Stress parental et stratégies de
coping face au Trouble du
Spectre Autistique (TSA) à
Madagascar
1. Problématique
Le diagnostic et la prise en charge de l’autisme représentent un défi
majeur dans les pays à ressources limitées comme Madagascar. Les
parents se retrouvent souvent seuls face aux difficultés éducatives,
sociales et financières liées à l’accompagnement de leur enfant.
Comment ce stress se manifeste-t-il ? Quelles stratégies
d’adaptation (coping) utilisent-ils dans le contexte malgache (ex.
recours à la famille, à la religion, aux réseaux associatifs) ?
2. Objectifs
Principal : Évaluer le niveau de stress parental chez les parents
d’enfants TSA à Madagascar.
Spécifiques :
o Identifier les sources principales de stress (diagnostic,
stigmatisation sociale, charge financière, difficultés scolaires,
etc.).
o Explorer les stratégies de coping utilisées (religion, recherche
d’aide professionnelle, isolement, acceptation, etc.).
o Comparer les différences selon certains critères (sexe du
parent, milieu urbain vs rural, ressources économiques,
soutien social).
3. Méthodologie
Type d’étude : descriptive et comparative, à méthode mixte
(quantitative + qualitative).
Population : 30 à 50 parents d’enfants TSA (associations, écoles
inclusives, centres spécialisés comme Autisme Madagascar, ONG
locales).
Outils :
o Parental Stress Index – Short Form (PSI-SF) ou
équivalent → adapté/traduit en malgache/français simple.
o COPE Inventory (ou Brief-COPE) pour identifier les
stratégies de coping.
o Entretiens semi-directifs pour capter les dimensions
culturelles spécifiques (religion, croyances locales, solidarité
communautaire).
Analyse :
o Statistique descriptive (niveaux de stress, fréquences des
stratégies de coping).
o Comparaison (ex. mères vs pères, Tana vs Tulear).
o Analyse thématique pour les entretiens.
4. Intérêt scientifique et social
Scientifique : Peu d’études existent sur le vécu des parents
d’enfants TSA dans le contexte malgache. Le travail peut contribuer
à une meilleure compréhension culturelle du stress parental.
Pratique : Aider à concevoir des programmes de soutien
psychologique adaptés (groupes de parole, sensibilisation,
accompagnement parental).
Social : Mettre en évidence le besoin d’une politique d’inclusion et
de services de répit pour les familles.
5. Faisabilité en un an
Recrutement des participants : via associations, écoles, ONG
(accessible à Madagascar).
Outils : questionnaires existants + possibilité d’adaptation simple.
Temps :
o 2 mois préparation (adaptation outils, contacts),
o 3 mois recueil données,
o 3 mois analyse,
o 2 mois rédaction et soutenance.
Budget : faible (impression questionnaires, déplacements).
6. Résultats attendus
Stress parental élevé, surtout chez les mères.
Stratégies de coping dominées par :
o Religion/prière (spécificité culturelle à Madagascar).
o Soutien familial élargi (fratrie, grands-parents).
o Mais aussi parfois isolement ou détresse psychologique
faute de structures de prise en charge.
Option A (le plus classique)
Question
Les stratégies de coping des parents d’enfants TSA prédisent-elles
leur niveau de stress parental ?
VD : Stress parental (score total PSI-SF).
VI principales (coping) : sous-échelles Brief-COPE regroupées en
:
o Coping d’approche/adaptatif (Planification, Re-cadrement
positif, Acceptation, Recherche de soutien
émotionnel/informationnel, Mise en action).
o Coping d’évitement/maladaptatif (Auto-distraction, Déni,
Décharge, Évitement comportemental, Usage de substances).
Covariables (contrôles) : Soutien social perçu (MSPSS), sévérité
perçue des symptômes TSA (échelle parentale courte ou CARS2
si dispo), stigmatisation perçue (échelle brève), statut socio-
économique, urbain/rural, sexe du parent, âge de l’enfant.
Hypothèses
H1 : Plus le coping d’approche est élevé, plus le stress parental
est faible.
H2 : Plus le coping d’évitement est élevé, plus le stress
parental est élevé.
H3 (modération) : Le soutien social atténue la relation coping
d’évitement → stress.
H4 (médiation exploratoire) : L’impact de la sévérité TSA sur
le stress est médié par l’augmentation du coping d’évitement.
Opérationnalisation (outils)
PSI-SF (36 items) → score total (VD).
Brief-COPE (28 items) → calcul des sous-scores puis indices
Approche et Évitement.
MSPSS (12 items) → soutien social.
Sévérité TSA : CARS2 (si accès) ou échelle parentale simple
(fréquence de comportements clés).
