient : la satisfaction est une « fonction de ses
propres capacités à s’adapter à une situation de travail donnée, ou à la
modifier en fonction de ses propres besoins », Barbash (1974)92.
92
J. Barbash (1974), Enquête sur les attitudes concernant la satisfaction au travail, Document
OCDE, MS/IR/7431 ; page 20.
93
A., Ripon (1983), La qualité de la vie au travail, PUF, page 34.
94
M. A. Abelson (1987), Examination of avoidable and unavoidable turnover, Journal of
Applied Psychology, vol. 72, pp. 382 – 386.
95
Op. cit., page 14.
96
R. Katzell et D. Yankelovich, (1975), Pay, vs word motivation and job satisfaction,
Compensation Review, September, pp. 54 – 66.
97
S. Michel (1997), Motivation, satisfaction et implications, dans N. Aubert et al.,
Management, aspects humains et organisationnels, Paris : PUF, page 189.
66
l’on n’ait pas désirée ». Toutefois, sur la base de travaux conduits par
Porter (1961)98, Locke (1969) ou encore Lawler (1971), la satisfaction est
davantage appréhendée comme le reflet de l’idée, toute subjective et
personnelle, que se fait une personne de ce qu’on lui donne par rapport à ce
qu’elle s’estime en droit de recevoir pour le travail fourni.
98
L. W. Porter (1961), A study of perceived need satisfactions in bottom end middle
management jobs, Journal of Applied Psychology, 45 (1). 1 – 10.
99
R. Francès (1981), La satisfaction dans le travail et l’emploi, Paris, PUF, page 183.
67
EN BREF
Ensuite, pour présenter et discuter les différentes théories qui se sont rattachées à
la satisfaction au travail, nous avons adopté la taxinomie proposée par Kanfer
(1990).
Ø Théories des besoins, mobiles et valeurs ;
Ø Théories des attentes ;
Ø Théories de la fixation des objectifs.
68
CHAPITRE II
CLASSIFICATION DES ELEMENTS DE LA REMUNERATION
§. I. Exemples de classification
Les juristes et les économistes, ainsi que les gestionnaires des ressources
humaines, se sont penchés sur le sujet de la rémunération et ont établi des
classifications de ses éléments.
100
R. Thériault (1991), Guide Mercer sur la gestion de la rémunération : théorie et pratique,
Gaëtan Morin Editeur, page 9.
69
La classification juridique distingue la rémunération directe de la
rémunération indirecte.
• La rémunération directe :
q Le salaire de base : il constitue la contrepartie directe du
travail fourni. Il comprend le salaire fixe, les heures supplémentaires,
les primes de danger, d’insalubrité, de rendement individuel ou de
travail d’équipe…
q Les compléments de salaire : comprennent les gratifications
accordées à tout le personnel ou à une catégorie spécifique.
• La rémunération indirecte :
q Les accessoires de salaire : sont constitués des avantages en
nature (produits, services, cadeaux… proposés gratuitement par
l’entreprise).
101
Selon les études réalisées par l’INSEE et le CERC (T. Coutrot et P. Madinier, 1987, page
25).
70
la rémunération qui prend en compte un grand nombre de ses éléments.
Elle est constituée de sept catégories :
• Le salaire proprement dit :
1. Le salaire direct (primes mensuelles comprises)
2. Les primes non mensuelles ;
• Les compléments de salaire :
3. La participation ;
4. Les autres compléments de rémunération directe ;
5. Les avantages en nature ;
6. Les dépenses en œuvres sociales ;
7. Les mutuelles et retraites complémentaires facultatives.
102
J. M. Peretti (1987), Gestion des Ressources Humaines, Ed. Vuibert Entreprise, pages 128 à
131.
103
G. Tarrab (1985), Evaluation des tâches et rémunération, Ed. G. Vermette, pages 42 et 43.
71
q Rétribution stimulante : attribuée à titre individuel ou à des
groupes d’employés, selon leur rendement ;
q Rétribution de sécurité : partie de la rétribution qui fournit aux
employés la sécurité économique essentielle en cas de maladie,
d’invalidité, de décès ou de retraite ;
q Avantages accessoires : avantages en nature et tout autre
avantage ou accessoire relié au prestige des employés.
Figure 2.1.
Composantes de la rémunération globale selon Thériault
REMUNERATION GLOBALE
Débours Non-débours
72
La taxinomie proposée par Sire (1993)104 repose sur une distinction en huit
catégories :
1. Rémunération fixe (salaire de base, primes fixes et complément
salaire fixe) ;
2. Rémunération du mérite individuel (primes et bonus individuels) ;
3. Rémunération du mérite collectif (primes et bonus collectifs, à
l’exception des formules de partage du résultat global) ;
4. Partage du profit (intéressement, participation, abondement du
Plan d’Epargne d’Entreprise (PEE)) ;
5. Participation au capital (actionnariat, options sur actions) ;
6. Avantages en nature et aides diverses (voiture, aides au logement,
avantages divers…) ;
7. Compléments de retraite (régime complémentaire facultatif,
surcomplément de retraite) ;
8. Prévoyance (mutuelles, assurances).
104
B. Sire (1993), Gestion stratégique des rémunérations, Paris, Ed Liaisons.
105
G. Donnadieu (1993), Du salaire à la rétribution, pour une nouvelle approche des
rémunérations, Paris, Ed. Liaisons, 2ème édition.
73
4. Périphériques statutaires (complément de retraite, prévoyance
familiale …).
q Rémunération directe :
1. Rémunération fixe ;
2. Rémunération variable ;
3. Revenu différé.
q Avantages divers :
4. Indemnités, remboursements, primes, participations pour frais
divers ;
5. Avantages en nature ;
6. Dépenses sociales et loisirs ;
7. Régimes complémentaires de retraire et prévoyance.
106
Op. cit., Page 106.
107
M. Deguy (1989), Politiques des Ressources Humaines dans l’entreprise, Paris, les Editions
d’organisation.
74
Cette classification a l’avantage d’être plus synthétique et plus claire que
les précédentes.
75
§. II. Classification des éléments de la rémunération retenue
76
Figure 2.2.
Classification des éléments de la rémunération
REMUNERATION GLOBALE
108
J. M. Peretti (1987), op. cit.
109
Et éventuellement le quatorzième mois.
77
Parmi les primes versées mensuellement, on trouve essentiellement :
Les primes de travail de nuit, de travail du dimanche, de travail à horaire
décalé, de travail en continu, de travail en équipes tournantes, d’objectif, de
risques et de danger, de responsabilité, d’assiduité et de disponibilité, de
rendement et de productivité, de sécurité, le paiement des heures
supplémentaires, le bonus…
78
Les avantages divers regroupent les régimes offerts en avantages sociaux et
en gratifications ou en avantages complémentaires, Coutrot et Madinier
(1987) ; Béard et al. (1986)110 et Roussel (1994).
Les avantages sociaux sont constitués des régimes de retraite (la retraite
complémentaire obligatoire, la retraite surcomplémentaire…) ainsi que des
régimes d’assurance (vie, invalidité, maternité, maladie). A cela s’ajoutent
plusieurs avantages complémentaires dits en nature : certains employeurs
fournissent des automobiles à une partie de leur personnel, d’autres offrent
le stationnement, des repas subventionnés, les logements de fonction, les
frais de scolarité, des conseils financiers, des programmes d’aide aux
employés…
110
P. Béard et al. (1986), Les périphériques de la rémunération au service de la flexibilité
économique et de l’implication des hommes, Document technique SR. 13, Entreprise et
Personnel.
79
§. III. Pertinence de la classification retenue
Ensuite, nous avons établi une grille des éléments de la rémunération, sans
préciser de quelle catégorie ils sont censés faire partie. Vingt-neuf
employés du public et du privé ont bien voulu compléter la grille et cocher
si, pour eux, tel ou tel élément de la rémunération fait partie des catégories
fixe, variable ou avantages divers.
80
EN BREF
Dans cette recherche, nous avons opté pour une classification issue de celle
proposée par Deguy (1989) en rémunération fixe, rémunération variable et
avantages divers.
Cette classification a été prétestée sur un échantillon de vingt neuf salariés. Nous
allons étudier la satisfaction à l’égard de ces trois catégories.
81
CHAPITRE III
LA SATISFACTION A L’EGARD DE LA REMUNERATION
111
Il s’agit de la confusion, au niveau conceptuel, entre la satisfaction à l’égard de la
rémunération et le sentiment d’équité.
112
R. Francès (1981) La satisfaction dans le travail et l’emploi, Paris, Ed PUF, page 90.
113
Op. cit., pages 92 et 93.
82
Dyer et Thériault (1976)114 furent les premiers à dénoncer cet amalgame115,
sans pour autant proposer une définition de la satisfaction à l’égard de la
rémunération qui ne soit pas issue du processus de détermination de l’état
de satisfaction.
Dès lors, il s’avère important de définir le concept de la satisfaction à
l’égard de la rémunération, en tant que tel et indépendamment de ses
déterminants et des autres variables qui peuvent agir sur ce dernier
(perception du caractère juste et équitable de la rémunération…).
Pour ce faire, dans ce chapitre, nous allons tout d’abord présenter et
discuter les principaux modèles qui ont tenté d’expliquer la satisfaction à
l'égard de la rémunération (§.I). Ensuite, nous allons, à la lumière de
l’examen de l’équivalence entre les deux construits d’équité et de
satisfaction à l'égard de la rémunération, proposer une définition de cette
dernière qui va constituer le cadre conceptuel de la présente recherche
(§.II). Après avoir proposé une nouvelle dimensionnalité de la satisfaction
à l’égard de la rémunération (§. III), nous synthétiserons, pour conclure ce
chapitre, les principales études qui s’y sont attelées (§.IV).
114
L. Dyer et R. Thériault (1976), The determinant of pay satisfaction, Journal of Applied
Psychology, 61 (5) pp. 596 – 604.
115
En effet, pour ces auteurs, l’état de satisfaction tend à se confondre avec le sentiment
d’équité. Ils proposent que les variables qui expliquent le processus de la divergence (c’est-à-
dire la différence entre les perceptions du montant du salaire qui devrait être reçu et du montant
du salaire réellement reçu), soient les déterminants de la perception de l’équité du montant du
salaire reçu. Cette dernière déterminerait le sentiment de satisfaction à l’égard du salaire. Ainsi,
l’état émotionnel de la satisfaction à l’égard de la rémunération résulterait d’un sentiment
d’équité ou d’inéquité vis-à-vis du salaire.
83
§. I. Déterminants de la satisfaction à l’égard de la rémunération
Lawler (1971) fut l’un des premiers auteurs à présenter sous la forme d’un
modèle les déterminants de la satisfaction à l’égard des salaires (figure 3.1).
Ce modèle se base essentiellement sur deux perceptions de l’individu :
premièrement, il s’agit de sa perception du montant du salaire qu’il devait
recevoir et deuxièmement, sa perception du montant du salaire qu’il reçoit
116
E. E. Lawler (1971), Pay and Organizational Effectiveness: a Psychological View. N.Y.
McGraw-Hill
117
H. G. Heneman et Schwab D. P. (1985), Pay Satisfaction: its Multidimensional Nature and
Measurement, International Journal of Psychology, (20), pp. 129 – 141.
118
M. P. Miceli et M.C. Lane (1991), Antecedents of pay satisfaction : a review and extension ;
In Rowland K. M. et al. (eds.), Research in Personal and Human Resources Management,
Greenwich, Conn. JAI press, 9, pp. 235 – 309.
84
réellement. Ces deux perceptions sont à leur tour déterminées par un
ensemble de caractéristiques qui relèvent essentiellement d’un processus de
comparaison sociale.
Figure 3.1.
Modèle des déterminants de la satisfaction à l’égard du salaire de Lawler (1971)
Montant réel du
salaire reçu par
d’autres personnes (b)
prises comme point Perception du
de repère montant de
salaire reçu
Montant réel du
salaire reçu
85
Ce modèle se base principalement sur deux théories : d’une part la théorie
de la divergence, et d’autre part la théorie de l’équité.
119
N. Weiner (1980), Determinants and Behavioural Consequences of Pay Satisfaction : A
Comparison of Two Models, Personnel Psychology, 33, pp. 741 – 757.
120
R. Thériault (1983), Gestion de la rémunération : politiques et pratiques efficaces et
équitables, Chicoutimi : Gaëtan Morin.
86
La théorie de l’équité apparaît dans le modèle de Lawler comme un
antécédent de la satisfaction à l’égard de la rémunération. Le résultat des
comparaisons sociales permet de déterminer l’état de satisfaction à l’égard
de la rémunération. Ainsi, ce modèle s’appuie sur une partie des éléments
de la théorie de l’équité, qui sera traitée dans le chapitre suivant.
Bien que le modèle de Lawler (1971) n’ait jamais fait entièrement l’objet
d’une étude empirique, le principal reproche concerne son caractère
unidimensionnel, traitant uniquement du montant du salaire reçu.
121
E. E. Lawler (1973), Motivation in Work Organization, Monterey, California: Brooks/ Cole
Publishing Co.
87
II. Le modèle de Dyer et Thériault (1976)
88
q Premièrement, comme nous l’avions souligné précédemment, la
satisfaction à l’égard de la rémunération n’est pas uniquement
fonction du montant du salaire reçu, mais également de la façon dont
le système de rémunération est géré.
q Deuxièmement, la variable ayant trait au processus de
comparaison utilisée dans le modèle de Lawler a été supprimée en
tant que telle. Elle est incorporée dans un ensemble de variables plus
spécifiques : contributions de l’individu, exigences de l’emploi et
montants de salaire reçus par d’autres personnes considérées comme
points de repère.
q Finalement, le modèle de Dyer et Thériault (1976) se distingue
de celui de Lawler par la prise en compte de variables comme le coût
de la vie, les besoins financiers de l’individu et la capacité à payer de
l’organisation, selon les perceptions de l’individu.
89
Pertinence des critères utilisés
Perception de la
situation financière de
l’ organisation
Perception du montant de salaire qui
Perception qu’ a
l’ individu de ses besoins
Compréhension des critères
financiers
devrait être reçu
Perception qu’ a
l’ individu du coût de la
utilisés
vie
Perception du salaire reçu
par d’ autres personnes
considérées comme points
Figure 3.2.
de repère à l’ intérieur ou à
l’ extérieur de
90
l’ organisation
Satisfaction à l’égard de la
Perception de l’équité du
système de rémunération
adéquat de la gestion du
Perception qu’ a
Précision de l’évaluation des
performances individuelles
de son travail
Perception qu’ a
l’ individu de ses
contributions à
l’ organisation
Perception qu’ a
Perception du montant du
l’ individu de son salaire
passé
l’organisation, des politiques et
ententes salariales établies
salaire reçu
Montant du salaire reçu
Respect, de la part de
122
L’application du modèle auprès de trois populations différentes (américains, canadiens
français et canadiens anglais) a permis selon ces auteurs, de comprendre de 34 à 45% de la
satisfaction exprimée, selon les populations. (N1 = 180, N2 = 133 et N3 = 79) ; Thériault et
Dyer (1977).
123
P. S. Goodman (1974), An Examination of Referents Used in the Evaluation of Pay,
Organizational Behavior and Human Performance, Vol. 12, pp. 170 - 195.
124
D. P. Schwab et M. Wallace (1974), Correlates of Employ Satisfaction With Pay, Industrial
Relations, (13), pp. 78 – 89.
125
N. Weiner (1980), indique, dans cette même étude, que le modèle de Dyer et Thériault
(1976) est un meilleur indicateur du roulement involontaire de la main d’œuvre, du désir de
syndicalisation et de l’absentéisme que celui de Lawler (1971).
91
non seulement considérés par rapport aux augmentations de salaire, mais
également par rapport à la détermination des salaires de base.
Thériault (1983) se différencie aussi des autres modèles par d’autres
variables qui constituent de nouveaux déterminants de la satisfaction à
l’égard de la rémunération. C’est ainsi qu’il énumère :
q Le pouvoir de l’individu d’influencer les résultats de la gestion
de la rémunération en sa faveur (la possibilité du salarié de pouvoir
agir ou non sur la gestion de la rémunération en sa faveur), agit
positivement sur la relation entre le caractère adéquat de la gestion
du système de rémunération et la satisfaction à l’égard des salaires.
q L’internalité et l’externalité : cette variable est le déterminant
de la précédente. Il s’agit d’une caractéristique psychologique selon
laquelle l’individu perçoit qu’il réagit sur le monde en terme de
contrôle (internalité), ou à l’inverse que le monde agit sur lui
(externalité). Seule l’internalité peut accroître le niveau de la
satisfaction à l’égard de la rémunération. En effet, quand l’employé
se sent capable de demander une augmentation, son niveau de
satisfaction à l’égard des caractéristiques de la gestion du système de
rémunération s’élève, ainsi que son niveau global de satisfaction à
l’égard du salaire. L’externalité induit le processus inverse.
q La connaissance et la pertinence de la structure salariale, qui
constitue un déterminant de la perception du caractère adéquat de la
gestion du système de rémunération.
93
Perception du salaire reçu par Satisfaction à l’égard
d’autres personnes à l’intérieur ou à des salaires
l’extérieur de l’organisation
Perception du
Montant de salaire reçu montant de salaire
reçu
Perception qu’a l’individu de son
salaire dans le passé
q Le niveau de salaire ;
q Les avantages divers ;
q Les augmentations ;
q La structure des rémunérations : grilles salariales fixées par
l’entreprise pour chaque emploi ;
q Et enfin, la gestion du système de rémunération : il est question
des politiques salariales développées par l’organisation concernant la
gestion du système des rémunérations. Cette dimension a été
empruntée au modèle de Dyer et Thériault.
126
H. G. Heneman et D. P. Schwab (1974), Pay: a road to motivation and satisfaction, The
Personnel Administrator, Jan/Feb, Vol. 19, Issue I.
127
H. G. Heneman (1985), Pay Satisfaction, In K. M. Rowland and G. R. Ferris (Eds), Research
in Personnel and Human Resource Management, (3), Greenwich, Conn. JAI Press, pp. 115 –
139.
128
H. G. Heneman et D. P. Schwab (1985), Pay satisfaction: Its multidimensional nature and
measurement. International Journal of Psychology, (20), pp. 129 – 141.
95
rémunération dans une seule dimension. De plus, ils ont proposé une
échelle de mesure de la satisfaction à l’égard de la rémunération à quatre
dimensions : Pay Satisfaction Questionnaire (PSQ). Ce dernier a fait
l’objet de multiples critiques qui seront exposées plus loin (cf. partie
II/chapitre VI).
Figure 3.4.
Modèle de Lawler modifié par Heneman (1985)
Niveau
Niveau hiérarchique Structure
Difficulté du travail Perception des Système
Heures effectuées caractéristiques de Forme
Importance des l’emploi
responsabilités a=b -> satisfaction
à l’égard du salaire
96
IV. Le modèle de Miceli et Lane (1991)
q Niveau de salaire ;
q Système de rémunération intra-catégories d’emploi ;
q Système de rémunération inter-catégories d’emploi ;
q Niveau des avantages divers ;
q Système des avantages divers.
97
V. Le modèle de Roussel (1994)
129
Op. cit., page 165.
98
Figure 3.5.
Modèle de la satisfaction à l'égard du montant de la rémunération directe,
Roussel (1994)
99
Figure 3.6.
Modèle de la satisfaction à l'égard de la gestion et de la structure de la
rémunération directe, Roussel (1994)
100
Le modèle suivant reprend les déterminants du niveau de la rémunération et
de la gestion et structure en les adaptant aux augmentations.
Figure 3.7.
Modèle de la satisfaction à l'égard du montant et de la gestion des
augmentations de salaire, Roussel (1994)
101
Figure 3.8.
Modèle de la satisfaction à l’égard du niveau et de la gestion des avantages
divers, Roussel (1994)
Frais de représentation,
Frais de déplacement, Perception des avantages
mobilité, déménagement… sur des remboursements,
indemnités, primes et a
participations pour frais
divers Perception de ce que
Logement de fonction, devraient être le
voiture de société, niveau structure et la
téléphone personnel, gestion des
abonnement avion, train, avantages divers
voyages, cadeaux, Perception des avantages
fourniture gratuite ou à prix en nature
réduit de nourriture,
éclairage chauffage,
a= b à
vêtement…
satisfaction
a#bà
Facilité pour les loisirs, insatisfaction à
centres de vacances, prêt l’égard du
Perception des avantages
patronal, aide familiale, niveau et de la
en œuvres sociales et
bourses d’études des gestion des
loisirs
enfants, aides au logement, avantages
maison de retraite, prime de divers
mariage…
b
Régime complémentaire Perception des avantages en
obligatoire, facultatif, compléments de retraite et Perception de ce que
surcomplémentaire par de prévoyance sont le niveau et la
capitalisation mutuelle gestion des
assurances… avantages divers
102
Testées sur un échantillon de 579 salariés, les dimensions retenues ne
s’avèrent pas toutes pertinentes :
q Concernant la dimension « rémunération directe », il semblerait
pertinent de distinguer la rémunération fixe de la rémunération
variable. Les personnes interrogées ont manifesté des sentiments
distincts envers ces deux composantes.
q La dimension structure et gestion des rémunérations n’est pas
validée. Cet aspect de la rétribution n’a pas suscité de réactions
affectives indépendantes. Le concept de justice des procédures
emprunté à Greenberg s’applique différemment au contexte français
(Roussel, 1994130). Les items qui sont censés évaluer cette dimension
contribuent à la formation des autres facteurs.
130
Op. cit., page 385.
103
§. II. Proposition d’une définition de la satisfaction à l’égard de la
rémunération.
131
H. G. Heneman et D. P. Schwab (1985), Pay Satisfaction: its Multidimensional Nature
Measurement. International Journal of Psychology, 20, pp. 129-141.
132
Voir paragraphe suivant.
104
Pour Miceli et Lane (1991), la satisfaction à l’égard de la rémunération est
conçue dans le cadre de la justice organisationnelle, qui intègre aussi bien
la justice distributive133 que la justice procédurale134. Ils considèrent que les
deux concepts d’équité et de satisfaction à l’égard de la rémunération sont
similaires et parfaitement substituables. Pour ces auteurs, « la satisfaction à
l’égard de la rémunération est la somme des sentiments d’ensemble positifs
ou négatifs que les individus ont envers leur rémunération135 ».
C’est justement dans cette optique que nous situons le cadre conceptuel de
notre recherche. Nous postulons que l’équité est un antécédent de la
133
Au sens de Lawler (1971), équité du montant du salaire reçu.
134
Au sens de Folger (1986), Folger et al. (1989) et McFarlin (1992), équité perçue du mode de
gestion des rémunérations.
135
Op. cit. page 246.
136
Op. cit. page 213.
137
Op. cit. page 149.
105
satisfaction à l’égard de la rémunération et de ce fait indépendant
conceptuellement de cette dernière.
Pour Scarpello et Carraher (1997), face aux désirs des employés d’un
salaire toujours plus élevés, il serait plus plausible pour les employeurs de
concevoir et de mettre en œuvre des systèmes de rémunération équitables
plutôt que satisfaisants (Mahoney, 1979 ; Winstanley, 1982 ; Wallace et al.,
1983 ; Belcher et Atchison, 1987 ; Scarpello et Hayton, 1997b ; Milkovich
et al., 1996).
138
V. Scarpello et S. M. Carraher (1997), Pay Satisfaction and Pay Fairness : Are They the
Same ? Working Paper, 97-04, Georgia State University.
139
P. C. Smith ; L. M. Kendall et C. L. Hulin (1969), The measurement of satisfaction in work
and retirement, Chicago : Rand McNally.
140
S. R. Motowidlo (1982), Relationship between self performance and pay satisfaction among
sales representatives, Journal of Applied Psychology: 67 (2), pp. 209 – 213.
106
Malgré la supposition largement acceptée que la satisfaction à l'égard de la
rémunération et l’équité soient deux notions équivalentes, l’exactitude de
cette supposition n’a pas, jusque là, été empiriquement vérifiée.
L’un des buts de la présente recherche est d’examiner le rapport entre ces
deux concepts et d’évaluer la mesure dans laquelle la satisfaction à l'égard
de la rémunération est ou n’est pas équivalente au sentiment d’équité
salariale141.
141
En suivant les conseils prodigués par les Professeurs : S. Carraher (Indiana State
University) ; V. Scarpello (Georgia State University) ; M. Miceli (Georgetown University) ; K.
Leung (City University of Hong Kong) ; T. M. Welbourne (University of Michigan Business
Scholl) et A. DeNisi (Lowry Mays College et Graduate Business Scholl at Texas University),
que nous remercions vivement.
107
II. 1. Procédure
L’ordre des questions concernant la satisfaction à l'égard de la
rémunération et l’équité salariale, est établi au hasard pour éviter tout biais
de séquentialité. Ces différentes questions sont insérées dans un vaste
questionnaire de recherche.
