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GEOGRAPHIE 3è

La Côte d'Ivoire, pays en développement d'Afrique de l'Ouest, bénéficie d'atouts naturels tels qu'un relief propice à l'agriculture, une diversité climatique et des ressources minières et hydriques abondantes, favorisant son développement économique. Sa population jeune et dynamique, ainsi que sa diversité culturelle, constituent également des atouts majeurs pour l'économie, soutenus par une politique économique libérale depuis l'indépendance. L'économie ivoirienne a connu des phases de croissance et de crise, mais se redresse actuellement grâce à des réformes et à l'émergence de nouveaux secteurs.

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GEOGRAPHIE 3è

La Côte d'Ivoire, pays en développement d'Afrique de l'Ouest, bénéficie d'atouts naturels tels qu'un relief propice à l'agriculture, une diversité climatique et des ressources minières et hydriques abondantes, favorisant son développement économique. Sa population jeune et dynamique, ainsi que sa diversité culturelle, constituent également des atouts majeurs pour l'économie, soutenus par une politique économique libérale depuis l'indépendance. L'économie ivoirienne a connu des phases de croissance et de crise, mais se redresse actuellement grâce à des réformes et à l'émergence de nouveaux secteurs.

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Thème 1 : ETUDE ECONOMIQUE DE LA COTE D’IVOIRE

Leçon 1 : LES ATOUTS NATURELS ET HUMAINS DU DEVELOPPEMENT


ECONOMIQUE DE LA COTE D’IVOIRE
Introduction
Située en Afrique de l’ouest, la Côte d’Ivoire est un pays en voie de développement qui partage ses frontières avec
cinq pays et possède une façade maritime. Pays à vocation agricole, la Côte d’Ivoire est la deuxième économie de
l’espace CEDEAO après le Nigeria.
Quels sont les atouts naturels dont dispose la Côte d’Ivoire et comment contribuent-ils au développement
économique du pays ?
Quel est l’apport de sa population à ce développement ?
Quelle est la politique économie de la Côte d’Ivoire et comment son économie a évolué depuis l’indépendance ?

I- UNE NATURE, PROPICE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE


1- Le relief, un atout majeur du développement
Le relief ivoirien est dans son ensemble plat et présente trois grands aspects.
- Les plaines côtières au Sud,
- Les plateaux allant du Centre au Nord
- A l’Ouest, une zone montagneuse.
Ce type de relief qui n’est pas trop accidenté, facilite l’occupation humaine et permet une véritable mise en valeur
agricole du pays car les surfaces cultivables sont très vastes. La construction des infrastructures de
communications est facilitée sur ce relief. L’Ouest montagneux constitue aussi un atout touristique attractif avec les
ponts de lianes, les cascades, les monts à visiter.

2- Une diversité climatique propice au développement


- Le climat subéquatorial au sud : un climat humide ou il pleut presque toute l’année. C’est le domaine des sols
ferralitiques (humides et fertiles) et hydromorphes (marécageux) avec une végétation de forêt dense.
NB : Cette zone propice est de nombreuses cultures spéculatives (café, cacao, hévéa…) et à l’exploitation
forestière.
- Le climat tropical humide ou de transition au centre : les précipitations annuelles sont autour de 1500 mm/an.
C’est le domaine des sols ferrugineux (peu profonds et secs), de la savane arborée et de la forêt claire.
NB : Cette zone est favorable à la culture du coton, des céréales, des mangues et à la pratique de l’élevage
- Le climat tropical sec au nord : c’est le domaine des sols ferrugineux, de la savane arbustive avec des
températures toujours élevées (plus de 30°c).
NB : Cette zone est propice aux cultures industrielles comme le coton, l’anacarde la canne à sucre, mais
également aux cultures vivrières surtout céréalières (maïs, mil, sorgho, etc.). Cette zone favorable à la pratique de
l’élevage surtout des bovins.
- Le climat de montagne à l’Ouest : c’est un climat pluvieux avec des sols ferralitiques. Les températures sont
basses, autour de 20°c. La zone de montagne est le domaine de la forêt dense,
NB : Cette zone est favorable aux cultures industrielles (café, cacao, hévéa…), à l’exploitation forestière et aussi à
la riziculture.

3- Un sous-sol aux potentiels énergétiques et miniers impressionnants


La Côte d’Ivoire dispose d’un sous-sol riche en hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) localisés essentiellement
dans la zone du littoral en off-shore.
Le pays regorge aussi d’importantes ressources minières réparties sur l’ensemble du territoire. On y trouve des
minerais de fer, de nickel latéritique, de bauxite, d’or, de manganèse etc. Certaines ressources minières comme
l’or, le manganèse, la bauxite, le nickel, le diamant sont en cours d’exploitation.
4- Des ressources en eaux abondantes et favorables au développement
Les ressources en eau de la Côte d’Ivoire sont constituées de :

TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 1


- Quatre grands fleuves (Cavally, Sassandra, Bandama et Comoé),
- Plusieurs petits fleuves côtiers (l’Agneby, le Mé, le Bia, le Tanoé),
- Un réseau lagunaire dense.
- L’océan Atlantique (520 km de littoral).
Toutes ces ressources en eau offrent des possibilités d’irrigation pour l’agriculture, le développement des activités
de pêche, la construction des barrages hydro-électriques, le développement d’activités portuaires, du transport
lagunaire, du tourisme balnéaire, etc.
En définitive les conditions naturelles sont favorables au développement économique de la Cote d’Ivoire.

II- LA POPULATION UN ATOUT DE DEVELOPPEMENT


1- Une population à forte croissance démographique et jeune
- La population ivoirienne augmente rapidement (plus de 29 millions d’habitants selon le dernier RGPH 2021).
- 75% de cette population a moins de 35 ans.
- C’est une population très jeune qui constitue un réel atout de développement économique.
- Elle assure une main-d’œuvre disponible et constitue également un vaste marché de consommation à l’échelle
nationale.

2- La diversité culturelle, un apport au développement


La Côte d’Ivoire se subdivise en quatre grands groupes ethniques. Les Akan, les Mandé, les Gur et les Krou. On
dénombre une soixantaine de sous-ethnies au sein de ces quatre grands groupes ethniques.
Cette diversité ethnique constitue un réel atout au développement du tourisme culturel avec les nombreuses
danses de masques, les fêtes de générations, les festivals et festivités etc.).
La population ivoirienne est très cosmopolite qui abrite d’importantes communautés étrangères, particulièrement
celles de l’espace CEDEAO. Selon le dernier RGPH 2021, le taux de Population Étrangère est de 22%. Cette forte
population étrangère constitue une main-d’œuvre indispensable au développement économique de la Cote d’Ivoire
surtout dans le secteur primaire.

III- LA POLITIQUE ECONOMIQUE DE LA CÔTE D’IVOIRE.


1- Le choix économique ivoirien
Dès l’indépendance, la Côte d’Ivoire a opté pour le libéralisme économique. Ce choix économique s’est caractérisé
par :
► Une forte intervention de l’État
L’État organise et planifie l’économie en choisissant les secteurs à développer et en orientant les investisseurs.
► La libre entreprise
Cette politique se traduit par l’adoption de codes d’investissement très attractifs tels que :
- L’exonération et l’allègement fiscal ;
- Un code des investissements souple ;
- La liberté de transfert des fonds à l’extérieur ;
- L’engagement de l’État à ne jamais procéder à des nationalisations d’entreprises.
► L’ouverture sur l’extérieur
Elle permet à l’État de bénéficier des capitaux étrangers pour financer son développement.
Cette politique a permis à la Côte d’Ivoire de profiter d’une main d’œuvre étrangère qualifiée d’origine européenne
et d’une importante main-d’œuvre agricole avec l’ouverture de ses frontières aux pays voisins.

