LEGISLATION FORESTIERE
CONGOLAISE
Victor VUNDU dia MASSAMBA
Directeur Juridique
Coordonnateur de la Cellule Juridique
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Ministère de l’Environnement, Conservation
de la Nature et Tourisme
- Septembre 2011 -
INTRODUCTION
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Le présent document est destiné à constituer un des matériels d'appui technique à la
vulgarisation du code forestier et de ses mesures d’exécution et à la sensibilisation
consécutive des parties prenantes du secteur forestier en République Démocratique
du Congo.
La production de ce document vise à parachever le processus d’élaboration des
textes concernés, étant entendu qu’au regard de l’une des exigences de la bonne
gouvernance environnementale, l’administration ne doit plus se contenter de leur
seule publication au journal officielle. En effet, la bonne gouvernance en matière des
ressources naturelles, particulièrement celle des forêts, fait obligation au pouvoir
public forestier d’impliquer l’ensemble des autres parties prenantes en vue d’une
gestion participative.
Ce pouvoir public doit, en effet, accepter l’évidence de l’inapplicabilité de la
présomption classique qui veut que « nul ne soit sensé ignorer la loi ». Il doit
s’assurer que tous les autres opérateurs forestiers, surtout les communautés locales
riveraines des forêts, connaissent la législation forestière et soient en mesure de
contribuer correctement à son application. D’où la nécessité de la vulgarisation de
cette législation auprès des parties prenantes concernées.
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1. NOTIONS PRELIMINAIRES
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
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1) Législation forestière
Le concept « législation » s’entend comme l’ensemble des règles législatives et
réglementaires, y compris certaines mesures administratives, qui régissent un
domaine donné. Ainsi la « législation forestière » de la République Démocratique du
Congo est constituée non seulement de dispositions de la loi n° 011/2002 du 29 août
2002 portant code forestier mais aussi de toutes les mesures réglementaires prises
en vue d’en assurer l’exécution.
1.1) Code forestier
Structure
Le code forestier se compose de dix titres portant respectivement sur : (1) les
dispositions générales, (2) le statut des forêts, (3) les droits d’usage forestier, (4) la
protection des forêts, (5) l’inventaire, l’aménagement et la reconstitution des forêts,
(6) la concession forestière, (7) l’exploitation forestière, (8) la fiscalité forestière, (9)
les dispositions pénales et (10) les dispositions transitoires et finales.
Principal objectif
Selon ses propres dispositions (articles 2 et 3), le code forestier constitue un
ensemble des règles qui :
définissent le régime applicable à la conservation, à l’exploitation et à la mise
en valeur des ressources forestières sur l’ensemble du territoire national ;
visent la promotion d’une gestion rationnelle et durable des ressources
forestières de nature à accroître leur contribution au développement
économique, social et culturel des générations présentes, tout en préservant
les écosystèmes forestiers et la biodiversité forestière au profit des
générations futures ;
régissent le statut, l’aménagement, la conservation, l’exploitation, la
surveillance et la police des forets et des terres forestières ;
fixent les règles juridiques applicables à la sylviculture, à la recherche
forestière, à la transformation et au commerce des produits forestiers ;
contribuent à la valorisation de la biodiversité, à la protection de l’habitat
naturel de la faune sauvage et au tourisme.
L’objectif fondamental du code, autour duquel s’articulent ses principales
dispositions, est d’assurer la gestion durable des ressources forestières, c’est-à-dire
-> une gestion permettant d’assurer le maintien notamment de la diversité
biologique des ressources forestières, leur productivité, leur faculté de
régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire de manière pérenne, les
fonctions économiques, écologiques et sociales pertinentes, sans causer de
préjudices à d’autres écosystèmes.(1)
1.2) Textes réglementaires
1
Code forestier de la République Gabonaise : art. 117.
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De plus ou moins 40 mesures d’exécution identifiées au lendemain de la
promulgation du code forestier, le Ministère de l’ECN-T en a élaborés et publiées une
bonne trentaine (Annexes).
2) Forêt et produits forestiers
2.1) Forêt
Selon l’article 1er, point 1, du code forestier, la forêt est :
a. tout terrain recouvert d’une formation végétale à base d’arbres ou
d’arbustes aptes à fournir des produits forestiers, abriter la faune sauvage
et exercer un effet direct ou indirect sur le sol, le climat ou le régime des
eaux.
b. les terrains qui, supportant précédemment un couvert végétal arboré ou
arbustif, ont été coupés à blanc ou incendiés et font l’objet d’opérations de
régénération naturelle ou de reboisement.
Par extension est également forêt, une terre réservée pour être recouverte
d’essences ligneuses soit pour la production du bois, soit pour la régénération
forestière, soit pour la protection du sol.
2.2) Produits forestiers
Le point 2 de l’article précité distingue deux types de produits forestiers :
Produits forestiers ligneux :
- les matières ligneuses provenant de l’exploitation des forêts comme les arbres
abattus, les grumes, les houppiers, les branches, les bois de chauffage, les
rondins, les perches, les bois de mine ;
- les produits de transformation de l’industrie primaire comme le charbon de
bois, les copeaux, les bois à pâtes, les sciages, les placages.
Produits forestiers non ligneux :
Tous les autres produits forestiers, tels que les rotins, les écorces, les racines, les
rameaux, les feuilles, les fruits, les semences, les résines, les gommes, les latex,
les plantes médicinales. Sont aussi considérés comme tels, bien que le code ne le
précise pas, tous les êtres vivants autres l’homme hébergés par la forêt : animaux
sauvages, miel, etc.
3) Rôle de la forêt
L’importance des forêts réside dans le rôle, c’est-à-dire dans les fonctions que celles-
ci exercent dans l’existence et la survie de l’humanité toute entière. Ces multiples
fonctions peuvent être schématiquement décrites comme suit.
3.1) Fonction écologique
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
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Grâce à la diversité biologique qu’elles hébergent les forêts exercent des fonctions
dites écologiques dont notamment :
la constitution d’un milieu de vie pour l’homme et l’ensemble des espèces
animales et végétales ;
la formation d’un réservoir d’informations génétiques (boite noire) ;
la production de la biomasse, des combustibles et produits miniers, sans
oublier la fourniture des bois, principale source d’énergie domestique : bois de
feu et charbon de bois ;
la régulation et la stabilisation de la biosphère, jouant ainsi un rôle primordial
dans le cadre des changements climatiques.
3.2) Fonctions socio-économiques
Les forêts jouent un rôle socio-économique en fournissant la matière ligneuse et
plusieurs autres produits forestiers non ligneux (PFNL).
- La matière ligneuse (bois) constitue la matière première de l’industrie du bois,
laquelle contribue substantiellement au développement socio-économique du pays :
création d’emplois, rémunérations, impôts et taxes. De même, la forêt fournit des
bois de feu et constitue la principale source d’énergie domestique, sans perdre de
vue de nombreux impacts socio- économiques sur les populations riveraines des
forêts.
