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MEMOIRE

Le mémoire de WENGA FEZA Jofie présente une étude sur l'évaluation et la gestion des risques en assurance automobile par la SONAS, couvrant la période de 2019 à 2024. Il met en lumière les défis rencontrés par le secteur en République Démocratique du Congo, notamment la faible pénétration de l'assurance, la fraude et les lenteurs dans le traitement des sinistres. L'étude propose d'explorer comment la SONAS peut améliorer ses pratiques grâce à l'intégration de nouvelles technologies et à une meilleure gestion des risques pour garantir sa viabilité financière et optimiser la satisfaction des clients.

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MEMOIRE

Le mémoire de WENGA FEZA Jofie présente une étude sur l'évaluation et la gestion des risques en assurance automobile par la SONAS, couvrant la période de 2019 à 2024. Il met en lumière les défis rencontrés par le secteur en République Démocratique du Congo, notamment la faible pénétration de l'assurance, la fraude et les lenteurs dans le traitement des sinistres. L'étude propose d'explorer comment la SONAS peut améliorer ses pratiques grâce à l'intégration de nouvelles technologies et à une meilleure gestion des risques pour garantir sa viabilité financière et optimiser la satisfaction des clients.

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UNIVERSITE CATHOLIQUE DU CONGO

FACULTE D’ECONOMIE ET DEVELOPPEMENT


B.P. : 1534
KINSHASA/LIMETE

ASSURANCE AUTOMOBILE : EVALUATION ET GESTION DES


RISQUES PAR LA SONAS. 2019-2024

WENGA FEZA Jofie

Mémoire présenté et défendu en vue de l’obtention du grade de


Master 2 en Finance, Banque et Assurance (FBA)

Directeur : Prof Dr. MOTO KOSARADE Joseph

LUNGIAMBUDILA Jean Bernard


OPANGA Venante

ANNEE ACADEMIQUE 2024-2025


E pigraphe
« L’assurance automobile n’est pas un luxe mais une nécessité dans
un monde de mobilité et d’incertitudes. »

Jean Fourastié
D édicace
À mes parents, Papa WENGA John et Maman EBONDO Safy,

Je vous dédie ce travail en signe de reconnaissance pour tout ce que


vous avez fait pour moi. Merci pour votre amour, vos sacrifices et
votre soutien de chaque instant. Vous avez cru en moi et m’avez
encouragée à poursuivre mes rêves. Aujourd’hui, je franchis une
étape très importante grâce à vous. Ce succès est le fruit de vos
efforts autant que des miens. Une étape se termine, une autre
commence, et je continuerai toujours à avancer avec vos valeurs
comme mes repères.
Remerciements
La réalisation de ce travail n’aurait jamais été possible sans l’apport, le soutien et
l’accompagnement de nombreuses personnes. À l’heure où s’achève cette étape importante
de notre parcours académique, il nous est particulièrement agréable d’exprimer notre
profonde reconnaissance envers toutes celles et ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à
la réussite de ce mémoire.

Nous remercions en premier lieu l’Eternel notre Dieu pour la force et grâce, l’intelligence, la
sagesse et le discernement durant ce grand parcours académique.

Nous adressons, avant toute chose, notre gratitude la plus sincère et nos remerciements les
plus respectueux à notre Directeur de mémoire, Monsieur MOTO KOSARADE Joseph , pour
la confiance qu’il nous a accordée, sa disponibilité constante, son encadrement méthodique et
rigoureux, ainsi que la bienveillance avec laquelle il a guidé nos réflexions. Son exigence
scientifique et ses précieux conseils ont été pour nous une source d’inspiration et de
persévérance.

Nos remerciements vont également à l’endroit de nos chers frères et sœurs: Précilia WENGA,
Milca WENGA, Kerta WENGA, Fanny WEDIONDO, Marie WEDIONDO, Esther
WEDIONDO, Cécile WEDIONDO Samy WEDIONDO et tous les WENGA. Votre
affection, vos encouragements constants et vos sacrifices discrets ont été pour nous un
véritable moteur. C’est une immense grâce et un bonheur inestimable de vous avoir dans
notre vie.

Nous exprimons aussi toute notre reconnaissance à nos Oncles et Tantes, dont les prières, les
conseils et l’accompagnement moral ont constitué un soutien indéfectible dans les moments
les plus décisifs de notre parcours.

À nos neveux et nièces, merci pour vos prières sincères et votre amour inconditionnel.

À nos amis fidèles : Obeltonne JIKKA, Ketsia NALO, Rosny YUKU, Eliane KAZIBA,
Dinnel MFULAMA et Bénédicte Mongu, nous disons un grand merci pour les instants
partagés, les mots de réconfort, la patience, le soutien mutuel et les encouragements, qui ont
rendu ce chemin plus léger et porteur d’espérance.

Nous n’oublions pas nos collègues de promotion, ainsi que toutes les connaissances
rencontrées au cours de ce parcours. Les échanges intellectuels, les moments de convivialité
et l’esprit d’entraide que nous avons partagés resteront gravés dans nos mémoires.

Enfin, à toutes les personnes qui, de près ou de loin, d’une manière ou d’une autre, ont
contribué à la réalisation de ce travail, mais dont les noms ne figurent pas dans ces lignes,
qu’elles trouvent ici l’expression de notre profonde gratitude et de notre respectueux
attachement.

WENGA FEZA Jofie


0. INTRODUCTION
0.1. État de la question

Etat de la question est une question formulée à partir de la revue de la littérature. Il consiste à
lire un document d'un autre chercheur, comprendre le problème abordé, la
méthodologie utilisée, les hypothèses, l'objectif visé, les résultats atteints ou non.

Pour porter la lumière à notre recherche, il s'avère nécessaire de reconnaître le mérite des
travaux antérieurs. En effet, un travail scientifique est considéré comme un complément et/ou
un dépassement des travaux qui l'ont précédé.

Harrington, S. E., & Niehaus, G. R.( 2004 ), dans leur étude sur the Risk Management in
the Insurance Industry », dont ils ont examiné les différentes méthodes de gestion des
risques dans le secteur de l'assurance, en mettant l'accent sur l'assurance automobile. Les
auteurs discutent des approches quantitatives et qualitatives pour évaluer les risques et les
sinistres.

Barlow, J., & Maull, R. (2008). Dans leur article sur The Role of Technology in Risk
Management", ils ont exploré comment les nouvelles technologies, telles que l'analyse de
données et les systèmes d'information, transforment la gestion des risques dans le secteur de
l'assurance. Les auteurs soulignent l'importance de l'innovation pour améliorer l'évaluation
des risques.

Aaker, D. A., & Jacobson, R. (2001)" Customer Satisfaction in the Insurance Sector: A
Study of the Automobile Insurance Market" ; leur recherche analyser la satisfaction des
clients dans le secteur de l'assurance automobile. Les auteurs utilisent des enquêtes pour
évaluer les attentes des clients et leur satisfaction par rapport aux services offerts.

Cummins, J. D., & Dionne, G.( 2007) "Insurance Risk Management: A Comparative
Study" . Cette étude compare les pratiques de gestion des risques dans différentes
compagnies d'assurance à travers le monde. Les auteurs identifient les meilleures pratiques et
les défis communs rencontrés par les assureurs.
Grace, M. F., & Leverty, J. T. (2012) "The Impact of Regulatory Changes on the
Insurance ; Cet article examine comment les changements réglementaires affectent les
pratiques d'assurance, y compris l'assurance automobile. Les auteurs analysent les
implications pour la gestion des risques et la rentabilité des compagnies d'assurance.

Wang, K., & Zhang, J. (2015) "Risk Assessment in Automobile Insurance: A Review" .
Cette revue de littérature se concentre sur les méthodes d'évaluation des risques spécifiques à
l'assurance automobile. Les auteurs discutent des modèles prédictifs et des approches
statistiques utilisées pour évaluer les risques.

En République Démocratique du Congo, le domaine de l'assurance automobile connaît une


transformation majeure. Plusieurs réformes ont été menées depuis le début des années 2000
dans le but d'stimuler la progression de ce marché.1 Les autorités et les assureurs œuvrent
pour rendre ce produit plus accessible en étendant le réseau de distribution, en adoptant de
nouvelles régulations et en instaurant des incitations à la souscription.

Néanmoins, en dépit de ces initiatives, le développement de l'assurance demeure limité et la


Sonas, malgré sa position dominante sur le marché, rencontre plusieurs obstacles. Une
recherche réalisée par la Fédération des Assurances de la RDC en 2019 a mis en lumière que
seulement 5 % des véhicules circulant bénéficiaient d'une protection, une proportion
nettement moindre comparée à celle constatée dans d'autres pays africains. Cette croissance
est entravée par une faible confiance de la population dans le système d'assurance, des
pratiques frauduleuses, un manque de sensibilisation appropriée aux avantages de l'assurance
et un traitement des sinistres lent.

De plus, malgré la mise en œuvre de réformes visant à moderniser le domaine, la


transformation numérique des procédures et l'utilisation de solutions technologiques pour
optimiser la gestion des risques ne parviennent pas encore au niveau attendu. L'examen des
comptes financiers de la Sonas révèle aussi une gestion des risques trop conventionnelle,
principalement orientée vers les techniques classiques de tarification et d'administration des
sinistres. L'insuffisance de stratégies de réassurance performantes et d'instruments
contemporains pour l'évaluation des risques contribue à préserver la compétitivité de
l'entreprise face aux enjeux économiques actuels.

1
Fédération des Assurances de la RDC, ‘’Rapport annuel sur les reformes du secteur des assurances’’, 2019
L'étude sur l'assurance automobile, en particulier l'évaluation et la gestion des risques par la
SONAS (Société Nationale d'Assurances), présente plusieurs aspects originaux. Tout d'abord,
elle se concentre sur une période spécifique, de 2019 à 2024, ce qui permet d'analyser les
tendances et les évolutions dans le secteur de l'assurance automobile sur plusieurs années.

Ensuite, l'approche adoptée par la SONAS pour évaluer et gérer les risques peut inclure des
méthodes innovantes, telles que l'utilisation de données analytiques avancées, des modèles
prédictifs ou des technologies émergentes comme l'intelligence artificielle. Cela pourrait
offrir une perspective nouvelle sur la manière dont les compagnies d'assurance peuvent
anticiper et atténuer les risques liés aux accidents de la route.

De plus, l'étude pourrait explorer des facteurs socio-économiques et environnementaux qui


influencent le marché de l'assurance automobile, ce qui enrichirait la compréhension des
risques au-delà des simples statistiques d'accidents. En intégrant des éléments de durabilité et
de responsabilité sociale, la SONAS pourrait également se démarquer en proposant des
solutions d'assurance qui répondent aux préoccupations contemporaines des assurés.

Enfin, l'originalité de cette étude pourrait résider dans sa capacité à proposer des
recommandations pratiques et des stratégies adaptées aux défis spécifiques rencontrés par les
assurés et les assureurs dans le contexte actuel. Cela pourrait contribuer à une meilleure
gestion des risques et à une amélioration de la satisfaction des clients.

0.2. Problématique

L’assurance automobile, est une composante essentielle du système financier d'une nation.
Elle contribue à la protection de la route et à la protection des citoyens face aux dangers
associés aux accidents routiers. En République Démocratique du Congo (RDC), l'assurance
auto joue un rôle crucial non seulement pour les conducteurs, mais également pour toute la
communauté. Elle participe à la structuration de la sécurité publique, au financement des
réparations des véhicules endommagés et à la prise en charge des victimes.2 Toutefois,
l'industrie de l'assurance en RDC, en particulier celle liée aux véhicules, demeure encore en
déclin par rapport aux autres zones du monde. En tant qu'acteur majeur du domaine, la
Société Nationale d'Assurances (Sonas) est au cœur des problématiques de l'assurance
automobile.

2
Code des assurances de la RDC, Chapitre II, article 8-12.
Depuis la réforme de l'assurance automobile en RDC, divers obstacles ont marqué le
développement du secteur de l'assurance automobile. Entre 2019 et 2024, une période
marquée par des transformations économiques majeures, des modifications législatives et une
augmentation du parc automobile, cette situation s'est intensifiée. Ces incidents ont
considérablement affecté la gestion des risques et le rendement de la Sonas.3 En dépit des
tentatives de modernisation menées par ce secteur public, les enjeux concernant la gestion des
risques, la fraude, le manque de connaissance des produits d'assurance par les citoyens et la
lenteur des procédures continuent d’entraver le bon fonctionnement du secteur. Par
conséquent, la question principale qui oriente ce mémoire est de déterminer comment la
Sonas peut évoluer, gérer ces risques, et s’adapter à un marché de plus en plus exigeant tout
en améliorant ses pratiques de gestion des risques.

L'assurance automobile est un secteur crucial dans le domaine des assurances, car elle joue un
rôle fondamental dans la protection des conducteurs, des passagers et des tiers en cas
d'accident. En République Démocratique du Congo, la SONAS (Société Nationale
d'Assurances) est l'un des principaux acteurs de ce marché. Entre 2019 et 2024, le pays a
connu des évolutions significatives, tant sur le plan économique que social, qui ont eu un
impact sur le secteur de l'assurance.

La croissance du parc automobile, l'augmentation des accidents de la route, et les défis liés à
la gestion des sinistres sont autant de facteurs qui rendent l'évaluation et la gestion des risques
d'assurance automobile particulièrement pertinents. De plus, la digitalisation et l'usage
croissant des technologies dans le secteur des assurances offrent de nouvelles opportunités
pour améliorer l'évaluation des risques et la satisfaction des clients.

La gestion des risques en assurance automobile implique l'évaluation des différents facteurs
qui peuvent influencer la sinistralité, comme le comportement des conducteurs, les conditions
de circulation, et les caractéristiques des véhicules. Entre 2019 et 2024, la SONAS a
probablement mis en place des stratégies pour mieux évaluer ces risques, en utilisant des
données historiques et des analyses prédictives.

Il serait intéressant de voir comment la SONAS a adapté ses produits d'assurance pour
répondre aux évolutions du marché, notamment avec l'essor des technologies automobiles et

3
Banque centrale de la RDC, ‘’Analyse du marché de l’assurance automobile ‘’ 2024.
des nouvelles réglementations. De plus, la gestion des sinistres et la satisfaction des clients
sont des éléments clés à considérer dans cette période.

L'assurance automobile en RDC, et plus spécifiquement à la Sonas, fait face à plusieurs défis
qui entravent son développement et son efficacité. Ces problèmes incluent une faible
pénétration de l'assurance, des pratiques de gestion des risques non optimisées, la fraude, et
des retards dans le règlement des sinistres. La problématique de ce mémoire est donc la
salivate:

Comment la SONAS peut-elle améliorer l'évaluation et la gestion des risques en


assurance automobile afin de garantir sa viabilité financière, d'optimiser la satisfaction
des clients et de s'adapter aux évolutions du marché en République Démocratique du
Congo entre 2019 et 2024 ?

