DÉDICACE
À mon oncle, Gonto Edmond
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REMERCIEMENTS
Ce travail, pour arriver à son terme, a connu l’apport et le soutien de personnes que nous voulons
ici remercier. Ce sont :
Notre Directeur de recherches, M. GNAGNY Pedro Kennedy, Maître de Conférences
des Universités, pour avoir dirigé nos premiers pas de chercheure en Lettres Modernes ;
humaines mises au service de notre formation à l’Institut Internationale
Polytechnique des Elites d’Abidjan (IIPEA) ;
À nos parents
Sahi Achill
Gonto Adèle
Mah Alida marina
Merci pour votre soutien et vos encouragements.
À nos frères et sœurs de la famille Sahi , cousins et cousines , à petite sœur riche
réelle,Kouame Akissi Grâce et konate Aminata
À nos camarades de classe de la licence 3
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INTRODUCTION
Dans la société traditionnelle négro-africaine, l'oralité occupe une place centrale, bien au-
delà de son simple caractère oral. Elle représente une véritable forme de civilisation par laquelle
certaines communautés assurent la préservation et la transmission d'un patrimoine fondamental,
essentiel à leur identité et à leur cohésion sociale.
En Afrique traditionnelle, la parole est le principal vecteur des pensées, des émotions et
des enseignements. Elle est précieuse pour les peuples africains, car elle véhicule leurs modes
de vie, leurs structures sociales et leurs croyances. Elle incarne leur identité, leurs valeurs et
leurs aspirations profondes, si bien que les sociétés noires se définissent et se reconnaissent à
travers elle, en y puisant leur ancrage quotidien.
Cet attachement profond à l'oralité s'explique par la place existentielle de la parole en
Afrique. Comme le souligne Louis-Vincent Thomas dans De l'oralité à l'écriture, « La
civilisation africaine procède avant tout du verbe ». Pour lui, le langage exprime la force vitale,
reliant les individus et fédérant les énergies. Ainsi, en l'absence d'un système d'écriture
généralisé, la parole demeure l'élément structurant et précieux de la vie africaine traditionnelle.
Le Professeur ZIGUI Koléa Paulin met en avant l'importance de la littérature orale dans
l'Afrique moderne, en la considérant comme un témoignage vivant permettant aux Africains de
mieux comprendre leurs origines et de façonner leur avenir. Longtemps sous-estimée par les
sociétés occidentales qui privilégiaient l'écriture, la littérature orale africaine—à travers les
contes, mythes, proverbes et chansons-était perçue comme dénuée de véritable valeur.
Pourtant, des chercheurs africains et occidentaux, tels que Marcel Travele, Denise
Paulme, Roland Colin, Jean-Marie Awoumais et Maurice Bandaman, ont mis en lumière la
richesse et la profondeur de cette tradition. Grâce à leurs travaux, ils ont démontré que les récits
partagés au clair de lune et les échanges oraux ne sont pas de simples divertissements, mais
bien une forme de littérature à part entière, porteuse d'une dimension sociale et esthétique. La
littérature orale africaine, qui se décline en genres longs et courts, constitue ainsi un héritage
culturel majeur, contribuant à la transmission du savoir et à la préservation des traditions.
La littérature orale africaine, riche et variée, se compose de genres longs tels que le conte,
la fable, l'épopée, la légende, la chronique et le mythe, ainsi que de genres courts comme
1 Jacques CHEVRIER, Littérature nègre, Paris, Armand Colin, 1974, p. 202.
' Roland COLIN, Littérature africaine d'hier et de demain, op.cit., p. 143.
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la devinette, l'énigme, l'apophtegme, la maxime, l'adage et le proverbe. Cette diversité témoigne
de son rôle fondamental dans la transmission du savoir et la préservation de l'identité culturelle.
Jacques Chevrier souligne l'importance de la littérature orale en Afrique ancienne,
affirmant qu'elle renforce les liens entre les vivants et leurs ancêtres, tout en agissant comme
un pont entre les forces du bien et du mal. Parmi ces genres, le conte se distingue par sa richesse
: il combine poésie, chant et proverbes, et dépasse sa simple fonction ludique pour devenir un
puissant outil pédagogique et éducatif.
