These Gbeaurin
These Gbeaurin
THÈSE
Présentée devant
l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon
pour obtenir
le GRADE DE DOCTEUR
École doctorale :
Mécanique, Énergétique, Génie Civil, Acoustique
Spécialité :
MÉCANIQUE - GÉNIE MÉCANIQUE - GÉNIE CIVIL
par
Gauthier BEAURIN
Ingénieur de l’École Polytechnique Universitaire de Montpellier
*ScSo : Histoire, Geographie, Aménagement, Urbanisme, Archéologie, Science politique, Sociologie, Anthropologie
Remerciements
L’intégrité des portées d’étanchéité des robinets des centrales REP nécessite l’em-
ploi de revêtements durs comme par exemple le Norem02, base Fe, déposés par soudage
PTA (Plasma Transfered Arc). La prédiction de leur tenue en service nécessite la connais-
sance de leur état mécanique en fin de fabrication. Pour cela, la simulation numérique du
procédé de dépôt doit être effectuée.
La microstructure du Norem02 est essentiellement constituée d’une matrice austéni-
tique parsemée d’ilôts de ferrite et de carbures. Son évolution et ses éventuelles transfor-
mations allotropiques sont étudiées durant des cycles thermiques représentatifs de ceux
subis par le matériau au cours du dépôt, amenant à la conclusion que l’évolution métal-
lurgique de l’alliage n’a que très peu d’influence sur ses propriétés mécaniques.
En s’appuyant sur des essais jusqu’à 1000˚C de dilatométrie libre, de traction isotherme,
ainsi que de traction-compression, l’évolution des caractéristiques thermomécaniques est
déterminée en fonction de la température et une loi de comportement élasto-plastique à
écrouissage cinématique non linéaire est identifiée.
Des mesures expérimentales de températures, déplacements, déformations et con-
traintes résiduelles lors d’essais de dépôt PTA sur des maquettes représentatives de la
géométrie réelle d’un robinet permettent l’identification d’un chargement thermique équiv-
alent.
Enfin, des simulations numériques sont conduites en utilisant le code éléments finis
développé au sein d’EDF R&D Code_Aster. Elles permettent la validation du caractère
prédictif des modèles développés par comparaison entre les résultats mécaniques simulés
et expérimentaux. Une excellente corrélation est ainsi observée entre les températures
mesurées et simulées tout au long du procédé. De la même façon, à l’issue du refroidisse-
ment, les distorsions, déformations et contraintes résiduelles expérimentales et simulées
sont en adéquation, validant ainsi la stratégie de modélisation proposée dans ces travaux.
Introduction générale 1
1 Étude bibliographique 5
1.1 Le matériau Norem . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.1 Historique et développement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.2 Composition chimique du Norem02PTA . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.3 Caractérisation du matériau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Description des procédés de dépôt de revêtements . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.2 Le procédé plasma à arc transféré (PTA : Plasma Transferred Arc) 17
1.2.3 Spécificités du dépôt de Norem02 PTA . . . . . . . . . . . . . . 20
1.3 Les dépôts de revêtement et les phénomènes physiques induits . . . . . . 23
1.3.1 Éléments de compréhension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.3.2 Couplage des phénomènes physiques . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.3.3 Apparition des contraintes résiduelles . . . . . . . . . . . . . . . 27
1.4 État de l’art de la simulation numérique du soudage . . . . . . . . . . . . 28
1.4.1 Modélisation thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
1.4.2 Modélisation métallurgique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
1.4.3 Modélisation mécanique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
ix
Table des matières
x
Table des matières
Annexe A 163
Annexe B 173
Annexe C 183
Annexe D 187
Annexe E 189
Bibliographie 199
xi
Table des matières
xii
Table des figures
xiii
Table des figures
3.1 Dépôts de Norem02 : (a) : sur plaque rectiligne - (b) : sur disque . . . . . 75
3.2 Dispositif de soudage PTA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
3.3 Cordon rectiligne monopasse sur plaque droite (cas RECT 1). . . . . . . . 79
3.4 Disposition des appuis ponctuels en face inférieure des pièces. . . . . . . 79
3.5 Position des thermocouples sur la plaque instrumentée RECT1 . . . . . . 80
3.6 Position des thermocouples sur la plaque instrumentée RECT2 . . . . . . 80
3.7 Position des thermocouples sur la plaque instrumentée AXI1 . . . . . . . 81
3.8 Position des thermocouples sur la plaque instrumentée AXI2 . . . . . . . 81
3.9 Instrumentation de la plaque pour les mesures en cours de soudage . . . . 83
3.10 Images nécessaires à l’analyse des déformations par stéréo-corrélation. . . 85
3.11 Mesures de profils dans les cordons. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
3.12 Rosettes de jauges de déformation collées autour d’un trou. . . . . . . . . 87
3.13 Positionnement des rosettes en surface des échantillons. . . . . . . . . . . 88
3.14 Températures mesurées en cours de soudage. . . . . . . . . . . . . . . . 90
3.15 Températures mesurées en cours de soudage. . . . . . . . . . . . . . . . 91
3.16 Relief des cordons de soudure obtenu par stéréo-corrélation . . . . . . . . 92
3.17 Altitude mesurée au centre du cordon pour chaque dépôt. . . . . . . . . . 94
3.18 Géométrie de la plaque RECT1 avant et après soudage. La différence des
champs de déplacements en Z (l’épaisseur de la plaque) donne le champ
des déplacements W selon Z. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
3.19 Profils initiaux et finaux des surfaces pour le cas AXI1. . . . . . . . . . . 96
3.20 Profils initiaux et finaux des surfaces pour les cas AXI2. . . . . . . . . . 97
3.21 Cas RECT1 - Évolution de la contrainte longitudinale σXX , transverse
σYY et de la contrainte équivalente de von Mises dans le cordon de Norem02
déposé et dans le métal de base 316L. Les mesures dans le métal de base
sont effectuées à une distance de 17 mm du bord du cordon. . . . . . . . 99
xiv
Table des figures
xv
Table des figures
xvi
Liste des tableaux
xvii
Liste des tableaux
xviii
Liste des tableaux
xix
Liste des tableaux
xx
Introduction générale
Contexte industriel
Les conditions d’exploitation des matériels de robinetterie en centrale nucléaire con-
duisent à différents modes de dégradations pouvant aboutir à des défaillances (perte
d’étanchéité externe, interne, défaut de manœuvrabilité, etc. ) [Mat08]. La simulation
numérique est alors utile à la compréhension de ces défaillances, et peut sous certaines
conditions compléter avantageusement les essais qui étaient jusqu’à présent réalisés sur
des boucles d’essais telles que celle présentée figure 1.
1
Introduction générale
00
11 00
11
Domaine
d’étude 00
11
00
11 00
11
00
11
Tuyau Tuyau
amont aval
Le sectionnement de la veine fluide, fonction première du robinet, est obtenue par l’ap-
plication de fortes pressions de fermeture entre le siège et l’opercule. Les sièges subissent
de plus des chocs (mécaniques et thermiques) et l’effet du laminage.
2
Introduction générale
Dans le circuit primaire d’une centrale REP, les robinets opèrent à des températures
allant jusqu’à 300˚C et des pressions atteignant 155 bars. Ils permettent la circulation
alternée de fluide chaud et froid tout en garantissant l’étanchéité. Les revêtements des
portées d’étanchéité des robinets doivent supporter ces chargements nominaux, mais aussi
être capables de résister à l’effet des chargements transitoires. Il est donc nécessaire de
connaître le comportement des matériaux constituant les pièces, afin de pouvoir prédire
leur tenue en service. Par ailleurs, les contraintes résiduelles de fabrication s’ajoutent
à ces chargements, ce qui nécessite, afin de prendre en compte les effets des procédés,
d’investiguer à la fois les domaines de comportement correspondant aux sollicitations en
service et aux procédés de dépôt par soudage.
Les alliages à base de cobalt, les Stellites, étaient traditionnellement utilisés dans la
fabrication des revêtements des portées d’étanchéité des matériels de robinetterie des cen-
trales REP, du fait de leur excellente résistance à l’usure, à la corrosion, et de leurs bonnes
propriétés mécaniques. Toutefois, on sait que le cobalt relâché dans le circuit primaire lors
de l’usure et de la maintenance des revêtements entraîne une dosimétrie importante pour
les équipes d’intervention. En effet, lors du passage dans le cœur, il y a transmutation de
l’isotope 59 Co en isotope 60 Co, qui présente une forte activité et une demi-vie très longue
(5,271 ans [YO01]). Le 60 Co est ainsi un des premiers contributeurs aux doses reçues par
les travailleurs de maintenance [Coc02]. Pour palier ce problème, un nouveau matériau
sans cobalt, le Norem02, dont les propriétés mécaniques sont équivalentes, est envisagé
pour les revêtements des matériels de robinetterie.
Objectifs
L’objectif de ces travaux est de proposer une méthode numérique de prédiction de l’é-
tat mécanique résultant du procédé de fabrication du robinet. Plus exactement, nous nous
intéresserons aux contraintes résiduelles et distorsions consécutives au dépôt par soudage
plasma à arc transféré d’un revêtement dur en Norem02 sur les portées d’étanchéité
du robinet. Il est donc nécessaire d’identifier dans un premier temps sa microstructure,
ses transformations de phases éventuelles, et son comportement thermomécanique de la
température ambiante jusqu’aux températures élevées afin de comprendre et simuler le
procédé de dépôt. La finalité de ces travaux est de proposer une modélisation thermomé-
canique afin de prévoir les conséquences métallurgiques et mécaniques de l’opération
de soudage. Le but recherché est de proposer une stratégie adaptable à divers procédés
de soudage, dès lors que les modèles thermiques, métallurgiques et mécaniques ont été
identifiés.
3
Introduction générale
Structure du mémoire
Ce manuscrit de thèse est composé de cinq chapitres décrivant les travaux effectués. Le
premier présente brièvement les procédés de dépôt de revêtement et plus particulièrement
du rechargement par soudage plasma à arc transféré. Il décrit également les phénomènes
physiques mis en jeu lors du dépôt d’un revêtement, et présente un état de l’art non ex-
haustif de la simulation numérique du soudage.
Le deuxième chapitre est à vocation expérimentale. Il est consacré à l’étude du
Norem02, de sa microstructure à l’état brut de dépôt, et de l’évolution de celle-ci lors
de traitements thermiques représentatifs des cycles thermiques subis par le matériau lors
du dépôt des couches successives. Les résultats de la campagne d’essais mécaniques à
haute température sont ensuite détaillés, après description des procédures expérimentales
mises en place pour cette étude.
Le troisième chapitre détaille le déroulement des campagnes expérimentales de dépôt
de Norem02 par soudage PTA sur plusieurs maquettes. Les résultats des mesures effec-
tuées en cours et après soudage sont présentés.
Le quatrième chapitre décrit les différentes étapes de la mise en place d’une modélisa-
tion numérique du soudage par éléments finis sous Code_Aster. Plus particulièrement, ce
chapitre est consacré à la description, à l’identification, et à la validation des modèles ther-
miques et mécaniques : un modèle de chargement thermique équivalent est ainsi identifié
à partir des mesures expérimentales de température, ainsi qu’un modèle de comportement
mécanique pour le Norem02.
Enfin, le cinquième et dernier chapitre vient clore ces travaux en proposant la valida-
tion des modèles développés sur les cas-test par des comparaisons entre les calculs et les
mesures expérimentales.
Enfin, nous exposerons les conclusions de ces travaux, et les différentes perspectives
de développement et applications industrielles pouvant être envisagées.
4
Chapitre 1
Étude bibliographique
Sommaire
1.1 Le matériau Norem . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.1 Historique et développement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.2 Composition chimique du Norem02PTA . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.3 Caractérisation du matériau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Description des procédés de dépôt de revêtements . . . . . . . . . . . . 14
1.2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.2 Le procédé plasma à arc transféré (PTA : Plasma Transferred Arc) . 17
1.2.3 Spécificités du dépôt de Norem02 PTA . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.3 Les dépôts de revêtement et les phénomènes physiques induits . . . . . 23
1.3.1 Éléments de compréhension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.3.2 Couplage des phénomènes physiques . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.3.3 Apparition des contraintes résiduelles . . . . . . . . . . . . . . . . 27
1.4 État de l’art de la simulation numérique du soudage . . . . . . . . . . . 28
1.4.1 Modélisation thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
1.4.2 Modélisation métallurgique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
1.4.3 Modélisation mécanique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
5
1. Étude bibliographique
Introduction
L’utilisation de revêtements durs est largement répandue dans les organes de robinet-
terie de l’industrie nucléaire. Leurs qualités sont essentiellement dues à leur composition
chimique et au procédé de dépôt employés. En particulier ils permettent de préserver l’in-
tégrité des portées d’étanchéité des robinets. Ces revêtements durs sont le plus souvent
déposés par des procédés de soudage, mettant en jeu des chargements thermiques très
localisés dans l’espace et dans le temps. Les gradients de température au sein des pièces
lors du dépôt de revêtement entraînent d’importantes dilatations et déformations plas-
tiques, conduisant à des distorsions et des contraintes résiduelles pouvant avoir un effet
sur la tenue mécanique et la durée de vie des composants.
La connaissance de l’état mécanique résiduel en fin de fabrication des portées d’é-
tanchéité nécessite l’analyse de la réponse mécanique de la structure lors du procédé de
soudage. Cela passe par la compréhension des mécanismes régissant les transformations
métallurgiques du matériau d’apport et du substrat, mais également par leur caractérisa-
tion thermomécanique.
Si la simulation numérique du soudage, qui a débuté en France dans les années 1980
sous l’impulsion de l’industrie nucléaire [CSM03], est maintenant un domaine largement
étudié, la modélisation du procédé de dépôt par plasma à arc transféré reste marginale. La
description physique et la prise en compte des transferts d’énergie au cours du procédé
sont les éléments clés de la mise en place d’un modèle thermique.
6
Le matériau Norem
7
1. Étude bibliographique
Tableau 1.1: Composition chimique des poudres de Norem02 [Mer08] et Stellite6 [ZT04] des-
tinées au procédé PTA - Données fournisseur (DELORO STELLITE)
Propriétés générales
Le tableau 1.2 présente quelques résultats d’études menées par EPRI et Framatome sur
le Norem02 déposé par PTA. Ces données sont tirées du rapport technique [For04] et sont
énoncées ici à titre indicatif, car les caractéristiques mécaniques peuvent être différentes
8
Le matériau Norem
9
1. Étude bibliographique
selon les paramètres utilisés lors du soudage. Certains paramètres sont aussi donnés pour
un acier inoxydable 316L comme point de comparaison [Can05].
Matériau Norem02 316L
Dureté HRc 42 27
Dureté Vickers 412 - 441 280
Limite à la rupture 949 MPa 610 MPa
Rp0,2 2 678 MPa 310 MPa
Allongement 0,5 % 32 %
énergie Charpy 30 J 55 J
Dilatation [ambiante → 400˚C] 1,58.10−5 ˚C−1 1,6.10−5 ˚C−1
Dilatation [400˚C → 230˚C] 1,79.10−5 ˚C−1 1,6.10−5 ˚C−1
Dilatation [230˚C → ambiante] 1,43.10−5 ˚C−1 1,6.10−5 ˚C−1
10
Le matériau Norem
50 14,2 16.5
100 14,6 16
11
1. Étude bibliographique
Coefficient de frottement
Alliage ∆W (mg) Début 100 cycles 1000 cycles Milieu
12
Le matériau Norem
Tableau 1.4: Résultats de tests d’endommagement par usure adhésive sur différentes formula-
tions de Norem02 en comparaison avec le Stellite [Vik94]
13
1. Étude bibliographique
dans le tableau 1.5, a également été menée par l’EPRI. Les alliages Norem02 choisis ont
été déposés par procédé TIG. Il n’y a aucune trace dans la littérature d’essais de ce type
menés sur des revêtements en Norem02 déposés par PTA. La pression a été maintenue
constante à 40 MPa. La perte de masse des échantillons est représentative de leur taux
d’usure par cavitation-érosion. Afin d’obtenir un point de comparaison, un revêtement en
acier inoxydable 308 a subi les mêmes tests.
Tableau 1.5: Résultats de vitesses d’érosion sur Norem02 C2 en comparaison avec d’autres
alliages [For04]
Les alliages de Norem02 type B4, B1 (ici dénommés EPRI/AMAX B4 et B1), et C2,
tous trois déposés par TIG ont été comparés au Stellite21. Tous les alliages de Norem02
montrent une résistance à l’érosion surpassant celle du Stellite21. La composition chim-
ique du Norem02 C2 a donné les meilleurs résultats. La vitesse d’érosion pour tous les
alliages de Norem02 est à peu près équivalente, environ six fois moindre que celle de
l’acier inoxydable 308 pris pour comparaison.
En outre, le procédé de soudage PTA présente l’avantage par rapport au TIG de dimin-
uer les variations de composition chimique entre le revêtement déposé et le Norem sous
forme de poudre avant dépôt. Ceci est principalement dû à la plus grande concentration
de la source de chaleur, qui permet d’atteindre des températures plus localisées et plus
importantes en soudage PTA. Les niveaux de contraintes résiduelles ainsi que les taux de
dilution du métal d’apport dans le métal de base obtenus avec les deux procédés sont donc
différents.
14
Description des procédés de dépôt de revêtements
Dépôts électrolytiques
Voie humide Dépôts chimiques
Dépôts par immersion
dans un métal fondu
Peinture
Revêtements Flamme
Placage Arc électrique
Projection thermique Plasma
Rechargement par soudure HVOF
Voie sèche Dépôts chimiques en Canon à détonation
Traitements phase vapeur (CVD)
de surface
Dépôts physiques en
phase vapeur (PVD)
Oxydation anodique
Conversion Sulfuration
Phosphatation
Diffusion de métaux
Diffusion
Diffusion de métalloïdes
F IGURE 1.3: La projection thermique parmi les procédés utilisés en traitement de sur-
face [Pro99]
15
1. Étude bibliographique
thermiquement, et enfin la fusion. Les dépôts de Norem02 sont donc réalisés par soudage
hétérogène par fusion. Cette étude prend le parti de placer le dépôt de revêtement plasma
parmi les procédés de rechargement par soudure plutôt que par projection thermique,
puisqu’il donne lieu à la fusion d’une partie du métal de base. Une macrographie de
la zone de liaison entre le métal de base et le métal d’apport, figure 1.4, montre que la
continuité de la liaison métallique est assurée.
Le soudage par fusion implique de fournir une énergie suffisante pour élever la tem-
pérature et liquéfier le métal. Les sources de chaleur en soudage à l’arc sont nombreuses,
chaque procédé ayant pour caractéristiques communes un apport de chaleur rapide et très
localisé, ainsi qu’une évacuation des calories permettant la solidification et le refroidisse-
ment.
Il existe une grande variété de procédés de soudage par fusion. Le choix d’un procédé
se fait en prenant en compte un certain nombre de paramètres :
– la taille et l’épaisseur de la pièce,
– la soudabilité métallurgique dépendant des matériaux de base et d’apport,
– la soudabilité opératoire dépendant notamment de la forme du joint soudé et de la
pièce,
– l’oxydation à chaud de la liaison,
– la vitesse d’exécution,
– les problèmes liés aux distorsions et à la présence de contraintes résiduelles.
16
Description des procédés de dépôt de revêtements
Parmi tous les procédés de soudage par fusion, on distingue les procédés par énergie
de rayonnement (laser et faisceau d’électrons), les procédés par résistance (effet Joule :
par points, à la molette, par bossage), étincelage (soudage en bout) et induction (haute et
moyenne fréquences) et enfin les procédés à l’arc électrique, terme générique désignant
les procédés au cours desquels un arc électrique est créé entre une électrode et les pièces
à assembler. Parmi ces derniers, on trouve :
– les procédés à l’arc avec électrode fusible (MIG-MAG (fil plein), SMAW (électrode
enrobée), FCAW (fil fourré)). L’énergie calorifique est donnée par un arc électrique
jaillissant entre l’électrode et le métal de base. Le soudage à l’arc électrique avec
électrodes enrobées est utilisé pour le soudage des aciers au carbone, des aciers
faiblement alliés, et des aciers inoxydables. Un des intérêts des procédés MIG/MAG
est qu’ils sont facilement automatisables, donc il est relativement aisé de contrôler
chaque paramètre intervenant dans l’énergie de soudage.
– les procédés à l’arc submergé sous flux solide (SAW). L’arc est transféré du fil-
électrode vers le métal de base à travers le flux. Ainsi, le rayonnement lumineux de
l’arc est circonscrit. Le fil plein, ou le feuillard, est dévidé soit à vitesse constante,
soit à vitesse variable de sorte à avoir une énergie de soudage constante. Le laitier
résultant de la fusion du flux recouvre le bain ainsi que le cordon de soudure. Après
refroidissement, le laitier est détaché du cordon de soudure, et le flux en excès est
récupéré afin d’être réutilisé.
– les procédés à l’arc avec électrode réfractaire (TIG). L’arc électrique est établi entre
la pièce à souder et une électrode non fusible en tungstène protégée par un gaz inerte
(argon ou hélium), d’où le nom du procédé : Tungsten Inert Gas. Le soudage TIG
est utilisé pour le soudage des tôles minces et des métaux particulièrement difficiles
à souder. Dans l’industrie nucléaire, il est utilisé pour le soudage des robinets de
petite taille.
– le soudage automatique par plasma. Il constitue l’évolution technologique de l’arc
libre sous gaz neutre (TIG). Le soudage plasma est essentiellement utilisé pour le
soudage ou le rechargement des aciers inoxydables et alliages nobles.
D’une manière générale, les procédés de soudage utilisés et qualifiés dans l’industrie
nucléaire pour les composants en aciers sont le soudage à l’électrode enrobée, le soudage
TIG, et le soudage plasma. Ce dernier étant le procédé employé pour le dépôt Norem02
des revêtements des portées d’étanchéité des robinets étudiés (dans sa variante plasma à
arc transféré), son fonctionnement est détaillé dans la suite.
17
1. Étude bibliographique
électrode (cathode)
gaz plasma
eau de refroidissement
jet plasmagène
diamètre orifice
pièce
Comme pour le soudage TIG, la fusion du métal est assurée par l’apparition entre
la torche de soudage et la pièce d’un arc électrique. Le procédé plasma s’en distingue
néanmoins par la présence d’une tuyère, comme on le voit sur la figure 1.5. Celle-ci
permet la constriction mécanique à travers un orifice calibré de l’arc électrique dans une
colonne de gaz (Ar ou Ar+H2 ) qui génère une énergie calorifique très élevée par ionisation
du gaz à une température voisine de 18000 K. Le confinement de la colonne d’arc conduit
à une densité d’énergie très élevée. De ce fait, l’arc plasma possède une énergie supérieure
à celle d’un arc libre de même intensité. L’énergie calorifique de l’arc fait fondre très
localement la surface de la pièce à revêtir et la poudre métallique pour constituer le bain
de fusion et, après refroidissement, le cordon de soudure. La poudre métallique atomisée
(de 25 à 150 µm) est amenée automatiquement dans la torche de soudage à partir d’un
distributeur de poudre (de 0,2 kg.h−1 à 15 kg.h−1 ) par un jet d’argon pour homogénéiser
la poudre dans la colonne plasma. L’électrode de tungstène est protégée par un courant
de gaz appelé gaz plasmagène (débit de 0,5 à 8 [Link]−1 ). Le bain de fusion est protégé
de l’atmosphère externe par un cône de gaz de protection (débit de 10 à 30 [Link]−1 , de
18
Description des procédés de dépôt de revêtements
nature Ar, Ar+He, Ar+H2 ou N+H2 ). Un générateur électrique fournit le courant continu
avec une intensité variant de 10 à 300 A pour le plasma.