Éléments à considérer dans cette problématique :

1. Quels sont les principaux facteurs de risque associés à l'assurance automobile en


RDC, et comment la SONAS peut-elle les identifier et les quantifier de manière
efficace ?
2. Quelles stratégies la SONAS met-elle en place pour gérer les sinistres de manière
efficace, tout en minimisant les coûts et en améliorant l'expérience client ?
3. Comment l'intégration de nouvelles technologies (comme l'analyse de données,
l'intelligence artificielle, etc.) peut-elle transformer l'évaluation et la gestion des
risques au sein de la SONAS ?
4. Quelles sont les implications des évolutions réglementaires sur la gestion des risques
en assurance automobile, et comment la SONAS s'adapte-t-elle à ces changements ?
5. En quoi une meilleure gestion des risques peut-elle contribuer à la sécurité routière et
à la protection des biens, et quel est l'impact de cela sur l'économie nationale ?
0.3 Hypothèses

D'après Mace et Pétry, une réponse temporaire aux interrogations que le chercheur se pose est
appelée une hypothèse de travail. On peut ainsi affirmer Les réponses anticipées aux
questions posées dans la problématique constituent l'hypothèse de recherche. Pour faire face à
cette question, nous allons examiner les suppositions suivantes4 :

 Hypothèse 1 : La mise en œuvre de technologies avancées, telles que l'analyse de


données et l'intelligence artificielle, améliore significativement l'évaluation des
risques par la SONAS, permettant une tarification plus précise des polices d'assurance
automobile.
 Hypothèse 2 : Une gestion proactive des sinistres, incluant une communication
efficace avec les clients et une réponse rapide aux réclamations, augmente la
satisfaction des clients et réduit le taux de résiliation des contrats d'assurance
automobile.
 Hypothèse 3 : L'adaptation de la SONAS aux évolutions réglementaires et aux
nouvelles exigences du marché contribue à une meilleure gestion des risques,
renforçant ainsi sa position concurrentielle sur le marché de l'assurance automobile en
RDC.
 Hypothèse 4 : La sensibilisation des conducteurs aux bonnes pratiques de conduite et
à la sécurité routière, soutenue par des initiatives de la SONAS, réduit le nombre
d'accidents et, par conséquent, le coût des sinistres pour l'entreprise.
 Hypothèse 5 : L'amélioration de l'évaluation et de la gestion des risques par la
SONAS a un impact positif sur la rentabilité de l'entreprise, permettant ainsi d'investir
davantage dans des programmes de prévention et d'innovation.

0.4 Objectif de la recherche


4
G.P. MACE, Le guide d’élaboration d’un projet de recherche, Paris, 2ième Ed. Les presses de l’université Laval, de
Boeck Université, 2000, p. 132.
0.4.1. Objectif Général

Analyser et évaluer les pratiques d'évaluation et de gestion des risques en assurance


automobile par la SONAS, afin de proposer des recommandations pour améliorer sa
performance et sa compétitivité sur le marché en République Démocratique du Congo
entre 2019 et 2024.

0.4.2. Objectifs Spécifiques

1. Évaluer les méthodes actuelles d'évaluation des risques utilisées par la SONAS
dans le cadre de l'assurance automobile, en identifiant les forces et les faiblesses
de ces méthodes.
2. Analyser l'impact des technologies modernes, telles que l'intelligence artificielle
et l'analyse de données, sur l'efficacité de l'évaluation et de la gestion des risques
par la SONAS.
3. Examiner les processus de gestion des sinistres de la SONAS, en mettant l'accent
sur la satisfaction des clients et l'efficacité opérationnelle.
4. Étudier l'influence des évolutions réglementaires et des tendances du marché sur
les pratiques de gestion des risques de la SONAS, et comment l'entreprise
s'adapte à ces changements.
5. Proposer des recommandations stratégiques pour améliorer l'évaluation et la
gestion des risques en assurance automobile, en tenant compte des meilleures
pratiques observées dans d'autres marchés et des besoins spécifiques du marché
congolais.

0.5 Choix et intérêt du sujet

0.5.1. Choix du Sujet

Le choix d'étudier l'assurance automobile, l'évaluation et la gestion des risques par la SONAS
(Société Nationale d'Assurances) en République Démocratique du Congo (RDC) entre 2019
et 2024 est motivé par plusieurs facteurs :

1. Contexte Économique et Social : La RDC connaît une croissance économique, mais


aussi des défis en matière de sécurité routière et d'accidents de la route. L'assurance
automobile joue un rôle crucial dans la protection des biens et des personnes, ce qui
rend ce sujet pertinent.
2. Évolution du Marché : Le secteur de l'assurance en RDC est en pleine mutation,
avec l'émergence de nouvelles technologies et des changements réglementaires.
Étudier comment la SONAS s'adapte à ces évolutions est essentiel pour comprendre
les dynamiques du marché.
3. Importance de la Gestion des Risques : La gestion des risques est un enjeu majeur
pour les compagnies d'assurance. Analyser les pratiques de la SONAS permet
d'identifier les meilleures stratégies pour minimiser les pertes et améliorer la
rentabilité.
4. Impact Sociétal : Une meilleure gestion des risques en assurance automobile peut
contribuer à la sécurité routière et à la réduction des accidents, ce qui a un impact
positif sur la société dans son ensemble.

0.5.2. Intérêts du Sujet

1. Connaissances Académiques : Ce sujet permet d'approfondir les connaissances sur


l'assurance, la gestion des risques et l'impact des technologies dans ce domaine. Il
contribue à la littérature existante sur le sujet, en particulier dans le contexte africain.
2. Pratiques Professionnelles : Les résultats de cette recherche peuvent fournir des
recommandations pratiques pour la SONAS et d'autres compagnies d'assurance, les
aidant à améliorer leurs processus et à mieux répondre aux besoins des clients.
3. Sensibilisation et Éducation : En mettant en lumière les enjeux de l'assurance
automobile et de la gestion des risques, ce sujet peut sensibiliser le public et les
décideurs sur l'importance de la sécurité routière et de la protection des biens.
4. Développement Durable : En améliorant la gestion des risques, la SONAS peut
contribuer à un développement économique durable en réduisant les coûts liés aux
accidents et en favorisant une culture de la sécurité.
0.6 Méthodologies des recherches

Définit comme un moyen de parvenir à un aspect de la vérité, de répondre plus


particulièrement à la question « comment », débouche inévitablement sur le problème de
l'exploitation.

0.6.1 Méthodes de recherche

Méthodes

1. Recherche Documentaire :

 Analyse de la littérature : Étudier des articles académiques, des rapports d'experts,


des publications gouvernementales et des documents internes de la SONAS pour
comprendre le cadre théorique et les pratiques actuelles en matière d'assurance
automobile et de gestion des risques.
 Études de cas : Analyser des cas spécifiques de gestion des risques dans d'autres
compagnies d'assurance, tant au niveau national qu'international, pour identifier les
meilleures pratiques.

2. Enquêtes et Questionnaires :

 Sondages auprès des clients : Concevoir et distribuer des questionnaires pour


recueillir des données sur la satisfaction des clients, leurs perceptions des services
d'assurance automobile et leur expérience en matière de gestion des sinistres.
 Interviews avec des experts : Réaliser des entretiens semi-structurés avec des
professionnels de l'assurance, des agents de la SONAS et des régulateurs pour obtenir
des perspectives qualitatives sur les défis et les opportunités dans le secteur.

3. Analyse Statistique :

 Analyse des données : Utiliser des outils statistiques pour analyser les données
recueillies à partir des enquêtes et des rapports de sinistres. Cela peut inclure des
analyses descriptives, des corrélations et des régressions pour identifier des tendances
et des relations significatives.
4. Études de Terrain :

 Visites sur site : Observer les opérations de la SONAS, notamment le processus de


gestion des sinistres et l'évaluation des risques, pour obtenir une compréhension
pratique des défis rencontrés sur le terrain.

0.6.2 Techniques

Ainsi nous avons utilisés les techniques suivantes :

 Revue documentaire : Analyse des documents législatifs, rapports internes de la


Sonas, études de marché et rapports académiques existants sur l’assurance automobile
en RDC. Entretiens semi-structurés : Recueil de témoignages auprès des responsables
de la Sonas, des experts du secteur et des assurés pour mieux comprendre leurs
perceptions de la gestion des risques et des défis actuels.
 Analyse statistique : Traitement des données quantitatives pour identifier les
évolutions du secteur, les facteurs qui influencent les performances et les risques
associés à l’assurance automobile
 Analyse SWOT : Utiliser la méthode SWOT (forces, faiblesses, opportunités,
menaces) pour évaluer la position de la SONAS sur le marché de l'assurance
automobile et identifier les domaines d'amélioration.
 Analyse PESTEL : Évaluer les facteurs politiques, économiques, sociaux,
technologiques, environnementaux et légaux qui influencent le secteur de l'assurance
automobile en RDC.
 Cartographie des Processus : Créer des diagrammes de flux pour visualiser les
processus d'évaluation des risques et de gestion des sinistres au sein de la SONAS,
afin d'identifier les points de friction et les opportunités d'optimisation.
 Benchmarking : Comparer les pratiques de la SONAS avec celles d'autres
compagnies d'assurance, tant au niveau national qu'international, pour identifier les
meilleures pratiques et les innovations dans le domaine de l'assurance automobile.
0.7. Délimitation du Sujet

Pour des raisons de disponibilité d'informations nous nous concentrerons uniquement sur
l’assurance automobile et la gestion des risques à la Sonas, nous avons limité notre étude
dans le temps et dans l’espace. En effet :

- Dans l’espace, notre étude se focalisera sur les opérations de la Sonas en RDC, en
particulier dans la ville de Kinshasa
- Le présent travail, ne fait pas exception à ce qui précède, dans le temps notre analyse
couvrira la période de 2019 à 2024, une période marquée par d’importantes réformes
et évolutions dans le secteur de l’assurance automobile.
Chapitre 1 : Cadre Théorique

Ce chapitre vise à poser les bases théoriques nécessaires à la compréhension de l’assurance


automobile. Il présente les concepts clés (définitions, types de contrats, acteurs), les principes
de l’évaluation et de la gestion des risques, ainsi qu’un aperçu des pratiques assurantielles en
RDC et ailleurs. Cela permet de mieux comprendre le rôle stratégique de l’assurance dans la
protection financière des usagers et d’introduire les défis spécifiques rencontrés par la
SONAS dans un marché en pleine mutation.

Section 1 : Concepts clés de l’assurance automobile

1.1. Définition de l’assurance automobile

L’assurance automobile se définit comme un contrat d’adhésion par lequel une personne,
propriétaire ou simple utilisateur d’un véhicule, transfère à une compagnie d’assurances le
risque de subir des pertes financières liées à un sinistre. En contrepartie du paiement d’une
prime, l’assureur prend l’engagement d’indemniser l’assuré ou les tiers victimes, selon les
modalités prévues dans la police d’assurance. En pratique, cette couverture s’étend
principalement à deux catégories de dommages : d’une part, ceux affectant directement le
véhicule ou son conducteur (dommages directs), et d’autre part, ceux occasionnés à des tiers
(dommages indirects).5

Jean-Louis Autin et Michel Galy définissent l’assurance automobile comme « un contrat par
lequel une compagnie d’assurances s’engage, moyennant le paiement d’une prime, à garantir
à l’assuré une indemnisation ou une prise en charge de sa responsabilité civile et des
dommages subis par son véhicule ».6

De son côté, Éric Savin considère que « l’assurance automobile est un mécanisme de
protection financière qui indemnise les pertes matérielles et corporelles résultant d’un
accident ou d’un sinistre impliquant un véhicule. Elle est souvent imposée par la loi afin
d’assurer la protection des tiers ».7

1.2 Principes fondamentaux de l’assurance automobile

5
Code CIMA, Livre 1, Article 1.
6
Jean-Louis Autin & Michel Galy, Assurance : principes fondamentaux, Paris, Éditions Foucher, 2012, p. 115.
7
Éric Savin, L’assurance pour les nuls, Paris, First Éditions, 2015, p. 203
Les principaux fondements de l’assurance automobile peuvent être regroupés comme suit :

- La responsabilité civile obligatoire : elle constitue le socle légal de l’assurance


automobile. Elle couvre les dommages corporels et matériels causés à autrui et
représente la garantie minimale exigée par la législation en vigueur.
- Les garanties facultatives : elles viennent compléter la couverture de base et
concernent notamment les dommages subis par le véhicule de l’assuré. Elles incluent
les formules « tous risques », ainsi que les garanties contre le vol, l’incendie ou
encore le bris de glace.
- Les garanties d’assistance : elles offrent une prise en charge en cas de panne ou de
sinistre, par exemple sous forme de dépannage, de remorquage ou de mise à
disposition d’un véhicule de remplacement.
- La protection juridique : elle assure un accompagnement de l’assuré lors d’un litige né
d’un accident de la circulation, en couvrant les frais liés à la défense de ses intérêts.

1.3 Objectifs de l’assurance automobile

L’assurance automobile poursuit plusieurs objectifs majeurs qui traduisent son rôle de
mécanisme de protection et de régulation :

- La protection financière de l’assuré : elle permet à ce dernier de faire face aux charges
liées aux réparations de son véhicule ou aux indemnisations à verser en cas de
sinistre.
- La réparation des dommages causés aux tiers : dans le cadre de la responsabilité
civile, elle protège l’assuré contre les poursuites judiciaires et les réclamations
d’indemnisation.
- La sécurité juridique : dans la plupart des pays, l’assurance automobile est rendue
obligatoire par la loi, afin de garantir une couverture minimale des dommages causés
aux tiers.
1.4 Composants d’un contrat d’assurance automobile

1.4.1 Le contenu d’un contrat d’assurance automobile

Un contrat d’assurance automobile est élaboré sur la base des informations fournies par le
demandeur, appelé souscripteur ou preneur d’assurance. Celui-ci à le devoir, au moment de la
signature, d’évaluer correctement le risque que l’assureur sera amené à supporter et de
préciser les éléments permettant le calcul de la prime correspondante.

Il s’agit d’un accord formel conclu entre l’assuré et la compagnie d’assurances, encadré par
des conditions générales qui contiennent des dispositions communes à tous les contrats de
même nature. Ces dispositions portent notamment sur l’étendue des garanties (risques
couverts), les exclusions, les obligations des parties, ainsi que les procédures de règlement
des sinistres et de résolution des litiges éventuels.

[Link] Les parties au contrat d’assurance automobile

Le contrat d’assurance automobile fait intervenir plusieurs acteurs essentiels :

- L’assureur : il s’agit de la compagnie d’assurances qui prend l’engagement de couvrir


les risques spécifiés dans le contrat. En République Démocratique du Congo, la
SONAS demeure l’un des acteurs historiques et majeurs du secteur.8
- L’assuré : c’est la personne qui souscrit la police d’assurance. Elle est soit propriétaire
du véhicule, soit en détient l’usage régulier.
- Le bénéficiaire : en cas de sinistre, il s’agit de la personne qui reçoit l’indemnité
prévue. Il peut s’agir de l’assuré lui-même ou d’une tierce victime des dommages.
- L’intermédiaire : représenté par un agent ou un courtier, il joue un rôle de médiateur
en facilitant la conclusion et le suivi du contrat entre l’assuré et l’assureur.

Ces parties entretiennent des obligations réciproques. L’assuré est tenu de verser
régulièrement ses primes, de déclarer fidèlement les sinistres et de s’abstenir de toute action
susceptible d’aggraver les risques. L’assureur, quant à lui, a l’obligation de respecter les
garanties prévues, de fournir une information claire et de procéder au versement des
indemnités dans les délais contractuels.

1.4.2 La souscription d’un contrat d’assurance automobile

8
SONAS, Rapport Annuel 2021.
Un contrat d’assurance automobile peut être défini comme un accord juridique conclu entre
une compagnie d’assurances et une personne physique ou morale, appelée assuré. Ce contrat
précise les droits et obligations de chacune des parties.

L’assureur s’engage à garantir une indemnisation en cas de réalisation d’un risque couvert,
tandis que le preneur d’assurance s’oblige à déclarer de manière sincère et complète les
risques à couvrir, ainsi qu’à payer régulièrement la prime convenue.

La base de ce type de contrat repose sur la volonté de s’engager. En vertu du principe de


liberté contractuelle, chaque partie reste libre d’accepter ou non de contracter. Toutefois, dès
que le contrat est signé, il produit des effets juridiques, créant des obligations réciproques que
les parties doivent respecter.

