Etat RGA Mali
Etat RGA Mali
Rédacteurs principaux
Dr Aly KOURIBA IER
Dr Mamadou D COULIBALY IER
Dr Nouhoum SANGARE DNAMR
Septembre 2002
ABBREVIATIONS ET SIGLES UTILISES
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PSNO : Programme de Sélection à Noyau Ouvert
RGA : Ressources Génétiques Animales
SIG : Système d’Information Géographique
SNRA: Système National de recherche Agronomique
TCA : Tonne Carcasse et Abats
UBT : Unité Bétail tropical
2
SOMMAIRE
SOMMAIRE…………………………………………………………………………………3
INTRODUCTION ………………………………………………………………………………….4
RESUME………………………………………………………………………………………….…93
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES………………………………………………………..…95
ANNEXES……………………………………………………………………………………………97
3
INTRODUCTION
Par lettre n°00952 en date du 26 juillet 2001, le Ministre du Développement Rural, à travers
son homologue des Affaires Etrangères et des Maliens de l’Extérieur, réaffirmait à la FAO
son engagement de mener à bien l’exercice d’élaboration du rapport national.
4
PARTIE 1 : ETAT DES RESSOURCES GENETIQUES DANS LE SECTEUR DE L’ELEVAGE
Vaste pays sahélien enclavé au cœur de l'Afrique de l'Ouest, le Mali couvre une superficie
de 1 241 138 km2 dont près de 60 % appartiennent à la zone désertique ou subsaharienne.
Il est limité au nord par l'Algérie, au sud par la Guinée et la Côte d'Ivoire, à l'est par le
Burkina Faso et le Niger, à l'ouest par la Mauritanie et le Sénégal.
Le climat, de type intertropical continental, est caractérisé par une longue saison sèche et
une saison des pluies allant de 2 mois au nord à 5-6 mois au sud. La pluviométrie moyenne
varie de moins de 100 mm au nord à plus de 1100 mm au sud. Depuis les sécheresses
successives, on observe une tendance à un climat plus aride, caractérisé par une
diminution globale des pluies utiles et un déplacement des isohyètes de 200 km (voir carte
ci-dessous).
Le fleuve Sénégal est long de 1 800 km dont la moitié est au Mali. Il résulte de la rencontre,
à Bafoulabé, du Bafing et du Bakoy et reçoit sur sa rive gauche la Falemé, et sur sa rive
droite le Kolombiné. Son cours est coupé par les rapides de Félou et de Gouina.
Le fleuve Niger, long de 4 200 km dont 1 700 au Mali, est coupé par les seuils rocheux de
Sotuba, de Tossaye et de Labezanga. Il reçoit sur sa rive droite le Sankarani et le Bani long
de 900 km. De Ségou à Kabara, il s'étale sur une immense plaine, qui pendant la période
des crues, se transforme en une véritable mer intérieure: c'est la région du delta intérieur
ou delta central. Il alimente plusieurs lacs: Télé, Horo, Fati, Faguibine sur la rive gauche et
sur la rive droite: Niangaye, Haougoundou, Haribongo, Carou, Do, Korarou.
Le Mali compte de très vastes zones inondables et un potentiel irrigable estimé à près de 2
millions ha. Le delta intérieur du Niger qui s’étend sur plus de 30.000km2 figure parmi les
plus grandes richesses écologiques du pays.
Ces deux fleuves ont joué un grand rôle comme voie de communication et contribué à
l'intégration des populations habitant leurs bassins.
5
6
L’ensemble de ces facteurs ont conduit à une fragilisation importante des écosystèmes
naturels. Une autre conséquence non moins importante est la migration vers le sud des
hommes et des troupeaux, à la recherche de terres de culture et de pâturages.
La population du Mali est estimée à 9,8 millions d'habitants (DNSI,1998) dont 80 % vivent
en milieu rural et 20 % en milieu urbain. Le croît démographique est de 2,2 %. Ce taux est
très variable d’une région à l’autre : 0,1 % à Tombouctou ; 1,2 % à Mopti et Gao ; 2,1 % à
Ségou ; 2,5-2,8 à Koulikoro et Sikasso et 4 % à Bamako.
Le Mali est habité depuis le paléolithique, comme en témoignent les fossiles de l'homme
d'Asselar et dispose d’une culture riche par ses origines et sa diversité. On distingue trois
grandes aires culturelles:
- l'aire saharienne avec les Maures et les Touaregs,
- l'aire nord-soudanienne ou soudano-sahélienne avec les Sonrhaïs, les Peuhls,
les Soninkés, les Malinkés, les Dogons, les Bambaras et les Bozos,
- l'aire sud-soudanienne, avec les bobos, les Sénoufos et les Miniankas.
La langue parlée par ces différentes ethnies pourrait être classée en deux grandes familles
linguistiques :
Les religions pratiquées au Mali sont: l'islam (90% de la population) l'animisme (9% de la
population) et le christianisme (1% de la population). La laïcité de la république est
consacrée par la constitution. La diversité des ethnies et des religions ne s'oppose pas à
l’unité du peuple malien, qui à travers de grandes étapes historiques et un long processus
ethnique unificateur, a formé la nation malienne.
1
L’esquisse du schéma d’aménagement du territoire (1995) prévoit 3 grandes zones d’occupation de l’espace : zone de
vide démographique, qui affecterait 65 % du territoire au nord de l’isohyète 200 mm et une petite partie au sud (zones
libérées de l’onchocercose), îlots de peuplement dense à l’ouest et au nord-est avec des densités de 25-30 habitants au
km2 ; et des zones peuplées dont le triangle Mopti-Sikasso-Bamako, qui abriteraient à elles seules plus de 5 millions
2
d’habitants sur 100.000 km .
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1.2. Le secteur agricole
Tableau 1.1 : importance de l’élevage dans le Produit Intérieur Brut du secteur agricole
La superficie agricole est évaluée à 34,6 millions d’hectares soit 28 % des surfaces totales.
Le potentiel d’irrigation est de 1 millions d’ha, les pâturages et prairies permanents
représentent 24 % du territoire national alors que les forêts et terrains boisés comptent
pour environ 10 % des terres du pays (tableau 1.2)
Tableau 1.2 : Utilisation des terres et tendances actuelles (en milliers d’ha)
La production agricole est assurée par 755 174 exploitations familiales composées de
1 307 118 ménages dont 4 705 625 actifs. La superficie moyenne cultivée par ménage
variable en fonction des zones et des systèmes de cultures n’est pas connue.
1
fumier valorisé, nombre de pair de bœufs de labour dans les zones encadrées et dans les zones diffuses
2
Sidibé, 1995 : Enquêtes de la division du machinisme agricole. DMA
8
productions sont entièrement destinées à la commercialisation à la faveur de l’importante
demande solvable créée dans les grands centres de consommation.
Le bétail constitue le troisième produit d’exportation du Mali après le coton et l’or. La valeur
ajoutée totale de l’élevage est estimée à 147,87 milliards en 1998 soit 9.28 % du PIB.
Les effectifs actuels sont importants et placent le Mali parmi les principaux pays d’élevage
(tableau 1.2 bis ). Le potentiel en production de viande du cheptel est estimé à plus de
135.000 tonnes de viande toutes espèces confondues (OMBEVI, 1997) ou 190780 tonnes
(Kit/IER, 1999).
Les niveaux de consommation en produits animaux sont estimés à 7,48 kg de viande pour
l’ensemble du pays (sans la volaille), 0,42 kg de volaille, et 7,48 kg de produits laitiers
(DNSI, 1998).
L’alimentation du bétail est assurée exclusivement par les parcours naturels constitués par
les prairies, les pâturages permanents, les forêts et terrains boisés ( tableau 1.6) dont l’offre
subit une variabilité spatio-temporelle aussi bien qualitative que quantitative. Il en découle
une utilisation peu efficiente des ressources fourragères tant dans les zones nord
(précarité des points d’eau) qu’en zones sud où le processus de lignification des herbacées
(annuelles et pérennes) réduit considérablement la valeur alimentaire et le temps
d’utilisation des fourrages.
Les modes d’élevage basés sur l’exploitation extensive des pâturages par le déplacement
du troupeau constituent la meilleure réponse à cette situation d’alimentation aléatoire. On
estime à trente millions d’ha les superficies pâturables soit près de 24 % du territoire
national (tableau 1.3).
1
La population de pintades comprise
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Tableau 1.3: utilisation des terres pour l'élevage (en milliers d’ha) et tendances
actuelles
Les sous produits agro-industriels disponibles sont constitués par 4.700 tonnes de son ;
117.790 tonnes d’aliments Huicoma dont 60,7 % sont représentés par l’Aliment bétail
Koutiala et 28 % par le tourteau de coton de Koulikoro et 8,4 % par le tourteau de Kita.
Dans l’ensemble, toutes les terres non immatriculées appartiennent à l’état. Cependant le
droit coutumier régit encore dans la plupart des régions l’attribution et l’utilisation des terres
agricoles. Au cours de la dernière décennie, on observe également une accession de plus
en plus importante à la propriété privée des terres surtout dans les zones périurbaines
(concessions rurales).
Au Mali, les exploitations agricoles sont de type familial avec de petites superficies
supportant plusieurs spéculations associées. Rarement les exploitations atteignent 50 ha.
Les statistiques disponibles ne permettent de cerner la distribution des fermes selon la
superficie des terres. Il est cependant établi que 70 % des exploitations possèdent au
moins un ruminant. Ce chiffre va à 98 % si l’on considère la volaille.
10
Tableau 1.5 : structure des exploitations et distribution
11
Le tableau confirme la tendance actuelle de l’urbanisation croissante de la population qui
se manifeste par les migrations vers les grands centres urbains (tableau 1.7). Cela
entraîne un déséquilibre entre les villes et la campagne et une paupérisation urbaine.
L'agriculture malienne est marquée par la prédominance des systèmes de production agro-
sylvo-pastoraux traditionnels extensifs.
Elle est essentiellement de type pluvial et demeure largement tributaire des aléas
climatiques.
La production céréalière a connu une forte progression au cours de ces dernières années
passant de 2,4 millions de tonnes en 1991/92 à 2,89 millions de tonnes en 1998/99 soit un
taux d'accroissement annuel moyen de 2,5%. Pour la même période, la production de riz a
enregistré un accroissement spectaculaire de 7,5%, passant de 454 349 tonnes à 727 140
tonnes.
En ce qui concerne les cultures industrielles, la production de coton est passée de 276 023
tonnes en 1991/92 à 518 414 tonnes en 1998/99 soit un taux d'accroissement annuel
moyen de 12,5% imputable à l'augmentation des superficies et du nombre d'exploitants
L’étude de la répartition régionale du cheptel bovin montre que la région de Mopti est la
1ere région d’élevage avec 22% du cheptel. Elle est suivie par Sikasso (20%), Kayes
(15%), Ségou (15%) et Koulikoro (14%). Les grandes régions traditionnelles d’élevage
comme Tombouctou (9%) et Gao/Kidal (5%).
Les petits ruminants se répartissent comme suit par région : Mopti (24 %) et Tombouctou
(23%) ; viennent ensuite Gao/Kidal (15%), Ségou (15%), Koulikoro (9%), Kayes (7%) et
Sikasso (7%).
La filière bétail/viande repose essentiellement sur l’exploitation des bovins et d’ovins qui
produisent respectivement 51% et 32% de la viande(le reste est reparti entre la volaille et
les autre espèces). Le taux d’exploitation pour la production de viande varie fortement
12
d’une année à l’autre. La production de viande estimée sur la base d’un taux d’exploitation
de 14% pour les bovins et 35% pour les ovins et caprins, 13% pour les camelins, 68,8%
pour les porcins, 100% pour les volailles est de 190 786 tonnes (KIT/IER, 1998) soit une
consommation théorique de 19 kilos per capita.
En ce qui concerne la production de lait, elle évolue dans l’année en dents de scie en
raison de la variation quantitative et qualitative du disponible fourrager. L’élevage laitier est
en plein développement au niveau de systèmes périurbains. On estime à 6000 têtes
l’effectif de vaches laitières métisses dans la zone de Bamako. La production moyenne de
lait par vache est évaluée à environ 1200 l/an (IER,1980).
Une étude réalisée en 1999 donnait 316 millions de litres pour les vaches laitières , 23,5
millions de litres pour les brebis et chèvres et 3 millions de litres pour les chamelles. Cette
production confère à chaque malien un niveau moyen de consommation théorique de 34,25
litres de lait par an soit 57 % des normes prévues par la FAO.
