Documents de Travail: Gouvernement Numérique Et Mobilisation Des Recettes Fiscales Dans Les Pays en Développement
Documents de Travail: Gouvernement Numérique Et Mobilisation Des Recettes Fiscales Dans Les Pays en Développement
de travail
Auteurs
Mars 2025
Bureau d’Économie
Théorique et Appliquée
BETA
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Contact :
[email protected]
Gouvernement Numérique et Mobilisation des
Recettes fiscales dans les Pays en Développement
Résumé
∗
Université de Lorraine, BETA, 54000, Nancy, France ; Email : [email protected].
Tel. +33 (0) 6 43 29 68 88.
†
Université de Lorraine, Université de Strasbourg, CNRS, BETA, 54000, Nancy, France ; Email :
[email protected]. Tel. +33 (0) 3 72 74 20 92 ; Fax : +33 (0) 3 72 74 20 71.
1
1 Introduction
La mobilisation des recettes fiscales est un enjeu crucial pour de nombreux pays,
en particulier les économies en développement, car elle permet de financer les poli-
tiques publiques essentielles (Akitoby et al., 2018). Au cours des dernières années,
dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques croissantes et une réduction
des marges de manœuvre liées à l’aide publique au développement, la mobilisa-
tion des ressources internes est devenue une priorité incontournable pour les pays
en développement (Nations Unies, 2024). Le renforcement des capacités fiscales est
reconnu par les gouvernements et les institutions internationales comme un levier
central de la construction et du développement de l’État à travers le financement
des investissements publics (Besley et Persson, 2009 ; Besley et al., 2010 ; Gaspar
et al., 2016). L’initiative de financement du développement d’Addis-Abeba de 2015
a d’ailleurs réaffirmé cet engagement en encourageant une mobilisation accrue des
ressources internes, nécessaire à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable
(ODD) d’ici à 2030.
Historiquement, la mobilisation des recettes fiscales dans les pays en développement
reste relativement faible (Mascagni et al., 2014 ; Okunogbe et Santoro, 2023). En
moyenne, les recettes fiscales ne représentent que 11 % du PIB dans ces pays, contre
20 % dans les économies plus développées (Okunogbe et Santoro, 2023). Une mo-
bilisation insuffisante, loin du seuil de 15 % du PIB, généralement admis comme le
minimum requis pour construire un État inclusif et solide (Apeti et Edoh, 2023),
limite les capacités de développement. Diverses études attribuent cette faible per-
formance fiscale à plusieurs facteurs, tels que l’importance de l’économie informelle
(Gordon et Li, 2009 ; Besley et Persson, 2014), une capacité institutionnelle limi-
tée et une fraude fiscale endémique (Mascagni et Nell, 2022), ainsi qu’une base
fiscale constituée principalement de micro et petites entreprises (Okunogbe et San-
toro, 2023 ; Jensen, 2022) et un développement financier restreint (Mascagni et Nell,
2022). Ces contraintes contribuent à éroder une assiette fiscale déjà fragilisée par
des déficits budgétaires (Santoro, 2021).
Dans ce contexte, les gouvernements investissent massivement depuis deux décen-
nies dans le gouvernement numérique (Kochanova et al., 2020), c’est-à-dire dans
l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour
améliorer l’efficacité de la fourniture des services publics à destination des citoyens,
des entreprises et des administrations (Carter et Bélanger, 2005 ; Srivastava et Teo,
2010). À l’exception de l’Océanie, toutes les régions du monde ont enregistré une
augmentation de l’indice de gouvernement numérique (IDGE), l’Afrique se démar-
quant avec une progression notable de 3,6 points (Nations Unies, 2022). En Afrique,
59 % des pays sont classés dans le groupe à IDGE moyen et 30 % dans le groupe
élevé, avec des pays comme le Nigeria, le Rwanda, l’Égypte et l’Afrique du Sud
offrant plus de 20 services publics en ligne, y compris des services de déclaration
fiscale.
Néanmoins, les effets de ces investissements dans le gouvernement numérique dans
les pays en développement demeurent encore peu explorés (Kochanova et al., 2020 ;
Chimilila et Leyaro, 2022). En théorie, le gouvernement numérique peut réduire
les coûts de conformité fiscale pour les entreprises et les particuliers, tout en aug-
2
mentant les recettes fiscales (Kochanova et al., 2020). En réduisant le temps et les
ressources que les contribuables consacrent à rassembler les informations nécessaires
à leurs déclarations, il diminue également la duplication des données dans les di-
vers formulaires fiscaux, ce qui limite les erreurs de déclaration (Kochanova et al.,
2020). Par ailleurs, il réduit le temps requis pour soumettre les déclarations et rece-
voir les remboursements d’impôts, tout en minimisant les interactions directes avec
les fonctionnaires et inspecteurs des impôts, qui conduisent souvent à la corruption
(Muralidharan et al., 2016 ; Kochanova et al., 2020). Une telle réduction des coûts
peut favoriser un environnement des affaires plus propice et améliorer l’allocation
des ressources, augmentant ainsi les recettes fiscales des gouvernements. L’adoption
de la passation électronique des marchés publics grâce au gouvernement numérique
peut intensifier la concurrence en rendant les informations sur les appels d’offres, les
procédures de soumission et les attributions de contrats plus accessibles et transpa-
rentes (Muralidharan et al., 2016 ; Banerjee et al., 2020). Cette approche réduit les
coûts de soumission des offres et attire des soumissionnaires de meilleure qualité,
extérieurs aux éventuels cartels collusifs, contribuant ainsi à réduire les risques de
corruption pour une performance fiscale durable (Uyar et al., 2021).
