Cours de Psychologie Expérimentale G3 Psycho 2020 UNIKI
Cours de Psychologie Expérimentale G3 Psycho 2020 UNIKI
INTRODUCTION
1. Contenu du cours
L’introduction des méthodes de la recherche scientifique en sciences humaines n’est
que l’application au domaine de la psychologie des règles générales de la méthode
scientifique empruntée et adaptée en psychologie à partir d’autres sciences : physique,
chimie, biologie et physiologie, bien que n’ayant pas comme préoccupation majeure l’étude
du comportement. La psychologie comporte un grand nombre de secteurs, l’un d’entre eux
étant la « psychologie expérimentale ou l’expérimentation psychologique ».
Les connaissances des processus psychologiques sont basées sur des données
accumulées grâce à des nombreuses manipulations expérimentales. Les conditions
d’observation du comportement doivent être bien précisées, systématiques ; les conclusions
doivent pouvoir être discutées. Il s’agit donc d’une discipline qui étudie les problèmes
psychologiques sous l’angle de la véritable recherche scientifique ; discipline devant être
inductive, objective, précise, quantitative et contrôlable, car elle a le pouvoir de manipuler son
objet d’étude à l’exception de ceux qui ne peuvent être atteints que par l’observation
(psychanalyse, doctrines phénoménologiques, etc.
Pour une résolution efficiente des problèmes qui lui sont soumis, la psychologie
expérimentale doit porter sur des données pertinentes et réelles. En effet, une excellente
analyse effectuée sur des fausses données n’a aucune valeur. Toute analyse, toute recherche
suppose deux opérations successives : d’abord le recueil des données et ensuite leur traitement
en vue de discerner le vrai du faux. C‘est la première de ces deux opérations qui est la plus
importante, la plus délicate et suppose jugement, choix, discernement et bon sens de la part du
chercheur. La seconde opération n’est cependant pas à négliger car elle permet de décrire des
faits recueillis et d’en extraire éventuellement des lois.
Aussi ce cours comprend quatre chapitres tels que présentés dans la table de matières.
2. Objectifs du cours
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Formuler des hypothèses comme une affirmation et non comme une question ;
Proposer et conduire une expérience (faire la liste de toutes les variables) ;
Interpréter une expérience ; émettre un jugement sur l’hypothèse de départ
Exposer ses résultats et défendre sa démarche (rapport des preuves scientifiques)
Rédiger des rapports de recherches expérimentales dont les prérequis se focalisent
sur la maîtrise des notions de méthodologie de recherche scientifique : analyse des
documents scientifiques ; discussion de groupes ; méthodes participatives et
exposés structurants.
3. Evaluation
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1.1.1. Psychologie
Qu’est ce que la psychologie ?
La psychologie est une science, parce qu’elle a un objet d’étude qui est le
comportement ; elle a ses propres méthodes et techniques de recherche rigoureuses et
objectives (par ex. la méthode d’observation systématique, méthode expérimentale,
statistique, de tests, etc.) ; Elle établit des rapports avec d’autres sciences qui lui apportent des
informations sur le comportement et ; elle réalise des expériences au laboratoire. Le fait
universel qui le prouve, c’est la création du premier laboratoire de psychologie dans le
monde, celui de WUNDT en 1879 à Leipzig (en Allemagne de l’Est).
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Et l’un des principaux avantages que nous pouvons retenir de l’étude de la psychologie
expérimentale est l’amélioration de notre capacité à penser de façon critique. La pensée
critique suppose la capacité et la volonté de s’interroger sur la valeur de toute affirmation et
de porter des jugements objectifs en s’appuyant sur des arguments bien fondés, ainsi que par
la capacité de rejeter toute affirmation non étayée par des faits. Il s’agit donc d’une pensée qui
n’accepte pas aveuglement les arguments et les conclusions, mais qu’au contraire, examine
les hypothèses, débusque les valeurs cachées, évalue les preuves et critique les conclusions.
En bref, la recherche scientifique commence par une attitude : un empressement à vérifier
avec scepticisme les idées contradictoires et une ouverture d’esprit empreinte d’humilité
devant la nature. Cette attitude s’appelle la « réflexion critique ». Elle nous permet
d’examiner les hypothèses, de discerner les valeurs cachées, d’examiner les preuves et de
vérifier les résultats. Tester les idées, même celles qui paraissent farfelues, nous permet de
séparer celles qui sont censés de celles qui ne le sont pas.
1. Notion de l’expérimentation
De manière générale, l’expérimentation est une démarche qui consiste à utiliser un
ensemble d’expériences en vue de vérifier des hypothèses de recherche. Elle est ainsi une
procédure de vérification de l’existence d’une relation causale entre variables ou phénomènes.
Elle est l’une des sources de la psychologie permettant d’apprécier la valeur d’un fait par la
mesure des capacités d’un groupe des sujets.
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2. Fonctions de l’expérimentation
Jouer ces trois fonctions signifie, pour l’expérimentation, démontrer l’existence d’une
relation causale entre les phénomènes investigués. A travers cette démonstration, on examine
si quatre conditions sont remplies : la liaison, l’association, l’antériorité et l’exclusion des
facteurs accessoires.
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Pour qu’il y ait relation causale, il faut en outre que la variable indépendante précède
la variable dépendante dans le temps ; c’est la condition d’antériorité.
Comme l’affirmait déjà Binet, cité par Simon (1972 : 39), au début du xxè siècle, « de
temps en temps, sous la poussée du besoin ou sous l’inspiration d’un éducateur intelligent, il
se produit des réformes, un léger changement d’orientation de la pédagogie et même parfois
il y a des innovations excellentes (…). Mais, le défaut de ces tentatives, c’est d’être
empiriques, sans contrôle car, jamais on n’a songé à ces expériences de comparaison avec
témoin qui sont indispensables pour administrer une preuve scientifique ».
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demeurent valables et celles qui sont inefficaces. Elle est aussi indispensable pour procéder à
une mise au point des méthodes nouvelles qu’elle permet de soumettre, avant de les mettre en
application, à des essais conduits avec méthode et précautions » (Bamwisho, 1978 : 39).
En bref :
- Psychologie expérimentale = rigueur, objectivité, transparence, se réfère aux
tests statistiques ;
- Méthode expérimentale = élaboration des connaissances au moyen de
l’expérimentation.
Cette psychologie regroupe ainsi une grande diversité de méthodes et de points de vue,
et propose des applications concrètes dans des domaines tels que l'ergonomie,
l'apprentissage programmé et la formation professionnelle.
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Bref, c’est toute cette vérification qui forme le vaste domaine de la psychologie
expérimentale, c’est-à-dire, le contrôle objectif des faits pédagogiques et psychiques.
D’après MIALARET G. (1971), il s’agit d’une attitude de l’esprit devant les faits
pédagogiques, qui permet de passer de l’empirisme à l’expérimentation. Une telle attitude
dépasse le plan de la simple observation par l’enseignant en classe. Elle ne peut être réalisé
que par un chercheur formé à cet effet, ayant lui-même une bonne expérience
psychopédagogique..
Lorsqu’on dit des psychologues et des pédagogues qu’ils sont des scientifiques, cela
ne signifie pas qu’ils travaillent avec des machines et des instruments compliqués. Le
domaine scientifique correspond bien davantage aux attitudes et aux méthodes des recherches
qu’aux appareils qu’ils utilisent.
Des nombreux philosophes et scientifiques ont écrits des ouvrages volumineux sur ce
qui différencie la science des autres formes du savoir. Nous ne pouvons reprendre ici toutes
les différences étudiées, mais nous allons décrire quelques-unes des caractéristiques qui
distinguent le travail du scientifique de celui du pseudo-scientifique. C’est ainsi que, la
démarche scientifique insiste sur :
1. Le scepticisme
Certains des plus remarquables progrès de la science ont été effectués par des
personnes qui ont osé mettre en doute ce que l’on considérait alors comme la vérité absolue.
Ex. Que le soleil tourne autour de la terre ; on peut guérir des individus en appliquant des
ventouses sur leur peau ou que les malades mentaux sont possédés du démon.
2. La précision
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mener des recherches comportant une collecte méthodique de données (faits, statistiques,
renseignements).
Ex. - Lorsque vous préparez un examen, vous essayez probablement différentes méthodes :
étudier dans une pièce tranquille de la maison ; relire les passages que vous avez
surlignés; répéter à plusieurs reprises les mots clés et leurs définitions, et ainsi de
suite, pour vous aider à mémoriser la matière.
- Vérifier s’il est vrai que les personnes aux prises avec une détresse psychologique
passagère recherchent la présence d’autres personnes dans la même situation.
A l’opposé, les opinions et expériences personnelles qui ne sont pas soumises à ces
processus de vérification ne peuvent être ni confirmées ni infirmées : la personne qui les
détient devient donc le seul juge de la véracité de ses observations. Les théories accaptées par
la communauté scientifique sont généralement confirmées par des nombreuses recherches et
ne peuvent être en contradiction qu’avec un petit nombre d’entre elles (Stanovich, 1992).
Dans les limites du cadre théorique choisi, une hypothèse doit conduire à des
prédictions explicites sur ce qui devrait se produire dans une situation donnée. Ainsi, pour
justifier une prédiction, des termes vagues tel que « anxiété » et « situation menaçante » ne
sont pas acceptables ; il est nécessaire de donner une définition opérationnelle, qui précisera la
façon dont on observera et mesurera le comportement ou la situation.
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On ne juge pas une théorie ou une hypothèse scientifique comme une pièce de théâtre ou
un poème, en se demandant si elles sont agréables ou présentent une grande valeur esthétique.
Une idée peut paraître stimulante au premier abord simplement parce qu’elle est plausible,
séduisante et pleine d’imagination. Mais quel que soit son attrait, on ne peut lui accorder de la
crédibilité que si elle est étayée par des faits. Ignorer ce principe entraîne des conséquences
désastreuses comme l’illustre l’exemple suivant :
Il est donc essentiel que la démarche des scientifiques soit publique, càd qu’elle puisse
être accessible à la communauté scientifique. Pour ce faire, on demande au scientifique de
préciser la source de ses idées, la façon dont il les a vérifiés et les résultats qu’il a obtenus. Il
doit fournir sur tous ces aspects des informations claires et détaillées de façon à ce que ses
collègues puissent reprendre, ou reproduire, les mêmes études et analyser les résultats. Pour
faciliter ce processus, le scientifique publie ces informations dans des revues spécialisées afin
que ses paires puissent en prendre connaissance. Il doit persuader ses collègues, même les
plus sceptiques, que ses affirmations reposent sur des bases solides. La communauté
scientifique joue le rôle d’un jury en examinant minutieusement les données, en départageant
le vrai et le faux, en acceptant certains points de vue et en reléguant les autres aux oubliettes.