- Par le truchement de leurs produits non ligneux les forêts constituent une
importance source pour la subsistance des populations en générale et des
communautés qui lui sont riveraines : alimentation, agriculture, fruits et produits,
plantés médicinales, gibier, etc.
Les PFNL sont même l’objet d’un vaste réseau commercial entre les milieux
forestiers et les centres urbains. C’est notamment le cas de :
« gnetum » (mfumbwa) dont la commercialisation favorise le développement
d’un intense trafic entre du Cameroun et le Nigeria ;
chenilles et larves dont de grandes quantités provenant principalement des
provinces de Bandundu, Bas-Congo, Equateur et de deux Kasaïs sont, en
raison de leur valeur nutritive (protéines, acides aminés, vitamines, sels
minéraux, etc.)…. consommées par environ 70 % des kinois (plus de 4
millions). (2)
3.3) Fonction socio- culturelle
Les forêts contribuent indéniablement à la formation de l’identité culturelle, à son
développement et sa conservation. Les populations vivant dans des espaces à
prédominance forestière présentent un mode de vie et une identité culturelle
2
() Monzambe Mapunzu : « Contribution de l’exploitation des chenilles et autres larves comestibles dans la
lutte contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté en RDC » in CONTRIBUTION DES INSECTES DE LA FORET A LA
SECURITE ALIMENTAIRE EN AFRIQUE CENTRALE, Programme des PFNL n° 1, FAO, 2004.
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différents de ceux des populations de savane ou de steppe. Que dire en effet de
l’établissement des forêts sacrées, de la pratique des initiations traditionnelles et des
coutumes magico-relieuses, sinon qu’elles sont spécifiques et déterminantes quant à
l’identité culturelle des peuples concernés ? La destruction ou la disparition des
forêts risquent d’aboutir à des bouleversements culturels pour des peuples qui y
vivent. (3)
3.4) Fonction spécifique des forêts du Bassin du Congo
Les forêts du Bassin du Congo, dont environ 60% se trouvent sur le territoire de la
République Démocratique du Congo, constituent la plus grande forêt dense humide
en continu du monde (environ 1,9 million de km 2, soit presque 50% du territoire de
l’Afrique Centrale) et constituent donc l’un des plus grands bassins de production et
d’élimination du gaz carbonique, le gaz le plus important associé aux chargements
climatiques du globe (60%).
Les forêts congolaises constituent le 2 éme plus grand puits d’absorption des gaz à
effet de serre au monde : gaz carbonique, méthane, halo carbure, protoxyde d’azote,
etc. …. Ces gaz sont responsables de la destruction de la couche d’ozone. Ils sont
dans l’atmosphère et ont la propriété d’absorber les rayons solaires et de les
émettre, ce qui conduit à une température moyenne plus élevée.
4) Parties prenantes du secteur forestier
Une partie prenante est toute personne ou entité ayant un intérêt dans une affaire ou
une entreprise. Une partie prenante du secteur forestier est cette personne ou entité
intéressée à la bonne gestion des forêts et devant donc y être impliquée. L’analyse
des dispositions du code forestier permet de circonscrire quatre grandes parties
prenantes : le pouvoir public forestier, le secteur privé forestier, la société civile et les
partenaires au développement.
4.1) Pouvoir public forestier
Le pouvoir public forestier est formé notamment de l’autorité ministérielle ayant en
charge le secteur forestier et de l’ensemble des structures formant l’administration
forestière.
a) Le ministre en charge des forêts est, en tant que membre du gouvernement, le
premier responsable de la conduite du secteur forestier. Le code lui confie, à travers
certaines de ses dispositions, notamment celles des articles 4 à 6 et 27, la
responsabilité d’élaborer la politique forestière nationale et de pourvoir
l’administration forestière de tous les moyens et instruments adéquats pour
permettre à celle-ci d’assurer efficacement l’application de la législation forestière.
Ce dispositif est renforcé par l’article 93 de la constitution.
3
() 4ème Conférence de la CEFDHAC : « Concilier la gestion des écosystèmes forestières d’Afrique Centrale et la lutte contre la pauvreté »,
Kinshasa, 10 – 13 juillet 2002
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b) L’administration forestière, faite de plusieurs structures et services, est chargée
de l’application de la législation forestière. A ce titre, elle à la responsabilité d’assurer
la gestion, la conservation et la surveillance des forêts, y compris celle de la police.
4.2) Secteur privé forestier
Le secteur privé est formé des exploitants forestiers industriels, tels SIFORCO,
SODEFOR,…. et de ceux artisanaux. Leurs droits et obligations résultent du code
forestier et de ses mesures d’exécution (Cfr. Détails aux points suivants du
document). Mais dans l’essentiel, il s’agit du droit d’accès à la ressource forestière
en contrepartie de l’obligation d’une gestion durable de celle-ci, sans oublier
l’exigence de contribuer au développement socio-économique du pays.
4.3) Société civile
La société civile comprend non seulement la population congolaise en général mais
aussi et surtout les communautés locales riveraines des forêts, les associations
paysannes et les organisations non gouvernementales opérant dans le secteur
forestier. Les dispositions du code se rapportant particulièrement à la société civile
sont les articles 15 et 16, 32 et 134, 36 à 44, 22 et 111 à 113, etc.
4.4) Partenaires au développement
Les partenaires au développement sont les bailleurs bi et multilatéraux, les agences
du système des Nations Unies ainsi des organisations non gouvernementales
internationales.
Exemples : la Banque Mondiale, GTZ, FAO, WWF (Fonds Mondiale pour la Nature),
UICN (Union Internationale pour la Nature), la Belgique, les USA, etc.
4.5) Populations riveraines
La population riveraine d’une forêt est toute celle qui habite à l’intérieur ou le long
d’une forêt, possède un bien immeuble s’y trouvant ou y exerce un droit d’usage forestier.
(4)
------ 000 --------
2. STATUT DES FORETS
4
() G. KALAMBAYI et V.V. dia MASSAMBA : Code forestier commenté et annoté, MECN-T/CARPE, Kinshasa,
2009.
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
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2.1. Cadre juridique des forêts
S’inspirant de la loi foncière n°73-021 du 20 juillet 1973, le code forestier dispose à
l’article 7 que les forêts constituent la propriété de l’Etat. (5) L’origine de cette
disposition remonte à la Constitution de 1967 proclamant que le sol et le sous-sol
ainsi que leurs produits naturels appartiennent à l’Etat.