2- Évolution du système économique ivoirien depuis 1960


L’évolution du système économique ivoirien peut être divisée en trois phases principales.
- La première phase, de 1960 à la fin des années 1980 : une période de forte croissance économique qualifiée
de « miracle ivoirien ». Cette phase est marquée par le développement des cultures d’exportations telles que le
café, le cacao et le bois. C’est aussi la période des investissements massifs de l’État dans divers secteurs
socioéconomiques
TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 2
- La deuxième phase, de 1980 à 1994 : une période d’effondrement de l’économie ivoirienne en raison de
plusieurs facteurs, dont la chute des cours des matières premières et la mauvaise gestion des sociétés d’État.
- La troisième phase part de 1994 à aujourd’hui. L’économie ivoirienne s’est redressée entre 1994 et 2000 grâce
aux politiques de privatisations et à la dévaluation du Franc CFA en 1994. Mais les crises sociopolitiques de 2002
et postélectorales de 2011 ont fortement affaibli l’économie ivoirienne. Depuis 2012, avec la stabilité sociopolitique,
les réformes structurelles (adoption du Plan National de Développement, réforme du CEPICI) et le développement
de nouveaux secteurs comme les technologies de l’information et de la communication et le tourisme, l’économie
ivoirienne de connaître un taux de croissance économique dynamique.
La Côte d’Ivoire figure aujourd’hui parmi des économies les plus prospères d’Afrique de l’Ouest.
Conclusion
Le développement économique de la Côte d’Ivoire repose sur un ensemble de facteurs naturels, humains et
politiques positifs et bien structurés. Ils ont permis au pays de se forger une économie performante et de se
positionner comme une puissance dominante dans la sous-région.

Leçon 2 : LES SECTEURS D’ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES DE LA COTE D’IVOIRE


Introduction
La Côte d’Ivoire est un pays à vocation agricole dont la performance économique repose sur le dynamisme de ses
différents secteurs d’activités.
Comment se caractérisent les différents secteurs d’activités économiques de la Côte d’Ivoire ?
Comment contribuent-ils au développement du pays ?

I- LE SECTEUR PRIMAIRE
1- L’agriculture, activité dominante du secteur primaire
1-1- L’agriculture traditionnelle
Elle désigne les cultures pratiquées par les paysans pour leur propre consommation locale. Les productions ne
sont pas importantes car elle se pratique sur de petites surfaces avec des moyens rudimentaires ou archaïques
(dabas, machettes, attelage d’animaux, culture sur brûlis). Nous avons :
- Les céréales (riz, maïs, mil, fonio, sorgho)
- Les tubercules (igname, manioc, taro)
- Les légumineuses (le soja, l’arachide, le haricot)
- Les légumes (aubergine, tomate, piment, gombo)
- Les fruits (mangue, papaye, banane plantain et dessert, ananas, agrumes etc.)

1-2- L’agriculture industrielle


Ce sont des cultures essentiellement destinées à l’exportation ou à la transformation industrielle. Des méthodes et
techniques culturales modernes sont utilisées (la mécanisation, l’utilisation d’engrais,). Les exploitations sont de
très grandes tailles et les rendements sont élevés.
La Côte d’Ivoire occupe des rangs remarquables sur le marché mondial et africain en 2022 :
- Cacao : 2 millions tonnes / an (1er producteur mondial)
- Noix de cola : 260 000 tonnes / an (1er producteur mondial)
- Noix de cajou : 1,2 million de tonnes/ an (1er exportateur mondial)
- Café : 100 000 tonnes / an (4ème producteur mondial)
- Caoutchouc sec : 1,6 million de tonnes / an (1er producteur africain)
- Banane dessert : 350 000 tonnes / an (1er producteur africain)
- Huile de palme : 650 000 tonnes / an (2ème producteur africain)
- Coton : 350 000 tonnes / an (3ème producteur africain)

2- L’élevage
2-1- L’élevage traditionnel ou extensif

TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 3


Il concerne les bovins, les ovins, les caprins, les porcins, la volaille (aviculture). Il est développé dans toutes les
régions mais l’élevage des ruminants est beaucoup pratiqué dans les régions du Nord où la végétation et le climat
sont très favorables ;

2-2- L’élevage moderne ou intensif


Il concerne l’élevage de bovins essentiellement pratiqué dans les régions du Centre et du Nord et l’aviculture qui
connaît un développement très remarquable sur l’ensemble du territoire national.
L’élevage moderne des bovidés se pratique dans les ranchs et stations de sédentarisation à Sipilou, Marahoué,
Abokouamékro… Il se caractérise par un suivi de l’alimentation des animaux mené par les agents de l’ANADER et
les services vétérinaires.
Le cheptel bovin ivoirien est constitué par la race Zébu, la race Baoulé, le N’dama, le lagunaire etc. La production
annuelle de bovidés est d’environ 1 800 000 têtes (en 2022).
La Côte d’Ivoire est pratiquement autosuffisante en production de poulet (45000 tonnes par an) et d’œufs avec un
taux de couverture de plus de 90%.

3- La pêche, un secteur encore artisanal


3-1- La pêche artisanale
- Elle se pratique en mer et dans les eaux continentales (fleuves, lagunes, lacs) avec des matériels rudimentaires
(pirogues, filets, nasses, lignes…).
- Elle est majoritairement exercée par les pêcheurs étrangers en provenance de la sous-région Ouest africaine.
- La pêche artisanale représente environ 65% de la production halieutique totale de la Côte d’Ivoire.

3-2- La pêche moderne


- Elle se pratique en haute mer avec des navires spécialisés (sardiniers, thoniers et crevettiers).
- Les activités sont concentrées au port de pêche du Port Autonome d’Abidjan (PAA) qui est le premier port thonier
d’Afrique.
- La pêche industrielle représente environ 35% de la production halieutique totale de la Côte d’Ivoire.

4- L’exploitation forestière
4-1- Le patrimoine forestier ivoirien
Le patrimoine forestier de la Côte d’Ivoire comprend :
- Les aires protégées (parcs nationaux, réserves, foêts classées)
- Les forêts appartenant aux communautés villageoises, à des organisations et des particuliers.
- La forêt ivoirienne est riche en espèces : Samba, Iroko, Acajou, Makoré etc. c’est la SODEFOR qui est chargée
de la protection et de l’exploitation de la forêt ivoirienne.

4-2- L’exploitation forestière, une activité essentielle à l’économie


L’exploitation forestière c’est l’ensemble des activités liées à l’abattage des arbres en vue de leur exportation ou de
leur transformation en produits semi-finis ou finis. La Côte d’Ivoire exploite plus de 1 million de m3/an dont une
grande partie exportée sous forme de bois de grumes, ce qui constitue une véritable source financière pour la Côte
d’Ivoire.

5- L’importance du secteur primaire


Le secteur primaire joue un rôle très déterminant dans le développement économique de la Côte d’Ivoire. En effet :
- Il représente plus de 33% du PIB (Produit Intérieur Brut).
- Il emploie plus de 60% de la population active.
- Il permet le développement des industries avec la présence des matières premières.
- Il favorise le développement du commerce et le transport avec les échanges intérieur et extérieur (exemple : 66%
des recettes totales d’exportation)

II- LE SECTEUR SECONDAIRE


1- Les types d’industries

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1-1- Une industrie dominée par l’agro-industrie
L’industrie ivoirienne est dominée par l’agro-industrie (industries utilisant les productions agricoles comme les
matières premières). Les agro-industries en Côte d’Ivoire sont :
► Les industries agroalimentaires :
- Les industries de transformation du cacao et du café (Cemoi, Nestlé)
- Les minoteries : Les Grands Moulins d’ABIDJAN (GMA),
- Les huileries : PALMCI, SANIA, AYA,
- Les brasseries : SOLIBRA, BRASSIVOIRE,
- L’industrie sucrière (SUCAF, SUCRIVOIRE)
Le leader de l’agro-industrie en Côte d’Ivoire est le groupe SIFCA
► Les industries du bois et les papeteries :
Leurs activités portent sur la transformation du bois en produits semi-finis ou finis (INPROBOIS à Adzopé,
THANRY à San-Pedro
► Les industries cotonnières et textiles : Elles regroupent
- Les unités d’égrenage (CIDT),
- Les unités de filature et tissage (FILTISAC),
- Les unités d’impression de pagnes (UNIWAX).