La production moyenne, qui liée à l’amplitude des crues et à la durée de l’inondation, est
estimée entre 100000 et 200000 tonnes par an (87000 tonnes en 1969/70 ; 35000 tonnes
en 1984/85 ; 141000 tonnes en 1997/98). Sur ce total, plus de 80% proviennent du delta
central du Niger, qui dispose de surcroît des zones de frayage les plus importantes.
En 1991, les prises annuelles par ménage de pêcheurs ont été estimées à 0,2 tonnes /an
pour les agro-pêcheurs, 1,3 tonnes/an pour les professionnels sédentaires et 4,8 tonnes/an
par les professionnels migrants. Les prises y sont d’environ 5 tonnes /an par ménage à
Sélingué et 10 tonnes /an à Manantali. Les pêcheurs utilisent une grande panoplie d’engins
et de techniques de capture, adaptés aux conditions changeantes du milieu en fonction de
la saison, en particulier dans la zone du delta central du niger. Sur les lacs de barrage, les
engins utilisés sont moins diversifiés.
La production disponible est la production brute du pays corrigée des pertes et semences.
Elle était estimée en 1999/2000 à 2 293 000 tonnes et était en hausse de 15% par rapport
à celle de la campagne précédente. Cette production est constituée à 80% de céréales
sèches et à 20% de riz et dégage une situation excédentaire au niveau national de 209 000
tonnes. Ces excédents proviennent surtout des régions de Sikasso et Ségou.
Le bilan céréalier corrigé (par les résultats définitifs de production) qui en découle qui tient
compte des variations de stocks et du solde import-export, donne un excédent net de 225
000 tonnes.
13
chronique à savoir Kayes, Bamako et les trois régions du Nord Mali. Les grandes régions
productrices de Sikasso et Ségou présentent les excédents les plus élevés.
A partir des résultats de l’enquête nationale de budget consommation de 1989 réalisée par
la DNSI, il apparaît que l’alimentation représente la plus grande part du budget des
ménages pour tous les groupes de consommation et pour toutes les régions.
Selon le rapport publié sur le profil de pauvreté, avec un montant moyen de dépenses
variant dans une proportion de 1 à 3,5, du groupe le plus pauvre au groupe le moins
pauvre, l’alimentation apparaît comme la dépense la moins compressible de toutes les
catégories de dépenses des ménages.
A Bamako, c’est en moyenne 42% des budgets qui sont affectés à l’alimentation, contre
53% au niveau national.
La même source indique que dans le groupe très pauvre la dépense moyenne
d’alimentation est de 95 F CFA/jour. Ce montant s’accroît de 80% dès que l’on passe au
groupe supérieur. Cette différence prononcée entre pauvres et très pauvres indique,
semble-t-il, un niveau d’insatisfaction important chez ces derniers. Ce qui fait dire aux
auteurs de l’analyse du profil de la pauvreté qu’il est probable que le montant de 95 F cfa
par jour ne permette pas de satisfaire convenablement les besoins alimentaires et qu’à ce
titre une part importante du groupe très pauvre soit en état d’insatisfaction permanente.
En prenant 2450 calories par jour comme besoins énergétiques de référence, il apparaît
que :
- sur l’ensemble du pays, la moyenne de consommation par tête est de 2251 cal/jour ;
soit 92% du niveau de référence ;
- les non pauvres, avec une moyenne nationale de 2494 cal/jour, satisfont en totalité
leurs besoins nutritionnels ;
- les pauvres sont proches d’un niveau de satisfaction totale avec une consommation
de 2319 cal/jour ;
- les très pauvres, avec une consommation de 1908 cal/jour, n’arrivent à satisfaire
que 77% de leurs besoins nutritionnels.
- c’est dans le milieu urbain que les déficits énergétiques sont les plus prononcés.
- Le District de Bamako, avec une moyenne de 2072 cal/jour ; soit 85% des besoins,
représente une poche de faible consommation énergétique. Aussi à Bamako, même
le groupe non pauvre, avec une consommation de 2207 cal/jour, se situe au
dessous de la barre des 2450 cal/jour.
Il ressort également des résultats de l’enquête budget consommation que 19% des enfants
souffrent d’une malnutrition chronique légère et 23,7% souffrent de malnutrition chronique
accentuée. La malnutrition chronique, sous sa forme accentuée, touche en majorité les
enfants des groupes les plus pauvres.
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La malnutrition chronique (mesurée par le rapport taille/âge) est moins importante en milieu
urbain qu’en milieu rural. A Bamako et dans les autres communes le pourcentage de mal
nourris est en effet plus faible que dans les milieux ruraux (Nord, Ouest, Est, Sud). Cette
apparente contradiction avec ce qui est constaté ci-dessus, à savoir la faiblesse de l’apport
énergétique dans les milieux pauvres urbains, s’explique par la nature de l’alimentation. En
milieu urbain les rapports nutritionnels s’avèrent plus diversifiés qu’en milieu rural. Il en
résulte un apport en lipides et en protides plus important dans le milieu urbain que dans le
milieu rural, mais néanmoins inférieur aux proportions recommandées par les experts de la
FAO/OMS.
Si dans le milieu urbain les enfants pauvres sont plus fréquemment atteints de malnutrition
que les non pauvres en milieu rural. Il n’y pas de différence significative entre pauvres et
non pauvres à l’exception de la zone rurale Ouest où les pauvres sont plus fréquemment
mal nourris.
La malnutrition aiguë est mesurée par le rapport poids/taille chez les enfants et par l’indice
de masse corporelle chez les adultes. Ces indicateurs sont particulièrement significatifs en
période de pénurie alimentaire.
Il apparaît donc que dans toutes les zones géographiques le niveau de satisfaction des
besoins nutritionnels est corrélé au niveau de consommation des ménages ; moins on est
riche, moins l’apport énergétique est satisfaisant. Etant donné la proportion importante que
représente la consommation alimentaire dans le budget des ménages les plus pauvres, il
apparaît peu vraisemblable que pour la plupart de ceux-ci le montant affecté aux dépenses
d’alimentation puisse être accu.
Le milieu urbain, avec des rapports énergétiques plus réduits, mérite une attention
particulière. Les groupes pauvres y sont particulièrement vulnérables ; plus exposés aux
maladies du fait d’un trop faible niveau énergétique ; ils sont aussi moins en mesure de
s’assurer des revenus. En revanche le faible niveau d’autoconsommation en milieu urbain,
a pour contrepartie une alimentation plus diversifiée qu’en milieu rural et qui se révèle plus
équilibrée par les rapports nutritionnels.
La faiblesse des échanges s’avère ainsi corrélée avec une moindre satisfaction des
besoins nutritionnels, particulièrement hors de la zone céréalière. Le milieu rural permet
cependant d’assurer toujours un apport énergétique égal ou supérieur à 72% des besoins.
En revanche la monétarisation contribue à une alimentation plus équilibrée. Sa contrepartie
est un niveau d’insatisfaction très élevé pour les plus démunis.
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Chapitre 2 : Etat des systèmes de production
Le système pastoral est défini comme un système où plus de 50% du revenu brut (la valeur
utilisée pour la subsistance + valeur commercialisée) ou plus de 20% de l’énergie
alimentaire consommée par le ménage provient de l’élevage ou d’activités connexes
(tableau 1.7 bis a). Il se divise en trois sous systèmes :
répandu dans la zone aride au Nord du Mali il se caractérise par la grande mobilité des
éleveurs, en grande majorité des nomades, et basé essentiellement sur l’élevage camelin.
Il n’a pratiquement pas de lien avec l’agriculture. L’élevage procure environ 99 % du revenu
brut;
rencontré dans les zones semi-arides du Nord et Nord ouest du pays, il est caractérisé par
une association de l’élevage des bovins, moutons et chèvres aux cultures sèches. Environ
78 % du revenu brut du sous-système viennent de l‘élevage ;
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Tableau 1.7 bis a : caractéristiques des systèmes pastoraux du Mali
Systèmes pastoraux
Associé aux cultures Associé aux
Caractéristiques Pur pluviales cultures irriguées
Contribution de
l’élevage au revenu 99 78 57
brute (%)
Pluviosité, mm/an < 400 300-600 Variable
Relation avec Un peu d’agriculture, Possession de
l’agriculture Faible Echange de fumier champs emblavés
Nombre UBT/100 ha 0,0-3,9 4,0-17,9 10,0-27,9
Densité humaine Très Faible/moyen Elevée/très élevée
faible
Densité animale Faible Faible/moyen Moyen/élevée
Mobilité Elevée, Moyenne, base fixe Elevée en saison
aucune pluvieuse
base fixe
Importance Elevée Moyenne Moyenne/élevée
Dans ce sous système rencontré dans le delta mort du Niger, l’élevage est pratiqué par des
producteurs, essentiellement exploitants agricoles de l ‘Office du Niger. Là, la principale
culture est le riz. Le sous système tire de l’élevage 15 % de son revenu brut.
Dans ce sous système localisé dans la zone subhumide du sud l’élevage est une
composante mineure procurant seulement 10 % du revenu brute. Il est associée aux
cultures de subsistance et de rente avec comme principales cultures le mil, le sorgho,
l’arachide et le coton.
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Tableau 1.7 bis b : caractéristiques des systèmes agropastoraux
Systèmes agropastoraux
Associé aux Associé aux Associé aux cultures
Caractéristiques cultures cultures irriguées de rente
pluviales
Contribution de
l’élevage au revenu 25 15 10
brute (%)
Pluviosité, mm/an 400-800 Variable 700-1400
Relation avec Possession de champs emblavés, traction animale et
l’agriculture résidus de récoltes sont importants
Nombre UBT/100 4,0-9,9 10-17,9 4,0-17,9
ha
Densité Humaine Moyen Elevé Moyen
Densité Animale Faible/moyen Moyen/élevée Moyen/élevée
Mobilité Faible et pour de courtes distances pendant la saison
des cultures
Importance Elevée Elevée Elevée
Source : Adapté par les auteurs à partir de Wilson, 1986
les systèmes périurbains laitiers, plus ou moins intensifs sont localisés autour des
agglomérations de Bamako, et autres capitales régionales (Sikasso, Koutiala, San,
Ségou et Mopti)
Ces systèmes assez récents, sont actuellement concentrés autour des grands centres
urbains. Ils sont pratiqués par des éleveurs, agriculteurs, commerçants et des
fonctionnaires. Le développement de l’élevage laitier est fortement conditionné par son
intégration dans les circuits de commercialisation. Le bassin d’approvisionnement de la
capitale se caractérise par une grande diversité de systèmes de production.
Les systèmes villageois fonctionnent sur un mode traditionnel avec peu d’influence de la
ville. Les concessions rurales, les parc privés et communaux en revanche, sont des
systèmes crées par l’urbanisation et dont le mode de fonctionnement est totalement lié à la
ville (tableau 1.7 bis c). Tous les élevages bénéficient d’un suivi vétérinaire ; le
déparasitage et la vaccination sont de règle. L’Insémination artificielle est parfois utilisée et
la production annuelle varie entre 180 et 1200 litres de lait par vache présente.
les systèmes d’élevages hors sol, qui comprennent essentiellement les ateliers
d’aviculture et d’embouche bovine et ovine, également localisés autour des
agglomérations de Bamako et autres capitales régionales (Sikasso, Koutiala, San,
Ségou et Mopti).
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L’embouche bovine
Au centre et au sud du pays, l’embouche est pratiquée comme une activité saisonnière
servant à valoriser les résidus de cultures en associant les aliments concentrés localement
disponibles (tourteaux de coton). Cette activité se déroule en saison sèche chaude entre 40
et 90 jours. Les bénéfices réalisés dans cette opération reposent sur la variation
saisonnière des prix et sur l’embonpoint des animaux reflet du succès de l’opération
d’embouche.
L’aviculture moderne autour de Bamako compte 106 élevages avicoles dotés d’un effectif
de 200.000 têtes représentant les 85-90 % des élevages améliorés du pays. Les effectifs
par exploitation vont de 500 à 6000 pondeuses ou de 200 à 3000 poulets de chair. La
majorité des aviculteurs sont des commerçants, fonctionnaires, hommes d’affaires ou
militaires pour lesquels l’élevage est une activité secondaire.
Les importations de poussins d’un jour se sont rapidement développées avec 107127
poulettes et 15255 coquelets de chair en 1996. elles devraient s’accroître de façon
significative pour répondre à une demande urbaine en augmentation constante. Les
coûts d’alimentation représentent 60-75 % des coûts de production en aviculture. Les
maladies rencontrées sont dues au manque d’hygiène ou à l’inefficacité des mesures
prophylactiques. Le taux de ponte varie entre 65-80 %.
