MEMOIRE
MEMOIRE
Jean Fourastié
D édicace
À mes parents, Papa WENGA John et Maman EBONDO Safy,
Nous remercions en premier lieu l’Eternel notre Dieu pour la force et grâce, l’intelligence, la
sagesse et le discernement durant ce grand parcours académique.
Nous adressons, avant toute chose, notre gratitude la plus sincère et nos remerciements les
plus respectueux à notre Directeur de mémoire, Monsieur MOTO KOSARADE Joseph , pour
la confiance qu’il nous a accordée, sa disponibilité constante, son encadrement méthodique et
rigoureux, ainsi que la bienveillance avec laquelle il a guidé nos réflexions. Son exigence
scientifique et ses précieux conseils ont été pour nous une source d’inspiration et de
persévérance.
Nos remerciements vont également à l’endroit de nos chers frères et sœurs: Précilia WENGA,
Milca WENGA, Kerta WENGA, Fanny WEDIONDO, Marie WEDIONDO, Esther
WEDIONDO, Cécile WEDIONDO Samy WEDIONDO et tous les WENGA. Votre
affection, vos encouragements constants et vos sacrifices discrets ont été pour nous un
véritable moteur. C’est une immense grâce et un bonheur inestimable de vous avoir dans
notre vie.
Nous exprimons aussi toute notre reconnaissance à nos Oncles et Tantes, dont les prières, les
conseils et l’accompagnement moral ont constitué un soutien indéfectible dans les moments
les plus décisifs de notre parcours.
À nos neveux et nièces, merci pour vos prières sincères et votre amour inconditionnel.
À nos amis fidèles : Obeltonne JIKKA, Ketsia NALO, Rosny YUKU, Eliane KAZIBA,
Dinnel MFULAMA et Bénédicte Mongu, nous disons un grand merci pour les instants
partagés, les mots de réconfort, la patience, le soutien mutuel et les encouragements, qui ont
rendu ce chemin plus léger et porteur d’espérance.
Nous n’oublions pas nos collègues de promotion, ainsi que toutes les connaissances
rencontrées au cours de ce parcours. Les échanges intellectuels, les moments de convivialité
et l’esprit d’entraide que nous avons partagés resteront gravés dans nos mémoires.
Enfin, à toutes les personnes qui, de près ou de loin, d’une manière ou d’une autre, ont
contribué à la réalisation de ce travail, mais dont les noms ne figurent pas dans ces lignes,
qu’elles trouvent ici l’expression de notre profonde gratitude et de notre respectueux
attachement.
Etat de la question est une question formulée à partir de la revue de la littérature. Il consiste à
lire un document d'un autre chercheur, comprendre le problème abordé, la
méthodologie utilisée, les hypothèses, l'objectif visé, les résultats atteints ou non.
Pour porter la lumière à notre recherche, il s'avère nécessaire de reconnaître le mérite des
travaux antérieurs. En effet, un travail scientifique est considéré comme un complément et/ou
un dépassement des travaux qui l'ont précédé.
Harrington, S. E., & Niehaus, G. R.( 2004 ), dans leur étude sur the Risk Management in
the Insurance Industry », dont ils ont examiné les différentes méthodes de gestion des
risques dans le secteur de l'assurance, en mettant l'accent sur l'assurance automobile. Les
auteurs discutent des approches quantitatives et qualitatives pour évaluer les risques et les
sinistres.
Barlow, J., & Maull, R. (2008). Dans leur article sur The Role of Technology in Risk
Management", ils ont exploré comment les nouvelles technologies, telles que l'analyse de
données et les systèmes d'information, transforment la gestion des risques dans le secteur de
l'assurance. Les auteurs soulignent l'importance de l'innovation pour améliorer l'évaluation
des risques.
Aaker, D. A., & Jacobson, R. (2001)" Customer Satisfaction in the Insurance Sector: A
Study of the Automobile Insurance Market" ; leur recherche analyser la satisfaction des
clients dans le secteur de l'assurance automobile. Les auteurs utilisent des enquêtes pour
évaluer les attentes des clients et leur satisfaction par rapport aux services offerts.
Cummins, J. D., & Dionne, G.( 2007) "Insurance Risk Management: A Comparative
Study" . Cette étude compare les pratiques de gestion des risques dans différentes
compagnies d'assurance à travers le monde. Les auteurs identifient les meilleures pratiques et
les défis communs rencontrés par les assureurs.
Grace, M. F., & Leverty, J. T. (2012) "The Impact of Regulatory Changes on the
Insurance ; Cet article examine comment les changements réglementaires affectent les
pratiques d'assurance, y compris l'assurance automobile. Les auteurs analysent les
implications pour la gestion des risques et la rentabilité des compagnies d'assurance.
Wang, K., & Zhang, J. (2015) "Risk Assessment in Automobile Insurance: A Review" .
Cette revue de littérature se concentre sur les méthodes d'évaluation des risques spécifiques à
l'assurance automobile. Les auteurs discutent des modèles prédictifs et des approches
statistiques utilisées pour évaluer les risques.
1
Fédération des Assurances de la RDC, ‘’Rapport annuel sur les reformes du secteur des assurances’’, 2019
L'étude sur l'assurance automobile, en particulier l'évaluation et la gestion des risques par la
SONAS (Société Nationale d'Assurances), présente plusieurs aspects originaux. Tout d'abord,
elle se concentre sur une période spécifique, de 2019 à 2024, ce qui permet d'analyser les
tendances et les évolutions dans le secteur de l'assurance automobile sur plusieurs années.
Ensuite, l'approche adoptée par la SONAS pour évaluer et gérer les risques peut inclure des
méthodes innovantes, telles que l'utilisation de données analytiques avancées, des modèles
prédictifs ou des technologies émergentes comme l'intelligence artificielle. Cela pourrait
offrir une perspective nouvelle sur la manière dont les compagnies d'assurance peuvent
anticiper et atténuer les risques liés aux accidents de la route.
Enfin, l'originalité de cette étude pourrait résider dans sa capacité à proposer des
recommandations pratiques et des stratégies adaptées aux défis spécifiques rencontrés par les
assurés et les assureurs dans le contexte actuel. Cela pourrait contribuer à une meilleure
gestion des risques et à une amélioration de la satisfaction des clients.
0.2. Problématique
L’assurance automobile, est une composante essentielle du système financier d'une nation.
Elle contribue à la protection de la route et à la protection des citoyens face aux dangers
associés aux accidents routiers. En République Démocratique du Congo (RDC), l'assurance
auto joue un rôle crucial non seulement pour les conducteurs, mais également pour toute la
communauté. Elle participe à la structuration de la sécurité publique, au financement des
réparations des véhicules endommagés et à la prise en charge des victimes.2 Toutefois,
l'industrie de l'assurance en RDC, en particulier celle liée aux véhicules, demeure encore en
déclin par rapport aux autres zones du monde. En tant qu'acteur majeur du domaine, la
Société Nationale d'Assurances (Sonas) est au cœur des problématiques de l'assurance
automobile.
2
Code des assurances de la RDC, Chapitre II, article 8-12.
Depuis la réforme de l'assurance automobile en RDC, divers obstacles ont marqué le
développement du secteur de l'assurance automobile. Entre 2019 et 2024, une période
marquée par des transformations économiques majeures, des modifications législatives et une
augmentation du parc automobile, cette situation s'est intensifiée. Ces incidents ont
considérablement affecté la gestion des risques et le rendement de la Sonas.3 En dépit des
tentatives de modernisation menées par ce secteur public, les enjeux concernant la gestion des
risques, la fraude, le manque de connaissance des produits d'assurance par les citoyens et la
lenteur des procédures continuent d’entraver le bon fonctionnement du secteur. Par
conséquent, la question principale qui oriente ce mémoire est de déterminer comment la
Sonas peut évoluer, gérer ces risques, et s’adapter à un marché de plus en plus exigeant tout
en améliorant ses pratiques de gestion des risques.