1-2- Les industries extractives (énergétiques et minières)


► Au niveau énergétique, la Côte d’Ivoire dispose :
- D’importants gisements d’hydrocarbures (pétrole et gaz naturel), exploités par des sociétés étrangères et raffinés
par la SIR
- Des barrages hydroélectriques (Ayamé 1 et 2, Kossou, Taabo, Buyo, Soubré)
- Des centrales thermiques (Vridi Gaz, Azito, CIPREL)
► Au niveau minier, nous avons :
- L’extraction de l’or à Tongon, Bonikro, Angovia etc.
- L’extraction du manganèse à Lauzoua (Département de Guitry), de Bondoukou et d’Odienné ;
- L’extraction de bauxite ans la région du Moronou
- L’extraction du nickel à Sipilou, Biankouma, Touba, Bouaké, Odienné, etc.
- L’extraction artisanale du diamant à Tortya (Séguéla)

1-3- Les autres industries


- Les industries de la cimenterie
- Les industries chimiques (produits phytosanitaires, cosmétiques, pharmaceutiques, les savonneries etc.)
- Les industries de plastiques et dérivés (chaussures, jouets, emballages, articles de ménage etc.)
- Les industries de l’eau : l’eau courante par la SODECI pour et l’eau minérale produite par plusieurs sociétés.
- Les industries mécaniques et électriques et métalliques

2- L’importance de l’industrie ivoirienne


L’industrie occupe une place importante dans l’économie de la Côte d’Ivoire car :
- Elle fournit 23% du produit intérieur brut (PIB) du pays.
- Elle crée des emplois (14% de la population active).
- Elle développe le transport, le commerce et la communication.
- Elle approvisionne les marchés en produits finis et semi-finis.

III- LE SECTEUR TERTIAIRE


Le secteur tertiaire est le secteur qui regroupe les activités qui ne produisent pas de biens mais qui offrent plutôt
des services. Ce secteur comprend : le commerce, les transports, le tourisme, et les autres services (la
télécommunication, les banques, les administrations)

1- Le commerce ivoirien
1-1- Le commerce intérieur
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Le commerce intérieur est l’ensemble des échanges qui se fait l’intérieur des frontières du pays. Ce commerce en
Côte d’Ivoire est dominé par les étrangers qui représentent un peu plus de 78% contre environ 22% de nationaux.
Il concerne :
- Les produits agricoles (café, cacao, les produits vivriers…)
- Les produits de l’élevage (viande, bœuf, poulets…).
- Les produits halieutiques (poissons congelés…)
- Les produits industriels ou manufacturés (pagnes, conserves, articles de ménage etc.)

1-2- Le commerce extérieur


Il est caractérisé par les exportations et par les importations :
► Les exportations sont l’ensemble des produits que la Côte d’Ivoire vend à l’extérieur :
- Les matières premières agricoles : (le café, le cacao, l’anacarde, l’huile palme, la banane dessert…),
- Les produits miniers (l’or, la bauxite, le manganèse…),
- Les produits énergétiques (pétrole, gaz naturel).
► Les importations sont l’ensemble des produits que la Côte d’Ivoire achète à l’extérieur. Elles concernent
- Les produits alimentaires (riz, viande, poisson, lait…),
- Les biens d’équipements (appareils électroménagers, véhicules, machines diverses…)
- Des biens intermédiaires comme le pétrole brut, les engrais, les matériaux de constructions, les produits
chimiques et métalliques…
► La balance commerciale est la différence entre la valeur totale des exportations et celle des importations.
Balance commerciale = exportations – importations.
La balance commerciale de la Côte-d’Ivoire est régulièrement excédentaire et non déficitaire.

2- Les transports
2-1- Le Réseau Routier Ivoirien
- Il constitue un élément stratégique de développement national et l’un des meilleurs de la sous-région.
- En 2023, il s’étendait sur plus de 82 000 km dont plus de 74 000 km de routes en terre et plus de 8 000 km de
routes bitumées.
- Le transport routier ivoirien assure plus de 90% des déplacements des personnes et des biens, en interne et avec
les pays voisins.

2-2- Le Réseau Ferroviaire


- C’est une seule ligne longue de 1156 km d’Abidjan à Ouagadougou dont 638 km en territoire ivoirien.
- Exploité par la Sitarail (Société Inter. de Transport Africain par Rail),
- Le chemin de fer détient 75% du transport de marchandises sur le corridor Abidjan – Ouagadougou.

2-3- Le Transport Aérien


La Côte d’Ivoire dispose d’un aéroport à caractère international (Aéroport International Felix Houphouët Boigny
d’Abidjan) et 6 aéroports nationaux (Bouaké, Yamoussoukro, Man, Korhogo, San Pedro et Odienné). La
compagnie nationale « Air Côte d’Ivoire » exploite à ce jour une flotte de 11 avions modernes.
L’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan a enregistré 2,3 millions de passagers en 2023.

2-4- Le Transport Maritime


- Le Port Autonome d’Abidjan, est le poumon de l’économie ivoirienne car il assure près de 90% des produits
importés en Côte d’Ivoire et une grande partie des produits exportés.
- En 2023, le trafic global de marchandises du Port Autonome d’Abidjan est de 34 millions de tonnes.
- Il contribue à environ 80 % des recettes douanières du pays.
- Quant au Port Autonome de San-Pedro, ses activités sont essentiellement tournées vers l’exportation de café, de
cacao de caoutchouc, de bois etc.
- Il joue un rôle essentiel de l’économie de la région du Sud-Ouest car il sert de port de transit pour les pays
limitrophes sans littoral. En 2023, le trafic global de marchandises est de plus de 7 millions tonnes.

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3- Le tourisme
Le tourisme est une activité de détente et de loisir qui est aujourd’hui une véritable industrie qui participe au
développement économique de la Côte d’Ivoire. Le pays dispose de nombreux composants et atouts touristiques.

3-1- L’écotourisme et tourisme balnéaire


- La Côte d’Ivoire compte 8 parcs nationaux, 5 réserves naturelles et le zoo d’Abidjan qui offrent d’excellents atouts
pour l’écotourisme.
- Le pays compte aussi des chutes d’eau et des cascades avec des ponts de lianes dans la région montagneuse
de l’ouest.
- La Côte d’Ivoire dispose d’un littoral sur 520 km propice au tourisme balnéaire surtout dans le sud (Île Bouley,
Assinie, Grand-Bassam, Jacqueville etc.).

3-2- Les infrastructures historiques


- La ville de Gd-Bassam classée au patrimoine mondial de l’Unesco,
- Le musée des civilisations au Plateau,
- Les mosquées de Bondoukou,
- La Basilique de Yamoussoukro etc. qui constituent des destinations touristiques.

3-3- Le tourisme culturel


La richesse culturelle des différents peuples ivoiriens est un atout touristique. Nous pouvons citer :
- La fête des ignames chez les Agnis et les Abrons,
- L’Abyssa chez les N’zima à Grand-Bassam,
- Les fêtes de générations chez les Akan lagunaires,
- Les danses de masques (le Goli, le Boloye etc).

3-4- Le réceptif hôtelier


La Côte d’Ivoire compte :
- De nombreux hôtels de dimension internationale (Sofitel Hôtel Ivoire, Ivoire Golf Club, l’hôtel Président de
Yamoussoukro…).
- Des centaines de résidences hôtelières et hôtels de moyen standing répartis sur l’ensemble du territoire.

4- Les autres services


4-1- Le secteur des télécommunications
Il connaît une croissance accélérée liée au développement rapide du marché de téléphones mobiles et des
connexions Internet en Côte d’Ivoire. Orange, MTN et Moov sont les trois opérateurs qui assurent la couverture de
la téléphonie mobile. On dénombre aujourd’hui plus 50 millions d’abonnés à la téléphonie mobile en Côte Ivoire
avec un taux de couverture national qui s’étend à 100%.