Caractéristiques
Localisation Concessions rurales autour des grandes agglomérations
Contribution revenu brute 100 %
(%)
Pluviosité, mm/an Variable selon les zones
Relation avec l’agriculture Fourniture de fumure et force de travail en échange des
résidus de récoltes et fourrages cultivées
Densité humaine Forte
Densité animale Faible
Mobilité Réduite
Importance En accroissement constant
Les principaux produits animaux fournis par les différents systèmes de production
comprennent les productions suivantes (lait, viande, œufs, peaux et cuirs, travail et fumier).
L’évolution des productions au cours des dix dernières années fait apparaître un
accroissement de 26 % pour la viande, 10 % pour le lait et 28 % pour les peaux et cuirs.
19
Tableau 1.8 : principales productions animales primaires (1000 tonnes /nombre)
20
Tableau 1.10 : Principaux produits animaux primaires exportés (1000 tonnes/nombre)
Viande (t) Lait (t) Oeufs (t) Fibre (t) Peaux (No.) Animaux (No.)
Espèces 1990 1999 1990 1999 1990 1999 1990 1999 1990 1999 1990 1999
Bovins 425000 185000 200000
Buffles
Moutons 300000 300000
Chèvres 3100000 160000 150000
Chameaux 400 588
Lamas et
Alpaca
Chevaux
Anes
Porcs
Poules
Dindes
Canards
Oies
Lapins
Les produits secondaires de l’agriculture dans le contexte du Mali sont : le fumier, la force
de travail (traction, bât et la selle) et la pharmacopée traditionnelle. L’évaluation
approximative de la valeur marchande de ces produits indique un apport de 50,6 milliards
de francs CFA équivalent à la contribution de l’élevage à la formation du PIB (tableau 1.10
bis a).
Les changements intervenus dans la contribution des espèces dans la sécurité alimentaire
durant les dernières et les 10 prochaines années apparaît dans le tableau1.10 bis b.
21
Tableau 1.10 bis b : Prévisions des ressources et des consommations par habitant en 2010
et 2015.
Par ailleurs, le rapport 2,3 ruraux pour 1 urbain en 1998 passera, selon les indications
démographiques actuelles, à 1,2 ruraux pour un urbain en 2020 (tableau 1.10 bis c) Cette
modification majeure dans la structure de la population entraînera un besoin doublement
des besoins en produits animaux. Ceci correspond à un accroissement annuel de 3,2 %
des productions par agriculteur .
Ce ratio rural/urbain sera encore plus aigu dans les régions sahariennes. Dans ces zones
la population qui est aujourd’hui rurale à 70 % environ, passera à 45 % suite à l’exode
massif vers les chefs lieux de région.
22
2.5. Facteurs limitant et principales contraintes de productivité du bétail
Au Mali, les recherches sur les ressources génétiques animales ont porté essentiellement
sur l’amélioration du potentiel génétique des animaux et celle des conditions de leur
exploitation.
L’analyse des contraintes communes fait ressortir les facteurs suivants : l’alimentation, la
santé animale, l’amélioration génétique et la commercialisation.
De tous les facteurs influençant la productivité du bétail, l’alimentation joue un rôle plus
important. Celle-ci repose essentiellement sur les pâturages naturels. Les disponibilités
fourragères des ces pâturages sont limités et varient en quantité et en qualité d’une zone à
l’autre et d’une période à l’autre. Cet état de fait est dû à la dégradation des pâturages
amplifiée par la sécheresse prolongée, au surpâturage , aux feux de brousse et à la non
mise en œuvre de la charte pastorale. A cela, il faut ajouter l’absence de techniques de
conservation et de stockages de des aliments, l’insuffisance de sous produits agro-
industriels et de résidus de cultures.
Contraintes sanitaires
Contraintes génétiques
Le potentiel génétique des races locales est mal connu et supposé faible. La sélection s’est
davantage concentrée sur la nécessité de faire face aux fluctuations des disponibilités en
eau , en aliments et aux maladies que sur des objectifs précis de production. Les actions
d’améliorations génétiques sont très timides et ont une portée limitée. Ceci s’explique par
le caractère extensif de l’élevage, la mauvaise maîtrise des schémas d ‘amélioration
(croisement et sélection), le manque d’expérimentation en milieu réel, le manque de
constance dans l’exécution des programmes et l’absence de maîtrise de l’alimentation du
bétail.
23
Contraintes de commercialisation
Le circuit commercial du bétail et des produits animaux présente des faiblesses. La vente
de lait n’est pas gérée par un système de commercialisation efficace. Les producteurs sont
mal organisés et il n’existe pas de systèmes d’information sur l’état du marché laitier.
Les marchés sont éloignés des lieus de production et le circuit de collecte est mal
organisé. En raison de la température élevée, la conservation du lait et de la viande pose
problème. La commercialisation du bétail et de la viande souffre d’un manque de
débouché vers l’extérieur. Les infrastructures de transformation et de conservation des
produits animaux sont très peu développées. Cette situation semble être à l’origine de la
fluctuation inter annuelle des prix et de certaines pénuries saisonnières de ces produits
Contraintes spécifiques
- l’alimentation du bétail
- L’amélioration génétique
Les principales races bovines et de petits ruminants élevés dans la zone sont les taurins
N’dama et les races du sud peu productives. L’introduction des races améliorées rencontre
d’énormes difficultés liées à la présences des glossines vecteurs de la trypanosomiase.
- Santé animale
- l’alimentation du bétail
Ces zones se caractérisent par un élevage de type extensif. Outre un disponible fourrager
insuffisant, le manque d’eau rend difficile l’exploitation des pâturages qui pour la plupart
sont dégradés par l’action de la sécheresse et du surpâturage. La propriété collective de
ces pâturages et l’absence d’un système de gestion adapté constituent des obstacles
importantes à toute notion d’aménagement.
24
- Santé animale
Sur le plan sanitaire, la pneumopathie infectieuse des petits ruminants et les helminthiases
gastro-intestinales entravent les efforts de développement de l ‘élevage. La pathologie du
dromadaire est mal appréhendée.
- Socio-économie
25
Tableau 2.2 Changements dans la distribution des systèmes
de production durant les 20 dernières années
Systèmes de production
Espèces Faible niveau Niveau moyen Haut niveau Total
Bovins (-) (+)
Buffles
Moutons 0
Chèvres 0 0
Chameaux + 0
Lamas Alpagas
Chevaux 0 0
Anes 0 0
Porcs 0 0
Poules (--) (++) 0
Dindes 0 0
Canards 0 0
Oies 0
Lapins 0
Pintades (++)
Les changements intervenus dans la structure de la production agricole dans ces dernières années
se rapportent à une légère augmentation des proportions des systèmes à niveau moyen d’intrants.
Ceci s’est traduit par le développement des élevages périurbains autours des agglomérations
urbaines. Les changements les plus significatifs concernent l’aviculture où les techniques de
productions sont de type intensifs.
La sédentarisation des troupeaux n’a pas été accompagnée d’une utilisation importante d’intrants
dans les systèmes agropastoraux.
Tableau 2.3 :Type d’exploitation d’élevage par système de production pour les bovins (%)
Systèmes de production
Type d'exploitation Faible niveau Niveau moyen Haut niveau Total
d'intrants d'intrants d'intrants
En élevage traditionnel, les petits ruminants sont soumis aux mêmes conditions
d’exploitations que les bovins. C’est pourquoi, le tableau 2.3 caractérise aussi bien
l’exploitation des bovins que celles des petits ruminants.
26
Tableau 2.7 : Type d’exploitation d’élevage par système de production pour les chameaux (%)
Systèmes de production
Type d'exploitation Faible niveau Niveau moyen Haut niveau Total
d'intrants d'intrants d'intrants
L’élevage camelin qui reste localisé dans les zones arides et désertiques du système
pastoral est marqué par le type d’exploitation de subsistance à faible niveau d’intrants.
Tableau 2.9 : Type d’exploitation d’élevage par système de production pour les chevaux (%)
Systèmes de production
Type d'exploitation Faible niveau Niveau moyen Haut niveau Total
d'intrants d'intrants d'intrants
Subsistance 0
Petite exploitation familiale 100 100
petite exploitation commerciale 0
Grande exploitation commerciale 0
Les chevaux constituent un compagnon de l’homme et bénéficie à ce titre d’une attention particulière.
Même en l’élevage pastoral, les chevaux ont toujours bénéficié d’une ration alimentaires adéquate
utilisant de quantités relativement importantes d’intrants.
Tableau 2.10 : Type d’exploitation d’élevage par système de production pour les ânes (%)
Systèmes de production
Type d'exploitation Faible niveau Niveau moyen Haut niveau Total
d'intrants d'intrants d'intrants
L’âne est l’animal de bât par excellence. Il bénéfice à ce titre de compléments alimentaires
bien inférieurs à ceux distribués aux chevaux..
27
Tableau 2.11 : Type d’exploitation d’élevage par système de production pour les porcs (%)
Systèmes de production
Type d'exploitation Faible niveau Niveau moyen Haut niveau Total
d'intrants d'intrants d'intrants
il existe très peu d’exploitations commerciales de porcs au Mali. Cependant les régions de
Koulikoro et Ségou disposent de petits troupeaux de type familial, exploités sous un mode
extensif.
Tableau 2.12 : Type d’exploitation d’élevage par système de production pour les poules (%)
Systèmes de production
Type d'exploitation Faible niveau Niveau moyen Haut niveau Total
d'intrants d'intrants d'intrants
Le poulet est traditionnellement élevé dans la basse cour familiale. Cependant, Il existe des
exploitations de type moderne utilisant de races exotiques et un niveau d’intrant moyen à élevé pour
la production de chair et d’œufs.
Tableau 2.17 : Type d’exploitation d’élevage par système de production pour autres espèces
(pintades) (%)
Systèmes de production
Type d'exploitation Faible niveau Niveau moyen Haut niveau Total
d'intrants d'intrants d'intrants
L’élevage de la pintade est surtout pratiqué en milieu rural dans les régions de Koulikoro,
Ségou et Sikasso. Malgré le caractère extensif de cet élevage, la production est
principalement destinée à la commercialisation. Il reste donc ouvert aux techniques
d’amélioration.
28
Chapitre 3 : Etat de la diversité génétique
a. Les zébus
Les zébus ont été introduits en Afrique de l’Ouest après les taurins par les peuls venus de
l’est qui supplantèrent peu à peu la première espèce de bovin (Mason, 1969). Au Mali on
distingue deux types de zébus : le zébu arabe à cornes courtes et le zébu peul à longues
cornes
Occupent les zones sahéliennes et se caractérisent par leurs cornes courtes . dans ce
groupe on distingue : la race maure, touareg et la race Azaouak.
- Le zébu maure
c’est un grand marcheur et un excellent porteur. La vache est considérée comme une
bonne laitière du pays. En élevage extensif, elle donne par lactation 800-1000 litres de lait
à 4.5 % de matières grasses. On le rencontre tout le long de la frontière avec la Mauritanie,
dans la boucle du Niger, dans le cercle de Goundam et dans le delta.
- Le zébu touareg
se rencontre dans la boucle du Niger au nord du delta central du Niger (Niafunké,
Goundam) et sur le plateau central Nigérien. Le bœuf est utilisé comme porteur et son
aptitude bouchère est très développée.
- Le zébu Azawak
Il tire son nom de la vallée de l’Azawak, son berceau. Au Mali, sa zone privilégiée se trouve
dans le cercle de Menaka. Cette race est considérée la plus laitière de l’Afrique de l’ouest.
Dans les élevages améliorés la production laitière journalière peut atteindre 7-8 litres voire
12 litres en station. Douce et docile la race possède des aptitudes au travail et au portage.
Les semences de cette race sont conservées au CIRDES, à Bobo Dioulasso, Burkina
Faso.
Ce sont des zébus à grandes cornes et comportent des variétés soudanaises, nigériennes
et sénégalaises. Au mali, on les rencontre dans le Macina, les régions de Nara, Nioro, dans
la boucle du Niger et sur le plateau central nigérien. Actuellement avec le déplacement des
populations bovines, son aire s’étend jusqu’à l’extrême sud du pays dans le cercle de
Kadiolo. Les principales variétés sont :
- le zébu peul soudanais : (région de Ségou), robe grise, noire-pie et pie-noire type
standard du Sahel ;
29
- le zébu Peul du Macina : comporte plusieurs variétés qui sont :
- le zébu peul Toronké : qu’on rencontre dans le nord de la région de Kayes. Il est
apparenté au zébu peul Gobra sénégalais et présente d’excellentes aptitudes
bouchères.
