Rapport Sur La Voie À Suivre: Avenir de L'agrément en Génie
Rapport Sur La Voie À Suivre: Avenir de L'agrément en Génie
Août 2024
(Mis à jour en Octobre 2024)
Le Rapport sur la voie à suivre du projet Avenir de l’agrément en génie (AAG) contient les 18
recommandations du projet. Ces recommandations tiennent compte des besoins des différentes
parties intéressées ayant un intérêt commun pour un système d’agrément canadien qui préserve
ses qualités d’exception tout en saisissant les nouvelles occasions et en s’adaptant aux réalités
changeantes de l’écosystème canadien du génie.
Le Rapport sur la voie à suivre du projet AAG présente des arguments en faveur du changement,
basés sur des recherches et des interactions avec les parties intéressées, et propose des
modifications du système d’agrément en génie qui visent à saisir les occasions cernées tout au
long de ces interactions. Les lecteurs de ce Rapport remarqueront que certaines
recommandations proposent des modifications du système d’agrément proprement dit, alors que
d’autres décrivent des approches à l’appui d’un changement durable ou l’établissement de bases
pour l’évolution afin de soutenir la réussite. En adoptant une démarche équilibrée entre ces
approches, le projet AAG cherche à établir une voie à suivre axée avant tout sur l’atteinte des bons
résultats.
La publication du Rapport est le dernier produit livrable dans le cadre de la Priorité stratégique 1.1
« Examiner et valider le but et la portée de l’agrément » et offre un modèle des possibilités pour
passer au prochain Plan stratégique. Si le conseil d’Ingénieurs Canada décide d’accepter toutes
les recommandations ou seulement certaines d’entre elles, il restera du travail à faire pour
élaborer les détails des propositions afin de déterminer comment on pourrait les mettre en œuvre.
Ce travail serait réalisé en collaboration avec les parties intéressées.
Ingénieurs Canada et l’équipe du projet AAG, notamment le Comité directeur du projet, souhaitent
remercier tous les membres de l’écosystème canadien du génie qui ont contribué à ce rapport.
Meilleures salutations,
Le Comité directeur du projet AAG
Le présent Rapport sur la voie à suivre décrit les travaux entrepris depuis 2021 pour examiner et
valider l’objectif et la portée de l’agrément, ce qui constitue une étape clé du projet AAG.
S’appuyant sur les recherches menées par les groupes de travail sur la formation en génie et
l’analyse comparative, la mobilisation des parties intéressées, les idées du Groupe de travail sur le
but de l’agrément et du Groupe de travail sur l’exigence de formation pour l’obtention du permis
d’exercice ainsi que sur l’expertise du comité directeur, il présente des recommandations au
Conseil d’Ingénieurs Canada pour guider l’évolution du système d’agrément. Il recommande des
plans réalisables pour combler les lacunes entre l’état actuel et l’état futur envisagé.
Le présent Rapport sur la voie à suivre se présente comme un schéma stratégique pour l’avenir de
l’agrément en génie. Il propose un but révisé de l’agrément et de l’énoncé de la portée avec les
paramètres connexes d’un système d’agrément revitalisé, ancré dans une recommandation de
transition vers un modèle entièrement axé sur les résultats. Il recommande également la création
d’un Profil de compétences à spectre complet (PCSC) qui servira de cadre national pour
l’évaluation de tous les candidats au permis d’exercice, dont un sous-ensemble constitue une
exigence nationale de formation pour l’obtention du permis d’exercice. De plus, il marque le début
d’un processus de transformation dont les effets ultimes restent à déterminer. Une vision claire
s’est dégagée des années de travail du projet AAG, bien qu’un grand nombre des détails propres à
la mise en œuvre restent à définir.
Le but de l’agrément
L’agrément vise à assurer qu’un programme de génie est conçu et enseigné de façon
à ce que ses diplômés possèdent la formation universitaire nécessaire pour devenir
titulaire d’un permis d’exercice au Canada.
La portée de l’agrément
Le processus d’examen de l’agrément comprend l’évaluation des programmes
d’études ainsi que des facteurs qui permettent la conception et la prestation du
programme, notamment les ressources humaines et financières, le milieu et les
installations d’apprentissage ainsi que les mécanismes de contrôle de la qualité.
Cette section met également l’accent sur un meilleur équilibre entre les trois optiques du
but de l’agrément : programmes de génie, étudiants et organismes de réglementation. Elle
propose des paramètres de conception du futur système d’agrément, intègre les
informations tirées de la recherche et de la consultation menée dans le cadre du projet
pour appuyer les changements apportés au système et formule des recommandations pour
construire le futur système d’agrément imaginé.
• La section suivante s’appuie sur les travaux du Groupe de travail sur l’exigence de formation
pour l’obtention du permis d’exercice visant à définir le Profil de compétences à spectre
complet (PCSC) et son potentiel pour promouvoir un accès équitable à la profession
d’ingénieur. En tant que cadre de compétences, le PCSC décrit les connaissances, les
compétences et les qualités essentielles requises pour l’exercice du génie couronné de
succès tout au long de la carrière d’un ingénieur. Englobant 34 compétences réparties dans
8 domaines, il couvre l’ensemble du parcours professionnel d’un ingénieur, des études de
1. Déterminer et intégrer stratégiquement les forces du système actuel dans le cadre à venir.
[page 19]
2. Appuyer les énoncés sur le but et la portée révisés de l’agrément. [page 27]
3. Adopter les paramètres de conception décrits comme cadre fondamental pour le futur
système d’agrément. [page 31]
RÉSULTATS
4. Encourager une transition vers un agrément axé sur les résultats comme pierre angulaire du
changement à venir du système. [page 34]
5. Supprimer les critères liés à la mesure du contenu du programme d’études avec les unités
d’agrément (UA). Mettre l’accent sur les qualités requises des diplômés jusqu’à ce qu’une
transition vers le PCSC puisse être effectuée. [page 34]
CHEMINEMENT MINIMUM
PROGRAMMES D’ÉCHANGE
9. Officialiser l’exception provisoire du BCAPG pour les étudiants qui participent à des
échanges internationaux en intégrant de façon permanente ses principes fondamentaux à
la politique d’agrément. [page 38]
10. Évaluer la faisabilité de l’acceptation des évaluations des EES des organismes provinciaux
d’assurance de la qualité afin de simplifier les processus du BCAPG tout en maintenant la
conformité à l’Accord de Washington. [page 39]
11. Maximiser le rendement des investissements pour toutes les parties intéressées en
intégrant de nouvelles valeurs fondamentales au système d’agrément, notamment la
conception conjointe, l’intendance collective et une gouvernance plus représentative.
[page 41]
12. Entamer une étude pilote visant à évaluer la faisabilité du PCSC conformément aux
modalités proposées. [page 65]
ÉQUIVALENCE SUBSTANTIELLE
13. Veiller à ce que le PCSC, y compris l’exigence nationale de formation pour l’obtention du
permis d’exercice, soit substantiellement équivalent au Cadre d’évaluation des qualités des
diplômés et des compétences professionnelles de l’International Engineering Alliance
(IEA). [page 66]
GESTION DU CHANGEMENT
14. Mettre sur pied un groupe de travail responsable de rédiger un plan de gestion du
changement pour la mise en œuvre stratégique de l’agrément axé sur les résultats. Ce plan
doit comprendre la séquence des étapes tactiques pour passer de l’état actuel à l’état
souhaité et tenir compte de l’expérience émotionnelle et psychologique potentielle du
changement. [page 70]
GOUVERNANCE
15. Le Conseil d’Ingénieurs Canada devrait créer deux organismes distincts en matière
d’agrément, un organisme responsable d’établir l’orientation stratégique et un organisme
opérationnel axé sur l’exécution des politiques. [page 71]
16. Mettre sur pied un nouvel organisme de surveillance du PCSC. [page 71]
PARTICIPATION DE L’INDUSTRIE
17. Établir des occasions de consultation régulière auprès de l’industrie, en tirant parti des
mécanismes existants pour recueillir des commentaires et des renseignements en continu.
[page 75]
VALEURS FONDAMENTALES
18. Adopter les valeurs fondamentales décrites pour guider la mise en œuvre de ces
recommandations. [page 77]
Son objectif est de tirer parti des perspectives, des points de vue et de l’expertise des membres de
l’écosystème du génie canadien pour examiner le système d’agrément existant, comprendre
comment il répond aux besoins actuels et envisager comment il peut tracer une nouvelle voie à
suivre pour l’avenir de la profession d’ingénieur au Canada.
La priorité stratégique vise à réunir les divers points de vue de l’écosystème du génie canadien afin
de mettre sur pied un système d’agrément qui fait avancer tout le monde ensemble. Voici des
exemples des résultats attendus du projet :
1. Toutes les parties intéressées comprennent le but de l’agrément.
2. Les organismes de réglementation ont une exigence de formation universitaire pour
l’obtention du permis d’exercice s’appliquant à tous.
3. Ingénieurs Canada, notamment le Bureau canadien d’agrément des programmes de
génie (BCAPG) et le Bureau canadien des conditions d’admission en génie (BCCAG), ont
des directives pour la mise en œuvre de systèmes harmonisés avec le but de
l’agrément et la formation universitaire nécessaire pour l’obtention du permis
d’exercice.
Ingénieurs Canada a collaboré sur ce projet avec Coeuraj, une entreprise-conseil de conception et
de facilitation. L’équipe de projet comprend des membres du personnel d’Ingénieurs Canada et de
Coeuraj.
Le Comité directeur de l’AAG soumet le présent Rapport sur la voie à suivre afin de saisir les
principaux enseignements tirés du projet et de formuler des recommandations au Conseil
d’Ingénieurs Canada pour façonner l’évolution du système d’agrément en 2025 et au-delà.
Participants au projet
Un groupe dynamique de bénévoles de tout le Canada, avec une vaste gamme d’expertise, a
participé au projet AAG. Des groupes organisés et des collaborateurs de l’écosystème du génie ont
fourni des connaissances inestimables pour éclairer et orienter le projet.
En plus des groupes organisés, plus de 700 parties intéressées ont participé aux activités du projet
AAG dans le cadre de plus de 35 consultations partout au Canada 1. Chaque contributeur a apporté
une perspective unique au projet et a renforcé la recherche et les connaissances sur le système
d’agrément.
Parcours du projet
Il s’agit d’un projet pluriannuel comportant différentes phases. En voici les principales activités :
• Mener une analyse comparative du système d’agrément canadien et déterminer une
exigence minimale en matière de formation universitaire nécessaire pour l’obtention du
permis d’exercice.
• Réaliser un examen fondamental du système d’agrément existant et un réexamen de son
but dans le contexte du système d’agrément global.
• Recueillir les différents points de vue de l’écosystème canadien du génie pour façonner
l’évolution future de l’agrément pour répondre le mieux possible aux besoins de la société.
• Produire le présent Rapport sur la voie à suivre, qui fournit une orientation à Ingénieurs
Canada, notamment au BCAPG et au BCCAG, pour la mise en œuvre de systèmes
harmonisés avec le but de l’agrément et la formation universitaire nécessaire pour
l’obtention du permis d’exercice. Le Rapport explique l’orientation future et présente des
recommandations pour combler les lacunes entre l’état actuel et l’état futur envisagé.
La figure 1 illustre le parcours de l’AAG et représente graphiquement les progrès réalisés dans le
cadre du projet depuis 2022. Vous trouverez dans l’annexe A une version de ce parcours qui
présente les principales activités, découvertes et décisions.
1
Le compte de plus de 700 participants ne représente pas un nombre unique de personnes, car les
participants à un événement peuvent avoir participé à d’autres.
En mai 2021, les membres d’Ingénieurs Canada (les organismes de réglementation du génie) ont
approuvé une nouvelle priorité stratégique intitulée Examiner et valider le but et la portée de
l’agrément. Pour commencer ces travaux, les membres de l’écosystème du génie ont recueilli des
points de vue sur le contexte actuel dans lequel évolue le système d’agrément. Le Groupe de travail
sur l’analyse comparative a été mis sur pied pour effectuer des recherches afin de comparer le
système canadien d’agrément en génie avec des systèmes nationaux et internationaux
comparables. Le Groupe de travail sur la formation en génie a été établi pour comprendre les
tendances actuelles et émergentes de la formation en génie. Dans un atelier mené avec le corps
enseignant et des organismes de réglementation, les réalités actuelles de la formation en génie ont
été étudiées aux côtés des personnes qui en font l’expérience au quotidien. Les deux groupes de
travail ont compilé leurs constatations dans leurs rapports respectifs, Analyse comparative du
système canadien d’agrément des programmes de génie et Pratiques actuelles et émergentes dans
la formation en génie. Les rapports ont été publiés en mars 2022 et ont ensuite fait l’objet de
discussions avec les organismes de réglementation afin d’établir des éléments de contexte pour
tous les travaux à venir. Ces travaux initiaux ont servi de base au cheminement du projet.
Les membres de l’écosystème canadien du génie ont été mobilisés pour saisir leurs points de vue
uniques, notamment leurs expériences et leur expertise dans le processus global de délivrance de
permis d’exercice et le système d’agrément.
En mai 2022, l’équipe de projet a animé une séance de collaboration avec Doyennes et doyens
d’ingénierie Canada (DDIC) afin de cartographier les réponses à quatre questions clés concernant
le but et la portée de l’agrément. En septembre 2022, elle a organisé des réunions distinctes avec le
BCAPG et le BCCAG, durant lesquelles elle a recueilli leurs points de vue sur le but et la structure
du système d’agrément.
En novembre 2022, l’équipe de projet a accueilli plus de 70 personnes du milieu du génie lors d’une
séance de prospective stratégique de deux jours pour imaginer l’« ingénieur de l’avenir » et les
conditions préalables à sa réussite. L’un des messages centraux qui est ressorti de l’événement,
comme indiqué dans le Journal des événements de la séance de prospective, est que les
participants « ont constaté le besoin des ingénieurs, qui sont des leaders aux valeurs fortes,
excellents sur le plan technique, qui collaborent activement dans toutes les disciplines, sont
attentifs à l’avenir et conservent leur curiosité et le désir d’apprendre tout au long de leur vie ».
Pendant six semaines au printemps 2023, l’équipe du projet AAG a mené une série de simulations
virtuelles : une forme structurée de remue-méninges et des exercices qui ont invité 80 membres de
la communauté du génie à examiner les systèmes d’agrément et du permis d’exercice. L’expérience
de simulation a été conçue pour réunir une diversité de points de vue afin d’imaginer les
caractéristiques de l’ingénieur de l’avenir et ses besoins, ainsi que pour comprendre comment les
systèmes pourraient réagir à différentes fins d’agrément et à d’éventuelles exigences nationales de
formation pour l’obtention du permis d’exercice. Les simulations virtuelles ont permis de dégager
des apprentissages clés sur le travail collectif nécessaire pour faire évoluer le système d’agrément
en génie. Les données synthétisées tirées des simulations ont indiqué que :
• les participants sont d’avis que l’agrément devrait avoir un rôle à jouer dans l’écosystème
du génie pour assurer le contrôle de la qualité et l’intégrité professionnelle, mais qu’il doit
connaître d’importants changements pour s’adapter à cet objectif;
• il est utile d’avoir des normes claires et transparentes concernant les connaissances et les
compétences requises en génie à l’échelle nationale (les données suggèrent également
que cette exigence devrait porter sur un niveau général de base de connaissances
techniques, complété par des compétences professionnelles et une compréhension des
responsabilités éthiques d’un ingénieur);
• la relation entre l’agrément et la formation universitaire nécessaire pour l’obtention du
permis d’exercice n’est pas encore claire et nécessite des travaux supplémentaires.