En réalité il s’agit ici d’une fiction juridique dans la mesure où l’Etat n’exerce pas les
attributs liés à ce droit de propriété comme le ferait une personne physique ou
morale de droit privé. Il exerce plutôt un « imperium »nécessaire à la bonne
gouvernance de la ressource forestière et c’est cette réalité qui est traduite par la
constitution de la 3ème République qui dispose que « l’Etat exerce une souveraineté
permanente sur le sol, le sous-sol, les eaux et les forêts,… ». (6)
A coté de ce principe de l’appropriation étatique des forêts, le code prévoit deux
exceptions, à savoir ;
le droit de propriété reconnue au concessionnaire foncier sur des forêts
naturelles ou artificielles comprises dans sa concession ;
le droit de propriété revenant collectivement au village sur les arbres situés
dans un village ou son environnement immédiat ou encore celui reconnu à un
individu sur les arbres situés dans son champ.
N.B. Le droit de propriété est différent de celui de la possession reconnue par la
coutume aux communautés locales.
2.2. Catégorisation des forêts
Le domaine forestier de la RDC est divisé en deux grandes catégories: les forêts classées et
celles protégées (articles 10 à 23 du code forestier).
2.2.1. Forêts classées (articles 10 à 19).
Les forêts classées font partie du domaine public de l’Etat. Il s’agit des forêts qui sont, en
vertu d’un acte de classement (généralement un arrêté ministériel) ( 7) soumises à un régime
juridique de restriction quant aux droits d’usage et à ceux d’exploitation. Elles sont
généralement affectées à des objectifs particuliers, notamment ceux d’ordre
écologique : protection de l’environnement humain, conservation de la nature,
protection des sols contre les érosions, réserves de la biosphère, réserves de faune
et domaines de chasse, espaces de reconstitution du capital forestier, etc.
Le classement s’opère par un arrêté du ministre en charge des forêts, suivant la
procédure prévue par un décret et après avis du conseil consultatif provincial des
5
() Article 53
6
() Article 9
7
( ) Les forêts comprises dans les réserves intégrales, parc nationaux et secteurs sauvegardés sont classées
consécutivement aux ordonnances créant lesdites aires.
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congolaise Page 8
forêts, lequel avis doit être fondé sur la consultation préalable de la population
riveraine de la forêt concernée.
Concernant les forêts classées et en application des articles 15 et 17 à18 du code,
deux textes réglementaires ont été pris et publiés. Ce sont :
a) le décret n° 08/08 du 08 avril 2008 fixant la procédure de classement et de déclassement des
dont les dispositions prévoient une enquête publique visant la consultation du
forêts,
public, c.à.d. l’ensemble des parties prenantes concernées, l’information des
populations touchées, l’identification de la forêt et de ses limites, toutes ces
opérations étant assorties d’une publicité adéquate.
b) l’arrêté ministériel n°038/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/2008 du 22 août 2008 fixant les modalités
d’élaboration, d’approbation et de mise en œuvre du plan d’aménagement d’une forêt classée.
2.2.2. Forêts protégées (articles 20 à 23)
Elles font partie du domaine privé de l’Etat. Elles peuvent faire l’objet de concession au profit
d’exploitants forestiers et moyennant un contrat de 25 ans renouvelable.
Une communauté locale peut aussi obtenir une forêt dans le domaine forestier, à condition
que la forêt demandée fasse partie de celles qu’elle possède coutumièrement.
Lorsqu’une partie des forêts protégées est attribuée en concessions forestières elle devient
une forêt de production permanente. Avant son attribution elle fait l’objet d’une enquête
publique à l’issue de laquelle elle est rendue quitte et libre de tous droits. Les forêts de
production permanente sont donc extraites de forêts protégées pour être soumises à un
régime spécifique, mais demeurent dans cette catégorie.
Pour assurer l’exécution de l’article 23 du code forestier, l’autorité compétente a pris un texte
approprié. C’est l’arrêté ministériel n°024/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/2008 du 07 août 2008 fixant d’enquête
préalable à l’octroi des concessions forestières.
3. CADRE INSTITUTIONNEL DES FORETS
Le cadre institutionnel des forêts est constitué par une série des services du
Ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme regroupés
sous le vocable de « administration forestière ».
On dit que le code forestier a introduit une innovation sur le plan institutionnel parce
qu’il a prévu la création de nouveaux services et de nouvelles institutions. Il en est
ainsi des services et structures suivantes :
a) Cadastre forestier au niveau tant national que provincial (articles 28), dont la
création vise la sécurisation de la gestion forestière à travers la conservation
des contrats de concession forestière, des actes de classement et de
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 9
déclassement des forêts, des actes d’attribution des forêts de communautés
locales, etc. Cette création souligne davantage le caractère particulier du
régime forestier par rapport au régime foncier. (8)
Conformément aux dispositions de l’article 23, il a été pris l’arrêté ministériel n°033/CAB/MIN/ECN-
EF du 05 octobre 2006 fixant les modalités d’organisation et de fonctionnement du cadastre forestier .
Mais celui-ci a été abrogé à la suite de la revue institutionnelle opérée au Ministère de l’ECN-
T. Aujourd’hui cette structure est devenue une simple Division au sein de la Direction de
Gestion Forestière (DGF).
b) Conseils consultatifs national et provinciaux des forêts : selon les
articles 29 à 31 du code forestier, ces conseils donnent des avis en matière de
planification et de coordination forestière, de réglementation relative aux forêts
et de classement et déclassement des forêts. Ils sont aussi une innovation
institutionnelle du code et concrétisent la politique de gestion concertée au
niveau central et provincial. Cette innovation est surtout remarquable au
niveau provincial où ce conseil est appelé à jouer un rôle déterminant dans la
procédure de classement et de déclassement des forêts. Les textes
d’application du code sur ce point sont notamment :
- décret n° 08/03 du 21 janvier 2008 portant composition, organisation et fonctionnement du Conseil
Consultatif National des forêts et
- de l’arrêté ministériel n° O34/CAB/MIN/ECN-EF/2006 du 05 octobre portant composition, organisation et
fonctionnement des conseils consultatifs provinciaux des forêts pris en exécution des dispositions
susévoquées.
c) Publication de la liste des associations et Ong dument agrées et opérant
dans le secteur forestier (article 32). En prévoyant cette disposition le code
tente de remédier aux insuffisance de l’administrations publique forestière et
tient compte de la pression de certains partenaires de la communauté
internationale qui exigent la participation d’organisations de la société civile
congolaise à la formulation des stratégies de l’Etat en vue notamment de
garantir la bonne gouvernance forestière.
Le Ministre chargé des forêts doit donc tenir compte de ces organisations et même
de les impliquer dans la gestion des forêts. Celles-ci deviennent, à la suite de
l’opération d’enregistrement découlant de l’article 32, des auxiliaires attitrés de
l’Administration forestière, notamment dans la formulation de la politique et des
stratégies de gestion forestière. C’est dans ce sens qu’il convient de considérer
l’arrêté ministériel n° 010/CAB/MIN/ECN-T/O15/JEB/11 du 07 février 2011 relatif à
l’enregistrement des organisations non gouvernementales et associations
environnementales et à leur partenariat avec le Ministère en charge de
l’environnement.