- zébu peul Sambourou : se rencontre au nord des régions de Kayes et de koulikoro. Les
zébus peuls se distinguent des zébus arabe par sa grande résistance au milieu humide qui
leur permet de vivre en zone soudanienne. Ce sont de bons animaux de boucherie avec des
rendement carcasse de 46 % en élevage extensif et de 55 % en embouche ;
- zébu peul Bororo : atteint 300-400 kg pour les mâles et 250-300 kg pour les femelles. La
lactation s’étale sur 6 mois en moyenne et varie entre 2,5 litres en début et 1.5 litres en fin
de lactation
b. Les taurins
Race N’dama : La race N’dama est le type le plus représentatif de l’espèce taurine en Afrique
occidentale. Son berceau est la Fouta Djallon en guinée ; au Mali on la rencontre dans les cercles
de Yanfolila, de Kenieba et le sud de Kita. C’est une race connue pour sa trypanotolérance. Son
aptitude bouchère est appréciable. Les taureaux atteignent 300 kg en moyenne et la vache 250
kg. Le rendement carcasse est de 45-50 % et plus en cas d’engraissement.
La race Méré :C’est un produit de croisement du N’dama x zébu peul qui possèdent des caractères
ethniques bien fixés. Son aire géographique est le Kaarta, le Beledougou, le Mandé et le Miankala.
La production laitière n’est pas élevée ; la vache donne 300 à 800 litres de lait par jour. Le
rendement carcasse est de 45-50 % et peut dépasser cette valeur en cas d’engraissement. Le
bœuf est utilisé pour la culture attelée
Les métis exotiques :Depuis les années 50, des races exotiques ont été introduites au mali pour
améliorer les races autochtones par voie de croisement. Ces dernières années, on assiste à un
développement du métissage dans les systèmes périurbains où on dénombre 3000 métis
constitués de plus 140 types génétiques dont les plus importants sont par ordre d’importance
décroissant, les ¼ Montbéliard-3/4 zébu peul ; ½ montbéliard-1/2 zébu peul ; ¼ rouge des steppes-
¾ zébus maure. On note une absence de schéma approprié de croisement, ce qui constitue un
danger pour les races autochtones que pour le développement de synthétiques adaptées.
C’est un animal rectiligne, médioligne et eumetrique. Assez grand, Il est peu musclé et
d’aspect général peu attrayant. La toison est généralement blanche souvent marquée de
noir ou de brun à la tête et aux extrémités, plus rarement sur le corps
30
Le mouton dit Koundoum est une variété de mouton de mouton du Macina dégénéré. De
couleur noire, Il est élevé sur les rives du Niger entre Tombouctou et Niamey et surtout
dans les îlots de ce biefs
Est élevé dans les cercles de Nara et de Nioro. Les poils sont utilisés pour la fabrication
des toiles de tentes. Les peaux d’agneaux sont utilisées pour la confection de tapis et de
couvertures. Le mouton maure à poils longs a été croisé avec le mouton Boukhara
(astrakan) pour produire de la fourrure de qualité.
le grand targui
Taille 78-80 cm, pèse 40-60 kg, périmètre thoracique 85 cm. La robe est blanche,
plus ou moins tachetée vraisemblablement du croisement avec les races peul
le petit targui
A une taille plus réduite 50-60 cm, un poids de 20-30 kg. Le poils est
uniformément gris fauve, plus long que chez le grand targui. On le rencontre
dans la Gourma au dessous du 15ème degré de latitude.
Ils sont essentiellement élevés par les peuls ; on en distingue les variétés suivantes :
Toronké, Sambourou et Bali-bali
31
Les moutons à poils du sud
Ils sont représentés par la race Djallonké . Elle est répandue dans tout l’ouest africain au
dessous du 14è parallèle et se rencontre au sud du Mali, en Guinée, au Sénégal, au Niger,
en cote d’ivoire, au Burkina Faso jusqu’au Bénin
On distingue deux types de caprins : la chèvre du Sahel et chèvre naine appelée chèvre de
guinée.
La chèvre du Sahel
Est très prolifique, mais moins rustique que la chèvre de Guinée parce que sensible à la
trypanosomiase. Elle donne 0,5 à 1,5 litres de lait par jour. La viande est sans odeur et
d’excellente qualité sauf chez le bouc.
De petite taille (0.4-0.5 cm), atteint un poids de 18 à 20 kg. Le type variant sous l’influence
du milieu, la taille et le poids vont en diminuant à mesure qu’on descend vers la cote
atlantique pour aboutir aux chèvres naines des lagunes. Rustique et prolifique, elle est
tolérante à la trypanosomiase. La femelle est mauvaise laitière
32
la limite septentrionale de ce cheval est la limite sud de la zone du dromadaire. La
limite sud est marquée par les gites permanents des tsé-tsé :la Gambie inférieure, la
Falémé, le Bafing en amont de Bafoulabé, le Bani en aval de San et le Baoulé. On
en distingue trois variétés : le cheval Dongalow, le cheval Haoussa et le cheval
Songhoï
L’âne, très largement utilisé dans toutes les régions du pays pour les divers travaux, l’âne
est peu connu. Les principales races qu’on rencontre au Mali :
Peu d’études ont porté sur les porcins du pays. La race Somo est originaire du village de
Somo près de San et se rencontre dans les cercles de Bla, Tominan et San. Elle avait été
introduite en station pour des études de caractérisation.
Les races importées sont : le Korogho et la large white.
Les volailles
Au Mali, comme dans la plus part des pays africains, les souches locales de poulets sont
classés comme « poulets de brousse », « poulets d’Afrique » ou « poulets coureurs ». Ils
se reconnaissent par leur taille réduite, en comparaison des races introduites, leur rusticité
et une certaine prolificité. Contrairement aux races spécialisées, les femelles pondent et
couvent des œufs et conduisent leurs poussins. Les caractères morphologiques et
aptitudes moulés selon les conditions géoclimatiques et écologiques permettent de
distinguer deux variétés :
- le « sembachiè » : une souche à forte ossature, aux cuisses fortes et charnues, à la
poitrine large, profonde et peu charnue, et aux tarses forts, long et non emplumés ;
la poule pesant plus de 1,5 kg et coq plus de 2 kg ; la souche est moins prolifique ;
- le « douganchiè » : une souche ellipométrique aux tarses courts ; le coq atteint
rarement 1kg ; la poule est très prolifique, pouvant pondre plus de 20 œufs en une
seule couvée.
33
La poule rentre en ponte entre 6 et 7 mois et pond entre 5 et 19 œufs par couvée. Le taux
d’éclosion varie de 75 à 80 % , en moyenne, mais peut atteindre 100% quand le nid est
bien préparé et la femelle correctement entretenue. Le nombre de poussins éclos varie
entre 6 et 17. La poule fait entre 2 et 6 couvées par an. Les œufs sont petits, pesant en
moyenne entre 30 et 40 kg.
La pintade est originaire d’Afrique, ce qui lui avait valu l’appellation romaine de « Poule
d’Afrique » (Saunders, 1984). La variété rencontrée au Mali est la pintade casquée à
caroncules rouges. Elle est reconnaissable à son dos bombé, large et voûté, à sa tête
coiffée d’une protubérance cornée. La tête et une partie du cou sont recouvertes d’une
peau plissée bleutée. Trois coloris de plumage permettent d’en distinguer trois sous-
variétés :
- la pintade blanche : plumage blanc avec une couleur des œufs tendant vers le blanc
sale comme chez la poule locale ;
- la pintade Bobo : plumage noire et des œufs de couleur rousse comme celle de la
Rhode Island Red, elle est la plus lourde au Mali ;
- la pintade commune ou pintade grise : plumage est gris avec des taches blanche et
les œufs roux clair ; chaque plume est ocellée de taches blanches sur fond gris, ce
qui fait aussi appeler pintade grise perlée.
La pintade est très bonne pondeuse, 100 à 200 oeufs en 4 à 6 mois de ponte et entre en
ponte à environ 8 mois d’âge. La ponte commence vers mi-mars pour atteindre son pic en
juin-juillet. Elle est par contre très mauvaise couveuse, 1 à 2 pintadeaux par femelle par
couvaison. Les œufs sont surtout vendus pour la consommation. Les œufs de pintade sont
légèrement plus petits que ceux de la poule locale.
La taille moyenne du troupeau est de 24 têtes variant entre 10 et 50 têtes. Les pintadeaux
sont élevés claustration dans des paniers ou des espaces clos et nourris jusqu’à l’âge de 2
mois, de termites et de sons. Ils sont ensuite élevés en liberté totale comme les poules.
La cane pond entre 18 et 25 œufs par couvée. Elle fait entre 3 et 4 couvées par an, avec
un taux d’éclosion pouvant atteindre 100 %.
34
Les animaux de compagnie : chiens et chats
Peu de données existent sur cette catégorie d’animaux. Cependant dans l’espèce canine,
on distingue le lévrier de Menaka, très homogène et recherché à l’extérieur du pays.
Malgré les efforts importants consentis par les pouvoirs publics, des informations clés
restent manquantes en raison principalement de :
35
Principaux paramètres de l’élevage bovin malien
Paramètres
Structure du troupeau
- % sédentaires 63
- % transhumants 36
- % nomade 1
- taille moyenne du troupeau 51 têtes
Activités des éleveurs
- élevage exclusivement 8%
- commerce, artisanat 8%
- salariés et autres 4%
- agriculture 80 %
Structures du troupeau
- mâles entiers 27 %
- femelles 63 %
- mâles castrés 10 %
Origines des animaux
- animaux nés dans le troupeau 84 %
- animaux achetés 13 %
- confiés ou dons 3%
Reproduction
- nombre de femelles/taureaux 9
- âge au 1er vêlage 58 mois
- taux de fécondité 65 %
- intervalle entre vêlage 18,8 m
Production laitière
- % vaches traites/ ensembles 14 %
- disponible moyen/vache 0.8L
Mortalité
- veaux de 0 à 1 an 17 %
- ensembles du troupeau 8%
Taux d’exploitation net 5.4 %
Taux de croit 2.2 %
Source : Pradère et Sidibé, 1989
Bovins :
- Les zébus Maure, Peul (Toronké, Soudanais, Macina),Azawak et Touareg
- Les taurins N’Dama et Les Mérés
Ovins :
- Mouton Maure à poils ras, mouton Maure à poils longs, Mouton Peul (Toronké,
Sambourou, Bali-bali), Mouton Touareg (Grand et Petit Targui),Mouton du Macina,
Mouton Djallonké.
Caprins :
Poulets :
36
- Sembachiè (Race de chair), Doubanchiè (Race de ponte), Race mixte (variétés
Kokochiè, Dakissèchiè, Kolochiè,…)
Pintades :
- Variétés Boh-cami, Djiko-cami, Cami-finma, Cami-dièman
Equins :
- Cheval de Nioro, Cheval de Banamba, Cheval de Bandiagara et Le Dombi
Asins :
- âne du Nord, âne du plateau Dogon
Porcins :
- Porc Somo
Bovins :
- Zébu Goudali, zébus Pakistanais (Sahiwal et le red sindhi);
- Taurins : Normand, Tarentais, Montbéliard, Tachété de l’est, Schuvitz, Rouge des
Steppes, Holstein, Jersey, Sénépole, Charolais, Brahman, Brune Suisse, Sadova
rouge et l’Isker grise
Ovins :
- Mérinos, Charmois, Karakul ou Boukhara
Caprins :
- Angora, Guera, Sanem, race tchèque et la race alpine.
Poulet :
- Leghorn,Rhode Island Red, Whyandott, Isabrown,Sussex,Harco,Jupiter,
Pintade:
- Burkina-cami
Porcins:
- Race chinoise, Korogho, Yorkshire et la large White
Bovins :
- Montbéliard, holstein
Poulet:
- Leghorn, Rhode Island Red
Bovins :
- Azawak, Rouge des Steppes
37
Ovins :
- Mouton à laine du Macina, bali-bali.
Poulet :
- Sembachiè et Doubanchiè
Bovins
38
N’Dama 871 615 Diminution Croisements zébu
Méré 19 811 Augmentation
Exotiques* 20 000 Diminution Difficultés d’adaptation
*Montbéliard, Holstein, Rouge des Steppes
Ovins
Caprins
Poulets
Pour les autres espèces, c’est-à-dire les camelins, les équins, les asins, les porcins, les
pintades, et les dindons, le manque d’information n’a pas permis de dégager de tendances.
Il est cependant à noter qu’aucune race n’a été signalée disparue, bien que de sérieuses
menaces pèsent sur la race N’dama et le mouton à laine du Macina suite aux croisements
inconsidérés dont elles font l’objet.