La formation d’un contrat d’assurance automobile se déroule généralement en deux étapes :

- La phase précontractuelle, durant laquelle les parties échangent librement sans être
encore liées juridiquement ;
- La phase contractuelle, qui correspond à la conclusion du contrat et entraîne des
obligations légales et mutuelles entre l’assureur et l’assuré.

[Link] La phase précontractuelle

La phase précontractuelle occupe une place déterminante dans le processus de souscription


d’un contrat d’assurance. Elle regroupe l’ensemble des échanges entre le futur assuré et
l’assureur avant la signature du contrat. Cette étape vise à garantir la transparence et la
confiance entre les deux parties.

Elle comporte notamment les obligations suivantes :

- Le devoir d’information de l’assureur : l’assureur doit fournir à l’assuré toutes les


informations nécessaires concernant les garanties proposées, leurs limites, ainsi que le
montant de la prime.
- La remise des documents précontractuels : l’assureur est tenu de transmettre à l’assuré
une copie du projet de contrat et de ses annexes, ou à défaut, une lettre d’information
détaillant les garanties, les exclusions, ainsi que les conditions d’exécution du contrat.

[Link] La phase contractuelle


La phase contractuelle correspond au moment où l’assuré et l’assureur expriment leur volonté
réciproque de conclure le contrat d’assurance. Le demandeur manifeste son intention en
formulant une offre, et dès que la compagnie d’assurances accepte cette proposition, le
contrat est réputé conclu. À partir de ce moment, l’assureur remet au souscripteur les
documents nécessaires, et le contrat entre en vigueur à la date convenue.

Cette phase se décompose en plusieurs étapes essentielles :

 La proposition
 L’acceptation
 La note de couverture
 La police d’assurance

a) La proposition

La proposition prend généralement la forme d’un questionnaire préétabli que le candidat à


l’assurance doit compléter et transmettre à la compagnie. Elle comporte des informations
détaillées permettant à l’assureur d’évaluer la nature et l’étendue du risque à couvrir.

b) L’acceptation

L’acceptation ne requiert pas de forme particulière, mais elle doit être libre et exempte de tout
vice du consentement. Elle peut être :

 expresse, lorsque l’assuré confirme clairement son accord (par l’établissement d’une
police, par une note de couverture, ou encore par l’envoi d’une lettre) ;
 tacite, lorsqu’une police conforme à la proposition est établie sans objection de la part
de l’assuré.

c) La note de couverture

La note de couverture est un document provisoire attestant l’existence d’une garantie avant la
délivrance de la police définitive. Émise par la compagnie d’assurances ou par un courtier,
elle permet à l’assuré de bénéficier immédiatement d’une couverture. Ce document
mentionne des informations essentielles telles que le nom des parties, le numéro de police,
l’objet de l’assurance, le montant garanti, ainsi que la durée de la couverture.

d) La police d’assurance
La police d’assurance constitue la preuve écrite du contrat conclu. Elle est généralement
produite en trois exemplaires : l’un destiné à l’assuré, un autre à l’intermédiaire (agent ou
courtier) et le dernier conservé par la compagnie. Elle doit comporter des mentions
obligatoires et se compose de plusieurs parties, parmi lesquelles :

- les conditions générales, qui fixent les règles applicables à tout contrat de même type ;
- les conditions particulières, qui précisent les éléments propres à l’assuré (identité,
objet de la couverture, montant de la prime, etc.) ;
- les conventions spéciales et autres intercalaires, qui viennent compléter ou modifier
certaines clauses du contrat.

1.5 Types de contrats d’assurance automobile

Les contrats d’assurance automobile se distinguent principalement par le niveau de


couverture qu’ils offrent à l’assuré. On peut en identifier trois catégories majeures :

- L’assurance au tiers : il s’agit de la formule de base, qui couvre exclusivement les


dommages causés aux tiers. Elle constitue la couverture minimale obligatoire imposée
par la loi. Toutefois, elle ne prend pas en charge les dommages subis par le véhicule
de l’assuré, ni les blessures corporelles de ce dernier.
- L’assurance intermédiaire : elle inclut des garanties complémentaires telles que la
protection contre le vol, l’incendie ou encore le bris de glace. Bien qu’elle offre une
couverture élargie par rapport à l’assurance au tiers, elle demeure moins étendue que
l’assurance tous risques.
- L’assurance tous risques : considérée comme la formule la plus complète, elle couvre
à la fois les dommages causés à autrui et ceux subis par l’assuré lui-même, y compris
lorsque ce dernier est responsable de l’accident.

Le choix entre ces différentes formules dépend de plusieurs facteurs, notamment le profil du
conducteur, la valeur du véhicule assuré, la fréquence d’utilisation du véhicule ainsi que le
budget disponible. En République Démocratique du Congo, le coût relativement élevé des
primes constitue un frein, ce qui explique que la majorité des automobilistes privilégient
l’assurance au tiers.

1.6 Types de garanties


La garantie d’assurance vise à protéger l’assuré contre les dommages matériels ou corporels
survenant lors du transport terrestre et résultant directement d’un ou plusieurs accidents. Dans
le cadre de l’assurance automobile, les garanties se répartissent en deux grandes catégories :

- Garanties de base (obligatoires)


- Garanties complémentaires (facultatives)

1.6.1 Garantie obligatoire : Responsabilité Civile (RC)

Conformément à l’article 01 de l’ordonnance n°74/15 du 30 janvier 1974 relative à


l’obligation d’assurance des véhicules automobiles et au régime d’indemnisation des
dommages : « Tout propriétaire d’un véhicule doit, avant de le mettre en circulation,
souscrire une assurance couvrant les dommages causés aux tiers par ce véhicule ». Ainsi, la
Responsabilité Civile constitue la seule garantie légalement obligatoire.

[Link] Responsabilité Civile de la Circulation Routière

Cette garantie couvre les conséquences financières de toute responsabilité civile que l’assuré
pourrait encourir en cas de dommages corporels ou matériels causés à des tiers lors de
l’utilisation d’un véhicule. Elle inclut notamment :

- Les accidents, incendies ou explosions provoqués par le véhicule ou par les


équipements qui y sont attachés ;
- Les dommages résultant de l’usage d’accessoires, de produits, ou d’effets personnels
ou matériels ;
- La chute d’accessoires, de produits, d’objets ou de substances.

[Link] Responsabilité Civile hors circulation

Cette garantie protège l’assuré contre les conséquences pécuniaires de sa responsabilité civile
lorsque des dommages corporels ou matériels sont causés par le véhicule dans des situations
autres que la circulation. Cela comprend, entre autres, les accidents, incendies, explosions ou
incidents liés à des installations terrestres, ainsi que la chute d’accessoires, de produits ou
d’objets. Toutefois, les dommages résultant de l’utilisation directe du moteur du véhicule
comme source d’énergie ne sont pas couverts par cette garantie.

[Link] Garantie complémentaire « Responsabilité Civile »


Cette garantie étend la couverture aux dommages causés par le véhicule assuré lorsqu’il
remorque, de manière occasionnelle, un autre véhicule en panne. Toutefois, si le véhicule
assuré est lui-même en panne et remorqué par un autre véhicule, les dommages causés aux
autres véhicules ne sont pas pris en charge par cette garantie.

Pour les véhicules à quatre roues, la garantie couvre également la responsabilité personnelle
de l’assuré envers les tiers qui ne sont pas des passagers. Cette couverture s’applique dès
l’instant où ces tiers montent dans le véhicule assuré jusqu’au moment où ils en descendent.

1.6.2 Garanties facultatives (non obligatoires)

Les garanties facultatives offrent une protection supplémentaire et couvrent les dommages
pouvant survenir au véhicule assuré.

[Link] Dommages avec ou sans collision (tous risques)

Bien que l’assurance responsabilité civile soit obligatoire, le propriétaire d’un véhicule peut
choisir d’étendre sa couverture en optant pour des garanties supplémentaires. Parmi celles-ci,
le contrat tous risques constitue la formule la plus complète.

La garantie tous risques permet de rembourser l’assuré pour tous les dommages subis par son
véhicule, quelle que soit la nature de l’accident ou la responsabilité du conducteur. Elle inclut
notamment :

- Les collisions avec un corps fixe ou mobile extérieur au véhicule (arbre, pierre, autre
véhicule, bicyclette, piéton, animal, etc.) ;
- Le renversement du véhicule sans collision préalable ;
- La chute accidentelle du véhicule (dans un cours d’eau, un étang, etc.) ;
- L’inondation imprévisible du véhicule en stationnement, causée par une montée
soudaine des eaux.

[Link] Dommages collision

Cette garantie couvre les dommages subis par le véhicule assuré à la suite d’une collision
avec un piéton identifié, un autre véhicule identifié ou un animal domestique, en dehors d’un
garage ou d’une remise. L’assureur s’engage à indemniser l’assuré jusqu’à concurrence du
montant spécifié dans le contrat.

[Link] Bris de glace (BG)


Cette garantie couvre les éléments en verre du véhicule, tels que le pare-brise, les vitres
latérales, arrière et de toit, ainsi que les lentilles des phares. Elle s’applique que le véhicule
soit en mouvement ou à l’arrêt, et inclut également les dommages aux rétroviseurs extérieurs
causés par des chutes de pierres, de gravier ou d’autres objets.

[Link] Vol et incendie

a. Vol du véhicule et des accessoires

Cette garantie protège l’assuré contre les conséquences d’un vol ou d’une tentative de vol du
véhicule. Lorsque les accessoires sont inclus dans le contrat, ils ne sont couverts que s’ils
sont volés en même temps que le véhicule. Pour les accessoires non prévus, des garanties
peuvent être accordées, mais sous conditions restrictives pour le règlement du sinistre.

 Si le véhicule est retrouvé dans un délai de 30 jours, l’assuré peut bénéficier d’une
indemnisation pour les éventuels dommages subis.
 Si le véhicule n’est pas retrouvé dans ce délai, l’assuré est remboursé du montant
prévu par le contrat.
 Si le véhicule est retrouvé après ce délai, l’assuré peut choisir soit de conserver
l’indemnité perçue, soit de récupérer son véhicule.

b. Incendie du véhicule

Cette garantie permet à l’assuré de recevoir une indemnité correspondant à la valeur du


véhicule au jour de l’incendie, ou à la valeur précisée dans le contrat. Elle inclut également
les dommages causés par une explosion, la chute de la foudre ou une combustion spontanée.

[Link] Défense et recours (DR)

La garantie Défense et Recours prend en charge, jusqu’au plafond indiqué dans les conditions
particulières, les frais liés aux enquêtes, expertises, consultations, assistance d’avocat et
procédures devant tout tribunal, découlant de la possession ou de l’utilisation du véhicule
assuré.

En cas d’accident imputable à un tiers, l’assureur engage toutes les démarches amiables ou
judiciaires nécessaires pour obtenir le paiement des dommages subis par l’assuré ou par les
membres de sa famille vivant sous son toit.

[Link] Personnes transportées assurées (PTA)


En cas d’accident couvert par le contrat, l’assureur garantit aux passagers transportés le
versement des indemnités prévues dans les conditions particulières, ainsi que le
remboursement des frais médicaux, conformément aux dispositions des conditions générales.
Cela inclut notamment le remboursement des frais de médicaments, après demande auprès de
la Sécurité Sociale, dans les limites fixées par le contrat.

[Link] Assistance automobile

Introduite récemment à la suite de la promulgation de la loi n°06-04 modifiant et complétant


l’ordonnance n°95-07, la garantie assistance automobile permet aux assureurs de proposer
diverses prestations aux assurés, telles que le dépannage, le remorquage ou la prise en charge
des frais d’hôtel et de déplacement.

Les principaux événements couverts par cette garantie comprennent :

- Le dépannage ou le remorquage du véhicule en cas de panne ou d’accident ;


- Le retour des bénéficiaires, la poursuite du voyage ou la prise en charge des frais
d’hôtel;
- Le séjour et le déplacement des passagers en cas de vol du véhicule ;
- Le gardiennage et la récupération du véhicule après réparation ;
- La mise à disposition d’un chauffeur qualifié si nécessaire.

[Link] Catastrophes naturelles

Lorsque le contrat d’assurance inclut la couverture des dommages au véhicule (tous


accidents, collisions, vol, incendie, etc.), l’assuré peut souscrire une garantie spécifique
contre les catastrophes naturelles. Cette couverture protège le véhicule contre des événements
tels que les inondations, avalanches, tremblements de terre et autres catastrophes similaires.
La garantie prend effet à compter de la publication de la loi au Journal officiel.

Ces différentes garanties peuvent être combinées dans des formules variées, telles que tiers,
intermédiaire ou tous risques, en fonction du niveau de protection souhaité par l’assuré.

1.7 Législation et régulation en RDC


L’assurance automobile en République Démocratique du Congo est régie par la loi n°15/005
du 17 mars 2015 portant Code des assurances.9 Cette loi a constitué un tournant majeur en
mettant fin au monopole de la SONAS et en ouvrant le marché à la concurrence, favorisant
ainsi l’émergence de nouvelles compagnies d’assurance.

L’Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances (ARCA) est l’organe principal de


régulation du secteur. Sa mission consiste à superviser et contrôler les pratiques des
assureurs, protéger les consommateurs et promouvoir l’inclusion assurantielle.10

Conformément à la loi, tout propriétaire de véhicule est tenu de souscrire une assurance
responsabilité civile avant de mettre son véhicule en circulation. Cette obligation a pour
objectif de garantir que les victimes d’accidents de la route puissent être correctement
indemnisées.

Malgré cette exigence légale, le marché de l’assurance automobile en RDC continue de


présenter un taux élevé de non-assurance, en raison de plusieurs facteurs : faible
sensibilisation des conducteurs, difficulté d’accès aux produits d’assurance, insuffisance des
moyens de contrôle et méfiance persistante envers les compagnies d’assurance.

Bien que la SONAS ait perdu son monopole, elle demeure un acteur majeur du secteur grâce
à son réseau national étendu, qui lui confère un avantage stratégique important. Depuis
l’ouverture du marché à la concurrence, elle a entrepris une série de transformations visant à
renforcer sa compétitivité, notamment par l’amélioration de ses produits, l’introduction de
nouvelles formules et l’informatisation de ses services.

Section 2 : Principes de l’évaluation et de la gestion des risques

9
Loi n° 15/005 du 17 mars 2015 portant Code des Assurances en RDC.
10
ARCA, « Rapport de régulation du secteur des assurances en RDC », 2022.
L’évaluation et la gestion des risques constituent le fondement même de l’activité
assurantielle. En effet, une compagnie d’assurance doit anticiper les sinistres afin de
préserver sa solvabilité, sa rentabilité et sa capacité à indemniser ses assurés. Dans le
domaine de l’assurance automobile, où la fréquence des incidents est particulièrement élevée,
ces principes revêtent une importance stratégique majeure.

2.1 Définition du risque en assurance

En assurance, le risque se définit comme un événement aléatoire et incertain dont la


réalisation entraîne une perte économique pour l’assuré ou pour un tiers. Il doit être
objectivement mesurable et financièrement quantifiable. Dans le contexte automobile, le
risque englobe notamment les accidents de circulation, les vols, les incendies, les actes de
vandalisme, les catastrophes naturelles, les pannes techniques et parfois même les fautes de
conduite du propriétaire du véhicule.11

Pour qu’un risque soit assurable, il doit satisfaire certaines conditions :

- être indépendant de la volonté de l’assuré ;


- être aléatoire ;
- être licite ;
- présenter une fréquence et une gravité évaluables.