Cependant, les recettes fiscales demeurent structurellement insuffisantes pour satis-
faire aux exigences des ODD dans les pays en développement (Apeti et Edoh, 2023),
malgré les investissements dans le gouvernement numérique et les effets positifs at-
tendus.
Cette étude examine l’impact du gouvernement numérique sur la performance fiscale
dans les pays en développement. Elle vise, d’une part, à analyser la relation entre
le gouvernement numérique et les recettes fiscales et, d’autre part, à explorer l’effet
modérateur du gouvernement numérique sur la relation entre le secteur informel et
les recettes fiscales. Nous contribuons ainsi à éclairer les politiques visant à améliorer
l’efficacité et la transparence fiscales, tout en intégrant les acteurs du secteur informel
dans le cadre fiscal. En outre, notre étude enrichit la littérature existante en évaluant
l’impact de la digitalisation sur les finances publiques et l’administration fiscale dans
les économies en développement.
A cette fin, nous mobilisons un panel de données couvrant 106 pays en dévelop-
pement sur la période 2000-2022. Afin de traiter les problèmes d’hétéroscédasticité
et d’endogénéité, ainsi que de prendre en compte la dynamique de la relation étu-
diée, nous utilisons l’approche des moments généralisés. Les résultats indiquent un
effet positif du gouvernement numérique sur les recettes fiscales et montrent que le
gouvernement numérique atténue l’impact négatif de l’économie informelle sur la
mobilisation des recettes fiscales dans les pays en développement.
Le reste de l’article est structuré comme suit : la section 2 présente une revue de la
littérature sur la relation entre l’administration numérique et la performance fiscale.
La section 3 décrit la méthodologie employée ainsi que les données et leurs sources.
La section 4 expose et discute les principaux résultats, tandis que la section 5 est
consacrée aux tests de robustesse. Enfin, la conclusion clôt l’étude.
3
2 Revue de la littérature
4
sion fiscale, avec des effets plus marqués dans les pays où l’adoption des TIC est
plus élevée. Mascagni et Nell (2022) utilisent les données de l’administration fiscale
rwandaise pour les années 2014 et 2015 ainsi qu’une méthode combinant l’évaluation
d’impact et les variables instrumentales. Leur étude montre que l’approche collabo-
rative des administrations fiscales, consistant à envoyer des messages et des e-mails
rappelant les dates limites et fournissant des informations sur la gestion des recettes
fiscales nationales, a permis d’augmenter les recettes fiscales d’environ 6 millions de
dollars. Selon l’étude, un contribuable du groupe de rappel a déclaré environ 2 mil-
lions de francs rwandais de plus qu’un contribuable du groupe témoin sur la période
d’étude. Ortega et Scartascini (2020), par une expérience de terrain auprès de 20
000 contribuables colombiens, analysent l’impact des méthodes de communication
de l’Agence nationale des impôts sur le paiement des dettes fiscales par les contri-
buables. Ils montrent que la méthode de communication par courrier électronique
a eu un impact plus important sur la probabilité que les contribuables paient leurs
dettes fiscales, comparativement à la méthode d’envoi de lettres (méthode tradition-
nelle). Chimilila et Leyaro (2022) analysent l’impact du gouvernement numérique sur
l’effort de mobilisation des recettes fiscales dans un panel de 42 pays d’Afrique sub-
saharienne entre 1991 et 2018. L’étude conclut, à travers des approches des moments
généralisés et de correction des erreurs, que le gouvernement numérique améliore si-
gnificativement l’effort de mobilisation des taxes sur les revenus ainsi que sur les
biens et services. Kochanova et al. (2020), pour leur part, utilisent la méthode des
différences en différences sur un panel de 198 pays pour étudier l’effet de l’admi-
nistration numérique sur la performance des politiques publiques. Ils montrent que
les systèmes de déclaration et de paiement numérique des recettes améliorent les
recettes fiscales et les marchés publics en ligne.
La littérature révèle également que le gouvernement numérique a favorisé la réduc-
tion de la corruption. En effet, Elbahnasawy (2014) analyse l’effet du gouvernement
numérique sur la corruption dans un échantillon de 160 pays sur la période 1995 à
2009. À travers une approche de panel à effets aléatoires, complétée par l’approche
des moments généralisés, il conclut que le gouvernement numérique est un puis-
sant outil de réduction de la corruption, mesurée par l’indice de perception de la
corruption. De même, sur la base d’une approche de panel à effets fixes dans 214
pays sur la période 2003-2016, Park et Kim (2020) montrent que l’administration
numérique a favorisé la réduction de la corruption dans les pays étudiés. Le même
résultat est obtenu par Shim et Eom (2008) dans le contexte d’un échantillon de 127
pays. Cho et Choi (2004) montrent, dans leur analyse, que le programme « Online
Procedures Enhancement for Civil Application (OPEN) », une forme d’administra-
tion numérique mise en place en 1999, qui permet au gouvernement de traiter les
demandes de permis, d’enregistrement, d’approvisionnement, de contrats et d’ap-
probation soumises en ligne par les citoyens, a favorisé la réduction de la perception
de la corruption par les citoyens séouliens.
