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1464-1 1
(2000-2003)
Résumé
Cette Recommandation devrait servir aux analyses de brouillage entre systèmes fonctionnant dans
le service de radiorepérage et systèmes fonctionnant dans d'autres services. Elle ne doit pas être
utilisée pour les analyses de brouillage radar-radar.
g) que des procédures et méthodologies sont nécessaires pour analyser la compatibilité des
radars météorologiques et de radionavigation avec les systèmes d'autres services;
h) que les radars au sol utilisés dans cette bande pour les besoins de la météorologie sont
autorisés à fonctionner sur une base d'égalité avec les stations du service de radionavigation
aéronautique (numéro 5.423 du RR);
j) que les radars fonctionnant dans cette bande servent à la surveillance des aérodromes,
activité de sécurité essentielle grâce aux informations qu'elle fournit aux aéronefs pendant les
phases d'approche et d'atterrissage et qui permettent d'éviter les collisions. Les autorités de
régulation aéronautique garantissent et assurent la sécurité aéronautique et imposent des normes
obligatoires garantissant une qualité de fonctionnement et une dégradation du service minimales,
reconnaissant
1 que les critères de protection dépendent des types des signaux brouilleurs tels que ceux
décrits dans les Annexes 2 et 3;
2 que l'application de critères de protection doit être examinée, en vue de tenir compte de la
nature statistique des critères et d'autres éléments de la méthode permettant d'effectuer les études de
compatibilité (balayage d'antenne et affaiblissement de propagation par exemple). La mise au point
de ces considérations statistiques pourrait être intégrée dans des versions révisées futures de la
présente Recommandation et d'autres Recommandations connexes, selon qu'il conviendra,
recommande
2 que la Recommandation UIT-R M.1461 soit utilisée comme directive pour l'analyse de la
compatibilité des radars météorologiques et des radars de radionavigation aéronautique avec les
systèmes d'autres services;
4 que le niveau déclencheur de protection applicable aux radars météorologiques soit fondé
sur l'Annexe 3, en particulier le § 7, pour l'évaluation de la compatibilité avec des types de signaux
brouilleurs émis par d'autres services représentatifs de ceux figurant dans l'Annexe 3. Ces critères
de protection représentent le niveau de protection contre les brouillages cumulatifs dûs à la présence
de plusieurs brouilleurs.
NOTE 1 – La présente Recommandation sera révisée dès que plus d'informations seront disponibles.
Rec. UIT-R M.1464-1 3
Annexe 1
Caractéristiques des radars météorologiques et
de radionavigation aéronautique
1 Introduction
La bande de fréquences 2 700-2 900 MHz est attribuée au service de radionavigation aéronautique à
titre primaire et au service de radiolocalisation à titre secondaire. Les radars au sol utilisés pour les
besoins de la météorologie sont autorisés à fonctionner dans cette bande sur une base d'égalité avec
les stations du service de radionavigation aéronautique (numéro 5.423 du RR).
Les radars de radionavigation aéronautique sont utilisés pour le contrôle du trafic aérien (ATC) sur les
aéroports et assurent un service de sécurité (numéro 4.10 du RR). Il semble que la bande en question
soit celle qui est la plus utilisée pour le trafic aérien civil dans le monde entier par les radars de
surveillance d'aéroport/d'approche. Les radars météorologiques sont utilisés pour la détection
d'éléments météorologiques dangereux comme les tornades, les ouragans ou les orages violents. Ils
permettent également de prendre des mesures quantitatives des précipitations d'une zone particulière,
qui sont très importantes pour la prévision d'éventuelles inondations. Elles sont en effet utilisées pour
avertir la population et assurent donc un service de sauvegarde de la vie humaine.
2 Caractéristiques techniques
La bande de fréquences 2 700-2 900 MHz est utilisée par plusieurs types différents de radars sur
plates-formes mobiles et fixes au sol. Les fonctions des systèmes radar exploités dans cette bande
comprennent l'ATC et l'observation météorologique. On peut supposer que les fréquences
d'exploitation de ces radars se répartissent uniformément dans la bande 2 700-2 900 MHz. La
plupart des systèmes utilisent plusieurs fréquences pour tirer parti de la diversité de fréquence. Bien
souvent on utilise deux fréquences, on ne connaît pas de cas d'utilisation de quatre fréquences. Le
Tableau 1 présente les caractéristiques techniques de radars météorologiques et de radionavigation
aéronautique types fonctionnant dans la bande 2 700-2 900 MHz. Ces informations suffisent pour
effectuer des calculs généraux visant à évaluer la compatibilité de ces radars avec d'autres systèmes.
2.1 Emetteurs
Les radars fonctionnant dans la bande 2 700-2 900 MHz utilisent des impulsions à ondes entretenues
et à modulation de fréquence (pulsée). Des dispositifs de sortie à champs croisés, à semi-conducteur
et à faisceau linéaire sont utilisés aux étages de sortie des émetteurs. Les nouveaux systèmes radar
ont tendance à employer des dispositifs de sortie à faisceau linéaire et à semi-conducteur en raison
des exigences du traitement du signal Doppler. Par ailleurs, les radars utilisant des dispositifs de
sortie à semi-conducteur ont une puissance de sortie émetteur de crête plus faible et un coefficient
d'utilisation d'impulsion plus élevé, atteignant 10%. Les systèmes radar de radionavigation ont
également tendance à employer la diversité de fréquence.
Les largeurs de bande types des émissions RF des radars fonctionnant dans la bande
2 700-2 900 MHz sont comprises entre 66 kHz et 6 MHz. Les puissances de sortie de crête des
émetteurs sont comprises entre 22 kW (73,4 dBm), pour les émetteurs à semi-conducteur, 70 kW
(78,5 dBm) pour les systèmes à tubes à ondes progressives (TOP) et 1,4 MW (91,5 dBm) pour les
radars de grande puissance utilisant des klystrons et des magnétrons.
Pour les systèmes à forte puissance de crête, il y a en principe un émetteur par fréquence car ces
systèmes sont équipés d'étages de sortie à bande étroite. Les systèmes à puissance de crête moins
élevée utilisant des TOP ou des semi-conducteurs, sont équipés d'un seul émetteur pouvant
fonctionner sur plusieurs fréquences. Ils disposent ainsi d'étages de sortie à large bande susceptibles
d'être utilisés pour des applications multifréquence.
4 Rec. UIT-R M.1464-1
TABLEAU 1
TABLEAU 1 (fin)
TABLEAU 2
Caractéristiques des radars météorologiques
fonctionnant dans la bande 2 700-2 900 MHz
TABLEAU 2 (fin)
TABLEAU 3
TABLEAU 3 (fin)
2.2 Récepteurs
Les systèmes radar de nouvelle génération utilisent un système de traitement numérique du signal
après détection pour le traitement des données de télémétrie, d'azimut et Doppler. Les systèmes de
traitement du signal utilisent généralement des techniques permettant d'améliorer la détection des
cibles utiles et d'afficher les symboles des cibles sur l'écran. Les techniques de traitement du signal
utilisées pour la surbrillance et l'identification des cibles utiles permettent également de supprimer
le brouillage par des signaux à faible cycle d'utilisation (moins de 5%), c'est-à-dire non
synchronisés avec le signal désiré.
Les systèmes de traitement du signal des radars ATC de nouvelle génération utilisent également des
impulsions modulées en fréquence permettant un gain de traitement du signal utile et
éventuellement la suppression de signaux inutiles.
Certains émetteurs à semi-conducteur de faible puissance les plus récents utilisent un système de
traitement du signal à coefficient d'utilisation élevé et à plusieurs canaux pour améliorer les retours
des signaux utiles. Certains récepteurs de radar peuvent identifier des canaux RF qui ont des
signaux faibles inutiles et obliger l'émetteur à émettre sur ces canaux RF.
En général, les systèmes à forte puissance de crête utilisent un récepteur par fréquence et disposent
ainsi d'étages d'entrée radiofréquence à bande étroite. Les systèmes de puissance plus faible ont des
étages d'entrée radiofréquence à large bande pouvant recevoir toutes les fréquences sans
synthonisation, ces étages d'entrée sont suivis par des récepteurs superhétérodynes cohérents. Les
systèmes qui utilisent la compression d'impulsion disposent d'une largeur de bande FI adaptée à
l'impulsion élargie et qui agit comme des filtres adaptés afin que la dégradation du rapport S/N soit
minimale.
Les radars météorologiques, conçus pour repérer les particules dans l'atmosphère et les
hydrométéores de taille submillimétrique utilisent un traitement de données élaboré pour extraire les
signaux du bruit reçu. Les tests effectués sur un type de radar utilisé dans le monde entier ont
montré que ce gain de traitement était de l'ordre de 6 à 9 dB. En outre, les radars météorologiques
ne font pas que détecter la présence d'une impulsion d'écho. Le processeur permet de calculer les
caractéristiques de l'impulsion d'écho et aussi de déterminer certains paramètres tels la vitesse du
vent, le cisaillement du vent, la turbulence et le type de précipitation. La présence d'un processeur,
compte tenu du fait que les radars météorologiques ne font pas que détecter l'impulsion d'écho avec
des rapports S/N négatifs, les rend très vulnérables au brouillage. On trouvera de plus amples
informations dans l'Annexe 3 de la présente Recommandation.