Six items ont été employés pour évaluer l’équivalence entre la satisfaction
à l'égard de la rémunération et le sentiment d’équité. Les quatre premiers
items sont issus du PSQ : « mon salaire actuel », « comment mes
augmentations sont déterminées », « le niveau de mon salaire », « les
différences de niveaux de rémunération entre les emplois dans
l’entreprise ». Le cinquième item est issu du MSQ, « mon salaire comparé
à l’effort que je fournis ». Le dernier item est issu de l’étude réalisée par
Tremblay (1991)142, « mon salaire comparé à celui d’autres personnes
prises comme point de comparaison à l’extérieur de l’entreprise ».
L’échantillon est constitué de 104 cadres. Les caractéristiques de cette
population sont les suivantes :
Ø 60% appartiennent au secteur public ;
Ø 76% de sexe masculin ;
Ø L’âge moyen est de 38 ans (s’étalant de 25 à 52 ans) ;
Ø et l’ancienneté moyenne de 13 ans.
142
M. Tremblay (1991), Déterminants de l'importance des diverses formes de justice
distributive en rémunération. AGRH - Cergy, pp. 609-617.
108
Tout d’abord, si le sentiment d’équité et la satisfaction à l'égard de la
rémunération sont deux notions équivalentes, les résultats de l’Analyse en
Composantes Principales doivent aboutir à une seule dimension générale.
Cette supposition est basée sur la recherche concernant la dimensionnalité
de la satisfaction à l'égard de la rémunération menée par Heneman et
Schwab (1985) et Scarpello et al. (1988)143.
Les résultats de notre étude montrent que les items relatifs à la satisfaction
à l'égard de la rémunération et au sentiment d’équité ne sont pas
représentés sur le même facteur. En effet, le tableau 3. 1. nous montre que
les items sont dispersés sur 3 axes.
143
V. Scarpello; V. Huber et R. J. Vandenberg (1988), Compensation satisfaction: Its
measurement and dimensionality, Journal of Applied Psychology, (73), pp. 163 – 171.
109
Tableau 3.1.
Résultats de l’Analyse en Composantes Principales, test d’équivalence
de la satisfaction à l'égard de la rémunération et l’équité salariale144
Facteurs
Items 1 2 3
SAT_1: mon salaire actuel ,721
SAT_2 : comment mes augmentations sont déterminées ,819
SAT_3 : le niveau de mon salaire ,649
SAT_4 : les différences de niveaux de rémunération entre les
,755
emplois dans l’entreprise
SAT_5 : mon salaire comparé à l’effort que je fournis -,756
SAT_6 : mon salaire comparé à celui d’autres personnes
prises comme point de comparaison à l’extérieur de ,782
l’entreprise
EQ_1 : mon salaire actuel ,806
EQ_2: comment mes augmentations sont déterminées ,724
EQ_3 : le niveau de mon salaire ,661
EQ_4 : les différences de niveaux de rémunération entre les
,776
emplois dans l’entreprise
EQ_5 : mon salaire comparé à l’effort que je fournis ,867
EQ_6: mon salaire comparé à celui d’autres personnes
prises comme points de comparaison à l’extérieur de ,721
l’entreprise
144
Nous avons supprimé toutes les corrélations inférieures à |0,3|.
110
Tableau 3.2.
Variance totale expliquée par les facteurs, test d’équivalence de la
satisfaction à l'égard de la rémunération et l’équité salariale
L’axe 1, qui représente les items relatifs au sentiment d’équité, n’est pas
corrélé aux axes 2 et 3, qui sont très fortement corrélés entre eux (Tableau
3.3).
Tableau 3.3.
Corrélations entre facteurs, test d’équivalence de la satisfaction à
l'égard de la rémunération et l’équité salariale
Facteur 1 2 3
1 0,996 0,012 -0,092
2 0,046 0,792 0,609
3 0,080 -0,611 0,788
111
évaluations identiques pour les deux types d’items, (b) la proportion de
sujets avec seulement une différence d’évaluation numérique. Par exemple,
sur une échelle de Likert à 5 points, pour chaque item identique, le
répondant note 3 pour la satisfaction et 2 ou 4 pour l’équité. Cette
différence d’un seul rang tient compte de la variabilité de réponse aléatoire
ainsi que de la variabilité des réponses qui peut être causée par la
perception de distances inégales entre les échelles d’évaluation. Et (c) la
proportion de sujets avec plus d’une différence d’évaluation numérique
pour les deux concepts. Ces trois proportions (a, b et c) sont résumées dans
le tableau 3.4.
Tableau 3.4.
Pourcentage des réponses équivalentes et différentes de la satisfaction
à l’égard de la rémunération et de l’équité (%)
112
moyennes et écarts-types équivalents. Ceci est évalué à l’aide du t-test
(tableau 3.5).
Tableau 3.5.
T-test, équivalence de la satisfaction à l'égard de la rémunération et
l’équité salariale
Paired Samples Test
Paired Differences
95% Confidence
Interval of the
Std. Error Difference
Mean Std. Deviation Mean Lower Upper t df Sig. (2-tailed)
Pair 1 S_REM1 - EQ_1 ,24 1,08 7,45E-02 8,90E-02 ,38 3,166 211 ,002
Pair 2 S_REM2 - EQ_2 ,21 1,06 7,29E-02 7,05E-02 ,36 2,939 209 ,004
Pair 3 S_REM3 - EQ_3 ,16 1,08 7,48E-02 9,61E-03 ,30 2,100 209 ,037
Pair 4 S_REM4 - EQ_4 -3,32E-02 ,96 6,63E-02 -,16 9,75E-02 -,500 210 ,617
Pair 5 S_REM5 - EQ_5 ,14 1,02 7,10E-02 -5,24E-04 ,28 1,964 207 ,051
Pair 6 S_REM6 - EQ_6 ,19 1,01 6,96E-02 5,24E-02 ,33 2,725 210 ,007
Les résultats nous montrent donc que la même question n’a pas la même
moyenne quand il s’agit de la satisfaction à l'égard de la rémunération ou
de l’équité.
113
Tableau 3.6.
Moyennes et écart-type par item, test d’équivalence de la satisfaction à
l'égard de la rémunération et l’équité salariale
Moyenne Ecart-type
SAT_1 3,07 1,10
SAT_2 3,07 1,10
SAT_3 3,07 1,10
SAT_4 3,07 1,10
SAT_5 3,07 1,10
SAT_6 3,32 1,49
EQ_1 1,34 0,48
EQ_2 3,94 1,05
EQ_3 4,07 1,59
EQ_4 1,55 0,52
EQ_5 3,62 1,39
EQ_6 4,09 0,70
114
§. III. Proposition d’une nouvelle dimensionnalité de la satisfaction à
l’égard de la rémunération
145
Cf. chapitre II.
115
Par ailleurs, dans la discussion (paragraphe II du présent chapitre), il est
apparu que les politiques et pratiques de l’organisation pouvaient
également être des dimensions importantes prises en compte par l’employé
dans le processus de détermination de l’équité de son salaire et, de la sorte,
de sa satisfaction à l'égard de la rémunération. Ces éléments ne font pas
partie intégrante du modèle de Lawler (1971). Des études ultérieures
(Goodman, 1974 ; Schwab et Wallace, 1974, Roussel, 1994) démontrent,
en effet, l’importance des variables administratives dans la satisfaction des
individus à l’égard de leur salaire.
Figure 3.9.
Composantes de la satisfaction à l’égard de la rémunération
Satisfaction à l’égard de
la rémunération fixe
Satisfaction à l'égard du
mode de gestion
116
§.IV. Synthèse des travaux sur la satisfaction à l’égard de la
rémunération
Dans le tableau 3.7. nous présentons une synthèse des principaux résultats
obtenus.
117
Tableau 3.7.
Synthèse de quelques recherches sur la satisfaction des individus à l’égard de la rémunération
Auteurs Date / Champ Apport
Auteur de l’approche unidimensionnelle de la satisfaction à l'égard de la rémunération et précurseur des modèles d’analyse
de ses déterminants. Son modèle s’est basé sur deux théories : (1) Théorie de la divergence : appréciation de la satisfaction
de l’individu à l’égard de la rémunération par l’écart qu’il perçoit entre le montant du salaire qu’il devrait recevoir et le
E.E. Lawler 1971 montant du salaire qu’il reçoit effectivement. (2) Théorie de l’équité : intégration de la variable « comparaison sociale »
(comparaison avec les contributions et le niveau de salaire reçu par d’autres personnes considérées comme points de
comparaison) dans l’explication de la satisfaction des employés à l’égard de leur rémunération.
Tentative de validation du modèle de Lawler. Auteur du modèle multidimensionnel de la satisfaction à l'égard de la
L. Dyer et 1976 rémunération par l’intégration de la variable gestion du système de rémunération dans l’explication de la satisfaction à
[Link]ériault l'égard de la rémunération. Son modèle se base, comme celui de Lawler sur les théories de la divergence et de l’équité.
Proposition, sur la base du modèle de 1976 en collaboration avec Dyer, d’un « modèle intégré de la satisfaction à l'égard de
[Link]ériault 1983 la rémunération » : reprise des mêmes principes avec ajout de trois déterminants : pouvoir de l’individu d’influencer les
résultats de la gestion de la rémunération en sa faveur, internalité / externalité, connaissance et pertinence de la structure
salariale.
Identification de cinq dimensions de la rémunération vis à vis desquelles l’individu adopte indépendamment des attitudes
spécifiques : niveau, système, structure, règles et gestion ainsi que la forme de la rémunération. A la lumière de cette
H. G. nouvelle dimensionnalité de la satisfaction à l'égard de la rémunération, ils ont proposé une échelle de mesure : Pay
Heneman et 1985 Satisfaction Questionnaire (PSQ). Conformément à la théorie de la divergence, la satisfaction l’égard de chacune de ces
D.P. Schwab facettes est le résultat du degré d’écart perçu par l’individu entre ce qu’elle devrait être et ce qu’elle est en réalité.
Les facteurs influençant ces perceptions sont liés à la théorie de l’équité, aux caractéristiques de l’emploi, au montant et à la
perception qu’à l’individu de ses contributions à l’entreprise.
Confirmation que la satisfaction des individus à l’égard de la rémunération est multidimensionnelle. Identification de cinq
M. P. Miceli composantes préliminaires de la rémunération : le niveau de salaire, le système de rémunération intra-catégories d’emploi,
et 1991 le système de rémunération inter-catégories d’emploi, le niveau des avantages divers, le système des avantages divers. La
M. C. Lane satisfaction des individus à l’égard de ces cinq composantes doit être assurée. Sur la base du modèle de Lawler, proposition
d’un modèle des déterminants de chacune de ces cinq composantes préliminaires de la rémunération.
Confirmation que la satisfaction à l’égard de la rémunération est un construit multidimensionnel. Proposition de quatre
dimensions de la satisfaction à l’égard de la rémunération : (1) montant de la rémunération directe, (2) gestion et structure
P. Roussel 1994 de la rémunération directe, (3) montant et gestion des augmentations, (4) niveau et gestion des avantages divers.
Identification de nouveaux déterminants de la satisfaction à l’égard de la rémunération.
118
EN BREF
Les trois premières dimensions ont été décelées à l’issue d’une classification des
éléments de rémunération (chapitre précédent) en trois catégories : fixe, variable,
et avantages divers. La dernière dimension, quant à elle, a été retenue grâce à
l’intérêt qu’elle a suscité à travers les différents modèles des déterminants de la
satisfaction à l’égard de la rémunération.
119
CHAPITRE IV
L’EQUITE SALARIALE
121
§. I. Définition et principes de la théorie de l’équité
146
G. Homans (1953), Statuts Among Clerical Workers, Human Organization, 12, pp. 5-10.
G. Homans (1974), Social Behavior: Its Elementary Forms, New York, Harcourt BRACE
Jovanovich Inc. (chap. 11 : “Distributive Justice”).
147
J. S. Adams et W. B. Rosenbaum (1962), The Relationship of Worker Productivity to
Cognitive Dissonance About Wage Inequities, Journal Applied Psychology, 46, pp. 161 – 164.
J. S. Adams (1963), Toward an Understanding of Inequity, Journal of Abnormal and Social
Psychology, 67, pp. 422-436.
J. S. Adams (1964), Wage Inequities, Productivity and work satisfaction, Industrial Relations,
Vol. 3-Issue 1, October pp. 9-16.
J. S. Adams et P. R. Jacobsen (1964), Effects of wage inequities on work quality. Journal of
Abnormal and Social Psychology, 69, pp. 19-25.
J. S. Adams (1965), Inequity in Social Exchange. In : L. Berkovitz (Ed.), Advances in
Experimental Psychology. (1), New York, Academic Press, pp. 267-300.
148
L. Festinger (1957), A Theory of Cognitive Dissonance, Stanford, Stanford University Press.
149
S. A. Stouffer ; E. A. Suchman ; L. C. DeVinney ; S. A. Star et R. M. Jr. Williame (1949),
The American Soldier : Adjustment during Army life (vol. 1), Princeton, NJ: Princeton
University Press.
122
Festinger (1954)150 met aussi l’accent sur les comparaisons : « à
l’intérieur d’un champ donné de comparaisons, on choisit de
préférence comme termes de comparaison ceux dont l’aptitude ou
l’opinion sont les plus proches. (… ) La tendance à se comparer à un
autre décroît à mesure qu’augmente la différence entre soi-même et
cet autre. »
q La privation relative : en se basant sur un échantillon de soldats,
Stouffer (1949) a remarqué que ceux qui ont un niveau scolaire élevé
et de meilleures opportunités d’avancement dans l’armée étaient les
moins satisfaits de leur statut et de leur travail par rapport aux soldats
à niveau scolaire moins élevé. L’explication donnée par Stouffer
réside dans le fait que les plus diplômés avaient des niveaux
d’aspiration plus élevés, basés en partie sur leur projet dans la vie
civile. Ils se sentent relativement privés d’un statut et par conséquent,
moins satisfaits que les autres soldats. En effet, les individus avec de
hautes prétentions et de fortes attentes sont plus insatisfaits que ceux
ayant de faibles prétentions. La privation relative fait référence au
sentiment d’insatisfaction éprouvé lorsqu’une personne se perçoit
comme désavantagée par rapport à une autre personne à laquelle elle
se compare.
150
L. Festinger (1954), Théorie des processus de comparaison sociale, dans Psychologie
Sociale, S. Moscovici, Ed. PUF, (1984).
123
La théorie de l’équité stipule ainsi qu’une personne compare ses
contributions et ses rétributions à celles d’une autre personne considérée
comme point de repère (Adams, 1963). Un état d’inéquité existe au
moment où quelqu’un perçoit que le ratio de ses contributions et de ses
rétributions n’est pas égal à celui de la personne à laquelle il se compare
(Adams, 1984151 ; Francès, 1981). Ce choix de l’autre sera précisé plus
loin.
L’inégalité entre ces rapports peut être négative ; le sujet perçoit alors un
sous-paiement et, de là, éprouve un sentiment d’inéquité et de frustration
comparative. Si elle est positive, le sujet sur-rétribué éprouve un sentiment
de culpabilité et tend à être insatisfait par cette forme inverse d’inéquité,
génératrice d’inquiétude et d’insécurité (Thériault, 1983152).
151
J. S. Adams (1984), Etudes expérimentales en matière d’inégalités de salaires, de
productivité et de qualité du travail, dans psychologie Sociale, S. Moscovici, Ed. PUF
152
R. Thériault (1983), Gestion de la rémunération : politiques et pratiques efficaces et
équitables, Chicoutimi : Gaëtan Morin
153
E. Walster ; G. W. Walster et E. Berscheid (1978), Equity. Theory and Research, Boston,
Allyn et Bacon.
124
q Contrairement aux personnes en situation de sur-équité, celles
qui sont impliquées dans des relations jugées négativement
inéquitables tenteront de restaurer l’équité. Plus grand est le
sentiment d’inéquité, plus grande est la détresse et plus marqués sont
les efforts de rétablissement de l’équité.
125
Pourquoi cette détresse face à l’inéquité ? Pourquoi ces tentatives de ré-
équilibration ? En réponse à ces questions, Kellerhals et al. (1988)154
invoquent deux causes à ce comportement : l’une est cognitive, l’autre
normative.
154
J. Kellerhals ; J. Coenen-huther et M. Modak (1988), Figures de l’équité : la construction
des normes de justice dans les groupes. Ed. PUF le Psychologue.
155
C. N. Jr. Alexander et R. L. Simpson (1964), Balance Theory and Distributive Justice,
Sociology Inquiry, XXXIV, Spring.
126
Pour Leventhal et Bergman (1969)156, la motivation à une forte réaction à
l’inéquité disparaît dès lors qu’une injustice peut être attribuée à des causes
externes et non intentionnelles.
Ceci rejoint les conclusions d’Utne et Kidd (1980)157, pour qui, avant
d’agir, l’individu cherchera d’abord à compléter son information :
« pourquoi cette injustice ? »
Selon ces auteurs, à ce niveau, trois variables jouent un rôle décisif :
q La localisation de la clause chez l’un des partenaires ou dans
l’environnement ;
q L’intentionnalité attribuée à la conduite de l’acteur : l’injustice
est-elle volontaire ?
q La stabilité des causes : s’agit-il d’une injustice occasionnelle
ou durable ?
156
G. S. Leventhal et J. T. Bergman (1969), Self-Depriving Behavior as a Response to
Unprofitable Inequity, Journal of Experimental Social Psychology, 5, pp. 153 – 171.
157
M. K. Utne et R. Kidd (1980), Equity and Attribution, In Justice and Social Interaction:
Experimental and Theoretical Contributions G. Mikula (ed.), Huber, pp. 63 – 94.
127
de l’interaction : la tendance des individus à s’approprier un maximum de
ressources rares et la nécessité de la coopération pour augmenter
l’efficacité du travail. La norme de proportionnalité apparaît comme un
mécanisme simple de conciliation des contraires, permettant la poursuite de
l’interaction. De là lui vient son universalité.
158
J. Greenberg et R. L. Cohen (1982), Equity and Justice in Social Behavior, New York,
Academic Press.
128
majorité, que celle-ci est associée, selon les cas, à une production de qualité
supérieure ou à une productivité plus élevée.
129
§. II. L’équité dans la théorie économique
159
J. Rojot (1992), Equité et gestion des ressources humaines. In Mélanges en l’Honneur de
Jean Guy Mérigot, sous la direction de A. Labourdette, Economica, Paris, pp. 653 – 663.
130
II. Le marché : identificateur de l’équité
160
D. Kahneman ; J. L. Knetsch et R. Thaler (1986a), Fairness as a Constraint on Profit
Seeking, The American Economic Review, 76 (4), pp. 728 – 741.
D. Kahneman ; J. L. Knetsch et R. Thaler (1986b), Fairness and the Assumptions of Economics,
Journal of Business, 59 (4), part 2, pp. 285 – 300.
161
Kanheman et al. (1986 b), Op. cit., page, 286.
162
B. Reynaud (1993), Les théories de l’équité, fondements d’une approche cognitive du salaire
d’efficience. Revue Economique, 44 (1), pp. 5-22.
131
Ainsi, que ce soit la transaction passée ou le prix du marché qui sert de
référence, le marché apparaît comme un identificateur de l’équité. Les
individus prennent le marché pour définir l’équité. Ceci est dû, selon les
auteurs, au fait que les individus ont une préférence pour le maintien des
situations existantes et n’envisagent pas d’autres alternatives, en raison
d’une certaine inertie des représentations.
163
M. Bazerman (1985), Norms of Distributive Justice and Interest Arbitration, Industrial and
Labor Relations Review, 38 (4), July, pp. 558 – 570
164
G. Akerlof et J. Yellen (1990), The Fair Wage-Effort Hypothesis and Unemployment, The
Quarterly Journal of Economics, 105, may, pp. 255 – 283.
132
L’individu adapte son effort de façon à obtenir un équilibre entre salaire
équitable et salaire réellement reçu. Deux cas se présentent : si le salaire
réel est inférieur au salaire équitable, les individus réduisent leur effort en
proportion. Si, au contraire, le salaire réel est supérieur ou égal au salaire
équitable, le salarié limite son effort à un niveau normal de (1). La fonction
d’effort a été représentée comme la montre la figure 4.1 :
Figure 4.1.
Fonction d’effort (Akerloff et Yellen, 1990).
w/w*
1
Leur hypothèse, ainsi que leurs résultats, ont été beaucoup critiqués. Pour
Reynaud (1993)165, « l’arrêt de l’effort lorsque le salaire reçu est supérieur
au salaire équitable paraît ad hoc ; ce comportement est contraire à la
théorie du salaire d’efficience, selon laquelle un salaire élevé a un effet
incitatif sur la productivité du salarié». Une autre critique concerne le
salaire équitable, qui reste une donnée exogène, dépendante du marché.
165
Op. cit., page 17.
134
§. III. Processus de comparaison
166
A. De Carufel et M. Schopler (1979), Evaluation of Outcome Improvement Resulting from
Threats and Appels, Journal of Personnality and Social Psychology, 37, pp. 662 – 673.
135
chez les acteurs. « Dès lors, le fait que, dans une entreprise, la hiérarchie
prenne partiellement en considération les revendications de la base suffit à
mettre en évidence la légitimité des règles et critères proposés par celle-ci,
et puisque l’équité n’est qu’à moitié rétablie, à rendre l’arbitraire encore
plus saillant » (Kellerhals et al., 1988167).
167
Op. cit, page 32.
136
I. Objet de la comparaison
(Oa - Ia ) = (Ob- Ib )
( I a )ka ( I b )kb
Où :
Ia et Ib désignent la perception, par un scrutateur, des inputs des personnes A et B.
½Ia½et ½Ib½ désignent la valeur absolue de leurs inputs, indépendamment de leur
signe.
Oa et Ob désignent la perception, par un scrutateur, des rétributions (outcomes) des
personnes A et B.
Les exposants ka et kb prennent la valeur + 1 ou – 1 selon le signe des inputs de A et
de B et des gains de A et B (rétributions – inputs).
ka = signe ½Ia½ x signe (Oa - ½Ia½)
et kb = signe ½Ib½ x signe (Ob - ½Ib½)
138
tous les éléments mis dans l’échange soient reconnus comme devant faire
partie intégrante dudit échange168.
168
J. S. Adams (1963), op. cit, page 423.
169
R. Folger et M. A. Kronovsky (1989), Effects of procedural and distributive justice on
reactions to pay raise decisions, Academy of Management Journal, 32 (1), pp. 115 – 130
170
J. Greenberg (1990), Organizational Justice: Yesterday, Today and Tomorrow, Journal of
Management, 16, pp. 339 – 432.
171
D. B. McFarlin et P. D. Sweeny (1992), Distributive and Procedural Justice as Predictors of
Satisfaction with Personal and Organizational Outcomes, Academy of Management Journal,
August, Vol. 35, Issue 3.
172
P. D. Sweeny et D. B. McFarlin (1993), Workers’ evaluations of the “ends” and the “means”:
An examination of four models of distributive justice, Organizational Behavior and Human
Decision Processes, Vol. 11, Issue 23, pp. 23 – 41.
173
J. Greenberg et R. Cropanzano (2001), Advances on Organizational Justice, Stanford Univ.
Press.
139
II. Points de comparaison
174
M. Dornstein (1991), Fairness of pay Incentives Industrial Employees in Israël, Personal
Review, vol. 19, n° 2, pp. 27-33.
175
T. P. Summers et A. S. DeNisi (1990), In Search of Adams’Other : Reexamination of
Referents Used in the Evaluation of Pay, Human Relations, vol. 43, N° 6, pp. 497-511.
176
W. Austin (1977), Equity Theory and Social Comparison Process, In J. M. Suls et R. C.
Miller (eds), Social Comparison Processes, Washington, DC, Hemisphere.
177
N. J. Shepelak et D. F. Alwin (1986), Beliefs about Inequality and Perceptions of
Distributive Justice, American Sociological Review. 51, 30-46.
140
Dans leurs jugements de justice, les individus recourent en fait à deux
genres très différents de comparaison (Messé et Watts, 1983178). D'une part,
ils s'évaluent localement et globalement, par rapport à autrui. Mais ils
utilisent, d'autre part, des critères internes, à savoir des attentes organisées
par l'expérience, soit très antérieurement à l'échange en cours, soit au cours
des diverses phases de celui-ci. Il s'agit en quelque sorte, d'une référence à
soi-même comme somme de divers rôles. La même idée a été développée
par Weick (1966)179 : il y a sentiment d'injustice, indépendamment de la
comparaison avec un tiers, si la rétribution est inférieure aux standards
personnels.
Pour Messé et Watts (1983), les concepts d’équité sont reliés aux attitudes
et aux comportements au travail, et la capacité de prédiction est fonction de
la nature du référent. Ces auteurs concluent que la comparaison avec les
« autres » joue un rôle important dans le jugement de justice lorsque la
rétribution est sensiblement inférieure aux standards internes des sujets,
mais qu'elle n'a qu'un faible impact lorsque la personne s'estime bien payée
-par rapport à ces mêmes critères-.
178
L. A. Messé et B. L. Watts (1983), Complex Nature of the Sense of Fairness : Internal
Standards and Social Comparison as Basis for Reward Evaluations, Journal of Personality and
Social psychology, 45, pp. 84 – 93.
179
K. Weick (1966), The concept of equity in the perception of pay, Administrative Science
Quarterly, II, pp. 414 – 439.