8
() G. KALAMBAYI et V.V. dia MASSAMBA : Code forestier commenté et annoté, MECN-T /
USAID-CARPE, Kinshasa, 2009
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
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4. PROTECTION DES FORETS
Cette protection est prévue par les dispositions des articles 45 à 64 du code forestier.
En effet, tenant dument compte de l’importance des forêts et face aux pratiques
irresponsables de nos populations, le législateur congolais a édicté des règles
rigoureuses pour en assurer la protection.
4.1. Protection générale
Celle-ci résulte des dispositions d’ordre général et consiste en une série
d’interdictions telles que :
exploitation illicite, surexploitation, surpâturage, incendies et brulis (art. 45) ;
Introduction dans le domaine forestier des matériels qui sont étranger, sauf
autorisation de l’autorité forestière compétente (art. 46) ;
émondage et l’ébranchage des arbres dans les forêts classées (art.47)
déboisement de part et d’autre des cours d’eau et dans un rayon de 100 m
autour de leurs sources ;
abattage, arrachage et mutilation des essences forestières protégées, y
compris le déplacement, le brisement ou l’enlèvement des bornes limitant les
forêts (art.50) (9).
Enfin le code va même jusqu’à soustraire des essences forestières dans la
concession forestière, c’est-à-dire dans une forêt attribuée à un exploitant industriel.
4.2. Déboisement (art. 52 – 54)
Les forêts sont protégées contre le déboisement. Celui-ci est une opération anormale
et contraire à la politique de la gestion de la forêt, car elle consiste à provoquer
délibérément la disparition celle-ci et s’inscrit dans le cadre des activités n’ayant
aucun rapport avec la gestion forestière.
C’est pour cette raison que le code, après avoir prescrit la compensation du
déboisement par un reboisement équivalent en qualité et en superficie au couvet
initial, soumet le déboiseur à l’obtention préalable d’une autorisation : un permis de
déboisement. Mais, sur le plan pratique et technique, il ne semble pas possible de
reconstituer dans son intégralité une forêt ayant fait l’objet de déboisement. C’est
certainement pour cette raison que l’article 52 parle de compensation par la
réalisation d’un reboisement équivalent, en qualité et en superficie, au couvert
forestier initial. Notons que l’équivalence en qualité est déterminée au regard des
essences déboisées, d’une part, et de celles à planter, d’autre part.
9
() G. KALAMBAYI et V.V. dia MASSAMBA : idem que ci-dessus.
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
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Sur le plan de l’exécution, il y a l’arrêté ministériel n° 025/CAB/MI/ECN-T/15/JEB/200
du 07 août 2008 portant réglementation du permis de déboisement.
4.3. Feux de forêts et de brousse (art. 55 à 64)
A travers ces dispositions il y a lieu de noter que le code :
- oblige l’administration à prendre des mesures appropriées dans le cadre
d’une stratégie de lutte contre la pratique des feux de forêts et de brousse,
car les populations paysannes ignorent les graves conséquences des feux
sur l’environnement, en général, et les forêts, en particulier, et recourent
régulièrement et de manière séculaire à la pratique des feux pour cultiver et
pour chasser.
- pour prévenir et combattre ces feux, précise en tout cas les principales
mesures à prendre, à savoir : la création des brigades anti-incendie, la
sensibilisation, la formation et l’encadrement des populations locales et la
création des postes d’observation.
Par ailleurs, il faut déplorer la fréquence des incendies criminels commis notamment
par des voyageurs le long des routes et des chemins. Les articles 57, 58, 59 et 60
interviennent bien à propos, lorsqu’ils interdisent certains actes et comportements
commis ou adoptés dans la brousse et dans les forêts. En effet, les feux et les
incendies causent un véritable préjudice à l’Etat et à la communauté nationale :
pollution de l’environnement et dégradation de la forêt et des ressources naturelles.
Voilà pourquoi il est interdit de provoquer dans la forêt ou dans la brousse un feu
susceptible de créer un incendie et celui qui le provoque doit répondre des
dommages résultant de son fait, conformément à l’article 258 du code civil congolais
disposant : « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage,
oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ».
5. MODES D’ACCES AUX RESSOURCES FORESTIERES
Il est question ici d’identifier les dispositions du code qui sous-tendent au profit des
particuliers le droit d’accès à la ressource forestière. A ce propos, le code prévoit au
préalable, par son article 7, alinéa 2, une obligation générale: les particuliers ne
peuvent utiliser ou exploiter les forêts que conformément à ses propres dispositions
et à celles de ses mesures d’exécutions.
5.1. Populations riveraines des forêts
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 12
En général toute la population congolaise a le droit d’accéder à la ressource
forestière. C’est en tout cas ce qui résulte de l’article 41 du code forestier qui dispose
que tout Congolais peut exercer des droits d’usage sur l’ensemble du domaine
forestier protégé, à condition de se conformer au code forestier et ses mesures
d’exécution.
5.2. Communautés locales riveraines des forêts
Au profit des communautés locales riveraines des forêts le code garantie le droit
d’accès à la ressource forestière à travers deux types de dispositions qui sont :
1. les articles 36 à 44 qui traitent des droits d’usage forestiers ;
2. les articles 22 et 111 à 113 qui prévoient la forêt de communauté locale ainsi
que quelques principes relatifs à son régime de gestion. (10)
Pour assurer l’application de ces dispositions, le Ministère entreprend l’élaboration
d’un projet de (i) décret relatif aux modalités d’attribution des forêts aux
communautés locales et (ii) d’arrêté ministériel fixant les règles de gestion desdites
forêts.
Mais pour rationaliser l’exercice des droits d’usage forestier des populations et
communautés locales riveraines des forêts concernées, notamment au regard de la
nécessité d’assurer la sauvegarde des produits exploitées par elles, il a été pris
l’arrêté ministériel n° 043/CAB/MI/ECN-T/15/JEB/200 du 07 août 2008 portant
réglementation de la récolte de certains produits forestiers.
5.3. Exploitants industriels
Les exploitants forestiers industriels obtiennent le droit d’accès à la ressource
forestière par l’acquisition des concessions forestières et le permis de coupe de bois.
5.3.1. Concession forestière
Selon l’article 94, alinéa 1er, la concession forestière est le droit accordé à
l’exploitant bénéficiaire de prélever en exclusivité, dans la zone concédée, tous les
bois exploitables en vue de leur transformation ou leur exportation.
La concession forestière constitue l’une des innovations du code forestier et se
démarque de la concession foncière déjà consacrée par la loi. La concession
forestière est désormais un droit réel immobilier distinct de tous les autres droits
portés par la concession foncière (art.87 à 90).
5.3.2. Attribution de la concession forestière
10
Voir d’autres éléments au chapitre 6.
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 13
Selon les articles 82 à 87 du code forestier, tout exploitant forestier, personne
physique ou morale domiciliée en RDC et présentant des garanties techniques et
financières suffisantes peut acquérir une concession. L’attribution d’une concession
s’opère généralement par voie d’adjudication et exceptionnellement par gré à gré.
