0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
16 vues13 pages

Bind Ener

Transféré par

chaimaabarra684
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
16 vues13 pages

Bind Ener

Transféré par

chaimaabarra684
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre III

Énergie de liaison du noyau

I Introduction

L’agrégat de protons et de neutrons dans les noyaux est maintenu ensemble par l’interaction
forte à l’origine de l’attraction mutuelle entre les nucléons.
Des forces répulsives entre les nucléons doivent également exister au sein des noyaux. L’équili-
bre entre les forces attractives et répulsives fait que les noyaux présentent une densité à peu
près constante et un rayon qui est proportionnel à 𝐴1/3 . Si la répulsion était absente, tous
les noyaux devraient s’effondrer dans un petit rayon de l’ordre de la portée de l’interaction
forte ≃ 2 × 10−13 cm.
Certaines des caractéristiques des forces qui existent entre les nucléons sont accessibles à
l’évaluation par un examen des masses des noyaux en regard des masses des neutrons et des
protons les constituants.
Cette quête a été initiée en particulier par Aston. Les données spectroscopiques qu’il a pu
collecter étaient suffisamment précises pour mettre en échec la loi d’addition des masses : La
masse du 168 O n’est pas égale à 4 fois la masse de 42 He et la masse de ce dernier n’est pas
égale à 4 fois la masse de 11 H.
A l’instar de la chaleur de formation d’un composé chimique donné, ce défaut de masse fut
interprété comme une énergie libérée quand les constituants d’un noyau s’agrègent pour for-
mer ledit noyau. Cette énergie ne pouvait être évaluée correctement que lorsque la structure
du noyau soit établie avec précision.

II Énergie de liaison

2.1 Définitions
Energie
Considérons un système dans l’état d’énergie 𝐸𝑖 . Il peut
transiter vers un premier état d’énergie 𝐸𝑓1 ou vers un
1

deuxième état d’énergie 𝐸𝑓2 . La première transition ne


peut pas se faire spontanément dans la mesure où 𝐸𝑓1 >
𝐸𝑖 . Elle peut cependant être induite, en ce sens que le
2

milieu extérieur doit fournir de l’énergie pour que la tran-


Sysème initial Système final

sition se fasse. Figure 2.1 Transitions spon-


tanées d’un système physique :
L’énergie finale de la transition 2 est inférieure à l’énergie Seule la transition (2) est possi-
initiale 𝐸𝑖 . La transition peut alors se faire spontanément ble
(sans l’intervention du milieu extérieur). Dans ce cas l’état
final d’énergie 𝐸𝑓2 est plus stable que l’état initial.
Le noyau le plus simple qui puisse exister est le proton dont l’espérance de vie ou vie moyenne
est estimée à 1031 années (l’âge de l’univers est estimé à environs 14 milliards d’années). Si
on lui ajoute un neutron nous obtenons le deutérium ; un système également stable. Si on lui
ajoute un autre neutron nous obtenons le tritium qui est instable. Si on ajoute un quatrième
neutron, l’énergie du système est telle qu’un système lié ne peut exister que pendant un court
laps de temps.
Toutes les combinaisons de 𝑁 et de 𝑍 ne donnent pas lieu à des noyaux stables ou radioactifs
de périodes accessibles à la mesure. L’étude systématique des noyaux stable a établi que pour

1
Isotope Période Mode de désintégration Année de découverte

1H 1031 années -
1

1H Stable - 1932
2

1H 12.32 années 1934


3
𝛽−

1H Inconnue 0n 1981
4 1

1H Inconnue × 10 n 1987
5
2
Table 2.1 Isotopes connus de l’hydrogène

les noyaux légers (𝐴 < 40), le nombre des neutrons est approximativement égal au nombre
des protons (𝑁 ≃ 𝑍). Au-delà de 𝐴 = 40, les noyaux stables ont plus de neutrons que de
protons ( 𝑁 ≃ 1.7𝑍) : Les noyaux lourds ont besoin de neutrons pour réduire la grande
densité de charge et par suite, l’effet déstabilisant de la répulsion Coulombienne.
La systématique établi également qu’il existe des noyaux lourds qui sont stables (Uranium,
Plomb, Or, ⋯) comme il existe des noyaux légers qui sont très instables.