141
Kellerhals et ses collaborateurs (1988)180 distinguent deux types d’autrui,
selon qu’ils appartiennent ou non à la même catégorie (groupe
professionnel…) : les « semblables » et les « différents ». Cette distinction
n’est pas négligeable dans la mesure où elle commande les probabilités
d’occurrence de divers genres de réactions à l’inéquité (Martin et Murray,
1983181). La comparaison avec les « semblables » se traduit par un
mécontentement et des réactions individuelles. La comparaison avec les
« différents » conduit plutôt à un partage du mécontentement et à des
réactions collectives : grèves et revendications.
180
[Link]. page 43.
181
J. Martin et A. Murray (1983), Distributive Injustice and Unfair Exchange, In Equity Theory:
Psychological and Sociological Perspective, D. M. Messick et K. S. Cook (eds), pp. 169–206.
182
J. Martin (1982), The Fairness of Earning Differentials : An Experimental Study of the
Perception of Blue Collar Workers, The Journal of Human Resources, 17, pp. 110 – 122.
142
Tableau 4.1.
Typologie des comparaisons interpersonnelles
143
Ce processus de comparaison est doublement paradoxal. D’une part,
l’individu se compare plus à des semblables qu’à des personnes ou des
groupes de statut nettement supérieur ou inférieur. Il les connaît en effet
mieux, tant du point de vue de leurs contributions que de leurs rétributions,
si bien que l’injustice éventuelle est davantage ressentie par rapport aux
individus qui se ressemblent que par rapport à d’autres sensiblement plus
favorisés.
D’autre part, Homans estime que ce processus est téléologique : plus les
acteurs espèrent une modification des termes de l’échange, plus ils se
comparent à autrui.
Pour Lerner (1977)183, la comparaison peut être faite soit par rapport à une
personne, soit par rapport à la position occupée par cette dernière. Il a
proposé trois types de relations en fonction desquelles les règles de justice
sont établies.
Tableau 4.2.
Comparaisons personnes vs position et type de la relation
Type de la relation
Identité Unité Altérité
144
q L’identité : correspond à une similitude quasi absolue entre les
individus, ils se perçoivent comme ayant la même nature,
appartenant à la même catégorie ; ils sont, de ce fait, fusionnels ;
q L’unité : définit des relations où les individus partagent
certaines caractéristiques et se différencient par rapport à d’autres ;
ils ont certains buts en commun ;
q L’altérité : (ou non-unit) définit des situations dans lesquelles
les acteurs ne se sentent unis par aucun projet commun et divergent
de ce fait quant à leurs statuts.
Dans chacun de ces contextes, les individus peuvent percevoir autrui, soit
de manière essentiellement personnelle et subjective, soit sous l’angle de la
constance de ses caractéristiques.
183
M. J. Lerner (1977), The Justice Motive: Some Hypotheses as to Its Origins and Forms,
Journal of Personality, 45, (1), pp. 1 – 52.
145
laquelle les individus admettent qu’il n’y a pas de bonne distribution a
priori. Ils acceptent, de ce fait, que la distribution finale soit dictée par des
éléments indépendants, telles que la chance et l’ingéniosité de chacun.
184
J. B. Berger ; P. Cohen et M. Jr. Zelditch (1972), Statuts Characteristics and Social
Interaction, American Sociological Review, 37, pp. 241-255.
146
jugés forts ou faibles, astucieux ou indifférenciés, sensibles plutôt
que logiques, etc., et ces attributs leur profèrent un certain statut,
d’une part, et sont perçus, d’autre part, comme constituant autant de
contraintes que d’atouts pour leurs prestations ;
q La deuxième concerne les rétributions. On rattache à ces statuts
la valorisation de certains objectifs (goal-objects), de certaines
rétributions, plutôt que d’autres. Ces rétributions potentielles ont des
significations très différentes selon les statuts auxquels on les
associe.
147
l’équité externe et l’équité individuelle (Milkovich et Newman, 1996185 ;
Thériault, 1991186 ; Tremblay, 1991187).
185
G. T. Milkovich et J. M. Newman (1996), Compensation, 5th Ed. Chicago : Irwin
186
R. Thériault (1991), Guide Mercer sur la gestion de la rémunération : théorie et pratique,
Gaëtan Morin Editeur.
187
M. Tremblay (1991), Déterminants de l'importance des diverses formes de justice
distributive en rémunération. AGRH - Cergy, pp. 609-617.
188
Op. cit. page 610.
148
§. IV. Définition et dimensions de l’équité salariale
D’un autre côté, comme nous l’avions souligné (§. III.), d’autres
chercheurs (Milkovich et Newman, 1996 ; Tremblay, 1991) distinguent, au
sein de la justice distributive, trois formes d’équité selon le référent choisi.
189
J. Greenberg (1987), A taxonomy of organizational justice theory, Academy of Management
Review, 12, 1, pp. 9 – 22
190
J. Greenberg et C. L. Mc Carty (1990), The Interpersonal Aspects of Procedural Justice : A
New Perspective on Pay Fairness, Labour Law Journal, vol. 41, n° 8, pp. 580 – 586.
191
J. Greenberg et R. Cropanzano (2001), Advances on Organizational Justice, Stanford Univ.
Press.
192
R. Folger et M. A. Kronovsky (1989), Effects of procedural and distributive justice on
reactions to pay raise decisions, Academy of Management Journal, 32 (1), pp. 115 – 130.
149
(justice des procédures appliquées pour la détermination et la distribution
des rémunérations), elle porte ainsi sur l’objet de la comparaison.
193
Cf. chapitre classification des éléments de la rémunération.
150
Ainsi, chaque composante de la rémunération est appréciée, en fonction des
connaissances que possède l’employé de son environnement, à l’intérieur
ou à l’extérieur de l’organisation ou en fonction de caractéristiques
individuelles.
Figure 4. 2.
Dimensions du sentiment d’équité
Sentiment
général Sentiment d’équité
d’équité
Niveau de la
comparaison Equité interne Equité externe Equité individuelle
(référents)
Rémunération variable
Avantages divers
151
La figure 4.2 nous permet de visualiser le concept de l’équité salariale tel
qu’il est considéré dans le cadre de cette recherche : c’est un construit
multidimensionnel (équité interne, externe et individuelle) et chaque
dimension est, elle même, multidimensionnelle puisqu’elle prend en
compte quatre facettes de la rémunération (fixe, variable, avantages divers
et mode de gestion de la rémunération).
152
§. V. Synthèse des principales études et recherches sur l’équité
Le tableau 4.3 présente une synthèse des études qui se sont intéressées au
sentiment d’équité.
153
Tableau 4.3.
Synthèse des principales études et expériences sur l’équité
Modes de rémunération,
Auteurs Champ Nature de l’expérience Nature du travail, Durée Résultats
du travail
Salaire à l’heure ;
22 2 groupes au hasard : « surpayé » : 11 Les « surpayés » ont une productivité moyenne supérieure
Faire des enquêtes ;
étudiants étudiants, « contrôle » : 11 étudiants au groupe témoin
Adams et Durée : 2h 30
Rosenbaum Salaire à l’heure ;
4 groupes : «surpayé» à l’heure (9 étud.),
(1962) 36 Salaire à la pièce ; Les « surpayés » à l’heure et à la pièce ont une productivité
témoin payé à l’heure (9 étud.), «surpayé» à
étudiants Faire des enquêtes ; supérieure au groupe témoin.
la pièce et «contrôle» payé à la pièce ?
Durée 2 h.
Les travailleurs qui se rendent compte qu’ils sont trop bien
Salaire à la pièce ;
18 2 groupes «surpayé» à la pièce (9 étud. et payés fournissent un travail de meilleure qualité mais
Faire des enquêtes ;
étudiants «témoin» (9 étud.). accusent une productivité plus faible que les travailleurs au
Durée 2 h.
même tarif mais persuadés que leur salaire est équitable.
Adams 3 groupes: les «très surpayés» :
(1965) insuffisamment qualifiés pour leur salaire
Salaire à la pièce Les « très surpayés » à forte dissonance cognitive font un
60 (forte diss.); les «surpayés» diss. réduite :
Correction d’épreuves travail de meilleure qualité, mais produisent nettement
étudiants qualifications et salaire faibles; et les
Durée 1 h. moins que les autres.
«normalement payés» diss. faible
pleinement payés et qualifiés pour la tâche.
- Les salariés bien payés augmentent la qualité et
maintiennent la quantité à un niveau faible.
Trois groupes : faible salaire, normal et haut
Salaire à la pièce - Les salariés mal payés augmentent la quantité au
salaire. Chaque groupe est subdivisé en deux
Andrews 96 Faire des enquêtes détriment de la qualité.
types de tâches. La perception du niveau de
(1967) étudiants Contrôler les données - La quantité est plus affectée par le sous-paiement que
salaire vient du taux de salaire passé
Durée 2 h. l’inverse.
réellement reçu.
- Le type d’inéquité n’a pas d’incidence sur la qualité
- L’intérêt pour la tâche ne modifie pas les comportements
154
Tableau 4. 3. (suite) :
Modes de rémunération, Nature
Auteurs Champ Nature de l’expérience Résultats
du travail, Durée du travail
Andrews et On demande aux individus de qualifier
80
Valenzi une situation : estime de soi, sécurité Sans objet L’inéquité de salaire est rarement évoquée
étudiants
(1970) d’emploi ou inéquité.
Andrews et Salaire à l’heure
31 Trois groupes : « surpayé », « sous- Pas de différence de productivité entre les
Valenzi Faire des enquêtes
salariés payé » et groupe témoin. « surpayés », les « sous-payés » et le groupe témoin.
(1971) Durée : 3 sessions de 2h par jour
En manipulant le degré (faible ou fort), les résultats
Un chef sous-rétribue ses coéquipiers, sont les suivants :
Bergman et ces derniers ont la possibilité de corriger - en cas de légère injustice, les sujets tendent
Leventhal salariés l’injustice, mais que partiellement : ils ne - effectivement à corriger la situation ;
(1969) peuvent pas augmenter leur salaire - au delà d’un certain niveau d’injustice, la personne
jusqu’au seuil d’équité. ne cherche plus à rétablir, mais plutôt à stigmatiser le
responsable de la situation.
Quatre groupes : surpayé par rapport à la Les surpayés par rapport à la quantité produite
Friedman et quantité produite (12 étud.), surpayé par Salaire à l’heure ; produisent plus que le groupe témoin correspondant ;
54
Goodman rapport à la qualité (15 étud.), témoin du Coder des questionnaires ; Les surpayés par rapport à la qualité font un travail de
étudiants er
(1969) 1 groupe (12 étud.), témoin du 2e groupe Durée 2 h. meilleure qualité que celui du groupe témoin
(13 étud.). correspondant.
Friedman et Deux groupes : « surpayé » en raison de Salaire à l’heure
51 Pas de différences significatives dans la productivité
Goodman leur qualifications (25 étud.), témoin (26 Faire des enquêtes
étudiants du travail des deux groupes.
(1967) étud.) Durée 4 jours.
Les salariés surpayés par rapport à la quantité produite
Goodman et Salaire à l’heure
73 Six groupes selon l’origine du « sur- produisent plus que les autres.
Friedman Coder des questionnaires
étudiants paiement » : qualité ou quantité produite. Pas de résultats significatifs pour les salariés surpayés
(1971) Durée 2h.
par rapport à la qualité produite.
Lawler et Salaire à l’heure
40 Deux groupes : salaire équitable (20 Les salariés sous-payés produisent plus mais d’une
O’Gara Faire des enquêtes
étudiants étud.) et « sous-payé » (20 étud.) moindre qualité.
(1967) Durée 2 h.
155
Tableau 4.3. (suite) :
Modes de rémunération,
Auteurs Champ Nature de l’expérience Nature du travail, Durée Résultats
du travail
- Les surpayés/qualifications produisent plus que les autres.
Trois groupes : « à salaire équitable » :
- Il n’y a pas de différence dans la quantité produite entre les
(20 étudiants) ; « surpayé » par rapport Salaire à l’heure
Lawler 60 surpayés/circonstances fortuites et les payés équitablement.
à leurs qualifications (20 étud.) et Faire des enquêtes
(1968) étudiants - Les surpayés/qualifications produisent une qualité inférieure à
« surpayé » à cause d’un concours de Durée : 3 sessions de 2h.
celle du groupe payé équitablement.
circonstances.
- La qualité du travail décroît sur les trois sessions.
Situation de travail où deux salariés Dans la première situation ou le coéquipier est un inconnu,
Morgan et accomplissent une même tâche en se l’inéquité a pour conséquence d’augmenter les comportements
Sawyer Salaries savant inégalement rétribués. - compétitifs. Par contre, entre amis, l’inégalité des rétributions
(1979) En jouant sur l’identité du coéquipier est tolérée : toute inégalité de rétribution semble consacrer une
qui est tantôt un ami, tantôt un inconnu. inégalité de statut. Il n’en va pas de même entre amis.
Les surpayés à l’heure n’ont pas de productivité plus grande que
Salaire à l’heure les normalement payés, les surpayés à la pièce ne produisent pas
Salaire à la pièce avec 3 plus à l’intérieur du même taux de salaire. Les sous-payés à
Pritchard ;
taux : un salarié peut l’heure n’ont pas une plus faible production que les
Dunette et 253 Trois groupes : « surpayé »,
moduler son effort avec le normalement payés. Les « sous-payés » à la pièce ne produisent
Jorgenson étudiants normalement payé et « sous-payé ».
même taux de salaire. pas moins à l’intérieur du même taux de salaire, de sorte qu’ils
(1972)
Faire des enquêtes : 4 jours feraient moins d’effort pour le même salaire.
et demi. Une augmentation de salaire due à un changement du mode de
rémunération entraîne une production accrue.
Les contributions sont Ne pouvant pas augmenter leur part, les sujets optent pour une
dans le rapport 4/3/3, (seul coalition et préfèrent demander de ramener la rétribution du chef
Webster et
le chef produit 4) et les à 4 : plutôt que d’équilibrer localement les rapports entre
Smith Salariés Sujets rétribués pas un chef injuste
rétributions contribution et rétribution, ils préfèrent agir de manière à ce
(1978)
correspondantes sont de l’une des situations au moins soit juste par rapport au référentiel
7/1,5/1,5. général.
156
EN BREF
157
CHAPITRE V
MODELE ET HYPOTHESES DE RECHERCHE
158
§.I. Hypothèses descriptives
I. La satisfaction au travail
La majorité des recherches empiriques qui portent sur la satisfaction au
travail perpétue une déficience conceptuelle au niveau de la formulation
d'une définition globale de la satisfaction au travail (Larouche et
Delorme, 1972)194. Bon nombre de chercheurs préfèrent passer
directement à son opérationnalisation, (Evans, 1969195 et Wanous et
Lawler, 1972196). En guise d'exemple, nous citons la définition adoptée
par Beer (1964)197, pour qui la satisfaction au travail est illustrée par les
« attitudes des travailleurs face à leur compagnie, à leur emploi, à leurs
compagnons de travail et face aux autres objets psychologiques
présents dans la situation de travail ».
194
V. Larouche et F. Delorme (1972), Satisfaction au Travail : Reformulation Théorique,
Relations industrielles, Vol. 27, pp. 567-599
195
M. G. Evans, (1969), Conceptual and operational problems in the measurement of various
aspects of job satisfaction, Journal of applied psychology, vol. 53, N° 1, pp. 93-101.
196
J. P. Wanous et E. E. Lawler, (1972), Measurement and meaning of job satisfaction,
Journal of applied psychology, vol. 56, N° 2, pp. 95-105.
197
M. Beer (1964), Organizational size and job satisfaction, Academy of management journal,
vol. 7, N° 1, page 34.
198
P.C. Smith, L. M. Kendall et C. L. Hulin (1969), The measurement of satisfaction in work
and retirement, Chicago, Rand Mc Nally, page 6.
159
sentiment résulte de la différence perçue entre ce qui est attendu et le
retour réellement perçu. Pour Locke (1976), un emploi n'est pas une entité
mais une interconnexion des tâches, de rôles, de responsabilités,
d'interactions, d'encouragements et de récompenses199.
La satisfaction au travail est, ainsi, une notion qui peut être approchée
comme un phénomène global, ou comme étant un tout composé de
multiples facettes. Smith et al. (1969) mettent l'accent sur ces différentes
composantes. De ce fait, la satisfaction au travail est mesurée de deux
manières différentes. La première alternative, opte pour la mesure de la
satisfaction au travail d'une façon globale sans s'attarder sur les aspects
particuliers d'un emploi. La deuxième consiste à mesurer la satisfaction
propre aux diverses facettes d'un travail pour en tirer un indice global par
le biais d'une sommation.
199
Locke (1976) page 1301.
160
Dyer et Thériault (1976) se situent dans l'approche multidimensionnelle.
Selon ces auteurs, l'individu éprouve de la satisfaction à l'égard de deux
dimensions du salaire, son montant et son mode de gestion.
Heneman et Schwab (1976) et Heneman (1985), se situent aussi dans cette
même approche. Ils identifient, quant à eux, cinq dimensions
indépendantes de la satisfaction à l'égard de la rémunération. Il s'agit (1)
du niveau du salaire ; (2) des avantages divers ; (3) des augmentations ; (4)
de la structure des rémunérations et enfin (5) de la gestion du système de
rémunération. Ces deux dernières dimensions ont été agrégées dans une
seule facette « la structure et la gestion de la rémunération ».
161
par Tremblay (1991)200.
200
Op. Cit. page 610.
162
§. II. Hypothèses explicatives
201
E. E. Lawler (1971), op. cit. ; E. Lawler (1973), Motivation in work organizational,
Monterey, California : Brooks/Cole.
202
H. G. Heneman et D. P. Schwab (1985), Pay satisfaction: its multidimensional nature measurement.
International Journal of Psychology, 20, pp. 129-141.
163
satisfaction à l'égard de la rémunération. D'où l'hypothèse :
164
Figure 5.1.
Relations de causalité
H.5. Satisfaction à
Equité salariale
l’égard de la
rémunération
Interne
H.6.
Externe
Individuelle Satisfaction au
travail
H.4.
165
DEUXIEME PARTIE
ETUDE EMPIRIQUE
Le chapitre VII, quant à lui sera réservé au prétest des échelles de mesure.
Nous utiliserons ainsi l'Analyse en Composantes Principales qui demeure
une analyse fondamentalement exploratoire et descriptive utile pour
constituer une première idée sur la dimensionnalité d'une échelle de
mesure. Par ailleurs, l'analyse factorielle confirmatoire sera également
utilisée, lors du chapitre VIII, pour tester les premières structures issues
des analyses en composantes principales à l'aide de tests plus puissants.
166
Aussi, des indices formels nous permettront d'évaluer la qualité
d'ajustement des modèles spécifiés en amont aux données recueillies. Nous
présenterons, ainsi dans ce chapitre les étapes de la validation et
confirmation des échelles de mesure sur une nouvelle population, ainsi
qu'un bref rappel des techniques de confirmation.
167
Figure II.1.
Plan de la deuxième partie
Littérature
non
Echelle de mesure issue de la
littérature
Construction de l’échelle
Chapitre 8
Etude confirmatoire Etude confirmatoire
Chapitre 9
Etude des relations Etudes causales
causales
168
CHAPITRE VI
CONSTRUCTION DES ECHELLES DE MESURE
169
La démarche méthodologique adoptée dans cette recherche repose sur les
étapes préconisées par le paradigme de Churchill (1979)203 (figure 6.1).
Nous allons, tout d'abord, définir ce paradigme et expliquer sa démarche
avant de l'appliquer pour établir les échelles de mesure des variables clefs
de notre étude.
Churchill (1979) a développé une démarche d'ordre méthodologique
appelée Paradigme de Churchill, visant à intégrer les connaissances de la
théorie de la mesure ainsi que les techniques appropriées pour l'améliorer
dans une procédure systématique. De ce fait, cette démarche permet de
construire, avec rigueur, des instruments de mesure de type questionnaires
à échelles multiples.
203
G. A. Churchill (1979), A paradigm for developing botter Measures of marketing constructs,
Journal of marketing research, vol. 16, February, pp. 64-73.
170
Figure 6.1.
Démarche du paradigme de Churchill
171
Très souvent utilisée par les chercheurs en Marketing, (Peter, 1981204 ;
Perrien et al., 1984205 ; Kapferer et Laurent, 1986206 ; D'Astous et al.,
1989207 ; Parasuraman et al., 1990208 ; Bearden et Netemeyer, 1999209) cette
démarche peut être considérée comme une définition d'une échelle de
mesure a posteriori.
Le paradigme de Churchill s'applique au processus de création et de
développement des échelles multiples ou multi-items. Il consiste à
élaborer des échelles où plusieurs énoncés mesurent un seul indicateur.
Dans le cas de notre étude, nous utiliserons le paradigme de Churchill
pour la construction des échelles de mesure de l'équité salariale et de la
satisfaction vis-à-vis de la rémunération.
204
J. P. Peter (1981), Construct Validity: a review of basic issues and marketing practices,
Journal of Marketing Research, vol. 18, May, pp. 133 - 145.
205
J. Perrien ; M. Zins et E. J. Chéron. (1984), Recherche en Marketing : méthodes et décisions,
Québec, G. Morin.
206
J. Kapferer et G. Laurent (1986), Consumer Involvement Profiles: a new approach to
consumer involvement, Journal of Advertising Research, 25 (6), pp. 48 - 56.
207
A. d'Astous ; G. Valence et L. Fortier (1989), «Conception et validation d'une échelle de
mesure de l'achat compulsif,» Recherche et Applications en Marketing, Vol. 4, No. 1, 3-16.
208
A. Parasuraman; V. A. Zeithaml et L. L. Berry (1990) ; SERVQUAL: une échelle multi-
items de mesure des perceptions de la qualité de service par les consommateurs, Recherche et
Applications Marketing, 6 (2), pp. 19 - 42.
209
O. W. Bearden et R. G. Netemeyer (1999), Handbook of Marketing Scales, Multi-Item
Measures for Marketing and Consumer Behavior Research. Second Edition, Sage Publications.
210
Y. Evrard ; B. Pras et E. Roux (2000), Market, Etudes et Recherches en Marketing, éd.
Nathan, page 302.
172
Figure 6.2.
Synthèse du paradigme de Churchill
1 Définition du domaine conceptuel
2 Phase exploratoire
- Fiabilité ;
- Validité de construit ;
- Cohérence interne
- Liaisons avec d’autres mesures ;
- Développement de normes (distribution de scores)
Elle s'inscrit dans la théorie de la mesure qui vise à tester la qualité des
instruments de mesure tels que les échelles d'attitude que nous utilisons dans la
présente recherche pour mesurer le sentiment d'équité, la satisfaction à
l'égard de la rémunération et la satisfaction au travail. Elle est fondée sur la
vraie valeur formalisée de la manière suivante (Evrard et al., 2000).
M = V + Es + Ea
Mesure = Vraie + Erreur + Erreur
Obtenue Valeur systématique aléatoire
173
L'objectif assigné à un instrument de mesure tel que le questionnaire, est
de tendre vers l'obtention d'une mesure parfaite du phénomène étudié (vraie
valeur). Cette quête s'avère difficile lorsque le domaine étudié porte sur des
attitudes et des perceptions subjectives. Aussi, les différentes étapes
proposées dans le paradigme de Churchill visent à réduire deux types
d'erreur de mesure.
D'abord, la phase exploratoire tente de réduire l'erreur aléatoire, c'est à dire
l'exposition de l'instrument aux « aléas tels que les circonstances,
l'humeur des personnes interrogées... » (Evrard et al., 2000). Cela est
possible en testant la fiabilité des échelles. Ensuite, la phase de validation
essaie de réduire, non seulement l'erreur aléatoire, mais aussi l'erreur
systématique, ou biais, liés à la conception de l'instrument. Dans la figure
6.2, la phase exploratoire comprend les quatre premières étapes -indiquées
dans la figure 6.1- alors que la phase de validation regroupe les quatre
dernières séquences.
La première étape, à savoir « spécifier le domaine du construit », a fait
l'objet de la première partie de cette recherche. Au cours de l'étude
empirique nous appliquerons les étapes restantes. Ainsi, dans ce chapitre,
nous présenterons la procédure méthodologique suivie pour la construction
des échelles de mesure.
L'élaboration du questionnaire d'enquête correspond à la seconde étape
du paradigme de Churchill (1979). Il s'agit de générer des énoncés afin de
construire le questionnaire servant à mesurer la perception de l'équité
salariale et la satisfaction à l'égard de la rémunération des employés. Cette
étape fait partie de la phase exploratoire.
Dans cette étude, nous avons utilisé trois échelles pour mesurer (1) la
satisfaction au travail, (2) la satisfaction à l'égard de la rémunération et (3)
174
l'équité salariale. Seule la première échelle de mesure est issue de la
littérature. Elle a été choisie en fonction de sa renommée et de ses
qualités psychométriques. Les deux autres échelles de mesure relatives à
l'équité salariale et à la satisfaction à l'égard de la rémunération ont fait
l'objet d'une procédure de développement en suivant la démarche du
paradigme de Churchill (1979).
Figure 6.3.