En soudage PTA, où l’arc est transféré, l’arc pilote, conducteur, créé par ionisation du
gaz plasmagène, assure le transfert et l’entretien d’un second arc, dit transféré. Il participe
également à la fusion de la poudre qui passe dans la flamme. L’arc transféré amène la
surface de la pièce à recharger à une température dépassant son point de fusion, et assure
la fusion complète de la poudre, assurant ainsi la formation d’un bain de fusion.
Cathode
_
Cathode
_ Poudre
Gaz Plasma
Poudre
Gaz Plasma
Source
Source
+
Gaz de protection
+ Pièce + Pièce
Arc transféré Arc soufflé
À l’inverse, en soudage plasma à arc soufflé, il n’y a formation que d’un seul arc.
L’énergie plasma délivrée au niveau de la torche est utilisée pour fondre la poudre et la
projeter sur la pièce (cf. figure 1.6). Il n’y a alors plus dilution du métal de base. On parle
alors de projection, et non de soudage. La granulométrie de la poudre doit être inférieure
à 30 µm, contrainte que l’on n’a pas en mode arc transféré.
Les avantages du soudage plasma à arc transféré sont :
– l’aspect des cordons de soudure, qui peuvent présenter des taux de dilution in-
férieurs à 10% (généralement de 3 à 7% [SSR+ 07]) et des taux de porosité quasi
nuls la dilution de l’alliage déposé est faible, et la taille de la ZAT limitée ;
– l’automatisation du procédé, qui permet la précision dimensionnelle des soudures,
la reproductibilité, ainsi que l’utilisation en environnement hostile ;
– la possibilité de souder des pièces de très faible épaisseur en comparaison aux
procédés conventionnels de soudage, cette épaisseur (0,1 à 3 mm) étant tout de
même importante en comparaison des procédés de projection thermique.
19
1. Étude bibliographique
0 mm 5
F IGURE 1.7: Coupon de Norem02 déposé sur un substrat en acier 316L, après polissage
et attaque chimique (HNO3 -HF) - 10 couches déposées
D’une manière générale, le taux de dilution a une importance non négligeable sur la
soudabilité d’un matériau pour un procédé donné par un apport plus ou moins impor-
tant d’éléments d’alliage contenus dans le métal de base et dilués dans le métal fondu.
La détermination du pourcentage de dilution est primordiale lors de l’assemblage par
soudage de matériaux dissemblables (hétérogènes ou mixtes) et d’aciers plaqués afin de
20
Description des procédés de dépôt de revêtements
connaître les structures métallurgiques des zones fondues. Elle permet de sélectionner le
type de métal d’apport à utiliser pour optimiser la soudabilité métallurgique du joint à
partir du diagramme de Schaeffler, présenté figure 1.8, qui est utilisé en calculant l’équiv-
alent matériau du métal de base, indice destiné à prédire la structure du métal à partir
d’un équivalent chrome (éléments alphagènes) et d’un équivalent nickel (éléments gam-
magènes).
F IGURE 1.8: Domaines relatifs aux différents risques métallurgiques sur un diagramme de Scha-
effler [Bon01]
Ce type de diagramme, d’abord mis au point par Schaeffler [Sch49], ensuite enrichi
par Kotecki [Kot92], permet de choisir un métal d’apport adapté, garant de bonnes pro-
priétés métallurgiques, d’apprécier la structure de la zone fondue, et d’appréhender les
différents risques métallurgiques lors du soudage. Son intérêt est l’attribution de carac-
téristiques générales à chaque domaine et, de ce fait, la prédiction de la nature des risques
métallurgiques propres à chacun d’eux :
– domaine austénitique : risque de fissuration à chaud
– domaine martensitique : risque de fissuration à froid
– domaine ferritique : faible ductilité
21
1. Étude bibliographique
Créquivalent = Cr + Mo + 1, 5 · Si + 0, 5 · Nb + 0, 5 · Ta + 2 · Ti +W +V + Al (1.3)
Le tableau 1.6 donne la composition chimique de la poudre de Norem02 avant dépôt
du revêtement.
Élément C Mn Cr Si Ni Mo N2 Fe Co
Composition 1,23 % 4,3 % 25,4 % 3,38 % 4,0 % 2,0 % 0,17 % Bal 0,01 %
Les différents modes de calcul [équations 1.4, 1.5, 1.6 et 1.7] de ces indices ne perme-
ttent pas d’appliquer cette méthode de prédiction au cas du Norem02 car sa composition
chimique est trop éloignée de celle des aciers inoxydables, pour lesquels ils ont été conçus.
Ceci est dû à la concentration plus élevée en carbone du Norem02 par rapport à un acier in-
oxydable. Il existe encore d’autres formules permettant de calculer les équivalents nickel
et chrome, permettant ainsi une adaptation à des aciers spécifiques [DeL74], en prenant en
compte notamment l’azote, qui est un élément très fortement gammagène et qui n’apparaît
pas dans la formulation de Schaeffler. Mais dans tous les cas, les équivalents matériaux
22
Les dépôts de revêtement et les phénomènes physiques induits
obtenus pour le Norem02 sortent des domaines d’application. Toutefois, nous pouvons
supposer, par prolongation du diagramme de Schaeffler, que le Norem02 est proche d’un
acier inoxydable austénitique, car le carbone est un très fort stabilisant austénitique. En
outre, dans le cas d’un matériau multiphasé, il peut être intéressant d’appliquer ces for-
mules séparément à chacune des phases, une fois leur composition connue 3 .
23
1. Étude bibliographique
Température de pic
Zone recristallisée
Zone revenue
Métal de base
non affecté
F IGURE 1.9: Schématisation des différentes zones constitutives d’un joint soudé, d’après
[Eas83].
24
Les dépôts de revêtement et les phénomènes physiques induits
ment, les contraintes et déformations résiduelles sont plus faibles, ce qui est le but recher-
ché dans toutes les applications de soudure. Cependant, selon le type de procédé utilisé,
le préchauffage peut être superflu, alors que dans certains cas, un maintien à température
élevée peut être nécessaire y compris entre les passes successives. Il dépend aussi de la
nature du métal de base, du métal d’apport, de l’épaisseur des dépôts réalisés. Il est donc
impossible de définir une règle générale applicable pour chaque procédé.
L’énergie de dépôt est l’énergie apportée par la source de chaleur pour constituer le
bain de fusion. Elle est directement proportionnelle à la puissance moyenne fournie par
l’arc électrique et inversement proportionnelle à la vitesse de soudage. L’énergie linéique
est définie 4 par l’équation :
Pmoy I ·U
Es = = (1.8)
Vs Vs
où :
– Es est l’énergie de soudage en J.m−1 ,
– Pmoy est la puissance moyenne fournie par l’arc électrique en W,
– I est l’intensité en A,
– U est la tension en V,
– Vs est la vitesse d’avance de la torche en m.s−1 .
Enfin, un dernier aspect d’importance lors du soudage est le régime de refroidisse-
ment. S’il est lié à la nature des matériaux ainsi qu’au procédé de dépôt, la géométrie
des pièces est également un élément déterminant le type de refroidissement. En effet, l’é-
paisseur du produit joue un rôle important dans l’écoulement de la chaleur [Tho73]. Pour
une tôle épaisse, les isothermes sont réparties dans la masse symétriquement par rapport
à la ligne de fusion, alors que pour une tôle mince elles sont réparties symétriquement par
rapport au plan contenant la ligne de fusion. Le régime mixte présente, quant à lui, les
deux modes d’écoulement. Ces trois modes d’écoulement de la chaleur sont représentés
figure 1.10.
25
1. Étude bibliographique
F IGURE 1.11: Couplage des phénomènes lors d’un procédé de soudage [Ber04]
26
Les dépôts de revêtement et les phénomènes physiques induits
27
1. Étude bibliographique
28
État de l’art de la simulation numérique du soudage
X = x − vt (1.10)
En replaçant 1.10 dans 1.9, on obtient alors l’équation de la chaleur aux dérivées partielles
dans un repère mobile lié à la source 1.11 :
∂2 θ ∂2 θ ∂2 θ v ∂θ 1 ∂θ
2
+ 2 + 2 =− + (1.11)
∂X ∂y ∂z α ∂X α ∂t
∂2 θ ∂2 θ ∂2 θ v ∂θ
+ + = − (1.12)
∂X 2 ∂y2 ∂z2 α ∂X
Rosenthal propose une solution à l’équation 1.12 faisant intervenir un produit d’une fonc-
tion symétrique ϕ et d’une partie asymétrique :
vX
θ = ϕ (X, y, z) exp− 2a (1.13)
La présence d’une partie asymétrique se justifie par le fait que la chute de température
derrière la source est plus lente que l’augmentation de température devant la source, donc
la distribution de température selon x n’est pas symétrique.
Bien qu’ayant toujours comme référence les travaux de Rosenthal, les développe-
ments récents en modélisation du soudage concernent essentiellement les méthodes de
résolution numériques par différences ou par éléments finis, apparues il y a environ
quarante ans [Wes68, FG76]. L’analyse thermique par éléments finis permet alors une
meilleure détermination des influences de la quantité d’énergie apportée, de la distri-
bution de chaleur dans la source, ainsi qu’une meilleure prédiction de la réponse ther-
mique de la structure. De nombreux travaux traitent de la géométrie de la source de
chaleur. La distribution Gaussienne, proposée par Pavelic dès 1969 [PTUM69] reste au-
jourd’hui encore la plus couramment utilisée. Par rapport au modèle 2D de Rosenthal
29
1. Étude bibliographique
utilisé jusqu’alors, elle permet une meilleure description des champs de température à
l’intérieur des zones fondues et affectées thermiquement. Le modèle en double-ellipsoïde
de Goldak [GCB84, GBM+ 86] permet de prendre en compte les phénomènes couplés
ayant lieu en front d’arc. La distribution de chaleur est alors définie par une gaussienne
dans le sens perpendiculaire à l’avance de la source, et par deux demi-gaussienne d’écart-
types indépendants.
Si les méthodes analytiques permettent de calculer avec une précision raisonnable
les distributions de température pour des géométries simples et à des distances suffisam-
ment éloignées de la source de chaleur (au minimum quelques millimètres), elles ne per-
mettent pas en revanche de résoudre des problèmes non-linéaires (propriétés matériaux
thermo-dépendantes, chaleur latente, échanges de chaleur avec le milieu environnant...).
La seule manière de résoudre les problèmes non-linéaires est alors le recours à des méth-
odes numériques d’analyse par éléments finis. En comparaison aux méthodes analytiques
dont la résolution est quasi-instantanée sur un système moderne, voire même aux méth-
odes par différences finies que l’on peut qualifier de semi-analytiques, les méthodes par
éléments finis font intervenir des temps de calculs très largement supérieurs. L’accroisse-
ment de la puissance de calcul disponible a donc permis au cours de la dernière décennie
une expansion de ces méthodes.
En l’absence de transformations métallurgiques, les conséquences mécaniques in-
duites par l’opération de dépôt sont la contraction et l’expansion de certaines zones, con-
duisant à des déformations et des contraintes résiduelles. Il y a alors un couplage fort
entre thermique et mécanique, alors que le couplage réciproque est faible. Pour cette rai-
son, l’approche la plus couramment adoptée en simulation numérique du soudage est une
analyse thermomécanique découplée, l’analyse thermique étant bien sûr réalisée la pre-
mière. Il en va de même concernant l’évolution métallurgique : les effets de la thermique
sur la métallurgie et de la métallurgie sur la mécanique sont prépondérants sur leurs effets
antagonistes, le calcul métallurgique peut donc être découplé à la fois du calcul thermique
et du calcul mécanique. Dans le cas où un calcul métallurgique s’avère nécessaire, l’ap-
proche est alors d’effectuer l’analyse thermique, puis métallurgique, et enfin mécanique.
En outre, le découplage du problème en plusieurs analyses successives comportant cha-
cune un type de problème différent à résoudre permet également de rendre indépendantes
pour chacune des analyses les discrétisations et les interpolations effectuées en éléments
finis, c’est-à-dire l’approche des espaces continus par des espaces discrets.
30
État de l’art de la simulation numérique du soudage
1111111111111
0000000000000
0000000000000
1111111111111
n
0000000000000
1111111111111
0000000000000
1111111111111
Source
0000000000000
1111111111111
0000000000000
1111111111111
dΩS
0000000000000
1111111111111
Ω
d Ωφ
dΩ T
Température
Flux imposé
imposée
31
1. Étude bibliographique
Ces équations sont les conditions de Neumann (équation 1.16) et de Dirichlet (équation
1.17), qui consistent respectivement à imposer un flux de chaleur à la surface ∂ Ωφ et une
température à la surface ∂ ΩT .
La formulation enthalpique de l’équation 1.14, utilisée par Code_Aster devient :
∂He
− div (λ.gradT ) − Qi = 0 (1.18)
∂t
l’enthalpie du matériau étant définie par :
Z T
He (T ) = ρ.C p (u) .du (1.19)
T0
avec :
ρ la masse volumique en kg.m−3 ,
Cp la chaleur spécifique en [Link]−1 .˚C−1 ,
λ la conductivité thermique en W.m−1 .˚C−1 ,
T la température en Kelvin ,
Qi la source de chaleur interne en W.m−3 ,
∂Ωφ la partie de ∂Ω sur laquelle le flux est appliqué ,
∂ΩT la partie de ∂Ω sur laquelle la température est imposée ,
n la normale sortante à ∂Ω ,
q (T,t) la densité de flux surfacique, représentant la convection et la radiation ,
Ti (t) la température imposée en ˚C ,
He (t) l’enthalpie .
32
État de l’art de la simulation numérique du soudage
avec :
h le coefficient de conductivité thermique en W.m−2 .˚C−1 ,
T la température en Kelvin à l’instant t ,
T0 la température ambiante en Kelvin ,
ξ le coefficient d’émissivité de la surface ,
σSB la constante de Stefan-Boltzmann, σSB = 5,68.10−8 J.K−4 .m−2 .s−1 ,
La source de chaleur peut être introduite soit en ajoutant un terme Qs (x, y, z,t) dépen-
dant de l’espace et du temps, soit une source de chaleur interne (terme Qi dans l’équation
1.18) au bilan thermique. Le choix d’une source mobile, fonction du temps et de l’es-
pace dans le repère cartésien (O,x,y,z) lié à la plaque support, permet de résoudre le plus
grand nombre de problèmes de soudage en décrivant des trajectoires complexes, même si
l’essentiel des applications industrielles correspondent à des trajets rectilignes à vitesse
constante, ou circulaires à vitesse angulaire constante.
Finalement, en tenant compte des conditions aux limites et du terme source, l’équation
de la chaleur à résoudre est la suivante :
∂T (t)
= h. (T − T0 ) + ξ.σSB . T 4 − T04 + Qs (x, y, z,t) (1.23)
−λ
∂n
33
1. Étude bibliographique
34
État de l’art de la simulation numérique du soudage
Une loi des mélanges définit la répartition des cinq phases à tout instant du calcul
métallurgique. En notant Z4 la proportion de martensite en un point M et Zγ la proportion
d’austénite qui est le complément à 1 des contributions des autres phases Zγ = 1 − ∑4i=1 Zi ,
la déformation thermique pour le matériau multiphasé s’écrit :
! !
4 4
εth (Z,t) = 1 − ∑ Zi · εth th th
th
γ + ∑ Zi · εα = Zγ .εγ + 1 − Zγ · εα (1.27)
i=1 i=1
35
1. Étude bibliographique
canique des matériaux dans leur zone plastique. Il est donc nécessaire de décrire leur
comportement plastique.
Dans le cas des matériaux métalliques, l’expérience indique l’existence simultanée de
plusieurs mécanismes de déformation. Sous l’application d’une contrainte, la déforma-
tion des liaisons atomiques est d’abord élastique, fonction de la contrainte appliquée. Le
matériau reprend alors sa forme initiale lorsque le chargement disparaît. Le mécanisme est
réversible. Au delà de la limite d’élasticité, la formation, la multiplication et le déplace-
ment de dislocations mobiles le long de plans réticulaires entrainent une déformation plas-
tique. Le mouvement de ces dislocations n’étant pas réversible, la déformation résiduelle
en cas de relâchement total du chargement n’est plus nulle. Lorsque la déformation plas-
tique augmente encore, la multiplication des dislocations entrave davantage leur mobilité,
par conséquent un effort supérieur est nécessaire pour obtenir une nouvelle déformation :
c’est le phénomène d’écrouissage, très important dans le cadre des aciers austénitiques
(type 316L) en comparaison aux aciers ferritiques. La composition du Norem02 étant as-
sez proche de celle d’un acier austénitique et, d’après Ocken, [Ock00] sa microstructure
étant constituée d’une matrice essentiellement austénitique, il est naturel de penser que le
durcissement par écrouissage sera très important également pour le Norem.
Enfin, un dernier mécanisme de déformation est la viscosité, qui dépend de la vitesse
de déformation [JL06]. L’introduction de la viscosité dans la description du comporte-
ment d’un matériau vise à représenter l’augmentation de la résistance du matériau lors
d’une augmentation de la vitesse de déformation. Pour les matériaux métalliques, son
importance est d’autant plus grande que la température est élevée. Il faut cependant
rappeler que si la prise en compte de la viscosité est incontournable lorsque les vitesses
de déformation sont élevées (usinage, forgeage, laminage à chaud...), dans le cadre du
soudage, l’ordre de grandeur des vitesses de déformation mises en jeu est faible (de ε̇
= 10−2 s−1 à ε̇ = 10−5 s−1 ), donc la viscosité n’est pas le mécanisme de déformation
prépondérant dans la réponse mécanique de la structure.
Afin d’écrire les équations constitutives, le tenseur des déformations est décomposé
en plusieurs parties :
– une partie élastique εe , où la déformation augmente linéairement avec la con-
trainte. Dans le cas des petites déformations pour un matériau isotrope, cette propor-
tionnalité s’exprime par la loi de Hooke, reliant le tenseur de Cauchy σ au tenseur
des déformations εe par la relation de souplesse :
1 λ
εe = σ− Tr(σ)I (1.30)
2µ 2µ (3λ + 2µ)
avec µ et λ les coefficients de Lamé définis en fonction du module d’Young E et du
coefficient de Poisson ν du matériau par :
Eν E
λ= et µ= (1.31)
(1 + ν) (1 − 2ν) 2 (1 + ν)
36
État de l’art de la simulation numérique du soudage
– une partie thermique εth , dont les effets mécaniques sont dus à la variation du
coefficient de dilatation en fonction de la température.
Z T
th
ε = α(T ).dt (1.32)
Tre f
ε p = ε(σ = 0) (1.33)
f (σ) = σV M − σy (1.35)
avec :
σy la limite d’élasticité,
σV M la contrainte équivalente de von Mises définie en fonction des trois contraintes prin-
cipales σ1 , σ2 et σ3 par :
r h
1 2 2 2
i
σV M = (σ1 − σ2 ) + (σ2 − σ3 ) + (σ3 − σ1 ) (1.36)
2
C’est également le cas du critère de Tresca :
37
1. Étude bibliographique
∂f
ε̇ p = λ̇ (1.40)
∂σ
avec :
ε̇ p la vitesse de déformation plastique cumulée en s−1 ,
f la fonction de charge,
λ̇ un scalaire défini par la relation de cohérence f˙ = 0 indiquant que l’état de contrainte
se trouve sur la surface de plasticité.
38
État de l’art de la simulation numérique du soudage
Le type de modèle choisi dépend bien sûr des propriétés du matériau, mais également
de l’application visée. Un même matériau peut ainsi se voir affecté des modèles de com-
portement très différents selon le phénomène modélisé.
σ σ1
σS M
σy
Centre du
domaine d’élasticité
O C
ε
C
σ2 σ3
A’
M
(a)
σ σ1
M
σS
σy Centre du
σy domaine d’élasticité
C C
X
O O
ε
M’
σ2 σ3
(b)
M
σ σ1
σS
σs
Centre du
σy domaine d’élasticité
C C
X
O O
ε
σ2 σ3
M’
(c)
39
1. Étude bibliographique
Il peut être modélisé par une loi de type Ramberg-Osgood, décrite dans le cas isotherme
par :
σy = σy0 + K · pN (1.42)
avec p la déformation plastique cumulée, K le coefficient de résistance plastique, σy0 la
limite d’élasticité initiale.
f (σ, X) = |σ − X| − R0 (1.43)
40
État de l’art de la simulation numérique du soudage
Conclusion
Un état des lieux des connaissances actuelles sur le Norem02 a été réalisé. Si la lit-
térature permet de justifier l’emploi du Norem02 comme revêtement dur, sa métallurgie
n’est en revanche que très peu connue. Ce point est très important, car l’existence ou
non de transformations de phases à l’état solide dans la zone affectée thermiquement a
une influence sur la distribution de contraintes à l’issue du refroidissement. Le principal
axe de travail sera maintenant la détermination des lois de comportement et des carac-
téristiques thermomécaniques du matériau en fonction de la température. Pour cela, une
campagne expérimentale permettra d’identifier la métallurgie et les transformations de
phases éventuelles du Norem02, de déterminer son comportement thermomécanique à
haute température, et ainsi de définir l’influence du mode de dépôt. L’identification de
ces paramètres se base sur des essais réalisés à des vitesses et des températures les plus
proches possible des conditions réelles de soudage.
41
1. Étude bibliographique
42
Chapitre 2
Sommaire
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.2 Procédures expérimentales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.2.1 Caractérisation de la microstructure brute de dépôt . . . . . . . . . 45
2.2.2 Caractérisation de la microstructure après passage à haute température 46
2.2.3 Essais de dilatométrie libre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
2.2.4 Essais de traction simple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.2.5 Essais cycliques de traction-compression . . . . . . . . . . . . . . 50
2.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
2.3.1 Caractérisation de la microstructure brute de dépôt . . . . . . . . . 52
2.3.2 Caractérisation de la microstructure après passage à haute température 60
2.3.3 Essais de dilatométrie libre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
2.3.4 Essais de traction simple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
2.3.5 Essais cycliques de traction-compression . . . . . . . . . . . . . . 68
2.4 Conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
43
2. Caractérisation du matériau Norem
2.1 Introduction
Les propriétés de résistance à l’usure sont très importantes pour les portées d’é-
tanchéité des organes de robinetterie en vue de l’étude de leur comportement en service.
À ce sujet, la littérature abonde et indique que le Norem02 remplit les fonctions pour
lesquelles il a été conçu. Cependant, les données relatives à son comportement au cours
du soudage ne sont pas disponibles. C’est pourquoi ce chapitre s’attache, après avoir défini
le cadre des essais, à la caractérisation de la microstructure et à la détermination des pro-
priétés thermomécaniques du Norem02 en vue de l’établissement d’un modèle mécanique
de comportement.
