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Paul Claudel 1

Ce document présente les 11 stations du Chemin de Croix. Chaque station décrit un moment de la Passion de Jésus-Christ, de sa condamnation à sa crucifixion, en utilisant des images poétiques. La première station décrit la condamnation de Jésus ; la deuxième, lorsqu'il porte sa croix ; la troisième, lorsqu'il tombe pour la première fois. Les stations suivantes continuent de narrer les souffrances de Jésus jusqu'à sa mort sur la croix.

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Ce document présente les 11 stations du Chemin de Croix. Chaque station décrit un moment de la Passion de Jésus-Christ, de sa condamnation à sa crucifixion, en utilisant des images poétiques. La première station décrit la condamnation de Jésus ; la deuxième, lorsqu'il porte sa croix ; la troisième, lorsqu'il tombe pour la première fois. Les stations suivantes continuent de narrer les souffrances de Jésus jusqu'à sa mort sur la croix.

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VIA CRUCIS (José María Pemán)

01 - Première station : Jésus est condamné à mort

Nous avons jugé Dieu : et nous l'avons condamné à mourir après avoir souffert.

"Nous ne voulons pas d'autre roi que César": qui s'appelle Richesse, qui s'appelle Pouvoir.

Nous avons fait des élections, en tant que maîtres de la nuit et du jour.

Et la nuit a gagné. Et Barrabás a eu la majorité.

Ce jour-là a commencé le cri féroce des humains.

Et la lâcheté de ceux qui se lavent les mains.

En hébreu, en grec et en latin

le jugement a été écrit

pour que le monde la connaisse l'un de l'autre cf.

"Éste es el Hombre" "Éste es el Rey de los judíos".

Et la Vérité se voyait sous la transparence

de l'insulte et de la moquerie, comme les pierres des rivières !

Pierre de marbre rouge, mon cœur dur

était tribunal et trône de la sentence impie.

Partager la désespérance avec Judas ?

Homme que tu considères avec moi cette station

première, de la voie douloureuse :

confiance en l'amour, homme, confiance :


qu'il y ait un appel

qui est encore dans les délais.

02 - Deuxième station : Jésus est chargé de la croix

Vio venir le madero de la Croix comme une tige de rose.

Il l'a reçu à bras ouverts comme on reçoit une épouse.

Et l'arbre sec va donner son fruit assaisonné.

Il n'y aura plus de croix sans Dieu crucifié.

Il n'est pas monté sur la Croix pour nous dire une harangue.

Il est monté pour s'humilier et avoir lui seul raison.

pour tous ceux qui ne l'ont pas.

Nous avons échangé le bois contre le pain,

selon ce que prophétisait Jérémie.

Il reçut la Croix comme nous, ses Éucharistes.

Je devrais lui dire : Monsieur, attendez, attendez.

Je porterai pour Toi le bois lourd...

Mais cela doit le dire Lui-même : si c'est son décret souverain

que moi, pauvre ver,

j'ai appris l'amour de cette manière.


03 - Troisième station : Jésus tombe pour la première fois

Comment le soleil, l'arbre, la mort et la vie ne sont-ils pas tombés?

Quand Jésus est tombé, lors de sa première chute?

Faire la terre entière : si haute dans la montagne,

si humble dans la plaine...

Faire la terre entière... et qu'elle te déchire la main !

Le pied se met, tant de fois, dans un trou vide

bien que l'esprit et le cœur soient entiers, mon Dieu!

Pour tes genoux, Seigneur, pour tes genoux

déchirées et brisées sur les petits cailloux :

pour ta première chute, à plomb, Seigneur, avec tout le poids

de l'Humanité tienne, qui a fait un coup ce qui aurait dû être un baiser;

Libère-nous, Dieu, de ce premier péché

que se commet par surprise ; de ce péché véniel

que s'ignore lui-même, tapi

comme une araignée dans un rosier.

04 - Quatrième station : Jésus rencontre sa mère au Calvaire

Oh, les mères que vous avez vues mourir dans les bras
à un seul fils unique, se déchirant

le cœur !