Excès de masse

s
tron
neu
de
bre
Nom

No
mb
re d
ep
rot
ons

Représentation de l’excès de masse Représentation du fond


des noyaux dans l’espace (𝑁 , 𝑍, 𝛿). de la vallée de stabilté.
Figure 2.2 La vallée de stabilité des noyaux.

La spectroscopie de masse montre que:

• la masse d’un système stable est plus petite que la masse de ces constituants. La différence
apparaît comme l’énergie de liaison du système ;

• la masse atomique 𝑀 d’une espèce formée des mêmes isotopes est presque un multiple de
l’uma (𝑀 ≃ 𝐴 ⋅ 𝑢).

2
2.1.1 Défaut de masse

Déf Défaut de masse


La différence entre 𝑀 et 𝐴, exprimée en uma, est le défaut de masse Δ𝑀 :

Δ𝑀 = 𝑀 − 𝐴 (2.1)

L’excès de masse 𝛿 est défini comme étant Δ𝑀 𝐶 2 . Le diagramme 𝛿 = 𝑀 (𝑍, 𝑁 ) est appelé
vallée de stabilité (cf. figure 2.2). Il renseigne sur la stabilité des noyaux et leurs modes de
désintégrations.

Figure 2.3 Allure générale de la variation du coefficient de


cohésion 𝑃 (exprimé en 10−4 uma/nucléon) en fonction de 𝐴.

2.1.2 Coefficient de cohésion (Packing Fraction)

Avant la découverte du neutron, à l’époque où l’on admettait que les constituants du noyau
sont les protons et les électrons, Aston a mesuré expérimentalement les masses d’un certain
nombre de noyaux. Il a exprimé ses résultats en fonction du coefficient de cohésion 𝑃,

Déf Coefficient de cohésion


Le coefficient de cohésion est le défaut de masse par nucléon :
𝑀 −𝐴 𝑀
𝑃 = = −1
𝐴 𝐴
où 𝑀 est la masse de l’atome neutre et 𝐴 est le nombre de masse du noyau. Le coefficient 𝑃
s’exprime en uma par nucléon.

3
La systématique montre que 𝑃 est nul pour 𝐴 ∼ 20 ( région du néon) et 𝐴 ∼ 170 ( région de
l’erbium ). Il est maximal aux extrémités et minimal au voisinage de 𝐴 = 60 (Co-Ni) (voir
planches).
Par réarrangement de l’équation précédente, le coefficient de cohésion peut être considérée
comme une correction (de l’ordre de 10−3 pour plusieurs noyaux) qui lie la masse de l’atome
de l’atome neutre au nombre de masse de son noyau :

𝑀 = 𝐴(1 + 𝑃 ) (2.2)

Aston a souligné, à juste titre, que le coefficient de cohésion 𝑃 mesuré est lié d’une certaine
manière à la stabilité des noyaux, mais la relation aux forces nucléaires n’a pas pu être déduite
parce que les constituants des noyaux étaient inconnus.

Remarque 1
Masse atomique et masse nucléaire
On entend par masse atomique 𝑀 (𝑍, 𝐴) la masse de l’atome non ionisé et de numéro atom-
ique 𝑍. En toute rigueur, si 𝐵𝑒 désigne la somme des énergies de liaisons des 𝑍 électrons,
alors,
𝐵𝑒
𝑀 (𝑍, 𝐴) = 𝑍𝑚𝑒 + 𝑀 ′ (𝑍, 𝐴) − (2.3)
𝑐2
où 𝑀 ′ (𝑍, 𝐴) est la masse du noyau. Les énergies de liaisons électroniques varient de quelques
eV à quelques keV alors que 𝑀 ′ 𝑐2 ∼ 𝐴𝑐2 = 𝐴 × 931 MeV. Donc, en général, 𝐵𝑒 ≪ 𝑀 ′ 𝑐2 .
En fait la différence est importante lorsque l’on considère le bilan énergétique de certains
processus nucléaires notamment les réactions nucléaires et les désintégrations.

