Mesicic4 Hti Strat
Mesicic4 Hti Strat
(ULCC)
1
PLAN
Liste des sigles
INTRODUCTION
A. Vision
B. Attentes de la population
C. Objectifs généraux
D. objectifs spécifiques
E. Durée d’application
F. Résolutions
A court terme
A moyen et long terme
CONCLUSION
2
LISTE DES SIGLES
3
INTRODUCTION
Pour bien saisir la problématique de la corruption en Haïti et les difficultés de poser les jalons d’une
stratégie de lutte contre ce fléau, il importe de placer ce mal de société dans le contexte historique du
système politique et social haïtien. En effet, la corruption fait partie de l’héritage colonial que les planteurs
de Saint Domingue ont légué à leurs esclaves1. Le modèle colonial d’enrichissement au détriment de
l’économie nationale a été vite reconstruit. Si l’indépendance chèrement acquise n’a pas pu être mise en
valeur par les générations subséquentes, c’est que la conception de l’État, que les pères fondateurs de la
nation nous ont léguée, constitue la négation même de toute notion saine d’administration et de gestion de
la chose publique. Tout un ensemble de pratiques illicites se sont développées dans l’appropriation et la
répartition des biens du domaine privé de l’État, lesquelles ont contribué à détourner l’État de sa fonction
essentielle de défense et de promotion de l’intérêt général pour le mettre au service d’intérêts privés et
mesquins.
Parmi les principales causes de la persistance de ce phénomène on peut citer : les mauvaises conditions
de travail au sein de la fonction publique, la centralisation excessive de l’Administration Publique et la
lenteur enregistrée dans les prestations de services publics à fournir aux usagers, la non reconnaissance
du mérite et la pratique du népotisme, la faiblesse et la dépendance du système judiciaire, l’inapplication
des dispositions légales de répression de la corruption, l’impunité, l’absence de transparence dans la
gestion des affaires de l’Etat, l’absence de reddition de compte de la part des gestionnaires des deniers
publics et la non réglementation de l’accès aux informations publiques.
Aujourd’hui, il est indéniable que la corruption affecte tous les rouages de l’Etat. Elle revêt différentes
formes : pot-de-vin, concussion, enrichissement illicite, blanchiment d’argent provenant de crimes
économiques, abus de fonctions, trafic d’influence, malversations, fraude fiscale, surfacturation des
services à l’Etat, sous facturation des redevances à l’Etat, détournement de fonds népotisme, passation
illégale de marché public. Certains de ces faits sont réprimés par la loi pénale. D’autres restent à
incriminer. Quelque soit la forme considérée, la corruption constitue un obstacle au développement socio-
économique du pays et à l’instauration d’un Etat de droit, mine la confiance du citoyen dans les institutions
publiques, projette une image négative du pays à l’extérieur et décourage les investisseurs privés tant
nationaux qu’étrangers. Elle fausse les règles du jeu démocratique et de l’économie de marché et elle est
coûteuse pour la société.
1
Leslie J.-R. Péan « Haïti, économie politique de la corruption (1791-1870)
4
Pendant que le Gouvernement affiche publiquement sa détermination à éradiquer la corruption, il s’avère
plus que jamais indispensable de crédibiliser cette volonté en établissant un cadre référentiel cohérent de
lutte contre la corruption, sachant que les mesures et sanctions pratiquées dans ce domaine sont limitées.
Profitant de la prise de conscience générale sur la nécessité de lutter contre la corruption, les
recommandations et les conclusions formulées aux cours des journées de réflexion organisées par
l’ULCC avec différentes administrations, institutions et groupes de la population ont permis de fournir
globalement les éléments d’une politique de prévention et de répression de la corruption. Le présent plan
stratégique anti-corruption, fruit d’une réflexion entre les secteurs public et privé et la société civile
constitue un essai de réponse aux effets de la corruption et s’articule autours des grands points suivants.
1- Contexte
2- Etat de la lutte contre la corruption en Haïti
3- La Stratégie haïtienne de lutte contre la corruption
4- Plan d’actions de lutte contre la corruption.
I. CONTEXTE
1. Les attitudes face à la corruption
Le pays offre une perception très peu enviable sur la scène internationale. Selon les rapports des années
2006 et 2007 de Transparency International, il est classé parmi les pays perçus comme les plus corrompus
avec les scores respectifs de 1,8 et 1,6 sur 10 sur l’échelle des indicateurs de perception établis par cet
organisme. D’autres indicateurs2 retenus par la Banque Mondiale confirment cette perception. Par
exemple, le degré de reddition de compte est passé de 30,4 en 1998 à 8,7 en 2004, et celui de la stabilité
politique a chuté de 10,9 à 3,9 au cours de la même période.
Vue de l’intérieur, la situation n’est pas moins alarmante. Selon l’enquête diagnostique sur la gouvernance
réalisée en 2005 par le BRIDES, dans le but d’identifier les groupes particuliers et les secteurs où le risque
de vulnérabilité et d’exposition à corruption est important , quatre-vingt treize pour cent (93%) des ménages
ayant répondu au questionnaire, affirment avoir été exposés à des actes de corruption et considèrent le
phénomène comme étant un problème très grave. De plus leur niveau de confiance dans la capacité du
gouvernement à réduire ces problèmes est généralement bas : plus de 70% des répondants ont dit que les
Dirigeants gouverneraient dans leur propre intérêt et non dans l’intérêt général.
2
Kaufmann D. Kraay A. and Mastruzzi M. 2005: Governance Matters: Governance indicators for 1996-2004
5
Quoique les causes, les motivations et le degré d’acceptabilité des différentes pratiques de corruption aient
été évoqués, la corruption ne figure pas parmi les problèmes jugés très préoccupants et importants dans la
vie quotidienne aussi bien des ménages que des employés du secteur public, des ONGs et des
entrepreneurs privés. Pour les ménages et les fonctionnaires publics, le classement des problèmes
nationaux met au premier plan des indicateurs économiques comme le chômage, le coût élevé de la vie ou
encore les coûts excessifs de l’éducation, des soins de santé ou du transport. Pour les ONGs, le
classement prend en compte de nouvelles variables comme l’insécurité, la délinquance et le banditisme
alors que dans le cas des propriétaires d’entreprises, l’accent est mis principalement sur l’insécurité, le
crime, l’inflation, le manque d’infrastructures et l’instabilité politique.