L'assurance automobile est un secteur crucial dans le domaine des assurances, car elle joue un
rôle fondamental dans la protection des conducteurs, des passagers et des tiers en cas
d'accident. En République Démocratique du Congo, la SONAS (Société Nationale
d'Assurances) est l'un des principaux acteurs de ce marché. Entre 2019 et 2024, le pays a
connu des évolutions significatives, tant sur le plan économique que social, qui ont eu un
impact sur le secteur de l'assurance.
La croissance du parc automobile, l'augmentation des accidents de la route, et les défis liés à
la gestion des sinistres sont autant de facteurs qui rendent l'évaluation et la gestion des risques
d'assurance automobile particulièrement pertinents. De plus, la digitalisation et l'usage
croissant des technologies dans le secteur des assurances offrent de nouvelles opportunités
pour améliorer l'évaluation des risques et la satisfaction des clients.
La gestion des risques en assurance automobile implique l'évaluation des différents facteurs
qui peuvent influencer la sinistralité, comme le comportement des conducteurs, les conditions
de circulation, et les caractéristiques des véhicules. Entre 2019 et 2024, la SONAS a
probablement mis en place des stratégies pour mieux évaluer ces risques, en utilisant des
données historiques et des analyses prédictives.
Il serait intéressant de voir comment la SONAS a adapté ses produits d'assurance pour
répondre aux évolutions du marché, notamment avec l'essor des technologies automobiles et
3
Banque centrale de la RDC, ‘’Analyse du marché de l’assurance automobile ‘’ 2024.
des nouvelles réglementations. De plus, la gestion des sinistres et la satisfaction des clients
sont des éléments clés à considérer dans cette période.
L'assurance automobile en RDC, et plus spécifiquement à la Sonas, fait face à plusieurs défis
qui entravent son développement et son efficacité. Ces problèmes incluent une faible
pénétration de l'assurance, des pratiques de gestion des risques non optimisées, la fraude, et
des retards dans le règlement des sinistres. La problématique de ce mémoire est donc la
salivate:
D'après Mace et Pétry, une réponse temporaire aux interrogations que le chercheur se pose est
appelée une hypothèse de travail. On peut ainsi affirmer Les réponses anticipées aux
questions posées dans la problématique constituent l'hypothèse de recherche. Pour faire face à
cette question, nous allons examiner les suppositions suivantes4 :
1. Évaluer les méthodes actuelles d'évaluation des risques utilisées par la SONAS
dans le cadre de l'assurance automobile, en identifiant les forces et les faiblesses
de ces méthodes.
2. Analyser l'impact des technologies modernes, telles que l'intelligence artificielle
et l'analyse de données, sur l'efficacité de l'évaluation et de la gestion des risques
par la SONAS.
3. Examiner les processus de gestion des sinistres de la SONAS, en mettant l'accent
sur la satisfaction des clients et l'efficacité opérationnelle.
4. Étudier l'influence des évolutions réglementaires et des tendances du marché sur
les pratiques de gestion des risques de la SONAS, et comment l'entreprise
s'adapte à ces changements.
5. Proposer des recommandations stratégiques pour améliorer l'évaluation et la
gestion des risques en assurance automobile, en tenant compte des meilleures
pratiques observées dans d'autres marchés et des besoins spécifiques du marché
congolais.
Le choix d'étudier l'assurance automobile, l'évaluation et la gestion des risques par la SONAS
(Société Nationale d'Assurances) en République Démocratique du Congo (RDC) entre 2019
et 2024 est motivé par plusieurs facteurs :
Méthodes
1. Recherche Documentaire :
2. Enquêtes et Questionnaires :
3. Analyse Statistique :
Analyse des données : Utiliser des outils statistiques pour analyser les données
recueillies à partir des enquêtes et des rapports de sinistres. Cela peut inclure des
analyses descriptives, des corrélations et des régressions pour identifier des tendances
et des relations significatives.
4. Études de Terrain :
0.6.2 Techniques
Pour des raisons de disponibilité d'informations nous nous concentrerons uniquement sur
l’assurance automobile et la gestion des risques à la Sonas, nous avons limité notre étude
dans le temps et dans l’espace. En effet :
- Dans l’espace, notre étude se focalisera sur les opérations de la Sonas en RDC, en
particulier dans la ville de Kinshasa
- Le présent travail, ne fait pas exception à ce qui précède, dans le temps notre analyse
couvrira la période de 2019 à 2024, une période marquée par d’importantes réformes
et évolutions dans le secteur de l’assurance automobile.
Chapitre 1 : Cadre Théorique
L’assurance automobile se définit comme un contrat d’adhésion par lequel une personne,
propriétaire ou simple utilisateur d’un véhicule, transfère à une compagnie d’assurances le
risque de subir des pertes financières liées à un sinistre. En contrepartie du paiement d’une
prime, l’assureur prend l’engagement d’indemniser l’assuré ou les tiers victimes, selon les
modalités prévues dans la police d’assurance. En pratique, cette couverture s’étend
principalement à deux catégories de dommages : d’une part, ceux affectant directement le
véhicule ou son conducteur (dommages directs), et d’autre part, ceux occasionnés à des tiers
(dommages indirects).5
Jean-Louis Autin et Michel Galy définissent l’assurance automobile comme « un contrat par
lequel une compagnie d’assurances s’engage, moyennant le paiement d’une prime, à garantir
à l’assuré une indemnisation ou une prise en charge de sa responsabilité civile et des
dommages subis par son véhicule ».6
De son côté, Éric Savin considère que « l’assurance automobile est un mécanisme de
protection financière qui indemnise les pertes matérielles et corporelles résultant d’un
accident ou d’un sinistre impliquant un véhicule. Elle est souvent imposée par la loi afin
d’assurer la protection des tiers ».7
5
Code CIMA, Livre 1, Article 1.
6
Jean-Louis Autin & Michel Galy, Assurance : principes fondamentaux, Paris, Éditions Foucher, 2012, p. 115.
7
Éric Savin, L’assurance pour les nuls, Paris, First Éditions, 2015, p. 203
Les principaux fondements de l’assurance automobile peuvent être regroupés comme suit :
L’assurance automobile poursuit plusieurs objectifs majeurs qui traduisent son rôle de
mécanisme de protection et de régulation :
- La protection financière de l’assuré : elle permet à ce dernier de faire face aux charges
liées aux réparations de son véhicule ou aux indemnisations à verser en cas de
sinistre.
- La réparation des dommages causés aux tiers : dans le cadre de la responsabilité
civile, elle protège l’assuré contre les poursuites judiciaires et les réclamations
d’indemnisation.
- La sécurité juridique : dans la plupart des pays, l’assurance automobile est rendue
obligatoire par la loi, afin de garantir une couverture minimale des dommages causés
aux tiers.
1.4 Composants d’un contrat d’assurance automobile
Un contrat d’assurance automobile est élaboré sur la base des informations fournies par le
demandeur, appelé souscripteur ou preneur d’assurance. Celui-ci à le devoir, au moment de la
signature, d’évaluer correctement le risque que l’assureur sera amené à supporter et de
préciser les éléments permettant le calcul de la prime correspondante.
Il s’agit d’un accord formel conclu entre l’assuré et la compagnie d’assurances, encadré par
des conditions générales qui contiennent des dispositions communes à tous les contrats de
même nature. Ces dispositions portent notamment sur l’étendue des garanties (risques
couverts), les exclusions, les obligations des parties, ainsi que les procédures de règlement
des sinistres et de résolution des litiges éventuels.
