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Goudi Infos

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I.1. 2.1.

Désignation et Situation géographique


I.1.1. 2.1.1. Situation géographique et administrative

A) FORET DE GOUDI
La Forêt classée de Goudi tire son nom du village de Goudi. Cette Forêt classée est localisée
sur la rive gauche du fleuve Bandama dans le département de Tiassalé, et situé au Nord de la
Forêt classée de Mopri, dans la zone de transition Forêt -savane (SODEFOR, 2002a) cité par
(kobo,2007).
Cette Forêt classée s’inscrit entre les coordonnées géographiques suivantes :
- 6o et 6o10’ de Latitude Nord ;
- 4o et 5o10’ de Longitude Ouest.
Elle couvre une superficie d’environ 14 330 ha, et est á cheval entre deux départements, Divo
(Sud-Ouest de la cote d’ivoire) et Taabo (Centre-Sud de la cote d’ivoire) .
La Forêt classée de Goudi relève des régions administratives du LOH DJIBOUA et de
l’AGNEBY-TIASSA (cf., carte 1).
Tableau 1 : département et sous-préfecture dont relève le foret classé de Goudi
Département Sous-Préfecture % superficie

TAABO (LOH-DJIBOUA) Zégo 55

TIASSALÉ (AGNEBY-
Taabo 45
TIASSA)
Source : préfecture de Zégo et Divo
La plus grande partie se trouve dans le département de Divo. Le département de Tiassalé ne
dispose que de 40% de la Forêt sur son territoire.
Tableau 2 : distance de la foret par rapport aux centres urbains
Foret classée Sous-Préfecture Centres urbains
Zégo 25
GOUDI
Taabo 6
Source : préfecture de zégo et Divo
La Forêt classée de Goudi n’est pas tres éloigné des centres urbains situés dans son
voisinage. La ville la plus éloignée n’est située qu’á 37 km de la Forêt classée.

Figure 1: situation de la Forêt classée de Goudi

B) Les DEPARTEMENTS DE TAABO ET DE DIVO

Sur le plan historique, la ville de TAABO a été créée à la faveur de l’aménagement hydro-
électrique sur le fleuve Bandama en 1975. Ceci apparait, en effet, comme l’élément principal
de fixation des populations à Taabo et le catalyseur de l’urbanisation de ce milieu.
Issu de la scission du Département de Tiassalé en trois (03) entités administratives, le
Département de Taabo a été créé par le décret N°2012-611 du 04 juillet 2012. Il est composé
de deux (02) sous-préfectures : la sous-préfecture de Taabo et celle de Pacobo.
Le Département de Taabo est constitué de dix-neuf(19) dont treize (13) pour la Sous-
préfecture de Taabo et six (06) pour celle de Pacobo.
 La sous-préfecture de Taabo :
Taabo-village, Ahondo, Tokohiri, Ahouati/Ahouaty, Sokrogbo, N’Dénou, Kokotikoaumékro,
Amani-ménou, Ahérémou 2, Sahoua, Kotiessou, Katiénou/Katchenou, Léléblé et Zougoussi.
 La sous-préfcture de Pacobo :
Pacobo (chef-lieu), Ahouakro, Adikassikro, N’dagnamien, Singrobo et Ahérénou 1.
Situé á 185 km² d’Abidjan, le département releve de la Région de l’Agnéby-Tiassa.
1. Les Monographie de la Sous-Préfecture de Taabo
A. Situation géographique
La situation géographique de la Sous-préfecture de Taabo lui confère des caractéristiques
physiques mixtes, à cheval sur la forêt et la savane. Elle couvre une superficie de 980 km2
avec une population estimée à 57 189 habitants selon les résultats du Recensement Général de
la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2021.
Elle est limitée :
- Au Nord par les Sous-préfectures de Djékanou, Toumodi et de Kpouèbo;
- Au Sud par les Sous-préfectures de Hiré et d’Ogoudou;
- A l’Ouest par la Sous-préfecture d’Oumé;
- A l’est par la Sous-préfecture de Pacobo.

La Sous-préfecture de Taabo est située à 85 km de Tiassalé, à 185 km d’Abidjan et à environ


140 km d’Agboville.
B. Historique du peuplement de la Sous-préfecture de Taabo

La dénomination actuelle de la Sous-préfecture a été empruntée à l’un des villages hôtes


dénommé Taabo-village. L’étymologie de ce nom relève de la légende d’Abla Pokou. En
effet, sous la conduite de la Reine, les populations de Taabo-village (les Souamlins), seraient
venues du Ghana et se seraient d’abord installées à Léléblé, un village de la Sous-préfecture
de Taabo.

Ce périple les conduisit ensuite le long d’un cours d’eau, le fleuve Bandama où elles se
seraient définitivement établies. Cette installation traduisait ainsi leur refus de suivre la Reine
et de garder par devers eux ses instruments impériaux.
Un jour la Reine Pokou ayant aménagé à Sakassou, voulu récupérer ses objets précieux que
détenaient les populations restées au bord du Bandama. Elle envoya une expédition punitive
qui a vu sa victoire. A la suite de ce conflit, les populations furent astreintes à restituer les
objets et à payer une amende qui s’élevait à cent tas d’or (TAA YA) et le lieu de rencontre
était la forêt (BO), d’où l’appellation TAABO.

I.1.2. 2.1.2. Caractéristiques du milieu


Le milieu est décrit pour mettre en avant les contraintes et potentiels de la zone

I.1.2.1. 2.1.2.1. Relief et Hydrographie


La Forêt classée de Goudi est située dans une zone peu accidentée. L’altitude moyenne est de
150 m. les pentes sont relativement faibles et varient de 1 á 10%. L’accès du terrain est facile.
Quant á la Sous-préfecture de Taabo, le relief est relativement plat. Il comporte dans la partie
ouest quatre (04) collines, en partie, couvertes par la forêt.
Appartenant à la catégorie des sols ferralitiques, le sol de Taabo est du type argilo-sableux.
Cependant, la qualité du sol est fonction du type du couvert végétal. Ainsi dans la zone
forestière, on trouve des sols argilo-limoneux et dans la zone de savane arborée des sols
sablonneux-argileux.

En plus du fleuve Bandama qui la borde, au nord-est, la Forêt est arrosée par de nombreux
cours d’eau dont les principaux sont :
- la rivière Bafouyoboué (ou Pessé) au nord est
- les marigots Gobilou et Dorotiekoua á l’est
- le marigot nirikilibali á l’ouest
Les rivières et les marigots existant tarissent pour la plupart pendant la saison sèche.

I.1.2.2. 2.1.2.2. Climat


Le climat des départements de Taabo et de Divo est de type Attiéen, chaud et humide. Il est
caractérisé par 4 saisons :
- une grande saison de pluies : Avril-Juillet
- une petite saison sèche : Aout-Septembre
- une petite saison de pluies : Octobre-Novembre
- une grande saison sèche : Décembre-Mars, période où l’air est sec sous l’influence de
l’harmattan.
La température moyenne oscille autour de 28 et 31° C, selon les données de la station
géophysique de Lamto tandis que celle de Divo oscille entre 28 et 30° C

Annexe 1et 2 : Histogramme de l’évolution de la pluviométrie de chaque département


( anader )

I.1.2.3. 2.1.4.3. Géologie et Pédologie

I.1.2.4. a) Géologie
La Forêt classée de Goudi se situe sur des formations géologiques datant du précambrien
moyen (Birrimien). Ces formations, constituées de granite et de schiste, se sont mise en place
dans la période du Mégacycle éburnéen, phase orogénique tres importante qui est á l’origine
du socle Ivoirien, (TOUALY W, 2004) cité par (KOBO, 2007). Des micas-schistes sont isolés
á la proximité du fleuve de Bandama.
I.1.2.5. b) Pédologie
Les départements de Tiassalé et Divo sont situés dans une zone á sol ferralitique fortement
désaturé. Ces sols se caractérises par leurs richesses et leurs fertilités représentés par les
écosystèmes agricoles que sont les bas-fonds marécageux et les plaines alluviales (ANADER
zones de Tiassalé et de Divo, 2003) cité par (KOBO, 2007). L’altération des minéraux est tres
poussée, libérant le fer, le manganèse et l’aluminium. Ce sont des sols qui ont perdu toute une
partie de leur base échangeable, soit par érosion, soit par suite d’hydromorphie. Avec un pH
acide, ces sols sont affectionnés par les cultures tels que l’hévéa, le palmier à huile, le
cacaoyer, etc. ils sont meubles et profonds.
Ces sols, riches en humus, sont favorables aux cultures des régions forestières, (MINAGRA,
2002).