Par rapport à l’impact sur le développement, Castro et Lopes (2022) utilisent les
données d’un échantillon de 103 pays sur la période 2003 à 2018 pour analyser
la relation entre le gouvernement numérique et le développement durable. À tra-
vers une approche logit, ils montrent que le gouvernement numérique augmente la
probabilité d’atteindre le développement durable, mesuré par l’épargne nette ajus-
tée, principalement dans les économies en développement et en transition. Pour un
5
échantillon de 105 pays de 2004 à 2008, Krishnan et al. (2013) analysent la rela-
tion entre l’administration numérique et la prospérité économique et montrent que
l’administration numérique favorise la prospérité économique des pays, mesurée par
le PIB par habitant, par le biais des effets médiateurs de la corruption. Dans le
même sens, Srivastava et Teo (2010), sur la base des données transversales de 113
pays, analysent l’impact du gouvernement numérique et de la participation numé-
rique sur la compétitivité des entreprises nationales et trouvent une forte relation
positive et significative entre ces trois concepts. En utilisant la maturité de l’admi-
nistration numérique, mesurée comme la somme du gouvernement numérique et de
la participation numérique, ils parviennent aux mêmes résultats.
Au regard des études antérieures, l’impact du gouvernement numérique sur la per-
formance fiscale reste peu exploré, et l’on sait encore peu de choses sur son rôle dans
la relation entre le secteur informel et les recettes fiscales dans les pays en dévelop-
pement. Cela fait de cette étude une contribution à la littérature sur ce sujet.
3 Méthodologie
X
Yi,t = αi + βYi,t−1 + γEgouvi,t−1 + δ k Xi,t−1
k
+ εi,t (1)
k
k
Où Yi,t est la variable dépendante, Yi,t−1 la variable dépendante retardée, Xi,t−1
représente les variables de contrôle, et εi,t le terme d’erreur ; i et t sont respectivement
les indices du pays et de la période, et αi l’effet fixe pays."
La méthode GMM est largement utilisée dans la littérature pour corriger les biais
liés aux effets fixes, à l’endogénéité et aux erreurs de mesure dans les données de
panel dynamique (Gnimassoun et Anyanwu, 2019 ; Chimilila et Leyaro, 2022 ; Apeti
et Edoh, 2023). Elle permet d’introduire les recettes fiscales retardées parmi les
variables explicatives, afin de tenir compte de l’inertie souvent observée dans les
variables économiques, notamment les recettes fiscales (Apeti et Edoh, 2023). Par
ailleurs, la méthode GMM compense l’absence d’instruments externes valides tout
en corrigeant le biais de Nickell (1981), qui survient lors de l’estimation d’un panel
dynamique à effets fixes (Apeti et Edoh, 2023).
6
Deux variantes populaires de la méthode des moments généralisés sont le GMM en
différence (Diff-GMM) et le GMM en système (Sys-GMM). Le Diff-GMM, développé
par Arellano et Bond (1991), transforme les régresseurs, généralement par différen-
ciation, et utilise le GMM pour corriger le biais résultant de la corrélation entre les
effets non observés propres à chaque pays et la variable dépendante retardée. Le Sys-
GMM, proposé par Arellano et Bover (1995) et Blundell et Bond (1998), améliore
cette approche en supposant que les premières différences des variables instrumen-
tales ne sont pas corrélées avec les effets fixes, ce qui permet d’introduire davantage
d’instruments et d’améliorer l’efficacité des estimations. Dans notre étude, nous pri-
vilégions l’estimateur Sys-GMM en raison de sa plus grande robustesse par rapport
au Diff-GMM. Il permet d’inclure des effets temporels spécifiques afin de capturer
les variations communes de la variable dépendante et de réduire les biais liés à la
dépendance des erreurs (Gnimassoun et Anyanwu, 2019).
1
EGOUV = (OSInormalisé + TIInormalisé + HCInormalisé ) (2)
3
Avec OSI représentant l’indice des services en ligne, TII l’indice de développement
des infrastructures de télécommunication, et HCI l’indice du capital humain.
Notre variable dépendante, les recettes publiques hors ressources et les cotisations
sociales en pourcentage du PIB, est issue de la base de données Global Revenue Da-
tabase (GRD) de UNU-WIDER (2023). Le principal avantage du GRD par rapport
à d’autres sources de données sur les recettes publiques, telles que la World Revenue
Longitudinal Database (WoRLD) ou les données de l’Organisation de Coopération
et de Développement Économiques (OCDE), réside dans sa capacité à distinguer
7
les recettes provenant du secteur des ressources de celles du secteur hors ressources.
Cette distinction repose sur des données désagrégées issues des rapports de l’Article
IV du Fonds Monétaire International (Prichard, 2016).
Dans le cadre de notre étude, la sélection des variables de contrôle s’appuie sur la
littérature existante sur les déterminants de la mobilisation des recettes fiscales. À
ce titre, nous retenons notamment :
— L’ouverture commerciale : définie comme la somme des exportations et des
importations en pourcentage du PIB, est généralement perçue comme un
moteur de la croissance économique. En stimulant la demande de biens et
services, elle favorise l’expansion de la production nationale, ce qui peut élar-
gir l’assiette fiscale via l’augmentation des recettes issues des impôts directs
et indirects (Gnangnon et Brun, 2017 ; Gnangnon et Brun, 2019). Toutefois,
les politiques de libéralisation des échanges promues par l’Organisation Mon-
diale du Commerce (OMC) peuvent atténuer ces gains en réduisant certaines
sources de revenus fiscaux, entraînant ainsi des pertes budgétaires (Khattry
et Rao, 2002 ; Agbeyegbe et al., 2006 ; Cagé et Gadenne, 2018). En l’absence
de mécanismes compensatoires efficaces, ces pertes peuvent accentuer les dé-
ficits publics (Khattry, 2003 ; Gnangnon, 2018). Dès lors, la relation entre
l’ouverture commerciale et la performance fiscale demeure ambivalente, pou-
vant être soit positive, en raison d’un élargissement de l’assiette fiscale, soit
négative, en raison d’une érosion des recettes douanières.