Ici on peut citer comme textes réglementaires d’application :
1. Ordonnance n°05/116 du 24 octobre 2005 fixant les modalités de conversion des
anciens titres forestiers en contrats de concession forestière et portant extension du
moratoire en matière d’octroi des titres d’exploitation forestière;
2. Ordonnance n°O6141 du 10 novembre 2006 portant nomination des membres de la
Commission interministérielle de conversion des titres forestiers;
3. Décret n°08/2 du 21 janvier 2008 modifiant l’ordonnance n° O5/116 précitée; Décret
n° 08/09 du 08 avril 2008 fixant la procédure d’attribution des concessions
forestières;
4. Arrêté ministériel n°021/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/2008 portant normes relatives aux
installations à implanter dans les concessions forestières;
5. Arrêté ministériel n°022/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/2008 du O7 août 2008 fixant la
procédure d’autorisation de cession, de location, échange ou donation d’une
concession forestière;
6. Arrêté ministériel n°035/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/2008 du 22 août 2008 portant
mesures relatives à l’estimation des prix des forêts à concéder;
7. Arrêté ministériel n°037/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/2008 du 22 août 2008 fixant les
critères de sélection des soumissionnaires des concessions forestières.
5.3.3. Contrat de concession forestière
La concession forestière est constatée par un contrat dénommé « contrat forestier »
et conclu entre le Ministre en charge des forêts, agissant en tant qu’autorité
concédante, et le concessionnaire ayant acquis la forêt à la suite de la procédure
précisée ci-avant.
Ce contrat comporte 2 parties : le contrat proprement dit et un cahier des charges
comprenant, à son tour, des clauses générales et des clauses particulières dont
celles relatives à la réalisation des infrastructures socio-économiques au profits des
communautés locales riveraines de la concession forestière.
Le texte d’application est l’arrêté ministériel n°028/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/2008 du
O7 août 2008 fixant les modèles de contrat de concession forestière et de cahier des
charges y afférent.
5.3.3. Superficie à concéder
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 14
Certes, conformément à l’article 92 du code, le Ministre en charge des forêts est la
seule autorité compétente pour signer le contrat de concession forestière, mais
l’entrée en vigueur de ce dernier est différente selon que la superficie à concéder est
égale ou inférieure à 300.000 ha ou que celle-ci est supérieure à ce plafond.
Lorsque la superficie de la forêt à concéder est inférieure ou égale à
300.000, le contrat y relatif peut entrer en vigueur dès la date de sa
signature ;
Lorsque cette superficie est comprise entre 300.000 et 400.000 ha, le contrat
n’entre en vigueur qu’après son approbation par l’Assemblée nationale à
travers une loi ;
Pour une superficie supérieure à 400.000 ha, il faut l’approbation préalable
du Président de la République.
Dans tous le cas, sauf droits acquis, il ne peut être concédé à un même
concessionnaire, en un seul ou plusieurs tenants, des forêts dont la superficie totale
dépasse la plafond de 500.000 ha.
5.3.4. Permis de coupe de bois
Bien que disposant d’une concession forestière, le concessionnaire ne peut
l’exploiter effectivement que moyennant l’obtention d’un permis de coupe dit
industriel. Les principaux textes relatifs aux permis de coupe sont les suivants:
1) arrêté ministériel n°035/CAB/MIN/ECN-EF/2006 relatif à l’exploitation
forestière et
2) arrêté ministériel n°105/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/09 du 17 juin 2009
complétant l’arrêté n° 035/CAB/MIN/CN-EF/2006 relatif à l’exploitation
forestière.
5.4. Exploitants artisanaux
Les exploitants forestiers artisanaux accèdent à la ressource forestière en vertu des
articles 112 et 113 du code forestier qui prescrivent, d’une part, leur agrément
préalable à l’exercice de toute activité d’exploitation et leur accordent, d’autre part, la
latitude d’opérer dans les forêts des communautés locales. Mais, à la lecture de cet
article, on est tenté de penser que les forêts de communautés locales sont les seuls
espaces forestiers ouverts à l’exploitation artisanale. Ceci s’explique en raison du fait
que le code forestier ne contient aucune disposition se rapportant spécifiquement à
ce type d’exploitation.
Cette situation suscite une polémique parmi les experts et les observateurs de la
législation forestière congolaise :
- Pour certains, il s’agit d’une lacune déplorable de la loi, une lacune qui porte
préjudice à une catégorie d’exploitants forestiers dont l’importance dans
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 15
l’économie du pays n’est pas à démontrer. Le code aurait dû prévoir un cadre
spécifique pour les petites et moyennes entreprises forestières et/ou les
exploitants forestiers artisanaux.
- Pour d’autres, par contre, l’attitude du législateur sur ce point paraît réaliste.
En effet, n’ayant pas la maîtrise nécessaire sur le contour de cette catégorie
d’exploitants forestiers, tant en ce qui concerne son statut que son évolution,
le législateur du code forestier a estimé qu’il était indiqué de laisser à
l’Exécutif, mieux avisés sur des problèmes et des maux du secteur, la charge
de doter ce dernier d’une organisation appropriée, notamment au regard de
son état actuel.
6. CODE FORESTIER ET COMMUNAUTES LOCALES
6.1. Promotion du développement socio-économique communautaire
Le code forestier a réalisé des progrès remarquables au profit des communautés
locales en ce qui concerne leurs droits forestiers et la promotion de leur
développement sur base de l’effectivité de l’exercice de leurs droits.
La loi foncière (n°73-021 du 20 juillet 1973), qui régit l’ensemble des droits fonciers
(droits forestiers compris), prévoit notamment que :
- toutes les terres coutumières, c’est-à-dire les terres occupées par les
communautés locales, deviennent des terres domaniales, des terres
faisant partie de la propriété domaniale de l’Etat (art 387) ;
- les terres occupées par les communautés locales sont celles qu’elles
habitent, cultivent ou exploitent d’une manière quelconque -
individuelle ou collective- conformément aux coutumes et usages
locaux (art 388) ;
- les droits de jouissance régulièrement acquis sur ces terres seront
réglés par une ordonnance du Président de la République (art.389).
Face à cette dernière disposition (art.389), des juristes avisés dans le domaine du
droit foncier affirment que tant que l’ordonnance précitée n’est pas prise, les
communautés locales continuent à jouir de la plénitude de leurs droits comme par le
passé (11).
Mais dans la pratique on a déploré beaucoup de cas de violation flagrante des droits
des communautés locales, notamment lors de l’octroi des garanties
11
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 16
d’approvisionnement en matière ligneuse : des forêts entières ont été allouées à des
exploitants industriels sans aucune considération des droits des communautés
locales riveraines concernées. La non prise de l’ordonnance précitée, depuis 1973,
favorise l’insécurité juridique des communautés locales quant à l’exercice des droits
forestiers leur reconnus par la loi.
