UNIVERSITE JOSEPH KI- BURKINA FASO
+ZERBO
UNITE-PROGRES-
UFR/LAC JUSTICE
Département de Lettres ANNEE UNIVERSITAIRE :
modernes 2021-2022
Niveau : Licence 3, Semestre 6
SOCIOCRITIQUE
Dr TIAHO
Thème : analyse sociocritique du chapitre IV de Les Lamoussa
dieux délinquants d’Augustin Sondé COULIBALY
MEMBRES DU GROUPE 07
N Nom Prénom(s) Date et lieu de INE Tél Signature
° naissance
1 GUINGANE Nourya 18/08/2000 à N01741020192 64195025
Ouagadougou
2 OUEDRAOGO Balguissa 31/12/1998 à N01801020192 67887784
Bissigaye
3 OUEDRAOGO Karidja 02/01/1996 à 1900601z 55916461
Bouaflé
4 ZANE Nourou 04/06/2003 à E03869920191 65266849
Niablé
5 ZANRE Joubahéla 28/07/1997 à N01284020191 65380360
Cocody(RCI)
6 ZEBA Abdoul 16/10/1999 à N01446920191 57185458
Latif Sanogho
7 ZEBA Dombo Dit 31/12/1995 à N00621120191 77579683
Mohamadi Sanogho
8 ZIDWEMBA Elisabeth 17/11/1996 à N03706820192 71506299
Zomnogo
9 ZONGO Barnabe 04/06/2000 à E03151220191 67983816
Gourcy
Chef de groupe : ZONGO Barnabe Téléphone : 67983816
Thème : analyse sociocritique du chapitre IV de Les dieux délinquants d’Augustin
Sondé COULIBALY
PLAN
Introduction
I- Biobibliographie et résumé du chapitre IV
1. Biographie
2. Bibliographie
3. Résumé du chapitre IV
II - Étude sociocritique du chapitre IV
1. La société du roman
2. La littérarité
3. Le hors-texte
4. La socialité
III - Manifestation du réalisme dans l’œuvre
Conclusion
Introduction
La sociocritique est une approche du fait littéraire qui étudie la socialité du texte selon
Claude Duchet qui inventa le terme en 1971. Ainsi, elle est une discipline qui sert à analyser le
texte littéraire. Toutefois, que renferme la notion de sociocritique ? Quelle est la démarche de la
sociocritique ? Notre étude consistera à faire l’analyse sociocritique du chapitre IV de LES DIEUX
DÉLINQUANTS d'Augustin Sondé COULIBALY. Dans notre analyse, après avoir exploré la
biographie de l’auteur ainsi que ses écrits, nous nous appuierons sur les terminologies de la
sociocritique et le réalisme pour faire ressortir l’univers social présent dans le texte.
I- Biobibliographie et résumé du chapitre IV
1. Biographie
Augustin Sondé COULIBALY est né en 1933 à Tim dans l’Orodara ( Kenedougou). Il a
reçu une éducation traditionnelle avant d’aller à l'école coloniale vers l’âge de 11 ans à Orodara.
Cette éducation traditionnelle le marquera toute sa vie. Inscrit à l’école coloniale de Orodara,
Augustin Sondé COULIBALY sera ensuite envoyé à Bobo-Dioulasso pour faire la classe de CM2
en 1945 alors qu'il était au CE2. Il fait ses études secondaires en Côte d'Ivoire de 1946 à 1949.