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Les individus n’étant pas toujours objectifs, rationnels ni même honnêtes, la science doit
mettre en place les conditions qui permettent de vérifier la véracité de leurs affirmations..
Comme tout scientifique, le psychologue doit donc suivre une démarche scientifique
(Robert, et al. 1988) pour formuler des propositions permettant de rendre compte d’un aspect
particulier de la réalité qui l’entoure. Les principales étapes de cette démarche sont les
suivantes :
1° Préciser le phénomène à étudier ou la question à laquelle il veut répondre en s’inspirant
de son expérience personnelle et des connaissances contemporaines en psychologie ou
dans les autres sciences ;
2° Formuler une hypothèse ou un objectif de recherche précis ;
3° Choisir une méthode de recherche et des outils de mesure appropriés afin de vérifier
l’objectif ou l’hypothèse ;
4° Procéder à la collecte des données ;
5° Analyser les données recueillies ;
6° Interpréter les résultats.
A l’opposer, les pseudo-scientifiques ne font généralement pas de cas des résultats qui
infirment leurs croyances, ils trouveront toujours des explications pour justifier les échecs de
façon à ne pas remettre leurs croyances en question. Les recherches scientifiques peuvent
susciter d’importantes remises en question. Elles requièrent une très grande rigueur, c’est
pourquoi les chercheurs doivent veiller à choisir la méthode d’investigation la plus appropriée
pour répondre aux questions à l’origine de leur démarche.
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Toutes les idées des théoriciens n’ont pas été immédiatement appliquées. Il fallait
attendre la fin du 19ème siècle pour voir se réaliser le vœu des uns e des autres. La réflexion
seule et l’effort ne suffisent pas pour amener les changements, il fallait y ajouter un ensemble
des circonstances favorables.
Déjà au 18ème siècle, on pouvait noter l’émergence du « rationalisme » qui avait amené
une certaine évolution dans la manière de considérer les phénomènes de l’éducation de
l’enseignement, de la psychologie et pédagogie. Le rationalisme va peu à peu réclamer une
démarche plus scientifique dans ses réflexions en souhaitant notamment que toutes les
propositions soient confrontées à une certaine réalité.
Platon, Aristote et d’autres philosophes grecs ont formulé quelques-unes des questions
fondamentales de la psychologie qui sont encore à l’ordre du jour : l’homme naît-il avec des
dons, des capacités et une personnalité spécifiques ou les acquiert-il au contraire par
l’expérience ? Comment l’homme parvient-il à connaître le monde ? Les idées et les
sentiments sont-ils innés ou acquis ?
La théorie psychologique moderne plonge ses racines dans l’œuvre de René Descartes
et dans celles des philosophes britanniques Thomas Hobbes et John Locke au XVIIe siècle.
Descartes affirmait que le corps de l’homme est semblable aux rouages d’une machine, tandis
que l’esprit ou l’âme est une entité distincte, dont la seule activité est de penser. Il soutenait
que l’esprit renferme certaines idées innées, qui ont un rôle fondamental dans la structuration
de l’expérience. Hobbes et Locke attachaient pour leur part un rôle primordial à l’expérience
comme source de la connaissance. Locke pensait que tout ce que l’on sait du monde extérieur
nous est transmis par les sens et que les idées sont adéquates aux choses seulement
lorsqu’elles procèdent d’une information sensorielle.
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Mais c’est surtout avec Claude BERNARD que l’on assiste à l’émergence du courant de
l’expérimentation. L’approche globale de la recherche scientifique est basée sur l’idée que la
connaissance se construit avec l’observation des faits.
Binet, Alfred (1857-1911), psychologue français connu pour son test d'intelligence.
Les principaux travaux de Binet portent sur l'évaluation de l'intelligence. Avec son collègue
Théodore Simon, il conçut un test de mesure des capacités intellectuelles des enfants.
Les premiers tests d'intelligence sont conçus par Alfred Binet et Théodore Simon et fut
élaboré en 1905, dans le but d'évaluer les retards de développement d'enfants susceptibles de
nécessiter un enseignement spécial. Elle comporte des problèmes destinés à mesurer
l'intelligence générale, les différents points étant notés en fonction de l'âge du sujet.
L’originalité de leur démarche est qu’ils ont analysé expérimentalement l’intelligence ; ils ont
estimé que les processus supérieurs, en particulier la pensée et l’intelligence, devraient être
mesurés par des tâches plus complexes.
Le test de Binet compare la note d'un enfant avec la note moyenne obtenue par des
enfants d'un certain âge. Le QI est exprimé en termes de rapport de l'âge chronologique de
l'enfant à son âge mental.
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Ex. Si la note d'un enfant de dix ans correspond à celle présumée obtenue par l'enfant
moyen de onze ans, son âge mental est de onze ans . Quel est son QI ?
2.2.3. W. WUNDT
2.2.4. G. T. FECHNER
Étudiant la question des relations entre le corps et l’âme, il considère ces deux entités
comme deux dimensions qui correspondent entre elles. Dans son ouvrage Éléments de
psychophysique (1860), il expose cette relation de correspondance qu’il cherche à utiliser pour
mesurer les phénomènes psychiques correspondants. Ses recherches expérimentales sur les
relations existant entre l’accroissement des stimuli sensoriels physiques et sensations
psychologiques correspondantes l’ont mené à formuler la loi de Weber-Fechner, selon
laquelle l’intensité de la sensation est proportionnelle au logarithme de l’excitation. Il a
cherché à déterminer l’identité de l’esprit et de la matière, ce qui fut à l’origine de la mesure
en psychologie.
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utilisant des listes de syllabes dépourvues de signification au cours des expérimentations dont
il est le sujet. Il est possible, au moyen de l’introspection, d’étudier expérimentalement les
fonctions supérieures de l’esprit ; par exemple : combien des mots oublions-nous au cours du
temps ?
Cependant, les recherches s’accumulant à grande allure sur ces bases rigoureuses, les
chercheurs vont être amenés progressivement à faire des hypothèses sur des mécanismes
internes permettant de comprendre l’apparition de certains comportements en fonction de
certaines stimulations.
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2.2.10. N. WIENER
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1. Le cognitivisme
L’école cognitive est celle qui met l’accent sur le traitement mental de l’information (par
analogie à l’ordinateur= computer, fonctionnant étape par étape). Les psychologues
s’intéressent à la manière dont les individus acquièrent des connaissances, les
emmagasinent et les utilisent en se servant des processus mentaux tels que la perception, la
mémoire, la visualisation, la formation des concepts, la résolution de problèmes, le
raisonnement, la prise de décision et le langage.
Figures importantes
Les principaux représentants sont :
- Jean PIAGET (1896-1980) ;
- Albert ELLIS ;
- Albert BANDURA ;
- Robert STERNBERG, etc.
D’après ces auteurs, l’être humain a une personnalité unique parce que chaque humain a
une vision du monde qui lui est propre.
Principales idées
Cette théorie met l’accent sur :
- Les processus de la pensée et du raisonnement ;
- L’intérêt prépondérant pour le traitement mental de l’information (cognitivisme
computationnel : manière dont les êtres humains traitent l’information) ;
- Le sentiment d’efficacité personnelle (A. BANDURA) : une sorte d’évaluation que fait
une personne de ses chances d’atteindre ses objectifs personnels, càd chances de
réussite ;
- Le lieu de contrôle (J. ROTTER) : ensemble des convictions et des attentes d’une
personne eu égard à sa capacité d’exercer une action déterminante sur les événements
(degré de succès ou de destin) ;
Méthode de recherche
Les psychologues cognitivistes ont recours à la méthode du traitement de l’information
dans leurs études. Ce qui fut à la base de l’apparition des machines, ordinateurs, MP3
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(pour la musique), JPEG (pour les photos), MPEG (pour les films). D’où, la cybernétique,
science initiée par Norbert WIENER pour désigner tout système-machine ou organisme
vivant capable d’autorégulation et de communication (1948). La personnalité est le résultat
de la façon dont on perçoit et interprète le monde et les événements.
2. La psycho biologisme
Notre connaissance des structures et fonctionnements du cerveau et du système nerveux a
beaucoup progressé. Ce savoir a donné naissance à une approche psychologique de plus
en plus importante connue sous le nom de «psychophysiologie ou de psychobiologie » :
étude de la biologie du comportement. Les psychos - biologistes décrivent le
comportement comme étant le résultat d’activités chimiques et biologiques complexes à
l’intérieur du cerveau.
Figures importantes
- Johannes MULLER;
- Carl LASHLEY;
- David HUBEL;
- Torstein WIESEL.
Ils disposent tous d’un équipement technique modern pour étudier le fonctionnement des
cellules nerveuses, le rôle des différentes parties du cerveau, les effets des drogues sur les
fonctions cérébrales et bien d’autres questions.
Ex. - J. Müller avec la théorie des énergies nerveuses spécifiques selon laquelle tous les
nerfs transmettent le même message de base, une impulsion électrique ;
- Paul BROCA, chirurgien français célèbre qui a localisé les centres nerveux de la
parole ;
- Hermann Von HELMHOLTZ, qui a tenté de mesurer pour la première fois de
l’histoire de la psychologie, la vitesse de l’influx nerveux ;
- Charles DARWIN dont la théorie de l’évolution des espèces a inspiré de
nombreuses recherches en psychologie comparée ;
- Luigi GALVANI, qui fut le premier à utiliser la stimulation électrique pour
étudier le fonctionnement du cerveau.
Principales idées
D’après cette école :
- Le comportement est le résultat de processus chimiques et biologiques complexes
dans le cerveau ;
- Les facteurs génétiques influenceraient certains traits de la personnalité.