L’établissement d’un modèle métallurgique nécessite l’analyse de la microstruc-
ture du matériau à haute température et à température ambiante afin de déterminer les
phases présentes et d’éventuelles transformations allotropiques. Aucune donnée concer-
nant les mécanismes de transformation de phase et d’évolution de la microstructure n’est
disponible dans la littérature, car la composition du Norem02 est trop éloignée de celle des
aciers courants du fait de son fort taux d’éléments d’alliage. La caractérisation microstruc-
turale présentée ici propose d’abord d’évaluer la nature et la répartition des phases et
constituants du matériau après dépôt. Ensuite, des traitements thermiques après soudage,
ayant pour but de simuler les chargements thermiques subis lors du dépôt des passes suc-
cessives, permettent de caractériser l’évolution de la microstructure et sa stabilité au cours
des phases de chauffe et de refroidissement inhérentes au procédé de soudage multipasses.
Les essais mécaniques homogènes dans lesquels les contraintes et les déformations
sont uniformes permettent d’établir un lien entre ces grandeurs, ainsi que l’établissement
de lois de comportement. Ainsi, des essais de traction simple isotherme de la tempéra-
ture ambiante à 1000˚C permettent l’identification du comportement élastoplastique du
matériau sur une partie de la gamme de température atteinte lors du soudage. Des essais
de traction à différentes vitesses de déformations permettent de statuer sur la nécessité
de prendre en compte les effets visqueux lors du soudage. Enfin, des essais cycliques de
traction-compression ont pour but d’identifier le type d’écrouissage du matériau.
44
Procédures expérimentales
25mm
40mm
25mm
180mm
0 mm 5
A−A
F IGURE 2.1: Découpe par électroérosion d’éprouvettes dans un coupon de Norem02 dé-
posé par soudage PTA.
sont polies mécaniquement afin d’éliminer la couche écrouie suite à l’usinage par électro-
érosion.
45
2. Caractérisation du matériau Norem
(a)
4.5 +_ 0.05
0.05 A A
10 +_ 0.05
Dc :
Dc :
r=20
M10
30
20 40 20
90
(b) 10 5
_ 0.05
15
Dc :
0.05 A A
10 +
Tc3 Tc1 Tc2 Tc4
M10
15 100 15
130
(c)
0.05 A A
10 +_ 0.05
6 +_ 0.05
Dc :
Dc :
r=30
41 15 41 M10
110
F IGURE 2.2: Géométrie des éprouvettes pour : (a) : essais de traction basse tempéra-
ture (< 600˚C), (b) : essais de traction haute température (> 600˚C), et (c) : essais de
traction–compression.
46
Procédures expérimentales
Position axiale Température max. [˚C] Isotherme [˚C] Vchau f f e [˚C] Vre f roidissement [˚C]
Temps de maintien 15s - Échantillon R1100_COURT
Centre 1109,1 1100,0 109 10512
5mm 1086,0 1045,2 107 5365
10mm 1078,7 995,8 106 2351
15mm 960,8 792,2 94 1691
Temps de maintien 2h- Échantillon R1100_LONG
Centre 1109,3 1100,0 109 7809
5mm 1011,6 1061,9 99 3521
10mm 1068,9 991,1 105 1116
15mm 979,2 938,9 96 294
47
2. Caractérisation du matériau Norem
0 mm 5
0,05 A
M10
15 100 15
Lt 130
dl
dθ
αl = (2.1)
lθ
Coefficient de dilatation linéique vrai à la température θ
lθ − lθ0
ᾱl = (2.2)
[θ − θ0 ] · lθ0
48
Procédures expérimentales
Les essais de dilatométrie libre sont réalisés sur la machine Gleeble. Les déformations
sont étudiées dans la partie centrale de l’éprouvette, soit une zone de 15 mm de longueur
dans laquelle on considère, après l’avoir vérifié, que la température est uniforme. L’éprou-
vette est chauffée par effet Joule à la vitesse constante de 20˚C.s−1 jusqu’à 1000˚C. Elle
est ensuite refroidie librement à l’intérieur de l’enceinte, par convection, par rayonnement,
et par conduction dans les mors continuellement refroidis par une circulation d’eau. La
vitesse de refroidissement varie ainsi de 30˚C.s−1 à 0˚C.s−1 en fin de refroidissement. La
température est contrôlée par quatre thermocouples soudés le long de la zone étudiée. Les
déformations sont mesurées par un extensomètre axial, les dilatations par un dilatomètre
radial. Le capteur de force utilisé a une capacité de 7 kN. L’asservissement en force du
vérin mobile permet de maintenir constamment un effort nul (0 N ± 5 N) dans l’éprou-
vette.
Les éprouvettes utilisées lors des essais de dilatométrie libre sont représentées sur la
figure 2.2.b. Le schéma de montage est présenté en annexe A. L’écart maximal mesuré au
cours des essais entre le point chaud et le point froid de la zone utile de l’éprouvette est
de 6˚C, soit un gradient thermique longitudinal moyen au cours des essais de 4,8˚[Link]−1 .
Le gradient thermique dans le sens radial n’a pas été mesuré, puisque l’on ne disposait
pas d’un thermocouple au cœur de l’échantillon. Néanmois, les effets de peau étant nég-
ligeable à la fréquence de courant employée (50 Hz), l’éprouvette ne subit que très peu de
variations de température au sein de sa section.
49
2. Caractérisation du matériau Norem
à limiter les incertitudes de mesure. Cette étude doit être faite pour toute la gamme de
température considérée lors du procédé de dépôt. La difficulté est alors l’absence d’études
sur l’évolution de ces propriétés à haute température. La littérature donne tout de même
une indication des propriétés mécaniques attendues à température ambiante (cf. tableau
1.2 page 10). Le bon sens laisse supposer que la ductilité du matériau augmente avec la
température. Ainsi, le couple cellule de force-éprouvette utilisé à température ambiante
convient également aux températures supérieures. Ce choix est ensuite ajusté au fur et à
mesure que la température d’essai augmente afin d’optimiser la précision des mesures.
Les procédures suivies lors des essais de traction uniaxiaux suivent les prescriptions
des normes relatives aux essais à température ambiante [AFN01] et à haute tempéra-
ture [AFN92]. La vitesse d’essai est fixée à ε̇ = 10−4 s−1 , sauf dans le cas des essais de
traction à vitesse de déformation variable, où cette vitesse varie entre ε̇ = 10−4 s−1 et ε̇
= 10−2 s−1 . Ces essais à vitesse variable ont pour but d’identifier l’influence des effets
visqueux. Le point le plus délicat lors des essais mécaniques à haute température est le
contrôle et surtout le maintien de la zone utile de l’éprouvette à la température prescrite
±0,5%. Comme pour les essais de dilatométrie, l’utilisation de mors en acier à zone de
contact mors-éprouvette réduite permet de limiter le gradient thermique dans la zone de
mesure de la déformation. La variation maximale admissible à haute température (±6˚C)
est respectée, permettant ainsi la reproductibilité des essais.
50
Procédures expérimentales
σt = σc + 1, 3σe (2.3)
πD2
F= (2.4)
2
p
4 σt /2 − σt /4 − σe σc
E
λ2c = π2 (2.5)
σe
avec :
σt la charge critique de flambement ,
σc la charge critique d’Euler ,
σe la limite d’élasticité ,
L la longueur utile de l’éprouvette ,
λc le coefficient d’élancement critique du matériau.
La machine d’essai n’ayant encore jamais été utilisée en compression, il est nécessaire
de concevoir un montage permettant de transmettre les efforts à la fois en traction et en
compression. La figure 2.4 schématise les mors de traction-compression conçus pour le
montage de l’éprouvette présentée figure 2.2.c. Deux écrous prenant appui sur les faces
0,05 A
_0,05
_ 0,05
Dc :
Dc :
6+
10 +
r=30
M10
41 15 41
Lt 110
internes et externes des mors permettent la transmission des efforts dans les sens traction
et compression. La zone de contact entre les mors et l’éprouvette est réduite de manière à
limiter les transferts électriques entre les deux pièces et ainsi le gradient thermique dans
la zone utile. Les dimensions des mors doivent en revanche être suffisantes de manière à
assurer une rigidité aussi bonne que possible.
51
2. Caractérisation du matériau Norem
2.3 Résultats
2.3.1 Caractérisation de la microstructure brute de dépôt
Microstructure
La figure 2.5 présente les microstructures observées en divers points d’une passe de
soudage. L’observation de la microstructure à l’interface entre deux passes successives
10 µ m
1
2000 µm 10 µ m
2
1
2
3
4
10 µ m
3
1000 µm
10 µ m
4
52
Résultats
Fig.2.5], car la vitesse de refroidissement y est plus élevée. En revanche, aucune orien-
tation privilégiée dans l’espace n’est décelable, et ce quelle que soit la zone du matériau
observée. Le Norem02 présente donc une légère hétérogénéité à l’échelle d’une passe,
mais est homogène à l’échelle de la structure multipasses.
La microstructure du Norem02 à l’état de réception est illustrée figures 2.6a et 2.6b
par les observations au microscope optique et au MEB. Elle est constituée de dendrites
austénitiques de 10 à 30 µm [A - figure 2.6a] avec au centre un squelette de ferrite [B -
figure 2.6a]. La zone interdendritique est formée d’un eutectique constitué de carbures et
d’austénite [C - figure 2.6a] et d’autres phases [D - figure 2.6a]. Ces observations sont
en accord avec celles réalisées au cours des caractérisations précédentes, notamment lors
d’une étude menée par EDF [Mil05] ou dans les travaux de Cockeram [Coc02].
Les pointés réalisés par microsonde pour chacune des zones annotées de [A] à [F] sur
la figure 2.6b permettent de préciser la composition de chacune des phases en ces points.
Les cartographies obtenues sont présentées figure 2.7. Les compositions moyennes sont
données dans le tableau 2.3. La zone interdendritique est constituée d’austénite [A - figure
2.6b], de carbures M7 C3 [B - figure 2.6b], de ferrite [C - figure 2.6b] et de précipités blancs
[D - figure 2.6b].
C Mn Cr Si Ni Mo Fe
Austénite [A,E-Fig.2.6b] 3,8 22,2 3,4 4,5 1,0 65,1
Ferrite intradendritique [F-Fig.2.6b] 3,2 17,2 4,8 3,6 1,0 70,1
Ferrite interdendritique [C-Fig.2.6b] 4,2 18,6 4,7 4,2 1,8 66,5
Carbures [B-Fig.2.6b] 9,4 2,4 66,1 0 0,4 2,0 19,6
Précipités blancs [D-Fig.2.6b] 4,6 31,0 4,9 3,0 7,7 48,8
Les pointés [F - figure 2.6b] au cœur des dendrites et [E - figure 2.6b] dans l’interden-
drite permettent de distinguer deux types de ferrite, différant principalement par leur taux
de Cr. Le taux en Cr de la phase austénitique est très élevé. Les zones de précipités blancs
riches en Mo sont probablement constituées de carbures M23 C6 car la quantité de C y est
plus faible que pour les autres zones de carbures M7 C3 .
Les analyses de phases par radiocristallographie permettent de confirmer les résultats
précédents. Le spectre de diffraction présenté figure 2.8 page 57 est de plus cohérent
avec les observations faites lors des précédentes analyses des alliages Norem02 ([Coc02],
[Ock00]), à savoir qu’il y a présence de carbures eutectiques de type M7 C3 et de carbures
non-eutectiques de type M23 C6 . Ces derniers se distinguent difficilement du bruit de fond
car ils sont observés dans des proportions plus faibles.
Afin de comprendre les évolutions microstructurales qui conduisent à la recristallisa-
tion, des observations sont effectuées par EBSD. Les cartographies obtenues sont présen-
tées figure 2.9.
Plusieurs zones distinctes où la ferrite présente une même orientation cristallo-
53
2. Caractérisation du matériau Norem
[A]
[C]
[D]
[B]
a
Microscopie optique − attaque NaOH 1.7V 20s
[E]
[C]
[F]
[D]
[B] [A]
b
MEB − brut de polissage diamant
F IGURE 2.6: Microstructure du Norem02 - a : brut de dépôt, microscopie optique - b :
brut de dépôt, MEB
54
Résultats
graphique sont observées. Ceci semble indiquer que la ferrite ne croît pas de façon dé-
sordonnée, mais qu’il y a germination au cours du refroidissement. Il y a plusieurs ori-
entations cristallographiques de l’austénite au sein d’une zone qui présente par ailleurs
une même orientation de la ferrite, ce qui amène à dire que l’austénite croît à partir de la
ferrite au cours du refroidissement et non le contraire. Ceci confirme les observations de
Cockeram [Coc02] selon qui cette ferrite est de la ferrite δ, qui se forme au cours de la
solidification rapide depuis les hautes températures au cours du procédé de dépôt.
L’application des formules de Schaeffler définies lors du chapitre précédent (équa-
tion 1.4 page 22) à chacune des phases identifiées du Norem02 brut de dépôt permet de
déterminer les équivalents nickel et chrome.
Niéquivalent Créquivalent
Austénite [A,E-Fig.2.6b] 6,4 28,3
Ferrite intradendritique [F-Fig.2.6b] 4,8 25,4
Ferrite interdendritique [C-Fig.2.6b] 6,3 29,9
Carbures [B-Fig.2.6b] 283,6 68,1
Précipités blancs [D-Fig.2.6b] 5,3 46,1
55
2. Caractérisation du matériau Norem
Austénite
Zone riche
en Mo
Eutectique
Ferrite
Chrome Silicium
Manganèse Nickel
Molybdène Fer
F IGURE 2.7: Norem02 brut de dépôt : cartographie de répartition des éléments chim-
iques.
56
Résultats
Intensité (cps)
2θ (degrés)
57
2. Caractérisation du matériau Norem
Ferrite
111
Zones de même
001 101
orientation
cristallographique Austénite
111
de la ferrite
001 101
M23C6
111
001 101
M7C3
austénite 1010
0001 2110
ferrite
Fraction
Phase totale
Austénite 0.800
M 7C 3 0.121
Ferrite 0.058
M23C6 0.021
58
Résultats
γ Norem
59
2. Caractérisation du matériau Norem
C Mn Cr Si Ni Mo Fe
Austénite 4,0 21,9 3,7 4,7 0,9 66,2
Ferrite intradendritique 3,2 23,2 4,8 3,3 1,4 66,1
Carbures [A-Fig.2.12b] 9,2 2,4 68,7 0 0,2 2,1 19,8
Précipités blancs [B-Fig.2.12b] 4,7 32,0 4,5 3,5 4,5 50,2
Nouveaux carbures [C-Fig.2.12b] 3,0 55,8 0,4 1,5 3,2 33,9
Tableau 2.4: Échantillon R1100_COURT chauffé 15s à 1100˚C : composition moyenne des
phases.
C Mn Cr Si Ni Mo Fe
Austénite 1,1 4,2 19,9 4,3 4,8 1,0 67,1
Carbures 6,2 3,0 59,5 0,1 1,0 3,7 28,7
Tableau 2.5: Échantillon R1100_LONG chauffé 2h à 1100˚C : composition moyenne des phases.
60
Résultats
b
Température [°C]
1200
TC1
TC2
1000
TC3
TC4
800
Température
600
d’observation de
la microstructure
400
200
0
30s 1min 1min30s 2min Temps
b
Température [°C]
1200
TC1
TC2
1000
TC3
TC4
800
600 Température
d’observation de
400 la microstructure
200
0
30min 1h 1h30min 2h Temps
100%
90%
80%
Fe
70%
Cr
60%
Mn
[% massique]
50% Ni
40% Si
30% Mo
20%
C
10%
0%
BRUT
BRUT
BRUT
BRUT
BRUT
RCOURT_1100
RLONG_1100
RCOURT_1100
RCOURT_1100
RLONG_1100
RCOURT_1100
F IGURE 2.13: Comparaison des analyses par microsonde pour chaque traitement ther-
mique – composition moyenne des phases.
63
2. Caractérisation du matériau Norem
2 heures. Il apparaît alors que pour une température de maintien comprise entre ces deux
valeurs, la microstructure est très peu perturbée par rapport à celle du matériau brut de
dépôt. Figure 2.14, des profils de micro-dureté Vickers réalisés montrent que la dureté
n’est pas influencée par la température de maintien, puisqu’elle est toujours proche d’une
valeur moyenne de 400 Hv, et donc identique au matériau à l’état reçu. En effet, des
Dureté HV HV polynomiale
HV expérimentale
mesures effectuées à EDF R&D [Che09] indiquent une dureté comprise entre 429 et 441
Hv pour le Norem02 à l’état brut de dépôt.
Le traitement thermique à 1100˚C durant un temps cours (R1100_COURT) a un ef-
fet négligeable qualitativement sur la répartition des phases, de même qu’un maintien à
température plus faible (à 938 et 991˚C) durant un temps plus long (R1100_LONG). Cela
indique qu’il est nécessaire d’atteindre des températures élevées durant des temps longs
pour affecter significativement la microstructure du Norem. Ces temps et températures ne
sont pas caractéristiques du soudage multipasses, où le matériau ne subi que des traite-
ment thermiques de quelques centaines de degrés (environ 800˚C) durant des temps courts
(quelques secondes) lors du dépôts des passes successives.
64
Résultats
0.016 Chauffage
Refroidissement
0.014
Allongement
0.012
0.01
0.008
0.006
0.004
0.002
0
Coefficient de dilatation
1.7e−05
linéaire [.°C −1]
1.6e−05
1.5e−05
1.4e−05
1.3e−05
1.2e−05
100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
Température [°C]
F IGURE 2.15: Déformation (en haut) et coefficient de dilatation thermique (en bas) en
fonction de la température.
La légère différence observable à une température donnée entre les coefficients cal-
culés lors de la chauffe et du refroidissement s’explique par la différence entre les vitesses
de chauffe et de refroidissement. En effet, le refroidissement étant libre, il est d’autant
plus rapide que la température est élevée. Ainsi, lorsque la température est proche de son
maximum, le coefficient de dilatation est supérieur lors de la phase de refroidissement.
À l’inverse, dans la zone de basse température où le refroidissement est plus lent que le
chauffage, le coefficient de dilatation le plus élevé est observé lors de la phase de chauffe.
Aucun changement de pente n’est décelable par dilatométrie, dans la gamme de tem-
pérature étudiée. Il n’y a donc pas de transformation allotropique apparente entre la tem-
pérature ambiante et 1000˚C si l’on s’en tient aux mesures du coefficient de dilatation,
puisque la courbe 2.15 ne présente pas de déviation notable. De plus, la longueur de
l’échantillon est restaurée à l’issue du refroidissement, ce qui confirme la conclusion
précédente puisqu’il n’y a pas de plasticité de transformation.
Les valeurs mesurées sont en accord avec la littérature ([Mil05], tableau 1.2 page 10).
La courbe moyenne sera retenue comme valeur de référence lors de la mise en données du
65
2. Caractérisation du matériau Norem
66
Résultats
900
20°C Rupture
100°C
800
200°C
300°C
700
400°C
Contrainte vraie [MPa]
600 600°C
500
400
700°C
300
800°C
200
900°C
100
1000°C
1300°C
0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05
Déformation logarithmique
F IGURE 2.16: Courbes de traction rationnelles du Norem02 de 20˚C à 1000˚C, ε̇ = 10−4 s−1 .
Pour toutes les températures, un comportement linéaire est observé en début d’essai,
qui correspond au comportement élastique du matériau, suivi d’une réponse non linéaire
à partir de la limite d’élasticité. Dans un souci de clarté, la partie linéaire des courbes de
traction est représentée figure 2.16 seulement pour la température ambiante, car les pentes
observées dans la partie élastique pour des températures faibles à moyennes n’évoluent
guère.
La fin de la période de consolidation est caractérisée par une diminution progressive
du taux d’écrouissage ( dσ
dε tend vers zéro). Ce phénomène résulte d’après Schmitt [SFT95]
d’une saturation de la densité de dislocations par équilibre entre les taux de production et
d’annihilation. À partir de 700˚C, ce phénomène s’amplifie au fur et à mesure de l’aug-
mentation de la température, indiquant une restauration visqueuse de l’écrouissage.
La tableau 2.7 et la figure 2.17 récapitulent les paramètres élastoplastiques déterminés
lors de la campagne expérimentale. La méthodologie d’identification est donnée en an-
nexe A.
Afin de compléter la gamme de vitesses de sollicitation, des essais de traction uniaxi-
aux sont effectués à des vitesses de déformation nettement plus élevées, dans le but d’anal-
67
2. Caractérisation du matériau Norem
yser l’influence des effets visqueux. La vitesse de déformation est portée de ε̇ = 10−4 s−1 à
ε̇ = 10−3 s−1 , puis à ε̇ = 10−2 s−1 pour l’essai à 600˚C. La figure 2.18 présente les courbes
de traction rationnelles obtenues à 200˚C et à 600˚C en faisant varier la vitesse de défor-
mation au cours d’un même essai, dans la partie élastique comme dans la partie plastique.
Il apparait qu’une augmentation de la vitesse de déformation de 10−4 s−1 à 10−3 s−1
puis à 10−2 s−1 a pour effet de créer un palier sur la courbe contrainte-déformation. Cet
effet est amplifié à haute température, indiquant un accroissement des effets visqueux.
Toutefois, leur importance est suffisamment minime en regard des niveaux de contraintes
atteints dans la zone d’intérêt du soudage (basse et moyenne température) pour les nég-
liger lors de l’établissement d’une loi de comportement.
68
Résultats
20
[x10 °C ]
−1
15
−6
10
α
200
150
E [GPa]
100
50
σ0,02%
Contrainte [MPa]
800 Rm
600
400
200
20 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
Température [°C]
69
2. Caractérisation du matériau Norem
700 700
10 −3 s−1
600 600 10−4 s−1
10−2 s−1
Contrainte vraie [MPa]
500 500
10−3 s−1
400 400
300 300
10 −4 s−1 10−4 s−1
200 200
100
200 oC 100
600 o C
0.25 0.5 0.75 1 1.25 1.5 1.75 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5
Déformation logarithmique [%] Déformation logarithmique [%]
70
Résultats
Contrainte vraie [MPa]
600 400°C
300
−300
−600
Contrainte vraie [MPa]
600 200°C
300
−300
−600
Contrainte vraie [MPa]
600 20°C
300
−300
−600
71
2. Caractérisation du matériau Norem
2.4 Conclusions
La microstructure à l’état brut de dépôt est complexe. Elle est constituée d’une matrice
austénitique de structure dendritique, parsemée de ferrite. L’interdendrite est constitué
d’un eutectique d’austénite et de carbures M7 C3 . Des zones de précipités sont également
apparentes, constituées de ferrite et de carbures M23 C6 .
Bien que la microstructure soit perturbée par les cycles thermiques subis, aucune nou-
velle phase cristallographique n’apparaît. La matrice dendritique est conservée. Le main-
tien à haute température modifie la répartition des carbures, et la ferrite de l’interdendrite
disparaît. La durée du temps de maintien à haute température a un effet important puisque
toute la ferrite disparaît après un maintien de deux heures, et la proportion de carbures est
très fortement diminuée. Cependant, la dureté n’est que très peu affectée même en cas de
traitement très long.
Il est donc nécessaire d’atteindre des températures supérieures à 1100˚C et durant des
temps très longs à l’échelle du soudage afin de remettre en solution les éléments d’alliage
du Norem. Dans le cas du soudage multipasses, l’effet de revenu créé par chaque nouvelle
passe sur les cordons déposés lors des passes précédentes semble donc insuffisant pour
remettre en solution ces éléments d’alliage, notamment dans le cas du procédé PTA. Ces
observations amènent à penser que les effets de transformations métallurgiques ne seront
pas prépondérants pour ce matériau en simulation numérique du soudage, multipasses ou
non. Une approche phénoménologique classique du comportement, prenant en compte les
différents effets d’écrouissage semble donc suffisante.