Suite à des conditions difficiles, il suspend des études pour travailler. Très ambitieux, il suivra des
cours par correspondance et se retrouvera en 1961 au Centre International d’enseignement en
journalisme à Strasbourg et à l’Institut Culturel Africain. Polyvalent, Augustin Sondé
COULIBALY est un écrivain, un journaliste, un dessinateur, un topographe, un agent financier et
un conseiller d'action culturelle. Il a assumé plusieurs fonctions dans diverses directions de 1959 à
1946 et même après sa retraite depuis 1986. Ces différentes fonctions sont :
- Directeur adjoint de l'information ;
- Direction de cabinet du Ministre de la Justice ;
- Directeur des services de presse à la présidence de la République ;
- Directeur des Arts plastiques et de l’Artisanat ;
- Directeur du cercle des activités littéraires et artistiques de la Haute Volta (CALAHV) ;
- Professeur d’histoire et de sociologie à l’Académie des (arts) Ouagadougou ;
- Expert consultant pour le compte de L'UNESCO ;
- Professeur de coopération culturelle internationale au Centre de formation professionnelle
et de recherche au ministère de l’information, Ouagadougou ;
- Professeur de sociologie des arts d’animation au Centre interafricain d’études en radio
rurale de Ouagadougou (CIERRO)
Ses actions dans la littérature burkinabè
Augustin Sondé COULIBALY fait partie de la première génération d’écrivain avec Kollin
Noaga et Étienne SAWADOGO. Il est le père fondateur du Cercle d'activités littéraires et
artistiques de Haute Volta (CALAHV) et était soucieux de l’émergence de la littérature burkinabè.
Il était associé avec Nazi BONI et d’autres écrivains dans ce projet. Le CALAHV avait pour
objectif « la recherche des valeurs de la culture africaine pour le rendez-vous des civilisations et
des peuples ». Il s’inscrivait dans la mouvance de la Négritude. Dans ces activités, le CALAHV a
prévu l’organisation annuelle du prix CALAHV. C'est de cette activité que naîtra le Grand prix
national des arts et des lettres (G.P.N.A.L). Le cercle créa la revue Visages d’Afrique. Le cercle
disparaîtra en 1974. Mais Augustin Sondé COULIBALY continuera à s'intéresser à la vie culturelle
burkinabè. Il était sollicité pour des conférences et ne manquait pas de conseiller les jeunes
littéraires qui se confient à lui. Il fut membre fondateur de la Société des Écrivains voltaïques
(SEV), de l’Union des gens de lettres (UGEL) et la Mutuelle pour l’Union et de la solidarité des
écrivains (MUSE). En collaboration avec Roger NIKIEMA, il sera aussi un pionnier de la poésie
pour enfants.
2. Bibliographie
- Les dieux délinquants (roman), Bobo-Dioulasso, éditions Coulibaly et frères, 1974 ;
- Poème pour enfants (en collaboration avec I. Soumaila KARANTA et Roger NIKIEMA),
Dakar ICA 1976 ;
- Le dossier de la littérature et de l’art africain (essai);
- La sauvegarde de l’artisanat africain, Paris, Éditions l'Harmattan, 1990 ;
- La fontaine aux masques ;
- Dugutila-Tile ;
- Farafindonkililatuma.
Source : Salaka SANOU, La littérature burkinabè : l’histoire, les hommes et les œuvres, 2000
3. Résumé du chapitre IV de l’œuvre
Le chapitre IV de LES DIEUX DÉLINQUANTS d'Augustin Sondé COULIBALY relate la
rencontre entre Titenga et Marie-Claire Sortinata, une jeune femme vertueuse et belle qui accepta
de l’héberger. Une fois chez elle, Titenga travaillait comme domestique de Tantie. Au fil du temps,
Titenga et Sortinata deviennent inséparables au point qu'on les croyait comme un jeune couple.
Ensemble, ils partagent des idées similaires sur les problèmes sociaux tels que le chômage, la
dégradation des mœurs, l’individualisme, etc. Toutefois, le non-paiement de son salaire le révolta à
quitter la maison.