2.3 Antennes
Seules les antennes de type réflecteur parabolique sont utilisées sur les radars fonctionnant dans la
bande de fréquences 2 700-2 900 MHz. Les radars d'ATC possèdent une antenne à faisceau en
cosécante carrée, alors que les radars météorologiques possèdent une antenne à faisceau-crayon.
Etant donné que les radars fonctionnant dans la bande 2 700-2 900 MHz assurent des fonctions
d'ATC et d'observation météorologique, les antennes balayent un angle de 360° dans le plan
horizontal. Les polarisations horizontale, verticale et circulaire sont utilisées. Les radars de nouvelle
génération utilisant des antennes de type réflecteur possèdent plusieurs cornets. On utilise des
cornets doubles à l'émission et à la réception afin d'améliorer la détection en fouillis de surface. Les
radars tridimensionnels emploient également des antennes à réflecteur, à faisceaux empilés et à
plusieurs cornets. Les antennes à plusieurs cornets réduisent le niveau de brouillage. Les hauteurs
d'antenne type des radars météorologiques et de radionavigation aéronautique sont respectivement
de 8 m et de 30 m au-dessus du niveau du sol.
Rec. UIT-R M.1464-1 11
3 Critères de protection
L'effet de désensibilisation qui affecte les radars de radionavigation aéronautique et les radars
météorologiques dû à une modulation à ondes entretenues, à une modulation MDP-2 ou MDP-4, ou
bien à une modulation assimilable à du bruit, est probablement lié à l'intensité de cette modulation.
Dans le secteur azimutal où ce type de brouillage se produit, il suffit d'ajouter la densité spectrale de
puissance de ce brouillage à la densité spectrale de puissance du bruit thermique du récepteur du
radar pour obtenir un résultat relativement fiable. Si la densité spectrale de puissance du bruit du
récepteur du radar en l'absence de brouillage est désignée par N0 et celle du brouillage de type bruit
est désignée par I0, on obtient simplement la densité spectrale de puissance du bruit effectif qui en
résulte par la somme I0 + N0.
Le facteur de regroupement peut être très important dans le cas de certains systèmes de
communication, pour lesquels un grand nombre de stations peuvent être utilisées. Une analyse par
agrégation doit prendre en considération les contributions cumulatives dans toutes les directions,
reçues dans le lobe principal de l'antenne radar ou dans ses lobes latéraux afin d'obtenir le
rapport I/N global.
L'effet du brouillage par impulsions est plus difficile à quantifier; il dépend fortement du type de
processeur utilisé par les récepteurs et du mode de fonctionnement de ces derniers. En particulier,
les gains résultant du traitement différentiel du retour de cible, qui est pulsé de façon synchrone, et
des impulsions de brouillage, qui sont généralement asynchrones, ont souvent des effets importants
sur les niveaux donnés de brouillage par impulsions. Cette désensibilisation peut être à l'origine de
différents types de dégradation de la performance. L'évaluation de la désensibilisation constituera
un objectif en ce qui concerne les analyses d'interaction entre certains types de radar. On s'attend, en
général, à ce que les nombreuses fonctions des radars de radiorepérage contribuent à supprimer le
brouillage par impulsions à faible coefficient d'utilisation, en particulier lorsqu'il provient de
quelques sources isolées. Les techniques de suppression du brouillage par impulsions à faible
coefficient d'utilisation figurent dans la Recommandation UIT-R M.1372 – Utilisation efficace du
spectre radioélectrique par les stations radar du service de radiorepérage.
4 Caractéristiques d'exploitation
Le Tableau 2 décrit les caractéristiques techniques de radars météorologiques types, à savoir les
radars G et H, qui fonctionnent principalement dans la bande 2 700-2 900 MHz. Le radar G peut
toutefois fonctionner jusqu'à 3 000 MHz. Ces systèmes radar météorologiques primaires sont
utilisés pour l'établissement des plans de vol. Situés sur les aéroports du monde entier, ils indiquent
aux avions les conditions météorologiques exactes et fonctionnent donc 24 h sur 24.
Le radar G est utilisé dans un réseau intégré qui couvre la totalité du territoire des Etats-Unis
d'Amérique, Guam, Porto Rico, le Japon, la Corée du Sud, la Chine et le Portugal. La
bande 2 700-2 900 MHz offre d'excellentes caractéristiques atmosphériques et de propagation
concernant les possibilités de prévision météorologiques et d'alerte. Les améliorations techniques
qu'il est prévu d'apporter à ces radars devraient contribuer à étendre leur durée de vie jusqu'à 2040.
L'OMM signale que plus de 320 radars météorologiques fonctionnent dans cette bande dans au
moins 52 pays.
Annexe 2
1 Introduction
Cette Annexe décrit les résultats de tests effectués par deux administrations sur des radars de
radionavigation aéronautique et conclut qu'un critère de protection I/N de −10 dB permet d'assurer
la protection intégrale de ces types de radars dans la bande 2 700-2 900 MHz. Les résultats obtenus
par une administration s'appuient sur des mesures faites sur un radar de radionavigation
aéronautique à impulsions Doppler qui présente des caractéristiques techniques analogues à celles
du radar B du Tableau 1 de l'Annexe 1. Les tests réalisés par une autre administration s'appuient sur
des mesures effectuées sur des radars dont les caractéristiques sont analogues à celles des radars D
et E du Tableau 1 de l'Annexe 1.
compatibilité des radars de radionavigation avec le service mobile ou des systèmes de production en
extérieur/reportage électronique dans la bande 2 700-2 900 MHz. Ce radar utilise des techniques de
limitation des brouillages/méthodes de traitement figurant dans la Recommandation UIT-R M.1372,
qui leur permettent de fonctionner en présence d'autres radars de radionavigation, de radars de
radiolocalisation et de radars météorologiques. Comme le montre le Rapport UIT-R M.2032, les
techniques de ce type sont très efficaces pour réduire ou éliminer les brouillages pulsés entre radars.
Ces tests ont permis d'étudier l'efficacité des circuits/logiciels de suppression ou de réduction des
brouillages causés par les systèmes de communication numériques.
2.3.1 Antenne
Le radar B utilise des cornets pour les faisceaux hauts et bas dans le réseau d'alimentation de
l'antenne. Les impulsions réfléchies sont reçues par les cornets de faisceaux hauts et bas dans le
réseau d'antenne et sont commutées, atténuées et amplifiées par des composants micro-ondes et
envoyées vers leur récepteur respectif. Le cornet à faisceaux élevés reçoit les échos des cibles à
haute altitude proches de l'antenne, tandis que le cornet de faisceaux bas reçoit les échos des cibles
à faible altitude et à des distances plus grandes. Le trajet du faisceau élevé réduit l'intensité du
14 Rec. UIT-R M.1464-1
fouillis pour les faibles distances afin d'améliorer la visibilité en dessous du fouillis. On a
choisi pour ces tests le récepteur de faisceaux élevés car il est probable que les brouillages à la
réception du radar seront dus aux émetteurs locaux situés au sol le long de ce trajet. Le faisceau bas
est utilisé pour l'observation des cibles à des distances dépassant environ 15-20 milles marins
(environ 28-37 km). Les faisceaux ne sont pas utilisés simultanément; le récepteur du radar bascule
des uns aux autres. Les diagrammes de couverture des faisceaux hauts et bas pour une surface
apparente de cible de 1 m2 avec une probabilité de détection égale à 0,80 sont montrés à la Fig. 1.
FIGURE 1
Diagramme de couverture des faisceaux hauts et bas
Faisceau supérieur
45° 30° 20° 15° 10°
50
45
40
35
5°
Altitude (1 000 pieds)
30
4°
25
20 3°
15
2°
10
1°
5
0,5°
0°
0
0 10 20 30 40 50 60
200
Distance oblique (milles marins) 1464-01
du récepteur, qui est d'environ 680 kHz à l'entrée des détecteurs de phase. La réponse du récepteur
au signal à ondes entretenues vobulées est représentée à la Fig. 2. La dynamique du récepteur radar
a été mesurée en faisant varier le niveau de puissance d'un signal à ondes entretenues de fréquences
fixes et en observant la sortie du circuit FI au même point de mesure. La Fig. 3 montre la
caractéristique de gain du récepteur radar. Le point de compression apparaît lorsque le signal
d'entrée a un niveau de puissance d'environ −43 dBm.
FIGURE 2
Courbe de sélectivité FI du radar B
Radar de radionavigation
0
–10
Niveau de sortie FI (dBm)
–20
–30
–40
–50
–60
–70
–80
–90
25 27 29 31 33 35 37
Fréquence (MHz) 1464-02
FIGURE 3
Courbe de gain entrée/sortie du radar B
Radar de radionavigation
0
Niveau de sortie FI (dBm)
–10
–20
–30
–40
–50
–60
–70
–80
–125 –105 –85 –65 –45 –25
Puissance d'entrée du stimuli FI (dBm)
1464-03
Les sorties I et Q des circuits FI sont échantillonnées et numérisées par des convertisseurs A/N tous
les 0,77 µs (égal à 0,75% de la largeur d'impulsion d'émission), couvrant une cellule de distance
de 1/16ème de mille marin (environ 116 m) avec une fréquence d'horloge de 2,6 MHz. Les résultats
sont alors entrelacés. Le convertisseur A/N délivre en sortie des mots numériques de 12 bits qui
représentent des échantillons des signaux I et Q au filtre et au processeur d'amplitude.
Dans chaque cellule de distance de 1/16ème de mille marin, des intervalles de traitement cohérent,
composés d'échos alternés de 10 et 8 intervalles de répétition d'impulsions successives, sont formés.
