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Science Et Philo

Le document examine l'idée que seule la science constitue une véritable connaissance, en confrontant cette position à d'autres formes de savoir, telles que la littérature, la philosophie et les savoirs pratiques. Bien que la science soit reconnue pour sa rigueur et son efficacité, d'autres types de connaissances sont également valables et nécessaires pour appréhender des aspects de l'existence humaine qui échappent à la méthode scientifique. En fin de compte, il est crucial de reconnaître la pluralité des savoirs tout en maintenant des critères de légitimité pour chacun.

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Science Et Philo

Le document examine l'idée que seule la science constitue une véritable connaissance, en confrontant cette position à d'autres formes de savoir, telles que la littérature, la philosophie et les savoirs pratiques. Bien que la science soit reconnue pour sa rigueur et son efficacité, d'autres types de connaissances sont également valables et nécessaires pour appréhender des aspects de l'existence humaine qui échappent à la méthode scientifique. En fin de compte, il est crucial de reconnaître la pluralité des savoirs tout en maintenant des critères de légitimité pour chacun.

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Sujet : Toute connaissance autre que scientifique n’est pas connaissance mais ignorance.

Qu’en pensez-vous ?

Depuis le développement de la méthode expérimentale à l’époque moderne, la science s’est


imposée comme le modèle par excellence de la connaissance : elle repose sur des méthodes
rigoureuses, produit des résultats vérifiables et permet des applications concrètes. Dans ce
contexte, certains défendent l’idée radicale que toute forme de connaissance qui ne repose pas
sur une méthode scientifique rigoureuse ne serait pas une vraie connaissance, mais une forme
d’ignorance. Cette thèse repose sur une conception exclusive de la connaissance, qui assimile
vérité, objectivité et scientificité.Mais cette position peut-elle être tenue sans restriction ? Peut-
on considérer que seule la science produit un savoir légitime, et que toutes les autres formes de
compréhension du monde littéraires, philosophiques, spirituelles ou pratiques ne sont que des
illusions ou de l’ignorance ? Il s’agira ici d’interroger la validité d’une telle conception de la
connaissance, en confrontant la légitimité de la science avec la richesse des autres formes de
savoir.

Nous verrons d’abord que la science peut être perçue comme la forme la plus aboutie de la
connaissance humaine. Nous montrerons ensuite que d’autres types de savoirs, bien que non
scientifiques, peuvent néanmoins être fondés et pertinents. Enfin, nous analyserons les limites
d’une définition strictement scientifique de la connaissance.

La science moderne s’est développée autour d’un objectif fondamental : comprendre le monde
à travers des lois générales, établies par l’observation, l’expérimentation et la démonstration
logique. Cette démarche repose sur la méthode hypothético-déductive : elle permet d’énoncer
des hypothèses, de les tester par l’expérience, puis de formuler des lois universelles. Par
exemple, les lois de Newton sur le mouvement, ou les théories d’Einstein sur la relativité, ont
permis d’aboutir à une connaissance objective et vérifiable de phénomènes physiques. La
reproductibilité des expériences est un gage de fiabilité : ce qui est vrai ici et maintenant l’est
aussi ailleurs et demain, tant que les conditions sont identiques.

De plus, selon Karl Popper, la science se définit par sa falsifiabilité : une théorie scientifique
est celle que l’on peut potentiellement réfuter par l’expérience. Cela la distingue des croyances
dogmatiques ou des opinions personnelles. La science progresse en se corrigeant elle-même,
grâce à la critique, l’erreur et la vérification continue. Elle accepte l’incertitude et remet en
cause ses propres postulats.

Enfin, la science a un impact concret et mesurable sur le monde. Les technologies, la médecine,
l’ingénierie sont des preuves tangibles de son efficacité. Cette efficacité renforce l’idée selon
laquelle seule la science produit un savoir utile, applicable, et donc véritable.

Bref, la science présente des critères rigoureux qui lui confèrent une légitimité certaine en tant
que forme de connaissance. Son exigence de vérification, sa capacité à produire des lois
universelles et ses applications concrètes expliquent pourquoi elle peut apparaître comme le
seul modèle véritable de savoir. Toutefois, cette légitimité ne signifie pas que les autres formes
de savoir doivent être rejetées comme de simples ignorances. Il existe des domaines que la
science ne peut pas explorer entièrement et où d’autres types de connaissances sont non
seulement pertinents, mais indispensables.

Si la science repose sur des critères rigoureux, elle n’est pas la seule manière d’appréhender le
réel. Il existe d’autres formes de savoir, qui ne relèvent pas de la méthode scientifique, mais qui
permettent de comprendre certains aspects du monde — notamment ceux qui touchent à la
subjectivité, à l’intériorité, aux valeurs ou à la culture.