Méthode de recherche
- Les scintigraphies cérébrales, les scanners ;
- La stimulation électrique et l’enregistrement des effets observés ;
- L’analyse chimique des tissus cérébraux, etc.
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Cette évolution a débouché sur le rejet définitif des conceptions mentalistes et des
méthodes introspectives qui avaient prévalu jusqu'alors et incitait les chercheurs à adopter le
béhaviorisme comme le fondement épistémologique de leur démarche.
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Autrement dit, la méthode expérimentale est celle qui consiste à provoquer les faits et
permet de les étudier dans les conditions établies par le chercheur. Il s’agit d’une méthode de
recherche par laquelle un investigateur manipule un ou plusieurs variables pour observer
leurs effets sur le comportement ou les processus mentaux. Par cette méthode, le
comportement est analysé comme un « objet » et, c’est grâce à cette méthode, que la
psychologie fut classée parmi les sciences expérimentales avec possibilité de manipuler son
objet d’étude.
C’est dans les années 1970 déjà qu’on avait proposé la démarche dite expérimentale.
Fréquemment, cette approche est proposée au travers d’un schéma simplifié, comportant six
étapes : observer, émettre une hypothèse, expérimenter, vérifier l’hypothèse et, finalement,
formuler un résultat la confirmant ou non. Cette pratique est codifiée par l’approche dite
OHERIC : Observation, Hypothèse, Expérience, Résultat, Interprétation, Conclusion.
1. L’observation
C’est la première étape qui se formule sous forme d’une question. Elle permet de
déceler les faits remarquables tels qu’ils se produisent naturellement, sans que le
chercheur intervienne pour modifier le cours des phénomènes (= la description qui
consiste à faire le constat).
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2. L’élaboration ou la formulation des hypothèses sur les relations pouvant exister entre
les faits.
Il s’agit d’une réponse hypothétique envisagée à la question formulée. Une hypothèse
peut se définir comme une explication a priori d’un phénomène ou d’un ensemble de
phénomènes, explication destinée à être vérifiée par l’expérience. Elle permet de tenter
une explication ou de proposer une réponse, une solution anticipée ou provisoire qui
attend être confirmée ou infirmée. Toutes les hypothèses formulées dans une recherche
doivent être testées avant le rapport final des résultats.
Ex. Les enfants qui sont passés par la maternelle réussiraient mieux en première
année que leurs condisciples provenant directement de la famille.
3. L’expérimentation
C’est la mise en place d’une expérience devant permettre de confirmer ou d’infirmer
l’hypothèse émise. Cela induit aussi la mise en place préalable d’un protocole
expérimental le plus précis possible (isolement des paramètres ou variables).
Ex. Constituer un groupe d’élèves ayant été à l’école maternelle et un autre groupe
de ceux qui n’y ont jamais été ; puis comparer leurs résultats à la fin de
l’année scolaire ou du cycle primaire.
4. La généralisation
Après avoir analysé les résultats obtenus à l’issue de l’expérimentation, le chercheur
peut interpréter les résultats pouvant permettre de confirmer ou infirmer (nier) les
hypothèses de départ. Si les résultats sont vérifiés, ils prendront la valeur des lois ou
théories (conclusion). Le projet s’achève alors, sauf si la réponse à la question n’est pas
complète. On restreint alors les hypothèses et on expérimente une nouvelle fois.
Ex. Si le pourcentage de réussite d’un groupe est significativement supérieur à celui
d’un autre groupe, le chercheur peut alors généraliser les résultats.
Remarque
En fait, il n’existe pas une démarche expérimentale standard ; ne dénote plutôt une
variété de démarches expérimentales possibles. Entre une approche expérimentale en
immunologie, une autre en ethnologie, une autre encore en physique des particules, il y a de
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Trois principaux moments forts sont présents en permanence. Ils sont d’ailleurs
difficiles à séparer ; ils fonctionnent en général comme un tout, ou plutôt comme un système,
avec des interactions multiples et des feedbacks. Ce système à trois paramètres comporte :
a. L’hypothèse
C’est un énoncé spéculatif sur les relations existantes entre les variables. Il s’agit d’une
supposition documentée ou encore une explication possible d’un comportement étudié
qui peut être vérifié à l’aide d’une expérience. Ce qui explique sa capacité de prédire les
résultats.
Ex. Les étudiants d’aujourd’hui ne savent pas lire et ne sont plus intelligents parce
qu’ils regardent trop la télévision ; ils aiment plus la danse et la boisson
alcoolisée ; ils sont préoccupés par les jeux de hasard.
b. Les variables
Une variable est quelque chose qui peut changer. Le travail d’un chercheur consiste à
choisir les éléments qui feront l’objet d’une manipulation directe et ceux qui pourront
être modifiés. Dans le cadre d’une expérimentation, il existe, d’après Maurice
REUCHLIN, trois types de variables :
On distingue :
1) La variable indépendante (VI.) = stimulus : c’est celle qui est manipulée,
contrôlée ou fixée par l’expérimentateur et qui constitue le traitement
expérimental. C’est aussi la condition que l’on crée ou celle dans laquelle on place
l’individu ; un facteur dont on peut évaluer les effets sur le sujet.
Ex. âge ; température, etc.
NB. Les variables choisies sont dites contrôlées, manipulées ; par contre celles dites
parasites, externes, étrangères ne sont pas étudiées dans l’expérience en cours ;
il faut donc les éliminer ou les maintenir constantes.
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Toute expérimentation exige qu’au moins deux groupes de sujets soient constitués de
sorte que la performance de l’un puisse être comparée avec celle de l’autre. Le
traitement ou manipulation de la VI doit aussi s’accompagner d’une « condition de
contrôle » où le traitement est absent. Cette façon de procéder permet d’identifier ce qui
se produit en l’absence de tout traitement. L’hypothèse ne peut alors être confirmée que
si l’on observe une différence statistiquement significative entre le groupe expérimental
et le groupe contrôle, aussi appelé groupe témoins.
Le premier groupe s’appelle « Groupe expérimental » : c’est la partie d’une
expérience composée d’individus qui, dans une recherche de type expérimentale,
sort de cible aux traitements et manipulation que le chercheur juge nécessaire pour
vérifier une relation causale entre les variables. Il s’agit donc de la partie qui a subit
le traitement ; un groupe sur lequel on applique la VI aux sujets.
Le deuxième groupe s’appelle « Groupe contrôle ou témoins » : c’est la partie dans
laquelle les sujets sont traités de la même manière que ceux placés dans les
conditions expérimentales, sauf que la VI ne leur est pas appliquée. C’est donc une
situation de référence où les sujets ne sont pas soumis au traitement. Cette
condition contraste avec la modalité expérimentale car elle sert de comparaison
pour évaluer les effets du traitement.
Ex. Dans le cadre de recherche sur des médicaments (somnifères), il arrive
souvent que les sujets du groupe témoin reçoivent un comprimé (sans
pouvoir d’endormir) ou une injection qui semble identique à ce qui est
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d. L’échantillonnage
Le nombre d’individus possibles pouvant servir de sujets dans une recherche est souvent
très élevé, large. Le psychologue peut rarement employer la population entière. Pour y
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- Une population est l’ensemble de sujets visés par le chercheur, le total de tous les
cas possibles parmi lesquels un échantillon sera sélectionné.
Ex. Toutes les filles diplômées d’Etat de la Commune Alunguli ; tous les
finalistes mariés de la ville de Salamabila.
Ex. Prendre 5 filles par option pour chaque section ; 5 apprenants finalistes par
option et par école ou réseau.
3.2. Le problème
En premier, une démarche expérimentale est une tentative de répondre à une question.
Le chercheur, le simple individu est face à quelque chose qui l’intrigue, qui l’interpelle ou le
préoccupe. Il constate un décalage entre le réel, du moins tel qu’il perçoit, et l’idée qu’il s’en
fait. La situation devient insatisfaisante, il a envie de savoir.
Parfois il y est contraint pour des nécessités vitales, il doit trouver de nouvelles
ressources alimentaires, il doit faire face à un nouveau danger : comment soigner le cancer ou
le SIDA ? On parle de problème de recherche pour désigner une assertion interrogative, qui
vise à déterminer la relation existant entre deux ou plusieurs variables (Kerlinger, 1972).
Pour qu’un problème soit réellement scientifique, il doit remplis les critères ci-après :
- Les variables qui sont impliquées dans le problème doivent exprimer une
relation ;
- Le problème doit être formulé sous forme de question ;
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Cette simple activité change tout, elle constitue une mutation profonde dans la pensée
humaine. Les explications prennent le statut de supposition qu’il s’agit d’éprouver. On les
dénomme désormais des « hypothèses ». L’hypothèse apparaît d’abord comme une
conjecture, non dans ce sens qu’elle est matière à discussion, mais parce qu’elle est reconnue
comme possible et qu’elle doit être confirmée.
En science, l’hypothèse doit être cohérente ; elle doit être en phase avec les savoirs
reconnus de l’époque ; du moins ceux qui ne souffrent d’aucune contestation. Elle doit être
explicative sur de nombreux domaines. Il faut surtout qu’elle permette de travailler.
Ex. Pour savoir si les basses températures inhibent la dormance des grains de blé de
printemps, je mets les graines dans un réfrigérateur pendant deux mois et je les
fais germer… Si elles germent mon hypothèse est confirmée.
Une hypothèse est dite « déduite » lorsqu’elle est élaborée à partir d’un corps de
connaissance déjà élaborées ; de relation déjà connues ; ou de théories existantes. Elle est dite
« induite » quand elle est émise à partir de l’observation des faits qui se produisent dans le
phénomène que l’on veut étudier.
Mais pour être valable, une hypothèse doit réunir les qualités ci-après :
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- Elle doit être vérifiable. On sait que la vérification d’une hypothèse est toujours
pratiquement partielle. Souvent plusieurs variables jouent, à quelque degré, un rôle dans
l’explication de la relation causale entre les faits. C’est ainsi que le pronostic de la
vérification d’une hypothèse s’exprime le plus souvent par un critère statistique.
Ex. L’hypothèse est vérifiée au seuil de 5% ou de 1%. Cela signifie qu’il y a
seulement 5 ou 1% de chances que la différence (ou la relation) constatée ne soit
pas attribuable aux caractères particuliers de l’échantillon utilisé.