Roland Colin explique que le conte permet de mettre en lumière les défauts ou les
comportements répréhensibles des individus, en les plaçant sous des figures symboliques telles
que l'âne, le bouc ou le lion. Il joue ainsi un rôle social crucial, en guidant l'auditoire vers une
prise de conscience et une amélioration personnelle.
C’est dans cette même série d’idée que s’inscrit notre sujet :
Les personnages animaux dans le village de la honte de Soro Guéfala : types et fonctions.
Ce sujet pose une question générale qui en détermine la problématique : Quel est le ni ni
mécanisme de fonctionnement du règne animal dans LE VILLAGE DE LA HONTE de Soro
Guéfala ?
Cette question centrale peut être analysée à travers trois questions de recherche.
Quelle sont les caractéristiques discriminatoires du conte?
Quelle approche typologique peut-on faire de l’univers des personnages ?
Quelle approche idéologique peut-on faire du jeu des personnages animaux ?
L’hypothèse du problème que pose le sujet s’énonce comme suit : Les personnages
animaux dans l’œuvre de Soro Guéfala, apparaissent comme les outils et les prétextes de
l’auteur pour véhiculer ses idées.
De fait, l’objectif de notre analyse est de montrer comment Soro Guéfala se sert des
animaux pour véhiculer ses idéaux relatifs aux traditions ancestrales.
Pour mener à bien l'étude, il est indispensable de s'appuyer sur une méthodologie
appropriée. Les méthodes d'analyse que nous avons, alors, convoquées, à cet effet, sont : la
sociocritique, la méthode thématique et la narratologie.
5 Samuel-Martin ENO Belinga, Comprendre la littérature orale africaine, Paris, Editions
Saint-Paul, 1978, p. 17.
* Robert CORNEVIN, Histoire de l'Afrique, Tome 2, Paris, Payot, 1976.
7 Idem, p. 16-17.
* Samuel-Martin ENO BELINGA, Comprendre la littérature orale africaine, op.cit. p. 7. 4
Ibidem.
Selon les utilisateurs de la sociocritique, toute œuvre littéraire a un lien avec la société de son
auteur, car elle prend sa source dans le contexte social, historique, culturel et dans les
institutions de la société qui l'a vu naître. C'est pour cela que Roland BARTHES soutient : «
L'écriture est une fonction : elle est le rapport entre la création et la société, elle est le langage
littéraire transformé par sa destination sociale, elle est la forme saisie dans son intention
humaine »38
En outre, comme le fait remarquer Pierre ZIMA, «la sociocritique se présente comme
une tentative à expliquer la production, la structure et le fonctionnement du texte littéraire dans
un contexte social, historique et institutionnel »39
Enfin, présentant la sociocritique, une méthode qu'il avait créée en 1971,
Claude DUCHET écrit :
La conception de la littérature comme l'expression d'un vécu par la médiation de l'écriture dont
l'essence dévoile la double fonction consommatrice, productrice d'idéologie. Il s'agit d'installer
la sociocritique au centre de l'activité critique et non à l'extérieur de celle-ci, d'étudier la place
occupée dans l'œuvre par les dispositifs socio-temporels40
A cette présentation, l'auteur ajoute que la sociocritique « s'intéresse au-dedans et au dehors du
texte »*'. DUCHET démontre, ainsi, que cette méthode vise le texte dans son essence, et qu'elle
s'attarde sur l'univers social présent dans le texte en en proposant une lecture socio-historique.
Notre démarche de réflexion se structure concrètement en trois étapes essentielles :
lélaboration du plan, son commentaire détaillé, l'établissement d'une bibliographie sélective et
enfin, la rédaction de la conclusion.
1. Marcel TRAVELE, Proverbes et contes bambara et malinké accompagnés d'une
traduction
2. Denise PAULME, « littérature orale et comportements sociaux en Afrique noire
» in L'Homme, Janvier-Avril, 1961.
3. Roland COLIN, Littérature africaine d'hier et de demain, Paris, ADELEC, 1965.
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CHAPITRE I : SYNTHESE DES COURS DE L1, L2, L3
I- SYNTHESE DU COURS DE PREMIERE ANNEE:
1- Le Conte Africain
Elle porte essentiellement sur l'approche typologique, morphologique et idéologique du
conte africain.