— Les termes de l’échange : définis comme le ratio entre les prix des exportations
et des importations d’un pays, jouent un rôle déterminant dans la mobilisa-
tion des recettes fiscales. Une amélioration des termes de l’échange se traduit
par une augmentation des revenus d’exportation, ce qui stimule la croissance
économique et élargit l’assiette fiscale. En effet, des termes de l’échange fa-
vorables encouragent l’investissement productif et stabilisent l’économie, fa-
vorisant ainsi une expansion de l’activité économique susceptible d’accroître
les recettes fiscales (Bleaney et Greenaway, 2001). Toutefois, la volatilité des
termes de l’échange, particulièrement dans les économies fortement dépen-
dantes des matières premières, peut engendrer une instabilité des recettes
publiques, soulignant ainsi l’importance des mécanismes d’ajustement bud-
gétaire pour atténuer les effets de fluctuations adverses.
— L’urbanisation mesurée par la proportion de la population vivant dans les
zones urbaines, constitue un facteur clé dans l’élargissement de l’assiette fis-
cale. Les zones urbaines concentrent généralement une activité économique
plus intense, une meilleure infrastructure administrative et une capacité ac-
crue de collecte des impôts, ce qui favorise une augmentation des recettes
fiscales. En effet, la densité économique des villes permet une imposition plus
efficace des revenus, de la consommation et de la propriété (Song et Zenou,
2006). Toutefois, dans de nombreux pays en développement caractérisés par
une forte informalité, une grande partie des activités économiques échappe à
l’imposition. Le secteur informel, bien que représentant une part importante
de l’emploi et du PIB, contribue faiblement aux recettes fiscales en raison
d’une faible déclaration des revenus et d’une assiette fiscale réduite (Malo-
ney, 2004 ; La Porta et Shleifer, 2014). Ainsi, l’impact positif de l’urbanisation
sur la performance fiscale peut être atténué par l’ampleur du secteur informel.
8
— L’investissement national : mesuré par la formation brute de capital fixe en
pourcentage du PIB, est attendu comme un déterminant clé de l’augmenta-
tion des recettes fiscales. En effet, qu’ils soient publics ou privés, les inves-
tissements stimulent l’accumulation du capital, renforcent la productivité et
favorisent la croissance économique. Cette dynamique économique contribue
à l’élargissement de l’assiette fiscale en augmentant les revenus des entreprises
et des ménages, ainsi que la consommation, générant ainsi des recettes fiscales
supplémentaires (Hall et Jorgenson, 1967 ; Heller, 1975 ; Aghion et al., 2016)
— Le développement financier : mesuré par le crédit intérieur accordé au secteur
privé en pourcentage du PIB, permet d’évaluer l’impact des marchés finan-
ciers sur l’économie et, par extension, sur la mobilisation des recettes fiscales
(Lompo, 2024). Un secteur financier développé favorise l’accès aux crédits et
aux services financiers formels, réduisant ainsi la dépendance à l’économie
informelle et améliorant l’intégration des agents économiques dans le circuit
fiscal (Beck et al., 2007). En facilitant l’investissement et la croissance des
entreprises, l’essor du secteur financier contribue à l’expansion de l’assiette
fiscale. Une meilleure inclusion financière permet en effet aux entreprises d’ac-
céder aux financements nécessaires à leur développement, augmentant ainsi
leur productivité et leurs bénéfices, ce qui génère des recettes fiscales supplé-
mentaires via l’imposition des revenus et de la consommation (Levine, 2005).
— L’inflation : mesurée par la variation des prix à la consommation, influence
significativement l’activité économique et, par conséquent, la mobilisation
des recettes fiscales. Un niveau d’inflation élevé tend à décourager l’investis-
sement, à réduire la consommation et, par ricochet, à affecter négativement
les revenus des entreprises, entraînant ainsi une baisse des recettes fiscales.
Toutefois, une inflation maîtrisée peut favoriser la mobilisation fiscale en ré-
duisant la valeur réelle de la dette publique et en stimulant la demande globale
(Lucotte, 2012).
— La qualité institutionnelle : La qualité institutionnelle est mesurée par un
indice de bonne gouvernance, construit à l’aide de l’analyse en composantes
principales appliquée aux six dimensions de la gouvernance : contrôle de la
corruption, efficacité du gouvernement, stabilité politique et absence de vio-
lence, qualité de la réglementation, primauté du droit et voix et responsabi-
lité. Une gouvernance de qualité joue un rôle déterminant dans l’attractivité
des investissements, la réduction de la corruption ainsi que de l’évasion et
de la fraude fiscales, contribuant ainsi à améliorer la conformité fiscale et à
renforcer la mobilisation des recettes publiques (Krishnan et al., 2013).
Les définitions complètes de chaque variable utilisée dans notre étude et leurs sources
sont présentées dans le tableau A-4 en annexe.