On peut alors comprendre que la variable manipulée joue un rôle, mais en relation avec
d’autres variables qui en renforcent ou en affaiblissent l’effet.
- Elle doit être réfutable.
Signalons du reste qu’on distingue trois étapes dans la formulation des hypothèses :
L’étape des hypothèses générales qui découlent des connaissances générales qu’on
possède, des tendances théoriques auxquelles on adhère et des lectures que l’on peut
faire. Ce sont des hypothèses de travail qui servent à guider la réflexion, à orienter des
choix de lecture, des objectifs, des méthodes. C’est la trame de fond, la ligne directrice
que suivra le chercheur dans les premières étapes de son travail ;
L’étape des hypothèses scientifiques. C’est l’étape de formulation des hypothèses qui
tiennent compte des relations causales entre les faits. Elles présentent certaines
qualités :
- Elle doit être opérationnelle pour permettre de voir apparaitre les
phénomènes étudiés et qui peuvent être mesurés ;
- Elle doit être rigoureuse. Elle doit être cohérente avec les connaissances
existantes sur le sujet ;
- Elle doit être théoriquement féconde. Une hypothèse doit prolonger les
éléments théoriques et les données empiriques dont elle est le fruit
logique ;
- Elle doit être vérifiable ;
- Elle porte sur la relation entre deux événements ou ensembles
d’événements.
L’étape des hypothèses statistiques. Pour être vérifiée, l’hypothèse scientifique doit
être convertie en hypothèses statistiques. Il existe deux hypothèses statistiques :
1° L’hypothèse affirmative (ou alternative) : c’est celle qui reflète la position du
chercheur ;
2° L’hypothèse nulle : c’est celle qui est contraire à l’hypothèse alternative. Il s’agit
d’une proposition universelle négative de l’existence d’une différence vraie entre
deux échantillons issus d’une même population.
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On définit une « théorie » comme étant une synthèse large, qui se propose d’expliquer
un grand nombre de faits et qui est admise, à titre d’hypothèse vraisemblable, par la plupart
des savants d’une époque. Il s’agit donc d’un l’ensemble d’idées à valeur explicative qui
résulte d’une synthèse des faits observés ou d’une réflexion spéculative.
La théorie concernant un sujet de recherche est élaborée en examinant les résultats déjà
obtenus dans le domaine, et en appliquant à ce sujet les prédictions et les généralisations
issues des disciplines connexes.
Une bonne théorie essaie d’expliquer en quoi consiste le phénomène ; quelles sont les
variables qui y sont impliquées ; quelles sont les relations qui existent entre les variables. Une
bonne théorie suggère aussi au chercheur quels sont les résultats qui peuvent être attendus et
lui donne la base pour leur interprétation. Elle donne également une orientation concernant les
instruments de mesure nécessaires et les analyse à faire.
Avec une telle structure de travail comme guide sur un phénomène à étudier, le
chercheur est capable de sélectionner les dimensions du problème qui nécessitent une
observation, une description, une étude.
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De plus, question, hypothèse et expérience ne sont jamais successifs, elles ne sont jamais
uniques. Une situation signifie plusieurs problèmes qui entraînent à leur tour une série de
questions. Face à un problème, plusieurs hypothèses peuvent être émises. Il n’est donc
pas question de substituer une démarche QHE (question, hypothèse et expérience) à une
démarche OHERIC ! Ces trois paramètres interagissent en permanence l’un sur les deux
autres soit directement, soit indirectement par feed-back.
2. Systèmes d’interactions
Au départ la question peut ne pas être précise, elle peut même être implicite. La
formulation d’une hypothèse va affiner la question, celle qui est publiée est rarement la
question que se posait le chercheur à l’origine. C’est une nouvelle formulation qui résulte
des discussions résultant de l’expérimentation. Il en est de même pour l’hypothèse, les
résultats d’une première série d’expérience conduit à la retravailler, à l’affiner ou
carrément à en proposer une autre.
En retour, l’expérimentation reste toujours un artifice. Elle n’apporte aucune information
en soi. Elle ne prend sens que par interaction avec d’autres expériences et surtout en
relation avec l’hypothèse qui lui procure son cadre de questionnement et d’interprétation.
Ex. Pour expérimenter sur la « chaleur », il faut avoir défini des grandeurs (température,
degré hygrométrique) sur lesquels sont construits les instruments de mesure.
Ainsi une démarche expérimentale doit être envisagée comme un processus dans le temps
où question, hypothèse et expérience interagissent mutuellement.
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Sur le plan éducatif, la démarche expérimentale est très porteuse. Elle permet de
développer une multitude de qualités et d’investigations. Il est possible de catégoriser
vers divers objectifs en deux groupes : attitudes et démarches.
Attitudes : avoir envie de se poser des questions (curiosité), avoir confiance en soi,
être critique, créatif, avoir envie de chercher par soi-même, de communiquer et
travailler en groupe…
Démarches : savoir entreprendre une activité pour répondre à ses propres questions,
à celles de ses camarades ou de l’animateur ; savoir énoncer sa propre formulation du
problème, rechercher une relation causale, formuler plusieurs hypothèses, faire un
corpus documentaire, repérer une grandeur, imaginer un dispositif expérimental,
rechercher des indicateurs, envisager les causes d’erreurs, mettre au point un test,
observer et faire des mesures, enquêter et lire des résultats d’une expérience, traduire
les résultats sous forme d’un graphe, argumenter et discuter les apports de son
expérimentation et la comparer avec celles d’autres, accueillir ou élaborer un modèle,
mobiliser une hypothèse corroborée dans d’autres situations, reconnaître les limites
d’une hypothèse, etc.
NB. A côté de la démarche expérimentale de type analytique, il est important d’envisager des
démarches systématiques où l’on apprend aux apprenants à mettre en relation les
différents facteurs (effet de synergie ou d’inhibition).
Ces états pour une variable nommée E peuvent être notés e ᵪ, e2, eз … en. Et ces états
sont appelés « modalités de la variable ». Ainsi on écrira cette variable E : V(eᵪ, e2, eз) pour
une variable E susceptible de prendre trois modalités. Voici quelques exemples :
Etant donné que la notion de variable repose sur celle de changement, on doit avoir au
minimum deux modalités d’une variable. On parle alors de variable binaire ou de variable
dichotomisée (souvent en tout ou rien).
Ex.
Oui – Non
Blanc – Noir
Vrai – Faux
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Désigner une variable c’est donc lui attribuer un nom (V) et énumérer l’ensemble des
modalités qu’elle peut prendre dans un dispositif expérimental. On peut même utiliser des
symboles ou des lettres.
Ex. Variable CULPA qui désigne le niveau culturel des parents ; variable NISCO
qui désigne le niveau scolaire.
On distingue deux grands types de variables. Entre les modalités d’une variable existe
ou non une relation d’ordre.
- On parle de variable nominale, lorsqu’il n’y a aucune relation d’ordre entre les
modalités. C’est le cas de la plupart des variables binaires ;
- On parle de variable ordinale, lorsqu’il y a relation d’ordre entre les modalités de la
variable.
Ex. Age, degré d’anxiété (moins anxieux, anxieux, plus anxieux).
Dans ces cas : Cᵪ < C2
Certaines variables sont tantôt nominales, tantôt ordinales selon la définition que l’on
donne des modalités de celles-ci.
- Variable continue pour désigner celle qui peut revêtir une quantité de valeurs
théoriquement infinie.
Ex. Le degré d’anxiété ;
- Variable discontinue ou discrète pour désigner celle qui n’accepte pas de valeurs
intermédiaires. Il s’git de variables dichotomisées.
Ex. sexe (fille- garçon) ; race (noir- blanc- jaune), etc.
On définit aussi les variables suivant la relation qui existe entre les variables. En effet,
on a souvent besoin de connaître la manière dont une variable est liée à une autre ou à
d’autres variables. C’est ce que les statisticiens appellent la ‘régression ».
Ainsi, un chercheur qui veut étudier la liaison entre deux variables est obligé de faire
varier une variable, pour observer le résultat qu’entraîne cette variable sur l’autre variable.
1. Variables dépendantes
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Bref, c’est la variable qui est contrôlée par l’expérimentateur de façon indépendante.
C‘est la variable que manipule l’expérimentateur ; qu’il détermine lui-même de façon
indépendante, dans le but de contrôler ou d’analyser son ou ses effets sur le comportement
étudié. C’est le facteur, ou encore le répresseur. C’est la variable grâce à laquelle le
comportement étudié, le phénomène étudié, pourra être modifié.
Par exemple, le nombre d’erreurs commises, la rapidité dans l’exécution d’une tâche,
etc.
2. Variables indépendantes
La variable dépendante dite variable effet, ou encore variable de réponse) est celle que
l’expérimentateur mesure ; ‘est ce qu’il observe. Elle est reliée à un aspect de comportement
(facteur) que le chercheur essaie, à travers l’expérience, d’influencer, de modifier, de
manipuler, et par là, de comprendre. L’expérimentateur n’a aucun pouvoir sur la VD. Il se
contente d’observer ses variations en fonction des modifications des VI. choisies.
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Les variables, dans une hypothèse, peuvent être définies de trois sortes : de la manière
théorique, empirique ou opérationnelle.
Dans les recherches quantitatives, le terme « relation » désigne aussi bien l’association
entre deux variables dichotomiques que la corrélation entre variables métriques, ou encore la
liaison entre une variable nominale et une variable métrique. Cette relation statistique, comme
l’explique B. MATALON (1988), est le plus souvent symétrique, mais son interprétation peut
être asymétrique.
Par exemple, elle peut être de la forme « X cause Y ». En termes généraux, lorsqu’on a
observé une relation entre deux variables X et Y, plusieurs interprétations sont
possibles :
1. X ----- Y ; X entraîne Y.
2. Y ------X ; Y entraîne X.
En général, ce qu’on attend d’une expérience, c’est d’abord qu’elle confirme l’existence
d’une relation entre X et Y, puis qu’elle permette de tirer une conclusion de la forme X ----Y,
ou l’inverse, Y----X. Dans les recherches quantitatives, on ne peut pas se contenter de la
simple description des phénomènes et de leurs relations ; il est nécessaire d’aller au-delà et de
recourir à une notion de causalité. Il y a causalité, c'est-à-dire X cause Y, si une modification
de X s’accompagne d’une modification de Y, X étant antérieure à Y, et toutes les autres
variables restant constantes.