Dans le cas de 10 impulsions, les lots associés à chaque incrément de distance de 1/16ème de mille
marin successif sont appliqués séquentiellement au même banc de 10 filtres Doppler. La mémoire
vive stocke les représentations numériques des échos sur plusieurs trains de répétition d'impulsions et
les filtres Doppler les traitent ensemble de sorte que des modifications d'impulsion à impulsion de
l'amplitude d'écho des cibles (représentant des fréquences Doppler apparentes) peuvent être calculées.
Pour l'intervalle de traitement cohérent de 10 impulsions, cinq des filtres sont utilisés pour détecter les
cibles qui se déplacent vers l'antenne du radar et les cinq autres pour détecter les cibles qui s'en
éloignent. Un processus analogue est utilisé pour les intervalles de huit impulsions à ceci près que huit
filtres sont utilisés. La présence de filtres Doppler permet d'améliorer le rapport S/N du récepteur car
les filtres Doppler ajoutent ou intègrent une série d'échos de cible à leur fréquence. De ce fait, les
signaux d'écho s'accumulent progressivement à la sortie du filtre, tandis que le bruit à fréquence
aléatoire s'accumule aux sorties du filtre à une vitesse beaucoup plus lente.
Le radar utilise une technique CFAR à moyennage par fenêtre glissante de 27 cellules (ou
moyennage de distance) pour calculer le seuil de niveau moyen (MLT, mean level threshold). Le
traitement CFAR fait varier automatiquement un seuil de détection pour conserver les déclarations
de fausse cible, fondées sur le signal d'écho plus les sorties bruit des filtres Doppler à débit constant.
Chaque filtre Doppler calcule la somme de l'énergie contenue dans le flux d'écho reçu au fur et à
mesure que l'antenne balaie une cible. L'énergie est combinée avec l'énergie de bruit qui s'accumule
dans le filtre durant le même intervalle de temps. Si le signal intégré plus le bruit à la sortie d'un
filtre dépassent le seuil MLT, le détecteur conclut qu'une cible est présente.
Les seuils pour les cellules à résolution de vélocité non nulle sont déterminés en calculant la somme
des sorties détectées du signal dans le même filtre de vélocité dans une fenêtre de 27 cellules
centrée autour de la cellule considérée. Ainsi, chaque signal de sortie du filtre est moyenné pour
déterminer le niveau moyen d'un fouillis de vélocité non nulle. Les seuils des filtres sont déterminés
en multipliant les niveaux moyens par une constante appropriée pour obtenir la probabilité
souhaitée de fausse alarme.
Le bruit aléatoire dépassera parfois le seuil MLT et le détecteur indiquera faussement la présence
d'une cible. La probabilité de fausse alarme sera d'autant plus faible que le seuil de détection par
rapport au niveau moyen de l'énergie de bruit sera grand et inversement. Si le seuil de détection est
trop élevé, il se peut que des cibles valables ne soient pas détectées. Les sorties des filtres Doppler
sont analysées de manière continue pour maintenir un réglage de seuil optimal. Le dispositif CFAR
fixe les seuils de détection de manière à maintenir le taux de fausse alarme pour chaque filtre
Doppler à une valeur optimale. Une onde de type MDP-4 couvrant la bande du récepteur radar
apparaîtra simultanément dans tous les filtres Doppler comme un bruit et amènera le dispositif
CFAR à augmenter le seuil de détection, faisant en sorte que toutes les cibles aient une probabilité
de détection plus faible en conséquence.
Rec. UIT-R M.1464-1 17
Trois types de signaux ont été injectés dans le radar représentant des émissions non désirées via un
port couplé à 20 dB dans le trajet du guide d'ondes du récepteur (voir la Fig. 4). Les signaux étaient
les suivants: une onde entretenue non modulée, une onde MDP-4 à 2 Mbit/s et une onde MDP-4
à 2 Mbit/s avec un facteur d'utilisation correspondant à un intervalle de temps de 1/8ème. Les trois
signaux étaient syntonisés sur la fréquence de fonctionnement du radar et étaient présents pendant
toute la période de rotation de l'antenne (360°).
FIGURE 4
Montage de test avec générateur de signal MDP-4
Circuit
d'antenne
Port coupleur
à 20 dB pour
Circuit de le faisceau
Circulateur inférieur
l'émetteur
Générateur de Protecteur
Combineur RF
signal arbitraire du récepteur
Atténuateur
Filtre GVT
RF ajustable
passe-bande YIG
par pas
Filtre
Tension de
contrôle
Tête du
récepteur radar
Convertisseur
Circuit FI radar
abaisseur
Démodulateurs
Point de mesure
I et Q
Traitement
Analyseur
numérique
de spectre du signal
Ecran radar
1464-04
18 Rec. UIT-R M.1464-1
Les ondes entretenues ou les ondes MDP-4 pulsées représentent le type de signal utilisé dans les
systèmes de communication numériques.
Un signal MDP-4 a été produit et injecté dans le récepteur du radar de radionavigation en utilisant
le montage de test représenté à la Fig. 4.
Le signal à ondes entretenues a été simulé au moyen d'un générateur de signal RF. Pour le
signal MDP-4 de type accès multiple par répartition en code (AMRC), un générateur de signal
arbitraire a été programmé pour délivrer un signal MDP-4 avec un débit de données de 2 Mbit/s.
Pour le signal MDP-4 de type accès multiple par répartition dans le temps (AMRT), un autre
générateur de signal arbitraire a été utilisé pour pulser le signal MDP-4 avec un facteur d'utilisation
d'intervalle de temps de 1/8ème. L'impulsion durait 577 µs et la période était de 4,6 ms.
Le signal délivré par le générateur de signal arbitraire était appliqué à un mélangeur dont l'autre
entrée était reliée à un générateur de signal RF. Le générateur de signal RF fonctionnait en tant
qu'oscillateur local et sa fréquence était réglée de manière telle que la fréquence de la porteuse de
l'onde MDP-4 soit la même que celle du récepteur radar. Le filtre passe-bande YIG (Yttrium-iron-
garnet) était utilisé pour éliminer tous rayonnements parasites dus au processus de mélange.
L'atténuateur RF par pas placé immédiatement après le filtre YIG était utilisé pour régler le niveau
de puissance des émissions MDP-4.
TABLEAU 4
Réglage des commandes du radar
Paramètre Réglage
GVT Désactivé
Réjection des brouillages (RB) Activé
Commande automatique de gain Activé
Image sélectionnée Vidéo avec traitement
Portée 60 milles marins (111 km environ)
Pd de base de cible 0,90 (assurée par logiciel)
Rec. UIT-R M.1464-1 19
Bien que la commande automatique de gain ait été activée, les signaux brouilleurs n'étaient pas
suffisamment intenses pour perturber son fonctionnement.
Les spécifications de qualité de fonctionnement fournies par le fabricant concernant le radar B sont
les suivantes: la probabilité de détection de cible Pd est de 80%, pour une surface apparente de cible
de 1 m2 à 55 milles marins avec une probabilité de fausse alarme, Pfa de 1 × 10–6. La Pd de base
de cible souhaitée 0,90 qui a été choisie pour les essais correspond au niveau de qualité de
fonctionnement auquel parviendront dans un proche avenir les radars fonctionnant dans la
bande 2 700-2 900 MHz lorsqu'un gain additionnel de traitement leur permettra de détecter des
cibles dont le niveau d'écho est égal ou inférieur au bruit de fond du récepteur radar.
La sortie de puissance RF du générateur de cibles était réglée de sorte que la Pd de cibles était aussi
proche que possible (étant donné que les niveaux des cibles ne pouvaient être réglés que par
incrément de 1 dB) d'une Pd de base de 90% en l'absence de brouillage (pour des cibles vidéo
corrélées). Les cibles étaient comptées pendant 20 scrutations pour fixer la Pd de base. En raison du
traitement CFAR, il fallait au radar huit à dix scrutations avant d'atteindre un état stable après que la
puissance des cibles a été ajustée.
Après que le radar a été réglé dans sa condition initiale, un brouillage par onde entretenue et par
signal MDP-4 était injecté dans le récepteur radar. La puissance de ces signaux était réglée à
différents niveaux tandis que le niveau de puissance des cibles était maintenu à une valeur
constante. Les niveaux de puissance des signaux à onde entretenue et MDP-4 étaient réglés à des
valeurs qui produisaient des niveaux de rapport I/N de −12, −10, −9, −6, −3, 0, +3 et +6 dB dans
les circuits FI du récepteur radar. Pour tenir compte du traitement CFAR du radar, les cibles
n'étaient pas comptées avant que dix scrutations se soient produites après activation des brouillages.
Après 20 scrutations en présence de brouillages et comptage des cibles, les brouillages étaient
désactivés et dix autres scrutations étaient exécutées avant de tester le niveau I/N suivant. Le fait
d'attendre dix scrutations garantissait que les mesures effectuées n'étaient pas affectées par les
précédentes mesures.
A mesure que l'on faisait varier les niveaux de puissance des signaux à ondes entretenues
et MDP-4, on regardait sur l'écran radar s'il y avait eu une augmentation du nombre de fausses
cibles, de traînées radiales (traces), et une augmentation du «scintillement» du fond.
Les courbes montrant la Pd des cibles en fonction du rapport I/N ont été tracées pour des émissions
non désirées à onde entretenue, MDP-4-AMRC et MDP-4-AMRT. Les résultats sont représentés à
la Fig. 5.