Tableau 1
Classement des problèmes nationaux majeurs et graves
par les fonctionnaires et les ménages
Tableau 2
Classement des problèmes nationaux majeurs et graves
par les entreprises et les ONGs
6
La corruption n’en est pas moins vue comme un problème «majeur» et «très grave» par 92% des ONGs,
91% des ménages, 88% des employés du secteur public et 87% des propriétaires d’entreprises. La
condamnation de la corruption est aussi très forte. 80.2% des ménages «ne sont pas d’accord» ou « ne
sont pas du tout d’accord» avec la suggestion que «la corruption est un problème naturel qui fait partie de
notre vie quotidienne et que donc, il ne sert à rien de la dénoncer». A la fois les ménages et les chefs
d’entreprises ont indiqué qu’ils seraient prêts à donner entre 7 et 8% de leurs revenus ou chiffres d’affaires
en échange d’une élimination complète de la corruption.
Cette perception va de pair avec un très faible niveau de confiance dans la capacité du gouvernement à
répondre aux besoins de la population. 38.9% des chefs d’entreprises et 34.4% des ménages estiment que
les besoins de la population ne sont «jamais» pris en compte dans les décidions gouvernementales. Au
niveau des ONG et des employés du secteur publics seulement 15 % des interrogés considèrent que les
besoin publics sont pris en compte par le gouvernement.
Tableau 3
Opinions des répondants sur la façon dont
Le gouvernement prend en compte les besoins publics
Les fonctionnaires notent très faiblement l’efficacité des institutions publiques. Les services jugés «
efficaces» et «très efficaces» obtiennent des scores variant de 10.84% pour le Ministère de la Santé
Publique et de la Population à 26.2. % pour le Ministère de l’Economie et des Finances. Il est à noter que
7
des institutions comme le Parlement avec un score de 2.6% et les partis politiques avec 2.8% sont
considérés comme nettement moins efficaces que les ONG (16.9%) et les médias (19.4%).
Une typologie fine permettrait de distinguer quatre catégories d’institutions ou de services étatiques.
a) Soit : les institutions de régulation économique et financière comme le Ministère de l’Economie et
des Finances (MEF), l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) ou la Banque de la
République d’Haïti (BRH) ;
b) les services chargés de la collecte des fonds pour l’Administration Centrale et les Administrations
Territoriales comme la DGI et la Douane ;
c) les institutions de régulation politique et juridique comme le Ministère de la justice, le Parlement
ou les Partis Politiques
d) les services étatiques ou territoriaux de proximité comme les délégations, les mairies, les
tribunaux (juges et magistrats), la TELECO, l’Electricité d’Haïti ou la CAMEP/SNEP.
La confiance des répondants dans le niveau d’efficacité des institutions publiques est très faible. En
moyenne seulement 22.77% des interviewés considèrent les institutions de régulation de la sphère
économique, financière et statistiques comme étant très «Très efficace ou efficace ».Le pourcentage de
répondants qualifiant les institutions de perception de recettes publiques comme étant efficace, se situe
entre 11% et 13 %. Pour les autres institutions, par plus de 20.79 % des interrogés ne les considèrent
comme efficace..
8
Tableau 4
Efficacité des institutions selon les employés du secteur public
Institutions Très efficace/Efficace
Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) 26.22%
Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) 22.13%
Banque de la République d’Haïti (BRH) 21.01%
Direction de l’Immigration et de l’Emigration 20.79%
Médias 19.47%
Organisation Non Gouvernementale (ONG) 16.92%
Archives Nationales (AN) 16.59%
Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) 16.39%
Universités d’Etat d’Haïti (UEH) 13.41%
Direction Générale des Impôts (DGI) 13.19%
Police Nationale d’Haïti (PNH) 12.39%
Primature 11.64%
Office d’Assurance Vehicules Contre Tiers (OAVCT) 11.06%
Administration Générale des Douanes 10.97%
Ministère de la Santé Publique et de la Population 10.84%
Source : BRIDES, Janvier 2007
Le classement des quinze (15) premières institutions identifiées par les ménages, les entreprises privées
et les ONG comme étant corrompues ou très corrompues, souligne une grande méfiance vis-à vis du
système judiciaire à différents niveaux (Ministère de la justice, Commissaires du gouvernement, Juges et
magistrats ). En outre, le Parlement est aussi identifié comme corrompu ou très corrompu par 49 % ONG
et par 58 % des entreprises privées. Par ailleurs, des institutions du pouvoir exécutif ont également été
ciblées notamment : le Gouvernement (56 % des ONG) et différents ministères de manière spécifique
tels que les travaux publics, la santé publique, commerce et industrie, les affaires sociales et le ministère
de l’intérieur et des collectivités territoriales.
9
Tableau 5
Classement des institutions les plus corrompues en Haïti
Selon les trois (3) groupes cibles
Rang Ménages % Entreprises privées % ONG %
1 Ministère de la Justice 81% DGI 68% DGI 74%
2 Douanes 78% Partis Politiques 66% Douanes 71%
3 Direction Générale des Impôts (DGI) 73% Mairies 63% Juges et Magistrats 66%
4 Autorités Locales 70% Douanes 61% Partis Politiques 64%
5 TELECO 69% Parlement 58% Tribunaux 63%
6 Ministère de la Justice et de la Sécurité 68% Tribunaux 55% Electricité d’Haïti 61%
Publique
7 Ministère des Travaux Publics 68% Ministère de la Justice 51% Coopératives 59%
& Sécurité Publique
L’approfondissement des résultats précédents ont permis de confirmer la tendance à la méfiance des
différèrent groupes par rapport aux institutions judiciaires et au pouvoir législatif en ce qui concerne la
lutte contre la corruption. En effet, 70,1% des ménages estiment que le Gouvernement encourageait la
corruption. 33,7% des ménages ont pensé que le Gouvernement haïtien n’était «pas sincère» ou «pas du
tout sincère» dans la lutte contre la corruption. De plus, en moyenne seulement 29 % des répondants
(entreprises privées, ménages, ONG, ) pensent que le système judiciaire mérite confiance et 84 %
pensent que le système judiciaire est manipulé par le Gouvernement et par les intérêts économiques.
10
Graphe 1.