Ces parties entretiennent des obligations réciproques. L’assuré est tenu de verser
régulièrement ses primes, de déclarer fidèlement les sinistres et de s’abstenir de toute action
susceptible d’aggraver les risques. L’assureur, quant à lui, a l’obligation de respecter les
garanties prévues, de fournir une information claire et de procéder au versement des
indemnités dans les délais contractuels.
8
SONAS, Rapport Annuel 2021.
Un contrat d’assurance automobile peut être défini comme un accord juridique conclu entre
une compagnie d’assurances et une personne physique ou morale, appelée assuré. Ce contrat
précise les droits et obligations de chacune des parties.
L’assureur s’engage à garantir une indemnisation en cas de réalisation d’un risque couvert,
tandis que le preneur d’assurance s’oblige à déclarer de manière sincère et complète les
risques à couvrir, ainsi qu’à payer régulièrement la prime convenue.
- La phase précontractuelle, durant laquelle les parties échangent librement sans être
encore liées juridiquement ;
- La phase contractuelle, qui correspond à la conclusion du contrat et entraîne des
obligations légales et mutuelles entre l’assureur et l’assuré.
La proposition
L’acceptation
La note de couverture
La police d’assurance
a) La proposition
b) L’acceptation
L’acceptation ne requiert pas de forme particulière, mais elle doit être libre et exempte de tout
vice du consentement. Elle peut être :
expresse, lorsque l’assuré confirme clairement son accord (par l’établissement d’une
police, par une note de couverture, ou encore par l’envoi d’une lettre) ;
tacite, lorsqu’une police conforme à la proposition est établie sans objection de la part
de l’assuré.
c) La note de couverture
La note de couverture est un document provisoire attestant l’existence d’une garantie avant la
délivrance de la police définitive. Émise par la compagnie d’assurances ou par un courtier,
elle permet à l’assuré de bénéficier immédiatement d’une couverture. Ce document
mentionne des informations essentielles telles que le nom des parties, le numéro de police,
l’objet de l’assurance, le montant garanti, ainsi que la durée de la couverture.
d) La police d’assurance
La police d’assurance constitue la preuve écrite du contrat conclu. Elle est généralement
produite en trois exemplaires : l’un destiné à l’assuré, un autre à l’intermédiaire (agent ou
courtier) et le dernier conservé par la compagnie. Elle doit comporter des mentions
obligatoires et se compose de plusieurs parties, parmi lesquelles :
- les conditions générales, qui fixent les règles applicables à tout contrat de même type ;
- les conditions particulières, qui précisent les éléments propres à l’assuré (identité,
objet de la couverture, montant de la prime, etc.) ;
- les conventions spéciales et autres intercalaires, qui viennent compléter ou modifier
certaines clauses du contrat.
Le choix entre ces différentes formules dépend de plusieurs facteurs, notamment le profil du
conducteur, la valeur du véhicule assuré, la fréquence d’utilisation du véhicule ainsi que le
budget disponible. En République Démocratique du Congo, le coût relativement élevé des
primes constitue un frein, ce qui explique que la majorité des automobilistes privilégient
l’assurance au tiers.
Cette garantie couvre les conséquences financières de toute responsabilité civile que l’assuré
pourrait encourir en cas de dommages corporels ou matériels causés à des tiers lors de
l’utilisation d’un véhicule. Elle inclut notamment :
Cette garantie protège l’assuré contre les conséquences pécuniaires de sa responsabilité civile
lorsque des dommages corporels ou matériels sont causés par le véhicule dans des situations
autres que la circulation. Cela comprend, entre autres, les accidents, incendies, explosions ou
incidents liés à des installations terrestres, ainsi que la chute d’accessoires, de produits ou
d’objets. Toutefois, les dommages résultant de l’utilisation directe du moteur du véhicule
comme source d’énergie ne sont pas couverts par cette garantie.
Pour les véhicules à quatre roues, la garantie couvre également la responsabilité personnelle
de l’assuré envers les tiers qui ne sont pas des passagers. Cette couverture s’applique dès
l’instant où ces tiers montent dans le véhicule assuré jusqu’au moment où ils en descendent.
Les garanties facultatives offrent une protection supplémentaire et couvrent les dommages
pouvant survenir au véhicule assuré.
Bien que l’assurance responsabilité civile soit obligatoire, le propriétaire d’un véhicule peut
choisir d’étendre sa couverture en optant pour des garanties supplémentaires. Parmi celles-ci,
le contrat tous risques constitue la formule la plus complète.
La garantie tous risques permet de rembourser l’assuré pour tous les dommages subis par son
véhicule, quelle que soit la nature de l’accident ou la responsabilité du conducteur. Elle inclut
notamment :
- Les collisions avec un corps fixe ou mobile extérieur au véhicule (arbre, pierre, autre
véhicule, bicyclette, piéton, animal, etc.) ;
- Le renversement du véhicule sans collision préalable ;
- La chute accidentelle du véhicule (dans un cours d’eau, un étang, etc.) ;
- L’inondation imprévisible du véhicule en stationnement, causée par une montée
soudaine des eaux.
Cette garantie couvre les dommages subis par le véhicule assuré à la suite d’une collision
avec un piéton identifié, un autre véhicule identifié ou un animal domestique, en dehors d’un
garage ou d’une remise. L’assureur s’engage à indemniser l’assuré jusqu’à concurrence du
montant spécifié dans le contrat.
Cette garantie protège l’assuré contre les conséquences d’un vol ou d’une tentative de vol du
véhicule. Lorsque les accessoires sont inclus dans le contrat, ils ne sont couverts que s’ils
sont volés en même temps que le véhicule. Pour les accessoires non prévus, des garanties
peuvent être accordées, mais sous conditions restrictives pour le règlement du sinistre.
Si le véhicule est retrouvé dans un délai de 30 jours, l’assuré peut bénéficier d’une
indemnisation pour les éventuels dommages subis.
Si le véhicule n’est pas retrouvé dans ce délai, l’assuré est remboursé du montant
prévu par le contrat.
Si le véhicule est retrouvé après ce délai, l’assuré peut choisir soit de conserver
l’indemnité perçue, soit de récupérer son véhicule.
b. Incendie du véhicule
La garantie Défense et Recours prend en charge, jusqu’au plafond indiqué dans les conditions
particulières, les frais liés aux enquêtes, expertises, consultations, assistance d’avocat et
procédures devant tout tribunal, découlant de la possession ou de l’utilisation du véhicule
assuré.
En cas d’accident imputable à un tiers, l’assureur engage toutes les démarches amiables ou
judiciaires nécessaires pour obtenir le paiement des dommages subis par l’assuré ou par les
membres de sa famille vivant sous son toit.
Ces différentes garanties peuvent être combinées dans des formules variées, telles que tiers,
intermédiaire ou tous risques, en fonction du niveau de protection souhaité par l’assuré.
Conformément à la loi, tout propriétaire de véhicule est tenu de souscrire une assurance
responsabilité civile avant de mettre son véhicule en circulation. Cette obligation a pour
objectif de garantir que les victimes d’accidents de la route puissent être correctement
indemnisées.
Bien que la SONAS ait perdu son monopole, elle demeure un acteur majeur du secteur grâce
à son réseau national étendu, qui lui confère un avantage stratégique important. Depuis
l’ouverture du marché à la concurrence, elle a entrepris une série de transformations visant à
renforcer sa compétitivité, notamment par l’amélioration de ses produits, l’introduction de
nouvelles formules et l’informatisation de ses services.
9
Loi n° 15/005 du 17 mars 2015 portant Code des Assurances en RDC.