Méthodologie de la construction des échelles de mesure
Littérature
NON
Echelle de mesure issue de la
littérature
Construction de l’échelle de
mesure
175
D'abord, nous nous sommes penchés sur la littérature pour vérifier si les
concepts ont déjà fait l'objet d'une mesure qui convient au design et à
l'objectif de notre recherche. Si c'est le cas, nous passons directement à la
dernière étape de prétest de l'échelle (cas de l’échelle de la satisfaction au
travail).
176
§. I. Echelle de mesure de la satisfaction au travail
177
Larouche et al. (1973) 211, établissent, sous forme de tableau d'équations
mathématiques, un certain nombre de définitions opérationnelles de la
satisfaction au travail.
Ces définitions tiennent compte de la façon dont la satisfaction au travail a
été approchée. D'abord, la manière de combiner l'information : la
satisfaction ou l'insatisfaction des multiples facettes de l'emploi peut être
additive ou multiplicative. Ensuite, le nombre et la nature des dimensions
contenues dans les facettes de l'emploi varient d'une définition à l'autre.
D'autres mesures n'incluent aucune pondération des facettes de l'emploi
laissant supposer qu'elles ont toutes un poids égal.
Tableau 6.1.
Définitions opérationnelles de la satisfaction au travail
1 SG = ∑(Présentement)
SG = ∑ (Présentement)
Il s'agit d'un indice global de satisfaction. Il consiste à additionner les
mesures relatives aux différentes facettes de l'emploi. Cette approche ne
211
page 79.
178
tient pas compte de l'importance accordée par les répondants à chaque
dimension. Pour les partisans de cette approche212, dériver une mesure
globale de la satisfaction à partir des différentes facettes de l'emploi,
comprend une pondération en soi.
SG = ∑ (Aimerait - Présentement)
Contrairement à l'équation précédente, celle-ci fait appel aux besoins et
aspirations de l'employé. En effet, le terme « devrait être » a été remplacé
212
L. W. Porter (1961), A study of perceived need satisfaction in bottom and middle management
jobs, Journal of Applied Psychology, Vol. 45, N° 1, pp. 1- 10.
C. P. Alderfer (1969), An empirical test of a new theory of human needs, Organizational
Behavior and Human Performance, Vol. 4, N° 2, pp. 142-175.
R. B. Ewen (1967), Weighting components of job satisfaction, Journal of Applied Psychology,
Vol. 51,N° 1, pp. 68 -73.
213
M. R. Blood (1971), The validity of importance, Journal of Applied Psychology, Vol. 55, N° 5,
pp. 487 - 488.
179
par « aimerait ». L'individu serait dès lors satisfait si son travail lui
permet de combler ses besoins et insatisfait dans le cas contraire.
De la même façon que les équations précédentes, cette formulation de la
satisfaction au travail considère que les multiples facettes du travail ont la
même importance et ne prévoit pas de formulation de pondération de
l'importance des facettes.
Cependant Locke et al. (1964)214 et Mobeley et Locke (1970)215,
proposent une formulation sous forme de multiplication parant à cette
limite : SG = ∑ (Importance X (Aimerait - Présentement)).
SG = ∑ (Importance - Présentement)
Cette équation permet de tenir compte de l'importance de chacune des
facettes du travail216. Toutefois, Evans (1969) note que cette formulation
reste inapplicable puisqu'elle peut fausser la réalité : sur une échelle de 1
à 7, un employé qui note 7 l'importance qu'il accorde à un aspect
particulier de son emploi et 7 à ce qu'elle est présentement, du fait qu'il en
soit très satisfait, serait mis sur le même pied d'égalité qu'un individu qui
ne se sent pas gratifié par le même aspect et qui lui accorde une faible
importance, il notera 1. les deux situations : 7-7 = 0 et 1-1 = 0 Pour parer
à cette limite l'équation 7: G = ∑ (Importance X Présentement) représente
une mesure de la satisfaction générale à partir de la sommation des
différentes mesures de satisfaction, résultant d'une mesure d'importance
multipliée par « ce qui est présentement ».
214
E. A. Locke et al.(1964), Convergent and discriminant validity for areas and rating methods
of job satisfaction, Journal of Applied Psychology, 48, pp313-319
215
W. H. Mobeley et E. A. Locke, (1970), The relationship of value importance to satisfaction,
Organizational Behavior and Human Performance, 5, pp. 463 - 483.
216
J. R. Glennon et al. (1960), a new dimension in measuring morale, Harvard Business School,
Vol. 38, N° 1, pp. 106 - 107.
R. G. Kuhler (1963), Needs, Perceived need satisfaction opportunities, and satisfaction with
occupation, Journal of Applied Psychology, Vol. 47, N° 1, pp. 56 - 64.
I. C. Ross et A. Zander (1957), Need satisfaction and employee turnover, Personnel Psychology,
Vol. 10, N° 3, pp. 327 - 338.
180
Pour Larouche et al. (1973), les différentes formulations multiplicatives
de la mesure de l'importance n'augmentent en rien la capacité prédictive
de la satisfaction au travail des équations 1, 2, 3 et 4.
Figure 6.4.
Raisonnement bi-polaire satisfaction/insatisfaction (Larouche,
1973)
Insatisfaction
T0 T1 T2 T3 Tn
Satisfaction
T0 : référence au passé ;
T1 : présent (au moment où l’individu fait son évaluation) ;
T2 , T3 … Tn : références au futur.
181
A partir de cette conception, plusieurs échelles graduées de mesure de
la satisfaction au travail ont été établies. Il s'agit par exemple des
graduations :
Ø Pas du tout satisfait, peu satisfait, satisfait, très satisfait et
extrêmement satisfait ;
Ø Pas du tout satisfait, insatisfait, ni satisfait ni insatisfait,
satisfait et tout à fait satisfait.
182
(5) la sécurité sociale et économique
(6) la réaction des individus envers des situations désagréables
(1) la supervision
(2) les relations entre pairs au travail
(3) les conditions de travail
(4) la sécurité d'emploi
(5) l'organisation générale
(6) le salaire
217
V. Larouche et al. (1973), Satisfaction au travail : problèmes associés à la mesure,
Relations Industrielles, Vol. 28, N°1, page 86.
218
J. C. Worthy (1950), Factors influencing Employee Moral”, Harvard Business Review, Vol.
28, January, pp. 61-73.
219
N. Morse (19531, Satisfaction in the with-Collar job, Arn Arbor: University of Michigan
Institute of Social Research, Survey Research Center.
183
suivantes :
Smith et ses collègues (1969)220 ont élaboré le Job Description Index (JDI).
Il comporte 72 énoncés répartis sur cinq thèmes :
(1) les relations entre pairs
(2) les promotions
(3) le salaire
(4) la supervision
(5) le travail lui-même
1 Utilisation des habiletés : emploi des habiletés des individus dans le travail ;
2 Réalisation personnelle : sentiment d'accomplissement retiré du travail ;
3 Activité : pleine occupation des journées de travail ;
4 Avancement : possibilités d'avancement dans l'entreprise ;
5 Autorité : rapports avec les subordonnés ;
6 Politiques et pratiques de l'organisation : différentes pratiques et usages dans
l'entreprise ;
7 Salaire : salaire reçu en contrepartie du travail fourni ;
220
P. C. Smith L. M Kendall. et C. L. Hulin (1969), The measurement of satisfaction in work
and retirement, Chicago : Rand McNally.
221
J. Weiss et al. (1967), Manual for the Minnesota Satisfaction Questionnaire. Minnesota
studies in vocational rehabilitation: XXII, Minnesota State University.
184
8 Collègues de travail : rapports et ambiance entre les collègues ;
9 Créativité : possibilité d'innover et d'essayer d'autres méthodes de
travailler ;
10 Indépendance : possibilité de travailler individuellement ;
11 Valeur morale : accomplissement de tâches qui ne vont pas à l'encontre
des valeurs de l'individu ;
12 Reconnaissance : gratitude pour le travail effectué ;
13 Responsabilité : possibilité d'assumer ses responsabilités et de pouvoir
prendre des décisions ;
14 Sécurité : sécurité et la stabilité de l'emploi ;
15 Service social : accomplir des tâches dans le but d'aider d'autres personnes ;
16 Statut social : statut de l'employé dans l'entreprise ;
17 Supervision humaine : relations avec les supérieurs hiérarchiques ;
18 Supervision technique : compétences techniques des supérieurs
hiérarchiques ;
19 Variété : variété des tâches à accomplir ;
20 Conditions de travail : qualité de l'environnement de travail.
Source : Roussel, (1994)
Ces différents instruments de mesure sont très variés quant au nombre et
aux aspects pris en compte. Toutefois, en dépit de cette variabilité des
instruments, Larouche (1973) identifie, en parcourant les multiples études
empiriques, les mêmes facteurs composant la satisfaction au travail :
185
Axes Appellation
(1) facteur général
(2) facteur intrinsèque
(3) facteur extrinsèque
(4) les conditions de travail
(5) la reconnaissance
(6) les collègues de travail
(7) la supervision
(8) l'autonomie
(9) la réalisation de soi
Il nous paraît important de souligner que nous avons ajouté un 21ème item
d'auto- désignation, qui mesure la satisfaction globale au travail. En
186
effet, suivant les préconisations de Scarpello et Campbell (1983)222,il
paraît plus judicieux, pour palier aux défauts de la mesure de la
satisfaction par les facettes explicitées ci-dessus, d'ajouter un item
mesurant la satisfaction globale. Cet item sera maintenu s'il permet
d'améliorer la variance globale restituée par l'échelle de mesure.
222
V. Scarpello J. P. Campbell (1983), Job satisfaction: are all the parts there? Personnel
Psychology, 36, pp. 577 - 600.
187
Tableau 6.2.
Echelle de mesure de la satisfaction au travail
Etes-vous satisfait ?
1 de vos possibilités d'avancement
2 des conditions de travail
3 des possibilités de faire des choses différentes de temps en temps
4 de votre importance aux yeux des autres
5 de la manière dont votre supérieur dirige ses employés (rapports humains)
de la compétence de votre supérieur dans les prises de décisions (compétences
6
techniques)
7 des possibilités de faire des choses qui ne sont pas contraires à votre conscience
8 de la stabilité de votre emploi
9 des possibilités d'aider les gens dans l'entreprise
10 des possibilités de dire aux gens ce qu'il faut faire
11 des possibilités de faire des choses qui utilisent vos capacités
de la manière dont les règles et les procédures internes de l'entreprise sont mises en
12
application
13 de votre salaire par rapport à l'importance du travail que vous faites
14 des possibilités de prendre des décisions de votre propre initiative
15 des possibilités de rester occupé tout le temps au cours de la journée de travail
16 des possibilités d'essayer vos propres méthodes pour réaliser le travail
17 des possibilités de travailler seul dans votre emploi
18 de la manière dont vos collègues s'entendent entre eux
19 des compliments que vous recevez pour la réalisation d'un bon travail
20 du sentiment d'accomplissement que vous retirez de votre travail
188
§. Il. Echelle de mesure de la satisfaction à l'égard de la rémunération
189
Items de la satisfaction vis-à-vis du niveau du salaire :
N° d'ordre Items
1 Mon salaire net
5 Mon salaire brut mensuel
10 Mon niveau global de rémunération
14 L'importance de mon salaire brut mensuel
Ce questionnaire tel qu'il a été présenté par ses auteurs, ne convient pas à
notre cadre de recherche. Il ne permet pas, entre autres, d'apprécier la
190
satisfaction des employés à l'égard de leur rémunération variable.
Question : Chacun d'entre nous tient compte de multiples facteurs pour juger sa
rémunération. En ce qui vous concerne, êtes vous satisfait de votre rémunération compte
tenu ?
1 de vos avantages non-monétaires
2 de la rémunération directe à laquelle vous pensez pouvoir prétendre
dans d'autres entreprises
3 de vos contributions à votre entreprise
4 des caractéristiques de votre emploi
Question : Quel est votre niveau de satisfaction quand vous comparez vos contributions, les
caractéristiques de votre emploi, et votre rémunération directe ?
191
En conclusion à ces questions :
24 globalement, quel est votre niveau de satisfaction par rapport à la gestion de votre
rémunération directe ?
25 en fonction de l'importance que vous attachez à différents aspects de votre emploi,
quelle importance accordez-vous à votre rémunération directe ?
192
Question : Chacun d'entre nous tient compte de multiples facteurs pour apprécier
l'augmentation de sa rémunération. En ce qui vous concerne êtes vous satisfait de vos
augmentations compte tenu :
193
Question : Quel est votre niveau de satisfaction par rapport ?
Question : Etes vous satisfait de l'évolution de vos avantages divers quand vous tenez
compte ?
50 globalement, quel est votre degré de satisfaction par rapport à vos avantages
divers ?
51 en fonction de l'importance que vous attachez à différents aspects de votre
emploi, quelle importance accordez-vous à vos avantages divers ?
Comme le PSQ, le questionnaire établi par Roussel (1994) n'est pas adapté à
notre cadre conceptuel. En effet, dans certains énoncés, des items concernant
le sentiment d'équité ont été introduits pour mesurer la satisfaction à l'égard de
chaque aspect de la rémunération : « ... compte tenu des personnes que vous
prenez comme points de repère à l'extérieur / intérieur de votre entreprise ».
194
Dans notre recherche, nous souhaitons mesurer chaque concept à part. En
outre, notre classification des éléments de la rémunération diffère de celles
prises en compte par ces deux mesures. Nous avons, ainsi, procédé au
développement d'un questionnaire servant à mesurer la satisfaction à l'égard
de chacune des facettes de la rémunération définies dans le cadre conceptuel
de la présente recherche.
Les énoncés du questionnaire ont été générés à partir des échelles présentées
supra.
Pour chacune des dimensions de la satisfaction à l'égard de la rémunération
définies dans le cadre conceptuel de la présente recherche, un nombre d'items
a été généré pour la mesurer.
195
Items de la satisfaction à l'égard de la rémunération variable :
Question : Chacun d'entre nous tient compte de multiples facteurs pour apprécier sa
rémunération variable. En ce qui vous concerne, êtes vous satisfait de votre rémunération
variable compte tenu de...
196
Items de la satisfaction à l'égard de la gestion de la rémunération :
197
l'égard de la rémunération globale :
198
§. III. Le sentiment d'équité salariale
Pour pouvoir générer un ensemble d'items, nous nous sommes, d'une part,
basés sur des mesures existantes appliquées lors de précédentes études sur
le sujet (Tremblay, 1991 ; Milkovich et Newman, 1996223 et Summers et
Hendrix, 1991224). D'autre part, nous avons procédé à une étude
qualitative afin de ressortir les principaux points de comparaisons
auxquels se réfèrent les employés du privé et du public en France, ainsi
que leurs critères de comparaison.
Toutes les recherches sur l'équité ont conclu à l'inexistence d'un référent
universel ou unique en matière de jugement, les individus établissent leur
perception d'équité sur plus d'un référent et les réactions varient suivant
223
G. T. Milkovich et J. M Newman (1996), Compensation, 5th Ed. Chicago : Irwin.
224
T. P Summers et W. H. Hendrix (1991), Modelling the role of pay equity perceptions: a field
study, Journal of Occupational Psychology, (64), pp. 145 - 157.
199
les différentes perceptions (Ronen, 1996225 ; Dornstein, 1991226 ;
Summers et DeNisi, 1990227 ; Hills, 1980228). C'est la raison pour laquelle
nous avons procédé à la construction d'une échelle de mesure de l'équité
salariale propre au contexte de notre étude.
Dans cette approche, nous avons réalisé une étude qualitative qui nous a
permis de comprendre le processus du choix des référents, de connaître
les déterminants d'un salaire équitable et de pouvoir générer un ensemble
d'items dans le but de construire une échelle de mesure de l'équité
salariale.
L'objectif de cette phase empirique qualitative est d'acquérir une vision
aussi complète que possible de la perception de l'équité salariale. Cette étape
doit aboutir à la génération d'items, qui, utilisés dans le questionnaire,
caractériseront la perception de l'équité salariale.
Ainsi, cette phase qualitative vise à comprendre un phénomène et à
l'analyser en profondeur, avec toutes ses subtilités.
Les différentes étapes de la démarche qualitative menée peuvent être
schématisées comme le montre la figure 6.5.
225
S. Ronen (1996), Equity Perception In Multiple Comparisons : A Field Study, Human Relations,
(39), pp. 333 - 346.
226
M. Dornstein (1991), Fairness of pay Incentives Industrial Employees in Israel, Personal
Review, vol. 19, n° 2, pp. 27-33.
227
T. P. Summers et A. S. DeNisi (1990), In Search of Adams'Other : Reexamination of Referents
Used in the Evaluation of Pay, Human Relations, vol. 43, N° 6, pp. 497-511.
228
F. S. Hills (1980), The Relevant Other in Pay Comparisons, Industrial Relations, Fall, Vol. 19,
Issue 3.
200
Figure 6.5.
Méthodologie de l'étude qualitative
Etapes du Paradigme de
Méthodologie appliquée
Churchill
• Revue de la littérature
Spécifier le domaine du • Elaboration du modèle
construit conceptuel
• Entretiens semi-directifs
enregistrés auprès de 43
Générer un échantillon salariés
d’items • Retranscription intégrale
• Première construction d’un
échantillon d’items
• Confirmation externe :
soumission à 9 experts
académiques pour validité du
contenu
• Sélection des items définitifs
229
F. Wacheux (1996), Méthodes qualitatives et recherche en gestion, Paris, Economica.
201
Figure 6.6.
Design des études qualitatives
I. Mode de recueil
202
notre choix s'est porté sur l'entretien individuel. Pour Blanchet (1994)230,
ce dernier a pour fonction de mettre en lumière les aspects du phénomène
auxquels le chercheur ne peut penser spontanément, et de compléter les
pistes de travail suggérées par ses lectures.
Gravitz (1993)231 explique que, pour conduire un entretien centré,
« l'enquêteur reste libre, quant à la façon de poser les questions, leur
libellé, leur ordre, il peut en ajouter, mais il est tenu de recueillir les
informations exigées par la recherche. La liberté de l'enquêteur et de
l'enquêté n'est pas totale, mais limitée par le cadre de la recherche.
L'enquêté peut répondre à sa guise, mais non parler de n'importe quoi.
L'enquêteur le ramène au sujet. » L'auteur ajoute que l'objectif de l'entretien
centré est d'identifier les différents types de réactions des individus par
rapport à un thème.
L'entretien semi-directif est ouvert et centré, il repose non seulement sur
les réactions de l'interviewé à des questions précises, mais également sur
l'expression libre de ses idées sur un sujet (Mucchielli, 1991232). Il permet
de laisser libre l'interviewé quant aux thèmes qu'il souhaite aborder, à
l'intérieur d'un thème global de départ, mais prévoit pour le chercheur la
possibilité de réorienter la discussion, dans un second temps, sur des
thèmes préalablement définis et qui n'auraient pas été évoqués
spontanément. Le chercheur est ainsi, actif car il soutient son
interlocuteur dans sa réflexion.
Selon Mucchielli (1991), il faut apprendre à analyser, synthétiser au fil
du discours, ce que dit d'important l'interlocuteur, être capable de
ramener toujours la compréhension de ce qui est dit par rapport à l'objet
230
A. Blanchet (1994), L'enquête et ses méthodes : l'entretien, Paris, Nathan.
231
M. Gravitz (1993), Méthodes des Sciences Sociales, Paris, Dalloz, (9ème édition).
232
A. Mucchielli (1991), Les méthodes qualitatives, Que sais-je ? N° 2591, PUF.
203
de l'entretien.
L'enquête a donc été réalisée par entretiens semi-directifs, en usant peu
de la relance pour laisser la possibilité à l'interviewé d'exprimer son
opinion quant à sa propre perception de l'équité.
Figure 6.7.
Démarche de l’établissement du guide d’entretien
204
Définition des besoins en information : nous cherchons à comprendre la
manière dont les salariés jugent leur rémunération et quels sont les
déterminants de l'équité. Notre principal objectif est d'éviter de
provoquer la lassitude ainsi que de diluer l'intérêt du répondant et ce,
dans un souci de qualité de l'information recueillie.
Notre guide d'entretien est ainsi constitué de trois questions dont l'ordre diffère
d'un sujet à l'autre.
1. La question : « selon vous, qu'est ce qu'une rémunération
juste ? », permet de déceler les éléments que l'employé prend en
compte pour évaluer sa rémunération.
2. La question : « quand vous jugez votre rémunération, par
rapport à qui vous comparez-vous ? » rend compte du référent
choisi par le répondant, en vue de comprendre sa stratégie de
comparaison.
3. La question selon vous « quels sont les critères qui
peuvent légitimer les différences entre deux personnes occupant
le même poste en terme de salaire ? », ouvre un débat sur les critères
de légitimité des différences salariales au sein de l'entreprise.
Tableau 6.3.
Répartition des personnes interrogées par secteur, sexe et âge.
Tranches d’âge
-de 25 ans 25-30 31-35 36-40 41-45 45-50 >50 ans Total
Secteur femmes 2 3 1 1 2 1 10
public hommes 5 2 1 3 5 2 18
Secteur femmes 3 1 1 5
privé hommes 1 3 3 1 2 10
Total 3 14 7 3 6 7 3 43
Les interviews d'une durée de trente à quarante minutes ont été réalisées au
jour et à l'heure convenus par les interviewés. Nombre d'entretiens ont été
effectués en dehors de leur lieu de travail. Nous avons procédé à
l'enregistrement des entretiens pour analyser leur contenu ultérieurement.
207
Figure 6.8.
Les étapes de la démarche de l’analyse qualitative
Pour l'analyse des entretiens, nous avons opté pour une méthode d'analyse
catégorielle thématique, une des méthodes d'analyse de contenu (Bardin,
1986233), utilisant comme support les entretiens réalisés.
Bardin lui attribue deux fonctions :
• une fonction heuristique qui enrichit une approche de découverte
exploratoire : c'est l'analyse de contenu « pour voir ou comprendre » ;
• une fonction d'administration de preuve empirique, ou d'inférence
à partir d'hypothèses de travail que l'on cherche à valider, comme c'est le
cas pour cette recherche.
Ces deux fonctions se traduisent dans la définition que lui donne le même
233
L. Bardin (1986), L'analyse de contenu 2ème éd. PUF le psychologue.
208
auteur : l'analyse de contenu est un ensemble de techniques d'analyse des
communications visant, par des procédures systématiques et objectives de
description des messages, à obtenir des indicateurs permettant l'inférence
de connaissances relatives aux conditions de production/réception de ces
messages. C'est la méthode que nous retiendrons car elle s'applique à
l'objectif de cette phase qualitative visant à extraire les thèmes jugés
pertinents.
L'analyse de contenu recouvre un ensemble de techniques : analyse
syntaxique et lexicale à partir des unités de vocabulaire et de la
construction du discours, analyse thématique des unités de sens. Dans la
présente recherche, nous avons opté pour une analyse de contenu du
discours en suivant les étapes préconisées par Wacheux (1996), présentées
dans le tableau 6.4.
Tableau 6.4.
Les étapes de l'analyse de contenu, Wacheux (1996)
Etape Opérationnalisation
Catégorisation Codage du texte selon les thèmes retenus
Inférence Explication de ce qui a conduit les acteurs à l'énoncé
Interprétation Implications quant à nos questions de recherche de départ
234
A. Blanchet et A. Gotman (1992), L'enquête et ses méthodes : l'entretien, Collection 128, n°19,
Paris, Dunod.
209
analyse ». Elle consiste à réaliser une lecture flottante du corpus de
l'étude, il s'agit ici des entretiens semi-directifs entièrement
retranscrits, pour prendre connaissance des documents d'analyse. Cette
première lecture nous a permis de procéder à un regroupement des
thèmes ressortis pour ainsi définir des catégories homogènes235,
pertinentes et valides. Ces catégories sont établies au fur et mesure de la
lecture des entretiens, jusqu'à ce qu'on arrive à la saturation des
catégories. En effet, une fois que les entretiens ne nous apportent plus
d'informations supplémentaires concernant l'objectif de l'étude, on parle
de saturation. Elle constitue une condition importante dans les études de
type qualitatif. Et enfin, nous aboutissons à la dernière étape qui est la
comptabilisation des fréquences d'apparition.
La pré-analyse constitue la phase essentielle d'organisation et de
planification de l'analyse :
• Choix et organisation du corpus de l'analyse et ce, à travers
235
Les entretiens représentent un corpus homogène car le même guide d'entretien a été utilisé.
210
par rapport aux différents thèmes.
211
Tableau 6.5.
Nombre de verbalisations des déterminants d'une « rémunération juste »
Quantité Niv.
Performance Qualificat. Ancienneté Age Sexe
de travail hiérarchique
Int. Ext. Int. Ext. Int. Ext. I. E Int E I E Int Ext.
