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Mes Forets

Hélène Dorion, dans son recueil de poèmes 'Mes forêts', explore la relation entre la nature et l'intime, en utilisant un langage poétique épuré pour évoquer les forêts canadiennes. Le poème se divise en quatre mouvements, chacun abordant des thèmes tels que le passage du temps, les problématiques humaines, la célébration de la faune, et l'attente d'une inspiration poétique. À travers des images suggestives et des répétitions, Dorion transforme le paysage forestier en un reflet de préoccupations intérieures, soulignant la permanence et la métamorphose de la nature face à la finitude humaine.

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Mes Forets

Hélène Dorion, dans son recueil de poèmes 'Mes forêts', explore la relation entre la nature et l'intime, en utilisant un langage poétique épuré pour évoquer les forêts canadiennes. Le poème se divise en quatre mouvements, chacun abordant des thèmes tels que le passage du temps, les problématiques humaines, la célébration de la faune, et l'attente d'une inspiration poétique. À travers des images suggestives et des répétitions, Dorion transforme le paysage forestier en un reflet de préoccupations intérieures, soulignant la permanence et la métamorphose de la nature face à la finitude humaine.

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Hélène Dorion, Mes forêts, 2021

Etude linéaire 14

Mes forêts sont un champ silencieux

Introduction
​ Hélène Dorion est une écrivaine et poétesse d’origine canadienne née en 1958 à Québec, en
Amérique du Nord. Elle passe son enfance au milieu de la nature, qui sera plus tard pour elle une
grande source d’inspiration. Son parcours a été riche en expériences littéraires puisque ses activités
professionnelles ont toujours eu un lien avec la littérature et la culture. Ses ouvrages en prose comme
son œuvre poétique sont reconnus dans la littérature francophone et traduits à de multiples reprises.
Dans son recueil de poèmes “Mes forêts”, publié à l'automne 2021 pendant l’épidémie du COVID-19,
la poétesse tente de pousser les limites de la création grâce à un langage poétique, épuré et stylisé. Elle
nous offre ainsi des poèmes où la nature côtoie l'intime. Elle s’empare de la forêt, thème lyrique, et le
mêle avec son expérience concrète des forêts canadiennes.
Ce poème clôt la première section du recueil intitulée “L’écorce incertaine”. Ici, la contemplation de
la forêt semble devenir beaucoup plus vivante car Hélène Dorion mentionne notamment la présence
des animaux dans cette nature foisonnante.
On peut maintenant se demander comment Hélène Dorion fait des forêts à la fois un paysage à
déchiffrer, la manifestation de la beauté du monde et une source d’inspiration ?
Dans le 1er mouvement, les forêts sont le support d’une rêverie sur le temps corrélé au cycle naturel
de la vie ; dans le 2eme mouvement, on trouve une projection de problématiques humaines sur
l’espace de la forêt ; dans le 3eme mouvement, on trouve la célébration de la faune du milieu forestier
; et enfin dans le 4eme mouvement, les deux strophes sont axées sur l’attente qui est proche d’être
comblée.

→ 1er mouvement v. 1-8 forêts sont le support d’une rêverie sur le temps corrélé au
cycle naturel de la vie - lieu qui est du temps concrétisé
-​ 1ere strophe :
_ les deux premières strophes sont des quatrains ​​ _ on trouve le thème du passage du temps
_ “Mes forêts sont” = leitmotiv du recueil + v. 1 : première tentative de définition des forêts
_ présence du déterminant possessif “mes” qui ouvre reprise anaphorique
_ “sont un champ silencieux” = métaphore, image suggestive qui renvoie à un autre lieu naturel
_ “forêt” et “champ” = thème de la nature car deux éléments/espaces de la nature
_ dans un premier temps, espace naturel puis concept philosophique (temps)
_ pour HD, forêt = temps concrétisé - support d’une rêverie sur le temps
_ images peuvent être polysémiques
_ “silencieux” = thème du silence très récurrent chez HD - forêts ne peuvent libérer leurs pouvoirs que
lorsque le monde est endormi
_ “de naissances et de morts” = complément du nom - opposition ( termes contraires) fait référence au
cycle de la vie - exemple des saisons, renouvellement constant
_ thématique du temps est omniprésente chez HD - elle dit elle-même que le passage du temps l’a
toujours obsédée depuis qu’elle est enfant + dans cette strophe le temps se matérialise
_ ne précise si elle parle de la mort et de la naissance de la nature, de la faune, des humains etc
_ “la mémoire des saisons” = mentionne le cycle des saisons + “mémoire” : monde Humain
_ découpage en fonction de la syntaxe car aucune ponctuation (style très libre)
_ “qui se lèvent et retombent” = subordonnée relative - langage imagé, image suggestive - les feuilles
poussent puis tombent en fonction du changement des saisons

-​ 2eme strophe :
_ v. 5 = deuxième métaphore - deuxième tentative de définition + reprise du leitmotiv
_ de nouveau le thème du temps se renouvelle
_ “tronc, branche, racine” = accumulation de termes (pas séparés par des déterminants) qui se réfèrent
à l’arbre - il manque juste les feuilles qui sont mentionnées au v. 7 : “le feuillage du jour”
_ “s”immisce” et “traversent” = thème du temps qui passe
_ “capturent l’ombre​ capturent l’éclat” = thème des jeux de lumière + hémistiche
​ ici complémentarité des termes “ombre” et “éclat”
_ v. 8 présence d’un blanc typographique - effet de style de la poétesse
_ double rupture syntaxique
_ “s’immisce” = idée d’une brèche récurrente chez Dorion, d’une trouée matérialisée par ce blanc
typographique sur la feuille - donc cohérence par rapport à la thématique