39
40
Systèmes de collecte de données
Mécanisme de suivi
Etudes de caractérisation
Au Mali, il existe bien des espèces sauvages apparentées aux espèces domestiques sans
qu’on ne puisse évoquer des méthodes propres à leur exploitation rationnelle. Parmi elles,
on peut citer l’Autruche (Stratrio camelias), la pintade (Numia sp), l’aulacode, la grue
couronnée et l’oie de gambie. De nouvelles espèces sont au stade de domestication ; il
s’agit du porc-épic (Hytrix cristata ) et le rat de Gambie (Crycethomys gambianus).
Les pintades sauvages sont obtenus à partir des œufs éclos par les poules et les canes.
Les jeunes font l’objet d’une attention particulière jusqu’à l’âge de deux mois (soins
particuliers, apport de termites etc.) et sont mis en liberté comme les poules. La résistance
aux différentes pathologies, la qualité de sa chair, très recherchée par la population,
donnent un souffle nouveau à l’élevage de cette espèce dans les systèmes avicoles
traditionnels.
L’Autriche est un animal bien connu dans les zones désertiques du Mali où il vit à l’état
sauvage. Actuellement en voie de disparition, cet animal fait l’objet d’introductions
fréquentes dans les systèmes périurbains à partir de l’Afrique du sud pour une exploitation
à fins multiples (plumage, viande et autres). Les expériences actuelles ne permettent pas
de tirer des enseignements précis sur tous les aspects de production.
Dans le souci de capitaliser cette expérience, un projet de recherche est déjà soumis au
financement du gouvernement. Les activités de recherche visent à réunir l’ensemble des
référentiels techniques permettant une exploitation intensive de l’espèce.
41
3.6. La faune sauvage et menace de la diversité génétique
Le Sahel malien est caractérisé par la présence d’un troupeau d’éléphant de 600 têtes
environ représentant la population la plus septentrionale de l’Afrique de l’ouest.
Ces éléphants qui évoluent annuellement entre le gourma malien (10 mois) et le Sahel
burkinabé (2 mois) se retrouvent menacés par la dégradation des ressources pastorales
suite à la sécheresse persistante et au braconnage.
A coté de ces éléphants, d’autres animaux sont menacés d’extinction dans le sahel. Il s’agit
en occurrence de la girafe (Girafa camelopardalis), du mouflon à manchette (Amnotragus
lervia), l’autruche (Stratrio camelias) l’addax (Addax nasomaculatus) et de l’Oryx (Oryx
algazella).
En zones soudaniennes et guinéennes l’attention doit être portée sur les espèces
suivantes : Buffle (Syncerus caffer), l’Eland de Derby, le Chimpanzé, Lycaon (Lycaon
pictus), le Pangolin géant, Lamantin et le Léopard
42
Chapitre 4 : Etat de l’utilisation des ressources génétiques animales
Conservation in situ :
Conservation ex situ : Ces points seront traités au chapitre 5
Tableau 4.1 : Importance relative des produits et services fournis par les animaux
dans chaque espèce (%)
Espèces
nt
me
e e
ne
ris ion d
res
n
en ion
on
s
tio
er
e
me
x
nd
ltu
re
qu
au
vir
mi
tal
st
st
ac
el
Lait
Plu
Via
Fib
Ge
Cu
Ge
Pe
Fu
Fu
To
Tr
Bovins 30 30 5 10 15 5 5 100
Buffles 0
Moutons 15 60 2 16 5 2 100
Chèvres 15 60 15 5 5 100
Chameaux 70 5 10 10 5 100
Lamas et Alpaca 0
Chevaux 30 65 5 100
Anes 98 2 100
Porcs 100 100
Poules 80 20 100
Pintades 80 20 100
Dindes 100 100
Canards 100 100
Oies 100 100
Lapins 100 100
Tableau 4.2 : Importance relative des espèces dans les produits et services fournis
par les animaux (%)
Espèces
n
me
vir on
ne
ue
En sti
res
on
on
t
s
isq
er
e
me
Ge
x
nd
cti
ltu
re
au
mi
el
r
it
Tra
Plu
Via
Fib
Cu
Pe
du
Fu
Fu
La
Bovins 50 45 40 60 70 70
Moutons 10 14.1 100 20 20
Chèvres 20 20 0 35 20
Chameaux 20 1.8 0 5 30 30
Chevaux 0 10 70
Anes 0 20
Porcs 0.8 0
Poules 13 70
Pintade 5.4 30
Dindes
Canards
Total 100 100.1 100 ##### #REF! 0 100 #REF! 0 100 100 0 0
43
Instruments politiques et juridiques influençant l’usage des RGA
La charte pastorale
La charte pastorale précise les droits essentiels des pasteurs , notamment en matière de
mobilité des animaux (bovins, ovins-caprins, camélins, équins et asins) et d’accès aux
ressources pastorales. Elle définit les obligations des acteurs dans l’exercice des activités
pastorales notamment la préservation de l’environnement et le respect des biens d’autrui.
Les ressources concernées par ces dispositions sont : les espaces pastoraux, les espaces
agricoles et les points d’eau.
Dans le domaine forestier non classé, l’accès aux pâturages est libre et ne donne lieu à la
perception d’aucune taxe ou redevance. De même, l’accès des animaux aux terres salées,
gîtes d’étapes et aux pistes de transhumance ne donne lieu à aucune taxe.
Les pâturages herbacés et aériens peuvent être exploités par tout pasteur, sous réserve du
respect des règles générales relatives à la protection de l’environnement et à la gestion
des ressources naturelles ;
L’accès aux bourgoutières communautaires est ouvert à tous. Toutefois les animaux des
collectivités détentrice des droits coutumiers sur les bourgoutières y ont un droit d’accès
prioritaire, dans le respect des d’usages pastoraux .
Après les récoltes, les champs sont ouverts à la pâture des animaux. Les animaux de la
collectivité disposent d’un droit d’accès prioritaire. L’accès aux espaces agricoles est ouvert
à partir d’une date fixée chaque année par chaque collectivité territoriale pour le territoire
relevant de son ressort, en concertation avec les producteurs agricoles et les organisations
de pasteurs.
L’accès aux jachères est libre pour tous les pasteurs et ne donne lieu à aucune taxe ou
redevance.
L’accès à l’eau des rivières, des fleuves, des mares et des lacs du domaine public, en vue
de l’abreuvement des animaux, est libre et ne donne lieu à la perception d’aucune taxe ou
redevance. L’exploitation des ressources en eau doit se faire dans le respect des droits des
autres utilisateurs, sans abus ni gaspillage.
44
Lorsque les points d’eau naturels sont aménagés comme points d’eau pastoraux, les
pasteurs y ont un droit d’accès prioritaire. L’accès à ces points d’eau peut être soumis au
paiement de taxes ou de redevances.
- déplacements internes
Sur toute l’étendue du territoire malien, les animaux peuvent être déplacés pour les besoins
de l’élevage sédentaire, transhumant ou nomade. Le déplacement des animaux se fait
suivant les pistes pastorales. Celles-ci sont constituées de pistes pastorales locales et de
pistes de transhumance.
Les collectivités territoriales assurent la gestion des pistes pastorales avec le concours des
organisation de pasteurs et en concertation avec tous les acteurs concernés. Elles sont
chargées de la création de ces pistes, de leur réhabilitation, réactualisation, redéfinition et
fermeture en cas de besoin. Elles procèdent à leur délimitation et assurent leur balisage et
leur entretien par tous moyens appropriés.
Les pistes pastorales font l’objet d’un suivi par les services techniques chargés de l’élevage
en rapport avec les collectivités territoriales , les organisations de pasteurs et les acteurs.
- déplacements internationaux
dans le cadre de la politique d’intégration régionale, les déplacements des troupeaux
maliens aux fins de transhumance internationale dans les pays voisins sont autorisés,
sauf dispositions contraires et sous réserves de mesures qui pourraient être prise par
les état concernés.
De même, l’entrée et le déplacement de troupeaux des pays voisins sur le territoire malien
à des fins de transhumance sont autorisées sous réserves de réciprocité et conformément
aux accords bilatéraux et régionaux liant le Mali.
La loi définit la semence d’origine comme tout matériel génétique animal à savoir, animal
sur pied, embryon, sperme, ovules destinés à la reproduction ou l’amélioration d’espèces
animales. De cette définition, il ressort que la semence animale est intrant biologique vivant
très fragile et facilement périssable et qui justifie les dispositions de cette loi. Ces
dispositions concernent la production, la diffusion, l’importation, l’exportation, la
commercialisation ainsi que le contrôle et la certification des semences sur toute l’étendue
du territoire.
Toute production semencière à des fins commerciales doit subir des contrôles suivant :
- contrôle de la pureté de la race ;
- Contrôle de la qualité du matériel génétique ;
- Contrôle des conditions de production ;
- Contrôle de l’état sanitaire
45
Toute introduction , importation ou diffusion de semences est subordonnée à la satisfaction
des normes de qualité en vigueur au Mali et la présentation d’un certificat sanitaire délivré
par un service compétant reconnu par les autorités maliennes
Seules les espèces et races animales inscrites au catalogue officiel national peuvent
donner lieu à une activité de production de semences certifiables sur l’étendue du territoire
national
L’exercice libérale à titre privé de la profession vétérinaire au Mali a été consacré par trois
textes fondamentaux en l’occurrence :
- la loi N° 86-64/AN-RM du 26 juillet 1986 portant autorisation de l’exercice à titre privé
de la profession vétérinaire modifié par la loi N°01 021 du 30 mai 2002. Cette loi
définit les domaines d’activités suivants :
la médecine individuelle et de masse ainsi que la chirurgie des animaux ;
la pharmacie vétérinaire ;
le cabinet conseil
46
de collecte et de diffusion de l’information ;
d’amélioration génétique du cheptel ;
de protection de l’environnement et de la santé publique etc.
4.1.1. Etat de l’usage par espèce
l’amélioration de Alimentation
- faire l'inventaire des pâturages naturels et des us et coutumes dans le cadre de la
décentralisation en vue d'éviter tout conflit;
- exploiter rationnellement les ressources pastorales;
- gérer les parcours dans le cadre des schémas et plans d'aménagement des terroirs
villageois et pastoraux;
- restaurer les terres et les pâturages dégradés;
- restaurer les bourgoutières;
- développer le suivi des écosystèmes pastoraux;
- vulgariser et développer les cultures fourragères surtout en zone périurbaines;
- valoriser les sous-produits de récolte et agro-industriels;
- intensifier la production d'aliment bétail.
l’amélioration génétique
- valoriser le potentiel génétique des races locales;
- conserver le potentiel génétique des races adaptées aux différentes zones
agroécologiques (préservation de la souche);
- caractériser les races locales (potentiel génétique);
- mettre en place un système de suivi zootechnique;
- élaborer les textes législatifs et réglementaires adaptés au nouveau contexte
d'introduction des races exotiques.
47
Les produits et services fournis par les animaux domestiques sont d’un intérêt capital pour
les populations.
48
Environnement et RGA
L’élevage pastoral
L’élevage pastoral constitue le seul moyen d’exploiter les ressources naturelles dans les
zones marginales à faibles capacité de production. Cependant, avec la persistance de la
sécheresse, l’élevage pastoral pur connaît une profonde mutation marquée par le
déplacement vers le sud de près de 40 % des effectifs bovins et 15 % des effectifs
camelins contre une augmentation de 20 % des petits ruminants.
Le grand avantage de l’élevage pastoral pur, tient à sa mobilité qui lui permet de mettre à la
disposition des animaux les maigres ressources en pâturages et eau toute l’année et
produire des aliments de grandes valeurs nutritives.
Dans ce contexte, les animaux jouent un rôle positif sur l'environnement en améliorant la
diversité des herbes par la dispersion des semences, et en brisant la croûte du sol. C'est
pourquoi les parcours arides sont un écosystème dynamique et très résilient, à condition de
respecter la capacité de charge de l’espace en hommes et en animaux.
Intégration agriculture-élevage
L'agriculture mixte utilise très efficacement les ressources naturelles. En effet l’élevage est
important pour la traction animale et le fumier joue un grand rôle dans les rendements en
raison des baisses généralisées de fertilité des sols de la zones ;
on observe une grande hétérogénéité des races animales exploitées au Mali quelque soit
les espèces considérées. Sur cette base, les producteurs disposent suivant les zones
agricoles de plusieurs stratégies relatives à la conservation et l’amélioration des animaux.
Ces stratégies font appel soit croisement, soit à la sélection en race pure (Tableau 4.3).