I.1.2.6. 2.1.4.4. Ecologie végétale


La Forêt classée de Goudi est situé dans une zone de transition entre la forêt semi-décidue et
la savane arborée. Les principales essences forestières fréquentes rencontrées dans la forêt
classée de Goudi sont :
- Le Samba ( Triplochiton scleroxylon, STERCULIACEAE)
- Le Kotibé (Nesogordona papaverifera,, STERCULIACEAE)
- Le Fromager ( Ceiba pentandra, BOMBACACEAE)
- L’Oba ( Bombax buonopozense, BOMBACACEAE)
- Le Poré-poré ( Sterculia tragancantha, STERCULIACEAE)
La présence d’un certain nombre important de certaines essences de lumière montre l'état de
dégradation de cette forêt. Il s’agit des parassoliers (Musanga cecropioides,
CECROPIACEAE).
Toutes les essences de la Forêt classée ont disparu parce qu'elles ont été longtemps la
convoitise des exploitants de bois et continue de l'être ; Puis à la suite des défrichements par
les paysans riverains.
La végétation dans la sous-préfecture de Taabo est très variée et très dense avec de vastes
plantations de banane, de tec, de cacao, de palmier à huile. Cependant il convient de
distinguer deux principaux secteurs qui sont:
- Le secteur Nord qui est celui de la savane arborée avec de vastes foyers
d’eupathorium, plus connu sous la célèbre appellation de sékou touré.

- Le secteur Sud et Ouest par la forêt en nette régression devant l’agriculture et


l’exploitation forestière.

Cette partie abrite des forêts classées:


- La forêt de Doka située entre les villages de Léléblé et Oumé,
- La forêt de Goudi entre les villages d’Amani-Menou et Taabo.
Ces deux (02) forêts sont fortement infiltrées par les planteurs clandestins et beaucoup
endommagées en raison de l’exploitation abusive dont elles sont l’objet par les exploitants
forestiers clandestins. Un projet de réhabilitation de la forêt classée de Goudi est en cours par
le Ministère des Eaux et Forêts en partenariat avec la Société Agro-Map.

2.1.3.5. Ecologie animale


La Forêt classée de Goudi était au départ Très giboyeuse. À l'instar de toute la faune des
aires non-protégées, les animaux de la forêt ont été longtemps menacé et continue de l'être par
le braconnage les feux de brousses, l’agriculture, etc.
Selon les renseignements pris en Forêt classée, les espèces fréquemment rencontrés sont :
- Le Guib harnaché ( Tragelaphus scriptus)
- Les Céphalophes ( Cephalophus spp)
- Les Cercopithèques ( Cercopithecus spp)
- La Civette ( Viverra cevitta)
- Le Mangouste ( Mirax sanguineus)
- Le Daman des arbres (Dendrohyrax arboreus)
- Le Pangolin (Manis spp)
- Les Ecureuils arboricoles ( protocerus stangei)
- Les Ecureuils fournisseurs (Xerus erythropus )
- Le Python (Python schae)
- Le Tortues (Tryonyx sp)
- L’Aulacode (Tryonomis swinderianus)
- Le Hérisson (Herinaceus albiventris)
- Le Rat (Ratus ratus)
- Les Oiseaux (Pigeons, epervier, touraco, perdrix, cougal, calao, toucan, etc.)
- Divers autres reptiles (Vipère, naja, mamba, lézards, etc.)

I.1.2.7. 2.1.4.6. Risques Majeurs


Les feux de brousses constituent le risque majeur de menaces de la Forêt classée de Goudi.
Les incendies découlent généralement des feux de défrichement des plantations paysannes,
par l’action conjugué de l’Homme et du vent.
Un autre risque est á considéré ; il s’agit du phénomène d’érosion des sols lorsque les faibles
pentes présentes dans cette Forêt sont mises á nu par les défrichements.
I.1.3. 2.1.2. Situation Juridique
I.1.3.1. 2.1.2.1. Texte de classement et contenance actuelle
La Forêt classée de Goudi a acquis son statut actuel par l’arrêté N°1027/SE. Du 27-Nov-
1939 fait á Dakar, Portant classement de la forêt de GOUDI, cercle d’Abidjan et de Grand-
Lahou (Cote d’Ivoire) : Enclave de N’denou.
Avec une superficie de 9 600 ha estimée par la SODEFOR en1996, elle est estimée
aujourd’hui á plus de 14 000 ha par la SODEFOR.

I.1.3.2. 2.1.2.2. Situation de bornage et de délimitation


La recherche de solution pour l’achèvement de la bonne délimitation de la Forêt et
l’installation des bornages est cours ; ce qui á permis cette nouvelle estimation de la
SODEFOR.

I.1.3.3. 2.1.2.3. Droits d’usage


Les droits d’usage des riverains dans le domaine permanents de l’Etat sont définis la loi N o65-
425 du 20 décembre 1965 portant Code Forestier, représenté aujourd’hui par la loi N o2019-
675 du 23 juillet 2019 portant Code Forestier, en ses articles 8,15,16,19 á 21 (DEGOS, 1963).

I.1.3.4. 2.1.2.4. Succession des évènements qui ont eu lieu dans la forêt de Goudi et
sa périphérie depuis son classement
RAPPORT TECHNIQUE DU 1ER-SEP-1943 FAIT Á ABIDJAN, DE DÉLIMITATION
ET DE BORNAGE DE LA FORÊT CLASSÉE DE GOUDI :
• Superficie de la Forêt (enclave de N’denou déduite) : 12 810 Ha
• Superficie de l’enclave de N’denou : 144 Ha
ARRÊTÉ N°68/AGR-DOM. Du 11-jan-1966, Portant Mise Á La Disposition Du
MINISTÈRE DE L’EDUCATION NATIONALE De La Forêt Classée De GOUDI,
Sous-préfecture De Tiassalé Et De Divo.
NOTE N°0053/SE. DU 28-JUIN-1972, Relative Á Des Défrichements Dans La Forêt
Classée De GOUDI.
LETTRE N°1673 SER/SP. Du 30-juin-1972, relative á :
• Une demande de prise de mesure de déclassement de l’ensemble massif de la Forêt de
GOUDI, car occupé dans sa presque totalité par des planteurs ;
• Une demande d’affectation d’une autre Forêt (Taabo ou Kassa) á l’université et son
laboratoire d’écologie tropicale LAMTO.
LETTRE N°303/R. Du 16-jan-1975, Relative á la demande d’une enquête dans la région
pour éclaircir la situation et arrêter les déprédations sur la réserve de l’Université (Forêt
classée de GOUDI).
Lettre N°742/R. Du 1er-fev-1975, relative á la transmission d’une lettre du 13-jan-1973,
portant sur l’état de destruction de la zone affectées au laboratoire d’écologie tropicale
LAMTO.
Lettre N° 000630/MINEFOR/DAM. Du 05-mars-1975, relative á la demande
d’arrestation de tout délinquant de la zone affectée au laboratoire d’écologie tropicale
LAMTO.
Arrêté N°033/MINAGRA. Du 13-fev-1992, confiant á la SODEFOR, la Gestion des
Forêts Classés : Superficie actuelle de 9 600 Ha.
DECISION N°143/MINAGRA/DGEF/DPIFR du 31-juil-1998 portant autorisation de
constituer le dossier technique relatif au périmètre d’exploitation Forestière N°14003 sis
dans le département de Tiassalé.
CARTE RELATIVE Á LA CIRCONSCRIPTION ADMINISTRATIVE DE TIASSALÉ
Fait á Abidjan le 24-aout-98,
Zone sollicitée par : AFRICAN INDUSTRIES
Code : 476 Marteau : A.F.I, pour la constitution d’un dossier de demande de permis
(N°14003) d’exploitation de type ‘‘A’’, Echelle : 1/200000e
Valable jusqu’au 31-dec-98
Lettre N° 375/MINEFOR/DGEF/RFS-ABJ. Du 09-sep-1998 fait á Tiassalé, relative á la
demande de Procédure de Vérification d’ouverture des limites du permis 14003,
Marteau A.F.I, Code 476 attribué á la société AFRICAN INDUSTRIES, par Décision
N°143/MINAGRA/DGEF/DPIFR du 31-juil-1998.
Lettre N°178/CEP TIA. Du PROCES-VERBAL. Du 11-juin-1999 fait á Tiassalé,
certifiant l’Ouverture des limites du périmètre d’exploitation forestière de bois d’œuvre et
d’ébénisterie N°14003 sis dans le département de Tiassalé, attribué provisoirement á la
société AFRICAN INDUSTRIES code 476 Marteau A.F.I. suivant Décision
N°143/MINAGRA/DGEF/DPIFR du 31-juil-1998.
Lettre N°227/CEP TIA. Du 1er PROCES-VERBAL, Du 20-aout-1999, relative á
Réception de 14 Ha de terrain reboisé au profit du périmètre 14003 code 476 Marteau
A.F.I. San-Pedro. Fait á Tiassalé, certifiant une utilisation de plutôt 15 Ha plantés en
essence de TECK au lieu du quota annuel de 10 Ha de reboisement pour cette concession.
Lettre N°387/CEP TIA. Du 2e PROCES-VERBAL, Du 30-oct-1999, relative á réception
de 10 Ha réparties sur trois parcelles reboisées par la société AFRICAN INDUSTRIES
code 476 Marteau A.F.I. au profit du périmètre 14003. Fait á Tiassalé, certifiant le
reboisement et l’entretien au titre de l’année 1999, 10 Ha de TECK reparties sur trois
parcelles d’1 Ha, de de 3,7515 Ha et de 5,2485 Ha au profit du périmètre 14003 par la
société AFRICAN INDUSTRIES.
Lettre Du 20-jan-2000 á San-Pedro, Réf : périmètre 14003 de Tiassalé, relative á la
demande de l’arrêté de classement et de définition des limites de la forêt classée de
GOUDI.