À la fin de 2023 également, l’équipe de projet a mené quatre entrevues auprès de dirigeants
d’organismes canadiens d’agrément ou de réglementation des professions dans le domaine des
soins infirmiers, de la comptabilité et de l’architecture. Les résultats ont souligné les approches et
les défis communs de ces professions en ce qui a trait aux programmes d’agrément pour les parties
intéressées ayant des besoins et des objectifs différents, à l’évaluation des professionnels formés à
l’étranger et à l’offre de diverses voies d’accès à la profession.
Au cours de la même période, l’équipe de projet a lancé un sondage visant à consulter activement
des parties intéressées précises, notamment des étudiants actuels et anciens des programmes
agréés par le BCAPG, des diplômés en génie à l’international, des candidats au permis d’exercice
en génie, ainsi que des personnes qui travaillent dans le domaine du génie, titulaires ou non d’un
permis d’exercice. Les participants devaient exprimer leurs points de vue et leurs expériences
concernant l’agrément, les compétences et le processus d’obtention d’un permis d’exercice en
génie au Canada. Les réponses au sondage ont contribué au travail continu et à la validation
entourant la mise au point du but de l’agrément et d’une exigence nationale de formation
nécessaire à l’obtention du permis d’exercice.
S’appuyant sur les données recueillies lors des étapes précédentes du projet, le Groupe de travail
sur le but de l’agrément et le Groupe de travail sur l’exigence de formation pour l’obtention du
permis d’exercice ont travaillé au début de 2024 à la définition du but et de la portée futurs de
l’agrément ainsi que d’une exigence nationale de formation nécessaire à l’obtention du permis
d’exercice, aboutissant à la création de deux documents d’orientation. Le Document sur le but de
l’agrément et le Document sur l’exigence de formation produits en mars 2024 ont servi de tremplin
pour la discussion; le projet a d’ailleurs considérablement progressé depuis.
En avril 2024, une séance de conception conjointe sur la voie à suivre de deux jours a réuni plus de
40 représentants du BCAPG, du BCCAG, de DDIC, du Groupe consultatif des organismes de
réglementation, des administrateurs du conseil d’administration d’Ingénieurs Canada et d’autres
parties intéressées. Cette séance de collaboration a permis d’examiner les concepts proposés, les
idées, les lacunes et les recommandations des Groupes de travail sur l’exigence de formation et
sur le but de l’agrément, ainsi que le travail effectué à ce jour. Les participants ont renforcé leur
2. Variété nécessaire. Le principe de la variété nécessaire est la notion selon laquelle, pour
relever des défis complexes, une variété de perspectives est indispensable. Une approche
de conception conjointe vise à recueillir des commentaires variés en favorisant la
collaboration entre des personnes ayant des expériences, des visions du monde et des
systèmes de connaissances différents. Ce processus inclusif permet de s’assurer que les
solutions sont adaptées à la complexité du système et gèrent efficacement ses défis.
3. Conception à partir de l’état futur. Lorsque l’on part d’une réussite imaginée, et que l’on
revient en arrière, il est plus facile de se concentrer sur ce qui l’a rendue possible. Lorsqu’on
regarde l’avenir en partant d’un point de vue actuel, les obstacles ont tendance à dominer.
Une approche de conception conjointe oriente l’attention vers un avenir idéal et détermine
ensuite les étapes nécessaires pour combler l’écart.
4. Acceptation des conflits et des différences de pouvoir. Tous les groupes de personnes qui
travaillent ensemble connaissent des conflits, des familles aux grands organismes. Tous les
organismes ont une hiérarchie, implicite ou explicite. La conception conjointe crée un
espace où les participants peuvent accepter les conflits et « être durs avec les idées, et non
avec les personnes ». En laissant les conflits émerger et en surmontant les tensions qui
Tout au long du projet AAG, l’approche de conception conjointe a tenu compte de ce que
l’ingénieur de l’avenir doit savoir et faire, et de la façon de s’assurer que le système d’aujourd’hui
s’oriente vers le soutien aux ingénieurs de l’avenir. Consulter et écouter les voix dans le système,
reprendre ce qui a été entendu et faire avancer de nouveaux concepts grâce à la conception
conjointe ont créé de nouvelles façons de travailler, d’établir et de rebâtir des relations dans
l’écosystème du génie.
Le Rapport sur la voie à suivre marque une étape importante de l’initiative AAG décrite dans le Plan
stratégique 2022-2024 d’Ingénieurs Canada. Il représente l’aboutissement de plus de trois ans de
recherche, de découvertes et d’interactions multiples avec diverses parties intéressées de la
profession d’ingénieur au Canada et ailleurs. S’appuyant sur les connaissances et l’expertise tirées
de ces consultations, il sert de cadre stratégique pour la mise en œuvre de changements au
système d’agrément et accorde la priorité à une transformation rapide et économe en ressources.
Tirant parti de la compréhension approfondie des défis actuels du système, le Rapport sur la voie à
suivre présente des recommandations pour tracer la voie vers l’état futur imaginé pour l’agrément
des ingénieurs au Canada.
Au cours de la séance, trois scénarios uniques et plausibles pour l’avenir ont été présentés. Ils
présentaient divers changements qui pouvaient avoir une incidence sur l’environnement dans
lequel le génie est enseigné, exercé et réglementé.
Le premier scénario décrivait une poursuite relativement stable des tendances actuelles dans
l’écosystème du génie, dans lequel le Canada demeure de plus en plus urbanisé, peuplé et
multiculturel, avec des progrès technologiques rapides. Le paysage de l’embauche repose
principalement sur la réputation et les compétences, ce qui reflète le statu quo. Le deuxième
scénario présentait un écosystème du génie touché par le changement continu, la volatilité et
l’instabilité de l’environnement en général, où l’autoréglementation a été remplacée par un conseil
national de réglementation et où la qualité des services de génie a diminué. Le troisième scénario
prévoyait un retrait partiel du financement de l’enseignement supérieur, la déréglementation de
nombreuses professions, notamment le génie, et une migration accrue vers le nord du Canada.
Dans l’ensemble, le consensus indiquait que l’ingénieur de l’avenir fonctionnerait dans un monde
complexe en constante et rapide évolution. L’incertitude et l’imprévisibilité de l’avenir
engendreraient des défis environnementaux, sociaux et politiques qui exigeraient que les
ingénieurs :
• soient des leaders éthiques, inclusifs et axés sur les valeurs;
• soient conscients de leur rôle dans le façonnement de l’avenir de l’humanité et de leur
contribution;
• favorisent la collaboration entre les équipes multidisciplinaires;
• fassent preuve d’une curiosité insatiable, de créativité et d’empathie;
• soient excellents sur le plan technique et axés sur leur parcours d’apprentissage continu.
Selon les renseignements fournis par les parties intéressées concernant les besoins futurs du
génie, l’écosystème du génie doit :
• diversifier les voies pour devenir ingénieur;
• favoriser l’apprentissage continu et l’adaptation technologique;
• habiliter les ingénieurs à travailler de façon harmonieuse au sein d’équipes
multidisciplinaires diversifiées;
• adopter la collaboration interdisciplinaire;
• instaurer une culture de collaboration, d’intégrité et de résultats éthiques;
Les scénarios et les renseignements tirés de l’exercice de prospective stratégique visent à éclairer
et à clarifier la conception du futur système de génie pour répondre aux exigences d’un monde en
rapide évolution.
Le projet AAG constitue une étape évolutive pour le système d’agrément, et non une refonte
révolutionnaire. Bien que le projet AAG modernise l’agrément pour s’adapter à l’évolution du milieu
de l’enseignement et de la profession, les principes de base demeurent solides. Ce qui est
important, c’est qu’un changement de fond en comble n’est pas nécessaire. Le système
d’agrément du génie au Canada continuera d’évaluer les programmes au moyen d’une évaluation
externe et de veiller à ce que les diplômés des programmes agréés soient suffisamment formés
pour entreprendre le processus d’obtention du permis d’exercice.
S’inspirant des réussites du système d’agrément et des changements progressifs apportés depuis
1965, le projet AAG vise à créer un cadre qui résistera aux années et qui s’harmonise avec les
besoins sociétaux évolutifs tout en maintenant la crédibilité du système. La transformation
nécessite une approche délibérée. Une mise en œuvre progressive peut tirer parti des forces du
système actuel tout en intégrant de façon fluide les améliorations essentielles. Elle assure une
transition en douceur qui permet de saisir les meilleurs éléments et de maintenir la continuité du
service.
2
Plus précisément l’Accord de Washington avec l’International Engineering Alliance.
Le Groupe de travail sur le but de l’agrément a reçu le mandat de valider le but actuel de l’agrément
ou d’établir un but révisé. Il s’agit d’un énoncé fondamental concernant la raison d’être de
l’agrément, les résultats escomptés et le public à qui il s’adresse.
On constate un sentiment général selon lequel les normes d’agrément actuelles imposent un cadre
rigide qui limite la prestation des programmes, accorde trop d’importance aux formes
d’enseignement désuètes (par exemple, les cours magistraux plutôt que des tutoriels ou des
laboratoires plutôt que l’apprentissage par projet ou l’apprentissage autonome), et restreint les
choix pédagogiques du corps enseignant de même que la capacité des étudiants de choisir des
cours qui les intéressent personnellement. Cette approche structurée accorde la priorité à la
transmission des compétences techniques plutôt qu’à l’acquisition de compétences liées à
l’apprentissage continu, comme le travail d’équipe et la collaboration. Par conséquent, l’accent
mis sur le respect des normes d’agrément entraîne souvent une concentration étroite sur les
compétences techniques, négligeant le développement holistique des étudiants en tant que
professionnels en herbe, responsables de maîtriser leur propre apprentissage après l’obtention de
Afin de tenir compte de l’évolution du contexte, des exigences de l’industrie et des répercussions
sociétales, les programmes de génie s’efforcent d’intégrer des aptitudes, des compétences non
techniques ainsi que des cheminements personnalisés au sein des programmes. Toutefois, le
système d’agrément actuel n’a pas été initialement conçu pour tenir compte de ces changements
et n’a pas suivi le rythme de ces besoins, ce qui complexifie d’autant plus une adaptation efficace
de la part des EES.
Le système canadien d’agrément en génie est rigoureux, et ses exigences particulières peuvent
entraîner une charge de travail conséquente. L’instauration des normes relatives aux qualités
requises des diplômés (QRD) en 2008 et à l’amélioration continue (AC), qui constituent des
exigences obligatoires pour qu’Ingénieurs Canada demeure membre de l’Accord de Washington de
l’International Engineering Alliance (IEA), a accru la charge de travail des EES pour se préparer à
l’agrément et le maintenir, ainsi que celle des membres de l’équipe de visite bénévoles. Certains
EES ont eu l’impression que l’instauration des normes QRD mènerait à l’élimination de la mesure
des intrants, actuellement mesurés en unités d’agrément (UA), et continuent de suggérer que la
mesure des intrants (UA) devrait avoir moins d’importance, voire être complètement éliminée. Il en
découle des processus administratifs parallèles à l’heure actuelle, à la fois pour la mesure des
intrants, quantifiés par les UA, et des extrants, comme les QRD.
Les normes d’agrément portent sur le programme d’études en génie (et son amélioration continue),
ainsi que sur les processus liés à l’admission, à la promotion et à l’obtention du diplôme, sur les
conseils scolaires aux étudiants et sur l’environnement général dans lequel le programme est
offert.
Pour les organismes de réglementation du génie, cela signifie que les diplômés de programmes
agréés n’ont pas pour obligation de passer des examens techniques de contrôle : il est admis que
les diplômés de programmes agréés possèdent les qualifications universitaires requises pour
obtenir le permis d’exercice. D’un côté, les diplômés bénéficient de ce système qui réduit le temps
et les fonds consacrés à l’obtention du permis d’exercice; de l’autre, ce système simplifie les
processus des organismes de réglementation pour la délivrance du permis d’exercice. Les
candidats à l’obtention du permis d’exercice qui ne sont pas titulaires d’un diplôme d’un
programme agréé par le BCAPG doivent habituellement passer des examens techniques de
contrôle.
Les tendances relatives au permis d’exercice en génie au Canada sont en pleine évolution. Le
nombre de candidats ayant obtenu leur diplôme d’un programme agréé par le BCAPG diminue,
alors que le nombre de candidatures au permis d’exercice présenté par des candidats qui ne sont
pas titulaires d’un diplôme agréé par le BCAPG (candidats issus de programmes non agréés par le
BCAPG) augmente. Selon le plus récent rapport sur les effectifs de la profession d’Ingénieurs
Canada, seulement 44,3 % des nouveaux diplômés suivent le cheminement vers l’obtention du
permis d’exercice5. Dans certaines régions canadiennes, le nombre de candidats issus de
programmes non agréés par le BCAPG représente plus de la moitié des candidatures reçues.
3
Mandat du Groupe de travail de l’AAG sur le but de l’agrément.
4
Ingénieurs Canada. Normes et procédures d’agrément du BCAPG 2023, p. 6.
5
Ingénieurs Canada. 2023. Rapport de 2023 sur les effectifs de la profession à l’échelle nationale, p. 7.
Bien que l’agrément ait toujours été perçu comme un outil pour appuyer les organismes de
réglementation, il est de plus en plus nécessaire que ces perceptions évoluent vers un cadre plus
vaste et plus complet qui favorise la conception conjointe, la collaboration et une communication
ouverte entre les divers groupes au sein de l’écosystème du génie. Ces partenariats authentiques
seront essentiels pour s’adapter à l’évolution du paysage de l’agrément et à l’avenir de la
profession.
L’agrément touche de nombreuses parties, et il est nécessaire de tenir compte de leurs besoins et
de leurs contraintes. Dans son rapport, le Groupe de travail sur l’analyse comparative de l’AAG a
indiqué que les énoncés sur le but de l’agrément des secteurs comparés visaient davantage de
parties intéressées et de multiples objectifs. Ce groupe de travail a recommandé d’examiner et de
prendre en considération la portée de l’objectif actuel d’agrément d’Ingénieurs Canada. Dans le
cadre des consultations de l’automne 2023 sur l’optique potentielle du but de l’agrément, les
parties intéressées ont clairement indiqué que le fait de se concentrer sur une seule partie
intéressée (organismes de réglementation, programmes ou étudiants) ne constitue pas une option
viable.