2.1.3 Énergie de liaison du noyau

La densité de la matière nucléaire correspond à une densité de nucléons voisine de 1038


nucléons/cm3 . La constance de la densité nucléaire, bien qu’elle soit déformante, nous amène
à tracer le parallèle entre les propriétés de la matière nucléaire et les propriétés d’une goutte
liquide (incompressible). Certains aspects de la structure nucléaire seront traités par analogie
avec les propriétés connues des fluides incompressibles.

Déf Énergie totale de liaison du noyau


L’énergie totale de liaison 𝐵(𝑍 , 𝐴) d’un nuclide, formé de 𝑍 protons et de 𝑁 neutrons, est
l’énergie nécessaire pour dissocier un noyau en ses constituants élémentaires (neutrons et protons).
Réciproquement, c’est l’énergie libérée quand 𝑍 protons et 𝑁 neutrons se combinent pour former
un noyau.

4
Figure 2.4 Énergie moyenne de liaison (MeV par nucléon) en fonction de 𝐴

Déf Énergie moyenne de liaison du noyau


L’énergie moyenne de liaison ou l’énergie totale de liaison par nucléon est définie par le rapport
𝐵(𝑍 , 𝐴)
Énergie moyenne de liaison = (2.4)
𝐴

La systématique des noyaux stables montre :

• Une certaine périodicité de 𝐵/𝐴 pour les éléments légers.

• Pour 𝐴 ≤ 28, on observe une structure cyclique montrant une forte énergie de liaison
pour les noyaux dont 𝐴 est un multiple de 4.

• Présence d’un maximum très large autour de 𝐴 voisin de 60 (Co-Ni) correspondant à


𝐵/𝐴 de l’ordre de 8.5 MeV/nucléon.

• Une baisse relative de 𝐵/𝐴 pour les éléments lourds : 7.3 MeV/nucléon.

• Les noyaux lourds ont tendance à réduire leur nombre de masse par des fissions spontanées
ou des désintégrations 𝛼 pour atteindre le maximum de l’énergie de liaison. A l’inverse,
les noyau légers ont tendance à augmenter leur valeur de 𝐴 par des processus de fusion
pour atteindre le même maximum.

5
Remarque 2
a. Saturation des forces nucléaires :
Si au sein du noyau un nucléon 𝑖 pouvait être lié de la même façon à l’ensemble des
(𝐴 − 1) nucléons, l’énergie totale de liaison serait 𝐴(𝐴 − 1)𝑒/2. L’énergie moyenne de
liaison serait (𝐴 − 1)𝑒/2, donc une droite en fonction de 𝐴 ce qui est en contradiction
avec l’expérience : Il y a saturation des forces nucléaires, en ce sens qu’un nucléon 𝑖
n’est pas lié de la même façon à l’ensemble des (𝐴 − 1) autres nucléons.
b. L’énergie nucléaire :
Certains noyaux lourds ( 𝐴 ∼ 240) subissent des fissions. Supposons les symétriques.
La variation de 𝐵/𝐴 au cours d’un seul processus est alors de l’ordre de 1 MeV
correspondant à une perte d’énergie de 200 MeV environ. Si par contre deux noyaux 2 H
(𝐵/𝐴 = 1.113 MeV / nucléon) fusionnent pour former une particule 𝛼 (𝐵/𝐴 = 7, 075
MeV / nucléon) la perte d’énergie serait de l’ordre de 6 MeV/nucléon !
2.2 Formule semi-empirique des masses

Par analogie avec les propriétés thermodynamiques d’une goutte liquide l’énergie de li-
aison est présentée comme une série de termes qui seront à leur tour déterminés par
ajustement sur les valeurs expérimentales :

𝐵 = ∑ 𝐵𝑖 (2.5)
𝑖

2.2.1 Le terme de volume (𝐵𝑣 )

Ce terme est le plus important. Plus le nombre des nucléons en


volume est important plus ils seront très fortement liés (interaction
forte). Ce terme est proportionnel au volume :
𝐵𝑣 = +𝑎𝑣 𝐴 (2.6)
Figure 2.5 Terme
𝑎𝑣 est un coefficient numérique. de volume