I.2. .1. Historique et Analyse de la situation actuelle de la forêt classée de Goudi


I.2.1. 4.1.1. Historique de la Zone du projet
I.2.1.1. 4.1.1.1. Historique du peuplement et organisation sociale
 Au niveau des populations originaires de la zone du projet
Selon une étude réalisée en 2018 par le Département Environnement Énergies Hydraulique du
Bureau National d’Études Techniques et de Développement (BNETD-DEEH) de Côte
d’Ivoire, le peuplement de la zone du projet (Taabo) se caractérise par deux périodes
migratoires :
- la première période est marquée par l’arrivée des Souamlin, N’gban, Dida, Ahétou et
Walébo, considérés aujourd’hui comme les populations autochtones/locales. Ce sont elles
qui détiennent les droits coutumiers ;

- La seconde, plus récente, concerne l’arrivée de populations originaires d’autres régions de


la Côte d’Ivoire, les « allochtones » et les populations originaires d’autres pays de la sous-
région, les « allogènes », dont principalement des Burkinabés, des Maliens et des
Guinéens. Ces populations se sont installées dans la zone, attirées par les opportunités ou
potentialités économiques du Département, en l’occurrence la pêche et l’agriculture.
Les Souamlin, N'gban, Ahétou et Walébo font partie du groupe Baoulé, qui fait partie, avec
d’autres peuples de Côte d’Ivoire et du Ghana, du grand groupe Akan. Comme presque
tous les peuples Akan, ces sous-groupes baoulés sont organisés en lignages ; mais ceux-ci
ne sont pas répartis nettement en clans. On a plutôt affaire à un ensemble de lignages dont
quelques-uns se sont retrouvés pour former des villages. Ces populations sont dites «
autochtones », c’est à dire, des personnes originaires du village qu’ils habitent et dont les
ancêtres ont vécu dans ce même village. Ce sont eux qui possèdent et exercent le pouvoir
traditionnel local. Ces populations autochtones se répartissent comme suit :
• les Souamlin sur la rive droite du fleuve Bandama (Ahouaty, Ndénou, Kotiéssou, Taabo
village, Léléblé, Tokohiri, Sahoua, Ahondo),
• les N’gban dans les villages de Pacobo, N’dagnamien, Kokoti-kouamékro, Ahérémou 1 et
Ahérémou 2.
• les Ahétou sont dans les villages de Katiénou, Ahouakro et Adikouassikro
• les Walébo se trouvent uniquement dans le village de Singrobo,
• Les villages Dida de Taabo (Sokrogbo et Amani-Menou) sont composés de groupes de
lignages mineurs qui s'identifient par un nom propre. Voisins forestiers des Souamlin et des
N'gban, les Dida gardent de leur proximité avec ces derniers, des traits de culture : la
connaissance de la culture des ancêtres, les rites de purification et de réjouissance et la
forte adhésion à la religion Déhima. L'existence dans ces villages est beaucoup plus
fonctionnelle : groupe de pêcheurs (ensemble des personnes qui participent à la pêche
derrière le même grand filet), dépositaires de certains droits fonciers, partage du même
interdit alimentaire, etc. La transmission des héritages se règle à l’intérieur du groupe de
parenté villageois.

 Au niveau des populations non originaires de la zone du projet


Les autres communautés présentent dans la zone et constituées de nationaux ivoiriens sont
considérées comme non originaires de Taabo, Département d’insertion du projet. Issus des
différents groupes ethniques du pays, ils sont essentiellement constitués de Kwa Akan
(Baoulé, Agni, Abron…), de kwa Lagunaire (Abbey, Akyé, Abouré, …) de Gur ou Voltaïques
(Sénoufo), de Mandé (Malinké, Yacouba, Gouro) et de Krou (Bété, Guéré, …).
Quant aux communautés étrangères, elles sont composées de communautés principalement de
ressortissants des pays de la Sous-région Ouest Africaine (burkinabés, de maliens, togolais,
nigérians, nigériens, mauritaniens et sénégalais), mais également d’européens.
Malgré leur intégration dans les communautés autochtones, les communautés allochtones et
étrangères conservent chacune leur organisation sociale d’origine. Les premiers arrivés sont
généralement désignés chefs de leurs communautés respectives. Le chef de communauté
assure la gestion des affaires internes du groupe, règle les litiges entre les membres de sa
communauté, et représente les siens auprès des instances du village hôte.

I.2.1.2. 4.1.1.2. Historique de la forêt classée de Goudi


 Dénomination et situation géographique de la forêt
La forêt classée de Goudi tire son nom du grand village cosmopolite de Goudi dont elle porte
le nom. Goudi est une localité du sud de la Côte d'Ivoire, et appartient au département de
Divo, Région du Lôh-Djiboua. Il est situé à 10 km à l'ouest de Forêt Classée de Goudi (Cf.
Wikipédia)

Administrativement, la forêt classée de Goudi est située dans les régions de l’Agnéby-Tiassa
(Département et Sous-Préfecture de Taabo) et du Lôh-Djiboua (Département de Divo et Sous-
Préfecture de Zégo).