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Cependant, dans le domaine de l’éducation, affirmer qu’une relation causale existe entre
X et Y n’épuise pas ce qu’on peut dire sur cette détermination. Les phénomènes humains sont,
selon VAN DER MAREN (1996) surdéterminés, c'est-à-dire qu’une variable peut dépendre
de l’influence combinée de plusieurs autres variables.
Ex. Soit la variable E avec ses modalités e1, e2, e3. Comme le niveau
socioéconomique : riche- moyen – pauvre. Et la variable Y avec ses modalités. Y
peut changer lorsqu’on passe de E (e1) à E (e2) et à E (e3), ou encore Y peut ne
pas changer.
3. Variables parasites
Ce sont des variables qui ne sont pas directement concernées par la recherche, mais qui
peuvent influencer significativement les variables dépendantes. Il est impossible de les
éliminer totalement, il faut simplement les contrôler, neutraliser. Les stratégies de la recherche
expérimentale portent essentiellement sur le contrôle ou la neutralisation de ces variables.
La démarche expérimentale poursuit deux buts principaux : tirer des conclusions valides
concernant les effets de la variable indépendante et faire des généralisations tout aussi valides
des résultats sur les populations et situations auxquelles ils se rapportent. Pour atteindre ces
buts, il faut remplir trois exigences :
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b. L’histoire
Les événements qui se sont intercalés entre le temps expérimental 1 et le temps
expérimental 2 peuvent bien parasiter les résultats.
Ex. On mesure le degré d’anxiété des sujets au temps 1 ; ensuite on soumet les sujets à
l’action de la variable X comme un film d’angoisse. Puis on procède à une
nouvelle mesure de degré d’anxiété au temps 2. La différence entre la mesure de
l’anxiété au temps 1 et au temps 2 peut être due à l’action de la variable X (le
film) ; mais aussi à tous les événements intercalés entre temps 1 et temps 2 ;
comme le passage de la caravane motorisée du milieu, la collection collective du
deuil infligée aux sujets, etc.
c. La maturation
Il s’agit de l’effet inévitable des rythmes biologiques (fatigue, sommeil, soif, faim, genèse
de l’individu, vieillissement …).
Ex. Un chercheur émet l’hypothèse que le développement intellectuel dépend de la
scolarisation. Il soumet un groupe d’enfants de 4 ans à une batterie d’épreuves
d’intelligence. Les enfants sont ensuite scolarisés. Un an après, il fait passer les
mêmes épreuves aux mêmes sujets. La différence constatée entre les deux
performances du groupe est attribuable : à l’action de scolarisation ; à l’action de
l’histoire (tout événement passé entre les deux temps) ; mais aussi au fait qu’en
grandissant d’un an, les enfants ont acquis de nouvelles possibilités intellectuelles.
d. L’effet Rosenthal
L’influence de la personnalité de l’expérimentateur sur la réponse du sujet observé était
intuitivement pressentie depuis fort longtemps. On a essayé de standardiser au maximum
le comportement de l’expérimentateur, en particulier son comportement verbal, afin de
minimiser son influence (standardisation de la consigne du test ou de la tâche
expérimentale).
C’est Rosenthal (1966) qui eu le mérité de mettre clairement en évidence l’effet inductif
de l’expérimentateur au niveau des comportement des sujets. On appelle « effet
Rosenthal », l’influence spécifique de l’expérimentateur sur les résultats obtenus. Il est
lié dans une large mesure à l’interaction de la personnalité de l’expérimentateur et de
celle du sujet.
Ex. Si l’on présente à un enseignant un groupe d’apprenants présentant une distribution
normale des Q.I. (peu de surdoués- peu de faibles- beaucoup de moyens), et que
l’on dise à l’enseignant qu’il s’agit d’un groupe de surdoué. Les résultats à la fin
de l’année peuvent être significativement plus élevés que si on lui présentait le
même groupe comme étant de niveau moyen. L’attente par l’enseignant d’un
certain niveau de performance déterminerait dans une large mesure l’évolution du
groupe et les résultats qu’il obtiendrait.
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e. L’effet Hawthorne
On se réfère à l’expérience de la western Electric Compagny de Chacago (1924).
L’expérience porte sur l’étude des conditions qui pourraient augmenter la productivité
des travailleurs. C’est l’effet d’éclairement sur la performance qui est étudié.
Ex. Un groupe expérimental et un groupe contrôle sont suivis. Le groupe
expérimental bénéficie d’une augmentation d’éclairage ; le groupe témoins reçoit
une illumination constante. On constate que les résultats sont identiques dans les
deux groupes. Quelle que soit la condition expérimentale, la production augmente
toujours de la même manière dans les deux groupes. L’expérience avait duré 8
ans.
Conclusion : les augmentations de la production résulteraient d’un moral accru du
travailleur qui résulterait à son tour de la conscience du travailleur de participer à
une expérience, et du sentiment que la compagnie se souciait de lui. Cela est
ressenti aussi bien dans le groupe expérimental que dans le groupe contrôle. C’es
ce que l’on appelle effet Hawthorne.
Cet effet illustre bien un défaut général de la recherche : parfois, la variable indépendante
n’est pas toujours ce que l’expérimentateur croît qu’elle est. Les modifications de
comportement dans les classes entraînées par la présence d’observateurs ou d’appareils
d’observation relèvent de cet effet.
f. L’effet placebo
Le « placebo » est une substance ne produisant aucun effet physiologique sur l’organisme
mais servant de moyen de contrôle dans une expérimentation. « L’effet placebo » est un
changement observé dans le comportement des sujets du seul fait qu’ils croient avoir reçu
un médicament efficace. Les sujets de l’expérience réagissent parfois à ce qu’ils pensent
que vous leur faites et non à ce que vous vous pensez.
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- Groupe contrôle : sujets naïfs, sans compère. C’est ce groupe qui permettra
d’avoir des indications sur les effets de la V.I.
- Groupe contrôle d’Artefact :sujets naïfs, auxquels on a associé un compère qui
ne participe pas.
Les mêmes résultats doivent être observés dans le groupe contrôle et dans le
groupe d’artefact. Si l’inverse se produit (différence entre les deux groupes
contrôle), c’est que la seule présence du compère aura joué un rôle déterminant.
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phénomène étudié pour voir dans quelle mesure l’apparition de X s’accompagne de la venue
de Y.
2. La méthode génétique
Il s’agit donc d’une approche qui permet de suivre les mêmes individus tout au long
d’une certaine période ; elle consiste à observer ou à évaluer les mêmes sujets à
diverses reprises pendant plusieurs mois ou plusieurs années (changement, continuité
ou non continuité). Elle compare la performance des mêmes personnes à des âges
différents.
NB. Les études longitudinales sont qualitatives, tandis que les études transversales elles,
sont quantitatives. Avec ces deux méthodes, nous avons la possibilité de suivre un
phénomène depuis son origine jusqu’à son état parfait de développement.
Si c’est l’individu qui est suivi, on parle de « l’ontogenèse »,
Si c’est la race ou l’espèce, on parle de la « phylogenèse ».
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3. La méthode expérimentale
L’expérimentation c’est l’étude des faits dans des conditions étables par le chercheur.
Elle a pour but la vérification de l’existence d’une relation entre les faits (ou les variables).
Cette découverte de la relation est le fruit de l’observation.
« Apprendre à penser de façon critique » exige d’abord qu’on respecte les règles de la
logique, mais ensuite qu’on se conforme à plusieurs autres principes (Ruggiero : 1988). Voici
donc huit principes sur lesquels les personnes dotées d’un esprit critique sont curieuses :
Pour Vincent Ruggeiro (1988), ce qui déclenche la pensée critique, c’est la curiosité,
la réflexion et le questionnement. Le fait de se demander : « Qu’est-ce qui ne va pas dans ce
cas-ci ? » ou « pourquoi cette chose est-elle comme elle est et comment en est-elle venue à
être ainsi ? » mène à la détermination de problèmes.
2. Définir le problème
Après avoir soulevé une question, le chercheur doit déterminer ce qui est en cause en
terme clairs et concrets. « Qu’est-ce qui rend les gens heureux ? ». Pour trouver la réponse à
cette question, il faut d’abord préciser ce qu’on entend par ‘heureux’. La formulation des
questions est l’une des caractéristiques qui distinguent le psychoverbiage de la psychologie
scientifique. Pourquoi ?
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demande : « Quelles données appuient ou réfutent cet argument et son contraire ? A quel
point ces données sont-elles fiables. ». Les études s’appuyant sur des données empiriques, càd
celles obtenues par l’observation rigoureuse, l’expérimentation ou la mesure sont exigées.
Ex. Dans une publicité, le fabricant d’une boisson bien connue affirme que son produit est
utilisé de préférence à tout autre par les consommateurs.
Ex. Vous réagissez probablement de façon émotionnelle à certains sujets comme la drogue,
l’avortement, les causes de la criminalité, la violence sexiste, les différences entre les
sexes, le racisme, l’homosexualité par sentiment et, il nous est parfois difficile
d’accepter qu’une autre personne puisse tenir tout aussi fortement à un point de vue
contraire.
Il faut donc admettre que les seuls sentiments ne peuvent nous guider à coup sûr vers
la vérité et qu’il faut examiner de façon rationnelle les faits pertinents.
Un esprit critique ne se contente pas d’un ou de deux événements pour tirer une
conclusion ; il lui faut davantage de faits.
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Ex. Une diseuse de bonne aventure qui se déclarait capable de prédire votre avenir en
lisant les lignes de votre main.
Ex. On annonce dans un bulletin d’information que les individus souffrant de dépression
profonde sont plus susceptibles d’être atteints d’un cancer. Autres explications à
envisager avant de conclure que la dépression cause le cancer : les personnes
déprimées ont peut-être tendance à fumer et à boire plus que les autres, et ces
habitudes de vie néfastes sont susceptibles d’entraîner l’apparition d’un cancer. Par
ailleurs, il est possible qu’un cancer non encore décelé soit à l’origine des sentiments
de dépression que ressentent certaines personnes.