Évaluation du système judiciaire: Perception des différents groupes
29%
Mérite confiance
74%
Les lois sont appliquées
seulement aux pauvres/faibles
75%
Dépend du Gouvernement
77%
Est injuste
84%
Est manipulé par le
gouvernement
84%
Est manipulé par les intérêts
économiques
Par ailleurs, la confiance des ménages et des fonctionnaires publics en ce qui concerne la lutte contre la
corruption est d’avantage orienté vers des organismes tels les medias, les institutions religieuses, les
ONGs et l’Université. Seulement 20,7% des fonctionnaires et moins de 10% des ménages pensent que
le Parlement a contribué d’une certaine manière à la lutte contre la corruption.
11
Graphe 2.
Classement des institutions ayant apporté une contribution efficace à la lutte contre la corruption,
d’après les fonctionnaires publics et les ménages
Ainsi, alors que le Ministère de la Justice est identifié par les ménages et les chefs d’entreprises comme
l’une des quinze (15) institutions les plus corrompues, seuls 5.2% des fonctionnaires de ce Ministère
pensent que la corruption y est répandue ou très répandue. Il en est de même pour la Direction Générale
des Impôts (DGI) classée parmi les trois institutions les plus corrompues par tous les groupes d’utilisateurs
12
interrogés (ménages, chefs d’entreprises et ONG) : seulement 9.1% des employés de ce service pensent
que la corruption représente un problème majeur.
On peut en conclure qu’il existe un certain décalage entre les expériences des utilisateurs avec la
corruption dans le secteur public et les évaluations des employés de ce secteur sur leur niveau d’intégrité
personnel et sur celui de leurs collègues, subalternes et supérieurs hiérarchiques. Les employés du
secteur public semblent être conscients du problème de corruption en général mais ne sont pas disposés à
admettre l’existence d’un tel problème dans leurs propres services. Si pour les ménages, la justice est
classée comme première institution fournissant un service de mauvaise qualité, par contre, 61.5 % des
fonctionnaires estiment qu’elle est efficace. Un contraste important est constaté au niveau de
l’appréciation des services fournis par la DGI et les services d’éducation. Par contre, les opinions se
rejoignent dans une certaine mesure en ce qui concerne l’Électricité d’Haïti et la CAMEP et seulement
44.8 % et 35,9 % de fonctionnaires, sont d’avis que les services de Santé et de téléphonie sont de
grande qualité.
Tableau 6
Différence de perception entre les ménages et les employés du secteur public relative à la qualité des
services offerts par certaines institutions
Institutions Classement des services de mauvaise % des employés du service public
qualité selon les ménages (sur 28) d’accord/tout à fait d’accord avec
l’idée que les services offerts par
leur institution sont de grande qualité
Justice 1 61.5%
Electricité d’Haïti* 3 0.0%
CAMEP* 4 0.0%
DGI 5 72.7%
TELECO 7 35.9%
Les employés du secteur n’en sont pas moins conscients des causes de la corruption. Même si 56.2%
justifient la corruption pour des motifs culturels liés à son enracinement dans les pratiques de
l’administration, ils sont 82.9% et 81.7% à voir sa raison d’être dans «l’absence d’un système efficace de
signalement» ou encore dans «l’insuffisance des salaires».
13
Tableau 7
Les raisons les plus importantes de la corruption
Pour les employés du secteur public
Raison de la corruption Importante et très
importante
14
Tableau 8
Priorités dans les réformes du secteur public
d’après les fonctionnaires
Priorités dans les réformes Pourcentage
- Décentralisation 28.7%
- Revalorisation du salaire 28.2%
- Système de gestion du personnel basé sur le mérite 23.3%
- Réduction des effectifs de la Fonction Publique combinée avec une augmentation des salaires 11.4%
- Déclaration /publication des biens des fonctionnaires 5.3%
- Privatisation 2.1%
Source : BRIDES, Janvier 2007
C’est donc pleinement conscient de l’impérieuse nécessité de redresser cette situation et de redonner
confiance aux citoyens dans les institutions du pays que le Gouvernement de la République, dans le cadre
du mandat confié à l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), a décidé d’élaborer un plan stratégique
pour combattre ce fléau. Ce plan énonce des principes et des normes à mettre en œuvre pour combattre
la corruption et ainsi contribuer au développement et à la croissance économique d’Haïti, mais il reste
ouvert à toute idée nouvelle. Les sections qui suivent présentent dans un premier temps le bilan des
initiatives en cours et finalement un ensemble de mesures à court, moyen et long terme dont la matrice
d’opérationnalisation figure en annexe.
15
II- ETAT DE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION EN HAITI
A. LA CONSTITUTION
La loi- mère de la République n’est pas indifférente aux problèmes de corruption. Quoique les législateurs
n’aient pas nommément cité la corruption, la Constitution de 1987 préconise des dispositions
réglementaires en s’intéressant tout particulièrement à certaines de ses manifestations notamment l’abus
de biens publics, le népotisme, le détournement de fonds et l’enrichissement illicite. Aussi en ses article
235 à 244, elle souligne, la nécessité de l’observance stricte des normes et éthiques définies par la loi, le
mode de recrutement et la politique de carrière devant être adoptés dans l’administration publique,
l’obligation faite aux fonctionnaires indiqués par la loi de déclarer l'Etat de leur patrimoine au Greffe du
Tribunal Civil dans les trente (30) jours qui suivent leur entrée en fonction, et les mesures à prendre à
l’encontre de tout fonctionnaire reconnu coupable de fraude contre le fisc et d’enrichissement illicite.
B. LE CODE PENAL
En matière de corruption, le Code pénal haïtien, opère une distinction entre deux types de corruption: la
corruption passive et la corruption active, et aussi entre le corrompu et le corrupteur. En ses articles 137
et 138 (Chapitre II, section I), le code pénal, rend coupable de corruption passive tout fonctionnaire qui
aura agréé à des offres ou promesses pour faire un acte de sa fonction ou pour s’abstenir de faire un
3
Loi sur la responsabilité des fonctionnaires et employés des finances 26 Aout 1834 (Bulletin du Conseil – p. 27,
28. bibliothèque St Louis Gonzague de Port-au-Prince)
4
Code pénal Jean Vandal - art. 137-144, p. 36-37
16
acte qui entrait dans l’ordre des ses devoirs. Par contre, et aux termes de l’article 140 , le délit de
corruption active est constitué quand une personne contraint ou tente de contraindre par voies de faits ou
menace, corrompt ou tente de corrompre par promesses, offres, dons ou présent, un fonctionnaire, agent
ou préposé, de la qualité exprimé en l’article 137.