 Textes de classement de la forêt


La forêt de Goudi a été classée par l’arrêté n°1027/S.E. du 27 novembre 1939 avec une
superficie de 5 400 hectares. Ses limites ont été redéfinies et matérialisées le 1 er septembre
1943, faisant passer la superficie de la forêt de 5 400 hectares à 12 810 hectares.
L’enclave de N’denou, avec une superficie de 144 hectares, située au nord de la forêt, a été
officiellement distraite du reste du massif forestier (cf. Rapport technique de délimitation et
de bornage de la forêt classée de Goudi).
Le Décret n° 78-231 du 15 mars 1978 fixant les modalités de gestion du domaine forestier de
l’État (Cf. Journal officiel de la république de Côte d’Ivoire du 25 mai 1978) estime la
superficie de la forêt classée de Goudi à 9 600 hectares.
La forêt dispose de limites naturelles (le fleuve Bandama à l’Est et la rivière Pessè ou
Bafouyobouè au Nord) et de limites conventionnelles (au Sud et au Sud-Ouest).
 Prise en main de la forêt par la SODEFOR
L’arrêté n°033/MINAGRA. du 13 février 1992, confie á la SODEFOR, la Gestion des forêts
classées de Côte d’Ivoire. Cependant, selon le Chef de l’Unité de Gestion Forestière de Mopri
(CUGF-Mopri), la prise en main effective de la forêt classée de Goudi a démarré en 2017, à
travers la reconnaissance et la matérialisation des limites de ladite forêt (Cf. Procès-Verbal de
l’Atelier de lancement du Projet de réhabilitation de la forêt classée de Goudi, le 21 septembre
2022). Pour ce faire, des réunions avec les villages riverains ont été organisées. La superficie
actuelle de la forêt est de 9 600 hectares. A ce jour, la situation des villages riverains par
rapport à la forêt se présente comme suit :

- le village de N’Dénou (nord) bien que hors de la forêt classée a bénéficié d’une
enclave dans ladite forêt, dont les coordonnées sont précisées par l’arrêté de
classement. Cependant, les limites de cette enclave n’ont pas été matérialisées ;
- le village de Ahouaty (sud-est) est à l’intérieur de la forêt classée ;
- le village d’Amani-Menou est sur la limite sud-est de la forêt classée de Goudi ;
- le village de Sokrogbo est au sud-est de la forêt ;
- le village de Katiénou est à la pointe sud de la forêt classée de Goudi ;
- le village de Kotiessou au nord-ouest de la forêt.

I.2.2. 4.1.2. Analyse de la situation actuelle de la forêt classée de Goudi


I.2.2.1. 4.1.2.1. Étendue de la forêt
La Forêt classée de Goudi s’étend sur superficie de 9 600 hectares depuis l’arrêté 033
MINAGRA 13-02-1992 confiant sa gestion à la SODEFOR. Initialement sa superficie était de
9 600 hectares. Le matériel utilisé pour marquer les limites de la FC Goudi en 1943 n’a pas
résisté au temps. Ce sont des piquets en bois qui ont été utilisés. Des travaux de limitation
n’ont pas été entrepris par la SODEFOR dans ce sens si bien qu’aujourd’hui, il est difficile
d’indiquer de façon objective, les limites de cet espace protégé. L’absence de limites connues
a sans doute facilité l’anthropisation de cette forêt de protection et de conservation.
I.2.2.2. 4.1.2.2. Biodiversité et écosystèmes
La forêt classée de Goudi comprend une variété des formes de vie et écosystèmes. Elle
englobe une large gamme d'éléments biologiques, Diversité des espèces d'arbres, de plantes,
d'animaux, de champignons, d'insectes et de micro-organismes qui habitent la forêt classée.
Chaque espèce joue un rôle spécifique dans l'écosystème et contribue à sa stabilité et à son
équilibre. Il existe une diversité génétique qui permet aux populations animales et aux
matériels végétaux de s'adapter aux changements environnementaux et aux menaces
biologiques. La préservation de cette diversité génétique étant essentielle pour la survie des
espèces.

I.2.2.3. 4.1.2.3. Impact humain


Les pressions subies par les forêts classées en Côte d’Ivoire mettent l’homme au centre de
cette préoccupation (AMANI Yao Célestin, 2015). Le massif forestier du Goudi n’existe que
de nom eu égard des activités humaines qui s’y pratiquent. En effet, la forêt classée de Goudi
est un espace sur lequel se pratiquent les activités du secteur primaire dans ses différentes
composantes avec une dominance de l’agriculture (plantations de cacao et de palmiers) et
diverses autres activités humaines. Il a été observé des activités d’orpaillages clandestins dans
sa limite nord avec le fleuve Bandama. L’agriculture se déroule et se pratique, en plus de ces
cultures pérennes, à travers également les productions vivrières (l’igname, l’arachide, le maïs
et la banane plantain) en association pour rentabiliser l’espace. Le système extensif de culture
itinérante sur brûlis est prisé par les agriculteurs.
L’absence des limites de la forêt de Goudi a favorisé la présence continuelle des populations
riveraines et d’autres venus d’ailleurs à la recherche de terre arable.

I.2.2.4. 4.1.2.4. Mesures de réhabilitation, de conservation et de protection


Pour atteindre l’objectif de restaurer la couverture forestière de la Côte d’Ivoire à un niveau
d’au moins 20% et réduire ses émissions de Gaz à effet de Serre de 30,41 % d’ici à 2030, le
gouvernement ivoirien s’appuie sur le secteur privé dans la gestion des forêts classées. La
signature d’une concession entre la société AGRO-MAP SAS le 23 mars 2022 et le Ministère
des Eaux et Forêts (MINEF) permettra d’évaluer la viabilité des activités de préservation,
réhabilitation et conservation de la FC Goudi. Avec son partenaire financier ENI (Ente
Nazionale Idrocarburi), un groupe italien opérant dans l’exploration, la production et la
distribution du pétrole et du gaz, la Société AGROMAP procède à une étude de faisabilité en
vue de la rédaction du PDD (Project Document Design).
I.3. 4.2. Analyse Environnementale Globale de la forêt classée de Goudi
I.3.1. 4.2.1. Situation administrative et Géographique de l’aire de l’étude
La Forêt classée de Goudi est réserve forestière située au centre de la Côte d’Ivoire dans le
département de Taabo, le département étant lui-même localisée dans la région de l’Agnéby-
Tiassa. Ses coordonnées géographiques sont : 6°6'0" N et 5°1'0" W en DMS (degrés, minutes,
secondes). La forêt est limitée au Nord par les localités de Katiénou, de N’denou, de la
réserve Ecologique de Lamto et la Station Géophysique. Au Sud-Est, elle est limitrophe à la
localité de Sokrobo et à l’Est, au village d’Amani Menou. A l’intérieur de ladite forêt classée,
il se trouve une localité du nom d’Ahouaty ayant une population 2007 persoones selon les
données RGPH 2021 coolectées á la sous-préfecture des Taabo.

I.3.2. 4.2.2. Environnement physique et climatique de la FC Goudi


I.3.2.1. 4.2.2.1. Relief et paysage
La géomorphologie de la Côte d’Ivoire présente trois (03) types de reliefs (Avenard, 1971 ;
UNICEF,
2009) :

- le panneau le plus élevé couvre la région Ouest autour de la ville de Man. Cette zone
montagneuse regroupe les massifs des Dans et des Touras avec quelques
surélévations ;
- le panneau le plus affaissé, au Sud, est représenté par la zone des lagunes ;
- le panneau qui correspond à la majeure partie du modelé est caractérisé par une
succession de collines très monotones avec quelques fois des reliefs plus élevés.
La zone d’étude est caractérisée par une succession de collines très monotones avec quelques
fois des reliefs plus élevés. Elle fait partie des plaines intérieures du Centre de la Côte
d’Ivoire, bas de la « marche centrale » de transition entre les plateaux du Nord et les plaines
du Sud. La région, relativement plate, présente quelques collines et ne comprend qu’un seul
massif montagneux, le Mont Taabo.
L’altitude moyenne est inférieure à 600 et les pentes sont orientées Nord-Sud (ANDE, 2003).
En résumé, le paysage de la zone d’étude est de type mosaïque de végétations (forêts galeries,
forêts secondaires, savane arborée, jachères et plantations) et un habitat essentiellement de
type rural.