10
ARCA, « Rapport de régulation du secteur des assurances en RDC », 2022.
L’évaluation et la gestion des risques constituent le fondement même de l’activité
assurantielle. En effet, une compagnie d’assurance doit anticiper les sinistres afin de
préserver sa solvabilité, sa rentabilité et sa capacité à indemniser ses assurés. Dans le
domaine de l’assurance automobile, où la fréquence des incidents est particulièrement élevée,
ces principes revêtent une importance stratégique majeure.
L’évaluation du risque permet à l’assureur d’adapter ses produits et ses tarifs. Elle s’appuie
sur une démarche structurée comprenant plusieurs étapes :
11
G. Besson, Risque et Assurance, Presses Universitaires de France, 2016.
l’aide de modèles mathématiques et fixent les primes en conséquence, garantissant
ainsi que la compagnie dispose de réserves suffisantes pour honorer les
indemnisations.
Une fois les risques évalués, l’assureur met en œuvre diverses techniques afin de maîtriser
son exposition :
Pour pallier ces insuffisances, la SONAS a entrepris plusieurs réformes entre 2019 et 2024,
notamment : l’amélioration des outils de tarification, le renforcement de la collaboration avec
12
M. Meunier, « Les nouvelles pratiques de gestion des risques », Revue Française d’Assurance, n° 143, 2020.
13
SONAS, Rapport d’activités annuel, 2021
la police, la modernisation partielle de son infrastructure informatique et l’élargissement
progressif des garanties offertes.
La SONAS, bien qu’ayant perdu son monopole, conserve la majorité des parts de marché.
Elle doit néanmoins faire face à une concurrence croissante de compagnies privées telles que
Rawsur, Activa ou SONAR.
Dans des pays comme le Maroc, le Kenya, l’Afrique du Sud ou le Nigeria, des progrès
notables ont été réalisés dans la gestion de l’assurance automobile :15
14
Loi n°15/005 du 17 mars 2015 portant Code des Assurances en RDC.
15
F. Tchamkerten, « L’assurance automobile en Afrique : défis et innovations », Revue Africaine de l’Assurance,
n°18, 2021.
À l’échelle mondiale, le secteur de l’assurance automobile connaît une transformation
profonde sous l’effet des innovations technologiques et des enjeux environnementaux :
Ces tendances internationales peuvent servir de référence stratégique pour la SONAS. Leur
adaptation aux réalités congolaises représente un levier potentiel pour moderniser le secteur
et élargir l’accès à l’assurance automobile.
Conclusion du chapitre 1
Ce premier chapitre a jeté les bases théoriques de cette étude en clarifiant les principaux
concepts liés à l’assurance automobile, en explorant les mécanismes d’évaluation et de
gestion des risques, et en présentant une synthèse des travaux antérieurs sur les pratiques
d’assurance en RDC et ailleurs. L’ensemble de ces éléments offre un cadre de réflexion
solide qui guidera l’analyse des réalités pratiques dans les prochains chapitres.
0. Introduction
Jusqu’alors, le marché des assurances était dominé par des compagnies étrangères,
principalement européennes, qui contrôlaient la quasi-totalité des opérations et rapatriaient la
majorité des bénéfices vers leurs pays d’origine. Cette configuration entraînait un
déséquilibre structurel, dans la mesure où les primes collectées localement ne contribuaient
pas directement au financement du développement national. La création de la SONAS
répondait ainsi à une double finalité : restaurer la souveraineté économique de l’État et
assurer une réappropriation des ressources financières stratégiques.17
Le 21 juin 1967, une étape importante fut franchie avec la promulgation de l’ordonnance-loi
n°67/240, qui conféra à la SONAS le monopole exclusif de toutes les opérations d’assurance
en République Démocratique du Congo.18 Cette mesure traduisait la volonté politique de
l’État de faire de l’assurance non seulement un mécanisme de protection contre les risques,
mais également un levier de régulation économique et de mobilisation de l’épargne nationale.
Dès lors, la SONAS devient la seule institution habilitée à assurer les risques automobiles,
industriels, maritimes et sociaux sur l’ensemble du territoire.
16
République Démocratique du Congo, Ordonnance-loi n°66/622 du 23 novembre 1966 portant création de la
Société Nationale d’Assurances.
17
MULUMBA, T., Politiques économiques et institutions financières en RDC, Kinshasa, PUC, 2012, p. 117.
18
République Démocratique du Congo, Ordonnance-loi n°67/240 du 21 juin 1967 portant attribution du
monopole à la SONAS.
En 1978, l’ordonnance-loi n°78/194 érigea la SONAS en entreprise publique à caractère
technique et commercial.19 Cette réforme s’inscrivait dans la dynamique générale de
modernisation des entreprises d’État et visait à renforcer son autonomie de gestion. À cette
occasion, l’institution diversifia son portefeuille de produits en intégrant plusieurs branches :
assurance automobile, assurance incendie, assurance vie, assurance maladie, couverture des
risques industriels et accidents. Cette étape marque véritablement la consolidation de la
SONAS en tant que pilier central et unique du secteur congolais des assurances.
Bien que bénéficiant d’une position de monopole durant plusieurs décennies, la SONAS a
progressivement été confrontée à des difficultés structurelles. Parmi celles-ci figurent
l’inefficacité managériale, la lourdeur administrative, le retard dans la modernisation
technologique ainsi qu’une qualité de service limitée. Ces faiblesses reflétaient les limites du
modèle d’entreprise publique centralisée, souvent caractérisé par des ingérences politiques
récurrentes et une culture organisationnelle peu orientée vers la performance.
Afin de remédier à ces insuffisances, l’État congolais a engagé une réforme globale des
entreprises publiques, à travers la loi n°08/007 du 7 juillet 2008 relative à leur
transformation.20 Dans ce cadre, la SONAS a été convertie en Société à Responsabilité
Limitée (SARL), ce qui visait à accroître sa flexibilité et son efficacité dans la gestion. Par la
suite, et conformément aux dispositions de l’Acte uniforme de l’OHADA sur le droit des
sociétés commerciales, elle a adopté en 2014 le statut de Société Anonyme Unipersonnelle
(SAU).21
Cette mutation institutionnelle s’est opérée dans un contexte marqué par la libéralisation du
marché congolais des assurances. En effet, la réforme a mis fin au monopole détenu par la
SONAS et a ouvert le secteur à la concurrence. Plusieurs compagnies, tant nationales
qu’étrangères telles qu’Activa, Saham Assurance, Rawsur et Prudential se sont alors
implantées sur le marché. L’arrivée de ces nouveaux acteurs a profondément modifié la
dynamique concurrentielle, obligeant la SONAS à entreprendre des ajustements stratégiques :
19
République Démocratique du Congo, Ordonnance-loi n°78/194 du 5 mai 1978 relative à l’organisation de la
SONAS en entreprise publique.
20
République Démocratique du Congo, Loi n°08/007 du 7 juillet 2008 portant dispositions générales relatives à
la transformation des entreprises publiques.
21
OHADA, Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique,
révisé en 2014.
modernisation de ses outils de gestion, amélioration de la qualité de ses prestations,
renforcement de la relation clientèle et redéfinition de son positionnement commercial.
À l’heure actuelle, malgré une concurrence de plus en plus accrue, la SONAS conserve une
place centrale dans le paysage assurantiel congolais grâce à son expérience historique, son
réseau d’agences couvrant l’ensemble du territoire national et son statut institutionnel
privilégié. Néanmoins, son évolution récente révèle des défis persistants, notamment en
matière de digitalisation, de gouvernance et de compétitivité face à des compagnies privées
souvent plus réactives et innovantes.