Pour les essais de base (pas de brouillage injecté dans le radar), le radar présentait une valeur
moyenne de 8,8 cibles observées par rotation, sur les dix cibles simulées par rotation. On a observé
vingt rotations par test. La Pd réelle de base de détection d'une cible était alors de 175/200,
soit 88%. Bien que l'on ait spécifié 9 cibles sur 10 par rotation ce qui correspond à la Pd de base
souhaitée pour ces essais, la puissance de sortie RF du générateur de cibles ne pouvait varier que
par pas de 1 dB, ce qui rendait extrêmement difficile l'obtention d'une valeur de Pd exactement
égale à 0,90. Avec le réglage de puissance des cibles utilisé pour les essais, un accroissement de
1 dB de cette puissance conduisait à une valeur de Pd supérieure à 0,95 alors qu'une diminution de
1 dB de celle-ci conduisait à une valeur de Pd environ égale à 0,75.
20 Rec. UIT-R M.1464-1
La variance pour un comptage des cibles quelconque de base était de 1,1 cible par rotation. La valeur
1-sigma est égale à la racine carrée de la variance, soit 1,05. L'erreur admissible par rapport à la valeur
Pd de base est égale au nombre moyen de cibles observées moins la valeur 1-sigma, divisé par 10. On
obtient alors (8,8 –1,05)/10, c'est-à-dire ±10%. Sur la Fig. 5 figurent la valeur Pd de base de 88% ainsi
que les limites supérieure et inférieure de l'erreur admissible par rapport à Pd sur la base des valeurs
1-sigma. La limite supérieure correspond à une valeur Pd de 98% et la limite inférieure correspond à
une valeur Pd de 78%. La valeur acceptable du rapport I/N pour le brouillage injecté dans le récepteur
radar correspond à la valeur I/N pour laquelle ce brouillage n'entraîne pas une baisse de la valeur telle
que Pd est inférieure de 78%. Une valeur supérieure de Pd conduirait à une valeur plus petite de
1-sigma, ce qui rendrait le critère de protection I/N plus contraignant.
La Fig. 5 indique les valeurs I/N de seuil pour chaque type de signal brouilleur lorsque la Pd
de détection d'une cible devient inférieure au seuil 1-sigma. Pour les types de signaux
brouilleurs continus à ondes entretenues ou MDP-4-AMRC, cela correspond à des valeurs I/N
supérieures à –10 dB. Pour un signal brouilleur MDP-4-AMRT, Pd n'était pas inférieure à 1-sigma
tant que I/N était supérieure à 0 dB.
FIGURE 5
Courbes de probabilité de détection de cibles
100 1-sigma
80 1-sigma
Pourcentage de cibles radar détectées
70
60
50
40
30
20
10
0
–12 –9 –6 –3 0 3 6
Rapport I/N en sortie FI du radar (dB)
Ondes entretenues
MDP-4-AMRC
1464-05
MDP-4-AMRT
bien que le taux de fausse alarme devrait théoriquement être constant étant donné que le processeur
vidéo utilise un algorithme à CFAR pour ajuster le seuil de détection. Pour ces tests, seuls les
résultats concernant la probabilité de détection Pd sont présents.
Les chiffres ci-après montrent l'effet des brouillages causé par des signaux de radiodiffusion
télévisuelle numérique par voie hertzienne de terre sur la probabilité de détection par un radar de
tous les aéronefs présents dans le volume considéré:
− 40-60 milles marins (74-111 km environ) (60 milles marins est la portée maximale de
détection du radar); et
− au-dessus de l'altitude de vol 250 (25 000 pieds, soit environ 7 620 m au-dessus du niveau
de la mer).
Il convient de mentionner que bien qu'il s'agisse d'un scénario où la dégradation de la qualité de
fonctionnement est naturellement plus forte que celle que l'on constate au voisinage du radar, il
existe d'autres circonstances où les effets peuvent être encore plus graves:
− présence unique de petit aéronef (avion à réaction de l'aviation générale ou avion à réaction
militaire);
− altitude de vol faible (en particulier pour de grandes distances);
− en limite de portée (par exemple 50-60 milles marins ou 92-111 km environ).
L'exemple ci-dessus a été choisi car il permet d'obtenir un nombre suffisant d'échantillons pour une
analyse statistique stable. La valeur de référence – pour laquelle la diminution de la probabilité de
détection est nulle – est la moyenne de Pd de sept mesures sans signal brouilleur. Ces valeurs ont un
écart type de 0,5% qui se compose des erreurs de mesure et des effets des fluctuations de l'ensemble
de données du trafic des aéronefs et qui est indiqué par la partie ombrée des figures suivantes.
FIGURE 6
Niveau de brouillage, I/N, en fonction de la baisse de la Pd d'un aéronef évoluant
au-dessus du niveau de vol 250 et au-delà de 40 milles marins dans le cas
du radar de surveillance aéroportuaire de Salzbourg
Baisse de la Pd signal brouilleur: radiodiffusion télévisuelle numérique par voie hertzienne de Terre
5,00
Dégradation de Pd (%)
0,00
–5,00
–10,00
–20 –18 –16 –14 –12 –10 –8 –6 –4 –2 0
I/N (dB)
1464-06
22 Rec. UIT-R M.1464-1
Pour une valeur du rapport I/N = –6 dB, il y a déjà une dégradation de 2,5% de la probabilité de
détection et, à –10 dB, cette dégradation est de 0,8%, ce qui se trouve encore en dehors de la marge
d'erreur. La courbe d'interpolation montre que la baisse de Pd commence à environ −14 dB et
devient importante au-dessus de –10 dB. La Fig. 7 montre les mêmes données mais en fonction du
rapport ∆S/N à la place du rapport I/N. La sensibilité de la Pd à la dégradation du rapport S/N est
d'environ 3%/dB pour une dégradation comprise entre 1 et 7% de Pd.
Les résultats des mesures effectuées avec l'autre radar sont généralement les mêmes sauf que la
valeur absolue Pd de l'ancien système radar (en particulier lorsqu'on utilise un seul canal de
fréquence) est inférieure à la valeur constatée avec le système moderne doté d'un traitement de
données différent.
FIGURE 7
Dégradation du rapport ∆S/N en fonction de la dégradation de Pd pour un aéronef
évoluant au-dessus du niveau de vol 250 et au-delà de 40 milles marins
Baisse de la Pd signal brouilleur: radiodiffusion télévisuelle numérique par voie hertzienne de Terre
5,00
Dégradation de Pd (%)
0,00
–5,00
–10,00
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3
Dégradation du rapport S/N (dB)
1464-07
4 Conclusions
Les résultats des tests consignés dans la présente Annexe montrent que la capacité des radars B, D,
et E à détecter des cibles est déjà altérée lorsque I/N est égal à –6 dB. Afin de pouvoir protéger
totalement les radars des types B, D, E et autres radars de radionavigation aéronautique qui
fonctionnent dans la bande 2 700-2 900 MHz contre les émissions des systèmes de communication
qui utilisent les schémas de modulation numérique choisis pour les tests, le critère de protection I/N
devrait être de –10 dB. Cette valeur correspond au seuil de brouillage cumulatif en présence de
brouillages multiples. De futures spécifications applicables aux radars fonctionnant dans la
bande 2 700–2 900 MHz aux fins de détection et de poursuite de cibles présentant des surfaces
apparentes plus petites pourraient conduire à des critères de protection plus contraignants.
Rec. UIT-R M.1464-1 23
Annexe 3
Résultas des tests effectués avec un radar météorologique
1 Résumé
Le principal objectif des travaux de la présente Annexe était de déterminer le niveau de brouillage
maximal que les systèmes radars météorologiques pouvaient supporter avant que leur capacité de
prévision soit altérée.
Les modèles mathématiques ont été établis à partir des spécifications techniques des radars pour les
produits clés (réflectivité de base, vélocité radiale moyenne et largeur de spectre) qui indiquent ce
que devraient être les niveaux attendus. Afin de valider physiquement cette analyse, une méthode de
test et d'analyse de données a été définie et utilisée pour collecter et analyser les données.
L'analyse des données confirme la valeur calculée requise pour assurer la protection des mesures de
réflectivité. Les limites actuelles du processus d'étalonnage et de suppression de bruit des radars
effectué par le processeur de données à faible niveau restreignent les mesures des critères de
protection nécessaires pour les mesures de largeur de spectre. Toutefois, la correction des données
apportées pour pallier aux limites de traitement, se traduit par des valeurs qui concordent avec les
valeurs de protection calculées.
1.1 Introduction
Les tests ont été effectués avec un radar météorologique moderne (appelé radar G dans l'Annexe 1,
Tableau 2) pour déterminer les critères de protection contre les brouillages causés par des signaux à
ondes entretenues et autres signaux dans la bande 2 700-2 900 MHz. Pour les tests, on a injecté un
signal à ondes entretenues et des signaux modulés selon six schémas de modulation numérique
différents, sur le récepteur radar pendant que celui-ci explorait l'atmosphère. Les produits
météorologiques de faible niveau ou de base (réflectivité de base, vitesse radiale moyenne, largeur
de spectre) ont été consignés pendant l'exécution d'une série de rotations d'antenne avec une
élévation d'antenne unique. Les signaux brouilleurs étaient injectés avec des rapports I/N allant
de +6 dB à −15 dB.
allant de −12 dB à +6 dB. Avec le système actuel de traitement du signal, les valeurs inférieures ne
sont pas en général utilisées en raison des limites de suppression de bruit, mais le système fournit
des produits utiles jusqu'à un rapport S/N de −3 dB. Le niveau de brouillage qui compromet le bon
fonctionnement du système est lié au niveau minimal du signal du rapport S/N de −3 dB et aux
caractéristiques des produits proprement dites, telles que décrites ci-dessous. Un brouillage excessif
aura un effet négatif sur la qualité des données, dégradera les produits météorologiques et
compromettra la capacité du système à accomplir sa mission qui consiste à fournir les données
nécessaires pour les prévisions météorologiques publiques, les alertes météorologiques et les
mesures des taux de précipitation pour les prévisions des crues subites et la gestion des eaux.