I.3.2.2. 4.2.2.2. Hydrographie


 Réseau hydrographique
Le réseau hydrographique de la région est dominé par le fleuve Bandama formé du Bandama
Blanc, du Bandama Rouge (ou Marahoué) et du N’Zi, a une longueur totale de 1 050 km et
occupe un bassin de 97 000 km². La zone est drainée par un ensemble de cours d’eau et de
rivières dont les le N’zi , l’Agnéby ou l’Agbô, le Gossi du Kavi, l’Assobié et le Mafou. Ce
réseau hydrographique est favorable à la pratique de la pêche et à culture de produits vivriers
tels que les maraichers et la riziculture. Après le barrage hydroélectrique réalisé sur le lac de
Taabo, le deuxième aménagement hydroélectrique de la région est en cours de réalisation sur
le Bandama.
 Eau souterraine
On distingue deux (02) types d’aquifères à l’échelle du territoire ivoirien (Biémi, 1992) :

 les aquifères de bassins sédimentaires – les ressources totales du bassin sédimentaire


tertiaire sont évaluées à 7 km³ sur 6 000 km² avec un renouvellement de 2.1 km³/an.
Quant au bassin sédimentaire quaternaire de 1800 km², il subit l’intrusion des eaux de
mer et a un renouvellement annuel de 0.74 km³ ;
 les aquifères fracturés du socle sur 313 000 km², soit 97 % de la superficie du pays,
disposent d’une quantité totale estimée à 78 km³, avec un renouvellement de 35 km³
par an.
L’hydrogéologie de la zone d’étude est caractérisée par le deuxième type d’aquifère. On y
rencontre des aquifères d’altérites et de fissures. Les zones d’altération sont épaisses et
peuvent contenir des circulations importantes d’eau qui sont parfois exploitées au moyen
de puits par les populations.

I.3.2.3. 4.2.2.3. Climat


Du point de vue climatique, la zone de l’étude est sous l’influence du régime tropical de
transition (Eldin, 1971). Le département de Taabo subit directement l’influence des régimes
tropical de transition atténué et équatorial de transition.
L’on distingue deux saisons des pluies (la grande saison se déroule entre avril et juin et la
petite entre septembre et novembre) et deux saisons sèches (la grande saison s’étale de
décembre à mars et la plus petite de juillet à septembre).
La région de Taabo appartient au secteur mésophile caractérisé par une végétation semi
décidue et une pluviométrie moyenne annuelle de 1121,90 mm (Guillaumet & Adjanohoun,
1971).
La région de Taabo enregistre une température moyenne annuelle de 32,18°C avec un écart-
type de 1,3°C (Noël Groga, 2012). Les valeurs mensuelles de la température relevées sur la
période allant de 1975 à 2007 oscillent entre 30,7 et 35,9°C.
La vitesse du vent varie dans la région de Taabo entre 22 et 42 km/h. La vitesse moyenne
mensuelle est de 30 km/h avec un écart type de 5,8 km/h. Les vents dominants ont
généralement une direction Sud-Ouest (Noël Groga, 2012).
L’humidité relative (ou hygrométrie) varie à l’inverse de la température. Sa valeur moyenne
mensuelle sur la période d’observation 2001-2008 est de 76,41 %. Aussi, est-elle assez élevée
dans la région car les valeurs moyennes mensuelles varient de 62,87 %, au mois de janvier, à
82,07 %, au mois de juillet (BNETD, 2017).
La moyenne mensuelle de pluviométrie dans la zone est de 103,72 mm et le total annuel de
pluie enregistrée sur la période d’observation varie de 983,8 à 1548,5 mm, pour une moyenne
de 1235,03 mm (BNETD, 2017).
Les mois les plus chauds de l’année sont les mois de février et mars, avec une température
supérieure à 30 °C. Ces mois correspondent quasiment à la grande saison sèche. Par contre, la
température est relativement basse de juillet à août, avec des valeurs inférieures à 27 °C. La
température moyenne mensuelle est de 28,44 °C et l’amplitude moyenne annuelle est faible
car étant de l’ordre de 4 °C (BNETD, 2017).
Selon l’étude du BNETD en 2017, l’évaporation moyenne mensuelle de la zone d’étude est de
70,63 mm sur la période d’observation (2001- 2008). Elle est plus élevée de janvier à mars,
avec une valeur supérieure à 90 mm. Cette situation s’explique par le fait que l’évaporation
est intense pendant la grande saison sèche et baisse pendant la grande saison des pluies.
En termes de changement climatique, le climat en Côte d’Ivoire a connu beaucoup de
fluctuations depuis les années 1950. Les décennies 1950 et 1960 ont été relativement humides
tandis que les décennies 1970 à 1990 ont été sèches. Sur les dix (10) dernières années, de
2001 à 2010, l’année 2010 a été la plus chaude selon les études réalisées par la Direction
Météorologique Nationale (DMN). Selon (Djè, 2014), les changements climatiques se sont
ressentis en Côte d’Ivoire entre autres par :

 la baisse effective de la pluviométrie depuis les trois dernières décennies ;


 l’irrégularité des pluies (mauvaise répartition) ;
 le raccourcissement de la longueur des saisons pluvieuses ;
 la hausse des températures ;
 la persistance et rigueur des saisons sèches ;
 les inondations ;
 les feux de brousse fréquents.
I.3.2.4. 4.2.2.4. Pédologie
 Types de sols
Le climat ivoirien, associé à la lithologie et une intense vie bactérienne, détermine quatre (04)
types de sols que sont (Perraud, 1971 ; Ministère de l’Environnement et de la Forêt, 1999).
Tous ces sols sont fragiles, ils s’érodent et s’appauvrissent rapidement dès lors qu’ils sont
exposés, suite à un recul du co La zone d’étude est dominée par les sols ferralitiques,
moyennement désaturés, du groupe remanié modal à faciès induré sur granite, et les sols
ferrugineux, tropicaux, du groupe remanié à concrétion, sur matériaux appauvris issus de
granites, caractérisés par un horizon humifère sableux et un horizon d’accumulation riche en
argile et fortement concrétionné (ANDE, 2003). Ils renferment des propriétés physiques et des
aptitudes culturales favorables à leur mise en culture. Ils permettent la pratique de
l’agriculture de rente (café et cacao), des cultures vivrières (banane, manioc, aubergine, etc.)
et des cultures maraîchères (gombo, chou, etc.).
 Relations sols et formations végétales
La végétation semi décidue protège le sol contre l’érosion. Le climat influence les formations
végétales qui dépendent. Les sols renferment des propriétés physiques et des aptitudes
culturales favorables à la pratique de l’agriculture de rente (café et cacao), des cultures
vivrières (banane, manioc, aubergine, etc.) et des cultures maraîchères (gombo, chou, etc. Les
bas-fonds sont propices à la culture des produits maraichers.
 Aptitude des sols au reboisement et à la régénération naturelle
La zone d’étude est dominée par les sols ferralitiques, moyennement désaturés, du groupe
remanié modal à faciès induré sur granite, et les sols ferrugineux, tropicaux, du groupe
remanié à concrétion, sur

I.3.2.5. 4.2.2.5. Géologie


L’essentiel du paysage géologique du pays (97 % de la superficie totale) est constitué de
socle, contrairement à la zone sud, le long du littoral atlantique, qui comporte un étroit bassin
sédimentaire qui représente seulement 3 % de la superficie totale du territoire (Biémi, 1992).
Les essais géotechniques réalisés par le Laboratoire du Bâtiment et des Travaux Publics
(LBTP) au niveau de la zone d’étude montrent que celle-ci est caractérisée par la présence de
granodiorites, de diorites, de métavolcanites, de gabbros et de métasilstones. Les principaux
minéraux sont le quartz, le plagioclase, la biotite et la hornblende verte. On note aussi la
présence de microclines en petite quantité.
Les diorites et les métavolcanites sont des roches éruptives intrusives et d’origine ignée ayant
des propriétés mécaniques adaptées pour des travaux de génie civil. Elles présentent des
couches très imperméables.

I.3.2.6. 4.2.2.6. Sismicité


La station ivoirienne de mesures sismiques à Lamto n’a enregistré que les données de ces
vingt-six
(26) dernières années. Elle est située approximativement au nord de la forêt classée de Goudi..
Tous les événements de magnitude supérieure à 2,5 sur l’échelle de Richter survenus en Côte
d’Ivoire ont été captés de même que ceux survenus en Afrique de l’ouest, en Guinée et dans le
golfe dont les magnitudes étaient supérieures à 3.5 (figures 14 et 15). Mais les événements
survenus à plus de 600 kilomètres de l’épicentre ne sont pas bien cernés comme l’a rapporté
Beirtil 1991. La période 1965-1990 en Côte d’Ivoire n’a connu aucun événement de
magnitude supérieure à 3.5.
Toutefois, selon Rogueries, des chocs sont survenus au centre de la Côte d’Ivoire en 1950.
Mais Lamto n’a été témoin d’aucun tremblement de terre véritable qui pourrait confirmer une
activité sismique dans ladite région. Le projet se situe dans la zone dont la magnitude oscille
entre 3.0 et 3.5 sur l’échelle de Richter. Cependant pour le calcul de stabilité des ouvrages,
l’accélération horizontal induit par le tremblement de terre de référence est de 0.1 g, valeur
adoptée pour la construction du barrage de Kossou en service depuis 1972.

