Cours : Rédaction scientifique
Objectifs du cours
Deux objectifs sont signalés :
-Apprendre la méthodologie afin d’élaborer un travail scientifique (Rapport,
présentation, mémoire,…) ;
-Etre assisté dans l’opération de rédaction et de présentation des contributions.
- fournir un ensemble de conseils et d'indications afin de faciliter l'écriture et la
mise en forme de vos rapports (propositions et non des règles à suivre au pied de la
lettre !).
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Chapitre 1 :
Définir une problématique
Aboutir une solution commence par la compréhension du
problème
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Introduction
Les principes de la rédaction scientifique ont évolué, au cours des dernières
décennies, vers une très grande rigueur.
Un certain nombre des principes exposés dans cet ouvrage apparaitront au
lecteur comme des évidences. Pourtant, à la lecture des mémoires de master ou de
licence, des rapports rédigés par ou pour des administrations, et même d'un certain
nombre de publications scientifiques, on se rend compte qu'ils sont moins évidents qu'il
ne parait.
D'autres principes sembleront très arbitraires. Il en va ainsi de toutes les règles
et conventions. Parfois, il s'agira de simples modes rédactionnelles.
Au-delà de l’objectif immédiat de ce document (la rédaction d’un mémoire de
licence, de master ou de thèse, la rédaction d’un rapport, ainsi que la rédaction d'une
publication), il n'est pas inutile de souligner que les lois de la rédaction (scientifique3
ou non) sont aujourd'hui plus ou moins universelles. Il en résulte que la plupart des
principes exposés ici doivent aussi s'appliquer à la rédaction de n'importe quel rapport
technique destiné à une administration, à un supérieur hiérarchique ou à un public plus
large. Quel que soit votre futur métier, vous serez certainement confronté, au cours de
votre vie professionnelle, à la rédaction de publications, de rapports ou de documents
de vulgarisation.
Dans ce premier chapitre, on va aborder la notion d’une problématique de
recherche et on va commencer par la définir.
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Définition : La problématique est l’approche ou la perspective théorique
qu’on décide d’adopter pour traiter le problème posé par la question de départ.
Elle est une manière d’interroger les phénomènes étudiés. Elle constitue une étape
charnière de la recherche, entre la rupture et la construction.
La problématique met donc en avant les enjeux d'un sujet. Pour trouver une
problématique, il faut analyser le sujet en détail :
1. Définir les termes : Le sujet change-t-il si on omet un mot ? Dans quel sens
?
2. Peut-on trouver des liens logiques entre les termes ? (causalité,
opposition...),
3. Trouver des concepts associés : Croiser les mots associés (juxtaposition) ;
mise en relation par des opérateurs logiques : "ou" (alternative), "car" (causalité),
"donc" (conséquence), "mais" (opposition), égal (identité)
Quelle démarche suivre ?
1) Je délimite le thème en extrayant plusieurs sujets :
Exemple de thème : "Les transformations du marché du travail"
Sujets extraits :
Chômage des jeunes
Division du travail
Travail féminin
Racisme au travail
Réduction du temps de travail
Conditions de travail
2) Je choisis un sujet et pose des questions sur ce sujet :
Par exemple "chômage des jeunes" :
Quelles sont les causes du chômage des jeunes ?
Quelles actions ont été faites pour enrayer ce chômage ?
Ces actions sont-elles efficaces ?
3) J’extrais de ces questions une problématique qui fait naître une
réflexion et demande une enquête :
Est-il possible de diminuer le chômage des jeunes en Algérie d'une façon durable ?
Peut-on dire que le diplôme protège du chômage ?
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4) Et comment trouver les bonnes idées pour élaborer la
problématique ?
En se documentant, bien sûr.
Première approche : dictionnaires, encyclopédies.
CDI de l'Université : bibliothèques, documentation électronique Internet
Exercice : Trouver une problématique à partir du thème suivant «
l’informatique partout». Travail par groupes de 2 étudiants.
A partir de la problématique, le plan
Il est bien évident qu’en plus des parties citées ci-contre, vous devez
impérativement prévoir une introduction et une conclusion (voir plus bas) :
Des formes de plan possibles, mais peut-être trop simples pour le cadre
universitaire :
Le plan chronologique. Il peut avoir plusieurs formes :
progressive (autrefois, aujourd’hui, demain)
régressive (aujourd’hui, passé récent, passé plus ancien)
"dans le désordre" : les parties diffèrent les unes des autres par leur rapport au
temps, mais elles ne sont pas présentées dans un ordre chronologique.
Ce plan est utilisable à l’écrit (pour un compte-rendu ou une synthèse) il est
difficile à faire comprendre à l’oral.
Le plan comparatif. Il est basé sur une opposition
avantages - inconvénients (aspects positifs-aspects négatifs, pour-contre)
situation actuelle - situation passée
vrai-faux
Il est indispensable dans la conclusion de mettre en valeur votre point de vue.
Du général au particulier. Il peut se développer dans les deux sens :
problème général - problème particulier - analyse d’un exemple concret
exemple typique - première généralisation - deuxième généralisation.