- de 25 ans 1 1 1 1 1 1 1
26-30 4 4 2 3 1 3 3 1 3 3
31-35 2 2 3 3 2 2 2 2 1
Privé
36-40 2 1 2 2 1 2 1 1 1 2
41-45 1 1 1 1 1
46-50 1 1 1 1 1 1 2
+ de 50 ans 2 2 2
Total privé 9 9 7 9 5 8 1 3 7 8 2 0 9 10
- de 25 ans 2 2 2 2 1 1
26-30 2 2 2 2 1
31-35 1 1 2 2 1 2 2 1 1
Public
36-40 1 1 2 3
41-45 1 1 2 1 1 1
46-50 3 1 3 3
+ de 50 ans 2 2 2 2 1 2 2
Total public 7 7 6 14 9 3 2 2 6 5 1 0 8 3
TOTAL
16 16 13 23 14 11 3 5 13 13 3 0 17 13
GENERAL
D'ores et déjà nous pouvons remarquer que, d'une part, les employés se
comparent à l'intérieur et à l'extérieur de l'entreprise. D'autre part,
respectivement, la qualification, la performance, le niveau hiérarchique ainsi
que l'ancienneté et la quantité de travail sont les déterminants d'une
"rémunération juste" les plus fréquemment cités indépendamment de la tranche
d'âge et du secteur d'activité (privé et public).
212
La qualification détermine l'équité de la rémunération plus par rapport aux
référents externes que par rapport aux référents internes. Un cadre de moins de 25
ans appartenant au secteur privé nous confie « ... il m'arrive de me
comparer à des personnes de ma promotion, nous avons le même diplôme,
mais pas forcément la même rémunération ». Par ailleurs, il est à noter que
la qualification n'apparaît comme déterminant de l'équité de la rémunération
qu'au début de la carrière et ce jusqu'à 40 ans. Les cadres au-delà de cette
tranche d'âge jugent leur rémunération plutôt en fonction de leur ancienneté
et quel que soit le secteur d'activité.
L'ancienneté est un déterminant plus cité que l'âge. Elle est plus prononcée
chez les employés de plus de 36 ans comme critère d'équité de la rémunération
aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de l'organisation.
213
L'âge et le sexe demeurent les deux critères les moins cités. Les répondants ne
tiennent, désormais, pas compte de ces deux éléments pour juger de l'équité de
leur rémunération, et ce, malgré nos relances236.
236
Les différences salariales entre les hommes et les femmes dans le privé – enquêtes INSEE et DARES -
ne ressortent pas chez notre échantillon. Seuls trois personnes citent le sexe et les différences salariales
214
Ø Niveau hiérarchique ;
Ø Ancienneté ;
Ø Quantité de travail.
V. Elaboration du questionnaire
entre les hommes et les femmes et ce à l’intérieur uniquement. Compte tenu du faible nombre de citations
de ces deux énoncés, nous ne les retiendrons pas pour la suite de l’analyse
215
savoir la rémunération fixe, la rémunération variable, les avantages divers et
le mode de gestion de la rémunération.
Ceci nous permettra de répondre à la question, quel élément de la rémunération,
qui, une fois perçu comme étant inéquitable, provoque une insatisfaction
intense.
Nous avons ainsi abouti à la génération de 28 items présentés dans le tableau
6.7.
216
Tableau 6.7.
Echelle de mesure de l'équité salariale
1 ma rémunération fixe comparée à celle d'autres personnes à l'intérieur de
Eléments de la l'entreprise est équitable
rémunération 2 ma rémunération variable comparée à celle d'autres personnes à l'intérieur de
compte tenu des l'entreprise est équitable
référents à 3 le niveau de mes avantages divers comparé à celui d'autres personnes à l'intérieur
l'intérieur de de l'entreprise est équitable
l'entreprise 4 le mode de gestion de ma rémunération comparé à celui d'autres personnes à
l'intérieur de l'entreprise est équitable
5 ma rémunération fixe comparée à celle d'autres personnes à l'extérieur de
Eléments de la l'entreprise est équitable
rémunération 6 ma rémunération variable comparée à celle d'autres personnes à l'extérieur de
compte tenu des l'entreprise est équitable
référents à 7 le niveau de mes avantages divers comparé à celui d'autres, personnes à l'extérieur
l'extérieur de de l'entreprise est équitable
l'entreprise 8 le mode de gestion de ma rémunération comparé à celui d'autres personnes à
l'extérieur de l'entreprise est équitable
9 ma rémunération fixe tient compte équitablement de mes performances
Eléments de la
rémunération 10 ma rémunération variable tient compte équitablement de mes performances
compte tenu des 11 les avantages divers me sont attribués équitablement selon mes performances
performances 12 le mode de gestion de ma rémunération est équitable compte tenu de mes
performances
13 ma rémunération fixe prend en compte mes qualifications de façon équitable
Eléments de la 14 ma rémunération variable tient compte équitablement de mes qualifications
rémunération 15 les avantages divers me sont attribués équitablement selon mes
compte tenu des qualifications
qualifications 16 le mode de gestion de ma rémunération tient compte équitablement de mes
qualifications
Eléments de la 17 ma rémunération fixe prend en compte mon ancienneté de façon équitable
rémunération 18 ma rémunération variable tient compte de mon ancienneté de façon équitable
compte tenu de 19 les avantages divers me sont attribués équitablement selon mon ancienneté
l'ancienneté 20 la gestion de ma rémunération compte tenu de mon ancienneté est équitable
21 ma rémunération fixe tient compte équitablement de la quantité de travail
que je fournie
Eléments de la ma rémunération variable tient compte équitablement de la quantité de
22
rémunération travail que je fournie
compte tenu de la 23 les avantages divers me sont attribués équitablement selon la quantité de
quantité de travail travail que je fournie
fournie 24 le mode de gestion de ma rémunération est équitable compte tenu de la quantité
de travail que je fournie
25 ma rémunération fixe tient compte équitablement de mon niveau
Eléments de la hiérarchique
rémunération 26 ma rémunération variable tient compte équitablement de mon niveau
hiérarchique
compte tenu du
27 les avantages divers me sont attribués équitablement selon mon niveau
niveau hiérarchique
hiérarchique 28 le mode de gestion de ma rémunération est équitable compte tenu mon
niveau hiérarchique
217
Cette échelle de mesure a fait l'objet d'analyses exploratoire et
confirmatoire avant d'être implémentée en pratique sur le terrain final de
cette recherche. Les modalités des deux analyses ainsi que leurs résultats
sont présentés dans le chapitre suivant.
218
EN BREF
219
CHAPITRE VII
ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Figure 7.1.
Etapes de l'analyse exploratoire
Analyse exploratoire
220
§. I. Méthodologie de l'étude exploratoire
Comme nous l'avions précisé plus haut, les questions ont été administrées sous
la forme d'une échelle de Likert à cinq positions. Chaque item de l'échelle ne
peut prendre que cinq valeurs. Il est donc difficile de considérer que ces
variables varient de -∞ à +∞ Nous devons donc considérer cette échelle de
mesure comme une échelle ordinale. Cependant, les outils statistiques
métriques sont plus riches que leurs homologues non métriques. Afin de
profiter au maximum des qualités respectives des différents outils statistiques,
nous allons admettre que l'échelle de Likert à 5 positions a des propriétés
spécifiques aux échelles d'intervalle. Nous pouvons ainsi utiliser les
statistiques descriptives habituelles, les matrices de corrélations,
l'analyse en composantes principales et le coefficient alpha de Cronbach.
Cette dernière analyse nous permettra de valider les premiers résultats
obtenus lors de l'analyse métrique. En effet, comme préconisé par la
222
quatrième étape du paradigme de Churchill, dans cette phase
exploratoire, nous avons procédé en deux étapes. Tout d'abord, nous
avons vérifié la dimensionnalité de l'échelle. Ensuite, nous avons calculé
l'alpha de Cronbach qui constitue l'indicateur de la validité interne des
échelles.
223
Plusieurs règles sont utilisées pour juger la dimensionnalité des échelles et le
nombre d'axes factoriels à retenir :
Ø Les communautés (ou communautés) qui indiquent la quantité
d'informations de la variable initiale qui est restituée par le(s)
facteur(s) retenu(s) à l'issue de l'analyse. Autrement dit, la part de
variance de la variable expliquée par les facteurs retenus.
Ø Le pourcentage de variance restitué par les facteurs : dans
certaines recherches, le seuil de satisfaction est fixé a priori, en termes de
pourcentage de variance expliquée, il convient alors de retenir le nombre
de facteurs nécessaires pour atteindre ce seuil.
Ø Les poids factoriels : la qualité de l'analyse est également
évaluée au niveau de chaque variable par l'examen des poids
factoriels (son poids sur le facteur).
Ø Une autre méthode consiste à examiner le graphique des
valeurs propres classées par ordre décroissant. Appelé le test du
coude (scree test), il consiste à retenir les axes qui contribuent à la
fois fortement au pourcentage de variance expliqué et qui précède
un saut significatif avec l'axe suivant. Une inflexion appelée coude
indique qu'on gagne proportionnellement moins d'informations
après le coude qu'avant. Le scree test de Cattel consiste à rejeter les
facteurs qui présentent peu de variance et qui sont alignés.
Ø Le critère de Kaiser : si le point de départ de l'analyse est une
matrice des corrélations le critère classique de Kaiser consiste à
retenir les facteurs dont la valeur propre est supérieure à 1. En
revanche, s'il s'agit d'une matrice de variance-covariance, le critère
de Kaiser préconise de ne retenir que les facteurs qui représentent
plus de 1/p% de la variance totale ; p étant le nombre d'énoncés de
l'échelle.
224
Ø Au-delà de ces différents critères, le caractère pratique de
l'analyse doit également être considéré : une analyse qui comporte
un nombre d'axes élevé s'avère particulièrement complexe.
Ø L'interprétation et la signification des dimensions : selon Evrard et
al. (2000), on ne doit « conserver le facteur que si on peut le
nommer237».
237
Op. cit. page 383.
238
P. Roussel et R. Igalens (19981, Méthodes de recherche en gestion des ressources humaines,
Ed. Economica
225
Nous utiliserons la fonction Analyse en Composantes Principales du logiciel
SPSS. Toutefois, avant de mettre en œuvre une ACP, il convient de vérifier
ses conditions d'application. Tout d'abord, les données doivent être
métriques : les modalités des variables de l'étude doivent être classées selon
une échelle à intervalles équidistants.
Dans notre étude, le test KMO présente des valeurs supérieures à 0.8 pour
toutes les échelles étudiées (tableau 7.1). Selon Kaiser (1974), un KMO >
0.5 est acceptable, 0.8<KMO<0.9 est méritoire alors qu'un KMO>0.9 est
merveilleux.
Le second test effectué nous amène à rejeter l'hypothèse nulle de sphéricité
des données. Les trois échelles sont ainsi factorisables.
226
Tableau 7.1.
Résultats du test de Kaiser, Meyer et Olkin (KMO) et du test de
Bartlett des trois échelles de mesure.
239
K. Jöreskog (1971), Statistical Analysis of sets of congeneric tests, Psychometrika, 36, pp. 109 -
133.
240
K. A. Bollen (1989) Structural Equations with Latent Variables, J. Wiley et Sons eds.
227
à mesurer un phénomène241. La fiabilité dépend du degré d'interrelations
(corrélations, covariances) existant entre les énoncés. Cortine (1993)242
démontre que l'indicateur de la fiabilité alpha donne une information sur la
mesure dans laquelle chaque item d'une échelle corrèle avec au moins un autre
item de celle-ci. D'autre part, Cronbach (1951) explique que cet indicateur
donne une estimation de la proportion de la variance totale due à tous les
facteurs communs restitués par les énoncés, plutôt qu'à des items spécifiques.
Si le concept est bien unidimensionnel, tous les items servant à le mesurer
formeront un seul et même facteur dans l'analyse factorielle. Dans ce cas,
l'échelle se caractérise par une bonne homogénéité car les énoncés ne
mesurent qu'une seule dimension de la variable étudiée.
241
Y. Evrard ; B. Pras et E. Roux (2000), Market, études et recherches en marketing, Ed Nathan.
242
J. M. Cortine (1993), What is coefficient Alpha ? An examination of theory and applications,
Journal of Applied Psychology, Vol. 78, N° 1, pp. 98-104
243
J. C. Nunnally (1978), Psychometric theory, New York, Mc Graw-Hill (first edition on 1967).
244
D. W. Gerbing et J. C. Anderson (1988), An Updated Paradigm for Scale Development
Incorporating Unidimensionnality and its Assessment, Journal of Marketing Research, vol. 25,
may, pp. 186 --192.
228
de Cronbach peut être combiné à une analyse factorielle (Churchill, 1979).
C'est ce qui a été réalisé dans la présente recherche. Pour le calcul de l'alpha
de Cronbach, nous avons utilisé la fonction « Reliability » du logiciel SPSS.
229
§. II. Etude exploratoire de l'échelle de mesure de la satisfaction au
travail
I. Dimensionnalité de l'échelle
230
Tableau 7.2. Communalités, valeurs propres et pourcentages de la variance expliquée par les facteurs avant rotation, échelle de
mesure de la satisfaction au travail
% de
Valeur % de
Items de l’échelle Communalité Facteur variance
propre variance
cumulé
SAT1 : possibilités d’avancement ,804 1 6,704 31,926 31,926
SAT2 : conditions de travail ,808 2 2,183 10,395 42,321
SAT3 : possibilités de faire des choses différentes ,650 3 1,275 6,071 48,392
SAT4 : importance aux yeux des autres ,480 4 1,207 5,748 54,140
SAT5 : manière dont votre supérieur dirige ses employés ,748 5 ,965 4,594 58,734
SAT6 : compétence de votre supérieur dans les prises de décisions ,778
SAT7 : possibilités de faire des choses qui ne sont pas contraires à votre
,363
conscience
SAT8 : stabilité de votre emploi ,918
SAT9 : possibilités d’aider les gens dans l’entreprise ,322
SAT10 : possibilités de dire aux gens ce qu’il faut faire ,373
SAT11 : possibilités de faire des choses qui utilisent vos capacités ,777
SAT12 : manière dont les règles et les procédures sont mises en application ,363
SAT13 : votre salaire par rapport à l’importance du travail que vous faites ,682
SAT14 : possibilités de prendre des décisions de votre propre initiative ,570
SAT15 : possibilités de rester occupé tout le temps au cours d’une journée
,400
de travail
SAT16 : possibilités d’essayer vos propres méthodes pour réaliser le travail ,560
SAT17 : possibilités de travailler seul dans votre emploi ,454
SAT18 : manières dont vos collègues s’entendent entre eux ,578
SAT19 : compliments que vous recevez pour la réalisation d’un bon travail ,548
SAT20 : sentiment d’accomplissement que vous retirez de votre travail ,475
SAT21 : votre niveau de satisfaction vis-à-vis de votre emploi globalement ,881
231
L'item 21, que nous avons, ajouté à l'échelle de mesure de la satisfaction au
travail, explique à lui seul 7% de la variance totale. Ce pourcentage
correspond à la différence de variance expliquée liée à la considération ou non
de cet item. Nous maintenons donc cette échelle à 21 items pour la suite de
l'analyse.
Les corrélations des items avec les facteurs, avant rotation, sont présentées ci-
dessous (tableau 7.3).
Tableau 7.3.
Corrélations items/facteurs avant rotation, échelle de la satisfaction au
travail
L'item 21 est, tout naturellement, celui qui a la plus forte corrélation avec le
premier facteur, ceci est prévisible puisqu'il est relatif à la satisfaction globale.
232
Les plus faibles corrélations sont obtenues par les items SAT3, SAT10,
SAT13 et SAT15. Nous remarquons aussi que de nombreux items (au nombre
de 14) ont des contributions sur plusieurs facteurs. Par ailleurs, le quatrième
facteur est constitué principalement par un seul item (SAT2) et le cinquième
facteur par un seul item (SAT8).
233
Tableau 7.4.
Corrélations items/facteurs après rotation VARIMAX, échelle de la
satisfaction au travail
Facteurs
Items
1 2 3 4 5
SAT 11 ,753 ,415
SAT 14 .658
SAT 17 ,646
SAT 16 ,635
SAT 15 ,619
SAT 3 ,603 ,527
SAT 10 ,429 ,413
SAT 1 ,825
SAT 13 ,794
SAT 21 ,305 ,774 ,346
SAT 12 ,479 ,308
SAT 4 ,466 ,356
SAT 20 ,342 ,418 ,361
SAT 6 ,837
SAT 5 ,823
SAT 18 ,631
SAT 19 ,443 ,532
SAT 9 ,329 ,405
SAT 2 ,837
SAT 8 ,919
SAT 7 ,354 ,360
Les corrélations inférieures à |0.3| ont été supprimées
Le premier facteur réunit les items245 SAT3, SAT10, SAT11, SAT14, SAT15,
245
Rappel des énoncés des items : SAT1 : possibilités d’avancement ; SAT2 : conditions de travail ;
SAT3 : possibilités de faire des choses différentes ; SAT4 : importance aux yeux des autres ; SAT5 :
manière dont votre supérieur dirige ses employés ; SAT6 : compétence de votre supérieur dans les prises
de décisions ; SAT7 : possibilités de faire des choses qui ne sont pas contraires à votre conscience ;
SAT8 : stabilité de votre emploi ; SAT9 : possibilités d’aider les gens dans l’entreprise ; SAT10 :
possibilités de dire aux gens ce qu’il faut faire ; SAT11 : possibilités de faire des choses qui utilisent vos
capacités ; SAT12 : manière dont les règles et les procédures sont mises en application ; SAT13 : votre
salaire par rapport à l’importance du travail que vous faites ; SAT14 : possibilités de prendre des
décisions de votre propre initiative ; SAT15 : possibilités de rester occupé tout le temps au cours d’une
journée de travail ; SAT16 : possibilités d’essayer vos propres méthodes pour réaliser le travail ; SAT17 :
possibilités de travailler seul dans votre emploi ; SAT18 : manières dont vos collègues s’entendent entre
eux ; SAT19 : compliments que vous recevez pour la réalisation d’un bon travail ; SAT20 : sentiment
d’accomplissement que vous retirez de votre travail ; SAT21 : votre niveau de satisfaction vis-à-vis de
votre emploi globalement.
234
SAT16 et SAT17. Ils sont relatifs à l'intérêt accordé par l'employé à son
travail. Sur le deuxième axe, s'empilent les énoncés SAT1, SAT4, SAT12,
SAT13, SAT20 et SAT21. Ils sont relatifs à l'environnement global du travail.
Sur le troisième axe, on retrouve les items SAT5, SAT6, SAT9, SAT18 et
SAT19, cet axe traduit les relations de l'employé avec les autres à savoir ses
collègues et ses supérieurs. Sur le quatrième axe, charge uniquement l'item
SAT2 qui a trait aux conditions de travail. Sur le cinquième et dernier axe
chargent les items SAT8 (possibilité de faire des choses qui ne sont pas
contraires à votre conscience) et SAT7 (la stabilité de votre emploi).
Remarquons que l'item SAT7 est faiblement corrélé aux axes 3 et 5. En fait,
cet item n'est pas bien représenté sur aucun des cinq axes. Par ailleurs, cet
item possède une faible communalité de 0.373, (voir tableau 7.2). Nous
concluons donc à sa suppression.
Les axes 4 et 5 sont représentés uniquement par les items SAT8 et SAT2. En
effet, nous pouvons supprimer un axe s'il n'est représenté que par un seul item.
Nous pouvons supprimer ces items et vérifier la stabilité des autres items sur
la nouvelle structure factorielle246.
Après la suppression, un par un, des items SAT7, SAT2 et SAT8 nous
obtenons la structure factorielle suivante (tableau 7.5).
246
Nous n'avons pas supprimé la totalité des items en même temps, nous avons procédé par étapes, en
examinant la structure factorielle après chaque suppression.
235
Tableau 7.5.
Corrélations items/facteurs après purification, échelle de la satisfaction au
travail
Facteurs
Items
1 2 3
SAT 11 ,731 ,450
SAT 14 .673 ,307
SAT 17 ,661
SAT 16 ,703
SAT 15 ,598
SAT 3 ,682
SAT 10 ,413 ,381
SAT 5 ,847
SAT 6 ,800
SAT 18 ,664
SAT 19 ,603 ,411
SAT 9 ,324 ,381
SAT 1 ,819
SAT 13 ,804
SAT 21 ,373 ,770
SAT 12 ,310 ,497
SAT 4 ,401 ,468
SAT 20 ,385 ,403
Les corrélations inférieures à |0.3| ont été supprimées
Nous remarquons que les items fortement corrélés avec chacun des trois
facteurs avant la suppression des items SAT2, SAT7 et SAT8 sont restés
stables. En supprimant ces trois items, on aboutit à trois axes. Cette solution
à 3 dimensions permet de restituer plus de 53 % de la variance totale (tableau
7.6), ce qui est satisfaisant.
236
Tableau 7.6.
Valeurs propres et pourcentages de variance expliquée par les facteurs,
échelle de la satisfaction au travail
Valeur % de
% de
Facteur propre variance
variance
cumulé
1 3,380 18,778 18,778
2 3,118 17,324 36,101
3 3,060 16,998 53,099
Tableau 7.7.
Alpha de Cronbach pour chaque facteur, échelle de la satisfaction au travail
Les trois coefficients sont supérieurs à 0.75, ils sont, de ce fait, satisfaisants.
237
Tableau 7.8.
Items par facteur, échelle de mesure de la satisfaction au travail
Ø Sept items corrèlent avec le premier axe : 3, 10, 11, 14, 15, 16
et 17. Ils semblent avoir comme points communs, l'intérêt au travail
et le concept de développement personnel. On peut ainsi parler de
facteurs de satisfaction intrinsèque ;
Ø Le deuxième facteur est corrélé avec cinq items : 5, 6, 9, 18 et
19. Ils traduisent la perception par l'employé de ses collègues et de
ses supérieurs. Globalement, il semble que cet axe ait trait au
relationnel ;
Ø Sur la troisième dimension chargent les items 1, 4, 12, 13,
238
20 et 21 relatifs à l'environnement global de travail de l'employé.
Ils peuvent être qualifiés de facteurs extrinsèques. Les items 1 et
13 correspondent plus particulièrement aux besoins de
reconnaissance et d'existence exprimés par l'avancement et la
rémunération. Nous pouvons nommer cet axe environnement
global au travail.
Selon l'étude réalisée en France en 1994 par Roussel, l'échelle comporte cinq
composantes principales qui permettent la restitution de 61% de la variance
totale. Soit 8% de plus que la structure factorielle à trois axes à laquelle nous
avons abouti dans la phase exploratoire de notre recherche. Pour Roussel
(1994), le premier facteur représente la satisfaction intrinsèque. Le second est
239
révélateur du climat et de l'ambiance au travail. Le troisième évalue les besoins
de rapports sociaux, le quatrième correspond à l'avancement et la
rémunération. Et enfin, le dernier facteur réunit les items qui portent sur le
respect des valeurs morales de l'employé.
Dans la présente recherche, nous avons abouti à trois axes. Ils correspondent
aux trois premiers des cinq repérés par Roussel. Les deux autres ont été
supprimés tout au long de l'analyse exploratoire pour plusieurs raisons
explicitées précédemment. La principale réside dans le fait que leur maintien
n'améliore pas la qualité de la restitution de la variance, et leur suppression
permet de réduire la complexité de l'échelle.
Par ailleurs, nous remarquons que l'item relatif à la satisfaction globale, que
nous avons rajouté à l'échelle MSQ, s'intègre bien dans les dimensions. Il ne
constitue pas une dimension indépendante.
240
§. III. Etude exploratoire de l'échelle de mesure de la satisfaction à
l'égard de la rémunération
I. Analyse factorielle
Nous avons réalisé une analyse en composantes principales (ACP) simple sur
les 104 individus. Elle fait apparaître cinq facteurs et permet d'expliquer plus
de 67% de la variance totale. Les communalités des items247 ainsi que les
valeurs propres des facteurs sont présentées sur le tableau (7.9).
247
Les items sont en réalité précédés d'une question les plaçant dans le contexte de la satisfaction à
l'égard de telle ou telle facette de la rémunération. Dans ce tableau nous présentons un résumé des deux :
l'énoncé et la question.
241
Tableau 7.9. Communalités, valeurs propres et pourcentage de variance expliqué par les facteurs, échelle de la satisfaction à l’égard de la
rémunération
Communalité Facteur Valeur % de % variance
Items
propre variance cumulé
FIX1 gestion de votre rémunération fixe ,754 1 7,352 35,009 35,009
VAR1 gestion de votre rémunération variable ,723 2 2,220 10,574 45,583
AVI gestion de vos avantages divers ,699 3 1,876 8,931 54,514
MOD1 procédures de gestion de votre rémunération ,501 4 1,514 7,212 61,726
GLOB niveau de satisfaction vis-à-vis de la rémunération globale ,832 5 1,193 5,681 67,407
FIX2 rémunération fixe compte tenu de l'évolution de la situation financière de votre
,777
entreprise
FIX3 rémunération fixe compte tenu de l'évolution du coût de la vie ,745
FIX4 rémunération fixe compte tenu de l'évolution de vos besoins financiers ,706
VAR2 rémunération variable compte tenu de l'évolution de la situation financière de
,784
l'entreprise
VAR3 rémunération variable compte tenu de l'évolution du coût de la vie ,751
VAR4 rémunération variable compte tenu de l'évolution de vos besoins financiers ,774
AV2 niveau de vos indemnités, remboursements, primes et participations pour frais divers ,746
AV3 l'importance de vos avantages en nature ,787
AV4 l'importance des œuvres et des loisirs gérés par l'employeur/CE ,754
AV5 niveau des cotisations de votre employeur pour vos régimes de retraite et de
,574
prévoyance
AV6 perspectives d'amélioration de vos avantages divers ,639
MOD2 critères utilisés pour déterminer votre rémunération directe ,694
MOD3 importance de la rémunération variable par rapport à la rémunération fixe ,374
MOD4 importance du revenu différé par rapport à la rémunération fixe dans votre salaire ,559
MOD5 importance des éléments aléatoires dans votre rémunération variable ,566
MOD6 jugement de vos supérieurs pour évaluer vos performances liées à vos
,716
rétributions
242
L'item relatif à la satisfaction à l'égard de la rémunération globale explique à
lui seul 9% de la variance totale. (La variance expliquée de l'échelle entière, y
compris cet énoncé, s'élève à 67,407. Celle de l'échelle ne tenant pas compte de
cet item est de 58,503). Nous maintenons donc cet item pour la suite des
analyses.