2.2.2 Le terme de surface (𝐵𝑠 )

La proportionnalité entre 𝐵𝑣 est 𝐴 suppose implicitement que l’in-


teraction d’un nucléon avec ses proches voisins se fait de la même
façon quelque soit le nucléon considéré. Or les nucléons de la surface
sont, intuitivement, plus faiblement liés que ceux du volume. Le
nombre de ces nucléons est proportionnel à la surface du noyau. Les
nucléons de la surface déstabilisent donc le noyau. Leur contribution Figure 2.6 Terme
𝐵𝑠 à l’énergie totale de liaison sera affectée d’un signe moins et est de surface
elle sera proportionnelle à 𝐴2/3 :
𝐵𝑠 = −𝑎𝑠 𝐴2/3 (2.7)

6
2.2.3 Le terme Coulombien (𝐵𝑐 )

L’interaction électrostatique entre les protons contribue à diminuer


la stabilité du noyau. Pour en rendre compte considérons une sphère
S chargée de rayon 𝑟 centrée en 𝑂 et portant la charge 𝑞 = 𝜌𝑉 ;
𝑉 = 43 𝜋𝑟3 . Rapprochons de S une charge élémentaire d2 𝑞 jusqu’à ce
qu’elle touche sa surface. L’énergie d’interaction d2 𝑊 est alors, en
supposant les deux charges de même signe,
Figure 2.7 Terme
𝑞d2 𝑞
d2 𝑊 = (2.8) coulombien
𝑟
Répétons la même opération de sorte à ce que l’on forme, à partir des charges élémentaires
d2 𝑞, une couronne sphérique portant la charge d𝑞 entourant S. L’énergie d’interaction
devient alors,
𝑞d𝑞
d𝑊 = (2.9)
𝑟
Substituant à 𝑞 et à d𝑞 leurs expressions en fonction de la densité de charges et de 𝑟,
14 3 4
d𝑊 = 𝜋𝑟 𝜌d{ 𝜋𝑟3 𝜌} (2.10)
𝑟3 3
L’énergie d’interaction 𝑊 s’obtient en intégrant l’expression précédente depuis 0 à 𝑅,
rayon du noyau :
𝑅
14 3 4 3 𝑍 2 𝑒2
𝑊 =∫ 𝜋𝑟 𝜌d{ 𝜋𝑟3 𝜌} = (2.11)
𝑟3 3 5 𝑅
0

où nous avons posé 𝜌 = 𝑍𝑒/ 43 𝜋𝑅3 . Le terme Coulombien est proportionnel à W :


𝑍2
𝐵𝑐 = −𝑊 = −𝑎𝑐 1 (2.12)
𝐴3
Or ce terme doit être nul pour le proton (hydrogène ) puisqu’une particule n’interagit
pas avec elle même. Pour contourner cette difficulté on admettra qu’il faut déduire une
énergie intrinsèque 𝑊1 , obtenue en posant 𝑍 = 1 dans l’expression ci-dessus et ce pour
chaque proton du noyau 𝐴 𝑍X :

𝑍(𝑍 − 1)
𝐵𝑐 = −𝑎𝑐 1 (2.13)
𝐴3
Si on se limite à ces trois termes l’énergie de liaison du noyau s’exprimera comme :
𝑍(𝑍 − 1)
𝐵 = 𝑎𝑣 𝐴 − 𝑎𝑠 𝐴2/3 − 𝑎𝑐 1 (2.14)
𝐴3
d’où l’expression de sa masse 𝑀 :
𝑍(𝑍 − 1)
𝑀 (𝑍, 𝑁 ) = 𝑍𝑚𝑝 + 𝑁 𝑚𝑛 − [𝑎𝑣 𝐴 − 𝑎𝑠 𝐴2/3 − 𝑎𝑐 1 ] (2.15)
𝐴3
Le maximum de stabilité au sein d’une chaîne isobarique, est obtenu en posant

7

𝑀 (𝑍, 𝐴)] = 0 (2.16)
∂𝑍 𝐴

ce qui correspond à
(2.17)
1
𝑍 = 0.66𝐴 3
C’est à dire que pour 𝑍 = 20, 𝐴 serait de l’ordre de 28 ce qui est en totale contradiction
avec expérience. L’expression de 𝐵(𝑍, 𝐴) proposée est insuffisante. Il faut donc chercher
d’autres termes correctifs.