La figure 1 illustre la relation entre l’indice de l’administration numérique et les
recettes publiques dans les pays en développement. L’analyse du graphique met en
évidence une corrélation positive entre l’administration numérique et les recettes
fiscales, bien que des disparités subsistent entre les pays. Afin de confirmer cette re-
lation et d’en approfondir l’interprétation, des analyses empiriques supplémentaires
seront menées pour en tirer des conclusions plus robustes.
Les tableaux A-5, A-6, A-7 et A-8 en annexe présentent respectivement les statis-
9
tiques descriptives et les matrices de corrélation des variables utilisées dans l’étude
pour chaque échantillon de pays considéré.
4 Résultats et interprétations
10
numérique renforce la performance économique et la compétitivité des entreprises
(Prybutok et al., 2008), simplifie la réglementation fiscale et accroît la probabilité
de détecter les fraudes fiscales, améliorant ainsi l’efficacité de la collecte des impôts
(Elbahnasawy, 2021). Il joue également un rôle déterminant dans la réduction de
l’évasion fiscale, de la corruption et de l’inefficacité des programmes gouvernemen-
taux (Andersen, 2009 ; Muralidharan et al., 2016 ; Banerjee et al., 2020 ; Uyar et al.,
2021). En tirant parti de ces bénéfices, les pays en développement peuvent renforcer
durablement leur performance fiscale.
En ce qui concerne les variables de contrôle, l’ouverture commerciale, le taux d’urba-
nisation, les termes de l’échange, l’investissement national et la qualité institution-
nelle contribuent significativement à l’amélioration de la performance fiscale dans
les pays en développement. En revanche, l’inflation exerce un effet négatif sur les
recettes publiques.
L’ouverture commerciale stimule les échanges internationaux, générant ainsi des
revenus supplémentaires issus des droits de douane et des taxes à l’importation
(Besley et Persson, 2014). Elle favorise également la formalisation des entreprises,
celles-ci devant se conformer aux réglementations et aux normes pour accéder aux
marchés internationaux, ce qui facilite leur intégration dans la base fiscale et améliore
les recettes publiques (Subramanian et Wei, 2007). En outre, l’accès à de meilleurs
intrants et technologies à moindre coût renforce l’efficacité des entreprises locales,
augmentant ainsi leur rentabilité et, par conséquent, les recettes fiscales (Gnangnon
et Brun, 2019). Ces mécanismes expliquent l’effet positif de l’ouverture commerciale
sur la mobilisation fiscale dans les pays en développement.
La qualité institutionnelle s’avère également déterminante pour l’amélioration des
recettes fiscales, en renforçant la capacité des institutions à concevoir et appliquer des
politiques fiscales efficaces (Acemoglu et Robinson, 2010). Une gouvernance stable
et exempte de corruption réduit l’incertitude économique, attire les investisseurs et
favorise la formalisation des activités économiques, élargissant ainsi l’assiette fiscale
(Besley et Persson, 2014). De plus, la stabilité politique permet aux gouvernements
de renforcer les capacités administratives des systèmes fiscaux et de mettre en œuvre
des réformes à long terme, telles que l’amélioration des procédures de collecte et la
lutte contre l’évasion fiscale (Bah, 2024 ; Nikiema et Zore, 2024). Ces effets sont
particulièrement cruciaux dans les pays en développement, où l’instabilité politique
et la corruption sont souvent associées à une faible mobilisation des recettes fiscales.
Par ailleurs, les termes de l’échange influencent positivement et significativement
les recettes publiques. Dans les pays en développement, fortement dépendants des
exportations de matières premières, une amélioration des termes de l’échange ac-
croît les revenus des exportateurs nationaux, favorisant ainsi une augmentation des
bénéfices des entreprises et, par ricochet, un élargissement de la base fiscale (Amiti
et Konings, 2007 ; Bas et Strauss-Kahn, 2015). Conformément aux attentes, le taux
d’urbanisation et l’investissement national ont également un effet positif significatif
sur les recettes fiscales dans les pays en développement.
Enfin, des taux d’inflation élevés nuisent à la productivité économique en augmen-
tant l’incertitude et en réduisant les incitations à investir (Barro et al., 1996 ; Bruno
et Easterly, 1998). Par ailleurs, l’inflation tend à encourager l’évasion fiscale et à
11
compliquer l’administration fiscale, car elle incite les contribuables à se tourner vers
des activités informelles, réduisant ainsi l’assiette fiscale (Aizenman et Jinjarak,
2009). Ces effets sont exacerbés dans les pays en développement, où les capacités
administratives fiscales sont souvent limitées, rendant difficile l’adaptation aux fluc-
tuations macroéconomiques. Ces mécanismes expliquent l’effet négatif de l’inflation
sur les recettes fiscales, tel qu’observé dans nos résultats.
12
Table 1 – Estimation de l’effet du gouvernement numérique sur les recettes pu-
bliques par la méthode GMM
13
Les estimations GMM présentées dans le tableau 1 capturent une relation de
court terme entre les différentes variables explicatives et les recettes publiques. Le
tableau 2, quant à lui, rapporte les coefficients de long terme pour les variables
explicatives ayant démontré une significativité statistique dans chaque échantillon
de pays. Les résultats du tableau 2 indiquent que, bien que les variables explicatives
influencent significativement les recettes fiscales à court terme, leurs effets demeurent
également significatifs à long terme. En particulier, une augmentation d’une unité de
l’indice du gouvernement numérique est associée à une hausse des recettes publiques
de 0.10 % pour l’ensemble des pays en développement et de 0.103 % pour les pays
d’Afrique subsaharienne, toutes choses égales par ailleurs. Ces résultats suggèrent
que l’impact du gouvernement numérique sur les recettes publiques est plus marqué
à long terme qu’à court terme. Par ailleurs, s’agissant des variables de contrôle, à
l’exception de l’inflation dont l’effet à long terme s’atténue, les autres variables ont
un effet positif et plus prononcé à long terme qu’à court terme, en ligne avec nos
attentes théoriques.