4-2- Le secteur bancaire


La Côte d’Ivoire possède 31 banques avec plus de 600 agences sur l’ensemble du territoire (dont 55% localisés à
Abidjan, la capitale économique).
En 2023 le bilan total des activités bancaires en Côte d’Ivoire s’élève à plus de 21 000 milliards de FCFA.

4-3- Les services d’impôts


La Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui d’un service d’impôt performant. Cela est dû à la digitalisation des services, à
la simplification des procédures de déclaration et de paiement en ligne, aux nombreuses campagnes de
sensibilisation et au durcissement des mesures de répression.
Aujourd’hui, les recouvrements d’impôt par voie électronique sont devenus les principales voies de collecte des
impôts et taxes.
En 2022, les paiements électroniques ont représenté 79,7% des recettes totales et les paiements par voie
physique ont représenté 20,3%.

5- L’importance du secteur tertiaire


TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 7
- Il fournit 46% du PIB
- Il crée des emplois.
- Il fait entrer d’importantes devises dans le pays.
- Il constitue un facteur de rayonnement de la Côte d’Ivoire à l’extérieur.

Conclusion
Les différents secteurs d’activités de la Côte d’Ivoire sont dynamiques et s’adaptent rapidement au contexte du
développement moderne. Toutefois, le secteur primaire avec l’agriculture depuis l’indépendance, continue
d’occuper la première place dans l’économie nationale. Aussi, de nombreux problèmes freinent l’exploitation
optimale de ces différents secteurs d’activités.

Leçon 3 : LES PROBLÈMES DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DE LA CÔTE


D’IVOIRE
Introduction
Avec une population de plus de 29 millions d’habitants selon le dernier RGPH 2021, la Côte d’Ivoire est une
puissance économique sous-régionale. Bien que le pays ait enregistré une croissance soutenue depuis son
indépendance, son économie fait face à de nombreux obstacles qui limitent son développement à long terme.
Quelles sont les défis structurels et sectoriels qui entravent le développement de la Côte d’Ivoire ?
Quelles sont les solutions proposées pour résorber ces différents problèmes ?

I- LES PROBLEMES GENERAUX DU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DE LA COTE


D’IVOIRE
Les problèmes généraux ou structurels sont les problèmes fondamentaux et durables qui perturbent toute
l’économie nationale.

1- Les problèmes économiques


- La forte dépendance de l’économie ivoirienne des produits bruts d’exportation particulièrement du binôme café-
cacao qui représente 40% des recettes d’exportation ivoiriennes, fait de celle-ci une économie extravertie (trop
dépendante de l’étranger).
- Les variations des cours mondiaux des matières premières, rendant son économie instable.
- Un autre problème majeur est l’endettement croissant. La dette publique s’élève encore à 24 774 milliards F CFA
en 2022.
- Limitation des investissements dans des secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation ou les infrastructures.
- Insuffisante de l’épargne nationale, l’incivisme fiscal et la corruption généralisée
- Limitation les ressources financières internes pour financer les programmes de développement mais aussi affecte
la transparence des marchés publics, la bonne gouvernance et décourage les investisseurs étrangers.

2- Les faiblesses institutionnelles et démocratiques


- Les faiblesses institutionnelles de la Côte d’Ivoire
- Insuffisant du respect des institutions et de l’État de droit contribuant à l’instabilité politique et freine la confiance
des acteurs économiques.
- La fragile de la démocratie
- La faible promotion des libertés individuelles.
La contestation de la bonne gouvernance

3- Les problèmes sociaux


- La croissance démographique rapide qui s’explique par la forte natalité et l’immigration incontrôlée.
- Les problèmes de logement, de transports, d’accès à l’eau potable et à l’électricité, etc.,
- Le chômage grandissant des jeunes diplômés,
- La dépravation des mœurs et l’expansion du VIH/SIDA
TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 8
- La prolifération des quartiers précaires due à l’urbanisation rapide, en particulier à Abidjan

4- Les problèmes environnementaux


Ils constituent des handicaps structurels majeurs qui entravent le développement économique de la Côte d’Ivoire.
- La disparition de la couverture forestière (environ 16 millions d’hectares en 1960 et moins de 2 millions
aujourd’hui),
- La pollution de l’air, des eaux, du cadre de vie etc. due aux déchets industriels, aux ordures des ménages, aux
gaz polluants, ainsi que le mauvais assainissement
- La difficile gestion des déchets des villes,
- Le bouleversement climatique et le réchauffement climatique constituent de sérieuses contraintes au
développement du pays ;

5- Les problèmes conjoncturels


Ce sont les problèmes immédiats, temporaires qui peuvent évoluer ou disparaître en fonction des mesures
adoptées en vue de leur règlement. On peut citer :
- Les crises socio-politiques qui ont marqué l’histoire récente du pays ont eu un impact direct sur son
développement économique.
- La pandémie du COVID-19 a également accentué la crise économique en ralentissant la production.
- La détérioration des termes de l’échange, aggravée par les chocs extérieurs tels que la guerre en Ukraine, qui ont
affecté les prix des matières premières et augmenté le coût des importations.

II- LES PROBLEMES SECTORIELS DU DEVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DE LA COTE


D’IVOIRE
Les problèmes sectoriels sont les problèmes spécifiques à un secteur d’activité.
1- Les problèmes du secteur primaire
- La variation des prix des matières agricoles sur le marché extérieur ;
- Les méthodes et techniques agricoles sont archaïques (pratique de la jachère, culture sur brûlis, utilisation des
outils rudimentaires…) ;
- Les faibles revenus des agriculteurs et le vieillissement de leurs plantations ;
- La non-transformation de la majorité des produits agricoles avant l’exportation ;
- La zone forestière n’est pas favorable à l’élevage (absence de pâturages, l’humidité favorise des maladies
nuisibles aux bêtes) ;
- L’élevage est dominé par son caractère traditionnel ;
- Les conflits éleveurs – agriculteurs ;
- La forte proportion de la pêche artisanale justifie la faible production nationale
- Les moyens de pêche sont encore rudimentaires (filets, pirogues, nasses, petits canots à moteur, navires
vétustes
- La pollution des plans d’eau détruit les espèces aquatiques et ruine les pêcheurs
- L’exploitation abusive et frauduleuse de la forêt ;
- La menace de disparition de certaines espèces (bois Bété, Acajou, Niangon) ;
- Les feux de brousse ravageurs ;

2- Les problèmes du secteur secondaire


- L’industrialisation ivoirienne est faible, déséquilibrée et non compétitive
- L’absence d’industrie lourde et de pointe ;
- La forte concentration des activités industrielles à Abidjan (2/3 des industries) ;
- L’industrie est fragilisée par la fraude, la contrefaçon et la contrebande ;
- La fiscalité élevée ne facilite pas les investissements industriels ;
- La mauvaise gestion des entreprises publiques est un handicap ;
- La faible compétitivité des produits nationaux ;
- La concurrence déloyale des produits étrangers

TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 9


- L’insuffisance de capitaux et de main-d’œuvre hautement qualifiée ivoirienne.
- La réticence des banques pour l’octroi des crédits.
- L’étroitesse du marché national due au faible pouvoir d’achat de la population.
- L’insuffisance de promotion et de financement des PME/PMI

3- Les problèmes du secteur tertiaire


- La dégradation des infrastructures de communication (routes, chemin de fer, ports, aéroports) ;
- La mauvaise gestion des structures étatiques liées au transport ;
- L’incivisme des transporteurs et des nombreux syndicats ;
- Le manque d’infrastructures pour la conservation des denrées périssables ;
- La variation des prix des produits sur le marché national et international ;
- La concurrence des produits importés ;
- Les tracasseries douanières et rackets des commerçants ;
- La dégradation des infrastructures touristiques ;
- La pollution de l’environnement affecte les activités touristiques ;
- Le coût élevé des circuits et destinations touristiques ;
- La faible promotion de la destination ivoirienne ;
- Le coût élevé des moyens de communications (téléphone, internet) ;
- La cybercriminalité et la fraude en ligne déstabilise l’économie nationale ;
- Le taux d’intérêt des prêts bancaires est encore élevé (7 à 10%) ;
- La lourdeur, la corruption et le racket dans l’administration publique ;

III- LES SOLUTIONS AUX PROBLEMES DE DEVELOPPEMENT


1- Les solutions aux problèmes généraux
1-1- Au niveau économique :
- Diversification des produits d’exportation ;
- Réduction de la dette publique ;
- Révision des codes d’investissements ;
- Encouragement des populations à plus d’épargne ;
- Promotion du civisme fiscal par la sensibilisation et l’instauration de la facture normalisée.