Le code forestier vise à mettre fin à cette insécurité juridique et fait de la
communauté locale un co-gestionnaire des forêts, à travers plusieurs de ses
dispositions dont, notamment :
- l’article 1er, point 17, qui définit avec précision la communauté locale en tant
qu’entité juridique, titulaire de droits et d’obligations en matière de gestion
forestière, puisqu’elle peut demander et acquérir une forêt et l’exploiter pour
son compte.
- les articles 5, 6, 10, 15, 78,79 et 84 qui prévoient l’implication des
communautés locales à la gestion des forêts à travers respectivement des
opérations de concertation et de consultation préalables aux actes de
classement et de déclassement des forêts et enfin leur participation
obligatoire aux opérations de reconstitution du capital forestier.
- L’article 9 qui consacre le droit de propriété des communautés locales sur les
arbres (forêts) situés dans un village ou son environnement immédiat.
- Le titre III dont les dispositions circonscrivent avec précision et protègent les
droits d’usage forestiers reconnus aux populations riveraines des forêts.
- Les articles 22 et 111 à 113, qui créent les forêts des communautés locales
dans lesquelles les communautés qui en sont titulaires exercent de manière
exclusive des droits forestiers et même fonciers.
- Les articles 88 et 89 qui instituent un cahier de charges annexé au contrat de
concession forestière et qui contient une clause tenant exclusivement à la
réalisation d’infrastructures socio-économiques au profit des communautés
locales.
- L’article 122, alinéa 2, qui prescrit la rétrocession d’une partie des recettes de
la redevance de superficie forestière aux entités territoriales décentralisées de
provenance de produits forestier, dont certaines sont des communautés
locales, et surtout l’affectation du produit de cette rétrocession à la réalisation
des infrastructures de base d’intérêt communautaire.
6.2. Responsabilités des communautés locales face au code forestier
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 17
Au regard du code forestier les communautés locales sont une partie prenante à la gestion
forestière. Elles ont donc, pour plusieurs raisons, un intérêt vital à voir les forets être gérées
durablement :
1° les populations des communautés locales, sinon toutes les populations congolaises,
sont totalement tributaires de forêts dont elles tirent des ressources indispensables à leur
subsistance ;
2° les mêmes populations, particulièrement celles des milieux ruraux, sont parmi les
plus pauvres du monde et seules les ressources forestières sont à leur portée pour pouvoir
leur servir de facteur de lutte et de réduction de cette pauvreté ;
3° comme conséquence de ce qui précède, les populations rurales exercent sur les
forets des pressions tellement fortes au point de provoquer la dégradation des ressources
forestières, voire la disparition des forêts elles-mêmes et des changements climatiques
notables.
Il s’avère donc indispensable que les communautés locales jouent pleinement et
correctement leur rôle de partie prenante, en acceptant la gestion participative des forets
prévue par le code et en assumant les responsabilités qui en découlent.
Ces responsabilités peuvent, à la lecture du code forestier, être précisées comme suit :
Article 7 : Les communautés locales doivent s’efforcer de comprendre le fondement de
cette disposition. Il est vraiment indispensable que la propriété des forets soit légalement
dévolue à l’Etat qui détient « l’imperium » et donc des dispositifs indispensables de
contrainte pour pouvoir imposer la gestion durable des ressources forestières, laquelle
relève de l’intérêt général.
Article 9 : Par cet article le code accorde un avantage de taille aux communautés locales
en leur reconnaissant un droit de propriété sur des forêts situées dans leur village et dans le
périmètre immédiat de celui-ci et même dans des champs. Il s’agit donc d’un droit qu’elles
sont tenues d’exercer pour contribuer à une bonne mise en œuvre du code forestier sur ce
point. En notre qualité d’animateur de la foresterie communautaire, nous pouvons même
renchérir pour dire que cette disposition constitue l’un des éléments légaux de la foresterie
communautaire, car elle donne à la population d’une communauté locale le droit de disposer
des forêts situées dans leur village, dans l’environnement immédiat de celui-ci ou dans un
champ.
Articles 15, 16, 23 et 84 : Ces articles consacrent l’obligation mise à charge de
l’administration forestière de procéder à la consultation des populations et des communautés
locales en vue d’identifier leurs droits fonciers et forestiers et de veiller à leur indemnisation
conséquente.
Les communautés locales devraient exiger que telles opérations de consultation et de
concertation soient effectivement réalisées, notamment lorsque des forêts possédées
coutumièrement par elles sont mises en procédure de classement ou d’attribution à des tiers.
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 18
Article 22 : Toute communauté locale a le droit de solliciter auprès de l’autorité compétente
l’acquisition d’une portion de foret, lorsque celle-ci est disponible pour offrir à ses populations
l’opportunité de gérer durablement la forêt et pouvoir en tirer les multiples bénéfices qui en
découlent. De plus il s’agit bien d’une perspective garantissant une promotion sociale
et un développement autocentré de la communauté.
Articles 36 à 44 et 106 : Les populations des communautés locales doivent être
amenées à comprendre et à circonscrire tous les droits d’usage que leur confère le
code forestier pour pouvoir correctement s’approprier leur et leur exercice.
Articles 53 et 54 : Il s’agit de veiller au respect du seuil de l’espace forestier
susceptible d’être déboisé, sans autorisation préalable de l’Administration,
notamment pour la pratique des activités agricoles. Lorsque l’espace à déboiser à
une superficie supérieure à 2 hectares, la communauté locale doit obliger son ou ses
membres concernés à solliciter un permis de déboisement, conformément aux
dispositions de ces articles.
Articles 55 à 64 : Face à ces dispositions les communautés locales, surtout les
acteurs de la foresterie communautaire sont tenus de sensibiliser leurs membres
quant aux méfaits des feux de forêts et de brousse sur les écosystèmes forestiers et
les ressources forestières. Elles ont le devoir de maîtriser toutes les méthodes de
luttes contre ces feux, en particulier la coupe-feu et les feux hâtifs d’apprendre à ne
pratiquer la culture sur brulis que dans les cas de stricte nécessité.
Article 71 : Cet article impose l’utilisation d’un plan d’aménagement pour toute
activité de gestion forestière ? Nous avons vu que le plant d’aménagement est l’un
des outils qui garantissent la gestion durable d’une forêt. Par ailleurs, la forêt de
communauté locale est cette portion de forêt octroyée à une communauté locale
pour la gérer selon des méthodes appropriées.
Article 78 : Les communautés locales ont le devoir de réaliser des travaux de
reconstitution du capital forestier, surtout dans des contrées où la forêt est
pratiquement disparue ou a été dégradée. Cette disposition s’impose non seulement
aux communautés locales possédant des forêts protégées en vertu de la coutume,
mais aussi celles qui n’en ont plus. En effet, Ces dernières peuvent, comme nous
l’avons vu plus haut, créer leurs propres forêts par des travaux de reboisement. Il
est également recommandé de contribuer à la reconstitution du capital forestier en
pratiquant de l’agroforesterie, c’est-à-dire en associant les plants d’essences
forestières aux cultures.