En se fondant sur les résultats de la recherche fondamentale menée par les groupes de travail sur
l’analyse comparative et la formation en génie de l’AAG ainsi que sur les consultations avec près de
170 parties intéressées au sujet de leurs besoins et de ce qu’elles attendent de l’agrément à
Afin de relever les défis cernés et d’établir une base solide pour le futur système d’agrément, le
Groupe de travail sur le but de l’agrément est passé de la validation de l’énoncé sur le but actuel à
l’établissement d’un énoncé révisé. Le Comité directeur a examiné attentivement l’énoncé révisé et
a accepté ce qui suit :
But de l’agrément
L’agrément vise à assurer qu’un programme de génie est conçu et enseigné de façon à ce
que ses diplômés possèdent la formation universitaire nécessaire pour devenir titulaire d’un
permis d’exercice au Canada.
Il est important de comprendre deux éléments clés de la terminologie utilisée dans cet énoncé :
1. Tout d’abord, l’expression « programme de génie » doit être interprétée de façon générale
pour s’étendre au-delà des programmes d’études de premier cycle traditionnels d’un EES.
Elle désigne un cadre qui peut comprendre un éventail diversifié de cours, d’activités ou
d’expériences, conçus stratégiquement pour atteindre des résultats ou des objectifs
d’apprentissage précis.
2. Ensuite, l’expression « formation universitaire nécessaire » englobe les divers titres
universitaires qui servent de préalables à l’obtention du permis d’exercice et qui sont
directement liés à l’exigence nationale de formation pour l’obtention du permis d’exercice.
Le Comité directeur a délibérément choisi cette expression, car elle reflète la terminologie
établie dans la législation pertinente qui décrit les conditions préalables en matière de
formation à l’obtention d’un permis d’exercice pour les ingénieurs.
L’énoncé du but de l’agrément révisé adopte une nouvelle approche qui reconnaît les différents
besoins des programmes de génie, des étudiants et des organismes de réglementation au sein du
système d’agrément, et s’efforce d’équilibrer leurs intérêts sans accorder la priorité à un groupe
plutôt qu’à un autre. Il maintient également le lien entre l’agrément et l’exigence du permis
d’exercice.
Il convient de noter que, bien que l’énoncé tel qu’il est formulé ait été recommandé pour les
raisons susmentionnées, le Comité directeur reconnaît également que l’évolution continue du
système d’agrément en raison des phases futures du projet AAG pourrait nécessiter des
modifications supplémentaires. Par conséquent, l’énoncé pourra être examiné lorsque le Profil de
compétences à spectre complet (PCSC) sera entièrement mis en œuvre et périodiquement par la
suite pour en assurer la pertinence continue.
Partie a : Illustration des besoins intersectionnels des trois parties intéressées distinctes.
Partie b : Illustration des besoins équitables des trois parties intéressées distinctes, découlant de la séance
de prospective de 2022 et ayant obtenu l’appui des organismes de réglementation lors des consultations de
l’automne 2023.
PROGRAMMES DE GÉNIE
Les programmes de génie cherchent à obtenir l’agrément en fonction du contenu d’études qu’ils
proposent. Les verbes clés « conçu » et « enseigné » de l’énoncé d’objet révisé sous-entendent un
soutien accru à la souplesse et à l’innovation. La conception du programme assure l’efficacité à
long terme, tandis que son enseignement, axé sur le présent, assure la conformité aux normes en
plus de préparer et d’évaluer les étudiants actuels.
L’énoncé omet délibérément de préciser que l’agrément s’applique uniquement aux programmes
de génie de premier cycle. Cette souplesse permet à la définition d’englober les programmes de
génie agréés existants tout en laissant de la place à d’éventuels programmes futurs au-delà du
diplôme de premier cycle traditionnel.
ÉTUDIANTS
Bien que tous les étudiants ne cherchent pas à obtenir un permis d’exercice après l’obtention de
leur diplôme, l’agrément des programmes de génie contribue à donner aux diplômés : 1) les
compétences et les connaissances nécessaires pour s’épanouir dans leur future carrière, et 2) un
cheminement clair vers l’obtention du permis d’exercice s’ils choisissent de suivre cette voie.
ORGANISMES DE RÉGLEMENTATION
Les organismes de réglementation s’assurent que les diplômés des programmes agréés par le
BCAPG ont acquis les connaissances et les compétences de base attendues d’eux pour entrer
dans la profession. Les programmes agréés facilitent l’évaluation par les organismes de
réglementation des qualifications universitaires des candidats, qui ne constituent que l’un des cinq
critères habituellement examinés par les organismes de réglementation pour l’obtention d’un
permis d’exercice.
d. La portée de l’agrément
Afin de préciser la portée des critères d’agrément, le Comité directeur recommande d’ajouter
l’énoncé suivant après celui sur le but de l’agrément :
La recommandation du Groupe de travail sur le but de l’agrément de se pencher sur les milieux
d’apprentissage indique : « Ces facteurs devraient faire l’objet d’un examen, mais ils ne devraient
pas influencer indûment la décision finale d’agrément, à moins qu’ils n’aient une incidence directe
sur les résultats du programme6. »
L’influence de l’environnement du programme sur les résultats varie. Une approche axée sur les
résultats peut contribuer à déterminer les facteurs les plus importants. La recherche suggère, par
exemple, que le milieu d’apprentissage, notamment l’engagement des étudiants, a une incidence
positive sur l’apprentissage des élèves7.
6
Document du Groupe de travail sur le but de l’agrément de l’AAG. (2024). Avenir de l’agrément en génie.
7
Shernoff, D.J., Ruzek, E.A. et Sinha, S. (2016). « The influence of the high school classroom environment on
learning as mediated by student engagement ». School Psychology International, 38(2), 201-18.
[Link]
Thai, N.T.T., De Wever, B. et Valcke, M. (2017). « The impact of a flipped classroom design on learning
performance in higher education: Looking for the best “blend” of lectures and guiding questions with
feedback ». Computers and Education, 107, 113-26. [Link]
i. Le futur système d’agrément doit être simple, souple et adaptable au fil du temps.
Le rythme rapide des changements dans l’enseignement du génie (notamment les connaissances
et les pratiques pédagogiques), dans l’exercice du génie et dans les tendances sociétales souligne
l’importance de maintenir un système d’agrément souple et réactif. Le système doit non seulement
permettre de préparer les diplômés en génie d’aujourd’hui à exécuter les tâches requises dans
l’écosystème du génie, mais aussi être en mesure de se tenir au courant des changements
dynamiques (prévus et émergents) afin de préparer efficacement les diplômés de demain. Cette
approche concernant l’agrément appuie non seulement la pertinence et l’efficacité des
programmes agréés par le BCAPG à l’heure actuelle, mais les positionne également à la pointe de
la formation en génie, prêts à répondre efficacement aux besoins changeants de la profession.
Cheng, L., Ritzhaupt, A.D. et Antonenko, P. (2018). « Effects of the flipped classroom instructional strategy
on students’ learning outcomes: A meta-analysis ». Educational Technology Research and Development,
67(4), 79-824. [Link]
Les rapports de 2022, Analyse comparative du système canadien d’agrément des programmes de
génie et Pratiques actuelles et émergentes dans la formation en génie, ont permis de recueillir des
renseignements sur les pratiques et les tendances en matière d’agrément et de formation pour
diverses professions et régions. Les rapports ont révélé que l’agrément de la formation en génie au
Canada repose en grande partie sur les intrants, comme l’exigence d’un « cheminement minimum »
et une exigence de durée minimale des études pour le diplôme. Les résultats suggèrent que le
système canadien actuel d’agrément en génie ne correspond pas aux pratiques mondiales, qui
mettent davantage l’accent sur les résultats.
La combinaison actuelle des intrants (c.‑à‑d. les unités d’agrément) et des mesures des résultats
(c.‑à‑d. les qualités requises des diplômés) complique les évaluations et contribue à la perception
selon laquelle l’agrément est un fardeau pour les EES. La transition vers un modèle davantage axé
sur les résultats permettrait d’harmoniser davantage les pratiques d’agrément canadiennes avec
les tendances observées dans d’autres professions et zones de compétences, tout en complétant
le virage réglementaire croissant vers les processus de délivrance de permis d’exercice fondés sur
l’évaluation des compétences.
iii. Le futur système d’agrément doit harmoniser l’approche éducative et les normes
d’agrément.
À mesure que le contenu des programmes d’études et la pédagogie évoluent, l’agrément doit
également suivre ces changements. Les normes d’agrément doivent être mises à jour pour
correspondre aux tendances actuelles en matière de conception et de prestation des cours. Le
système d’agrément ne devrait pas être perçu comme une entrave à l’innovation dans
l’enseignement, mais plutôt s’harmoniser avec les principes de conception et d’enseignement des
programmes énoncés dans la déclaration sur le but révisé.
iv. Le futur système d’agrément doit tenir compte de l’équité de son application dans tous les
établissements, en prenant en considération le contexte local et les différents niveaux
d’accès aux ressources.
Les normes d’agrément doivent être axées sur l’évaluation des exigences fondamentales des
programmes de génie et ne doivent pas servir d’évaluation comparative des services fournis par les
EES, qui varieront inévitablement d’un établissement à un autre en fonction de contraintes
géographiques, démographiques ou de ressources.
vi. Le futur système d’agrément doit reposer sur des processus d’évaluation justifiables.
Cette justification signifie que les normes d’agrément, les méthodes et les décisions qui en
découlent sont étayées par des données probantes – qu’elles soient quantitatives ou qualitatives –
et clairement appuyées, contribuant à la transparence et à la légitimité du processus. Ces
caractéristiques favorisent la confiance à l’égard du processus d’agrément et de ses résultats.
vii. Le futur système d’agrément doit parvenir à un équilibre pour des normes en évolution.
À mesure que le système d’agrément continuera d’évoluer pour demeurer pertinent, de nouvelles
normes seront inévitablement instaurées. Toutefois, pour maintenir l’orientation et l’harmonisation
de la portée de l’agrément avec les fins prévues, il est essentiel de supprimer les normes désuètes.
Cette mesure proactive évite l’élargissement incontrôlable de la portée. La gestion judicieuse des
normes est essentielle au maintien de la faisabilité, à l’obtention d’un rendement du capital investi
favorable en ce qui concerne les ressources et les coûts engagés, et à la prévention de la
croissance inutile des programmes. Un processus doit être mis au point pour examiner, réviser et
déployer systématiquement et de façon prévisible les normes afin d’en assurer la stabilité et la
pérennité pour toutes les parties intéressées. Il est essentiel d’éviter la révision ponctuelle et
fragmentaire des normes.
viii. Le futur système d’agrément doit optimiser le recours à des pairs pour mener les
évaluations.
Les évaluations d’agrément dépendent des processus d’examen par les pairs, qui font appel à des
experts de divers domaines, universitaires et non universitaires, pour assurer une évaluation
approfondie du respect des normes établies par les programmes. La mobilisation de pairs à
l’expertise et aux antécédents variés favorise une perspective diversifiée et inclusive au cours des
évaluations. Les normes d’agrément doivent être rédigées de manière à ce que les programmes
puissent démontrer leur conformité à un pair et qu’un pair puisse évaluer leur conformité sans
devoir posséder des connaissances approfondies particulières, qui ne sont pas largement
maîtrisées par des pairs bénévoles. Ces pairs devraient suivre une formation et des instructions
ix. Le futur système d’agrément doit intégrer et reconnaître le contenu des programmes « de
relève ».
L’énoncé sur le but de l’agrément insiste sur le fait qu’un programme de génie est « conçu et
enseigné de façon à ce que ses diplômés [nous soulignons] possèdent la formation universitaire
nécessaire pour devenir titulaires d’un permis d’exercice au Canada. » Cela signifie que les EES
peuvent démontrer, au moyen du processus d’agrément, que tous les diplômés de leurs
programmes, quel que soit leur point de départ, ont satisfait ou dépassé les exigences de formation
universitaire établies pour obtenir le permis d’exercice.
Les organismes de réglementation du génie sont convaincus que les diplômés des programmes
agréés par le BCAPG ont reçu la formation universitaire nécessaire pour obtenir le permis
d’exercice, ce qui leur permet de simplifier leurs procédures d’examen des études en
conséquence.
Les diplômés ont confiance en la qualité de leur programme, sachant qu’il satisfait à des normes
rigoureuses reconnues à l’échelle nationale. Ils bénéficient d’une acceptation accélérée de leurs
qualifications universitaires sans avoir besoin de se soumettre à d’autres processus de contrôle. La
mise au point continue du Profil de compétences à spectre complet, qui définit toutes les
compétences requises d’un ingénieur à divers moments de son cheminement de carrière – de
l’apprenant au diplômé, en passant par le titulaire du permis – et qui correspond aux qualités
requises des diplômés, présente aux étudiants les Compétences liées à l’expérience de travail au
Canada à un stade précoce. Cette exposition précoce offre un avantage particulier aux diplômés
qui cherchent à obtenir un permis d’exercice.
xi. Le futur système d’agrément doit éviter le dédoublement d’autres processus d’évaluation
des programmes.
Le système d’agrément doit accorder la priorité aux aspects distinctifs de la formation en génie et
respecter les normes énoncées dans les critères d’évaluation, tout en évitant la redondance avec
les autres processus d’évaluation des programmes et les évaluations des normes de qualité régies
et supervisées par les gouvernements et organismes provinciaux. Cela évitera les fardeaux et les
redondances inutiles pour les EES.
xii. Le futur système d’agrément doit préparer les diplômés à démontrer leurs compétences et
leurs aptitudes aux employeurs.
L’agrément permet aux employeurs éventuels de faire confiance aux diplômés des programmes
agréés par le BCAPG, sachant qu’ils possèdent les connaissances et les compétences attendues
des personnes débutant dans la profession d’ingénieur.
xiii. Le futur système d’agrément doit permettre la mobilité nationale et internationale des
étudiants et des diplômés.
Le public doit avoir la certitude que les diplômés des programmes agréés ont reçu une formation
de grande qualité qui les prépare à contribuer efficacement à la société par la profession qu’ils ont
choisie.
Une question fondamentale pour ce projet était de savoir si l’agrément conserve sa valeur pour les
parties intéressées. Tout au long du projet, les organismes de réglementation, les étudiants et les
responsables des programmes de génie ont affirmé tirer des avantages importants de l’agrément et
reconnaître sa valeur pérenne. Les organismes de réglementation sont convaincus que le système
d’agrément veille à ce que les diplômés des programmes agréés par le BCAPG possèdent les
qualifications universitaires nécessaires pour amorcer le processus d’obtention du permis
d’exercice. Les EES maintiennent leur réputation par la reconnaissance et la qualité de leurs
programmes de génie. Les étudiants reçoivent de l’aide pour réaliser leurs aspirations en matière
d’études et de carrière, et ont accès à un processus simplifié pour obtenir leur permis d’exercice.
ii. Modernisation
Après avoir confirmé la valeur du système d’agrément, les parties intéressées s’entendent sur la
nécessité de le moderniser pour qu’il demeure pertinent dans un monde complexe en évolution
rapide. Ce processus commence en mettant l’accent sur l’équité entre les parties intéressées
relativement à l’agrément et en établissant des relations plus solides pour s’attaquer efficacement
aux changements.