49
Tableau 4.3 : nombre de races largement utilisées avec des stratégies d’amélioration
génétiques
Dans les sociétés pastorales, les éleveurs prennent soins d’éviter tout contact de leurs
troupeaux avec d’autres animaux sur les parcours communautaires. Par cette méthode, ils
arrivent à préserver une certaine pureté de leurs races.
Dans la pratique ces méthodes traditionnelles se révèlent d’efficacité limitée. Deux facteurs
expliquent cette contre-performance.
Dans ce contexte, l’action gouvernementale a porté sur la promotion des races locales
dans les fermes expérimentales et dans les centres de multiplication et de diffusion des
races (N’dama, Maure, Peule et Azawak). Cette approche a été renforcée par les
programmes de sélection à noyau ouvert (PSNO1) axés en priorité sur les troupeaux bovins
(tableau 4.4).
1
PSNO : Programme de Sélection à Noyau Ouvert
50
Tableau 4.4 : nombre de races avec stratégies d’amélioration génétique et outils
utilisés
Dans les perspectives d’utiliser à vaste échelle la technique d’insémination artificielle dans
les zones d’intensification de la production animale, des essais ont été conduits sur
plusieurs années à Sotuba à partir de 1961. Les recherches ont permis d’expérimenter
différentes méthodes et d’évoluer de l’insémination au spéculum à l’insémination avec
fixation rectale du cervix sur chaleurs naturelles ou induites.
Actuellement l’IA est une technologie bien maîtrisée au Mali avec des applications en
grandeur nature dans les élevages périurbains où, de 1990 à 1998, 7000 inséminations
payantes ont été réalisées par le Projet de Développement de l’Agriculture périurbaine
(PDAP) dans les zones de Bamako et de Sikasso. Les taux de réussite ont été évalués à
53 % dans la zone de Bamako et à 62 % dans la zone CMDT avec une insémination de
rappel (IER/KIT,2000).
Le transfert d’embryons n’a pas encore fait l’objet d’une quelconque expérimentation au
Mali.
Utilisée pour
Technologie ou méthodologie Recherche Eleveurs
Construction index à plusieurs caractères 100
Outils d’optimisation des schémas d ‘amélioration génétique
Bases de données électroniques en relation avec schéma de contrôle 100 40
de contrôle de performances
Logiciels d’évaluation génétique pour sélection phénotypiques,
valeurs génétiques ( utilisation des technologies de la reproduction IA,
TE, etc.)
Cartes de linkage, microsatellites ou identification de QTL pour
sélection assistée par marqueurs
Autres technologies (à spécifier)
51
Tableau 4.6 : Rôle des parties prenantes dans la mise en œuvre des outils pour le
développement des RGA
Tableau 4.7 : Implication des parties prenantes dans les activités relatives au
développement des RGA
Tableau 4.8 : Préférences des parties prenantes pour les ressources génétiques
animales
Dans leurs stratégie d’amélioration de la production animale, les éleveurs montrent une
nette préférence pour les races et méthodes ci-après :
52
- introductions de races d’autres zones écologiques pour améliorer les aptitudes de
production des races localement adaptées dans les élevages périurbains (bovins,
ovins, caprins et volaille) en lait, viande et œufs.
- introduction de races exotiques pour des programmes de croisements inspirés par
les résultats de la recherche zootechniques pour améliorer la production laitières des
races localement adaptées.
- Création de nouvelles races à partir des parents exotiques et locaux (bovins, volaille,
ovins-caprins)
Dans cette optiques les races locales faisant l’objet d’un important trafic entre zones
écologiques sont :
- En races bovines : le zébus sahéliens (Maure, Touareg et Azawak) pour le lait ; le
zébu Toronké pour la viande ;
- En races ovines : le Bali-bali
53
Chapitre 5 : Etat de la conservation des RGA
Les programmes de développement des ressources animales ont prioritairement porté sur
l’amélioration des performances zootechniques par le croisement par introduction de races
exotiques; les races locales étant jugées peu performantes.
Dès lors il se pose un problème de conservation des races menacées quand l’on sait que
chacune d’elles est dotée de qualités spécifiques propres, facteurs essentiels de
biodiversité.
Tableau 5.1 : Nombre actuel de races dans les programmes de conservation établis
Au Mali les actions de conservation ont été initiées par le gouvernement dans les stations
d’élevage et de recherche zootechnique et dans les fermes expérimentales. Ces actions
ont été principalement orientées sur les zébus maure, peul soudanais, peul Toronké et la
race N’dama.
54
Le mouton Toronké en raison de ses aptitudes bouchères prononcées a également retenu
l’attention (tableau 5.1)
Tableau 5.2 : nombre actuel de races recevant des incitations et pour lesquelles
divers outils pour la gestion de programmes de conservation ex situ sont utilisés
Incitations Outils
Espèces Gouv. ONG Marché Stockage Stockages Stockages In Système
semences embryons ADN/tissus vivo de suivi
Bovins
Buffle
Mouton
Chèvres
Chameaux
Lamas et
Alpaga
Chevaux
Anes
Porcs
Poules
Dindes
Canards
Oies
Lapins
Pintades
NB : Données non disponibles
55
Tableau 5.3 : nombre actuel de races recevant des incitations et pour lesquelles
divers outils pour la gestion de programmes de conservation in situ sont utilisés
Tableau 5.4: Implication des parties prenantes dans la gestion des programmes de
conservation
56
5.1.1. Programmes de conservation au Mali
Conservation in –situ
Tableau 5.5 : besoins prioritaires pour l’utilisation des technologies pour les
programmes de conservation in situ
Besoins
Technologies Connaissances Formation Ressources Technologies
financières
Contrôle de performances 5 2
Evaluation génétique 3 2 4 4
IA/TE 2 4 4 5
Techniques moléculaires 5 5 5 5
Techniques d’amélioration 4 4 5 3
des RGA
• Objectifs
• Priorités
• Forces et faiblesses
Comme forces du projet il faut noter la réalisation de 10 mini barrages, de 182 km de piste
et pare-feu, 16 centres d’alphabétisation fonctionnelle et de l’installation de deux cabinets
vétérinaires, l’existence de 50 associations agropastorales, la maîtrise de pratiques de
gestion des pâturages et des troupeaux.
• Objectifs
o Améliorer les conditions de vie des populations du cercle de Ménaka par
l’accroissement d’un cheptel Azawak plus performant
57
o Reconstitution du cheptel Azawak
• Priorités
o Organisation des bénéficiaires de noyau de reproducteurs Azawak
o Approvisionnement des bénéficiaires
o Amélioration de l’alimentation des animaux
o Suivi vétérinaire et zootechnique
o Valorisation des produits laitiers et sous-produit de l’élevage
• Forces et faiblesses
o Financement adéquat et disponible des activités
o Enthousiasme des bénéficiaires pour le développement de la race
o Pratiques actuelles de la conduite de l’élevage (gardiennage non strict du
troupeau par exemple) peuvent mettre en cause la pureté et le
développement de la race
o Troupeau comportant plusieurs races
En plus des structures étatiques, les groupes ethniques élevage pastoral, ont le souci de
préservation de la pureté des races qu’ils élèvent sans qu’il ne soit possible de parler de
programme de conservation à proprement parler. Néanmoins les types génétiques
homogènes qu’on rencontre actuellement proviennent essentiellement de ce type d’action.
Conservation ex situ
• objectifs
o caractériser et améliorer par voie de sélection les races bovines Maure et
Peule à la station du Sahel
o déterminer les conditions de leurs exploitations économiques dans différents
systèmes de production ;
• priorités :
o préservation des races concernées ;
o diffusion des progrès génétiques et paquets techniques appropriés
• Forces et faiblesses
o effectifs réduits
o financements inappropriés
o variabilité des conditions d’élevage (écarts trop important entre la station et le
milieu réel) n’a pas permis l’adoption des innovations mises au point
o existence en station d’une souche de zébu peule plus homogène et plus
grande aptitude laitière
58
o déterminer les conditions de leurs exploitations économiques dans différents
systèmes de production ;
o
• Forces et faiblesses
o effectifs réduits
o financements inappropriés
o variabilité des conditions d’élevage (écarts trop important entre la station et le
milieu réel) n’a pas permis l’adoption des innovations mises au point
o existence d’un noyau de mouton Toronké à la station
• objectifs
o créer une nouvelle race à haut potentiel laitier par voie de croisement des
races bovines locales (zébus et taurins) avec la race rouge des steppes
o déterminer les conditions d’exploitation économique de la race
o maîtriser les biotechnologies de la reproduction
• Forces et faiblesses
o effectifs réduits
o financements inappropriés
o variabilité des conditions d’élevage (écarts trop important entre la station et le
milieu réel) n’a pas permis l’adoption des innovations mises au point
• priorités :
o caractérisation de la nouvelle races dans les différents systèmes de
production ;
o diffusion des progrès génétiques et paquets techniques appropriés
59
5.3. Contraintes liées à la conservation des RGA
Les principales difficultés rencontrées pour la conservation des RGA sont institutionnelles,
socio-économiques ou liées aux animaux et /ou à leur milieu.
Au niveau réglementaire, les dispositions législatives portant sur l’importation des animaux
sur pied et des semences animales viennent d’être adoptées. Leur impact sur le
déroulement des activités de production n’est encore suffisamment perceptible.
La zone sud à vocation agropastorale est soumise à une situation de croisement intensif
zébus sahéliens x taurins trypanotolérants mais de format réduit et peu performantes aux
travaux agricoles.
60
Chapitre 6 : Etat de l’élaboration de politiques et arrangements institutionnels pour
les RGA
Les arrangements institutionnels liés aux RGA touchent à des questions de politiques et
orientations stratégiques. Ils visent aussi la définition d’un mécanisme d’intervention de
plusieurs structures impliquées dans le processus tout en précisant le rôle de chacun.
61
Tableau 6.1 : effets des politiques existantes et des instruments législatifs sur
l’utilisation (usage et développement ) des RGA
Tableau 6.2 : le degré d’attention des politiques actuelles pour les activités relatives
à l’utilisation (usage et développement ) des RGA.
Activités
Espèces Utilisation des Utilisation des Formation, Organisation des
races exotiques races adaptées recherche et éleveurs/producteurs
localement vulgarisation
Bovins 3 5 4 4
Buffles
Moutons 1 5 4 4
Chèvres 1 5 4 4
Chameaux 1 5 4 4
Lamas et
alpagas
Chevaux
Anes
Porcs
Poules 3 5 4 4
Dindes
Canards
Oies
Lapins
62
Pintades 3 5 4 4
Tableau 6.3 : Besoins prioritaires pour permettre l’élaboration des politiques de RGA
Requis
Besoins Immédiatement A moyen terme A long terme
Information et formation x x x
des éleveurs
Information des cadres x x x
de l’élevage
Meilleure connaissance x x
de l’état des ressources
Ressources financières x x
Tableau 6.4 : Priorités pour les besoins futurs pour l’élaboration de politiques en
matière de programme de conservation des RGA
63
6.2.1. Elevage bovin
Les études menées sur les zébus Maures et Peules à Niono, ont porté sur la
caractérisation de ces races. Il s’agissait de déterminer le standard des races à partir de
l’analyse statistique des données cumulées. Les résultats obtenus se résument à :
6.2.1.2. Croisement
Les recherches sur le croisement visaient, à partir d’introduction de reproducteurs sur pied
ou de semences, la création de métis caractérisés par une bonne production laitière et /ou
bouchère, possédant un degré de rusticité satisfaisant dans les conditions zoo-sanitaires
du Mali.
Parmi toutes les races introduites (Brahaman, Isker grise, la Sadova rouge, la tarentaise ;
la Jersiaise, la Montbéliard, la Rouge des steppes etc.), la jersiaise, la Montbéliard et la
Rouge des steppes se sont révélées intéressantes. A partir de ces essais d’introduction de
races exotiques, il s’agit de créer un type génétique de bovin qui allie la tolérance des
climats chauds et secs des zébus à la trypanotolérance des taurins et l’aptitude laitière de
la rouge des steppes ou de la Montbéliarde. Le produit final devrait être un ½ sang exotique
¼ zébu ¼ N’dama.
Les résultats obtenus en station quoique très prometteurs n’aient pu être adoptés par les
paysans pour diverses raisons économiques, sociales et culturelles.
64
6.2.3. Volaille
Au niveau de la volaille, les actions importantes ont porté d’abord sur l’acclimatation des
races exotiques en déterminant les conditions de leur maintien pour la production d’œufs et
de chair.
Les résultats concluants de ces expérimentations ont jeté les bases de l’aviculture moderne
dans les bassins périurbains de Bamako et des capitales régionales.