2.2 Réflectivité
La réflectivité est utilisée dans de multiples applications dont la plus importante est l'évaluation du
taux de précipitation. La réflectivité est calculée à partir d'une moyenne linéaire de la puissance des
échos et peut être polluée par les brouillages, ce qui se traduit alors par une augmentation inconnue
de la réflectivité mesurée. La réflectivité est sérieusement faussée si le biais dépasse 1 dB. Un biais
de 1 dB correspond au double de la précision d'étalonnage du radar et est égal à l'écart type de
l'estimée de la réflectivité spécifiée dans les caractéristiques techniques des radars.
S+I
dB biais = 10 log
S
I/S = 0,26
10 log I/S = –6 dB
Par conséquent, la réflectivité est biaisée de 1 dB lorsque le niveau du brouillage est inférieur
de 6 dB au niveau du signal.
Etant donné que le niveau minimal de signal correspond à un rapport S/N de −3 dB et que le niveau
maximal du rapport I/S pour le produit réflectivité est de −6 dB, la valeur maximale du rapport I/N
est:
La vitesse radiale moyenne est calculée à partir de l'argument de la covariance complexe d'un seul
décalage. L'argument de la covariance complexe donne une estimée du déplacement angulaire du
vecteur signal Doppler entre deux impulsions radar. Ce déplacement divisé par l'intervalle de temps
entre les impulsions donne la vitesse angulaire du vecteur Doppler.
En tant que bruit à large bande, le vecteur signal brouilleur a une probabilité uniforme sur le plan
complexe et ainsi n'introduit pas de rotation systématique du vecteur Doppler et de biais dans
l'estimée. Toutefois, le caractère «aléatoire» des signaux composites plus le vecteur brouillage dû au
brouillage accroît la variance de l'estimée du signal Doppler.
Rec. UIT-R M.1464-1 25
La variance de la fréquence Doppler, en conservant tous les termes à l'exception de ceux qui sont
inversement proportionnels au carré du nombre d'échantillons, peut être calculée au moyen de la
formule suivante:
2
N N
3/ 2
S
+ 2 [
1 − β( 2T ) ]
2 π WT S
var( fˆ ) = +
8π M β 2 (T )T 2
2 2
8π M β (T )T 2 2
dans laquelle:
fˆ : estimée de la fréquence (Hz)
W: écart type de la fréquence (Hz)
= 80 Hz pour 4 m/s pour le repère N/T à fc = 2 995 MHz
T: intervalle d'échantillonnage (s)
= 10–3 s pour le repère N/T
M: nombre d'échantillons dans l'estimée
N: puissance de bruit
S: puissance du signal
β: corrélation du signal pour le décalage T
= puissance (−2π2 W2 T 2) pour le spectre gaussien pris pour hypothèse.
W = 80 Hz
T = 10−3 s
2π3/2WT = 0,89
1 – β (2T) = 0,4
S = 0,5 N
26 Rec. UIT-R M.1464-1
Par substitution et en recherchant une solution pour I/N, on obtient l'expression quadratique
suivante:
In ( R 2 /S 2 ) = –0,25 In R 2 / ( S + I )2 ) = –0,39
R/S = 0,88 R/ ( S + I ) = 0,82
R = 0,88 S
R = 0,88 ( N/ 2)
Remplacement : R = 0,88 ( N/ 2), S = N/ 2 :
0,88 ( N/ 2) / ( N/ 2) + I = 0,82
0,82 (( N/ 2) + I ) = 0,88 ( N/ 2)
I/N = 0,0366
10 log ( I/N ) = –14,4 dB
Rec. UIT-R M.1464-1 27
Caractéristiques du radar
Fréquence 2 995 MHz
Puissance des impulsions 750 kW
Largeur d'impulsion 4,7 µs
FRI 322 Hz (première coupe)
446 Hz (deuxième coupe)
Portée maximale 290 milles (467 km environ)
Largeur de bande RF (à 3 dB) 13 MHz
Largeur de bande FI 630 kHz
Facteur de bruit 4,9 dB
Type de diagramme d'antenne Faisceau étroit
Vitesse de scrutation 0,84 tour/mn
Temps de scrutation de l'antenne 71,4 s
Hauteur de l'antenne 30 m
Ouverture du faisceau d'antenne 0,90°
Polarisation Rectiligne horizontale
Dans le mode utilisé, la rotation de l'antenne commence à une élévation de 0,5°, le radar émet
une impulsion de 4,7 µs toutes les 3,1 ms pour la première rotation, puis une impulsion toutes les
2,24 ms pour la deuxième rotation. Cela correspond à des FRI de 322 Hz et 446 Hz respectivement.
Chaque révolution couvre 360° en azimut. Dans des conditions normales de fonctionnement, le radar
effectue également des rotations d'antenne à plusieurs angles d'élévation plus élevés avant de revenir à
0,5°. Pour ce test, deux coupes en élévation pour la seule élévation d'antenne ont fourni un volume
suffisant de données pour l'analyse et des coupes pour des élévations plus élevées n'ont pas été
effectuées. La première rotation d'antenne est utilisée pour mesurer la réflectivité et la deuxième pour
mesurer la vélocité radiale moyenne et la largeur spectrale (voir ci-dessous). Pour chaque point de
l'atmosphère, plusieurs impulsions sont émises et reçues. Compte tenu de la durée des impulsions
émises et du temps séparant deux impulsions consécutives, le système se trouve en mode de réception
pendant plus de 99,5% du temps. L'amplitude des impulsions reçues est inférieure de 200 dB environ
par rapport aux impulsions émises car les impulsions sont diffusées par les petits objets se trouvant dans
l'air (diamètre de l'ordre du millimètre ou moins) à des distances allant jusqu'à plusieurs centaines de
kilomètres. Le signal reçu subit une conversion qui le fait passer de 2 995 MHz à la fréquence FI
de 57 MHz avant d'être appliqué au détecteur synchrone. Les signaux I et Q en bande de base détectés
sont numérisés sur 16 bits pour permettre leur passage dans les sous-systèmes de traitement.
28 Rec. UIT-R M.1464-1
Le radar a été conçu avec des critères de qualité de fonctionnement spécifique pour obtenir le
niveau de prévision météorologique le plus élevé possible. Le cahier des charges techniques
du radar spécifie que la précision d'étalonnage de la réflectivité doit être de moins de 1 dB
(on obtient 0,5 dB en pratique). La réflectivité est fortement polluée si le biais de l'estimée est
supérieur à 1 dB. Un biais de 1 dB est égal au double de la précision d'étalonnage du radar et est
égal à l'écart type de l'estimée de la réflectivité spécifiée dans le cahier des charges techniques du
radar météorologique. La vitesse et la largeur spectrale doivent être précises à 1 m/s conformément
au cahier des charges. Les mesures de vitesse sont fortement perturbées si le brouillage accroît la
variance estimée de plus de 50%. L'incertitude dans les données dégrade les produits fondés sur la
vitesse radiale moyenne. Lorsque ces niveaux sont dépassés en raison des brouillages, l'utilisation
du système radar comme outil de prévision est fortement compromise et ce dépassement indique la
présence des brouillages préjudiciables.
Parmi les trois produits de base, la largeur spectrale est la plus sensible car elle est issue d'une
fonction d'autocorrélation très sensible au bruit. Les niveaux de brouillage peuvent affecter la
précision de plus de 1 m/s, ce qui affectera fortement la qualité de fonctionnement du système. La
vitesse radiale moyenne et la largeur spectrale sont utilisées conjointement pour distinguer le vent,
qui présente une largeur spectrale faible, des tornades et autres phénomènes météorologiques
violents qui présentent une grande largeur spectrale. Le seuil du radar, pour ce qui est des
brouillages, est limité à un biais de 1 m/s de la largeur spectrale.
Rec. UIT-R M.1464-1 29
4 Méthode de mesure
Les mesures ont été effectuées en injectant le signal brouilleur dans le récepteur radar au moyen
d'un coupleur pour combiner le brouillage avec le signal reçu par le radar. La fréquence de
fonctionnement du radar testé et la fréquence du signal brouilleur simulé étaient de 2 995 MHz.
NOTE 1 − Dans la Recommandation UIT-R M.1464 il est admis que les systèmes radars météorologiques
peuvent fonctionner jusqu'à 3 000 MHz.
Les signaux brouilleurs utilisés pour les tests sont représentés dans le Tableau 7.
TABLEAU 7
Signaux brouilleurs
Source de signal brouilleur
Fréquence centrale = 2 995 MHz
Ondes entretenues
AMRC à large bande 4,096 Msymbole/s
AMRC-2000-3X 3,686 Msymbole/s
EDGE-MDMG 384 ksymbole/s
EDGE-MDP-8 384 ksymbole/s
DECT 1,152 Msymbole/s
MDMG: Modulation par déphasage minimal avec filtrage gaussien.
