UNIVERSITE PROTESTANTE DE LUBUMBASHI
ECOLE D’ARCHITECTURE
EXPOSÉ D’HISTOIRE DE L'ART CONGOLAIS : SUR LES
INDUSTRIE DE PRODUCTION : f. L’ARTISANAT
PARTICIPANTS:
1. MIANDA MULEMBWE GRACIA
2. KASONGO DIMERCIA GASNES
3. NABIDJASHI VONDA ALLIANCE
4. KANYEBA TSHIBANGU AUDREY
5. ILUNGA KATOMPA ENOCH
6. MUTEBA DIBWE EBEN EZER
DEMANDE PAR: Prof. ISSINGI NDABA JOHN
ANNEE ACADEMIQUE 2024-2025
Thème : INDUSTRIE DE PRODUCTION
Sous-thème : L’ARTISANAT
I. INTRODUCTION
L’artisanat en République Démocratique du Congo (RDC) est une mosaïque
de savoir-faire ancestraux et de créativité contemporaine, reflétant la richesse culturelle et la
diversité ethnique du pays. Des sculptures en bois méticuleusement travaillées des Kuba aux
tissus colorés des Kuba, en passant par les poteries traditionnelles des Luba, chaque pièce
raconte une histoire, transmet des traditions et témoigne de l’ingéniosité des artisans
congolais.
L’artisanat occupe une place importante au Congo et dans les autres pays
africains, même si la plupart des intervenants dans le secteur opèrent encore de manière
informelle et sur un marché très limité, dont ils tirent très (trop) peu de revenus eu égard au
travail fourni. Un comité de coordination pour le développement et la promotion de l’artisanat
africain (CODEPA) qui rassemble plusieurs pays du continent, dont la RDC, a même été créé
en vue de formaliser cette activité économique et de coordonner des actions à l’échelle du
continent.
– A Kinshasa, quelques structures encadrent des groupes d’artisans afin de maximiser
leurs chances de pouvoir vivre dignement de leur art et savoir-faire, et afin de
promouvoir leurs œuvres et productions auprès d’un plus large public. Partant du
constat que l’artisan connaît son métier mais faute de moyens, ne produit que sur
commande et expose peu.
– Mais outre ces structures et magasins plus « établis », le lieu par excellence où l’on
vend de l’artisanat à Kinshasa et qui fait partie des immanquables parmi les visites à
faire en ville, c’est bien sûr le Marché des Valeurs dans le quartier Royal, non loin du
Boulevard du 30 juin.
– Ambiance de souk où l’on se fait harponner et solliciter de tous côtés, et où l’on
tchatche et négocie ferme, le tout dans la bonne humeur générale et pour des pièces
qui valent bien souvent la peine et à des prix dérisoires. Son équivalent à Lubumbashi,
c’est le marché d’œuvres d’art de Kalukuluku. Mais on trouve ces marchés d’art dans
toutes les villes congolaises d’une relative importance.
– Quelques vendeurs et artisans ambulants tiennent aussi des stands ou exposent
quelques œuvres dans des hôtels ou lors de manifestations, voire dans la rue.
Que ce soit au marché ou en rue, peu d’arnaques à signaler au niveau de la qualité des
objets vendus, si ce n’est les prix à diminuer de moitié, voire par trois ou quatre selon
le degré de bagout et l’humeur du vendeur qui les adapte bien sûr à la tête du client.
Mais ça fait partie du jeu ! Même si de plus ou moins grandes différences sont
constatées entre certaines villes et régions, en fonction du coût d’approvisionnement
notamment.
Kinshasa restant cependant l’endroit où les prix pratiqués restent les plus intéressants,
avec une large marge de négociation, et pour une variété de produits inégalée par
rapport aux autres villes, provenant de partout dans le pays. Mais où que ce soit, il y a
clairement moyen de faire de bonnes affaires et de trouver son bonheur parmi la
diversité d’objets proposés.
A noter, parmi les caractéristiques et spécialités de l’artisanat congolais /
kinois, que certains objets fabriqués le sont à partir de matériaux de récupération
(boîtes de conserve, vieux métaux…). Un véritable recyclage s’opère donc en
donnant une seconde vie à certains produits, avec une sacré dose d’inventivité et
créativité à l’œuvre chez les artistes et artisans locaux, pour qui c’est souvent une
contrainte économique au départ.
