Le Balajú
(Les Ariles)
On dit qu'en mer, ils se rejoignent
eau de tous les rivières,
c'est ainsi qu'ils vont se rassembler
tes amours avec les miens.
À la lisière de la rivière
il y a à l'ombre d'un laurier
je me suis souvenu de toi, bien à moi
quand je vis l'eau couler.
Dans la mer de tes cheveux
ma vie, navigue un peigne
et dans les petites vagues que ça fait
chéri, mon amour se perd.
Sur les vagues de la mer
viennent et s'en vont les écumes :
Avec elles, je ferais un collier
mais toutes s'évanouissent.
J'ai dû redevenir rivière
pour m'échapper de la mer
sans pouvoir imaginer
que la mer est ma destination.
Allons naviguer
suave comme coule la rivière
et n'essaie jamais de porter
à contre-vent le navire.
J'ai déjà préparé mon filet.
et aussi mon redejón,
pour quand tu t'en iras
me laisses ton cœur
enroué dans un filet.
Pêcheur : boga ou patron
met la proue vers la lagune,
que si tu n'apportes pas de crevettes
tu apporteras même la lune
metida dans l'embarcation.
Balajú, étant guerrier
s'est embarqué pour faire la guerre,
il a dit à son compagnon :
Allons naviguer
à voir qui arrive le premier
de l'autre côté de la mer.
Quand le marin regarde
la tempête par le ciel
lève le visage et soupire
et il dit au collègue :
Si Dieu me prête la vie
Je ne redeviendrai pas marin.
Ils disent que je suis marin
que la douleur ne me fait pas mal,
que je navigue dans une étoile
et que je suis gouverneur
parcourant le monde entier
sur un bateau à vapeur.
Je vais faire mes adieux
la que a dit un marin
Au revoir, noire de ma vie
je pars à l'étranger
mais je reviens tout de suite
pour que tu vois que je t'aime.
Ariles et encore ariles
ariles de la cañada
tu es un lucero qui brille
là-bas au petit matin.
Ariles et encore ariles
ariles du Camposanto,
je me couche dans le coin
parce qu'au bord je suis effrayé.
Ariles et encore des ariles
ariles duquel on disait :
Donne-moi de l'eau avec ta petite bouche
que je te donne avec la mienne.
Ariles et encore ariles
ariles je dis depuis longtemps,
ouvre-moi la porte, mon âme
ne te cache pas.
Ariles et plus d'ariles
ariles que ainsi disait :
ta petite bouche rouge
doux comme une pastèque.
Ariles et encore ariles
ariles de la lomita,
comment résonnent vos voix
qui ressemblent à des clochettes.
Ariles et encore ariles
ariles de celui qui fut
à donner de l'eau à son cheval
et il est mort de soif.
Iza, marinero, iza
iza pour Barlovento,
moi aussi j'ai eu des chagrins
d'amours et d'étrangement.
Iza, marinero, iza
iza pour Portobelo,
si les étoiles s'éteignent
tes yeux seront mon ciel.
Ariles et encore ariles
ariles que ainsi disait :
je t'embrassais sur ta petite bouche
et dans tes bras je m'endormais
si seulement c'était vrai
ce que le rêve me disait.
Source : Jarochance