Les études diagnostic de l’aviculture ont indiqué que l’élevage traditionnel gérait les 80-90
% des effectifs fait exclusivement du poulet local. Il était alors nécessaire de rechercher un
type de poulet métis capable d’améliorer la productivité de la basse-cour traditionnelle dans
les conditions climatiques et zoo-sanitaires des systèmes extensifs de production. Un
croisement Kokochiè X Rhode Island Red a permis d’obtenir les sujets ¾ RIR ¼ Kokochiè
roux et noirs aptes à cette utilisation. Les travaux de stabilisation de ce génotype ont
permis de fixer les principaux caractères recherches. Le programme est en phase de
vulgarisation auprès des paysans organisés en associations ou non.
Au Mali, les femmes constituent une véritable force de développement dans le secteur du
développement rural.
Dans le domaine de l’élevage, elles assurent l’entretien des veaux, la traite des vaches, la
transformation et la vente du lait.
Certaines spéculations sont les apanages des femmes, il s’agit notamment de la
transformation et de la vente du lait, l’élevage des petits ruminants et l’aviculture
traditionnelle.
65
Partie 2 : ANALYSE DE L’ÉVOLUTION DE LA DEMANDE NATIONALE DANS LE SECTEUR DE
LA PRODUCTION ANIMALE ET INCIDENCE SUR LES POLITIQUES STRATÉGIES ET
PROGRAMMES NATIONAUX
Cette période est caractérisée par la campagne conjointe de lutte contre la peste bovine
(PC 15). L’accent a été mis sur la protection sanitaire, mais en même temps on assiste à
l’émergence des actions d’exploitation : création de sociétés d’état orientées vers la
transformation des produits animaux (abattoirs industriels, laiteries, tanneries).
66
- études sur la commercialisation du bétail dans le couloir central ouest africain
Les aléas climatiques persistants de ces dernières années ont entraîné une modification
importante dans la répartition des éleveurs et du cheptel au Mali.
En effet le phénomène de glissement des bovins du nord vers le sud se manifeste surtout
dans la région de Sikasso où les effectifs ont passé de 260.000 en 1960 à 1.229 231 têtes
en 1998. Pendant cette période, l’effectif des petits ruminants a connu un accroissement
comparable au nord de 744.894 en 1991 à 1.091.315 têtes en 1999.
Dans un tel contexte, l’évolution actuelle des systèmes pastoraux est marquée par la
diversification de la production, au passage progressif à des systèmes agropastoraux,
associant les agriculteurs aux domaines de l’élevage.
L’augmentation des terres cultivées et la réduction des pâturages forcent à l’utilisation des
résidus de récoltes et à l’intégration de l’élevage et de l’agriculture.
Les résidus de cultures sont récoltes et stockés et la fumure est mieux valorisée dans les
perspectives d’une utilisation plus des terres en rendant possible la petite mécanisation
(traction animale). Dans le système agropastoral où la culture attelée a eu un essor
remarquable, les paysans s’occupent davantage de l’alimentation leurs bœufs de labour
67
Hypothèses OMBEVI Faible Forte Moyenne
Ressources totales 206.716 182.880 228.061 190.786
Exportations 52.140 52.140 52.140 52.140
% total 25.2 28.5 22.9 27.3
Consommation /hbt 16.10 13.62 18.33 14.44
Bovins 53.2 46.8 53.9 50.2
Ovins-caprins 28.8 34.0 31.9 31.8
Camelins 3.1 1.5 1.1 0.20
Porcins 0.7 0.8 0.6 0.12
Volailles 14.2 16.8 12.5 15.9
L’évolution de l’offre de ressources en viandes rouges a été évaluée selon trois hypothèses
telles qu’elles apparaissent au tableau
Le maintien du taux de croit actuels (d’ailleurs modeste) observés au cours des 20-30
dernières années, et des exportations en nombre de têtes devrait conduire à une réduction
sensible des ressources en viandes et abats rouges par habitant en 2015 (tableau….).
1
tonnes carcasse et abats
2
kilo carcasse et abats
68
Tableau : prévisions des ressources et des consommations par habitant en 2010 et
2015 dans l’hypothèse du maintien actuel du niveau des exportations de bétail
Les mêmes données révèlent une réduction sensible de l’importance des viandes bovines
de 53 % à 40 %, tandis que la viande des Petits Ruminants prend une part presque égale
à celle des bovins ; et que celle de la volaille avoisine les 20 %. Un objectif minimum sera
donc de maintenir approximativement le niveau actuel de consommation globale par
habitant.
2.3.1.Objectifs spécifiques
l’amélioration de Alimentation
¾ faire l'inventaire des pâturages naturels et des us et coutumes dans le
cadre de la décentralisation en vue d'éviter tout conflit;
¾ exploiter rationnellement les ressources pastorales;
¾ gérer les parcours dans le cadre des schémas et plans
d'aménagement des terroirs villageois et pastoraux;
¾ restaurer les terres et les pâturages dégradés;
¾ restaurer les bourgoutières;
¾ développer le suivi des écosystèmes pastoraux;
69
¾ vulgariser et développer les cultures fourragères surtout en zone
périurbaines;
¾ valoriser les sous-produits de récolte et agro-industriels;
¾ intensifier la production d'aliment bétail.
l’amélioration génétique
¾ valoriser le potentiel génétique des races locales;
¾ conserver le potentiel génétique des races adaptées aux différentes
zones agroécologiques (préservation de la souche);
¾ caractériser les races locales (potentiel génétique);
¾ mettre en place un système de suivi zootechnique;
¾ élaborer les textes législatifs et réglementaires adaptés au nouveau
contexte d'introduction des races exotiques.
Dans le cadre de la mise en œuvre de ces stratégies, plusieurs activités sont prévues.
Renforcement institutionnel
70
Santé animale
Productions animales
l’installation d’élevages bovins laitiers périurbains avec introductions de nouveaux
gènes ;
le développement de l’embouche bovine et de petits ruminants sur la base de
l’utilisation des sous-produits agro-industriels ;
le renforcement des filières existantes
améliorer les conditions d’exportations du bétail vers les marchés sous régionaux;
définir des normes de qualité pour les produits de l’élevage pour un accès aux
marchés étrangers ;
renforcer les actions du projet ONDY, Azaouak pour l’exportation de bovins
reproducteurs ;
71
élaboration d’une politique nationale de gestion des ressources pastorales incluant
l’intégration agriculture-élevage, la valorisation des cartes pastorales, l’amélioration
des pâturages et l’introduction des soles fourragères
Créé depuis 1965 sous le nom de ‘Ecole des infirmiers vétérinaires, le CFPE a pour
vocation de former les agents techniques de base chargés de l’appui conseil aux éleveurs.
L’institut a été crée depuis 1965 sur les vestiges de l’Ecole des laboureurs mise en place
depuis la période coloniale. Il a pour vocation, entre autres la formation d’ingénieurs
zootechniciens (Niveau DEA) et de techniciens supérieurs (niveau DUTS) en élevage pour
certaines régions de l’Afrique. Il a formé les ressortissants de plusieurs pays dont le Bénin,
le Burkina Faso, la République Centrafricaine, la République Fédérative Islamiques des
Comores, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée Bissau, la République Islamique
de Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
L’institut mène aussi des recherches sur diverses ressources génétiques animales aussi
bien en milieu contrôlé qu’en milieu réel.
Missions :
Elaborer et mettre en œuvre la politique d’appui au monde rural du Mali.
La DNAMR est représentée par une direction régionale de l’appui au monde rural dans
chacune des régions du pays. Au niveau des cercles ce sont les services locaux d’appui
conseil et d’équipement rural.
Les projet en cours relatifs au développement des capacités d’assurer une gestion
rationnelle des ressources génétiques animales sont les suivants :
72
Projet de Développement du Sahel Occidental (PRODESO)
Constitue la plus grande et une des plus anciennes réalisations dans le domaine de la
gestion pastorale. Il couvre une superficie de 52.000 km2 dans les zones de Kayes-Nord ,
Nara-est depuis 1978 et de Dilly depuis 1989. L’effectif du cheptel, dans la zone du projet
est évalué à 386.000 bovins sédentaires et 518.000 têtes transhumants, les transhumants
de la Mauritanie et du Sénégal et les troupeaux de petits ruminants non compris.
Missions :
- Sécuriser le cheptel ;
- Restaurer et protéger l’écosystème ;
- Améliorer la gestion des périmètres et terroirs agropastoraux ;
- Organiser et former les agro-éleveurs et améliorer leurs revenus.
Réalisations :
A mis en place 10 comités de gestion des puits pastoraux, mais n’inclut des programmes
de gestion des pâturages
Missions
Réalisations :
73
- Formation de 203 agents vétérinaires de base, 8 cadres, 3616 acteurs de la filières
dont 2197 femmes.
Missions
- Accroître la productivité de la race N’Dama ;
- Améliorer les revenus et les conditions de vie des agro-éleveurs bovins
Réalisation :
- 10 mini-barrages construits ;
- 182 km de piste et pare-feu réalisés ;
- 16 centres d’alphabétisation fonctionnels réalisés ;
- crédit agricole accordé dont 215 têtes de génisses (soins sanitaires et 60 têtes pour
la commercialisation ;
- 2 cabinets vétérinaires privés installés ;
- formation et animation rurale dans les zones encadrées.
Missions :
Réalisations :
Missions
Réalisations :
74
- études topographiques et pédologiques de 4 mares réalisées et 2 mares sur-
creusées ;
- 2 500 m2 autour de la mare protégée en grillage et 500 plants de prosopis plantés
dans le périmètre ;
- 770 m de cordon pierreux et 180 m linéaire d’Euphorbia balsamifera réalisés ;
- 2 pares de vaccination construits et un réhabilités ;
- Dossiers constitués pour la construction de cinq (5) marchés à bétail ;
- 393 ha de bourgoutières régénérés ; 247 ha de bourgoutières suivis et encadrés
- 68,5 ha de cultures fourragères réalisés
Couvrant la région de Gao, ce projet vise à améliorer les systèmes pastoraux et agricoles à
travers une grande responsabilisation des populations locales, et la promotion de leurs
activités économiques ;
Missions :
Réalisations :
Les acquis du projet concernent l’organisation et la formation des populations, la mise en
place des structures de planification
75
Direction Générale de la Réglementation et du Contrôle (DGRC)
Missions :
Missions :
- élaborer et mettre en œuvre la politique d’aménagement et d’équipement rural ;
- appuyer les structures régionales et les collectivités territoriales pour le renforcement
des capacités de gestion des ressources pastorales
- d’élaborer des contrats de gestion par lesquels l’Etat confie la gérance du domaine
pastoral aux collectivités territoriales.
La DNAER est représentée dans chaque région économique par une direction régionale de
l’aménagement et de l’équipement rural. Au niveau des cercles ce sont les services locaux
d’appui conseil et d’équipement rural.
Crée par l’arrêté N°99-195 ME-SG du 23 février 1999 fixe l’organisation et les modalités de
fonctionnement de la structure. Il faut souligner que ce cadre institutionnel, de part ses
missions, a été mis en place pour servir de point de convergence pour tous les documents
relatifs à la politique environnementale aux fins de coordination, de contrôle,
d’harmonisation, de suivi et d’impulsion. A ce titre, tous les projets de législation relatifs aux
questions environnementales devraient lui être soumis. Il est assisté par le Comité
interministériel (CI) et le Comité Consultatif (CC)
Missions :
76
- Conseiller le gouvernement sur les mesures à prendre en vue d’une meilleure
participation de ce sous secteur à l’économie nationale.
- Concevoir l’étude et l’évolution des projets et programmes de développement de
l’élevage.
- Organiser et améliorer la commercialisation du bétail, de la viande et sous produits
animaux.
Réalisations :
Organisations d’acteurs
77
Infrastructures
78
3.2. Atouts et contraintes pour la gestion des RGA
3.2.1.Atouts
i. au niveau institutionnel
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3.2.2.Contraintes
i. Institutionnelles
ii. socio-économiques
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PARTIE 4 : Identification des priorités nationales pour la conservation et l’utilisation des
RGA
Les objectifs assignés au secteur de développement rural à l’horizon 2010 s’inscrivent dans
les objectifs généraux de développement et de lutte contre la pauvreté au Mali. Ces
objectifs sont au nombre de quatre :
- Améliorer les revenus et les conditions de vie des populations rurales par la
promotion des filières agroalimentaires et des services financiers et de
l’intermédiation appropriés, et par l‘accès aux services sociaux et agricoles de base.
81
- Solidarité envers les populations les plus défavorisées, plus particulièrement envers
les femmes et les jeunes ruraux, les régions du Nord et autres régions défavorisées,
à travers le respect du principe d'équité et la mise en œuvre.