Les essais de traction à vitesse variable mènent quant à eux à la conclusion que les
effets visqueux n’ont pas à être pris en compte dans la modélisation du comportement
du Norem. D’après les essais de traction-compression, le Norem02 possède un écrouis-
sage de nature cinématique. Une loi de comportement à écrouissage cinématique devra
donc être recherchée afin de modéliser le comportement mécanique du Norem02 lors du
soudage.
72
Chapitre 3
Sommaire
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
3.2 Description des essais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
3.2.1 Dispositifs expérimentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
3.2.2 Mesures en cours de soudage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
3.2.3 Mesures post-soudage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
3.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
3.3.1 Mesures en cours de soudage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
3.3.2 Mesures post-soudage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
3.4 Conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
73
3. Dépôt de revêtement sur maquette
3.1 Introduction
Le procédé de rechargement par soudage PTA a été présenté dans les chapitres précé-
dents. Le matériau d’apport, le Norem02 a fait l’objet d’une caractérisation métallurgique
et mécanique. Le présent chapitre est consacré à l’étude de la réponse thermique et mé-
canique du matériau d’apport et du matériau de base lors d’une opération de recharge-
ment. Les essais présentés ici visent à reproduire le dépôt de Norem02 sur un robinet
utilisé au sein du circuit primaire d’un réacteur REP. Ils permettront d’identifier le charge-
ment thermique équivalent et de valider par la suite le couplage thermo-mécanique. Des
simplifications sont apportées dans la géométrie de la structure de base afin de simplifier
la mise en place des essais, rendre leur coût acceptable dans une démarche exploratoire,
et réduire les temps de calcul en prévision de la simulation par éléments finis du procédé.
Plusieurs configurations de soudage sont ainsi étudiées, permettant de valider les choix de
modélisation faits sur des cas de complexité croissante : des dépôts rectilignes monopasse,
multipasses, et des dépôts axi-symétriques monopasse et multipasses, ces derniers ayant
pour but d’appréhender les contraintes dues au déplacement de la torche de soudage et
particulièrement les problèmes liés au recouvrement.
74
Description des essais
Élément Al B C Co Cr Cu Mn Mo
Composition [%] 0,006 0,0036 0,038 0,25 17,3 0,044 1,66 2,57
Élément N Nb Ni P S Si Ti Fe
Composition [%] 0,066 0,01 11,4 0,01 0,012 0,7 0,01 Bal
Tableau 3.1: Composition chimique de l’acier 316L constituant le substrat des dépôts de
Norem02.
Les essais de soudage PTA sur maquettes instrumentées ont été effectués au sein de la
société Atinox, spécialisée dans la soudure de précision principalement pour les secteurs
du médical et du nucléaire. Une plus ample description des activités de cette société est
donnée en annexe C. Le dispositif utilise un faisceau vertical dont les seuls mouvements
possibles sont une translation dans le sens vertical, et une oscillation dans la direction
perpendiculaire à la direction de soudage. Dans le cas du dépôt rectiligne, la pièce se
déplace par translation dans le plan de travail, à l’aide d’un chariot mobile. La figure 3.2
est une photo du dispositif utilisé. Lorsque le dépôt à réaliser est circulaire, la pièce est
placée sur un vireur, elle se déplace donc par rotation autour de l’axe vertical de la torche
plasma.
En résumé, les essais se font en quatre phases :
1. Préchauffage de la pièce à une température supérieure d’environ 50˚C à la tem-
pérature de consigne de début d’essai, car il faut tenir compte du refroidissement
entre la sortie du four et le démarrage de l’opération de soudage, l’installation des
thermocouples en fond de perçages, le raccordement à la station d’acquisition, et le
positionnement au centre de leur gamme de mesure des LVDT nécessitant environ
quinze minutes.
2. Positionnement de la pièce sur le chariot mobile, câblage et positionnement de la
torche plasma.
3. Avance de la plaque à la vitesse d’avance désirée.
75
3. Dépôt de revêtement sur maquette
76
Description des essais
billes en acier 100Cr6. La disposition de ces appuis est choisie de sorte à conserver la
symétrie du problème mécanique (pour le cas des plaques rectilignes RECT1 et RECT2).
La mise en place de contacts ponctuels permet d’imposer des conditions aux limites en
mécanique et en thermique connues, puisqu’il n’y a aucun contact entre la pièce où a
lieu le dépôt et son support. La figure 3.4 précise la disposition des appuis dans les deux
configurations d’essai.
77
3. Dépôt de revêtement sur maquette
mocouples plutôt que des thermistances se justifie par la limitation à 650˚C de la plage
d’utilisation de ces dernières. La mesure de température par les thermocouples repose sur
la différence de potentiel induite à la jonction (source chaude) entre les deux fils conduc-
teurs de nature différente (effet thermoélectrique).
Pour ces essais, les thermocouples sont positionnés au préalable en surfaces supérieure
et inférieure des plaques d’acier. La majorité des thermocouples sont micro-soudés par
décharge capacitive. En face inférieure, l’usinage par électro-érosion de trous dans les
plaques supports en acier inoxydable 316L permet des mesures de température à diverses
profondeurs. Le diamètre de ces trous doit être le plus faible possible afin de limiter les
perturbations induites par le perçage (modification du volume de matière au voisinage du
thermocouple, induisant une modification de la conduction de chaleur).
L’erreur induite lors de l’utilisation de thermocouples de type K (de diamètre 0,5 mm)
est de 2,2˚C sur la plage de température 0˚C à 293˚C et de 0,75% sur la plage de tempéra-
ture 293˚C à 1250˚C [Des96], à laquelle s’ajoute l’erreur de positionnement. Pour nos
campagnes de mesures, les thermocouples sont connectés à un boitier de commande. Le
développement du logiciel d’acquisition ainsi que l’assemblage du boitier ont été réalisés
au LaMCoS. Le dispositif permet l’acquisition simultanée de 16 signaux indépendants.
78
Description des essais
F IGURE 3.3: Cordon rectiligne monopasse sur plaque droite (cas RECT 1).
0000000000000000
1111111111111111 000000000000000
111111111111111
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
1111111111111111
0000000000000000
0000000000000000
1111111111111111
111111111111111
000000000000000
000000000000000
111111111111111
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111 0000000000000000
1111111111111111 000000000000000
111111111111111
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111 0000000000000000 75
1111111111111111 000000000000000
111111111111111
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111 0000000000000000
1111111111111111
0000000000000000
1111111111111111
75 111111111111111
000000000000000
000000000000000
111111111111111
0000000000000000
1111111111111111 000000000000000
111111111111111
0000000000000000
1111111111111111 000000000000000
111111111111111
107 107
73
Ligne de fusion
Ligne de fusion 73
120° 120°
Sens de dépôt Ø 71 Ø 230
Sens de dépôt
120°
220
320
F IGURE 3.4: Disposition des appuis ponctuels en face inférieure des pièces.
Les schémas 3.5, 3.6, 3.7, 3.8 et le tableau 3.4 présentent la disposition des thermo-
79
3. Dépôt de revêtement sur maquette
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111 25.5
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
Coupe A−A
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
TC 10 TC 11 TC 12
TC 3 TC 6
TC 9
TC 2 TC 5 TC 8 Z
Y
TC 1 TC 4 TC 7
Ligne de fusion
Sens de soudage
A A
220
Sens de laminage
320
Face supérieure
TC 3
TC 6 205
TC 2 TC 5 Y Z
A TC 1 TC 4 A
Ligne de fusion
Sens de soudage TC 8
TC 7 TC 10
TC 9
TC 11
Sens de laminage
Face supérieure
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111 25.5
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
Coupe A−A TC 7 TC 8
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
TC 9 TC 10
80
Description des essais
1111111111111111
0000000000000000
0000000000000000
1111111111111111 111111111111111
000000000000000
000000000000000
111111111111111
0000000000000000
1111111111111111 TC 12
000000000000000
111111111111111
0000000000000000
1111111111111111 000000000000000
111111111111111 40
0000000000000000
1111111111111111
0000000000000000
1111111111111111
TC 11
TC 9
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
TC 10
0000000000000000
1111111111111111
Coupe A−A 000000000000000
111111111111111
0000000000000000
1111111111111111 000000000000000
111111111111111
R
TC 4
θ
TC 3
Z
Sens de soudage
Ligne de fusion
TC 5 Ø 71 TC 1 Ø 230
TC 6 TC 2
A 17 A
TC 7
Sens de laminage
TC 8
Face supérieure
R
TC 4
θ
TC 3
Z
Sens de soudage
Ligne de fusion
TC 5 Ø 71 TC 1 Ø 230
TC 6 TC 2
A 17 A
TC 7
Sens de laminage
TC 8
Face supérieure
81
3. Dépôt de revêtement sur maquette
RECT1
n˚tcl. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
x 20 30 60 20 30 60 20 30 45 0 0 0
y 0 0 0 0 0 0 0 0 0 -25.5 -25.5 -25.5
z 126 126 126 156 156 156 186 186 186 126 156 186
RECT2
n˚tcl. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
x 20 30 60 20 30 45 10 0 30 10 45 -
y 0 0 0 0 0 0 -15 -13.5 -25.5 -25.5 -25.5 -
z 124 124 124 184 184 184 154 184 154 184 154 -
AXI1
n˚tcl. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
θ 0 0 π/2 π/2 π π 3π/2 3π/2 π/2 0 π 3π/2
R 52 65 52 65 52 65 52 65 52 52 52 52
z 0 0 0 0 0 0 0 0 -15 -20 -40 -10
AXI2
n˚tcl. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
θ 0 0 π/2 π/2 π π 3π/2 3π/2 π/2 0 π 3π/2
R 52 65 52 65 52 65 52 65 52 52 52 52
z 0 0 0 0 0 0 0 0 0 -5 -5 -5
Tableau 3.4: Positionnement des thermocouples dans les quatre cas expérimentaux. Les coor-
données x,y,z et R sont données en mm, l’angle θ en rad.
couples sur les faces supérieure et inférieure respectivement des plaques RECT1, RECT2,
AXI1 et AXI2. Sur la face inférieure de la plaque RECT1, les trois thermocouples sont
situés à la verticale de la ligne de fusion. Sur la face inférieure des plaques RECT2, AXI1
et AXI2, les thermocouples sont cette fois situés à des profondeurs différentes, afin de
faire varier les amplitudes de température mesurées dans le but d’améliorer la comparai-
son expérience-simulation.
82
Description des essais
11 thermocouples répartis
Pion de positionnement
en surface et en face inférieure
LVDT Thermocouples K
dans l’épaisseur
Plaque d’essai avec mouchetis fin Plaque d’essai avec mouchetis fin
de déplacements par capteurs LVDT sont ponctuelles. Leur précision est de 1µm. De
plus, les mesures se faisant par contact, leur utilisation reste limitée à des domaines de
températures faibles (en dessous de 150˚C). Pour cette raison, aucun capteur n’a pu être
placé en surface supérieure proche de la ligne de fusion. De la même manière que les
thermocouples, les capteurs LVDT sont connectés à un boitier d’acquisition, sur les voies
laissées libres.
83
3. Dépôt de revêtement sur maquette
avec :
dx et dy les déplacements à estimer ,
Ik les intensités en niveaux de gris des images considérées .
L’intensité lumineuse des zones à corréler est normée afin de s’affranchir des différences
de luminosité entre les deux images.
Afin de s’affranchir du bruit introduit par l’acquisition des images, les conditions ex-
térieures sont rigoureusement contrôlées afin de réduire au maximum les perturbations
dues notamment au déplacement des sources lumineuses et des objectifs entre les images
84
Description des essais
0 mm 50 0 mm 50
85
3. Dépôt de revêtement sur maquette
par l’utilisateur.
x = 28 mm
Z
x = 24,5 mm
X
Y x = 21 mm
θ = π/2
x = 17,5 mm θ = 3π/4
θ = π/4
x = 14 mm θ=π θ=0
ρ = −4 mm
x = 10,5 mm θ = −3π/4 θ = −π/4
θ = −π/2
ρ=0
x = 7 mm
Z
ρ = +4 mm
x = 3,5 mm
x = 0 mm
θ
ρ
86
Description des essais
trou au centre d’une rosette de jauges d’extensométrie permet la mesure des déformations.
L’enlèvement de matière provoque une redistribution des contraintes et force le système
mécanique à retrouver un nouvel état d’équilibre. La qualité des mesures est très sensi-
ble au positionnement des trous : ceux-ci doivent être percés précisément au centre des
jauges de déformations, perpendiculairement à la surface de la pièce. D’autre part, les
jauges doivent être disposées sur une surface plane, de faible granulométrie. Pour cela, il
est nécessaire de réaliser une découpe préalable des cordons de Norem02 déposés, ceux-
ci ayant naturellement une forme bombée. Celle-ci est effectuée par électro-érosion, afin
de minimiser les perturbations apportées à l’état de contraintes en surface des cordons.
La peinture déposée sur les pièces pour mesurer les champs de déplacements ayant des
propriétés d’isolant électrique, la découpe est précédée d’un sablage, donc l’impact sur
les contraintes résiduelles, très limité, pourra être négligé.
Les essais ont été réalisés dans les laboratoires de la société HBM France à Mennecy.
Le perçage est effectué par une machine à turbine pneumatique MTS3000. La rotation
à très grande vitesse (300000 [Link]−1 ) d’une fraise de 1,6mm de diamètre permet de
réduire les efforts de coupe au maximum afin de limiter les perturbations apportées à
l’état de contraintes. La mesure des déformations en surface de la matière évolue à chaque
pas de perçage. La méthode intégrale, permet d’accéder à la contrainte en chaque point
de mesure, en moyennant la contrainte interne mesurée à chaque pas de perçage. De
manière à obtenir une mesure très précise de la distribution de contraintes, les perçages
sont effectués sur une profondeur de 2 mm (seul le premier mm entre dans le calcul des
contraintes par méthode intégrale) avec un incrément de descente de 100 µm. La vitesse
d’avance de perçage est de 0,2 [Link]−1 . Les jauges de déformations sont câblées en
quart de pont en trois fils. Elles sont fabriquées par HBM. Elles sont disposées sur une
rosette de type 0˚/45˚/90˚.
Tous les pas de perçage sont espacés de 10 minutes, afin de laisser le temps à la
température du système, qui a augmenté du fait des efforts de coupe, de se stabiliser. Les
déplacements induits par le perçage sont enregistrés en continu durant chaque incrément
de perçage ainsi que durant les laps de temps séparant chaque incrément.
87
3. Dépôt de revêtement sur maquette
Les rosettes sont disposées sur les faces supérieures des échantillons (cf. figure 3.13).
Pour la plaque RECT2, quatre mesures sont effectuées au centre de la ligne de fusion
(dans le matériau Norem02 déposé) et 4 autres parallèlement à cette ligne dans le matériau
de base, à 18mm de la ligne de fusion, afin de disposer également de données concernant
l’état de contrainte dans le matériau de base. Pour chacun des disques AXI1 et AXI2, 6
mesures sont réalisées, au centre de la ligne de fusion. La disposition angulaire de chaque
rosette est relevée après collage, car elle dépend de l’état de surface du cordon, celui-ci
ayant été obtenu après découpe par électro-érosion.
88
Résultats
3.3 Résultats
3.3.1 Mesures en cours de soudage
Pour diverses raisons techniques, les mesures réalisées par certains thermocouples ne
sont pas exploitables, leur point chaud ayant vraisemblablement été détruit lors du pas-
sage de la source de chaleur à proximité. De même, le préchauffage au four des plaques
avant l’essai implique de procéder au préalable au micro-soudage des thermocouples, car
il n’est pas possible de le faire lorsque la plaque est chaude. Cela entraîne des contraintes
dans la manipulation des plaques, avec pour conséquence l’arrachement de certains ther-
mocouples, et l’altération partielle du motif de la surface des plaques. Il faut rappeler
ici que les plaques en acier 316L ont une masse dépassant les 10 kg et sortent du four
de préchauffage à des températures en surface de 150˚C (cf. tableaux 3.2 et 3.3). Lors
de chaque essai, le positionnement d’un grand nombre de thermocouples (entre 10 et 12
suivant les configurations) permet de pallier ce problème.
La figure 3.14 montre les évolutions de température mesurées par les différents ther-
mocouples dans les configurations d’essais RECT1, RECT2, AXI1, AXI2.
Pour chaque thermocouple, un pic de température est visible, correspondant au pas-
sage de la source à proximité. La valeur de ces pics varie au sein d’un même essai, ainsi
qu’entre les essais, car elle dépend de la disposition des thermocouples. La température
de début d’essai n’est pas identique pour chaque thermocouple, car les pièces ont été
préchauffées au four avant essai. Au démarrage de l’acquisition, les pièces sont en cours
de refroidissement libre, donc les températures vues par les thermocouples dépendent en-
core une fois de leur position, en surface supérieure, inférieure, ou au sein de la matière.
Ce qui pourrait apparaître sur certaines courbes de température comme un bruit résulte des
oscillations de la torche PTA. Lorsque celle-ci est suffisamment proche des thermocouples
soudés en surface, le plasma contribue à élever la température vue par les thermocouples.
Il faut donc souligner ici que si la contribution du plasma impacte les températures en
surface, l’amplitude des oscillations est suffisamment faible en regard des températures
mesurées pour pouvoir considérer les mesures comme fiables. Nous reviendrons sur ce
point lors de la comparaison entre les températures mesurées et simulées, au cinquième
chapitre de ce manuscrit.
89
3. Dépôt de revêtement sur maquette
Température (°C)
500
Tcl 2 − Expé.
Tcl 4 − Expé.
450
Tcl 5 − Expé.
Tcl 6 − Expé.
400 Tcl 7 − Expé.
Tcl 8 − Expé.
350 Tcl 12 − Expé.
300
250
200
150
100
50
Temps (s)
Température (°C)
450
Tcl 1 − Expé.
Tcl 4 − Expé.
400 Tcl 6 − Expé.
Tcl 7 − Expé.
350
Tcl 8 − Expé.
Tcl 10 − Expé.
Tcl 11 − Expé.
300
250
200
150
100
50
Temps (s)
90
Résultats
Température (°C)
800
Tcl 3 − Expé.
Tcl 4 − Expé.
700 Tcl 5 − Expé.
Tcl 8 − Expé.
Tcl 9 − Expé.
600 Tcl 10 − Expé.
Tcl 11 − Expé.
Tcl 12 − Expé.
500
400
300
200
100
Temps (s)
0
0 60 120 180 240 300 360 420 480
Température (°C)
600
Tcl 3 − Expé.
Tcl 4 − Expé.
Tcl 6 − Expé.
500 Tcl 7 − Expé.
Tcl 8 − Expé.
Tcl 10 − Expé.
400
300
200
100
Temps (s)
0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900
91
3. Dépôt de revêtement sur maquette
Sens de dépôt
Sens de dépôt
Z [mm] Z [mm]
−0.35 0 0.35 0.7 1.05 1.4 1.75 2.1 2.45 −0.3 0.4 1.1 1.8 2.5 3.2 3.9 4.6 5.3
Sens de dépôt
Sens de dépôt
Z [mm] Z [mm]
−0.7 −0.2 0.3 0.8 1.3 1.8 2.3 2.8 3.3 −0.4 0.4 1.2 2 2.8 3.6 4.4 5.2 6
1. x est nul au point de début du cordon, y est nul au centre du cordon, et z est nul en surface du substrat
2. θ est nul au point de départ du cordon, z est nul en surface du substrat et ρ représente la distance entre
le point de mesure et la ligne moyenne du cordon
92
Résultats
RECT2
Position x 0 3,5 7 10,5 14 17,5 21 24,5 28
z0 2,78 2,98 3,21 4,04 4,33 4,30 4,35 4,24 3,80
z1 2,28 2,32 2,64 3,38 3,77 3,64 3,82 3,72 3,21
z2 2,66 2,77 3,12 3,95 4,27 4,25 4,23 4,01 3,80
z3 1,85 1,66 1,89 2,53 2,97 3,05 3,33 3,14 2,66
z4 2,30 1,97 2,56 3,40 3,81 3,60 3,73 3,27 3,21
AXI1
Position θ 0 π/4 π/2 3π/4 π −3π/4 −π/2 −π/4
z (ρ=0) 2,75 2,26 3,72 2,75 3,80 2,52 3,80 3,73
z (ρ=-4) 2,60 2,12 3,44 2,56 3,64 2,40 3,14 3,66
z (ρ=+4) 2,23 2,08 3,38 2,47 3,40 2,17 3,01 3,23
AXI2
Position θ 0 π/4 π/2 3π/4 π −3π/4 −π/2 −π/4
z (ρ=0) 5,12 4,29 3,62 5,26 5,32 5,80 5,09 5,37
z (ρ=-4) 5,30 4,33 3,75 5,16 5,19 5,72 5,07 5,35
z (ρ=+4) 4,99 3,93 3,25 4,75 4,61 5,31 4,95 5,13
Tableau 3.5: Relief des cordons de soudure obtenu par profilométrie. Les points de mesure sont
définis figure 3.11.
être confondu avec l’axe de rotation du vireur permettant leur rotation. Toute imprécision
de positionnement nécessite une intervention de l’opérateur au cours du dépôt et modifie
donc l’apport linéique d’énergie, avec pour conséquences des irrégularités de géométrie.
Champs de déplacements
Les figures 3.18 à 3.20 permettent de visualiser le profil mesuré par stéréo-corrélation
des plaques RECT1, AXI1 et AXI2 avant et après l’opération de soudage.
Les profils obtenus dans l’état initial font état de défauts de planéité dus à l’usinage.
Cela étant, cette observation est à nuancer, car en comparant les profils initiaux à ceux
obtenus après soudage, les distorsions initiales sont faibles. À l’issue du soudage, les
déplacements de la surface des pièces (représentés selon la direction Z dans les figures
3.18, 3.19 et 3.19) sont influencés par les paramètres procédés (l’apport d’énergie), les
conditions aux limites et la dissipation de chaleur par le système.
Dans le cas RECT1, le dépôt d’un cordon a un impact considérable sur les déplace-
ments en dehors du plan. La zone centrale de la plaque, où le Norem02 est déposé a
tendance à s’affaisser, alors que les zones éloignées du cordon subissent le déplacement
inverse. Les zones proches du centre du cordon (correspondant aux zones où le régime
permanent est établi) subissent des déplacements plus importants que les zones proches
93
3. Dépôt de revêtement sur maquette
4
3
Z [mm]
2
1
0
0 35 70 105 140 175 210 245 280
Position le long du cordon RECT 1 [mm]
5
Z [mm]
4
3
2
1
0
0 35 70 105 140 175 210 245 280
Position le long du cordon RECT 2 [mm]
4
Z [mm]
3
2
1
0
0 π/4 π/2 3π/4 π 5π/4 6π/4 7π/4 2π
Position angulaire le long du cordon AXI 1 [rad]
6
5
Z [mm]
4
3
2
1
0
0 π/4 π/2 3π/4 π 5π/4 6π/4 7π/4 2π
Position angulaire le long du cordon AXI 2 [rad]
F IGURE 3.17: Altitude mesurée au centre du cordon pour chaque dépôt. Pour chaque cas, la
valeur nulle de l’abscisse représente le point d’initiation du cordon. Les points de mesure sont
définis figure 3.11.
du début et de la fin du cordon, car l’apport d’énergie y débute bien avant le passage de la
source et prend fin bien après. Ces zones reçoivent donc l’énergie de soudage en avant et
en arrière de la source.