Seul l'item MOD3 a une faible communalité. A ce stade, nous ne pouvons pas
conclure à sa suppression. Examinons d'abord les corrélations des items sur les
cinq axes (tableau 7.10).
Tableau 7.10.
Corrélations des items avec les axes avant rotation, échelle de la satisfaction à
l'égard de la rémunération
Seize items ont des contributions supérieures à |0.3| sur plus d'un axe. Dans ce
cas, une ACP avec rotation VARIMAX s'impose. Nous obtenons la matrice
suivante (tableau 7.11).
243
Tableau 7.11.
Corrélations des items aux facteurs après rotation VARIMAX, échelle
de la satisfaction à l'égard de la rémunération
Nous observons que les items MOD4 et AV5 ont une forte complexité
factorielle. Par ailleurs, l'axe 5 n'est composé que de deux items MOD6 et
AV6.
Nous avons décidé de supprimer ces quatre items, un par un, en observant la
stabilité des autres items sur les axes restants.
Le tableau 7.12 présente les items définitivement supprimés de l'échelle de
mesure de la satisfaction à l'égard de la rémunération.
244
Tableau 7.12.
Liste des items supprimés, échelle de la satisfaction à l'égard de la
rémunération
% de % de variance
Axe Valeur propre
Variance cumulé
Axe 1 3,679 21,641 21,641
Axe 2 3,202 18,834 40,476
Axe 3 3,052 17,954 58,430
Axe 4 1,854 10,906 69,336
La nouvelle structure factorielle est présentée dans le tableau 7.14, qui montre
les corrélations des items restants avec les quatre facteurs.
245
Tableau 7.14.
Corrélations des items après purification de l'échelle de la satisfaction à
l'égard de la rémunération
VAR2 ,849
VAR4 ,821
VAR1 ,795
VAR3 ,304 ,790
MOD2 ,767
MOD1 ,684
MOD5 ,304 ,662
MOD3 ,568
Les corrélations inférieures à |0.3| ont été supprimées
246
Nous avons procédé ensuite, à la deuxième étape de nos analyses
exploratoires, à savoir le calcul du coefficient alpha de Cronbach pour mesurer
la consistance interne des quatre dimensions de la satisfaction à l'égard de la
rémunération.
Nous avons calculé l'alpha de Cronbach pour chacun des quatre axes
factoriels retenus par l'analyse en composantes principales après leur
purification (tableau 7.15). La cohérence des trois premières dimensions est
satisfaisante, voire même excellente. Le dernier facteur possède un alpha de
0,61, il est néanmoins acceptable (Evrard et al., 2000).
Tableau 7.15.
Alpha de Cronbach par facteur, échelle de mesure de la satisfaction à l'égard
de la rémunération
247
exploratoire, nous retenons que l'échelle de mesure de la satisfaction à
l'égard de la rémunération est multidimensionnelle. Elle est constituée de
quatre dimensions : la satisfaction à l'égard de la rémunération fixe, la
satisfaction à l'égard de la rémunération variable, la satisfaction à l'égard du
niveau des avantages divers et enfin la satisfaction vis-à-vis du mode de
gestion de la rémunération.
248
§. IV. Etude exploratoire de l'échelle de mesure du sentiment
d'équité salariale
I. Dimensionnalité de l'échelle
249
Tableau 7.16. Valeurs propres et pourcentages de variance expliqués par les facteurs échelle de l'équité salariale
Valeur % de % variance
Items de l'échelle Communalité Facteur
propre Variance cumulé
EQ_V_AN: ma rémunération variable tient compte de mon ancienneté de façon équitable ,761 1 11,445 40,873 40,873
EQ_MD_NH: le mode de gestion de ma rém. tient compte équitablement de mon niveau hiérarchique ,641 2 2,222 7,936 48,809
EQ_AV_NH: les avantages divers me sont attribués équitablement selon mon niveau hiérarchique ,637 3 1,981 7,076 55,885
EQ_AV_AN: les avantages divers me sont attribués équitablement selon mon ancienneté ,604 4 1,523 5,441 61,326
EQ_F_AN: ma rémunération fixe prend en compte mon ancienneté de façon équitable ,809 5 1,485 5,303 66,629
EQ_MD_AN: la gestion de ma rémunération compte tenu de mon ancienneté est équitable ,578
EQ_V_NH: ma rémunération variable tient compte équitablement de mon niveau hiérarchique ,604
EQ_F_NH: ma rémunération fixe prend en compte mon niveau hiérarchique de façon équitable ,566
EQ_F_PE: ma rémunération fixe tient compte équitablement de mes performances ,713
EQ_F_QW: ma rém. fixe tient compte équitablement de la quantité de travail que je fournie ,670
EQ_V_QL: ma rémunération variable tient compte équitablement de mes qualifications ,649
EQ_F_QL: ma rémunération fixe prend en compte mes qualifications de façon équitable ,770
EQ_AV_QL: les avantages divers me sont attribués équitablement selon mes qualifications ,719
EQ_AV_EX mes avantages divers comparés à ceux d'autres personnes à l'ext. de l'entrep. sont équitables ,641
EQ_V_PE : ma rémunération variable tient compte équitablement de mes performances ,679
EQ_V_QW: ma rém. variable tient compte équitablement de la quantité de travail que je fournie ,716
EQ_MD_1N: le mode de gestion de ma rém. comparé à celui d'autres personnes à l'int. de l'entrep. est équitable ,587
EQ_AV_IN: mes avantages divers comparés à ceux d'autres personnes à l'int. de l'entrep. sont équitables ,662
EQ_F_IN: ma rém. fixe comparée à celle d'autres personnes à l'int. de l'entreprise est équitable ,728
EQ_V_IN: ma rém. variable comparée à celle d'autres personnes à l'int. de l'entrep. est équitable ,746
EQ_V_EX : ma rém. variable comparée à celle d'autres personnes à l'ext. de l'entrep. est équitable ,664
EQ_MD_QW: le mode de gestion de ma rém. est équitable compte tenu de la quantité de travail fournie ,185
EQ_MD_PE : le mode de gestion de ma rém. est équitable compte tenu de mes performances ,811
EQ_MD_QL : le mode de gestion dé ma rém. tient compte équitablement de mes qualifications ,853
EQ_MD_EX : le mode de gestion de ma rém. comparé à celui d'autres pers à l'ext. de l'entrep. est équitable ,675
EQ_AV_QW : les avantages divers me sont attribués équitablement selon la quantité de travail fournie ,627
EQ_AV PE : les avantages divers me sont attribués équitablement selon mes performances ,657
EQ_F_EX : ma rém. fixe comparée à celle d'autres personnes à l'ext. de l'entreprise est équitable ,705
250
Les corrélations des items avec les axes se présentent comme suit :
Tableau 7.17.
Corrélations items/facteurs avant rotation, échelle de l'équité salariale
1 2 3 4 5
EQ_V_QW ,812
EQ_F_QL ,796 -,334
EQ_AV_PE ,789
EQ_MD_EX 779
EQ_V_PE ,767
EQ_AV_QL ,763
EQ_V_EX .752
EQ_V_QL ,751
EQ_V_IN 745 ,366
EQ_F_PE ,728
EQ_F EX ,728 ,364
EQ_F_QW ,689 -,382
EQ_F_1N ,671 ,445
EQ_F_AN ,671 ,505 -,322
EQ_AV_EX .670 ,347
EQ_MD_IN ,651 ,324
EQ_AV_QW ,621 ,333
EQ_MD_AN ,615 ,390
EQ_V_AN ,608 ,497 -,360
EQ_ AV_IN ,605 ,463
EQ_AV_AN ,575 ,423 -,302
EQ_V_NH ,525 ,400
EQ_AV_NH ,428 ,572
EQ_MD_NH ,499 .571
EQ_MD_QL ,824 ,329
EQ_MD_PE ,790 ,309
EQ_MD_QW
EQ_F_NH ,419 -,387 ,422
Les corrélations inférieures à |0.3|ont été supprimées
Cette structure factorielle n'est pas très claire, 19 items contribuent sur plus d'un
axe. Il convient d'effectuer une rotation dans l'espace factoriel (tableau 7.18).
251
Tableau 7.18.
Corrélations items / facteurs après rotation VARIMAX, échelle de l'équité
salariale
1 2 3 4 5
EQ_F_QL ,798
EQ_F_PE ,787
EQ_F_QW ,774
I Q_V_PE ,711 ,375
EQ_V_QL ,693
EQ_V_QW ,684 ,388
EQ_AV_QL ,649 ,453
EQ_AV_PE ,613 ,450
EQ_MD_EX ,560 ,405 ,420
EQ_AV_QW ,486 ,380 ,469
EQ_F_IN ,777
EQ_AV_IN ,735
EQ_V_IN ,315 ,730 ,318
EQ_F_EX ,309 ,709 ,322
EQ_V_EX ,364 ,669
EQ_MD_IN ,659
EQ_AV_EX ,413 ,532 ,429
EQ_F_AN ,822
EQ_V_AN ,815
EQ_AV_AN ,707
EQ_MD_AN ,629
EQ_F_NH ,717
EQ_V_NH ,336 ,682
EQ_AV_NH ,463 ,628
EQ_MD_NH ,515 ,591
EQ_MD_QL ,910
EQ_MD_PE ,892
EQ_MD_QW ,371
Les corrélations inférieures à |0 3| ont été supprimées
252
tenu des qualifications et des performances des employés ainsi que
de la quantité de travail fournie. Les items relatifs au mode de
gestion en comparaison à ces trois critères figurent sur un facteur
à part. Un item relatif à la perception du mode de gestion en
comparaison à d'autres personnes à l'extérieur de l'entreprise
vient s'ajouter à ce premier facteur, rendant ainsi difficile
l'interprétation de cette dimension. Nous l'avons supprimé pour
cette raison, d'autant plus qu'il corrèle avec deux autres axes.
Nous avons aussi supprimé l'item relatif à l'équité des avantages
divers compte tenu de la quantité de travail fournie
(EQ_AV_QW), puisqu'il corrèle faiblement avec les axes 2 et 4.
Nous n'avons pas supprimé tous les items à la fois, nous avons
procédé à leur élimination un par un et nous avons examiné la
structure factorielle après chaque élimination. L'item relatif à
l'équité des avantages divers compte tenu des performances
(EQ_AV_PE) a aussi été supprimé parce que sa corrélation s'est
affaiblie à l'issue de la suppression des deux autres items.
Nous avons ainsi supprimé sept items récapitulés sur le tableau (7.19).
Tableau7.19.
Enoncés de l'échelle de l'équité salariale à supprimer à l'issue des ACP
254
La structure factorielle ainsi retenue fait ressortir quatre dimensions présentées
sur le tableau 7.20.
Tableau 7.20.
Valeurs propres et pourcentages de variance restitués par les facteurs,
échelle de l'équité salariale
Valeur % de % de variance
Axe propre variance cumulé
Axe 1 4,515 21,502 21,502
Axe 2 4,475 21,309 42,811
Axe 3 3,212 15,297 58,107
Axe 4 2,172 10,344 68,452
Tableau 7.21.
Corrélations items/facteurs après purification, échelle de l'équité salariale
Facteurs
1 2 3 4
EQ_F_IN ,795
EQ_V_ IN ,752 ,315
EQ_AV_IN 742
EQ_F_EX ,734 ,311
EQ_V_EX ,686 ,328
EQ_MD_IN ,680
EQ_AV_EX ,553 ,360 ,384
EQ_F_QL ,793
EQ_F_PE ,785
EQ_F_QW ,781
EQ_V_PE ,411 ,683
EQ_V_QL ,673
EQ_V_QW ,420 ,650 ,312
255
EQ_AV_QL ,486 ,629
EQ_F_AN ,850
EQ_V_AN ,812
EQ_AV_AN ,707
EQ_MD_AN ,620 ,307
EQ_F_NH ,813
EQ_V_NH ,341 ,691
EQ_AV_NH ,471 ,640
Les corrélations inférieures à |0 3| ont été supprimées
256
II. Validité interne
Tableau 7.22.
Coefficient alpha de Cronbach par facteur, échelle de l'équité salariale
AXES ALPHA
1 0,8996
2 0,9195
3 0,8609
4 0,7245
L'alpha de Cronbach des quatre axes est très satisfaisant. Nous maintenons
cette structure de l'échelle de l'équité salariale pour la suite de l'analyse.
257
EN BREF
Nous avons réalisé une analyse factorielle exploratoire des trois échelles de
mesure sur 104 individus. A l'issue de cette analyse, nous retenons que les trois
échelles de mesure sont multidimensionnelles.
La satisfaction au travail est constituée de trois dimensions :
Ø Sur le premier axe, on retrouve les énoncés relatifs à l'intérêt au travail ;
Ø Le deuxième axe a trait au côté relationnel du travail : rapports sociaux ;
Ø La troisième dimension correspondrait à l'environnement global de travail de
l'employé ainsi qu'à ses besoins de reconnaissance et d'existence exprimés par la
rémunération et l'avancement.
L'échelle de la satisfaction à l'égard de la rémunération, quant à elle, est
constituée de quatre dimensions :
Ø Satisfaction à l'égard de la rémunération fixe ;
Ø Satisfaction à l'égard de la rémunération variable ;
Ø Satisfaction à l'égard des avantages divers
Ø Satisfaction à l'égard du mode de gestion de la rémunération.
La dernière échelle de mesure relative à l'équité salariale est également
constituée de quatre facteurs :
Ø Le premier est relatif à la perception de l'équité de la rémunération en
comparaison à des référents physiques (à l'intérieur et à l'extérieur de l'entreprise) ;
Ø Le deuxième axe représente l'équité de la rémunération compte tenu des
performances, des qualifications et de la quantité de travail fournie ;
Ø La troisième fait référence à la perception de l'équité de la rémunération en
fonction de l'ancienneté de l'employé ;
Ø Et enfin, la dernière dimension est relative au niveau hiérarchique comme
déterminant de l'équité salariale.
258
CHAPITRE VIII
VALIDATION ET CONFIRMATION DES ECHELLES DE
MESURE
259
§. I. Equations structurelles, définition et conditions d'utilisation
248
Pour plus de détails, se référer au chapitre VI.
260
d'analyse ne garantit pas que la solution factorielle retenue soit la
meilleure. Par ailleurs, il est difficile de comparer deux solutions
factorielles : on ne dispose d'aucun indicateur objectif et puissant pour
comparer les solutions obtenues.
Les approches se basant sur des modèles structurels ont l'avantage d'offrir
une multitude d'indices de la qualité globale d'ajustement. Ceux-ci peuvent
permettre de sélectionner, avec beaucoup de confiance, la solution qui
représente le mieux les relations observées dans les données. De plus, les
analyses de structure de covariance considèrent de façon explicite les
erreurs de mesure liées à toutes les variables observées, ce qui fournit
une meilleure évaluation de la fiabilité et la validité des instruments de
meure utilisés ; sans oublier de souligner la capacité de ces méthodes à
modéliser les variables latentes sous-jacentes aux variables indicatrices
utilisées pour les mesurer et analyser leurs relations de causalité.
Entre la phase exploratoire et la phase confirmatoire, des différences
peuvent apparaître entre les deux séries de structures factorielles générées.
C'est ainsi que le chercheur est confronté à un problème de choix très
délicat. En effet, les items associés à chaque facteur peuvent servir
ensuite à mesurer des variables explicatives ou dépendantes en vue
d'une analyse causale. Il s'agit de faire le choix d'une structure factorielle
de la manière la plus judicieuse, tant du point du vue conceptuel que
statistique.
249
Un modèle est dit niché s'il constitue un cas particulier d'un autre modèle, comme par exemple
quand il comprend les mêmes variables mais ne reprend qu'une partie des relations prévues par un
premier modèle.
250
P. Valette-Florence (1993), Dix années de modèles d'équations structurelles : un état de l'art.
Cahier de Recherche CERAG, 93-11.
262
variables latentes ;
Ø Ils prennent en considération les erreurs au niveau de la
mesure ;
Ø Ils offrent la possibilité d'analyses confirmatoires (tests
statistiques de relations théoriques spécifiques a priori).
251
K. Jöreskog, et D. Sorbom, (1994), Lisrel, a guide to the program and applications, Chicago
SPSS inc.
252
P. M. Bentler et C. Chih-Ping (1993), Some new covariance structure model improvement
statistics, In Testing structural equation models, K. A. Bollen et J. Scott Long (eds), Newbruy Park;
London, New Delhi: Sage Publication.
253
[Link] (1980), Model construction and evaluation when theoretical knowledge is scarce. Theory
and application of partial least squares. In Kmenta J. and Ramesy J.B., (eds) Evaluation of
Econometric Models, Academic Press, New York.
263
de l'impossibilité de comparer des modèles nichés à partir des valeurs du
khi2 (c²).
La méthode d'analyse des structures de covariance, largement mise en
œuvre dans la littérature, répond scrupuleusement aux critiques adressées à
la méthode des PLS : elle a l'avantage de permettre la comparaison des
modèles nichés et de présenter une batterie d'indices formels pour évaluer
la qualité d'ajustement
Par conséquent, l'analyse des structures de covariance sera employée dans
le cadre de cette recherche pour l'évaluation des qualités psychométriques
des instruments de mesure d'une part, et pour le test de certaines hypothèses
d'autre part.
I. 4. Conditions d'utilisation
Le premier point à vérifier avant de commencer les analyses confirmatoires
est la multinormalité des distributions. Cette condition est très
contraignante et sa violation peut engendrer de mauvaises estimations des
paramètres. En plus, son non-respect empêche de garantir les propriétés des
254
C. Fornell et F. L. Bookstein (1982), Two Structural Equation Models : LISREL and PLS Applied
to Consumer Exit-Voice Theory, Journal of Marketing Research, November, Vol. 19, Issue, 4, pp.
440-453.
255
W. Gerbing et J. C. Anderson (1988), An Updated Paradigm for Scale Development Incorporing
Unidimensionnality and its Assessment, Journal of Marketing Research, Vol. 25, May, pp. 186 -
192.
264
divers indices d'ajustement.
Toutefois, une procédure appelée boostrapping permet de palier à cette
contrainte. Elle consiste à tirer au hasard et avec remise plusieurs
échantillons à partir de l'échantillon initial.
256
P. Valette Florence, (1996), Structural Equations Modeling: Main Issues and New
Developments, French German Workshop on Quantitative Methods in Marketing, Berlin, May 1996.
257
L. Didellon et P. Valette Florence (1996), l'utilisation des indices d'ajustement dans les
modèles d'équations structurelles : présentation et recommandation d'usage, Journées Nationales des
IAE, Toulouse, 16 et 17 avril, pp. 111-126.
265
modèle (t1), nombre de degrés de liberté du modèle : dl k(k+1)/2-tl.
On considère habituellement trois types de mesures de la qualité
globale de l'ajustement : les mesures basées sur la fonction
d'ajustement, les indices relatifs de comparaison et les mesures issues
de la théorie de l'information.
266
Ø Directement proportionnel à la taille N de l'échantillon, sa
valeur est fonction de la taille d'échantillon N. En d'autres
termes, plus la taille de l'échantillon est élevée, plus
facilement sera rejetée l'hypothèse H0 ;
Ø Il teste l'égalité parfaite entre S et E, hypothèse peu réaliste en
sciences sociales, domaine où les modèles ne sont que des
approximations de la réalité ;
Ø Il diminue automatiquement à mesure que le nombre de
paramètres à estimer augmente, ce qui tend à avantager les
modèles sur-identifiés, c'est-à-dire les modèles incluant un
grand nombre de relations et de concepts latents pour un
même nombre de variables observées. Il privilégie donc les
modèles les plus complexes.
En raison des limites attachées au c², des indicateurs complémentaires ont été
proposés. Certains visent à parer, dans l'absolu, aux limites présentées.
D'autres évaluent la qualité de l'ajustement du modèle spécifié non plus dans
l'absolu, mais en référence à un modèle étalon généralement plus
contraignant. Certains de ces indicateurs sont issus de la théorie de
l'information.
267
de paramètres et de relations. Toutefois, pour pouvoir comparer
deux modèles n'ayant pas le même nombre de paramètres et de
relations, il faut tenir compte de leur complexité respective. Le
rapport c²/ddl permet ce type de comparaison. De plus, en ne
considérant que la valeur du c², il est difficile de définir a priori le
seuil à partir duquel on considère qu'une valeur absolue de c² est
élevée ou faible. Par contre, en utilisant le rapport c²/ddl, une
valeur se rapprochant de 2 est considérée comme indiquant une
bonne qualité d'ajustement. Une valeur supérieure à 10 est
considérée comme excessive et amène à rejeter le modèle
comme présentant une qualité d'ajustement insuffisante.
268
II. 2. Les indices relatifs de comparaison
Ces indices comparent la qualité d'ajustement du modèle spécifié (M1) à
celle d'un modèle de référence (M0). Le modèle d'indépendance
correspond au modèle de référence. Comme son nom l'indique, il postule
l'absence de relations entre les variables.
269
Ø NFI (Normed Fit Index) Indice d'ajustement normé de Bentler
et Bonnett : permet d'apprécier l'apport du modèle testé (M1) par
rapport au modèle d'indépendance qui est le modèle le plus
simple (M0, caractérisé par son minimum F0) pour lequel toutes les
corrélations sont nulles.
Sa valeur est égale à : (F0/d0-F1/d1)/(F0/d0-1/N).
Cet indicateur varie de 0 à 1. Des valeurs supérieures à 0,95 (0,90
pour N<300) indique qu'il n'est pas possible de mieux reproduire la
matrice des covariances en libérant de nouveaux paramètres.
271
Didellon et Valette-Florence (1996), résument ces indices comme suit :
Tableau 8.1.
Synthèse des indices retenus de la qualité d'ajustement258
258
Source : L. Didellon et P. Valette-Florence (1996), Op. cit., page 112.
259
Il s'agit d'une technique employée pour parer aux problèmes de multinormalité qui constitue une
condition d'application des équations structurelles.
272
§. Il. Validation des échelles de mesure
260
"A measurement model specifies a structural model connecting latent variables to one or
more measures or observed variables. The latent variable is the formal representation of a
concept. The measurement model describes the relation between the measure and the latent
variables" Bollen (1989), page 182.
273
I. Echelle de mesure de la satisfaction au travail
Tableau 8.2.
Qualité globale d'ajustement, analyse factorielle confirmatoire de la
dimension intérêt au travail
Indice Valeur
c² 19,329
degrés de liberté (p) 14 (0,153)
Rapport c²/ddl 1,381
GFI 0,977
AGFI 0,955
RMSEA 0,039
(p) (0,624)
NFI 0,958
NNFI/TLI 0,982
CFI 0,988
274
I. 2. Deuxième dimension : relations supérieurs/collègues
L'unidimensionnalité de ce facteur a été appréciée grâce à un modèle
intégrant les cinq items retenus pour le mesurer dans un même concept
latent.
Tableau 8.3.
Qualité globale d'ajustement, analyse factorielle confirmatoire de la
dimension relations supérieurs / collègues
Indice Valeur
c² 14,026
degrés de liberté (p) 5 (0,015)
Rapport c²/ddl 2,805
GFI 0,977
AGFI 0,932
RMSEA 0,086
(p) (0,110)
NFI 0,957
NNFI/TLI 0,943
CFI 0,972
275
porté sur les cinq items retenue pour mesurer le facteur « environnement
global».
Tableau 8.4.
Qualité globale d'ajustement, analyse factorielle confirmatoire de la
dimension environnement global du travail
Indice Valeur
c² 11,229
degrés de liberté (p) 5 (0,047)
Rapport c²/ddl 2,246
GFI 0,982
AGFI 0,947
RMSEA 0,071
(p) (0,218)
NFI 0,962
NNFI/TLI 0,957
CFI 0,978
276
Figure 8.1.
Modèle de la satisfaction au travail
sat3 1 Se3
1 1
sat11 Se11
sat14 1 Se14
sat15 1
Se15
Intérêt sat16 1 Se16
1
sat17 Se17
1
sat10 Se10
sat1 1 Se1
1 sat4 1 Se4
sat5 1 Se5
1 Se6
1 sat6
sat9 1 Se9
Environnement 1
sat18 Se18
sat19 1 Se19
277
Figure 8.2.