2.2.4 Le terme d’asymétrie (𝐵𝑎 )


On constate que les noyaux légers ( 𝐴 < 40 ) sont stables si 𝑁 est égal à 𝑍. Au fur est à
mesure que 𝑍 augmente 𝑁 augmente plus vite atteignant des rapports de l’ordre de 1.5
pour les noyaux lourds.
Pour tenir compte de ces données on introduit un quatrième terme
appelé terme d’asymétrie qui, contrairement aux trois premiers ter-
mes de natures classiques, est de nature quantique.
Pour construire ce terme on procède par analogie avec les propriétés
thermodynamiques d’un liquide à savoir que l’énergie est proportion-
nelle à la composition de ce dernier. Le terme 𝐵𝑎 doit :
Figure 2.8 Terme
– dépendre de 𝐴 ; d’asymétrie
– dépendre de 𝑍 et de 𝑁 ;
– être minimal si 𝑁 = 𝑍 ;
– décrire de la même façon l’excès de proton et l’excès de neutron ;
– être symétrique en 𝑁 et en 𝑍.
En définitive :
(𝑁 − 𝑍)2
𝐵𝑎 = −𝑎𝑎 𝐴 (2.18)
(𝑁 + 𝑍)2
𝑎𝑎 est une constante empirique qui sera déterminée par ajustement sur les valeurs expéri-
mentales.
Le terme (𝑁 + 𝑍)2 est un facteur de normalisation introduit de sorte que les ordres de
grandeurs de 𝐵𝑎 soient cohérents avec les trois premiers termes.
Le terme 𝐵𝑎 est affecté du signe moins car il contribue à la déstabilisation du noyau
occasionnée par l’asymétrie 𝑁 −𝑍 en ce sens qu’au delà d’une certaine limite, les neutrons
cessent d’être des agents stabilisateurs.
Le noyau le plus stable au sein d’une chaîne isobarique correspondra maintenant à
𝐴
𝑍Stable = 2 (2.19)
1.98 + 0.0155𝐴 3
Relation en bon accord avec expérience.

8
2.2.5 Le terme d’appariement
L’observation précise des données expérimentales montre que l’énergie de liaison par
nucléon est systématiquement légèrement plus grande pour les noyaux pair-pair que pour
les noyaux impairs. Les noyaux pair-pair sont donc toujours légèrement plus stables
que les noyaux impairs proches. Ceci se traduit par les proportions relatives de noyaux
pair-pair, impair-impair et impairs observées dans la nature. Sur 274 noyaux stables, les
proportions sont les suivantes : ≃ 60.2% de noyaux pair-pair, ≃ 38.3% de noyaux impairs
et ≃ 1.5% de noyaux impair-impair.

𝐴 𝑍 𝑁 Type Stable + Stabilité Nbre d’isotopes


Longue période stables par élément
Pair Pair Pair P-P 166+11= 177 Très prononcée Plusieurs (2 à 3)
Impair Pair Impair I-P 55 + 3 = 58 Moyenne 1
Impair Impair Pair P-I 51+3 = 54 Moyenne 1
Pair Impair Impair I-I 6+4 = 10 Faible 0

Les premiers noyaux I-I stables sont 2 H, 6 Li, 10 B et 14 N. Ils sont


en dehors de la zone de validité du modelé de la goutte liquide. Il
existe un cinquième noyau, le 180 Tl, qui constitue un cas particulier.
Pour tenir compte de ces effets d’appariement on introduit un cinquième
terme 𝐵𝑝 , le terme d’appariement :