Enfin, à l’instar des autres entreprises publiques, la SONAS dispose d’une structure
organisationnelle composée de trois organes essentiels :
L’assurance automobile constitue l’un des produits les plus répandus et les plus populaires en
République Démocratique du Congo. Elle représente également la principale source de
revenus pour la Société Nationale d’Assurances (SONAS), qui en tire une part importante de
son chiffre d’affaires.
22
République Démocratique du Congo, Ordonnance-loi n°78-003 du 1er janvier 1978 portant Code de la route,
Kinshasa, Imprimerie officielle.
Assurance, se sont implantées avec des stratégies commerciales agressives : digitalisation des
services, tarification flexible, assistance et dépannage rapides, ainsi que des partenariats avec
les concessionnaires automobiles. En 2023, la part de marché de la SONAS dans le segment
automobile était estimée à 48 %, contre environ 80 % avant 2015.23
Malgré cette perte relative de parts de marché, la SONAS demeure un acteur incontournable
grâce à son ancienneté, son maillage territorial et sa collaboration étroite avec l’État,
notamment pour l’assurance des véhicules appartenant aux administrations publiques.
L’étude des défis et opportunités auxquels la SONAS est confrontée permet de mettre en
lumière les contraintes qui entravent sa compétitivité, mais aussi les leviers qu’elle peut
mobiliser pour consolider sa place sur le marché congolais de l’assurance automobile.
a) Les défis
Malgré les avancées technologiques observées au niveau mondial, la SONAS reste largement
tributaire de procédures manuelles. Les opérations de souscription, de déclaration des
sinistres ou de remboursement nécessitent souvent le recours à des documents physiques et à
des démarches longues. Cette situation entraîne des délais d’indemnisation plus importants,
expose à des erreurs administratives et limite la satisfaction de la clientèle. De plus, l’absence
d’une digitalisation intégrale restreint l’exploitation des données disponibles, ce qui réduit la
capacité de l’entreprise à analyser les risques de manière proactive et à développer des
produits personnalisés.
Dans les grandes villes telles que Kinshasa, Lubumbashi ou Matadi, les agences SONAS
connaissent une forte affluence, alors que les effectifs demeurent insuffisants. Cette surcharge
se traduit par de longues files d’attente, des retards dans le traitement des dossiers et, par
conséquent, une expérience client insatisfaisante. Cette situation pousse certains assurés à se
tourner vers des concurrents privés qui offrent un service plus rapide et plus flexible.
23
Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances (ARCA), Données du marché des assurances 2023,
Kinshasa, ARCA, 2024.
3. Une concurrence de plus en plus innovante
Le marché congolais de l’assurance automobile est marqué par l’arrivée d’assureurs privés
misant sur l’innovation technologique : souscriptions en ligne, applications mobiles, suivi
digital des sinistres, paiement électronique des primes et assistance en temps réel. Ces offres
séduisent particulièrement une clientèle urbaine et jeune, moins attachée à la notoriété
historique de la SONAS. Dès lors, la société publique doit non seulement rivaliser en termes
de tarification, mais également améliorer la modernité et l’efficacité de ses services.
La SONAS souffre d’une réputation parfois négative, liée à la lenteur dans le remboursement
des sinistres et à une communication jugée peu transparente. Les plaintes fréquentes des
assurés concernant la gestion des dossiers et le manque de clarté dans certaines décisions ont
érodé la confiance du public. Ce déficit d’image constitue un obstacle à la fidélisation des
clients et complique l’acquisition de nouveaux assurés.
b) Les opportunités
Malgré les contraintes évoquées, la SONAS dispose de plusieurs atouts stratégiques qu’elle
peut mobiliser pour consolider et renforcer sa position sur le marché congolais de l’assurance
automobile :
En tant qu’ancienne société d’État, la SONAS conserve un accès privilégié aux autorités
publiques et aux organes de régulation. Cette position lui permet non seulement de participer
activement à la définition des normes et politiques sectorielles, mais également de négocier
des partenariats stratégiques. Elle peut aussi intervenir dans des programmes nationaux de
sensibilisation et de prévention des risques, renforçant ainsi son rôle institutionnel.
3. Un réseau physique dense et étendu
La présence d’un nombre important d’agences, y compris dans certaines zones rurales,
confère à la SONAS un avantage concurrentiel considérable. Alors que la plupart des
assureurs privés concentrent leurs activités dans les grandes villes, la SONAS peut élargir sa
clientèle en développant des services de proximité et des solutions adaptées aux réalités
locales.
Le nom SONAS conserve une valeur symbolique forte, associé par une partie de la
population à la stabilité, à la fiabilité et à l’expérience. Ce capital de notoriété peut être
consolidé à travers des campagnes de communication ciblées, mais aussi par une
amélioration tangible de la qualité des services. Une telle démarche permettrait de
transformer cette image historique en un véritable atout de marque.
24
ARCA, Note technique sur la gouvernance des sociétés d’assurance agréées, Kinshasa, 2023.
Section 2 : Méthodologie
Dans le cadre de ce travail, cette section présente les méthodes retenues pour la collecte et
l’analyse des données. Elle repose sur une approche mixte combinant la recherche
documentaire, les enquêtes et interviews, ainsi que l’usage d’outils d’analyse tels que SWOT
et PESTEL. Ce choix méthodologique vise à assurer une étude structurée et pertinente du
fonctionnement de la SONAS.
Afin de répondre de manière rigoureuse aux objectifs fixés dans ce mémoire, une approche
méthodologique mixte a été adoptée, alliant à la fois la recherche documentaire, les enquêtes
de terrain et les entretiens qualitatifs. Cette combinaison permet de croiser les données
théoriques avec les réalités pratiques observées au sein de la SONAS.
La phase documentaire a permis de poser les bases théoriques de cette étude. Elle s’est
articulée autour de deux axes principaux :
a) Analyse de la littérature : Elle a consisté à exploiter des sources variées telles que
des articles scientifiques, des rapports institutionnels, des publications officielles et
des documents internes de la SONAS. L’objectif était de comprendre le cadre
conceptuel de l’assurance automobile, les mécanismes de gestion des risques, ainsi
que l’évolution du secteur en RDC.
b) Études de cas : L’analyse de cas pratiques issus d’autres compagnies d’assurance,
tant au niveau national qu’international, a permis d’identifier des modèles de gestion
performants pouvant servir de points de comparaison ou d’inspiration.
En complément de la documentation, des enquêtes de terrain ont été menées pour recueillir
des données empiriques :
b) Entretiens avec des professionnels: Des entretiens semi-directifs ont été réalisés
avec différents acteurs du secteur de l’assurance, notamment des agents de la SONAS,
des experts du secteur privé, ainsi que des représentants de l’autorité de régulation.
Ces échanges ont permis d’approfondir certaines problématiques soulevées par
l’étude.
c) Entretiens ciblés : Parmi les personnes interrogées figuraient :
des agents de la SONAS (chargés de sinistres, commerciaux, informaticiens) ;
des clients assurés auprès de la société ;
des responsables de compagnies concurrentes.
Cette démarche qualitative visait à recueillir des points de vue variés et à comprendre les
pratiques actuelles de gestion des risques dans leur complexité.
L’analyse statistique a été mobilisée pour exploiter les données issues des enquêtes et des
rapports de sinistres. Elle inclut des techniques telles que les analyses descriptives, les
corrélations et les régressions, afin d’identifier des tendances significatives et de mettre en
évidence les relations entre différentes variables. Cette approche a permis de dégager des
informations quantitatives fiables pour étayer l’étude.
Les visites sur site ont été effectuées pour observer directement les opérations de la SONAS,
en particulier le processus de gestion des sinistres et l’évaluation des risques. Cette démarche
a permis de recueillir une compréhension pratique des contraintes et des défis rencontrés au
quotidien par l’entreprise, complétant ainsi les données théoriques et statistiques.