Article 89 : Aux termes de cet article, le contrat de concession forestière comporte,
en annexe, un cahier des charges dont l’une des clauses impose au concessionnaire
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 19
l’obligation de réaliser des infrastructures socio-économiques au profit des
communautés locales. Il en découle deux grandes responsabilités pour les
communautés locales :
- La 1ère est que la communauté locale concernée doit pouvoir identifier
correctement les vrais besoins de son développement et savoir négocier les
types d’infrastructures qui y correspondent.
- *La 2ème est celle de, non seulement recourir, en cas de besoin, a
l’assistance des organisations non gouvernementales, mais aussi d’accepter
comme nécessaire et indispensable la supervision des séances de
négociation des ces clauses par l’administration.
Articles 111 à 113 : La forêt de communauté locale est une portion du domaine
forestier sur laquelle la communauté locale s’engage à appliquer des pratiques,
règles et méthodes de gestion durable. De plus la communauté doit respecter le
régime d’exploitation de cette forêt, à savoir :
- en assurer l’exploitation sous la supervision et le contrôle de l’Administration ;
- l’exploiter soi-même ou avec le concours de l’Administration moyennant
certaines conditions ou encore par l’intermédiaire des exploitants forestiers
agréés moyennant un contrat préalablement approuvé par l’administration ;
- se garder d’en confier l’exploitation à un concessionnaire forestier ou un
exploitant forestier industriel ;
- gérer la forêt dans l’intérêt de toute la communauté, notamment par la
réalisation de travaux d’intérêt communautaire et le partage des revenus de
l’exploitation.
Article 122 : Les communautés locales ont la responsabilité de faire le suivi des
affectations des recettes rétrocédées à l’entité territoriale décentralisée de leur
ressort et des utilisations qui en sont faites par les dirigeants de cette entité.
Articles 126 à 154 : Les communautés locales ont la responsabilité de contribuer à
la bonne application du code forestier et de ses mesures d’exécution pour contribuer
à la bonne gouvernance forestière. Il est nécessaire et même indispensable que ces
communautés se rangent du coté de l’Administration pour contribuer efficacement à
la lutte contre l’exploitation illégale et illicite des forets. Elles sont donc appelées à
dénoncer tout acte d’exploitation infractionnelle des forêts commis par les
exploitants industriels et artisanaux.
7. MECANISMES ET INSTRUMENTS DE GESTION DURABLE DES FORETS
Le principal objectif du code forestier est de véhiculer le principe et les normes de
gestion durable des forêts. C’est dans cette logique qu’il prévoit des dispositions
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 20
visant à sous-tendre ce type de gestion, à travers l’institution des mécanismes y
afférents tels que : les inventaires forestiers, le plan d’aménagement forestier, la
reconstitution du capital forestier et le financement y relatif.
7.1. Inventaire forestier
De l’examen des articles 65 à 70 du code forestier il découle qu’aucune forêt
domaniale ne peut être soumise à l’exploitation, si celle-ci n’est pas assortie d’un
inventaire préalable.
L’inventaire forestier est l’opération qui consiste à évaluer et décrire la quantité, la
qualité et les caractéristiques des arbres et des milieux forestiers (art.1er, pt. 8).
C’est l’administration en charge des forêts qui est le premier responsable des
opérations d’inventaire, dans la mesure où le code lui impose l’obligation d’établir et
mettre périodiquement à jour l’inventaire forestier et d’élaborer les normes
techniques, de déterminer les données à relever, les travaux à réaliser et les
méthodes à suivre pour procéder à ces opérations (article 66).
Les particuliers peuvent aussi être tenus de réaliser un inventaire. Il en est
notamment ainsi lorsqu’ils sollicitent l’obtention d’une forêt n’ayant pas encore fiat
l’objet d’inventaire. Ils le font sous le contrôle de l’administration, mais moyennant
une autorisation délivrée par le gouverneur de province.
Le texte réglementaire relatif à cette matière est l’arrêté ministériel
n°020/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/2008 du 07 août 2008 fixant les mesures relatives
aux autorisations de reconnaissance et d’inventaire forestier d’allocation.
7.2. Plan d’aménagement forestier
Selon l’article 1er, point 10, du code forestier, le plan d’aménagement forestier est un
document contenant la description, la programmation et le contrôle de
l’aménagement d’une forêt dans le temps et dans l’espace.
L’application du plan d’aménagement est strictement prescrite par le code forestier
qui le considère comme l’une des conditions « sine qua non » de la gestion de toute
forêt. Partant du principe selon lequel aucune forêt ne peut être exploitée à l’absence
d’un plan d’aménagement, le code impose celui comme un élément préalable et
incontournable de toute gestion. Ceci découle des articles 71 à 76 du code forestier.
C’et ainsi que l’on distingue le plan d’aménagement d’une forêt classée, celui d’une
concession forestière et le plan de gestion dite simple d’une forêt de communauté
locale.
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 21
En application des dispositions du code sur ce point, l’autorité compétente a pris les
mesures réglementaires suivantes :
o Arrêté ministériel n°034/CAB/MIN/ECN-EF du 05 octobre 2006 fixant les
procédures d’élaboration, d’approbation et de mise en œuvre du plan
d’aménagement des concessions forestières de production des bois d’œuvre;
o Arrêté ministériel n°038/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/2008 du 22 août 2008 fixant
les modalités d’élaboration, d’approbation et de mise en œuvre du plan
d’aménagement d’une forêt classée.
7.3. Reconstitution du capital forestier (12)
La reconstitution d’une forêt s’entend d’une opération consistant à rétablir le couvert
forestier par le reboisement et/ou la régénération naturelle (art. 1er, pt 13). Le
reboisement c’est l’action de planter des arbres, alors que, par la régénération
naturelle, on laisse repousser les arbres abattus par une reconstitution naturelle
moyennant un certain aménagement.
Tout comme en ce qui concerne l’inventaire forestier et le plan d’aménagement, le
code fait de l’administration le premier opérateur de la reconstitution en lui confiant
la responsabilité d’élaborer et de mettre en œuvre des programmes de reboisement
et de régénération naturelle et de mettre ceux-ci à jour.
Les autres intervenants sont l’Etat, qu’il faut distinguer de l’administration et dont les
obligations spécifiques sont prévues à l’article 79, les entités territoriales décentralisées,
les exploitants forestiers (concessionnaires y compris) et les communautés locales. Ceux-ci,
hormis l’Etat, travaillent sous la supervision de l’Administration laquelle intervient en vertu de
sa charge telle précisée ci-dessus.