II - Étude sociocritique du chapitre IV
1. La société du roman
Augustin Sondé COULIBALY dans son imagination réussie à créer une société virtuelle
captivante qui respecte les règles d’une société réelle. Cette société est caractérisée par une
pluralité de croyances à savoir le christianisme, l’islam et l’animisme. De ce fait, Marie-Claire
Sortinata est à la fois païenne, musulmane et chrétienne (page 64). Titenga de son côté, reste
attaché à l’adoration de son ancêtre Pazo (page 69). Le cadre décrit dans cette partie de l’œuvre où
l’ancêtre Pazo punit le village à cause des deux jeunes gens qui se sont laissés emporter intimement
sous l’effet du désir relève de la réalité virtuelle de l’œuvre. Cela est perceptible à travers
“Outabou” (page 66) qui ne représente pas réellement un village du Burkina Faso, mais renvoie au
génie créatif de l’auteur.
Cette société est caractérisée également par plusieurs groupes ethniques tels que les Moosi
(page 58), les Bobo (page 58), les Lobi (page 70).
Elle est aussi minée par l’individualisme à travers ces passages suivants : « Comme quoi, les
citadins sont ingrats envers nous ! » (Page 55), « Non, pas ce travail-là. Il cherche du travail. »
(Page 58), « Un soir qu'il se promenait comme d’habitude à la recherche du travail, sur la route du
marché, provoqua une femme ». Tous ces éléments énumérés proviennent de l’imagination de
l’écrivain, capable de créer une société virtuelle semblable à la réalité.
2. La littérarité
La littérarité d'un texte est ce qui confère au texte son caractère de texte littéraire. Le
chapitre IV est marqué par une grande richesse stylistique. Elle est mise en exergue par des figures
de rhétoriques, les métaphores et les agrammaticalités. De ce fait, Augustin Sondé COULIBALY
utilise plusieurs figures de style pour mieux expliquer la société et décrire les personnages. Il
procède ainsi à des comparaisons aux passages suivants : « Titenga semblait doux comme un
agneau » (page 56), « Il marche comme un Capitaine le premier jour du port de son galon » (page
57). L’auteur use aussi des métaphores à la page 57 : « Carrure de boxeur, fraîcheur d'une jeunesse
en fleur », « Un jeune génie égaré peut-être !.. » On peut également signaler la présence du
polysyndète : « La femme, une fois souillée d’adultère, ne peut plus ni préparer à manger à son
mari, ni lui servir à boire, ni coucher à son côté (...) au risque d'être tué par l’ancêtre Pazo »(page
67). On a également l’épiphore à la page 78 :
« Marie-Noire t’habille ça ne te suffit pas ? »
« Tu manges ici ça ne te suffit pas ? »
« Tu couches ici ça ne te suffit pas ? ».
Tous ces procédés stylistiques mettent en évidence la présence de la littérarité dans ce chapitre.
3. Le hors-texte
Le hors-texte est une notion capitale en sociocritique. Selon Claude Duchet, le hors-texte
accompagne le récit tout au long du texte, il détient la clé de ses codes, il représente tout ce qui n’a
pas besoin d'être dit. Il regroupe les références qui rendent le texte lisible et compréhensible entre
autres les repères spatio-temporels et certains codes sociaux. Le chapitre IV est riche en référence
de hors-texte, c'est-à-dire des éléments extérieurs au roman qui éclairent la compréhension de
l’œuvre. On retrouve notamment les périodes historiques et des faits de société burkinabè.
Comme fait social, l'auteur fait cas de la prostitution sans pour autant être explicite. Cela est
visible à la page 59 : « Il me semble, fit-elle, que ton compagnon ne connait rien comme toi, ne
veut-il pas travailler ? », « Non, pas ce travail-là. Il cherche du travail ». Durant la narration,
l’auteur désigne la prostitution par le mot “travail “.
Quant à la période historique, l’auteur fait référence à la période postcoloniale. En effet,
l’utilisation des mots tels que « administration nouvelle » (page 76), « Haute Volta »(page
58), « Circonscription administrative » (page 58), « cercle de Boromo » (page 69) relèvent le
jargon de la période postcoloniale. Ces références permettent de situer le roman dans son contexte
historique.