8. Tolérer l’incertitude
Enfin, apprendre à penser de façon critique nous enseigne l’une des leçons les plus
difficiles de la vie : comment vivre dans l’incertitude. Il est important d’examiner les faits
avant d’en arriver à des conclusions, mais il arrive qu’on dispose de trop peu de données pour
appuyer son raisonnement. Parfois, les faits permettent de tirer des conclusions tout justes
provisoires. Parfois, les faits semblent suffisant pour qu’on puisse en tirer des conclusions
solides…jusqu’à ce que des nouvelles données, et ce peut être exaspérant, viennent jeter le
doute sur les croyances établies.
Les personnes à esprit critique acceptent volontiers cet état d’incertitude. Elles ne
craignent pas de dire : « je ne sais pas » ou « Je ne suis pas certain ». Ces aveux ne sont pas
des échappatoires mais des incitations à poursuivre la recherche d’explication. Il convient
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donc de ne pas se laisser convaincre trop facilement, de maintenir ses convictions sans en
faire des dogmes et d’être prêt à les remettre en question chaque fois que de nouveaux faits
l’exigent.
Ainsi donc, la pensée critique est un processus et non une action qu’on accomplit une
fois pour toutes. Lorsqu’une théorie s’écroule, il peut émaner de ses cendres une nouvelle
théorie, meilleure que la première, qui expliquera un plus grand nombre de faits et permettra
de résoudre plus d’énigmes.
Les psychologues savent que la psychologie est une science jeune et que plusieurs des
principes proposés jusqu’ici seront peut-être dépassés par les découvertes de recherches
futures. Elles sont temporaires et sujettes à des modifications ultérieures au fur et mesure que
des données nouvelles deviennent disponibles. Les principes avancés par la pensée critique
vous serez fort utiles pour assimiler les notions de base de la recherche en psychologie et
sciences sociales traitant des méthodes.
Il faut entendre par consentement du sujet d’expérience quant toutes les procédures de la
recherche sont expliquées aux personnes impliquées dans la recherche (comme les
sujets d’enquête, leur responsables directs…). Il est impossible d’obtenir légalement le
consentement d’un sujet dont l’âge est inférieur à 18 ans. Aussi faut-il user de beaucoup
de délicatesse pour mener les recherches auprès des apprenants de niveau préscolaire,
du primaire et du secondaire. D’où la nécessité d’obtenir le consentement des
responsables scolaires, car l’expérience ou le test peut perturber le déroulement du
programme de l’école ou de la classe, et même être en contradiction avec les habitudes
de l’école (méthodes, langage, morale, etc.).
2° Le caractère confidentiel
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Les soins particuliers doivent être pris pour ne pas récolter des données en violation des
lois de la communication (exemple : faire consommer de l’alcool ou de la drogue aux
mineurs, ou faire faire certaines activités sexuelles) ? sauf en certains cas avec certaines
personnes dotées d’une immunité légale tels que les médecins, les psychologues, les
avocats etc.).
Avoir les conditions de recherche acceptables signifie que les sujets d’expérience ne
devraient par par exemple subir de la peine, de la torture, des injures, ou de la
médication sans leur consentement, ou celui de leurs responsables. IL est recommandé
de réserver aux responsables des institutions où l’on a conduit les expériences, les
rapports des résultats obtenus.
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Comment faire pour obtenir la preuve qu’un objet psychologique est efficace ?
L’évaluation de l’efficacité d’un objet (une initiative) psychologique se réalise le plus souvent
à partir de la comparaison des effets sur un groupe expérimental, d’une part, sur un groupe dit
contrôle, d’autre part.
Mais, quelles sont ces variables parasites ? Quels peuvent en être les effets et comment
les contrôler ou les neutraliser ? Telles sont les questions auxquelles l’expérimentation en
psychologie doit tenter de répondre.
la manière dont les sujets seront sélectionnés pour être affectés dans les groupes ;
la manière dont les variables seront manipulées ;
les modalités selon lesquelles les observations seront faites ;
les types d’analyse statistique qui seront employés pour interpréter les relations entre
les variables.
C’est FICHER qui a élaboré les plans expérimentaux conçus d’abord pour l’agriculture.
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pseudo-expérimentaux ;
les plans quasi-expérimentaux ;
les plans véritablement expérimentaux.
Mais le choix d’un dispositif expérimental dépend des buts de l’expérience, des types des
variables à manipuler, et de conditions ou facteurs dans lesquels la recherche sera faite.
Il s’agit de plans qui donnent lieu à des constatations d’un intérêt certain. Ce sont des
dispositifs de collecte et d’analyse des données qui ne comportent pas de mesures
comparatives proprement dites. Ils sont, cependant, développés dans des conditions qui
interdisent toute validité des résultats de l’expérience. Ces plans peuvent prendre deux
formes : la forme ex post facto et la forme de recherche causale proprement dite.
Ce plan consiste à étudier un phénomène dont la cause s’est produite avant le début de
la recherche. Le chercheur commence l’étude avec la variable dépendante et va ainsi à la
recherche de la cause lointaine. C’est une démarche rétrospective.
Schéma : X O1.
Exemple : - On évalue les résultats scolaires d’un groupe d’élèves (satisfaction ou non)
à un moment donné (VD)
- On recherche la cause lointaine.
Dans ce plan, le chercheur n’a d’emprise ni sur la variable indépendante qui a déjà
agi, ni sur la variable dépendante dont il observe seulement les manifestations. Son rôle
consiste à découvrir la relation entre les deux.
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~ 47 ~
Ce plan ayant un seul groupe, une seule variable indépendante (traitement expérimental)
et étudié une seule fois pour évaluer l’effet supposé causer le changement observé (O1).
Schéma : X O1
La direction de la flèche, dans ce plan, montre que la recherche commence par la variable
indépendante (X) qui est censée produire les conséquences observées (O 1) comme variable
dépendante. Toutefois, dans ce plan, le traitement (X) est implicitement comparé au sens
commun, aux attentes générales de ce qui serait arrivé si ce traitement n’avait pas été
appliqué.
Ce plan souffre d’une lacune profonde : absence d’un élément objectif (groupe) de
référence et de contrôle Sans un tel élément, la recherche scientifique et la connaissance qui
en découle sont illusoires, car rien ne peut « prouver » que le traitement (X) est effectivement
la cause des conséquences observées. Toutefois, ce plan peut constituer le point de départ
d’une recherche plus scientifique.
Ce plan, comme le précédent, a aussi un seul groupe, mais la différence est que ce
groupe subit un pré test, un traitement et un post test , mais sans groupe contrôle. Il n’y a
qu’un seul groupe..
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C’est un dispositif dans lequel il y a deux groupes, l’un reçoit le traitement (X), l’autre
n’en reçoit pas. Mais tous les deux subissent un même post test (O 1 et O2) au même moment
pour établir les effets du traitement. Schématiquement, ce plan peut être représenté comme
suit :
O2
Ces modèles assurent une validité interne du plan de l’expérience à l’avenant du soin à
apporter à la mise au point des techniques de contrôle des variables. Ce sont donc des plans
très utilisés et même conseillés à être utilisés, tout en demeurant alerte à l’intervention des
variables parasites. D’où la mise en œuvre des plans nés d’un certain compromis entre les
impératifs scolaires ou psychologique, et la rigueur expérimentale. Ce sont des plans quasi-
expérimentaux.
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Le but du groupe contrôle est, d’une part, d’apporter la preuve avec les autres groupe,
de la relation entre V.I. et V.D. ; et d’autre part, de contrôler un certain nombre de variables
parasites.
Il est important que le groupe contrôle soit constitué avec soin. Plusieurs procédures
sont souvent suivies :
Il est difficile de tirer des conclusions comme on ne connaît pas la situation de chaque
groupe avant le début de l’expérience.
Un des plusieurs parmi les plus utilisés dans les recherches en psychologie et
éducation est celui qui organise deux groupes : un groupe expérimental et un groupe de
contrôle (témoin), les deux étant constitués sur base d’échantillons qui ne sont pas
équivalents. Ce sont des groupes naturels tels que les classes, apparemment semblables, mais
en réalité, peut-être, extrêmement différents. Le schéma classique de ce plan se présente
comme suit :
Schéma : O1 X O2
O3 O4
G.E. : Pré-Test - Expér.- Post-Test
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Hypothèse opérationnelle : O2 O4 O1 O3
Dans ce plan, les deux groupes reçoivent au même moment le pré test, puis le post test.
Pendant l’intervalle qui sépare ces deux moments, le premier groupe est soumis au traitement
(X), tandis que le second ne l’est pas ou est soumis au placebo. Ce plan permet de contrôler
plusieurs variables parasites qui nuisent à sa validité interne. Cependant, l’absence de
randomisation (aléatorisation) le rend vulnérable quant à sa validité interne. Ce dispositif est
déjà bien perfectionné. Mais on ne sait pas évaluer dans le groupe contrôle l’effet
d’apprentissage que peut provoquer le simple fait d’avoir subi le pré-test.
c. X O5
d. O6
Hypothèse opérationnelle O2 O5 O4 O6 O1 O3
1° Les mesures O1 et O3 doivent être identiques. Cette égalité entre les deux mesures est
nécessaire pour préciser le degré d’équivalence.
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mesure est importante car elle permet de généraliser les résultats obtenus à une population
qui n’a pas été soumise à la mesure préalable.
Les plans des séries temporelles ont pour essence la présence d’un processus
d’observation ou mesure périodique portant sur un individu ou un groupe (parfois
quelques groupes) d’individus et l’introduction d’un traitement expérimental dans les
séries temporelles d’observation dont les résultats sont indiqués par une discontinuité dans
les mesures d’observation ainsi enregistrées sur les différentes séries.
Ce dispositif introduit une innovation dans l’observation des sujets ou groupe des
sujets. En effet, les observations faites avant l’introduction du traitement permettent de se
rendre compte si le comportement étudié est stable chez le sujet ou groupe de sujets.
Cependant, celui-ci manque de facteur de référence et de comparaison.
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Les dispositifs des séries temporelles ont suscité ces dernières années un grand intérêt
et une multitude des recherches. Tout indique qu’ils constitueront, encore pour les recherches
scientifiques en éducation, un outil précieux.