Les données collectées ont été examinées à travers trois principales approches analytiques :
L’analyse PESTEL a été utilisée pour étudier l’influence des facteurs politiques,
économiques, sociaux, technologiques, écologiques et légaux sur le secteur de l’assurance
automobile en RDC. Cette analyse a notamment mis en évidence les enjeux liés à la
réglementation, les contraintes d’infrastructure et les évolutions technologiques du secteur.
2.2.3 Benchmarking
L’analyse de type benchmarking a consisté à comparer les pratiques de la SONAS avec celles
d’autres compagnies d’assurance, tant nationales qu’internationales. L’objectif était
d’identifier les meilleures pratiques et innovations dans le domaine de l’assurance
automobile, afin de dégager des pistes d’amélioration pour la SONAS.
Le recours à une approche qualitative se justifie par la complexité du sujet étudié. La gestion
des risques dans une entreprise d’assurance ne se limite pas à des données chiffrées ; elle
intègre également des dimensions organisationnelles, humaines et relationnelles, telles que la
qualité du service, la perception des clients, le climat interne et les pratiques de gouvernance.
Conclusion du chapitre 2
En définitive, malgré les contraintes et défis auxquels elle fait face, la SONAS demeure un
acteur central du marché congolais de l’assurance automobile.
Chapitre 3 : Analyse des Pratiques d'Évaluation des Risques et Gestion des Sinistres
L’étude des pratiques de la SONAS en matière d’assurance automobile offre une meilleure
compréhension de sa démarche en matière de gestion des risques. Cette section vise à
présenter les principales méthodes actuellement utilisées pour évaluer les risques, tout en
mettant en lumière leurs avantages et leurs limites. Elle aborde également l’influence
croissante des technologies modernes, qui tendent à moderniser les processus classiques et à
renforcer la fiabilité ainsi que l’efficacité des évaluations.
Dans le domaine de l’assurance automobile, l’évaluation des risques constitue une étape
stratégique. Elle permet à l’assureur d’estimer le niveau d’exposition au risque, de déterminer
une prime adéquate et de préserver l’équilibre financier de son portefeuille. À la SONAS,
cette évaluation repose sur plusieurs approches complémentaires, notamment l’analyse des
caractéristiques du véhicule assuré, la prise en compte de l’historique des sinistres,
l’intervention d’experts techniques, ainsi que l’utilisation de grilles tarifaires préétablies. Ces
méthodes, bien qu’encore en partie traditionnelles, demeurent essentielles pour assurer la
stabilité et la performance du système assurantiel, dans un contexte national caractérisé par de
nombreuses incertitudes.25
Une des méthodes traditionnelles, toujours largement utilisée, consiste à analyser les
caractéristiques techniques du véhicule. La SONAS prend en compte plusieurs facteurs, tels
que l’âge du véhicule, sa valeur marchande, sa catégorie d’utilisation, son état mécanique
ainsi que sa puissance, considérés comme des indicateurs pertinents pour évaluer le risque de
sinistre. Dans le domaine de l’assurance, ces critères sont généralement reconnus comme des
variables déterminantes, car ils influencent directement la probabilité et l’ampleur des
dommages susceptibles de survenir.26
25
Dupont, J., Gestion des risques en assurance automobile, Paris, Éditions Assurance, 2021, p. 45.
26
Martin, P., Évaluation actuarielle des véhicules et conducteurs, Bruxelles, Presses Universitaires, 2019, p. 88.
socio-démographiques dans l’évaluation des risques constitue un outil essentiel pour réduire
l’asymétrie d’information.
Par ailleurs, la SONAS utilise des barèmes standardisés permettant de classer les véhicules et
les assurés selon différents critères, tels que le type de véhicule, l’usage, la puissance ou
encore la zone d’activité. Ces grilles, établies sur la base des statistiques internes, visent à
garantir une certaine uniformité dans la tarification des primes. Néanmoins, elles présentent
des limites, notamment en raison de leur actualisation irrégulière et de l’intégration
insuffisante des nouvelles données issues du marché congolais.28
27
Lévy, F., Expertise et subjectivité dans la tarification des risques, Lyon, Éditions Techniques Assurances, 2018,
p. 101.
28
Nsimba, R., Tarification standardisée et limites des barèmes en assurance, Kinshasa, Editions RDC
Assurances, 2022, p. 73.
Forces :
Permet une évaluation objective reposant sur des données concrètes telles que l’âge,
la valeur ou la puissance du véhicule.
Faiblesses :
Méthode statique qui ne prend pas en considération les évolutions liées à l’usage réel
du véhicule.29
Forces :
Offre un cadre d’ajustement utile pour réduire les effets de l’asymétrie d’information.
Faiblesses :
Forces :
29
David Cummings, Big Data and Insurance: Actuarial Perspectives, North American Actuarial Journal, 2020, p.
56.
Permet une tarification plus équitable en tenant compte de l’expérience passée de
l’assuré.
Faiblesses :
Forces :
Permet de détecter des éléments non pris en compte par les données quantitatives.
Faiblesses :
Forces :
Repose sur des statistiques internes, offrant une base rationnelle pour la tarification.
Faiblesses :
30
David Cummings, Big Data and Insurance: Actuarial Perspectives, North American Actuarial Journal, 2020, p.
56.
Pour la SONAS, l’IA pourrait contribuer à limiter la subjectivité inhérente à l’évaluation
manuelle par les experts. Néanmoins, son adoption demeure freinée par des contraintes
budgétaires et organisationnelles.
Les dispositifs télématiques embarqués dans les véhicules, tels que les capteurs et les boîtiers
GPS, fournissent des informations en temps réel sur la conduite, notamment la vitesse, le
freinage ou les trajets effectués.31 Ces données permettent une évaluation dynamique et
continue du risque automobile, renforçant ainsi la précision de la tarification et favorisant une
gestion proactive des sinistres. Cependant, l’intégration de cette technologie nécessite des
investissements technologiques importants et un encadrement strict en matière de
confidentialité des données.
La blockchain, en tant que registre décentralisé, constitue un outil efficace pour sécuriser les
données et assurer la traçabilité des transactions. Dans le secteur de l’assurance, elle
contribue à réduire les risques de fraude et améliore la transparence dans la gestion des
contrats et des sinistres. Pour une compagnie comme la SONAS, où la fiabilité des données et
l’archivage demeurent des enjeux cruciaux, l’adoption de la blockchain pourrait renforcer à la
fois la confiance des clients et l’efficacité administrative.32
Malgré les opportunités offertes par les technologies modernes, leur adoption par la SONAS
se heurte à plusieurs obstacles :
31
Michael Powers, Telematics and Insurance Risk Management, Journal of Risk and Insurance, 2019, p. 142.
32
Nathalie de Marcellis-Warin, Blockchain et transformation numérique de l’assurance, Presses de
Polytechnique, 2022, p. 91.
Ainsi, bien que le potentiel d’amélioration soit significatif, l’impact des technologies
modernes demeure limité tant que la SONAS n’engage pas une réforme numérique complète,
intégrant simultanément les dimensions techniques, humaines et institutionnelles.
Déclaration du
sinistre
Enregistrement
et vérification
Analyse et
décision
d’indemnisation
Les sinistres matériels concernent essentiellement les dommages causés aux véhicules assurés
ou aux biens de tiers. Ils constituent une proportion importante des dossiers traités par la
SONAS. Leur gestion implique une série d’étapes coordonnées mobilisant le service des
sinistres, les experts techniques ainsi que les agents comptables.