{ +𝛿 pour les noyaux P-P



Figure 2.9 Terme 𝐵𝑝 = ⎨ 0 pour les noyaux P-I ou les noyaux I-P (2.20)
d’appariement ⎩ −𝛿 pour les noyaux I-I
{
1
La valeur adoptée pour 𝛿 (Bohr et Mottelson, 1969) est 𝑎𝑝 𝐴− 2 MeV où 𝑎𝑝 ∼ 12 MeV. En
tenant compte des cinq termes, la formule semi empirique de Bethe-Weizsäcker s’écrit :
𝑍(𝑍 − 1)
𝑀 (𝑍, 𝐴)𝑐2 = 𝑍𝑚𝑝 𝑐2 + 𝑁 𝑚𝑛 𝑐2 − 𝑎𝑣 𝐴 + 𝑎𝑠 𝐴2/3 + 𝑎𝑐 + (2.21)
𝐴1/3
{ +𝛿 (P-P)
𝐴 − 2𝑍 ⎧
+ 𝑎𝑎 + ⎨0 (P-I) ou (I-P)
𝐴 {
⎩ −𝛿 (I-I)

Il existe plusieurs combinaisons possibles des constantes 𝑎𝑖 qui reproduisent, plus ou


moins correctement, les masses me surées expérimentalement. Dont à titre d’exemple :
𝑎𝑣 = 15.409 ± 0.026 MeV 𝑎𝑠 = 16.873 ± 0.080 MeV 𝑎𝑐 = 0.695 ± 0.002 MeV
𝑎𝑎 = 22.435 ± 0.065 MeV 𝑎𝑝 = 11.155 ± 0.864 MeV

III Modèle du gaz de Fermi


Considérons 𝑛 fermions enfermés dans un volume Ω en équilibre avec un thermostat à la
température T. La probabilité 𝜋(𝐸𝑐 ) pour qu’un état d’énergie cinétique 𝐸𝑐 soit occupé
par un fermion de ce système est

9
Représentation des contributions des divers Comparaison des énergies de liaison par
termes à la formule Bethe -Weiszaker nucléon expérimentales (points) et des valeurs
obtenues à partir de la formule empirique
dans le cas de noyaux pair-pair stables.
Figure 2.10

𝐸𝑐 − 𝐸𝐹 −1
𝜋(𝐸𝑐 ) = [1 + exp ( )] (3.1)
𝑘𝑇
où 𝑘 est la constante de Boltzmann et où 𝐸𝐹 est l’énergie de Fermi du système que
l’on exprime en fonction de l’impulsion de Fermi comme1
𝑝𝐹2
𝐸𝐹 = (3.2)
2𝑚

On définit la longueur d’onde thermique 𝜆𝑇 associée aux fermion comme



𝜆𝑇 = √ (3.3)
2𝑚𝑘𝑇
et on dira que l’on est en présence d’un gaz de Fermi dégénéré lorsque 𝐸𝐹 ≫ 𝑘𝑇 c’est à
dire, si 𝜔 est le nombre de fermions par unité de volume,

𝜔𝜆3𝑇 ≫ 1 (3.4)

En d’autres termes, un gaz de Fermi est dégénéré lorsque la distance moyenne entre ses
constituants est très inférieure a leur longueur d’onde thermique : il s’agit donc d’un
système de fermions pour lequel un traitement quantique est essentiel. Dans la suite on
se placera dans ce cas.

3.1 Impulsion de Fermi

Espace des phases


L’espace des phases est le produit de l’espace ordinaire par l’espace des quantités de mouvement 𝑝.⃗ Dans
l’espace ordinaire un élément de volume d𝑉 s’écrit en coordonnées cartésiennes

10
d𝑉 = d𝑥 d𝑦 d𝑧 (3.5)

et en coordonnées sphériques :

d𝑉 = d𝑟 ⃗ = 𝑟2 d𝑟 sin 𝜃d𝜃 d𝜑 (3.6)

Si l’on ne s’intéresse pas à la direction de 𝑟,⃗ l’intégration sur l’angle solide fournit :

d𝑉 = 4𝜋𝑟2 d𝑟 (3.7)

Dans les mêmes conditions, un élément de volume dans l’espace des impulsions sera donné par :

d𝑝⃗ = 4𝜋𝑝2 d𝑝 (3.8)

Pour retrouver le volume élémentaire dans l’espace des phases, c’est-à-dire le volume occupé par la particule
dans cet espace, il suffit d’invoquer les relations de Heisenberg,

Δ𝑝𝑥 Δ𝑥 ≥ ℏ (3.9)

Δ𝑝𝑦 Δ𝑦 ≥ ℏ (3.10)

Δ𝑝𝑧 Δ𝑧 ≥ ℏ (3.11)

Le volume d’une cellule élémentaire dans l’espace des phases est ℎ3 .