Table 2 – Estimation des coefficients de long termes des variables sur les recettes
publiques
14
4.1 Administration numérique, secteur informel et la mobili-
sation des recettes fiscales
15
La littérature a documenté plusieurs politiques visant à aider les gouvernants à
faire face à l’ampleur de l’informalité dans les pays en développement. Il s’agit
notamment du développement financier, du renforcement de la démocratie et de
l’amélioration de la qualité des institutions (voir Feld et Schneider, 2010 ; Blackburn
et al., 2012 ; Goel et Nelson, 2016 ; Cooray et al., 2017). Cependant, l’analyse du rôle
de l’administration numérique dans la réduction de la taille de l’économie informelle
dans les pays en développement reste encore peu explorée, alors que Nations Unies
(2018) soulignent que le gouvernement numérique constitue un levier potentiel pour
assurer la transparence, la responsabilité et une plus grande inclusion. Par ailleurs,
l’Organisation Internationale du Travail a introduit la notion de « e-formalisation »
pour désigner les politiques et initiatives mises en place par les gouvernements afin
de s’appuyer sur les TIC pour faciliter la transition de l’informalité vers le secteur
formel. Toutefois, l’impact de ces politiques sur la performance fiscale actuelle des
pays demeure peu documenté.
Dans cette section, nous analysons la relation entre le secteur informel et la mobilisa-
tion des recettes fiscales d’une part, et l’impact de l’interaction entre l’administration
numérique et le secteur informel sur cette mobilisation d’autre part. L’objectif est de
déterminer si le développement de l’administration numérique atténue l’effet négatif
attendu du secteur informel sur la mobilisation des recettes fiscales.
Pour atteindre cet objectif, nous exploitons les données élaborées par Elgin et al.
(2021) sur le secteur informel, estimées à l’aide de la méthode MIMIC (Multiple
Indicator, Multiple Causes). Cette approche considère l’économie informelle comme
une variable non observée, influencée par de multiples facteurs et exerçant un impact
sur les variables macroéconomiques. Ainsi, l’équation à estimer est la suivante :
X
Yi,t = αi + βYi,t−1 + γEgouvi,t−1 + θEgouvi,t−1 × SecteurInformi,t−1 + δ k Xi,t−1
k
+ εt
k
(3)
La figure 2 illustre la corrélation entre le secteur informel, son interaction avec l’admi-
nistration numérique et les recettes fiscales. Les graphiques révèlent une corrélation
négative entre le secteur informel et les recettes fiscales. Toutefois, lorsque l’ad-
ministration numérique interagit avec le secteur informel, cette corrélation devient
positive. Ces résultats suggèrent que le gouvernement numérique pourrait atténuer
l’effet négatif du secteur informel sur la mobilisation des recettes publiques.
Le tableau 3 présente les résultats de l’impact du secteur informel ainsi que l’effet
modérateur du gouvernement numérique sur les recettes publiques. L’analyse des
résultats révèle une relation négative entre le secteur informel et les recettes fiscales,
aussi bien dans l’ensemble des pays en développement que dans ceux d’Afrique
subsaharienne. Toutefois, bien que cet impact négatif ne soit pas statistiquement
significatif, les coefficients d’interaction entre le gouvernement numérique et le sec-
teur informel sont positifs et statistiquement significatifs, mettant en évidence le
rôle modérateur du gouvernement numérique. Un niveau avancé de gouvernement
numérique incite les entreprises à adopter les technologies de l’information et de la
communication dans leurs activités afin d’optimiser leurs profits. Cette transition
facilite la détection de la production informelle par les autorités, réduisant ainsi la
16
Figure 2 – Corrélation entre le secteur informel, son interaction avec la gouvernance
numérique et les recettes fiscales
17
Table 3 – Estimation de l’effet du secteur informel et son interaction avec le gou-
vernement numérique sur les recettes publiques par la méthode GMM
18
5 Contrôle de robustesse
Dans une première spécification, afin d’atténuer l’influence des chocs globaux liés
au temps et de tester la robustesse de nos résultats, nous introduisons des variables
muettes de période. En particulier, la crise financière mondiale de 2008, qui a proba-
blement affecté la performance fiscale des pays sans être entièrement capturée par les
autres variables de contrôle, est représentée par une variable muette (Crise financière
2008). Cette période de ralentissement économique global a pu exercer une pression
significative sur les recettes fiscales. De même, nous intégrons une variable muette
(Pandémie 2020) pour tenir compte de la crise sanitaire du COVID-19, laquelle a
entraîné un recul généralisé des activités économiques et, par conséquent, un impact
potentiel sur la mobilisation des recettes fiscales dans les pays en développement.
Comme l’illustre le tableau 4, les principaux résultats restent robustes à l’inclusion
de ces variables muettes. Les estimations confirment que la crise financière de 2008 et
la pandémie de COVID-19, en freinant l’activité économique, ont significativement
réduit la performance fiscale dans les pays en développement. Toutefois, l’effet du
gouvernement numérique demeure positif et significatif, soulignant son rôle essentiel
dans l’amélioration de la mobilisation des recettes fiscales. Par ailleurs, les résultats
mettent en évidence des effets significatifs des variables de contrôle, notamment
l’ouverture commerciale, les termes de l’échange, la qualité institutionnelle et le
taux d’urbanisation.