1. Déclaration du sinistre
La première étape consiste pour l’assuré à notifier l’incident à la SONAS dans les plus brefs
délais. Cette déclaration peut s’effectuer par différents canaux : agences locales, appel
téléphonique, courrier électronique ou plateforme numérique. Elle doit comporter l’ensemble
des informations relatives aux circonstances de l’accident, notamment la date, le lieu, la
description des dommages, ainsi que les pièces justificatives nécessaires (constat amiable,
photographies du véhicule endommagé, etc.). Une déclaration complète et transmise
rapidement permet de lancer efficacement le processus de traitement et d’éviter tout retard
dans l’indemnisation.33
l’éligibilité du sinistre au regard des garanties souscrites (collision, vol, incendie, bris
de glace, etc.) ;
Cette étape est également déterminante pour détecter d’éventuelles anomalies ou tentatives de
fraude. Elle permet enfin de préparer le dossier pour l’étape suivante, à savoir l’expertise
technique.
L’expertise constitue une étape déterminante dans le processus de gestion des sinistres, car
elle permet d’évaluer avec précision l’ampleur des dommages ainsi que le coût des
réparations nécessaires. Selon la complexité ou la valeur du sinistre, cette mission peut être
confiée soit à un expert interne de la SONAS, soit à un expert externe. L’intervention de
l’expert consiste à examiner le véhicule endommagé, à identifier les réparations requises, à
estimer les coûts y afférents et, le cas échéant, à déterminer la part de responsabilité de
l’assuré ou d’un tiers impliqué. Cette démarche vise à garantir une appréciation objective et
équitable des préjudices subis.34
5. Versement de l’indemnisation
Une fois le versement effectué, le dossier est clôturé et archivé dans le système de gestion de
la SONAS. Les données collectées sont ensuite exploitées à des fins d’analyse statistique et
de suivi. Cette étape contribue à identifier les causes récurrentes des sinistres matériels, à
renforcer les mesures de prévention, et à ajuster la politique de tarification et de couverture.
L’intégration des outils numériques et des systèmes de gestion automatisée permet
d’améliorer la rapidité, la fiabilité et la précision du traitement.
Les sinistres corporels concernent les atteintes à l’intégrité physique des personnes
impliquées dans un accident, pouvant aller de simples blessures jusqu’au décès. Leur
traitement requiert des procédures plus complexes que celles appliquées aux sinistres
matériels. Il suppose une coordination étroite entre le service des sinistres, le service médical
et le service comptable, afin de garantir une indemnisation adaptée, conforme aux obligations
légales et respectueuse des dispositions contractuelles.35
1. Déclaration du sinistre
La déclaration d’un sinistre corporel doit être effectuée dans les plus brefs délais afin de
permettre une prise en charge rapide des victimes. L’assuré, ou le cas échéant un tiers, est
tenu de fournir des informations précises relatives aux circonstances de l’accident, à l’état des
victimes, ainsi que les documents requis tels que les rapports médicaux et le procès-verbal de
police. La qualité et l’exhaustivité de ces informations constituent une condition essentielle
pour assurer une indemnisation juste et diligente.
Les victimes sont soumises à une expertise médicale réalisée par des praticiens agréés par la
SONAS. L’évaluation médicale vise à déterminer :
les besoins médicaux futurs, ainsi que le coût prévisionnel des soins.
Cette expertise constitue une étape incontournable, car elle permet de calculer de manière
objective et équitable le montant de l’indemnisation, en veillant à ce qu’il reflète fidèlement
l’ensemble des préjudices supportés par les victimes.
35
Ministère des Finances RDC, Réglementation des assurances et responsabilités civiles, Kinshasa : Imprimerie
Officielle, 2019, p. 22.
À l’issue de l’expertise médicale, le service des sinistres procède à l’examen approfondi du
dossier afin de déterminer le type et le montant de l’indemnisation, conformément aux
garanties prévues par le contrat d’assurance. Cette indemnisation peut comprendre :
le versement d’un capital décès au profit des ayants droit en cas de perte de vie.
La décision arrêtée est ensuite communiquée à la victime ou, en cas de décès, à ses
bénéficiaires légaux. Elle est accompagnée d’une justification détaillée, ce qui favorise la
transparence du processus et renforce la confiance des assurés dans la gestion des sinistres.
5. Versement de l’indemnisation
Une fois le versement réalisé, le dossier est clôturé et archivé dans le système de gestion de la
SONAS. Les informations recueillies sont exploitées à plusieurs fins :
Le recours aux outils numériques et aux systèmes de gestion intégrée permet d’assurer un
suivi rigoureux, d’optimiser la rapidité de traitement et de garantir le respect des délais ainsi
que des obligations légales.
Les entretiens réalisés auprès de différents profils d’assurés révèlent une insatisfaction
largement partagée :
les chauffeurs de taxis soulignent que le traitement des dossiers prend souvent
plusieurs mois, ce qui entraîne une perte de confiance. Pour eux, la lenteur des
procédures décourage certains assurés à poursuivre leurs démarches ;
les chauffeurs de taxis-bus, bien que n’ayant pas encore eu de sinistre, manifestent
une méfiance fondée sur les témoignages négatifs de leur entourage. Même sans
expérience directe, ils confirment que la réputation de la SONAS en matière de
gestion des sinistres reste défavorable.
Ces résultats montrent que l’image négative de la SONAS ne découle pas uniquement des
expériences personnelles. Elle s’appuie également sur la réputation générale et les récits
véhiculés par les proches, ce qui amplifie le sentiment d’insatisfaction des assurés.
La problématique de la rapidité apparaît comme la critique la plus récurrente exprimée par les
assurés. Les chauffeurs de taxis ainsi que les conducteurs de véhicules particuliers insistent
particulièrement sur les délais jugés excessivement longs, qui peuvent parfois s’étendre sur
plusieurs mois. Pour eux, cette lenteur constitue un « problème majeur », directement lié à
une bureaucratie jugée trop lourde. De plus, plusieurs enquêtés soulignent que la SONAS se
situe en deçà des standards offerts par les assureurs privés, lesquels se distinguent par des
délais plus courts et une meilleure réactivité. Ces constats traduisent une perception de la
SONAS comme une structure administrativement lourde et lente, ce qui représente un frein
important à la satisfaction de sa clientèle.
Cette lenteur dans le traitement des sinistres produit des effets concrets sur la relation entre
l’assureur et ses assurés. Les conséquences relevées sont notamment :
Malgré les critiques formulées, les personnes interrogées expriment des attentes précises qui
constituent autant de pistes d’amélioration pour la SONAS. Les principales recommandations
se déclinent comme suit :
accélérer le traitement des sinistres : l’ensemble des profils insiste sur la nécessité de
réduire considérablement les délais ;
introduire des outils numériques : mettre en place des plateformes en ligne ou des
applications mobiles permettant la déclaration et le suivi des sinistres ;
améliorer la transparence : fournir des explications claires concernant les délais et les
conditions de prise en charge.
Ces recommandations traduisent une volonté des assurés de voir la SONAS s’adapter aux
standards modernes du secteur, afin d’améliorer sa réactivité, sa fiabilité et son image auprès
du public.
À la SONAS, certains progrès notables ont été réalisés, mais des défis majeurs demeurent.
La République Démocratique du Congo évolue dans un contexte politique caractérisé par une
instabilité récurrente et des transitions électorales fréquentes, susceptibles d’affecter la
confiance des investisseurs ainsi que la régulation du secteur de l’assurance. Toutefois, les
réformes engagées dans le cadre de la modernisation des entreprises publiques ouvrent des
perspectives favorables en matière de gouvernance et de performance. Par ailleurs, les
partenariats conclus avec des institutions financières internationales imposent le respect de
normes plus strictes en matière de solvabilité, de transparence et de gestion.