DECT: Télécommunications numériques améliorées sans cordon.
Les spectres des signaux AMRC à large bande et AMRC-2000 3X sont illustrés aux Fig. 8 et 9.
FIGURE 8
Tracé du spectre dans le cas d'un signal AMRC à large bande
–30,0
–40,0
–50,0
Puissance (dBm)
–60,0
–70,0
–80,0
–90,0
–100,0
2 990,0 2 991,0 2 992,0 2 993,0 2 994,0 2 995,0 2 996,0 2 997,0 2 998,0 2 999,0 3 000,0
Fréquences (MHz)
FIGURE 9
Tracé du spectre du signal AMRC-2000 3X
–20,0
–30,0
–40,0
–50,0
Puissance (dBm)
–60,0
–70,0
–80,0
–90,0
–100,0
2 990,0 2 991,0 2 992,0 2 993,0 2 994,0 2 995,0 2 996,0 2 997,0 2 998,0 2 999,0 3 000,0
Fréquences (MHz)
Réglage de l'analyseur de spectre:
Largeur de bande de résolution: 300 kHz
Temps de balayage: 5 s
1464-09
Pour étalonner le montage de test avec un niveau de brouillage connu à l'entrée du récepteur radar,
le bruit de fond du récepteur a été mesuré, sans brouillage, à la sortie FI à 57,55 MHz du récepteur.
Le signal brouilleur a ensuite été activé et son niveau a augmenté jusqu'au point où le bruit de fond
à la sortie FI du radar augmentait de 3 dB. Ce point correspondait au niveau de brouillage dans la
bande passante du radar égale au bruit du récepteur radar dans sa bande passante, et a un rapport I/N
de 0 dB. Le niveau de sortie du signal délivré par la source a été consigné pour la valeur 0 dB du
rapport I/N et le niveau réel injecté dans le trajet de réception du radar a été mesuré et relevé.
Connaissant la valeur du signal délivré par la source pour un rapport I/N égal à 0 dB, la source de
signal a pu être réglée pour toute autre valeur du rapport I/N souhaité en réglant le niveau de sortie
de la source de signal. Les tests ont été effectués aux points où le niveau de brouillage correspondait
à des valeurs du rapport I/N de −15 dB, −12 dB, −10 dB, −6 dB, −3 dB, 0 dB, +3 dB et +6 dB. La
Fig. 10 donne un exemple des résultats des mesures du bruit du récepteur en présence ou en absence
de brouillage pour des tests effectués avec des signaux AMRC à large bande.
Rec. UIT-R M.1464-1 31
FIGURE 10
Spectre de bruit pour un étalonnage du rapport I/N de 0 dB (FI centrale de 57,55 MHz)
dans le cas d'un signal AMRC à large bande
–55,0
–60,0
–65,0
Puissance (dBm)
–70,0
–75,0
–80,0
–85,0
–90,0
57,050 57,150 57,250 57,350 57,450 57,550 57,650 57,750 57,850 57,950 58,050
Fréquences (MHz)
Bruit
Bruit + brouillage 1464-10
Le radar a été réglé pour balayer l'atmosphère, appelé ci-après « scrutation volumique », pour une
élévation de l'antenne sans brouillage suivie par une scrutation volumique avec brouillage. Pour
chaque scrutation volumique, avec ou sans brouillage, l'antenne faisait deux révolutions complètes
permettant ainsi d'obtenir deux coupes d'élévation pour la même élévation en utilisant deux FRI.
La FRI utilisée pour la première rotation était une fréquence basse optimisée pour collecter les
produits de réflectivité de base. La FRI utilisée pour la deuxième rotation était plus élevée et
permettait de recueillir les données de la vitesse radiale moyenne et de largeur spectrale. Cette
scrutation alternative volumique, avec et sans brouillage, a été répétée pour des niveaux de
brouillage allant de −15 à + 6 dB. Cette méthode de test a permis d'obtenir une scrutation
volumique immédiatement avant et après chaque scrutation volumique avec brouillage qui pouvait
être utilisé comme référence pour déterminer les effets statistiques du brouillage. Pendant toute la
durée des tests, les données radar des produits de base ont été enregistrées pour analyse ultérieure.
La Fig. 11 montre la configuration de test qui se compose d'un générateur de signal alimentant un
coupleur RF dans lequel le signal brouilleur est combiné avec le signal d'écho radar reçu à l'entrée
du récepteur. Le récepteur amplifie et convertit le signal en signal FI où il est observé sur un
analyseur de spectre. Les sorties I et Q sont numérisées et traitées pour obtenir les produits
météorologiques de base à savoir la réflectivité de base, la vitesse moyenne et la largeur spectrale.
Les produits de base ont été enregistrés pour analyse statistique. Les tests avec chacun des types de
signaux brouilleurs, à toutes les vitesses de données et avec tous les schémas de modulation,
n'étaient pas réalisables en raison du grand nombre de combinaisons. Les signaux de test ont été
choisis pour couvrir les signaux AMRC et AMRT ainsi que plusieurs systèmes de modulation et
plusieurs fourchettes de débit de données.
32 Rec. UIT-R M.1464-1
FIGURE 11
Schéma synoptique du montage de test
Antenne radar
Générateur de
signal RF
brouilleur Coupleur
Etage d'entrée du
récepteur radar
Filtrage radar
Circuit FI radar
Analyseur
de spectre Coupleur
à 20 dB
Démodulateurs
I et Q
Traitement du
signal numérique
Enregistreur des
produits de base
1464-11
Les radars testés jusqu'à présent avaient été utilisés pour des applications de navigation qui assurent
la détection de cibles ponctuelles. Les radars météorologiques recueillent un type de données
nettement différent en ce sens qu'ils effectuent une scrutation volumique de l'atmosphère et
fournissent des données sur l'atmosphère sur un espace de 360° en azimut et jusqu'à des angles
d'élévation de 60° environ. Dans les précédents rapports, dans lesquels il s'agissait de radars
poursuivant des cibles ponctuelles, l'analyse des effets des brouillages sur la probabilité de détection
était souvent suffisante. Les brouillages sur ces types de système provoquaient souvent un
masquage des cibles souhaitées et créaient des fausses cibles. Pour les radars météorologiques, pour
lesquels les données sont collectées et analysées pour un volume de l'atmosphère, la qualité de
Rec. UIT-R M.1464-1 33
fonctionnement des radars n'est pas caractérisée par la probabilité de détection. L'analyse des
données doit faire appel à une approche différente afin d'obtenir des résultats significatifs. Plutôt
que d'étudier les effets sur la probabilité de détection, l'analyse statistique est effectuée sur les
données météorologiques de faible niveau pour chaque réponse de créneau de portée. L'étude des
réponses visuelles affichées sur l'écran radar montre certains effets des brouillages mais ne donne
pas une analyse scientifique des résultats sur les produits météorologiques générés telles les
estimées de précipitation, les mesures de vitesse du vent ou la détection des cisaillements.
5.1 Hypothèses
– Comme indiqué plus haut, la procédure de test utilisée pour injecter des signaux brouilleurs
dans le récepteur radar exigeait l'injection d'un niveau brouilleur connu à l'entrée du
récepteur radar. Le processus d'analyse des données permettant de déterminer
graphiquement le niveau I/N pour lequel on observe un biais de 1 dB sera facilité par la
connaissance de ce niveau brouilleur.
– Pour ce type particulier de radar, le signal minimal utilisable, avec la technologie actuelle,
est inférieur de 3 dB au bruit de fond.
– Pour le produit réflectivité, le rapport I/N minimal requis est égal au niveau de brouillage en
dessous du signal qui donne un biais de 1 dB plus le niveau minimal du signal qui doit être
extrait (–9 dB d'après le § 2.2).
– Pour le produit largeur spectrale, la valeur maximale du rapport I/N est égale au niveau de
brouillage au-dessous du signal qui donne une différence de 1 m/s de la largeur spectrale
(–14,4 dB d'après le § 2.4).
– Le système utilise un traitement visant à éliminer les effets du bruit, permettant ainsi au
radar de traiter les signaux dont le niveau est inférieur à celui du bruit de fond. Dans un
système qui ne comporte pas d'effets de bruits résiduels, on pourrait s'attendre à ce que le
signal brouilleur qui a été injecté au niveau de l'entrée du récepteur suive linéairement le
niveau de brouillage qui a été détecté en utilisant l'analyse des données. Dans la Fig. 12, on
compare les niveaux relatifs du brouillage qui ont été injectés à l'entrée du récepteur au
niveau de brouillage qui a été détecté en utilisant l'analyse des données. On constate une
divergence à environ −6 dB.
FIGURE 12
Niveau du brouillage injecté en fonction
du niveau de brouillage détecté
10
Niveau du brouillage injecté (dB)
–5
–10
–15
–20
6 3 0 –3 –6 –9 –12 –15
Niveau de brouillage détecté (dB)
On peut utiliser les données de la Fig. 12 pour corriger les erreurs qui sont introduites en utilisant
une technique graphique pour déterminer le niveau pour lequel la différence de largeur spectrale est
égale à 1 m/s. Le Tableau 8 recense les valeurs de la correction appliquée pour l'analyse de la
largeur spectrale. Ces données ne sont pas nécessaires pour l'analyse de réflectivité.