Modèle de la satisfaction au travail
sat3 1 Se3
1 1
sat11 Se11
e1 sat14 1 Se14
1
sat15 1
Se15
Intérêt sat16 1 Se16
1
sat17 Se17
1
sat10 Se10
sat1 1 Se1
1 e2 1 Se4
1 1 sat4
Satisfaction sat12 1 Se12
au travail Relations
1
sat13 Se13
sat21 1 Se21
e3 Se5
sat5 1
1 1 Se6
1 sat6
sat9 1 Se9
Environnement 1
sat18 Se18
sat19 1 Se19
278
Tableau 8.5.
Qualité globale d'ajustement, analyse factorielle confirmatoire de l'échelle de
la satisfaction au travail
En effet, le rapport c2/ degrés de liberté est faible, le RMSEA est inférieur à
0,05 et la probabilité que ce modèle obtienne un RMSEA inférieur à ce seuil
dans la population mère est de 0,385. La plupart des indices relatifs de
comparaison ont des valeurs supérieures ou très proches de 0,9. La distinction
de trois axes à l'intérieur du nouveau concept latent par l'introduction d'une
variable de second ordre, améliore la totalité des indicateurs de qualité globale
d'ajustement, la probabilité du RMSEA est améliorée, elle passe ainsi à 0,529.
En outre, tous les énoncés présentent plus de variance propre que de variance
partagée avec le concept latent.
Nous retenons donc ce modèle pour la mesure de la satisfaction au travail.
279
La satisfaction au travail est ainsi composée de trois dimensions, l'intérêt au
travail, les relations collègues / supérieurs et l'environnement global du travail.
Ceci nous permet de valider notre hypothèse Hl : la satisfaction au travail
est un construit multidimensionnel selon lequel le salarié éprouve de la
satisfaction vis-à-vis des différentes facettes de son emploi.
Pour cette échelle, nous avons procédé de la même façon. Nous avons examiné
la qualité d'ajustement pour chacun des quatre facteurs, ensuite, nous avons
testé une première fois l'échelle globale contenant la totalité des facteurs et une
deuxième fois, en introduisant une variable latente englobant les quatre
dimensions.
280
Tableau 8.6.
Qualité globale d'ajustement, analyse factorielle confirmatoire de la
dimension satisfaction à l'égard de la rémunération fixe
Indice Valeur
c² 5,285
degrés de liberté (p) 5 (0.000)
Rapport c²/ddl 1,057
GFI 0,981
AGFI 0,907
RMSEA 0,029
(p) (0,440)
NFI 0,988
NNFI/TLI 0,998
CFI 0,999
Le c²/degrés de liberté est faible. Les résidus sont aussi très faibles avec une
assez bonne probabilité de baisser davantage dans la population mère. La
totalité des autres indicateurs est supérieure à 0,9. Tous les items présentent
plus de variance partagée que de variance propre. Nous avons donc gardé la
totalité des items pour la mesure du concept latent de la satisfaction à l'égard de
la rémunération fixe.
281
Tableau 8.7.
Qualité globale d'ajustement, analyse factorielle confirmatoire de la
dimension satisfaction à l'égard de la rémunération variable
Indice Valeur
c² 3,278
degrés de liberté (p) 2 (0.000)
Rapport c²/ddl 1,639
GFI 0,986
AGFI 0,932
RMSEA 0,098
(p) (0,119)
NFI 0,990
NNFFTLI 0,980
CFI 0,993
282
Tableau 8.8.
Qualité globale d'ajustement, analyse factorielle confirmatoire de la
dimension satisfaction à l'égard du niveau des avantages divers
Modèle Modèle
Indice unidimensionnel à 5 unidimensionnel à 4
items items
c2 39,318 4,547
degrés de liberté (p) 5 (0,000) 2 (0,000)
Rapport c2/ddl 7,864 2,274
GFI 0,946 0,991
AGFI 0,838 0,954
RMSEA 0,168 0,072
(p) (0,000) (0,248)
NFI 0,949 0,992
NNFI/TLI 0,910 0,987
CFI 0,955 0,996
283
Tableau 8.9.
Qualité globale d'ajustement, analyse factorielle confirmatoire de la
dimension satisfaction à l'égard du mode de gestion de la rémunération
Indice Valeur
c2 2,592
degrés de liberté (p) 2 (0,000)
Rapport c2/ddl 1,296
GFI 0,962
AGFI 0,810
RMSEA 0,066
(p) (0,294)
NFI 0,858
NNF/TLI 0,602
CFI 0,867
284
Figure 8.3.
Modèle de la satisfaction à l'égard de la rémunération
1 Glob 1 G1
Fix1 1 F1
Fix2 1 F2
Fixe Fix3 1 F3
Fix4 1 F4
Var1 1 V1
1
Var2 1 V2
Variable Var3 1 V3
Var4 1 V4
Av2 1 A2
1 Av3 1 A3
Mod1 1 M1
Mod2 1 M2
Mode de
1 M3
gestion Mod3
Mod5 1 M5
285
Figure 8.4.
Modèle de la satisfaction à l'égard de la rémunération
Glob 1 G1
F 1
1 Fix1 1 F1
Fix2 1 F2
Fixe Fix3 1 F3
Fix4 1 F4
V Var1 1 V1
1
1
Var2 1 V2
Variable Var3 1 V3
1
Var4 1 V4
Sat. Rém
A Av2 1 A2
1 1 Av3 1 A3
M 1
Mod1 M1
1 1
Mod2 1 M2
Mode de
Mod3 1 M3
gestion
Mod5 1 M5
286
Tableau 8.10.
Qualité globale d'ajustement, analyse factorielle confirmatoire de l'échelle de
la satisfaction à l'égard de la rémunération
287
III. Echelle de mesure de l'équité salariale
288
Tableau 8.11.
Qualité globale d'ajustement, analyse factorielle confirmatoire de la
dimension quantité de travail, qualifications et performances
Modèle Modèle
Indice unidimensionnel à 7 unidimensionnel à 6
items items
c2 85,109 9,015
degrés de liberté (p) 14 (0,000) 7 (0,000)
Rapport c2/ddl 6,079 1,288
GFI 0,913 0,988
AGFI 0,827 0,963
RMSEA 0,144 0,034
(p) (0,000) (0,607)
NFI 0,912 0,991
NNFI /TLI 0,906 0,995
CFI 0,937 0,998
289
Tableau 8.12.
Qualité globale d'ajustement, analyse factorielle confirmatoire de la
dimension référent physique
Modèle Modèle
Indice unidimensionnel à 7 unidimensionnel à 6
items items
c2 87,270 13,515
degrés de liberté (p) 14 (0,000) 8 (0,000)
Rapport c2/ddl 6,234 1,689
GFI 0,907 0,982
AGFI 0,814 0,954
RMSEA 0,146 0,053
(p) (0,000) (0,402)
NFI 0,926 0,983
NNFI/TLI 0,887 0,987
CFI 0,925 0,993
290
Tableau 8.13.
Qualité globale d'ajustement, analyse factorielle confirmatoire de la
dimension ancienneté
Indice Valeur
c2 14,880
degrés de liberté (p) 2 (0,001)
Rapport c2/ddl 7,440
GFI 0,970
AGFI 0,852
RMSEA 0,162
(p) (0,006)
NFI 0,971
NNFI/TLI 0,923
CFI 0,974
Cette dimension n'est représentée que par trois items. Nous sommes dans
le cas d'un modèle, dit «just identified». En effet, il faut au moins trois
variables observées pour construire un modèle d'analyse factorielle
confirmatoire. Dans ce cas, nous avons autant de relations que de degrés
de liberté, nous n'avons pas de degré de liberté disponible pour le calcul.
Par construction, ce modèle constitue la seule et unique solution possible.
L'ajustement est parfait, le c2 est égal à zéro et tous les indicateurs de la
qualité d'ajustement sont égaux à 1. Nous ne pouvons pas évaluer la
qualité d'ajustement de ce modèle seul. Nous le testerons dans un
modèle plus global en évaluant la qualité d'ajustement. En effet, cette
contrainte (plus de trois items par facteur) tombe dès que nous faisons
intervenir un modèle à plusieurs facteurs.
291
III.5. Modèle global de l'équité salariale
Avant de tester les modèles de premier et de second ordre, comme c'est
le cas pour les deux autres échelles de mesure, nous allons confirmer si les
deux dimensions ancienneté et niveau hiérarchique, améliorent la qualité
globale d'ajustement de l'échelle de l'équité salariale. Rappelons que ces
deux dimensions n'ont pas fait l'objet de procédure de purification à part,
comme c'est le cas des autres facteurs, du fait du nombre réduit de variables
observées qu'elles contiennent.
Tableau 8.14.
Qualité globale d'ajustement de l'échelle de l'équité salariale à 2, 3 et 4
dimensions, analyse factorielle confirmatoire
Modèle
Modèle à deux Modèle à trois Modèle à trois
Indice à quatre à
dimensions (a) dimensions (b) dimensions (c)
dimensions
c2 143,301 288,645 289,257 312,381
degrés de liberté (p) 47 (0,000) 117 (0,000) 103 (0,000) 154 (0,000)
Rapport c /ddl.
2 3,049 2,467 2,808 2,028
GFI 0,915 0,888 0,884 0,894
AGFI 0,859 0,836 0,827 0,841
RMSEA 0,092 0,078 0,086 0,065
(p) (0,000) (0,000) (0,000) (0,010)
NFI 0,927 0,912 0,898 0,915
NNFI/TLI 0,928 0,928 0,909 0,938
CFI 0,949 0,945 0,931 0,954
Le modèle (a) contient les dimensions « qualifications, performances et quantité de
travail » et « référent physique » ;
Le modèle (b) contient les deux premières dimensions en plus de « l'ancienneté » ;
Le modèle (c) contient les deux premières dimensions en plus du «niveau
hiérarchique».
Figure 8.6.
Modèle de l'équité salariale
e1 1 EQ_F_QL 1
e2 1 EQ_F_PE
e3 1 EQ_V_PE qual perf qt
e4 1 EQ_V_QL de travail
e5 1 EQ_V_QW
e6 1 EQ_AV_QL
e7 1 1
EQ_AV_EX
e8 1 EQ_MD_IN
e9 1 EQ_V_EX référent
e10 1 EQ_F_EX physique
e 11 1 EQ_V_IN
e 12 1 EQ_F_IN
e 13 1 EQ_F_AN 1
e 14
1 EQ_V_AN
ancienneté
e 15 1 EQ_AV_AN
e 16 1 EQ_MD_AN
e 17 1 1
EQ_F_AN
EQ_AV_AN Niv.
e 18 1
hiérarchique
e 19
1 EQ_MD_AN
293
Figure 8.7.
Modèle de l'équité salariale
e1 1 EQ_F_QL 1
QP
1
e2 1 EQ_F_PE
e3 1 EQ_V_PE qual perf qt
e4 1 EQ_V_QL de travail
e5 1 EQ_V_QW
e6 1 EQ_AV_QL
e7 RP
1 EQ_AV_EX 1
1
e8 1 EQ_MD_IN
e9 1 EQ_V_EX référent
e10 1 EQ_F_EX physique
1
e 11 1 EQ_V_IN
e 12 1 EQ_F_IN Equité
A salariale
e 13 1
1 EQ_F_AN 1
e 14
1 EQ_V_AN
ancienneté
e 15 1 EQ_AV_AN
e 16 1 EQ_MD_AN NH
1
1
e 17 1 EQ_F_AN
EQ_AV_AN Niv.
e 18 1
hiérarchique
e 19
1 EQ_MD_AN
294
Tableau 8.15.
Qualité globale d'ajustement, analyse factorielle confirmatoire de l'échelle de
l'équité salariale
295
de l'entreprise, ces deux dimensions sont considérées comme offrant un
même référent physique au salarié, et de là constituent la même dimension
de l'équité salariale.
Par ailleurs, la troisième dimension citée par l'hypothèse est éclatée, dans les
résultats, en trois dimensions : les qualifications, les performances et la
quantité de travail font partie intégrante de la même dimension ;
l'ancienneté constitue une dimension indépendante et enfin, le niveau
hiérarchique en constitue une dernière.
Notre hypothèse H3 est donc partiellement vérifiée, puisque l'équité
salariale est un concept multidimensionnel. Cependant, les facettes
supposées au départ ne ressortent pas, pour notre échantillon.
Notre hypothèse H3.1 : chaque dimension de l'équité salariale est constituée
elle même de quatre dimensions qui sont les facettes de la rémunération
(fixe, variable, avantages divers et mode de gestion de la rémunération), est
validée uniquement pour la dimension « ancienneté » où toutes les facettes
de la rémunération sont comparées. Pour les autres dimensions, il ressort de
l'étude confirmatoire que l'individu ne compare pas de la même façon les
quatre facettes de la rémunération. Il choisit les facettes de la rémunération
en fonction du référent choisi. En effet, pour la dimension « qualifications,
performances et quantité de travail », sont plus souvent comparés le fixe et
le variable, les avantages divers, quant à eux, ressortent uniquement pour les
qualifications.
En ce qui concerne la dimension « référent physique », le fixe et le variable
ressortent pour les deux comparaisons interne et externe, alors que les
avantages divers sont comparés uniquement à des personnes à l'extérieur et le
mode de gestion de la rémunération est comparé uniquement à l'intérieur de
l'organisation.
Pour le « niveau hiérarchique », qui constitue la dernière dimension de l'équité
296
salariale, seul le mode de gestion de la rémunération n'est pas comparé. L'équité
de la rémunération, compte tenu du niveau hiérarchique, tient de ce fait en
compte la rémunération fixe, variable et les avantages divers.
A ce stade, les échelles de mesure sont confirmées, purifiées et validées. Nous
arrivons au dernier chapitre (chapitre IX) où nous allons tester les hypothèses
causales de cette recherche.
297
EN BREF
298
CHAPITRE IX
ANALYSE DES RELATIONS ENTRE LES VARIABLES
Une fois les échelles de mesure pré-testées et validées, nous avons procédé à
une troisième et dernière collecte de données afin de tester les hypothèses de
recherche. Le premier paragraphe de ce chapitre, traitera de la collecte des
données, les modalités pratiques suivies et les caractéristiques de
l'échantillon, comparées à celles de la population mère en vue
d'examiner sa représentativité (§.I). Dans le deuxième paragraphe, nous
procéderons au test de notre modèle de recherche (§.II) et à la validation
des hypothèses qui en découlent dans un troisième paragraphe (§.III).
299
§. I. Collecte des données
261
Calder, Philips et Tybout ; (1981), Designing Research for Applications, Journal of
Consumer Research., Vol. 8, Issue 2, September, pp. 197- 207.
262
Y. Aragon,; S. Bertrand,; M. Cabane et H. Le Grand, (2000), Méthode d'enquête par Internet :
leçons de quelques expériences, Décisions Marketing, N° 19, Jan.-Avr, page 29.
300
courts et avec un coût très réduit des enquêtes pour questionner un
groupe de personnes disposant d'adresses Mèl ». En effet, la majorité des
réponses sont obtenues dans les 48 heures qui suivent l'envoi, moyennant
un coût très bas (contrairement aux enquêtes par téléphone ou par courrier
postal qui peuvent impliquer des frais très élevés pour le chercheur). Les
avantages et les inconvénients de la collecte de données via Internet sont
résumés dans le tableau 9.1.
301
Tableau 9.1.
Avantages et inconvénients de l'utilisation d'Internet pour la collecte des
données263
Avantages Inconvénients
• Coût de l'enquête très bas ; Problèmes de non-représentativité :
• Données recueillies en un temps très • Nécessité de posséder une adresse
réduit ; électronique264 pour faire partie de
• Facilité de traitement des données l'échantillon de la recherche ;
(aucun besoin de saisie manuelle, • Beaucoup de comptes sont partagés par
comme c'est le cas des questionnaires en plusieurs personnes (une famille), d'où
papier, ni de retranscription comme c'est une incertitude sur l'identité du
le cas des entretiens téléphoniques) ; répondant.
• Plus commode pour les répondants, qui Problèmes de non-réponse :
peuvent, contrairement au téléphone, • L' e-mail de l'enquête peut être
compléter le questionnaire au moment considéré par le répondant comme du
choisi par eux-mêmes ; publipostage ;
• Rapidité et facilité de la détection des • L'anonymat est non assuré pour ce
non-répondants ; type d'enquêtes : problèmes de sécurité
• Facilité de relance des non-répondants ; des informations.
• Possibilité de générer un ordre au hasard Problème de compatibilité de versions et
des questions pour chaque répondant ; de maîtrise de l'outil informatique :
• Possibilité de constitution de boîtes à • L'aspect général de l'enquête change
menus avec une vaste liste d'options en fonction des navigateurs utilisés ;
(méthode qui serait peu pratique dans
des enquêtes sur papier) ; • Les répondants ont des niveaux
• Réduction des risques de non-réponses variants d'expertise en informatique ;
partielles (valeurs manquantes); avec des vitesses différentes de
• Possibilité d'inclure des instructions connexion à Internet.
propres à certaines questions (ou de
cliquer sur une icône pour plus
d'informations) ;
• Possibilité d'inclure un son ou une vidéo
dans un questionnaire.
263
La liste des avantages et inconvénients n'est pas exhaustive.
264
Le courrier électronique est connu sous le nom d'e-mail « au point que le mail est souvent
identifié à l'Internet ». J. F. De la Vega (2000), La communication scientifique à l'épreuve de
l'Internet : l'émergence d'un nouveau modèle, Presses de l'Enssib, page 189. Dans la présente
recherche, nous emploierons e-mail, pour désigner toute correspondance par voie électronique.
302
Le problème majeur du recours à Internet comme mode de recueil des données
demeure la non-représentativité de la population. Pour Zanutto (2001b), "la
population d'Internet n'est pas représentative de la population dans son
ensemble ... Mais le taux de réponse des enquêtes par téléphone est en
baisse, ainsi ces dernières ne sont pas, non plus, très représentatives de la
population dans son ensemble265.
265
"The internet population isn't representative of the population as a whole... But response rate to
telephone surveys are also getting Iower and so they are not be very representative on the population
either" E. Zanutto, (2001b), Web & Email Surveys, available on : [Link].
page 7.
266
J. L. Cerdin et I. M. Peretti (2001), Internet versus voie postale : comparaison de deux méthodes de
collecte de données en GRH, Actes du XII congrès de l'AGRH, Liège.
267
URL : Universal Resource Locator.
268
N. Bradley (1999), Sampling for Internet surveys. An examination of respondent selection for Internet
research. Journal of the Market Research Society, 41(4), pp. 387-395
303
Tableau 9.2.
Avantages et inconvénients du simple e-mail comme mode de recueil de
données
Avantages Inconvénients
• Simplicité d'envoi
• Réponse directe par retour de courrier • Impossibilité de cocher des réponses dans
• Insertion directe des réponses à des le cas d'une échelle de type Likert
questions ouvertes.
Dans le cas de notre questionnaire, les énoncés étant sur une échelle
d'intervalle de type Likert à cinq positions, ce mode de recueil de données
n'est, de ce fait, pas adapté.
Tableau 9.3.
Avantages et inconvénients de l’e-mail avec adresse URL comme mode
de recueil de données
Avantages Inconvénients
• Résout les problèmes d'incompatibilité • Méthode complexe, exigeant l'accès à
du système et/ou du logiciel en plus du des sites Web ;
refus d'ouvrir le fichier attaché par crainte de • Pour le chercheur, obligation d'avoir un
contamination ; site Web pour mettre le questionnaire à
• Possibilité de cocher des réponses dans le disposition des répondants ;
cas d'une échelle de type Likert. • Requiert l'accès à Internet ;
• Impossibilité de compléter le
questionnaire à plusieurs reprises (perte des
réponses données préalablement) ;
304
Pour ne pas restreindre notre échantillon aux cadres des entreprises ayant
accès à Internet, nous avons préféré ne pas utiliser ce mode de recueil de
données. L'enquête par e-mail avec fichier attaché permet de pallier à cette
contrainte.
305
Tableau 9.4.
Avantages et inconvénients de l’e-mail avec fichier attaché
comme mode de recueil des données
Avantages Inconvénients
• Simplicité d'envoi ; • Incompatibilité du système et/ou du
• Séparation de la lettre logiciel ;
d'accompagnement explicative des • Refus d'ouvrir le fichier attaché par
objectifs de la recherche ; crainte de contamination (virus) de
• Réponse directe par retour de courrier ; l'attachement.
Pour la collecte des données de la présente recherche, nous avons opté pour
cette méthode, en raison de ses nombreux avantages par rapport aux autres
modes de recueil via Internet.
306
II. Structure du questionnaire
269
J. J. Lambin (1990), La recherche en Marketing : analyser, mesurer, prévoir, McGraw Hill, p. 133.
307
note-t-il qu'habituellement, une échelle de Likert comporte cinq points.
C'est pour ces raisons que nous avons opté pour cette structure bien qu'elle
limite la variabilité des échelles.
En face de chaque item, figure une icône qui permet au répondant, en
cliquant dessus, d'avoir les différentes possibilités parmi lesquelles il
choisit sa réponse de 1 à 5 (figure 9.1).
Figure 9.1.
Espace de choix des réponses
Libellé de l'item Cliquez ici pour répondre
Dès que le répondant clique sur l'icône, toutes les possibilités de réponses
apparaissent parmi lesquelles il fait son choix.
308
L'enquête s'est déroulée sur une durée d'environ 44 jours, au bout desquels nous
n'avons plus reçu de réponses. Le taux de réponse est de 37% réparti comme
suit :
• 396 individus lors de la première correspondance, soit 30,5%.
Cette première vague de réponses est la plus importante puisqu'elle
constitue plus de 82% de la totalité des réponses reçues ;
• 68 répondants à la première relance, soit 5,23% de la population
totale ciblée et 14,2% des répondants ;
• Et enfin, 15 individus lors de la troisième et dernière relance.
Cette tranche de répondants représente 1,15% de la population
initiale et 3,13% du total des réponses reçues.
Un taux de réponse de 37% est très satisfaisant, puisque l'une des limites de
l'enquête par Internet est le faible taux de retour ; le taux de réponse que nous
avons obtenu dépasse même les taux des enquêtes classiques sur papier.
Dans une étude comparative des deux modes de collecte des données, Cerdin
309
et Peretti (2001) ont obtenu des taux de réponse Internet et papier
respectivement de 9,73% et 11,32% sur deux populations de 1404 personnes.
Ce taux de réponse relativement élevé peut se justifier par le fait que nous ayons
ciblé une population d'anciens diplômés d’une université française alors que
nous effectuons nous-mêmes nos études au sein de cet établissement.
310
§.II. Analyse de l'échantillon
270
Il s'agit d'une étude d'audience consacrée à l'ensemble des dirigeants et cadres actifs
résidant en France. Lancée en 1980, l'enquête est, depuis 1986, reconduite tous les ans, et
délivre une information de plus en plus riche sur la population des cadres actifs. Aujourd'hui, elle
permet d'avoir une connaissance approfondie de cette cible stratégique, tant en termes de profils,
qu'en termes de comportements, en particulier les comportements médias. Les données ainsi que les
graphiques ont été extraits du site Internet : [Link]
fr/0601kadres/actifs0lltm.
311
Figure 9. 4.
Effectif de la population des cadres actifs en France
I. 2. Age
Les cadres en France sont relativement jeunes, puisque plus de 25% sont âgés de
moins de 35 ans, 45% ont de 35 à 49 ans. Ainsi, plus de 70% de la population
cadre en France est âgée de moins de 49 ans.
312
Figure 9.5.
Evolution des cadres par âge
2000-2001
1999-2000
+2%
+1%
+3% +4%
+6% +6%
La répartition des cadres en termes d'âge montre une légère diminution de la part
des 35-49 ans au profit des 50 ans et plus. L'effectif des plus de 50 ans
continue à augmenter plus rapidement que celui des autres tranches d'âge
(+6% entre 2000 et 2001). Malgré cela, les cadres dont l'âge se situe entre
35 et 49 ans, demeurent majoritaires au sein de la population des cadres.
I. 3. Niveau de formation
La proportion des cadres ayant effectué des études supérieures est de plus
en plus importante (tableau 9.6).
Désormais, elle représente 71% de la population cadre (versus 68.5 % en
2000). Au sein des diplômés des études supérieures, la filière BTS, DUT
313
progresse plus fortement que les autres cursus (9% entre 2000 et 2001)271.
Les cursus universitaires sont également très présents en 2001 (sachant
qu'ils étaient déjà très majoritaires au sein de la population cadre) alors que
les diplômés des grandes écoles seraient plutôt moins bien représentés.
Notons que 50% des cadres ont effectué un deuxième cycle
universitaire ou plus.
Figure 9.6.
Répartition des cadres ayant effectué des études supérieures
271
Enquête de La France des Cadres Actifs (2001), disponible à l'adresse suivante :
[Link] fr/0601/cadres/[Link]
314
Figure 9.7.
Répartition des cadres par secteur d'activité
315
Figure 9.8.