Ces plans sont les plus recommandés dans la recherche quantitative à cause de leur
validité interne solidement affermie par leur rigueur expérimentale.
Ce plan comprend :
Le plan expérimental comprend au moins deux groupes dont les sujets sont
homogénéisés. Un de ces groupes est placé dans les conditions dites « toutes choses étant
égales par ailleurs », seule la variable dont on veut étudier les effets est censée agir. En
d’autres termes, toutes les variables étant maintenues constantes, seule celle qui est étudiée est
laissée en activité. Dans le groupe contrôle, les mêmes conditions sont réalisées ; bien plus,
même l’action de la variable manipulée dans le groupe expérimental est strictement contrôlée.
C’est pourquoi, on l’appelle groupe contrôle ou groupe témoin. Cependant, l’absence de
l’activité du traitement dans le groupe témoin ne signifie nullement qu’il n’y a pas du tout
d’activité. Il y a une action ou une activité non spécifiée dont l’effet devrait être comparé à
l’activité spécifiée du traitement. On distingue ici trois plans expérimentaux :
R X O1
R X O2
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Ce schéma est l’un des plus simples, mais aussi de mieux approprié pour la recherche
en psychologie et en éducation dans la mesure où il simplifie l’instrumentation exagérée du
dispositif expérimental. En effet, si les groupes sont réellement homogènes le pré test n’est
pas a priori requis. Ainsi, la recherche expérimentale peut, après avoir constitué les groupes,
démarrer avec l’expérience à l’issue de laquelle le post test sera organisé. Comme ces deux
groupes sont indépendants, au moyen de test t de STUDENT ou de test Z, on peut vérifier
l’hypothèse nulle entre O1 et O2. C’est la première étape. Si les résultats et leur interprétation
suggèrent une analyse profonde, alors, on pourra répéter l’expérience avec un autre plan,
comme celui qui va suivre. Cette démarche n’est pas à confondre avec une perte de temps. La
recherche progresse par accumulation des connaissances. C’est la maîtrise des variables
simples qui permettra plus la prise en compte de celles qui sont plus complexes.
Il comprend deux groupes homogènes qui reçoivent, chacun, au même moment, le pré
test, puis le post test, entre ces deux moments, le groupe expérimental est soumis au
traitement, tandis que le groupe contrôle réalise une autre activité. Ce plan se présente de la
manière suivante :
R O1 X O2
R O3 O4 Hypothèse opérationnelle : O2 O4 O1 = O3
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1. Plan factoriel
Le plan est dit factoriel quand on utilise toutes les combinaisons possibles des
modalités des différentes variables indépendantes choisies. Il permet de manipuler au
même moment deux ou plusieurs variables indépendantes et de déterminer comment
ces variables influencent l’ensemble du comportement étudié. Il présente deux grands
avantages :
- la manipulation de plusieurs variables indépendantes à la fois et,
- l’étude des interactions, c'est-à-dire l’étude des effets attribuables à la
combinaison des variables.
Le plan factoriel peut être aléatoires ou non. Mais la version aléatoire est plus
souhaitée. Toutes, dans les conditions éducatives, même là où il n’a pas été aléatoires,
les résultats ont toujours été plus intéressants, l’étude de chaque variable prise
séparément.
Motivation
I III
B1
II IV
B2
A = Attente B = Motivation
A1 = Attente longue B1 = Motivé
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Les groupes I – II – III – IV sont équivalents. C’est comme si les mêmes sujets
subissent les quatre situations si on peut admettre que l’ordre de passassion comporte
peu. De tels plans présentent des avantages :
a. L’économie
Chaque groupe de mesure ou chaque mesure contribue à la résolution des deux
problèmes posés : influence de la durée d’attente et de la motivation sur le temps
de réaction. Si on étudie cette question en ne faisant varier qu’une variable à la
fois, il y aurait fallu non pas 4, mais 8 groupes de sujets :
A1 et A2 dans la situation B1
A1 et A2 dans la situation B2
B1 et B2 dans la situation A1
B1 et B2 dans la situation A2
Un plan factoriel peut être appliqué à plus de deux variables et à plus de deux
modalités de chaque variable. Par conséquent, le nombre de ases augmente et la
lourdeur de expérience s’accroît.
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A XB
Pour deux variables indépendantes à trois modalités on a 9 cases :
3X3
A XBXC
Pour 3 V.I. (A – B – C) à 2 modalités, on aura 8 cases :
2 X 2 X2
A XBXC
Pour 3 V.I. (A – B – C) à 3 modalités chacune on a 27 cases :
3 X 23 X 3
Pour éviter cette lourdeur (nombre élevé de cases), on peut garder les autres
avantages du plan factoriel, en simplifiant la procédure. D’où le plan dit en carré latin
qui répond à ce but.
Le plan carré latin est utilisé dans le cas où l’on veut combiner simultanément
trois variables dont chacune doit avoir le même nombre de facteurs ou de sous-
variables que l’autre. Comme c’est un carré, il a autant de colonnes que des lignes et
le carré des conditions expérimentales. Dans l’assignation des sujets ou des éléments
dans les conditions expérimentales, le principe est que : aucun élément ni sujet ne peut
apparaître plus d’une fois dans une colonne ou dans une ligne.
Méthodes
I II III IV
1 A B C D
Enseignants 2 B C D A
3 C D A B
4 D A B C
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groupe n’apparaît plus d’une fois sur une ligne ni sur une colonne. Cela veut dire, par
exemple, que chaque enseignant (1, 2, 3, 4) aura expérimenté toutes les quatre
facettes de la variables étudiées et ce, dans les différentes méthodes (I, II, III, IV). De
même, chaque méthode aura connu les facettes différentes avec différents
enseignants. Ainsi, on a fait bouger toutes les variantes de la variable indépendante,
mais, chacune indépendamment des autres.
Les différences qu’on aura observées entre les quatre groupes ne peuvent être
attribuées ni aux enseignants, ni aux méthodes, ni aux variations des questions
posées par les enseignants, par exemple, mais seulement à leurs niveaux, car, tous les
élèves auront été enseignés par tous les enseignants et aurons expérimentés toutes
les variantes des questions.
Ce plan repose sur le même principe que le plan carré- latin( trois variables
indépendantes), mais, il ajoute une autre variable dans les conditions expérimentales.
Cette nouvelle variable doit être distribuée également de manière aléatoire dans les
différentes conditions.
Méthodes
I II III IV
1 A& Bß C¥ D&
2 Bß C¥ D& A&
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Ces instruments sont les « tests » : une épreuve scientifiquement élaborée, destinée à
évaluer objectivement les traits individuels. C’est le psychologue américain CATTELL qui
utilise pour la première fois le terme de test mental en 1890. Mais on peut considérer Alfred
BINET comme le véritable créateur de la méthode en France. C’est lui qui élabora comme on
le sait, la première échelle métrique de l’intelligence, avec Théodore SIMON.
Les qualités fondamentales qui font du test une épreuve scientifique sont :
2° Tests de niveau ou de difficulté : épreuves qui marquent le degré atteint par l’apprenant
dans une capacité technique de nature scolaire (ce sont surtout des aptitudes qui sont
mesurées ici. La capacité du travail et sa difficulté sont envisagées).
3° Tests de maturité dont l’objectif est de vérifier si les mécanismes et les acquisitions
indispensables pour aborder avec profit un apprentissage scolaire déterminé sont
suffisamment développés chez l’apprenant.
4° Tests de rendement : ils mesurent ce que l’apprenant a appris dans les multiples
disciplines du programme.
5° Tests diagnostiques : pour découvrir les déficiences scolaires et leurs causes (utiles pour
l’individualisation de l’action pédagogique et pour l’enseignement correctif).
6° Tests pronostiques : ils ont pour objet de prévoir le genre d’étude qui conviendrait le
mieux à chaque apprenant.
Autres instruments :
Questionnaire.
Check-list (simple feuille d’inventaire destiné à guider et systématiser l’observation).
Grilles d’observation systématique.
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Chaque recherche doit déterminer la population à laquelle elle est destinée. Son
ambition c’est d’étendre les conclusions de l’étude à cette population qui n’est rien d’autre
que l’ensemble d’individus, d’objets, d’instruments, d’événements… auxquels s’adresse une
recherche.
a. Population inférentielle, celle au sujet de laquelle les déductions seront faites à partir de
données récoltées, et à laquelle les généralisations seront appliquées. Elle est
difficilement accessible.
Ex. L’ensemble des étudiants de la RDC ; les femmes travailleuses de la ville de
Kindu.
b. Population cible. A cause de l’inaccessibilité de la population d’inférence, on définit une
population cible, c’est-à-dire celle qu’on peut atteindre et qui a les mêmes
caractéristiques que la ^population inférentielle.
Ex. les étudiants de G3 psycho de l’UNIKI.
c. Population d’enquête : elle est généralement moins importante. Le chercheur éprouve
des difficultés pour toucher un nombre très élevé de sujets ; il n’en a ni le temps, ni les
moyens.
4.4.2. Echantillon
Mais pour que ces conclussions soient ainsi généralisables, il faut que l’échantillon soit
représentatif. Souvent des erreurs sont commises lorsqu’on constitue un échantillon :
a. Solution de facilité : le chercheur cherche des sujets qu’il connaît, qui lui sont familier,
ou qu’il peut atteindre facilement.
b. Attitude sélective : ne prendre que les sujets qu’on croît être bien informé sur le sujet ou
thème de l’étude.
c. Sources périmées ou sélective : on consulte les statistiques de 1998 pour une recherche
de 2000 ; on sélectionne à partir d’un annuaire de téléphone.
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Remarque
- L’échantillon simple : les sujets sont ordonnés dans une liste. On applique la table de
nombre au hasard de Fisher.
- L’échantillon stratifié : il consiste à diviser la population en sous-groupes ou trates, puis
choisir un échantillon dans chaque strate. Chaque strate est alors traitée comme un
échantillon simple.
- L’échantillon stratifié pondéré : il est parfois erroné d’accordé le même poids à chaque
strate, car toutes les strates ne sont pas quantitativement égales dans la population. Il
faut donc des échantillons stratifiés proportionnés ou pondérés.