L’agrément demeure essentiel pour préparer les futurs ingénieurs à composer avec les aspects
plus complexes d’un monde en rapide évolution. Lorsque les parties intéressées de l’AAG ont
adopté une perspective à plus long terme, un consensus important sur l’orientation future de la
profession d’ingénieur s’est dégagé. Les ingénieurs doivent être des leaders aux valeurs fortes,
excellents sur le plan technique, qui collaborent activement dans plusieurs disciplines, sont
attentifs à l’avenir et conservent leur curiosité et le désir d’apprendre tout au long de leur vie. En
permettant aux étudiants d’acquérir ces qualités, l’agrément fait en sorte que les diplômés sont
non seulement techniquement compétents, mais aussi outillés pour faire face aux dilemmes
éthiques, collaborer dans plusieurs disciplines et contribuer de façon significative au bien-être de
la société.
À l’heure actuelle, l’agrément maintient la qualité des programmes de génie, mais il existe des avis
selon lesquels sa structure peine souvent à suivre l’évolution des besoins pédagogiques et des
étudiants. La mise en place d’une plus grande souplesse et adaptabilité dans le processus
d’agrément enrichirait l’expérience éducative globale des étudiants. Un système plus dynamique
favoriserait l’innovation et leur offrirait un plus large éventail de possibilités d’apprentissage. Sur le
plan administratif, une souplesse et une adaptabilité accrues réduiraient la bureaucratie et les
obstacles, ce qui se traduirait par une gouvernance améliorée et un processus d’agrément plus
simple et plus efficace.
Le futur système doit maintenir le lien entre l’agrément et une exigence de formation universitaire
pour l’obtention du permis d’exercice. Cela suppose la mise au point d’une exigence de formation
universitaire qui favorise un accès plus équitable à la profession en assurant l’équité pour tous les
candidats et en appliquant les normes de façon uniforme, indépendamment des antécédents
scolaires ou de la voie choisie pour obtenir le permis d’exercice.
Pour façonner l’avenir et combler les lacunes actuelles, les recommandations suivantes sont
proposées :
LACUNE ACTUELLE
Le système d’agrément actuel met l’accent sur la mesure des intrants comme sur les résultats du
programme.
Le système d’agrément actuel s’appuie sur un mélange d’intrants (c.‑à‑d. les unités d’agrément) et
de mesures des résultats (c.‑à‑d. les qualités requises des diplômés). Un programme de génie doit
satisfaire à certains critères minimaux pour différentes composantes de programme
(mathématiques, sciences naturelles, études complémentaires, sciences du génie et conception
Les constatations tirées des rapports Analyse comparative du système canadien d’agrément des
programmes de génie et Pratiques actuelles et émergentes dans la formation en génie donnent à
penser que le système canadien d’agrément du génie ne correspond pas aux pratiques mondiales,
qui mettent davantage l’accent sur les résultats seulement.
JUSTIFICATION
Le système d’agrément du BCAPG a effectué une transition pour inclure la mesure des résultats au
moyen des qualités requises des diplômés à compter de 2008. Le système d’agrément a évolué de
manière à ce que les parties intéressées puissent avoir confiance dans la mesure des résultats
comme moyen de réaliser le but révisé de l’agrément.
L’efficacité pratique et le maintien de la confiance des parties intéressées constituent des lacunes
critiques dans le système actuel. La transition vers une approche axée sur les résultats a le
potentiel de combler ces lacunes en simplifiant les processus et en favorisant la confiance, en plus
de permettre probablement de résoudre de nombreux autres problèmes interconnectés dans le
système. Par exemple, l’agrément axé sur les résultats permettrait au corps professoral de mettre à
l’essai des méthodes d’enseignement novatrices et aux étudiants de découvrir diverses voies
d’apprentissage, ce qui favorise un environnement d’apprentissage plus souple et plus autonome.
Cette transition favoriserait également l’harmonisation des pratiques d’agrément canadiennes
avec les tendances observées dans d’autres professions et zones de compétences, tout en
complétant le virage réglementaire croissant vers les processus de délivrance de permis d’exercice
fondés sur l’évaluation sur la base des compétences.
La transition vers un agrément axé sur les résultats, jumelée au but révisé de l’agrément, fournit
une base sur laquelle fonder les normes d’agrément révisées en vue de maintenir la confiance des
organismes de réglementation dans l’état de préparation scolaire des diplômés de programmes
LACUNE ACTUELLE
JUSTIFICATION
Le principe du « cheminement minimum » représente un outil d’un système fondé sur les intrants.
Avec le retrait des mesures fondées sur les intrants, il peut logiquement être retiré. Cela permettrait
ensuite au corps professoral de mettre à l’essai des méthodes d’enseignement novatrices et aux
étudiants d’expérimenter diverses voies d’apprentissage, ce qui favorise un environnement
d’apprentissage plus souple et plus autonome.
LACUNE ACTUELLE
Les normes existantes en matière d’agrément exigent qu’une partie des cours de sciences du génie
ou de conception en ingénierie soit donnée par des professeurs qui détiennent un permis
d’exercice du génie ou qui sont en voie de l’obtenir. Cela limite le nombre de personnes qui peuvent
enseigner dans le cadre de ces programmes ainsi que le bassin d’enseignants potentiels.
Dans d’autres pays, les exigences en matière de permis d’exercice du corps professoral dans les
systèmes d’enseignement du génie sont moins rigoureuses. La mesure 1.3.5 « Exigences relatives
8
Ingénieurs Canada. (2022). Analyse comparative du système canadien d’agrément des programmes de
génie, page 14.
9
Le professionnalisme est défini dans les Normes et procédures d’agrément 2023 du BCAPG comme la
« compréhension des rôles et des responsabilités de l’ingénieur dans la société, y compris le rôle essentiel
de protection du public et l’intérêt public. » Page 8.
10
Les critères précis en matière d’UA se rapportent aux normes d’agrément [Link] et [Link] des Normes
et procédures d’agrément 2023 du BCAPG.
[Link] Au moins 600 unités d’agrément, constituées d’une combinaison de cours de sciences du génie et
de conception en ingénierie faisant partie d’un programme de génie, doivent être dispensées par des
enseignants détenant un permis d’exercice du génie ou étant en voie de l’obtenir, conformément à
l’Énoncé d’interprétation sur les attentes et les exigences en matière de permis d’exercice.
[Link] Au moins 225 unités d’agrément, constituées de cours de conception en ingénierie faisant partie
d’un programme de génie, doivent être dispensées par des enseignants détenant un permis d’exercice du
génie, conformément à l’Énoncé d’interprétation sur les attentes et les exigences en matière de permis
d’exercice.
JUSTIFICATION
À l’heure actuelle, les normes d’agrément existantes exigent qu’un nombre spécifique d’UA en
sciences du génie et en conception en ingénierie soit données par des professeurs qui détiennent
un permis d’exercice du génie ou qui sont en voie de l’obtenir. Ces UA sont appelées « UA
spécifiques ».
L’approche quantitative n’est pas adaptée à l’évolution des méthodes pédagogiques et des milieux
d’apprentissage. Recruter des professeurs qui satisfont aux exigences en matière de permis
d’exercice pose de nombreux défis, l’un d’entre eux étant la prolifération des domaines émergents
et interdisciplinaires du génie. Les exigences d’être en contact avec des ingénieurs ou des
ingénieurs stagiaires canadiens entravent les échanges de programmes et limitent l’accès à de
précieuses possibilités d’enseignement mondiales et émergentes.
Comme l’indique le document de réflexion du BCAPG, il n’est pas nécessaire de fixer le nombre
d’heures de contact avec un ingénieur pour cultiver le professionnalisme chez les étudiants, et
l’objectif pourrait être atteint au moyen d’activités, d’indicateurs et d’évaluations différents. Les
critères liés aux UA spécifiques ne s’inscrivent pas dans la transition de la mesure des intrants à un
système axé sur les résultats.
11
L’exigence relative à l’expérience d’envergure de la conception en ingénierie acquise sous la
responsabilité professionnelle de professeurs autorisés renvoie à la norme d’agrément [Link] des Normes
et procédures d’agrément 2023 du BCAPG :
Le programme d’études en génie doit aboutir à une expérience d’envergure de la conception en ingénierie
acquise sous la responsabilité professionnelle de professeurs autorisés à pratiquer le génie au Canada.
Cette expérience d’envergure de la conception est fondée sur les connaissances et les compétences
acquises antérieurement et permet idéalement aux étudiants de se familiariser avec les concepts de
travail en équipe et de gestion de projets.
LACUNES ACTUELLES
Certaines parties intéressées estiment que le système d’agrément actuel limite l’éventail des
possibilités d’apprentissage par l’expérience offertes aux étudiants de même que les possibilités
d’apprentissage offertes à l’échelle nationale et internationale aux étudiants, notamment parce
qu’il sous-estime l’importance de telles expériences. Les exigences en matière de cheminements
minimums des programmes d’études et les exigences en matière de permis d’exercice du corps
professoral peuvent nuire à la souplesse des programmes et limiter les possibilités d’apprentissage
par l’expérience et d’échanges pour les étudiants.
JUSTIFICATION
La transition vers un système d’agrément axé sur les résultats devrait élargir et valider les
possibilités d’apprentissage par l’expérience. Les normes d’agrément révisées en ce qui concerne
l’exigence nationale de formation pour l’obtention du permis d’exercice devraient créer une
structure claire pour évaluer les résultats d’apprentissage découlant de ces possibilités et peuvent
accroître la reconnaissance de la valeur éducative qu’ils offrent. D’autres pays ont intégré avec
succès l’apprentissage par l’expérience dans les normes d’agrément, comme l’indique l’Analyse
comparative du système canadien d’agrément des programmes de génie 13.
12
Ingénieurs Canada. (2023). Normes et procédures d’agrément 2023, page 118.
13
Ingénieurs Canada. (2022). Analyse comparative du système canadien d’agrément des programmes de
génie, page 33.
LACUNE ACTUELLE
Une analyse comparative entre les normes d’agrément du BCAPG et celles des organismes
provinciaux d’assurance de la qualité devrait être entreprise afin de déterminer le degré de
chevauchement entre les évaluations.
La comparaison des normes d’agrément du BCAPG avec les critères des organismes provinciaux
peut contribuer à déterminer l’étendue du chevauchement entre l’agrément des ingénieurs et
d’autres systèmes d’assurance de la qualité, en remplaçant les données anecdotiques par des
données probantes.
Si l’analyse comparative révèle un chevauchement, le BCAPG peut prendre des mesures pour
éviter des fardeaux et des redondances inutiles pour les EES. Les critères adéquatement évalués
par d’autres organismes d’assurance de la qualité et qui ne nécessitent pas d’expertise technique
spécialisée peuvent être éliminés du champ de compétence du BCAPG ou acceptés au moyen
d’une vérification externe.
Le système canadien d’agrément du génie continuera de recueillir des renseignements sur les
étudiants et sur l’environnement des programmes afin de maintenir son statut de signataire de
l’Accord de Washington. Les normes qui ne relèvent pas des programmes d’études peuvent être
remaniés pour améliorer l’harmonisation avec une approche axée sur les résultats. Il peut s’agir de
passer de critères quantitatifs à des descriptions plus générales, en s’inspirant éventuellement de
modèles utilisés par des organismes comme Engineers Australia.
L’examen des normes d’agrément qui ne relèvent pas des programmes d’études portera sur trois
principaux aspects :
• veiller à ce que l’agrément n’évalue que les aspects d’un programme qui ont une incidence
sur sa conception et sa mise en œuvre, conformément aux énoncés du but et de la portée
proposés;
• accroître l’efficacité en réduisant le chevauchement avec d’autres systèmes d’assurance
de la qualité;
• maintenir la conformité aux attentes de l’Accord de Washington pour que les signataires
évaluent les éléments environnementaux des programmes dans leurs processus
d’agrément.
LACUNE ACTUELLE
Tout au long du projet AAG, les parties intéressées ont fermement affirmé leur soutien à la valeur de
l’agrément. Toutefois, leur soutien continu dépend de la perception d’un rendement du capital
investi proportionnel.
• Les EES sont bien conscients du fait que les ressources considérables allouées à
l’agrément sont détournées d’autres initiatives ou priorités, ce qui est particulièrement
problématique dans leur environnement aux ressources limitées.
• Les étudiants souhaitent suivre un programme qui les prépare adéquatement à leur future
carrière.
• Il se peut que les équipes d’évaluation de la formation universitaire des organismes de
réglementation ne soient pas adéquatement outillées pour répondre à la demande
croissante des diplômés d’établissements non agréés par le BCAPG, ce qui pourrait
entraîner des inefficacités et des contraintes de ressources.
JUSTIFICATION
LACUNE ACTUELLE
Le système d’agrément actuel vise strictement à répondre aux besoins des organismes de
réglementation. Cependant, comme l’énoncé sur le but révisé vise à équilibrer les besoins des
organismes de réglementation avec ceux des EES et des étudiants, il est essentiel que les critères
reflètent les besoins de toutes les parties intéressées et y répondent.
JUSTIFICATION
Pour que le futur système d’agrément représente véritablement les parties qu’il sert, il est impératif
que toutes les parties intéressées se sentent habilitées à participer activement à la mise au point et
à la gestion de ce système. Pour ce faire, il est nécessaire de prendre en compte leurs
commentaires et d’établir une méthode officielle pour recueillir leurs contributions concernant
divers aspects du système, notamment la détermination de critères, de politiques et de
procédures. Le mécanisme de contribution devrait incarner les principes de conception conjointe,
de collaboration et de communication ouverte afin de favoriser un sentiment d’intendance et
d’inclusion parmi les parties concernées.
14
Ingénieurs Canada. (2023).Responsabilité en matière d’agrément. Résultats de l’évaluation annuelle.
Les titres de compétence universitaires constituent l’un des cinq critères d’obtention du permis
d’exercice, chaque organisme de réglementation établissant et appliquant ses propres processus
d’évaluation des titres de compétence. À l’heure actuelle, les organismes de réglementation
s’appuient sur le cadre d’agrément du BCAPG pour s’assurer que les personnes diplômées des
programmes agréés par le BCAPG satisfont aux conditions préalables en matière de formation. Les
normes du BCAPG englobent cinq grandes catégories d’intrants et douze qualités requises des
diplômés, tout en laissant à chaque programme de génie le soin de façonner ses propres cours et
d’en déterminer le contenu pédagogique15.
Les organismes de réglementation s’appuient sur les programmes d’examens créés par le Bureau
canadien des conditions d’admission en génie (BCCAG) dans le cadre du processus d’évaluation
de la formation universitaire des candidats issus de programmes non agréés par le BCAPG (appelés
ici « candidats issus de programmes non agréés par le BCAPG »). Ces programmes d’examens sont
méticuleusement structurés en fonction des programmes d’études agréés. Prévus pour servir de
point de repère afin de maintenir l’uniformité des normes universitaires, ces programmes
d’examens sont utilisés par les organismes de réglementation comme indicateurs pour déterminer
15
Ingénieurs Canada. (2023). Normes et procédures d’agrément 2023.