1-2- Au niveau politique :


- Promotion de la bonne gouvernance
- Promotion de l’État de droit et du respect des Institutions
- Promotion d’une démocratie transparente et inclusive
- Construire et rénover les infrastructures de développement (écoles, universités, centre de santé…) et
amélioration des différents services ;
- Equilibrer les ressources économiques par régions ;
- Prendre des mesures ou lois dans la gestion des populations ;

1-3- Au niveau social :


- Maitrise de la croissance démographique (planning familial, éducation des filles, contrôle des immigrations) ;
- Construction et rénovation des infrastructures socio-économiques (écoles, centre de santé, logements sociaux
etc.)
- Création des emplois pour réduire le taux de chômage ;
- Renforcement de la lutte contre la dépravation des meurs et l’expansion du VIH-SIDA

1-4- Au niveau environnemental :


- Renforcement de la lutte contre la dégradation de l’environnement, la pollution et l’insalubrité ;
- Politique de reboisement et de restauration du patrimoine forestier (Sodefor). ;
- Lutte contre les feux de brousse ;
- Réglementation stricte de l’exploitation forestière ;
TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 10
2- Les solutions aux problèmes sectoriels
2-1- Au niveau du secteur primaire :
- Mise en place du PNIA (Programme National d’Investissement Agricole) ;
- Modernisation des méthodes et techniques agricoles ;
- Transformation des produits agricoles pour leur donner une plus-value ;
- Modernisation de l’élevage avec le suivi vaccinal et vétérinaire ;
- Réconciliation et encourager les associations élevage-agriculture ;
- Investir dans l’achat d’équipements de pêche modernes ;
- Créer des centres de formation et de recherches sur des espèces de poissons ;
- Réglementer les filets et définir des saisons de pêche ;
- Lutter contre la piraterie maritime ;
- Intensifier la politique du reboisement (Sodefor et populations) ;
- Renforcer le système de préservation des parcs et réserves ;
- Campagne de sensibilisation contre les feux de brousse.

2-2- Au niveau du secteur secondaire :


- Développement de l’industrie lourde et de pointe ;
- Lutte contre la contrefaçon et l’entrée frauduleuse des produits étrangers ;
- Décentralisation des activités industrielles sur l’ensemble du territoire ;
- Transformation sur place des produits locaux ;
- Promotion et financement des PMI par l’Etat ;

2-3- Au niveau du secteur tertiaire :


- Réhabiliter et moderniser les infrastructures et les équipements de transports ;
- Baisser le coût du carburant et des moyens de transports ;
- Assainir le milieu du transport (structures de l’Etat, gares routières, syndicats etc.)
- Création des infrastructures pour la conservation des denrées périssables ;
- Promotion des produits locaux sur les marchés internationaux ;
- Lutter contre les tracasseries et les rackets ;
- Assainir l’environnement et les sites touristiques (plages, hôtels, maquis…) ;
- Rendre la destination Côte d’Ivoire plus compétitive par la promotion et la réduction des tarifs de transports, des
coûts de séjour… ;
- Baisse des coûts de communication (téléphone et internet) ;
- Lutter contre la cybercriminalité et la fraude en ligne ;
- Imposer des taux d’intérêt faibles pour les prêts bancaires ;
- Numériser et informatiser l’administration publique ;
- Sanctionner les actes de corruption et de racket dans l’administration publique.

Conclusion
Le développement économique de la Côte d’Ivoire est freiné par des problèmes structurels et conjoncturels
complexes. Cependant, en renforçant ses institutions, en diversifiant son économie et en investissant dans
l’éducation, l’industrialisation et les infrastructures, le pays peut surmonter ces obstacles et réaliser un
développement durable.

Thème 2 : L’AFRIQUE FACE À LA MONDIALISATION


Leçon 1 : ETUDE ECONOMIQUE DE L’AFRIQUE
Introduction

TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 11


L’Afrique, deuxième plus grand continent de la planète, couvre une superficie d’environ 30,4 millions Km². Ce vaste
continent aux richesses naturelles et humaines considérables est composé de 54 Etats et demeure depuis les
indépendances en voie de développement. Il reste confronté à de nombreux défis.
Quelles sont les atouts naturels et humains dont dispose le continent africain ?
Comment se caractérisent ses secteurs d’activités économiques ?
Quelles sont les problèmes qui limitent son développement économique et quelles solutions proposées pour
résorber ces différents problèmes ?

I- LES POTENTIALITÉS NATURELLES DE L’AFRIQUE


1- Le relief et le sous-sol
1-1- La relief
L’Afrique dispose de reliefs variés.
- Les plateaux occupent une grande partie de sa surface, avec des altitudes moyennes comprise entre 300 et 1500
mètres (les plateaux étagés de l’Afrique de l’Ouest, les hauts plateaux d’Afrique de l’Est).
- On distingue aussi des plaines littorales le long des côtes africaines et des plaines intérieures (le bassin du
Congo)
- L’Afrique abrite des chaînes montagneuses comme l’Atlas situé dans le nord-ouest, du Maroc à la Tunisie, les
montagnes de l’Est africain avec des sommets emblématiques comme le Kilimandjaro (5 895 m)
- L’Afrique compte aussi des reliefs de déserts et leurs paysages uniques (le Sahara, plus grand désert chaud du
monde avec des dunes impressionnantes, le Namib, plus ancien désert du monde connu pour ses dunes rouges
spectaculaires).

1-2- Le sous-sol
Le continent africain est souvent perçu comme un géant géologique. Son sous-sol, riche et varié, recèle une
abondance de ressources minérales, énergétiques et stratégiques allant des hydrocarbures aux métaux rares.
- Les ressources énergétiques comprennent le pétrole et le gaz naturel, le charbon et l’uranium.
- L’Afrique dispose d’immenses gisements de métaux de base (cuivre, manganèse, bauxite, nickel, plomb etc.), de
métaux précieux (or, diamant), de métaux rares (Cobalt, Coltan, Lithium) et de terres rares.

2- Le climat, les sols et la végétation


2-1- La climat
L’Afrique est caractérisée par une grande diversité climatique. On distingue cinq principaux types de climats :
- Le climat équatorial (chaud et humide),
- Le climat tropical (alternance saison sèche et saison humide),
- Le climat désertique (aride et extrême),
- Le climat méditerranéen (doux et humide),
- Le climat montagnard (qui variable selon l’altitude).

2-2- Les sols et la végétation


Le continent africain possède une grande variété de sols influencés par les conditions climatiques, les formations
géologiques et les activités humaines. Ces sols jouent un rôle crucial dans l’agriculture et le développement socio-
économique du continent. Nous avons :
- Les sols ferralitiques (ou latérites) en milieu équatorial, riches et fertiles, adaptés aux cultures comme le cacao.
C’est le domaine des forêts denses humides, riches en biodiversité (la forêt du bassin du Congo).
- Les sols ferrugineux peu profonds et moins fertiles en milieu tropical, propices aux cultures comme le coton et
les céréales. C’est le domaine des forêts claires et de savanes arborées.
- Les sols arides et semi-arides adaptés aux plantes résistantes à la sécheresse comme les céréales avec une
végétation de savanes herbeuses propices à l’élevage.
- Les sols volcaniques très fertiles et idéaux pour les cultures comme le café et les légumes. C’est le domaine
des forêts d’altitude.
- Les sols alluviaux riches en nutriments localisés le long des vallées des grands fleuves (Nil, Niger, Zambèze). Ils
sont favorables aux cultures d’arbres fruitiers et de céréales comme le riz et le blé.
TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 12
3- Des ressources en eaux abondantes
3-1- L’hydrographie
L’Afrique dispose de vastes ressources en eau avec de nombreux fleuves et lacs. Entre autres fleuves, nous avons
:
- Le Nil, long de 6 700 km est le plus long fleuve du monde. Il traverse 11 pays dont l’Égypte et le Soudan, et se
jette dans la mer Méditerranée,
- Le Congo, deuxième plus long fleuve d’Afrique (4 700 km) il traverse l’Afrique centrale et se jette dans l’océan
Atlantique,
- Le Niger long de 4 180 km traverse l’Afrique de l’Ouest, reliant le Mali, le Niger et le Nigeria avant de se jeter dans
l’océan Atlantique,
- Le Zambèze, avec une longueur de 2 574 km, il traverse l’Afrique australe et se termine dans l’océan Indien.
- L’Afrique abrite de grands lacs comme le lac Victoria (plus grand d’Afrique), le lac Tanganyika (un des plus
profonds au monde) et le lac Tchad (en régression rapide).