I.3.2.7. 4.2.2.7. Qualité de l’air, bruits et vibrations


L’absence totale d’industries polluantes dans la zone d’étude permet d’envisager une
excellente qualité de l’air, en dehors des périodes de vent et de brûlage des champs cultivés ou
des feux de brousse produisant de la fumée.

I.3.3. 4.2.3. Données sur la flore et la faune


I.3.3.1. 4.2.3.1. Végétation climacique et actuelle
Le climax est un état dans lequel un sol ou une communauté végétale a atteint un état
d'équilibre stable et durable avec les facteurs édaphiques et climatiques du milieu. Toute
perturbation du milieu, naturelle ou anthropique, détruit cet état climacique.
On distingue dans la formation végétale de la zone de la forêt classée de Goudi, une zone de
savane pré forestière au Nord opposée à une zone forestière à savanes incluses au Sud. Les
boisements denses se subdivisent en forêts-galeries et flots forestiers. Le long des cours d’eau,
les conditions d’humidité permettent le développement des forêts-galeries avec une strate
arborescente supérieure (Cola cordifolia), une strate arborescente inférieure (Carapa procera)
et des sous-bois riches en plantes herbacées. Parmi les grands arbres qui forment cette
végétation, on distingue le fromager (Ceiba pentandra), la samba (Triphochiton scleroxylon)
et le palmier-rônier (Borassus aethiopum). Cette végétation a subi d’importantes
modifications à cause des activités agricoles résultant de la forte pression démographique
(Guillaumet et Adjanohoun 1971).

I.3.3.2. 4.2.3.2. Écologie animale


Le nombre d'espèces animales sauvages en Côte d'Ivoire est évalué à environ 120 espèces de
poissons d'eau douce, 83 espèces d'amphibiens, 117 espèces de reptiles, 710 espèces d'oiseaux
et 232 espèces de mammifères. L'inventaire de la faune. Les résultats des inventaires de la
Monographie Nationale (2000) indiquent que la diversité biologique terrestre et aquatique du
pays comprend des Virus et Bactéries, des plantes et des animaux. Dans l'ensemble, elle
regroupe
Les animaux jouent un rôle écologique et économique inestimable : fertilisation des sols,
dispersion des graines, pollinisation, production d'aliments, et ont donc un impact aussi
crucial que les autres éléments naturels dans le développement durable.
I.3.4. 4.2.4. Inventaire de la biodiversité terrestre
I.3.4.1. 4.2.4.1. Biodiversité et services écosystémiques
Une évaluation de la diversité floristique réalisée en saison sèche (janvier) et en saison
pluvieuse (juillet) de l’année 2016 par le BNETD a permis d’identifier les principaux
écosystèmes à savoir : des forêts secondaires, des jachères et des plantations cacaoyères et
palmeraies.
 Flore et végétation de la zone d’étude
La zone d’étude se situant dans une transition de forêts et de savanes favorise une variété
d’habitats liés certainement à diversité floristique. La forte anthropisation du milieu a modifié
considérablement le paysage origine.
Onze (11) principaux types d’occupation du sol ont été identifiés. Ce sont : les forêts semi-
décidues, les forêts sèches, les galeries forestières, les forêts sur les îles, les savanes arborées,
les savanes arbustives, les forêts dégradées, les jachères, les plantations forestières, les
cultures pérennes et les cultures annuelles (BNETD 2017).
Deux (02) types de plantations forestières ont été rencontrées : les teckeraies (en zone de
savanes, à proximité des villages et dans le domaine de Nicolas) et les plantations de gmelina
(observées dans la zone d’Ahouaty, dans le domaine appartenant à l’entreprise de banane
douce SCB.
Les cultures pérennes trouvées sont principalement représentées par l’hévéa, le cacaoyer et le
palmier à huile, dans la zone d’Ahouaty. Les cultures annuelles rencontrées sont le riz, le
maïs, l’igname et les cultures maraichères (aubergines, tomate, etc.).
 Richesse et composition floristique globale
359 espèces ont été recensées et se répartissent en 270 genres et 83 familles. Seulement 13
espèces n’ont pas été recensées lors de la saison sèche. Il s’agit principalement d’herbacées,
dont Mariscus flabelliformis, Eleusine indica, Pennisetum purpureum, et Rottboellia
cochinchinensis (BNETD, 2017).
53 genres comprennent au moins deux (02) espèces et 217 genres sont représentés par une
seule espèce. Les genres les plus représentés sont Ficus (10 espèces), Salacia (7 espèces),
Diospyros (6 espèces) et Cola (5 espèces). Les familles les plus riches en espèces sont celles
des Fabaceae (22 espèces), des Rubiaceae (18 espèces), des Euphorbiaceae (18 espèces), des
Caesalpiniaceae, Poaceae et Apocynaceae (16 espèces chacune). Trente (30) familles
comprennent au moins 4 espèces chacune. Elles contiennent, à elles seules, 73,82 % des
espèces végétales recensées.
Les espèces les plus prépondérantes de la zone d’étude, selon leur fréquence d’apparition dans
les parcelles, sont Diallium guinense, Cynometra megalophylla et Napoleaona vogelii (en
forêt galerie), Elaeis guineensis et Musa paradisiaca (en plantation cacaoyère), Manilkara
multinervis et Cleistopholis patens (forêt sur les îles), Griffonia simplicifolia et Lannea acida
(à la lisière des forêts galeries).
Parmi les espèces inventoriées, 164 espèces (soit 46 % des espèces) sont des arbres, des
arbustes ou des abrisseaux. Les espèces herbacées sont peu présentes dans la Réserve de
LAMTO, alors que celles qui sont lianescentes ne représentent que 29 % de l’ensemble.
 Espèces floristiques terrestres à statut particulier
Les espèces à statut particulier sont celles qui sont menacées d’extinction selon la liste rouge
de l’UICN ou menacées selon le statut local de "Aké-Assi" ou enfin celles qui présentent des
degrés d’endémisme. Les inventaires ont permis de recenser vingt (20) espèces menacées.
Sur la liste rouge de l’UICN, l’on a identifié dix-sept (17) espèces végétales appartenant aux
catégories suivantes :

 Vulnérable (VU), avec 4 espèces ;


 Quasi Menacée (NT ou LR/nt), avec 2 espèces ;
 Peu concernée (LC), pour 10 espèces ;
 Absence de données (DD), avec Raphia soudanica.
Quatre (04) espèces appartiennent à la liste Aké-Assi (1998). Ce sont Milicia excelsa, Milicia
regia (qui est aussi dans la liste rouge de l’UICN), Uvaria ovata et Psilanthus mannii.
Les espèces endémiques recensées sont au nombre de 21. Baphia bancoensis est la seule
espèce endémique à la flore ivoirienne (GCi). Elle a été recensée principalement dans les
forêts galeries et les forêts denses semi-décidues. En considérant le bloc forestier forêts de
l’Afrique de l’Ouest (GCW), l’on a recensé 14 espèces endémiques à cette région. L’on peut
citer Milicia regia, Millettia lane- poolei et Hymenostegia aubrevillei rencontrées dans les
forêts galeries. Pour la région de Haute Guinée (HG), ce sont au total 12 espèces qui ont été
recensées.