Dans le cas AXI1, où un seul cordon de Norem02 est déposé, la zone située en arrière
du point de départ du cordon, correspondant donc au dernier quart de cordon déposé
s’affaisse. Cette zone est située entre 3π/2 et 2π. Cela s’explique par le déplacement lent
de la source : lors du dépôt du cordon dans cette zone, la température y est maximale,
alors que le refroidissement des zones situées en arrière sur le trajet de la source est déjà
94
Résultats
103 456
46 322
−11 189
−68 55
−125 −79
Direction Direction
de soudage −182
de soudage −212
−239 −346
471
317
Y
164
Direction
0 X
de soudage Z
−143
−297
−451
F IGURE 3.18: Géométrie de la plaque RECT1 avant et après soudage. La différence des
champs de déplacements en Z (l’épaisseur de la plaque) donne le champ des déplacements
W selon Z.
95
3. Dépôt de revêtement sur maquette
Z [ µ m] 47 Z [ µ m] 180
35 134
23 89
11 43
Début et fin
de soudage
−2
Sens de
soudage −2
−14 −47
−27 −93
−39 −138
Géométrie initiale (dans le plan XY) −51 Géométrie finale (dans le plan XY) −184
∆ Z [ µ m] 186
140
94
Y
49
3
X
Z
−43
−89
−134
F IGURE 3.19: Profils initiaux et finaux des surfaces pour le cas AXI1.
96
Résultats
Z [ µ m] 53 Z [ µ m] 480
39 387
25 293
11 200
−2 107
−16 14
−30 −78
Géométrie initiale (dans le plan XY) −44 Géométrie finale (dans le plan XY) −172
−58 −265
∆ Z [ µ m] 525
426
327
Y
229
Début et fin
de soudage
Sens de 130
X soudage
Z
31
−67
−166
F IGURE 3.20: Profils initiaux et finaux des surfaces pour les cas AXI2.
97
3. Dépôt de revêtement sur maquette
en cours.
Les déplacements hors du plan observés dans le cas AXI2 diffèrent légèrement de
ceux obtenus pour le cas AXI1, puisque la zone d’affaissement du disque est située da-
vantage en arrière sur le trajet de la source. Elle est située entre π et 5π/3. Toutefois,
l’aspect visuel du cordon indique que la vitesse de déplacement relatif de la torche par
rapport au disque a augmenté en fin de dépôt, puisque les stries visibles en surface du
cordon, qui indiquent la solidification des bains de fusion successifs, sont davantage es-
pacées. L’apport d’énergie lors de la deuxième passe est donc plus faible dans cette zone,
ce qui explique que la zone d’affaissement soit située avant le point de fermeture du cor-
don.
Contraintes résiduelles
Les contraintes équivalentes de von Mises sont calculées en fonction des contraintes
principales σ1 , σ2 et σ3 à partir de la relation :
1
q
σV M = √ (σ1 − σ2 )2 + (σ2 − σ3 )2 + (σ3 − σ1 )2 (3.4)
2
Dans le cas des disques (AXI1 et AXI2), les contraintes étant mesurées dans le repère
local lié à la rosette, il est nécessaire de les exprimer dans le repère cylindrique lié au
disque. Le tenseur des contraintes est alors exprimé dans le repère global à partir de la
matrice de changement de base TR→R σ
′ pour une rotation d’angle θ autour de l’axe 3 :
Les figures 3.21 à 3.23 représentent les contraintes mesurées le long de plusieurs pro-
fils suivant la géométrie des cordons déposés. Pour chaque point de mesure, les valeurs
sont moyennées sur toute la hauteur du trou (1mm).
L’évolution des contraintes transversale et longitudinale, ainsi que de la contrainte
équivalente de von Mises pour la plaque rectiligne à une passe RECT1 est présentée
figure 3.21.
Les figures 3.22 et 3.23 présentent l’évolution des contraintes radiales, circonféren-
tielles, ainsi que de la contrainte équivalente de von Mises pour les plaques circulaires à
une passe AXI1 et deux passes AXI2.
98
Résultats
800
σXX [MPa]
Norem02
316L
600
400
200
0
Z [mm]
−200
75 133 189 250
800
σZZ [MPa]
600
400
200
0 Norem02
316L Z [mm]
−200
75 133 189 250
600
400
200
0 Norem02
316L Z [mm]
−200
75 133 189 250
X
316L
Z
Y
Norem02
Sens de dépôt
F IGURE 3.21: Cas RECT1 - Évolution de la contrainte longitudinale σXX , transverse σYY
et de la contrainte équivalente de von Mises dans le cordon de Norem02 déposé et dans le
métal de base 316L. Les mesures dans le métal de base sont effectuées à une distance de
17 mm du bord du cordon.
99
3. Dépôt de revêtement sur maquette
800
σr [MPa]
Norem02
600
400
200
0
θ [°]
−200
0 56,3 121,3 230,3 304 334,8
800
σθ [MPa]
600
400
200
0
Norem02 θ [°]
−200
0 56,3 121,3 230,3 304 334,8
600
400
200
0
Norem02 θ [°]
−200
0 56,3 121,3 230,3 304 334,8
316L
Norem02
Sens de
dépôt
100
Résultats
800
σr [MPa]
Norem02
600
400
200
0
θ [°]
−200
0 41,2 86,5 190 285,2 313
800
σθ [MPa]
600
400
200
0
Norem02 θ [°]
−200
0 41,2 86,5 190 285,2 313
600
400
200
0
Norem02 θ [°]
−200
0 41,2 86,5 190 285,2 313
316L
Norem02
Sens de
dépôt
101
3. Dépôt de revêtement sur maquette
3.4 Conclusions
Les relevés de températures effectués au cours des dépôts montrent des disparités
importantes. L’analyse visuelle des cordons de soudure déposés montre également des
différences importantes entre les essais. En effet, certains paramètres procédé ne sont pas
fixés avant essai, mais sont ajustés par l’opérateur au cours du dépôt.
Afin d’être en mesure de comparer les résultats expérimentaux aux résultats des sim-
ulations, une attention particulière a été portée aux conditions aux limites du problème.
Cependant, les mesures de températures et de déplacements sont dépendantes du posi-
tionnement des capteurs.
L’utilisation de la stéréo-corrélation permet d’accéder aux profils des surfaces des
pièces revêtues. De plus, elle donne accès aux déformations dans le plan et en dehors du
plan.
102
Chapitre 4
Sommaire
4.1 Deux niveaux de modélisation : thermique et thermomécanique . . . . 104
4.2 Modélisation thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
4.2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
4.2.2 Transferts thermiques et échanges radiatifs . . . . . . . . . . . . . 105
4.2.3 Modélisation de la source de chaleur mobile . . . . . . . . . . . . . 106
4.2.4 Identification de la source de chaleur équivalente sur plaque droite . 109
4.2.5 Validation de la source de chaleur sur un autre cas . . . . . . . . . 114
4.3 Modélisation mécanique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
4.3.1 Identification d’une loi de comportement du Norem02 en traction
simple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
4.3.2 Résultats d’identification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
4.3.3 Validation sur essais cycliques de traction-compression . . . . . . . 122
4.3.4 Comportement de l’acier 316L . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
4.4 Conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
103
4. Stratégie de modélisation du procédé de dépôt
Afin de modéliser le procédé de dépôt dans son intégralité, il est nécessaire d’effectuer
la modélisation thermique et mécanique du procédé. Deux échelles d’études sont envis-
ageables.
La première, l’échelle mésoscopique est l’échelle du bain de fusion. Le modèle ther-
mique englobe alors la modélisation du plasma et toutes ses interactions avec la structure.
Une telle approche permet la prise en compte des phénomènes physiques intéragissant
entre l’arc et le métal de base, nombreux et complexes, et donc une prédiction au plus
juste de la géométrie du cordon formé.
La méthode proposée ici fait le choix d’une modélisation de la source de chaleur à
l’échelle macroscopique, car le modèle développé n’a pas pour objectif de prédire les
transferts de matière lors du procédé, mais plutôt les transferts d’énergie. Pour cela, un
modèle thermique prédictif de l’apport de chaleur du procédé de soudage par plasma à
arc transféré sous la forme d’une source volumique à distribution gaussienne est présenté
dans cette section. Cette simplification est également justifiée par le fait que les cordons
de revêtement seront usinés en surface. Enfin, de par l’oscillation de la torche PTA, il est
illusoire de vouloir représenter ces phénomènes à l’échelle de la structure soudée.
104
Modélisation thermique
saire, tenant compte des éventuelles symétries. La précision du maillage utilisé détermine
la précision de la discrétisation effectuée. De cette précision dépendent le temps de réso-
lution, mais également la dégradation des propriétés du modèle continu initial.
Dans un premier temps, la simulation thermique transitoire d’une ou deux passes avec
désactivation du métal non encore déposé dans ce dernier cas est effectuée. Ensuite, la
modélisation mécanique faisant intervenir une loi de comportement à écrouissage ciné-
matique non linéaire est décrite pour chaque cas de dépôt de revêtement.
105
4. Stratégie de modélisation du procédé de dépôt
l’extérieur devient importante dès lors que la température dépasse 300˚C [BF04]. La forte
non-linéarité de ces échanges entraîne un accroissement du temps de calcul.
L’équation générale de la chaleur à résoudre dans le cadre du problème de soudage
exprime une relation entre une fonction température et les variables spatio-temporelles
x,y,z et t d’un repère cartésien. Cette équation linéaire du second ordre aux dérivées par-
tielles admettant une infinité de solutions, il est nécessaire de définir des conditions aux
limites au problème thermique. On définit donc un champ de température à l’instant ini-
tial. Suivant les étapes du procédé que l’on souhaite modéliser, l’instant initial peut être
choisi postérieur à l’opération de préchauffage. Dans les calculs présentés ici, l’instant
initial est choisi à l’allumage de la torche plasma. La condition T0 = f(x,y,z,0) est donc
connue.
Les conditions aux limites en thermique doivent bien entendu être prises en compte
dans la modélisation. Afin de simplifier le problème au maximum, le dispositif d’essai a
été conçu de manière à limiter le nombre d’échanges thermiques de nature différente. Ces
échanges avec le milieu extérieur (support, air ambiant) ont été déterminés au cours du
chapitre 1 par l’équation :
∂T (t)
= h. (T − T0 ) + ξ.σSB . T 4 − T04 (4.1)
−λ
∂n
avec :
n la normale sortante ,
h le coefficient d’échange convectif ,
T0 la température ambiante en ˚C ,
ξ le coefficient d’émissivité de la surface ,
σSB la constante de Stefan-Boltzmann, σSB = 5,68.10−8 J.K−4 .m−2 .s−1 ,
106
Modélisation thermique
gaz de protection
poudre de Norem02
système de
refroidissement à l’eau
gaz plasma
cathode
tuyère
jet plasma
trajectoire
pièce revêtue du jet plasma avance
oscillation
107
4. Stratégie de modélisation du procédé de dépôt
Les précédentes études menées [EA07] font le choix d’une distribution gaussienne
du flux de chaleur. La modélisation du terme source s’appuie analytiquement sur l’ex-
pression mathématique d’une fonction Gaussienne, dont une expression en coordonnées
cylindriques est donnée par l’équation 4.2 :
r2
−
f (r) = α · exp 2β2 (4.2)
avec :
α l’amplitude ,
r le rayon ,
β l’étendue de la gaussienne .
Dans notre cas, une répartition gaussienne est adoptée dans le sens de dépôt. On
représente le mouvement dans le sens de dépôt par le déplacement du centre d’un ap-
port de chaleur de répartition gaussienne défini à chaque instant par le triplet :
L’amplitude de la fonction est définie afin que son intégrale soit équivalente à la quan-
tité d’énergie apportée au cours du procédé. L’équation 4.4 donne l’expression finale de
la source de chaleur :
(z−(z0 +V s·(t−t0 ))) 2
Psoud −
2β2
Q(t) = √ · exp (4.4)
S · β 2π
avec :
Psoud la puissance de soudage, définie par Psoud = U . I en W ,
S la section du cordon du cordon perpendiculaire au sens de soudage en m3 ,
Vs la vitesse de soudage en m.s−1 ,
t0 l’instant initial en s ,
z0 la coordonnée de début de cordon en m ,
β l’étendue de la gaussienne en m .
108
Modélisation thermique
Répartition gaussienne
x
Déplacement de la
source de chaleur
Volume déposé
(Norem02)
Volume en cours z
de dépôt
Flux thermique entrant
Concernant les conditions de symétrie, le flux thermique est défini selon l’équation
4.4. Il n’est affecté qu’à une moitié de la plaque, la seconde étant absente du maillage. La
quantité de chaleur reçue par la demie-plaque (cf. figure 4.3) correspond donc bien à la
moitié de celle reçue par une plaque complète, sans que l’on n’ait pour autant besoin de
définir de condition de symétrie dans l’expression analytique de la source.
109
4. Stratégie de modélisation du procédé de dépôt
Q [W.m¯³] Q [W.m¯³]
3.626e9 3.626e9
2.720e9 2.720e9
1.613e9 1.613e9
2.720e9 2.720e9
1.613e9 1.613e9
9.07e8 9.07e8
0 0
Apport d’énergie à t = 295 s Apport d’énergie à t = 500 s
110
Modélisation thermique
de flux appliqué sur la face de symétrie. Le maillage est représenté figure 4.4. Le calcul
étant ici purement thermique, un maillage linéaire est utilisé, constitués de 67000 nœuds
avec des éléments hexaédriques à 8 nœuds à interpolation linéaire. Ce type de maillage
est préféré aux maillages quadratiques lors de calculs thermiques dans Code_aster pour
la qualité des résultats.
F IGURE 4.4: Maillage utilisé pour le calcul thermique - 60000 nœuds avec des éléments
hexaédriques à 8 nœuds à interpolation linéaire.
Tous les paramètres inhérents au procédé de soudage sont pris identiques au cas réel.
La discrétisation temporelle de la source est réalisée de sorte à reproduire l’apport de
puissance au cours du dépôt d’un cordon. Ainsi, trois phases s’enchaînent au cours du
procédé de dépôt (voir schéma 4.5) :
1. une phase d’allumage de la torche, correspondant physiquement à la création du
plasma en bout de torche, avec apport de matière. Cette première phase apporte une
grande quantité d’énergie au substrat.
2. une phase de déplacement de la torche, correspondant physiquement au dépôt du
cordon de Norem.
3. une phase d’extinction de la source, correspondant à la coupure de l’alimentation
en Norem02 puis en gaz de la torche. L’apport de chaleur dans cette phase décroît
pour devenir nul après un laps de temps défini.
111
4. Stratégie de modélisation du procédé de dépôt
Apport d’énergie Q
Déplacement z
Q
z
0 1 Temps 3
2
F IGURE 4.5: Apport d’énergie en fonction du temps au cours du procédé de dépôt.
L’identification des paramètres de la source de chaleur est faite par une méthode in-
verse. En effet, cette étape de la modélisation vise à identifier le chargement thermique
équivalent (le terme source de l’équation de la chaleur), et d’autre part les conditions
aux limites en thermique que constituent le refroidissement par rayonnement et par con-
vection. Les relevés expérimentaux de température en fonction du temps sont donnés en
entrée à l’algorithme d’identification, lequel, par itérations successives, minimise la dif-
férence entre les données d’entrées et les courbes de températures calculées pour un jeu
de paramètres. Dans le cadre de cette étude, on choisit d’identifier à la fois les paramètres
propres au procédé de dépôt, et les paramètres de refroidissement. Les paramètres identi-
fiés et leur signification sont présentés dans le tableau 4.1.
L’objectif de la méthode inverse mise en place est donc d’identifier les conditions aux
limites en thermique (coefficients ε et h relatifs au refroidissement par rayonnement et
convection) et les paramètres de la source de chaleur équivalente. Pour cela, à partir des
exp exp
mesures de températures Ti j en n points à des positions xi (i variant de 1 à n) et à des
exp
temps t j (j variant de 1 à p) connus, nous identifions le jeu de paramètres X(η,β,ξ,h)
minimisant la fonction J :
n p
2
exp sim
J(X) = ∑ ∑ ij
T − Tij (X) (4.5)
i=1 j=1
112
Modélisation thermique
Il est en théorie possible d’intégrer au jeu de paramètres X toutes les variables in-
dépendantes du problème thermique ayant une influence sur la température simulée.
Néanmoins, la résolution du problème inverse nécessite le calcul des champs de tem-
pérature Tisim
j pour chaque pas de la résolution. Le nombre de paramètres à identifier
devra donc être limité, et il faudra que les domaines de recherche des solutions soient
suffisamment restreints pour que l’algorithme de résolution puisse converger.
Le rendement η représente la part d’énergie délivrée par le générateur effectivement
transférée à la pièce. Il représente donc les pertes énergétiques au cours du procédé, sans
tenir compte des pertes thermiques dues au refroidissement.
L’énergie perdue est définie par :
et le rendement :
Emétal de base + Ebain de f usion
η= (4.7)
Earc+électrode
Selon les équations 4.6 et 4.7, η ne représente donc pas le rendement de l’arc mais le
rendement du système {arc + électrode}. En effet, il est impossible en pratique de déter-
miner la tension de l’arc créé entre l’électrode et le métal de base. La comparaison entre
les rendements des divers procédés de soudage à l’arc n’a donc de sens que si le rende-
ment est systématiquement défini de cette manière. La valeur du rendement identifié est
assez proche de la valeur disponible dans la littérature, 0,47 d’après [DM95].
D’après le principe de Saint-Venant, les sollicitations dans une zone suffisamment
éloignée d’une partie (Σ) d’un solide déformable sont indépendantes de la manière dont
sont distribuées les forces sur (Σ). La conséquence du principe de Saint-Venant est que
si l’on se place suffisamment loin de la source de chaleur, les températures mesurées
dépendent seulement de l’énergie apportée par la source, et non de la façon dont elle est
distribuée. Dans la pratique, la dimension de la source étant suffisamment faible par rap-
port à la largeur de la plaque, on supposera que la condition d’éloignement évoquée dans
le principe de Saint-Venant est respectée dans le cas des mesures faites par les thermo-
couples les plus éloignés.
L’identification des paramètres de la source est réalisée à partir des relevés de tem-
pérature des thermocouples 6 et 12 de l’essai RECT1 (soudage d’un cordon droit en une
passe), tous deux situés en face inférieure de la plaque et donc protégés du rayonnement
plasma, qui, comme vu précédemment, perturbe les mesures en surface. Cela se traduit
par une absence d’oscillation sur la courbe température-temps. La figure 4.6 montre la
corrélation entre l’expérience et la simulation.
Les valeurs des paramètres identifiés et les bornes de leurs intervalles d’identification
sont donnés dans le tableau 4.2.
Il faut signaler que l’acquisition des températures n’a pas été poursuivie jusqu’à un
refroidissement complet, bien que cela eut été préférable. De cette façon, l’identification
des coefficients de refroidissement h et ε aurait gagné en précision. Néanmoins, les re-
tours d’expérience [Can09, Dep05] ont montré que l’influence de ces coefficients sur le
calcul thermique est secondaire par rapport à l’influence de la conduction. L’essentiel
113
4. Stratégie de modélisation du procédé de dépôt
500
Tcl 2 − Expé.
Simu.
450 Tcl 4 − Expé. thermocouples utilisés
Simu. pour l’identification
Tcl 6 − Expé.
400 Simu.
Tcl 7 − Expé.
350 Simu.
Tcl 8 − Expé.
Simu.
Température (°C)
200
150
100
50
TC 2
TC 8
TC 4 TC 7
A Sens de soudage A
du refroidissement se fait par conduction dans l’épaisseur de la pièce, celle-ci étant très
massive par rapport au volume du cordon déposé.
114
Modélisation mécanique
Tableau 4.2: Valeur des paramètres identifiés et bornes des domaines d’identification.
de la plaque et dans son épaisseur. Le champ de température calculé dans le cas AXI 1 est
représenté figure 4.7 et comparé au champ de température mesuré lors de l’essai.
Lors de chaque cas-test, l’intégrale de la densité volumique de chaleur doit être égale
à la puissance nette apportée à la demie-pièce.
1
Pnette = · η ·U · I (4.8)
2
La puissance nette apportée par la source de chaleur est représentée pour chaque cas
figure 4.8. La valeur théorique est obtenue en appliquant la formule du calcul de la puis-
sance de dépôt apportée définie par l’équation 1.8 avec les paramètres procédés utilisés.
La valeur simulée est obtenue par calcul de l’intégrale du flux de chaleur apporté au cor-
don.
115
4. Stratégie de modélisation du procédé de dépôt
500
Température (°C)
400
300
200
100
0
0 60 120 180 240 300 360 420 480
Temps (s)
111111111111111
000000000000000
000000000000000
111111111111111 111111111111111
000000000000000
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111 TC 12 000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111 TC 9 000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111 000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
TC 10
000000000000000
111111111111111
TC 11 000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111 000000000000000
111111111111111
Coupe A−A
Disposition des
thermocouples TC 4
TC 3
Sens de soudage
A A
Face supérieure
F IGURE 4.7: Comparaison des températures mesurées et calculées pour le cas AXI1.
116
Modélisation mécanique
2000
Apport simulé
Apport théorique
1500
Puissance nette [W]
1000
500
F IGURE 4.8: Comparaison pour chaque configuration de la puissance nette apportée en théorie
et dans les cas modélisés.
Tableau 4.3: Paramètres tirés des courbes de traction, pour des vitesses de déformation con-
stantes ε̇ = 10−4 s−1
117
4. Stratégie de modélisation du procédé de dépôt
118
Modélisation mécanique
σ = σH Id + σ̃ (4.9)
ε = εth + εe + ε p (4.10)
E
(
K= 3(1−2ν)
E (4.12)
µ= 2(1+ν)
119
4. Stratégie de modélisation du procédé de dépôt
2
Ẋ = ·C · ε̇ p − γ · X · ṗ (4.15)
3
L’écrouissage cinématique est défini par :
2
X= ·CI (T ) · α · 1 + (k + 1) exp−W ·p (4.16)
3
avec :
α̇ = ε̇ p − γ(p) · α · ṗ (4.17)
L’intégration de la loi de comportement est réalisée numériquement sur un point
matériel, plutôt que sur un maillage d’éléments finis, en utilisant la macro-commande
SIMU_POINT_MAT de Code_Aster. Cela permet de calculer l’évolution du tenseur des
contraintes sous déformation imposée, dans le cas des petites déformations, de manière
beaucoup plus rapide que par l’utilisation d’un maillage, même réduit à un seul élément.
Les éléments nécessaires à l’intégration sont alors le comportement du matériau, l’évo-
lution des contraintes en fonction de la déformation imposée dans la zone plastique du
matériau, et la discrétisation en temps.
120
Modélisation mécanique
900
σvraie [MPa] 20°C
100°C
800
200°C
300°C
700
400°C
600 600°C
VMIS_CIN1_CHAB
500 Expérience
Rupture
400 700°C
300
800°C
200
900°C
100
1000°C
1300°C
0 ε [%]
0 1 2 3 4 5
121
4. Stratégie de modélisation du procédé de dépôt
Les valeurs de la limite d’élasticité obtenues par recalage avec une loi à écrouis-
sage non linéaire (R0 dans le tableau 4.5) sont inférieures aux valeurs entrées comme
paramètres pour le recalage. En effet, les valeur d’entrée (tableau 4.3) correspondent à la
limite d’élasticité à 0,2% couramment utilisée. Dans le cas d’un écrouissage non linéaire,
la limite d’élasticité calculée est la limite de non linéarité contrainte-déformation, ce qui
explique que les valeurs obtenues soient inférieures de l’ordre de 20%.