Evolution des cadres par secteur d'activité
316
Figure 9.9.
Taux d'équipement en micro informatique en %
317
Figure 9.10.
Accès des cadres à Internet en %
LIEU DE
TRAVAIL; 2001;
LIEU DE 71
TRAVAIL; 2000;
56
LIEU DE
TRAVAIL; 1990;
39 DOMICILE;
LIEU DE TRAVAIL
2001; 46
DOMICILE
DOMICILE;
2000; 30
DOMICILE;
1990; 21
Le taux d'équipement du foyer des cadres actifs est deux fois plus
important que celui de l'ensemble de la population active (20%) ce qui montre
une fois encore le comportement « early adopters » des cadres.
Les cadres ont été précurseurs en matière d'équipement informatique au foyer. En
effet, ils se sont équipés plus tôt et plus vite que le reste de la population
active. Aujourd'hui 68% des cadres actifs sont équipés au foyer.
318
Tableau 9.5.
Récapitulatif des principales caractéristiques des cadres actifs français
52.5% des cadres sont employés par les services, contre 32,4%
Secteur d'activité dans le secteur industriel et 15,1% dans le commerce, avec une
évolution plus marquée pour les services.
Près de trois cadres sur quatre (71%) ont personnellement accès à
Accès à Internet Internet sur leur lieu de travail et un sur deux (46%) à leur
domicile.
Equipment en micro- Le taux d'équipement du foyer des cadres actifs est deux fois plus
informatique important que celui de l'ensemble de la population active (20%).
II.1. Age
Notre échantillon est relativement plus jeune que la population mère,
puisque 94% ont moins de 50 ans contre 71% pour la population d'origine.
Ceci peut s'expliquer d’une part, par le choix même de l'échantillon qui est
constitué principalement d’anciens diplômés et d’autre part, par le mode
d’accès à cet échantillon : Internet.
319
Figure 9.11.
Répartition des répondants par âge en %
Pourcentage;
50 ans et +;
5%
Pourcentage;
45-49 ans;
7% Pourcentage;
40-44 ans;
14% Pourcentage;
35-39 ans;
Pourcentage; 30%
30-34 ans;
20%
Pourcentage;
moins de 30
ans; 23%
320
Figure 9.12.
Répartition des répondants par niveau de formation en %
84% des répondants ont au moins un bac+3, cette proportion est à rapprocher de
celle de la population mère où 71% ont au moins un bac+2.
II.3. Ancienneté
49 % de l'échantillon a une ancienneté inférieure ou égale à 4 ans.
321
Figure 9.13.
Répartition des répondants par ancienneté en %
322
Figure 9.14.
Répartition des répondants par secteur d'activité en %
323
Figure 9.15.
Répartition des répondants par taille d’entreprise en %
La répartition des répondants entre privé et public est assez équilibrée (45,7 %
appartiennent au secteur privé et 54,2 % au secteur public).
A la vue de ces différentes caractéristiques de notre échantillon, nous remarquons
qu'elles sont assez proches de celles de la population mère. Toutefois, nous
ne prétendons pas à une représentativité totale ni à une exhaustivité externe.
Maintenant que nous avons présenté le mode de recueil des données ainsi que les
caractéristiques de notre échantillon final, nous allons tester les hypothèses
émises au chapitre V.
324
§. III. Test d'hypothèses
325
eg1 ef1 ef2 ef3 ef4 ev1 ev2 ev3 ev4 eav2 eav3 eav4 eav5 em1 em2 em3 em5
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
1 1 1
Glob Fix1 Fix2 Fix3 Fix4 Var1 Var2 Var3 Var4 Av2 Av3 Av4 Av5 Mod1 Mod2 Mod3 Mod5
1
1 1 1 Mode de
Fixe Variable Av. divers gestion
F 1 A M
V 1 1 1
QP sat3 1 es3
e1 1 EQ_F_QL 1 1 1
1 1
sat10 es10
e2 1 EQ_F_PE IT
qual perf qt sat11 1 es11
e3 1 EQ_V_PE Sat. rém 1
e4 1 de travail sat14 1
es14
EQ_V_QL Intérêt au
1
travail sat15 1 es15
e5 1 EQ_V_QW Esr 1
sat16 es16
e6 1 EQ_AV_QL 1
sat17 1 es17
e7 RP
1 EQ_AV_EX 1
1
e8 1 EQ_MD_IN 1
sat1 1 es1
e9 1 EQ_V_EX référent RSC 1 es4
e10 1 physique 1
1 sat4
EQ_F_EX Satisfaction Relations sup
sat12 1 es12
e 11 1 EQ_V_IN au travail collègues 1
sat13 es13
e 12 1 EQ_F_IN Equité sat21 1 es21
salariale 1
e 13 1 A
1 EQ_F_AN 1 Est EG
sat5 1 es5
e 14
1 EQ_V_AN 1 1
sat6 1 es6
ancienneté Eeq 1
e 15 1 EQ_AV_AN sat9 1 es9
Environnement
e 16 1 EQ_MD_AN NH sat18 1 es18
1
1
sat19 1 es19
e 17 1 EQ_F_AN
EQ_AV_AN Niv.
e 18 1
hiérarchique Figure 9.16. Modèle global
e 19
1 EQ_MD_AN
326
Tableau 9.6.
Qualité globale d'ajustement du modèle global
Indice Valeur
c² 1936,776
degrés de liberté (p) 1265
Rapport c²/ddl 1,531
GFI 0,880
AGFI 0,851
RMSEA 0,047
(p) 0,910
NFI 0,892
NNFI/TLI 0,908
CFT 0,915
CAIC modèle spécifié 3015,985
(CAIC modèle saturé) 9303,300
ECVI modèle spécifié 9,298
(ECVI modèle saturé) 11,730
Pour savoir si ce modèle représente les liens entre les variables de la meilleure
façon, nous avons testé d'autres modèles avec les différentes relations possibles
entre les trois variables.
Ø Le modèle 1 étant notre modèle de recherche initial ;
Ø Le modèle 2 stipule des relations inversées entre les 3 variables.
Ceci suppose que c'est la satisfaction au travail qui influence la
satisfaction à l'égard de la rémunération et l'équité salariale. En
d'autres termes, ce sont les individus qui sont satisfaits dans
leur travail qui jugeront leur rémunération comme étant
équitable et satisfaisante.
Ø Le modèle 3 étant un modèle qui stipule une corrélation entre
les trois variables (satisfaction au travail, satisfaction à l'égard
de la rémunération et équité salariale) ; ceci veut dire que les
trois variables s'influencent mutuellement ;
327
Ø Le modèle 4 représente une covariation entre la satisfaction à
l'égard de la rémunération et l'équité salariale et un effet de ces
deux variables sur la satisfaction au travail ;
Ø Le modèle 5 représente une relation réciproque entre la
satisfaction à l'égard de la rémunération et l'équité salariale,
et un effet allant de ces deux variables vers la satisfaction au
travail ;
Ø Le modèle 6 stipule que les trois variables seraient des
dimensions d'une même et seule autre variable, que nous
avons nommée « bien être au travail ». Cela revient à dire
que les trois concepts contribuent ensemble pour former une
nouvelle dimension.
Le tableau 9.7 nous permet de comparer la qualité globale d'ajustement
de ces six modèles.
Tableau 9.7.
Qualité globale d'ajustement des modèles comparatifs
Indice Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3 Modèle 4 Modèle 5 Modèle 6
c² 1936,7761 2748,67 2674,00 2778,487 2707,332 2787,484
degrés de liberté (p) 265 1297 1297 1302 1294 1311
Rapport c²/ddl 1,531 2,119 2,062 2,134 2,092 2,126
GFI 0,880 0,711 0,718 0,709 0,714 0,708
AGFI 0,851 0,682 0,689 0,690 0,684 0,681
RMSEA 0,047 0,068 0,066 0,068 0,067 0,068
(p) 0,910 0,000 0,000 0,000 0,000 0,000
NFI 0,892 0,704 0,712 0,701 0,709 0,700
NNFI/TLI 0,908 0,804 0,815 0,803 0,810 0,804
CFI 0,915 0,817 0,826 0,813 0,821 0,813
CAIC modèle spécifié 3015,985 3545,77 3545,77 3617,149 3598,005 3567,635
(CAIC modèle saturé) 9303,300 9303,300 9303,300 9303,300 9303,300 9303,300
ECVI modèle spécifié 9,298 12,060 12,060 12,445 12,219 12,408
(ECVI modèle saturé) 11,730 11,73 11,73 11,73 11,73 11,73
328
Comme nous pouvons le remarquer, le modèle 1 est celui qui possède une
très bonne qualité globale d'ajustement comparativement aux cinq autres.
Il possède les meilleurs indices de qualité globale d'ajustement. Malgré
que ses indices (GFI, AGFI et NFI), soient inférieurs au seuil théorique
recommandé, il demeure le modèle le mieux ajusté à nos données.
Hypothèse H1 :
Cette hypothèse, postulant que la satisfaction au travail est un
construit multidimensionnel selon lequel l'individu éprouve de la
satisfaction vis-à-vis des diverses facettes de son emploi, est validée. Ces
facettes ont été regroupées dans trois dimensions distinctes : l'intérêt au
travail, les relations supérieurs/collègues et l'environnement global au
travail.
Hypothèse H2 :
Cette hypothèse stipule que la satisfaction à l'égard de la
rémunération est multidimensionnelle : l'individu éprouve de la
satisfaction vis-à-vis de sa rémunération fixe, variable, à l'égard de ses
avantages divers et du mode de gestion de sa rémunération. Cette
329
hypothèse a été aussi validée, nous avons abouti à quatre dimensions
de la satisfaction à l'égard de la rémunération. Il s'agit des mêmes
dimensions stipulées.
Hypothèse H3 :
Cette hypothèse avance que le sentiment d'équité est un construit
multidimensionnel, selon lequel l'individu se compare,
indépendamment, à l'intérieur, à l'extérieur et individuellement, par
rapport à lui-même. Cette hypothèse est partiellement vérifiée : l'individu,
dans notre échantillon, ne se compare pas indépendamment, à l'intérieur et
à l'extérieur de l'entreprise, ces deux dimensions sont considérées comme
offrant un référent physique au salarié, et de là constituent la même
dimension de l'équité. La troisième dimension de l'hypothèse est
éclatée, dans les résultats, à trois dimensions : (1) qualifications,
performances et quantité de travail, (2) ancienneté et (3) niveau
hiérarchique.
Le tableau 9.8 offre une synthèse des hypothèses vérifiées (p<0,05) en
fonction des données de l'expérience menée.
330
Tableau 9.8.
Récapitulatif des hypothèses vérifiées dans le chapitre VIII
Les autres hypothèses de recherche qui reflètent les relations causales ont
fait l'objet de validation lors de ce chapitre.
331
Le concept d'équité salariale était initialement constitué de trois
dimensions : l'équité interne, externe et individuelle (Tremblay, 1991).
Selon cette conception, l'individu compare sa rémunération à des référents
à l'intérieur et à l'extérieur de l'entreprise et aussi par rapport à des critères
individuels.
La phase de construction des mesures a révélé quatre dimensions : le
salarié juge l'équité de sa rémunération en fonction de :
• ses qualifications, ses performances et la quantité du travail
effectuée ;
• son ancienneté ;
• son niveau hiérarchique ;
• et en comparaison avec des référents internes ou externes.
332
Les analyses factorielles, effectuées, nous permettent de remettre en cause
cette structure factorielle. Ce résultat peut être lié au fait que la composition
de notre échantillon est différente. Ceci peut être dû aux différences de
perception du travail entre la population d'origine qui a constitué la base sur
laquelle a été établi le questionnaire et l'échantillon sur lequel a porté notre
étude. Une autre raison peut résider dans l'évolution des perceptions de
l'environnement et des conditions de travail entre 1967, année de la
construction de la mesure et 2001, année de réalisation de cette recherche.
Signalons aussi que les facteurs que nous avons trouvés sont différents de
ceux trouvés par Roussel (1994). Selon les résultats de l'étude réalisée en
France en 1994, Roussel a établi que l'échelle comporte cinq composantes
principales. Pour cet auteur, le premier facteur représente la satisfaction
intrinsèque. Le second est révélateur du climat et de l'ambiance au travail. Le
troisième évalue les besoins de rapports sociaux, le quatrième correspond à
l'avancement et à la rémunération. Et enfin, le dernier facteur réunit les
items qui portent sur le respect des valeurs morales de l'employé.
Dans cette étude, nous avons abouti à trois axes qui correspondent aux trois
premiers des cinq repérés par Roussel. En effet, en évaluant les différentes
facettes de leur emploi, les salariés constituant notre échantillon jugent leur
satisfaction par rapport à trois principales dimensions : l'intérêt de leur
travail, les relations avec leurs collègues et supérieurs et enfin l'ambiance et
l'environnement général du travail.
333
II.2. Hypothèses explicatives
Hypothèse H4 :
Cette hypothèse suppose une influence positive de l'équité salariale
sur la satisfaction au travail.
En effet, l'équité salariale influence positivement la satisfaction au travail, la
relation entre ces deux variables est significative (le coefficient de
régression standardisé vaut +0,50). Donc l'hypothèse H4 est validée.
Nous allons à présent examiner l'effet de chaque dimension de l'équité
salariale sur la satisfaction au travail, en vue de vérifier l'hypothèse H4.1.
Hypothèse H4.1 :
Selon cette hypothèse, chaque dimension de l'équité influence
positivement la satisfaction au travail.
Pour ce faire, nous avons constitué un modèle niché qui ne tient compte
que de ces deux variables, la qualité globale d'ajustement de ce modèle est
présentée dans le tableau 9.9.
334
Tableau 9.9
Qualité globale d'ajustement du modèle de l'hypothèse H4.1
Indice Valeur
c² 965,071
degrés de liberté (p) 563 (0,000)
Rapport c²/ddl 1,457
GFI 0,853
AGFI 0,821
RMSEA 0,043
(p) 0,958
NFI 0,852
NNFI/TLI 0,940
CFI 0,948
CAIC modèle spécifié 1575,754
(CAIC modèle saturé) 4329,838
ECVI modèle spécifié 4,244
(ECVI modèle saturé) 5,459
335
l'équité salariale influe, à son tour, positivement, mais très
faiblement, sur la satisfaction au travail (le coefficient de
régression standardisé vaut +0,01).
Ø Enfin, le « niveau hiérarchique », la dernière dimension de
l'équité salariale exerce un effet positif, mais faible, sur la
satisfaction au travail, le coefficient de régression standardisé
vaut +0,02.
Hypothèse H5 :
L'équité salariale influence positivement et fortement la satisfaction à
l'égard de la rémunération (le coefficient de régression standardisé est de
+0,73). Nous validons donc notre hypothèse H5.
Hypothèse H5.1 :
Selon cette hypothèse, chaque dimension de l'équité influence
positivement la satisfaction à l'égard de la rémunération.
336
Nous avons ainsi constitué un modèle niché qui ne tient compte que des
effets allant des dimensions de l'équité salariale vers la satisfaction à l'égard
de la rémunération.
La qualité globale d'ajustement de ce modèle est présentée dans le tableau
9.10.
Tableau 9.10.
Qualité globale d'ajustement du modèle de l'hypothèse H5.1
Indice Valeur
c² 798,646
degrés de liberté (p) 531 (0,000)
Rapport c²/ddl 1,504
GFI 0,852
AGFI 0,814
RMSEA 0,045
(p) 0,878
NFI 0,880
NNFI/TLI 0,947
CFI 0,956
CAIC modèle spécifié 1676,316
(CAIC modèle saturé) 4329,838
ECVI modèle spécifié 4,38
(ECVI modèle saturé) 5,459
337
standardisé vaut +0,40).
Ø Le coefficient de régression standardisé de l'effet de la
deuxième dimension de l'équité salariale « référent
physique » est de +0,16. Cette dimension influence donc
positivement la satisfaction à l'égard de la rémunération.
Ø L'« ancienneté » qui constitue la troisième dimension de
l'équité salariale influe, à son tour, positivement, mais
faiblement, sur la satisfaction à l'égard de la
rémunération (le coefficient de régression standardisé
vaut +0,08).
Ø Enfin, le « niveau hiérarchique », la dernière dimension
de l'équité salariale exerce un effet positif sur la
satisfaction à l'égard de la rémunération (le coefficient
de régression standardisé vaut +0,31).
Hypothèse H6 :
Nous validons aussi les propos de notre hypothèse H6 : la satisfaction à
l'égard de la rémunération influence positivement la satisfaction au
travail (le coefficient de régression standardisé est de +0,23).
Hypothèse H6.1 :
Selon cette hypothèse, chaque dimension de la satisfaction à l'égard
338
de la rémunération influence positivement la satisfaction au travail.
Nous avons là aussi, constitué un modèle niché qui ne tient compte que des
effets allant des dimensions de la satisfaction à l'égard de la rémunération
vers la satisfaction au travail.
La qualité globale d'ajustement de ce modèle est présentée dans le tableau
9.11.
Tableau 9.11.
Qualité globale de l'ajustement du modèle de l'hypothèse H6.1
Indice Valeur
c² 881,198
degrés de liberté (p) 497 (0,000)
Rapport c²/ddl 1,773
GFI 0,835
AGFI 0,802
RMSEA 0,056
(p) (0,045)
NFI 0,819
NNFI/TLI 0,900
CFT 0,911
CAIC modèle spécifié 1518,321
(CAIC modèle saturé) 3868,249
ECVI modèle spécifié 4,415
(ECVI modèle saturé) 4,877
339
rémunération, c'est la dimension qui influence le plus la satisfaction au
travail. Ceci est dû au fait qu'elle intègre la satisfaction à l'égard de la
rémunération globale.
Ø Le coefficient de régression standardisé de l'effet de la deuxième
dimension de la satisfaction à l'égard de la rémunération
« rémunération variable », est moins élevé que celui de la première
dimension. Il est de +0,16. Cette dimension influence donc
positivement sur la satisfaction au travail.
Ø Les deux dernières dimensions « rémunération variable » et « mode
de gestion de la rémunération » ont une influence positive moins
élevée que celles des deux premières (les coefficients de régression
standardisés valent +0,10).
341
EN BREF
Ce chapitre a porté essentiellement sur le test des relations causales issues de notre
modèle conceptuel.
Suivant les préconisations de Churchill, nous avons effectué un troisième recueil de
données par courrier électronique.
Avant de tester les hypothèses proprement dites, nous avons présenté en détail la
méthodologie de collecte suivie, ainsi que les caractéristiques de notre échantillon
en comparaison avec la population des cadres français, sur la base d'un ensemble de
critères (âge, sexe, formation, usage d'Internet, équipement informatique...).
Le test d'hypothèses effectué a mis en évidence l'existence de relations
significatives entre les trois concepts. En effet, l'équité salariale influence
positivement davantage, la satisfaction à l'égard de la rémunération que la
satisfaction au travail (coefficients de régression 0,73 et 0,50). Si elle est perçue
équitable, la rémunération a une grande propension pour être satisfaisante.
Il a été établi aussi que l'effet de l'équité sur la satisfaction au travail est plus fort
que l'effet de la satisfaction à l'égard dé la rémunération. En effet, une rémunération
équitable a plus de chance d'impliquer un état de satisfaction qu'une rémunération
satisfaisante. Les cadres de notre échantillon plus sensibles à la justice des pratiques
de rémunération.
342
CONCLUSION
Notre recherche a mis en lumière les liens existants entre l'équité salariale, la
satisfaction à l'égard de la rémunération et la satisfaction au travail. La
démarche adoptée pour argumenter cette recherche nous a amené dans une
première partie, à mettre le point sur l'état des connaissances relatives aux trois
concepts clé de notre recherche ainsi que leurs interactions, par le biais des
différents modèles théoriques contenus dans la littérature. En effet, les
enseignements de la littérature nous ont permis d'énoncer notre problématique
et de construire, de ce fait, le modèle conceptuel permettant de dégager les
hypothèses de recherche sous-jacentes.
I. Contributions de la recherche
En effet, la littérature révèle que ces deux concepts font souvent l'objet
de confusion, que ce soit de la part des chercheurs sur la satisfaction au
travail (Weiss et al., 1967 ; Smith et al., 1969 ; Lawler, 1971 et 1973 ;
Locke, 1976 ; Heneman et Schwab, 1985 ; Miceli et Lane, 1991), ou des
chercheurs sur la satisfaction à l'égard de la rémunération (Lawler, 1971 ;
Dyer et Thériault, 1976 ; Weiner, 1980 ; Dreher, 1981 ; Motowidlo, 1982).
Cet amalgame a été dénoncé par Scarpello et Carraher (1997) mais n'a
pas fait l'objet d'étude empirique. Le test d'équivalence effectué dans cette
recherche, nous a bien montré que ces concepts sont perçus différemment
auprès des individus de notre échantillon. Nous avons ainsi délimité
l'équité salariale de la satisfaction à l'égard de la rémunération. C'est
344
justement à ce niveau que se situe l'apport majeur de cette recherche.
Nous avons ainsi proposé une définition de ces deux variables
indépendamment l'une de l'autre.
345
Sur le plan méthodologique, notre thème de recherche exigeait
l'élaboration d'instruments de mesure fiables et valides pour évaluer et
comparer l'effet de l'équité salariale et de la satisfaction à l'égard de la
rémunération sur la satisfaction au travail. La construction des différentes
échelles a été faite conformément aux préconisations du paradigme
méthodologique de Churchill (1979). Notre démarche s'est fondée sur des
équations structurelles et sur une approche confirmatoire.
En ce qui concerne l'échelle de mesure de l'équité salariale, nous avons
montré l'intérêt d'utiliser conjointement des approches qualitatives et
quantitatives. D'une part, l'analyse qualitative a permis de repérer les
critères de comparaison des cadres et de constituer ainsi une base pour
l'analyse quantitative. D'autre part, l'analyse quantitative a contribué à
mieux cerner l'ampleur des phénomènes relevés dans le cadre conceptuel
de la recherche. Cette étape s'est déroulée en deux temps, d'abord
une phase exploratoire pour chaque variable, suivie d'une phase
confirmatoire. Ainsi, la combinaison de ces deux approches a permis de
pallier à certaines limites liées aux choix méthodologiques de chacune des
études.
La satisfaction au travail mesurée par le MSQ a été remise en cause.
En effet, les dimensions établies, dans le cadre de cette recherche, diffèrent
de celles postulées par Weiss et al. (1967), mais aussi de celles avancées
par Roussel (1994) : le 21ème item sur la satisfaction globale, que nous
avons adjoint à cette échelle, améliore son pouvoir explicatif.
Ensuite, nous avons élaboré une classification des éléments de la
rémunération que nous avons testée empiriquement. Nous avons abouti à
quatre composantes : la rémunération fixe, variable, avantages divers et
mode de gestion. A partir de cette classification, nous avons mis en place
une échelle mesurant la satisfaction à l'égard de ces différentes
346
composantes.
D'un point de vue managérial, un des résultats de cette recherche est que
l'équité salariale influence davantage la satisfaction au travail que la
satisfaction à l'égard de la rémunération. En d'autres termes, pour être
satisfaits dans leur travail, les cadres de notre échantillon, préfèrent une
rémunération juste et équitable plutôt que satisfaisante. Les Directeurs de
Ressources Humaines disposent donc d'une base de réflexion
permettant de mieux gérer le personnel cadres, en adaptant les
politiques de rémunération à leurs exigences en matière d'équité.
Sur le plan opérationnel, cette recherche leur fournit un instrument de
diagnostic permettant de cerner la perception que les cadres ont de l'équité
de leur rémunération.
L'individualisation des rémunérations associée à la pratique des
entretiens annuels, où les résultats passés sont discutés et les objectifs
futurs précisés, peuvent améliorer la perception de l'équité salariale. Cette
dernière dépend de la visibilité des effets des contributions personnelles sur
les rétributions accordées par l'organisation.
347
Les conclusions tirées de cette recherche ne peuvent être extrapolées
faute de validité externe suffisante. Si les trois échantillons réunis sont
relativement importants, ils ne le sont pas suffisamment pour pouvoir
généraliser les résultats à l'ensemble de la population cadre des entreprises
privées et publiques en France.
Le principal reproche que nous pouvons aussi faire à cette recherche réside
dans l'utilisation d'Internet comme mode de collecte de données.
L'échantillon issu de ce mode de recueil globalement plus jeune et ayant
accès à Internet, présente un biais de représentativité.
Une autre limite de notre échantillon, anciens diplômés de troisième cycle
d’une université française, peut être le fait qu'il soit surdiplômé par rapport à
la moyenne des cadres français.
Les apports et les limites de notre recherche ouvrent des pistes pour des
recherches ultérieures en gestion.
Une autre piste nous invite à étudier l'effet de l'équité salariale sur
d'autres attitudes et comportements au travail tels la motivation et
l'intention de départ.
348
Au plan méthodologique, l'effort de validation des instruments de
mesure proposés est à poursuivre. Il est notamment nécessaire d'établir
formellement sa validité convergente, discriminante et nomologique. Cela
passe par le développement d'une méthodologie multitraits-multiméthodes
(MTMM).
349
POUR ALLER PLUS LOIN
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