En terme, de sanctions prévues, dans le premier cas le coupable est passible de dégradation civique ou
de la même peine réprimant un fait criminel si l’acte de corruption est l’objet d’un crime (art 137, 139),
tandis que dans le second cas le fautif est sujet a une peine d’emprisonnement allant d’un à trois ans
(art. 140).
Le Code pénal punit également les pratiques frauduleuses qui s’apparentent à la corruption, à savoir
l’usage de faux (art 107 à 114), les délits commis par les fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonction
(art 127 à 129), les détournements de fonds (art 130 à 134), la concussion de fonctionnaires (Chapitre II,
section II, art 135), , les conflits d’intérêts (Chapitre II, section III. art 136), et l’abus d’autorité (146 à
152).
17
- Décret du 25 Mai 2006 créant Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) un service
déconcentré dénommé : « INSPECTION GENERALE DES FINANCES » (IGF).
- Décret du 14 Mai 2007 ratifiant la convention des nations-unies contre la corruption
- Loi de Février 2008 portant su la déclaration de patrimoine de certaines catégories de
fonctionnaires de l’État.
Par ailleurs, des travaux sont en cours en vue de l’élaboration d’un Code d’éthique pour les agents de
l’administration publique et d’une loi portant sur la prévention et la répression de la corruption.
Malgré tout cet éventail d’instruments légaux, aucune sanction n’est jusqu’ici prise contre les auteurs
présumés, les instigateurs et complices des actes de corruption, ni aucun recouvrement de valeurs
détournées du trésor public réalisé. L’impunité demeure la règle et le sera aussi longtemps que les
autorités de poursuite hésitent à appliquer les dispositions du Code d’Instruction Criminelle relatives aux
attributions des Officiers de Police Judiciaire et celles du Code Pénal réprimant la forfaiture et les délits des
fonctionnaires publics dans l’exercice de leurs fonctions.
a) La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) est chargée du contrôle
administratif et juridictionnel des recettes et des dépenses de l’Etat, de la vérification de la comptabilité des
entreprises d’Etat ainsi que celle des collectivités territoriales. Elle a aussi pour attribution de vérifier les
Institutions de la société civile bénéficiaires de subventions du trésor public, des organes autonomes ou
toutes institutions nationales ou internationales exécutant des projets pour et au nom de l’Etat.
b) L’Unité Centrale de Renseignement Financier (UCREF) a pour tâche de dépister et de saisir les biens
provenant d’activités illicites.
18
c) la Commission Nationale de Marchés Public (CNMP) a pour mission de veiller à la bonne utilisation des
deniers publics dans le processus de passation de marchés publics et de l’exécution des contrats de l’Etat,
ce, dans la transparence la plus totale, afin de maximiser les bénéfices tirés des dépenses publiques.
d) l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), a pour mission de protéger les biens publics et
collectifs, d’assurer l’efficacité des mesures et actions visant à prévenir, à dépister, à sanctionner et à
éliminer les actes de corruption et infractions assimilées, de favoriser la transparence dans la gestion de la
chose publique, d’établir un climat de confiance pour promouvoir l’investissement privée et de moraliser
l’administration publique et la vie publique en général.
e) Les Officiers de Police Judiciaire (agents de la police rurale et urbaine, juge de paix, commissaire du
gouvernement et juge d’instruction) qui, selon les dispositions du Code d’Instruction Criminelle ont pour
attribution de rechercher les crimes et délits, d’en rassembler les preuves et d’en traduire les auteurs, co-
auteurs, instigateurs et complices par devant la justice répressive.
19
Les commissaires Parlementaires des comptes publics soient dotées de ressources
nécessaires pour s’acquitter de leur action
Des mécanismes transparents et rigoureux soient utilisés pour le choix des titulaires de hautes
charges publiques afin de s’assurer que, seuls les plus compétents et les plus honnêtes sont
nommés aux postes visés.
20
b) Renforcement du cadre institutionnel et légal de prévention et de répression de la corruption
la création de l’unité de lutte contre la corruption ULCC, de l’unité centrale de renseignements
financiers (UCREF), da la commission nationale des marchés publics (CNMP) de l’office de
management des ressources humaines (OMRH)
la ratification de la Convention interaméricaine contre la corruption (CICC) et de la convention
des Nations Unies (CNUCC)
les deux décrets du 17 Mai 2005 sur la fonction publique et sur l’Administration publique
la Révision du décret sur la passation de marché publics
Mise en place des commissions de passation de marchés publics dans toutes les entités publiques
Préparation d’un code de passation de marché
21
e) Rôle des Medias
Les Médias sont un allié important des pouvoirs publics dans la lutte contre la corruption. Leur mission
d’éducation, de formation et de partage d’information leur confère un rôle crucial dans la sensibilisation, la
prévention et la répression de la corruption. Durant ces deux dernières décennies, les cas de corruption
mentionnés par la presse ont été fort nombreux. A titre d’illustration, citons quelques titres ou extraits
issus des deux principaux quotidiens de la capitale :
14 décembre 2004, selon le Matin, le gouvernement s’apprête à publier une première liste de
personnes ayant participé au pillage des caisses de l’Etat sous le régime de Jean Bertrand
Aristide.
20 décembre 2004, « la complexité de la lutte contre le blanchiment » titre le Nouvelliste. Avec la
nomination d’un nouveau Directeur Général, le mardi 10 Aout 2004 à la tête de l’UCREF, c’est un
signal clair du gouvernement de lutter contre la corruption.
Du 20 au 24 janvier 2005, Scandale dénonçant la vente de quinze (15) containers de riz de Food
for the Poor par la mairie de Port-au-Prince, qui étaient destinés à être distribué aux quartiers
défavorisés. (Le Nouvelliste et le Matin).
6 juin 2006, « la corruption s’installe à travers toutes les administrations publiques, pendant que la
polémique bat son plein entre la justice et la police haïtienne. Cette fois-ci, c’est le tour du Ministre
de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports qui a publié une liste d’écoles
corrompues » (Le Matin).
13 juin 2006, « les bateaux qui accostent au port de Miragoane stimulent l’activité économique de
la capitale de Nippes, mais occasionnent aussi la corruption et les malversations de toutes sortes »
(Le Nouvelliste).
f) Les actions menées par les différentes institutions de lutte contre la corruption
L’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) :
Campagne de sensibilisation : tenue de séminaires d’information dans les dix départements
géographiques du pays;
Rencontres avec les partis politiques et groupes organisés de la société civile : Le rectorat de
l’UEH, la PNH, les chambres de commerce, les syndicats, les médias ;
Rédaction de la Déclaration de Port-au-Prince (engagement des partis politiques de lutter contre la
corruption tant au sein de leur structure qu’à l’échelle du pays en cas d’accession au pouvoir.