→ 2eme mouvement v. 9-19 projection sur l’espace de la forêt de problématiques


​ ​ ​ ​ humaines et d’un imaginaire culturel associé à ce lieu
-​ 3eme strophe :
_ 3eme strophe est un septain
_ reprise anaphorique transformée en “elles sont”
_ “la solitude” = thème humain récurrent chez Dorion
_ v. 10 : comparaison qui met en avant la trace laissée par l’Homme + intime collectif/universel avec
adj possessif “notre” + question de la finitude humaine avec “passage”
_ “poignée de roches/qui savent les âges” = enjambement - ses forêts peuvent raconter une histoire car
son éternelles donc ici lien avec la géologie et donc la trace que laisse chaque ère sur la pierre
_ “mes forêts/sont” = reprise anaphorique mais avec un enjambement qui vient dérythmer
_ “des traits de craie noire” : craie peut faire penser à l’écriture donc langage au coeur
​ ou langage imagé pour décrire la couleur sombre des feuilles
_ “lettres” et “mots” = vocab du langage
_ “désarticulées” = dénonce le dérèglement du langage + style de l'écriture
_ “inconnus” = incertaine - doute exprimé par la poétesse
_ présence de beaucoup d’enjambements notable

-​ 4eme strophe :
_ reprise de l’anaphore “elles sont” comme strophe précédente
_ 4eme strophe est un quatrain
_ “ossements” = référence à la cyclicité de la vie - v. 2 : “de naissances et de morts”
_ v. 17 : paradoxe car action “lèche” d’un élément immatériel “l’invisible”
_ “une géométrie de souffles” = traduit la présence de la faune et du vivant dans la forêt donc annonce
le prochain mouvement - s’accorde avec “ossements”
_ “et de pas qui se perdent” = forêt est un lieu dangereux où il est facile de se perdre (thème récurrent)

→ 3eme mouvement v. 20-24 quintil consacré à la célébration de la faune du milieu


forestier
-​ 5eme strophe :
_ reprise de l’anaphore du début ​ ​ _ 5eme strophe : quintil
_ “lièvres et renards” = met en avant la faune forestière - ici opposés car proie et prédateur, montre la
complexité de la faune qu’elle abrite et donc la complexité de la forêt car “mes forêts sont” : def
_ “jungle” = aspect sauvage de la forêt
_ “d’insectes qui scintillent/un soir d’été” = jeux de sonorités avec le son “kk” + allitération en “ss”
_ “un soir d’été quand c’est l’hiver” = césure invisible car pas de ponctuation - opposition entre les
deux saisons
_ reprise de l’anaphore “elles sont” - nouvelle def dans la même quintil​
_ “coyote ours noir original” = noir soit en nom : “ours noir”, soit en adjectif “noir original” mais pas
de ponctuation donc plusieur interprétations
_ v.23/24 : accumulation de noms d’animaux pour montrer la diversité de la faune
_ “noir” et “bleu” = adjectifs qui nécessitent la vue
_ dans ce quintil, la forêt est vue comme un lieu de tensions et d’éléments contraires avec l’exemple
de la faune (animaux petits, grands, qui volent, qui sont proies, prédateurs etc)
_ allusion aux forêts canadiennes avec des animaux types tels que “ours” et “coyote”

→ 4eme mouvement v. 25-32 2 strophes sous le signe de l’attente proche d’être


comblée (dyptique)
-​ 6eme strophe :
_ “elles dorment nues” = personnification des forêts - référence à l’hiver quand leur feuillage tombe
par exemple
_ reprise de l’anaphore “mes forêts”
_ “attendent le vent” = métaphore inspiration divine : attente de l’inspiration poétique
_ “le vent” = comme le souffle de l’inspiration
_ “qui les fera tanguer” = utilisation du futur - “tanguer” = description d’un mouvement, comme celui
d’un bateau mais ici provoqué par la vent et pas par la mer + fragilité
_ “comme des bêtes ivres” = métaphore + de nouveau évocation de la faune avec “bête”
_ “qui marchent vers leurs racines” = subordonnée qui montre la profondeur - marcher vers l’intime
comme un retour aux sources + “marchent” = montre qu’on doit prendre notre temps - rythme

-​ 7eme strophe :
_ tercet est comme une phrase entière
_ “si peu me fait vivre” = adv d’intensité amplifie adverbe de quantité “peu” + “me” = expression du
moi romantique ​ donc dimension intime
_ adverbes de quantité “peu” et “plein”sont opposés - “plein” : montre aspiration à une plénitude
existentielle
_ “quand c’est plein d’étoiles/et que s’avance le poème” = impression d’une écriture tardive (dans la
nuit) du poème puis au matin il est finit - on retrouve aussi une idée de cycle

Conclusion
​ Pour conclure, Hélène Dorion tisse autour du vocable "mes forêts" un dense réseau d'images
suggestives qui, tout en s'appuyant sur la réalité concrète du milieu forestier, le métamorphose en un
paysage intérieur. Il s'y révèlent des préoccupations intimes, en particulier une rêverie sur le temps à
portée universelle. La réitération au sein du poème même comme au sein du recueil du leitmotiv "mes
forêts/elles sont..." donne à la fois des forêts une image de permanence et de constante métamorphose
sous l'effet du temps, qui se traduit dans la nature par le cycle de vie et de mort alors que notre
finitude nous condamne à n'être que de passage. La parole lyrique n'est pas ici un chant mélodieux,
fluide, et les jeux de sonorités contribuent par ailleurs à la force suggestive des images.

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