2.2 Étapes de l’évaluation du risque

L’évaluation du risque permet à l’assureur d’adapter ses produits et ses tarifs. Elle s’appuie
sur une démarche structurée comprenant plusieurs étapes :

 Identification des risques : anticiper les sinistres potentiels liés à l’utilisation du


véhicule, en tenant compte des facteurs environnementaux, techniques et humains.
 Analyse de la fréquence et de la gravité : déterminer la probabilité de survenance d’un
sinistre et l’ampleur des pertes financières qu’il pourrait entraîner.
 Segmentation des assurés : classer les assurés selon leur niveau de risque, en se basant
sur des critères tels que l’âge, le sexe, le type et l’ancienneté du véhicule, le lieu de
résidence et le passé sinistriel.

 Tarification et provisionnement actuariel : les actuaires estiment les pertes probables à

11
G. Besson, Risque et Assurance, Presses Universitaires de France, 2016.
l’aide de modèles mathématiques et fixent les primes en conséquence, garantissant
ainsi que la compagnie dispose de réserves suffisantes pour honorer les
indemnisations.

2.3 Techniques de gestion des risques

Une fois les risques évalués, l’assureur met en œuvre diverses techniques afin de maîtriser
son exposition :

 Sélection des risques : consiste à accepter ou refuser certains profils de clients en


fonction de leur dangerosité statistique.
 Tarification différenciée : chaque assuré paie une prime adaptée à son profil de risque.
 Réassurance : une partie du risque est cédée à un réassureur afin de réduire
l’exposition globale de la compagnie.
 Mesures de prévention : sensibilisation des conducteurs à la prudence, promotion de
l’entretien régulier des véhicules, ou encore installation de dispositifs de sécurité. 12

2.4 Spécificités de la gestion des risques à la SONAS

La SONAS, en tant qu’assureur public historique en RDC, a longtemps évolué dans un


environnement de monopole, ce qui a influencé ses pratiques de gestion des risques. Depuis
la libéralisation du marché en 2015, l’entreprise a dû adapter ses méthodes pour rester
compétitive :

 Déficit de données fiables : la faible informatisation des systèmes limite la précision


des évaluations actuarielles.
 Digitalisation insuffisante : les procédures restent majoritairement manuelles,
ralentissant l’analyse des risques.
 Faible recours à la réassurance internationale : la SONAS conserve une grande partie
des risques, ce qui peut compromettre sa solvabilité en cas de sinistres majeurs.
 Lutte contre la fraude : les fausses déclarations de sinistres ou les surfacturations
augmentent le coût global des assurances.13

Pour pallier ces insuffisances, la SONAS a entrepris plusieurs réformes entre 2019 et 2024,
notamment : l’amélioration des outils de tarification, le renforcement de la collaboration avec

12
M. Meunier, « Les nouvelles pratiques de gestion des risques », Revue Française d’Assurance, n° 143, 2020.
13
SONAS, Rapport d’activités annuel, 2021
la police, la modernisation partielle de son infrastructure informatique et l’élargissement
progressif des garanties offertes.

Section 3 : Revue de la littérature sur les pratiques d’assurance en RDC et à


l’international
Cette section vise à situer le cas de la SONAS dans un cadre comparatif, en mettant en
évidence les particularités du marché congolais ainsi que les écarts par rapport aux standards
internationaux.

3.1 État de l’assurance automobile en RDC

En République Démocratique du Congo, le secteur de l’assurance automobile reste peu


développé. Malgré l’existence d’une obligation légale de souscription à une assurance de
responsabilité civile, une part importante des véhicules circule encore sans couverture,
surtout en milieu rural. Cette situation s’explique par plusieurs facteurs :14

 Faible pouvoir d’achat de la population ;


 Méfiance vis-à-vis des assureurs ;
 Déficit de contrôle routier ;
 Lenteur dans le traitement des indemnisations.

La SONAS, bien qu’ayant perdu son monopole, conserve la majorité des parts de marché.
Elle doit néanmoins faire face à une concurrence croissante de compagnies privées telles que
Rawsur, Activa ou SONAR.

3.2 Pratiques d’assurance automobile dans d’autres pays africains

Dans des pays comme le Maroc, le Kenya, l’Afrique du Sud ou le Nigeria, des progrès
notables ont été réalisés dans la gestion de l’assurance automobile :15

 Mise en place de bases de données interconnectées entre assureurs, forces de l’ordre


et administrations publiques ;
 Tarification intelligente basée sur le comportement du conducteur, grâce à l’utilisation
de boîtiers GPS ou de dispositifs télématiques ;
 Mesures incitatives pour l’entretien régulier des véhicules et le respect du code de la
route ;
 Régulation stricte assurée par des agences indépendantes.

Ces expériences illustrent que technologie, transparence et bonne gouvernance constituent


des leviers essentiels pour le développement du marché de l’assurance automobile.

3.3 Évolutions récentes et perspectives internationales

14
Loi n°15/005 du 17 mars 2015 portant Code des Assurances en RDC.
15
F. Tchamkerten, « L’assurance automobile en Afrique : défis et innovations », Revue Africaine de l’Assurance,
n°18, 2021.
À l’échelle mondiale, le secteur de l’assurance automobile connaît une transformation
profonde sous l’effet des innovations technologiques et des enjeux environnementaux :

 Utilisation de l’intelligence artificielle pour la détection des fraudes et la prédiction


des sinistres ;
 Mise en place de contrats flexibles et personnalisés, comme le « Pay As You Drive »
(PAYD), où la prime est calculée en fonction de la distance réellement parcourue ;
 Digitalisation complète des processus : souscription, paiement des primes, déclaration
de sinistres et suivi des indemnisations via des plateformes en ligne ;
 Développement de l’assurance verte, avec des réductions offertes aux utilisateurs de
véhicules hybrides ou électriques.

Ces tendances internationales peuvent servir de référence stratégique pour la SONAS. Leur
adaptation aux réalités congolaises représente un levier potentiel pour moderniser le secteur
et élargir l’accès à l’assurance automobile.

Conclusion du chapitre 1

Ce premier chapitre a jeté les bases théoriques de cette étude en clarifiant les principaux
concepts liés à l’assurance automobile, en explorant les mécanismes d’évaluation et de
gestion des risques, et en présentant une synthèse des travaux antérieurs sur les pratiques
d’assurance en RDC et ailleurs. L’ensemble de ces éléments offre un cadre de réflexion
solide qui guidera l’analyse des réalités pratiques dans les prochains chapitres.

CHAPITRE 2 : CONTEXTE DE LA SONAS ET MÉTHODOLOGIE

0. Introduction

Ce chapitre a pour objectif de présenter à la fois le cadre institutionnel de la SONAS et la


méthodologie retenue pour la conduite de la présente recherche. Il se structure en deux
grandes parties. La première revient sur l’historique de la Société Nationale d’Assurances,
son positionnement sur le marché congolais de l’assurance automobile, ainsi que les
principaux défis et opportunités auxquels elle est confrontée. La seconde expose les méthodes
de recherche mobilisées (recherche documentaire, enquêtes et entretiens) ainsi que les outils
d’analyse adoptés (SWOT, PESTEL, analyse statistique), dans le but d’assurer la rigueur
scientifique et la fiabilité des résultats obtenus. Cette démarche permet ainsi d’inscrire l’étude
dans un double perspectif, à la fois théorique et pratique.

Section 1 : Contexte de la SONAS

1.1 Historique et évolution de la SONAS

1.1.1 La création de la SONAS

La Société Nationale d’Assurances (SONAS) a été instituée le 23 novembre 1966 par


l’ordonnance-loi n°66/622, dans le cadre de la politique de nationalisation des secteurs jugés
stratégiques pour l’économie congolaise.16

Jusqu’alors, le marché des assurances était dominé par des compagnies étrangères,
principalement européennes, qui contrôlaient la quasi-totalité des opérations et rapatriaient la
majorité des bénéfices vers leurs pays d’origine. Cette configuration entraînait un
déséquilibre structurel, dans la mesure où les primes collectées localement ne contribuaient
pas directement au financement du développement national. La création de la SONAS
répondait ainsi à une double finalité : restaurer la souveraineté économique de l’État et
assurer une réappropriation des ressources financières stratégiques.17

Le 21 juin 1967, une étape importante fut franchie avec la promulgation de l’ordonnance-loi
n°67/240, qui conféra à la SONAS le monopole exclusif de toutes les opérations d’assurance
en République Démocratique du Congo.18 Cette mesure traduisait la volonté politique de
l’État de faire de l’assurance non seulement un mécanisme de protection contre les risques,
mais également un levier de régulation économique et de mobilisation de l’épargne nationale.
Dès lors, la SONAS devient la seule institution habilitée à assurer les risques automobiles,
industriels, maritimes et sociaux sur l’ensemble du territoire.

16
République Démocratique du Congo, Ordonnance-loi n°66/622 du 23 novembre 1966 portant création de la
Société Nationale d’Assurances.
17
MULUMBA, T., Politiques économiques et institutions financières en RDC, Kinshasa, PUC, 2012, p. 117.
18
République Démocratique du Congo, Ordonnance-loi n°67/240 du 21 juin 1967 portant attribution du
monopole à la SONAS.
En 1978, l’ordonnance-loi n°78/194 érigea la SONAS en entreprise publique à caractère
technique et commercial.19 Cette réforme s’inscrivait dans la dynamique générale de
modernisation des entreprises d’État et visait à renforcer son autonomie de gestion. À cette
occasion, l’institution diversifia son portefeuille de produits en intégrant plusieurs branches :
assurance automobile, assurance incendie, assurance vie, assurance maladie, couverture des
risques industriels et accidents. Cette étape marque véritablement la consolidation de la
SONAS en tant que pilier central et unique du secteur congolais des assurances.

1.1.2 L’évolution de la SONAS

Bien que bénéficiant d’une position de monopole durant plusieurs décennies, la SONAS a
progressivement été confrontée à des difficultés structurelles. Parmi celles-ci figurent
l’inefficacité managériale, la lourdeur administrative, le retard dans la modernisation
technologique ainsi qu’une qualité de service limitée. Ces faiblesses reflétaient les limites du
modèle d’entreprise publique centralisée, souvent caractérisé par des ingérences politiques
récurrentes et une culture organisationnelle peu orientée vers la performance.

Afin de remédier à ces insuffisances, l’État congolais a engagé une réforme globale des
entreprises publiques, à travers la loi n°08/007 du 7 juillet 2008 relative à leur
transformation.20 Dans ce cadre, la SONAS a été convertie en Société à Responsabilité
Limitée (SARL), ce qui visait à accroître sa flexibilité et son efficacité dans la gestion. Par la
suite, et conformément aux dispositions de l’Acte uniforme de l’OHADA sur le droit des
sociétés commerciales, elle a adopté en 2014 le statut de Société Anonyme Unipersonnelle
(SAU).21

Cette mutation institutionnelle s’est opérée dans un contexte marqué par la libéralisation du
marché congolais des assurances. En effet, la réforme a mis fin au monopole détenu par la
SONAS et a ouvert le secteur à la concurrence. Plusieurs compagnies, tant nationales
qu’étrangères telles qu’Activa, Saham Assurance, Rawsur et Prudential se sont alors
implantées sur le marché. L’arrivée de ces nouveaux acteurs a profondément modifié la
dynamique concurrentielle, obligeant la SONAS à entreprendre des ajustements stratégiques :

19
République Démocratique du Congo, Ordonnance-loi n°78/194 du 5 mai 1978 relative à l’organisation de la
SONAS en entreprise publique.
20
République Démocratique du Congo, Loi n°08/007 du 7 juillet 2008 portant dispositions générales relatives à
la transformation des entreprises publiques.
21
OHADA, Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique,
révisé en 2014.
modernisation de ses outils de gestion, amélioration de la qualité de ses prestations,
renforcement de la relation clientèle et redéfinition de son positionnement commercial.

À l’heure actuelle, malgré une concurrence de plus en plus accrue, la SONAS conserve une
place centrale dans le paysage assurantiel congolais grâce à son expérience historique, son
réseau d’agences couvrant l’ensemble du territoire national et son statut institutionnel
privilégié. Néanmoins, son évolution récente révèle des défis persistants, notamment en
matière de digitalisation, de gouvernance et de compétitivité face à des compagnies privées
souvent plus réactives et innovantes.

1.1.3 Les missions de la SONAS

Depuis sa création en 1966, la Société Nationale d’Assurances (SONAS) ne se limite pas


uniquement à la commercialisation des contrats d’assurance. Elle exerce des missions qui
dépassent le cadre technique pour s’inscrire dans des dimensions économiques, sociales et
institutionnelles. Ses principales attributions peuvent être résumées ainsi :

1. Offrir des solutions de couverture adaptées


 Concevoir et proposer des produits d’assurance vie et non-vie destinés aux
particuliers, aux entreprises et aux institutions publiques.
 Adapter les garanties aux réalités économiques, sociales et culturelles propres au
contexte congolais.
2. Promouvoir la culture de l’assurance
 Sensibiliser la population à l’importance de la gestion des risques et de la protection
financière.
 Mener des actions d’éducation financière et de vulgarisation afin de rendre les
produits d’assurance accessibles et compris par tous.
3. Assurer la protection économique et sociale des assurés
 Garantir une indemnisation équitable et rapide en cas de sinistre.
 Contribuer à la stabilité financière des ménages et à la continuité des activités des
entreprises.
4. Contribuer au développement économique national
 Mobiliser des ressources financières à long terme par le biais des primes collectées.
 Réinvestir une partie de ces ressources dans des projets stratégiques favorisant la
croissance nationale.
5. Soutenir les politiques publiques
 Couvrir les risques liés aux infrastructures, à l’agriculture, au transport et à la santé
publique.
 Appuyer les programmes gouvernementaux en matière de protection sociale.
6. Renforcer la compétitivité du marché congolais de l’assurance
 Développer des produits et services innovants.
 Améliorer la qualité du service rendu à la clientèle et assurer une gestion plus
transparente.

Enfin, à l’instar des autres entreprises publiques, la SONAS dispose d’une structure
organisationnelle composée de trois organes essentiels :

 un Conseil d’administration, garant des orientations stratégiques ;


 un Comité de gestion, chargé de la coordination opérationnelle ;
 une Direction générale, responsable de l’exécution quotidienne des décisions.

1.2 Positionnement de la SONAS sur le marché de l’assurance automobile en RDC

L’assurance automobile constitue l’un des produits les plus répandus et les plus populaires en
République Démocratique du Congo. Elle représente également la principale source de
revenus pour la Société Nationale d’Assurances (SONAS), qui en tire une part importante de
son chiffre d’affaires.

En tant qu’ancien monopole d’État, la SONAS bénéficie d’un positionnement historique


privilégié sur ce segment. Elle dispose d’un réseau étendu de plus de cent agences réparties à
travers les différentes provinces du pays, ce qui lui permet d’assurer une couverture à la fois
dans les grandes agglomérations et dans certaines zones semi-urbaines.

Le produit phare demeure l’assurance responsabilité civile automobile (RCA), rendue


obligatoire par le Code de la route congolais.22 Ce contrat couvre l’indemnisation des tiers en
cas d’accident causé par le véhicule assuré. La SONAS propose également des formules
multirisques automobiles, mais celles-ci demeurent peu sollicitées, en raison notamment du
pouvoir d’achat limité d’une grande partie de la population.