D’abord, les savoirs littéraires et artistiques proposent une compréhension intuitive et sensible
du monde. La littérature ne prétend pas à l’universalité scientifique, mais elle explore la
condition humaine, la complexité des émotions, des relations et des situations morales. Un
roman de Victor Hugo ou un poème de Césaire nous fait accéder à une vérité sur l’existence
humaine que la science, par sa neutralité, ne peut atteindre. Cette vérité n’est pas démontrable,
mais elle est perçue, ressentie, partagée. Il s’agit d’un savoir par la sensibilité.
Ensuite, la philosophie constitue une forme de savoir rationnel, bien qu’elle ne soit pas
scientifique au sens strict. Elle repose sur l’analyse logique, la discussion critique, le
questionnement conceptuel. Elle interroge les fondements mêmes de la connaissance, du
langage, de la morale ou de la politique. Des penseurs comme Kant, Descartes ou Arendt ne
produisent pas de résultats empiriques, mais ils contribuent à notre compréhension du monde
et de nous-mêmes.

Par ailleurs, les savoirs pratiques ou traditionnels, souvent ancrés dans l’expérience quotidienne
ou dans des contextes culturels spécifiques, ne sont pas nécessairement scientifiques, mais ils
sont fondés sur l’observation, la répétition et l’adaptation. L’agriculture traditionnelle, la
médecine populaire, les techniques artisanales sont autant de savoirs empiriques qui ont une
efficacité propre, bien qu’ils échappent souvent aux protocoles de validation scientifique.

En résumé, les savoirs non scientifiques ne sont pas pour autant ignorants : ils révèlent d’autres
dimensions du réel que la science ne peut saisir. La connaissance ne se réduit pas à la
démonstration logique ou à l’expérimentation ; elle inclut aussi l’intuition, l’expérience vécue,
la réflexion éthique ou la sensibilité artistique. Cependant, il est essentiel de s’interroger plus
en profondeur sur ce que l’on entend par « connaissance ». Car si toute forme de savoir ne peut
être scientifique, cela ne signifie pas que tout soit savoir. Il faut alors clarifier la frontière entre
science, croyance et ignorance.

Opposer radicalement la science à l’ignorance revient à adopter une conception réductrice de


la connaissance. Il est plus pertinent de reconnaître une pluralité de savoirs, tout en distinguant
ceux qui relèvent effectivement d’un processus de connaissance de ceux qui sont de l’ordre de
la croyance sans fondement.

D’une part, toute réalité n’est pas objectivable. Les sentiments, les valeurs morales, la
subjectivité, la mémoire, la spiritualité sont des aspects fondamentaux de l’existence humaine,
mais ils échappent largement à la quantification ou à l’expérimentation. Ce sont pourtant des
objets de savoir : on peut réfléchir à la justice, à l’amour, au deuil, au bonheur, sans être dans
l’erreur ou l’ignorance.

D’autre part, il faut éviter de confondre non-scientifique et irrationnel. Ce n’est pas parce qu’un
savoir n’est pas scientifique qu’il est nécessairement faux. Une connaissance peut être locale,
contextuelle, subjective, sans être absurde. En revanche, il faut rester vigilant face aux discours
qui prétendent au savoir sans accepter la critique, comme certaines croyances dogmatiques ou
théories complotistes. Il est donc possible de défendre une conception pluraliste mais exigeante
de la connaissance, où chaque type de savoir a ses critères de validité : la science repose sur
l’expérimentation et la démonstration, la philosophie sur l’argumentation, la littérature sur
l’expérience humaine partagée, et les savoirs pratiques sur l’efficacité observable.

Somme toute, connaissance ne se limite pas à la science, mais elle ne s’étend pas non plus à
tout discours ou toute croyance. Il existe une hiérarchie des savoirs, mais celle-ci ne doit pas
exclure la diversité des formes de compréhension du monde.

En définitive, affirmer que « toute connaissance autre que scientifique n’est pas connaissance
mais ignorance » revient à adopter une position excessivement exclusive et réductrice. Si la
science représente un modèle remarquable de rigueur, d’universalité et d’efficacité, elle ne peut
pas prétendre à l’exclusivité du savoir humain. Il existe des domaines — moraux, esthétiques,
existentiels — où d’autres formes de connaissance sont non seulement possibles, mais
nécessaires. Une vision plus équilibrée reconnaît la pluralité des savoirs, tout en maintenant des
critères de légitimité propres à chacun. Ainsi, loin d’opposer science et non-science de manière
caricaturale, il faut apprendre à articuler différentes formes de savoir pour enrichir notre
compréhension du monde et de nous-mêmes.

Mamadou Ba

Tel : 77-792-98-15

L’excellence dans toutes ses formes

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