Bien que le système d’agrément et les programmes d’examens visent à établir une norme de
formation, un risque important persiste en raison de l’absence d’une définition claire des éléments
essentiels d’une exigence de formation pour l’obtention du permis d’exercice. Cette lacune laisse
place à des vulnérabilités dans les systèmes d’agrément et de délivrance des permis d’exercice, ce
qui soulève des préoccupations au sujet de la robustesse et de la légitimité. En l’absence d’une
définition précise, le système actuel ne peut pas déterminer de façon transparente les
connaissances nécessaires à l’exercice sécuritaire.
16
Préparé pour l’APEGA : Sadesky, G. (2019). An Evaluation of Assessment Processes for Engineering
Licensure in Alberta : Implications for a National Entry-to-Practice Examination.
La mise en œuvre d’une exigence de formation nationale favoriserait une équivalence substantielle
en fournissant un cadre cohérent permettant aux douze organismes de réglementation provinciaux
et territoriaux du génie de mener des évaluations, peu importe les antécédents universitaires des
candidats. Elle répondrait à la nécessité d’équilibrer le mandat des organismes de réglementation
visant à protéger la sécurité publique tout en maintenant la souplesse dans l’octroi de permis aux
candidats qualifiés sans les soumettre à des obstacles inutiles.
L’établissement d’une exigence de formation nationale peut appuyer les principes fondamentaux
énoncés dans le Guide sur l’évaluation de la formation universitaire des candidats titulaires d’un
diplôme non agréé par le Bureau d’agrément 18 :
1. personnalisation des processus d’évaluation;
2. équité des processus d’évaluation;
17
Préparé pour le BCCAG : K. Johnson et G. Johnson (2022). Étude de faisabilité d’autres méthodes
d’évaluation des candidats issus de programmes non agréés par le BCAPG, p. 34.
18
Veuillez noter que ce guide n’est accessible qu’aux membres sur le site Web d’Ingénieurs Canada.
Au cours de ces simulations, les participants ont indiqué qu’ils appuyaient une exigence de
formation nationale. Ils ont insisté sur l’importance d’avoir une série de normes claires et
transparentes concernant les connaissances et les compétences requises en génie à l’échelle
nationale. Les réponses suggéraient également que cette exigence devrait porter sur un niveau
général de base de connaissances techniques, complété par des compétences professionnelles et
une compréhension des responsabilités éthiques d’un ingénieur.
Les participants ont évalué avec soin trois modèles distincts d’exigences de formation
universitaire : les qualités requises des diplômés, les compétences techniques et sociales
fondamentales ainsi que les connaissances techniques propres à une discipline. Cependant,
aucun consensus évident n’a émergé quant au modèle le plus approprié. Quelle que soit la façon
dont l’exigence de formation était définie, il semblait qu’il continuerait d’être difficile d’évaluer les
compétences des candidats formés à l’étranger.
Sans consensus sur un modèle à privilégier, l’équipe du projet AAG a réfléchi à la possibilité de
rédiger un point de référence universitaire personnalisé pour faire progresser l’objectif commun des
participants d’améliorer l’accès équitable à la profession pour tous les candidats à l’obtention d’un
permis d’exercice en génie.
Bien que les qualités et les compétences puissent sembler interchangeables, elles ont des rôles
distincts dans la description de la préparation d’une personne à exercer. Les qualités représentent
les qualités souhaitées d’un professionnel qualifié. Ce sont des objectifs ambitieux qui mettent
l’accent sur les caractéristiques (le « quoi ») que possède un ingénieur compétent. Les
compétences représentent la façon dont le « quoi » a été atteint (le « comment »).
Les normes et documents nationaux actuels, comme les qualités requises des diplômés du
BCAPG, les compétences liées à l’expérience de travail au Canada et les points de référence
établis par le Cadre d’évaluation des qualités des diplômés et des compétences professionnelles
de l’International Engineering Alliance pour les diplômés et les professionnels en génie, présentent
les compétences comme des actions observables et démontrables. Cette approche vise à
permettre leur mesure et leur évaluation de façon concrète.
Un cadre des compétences, bien qu’il ne s’agisse pas d’un outil d’évaluation en soi, contribue à
définir la norme en fonction de laquelle les actions observables et démontrables de chaque
candidat peuvent être mesurées et évaluées. Cette méthode améliore la transparence, assure
l’uniformité tout au long du processus d’évaluation et favorise une plus grande accessibilité à la
profession pour les personnes ayant des expériences et des antécédents variés.
Les activités d’un cadre de compétences sont déterminées par une communauté de pratique et
servent de point de référence pour l’évaluation d’autres activités d’apprentissage et de travail.
Cette approche permet de s’attendre à ce qu’un ingénieur compétent, dans un contexte particulier,
démontre des aptitudes semblables à celles de ses pairs à un stade de développement semblable.
Par conséquent, l’évaluation des compétences des futurs ingénieurs doit se faire dans le contexte
de la phase d’acquisition des connaissances, des habiletés et des attributs afin que les
responsables de l’évaluation puissent déterminer si l’ingénieur en devenir « sait comment »
accomplir la tâche et s’il peut « exécuter » la tâche dans l’environnement de travail préalable au
permis d’exercice.
Au cours des premières étapes de la rédaction du PCSC, l’équipe du projet AAG a cherché à
déterminer un ensemble de compétences communes à tous les ingénieurs, quelle que soit la
discipline. La prémisse était que l’accent, au début de leur carrière, est essentiellement mis sur
l’acquisition de connaissances en milieu universitaire. À mesure qu’ils progressent, les ingénieurs
appliquent ces connaissances et les approfondissent en se concentrant sur un domaine d’exercice
particulier.
En se fondant sur des recherches antérieures, l’équipe de projet a établi un cadre de compétences
comprenant 34 compétences réparties en huit domaines : six pour les compétences
fondamentales et deux pour les compétences interfonctionnelles.
Les compétences fondamentales sont communes à tous les ingénieurs, quelle que soit la
discipline ou le domaine d’exercice. Elles sont obligatoires pour tous les diplômés en génie, les
ingénieurs nouvellement agréés et les professionnels expérimentés. Les six domaines des
compétences fondamentales du PCSC ont été comparés au Cadre d’évaluation des qualités des
diplômés et des compétences professionnelles de l’IEA. Il en est ressorti que le PCSC
s’harmonisait avec les qualités requises des diplômés, sauf avec l’« utilisation des outils », et avec
toutes les compétences professionnelles (figure 4).
Les compétences fondamentales ont également été comparées aux qualités des diplômés du
BCAPG et aux compétences liées à l’expérience de travail au Canada. Encore une fois,
l’harmonisation était presque intégrale, sauf pour l’« utilisation des outils d’ingénierie » tirée des
qualités requises des diplômés du BCAPG et la « compétence technique » des compétences liées à
l’expérience de travail au Canada (figure 5).
Figure 3 : Les compétences du PCSC sont réparties dans huit domaines. Les sous-ensembles de
compétences qui constituent l’exigence nationale de formation pour l’obtention du permis d’exercice sont
respectivement en bleu foncé et en vert.
Figure 5 : Comparaison des compétences fondamentales du PCSC avec les qualités requises des diplômés
du BCAPG et les Compétences liées à l’expérience de travail au Canada.
Bien que la rédaction du PCSC soit actuellement axée sur les compétences préalables à
l’obtention du permis d’exercice, sa portée ultime pourrait englober l’ensemble du spectre des
carrières en génie. L’étape après l’obtention du permis d’exercice comprend le développement
professionnel continu (DPC). En s’harmonisant avec les exigences du DPC, le PCSC peut fournir
une approche structurée du développement professionnel continu, en veillant à ce que les
ingénieurs maintiennent et améliorent les compétences essentielles pour un exercice sécuritaire et
efficace.
Figure 6 : Étapes des compétences. Parcours d’un ingénieur pendant ses études de premier cycle, après
l’obtention de son diplôme et après l’obtention de son permis d’exercice.
La pyramide de Miller vise à définir l’enseignement et la formation en fonction des extrants plutôt
que des intrants. En définitive, elle est axée sur ce que les apprenants peuvent faire, ce qui n’est
pas la même chose que ce qu’on leur a enseigné. Les niveaux supérieurs du modèle exigent une
plus grande authenticité professionnelle et d’évaluation.
Le modèle est utile pour évaluer les résultats d’apprentissage (compétences) à diverses étapes du
processus d’apprentissage. La pyramide illustre la progression attendue de l’apprenant de novice
(bas) à expert (haut). Les novices devraient être en mesure de se rappeler des faits, mais, à mesure
que leur compétence se renforce, ils devraient être en mesure d’interpréter et d’appliquer, de
démontrer et d’exécuter les connaissances, les compétences et les attitudes requises dans des
contextes d’exercice authentiques. L’évaluation des compétences devrait également passer de
questions à choix multiples fondées sur le rappel à une évaluation plus authentique et axée sur le
milieu de travail.
19
Miller, G.E. (1990). « The assessment of clinical skills/competence/performance ». Academic Medicine,
vol. 65, pp. S63-S67.
20
Bloom, B.S. (1956). Taxonomy of educational objectives: Cognitive and affective domains. New
York, David McKay.
21
Norcini, J.J. (2003). « ABC of learning and teaching in medicine: Work based assessment ». British
Medical Journal, vol. 326(7392), pp. 753-55. [Link]
L’exigence nationale de formation pour l’obtention du permis d’exercice pourrait permettre d’établir
une norme nationale d’évaluation pour les organismes de réglementation et de simplifier l’octroi de
permis d’exercice aux diplômés issus de programmes non agréés par le BCAPG. Cependant, la
séance de conception conjointe sur la voie à suivre en avril a révélé des préoccupations des
participants à l’égard de certains aspects, notamment :
• le processus de sélection des compétences et des indicateurs;
• le nombre optimal de compétences;
• les aspects éventuellement plus complexes de la mise en œuvre;
• la légitimité des stratégies d’évaluation;
• les méthodes possibles pour intégrer le cadre de compétences aux normes d’agrément;
Lorsqu’elles sont utilisées dans le système d’agrément, ces compétences doivent être acquises et
évaluées par des programmes de génie agréés par le BCAPG, ce qui permet de s’assurer que les
diplômés peuvent les démontrer au niveau « savoir comment » de la pyramide de Miller au moment
de l’obtention de leur diplôme. Ce niveau de « savoir comment » désigne la capacité des diplômés à
appliquer leurs connaissances et leurs compétences dans un contexte pratique. Ces compétences
constituent le fondement du cheminement de carrière d’un ingénieur et devraient être
perfectionnées et renforcées par rapport au niveau « Fait » de la pyramide de Miller après
l’obtention de son diplôme et après celle de son permis d’exercice (figure 7).
Figure 8 : Les compétences de l’exigence nationale de formation pour l’obtention du permis d’exercice
évaluées au niveau « savoir comment » et les autres compétences du PCSC évaluées au niveau « faire » pour
les diplômés issus de programmes agréés par le BCAPG. L’application de cette cartographie à d’autres voies
d’obtention du permis d’exercice nécessite une élaboration qui pourrait être réalisée au cours de l’étude
pilote du PCSC.
Bien que l’agrément soit axé sur l’acquisition et l’évaluation des compétences de l’exigence
nationale de formation pour l’obtention du permis d’exercice, les EES disposent toujours de
l’autonomie et de la souplesse nécessaires pour aller au-delà de ces compétences dans la
conception de leur programme d’études. Il est probable que les EES choisiront d’offrir des cours
qui permettent d’acquérir des connaissances de base pour les autres compétences. Les EES
peuvent également évaluer toutes les compétences du PCSC à un niveau supérieur à « savoir »
dans la pyramide de Miller, s’ils choisissent de le faire. Cela permet d’innover dans les programmes
et répond aux besoins particuliers de l’industrie ou de spécialisation des diplômés.
Il est important de souligner que l’exigence nationale de formation pour l’obtention du permis
d’exercice, comme proposée dans le présent rapport, est un concept ou un projet de travail qui
devrait évoluer et se préciser après d’autres études et travaux. Si cette initiative doit aller de l’avant,
il est plausible que le choix des compétences qui composent l’exigence nationale de formation
pour l’obtention du permis d’exercice et leur nombre puissent changer. Par exemple, la
compétence en conception fait partie du PCSC, bien qu’elle ne soit pas incluse dans l’exigence
nationale de formation pour l’obtention du permis d’exercice actuelle. Même si les programmes de
génie peuvent initier les étudiants aux concepts de conception (« savoir »), l’application pratique
(« faire ») survient souvent après l’obtention du diplôme, pendant qu’ils sont ingénieurs stagiaires.
Cependant, la conception fait toujours partie des qualités requises des diplômés de l’IEA qui
doivent être acquises pour assurer la conformité à l’Accord de Washington. D’autres études se
pencheront sur la meilleure façon d’intégrer les considérations liées à la conception à l’exigence
nationale de formation pour l’obtention du permis d’exercice ou aux futurs processus d’agrément
afin de combler cette lacune et de maintenir l’harmonisation avec les attentes internationales.
Il pourrait y avoir des occasions d’intégrer d’autres compétences qui ne sont pas actuellement
incluses dans l’exigence nationale de formation pour l’obtention du permis d’exercice. La
possibilité d’étendre l’évaluation des EES au-delà des compétences initiales de l’exigence
nationale de formation pour l’obtention du permis d’exercice pourrait réduire la charge de travail
d’évaluation des organismes de réglementation. Bien que cela ne fasse pas partie de la portée de
l’étude pilote du PCSC actuellement proposée, la mise au point de l’exigence nationale de
formation pour l’obtention du permis d’exercice devrait comprendre un examen de la composition
et du nombre optimal de compétences, ainsi que des niveaux appropriés d’évaluation des EES.
1. Mathématiques
Les mathématiques sont une extension du langage et sont utilisées pour décrire, analyser ainsi que
prédire les principes et les phénomènes scientifiques et du génie. Les mathématiques comportent
notamment des éléments d’algèbre linéaire, de calcul différentiel et intégral, d’équations
différentielles, de probabilité, de statistique, d’analyse numérique et de mathématiques discrètes.
2. Sciences naturelles
Les sciences naturelles comprennent l’étude des interactions et des processus du monde naturel
ainsi que l’observation et la compréhension systématiques des phénomènes naturels au moyen de
techniques analytiques ou expérimentales.
Cette composante met en jeu l’application des mathématiques et des sciences naturelles à des
problèmes pratiques. Ces principes jettent les bases des sciences du génie propres à une
discipline tout en fournissant une base de connaissances pour assurer une compréhension du
champ plus large de l’exercice du génie. Les principes fondamentaux du génie peuvent
comprendre, notamment, le génie mécanique, le génie des matériaux, la mécanique des fluides, la
thermodynamique ainsi que les principes de base concernant les circuits et la puissance
électriques.
Cette composante met en jeu l’application des mathématiques et des sciences naturelles à des
problèmes pratiques. Les sujets sont déterminés par la discipline de spécialisation en question et
comprendront les aspects appliqués des sciences essentielles pertinentes à la résolution de
problèmes au sein de cette discipline.