Document soumis et signé par l’ensemble des partis politiques présents à la journée de réflexion
sur la corruption ;
22
Rencontre d’information et de vulgarisation auprès de l’ensemble des entreprises publiques et
organismes autonomes de l’Etat ;
Publication de plusieurs posters aux fins de promotion de la transparence et de l’intégrité dans les
services publics ;
Réalisation d’une campagne de sensibilisation dans les radios sur les méfaits de la corruption
(spots publicitaires) ;
Préparation d’un code d’éthique pour les agents de l’administration publique
Préparation d’un avant projet de loi anti corruption;
Finalisation d’une douzaine d’enquêtes sur des cas de corruption dénoncées ou avérées ;
Mise en application de « l’Integrated Financial Management System » (IFMS) : installation des
équipements, embauche du personnel et connexion de l’ULCC au SYSDEP ;
Depuis sa création en 2004, l’ULCC a été saisie d’une cinquantaine de dossiers de plainte et/ ou
dénonciation. Douze (12) ont été finalisés, parmi lesquels cinq(5) sont transmis au Commissaire du
Gouvernement et les sept(7) autres aux autorités administratives compétentes : Ministre de l’Economie et
des Finances (MEF), Direction Générale des Impôts DGI), Ministère de la santé publique et la population,
le Parlement.
En ce qui concerne la Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP), comme activités entreprises,
il y a lieu de citer :
L’élaboration du décret du 3 décembre 2004, fixant la réglementation des marchés publics de
services, de fournitures et de travaux
la publication de l’arrêté du 19 décembre 2006 portant révision des seuils de passation des
marchés publics
La publication régulière d’une liste des marchés attribués par les différentes institutions publiques.
l’organisation du Colloque sur « la gouvernance économique : Production et Gestion des
Informations Financières », tenu le 18 avril 2006
la présentation du Guide Pratique de Passation des Marchés Publics
L’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF) a elle aussi initié différentes actions :
Organisation d’un séminaire de sensibilisation sur le blanchiment d’argent et des infractions
graves à l’adresse des Magistrats des 16 assises juridiques du pays. 107 magistrats ont pu
bénéficier de cette formation leur permettant de bien connaître la problématique de la drogue
et la loi du 21 février relative au blanchiment des avoirs;
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Des valeurs totalisant 400 000 dollars US en numéraires provenant de saisies conservatoires
effectuées par l’Administration Générale des Douanes (AGD) et la Police Nationale (PNH) ont
été acheminées à l’UCREF qui a diligenté des enquêtes pour le compte des Autorités
judiciaires ;
Au cours de l’année 2006, 150 enquêtes ont été traitées parmi lesquelles plus de 20 dossiers
impliquant environ 60 personnes ont été transmis aux Autorités judiciaires pour les suites de
droit.
La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) a entrepris des activités
Il s’agit entre autre de :
L’Arrêt de débet prononcé le 07 Août 1992 contre le sieur Marini D. RENE, un pourvoi en
Cassation a été produit le 06 octobre 1992
L’Arrêt de débet prononcé le 10 décembre 1996 contre les sieurs Nixon Arnault, Maire titulaire et
Wilfrid PIERRE-PAUL, caissier payeur.
L’Arrêt de débet prononcé le 06 juillet 2007 contre le Maire Pierre Michel Maurice PROSPER.
A) VISION
La lutte contre la corruption se présente non pas comme une chasse aux sorcières ou un biais de
règlement de compte politique ou personnel, mais de préférence comme un moyen de limiter la
dépravation morale généralisée, de pallier la faiblesse des institutions de l’Etat, d’atténuer les
24
conséquences néfastes des mauvais choix économiques opérés par le passé et de changer l’attitude de
tolérance des populations vis-à-vis de la corruption. Dans cette perspective, la mise en œuvre de la
présente stratégie anti-corruption constitue une entreprise de salut public et d’intérêt national conçue en
termes de systèmes, de politiques et de mesures devant déboucher sur des actions concrètes ainsi que
sur des résultats rapides et significatifs, visant à retirer définitivement Haïti du peloton de tête des pays
les plus corrompus de la planète à l’horizon 2018.
25
Instaurer la bonne gouvernance et la crédibilité des institutions publiques
Lancer et consolider un processus de développement économique durable
D) OBJECTIFS SPECIFIQIQUES
Renforcer le cadre institutionnel et légal de prévention et de répression de la corruption
Affermir les principes de la transparence dans la perception, le recouvrement et l’utilisation des
recettes fiscales et douanières
Améliorer le niveau de compétence et d’ integrite des cadres de l’administration publique
Renforcer les procédures de passation des marchés publics.
Promouvoir la déconcentration et de la décentralisation des pouvoirs de décision
Renforcer l’action des medias et la société civile
Intensifier la Coopération Internationale
Réguler le mode de fonctionnement et de financement des Partis Politiques
Encourager le contrôle Parlementaire et mettre en place des mécanismes d’inspection du
mode de gestion du Parlement
E) DUREE D’APPLICATION
La première phase, de 2008 à 2012, correspond à la phase de démarrage de la stratégie de lutte
contre la corruption qui consiste à rendre le terrain favorable à la lutte contre la corruption. Il s’agira
de parfaire le dispositif et de le faire fonctionner suivant les exigences de la lutte afin d’atteindre en
2012 le score d’indice de perception de la corruption de 2,1.
La deuxième phase, qui s’étend de 2012 à 2016, correspond à l’intensification et à la
généralisation de la lutte contre la corruption. Les activités se verront accélérées et permettront à
Haïti de gagner 1 point tous les deux ans à partir de 2012, et d’atteindre ainsi le score de 4,1 en
2016.
Pendant la troisième phase, qui ira jusqu’en 2018, Il s’agira de consolider les acquis de la lutte et à
rapprocher les comportements des plus corrompus à celui des plus probes. Et ceci va permettre
d’atteindre le score de 5.1.
26
F) RESOLUTIONS
A court terme
Adopter le code d’éthique des agents de la fonction publique ;
Rendre effectif le système de déclaration des avoirs et des biens des hauts fonctionnaires de l’État
(à l’entrée et à la fin du service)
Privilégier des mesures de sanctions et de détection des malversations pour crédibiliser et
démontrer la volonté du gouvernement à renforcer le système judiciaire, garant des sanctions à
prendre, mais aussi mettre l’accent sur l’éducation et surtout l’opinion publique qui doit servir de
pression.