Cependant, la libéralisation du marché des assurances a profondément modifié la dynamique


concurrentielle. Plusieurs compagnies privées, telles que Rawsur SA, Activa RDC ou Prime

22
République Démocratique du Congo, Ordonnance-loi n°78-003 du 1er janvier 1978 portant Code de la route,
Kinshasa, Imprimerie officielle.
Assurance, se sont implantées avec des stratégies commerciales agressives : digitalisation des
services, tarification flexible, assistance et dépannage rapides, ainsi que des partenariats avec
les concessionnaires automobiles. En 2023, la part de marché de la SONAS dans le segment
automobile était estimée à 48 %, contre environ 80 % avant 2015.23

Malgré cette perte relative de parts de marché, la SONAS demeure un acteur incontournable
grâce à son ancienneté, son maillage territorial et sa collaboration étroite avec l’État,
notamment pour l’assurance des véhicules appartenant aux administrations publiques.

1.3 Analyse des défis et opportunités propres à la SONAS

L’étude des défis et opportunités auxquels la SONAS est confrontée permet de mettre en
lumière les contraintes qui entravent sa compétitivité, mais aussi les leviers qu’elle peut
mobiliser pour consolider sa place sur le marché congolais de l’assurance automobile.

a) Les défis

La SONAS se heurte à une série de contraintes d’ordre structurel, organisationnel et


conjoncturel qui affectent directement sa performance et sa compétitivité :

1. Lenteur dans la digitalisation

Malgré les avancées technologiques observées au niveau mondial, la SONAS reste largement
tributaire de procédures manuelles. Les opérations de souscription, de déclaration des
sinistres ou de remboursement nécessitent souvent le recours à des documents physiques et à
des démarches longues. Cette situation entraîne des délais d’indemnisation plus importants,
expose à des erreurs administratives et limite la satisfaction de la clientèle. De plus, l’absence
d’une digitalisation intégrale restreint l’exploitation des données disponibles, ce qui réduit la
capacité de l’entreprise à analyser les risques de manière proactive et à développer des
produits personnalisés.

2. Saturation du réseau urbain

Dans les grandes villes telles que Kinshasa, Lubumbashi ou Matadi, les agences SONAS
connaissent une forte affluence, alors que les effectifs demeurent insuffisants. Cette surcharge
se traduit par de longues files d’attente, des retards dans le traitement des dossiers et, par
conséquent, une expérience client insatisfaisante. Cette situation pousse certains assurés à se
tourner vers des concurrents privés qui offrent un service plus rapide et plus flexible.
23
Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances (ARCA), Données du marché des assurances 2023,
Kinshasa, ARCA, 2024.
3. Une concurrence de plus en plus innovante

Le marché congolais de l’assurance automobile est marqué par l’arrivée d’assureurs privés
misant sur l’innovation technologique : souscriptions en ligne, applications mobiles, suivi
digital des sinistres, paiement électronique des primes et assistance en temps réel. Ces offres
séduisent particulièrement une clientèle urbaine et jeune, moins attachée à la notoriété
historique de la SONAS. Dès lors, la société publique doit non seulement rivaliser en termes
de tarification, mais également améliorer la modernité et l’efficacité de ses services.

4. Une image publique dégradée

La SONAS souffre d’une réputation parfois négative, liée à la lenteur dans le remboursement
des sinistres et à une communication jugée peu transparente. Les plaintes fréquentes des
assurés concernant la gestion des dossiers et le manque de clarté dans certaines décisions ont
érodé la confiance du public. Ce déficit d’image constitue un obstacle à la fidélisation des
clients et complique l’acquisition de nouveaux assurés.

b) Les opportunités

Malgré les contraintes évoquées, la SONAS dispose de plusieurs atouts stratégiques qu’elle
peut mobiliser pour consolider et renforcer sa position sur le marché congolais de l’assurance
automobile :

1. Un fort potentiel d’extension du marché

Le taux de couverture automobile en RDC demeure particulièrement faible, inférieur à 10 %


selon les dernières estimations. Cette situation révèle l’existence d’un vaste segment de la
population encore non assuré. La SONAS pourrait exploiter ce potentiel en diversifiant ses
offres : assurances accessibles aux véhicules économiques, produits modulables pour les
flottes professionnelles ou encore formules simplifiées adaptées aux conducteurs à faibles
revenus.

2. La proximité avec l’administration publique

En tant qu’ancienne société d’État, la SONAS conserve un accès privilégié aux autorités
publiques et aux organes de régulation. Cette position lui permet non seulement de participer
activement à la définition des normes et politiques sectorielles, mais également de négocier
des partenariats stratégiques. Elle peut aussi intervenir dans des programmes nationaux de
sensibilisation et de prévention des risques, renforçant ainsi son rôle institutionnel.
3. Un réseau physique dense et étendu

La présence d’un nombre important d’agences, y compris dans certaines zones rurales,
confère à la SONAS un avantage concurrentiel considérable. Alors que la plupart des
assureurs privés concentrent leurs activités dans les grandes villes, la SONAS peut élargir sa
clientèle en développant des services de proximité et des solutions adaptées aux réalités
locales.

4. Une réputation historique et institutionnelle

Le nom SONAS conserve une valeur symbolique forte, associé par une partie de la
population à la stabilité, à la fiabilité et à l’expérience. Ce capital de notoriété peut être
consolidé à travers des campagnes de communication ciblées, mais aussi par une
amélioration tangible de la qualité des services. Une telle démarche permettrait de
transformer cette image historique en un véritable atout de marque.

c) Contraintes réglementaires et cadre légal

La mise en place de l’Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances (ARCA) a


profondément renforcé le dispositif légal et réglementaire du secteur en RDC. La SONAS est
désormais tenue de se conformer à des exigences strictes en matière de solvabilité, de
gouvernance, de transparence financière et de reporting.24

Si ces obligations peuvent apparaître contraignantes, elles représentent également une


opportunité d’amélioration. En s’alignant sur ces standards, la SONAS est en mesure de :

 renforcer sa gestion des risques et sa capacité de prévention des sinistres, réduisant


ainsi les pertes financières potentielles ;
 accroître la confiance de ses clients et de ses partenaires, en affirmant une gestion
professionnelle et transparente ;
 améliorer ses perspectives de financement et de coopération avec des assureurs
internationaux, en démontrant sa conformité aux normes internationales.

24
ARCA, Note technique sur la gouvernance des sociétés d’assurance agréées, Kinshasa, 2023.
Section 2 : Méthodologie

Dans le cadre de ce travail, cette section présente les méthodes retenues pour la collecte et
l’analyse des données. Elle repose sur une approche mixte combinant la recherche
documentaire, les enquêtes et interviews, ainsi que l’usage d’outils d’analyse tels que SWOT
et PESTEL. Ce choix méthodologique vise à assurer une étude structurée et pertinente du
fonctionnement de la SONAS.

2.1 Description des méthodes de recherche

Afin de répondre de manière rigoureuse aux objectifs fixés dans ce mémoire, une approche
méthodologique mixte a été adoptée, alliant à la fois la recherche documentaire, les enquêtes
de terrain et les entretiens qualitatifs. Cette combinaison permet de croiser les données
théoriques avec les réalités pratiques observées au sein de la SONAS.

2.1.1 Recherche documentaire

La phase documentaire a permis de poser les bases théoriques de cette étude. Elle s’est
articulée autour de deux axes principaux :

a) Analyse de la littérature : Elle a consisté à exploiter des sources variées telles que
des articles scientifiques, des rapports institutionnels, des publications officielles et
des documents internes de la SONAS. L’objectif était de comprendre le cadre
conceptuel de l’assurance automobile, les mécanismes de gestion des risques, ainsi
que l’évolution du secteur en RDC.
b) Études de cas : L’analyse de cas pratiques issus d’autres compagnies d’assurance,
tant au niveau national qu’international, a permis d’identifier des modèles de gestion
performants pouvant servir de points de comparaison ou d’inspiration.

2.1.2 Enquêtes et entretiens

En complément de la documentation, des enquêtes de terrain ont été menées pour recueillir
des données empiriques :

a) Sondages auprès des assurés : Un questionnaire a été conçu et administré à un


échantillon de clients de la SONAS. Il visait à recueillir leurs avis sur la qualité des
services, leur expérience dans la gestion des sinistres et leur niveau de satisfaction
globale.

b) Entretiens avec des professionnels: Des entretiens semi-directifs ont été réalisés
avec différents acteurs du secteur de l’assurance, notamment des agents de la SONAS,
des experts du secteur privé, ainsi que des représentants de l’autorité de régulation.
Ces échanges ont permis d’approfondir certaines problématiques soulevées par
l’étude.
c) Entretiens ciblés : Parmi les personnes interrogées figuraient :
 des agents de la SONAS (chargés de sinistres, commerciaux, informaticiens) ;
 des clients assurés auprès de la société ;
 des responsables de compagnies concurrentes.
Cette démarche qualitative visait à recueillir des points de vue variés et à comprendre les
pratiques actuelles de gestion des risques dans leur complexité.

2.1.3 Analyse statistique

L’analyse statistique a été mobilisée pour exploiter les données issues des enquêtes et des
rapports de sinistres. Elle inclut des techniques telles que les analyses descriptives, les
corrélations et les régressions, afin d’identifier des tendances significatives et de mettre en
évidence les relations entre différentes variables. Cette approche a permis de dégager des
informations quantitatives fiables pour étayer l’étude.

2.1.4 Études de terrain

Les visites sur site ont été effectuées pour observer directement les opérations de la SONAS,
en particulier le processus de gestion des sinistres et l’évaluation des risques. Cette démarche
a permis de recueillir une compréhension pratique des contraintes et des défis rencontrés au
quotidien par l’entreprise, complétant ainsi les données théoriques et statistiques.

2.2 Techniques d’analyse

Les données collectées ont été examinées à travers trois principales approches analytiques :

2.2.1 Analyse SWOT

L’analyse SWOT (Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats) a servi à identifier et


évaluer les forces et faiblesses internes de la SONAS, ainsi que les opportunités et menaces
issues de son environnement externe. Cet outil a fourni une vision globale de la position
stratégique de l’entreprise sur le marché.

2.2.2 Analyse PESTEL

L’analyse PESTEL a été utilisée pour étudier l’influence des facteurs politiques,
économiques, sociaux, technologiques, écologiques et légaux sur le secteur de l’assurance
automobile en RDC. Cette analyse a notamment mis en évidence les enjeux liés à la
réglementation, les contraintes d’infrastructure et les évolutions technologiques du secteur.

2.2.3 Benchmarking

L’analyse de type benchmarking a consisté à comparer les pratiques de la SONAS avec celles
d’autres compagnies d’assurance, tant nationales qu’internationales. L’objectif était
d’identifier les meilleures pratiques et innovations dans le domaine de l’assurance
automobile, afin de dégager des pistes d’amélioration pour la SONAS.

2.3 Justification du choix méthodologique

Le recours à une approche qualitative se justifie par la complexité du sujet étudié. La gestion
des risques dans une entreprise d’assurance ne se limite pas à des données chiffrées ; elle
intègre également des dimensions organisationnelles, humaines et relationnelles, telles que la
qualité du service, la perception des clients, le climat interne et les pratiques de gouvernance.

La recherche documentaire a permis de situer l’étude dans un cadre théorique et


réglementaire solide, en offrant une vision approfondie des normes et pratiques en vigueur
dans le secteur de l’assurance en RDC et à l’international. Les enquêtes ont fourni des
données factuelles et quantitatives sur le terrain, tandis que les interviews ont permis de
comprendre les réalités opérationnelles et les logiques internes spécifiques à la SONAS. Cette
combinaison de méthodes a assuré la complémentarité entre données objectives et analyses
qualitatives, renforçant ainsi la fiabilité et la pertinence des résultats.

Conclusion du chapitre 2

Ce chapitre a permis d’établir un cadre clair pour l’étude en présentant le contexte


institutionnel, historique et évolution de la SONAS, ainsi que son positionnement sur le
marché de l’assurance automobile en RDC. L’analyse des défis et des opportunités a mis en
évidence les facteurs internes et externes influençant la compétitivité de l’entreprise,
notamment la digitalisation, la concurrence, la gestion des sinistres et la réputation publique.

La méthodologie adoptée, fondée sur des approches documentaires, quantitatives et


qualitatives, offre une base solide pour l’analyse des pratiques de gestion des risques de la
SONAS. Elle permet de relier la théorie à la pratique et de mieux comprendre les interactions
entre les dimensions techniques, organisationnelles et humaines.

En définitive, malgré les contraintes et défis auxquels elle fait face, la SONAS demeure un
acteur central du marché congolais de l’assurance automobile.

Chapitre 3 : Analyse des Pratiques d'Évaluation des Risques et Gestion des Sinistres

Section 1 : Analyse des Pratiques

L’étude des pratiques de la SONAS en matière d’assurance automobile offre une meilleure
compréhension de sa démarche en matière de gestion des risques. Cette section vise à
présenter les principales méthodes actuellement utilisées pour évaluer les risques, tout en
mettant en lumière leurs avantages et leurs limites. Elle aborde également l’influence
croissante des technologies modernes, qui tendent à moderniser les processus classiques et à
renforcer la fiabilité ainsi que l’efficacité des évaluations.

1.1 Méthodes actuelles d’évaluation des risques utilisées par la SONAS

Dans le domaine de l’assurance automobile, l’évaluation des risques constitue une étape
stratégique. Elle permet à l’assureur d’estimer le niveau d’exposition au risque, de déterminer
une prime adéquate et de préserver l’équilibre financier de son portefeuille. À la SONAS,
cette évaluation repose sur plusieurs approches complémentaires, notamment l’analyse des
caractéristiques du véhicule assuré, la prise en compte de l’historique des sinistres,
l’intervention d’experts techniques, ainsi que l’utilisation de grilles tarifaires préétablies. Ces
méthodes, bien qu’encore en partie traditionnelles, demeurent essentielles pour assurer la
stabilité et la performance du système assurantiel, dans un contexte national caractérisé par de
nombreuses incertitudes.25

1.1.1. Analyse des caractéristiques techniques et physiques du véhicule

Une des méthodes traditionnelles, toujours largement utilisée, consiste à analyser les
caractéristiques techniques du véhicule. La SONAS prend en compte plusieurs facteurs, tels
que l’âge du véhicule, sa valeur marchande, sa catégorie d’utilisation, son état mécanique
ainsi que sa puissance, considérés comme des indicateurs pertinents pour évaluer le risque de
sinistre. Dans le domaine de l’assurance, ces critères sont généralement reconnus comme des
variables déterminantes, car ils influencent directement la probabilité et l’ampleur des
dommages susceptibles de survenir.26

1.1.2. Évaluation du profil de l’assuré

Le risque automobile ne dépend pas uniquement des caractéristiques du véhicule, mais


également des qualités et comportements de son propriétaire ou conducteur. Dans cette
perspective, la SONAS prend en considération plusieurs éléments relatifs au profil de
l’assuré, notamment l’âge, le sexe, la profession et la zone géographique de résidence. Cette
démarche permet de mieux appréhender les habitudes de mobilité, les comportements routiers
et l’exposition contextuelle au risque. Selon la littérature actuarielle, l’intégration de variables

25
Dupont, J., Gestion des risques en assurance automobile, Paris, Éditions Assurance, 2021, p. 45.
26
Martin, P., Évaluation actuarielle des véhicules et conducteurs, Bruxelles, Presses Universitaires, 2019, p. 88.
socio-démographiques dans l’évaluation des risques constitue un outil essentiel pour réduire
l’asymétrie d’information.

1.1.3. L’historique des sinistres

Les antécédents de sinistres représentent également un fondement important de l’évaluation


du risque. Le nombre, la fréquence et la gravité des sinistres antérieurement déclarés par un
assuré orientent la SONAS dans l’estimation de la probabilité de survenue de futurs sinistres.
Ce raisonnement repose sur l’idée que le comportement passé d’un assuré fournit des
indications statistiques fiables sur son profil de risque. Dans le secteur de l’assurance,
l’exploitation de l’historique des sinistres constitue une pratique classique permettant de
personnaliser la tarification.