Stigmatisation : 6–8 items adaptés du Perceived Stigma Scale
(version courte).
Modèle (régression hiérarchique)
1. Bloc 1 (contrôles) : sexe parent, SES, urbain/rural, âge enfant,
sévérité, stigmatisation, soutien.
2. Bloc 2 (VI coping) : Approche, Évitement.
3. Bloc 3 (interactions) : Évitement × Soutien (modération).
Équation (simplifiée)
Stress = β₀ + β₁(Approche) + β₂(Évitement) + β₃(Soutien) + β₄(Sévérité)
+ … + βₖ(Évitement×Soutien) + ε
Option B (plus original, inversé)
Question
Quels facteurs contextuels prédisent l’adoption de coping adaptatif
chez les parents d’enfants TSA ?
VD : Indice de coping adaptatif (Brief-COPE Approche).
VI : Soutien social, stigmatisation, sévérité TSA, littératie en
santé/psychoéducation, religiosité (fréquence pratique), accès
aux services.
Contrôles : SES, urbain/rural, sexe du parent, âge de l’enfant.
Hypothèses
H1 : Plus le soutien social est élevé, plus le coping adaptatif est
élevé.
H2 : Plus la stigmatisation est élevée, plus le coping
d’évitement est élevé (et donc l’adaptatif plus faible).
H3 : Psychoéducation (avoir reçu une information/formation) →
coping adaptatif ↑ indépendamment de la sévérité.
Échantillon & puissance
N cible : 100–150 parents (assocs/écoles/ONG à Tana, Tuléar,
Mahajanga…).
→ Suffisant pour une régression multiple avec ~8–10 prédicteurs
(effet petit-moyen).
Procédure (faisable en 1 an)
1. Traduction/adaptation FR/MG de Brief-COPE, PSI-SF, MSPSS
(procédure traduction-retour).
2. Pilote (n≈10) pour vérifier compréhension/culture.
3. Recueil (3 mois) : questionnaires + 10–15 entretiens pour enrichir
(qualitatif).
4. Analyse :
o Fidélité (α de Cronbach), stats descriptives, corrélations.
o Régression hiérarchique (Option A) / Régression multiple
(Option B).
o Modération (Soutien × Évitement) et médiation
(PROCESS/bootstrapping).
o Vérifs d’hypothèses (linéarité, normalité des résidus, VIF pour
colinéarité).
5. Éthique : consentement éclairé, anonymat, possibilité de retrait,
orientation soutien si détresse.
Variables — tableau récap
Rôle Variable Instrument Type/codage
Stress parental (Option
VD PSI-SF total Continu (0–100+)
A)
Brief-COPE Continu, z-scores
VI Coping d’Approche
(sous-scores) possibles
Brief-COPE
VI Coping d’Évitement Continu
(sous-scores)
Modérate
Soutien social MSPSS Continu
ur
CARS2 ou score
Contrôle Sévérité TSA Continu
parent
Contrôle Stigmatisation Échelle courte Continu
SES, urbain/rural, sexe
Contrôle Auto-rapport Cat./Continu
parent, âge enfant
(Option B : inverser VD = Approche ; VI = Soutien, Stigma, etc.)
Résultats attendus (Option A)
β(Approche) négatif et significatif → plus d’approche = moins de
stress.
β(Évitement) positif → plus d’évitement = plus de stress.
Interaction Évitement × Soutien : le soutien amortit l’effet
délétère de l’évitement.
Médiation (exploratoire) : Sévérité → (↑ Évitement) → Stress.
Valorisation internationale
Utilisation d’outils standardisés (PSI-SF, Brief-COPE, MSPSS) =
comparabilité.
Discussion interculturelle (littérature Afrique/Asie/Occident).
Annexes : versions adaptées MG/FR, procédure de traduction =
valeur ajoutée.
Mini-timeline (12 mois)
1–2 : adaptation outils + comité d’experts locaux
3 : pilote & ajustements
4–6 : collecte
7–8 : saisie + analyses
9–10 : rédaction résultats/discussion
11 : révisions
12 : soutenance
Prêt à l’emploi : section “Méthodo” (copier-coller)
Design : transversal, corrélationnel, méthode mixte.
Participants : 120 parents d’enfants TSA recrutés via associations/écoles
inclusives.
Mesures : PSI-SF (VD), Brief-COPE (Approche/Évitement), MSPSS, Sévérité
parentale, Stigmatisation brève, données sociodémographiques.
Analyses : régression hiérarchique du stress (VD) sur coping
Approche/Évitement (VI), avec contrôles ; modération par le soutien social
; médiation de l’évitement dans l’effet Sévérité→Stress (bootstrapping 5
000).