Les intervalles d’identification sont ajustés manuellement pour obtenir des évolutions
monotones en fonction de la température. En effet, l’évolution des paramètres est déter-
minée par identification à des températures fixées arbitrairement. Lors du déroulement du
calcul mécanique, l’algorithme de résolution extrapole ces températures afin d’obtenir le
jeu de paramètres correspondant à la température locale. L’évolution des paramètres entre
les différentes températures où ils ont été identifiés doit être monotone afin que l’approx-
imation faite lors de l’extrapolation soit la plus cohérente possible.
L’évolution des paramètres de la loi en fonction de la température est représentée fig-
ure 4.10. Tous les paramètres sont strictement décroissants (en valeur absolue) et tendent
vers zéro lorsque la température augmente. Un net changement de pente est observé au-
tour de 700˚C, qui traduit celui déjà observé lors des essais de traction (cf. figure 2.17).
122
Modélisation mécanique
200
E [GPa]
150
100
50
500
R0 [MPa]
400
300
200
100
30
25
20
k
15
10
5
−1
w
−2
−3
200
150
γ
100
50
4
C [GPa]
3
2
1
20 100 200 300 400 600 700 800 900 1000 1300
Température [°C]
F IGURE 4.10: Évolution des paramètres matériaux en fonction de la température après identifi-
cation.
tion. On peut cependant estimer que le taux de déformation maximal atteint au cours des
essais cycliques (1,5% de déformation à 400˚C) est suffisamment faible pour ne pas at-
teindre une saturation de l’écrouissage. Dans le cas contraire, il aurait alors été nécessaire
d’introduire une seconde variable d’écrouissage pour modéliser les plus grandes déforma-
tions, en utilisant pour ce faire le modèle VMIS_CIN2_CHAB. Cependant, la structure
étant considérée comme épaisse, les distorsions attendues sont faibles, donc la prise en
compte des forts taux de déformation n’est pas indispensable.
123
4. Stratégie de modélisation du procédé de dépôt
600
400
200
−200
−400
−800
ε [%] ε [%] ε [%]
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
Expérience VMIS_CIN1_CHAB
F IGURE 4.11: Courbes cycliques du Norem02 à déformation imposée et ε̇ = 10−4 s−1 à 20˚C ,
200˚C et 400˚C. Comparaison des résultats expérimentaux et du modèle.
D’après les travaux sur le soudage multi-passe de l’acier 316L de Cano [Can09], la vari-
ation du coefficient de Prager permet de définir un écrouissage isotrope, cinématique ou
mixte.
Ce modèle fera intervenir plusieurs propriétés matériaux :
– K et µ sont les modules élastiques de compressibilité et de cisaillement, directement
liés au module de Young E et au coefficient de Poisson ν par les formules 4.12.
– α représente le coefficient de dilatation thermique moyen, lui aussi dépendant de la
température.
– σy et Et représentent la limite élastique et la pente d’écrouissage, dépendants de la
température.
– C représente le coefficient de Prager. Sa valeur est fonction du module d’Young
(coefficient directeur de la partie élastique de la courbe contrainte-déformation) et
de la pente d’écrouissage (coefficient directeur de la partie plastique de la courbe
contrainte-déformation), ce qui le rend dépendant de la température. Un coefficient
ξ est introduit de manière à faire intervenir un écrouissage isotrope (lorsque ξ = 0),
124
Conclusions
Temp. E α σy Et Temp. E α σy Et
(˚C) (GPa) (10−6 K−1 ) MPa MPa (˚C) (GPa) (10−6 K−1 ) MPa MPa
20 197,0 15,54 260 1800 550 155,5
50 195,0 15,72 600 151,5 18,4 123,5
100 191,5 16,00 206 700 142,5 18,7 116
150 187,5 16,30 800 130,0 19 106 1790
200 184,0 16,60 173 900 108,0 19,2 88
250 180,0 16,86 1000 81,5 19,4 60 1300
300 176,5 17,10 155 1100 32,0 35 725
350 172,0 17,36 1200 10,0 16 150
400 168,0 17,60 140 1300 19,6 10 10
450 164,0 17,82 1400
500 160,0 18,0 130 ≥ 1600 10,0 19,7 10 10
4.4 Conclusions
Ce chapitre s’articule autour de l’identification d’un modèle de chargement ther-
mique représentatif du soudage PTA, et de l’identification du comportement mécanique
du matériau d’apport Norem02.
Dans un premier temps, la modélisation du problème thermique et l’identification de
ses paramètres par méthode inverse a permis de dégager les valeurs des coefficients du
terme source et des conditions aux limites en thermique. La comparaison des relevés
expérimentaux de température avec les valeurs calculées sur un cas différent de celui
utilisé pour l’identification permet de valider les choix concernant la géométrie et les
paramètres de la source de chaleur.
Nous avons également au cours de ce chapitre identifié une loi de comportement du
Norem02 pour le dépôt PTA. Les essais cycliques et de traction à différentes vitesses
montrent une faible dépendance du comportement mécanique à la vitesse de déforma-
tion. Nous pouvons donc nous affranchir d’un terme décrivant les effets visqueux, ce qui
125
4. Stratégie de modélisation du procédé de dépôt
126
Chapitre 5
Confrontation expérimentation -
simulation
Sommaire
5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
5.2 Mise en place des calculs thermo-mécanique chainés de dépôt multipasses128
5.2.1 Conditions aux limites en mécanique . . . . . . . . . . . . . . . . 129
5.2.2 Gestion de l’ajout de matière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
5.3 Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques . . . . 132
5.3.1 Températures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
5.3.2 Déplacements et déformations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
5.3.3 Contraintes résiduelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
5.4 Conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
127
5. Confrontation expérimentation - simulation
5.1 Introduction
Le chaînage des calculs thermique puis mécanique dans Code_Aster permet de dis-
socier totalement les deux études. Ainsi, le calcul thermique a permis de déterminer la
réponse thermique du système. Il en ressort un champ de température calculé à l’issue de
l’opération de dépôt. La projection de ce champ aux nœuds sur un maillage mécanique
différent du maillage thermique permet de chaîner les calculs en réduisant le temps de
résolution.
Dans Code_Aster, il est préconisé d’utiliser lors du calcul mécanique des éléments
d’ordre plus élevé que lors du calcul thermique [MP09]. En thermique, on utilise des élé-
ments linéaires afin d’éviter les overshoots. La simple conversion du maillage thermique
à éléments linéaires, en maillage à éléments quadratiques, aboutirait à un maillage com-
portant un nombre de nœuds très élevé. En différenciant les deux maillages, le maillage
mécanique n’est raffiné que dans les zones où l’impact du chargement thermique sur la
réponse mécanique est le plus important, d’où une réduction importante du temps de ré-
solution du problème mécanique.
Les deux maillages, mécanique et thermique, sont construits à partir d’une même
géométrie. On utilise des éléments hexaédriques. Dans les deux cas, le raffinement est
important dans le cordon de soudure et dans sa proximité, car ce sont les zones où les
gradients de température et les contraintes résiduelles engendrées sont les plus élevés. Le
nombre de nœuds choisi est un compromis entre la précision de calcul recherchée et les
capacités de calcul d’une machine de bureau. Les scripts de construction des maillages
ont été réalisés à l’aide de Salome-Meca 1 .
128
Mise en place des calculs thermo-mécanique chainés de dépôt multipasses
le nombre de nœuds est donc le temps de calcul. Dans le cas du disque, la seule symétrie
envisageable est la symétrie de révolution autour de l’axe vertical du disque. L’utilisation
de cette symétrie peut se faire de façon globale en considérant une section du disque,
ou en considérant une portion de disque. Cela suppose implicitement que le trajet de la
source est identique en tout point du cordon ou dans toute section obtenue par symétrie.
Cela revient donc à imposer un flux d’énergie constant dans tout le cordon, en ne ten-
ant pas compte de l’aspect très localisé de la source de chaleur. De précédents travaux
[Jia08] ont montré que la prise en compte de la symétrie de révolution ne permettait pas
une estimation correcte des contraintes en fin de dépot, car le chargement réel ne respecte
pas l’axi-symétrie de la pièce. Cela pose de plus le problème de la non description du
phénomène de recouvrement, puisqu’aucune distinction n’est faite entre le début et la fin
du cordon.
La figure 5.1 présente les vues en perspectives et en coupe des quatre maillages à
éléments linéaires utilisés lors des quatre calculs thermiques.
Les tailles de maillage (nombre de nœuds pour les maillages thermiques consitués
d’éléments héxaédriques linéaires, et mécaniques constitués d’éléments héxaédriques
quadratiques) et les temps de calculs 2 sont donnés pour chaque cas dans le tableau 5.1.
129
5. Confrontation expérimentation - simulation
RECT 2
Vue en coupe
130
Mise en place des calculs thermo-mécanique chainés de dépôt multipasses
important sur la réponse mécanique. Une attention particulière doit donc être portée au
choix de conditions aux limites les plus simples possible, et ce dès la mise en place des
essais. Par exemple, dans le cas d’une plaque reposant sur un banc de soudage, on préfèr-
era, dans la mesure du possible, réaliser un appui plan en utilisant trois appuis ponctuels,
plutôt qu’un appui plan sur plan. L’hypothèse simplificatrice est alors de considérer les
liaisons sphères-plan comme des liaisons ponctuelles, au lieu de considérer le contact
plan/plan comme parfait, ce qui diminue grandement l’erreur commise.
La modélisation d’un dépôt multipasses impose la prise en compte séparée des cor-
dons déposés successivement. Le champ de température issu du calcul thermique étant
utilisé lors du calcul mécanique, il est nécessaire de gérer l’ajout de matière dans les deux
cas.
Lors du dépôt PTA, l’ajout de matière se fait par fusion du métal d’apport lors de son
passage dans le plasma. La modélisation du couplage entre l’arc, la poudre d’apport, les
gouttes et le bain de fusion permet de prendre en compte les transferts de masse ayant
lieu au cours du procédé. Néanmoins, ces modèles font intervenir une échelle plus petite
que celle de la structure et alourdissent donc inutilement la modélisation dans le cadre de
l’analyse des contraintes et distorsions. L’ajout de matière n’est pas traité ici dans le but de
traiter ces échanges, mais dans celui de permettre l’application de conditions aux limites
en thermique et en mécanique prenant en compte la géométrie réelle de la structure.
Plusieurs approches sont classiquement utilisées afin de gérer cet ajout de matière.
Nous citerons d’abord les méthodes de déplacement d’éléments et de naissance d’élé-
ments [FYW03], où les éléments constitutifs du bain de fusion sont d’abord désactivés,
puis réactivés au fur et à mesure de l’avancée de la source. Ensuite, les méthodes d’élé-
ments fictifs, où tous les éléments constitutifs des cordons déposés sont présents dans
le maillage en début de calcul, mais on leur affecte des caractéristiques thermiques et
mécaniques fictives, si bien qu’ils n’affectent pas la structure environnante. Lorsqu’ils
atteignent la température de fusion, des caractéristiques mécaniques réelles leur sont im-
posées.
La méthode employée ici est une simplification de la méthode par éléments fictifs
décrite ci-dessus. Tous les éléments correspondants à la structure en fin de procédé sont
présents dans le maillage initial, comme on le voit figure 5.2. L’activation se fait globale-
ment cordon par cordon, plutôt que lorsque la température de fusion est atteinte pour les
éléments.
Cette méthode est utilisée lors des calculs thermiques et mécaniques. Lors des calculs
thermiques multipasses, le domaine d’application des conditions aux limites varie d’une
passe à une autre, puisque les échanges thermiques vers l’extérieur (convection naturelle
et rayonnement) sont appliqués sur la surface libre de la structure.
131
5. Confrontation expérimentation - simulation
Cordon 2
Cordon 1
316L
132
Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques
450
Tcl 1 − Expé.
Simu.
Tcl 4 − Expé.
400 Simu.
Tcl 6 − Expé.
Simu.
350 Tcl 7 − Expé.
Simu.
Tcl 8 − Expé.
Simu.
Température (°C)
200
150
100
A A
TC 8
Sens de soudage TC 7 TC 10
Disposition des TC 1
TC 4
thermocouples
TC 11 TC 6
Face supérieure
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
Coupe A−A TC 7 TC 8
0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
TC11 TC 10
F IGURE 5.3: Comparaison des températures mesurées et calculées pour le cas RECT2
133
5. Confrontation expérimentation - simulation
600
Tcl 3 − Expé.
Simu.
Tcl 4 − Expé.
Simu.
500 Tcl 6 − Expé.
Simu.
Tcl 7 − Expé.
Simu.
Tcl 8 − Expé.
Simu.
400 Tcl 10 − Expé.
Température (°C)
Simu.
300
200
100
0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900
Temps (s)
111111111111111
000000000000000
000000000000000
111111111111111 111111111111111
000000000000000
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
TC 6
000000000000000
111111111111111 000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
TC 10
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111 000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111 000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111 000000000000000
111111111111111
Coupe A−A
Disposition des
thermocouples TC 4
TC 3
Sens de soudage
TC 6 TC 10
A A
TC 7
TC 8
Face supérieure
F IGURE 5.4: Comparaison des températures mesurées et calculées pour le cas AXI2
134
Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques
D’autre part, les oscillations de la température vue par certains thermocouples (ther-
mocouples 1 et 4 figure 5.3 et thermocouples 3 à 8 figure 4.7) ne sont pas présentes lors
de la simulation. Lors du procédé PTA, la température à l’extrémité de la torche est beau-
coup plus élevée que lors des procédés de soudage conventionnels, mais cet élément n’a
pas été pris en compte lors du positionnement des thermocouples, qui ont été placés à des
distances trop faibles de la torche. Les thermocouples micro-soudés en surface supérieure
des plaques sont donc sensibles aux transferts de chaleur par rayonnement du plasma. La
figure 5.5 permet de se rendre compte que la fréquence de ces oscillations vaut exacte-
ment la fréquence de balayage de la torche de plasma, confirmant ainsi qu’aux distances
de la torche où sont disposés les thermocouples, le plasma a une contribution non néglige-
able sur les températures mesurées. Comme nous l’avons évoqué au chapitre précédent,
la modélisation présentée ici fait le choix de ne pas modéliser les oscillations de la torche.
L’absence d’oscillations sur les courbes de températures simulées est donc un résultat
attendu.
300
290
Température (°C)
280
270
260
250
240
Tcl 6 − Expé.
230
220
210
200
190
T = 2,6 s
180
Temps (s)
170
520 530 540 550 560 570 580
F IGURE 5.5: Oscillations vues par les thermocouples micro-soudés en surface supérieure
des pièces - température mesurée par le thermocouple 6, positionné en surface supérieure
du disque, lors de l’essai AXI2.
135
5. Confrontation expérimentation - simulation
capteurs, les déplacements sont obtenus par combinaison des valeurs moyennes (Y ) ou
par différence (X1, X2, Z).
136
Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques
Pour chaque essai, les tendances concordent entre l’expérience et la simulation. Les
valeurs minimales et maximales des déplacements sont sensiblement égales.
Lors des expérimentations, nous avons constaté un défaut de conception des disposi-
tifs expérimentaux. En effet, l’alignement entre le rail du support et la plaque soudée
(lors des essais rectilignes) n’est pas respecté, et les axes de rotation de l’ensemble disque
et vireur et de révolution des disques ne sont pas confondus (lors des essais circulaires).
Une correction de la trajectoire doit être effectuée par l’opérateur en cours de dépôt. Ceci
explique les écarts entre les déplacements relevés et simulés.
137
5. Confrontation expérimentation - simulation
140
120
∆x (µm)
100
80 EXP X1
60 SIMU X1
40 EXP X2
20 SIMU X2
0
-20 Temps (s)
-40
0 100 200 300 400
700
∆y (µm)
600
500
400
300 EXP Y
SIMU Y
200
100
0 Temps (s)
-100
0 100 200 300 400
200
∆z (µm)
150
100
50
EXP Z
0 SIMU Z
-50
-100
-150 Temps (s)
-200
0 100 200 300 400
LVDT Y
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
Coupe A−A
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
Disposition des
LVDT X1 LVDT X2
capteurs de
déplacement Face supérieure
LVDT Z Z
Sens de soudage A
A
138
Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques
100
∆x (µm) EXP X1
80 SIMU X1
EXP X2
60 SIMU X2
40
20
0
Temps (s)
-20
0 100 200 300 400 500
600
∆y (µm) EXP Y
500
SIMU Y
400
300
200
100
0 Temps (s)
-100
0 100 200 300 400 500
100
∆z (µm) EXP Z
50
SIMU Z
0
-50
-100
-150
-200
-250 Temps (s)
-300
0 100 200 300 400 500
LVDT Y
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
Coupe A−A
00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
Disposition des
LVDT X1 LVDT X2
capteurs de
déplacement Face supérieure
LVDT Z Z
Sens de soudage A
A
139
5. Confrontation expérimentation - simulation
250
∆x (µm) x1 - SIMU
EXP
200 ∆x - SIMU
EXP
150
100
50
Temps (s)
-50
0 100 200 300 400
400
∆z (µm) z1 - SIMU
350 EXP
z2 - SIMU
300 EXP
250
200
150
100
50
0
-50
Temps (s)
-100
0 100 200 300 400
111111111111111
000000000000000
000000000000000
111111111111111 111111111111111
000000000000000
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111 000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111 000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111
Coupe A−A 000000000000000
111111111111111
000000000000000
111111111111111 000000000000000
111111111111111
LVDT Z2
Disposition des
capteurs de
déplacement Sens de soudage
Y
∆X LVDT X1
Z X
A A
Face supérieure
LVDT Z1
140
Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques
∆ X [m]
∆Y [m]
∆Z [m]
F IGURE 5.9: Cas RECT1 - Comparaison des déplacements calculés et mesurés pour
l’expérience et la simulation.
141
5. Confrontation expérimentation - simulation
∆X [m]
∆Y [m]
∆Z [m]
F IGURE 5.10: Cas AXI1 - Comparaison des déplacements calculés et mesurés pour l’ex-
périence et la simulation.
142
Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques
∆X [m]
∆Y [m]
∆Z [m]
F IGURE 5.11: Cas AXI2 - Comparaison des déplacements calculés et mesurés pour l’ex-
périence et la simulation.
143
5. Confrontation expérimentation - simulation
Exx
X
Y
Ezz
Exz
144
Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques
Exx
X
Y
Ezz
Exz
145
5. Confrontation expérimentation - simulation
Exx
X
Z
Eyy
Exy
146
Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques
Exx
X
Z
Eyy
Exy
147
5. Confrontation expérimentation - simulation
σ̃ = σ − σhydro Id (5.2)
Pour l’essai RECT1, les contraintes résiduelles sont analysées le long de deux lignes
dans la direction Oz, l’une au cœur du cordon dans le métal d’apport, l’autre à une distance
de 17 mm du bord du cordon, dans le métal de base. La comparaison entre la simulation
et les mesures expérimentales est présentée figure 5.16. Les résultats expérimentaux sont
moyennés sur toute la profondeur des trous (1 mm). Les lignes le long desquelles les con-
traintes sont calculées sont choisies de sorte à intercepter chacun des trous à mi-hauteur.
L’erreur commise sur la mesure expérimentale est estimée en comparant la moyenne arith-
métique de chaque trou aux valeurs maximales et minimales.
Les états de contraintes sont proches entre les résultats simulés et expérimentaux au
sein du Norem02. Des écarts plus importants sont observés dans le 316L, où la simulation
a tendance à sous-estimer le niveau de contrainte. Pour illustrer cela, l’erreur maximale
commise sur la prédiction de la contrainte de von Mises dans le Norem02 est de 5,4%,
tandis qu’elle est de 59% dans le 316L. Une explication à cela vient du procédé d’élabora-
tion des pièces en acier 316L, induisant un état de contraintes initial important en surface
qui n’est pas pris en compte dans la modélisation. Nous reviendrons sur ce point lors de
l’analyse des contraintes selon la profondeur de perçage.
La même analyse est menée dans le cas des deux dépôts circulaires. Les résultats ex-
périmentaux sont moyennés sur toute la profondeur des trous (1 mm). Les contraintes
résiduelles sont cette fois analysées le long d’un profil circulaire situé au cœur du cor-
don dans le métal d’apport, à une profondeur choisie de sorte à intercepter le centre de
chacun des trous expérimentaux. Les figures 5.17 et 5.18 permettent les comparaisons en-
tre l’expérience et la simulation des contraintes radiales (σr ), circonférentielles (σθ ), des
148
Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques
600 600
400 400
200 200
0 Norem02 − Simu. 0
Expé.
316L − Simu.
−200 −200
Expé.
Z [mm] Z [mm]
−400 −400
0 50 100 150 200 250 0 50 100 150 200 250
600 600
400 400
200 200
0 0
−200 −200
Z [mm] Z [mm]
−400 −400
0 50 100 150 200 250 0 50 100 150 200 250
X 316L
Z
Y
Norem02
Sens de dépôt
F IGURE 5.16: Cas RECT1 - Comparaison des contraintes longitudinales σzz , des contraintes
transverses σxx , des contraintes équivalentes de von Mises σV M et des pressions hydrostatiques
σhydro calculées et mesurées expérimentalement dans le cordon de Norem02 et dans le métal de
base.
149
5. Confrontation expérimentation - simulation
La figure 5.19 reprend les résultats précédents pour mettre en parallèle les contraintes
calculées et mesurées en fonction de l’azimut, à l’issue des dépôts circulaires en une et
deux passes. Les contraintes sont mesurées dans le Norem02 déposé, à 0,5 mm au dessus
de l’interface entre le métal de base et le revêtement.
La prédiction par simulation amène à des niveaux de contraintes équivalents pour les
contraintes circonférentielles et la pression hydrostatique, mais à un niveau inférieur des
contraintes équivalentes de von Mises dans le cas multipasses. Ce résultat, obtenu à la fois
expérimentalement et par la simulation, peut être expliqué par la température supérieure
du substrat dans le cas multipasses. En effet, lors du dépôt de la seconde passe, la pre-
mière passe déposée, en cours de refroidissement, fait office de substrat. La température
du substrat est alors beaucoup plus élevée que lors du dépôt d’une seule passe, où seul
le préchauffage au four élève la température du substrat (316L). L’augmentation de la
température de préchauffage a donc pour conséquence de réduire le niveau de contraintes
résiduelles dans le cordon déposé.
150
Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques
Norem02 − Simu.
400 400
Expé.
200 200
0 0
400 400
200 200
0 0
316L
Norem02
Sens de
dépôt
F IGURE 5.17: Cas AXI1 - Comparaison des contraintes radiales σr , des contraintes circonféren-
tielles σθ , des contraintes équivalentes de von Mises σV M et des pressions hydrostatiques σhydro
calculées et mesurées expérimentalement dans le cordon de Norem02 en fonction de la position
angulaire.
151
5. Confrontation expérimentation - simulation
Norem02 − Simu.
400 Expé. 400
200 200
0 0
θ [rad] θ [rad]
0 π/2 π 3π/2 2π 0 π/2 π 3π/2 2π
400 400
200 200
0 0
θ [rad] θ [rad]
0 π/2 π 3π/2 2π 0 π/2 π 3π/2 2π
316L
Norem02
Sens de
dépôt
F IGURE 5.18: Cas AXI2 - Comparaison des contraintes radiales σr , des contraintes circonféren-
tielles σθ , des contraintes équivalentes de von Mises σV M et des pressions hydrostatiques σhydro
calculées et mesurées expérimentalement dans le cordon de Norem02 en fonction de la position
angulaire.