1.1.4. Évaluation manuelle par les experts

Au-delà des données purement quantitatives, la SONAS continue de recourir à l’évaluation


qualitative réalisée par ses inspecteurs et experts. Ces professionnels mobilisent leur
expérience pour analyser les dossiers, procéder à des inspections sur site et apprécier les
contextes locaux. Bien que cette méthode puisse s’avérer efficace dans certaines situations,
elle reste fortement dépendante de la subjectivité des évaluateurs. La littérature spécialisée
souligne que cette subjectivité peut générer des biais et nuire à la transparence dans la
fixation des primes.27

1.1.5. Application de grilles de tarification prédéfinies

Par ailleurs, la SONAS utilise des barèmes standardisés permettant de classer les véhicules et
les assurés selon différents critères, tels que le type de véhicule, l’usage, la puissance ou
encore la zone d’activité. Ces grilles, établies sur la base des statistiques internes, visent à
garantir une certaine uniformité dans la tarification des primes. Néanmoins, elles présentent
des limites, notamment en raison de leur actualisation irrégulière et de l’intégration
insuffisante des nouvelles données issues du marché congolais.28

1.2. Forces et faiblesses des méthodes d’évaluation des risques

1.2.1. Analyse des caractéristiques techniques et physiques du véhicule

27
Lévy, F., Expertise et subjectivité dans la tarification des risques, Lyon, Éditions Techniques Assurances, 2018,
p. 101.
28
Nsimba, R., Tarification standardisée et limites des barèmes en assurance, Kinshasa, Editions RDC
Assurances, 2022, p. 73.
Forces :

 Permet une évaluation objective reposant sur des données concrètes telles que l’âge,
la valeur ou la puissance du véhicule.

 Facilite la segmentation des assurés en fonction de leur potentiel de sinistralité.

 Constitue une base simple et rapide pour déterminer le niveau de prime.

Faiblesses :

 Les données peuvent parfois être incomplètes ou insuffisamment actualisées.

 Risque de généralisation excessive, ne tenant pas compte des comportements


spécifiques des assurés.

 Méthode statique qui ne prend pas en considération les évolutions liées à l’usage réel
du véhicule.29

1.2.2. Évaluation du profil de l’assuré

Forces :

 Permet de personnaliser l’évaluation en fonction des caractéristiques


socio-démographiques.

 Intègre les habitudes de mobilité et l’environnement de vie de l’assuré.

 Offre un cadre d’ajustement utile pour réduire les effets de l’asymétrie d’information.

Faiblesses :

 Risque de discrimination si les critères sont appliqués de manière rigide.

 Difficulté de collecte et de vérification des informations personnelles.

 Limites liées à l’évolution imprévisible du comportement individuel.

1.2.3. L’historique des sinistres

Forces :

29
David Cummings, Big Data and Insurance: Actuarial Perspectives, North American Actuarial Journal, 2020, p.
56.
 Permet une tarification plus équitable en tenant compte de l’expérience passée de
l’assuré.

 Encourage une conduite responsable.

 Introduit une dimension dynamique dans l’évaluation, adaptée aux comportements


antérieurs.

Faiblesses :

 Peut pénaliser durablement un assuré ayant subi des sinistres isolés.

 Ne permet pas d’anticiper les changements de comportement futurs.

 Les données peuvent être mal archivées ou incomplètes au sein de la SONAS.

1.2.4. Évaluation manuelle par les experts

Forces :

 Offre une analyse qualitative et contextuelle adaptée aux réalités locales.

 Permet de détecter des éléments non pris en compte par les données quantitatives.

 Favorise flexibilité et adaptation dans l’évaluation des dossiers.

Faiblesses :

 Forte dépendance au jugement et à la subjectivité des experts.

 Risque de divergences entre évaluateurs, entraînant un manque d’uniformité.

 Procédure longue et coûteuse en ressources humaines.

1.2.5. Application de grilles de tarification prédéfinies

Forces :

 Garantit une standardisation dans la fixation des primes.

 Fournit un cadre simple, rapide et transparent pour les agents commerciaux.

 Repose sur des statistiques internes, offrant une base rationnelle pour la tarification.

Faiblesses :

 Faible capacité d’adaptation aux évolutions récentes du marché.


 Risque de décalage entre les barèmes et la réalité du terrain.

 Uniformisation excessive pouvant masquer les spécificités de certains assurés.

1.3. Impact des technologies modernes sur l’évaluation des risques

L’avènement des technologies numériques transforme en profondeur le secteur de


l’assurance. L’évaluation des risques, historiquement dominée par des méthodes
traditionnelles, s’appuie désormais de plus en plus sur des outils technologiques innovants,
améliorant la précision, la rapidité et la fiabilité des analyses. Pour la SONAS, cette transition
constitue à la fois une opportunité de modernisation et un défi en termes d’adaptation
organisationnelle.

1.3.1. Le rôle du Big Data et de l’analytique prédictive

L’exploitation du Big Data permet aux compagnies d’assurance de collecter, stocker et


analyser d’importants volumes de données provenant de sources diverses. L’analytique
prédictive, quant à elle, rend possible la modélisation du comportement des assurés et
l’anticipation de la probabilité de survenance d’un sinistre.30 Pour la SONAS, l’intégration de
ces technologies offrirait une segmentation plus fine des assurés et une tarification plus
précise. Toutefois, l’utilisation du Big Data nécessite une infrastructure numérique
performante ainsi que des compétences spécialisées.

1.3.2. L’intelligence artificielle (IA) et le Machine Learning

L’intelligence artificielle et le Machine Learning permettent de révéler des corrélations


invisibles aux méthodes traditionnelles. Ces technologies offrent des modèles actuariels
dynamiques capables d’apprendre continuellement à partir de nouvelles données. Elles
permettent ainsi :

 une évaluation personnalisée des risques,

 une réduction de la fraude grâce à l’analyse des anomalies,

 une automatisation partielle des processus de souscription.

30
David Cummings, Big Data and Insurance: Actuarial Perspectives, North American Actuarial Journal, 2020, p.
56.
Pour la SONAS, l’IA pourrait contribuer à limiter la subjectivité inhérente à l’évaluation
manuelle par les experts. Néanmoins, son adoption demeure freinée par des contraintes
budgétaires et organisationnelles.

1.3.3. Les systèmes de géolocalisation et les données télématiques

Les dispositifs télématiques embarqués dans les véhicules, tels que les capteurs et les boîtiers
GPS, fournissent des informations en temps réel sur la conduite, notamment la vitesse, le
freinage ou les trajets effectués.31 Ces données permettent une évaluation dynamique et
continue du risque automobile, renforçant ainsi la précision de la tarification et favorisant une
gestion proactive des sinistres. Cependant, l’intégration de cette technologie nécessite des
investissements technologiques importants et un encadrement strict en matière de
confidentialité des données.

1.3.4. La blockchain et la sécurisation des données

La blockchain, en tant que registre décentralisé, constitue un outil efficace pour sécuriser les
données et assurer la traçabilité des transactions. Dans le secteur de l’assurance, elle
contribue à réduire les risques de fraude et améliore la transparence dans la gestion des
contrats et des sinistres. Pour une compagnie comme la SONAS, où la fiabilité des données et
l’archivage demeurent des enjeux cruciaux, l’adoption de la blockchain pourrait renforcer à la
fois la confiance des clients et l’efficacité administrative.32

1.3.5. Limites et défis d’intégration pour la SONAS

Malgré les opportunités offertes par les technologies modernes, leur adoption par la SONAS
se heurte à plusieurs obstacles :

• insuffisance des infrastructures numériques adaptées,

• faible niveau de formation du personnel aux outils analytiques avancés,

• résistance au changement au sein de l’organisation,

• coûts élevés des investissements initiaux,

• cadre réglementaire encore insuffisant pour encadrer l’utilisation massive des


données personnelles.

31
Michael Powers, Telematics and Insurance Risk Management, Journal of Risk and Insurance, 2019, p. 142.
32
Nathalie de Marcellis-Warin, Blockchain et transformation numérique de l’assurance, Presses de
Polytechnique, 2022, p. 91.
Ainsi, bien que le potentiel d’amélioration soit significatif, l’impact des technologies
modernes demeure limité tant que la SONAS n’engage pas une réforme numérique complète,
intégrant simultanément les dimensions techniques, humaines et institutionnelles.

Section 2: Gestion des Sinistres

2.1. Processus de gestion des sinistres à la SONAS

La gestion des sinistres automobiles au sein de la SONAS s’appuie sur un processus


structuré, dont l’objectif principal est d’assurer une prise en charge rapide, efficace et
transparente de chaque cas. Ce mécanisme vise non seulement à garantir le respect des
clauses contractuelles, mais aussi à se conformer aux exigences légales en matière
d’assurance. La procédure adoptée diffère selon la nature du sinistre, qu’il s’agisse de
dommages matériels ou corporels, chacun nécessitant des démarches spécifiques et un suivi
rigoureux.

Schéma de processus des gestions des sinistres

Déclaration du
sinistre
Enregistrement
et vérification

Analyse et
décision
d’indemnisation

2.1.1. Sinistres entraînant des dommages matériels

Les sinistres matériels concernent essentiellement les dommages causés aux véhicules assurés
ou aux biens de tiers. Ils constituent une proportion importante des dossiers traités par la
SONAS. Leur gestion implique une série d’étapes coordonnées mobilisant le service des
sinistres, les experts techniques ainsi que les agents comptables.

1. Déclaration du sinistre

La première étape consiste pour l’assuré à notifier l’incident à la SONAS dans les plus brefs
délais. Cette déclaration peut s’effectuer par différents canaux : agences locales, appel
téléphonique, courrier électronique ou plateforme numérique. Elle doit comporter l’ensemble
des informations relatives aux circonstances de l’accident, notamment la date, le lieu, la
description des dommages, ainsi que les pièces justificatives nécessaires (constat amiable,
photographies du véhicule endommagé, etc.). Une déclaration complète et transmise
rapidement permet de lancer efficacement le processus de traitement et d’éviter tout retard
dans l’indemnisation.33

2. Enregistrement et vérification du dossier

Dès réception de la déclaration, le service des sinistres procède à l’enregistrement du dossier


dans le système informatique, ce qui assure la traçabilité et la centralisation des informations.
La phase de vérification porte sur plusieurs aspects :

 la validité de la police d’assurance et la conformité aux conditions contractuelles ;

 l’éligibilité du sinistre au regard des garanties souscrites (collision, vol, incendie, bris
de glace, etc.) ;

 la cohérence et l’exhaustivité des pièces justificatives fournies.

Cette étape est également déterminante pour détecter d’éventuelles anomalies ou tentatives de
fraude. Elle permet enfin de préparer le dossier pour l’étape suivante, à savoir l’expertise
technique.

3. Expertise et estimation des dommages

L’expertise constitue une étape déterminante dans le processus de gestion des sinistres, car
elle permet d’évaluer avec précision l’ampleur des dommages ainsi que le coût des
réparations nécessaires. Selon la complexité ou la valeur du sinistre, cette mission peut être
confiée soit à un expert interne de la SONAS, soit à un expert externe. L’intervention de
l’expert consiste à examiner le véhicule endommagé, à identifier les réparations requises, à
estimer les coûts y afférents et, le cas échéant, à déterminer la part de responsabilité de
l’assuré ou d’un tiers impliqué. Cette démarche vise à garantir une appréciation objective et
équitable des préjudices subis.34

4. Analyse et décision d’indemnisation

À la suite de l’expertise, le service des sinistres procède à l’examen approfondi du dossier et


du rapport technique. L’analyse vise à vérifier la conformité du sinistre avec les dispositions
33
Ministère des Finances RDC, Réglementation des assurances et responsabilités civiles, Kinshasa : Imprimerie
Officielle, 2019, p. 24.
34
Assurance Automobile en RDC : principes et pratiques, Kinshasa : SONAS Publications, 2021, p. 36.
contractuelles, tout en tenant compte des exclusions éventuelles. Sur cette base, la SONAS
peut décider :

 d’accorder une indemnisation totale des dommages ;

 d’accorder une indemnisation partielle lorsque des limitations contractuelles


s’appliquent ;

 ou de refuser l’indemnisation si le sinistre ne relève pas des garanties souscrites ou en


cas de fraude avérée.

La décision prise est ensuite communiquée à l’assuré, accompagnée d’explications claires et


détaillées, afin d’assurer la transparence du processus.

5. Versement de l’indemnisation

Le règlement de l’indemnité s’effectue conformément aux clauses prévues dans le contrat


d’assurance. Le paiement peut être effectué directement à l’assuré afin qu’il procède aux
réparations, ou versé au garage désigné dans le cadre d’une réparation directe. Le montant de
l’indemnisation est strictement calculé sur la base des conclusions de l’expertise et des
conditions contractuelles.

6. Clôture et suivi du dossier

Une fois le versement effectué, le dossier est clôturé et archivé dans le système de gestion de
la SONAS. Les données collectées sont ensuite exploitées à des fins d’analyse statistique et
de suivi. Cette étape contribue à identifier les causes récurrentes des sinistres matériels, à
renforcer les mesures de prévention, et à ajuster la politique de tarification et de couverture.
L’intégration des outils numériques et des systèmes de gestion automatisée permet
d’améliorer la rapidité, la fiabilité et la précision du traitement.

2.1.2. Sinistres à conséquences corporelles

Les sinistres corporels concernent les atteintes à l’intégrité physique des personnes
impliquées dans un accident, pouvant aller de simples blessures jusqu’au décès. Leur
traitement requiert des procédures plus complexes que celles appliquées aux sinistres
matériels. Il suppose une coordination étroite entre le service des sinistres, le service médical
et le service comptable, afin de garantir une indemnisation adaptée, conforme aux obligations
légales et respectueuse des dispositions contractuelles.35

1. Déclaration du sinistre

La déclaration d’un sinistre corporel doit être effectuée dans les plus brefs délais afin de
permettre une prise en charge rapide des victimes. L’assuré, ou le cas échéant un tiers, est
tenu de fournir des informations précises relatives aux circonstances de l’accident, à l’état des
victimes, ainsi que les documents requis tels que les rapports médicaux et le procès-verbal de
police. La qualité et l’exhaustivité de ces informations constituent une condition essentielle
pour assurer une indemnisation juste et diligente.

2. Enregistrement et vérification du dossier

À réception de la déclaration, le service des sinistres procède à l’enregistrement du dossier et


s’assure de la validité de la police d’assurance ainsi que de l’effectivité de la couverture des
dommages corporels (responsabilité civile ou assurance personnelle). Les pièces médicales et
administratives fournies sont examinées afin d’en vérifier la conformité et l’exactitude. Cette
étape revêt une importance capitale puisqu’elle permet de prévenir les erreurs, de sécuriser le
processus et de garantir la légitimité du droit à indemnisation.

3. Évaluation médicale et expertise corporelle

Les victimes sont soumises à une expertise médicale réalisée par des praticiens agréés par la
SONAS. L’évaluation médicale vise à déterminer :

 la gravité des blessures subies ;

 l’existence d’une incapacité, qu’elle soit temporaire ou permanente ;

 les besoins médicaux futurs, ainsi que le coût prévisionnel des soins.

Cette expertise constitue une étape incontournable, car elle permet de calculer de manière
objective et équitable le montant de l’indemnisation, en veillant à ce qu’il reflète fidèlement
l’ensemble des préjudices supportés par les victimes.