Seuil : α = .05 ; rapport des tailles d’effet (β, ΔR², IC95%).
1) Stress parental (DV) ← Soutien social
perçu (IV)
Hypothèse : plus le soutien social est élevé, plus le stress
parental est faible.
Mesures :
o DV = PSI-SF (Parental Stress Index–Short Form).
o IV = MSPSS (Multidimensional Scale of Perceived Social
Support).
o Contrôles : âge de l’enfant, sévérité TSA (CARS-2 courte ou un
proxy clinique), statut socio-éco.
Échantillon : 60–100 parents via associations/écoles inclusives.
Analyse : corrélations + régression linéaire (DV = PSI-SF).
2) Qualité de vie familiale (DV) ← Accès aux
services/prises en charge (IV)
Hypothèse : accès régulier à des services spécialisés
(éducatifs/orthophonie/psychoéducatif) → meilleure qualité de vie
familiale.
Mesures :
o DV = FQOL (Family Quality of Life Scale) ou WHOQOL-BREF
(version française).
o IV = score d’accès aux services (index construit : nombre de
services, fréquence mensuelle, distance, coût).
Échantillon : 80 familles réparties urbain/rural.
Analyse : ANOVA (accès faible/moyen/élevé) + régression.
3) Inclusion scolaire (DV) ← Formation des
enseignants (IV)
Hypothèse : les enseignants ayant reçu une formation TSA
déclarent et observent une meilleure inclusion en classe.
Mesures :
o DV = score d’inclusion (échelle d’observation en classe +
Teacher Efficacy for Inclusive Practices/TEIP adaptée).
o IV = formation (binaire : oui/non) + heures de formation.
Échantillon : 30–40 classes ordinaires accueillant (ou non) des
enfants TSA.
Analyse : t-test (formés vs non formés) + régression (heures de
formation → score d’inclusion).
4) Symptômes anxieux de la fratrie (DV) ←
Charge familiale perçue (IV)
Hypothèse : plus la charge familiale est élevée, plus les
symptômes anxieux chez frères/sœurs sont élevés.
Mesures :
o DV = RCADS (anxiété/dépression) ou SCARED (anxiété) pour
8–18 ans.
o IV = Zarit abrégée ou Carer Strain Index adapté aux
parents.
o Contrôles : âge de la fratrie, sexe, ordre de naissance.
Échantillon : 60 frères/sœurs.
Analyse : corrélations + régression (cluster par famille si
possible).
5) Compétences adaptatives (DV) ←
Implication parentale dans les routines (IV)
Hypothèse : une implication parentale quotidienne plus élevée
est associée à de meilleures habiletés adaptatives de l’enfant.
Mesures :
o DV = Vineland-3 (domaines Communication, Socialisation,
Autonomie).
o IV = Parent Involvement in Daily Routines (échelle
simple/score hebdo construit : minutes/jour, types d’activités).
o Contrôles : âge, niveau de sévérité TSA.
Échantillon : 40–60 dyades parent–enfant.
Analyse : régression multiple (DV Vineland total/sous-domaines).
6) Stigmatisation intériorisée des parents
(DV) ← Croyances culturelles explicatives
(IV)
(+ médiation/modération en bonus)
Hypothèses :
o IV→DV : plus les croyances traditionnelles/explicatives
non biomédicales sont fortes, plus la stigmatisation
intériorisée est élevée.
o Médiation possible par le soutien social (plus de soutien ↓
stigmatisation).
o Modération possible par la religiosité (effet IV→DV plus
faible quand religiosité = soutien/ressource).
Mesures :
o DV = Parent Internalized Stigma Scale (adaptée).
o IV = échelle ad hoc de croyances (malédiction, esprit,
sorcellerie, etc.) validée par experts locaux.
o Médiateur = MSPSS ; Modérateur = Centrality of Religiosity
Scale (courte).
Échantillon : 120 parents pour tester médiation/modération.
Analyses
Fidélité (α), CFA exploratoire si possible sur l’échelle “croyances”.
Corrélations puis régressions.
Médiation (PROCESS modèle 4) : Croyances → MSPSS → Stigma
(bootstrap 5 000).
Modération (PROCESS modèle 1) : Croyances × Religiosité →
Stigma (simple slopes).
Modèle combiné (si N suffisant) : médiation modérée (modèle
58/59).
Limites & retombées
Sujet sensible (biais de déclaration).
Mesures auto-rapportées.
Retombées : kits de psychoéducation culturellement situés,
mobilisation de leaders religieux/communautaires comme relais
anti-stigma.