TABLEAU 8
La variabilité supplémentaire qui s'ajoute aux erreurs d'analyse de données agit comme une fonction
permettant d'estimer graphiquement les points de données moyens et associés.
La mise en oeuvre des améliorations apportées au radar, qui sont examinées au § 6, permettra
d'obtenir une puissance de traitement d'environ 10 dB, ce qui diminuera le bruit de fond équivalent
d'une valeur équivalente à l'amélioration de la détection. Le résultat final est que le point à partir
duquel la sensibilité réelle du radar au brouillage s'écarte de la courbe théorique de la Fig. 13 est
décalé d'une valeur égale à la puissance de traitement. La Fig. 12 indique que les résultats du test
diffèrent de la théorie lorsque I/N = –6 dB. La mise en oeuvre des améliorations conduisant à une
puissance de traitement de 10 dB décalera ce point jusqu'à la valeur I/N = –16 dB. Toutefois, la
valeur à partir de laquelle la qualité de fonctionnement est dégradée au-delà des spécifications du
système en raison du brouillage ((Biais de 1m/s) impose que I/N soit égal à –14,4 dB comme l'ont
montré des calculs et des mesures précédents.
NOTE 1 – L'incidence des améliorations proposées pour le récepteur (voir la Fig. 13) est théorique et n'est
pas fondée sur des mesures réelles.
Rec. UIT-R M.1464-1 35
FIGURE 13
Incidence des améliorations de gain de traitement sur le rapport I/N
10
0
Niveau relatif (dB)
–5
–10 Amélioration du
gain de traitement
–15
–20
–25
Niveau de brouillage injecté
Niveau de brouillage détecté sans amélioration de traitement
Niveau de brouillage détecté avec amélioration de traitement
1464-13
Les données tirées d'un certain nombre de balayages de volume (voir le § 4) ont été recueillies et
traitées en utilisant les algorithmes de génération de produit radar. Les données recueillies étaient
représentatives de milliers de points qui, en fonction du balayage de volume, étaient répartis
en 920 intervalles sur 360 axes radiaux. Un programme en langage C a été développé pour analyser
les données. En bout de chaîne, ce programme permettait de trier l'ensemble des données et de les
répartir en deux tableaux: celui des rapports S/N sans brouillage (S/N) et celui des rapports S/N avec
brouillage (S + I + N)/N. Un troisième tableau, celui de la différence du rapport S/N, a été créé et
contenait la différence entre les valeurs du rapport S/N sans brouillage (S/N) et les valeurs du
rapport S/N avec brouillage (S + I + N)/N. Les valeurs de ce dernier tableau ont été classées par
comptage d'intervalle (en fonction du rapport S/N sans brouillage). On a représenté sur un graphe à
l'aide d'un code des couleurs le nombre d'intervalles présentant la même valeur de différence du
rapport S/N et la même valeur du rapport S/N sans brouillage. On peut voir sur la Fig. 14-A la
fonction de régression, représentée par un diagramme de contour codé par des couleurs.
Une coupe de ce diagramme de contour pour une valeur spécifique du niveau du rapport S/N sans
brouillage (Fig. 14-B) nous donne des indications sur la distribution des différences de rapport S/N.
Les valeurs associées aux différences du rapport S/N contenues dans l'intervalle du rapport S/N sans
brouillage défini par un niveau du rapport S/N sans brouillage de 14 dB sont représentées par un
histogramme sur la Fig. 14-C. Nous nous intéressons à la valeur moyenne de cette distribution car
elle indique la valeur moyenne de la différence du rapport S/N due au brouillage pour une valeur
spécifique du niveau du rapport S/N sans brouillage. Nous pouvons déterminer la valeur moyenne
de la différence du rapport S/N pour chaque niveau du rapport S/N sans brouillage puis tracer une
courbe unique (Fig. 14-D) représentant la valeur moyenne de la différence du rapport S/N en
fonction du niveau du rapport S/N sans brouillage. On forme ainsi la base de données qui sera
utilisée pour une analyse graphique permettant d'estimer le biais mesuré de la grandeur signal plus
brouillage en présence de brouillage.
36 Rec. UIT-R M.1464-1
FIGURE 14
Distribution de fréquence des différences du rapport S/N classées en fonction
niveau du rapport S/N sans brouillage pour la réflectivité
Décompte
par fourchette
145-150
140-145
135-140
16,0 130-135
125-130
14,0 120-125
115-120
12,0 110-115
B 105-110
Moyenne 75-80
100
4,0 70-75
80 2,0 65-70
60-65
60
0,0 55-60
50-55
40
D –2,0 45-50
20 40-45
0
–4,0 35-40
1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35 37 39 41 43 45 47 49 51 53 30-35
–6,0 25-30
20-25
–8,0 15-20
–12 –10 –8 –6 –4 –2 0 2 4 6 8 10 12 14 10-15
5-10
Rapport S/N sans brouillage (dB) 0-5
1464-14
Lorsque la différence du rapport S/N est de 3 dB (ce qui correspond à un facteur deux), le niveau de
brouillage est égal au niveau de signal. Puisque le traitement supprime les effets du bruit, la
puissance de bruit peut être supprimée, ce qui permet d'évaluer le niveau de brouillage et constitue
un point de référence commode. Le biais de mesure du niveau signal plus brouillage peut être
spécifié comme étant le niveau du signal par rapport au niveau du brouillage ou le rapport S/I.
Puisque le bruit du système est connu et que le niveau de brouillage peut être exprimé à l'aide des
rapports S/N et I/N, on peut prévoir pour la fonction de régression que:
– lorsque la valeur du signal augmente par rapport à celle du brouillage, la différence du
rapport S/N diminue;
– lorsque la valeur du signal et celle du brouillage sont égales, la différence du rapport S/N est
égale à 3 dB;
– lorsque la valeur du signal diminue par rapport à la valeur du brouillage du rapport S/N, la
différence du rapport S/N tend vers le rapport de brouillage.
sera égale à la valeur du rapport I/S associée à la différence du rapport S/N recherchée. Le récepteur
radar ayant la capacité d'extraire des signaux du bruit jusqu'à un niveau de –3 dB, le rapport I/N
requis aux fins de protection jusqu'à un niveau donné de différence du rapport S/N est alors égal à:
I/N = I/S + (–3 dB)
où:
I/S = (niveau du rapport S/N sans brouillage (S/N) au niveau de différence du rapport
S/N = 3 dB (où S = I)) – (niveau du rapport S/N sans brouillage (S/N) à
la différence du rapport S/N recherchée (1 dB pour la réflectivité))
Les facteurs à prendre en compte lorsque l'on procède à l'analyse graphique sont les suivants:
Su : niveau de signal minimum utilisable en présence de bruit
I: niveau de brouillage
N: bruit de fond du récepteur
Sm: niveau minimal de signal détectable en l'absence de brouillage et niveau
du rapport S/N sans brouillage (S/N).
Les relations entre ces facteurs sont illustrées sur la Fig. 15.
FIGURE 15
Facteurs intervenant dans la détermination de I/N
(pour un biais de 1 dB en réflectivité)
Rapport S/N
Brouillage
3
S
1464-15
Aux fins d'analyse, supposons que le niveau relatif de brouillage, I, soit supérieur de 6 dB au bruit
de fond et que l'on ait déterminé, à partir du diagramme de contour, que pour le niveau auquel un
biais de 1 dB se produit, le niveau du rapport S/N avec brouillage (S/N) est égal à 10,6 dB. En outre,
on sait que Sm = –3 dB et que les mesures sont faites par rapport au niveau de bruit N.
Dans ce cas, une valeur S/N ou un niveau du rapport S/N sans brouillage d'au moins 10,6 dB est
requis pour s'assurer que le biais de réflectivité n'excède pas 1 dB pour un niveau de brouillage de
6 dB. Le niveau réel de brouillage peut être obtenu à partir du diagramme de contour au point pour
lequel S = I. Pour ce jeu de données, la valeur réelle du brouillage injecté est de 4,5 dB par rapport
au bruit de fond. La différence de 1,5 dB entre le niveau de brouillage relatif réel (I/N = 4,5 dB) et
le niveau de brouillage relatif injecté (I/N = 6 dB) est due aux incertitudes liées au réglage du niveau
38 Rec. UIT-R M.1464-1
10,0 100-105
95-100
8,0 90-95
M 85-90
6,0 80-85
75-80
4,0
B' 70-75
2,0 65-70
60-65
A' 55-60
0,0
50-55
–2,0 45-50
40-45
–4,0 35-40
30-35
10,6 dB –6,0 25-30
4,5 d B –8,0
20-25
15-20
–12 –10 –8 –6 –4 –2 0 2 4 6 8 10 12 14 10-15
5-10
Rapport S/N sans brouillage (dB) 0-5
1464-16
* La valeur équivalente I/N pourrait augmenter pour atteindre –7,6 dB si l'on supposait dans les calculs que
la valeur correcte de I/N est de +6 dB au lieu de 4,5 dB.