3-2- Les façades maritimes


Le continent africain est entouré par plusieurs masses d’eau qui offrent des accès stratégiques aux routes
maritimes mondiales :
- L’océan Atlantique qui borde l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique australe,
- L’océan Indien qui borde l’Afrique de l’Est,
- La mer Méditerranée qui relie l’Afrique du Nord à l’Europe
- La mer Rouge qui est une voie stratégique entre l’océan Indien et la Méditerranée.

II- LA DÉMOGRAPHIE DE L’AFRIQUE


1- Une population en forte croissance
- L’Afrique est le continent au rythme de croissance démographique le plus rapide au monde. Avec environ 1,4
milliard d’habitants en 2023, elle devrait doubler sa population d’ici 2050 selon les projections des Nations unies.
- Le taux de fécondité est encore élevé (les femmes ont en moyenne 4 à 7 enfants).
- Cette population est très jeune car près de 60 % des Africains ont moins de 25 ans.
- Elle fournit une main-d’œuvre abondante et dynamique, ainsi qu’un vaste marché intérieur pour les produits et
services.

2- Une diversité culturelle, facteur de développement


L’Afrique est un continent riche en diversité culturelle, avec plus de 2 000 langues parlées et une multitude
d’ethnies, de traditions et de croyances. Cette diversité constitue une force et un levier pour le développement.
L’art africain, qu’il soit musical, littéraire ou visuel génère des revenus importants et renforce l’identité culturelle du
continent.

III- LES SECTEURS D’ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES DE L’AFRIQUE


1- Un secteur primaire prédominant
1-1- L’agriculture
- L’agriculture est un pilier fondamental de l’économie africaine, employant environ 60 % de la population et
représentant près de 20 % du PIB du continent.
- L’agriculture vivrière prédomine. Une grande partie des exploitations sont de petites tailles et destinées à
l’autosuffisance (le maïs, le riz et le sorgho, l’igname, la banane, le manioc etc.)
- Les produits d’exportation tels que le cacao (en Côte d’Ivoire, au Ghana), le café (en Éthiopie, en Ouganda), le
thé (au Kenya), l’huile d’olive, les agrumes, les légumes frais (dans les pays du Maghreb) sont des sources
importantes de revenus pour plusieurs économies.

1-2- L’élevage

TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 13


Avec plus de 25 % des terres du continent utilisées pour les activités pastorales, l’élevage représente une
ressource essentielle pour l’alimentation et les revenus de nombreuses communautés. Il y a trois grands types
d’élevage en Afrique :
- L’élevage extensif : Pratiqué dans les zones semi-arides comme le Sahel, il repose sur le déplacement des
troupeaux (bovins, ovins, caprins) à la recherche de pâturages. Les Peuls, par exemple, sont des éleveurs
nomades réputés dans cette région.
- L’élevage intensif : En plein essor, notamment en Afrique du Nord et en Afrique du Sud, il se concentre sur des
fermes modernes produisant du lait, des œufs et de la viande pour les marchés locaux et internationaux.
- L’élevage traditionnel : pratiqué dans toutes les régions africaines, les communautés rurales élèvent souvent
des chèvres et des poulets pour la consommation familiale et le petit commerce.

1-3- La pêche
La pêche joue un rôle clé pour de nombreuses communautés africaines dans l’alimentation, l’emploi et les
échanges commerciaux, en particulier pour les pays côtiers et ceux bordés par de grands lacs.
- Au niveau de la pêche maritime, les eaux atlantiques, méditerranéennes et de l’océan Indien offrent une
grande richesse en poissons comme le thon, les sardines et les maquereaux.
- Au niveau de la pêche continentale, les grands lacs africains et les fleuves comme abritent plusieurs espèces
comme le tilapia et le capitaine pêchées par des millions de pêcheurs artisanaux.

1-4- L’exploitation forestière


- L’exploitation forestière est une activité économique majeure en Afrique, notamment dans les régions tropicales.
- Elle fournit des ressources précieuses comme le bois d’œuvre, le bois-énergie et divers autres produits, tout en
jouant un rôle clé dans les économies locales.

2- Un secteur secondaire moins dynamique


Le secteur secondaire en Afrique est en développement. Son poids est encore faible dans les économies
nationales (environ 10 % du PIB en moyenne), L’Afrique est riche en matières premières et en sources d’énergie,
qui constituent les bases solides pour le développement industriel.

2-1- Les bases de l’industrie africaine


► D’abondantes matières premières
- Minérales : L’Afrique est un leader mondial dans l’exploitation de matières comme l’or, le cobalt, et la bauxite, le
manganèse, le phosphate etc.
- Agricoles : Les cultures comme le cacao, le palmier à huile, le café, les agrumes etc. alimentent des industries
locales.
- Forestières : Le bois des régions tropicales alimente les industries locales du meuble et de la construction.
► Des sources d’énergie impressionnantes
- Les fleuves africains offrent un potentiel d’hydroélectricité énorme pour favoriser le développement des industries.
- Les énergies fossiles comme le pétrole, le gaz et la houille alimentent des industries locales.
- Les énergies renouvelables comme l’énergie solaire au Sahel et l’éolien en Afrique du Sud prennent de l’ampleur
pour soutenir l’industrialisation.

2-2- Les types d’industrie


On distingue trois principaux types d’industries en Afrique :
► L’industrie agroalimentaire
Les pôles agroalimentaires en Afrique :
- Les pays de l’Afrique du Nord sont des leaders dans la transformation des fruits et légumes et produits de la
pêche.
- Les pays de l’Afrique australe comme l’Afrique du Sud disposent d’une industrie transformant viandes, vins et
produits laitiers pour des marchés locaux et internationaux.
- Les pays de l’Afrique de l’Ouest se concentrent sur les huileries, les brasseries, les chocolateries etc.

TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 14


En transformant les produits agricoles locaux en biens de consommation, ce secteur contribue à la création
d’emplois, à la sécurité alimentaire et à la réduction des importations.
► Les industries extractives
L’industrie extractive africaine comprend
- Les industries d’hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) dans les pays pétroliers comme le Nigeria, l’Angola,
l’Algérie, la Côte d’Ivoire etc.
- Les industries minières sont notamment en Afrique du Sud, au Botswana, et en République démocratique du
Congo, et exploitent des minerais précieux comme l’or, le diamant, le platine et le cobalt etc.

► Les industries légères


C’est la production des biens d’équipement (électroménager, machines) des biens de consommation (papier,
meubles, articles de ménage, textiles, produits de beauté et d’hygiène) et matériaux de construction. Elles sont en
pleine expansion sur le continent.
► Les industries lourdes
Elles sont moins développées mais en progression. Nous avons la sidérurgie en Algérie et en Égypte, la production
de ciment au Nigeria avec Dangote Cement, leader africain, les aciéries en Afrique du Sud etc.

3- Un secteur tertiaire en progression


3-1- Le commerce
L’Afrique est une région fortement exportatrice de matières premières.
- Ses exportations sont essentiellement constituées de produits pétroliers, de produits agricoles et de produits
miniers. Le continent souffre d’une faible diversification des produits exportés, le rendant vulnérable aux
fluctuations des prix sur les marchés internationaux.
- Les importations portent beaucoup plus sur les biens d’équipement (électroménager, machines), les produits de
haute technologie, les produits alimentaires et laitiers, les armes et équipements militaires.