2- L'étude typologique du conte
Plusieurs spécialistes du conte se sont essayés à la classification des récits oraux. Denise
Paul me distingue sept types de contes selon leur structure narrative :
Type ascendant : Le héros commence dans une situation de manque, mais une rencontre
ou la découverte d'un objet améliore sa condition, le menant à une stabilité.
Type descendant : Le héros vit initialement dans un équilibre, mais sa situation se
détériore et il se retrouve dans une grande précarité.
Type cyclique: Le héros revient à sa situation de départ après un parcours. Il peut être
cyclique ascendant (amélioration puis retour) ou cyclique descendant (détérioration puis
retour).
Type cyclique en spirale : Une succession de mouvements ascendants et descendants
qui s'enchaînent, alternant entre amélioration et déclin.
Type en miroir : Deux personnages vivent des parcours opposés mais symétriques. L'un
est récompensé pour sa bonne conduite, tandis que l'autre échoue et subit une punition.
Type en sablier : Un héros et un antihéros évoluent de manière inverse : l'un part d'une
situation de manque et atteint la stabilité, alors que l'autre chute dans la précarité.
Type complexe : Ces contes combinent plusieurs types sans s'inscrire dans un schéma
narratif unique.
3- La morphologie du conte africain
L'approche morphologique est fondée sur l’introduction, le développement et la
conclusion.
Pour ce qui est de l'introduction, il y'a quatres (4) types d'introductions : L'introduction
simple, L'introduction à prologue, l'introduction à formule initiale, L'introduction à prologue
chanté. Pour ce qui est de la conclusion nous avons 5 types de conclusions : La conclusion
simple, la conclusion interrogative, la conclusion édifiante, la conclusion explicative ou
étiologique et enfin la conclusion à formule finale.
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4- L’approche idéologique.
L'approche idéologique explore les messages, les valeurs et les croyances véhiculés par
le conte. Ces récits sont souvent porteurs de: Leçons morales : telles que l'importance de
l'honnêteté, du courage, ou du respect envers les anciens. Transmission culturelle : ils servent à
préserver les traditions, les mythes et l'histoire collective. Enseignement social : les contes
fonctionnent comme des outils éducatifs, offrant une compréhension des rôles sociaux et des
responsabilités au sein de la communauté.
II- SYNTHESE DU COURS DE DEUXIEME ANNEE : LES FABLIAUX
Le fabliau, terme dérivé du picard et lui-même issu du latin fabula (« petit récit »), désigne,
au Moyen Âge, une forme de littérature française caractérisée par des histoires courtes, simples
et amusantes. Joseph Bédier les qualifie de « contes à rire », soulignant leur vocation principale
: divertir et provoquer le rire, même s'ils prétendent parfois transmettre une leçon de morale.
Ces récits, souvent écrits en vers, présentent une dimension satirique et utilisent divers types de
comiques pour susciter le rire :
Comique de geste : Chutes, coups de bâton et autres situations ohvsiaues burlesaues.
Comique de caractère : Exagération de traits comme la crédulité excessive ou
l'hypocrisie.
Comique de situation : Le trompeur trompé, le menteur dupé.
Comique de mots: Jeux de mots, répétitions, quiproquos et expressions à double sens.
D'après Joseph Bédier, environ 150 fabliaux ont été préservés grâce à la transcription des
textes entre 1159 et 1340. Leurs auteurs, souvent des Trouvères, Troubadours, Jyrovagues et
Goliards, restent le plus souvent anonymes, bien que certains noms aient marqué l'histoire,
comme Rutebeuf, Hiom le Roi, Henri d'Andeli, Gautier le Leu, Jean Bodel et Philippe de
Beaumanoir. Les fabliaux se distinguent par leur humour décapant et leur représentation crue
des travers humains. Ils peignent un tableau satirique où les aventures amoureuses illicites et
les figures ridiculisées (le mari trompé, le prêtre libertin) sont des motifs récurrents, dans une
mise en scène souvent grotesque et provocante.
1- Le mythe
La Grèce comme l'une des civilisations majeures de l'histoire, notamment à travers ses
divinités. Les récits concernant la création du monde, la naissance des dieux et leurs actions
sont transmis dans un poème fondamental: la Théogonie, considéré comme le plus ancien texte
religieux grec, rédigé par Hésiode.