5. Recherche et investigation
Capacité de cibler et d’exprimer des problèmes de génie complexes, ainsi que de mener des
recherches et des analyses sur ceux-ci, au moyen de méthodes qui comprennent des expériences
appropriées, l’analyse et l’interprétation de données ainsi que la synthèse de l’information, et ce, à
l’aide de principes mathématiques, des sciences naturelles et des sciences du génie pour tirer des
conclusions fondées.
Capacité d’utiliser de façon appropriée les principes financiers pour déterminer la viabilité
économique des projets d’ingénierie proposés et de choisir entre diverses solutions
indépendantes. Les principes économiques du génie comprennent l’importance des finances dans
les décisions d’affaires, les flux de trésorerie des projets, la valeur temporelle de l’argent,
l’amortissement, l’analyse de la valeur actuelle, l’analyse du taux de rendement et l’analyse des
risques.
7. Durabilité
La durabilité est un objectif à long terme. Le développement durable est une stratégie en vue de
répondre aux besoins du présent sur les plans social, économique et environnemental sans
22
Il pourrait s’avérer impossible de définir les sciences du génie : spécialisation dans une discipline plus
précisément tout en conservant son applicabilité générique. Comme pour toutes les définitions
fonctionnelles présentées dans le présent rapport, des recommandations supplémentaires pour peaufiner
cette définition des compétences peuvent être incluses dans le rapport sur la voie à suivre et validées aux
étapes subséquentes du projet.
L’équité est la promotion de l’impartialité et de la justice pour chaque personne qui tient compte
des enjeux historiques, sociaux, systémiques et structurels qui ont une incidence sur l’expérience
et les besoins particuliers. Une amélioration de l’équité bien pensée élimine les obstacles pour
l’ensemble de la population.
La diversité est une mesure de la représentation au sein d’une communauté ou d’une population
qui comprend l’identité, les antécédents, l’expérience vécue, la culture, l’expertise disciplinaire et
bien d’autres facteurs.
Il est important de noter que, bien qu’un groupe inclusif soit par définition diversifié, un groupe
diversifié n’est pas toujours inclusif. Une équipe ou un milieu de travail inclusif vise l’équité et
respecte, accepte et valorise les différences 24.
9. Gestion de projet
23
Cette définition est fournie en partie par les Nations Unies. [Link]
universitaire/durabilité.
24
[Link] définition est
tirée de principes venant de l’Université de Toronto. [Link]
inclusion/equity-diversity-inclusion.
L’engagement des parties prenantes est le processus par lequel un organisme entreprend une
collaboration significative avec des groupes ou des personnes clés qui pourraient être touchés par
les mesures et les décisions prises. L’engagement significatif consiste à reconnaître que tous les
travaux d’ingénierie ont des répercussions et que les personnes touchées devraient recevoir des
renseignements accessibles et appropriés, sans oublier d’avoir l’occasion d’exprimer leurs
préoccupations.
Les connaissances et les compétences requises pour poser une série de questions et y répondre
en analysant les données, notamment en élaborant un plan d’analyse, en sélectionnant et en
utilisant des techniques et des outils statistiques appropriés, et en interprétant, en évaluant et en
comparant les résultats avec d’autres conclusions. La capacité d’analyse de données implique une
connaissance de la sensibilisation, du nettoyage, de la découverte, de l’éthique, de l’exploration,
des outils et de la visualisation en matière de données. 25
25
Cette définition est fournie par Statistique Canada. [Link]
donnees/competences.
La capacité d’utiliser des principes statistiques pour résumer des données et en tirer des
conclusions. Les concepts importants comprennent les probabilités, les distributions de
fréquence, la moyenne, l’écart-type, la propagation des erreurs, la vérification d’hypothèses, la
détermination de la taille de l’échantillon et la régression.
Les connaissances et les compétences nécessaires pour utiliser des systèmes informatiques afin
de stocker et de manipuler de grandes quantités d’information. Les sujets comprennent la théorie
de la programmation, l’architecture des systèmes informatiques, les dépôts de données (par
exemple, les bases de données, le stockage en nuage, les lacs de données) et la théorie du calcul.
16. Modélisation
Le rapport de 2022 intitulé Pratiques actuelles et émergentes dans la formation en génie a mis en
évidence l’intérêt croissant du corps enseignant pour les méthodes de l’EBC. La plupart des
organismes de réglementation du génie au Canada ont déjà mis en œuvre l’EBC, qui comprend 34
compétences réparties dans sept catégories différentes. L’adoption du PCSC constitue une
Le corps professoral a aussi manifesté un intérêt accru pour l’EBC. Certains programmes de génie
ont commencé à mettre en œuvre des techniques d’EBC, qui permettent aux étudiants de
démontrer efficacement leurs compétences dans des tâches ciblées, ce qui facilite la réussite des
cours.
Dans le rapport de 2022 intitulé Analyse comparative du système canadien d’agrément des
programmes de génie, les huit systèmes d’agrément à l’étude, qui comprennent cinq systèmes
d’agrément en génie et trois systèmes pour d’autres professions, sont caractérisés comme des
systèmes d’agrément axés sur les résultats. Une combinaison de qualités requises des diplômés,
d’exemples d’expérience et de compétences permet de mesurer les résultats des étudiants dans le
cadre des systèmes d’agrément26. La préparation du PCSC et de son sous-ensemble de
compétences qui composent l’exigence de formation nationale serait conforme à ces modèles
d’agrément établis.
Les entrevues de 2023 avec des dirigeants des professions canadiennes des soins infirmiers, de la
comptabilité et de l’architecture ont révélé une assise commune sur les profils de compétences. Il
convient de souligner que tous les programmes universitaires de ces professions suivent une
approche axée sur les compétences, en plus des examens nationaux pour l’obtention du permis
d’exercice ou d’une certification.
Dans le cas des candidats formés à l’étranger, les soins infirmiers utilisent un examen fondé sur les
compétences pour évaluer les qualifications universitaires. Les architectes formés à l’étranger qui
ont sept ans d’expérience ou plus ne sont pas soumis à une évaluation scolaire; leur processus
d’obtention du permis d’exercice est plutôt axé sur un examen approfondi de leurs compétences
professionnelles complètes.
iv. Versatilité
Le PCSC est polyvalent et tient compte des périodes variables qui composent le parcours
professionnel de l’ingénieur. Les compétences qui le composent peuvent être adaptées aux
besoins de divers groupes qui l’utilisent, qu’ils soient étudiants au premier cycle, candidats à la
profession d’ingénieur après l’obtention de leur diplôme ou professionnels titulaires d’un permis
26
Voir l’indicateur 1.4, p. 16.
Au cours de la séance de prospective et des simulations virtuelles de l’AAG, les parties intéressées
ont été invitées à réfléchir au paysage futur prévu de l’écosystème du génie. Un consensus
émergent suggère que les ingénieurs travailleront dans des environnements marqués par une
incertitude accrue et des changements rapides. Reconnaissant cette réalité changeante, le PCSC
offre une méthode claire pour préparer les ingénieurs de demain à affronter efficacement des défis
multidimensionnels et interdisciplinaires. Le PCSC lui-même est conçu comme étant souple afin
d’assurer sa pertinence continue dans un milieu professionnel en évolution constante. En
englobant non seulement les connaissances et les capacités techniques, mais aussi les
compétences analytiques, interpersonnelles et sociales, le PCSC offre un cadre complet pour
veiller à ce que les ingénieurs fassent leurs premiers pas dans la profession en tant que
professionnels accomplis et adaptables, outillés pour composer avec divers contextes
professionnels.
Le PCSC représente également une approche axée sur les résultats, qui reflète les pratiques
pédagogiques de nombreuses autres compétences couvertes dans le rapport de 2022, Analyse
comparative du système canadien d’agrément des programmes de génie. Le recours à des
approches axées sur les résultats renforce la crédibilité et l’efficacité de la formation en génie.
Le PCSC offre une occasion importante d’aborder la diversité et de favoriser l’inclusion au sein de
la profession d’ingénieur. En adoptant le PCSC, les programmes et les organismes de
réglementation du génie peuvent adapter leurs approches pour tenir compte des divers styles
d’apprentissage et offrir de multiples voies d’accès au permis d’exercice. Cette approche inclusive
permet de s’assurer que des personnes de divers milieux et de diverses expériences ont de
meilleures possibilités d’accès, de participation et de réussite dans le domaine du génie.
LACUNE ACTUELLE
Il est urgent de mettre au point et en œuvre une exigence de formation nationale qui sera adoptée
universellement par tous les organismes de réglementation. Cet impératif contraste avec les délais
de rédaction plus longs nécessaires pour décrire méticuleusement le PCSC. Bien que celui-ci et
l’exigence de formation nationale soient complémentaires, leurs échéanciers différents de leur
élaboration peuvent compliquer la façon dont ils sont reçus, adoptés et acceptés.
Recommandation et justification :
Voir Un impératif pour l’adoption nationale et la recommandation 12 qui en découle (p. 65).
LACUNE ACTUELLE
Les parties intéressées doivent continuer de se concentrer sur la rédaction à long terme du PCSC
et travailler activement à son adoption généralisée dans l’ensemble du système. La réalisation
d’une évaluation exhaustive, comme le prévoit le PCSC, exigerait beaucoup plus d’efforts de la part
de toutes les parties concernées, ce qui pourrait ne pas correspondre aux priorités actuelles des
organismes de réglementation. Les pressions constantes exercées par le gouvernement pour
accélérer le traitement des candidatures et l’accès à la profession contrastent avec la nécessité
d’intensifier les efforts d’évaluation.
Recommandation et justification :
Voir ci-dessous Un impératif pour l’adoption nationale et la recommandation 12 qui en
découle.
LACUNE ACTUELLE
JUSTIFICATION
L’urgence de terminer les travaux sur l’exigence nationale de formation pour l’obtention du permis
d’exercice et de poursuivre la mise au point du PCSC, ainsi qu’un impératif pour l’adoption des
deux à l’échelle nationale, constituent tous des éléments interreliés qui peuvent être abordés
collectivement en lançant l’étude pilote du PCSC.
Il n’est pas réaliste de s’attendre à ce que toutes les parties intéressées adoptent immédiatement
le PCSC et l’exigence nationale de formation pour l’obtention du permis d’exercice à l’échelle
nationale et, comme pour d’autres initiatives de transformation à grande échelle, il serait plus
raisonnable de s’attendre à ce que les organismes de réglementation adoptent l’initiative selon une
approche échelonnée. Il y aura des adhérents précoces qui adopteront le cadre dans ses
premières étapes, suivis d’autres qui y adhéreront plus tard.
iv. Équivalence substantielle avec le Cadre d’évaluation des qualités des diplômés et des
compétences professionnelles de l’IEA
LACUNE ACTUELLE
Bien que le PCSC ait été cartographié en comparaison avec d’autres cadres existants comme les
qualités requises des diplômés du BCAPG, les compétences liées à l’expérience de travail au
Canada et le Cadre d’évaluation des qualités des diplômés et des compétences professionnelles
de l’IEA, il reste des lacunes à combler pour en améliorer l’harmonisation avec ces modèles.
JUSTIFICATION
Après la séance, l’équipe a rédigé le mandat d’un Groupe de travail sur l’étude pilote du PCSC
(annexe D). Une étude pilote est une étude à court et moyen terme à petite échelle qui aide un
organisme à apprendre comment un projet à grande échelle pourrait fonctionner dans la pratique. Il
27
Préparé par Sid Ali, membre de l’équipe du projet AAG pour la séance de conception conjointe sur la voie
à suivre en avril 2024.
Le but de l’étude pilote du PCSC est de comprendre l’effort requis pour définir les compétences du
PCSC et d’étudier les processus appropriés pour les évaluer. Elle doit commencer après la
publication du présent Rapport sur la voie à suivre et son acceptation par le Conseil d’Ingénieurs
Canada. Elle devrait se terminer à la fin de 2025. Elle est conçue pour fournir un aperçu initial de
l’application du cadre de compétences à tous les cheminements menant au permis d’exercice.
Le Groupe de travail sur l’étude pilote du PCSC sera composé de divers représentants, notamment
des membres du personnel d’Ingénieurs Canada, du Groupe de travail sur l’exigence de formation
pour l’obtention du permis d’exercice et du Groupe de travail sur le but de l’agrément, du BCAPG et
du BCCAG, des EES, des organismes de réglementation du génie, d’un psychométricien, et
éventuellement des représentants de l’industrie et des personnes récemment diplômées en génie.
L’évaluation des compétences dans le cadre de l’étude pilote sera effectuée à la fois par les EES et
les organismes de réglementation du génie afin d’évaluer les candidats issus de programmes
agréés ou non par le BCAPG et sera menée dans diverses régions du Canada.
Bien que les participants à la séance de conception conjointe sur la voie à suivre aient initialement
suggéré de mettre à l’essai de trois à cinq compétences, dont au moins une compétence technique
et une compétence professionnelle, il reviendra au groupe de travail de décider quel sous-
ensemble de compétences inclure dans l’étude pilote. L’objectif est d’inclure les compétences qui
sont hautement pertinentes pour tous les ingénieurs (c.-à-d. qu’elles sont utilisées fréquemment et
sont critiques pour un exercice sécuritaire).
Une tâche de suivi consistera à appliquer les enseignements tirés du projet pilote à toutes les
compétences du PCSC afin de définir les compétences et les indicateurs connexes. Le PCSC devra
ensuite être entièrement validé.
Gouvernance
La transformation vers un agrément axé sur les résultats nécessite une structure de gouvernance
remaniée. Tout comme l’intendance collaborative et la conception conjointe sous-tendent ce
nouveau modèle d’agrément, ces principes doivent imprégner l’organe directeur lui-même.
L’adoption du PCSC entraînera également un changement dans les rôles et les procédures de
toutes les parties intéressées. De nouveaux protocoles de communication, de transmission de
données et de prise de décisions seront essentiels. La mise au point du nouveau modèle de
Le BCAPG actuel est responsable de la rédaction des politiques, y compris de la surveillance des
normes d’agrément et de l’établissement des procédures, ainsi que des tâches opérationnelles
liées aux visites sur place et à la communication des décisions d’agrément.
Le nouveau modèle de gouvernance devrait séparer ces fonctions. Le rapport Analyse comparative
du système canadien d’agrément des programmes de génie explique que la Pologne et l’Australie
ont séparé l’organe de surveillance qui établit les normes d’agrément de l’agence qui met en œuvre
les processus d’agrément et prend les décisions en la matière. En France, l’organisme responsable
de l’agrément fixe les normes et prend la décision initiale, bien qu’un ministère du gouvernement
prenne la décision définitive 28.
Cette séparation pourrait être réalisée en mettant sur pied deux comités distincts : l’un se
consacrerait à la rédaction de politiques (dont l’établissement de normes d’agrément) et l’autre aux
activités opérationnelles. Il convient de souligner qu’il est évident, d’après les commentaires de
toutes les parties intéressées, que la rédaction future de politiques devrait se faire de façon
conjointe et, par conséquent, qu’un nouveau comité des politiques devrait considérer cela comme
un principe fondamental. Une fois la responsabilité de la rédaction des politiques éliminée, le
comité opérationnel pourrait se concentrer sur le processus d’agrément lui-même, ce qui
comprend les visites et la prise de décisions.