3-2- Le tourisme
- L’Afrique, riche de ses paysages variés, de son patrimoine culturel et de sa biodiversité unique, est une
destination touristique de choix.
- Au niveau du tourisme naturel, l’Afrique abrite des merveilles naturelles qui attirent des millions de visiteurs
chaque année. Les parcs nationaux, comme le Serengeti en Tanzanie ou le Kruger en Afrique du Sud, offrent des
safaris spectaculaires pour observer la faune emblématique du continent (lions, éléphants, rhinocéros).
- Au niveau du tourisme culturel, les traditions vivantes, la musique, la danse et les sites historiques comme les
pyramides de Gizeh en Égypte attirent des visiteurs du monde entier.

3-3- Les services


Le secteur des services, notamment les services financiers et les nouvelles technologies, est en plein boom dans
certaines régions. Par exemple, le service de paiement mobile a révolutionné l’accès aux services financiers pour
des millions de personnes non bancarisées. La pénétration croissante des smartphones et de l’internet stimule
également les secteurs du commerce électronique et des technologies de l’information.

III- LES PROBLEMES DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DE L’AFRIQUE ET LES


SOLUTINS ENVISAGÉES
1- Les problèmes et solutions socio-politiques
1-1- Les problèmes
- Une grande partie de la population africaine vit encore sous le seuil de pauvreté.
- L’accès à l’éducation et aux soins de santé de qualité est souvent limité, particulièrement dans les zones rurales.
- Des conflits internes et des instabilités politiques liés à la faiblesse des institutions politiques, à la fragilité de la
démocratie en Afrique, à faible promotion des libertés individuelles et de l’état de droit, sont autant d’handicaps qui
freinent le développement de nombreux pays africains.

1-2- Les solutions


TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 15
- Les États africains doivent investir dans l’éducation et la santé pour garantir un développement durable.
- La stabilisation des régimes politiques,
- Le renforcement des institutions et l’amélioration de la gouvernance et la promotion des libertés individuelles et
de l’état de droit sont nécessaires pour attirer les investisseurs et encourager un développement durable.

2 – Au niveau du secteur primaire


2-1- Les problèmes
- Les faibles rendements, les techniques et méthodes agricoles traditionnelles et les infrastructures inadéquates
freinent le secteur agricole.
- L’élevage est confronté à des défis tels que la sécheresse, les conflits pour l’accès aux terres et les maladies
animales.
- La surpêche, la pollution et les accords internationaux déséquilibrés avec des flottes étrangères fragilisent la
filière pêche africaine.
- L’exploitation forestière intensive entraîne la déforestation et la perte de la biodiversité.
2-2- Les solutions
- L’utilisation de semences améliorées, la mécanisation agricole et la modernisation des techniques agricoles
peuvent favoriser une agriculture durable et productive.
- Au niveau de l’élevage, des initiatives comme la modernisation de l’élevage avec le suivi vaccinal et vétérinaire,
l’introduction de races résistantes permettront de redynamiser le secteur.
- Dans la filière pêche, le développement de l’aquaculture et des politiques de gestion durable des activités
(réglementer les filets, définir des saisons de pêche) renforceront la performance du secteur.
- Au niveau de l’exploitation forestière, les initiatives comme la gestion durable des forêts à travers les campagnes
de sensibilisation et les projets de reboisement sont des solutions prometteuses.

3- Au niveau du secteur secondaire


3-1- Les problèmes
- La faible transformation locale des matières premières
- Les industries extractives sont source de la dégradation environnementale et de conflits
- La concurrence internationale et le manque de technologies avancées.
3-2- Les solutions
- Transformation sur place des produits africains
- Promotion de l’industrie lourde et de pointe au niveau continental
4- Au niveau du secteur tertiaire
4-1- Les problèmes
- Faible niveau de commerce intra-africain
- L’insuffisance d’infrastructures (ports, routes, chemins de fer).
- La dépendance excessive aux exportations de matières premières.
- Les problèmes de sécurité dans certaines régions qui plombent le tourisme.
- L’incivisme fiscal, la fraude en ligne et la cybercriminalité entravent le développement économique de l’Afrique
4-2- Les solutions
- Promotion de l’intégration continentale pour accroître le marché intra-africain ;
- Créer des zones de libre-échange comme la ZLECAf (Zone de Libre-Échange Continentale Africaine) pour
dynamiser les échanges interafricains ;
- Renforcer la construction des infrastructures de communication et de télécommunication ;
- Régler les conflits et créer un climat de paix et de sécurité pour mieux promouvoir le développement durable ;
- Lutter contre l’incivisme fiscal, la fraude en ligne et la cybercriminalité.
Conclusion
L’Afrique dispose d’immenses potentialités naturelles et humaines qui, bien exploitées, peuvent conduire à un
développement économique durable. Toutefois, le continent reste confronté à de nombreux défis dans divers
domaines. Les efforts des Etats africains doivent porter sur la diversification de l’économie, l’amélioration des

TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 16


infrastructures, l’éducation, la promotion de la paix et de la stabilité pour permettre à l’Afrique de s’affirmer
pleinement sur la scène mondiale.
Leçon 2 : LA PLACE DE L’AFRIQUE DANS LA MONDIALISATION
Introduction
La mondialisation est un processus de mise en relation des économies nationales, formant ainsi un marché
mondial. Elle bouleverse l’organisation économique et sociale de notre planète en créant des opportunités
considérables mais également des défis majeurs, notamment pour les pays en développement comme ceux du
continent africain.
Quels sont les facteurs de la mondialisation et comment fonctionne-t-elle ?
Quelle place occupe le continent africain dans ce phénomène ?
Quels sont les défis auxquels l’Afrique est confrontée dans la mondialisation et quelles solutions envisager face à
ces défis ?

I- FACTEURS ET FONCTIONNEMENT DE LA MONDIALISATION


1- Les principaux facteurs de la mondialisation
1-1- Les facteurs historiques de la mondialisation
La mondialisation trouve ses origines dans des périodes historiques.
- Les grandes découvertes (XVe et XVIe siècles) : L’exploration des continents par les Européens a permis les
premiers échanges de biens entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques.
- La révolution industrielle (XVIIIe et XIXe siècles) : L’émergence des machines et des transports modernes
(bateaux à vapeur, chemins de fer) a intensifié le commerce international en réduisant les distances et les délais.
- L’ère contemporaine : Depuis la seconde moitié du XXe siècle, l’amélioration des moyens de transport et de la
logistique (avions, camions poids lourds, cargos et porte-conteneurs etc.) ont accéléré les échanges commerciaux
à l’échelle internationale. L’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC)
comme Internet et les plateformes numériques ont révolutionné le commerce électronique et les modes d’échange.

1-2- La libéralisation des échanges


- Elle a été facilité à l’échelle mondiale par le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) signé en 1947 et
remplacé par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en 1995.
- Cette libéralisation des échanges permet la réduction des droits de douane dans le commerce, la limitation des
mesures protectionnistes, la promotion des échanges inter et intra régionaux, le contrôle des échanges
internationaux.