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La genèse divine débute avec Chaos, une entité primordiale née d'une force indicible, qui
donna naissance à plusieurs puissances : Gaïa (la Terre), Éros (l'Amour), puis Érèbe (les
Ténèbres souterraines) et Nyx (la Nuit).Par des unions successives, le cercle des divinités
s'élargit, jusqu'à conduire au destin de Zeus. Zeus, élevé à l'abri dans une montagne, devint
suffisamment fort pour affronter son père, Cronos, avec l'aide de ses frères. Après sa victoire,
il accéda au trône des dieux et partagea le pouvoir entre ses frères en leur attribuant chacun un
royaume.
Le panthéon grec traditionnel se compose de douze grandes divinités.
Six d'entre elles sont les enfants de Cronos et de sa sœur Rhéa : Zeus,
Poséidon, Hadès, Héra, Hestia et Déméter. Cinq autres sont les descendants directs de Zeus:
Apollon, Artémis, Athéna, Hermès et Arès. À cela s'ajoute Aphrodite, née de l'émasculation
d'Ouranos. Chaque dieu incarne un domaine. Par exemple, Hera est la déesse du mariage et
protectrice des femmes mariées, en plus d'être à la fois sœur et épouse de Zeus. Ce dernier,
quant à lui, est reconnu comme le père des dieux et des hommes, et son équivalent chez les
Romains est Jupiter.
III- SYNTHESE DU COURS DE TROISIEME ANNEE : LA PAREMIOLOGIE
DU PROVERBE
Le proverbe est un énoncé bref, porteur d'expérience et de sagesse populaire, utilisé pour
donner des conseils, résoudre des conflits ou exprimer une pensée. En langue baoulé, il est
appelé njãdra, et en Afrique, il joue un rôle clé dans les procès, les conseils familiaux et les
palabres. Dans la tradition chrétienne, les proverbes sont considérés comme des paroles de
sagesse, notamment à travers le livre biblique qui leur est consacré. Socrate les décrivait comme
des « manières courtes et mémorables ».
Pour reconnaître un proverbe, certains critères doivent être présents :
L'image : Elle représente une idée ou une perception sans nommer directement l'objet
concerné, voilant ainsi un message implicite.
La norme : Elle correspond à une règle sociale implicitement adoptée, influençant les
comportements sans être forcément consciente.
Le rythme : Différents schémas rythmiques existent dans les proverbes, notamment le
rythme binaire, unitaire ou ternaire.
La contextualisation : Un proverbe prend tout son sens lorsqu'il est associé à une
situation spécifique qui en illustre la portée.
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L’Épopée
L'épopée est un genre littéraire qui se distingue par des traits caractéristiques répartis en
deux aspects: le formel, qui inclut des éléments comme le nœud et le dénouement, et le fond,
qui s'intéresse aux dimensions essentielles du récit, telles que l'histoire, l'imaginaire et le héros
épique.
Dans la littérature orale, chaque genre possède ses propres héros aux traits distincts, mais
le héros épique se démarque par son statut social élevé. || appartient à une lignée royale ou est
issu de la noblesse. Contrairement aux figures populaires d'autres genres, il évolue au sein des
hautes sphères du pouvoir et joue un rôle central dans les récits épiques.
Envoyer un message
Un autre aspect fondamental de l'épopée est le compagnonnage. Le héros épique est
toujours accompagné d'un fidèle allié qui l'assiste dans ses péripéties. Ce compagnon peut être
fort, faible, mystique, poltron ou courageux, mais son soutien est indispensable au destin du
héros, l'aidant à affronter les défis qui jalonnent son parcours.
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CHAPITRE II: PRESENTATION DU CORPUS
1- L’auteur
SORO Guéfala est né à Komborodou-gou dans le département de Korhogo (Côte
d'Ivoire) en 1956. Professeur Certifié de lettres modernes; il a enseigné pendant dix ans au
Lycée Moderne de Dimbokro avant d'entrer dans l'encadrement péda-gogique.
Actuellement Inspecteur de l'enseignement secondaire, il est également chef d'une antenne de
la Pédagogie et de la Formation Continue, SORO Guéfala est l'auteur de L'ordonnance, une
œuvre dramatique publiée par les Editions VALLESSE ; il est par ailleurs co-auteur de Succès
au BEPC, un parascolaire édité et publié par la même maison d’édition.
2- L’œuvre
Le corpus s’intitule LE VILLAGE DE LA HONTE c’est un long conte de (138 pages),
publié à Sud Edition en 2013.