Souvenez-vous de la douleur

de cette dernière nuit du pouls, du thermomètre,

du gel, de la sueur, du drap propre et de l'aplatissement de l'oreiller.

Y descendre, marche par marche, l'escalier pentu

n'en parle plus...

On ne sent plus le pouls... Il respire à peine.

La quatrième station est une Mère, angoissée et fidèle,

sur un sentier : acceptant la douleur qui venait pour lui...

Elle ne dit pas un mot : que tous les mots ont fui

comme en jour de tonnerre les oiseaux du nid.

Elle est immobile, devant son Fils, comme voulant être

rien d'autre qu'une idée.

Il lui ouvre l'âme, comme un livre, pour qu'il la lise.

Elle se donne entièrement. On ne marchande pas.

au chagrin, ni un coin du cœur.

Comme dans une baie, les marées entraient dans ton âme.

de l'angoisse et de la résignation.
Ainsi tu te soignais dans la peine, dans l'espoir, dans l'affliction,

tout comme elle se doctore parmi les fleurs,

de la fleur au miel, l'abeille dans la douceur et la patience.

C'était pour moi, doctoresse des rigueurs,

pour qui Tu as étudié une science si douce et claire ?

05 - Cinquième station : Jésus est aidé par le Cyrénéen

Le Pouvoir ne peut plus. Il a voulu s'asseoir

cette terrible chute

de notre force, quand

il ne peut plus atteindre ce que désire le désir.

À Toi qui es celui que tu es;

le Tout-Puissant; le seul Être Nécessaire,

Comment cela t'est-il arrivé, ce que je vois ?

Pour monter la côte du Calvaire

tu as eu besoin de Simon de Cyrène.

Laisse-moi que, en mémoire de celui qui pouvait tout

ce jour-là, il ne put pas,

yo, me frayant un chemin parmi la foule,

touche la croix... Et fais-moi l'illusion que je t'aide !


06 - Sixième station : La Véronique essuie le visage de Jésus

Où sont les disciples ?... Ayez, mes hommes, l'œil ouvert.

Recontez. Passez la liste.

Tomás, Santiago, Judas, Bartolomé...

Où sont-ils ?... Et la foi

de Simon Pierre?... celui qui disait tant !

Tout le collège de l'apostolat, depuis que le jour s'est levé

elle a été réduite à cette femme, qui s'est éloignée

du peuple, et a asséché

avec une toile le visage de Jésus.

Et en paiement de sa foi vivante

le visage dessiné est resté sur la toile

par la sueur, le sang et la salive.

Oh Véronica, tu as deviné que le Seigneur

iba déjà à donner de la main dans son inlassable travail :

y j'ai séché le front du Vendimiador

quand je revenais du pressoir.

La chronique ne dit plus.

La moquerie et la salive continueraient-elles envers la femme Véronica?


Y aurait-il toujours du mépris, des insultes et des dommages

comme au Jésus de chair, au Jésus imprimé sur le tissu?

Les chrétiens qui allons au rosaire, au chemin de croix, à la messe

nous parcourons le monde, bien exposés au rire

des gens, le visage de Jésus, soutenu dans les mains.

Fais-moi, Seigneur, que je surmonte les respects humains :

qu'ille avec l'image de Jésus à la vue

par le chemin tout.

Allons-y. Comme des Véroniques tenaces, par la terre

montrant Jésus dans nos mains, qui est le mode

de ir faisant au monde notre guerre.

07 - Septième station : Jésus tombe pour la seconde fois

Plus que trébucher sur la pierre du chemin qui blesse

le pied du pèlerin avec son choc violent,

c'était comme un trébuchement, au fond de l'âme, avec l'abattement.

ce fut cette chute de personne consolé;

quand le ciel se ferme à l'amant

of hope, and see the beloved object


de plus en plus éloigné, comme une montagne embrumée.

Terrible cette chute seconde : dans la mélancolie,

dans le désespoir, sans un rayon de lumière.

Tomber dans la solitude sans autre compagnie

que la fidèle et inséparable amitié de la Croix!