S’assurer que les nominations à des postes de responsabilité soient faites sur la base de critères
objectifs tenant compte de la compétence, de l’expérience professionnelle, de la probité, du sens
élevé de l’intérêt général ;
27
Conclusion
De nos jours, ce n’est plus un secret pour personne que la bonne gouvernance est la base du
développement durable. De même, à l’opposé, la corruption qui prône la violation des règles et procédures
établies au détriment des intérêts supérieurs de la collectivité et au profit de ceux mesquins des
particuliers, constitue une entrave à ce développement. Etant une opération frauduleuse et secrète, elle
altère les principes de base de la bonne gouvernance que sont la transparence et l’imputabilité.
Le présent plan stratégique comporte en annexe un ensemble de mesures qui, appliquées avec rigueur,
devront faire reculer ce fléau dans le pays et lui permettre d’être mieux perçu tant par ses ressortissants
que par les observateurs étrangers. A court, moyen et long terme, elles devront lui permettre :
D’avoir un système judiciaire indépendant, performant, crédible et accessible à tous ;
De renforcer l’efficacité de contrôle des systèmes budgétaires de l’Etat ;
D’encourager les gestionnaires publics à n’effectuer que des dépenses opportunes
D’assurer la performance et la transparence du système de recouvrement des impôts, taxes et
droits de douanes et d’améliorer les recettes publiques
De consolider et de renforcer l’Etat de droit
De créer un climat propice à l’investissement et au développement économique et durable du
pays.
28
PLAN D’ACTIONS DE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION
Priorités :
1) S’attaquer aux secteurs qui sont les plus vulnérables en matière de pratique de la corruption
2) Mettre en place des mesures de prévention
3) Renforcer le cadre légal de la lutte contre la corruption
4) Renforcer la coopération internationale et l’entraide judiciaire pour le recouvrement des avoirs
volés
5) Assurer le suivi et l’évaluation de l’implantation du Plan Stratégique.
29
MATRICE
AXE 1 : CADRE INSTITUTIONNEL ET LEGAL OPERATIONNELLE
DE PREVENTION DE LA LUTTE
ET DE REPRESSION CONTRE
DE LA LA CORRUPTION
CORRUPTION
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2- Accroitre Manque d'expertise des Appui technique en Renforcement des A la fin de chaque Source : Ministère de la Parquet
l’efficacité du officiers de police matière d’investigation et capacités d'enquêtes année : durée moyenne Justice ULCC
système judiciaire en judiciaire dans le analyse des rapports des OPJ et meilleur d’action (de la Parquet Ministère de la Justice
matière de prévention traitement des dossiers financiers et traitement des dossiers transmission des Tribunaux de Première
et de répression de la de corruption administratifs de corruption rapports a la prise de Instance
corruption décision)
Renforcer la cellule
Analyse, Intelligence et
Investigation par le
recrutement d’analystes et
d’agents supplémentaires
et en la dotant de matériel
et de moyens aux fins
d’aboutir à de Meilleurs
résultats.
Inexistence de règles Elaboration d’un code Code d’éthique élaboré A la fin de la première Source : Ministère de la
d'éthique ou de d’éthique réglementant le phase : existence du justice et de la sécurité Ministère de la justice
déontologie comportement des code d’éthique publique et de la sécurité
réglementant les Officiers de Police publique
professions judiciaires Judiciaire (OPJ) Reproduction et OPJ conscientisés sur Nombre de sessions de
diffusion du code la nécessité d’appliquer sensibilisations Conseil supérieur du
d’éthique des sanctions contre organisés à partir de pouvoir judiciaire
réglementant le ceux qui sont reconnus l’adoption du code 6
comportement des coupables d’écarts Ecole de la
Officiers de Police professionnels et Nombre de copies du magistrature EMA
Judiciaire (OPJ) déontologiques code d’éthique
distribués
31
Nombre de concours de
recrutements organisés
par année.
Mauvaise perception Etablissement et Tarifs publiés et connus Tarifs publiés Parution relevé dans
du système judiciaire publication de tarifs de tous. annuellement à travers les medias Ministère de la justice
par les justiciables judiciaires pour les au moins un des medias
constats, frais de justice
etc … via (Radio,
télévision, presse écrite.)
32
AXE 2 : TRANSPARENCE DANS LA PERCEPTION, LE RECOUVREMENT ET L’UTILISATION DES RECETTES FISCALES ET DOUANIERES
Objectif général : Favoriser plus de transparence dans la perception, le recouvrement et l’utilisation des recettes fiscales et douanières
Objectifs Facteurs favorisant Actions à entreprendre Résultats attendus Indicateurs Source Institutions
spécifiques la corruption court-terme (2008-2010) Moyen-terme (2010- Long-terme (2015- d’informations d’exécution
2015) 2018)
Faible capacité Application stricte du Des sanctions sont Annuellement, nombre Rapport de la
1. Promouvoir la institutionnelle de la cadre reglementaire en appliquées contre les de rapports reçus par la CSC/CA CSC/CA
Transparence et le CSC /CA vigueur par la CSC-CA. organismes ne CSC /CA
contrôle efficace dans soumettant pas leurs
la gestion financière rapports Annuellement, nombre
de rapports traités par la
Cour
Evolution du nombre de
rapports reçus par la
Cour, durant la
deuxième phase Rapport de la CSC/CA
CSC/CA
Pourcentage
d’Organismes
sanctionnés pour
n’avoir pas soumis leur
rapport.