4. Analyse et décision d’indemnisation

35
Ministère des Finances RDC, Réglementation des assurances et responsabilités civiles, Kinshasa : Imprimerie
Officielle, 2019, p. 22.
À l’issue de l’expertise médicale, le service des sinistres procède à l’examen approfondi du
dossier afin de déterminer le type et le montant de l’indemnisation, conformément aux
garanties prévues par le contrat d’assurance. Cette indemnisation peut comprendre :

 la prise en charge des frais médicaux engagés ;

 une compensation financière en cas d’incapacité temporaire ou permanente ;

 le versement d’un capital décès au profit des ayants droit en cas de perte de vie.

La décision arrêtée est ensuite communiquée à la victime ou, en cas de décès, à ses
bénéficiaires légaux. Elle est accompagnée d’une justification détaillée, ce qui favorise la
transparence du processus et renforce la confiance des assurés dans la gestion des sinistres.

5. Versement de l’indemnisation

Le règlement de l’indemnité est effectué directement au profit de la victime ou de ses ayants


droit, selon les conclusions de l’expertise médicale et les stipulations contractuelles. Cette
étape garantit que le montant alloué est équitable, conforme à la loi et proportionné aux
préjudices réellement subis.

6. Clôture et suivi du dossier

Une fois le versement réalisé, le dossier est clôturé et archivé dans le système de gestion de la
SONAS. Les informations recueillies sont exploitées à plusieurs fins :

 l’analyse statistique des sinistres corporels ;

 la mise en place de mesures de prévention adaptées ;

 l’ajustement des politiques de couverture et des grilles tarifaires.

Le recours aux outils numériques et aux systèmes de gestion intégrée permet d’assurer un
suivi rigoureux, d’optimiser la rapidité de traitement et de garantir le respect des délais ainsi
que des obligations légales.

2.2. Analyse de la satisfaction des clients


Dans le secteur de l’assurance, la satisfaction de la clientèle dépend en grande partie de la
qualité de la gestion des sinistres. C’est en effet au moment de la survenance d’un sinistre que
l’assuré évalue réellement la pertinence de son contrat et la fiabilité de son assureur.
L’analyse des réponses recueillies auprès des personnes enquêtées met en évidence une
perception globalement négative de la gestion des sinistres par la SONAS. Les critiques se
concentrent principalement sur la lenteur des procédures, le déficit de transparence et
l’absence de modernisation des services.

2.2.1. Perception générale de la gestion des sinistres

Les entretiens réalisés auprès de différents profils d’assurés révèlent une insatisfaction
largement partagée :

 certains enquêtés estiment que la SONAS manque d’efficacité et que la rapidité de


traitement des sinistres demeure très faible ;

 les chauffeurs de taxis soulignent que le traitement des dossiers prend souvent
plusieurs mois, ce qui entraîne une perte de confiance. Pour eux, la lenteur des
procédures décourage certains assurés à poursuivre leurs démarches ;

 d’autres enquêtés considèrent que les principales faiblesses de la SONAS résident


dans la lenteur et le manque de transparence. Ils comparent également la société
publique aux compagnies privées, qu’ils jugent nettement plus performantes ;

 les chauffeurs de taxis-bus, bien que n’ayant pas encore eu de sinistre, manifestent
une méfiance fondée sur les témoignages négatifs de leur entourage. Même sans
expérience directe, ils confirment que la réputation de la SONAS en matière de
gestion des sinistres reste défavorable.

Ces résultats montrent que l’image négative de la SONAS ne découle pas uniquement des
expériences personnelles. Elle s’appuie également sur la réputation générale et les récits
véhiculés par les proches, ce qui amplifie le sentiment d’insatisfaction des assurés.

2.2.3. Rapidité et efficacité du traitement

La problématique de la rapidité apparaît comme la critique la plus récurrente exprimée par les
assurés. Les chauffeurs de taxis ainsi que les conducteurs de véhicules particuliers insistent
particulièrement sur les délais jugés excessivement longs, qui peuvent parfois s’étendre sur
plusieurs mois. Pour eux, cette lenteur constitue un « problème majeur », directement lié à
une bureaucratie jugée trop lourde. De plus, plusieurs enquêtés soulignent que la SONAS se
situe en deçà des standards offerts par les assureurs privés, lesquels se distinguent par des
délais plus courts et une meilleure réactivité. Ces constats traduisent une perception de la
SONAS comme une structure administrativement lourde et lente, ce qui représente un frein
important à la satisfaction de sa clientèle.

2.2.4. Conséquences sur la satisfaction et la confiance

Cette lenteur dans le traitement des sinistres produit des effets concrets sur la relation entre
l’assureur et ses assurés. Les conséquences relevées sont notamment :

1. une baisse notable de la satisfaction globale ;

2. une perte progressive de confiance envers la SONAS ;

3. un découragement des assurés face aux procédures ;

4. une détérioration de l’image publique de l’entreprise ;

5. un risque accru de désengagement et de migration des clients vers d’autres


compagnies.

2.2.5. Attentes et recommandations exprimées par les clients

Malgré les critiques formulées, les personnes interrogées expriment des attentes précises qui
constituent autant de pistes d’amélioration pour la SONAS. Les principales recommandations
se déclinent comme suit :

 accélérer le traitement des sinistres : l’ensemble des profils insiste sur la nécessité de
réduire considérablement les délais ;

 alléger les procédures administratives : simplifier les formalités jugées excessivement


complexes ;

 renforcer la communication avec les assurés : assurer un suivi régulier en informant


les clients sur l’état d’avancement de leurs dossiers ;

 introduire des outils numériques : mettre en place des plateformes en ligne ou des
applications mobiles permettant la déclaration et le suivi des sinistres ;
 améliorer la transparence : fournir des explications claires concernant les délais et les
conditions de prise en charge.

Ces recommandations traduisent une volonté des assurés de voir la SONAS s’adapter aux
standards modernes du secteur, afin d’améliorer sa réactivité, sa fiabilité et son image auprès
du public.

2.3. Efficacité opérationnelle et points d’amélioration

L’efficacité opérationnelle dans la gestion des sinistres se mesure à travers la capacité de


l’assureur à traiter les dossiers dans des délais raisonnables, à garantir la transparence des
procédures et à maîtriser les coûts de gestion, tout en préservant la qualité du service offert à
la clientèle.

À la SONAS, certains progrès notables ont été réalisés, mais des défis majeurs demeurent.

a) Forces opérationnelles actuelles

 L’existence d’une structure hiérarchisée dédiée à la gestion des sinistres permet de


centraliser les procédures et d’assurer un suivi formel des dossiers.

 La société dispose d’une expertise technique interne (experts en sinistres, juristes,


actuaires) capable d’évaluer les risques et de traiter les réclamations avec
professionnalisme.

 La notoriété de la SONAS, associée à son rôle historique de leader national, continue


de renforcer sa légitimité auprès de ses clients et partenaires institutionnels.

b) Limites et faiblesses opérationnelles

 Lenteur dans le traitement des dossiers : la multiplicité des étapes administratives


retarde l’indemnisation, ce qui génère une insatisfaction client.

 Manque d’automatisation : l’utilisation encore limitée des outils numériques ralentit la


collecte et le suivi des données, entraînant parfois des erreurs ou des pertes
d’informations.

 Insuffisance de formation continue : certains agents en contact direct avec la clientèle


présentent des lacunes en communication et en gestion de la relation client, ce qui
engendre des malentendus et des tensions.
 Problèmes de liquidité : les retards dans la mobilisation des fonds destinés aux
indemnisations provoquent un décalage entre les promesses contractuelles et
l’expérience réelle des assurés.

c) Points d’amélioration recommandés

 Digitalisation des procédures : la mise en place de plateformes en ligne pour la


déclaration, le suivi et la clôture des sinistres permettrait d’accroître la rapidité et la
transparence du processus.

 Réduction de la bureaucratie : simplifier les étapes administratives internes afin de


raccourcir les délais de décision et d’accélérer le règlement des indemnisations.

 Renforcement de la communication avec les assurés : instaurer des systèmes de


notification (SMS, email, application mobile) afin de tenir régulièrement les clients
informés de l’évolution de leurs dossiers.

 Capacitation du personnel : développer des formations continues axées sur la gestion


de la relation client et sur l’utilisation des technologies numériques.

 Amélioration de la trésorerie dédiée aux sinistres : mettre en place un fonds spécial ou


renforcer les mécanismes de provisionnement pour assurer la disponibilité financière
nécessaire à un règlement rapide et efficace.

En définitive, l’efficacité opérationnelle de la SONAS en matière de gestion des sinistres


repose sur un équilibre à maintenir entre l’organisation interne, l’adoption de solutions
technologiques et la qualité du service rendu aux clients. Des réformes ciblées dans ces trois
dimensions permettraient de renforcer la confiance des assurés et de repositionner
durablement la société sur un marché en constante mutation.
Section 3 : Facteurs externes influents

3.1. Analyse PESTEL

L’analyse PESTEL constitue un outil stratégique permettant d’identifier et de comprendre les


principales influences de l’environnement externe sur les activités de la SONAS. Elle prend
en compte six dimensions — politiques, économiques, sociales, technologiques,
environnementales et légales —, chacune exerçant un impact direct ou indirect sur la
performance et les orientations stratégiques de l’entreprise.

3.1.1. Facteurs politiques

La République Démocratique du Congo évolue dans un contexte politique caractérisé par une
instabilité récurrente et des transitions électorales fréquentes, susceptibles d’affecter la
confiance des investisseurs ainsi que la régulation du secteur de l’assurance. Toutefois, les
réformes engagées dans le cadre de la modernisation des entreprises publiques ouvrent des
perspectives favorables en matière de gouvernance et de performance. Par ailleurs, les
partenariats conclus avec des institutions financières internationales imposent le respect de
normes plus strictes en matière de solvabilité, de transparence et de gestion.
3.1.2. Facteurs économiques

La performance économique de la RDC demeure fortement tributaire des fluctuations des


cours mondiaux des matières premières, en particulier le cuivre et le cobalt. Une hausse de
ces cours stimule l’activité économique et, par conséquent, la demande en assurance, tandis
qu’une baisse entraîne un recul du pouvoir d’achat des ménages. L’inflation persistante réduit
la capacité des assurés à s’acquitter de leurs primes et accroît les coûts d’exploitation,
notamment pour l’importation de pièces détachées. De plus, la volatilité du franc congolais
face au dollar complique la planification budgétaire, en particulier pour le règlement des
indemnisations.

3.1.3. Facteurs sociaux

La croissance démographique rapide, surtout en milieu urbain, contribue à l’augmentation du


parc automobile et génère un besoin accru de couverture assurantielle. Cependant, la faible
culture de l’assurance constitue un frein important : nombre de conducteurs perçoivent encore
l’assurance comme une simple obligation légale, plutôt que comme un véritable mécanisme
de protection. Les campagnes de sensibilisation à la sécurité routière menées par l’État et
certaines organisations de la société civile participent néanmoins à une évolution progressive
des mentalités.

3.1.4. Facteurs technologiques

La digitalisation représente une opportunité majeure pour la SONAS. L’automatisation des


processus de souscription, la dématérialisation de la gestion des sinistres et l’introduction de
plateformes en ligne contribuent à améliorer l’efficacité opérationnelle et la satisfaction
client. L’exploitation du Big Data permet également d’affiner les modèles de tarification en
fonction des profils de risque. Toutefois, cette transition numérique expose l’entreprise à de
nouveaux défis, notamment la vulnérabilité face aux cyberattaques, d’où la nécessité de
renforcer les dispositifs de cybersécurité.

3.1.5. Facteurs environnementaux

Les effets du changement climatique, tels que l’augmentation des inondations et des
catastrophes naturelles, accroissent la fréquence et la gravité des sinistres automobiles. Par
ailleurs, les politiques publiques encourageant l’adoption de véhicules moins polluants
risquent de modifier la composition du parc automobile assuré. La gestion des véhicules hors
d’usage (VHU) devient également un enjeu à la fois réglementaire et environnemental,
auquel les assureurs doivent désormais prêter une attention particulière.

3.1.6. Facteurs légaux

Le secteur de l’assurance en RDC est régi par le Code des assurances, qui impose notamment
la Responsabilité Civile Obligatoire (RCO) pour tout véhicule motorisé. Les réformes en
cours visent à aligner les pratiques nationales sur les standards internationaux, à renforcer la
protection des assurés et à instaurer une plus grande transparence dans la gestion des contrats.
Ces évolutions légales constituent à la fois une contrainte et une opportunité pour la SONAS
dans l’amélioration de sa compétitivité.

3.2. Impact des évolutions réglementaires sur les pratiques de la SONAS

Les réformes introduites par le Code des assurances ainsi que par divers textes réglementaires
ont profondément modifié le fonctionnement de la SONAS. Ces mesures poursuivent un
double objectif : d’une part, moderniser le secteur de l’assurance, et d’autre part, renforcer la
protection des assurés¹.

3.2.1. Renforcement de la conformité et de la gouvernance

La SONAS est désormais soumise à des exigences accrues en matière de solvabilité et de


fonds propres. Cela nécessite la mise en œuvre de mécanismes de contrôle interne plus stricts,
la réalisation d’audits réguliers et une gestion prudente des engagements financiers. Sur le
plan de la gouvernance, les décisions doivent désormais s’inscrire dans une logique de
transparence, de responsabilité et de reddition des comptes.

3.2.2. Diversification et adaptation de l’offre de produits

Les nouvelles dispositions réglementaires incitent la SONAS à diversifier son portefeuille en


proposant des produits innovants et adaptés, tels que l’assurance au kilomètre, les polices
temporaires ou encore les contrats modulables. Ces innovations permettent à la fois de mieux
répondre aux besoins du marché et de se conformer aux standards légaux.

3.2.3. Transparence et protection renforcée des assurés

Le cadre légal actuel impose la rédaction de contrats clairs, exempts de clauses abusives,
ainsi qu’une communication simplifiée sur les droits et obligations des assurés. En réponse, la
SONAS a revu ses documents contractuels et multiplié ses canaux d’information, afin de
consolider la confiance et la fidélisation de sa clientèle.

3.2.4. Pression concurrentielle et amélioration du service

La libéralisation du marché a mis fin au monopole historique dont bénéficiait la SONAS.


Face à cette concurrence accrue, l’entreprise est contrainte d’améliorer la qualité de ses
services, de réduire les délais d’indemnisation et d’adopter une tarification plus compétitive.
Cette nouvelle donne pousse également à investir davantage dans la formation et le
perfectionnement du personnel.

3.2.5. Digitalisation et innovation encouragées par la loi

Les réformes encouragent l’intégration des solutions numériques dans les processus de
souscription, de déclaration des sinistres et de paiement en ligne. Ces innovations favorisent
une plus grande efficacité opérationnelle, réduisent les coûts de gestion et garantissent une
meilleure traçabilité financière, en conformité avec les normes de lutte contre la fraude et le
blanchiment des capitaux.

3.2.6. Transformation de la culture organisationnelle

L’application des nouvelles réglementations induit une mutation progressive de la culture


interne de la SONAS. L’entreprise adopte de plus en plus une orientation axée sur la
performance, la qualité de service et la satisfaction des assurés, conformément aux standards
internationaux de bonne pratique.
Section 4 : Comparaison avec d'Autres Pratiques

Cette section compare les pratiques de la SONAS à celles d’autres compagnies d’assurance.
À travers des études de cas et une analyse comparative, elle vise à identifier les meilleures
approches en matière d’évaluation des risques et de gestion des sinistres, afin d’en tirer des
enseignements pour améliorer les performances de la SONAS.