Parmi les principaux objets d’artisanat que l’on peut trouver à Kinshasa notamment (avec des
pièces provenant de l’intérieur du pays selon des méthodes et savoirs faires propres aux
différentes régions et ethnies), on peut citer les suivants :
– Bijoux : il y en a pour tous les goûts. Fabriqués à partir de bois, verre, métal, os
d’animaux, pierres et minerais (malachite, cuivre…), coques ou fruits séchés… La
diversité des techniques et matériaux utilisés n’ayant d’égal que la créativité de leur
fabriquant. Petit rappel de circonstance au passage pour consommer responsable et
éviter l’ivoire et d’autres produits provenant d’animaux protégés.
– Mobilier et accessoires de décoration : là aussi, il y a le choix tant dans la variété des
matériaux qu’au niveau des modèles proposés. Du siège au tabouret, appuie-dos ou
petit banc, en passant par la table, le porte-CD, la lampe, voire le lit ou l’étagère.
Mention spéciale pour les « chaises à palabre » typiques en Afrique et au Congo, et
constituées de ces deux planches de bois entrecroisées très stylées et confortables, en
plus d’être facilement transportables… Les objets et accessoires décoratifs rivalisent
également ben souvent de beauté et d’inventivité : bougeoirs et chandeliers, boîtes à
bijoux, bibelots divers, paniers tressés, ouvre-bouteilles, porte-clefs, miroirs, plats et
bols, coussins, céramique, poterie, tableaux…
– Instruments de musique traditionnels : likembe (sorte de xylophone local et
traditionnel appelé aussi « sanza » en Afrique centrale), tambours et divers instruments
de percussions, maracas, guitares en bois traditionnelles…
– Tapis Kuba / velours du Kasaï : objet de valeur provenant d’une longue tradition issue
du Royaume Kuba et de l’ethnie Shoowa au Kasaï (intérieur du pays) mais que l’on
trouve dans la plupart des enseignes et marchés d’art de Kinshasa. Les fibres utilisées
pour la confection de ces tapis proviennent du palmier raphia et sont teintes de
couleurs végétales. La broderie et la technique du velours sont réservées aux femmes,
tandis que le tissage est l’affaire exclusive des hommes. Leur fabrication se distingue
par la finesse des techniques utilisées et l’extrême diversité des dessins et motifs
représentés. Et cela nécessite un travail de plusieurs mois, voire d’une année entière.
– Masques et fétiches traditionnels : on en trouve de toutes les ethnies et de toutes les
tailles, couleurs et modèles, qu’ils soient anciens ou neufs. Ils possèdent tous des
significations et caractéristiques particulières qui les différencient fortement, selon leur
culture d’origine. Souvent de toute beauté. Définitivement un must au Congo !
– Antiquités : au Congo, un antiquaire n’est pas nécessairement celui qui vend des
antiquités mais aussi celui qui les fabrique avec parfois un mélange de styles anciens
et de techniques de vieillissement sur des objets tout à fait modernes. Quoiqu’il en
soit, les adeptes de « vieux » seront comblés : médailles, pièces de monnaie, bijoux,
fétiches, masques, objets de culte… Même s’il vaut mieux pour cela se rendre chez un
antiquaire ou dans une galerie, où l’on trouve de pures merveilles à des prix parfois
tout doux.
– « Tintin au Congo » : typique évidemment à la RDC, et particulièrement à Kinshasa.
Le célèbre reporter d’Hergé, dont les premières aventures débutaient au Congo en
pleine période coloniale, est décliné sous toutes les formes et en divers objets. Le
grand classique, c’est de revenir avec un petit tableau peint représentant la couverture
du célèbre album de Tintin que l’on customise en rajoutant votre nom dans le titre «
Les aventures de … au Congo ». LE cadeau immanquable et original, jusqu’il y a peu.
Mais on trouve également nombre de déclinaisons de Tintin au Congo (sculptures en
bois, fils de fer, ferraille…) représentant différentes scènes du livre : traversée en
pirogue, locomotive, porteurs, etc.
– Pagnes (wax) : même s’ils ne sont plus fabriqués au Congo (la célèbre usine
Utexafrica ayant fermé ses portes il y a quelques années), ni même artisanalement, les
pagnes, ces tissus typiques aux tons et motifs vifs et colorés portés par toutes les
Congolaises sans exception, restent l’un des produits phares et typiques du pays. Qu’il
est possible et conseillé d’acheter sur place, voire de s’en faire des vêtements en allant
chez une couturière, qui dispose de nombreux modèles et peut vous fabriquer votre
tenue en un temps et pour des prix records !