33
2. Minimiser l’évasion Evasion fiscale et Rapport des organismes DGI, APN, AGD
fiscale Contrebande Simplification et A la fin de la première de perception de
harmonisation des lois phase, taux de variation recettes publiques
fiscales de l’assiette fiscale
La loi et les tarifs sont
Vulgarisation de la connus de tous
législation fiscale et A la fin de la première
douanière phase, taux de variation
particulièrement les des recettes publiques
grilles d’imposition et de
taxation
Le régime des sanctions A la fin de la première
Renforcement du régime dans les lois fiscales est phase, nombre de
des sanctions dans les lois renforcé sanction appliqué
fiscales
Maximisation du niveau
d’intégration du secteur Augmentation en
informel pourcentage du nombre
de contribuable
Manque de structure Offre de certains services Construction de Rapport des organismes DGI, APN, AGD
d’accueil au sein des en ligne aux nouveaux Centres de perception de
organismes de contribuables en matière d’Impôts recettes publiques
perception d’information fiscale
générale ou
personnalisée, de A la fin de la première
formulaires, etc. phase, taux de variation
de la base de taxation
Réorganisation et
interconnexion des
centres d’impôts existant
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AXE 3 : COMPETENCE ET INTEGRITE DES CADRES DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE
Objectif général : Améliorer le niveau de compétence et d’intégrité des cadres de l’administration publique
Objectifs Facteurs favorisant Actions à entreprendre Résultats attendus Indicateurs Source Institutions
spécifiques la corruption court-terme (2008- Moyen-terme (2010- Long-terme (2015- d’informations d’exécution
2010) 2015) 2018)
Augmenter les Mode de recrutement et -Mise en place et Meilleur gestion du A la fin de la première ULCC, OMRH
performances du de promotion des agents application d’un plan de personnel phase, nombre d’action
secteur public de la fonction publique gestion du personnel entreprise pour Rapport des différents
(Formation, carrière, améliorer la gestion du ministères et
traitements.) Cadre de recrutement personnel organismes autonomes
établi et appliqué de l’Etat
-Recrutement du
personnel de la fonction A la fin de la première,
publique par voie de Nombre de personnes
concours recrutées par voie de
Identification des concours
besoins de formations
au niveau de la fonction Meilleure adaptation
publique des fonctionnaires aux
exigences de la
Mise en place de plans modernisation
annuels de formation et
de perfectionnement
des agents.
Grille d’évaluation des
Mise en place de agents de la fonction
procédure d’évaluation publique mise en place
et publication de
tableau de bord
36
de formation en des compétences pour
conduite d’audits pour planifier et réaliser des
les cadres de la CNMP audits sur la passation A la fin de la première
et d’autres institutions de marchés publics phase, Nombre de
impliquées dans la disponibles cadres formés en
passation des marchés conduite d’audits
publics
2. Accroitre Non attribution des -Allégement des Réexamen et supervision Les procédures sont A la fin de chaque
l’efficacité dans la marchés selon les procédures de passation des procédures et simplifiées année, nombre d’appel Rapport de la CNMP CNMP, ULCC
passation des normes de marché public politiques relatives à la d’offre parue dans les
marchés publics passation des marchés medias
publics.
. Economie et efficience Nombre de cas de
dans l’exécution des demande de réexamen
projets. de marchés
A la fin de la première
- dépôt et vote de la période, pourcentage de
nouvelle Législation diplômés parmi les
réglementant les responsables directs de
marchés publics passation de marche
37
des ateliers de A la fin de la première
Réalisation d’ateliers formations sont période, nombre
de formation des organisés d’ateliers de formations
autorités municipales organisés
en passation de Formation spécialisée
Marchés Publics sanctionnée par un
diplôme offerte aux
responsables de passation
de marchés.
Déconcentrer les Inexistence de struc- -Mise en place de Mise en place de six (6) Poursuite de la La CNMP offres des - 4 CDMP CNMP
services offerts par tures déconcentrées de quatre (4) autres Commissions formation des services déconcentrés fonctionnelles en
la CNMP marchés publics telles Commissions Départementales de Membres des sur tout le territoire septembre 2010
que le prévoient les Départementales de Marchés Publics (CDMP) CDMP
articles 23 à 25 du Marchés Publics -La formation des -10 CDMP
Décret du 4 décembre (CDMP) -Poursuite de la formation Membres des CDMP fonctionnelles en
2004 fixant la des Membres des CDMP est organisée septembre 2015
Réglemen-tation des -Formation des
Marchés Publics de Membres des CDMP -Les Rapports de
Services, de formation
Fournitures et de -Relèvement des seuils de les seuils de passation
Travaux Passation de marchés de marchés publics sont
publics révisés
38
AXE 5 : DECONCENTRATION ET DECENTRALISATION DES POUVOIRS DE DECISION
2. Favoriser une mauvaise gestion des Création d’un cadre Informatisation des A la fin de chaque rapport MICT, autres MICT, OMRH, autres
meilleure gestion de ressources allouées aux d’informatisation globale Ministères et phase, pourcentage ministères et ministères et
cette décentralisation collectivités locales et des Ministères et organisme autonomes les institutions sont de bureaux organismes organismes
faible capacité de organismes autonomes. connectées déconcentrés déconcentrés déconcentrés
gestion des élus locaux connectes avec
et des ressources -Elaboration d’une loi sur chaque bureau central
humaines œuvrant au la fonction publique Loi elaboree
sein des services territoriale. A la fin de la
déconcentrés ou premiere phase, loi
décentralisés; Elaboration et publication elaboree et mise en
de rapports périodiques sur application
les activités réalisées par
les Ministères, Services
techniquement
déconcentrés et
39
décentralisés
Rapport annuel
Elaboration des d’activités publiés
procédures
d’ordonnancement et
de liquidation des
recettes et des
dépenses.
Préparation et
vulgarisation des
normes comptables à
respecter par les
ordonnateurs et
comptables publics au
niveau des collectivités
territoriales
Définition des
procédures de contrôle
à effectuer au niveau
des collectivités Contrôle périodique et
systématique effectué Annuellement,
Définition des taches au niveau des nombre de contrôles
et des niveaux de collectivités effectués
responsabilité des
ordonnateurs et des
comptables publics au
niveau des collectivités
territoriales
Vérification régulière
des comptes des
collectivités
territoriales
Renforcement des
Définition d’un cadre structures de contrôle
réglementaire au niveau des Annuellement,
établissant les collectivités pourcentage
modalités de d’augmentation du
déploiement des nombre de contrôles
comptables publics effectués
dans les délégations,
vice- délégation et les
mairies
40
AXE 6 : MEDIAS ET SOCIETE CIVILE
2. Obtenir une plus Manque d’implication Elaboration des chartes A la fin de chaque Société Civile,
grande participation et de suivi de la part et codes de bonne année, pourcentage de associations des
des médias et de la des médias et de la gouvernance propres Médias qui ont une Rapport annuel de la Medias et de
société civile dans la société civile aux groupes de la heure d’antenne sur Société Civile, journalistes
société civile ainsi que l’éducation civique et associations des
lutte contre la les tableaux de bord la lutte contre la Medias et de
corruption pour suivre l’évolution corruption. journalistes
des performances.