152
Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques
200 200
0 0
θ [rad] θ [rad]
400 400
200 200
0 0
θ [rad] θ [rad]
0 π/2 π 3π/2 2π 0 π/2 π 3π/2 2π
F IGURE 5.19: Comparaison des contraintes équivalentes de von Mises σV M , des contraintes
circonférentielles σθ et des pressions hydrostatiques σhydro en fonction de l’azimut mesurées ex-
périmentalement et calculées dans le cordon de Norem02 entre les cas AXI1 et AXI2.
153
5. Confrontation expérimentation - simulation
La méthode du trou donne également accès à la contrainte résiduelle pour chaque in-
crément de perçage. Les figures 5.20 à 5.22 présentent les contraintes résiduelles en fonc-
tion de la profondeur. Dans chaque cas, les valeurs mesurées et simulées sont moyennées
entre les six trous, pour chaque incrément de profondeur.
La figure 5.20 permet la comparaison des contraintes longitudinales (σzz ), des con-
traintes équivalentes de von Mises (σV M ) et des pressions hydrostatiques (σhydro ) pour la
plaque RECT1.
F IGURE 5.20: Cas RECT1 - Comparaison des contraintes longitudinales σzz , des contraintes
équivalentes de von Mises σV M et des pressions hydrostatiques σhydro calculées et mesurées ex-
périmentalement dans le cordon de Norem02 et dans le métal de base.
Il est important de noter que même si les contraintes sont exprimées en fonction de
l’épaisseur de la pièce, il n’y a pas continuité entre les zones situées dans le 316L et dans
celles situées dans le Norem, car les relevés ne sont pas effectués à la même distance du
cordon. De ce fait, la différence de niveau importante observée pour les contraintes dans
les deux matériaux est un résultat attendu.
Qu’il s’agisse de la contrainte dans le sens longitudinal σzz , de la contrainte équiva-
lente de von Mises σV M ou de la pression hydrostatique σhydro , un écart important apparait
154
Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques
entre les résultats de la simulation et les relevés expérimentaux. Plusieurs points sont à
remarquer :
– le signe des contraintes concorde entre l’expérience et la simulation, ce qui indique
que la prédiction des zones de traction et de compression est correcte.
– dans le 316L (métal de base), la prédiction du niveau de contraintes diffère consid-
érablement des valeurs mesurées. Une explication possible est la modification de
l’état de contraintes dû à la fois à la préparation des surfaces des pièces. En effet,
les pièces en acier 316L utilisées lors des essais RECT1 et RECT2 sont des tôles
laminées, et n’ont pas subi d’usinage supplémentaire. Malgré les précautions prises
pour minimiser les perturbations lors du perçage des trous, l’écrouissage en surface
des plaques, non pris en compte dans la simulation, est trop important pour être nég-
ligé, et il influe largement sur l’état de contrainte mesuré. Ceci explique le fait que
les contraintes résiduelles mesurées varient suivant la profondeur de mesure, alors
que la simulation amène à des niveaux constants. Un usinage par électro-érosion des
couches superficielles des pièces aurait donc été nécessaire avant soudage, puisque
dans la modélisation, l’état de contrainte avant dépôt est considéré comme vierge.
– dans le cordon de Norem02, la valeur moyenne pour chaque composante est assez
proche entre la simulation et l’expérience, dans la zone de dépôt de revêtement. En
revanche, l’évolution des niveaux de contraintes en profondeur diffère considérable-
ment. Une première explication vient du fait que l’usinage par électro-érosion de la
surface du cordon, nécessaire à la mesure expérimentale des contraintes résiduelles,
n’est pas modélisé. D’autre part, les oscillations de la source de chaleur n’ont pas
été prises en compte à l’échelle mésoscopique de notre modélisation. Dès lors, il
est illusoire d’espérer prévoir correctement les contraintes dans la profondeur du
cordon.
L’état de contrainte n’est donc pas correctement estimé dans le substrat, du fait de la
mauvaise prise en compte de l’état de surface dans la modélisation. Toutefois, ce résultat
est à pondérer car les déformations et les distorsions sont correctement prédites.
Les figures 5.21 et 5.22 permettent les comparaisons de ces mêmes composantes de la
contrainte pour les disques AXI1 et AXI2, exprimées selon la profondeur des trous. Les
contraintes résiduelles sont mesurées expérimentalement uniquement dans le Norem02
déposé.
La contrainte équivalente au sens de von Mises augmente au fur et à mesure que l’on
s’éloigne de l’interface entre le Norem02 et le 316L :
– pour le dépôt à une passe, elle oscille entre 300 et 600 MPa dans l’expérience avec
une valeur moyenne de 519 MPa, et entre 350 et 500 MPa dans la simulation avec
une valeur moyenne de 499 MPa.
– pour le dépôt à deux passes, et entre 200 et 700 MPa dans l’expérience avec une
valeur moyenne de 559 MPa, et entre 250 et 400 MPa dans la simulation avec une
valeur moyenne de 426 MPa.
Comme pour le cas RECT1, les niveaux moyens de contraintes sont correctement
155
5. Confrontation expérimentation - simulation
Norem02
σ [MPa]
σVM − Simu. σθ − Simu. A effacer.
électro−érodé
800
− Expé. − Expé. A effacer. en surface
700
σr − Simu. σhydro − Simu.
1
0
− Expé. − Expé. 0
1
0
1
0
1
600 0
1
0
1
0
1
500 0
1
0
1
0
1
0
1
400
0
1
0
1
300
0
1
0
1
0
1
0
1
0
1
200
0
1
0
1
0
1
100 0
1
0
1
0
1
0
1
0
0
1
0
1
−100 épaisseur [mm]
0100
1010 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
156
Analyse comparative des résultats expérimentaux et numériques
Norem02
σ [MPa] électro−érodé
σVM − Simu. σθ − Simu. A effacer.
Expé. Expé. A effacer. en surface
800
σr − Simu. σhydro − Simu.
01
700 Expé. − Expé. 1010
10
10
600 1010
10
10
500 10
1010
10
400
10
1010
300 10
10
10
200 1010
10
10
100 10
1010
0 10
épaisseur [mm]
100
0
0
1
0
1
0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
0
1
316L 0
1 Norem02 Sens de perçage
F IGURE 5.22: Cas AXI2 - Comparaison des contraintes radiales σr , des contraintes circonféren-
tielles σθ , des contraintes équivalentes de von Mises σV M et des pressions hydrostatiques σhydro
calculées et mesurées expérimentalement dans le cordon de Norem02 en fonction de la profondeur.
157
5. Confrontation expérimentation - simulation
5.4 Conclusions
La comparaison des résultats obtenus expérimentalement, soit par mesure directe au
cours des essais (températures, déplacements), soit par mesure a posteriori (déformations
et contraintes résiduelles) mettent en valeur plusieurs résultats :
– des perturbations apparaissent dans les mesures de température, principalement
dues au rayonnement de la source plasma. Celles-ci conduisent à des oscillations
dans les températures vues par les thermocouples disposés en surface. Cette con-
tribution n’est pas prise en compte lors de la simulation, ce qui explique que ces
oscillations ne sont pas présentes dans les résultats simulés. Malgré cela, la concor-
dance entre les valeurs relevées et celles simulées demeure très bonne.
– les vibrations du dispositif d’essai, ainsi que les rectifications apportées manuelle-
ment à la trajectoire de la torche de soudage afin de rattrapper les défauts d’aligne-
ment entre les pièces soudées et la torche plasma conduisent également à d’impor-
tantes perturbations dans les mesures de déplacements. La prédiction des déplace-
ments au cours du procédé de dépôt reste cependant acceptable, car les niveaux
minimaux et maximaux ainsi que les tendances concordent avec l’expérience.
– la comparaison des distorsions finales et des déformations en surface n’a pu être
faite que dans des zones relativement éloignées des cordons de Norem02 déposés
(environ 10 mm des cordons). Dans ces zones, la prédiction des distorsions et des
déformations est également acceptable en regard des déformations obtenues par
corrélation.
– la mesure des contraintes résiduelles en fin de dépôt est délicate, car elle im-
plique plusieurs opérations d’usinage ayant un impact non négligeable sur l’état
de contraintes, et la hauteur de découpe des cordons par électro-érosion n’a pas été
maîtrisée. Pour le cas rectiligne à une passe, les valeurs moyennes concordent en-
tre expérience et simulation dans le Norem02, mais diffèrent sensiblement dans le
métal de base. Pour les cas axi-symétriques, les valeurs moyennes de contraintes
comparées dans le Norem02 déposés sont concordantes, mais on ne décrit pas fine-
ment la distribution de contraintes dans la profondeur.
Pour conclure, la modélisation mise en place permet une bonne prédiction des distor-
sions à l’issue du procédé de dépôt et une approximation convenable du niveau de con-
traintes résiduelles dans le Norem02 déposé. Seules les valeurs de contraintes résiduelles
dans le métal de base demeurent éloignées de celle mesurées expérimentalement, mais
cette affirmation nécessiterait d’être confirmée par d’autres mesures de contraintes dans
le 316L, car les mesures présentées ici sont affectées par le mode d’usinage des pièces.
158
Conclusion & Perspectives
Conclusion
Nous savons qu’un niveau de contraintes résiduelles élevé peut entraîner la ruine de
la structure, car les chargements mécaniques en service s’ajoutent aux contraintes résidu-
elles pour dépasser le seuil d’endommagement. Un des principaux buts recherchés lors du
soudage doit donc être la réduction du niveau de contraintes induites par le procédé. Lors
du dépôt d’un revêtement, les distorsions et contraintes résiduelles sont la conséquence
des cycles de chauffage et de refroidissement locaux subis par les matériaux sur des temps
très courts. Outre cet aspect thermique, d’autres facteurs, liés au mode de réalisation du
dépôt viennent encore compliquer cet état de contrainte, comme la géométrie des pièces,
leur bridage, l’énergie calorifique apportée, la technologie utilisée. Il devient alors diffi-
cile de transposer à un cadre général les conclusions obtenues après modélisation d’un
procédé spécifique, même si le principe de l’apparition des contraintes résiduelles reste le
même.
La première contribution de ces travaux est de proposer une caractérisation métal-
lurgique et mécanique du Norem02. L’analyse de la microstructure révèle une microstruc-
ture complexe principalement constituée d’un squelette austénitique parsemé de ferrite et
de carbures. Son évolution en fonction de la température montre que l’effet de revenu créé
par le dépôt de couches successives est insuffisant pour remettre en solution les éléments
d’alliage, menant à la conclusion qu’une approche phénoménologique du comportement
du Norem02 est suffisante. La campagne de caractérisation mécanique a permis d’identi-
fier un modèle de comportement élasto-plastique à écrouissage cinématique non linéaire.
Les effets visqueux, même s’ils existent au-dessus de 700˚C sont quant à eux jugés nég-
ligeables.
L’autre contribution principale de ces travaux est la proposition d’une stratégie de
modélisation numérique du procédé de dépôt, ayant pour finalité la prédiction des niveaux
de contraintes résiduelles en fin de fabrication. Des essais de soudage PTA sur des maque-
ttes de complexité croissante permettent l’acquisition des données expérimentales néces-
saires à l’identification d’un chargement thermique équivalent. Pour chacun d’eux, les
déplacements et températures sont mesurés localement tout au long du procédé, et les
déformations et contraintes résiduelles sont calculés a posteriori par stéréo-corrélation
d’images et par méthode du trou incrémental. La comparaison de ces données aux résul-
tats de la simulation aboutit à la validation de la modélisation du problème thermique. La
159
Conclusion & Perspectives
prédiction des distorsions en surface du métal de base est en adéquation avec les mesures
expérimentales. Enfin, l’état de contrainte final simulé dans le Norem02 déposé est proche
des valeurs expérimentales. Des différences importantes subsistent dans le métal de base,
mais celles-ci sont attribuées à l’écrouissage provenant du laminage des plaques.
Perspectives
La simulation d’un même cas de soudage en utilisant alternativement une loi de com-
portement simplifiée et la loi identifiée dans ces travaux à partir d’une campagne ex-
périmentale complète a montré d’importantes divergences sur les contraintes résiduelles
obtenues. Or, le travail d’identification réalisé dans cette thèse sur le Norem02 n’a pour
l’instant pas été étendu au 316L constituant le métal de base : les données prises en compte
dans la modélisation correspondent à une nuance de 316L caractérisée préalablement au
sein d’EDF R&D et non pas à la nuance exacte employée lors des essais de soudage. Seule
une caractérisation mécanique, même limitée, permettra de confirmer ou de remettre en
cause le choix de la modélisation thermomécanique employée.
La gestion de l’ajout de matière constitue un des axes d’amélioration possible de la
modélisation. La stratégie développée dans ce travail de thèse gère de manière distincte la
couche déjà déposée, celle en cours de dépôt et celle non encore déposée. En revanche, au
sein d’une même passe, elle ne permet pas la distinction entre les éléments situés en amont
de ceux situés en aval de la source. D’autres stratégies existent et pourraient être mises
en œuvre de manière à affiner les résultats et prédire de manière plus juste les niveaux de
contraintes résiduelles en fin de fabrication. De la même façon, une stratégie d’adaptation
de maillage pourrait être mise en place afin de disposer d’une distribution optimale des
nœuds à chaque itération. Cela permettrait l’utilisation d’un nombre de nœuds supérieur
dans les zones au voisinage de la source de chaleur où les gradients thermiques sont les
plus élevés tout en diminuant le coût des opérations de calcul.
Les contraintes résiduelles mesurées en début et en fin de cordon montrent que ces
zones sont soumises à des efforts de compression. Or, l’expérience a montré que ces zones
sont particulièrement sensibles à la fissuration. Une analyse plus détaillée de ces zones
particulières, qui pourrait passer par une étude de l’influence des paramètres du procédé
contrôlant l’allumage et l’extinction de la torche plasma, permettrait alors d’apporter des
solutions concrètes aux opérateurs. De la même façon, tous les paramètres du procédé
correspondant à ce qu’il conviendrait d’appeler les bonnes pratiques du soudage PTA
(température, temps de préchauffage, vitesse de refroidissement, traitements de déten-
sionnement etc...), souvent responsables de la fissuration, pourraient faire l’objet d’une
étude d’influence visant à déterminer leur valeur optimale.
Enfin, la stratégie de modélisation adoptée ici dans le cadre de la simulation d’un
dépôt par soudage PTA d’un revêtement en Norem02 peut être élargie à d’autres procédés
de soudage (en introduisant des modèles de sources de chaleurs déjà développés spéci-
fiquement pour ces procédés et disponibles dans la littérature) ainsi qu’à d’autres familles
de matériaux (que ce soit le matériau de base ou d’apport). Il faut toutefois garder à l’e-
160
Conclusion & Perspectives
161
Conclusion & Perspectives
162
Annexe A
163
Annexe A
164
Annexe A
complexes. En effet, l’usinage de matériaux très durs en traditionnel entraîne des risques
de casse d’outils, alors que ce type de matériaux (alliages, acier traité, titane ...) est tout à
fait envisageable en vue d’un usinage par électro-érosion. Pour maintenir la pièce en place
lors de l’usinage, l’absence d’efforts mécaniques en électro-érosion abolit les systèmes de
fixation complexes et longs à mettre en oeuvre de l’usinage traditionnel.
Le département MMC d’EDF R&D a défini la procédure [T4197] suivie par le labora-
toire de soudabilité pour la réalisation et le dépouillement des essais de fissuration à chaud
Gleeble RPI. Trois géométries d’éprouvettes ont alors été définies selon le type de pro-
duit étudié et notamment leur résistance à chaud. Toutefois, ces géométries n’ont pas été
adoptées ici car les essais menés (essais de dilatométrie, de traction, et essais cycliques)
nécessitent des dimensions plus importantes afin d’obtenir une précision acceptable. La
figure A.1 permet de constater les écarts dimensionnels entre les éprouvettes utilisées et
celles définies dans la procédure EDF.
_ 0,05
Dc :
0,05 A A
10 +
M10
15 100 15
Lt 130
0,05 A A
4 +/−0,05
Dc :
M6 6 +/−0,05
3 +_ 0,05
0,05 A A
Dc :
M6
M3
10 20 10 10 20 10 16 3 14 3 16
Lt 40 Lt 40 Lt 52
F IGURE A.1: Comparaison entre les éprouvettes utilisées et celles définies dans la procé-
dure EDF
On voit que la longueur utile de l’éprouvette est assez réduite. D’autre part, les sur-
faces de contact entre l’éprouvette et les mors sont grandes, ce qui permet d’avoir un
excellent transfert thermique et donc d’atteindre des vitesses de montée et descente en
température très élevées par rapport aux moyens d’essai conventionnels.
Cependant, lors des premiers essais effectués au laboratoire de l’INSA, la distribution
de température n’était pas satisfaisante. En effet, on a pu mesurer des écarts de plus de
100˚C entre le centre de l’éprouvette et les zones situées à 10mm de chaque côté du
centre. En revanche, la distribution de température était bien symétrique par rapport au
centre de l’éprouvette. Cette hétérogénéité des températures dans la zone utile est bien
trop importante pour que l’on puisse exploiter les résultats des essais de dilatométrie libre,
car le but de cet essai est de mesurer un déplacement sous effort nul à une température
connue.
165
Annexe A
F IGURE A.2: Distribution de température dans la zone utile de l’éprouvette pour dif-
férents types de mors [Bon08]
Une autre possibilité pour améliorer l’homogénéité de la température sur la zone utile
de l’éprouvette est d’augmenter la longueur utile, afin d’atténuer le gradient thermique.
Nous ne pouvons pas usiner d’éprouvettes de longueur supérieure à 130mm, du fait des
dimensions limitées des coupons. Il nous faut donc augmenter cette longueur utile sans
augmenter la longueur totale. La solution est donc de modifier la géométrie des mors.
Ainsi, la partie de l’éprouvette au contact des mors sera toujours froide, et le centre, où
est placé le thermocouple de consigne, sera à la température fixée par le cycle thermique
programmé. Donc plus la distance entre ces points sera élevée, plus le gradient thermique
sera faible.
166
Annexe A
Les deux figures ci-dessous montrent comment une modification de la géométrie des
mors permettra d’augmenter la longueur de la zone utile de l’éprouvette.
mors en cuivre mors en acier
papier graphite
Système de refroidissement
La Gleeble 3500 dispose d’un module de refroidissement rapide (quenching sys-
tem). La vitesse de refroidissement affectant de façon très importante la métallurgie du
matériau, il est important de pouvoir ajuster les vitesses de refroidissement. Il est ainsi
possible d’utiliser soit un refroidissement naturel à l’air, soit le refroidissement rapide à
l’aide du quenching system. Dans ce dernier cas, les vitesses de refroidissement peuvent
être contrôlées dans la plage [100-500˚C.s−1 ] en variant le type et la pression du fluide
circulant dans le système. Il est également possible d’atteindre des vitesses supérieures à
2000˚C.s−1 . en pulvérisant de l’eau au centre de léprouvette. Dans ce cas, la vitesse de
trempe n’est plus contrôlée. Lors des essais effectués, la vitesse de refroidissement max-
imale atteinte a été de 9800˚C.s−1 . Le choix des mors est également un élément déter-
minant la vitesse maximale de refroidissement, comme pour les vitesses de chauffe. En
effet, l’utilisation de mors en cuivre permet d’atteindre des vitesses de trempe très élevées
du fait de l’excellente conductivité thermique du cuivre. Le gradient thermique est alors
élevé. A contrario, les mors en acier inoxydable limitent la vitesse de trempe, mais perme-
ttent une meilleure uniformité des températures dans la zone utile de l’éprouvette. Cette
167
Annexe A
Thermocouples
Surfaces
conductrices Zone de contact
mors / éprouvette
Circulation
de courant
Zone utile
de l’éprouvette
remarque ne s’applique toutefois pas au système de trempe à l’eau, puisque le fluide est
injecté directement au contact de l’éprouvette. Enfin, la dernière possibilité est de piloter
le refroidissement par effet Joule, dans le cas d’un refroidissement plus lent.
168
Annexe A
(50 Hz), l’éprouvette ne subit pas d’effets de peau 3 . Dès lors, la température mesurée en
périphérie d’une section d’éprouvette peut être considérée comme identique à la tempéra-
ture mesurée au centre.
Flambage
Lorsqu’une éprouvette est soumise à un effort de compression, il peut se produire un
phénoméne de flambage lié à la présence de défauts et entraînant l’instabilité du systéme.
Lorsque l’on parle de flambage, l’hypothése des petites déformations généralement ad-
mise en résistance des matériaux n’est plus valable. Pour écrire les équations d’équilibre
de l’éprouvette, il est nécessaire de se placer sur sa configuration déformée. Ceci revient
donc à postuler que la poutre se déforme.
3. Lorsqu’un matériau conducteur est traversé par un courant alternatif, le champ magnétique induit
provoque une circulation privilégiée du courant en périphérie.
169
Annexe A
L’éprouvette est positionnée entre les deux mors, donc d’un point de vue mécanique
elle est encastrée à une extrémité en A et en liaison glissiére à l’autre extrémité en B,
comme représenté figure E.1.
_
x
L
y
A
_
y
F IGURE A.5: éprouvette encastrée à ses extrémités, soumise à un effort axial de compression
Méthode d’Euler En supposant que le plan (O,x,y) est le plan de symétrie des charges,
l’étude de l’équilibre de l’éprouvette permet d’écrire les torseurs de liaison aux points A
et B, avec :
R~A = −R~B = F.x (4)
M~ A = −M~ B = −µ.z (5)
Le torseur des forces de cohésion s’écrit en G, centre de la section droite de coordon-
nées (x,y). L’expression du moment fléchissant est :
M fz = −yF + µ (6)
L’expression de la déformée pour une sollicitation de flexion vaut EIGz y′′ = M fz , soit
ici :
µ F
y′′ + k2 .y = k2 avec k2 = (7)
G EIGz
L’équation différentielle précédente du second ordre linéaire à coefficients constants
avec second membre a pour solution générale :
µ
y = [Link](k.x) + [Link](k.x) + (8)
F
Les conditions aux limites, dans la configuration représentée figure E.1 sont :
170
Annexe A
– en x = 0, y = 0, ce qui entraîne A = − Fµ
– en x = 0, y’ = 0, ce qui entraîne B = 0
– en x = L, y = 0, ce qui entraîne :
µ
[Link](k.L) + = 0 avec B = 0 (9)
L
µ
⇒ cos(k.L) = 1 car A = − (10)
F
⇒ k.L = 2n.π (11)
– en x = L, y’= 0 ce qui entraîne [Link](k.l) = 0 (avec B = 0)
La valeur choisie pour n doit satisfaire la condition [Link](k.l) = 0, ce qui est le cas quelle
que soit sa valeur, avec (n = 1 ;2 ;3...). Comme k2 = EIFG , avec la relation k.L = 2n.π, on
z
π2 EIGz
obtient Fc = n2 2 où la plus petite valeur de Fc est obtenue pour n = 1.
( L2 )
Il est possible d’exprimer cette relation sous la forme généerale :
π2 EIGz
Fc = (12)
l2
171
Annexe A
Fc = σe S (16)
D’après les équations 28 et 31, ainsi que les équations d’élancement d’une éprouvette,
on obtient :
σ pc S
F = 2 (18)
λ
2 λc
D’après les équations 29 et 34, il vient alors l’expression de la charge maximale ad-
missible d’Euler :
πD4 λ2c
F = σ pc · (19)
64L2
172
Annexe B
Éprouvettes
Les éprouvettes sont usinées suivant la géométrie présentée figure B.1. Elles sont rec-
tifiées et rodées de façon à assurer un bon état de surface.