Programme Bovin
Alimentation
Un travail important a été réalisé : les valeurs alimentaires et nutritives des fourrages sont
connues ; une table de composition des fourrages est en cours d’élaboration ; les résidus
de récoltes et des sous produits agro-industriels ont été déterminés ; des formules de
rations alimentaires ont été déterminées ; le traitement de la paille à l’urée a été largement
expérimenté et vulgarisé ; les différents aliments ont été testés et vulgarisés (blocs de
composés minéraux encore au stade de test)
Cependant certaines technologies n’ont pas été acceptées par les éleveurs : blocs
mélasse-urée (bloc melur) ; certaines rations ont été jugées peu efficaces en terme de
gains pondéral, enfin le coût des intrants et leur disponibilité ont constitué un obstacle à
l’adoption de certains thèmes.
Une meilleure exploitation des sous produits agricoles et agro-industriels doit être un axe
prioritaire de recherche.
Cultures fourragères
La dolique est une des principales espèces fourragères introduite par le programme.
Quelques variétés de sorgho fourragers ont fait l’objet de tests agronomiques. Deux font
actuellement l’objet de vulgarisation au niveau paysan. Le dolique est recherché et cultivé
par les agro-éleveurs du périurbain de Bamako, mais l’acquisition de semence constitue
un handicap majeur à cette production.
82
Amélioration génétique
- les races exotiques ne semblent présenter aucune perspective viable dans les
conditions actuelles de nos systèmes de production.
- Etude sur les sous-produits agro-industriels et leur utilisation dans une alimentation
riche et équilibrée
83
- Productivité des bovins de races locales (maure, peul, et métis) et les races
exotiques ( une douzaine de races expérimentées)
- Caractérisation des races bovines sur l’étendue du territoire tant au point de vue
phénotype, production, que génétique compte tenu des différences morphologiques
observées entre les animaux de régions naturelles différentes.
Il est à souligner que des caractérisations sur les N’dama ont été faites dans les
laboratoires étrangers . Ces animaux n’étant pas de chez nous ; il est donc préférable
de reprendre ces travaux en concertation avec les programmes nationaux de recherche.
Les activités de recherche sur l’amélioration ont porté sur l’introduction de races exotiques
qui sont :
- la chèvre angora et la chèvre alpine aux fins de croisement avec les races locales ;
- Des efforts ont été fournis pour ce qui est de l’embouche ovine. En outre un certains
nombre d’études importantes ont été réalisées mais restent essentiellement
descriptives (traitement des chaumes à l’urée, productivité pondérale,
approvisionnement en viande, embouches, aliments commercialisés, coûts de
production des fourrages de dolic etc ;). Elles fournissent des résultats techniques
intéressants et améliorent les connaissances sur les systèmes traditionnels
Programme volaille
- l’opération coq qui constitue une activité de développement expérimental repose sur
la diffusion de coq de race Rhodes Island Red en milieu réel pour améliorer le poulet
local dans la basse-cour traditionnelle. Faute de suivi l’activité n’a pas été
correctement évaluée.
84
- la création d’une nouvelle race de métis stabilisé ¾ Rod x ¼ Kokochiè1 alliant la
rusticité de la race locale à la productivité de la race exotique. Après 6 générations,
les phénotypes noir et roux sont bien fixés et les produits ont un aspect homogène.
Les sujets obtenus sont productifs et adaptés aux conditions des paysans avec une
productivité intermédiaire entre les races parentales. Ces sujets en phase de
vulgarisation pourraient améliorer sensiblement la productivité de la basse-cour
traditionnelle.
Programme porcin
Programme camelin
Peu d’études ont porté sur cette espèce. Toutefois une étude diagnostic menée (INRZFH,
1985) a permis d’identifier les principales contraintes de son élevage et de formuler des
actions pertinentes de recherche et de développement. Une étude récente a permis de
caractériser les systèmes d’élevage camélins.
La privatisation
L’essentiel de la politique de santé animale au Mali est la prévention des épizooties dont
les principales sont :la peste de petits ruminants (PPR), la Péripneumonie contagieuse
bovine, la dermatose nodulaire, la pasteurellose bovine, la pasteurellose des petits
ruminants, la maladie de Newcastle et la maladie de Gomboro. D’autres affections,
trypanosomiases, brucelloses et tuberculose bovines constituent des préoccupations pour
les services vétérinaires.
Dans cette perspective, les missions de santé animale se trouvent confiées à la DMAMR,
pour les aspects de protection des animaux, prévention des maladies, soins sanitaires ; et
à la DGRC pour la définition des normes, législation et le contrôle leur application (y
compris la santé publique). Dans cette lancée, les abattoirs doivent être transférés aux
collectivités décentralisées.
1
Kokochiè : variété de poulet local africain
85
Les activités de diagnostic, de recherche et de production des vaccins sont assurées par le
LCV
Les missions de contrôle des denrées alimentaires sont assurées par l’état à travers la
Direction générale de la Réglementation et de Contrôle avec l’appui du Laboratoire Central
Vétérinaire.
Secteur privé
La volonté du désengagement de l’état s’est traduite par l’ouverture des activités de santé
animale aux privés (loi N°86-64/AN-RM du 26/07/86). cette politique vise le transfert
progressif et complet des activités de couverture sanitaire aux vétérinaires privés.
L’exercice de la médecine privée est conditionnée par l’obtention d’un agrément et d’un
mandat sanitaire.
Les mandataires sont au nombre de 58 représentés par les vétérinaires (30%) et les
ingénieurs d’élevage (59 %)
86
PARTIE 5 : COOPÉRATION INTERNATIONALE DANS LE DOMAINE DES RGA
L’aire d’extension de ces populations animales concerne l’Ouest du Mali, le sud du Sénégal
et l’est de la Gambie et atteint d’autres régions de l’Afrique. Les menaces qui pèsent sur le
bétail trypanotolérant motivent la mise en œuvre d’action appropriée.
Le projet est au stade d’études nationales et régionales portant sur les activités du projet :
caractérisation génétique, études des systèmes de production et identification du cadre
institutionnel et juridique de ce bétail. La durée du PDF est de 12 mois pour un coût estimé
à 529.500 dollars US dont 470.000 d’apport du PNUD-FEM.
L’agence d’exécution du PDF-B est l’ILRI avec la participation des directions nationales de
l’élevage de la Guinée, du Sénégal, de la Gambie et de la direction nationale de la
conservation de la nature du Mali. Le PDF-B contribuera à la formulation d’un projet
régional dont les principales activités sont :
- l’identification, la classification et l’inventaire de la diversité génétique du bétail
trypanotolerant avec cartes de répartition régionales des populations génétiquement
pures ou mixtes ;
- la formation des collectivités locales des sites d’intervention retenus ;
- l’amélioration de la productivité des races pures de bétail par la sélection ;
- la protection des zones d’habitat du bétail
Les principaux acteurs du programme seront les collectivités locales , les organisations
d’éleveurs, les centres nationaux de recherche agricole, les ministères et services
administratifs en charge des problèmes de l’élevage et la conservation de la nature des
quatre pays. Les organismes internationaux et régionaux interviendront également pour
des volets spécifiques. Ce sont notamment : la FAO, le CIRDES, le CIRDES, l’ITC-Banjul
et l’ILRI.
87
5.3. Projet sur l’utilisation communautaire des races de bétail trypanotolérentes en
Afrique de l’ouest : développement de stratégies participatives d’amélioration pour la
diversification des RGA
A la lumière de ces résultats, un nouvel accord de financement a été approuvé par l’Union
Européenne sous le FED-8 du programme indicatif régional pour l’Afrique de l’Ouest pour
une durée de 4 ans.
Le Procordel s’inscrit dans ce cadre avec la coordination scientifique du CIRDES pour les
pays du Niger, Burkina Faso, Côte d’Ivoire et du Mali.
Les projets de recherche ont couvert tous les domaines techniques portant sur
l’amélioration des productions animales. Au Mali, les activités ont porté sur l’amélioration
de la production laitières dans les zones périurbaines de Koutiala et Sikasso par
introduction des zébus Azaouak et Goudali et de la Montbéliarde par insémination
artificielle sur chaleurs induites.
- harmoniser les méthodes de recherche sur les RGA des pays (inventaire,
caractérisation, études socio-économiques etc.)
- assurer la formation des cadres et des éleveurs en matière de gestion des RGA
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- promouvoir des techniques de gestion durable de la fertilité des sols par une
intégration agriculture-élevage en vue d’accroître les productions végétales ,
améliorer l’alimentation animale et augmenter le revenu des producteurs ruraux.
5.6. Le CILSS
Le Mali est membre du Comité Inter-état pour la lutte contre la sécheresse dans le Sahel »
(CILSS).
Ce projet joué un rôle important dans la création des Cadres Nationaux de Concertation
(CNC) qui regroupe les représentants des secteurs publics et privés de la filière bétail-
viande dans plusieurs pays. Il a également eu la responsabilité de la mise en place d'un
système sous régional d'information sur les marchés du bétail.
89
RÉSUMÉ
Le présent rapport porte sur l’état des ressources génétiques animales au Mali. Le pays est
caractérisé par sa diversité écologique et son potentiel élevé en ressources animales.
Le Mali comporte 5 grandes zones agro-écologiques qui sont du nord au sud : la zone
saharienne (pluviométrie inférieure à 200 mm), sahélienne (200-400 mm de pluie), la zone
du delta central du Niger (caractérisé par la zone d’inondation du fleuve qui forme avec la
zone lacustre un écosystème humide) la zone soudanienne nord (800-1200 mm) et la zone
soudano-guinéenne (1200-1400 mm).
La population estimée à 9 600 000 hbts est à 80 % rurale. Le secteur agricole participe au
PIB à 45 % sur lesquels la part de l’élevage représente environ 27 %. Les ressources
animales se composent de 6.200.000 bovins, 6.000.000 d’ovins, 8.500.000 caprins,
292.000 camélins, 135.000 équins, 652.000 asins , 65.000 porcins et plus de 25.000.000
de volailles. La production de viande est estimée à 190. 786 tonnes permettant une
consommation per capita de 19 kg par an. La production de lait quoique mal évaluée
indique des valeurs de 330 millions de litres de lait offrant une consommation théorique de
34 litres par habitant
L’analyse des systèmes d’élevage fait ressortir des contraintes générales (contraintes
alimentaires, sanitaires, les contraintes génétiques et les contraintes de commercialisation)
et des contraintes spécifiques aux zones agro-écologiques.
Il existe une grande diversité génétique des ressources animales rencontrées au niveau de
toutes les espèces. Dans l’ensembles les races sont mal connues malgré l’existences de
données fragmentaires sur certaines d’entre elles qui indiquent une faible productivité des
races locales. Les tentatives d’amélioration par introduction de races exotiques sont
nombreuses avec des résultats mitigés.
90
La charte pastorale : précise les droits essentiels des pasteurs notamment en matière de
mobilité des animaux et d’accès aux ressources alimentaires,
Les textes réglementant l’exercice privé de la profession vétérinaire qui ont impulsé une
dynamique nouvelle dans la couverture sanitaire du cheptel.
Les efforts de coopération nord-sud et sud-sud ont permis de régler certains problèmes.
Mais l’essentiel reste à faire dans le domaine d’une meilleure connaissance des ressources
disponibles en vue d’une exploitation judicieuse. L’aspect conservation des RGA est un
problème de première importance, mais requiert des ressources et une technicité hors de
portée. C’est ce cadre que la communauté internationale peut jouer un rôle important.
91
Références bibliographiques
92
26. Saunders Malcolm J. 1984. Agriculture traditionnelle en Haute-Volta ; Synthèse des
connaissances actuelles et réflexions autour d’une expérience de développement
(1979-1984)
27. Tagalfi Maiga, Belco Cissé et Fama Coulibaly, 2000 : Dialogue sur les politiques et
stratégies de sécurité alimentaires durables au Mali- « Problématique de
l’alimentation, de la commercialisation du bétail au Mali- Réseau SADAOC
28. Traoré, Adama, 1998 : Etude pour la création d’une structure appropriée de prise en
charge de l’insémination artificielle au Mali
29. Van Lecker, Projet de sélection et de multiplication du zébu Azawak, mission de
formulation, rapport définitif ;
30. Wagenar K.T, 1983 : une synthèse de la littérature sur la production animale dans
les systèmes pastoraux du Mali
31. Wilson R T, P N de Leeuw et C de Haan. 1983 . Recherche sur les systèmes des
zones arides du Mali : Résultats préliminaires. Rapport de recherche no5.
93
ANNEXE : Liste des instituions et des personnes impliquées dans l’élaboration du
rapport national
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