S'accrocher pour ne pas tomber au poids même

de la Mort. Au bord de l'abîme

s'enlacer à ce tronc et l'entraîner aussi.

À cette septième station, Jésus, pour notre bien,

s'est laissé emporter par sa chair désistée.

Cette deuxième chute

c'était sur le visage, pas sur les mains.

C'était désastreux, se laisser, pouvoir et ne pas vouloir.

Délivre-nous, ô Seigneur, des chrétiens

de cette manière de tomber !

08 - Huitième station : Jésus rencontre des femmes de Jérusalem

Indifférence, colère ; les oublis célestes ; les pouvoirs mondains :

tout s'est ligué contre Dieu.


Ce n'est que pour les larmes de quelques pauvres femmes

à celles qu'il a destinées son regard et sa voix.

Regardez, filles de Jérusalem, regardez bien ce que je fais.

Cette montagne de peines que j'ai rassemblées est le paiement

que me coûte le rachat de tant de pécheurs.

Faites bien ce calcul des espoirs et des douleurs.

Si c'est ça le prix du Paradis Éternel :

Pensez, filles de Jérusalem, à ce qu'est l'Enfer.

Si vous me coûte cet excès de l'Amour, ô mortels ;

c'est pourquoi tu es la même mesure

ce mont inversé des péchés et des maux.

Si ce sont les gains que perd celui qui me perd...

Que va-t-on faire avec le bois dur sec

si cela se fait avec du bois vert ?

09 - Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois

Encore une fois ! La troisième chute

cela semblait déjà être la fin. comme le fruit qui tombe du bois

de l'arbre, la troisième chute était déjà semblable


à la mort.

Une mort en figure.

La bouche violacée par la sécheresse amère.

Le front avec des gouttes de sueur en guirlande...

Il porte tant d'hommes morts sur le dos !

Cette fois, la chute a été totale : sur le ventre.

Comme le rassasié et repu. Comme celui qui roule dans l'ivresse.

C'était tomber tout l'arbre, à plomb, d'un coup !

Délivre-nous, Christ, du troisième péché.

Ne pas tomber dans la chair et le monde, comme un fou.

Ce autre plus accablant et subtil tomber désespéré,

quand il ne reste plus beaucoup.

Seigneur, mon bâton et ma sandale, Seigneur !

Faites en sorte qu'il ne renonce pas

à la fin du chemin, quand le Calvaire est en vue!

10 - Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

La dixième station est le grand désespoir.

Bientôt, dans le tabernacle, le voile va se déchirer en deux parties.


Le ciel se couvre de cendres et de peur.

La source la plus profonde de l'Univers jaillit du sang de Justo.

Ils ont arraché la tunique indestructible d'un coup.

Vous pouvez tout voir : dans sa nudité la plus pure.

Le vent a emporté la feuille et a laissé la fleur.

Tu es déjà vêtu seulement de ma chair, Seigneur !

Ils t'ont dépouillé de ton Évangile et de ta mission.

Par une horde nuageuse de sacrilège et d'abjection

tu étais le meilleur des chiens

du monde...

Par mers, par plaines et par collines,

la future hérésie riait d'un rire tonitruant.

Aujourd'hui, les blasphémateurs du monde ont leur grande heure !

Aujourd'hui, c'est la fête des apparences. Dieu est caché.

Il n'y a plus qu'un homme seul, nu et craché!

Pour tant d'humiliation, Seigneur : pour la honte

des tes vêtements tirés au sort ; aie pitié,

Seigneur, de la faiblesse
que humilie le puissant.

Aie pitié des enfants sans mère. Du mari

sans compagnie. Du désir impossible.

De la peine indicible.

Du cancéreux. Du mendiant.

De tout ce que je dis et de ce que je ne dis pas.

Fais que devant ton corps nu, comme devant un miroir,

je me suis déchiré ma sale tenue

s'accrochant à la peau de l'homme vieux !.

11 - Onzième station : Jésus est cloué sur la croix

Nous avons déjà Dieu étendu sur la terre. Comme à la mort du jour

le cerf est récupéré dans une battue.