Kodongo, le personnage principal, parcourt le monde (au prétexte d'aller sur la lune) en
traversant des contrées et autant d'aires culturelles différentes. Il découvre, au cours de ce
périple, des us et coutumes, plus étranges (pour ne pas dire barbares) les uns que les autres. De
cette expérience à vocation universelle, on retiendra un intérêt didactique volontairement
aménagé par l'auteur comme pour instruire le lecteur sur les seules valeurs qui vaillent la peine
d'être promues et pratiquées: la cohabitation pacifique, l'acceptation de la différence, la
promotion de la dimension genre, la solidarité, la tolérance, la quête du savoir.
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Chapitre 3 : Plan provisoire
Partie1: le conte de la littérature orale : caractéristiques et fonctionnement
Chapitre 4: les gens brefs et les genres longs
1-1. Les genres brefs
1-2. Les genres longs
Chapitre 5: les caractéristiques du conte
2-1. structure formelle du conte africain
2-2. La structure interne du conte : personnages, moralité et merveilleux
Partie 2: l’univers des personnages : un tableau bivalent
Chapitre 6: les personnages humains
3-1. Le héros
3-2. Les autres personnages
Chapitre 7: les personnages animaliers
4-1. Typologie des animaux
4-2. Les animaux anthropomorphisés
Partie 3: Approche idéologie du jeu des personnages
Chapitre 8 :La moralité du conte
5-1. Les vices révélés
5-2. Les vertus
Chapitre 9: La thématique du conte
6-1. Les limites de la tradition
6-2. La question de l’identité
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CHAPITRE 3 : COMMENTAIRE DU PLAN PROVISOIRE
Partie 1: étude du conte : caractéristiques et fonctionnement
Le conte, en tant que genre narratif, peut se décliner en deux formes principales : le genre
bref et le genre long. Ces deux approches ont leurs particularités et leurs objectifs distincts,
mais elles convergent dans leur volonté de transmettre une histoire captivante.
CHAPITRE 1: LES GENRES BREFS ET LES GENRES LONGS
1.1- les genres brefs
Les genres brefs regroupent les formes non narratives, courtes qui visent à transmettre un
message de sagesse, de manière concise et percutante. Le proverbe, les dictons, les sentences,
les maximes, les devinettes et bien d'autres en sont des illustrations.
1.2- les genres longs
Le genre long du conte se distingue par sa capacité à développer des récits plus
élaborés, souvent avec des intrigues complexes et des personnages approfondis. Le genre long
permet une immersion plus profonde dans un univers narratif. Il peut inclure des descriptions
détaillées, des dialogues riches et des développements thématiques étendus. Le genre long
englobe les œuvres narratives plus développées qui explorent en profondeur les personnages,
les thèmes et les intrigues complexes. Il inclut : le conte, le
Mythes, l’épopée, la chanson et la légende.
CHAPITRE 2: LES CARACTERISTIQUES DU CONTE
L’analyse des caractéristiques du conte se base essentiellement sur deux aspects
principaux qui sont : structure formelle du conte africain et la structure interne du conte :
personnages, moralité et merveilleux.
2-1. La structure formelle du conte africain
La structure formelle du conte africain, repose sur plusieurs éléments clés qui lui
confèrent son originalité et son impact culturel. Voici quelques aspects fondamentaux:
L'oralité
Les formules consacrées
Le merveilleux et le symbolisme Les
personnages
Les fonctions du conte (Ludique, Didactique, Religieuse)
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Le conte africain est donc bien plus qu'un simple récit : il est un outil puissant de
transmission culturelle et éducative.
2-2. La structure interne du conte : personnages, moralité et merveilleux
La structure interne du conte africain repose sur trois éléments essentiels : les personnages,
la moralité et le merveilleux.
Les personnages: Les contes africains mettent en scène des personnages archétypaux
qui incarnent des valeurs et des rôles bien définis: Le héros ou l'héroïne, Le méchant,
Les animaux parlants, Les sages et les guides.
La moralité: Le conte africain est avant tout un outil pédagogique. Il véhicule des
leçons de vie et des valeurs fondamentales: La justice, La solidarité, L'humilité La ruse
et l'intelligence. Le merveilleux
Le merveilleux est omniprésent dans les contes africains et leur donne une dimension
magique et fascinante: Les objets enchantés, Les transformations, Les mondes
parallèles.