Le déploiement du PCSC a des répercussions importantes sur les rôles et les responsabilités de
diverses parties intéressées dans l’ensemble de l’écosystème du génie au Canada. Il aura une
incidence sur la façon dont les EES enseignent aux étudiants comment se préparer à l’obtention du
permis d’exercice, sur l’admissibilité des candidats internationaux en fonction de l’équivalence
28
Analyse comparative du système canadien d’agrément des programmes de génie, p.18
L’accent mis par le comité de surveillance sur le profil des compétences recoupe également
diverses fonctions de réglementation, notamment l’agrément, les exigences relatives à l’admission
à la profession et l’apprentissage continu après l’obtention du permis d’exercice. Pour assurer une
perspective globale, le comité devrait être distinct des autres organismes et afficher une
représentation diversifiée couvrant tous ces aspects.
BCCAG : continuer à fournir des conseils sur les enjeux liés au génie.
Le BCCAG rédige des guides nationaux, des documents d’Ingénieurs Canada et des programmes
d’examens pour répondre aux besoins de la communauté d’ingénieurs, notamment des
organismes canadiens de réglementation du génie, des titulaires de permis d’exercice et des
candidats au permis d’exercice.
L’étude pilote du PCSC vise à vérifier son applicabilité aux diplômés issus de programmes non
agréés par le BCAPG et pourrait réduire la dépendance à l’égard de l’examen des programmes de
cours fondé sur les intrants. Néanmoins, la transition vers le PCSC aura une incidence importante
sur les processus d’admission, et l’expertise du BCCAG demeure essentielle à la mise au point de
normes, de processus et de critères pour les candidats issus de programmes non agréés par le
BCAPG et provenant d’autres voies d’accès au permis d’exercice.
Le BCCAG devrait continuer de fournir des conseils sur les enjeux liés à l’exercice et d’adapter son
approche aux admissions. Afin que son précieux point de vue continue de façonner l’avenir, le
BCCAG devrait participer activement au nouveau comité de surveillance du PCSC.
Représentation
Parties intéressées
Le passage à un système d’agrément axé sur les résultats nécessitera des ajustements particuliers
concernant les rôles et les activités de certaines parties intéressées de l’écosystème du génie. Les
hypothèses suivantes mériteront une validation plus poussée aux prochaines étapes des travaux.
BCAPG
L’expertise du BCAPG sera essentielle au nouvel organisme de surveillance du PCSC pour assurer
l’harmonisation avec les normes d’agrément. Le BCAPG demeure un partenaire essentiel pour
doter les EES et les organismes de réglementation des ressources dont ils ont besoin pour
comprendre l’agrément. L’application des leçons tirées du déploiement des qualités requises des
diplômés de 2008 à 2015 peut contribuer à rédiger des communications claires et un plan d’action
bien défini pour aider les EES et les organismes de réglementation pendant la transition.
BCCAG
La mise en œuvre du PCSC fera évoluer le rôle du BCCAG en ce qui concerne les questions
d’admission et l’examen des programmes de cours. Les examens des programmes de cours
peuvent devenir redondants avec le PCSC, mais l’expertise du BCCAG le place en bonne position
pour contribuer au processus plus vaste de surveillance du PCSC. En particulier, l’expérience du
BCCAG en ce qui a trait aux enjeux englobant l’ensemble du continuum de carrière, de l’admission
à la profession au développement professionnel continu, lui permet d’évaluer dans quelle mesure
le PCSC s’harmonise avec le parcours de carrière « à spectre complet » qu’il vise à couvrir. De plus,
le BCCAG est bien positionné pour veiller à ce que le PCSC prenne efficacement en compte les
diplômés issus de programmes non agréés par le BCAPG et d’autres voies d’accès au permis
d’exercice.
L’exigence nationale de formation pour l’obtention du permis d’exercice vise à donner aux
organismes de réglementation une confiance continue dans la qualité des programmes des EES
tout en exigeant des ajustements à leurs pratiques de délivrance des permis d’exercice. La mise en
œuvre d’évaluations fondées sur des normes peut contribuer à accélérer les procédures et à
renforcer leur légitimité. Ingénieurs Canada et le nouvel organisme de surveillance du PCSC
communiqueront directement avec chaque organisme de réglementation pour évaluer leur
réceptivité au cadre en évolution du PCSC et fournir un soutien personnalisé qui facilite un
processus d’adoption fluide.
EES
La transition des UA à l’agrément axé sur les résultats offrira une souplesse accrue et favorisera
davantage l’innovation dans la conception des programmes, en particulier pour les nouvelles
disciplines. Ces changements, en conjonction avec les directives claires du BCAPG, devraient
permettre aux EES d’adapter leurs programmes en mettant davantage l’accent sur la réussite des
étudiants.
Étudiants
Grâce à la transition vers l’agrément axé sur les résultats, les étudiants peuvent avoir accès à un
plus large éventail de possibilités d’apprentissage en raison de cheminements scolaires souples et
diversifiés. Les étudiants peuvent avoir l’assurance que leur programme de génie les prépare
efficacement à satisfaire aux exigences du permis d’exercice et à poursuivre une carrière réussie en
génie.
Industrie
JUSTIFICATION
La nature particulière de la mobilisation de l’industrie doit être précisée davantage. Les besoins de
l’industrie varient selon les secteurs et les régions géographiques. Bien qu’il ne soit peut-être pas
nécessaire de mettre sur pied un groupe de représentants de l’industrie propre à Ingénieurs
Canada, il serait avantageux de tirer parti des groupes consultatifs de l’industrie existants des EES.
Il sera essentiel de repenser les anciennes méthodes de sondage auprès de l’industrie et
d’envisager d’autres stratégies de mobilisation pour recueillir efficacement les commentaires de
l’industrie.
Chercheurs en génie
Les changements de système offrent l’occasion de tirer parti de l’expertise des chercheurs en
génie. Leurs années de recherche consacrée à l’agrément et à l’exercice du génie peuvent fournir
des renseignements précieux pour une transition fluide et la mise au point d’un futur système
robuste.
Public
Il se peut que le public ne remarque pas les répercussions directes des changements découlant du
projet AAG. Toutefois, l’objectif de veiller à ce que les diplômés soient outillés pour exercer en toute
sécurité et protéger le public demeure primordial. Cet avantage indirect pour la société doit être
préservé quels que soient les ajustements apportés au système, et il incombe à Ingénieurs Canada
et aux autres parties intéressées de promouvoir les avantages obtenus grâce à ces progrès dans
l’écosystème du génie.
Les progrès du projet AAG illustrent bien le pouvoir de la conception conjointe. En adoptant cette
approche, le projet a tiré parti de diverses perspectives et expériences, favorisant la création
Cette méthodologie de collaboration, caractérisée par des personnes engagées, des points de vue
diversifiés, une attention accordée à des objectifs communs et une volonté de gérer les conflits,
doit devenir la pierre angulaire de la mise au point et de l’évolution réussies du futur système
d’agrément et de la création du PCSC.
Le fait d’accepter les principes fondamentaux de la conception conjointe procurera des avantages
tangibles à toutes les parties intéressées. Un environnement plus collaboratif devrait accroître
l’efficience, l’efficacité et le sentiment d’investissement rentable de la part de toutes les parties
concernées. Le futur système d’agrément repose sur la volonté des parties intéressées de
s’engager dans des partenariats authentiques et d’adopter une vision qui favorise des objectifs
communs et l’harmonisation nationale.
Les parties intéressées favorisent une culture de transformation continue et sont des agents actifs
de l’innovation. Elles doivent être agiles et adaptables pour réagir à l’évolution rapide du paysage
du génie. En adoptant l’expérimentation, l’apprentissage et la volonté d’explorer de nouvelles
approches, les parties intéressées peuvent guider le système pour qu’il évolue et s’améliore au fil
du temps, en s’appuyant sur ses forces tout en s’attaquant efficacement aux nouveaux défis.
Les parties intéressées sont déterminées à passer à un système d’agrément axé sur les résultats.
La prise de décisions vise à s’assurer que les diplômés possèdent les compétences requises pour
amorcer le processus d’obtention du permis d’exercice, tout en maintenant l’équilibre entre des
normes rigoureuses et la pertinence pratique.
Les parties intéressées disposent des ressources, de l’orientation et du soutien nécessaires pour
s’acquitter efficacement de leurs rôles. Cela comprend des responsabilités clairement définies,
une formation complète et des mécanismes de soutien continu pour faciliter des contributions
significatives à la réussite du système.
vi. Équité
Les parties intéressées doivent défendre la justice et l’équité pour tous les participants du système.
Cela comprend le traitement équitable des programmes dans la conception et l’application des
normes d’agrément. Il est nécessaire d’accorder une attention particulière à l’équité à l’égard des
personnes qui participent à l’étude pilote du PCSC et à d’autres initiatives entreprises pour
construire le futur système, en reconnaissant leurs contributions et en atténuant les risques ou les
inconvénients potentiels de leur participation.
vii. Communication
Une communication transparente et inclusive est essentielle pour que toutes les parties
intéressées puissent profiter des possibilités offertes par le futur système. Par une communication
proactive de l’information, la sollicitation et l’écoute actives des commentaires, ainsi que par
l’utilisation de divers canaux de communication, les parties intéressées peuvent favoriser une
compréhension commune qui stimule la collaboration et l’innovation afin de créer un système qui
répond efficacement à des besoins changeants.
i. Engagement envers un système d’agrément axé sur les résultats en éliminant les UA et le
cheminement minimum.
La première étape vers un système d’agrément axé sur les résultats consiste à éliminer l’utilisation
des mesures d’intrants actuelles du contenu des programmes d’études. Cela comprend
l’élimination de l’utilisation des UA et la transition vers une période temporaire fondée
exclusivement sur les qualités requises des diplômés, jusqu’à ce que l’exigence nationale de
formation pour l’obtention du permis d’exercice soit prête pour prendre complètement la relève.
Le profil des qualités requises des diplômés ne contient pas de définitions et d’attentes précises
pour les connaissances de base en mathématiques, en sciences naturelles et en sciences du
génie. À court terme, cette lacune peut être comblée en s’appuyant sur la définition actuelle de la
qualité des diplômés 1 : Connaissances en génie, en utilisant les définitions existantes de ces
concepts décrites dans le manuel Normes et procédures d’agrément du BCAPG.
À plus long terme, les normes d’agrément liés aux étudiants (section 3.3.) et à l’environnement du
programme (section 3.5) doivent être redéfinis de manière à se concentrer moins sur les intrants et
plus sur les résultats souhaités. Engineers Australia, qui met l’accent sur les résultats et la
souplesse institutionnelle pour assurer la conformité, offre un modèle potentiel.
La transition vers l’élimination des UA pourra nécessiter une planification méticuleuse ainsi que la
mobilisation des EES et des organismes de réglementation pour assurer une transition fluide qui
maintient leur confiance dans le système d’agrément.
Le retrait de tous les UA comprend les UA spécifiques, ce qui élimine la nécessité que les cours sur
les sciences du génie et la conception en ingénierie soient données par des personnes titulaires du
permis d’exercice. Les EES peuvent bénéficier d’une certaine souplesse en ce qui concerne
l’élaboration d’autres moyens pour les étudiants d’avoir un contact substantiel et significatif avec
des professionnels titulaires du permis d’exercice.
Conformément aux pratiques exemplaires et de façon à suivre l’exemple des autres zones de
compétence, les fonctions stratégiques et opérationnelles du BCAPG devraient être distinctes. Il
faudrait créer un nouveau comité des politiques dont le mandat serait de concevoir conjointement
toutes les politiques futures, comme cela a été fortement recommandé tout au long du projet AAG.
Les autres tâches opérationnelles devraient être confiées à un comité distinct.
iv. Lancer une étude pilote pour évaluer comment les parties intéressées peuvent tirer parti
du PCSC.
Le concept d’une étude pilote a reçu un appui solide de la part des parties intéressées au cours de
la séance de conception conjointe d’avril sur la voie à suivre. Ingénieurs Canada devrait lancer
l’étude pilote du PCSC en temps opportun et de façon prudente afin de démontrer la faisabilité de
l’intégration des concepts du PCSC et de l’exigence nationale de formation pour l’obtention du
permis d’exercice dans les systèmes d’agrément et de délivrance de permis d’exercice pour les
diplômés issus de programmes agréés ou non par le BCAPG. Guidée par le mandat du Groupe de
travail sur l’étude pilote du PCSC, l’étude pilote évaluera divers scénarios pour éclairer la mise au
point et en œuvre complète du PCSC et de l’exigence nationale de formation pour l’obtention du
permis d’exercice dans l’écosystème du génie.
Afin de tirer parti du succès de l’approche de conception conjointe utilisée pour faire avancer le
projet AAG, Ingénieurs Canada devrait la codifier dans une politique officielle. Celle-ci définirait les
normes de collaboration continue pour les parties intéressées, assurant ainsi une approche
cohérente et inclusive à l’avenir.
Les prochaines étapes du projet nécessiteront une planification importante. Des plans de travail
détaillés pour les autres recommandations concernant l’avancement du système seront rédigés à
compter du début de 2025.
Un plan opérationnel de haut niveau comportant des jalons clés a été préparé en mai 2024. Ce plan
sera plus détaillé et comprendra des tâches et des échéanciers précis à compter du début de
2025.
29
Plan stratégique 2025-2029 d’Ingénieurs Canada
Évaluation basée Une méthode utilisée pour évaluer si un candidat est prêt à obtenir un
sur les permis d’exercice. Les candidats au permis d’exercice du génie doivent
compétences prouver qu’ils ont acquis un niveau de compétence professionnel dans
leur domaine dans le cadre de leur expérience de travail.
Cadre de Un modèle explicatif qui tient compte de la façon dont les ingénieurs
compétences s’acquittent de leurs responsabilités professionnelles, de leurs fonctions
et de leurs tâches. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un outil d’évaluation en soi,
il contribue à définir la norme en fonction de laquelle les actions
observables et démontrables de chaque candidat peuvent être mesurées
et évaluées.
Apprentissage par Une approche pédagogique axée sur l’apprentissage par l’expérience
l’expérience directe et la réflexion. Il s’agit de faire participer activement les apprenants
à des activités du monde réel, à des défis et à la résolution de problèmes
afin qu’ils acquièrent des compétences pratiques, des connaissances et
des capacités de pensée critique.
Changement itératif Un processus qui consiste à diviser les projets et les objectifs en petites
étapes et à utiliser des cycles répétés de planification, de mise en œuvre,
d’évaluation et d’adaptation pour contribuer au résultat cumulatif.
Agrément axé sur Un processus d’assurance de la qualité qui évalue les programmes de
les résultats formation en génie en fonction de leur capacité démontrée à produire des
diplômés possédant des compétences particulières.
Examen par les Un processus d’assurance de la qualité qui compte sur des professionnels
pairs expérimentés pour évaluer un programme de génie par rapport aux
normes établies. Ces pairs fournissent une expertise complémentaire
pour évaluer en profondeur le respect des normes d’agrément du
programme. Le processus comprend des examens rigoureux, des visites
sur place et de la rétroaction pour promouvoir l’amélioration continue et
veiller à ce que le programme satisfasse aux attentes en matière
d’agrément.