Pour étirer tes bras jusqu'au clou, le bourreau

appuie ton genou sur ton cœur.

Avec une épée romaine, ils ont fait une empreinte dans le bois,

pour te mesurer la taille

du pied au front...

Le fleuve a tant mesuré depuis la mer jusqu'à la source !

Mesurent l'infini. Mesurent ce qui n'a pas de mesure.


L'innombrable Éternité, à coups, est mise

en nombre de forgeron et de menuisier.

Il a un début et une fin sur un morceau de bois,

de clou en clou, celui qui n'a ni alpha ni oméga.

Lega jusqu'à ce chauve, Celui qui arrive

jusqu'au Père, et c'est la Parole et l'Esprit Créateur.

Nous avons déjà le lit moelleux pour le dernier amour.

Tusuetarm
fi esuer,

Monseigneur, de nos bras et de nos baisers.

Comme David, nous pouvons, un par un,

faire le compte de tes os.

Pendant trois heures, Seigneur, il n'y aura pas de théologie.

En la terre est tout. Il n'est pas nécessaire d'explorer le ciel.

Tout est dans le bois : tout ce que je voulais

mon cœur ; combien mon rêve attend,

jusqu'où mon désir atteint...

J'ai ma esperanza clouée entre quatre clous !

12 - Douzième station : Jésus meurt sur la croix


Tout est consommé. L'homme a réussi

son effort le plus horrible.

L'Instrument fera tout tout seul.

Instrument de son œuvre : Lui seul saura se faire

votre propre souffrance.

La mort se glisse par sa nature corporelle

comme la goutte d'eau, par son poids, sur le cristal.

Trois heures de rétro et de solitude avec moi

il a eu celui qui avait tant de compagnons et de bons amis

avec moi, avec les hommes.

Lentement

il a bu la coupe de son vin et de son fiel. Seul : il présage

plus de solitude. Comme un horizon nuageux

elle a perdu de vue sa Mère et le disciple bien-aimé.

Avec une voix de tonnerre, tu as crié à ton Père son abandon.

Ensuite, avec un autre ton

plus doux et amical, tu te plaignais

de la soif. Pourquoi as-tu dit que tu avais

sed, avec ce ton éteint ?

C'est de moi que tu parlais ?


Suis-je celui qui te manquait,

quand tout était déjà consommé ?

13 - Treizième station : Jésus est détaché de la croix

María, à tes genoux, yatene vaincu

tout le Pouvoir et toute la Grandeur,

La Passion est terminée. La Compassion commence.

Pour souffrir jusqu'à mourir, Jésus était

devant tous les hommes, sur la Croix, découvert.

Mais Maríatene est maintenant cachée,

pour elle seule, la solitude de son fils mort.

Dans sa jupe et son manteau, le corps pur couvert,

dueña et señora du futur,

Elle commence à être tout : évangile, sépulture,

myrrhe, suaire, onguent. Le premier et le plus pur

Église : tout, tout.

Elles l'exemple, l'occasion, le mode;

et la Corédemption et la Pureté;

le canal de la Grâce et de la Beauté...

Elle l'autel et le prêtre ; le vin et le cénacle.

La Croix est finie. Le Tabernacle a commencé.


Les nuages qui s'illuminent au sommet

atardecida du Calvaire

son des lumières chrétiennes devant le premier Sagrario.

14 - Décima cuarta estación: Jésus est enseveli

Ce nouveau sépulcre où on t'a placé, Seigneur, où l'on s'accroche

ton dernier amour, Seigneur; ce n'est pas un sépulcre;

c'est ma chair ! le plus profond de la terre !

C'est la dernière mesure

de ton corps dans mon corps,

de ta mort dans ma vie.

Tu as enterré en moi pour que j'aie

yo tu medida justa, hasta que venga

pour moi le troisième jour.

Trois nuits seules sont celles de la peine.

Oui je sais, une après l'autre, résister à l'agonie,

Je sais, Seigneur, que Tu relèveras la dalle, dans l'aube sereine

de ma résurrection et de ma joie!

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