L’étude de hors-texte nous a permis d’enrichir l’analyse de la société romanesque ainsi que
sa compréhension.
4. La socialité
La socialité est la façon dont le l’œuvre s'y prend pour lire le social tout en faisant une
production esthétique. Dans la création de cette dimension esthétique, Augustin Sondé
COULIBALY opte pour un jeu de narration dans son œuvre. Cela est perceptible à la page 54 « Je
peux brigander pour avoir à manger ou à me vêtir, mais voler !... Tiens ! Regarde cette chemise que
je porte, je l’ai pillé à “Monoprix “ ». Ici, cette phrase traduit le paradoxe, Titenga se croyant juste
commettait des actes qu'une société normale en Afrique n’accepterait pas.
Nous avons également noté le champ lexical de la cruauté comme : « ingrats » (page 55),
« révolter » (page 55), « diabolique, les citadins » (page 61), « la religion et débauche » (page 62),
« mœurs de citadins » (page 69), « impitoyable » (page 72). Toutes ces expressions relèvent le
dégoût du personnage appartenant à la civilisation villageoise face aux pratiques des citadins.
III - Le réalisme dans l’œuvre
Le réalisme est une caractéristique majeure de la littérature africaine de langue française.
L’œuvre africaine se présente comme le reflet de la réalité sociale. En effet, les écrivains africains,
que ce soit sous la période coloniale ou postcoloniale, se sont toujours inspirés des réalités sociales
africaines pour produire leurs œuvres.
Dans ce chapitre IV de LES DIEUX DÉLINQUANTS d'Augustin Sondé COULIBALY,
nous pouvons noter qu’outre les noms des villes évoquées tels que « Ouagadougou », (page 69)
« Gaoua » (page 64), « Boromo » (page 69) qui renvoient aux villes réelles du Burkina Faso et les
pays de l’Afrique subsaharienne à savoir « Ghana » (page 56), « Côte d'Ivoire » (page 55), nous
avons aussi les réalités sociales décrites qui correspondent à celles du Burkina Faso et de sa
capitale en particulier.
La prostitution et ses adeptes qui, très souvent sont des pauvres filles qui sont arrivées dans
le phénomène à la suite d’expériences personnelles effrayantes telles que décrites dans le chapitre
est une réalité vérifiable de nos jours à Ouagadougou.
Un autre aspect important à prendre en compte est l’exode rural. Ouagadougou qui n’est pas
la plus urbaine des villes africaines connaît tout de même ce phénomène. On y trouve ou rencontre
des jeunes gens venus massivement des villages à la quête de travail afin de changer leur condition
de vie et qui se retrouvent malheureusement face à des citadins plutôt préoccupés par leurs propres
problèmes et qui ne daignent pas faire preuve d’empathie envers eux. Dans l’œuvre, le personnage
Titenga se retrouve confronté à cette situation.
Il faut également noter les différentes communautés citées à savoir les Bobo qui viennent de
Bobo-Dioulasso au sud-ouest, les Moosi au centre et les Lobi au sud-ouest. Tous ces aspects
montrent l’engagement des écrivains africains à faire ressortir les réalités de leur société dans leurs
productions littéraires.
Conclusion
Au terme de notre analyse, nous pouvons noter que l’analyse sociocritique du chapitre IV
de LES DIEUX DÉLINQUANTS nous a permis de mieux percevoir le texte littéraire. À travers les
terminologies de la discipline telles que la socialité, la littérarité, le hors-texte, la société du roman
et le réalisme, nous avons pu comprendre que le texte littéraire, bien qu’étant le fruit de
l’imagination de l'écrivain, reflète les réalités de sa société.
Pour notre part, nous pouvons affirmer que la confrontation des deux civilisations dans
l’œuvre par l’auteur peut nous pousser à une réflexion où trouver le juste milieu entre ces deux
mondes peut permettre à la société africaine et surtout burkinabè de progresser.