Partie 2: l’univers des personnages : un tableau bivalent
L’analyse de cette partie est subdivisée en deux sous-parties. Dans ce conte l’auteur
présente plusieurs personnages de divers genres, animaux comme humains.
CHAPITRE 3: LES PERSONNAGES HUMAINS
La diversité des personnages humains sont présentés dans l’œuvre, en particulier le héros
et les autres personnages.
3-1. Le héros
Kodongo , est le personnage principal de cette œuvre et fils du chef du village Kodara.
Surnommé l'enfant-adulte à cause de sa curiosité et de son raisonnement, aussi parce qu'il était
attiré seulement par les cercles anciens, Kodongo est un enfant de 5 ans. Kodongo, héros
curieux, entreprend un voyage pour découvrir la réalité mystérieuse qui se joue entre la lune et
le chat. Son périple le mène au village de la honte, un lieu divisé en trois secteurs, chacun
abritant un cimetière : celui des saints, celui des enfants et enfin celui des punis de Dieu. Ces
derniers sont rejetés par la communauté, condamnés à être enterrés sans égard à cause de
maladies jugées incurables. Kodongo refuse d'accepter cette fatalité et leur explique que ces
afflictions peuvent être soignées. Il encourage les habitants à offrir aide et traitement plutôt que
l'exclusion.
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Poursuivant son chemin, il atteint un autre village où les femmes sont soumises à des
traditions oppressives. Lorsqu'un mari meurt, son épouse est contrainte d'épouser son beau-
frère sous peine de terribles sanctions. Kodongo intervient et parvient à ébranler ce système
injuste, offrant un semblant de liberté aux femmes. Mais son succès reste partiel : une mère et
sa fille, incapables de supporter ces pratiques archaïques, mettent fin à leurs jours, laissant
derrière elles un profond sentiment de révolte et de tristesse.
Kodongo est un héros, mais il est aussi un témoin: il voit, il combat, mais il apprend aussi
que changer les mentalités est un chemin long et semé d'embûches. Son histoire est celle d'un
homme qui, malgré les obstacles, ose rêver d'un monde plus juste.
3-2. Les autres personnages
Dans LE VILLAGE DE LA HONTE de Soro Guéfala, plusieurs personnages humains
jouent un rôle clé. Voici quelques figures marquantes :
Peladio : chef du village de Kodora (P7) est le père de Kondogo . cet homme
compréhensible car malgré l'âge de son fils, il décide de le laissé s'aventuré .
Nabayo un jeune prince de nabondala, village dans lequel les lépreux subissent un
traitement inhumain . pour eux les lépreux sont les parias et des gens maudits pas le
créateurs (P35)
Le chef de Gopanleduo, profondément attaché aux traditions de son peuple, prend
néanmoins une décision audacieuse : sous l'influence de Kodongo, considéré comme
un martyr par les habitants, il proclame la liberté des femmes, brisant ainsi une ancienne
règle oppressante.
Omogna(p73)une femme seule qui sollicite à l'aide de Kodongo pour en péché que sa
fille Paliény soit la femme du dieu Tangbalé . n'ayant pas pu réussir, cela conduit à la
mort de Palieny et de sa mère Omagnan qui se suiciderent Ninsemon douageux fils de
Nadolenpleu.
Kéassemon chef du village de Nadolenpleudans ce village les fameux tués et battus.
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CHAPITRE 4: PERSONNAGES ANIMALIERS
Ce conte est composé de Plusieurs personnages animaux. Cette partie sera étudiée en
deux grandes parties qui sont :
4-1. Typologie des animaux
Plusieurs personnages animaux jouent des rôles symboliques et importants. Voici quelques-
uns des principaux personnages animaux.
Milo le perroquet
Gopol
Le coq
Pondin
Le chien
Les oiseaux curieuxm
Kapala, le bouc
Sirotir, la chèvre
Le chat
4-2. Les personnages anthropomorphisés
Les personnages animaux enrichissent le récit en apportant des dimensions symboliques et
en illustrant les thèmes de la tradition, de la sagesse, et de la résistance aux normes sociales.
* Milo le perroquet : Milo le perroquet est un griot qui rapporte tout les faits.