3.1.2. Facteurs économiques
Les effets du changement climatique, tels que l’augmentation des inondations et des
catastrophes naturelles, accroissent la fréquence et la gravité des sinistres automobiles. Par
ailleurs, les politiques publiques encourageant l’adoption de véhicules moins polluants
risquent de modifier la composition du parc automobile assuré. La gestion des véhicules hors
d’usage (VHU) devient également un enjeu à la fois réglementaire et environnemental,
auquel les assureurs doivent désormais prêter une attention particulière.
Le secteur de l’assurance en RDC est régi par le Code des assurances, qui impose notamment
la Responsabilité Civile Obligatoire (RCO) pour tout véhicule motorisé. Les réformes en
cours visent à aligner les pratiques nationales sur les standards internationaux, à renforcer la
protection des assurés et à instaurer une plus grande transparence dans la gestion des contrats.
Ces évolutions légales constituent à la fois une contrainte et une opportunité pour la SONAS
dans l’amélioration de sa compétitivité.
Les réformes introduites par le Code des assurances ainsi que par divers textes réglementaires
ont profondément modifié le fonctionnement de la SONAS. Ces mesures poursuivent un
double objectif : d’une part, moderniser le secteur de l’assurance, et d’autre part, renforcer la
protection des assurés¹.
Le cadre légal actuel impose la rédaction de contrats clairs, exempts de clauses abusives,
ainsi qu’une communication simplifiée sur les droits et obligations des assurés. En réponse, la
SONAS a revu ses documents contractuels et multiplié ses canaux d’information, afin de
consolider la confiance et la fidélisation de sa clientèle.
Les réformes encouragent l’intégration des solutions numériques dans les processus de
souscription, de déclaration des sinistres et de paiement en ligne. Ces innovations favorisent
une plus grande efficacité opérationnelle, réduisent les coûts de gestion et garantissent une
meilleure traçabilité financière, en conformité avec les normes de lutte contre la fraude et le
blanchiment des capitaux.
Cette section compare les pratiques de la SONAS à celles d’autres compagnies d’assurance.
À travers des études de cas et une analyse comparative, elle vise à identifier les meilleures
approches en matière d’évaluation des risques et de gestion des sinistres, afin d’en tirer des
enseignements pour améliorer les performances de la SONAS.
- SONAS : Le traitement des sinistres repose encore largement sur des procédures
manuelles. L’assuré doit déposer physiquement les formulaires de déclaration et les
pièces justificatives. Le délai moyen d’indemnisation varie entre 30 et 45 jours,
pouvant atteindre jusqu’à deux mois en province.
- Rawsur Assurances : Rawsur dispose d’une plateforme numérique permettant aux
assurés de déclarer leurs sinistres en ligne. Ce système est renforcé par un réseau de
garages agréés, ce qui permet de réduire les délais d’indemnisation à une fourchette
allant de 7 à 15 jours pour les dossiers simples.
- SONAS : Applique des tarifs généralement plus abordables, ce qui attire une clientèle
soucieuse du coût. Toutefois, cette politique tarifaire restreint ses capacités
d’investissement dans la modernisation des services.
- Rawsur Assurances : Propose des tarifs plus élevés, justifiés par la qualité du
service, la rapidité de traitement, ainsi que l’inclusion d’options complémentaires
telles que le remorquage ou la mise à disposition d’un véhicule de remplacement.
Le benchmarking est une démarche d’analyse comparative visant à observer, analyser et tirer
parti des pratiques les plus efficaces adoptées par les leaders du secteur, qu’ils opèrent au
niveau local, régional ou international. Dans le secteur de l’assurance automobile, cette
méthode constitue aujourd’hui un outil stratégique essentiel pour renforcer la compétitivité,
optimiser la qualité des services offerts et améliorer la performance économique des
entreprises.
- Déclaration numérique des sinistres : via une application mobile ou un site web, avec
la possibilité de télécharger des photos et de géolocaliser l’accident.
- Suivi en temps réel: le client reçoit des notifications automatiques par SMS ou e-mail
à chaque étape du traitement de son dossier.
Cette digitalisation permet un gain de temps considérable, réduit les files d’attente en agence,
améliore la transparence et diminue les erreurs liées à la saisie manuelle.
Pour la SONAS, il est essentiel de développer une plateforme intégrée regroupant devis,
souscription, paiement, déclaration et suivi des sinistres, accessible aussi bien sur smartphone
que sur ordinateur.
Cette approche permet de réduire le taux de sinistralité, de fidéliser les assurés responsables
et d’améliorer la perception de l’assureur en tant que partenaire de sécurité.
La SONAS gagnerait à nouer des partenariats avec des opérateurs télécoms ou des
fournisseurs de dispositifs GPS afin de proposer des formules de tarification innovantes
basées sur la télématique.
Des compagnies telles que MAPFRE en Espagne ou State Farm aux États-Unis accélèrent la
réparation des véhicules grâce à des accords directs avec un large réseau de garages agréés.
Des assureurs comme Liberty Mutual (États-Unis) ou Old Mutual (Afrique) proposent des
services additionnels inclus dans leurs offres ou à tarif préférentiel :
Pour la SONAS, il serait judicieux d’intégrer un pack d’assistance de base dans toutes les
formules, avec la possibilité d’opter pour des options premium plus complètes.
Les assureurs performants se caractérisent par une communication proactive avec leurs
clients. Des entreprises comme Aviva au Royaume-Uni ou Sanlam en Afrique informent
régulièrement leurs assurés à chaque étape clé du traitement des dossiers.
Ces pratiques renforcent la confiance des clients et contribuent à réduire les litiges.
Certaines compagnies, telles que Liberty Mutual ou Progressive, proposent des réductions sur
les primes, des systèmes de points de fidélité ou des bonus après plusieurs années sans
sinistre.
- Offres partenaires, incluant des avantages dans les stations-service, garages ou pour
des assurances complémentaires.
- Établissement de partenariats avec des auto-écoles pour proposer des tarifs réduits aux
jeunes conducteurs.
Conclusion du chapitre 3
En conclusion, L’analyse des pratiques de la SONAS montre que ses méthodes d’évaluation
des risques, bien que pertinentes, restent insuffisamment modernisées et gagneraient à
intégrer davantage les nouvelles technologies. La gestion des sinistres connaît encore des
délais importants et un manque de transparence, ce qui nuit à la satisfaction et à la confiance
des assurés. L’étude PESTEL souligne que les facteurs externes, en particulier les aspects
réglementaires, ont une influence notable sur les performances de l’entreprise. Enfin, la
comparaison avec d’autres compagnies d’assurance tel que la RawSur révèle que l’adoption
de pratiques innovantes, axées sur le numérique et l’amélioration de l’expérience client,
pourrait permettre à la SONAS de renforcer sa compétitivité et sa réputation sur le marché
congolais de l’assurance automobile.
Conclusion générale
Le Chapitre 1 a fourni les fondements conceptuels nécessaires, en définissant les notions clés
d’assurance, les types de contrats et de garanties ainsi que les notions clés de gestion des
risques, et en présentant les étapes qui guident l’évaluation des risques. La revue de littérature
a permis de situer la SONAS dans le contexte national et international,
En conclusion, cette étude démontre que la SONAS dispose d’une structure solide pour gérer
les risques automobiles, mais qu’elle pourrait améliorer certaines pratiques grâce à
l’intégration plus systématique des technologies télématiques, à l’optimisation de la
satisfaction client et à une meilleure anticipation des facteurs externes. Les résultats obtenus
peuvent servir de guide pour les décideurs de la SONAS, ainsi que pour les acteurs du secteur
de l’assurance en RDC, afin de renforcer la performance, la compétitivité et la protection des
assurés.