4.1. Études de cas d'autres compagnies d'assurance

L’analyse comparative entre les pratiques de la SONAS et celles d’autres compagnies


d’assurance permet de mettre en évidence certains écarts de performance ainsi que des pistes
d’amélioration possibles. Bien que la concurrence demeure encore limitée en République
Démocratique du Congo, quelques compagnies privées émergentes se distinguent par
l’adoption de processus plus digitalisés, tant au niveau de la souscription que de la gestion
des sinistres. Ces innovations technologiques contribuent à réduire les délais de traitement et
à optimiser l’expérience client. À titre d’exemple, des entreprises telles qu’Activa RDC ou
Rawbank Assurances proposent des plateformes numériques permettant aux assurés de
déclarer leurs sinistres en ligne et d’en suivre l’évolution en temps réel.
Dans ce contexte, notre choix s’est porté sur la compagnie Rawsur Assurances pour réaliser
une étude comparative ciblée.

4.1.1 Étude comparative : SONAS et Rawsur Assurances

La comparaison entre la Société Nationale d’Assurances (SONAS) et Rawsur Assurances


met en évidence des écarts notables en termes de stratégie, d’organisation opérationnelle et de
gestion de la relation client. Ces différences ont un impact direct sur l’image perçue par le
public ainsi que sur la position concurrentielle de chaque entreprise sur le marché congolais
de l’assurance automobile.

4.1.1 Étude comparative : SONAS et Rawsur Assurances

L’analyse comparative entre la Société Nationale d’Assurances (SONAS) et Rawsur


Assurances met en lumière des différences notables sur les plans stratégique, organisationnel
et relationnel. Ces écarts influencent directement la perception des assurés ainsi que la
compétitivité de chaque acteur sur le marché congolais de l’assurance automobile.

[Link] Structure organisationnelle et gouvernance

- SONAS: En tant qu’entreprise publique, la SONAS fonctionne selon une structure


hiérarchique centralisée, caractérisée par des procédures administratives rigides. Les
processus décisionnels sont souvent longs, car ils nécessitent la validation successive
de plusieurs niveaux de gestion.

- Rawsur Assurances : Société privée, Rawsur adopte une structure organisationnelle


plus souple, favorisant une prise de décision rapide, une réactivité face aux évolutions
du marché et une mise en œuvre efficace des innovations.

[Link] Gestion des sinistres

- SONAS : Le traitement des sinistres repose encore largement sur des procédures
manuelles. L’assuré doit déposer physiquement les formulaires de déclaration et les
pièces justificatives. Le délai moyen d’indemnisation varie entre 30 et 45 jours,
pouvant atteindre jusqu’à deux mois en province.
- Rawsur Assurances : Rawsur dispose d’une plateforme numérique permettant aux
assurés de déclarer leurs sinistres en ligne. Ce système est renforcé par un réseau de
garages agréés, ce qui permet de réduire les délais d’indemnisation à une fourchette
allant de 7 à 15 jours pour les dossiers simples.

[Link] Relation et expérience client

- SONAS : L’interaction avec la clientèle s’effectue principalement en présentiel dans


les agences ou par téléphone. L’absence d’un système de suivi en ligne limite la
transparence du traitement des dossiers et freine la réactivité du service client.

- Rawsur Assurances : L’entreprise propose une application mobile et un espace client


en ligne permettant aux assurés de suivre l’état de leurs dossiers, de recevoir des
notifications en temps réel et de transmettre les documents nécessaires à distance, ce
qui améliore considérablement l’expérience utilisateur.

[Link] Prévention et gestion proactive des risques

- SONAS : Bien que des campagnes de sensibilisation à la sécurité routière soient


menées, elles demeurent ponctuelles et souvent liées à des événements ou initiatives
d’envergure nationale.

- Rawsur Assurances : Adopte une approche proactive, en mettant en place des


actions régulières de prévention. Celles-ci incluent l’envoi de conseils personnalisés à
ses assurés ainsi qu’un service d’assistance routière disponible 24h/24.

[Link] Politique tarifaire

- SONAS : Applique des tarifs généralement plus abordables, ce qui attire une clientèle
soucieuse du coût. Toutefois, cette politique tarifaire restreint ses capacités
d’investissement dans la modernisation des services.

- Rawsur Assurances : Propose des tarifs plus élevés, justifiés par la qualité du
service, la rapidité de traitement, ainsi que l’inclusion d’options complémentaires
telles que le remorquage ou la mise à disposition d’un véhicule de remplacement.

[Link] Satisfaction de la clientèle


- SONAS : La satisfaction des assurés est moyenne. Si la société bénéficie d’une forte
notoriété et d’une large couverture géographique, elle est souvent critiquée pour la
lenteur de ses processus et le manque de suivi individualisé.

- Rawsur Assurances : Affiche un niveau de satisfaction client plus élevé, attribué à sa


réactivité, à la transparence dans le traitement des dossiers et à la diversité des
services proposés, perçus comme des signes de professionnalisme et de fiabilité.

4.2. Benchmarking des meilleures pratiques en assurance automobile

Le benchmarking est une démarche d’analyse comparative visant à observer, analyser et tirer
parti des pratiques les plus efficaces adoptées par les leaders du secteur, qu’ils opèrent au
niveau local, régional ou international. Dans le secteur de l’assurance automobile, cette
méthode constitue aujourd’hui un outil stratégique essentiel pour renforcer la compétitivité,
optimiser la qualité des services offerts et améliorer la performance économique des
entreprises.

4.2.1 Digitalisation intégrale du parcours client

La digitalisation représente aujourd’hui un élément clé des meilleures pratiques dans le


secteur de l’assurance automobile. Des leaders mondiaux tels qu’Allianz, AXA ou
Progressive ont totalement dématérialisé leur processus d’assurance.

- Souscription en ligne : le client peut obtenir un devis instantané, comparer différentes


formules, puis signer électroniquement son contrat.

- Déclaration numérique des sinistres : via une application mobile ou un site web, avec
la possibilité de télécharger des photos et de géolocaliser l’accident.

- Suivi en temps réel: le client reçoit des notifications automatiques par SMS ou e-mail
à chaque étape du traitement de son dossier.

Cette digitalisation permet un gain de temps considérable, réduit les files d’attente en agence,
améliore la transparence et diminue les erreurs liées à la saisie manuelle.

Pour la SONAS, il est essentiel de développer une plateforme intégrée regroupant devis,
souscription, paiement, déclaration et suivi des sinistres, accessible aussi bien sur smartphone
que sur ordinateur.

4.2.2 Tarification dynamique et télématique


Certaines compagnies, comme Generali en Europe ou Discovery Insure en Afrique du Sud,
utilisent des boîtiers télématiques ou des applications mobiles pour analyser le comportement
de conduite (vitesse, freinages brusques, distance parcourue).

- Les conducteurs prudents peuvent bénéficier de réductions de prime allant de 30 à 50


%.

- Les conducteurs présentant un risque reçoivent des conseils personnalisés pour


améliorer leur sécurité.

Cette approche permet de réduire le taux de sinistralité, de fidéliser les assurés responsables
et d’améliorer la perception de l’assureur en tant que partenaire de sécurité.

La SONAS gagnerait à nouer des partenariats avec des opérateurs télécoms ou des
fournisseurs de dispositifs GPS afin de proposer des formules de tarification innovantes
basées sur la télématique.

4.2.3 Réseaux étendus de garages agréés

Des compagnies telles que MAPFRE en Espagne ou State Farm aux États-Unis accélèrent la
réparation des véhicules grâce à des accords directs avec un large réseau de garages agréés.

- L’assuré n’a pas à avancer les frais de réparation.

- L’assureur règle directement le garage.

- Les réparations sont réalisées conformément à des normes de qualité prédéfinies.

Les avantages de ce système incluent une réduction significative du temps d’immobilisation


des véhicules, une satisfaction client accrue ainsi qu’une meilleure maîtrise des coûts.

Pour la SONAS, il serait pertinent de développer un réseau provincial de garages agréés,


encadré par une charte qualité et des tarifs négociés.

4.2.4 Assistance et services complémentaires

Des assureurs comme Liberty Mutual (États-Unis) ou Old Mutual (Afrique) proposent des
services additionnels inclus dans leurs offres ou à tarif préférentiel :

- Assistance routière 24h/24 (remorquage, changement de pneu, dépannage).

- Mise à disposition d’un véhicule de remplacement en cas d’accident ou de panne


prolongée.
- Soutien juridique pour les litiges liés aux accidents.

Ces services contribuent à améliorer l’image de marque, à différencier l’assureur de ses


concurrents et à fidéliser la clientèle.

Pour la SONAS, il serait judicieux d’intégrer un pack d’assistance de base dans toutes les
formules, avec la possibilité d’opter pour des options premium plus complètes.

4.2.5 Communication et transparence

Les assureurs performants se caractérisent par une communication proactive avec leurs
clients. Des entreprises comme Aviva au Royaume-Uni ou Sanlam en Afrique informent
régulièrement leurs assurés à chaque étape clé du traitement des dossiers.

- Fourniture d’informations claires concernant les délais d’indemnisation.

- Explication précise des exclusions de garantie avant la souscription.

- Publication régulière de statistiques relatives au taux de sinistres réglés.

Ces pratiques renforcent la confiance des clients et contribuent à réduire les litiges.

Pour la SONAS, il est recommandé d’adopter une politique de communication transparente,


utilisant notamment le site web, les réseaux sociaux et les SMS.

4.2.6 Programmes de fidélisation et incitations

Certaines compagnies, telles que Liberty Mutual ou Progressive, proposent des réductions sur
les primes, des systèmes de points de fidélité ou des bonus après plusieurs années sans
sinistre.

- Réduction de 10 % à 20 % sur la prime après deux années consécutives sans accident.

- Offres partenaires, incluant des avantages dans les stations-service, garages ou pour
des assurances complémentaires.

Ces initiatives permettent de diminuer le taux de résiliation et améliorent l’image de


l’assureur auprès de ses clients.

La SONAS gagnerait à renforcer son programme de fidélisation afin d’améliorer la rétention


de sa clientèle.

4.2.7 Éducation et prévention routière


Des assureurs comme Discovery Insure et AXA organisent régulièrement des campagnes de
sensibilisation à la sécurité routière.

- Organisation de formations gratuites à la conduite défensive.

- Établissement de partenariats avec des auto-écoles pour proposer des tarifs réduits aux
jeunes conducteurs.

Ces actions contribuent à réduire significativement le nombre de sinistres tout en valorisant


l’image citoyenne de l’assureur.

Pour la SONAS, il serait pertinent de lancer un programme annuel de prévention routière en


collaboration avec la Police de Circulation Routière et les associations de transporteurs.

Conclusion du chapitre 3

En conclusion, L’analyse des pratiques de la SONAS montre que ses méthodes d’évaluation
des risques, bien que pertinentes, restent insuffisamment modernisées et gagneraient à
intégrer davantage les nouvelles technologies. La gestion des sinistres connaît encore des
délais importants et un manque de transparence, ce qui nuit à la satisfaction et à la confiance
des assurés. L’étude PESTEL souligne que les facteurs externes, en particulier les aspects
réglementaires, ont une influence notable sur les performances de l’entreprise. Enfin, la
comparaison avec d’autres compagnies d’assurance tel que la RawSur révèle que l’adoption
de pratiques innovantes, axées sur le numérique et l’amélioration de l’expérience client,
pourrait permettre à la SONAS de renforcer sa compétitivité et sa réputation sur le marché
congolais de l’assurance automobile.
Conclusion générale

Le présent mémoire a permis d’analyser en profondeur les pratiques d’évaluation et de


gestion des risques dans le domaine de l’assurance automobile, en prenant comme étude de
cas la Société Nationale d’Assurances (SONAS) sur la période 2019-2024. L’étude s’est
articulée autour de trois axes principaux : le cadre théorique de l’assurance automobile, le
contexte et la méthodologie appliquée à la SONAS, ainsi que l’analyse des pratiques.

Le Chapitre 1 a fourni les fondements conceptuels nécessaires, en définissant les notions clés
d’assurance, les types de contrats et de garanties ainsi que les notions clés de gestion des
risques, et en présentant les étapes qui guident l’évaluation des risques. La revue de littérature
a permis de situer la SONAS dans le contexte national et international,

Le Chapitre 2 a décrit le contexte spécifique de la SONAS, en retraçant son historique, son


positionnement sur le marché congolais et les défis auxquels elle est confrontée. La
méthodologie adoptée, combinant recherche documentaire, enquêtes et analyses SWOT et
PESTEL, a permis de recueillir des informations fiables et pertinentes pour comprendre les
pratiques de l’entreprise.

Le Chapitre 3 a analysé concrètement les pratiques de la SONAS en matière d’évaluation des


risques et de gestion des sinistres. Il a mis en évidence les forces et les limites des méthodes
employées, tout en soulignant l’impact positif des technologies modernes sur la précision de
l’évaluation des risques et l’efficacité opérationnelle. L’étude des facteurs externes,
notamment réglementaires et économiques, a montré l’importance de l’adaptation de la
SONAS aux évolutions du marché et aux exigences légales. Enfin, la comparaison avec
d’autres compagnies d’assurance a permis d’identifier des pratiques innovantes susceptibles
de renforcer la performance de la SONAS.

En conclusion, cette étude démontre que la SONAS dispose d’une structure solide pour gérer
les risques automobiles, mais qu’elle pourrait améliorer certaines pratiques grâce à
l’intégration plus systématique des technologies télématiques, à l’optimisation de la
satisfaction client et à une meilleure anticipation des facteurs externes. Les résultats obtenus
peuvent servir de guide pour les décideurs de la SONAS, ainsi que pour les acteurs du secteur
de l’assurance en RDC, afin de renforcer la performance, la compétitivité et la protection des
assurés.

Ainsi, ce mémoire apporte une contribution significative à la connaissance des pratiques


d’assurance automobile en RDC et propose des recommandations concrètes pour une gestion
des risques plus efficace et adaptée aux exigences actuelles du marché
Recommandations

Dans le but d’optimiser les performances de la SONAS dans le secteur de l’assurance


automobile, nous avons formulé plusieurs recommandations importantes.

1. Renforcement des méthodes d’évaluation des risques

 Intégrer davantage les outils technologiques, notamment les données télématiques


(GPS, capteurs de conduite), afin de proposer une tarification plus personnalisée et
adaptée au profil réel de chaque assuré.
2. Amélioration de la gestion des sinistres

 Simplifier et digitaliser les procédures de déclaration et de traitement des sinistres,


dans le but de réduire considérablement les délais d’indemnisation.
 Mettre en place un système de suivi en ligne, transparent et accessible, permettant aux
assurés de suivre l’évolution de leur dossier en temps réel.
3. Renforcement de la relation client et de la satisfaction
 Développer un service client multicanal (téléphone, plateformes numériques, agences
physiques) afin de renforcer l’accessibilité et la qualité du service.
 Mettre en œuvre des programmes de fidélisation ainsi que des campagnes de
sensibilisation sur l’importance de l’assurance automobile.
4. Adaptation aux facteurs externes

 Se conformer rigoureusement aux nouvelles dispositions du Code des assurances et


renforcer la gouvernance interne pour garantir une meilleure crédibilité auprès des
assurés.
 Mettre en place une veille stratégique (analyse PESTEL) pour anticiper les évolutions
économiques, sociales et réglementaires et adapter rapidement les produits proposés.
5. Ouverture et benchmarking

 S’inspirer des meilleures pratiques développées par d’autres compagnies d’assurance,


tant africaines qu’internationales, en matière d’assurance numérique et de tarification
basée sur le comportement.
 Nouer des partenariats avec des start-ups technologiques pour soutenir et accélérer la
transformation digitale de la SONAS.

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