Rec. UIT-R M.1464-1 39
TABLEAU 9
Niveau I/N équivalent
Niveau de brouillage relatif testé pour lequel on observe un biais
de 1 dB
6 –9,1
3 –9,5
0 –9,5
–3 –10
–6 –7,5
–10 –9
–12 –7,5
–15 –8
40 Rec. UIT-R M.1464-1
FIGURE 17
Distribution de fréquence des largeurs spectrales classées en fonction du rapport S/N sans brouillage
(pour un niveau de brouillage relatif I/N égal à 6 dB)
Décompte
par tranche
7,0 1 300-1 400
6,0
1 200-1 300
0,0 700-800
–1,0 600-700
–2,0 500-600
–3,0
400-500
–4,0
300-400
–5,0
200-300
–6,0
B 100-200
–7,0
–5 –4 –3 –2 –1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 0-100
S/N sans brouillage (dB)
1464-17
La méthode appliquée est très similaire à celle utilisée pour déterminer le niveau I/N pour le produit
réflectivité. On sait que le point pour lequel les données de largeur spectrale sont dégradées au-delà
des limites acceptables correspond au point pour lequel le biais de l'estimation de la largeur de
spectrale est égal à 1 m/s. Cela correspond à une différence de largeur de spectrale de 1 m/s sur la
Fig. 17 (segment A). Une fois de plus on détermine une courbe moyenne de la fonction de
régression et on identifie le point d'intersection entre le segment A et cette courbe moyenne
(segment B). On obtient un niveau du rapport S/N sans brouillage égal à 11,75 dB. La valeur réelle
du rapport I/N conduisant à une différence de largeur spectrale dégradant les données de largeur
spectrale est donnée par l'équation suivante:
I/N (largeur spectrale) = – ((niveau de rapport S/N sans brouillage pour lequel la différence
de largeur spectrale est de 1 m/s) – (niveau relatif pour lequel le rapport I/S est égal
à 1 dB) – (facteur de correction du niveau))
Rec. UIT-R M.1464-1 41
Dans cet exemple, le niveau du rapport S/N sans brouillage pour lequel la différence de largeur
spectrale est de 1 m/s peut être calculé à partir de la Fig. 17: il est égal à 11,75 dB.
Le niveau pour lequel le rapport I/N pour ce jeu de données est égal à 1 peut être obtenu à partir
d'une analyse de la réflectivité effectuée à partir de la Fig. 16. I/S est égal à 1 lorsque la différence
du rapport S/N est égale à 3 dB. Dans cet exemple, le niveau (rapport S/N sans brouillage) pour
lequel la différence du rapport S/N vaut 3 dB est égal à 4,5 dB.
Compte tenu de ces données, le rapport I/N requis pour satisfaire à la spécification de largeur de
bande est le suivant:
Il convient de noter qu'en supposant une valeur correcte de I/N égale à 6 dB au lieu de 4,5 dB, la
valeur équivalente de I/N (largeur spectrale) pourrait s'accroître jusqu'à –9,25 dB.
Les résultats obtenus en utilisant cette technique d'analyse pour un type de brouillage unique pour la
gamme des niveaux de brouillage relatif qui n'étaient pas fortement affectés par l'incidence du bruit
résiduel (I/N variant de +6 à –6 dB) sont détaillés dans le Tableau 10.
TABLEAU 10
Pour ce radar, le rapport I/N calculé à partir des données de mesure réelles de la largeur spectrale est
cohérent vis-à-vis des résultats des § 2.4 et 5.1. Il existe toutefois une incertitude inhérente à ces
mesures.
L'ensemble des résultats des tests utilisant pour les signaux brouilleurs différents types de
techniques de modulation des IMT-2000 sont indiqués dans le Tableau 11. Ces valeurs ont été
obtenues en appliquant la technique d'analyse graphique décrite dans les § 5.2, 5.3 et 5.4 avec un
niveau de brouillage relatif déterminé par une valeur de I/N égale à 6 dB.
42 Rec. UIT-R M.1464-1
TABLEAU 11
Seuils de brouillage mesurés (I/N) propres à assurer la protection
des radars contre les brouillages préjudiciables
Ces résultats viennent confirmer la validité des valeurs calculées requises pour la protection du
produit réflectivité. Il convient de noter que les chiffres du Tableau 11 sont fondées sur une
détermination indirecte du niveau I/N injecté utilisé pour le test, par comparaison avec la valeur
nominale que l'on voulait injecter. Utiliser les valeurs I/N nominales voulues plutôt que les valeurs
déterminées indirectement pourrait modifier ces dernières.
Comme cela a été noté plus haut, les mesures et l'analyse de la vitesse moyenne ont été difficiles à
réaliser; toutefois, étant donné que la vitesse radiale moyenne est la moins sensible au brouillage,
les résultats n'affectent pas les niveaux de brouillage globaux que le radar peut tolérer.
Les résultats semblent indiquer que la valeur mesurée du rapport I/N requis pour satisfaire au critère
de protection du produit largeur spectrale est légèrement inférieure aux valeurs calculées au § 2.4.
Comme cela a été examiné plus haut, les limites actuelles en matière d'étalonnage des radars et de
processus d'élimination des bruits effectués par le processeur de données de faible niveau limitent la
mesure du critère de protection nécessaire pour les mesures de largeur spectrale. Les récepteurs et
processeurs radar font actuellement l'objet d'améliorations qui permettront d'atteindre ou de
dépasser les critères nominaux prévus à l'origine. Le § 6 traite de ces améliorations avec plus de
détails.
Tous ces impératifs exigent une amélioration de la détection d'environ 10 dB supérieure à ce que
l'on peut obtenir avec les radars météorologiques actuels.
Pour répondre à ces impératifs, les performances des radars peuvent être améliorées en augmentant
la puissance des émetteurs, en réduisant le bruit de fond des récepteurs ou en augmentant la
puissance de calcul de ces radars.
L'augmentation de la puissance des émetteurs n'est pas intéressante sur le plan économique. La
réduction du bruit de fond peut être obtenue en augmentant la largeur des impulsions. Cette
augmentation de la largeur d'impulsion réduit la largeur de bande nécessaire du filtre accordé
réduisant par là même la puissance de bruit dans la partie FI du récepteur. L'augmentation de la
largeur d'impulsion d'un facteur 2 augmente le volume échantillon d'un facteur de 3 dB.
L'adaptation de la largeur de bande du récepteur se traduit par une baisse de 3 dB du bruit du
récepteur. Cela conduit à une amélioration totale de détection de 6 dB. Malheureusement, les
limites de conception sur le coefficient d'utilisation du récepteur ne permettent pas une
augmentation de la largeur d'impulsion pour les systèmes utilisés dans ces tests. La température de
bruit du récepteur peut également être abaissée mais tout ce que l'on peut obtenir, c'est une
réduction de 1 à 2 dB. Par conséquent, la façon la plus intéressante d'obtenir ces améliorations serait
d'améliorer le traitement du signal.
Pour pouvoir mettre en oeuvre une polarisation double, il faut répartir la puissance du signal
d'émission entre des alimentations d'antennes polarisées horizontalement et verticalement, ce qui
abaisse de 3 dB la puissance d'émission sur une polarisation. Cette réduction de la puissance émise
doit être compensée pour ne pas affecter les performances.
Les réductions de la puissance d'émission pour chaque polarisation associées à des capacités de
détection améliorées se traduisent par une exigence minimale de 10 dB environ d'amélioration de la
qualité de fonctionnement des radars. L'augmentation de la puissance de traitement des radars avec
du matériel mis à niveau permettra la mise en oeuvre d'algorithmes de traitement des données qui,
antérieurement, n'étaient pas disponibles. Ce traitement supplémentaire fera appel à l'intégration
cohérente et à la détection dans le domaine fréquence. Le radar collecte actuellement tous les
paramètres nécessaires pour exécuter ces fonctions, mais la puissance de traitement limitée a
empêché sa mise en oeuvre. Les améliorations qu'il est prévu d'apporter lèveront cette limite
de puissance de traitement. L'intégration cohérente, telle que mise en oeuvre sur ce radar, a montré
une amélioration de 10 dB de la détection. La mise à niveau actuellement en cours permettra
d'améliorer les performances d'environ 10 dB. Grâce à la détection dans le domaine fréquence, le
spectre est scindé en coefficients discrets, où le nombre réel de coefficients est déterminé par la
vitesse de rotation de l'antenne et son mode de fonctionnement. Dans les modes tempête actuels, le
nombre d'échantillons est compris entre 41 et 111. Le traitement dans le domaine fréquence (calcul
de la densité spectrale) permet de confiner le signal utile dans quelques coefficients spectraux tandis
que le bruit est étalé sur tous les coefficients à un niveau bien inférieur.
Les améliorations de la qualité de fonctionnement des radars obtenues par une puissance de
traitement plus grande n'abaisseraient pas le bruit de fond réel du récepteur, mais l'effet se traduirait
par une réduction du bruit de fond effectif, en permettant de recueillir des signaux utiles à des
niveaux bien inférieurs. La différence entre le bruit de fond actuel et le bruit de fond effectif tient à
l'amélioration de la détection par traitement.
44 Rec. UIT-R M.1464-1
7 Récapitulatif
Les résultats des tests montrent que la protection peut être assurée lorsque le rapport I/N a une
valeur aussi petite que –9 dB pour les données de réflectivité de base, dans les conditions décrites
dans les sections précédentes. Bien que, d'après les calculs, la valeur du rapport I/N pour laquelle
la dégradation de la largeur spectrale est supérieure à celle admise dans le cahier des charges
(biais ≥ 1 m/s) soit encore plus faible (–14,4 dB), les mesures montrent que seule une valeur
de –10 dB est tolérée.
Afin d'assurer la protection des paramètres météorologiques les plus sensibles, il convient d'utiliser
un rapport I/N de –10 dB.