Unité d’agrément Cours de premier cycle en génie qui doit être donné par des enseignants
(UA) spécifique détenant un permis d’exercice du génie au Canada ou étant en voie de
l’obtenir.
Évaluation fondée Une méthode d’évaluation qui évalue les candidats en fonction de normes
sur des normes et de critères prédéterminés.
Programme Les étudiants en génie inscrits auprès d’un EES agréé par le BCAPG
d’échange peuvent acquérir une partie de leurs crédits universitaires dans un autre
d’étudiants établissement.
Mandat
Le mandat du Groupe de travail sur l’étude pilote du Profil de compétences à spectre complet
(PCSC) consistera à réaliser une étude pilote portant sur un sous-ensemble des compétences du
PCSC proposé, notamment certaines des compétences de l’exigence nationale de formation pour
l’obtention du permis d’exercice. Le projet pilote est proposé comme l’une des prochaines étapes
de l’initiative Avenir de l’agrément en génie (AAG), et ce mandat sera inclus dans le Rapport sur la
voie à suivre de l’AAG.
Pour mettre les choses en contexte, une étude pilote est une étude à court et moyen terme à petite
échelle qui aide un organisme à apprendre comment un projet à grande échelle pourrait
fonctionner dans la pratique. Il s’agit d’une occasion de tester la conception, la fonctionnalité et la
faisabilité d’une solution avant d’engager des ressources importantes pour une mise en œuvre à
grande échelle. Les résultats d’une étude pilote servent à déterminer les ajustements nécessaires
pour améliorer l’efficacité et la faisabilité du projet lors de sa mise en œuvre à grande échelle. Il
s’agit d’une étape cruciale de la gestion de projet pour assurer la réussite d’un projet plus vaste et
d’envergure.
Objet
2. Définir les compétences ciblées de telle sorte qu’elles puissent être évaluées de façon juste et
justifiable, et de manière à répondre aux besoins de l’exercice du génie au Canada, comme le
propose le PCSC. Chaque compétence ciblée devra être définie de manière à pouvoir être
évaluée selon la pyramide d’évaluation des compétences de Miller, illustrée dans la figure 1.
Les étapes suivantes seront utilisées pour définir chaque compétence ciblée :
• Tout d’abord, mettre au point des énoncés de compétence qui fournissent une description
complète du domaine de compétence (par exemple, qu’entend-on par
« mathématiques »?).
• Ensuite, mettre au point une description de ce que signifie être compétent dans le
domaine (que signifie être compétent en « mathématiques »?).
• Enfin, mettre au point une liste d’indicateurs : les résultats distincts et observables
d’actions qui démontrent une compétence (comment une personne démontrera-t-elle la
compétence à chacun des niveaux « savoir comment » et « faire »?).
1
Miller, G.E. (1990). « The assessment of clinical skills/competence/performance ». Academic Medicine,
vol. 65, pp. S63-S67.
3. Créer des processus d’évaluation pour les compétences sélectionnées. Les processus doivent
être clairs, fondés sur les résultats et pouvoir être mis en œuvre par les EES, comme par les
organismes de réglementation du génie, pour évaluer une personne aux niveaux « savoir
comment » et « faire » de la pyramide d’évaluation des compétences de Miller. Les processus
doivent comprendre les renseignements que les candidats ont à fournir aux fins d’évaluation.
Démontrer comment les processus établissent que la personne est prête à exercer (si
l’évaluation se fait au niveau « savoir comment ») et à obtenir le permis d’exercice (si
l’évaluation se fait au niveau « faire »). Consigner et rationaliser les facteurs pris en compte
dans l’établissement des processus d’évaluation et décrire le niveau d’effort requis pour les
mettre au point.
4. Créer un plan pour mettre à l’essai les compétences et les indicateurs ciblés d’une manière qui
permettra :
• d’évaluer les candidats issus de programmes agréés ou non par le BCAPG;
• de donner aux EES et aux organismes de réglementation du génie (le cas échéant) la
capacité de les tester;
• d’évaluer suffisamment de candidats pour permettre l’analyse des résultats;
• d’englober la diversité géographique entre les provinces et les territoires du Canada.
Le plan doit également comprendre une estimation des ressources nécessaires pour mener à bien
le projet pilote.
Consigner et justifier les facteurs pris en compte dans la conception de l’étude pilote, les
paramètres des personnes envisagées pour l’évaluation, la façon dont la sélection de la population
d’essai permet l’analyse des résultats, décrire la façon dont les résultats doivent être analysés,
résumer le niveau d’effort requis pour concevoir le projet pilote et formuler une prédiction du
niveau d’effort requis pour mettre au point un essai à grande échelle pour un secteur de
compétence canadien donné.
5. Superviser l’exécution de l’étude pilote. Veiller à ce qu’elle soit menée de manière à ce que les
objectifs 1 à 4 puissent être atteints. S’assurer que le temps et le niveau d’effort requis pour
évaluer les compétences choisies sont documentés.
6. Rapport sur les conclusions de l’étude pilote. Présenter un rapport sur l’étude pilote au Comité
directeur du projet AAG (ou son successeur) en utilisant le format suivant :
• Partie 1 : Introduction et contexte
• Partie 2 : Sélection des compétences pour l’étude pilote (voir l’objectif 1)
• Partie 3 : Définition des compétences (voir l’objectif 2, inclure les définitions des
compétences et des indicateurs sélectionnés en annexe)
Pour mener à bien son mandat, le Groupe de travail est responsable des six objectifs définis ci-
dessus. Pour atteindre ses objectifs, il devra prendre des décisions dans les domaines suivants :
• sélectionner les compétences à mettre à l’essai;
• définir les compétences et les indicateurs connexes de façon à ce que leur évaluation
démontre la compétence et soit justifiable;
• créer des processus d’évaluation, créer un plan pour mettre à l’essai les compétences et
les processus sélectionnés;
• superviser l’exécution de l’étude pilote;
• formuler des recommandations.
Afin de faciliter la prise de décisions, les niveaux de responsabilité suivants seront attribués :
• Le Groupe de travail sur l’étude pilote du PCSC est réputé être chargé de la prise de
décisions sur les sujets précédents tout en justifiant et en consignant les facteurs pris en
compte.
• Le Comité directeur de l’AAG (ou son successeur) est responsable de l’étude pilote. À ce
titre, le Groupe de travail relève du Comité directeur de l’AAG (ou de son successeur).
Lorsque le Groupe de travail indique qu’un objectif a été atteint, il en fait rapport au Comité
directeur de l’AAG (ou son successeur) pour approbation avant que la documentation soit
diffusée aux parties intéressées.
• Toutefois, d’autres parties intéressées peuvent être consultées à la discrétion du Groupe de
travail pour atteindre les objectifs.
• La direction d’Ingénieurs Canada, le Bureau canadien d’agrément des programmes de
génie (BCAPG), le Bureau canadien des conditions d’admission en génie (BCCAG) et les
organismes canadiens de réglementation du génie seront tenus au courant des progrès de
l’étude pilote tout au long du projet.
La composition du Groupe de travail sur l’étude pilote du PCSC vise à englober la majorité des
parties intéressées du projet AAG, mais elle demeure limitée dans sa taille afin de ne pas ralentir
les progrès. Par conséquent, les membres suivants seront mobilisés :
Temps à consacrer
On s’attend à ce que les travaux du Groupe de travail sur l’étude pilote du PCSC commencent
après la publication du Rapport sur la voie à suivre et se termine à la fin de 2025. Au cours de cette
période, le Groupe de travail devra se réunir au moins une fois par mois et examiner les documents
entre les réunions. Il participera à ses propres réunions, communications continues et événements
distincts. Les demandes de ressources supplémentaires ou de prolongation de délai seront
communiquées le plus tôt possible.
La gestion du changement est le processus intentionnel par lequel une personne ou un groupe
guide un système tout au long de l’expérience du changement au service d’un résultat visé précis.
Les outils et les principes de gestion du changement peuvent être appliqués dans le contexte d’un
changement prévu (p. ex., restructuration d’un organisme ou déploiement d’une nouvelle
plateforme technologique) ou d’un changement plus nouveau (p. ex., réaction à des changements
externes dans un marché ou un environnement opérationnel). La gestion du changement est un
vaste champ d’exercice qui offre un éventail diversifié de perspectives, de stratégies, d’approches
et d’outils adaptés à différents types de contextes organisationnels et de changement.
Il existe deux principaux domaines qui nécessitent une attention et un investissement pendant un
processus de changement : la séquence des étapes tactiques qui permettent de passer de l’état
actuel à l’état futur souhaité (p. ex., la conception et le déploiement de nouvelles politiques et
procédures, la conception et le déploiement de nouveaux rôles), ainsi que l’expérience
émotionnelle et psychologique du changement. Les processus de changement efficaces doivent
comprendre des mesures visant simultanément les deux aspects pour obtenir des résultats
significatifs et durables.
Passer à l’état futur souhaité : Cet aspect de la gestion du changement est le mieux connu de la
majorité des personnes. Il faut tenir compte des aspects opérationnels du changement prévu, ce
qui peut commencer par répondre à une série de questions de base (figure 1). De nombreux
modèles de gestion du changement, comme le modèle ADKAR de Prosci, sont conçus pour
favoriser cet aspect d’un processus de changement.
Pour gérer le changement efficacement, il est tout aussi important de reconnaître et de soutenir les
expériences émotionnelles et psychologiques individuelles liées au changement qui se produiront
dans votre système. Les personnes au sein d’un système présentent des tolérances et des
réactions variables au changement. Ignorer ces expériences individuelles constitue un facteur
important de résistance et, en fin de compte, mine les efforts de changement. Le modèle
Transitions de William Bridges aborde l’expérience humaine du changement en reconnaissant
et en respectant le spectre des émotions qu’il peut déclencher, notamment le deuil, la perte,
l’anxiété, l’incertitude, la confusion, la peur, l’espoir et l’excitation.
Pour réaliser ce travail efficacement, il faut une approche et des compétences différentes de
celles de la gestion des aspects opérationnels du changement. Ce volet exige plutôt que les
leaders de l’organisme et du changement fassent preuve d’empathie, de vulnérabilité et
d’ouverture, et soient prêts à créer un espace pour un dialogue ouvert et la reconnaissance des
répercussions humaines réelles du changement à mesure que le processus se déploie.
En s’appuyant sur le processus de conception conjointe utilisé dans le cadre du projet AAG, voici
une série de principes de base qui peuvent sous-tendre le travail de gestion du changement qui
suivra.
2
Développé par Julia Monaghan, Coeuraj.
L’un des cinq principes fondamentaux d’une approche de conception conjointe est que les gens
aiment ce qu’ils conçoivent et s’approprient ce qu’ils créent. Ce concept est aussi pertinent pour
le processus de gestion du changement que pour celui de conception conjointe. Le fait d’opter
pour un processus de gestion du changement hautement participatif dans lequel les parties
intéressées de l’ensemble de l’écosystème du génie peuvent influencer de façon significative les
processus de changement et les résultats signifie que :
• les personnes les plus près du travail et celles qui le connaissent le mieux peuvent éclairer
la façon dont le changement se déroule, ce qui mène à des solutions plus adaptées ;
• les personnes peuvent influer sur les changements qui les touchent, ce qui réduit la
résistance au changement, l’anxiété et l’ambiguïté ;
• les contributeurs renforcent une responsabilité partagée des résultats des travaux,
favorisant une mise en œuvre plus efficace et un succès durable.
Bon nombre des systèmes et des structures qui existent aujourd’hui ne servent pas tous les
groupes de parties intéressées de façon équitable, que ce soit en raison de leur conception ou
parce que des voix essentielles (comme celles des peuples autochtones, d’autres personnes de
couleur, des membres de la communauté LGBTQ) n’ont pas participé à leur création. Les
changements systémiques à grande échelle, comme celui que l’écosystème canadien du génie est
sur le point d’entreprendre, constituent une occasion importante de corriger ces déséquilibres et
de créer des systèmes qui servent tout le monde. Dans le cadre d’un processus de changement, il
est donc important de comprendre la façon dont les structures et les systèmes actuels génèrent
ou maintiennent des préjudices, et d’inviter intentionnellement les voix qui ont été mal desservies
ou marginalisées à participer à la mise en œuvre des travaux.
En l’absence d’information, le cerveau humain créera ses propres récits pour combler les lacunes
de connaissances. Souvent, ces récits reflètent davantage les craintes et les angoisses que les
espoirs et les aspirations, ce qui signifie que le manque d’information peut constituer un facteur
clé dans l’amplification de la résistance au changement. Une communication cohérente,
transparente et robuste sur ce qui se fait et pourquoi ça se fait se traduit par :
Tout effort de changement peut bénéficier d’une approche itérative, et c’est encore plus important
pour les changements d’envergure à l’échelle d’un système, comme celui qui attend l’écosystème
du génie au Canada. Un tel changement transformateur exige une adaptation et une évolution
continues pour tenir compte de l’interaction de diverses composantes du système. Travailler de
façon itérative représente également un moyen de créer un élan dans un processus de
changement en offrant des réussites précoces aux parties intéressées.
Peu importe à quel point le processus de planification est méticuleux et inclusif, les difficultés et
les complexités imprévues sont inévitables au moment de la mise en œuvre de nouveaux
processus, politiques ou rôles. Il est essentiel de travailler par cycles ou sprints, de mettre à l’essai
des idées avant de les mettre en œuvre à grande échelle et de recueillir des commentaires en
cours de route pour s’assurer que l’effort de changement atteint les résultats escomptés en créant
un espace d’apprentissage et d’adaptation.
L’écosystème du génie comprend diverses parties intéressées, et le projet AAG a mobilisé des
centaines de participants, chacun ayant des points de vue uniques sur la formation, l’agrément et
le permis d’exercice en génie.
Le Cadre d’engagement 2022-2024 de l’AAG (figure 2) a guidé les processus continus d’analyse par
observation et de collecte de données tout au long des étapes du projet jusqu’à maintenant,
facilitant l’apprentissage et l’évaluation continus. L’équipe de projet a mis au point ce cadre pour :
• déterminer si les activités et les efforts de mobilisation étaient dirigés de façon efficace et
conformément à la stratégie de mobilisation ;
• évaluer comment une partie intéressée aurait pu progresser, positivement ou négativement,
dans le cadre d’engagement ;
• déterminer tout changement à la stratégie de projet actuelle et éclairer les conceptions
détaillées des consultations de certaines parties intéressées.
Il sera nécessaire de rédiger un nouveau cadre pour mesurer les progrès en fonction des objectifs
des travaux de 2025 et au-delà. Un cadre d’engagement semblable sera essentiel pour comprendre
le soutien des parties intéressées à mesure que les recommandations du Rapport sur la voie à
suivre seront mises en œuvre. Les niveaux d’engagement et les indicateurs correspondants devront
être mis à jour en fonction des besoins de l’équipe de projet et de leurs mesures de réussite.
Figure 3 : Cadre d’engagement 2022-2024 de l’AAG. Il sera mis à jour pour les travaux en 2025 et au-delà.