2- Le fonctionnement de la mondialisation
2-1- Les principaux acteurs de la mondialisation
► Les Gouvernements (Etats)
Les gouvernements jouent un rôle clé dans la régulation des échanges internationaux. Ils signent des accords
commerciaux, créent des regroupements économiques régionaux (UE, Mercosur, Cedeao). Les Etats établissent
des politiques douanières et investissent dans les infrastructures (routes, aéroports, ports etc.) nécessaires pour
faciliter le commerce. Les Etats créent des zones franches qui sont des zones géographiques qui offrent des
avantages fiscaux et attirent les investisseurs.
► Les Firmes Transnationales (FTN) ou Firmes Multinationales (FMN)
Ce sont de géantes entreprises qui produisent et vendent des biens et services dans plusieurs pays et jouent un
rôle majeur dans la mondialisation. Elles investissent dans des projets à l’étranger, créent des emplois et stimulent
l’économie mondiale.
- Téléphonie mobile : Orange, Moov, MTN.
- Sociétés énergétiques : Total Energies, Shell,
- Brasserie : Coca-Cola, Heineken.
- Construction automobile : Toyota, Kia,
- Électroménagers : Samsung, LG
- Informatique : Microsoft, Google, etc.
TANOH KESSE EDOUARD Professeur d’Histoire-Géographie (Géo. 3ème) Page 17
► Les institutions internationales
Elles facilitent et régulent la mondialisation. Parmi elles, on trouve :
- Organisation Mondiale du Commerce (OMC) : facilite les négociations commerciales entre les pays et résout les
différends commerciaux
- Fonds Monétaire International (FMI) et Banque mondiale : qui financent les échanges internationaux et
fournissent des financements aux pays en développement.
► La société civile et les ONG :
Elles jouent un rôle clé en veillant à ce que la mondialisation profite à tous en protégeant les droits de l’homme, en
encourageant le développement durable et la promotion d’une mondialisation respectueuse de l’environnement.
Nous pouvons citer entre autres :
- Oxfam International mène des campagnes pour promouvoir des politiques commerciales équitables, lutter contre
l’évasion fiscale des multinationales et soutenir les petits producteurs agricoles.
- Greenpeace qui est une ONG environnementale qui lutte contre les changements climatiques, la déforestation et
la pollution.
Transparency International qui est une ONG qui lutte contre la corruption à l’échelle mondiale.

2-2- L’explosion des flux


La mondialisation est un processus qui implique l’intensification des échanges et se manifeste à travers différents
types de flux. Les Etats-Unis d’Amérique, l’UE et le Japon qui constituent la Triade forment avec la Chine les
principaux pôles des flux de la mondialisation (plus de 80%).
► Les flux de marchandises
- Les flux de marchandises représentent l’échange de biens matériels entre les pays.
- Les produits manufacturés représentent 70% des échanges
- Les produits énergétiques pétroliers et gaziers représentent 20% des échanges
- Les produits agricoles représentent 10% des échanges.
- En 2022, le commerce mondial de marchandises a atteint 25 300 milliards de dollars (OMC).
► Les flux humains
- Les flux humains concernent les déplacements de personnes à travers le monde, qu’ils soient temporaires
(tourisme, travail saisonnier) ou permanents (migrations).
- En 2023, le nombre total de migrants internationaux est estimé à 281 millions, soit 3,6 % de la population
mondiale (ONU) alors que le nombre de touristes internationaux a atteint 1,3 milliard de personnes.
► Les flux financiers
- Les flux financiers désignent les mouvements de capitaux entre les pays, qu’il s’agisse d’investissements ou de
prêts.
- En 2022, les flux mondiaux d’Investissements directs étrangers (IDE) ont atteint 1 580 milliards de dollars. La
capitalisation boursière mondiale a atteint 110 000 milliards de dollars en 2023 (source Statista).
► Les flux d’informations
- Les flux d’informations concernent la circulation des données, des connaissances et des idées à travers le
monde, facilités par les technologies de l’information et de la communication (TIC).
- En 2023, 5,16 milliards de personnes utilisent Internet, soit 64,4 % de la population mondiale (source Statista) et
4,9 milliards de personnes utilisent les réseaux sociaux, soit 60 % de la population mondiale (source
DataReportal).

II- L’AFRIQUE DANS LA MONDIALISATION


1- Une place marginale dans le commerce mondial
Dans les échanges internationaux, l’Afrique représente une part modeste. En 2023, le continent ne contribuait qu’à
environ 3 % du commerce mondial, malgré sa richesse en ressources naturelles. Cette faible part s’explique par
une économie dominée par l’exportation de matières premières, notamment les minerais, les hydrocarbures et les
produits agricoles.

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Cette situation expose l’Afrique aux fluctuations des prix des matières premières, limitant ainsi ses bénéfices dans
les échanges mondiaux. Cependant, elle importe des produits manufacturés à forte valeur ajoutée, accentuant sa
dépendance aux économies extérieures.

2- Les opportunités offertes par la mondialisation


Avec ses impressionnantes potentialités naturelles et sa population jeune, gage d’une main d’œuvre dynamique, la
mondialisation offre des opportunités pour l’Afrique :
- Attractivité pour les investissements étrangers :
L’Afrique attire de plus en plus les investisseurs étrangers. Plusieurs entreprises occidentales et asiatiques
délocalisent sur le continent africain, favorisant le transférer des technologies et des compétences aux travailleurs
locaux.
- Développement des infrastructures :
À titre d’exemple, le projet de la Nouvelle Route de la Soie, piloté par la Chine, a permis la construction de ports
modernes, de chemins de fer et d’autoroutes et diverses infrastructures socioéconomiques dans plusieurs pays
africains.
- Nouvelles Technologies :
L’essor des plateformes numériques, des moyens de paiement mobiles, la digitalisation des services, les véhicules
connectés, les livraisons express etc. constituent de réelles opportunités pour l’Afrique d’accélérer son intégration
dans le processus de la mondialisation.
- Création de marchés communs :
La mise en place de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) depuis 2021, permettra de créer un
marché commun pour les 54 États africains et d’augmenter les échanges intra-africains. Le renforcement des
partenariats économiques bilatéraux et multilatéraux entre les pays africains et d’autres blocs économiques
régionaux (UE/CEDEAO) facilite les échanges commerciaux.

III- LES OBSTACLES DE LA MONDIALISATION POUR L’AFRIQUE ET SOLUTIONS


POSSIBLES
1- Les difficultés d’intégration de l’Afrique dans la mondialisation
- Barrières à l’éducation et à la formation :
Seulement 42 % des jeunes Africains achèvent l’école secondaire, ce qui limite l’accès à des emplois qualifiés
dans un marché mondial.
- Infrastructures insuffisantes :
Moins de 40 % des Africains ont accès à l’électricité. Les routes et ports sont insuffisants et dégradés, ce qui
entrave les échanges commerciaux.
- Faible industrialisation :
L’absence de transformation locale des matières premières réduit les profits et empêche la création d’emplois.
- Dépendance aux variations des prix :
Les économies africaines restent vulnérables à la baisse des prix des matières premières sur le marché mondial.
- Faiblesse technologique :
Le taux de pénétration d’internet en Afrique est de 43 %, bien en dessous de la moyenne mondiale de 66 %. Le
coût encore élevé des connexions internet et des appareils informatiques constituent un obstacle pour l’Afrique
dans la mondialisation.

- L’instabilité sociopolitique :
Les crises et conflits sociopolitiques récurrents en Afrique ainsi que la fragilité des institutions, de l’état de droit et
des libertés individuelles, la mauvaise gouvernance etc. sont des facteurs qui freinent l’engagement efficace de
l’Afrique dans la mondialisation.

2- Des solutions pour améliorer la place de l’Afrique dans la mondialisation


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Pour surmonter ces obstacles, plusieurs actions sont nécessaires :
- Investir dans le développement du capital humain à travers l’éducation et la formation pour une main d’œuvre
dynamique ;
- Investir dans la construction des infrastructures de communication et de télécommunication ;
- Accélérer le processus d’industrialisation de l’Afrique pour transformer localement ses propres produits et capter
la valeur-ajoutée ;
- Accélérer la transition numérique par la réduction des coûts des connexions internet et des appareils
informatiques.
- Stabiliser le continent africain au niveau sociopolitique, promouvoir l’état de droit, les libertés individuelles et les
capacités des institutions politiques ainsi que la bonne gouvernance ;

Conclusion
L’Afrique, bien qu’à la traine dans la mondialisation, possède un potentiel immense et des opportunités importantes
pour accélérer son intégration de ce phénomène mondial. Pour devenir un acteur majeur des échanges
internationaux, le continent doit surmonter plusieurs obstacles, investir dans les infrastructures, promouvoir la
bonne gouvernance et diversifier son économie.

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