Il semble que lorsqu’o travaille sur de grands nombres, on peut considérer que
l’échantillon se pondère de lui-même. Les facteurs qui déterminent le choix de l’échantillon
restent :
- La population à étudier (ses caractéristiques) ;
- La structure de cette population ;
- Les objectifs de la recherche ;
- Le degré de précision souhaité pour les résultats ;
- Le temps et les ressources dont on dispose.
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L’hypothèse nulle est celle qui déclare qu’il n’y a pas de différence entre deux ou
plusieurs groupes dans une variable, ou encore qu’il n’y a pas de relation entre deux variables
à l’intérieur d‘un groupe. L’hypothèse nulle est, soit rejeté au profit de l’hypothèse
alternative, soit non rejetée.
Le test t de Student ;
Le Chi-carré (ou Chi-deux, ou χ²) ;
L’analyse de la variance ;
La corrélation (simple ou multiple) ;
L’analyse factorielle (issue de la corrélation).
A l’aide des résultats, les hypothèses avancées dans le travail sont conformées ou infirmées.
La règle fondamentale à suivre dans la présentation des résultats consiste à donner tous
les faits qui se rapportent à la question de recherche, que ces derniers concordent ou non avec
le point de vue scientifique. C’est la règle cardinale du témoignage scientifique (SELLTIZ et
al., cité par DUBOIS, 2005). Ces relations imprévues peuvent d’ailleurs faire que la recherche
soit plus originale que ce qui était prévu au départ.
NB. Il faut toujours éviter de mêler les résultats et leurs interprétations. Il faut toujours
indiquer le niveau de signification des résultats, surtout des résultats statistiques.
Il est erroné de croire qu’ un résultat donné ne correspond qu’un mode d’explication. Il
est plutôt conseillé d’utiliser pour un même événement, des « grille de lecture » différentes. Il
ne faut pas risquer de prendre la cause partielle pour la cause essentielle. Il faut parfois
rechercher très loin l’explication.
L’interprétation des résultats consiste à tirer ses propres conclusions de leur analyse.
C’est une partie dite subjective du travail (contrairement à la partie de l’analyse des résultats
qui est la partie objective).
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~ 62 ~
La discussion des résultats consiste à établir le pont entre l’interprétation des résultats
et les travaux antérieurs. On y décrit comment les nouvelles connaissances s’intègrent dans le
domaine étudié et en quoi elles diffèrent de celles qui existaient déjà, soit théoriquement, soit
en pratique. C’est la contribution de la recherche. C’est dans cette partie que le lecteur qui lira
le travail saura ce que ce travail lui apprend et quelle est sa portée.
Mais, une fois que la relation étudiée est vérifiée dans la situation particulière,
l’expérimentateur a-t-il le droit de repasser cette fois du particulier au général, et admettre
que l’hypothèse est vérifiée dans son universalité ? Peut-il étendre à une classe ce qu’il a
observé sur un petit groupe?
Répondre par « oui », c’est ignorer la contingence de toute situation ; répondre par
« non », c’est rendre la science impossible et se satisfaire d’établir un catalogue des faits.
a. La situation
Il faut avoir étudié le même phénomène dans une variété de situations pour que la
généralisation du résultat trouvé prenne une valeur plus grande. Si l’étude porte sur le
comportement général des enfants, par exemple, on ne peut pas baser les résultats rien
que sur leurs comportements à l’école. Il faut aussi leurs conduites à la maison, dans la
rue, etc.
b. La réponse
Il faut plusieurs conditions, pour permettre de constater des manifestations
caractéristiques d’une réponse R avant de prétendre qu’il s’agit d’un concept R.
Ex. J’étudie la réaction d’impatience dans les situations d’attente. Je ne peux pas
généraliser que l’attente engendre l’impatience. Mais si je constate de proche en
proche des manifestations diverses qui peuvent être subsumées sous le nom de
concept d’impatience, je eux généraliser. Pas partir d’une impatience et passer à
« l’impatience » . une certaine prudence est recommandée.
c. Les personnes
De quelques individus, il ne faut pas conclure sur l’humanité. La valeur des conclusions
est liée à la représentation de l’échantillon de la population étudiée.
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d. Les relations
Il ne faut pas vite établir des lois. Au plus particulier, la relation est descriptive. Mais au
fur et à mesure que de pareilles relations sont établies, il devient possible de les
rapprocher, et de dégager un mode de relation plus général qui sera considéré comme
explicatif par rapport aux conduites particulières.
Les résultats d’une recherche peuvent bien être des enffacts 1 de la méthode utilisée.
Ainsi, l’avantage de la triangulation réside dans le fait que l’utilisation de méthodes
contrastées réduit considérablement les chances que les découvertes soient attribuables à la
méthode. Elle permet donc l’augmentation de la confiance dans les résultats.
1
Un artéfact est un phénomène d’origine artificielle ou occidentale rencontré lors de l’observation
d’une expérience. Un artéfact a ceci de fâcheux et de nocif qu’il est capable d’induire
l’expérimentateur ou l’opinion publique en erreur, de brouiller les cartes, d’embrouiller la situation,
de cacher, de voiler ou de déformer la vérité à l’évidence et à la transparence de la vérité.
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~ 64 ~
Chaque chercheur a l’obligation de transmettre aux autres ce qu’il a appris dans ses
investigations. Ce rapport doit être en définitive écrit pour des besoins de précision
scientifique, même si un rapport oral peut être fait.
Ce rapport peut être une présentation de thèse, de mémoire, un travail de fin de cycle,
une dissertation, un article à publier, un rapport pour des besoins de gestion administrative. Il
doit obéir aux recommandations relatives au style et aux diverses autres suggestions.
Le rapport doit être écrit dans un style agréable, clair et concis. La clé pour une bonne
expression scientifique c’est la simplicité. Le rapport doit être intelligible pour être compris
par les autres qui ne sont pas nécessairement experts, mais qui s’intéressent au domaine. De
règle générale, tout doit être logique, exact, prouvé, clair et concis.
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1. Concernant le titre
Le titre est exceptionnellement important. Il doit être le plus bref possible, tout en
contenant le plus d’information possible. C’est le meilleur marketing du document. Il
doit, dans la mesure du possible mentionner les principales variables, le type de relation
exploitée (exemple : effet de, vérification de, analyse de, relation entre, etc.). Certains
auteurs ne souhaitent pas qu’on mentionne le type de relation car cela allonge trop le titre.
Beaucoup de chercheurs suggèrent fermement de s’en tenir à moins de 20 mots. De toutes
les façons, le titre ne doit pas comporter plusieurs phrases.
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l’analyse et du traitement des résultats. L’état de la question seul ne suffit pas. L’auteur
doit porter un jugement critique sur celui-ci par rapport à ce qu’il fait.
4. Concernant le résumé
Le résumé d’un article contient au minimum les résultats de l’étude. Il est souhaitable
d’inclure si possible les caractéristiques des sujets, le plan expérimental, la méthode, et le
problème étudié. Un résumé va d’une phrase à 500 ou 600 mots, suivant la longueur du
texte original, et les impératifs de l’organe de publication.
TP à remettre le ………
A l’aide du plan carré latin, schématisez les différentes combinaisons
obtenues lorsqu’on veut étudier les effets du niveau de formation par
rapport à l’enseignement de qualité de : 1) Assistant ; 2) Chef de
Travaux ; 3) Professeur ; 4) Professeur Ordinaire et la forme
d’enseignement usitée : a. Expo-dogmatique ; b. Expo-narrative ; c.
Active ; d. Interrogative.
CONCLUSION
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La psychologie n’est donc plus cette science qui n’étudie que les réponses des sujets.
Elle vise plutôt à accéder à l’intelligence des voies ayant conduit aux réactions ou réponses
observées. De la situation à la réaction, il se passe bien des choses que la psychologie doit
saisir pour éviter les tendances mécanistes ayant caractérisées l’école behavioriste.
BIBLIOGRAPHIE
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TABLE DE MATIERES
INTRODUCTION...................................................................................................................................1
1. Contenu du cours......................................................................................................................1
2. Objectifs du cours......................................................................................................................1
3. Evaluation...................................................................................................................................2
4. Contact avec le Chef de travaux : 0812390177 - 0999653088.................................................2
Chapitre 1 GENERALITES SUR LA PSYCHOLOGIE EXPERIMENTALE........................................3
1.1.Définition de quelques concepts de base.....................................................................................3
1.1.1. Psychologie..........................................................................................................................3
Au cours de l’évolution scientifique, l’objet d’étude de la psychologie était clairement précisé :....3
1.1.2. Expérimentation psychologique..........................................................................................4
1.2.Objet d’étude de la psychologie expérimentale...........................................................................7
1.3.En quoi une recherche est-elle expérimentale ?.........................................................................8
1.4.Psychologie expérimentale et expressions concurrentes..........................................................11
Chapitre 2 . REPERES HISTORIQUES DE L’APPROCHE EXPERIMENTALE EN
PSYCHOLOGIE............................................................................................................12
2.1.Philosophes précurseurs et fondateurs de la psycho expérimentale.......................................12
2.2.Pionniers de la psychologie expérimentale...............................................................................13
2.3.Fondateur de la psychologie expérimentale.............................................................................19
2.4.Grandes réalisation en psychologie expérimentale................................................................19
2.5.Principaux domaines d’étude en psychologie expérimentale...................................................19
Chapitre 3 DEMARCHE ET ETAPES DE LA RECHERCHE EXPERIMENTALE EN
PSYCHOLOGIE............................................................................................................21
3.1.Démarche expérimentale : Schéma OHERIC..........................................................................21
3.2.Le problème...............................................................................................................................26
3.3.La formulation des hypothèses..................................................................................................27
3.4.Le rôle de la théorie...................................................................................................................29
3.5.La définition des variables........................................................................................................31
3.6.Le choix méthodologique..........................................................................................................38
3.7.Critiques concernant l’utilisation de la méthode expérimentale en psychologie.....................40
3.8.Quelques règles déontologiques................................................................................................43
Chapitre 4 CONSTRUCTION ET SHEMATISATION DES PLANS EXPERIMENTAUX.................45
4.1.Définition du dispositif expérimental.....................................................................................45
Expérimentation en Psychologie /L2 LMD- Psycho/ UML/ CT. BINGUNDU/ 2023- 2024 Page 69
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