_ 0,05
_ 0,05
Dc :
Dc :
0,05 A A
4,5 +
10 +
r=20 M10
30
20 2 2 20
40
84
F IGURE B.1: Géométrie des éprouvettes pour essais de traction à froid sur machine de traction
Schenk
Le diamètre est plus faible au centre de l’éprouvette afin de s’assurer que la striction
ait bien lieu dans la zone où la déformation est mesurée. Des têtes sont vissées à chaque
extrémité de l’éprouvette afin de permettre sa fixation dans les mors de la machine de
traction. Les têtes utilisées sont usinées dans un matériau à haute limite d’élasticité, afin
d’éviter leur plastification au cours des essais. Elles ont également subi une trempe à
l’eau.
173
Annexe B
Mors fixe
Eprouvette
Extensomètre
Mors mobile
La régulation du vérin hydraulique est assurée par un boîtier MTS permettant de pi-
loter l’essai en fonction des signaux de l’extensomètre, de la force, ou du déplacement
de la traverse. La mesure de l’allongement de la zone utile de l’éprouvette est faite par
un extensomètre dont les extrémités sont en contact avec l’éprouvette tout au long de
l’essai. L’étalonnage de l’extensomètre influe directement sur la justesse de la courbe de
traction qui sera tracée à l’issue des essais. Afin de résister aux hautes températures, l’ex-
tensomètre est constitué de deux tiges (coûteaux) en alumine. L’extrémité de chacune des
tiges, de forme biseautée, est positionnée de part et d’autre de la zone utile, et une pression
est appliquée afin que le déplacement des tiges suive celui de la zone utile et d’empêcher
tout glissement. L’écartement initial des coûteaux en céramique de l’extensomètre est de
15mm. La longueur importante des tiges de l’extensomètre permet au capteur inductif
mesurant les variations de l’entre-axe entre les tiges de ne pas être influencé par le champ
électromagnétique induit par le mode de chauffage par induction. La précision de l’ex-
tensomètre est estimée à ±1,25% en prenant en compte l’écart à la linéarité du capteur
174
Annexe B
[Cav98]
Comme il a été dit, le pilotage d’un essai peut être fait en effort, en déplacement ou
en déformation. C’est-à-dire que le boîtier de commande MTS impose une consigne à la
machine de traction, et les capteurs renvoient un signal de retour correspondant. Les trois
types de pilotage ont été testés, l’asservissement en déformation étant incontestablement
celui donnant les résultats les moins bruités. C’est donc celui qui sera conservé pour la
suite de la campagne d’essai. Toutefois, il faut signaler que le pilotage en déformation
demande un lourd travail de réglage de l’extensomètre, afin de réduire au maximum le
bruit du signal mesuré. Les procédures d’étalonnage et de réglages ne seront toutefois pas
détaillées ici.
175
Annexe B
zone utile tout au long de l’essai, les différences maximales acceptables étant de 5˚C pour
les essais réalisés à 1000˚C d’après la norme NF EN 10002-5.
Géométrie de l’inducteur
Afin d’obtenir un champ de température uniforme dans la zone utile de l’éprouvette
dans le sens longitudinal, la géométrie de l’inducteur doit être prise en compte. En effet,
en chauffage par induction, le champ de température reflète la géométrie de l’inducteur,
donc celui-ci détermine non seulement la vitesse de chauffe maximale atteignable, mais
aussi l’uniformité du champ de température.
Le flux magnétique est plus concentré à mi-longueur d’un solénoïde qu’en début et
en fin. Le flux de chaleur apporté à l’éprouvette sera donc également plus important dans
cette zone, qui correspond à la moitié de la hauteur totale de la spire, dans le cas général où
la spire est symétrique. Il est alors nécessaire de caractériser la spire, afin que le flux mag-
nétique soit le plus uniforme possible. Plusieurs solutions sont envisageables : le diamètre
de la spire peut être modifié afin d’augmenter sa distance à l’éprouvette et de réduire le
flux dans certaines zones, ou, plus comunément, le nombre de boucles de la spire peut
être réduit au centre.
D’autre part, le champ de température étant l’image de la géométrie de la spire, celui-
ci a souvent une forme en spirale (barber poiling). Pour remédier à ce problème, une
rotation de l’éprouvette peut être effectuées au cours du cycle de chauffe, à une vitesse
n’excédant pas 10 rotations au cours du cycle de chauffe. Toutefois, ce procédé ne semble
pas envisageable pour les essais sur la machine conventionnelle de traction.
Une alternative est alors d’utiliser des tubes en cuivre plats, ou en acollant un liner à la
spire [ZS88a]. Le liner est un ruban de cuivre brasé sur le tube. Dans les deux cas, les tubes
plats (ou à section rectangulaire) et le liner doivent être disposés de façon à ce que leur
face de dimension la plus importante soit orientée parallèlement à l’éprouvette. Ainsi la
surface conductrice est plus importante, ce qui créé un champ magnétique plus large pour
chaque boucle. En pratique, la solution la plus généralement employée est l’utilisation de
tube à section carrée, qui permettent aux industriels de fournir des inducteurs présentant
à la fois une meilleure uniformité de champ magnétique qu’avec l’utilisation de tubes à
section ronde, et des vitesses de chauffe plus importante qu’avec l’utilisation de tubes à
sections rectangulaires ou circulaires avec liner.
Le champ de température n’a pas été calculé par simulation, bien que certains codes
permettent de le faire, principalement car le calcul à mettre en oeuvre est lourd et néces-
siterait de prendre en compte toutes les pièces à proximité de l’inducteur au cours d’un
essai, également car il n’y a pas de données connues sur le matériau à étudier, le Norem,
concernant sa conductivité électrique en fonction de la température.
La géométrie doit donc être détemrinée expérimentalement. La démarche employée
est une démarche empirique : plusieurs géométrie d’inducteurs ont été successivement
utilisées afin de définir la contribution de chaque paramètre géométrique de la spire sur
l’uniformité du champ de température.
Quatre cas tests ont été réalisés en utilant les différentes géométries d’inducteurs
176
Annexe B
disponibles au LaMCoS et compatibles avec l’éprouvette d’essai. Pour chacun de ces es-
sais, 7 thermocouples ont été microsoudés sur une éprouvette de diamètre 10 mm comme
on le voit figure B.3, ensuite sur une éprouvette de diamètre 6 mm identique à celles util-
isées lors des essais de traction à basse température. Les thermocouples sont espacés de 5
mm, et sont répartis sur la zone utile de l’éprouvette, de -15 à +15 mm par rapport à son
centre. Le thermocouple central sert de consigne. C’est donc à ce point de l’éprouvette
que la température sera contrôlée.
177
Annexe B
F IGURE B.4: Géométrie des inducteurs dans les 4 cas tests étudiés
Type d’inducteur Temp. à -7,5 mm Temp. à +7,5 mm Temp. au centre Gradient thermique
3 spires, 0/ élevé 562 ˚C 561 ˚C 602 ˚C 5,4 ˚[Link]−1
4 spires, 0/ élevé 571 ˚C 569 ˚C 602 ˚C 4,3 ˚[Link]−1
4 spires, 0/ faible 578 ˚C 576 ˚C 602 ˚C 3,3 ˚[Link]−1
4 spires 2+2, 0/ élevé 575 ˚C 580 ˚C 603 ˚C 3,4 ˚[Link]−1
au centre de l’éprouvette, d’abord car on a dit que le flux magnétique était plus impor-
tante à mi-longueur de l’inducteur, et ensuite car le champ magnétique est la somme des
contribution de la spire et des spires voisines. Le gradient thermique plus élevé observé
pour l’inducteur à 3 spires est donc à expliquer par la présence d’une boucle à hauteur du
178
Annexe B
700 2
Consigne de température
1,6
500
1,4
1,2
Effort (kN)
Température (°C)
400
300
0,8
0,6
200
0,4
100
0,2
0 0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Temps (s)
Effort
Effort (kN)
Vchauffe = 20°C.s -1
centre de l’éprouvette.
Une autre conclusion qui apparaît à la lecture de ce tableau est qu’une réduction de
diamètre des boucles à tendance à réduire le gradient thermique.
À l’issue de cette étude, on est alors en mesure de définir la géomtrie d’inducteur adap-
tée au type d’éprouvettes utilisées. Celle-ci, présentée figure B.8, est constituée d’une
boucle centrale de diamètre élevé et de deux boucles de faible diamètre situées de part
et d’autre de la zone utile. Ce faible diamètre a alors pour but de concentrer le flux
magnétique apporté dans ces zones et donc d’augmenter l’apport calorifique. Le gradi-
ent thermique obtenu dans la zone centrale de l’éprouvette [-7,5mm ;+7,5mm] est de 1,9
179
Annexe B
˚[Link]−1 . Il est donc nettement meilleur que celui obtenu avec les géométrie précédentes.
Toutefois, les écarts de température dans la zone calibrée de l’éprouvette sont de l’ordre
de 10 à 15˚C lors des différents essais, alors que la norme relative aux essais de traction à
chaud [AFN92] requiert un écart maximal de 3˚C.
180
Annexe B
20
10
5
15mm
Position (mm)
0
450 470 490 510 530 550 570 590 610
-5
-10
-15
-20
Température (°C)
F IGURE B.7: Température de pic mesurée le long de l’éprouvette pour chaque géométrie d’in-
ducteur
20
10
5
Position (mm)
15mm
0
460 480 500 520 540 560 580 600 620
-5
-10
-15
Température (°C)
3 boucles
A-B-A Température de pic comparée aux deux meilleures géométries précédentes
181
Annexe B
182
Annexe C
183
Annexe C
8
4
105 14 22 14 38
159
10
15
15
40
2 x M3 2 x M3
71
2 x M3
135
64
40 5
269
25
25
2 x M3
2 x M3
111.5
111.5
159
10
10
10
2 x M3
105 14 22 14 38
419
184
Annexe C
14
15
12.5
7.5
15
7.5
14 7
9mm
14 5.5
32
12.5
40 12
19
15
10
25
50
62
28
25
82
Cale n°1 − 6 trous M3 Cales n°2 et 4 − 3 trous M3 Cales n°3 et 5 − 3 trous M3
31
12.5
15
31
7.5
15 7.5
5 15
18
32
22
19
11
10
5
10
22 15 7.5
7
25 30 30
Cale n°6 − 3 trous M3 Cale n°7 − 4 trous M3 Cale n°8 − 4 trous M3
185
Annexe C
186
Annexe D
187
Annexe D
seconde par une solution d’acide oxalique sous une tension de 1,7 V durant 2 minutes.
Tableau D.1: Étapes successives de polissage du Norem02 sur polisseuse Struers RotoPol-31
[GMG09]
188
Annexe E
Procédure expérimentale
Ces essais sont réalisés sur la machine Gleeble 3500 du LaMCoS. Cette campagne
expérimentale vise à caractériser le comportement du Norem02 soumis à des contraintes
thermiques et mécaniques comparables à celles subies lors d’un rechargement PTA. Ce
procédé implique donc de caractériser le matériau sous sollicitations cycliques. En ef-
fet, le soudage PTA consiste en un dépôt non rectiligne de métal en fusion, réalisé de
plus en plusieurs couches, ce qui implique nécessairement un mode de chargement du
matériau qui évolue de la traction à la compression pendant le dépôt de chaque passe de
faon successive. La plage de température couverte par l’expérimentation étant trés large,
il est nécessaire d’optimiser la quantité d’essais menés par échantillon. Ces essais sont
isothermes. Le plan des essais de traction-compression est détaillé dans le tableau 6 :
De la méme maniére que pour les essais de traction, la contrainte maximale exercée lors
des essais cycliques ne devra jamais étre inférieure à 25% de la capacité des mors. Les
éprouvettes doivent étre conçues pour permettre des chargements de traction-compression
sans présenter trop de risques de flambage et avec des concentrations de contrainte aussi
faibles que possible. Un bon compromis entre ces deux impératifs est en général trouvé
avec une longueur de zone cylindrique limitée à 2 ou 3 fois le diamètre et des congés de
raccordement toriques de rayon assez élevé (supérieur à 5 fois le diamètre). En effet, les
éprouvettes à profil torique présentent plusieurs avantages :
189
Annexe E
Flambage
Lorsqu’une éprouvette est soumise à un effort de compression, il peut se produire un
phénoméne de flambage lié à la présence de défauts et entraénant l’instabilité du systéme.
Lorsque l’on parle de flambage, l’hypothése des petites déformations généralement ad-
mise en résistance des matériaux n’est plus valable. Pour écrire les équations d’équilibre
de l’éprouvette, il est nécessaire de se placer sur sa configuration déformée. Ceci revient
donc à postuler que la poutre se déforme.
L’éprouvette est positionnée entre les deux mors, donc d’un point de vue mécanique
elle est encastrée à une extrémité en A et en liaison glissiére à l’autre extrémité en B,
comme représenté figure E.1.
_
x
L
y
A
_
y
F IGURE E.1: éprouvette encastrée à ses extrémités, soumise à un effort axial de compression
Méthode d’Euler En supposant que le plan (O,x,y) est le plan de symétrie des charges,
l’étude de l’équilibre de l’éprouvette permet d’écrire les torseurs de liaison aux points A
et B, avec :
R~A = −R~B = F.x (20)
~ A = −M
M ~ B = −µ.z (21)
190
Annexe E
M fz = −yF + µ (22)
L’expression de la déformée pour une sollicitation de flexion vaut EIGz y′′ = M fz , soit
ici :
µ F
y′′ + k2 .y = k2 avec k2 = (23)
G EIGz
L’équation différentielle précédente du second ordre linéaire à coefficients constants
avec second membre a pour solution générale :
µ
y = [Link](k.x) + [Link](k.x) + (24)
F
Les conditions aux limites, dans la configuration représentée figure E.1 sont :
– en x = 0, y = 0, ce qui entraîne A = − Fµ
– en x = 0, y’ = 0, ce qui entraîne B = 0
– en x = L, y = 0, ce qui entraîne :
µ
[Link](k.L) + = 0 avec B = 0 (25)
L
µ
⇒ cos(k.L) = 1 car A = − (26)
F
⇒ k.L = 2n.π (27)
– en x = L, y’= 0 ce qui entraîne [Link](k.l) = 0 (avec B = 0)
La valeur choisie pour n doit satisfaire la condition [Link](k.l) = 0, ce qui est le cas quelle
que soit sa valeur, avec (n = 1 ;2 ;3...). Comme k2 = EIFG , avec la relation k.L = 2n.π, on
z
π2 EIGz
obtient Fc = n2 2 où la plus petite valeur de Fc est obtenue pour n = 1.
( L2 )
Il est possible d’exprimer cette relation sous la forme généerale :
π2 EIGz
Fc = (28)
l2
191
Annexe E
Fc = σe S (32)
D’après les équations 29 et 34, il vient alors l’expression de la charge maximale ad-
missible d’Euler :
πD4 λ2c
F = σ pc · (35)
64L2
192
Annexe E
F Mf
|σ|max = + I (36)
S Gz
x
où x est la distance maximale entre la fibre neutre et l’ordonnée du point où est calculée
la contrainte.
En considérant que l’éprouvette présente une fléche initiale a en son milieu, la fléche
maximale f en ce méme point est donnée par :
a
f= (37)
1 − FFc
|M fz |max = F. f (38)
et l’équation 36 devient :
F F
|σ|max = + σ0 · avec (39)
S Fc − F
avec :
π2 EI
(
Fc = L2 Gz d’après l’équation 28;
2 (40)
σ0 = π LEax
2 .
193
Annexe E
σ2 − σ (σe + σc + σ0 ) + σc σe ≥ 0 (41)
Le tableau E.3 récapitule les valeurs des paramétres de flambement pour les éprou-
vettes de Norem02 aux différentes températures d’essai. On prend l’exemple d’une éprou-
vette de diamètre constant D = 6 mm et de longueur L = 100 mm :
Idem tableau E.3 mais pour D = 6 mm et de longueur L = 15 mm (la longueur cali-
brée) :
On voit que la contrainte maximale admissible est plus faible lorsque l’on applique la
méthode de Dutheil.
Il s’agit maintenant d’estimer la valeur maximale de la contrainte pratique de com-
pression σ pc appliquée au cours des essais cycliques afin de pouvoir dimensionner cor-
rectement les éprouvettes.
Le plan d’essai présenté tableau ?? fait état d’un taux de déformation maximale
recherché de 2%, aussi bien en traction qu’en compression. Or, lors de la campagne d’es-
sais de traction réalisée, le niveau de contrainte atteint lorsque la déformation était de 2%
variait considérablement avec la température.
Ainsi, le tableau E.5 rappelle les niveaux de contraintes atteints en fonction du taux de
déformation, ainsi que les charges appliquées correspondant à ces niveaux de contraintes,
pour des éprouvettes de diamètre 6 mm. Les taux indiqués sont inférieurs à 2% car cette
194
Annexe E
Tableau E.2: Valeur des charges maximales admissibles d’après Euler (eq. 35) ou Dutheil (éq.
44) pour le Norem02 pour différentes températures
1 Les valeurs de charges admissibles calculées prennent en compte un coefficient de sécurité s = 2
Tableau E.3: Valeur des charges maximales admissibles d’après Euler (eq. 35) ou Dutheil (éq.
44) pour le Norem02 pour différentes températures
1 Les valeurs de charges admissibles calculées prennent en compte un coefficient de sécurité s = 2
valeur n’a pas été atteinte en traction à ces températures. Il n’est donc pas envisageable
d’effectuer les essais cycliques à de tels taux de déformation.
En comparant les tableaux E.3 et E.5 pour des températures identiques, la charge max-
imale admissible d’Euler permet d’effectuer un chargement cyclique à un taux de défor-
mation de 0,75% à température ambiante, à 1,5% à 200˚C et à 1,5% à 400˚C, tandis que
la charge maximale admissible de Dutheil ne permet d’effectuer aucun des chargements
cycliques présentés, quelque soit la température.
195
Annexe E
Diam 4 6 8 10
Temp 20 200 400 20 200 400 20 200 400 20 200 400
Long
12 8062 5597 5275 18226 12634 11904 32454 22486 21184 50748 35153 33116
15 8022 5578 5259 18187 18187 12616 32416 22468 21169 50710 35135 33100
20 7933 5536 5224 18102 18102 12575 32332 22428 21135 50627 35095 33067
25 7813 5480 5176 17990 17990 12522 32223 22376 21090 50519 35044 33023
30 7657 5409 5117 17850 17850 12456 32088 23312 21036 50386 34980 32969
40 7218 5213 4952 17472 17472 12281 31733 21145 20894 50041 34816 32830
50 6584 4932 4719 16945 16945 12043 31252 21922 20706 49583 34601 32647
60 5781 4555 4404 16240 16240 11730 30629 21637 20466 48999 34330 32418
100 2894 2681 2718 11711 11711 9576 26355 19727 18874 45112 32583 30954
Tableau E.4: Valeur de la charge maximale admissible de Dutheil (éq. 44) pour le Norem02 pour
différents diamètres et longueur calibrée
Température Taux de déformation (%) Contrainte vraie (MPa) Charge appliquée (N)
Ambiante 1,35 869 24570
0,50 605 17106
0,75 718 20301
200 ˚C 1,5 701 19820
0,75 552 15607
1 612 17304
400 ˚C 1,5 623 17615
0,75 513 14505
1 576 16286
Tableau E.5: Niveaux de contrainte atteints en fonction du taux de déformation lors des essais
de traction sur Norem
196
Annexe E
mécanique.
Norme Afnor NF A03-NF401 D’après la norme [AFN83] relative aux essais de fatigue
par charge axiale sur les produits sidérurgiques, les conditions requises pour le dimension-
nement des éprouvettes circulaires sont :
– l’éprouvette doit comporter des congés de rayon égal au moins à 5 fois le diamètre
de la zone utile, se raccordant tangentiellement entre la partie soumise à l’essai et
les extrémités ;
– l’amplitude de la contrainte d’essai ne doit jamais étre inférieure à 25% de la gamme
de charge de la machine d’essai. On rappelle alors que la machine Gleeble dispose
de trois cellules de force : 7kN, 22kN et 100kN ;
– la fréquence propre de l’éprouvette montée sur la machine doit étre au moins le
double de la fréquence d’essai ;
– il est conseillé de choisir un diamètre minimal de 5mm à l’endroit où la contrainte
est maximale ;
– le rapport Ld , L étant la longueur de la zone calibrée de l’éprouvette, d étant le
diamètre de cette même zone, ne doit jamais dépasser 3 afin d’éviter les risques de
flambage ;
– le rapport des surfaces de section entre la tête et la partie utile des éprouvettes doit
étre supérieur à 1,5. De plus, il est conseillé d’utiliser un filetage fin de type ISO.
La norme [AFN83] permet donc dans un premier temps de faire fi des calculs de
flambage mentionnés précédemment.
197
Annexe E
198
Bibliographie
199
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200
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206
FOLIO ADMINISTRATIF
Prénom : Gauthier
TITRE : Simulation et étude expérimentale des contraintes résiduelles dans les dépôts durs NOREM des matériels
de robinetterie.
RÉSUMÉ :
L’intégrité des portées d’étanchéité des robinets des centrales REP nécessite l’emploi de revêtements durs comme par exemple
le Norem02, base Fe, déposés par soudage PTA (Plasma Transfered Arc). La prédiction de leur tenue en service nécessite la
connaissance de leur état mécanique en fin de fabrication. Pour cela, la simulation numérique du procédé de dépôt doit être
effectuée.
La microstructure du Norem02 est essentiellement constituée d’une matrice austénitique parsemée d’ilôts de ferrite et de carbures.
Son évolution et ses éventuelles transformations allotropiques sont étudiées durant des cycles thermiques représentatifs de ceux
subis par le matériau au cours du dépôt, amenant à la conclusion que l’évolution métallurgique de l’alliage n’a que très peu
d’influence sur ses propriétés mécaniques.
En s’appuyant sur des essais jusqu’à 1000˚C de dilatométrie libre, de traction isotherme, ainsi que de traction-compression,
l’évolution des caractéristiques thermomécaniques est déterminée en fonction de la température et une loi de comportement
élasto-plastique à écrouissage cinématique non linéaire est identifiée.
Des mesures expérimentales de températures, déplacements, déformations et contraintes résiduelles lors d’essais de dépôt PTA
sur des maquettes représentatives de la géométrie réelle d’un robinet permettent l’identification d’un chargement thermique
équivalent.
Enfin, des simulations numériques sont conduites en utilisant le code éléments finis développé au sein d’EDF R&D Code_Aster.
Elles permettent la validation du caractère prédictif des modèles développés par comparaison entre les résultats mécaniques
simulés et expérimentaux. Une excellente corrélation est ainsi observée entre les températures mesurées et simulées tout au long
du procédé. De la même façon, à l’issue du refroidissement, les distorsions, déformations et contraintes résiduelles expérimentales
et simulées sont en adéquation, validant ainsi la stratégie de modélisation proposée dans ces travaux.
Composition du jury : Éric LACOSTE, Jean-Marie DREZET, Philippe LE MASSON, Philippe GILLES, Jean-Philippe
MATHIEU, François PICHOT, Daniel NELIAS, Michel CORET