Dans cette œuvre Milo est présenté comme un griot, un conteur traditionnel, qui rapporte
tous les faits et événements du village. Considéré comme un journaliste Milo avait pour
fonction de préserver et transmettre l'histoire et les traditions oralement . Cela se présente dès
la ( page 17 à 19)
* Les oiseaux curieux : Les oiseaux curieux, conseilles,aimables(p21).Ils sont décrits
comme des conseillers aimables. Leur rôle est de symboliser la sagesse et la curiosité,
encourageant les habitants à chercher la vérité et la connaissance.
* Kapala ,le bouc , est un personnage qui convoite la femme de son père, qui est prêt a
tout faire avoir la femme de son père .symbolisant la convoitise et les conflits familiaux.
* Sirotir la chèvre rebelle cons d'épouser le fils de son mari après sa mort.
* Le chat qui expliqua à Kodongo qu'il partait à la rencontre de la lune qui se trouvait
pour lui sur les terres de Kodora où coule le fleuve lôfigué. symbolisant la quête de
l'inconnu et l'exploration des mystères.
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Partie 3: Approche idéologie du jeu des personnages animaliers
L’étude de l’approche idéologique des personnages se déroule au tour de deux chapitres.
CHAPITRE 5: LA MORALITE DU CONTE
La moralité du conte se résume en deux étapes : les vices et les vertus.
5-1. Les vices
LE VILLAGE DE LA HONTE de Guéfala, est une œuvre qui met en lumière les injustices
et les discriminations sociales.
L'auteur y dénonce des pratiques ancestrales marginalisantes, notamment l'exclusion de
certaines catégories de personnes comme les jumeaux, les albinos, les homosexuels, les malades
mentaux et les handicapés physiques.Voici quelques comportements révélateurs :
* L'intolérance et la discrimination
* L'abus de pouvoir
* L'hypocrisie sociale
* La soumission forcée
5-2. Les vertus
Les vertus sont relatives à L'humanisme ambiant qui désigne une atmosphère où les
valeurs de solidarité, de justice et de respect de la dignité humaine sont omniprésentes. Cet
humanisme s'incarne à travers Kodongo qui lutte contre les injustices imposées par des
traditions rigides. Son voyage n'est pas seulement une quête personnelle, mais un combat pour
éveiller les consciences et offrir aux exclus une place légitime dans la société.
CHAPITRE 6: LA THEMATIQUE DU CONTE
La thématique du conte détaillé en deux sous-titres tels que : les limites de la tradition et et
la question de l’identité.
6-1. Les Limites de la tradition
Les limites de la tradition apparaissent lorsque des pratiques anciennes deviennent des
entraves plutôt que des repères culturels. Dans notre ouvrage les limites des traditions ce
présente au niveau de plusieurs domaines:
L'oppression sociale: Les traditions imposent des règles strictes qui entravent la liberté
individuelle, comme l'obligation pour une femme d'épouser le frère de son mari défunt.
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L'exclusion des plus vulnérables: Les malades sont rejetés et enterrés sans
considération, car la croyance collective refuse d'envisager qu'ils puissent être.
Le poids des croyances religieuses: L'offrande d'une femme au dieu Tangbalé illustre
une tradition où la foi sert à justifier des sacrifices humains, refusant toute remise en
question.
La révision des traditions, s’impose donc comme thème central dans l'histoire de
Kodongo. À travers son voyage, il remet en question les coutumes établies, cherchant à libérer
ceux qui en souffrent.
6-2. La question de l’identité
LE VILLAGE DE LA HONTE de Soro Guéfala est une dénonciation de certaines
pratiques culturelles ancestrales. Tout en affirmant notre identité culturelle, nous devons avec
courage, renoncer à certaines pratiques culturelles marginalisantes. C’est ce à quoi nous invite
l’auteur de : le village de la honte. L'auteur met en lumière la marginalisation de certaines
catégories de personnes, notamment les femmes, les jumeaux, les albinos, les personnes
handicapées et les malades mentaux.
L'identité, dans ce contexte, est à la fois individuelle et collective. Elle est façonnée par
les traditions, mais aussi par les luttes sociales et les prises de conscience qui permettent de
remettre en question certaines normes établies.