Deuxièmement, afin d’examiner l’influence des différentes dimensions du gouverne-
ment numérique sur la mobilisation des recettes fiscales, nous régressons les dif-
férentes composantes du gouvernement numérique sur la performance fiscale : (i)
la taille et la qualité des services en ligne (Services numériques), (ii) l’étendue de
l’infrastructure de télécommunication (Télécommunications), et (iii) la capacité du
capital humain (Capital humain). Les résultats empiriques des estimations Système-
GMM en deux étapes, présentés dans le tableau 5, indiquent que, dans l’ensemble
des pays en développement, l’indice des services numériques et celui du capital hu-
main ont un effet positif et significatif sur la mobilisation des recettes publiques.
En revanche, en Afrique subsaharienne, seul l’indice du capital humain apparaît
comme un déterminant significatif des recettes fiscales, contrairement aux autres
composantes du gouvernement numérique. Ces résultats suggèrent que, pour opti-
miser la mobilisation des recettes fiscales, les pays en développement doivent adopter
une approche intégrée du gouvernement numérique, en renforçant simultanément les
services numériques, les infrastructures de télécommunication et le capital humain.
19
Table 4 – Résultats des estimations Système-GMM en contrôlant les grandes crises
20
Table 5 – Résultats des régressions Système-GMM de l’effet des composantes du
gouvernement numérique sur les recettes publiques
21
négatif du secteur informel sur la mobilisation des recettes fiscales dans les pays en
développement.
22
En complément des différentes mesures alternatives de la variable dépendante utili-
sées dans les spécifications précédentes, cette nouvelle méthode d’estimation intègre
également d’autres indicateurs, tels que les impôts sur le revenu des personnes phy-
siques et les impôts sur les biens et services.
Les résultats des estimations par la méthode des variables instrumentales (Tableau 7
pour l’ensemble des pays en développement et Tableau 8 pour l’échantillon des pays
d’Afrique subsaharienne) confirment l’effet positif et significatif du gouvernement
numérique sur la mobilisation des recettes fiscales, indépendamment de la mesure
retenue. Ces conclusions corroborent celles obtenues par l’estimateur Syst-GMM,
renforçant ainsi l’hypothèse du rôle déterminant du gouvernement numérique dans
l’amélioration des recettes fiscales dans les pays en développement.
Le gouvernement numérique apparaît donc comme un levier puissant pour améliorer
la mobilisation des recettes fiscales dans les économies à faible revenu (Elbahnasawy,
2021)
23
Table 7 – Estimation de l’impact du gouvernement numérique sur les mesures alternatives des recettes publiques par la méthode IV
(Echantillon de l’ensemble des pays en développement)
IV en panel
VARIABLES Recettes publiques Impôt total Impôts directs Impôts indirects Impôts sur RPP Impôts sur les B&S
Gouvernement numérique 0.269*** 0.166*** 0.097*** 0.077** 0.049*** 0.131***
(0.071) (0.041) (0.021) (0.031) (0.015) (0.027)
Ouverture commerciale 0.042*** 0.006 0.004 0.007 0.006** 0.001
(0.012) (0.007) (0.003) (0.006) (0.002) (0.005)
Développement financier -0.023 0.024** 0.008 0.019** -0.005 0.003
(0.018) (0.010) (0.005) (0.008) (0.004) (0.007)
Inflation -0.005 -0.003 -0.004 0.003 -0.005 -0.016
(0.031) (0.018) (0.009) (0.014) (0.006) (0.012)
Taux d’urbanisation -0.409*** -0.124* -0.016 -0.106** -0.015 -0.130***
24
IV en panel
VARIABLES Recettes publiques Impôt total Impôts directs Impôts indirects Impôts sur RPP Impôts sur les B&S
Gouvernement numérique 0.342*** 0.186*** 0.098*** 0.110 0.059*** 0.108***
(0.093) (0.068) (0.024) (0.072) (0.021) (0.041)
Ouverture commerciale 0.014 -0.004 0.003 -0.007 0.003 -0.015**
(0.016) (0.011) (0.004) (0.013) (0.003) (0.006)
Développement financier -0.031 0.105*** 0.059*** 0.032 0.018** 0.089***
(0.050) (0.035) (0.013) (0.036) (0.009) (0.020)
Inflation -0.010 -0.013 -0.019* 0.027 -0.011 0.002
(0.039) (0.027) (0.010) (0.028) (0.008) (0.015)
Taux d’urbanisation -0.494*** -0.051 -0.053 -0.066 0.022 -0.099
25
26
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33
Annexes
34
Table A-2 – Estimation de l’effet du secteur informel et son interaction avec le
gouvernement numérique sur les impôts indirects par la méthode GMM
35
Table A-3 – Estimation de l’effet du secteur informel et son interaction avec le
gouvernement numérique sur les impôts directs par la méthode GMM
36
Table A-4 – Définitions des variables et leurs sources
37
Table A-5 – Statistiques descriptive pour l’ensemble des pays en développement
38
Table A-7 – Matrice de corrélation pour l’ensemble des pays en développement
Variables (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12) (13) (14) (15) (16) (17)
Recettes publiques 1.000
(2) Impôt total 0.681* 1.000
(0.000)
(3) Impôts directs 0.693* 0.812* 1.000