Ce secteur, souvent informel, joue un rôle crucial dans l’économie locale,
offrant des moyens de subsistance à de nombreuses communautés, en particulier dans les
zones rurales. Cependant, il est confronté à des défis considérables, tels que le manque
d’accès aux marchés, le financement limité et la concurrence des produits importés.
Malgré ces obstacles, l’artisanat congolais continue de prospérer, porté par la passion et le
talent des artisans, ainsi que par une demande croissante pour des produits authentiques et
durables. Ce rapport de visite vise à explorer les différentes facettes de cet artisanat, à mettre
en lumière son potentiel et à identifier les pistes pour son développement durable.
II. DÉVELOPPEMENT
L’artisanat en République Démocratique du Congo (RDC) représente un
secteur d’activité à la fois riche et complexe, ancré dans des traditions séculaires tout en étant
confronté aux défis du développement moderne. Il constitue une source de revenus essentielle
pour de nombreuses communautés, en particulier dans les zones rurales, et joue un rôle
crucial dans la préservation du patrimoine culturel congolais.
Diversité et richesse de l’artisanat congolais
L’artisanat en RDC se caractérise par une grande diversité de techniques et de
matériaux, reflétant la richesse culturelle et la diversité ethnique du pays. Parmi les formes
d’artisanat les plus répandues, on trouve :
La sculpture sur bois : Les artisans congolais excellent dans la sculpture sur bois,
créant des masques, des statues et des Objets utilitaires d’une grande beauté. Les
sculptures Kuba, par exemple, sont réputées pour leur complexité et leur symbolisme.
La vannerie : La vannerie est une activité artisanale très répandue en RDC, utilisant
des fibres végétales locales pour créer des paniers, des nattes et d’autres objets tressés.
La poterie : La poterie traditionnelle est pratiquée par de nombreuses communautés
congolaises, utilisant des techniques ancestrales pour créer des récipients et des objets
décoratifs.
Le textile : Les tissus traditionnels congolais, tels que les raphias et les pagnes, sont
réputés pour leurs motifs colorés et leur qualité.
Défis et perspectives de développement
Malgré son importance culturelle et économique, l’artisanat congolais est
confronté à de nombreux défis, notamment :
L’accès limité aux marchés : De nombreux artisans congolais ont du mal à accéder aux
marchés nationaux et internationaux, ce qui limite leurs opportunités de vente.
Le manque de financement : Le manque de financement constitue un obstacle majeur
au développement de l’artisanat, empêchant les artisans d’investir dans l’équipement
et les matériaux.
La concurrence des produits importés : Les produits artisanaux congolais sont souvent
en concurrence avec des produits importés moins chers, ce qui met en péril la viabilité
des entreprises artisanales locales.
Le manque de formation et d’encadrement : De nombreux artisans congolais
manquent de formation et d’encadrement en matière de gestion d’entreprise, de
marketing et de design.
Pour surmonter ces défis et promouvoir le développement durable de l’artisanat
congolais, il est essentiel de mettre en œuvre des stratégies efficaces, telles que :
Faciliter l’accès aux marchés : En créant des plateformes de vente en ligne, en
organisant des foires et des expositions, et en soutenant la participation des artisans
congolais aux salons internationaux.
Améliorer l’accès au financement : En développant des programmes de microfinance
et en facilitant l’accès aux prêts bancaires pour les artisans.
Renforcer les capacités des artisans : En offrant des formations en gestion d’entreprise,
en marketing, en design et en techniques de production.
Promouvoir la qualité et l’innovation : En encourageant les artisans à améliorer la
qualité de leurs produits et à innover en matière de design.
Valoriser le patrimoine culturel : En soutenant les initiatives visant à préserver et à
promouvoir les techniques artisanales traditionnelles.
III. CONCLUSION
L’artisanat en RDC, riche en diversité culturelle, est une source économique clé,
mais souffre de manque de financement, d’encadrement et de concurrence. Son potentiel reste
fort si ces obstacles sont surmontés.
En définitif, l’artisanat congolais représente un potentiel économique et culturel considérable
pour la RDC. En mettant en œuvre des stratégies appropriées, il est possible de surmonter les
défis actuels et de promouvoir un développement durable de ce secteur, au bénéfice des
artisans et de l’ensemble de la société congolaise.