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CHAPITRE 4: BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE
Ce travail, pour sa rédaction complète, nécessitera, de notre part , consultation de
plusieurs ouvrages . Nous en avons fait une sélection en nous fondant sur leur titre . Ce sont :
LE VILLAGE DE LA HONTE de Soro Guéfala (2013)
4-2. ouvrages de littérature orale
ANTHONY de Jasay, L'État, la logique du pouvoir politique, Paris, Société Les Belles
lettres, 1994.
ARON Raymond, L'Opinion des intellectuels, Paris, Gallimard, 1968.
BAHI Joël, La Gestion des crises en Afrique. Entre respect du principe de liberté et de
tolérance, Paris, Édilivre, 2015.
BANDAMAN Maurice, La Bible et le fusil, Abidjan, CEDA, 1996.
Candide, Cyrano, Fables (Livres I&II), Paris, Grands classiques, 1694.
CÉSAIRE Aimé, Discours sur le colonialisme, Paris, Présence africaine, 1955.
CRESSELS Dominique, KOUADIO N'Guessan, Description phonologique et
grammatical d'un parler baoulé, Université Nationale de Côte d'Ivoire,I.L.A, 1977.
DADIÉ Bernard Binlin, Climbié, NEL, 1956.
DÉHO Roger Tro, Création Romanesque Négro africaine et ressources de la littérature
orale, Paris, Éditions Harmattan, 2008.
ENO Belinga, Samuel-Martin, Comprendre la littérature orale africaine, Paris,Éditions
Saint Paul, 1978.
Le Fils de-la-femme-mâle, Paris, l'Harmattan, 1993.
KERCHACHE Jacques, PAUDRAT et Stephan, L'Art africain, Paris, Editions
Citadelles, 1988.
KOUAMÉ Ernest, YÉFINI ou l'histoire authentique du royaume baoulé d'hier à
aujourd'hui, Abidjan, l'encre bleue, 2014.
KOUACOU Alfred, Sagesse africaine. Au pays baoulé, France, Editions Salvador-
Mulhouse, 1973.
LOUCOU Jean Noël, Histoire de la Côte d'Ivoire, Abidjan, CEDA, 1984.
MANGENEST Denis, L'Idéologie et les idéologies, Abidjan, Les Éditions
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N'DA Pierre, Le Conte africain et l'éducation de l'enfant, Paris, l'Harmattan,1984.
NIANE Djibril Tamsir, Soundjata ou l'épopée mandingue, Paris, Présence Africaine,
1960.
18
NJOH-MOUELLÈ Ébénézer, De la médiocrité à l'excellence. Essai sur la signification
humaine du développement, Yaoundé, CLE, 1970.
PLATON, La République, Paris, Collection des Universités de France, 1833.
POLITZER Georges, Principes élémentaires de philosophie, Paris, Editions
sociales,1977.
VOGEL, Du Visible à l'invisible : l'art baoulé, Paris, Editions Adam Biro, 1999
19
CONCLUSION
Notre mémoire s'articule autour de cinq axes principaux : la présentation du corpus, la synthèse
des cours de licence 1, 2,3, le plan provisoire
Suivi de son commentaire explicatif, bien détaillé, ainsi qu'une bibliographie sélective.
La présentation corpus porte d’abord sur la présentation de l’auteur de Soro Guéfala , et
ensuite son œuvre LE VILLAGE DE LA HONTE, une œuvre captivante mettant en scène un
conte dénonçant la marginalisation des faits de la société , à travers le voyage initiatique de
Kodongo. L'auteur met en lumière les injustices sociétales et appelle à un changement.
Le plan provisoire donne une structure à l'analyse, approfondie, un plan provisoire
composé de trois axes majeurs qui sont :
- Partie1: le conte de la littérature orale : caractéristiques et fonctionnement
- Partie 2: l’univers des personnages : un tableau bivalent.
- Partie 3: Approche idéologie du jeu des personnages. Ensuite par un commentaire qui en
précise les enjeux.
Les différentes parties sont étudiées en plusieurs chapitres.
Enfin, la bibliographie sélective rassemble des références essentielles pour orienter la rédaction
du mémoire.
En définitive, nous pouvons retenir que LE VILLAGE DE LA HONTE l’écrivain ivoirien
Soro Guéfala repose sur la dénonciation des injustices sociales et la nécessité d'un changement
des mentalités. L'auteur critique les pratiques culturelles marginalisantes qui excluent certaines
catégories de personnes.
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