(0.000) (0.000)
(4) Impôts indirects 0.565* 0.809* 0.318* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000)
(5) Gouvernement numérique 0.551* 0.597* 0.694* 0.278* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
(6) Services numériques 0.397* 0.437* 0.583* 0.132* 0.901* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
(7) Télécommunication 0.516* 0.542* 0.668* 0.225* 0.915* 0.773* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
(8) Capital humain 0.528* 0.570* 0.515* 0.395* 0.732* 0.478* 0.513* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
(9) Développement financier 0.403* 0.497* 0.524* 0.283* 0.584* 0.492* 0.556* 0.473* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
39
(10) Inflation -0.169* -0.221* -0.234* -0.168* -0.197* -0.162* -0.206* -0.134* -0.256* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
(11) Ouverture commerciale 0.284* 0.272* 0.185* 0.205* 0.232* 0.096* 0.271* 0.246* 0.125* -0.081* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.001)
(12) Taux d’urbanisation 0.497* 0.384* 0.508* 0.159* 0.646* 0.544* 0.581* 0.540* 0.384* -0.116* 0.216* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
(13) Investissement national 0.148* -0.053* -0.056* -0.007 -0.011 -0.010 -0.032 0.021 0.023 0.036 0.132* -0.014 1.000
(0.000) (0.041) (0.036) (0.784) (0.652) (0.692) (0.206) (0.411) (0.370) (0.142) (0.000) (0.558)
(14) Terme de l’échange 0.108* -0.053* 0.004 -0.038 0.039 0.053* 0.043 -0.005 0.000 0.043 0.027 0.054* 0.084* 1.000
(0.000) (0.036) (0.881) (0.137) (0.117) (0.032) (0.081) (0.843) (0.990) (0.074) (0.268) (0.019) (0.001)
(15) Secteur informel -0.489* -0.465* -0.585* -0.204* -0.584* -0.502* -0.583* -0.427* -0.497* 0.209* -0.172* -0.426* -0.151* 0.017 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.487)
(16) Qualité institutionnelle 0.548* 0.639* 0.724* 0.291* 0.739* 0.584* 0.704* 0.617* 0.586* -0.333* 0.310* 0.489* 0.004 -0.064* -0.660* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.879) (0.009) (0.000)
(17) Interaction 0.146* 0.191* 0.036 0.221* 0.410* 0.407* 0.297* 0.374* 0.095* -0.047 0.077* 0.294* -0.106* 0.082* 0.445* 0.051 1.000
(0.000) (0.000) (0.215) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.001) (0.082) (0.005) (0.000) (0.000) (0.002) (0.000) (0.050)
Table A-8 – Matrice de corrélation pour les pays d’ASS
Variables (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12) (13) (14) (15) (16) (17)
Recettes publiques 1.000
(2) Impôt total 0.681* 1.000
(0.000)
(3) Impôts directs 0.693* 0.812* 1.000
(0.000) (0.000)
(4) Impôts indirects 0.565* 0.809* 0.318* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000)
(5) Gouvernement numérique 0.551* 0.597* 0.694* 0.278* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
(6) Services numériques 0.397* 0.437* 0.583* 0.132* 0.901* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
(7) Télécommunication 0.516* 0.542* 0.668* 0.225* 0.915* 0.773* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
(8) Capital humain 0.528* 0.570* 0.515* 0.395* 0.732* 0.478* 0.513* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
(9) Développement financier 0.403* 0.497* 0.524* 0.283* 0.584* 0.492* 0.556* 0.473* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
40
(10) Inflation -0.169* -0.221* -0.234* -0.168* -0.197* -0.162* -0.206* -0.134* -0.256* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
(11) Ouverture commerciale 0.284* 0.272* 0.185* 0.205* 0.232* 0.096* 0.271* 0.246* 0.125* -0.081* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.001)
(12) Taux d’urbanisation 0.497* 0.384* 0.508* 0.159* 0.646* 0.544* 0.581* 0.540* 0.384* -0.116* 0.216* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000)
(13) Investissement national 0.148* -0.053* -0.056* -0.007 -0.011 -0.010 -0.032 0.021 0.023 0.036 0.132* -0.014 1.000
(0.000) (0.041) (0.036) (0.784) (0.652) (0.692) (0.206) (0.411) (0.370) (0.142) (0.000) (0.558)
(14) Terme de l’échange 0.108* -0.053* 0.004 -0.038 0.039 0.053* 0.043 -0.005 0.000 0.043 0.027 0.054* 0.084* 1.000
(0.000) (0.036) (0.881) (0.137) (0.117) (0.032) (0.081) (0.843) (0.990) (0.074) (0.268) (0.019) (0.001)
(15) Secteur informel -0.489* -0.465* -0.585* -0.204* -0.584* -0.502* -0.583* -0.427* -0.497* 0.209* -0.172* -0.426* -0.151* 0.017 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.487)
(16) Qualité institutionnelle 0.548* 0.639* 0.724* 0.291* 0.739* 0.584* 0.704* 0.617* 0.586* -0.333* 0.310* 0.489* 0.004 -0.064* -0.660* 1.000
(0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.879) (0.009) (0.000)
(17) Interaction 0.146* 0.191* 0.036 0.221* 0.410* 0.407* 0.297* 0.374* 0.095* -0.047 0.077* 0.294* -0.106* 0.082* 0.445* 0.051 1.000
(0.000) (0.000) (0.215) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.000) (0.001) (0.082) (0.005) (0.000) (0.000) (0.002) (0.000) (0.050)