Dans un volume Ω le nombre de cellules d𝜈 susceptibles de contenir une particule d’im-


pulsion comprise entre 𝑝 et 𝑝 + d𝑝 (sans référence à l’orientation de 𝑝)⃗ est donné par :
Ω
d𝜈 = 4𝜋𝑝2 d𝑝 (3.12)
ℎ3
Dans le cas d’un gaz de fermions de spin 𝑠 = 1/2, (𝑔𝑠 = (2𝑠 + 1) = 2), au zéro absolu, on
peut mettre deux particules par cellule pour 𝑝 < 𝑝𝐹 et les cellules sont vides pour 𝑝 > 𝑝𝐹 .
D’où :
𝑝𝐹 𝑝𝐹
Ω
𝑛 = ∫ 𝑔𝑠 d𝜈 = ∫ 2 4𝜋𝑝2 d𝑝 (3.13)
ℎ3
0 0

On n’en déduit les expressions de 𝑝𝐹 et de 𝐸𝐹 en fonction de 𝑛,


1 1
3𝑛 3 3𝜋2 𝑛 3
𝑝𝐹 = ℎ ( ) = ℏ( ) (3.14)
8𝜋Ω Ω
2
ℏ2 3𝜋2 𝑛 3
𝐸𝐹 = ( ) (3.15)
2𝑚 Ω

3.2 Énergie de Fermi des nucléons

On considérera le système nucléaire comme deux gaz de Fermi dégénérés, un gaz de 𝑍


protons et un gaz de 𝑁 neutrons enfermés dans le même volume Ω = 43 𝜋𝑟03 𝐴, 𝐴 = 𝑍 + 𝑁
étant le nombre de masse du noyau. D’après ce qui précède,

11
2 2
ℏ2 3𝜋2 𝑁 3 ℏ2 3𝜋2 𝑍 3
𝐸𝐹 (𝑛) = ( ) et 𝐸𝐹 (𝑝) = ( ) (3.16)
2𝑀𝑛 Ω 2𝑀𝑝 Ω

où 𝑀𝑛 et 𝑀𝑝 désignent, respectivement, les masses du proton et du neutron. On admettra


que 𝑀𝑛 ≃ 𝑀𝑝 = 𝑀.
Considérons à présent les noyaux symétriques ou quasi-symétriques (𝑁 ≃ 𝑍 ≃ 𝐴 ).
2 On
peut facilement vérifier que

𝐸𝐹 (𝑛) ≃ 𝐸𝐹 (𝑝) ≃ 37 𝑀 𝑒𝑉 (3.17)

Soit 𝑇 (𝑁 ) l’énergie cinétique de l’ensemble des neutrons du noyau :


𝑝𝐹 𝑝𝐹
𝑁
𝑝2 𝑝2 2Ω
𝑇 (𝑁 ) = ∑ 𝑇𝑗 = ∫ d𝜈𝑁 = ∫ 3
4𝜋𝑝2 d𝑝 = 35 𝑁 𝐸𝐹 (𝑛) (3.18)
𝑗=0
2𝑀 2𝑀 ℎ
0 0

En considérant l’ensemble des 𝐴 nucléons on obtient :


𝐴
𝑇 (𝐴) = ∑ 𝑇𝑗 = 35 𝑁 𝐸𝐹 (𝑛) + 35 𝑍𝐸𝐹 (𝑝) (3.19)
𝑗=0

d’où l’énergie cinétique moyenne par nucléon pour les noyaux symétrique ou quasi-
symétrique :
𝑇 (𝐴)
𝐴 ≃ 3 𝐴𝐸𝐹
5 𝐴 ≃ 35 𝐸𝐹 ≃ 22 MeV (3.20)