-Vulgarisation et
sensibilisation autour A la fin de chaque
des textes portant sur année, nombre de
les pratiques de la La population est campagne de
bonne gouvernance. mieux informer sur les sensibilisations
méfaits de la corruption organisées par la
-Sensibilisation du société civile
public sur les enjeux et
les défis de la lutte A la fin de la première
contre le fléau. période, nombre de
sondages d’opinion sur
l’évolution de la
corruption réalisés par
la société civile et la
Presse
41
AXE 7 : COOPERATION INTERNATIONALE EN MATIERE DE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ET LE BLANCHIMENT D’ARGENT
1. Développer une
meilleure Participation à des CNMP, UCREF,
coopération Manque de participation Séminaires régionaux Les techniques et les A la fin de la première CSC /CA, IGF, ULCC,
des pays et des organismes et internationaux pour lois permettant de lutter phase, nombre de
internationale en multilatéraux dans les l’échange contre la corruption séminaires Bailleurs de fonds
matière de lutte dossiers de corruption d’informations sont connues internationaux
Rapport des institutions
contre la auxquels ont participé
nationales et
corruption les agents impliqués
internationales de lutte
contre la corruption
dans la lutte contre la
corruption.
Les Etats sont en A la fin de la deuxième Rapport des institutions CNMP, UCREF,
Blanchiment d’argent Mise en place des étroite collaboration phase, nombre de cas nationales et CSC /CA, IGF, ULCC,
mécanismes de dans le cadre de la lutte de corruption en internationales de lutte
coopération bancaire et contre la corruption matière bancaire et contre la corruption Bailleurs de fonds
financière Collaboration avec les financière recensés
unités d’intelligence
Dynamisation des financières étrangères
relations de l’Unité pour le contrôle des
Centrlale avec les entreprises étrangères Une Meilleure A la fin de chaque
entités de la établies en Haïti ou qui coopération avec ces nombre d’accord de
communauté de la veulent s’y installer. entités est établie partenariats signés,
Caraïbe et la
communauté
Internationale évoluant
dans le secteur de la
lutte anti-blanchiment
42
2. Recouvrir les Existence de banques Blocage et récupération Les fonds détournés A la fin de la Rapport des institutions CNMP, UCREF,
avoirs issus de offshores et d’Etats non des fonds détournés du sont récupérés deuxième phase nationales et CSC /CA, IGF, ULCC,
crimes parties aux conventions Trésor public par les montant total de internationales de lutte
économiques internationales agents corrompus valeurs récupérées contre la corruption Bailleurs de fonds
initiation de procédures
de saisie et de
confiscation des avoirs
de tous ceux qui sont
condamnés ici ou
ailleurs pour des faits
relevant de la
Criminalité Organisée
et notamment pour les
faits de trafic de drogue
ou de blanchiment
d’argent.
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AXE 8 : MODE DE FONCTIONNEMENT DES PARTIS POLITIQUES
Objectif général : Améliorer le mode de fonctionnement des partis politiques
Objectifs Facteurs favorisant Actions à entreprendre Résultats attendus Indicateurs Source Institutions
spécifiques la corruption court-terme (2008- Moyen-terme (2010- Long-terme (2015- d’informations d’exécution
2010) 2015) 2018)
1. Sauvegarder la Existence d’un manque - Etablissement d’un Regroupement des Le mode de conduite CEP, Partis politique
démocratie et assurer de civisme politique régime de déontologie partis politiques suivant des hommes politiques
le bon cohérent, détaillé et leurs tendances est conforme à
fonctionnement de facile à comprendre l’éthique
A la fin de la première
l’Etat de droit phase, nombre de partis
Rapport des partis
politique
politique ayant fournies
-Etablissement de la manière de choisir
procédures de sélection Les candidats sont leurs hommes
des représentants des choisis en fonction de politiques
partis politiques aux leur implication dans le
élections développement de leur
communauté
Absence de Adoption ou d’une loi Mise en application de Le mode financement A la fin de la première CEP, Partis politique
transparence dans le faisant obligation aux la loi sur le mode de des partis politiques est phase nombre de partis Rapport CEP
financement des partis partis politiques de financement des partis connu de tous politiques ayant déclaré
politiques déclarer leurs sources politiques et justifie leur mode de
financement financement
Partis politique
Non adéquation des Etablissement de Les besoins et les A la fin de la première
programmes avec les programmes cohérents attentes des citoyens phase les programmes
attentes de la prenant en compte les sont satisfaits des partis politiques
population besoins et les attentes sont connus et compris
des citoyens par la population
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AXE 9 : PARLEMENT
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Insuffisance de contrôle Appui technique de la Création de
1. Renforcer le de l’action CSC /CA au Parlement commissions Nombre de cas de
pouvoir de gouvernementale par le pour l’analyse des permanentes au sein corruption détectés ou Rapport présenté par le
contrôle du parlement dépenses publiques des deux assemblées en dénoncés par le Parlement
charge de la lutte Parlement chaque
parlement Création et contre la corruption. année
renforcement au sein
du parlement de
commissions d'enquête Réalisation de missions Nombres d’enquêtes
sur les rapports d'information par les réalisées par les
d’exécution de budget commissions commissions
des gouvernements permanentes des deux permanentes des deux
assemblées dans les Assemblées dans les
Vote des lois anti- différents Ministères. Ministères chaque
corruption incriminant année
la corruption
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Suivi –Evaluation
Le suivi et l’évaluation du plan stratégique sera assuré par le comité de pilotage composé des représentants des différents secteurs qui sont directement impliques dans la lutte
contre la corruption en Haïti. La société civile, les représentants du gouvernement, les Medias, les ONG seront parmi les principaux partenaires dans le cadre de cette lutte. Une
base de données gérée à l’ULCC contiendra l’ensemble des statistiques relatives aux projets qui seront élaborés pour cerner les différents axes du plan stratégique.
A la fin de la première phase (2010), on reconduira l’enquête sur la perception de la corruption en Haïti de façon à voir l’évolution de la perception de la corruption en Haiti. Vers
la fin de la deuxième phase, on procédera à une évaluation systématique du Plan stratégique pour voir sa pertinence et porter les modifications nécessaires avant de lancer la
troisième et dernière phase. Pendant toute la durée de l’application du plan, des sondages seront réalisés annuellement sur des échantillons de la population dans le but de prévoir
les programmes à exécuter pour arriver aux buts fixes.
47