Mais en définitive la reconstitution du capital forestier en général, du reboisement en
particulier, doit être, en vertu du code forestier tout citoyen congolais.
Le texte réglementaire en vigueur en rapport avec les opérations de reconstitution
du capital forestier est l’arrêté ministériel n°026/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/2008 du 07
août 2008 portant dispositions relatives à la supervision, au suivi et à l’évaluation des
opérations de reconstitution du capital forestier.
7.4. Financement de la gestion durable
Une autre obligation de l’Etat, dans le cadre de la gestion durable des forêts, est d’y
pourvoir des fonds nécessaires. Ceci ressort des dispositions de l’article 81 qui crée
un fons dénommé Fonds Forestier National.
12
() Articles 77 à 81du code forestier
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 22
Les activités devant être financées par le fonds forestier national, aux termes de
l’article 81, sont :
I. les opérations ou travaux de reboisement et par extension ceux relatifs à la
régénération naturelle des forets.
II. les aménagements forestiers à caractère étatique, ceux entrepris par les
privés étant à leur propre charge ;
III. les missions de supervision technique et celles de contrôle et suivi de
réalisation des activités mentionnées ci-dessus.
Le texte d’application qui concerne cette matière est le décret n°09/09 du 21 mars 2009
portant organisation et fonctionnement du Fonds forestier national.
7.5. Exploitants forestiers artisanaux et gestion durable
Si l’on tient compte de l’obligation légale soumettant toute activité de gestion ou
d’exploitation forestière à la réalisation préalable d’inventaire et d’aménagement
forestiers et de celle d’assurer la reconstitution du capital forestier, il y a lieu de
conclure que les exploitants forestiers artisanaux, qui ne répondent pas à ces
obligations, opèrent dans l’illégalité. Notons, en effet, que les artisanaux forestiers
sont aujourd’hui considérés comme opérant dans l’informel, ce qui les pousse
souvent dans la clandestinité et la fraude. Seul le Gouvernement est en mesure de
trouver une solution adéquate à un tel type de problème.
A ce propos un texte spécifique relatif à l’exploitation est en chantier pour résoudre
la question et mettre un régime se rapportant à ce type d’exploitation forestière.
8. FISCALITE FORESTIERE
La fiscalité forestière est un type de taxation qui recourt au mécanisme de privilèges
et hypothèques qui sont prévus dans les législations fiscale et foncière et vise à
assurer la protection des intérêts de l’Etat par un meilleur recouvrement des taxes et
redevances forestières, tout en allégeant et en simplifiant la pression exercée sur le
secteur privé. En outre la fiscalité forestière vise à assurer le retour des revenus des
taxes et redevances forestières au secteur, en particulier à travers le financement
des activités forestières.
Le code forestier comporte 6 dispositions se rapportant à la fiscalité forestière. Il
s’agit de :
l’article 120 qui exclut le bénéfice de toute exonération du payement des
droits, taxes et redevances prévus par le code et ce, quel que soit le régime
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 23
fiscal auquel est soumis l’exploitant forestier concerné. Il convient de
comprendre en effet qu’exonérer un exploitant forestier du payement des
taxes et redevances liées à l’exploitation revient pratiquement à l’autoriser à
prélever, sans contrepartie, la matière ligneuse et donc à priver l’Etat et les
communautés locales concernées de leurs revenus légitimes.
l’article 121 qui fixe, de manière limitative les taxes et les redevances
forestières dues en matière d’exploitation forestière, soit six au total, exception
faite de la taxe pouvant être tirée de l’application de l’article 98 ,1 er alinéa, in
fine.
l’article 122 : celui-ci répartit les produits (recettes) des taxes et redevances
selon leur affectation.
les articles 123 et 124 en application desquels le recouvrement des taxes et
redevances forestières est garanti par les privilèges et hypothèques tels que
prévus par les législations fiscale et foncière. C’est dire que, concernant le
recouvrement des sommes qui lui sont dues, l’Etat est créancier privilégié ou
hypothécaire et est payé en priorité par rapport aux autres créanciers
ordinaires de l’exploitant redevable.
l’article 125 : cette disposition accorde à l’exploitant un droit de réclamation,
s’il estime qu’il est victime d’une sur-taxation, d’une taxation erronée ou non
fondée, et fixe le délai de recevabilité d’une telle réclamation.
9. REPRESSION EN MATIUERE FORESTIERE (13)
Une loi non assortie de sanction est condamnée à demeurer lettre morte. C’est la
raison principale qui explique que tout texte de loi comporte toujours des dispositions
des pénales. Le code forestier assure son application en prévoyant non seulement
des règles de procédure pour rechercher et instruire les infractions dites forestières
mais aussi celles en rapport avec les sanctions destinées a assurer la répression de
ces dernières.
9.1. Procédure en matière d’infractions forestières
Le code forestier prévoit des règles de procédure selon laquelle sont poursuivies les
infractions forestières. Il comporte des règles relatives à :
la qualité des personnes ayant le pouvoir de procéder à cette poursuite :
inspecteurs, fonctionnaires et agents forestiers ;
13
() Articles 126 à 154
V.V. dia MASSAMBA – Législation forestière
congolaise Page 24
leurs compétences et la limite de celles-ci ;
leurs obligations dans l’accomplissement de leur mission.
Pour assurer l’application de ces dispositions légales, l’autorité compétente a pris les
mesures d’exécution suivantes :
1) Arrêté ministériel n° CAB/MIN/AF.F.ET/047/2003 fixant la réglementation du port de
l’uniforme et des insignes des inspecteurs, fonctionnaires et agents forestiers;
2) Arrêté ministériel n°102/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/09 du 16 juin 2009 fixant les règles et
les formalités du contrôle forestier.
9.2. La sanction des infractions forestières
Le code forestier des sanctions sévères contre les délinquants forestiers, étant
donné que celles-ci sont exprimées en « francs congolais » pour celles dites
pécuniaires, tandis que celles de privation de liberté atteignent un maximum de 5
ans.
Nota Bene
- Pour connaître la hauteur exacte des sanctions pécuniaires, il y a lieu de trouver
l’équivalent des montants prévus en dollars américains au jour de la promulgation de
la loi.
- Parmi les sanctions, il en est une qui peut s’exécuter en nature, c’est- à-dire par la
réalisation des travaux forestiers. C’est dans ce sens que va l’arrêté ministériel
n°104/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/09 du 16 juin 2009 fixant la procédure de transaction
en matière forestière.
CONCLUSION
Le code forestier représente une avance significative en ce qui concerne la gestion
de ressources forestières, en particulier à l’égard des populations communautés
locales riveraines qui en sont tributaires à plus de 70 %. Ces populations tirent tout
de la forêt.
De même, le code forestier symbolise la volonté politique des gouvernants d’assurer
une gouvernance responsable du secteur forestier en vue de favoriser
l’accroissement de sa contribution au développement socio-économique du pays.
oooo / OOOO / oooo
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