Le plan universitaire :
Le plan dialectique. C’est le plan le plus "classique" : thèse- antithèse -
synthèse.
La difficulté : pour le réussir, il faut avoir identifié la problématique…
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La mise en évidence du plan
REGLE N°1 : Annoncer le plan au début de l'exposé/du dossier.
En général, cette annonce se fait à la fin de l’introduction.
Il est d’usage, dans ce genre d’annonce, d’utiliser le FUTUR.
Si vous êtes debout au tableau, vous pouvez écrire votre plan au tableau.
Vous pouvez aussi préparer un exemplaire du plan sur une photocopie, ou un
rétroprojecteur, ou un Power Point
Formules qui vous seront utiles pour exposer votre plan :
- je parlerai / traiterai de, je présenterai, je développerai, je m’étendrai sur dans un
premier temps, j’exposerai...
- ensuite, dans un deuxième temps...
- pour conclure / en conclusion / pour
Pour souligner qu’on ne traitera pas un problème particulier
- je passerai rapidement sur, je n’insisterai pas sur
REGLE N°2 : Souligner les passages d'une étape à l'autre de
l'exposé.
Des formules :
Permettez-moi de vous présenter...
Passons, si vous le voulez
Abordons maintenant l’aspect.../ je passe maintenant à l’étude de...
Venons en à, en ce qui concerne..., pour ce qui est de... , quant à...,
il reste à parler de ...
Remarquons que.../ Remarquez que...,
Prenons l’exemple de....,
Je donnerai un exemple pour illustrer ce point,
Examinons le cas / l’exemple suivant
Notons que.../ notez que...
Je tiens à rappeler que...
J’attire votre attention sur le fait que...
Un certain vocabulaire :
une introduction
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une première / seconde / troisième partie
un exemple / un cas typique / un cas particulier / un contre-exemple (un exemple du
contraire)
un avantage, un inconvénient, un argument en faveur, une objection, une preuve
Des articulateurs : Observez attentivement les articulateurs proposés ci-dessous.
Progression logique :
d’abord, ensuite, enfin, tout d’abord, puis, finalement, en premier lieu, en second lieu,
en dernier lieu, au premier abord, de prime abord, avant tout, en fin de compte,
premièrement, deuxièmement, non seulement, mais encore, mais, aussi, pour
commencer, de plus, en outre, de surcroît, encore, aussi ,pour terminer,au début
Pour ajouter quelque chose :
de plus, de même, par ailleurs, en outre, d’une part / d’autre part, également.
Pour souligner une opposition (avec nuance de concession) :
mais, cependant, toutefois, pourtant, néanmoins, malgré tout, il n’en reste pas moins
que, il n’empêche que.
Pour introduire une opposition (plus forte, plus contrastée) :
en revanche, au contraire, par contre, par ailleurs, d’une part / d’autre part, d’un côté
/ de l’autre. Malgré, en dépit de, à l’inverse, à la différence de , à l’opposé, par
opposition.
Pour introduire l’idée d’un obstacle :
certes, sans doute, effectivement, j’admets que, je reconnais que, je vous
concède/accorde que
Pour introduire une nouvelle idée, liée aux idées précédentes (idée de restriction
avant une conclusion) :
or
Pour introduire une restriction à la fin d’un raisonnement :
encore que.
Pour donner une explication :
c’est à dire, autrement dit, cela veut dire, ce qui signifie que...
Pour souligner la cause :
car, en effet, c’est que à cause de, en raison de, sous l’effet de, grâce à , vu, attendu,
étant donné, à
défaut de, faute de.
Pour faire une conclusion, une déduction :
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en conséquence, par conséquent, donc, c’est pourquoi, aussi (sujet et verbe inversés),
ainsi, pour cette
raison, pour ce motif ; d’où, alors, pour conclure, en conclusion, finalement, en fin de
compte, en somme,
en résumé, en bref, en somme, l’essentiel est de voir que, ce qu’il faut retenir.
L'Introduction
Dans l’introduction, vous devez indiquer les informations suivantes :
- exposer la problématique (éventuellement à l’aide d’un exemple concret)
- annoncer le plan de l’exposé
Vous ne devez pas
- donner votre opinion personnelle
- dévoiler ce que vous direz dans la conclusion.
La Conclusion
Une bonne conclusion sert à :
- rappeler brièvement le contenu de l’exposé/du dossier
- souligner l’opinion personnelle de l’intervenant,
- dans le cadre de l’exposé, inviter l’auditoire à entamer la discussion.
Evitez les formules du type : "comme je l’ai déjà dit".
Dites plutôt :
- comme nous venons de le voir...
- en résumé, je me permettrai de rappeler que...
L'Amorce de discussion (dans le cadre d’un exposé)
- Utilisez des formules du genre :
"je vous remercie de votre attention et suis prêt à répondre à toutes vos questions",
"Si vous avez des questions, je m’efforcerai d’y répondre"
- Evitez à tout prix un timide : "j’ai fini" au bout de quelques secondes de silence.