I.3.4.2. 4.2.4.2. Faune terrestre


 Invertébrés
Des espèces de termites (24 espèces), 06 espèces d’hyménoptères, 04 espèces d’orthoptères,
04 espèces de lépidoptères, 06 espèces de coléoptères, 01 espèce de chilopodes, 04 espèces de
diplopodes, 01 espèce de collemboles et 04 espèces de ver de terre ont également été
observées selon les études du BNETD en 2016.
 Vertébrés
 Amphibiens
Des amphibiens sont représentés par sept (07) espèces réparties en cinq (05) genres et cinq
(05) familles, dans les différents habitats échantillonnés ; l’habitat majoritaire étant constitué
par les forêts. Ce sont Amietophrynus regularus, Hoplobatrachus occipitalis, Hyperolius
fusciventris, Hyperolius guttulatus, Phrynobatrachus calcaratus, Phrynobatrachus latifons et
Ptychadena pumilio.
Concernant la communauté de reptiles, elle est dominée par quatre (04) espèces appartenant à
quatre (04) genres et quatre (04) familles : Agama agama, Hemidactylus sp., Varanus sp. et
Crocodylus suchus.

 Oiseaux
L’ensemble des habitats inventoriés dans cette étude a permis de recenser 244 espèces
d’oiseaux réparties en 149 genres et 54 familles, parmi lesquelles, sept (07) espèces, soit 3 %
du peuplement avifaunique, bénéficient d’une protection d’intérêt mondial (Birdlife
International, 2012). Il s’agit de :

- deux (02) espèces de la catégorie Vulnérable (VU) : le Perroquet gris Psittacus


(erithacus) timneh et le Bulbul à barbe jaune Criniger olivaceus ;
- de quatre (04) espèces de la catégorie Quasi-menacée (NT) : le Bulbul à queue verte
Bleda eximius, le Bathmocerque à capuchon Bathmocercus cerviniventris, l’Akalat à
ailes rousses Illadopsis rufescens et le Choucador à queue bronzée Lamprotornis
cupreocauda ;
- d’une (01) espèce de la catégorie insuffisamment documenté (DD) : l’Indicateur
d’Eisentraut Melignomon eisentrauti.
Douze (12) espèces d’oiseaux inventoriés sont endémiques à l’Afrique de l’ouest. Ce sont
Melignomon eisentrauti, Bleda eximius, Stizorhina finschii, Criniger olivaceus, Bathmocercus
cerviniventris, Illadopsis cleaveri, Apalis sharpii, Muscicapa ussheri, Chalcomitra adelberti,
Laniarius barbarus, Lamprotornis cupreocauda et Malimbus scutatus.

 Mammifères
Sept (07) espèces de micromammifères terrestres dont deux (02) espèces d’Insectivores et
cinq (05) espèces de Rongeurs ont été capturées. Les rongeurs représentent environ 60 % des
micromammifères capturés. Les communautés sont dominées par Crocidura olivieri (23,81
%), suivies de Lemniscomys striatus (19 %) et de Hylomyscus simus et Uranomys ruddi
(14,29 %).
07 spécimens de chauves-souris appartenant à 03 espèces ont été capturés au cours de la
saison pluvieuse. Ils se répartissent uniquement dans le sous-ordre des Mégachiroptères
(Yinpterochiroptera). Les espèces dominantes sont représentées par Epomops buettikoferi
(57,2 %) et Epomops franqueti (28,6 %).
En saison pluvieuse, le nombre d’espèces et les taux de capture des Chiroptères ont baissé,
concernant le taux de capture (43 %). En outre, 02 espèces capturées en saison sèche n’ont pu
l’être en saison pluvieuse. Il s’agit de Neoromicia nanus et de Hipposideros caffer.
Par rapport à la saison sèche (16 espèces recensées, survivant encore sur les îles, difficiles
d’accès), seulement 07 espèces de grands mammifères appartenant à 07 familles et 07 genres
ont été recensés ; soit, la moitié des espèces observées lors de la première phase d’inventaire,
en janvier. Les espèces les plus abondantes sont Cephalophus maxwellii, Galagoides
demidovi et Dendrohyrax arboreus. Hippopotamus amphibius est le seul grand mammifère
inscrit sur la liste Rouge de l’UICN comme étant une espèce vulnérable (VU).
Parmi les 28 espèces de micromammifères rapportées par des enquêtes ou signalées dans la
littérature, douze (12) espèces, soit 30 % ont été confirmées par l’interview avec la population
locale et par les captures réalisées au cours de cette étude.

 Flore aquatique
La flore aquatique est en général peu abondante en dehors des retenues d’eau de petite
dimension. Cependant, dans les zones de rapides, les blocs rocheux sont souvent recouverts
de Tristicha trifaria (Podostémacées). Ce dernier se développe surtout durant l’étiage, de
décembre à juin, et constitue un milieu extrêmement favorable à l’établissement d’une faune
dense d‘invertébrés (BNETD, 2017)

 Faune aquatique
La faune aquatique indique une prépondérance des crevettes d’eau douce ou écrevisses, des
espèces de poissons du genre Labeo des Tilapias.

I.3.5. 4.2.3. Aspect environnemental de la zone de l’etude


A l’instar de plusieurs espaces forestiers en Côte d’Ivoire, la forêt classée de Goudi est
soumise à une pression anthropique. Quelques années seulement après son classement en
1939, des intrusions ont été signalées aux administrateurs de la forêt de Goudi. Ces activités
se sont intensifiées et diversifiées au fil du temps en activités d’occupation et d’exploitation.

I.3.5.1. 4.2.3.1. Pratiques agricoles et pastorales


Selon Terra & Al. (2016) et SEP-REDD+ Côte d’Ivoire (2017), l'agriculture représente à elle
seule, près de 60 % de la déforestation et se présente comme la principale activité
d’occupation des forêts classées en Cote d’Ivoire. Le développement de l’agriculture à un
rythme accéléré a entraîné des répercussions sur le couvert forestier qui est estimé aujourd’hui
à 7,8% de la superficie totale du pays selon le Document Stratégie de Réduction de la
Pauvreté.
Aussi, la régression alarmante des zones forestières protégées est imputable à la crise
militaro-politique de 2002 à 2011 qu’a connue la Côte d’Ivoire. En effet, pour Tankoano et al.,
(2015), les populations déplacées, en quête du mieux-être, se sont installés sur les terres pour
développer leurs activités économiques et de subsistance. Pour Chauveau (2009), l’accès des
terres de manière informelle par la pratique administrative coutumière a facilité à certaines
catégories acteurs, d’influencer la redistribution ou la distribution des droits concernant le
domaine coutumier dans la région de Taabo.
Dans le cadre du projet d’Aménagement hydroélectrique de Singrobo-Ahouaty dans le
département de Taabo, les enquêtes ont montré que les populations locales par crainte de
perdre leur terre et ainsi leur revenu et de ressources alimentaires, ne sont pas d’accord pour
les projets de restauration forestière qui impliqueraient la conversion de leurs terres agricoles.
Il est clair que si ces projets devraient voir le jour, il aurait à nouveau, une pression
supplémentaire sur la forêt classée de Goudi qui se trouve à quelques kilomètres du barrage en
construction.

I.3.5.2. 4.2.3.2. Utilisation des pesticides


En côte d’Ivoire, la production agricole se caractérise de plus en plus par l’utilisation
d’engrais minéraux pour la fertilisation du sol et de pesticides pour la lutte contre les
adventices et le traitement phytosanitaire des plantes cultivées. Le gouvernement pour ce
faire, dispose d’une part, d’une liste des pesticides homologués (liste positive) et d’autre part,
de celle des pesticides interdits (liste négative), (PTAAO pour la Côte d’Ivoire, 2018). Ces
listes sont régulièrement mises à jour en conformité avec les exigences de l’OMS et de la
FAO pour une meilleure prise en compte de l’environnement et la vie humaine. Dans la
région de Taabo, les planteurs ont recours à ces produits pour renforcer la capacité de
production des vergers.
Tableau 1: Pestes du cacaoyer et méthodes de lutte
Stades Insectes nuisibles Produit (au choix) Périodicité
Pépinière Chenilles Décis 12 EC, Thiodan Une fois par mois
défoliatrices 50 CE, Confidor 200
Scolytes des SL
rameaux
Psylles
Jeunes Plantations Chenilles Décis 12 EC, Thiodan Au moins une fois tous les
défoliatrices, 50 CE, Basudine 600 deux mois
Psylles, EC, Confidor 200 SL,
Trhips, Cicadelles Gawa 30 SL
Chrysomèles,
Charançons,
Tragocephales,
Acridiens
Plantations en Mirides Thiodan 50 CE, Quatre fois par an :
production Punaises vertes Basudine 600 EC, Juillet-août (28 jours
Punaises bigarrées Confidor 200 SL, d’intervalle)
Cicadelles Gawa 50 SL, Miridan Décembre-janvier (28 jours
28 EC d’intervalle)
Chenilles Basudine 600 EC Ponctuellement