3.3 Énergie d’asymétrie

Si on se limitait aux trois premiers termes de l’expression de l’énergie de liaison, celle-ci


serait maximale si 𝑍 = 0 ! Le noyau serait formé essentiellement de neutrons. Évidem-
ment de tels noyaux n’existent pas.
S’il n’en est pas ainsi, c’est que nous avons négligé d’une part quelques aspects partic-
uliers de l’interaction nucléon-nucléon et, d’autre part, la nature quantique de la matière
nucléaire.
Ces éléments permettront de rendre compte de la tendance naturelle que les noyaux ont
à se construite avec 𝑁 = 𝑍. Ils s’en ont écarté suite à l’émergence de la répulsion
coulombienne à l’origine de l’excès de neutrons.
Si l’on considère la stabilité d’un noyau symétrique (𝑁 = 𝑍) comme référence, quelle
serait la stabilité des isobares voisins pour lesquels |𝑁 ′ − 𝑍 ′ | = 𝜖 > 0 ?
Pour cela considérons un noyau 𝐴 𝑍 X. Chaque nucléon à l’intérieur du noyau possède
une énergie cinétique 𝑇 et une énergie potentielle 𝑊. Plus 𝑇 est grande, plus 𝑊 doit
être grande en valeur absolue mais négative de sorte à retenir le nucléon à l’intérieur du
noyau.
Dans le cadre du modèle de gaz de Fermi, le noyau est représenté par un puits de potentiel
où les nucléons sont déposés sur des niveaux d’énergies : Les nucléons qui possèdent la
plus grande, 𝐸𝐹 = 37 MeV occupent le niveau de Fermi. Pour les empêcher de sortir du
puits, il faut que sa profondeur 𝑉0 soit inférieure à −37 MeV.

12
La courbe 𝐵/𝐴 en fonction de 𝐴 montre que l’énergie Énergie
de liaison d’un nucléon est de l’ordre de 8 MeV.
Donc la profondeur du puits doit être augmentée de O

∼ 8 MeV : Niveau
de Fermi

𝑉0 = (−𝐸𝐹 + 𝑆) ≃ −45 Mev (3.21)

L’isobare le plus stable sera celui qui aura l’énergie


total la plus faible. Cela revient à minimiser 𝑇 et à Protons Neutrons
maximiser 𝑊. Figure 3.1 Puits de potentiel décrivant
Pour un isobare donné, l’énergie cinétique est mini- un noyau symétrique dans le cadre du
male, lorsque protons et neutrons occupent de la même modèle du gaz de Fermi
façon le fond du puits de potentiel. Cela est réalisé
lorsque 𝑁 = 𝑍 = 𝐴 2.
En effet, si on pose 𝜖 = 𝑁 − 𝑍, l’expression (3.19) devient

3 𝜖 53 𝜖 53
𝑇 (𝐴) = 𝐸𝐹 𝐴 [(1 + ) + (1 − ) ] (3.22)
10 𝐴 𝐴

où 𝐸𝑝 est l’énergie de Fermi calculée pour 𝑁 = 𝑍. En développant 𝑇 (𝐴) au deuxième


ordre en puissances de 𝜖/𝐴 :
3 5 2 1 𝜖 2
𝑇 (𝐴) = 𝐸𝐹 𝐴 [2 + 0 + 2 ⋅ ⋅ ⋅ ( ) + ⋯] (3.23)
10 3 3 2! 𝐴
3 1 (𝑁 − 𝑍)2
= 𝐸𝐹 𝐴 + 𝐸𝐹 +⋯ (3.24)
5 3 𝐴
On retrouve que l’énergie cinétique est minimale pour 𝑁 = 𝑍. Le terme d’asymétrie2 est
la différence entre les énergies cinétiques 𝑇 (𝐴)𝑁=𝑍 du noyau symétrique et 𝑇 (𝐴)𝑁≠𝑍

1 (𝑁 − 𝑍)2 (𝑁 − 𝑍)2
𝑇 (𝐴)𝑁=𝑍 − 𝑇 (𝐴)𝑁≠𝑍 = 𝐸𝐹 ≃ 12 MeV (3.25)
3 𝐴 𝐴

2 En toute rigueur, on devrait parler du terme cinétique d’asymétrie

13

Vous aimerez peut-être aussi