Cacaoyers jeunes Termites Dursban 4E A la demande, en pulvérisation


et adultes au pied des plants
Source, PTAAO pour la Côte d’Ivoire, 2018
I.3.5.3. 4.2.3.3. Feux de forêt
Selon l’étude réalisée en 2015 par le Bureau National d’Etude Technique et de
Développement (BNETD) sur les moteurs de la déforestation et de la dégradation des forêts,
les feux de brousse représentent la troisième cause (23 %) de la dégradation des forêts en Côte
d’Ivoire. Une autre étude réalisée en 2016 par le ministère des Eaux et Forêts a évalué les
dégâts causés par les feux de brousse à 1100 hectares de forêts décimées, 15 000 hectares de
cultures ravagées, 10 villages détruits. À cela s’ajoute le décès de 17 personnes. Quant aux
dégâts matériels, ils sont évalués à plus de 204 milliards de Fcfa. (Frat Mat, janvier 2023).
Dans une région de Taabo où la végétation est la savanes pré forestières avec une présence
remarquable de rônier et une foret semi-décidue (Adjanohoun, 1964), il est facile de
d’observer un départ de feu de brousse. Ceux-ci peuvent être provoqués par l’homme dans le
cadre des pratiques de chasse, de renouvellement des pâturages (éleveurs), de préparation de
terrains de cultures (agriculteurs) etc. L’effet destructeur du feu (direct ou indirect) c’est sur la
faune particulièrement les grands mammifères. Les feux de brousse non contrôlés,
l’exploitation forestière et le rythme d’accroissement démographique résultant d’une
agriculture extensive menacent les populations animales et fauniques.
Au-delà de la perte de biodiversité, il en résulte le cortège d'impacts indirects des incendies :
assèchement des cours d'eau en saison sèche, appauvrissement des sols, accélération du
processus de désertification, aggravation du ruissellement, augmentation de l'érosion des sols,
etc.
Pour faire face au phénomène, l’Etat ivoirien a mis en place un Comité National de Lutte
contre les Feux de Brousse (CNLFB) depuis 1984. Au niveau du département de Tiassalé, il a
été mis sur pied, un comité départemental de Lutte contre les Feux de Brousse chargé de
mettre en place d’autres comités dans les sous-préfectures et localités.

I.3.5.4. 4.2.3.4. Aménagement hydroélectrique


L’aménagement hydroélectrique de Singrobo-Ahouaty est le troisième ouvrage
hydroélectrique de la région avec ceux réalisés sur le Lac de Kossou et celui du Lac de Taabo.
Les activités de la construction du barrage peuvent modifier l’hydrologie et hydraulogie du
principal canal. Le changement de débit peut entrainer la perte de certaines flores ou faune
aquatiques. En cas d’inondation, c’est le paysage de la zone de la Foret classée de Goudi qui
se verrait significativement impactée ainsi que toutes la biodiversité qu’elle renforme.
Figure 2: situation du projet d’aménagement hydroélectrique de Singrobo-Ahouaty par
rapport à la FC Goudi
I.3.5.5. 4.2.3.5. Braconnage
Les activités de braconnage sont réelles dans nos réserves et parcs. Les braconniers dits
professionnels utilisent généralement des fusils de calibre 12, mais également, des fusils de
fabrication artisanale (Caspary & Momo, 1998).
Tous les animaux sont soumis à un braconnage. Des espèces faunistiques majeures se
raréfient de plus en plus au fil du temps. Toutefois, il faut noter la présence de quelques
rongeurs tels que les aulacodes appelés communément « Agouti » qui sont prisés par les
chasseurs.
Quant à la faune aquatique, seuls les hippopotames peuplent encore les eaux de Tiassalé et
quelques poches d’eau profondes du Bandama et du N’Zi. Les crocodiles se font rares. D’une
manière générale, la biodiversité du domaine forestier se raréfie et est menacée de disparition
totale pour de nombreuses espèces.
La Forêt de Goudi et la Réserve de LAMTO, situées près du site du projet, seront sous
pression en raison des travaux de l’aménagement hydroélectrique de Singrobo-Ahouary. En
conséquence, elles peuvent faire l'objet d'attaques telles que le braconnage, le défrichage et la
pression des terres, avec la présence de personnel en dehors du site.

I.3.5.6. 4.2.3.6. Forte utilisation d’engrais et de pesticides


Les engrais, des herbicides et de pesticides sont utilisés dans les pratiques agricoles à
l’extérieur et à l’intérieur des périmètres classées anthropisés. Les espaces protégés n’ont pas
la meme sensibilité environnementale dans la mesure où leurs rôles c’est de protéger et
conserver la biodiversité. L’intrusion des pesticides a un impact significatif sur la
biodiversité : élimination des insectes utiles pour la pollinisation des fleurs ou des insectes
auxiliaires naturels de culture, dégradation de la qualité des sols, fragilisation de la plante elle-
même, etc. La présence des pesticides dans le sol peut atteindre les espèces fauniques et
floristiques, préjudiciable à l’équilibre de l’écosystème.
Les pesticides ont des effets aigus et chroniques sur la santé. La plupart des utilisateurs les
utilisent au mépris de leur santé.

I.3.5.7. 4.2.3.7. Pâturage


Les éleveurs sédentarisés dans la zone coupent des branches ou des arbres entiers pour nourrir
le bétail. Cette pratique pastorale malsaine importante dans le nord menace certaines espèces
à régénération difficile de disparition et favorise l’érosion du sol (Saradoum, 2010). Pourtant,
si les éleveurs adoptent des pratiques pastorales de bonne gestion, ils pourront déboucher sur
les systèmes pâturés fortement séquestrant (Bernoux et al., 2006).

I.3.5.8. 4.2.3.8. Orpaillage clandestin


L’orpaillage artisanal représente 80% des activités d’exploitations minières qui déforeste et de
dégrade les forêts en Côte d’Ivoire.
Cette activité pratiquée sur le fleuve Bandama est, l’une des principales sources de pression
sur le sol et le sous-sol. L’exploitation minière et surtout l’orpaillage clandestin entraîne des
risques de glissements de terrain et l’érosion des sols. Les produits utilisés pour traquer l’or
(le mercure) représente un risque pour la biodiversité et pour la santé humaine.

I.3.5.9. 4.2.3.9. Destruction de la biodiversité


Le dernier inventaire exhaustif de la diversité biologique terrestre et aquatique en Côte
d’Ivoire a révélé la présence de 16 034 espèces de plantes et d’animaux, dont 712 espèces
d’oiseaux et 232 de mammifères. Un réseau d’espaces entièrement protégés a été créé
relativement récemment, contenant huit parcs nationaux (1 742 950 ha), trois réserves de
faune (239 430 ha) et deux réserves naturelles intégrales (7 500 ha). Les prélèvements
excessifs d’éléments tels que les bois d’œuvre, les ressources halieutiques, les récoltes de
cueillette, les feux de brousse, l’exploitation et le braconnage d’animaux dans les zones
protégées (chimpanzés, éléphants, buffles et hippopotames entre autres), l’expansion agricole,
la déforestation, l’empiètement clandestin, et l’utilisation de produits dangereux pour la pêche
sont nuisibles à la FC de Goudi (Côte d’Ivoire, 2010).
I.3.5.10. 4.2.3.10. Exploitation du bois
L'exploitation forestière illégale entraîne une réduction significative des stocks de carbone en
surface, en raison de l'élimination directe de quelques gros individus commercialisables et de
la mort de plus petits arbres blessés ou écrasés à la suite de la récolte.

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